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C\lch~ r,1r.1uJon.

L\ LECTURE

D:ui · u11 roman, Plzilis, sous ce riant feuillage,
De deux p.:irflil am.•nils lit le fenire propos·
(ir,n11u J~ N. C. Coc1m1, &lt;hf&gt;rês lt l.rNtau de Dl! TROY,

D:rnwn en l'ecoitlcml :iff'ecle rm '\'Ji11 repos,
Hai son cœur en secrel tienl le mème lanf{:1-ge.
(CaNnd dts Es/Qmf(s,)

LE D • DE 11.A[ TRE ( Loci -PmuPr1,-Jo r-:r11 1&gt;'01tL1:• ,. !'-. Ptt.:. TMW ÉGALITÉ)
ET L.\ D CllE 1~ DE ll.\RTRE' (Lo I E-\niL,ïDE oe BoL1 nu \'&lt;-PE-.;TmbVREl.
AVE· l.ELR FILS \h:Ê {t.E FUTl R

(Gravure Je ,\. o

Lou

- Plrlt. lPPI::

1.1..r-Aus1s et 11.

l rr

tT LA PRIN( 1. SE .\D~L ÏDI: o't)RLÉANS,

□ EUIA'.\. u'aprc. le

t:ioleau Je C. LE.n:1:-.TR&amp;.)

�LIBR.AllUE ILLUSTRÉE. -

JULES

TALLANDIB~,

75, rue Dareau, PARIS (XIV' arrt).

ÉDITEUR.. -

Sommaire du
(' 0.\ITE

lJt'( OS. • ,

2

Le mariage du duc de Chartres Loujs-Philippe-Joseph d'Orléans, plus tard Egalité;.
Les Femmes du second Empire: La princesse Mathilde ec ses amis. . .
Service du roi !. . . . . . . . , . .
La fin de Thérèse Levasseur. . .
La chemise de Marie de Clèves .
L'Elysée ( 1715 -1805 )

•\l,IRÉCJIAL IJE XOAILI.E
(j. LF.XOTR.E . • • . ,
,IINT·FOI.I'. . • . . . .

FRÈllÜHG MA,:;o:,i. • .
à~ f'.~caJtm,e /r,111~·a1sd

Madame de Brézé . .

EmtO:\'D PtLo:- •

2'&gt;l'H DE
JI~

L'AYl.l'.,

3 fascicule (5 .Yovembre 1910}
e

•. ,

La marquise de Thianges.
L'Exode des Girondins . .

Pt.10,;.
. .•••.
P1ERIU. Ut: 1.' Lro11.x .•

zq1

litNÊRAL DF! IliARBOT . •

21.1-

COIITP. DF: FRA 'C E o' ll 1:.ZECQ VE • . . . • . .

:ir.":
3u,l

Cn:-.t-.sT

3&lt;i1

u .....

M ,IRQl' IS o'i\RL.1:-IDFS •
l\1,1 URICE MONTÊG \rr . .

.?oo

ILLUSTRATIONS

Epouser ou mourir. . . . .
Mémoires .. . . . . . . . .

La Cour &lt;t_e Versailles intime. . . . .
33
ne herome de 1870 : Antoinette Lix,
lieuten!)nt de francs - tireurs . . . .
33
La pren;11ère ascension aérostatique .
33
Les Epees de fer ... . . . . . . . . SufplJmenl.

PLANCHB HORS TEXTE

D'APR.È5 LES TABL&amp;\trli, DESSINS ET Ei;TAMPES DE :

TlRFE EN CAMAÎEC

BERTHAULT. 8011.u, Bour..ARD, C11APl;Y . C11RtTtE:,t. Co-;R,1u, bneurr.,
LF. DUC lm ,Ç HAHTRE, 1,Lou!s-P~il!PJ'c-Juscr, h u'Orl~an~. plu tnrJ tc ... t.t-rll,
J•'t,UQUIT. FRA,'l&lt;; o1s, HARRIET, LALl..liMANo, •• l.c\NCLors, LE BE.i.U, LrnouE J 1..\ l) CllES E. DE UI..\HTH ES (L ou• e-.\dé lnidc
CUER, LE .. RAND, ;\'lAI IRI Cf. LELOIR. LL,\:s'TA, ;\lluus. SAUDET. DENIS •
de B11urt&gt;on-Penth iê HC ). ll~'CI! kLtr 1(1. ainé (le rutur Louis-Philippe !•')
\ oRBLIN, h 110 ·, R ,1tc.;11, Rurr. 1\EDACn-l&gt;Esrnxr,t1xE• . T&gt;.s AERT. Toi; SAINT.
l'i leur tille. la pnnc.: · e J\1.klalde.
\ ' AN Loo,
Ail.,
_ _ _ _G_RAVURE DF. ,\, PIC s.,1-..T-. \ 11&lt;1:,1 rT Il. I IJ'L&gt;l,I~. l&gt; Al HIS LE 'TAllJ ~A~ DE f'. Li!l'rl :STllE

.\noT,

u,

,v,,

0

0

Copyright by Tallnndler 1910.

.En vente

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Paraissant
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Édition définitive

1

MAGAZINE LITTÉRAJRE ILLUSTRÉ B1-lVIENSUEL
SO.MMAIRB du NUMÉR.O 125 du 10 novembre 1910 =
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THEU LUET. Le kiosque. - A,-oRt&gt; LEMO\'}Œ. Pensées d'un nvsa riste.
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Le mariage du duc de Chartres

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Jamti, mariage n~ fut contl'llcli 1ous de. plu.s htur.ux usplœ• que: celui de: Louis-Philippc:-Josotph d 0rli1ru, d"c de Cruo-rtru, •vcc Louise-Adil:üde de Bourbon, 61111: du duc de: Pcn1hlèvn. C'itail l'unlon du
dr.ux plu, beau• noms &lt;I du dc:ux plus gi-andu loctun"".
de Pnmcc. La j•un• épou,c était un modtl• d• huutc
d dt. vt.rtu : 1~ mu·i itait almablc, ;nstruit, famt.ux aull.Î
par su proue»c.s gùllltU. 11, s'aimaient pauionnirncnt.
Tout lcUT pTOmetlait la plus paT(iû!t féllcit&lt;, A l'ipoq_uc:
ou la tharmanl~ gravure de Saint-Aubin &lt;t H. tltlman, d'apd-' k tablLllu di, Lepuntn, nous montr• le
mWgc. prindt.r dans J'lntimiti dt. :son bonheur, quJ aura.it o~ prè:clin:, .. au mai:i l'(chah.ud, - à la fvnrne la
prison, la. fuite.. la misère, - à. l'enfant qui leur sourit
la proscripûon, la rude iduc:atlon de I' uil, le rctoUT
apru , •i~gt aru d 1venturc.s, la couTonnc d• France, la
morla I ttrangn., ..
Nou.s tmpruntons au beau livre: de M . I&lt; Comte Duco1
0

0

Til -

Krsroaa. -

F'as,. 23.

L&lt;1 •ir, d11 D•,; d':E,.gblen , le: récit du 6ançaillu el
du mariage: de c:u an\011reux de vingt ans à qu.i étaient
.-....-vie, tant de c:,,.tutrophu.
5111

LA main de ln lrè riche fille du duc dll
PtJothièvre fut demandée par le duc de Chartre i1nmédi:iLemenL après ln mort du prince
de Lamballe, suf\'enue 1~ 6 mai l 7li8.
La perle de son fil unique plon eai L le duc
de P1Jnthièvre dans la déiiolation. Il s'excusa
de di □ érer a réponse. D'aillcur., il ne la
youlait poinl dono r ans avoir consulté sa
fille car il u':iuraiL jamais con cnli Il lui im.po ;r 11ne union qui ne fùl poinLdè on goùt.
1L pria donc l'abbesse de Montmartre de lui

.,., 289 ....

enroyer la jeune princesse. MIle d Penlhièvre
arri,·a chez son père navrée comme lui, mais
si ré Î"née à la volonté de Dieu et i capable
d'inlerpréler le langage de la foi (!U'clle
réu iL à récoulorter 1·1îme éplorée de ce grand
chrétien. Elle parvint au i à mettre du baume
sur les plai , peut-être plus vifes en ·ore,
dont aignail le cœur de a L&gt;eJJe- œur. C1:llc
attendri. ·anle prince e de Lamballe, nagu~re
6aocée naï.e el radicu,c, u'a,•aiL [ranchi les
Alpe que pour c heurter aux désencb:mtemenls de l'amour el aux JiruWité de la
morl; on d tin était d'être l'llU1·c en deçà. et
au dclà du tombeau, el pourtant elle ne raisail
IQ

�msTO'l{l.JI

-----------------------------------J

qu'entrer dans la voie douloureuse, arrosée
de larmes à un Lout et de ang à l'autre, qui
allait la conduire au martyre, moins comme
une hostie offerte par le dé\·oucmenl à l'amitié
que comr.ne une vîcliml! de propitiaLion pour
les faut.es de la royauté.
Un peu re,·ena à lui, le duc de Penthièvre
aborda le sujet délicat dont il avait ouci
d'entretenir a filfo. Afin de la bien meure à
l'aise, il a!fecla de ne parler du duc de Chartre qu'après les autres prétendants. Mlle de
Penthièvre s'écria qu'il fallait s'en Lenir à
celui-là, qu'il lui plaisait infiniment, qu'elle
ne souhaitait rien tant que de l'avoir pour
époux. Elle avait rencontré le duc de Chartre
ch z le prince de Conti, au cour d'un aprèsruid1 de fête, coïncidant a,·ec le jour de ortie
4ue lui accordait parfois son cou\'ent. Le _fils
du dur d'Orléans avait éLé fort aimable et Cort
empr é : il ne l'aYail point (]Hiltée d'rn1
in tant et, quand elle s'était retirée, il avait
ollicité l'honneur de lui donner la main pour
la conduire à son carro- e. Là il l'avait ainée
d'un air 11 la Cois si noble el · i soumi qu'il
a\'ait achevé de conquérir son c·œur.
Le oir, à l'alihaye de Montmartre, la confidente de fUe de Penthièvre, Mlle de Montigny,
avait eu peine à s'endormir, tant se prolongeait harmonien.semenl à cs oreille l'écho
des louanges décernées au beau cavalier, mais
. point du tout ne dormit cel1e qui le. lui avah
chantées sur on mode si doux.
L'on a dit que nous ~Lions les agents de
notre bonheur ou de notre malheur, que,
presque toujours, notre deslinée dépendait de
nou . 'il en est ains4 !Ille de Penthièvre fut
hien aveugle quand eUe détermina son père
à la donner au duc de Chartres.
insi qude princes e du sang, elle n'avait
été qu'ondoJée à sa naissance. Le temp était
venu de lui suppléer les cérétllonies du
baptême. C •lle solennité eut lieu le décembre i 76 , le lendemain du jour où .MUe de
Penthièvre fut pré entée au roi et à la famille
ro ·ale p(l)' la comtesse de la Marche, a tante.
L'archevêque de Reim , gram} aumônier de
]&lt;'rance, oHicia. Le dauphin, depuis Loui XVI,
el Mme AdéMde, fille de Looi ' XV, accompagnés du roi, de la famille ro-ynJe, des princes el
des princeswe du sang, des seigneurs et des dames de la cour, tinrent sur les foots, dans la
cnapclJc du palais de Ver ' ailles, l'exquLe el
suave pen~ionnaire de l'ahhaye de Monlmarlre. n long murmure d'admiratiot1 wurut,
quand on la vit paraitre en sa Llanche tunique
de catéchumène et comme trempée de la
lumière donl es seize ans éclairaient son
idéale beauté. J,'éléganci! de la taille; la
nobles e de la démarche; 1a Iran parence du
teint qui lais ait voir l'azur entrecroisé des
veines sous la nacre de la peau ; des )1eux
pareil au mJosotis qui e mirent dans les
sources au fond de la solitude inviolée de
forèls; des cbevem encadrant d'un nimbe
d'or la chasteté du front (les lemmes de l:i

princes e di~aient que, dénoués, il tom1.;aient ju qu'à terre); de fraiches lèvre qu'un
sourire inoénu entr'ouvrai Lsur des perle ·; une
main minuscule aux long doigts fuselés, louL
semblait 'être réuni pour faire de Mll • Pentbiè1Te un modèle de perfection. La renommée
de a grâce iucomparable franchit bientôt les
limite de l:i Gour el s'en alla de compagnie
a1·ec l'annonce d son prochain mariage.
La ,·ille se passionna pour Ille ùe Penthièvre. Paris a toujour élcré au rang de se
idoles les ferumes à qui la Leaalé e l échue
en partage el toujour , au si, Pal'is a fait de
libertin es enfant gàtés. 11. ail gra à ceux-ci
ù'èlre dépcn iers cl bruyants, d"enricbir on
commcrt:c et on indu trie par l'or qu'il
èment à pleines .lll:iins, de remplir ses lieux
de plaisir'dc la douceur de leur vie ,·oluptueu e
el de l'éclat de leur luxe, de l'étonner par
leurs audace , de l'amuser par leur caprices.
U ne fut donc point choqué d'apprendre
que la lllle trè pure du très verlueui duc de
Penthièvre allait devenir la C-Ompagne du duc
de Chartres, le meneur, le boute-en-train des
débauché , le camarade des courti anes que,
journellement, à travers le faubourg aintIlonoré el le faubour" du Roule, il promenait
en Lroupe tapageuse dans e. propres équipages, les conduLanl à ses jardins anglais de
Mouceaux; ce séjour tout rempli de magnificence el de fantaisie, où. la urprise d
périst les d'ALhène et des naumachies de
Rome, de obélisques de Thèbe el des kio ques de Pékio, e m~laiL :iu mensonge gracieux des ruines du moyen ,lge; où l'harmonie el la recherche de l'art étaient habilement
opposées à l'irrégularill! champêtre el à la
simplicité villa"eoi e; où de cabane de
chaume s·appupieot à des p11rtiques peuplés
de statue ; où des amoncellement de roch,:s
bornaient la perspective des arcs de triomphe; où, le long des seuil de marbrE',courait
J'écume des cascalelles el la mousse des sentiers.
Ah. comme la eour du Palais-Royal était
or.,.urillcuse de celle retraite enchantée. Onen
pa~lail am élrauger · . Deülle, dans son poème
sudes Jai-rlins, diait qu'elle emblait avoir
épui é les pre tige de la féerie. Etelle n'était
réellement qu'une île de lu ure aux aLorJs de
la capitale dn royaume très chrétien, u?e Gaprée à la 'ribère; le dérèglement de hab1tud ·
y surpassait fa sé.duclion des lieux eL som'en t,
sur des tapis de ro"e , à la lueur mourante
de lustres, parmi les coupes renvenle , l'ul'gie y retenait, pâmée, la nu_dité des con_\'ives,
prescrite, ordonnée par le prrnce, poW' 3JOUler
un raffiucment suprême à cet étalage de
vice.
Voilà l'homme, ménagé des grands, bien
vu des bourgeois, ympathi4ue à la canaille,
ravie de saluer eu lui ce qu'elle nomme un
heureux coquin, qui, le 5 avril 1769, conduit
à l'autel Mlle de Penthièvre.
Le couple est béni, dans la chapelle du

ne

palai de Ver ailles, par l'arebe,·èque de
Heims, grand-aumônier, en présence du roi,
du dauphin, du comte do Provence, du comte
d'Artois, de ~IcsdJmes et des princes el prince es.
Le soir, il · a appartcmrnl et ji;u, depuis
le salon d'llorculejusqu'au . alon de la guerre.
Le roi oupe en pulilic dans 1~ premier de ce
alons, 3\'CC les nomeau\ époux et la famille
royale. Vingt et un convive ' Ont réuni:; b a
table cl, parmi eux, douze prince et princesse à la !leur de l'àge. Combien de ces
jeunes e.xistenc~ ne seront-elles poiaL abattues, déracinée , tranchée par l'ora"'e tJUi,
quelques années plus tard, Jépeuplera el ruinera ce palais de mcrreilles ! Mai alors elle·
ne rèspirent que la joie el la confian!'.e. Le
prinlemp chante en leurs cœurs comme il
chante ous le omlirages du parc dont on
entre,·oil le mystère par les petits carreaux
des baul · l'enètre du royal logis.

Après les réjouissances données à Versailles,
à J'occas.ion Je leur mariage, d'autres fêles

accueillent le duc et la duchesse de Chartres
au Palais-noyai et à l'hôtel de Toulou c. Ils
e montrent au 1béà1re avec lei,r wur el j
sont acclamé . La poésie et la mucique se
mettent en frais pour 1~ céléLrer.
Dao une cantate ,·endue une liHe 16 ols
chez le ieur Dourdon, aa petit Lôlel ùe Bourgorrne; chez le sieur Jolivet, rue Fran~o· e, à
J'u°ne des entré de la Comédie italienne el
aux. adresses ordinaire d'éditeurs achalandés
du hea.u monde, le prince et la princes·e sont
comparés à Mars et à Thélis. n é~itha)ame
leur est présenté par un poète qui voit en
eux l'alliance du ' oleil el de Wnu .
On s'accorde tontefoi à reconnaitre que le
mérite Je l'origi11alité et du bien dire rerient
à Ille Cos on de la Cresso1111ièrc : celle
muse, dont le Gazettes, qui n'ont pn encore
1 u e le,•er la plâiade des èhroniqucu es mondaines, enregistrent compla.isamrncnl le Yers,
foit parler en ces terme~ le dieu d'hyménée
aux Uryade.-.; du Parc de ainl-Cloud :
O nymplt~s , Ire !!:!1llez d"une ,·ive allés"rcsso.
Vos rombrcs rnnuis vont finir l
A seconder vos ,·œu , le Lcmh-e ùymc11 s'eml'ressc,
JI vous prêjlore un bew·eul- avenir.
n dieu de cc bosquets ou ,·oos prill's nai sauce
• 'urrit en cc lieou jour Il la jeune Vesta i
l,'àmour les unissait déj~ 1

Ces jolies choses se oupirenl aux accord·
ues clavecins, au frémissement des harpes
dam Lous les alons.
fais des écho plus cluux parviennent au:
oreille du jeune couple. Le duc d'Orléans et
le duc de PenlLièvre ont répandu en son honneur d'innombrables libéralité sur le · vastes
terres lie leurs apanages, et cc ont les déIres es ecourues, les souffrances soulagées,
les espoirs relevés des humbles, qui donnent,
au seuil de leurs palais, un émouvant ooncert
de bénédiction' et de vœm.
CoMTE

DUCOS.

LES FEMMES DU SECOND EMPJRE
c;.,

La prince e Mathilde el ses
Par F·· "déric LOLIÉE.

Peu de phisionomics princièrL'S aurunL été
divcr.e · comme celle-ci et mê16es à un tel
mouvement de personne, et de cho es.
e odgines napoléoniennes, son él.at à la
Cour cl hor' de la Gour, durant la période
trionipba~le, le cireonslauccs exceplionncllcs qui firent d"elle la fille d'un roi de
We:;tpbalie, la pelite-fille d'un roi de WurLt:mberg, la nièce de deux empereurs : Napoléon Ier el 'icolas Jrr, el la cousine d'un
troisième, avec une part de !!énéalo,,ie e
provignant de maniere fort inallendue à travers la descend,mce direclc de 1a mai on
d'Angleterre; le hasard des è\'lfoemcols qui
Youlurent qu'à deux repri ·es la coul'onoe
impérial eflleurât son front ans s'y poser;
l!t ·on indépendance &lt;le caractère, ' OD esprit
original, al'eC des cotés d'ou1rance, de singularité; sa ituation qualifl le de proteclriœ
des arts, qui la montrait, à la façon des
grandes dames &lt;le la fünai ·sance italienne,
ënlourée d'une sorte de décaméron d'écri,•aia , de peintres, d'bommcs distingué· en
ton genr ; le perrnm,cl dilct1anti,me et les
inclirw.lions, de nature, cultirée par l'étude,
11ui lui mcHaieut tour à lour le pinceaa ou la
plume à la main; l'éclat intcllec1uel san égal
de ses réceptions, it I a1·is, ou à Saint-Gratien, ' 3 demeure de pr~dileetion ; d'autre
élément encore d'intérêt, de curiosité multiple, rassemblés dans une .eule e:xi,teoce :
11'~l.1i1-cc pas de quoi ju tiller l'empre: emenl
qu'on npportaiL à. se rapp1·ocher d'e]Jt,, à la
corma1lre, à la &lt;lécrire, à la racoaler1
Élel'ée par la femme admira.Lle, Catheriirn
de Wurtemberg, qui avait préféré la prison
du château &lt;l'Elvangcn aux. lri trss(' de la
• (paralion, la p.rincessc ~laLhîlde faillit être
plus que reine.
C'était au d1âleau d'ArenenLerg, dans le
canton helrétique de Thurgo,·ie, ur le lai; de
Canstance. Elle 1' recevait l'ho pitalité de ln
srntimeotaJe Hortense ; déchue de on trônt',
celle-ri régnait sur le rœur de quelque
lldèlt-s cl n ·al'ai L pas a Lan donné le rèves
ambitieux de la famille.
, L~ jeune se de ~Iathilde et sa beauté, qui
s éto.1ent él'eillécs à Florence, s'épanoui saienl
là, dans le î"Oisiuage des ardeur roncenlrécs
et Jes desseins hardis d'au prince de fortune,
.ou parent et qui c oommaiL Loui . Avec uu
fr~rc ainé, dont la muri prématurée devait
lai ser ùevanL lui la route lihre, il arail comhallu dans les l\omagoes pour l'indépendance
des populations asservie ; el, par un retour

~'i&lt;léc. conlradicLoîrcs, coutumier dû la dyna ·Bonaparte, il appelait dt: tous ·c ·
vœux, au nom de la démocratie, la diclature
impéria!.i le. Depui la mort du duc de J\eich·tadl, di paru di! l'horizon comme une ombre
lant!Îmale, quelques-un , autour de lui, partageaient la foi 'lu ïl avait su leur in pirer
dans le prestige de on étoile, affirm:mt que
celui-là ·cul re·Laurerail le nom et la pui ancc do grand Empereur.
MaLhildc, ans d, ,ute, ne croyait pas à cc.Ile
chimère; mais le jeune homme pensiI, qui
mélangeait dan' le fumées de on cerveau
tant d'idées ennemies, qui ru éditait sur l'inégalité des conditions ocialos, poursuil'ait
l'extinclion du paupérisme et, en n1tlme temps,
caressait l'espoir de la domination dans le
luxe et la pompe d·une 'our pleine de îa le,
cet énigmatique cou in intére ·ait, occupait
on imaginatioo. Des promenades s'étaient
répéléès sou les charmilles d'Ar nenherg. n
commencement d'idylle avait rapproché les
aspiraûous des jeunes exilés, el l'on croyait
lie de

ANnou;, PRINCE DEruDOFF, EN 1841.

Dessin ,te LU.NTA.

en pressentir déjà le dJuoncmcnl. Quoique&gt;,
au fond de son àme, le seulimcnt restât au si
tiède qu'était accu,ée l'opposition de 1eur
caracl.àre, elle y rêvait. 11 y peu a. La reine
Hortense en dt:sirait raccomplissement.
... 291 ...

Les folle expéditions ùc Slra Lourg cl &lt;le
Doulogue mirent en déroute ces beaux proj,•ts
d'hyménée. La di ·corde avait éclaté entre !~
Beauharnais el lèS Bonaparte. ,lércime et lt&gt;
siens avaient crié haro ~ur le rêveur, l • téméraire, l'utopiste prétendaut auxqllcl~ étaient
déniés Lous clroil de mettre en oveature, au
délrimenl de es proche , le glorim béril.'lge. Vingt fois il fut écrit et réptllé, SUI' ce
ujet, que la priuccsse Mathilde, aJant alor
douté de la sagesse et de la raison de Louisrapoléou, 'était détachée de lui complètement par le cœur. 11 n'en fut rien. Des lettres
originales de la reine Horlen e, passées entre
nos main 1, atteste11t, au contraire, qu'elle
a.rait subi la pression paternelle et que ses
sentiments à ells n'avaient pas ,·arié, ympatbique el dévoués, sinon pa, ionnés. Aortcn e
r ·vienl, à plu ·ieurs fois, dans cette fraction
de c-0rresponùance, sur le rait du mariage,
qu'elle avait enlre,•u po~si.hle el souhaitable,
et sw- le compte de la jeune prioce ·se :
cc Je n'ai reçu, 1krivait-elle ca 1857 à la
comtesse Le lion, qu'une seule lettre de celle
11ui dc1·ait «~lre ma belle-fille. Elle aura été la
·cule n'ayant pas donné signe de 1ie dan ' un
moment douloureux! Aus i bien, je ne l'accuse pas. la paulre petite. Il n'y est de sa
faute ca rien, je le suppose. on père lui aura
défenùu de bouger la main. ~faj , rnus comprendrez qu'après cela il n'J ait guère Je
rapprochement po·sible. Dans un ma1·iage, à
la suite d'un maria"'c, on s'en souvicndrail
toujour . Et c'e l elle qui en souffrira. Car,
je vous le demande, qui épousera-t-clle? on
père n·a que des dettes .... Et les ion ·ont
difficiles en pareil cas. »
Elle eût :ippelé de se vœux celle union de
Louis-Napoléon et de MaLbilde. On le sent à
des ignes dïr.rilalion qu'elle ne Ji1,simule
pa , sur ce que la chose entrevue, dé irée,
n'a pas eu lieu. Et elle retourne à l'affaire de
Lrasbourg dont elJe arait désappromé l'arenlurcm des eiu :
« J'en l'Oulais li œ cher enfant, qui a été
jouer sa tète, sru1s doute avec l'e poir de
relewr sa famill e, &lt;le l'aider à sortir de ou
bourùier. fai , quand je l'ai \'ll mall1eureux,
je n'ai plus songé à ma colère,je n'ai plus eu
de reproches contre lui, pour avoir troul,lé
~ quiétude; au contraire, j'eus e ,·oulu lui
trou,•er de· excu c , me prouver à moi-même
t. Elles aou- out rlè eoromuniquées par la priuccssc
PouiatowskB, fllfo ùe la comtesse Le Run, auiquetles
elles furent adtllS&amp;êc •

�11lST0~1A----------------------~
1p1ïl :\\'ait hicn o.rri; car je lromc mi,ér,~lilc
de placer la luuan,.e (lu le Lllàme ur la réussite ou la délàifP. »
C"est quo le nc\·eu du grand bommr, :uu:
yeux de la famille, était un ,•isionnaire nuisant
d'une manière fJlcbcu e par son obstination à
poursuivre le fait préde tin.S, au repo., au
l1ien-être, à la réputation des Ilon:ir arte.
« Jusqu'au père, qui lui . up1,ri111c sa médiocre pcn ion de jx mille fr:incs, parce qu'il
a osé entrrprendre, agir, .ans le con,ulter,
de mèmc que !"oncle (.lérôrne) rompt le mariJ.at', pour le même mnliL ... Qnaut à Ct'lle
dont vou nrez vu le portrait (la prince. se
~l.1thîldr), elle a mieux écoulé la 1•oix &lt;le son
cœur. Ct:rt,··, clic a1ail li&gt; d~sir d'é11ousl·r on
cou in, car. un jour. elfe r11pl.iquail b. sa
mère, qui lui en parlait :
« - J/ais ce je1me homme esl, dil-on,

charmant.
« Et, répondant aux apprél.en~ion de sa
cousine, elle ajourait :
« - \'raiuwnl, ei la nut
bien la peine qu'on risque,
pour l'allcindre, J ·al'oir le cou
coupé.
« Yon •O}'ez le rarntlèr,•.
Et comme oa conLinuaiL ile
.s'en !retenir de ce que ,·en ait
de faire son con. in :
« - Je l'en aime davantage, dil-ellc. ij
Per év~rance d'amour el dé
coafianèd d'aurant plus .:cnsiLle 'Ill 'elle était ~eulc à la mauifc ·tf'r.
&lt;&lt; Le pauvre cou in, conûnue
Li reinl! llorten c, est l1t)noi,
abandonné par tou , .... Il a sa
mère, au moins, el cdle-1/1 sait
qu'on a urtout be~oio d'elle
dans l'infortune. u
e voilà-l-il pas un en emllle ile déclarations précises et
qui renversent liien des uppo ilions avancées sur lïaconstanec des sentiment dr la
princesse füthilde à l'rgord
du futur empereur?
Elle était retournée d'ahord
à la rour de Wu:rlt'mlierg, pui
en To ·caue, an près de Ji!, omc,
sou père, l'ex-roi de We~lphalie, do11L les coffre Léanls appelaient Ja chance proYid~ntielle, la pluie d'or qui le remJil1rail. Grâce au sourire de e
,·ingt aos, aux ·ducliollS de
sou esp1 il et de rn personne, à
l'éolal de ·on varcntage, elle
u'cut pa à chercher des lCUX
l'épotLX fortuné aus i longtemps t[UC emLlait le craindre poul' elle la d,àtelaine
d"Arenenbcrg. à eau e de la médiocrité relati,e tle a dot. Pendant qu'elle résidail au
palais Odaoùini, elle avail tllé demandée pluieur~ foi . Un Strozû s'était présenté. Un
iguado. Le JJèrc de cdui-ci, le ricbi:.sime

mnr11ui A!~uado, a,·ait promis des millions à
la dizaine si on 61 parvenait 1t se faire ng-r~er
de la nièce de Napoléon I"'. Étran1re particularité, circonstance peu connue : le même
A11 uado, refusé par Mathilde, devait reporter
ses vue sur la blonde Eugénie Je lontijo.
Un le vit pleurer à chaude larmes, chez
Hamel, parce qu'il aYait appris qµe !"t'mpereur, pa anl ur le chemin, lu.i a-..·ait soufflé
ce rêve.
~lathilJe, qui se répandait extrêmement
dans la Ol'iété de F'lorcnce, avait jeté les yeux
sur un étran"er, dont la prestance était uperbe sou l'uniforme circ:hien. Son dé. ir
dti jeune fille a\•ait volé ver le comte Anatole
llemid 11f, prince to can de an Donato. , e
dêdarer- en a ra\'cUr élail prendre une détîion barJie. En . 'y porlanl, elle ne de,·ait p.1s
ignorer 11•1'elle contreviendrait à une ccrèle
iutenlion dt! l'empl•rcur Je
sie. Il falJait
r1u&lt;! la voix de la pa ion fùt la plus forte,
CJr elle po•11•ail envi ager &lt;l'autrrs e. poirs.

nu

PrUNCES,K

'LOTILDE.

C'est un point de a ,îc que, lonrrtemp après,
la prince se voudra rappeler, lor. 4uc, en un
petit comité dïuûmcs, elle se plaira à relrou \'er son passé et à re\"Oir ce qu 't!lle au rail
pu être cl devenir. Dien qu'il considérât 'apo-

léon Ill comme un pnnenu et qu'il alferldt,
à traver ses politesses diplomatiques. de ne
pa le traiter à l'égal des rois et des prince
de ,ieille hérédité monarchicrue, le tzar avait
cares é la fantaisie dé donner à on fil
Aleiandre la main d'une N:ipoléon. Et celle
qu'il avait honorée, privilégiée de son choix
impérial, s'y élail dérobée pour obéir à un
entraînement qu"elle aurait à ri&gt;grelter, un
jour i.
a Jamais je ne vous le pardonnerai, »
c'esL lt! m'lt par lequel il l'avait accueillie,
dan un premier mouvement d'irritaliou,
lorsqu'elle ·e présenta, à .a Cour, sous le
nom de comte e Ocmidoff,
Anatole DemidoJT, prince losc..1n de an0'loato, n'a,·ail pas 'lllC ~a haure mine et ses
ti Lrcs; il était consjJéralill'mcnl riel.te. on
père avail été ministre de llos~ie à Rome, à
Florenet•, el, ce qui 1•alait mieu:r, posRédait
dan, l'Oural des mine , qui alimeoraienl intari ablemeol on lu1e du salr~pe. La maison
d11 c·omLe IJcmidoll' ~laH lu rendez-1·011s du ton lrs ~!ranger~.
Il lui 1.lni~ait d'a~wci,·r les
"1.:11s eu l"uulc à ln vision de ses
riche se ; c'était la faibles e
de cet homme, dont la mngnificence 'étalait lourdement,
a,,ide d"élom1cr, d"éblouir.
s:ilons, surchar,.,és d'or, étaient
renipli de tab 1caux, dt: l1ro11z1•., de mafac ùiLPs. Aux grands
jours dt: réci•plion, on expo. ail
sou di: viLr,nes les bijoux les
plus précieux; el, COLl)mc on
étai l peu difficile sur le tboix
&lt;le in,ités, deux dome tiques
fe royaienl placé en suneillance pour garder de fa Leutalion les amateur indiscrets.
ll teuail à gages une troupe de
comédiens françai I qn'1l avait
arrêt,~s, dès on séjour à Rome,
quand il Cahùt jom•r, en rnn
pa lai· llu, poli, dt:s l"audc, illi:s
du G·mnasc. Maladl', ,ieilli,
perdus, il n'arrêta point de
donner des fèles; el, plus Ja
(vu.Je e pressait. curieuse el
lapageu e,dans essalons,plus
b'l"and étaiL on contentement.
Uu lt: conmüssail, de toute·
paris, rour ses siogularilés,
pour on ra te asialic.1ue, d'où
le bon gnr'ilet la ml!Sureétaienl
ab cuts. 'a Licntaisa.nce n'était pa moins notoire; on a mil
1t lui savoir gré d'actes de libéralité illÎcus compris el plus
uliles. Il cr~a, à Florence, une
pn\cieu c galerie, une école, un
a ile liliéralemenl doté. À sa
mort. l'opinion jugea que le
comte« Nitolo II avait rendu des services assez
ltLrge à la ,·illedes Médicis et ryu'on lui devait
bien uue statue, qui fut éle1·é~ ur l'une dè
places pu.bliq-ues.
1. Le roariag-e eul lieu le 1" novemlire 1840.

'--------------------------.Anatole Demidofl', à qui le grand-doc régnant avait conféré Je titre de prince de SanDonato (du nom de"ses propriété en Toscane),
continuait et amplifiait cr lle large ex.i tence
de hue, d'activité arti tique et de philanthropie. fl y découvrait plus de discernrment
et de eu.liure. Le domaine de lettres ne lui
était pas îermé : on goOta de sa plume des
impression de voyoges, puis des articles en
forme de lettres, que publièrent le De"bnts,
sur l'empire de Ru sie. li avait la réputation
ju tifiée d'un fécènc. En épurant cl en enrichis aot la collection qui lui fut lê"u~e. il
l'avait rE&gt;le,·ée d'un haut pri~. Toutefni , il
n'avait pas hérité que de goûts rl de l'opulence de l'auteur de es jour , mai de lubie
11ui les accompagnaient. li etaiL brusque en
ses geste , fantasque en son humeur et d'allures despoliqurs. Il avait, en particulier, la
jalousie traca ière el violente, quoiqu'il y eùl
moins de droils que personne avec le licenres
qu'il s'accordait à lui-même en matière ~e
fidélité conjugale. Car il était ardl·nt aux plaisirs et menait son train à folle allure. Par sr
dons natUJ'els, ses qualités de race, son élégance, on Pût pu croire qu'il cédait à l'entraî_oement de pa sions inspirées, jusque dans
les milieux folâtres où 'égaraient es fantaisies. Il n'en était rien; on rnvait, parmi s.:s
familier , qu'elles lui coûtaient très cher, les
demi-mondaines auxquelles il sacrifiait la
po session d'une des plus belles princesse de
l'Europe.
Il jugea, cependant, certain jour, qu'il
arail à se plaindre, qu'on l'avait lésé dans
ses droits exclusifs, el il en maniîesta ~on
déplaisir d'une manière toute caucasienne, qui
rendit inévitable la séparation.
On était revenu do Pari , où le com1e el la
comtesse Demidolf occupèrent uo superhe
hôtel, rue aint-Uominique. Une grande soirée
avait lit'u ce jour-là, dont les salons da château de San-Donato étaient hi théâtre étincela.nt. Le bal entremêlait le couple étourdis
de joie, de lumière el d'harmonie. Soudain,
au milieu de ces da.oses animées, en présence
de plusieur centaines de personnes, qui s'arrêtt•rent clonées ur rlace, !'aisi d'un accès
de jalou ie irraisonnée, ~auvage, il alla droit
à la jeune p-rinces e sa femme et la rouflle~
sur les deux joues. Oevaot cet outrage public
elle étail re~lée san parole;. mai , se re aisissan t bientôt, elle e retira dan son appartement, ·y enferma jusqu'au matin, et, sans
revoir son mari, elle quitta la demeure et la
ville, afin de se rendre imméditi.tement à
ai nt-Péter bourg, ne doutant pas qu'elle y
trouverait prote, lion el justice auprès de son
on clc maternel le Isar Nicolas 1°•. L'empereur
fut d'autant plu disposé à los lui accorder
qu'il avait de l'allachemenl pour elle el n'êprournit aucune orle de complaisanc , au
contraire, lt l'égard de Dcmidolf,
n 'agissait d'un ujet ru se, apnl la majeure parûe de es Li1•ns en Russie. Nicolas
pouvait parler, trancher en maitre; cnr il
avait sous la ruaiu les garaulie~ dt soo oLéissancc. Il cntendiL rnrveillt'r lui-même les
arrangement de fortune qui a ureraicnl à

17'

P~1NCESSE JJfJff11lLDE ET SES AMIS - - .

a nièce ~Jat.hilde une large indépendance,
ordonna la éparation, exigea que OemidolT
erYît à la. princesse delll cent mille lh•re
de rcntP, et défendit qu'il séjournùt aux. mèmt&gt;s

PRINCE ~ APllt."É.-Olf.

résidencesqu'elle. Le princedcSan-Dooato, si
volontaire, a.vail dù plier, celle fois, devant
une volonté plus rorte que la sienne.
Anatole Dcmidolf a porté, dans l'histoire
intime dt: Y,1.tbildc, la responsabilité exclu ive
de leur désunion. li g:Hail les dons d'une
éducation brillante par on in tinctive vioJence et par ses habitude dcdi sipation effrénée. Pourtant, fut-il le eul havoir des lort ·1
'es LransporlS jaloux. ne lurent-ils que de
pure imarrinaûon7 li serait équitable de plaider, au moia une fois, en a faveur, les circon tances atténuantes de son geste. Yathilde
étail belle, d'une beauté provocatrice d'aLLentions et d'homma!?CS,
elle fut très entourée.
0
de flirts, en cette ville de Florence, et qm
devinrent pre. ants avec le baron de Poilly,
le capitaine livien, avec 'ieuwcrke.rke. Tout
autre que Demidolf eùt senti pa~ser un vent
d'alarme sur son front. En bonne justice, on
l'aurait pu lraiter moins rigoureusement.
li subvenlioouail en gran~ seigneur !'exi tence princière de la remme quïl a'lait épousée, et qu'il lui étail interdit de revoir. eulcmenl très ta.rd, qu.and Demidvfi', osé de
' ne era plus qu'une rurne
. w·a~te,
'
plaisirs,
on n'y fera plus oh taèle : « Que vou importe, maintenant! :&gt; dir~ le tsar ~lexandre.
Il avait es ayé de s ou1rrir des voies vers la
réconciliation en Louchant le cœur de Mathilde
en ce qu'il a.vail de plu sensible : un culte
profond pour le pa. sé, en faisant parade de
,entirnenls bonapartistes chaleureux, en ach~lanl la villa de l'ile d'E.lbe, où Napol11on a\'31l
passé ses jours d'exil, en y raE en.blant des

relique ùu plus grand prir .... Vainement.
La place était restée chaude où a main avait
frappé et le ou.venir cuisant dan l':lme de
Mathilde.
Celle ilme fière el napoléonienne n'avait
pa reru é, cependant, une appréciable part
de sa fortunr '. Et la situalion mondaine de
la belle Mme DcmiduIT, que lriplt'ront pre que
les dotations impfriales, pendant les dix-huit
années que dorera le régime, était de celle
qui aident singulièrement à Lriller les femme
d'esprit dont elles sont l"heureu1 apanage.
~n 18i7, celle princes e françai e élevée à
l'étranger avail dtlJaissé les cit'ux italiens.
vec une mansuétude dont lrs Ilonapartes
r.e s'cmpres~eront poinl de ~uirre l'ext'mple,
lorsqu'il, eronl à mème de le faire à l'il1?ard
de. princes d'Orléans exilé·, Loui~-Pbilipfc
a,·ail au tori é .lérôme el a fille à rentrer en
Fra-nce. Mathilde reçut l'accueil le pins tlatleu.r à la Cour du roi. Elle était en première
ligne parmi le, h.ibiLaé!' de soirée intime'
de la reine Marie-Amélie. Elle se lia d'une
affeclion franche aYec le dnc d'Aumale, dont
l'inlellirrence, comme la sienne. é1ait noYerle
aux idées de ln plus large tol~rance. El cette
estime réciproque persista bien au di:.là de
circonstances qui l'avaienl foi t naîLre. Le
temp , qui efface tout : amiliés ou rancunes,
gloire ou défaites, fui impui ant à l"nrnoindrir. Après laol de révolutions accomplie ,
on de,·ail vo:r encore une Bonaparte fréquenter le chùteau de Chantilly, cl Je duc d'Aumale
s'asseoir à la table qu'elle pré idaiL rue de
Courcelles.
Des événements ignillcatifs se rnpprochaienl. Au moi de eptembre l i8, tandis
qu"elle étaiL aux. bains de mer rle Dieppe,
rnn cou in Loui -Napoléon, arrh·é à Pari ,
était descendu à l"hdrel du Hhin. , on exil de
trente-qnalrc an avail ces é: il Lom·hait en
homme libr~ le sol du pays qu'il a,·ait quitté 11
huit ans et où il n'ètail renlrtl que den.X foi ,
en pri onnier. li ne connaissait personne
clans celle capitale, où il brùlait de 'acquérir Loulle monde. Et le nerf de la poli1i11ue,
qui est bien le mèmc que celui dol la guer~e,
lui faisait d faut. Le avance de m, ·s
Tloward s'étaient évaporées. A œlle Lieure
critique, llathilde lui rendit un éminenl service. Loui -Napoléon lui avait d~taché un
exprès à Dieppe. Elle accourut. La sêparation
avait ét.é lon.,uc. Leur première entrevue
accorda que1t1':ies minutes aux rappel ému,
du pas e; puis, il aborda la question es entielle, ~ po ant que I" argent indi,pensable
pour mener à bien sa campagne électorale
lui manquait, et insista sur la néces ité d'un
effort, qu'il prévoyait henrelll.. Malhilùe ,·ida
on écrin; ou, pour le dire plos e actement,
elle engagea ses diamants et ses perles, qui
étaient fort beaux, el en nrsa la somme à
son cousin. Elle avait agi de confiance el
dan un élan de son cœur. Elle n'eut poinl à
le regreller. 11 oLlinL son mandat législatif,
premjer échelon; il. fut président, dem:ième
L 1c total de celle rculc annuelle, ser&lt;i.:. p:u- la
famille Dlllllidoll' duranl Ulle ~innlaine ,l'année,,
11l\l:'inolra t1nn leweul une rlouuine oie million~.

�... -

111STO'l{1.Jl

degré \"l'rs la dictature. De reparle d'alliance
entre ~fathilde et Napoléon des notations précise. nnw sont panco ucs; des :ictcurs ou
témoins dLL momenL en con irroèrcnl exactement le soul'cnir 1 • Est-il réel, comme on l'a
prétendu. 1pie le _prégident de la fü\publit1ne,
après le coup d'Etat, lui :i.il renou\·elé la demande de mariage faite :l\'anl Doulognc et
qu'elle ail rrponssé le diadème 1 Est-il l.iien
1rrni qu'à l'o[re d'une ctluronne elle ait r6pondn : « Je préfère dticid.émcnt l'indépen&lt;lanrc. qui inc permellr:i d':iimer •1ui j':iimc
et cc qnc j'oime. o li est permis J'en douter.
Lrs affirm:nion , qui &lt;:.e sont répétées san.
preuve 11. l'entour d'un détail rom:ine que,
nouslais~enl sceptique. La prinresse )Jathilde
était encore la comte . e Demidolf1 • Et les
attentions de l'empereur commençaient à se
tourner vers uTI autre objet. 3fais il e t plus
plausil.ile qu'il lui ait tenu ce langage, ou à
peu près : « Ju qu'à ce qu'il y ait une impératrice en France, vous êles la première ici
el vous prendrez toujours ma droite. n
,ra thilde, assistée de quelques dames en
ande faveur comme la marqui e de Contade , faisait le honneurs des alons de
l'Lly ée. On a dit qu'elle 'en acquittait avec
une ai. ancc et une grùce parfaite . Dans
l'iutenallc, elle recevait chez elle, et préparait la rnois_on pour le prince-pré ident. Elle
amrnait à lui toutt&gt; le · illru,tralion et tou les
le!- in011r.nce.,, q-u'l-11,· arniL réunies en . on
ccrclL•. Elle n'cul jamai. plus d"a·cendant. Elle
n'arnit pa. Sèulemenl uu alun, mais une
Cour, oi1 nal1uirent cl s'entre-heurtèrt•nl bien
des rivalités. Ceux qui la virent alor, , et qui
en ont témui crué, a urcnt d'un aœord nnani.tne r1u'clle produisait grand effet, aYeC .on
profil de médaille romaine, ~e JClll brun
cla1r, lins el expressif', .es cheveux supcrbt:is
d'un blond cendré, se ' mains ariblocratiques
cl l'ha1·monie de Lout on être.
C'e t chez elle ryue on tou~in arnit renconlril, la prrmière fois, Mlle de Montijo; ce
fut elle qui, la -prcmièro, rrçnl ln con11dence•
de re ptOJl'l J.'a01on.. qu'elle n'avait point
approuvé. Les choses allère11t
au-devanL
de leur accomplis~ement. Peu de jours aprè
l::i solenndle cérémonie, elle étai L invitée à
diner aux: Tuileril! . L'emper ur, me racontait un témoin de ce diner, la comte e Walew~ka, 01ait ~ a ,lroite et à sa gauche Jatbilùe et lady Han"lton, cnrre le. quelles
avaient Ootlé jadi~ ses v1-l1éités byménéennes.
A l'une il dit: « Mathilde, i vous l'aviez bien
voulu, vous seriez ici maintenant'. &gt;&gt; ,\
l'autre : « El vou~, llarie, il me semble que
von n'auriez pa été trop maJ non plus à
celle place-là. l&gt; liais la page était close.
Par uo effet inévitable, l'~toile de Mathilde
scintilla d'un éclot aJT:iilili. Haussée par com-

pcnsalion an titre d'~\llc,;se impl:rialc, la
princes c Mathilde continua de rccC'·oir crux
qu'elle avait distingué , auparavant, de c ·
sympathie .
On n'ignoraiL poinl qu'eJle a,·ait été l'une
des prP-miùre · offeclion Lcndrcs de t.apoléon ru; et de certains C. prits ha ardaient
le pré. a!:C que plu de bonheur el de . êcurilé
eus ent été garantis à la France, .i le sorl
eùL voulu 'Jll'il rcnouâL sur le lrùne leur
fiançaille:; :in Ire[oi rompue: . Le id 1e pcronnelles de \l:tthildc. on inclination sincère
au libéralisme, la pr,\férenœ manifeste qu'elle
montrait 11 parla:;er les opinion plus clair,·oyantcs en matière de politique extérieure
aus.i bien qu'intérieure du prince Napoléon,
auraient été le gage, uppo·aicnt-il , d'une
in □ uence plu salutaire que celle dont se
trouvail investie, par le coup le plus imprél'u
du hasard, la trop ,i\·e C'L trop imprévopote
impëratrice Eui;énie. Peut-être. liais cllemême, on doit le confe ~er, avait aussi es
algarades, se pau sées capricieuses, ses cntraincme.nts d" opinions, qui n'étaient pas Loujour du patriotisme le mieux raisonné. On
s'apercevait de re te qu'elle avait appris à
peu er et à viHe bor de France. En pl,·inc
guerre de Crimée, .ous l'impres.ion d'une
lettre, qu'elle aYail reçue Jlalleusenuml dn
tsar el qui commençait par ces mot : « En
vérité, je ne ais pa. pourquoi la France me
fait la guerre, » elle arnit affirmé haut .es
tendances slavop!ule ; on eut la surpri e de
voir la cousine de l'Empcrelll' carre.pondre
avec uu chef d'État contre lequel on paIS
était en guerre. Ce 11ui n'était point, évidemment, pour réJouir Napoléon lU.
LA princes e Mathilde aimait l'Empereur
d'une affection dynastique. L'incompaliuilité
de leurs oatures n'en était pas moins lfagrante :
(t
loi, déclarait-elle, je n'aurais jamai
fail mon chemin al'ec Louis-Napoléon, parce
que je rais droit devant moi. sans biaiser
dans mes mols ni dan me acte . 1&gt;
El, revenant de Compiègne, un oir, elle
ajouLait en pré.~ence de queltrucs anditcur ,
qui ne l'oublièrent pas :
a ~on, non, nou ne pomion. nous entendre qu'à demi. Qu'est-ce que-vous voulez?
cet homme ... il n'est ni Ou\'ert, ni impressionnable I Rieo ne l'émeut.
« Un homme qui ne se mel jama.is en
colère et dont la plus gro se parole de rureur
esl : « C'est absurde! » il n'en soorne jamais
plus .... Moi, moi, si je l'avais épou.é, il me
semble que ju lui aurais cassé la tète pour
savoir ce qu'il y avait dedans. ))
A. sa table, elle lai sait tomber des paroles
de franchi e osées jusqu'à l'imprudeJJce, des
a\·eux. dépouillé d'artifice jusqu'à l'ex.trême

étourderie, comme dans une fin de (liner oi1
elle disai!, sans prendre garde que des échos
en re,·iendraicnt aux oreilles des hôtes clc
diut-Cloud :
(&lt; .le o'ai jamais désiré la chute de Louisl'hilippe, _j'étai: plus heureuse sous .on
règue. D
Tilute détachée d'ambition qu'elle voulût
paraitre, ces mots-là trahissaient un grain
dr rancune, rour des déceptions éprouvées,
et donl l'impératrice a"ait bien sa par!. Eugénie et Mathilde, qui se rapprochèrent après
la terrible année, et, dans un deuil commun,
t, l'occa ion de la mort du prince impérial,
s'entendirent beaucoup moins en leur jeune
temps de sonverfillle triomphante el de prince e opposante.
Lorsque, le 28 janvier, au soir, dans le
cérémonial du mariage civil aux Tuilerie ,
Mathilde se vil désignée, ainsi que son frèrE',
par les droits de la. rarenté, à conduire l'auguste fiancée vers !"Empereur, quelles pensées
de com1J1raison cl de regret avaient dù visiter son esprit en e remémorant les circonitances qui l'avaient pousséè, elle, la nièce
do fond:iteur de la dynastie, à choisir l'union
sans joie, l'a sociant non pas à l'âme ni au
cœur, mai à l'immense fortune do Demidoli?
On n'en pénétra pa.s le secret. Mai ce qu'on
savait mieux:, c'est que l'harmonie lais~ait
grandement à désirer entre le deux femmes.
dont l'iiolithèse était complète el de caractère et d'1J~es. Taodi 11ue Napoléon avait
gnrdé à ·a cou. ine une. invarialile a.mitié,
l,&lt;;urrénir:1 s était éloignée d'elle graduellement,
~1• m,mtranl le moins po'-sible à es réceptilln et ·en tenant avec la nouvelle Alles e
•mp~rialr ur un lon d"~liqaetlc el de cérémonie. Dt! inter\•alle d, J-ifaveur e prononœrcnl, dont le ympl!lrnes parlaient clair
wx regards pcrspic.1rt-s. 1,11 printemps de
1 57, on ne l'ut pa, ,,ans ren1:m~11er que les
diners de la Cour se suinùcnt de près en
l'honneur du grand-dui. Con -tautin, et que
la prince~se Mathilde n'1• aYait pa encore été
imitée. Était-ce ombre de fùcber1e, d.EpiL
l~crer parce que le grand-doc, à son arrivée,
avait re11du la première ,·i ile à ~athiltle
avant les autres membre de 1a famille'!
Était-ce pour une autre raison? Le fait ·Or,
patent, était son absrncc, dans Cès lie~ es
officielles. Le 5 mai, il y a,·ait bien eu là
deux princesses, deux vieilles rabâeheu •
fort peu arnna.ntes, insinuait cette mauvai e htngue de Viel-Castel; mais elles
n'avaient pas remplacé la belle et souriante
sœur do prince r'apoléon. Dans une autre
occasion, le rrîroidi • emenl de relations
s'était aggmé par la chaleur qu'elle a,·ait
mise à soutenir la eau e sénatoriale de SainteBeuve, qui n'él.'.Jil pas en cour.

1. En pnrhctl!icr, le marechal Co.nroberl, dont le
noirs ,1111 ôLè rasi;omlMe, el (ùndues p1.1r )1. C.erlllllia

dud1c, rie Padoa.c. 1 Vous me fcnei grand pltisir,
écrivait-il, le 5 juin l83i, à son père le comte de
aint-Len, l'ex-roi de Hollande, ùc me donner ,·olre
avi . ur c,:,tle al\inucc, 11uoique je ne sois pas très
prc·se ,le me marier. • L"ann 1e sniV1)nte, on re'"inl
sur u11e idée ,Je rnarfage, au sujet du prince Louisapoléon : il nvnil alor 1in1It.-ser,1 ans l'l luihilnil la
,·illa &lt;l'.\rolneol,erg. Le l,rmt êlait répamlu san•
rand fondcmer1t quïl 1111 it épouser la rein~ Jona
faria tic Puri ugnl
.En troisiènm Ucu 1iar1ui1 le proJOI d'alliance avec

la princesse ~lnlhilde. li lu ~uite de l'affaire de
Bouloirnc. 'etanl ,had/J el 1•ê idanl en Anpfotrrr~,
il tl ta1l ,Jc,·enn amoureux 11"utHl Jt:Ullc el d,nrntanlc Anglnisc, m,ss Emmy no1Vlcs, qm dememai l
av 'C son l,cnu-1'1·/•r~, - circonstanco è tr,O)'.!"C Ill c111pr~i11le ;l'un• couleur de lat alité. ÎI Lhisll'hu1•,-t. il
Cru.n1le11-llomie. c'esl•lt•d ire ,!ans la propre maî.,1111
uù tlevait mourir, \ÎU)!l-six ~ns apn's, ~opollion Ill.
Le m1riagc allait SIJ faire; il fut rompu, lorStJU" miss
Rowles eut appm la li&lt;u,on qui cxiot111L entre le
pr iuee cl miss li owa rd.

,,te

0

n~r~•-

2. Il ne foui pas 011Llier . quo le di\,orœ "" fut
jQlllllii prouQIIN! ••nlru )latbiJd., r t le prince de an·
lJonsto, •1u"il y· av-J 1I $ep:1raliou el uon ,lh·nrcc, et
qu'elle élail restée de son nom Mme Dcmidoff.
3. l.e : janvier IIS5i.
4. A vrai ttin.•, elle n"a,,oil pas en les prémices J11
cœur tlll son coW!i n. .Au mois de juin IS31.. l.ouisi'iapJli\on a~ait jeté Sij~ uc. malrimornalcs sur la

"" 294""

Cllch4 Braun •t C".
PRINCESSE

l',lATIULDE.

-

Tabtea,, de LOIIIS· ÊDODARD DuBIIFI'!, (Musée de Versailles.)

�Ut

PR,1NCESSE

111ST01{1Jl
écll·cliq111' qui piit i'tr •. llonaparti~Lt-~, J,: •iOn préh!ndoit 1111c l'impérnLtÎl'O ~c cnlaiL chiffre, pour ~ou tenir I' élal de prince ~e d:m.
limi. lPs, r,:pul,lic;ain llll orlê;111i. tl! ronr,,nle
mondé!
"alhilde
at:iil
.cmntif
dïrriln{roi. ~1:e de la Jl'lpnbrilè d·· ~falhildc, d · . nedaicnl 111 lonlt. Ir, nuan •,, 1.&lt;·~ pron-ramni,·,
tion,
à
l'l'11ronlr
de
l'l' fri·r1•, ~i r, m'.1.r11uahl1•t•~. riu'elll• ,,Llt•n:iil ru
dunn:ml la pdne
,i1:iil'11I
IJ.1nni. th• et· nl1111i1111' 111i. tt-s, où I •·
J'è1r aimnht,._ el qu\:nfin tri· faible Hail m .nt Jvn :, J,· cd iltrnn•~t• J:t1i111c-. '•,p,Mon. opinions rarlirulièri·, n',:l\3Îi,r,l p:1: 1 ~e trnJonl l'e-pr:L pou,,Jil :'éleva ~i hml el rai~•Ill 1P ·ir clc l'n,oir pr1\ J'ellc au Tuilerie .
hir t'l ne 1l1•1ai,•11I pninl. 'arfichrr .
.\u urpln,. l1•11r m:\11Î,·re J rnir, Jc pt·n •r, . ouner ~i ju:h', 1·l qui, m,11lwnr ·ll~l'nwul,
I.e nl11n cil• l.1 pri11r1· . • "athilJe n'a 1•:1
comprom,
Ltail
11111I
un
di.,r.un
cl
lui-m1•111e
d.: rroin·, 11't:1ait.&gt;11l-l'llc~ p:i: t'll oppfüilion
L'I! d'i:•!:!I, au
I e Ît•cl1•, 111lllr 1, durél' de
par . 1· · a l •: nu ~ parole ·.
,1h,oluc '!
~on I rnpirr.. C1· rut un~ ,~ri1aùl' i11,1ito1io11.
«
C\U
un
1'.tn•
irnpo
,il,le,
déd:uai1-cll,•.
Cntholi,l'lf 1•11~~i111111fr, 1·1,:riral • , l'ci,·c~,
~in. i rp1•' m l\·~primail \![ml \t,:&amp;re . Il
l'ug,:, i,• puus,:,it Je toulo-. . ,.·. furr1 la puli- .1 • 1• &lt;ai~ lii1•11. cl nou Olllllll' LOU .• l'll
•· 11rol ,n.,.,a
au Jul.1 d'un J,•mi- ;i,d,• ,:111
•
t)
,.
lÏtjUI' impéri~h• ~ foire pr :Jnminer l.i .O\ll'C- Fr;i111·c. Jt• ct'I a,i·. u
cc,-}cr
J\•tre
l~
fn)t'r
par
rxrcll
·nrc
J,•
1•,Q11311J il fut 11u,•.,1io11 du nJ:JrÎa!! • Ju
r•i11clé h·mrordle à l\,,m,•. ,1.,1hil1I• • ~i Li n,·eilla111 •1111'dlc. c m,,1111à1, indi,·idm·llemcnt, prinrc i:'iap1Mon awr la llll1• du \'ictur-Emm:1- prill.ùpari11·il'n.annl:,., le.· plu~ ,oruptu ·u ts, le,•n f,m 1,r J"u11 ;,l,hé 1'.&lt;11p11·rc,u, n,ail horr,·ur, ntll'I, la p11t.li1(lll: t l ér~rc Clotild~ ·lit! \ 1tail
plu, rornph:tr~ de cdle :iC;JJ.lmit• m:ithilcoll1 1ivt·m·•11I, d : cardirnu , Je 11rèir, . el l'1·ri{-c pl:ii,:immcnt :
dienne,
r lèn·11t du 1-cond Empirt!, qnwJ
1
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Clotit.le,
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lc
dé la d11111:1u1io11 p.1palt•. En ron--11111 ·ne•,
cil.· e tr11111·:\il dlc-m1\m • par .on noUl, on
Ji.1hl,
Jaus
un
l,énitiPr
!
a
t::11;;1:11ic t,·1 :1ÎL
1Ji,1a111·,· la prinr . · · \ln.\ l'cmpl'rl'ur, un jour '111'011 proposait nn 1•11tnnr~••1•, &lt;:(': condiliou et ·on rail" portée
rhild.1·, 1·c 1111i rcnd;l'l un P"" fur ·: le r,:,11011d~n, le pl11, •tillld ln,rrc.
c..,nwnl Je cdk'- ·i :iu1 pompe Ju w11nil • arcro1,,cme11l de do1nti11n pour J 1, ùmc. , Il,·
!:Ile 01! , \ ro11i11:iil p3 c cl11 Î\' m, nl.
n':1rni1
pu
s'cmpèchrr
de
tlirc,
J:,11,
un
frlal
11fliri1•l
Eli" eul 1111c pl1:1,c lrt&gt;· 1•xtéricurc, où l'un
dl'
rr,
D
·hi,e
tÎl'II
moin
IJUC
fr.li
•rndle
:
Il 1;ùl fallu, pour1J1i'cll~· r cr•;)l Olll' action,
n',111rail p,, ronç-u. :in ,11ù·lhi • p:irtkipùt,
t1 \'ou. 111: .a,·cz donc pa.· 11ne 1 ·apoll:On
1p1'un l'r, 0111.ll roui au moih . \lai son b •ure
110l' Ît!lc de h:iul rnm11!3niLê. l)an , les s••ir 1e·
t·~I ,otrc l'JlllCJDÎ le plu _ acbarné : ,ou Î"IIO~l.iÏI pa,,-1'. •.
Irai •,li •.. elle llll d,:d ,i·•wtil pninl J'arrortcr
O'uuc m311irre gfoéral,·, il c l à propo. de re-,. donc ce 11ui dil cbr 1, lui! 1
~a
nolt• uriui111ll' &lt;'I li!m:. ,\u counnl de l'uifl11 le 1oil, l'e,pril d com·orde n'était pa
con. l:tt r ,1u 1· lien, d • famille, chci li'~
wr
1 61, ell • ·'était f''3Il: • d'une im:1;;i11:i1 'apnléon. ti&gt;naicnl moin
aux allach du un ·! $ apan3"C d • I, fomifü· r lwnantc.
1ion faota.quc, 11ui lui 11 ~.a p;,r la lt•h•,
,1athild11
OP
•
uhail
)t!.
ré
~•ption
dn
1:1
cœur qu' de raison dyn.1 ·tique· ou à de
cour 11u'au1ant qm• l' eiigeaicnt on rang cl pour un bal co ' turué, cl1él Moru •• [Ile ,·l
mol,il, iutér · .é .
était r.:ntluc, non pa. en marqui,e rocaille,
\lathilde ut d", bord l'occasion d se 1 circ nstanc •· on humeur prompte ju-non p:is ·n Diaue cha5 rt' , • mai en p~uqu'h
l'eilrèmr.
on
amour
de
la
n;rité,
fùl-f
•
hrouill r a1cc ..on pèr•, Jérôme, qui n' 1t.ail
, rcs c, ,ètue do l0tp1c , de~ loqu~ Je
à
•
ri.queel
péril.!,
,e
lrouraitnl
mal
n
pa. ju. lemenl un modèle dt! \'Crlu, en tant 11ue
modèle
nrran,.'· ' p.ir on p intrc ,iraud, et
purl'l: de mœur , délicate e de con. ·ieoc.e J'ai. e dans ce mîliuux de di ~imulation •l de
la
figure
couYerl d'un mlll1111 •(·11 lil dl' for du
conrli an rie. Aus,i ne lui donnait-on pa
l dé.intérc . menl. ,'' \la-t-011 pas jusqu'à
pln ,ilaio efii:l qui la rcndaitmfronnai saUc.
,·oix
au
con~eil.
Au
contraire,
on
la
tenail
en
préleodr qu'il avail fait propo~er à O ·ruidoff,
Ce lui rut Ulll' joie, cacbce OIi' wn
.on ~endre, moyennant une omme de ... , la d1•bors de toulc consult lion imp riante, el
dé"llÎ
rment, de ren,·onln·r de. homme
pr •u1·e écrite de J'inlitnilé de .'ieu,\l'rkl•rkc I,· i:en · bien iuform: :&lt;al'aicnl (l('rlinemn1enl
culin
qui
11e lni p1rl:iic11t point la bouclll' 1•11
1
nvcc la prinCl' e , lathilde '!... Le 1 • jan- qul', d n b ramillt• imp rial , 1 . memhrc
!'JEllr, qni pou1:ii ••l · • 1:ruir' p,·rmi de lui
ma
culin
c•t
féminins,
·Ion
le
mol
d'uo
bio"i r 1 ;.,5, 'apolêon Ill n'a\ail pu pr :,id r
d,tl11,'cr1t,ndre dire
gràpbc. u'nll icnl Ul'J't' d'accnrd ·ur 1, mo- déliilcr ,Je· i1111J11lite
le n•pas de f,mill, . Alor , l'ancien roi d
t•ar
dt'
frmmc.
1111·
·Il
1tt it l'ieill1· l'i hidl!.
Wc,tpbalil', p:i,_é nouvern •ur d , [nvalidl!., oi'•rc de dirir•Pr le ,ol de J'aiµlc; qu'en ,011Cc 1JU dli• :,n,ait Ilien ne pa i'.•trc.
l:111L
plaire
à
un
cou
·in
on
ri
t)ltnÎL
fort
Je
.i1·ail rrçu, an l'alai -Ro al. 1,•s i111ilë de
Gallé d1• jeune,, i el l'ri\nl,· di. ipatiun Je
l'Empcr •ur; 1t, à la f.iYPur de cette rir- dép), ir • 11 l'au Ir , t·l qu'il •o N:lournail J'nn
oi
don! t·tl•~ lendit 11 , · dé~habilucr Je plu,
con tance. il 'était réconcilié ure ,1a1hild •, jeu p1rcil du rôté dt~ t-ou:in ,,
en
plu , aimant l, •.iul·oup mi 11 1rnir l:i
tJ11oi~11· ell' en cùL au fond de l'àmi:, nou.
, l 1111·1lc il :t\'Jil fait Ioule· 1,., a1311cc:;
porte OU\&lt;'rlc . •s ami «JUC d'arnir tuer
le
rtlpiltnm,
un
rancœur
.ecrèll.!.
pari:•
pnll rndl ·~. I.e ll'OÙL•mnin, il •'i!Lail rendu
li-. hrur • , hor ,1 • dwz clic. dans le ,ide ,·t
rl1••z .:i Jilh:, )ni npporl:inl du l1ell~• ,;Lrcnn ' 1111'die ~tait, comme ~on fr re, le prioc,
tïoulil •, füll' . • ,entait naimmt au upplicc,
•l lui di~nt. pour c1prim r la li. faclion J :r1im1•, J'um&gt; n:itur • forl agis-anlt'. elle
lur que le• e,i~ent·r d'un• n~cplion ou d
'aL·ten~il
d'
n
murmurer
a
pl
inte
à
l'{-cho.
1ru'il nrail 1tprourti du ré"..il JI! lenr~ L'lJJS
rai. on do'. mouJe l'ohli"l':\Îent a e ·rucifü•r
Elle.
McloraiL
sati.faite
dl'
sa
p
rt,
l:ldiail,
. enlim,·nl: : ' Tu m·n~ rait
~l'r ln llll'ildan h ,·omp~!,Çnic Je !?l'cr, d1:, cl d • di en c·
du
moiu~.
d'en
n,oir
1.1
certitude
el
de
l'in.},nre nuit dont j'ai,: jnui cll'pni~ 11111 .. kmp .• ,
J rien . Eli.: l'II 1l ·n-11;1it jaun d\•rmni,
Entre ~ne el ;.Oil rri-rc le, 1111~" :, l't,,il·Ol pir·r à s ami :
'luan,1 1111 Ill ll1l•llr 'Il\ ha :irJ l'nrail cr&amp;rmée
1
Les
T1ülc&gt;ries....
:ainL-Clnud....
(.'I!.!
t
îrtl11u,1 nl~; clic rt-nd.,it jn,ticc à ,, upLL
ibn un rrr h· r.,,litliru l ,Jonl die ne pou,·ail
riorilé dïnt ·Ili" •nr •; cll · 11· . tî1n, il 1p1e peu lri,1e, œ cliàL~au do • aint-Lloud. C\,,1 , iu- plu. e dil, ,•ud1n•r, alnr, lpJ.C, non lo'. 11 pcut'ulit!r comme je .uis coulenle dé m'en aller
.on l'arai-ti•r1~. LUI j,1lou l i ! t.. , av:rntnge Je
11tre, à lcnr :1i,e, Jt'1i,aicnt 1k, "l'II' d'r,pr:t.
lathilJc, le~ d '.darait ex , 1r~. di,propor- Je tnu. C cn,lroit.::-là .... J. Il ui. r à
LI.'
tidèlt• eonn~i. it•nt ~on l'\ tirt- ,ion Je
mon
nie,
h
la
cour.
Là,
le
.
ntimen
,
la
tionué,, in lquit:il,I '"· C't-sl •111·,.n réalil' la
1i ·a e d \olt'-e l'll de pareil, 111umc11ts L:11 c
lnnmc
·onl
dilféreut.s...
Je
ne
p
•ux
pa
·
itnatiun d' f;i prince. ·c t:lail li111ncï rem •ni
tournait ter· k , t-au:;eur•, l·uri1•11 ·t•, \J"ucmc11l
•n,i;ihlc. En i 00, elle ~,:iil ,11 on refenu, m'expfo1ucr cela. \lai~ je m' · n un nuire inuire éc : cil• 1· ,·o,ail, cro,aiL le:. l'Olcnper
oune,
el
je
.
ui
pru
·ée
de
rl!venir
à
moi
Mjil c,,n~icléraLI , c o . ir J'une nllOC.'.lûon
Jre; elle aurait ,·oulu· prcndr·• part it 1 •ur
l à mon chez moi. »
,uppl11menlairc el :muuelle d • troi~ c •nt
couwr
atio11, cl dL ,:1,1it 1 •nue d' '. cout,r,
Elle e con,olait &lt;lé on in3 ·lion politique
mil!• franc 1, qui, .'njoulanl :m dtux (cnl
quoïl
D
·, nini cri1·. , de lad seri .. Une
mit le de •. Jot r' litnile l'l à la rente lquiva- en . 'entourant d'un œrchi étendu d'amis el
apr • -midi IJUl' la 1i ile de d•ux femme
d'in,·i1'
,
dont
le
lai
nt
éroit
la
meilleure
J
1,mt • ,ru'dle Lir:,il lou · le · douze moi Je ln
lég rl'mcnt oue· l'n,ail forrrc de prêter
îortnno d l)cmidoll', porl:i.Îl ou Ludg1•l préro "3liw., cl [lrofitnit de •lie orle d'exclul'oreille à des hnLilln!!CS in~outcnahl , ell •
ion officielle pour rendre oo alon le plu
d'alor à pl cient miUe fran • n b au
'était écn' ' quand cfie'
Ill parti
1. l;c ,t,,ulÎon exlrtorilin•ires ,li panir.,nl l\ rc qu'rJI • dl}J1&lt;'115aÏI a,ec lil,êralil p&lt;,ur soulN1ir on
11 Vraiment ce. cr il a:.:el Je
ahauder
rang,
~,i,11ire
,,
go,U
ho
pitalitr
el
ulag~r
tlt•
l'Empire, •Jlli le lui crvai1. La forlnnc 1h1 11 prin11omlorro
inforlunt
•
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J•bllN
d
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·olkc11,,ru
dan.
le
monde
jusqu'à
trente
a.ru,
mai , à
ce• lfall,,hl d 1u le dnni,• . lcmp s• colllpOMiL
,J'arl , bijO\IJ Cl obJi•I¼ 11r« Îl'UI, die ne lai
(M d~
prC5qU,, OIIÎ')Ul'ffl"HI ,le ,. n·nl, tic Jlemi,I IJ, r •1110
cet
,ige-1
,
on
devrait
a,·oir
.
a
retraite
et
capiuil rroprcrucul tlil,
1 iag,·rc J •iQll,lltO franc el non tOH,00\l ruul,tc ,

n'être plu, lionne au, ('onée as omm:mle.
de la ociélé 1 11
ne autre foi-, rom me efü• s plnignaiL d
la peine qu'on a,ait 11 rt&gt;111·onlrer de remm,~
: ïntér,·s'illut au C'hu ·r~ d'orl, aux nouveau 1;
de la lillérature, ou muntranl des cnrio~ité
. inon , iril • du moin. ,:Je\'t 011 rar • :
11 Parmi la plupart Je femme qu'on \'Oit,
1111'1 u n·t,;oit. Ji --,it-cll,•, il l·n L i peu v
qui l'on pui ·. t• ·:111,cr l Tcnl't., 1111ïl enlr1' une
f mme ici, je ,l'r3i ohli"l'e dl! chan!! •r imnut.
J1u1t-me11l la ro111· ·r,alion. \'ou -allt.'z voir
tout , l'hlorc ....
F.t l'e pfril'II&lt;'&lt;' lui donu, il an ·siltil raison.
Lil,r · d s,•:- ju u,ent · ul de,,. opinion ,
J1•llc q1i'ou l' drpcinlr, 1 lle ~•i11n1l ildifü!
t· 111ml' utl • chapeUti à part dans la ociété
imp(rialc, l'l Junl l,is drhot _'appt•lait•nL, 'i •11werkl'rl.t•, , ainlt·-fl,•1111·, .fui . Je l:on ourl,
~Urimé,·. 1· peintre, lli'.[,..rt. l;ir:iud, Oaudrv
• ruuu·ulin. Ar) ',·l, ·fi ·r. l'i J'autr é ·ri,· û'..'
pa ,,:, maitr • . lbfophile Gau lit r, D11m:i ,
.'arJuu, ,:111!" compter k 1/ii miuore , que
11ou. onhli,111 .. Gr.111d. _ •inntur. . piritud:.
Jilet1an1 •. de la \te, lhr:uricicn. ù'idral ou
filt-ur~ J\·,1héti11u , d1a('UI1 î c-0ntrihua·l d •
a 111111 ori,i11all·, ou de ln , rncérilé d'un
•••ÙI, J'un ,,•n1i111 ·nl.
1

La mn.ique 31'ail r .oir de faveur. Par
conde•ct.'ndanœ plutôt 11ue par oùt 'y prc1:iit-dlc, car elle av:iit le tem;)érameul antimu~iral. On ir11 itail alor uo 1il11 Brand
nombre d fl'mm1· .. Cdles~i. ran ée~ n oo~
b ·illl·, dan. leur co,111e~ atour , faisaif'lll
partie du tl ~ r. Elle: écoutaient, I' ~nrhant
n·gnrdt&lt;c~, tl\'l'C de~ c,pre.. ions de ph :sionomie. det Jan II urs dan· l1~
eu • dl',
mouvc111cnl1&lt; pâmé, J\iventail , 1111i 111nient
une de. di.lractions offerte, par b prince,,c
au r«'"ard J1• hommes. 11 Cc 1111c /aimP urlout JJn h mu ·111ue, r •marqu, il jolimcul
un d • Gont:ourl, ce . nnL I&lt;&gt;· femrncs qui
l'écou t •ni. ,
()m•l11uc, Jal ron~acrée \taienl r,1: ntt ,
il,,nt 1• ttlr moni I lranrbait . ur 1
,euue~ de ln mai. on. L,· ~,() mai, p, r I' l'mplt
apparten,1it à la ci.li :brarion de la foie onon li •1u'cllc donnait à l'Pmpcrt'ur. Lar11em"nl ,·y d1:plopil l'apparat de romnrnnJ •.
I,~ lumière él ·Lriqu~ cour it à trnver le,
frondaison du par . .\ l'inll:rieur, l · ku dr.
111. lreJi alluruail ln pompe de tenlu1 et
fai~ail étin •Ier h· pla11ues diamnnlées sur
k r •1·cr · de_ habit Accoté au bra. dt?
leur raulcuil, noncbnlammenl ·c l, i. aient
b rcer d'barmonie Lt:urs Exc \lenc.c , 1
0

1,

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JK J{.T1fl1.DE

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.,uns _,.

ministre cl les diplomnlr.', El l'homme
qu ·on féta.it, c soir-1, , tra"er ait I aIon d
. on pa trainant, un on rire va!rue au lhrl' ..
l1ui., la d Lie pnyéc ~ c obligation J'Alt , e impériale, ·ile elle re,enait ~ se imitation coulumil•rr:. D'inlerralle, •lie ' pl:,i~ail à ,•i,iLer qu lqu .-un. de ' e plu. cher t•t
pllll; illn_ tr • hôlt• . Dumn fils cl 'ardou l'rurrnl EOllVt'RI à ~farly. f.lle ~rln~r:iit entre u
on .éjour, . 'intércs. :ml particulièrrmenl au
m, uhl . , au r.olli clion., au mill · . 011venir
de l'auteur de / 111trfr, ,·ivilié~ pnr a conwr:3tion. Elle connut jtunc. tille· lm 1 rdon
et ,e reur ; le. relalimh .-••i:iicnl remlul·~
!ri·. ·nivir_,, depui · quo· li• té1'11r • écrinin
dramatique 11\'ail épomé l:i 1il11• d'Eudorc
• oulit1, l'un de· liili•l •, de la princ•·-~e. I.on ll•mp. •nsnilc et bien dt· foi , Snrdou del'aÎL
lui [air• fairi le tour du parc dé M ri , 111
'attachant
lui donner un iJ,1e de eu
qu'était le domaine n la plendl'urdc:, fa Il
ro)an t impfriaux. El c'r.l lb. ,cr la lin
d a vie, romrne elll' ne CR ,ait d'admirër I:i
l,e~1nlé de 1 rly.
horitofü, on piLLore~que,
1• pa ité d' 1êgan et de hu qu'il rappelle,
qu'elle dira a, un l •er oupir de re 0 r l:
« J'aurai. dù planter ma tente en ces lieu ,
·l non pas à aint-Gratien. D

suivre.)

FRtDÉRIC

LOLIÈE.

Ser1'ice du roi!

0

ra

\l.ldam, d - r,in· t
péÎ"n:iit. san
pi·n ·1 r, dans. ·e · )1&gt;1tre · pleine. d trait. inlérc~,;1nt . En voici une a cz in ulière, 1 rite
à 1. m r 1 ·hale de • ·oaille~, où Je. rien îourni. sent mat i~r • de r 1Jlexion. :
ci ll:in· qucl emploi. bon 11:cn, m' n:1.vuu mi.c ! Je n'ai p35 l • moindre rcpo , el
j ne lrou~e v même I lemp de p:irl r à
mon .ecrétaire. li n'e t plu question d me
r ·po- r près lc diner, ni de manrnr quand
j'ai rairu : je ui trop heureu c de faire un
ma111ai rep en courant, 1 en rc ' t-il
bien rnre qu'on ne m'appelle dan le moment
que je m mets à ta.bic. En \~rit', madntne
de ~fainlenon rirait bien, .i elle av, il Lou:
le dét.nils de ma charge. Dites-lui, je vou supplie, que c'esL m i qui ai l'hmm~11r de
1

1. Anr~'.llari•• d La Trt\mouille, Pur du carJiu 1
J • l.a Tremouitl, cl ,tu du, tin • ·o,rmnnlÎer, ,1'ahorJ
f ·mme d • T1Ue1nind (;halai , 11111, du ,lue de llrac-

ca. r le nez cuntr l muraillr, d nou
f1)mc , 1 roi d'E,pa:me el moi. prr J'un
quarl d'heure 1' nnm:; heurter en 1. ch 11cl1ant. .1 laje.tl s'uccommode . i ùien Je
moi, qu'!'l\t a r1uel11utfois la hcmt~ de m'npp•lcr J.1:ux heur~ pin. tôt qu j . ne ,·oudrai·
me lever. Lli reine 1·ntr dnns se plai a11IPrif•,; mai· cependant jè n'ai point 1•urorc
11ttr:ip1! la contianc.:e 11u'ellc , vail au1 f1·mnll'
de. chnmbr 11iémo11tai,e ·. J'en ,-ai :1onn • •,
car je la er, mien t qn 'elle ; t!l j • ui ~ûre
qu'elle. ne la 11: •hau: eraicnl point aussi 1,roprfment qu • jo l fai .. »
C' ,,1 un• fcmm lr'. haute 11ui 'a,- •r\il
à ~•' poiul, qui se c rnpl:til dan un • •r,i · •
si propr • à I r ~buter! Elk a . on Lut, 11 · )
paniendra. Elle dé ·ir, à 111 v11rit', tlu oulnem ni: mai en aLlenJ:mt elle fail 1011 .
effort · pour tir~r avanlanc de se. fali~oir fi i.t11rù1. ra,..- . Hl'. ~Ill•

prendre la rohe de chamlire du roi J't: pa!!ne
(Philippe V} 1 r-.lJu'il :e met nu lit. l de la
lui JonnPr a,·ec . e~ pantoun •. quand il
lè • Ju ·11ue-là. je prendr i pati nce; mai
que tous les oir , quand 1• r i entre ch z la
rein pour ~&lt;I rou h •r. le toml de S,·na1rnte
mu chnrge Ùt' l't.lpée de , a "aje té, d'un pot
dl' d1 ml,re Pl d'une lampe •Ille je reO\ •r,;.e
ordiunir •mcnl . ur me· ha bit~. cla c~L Lrop
•rot· qu . Jamai. le r i ne ' lherail i je
n'allai tirer . on rideau; el ce . erait 11n ~acrilt•"ê si uoe ulre 11ue 1noi entrait clnn · 1
cb:imlirc de la r inc quand il. . ont au lit.
llerni~remenl la lamp - 'était éteinte, parœ
qu • j'en a,·ai répandu ln moitié. Je ne savai ·
oi1 étaient les fenêtr' , p.tr · que uou.s étion.
arrhé d• nuil dm ce lieu-là ; je pens.,i mt•
riano, prin,-e J,· l'r!i!'

1

c-t .:élèhr po11r
rcino ni .favorÎlt•.

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1ro1r

n en

rur

•pt~1e, sa1

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i\hRtCllAL 01:

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1

'OAILLES

�.,
G.

la fin de Thérèse LelJasseur
Le cabarl'l d'Anloine Mauriee étail à l'en- b111al MLut il'ane liai ·on enlre "eue ftlle, 1p1i jour 011 il connnl Thh~s&lt;', ce garron errant
trée du village d'~rmcnon,ille, ur la rouir dcpui · lon .. lemps n'avait plus rien à pcrJre 1 fut fixé el ·on avcTilurcuse hu 111cur 'alourdit.
Les premier moi ne se pas~èrent pa
de 'euli . Chaqne malin de beau Lemp , 1t la el cd étudiant a liardé à lrnnte-troi • ans ans
lin du printemps de 177 , Antoine voyait, du po. ilion, rp1i avait été 11cce i1•emcnl :i pprenti, :;:in a:m5menl, rncorc qu'dlc r,H , an llcauté,
seuil de sa porte, passer sur le chemin, d,·s greffier, graveur, l:iqnai , séminarLLe, nilcl lui an. argent, Lou deux :in am•&gt;Ur. ll;1i
le petit jour, Jcan-Jn.C11ucs Uous ·eau allant de chambre, i11tcrpr·tc tl'un archimanJrit •, celle lillr, à vin.,t-Lrois ans, - t•llc était née
à Orléans le 21 cptembre
herboriser vers le ahl ières
172 l ', - avait été par les
du Dé! ert ou au hord du rrrand
ien!l tanl l.iallue et e1ploiétang. Le cabaretier saluait
Lée, qu'elle goûtait fort cet
re. pectueusemcnt : il a,·aiL lu
nm~ndemeul ine,pérû do sa
!mile et profe sait une adcondition.
miraLion r 'fléchie pour le phiRousseau l'a prise à ,on
lo opbe, qui lui rendait son
serl'ÏCe et lui allrih111• ll&lt;'s gabonjour avec affabHité1.
ges, 12 )ivres 15 sous par
• 11r la prière in ·tante du
moi·, que d'aillt&gt;ars il ne lui
marquis de Girardin. propriépaye pa 3 • Voyant leur Thétaire du cbàteau el eigueur
r'se en puisfance d'u,, prod'Ermenooville, Jea.n-,Jacqu
tecteur, Lou le~ Le,·a•. eur
était arrivé seul, le 20 mai,
débarquent bez &lt;'Il ; le père.
ravi de fuir le lmnulte d~ la
officier congédié de ln monrue Pliilrière el de a ,·oir dt's
naie d'Orléans; la mèrt', arbres ll. a femme, retenue
füric Hcnom, de son nom de
à Paris par le Lraen,.; du défille, - préll'Hlieuse Il raménagemen l, avait débarqué
pace; le fils q1ii mie à J.. anune cmaino plu tard avec les
J,1cq11e. toull's ses cltrn,br •,
meuble . En attendant IJlle
le . œur oisive . lei.- p1•1i1c
fùt prête la pelile mai on que
1,ièœs d,1j/1 rusée . C'&lt;'ùl cttê
ll. de GîrarJin foi ait conle moment de rompre; mai·
struire pour eu. à l'extrémité
Hou. eau, d'aborJ h1111tenx de
du parc el qu'on arrrtail Mjà
11 sa conrp1èle l), s'r,t alladul
la Chaumière de Jean-Jacà elle par hnrreur &lt;l11 la ,olique:;, Rous eau cl a fpmmc
Lude : il e.•t inbaLilc, il e·t
étaienl lo"é pro,i,oiremrnt
malade, il a besoin &lt;le soin.
dan - un paùllon s.éparé d11
.~ciaux el il n'o e lr-s rtlcl.1chàlcau par un bon&lt;JUPL tl'armer r1ue de sa 9om•erna11/e.
hr ·; leur cha.ml,rc à coucher
CcllL'-Ci ai L à pt·u près lire et
c trouva.il au premier étage.
écrire; mai t Ile e.~t bornée
[I y avait à celte êpo4.ue
au point qu'elle ne connait
trente-quatre ans qu'ils vipa un chiffre : le mol q11i
,,a ienl en emlilt•.
lui 1ienl, lor qu'elle parle,
fi venant de rcni~e, en
e. t toujonr l'opposé dè celui
t 7H, Housse:111 a\•ai t pri
qu'elle "t'Ul dire; elle sait à
JICn!:'ion, . ur les hauteur du
peine ompter l'nrgent et n'a
c1uarLicr laLin, à l'hôtel de
jnmai p11 retenir le nom dt•s
aint-Quentin, qui formait
mois, ni ,·oir l'heure 1t un
l'angle de la rue de Cluni ('I
c.id, an. Ll1e e-t stupide. il a
de la rue de Cordier _ A b
du gfoie : c'1•~t elle qui dotable d'hôte mangeait la rnmine; rllc le ionduit à son
Tattdeu-e de la maison, emraprice; où tllc ~·ennuir, liarrassée el rougi sante aux
dit! ·l'nnuie p~rlo11t - die
gaillarde plaisanteriP de haGravure de BouuRD PILS, d'après li dessin :Je \IA UIUÇE Llil.OlR
in. inue qu'on rit dù lui ou
Li1 u(, : c'était Thérèse L.,:va ip ,•jt rou r l un danpcr ... l'l il
scu r; elle était (, la payse 1&gt;
pari; •an, rt:j'il, 1l!e le tr:1de l'hôte e. JPan-Jac,pies
pril sa défe113e; elle l'en remercia le plus em11loyé Ju caJa_tre, 11111Lre de mu~iq11e, cas e l'élourdil, lll harcèle, \"m,a,1&gt;è rc; p•r
gentiment qu'il lui fut po·sible. Cc tul le précepteur tlt ~ccrétaire il'un amba ideur. DJ mnat. se re,~onooît rcde,•ohte envers Tlrèrè~P • d'nuc
s1m1ne de 19ZitJ li1rl'' puur treize unué,·s de ,~s
1. Smœrnir d u11 110 1m1Am1irr, m ,' moil'è5 de
nai•cnr, cl ,le lhric llenoux, 11ui 11 ~Lê uom:nèe \l~rie•
!( •gc rli'1mis qn'c\le ùrmcure aie,: lui en celle ,p,nl".-Y. B u&amp;rd, publiés par Cèlc~tin Por{.
Thcrô ~. eL • 1'U p(Jur 11ar,•iu I ran~&gt;ois Servant et
2: Le 2~ scptcn,lwe 17! 1, a lit.; b,pLisè,• pir m i.
1l1Jur mar1•i11e lhb"lclrinf' Lovo~ qui oui i"11ê. , tl ,·. li1é (ria dorne.;IÎ'!U.C) jusqu'au 1 •mar, tkrnicr. • \'oir
cur_c_ BOUb61g1_ie, une fille née du jùur i,récèdeut, ,lu
Chro11ig11t mtd,calc, t·• &lt;1Jccml1rll 11107.
chw,:s de ruai ûvild'Orl!am.
lég11Jo,e

mariage

lie Fra,.çois ùivJS ~ur, on1eicr mo-

3. Eu nu.rs l 75~, J.-J. llou,5eau, éeri,·ant sonlest3-

__________________________ lJl

ses commérage elle le Lrouillc avec toute
la terre, lui crée des p,:rils imagin:i.ires, le
lroulJle, l'inquil'te, l'amène à un 11tal 111:iladif
de létliargi1111c accalilmncnl, d'angoi. se inc, sanl(', d'égarimicnt.
Lui n·:1 foi 11 u'en elle; elle seule, à l'en
croire déjoue les ru es &lt;le e ennemis; quel
rœur I quel dévouemr.nl ! Pourtant, à ses
moments lncidcs, il disrcrnc que celle femme
st la plaie de ~a "ie. (1 Je décounirai,
avoue+il. le déchirure dunl elle a nal'ré
mon cœur dans fo fort de m misèr . ·, . ans
que jusrtt1'au moment ot1 j'écri ceci, il me
.oit jarnai échappé un eul mot de plainte à
personne. D Puis il retombe, il a peur, il
l'appelle au secours : « Il e t ·ùr que si tu
me manques, je , ui un homme mort 1 ! »
Elle a ur lui l'empire « d'une nourrice sur
un enfant 11.
En aoùl J 768, à Ilourrroin, où il vivait
sous le nom de Renou ·, - le nom de la m~re
Levas eur - Rous eau épousa Thérèse deMnt la 11alure. l'auberge de la Fonlained'Or, dan la peûte rue! euve où il lograi1 1
il com•ia à diner deux ami , Champagneux el
de flo.ières, ofiiciers d'artillerie; il était,
cc jour-là, plus priré qu'à l'ordillairt!; il conduisit es invités dnns une chambre reculée
et les pria d'èlre témoin de l'acte fo pin
important de a ,•ie. li prit la main &lt;le Thérè:e, prononça un discours sur l'amitié r1ui
l'uoissaiL à cette fille depuis vin.,t-rruatre
ans et sur la ré~olution qu'il formait de
rendre ce lien indholuble. Il fut uLlime;
on pleura beaucoup; on 'embrassa tendrement, pui on se mit à Lalile et le marie·
chanta au des ri 1 •
Dtlpui~ ce temps-l~ il nommait Thérèse
.lladlllne TfouS!ienu. Quaud ils forent rentrés
à Pari~, liicn de gens '3cc utumèrenl à la
dtt.ig:ner .ous ce nom, durant les huit année
qtt'fü pa ::, rcnl dans le petit lo&lt;&gt;tlJUenl, au
quatrième étage, rue Plâtrière. C'est aussi
.ffadame llou,;se"u que l'appdaienl, au printemp;.. de li7 ', le mar~ui· etla marqui.e de
Girardin. 'fh ~rè,e était à celle époque une
femme de cinquante- ept ans, ao · re ·t de
heaulé, mai encore alerte; clic ~lait habituellement ,êtue à la façon de ces mudl'sle
bourgeoises qu'a peintes Chardin et portail
des coille- comme les ménagères. Elle èmlllait se plaire beaucoup chet Ir Girardin.
Rous.eau, apr'• · trois ou quatre maine ,
·y montrait moins sali fait et parlait de
rentrer à Pari·. M. de Girardin, trè glorieu ·
de son htile illustre, redoutait ce départ;
plu ieurs lois il se proslerna am pied· de
Thérèse - elle le dit du moin - pour la
c,onjurer de retenir Jean-Jacques; ce qu'elle
lil : le déménagement avaiL co11lé gro et
~Ile ne voulait pa le recornmcncer.
1. f.nrre.~p1111da11u , 15 aoOl 176!..
'2. I.e 1'"111ps, rnicle de François Pon~r&lt;l,
15 ,!113~ 100~: Mh11oins tle Cham1~gneux.
,,, .'fo11re111r cl 1111 nUfut!]hurire.
i. lcle111.
5. Journal t!t sourc11irs tic S. de Girardin.
~- ll_el11tio11 Je. Coraneei. ~u el-l'alhay, t. 1, 269.
1 • t,i•sl la ter,rnn JÙoplée 1iar ~[me ,Je 'tsëJ, p.ir

Cornnccz et p3r ,1us,;~L-Pu1hay. Ou a suppo:lé pis f'ncor\': • kau-Jac1u · , qui au dire Je ,llmc Je 'taël.
avait appr1 , te ma Lm ruèmc, les rehtions de sa femmu

F1Jfl

DE THËifÈSE LZ:YASSl:11~ -

C'était lù son prétute à rester; mais la ~farie-Antoinctle el Gustave Ill. Antoine ~lnutlome licïltî du château glo ail sur tl'autre, ricc avait jugé bon &lt;le prendre le nom d
motifs qu'nvait, as urait-on. lime Ronsscau füiu~ eau comme en.eignc de son caharet.
rlejurrer parlicnlii!rrment allra)anl le .éjour Anx l'oyogeur qui déjeunaient thez lui, il
montrait les rdique · du philo,ophe: ,·es ·ad'Ermenomille.
Le 2 juillet le caLarelicr Allloine Ma1trice bot. et a tabaLière. Les ge11 s'en retouraperçut le philosophe se promenant, dès cinq naient très émus. L'un de. pèler{m, mêmr,
benres du matin, malgré la ro.éc; il lo vit éprou1·a de tcllcs sensations i1u'il n'y pot surrentrer "ers epi heure.s, mpporlant du mou- ,ine: il e tua d'une halle de pi tolel à quelque pn. du tombeau de Jean-Jacques. On
ron cueilli pour ses oiseau ..
[)eux heure. plu tard. \ ntoine entendit pr :tcndail 11ue cel exalté ~lait l'uu des cioq
1k cris provenant du pa1illon qu'haùitaienL enfanl de 1'hfrè. e Levasseur, d(&gt;posés jadi:
les Rousseau; il
courut. lme Hou•seau par llousseau aux Enfant -Trouvés: mais ('Ct
appelait au ecours; son mari étoit tombé on-dit pitlore que fut nettement déml'nli. Le
uicidé - un \lkmand , croyail-oo - ÎUL
ur le plancher, dao la pièce du premier
éta"e, et s'étoil ble sé à la lempe 3 • Presque inhumé ur plate, cc qui dota d'une allraceu même tPmps que le cal&gt;arelier, \f. et tion upplémentaire - tombe du jeune inMme de Girardin arrivèrent suivis Je quel- ror1111t - le parc du marquis de Girardin M.
Dien que cclni-ci eùl peu ,·u Thérè e, il
que domestique CL d'un chirurgien; celuici essaya d'une sai!!Ilée; mais Jean-Jacques, l'avait vile jugée: le· bruits de l'of6ce n'étaient point calomnieux ; lime How: eau e
déjà, oe donnait plus signe dP ,·ie.
On déposa son corps sur le lil, el comme laissait courtiser par un de valets du châAntoine M:iurice restait près de lui, .eul nnic teau. Par surcroit, on la voyait so11venl ine.
Madame Ilousseau, il vit celle-ci fouiller les Le marquis crul de son devoir de nu pa lai poches du mort, en relircr les cle[ , ounir ser chez celle femme le manuscril · et les
un secrétaire où elle prit un la d'écus notes de Je,m-Jacqaes parmi los(1u l · étaicn t
qu'elle afüma ·ur la lai.ile, e savant de un certain nombre de romances et une copie
comptrr : 14,fi0O Jilre •. Quand pàrai sait de Con/essior1s; il réunit pieusement ces
quel11u 'un de la famille Girardin. elle e jet.ait précieu~ papiers, k fit porter au eh1lleau,
ur le corps de on muri el &lt;1 ne ces ait de et se m1L en rapport avec du Peyron, de Ncuch;itel. et loultou, de Geni&gt;ve, qui préparaienL
l'emhra.ser, comme s'il rùt été vi,--ant • 1,.
De Nvc=ncment, dans le dllage cl aux en- une édition complète des œuYres de Rou ~e.iu.
Puis il a ura à Tbérè e, moyennant le
viron , les version· les pin · diverse circulai Dol. M. Ro,r L!..'lu. :iflirmai1•11t les un., 1·ersem~ut entre les mains du notaire Cordier
s' 1tait luu d'o11 coup de pistolet; rarcn, le des 14.000 liHes qu'elle détenait. une renie
maître de la po. le de Lotl\-res, servait la nou- perpétuelle de 700 füres 11 • Thérèse, hébétée,
velle aux voyageurs c1ui rclaynient ehez lui'. coo~entil à Loul; elle avait d'au Ire rè1e en
tète. A peine débarras é(' de . on henèl de
Ll'aulrc assuraient rptc le pauvre Jean-Jacque s'étant avisé, -ilien aprè tous le. au- philosophe, délivrée du joug impatiemmeo t
lrtl..~, - dtJ n•lalions de ~[me 11ou ·eau avec porté durant trent~11uatre an , se voy::.nt
un domc!'I ique du ch,'ileau, voulait r1uitter ri1·he, elle dépensait ans compter pour
Enncnou1ille; elle 'était r •fméc à le rni1·re: éulouir les paysans el « faire la daine ,, . Elle
alors il avail rherché dan· lu forêt de mau- · rPjetait 1,... modest.es aJustement aux1p1els
vnises plank, cru'il 1·onnaiss3il et il le aYail l'arnil obligée Roussenu et montrait pnur les
infu~ée dan on café du malin;. Qa.10t an robe et la paT □ re une a,·icl11é de filltlllt: 1v. es
ruarqui: de Girardin, il niait h.rnlemenl lu relalion avec u11 dorne~1ir1u~ du mar'luis
n'étoienl plu pour pcr.onne un mp-tère; tll~uicidc: il manda deux chirur iens de Pari
qui dan la journée du ~ procédèrent à l'au- même comenait 1•olonlit&gt;r &lt;]D'elle a\'ait un
lop ·ic cl conclurent 11ue la mort était due à amoureux, el le prochain mariage de cette
un épanchement au cerveau. Le corp., em- femme de cinqnanle-sepl an avec ce gaillard
liaumé, placé dans une double cai e de avisé étail la faule t.l' Ermenonville.
11. de Girardin i111erl'iul. IL commença,
plomb, fut à minuit. le 4 juillet, ù la lueur
emule-t-il, par reléb'ller 'Tliér~se au bout du
&lt;le: flamlieanx, porlé dans une barque ju qu'à une pelile ile plantée de peupliers, ~ parc, dnns la chaumiè.rc en fin terminée 11, à
l'écart de l'attendrissement des pi}lerins et de
I'exlrémilé de l'étang qui s'enfùnce dan le
boi , vtir, le sud, en face du cbàteau . Le la maliguité des habitant ; puis il sermonna
monument très impie, élevé sur la tombe, le 11alant, il lui lit considérer combien éL1ir
fut bientôt un lieu de pèlerinage. Le visi- choquante cette liai.sou avec une femme npteur. aflluaient. li en vint de nus ie et procbant de la oi:i:antaine, que le sou\'cnir
même, dit-on, de Perse. Le souverains au si de Rousseau devait rendre ,énérable et quasi
acrée. Le domestique répondit : 11 Madame
fai aient le voyage. On ,1il à Ermenonville
avec un homme de ta. domcsticilé de ll. dei Giror·
din , Jean-Jaeques, ,li,;-je, s'est-il suicidé dt• d~ses~ir,
a-t-il êlé assas.mè par sa femme, ou csl-il mort d uue
apoplexie séreuSll comni~ l'allirme le pro ·i· -rnrbal
d'autopsie?.... • .1.-J. Rmw1cau, Mmmage 11atim1al,
11ar ,\ , Castolla,nL. .
.
8. ·ur ce lait, ,01r J,.J. lfoum:au J11gli pa,· le,
fronçais J·a//jourd'/uci, recllllil publié par J. GrandGartertl.
\.1. Arcbil·es ûe l'étude de :Il• Jlugucno(, notaii-c il
Pnds, 23 mars 1779.

i-. Co11(11ssio1ts, passim,

... 299 ...

JO. Souve11ir d'un 11onagb1aire.
loin tic là se trou~cul les ruines de la maisonnolte donL )1 Rcn~ de Girardin a,ail rail com~1•ncer _la ~onslruct1on pour Rousseau, co11,Lrucfion
h1cnlù1 mlcrromp,1e par la mort du philosophe. mais
11. • ~on

• •,.z. achevée, cc~nd•nt, pour ètre logeable. Peulêtre Thcrése l'oœnpa-1-ello avant dt! !l: l'elircr au
l'Ll•s&gt;1s Ut·ltclillc. »
(J. Grnn&lt;I-Carkret, J.-J RmJRSt!/1.U jll!J,! ['ar fea
Fr1wrm1 d'a11Jm1rd'l111i. Elti/ ,1duel d'Frme11on1•illc.)

�'-·------------------------------ LA

fflST0'1{1.Jl
Rousseau rnulanl ilien pa.rta !&lt;-'r s forlun'
avec moi, jl' croirai_ m nquer à moi-même
:;i j1• m '1 r fu. ab 1, Il
. nr •1uoi Girnnlin le mil à 1. porte.
Ile c• ,·alcl. ju.rp1'à pr 1 nt, on ne .n,·ail
ri n, inon qu'il éla1l lrlandai el 11u'il , 'applait John - ou John. on'. l)'autr1•· I&lt;• dé~ignaienl sou le nom d ."icola lontretout.
F.n rénlilé il . e nommait Je n-llenry Ball · et
nHtil lrente-&lt;111atr an en 1770. \ son :i.1cul, Je Lén.élire qu'il pouvait :()l!r •r d' J'nmoureu • rdeur de la veu, Jlou seau :1ait
apprkialile; oulr la r ote perpèttwlle d
100 livre 11ue rnrv&amp;Îl 1. de Girardin. 111111
lllllre dt&gt; :;oo 1hr · pa1 par le lihr:iir l\ey,
,anl'l troi.ième encor' de ':WO fürcs pro1enanL
dr. milord ar' ·hal, Thlri&gt;. avail n·çu, apr~la morl de Hou.: nu, 6.000 lin1 · de I· part
du roi d' n·•leterre,; -Ile étail rul111, par
lroité ilVrc le libraire·. u511fmitifre J'une
.omm&lt;· ùc 2 \.000 livr . Il fallait au · i portl•r en rompte I' llploit lion po·jhh: de celle
orle Je loir dont la hadauderi unÎH'r ell •
la grntifiait, l'avnntaaeux Lralic de .on nom,
d • ,a rél"•hrilé, de 011 i,moranc cl de n
. olti.e.

du

En appr nanl que le cbât •laio, pour éviter
J'c,clandre, con"éùiai(. n amour ux, Thérè!;r,
frappé au cœur el oucieo.e d"éclatante r pr
déclara solennell ment qu'elle au ·i
quilterait le domain · du marqoi ; elle mil
à cette prote talion tout
a dignité cl tout ·
• on éloquence :
Genore, pa 11anre q11e mon ieur deu f1itaili11 o,-es di fnme la fameudeu grm ynf/Ut! •••. Pnitteu moi /a11ulie.: tleu nieu rn11clre11 toue le.- pa,,ier~ la 11111 iq11e eler qum1
(e ion ineu nn pan t'Olu ••.• Je111J11ille t•nttre
ml':! sm, yrwwporteue · i·iena i•om ....
El cil'. ~ignt' : fnmeu ,leu ga119ai111e.
son exode, le marquL de Girardin pr ·
nnil
·ment on parti; il , ré.,i••nait
moin rarilement à rélroc.éd r l • papier, el
parliculi'&gt;r ment la copie d quo,1 (e ion,
encore que I manu" rit ori!!inal d' l'omroge
fùl entre le main Je clu Peyrou; il tempori,:1, dut r ld r; il r ndit eafin le, préà •ux
ahier à lbéresP, &lt;1ui 1• glis,a parmi sr.
barcl ; puis, ccomp3"1l!le d lla.11). •li 'c:xil:i
d'Ermer1onvill•.
li, n· ll~r ·nt pa loin. une fortP. lieue d
l , trouve le .. mage de Pies i -lllllle,'ill ·; de
gro. e · ferme
sl', t q11d4ue · mai. oa:
l1ourl,leoi: s ag.,lom rée le long du pavé Je
l'ari · Laon, dan 1m immen e plaine J'opulenl •&lt; culture • Le prince de Conti av ail là un
chàtcau dan les écuri dU11ucl Ball amil
· ni en qualité de palefr aier '·
Thér
prit à bail, moyennant 7,&gt; livres,
cl ' livr pour 1• imposition , la mai on

am ,

ne

an·

\in·i pourrn, il fil d&lt;!s Mpen e.. A 11uoi
l'mplol r l'ar •ent Jans C(' hameau de Pl . Llkll ,,·ill •, dont les il •u c nL habitant , too
cuhirnteurs, tltaient alwch: au ervicc du
rhateau? PourLant [hll ·endetla. f.n 11 1,
il ·~t pour.uivi par un ·réancier, Charl
0111al, 1:picirr-m ,rcier: il faul 11ue Thérè
'r.nga c à 1lonn r, chac1ne année. -\00 livr ;;
de :on ,·iancr. L'ana~ uivanle, la delle ile
llall) alant ,gro ~i, 011 prend un autre :irran" mcnl; par .ici .i••né lle\anl M• Gibert, 1,
notaire ,le l'lt· i -11,•lh!,ille, b Ieu~èl\ou. sc.111
cMe 11 (lurnl Il' deux tier.. de a r nt or
,irardin l fi tll}· trJIISpurle :\ 011 t'rt:au ·ir.r I,\
part corre. pondant• de sa nu• propriété 7• l.
fortune J Thér,': e . ·en ,·a ainsi par lamh •aul:
au déliut 1l~ la B:yolution. mal,:rr sr~ re\cnu iuafü1nnl,I , loujour.; ab.nrh :. hieu
a,anl r,:ch I nce. 1:1 11auHc ,·ieille e'-l au
nùoi, l'i n,i:,• lui C l sourtlt'ie ,l,· 11:tltr• monn;iie ur .on tilrc d~ a 1cmedl'lran-JacquC!&gt; li
et de olliciler, aupr de l'.\ '&gt;emùlre o3tion le. 11n erouf!: qui ne era pa · rel usé.
Il fnit, rn arprrnant que la compa e de
I' ukur J' l!wile, c~lte Th~rtse Leva .eur
donl lll nom e Lf':imeu dan l'Europe enûèr •
dcpui. la puhlic:ition de ln ~ oondc partie de
Cni1{es ion • en appr nanl que Th 'rc e
m31111ue d • pain, l Mpulé · . 'indi ncnt.
Elle r1~ amc liOO livre: de pelliion : Eymar
prop ,c de doubler ln omme. Qu.elr1ue rcpr ·enlant , 3 ant 001 parler de la oonduile
Grnurt d~ .lllU.IU
de Thérè,tl cl de on in1?ratilude em·er · le
d.'apris le dtSSIII d~ IAntl B Lt1.011 .
marquh, de Girardin, 1:melt.e:nl certaine rt1ervt•s ~ur l • bien-fondé d cclt.o rrénéroslté;
donnant sur le pot: ger, un bao!!&amp;r, et, au
p mier ta, , deut pi, e. sou un toit cle in i: ll r\r • coope court au h :,itation .
Ceth: femme, dit-il, a c;té accu :e d'a,·oir
chaume.
a\ili
le nom céli-1,re de !\ou seau dan. le bra
Pour 1 . bal1i1ant du p:t ·.• rbér , était
la I·rw1e tle ,Jrw1-Jricq11e /1011 ·N111: elle d'un -, ond mari ...• , 11n .... Eli' ne \ouùrail
i 1 n. il :iim-i, dan. 1 nctcs, de ~on rcrilure I"' ch:imrer le titro de ,,, ,
nppliqnéP el maladroite. Ball· n'était '{lie ·on cour une. Ce ool 1 • propr
lto111111t tle ronfi,wc,· · "pourlonl on 1., di :lit . ,1 en,ibilill\ •1uc j'ai re ueillir ; j'en lien· dan
, ·rl'tem nt mari 's ·t le:; gau•Lier nv:iicnt les mni11- le. témoi••na"c · auth nti11ue de
1,1. le, rnr{, d'F.rmeuonville el Je Pies. i ruêm aonon : le maria~e 11 l:t dat•• du 2ï oolll'U1:,
ille .. ur le, paroi. ses d 11uds elle
wmbre \ 719. 'fb ;r ". peut-être. aurait
ubaité ench:iin •r par le . acr mrnl le jrune dcmeur1•, en , Jonnanl ton~ 1 jour, l' • cmcompa~ooo 11u"elle 'éta.il choi i; mai , en pl • d . honne · mœur~ et d ln birnfoi~an '· 1
Ce ruoài&gt;I • d'cl011u nec et de ,éridicilé parprrdanl 1' nom d {\ou.· ·eau, li icille fc·mme
lementaire
docide du \Ote : il c l d • rél 1• le
:1urail énnrmém nt diminué tic ;,leur; Hall
21 déc••mbre t?UO, que Th,:ri!se
va . ur
re ·ta donc ~arç•m, hien rtl~olu d'oiUeur à
mcllre nu pilla!!e . . ix moi. à I inc apri• 1•ur 1 s ·ra 11ourrie au dépens de l'ttnl »; ~ cel
in~t.,llalion à l'i• ,i. -lJ('lle,ill . le l'i juin 17 0, rffl'l, elle recevra, annutlltm1•11t, des foutl' du
il ramenait 11 Pari~. afin ,111'elle s~ 1l,1pouill:1l Tr: or national, la t-0mme de 1.- 0 lilr •.
1, •on profit, par-1lev:1nt le noraire Truberl, du
IA? m nage n'en dcvinl pas plu riche; di plu clair d, s:i fortune. le f i.000 liuc ~ur
huit
moi, plu tard, il Hait de non,cau obfré.
l . q uell était coo ' titu • la rtnte . errie p, r
M. de Girardin. Elle 'en ré. ena I · arri•r:I" . , it qu la itualion eùl lmé Y. ,te Gîrardin,
!'a vie durant; mai le capil 1 pa :i n :iodil ~oil que B Il , pr :voyant la d 1h, clt&gt;, eùt exi é
Hall y, pour lui, .. hfritil'rs et a1ants-rau ·e le reml,ourst•menl de . 011 argt!nl, le marqui ,
d ·terminé à rompre toutes relations awc 'fbéen di~po er en pleine propriété• 11.
r. . .\rdû• de \l• Oaudoa, no~r.-à Pl ·•it-Bt•llrrith•.
wru,·e., (Eu,,rr• de J.-J. Jl~iu11au , E,lition turne,

icur Bl's~al 1 , la derni&lt;·re du "ill~"e,
à main purhe, ur la venell~ qui m~•ne
au 1·imeli~r • : au ro-de-chau hi, unt• cnbin ,
une _randc challlhre, une autre plu pc:til •

\ . Joumal rt ,011t·e11ir, de , . de (?irardia .
2. • Il. Ilullcnoir a dunu~ le v:ntablc 0&lt;1m d
1'■ m1nl ,le TJ,~rè el rde,1• sur ks regi1lre ,J. lï:lal
ci•il d 8clle,itlc rartc de d cc ,le la r•&gt;lllJlll(ne ,1,
J.-J . Uo •eau , Voir
Clarcll", J•.J. /toi~ tau rl
,es 11111ir1, p. 'l9. J. 1Ju1f•noir 1veit ri,,•11è1ll1 Ir 11')1!·
,, nin JI! U.. Viet..- oll'roi ,lonl li• graud-pl-r . a,111
U:nu l fümmartio rauoor~c d('. d~,u·. Clll!Jr:I 0~ ..rr •
quentail 1111.rfoi Jean-JlCf\U" . /.111u_tr1r• fnnul,rr~
,ur J.-J. Ro.u ~1111 , ~IJ:r li. l:lulfe1101r.
:;, • Apr; 1 muri ,le Rou •111 el par ordn tin
roi ,l'A.nglcLerre, oleu mille écu furent compl à ,1\

la

in-i•, llliO. , lppendic~ au~ t:o11(t ,i1111 •
. Il. llulle1&gt;nir ,lil &amp; lllf'hlJ•· ,t,n, 11 f'ITP! Ju
rh.i11'a11 -.. LcQ ClarclÎ•!, J, .J. 111111 •eau ri rit 11111ir1 .
l.t mol 11ue 1 •mn-,.11ir• 1f'u11 ni111agb1nirc 1•rùlc11l
priorc ,,~ (,onli. - fa 1·1·11tt. tl 1111 dr, /11111111,rlf Ir
,:,/c/117 dr l'l11rol'e1Ul1'ardira,t J&gt;dl 1111 p11i11I
,rt'pou-•r•· u11 Je 11u1 nncir111 prrle[r,·111er1:, fait t•cn•
..-rque. dan I r,$&lt;&gt;n ,1"t:;rrnn1&lt;""·itl~. à l'fpoque ou
ln· llt nardl•nlteprols&lt;1n l'i•lc1i111 • (hllyl"'- ••} pour
arnir ·rvi da11. h! écunc ,tu th leau ,Il! l'l••

111

11 tua

,,..ncJ-

lcvillc.

... 3oo ...

Il. An:h,,e! de li l.ahoorel, notaire à Paci . Tran1fH1rl ,Ir, rente pllf lar,e- ·to,1r ic I.e Va .. •ur ru-dinairemcut ,1 nwuranl •n l'lc ,, -"4!11 ,illc lanl ro . jour
logœ ,·Ion Ymc Beccari ('!/ ru" l\onli•. 11t1cu Lou' X\,
I' rni se ile la Madch·inc,« _Jean ftr~r) nait;, dcm •11•
ranl onlinairfm •ni 111 Pic ,,,...Ikllenll~, étant l:ll JOllr
à Pari .. lo é ~u ,til!! rue •I paroi
li juin t ;su.
7. Arrbi,•c,, le • B 11&lt;¼ ,n, notairel Pl , i llell,••ill~.
Il. l.a lettre 11nr laqu&lt;,llc Tl, ·r.,,e r,·m,•r(ÎA 1'1- m•
Llë
lr.JUTc au ,1/~r't dH Arcltfru ,wtiunak1,
\ . E. 11, l'!OI.

Fl7Y D:ë THÉ"/{ÈSë

LEVASS'Etl1(

- - ..

rè 11, dépi: ·ha ;1 Pl ~is-Uellevillc lkrtin, -rin linon, n denh•l11•, •~n toile, ·n m,111 ..tinc, mainten ni à l',;:ial ,lu plu· illu,tr d . ltéro ;
homm• d'aOaire , pour " hb6rer définiti\c• a,·ec ou . an. ruhan , mni: Lou~ d couleur se écriL, ur lesq11el Plie l'avait ,·u peiner
rou •e, un peu de lin·• è.D lllfJU • J , ieux tant cl 1, nt J"b1·un•s jadi , d:in la pt'tite
ffil'rti n,·er. elle. l,c 6 anil I i9~. l'étud
chambre Je la rue de GrPnelle- aml-llonoré,
di:
c;ilwrt, &lt;·n pré •nec de la ,·cu,c l\ou - soulier. de ronr0c1ni11, 1111 parasol, d'autre
~eau, dl! fi; Il). de l'épirier lluYal, U rtin tira nippes.... Qud,pte: 1 1\Jle:1111 Jan leu" an dJùul du mén l"i', t:1 plru tard 3 rErmiJe ,a a~&gt;che 11,000 cl •1'1elcp1e ct•nts 1hr • cadre· tl pendaient au mur t•l, dan~ la pirce, l3"e et h ~lo11Lmo1·e11cy, •;; t'-cril · ,111c, pour
en :i Ï•!ll, l a~anl cour : il en compl.1 .0110 li ï a":iit encore Je111: faut.cuit. el d1•u1 lhai, • , • mij. u~c de comte: , il rceopiail J11
à IJuval, en rt•mit li.000 à Bath; 1'hc•rbc ne de paille, une petite. table du nuit, un buffet matin :iu oir . ur des f1•11illct, doré~,
nou,.:" de nonpar •ille hlt·ue, •t qu'il lui lbait
d, chêne à 11u.ilr • ha1t.,nl .
fl'.\'UI rirn : de eclle ~omme. ••a;nt. · ,u ~oo
le oir ~:10 qu'dl1• l cumpril j:unai· rien,
Cert.
in,
olijct
·
de,-ai~•nl
particuli~re1nent
par Jl!an-Jar,111e et qu'il a,ait tlrnuomi-tie
ponr dit•, b \11é,·olcmeu1 lie . · ~tait dépo11illt!e. an ·rer a . on •,·rie : le· rideau ile . iamoisc, - lt: 1w111de m.1intena11l en l'lait r.:1oluHall·, titnlair • Ju (, pital, ,uldnit 011 erran- le haromètrc, la c;,ne, ,ide maintt-11:1111, 1p1c lionm! : il· ((aient l',:,·an ·tr de lcmp
jadi · i/ m,i,. ait Je motm/11 frai , 1·lia11ue nou~eau ; 11 leur auteur 011 1lr ,,,~it d,•.· ander l'i rmpocltait I rrli,lual.
te(;; on effi ·e, partout, (! it . uh,litu • à
L'àr"t nt . 'é,·apor,1il d, u,; lt•5 11nin_ tl1· c • llh IÎU 1•
Qui l'nurait pré.~n "! C~l homm. 1p1'1:llu ~e celle de roi. , cl ·on nnrn tl!mplut; iil cdui d·•
:.,'fngeur, toujour,; en rout,., 'i IJ.immarlin, i1
l&gt;ieu . ur le, lrHe, J1:.1,: .. i,laCntp ·. à 1·all\. - li l'ari.
lt-ur ! t.:'l' t l,ien r,•1 hommeu ~i, !rien . ùr, - et dont l.i
là
pourtant qu'elle ri:voyail
tinur r LeindL:Ci : .on nom
en
sou,·coir, revenant de
ne parait que dan 1 . a,sichamp
, ar'c,:i lourde nn ,
naliou , r ploil:, Iran. porb.
.
•:
gro
ouli"r . son halJit
inn:nt: ire . pièi:e de thicanc
m 1rron,
petik p, rr11,1u •
de tout orl ',' cha ·um• d ror1tll·,
~on
ir hona,se t
1111ell • · ·amoindrit la petite
craintif,
toujoor
emliarr:t , :
forlun · de Tl11lr ,1'. Cdt,~j
d'une gcrhe de plantes Joni
, il J.1ns la 'ppnllmnsion d •sexiil encomhrait la talilt: en atncc p · ·uni ir d • c wa1lc11danl qu'il Il• colUt ur de.
lr11 11u'ellc 'est Jonn11, iu·1hic~; - ou hien a sidu
con.cicnt • rC\'llDl'h1'dupauçr •
b.
on pelil bureau, copiant de
[\ou seau tlonl elle a limé la
la
mu~ique
pour ga tner qu1Jlman~uétudc et t•sa,péré la
ques
(oui:,
r111illam on tra1
. ensibilitt • Di -huit m ·
,ail qnaud ..lie l'ordonnait,
lard, 1oul &lt;1u'cll • po
d , cmlaol à la cal'e, dr ,;étail dis~ipé; il Ut! lui
~ant le couwrt pour lui en
11ue 1~
•ntc, ,mi ,
é,itcr la pt•i11 ·, et toujour
librai
l 1 • 1.200
.ouwi , docile, pr,h naut, au
, io••èrc n~suréc · par le 1·ote
int cp1 Li •n IJU\clll die
de l'.\ ••• ml,lé • on lion le ;
l',nail cru bêt •. ï pourl nt
I'. ·1H t'.·lé l'opul11nl·e à PIL'"· Îl elle a,ait prém le~ chose ! 1
1.lellc ill ; mai ,id mment,
clic a,ail éle\'é Ml· eufants ...
de cc r ,·cnus, elle ue ,oyait
EU~ ~rail la m,·rc vénl!rée
pa · un écu .
drs
fils de Jean-faci1ue l\ou ·Elle avait, au d&lt;'rni rs
,r.i u : d
qu ·li rich ,c ,
moi .. de 1i!l:i 1 plu de ·oi ,anh..'de 'lue! honneur· la nation
dou.tc arL; conuul•uloet:upailne t'aunut-ellc pa oomW i '!
ell e· heur•,, J,.- nir Ji:
)lai· mt-dlc jaru us l'inc t lther de !'311 li. lôrs1111r
l1u1:;ncc Ju
on défont » i.-ur
:.on 110111 ,w! de co11f,a11ct· t\l;iÎI
et• •1ui ~ pa.~ail Je limniJ.aah. nl'! La hi'·. Lflli _oufllt:
1.ile'? Balli la supputait, "an
fort ur œtlc u11Jc plat011,
doute, •nc.:tt.anl la nouvdl
~ccouait la tuiturc J clt:111111
occa.ion d • bal trc monuait.!. li
et allait, à 1111 • lieut• Je lô,
1:,tiu1a , •llc occa ivu n-nuc
rid •r l'étans ~Iitain oùlm,quaml lnv,mc11tioneuld•ddé
tre dorruail, dan un il1·, ~ou·
•JU • I •. l'\:l&gt;ll&gt;:i de rault•ur du
1,
peu1,lier fri .;onoant .
Co11tm1 uJcial st!rai1:nt por'1111.:r·, htit eul~, rcfrogn te,
t.t.l uu l1anlh1:on · b nhuluat1•c le: ve ti • de wn r~ .é.
tion ,lu Il thcriniùor retard,
Uan. la chau1Lre 1oi iue Je
la lt?r •munie ; mai d ·• le
la cui5in1: était ·ou h t, coucallllè rc1· •nu, profila.nt dl··
,crt d'une ruurle-pointe rouA Tlll Jlf.'-E.
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L1HUJ•· w.,
1•0,111011.
•p•~ mage, et n;irni de gr-.inJ: ri- RoL 1_u, ,l K 11. 1-01. ·T 111· f'ARTIR 1-01 R L
111fc,tnicul
les
r1•pr1b •ntaol~,
deau en iamoL, llamLéc
ûoJ,•u" J.: llrn, ,J'.itrls le .J,mn J,· :11~c1&lt;1,,1,. Luou,.
1ltért·~e .ol11ciu uu up11l~•1ui avaient orn' le petit li1g1.'111c11t de pen ivn u ntmeut de ln rue l'làtrirrl'. oc
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11~ la Cuu \ 1!111 i1111 naliu113I,•.

�1t1ST01{1.Jl

---------------------------------------.#

En soumettant au comité des secour la
requête de la veuve R-ou. eau, « accablée
sous le poids de l'âge et de infirmités 1 », le
rapporteur, noger-Ducos, proposait d'accorder 300 ürres de supplément. à daLcr rélroacth·emenl du jour où la pen ion avait étâ
votée, motion que, le 9 septemLre 17tl \, ratifia
la Comcnlion. Thérè e reruL doJlc donc de la
'l'ré ore rie n:i.lionale plu d'un millier de livres
compLant, vile d.i·parues, comme le re le,
tlans le gouO're où s'engloutissait Lout on
avoir. Le pis fut que la démarche ayant attiré sur elle l'attention, les curieux s'informèrenl: par une sorte de pudeur respectueuse
envers la mémoire de llou seau, on eul soin
que rien de ce qu'on apprit ne 'ébruitilL·
pourLant, le jour où fut soumis à I' As ·emblée
le prograrnme de la oorémonie du PanLbéon,
sur la proposition que la veu,·e du philosophe figurât dan le cortège, le rigide La1&lt;ana1.
parlant au nom du comité d'instruction publique, eul le courage d'inLervenir : « D'après
les renseignements pri à Ermenonville, il
eslirne que la Conveotion a assez fail pour
Thérèse Lerasseur e11 lui accordant une pension 1 . » l.làlivemenl, des voix réclamèrent
l'ordre du jour, et la discus ion fut détournée.
En vain, quelques jours plus tard, le 26 eptemhre, Thérè. e, comme si on lui eùl fait
comprendre qu'il était urgent de rallier le
sympalhies défaillantes, ~e présenta eu peronne ~ la Convention pour olfrir aux élu.s du
peuple la copie des Confe3sions, sa suprême
réserve. On l'applauditj le président-c'était
André Dumonl - lui accorda les platoniques
honneur de la éancc el Ja bo.rre s'ouvrit devant
l'auciennera\Taudcusedel'hôtcl de aint-QucnLin ; elle pénéLra dans le soleOIJel prétoire eL
prit place parmi les repré entants de la nation. fais nul n'in ista pour qu'elle figuràL
aux. triomplules f110éraille qui e prépal'aient.
an elle, le octobre, vers le ·oir, on
ou nit le tombeau de l'ile des Peupliers; le
cercueil de métal fut placé sur un char, qui
le jour suivant prit la route de Paris, accompagné d'un groupe d'habitants d'ErmenonYille. a passa la nuit à Émile, - c'est le
nom riu'avail adopté la commune de MonLmorency, - el le 10, à la tombée du jour,
le cortège cntraiL dans Je jardin des Tuileries.
Au rentre du bas in, devaaL le palais, éLait
figuré un îlot planté de peupliers; la bière y
fut déposée comerle &lt;l'un voile couleur d'azur,
étoilé d'argent. Le lendemain, chantant de·
airs du Devin du village, défilèrent par les
Tues les groupes d'arti ans, d'berborisLes, ~e
Genevois, de jeunes mères, de vieillards qui,
selon la naïve esthétique révolutionnaire, précédaient la Convention condui anL Jean-Jacques au Temple de Mémoire; la foule, parmi
ces symboles, cherchait des yeux Tbérè e, la
fru.ste mais fidèle Thérèse, déjà personnage
de légende, et si populaire qu'à quelques
jours de là, on la représentait, au LhéàLre de
1. A1•rhi,,.1s ,1alÏ&lt;:male..,, A. 1. li.
~- Mo11ileur, Au Il , p. 1480.
5. Aulard, La réaction tl1ermidorie1111e.
4. Mu,set-l'atbay, lliatoire de la vie tt de&gt;J ouvrage, de J.-J. Rouueau, ~. I, 274.

l'ÉgaliLé, dans une comédie intitulée le Mariage de Jean-Jacques Rousseau, où elle
était la meilleure el la plu douce des compa:rnc 3 •
Mai on ne la vit pa dans le cortège; de
r1uelle mine eiîr-ellc e corté ces mères allaitant leurs nfants? ans discerner les raison ,
elle a\'ait compris qu'on ne voulait pas d'elle
e.l elle rentra dans son viUa••e, pérsnadéè qu'à
on tour elle utait la Yictime dl' l'univcr elle
méchanceté.
Dan une letLre, la dernière qu'on a d'elle,
daLée du 15 juiu l iU8, elle accu c le marquis
de Girardin d'être la cau·e de sa détres c : il
lui a pris l'argent, le manuscrits, les herbicr3; a ,aus lui donner le temps de , e reconnaîlre », il a vendu Lou e effeLs; il Juj a
rcmùoursé en a. ignats la omme qu'cl\c lui
avait remise en écu , pour qu'il pril soiu
d'elle sa vie durant )) . Mème à Corancez, à
qui la le1tre csl adressée, même à cet ami
d'autrefois, familier du logement de la rue
Plâtrière, elle ment. Elle ne dit mol de la
véritable eau e de a mi ère. Elle ne cite
pas le nom de l'homme auquel elle s'est,
pour son malheur, acoquinée. Elle e-saye
encore de hâbler : &lt;&lt; Pre que octogénilire,
écrit~lle, Ja veuve de .Jean-Jacque:; Rous eau
ba bite une chaumière où elle manpue ùe
tout' . ll
Elle manquait de tout en eITct mal•rrê sr,
1.500 liYres de pcn~ion, augmentées do
1. ~oo livres de rente que lui assunûenL • s
contrats a1•ec le libraire Rey et la wuvc de
Mooltou. l.,es pa ·emenl'~ bien cert~inrmcnt,
n'éLaicnl pas Lrès ré,,ultcrs; les caisses de ln
f\épuLlique urtout lanternaient lu;; cré:mcicrs

Grnvurt de E. ABOT, ;t'ciprts NAooET.

dn l'État; mais Lous les rentiers souffraient
du même mal et le prenaient en patience.
Telle n'étail point la cause de la mi ère de
5. , Si 1'011 en croil d'Bscl1~rny, cUc nul'llil 1nan;u
œl homme rlus de 100.000 rranc,, que llll
Peyrou lui auroiL fait assc.r SUCCl!S ivemeut. • Œui•re&amp;
de J.-l. Ro~1eau, Édition Furnc, 1846, in-4•. •4 JI·
pe11dice aux Confeuio111.

Ol'OC

Thérèse. Ball continuaiL à vine chez elle et
à \'Ïvre d'elle : la malheuren e, qu'il e ploit.ail1 D'eut jilmais le courage de se débarrasser de lui. Il dépen a.il bien au delà de ce
qu'elle recevait, ne LraYaillait pa., s'endetLait,
la forçait à pa1•er ou 1i s'engager •; et l'on
peul e-xpliqner ai11 ·i qu'on ait vu fa femme
de Jean-Jacques Rou seau, alors qu'elle :n•ail
soixaute-tli\-huil aus, tendre la main aux:
pas .anls sou les péri tyles du ThéàLre-Françai ... 1111 jour peut-èLrc que venue à Paris
pom· loucher ses renles el n'ayant pas obtenu
d'arrr1•111, elle n'osait, près de ·on homme,
rentrer le mains vidt!~.
Le t 2 j uillel l OL, un dimanche, elle
mouru.t, ver quatre heures de l'aprè -midi.
Dally prévint le notaire GiLcrL. Tls s'aùjoi011irenl le boulanger Dcsporte , el lOUll trois
&lt;léclarèrcnL à la mairie le décè · de )tarie-Thérèse Leva seur, veuve dt&gt; Jean-Jncquelj Jlomseau, auLheotiquanL ainsi, par acte officiel, le
Litre usurpé donL elle a,·ait i longtemps trafiqué. ne Yoisine, la femme Desclos, ,·eilla
la morte, qu'on inhuma le lendem:i.in, et
Ilally obtint de rester dans la mai on en qualité de gardien de cellés, po és après l'enterrement. li 1' séjourna ainsi durant cinq
moi , au bout de quel eut lieo l'inventaire.
La mai on fut trouvée presque vide de meubles, et la prisée do lout ce qu'elle conlenait
oe monta qu'à 555 francs. En revanche,
llally déclara qu'à a connaissance, la succesjon était grevée de nombreu es deLtes. En,er lui-même d'abord, elle était débitrice
d'une année des gage que, par conve:1tion
verbale, Mme Rousseau 'éLait engagée à lui
payer, oit 250 livre ; il réclamaiL en outre
les [rai tle garJ.e des cellés depuis le lendemain du dt..:cès, airn,i qu'un lit, garni de coucha(res, qu'il r.erLifia lui appartenir. Le cercueil de ~lmc Rousseau el les frais Cunéraires
n'avaient pas été payés, ci : W francs sou .
Il était dù UG frao au l1oulange:r, 4~ francs
au bom:her i Bes.at, le propriétaire de la
mai ·on, réclamaiL 11uaLre Lerme du loyer;
nn cultivateur Dri .el, présentait un compte
de 14..i livres pour fourniture de héurre el
d'œuî . Surgirenl bien d'autre créancier ,
parmi le quels des étran,,.er' an YÎllage, des
gens de Cla}e, de Dammartin, d'Aulnay, donl
l'un, Dardel, s'inscrivait pour 9!J francs,
restant d'uno plu forte créance• .
L'éLonnernenl fuL grand quand on découYril dans les papiers de la dérunte ses deux
liLre de rente viagère, l'un de 700, l'autre
de 1.200 francs. On ·araiL d'ailleurs qu'elle
élail, pour 1.500 francs, pensionnaire de la
l\épuLJique. Eh quoi I elle était riche? Pourquoi donc emùlail-elle être i paune ~ Pauvre, au point que, trois jours a\-a.nl sa
mort, elle avait emprunté 6 francs au pèro
Drujoo, le jardinier 7. Il est vrai qu'on Lrouva
bien d'auLrès liasses de billets, de mémoires,
de quitlances, &lt;1 données à différentes personnes pour dilîérents objels que la défunte

"'------ -------------- - --------- LA nN DE T 1rÉ·1rÈsE l.ErA ss1;im, leur dti\·ait 11. Dans l'inventaire rien ne rappelle Jean-Jacques : pas un ,1olume de es
OU\'rage , pas une pa&lt;Te de 1Uu ·ique, pas un
renillet d'berLicr, pas une lcLLre, pa· un portraiL; le clarccin el tout ce dont on poU\'ait
faire argent arnit Ut'puis longtemps disparu.
A l'encan d II moLilier, lrois jours plus tard,
le baromèlre fut adju•'~ 5 [rao •' 25; la "rande
armoire de no)'er moula à a3 Iran ; la d:une
'froüclle paya 20 francs un casaquin rayé

blanc e! ja-unc et un jupon de jamoi$e; le
mantelet de salin noir garoi de denlelles
trouva aeq11 1rem à 6 francs cl un habitant
du \i llage acheta GO centimes les deux livre
de piéte dont . 'était mie Thérèse. La \·eu'tc
produisit 55 7 rrancs : l'ensemble des deLL
monlaiL à une somme trois fois plus ,forte .
Bally ne quitta pas Ple · i -Belleville. Il r
vécut misérablement durant quatre aw, el
c'est là qu'il mourut, à oixanLe ans, totale-

- ~

ment dénué de ressources, le 5 octobre 1 05 .
[,'arpe11trur Rieul Leduc et le boulanger Desporte~ . qui le connais aient depui longtemps,
déclara.ni à b mairie son décè , spécifièrent
que Jean-llenr1 Ball·, tmc,en 1lo111ntiq1te de
.Il me Jea,1-Jat~q ues Ro11s.~eQ u, éLail décédé
garçon, comme s'ils eussent ,·ouln t6moigncr
ttue, oontrairemenl 1t la croyance commune,
cel homme n'avail jamais été le mari de Th&lt;-rè e Leva seu.r.
G. LE OTRE.

La chemise de Marie de Clè1'es

Le mariage du roi de NaYarre (depuis
Ilenri IV) avec Marguerile de Valois, el celui
du prince de Condé avec larie de Clèves,
furent célébrés le i8 aoiH 1572. Le fe tin se
ût au Louvre. Marie de Clèves, âgét&gt; de seize
ans, de la figure la plus charmante, après
avoir dansé assez lon"lemps, et se trouvant
un peu incommodée de la chaleur du bal,
passa dans une garde-robe, où une des
femmes de la reine-mère, royant sa chemi
touLe trempée, lui en JiL prendre une autre.
Il n'y avait qu'un moment qu'elle était ortie
de celte garde-ro Le, ci uand le duo d'A ajou
(depuis llenTj Ill), qui avaiL aussi beaucoup
da n,é, yeulra pour raccommoder sa chernlurn,
cl s'essuya le visage avec le premier linge
qu'il trou,,a: c'était la chemise qu'elle venaiL
de quiller.
En renlraol dans le bal, il jeta les 1eu.x
sur elle, la regnrda, diL-on, avec aulanl de
surpri·e que s'il ne l'eût jamais rne; son
émotion, son trouble, es lransp-0rl c~ Lous
le ewpressements qu'il commença de lui
marquer, étaient d'autant plus élounants,
que depuis ix_ jours qu'elle était à la cou.r,
il avai t paru as ez indiJféreut pour ces mèmes
charmes qui, dans ce moment, faisaient ur
son âme une imprc~sion si vive el qui dura

si lougtemps. Il devinL insensible, diseoL
tous les Mûmoires de ce Lemps-là, à louL ce
qui n'aYait pas de rapporl à sa pa ·sion; . on
éle&lt;;tion à la couronne de Polorrne, loin de le
Oauer, lui parut un exil; quand il fut dans
ce royaume, l'absence, loin de diminuer on
amour, semhlaiL l'augmenter; il ·e piquait un
doigt Ioules les fois qu'il écrivaiL à celte princesse, ctne lui écri ,·aitjamah1uedeson sanoT.
Le jour m~me 'lu'il apprit la nouvelle Je la
morL de Charles LX., il lui dépêcha un courrier,
pour l'assurer tiu'elle serait bientô t reine de
France ; et lor qu'il } fol dtl retour, il lui
confirma celle promesse, et ne pensa plus
q~'à l'exécuter; mais celte résolulion fut bien
rnlale à celle princes~e: car, peu de temp.
aprl!S, elle fut attaquée d'un mal si violent,
qu'il l'empor ta lita Ueur de soo âge; le un
en accusent celle-Il,, les aulr~ cclu.i--ci. Le
désespoir dll Henri Ilf ne e peul exprimer i
il passa plu ieurs jours dan les pleur el les
gémissements ; el lorsqu'il fut obligé de se
monlrer eu public, il parut dans lu plus
grand deuil, cl tout couvcrL d'enseignes el
petites têtes de morL: il eu avait ur les
rubans de ses a.igwUelles; cl il comwanda à
Souvrai de lui faire fa.ire des parements de
cette sorte pour i.t mille écus .

U y avait plusde quatre moîs que la princesse de Condé était morte, et enLerrlle à
l'abbaye de Saint-Germain-~s-Prés, lorsque
ce prince, en entrant dans celle abbaye, où
le cardinal de Bourbon l 'avait convié à un
grand souJlCr, se sentit des sai issemonts de
cœur i violents, qu'il YOulait s'en retourner;
ils ne ce èrent c1u'aprè qu'ou eut ôlé de
on tombeau et transporté ailleurs, pour ce
jour-là, lecorp decetle princesse.
Catherine de Médicis, en l'engageanL à
épouser Louise de Vaudemont, une des plus
belle per onnes de l'Europe, avaiL espéré
qu'elle Juj Ier-ait oublier celle que ln mort
lui avait enlevée ; peul-être l'espéra-L-il
lui-même; mais en vain, ajoulenL quelques
Mémoires de cc tcmp -là; l'imafTe de la princesse de Condé se retrouvait toujour au fond
de son cœur, el le remplissait de lri tesse et
d'amertume; il ne cessa jamais de l'aimer,
quelques eflorLs qu'il fil, et quelques moyens
qu'il cmployàt pour lâcher d'étouffer celle
malheureuse. passion, et pour di iper une
noire mélancolie qui le plongeait quel11uefois
dans les accès du dé espoir, tantôt il se
livrait à des exercices ou trés de dévotion, et
tantôt à tous les désordres d'une vie voluptueuse.

SA11 T-F'OLX.

O. Arthi Vei de U• Baudon,
7. In~entaire de meubler cl efleu aprà le dtl!Ü
de M.-T. Leras,eu1·. A.rchives de I(• B111doa.

""3o3"""

�cette belle maison. Ile
tail t:ipie nux Petit. raLin b riu'il , fTcdionnait, dan: ce tranlran de ,·it? pareille.. oil l'on ne orL.1il de
l'e.•cla"a e de l'éû 1udle c1u pour tomlJ r ,
l'r, la,-agc de~ manies. ~lt!aw l0~11u~. par
tant d'cflorl rt do hriiruc.•. ~ne eut, en 1;:.,u,
ol,tenu on· hd ppart menl u r 1-Je1·bau .f.c• de \ er aillt· , ne fallait-il pa:, prc. 11110 cba1111c mainc, 1p1'ellc le quillàl pour
~1~i\fe, r~ot·lc ou viw, en ~on ,·a •nhnnJagc
c1c·œu\'r•, c.l &lt;hAl au en ehât au, d,.. r.b ~c
1•n clrn,r. l'i11am11 ·ahlc roi 11ui. en prom 11a11t .ou e11nui. cro1·ail le ,li tr ire. el, en
d1:in!!e:111l dl' lit&gt;u •. m• pom·ait ch:inl!'~r
d','1me,
~
_ï p•u 1JCP pa·, 1 111~r4ui,1• b. hit l'hotcl
J't:Vreu~. 111:i' 1°11 n fait a folie .. :m
œ:~e elll· pen,t• à l'ncerflitre l'i l't·111l11:llir. n
meuble:, en un 1.'Ulç nm: , cil· n mel
pour &lt;1:1 OUI! livr ~ el tl~ · m~ . .\npr,••. un
tnrain lui a,.r{e : il est loUll \:111 liH ; 11,i
en oflr IOH.0110. ur 1· Ch mp,-Éll": . '1
moindr 1 · frai,, ellt• èrupiètc ans r1!:Sc : le
17 mar,; li :,11, t-11 érhan"e J, ~i IIL i,ons ~
Com1iii"•ne, l · lloi lui donne - outré Jïmmcn
ll)J'rnin ,·ntr 1,udo11 1 1 lie ·u rill'f arpenl. lrent ., pl pcri·bc, de tl'rrain
conti 0 u 11 011 jnrdin; l1• ter 001· •mhrc 17 G;j,
'e l un :luire lt&gt;rrain de 1.200 toi·e, (un
J,.mi-h:!Ctare) pour arrondir .on pu ~er;
d'aulre, tlncorc i;..1m doult!; rar, à pr11s •nt,
c'e,t un pare 1 :rital,le: l ~ potagrr ,·en ,·ont
&lt;l:in h., ChMnp~I:I) I, , pr • 1111e eu l,orduri:
J b nnu cil a,·cnu11; à clroilc. il, 'étend nt
ju:.qu'au nuod-Point; à ga111·h1•, l'II c.1rn:,
au-&lt;l •1anl Je~ jardin~ d . h,itd. du Fau1,our •, 11r unt ,uperlid t:,.:i) •. l) ., inti \ b
tran -:ii~c, anc de. parlcrr,-s droit. ri11c cou1 nt d •s b:Lin cl. . ur le: cülé , Je, granrl~
·,,u,crl., des l.t~)rinth el de, ·harmille·,

qui, dan~ la promen:i.de puLli,1ue, r•mhl ni
eia
e. ,ein, la me tra
Ch3mp. El~Grnnd rri:, 'ét
d la de
la
ur les mni~on c
rdin. du
,r,
uu.
l n an après celle amw ion ùe I ili;j 1p1i
lc!rmÎ!lt. on œun •, h m.1rqui,, rot urt. 11:la
~011 tc,lamerll, d~ 1j j i. elll' a écrit : u Je
111,plie 1 !loi cl' 1:c plcr le don que je lui
fai~ de mou luitel clP Pori,, étnnt II teptihle
dt! fair le pal. is d'un le ,;,, rwtit.-fil . J
dé~irc tJIIC c,• ·oit pour ~1 r J, comte de
(•rOICII

1 oin 11 l'hôtPl, tl rertainemrnl 11,•aujnn a
li· oin du Roi. L :?6 oùl I i 6, le ban11ui r rc"cnd donc ; Luui. \VI, mo) •nn nl
1.1 Ull.11011 li\"re,, plu 100.11110 punr le.

• 1

L• l\oi arceple, nrni! cc n'c ·1 qu'en Jt;sintér aul I fri\rc de a mailr 'e, le rnar.1ni
de "ari ny. 'l'oulefoi cnrorc. il r 1 «•r,·c l'attriliution. Il d1~tine J'hùt au .\mb:i .ad,·ur c traordinnire ; pui , l' •u ~i t:t.,nl
ratt .• il l'emploie pour le Gard ·-,leuLlc, en
att udanl l'a, h;-,em1•111 1lu La1ime11l 11ue Gabrit·l ci,11,1 ru it â la place Loui, Y. Cttt1·
place oü, ju lem ni rn 1iti'."1, l'un a mis · u
jour ln . talm: qu•' l,1 Vrllt! 1 dédi,: • au Hoi
apr'•, ,a rnafadie J, ,tl'l1, doit noir JJ(lllr
co111p)1:111,•nt ravcOlh! d~· l,hantp~-ù .,11•. qui
l' al1-0uti1. \ l efft:I. ou r piaule l':"·enue •a
entier, tic IitH à tïiO, el l'on 1°om111,•nc •
\ rerrcr d,· allée tra~nr ait•,. lléjà Cll
1ï~:i. depuis le Conr,-l.1-lleini•, 11! Jnl' d'\.nlin
plant: l' ,·enue qui port• on nom.
mnis •'1l1ail pour Jounn une i sue au Cour,.
En I ïOi &lt; ·uk111e11.t e,-t per . sur I j:irc.lins &lt;l1• lï1iHcl d'I:, ri&gt;u ·, l'n\'l!IIUC )lal'i 'RI,
1, lrt)i~ an, plu. tard, l'all: • dt:, Y u, •
(awnu · \fonlai:,ne Je la • 1·ine au l\un.JPvinl: ,·enu ~foti non du 1,onJ-Poinl i1 la
ru1: Jati 1111111.
c n\:. l pa" a.. ez, c-ctlu brt·che dt• pr-.,
d"un hcc-tare 1111 l'aw:nu • \11ri:,.'lly lait dan~
le jnrdiu de !'hùtd &lt;l'l:Hcllx; le fini rl' tilu'
• u Ch mp.-tly,-' . qui ,ont d • •on d ,main .
l &gt; r11t:1gers ù1• la m,ir&lt;ruise, cl, . ~uf la demilune 1!11 ran,I l.,,i-:-in, qu'il lai · en •1ci·,,
il remcl pr •~1111c 1 jardin 11 r~ li·•nemenl d •~
autre jardin qui doun nt . ur h:' Champ l~IKée~ et auirnncnt à des lullcl. a1arll hrr
•n°lrtSe ·ur le C ubour" du !Ioule. : 1corc. le
1:, juill •t I ïti!I, il clélathc, ,ur la •anche,
11nc hanù d' Inule I lon~ueur Joni il ratifie le formier !!énéral tlouret p&lt;iur qu'il y
a~se um. lruir • un ùôt •l.
A la fin uu ri•,.ne, comme J.ouil .\\' 1·sl
lurl lit l ar" .ulti, corumt' l'at,t,: Tcrrav, ('Olt•
lr ilcrnr "én 1ral de· Finance!'. l'.iil ar:,'l!nt de
tout 1•t que Llea11jo11, l1an,1uitr d,• la Cour, a
d gro,,-c., néan c~, le 1- juin 17 i i, on lui
,end pour n11 million c •\ bôt,·1 J'Évr ·u, t]IIÏI
dé.irt:. Il• lait, l''e•l li: t&lt;-rrain qu ïl achèk.
Inbal,ité •, mal entrer ·nue cli-p11i di, au,, la
mai. 1rn a Lcnu ·oup ,oulfort. Toul d,· décoralirm, a vieilli l'l n'c·~l pa plu~ au gm'1l du
jour 11ne. au teiup. d .lme ù l'ompaJorrr.
b &lt;lc:coraliuns d1• la fü•tr1•ur1!. Encore ltne
Iran. formatior1 r Jicale pour la,1u •li il fr ut
,,1 \Rff•i\SSlt CROZAT, COlltl:'..S'-&amp; 'DÏ; \'JIEl;
lloullée, l'aprllrc d •: rnod,•s nouvcllt•s, 11ui
Qiti11el 1~s E~J~'11fU.)
, nr,inJit l'h il ·l lui Jnnn • un tout ,,ntr air.
lll'aujon c t l,ieu rirht•; il t proJi~ne
rntanl 1jUc ,·a.nilt•u\: mai, le alli! parc~• !Prmine, ·m 1 · pnt~" •r , I' r une pr •
dcu,i-luu · inwr. éc. Ile là, par le: :tH!uuc, fair •s ni h· nffairr • Loui. . \'! croit arnir
0

F~ DÉRIC MASSO
J(

r

pJtmll! /ranfJI~

+

L'Élysée
(r7rS-1 o5)

+
En I î 15, lor ·r1ue, dll I' rgent du bonhomme
CroZJl, on be:iu-pèrc, 'frè~ haut •l Trt·, j&gt;UÎ. s.1nt i neur tlt:nri de l:l Tour d'Aurnrgne,
comte d't:,rçU , nrheta, de lllc 1; 01:, iè,·
llu. ucl, entre la Ville-l'É,êquc d ln porte
S:1int-llooore, tr •ule arpenll en jardin el
marai où il ,·oulait que I,'.\ urance lui I,: lit
un hôtel, on 'étonnn. Pa e pour une mlisou de campagn , mai· vine 1 \'bher !
C'cll.llil b,,r· P.iris, n pldn champ , i loin
sur la ch:m~séc dn Houle! au doute, en c
'l uarli..:r, cp1el.11u "" nuda it:u avai nl M_j' jet:
ll'11r dérnlu :ur cliver j.irdin.. mai proeh .
d~ la ..-ille, l atlenanl prl' ·1ue, tandi que le
comte d' ~:vreux allait au plus loin, el hormi
la Chau . i.-e, .i médiocre d'cnlrelicn, cp1 ·li.:
roule mènerait à cc fameux bolel'?
'Toul dl! roeme, on ·'cmpr ·s·e, d'. que
M11l1 •1, ,pti a remplacé L'.\ ~urant·e, ~• a wis
la d roiere main. Ct:I,, e:,t uaiment un palais, el le jardin, quoi4u~ tout oouwlleni •nt
pl nlé, ·t, p r . c parlcrr_es en ,hrOlltlr~e cl
1':1 •réro&lt;&gt;nt dl' l' •aux, digne d un _prince.
N' st-œ pa' co 11uïl Faut au comle J'bwiut,
p.·lll-nc,eu de ~l. d Turenne, lit:uten nl ,.,.;.
uér 1 de. aruu! • du l\oi, colonel ~1ntiral de
l'infant •rie 1 •ère. cl "11uvern ur de l'ile de
France'! De plu·, n'a-t-il pas touL l'nr 11 ent

rcnn çcnd la propritltl telle qu'rlle e com11u 'il ,·eul; car, outr · le· ar,cs, Jroit
émolument.: - c·t. J · füc, rien que le ou- porte à llrne la m~rcprne 1I• l'ompadour, Jù,ermmenl Je l'lle-Je-rrance ,aut li0.0110 Ji- menl aul ri:ée de $Oil mnri, uillaume Le. orue. - il a le coffre du pèr · Crot, t, 11ui, manl. I.e prix no1Uinalc'I Je 0011.IJOO {ran ,
pnrti de Toulou,c le. m3in · ,idè • e l à pré- m~b ils mLle bien qm•, tant n tpi1Pl · quo
.enl l'homme t~ plu rich de Irance. tr1h&gt;- pour pri. de· nlae1' l de~ l.ll lt•au,. le Roi
rier de Élal de L1n••uedoc, r ·ni · ur g né- en paya ï:iO.f!tHI ..\.u ,urplu , était-ce ch r'!
rai du 'I r;:é, fondateur de la Compagnie de Le comt d'l::n,·u n'n~ il ,ans doute pa
Loui~iaocl t qui - all .nlion délicate pour accru sa propriété eul •mrnl de 710 toi. e
un lcl g ndr - . • t pa~:-é lui-m ;me au du l rrain oLll•nuc "ratuilcmcnt du Jlé... e.nt,
bleu l'O ach,:ln11t la lbarsl~ de rand Ir'sorier lo :, m~r. l 7:? 1, pour 1·· en laver dan ),•
jardin d • l'botd. on jardin . '11tendail ur
de. Ordr . du Roi.
Comn1c il a été Il' premier de on monde prt'• · de 7 .1100 loi. • ·, pr • d, Ji hecl, r • , t,
•111·ait attiré ce ,cinlill m •al d'ù:u .. le corute hor de ,on enctiot •. n'l u1·ait-il pa. t.&gt;ncorc,
·ounnc il mlilc ù'aprî· le plan-, dher~
d'Ê1r u ·c~l fait la bonne p.1rl. Plm lard,
lcrr.1in
en marai et pota• cr 1
il eiH lruu,é à t(UÎ parll'r · à ln ,econd :aé'itiil
propriétaire, IA marqu·
appell
ration. le d moisrllcs Crozat Ile e contentèr nt qu'awc de duc,, •L ce furent ,ont:mt, I.' \. uranœ fils, on archilecle ordinaire, d
commen&lt;:l! de l,:'11ir el dl' 'ch:intrer. Peut-ellt?
Choi~cul, fltltlmne el llrw•lie.
e :upporlcr •n un bôld de la n:,.enc1 , cl
ï Ll'au (jUl' oit un hôt•l._ on y meurt puis,
au premier i!ta"'e, n • fout-il pa:. ùiset dl•- 17-!I. la coml •. d'~:ucux l'tiprou'""·
po,cr à ouhail le 1.iell • lapi~serie~ des Goon mari - con,olé - lui sunil pri•. d
lrcnl an. , •1, à . n mrirt, en l ;:l:;, 131 , e belin,, don de :a ~hjl'~té '? • o don le,
l'b!il ·l .on nc,cu, le princ • d,· l'ur on . ~lrn~ Je Pompadour o· gui•re loi ir J'h1c·e:-t un more ·au Jïmportancc m i~, ju t • l,iter c • pala1 · qu 'cll • a r , é. ," a rrrandcur
il .e lr"u,·e 1111'uue Jarne, à 11u.i l'argent Jclpeuc.l d1° ·a , nitude: elle n 'eùl o,: quiller
le l\oi un eul jour, crainte do le dé habituer
coùle peu, en a grande cn,·ic. Par acle de
22 cl 24 dfo·mùre 17' '\ le prin c de Tu- d'elltl cl, plutot ljUI! de prc11dre ~e · ai~ ' è0
0

0

,,uc

Ill. -

lfmo ■ IA, -

Fate, :il.

... 3o5 ....

llr.:-;111-L.. u1s cm LA Tol'R i,'.\rn.Rf:;.rF,
C JHE o•t,Vl El: , '
lli!S l11&lt;'el):r.J1'r f',11' Lt:IIF.,\C,l('Jthc~l.:luESIJlllf'tS.\

glaœ r·I le,c Wlilt&gt;au • t n • r l erv~nl
rn~utrnil jwqu';\ ~a rnorl, ce qu'iln ,1rhrlt; un
milli,m il Loui~ \ \' do1u anm:e aup:ira1 anl.
San: nllenJre rpv Be:mjon ·oil mort - et•
,pri, du r le, n'e,U fJil un r lard tJII Je
c1urlquc~ moi - Loui :\ \'I reverni loul d,
·uih'. pour i11n0.1 10 line~, la ll11rhc e dl'
Bourbon, 111' • d'llrléan.. 1·e qu'il vi1·nt dc!
p;i ·er l .:i00.0011 11 on 1,ancpû r. Pour,1uoi
un t1·l don cl un1° tcllr fovl'ur'! On n ,ait:
on t·U trourn l,ien J':mlrc•. Jans le l.iuc
ron;ze, mai. rarem 111 au~ i m I juslilié..
l1ijit, pour e mellr à la moJe l!l . 'accommoc.l r ÎI la M ·houorant folie cle" j:mlin_
:in •lai., Bt•aujon n g1it · en nll: • lurtm•u~e ·
le. l lt'I. l'ouvert·. a •11, • nu foc ,inu u n
plare 1k ha~,;i1L 11 jcl. d'pau. éle,é de. mo111i ul,• t · ,li d , r l,ri,1uc., mai~ •.·.,,1 birn
autre d1ost• nv c la ducb,•ssu ,111i ;1 en tête! le
/10111nw 11ue le prinr,• d,1 Cnn&lt;ltt a fait l1
r.bantill~ cL cp1i pnrudi1i, en ,on jardin Je
1, ri,, • •tni peul dr , ni ment a;ri 1,1~ n
la plus !telle l1:rre Ju ropunw.
\ pl':n :i-t-ell' f111i cli! 1~11ir. 1. Il :,olution
,\l-131~. l.a 1luehes:tJ •-t, t·omme on l'ri•re,
tonte populaire, qu11i11u 'd!l' ~ni l marli 11i,tt•
- un' :1mour ·u .. e (1ui offr • au 1'~11111 &lt;'l à
Ilien 1 lai:·i!,-pour-co111pl • 11,· homme~.
Eli \':l t nhil 1oul,1ir ,e 0111111111 r b 1·itov nnc
Vérilc\ }, l'ciemplc du duc d'Orh:,ms, Îe ri1oye_!1 Ezalité. rt, pour prouwr ronun cil,·
s'inh:rc~·e au cfoerfüsc,m1•11b Je la n:1li11n ,
11 • lune .on liol, I, 11u'cll • a :1ppelé l'C:h éellottrbon. :, un cilo~ •n llu1-yn, 1·nlr('prP111·ur
d fètc; ·t de pbi,ir,; pulili,· . Qu·en dir 'amt~larlin. lt• 11lii/osn11llt' i11,·r11llllt, ,,u·eue :t 'li
pour COOlllh'll• 1 l'l dlll1L dit! :i r. il un prt&gt;phèlc ù dotnicilc '!
0

zn

�HlST0~1.l1-----------------------Elle 'p t réser\·u un :q1part~meu1 dans la
mai,·on, ma,~. le !'este, lfov~ a le loue à &lt;les
parLiculier ·; dans le jardin, qui se Lrouve

Aw i, la Juche se :iyanl prodigu~. dans le
jeu\ Je son jardin. Loule la fonta.i ic qu'elle
avait dans l'imagination, cel:i parail lout

V UE 1&gt;E L'ÈLYSÉE DAXS U:S PREMJtRES ASJ\"1:ES DU XI~~ SIÈCLE,
GY,nure de Cu.,l'IIY, d.'Jf&gt;rts le :icssin de Tot:S»JJ,.,,.. (Ca.Nnc/ ,tes Estamfcs.)

e perdre en plcine nature et e liner ton l
entier. cc au sentiment ». Et louL de meme,

ne trouvent-il _pas, eu même Lemp que d ·
filles, 1ou. Je di,erti~semenLS coulumiers l
r[lli .:emhlent nécess:iires à l ur bonheur,
glaces, limonade, hière, do cscarpoletLcs el
de la friture 7
Malgré la Terreur et le resle, la duchesse
a, jus'lu·au Hirecloire, gardé e biens, mai ,
au f • rructidor, on la fait émigrer, on la
J.éporlc eu E pagne et on prenù ce qu':lle a.
Le l!) \'Cnlô c an Vl t9 mars l 7!1 ), l'Ely éeBourhon e t vendu comme propriété de la
nation el acheté par mie sorte de société de
spécuÙIL&lt;mrs dont llo'1n est un J.tJS actionnaires, pour la omme de 10.5 0.000 livre ;
lieau chilTre - malheureu emenl, 1G8. 7;:.0
îroncs seulemeut ont stipulé pa}ables en
nwnéraire ou en lier com;olidé. (On prtL
fércra le tiers con ·olidé dont on a tant qu'on
,·eut /1 13 fr:incs: on rn aura à li francs
avant la fin de l'année, et à 7 rrancs en
l'an VU.) Le re · le, 10.151.%0 francs, peut
être payé en Lons des deux lier , et ces bonslà, à peine ~mi , ont dégringolé JJlus \'ile
encore que les a5signals, tant et i bien llUe
le prix total ne rrprésentepa ceotmille t1cu ·.
L'affaire n'e l ans doute pas mauvaise
ponr Uovyn, qui garde l'exploit.alion du jardin de plaisir car peu à peu il rembourse
es associés, Donaûde, Laroche el lfcn,.fo,
ac,tuénmrs avec lui &lt;le l'u ·ufruit, même Mengin, qui, eu! à la nue propriété. Comme
uperficic, le jardin est resté Lei qu'au lemp
de la ducliesse, sauf l'emprise sur les Champs.Élysée , dalanl pourtant du premier étalilisscmenl du comte d'Evreul.; la dcnù-lune sortante a élé ra.ée, le Lerrain récupéré par la
promenade publique, el, déjà, de rangée
d·arbr
y sont plantées se raccordant aux
quinconces. Un grand mur a été c.le,·é ~ur

dispo é toul i, ouhail, il donne à danser et. à oeuf de c fürer chez elle à clos plaisir.s
rire, de 1'1~xprès con.enlemcnl de la proprié- au si vieux 11uc l'humanité.
Les granJ ·oirs, l'entrée doublée, ce ont
taire. E:1-c,-. volooté 1ru'elle a dïmil ·r son
f'rl•re j11s11ne dan le· rraleries de on Palais- u.s feux d'artifice et, dans le jardin illuminé,
Roval. dé~ir de ~e faire un re,·enu, goûL dl• les Par;sicns s'cnla.s~cnt ravi . Il a d'abord
pJruler, ucsoin d'argc.-nl? Croit-elle se mieu~ l'agrément d'ètrè chez oi po11~ ses trente
ainsi 1Mgagcr de son hc.'lu-père de on mari sol dan lïnabordJùlc demeure d'une printes e du :ing; pui ·, la c11riosilé pa~sc!l',
Pl de son fils, Lou~ lrois émigr · el menanl
l'armée d&lt;' Cundé à l'assaut de la RéYolution '/ 11'e:;t-ce p.1 qu'ils 'imarrinml, les Parisiens,
A r1uni bon des rai ·ons '/ U a pas é par cette à ces mol magi(pcs de hameau Chantilly,
Lètc l'olle qua cc erait aiwi el cola tuL :
.Pule re scmL\ance &lt;p1' ,\le ait arec le Créateur.
Toul de suite, l'i=Ly ée, qu'on appelle le
« llamcau de Ch:intill)' », a la vogue. li sem•
Llc que le jardin ait été dessiné Loul e près;
chaque fabrique, cbaumière, kio que, lempic tenle car il en est de toute forme,
Lro:1ve pre~enr à baut prix: en Yoici pour le
"la ·ier, pour un restaurateur, pour un tcllclll' de billard pour les montreur de figures de cire, de bêle m~veilleu·~s el de
prodiges naturel ·. Pour plru.re à la citoyenne
Vérité, il afllue des omnambulcs extralucide et cll&amp;-mèmc. ilu be. oin, donnerait des
con ,~!talions, car elle ex.celle à celle folie
comme aux aulres. lücn à chan,,et· am escarpolelles, bascules, jeux &lt;le bJgue et jeux. ~e
quille:i: c'esl la mi ère de l'esprit b.umam
que le nombre infime de divertis ement
qu'il a imattin s, depuis l'origine dr · :'lrre , et
rcs outils avec qui l'on prétend faire de
J'amu cmcnt sont tout pareils pour rrraods
seiaueur cl vilains: l'ornementation en fait
~cule la différence mai elle suffit au bonheur de certains el il leur parall bien plu.
rrai de tourner en carrou el ur de grues à
Vue: DE L 1JÔTEL DE MAOMIE DE BRUNO\', DU CÔTÉ DES CLl.nlPS-ELYSÉES.
Î.1 chinoise q110 sur des chevaux de bois.
Gra1,ure de Ùl!NIS Xi:&amp;, ;f.Jprts le dessin Je L,.LLl!MAND, (C.ibl11e/ des E. t,1mfl!S .)
0

... 3o6,..

'----------------------------------------l'alignement Je la l'l,ilurc: des autres jardius,
d•! îaçou que cet alignement c l ciaclement
Jroil, de la rue de Champs-Élysées (llclucllemcnl IJoissy-ù'.\nglas) 11 l'avenue • lari~nl.
(Un sait que l'avenue CaLriel n'c1islruL pa.
alors; elle ne fut Lracée qu'cu 1 18.
1lalcrré l'amputation subir. le de.sin du
jarJin n'a point élé modifié; cela lui donne
u11 air pauvre cl lri le, le mur d'al,orJ, pui.
l'allr:c droite 'JUÎ le , uil et. fJUÏ \Ït•lll • 'enter
sur une allée tournante. n" .:ai on en :~son,
la Lais_e cle la mode se l'ail sentir. L~ la mort

ile mn père, ~Jlle Uown ~ mèmc rrnoncé à
t&gt;,ploiLer ell•-mèm,?le:agrémenls11u·d1t.i prornro el l'!le a p:1, é contrat avec f:aülan \'clloni,
l1J 1:élM1re glaciL'l' ùe la rue de Grammont, le
rival Ùt•s Garchi, des Zoppi, de;; Tortoui, cc"
llali!'l1s, anirés à 111 suite de no armé~, qui,
d·au ddà. d' monl , eoanm• un trophée li
coup stir inall~nd u de. vicloir11s de llooaparle,
0 nl ap11orté à Paris l'art el la
cienn· drs
glnces parfumées.
Vdloni se charge dt' Lout : droil des pau1rcs, al'ûchc.-, frais d'anoonœ, hillet d'cn~ée. _Les dimanche cl ra ,-, daw le jardin
111 urmné de -H.10 hee.~ à l'huile, il pa ~ era pour
la dan ·e un orl'he Ire d Jouie musiciens et
deux r{,pélitcurs . Les jeudis, il n'y aura que

l..''EL"YSiE -

,

250 hecs, 1;,() J, lundis nn•t' huit musici,•n.,
el les au1r1•s jour., 100 a1·c1· cin'I mn.icien .
Charrue soir, quatre soldats frront la police
el, li?. dimanche , on l'n aurn au lanl qu'il
faudra. Mlle Ho,·1·n consrrve l:i direction et le
produit du l1illl;J, cl elle partag • avec Vclloni le loyer du reslaurateul', 'il 'en lrOuYe
un. ll'aillcurs, Yclloni ne lui pa)'C rien de
fiie : le pri à l' atr6e ét.ant, par ca1alicr, de
25 sol-&gt;, sans t'()O ommalion, et pour LtlS dames
de 12 sol' : le· dimanches seu lemenl . die
perçoil IO sols po.r ca\·alier (i ol · par dame,

con onnnniioa; t'I dl:l{JUU Jan. &lt;', comme drn(JUC jeu, aYoit ·on larif, mais, à présent que
la ronde a dtllais"c! le. Cabriques en ruines
de Mme de Bourboo. comment o.utymooter les
liillel '! lèmc aux jours de ~randc fète, on a
oin d'annoacer que, pour les ~:1 ois, on
aura le bal et Lou - le jeux grali .
Pour ramener les Parisiennes aux jardins
charn1Jètre , il fa11l les inventions et le curiosités qu'on lrourc h Tivoli et à Frascati. Partout ailleur. c·c. L le Jé erl. ldalie est fermée;
la Chaumière est pour les étudiants, Paphos

cl. crai11Le d'èlrc volée, c'c:.t elle &lt;Jui appoinle
le rccc11Jur,;. Encore, h• oirs de
e Iraordinaire oà il ~ a feu d'artifice et ~u iqucs
de upp1Jmcnt, Joil-elle participer aux frais
pour un cinquil'mc, el lé prix des uillcl" n'c. t
pas augm&lt;'ri Lé.
.\.u moin , cc ·oir -là, rnus lè Consulat,
riuanJ la quoliJi,mne f'ère clwmJièlre dereuail la CR.l.: 'JJ.li rt'.:n; c11mT1r~nn: et &lt;(UC 1'011
comiai L le peuple· à aclnùrcr le « feu d'arûGce ur l'eau accompagné Je la. multiplication
aquatii[UC ,&gt;, qu · le bal était tlirigé par ~I. Julien, l'illustre mulàlre, le chef J'orchestre,
comme on dirait à présent, des bals de la
11almaison et des Tuilerie , li! prix Ju bilid
était porlt1 à I fr. O. donl 75 ccnLimc~ en

oe voit r1uc des prlÎL&lt;: hourgeois, et personne
ne se risque au Coli éè de la rue , amsou. li
faudr:iil à la pamre llt11-y11, pour allirer le
monde, de l'argent 11 metlrc au jeu, el ell~
ne sait ni en trouver ni &lt;'D dépenser.
fleslent, il e"l vrai, les loyers qu'elle Lil'e
de la mai on, el Dieu s.1il si elle s'e t ing :niée
à multiplier les hou tiques cl à dhiser le
appa.:tcmen!s. ur le faubourl! aint-llonoré.
du côté de l'al'cnue Yari6'lll'• un Loucher a
·ou éc:liaudoir et son étal; plu loin, un marchand de l'În, un épil'icr, m1 rôû: seur, une
mercière: sur l'arenuc, au long des murs du
jardin, des échoppes oal poussé en verrues :
une date de. 1uatre-vingls an , de la con truclion même dl' l11!ilel. ll!'puis quatre-vingts

me

�msTO'J{IJI

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - • T!J

iun llix. Alfred csl venu là, il , a Yéc11, et hàlio et habitée par des impures, il a fait des
flov~'l) ' 'c.st tenue à ,10 .000
on ombre d'enfant a pa. é sur ce mur , el offres, mais
francs,
plu
7,0
.UO
Cranes d'épinnles, r.l, h1ul
,·oilh un honneur auquel l'f:l)·,re ne de,·ail
prince
qu'il
e
t,
et
conn
ttablc, l,Qui ne .'.'c~L
11as -'allcndro : il Yit un poète!
1 en 111c ure de la &lt;.afüfaire. Encore
pa
trom1
ll. 11!~Yi 11\. ropli ·te inlrao~iglant. a pour
voi:i11, en un modeslr loizemcnl d • llOO franc ·, eût-il accepté le prix, 111:1is à condition 11ue,
i. de llonne..Cnrri•rc. Celui-là, l'on s:iil :nez pour un parlie, l'on rrçi'1l en contre-échange
de SC!' awnlurc pour qu'elll$ inlércs ent. l'hùld de la rue &lt;le la Yicloirr, et que rerait
.'ou la monardiic, orlicicr, vo ·ngeur t cor- ln p:iu ...re Ho, -n de h prlilc mairnn de la
r•~poml:ml des ,\ !farre. étrangl·r • , coureur flarvieu. et &lt;le file Lanne? Loui!&gt; s·c l Jonr
1
de lripoL~ et batteur de maU1ai~ fü:u • là l ail- r:iliallu ;ur l'hôtel de la r11e C rulli, ou il a
trouvé
des
v
endl'l.lrs
pin
accommodant,
, cl
leur, pnr l'Europe, aynnL connu \lirabl'I\U el
. 'étant lié a,,cc lui. Ala Révolution, Miralmau, l'écriteau pend toujour à l'El}• :e .
[urAI, l.iien qt1'il ail 11 lui l'hôtel lhélu par }lontmorin, l'n r il nomuwr minh,lr · ~
on,
ln tolie Tb6lusson, la meneille Tlu1lu •
Liége. il 11'} a pas élê reçu i il a été élu 1•cré1aire des Jacoltin. , c c.lu pour :woir Ill nac: son, eu plein cœur ù Paris, liien riu'il nil
Camille d • cent ooup- tic Là Ion ; Oumo11riez, jeté l'ar,•cnl 11 belle main et qu'il · uiL enautre intime.
mi. en une grande pl:we au tassé le mobilier le plus 0111ptuem, ne se
mini tère, a m:J pour lui la direction géné- trouve pas sali fait d'un Lei 11unrlier. Fst--ce
rale M · Allain:,$ éLrangrres; à ,on départ, il 11u'un prince de l'Empire , &lt;&gt;rand-amiral .
l'a fait mini. lrc à Philailclphie; le 10 ao0t maré hal, gouverneur de Paris. épou:c d'une
arri,é, on le révotpJe; el tout do même, en- Ail e Impériale, peot bahiW à \'ol~e-llame
suite, on l'emploie en Belgique; on l'nrrèle de Lorette 1!.a mode ru;t aux Champ- -1 l1sée :
riuand llumourie1 ra e a l' ·m1emi · l\obe. • Joseph y a l'bôt 1 ~larl1c11[, Panletle l'htilel
pierre le au\'e; le llirectnire l'en mi• t&gt;n lJa- Cbaro l; à la lionne heure! \[ni~, pour Mural,
ncm:irk, en Ru. ie, en ;\llemnqne: i1 vo ·age e He a . ez u·uo hàtel'! c·c~t un pafais qu'il
patlouL el n'attrape nulle parl la fortunr. Et, faul. L'avoir gratb .erait bien et l'on insinue
c:m atlendant une place qu'il d ,mao&lt;lc i1 loul au préfet de la , einc que •. i le Con.eil 1?énéle monde, il csl échoué là, Jan Ci! quatre ral du dt\parlrmenl l'offrnil comme ré,itlencc
pièces qu'empli~ent jn que ur le palier les au nouTemeur, Son Alle e ~érénis. ime daignerait l'accepter. )Ialbeureu emenl. !'Empebu tes el le portraits d~ '1iralieau.
Douze autre localair à nom inN111uu • reur ne l'enlend pa. ain i. i. pour un sabre
lorrent Jans ce carayan érail ci-devant prin- d'honneur qur la \'ille offrait h .luool, il ·-'e'I
fùchJ, que era-ce pour un palai à \IuraL1
cier, où Candide n'e1H pa t:tt! déplnetl. Tou
ont droit au jardin, et ducho:-se , jacobin ·, Mural se r1Hl(11e donc à payer, mais il marhande. A pré, en l, \! Ile llcn ·o demant.le
émigr :.. , géu !rau. de.-Litné•• ~(Il •t de chamtlUU
.Olltl franr el 20.1100 rrau,· d'(.pingle~.
bre du ci-devant roi, ·uisinières retiré-~, filles
Depui.
la négociati011 ,net Loui , elle a, dilentretenue ll!lr. d'àf;e, y promènent le uns
prè de autre· leurs rhe , leurs désillusion - elle, dépen_ ti en gro, e réraration. 80.000
leur . om·cnirs el ltmr ruinc&gt;s. Pour , · ayer franc., don Lmoitié au moio pour le- Loilnre"
dl} l ). 'atisfoire, dan l'bùtcl, ~lie llm-yn ~lurat . e débaL · il prend parlout de · inforremue sa.os ces e le cloi ons, a0 ranJiL el malioos, . on à achcler de,. créances coutre
rapeti se les lorau ·• Laille ile. cuiûncs, dis- les nov-in ponr lCl! eJ(&gt;lÙ!.'-rr jndiciairemenl.
èqu • lt! remi~e, distrilnm l·- env~. · que ne Ile ce procüdé, le prrr&lt;'l de police îl11hoi::- le
ferait-elle pour ai.:rroilro son maigre ren:nu détourne, lui allr tant 11uïl ne lui en cmltrra
guèr(' moin et que, à 800.000 francs, r.arde I i.liûll fr:in" l
li ne uf!Jt pa.! à paH'r l'intért~l de . i(II .noo îairc ~ rail 111lmira1ile. 1n 01; p rLera pa::. nu
rranc &lt;l h)·po1hèq11e dont c~l gre1·~ lïm- conlrol la omme ronde qui ferait ja~er ; un
meuhle. _\u~si l • proùuil" du jnrdio hai'sanl n'y mellra qu fiîU.11( 0 franc · , le montant
tou,joun, ,mi '-t--dlc érieu "Cfilenl à vendre. peu près de t'réance hypothécaire . lin
hi rui, ~Il l' h• r 1111Îl'I' haul•lll Jn s••111ill10lllme
rn ' r1lu11w li~ fl•r 1111 i u"e .. t ,,a ... ~Il hcnut{1,,
\fai à qui? Les gro. fourni. eur~ .on1 n:in1i· même toup, nn rabattra les Jroils d'cnrtgisJ'Ai liltl Ulu•IIC 1111 11Qrn •1n'nn 111 ';1 lr.11;1111• -.w ~ l111f~.
clic princ~ ù'à présent ont-ils assci ridlè ? trement. A la lin, c· t marché conclu ho
Qu'il ,soit 11.ncieu, r1ul rupo.1rtP. 1 Il n~nut d,• mt..•mvirc
IJu P ,lu jn11r --c11ll'llien1 ,-ù m o n rrom I':, 1iorl è.
Lor. l(Ue le prince Loui a rnulu 11uillcr son l,l aerminal :rn ~Ill (:\ :ntil 1 0~1 et, au
prix qu'a e1i ,d Mlle 1111\JD, l' Ely ée ,·i-de\"anl
Et c'est a~,;ez, cc L lon-J'ierrc de Vig11y c•I joli bùtcl de la rue de la \ ic1oir~ pour une Bourbon deYil'Bl le palai du prince Jua1·him.
le p.\rt• d'_\lfm.l: el, a"anL d\11trcr à la pen- m:iison p1u. respectal,le. 1p11 u'eûl pa :1é

ans, ans qu'on ait jamais pen,é 11 leur demander lin loier, de père en fihi, 1
eroux
vendrmL lit de la noutte et du tabac, et c'esl
rumme une proltanle marque d • la famifütriLé et de la Lonhomi' du lemp · pa$,é, 11u'un
sil~·lc durauL, contre I ur mur cp1c Mparail
t·tltc bar::tl{ue, 1m priuœ, uni· maîlrl'~~e &lt;le
roi, dcnx rois, une prinrc. se J11 _::i.n;: l"l un
fl'rmier "énéml :iit•nl toléré ciuo de petite
f!eus \'l'CU" . enl, •1uitt à ce c1uc la foçade en
rtîl moins ne!Le.
Dt;:; l1uinze app1rtemenLs taillés dam, l'hôld,
trois senlenPnt pa sent J.000 rran . Le
r 'le va cJc :iOO à !IO!l. Pour l.200 francs
par ,lll, la i-cmc dn maréchal de flicl1elieu,
,learmr-Calhcrine-Jo~eph de La\aulx, c•i-de\·ant )lmc de 1\othe, occupe ur 1, cour, dans
le &lt;&gt;r&lt;111d eorp, de hàtim ·ut au premier étal!C,
qualro hell '· pièces, que douhlenl quai re
pil&gt;ces en entresol; elle a Je plus cui ine au
·econd, chamLre de domestique et cave, el
r•Ue jouit de fa promenade dans le jardin pour
elle. H~ enfant et le gens de a mai on. En
face. au même étag . avec trois pièces au
preruit~r et quatre en cnlresol, habite l.ouisPicrre Quentin Champccnelz, œlui-là crui, en
nais a.nt, cmLlail ai; ur: du "OUVt'l'RCment
des bourgs cl ch1Heau · &lt;le lc11Jon, llcllerae
el Cba1·ille, de la capilriin1•ric des cba-sC'
ùesùit.s lieux, du conuuandcmenl de l'équipage du daim - Lien mieux, d'une des
quatre char:7e de premier valet de chambre
du Hoi. Depuis cioq gé_nérations, le Quentin
tenaient el se r pas aient cet office, 11ui appelai! toute le aulr fa'"eurs; c.'lr si, pour un
vah de chambre, un mailr• n'a point de
ecr 1·, qu'esl-œ d'un roi? El de Versailles,
d &gt;s Tuilerif", du Lo111 re et de Meudon. le
voiei tombé en trois chambre:; à l'Élj"ée.
Pour ~e con.oler, pen e-L-il au moins &lt;100
c'est cneorc nue mai ·on rople?
Au même éla"e. à gaucbc ur la our, 11.
loicr 1I • 700 frnnc. , un citoyen Vi 0 n ·, inconnu. n'e::.t-il pas vrai? car ce n'C&gt;sl pas
même l'.C Vigny qui joue les finantiers au
'l'bi!tllr de l'lmpcratricc; c'e:l un jt•11r L~on
de igny. Oui, el cc wr tout de uile chanlent dans la mémoire :
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PnfaÉRJC MASSON 1
dt' l'A c~jimte français~.

Madame de Brézé
Par Edmond PlLO

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,I' ;aUh •. ,

m11.,i .. 1JU1 lUP ul

la ,b111c et le· . ~J"\·iteur 1,1111 Nt·
~c111hl1•.

Ui •" ' o)lr, 1'rrmtr,· d t,cn11r11
.1.r,r Jri Darm:i.

Du gentil mariage de
Madame Charlotte.

L · anci1\n chroni11u('urs et poèles du u •
et ùu xn " ·illdc, depui · m:iitre E tienne Che,·alier jusqu'à H.iir et llr:mtôine, vantèrenl
tous à 1:em·i le doux el pnis·anl pouvoir 1111e
la demo1sdlc de Fromenteau, dc'&gt;enuc Â""Dè
11rd, t 1m:a lD .a ,-ie ur le bon roi Charle .
lamai, plu· lëndre· amour ne donn~renL
fruit pins Lcau1 que cru:r riui na11uirent
d'une liahon si cou tante entre une dnme
Ir~, jrune el 011 ,,.1illanl roi. Les amaut, cela ·e connait - unl pireils à tel arbres
divers; si l'arLro est chéti[, la pou se sera
mihre cl. . '11 e t dru el fort, la p us e sera
haute cl \ive. Airu i en :iJvint-il a\ec le roi
f.b:irles , li, a J'emmr.: Marie d'Anjou el ~lndame .\ !!Il . Le. enfant~ de la reine laric
td~ Yoland de f rance rt le dauphin Loui :
é_ta1ent de taille mai re el de peu Je maintrcu ; ,eux dé ~fadarue ,.,.o ~ , encore qu'il.
fussent b:1tard ', étaient au contraire d'expressio11 aimable, de gr;ice tendre et de
uaYc.a ... prcl; el commec'étaieulde fill~
il Fallait o&lt;lmirer à quel point la beauté
de leur mère antit donné d'anr(!fflent à
four. ·orp: et communiqué à kur vi age
un edat cl un rayonnement incomparable~.
Quand fodame A~nè, accoucha de ilarie. qu'on appelait a~~~i Mar uerile, le roi
donna à on onùe le cl1àten11 de lleaulé.su~-llarnc, l'un des plus plai anl de ceux
q.~1 fussonl en lle-de-1 rance, auprès d
\ mcenne· · quand c~ fut Jeanne qui na1l11~l, !I donna a ,\gors le chàteau de
llo1:.-1!~u~ eau non loin tf e Bou r~e : mais,
en li.)J, 11uand Charlolle 1inl au ruonde.
a le roi lit présent, à celle occa.ion, à
)ladame de Beauté, du château d'I ·oudun' ll.
I.(• roi Cbarles était lrèshonet Lrès amoureux; c'JtaiL sou bonheur de doter ainsi le
~nfant' ~•' on a~e, el, i! ne lémoigoait au
cœur 1Ju un souci : celui de voir cc troi ·
I ., !1&lt;10,11,- lk~•~· •1,: ..! 911&lt;'" ~o, el, la Dam,·
de Briwlt,' {Pans, HJ09}.

fille :l\•anr. •r eo :'tge el en éduction cl former, autour ~c Madame Agnès, ce corLèt,
?eur~u el IOUJOUrscharmant qu'Euphrosync,
rhalie el Aglaï. C(IOJposaient - dan les
l mp païrn. - auprè ùe Vénu leur m .re
.l(adame ~bar loue . urton 1, la pîu acromplic de lro,~ œor, p11r l'aurait Je ~a pnde_ur; sr~. façons. de sourire et son air de gràce
!tu. ail 1 ·mcr,·e1llemenl de ccu1 qui étai nl
admi 11 la contempler. A quinze an,, qui e:.l
à peu près l'àge où le filles , e forinenl, elle
était déjà une manière J per onne admirable; ol, comme elle :illnit, sui \ie de :e
colomlics cl de ses lévrier , à ciité de sa mère,
dan le parcs royaux, on dis:iit, en le comparanl ain i l'une proche de l'auLre, que ~ladame Agn ' n périrait pa. pui c1u'elle rC\'Î·
\'rail un jour, lraiL pour Irait el ngarJ pour
re•rard, en lladamc Charlotte.
Or, il ad\'inL que la mort, comme pour
donner plu de vérité à cc. parolet-, rappela
Madame ,\g11è· 11 elle d{ln le terop· que celle
dame, a)anl rruitLé son chnteau de Vernon,
't•n éLait aUéc à l'aLbaie de Jumiène~. EL lb.,
comme dit \lonstrelet dan son Y1eux t:1le
onïf, « après rin't lie en. L rait un h:iult Cf)' rn
réclam:ml Vieu et la benoiste \'ierge llarie,

.lf.ulr e Jean D:11wel. trt infttr f r esi:lt nl a u P.J rlt m t nl dt T,, uUm s~. tl 1Jt.&lt;sirt Jt"-11 iJt ne~1t1•~ u shit· h;J.l
.f.411Jo u, t ,ilrt r~1ll J.:rn s f.a frkon, El 1.i, 11$ /lr ml 111"-rcM au rrom du r, ,i Jwr r11:if/rt. (l'ng~ 3~o .J •

.... 3o ....

... 3o8

I'&gt;

e épara son rune rd'aec1Jue le corp 1&gt;. on
amant, le r i Chorle nlleodit encore Jouze
an11ées arnnt de l'aller joindre au tomLeau .
mai . ponr le ,i.age de \fadamc de Beauté
es 3eux si d?UX et i hl •U!;, • e. li-m•. pour:
pres et humide , ws chrl'cu d'un meneilleux blond nn pr.u cendré, iL continui·renl
d'él'.louir encore ~u moyen du mutin visage,
Je l heureux our,re. de la bouche mignonne,
de· fin chcYeui et de Lou le. traits de la&lt;la me Gbarlolle. El comme cellc--ci, en plus
de tanl de ·éduction. naturrlle ·, était tille de
roi cl ldcpuis l'élévation du dauphin Louis a11
lrùne) aus-i sœurderoi, il y avait, dans Loule
la cour. énmlnlion de jrn~e neutil hommes
autour de a healllé.
Déjà les deux autres Làtnrde· du roi
Chari~. l':ilnée )I:irgucrile cl la cadtlle
.leaone, avaient rpousé, la première 1c !lis
de Pré8"enl de o~ti ·• amiral de hance, et
la econde le comte de Sancerre, \.ntoine de
fütcil. Ce dernier mariage nvnil été célé!Jré à
Tour· à la fin de l'an I iG J ; le 11ouveau roi
a~ail prt idé :1 son ncromplis~cmenl: et
c~cnme i.1 a.dvint q_uc c'était un prince ha~
hile. lou1ou r · en grand remuement d'idées
et le plu fin politique 11ue jamais on ,·it au

�-

1t7STORJ.Jl

inonde, il pcma dtJ conclure, nu mo,~n cfo
Cbarlolle l'ainée de :es œur nnturclle., un
troi ièime mariage avantageux Il es proje1 ..
Uan~ œ d "°l'in le roi Louj· fit extraire d'un
,les c.ncbol !lu château tlo Loche , où il
l'a,,ail fait mellrc sou lionne g:irdc, mes.ire
Pierr · de flr 1z6, grand sénérb:il Je la provin&lt;·~ de Xormandie, fidèle à b au c et au
ou,·cuir de Chnrle le cpli~me et l'un de
plu rud' adHr:tircs tJUC le nou,·ea u roi ail
,·u , à son nvt!nement, se mêler à s,e enn •ru.is.
Uranlrirnn, :lu l i1wc de. Capitoi,1es, "
nowm: ~I. de Br6té à côté de Dunois, \ninLraillcs, La Hire cl le_ autre· bomm d'arme ·
rruj en ircnt Chari•· Il après la Pucelle ; el,
il lituL corHcnir que c' 11aiL un lwau olda.t à
,·oir que M. Je llrézé quand il ;i ·1111çail en
tète de e. c.walierc', le morion nu i:hc- r, le
poing - ur sa romllarde de
•rre el en
criant : « ~us! » 11 \le ieur le· Anglai .
.\mené au ch·.iteau de Loches pour - e pier
une pri e d'arme contre ~Ion ieur 1.ouis
IJnzc, il .m1i1 été pou é au rachol au .euil
duqud ees mol c li eol encore: , Entré·,
m '· ·ieun, r•lté.~ f,, I'0!J no.~lre mai:lrc! ~
El, commu )fn,irc J1irrrc de llrélé étail
·•rallll, trê · male cl trè~ fit'r, pour (.'nlrer il
avàil tlù Lai~~cr le front!
·vultifoi ·, comm' il en l:lait, un l,rau maLiu, à médilcr dan~ a rude pri on sur le orL
des gu?~res l'l J_c jeu dr · roi , il advint que
le capltl enlcnil11 approcher les geôlier,, armé· de leur~ r:lé Je for, 11ui tirèrent le ,-crrouil et portaient de$ Lorthe . A peine la
porte rut-elle enlrc-Là.ilJ :e IJUe nraître Jean
llamel, pl'cmicr Pré idl·nt au Parlement de
Tuulou. e, et le ir'! Jt'an de Ileauutu, ~é11éc!111~ d':l.ojou, cal 'renl d:in la prion. El
la il iirent marché, u nom du rol leur maitre. • (lue M. le éntkhol, nu lieu de comlmllru Mes ire, lui jurât ument cl fidélité!
En échange le ire renJrnil à ~1. de Urhé
Lou es comrn:int.l,•ment. '· 11 Pour &lt;ccllcr
l'alliance, le roi offrn.il au jeum• Jacques de
Drl;i ·, l'aine des 111s du :oéchal, la main de
11 tri.· chère el tr'• - ai1néc sœ1ir natui-cllc,
Ma1faruo Charlolle de Franee ».
~(e, ire Pit•rrc de Urézé était trop habitué
nnx camps et aux che1'aucbées po\lr c complaire t•n un tel cbàtenu c1ue celui d Loches:
et, il ~ a'"aiL honneur it n 1gocicr, !!Il plu du
re. k. un mariugc aussi beau puur on fil
ainé. « ~ tm1t bon brornrdcur &gt;&gt;, ain j 1J11c
llranlùme nous l'appr nd, il eut l'e ·prit d"cn
\·cnir, 11\'CC rnailre Jean füm ·l cl me sire
,lcan de Ueau ,·:m à tou le accomrnudcu1culs
que le rui lui fai,ail propo~rr. a [I n c •lu1là ! » dil Uraulùmc rm l'appl'OU\,llll Jo tanl
de a"u se cl prutlcncc. Et, au mol •r1 Je c •l
accord, il orLiL de la lour de Loche~. rentra
d:ins se dig11il&lt;is el rede"int au ~i grand caJJÏL1in que Jcrnnt ]'our en rcmerl'icr JJiru
i.:l 31adame ~ mtre il vinl, de ~on cachot,
'agt.?nouillcr à 'aint-0ur derant la cb:is ·e
oi, le comte d'Anjou, Geo[roy•Gri -Gonelle,
avait rait èllÎcnncr la vraie ceiulure ù~ lu benuil.é Vierge; en uitc, il fut J10t1orcr le mau1. L,• Jout'r11,·d, JJ~r J1..1~ 1JS Uu11,, iulm 1. l111&gt;gl'll•
11hi11u • ~~ (;~mill,• hure (Paris, l&amp;!i •

•ol: d mn r~rc noir où la.dame ùc U1•au Ir, "!tant de lmlrrm!- ('l de fcnvlre~ el la rnix du
étcmJnc de tout son corp charmant, rn-t prupl ,, arJcnle cl m~lœ, riant: 'nël! Yoël!
veillée par dc.1u. an"es o la lètc et thl\ au pas O"C dt-~ (rin ..anL .oldal .
llrTOI illl , au pied . U1, plein de ruulrilion,
Mai , ceux r1ui 11tai ·nt 11r ln Tnur do fouliu
de d1'•\·r1tion Pl J" poir. rl dans l • ,::r:u11I or- ou la Tour "'ainl• farlin pouvaient èncor
gueil de füÎr allier i, ..on fil. la fille de ln 1uic11x \Oir que les autres.
tnortl', il pria llicu •t lrs aiot pour l'iwc
Et ,·oilà œ c1u'apcrecmi,•11l cenx 1p:ii ,:lairut
d'elle.
juché li,. au-dt!S -u~ du damit't dr~ mni3foi , on en convi1•ndra, c'élail l:'i un mnon ·. pai- les trèfle - ajourés de picrr ,
ringP , i11gulicr 1111c ,. ·lui qui ,-'éloil 111:,.oc;,1 entre le· 11oin1 d'azur d,s lourell •· &lt;l'arain~i. en dl'1111rs Jl·. lilin,•,: c11,-wèm1•~, en Jois 'S N Ir_ do.ch •Lon: ainu d' aint-)lartin
11n \ ieu carhol. par d ·mut le. "Côlit&gt;r,., au
tL de- •. aint-\11•xmc.
IJruil dei; H!rrouil et nu feu dl.!ll lllrchc - !
Depuis L! baul Chinon, Je l'e11Jroj1 011 se
,·oit J,. Grand Lo:.:is de radame Jeanne d'.\re,
Il
,Ill lon" de peliles rue· lt•nJuc~ pour kt circon lance ,J,, drap,: gri, dr. drap per-.. et de
uite au gentil mariage de
drap r.earlnLe , orn :c., ·ommc à la FèteMadame Charlotte.
llieu, de "Crues Je Jlenr el clc rameatH,
a1an\'.aÎl an cort~c i11lrni, Loul 1liapré de
11 faut prn5cr 1p1e c'c:;l i1 Cliinlln rp1 'eut couleur - et as~ez ~crnblalilt•, en ·on daqueJiCll la h Ile ft!tc de cc grnnd m:iriJgt•. JJ mcnl tll3 Lannièree, sou mou,·emenl tl'arél:11l un pca avant P,HJUcs llories: et, comme mure · l'l , on l'roisscmcul dl! soi(·. i, cdui &lt;JUC
cc lemp·-là •L Lout prinlanier. 011 po1Hait Fouqui l prignil, Jaa. ~on ,ltlo1't1lio11 ,le,;
aJmircr, nu llanc des coll'aux 11ui Jomincnl ,llr1gt!li, au hcau J.ir•1·r d'/fc11rr·- d'E Li -nu•
1a Vienne, une profu~ion de lieau\ a1·Lrc , 1 Che,·:tli r.
tic d1nmps piqué: d • tonie.· Ici; e p,-cc• · dl,
Ce &lt;:orlègl' inrli11ail mvnnl la pente de la
fleurs. L'air en a,ril csl d'une t[U lité pure; ,ille •t , c ponrsuirnit, d •1)uis le Grand Logi ,
mai ·, en Touraine, il e. 1 u1corc plu~ ·uave t•n pa~,:lllt ou ln arcs lleuris l'i ·u11.· le.
cl plu fin rp1':1ille11rs; et. du plu, loin 11u'on
banderole ; ,;il cl là se dre ~nient, à l' 'lldroit
al'cèdc Jans h) val de Vienne, en n·nant Je la &lt;lP c:meîom·s, de pctir. :wafauds hien_
Loire, par le côté de 311m11r ou celui de lapi .é~ a rnc cl•,; l'ioloncu: cl Je ménétrier.
I lessis, on aperçoit, s'élc\ant :ltkdcs.o del.a jou,1nt tics airs de 1111ce.
ri ière, arnc un bois en haut, dl!. moulin cl
EL il falfait ,·oir 11uc, tout en a\1llll tic la
tic îlc en li~ , la prlitc cit: 11ui se montre, cavalcatle, mnrchaient d •11- héraut3 donl
i1 une c urlte iles eaux, Jomin~e de cloche- l'un portait un pennon ulanc uattu de li·
tons ,le piznons el ùc tour'llrs aigucs conm:c d'or qui élail pour . ladame l:barloltc, et le
un fronl dL· belle dame l\•sl de pcndelo11uc
'l!cond un pennon ti&lt;Tal •m nl hlan..: ·t,mé
et d fermail ou,'rt1 par Je arû ns. Amd'arme d'azur à huit croi.ell
11ui sont
bois , au conlh1cuL de l'Ama c cl de la Loire celle de. Ilr&amp;6. 1) rrii:re eu eL ur le t·ùll; ·,
avec Hm ile . ainl-Jt:an, ou Loche.•, toute de archer à pied et à d1cval de l'or&lt;lonbaignét: de fa Licite Indre, ulTrenL moins de mrncc du roi rcpou .aient un peu rudcmeul
Illaisaucecl dû richrs e eu •b;\lcau .• chapelle
le menu peuple qui gruail la marelle; les
et maisons que ce (hiuon I frais rt $-Ï pim- crane,ruinirrs et arbalélrier suirnient c11
paal que Panlagrnd, ùe Ioules les ,-iUe du •leu. lignt! cncadran I les prince · el L::- d1emonde, élit la première ....
valiers précédé de leurs gonfanon. , moule Ce jour-là, des clochers de Sainl-É1 i •nne. ·ur sdll déma, quinée- l'l chin,mx de l,n.de .,ai11L-Maurice cl de dÎnl-\le,n1l', il ùlle- laille. Toutes rnrle• de damoi eaux et de
\'ait un chant de bronze admirable, un Lhant jeun •s eigneurs .se pre~saicat ·ur leurs pas,
tle cloche qui lrcmlilail ur la ,ille et domi- l~s uns porlanL hNm le ca~que au\: pennes
naiL la camparrne. [I' \njou en Poitou, de J'oiseaui: e1 plu:;ieur en ch3pcron de
alonLsoreau à 1'Islu Houchard el de LouJuu 1t lours cramoi -i. lung, manleam Je alin
Tour , celle roix rrravc moulait au-tlc~ us de Liane tuurré d'hermine, Lordé · d'or cl pala \ïcnne et, Je ville en ,illag~. plannil ur ré~, en 1,roderie, d' aiguillell •s, &lt;le CùtJuill ·.s
le llilJ, entier. fais, cc IDCt~eilleu.x 1•,mœl'I 1t cl de lacs tl'awours . .lu rang des princes cl
Lou les hol'izun éfdlJrut tanL d'écho~ 11uïl ilt' rhe\•aher-,- ·e 1opicnt 1 , rcprès ·nlan
cmblait 11ue l •,' doches de luuraine ne on- du duc Je Dr 1l.1°nc el de 1. de Charolais, le
nas cul pa .euh. ; du fond de l.1 :ologne
Hni füaé J'.\njou. qui n'élail ra •1uc Lnn
de lo 13 •aucc cl du Bl.1isoi!', celle J'Orlt1rtn. , roi mai gcutiJ arli l•; L, au ra11;; &lt;les cidu 1li!,1Ugency, de NoLrc-Dame-dc-CJiiry cl gotur cl de Jam i)iea1u, le comte Je OuC1:llcl) égalcmeu~ r[Ui 1.h1nlcnl, de leur roh: de 11oi , le ire de Lob ~ac maréchal de l'ran\;e
ruétal, au-d~-·u du Loir : 1&lt;n1r!1J111e! l e11lcssires Adolplic de 'lè,·c', Jacque de llourtlù111e! leur r~pondaicaten 11cho ourrL:-.
Loo, Je- ·ei"lleur de au•n rt dr ~forcul, le
A cc cba11L dt-s cloche·, d'un accord si comLe do Brienne cl maint aulrcs ,enu de
joyeux el d'un accon! ~i nuptial, s co11fo11- 1 urs dtiilcllcn:l! · a,cc le Brézé. lie ire
daienl, au-des us do la ,·illc, h: déchJreruenl Jc:111 Uureau grand mailrè de fnl'lilleric du
de ·lairou Leu us par les hù, uls d'armes, le rùi cl maitre Philijl[)e Pol, plus llourguig11on
pa de - genel ·, rons ins cl alezan caracolant 1p1e hançais mai · loul de mèmc de la ~1l •
au ruilicu des plat'e , 1~ ballemenls &lt;le se prc saienl sur !t:s pas Jcs seigneurs 'l lies
mains di:-s Lelle Jarne jel~nl de lieur Ju canliur -.

,·e-

""310 ...

~-----------::-------------------------- M

)fl))VIŒ DE B~ÉZÉ - - - -

\1 sire Pierre de Rrcizé, la tèLe nue et le
fronL « hou u comme le Téméraire av:i.n!,aÎt
ur son cheval de Mte, le ca que dan uni•
main cl on :f' :c !t l'aulre. D'être orti dt.?
on caclrnl dt.? Lo hes, de g ûtcr à l'air libre
. ou~ le libre ci 1, J e voir lëto en un pareil
jour, il étai t loul tler et guilleret; l, comme
il était « r.ou, lumi r tle beau parler micu
qu11omme rie France• 11, il follaitf'entendrc
de\Ï.!,er à 1oix haute el joyeu e. Pour Me· ire
J:ietp1cs de Brélé, on fil , l'épousé du jour,
il t•hevauclrnit UDe manière &lt;le bfonc et beau
cheval à housc;ure d'azur, selle armoriée el
pa cq uille · de ·oie; , on man tel était n
façon cle chape tout , emé de croi Ue , ,on
pourpoint de Yelour :uu crevés: de atin le
· •rrait Lien Jtr lm l Pl mellnit en saillie
tout le corp droit el fier; pour on hnperon
il titaît &lt;l'hermine et l'ai!!TClle, raite d'une
plnmc large et l,lanchc, nvaîl façon de pa-

na,·he.
Toutefois:, entre le , ~néchal et ~fonsieur
on fil ::i magnifiqaès tous deux d'armes el
J, parurr el parmi l'C seigneurs lHalanb
d'acier. d oie et de velours, chevauchnil,
qu'on di tingtuiL mal ncaru:e d .e, pauvre.
babils, un ca1•alier étrange el de pcLile mine.
Une cape de drap noir fourrée de petit gri ·,
d ·~ houseaux de futaine comme à un arli.,au,
Jes ganls de lou\'Cileau, de petite. hollel&gt; et
un mauvais Lonoet compo·a.it:nl toute Ia
lenuu do cc cavalier. [,';iir soulÎretcu:t, cbétir
d' habit Lde corps, il rnbl:iit peu
er au
do de sa monture; cl c'était une singulière
fi"ure que la sienne
ne peau glabre, un
front maigre, d jou creuse , de eux
d'uoe ,i,•ncilt! el d'un feu exlraordinair's,
une Louche mince, un 111cnlo11 o 'Ill et un
nez Lrès long comp saient son vi age. Au
prm1ier a pect rien de plu triste el de plus
morne, une fürure de pauue homme; mai ,
au demeurant, rien de plus pas ioooé et
Je plu inlen e : un regard ai!!ll, perçant,
Lrabi ant. prudence cl cautèle, un nez.
comme de fouine, averti, mobile et !lairant
le dao•,er, des l~vres silche et froides, usé
d'oraison , décelant une énergie et une paLi,·nc' de fer; el puis, dans la voix un peu
lrcmbfantc, au. inflexion
hnnlantes el
molles, un ace nt àpr el dur montait par
inst:rnt d'une ,·olonlé el d'une autorité inconcm11blcs; enfin, a\'CC se ge.~te patelin~, enveloppés de futaine, se, vilains ganL de
chas ·e el on bonnet de drap, l'air d'un
11 , ieux r:it ro ortie fort suspect 1 1&gt; et qui
rc!pandail, sur celle fêle el parmi tant de
nohles et pui sants seigneurs, une orle de
:.-ourd malai c el de sccrèle cr11in1e.
Car lie ire Louis Xl était prudhomme cl
pin· maill,, ménager de e hahits et rude
'l finaud aux gra11d ·. G'tllail lui et nul aulre
qui allait ainsi entre Jes Br !zé, pou.sant son
cbeYal à pe1i ( pa el un peu pous if. J sire
Je.in naisiu, on c ·rélaire el &lt;·rîbe, l
rnailre Jeau Sanglier, on maître de cuisines,
trottaient ur :e.s talons; car c'étaient de
'Cil comme cela, loul humble et tout gris
l

r.uA Tl:!

u,~ : r.l,rn11 iq11cdt·s Ducs tle lli11J.1•9og11tJ

:! 'hu111u: J/ogm Jye

JJtJ&gt;uls le haut Chliron avJnÇIJil tm corltge Infini, /oui Ji11('rd d.: co11leur! tl JS~c:: $t•1.1tl.rl!le. tt1 51)I~ c/.1.Juemeiu
J.- bJn11Ures, so11111oulft!me11t d'armures el $On /roi sem.:nl Jesole, a celltf -111t fo11Jue/ rl!ig,111, J:rns son
Adoratio11 dC!&gt; Mages. (PJgc 310.)

comme lui, qu'il aimait à mcn('r ~ a ·uitc.
Mai , d'ètrc vètu en pauuc homme avec au
oou « celle patenôtre de bois gro.si'•remenl
taillée ,, r1ue Ch:t tellain lai a me, cola ne
I' mpêchait pa d'être fin cl di cri. ~I. le
Sénéchal, qui sorlrul de sa pri.on de Lo("hés
et 'eu trouvai! heureux, il disait, nvcc un
cU.,nemt.?nL d'yeux qui c11 signifiail long : (l Don air, auj urd'hui, beau cou in, hon
air et clou vcnl; il fuit bon nller. » El à
lion ieur sou {li , r1ui était miment liu cl
Liel damoiseau 'D llnl tant a monlurc à
pe1i1s coups de ·es "t1nls el 1•11 Î1J,•entori:mt
tant d'habits superbes : &lt;c Pâques-Dieu, rnilà
""'311 ...

un m1gnon fils I Oui dh ! 11 c l plu~ joli t[U8
moi! 11
C:ir po11r lui. omlllc a écril Corniuc:, il
« e haLiUail d~jà i mal que pouvait cL
portail un m1u,•3i cbopeau diff~rl!Ul de:;
aulLres

».

Ain i le. den Brézé 11l)ajcnt au t·ott!s t.111
roi qui en faisait a garde.
Mai . au delà de maître Jean Rni~in el de
maitre Jc:'111 anglier, il v mail un déploi,,.
mcnl Lies plus l,elfo. li Lièrc el de plu
riches baquen t (1 11u ·on ·q11c on ail me
au monde 11 . E1 Loule.- :laient ruoull bien
peinte el Lien ùéeorées. Dans la pn•mi'•re

�msT0'1{1.JI
itière, entourée de daorni•elle cl de beaux
en!ant:;-pagcs, était ~ladamc la Heine; ~ladarne Yolande, la .&lt;:eur mèmc du roi, 1t:iit
dan· une antr •· t, d.ins le suivantes,
étaient lmc do Bueil, \lme de Coëth •l
mumlc~ jcuucs el LcUe dames, en vclour:
,·clouté, drap brodé brocM en or et en menu
vair, toul · arMranL de huque• et de enlils
hennin a\c'C de long et fin "oilc d'un li u
.'i mince ·L si lran~par •ut 11u'on IH dit que
c·'étaieul le: pan mèmc · de l':vur du ci 1.
+'l •'était i1 laquelle aurait pell t •rie plus
chères, plus riche· rloITe. , plu fins diadùm 'S
penddoquc el bagues!
lla.is c qu'il y avait Je plu' éblouis ant et
de plu charmant b :oott•mph!r. Jan~ le long
corlèg", par-de·. u. lt dam ~, les damoiell et l seigneur • c' 'tai t la mariée.
Mes ire· Oliricr Je Coiîliry et Antoine de
Bueil, e. deu. bea.UI-frère , ,·êtus de ~es
arille· av c nigl •lies, merlette et gueulel&gt; à
SI;'. cnnlenr., lui onnaienl le cbrmin comme
à uue prince ·e; et l'on pomail la rnir,
e·cortée de e page. el de es damoi ·elle ,
lfodame Ch:irlotteclle-m~ml·, montée à l':irunzone avançant au pa cadern:é de a monture.
lai , il laudrai t l ·air en main 1o pinceau de
maitre Jchan Fouquet pour e:-:primcr à quel
point ell êtait bell ;etle~ ange· eui-m'mc·,
dan1- le· miniatures ou ur fin véJin. n'ont
pas plo · de gentille: c.
D'abord il faut dire qu'dle avait une collcb. rdie fort mi nonne; le ,·oilc do on ht•nnin
n'étnit pas de li . u de Chàtell raulL comme
leu d aulr' dame , mais de dentelle de.
Flandr toute em(,c d"oi~eam. dt· pfanlc·,
cl &lt;le gr ndcs gerb av •c &lt;l li ; une mine·
crépine d'or retenait c cheveux d'un 1,loud
2,j ra,-is ·,ml de l'iin et de l'autre cùté des
t •mpe ; une bb •tl •, de la lnunc 1a plu
fluide qu'on pui .e con el'Oir, eD,clopp:iil e.
manche· ju.qu'au main~; le ba dtJ snjup&lt;:
oruée (l'écu ·on étru de dan1a · blanc fourré
de marLre · el, pour le poulaine· qui cnfcrmaicnl stJ pieds, elle étaient blanclw · et
menues, Lrès mine s et très effilées et si pe·
lilc tJU 'on eût pu tollle deux le· tenir en
une main. Mais ce ttui, plu •tue la parure,
enchantait la ,uc, c'était ce joli visag tout
pétri de Jeunessr de lladarno Charlotte : d'abord ce front si blanc 11u':1 peine lui de ladame de Oeauh1 l'a.ait pu être da\·anlaae, ce·
ourcil arqués comm d'une lJiaue ch:\ ~cres e, cc~ yeux qui é.muncillaienl par leur
profondeur, œs ro es pudi,1ues J • joue. el
· trait d,,,, lhrc· plu cuplis et plus carminé
11ue loul ce que pourrnienl imagit1er l pcinlr ·. Madame Ch~rlotle auuçait aia i tout
mignonncm nt: dt.! e mains 0 :mlées ('Ue
tcuaiL jolimcnL les rêne·. Elle iulprimait, du
ffi(.lll\'CnléDl de son clou œrp.' une molle
, denc à on ch1ml. EL ain i. elle él11it i
bclle, elle était i hardie à la foi et i modeste que, ~Ill' tout le parconr , l dame· el
lU rchanùe criaient : Noël! 'oël ! en fr3ppan L&lt;les main • et to1..1t le Lou peuple; .11011/joie! J/011tjoie ! en .aluant le roi Ill Madame
a œur. lai p ur e.Ue, clle .:e monlri\ÎL
ra.Jicu c; elle rougis.ail d1• jofoà cl1llque fùis

que lessire Jacqu · de Brézé, on jt!une
époux el i.t•i!mcur. se détournait PD la ron1•mplant. iu i elle était charmanlc; le fermail de ruLi de ou dota fronl cinlillait; a
ceinture cle ,ermeil doré l1rillai1 . ur a cotte-

l 'air souffrtU11x, ch~tlj d'bl:ils et de cm·ts. u c-11•.:ilia sernNau p,u ftser ,1.u tfos dt s:2 111,,nturt; el
c'èla.it 11ne t!tran![e figure cque la .simrnl! / {PaJrl:' 311 .J

hardie; son collier orféué . 'agilait doucement ur on cou, el, par-dt: sou . guimpe
de liue loil • de lleims, montant e1 'aliaL. ant
comme gor &lt;: de olombc, .on pëtiL tétin OY:til
forme de ,oupe.
Le lon" cortège opulent st dt!roulait &lt;le la
orle dan Chinon; et, }Jicntot, il arri1a à
:iiut-lle me; là le· ·loch battawnt ù Loule
1·olée au-d · us ù, · toit: &lt;le la ville · le mén Lrel· Jouaient de.leur mn i11uc: le· enfant p g' emni'old•Oeur I degré· ùel'é li e;
et, ce ne fut pas le moin étonnant des ~pectaclcs que du voir )ladamc Charlotte, nus i
éLlouis nnle elau si hrillanle qu'une princesse
orienlale. avancer ,·er l'autel. entre le roi l1
dextre, le énécbnl à sen ·tre et un grn.nde
uite de dames rt de seigneur· Lourangc;mx.
~ladamc Charlotte, .a.imi, était foute belle
et lumineu. e; M. le énéchal amil façon de
prioce: mai· M. J.oui · de France, en s
\ilain hou~u, sous on brmnel gri · t
ou· sa cape II couleur J'araigne ,f arniL fort
pileux air- el il fallait le voir hurucr l'encens
a ·ec .ou lon" ne,, bai&lt;:cr bypocriLemenL :-;a
patenôtre et, au lieu de prier, faire tout Ln
le plai,anl nvec ~ · compères : maitre Jean
an lier cL maitre J an fini in.
L . oir, il ~ eut un lr \ beau Jlner au ch:'iteau; tl, si le bou p:i.lis.icr cbinonai Innocent étai I du service pour ~oufOer le- pet el
l croquembouche , il ea dut, bien plu
ard, d~crir la .plendeur au pctiL écolier Rabelais. Car oncfp1cs ne ~c I ircnt repue pareilles à la cour du roi Loui : d'ordinaire
[ ire élait plu ménan-er de tournoi , denier el t • tons, illllassé ou- on père par
Monsieur Jac11ue Cœur; rnai~. pour Ma.dame
0

Charl0Lt11. sa ,1 . ur tr' amo5c l&gt;, il n'y avoil
rien rrne Louis xr D m.
Ajoulon: qu' ce repa~ tout pan La rruéli11ue
le convÎ\1•. étaient forl Il propos dislriLué ;
Madame la Reine avait lié placée aupr" du
roi René d'Anjou on avait mi . le énéchal
prè d princes; le roi Loui ',5tait aménagt
un fort Loo fautcu.il entre les ép ux ; pour
le. petile. •en de la uite mallre Jean fuisin maître Jean Sanolier cl aussi mailre Arnoul, J':12,t.rologie11 aux hiibit · d'tlt.oil •! au
chopeau ]'ninlu, il e tenaient proche de là
am! les ,·aleL · de meutes.
Parlout, . ur toul , · le- Ion •ue table dr ·séc~ sous le~ hauts lambris, brillaient le'
coupes el le. cri tam; il y avait profusion de
g•rb · eL de ycnàbous dao· l •· pl L- d'étain;
el ceux 11ui e Jre'saienL de Loule leur taille.
mu de eurio,itti ou de nourmandi. u, aperccY3ienl au milieu d la t.abl • royale, au-devant
des mari~ , des p:ltés de Touraine arrangé
1 n petites nef
a,·ec des voil -· r.L de pa,·illon , ùe jolie aiguières oi1 Fumaient le ,in ,
puis - domimml le coop et le r~mpotier
- un très adroit c rI eu confilur' , brama.ut
el mu ,1holi-, et ùc forl joli chien , copié
sur œux de la meute du roi, aussi en confilure:, lui mordant le jaml1es. Et Lou ceux
1111i étaient Ju enice de cui. incs av ient
que c'étaient le ruallr ù'bùtel Je.in "anglier,
Ymhert llœ elier, ,·erdier de la forêt Je Chinon, et Guillaw:ne Chalour:y, le ,·arl t de fourrière, 11ui avaient compo é ce chcf-d'œuvrc.
liais Lientôl, il y eut un granù hrouhaba
de cou rires; et, cc fut quand on vit que tou.
le· écùnn ·onnier·, li ut iller , paonctier ,
écu ·ers Je Louche, varleb 11u1:1U el ma.itr
entraient à la fois par 1· portes en portant
les plat . cu);-ci ~•11le,·aicnt pour la plupart
fort bien travaillé el ornementés; il ) c11
a\'ail de toutes les \'aritté · cl de toul' le ·
forme~ imaginable .
La forêt de Chinon ètail peuplée alor.- Je
très plai ':in tes bête· et de Lou t le gibier po jble : cerf • bich~ , Ja.im , sangli , lihrc1i,
connins, qui sont faperc;m comm l'on nit
1 au si de !a.i ans, paon~, perdrix et bé-

nI TORIA

ca.s~e ·•

L · cba ·seur' rt le fauconniers en aYaienl
fait un rarnago ét ·ndu; . i bi n qo ïl · en
n,·ail une tr'· !!rande al,ondancc, le tout
roü avec des herbes ou cuit selon les "'O\\ls .
D'abord b pi ··l:C, toutr. fumantes et ; :pan•
danl partout une chaleur gourmande, étaient
11menées d vanl le !'OÎ el la reine; lù, l'écuyer
tranchant lrauchait: en. uitc Je nrlets distri)}uai nL les pari.$ et pui· les .aucicr le
sauçaient.
Les pnnueùers lai aient ervice &lt;lo pa.iu, les
échanson· et houtcillcr~ enic'-'l de tout ce
•tui e·L à boire, et, dans cetlc intention,
nvaientm· · en perce un l•on douzain de q_ueue ·
de l'in de Beaune ; ma.is, pour .llon ·ieur Loui
. I. il pr lféraiL son pelil pineau de Chinon el,
il élail pmi ant d }(. \'Oir n Lu\'ânl à p Lites
lampée. comme le renard qui ucorail a la
treille; ensuite il claquait de la langue rorL
puu royalement, el, lel qu'un ,ieux rat en carème, au lieu de toucher aux ,·iande comme

LE U
ET
AVE

Lo ·1:,-P,11L1r1&gt;E-Jo·Eru n'OR.LEAN, PL • T,\.RD ÉG LITÉ)
DE Cll1\ RTH.E
LA DUCHES 8 DE ' HART E ' (Lout E-ADÉLAÏDE DE Bo HBON-1· E:'\Trnè,,1rnJ,
LEUR F'IL .\Î •' É (LE FUT R L ·,s-PmLIPPE l") l!T J..A PRI.: E E .\DÉLAl'r&gt;E o'O!iL!l:AN'.
( rnv-urc Lie

• DE

•

.U.\'T-AUBIN

cl Il. I.IEUIAN, û'aprè le !llble;iu de C.

LE:PEINTRE,)

�'·---------------------------------h,s au Ire·, il mordait J,. fè,· el grignotait
aprè le châtai nes.
Toni ce!. dura ÎOrl lonrrtemp:, d'aut:uit
qu'après ces plats-là il en avait d'aut.res;
cJ'abord des ci~et.s de lieue, poi · coulis el
rùt.s, de oiseaux en dodine, tourte lombarde.s, ptil de géline et chapons; en uite nomure de poi ons : hareng blanc , brème.,
turnuous, perches au persil, tanche rilIécs, merlaus el pimperneaux comme en èar~m ; l't pui · d bourrées, de el · cl des
. almi , enfin dé boudin sauci· · • cn:pes,
pipcfarces et autre . \lai , cela n· :1ait pa
tout; et il fallait compler le, Je·. ert· : dragées, pommes cuite , g teau , crèmes, figues
de Provence, oublies el pllts d'E pa le,
il l' avail tant el tant à manger et à boire
,,ue, san le mu 'icieo ,1ui jouaient des motels et de ber cretLe el :.an· les plai ants
qui provoquaient
rire~ par rnoult J~\·i el
,ioyeu clli ·, jamai· les conrivc n'eussent pu
aller au bout ~Il fustiu.
Y:ù ·, là où l'ou riait le plu était encore a
la lal,lc du roi Louis.
U imporle de avoir que ce prince, avant
d'être roi de France, IJrouillé a, •c on père,
avait quillé le ·ien et 'était retiré à Genappe auprès cJe ,r. de Rour••onue. La petite
cour de Genappe a"\"ail é1t\ pour LL1i la plu ·
douce en plai anc el la plus docte en propos.
Ue ceux-ci il a,ail rel nu un rand nombre
dont il faisait des cont avec un tour à lui el
toute sortes d e te·. 1,rorard · el •rrimacc ;
car, il fanl dire que 'il était chich1,; d'habits
el bon économe, \les ire était prolixe &lt;le verve
'l sa\·ait e mmdir as z vertem nl. Le 111, toi
;tait finaud mai aus·i il ëtail JO}CU , et rien
ne lui agitait plu la bngue cl n • lui farci sait plu la parole d':int'CÛO eL ailfü, tiuc
quand il avait touché a111 mets t pi du vio
·lair. 'a ~usticité, plu 1pl'cn nul aulre endroit, ·· erçait table; el, c·e l 1à qu'il a,niL p 1·cer de c~ traits es ami cl es
0

et farce· galoi · . C'él,cil M. d' La nle qui
loi avait nppri. 1p1'il y a quinze joies 'n marÎ3"': il ajoutait qu'il 'Cs y·u cela fohit
peu car il ) a bien d'autre· prines _ur le
joie . Là-dfs ·u il pinçait le menton de \ladame a œur qui était à ·a droite et c hù de
\lonsieur on L ,nu-frère qui était , ·a ,,:111che;
et, il leur di ait : - (1 P qoc:-Uicu. me mignon , je YOus duunerai ce petit lin•; ,ou
lirez la quint• joie; et, ,·mis apprendrez
qu_'un mari doit èlre bon
l'aiguillon el
accoutumance . inon il ) 11 coq· .t damoi eau,;
qw ,,iennent dan sou lit et 1111i prennent on
Ilien! ~
Madame Charloue était pourpn' d honlc
l Jncqu de Urt!zé, 11ui l'rnlentlail mal, US'-l'Z
p1ile de colère; mai Loui était I roi cl pouva.il tout dir •: el, comme le , in pin •au aJoUt
à l'e ccll nec d'un hardi langage, iJ allait.
allait cl narr:til des conl0$. L1• · Ce111 • ·0111•ellr. no11ve/LP.· lui ét.1icnt w1 rccu •il nJmirable pour c la: il les nmit loulll cl telles
rrue \1. de La • alo 1 lui a"ait dit ·· à Genappe; a ven gras e l raîJl ,u e excelJnil à
les répéter; mai·, comm1: il n·~ a jawai de
meiUtiur&gt; raLon.s qu'épousaill · pour c la,
il -'r tomplaisail, à ce rand diner, do tout
son e.prit. li fout Jir 11ue lL le , iiul:chal
qui tiJ.ail ·orm:1ud, c'e·t-à-dirc Lon parlant,
en ~avait d g:iillnrde, rL le lui retournait;
mais le roi en avait, sur loul, de ·upérieure .
El, comme Undame Charlotte tait la mariée el qu'il l'aimait bien: - e&lt; Pàqucdlieu,
disait-il. Pàqu · -Uieu, ma ·œur lle, c't~l au
vcrl qu'on prenù le linudd; garJci-vou. toujour genle el b •11 1 rntre rnnri , era Loujour · flÎlre. » Et, lion ·ieur on lpou : -

0

enn mi·!
Ce &lt;rue les ire goûtait par-d •s u tout, en
un hou repas et plu qnu le lion. plat , c'étnicnt les bon mots; il ne reculait dcva11I
au un des plu. _alacc d, c'éLtit on plai.ir,
à ce· moment -là, do ,oir .\ladaroe la fl eine,
Charlotte de a,·oi , dolente comme compote
tic ·nt-.! •an, cacher •n rou11i,saOL on front
ous on esmoucbail. Car &lt;les dames il .avait
loul r-0 qu 'ou peol 'al'Oir · Éli nnelle de
hà.lon cl Péreltc de BesMçon l'a,•aienl en_ei•mé atl mieu , cl cela lui était j pfoi ant que
«celn · 11w luy fai.oiL le meilleur et plus la cif conte du.s daine c.le jo e, H es1oi1 - dü
Brantôme - le mieu ,· nu cl re. toyé et luimèmc nc ·'êparmaitàcn faire».
'e t bi n au i ce 11u'il fit cc jour-là, el,
n'était-cc pa piquant de voir ce Yieux rat
royal, placéentr · deu. jeunes épou , montrer à tout prop s co1Juct el mu 'qu •7 Il dit
d'abord pour natter Philippe Pot el 1'CJwoyé
Je 1. de Cha.roi,~. 1lue, de .on .éjoor eu
Brabant chez • (. de Bourgo!!ll , il avait ,ardé
le sou,· nir l meilleur ùe docte et honorable
homme An.tome de La 'ale; que nul, plus
c111e celui-là, n arait de joli vcté , doue ur

&lt;.; 1um.,r tl m;,flJ·t's t'1t/r.i1en/ ~11 fort 1nl lo flJts. Ctuxtf s't!ln·.:i~nt t,)ttr Ili r1up,1r1 for/ rien frav.il/lt$ I'/
o7'n,m,cnUs; il.l' t11 a1•Jit d( 1,.m/o'$ /é'S •·.:iri.'h1s tl .:le

/Qu tes,~. formt.~ !m~{!lnab/ls I P~c 31=.)

ï vou. ,-oulrz :irnir ,crlju. 11r la lrcilf P à
'oi!l, ruou 011 in, fait . me ·un:-, faite wcure ! ~ Il voulait dire pal' là que l'an,our a
on économie et 11u'il n'e. t dural1I qu'aulanl
qu'il , l sage. a Sinon disait le conteur, ll
&lt;&lt;

... 313 ...

MADJUŒ DE 'B'JfÉZÉ - - - .

'animant encore, le mari a 'anoncbnlli t 1'1
.s'abc·list II cl le moindre pclit page 1, Jui
~u Îl'rait mir. 11
L prince_c~ et dame· ·t da moi elle
auf la Heine ans doule - trouvaient el,
plai. ant el ,'ébaudLai •nt à qui mielll mieux.
d' ntenclre si hardiment un pui · anl roi de,·î rr de l'amour el d c ru,e. : el comm
Jan ·e hameaux, sou a c..1pe fourré1• el
son vieux Lionncl il 1Lait louL gris, Lou! frilen · d raraliné cl qu_e tous le autres autour
1:laienl IJlanc et poudr 1• et jolis, on eùl dit
J'un \Îeux ral tli ert en eign:rnl à des ouriceao.1 et à de, . ouri .
liai-, le roi s'i!1an1 t II el le· , iolons :m.si,
on parln des cadeaux. Mes ire al'P la 011 secrétaire, maitre Jean llai ·in; 1'011 l1t nu. itôl
confral Je iO 000 !'.'eu d'or pour la dot 1 •
apr. quoi il~· cul Je meneill•u~ pré,-enl·
qu'on apporta ;1u épo111:, tant du roi cl dl.l ln
reine IJUC de~ princes; li: cou cil de la ,rn,
nrnya , douze ta ·e ù'arg nt da poid d
,·in"t--cinq marc,-;, un drn!!Cuir d'or d'au muin
,·ingl- ·ix livre JJ pour ,Uadame Cbarlolle el,
pour le jeune Brézé ~ si hn.nnp l'i une ai,.ui1':rc d'argent •. Loui. en rc1111ircia hautement fü: ~ieur· le échevill': il Je.,; pria à enlr •r et à boin1 • cc qui fol fait; et Mcrsicur
le: éche\În admirèrent qu'un roi, qui :i tant
tle princes cl rigueur autour do $.1 1ablo, y
l'ait ,enir Lie:- marchand de la ,·iJle el que,
d'un duc li. eu , ne fait point di t.1nce.
Cependant on arr au qeait la :-aile pour la
Jan .; le. wunélrier a,e le, 1iolone11\ reprirent le conc rl; I •~ cb:mfr, le motels cl
les her.,erellc r •Lenlirmt a1· i: plu · de mesure. El Madame Charlotte, 11ui anil Ji,, pins
petits pieds el le · plus firie3 jambe- l]tli
.oient. dansa ;1 merwilll', d'al,or&lt;l Je pa · d •
la Heine J ' ir·ile, pui I pa d · Bou rLou el
le pas Je )fada me de Ciclahrc; apr ·, l{Uoi elle
i,int, ruugi .. atilcl, au-de\'nnl du roi, de la
reine et de li. 1 ,_.:nécbal ; là elle ïndinn:
elle fît quatre pas dou_LIL" et deux Joul,le ·
double , puis troi , pa · mcuus recul:,, de11x
leYé , quatre impl et Lroi · auls.
T u. appla,1dircnl cl le roi di ait, réjoui
de celle jeunes·•: - ~ P-'l1ues-Dicu ! 1111 • cela
esl hcau 1 » Et, à }1. le ~néchal, lui montrant une belle-fùle si rare : - « Mon cou.in, 1·raiment, e t-elle pa joUe? \ a-t-il pl'rlc
plu_ b Ile à ma ctiuMnne J • France'/ » Et
M. le 'énéchal était forL content.
foi , JU. que-là, il y avait uu Lomme 11ni
n'n,•ait rien dit. C'était maitre Arnoul, a trulogicn du roi. « ~laitr Aruoul, écrit ,Jt,:u1 de
Tro es le chroni11ueur, Mail fort horume de
bien, a.g, cl pl&lt;1i ant. &gt;&gt; Tl füaj t au cicl r.omme
p, un td3.J1'h• mainsausietrieotl'1'n11,
ptililes liinc · 11u'o11 a cuir' le· Joigl il di.ail
l'ayenir.
,u i marchait-il, à la uile de sou
lllllitre, mtm1ré J e rc~pecl, port.ml babil
étoilé et chapeau pointu. Et 1/Jule.. les dn1ues
cl damoiH·lle c foi.aient jeu d l'enlen&lt;lre.
Le roi, railleur, &lt;li ail ; - , Mon a. lrologi •n !
elles J'ailllt!IIL plus que llloi ! » Ma1'1rc Arnoul
1 [lolelinn i;onlir111êc 11111· 1•ttre ,lu r11i J111,:c ,Je
JJ,mlèaU (1

m11.i I U:!.)

�1115T0~1A-----------------------~
assujettis ail ses grand s luncllcs sur Eon nez
parce qu'il était l'Îeil homme et y vnyait mal.
; l'une, qui a\'aiL le poignet rond cl une jolie
main : - (( l3cl ;:imy vot1 aurez, ma mie,
!,el amy ,&gt;; el à l'autre, qui a,ail le doirrt
effilés : - « C'est fortune, ma belle »; et
puis it d'autre , c'élaient de enfanls; et il
d'autres le lrùnc ; et à loulcs amour et délfoe ·.
Le dames el damnisclles étaient Ioules
conlenl ; mais Madame Cltarlolle arriva la
dcrnièr tant elle ,ll'ait dan é ai·cc son époux
Jacques; et olle fil voir sa main! L'a:;lrologien
demeura longternp , h~te iorliuée, à con idércr
cette liclle et ûne main de princes e; l'on •ùl
dil alor· qu'il était clan la crainte de parler;
et une espè-ce de gêne opprcs ail Madame
Charlolle.
Lt• roi, la reine, le· prince rt princes. ri: cl le · deux Brézé, 1011 ~Laie11t rnnu.
entendre. Eurln, après avoii- longucmcnl médité . ur le li"ne., 1oici re C[UC l'astrologi1' n
du roi dit à la princo c : - et Frn11ce tu e'!,
C/u,l'{(JlfC .·uil, Bl'rl::é le mi'fi.,,s!

»

El, cc rut comme :.i uo vent d • deuil t' ùl
fané la fète. li y eut uaI co,ul t f'roid sikncc.
(/I/J1 $/r.1/fo11s

.te CONll.l.11 ./

Tou étaient -aisi d'étonnement ctde crainl.e; ma Lonnr terre; allèz, cl en nom Dieu,
et le roi plus que touL autre car il avait foi en faites-y garde !
~on a'Lrologico. Le ,·ù-age de Loui. était tout
Puis, se tournaul 11 demi, vers Uadamc
changé avec e e. prits; cl. au lien du plai- Charlolle sa sœm· :
sant conteur, qui :11ait tout à l'heure émer- Allez! et que celle-ci oil votre fille et
\'Cillé les dames cl . eigneur , il y avait là un femme!
homme dur, âpre el tout blême de colère; a
Après ,moi Mon ieur Loui Je France vint
main maigre aocrochée à a ieille pateoôlrc de lui-même au-dernnt de l'épousée; il la
il pa.rul c1u'il en comptù.l le. grains et on baisa au Iront, entre la. ferronnière l le
regard aigu, po.é sur les Brézé, semblait lt!
arcs des Jeux; puis, aprè lui, la reine, les
fouiller ju f1u'a11 fond du cœur.
princes cl les princesse 'approchèrent et ln
Enlln il vint ver eux (]ni se tenaient morne
bai èrcut Je même; mai ·. quand Madame
el l'll re peol :
Cbarlollo vil \'enir à elle es deux œurs,
- P:\ques-Di u, mes. ire , que diL maitre Jeanne el M;:irgucrile a 1•ec leurs deux mari ·,
Arnoul? 'êtes-vous pas à moi?
mes·ire · de Oueil cl de Coëth1, loul son cœûr
- .Ife sire, nous sommes à \'ous, répon- cre,·a et elle pleura fort. Et, landi. c1ue le roi
ù:rent le Brézé.
1,oui , sombre el rénécbi, uivi de se · comEL en même temp~. il !,ais èrcnl la tête, père~, moJLre .Arnoul, maitres Jean aaisin et
s'in linèrent de toute la taille et bai ~rent Jean anglîcr, quiuaiL le festin, l · dan e et
humblement le \·iew: gant du roi. Mai
la noce, on pouvait entendre encore ,tadamc
Loui' restait à le. considérer. En.lin, il parnl Charlolle, dolente et plain tfre, gémir et pleuque on courroux 'apaisât. Et il dit oicu rer tout bas comme font les pauvre biche·
h:i.ut, d'une manière très solennelle, qui était lorsque les chas eurs. à la cha' e à courre,
peu d'habitude et parut pui aole :
les épient, les suivent, les tournent et enfin
- 11l~i, mes~irr , allez en Normandie•, les prenocnl.
(A suil•re. )

LllllONO

PILO"J.

La marquise de Thianges
Madame de Thianges, folle sur deux chapitre , celui de sa. p r onne cl celui de ·a
nai anœ, d'aillcur dénigrante el moqucu e,
avait pourLanL 11M orle d'e prit, beaucoup
d'éloquence, el rien de mam·ais dan le
cœur: elle condamnaiL même ·ouYent le.
injustice et la dureté de madame sa sœur
(madame de Iontcspao) cl j'ai ouï dire à
madame de laintenon qu'clfo avail trouvé
eo elle de la con.olation dan· leurs démêlés.
11 y aurait &lt;les conl à [airl.l à l'infini ur
les deu poinls de sa folia ; mais il surfil de
dire, pour celle de sa maison, f1u·e11c n'en
admellait 11ue det1x en France, la sicnuc el
celle de La flochefoucauld ; et 11ue, si elle ne
disputait pas au liai l'illu.sLraLion, elle lui
disputait queli1uefois l'an ·iennété, parlant à
lui-mème. ijuant à sa personne, elle se regardait comme un cba[-d'œuvre de la nature,
non tant pour la hcaulé extérieure que pour
la délicate c des organe q11i composaient a
machine; et, pour rûunir les dcm: objets de
sa folie, elle s'imaginait que 1,a beauté et la
perfection de son lcmpéramenl procédaienl
de la dilft5rence que la nais ance avait mise

cotre elle el le commun des hommes.
Madame de Tl1ianges était l'aioée de plu ·
de dii: ans de madame de llontespao, el je
ne ais comment il se pouvait faire qu'aJanl
une mère aussi Yerlucuse elle éÛl élé éltlYéc
avec autanL de liberté. Je n'en serais pas
étoun~e de la part de M. le duc de ..\Iorlemart, leur père, qui, je crois, n'était pa
fort scrupul m:, et ùonl j'ai entendu raconkr plosieur bons mot , qui sonl autanl de
preuvei de la maul'aise humeur de la femme.
et du libertinage du mari, tels que celui-ci:
M. de Mortemart élanl rentré fort tard. à son
ordinaire, sa femme, qui l'allendaiL, lui dit :
&lt;1 U'où venez-vous? pas~ercz-1·ou ainsi votre
vie avec des diables'/ » A quoi ~r. de l\Iortemart répondit: « Je ne sais d'où. je viens;
mais je sais que mes dial,les sont de meilleure humeur qtte voll'e bon ange. &gt;&gt;
J'ai ow dire au fct1 roi fille madame de
Thianges s·échappail sou1enl de chez elle pour
le ,·enir trouver, lorsqu'il déjeunait avec des
gen de on ;ige. Elle se mellail avec eux à
taLle, en personriepersuadéequ'on n'l 1·ieillit
point. Celle éducation ne devait point coulribuer ,\ la faire Lien marier ; cependant elle

épou ·a lf. le marquis de Thianges, de la maison de Dama , el elle lui apporta en dot Je
Jfoigremcnt qu'elle arait pour tout ee qui
n'é.tai l pa de on san,., ni daru son allia.nec;
et comme les terre. de la maison de Thiange.
sont en Bourgogne, où elle fit quel11ue séjour,
l'ennui r1n'elle J eut lui iuspira une aversion
pour tous les Bourguignon qu' lie conserva
ju ·qu'à la fin de es jours; en orle que la
plu. grande injure qu'elle pouvait dire à quelqu'un était de l'appeler llourguignon. Elle eut
de ce mariage un lils el dcnx fülc ; mais cJle
ne vil dan cc fils que cette province qu'elle
dé tes lait, el dan , a fille ainé.: que sa propre
personne qu'elle adorait. Elle la maria au duc
de Ne,•er · ; la cadel!e épou ·a le duc de force,
et parlil aus ilôt aprè · son mariage pour
l'Italie, dont elle ne rc1iul ltu'après la décad nœ de la faveur de madame de Montespan.
Je l'ai rne à son retour encore a ez jeune
pour juger de a beauté; mais elle n'avait
que de la bla ncb.eur, d'assez hcau.x yeux, et
un nez tombant dan une bouche fort yermeilJ ,, qui fü dire à ~I. de Vendôme qu'elle
ressemblait à un perroquet r11li mange une

cerise.
l\fooA.ME DE

CAYLUS.

L'Exode des Girondins
S ou&gt; la prcs,io11 de l'imc.lfl&lt;, I• 1 jul11 1 793, le p,uti
avlUlci de la. Convv,tion, - la M011tag11c, comme on
disaJ1 al,;,r,, - prono11ç,i l 'txclu,ion de.s dipu1is modiris, gTOU pu sous l'itiqu&lt;tte de Giro1di1t1 . C&lt;u"
qu'on p ro,CTivait éraient, la veille Encore, le$ idole. de
PQ.rh; grands par l"c:n1hou,iasmc, I• courage, l'ëloqucn«, ih avaient déchainé 11 rivol udon, n croyant de
foRc ÎI la condwr&lt; et fait i ltUT t'Jlusc: des iiCtificu
conchmnablu. A,n,i que l' a icrit Louis Bl11Bc1 • cet
homblc glaive de la proscription, cux-m,mu l'avaient
tiri du Fourreau.. c1 malnt,nant qu'ils n'en avalent plus
la poignée dan, la main, on leur Ut portail la pointe à
la gorge ,.
l e. récit qu'on w. lire est ~dui dr. fours mi.ères, succédant, ••ns 1ramition, i. une. popularité triomphs.lc .
Pé.tion, l'c&gt;&lt;-mtire de Pari,, dont, du&gt;&lt; ans atrpnuant,
tou te la l'ranu itait 11mo11ro1111 u qu.'cllc rôvinh à
l'ig1I d'unot dlvinili, Pétion hait au nombre du pro,•riti. Nous prenons H narration, publiée: intégr•l"mon.t,
&lt;-n 1866, p,u DaublUl (1..ibrtiric Pion "1 Ç••) i 1,. roir« du Jo mai, alors que lot déc rd n 'ul pas encore
rendu; m•h l'cmtu1,r; mcno.ça.ntc dwgnc: &lt;I rt'damc dcjà
du vlctimu,

,lu qu '1t cc jour, 710 mai 17!)::i, je n'arni
pa voulu coucher ailleurs que chez moi,
malaré les vives insl.1uccs. de ma femm1; et
de 1~e, ami . Je cédai enfin à lem-- oUicilaLion , el je pa sai la nuit du 30 au ;; L &lt;la11s
une maison rne de la Chaus ée d"Antin.
J' étai~ chez des "ic.illards tr -.s re pectaLlc. ;
mai · il e,t impossible de peindre [a Erayu1r
qn 'ih avaient. Lis cro~·aicnt à ch~r1ue instant
Yoir la garde entrer chez eux, _f.ure des perquisitions de la _ca-ve au,_grenic_r, le peuple
en lourer leur ma, on et 1 1ncend1er.
Le malin, de très bonne heure, le mari et
la fonmo enlrèrcmt dan· ma cbnmhrc Lou~
éplorés, me di anl qu'ils otaien Lre ~us éveill~s
Ioule la ouil que la générale ballait. Je crois
que j'en e 'été ùr J 'ètre pr1. en orlanl,
que j • n'aurais pn balaucé à w'cu aller, _la~l
la situation de ces bonnes geu me fatsa1L

""315 ...

pc-ine el lanl jtl craignai · qu'il ne leur arri~ât
ri.uehrue cho·c p~r rapport i1 moi.
Je pris cong: dti m~s hôtes, 11ui me "ircnl
partir aYct regret. Je traversai tout le bonlel'ard 11ui conduit j11s1p1 "à la rue Hop1e. Jl:
rencoulrai de forte patrouilles, tJui ne me
dir~nl mot, cl je me rcfugi:ù clicz le c:ilo~·en ..•.

J"~· fus bien reçu; j'y Lrouvai Brissot: nous
y passâme um partie de la matinée, croyant
à chaque in l.aol qu'a1ant ,:té \'li ' µar le porlÏ.t'r cl par plusieur. per.onnes de la maison
nous alliom ètre Yendus el que le peuple ~e
porlernil 1i l'appartement 011 uous étiofü..
Nous in ion déjà bien cxarni11t! ll· local cl
préparé notre relraitu. fol accident pen -a
nou Mcelcr et aweula LGuL Ha.lmcllemcnl le
peuple autoUJ &lt;l e l'cndrcil oil 11ous é1io11 :
un petit morceau de j.l,tpicr jeté dan s la che-

�•

111STO'R..1.Jl _,_ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ .,.

minfr r mit le feu arec la plu· grnnde rapidité, la rumé, orlail par gro llorons; tléj!l
les loc,11nirC'~ cl le \:OLÎn,; 'as t'mLlnit&gt;nl;
11011 fcrmâme le~ port , et non paninruc
Îl •1t-indrc Ir [eu avec la même prompûludc
qu'il iwait pris.
Jë m rendi:s rnsuite à I' s ·emblée. en lrn\·ersnnt le. nroupc le. plu menaçanlli. Lor que j'en sorti , je m'aperçus 11ue loin d'avoir
renonc: à leur. projet., ils le uil'aient 3\'CC
la pl us «ranJe acûYit ~.
.le ÎLt pri-nt.lre un ,Jt,, dan. un Mlcl garni,
rue Ji,au-Jac(p1es-lton seau. Le m~ri, hon patriote cl i:apitainc de la garde nationale, était
pcr é1•uté par les farafrle . li {&gt;tail mi!me,
dans le mumrnt. à subir un inlcrrorratoire,
el --n femme 1·rni•1 nail L ncoup qu'on ne le
m11 &lt;'Il étal d'arr talion.
Le I"' juin ·c passa d:tn lcs mouYem1ml
les plu · com ulsiL Je ru arrêté au milieu
1J"un nrnupe. D· femme· furi,•u.- et ,1uelqnc. hnrnmi-. tri\ t!d1~11fiik me mrnacèrenl.
Je leur parlai avec lieaucnup &lt;l san"-troi&lt;l.
Qm•ltp1es Lou, cilO)Cll me fir 'Ill jour . .le
tra, enü, cl l'on ernpt·chn nvcc beaucoup de
peine que je fus e ui,i d covironu: Je uou\'eau.
Je rw diner cbe.e 1 ..... , où plu ·ieur Je
m col~gues et moi nou nou- t!tiou donné
r ndt-i-vou.s. t\ou arr'l, mes d'y pa~ cr toute
la nuit étendu &lt;:ur dPs cbai~cs, t de ne p:i
0011 quiller. :\ou cominmc de réunir le
lendemain, d.i&gt; le malin, le lrentP-deux prt,1 crit" et l Jouzc mem!Jr · de fa rommi ~ion
c lraordinair , afo1 de prendre une me ure
commuu ..
l,n énéralc halÛl, le Locsin ·onna une
partie de la nuit. )lal nré toute~ no . démarchr11, nou · ne pilmes ras. embler qu'une ,ingL1i11c Je membres. Le principaux étaicul
Bri. ul. Yer'miaud, r.cn onné, Guadet. Duzol.
La di,cu :;ion 'engageaiL, cl on pa.rai~~aït
inclin ·r pour. e r('ndre à I\Leml.,lé ·.
~ous élion rn mèmc temp. _i comaincus
tJllC le péril était imminent, qn no11:, choiimc tleUJ. d' nlrc nou · pour rédiger une
déclnraLion au peuple îrançai , 1!,po itive de
no, prinrip • . 11ui mit aolre m :moire à couvert, édairàl la nalion ur le malheur 11ui
la menaçaient, el récuauffut en elle l'amom·
ac-ré de la lihatil.
Au momcnl mème où le · c-0mmis,airc,
'occupaient de celle rédaclion, le hère d1:
flaLaul ainl-Éli ·nn entra L nous dit avec
l'acrcnt d'un homm · hors de lni : &lt;&lt; Il n\ a
plu - Je Con,·cntion on fait irrup1iou dan; la
sall11 , on 'emparn des députés . .'Ju,c r1ui
peul! aU\'e 1111i peut! 11
.'ou n' ·iun,, · que le tlllDp · dti non , dire :
Clmrf'hlla ' \"Île Je rclrnir •· , •I dtnl'Un d • nous
c retira. J'étai tmc Gnad •l; nou nous ache•
min~me v r? uni: barr1~re r111i crmduit à la
mai.~on de .... ,\ous tou1·hions à celle ~arri~r ,
lorsque nous rime rime ion que la ,en Linclle
pouvait nous rccoonaitro I nou arrêt r.
1 'otL co up,l n11:. .bru IJUrunenl Jau · un rue
Ùl' lraver ·c, el nou march;imc eu nitc ow
sarnir 011 nous allions. i\ou , fim c. beaucoup
l. Chc1. 1foillau pr~lilll1fowc111.

de cliemin: le Lruit du tambour retentis~ail
à no oreill Je tou · c11té , et nous ne fai ion.
pa. un pas an la crainte d'être yrri ·. Apri:&gt;,
bien des tour· et de dNour , nou~ 11ardnmrà un• barrit~rc ~ ez isolée où nou n'apuccvions pas de ,~rdes. lais comme nous l'ahordioo , nou ,üne un \'oilurier b. qui on demanJ11il l'exhihiûon de on p se-port. IJ lçu
de no eule c péraoec. , ne acbaot de quel
côt,I tourner nos pa , n'osanl entrer dans
aucune m~i. 011, oou erron encore dan d •
rne éc.,rt(-es · nous arrima dan le· champ .
1100 apercevons un sui •le assez élevé, non
nou jelOns Jedan., nou · nou. y couchon - à
plaL \CDlrc, el nou - nou meUom; à rai r,nner
.m· notre po ilion.
U élait alor deux henr - Pl demie: de
mai 011. donnai~t ur c champ,-, quelque.!
per:.;onnes se promen3iPnl lor ·1rue nous élions
entrés dan le ,ci le, de sorlt1 tptc nou étion ·
dan ' la crudlc inr.ertilud, de sa,·oir -i oui ou
non nous a,·ion~ él: aperi·u·.
,\ p •ine une heure s\'.1ai1-elle ê,·.ouléc que
11011 · wlle11&lt;l1mc · qucl1111e
p r. onnc~ rôdrr
m1lour du ·ci::11'; oou ne doutànw,· pa: alor
que nou. !!Lions décou \·cris: no11. sor11111es
ou pt tolet · de no poche •t nous r.om·inmi.:s
d • oou - ùrti let fa cer1 ·lit'.
Les JlC'r·onnc 'éloigni•rr?11l I non rll ·pidmes. 'olre Càlme ne Fut pns de longue
durt:C . ll'autre." per nne. urvinr nl, cl Il la
quantité de. gens qui p:i èrcnl suce ,,irC'-menl autour du .ei .. le, nous juge:lme Farilcmenl 11ue ! champ~ où non· étions ser,·nicnt
de 11romè.lladc. C'élailjuslcment un dim311..J1c,
nou
nlendion: très di ûnclcmcnt tuul le
monde, les îcmme , lé · cmfanl, 1p1i jonaicul.
Le .eigle était trc.s l'lroil, nous u'éliou. pn
cnionc~ Ju plu, de dix pieds. et pas un moL
de ce IJUi se disail ne ,,ous rrhap11rut. Cc que
nou: re&lt;loulions le plu ·. c'était r1ue qudque
· üco ne nou sr.lllÎL, ne \Ïnl à oou el ne a
miL:t aboyer. 1\ous ft'inll' pcndanl epl heure'
d'borloie &lt;lan - celle affreuse po ilion, sans
boire ni man"er, u'o.:anl parler, nrlicul:ml
quelqu mot · ù'unc 1·oix 1Loum:e Lrc pir, nl
à pci11e.
Parmi Lou l . propo 11ue nous •nlenJlm •
il n L un 11ui rue liL ano trop forle impre ion pour que je le passe sou· ilencc. ne
lemme, dan:, un IBll"ase gros ièremml éucrgiqn : a Je r11udrai- hi ·n a,oir le. porlefcuill •.
de f\oland, de Bri ot cl de Pétion . " Elli: ne
crorail pa - a snrémenl que j'élai ' aussi prrs
d'elle; mai. moi je n'él.31 p.- nus"i ù1·
11u'elle ne connais ail pa notre relraitc.
~ur lrs neuf heuro, 1101.IB commcnç.:uncs à
aroir moin, dïnquiéludc cl à cum:eroir Jc·s
cspêrance. ; la. nuit 'approchait, il toml,:ii l
qneh1ue· gnulles d'éau , ül nou désîrion 11u'il
en lomb,H Ucn &lt;lavant11ge, au risque d'èlrc.
traver é , afin que le tcmp filt Lien omLr .
'otre projet était de franchir le murs, de
faire en uile r1uelqucs lieues ù travers champs
cl d'attendre le point du jour Jnns un blé ou
Jnn un ei 1 .
Lo Lruil &lt;le tambour · retenti --ail an interruption, t nou f'lltr ndtmc~ de~ cri s d
joie qui nous perçai nl l'~1mc. l'endant Jeux

b,•ures de 'Uite, œ refrain guerrier jadi~ ·i
beau, qui ritieillait dan 1 , cœur~ de. coliments i lier· : (}11'1111 .~&lt;111g Î//lpu,· ribteul't
llôl 1llom, nou faisait ver er de~ larrn!.'s
bien , rot•re! . \h I no malheurcu ami. ;or1t
égor"~ , nou disions-nous. Qae notre inccrlilude était d :sespëranlc 1 que nos coojccturc ·
étaient ·ombr . !
., ur les dix heure. el demie uous nou:
levilm , nou ·ortime &lt;lu eigle, non. tra•
\·er,,lmo Je champ., nou pa · àmes pard' ~u~ de. décombres, nous tenant par l:1
mnin. A.u milieu du calme de la rmil, nous
cnte11dion à chaqu in taut J · ,enlin •li•
crier : Qui l'll'e! lfai • C(' cri · ne _'aJre aient pa à nou,. Nou arrhànll' enfin :m
pied de la ruurnille.
\ow; avion. projetJ de nou. foirt.&gt; cc qu'un
appdlP rnlgain•111ent la courlc 11"11ell •. En uilc
le prl'mit-r 1p1i aurait l:lé monté sur le 1uur
devait délair on h:tl1il el le tendre àl'aulrc•,
afin de le .oule" •r. l,!Ul•l fui nolr,• J ·.espoir,
lon1uc. con 1J 1ranl ce mur, nous ,·itne.,
l'impu~ ibilitê&lt;IP lefram:hfr, allcndusn °rande
êlùrntion. \'ou, a,·iun dcu cannes; uon
e, J} ~ me· d le enfonl'er clan~ le mur, pour
voir si, en les plaç.,nt crraduelhmwnt J'échclon en é be.Ion, nou ' pourr:om p:incnir
ju 1ru·en haut. \l.iis la nrm: cur, la ùnrelé Je·
pierres et le pt&gt;n dïJJten:ùle. 1p1'il y nntil
entre eUcs, rendit encore ce mo ·en imprnlitablc.
" us voilà donc réùuils n retourner dans
le. champs. pour pa. _cr le rt'~I • de 1a nuit,
ne s.'.ltbanl ce 11ue nou deviendrions. le lc11d1,'mnm.

·xou ne retrouv: mr plu· t, même chemin . .\près a,;oir renconlré des fo ·és dan·
1t-~1p1cb nou~ lomb1lml'~, franchi d hai · ·,
n u: nrriv,1me à un aulre i!!le, oi1 11uu,
nou. 1uimts en allendant le r'ctil jour. Je
a 'ai pa · br o,in df' dire 11uc nou: oc prime&gt;~
aucun repos. _·uns romplâmes toute~ le·
heure . Lor 11ue trois heur s cl Je111ie
fr.,ppèrl!nt, nous nou. rnim~ en marcb dan
le de cin d'arri,cr d",1Lord à ccll l,3rriùre
isolé où nous a,·ions \U Ill veille un voiturier
pré~enlcr on pas e-rorl. (ous a,ionc dnm
l'iJJc qu nou paurriou pas ·cr !1 coté de
celte barrière. , ·ou aüon rt•m:1rqué uuc
partie du ruur qui n'amil pa été achevée
ou ttui était tornhée.
, • u n étions ;, 11cu Je distnncû, lor-i1uc
nou 1·[mt cinq ou ~ix hommes cfeboul daus
le chemin. B \·iure11l ru1~me ver · nou,, d
nous I rù mes que notre Jémarch • leur 'lait
u 'llccte, qu'il venaient lt notre uitC', cl nuu ·
re\·inm • - ' llr nos pa..
1111 - ,-om1, .in now en dout r, cnlilês
dan· une rue; nous la ,iirnns tout droit, et
11ou enLron · ain-Ï dnn. Pari , . ans 11u 'il ,ions
fl\l po ·ible de rdourner en arrière. 1 ow
prenons la résolution de nous rendre dan, 1
fanb{mrg 'aint-fürecau, chez un de wcs
parents 11ui ~ c I é11ici •r.
\rrin!s .·ur le bo11lcvard 11ui conduit à la
port ,~ain1-.\111oinc, uou ·ommes incertain
, i nou~ r3sserons p~r lt•s rue· ou ..:i nou uinon: celle promenade : uou ·1ùmo~. 11
1•

'---------------- --- ------- -~----pouvait être alor · qualre heure~, cl cette
hrure él: il . uspccle. ou renconlron un
forl pÎ•llll'l Je cavnl rie qui nou · luîs:-e passer,
·ous faisons pin. d'un l'JUML de lieue ,ans
•1111, prr ·onn~ nous di "un mol. ·otre ~cnrité nurrmcntai t srnsi hlernc11f, 1•t cil' ,:1ail
d,•,•p1111c 1cllc, r1uu onu n'avion· plus de
doute qat nnu arrin•rion. !1 notre J • linalion.
fl1•rnnt I corps de garde dr 1~ barrièr1• du
T rupfo, nou. -ommc, reconnus par un
homme 1p1i a\'crtil la ,rntiul'lle. '-ton. enlendon~ (lir1• lrès distinctement: 11 c'csL Pélion,
c· 1 Gnaucl. » •'ous .en Ume. bien riue nou."
allion: 1ltr,· sui~i . 'iou hlàmi: , ~an: ct&gt;f•Rdanl prél'ipitcr noire pas, ~;111~ nous tléfourucr pour r "arder; mais au boui tl'nn
instant, des ru ilicr. nous aLordcrenl cl nou
dcrnamlt:r,•nt si nous n'étion pa · le~ cilo ·en
1:undet el Pétion. ' ous rtipoudimc a ec
1':1 •. urnn~e 11ui nou~ conwnail: nous dime
11ue oui. Le, fu.ilil'rs nou direol J · le
~uh•re · nous Ill.li accompn«nàme au corps. du
prdc.
\ou in-n11rion alor loul cc 11ni ,'était
p;t~~é la \Cille, si nn~ cullègl11! a,•aienL,h~ ou
non ma . acre,·, cl .i le mème sort non attcnJai1 .
Cu ru1 moi qni :idre . ai la parole à l'olllcicr . .1 lui montrai ma carlc de député, je
lui di~ mon nom, et je lui dewandai 'il
arnit ordre d'arr~tcr les d :puté · en ef-néra.1
ou nous en particnlier.
Je \'Ï ou Lrouhlc, on t•mharra ·. ,lercmarqnai Ir~ di~Linclcmcnt que le omenir de
mon anci •n pouvoii tian. la place de maire
lui en imposait encore. Il me répondit avec
polite. ·c cl limidilo que non, qu'il n'a mi~
point reçu celle con.ignc. 11 [11 œ ca., lm
répliquni-,ie, non· a.lloo continue~ noir·
mardi , cl nous rendre ilan la m:u~on où
now; nou proposi-00 d'aller. »
Ancnn des "ardes rrui étaicnl prêl enL·
n'éleva ln 1·oix. ous prim cnn••é d'eux, cl
11011 ,·oilà de non\cau or I • boui ,·arù.
\ous mJU, ftllicilions déjà d'a,oir é happé à
ce daorrer, lors1p1e 0011, :iperçt'lmes, en
d 11011rnau1 une ru&lt;', 1p1e no11 L1lioo · ui-

Lance derrière .. 'ou pûmes nou dire à voix
ha. se rpte nou ne p:irlerion point de l't&gt;ndroit
oi1 nou avions pas~,1 la nuit, 1•ummenL nou,
l'nion~ pa sée; que nou •. po erion . 1•nlenwnt qn, nous rentrions Jan~ P.iris ;m lieu
d'c11 sorlir, l'l 1111r. notre inlcnlion elail 11'nlll'r
(la.n la mai,on d'un ami.
J'entre Jonc cornm,· un pr :,•cnu dan. celle
moi ·on oi, 1a11l &lt;l foi:; j'tit..,i · monté aux
:1ccl:i11111tion_ ùu peupll!. Je ne ~. i · pou,rquoi
r,•11C111!;t11 l œ eootrn:te Gt !'l'll ilïmpn,,~ion
.ur moi.
:\ou nmm · introJuit=.- . ur le cinq heure.
Jan. la ~aile app lé11 autrefoi. la ,:illc de la
l\ein ·. L'ê1ni1 la où I • comil ! r:rnlutiounaire
L•nait . f' , ·éance ·.
Je ne croi~ pas 11u'il soit possible do 1·oir
nu spectacle plu hiJ1,•ux et pins Jé(:oùtant.
L memhr, Je cc cornit11 d'in,1ui ilion
ronfia.ient, le. un 'Len&lt;lu nr h banc~. les
autre~ le coud . appuyés ur b t:ible: le
un. éL3ient nu-pieds, les a.ulres a,·aienL leur
. onliers en pantoufle · : pre ·r1ue ton· mal
vêtu , m31propre , tonl deliontonnés, le~ chc-,eux h1'ri~,..:s, de! fi_gurc.- affre11~1'.• Je pî·lolct, à l •ur ccioh1tcs. dr. sabre. l'i de.
écharpe· en liandoulièrc. Iles boutPillcs
(.Laient jelé • çl cl 1~ de.- more aux de pain,
des débri de Yiandr, cles o. joncll' ieul l
plnncbcr: l'odeur était in( 'Cie. C'ill:iit là
qu'on rendait la ju ·tkc, ou, pour ruie1a dire,
qu'on foultùt aux pi..:ds (OULC-' la~ id~c Je
morale et d'humanité.
Le président, d'un pelit ton trè pl in de
suffLance, nom, parle du d,:cr,•l rendu dan·
la journ :e d'tùer. le fait apport.er pour nou ·
eu donner l clure.
Nous déelaràioe., ce qui était la \l;rilé,
que non, n':i,·ion, nncune con11a6·anlc de cc
dt:Crct. (, ~ eircon~lnnc s qui arnienl contraint
de le rtndre nou étaient é,,.alemenl incounuc:.

îL'.

C'iitaiL un canonnier qui. mfronlenl de ce
qu'on nou~ avail rdâché , avnit ameuté ~e
c;imarml, cl Je · a\'nÎI por11:s /t ('elledém:irch
, OU$ ouunes donc aliorJtl... pnr huit ou &lt;li,
fu.ilicrs, qui, tout rn nous fai anl de.'
ex,·n c d nous arrèler, nou · di •nl (]U 'il
font 11uc mm nuu e pliquioos, soit d •100I
h· comit : de ln section, oil :1 la municipalilé,
11u'il e. t urprennnl que nou oyon dau ~ ·
ru •s &lt;l',m,,i 1,onn, heure, 1p1'ils croknl lneo
411e non~ uc cberchon: pn. à uir, mai
qu'enfin leur 1lcvoir le. ohlige à c •Lle urveil1ance: , La municipalité t à J 'U pa ,
:ijoutt-nl-il ; ain.i, itoyen.s, . i nm vonl ·,,
uom, ,·on l' accompa ,neron . i&gt;
Ce .(i 1•ou · 10 1li1' .. étaiL un Yérilahle ordre,
au11uel nou défér;îm de lr~ lionne gr-lce.
Nous mard1ous Jo1Jc,er la mai. on communej
les fu,il11•1" al'aic11l eu l'é arJ de nou lais er
t•n a,:ml, et de . r tenir 1t 11110 cerl:unc di,;1

1

1'ou crùme~. aprè l' ~pècc dïuterro1Ta1oire 1o'on nous avaiL fail uhir, qu · I • huil
di1 uandits qm composa.ienl alors C&lt;&gt;l ,:tra.nge
tribun,,l :i.ll,ï.icnt prononcè1' d nous faire
conduire dan n domicik,, pour l' dPm1•u-

a

L' E XODE Dl!S G ffl,01'W11YS -

- -.

rer en él3t d'arrestation . lis prétendirrnl
,1u'ils n'étilicnt pa a" cz nombrcu pour
j11g •r, qu'il allendaicnl plusieurs d1! lenr:,
coll~"'ues, cl partirulirremcol lt• rorure.
Parhl', ,•n 11ffet, arriva. Au~ 1hil riu'il nou
rit. il prit un :tir !tien ompo~,\, il afT,•cl dè
parnitrc e~trêmem nl f:\ch ' de ce 1p1i Mus
,:1ai L arrin\ cl il était sur Jt, - point du IIQLI'
faire Je excu. es.
;\ou· re1·ùmes 3s et rroidl'mrnt t,1111 ce
paLelinaae. -Ou nou. pria 1h· pu ·.er ù:in~ la
salle voi:ine pour ) !tendre ). drc•i. inn, el
nu bout d'w1e heure 011 \·inl 11011: av rlir •rur
non. allions èLrn rer,0nduit. ·ltarun r.b z nous.
Le procur1mr de la comwun mil de. forme. polies à l'cxt;,.urion de ct•I arrêt: il nou~
fil 11asser pnr p)ui;ieur · détour, ponr ne pa,èln• expos,1~ :t.llt re•rard· corieu &lt;lu pnhlir.
D•111 rnitur"~ non: nllendaiclll. Guadet monh!
dnns l'une, aecompag11 1d'un jn"e de 11aix. Je
mont3i dan. l'autre éœalemc11l ace-0mpagné.
Le: deu~ ardes qu'on a\"llil 1lo11né, à d1,1run
de nou
rendir ni . épar lment dam no~
domiciles.
I.e ju...d de paix 11uî m'accompa!mait l1lail
trh li3\·,irrl el ne di~11it pa. 110 mol dt' lrançai .. li 111c routa qu'il n, ait ét,: !;1illcur dt:
pÎl·rre a,,rnt d'èlr • jurre de paix, mni.· que
son patrinli~me l'a nit porté b. celtr pla . Je
ne lui rt:pondi, pa~ un mol, el il contn 11111jmw.
Eu!in j'arrÎ\'31 chez moi el j'eus le plaisir
d'cmbt·as. cr ma femme, r1ui, nw cri1 ·ant
éclinppr, ful saisie de douleur en me vnyant
cl ~cr:c-a quelques larme .. fo IÎ' ~t'lllLl:1111 d •
ne pas m'en aperl' •,oir il ·vant r• 1,:moin
incommndc, el je p,1rlai anir. calme, ce qui
me parul la lra.m1uillis~r.
\Ion t1illcur di.: pierres \Oulul drc~~ •r un
pclil procè-·-Ycrll:11 p11ur me tonficr à la
•JrJe des dr.ux g nùarimi ; il 11e ~ul comment
. . prendre.
lui ùictai, Pl il pons a ma
patienrll i1 l.loul par la lenlc11r incropLlc
nvec laq11cl1(' il ~crivail.
Les dcu~ S'CJ&gt;di1rmcs qu'on m';1mit donnlt:
~taienL dt: Lra,·c ' en 11ui parai. ~ait•nl \1'3im nl fou hé· Je ma pu ·ition. Il de$C ·ndirenL
clans l'apparteror.nl du b:t r.l me lai: ,~rcn t
$eul aycc m~ femme .
En cherehant a1ec attention lou:.; lx~ lieux
de retrait • ,ie n' n lrou,,ai riu'un as.c1. ·ùr,
le 11rcni~r. Un nunlle dan r.ct endmit en
:r,ull~,·aut une Lrap11e. Une toi· cnlr 1• la
Lrapp c ba.i se, rlle peul 'ass11jcllir Pnsu.itc
Je manit•rc f(ll 'il ·oil impos.ilile de l'ouvrir,
i cc n'e Len enfonçant touL rl en Lri. anl 1('
plancher. Je m'introduis par cell Lrar•p .
j'examine bien fo manièro de me Lenir en
pl3ce, j' · porlll 11uclque.s l.louteilles Je 1in,
du pain. J\ porte au .i une •'spio olr, deux
pistolets, un abrc afin de me Jéfendr • u1
ca d'alLaque. J'ajuste ensuit,· de morceau
de Loi an pla.ndir.r, po aol à une drs extrémité sur la trappe t à l'au lre c1lr 1mité aux
pannes du comble. Je vois tiuc ce p •lil fort
' l tenaLlc. L'attitude que je dt!\aÎ · avoir
1\tait un peu gènante. attendu riuc je ne pouvais pa tenir debout ni même a is au. me

J;

C,lllrLer.

�Jf1STOR..1A
l'l d ll('r ·frulrur . , ·ou Ji11oll'; 011 de11m11
l n nulrr nva111ag1• de c:c lor·1l, 1:'e ·t 11u'unc pcr~onn' 111111,·ai1•11I m • 1·l•conua1lrr. d:m, l
ordre d l,i111 faire 1hn,·r I garde, t urlout
trajcl,
t1t:ndu
tJU'
1
,
lace
~laient
11
i,,•J,.,.
lucarni du :;r nier donnait -nr une millier ,
J':ippuiai. Lirn ma Me dan- lt' fond d • la Je ne p:t lui épar"ner le ,·in.
,pw r •lit&gt; "oulli' r :ibnuli ~nit à b ·hamhr
On aurait dil 11ue la cni ini'•r&gt; était dan la
·oit ure, je rl'rmai · d ltmps en t ·mp le
ile la Jomt,.1i,p11• du ,oi,in. rl 11ue j · pou\ai.
ronlidcnce, t.1111 elle avait . oin du garde, l,mL
·eu.,
comme
un
liomroe
qui
dort,
·t
j'n1·par c lie i,,uc Jc:r nt.1re dan_ a mai,nn.
die lui ,er~ • boin•. et t:lnl ellt lui 1l d,·
Je pr:\'ÎD• rdl dome tique, qui •ut l'ntl'.OOl ~ paur filer Je lcmp • Parroi ' e Lon
lt-nlinn 1J.: tenir -.a f,•11 1tr ouverte. J' .~pérai:
Pros i •n témoirrnail d l'impatieuœ, d ·man, ln fo ·1.·ur de 1 nuil p. ~s r ain. î dans la
dail -j j". liai Lientdl venir. 1,a réporr e ét. il
mni~on I rruJ '• par M. 11::iimond, du jardin
J,. \'Cr. er à boire et de parler d'autre rho~c.
de• rt•lle mabon me rr.ndrc d:rn I jur1li11 db
Je croi 'JUe le Prn fon conçut de inquiéTuilerh· · en franchi anl un p· li :ide, ~auLuùes qi1 nJ il Yil . l'pl, huit ln·urc. du ,oir
tt&gt;r n. uilc par-«h· 11 le mur Je la terra.
arril·er.
11ui horde la ri~ièn'. 'l "agn 'r la rltf d •
J' avai. c •rtninemcnt plu. d'impatience 11uc
l'h:tmp·.
lui,
m i · ·":tait ù \oir 1. nuit arriH·r.
J·a, ais ain. i odoun,1 1 plan dt! mnn Mp:irt,
Enfin neuf heure. onnc\r nt. fin ru'ov:1il nrrl mon q1riL él:1it tram1uille. En ) r :11écbi. porl : le lioll , l'b liit. la pt"rruqu• donl j'. i
s. 111 davantanc, Je.~ uhslade.'
pré, ntèr •nt
1arll1, je 1~ mi l me di pos3i à sortir. li
t·n foui·. Le 1110) •n de 1)(•11 cr 1111c d1• loutr. la
\Ïnl au ruoin vin •l de me~ coll'-!rue. dru
jnurm' • ma r1•lraitc erail inconnue! Il• plu. ,
~lnLU\er, où ils 'étaient Jonmi rendez-vous,
111a nui on et œll du ,·oi in ét, i nl si farilcs
non p3: datiwm 111 11 moi, el il me vir •11l
. cerner, «Jl1'il m'était impo.silile d'~chapp r
dan. ce lra,·c. li . emenl. Je pri, con é d'eu •
aux r1 ,.,arJ d · :t·nli11clle•~. En me . uppo, nt
je I emlira .ai, tje dc,crndi !'1!31.:.alier 3\l'C
mJme dans li jarJiu d • Tuil1•ri · , d'autres
, l:irn)'l'r, an. 1•lr aperçu Je mon ~3rd&lt;'.
llRtSSOI.
Ar~us oh, rn1icnl me p:i ..
l\ou: oou. rendîmr5 à pied cbe.: k maro.,ra1111rt e Cmu Ttr:i', d'~ftrés I O!Ql'BT (1,9:),
« \lion • me di:-jP, il r ul renoncer à
h:111dc:· lin .. ~·r . Je me r.ipp ·ll que dan la
cell· id: l'l .ortir &lt;l• ma mai.on, ou dan·
ru a1nle-.\nne, "', e f Ucnt patriot• 'lui
um: bcnre je •rai infaillil1lc111cnl liloqué. »
ri\'ai à la mai 011 J(\ l:tzu~l•r , an. au nne Vtnail m rnir Ir-.· ou,cnl, qui le malin
\h f('ntllU.', p, ndanl ce 'lemp , élail Jau· d •
rn1·mc mr prc, ~Ide m'en aller, nou. aborda.
rra ï?Urs mortcllrs: c'c.: l même la ,; •ul foi, nulencontr'.
tira \l:11:u~cr par h1 bra l lui dit : il Eh
1tail d'un a ~cz lion auC,~
commenr:
·menl
t1t1 je l'ai• 111c ne pl, conserwr la l~lt!.
l,icn, 11i1 t·· l Pélion? t&gt;L-il en ùret11 '! D
\ln rni Îllt'. un,• exc. 11 •ok femm •, unr •!lire, m~i JI! ne co11n:li,&lt;.1i: null •mcnl l'appar- l'end,inl
temp je tirai» M zu~cr tl3r le
fcmmll J'u1w .im• ~,trÎ:IDl'ffiClll rn_ililt•, h:mwt dl.' ,r:1.111s r..IÏ"nor:ti . 'il l:lail 1·om- lir, s I our h:ilrr a 111ard1e, cl •· • ne nie re1U0tle
p11ur
e\.chappl'r
à
1
:urn·illance
de
mon
hoinr nmi , une fp1um à ,p,i j' i lanl d'uhliconnut pa•. J,• p ~.ni à tra r. dl', "îOllt•~.
g:11ion~. était pr'·cnlè· d!L• appronrn que je !!arJ . Jo fois Jemand •r ii Yazn cr c. 1 chez lui, c111i ne mu rce11nnurrnl p:i drl\'nnlan '· li était
·orLi:-. an perdr,· nnc 111inul11 · l'avaucc, la p(lrlièrc r«'pond 1111 n 11. Ju r1•prenJ .1Îl'(!- tard à la ,érilt', 111:ii, il fai,:iit un tr'&gt; l,e.iu
•llt• 111'a1a.il och ·Lé un• r, din .. ut' de g rdt• 111ent : « C'e,t {, .1, il ,·irudr:i ,an. doul, dair Je lune.
dil'l'r », - et :in. :1Ucndre h rt:porn-c. je.
mtio11il, J , OOIIC!'. u11 1wrruqu j:u:ohilc
oa :irrh:lm•• à la port' de I' lié-, Je
monh•
. . l-1n • rd we rnil : 11011 -omme, à la
:itin dl\ me di-·•uh r lor~r1ue la cirlllll 1:u1c,·
ma1bmc
'", lingère. 1 ou~ montoo l'e.c:iliPr
porle de l:i cbamLrr, 11ui él:til :m Iroi ième.
d,•1-i nJrail [a1orabl • el 1'1· Î" 'rnil.
:-an rien dire.
1poncl. ~c ,·oular,l pa. r1:t.lt1sI'
r~ou11e
ne
r
Elle rne donn~ l'nJrc,~e dt: ···, •1ui IraLa. .11•11r de m:iJ3mo (,ou: ·:ird 1 ,e troma
\'aillail ch L une li11~i·t • rne Croix-Je. -P lil~- ccndr •, je monte à l'ol;1ge plu~ haut, je
ur
no 1ia 1•t nou c-onduisit dan: ,a cham:ounc, une Joml: ti,1ue m'ouui;. Je d manJc
1.h:imp~. "Ji. je 11 • pomai: m~ r ·rnlrc Jan
hr('.
J'e111liras l' )l.,zuier, j 'lui r :commande de
i lon,ieur ou lfaJ3m •) est, c3r j1• n a1ni~
n•l a ile 11uc J,: nuit: il (allait 11ur1oir n~
n • dire à pt'r~onne le li1:n de ma relr:iilt•, et
pa:
h-ur
uont:
ou
m'iulroduil,
je;,
htP une
dëlai au m•Jmcnl arluel cl rc ter 11:111 une
j';ippnmd~ le lend~·main, p;ir d~s cris, qu'on
:111Lr~ mai.on 1111e la mi, nnc p,•oJaul I • jour. dame 11u • je tcco11n:1i d,~ ft·•ure, qui me rc- a eu l'indi •nité Je. m lire Iain ·1•r en :tal
J • ril.·oln Ju m1\ rcndr1• ur-le-cl1.1mp dtN rnnnttîl d • 011·.ne; je loi dèm:inJe i li, zul r d'arre l:tlion pour av11ir rendu un : nie
~l~zu1°r 1, un de nos colle"'°'' , d1·meuranl re,icnJra. Uh· me dit '1'1c oni. jP lui de- 11u'on ne r&lt;.fu_crail p:i: à un crirniud, cl
ru :Üul-llou r~. ~I Dll arJ :1ail un rru. - m:in,lc nsuite la pcrmi ion Ùll l'allenJrl! lor. ,pie ru 1 mc les LandiL-. 11ui pronon~ai1•nt
irn. l,011 homme, mai: Lr~ - . tricl dan ;M cbt•l etlr.. Elle me répuoJ: • \,·cc "rnnd pl::ii- celle condarunalion n'a,aicnl t'l ne pou\aienl
srr\'Îee. 'ollé per oune n'enlrait t:l ne ·ortail ·ir. 1) Ju foi :t coir mon rr:irJ Jan' r nli- :i,·oir ucun connaissan t: Je
11u1• ~JaZll}l'r
f!U'il ne ,e pr'•senlàl pom ,·uir 1111i elle élail, lhamhrr, je lui di qu'il Jin •ra id. il ne pa- arnil îait pour moi. Toul ce 11u'il _a1·aicnl,
rai-,
il
pas
~\·n
oucicr
beaucoup:
il
n'u.
·
L pc1rl t;,it un po-.tc 11u'il ne 11uiltail pa,,
pa, C(•penJmt m r~pondrc non. J r•\'i ·n · à c't&gt; t qu' j ·a,ai~ ét • din r l:ht't. lui, el rien 11,
l'l il rallail l'4!pend:i11l 1111c je pa. ~a, ,C par
Ira J:iuw, 1111i me ùit 1rès ohli t ammeul : lui fai"a.il la loi ùc me rt·ÎU er ce diner. Mai.
· lle porlt&gt;.
·n, uil fazuy •r n'ét:iil pas char é d,: m;
lleurcu ·ment mon !'ru si1·n avait ,u Je • Mazu3·er dioc:r nœ nous, ,ou. y d1ntrez.
nardc, l je n'ayai pa à lui rendre comple,
M
Jarne,
lui
dis-je,
jt:
,ous
l'aurai
dcm •s rnllè_
1·1nir ch, 7 moi wc leur a,J,.
ni loi ;1 rendre compl • dt• ma conduite. ll,·11(:un.del ) a,ail mèm • 1li111.1• Je lni di qm• m~nd,:. Je uc ,ou dis imull'r:ti 11n ce tjlli
rtiu_t?ment, il échappa à ll•Ur · arilîe , 1 je
(all i · ,:.,a.lem ·ni Jiner 1.bi::i uu J • m,; ('lll- m'amène. •
fo lui fi. r~rl d, 01011 de sein. li ~ l im- n'en~ pa la Joui m de mir , digne roll "lie
lègu,,,, 1•l 11u je 11• priai Je m':iccompagnrr.
po;
iùlè J • /~ pr ndrc de meilleur gràce ,ictirue. du zt.le quïl m·~,ait témoim ·.
J • 111• l11i lai. -.ai pa. le h•mpr d · la n:\'ne autr• dcmois.eJle ùa.Lil:iit celle rhamlll! it111 · mon dom1•.-.1iquc rut d1 ·n·bcr un fü\- qu'elle ne), fit, et de. me tl•moi;;nc&gt;r un lir •· Il } :mil den lit :;an. rideau , d u
trc, !,1 Jlm ,i ·n 11ril on chap 'au, . on a.lm-. inlérl'l plu. u:ii. 'on mari nrriw ; je lui pctib c.1hi1wl tr:\: ol&gt;scur · scnant d.- "ardt•mit :; s .oulier~. r t nou mont.hue~ eu ,·oi- rapporte comme quoi j'ét.a' ,urti :ive mon robe, une croi t:C donu, ul ·ur la ru~, une
L11rl'. ùnl ·r 1,nnc•· p 11,ail'III me voir, ceoL gnrde, cl je lui cxprim tombicn je dé ire petite rlieminée el deu ou lroi rb:ii:r~.
é happer à a ur ·cill:mce. li me fiûL mill •
1. 113111 r1 lait ,!, 1"11t'· ,l'r,ute•d•l.oir i, la t'.on1. . hi! m1• 1:uu,,nrd ëln1t li lc-mmc ,lu ,hrt•d,•ur
nmilié,, me fait sentir qu'il att.,cll' le pin
,r111Ïu11, 1 .l/111111111,/1 11nfirmctl ,le 1i!J;:i I,• foit t,11,j.
,1,• 11 CowvtRl,ilité 11,men-Îllle, l',rnîc ,l 111n,l11111• l'i·rand
prix
.
~
1
m'obliger
.
.\l:izu1er
arrhc,
dt!ul
h:r, a l:i l,n clt li!r!, •1uai J, l'l.tnl 1;,, Il ful Jr....
ltoD. ,I,• m;1,h111e lnuHt, ch 111"!.111,· 110111111, •111î eu
n• l: 1l'11rcu,111io11 lo• ;-, 1K·lol,r,· lï\!•. w1.,la1m, à auorl
autre per onnes 1ienncnl, lou gen fidl'lt· - 1•arlc II plmicur, rrp1i•1•. clc,n, ~.- ,Il, ,,,,,;n 11 ,fo,·!1•nr 11• lnl unnl r:O,vluti• mrnu,•. , 1 ,,,: ruh~ t,, ~~ ,r11,. ldlrt. à li1uot,
à la l,onne ca.u · cnn mi. de pcr,;,:c111ion
1, • n l l.
0

1

1

�1!1S T0'/{1.Jl
insi m voilà ,cul dan_ une chambre avec
deux jcnnt! pt r onnes d'une ph..-ionomie
inLfres anle, m'hahillant, mu couchnnl dernnt
cl 111 ; elle. , s'habillnnl, ~è conchaol devant
moi.
J'éprou,·(li, je l'nvoue, w · cmliarr:h de
d :ceucc, 1p1c san doulc ctl q éprou,èi·rnl
rm·ore plu que moi. liais il étai! Facile de
,·oir couihien l'action g~n,1rcuse •pt'rllcs Iai:aii•nl ~loi:,iniL de 1•ur.s :ime . ces idée, qui
auraient ru I,·_ tr,, 1hkr. [llt', 11e firent m,tme
:Ilienne de cc~ rt:llc~ioru qui foot rem r 1uer
ln i!elil·ntr·:-$ • de la ·ircon. laure. Je n"ai p, l11•~oin d,, dire qou je ne m,· p('rmi aucun de
,·e propos, aurnnl' de res plnisanlrri~, qui
pussent fforoncher la pudeur la plu- .érère.
J'a"oue m,tine 11ue je n'éprouvai aucune de
r~ scruaLion., aucun de ces dé~ir' ·i nalurd •1u'ils ::.onl iO\olonlairc~ dan l'borume
11nc la nature n l'ail véritnbleruenl homme.
Jl' me fu "e fait honte Il moi-mi'mc si j'&lt;'u- e
ét,.: tenté d'aliu~cr 1lt· cette \ou1·han1,.. hospi• talilé. J'élai un frère arec de .œur .
Un ne. ail pa. jusqu'à 11ur.l point la délic:ile- cc t ingénicu 0 e. 1p1cll s rc -ber ·l1r elle
met dan fos plus pelil dl:t:1ih. pour faire
di. par, 11re tout Ct&gt; rjlli peul Lie cr.
J'ai pa-.,é Lroi_ uuils dlllS l"etle d11mhre,
·ans tiuc, j°tin ~ui ~ùr, œs Jcmoi dlL·, t·
smcnL apcrçues ou· moment 011je me levai· et
je m'h,tLilh1is, ·l am, qne je me ·oi operçu
d,· même Je cet in l..'rnl 11u le femm~ décente m tLcnl LanL Jesoi11 à c.1cl1er.
Ces d •moi elle· me montoit•nt à boire el il
man"'cr, et , rnairnl dllJl 1,.. con r. de la joul'née p~•scr 11ueli1uc, minutes avec moi. Elles
nc pou,·aicnl pas me sacrilicr &lt;le· heure ,
parce 11u'il ne fallait pa · •!Il•) leur absen, · de
la l1outi11ue rheill."it de~ 0U['\'0II ·.
Je pa.-s:1i prtl. 1111r. loul mon lemp ~ur mon
lit nn à lire. Je marchais 4uelt1ucfois pour
prendre dt! l'ext'rcice; mais alor · j'étendais
ma cou,crlUre ur le pianLher, et j~ tuord1ais
nu-pied·, ap1mp.11l le plus ttlnèremenLpos ibli•,
afin de ne pa fairt• dt! broil.
Plu.i1•nrs fois on vint Irappu à la porte ;
mai· ce: dcruoi elles m'cnforrnaient, prenaient
l:i clef; je uc rJpondai p~;;, cl le prrsonaes
Je cendni,mt.
li avail une porte au 'lll~lrièmc qui m'a
hien ouvcnt ocr3sionoé de~ souhre:;aut~: elle
frappml a,·ec ,iol1·nce, cl je noyai· lrluJunrs
•1u'on m11nLaiL iî 1~ ·hamhre. Jl j avait :m si
1111 pclil chien donl les almiemt:nls cnulinuels
m'impalicolaicnl beaucoup.
J':,i au plu· d'u11l' foi: 1111 • jt• ·crai: urpri dan. ma r •traite. Alur · les pcn él'~ J,
plu :oruhre. 'en1para.ienl Je moi. Je me
familiari ni, il nie lïdée Je me [,ri:,ler fa œrvrlle . .l'ai pfo.cé ecnl fois IDl'S deux phtolels
l'un à ma.tempe. l'aulredansmabouchc, afin
de m·a~~ur~r que je ne me maur1uerai. pas.
,ra résulu.tiou a\ail mfann:ioin. de· ir11·ertilude . ,"il était de momeu\$ où i me cnl.'li~
c.11mLle d'nbaodonner fa ,i(' ans Lalance-r il
eu étail J'aulr où je Ill• entai_ moins de
t'OUfW'C, mais je ue pou\'ai~ pas up porter
l'idée dl' lomLcl' , i1,ml enlrc le. mains de.
~c!!léru lllli me p r•é ·u1aicnl. Cctte idl'C &lt;''l
1

1.'C.XOD'E
c lie trui m'a fait 1 plus oufl'rir. Je ne crainai~ rien tant que d'être ::tisi à l'iropro"i. le
s.rns pouvoir faire u,age do rocs liras. Ce
,upplic1. J., l'ima.,in:ition m'a crui·llement
lourmPnlt:.
Pendant 11ue j"étni· :iin5Î •a caplivît1\, mnJame Gon:-~nrd . e Jonnait Ion. Je:; soiu ima.!i:mLlcs pour me Taire ,ortir ùe Pari . la
femme ne pou""ail fair aucune dt:marchu, cllt.:
;taiL cllc-mL~me r11nfcrm1:e rhei une amie.
LP, memLre. Ù&lt;! la compa!?nic.
:i. ieul l' 'U'- ,1u i •cmployaiL•n l avec le zèle le
rlu: "iintlrt'U.l à r:worLer ma fuît,•. ~!.,dame
t:ou~sard :wail rn plu. ieur entr •,'Ue avec .... ,
l'uu J'ru:c qui aY:tÎI promi: Je m • rendre à
Caen. Il y n,~it d1:_j couduil ···, l'un de mes
coU\gite .
Le jour élait pri~. Je de1ai orlir ~ neuf
h~urc Ju i,oir titi mn cl1aml1re et m,· rendre
l'II voilure à la U.1au~. ée-d'Autin, 011 demeurait · ". Je m"hal1ill:tis cl j'nllendai a,PC
!!l'ilTide impalicll('(' 111adamc Cou .. ard. ·~ur
heures t!L dt·mie. dix heures arrivèrent; elle
ne Yinl point. Jamais momenL ne m'ont paru
pln lon~ . k ni' l,•nai pa, en plaet', ,t mon
·ang liouillnnnait; enfin on ouvre JU(l porte
el j ' me croÎ.!i lihrl.'.
a Je 1Ùli point de 1oilurc, nw diL \lmet,oi:~. ard, rl 1ou" ne poun, pa~ p~rlir. ···
m·a oh,!'rvé qu'il ,erail Ir~ imprudent qu ïl
1·ou, ondnisît nujonrd'hui à 'aint-Cloml,
ruai. on ùe .&lt;on a,,ocié, el Ir 11remier erldroit
Oll il dniL 1·011 dl1po.er, allt'ndu qnè des
Montagnards, ciuc [lroueL eulrt&gt; aulrc&gt; · avai1
pas&lt;é la jour11éc cl devait y coucher. 1
Ce coup fut pour moi celui de la foudre!
fl,~:,,ter ,in •l•qunlre Leure' Ul' plu dan' de
alarme· con11nu•lle~! ' ,·iw•t-qualrehcurcs
furent un -,~de. k re-lai le t•lu longtemps
au lit l(U•-'· ji• pu~ pour ne P"~ rnir 1,: jour, et
f]Uan,I jl!
bai ·s,!r ce jour qui me semblait
,i Ion•• à ~·écouler, je ne puL dire lu c.'llm.e
qui entro Jan m11n rime. .Je nl' suis pas
Jé&lt;·ou,·crl, m disais-je, je. ,aL !tien lût pnr!ir.
)fa,lam!! Gon ard entra. l'n fiacre ~(ail à la
porte •JUi m'allcnùail. ;\ou.- d1••cen,Hr11e- l'escalier. l.':1lléc, contre l'ordiuaire, e Lrom·rlit
oh ·truée, j1• ni!. ai, p:ir qu ·! h3 :ml, de cinq
:, di" pt&gt;t onue . JI! pa_ ai J(ln ce "roupe, fis
q11clq11e· pn dan, la rue el montai 1~n ,oilure
n1·ec 111:111:im Gou~~ard.
~ou· flîme rne de ~lir.ihe.1u. Cbau .. éed',\ntin ••· 111':1tkndai1; il pr1:p;iraiL es
pi:tolc.ts. Il fil upprocber la voiture cl nous
pttrtimc pour aint·Clnud. , fada me {,ou. sard
nous (lt1illaa11 délonr du boule1anl Je la rue
•'ninL-fü111oré.
Je craignai · be.'\tH'onp ,j,, rcneonlrf'r de·
patrouilles on d'être arrèl~. en rnrtanL, à
t[llclt]UC corp de garde. J'avais un pa. se-porl
11cu en règle, et j1( me rappelai dan la voilure
r1u'il o't:lail pn Jaté ilu jour Je la dtl!ilrance.
'iou ~orlimes, an r[HC qui que ·c oil
nous ilil un mol. Cependant il étaiL di~ heures
~onnél•:, •1 non étions iu truil!; (1u'i1 cette
heurr ou arrèlail les ,lliLurcs cl qu'ou
demandait l'exhibition de· ~rte · eivi1111e ·.
Qu1•lle joie j'tiprouvai 11uan&lt;l j'eus franchi
la lmrrière ùc L, Co11fère11ri· ! ,re Yoilà auré i

,·i,

.., 3:20""

me disai -je en moi-même, et jll crorais a~oir
f:lil le plu rlifiicile de tout le vop"e.
... arnil une •c:ci1rité propre à ·outenir la
mienne. Le pas age de aint-Cloml n',1lnil pas
1·epcnùan1 le moins pé.rill1m1, cl j'étai · pclUr
ainl-Cloud ·an aucun pa ·Stc!-porl, allendu que
celui que j'avais ~taiL de cel endroit sou le
nom tlu 1•ito,en llodille ... ile la compaf111ie
de lnrnlî,le.s· r•· idanl 1t .aint- loud, ,•l que
je ne pouvai pas montrer té pa: ·e-port 111 où
Hodille étail ~i parfaitement r onnu.
A uneœrtaine di Lance du pont, uou lime-.
nrrrler la roitnrc; nous JllllllC ried à terre
ri nous dlm '. au cocher de no venir que longLemps aprÏ!, nous. \ou lra\·eulmr.. le ponl
nou, tenant pnr ln hras, chanlonnanl, allant
doucement, comme J.~ h:ibilanl de l'endroil
q11i renln•nt chez eux.
A l'ettrt!lllité du pont qui touche 3U ltourg,
une entinelle nous cria : Qui 11iN1 I , ou
~~poudiwc, : C:iloir.ns I La entinclle nou.
lai~~a pas~r sarL venir ,1 n Lre rencontre.
l•~11core un danger d'é\iLé !
'ou arrivàmes donc dw:t M."·, as.ocié
dl! ·•·. J' litai nllc11J11, et 110 DH' fit hnn
ntcncil. \"ous oomîume , ... 111 moi. Je partir
le lendcma.iu !&gt;Ur les cim1 heures dt1 maûu. •
.le charncai le douie tique de me re\'cillcr.
... qui a,ait une affaire d'intérêt de la
plu gr,mde i mportanee à L·rminer, 11ui Jevait
de jour en jour toucher des fond~ con. idérables,
erendil~Paris 1-J ndant la nui!. Lei nd main,
cinq, i , ept heurh fr:ippent; ... n'arrivant
poi11l, je commence h a\·oir ile l'impatience.
)1. •• · me prépare de· drpt~che 11our ml!
, crçir tfo nouveau li Ires de cn:ance . ur la.
roule.
étaul de Sainl-Cloud, :ivaiL un
passe-port de :ainl .lnml . ou. le nom du citoi·en : ... , il me le donn:1. De sorte q uc
j'avais 1111c multituclè de pièce 11ui favori~ient
mon pnnge. li fall:1il alisolumenl me connaitre de fümre pour on~er h m·arr~tcr. lle~t
irai que c'était le ,ignalcmrolqui m\•mlia.rrassait le plu., pam• 11ue j'étais axtr,''nmmenl
connu. l"n rrrand nombre de personrn• m'avaient 1·11, lor~11ucj'i;1ai moire, et mon porlrnil
c trou\"aÎl pa.rloul, même sur le taLatières.
On me forer tic Mjt&gt;uner; j'~vai r,eu
J'apl'étil; j'étai~ 'Otièremenl ah orbé par
l'idée J.o mon d~11ar1. Ili.\ heure~ .on,wnl, cl
j n'é111i~ pas •nrore parti! ,le di /1 l\J. ":
- J'aime mien m'en aller ~1•111 el 11 pied que
de re,lcr plus lonatemp . •· • nere,·icndra pa .
li me dit qu'il allait foire mettre un licval 11
,on caLriole1, et c1u'un de ,es 1,:en m'acco111pagner(lil. ,!!I hu11une était un ,\kacil,n appelé
X... parai.:- ·nnt lrè dévoué~ m'obliger; mais
je ,i~ qu'il avait pel.ll' de e cornrromellre. li
propo~a 11ualre à cÎntl déf:i.i.tc. dont je ne fo"
pa dupe, et je le pri:li moi-mèm d . ne p:1:v~nir.
... finit par me faire accompagner p:irsou
tlome ti11ue jusqu'à la première po~tc, cc 11ue
j'-acœfllai a\'ec grand plaLir.
Lorsque je pre,sais ain i l'heure de mon
départ, le dome~lique enlru el dit Lou t haul :
«lloidcur, on annonce qu'il va 'Ire fait tout
à l'heure des ,·ULeb domil'iliair&lt;!s à .. ainlCloud, cl qu'on 1·a venir ici. »

,r. ·· ·,

Jr. ne p~ru, pas f,tirc la plu 16gère allcntion à ce propo~, mai~ on 1wul croire comliicn il angmrnla m1111 Împalieuce. Ce qui la
pu11 ·.ail an 1lt·r11it•r 1h•gré, c·c.~t la _lè?le•~r
im•~primahlc :ne· fo,1ucll tout ,e Ja1.B1l; Jl!
n'aijamai. o.ulanl pe ·1é conLro le llegmC' nllcmand . J'apercevais la meilleure envie de m'oLli.
gl'r, mais en même Lcmp;; ]es i.rcns étairol
comme immolnlcs d:rn · le grave, mou, ·•
nu•nts rru 'ib c d,mnnient.
Onze beu ' frappent, cl la "oilnre n'tHnit
pas encore ù n. le chemin. J'é1ai :iux alioi$,
j • ne tenais plu co place. Enr1n 11 onz
h,•ur cl dl'mic elle parut. J'emhras.ai me.
hôle , el je ,autai da.ns la rniture.
Le domestique me condui il le long de
J"rnu, cl nous détournàme devanL le pont de
ainl-Cloud. Mon intention était de pr&lt;-ndre
dr' chenmx à la. premicre po,te, m:iis lorsl(llC nou.s f1)mes à qucli1ue distance de cette
p1)sle, j'apt'rçus beaucoup ùc monde réuni et
je di· au domcslique de pou~sc-r ju qu'à
. aint-Cermain.
Je me u. bon gr11 dt• r.el acte dl? prn&lt;lcnce.
li me seml,l:ùL que la roule éla.il couverte Je
monde, Lanl je dé irai ne pas en rencontrer.
Ce qL1i me donna beaucoup d'inquiétude, ce
fui une voiture cpii depuis la première posle
me suivit ctmslammcnt. Ceux 4ui étaienl dedans o.llon"CilÎen l la l~Lc pour m · regarder.
Tantôt celle voilure dépas~l la mienne, LantiiL elle était derrière. Je cru que j'él3is
suhi.
J'a.ll'ectai d'avoir le yeux fermé , de lnfrr aller ma Lèle au mouvements de l:i voilure, comme un homme qui orumeille. ·fa
pt_·rruqne me cachait une partie du vi age, et
j'a1·ai un l'hapeau rond Lien rahnlla.
forriv:ii à :ainl-Germain. Là le domcs•
IÎJ'\Ue me quilla, et on mit des che\'aux de
po Le 11 la ,·oilnre. ~'w la lenL ur des po. til11111' à nlh•lcr me lrouUaiL! Pendant re lemp·,
de. pn11wes ·:i semblai ni, d curieux regardaient; un col'p de garde litait auprè ,
une trentaine J militaires étaient en groupe
au.tour; on liaUait la t--:ii ~e. J'imorc rommcot il ne vint à aucun l'idée d me dcma11d,•r 1111.!S 1•:1. · r-port . J'étai. pcr uad11 t(llll
j':illai êtrn recomrn.
tl qu'on se fa. e une juslc id :c de ma pu.sition; mon intention n'éti1i1 pas de me inbser
.1rrê1rr. fo (l&lt;'r évJrai· dan la r,1 olution de
me brùler la cendlc, plu Lôl que de m' lai ser conduir• Jc"anl me bourreaux.
Enfin le -po ·1illnn monl.e, il p3rl. P11ur
coml,le de terreur, je reconn:iis tr\ bien la
ügnn' de ~cl homme, ans poul'Oir dire ,on
nom, cl je suis cerlain que .i je le reconnaiss.ais, à plu - forte raison il dc,·ait me recoonallre. Moo dégui.rment poul"ait ~eu! lui donner le cllange.
Je lra,er. e. :aint-C(•rroain el je me LrOuîe
sur un roule . upcrbe. Il fni,aiL kan, !"air
était pur, la nature ritrnte ..fo 1•oti un ravi t&gt;mcol que rin1 ac peul esprimer. Depuis
i-1 longtcmp je n';n·ai vu un arbrr, de
l'herlie ; depuis i lon••tcm p. je Te. pi rai
~ peine, que mon corp el mon ;ime scm lilaienl renaitre à h vie. Que ln na1urc me
l 1! -

IIŒTORI A, -

f°ASC . 2J.

p:irnt IJdlc 1 •. i j't•ti-. A pu de l'.Cndr, de ln rniture, jl' me wai pro~tcrné demnl la ,·01île
d •· rirux. J1! fns plu: d'uue Lieure hors de co
monde, :iinnl perdu d · \'Ue toul ce qui ten:til
11 ma ro ilion. dan cel étal C(llll!!Illplalif qui
mu i oie en quclrp1e _orle de la terre el ,·ou.
plonge d.nn J • rèl'eri~· délicieuse .
• Je ne sortis de mon ivresse qn·~ 1'11.. pccl
de, maÎ'On~. rl en cnlranl dan. l'endroit oi1
je changeai dt! chevaux. Je m'acr,0ulum:ii insen. il,lemenl à me montrer, ~ parlr•r a11
po, t1llons, cl je sui_ ùr 1111e ma rontt,nancc
Ut' (lOUVail plu iospir •r de dél1:tn e.
Je ne vouln. cependant pas m'arrêlrr pour
prèndre nn l'f'Jl:l , quoique j'en eu:se bernin.
J • cropi toujours n'~Lre pas a,~cz éloigné
de Pari , et nia. oonflance e fortifiait en a l'ançan L.
J"éprouvais un petit Mard nu11uel on ne
prendrnil pa garde dan toute autre circon.tance, mais ffl1i m tut forL désa!!TéaLle. Je
renoontr:ii un Mbriolet :illelt! comme le mien
do deux che\'aux; il revenait, fallaîs. Le
dent po tillons s'arrêLorenl pour chang r de
chcv;i1u. Cc pcûl désagrément dura ~ix à .epl
minutes; 1 s de-u-x "oiture se fai.-aicnl face,
Jo particulier 11ui ainsi que moi élaiL arrèlé
me fixa beaucoup, je ne pu. m'empêcher de
le rc•rarder &lt;111oir111e cherchant à délo1trner 1~
1ou1. Je me figurais 1o connaitre el dès lors
qu'il me connaissait, mai je me di ais /i moimême : C'est mon imaginaliou 'Lui me fait
illusion. La vériLé c ·t qu'en nous qoiltan!.
j'avais la joui sance d'un homme qu.i vient
d'échapper à uo dang1•r.
En approch:mL de Mantes, je ne 'ais 1pwl
sentiment dèlicieux j'éprouvai. C'était lt· lieu
où mon grand-père maternel était né oi, il
avait été pré,enté par li! cardinal de Fleury
pour Iïmprrs ion lfuÏI foi~ail du la (;11 ~e//r
r1·desimdiq11t&gt;. ij'nl';'li·o é,j'nnrais demande!
où iit.'.lil ln m:1i ·on 11aïl haLiL;iil, j'au!"UÎS pnrrouru rdigicu fment cette dl•menrL•; mais

G1tADF.T.

(;r,1rur~ ;Jt Cnni'..Tœ:&lt;, d"-Jfrés Pon1cn (t~•ll).

j'élni forcé d'tlrhapprr à IOllS I rC":ll'd$, Cl
je tra,·er ai " éjour de me pères a\'Ct le
r "reL de n'avoir pu le visiter, de n'avoir pu
rPpo ·er mus le même toi t-&lt;J ui lc•nr o.vai t S('n·i
d'asile.

DES GrR.OND71'JS

.

J':ii ~u depui,- l}Ue j'n1•a.is 1t1é r connu en
pa. s:rnl à ,tante..s: ou l'annom;a à 1;11rsas par
nn11 lettre 11u'il reçut d • celle l'itle. .
.
Je n'r11roul'a.i en uilt· 1111elc1ue mata, c 11u à
un endroit prè- de tlou .. CI 1 011 les ,:oche
d'eau 'arrèlent. (1 . ortiL de cc. coche un
monde prodigieux riui se trouva sur le pa age de ma ,·oilure et l'empêcha d'aller nu:si
1 iti-. Je -ri~ mème le moment où le p1Uillon
;illail prendre querelle ll.l'Ct: un homme 1111i
lui di ... nît nrnc humeur : « Plu· doucement.
pr •nd garde a loi. ,, Ce qui, dan_ le_ m~m1
moment, augmcnln rnrore mon ag1lal1011,
c'est que troi. trendarmes nationaux mo11taienl en mème temp. que moi ln colline el
jeLaienl a ·cz ou\'cnl uu coup 11'œil ur m:i
-voilure.
li étail de ix à sepl heures dn soir; je
n'l\\3Ï.' pas d monlre, el je dcmaudai l'heure
au poslillon. oil qu'il se lromp,it, oil qu'il
,·ouh'11 me tromper, il me diL qu'il élail huit
heure·. Je me mis alor. 11 rtll1~1·hir pour :;avoir i je passerais a.u delà de Bou scy 1111 ~i
je m'arri\Lerai dan. ceL endroit .
J'avais le plus ,if dé.ir de me rr.ndrr. dan
le jour mtm" à É r ux. quoique je fn:~r
pnrli Lrè lard, moi d"un autre cùlè je ,·01aî
un tr'&gt; - grand incou,·11nicnl à le tenter. Pacl··
sur-Eure e l à quatre lieue.~ ùc Uous. 'I, et
on m'avait dit 11ue l&gt;ary étail tr mauvai . Je
me di ai : il c ·t huit heure , il sera au moin·
di heures, di:s: heures et demie i1u 11J je
serai rendu dan cet endroit; colle heur peul
erl'ir à mt~ rendre suspecl, ou ciaminera d •
plu près mes papier · il est po .ible que la
curio. iré aHire !Jcau ·oup de moude el qu'on
me rcconnni ~e · il vaut mi m. arriver à Pacy
en plein jour; il est plu sM de coucher /1
Bou ·ey et de traverser racy à i. ou . pl
heures du malin.
Je me fix::ii l, cc dernier parti, Je desccu,fo
de voilure-, montai dans une chambre &gt;an
m'arrrlt.rr en bas, jo n · sorti point de celll!
ch~111hre, où je mangeai un morceau de grnnd
appélil.
Le jour nr. tombant poin L, je, tlt•mandai la
dom tique ,1ui me scnail l'hl'ure 'lu'il étnil.
.J'a11pri· 1111e le postillon ~'était lrowpé d(• plus
d'une heure, mais il n'étniL plu ll.'mp. de ~t•
rcmullre en route, et je· m coudi.'li.
Je parti le lendemain à. cinq heures et
j'arriYAÎ à Pac . On ar m',nniL pa. trompé
lor~qu'on m' vait p~rlé de la uncillanni
trè$ ri"ourcuse qui 'eicrçaiL dans cette petill! ville. On arrèla ln l'oilare de,•ant un corp:
de {larde, on me Je m3nda mon pa.. e-porl,
c·~- L le eul endroit J:rns celle route où ,in
l'e,ineât; j le montrai :1vec LC'auroup d'a nrnnce, je dl'maudai U1èmc à l'oflicicr 'il
yonlail voir les nulrr pitices qui con 1:il:ii •ul
11rn mi - ion: il me diL 1p1e Cl'la ét:i.(t i nutî hi;
1 po !ilion ·e mil n marche pour 1':l'reu •
. la Lranquillilé alor. ful pleine el cnlihe,
le, oranes étaient dis ipés, j'apPrccvai. le
pont. it~\'rcu , on ma demanda au :i mon
pa--sc-porl, maL a,·cc de intention bien diIfér •ntc . Autanl ma poJtion était difficile à
,rf:,rt'm.
tkms.11•r1• , e.-ulr111nu·11l por ••rrt•ur.

1. Uou !l'f, b l l ~iln!ni·1n• _d\•Pftcy, i, 2{

I.e 1niuu~cril ,ht

�111ST0~1.ll-----------------------•
Pacy, si j'eusse été reconnu, autanl ell • étail
anréahle à t~·rcUI. si on eîH u mon nom,
mais je ne ,oulus pas le dire. J'l'xhiliai le
même pa -e- port, el il pnrut également en
r •le.
Je demandai la mai.on du citO)'Cn ···,
qui me r çut n,·ec celle offu ion d'âme que
l'homme sensible sait eul enlir el apprécier. Ce CÎL01·cn éclairé, ce généreux patriqtc
rprouva un plaisir d'nutonl plu vif à me voir
qu'il crnirronil &lt;1ue je 11\•11~:e (,té arr111é.
&lt;( Guadet &lt;'l Louvet, me dit-il, .ont partis
hi •r pour Caen, je l •s ni serrés dnns mes
lira . li A cell nourellc l larm me ,·inrcnt au y~lll, moi &lt;1ui lremhlais pour moi,
moi qui ne av:1i · où ils avaient porlé leurs

pas. Dieux de mou pars, m'écriai-je, grtlces
,·ous oirnl renùne I Et de nous embrasser cl
Je nous r ~ouir. Un scu l de cc momPnls
console de tous les mnlbcurs.
ou causàm~ de nos amis, car les miens
étaient le sien.. 11 • . ont tou lt Caen, m,•
dit-il. - Eh hicn, lui dis-je, j'irai les r joindre dem:iin. - J'irai aver ,1&gt;u., me réponditil, depuis lon"Lemps je dülère cc rnpge. n
Nous ne non 11uiLt~mcs plus de la journrc,
et je com·hai ch •z lui.
J mr. rendi li Caen le lendemain avec le
citoyen .... Je Oil croi - pa qu'il oit po~ füle
de ,·oir un pa -~ plus riche, mieu culth·é que
1. L~ v•lltie d'\ug(' a'1Hl'ml Je den

e&lt;\ltls 111' !1

Tn1J1f11t', au-,lr rou de Li~ieu, .

celui que nou. lraversàme . Je rc~taî en exlll c Je\'ant la uperbc \'allée d'Augc 1, elle
était cou1·crte du milliers d'onimnus:, et ou
nous dit qu'elle était déserte en compnr:ii on
dP. · année précédente..
La po l non ·erl'il Il . ez mal jnsqu'à Lisieu:r, el je n'en lu pa étonné; le moindre.~
po te .ont doulilcs, trip! s, el j'tn remarquai
une où 1 - m@nie cb1mmx fircul 'epl li('l)es.
l 1ous arrivâmes à Caen l::i nuit. J'eus le
plaisir d'embrasser no nmis 1 il Fallut raconter deuï ou troh foi· Je, circonstanc ' ùe
ma fui le cl J • ruon vo ·age; à mon tour, je
rn'illformai de l'étal de affaire . ~ais non
:t\'Ïons trop de chose~ à nou dire, nou.
ajournîtmes la couférerice.
PI~TIO'

•

_Épouser ou mourir
Le vendredi '2:i juillet {610, fut donné un

lôl pour le coo,oler et l'induire à cha.n°er

arrêt en la cbo.mbre de l'édil (M. folé y
. &amp;ml el pré idant) contre . Vi('.(Juemare,
11u ·on appelait Le ~ eigneur, conseiller en la
cour du parlement de Rouen, par lequel il
fnt dit que ledit ,Le igneur épouserait la
fille rp:i'il avait fü:incée par p:irole do. présent,
les annonce! ayant été faite.~ et le conlrat
pa é, ou qu'il aurait, hui~ ~e cc f?ir~,
incontinent la tête tranchée: enJoml à lur d y
p~nser pour tout dclai dan· lo lendemain. eL
.e résoudre ou de mourir ou de l'épouser. Cc
crue .1. 1c pré.,ident loll lui prononç.,, avec
re«rel toutefoi~. et an avoir élé de celte
dure opinion, ~o~ plus que de L;. t au,·e. o~
rapporteur, riu1 dit tout haul 11u 11 ei1t aime
mieux qu'on lui eù.l rompu l deux lm1 el
les deux jambes que d' ,noir été de l'a,i de
cc cruel ar rêt. A quoi ledit Le Seigneur r t.
pondiL 11ue. combien 11ue ce Filt un unique et
dur arrèt , toul~foi , pui qu la cour l':waiL
de celle f:lç®, qu'il lui voulail obéir,
cl
J·u,,.é
0
•
:taiL tout ré'olu à la mort et non au maraa!.!ll,
aimant mien mourir que de l'épou er. ur
laquelle résolution il fut incontinent conduiL
et mené prbonnier à la Concier crie, oi1
beaucoup de e amL . c Iran perlèrent ausJ-

d'avis et prendre pitié de oi-même. Le ministre du louJin, entre autres, lui remontra
le dan er qu'encourrait on âme, au ca. qu'il
per istâl en sa ré olution, qui était d'êlre
homicide de oi-m~me; que ce o'étail pas
mourir en état de gr:1œ, mnis tout le contraire. i que se lai. a.nt POiin aller h ces
c,horlalioos et autres inductions él per uasions de es amis, qui durèrent depui midi
ju. quo 11 pns o trois heures, el trouvant l'un
à la ,·érité plu faisable que l'autre, ÎUl marié
par ledit du Moulin, à quatre heures, au logi.. de M. du Coudray, conseiller ea la cour,
sans touteioi qu'on lui pût faire dire oui.
sinon avec cette clau e : pui i111e la cour le
voulait et 11u'il y était conlrainl; lenant
même son chapeau sur le vi~agc Ju côté où
élail , on épouse, a.Gn de ne point La oir.
Laquelle 'étant aprè jetée à ,,.enou:x de,11nt
lui, le priant de lni pardonner et -vouloir oublier tout cc qui 'était pa.sé; qu'elle lui
obéirait et servirait, non comme sa lemme,
mais com.m, une de se- pins petit f't
humbles . ervnnles, le rnpplianl au moins de
lui faire çet honneur de la recc"oi:r en œltc
derni\rc qualité (ce qu'elle disait pour lui

0

amollir le cœur); ccl homme., demeurant
comme immobile, sans s'en émouvoir davantage, lui dit seulement : « , ladcmoisellc, le\'Cz-vous. Ce n'est à moi à qui vou dc\·ez
demander pardon de ,•o faute : c'e t à Dieu
à vous les pardonner, el non pa à moi. »
Pui le oir étant venu, et la nuit pour
coucher la mariée, il lui donna pour tout
eompamie son hôtes , avec laquell elle
coucha et passa ain i à premii'lre nuit, accommodée de lit el de chambre comme tout
le re te, s'excu·anl ur le peu de commodité
qu'il y 3.\'aÎl ici de loais cl de meuble .
Le lendemaia, il la fit conduire par un ien
frère en une de es maLoos d champ-, ou
devant que 'acheminer celte pauvre mariée
le voulut encore voir el parler à lui. . quoi
ne voulant du commencement entendre, tin.alem nt vaincu d'importunité, nprè qu'elle se
fut jelé• par plusieu , fois à e~ pied_ et priè
de lui vouloir pardonner, l'éit'ranl par plusieu:r foi e protestations et oumi~. ion~
de sa lidtllité à l'n.,.enir, uLjeclion, r~vércnce,
d \·oir et obfü once qu'elle lui promit et
,oua, n'en remporta aulre réponse de lui, et
fut contrainle e retirer et s'en aller comme

elle était v nue.
Prnnnr, ne r:tT

ru::.

C.utPAGSE D'EsPAGNF.. -

8.1T.HLLE _DE '.lil.OLINO DEL

Rr::,·. -

D'aJ•r~s le ,frss i11 .1t C.

LANGLOIS•

Mémoires

du général baron de Marbot
CHAPIT~E

xxvm

Cn~1•n~'ll•' . ,te Portu/,!d!, - .Ion départ.-. li lrw1 ù
\1ll~,lr,hll. :-- lia,~ na el Junot. - filchcm: pro'""t 1c~ ,ur l 1,111&lt;• ,fo ln ca111pag11e.

L' 'poque oi't Je maréchal ~las éoa dcvaiL !-C
t&lt;&gt;Jldre en Portugal approchait, et déjà le
nombreuses troupes dont son armée devait
~lre composée étaient rtunic dans le ud0~111s1 d l'E p3"Jlc. Comme j'étai le . ul de
aides de camp du maréchal qui cùl été dan ·
1:, Pénin oie, il d&amp;-id:i r1uc je le devancerais
et que j'irais ét.ablir on quarli r général à
Valladolid.
Je partis de Pa.ris ]e l 5 aYril, aYec I • tri te
P1;5 PDLimenl que j'allai~ faire une campagne
de_ agréable ous tous les rappor . M premrnr pa . enililèrcn l ju tifier celle pré.,.i ion,
•"llr une d4's rou dC' 1, chai. dr po. t dans

b11udle je ,·oyn~ •ais avec moo dornc&lt;:lir1uc
Woirland e brLa à quelques lieues de l1aris.
Nou fûmes obligés de gagner à pied le relais
tic Longjumeau.C'était un jour de fêl ; non
pcrdime,:. plu' de douze b •ur , que j • voulus
rattraper en marchant nuit et jour, de sorte
que j'étni un peu fatiotué rruand j'arri1·ai à
Bayonne. A partir Je celle ville, on ne voyageait plu &lt;'D voilure; il fallut donc c-0urir fa
po te à franc étrier, et, pour comble dr contrariét ·, lo lemps, que j'nw1i lai 5é nrnsnifiqur en F'rance, se mit tout lt coup à la pluie,
el les Pi rénées se counirenl de neige. Je fu
bieDtùl mouilM et transi, mai ·, n'importe, il
faUait coritinuer !•..
,Je ne ' uÎs pas u_per'lÎÛeu ; cependant, au
mom nL où, quittant le sol franç.1is, j'allais
tr:n-er er ln lli&lt;la ·oa pour entrer en E!o-pa •ne,
je fis une rencontre que jP. con. idérai Mmme

un mau,·ai· pré. a11e. Un énorme et hideui
haudet aoir, au poil malpropre t•t tout ébouriffr, ,· tr011v;iil au milieu. du pont, donl il
semblait vouloir interJire le pa 'O"l'. Le po.tillon 11ui nom précé.rlait de queli1ues pas lui
a 'anl nppliqué un vi"OUreux coup de fouel,
pour le !orœr à nou faire plnCf' l'animal
ruricm: se jeta sur lo cheval de cet homme,
qu'il motdail cruellemenl, Landis crn'il lançait
de terribles ruade: con Ire moi cl Woirlnnd,
qui étions accourus nu ,ecour.~ du po ·Lilloo.
Le coup, que oou :idmini~trions tou le.
trois li celle maudite hête. loin de lui raire
làcher pri e, emblaient l'e citer encore plu~,
et je ne ai , raiment eom menl ce ridicule
combat se serait lcrminé, ,3ns l'-as i toni:l'
des. dounnier·, qui piquèrent la croupe du
IJaudut arec leurs li:lton. ferré·. Le fnil.·
ju. lifièrcnt me~ f, cheuse impres. ion., tar

�mST0~1.Jl _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __
Ier dell.X c.,mpa ne· 11u' je .fi· Jan· l:i J"dlin•
-ult', L'll l 10 et 1 11, rurenl pour moi tril
ph,il.le ;j' rcçu·Jeux hl sur, ::111 ohlc-nir la moindre récompense, ni presque nt1c1111
lt!moigna,..c de la liicnvcilkrncc Je la~séna.
Après 8\'0ir pa é lu ponl du la CiJas 03,
j'arrivai à Jrnn, premier relais espa"nol. l.h
ces•ail toul«' . ècurité; Je5 officiers porLenrs
dr. &lt;lépèches dc,·nicnl ain i 11110 les courrin~
de po~te. :o fair e carier par uu pi11uel de
la "endnrmerie dilc de Burgo· qui, formt:c
ùnns la rille de cc nom, a1•cc de l1nmmL•s
d'élitr. était spécml,•menl char,.ée d'n nr ·r
le:- mmunicalion eta~ail, à cetelfet, à lous
le· relais &lt;le poste un détachement retranché
dans un 1,locld,ans, ou maison fortifiée. Ces
endarme , dan la force de l'à
bra,·cs et
zélés, firenl pendant cinq anné un ·crl"ice
trè p~nihl , el éprnuvêrenL de ..r.mdc pertes,
car il y arait guerre à mort eolre ent et le·
io ur~· c·pagno •
Je quillai lrun par une pluie blll.:mle, el
nu bout de quelques heures d'une ruarchc
faite au milieu de b:rntcs montagnes, j'approchai J, la petite ,·ille Je Mondragon, lor qu'une \:ive [u illade c 6t entendre, one
demi-lieue en a,·anl de nou L.. Je m'nrrôL1i
pour rélléchir ur cc qoc j'avai à faire.... i
j'avançai , c'était 11enL•êtrc pour tomber cnlrc
les main · de bandits qui foo11daien1 la contnle ! ... &amp;lai·, d'un autre culé, i un orficit•r
porteur de dépèches rclournail or ses pas
ch:1que foi ~1u'il ent nd un coup de ru il, il
lui faudrait pln.ieur mois pour remplir la
plu court• mi:sion !... J'a,&lt;anç,ai donc ... et
bientôt j'aperçu 1~ cadavre d'un officier Françai:-!. .. Cel infortuné, allant de lladrid
Pari., porteur J., leLJrc du roi Jo·eph pour
l'F.mpereur, .enaiL de changer de chevaux à
Mondragon, !or qut•, à deu portée de canon
de cc relai , , on ernorle et lui r('çurenl,
prc·que 11 bout parLrnl, le feu d'un ..,roupc
de Lao dits caché derrière un des rocher de
la montagne qui dominenl ce pa -age. L'offirier • çail eu le corps traver.4! de plu ieur
Lalles, el deux gcndal'me de son e corle
ét:1ieu1 l,le · ! .. , 'i cet officier eM r tardé
d'un quarl d'heure son départ du relai de
londragon, ,er~ le~uel je me dirigeai en
sen, contraire, il t certain qae e· ùl :té moi
qui fu e tombé dan l'embu raùe préparée
par l · in.urgés!. .. Cela promettail! cl j'iwai
l·m:ore plu de cent lieu s à parcourir au
milieu de province oulevées c&lt;niti-e nons !...
!,'attaque îaiLe n1u portes do londragon
niant donc I l'éwil à la petite garnison de
œllé ,ille, elle s'élnil mi e à l: poursuite Je
brigands, qui, retardés do.ns leur marche par
le dé ir d'emporter troi de leur, bl
par nos gendarmes, Curent bienLÔl atloiot et
forcés de fuir dan· le montagne , en aban-d&lt;1nnan t leur blessés, qui furent fusillés.
L'~périenœ qué j'a,·ais acqui e dnn ma
préèédente campagne d' E pagne m'nvait appri
que le momenl lti plu fnvorable pour un orncier qui doit trarnt'ser un pa~ difficile, est
celui où les brigand viennent de faire une
attaque. parœ ffU ÎI 'ecnpre sent alors de
:;'éloi0111er, de crainlc d' 1tre pour uil•i~.Je me
17

1

,

pr~:p:irai: donc à conlinuer ma route, lorsr111e
le e mm:1nd:mt 1fo b pt11•p ·'y oppo, a, d'aLor&lt;l
pnrcc 1111'1I , •11:ilL J'apprcnJrc r1ue Ir .,tlèlm1
chef &lt;le IJ.1ndc Mina a\·:iil paru &lt;lan' le~ cn\iron~, et en . rcond lieu rarce que la nuit
approeb:ii t, et 1p1e I ordre· de l' Empereur
pre~rrh·aienl de ne hir1• partir le. c.cort(',
IJn'cn pldn jour.
L Côntm:ind, nt Ill' \1011tlrngon était un
c.1pitain, pi1!monlai~, . rr\'aul Jcpui. tri-.·
lon kt0ps ù.m · l'armée frnnçai ·e, 11ii il ét:iit
con11u pour sa rare iulelligcnrc et pour s011
intr.;r,iJilf dl!, plus remarquaulc ·. Les in~ur él\
le rcduulaicnl au dernier poi11!, et, à l'excrption ile •111rlquc eml,u~c."Jci:. .t cr1He·, 11n'il
était impo.. 1ble dll prél'oir il dominait en
maitre lou l le district, en employant lonr !t,
tour l'adr s._c rl l'énrr!rlc. Je citerai u11
c1crnple ,Je l"une rt de l':mlrr, qui scr,1ront
à \'OU • donner une idt!e de la gll(•rrc que oou
arions à ouleair en Espagne, bien que cou
y eu ions heaucoup d parlisan dan la
classe des homme éclair .
[,&lt;J cur~ do loodr:igun él!lil un des plus
fou!!lleux ennemi_ J Françru • Xéanmoin~.
lorsque 'apoléon pa. a 1lans celle ville pour
retourner li P.iri , en jami •r Hl09, el ct•tléia lÎtflJe, pou &lt;1\ par la curiosité, · '•tonL
rendu dcvanl la maison de po te, ainsi que
Ioule ln population, pour \'Oir !'Empereur,
fuL aperçu pa.r le commandant de p1aco. c1ni
marebanl droit lui, le pril par ln maia cl,
le conduisant nrs l'Empcreur, diL de manière
à èlrl! entendu par toute la foule : C( J':\i
1 l'honneur de prcsenler b \'olrc ~fojesté le
« curé de celte ville, comme un uc plu,
&lt;◄ d~rnués senileurs du roi Joseph, votre
« rrère!. .. » i'apoléon, preoaol pour ar•rent
romptanl cc que di ail le ma1lrl! Piémonto.i ,
Ûl le meilleur accueil à l'eccll·iasti&lt;1ue, tJUi
.c trouva ain i corupromb,, malgré lui, vis-àvis rie Loule la population!. .• Aussi, dès l
soir même, le curtl reçut en rentrant chez lui
un coup dtl fusil ciui le blessa nu bra !. .. 11
connahaiL trop bien e compatriotes pour
ne pa comprendre que a perle était jurée,
i le Français n restaienL ,·it·Lorieux dan
cette terrible lutte, el, dè.s ce moment, il se
déclo.ra ourcrtement pour eu , se mit à l:\
lête de parti ·an tlu roi Jo epb, de ign · par
le nom de Joséphin , et nou rendit le plu·
grand er icc·.
PPu cle Lemps 11vanL mon pa sage à Hondragoo, œ 1nème eomm:indanl de place fil
preuve d'uu bien s-rnnd coura"e. Oblirré J'en\'OJcr la majeur~ parlic de sa garni on tian
le monla"n , p ur prot~gcr l'arrivée d'un
coomi de vivres, et contraint, quelt[ne heures
apr , de fournir de e-corle à de officier·
porteurs d dépêche , il ne lui re tait plu
qu'une vinglaine de old:tls. C'étaiL on jour
de marché. De nombreux campagan.r&lt;ls étaient
réunis sur la place. Le maitre da poste, un
de no· plu grand enn mi , le harannue eL
les engage h. profrt~r de la faihlesse tle la
garni on fr:1nçai e pour l'tigorgerl ... La foule
e porte aus itôt ,·er la maison où le corn•
mandant 3\'aÎI réuni sa faible ré·erve. L'alL·u1uc c t impétueuse, la défen c pleine de
11

1

\'Ï~ucur; cepen,bnt, le nôtre aurai nt rli11i
p:ir succQmher, lur. !JIIC le hravc •ommamlilnl
de plarc, tabant omrir la porte, ~· 'lance nvrc
s:i. petite trtmpr, l'.L tlrnil au maitre rie po. lc,
le lne d'nu coup cl',;pét! rlam le cœur, te l'ail
trainer dnns la mai on, cl orclnnne Je placer
. on corp imtnimé sur le balcon! ... A la rne
de cel acle de I i,:11eur, accomp:igm: d'une
lerril,le fusillade, la foui , J.ldnu1e par lt·
halles .. 'enfuit (•pomnnltlc! La q:iruison étant
renlr,lc le ,oir111è111e, lt•t·ommnmlanl ,lcplao•
lit pendre le caJovre du nrnitru ùe po. te au
gilid pulilit-, afin tic SCi'\'Ïr J'exrn1ple. l'l hirn
1111c cN homme eùl h&lt;'auruup Je parent t•l
d'ami. dan ectle ville. pcr.onnc n bongcal
Aprl&gt; avoir pas.c la nuit /t Muntlr,1rroo,j'cn
parti' au poinl du jonr. cl ru. indi,.né en
,·oyant le po tillon c.p:i;ool 'lui nou JirigeaiL
·arrêter sou · la polen · ,t cril,lcr de co11p~
de foucl un cada1•r' qui 'y trouîail II pemlu.
J'adressai de ,ir· reproche. /t ce mi érable.
qui me répondit 1.11 riant: (1 C'e Lmon maître
u &lt;lr• poste, 1rui m ':i, do rnn îirnnt, donnt'·
&lt;t tanl de coup ile fouet, que je ui bien
« ai -c ile lui en rendre rruelqu -un. ! ~ Cc
troil c:.cul :uffirnil pour faire c&lt;inoaitre I
c:iractère 1·iodica1if de E~pagnol clc ln b,'L e
clas e.
J'arri, ai à Viloria I rcmpé jusqu'aux os.
'ne flène ardente me conlrniaoit de m\
arrèta cbi•z le nénéral , éra., pour l quel
j'arai des ù •pèche . C'était, i vou \OU le
rappelez, ce m1me n,!nfral qui m'nvail nomm1'.
oo -oftlcier dix. an aupnranrnl à an-Giacomo, à la uitc rlu p,lil eomh~L li r·~ au
hou, ards Je Uarco par les cinqmmle c."l.,·aliers
de Drrcb.en · IJUe je ·ornmanilai . li me reçut
parfaitement, et 1oulniL que je me repo
c
quel11ue tomp auprès dtl lui; mai· la mi ion
dont j'étai rLargt: ne pouvant être relard~e
je t'rpris le ll'ndcmain la po te li franc rlrier,
ma)!!f~ la fièvre,1u 'a aramit un tcmp affreux.
Je pa~sai l'Rbrc, cc jour-là, à Miranda. C'e. t
à œ lleuve r111c se terminent le contrefort
de l')Téo6? . C'éloil an. i la limite de la
pui ance ,le duux célèbre p3tlisan Mina.
Le premier de ce guerilleros, né dnn l $
e1urirous de Mondragon, /.Lait fils d'un ricbe
fermier; il i'•Ludinil pour &lt;'trc prêtre, !or ,,ue
l'Clatn, eo 180 , la. !!llerre de l'indépendance.
On ignore gt1néralemcmt qu'à celle époryuc un
Lrè !!n.llÙ nombre dï!;~pannol·, en tète des•
quels se plaçait une partie du clergé séculier,
voubn l :irrach&lt;:r leur patrie au joll!! de l'lnquŒilion el rle moines, non seulement faisaient des vœux pour l'Dlfcrmi emenl du roi
Jo rph .ur le lrônc, mai· c joinoaieoll1 no
1roupes pour repou or le in urgés, 1rui ~c
dédarèrenL conlrt! non . Le jeune ~lina fuL du
nombre de nos alliés; il leva une compaanie
des ami de l'ordre el fit la guerre aux bandils, liais, par un revirement bizarre, Mina,
épris de l:1 ,•ic d'a,·ealures, devint lui-même
in urgé et nous fi L une rruerrc acharnée, en
Uiscayc cl en Na\'arre, à la t0te de bande ,1ui
'èlcrèrenL un moment au chilfre de près de
di:x mille homme . Le commamlaul de fondra on réu sil enfm à l'enlever, dan une
maison oi1 se célébrait la noœ d'une tle .l's
1

•---------------------- .MtJKOlR,ES DU GbJ:ÉJ(.AL 'BA'lf,ON D:E MA'R_1JOT
parente,;. apoléon Je fit transporter en
France el enfermer au doujc10 dt! 'iincennei;.
füua fai~nit la guerre Je partisan a\'ee Lai ni
et loyauté. Retourné dans ~ patrie l'n 1),! 1i,
il de,·inl l'ad,crsairc de 1\•rdinand \'Il, pour
lc1p1cl il a\'ail .i bien combauu. Sur le point
d\•trc arrêlt1, il s'é\'ada. •agna l'Amcrique. c
mèla des révolutions du Me&gt;.i"!ue et fut fu,-illt'.,
JlendanL le Ion" séjour que le jeune Mina
lit 11 Yincrnn!'s, les montagnnrds in urgrt
placi-rcnl nleur lêlc un de .ei; oncle·, ~ro ier
forgeron, homme annuinaÎl'e, u'apnt aucuns
mo1·cns, rnai nuqu •l le nom populaire de
Miua donnait une inllaence c:i:Lraordinaire.
lie orficil·rs in traits, cnvoy(, par la Junl •
de évillc, étaienl char~c\· de diriger ce nouveau chef, qui uou fit beaucoup de mal.
J'colrai 1iam les immt&gt;uscs cl tristes plaines
J • la Yicille-Cru;tille. An premier abord, il
parait prc.r1ue impo illle &lt;l'y tendre uoe
cmhuseadc. puisque CC' plaines onl Lowlcmenl dépoun11e de Lois, el quïl n'y existe
aucune mont.agoll; mai le pay I Lellement
ondulé, ciue la écurilé qu'il pri'.• ente d'abord
est inlinimenl trompeuse. Les bas-fond~, formé par 1• · oomhreui: monticules dont il c t
cQuvert, pet'mettaienL au in urgés (!.$p;1~nol
d'y rachcr leur bandes, 'l'" fondaient à Iïmpr°''Ïslc sur les d 1tacbemenls fran~.ais, mar·bant qucli1uefois avec d'autant 1ilu de contiance r1uc, à l'œil .ou, ils nperccrnieul une
étendue dl! 11unlre à cin,1 lieue., en tou .en ,
. :im r d 1 oul"rir aucun ennemi. L"expéricnl'C
de quclt1ue rernr ayant rendu no troupe
plu circon pecl • elle uc lr:l\'er.niclll plu,
cc plaines qu'en lài anl visiLer les l,aAond
par de tirailleur • Mais cotte sa"c pré1·a11tio11
Il«' pou,ail être pri e que par de:. Jétacbemenl, assez nombreux pour &lt;'Til'O)'cr d •
éclaireur en a,·aut et sur leur; Oancs, ce que
ne pouraienl faire les c cort.es Je cinq ou ~ix.
1 cmlnrmc
qn'on dounail au:i: ofliciers porteur de dépèthe ; aussi plusieurs d'entre
eux furcnt-ib pris el assas inés dan les
ploines de la Ca tille. Quoi qu'il en oit. je
préférai voyager dan ce po.y d~coUl'erl
plutôl que dan le· montagn('s de Na1·orrc cl
de Bi CaJe, dont les roules ont continuellement dominées par des rocber;i, des forèts,
et dont les brtbitants sont beaucoup plus
braves et enlreprenanl que Ie Castillan . Je
continuai donc rct~olumenl ma course, traversai sans accident le défilé de Pancorbo et
la petite ville de Ilrivi ca ; mai , enlre cc
poste el Bur •o , nous Iimes tout à oup une
vingtaine de cavaliers espagnols orlir de
derrière uo monLicole l•.•
nou tirb-ent ·ans uecès qu lqtlcs
coups de carabine. Le u gendarm ' de
mon escorte mirent le abrc à la main; j'ea
fi autant'. ainsi que mon domestique, et
n.ou conlinuàme notre route sans daigner
ri1~1ster aux. ennemi , qui, jugeant pnr notre
a~lllude que nou étioa gens à nou défendre
v~oureusemenl, 'éloign renl dans une aulrc
dircclion.
Je couc~i, à Burgo , chez le général llorsennc, qui y commandait um Lri«ade de la
garde, car, dan ce pa1s, soulevé co~lre uou ·,

ns

les lroup~. francaïse-occupaicnt presque lou•
te~ les v,llcs, les bourw et 1,. rilla"e~. Lr ·
roules cules n'Jtaier'll pa_ . ùre ; aussi les
plus gran~ · danger etaicot-ils pour ceux qui,
co111mc moi, étaient ohli.,.és de les parcourir
31 c de foiules rsrorle . J'en fls une noll\·ellc
épre~,·e le !end main, lon1ul!, ayant ,·oulu
~o.nlrnuer mon vopge, ma1gré mon extrêrnu
la,Mc _·c eL la Gèrre 11ui me dévorait, je roncoalrai, entre Palencia cl Daeiïa , ur1 officier
et vm"t-cinq oldats de la jeune garde condui ant un caisson chargé d'argent, destin~ à
la olde de la garnison françai e de \'allada.
lid. L'escorte de re convoi était évidemment
insurlisante, car les guerillero des environ ,
prérnau de son pas age, s"élaicnt réunis :111
nombre de cent cinquante cu, lier· pour l't•nlcver, cl iL allaquaient déjà le délachcmcnl
de la gardu, quand, apcrcenlllt au loin le
groupe 11ue formaient autour de moi les gcn•
darmes do mon escorte, nrrh•anl au galop, hi
insurgés nou prirent pour l'aVll.uL-garde d'un
corp de ca:v:ùerie et suspendircnl four entre·
pri·c. Mai~ un tic leur· gra\'issanl un monticule, d'où il découvrait au loin, 1·ur cria
c1u'il o"aperccvail aucune troupe françai.c;
alors les bandit , ·Limulé par rapp:11 du pil•
lage du lr: or, s'avancèrent as ez eourogcucm11nl vers le fourgon.
J'a\ ai pris naturellcrncnt le c11mmanllcmenl des detU petit ~~tacheml'nls réuni·. Je
pr crivi doue à l'officier Je la garde de ne
faire lin·r ,1ue ur mon ordr&lt;!. L. plupart des
,,a,·aliers ennemi. a\'3.ienl mi pied à terrl',
pfür êtr..: plu- ~ même de . 'emparer ùe ac
d'nrgcnt. et ib comh:itl.1Îanl fort mal a1·ec
leurs fusils; Lc.1ucoup même n'av:iicnl que
de pÎlitolels. J'avais placé mes fonlll~ins dt·rri '.rc le fourgon : je les fis sortir de cel lè
po ilion, des que les Espagnol ne fur( ni plus
qu'à une \'Ïngtaine de pas, cl je conuu.mi.l,1i
le feu .... Il fut i juste et s.i lerriblo 11uc le
cher de· rnoenfr t une douzain2 d~ siens
Lurnbl}rcnl ! . .. Le resle de L-t bande, épouranlé, 'enfuit 11 toutes jambe ·rer le· chc,•nux gal'Ji.S r. cleux cents pas Je là par quclquèS-uns des leur j mais p udatll qu'il
cberchaienl à o mellre en scile, jo Je~ fi.
charger par les fantassins el ]es sit: gendarme., nu &lt;J,uel s.e joignit mon domo Liquc
Woirland. Ce pclil oombr~ ùe brarns, surprenant les bandit espagnols en d,.:ordre, en
tua une Crentaine t pril une cinquantaine de
cbevaux, qu'ils vendir nt Je soir ruème à
Ducii11s, ou je conduisis ma petite troupe,
aprè aroir rail pan. or mes bles és: four
nombre ne 'él1'.1ail qu'à deu1, encore n'a,ai •nl-ils éLé que légèrement atteints.
L'officier cl le soldats do ln jeune garde
avaicnl, comme loujour , fait preuve de
beaucoup de eoura(Jc dans cc combat, quj,
ru la disproportion du nomlirc, auraiL pu
nous devenir funeste, i je n'eusse eu qoe
&lt;les conscrits, d'autant plu· que j' :Lài ·i
!aiL!e, qu'il ne m'a,·ait pas été possible de
prendre part à la oharg . L'émotion que je
venais ù'êprouver arait augmenté ma fiène ;
je Cus obligé de passer la nuit à. Iluci~a : Le
lendemain, le commaodaol de celle_ ville,
1

.., 3:iS ...

--,

a,•crû de ce qui 'étail passé, fil arrompagntr
le trésor par une compagnie entière jusqu'à
VaUadoUd, où je me rendi nH• · celle e COt'I, ;
je marchai au pas, car, pou,·anl à pl'in · me
outenir nchenil, il m'cùt 1•té irnpo siule de
support •r le mouvem •ol du galop.
Je suis eutré dan quelques détails sur ce
vop o, afin de vou mettre de nou1'eau i1
mêrn · d'appr 'cier le danger· UUXlJUel étai ni
c~posé· le. offici ,r obligé·. pnr leur ~crviw,
de courir la po Le dan· les provinces d'E ·pa"ne in!:urgée conlr&gt; nou~.
Apnl alleint le hui de ma mission, j' espérai 01\1 r qul;ll,1ue repos à \'alladolid, mili ·
des tribulalitm· d'un nouveau genre m'1 altendaient '·
Jnnol, duc d'Abrautès, J:ll'llé.ral eu chcI
d'n n dP corps qui Je vaient foire partie c.lc
l'armée Je . las éna, 'était établi dcpui · lluelctues mois â Valladolid, où il occupait lï111mcn.e palais construit p3t Charles-Quint. 'c
hàlimcnl, malgré 011 a.nti11uiLé, se trouvait
dan un étal de parfaite cooscrvaûon, cl hi
mouilier en éta.il fort conrnnablc. Je n'amis
pa mis çn doute qu'eu apprenant l'arril'ée
prochaine dn maréchal, 11ui ùenmait yé11irafi.x11imc, le duc d' Lraut~ ne 'emprc -àt ùe
lui céJcr l'ancien palais des roi d'E.pagne cl
tl"aUcr ·c loger dau un des booux bot l qui
c.\i laient en ville; mais, à mon graud élonnem'!nl, Jnnol, 11ui avait fait venir la. duclps ·e, .a fomme 1 à \'alladolid, oil elle t.enail
une petite cour fort éli;ganle, Jwl!II m'annonça quïl ne comptait cedcr à )la ~éna c1ue
la muilié Je son pnlaîs. li étail, di~ait-il, ccr•
tain qne le marL:clao.l · rail trop galant pour
déplaLèt "me lu duche so, d'autant 1ilu que
le palais éL:ùt a-~•z. ,•aslc pour loger faci.lc•
mcnl le deux étal -major .
Pour comprendre l'l'mbarras dans lcqud
cette répon e me jeta, il filul ·arnir que lia •
éna a1•ait l'hal.titudl! Je mener tonjour avec
lui, même à IJ guel're, ane dame X... , ù laquelle il était i nltaché &lt;1u'il o·a,..nit ncccpté
le commandemeut dt: l'u.rméc de Purlugal
qu'à condition quel'Empcreur lui permellrait
Lie s'en faire aecompa(Juer. Mû ~na, d'un Cll·
rnclère ombre et i:nisaalhropi,1ue, virant cul
par s-oût, relirJ dan .a cha.ml,re el Htparë Je
on élat-mnjor, a,·ait liesoin, dans la olitude,
de di traire parfoi · ·eS sombre peruée.s par
la conversation d'une persoune vh•o et spirituelle. ous ce double rapport, Yme X... lui
couvemùt parfaitement, car c'était une femme
de beaucoup de morens, bonne et aimaLle, et
qui comprenait du reste tou les désagréments
de sa iluntion- Il était impo siblc que celle
dame Jo,.eà.t sou le mème toil que la duchesse d'Abrantè , c1ui, sortie de lu fomilfo
des Comnène, élait une fcmm d'une nra.nde
fierté. D'lill autre côté, il n'eill pas été convenable que le maréchal fût loge dans J'M1cl
J·un simple particulier, laadi que le palais
serait OC('Ui'~ par u.n de es ul,ordonnés I Je
me vis dou Ior&lt;:4! d"avouer à Junot l'étal des
choses. Afois le général ne fit (tue rire de mes
1. li esl inL!r sial de Npprocher les ri•.:ii, •111i
vo11l ~uivro 1l0 la partie ,les \l!•m1ires dt! h ducl,es,;e
J'.\brantès concernanl

le Porluga.l,

�IDST0'1{1A

___________________________.

obscrvutious, di anl lJUO Mass 1na 1:t lui a,aienL 1p1elquefoi de rrrandcs calamité · 1. •• Le géouvent logé dan la mème cas ine en llalie, néral hcllerman~, commandant à \'alladolid,
el que le dames 'arrangeraient enl.re elles. rendit compte à fasséna des démarcb~s que
En d tsespoir de cause, je parlai à la du- j'avais faite pour lui éviter une parlae des
chesse clle-mêmo; c'était uuc femme d'espril; désagréments, dont il me gard a cependant
elle prit alors la résolution d'aller s'étah~r rancune.
en ville, mai Junot s'y opposa aYec ob t1CHAPIT'R_E XXIX
nation. Ce parti pris me contraria fort; mai.
que pom•ais-je contre un général en chef? ....
cbo'cS e trouvaient encore dan cel étal
Étal-lllajoi· 11! M.!b i:oa. - , 1.'jnlloem·o ~c l'c,tc\ su,·•
IJ ""
""
cMe à celle ,lt• S3mlc-Cro1 , 110mm • gén •rai. lorsque, au bout de quelques Jours pas és
ca~abianta.
dan mon lit, accablé de fiihre, Je reçus une
Les aides tle cnmp et orficiers J'ordonnance
estafolle, por laquelle le maréchal me faLait
pl'él'enir qu'il arriverait dan ~u d'heures. du maréchal arrivaient successh·ement à V:ilJ'avai , à Lout ha ard, Cah lomir eu ville un ladolid. Leur nombre était con. itléral;le, parce
hôtel pour le recel'Dir, el malgré mon ex- &lt;lue, fa paL'\ parai .anL réla~li~ pour, ~ongtrême faiblesse, j'allais monter à cheval pour lemp en Allemagne, les officier de.meux
me rendre au-de,,ant de lui et le prûrenir de d'avancemenl avaient ollicité la faveur de
ce qui ·'était pa sé; ~ais les mu!cs _qui 1.rai• ,·enir taire la guerre en Portugal, et ~~e ~e
naient sa 1•oilure avatent marche I rapide- mieux nppuyé à la .Cour ou. aud IIlUlli Lere
,
ment 11ue je trouvai au ba de l'escalier ~!. Je avaient été placé à l état-maJOf u gcueramarécltal donnanl la main à Mme 1 .... Je li sime fasséna, qui, asant un commandecommençais à Lw e-xpliquer le
dirllcullés que j'a\'ais éprou1·ées pour prendre possession
de la totalité du palais, quand
Junot, entrainant la duchesse,
accourt, e précipite dans les
hra de Mas éna: puis, devant
un noml&gt;rcux état-major, il
baise la main de (me X..·• et
lui présente ensuite sa femme.
Jugez de l'élonnemcnl de cc
deux. dame ! Elles rest-èrenl
comme pétrifiées et ne se dirent pas un seul mol 1•Le maréchal cul le bon esprit de se
contraindre; mais il Îul vil'Cment affecté de voir Mme la
duchesse d'Abrant1's prétexter
d'une indi position pour s'éloigner de la · alle à manger: a_u
moment où Junot y entrmnatl
'ilme , ....
· Au premier aspect, ces d~
tail parai en~ oiseux; ma.is
je ne ltJS raconte c1uc pa~cc
que celle scène eut de lHen
graves ré' ulla.ls: le mnrecl1al
ne pardonna jamai~ à, JuooL
d'avoir rtîusé de lm ccder la
1otalilé du palais, el de l'a,·oi_r
mis par là dan nne fausse s1Luation vis-à-,i d'un grand
nombre d'ofl1ciers généraux.
Jnnol fit, de son coté, can
commune avec le maréchal
C)' el le général Reynier,
chefs de deux autre corp~
J o~EPII BONA.l'ARTE, ROI n'ESPAl,NE.
qui [or1naient, avec le sien, la
grande armée de P~r~_gal. Cela
Tablea" .te J.-B.•J \VtCAR, (Mim!e Je l'ersaJ/les ,)
donna lieu à des dlVI ions très
f..l.cbeu es, qui conlri~uèrent
jnlinimenl au mauvai rêSulml'ul immense dans un par éloign~ de
LaL des campairnes de i 810 el 1 11, .reFrance,
avait bc~oin d'èlre en~ouré de_he~usultat dont l'inlluence malheureuse ÎUL d un
poids immense dans les destinées de l'Empire coup d'officiers. on étaL-maJo~ parllcnher
français!. .. Tanl il est vrai que des causes en se composait donc de quatorze atdes de camp
apparence futiles ou même ridicules amènent el de quatre officiers d'ordonnance.
1

""326 ...

L'tHévation de 'ainte-Croix au grade de
général avait été un malheur pour le m::iréchal Ma éna, car il perdait en lui un ~age ?.t
ex.cellenl conseiller, an moment où , déJa
Yieilli cl lirré à lui-même, il allait aYoir à
combattre un ennemi tel que lt1 duc de "cllington, et se faire obéir pnr des lie~lenanls
dont UD, étant maréch.al comme lm, et les
deux aulre , ayant le titre de général en
chef étaicn t habitués dès longlemp' à n'
'
.
reetwoir
d'ordres c1ue de !'Empereur. Quo1q11e
Sainte-Croix fit partie de l'armée de Portu...,al, duos laquelle il commandait une bri.,a&lt;lc
dragons, ses nouveaux devoirs ne lui pe.rmeltaient plus d'êLrc constamment auprè de
Masséna. Le caractère du maréchal, jadi i
ferme, était devenu d'une !?l'ande irré·olulion,
et on s·apcrçul bientôt de l'ah ence de l'homme
capable qui, pèndanl la campagne d~ Wa:ram, avait été l'àme de son état-DlaJor. Le
maréchal n'ayant plus de colonel coruml· premier aide de camp, les fonctions en furen1
remplies par fo plus ancien
chef tl'c cadron Je notre étalmajor, c'étail Pelet, ùon c.1.marade, homme courogcu ,
mathématicien instruit, mai
n'ayant jamais commandé aucune troupe, car, à • a . ortie
de l'École poJytecbnique, il
avait été placé, elon ses goûts,
dans le corps de' ingénieurs
géographe .
Ce corp , tout en uiYanl
les armées, ne comhaLtait jamru et taisait, à vrai dire,
double emploi avec le génie .
Il esl dan la nature humaine
!l'admirer ce IJl1'on sait le
moins faire, au si Ma ·séna, ~ui
n'avait reçu qu'une instruction très imparl'ail.e, tenait-il
en "rande considération les
io ..énieur- géo•Trapbes, capables de lui présenter de beau
plan , et en avait-il pris plusieurs à on état-major.
Pelet e trouva dan celle
situation à l'armée de Naplc.,
en '1806, et suivi.L llasséna cn
Pologne en 1 07. De,·enu capitaine, il lit auprès du mart'chal la campagne de 1 09, en
Autriche, e comporta YaillammenL et tut hie ·~é sur le
pont d'ÉhersLerg, ce qui lui
valot le o-raùe de chd d"escadron. 11 assi La aux batailles
d'Es Jing, de Wagram~ et ~•exposa som•enl pom· le,cr le plan
de l'ile de Lobau et du cours
du Danube.
On ne peut nier que ce ne
fussl"nl là de lion service ,
ruais ils n'avaient pu donner à Pelet la p,·atique de l'art de la guerre, urtout q_nand
il s'a"issait de commander une armec de
70,000 hommes, destinée à combattre le
célèbre Wcllinglon dans un pais de plus

de

,,

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.iJfÉJIIOTJf.ES DU GÊNÊ1(A'l. BA~ON DE .iJfA1(BOT - - ~

difficiles. Cependant, Pelet dc,·enait de f:til
!'in piratcur de ~fassénn; il était le ·cul
con ulté, alors que ni le maréchal 1ey ni
le · aénéraux Dcynier, Junot, les divLionnaires el même le chd d'état-major général
fririon, ne le furent pre que jamais! Masséna
avait éhi éduit par los talent extraordinaire
donL aiutc,..Croix avait donné lanl de preuve.
dans la. campagne de Wagram; mais ce génie
hor ligne a,·ail deviné la grande guerre, .ans
a,·oir auparavant exercé un commandement
important : les miracles de ce genre sont fort
rares. las.éna, en 'abandonnant par habitude aux inspiration de on premier aide dt?
camp. indi posa .es lieutenant el engendra
la désobéi sance qui nou cooduil&gt;it à des
revers. Ces revers auraient été bieu plu
grand encore, si l'ancienne gloire el le nom
Je ~fo. séna n"élaient re lé comme un épournnlail pour le chef de l'armée anglais.e, cor
\ ellington n'agis ail qu'avec la plus grande
circoo peclion, tant il craignait de commettre
quelque faute en pré ence du fameux vainqueur de Zurich l •.• Le prestige attaché à 011
nom avait inJl uencé !'Empereur lui-même.
N:ipoléon ne e rendait pas assez compte
qu'il avait été le premier auteur des succès
remportés à"\· 'agram; il se per uadait trop
que ~fa · éna avail conservé Ioule sa vigueur
d'esprit el de corps, en lui donnant la diHicile mi· ion d'aller à cinq cents lieues Je
France conquérir Je Portugal.
Sans doute, le jugement que je porle ici
vous parailra sévî•re, mais il era bientôt
confirmé par le récit des év~nements des
deux campagnes de Portugal.
Pelet, qui ne pouvait alors être à même de
répondre à ce qu'en altendait Ma. énp, gagna
cependant beaucoup dans la pratique de la
ç:uerre, surtout pendant la camragne de
Russie, où il commandait comme colonel un
résiment d'infanterie., à la lèle duquel il fut
blessé. li serrnit alors ous les ordres du
maréchal 'er, el Lien que celui-ci 1ui eût
voué unegrandt?anLipatlJiedepuis les affaires de
Portugal, Peld sut conquérir son e Lime, et
lorsque I ey, éparé par les Ilusses du reste
de l'armée française, se trouva pendant la
retraite de loscou dans une po ilion de plus
dangereu es, cc fut Pelet qui proposa de
passer ur le Ilor1sthêne à denù gel~, entreprise périlleu e, et qui, exLtcutée avec résolution, a :mra le salut du corps du mar~chal
.Ney. Ce bon conseil fit la fortune militaire de
Pelet, qui, nommé par !'Empereur généralmajor de grenadiers de a vieille garde, fü
vaiJlamment à leur tète les campagne de
1813 en Saxe et de 1 U rn France, ilinsi
que celle de Waterloo. Pelet dllîiut cnsu: la
directeur du dépùl de la rruerre; mais, en
'anachanl engérément à l'instruction scientifique des officiers d'étal-major plaré sous
ses ordres, il en rit trop soment de levcur
de plan , étrangers aux manœuvre des
troupes. Le général Pelet a écrit plusieurou~rage e limés, notamment une relaLion de
la eampa!!Ile de -1809 en Autriche, malheureusement oh curcic par ses observations
Lhéoriqucs

J'étais le .econd aide de camp de Mas éna.
Le troisième aide de camp était le chef
d'escadron Ca abianca, d'origine corse, et
parent de la mère de l'Ernpcreur. ln lruit,
capable, d'une bra,·oure excessive, se sentant
fait pour alle.r , ite et bien, cet orllcier, qui
ne manquait pa d'ambition, aYail été mis
aux côtés de Masséna par Napoléon lui-même:
aus·i ~Jass~na le comblait-il de prévenanc3s,
tout en le tenant ·ouvent écarlé de l'armée
sous des prélextes honoraLles. Ainsi, d1•s le
début de la campagne, il lu chargea d'aller
porter à !'Empereur la nou\'ellc de la capitulation de Ciudad-Rodrigo. A son retour, l)l.lÎ
n'eut lieu qu'un moi après, le maréchal le
réexpédia pour Paris, afin d') annoncer la
pri e d'Alméida. Casabianca nous ayanl
rejoint au moment où l'armée e.nlrail en
Portugal, Ma séna lui donna la mission d'aller rendre comrtc au ministre &lt;le la po~ilion
des armues. Arr~té à son retour par lïn.urrcclion du Porlu al, il nous rejoigni L enfin
ur le 'l'age; mais il dut repartir encore, lral'ersa le Porlugal sous l'e corle de deux
bataillons et ne put en6n nous retrouver qu'à
la fin de la campagne. Âllaqué bien ·ou,·ent
dan ses longs et fréquents vo ·ages, il en ful
grandement récompensé par sa nomination
aux grade de lieutenant-colonel el de colonel.
Casabianca était, en 18i2, colonel du
f le d'infanterie de ligne pendant la campagne
de Ru sie, el fil partie du mèmc corp d'armée que mon régiment, Je 25• de cha.seurs
à cheval. Il tut Lué dans un combat inutile
où il al'ait été e~agé bien IILll à propos.
Le quatrième aide de camp de Mas éna
était Le chef d'escadron comte de Lignil'ille.
li appartenait à l'une de es qua.Lre famille
di linguées qui, sorties de la mùme maison
que les souverains actuels de l'Aulriche,
portaient le tilre des Quatre 91·ands chevau.'1: de Lorraine. Aus i, après la bataille
de Wa~am, l'empereur François U envoyai-il 11.n parlementaire pour s'informer s'il
n'était rien arrivé de fàcbeu:x à son cou,in
le comle de ~ignivillc. Celui-ci était un
homme superhe, trè hra"e el d'un caractère
charmant. li avait une telle passion pour
l'é1at militaire qu'à l'ùge de quinze ans il
s'échappa pour s'enrôler dans le !""n de dragons. GrilJyement hies 5 à Marengo, il fut
nommé officier sur le champ de bataille et
sefl'il d'une manière brillante pendant les
campagnes d'Auslerlilz, d'Iéna, de Friedland;
il se trouvait en f 00 chef d'escadron aide
de camp du général Becker, quand il pas a
dans l'état-m:ijor de Masséna. J'ai dit quïJ se
l'était indispo é en soutenant avec moi les
inLérèl des courageux -1!:-,ilcurs qui a1·aient
oonduil Je maréchal sur les ~:....,mps de bal.aille
de Wanraro el de Znaim.
Celle animo ité n'ayant fait ~ue s'accroître
pendant la campagne de Portugal, ~igni1•i_lle
alla rejoindre le 1::i" dragons, dont il dcvml
IJienLùt colonel. Jlevena .,. 1néral sou la Ile tau.ration, il lit un très ùon mariage et vi1'aÎI
très heureux, quand il [uL entrainé dans de
fausses spéculation., qui le ruinèrent à peu
près complètement. Cel estimable officier en
... 327 ...

fat vivement alfeclé et ne Larda pas à mourir:
je le rc.,.rellai beaucoup.
Le cinquième aide de camp élail le chef
d'e cadron Barin, qui, ampul: d'un bra à la
ualaille de Wagram, persistai! à ,ouloir ser•
YÎr comme aiJc de camp; il ne pou1'ail c pend;mt faire presque aucun ,ervice actif. C'était
un bon camarade, quoique fort taciturne.
aron rrère était le sixième aide de camp
chef d'escadron.
Les capilaiue aide de i·amp étaient :
f. Porcher de fiicbeLo1ng, lils d'un énateur, com1e de l'Empire. Cet orficier, dure te
très capable, n'avait pa gr:ind goût pour
l'état miULaire, qu'il quitta quand on p~rc
mourut, eL il prit sa place 11 la Chambre des
pair .
Le capitainu de llarral, ne1·eu de l'arch vèque de Tour , ancien page de l'Empereur,
était un charmant jeuuc homme, doué de
Ioules les qualité 1p1i f'onl nn bon militaire;
mais une extrême limidilé paraly. ail une
partie de ses granùes qualités. lL se relira
comme capi Laine; l'un de ·es m épou a une
Brésilienne forL aim:iL]e l{Ui d11vint dame
&lt;l'honneur de la princesse de Joinville.
Le capitaine Cal'alicr sortait du cor1r des
iugénieurs géographe ; ami de l'elct, il lui
i.ervait de secrétaire, et fa.Lait peo de serl'ite
militaire actif. Il ful nommé colonel d'élatmajor quand, sous la Ile lauratioo, on fonùil
les ingénieurs géograpb..es dans ce nouveau
corps.
Le capitaine Dcspcnoux app:lflenail à untl
famille ·de macistrats el en avait gardé un
tempérament t'.\.lrèmement calme, qui ne
s'animait qu'en marchant à l'ennemi. Il supporta avec pcine le fatinues de la campagne
de Portugal el ne pul résister au cümat de
.Russie. On le trouva dans un bivouac, 011 fo
froid avait pour ainsi dire pétrifié on corps.
Le capilaiJl{) Rcniquc a1•ai1 la faveur toute
spéciale de lins éna; mais bon cl cxcelleut
camarade, il sul ne pas trop ·en prévaloir.
Je le pris dans mon régiment lorsque je fo
nommé colonel du 2;:;, de cba cur . Il &lt;ruiua
l'armée apri&gt;s la relJ'aite de Moscou.
Le capitaiue d'Aguesseau, de œndanl de
l'illustre chancelier de ce nom, était un de •
ces jeunes gens riches qui pou sés par l'fi:mpcreur, avaient pris l'étal militaire san~ couulter asse'k leurs forces phy, ic1ue . Celui-ci,
homme grave el très courageux, était fort délicat. Les pluies inre sanles que nous eûmes en
Porlugal, dan l'hiver Je 1810 à L 11, lui
furent i nuisibles quïl finiL par succomber
sur les rives du Tane, à cinq cents lieues de
a palrie el de a famille!
Le capitaiu Prosper ]las éna, fils du maréchal, était un brarn et excellent jeune homme,
donl je vou ai déjà fait collilailrc la belle
conduite à Wagram. li me témoignait la plus
grande amitié. Le maréchal me l"adjoignait
ou,·ent dans le· mis iou difliriles. Aprè ·
arnir quelque temps hésité 11 l'envoyer 'Il
Hu ie, son père, gui n'y avait pas de commandement, finit par le retenir, el Prosper
passa plusieurs année éloigné de la guerre
el occupé J'étude.s. Quand le mmiehal mou-

�_ _ 1tlST0'1{1.11 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
rul. eu 1 17, l1ro1-per Ma. 1111., forl nll'ccl l
de cet év ;nemcnl. (ut pri de Ir., ,·iol ·nie
crise . J'étai · alor. t•xil 1• A mon retour, je
\ÎO pré~rnlrr illl't&gt; homrua e à la ,·cnni du
mar{.chal, qui IÎI au~silôl nppelcr ou filli. Ce
bon jeune homme nl'courul cl ful Lellemenl
ému du me rèvoir qu'il en Lomba de 110U1eau
lr •. gran~mrnt malade. on étal dé anlé
r I i laul i, Lou J, :oins, il 11uilla bientôt la
,ie ù lar1urllc le rattachaient 1111 nom illustre
•I une forllme irumcr1sc, en 1. issant à Yiclor,
,on frère cadl'l, son lilrc el une partie de sa
for!unc.
LI' plu· jeUJJe et le moin: élevé n nradc
t.le tou 1 s aides de camp du maréchal était
\ï1·tor Oudinot, lils du maréchàl de cc nom.
Il a,·ail lltu premier page de rnmpcreur et
l'accompa"11a1t eu relie quai il: à la bataille
de Wagram; il H:nait d'entrer comme licult-nanl dan· l'éLll-rnajor de ~fo ·énn et o'êtail
·• •é que de Yiugt un . li c.,t aujourd'hui
liPuten:ml général . .'ous le relrouveron,- a.o
cours 11':! cc récil ; je me bornerai a dire,
pour le moment, quïl s'c t ae&lt;1uis la r~pulalio11 d'rlre l'un de.; meilleur écuyer de
.on lcmp·.
Uulre •·e quatoue aides de camp, lu maréc.:h.al a,·ail quatre officier· d'ordonnance,
•JUÎ él:tient · le capitaine du génie l3c.'J.uforl
d'Hautpoul, ofJkicr du plu· !!l'and rmirÎle,
•1ui mourut jeune.
Le lieutenant Perron, Pi.érnonlais d"une
fomille di Lin •uée, laid, mai trè spirituel
et J'u11 cara.cl'-rll jm·ial; cc jeune officier
charma no, ennuis pendant l'hi,·er dè l 10,
11ue uou · pa st1mc. dans ln puliLc ,ille de
1'orrù.s-Nov3. , où d' pluie:. torrl!uLiclk
llllllS relenaienl. Le mruéchal cl le "énéram:
,eHa.icnl quclrp1efois 'égayer au Lhéùlre d •·
marionncllc · ttuïl an1il . li orrra ni cr . Urave
ju.s11u'à la Lém(-rité, il p~riL · la halaillc de
lontmirail, au morncnl 011, démonté, il
'éla11çail à l'alifour boa sur un canon ru se,
donL il l!tniL ~11r le poinl de .e rendre maîlre
nvec l'aide &lt;le s ùra"ons.
Le li ulenan I de Brique1-illc se i •nalait
1mrticufürcmcnt pa-r une ll1·a1oure aUant jusr1u 'à l'imprmlencc, ain i Llu'il le prou1a en
l 1:, en co111hallant, à la lêtc de son r •gimenl, entre , 1er ailles el Hocquencourl.
Engagé enlre dcu murs de parc, il ! perdit
Leaucoup de monde et rcf,'ul troi coup de
saLre sur la tèlc. La ville de Caen l'enroya à
la Chambre. oit iJ c mil dan l'opposition la
11lus violenl!l; il mi,urul dans uu cllal de
•rand!! exaltation.
Le r1unl rièmc ofûcier d'ordonnance de
Ma:;sénaétaiL clave de égur, fi~ du pirituel comlc de oc 110m, and chambellan de
!'Empereur. luslruil, d'uncpoliLe·se e Lluisc,
d'un caracl~re affable el d'une bravoure
calin , {kla\c de 1:gur était aimé de tout
l'étal-major, donl il était l'officier le moins
clcml en !!rad , 1,iell qu'il approch.M de la
lrcnlaine.
rti de l'Ecole poll·tccbniquc à
l'époque du Directoire, il accepta le poste de
sous-préfet de oisson , so us le Con ulal;
mai' indi ,.,oé de l'as as.inatjoriJi11ae Ju d11c
J'Engbièo, il Jono3 sn démi ion, et prit le
0

t11:lll1 rt•Juilc iiu silence, une pnrlie dtl la
ville en Unmmc·, un ma ,a in à poudre
a):rnl auté, b ronlrcRcarpe él:ml renver~ée
:ur une lon~urur d1.s1 lrentr- ' ÎX pieds, le fossé
rempli Je dJcombrc. •t la br~che lar cmenl
ouverte, \l,Léna résolut de faire donner le
si goal de l'as aut. A cel effet, le marécbol ey
forma. dan sou corps une colo11ne &lt;le l ,üOU
hommes de bonne volonté, d lim=s 1l. monter
le p,·emirr · à la brèche. Ces bra1·e , r(,unis
au pied do rempart, allendni •ut le signal de
l'altac1uc, )or-qu'un officier aynnl e primé la
crainte que le passasc 11e f,)t pas uffi.ammenl praticable, trois de no~ soldat ·s'élanœal, montent nu ommel de la J,rècbe; r , rdenl dan la ville, examinen! toul ce qu'il
pouvait êlre ulite:dc savoir, décbar,.,ent le!lfs
CHAPITRE XXX
arme., et, bien que cet acte de courngL' cf1l èt-é
c t-cuté en pldn jour, cc lroi l,rav • , p:1r
All,u1111! d pri • dt Ciu1!~1t- Ro.lr1;:o.- faÏL,, ,l'mn~s
,le 1r.1.rl 1•1 ,l'autre. - ~e lomlll· gra11•111t•11l Dllll~dc.
un bonh ,ur égal 1l. leur dévouement, rejoi•
- lncioleut, di,·.:i-s. - Prise ,l'Alméido.
•ncnl leurs camarad · .an avoir été hie •és !
Au
sitôt, Jp colonne qui doh·ent ail ·r 1t
Bien qoe le ministre de la guerre ciîl
donné au maréchal l'assurance que tout avait l'a saul, animée par cet e. cmple cl par la
pt·é cnce du maréchal 'ey, s'avancent au pas
été prtpnré pour l'entrée de soo nrméù en
camp.1nne, il n'en était rien, et le géuéra- d • chargu cl \'Onl se précipiter da.ns la \;JJc,
lis~i,me fol oblirré de pas er l)Uinze jour à lorscJllC le vieux nénural llcrra ·ti demande à
Valladolid, nlin d'y surveiller le dJp3rt des capituler.
La déf n e de la garnison de Ilodrigo anit
troupes et l'en oi de! viue et des muuilion
été
Iort belle; mai I Lroupes e pngnol •
de guerre. Le quarti r g:m:ral îutrnfin porté
dont elle se composait e 11bignaient a,·cc
à :-;a(ama.nque. Mon frère el moi ÎÙlllt'S lo••ê
dan l' Ile ville ·él :ure, ch z le coml, de raison de l'abandon de, Anglais, qni s'étaient
Monlézuma, descendant en li nc directe du bornés à enrayer de ·imple rcconnai ances
dernier rmpereur Ùll )lexique, doul Fernand ,·cr notre camp, ans tenter du éril!u e
orlès axait emoié la famill • en Espa•ine, où divedon. Ces reconnahancc donnaient Lieu
à des escarmouch dool lll ré ·ulla.L lourelle s'dl:Ül rcrpélnéo CU 'alliant à plu,ieut
famille de J1autc noble ·c. Le maréchal naicnl pr que toujou r · à noire avan ta...e.
perdit encore lroi semaines à alnma11q 11c, à L'une d'elles fui i honorable pour notl'e
:illcndr&lt;! le corps du 11én,:r l He •nier. Ces infa.nl~rie. que l'bislorica anglai 'apicr n·a
retard·:, fort prL1judiciable pour nous, pu 'cmp~cber de rendre hommage au couélaienl tout à l'a\•Onlage des .~nglai cbar:;és rage des homme qui prirent p:irl. Voici lu
lait.
Je défendre le Porlu.,.al.
Le J I juillet, lé ,.ênéral anslais ir CrawLa dernière ville d'E•pJ,.ne ·ur cetle îronlière e l Ciudad-fiod,igo, place forLi; de furd, qui parcourait le pai cnlre CiudaJtroisième ordre, i l'on ne con idûre que la llodrigo ~t Villa dtil Pucrco, à la tète dt: six
valeur de es ouHagcs, m.li qui acquier1 une c~cadron., ayant aperçu au poinl du jour une
grande importance par a po ilion entre l'E • compagnie de grcnad:cr· fran~ais 1 lbrle de
pa 0ne cl l1.s1 Portugal, dans ,we contrée pri- ~nt vingt homme en"iron, alla.nt à la décou,·ée de route., eLd'un accè· fort di!(icilc ponr v rle, ordonna tle k faire allaqucr avec dcox
le lra nsporl de' bouches à li!u du gros cali~rc, e cadran·. "3j - 1~ fraofai3 urt•nl lu Lemps
des muniLion cl dr lïmmcn o allirail indis- de former un petit carré, el mauœuvrèreot
pcnsabl, pour u.n .iège. li êtail cepcndaoL àe avec lanl de ca.lme que les officiers ennemis
toute néce ité que l Françai e rendi sent entendirent le capitaine Gouache el on ermaitre de Ciudnd-nodrigo. l\ésolu de s'en Jtenl e..ùorlcr leur monde à bien ajuster. L
•mparcr, Mas éna q uilta 'alàmanquc vers la cavalier ennemis chargèrcn L avec ardeur,
mi-jnio el filcerucr Rodrino par le corp du mais r~'.u.rent une •i terrible déch:u-se qu'ils
rnarécùal NeI, landi. que celui dll Junot cou- lai sèrenl le lerrata jonché de morts el durent
'6loi ncr. En wyanl deux c cadrons anglais
u:i.il le opération ·ontre les attaque d'une
armée aunlo--porlugai · qui, sous les ordres repoussés par une poignée de Français, le
&lt;lu duc de Wellington, était campée à11ueh111&amp; colonel nnemi Talbot s'nvan~ en rureur avec
lieu · du nous. pr 's dt! la. forlerc se d'.M- quatre escadron. du J4• dr3 ons, el ati.aqua
IDéida, prcmi rc ville de J1ortugal. Ciudad • le capitaine Gouache. Mai , celui-ci, l'allenI\odri •• étai! dét~•ndu par un vieu et ùra~e clanl d11 pied ferme, flL faire 11ne décharge à
houl portant qui Lua le colon l Talbol eL une
gJnéral e.~pagnol d'origine irlandaise, Andréa
trentaine ùes iens ! Après quoi, le I.Jm•e
llcrrai.li.
Gouo.che se relira en bon ordre vers k camp
Les Françai , ne pouranl croire que le
Angfai · c ru ea l tellement approchés de la Irançai , Eans que lo .,.énéral an,.lai o âl
placo afin de la ,c.:1 1&gt;r..:adre ous leurs yeux, l'altup,cr de nou ... cau. Celle brilbotc affaire
~•aLLcndaienL à. une Lataille; il n'en [ut rien, cul un •rrand retentis ement dans le deux
cl, le 10 juillet, l'artillerie des Espa 0nol · arroêe .

parli de 'cnna 0 cr au (i 0 de hou, arJs, aYcc
lequel il fil oL c1m1mcn L plu ieurs campagne .
Dl!!Ssé cL fai L prisoru,ier à Hanb en llongric.
en l 00, il fu L 1chan••,:. cl une fois gu~ri, il
demand11. à prrmlre pari corumc ous-lieutcnanl à la rnmpagn, de PorLuaal, où il se
montra lr\ - llrillamment. llevenu capitaine
cla . • de hou:ards, il [ut [ait prisoauicr en
nu sie, el tntouré de 1=gard · ,rue lui méritait
sa qualité de fils do nolre ancien amba. aJcur
aupr··· Je Catherine IL Aprè un jour de
deux ans à • alaroO, sur le Volga, il reYinL en
Js'rance en 1 14 cl entra dan· l'étal-major de
la garde de Loui · XVUI. Il momut, Lien
jeune encore, en l 1 .

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.JH'BMOUf.ES DU GÉJYÊ7t.AL BA]f_OJY DE

.MA~BOT

Ili·: 1111e !'Empereur en lut informé, il
éleva le c:ipilaine (jouacbe -:Ill nrade de chrr
de Lataillon, donua de l'arnocemcnl :tux
aulrc oflicit•rs et b.uil décorations à la comp:i••11ic de 1,:rcnadiér ·.
.\prè avoir mentionné un fait ail· i gloricu~ pour le · mili1aires françai , je crois
devmr &lt;·n rapporler un aulre qui u'honore pas
main~ le.~ K r,agnols.
Le guérillrro don ,luli:m ~am:h~, s'étant

maladie c111e j' , conlraclai dan· les circonslanccs suivante .
l.1!' cn1-iron. de celle \ille étant peu fertile ,
les habitation y sont fort rares, el l'on avait
iCprou_,·é ht•aucoup de difficulté. pour établir le
quartier du maréchal à proxiuulé du lieu où
de1·aicnt MJ faire nos tranchées; on le plaça
clan· un btitimcnt i·olé, itué ur un point
:1 ,~ d'o11 J'oo tlominail la ,•illit el· les faubourgs. Comme le siège pouvait être forl long,

un préle.tlc 11uclconr1uc, et ·'i'.1Cria en cnl ranl:
t,
h ! mes !!tlillard · ! comme ,·ou, êle bien
n ici I Je vous J,·mandt!l'ai une pelitc place
&lt;1 pour mon lil el mon bureau 1 » Nous comprimes que c' 1ta1l le partage du 11011. •t nou
empressàme d'éyacuer notre exceUenlt• hal,ilalion. pour aller 1100s élalilir dans lo. ,icille
,iu,_Lle à moutons. Elle était pa.,.i.:c de p •tits
c.11,:ou.r, dont I~· inter lice· recélaient &lt;.: débris de fomil!l', el doot le~ a:périld nous

,olootaircmool en[ermé da.ns Ciudad-f\o.Jrioo
C,

et 11u'auprè du_ logement du maréchal il n'y
ava1L aucun abri pour es nombreux of6cicrs,
oou louàme à no frais de plnnches cl des
madriers, avC(· \~quel onconslruisil un• alfo
immense, où nou · étions à l'abri du sol •il l'L
de l:i pluie, l'l couché sur un plancher qui,
:bien que grossier, nou présenait des exb.alai. oa.s el de l'humiJilé du sol. Yai le maréchal s'étant Lromé incommodu par une odeur
in 11pporl3h11?, dès la première nuit qu'il pa a
dans le grand bâlimeol cn pierrl), on en
rccb rclm la causC", cl il Îul reconnu que ce
b!tlimcnl étaie une aucicnne berrtcrie. Mas éna,
ayant alor · jelé son d1hola ·ur notre mai on
improvisée, mais ne ,·oulant ccpcadaul fJOS
uoo expulser &lt;l'autorité, vint nous voir sou

g~naieot inOnimenl, lors,1u nou · 1·oulions
nom, coucher, car en Espa"nc mi ne trouve
rias de paille lon•roe. Fore~ nou, fut Jonc de
oou étendre 'Ur le pa,·é no cl iniccl. dont
nous respirions les min mes putride : am: i,
au boui de quelque: jour • LomLàrue -uou
I011$ plu ou moins malades. Je le ru. plu
ra vemen l que me~ camarade., car, duns les
[13.\S chaud , la fièvre éprouve plus ,·i\'emcnt
le. pcrsoun~ fJUÎ en I nt déjà ul,i les alleinles.
elle 11ui w'avait _nccabltl, ~ mon arrivée à
Valladolid, rcvarut avec iotcn il:. X1anmoins,
je résolu;; ile p.rendre part au uan°crs du
~iège, et je coulinuai mon scnice. b
Cc crvicc étaiL ·ou\·e1Jt bien pénible, surloul for-qu'il fallait pendant la nuit, porter

0

avec le:, 200 cavalier· de sa troupe, y roodiL
dt: "rand~ services, en faisant de lréquenlc

all:11111es ur le points opposé de no Lrancb 1c ·• Pais, lorsque le manq uc de four1'3"t · rendit la pr~cnce de 200 cht!vau.x
cmbari:assnnle p&lt;&gt;ur la garni on, Julian, par
Unl~ nwt obscure, sortit silencimsemenl de la
vilfo a,·ec es lanci rs, cl, lr:n·ersanl le ponl
de l'.\g11eda, dont les troupes du maréchal
'. e1· avaient négligé de barricader le a~mues,
il Lombasurno po Le, , tun plu itiurs bommc,,
perça notre li«oe el alla rejoindre l'armée
anglaise.
fuillit me cotHer
1 Le, siège Ùt! Ciuda&lt;l-Hodrino
e
a ,·,e, nou par l • [eu, mais par suite de la

.._ 3-:z9 ...

�H1ST0~1A----------------------des ordres à celle de nos di\'isions qui cernait
la I ille ,;ur la rire "aaclte de l' Agueda et
fai ail le tra1·aux: néces aires pour s'emparer
du couvent de an-Franci co, tranforméen lia~Lion par 1 ennemis. Pour se rendre de
noire quarlicr général à ce point, en élit:1nl
1c feu de la place, il fallait faire un très graud
détour, et gagner un pont con truit par nos
troupes à moin' de raccourcir, en lraver anL
la rivi~rc à gué. Or, un oir que tous les préparatifs élaienls rait pour enlever an-Francisco, le maréchal 'ey n attendant plus que
l'autorisation de !asséna pour donner le signal,
c'étail à moi de marcher; je fus donc forcé de
111)rter cet ordre. La nuit était sombre, la
chaleur étouffante; une fièvre ardente me
dévorait, el j'étais en pleine transpiration
lorsque j'arri"ai au gué. Je ne l'avais jamais
tra\'er é qu'une cule fois en plein jour, mais
le dragon d'ordonnance qui m'accompagna.il,
l'ayant passé plusieurs foi , m'offrit de me
guider.
U me condui il forL bien jusqu'au milieu
de la rivière, qui n'avait alor que deux ou
trois pied de profondelll' ; mai·, arrivé là,
cet homme s'égare dans les lénèbre , et no
chevaw:, se lrouvaut loul à coup ur de lrès
larges pierres fo.rl glis ante , s'abattent el
nous Yoilà dans l'eau 1 li n'y avait aucun
danger de se noyer; au si nous relevâmesnous facilement et gagoàmes-nous la ri\'e
gaucbè; mais nous étions complètement
mouillés. Dans toute autre circonstance, je
u'eus c fait que rire de ce bain forcé; mais
hien que peu froide, l'eau arrèta la transpira Lion dont j'étais couvert, et je (us pris d'un
horrible fri on. Il fallait ccpcndanl accomplir ma. mission, et me rendre à, an-Franci co,
où je passai la nuit en plein air, auprès du
maréchal Ney, qui fit attaquer el prendre le
coment par une colonne ayant à .a têle un
cht'f de bataillon nommé Lefran~ois. J'étais
lié avec ce brave officier qui m'avait montté
fa ,·cille une lellre par laquelle une jeune
per~onne qu'il aimait lui annonçait que son
pi-re con entait à lernnir dès qu'il erait m~jor
(lieulenant-colond). C'éLait pour obtenir ce
grade que Lcfrançoi avait sollic;té la farnur
de conduire ll'S troupes à l'a aul. L'allaquc
fut trl! vil'e, la défen e opiniâ tre; enfin, aprè~
lro: hC'urcs &lt;le comLal, nos troupe· restèrent

en po session du oouvent, mais le malheureux
Lefra.nçois avail été tué!... La perle de crt
officier rut \Ïl'cmc.nl sentie par l'armée •1
m'affecta beaucoup.
Dan ]es pay chaud , le le\'cr de l'anrorc
c l presque toajour précédé par un froid
piquant. J'y fus d'autant plus sen ilile cejourlà que je \"enais de pas er la nuil dan des
vêlement imprégnés d'eau ; au i étafa-je fortement indi posiS, lor que je rentrai au quartier général: cependant, avant de prendre de.s
hahits secs, il me fallut aller rendre compte
à ~Ia sfoa du ré nltat de l'attaque de uFra.ncisco.
Le maréchal faisait en ce moment à pied
a promenade du malin, en compagnie du
général l•'ririon, chcl d'état-major. Préoccupés
par mon récit ou pou é par le dé ir d'observer de plus près, ils e rapprochèrent
insensiblement de la ville, et nous n'élion
plus qu'à uoe portée de canon, lorsque le
maréchal me permit d'aller me repo er. Mais
à peine étai -je éloi6né d'une cinquant:1ine de
pa , qu 'one bombe mon trueuse, lancée du
r.?lllparl de Ciudad•Rodri110, tombe auprès de
Mas éna et de Fririon !... Au bruit affreux:
qu'elle fü en éclatant, je me relonrnai, et
u'apl'rcevant plu le maréchal ni le général,
qu'un nuage de fumée et de pou sière cachait
ù me regarùs, je le cros morts cl courus, ur
le point où je les a1·ai Jnissés. Je tus étonné
de les trouver ,ivant et n·a1·anl pour toul
mal que des conLosions faites par des cailloux
que la. bombe avo.it lancé autour d'elle, au
moment de l'explo ion. Du resle, il étaient
l'un et l'aulrecournrl' de terre; Ma ênasortoul, i1ui avait depui 'lnclc1ucs années perdu
un œil ~ la cha se, avait l'œil qnilui re tait tel.
lemenl rempli de able qu'il n'y voyait plus
pour c conduire, el les meurtri ures faites
par le pierres le mellaienl hors d'étal de marcher. IL devenait cependant urgent de l'éloigner du [eu de la place. lia éna était maigre
cl de peLitc l..1ille; il me fut donc possil.llt•,
malgré mon indispo5iliou de le charger sur
mes épaules et dt le porter sur un point où
les projeclîle. ennemi ne pomaienl l'alleindrc.
Mes c.amarade,, que j'allai prévenir, vinrent
prendre le maréclial, ruin que le oldatsigoorassent le dangE'r qu'nvtlil cou.ru le 11énérali·sime.
Le fatigues cl l'agitation morale qucj'aui

éprouvée depui vingl-quatre heures augmenLèrenl beaucoup ma Oè•,·re; néanmoins je me
raidi saj contre le mal, el je panins à l
urmonler jnsqu'à la reddition de CiudadRodrigo, qu1 1 airui que je l'ai déjà dit. eul
lieu le 9 juillet. Mais, à comp ter de ce jour,
la ·urexcilalion qui m·a..,a.it soutenu n'a ·ar1l
plu d'aliment, puisque l'armée était en repos, je îus 1·nincn par la fihre. Elle prit 1111
caractère si alarmaol que l'on fut obligé c.lc
me transporter dan l'uni&lt;[ue maison de la
,•ille que le liombcs rrançai e cu,scnl lais,1'.e
int.acle. C'c~l la cule fois que j'aie lité éricu~cmonl malade sans avoir éW bl é, mais
je le fu si gravement qu'on désc péra d.e ma
vie. Aussi me lai a-t-oo à Ciudad-Hodrign,
lor que l'arm6c, aprè avoir pa é la Con,
marcha ,ur la îtirlere .e portugaise d'A.lméida.
Celle place n'étant à vol d'oiseau qu'à quatre
lieue de Ciudad-Hodi-igo, j'entendais de mon
lit de douleur le bruit contînuel du Cà.non,
dont chaque détonation me faisait bondir de
ra~e!. ..
Plujeurs fois je "ou lus me Ici er, t'l ces
essai inîrucluenx, me prouvant mon impui sante faiLlesse, augmentaient encore mon
d ; espoir. J'étais éloigné de mon l'rèro et d
mes camarade , que le devoir retenait auprè
du maréchal au siège d'Alméîda; ma triste
solitude n' élaiL interrompue que par les courte
vbites du docteur 81:mchelon, qui, malgré
es talents, ae potll'aÎL me soigner que Lri!s
imparfaitement, faute de médicamc-nts, l'arméfl ayant emmené ses amhufam:es, et loulcs
le pharmacie de Ciudad-Rodrigo étant épuisées ou détruites. L'air de celle ,·ille était
,,icié -par la grande quantité de bles;é des
dl·ux partis qu'on y a,·ail lai sés1 el urtout
pnr l'odeur jrucclc s'e:i:halaot de plusieur ·
milliers de cadaues qu'on n':Hail pu enlerrcr,
parce qu'il~ étaient à demi enfouis .ous ll'
décombres de mai on, écra é&lt;'s par le· 1ombes.
Une chaleur dl! plus de lrcnlc degré$,
ajoutant encore à cc causes dïn aluhrité,
amena Lien tôt le typhu . li rit de grands ravages dan la garnison, et urtout parmi les
habitant qui, a :inl éthappê aux horreurs
du il-ge, 'é(ail.'nl ob tiné· à re Ier dans la
place, afin de con ·ern,ir les dêhris de. leur
fortune.

(A stûvre.}

ÜBNÉRAL IJE

~1ARl30T.

COMTE DE F~ANCE O'ttÉZECQUE;S
~

cour de Versailles intime
)lt1h1 Hn•~ :·1 11d1J(I co11uu-;. fout IJ
fnnle, ;tll lr,t•1·. pow- Mrc ,·11, ,lu

u'f\u ~11l't1ÎI \OiL' mil.lt»
:-:il lin \Oil auj1HUt1'hui
,1ue ceU\ 11u'il ,il hier N 1111 ,1 H•rtit
Jcmai", ,,ue th~ ni.aJl1~url'u, t
tirÎlh.' t' lflh
:i. fa foi..,; t•I

L, D11vrinr, Cararlttn.

Le cérémonial du Ic,•cr du roi pourra pa•
raitrc d'autant plus curieux qu'il
t déjit
plus loin de nou', el que hieo de· aens demanderaient \'Olontier ·i ce lever éLai Lréellement l'inslant oit le roi quittait son lit.
li esl à croire r1oe, dans des temp3 plus
reculés,_ le courtisan moins pnrc eux que
Je no· Jours se lrouvaicul au réreil du prince.
Aman, à la porte d'Assuéru , devançait le
jour. liai·, uccessivement, l'heure se sera.
Lroul'ée reculée, et le le\'er étniL devenu la
loi~etl: du roi; car, sou Louis XVI, qui
iJU1lla1t son Jit à !ôCpt ou hoil heure du matin, le lever était à onze heures el demie à
moins que des cha «es ou des cérémonies
n'en a 1anças~ent lïnstanL; el je l'ai vu, dan
que~ques circon Lance , à. cinq heure du
matm.
C'était à l'heure du lè1er que $C rendait
nu chàteau la /oule de. courlians, oil de Ver.aille , hOÎI
de Paris. Le uns venaient c
faire r emarquer, ceux-ci cher•
cher un regard du prince, d'auIre se répandaient en uite dll.Jls
les ùureaux, chez les mini~tres, pour; y solliciter &lt;les fa1·curs, souvent demander de
l'avancemen t, et n'y ohtenir
t1ue de refus ou de la hauteur; car, de tout Lemps, les
s?ballerncs cropicnl ~·acr1uér1r d!! la considération par Leur
lierlé, prenant presque 1oujours la morgue pour le talent.
Tout cc monde attendait le
moment d11 lever dans l'antichambre ou lagalcrie; et ceux
que leur service appeklit, ou
qui nvaical ce qu'on nommait
les entrées de la chamlire
étaient reçus dans l'Œtl-de~
fiœuf, va lu salon qui préœdait
lacbambre duroî, aîmi appelé
LE
d'une croisée ovale placée dans
la YOùte. C'était le vrai temple de l'aml&gt;ition, des inlrig~c:, de la f~usscté. Qucl11uefois, de,- pronaciaux i!blouis, des gen distraits ou 11100r~ts, attirés par l'énorme [eu de la ~hcmrn~e ou par la curiosité de voir de plus
près celle quantité de cordons Lleus rourres
'

.... 33o

i,-

0

o~ vert '. qui Caisaienl groupe près du Îoler,
a1·anra1ent malgré les averti~ eanenl, multipliés du uisse, et les cris de : 11 Passez,
lonsicur, pa.sez dan la aalerie! &gt;&gt; ~fais, ô
prodj,.e de l'11rhanité française passée dans
l'àme d'un llelvétien ! le boa uissr. saisis ait
un prétexte, el, faisant semblant de ranimer
le feu, de fermer un rideau, il louvoyait autour de Yous et, linalemenL, vous instruisait
à l'oreilJe de votre mépfre et vous épargua it
la honte d'un renvoi public. L'honnète provincial rougîssai l, liais ait la. tête et ou ven l
remerciait, tandis 11ue le pelÜ-IIlllitre qui,
ma~gré son bel habit, n'en était pas moins
un 10trus dan celle lirillante réunion, rele,·ail la tète el fuyait comme de ~on gré.
Ce gros ~ uissc végétait derrière un énorme
poèle placé au Jiout de l'Œil-de-BœuI· il ,
mangeait el digérait à la barbe des prin~e, e·L
des ducs. Le soir, il lcndait son petit lit dans
la graade "alerie, el pouvait se dire l'hommr.
le plus magnifüp1emenl lo"é de France. li
dormait au milieu des glaces, el, au point
du jour, son œil enlr'ourerl pouvait contempler les chef -d'œuHe de Lebrun, moins pré-

quel11ue;; loui . Un de ce uissc , au i:ornmencement du règne de Louis XYJ, se nommait Buch ; ou coru;ervail encore le !$OU1eiiir
de sa malice, de a franchise el de on orir&gt;i0
nalité.
Quoique Je salon de l'Œil-de-Bœul' fùt lrè
vaste, ~l y avait Jes jours où il avait peine à
conlenu· la rou]e de coarti ans. Qaclq 11e~
lianqueue , trois ou quatre ta!Jleaux de Paui
Véronèse en faisaient tout l'ornement.
L~ foule enfin rassemblée, onze heures et
demie sounei~l. ;~o de minutes après, le roi
or~ de on mterieur eu babil du mnlin et
arrive dans la chambre de parade. ln garçon
de la cha~re se présente à la porte et crie
à haule voix_: rr La garde-robe, Ales ieur, ! 11
Alors se gl! col les princes dn sang, les
grands officiers de la couronne, les offîriPr .
de la garde--robe, el Les eigneurs qui onL ohtc.nu les_ grandes ~nlrécs. De ce nombre ont
ceux IJU.' ont prhdé à l'éùuca1ion du roi.
La Lotlelle ~ommence; Je roi se cliaussc et
pas.e a chtmise . .Alol:'s, la mèrnc voix rouvre
la porle sur l'ordre du premier genLilhomme
de la chambre, el demande .• (', La prem,'è rc
cutrec ! » A cet appel, ,1rrhent
la Faculté, les valets ùegarderohc hors de ervice et le
porte-chaise d'all::tire .
Aussilrlt que le roi n'a l'lus
11ue
on hahit à pas •cr, on
appelle : « La chambre! »
Alors enlrenl tous los o[lkicr ·
de la chamhrc, le , pa.,.es, leur
gouverneur,
les écuvcrs
"' .
...
, les
aumomcr , enfin les C'Ourtians admis aux entrées de la
chambre, c'est-11-dire de l'Œilde-Bœur.
Le roi étant tout habillé, on
oune le deux ballants el on
lais e entrer le reste des officiC'rs, les étrangers, les curieux.
mi tlécernmcnt, d sdon le
co lame, le modeste auteur
qui vient humblement olTrir
une dédicace, etc.... Le rai
pa~se alor dans la balustrad ,
qui entoure le lit, se met à
Cllch6 Oiraudoq.
genoux sur un cou. sin, et,
SALON DE L'ŒJL-DE•DfJWF, .10 CUATEAO Dl: \"ERSAlLl.ES.
entouré de. aumôniers el du
clergé, récite uaecourteprière;
après quoi il écoute toutesJcs
rieux pour loi a ·urémenl que Je ,in de son pré eutatiou·, el entre dark le cal,inet du
pnys èl les étrenne qu'il recevait le jour do conseil, oi1 ce11.1 &lt;[Hi ont les entrées de la
l'an. Ce jour-là son attention redoublait pour chambre lo suivent. Le res te de la foule va
ou vril' la porte el tenir la portière am. grands dans la galerie, atlendre le moment où le
seigneurs qui récompensaient cc cn-ice de roi ortira pour aller à la mes e.
.... 331 ...

�1l1ST0~1.ll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - l'ar un usarrc trè., ~in.,ulier. C'I '(UÎ N'JnOn•
lail, je crvi , :iu lcmp~ oi1 l'on portilil dt-.
perrm1ncs imrn •o c , Loui • '\'l 11 :c I isail
coim!r qu'étant Loot b:1hilltl. Il pa s.1i1, .iprè·
;on le'l!r, Jan un c.iLin ·l où il enveloppait
d'un irnm n ii t"i·•noir ou habit lirodé, l
le \'a let J,~ chamhre harhier 1p1i nvaiL prépart~
1 · cbc,·rw: au lever, linh._ait la fri·ur• cl
mcllniL la poudre.
.'ipr arnir a~ i lé au l 0\l'f du roi. vo on.
• qui r prati1111ail à n couch r. C lui-ci
l:lail l,icn le 1érilal1l ; mai. 11111' occupation,
.~0U1rnt un lég r somme, rdcruil le roi plus
lon tcmp~\ onze h ur , arri,·ai ·nt le . nie• el le.
courti. :m .. Tuut était prép r~ : une m3gnilÏl(llC LOilclle de Lrocard d'or cl d,: d ot•ll •;
,ur 1111 Fauteuil de maroriuio rou c, la robe
d1: chamlirc t•n éluifo de ·oie l,lanche brod!' ·
à l,1011 ; la cbrmi" , enveloppée dans un mor•
t au dr talîel,1'; nr la ùalu lrade, un doulM
c01L in ùe drap d'ur appi•l · 'UIL1n, ur h•quel
on po;;ait b 0i1Tt• de nuit eL le)\ mouchoir..
.\ cù1,:, le p:mlouOc , d · 1 m me élu[c que
la roli •. étai nt plac~: pr '- · d •s pa e de 1.
d1:unbrc qui c tenaient contre la b.ilu •
lr,J Ji•.
I.e mouar11uc arri1ail; 1 premier genlill.i,1mm • de la cb:imbr rcœl'ait ·on cbap :iu
cl . ou épée, 'lu'il r,·mcll, il uo ous-ordrc.
Le roi commcuç:ii t, u·ec le courti- n , une
com ·r~tion plu. ou moin longue, uirnnt le
pl,1i ir qu'il Lromait, et 1111i, ou\'eot, ~e
prol1111" il lrC!p au gré d • notr' ommcil el
J1• n.,. j:imLc ••\prè. a,oir cau~é le roi pa il Jans la bolœ.tradl•, se mrll.lit h "t!Doux
a1 •c l'auuuinicr de 11unrli •r ~t•ul, 1J11i tenait
un lon» liou"èOir de ,. •rml'il t, deux hoogic~,
l 111di ,,m~ 1' prinœ · n'm ponvah,nl voir
qu'une. L'aumùni r récitnit l'orai on : Qme·'" 11111s, 1111t11 ipot1• 11. /)eu~ ; el, lJ prière terminée, le hourrro:r t1ait r mi nu premier
valt!l Lie chaml,rc qui, ur l'ordr du roi, le
domuit b un ùe:; ,ei 0 11eur3 cp1'il ,oulail distin.,ucr. Cel honn ur était J fort apprtkié en
f'r, nec, 111rn beaucoup dé œn. q-ui préknùnienl ne pou ·afont d,t,..ui .. cr lt•ur Mpit 1111:rnd
il l'll étnienl pri11) . Le ruaré ·bal de Uro li!!.
lt• \aini1ncur de Ilcr "n, cordon \,leu el mar,,cbal de 17ranœ. à 11uar;1nle ao , comblé de
gloir •, étnil plo. 1111 • pcrs.onno ,en.iblc ~,
lie pri\'aliun. :i r1111"l'Ur, ,on emh:ii-ra,,
dt't:1:lait•nl le crud cL:i••rin 11u'il éprou,·ail,

tnnl l • rœur J • l'homme l in ompr·•t.ien:ible, cl rcnferm de petite, fa\hl . ,, à cillé
de! plu. graud~ riunlité~!
Ct&gt; buu!!Nir me r3Jll' •lit~ un ll·ail ,,-~l'Z
pl:iic;anl dont j'ai él: témoin. Le marqu· d
Coollan., tri• aimé du roi, oupaiL chez la
Ju.ch se d Poligna ·, n•nde1.,-1·ous d'une
p. rtie de la cour. L'aLbé d lontazet, aumùnier do cr~ice, ,· · tromuit. , iu i riuc le
marqui. de Oebuocc. Ln comer. ûon amena
un pari : •ttù, d • c ·, deu courûsans, ézal ...
ment eo ra,·eur, aurait le bou oir au couch r du roi? ,1. de Conflan , tri" accoutumé
à · l honneur, outenail que .r. de Belsunce
l'aurait plutôt qu loi. ln • rend au coucher.
,l. l'abbé de ~Jontn l. intérl• .sé Jan. le pari,
d'aillcur au~si •ai 11u'aimnltl•, c propo~a
bien de faire ga!!ller ·on parti, c'e. t -dire
M. Je ~bunce. En eŒ't, aprL la prièr , le
roi cnrnic le Lou coir à M. de Connan , Lrè
étonn: de ·e ,·oir découvtirt dan· un coin 011
il (àrb:ul de cnch •r. Le m lin aliLé, au li u
de rl:ritcr à deroi-,oi l'orai on, a,·ail pré1· nu
le roi de c,! qui 'était p:1. ~é chez m:idJme Je
Poli •nac.
c m:lrqni de Conlla , ûl du maréchal
d'.\rmculi~r , était un Je· plu. licau homme de France, et le meill nr offi ier de
troup llHirc d l'armé,. ne tr:m. piration
aLond.intc à L1 trtc l'ol1li" it à ne point
porlcr du poudre, cl à [air u~:i ..c d'une coiffure au i &lt;:1tr:1.ordinairc alors 11u'cllc e l
ommune de n Jour. oi c llu iropLicilé
demandait à 1. de Conflau~ beaucoup d1• temp'
el de ,oins, pnr l':'lrl 11uïl 1 i!pportait. Très
c Lim: du roi, eu fm!ur clwz l:i r in , il
mourut ~11ùitemei1l, eu • lavant h:s m:iin.
pour u mettr 11 taule, dans un :ln,: encore
{lt'lt a\anc'.
f\erenon au coucher. La prièr linie, le
roi ôtait .on haùil, dont 1a manch droite
é.tail tirée pnr le grand-mailr d • la garderobc, le duc de Liancourt, et la auche, pnr
un premirr-111aîlte, . de Boi &lt;&gt;el.in ou de
Ch3mclio, cl toujours en d~·cendanl, i le
prèIDi\r· officier ne··: lrOU\ ieot pa .. Le roi
nm:iil en uitc. :i chemise; ell' lui jJt.ail donn~e
par le premier gcntill1omme de la cbnmbre.
lai ~i l'un de' prince· du :;aog étail pré. nl, 1;· était lui qui a,:iit le droit de pa . er
la ch •mil&lt;', .- qu'on rrrY:irJait comme un
•ran,J honneur. Le premier gl·lltilbommo de
b ·harnùr' pnhentait alor la r11l, • de cham-

br u roi, ,lui 1)lail de ~ poch · _:1 Lour-.c,
un énorme trou ·eau de cluk a lunt'llc et
. on couteau; il lni . ail lomb •r on haul-dechau., sur ~e t.ilons, ·l dan, c 't état causait encore a ~ez lon~lcmp · Enfin. il 1·rnait
si, placer dan· uo fauteuil; un •ari:011 Je la
l'hambre, à droilc. un de la • rdc-r&lt;ilie, •
au ·he, e mettaie,11 " noui et pren:,i ·uL
cbilrun uo pied ùu roi pour le d&amp;·hau~ er,
Alors le. deux pag~· de la hambre 'nv:111\·:ti nt el m Uai ut I •· pantonll · : c' ,:u it 1
fanal cl,· la retraite. L'hui ·.icr le dronn il. en
di. anl : « Pa · •1., fo . ieut' ! o Il n,· r tait
plu· que le prince~, le ~ 'tl it·P. parliculi r L
t •11 qui avaient le l •til • entré.:: . lk 'nlr •tenaient le monarquepcndnnt 11u'on 1• coiflnil de
nuit. c·ét it lïnslanl dl'S jol •u propo .• des
pelil an1(cdole.; t ou,·cnt le rir' (r:1111· et
hru~·anl du hou Louis ·yt \'cnait frapper nus
oreille dan l'Œil-dc-Dœuf, où nou allcndion. l'ordre pour le lcnJ main.
,hnnl 11uc Louis ·n I n , fùt ab orùP par
se pcin~, le c-0uchcr Hait le 1'1)on1cnl Je H!.
d~ln:. rmcnt · t de • j ux. li y faisait ÙC!&gt;
nicbl! aur I'
. ll"~ç.,it l · capitain l ..1rod1c,
ou f:ii it cb:ilouiUer ,w 1icux "1\ut d tl1.imLrc i en il1lc que ln peur ·unie lu fai. ~il
enfuir.
Qu nd le roi n·otrail dll la th . e, il ,.
:wail rc 4fu'on nppel:iil le dél,oll!1• C'était 1;
Loilt:lle 4uc 1, r,&gt;i fai. nit alor ; et le u a • •:.
t1ait•nt à peu prè 1~. m~m , qu'au l •çcr.
L.a g:irde-roLe dn rni ét..1il dan. un J&gt;l'lÎl
appart m~ot, sur une p1&gt;lite cour, d•rrii·rc
l',,,t-:ili r de marbre. c·ét.ait la qu'on con~1·rv:i.it J, · haliit , lé lin!!ll cl le· vèlemcnL du
monarque. Tou lC!· jour~, on apporlail, dan.:
dr. 11raod.~ L3pb de yc)our ·, ce qui '.tait n :_
· s ·aire p ur la loilellê du oir cl Ju m tin.
Apr~ on lever, le roi rec1.m1it -.ou,·cnL d
dl:putation , .oit du Parlement, soit d · É'.tal
proi iociau .
C' • 1 d ns un de œ · circon. tanr,• 11uc
jl· le vi rem lire lui-mèmc à l'avocat- ém:ral
:é!!llier un exemplaire d l'ouvrn"e de ~iraJ,eau ... ur la cour Je llerlin, pou.r Jonn r plu
d • .olennHé à l'arrêt 11ui le onùainoail à Nrc
brùlé par la main du bo11rrcau. c·c I alors
que I prinœ llenr1 de Pru s , trè maltraité
d ru; 1-e libelle, dit à t. '"é .. uier : c You
lcoe:t là de la boue. ui, moo oign ur,
répondll le pirituel ma.. i lral. mai dl• n
1 ch,,

1~·. •

Cu~n, 01:. FR.\.,

·cr:

o'JILZLl

J

ES.

U

E

IIÉROÏ E

DE

1870

•
.4ntoinelle Lix, lieutenant de francs-tireurs

llea11r,(111p Je
· J 'vout·rent. en
iO, 3ux ui1~ J , 1,le ·. é . füi, plu. r.irr
sont cclks q111 por1j\r nl k :irnl&lt;' contr,
l'c~nemi. li en c l 11nl'l1p1es-11nu·, pourtaot,
11111 firl'nl le coup Je fru vaill tnmrnl et 60
&lt;'AlOdui ir.·nl l'n .oldal . \1 is leur OQrn . ont
pre·que "énéralemenl i,.norés. L'une d'ell ·
même porla l't'&gt;paulelle.
1; lie émufo de. J •mo: cll Fer11i" cl de
h_ ca~itain~ , nul3:1inc s'appelait ,\.ntninetle
L1x. Fille d un anclt'll orficitr de Loui xvm
ri de Cli:irl · X, Ile ét:iit n !e à Colmar en
IX:i!I. rphi:lin • de mi!rr, lie uaiL él élen:C
en garçon p:ir son p'•re 11ui lui lit porter le
ro turne m:i.culin just1u'à nge de huit an .
A duu,e aos, elle mon Lait parfaitement à clical et rai,.ail de l'escrime comme un maître
d'arm . Pos édanl une forte in 'lruclion
~arlanl el t.&lt;cri\':llll ~ourammenl l'angla.i e~
1 allemand, ell • p:irllL, à dix-. pt nns, pour ln
~ulœnc, où on l';ippclait pour foire l'éducallon d enfant. dan une famille nohle.
.' o c:irnct re énergique cl ·a 113t11re ch._
vnl ·rr 1111 • nllaic•nl lrouvl'r 1 1,i •nllll l'occ.a'io_r1 ~e : • m:rnir l('r, 1,'in·urre lion polr,n:u-e r btè en I n:;, nloinelle l.ix pr1:11LI Je
p:i:li ile - operimé . A la l 1te d'une ompagmc de p rll:an ·, elle court fa cam1&gt;:1rrne
O
'
att;,que de. :mml-po,l ru~ e el les met en
déroul '· J,'jo,-titutricc t de,·enu • le lieutenant 'I ony. Ble é dans un engagcmcnl r~r
la lance J'uu co·:ique. ell • e,-L r.im~ .ée plr
une relinieu_e, -~Ur Ft!licicnn , qu'cll, a,·3it
cr,nnuc à Yarsovie :ivaul son entré,• en reli"\on cl qui _n'était aulrc qu'une jrune fille
J nneJ,•~ me1l1 ure Camill • du p:i ·., llli: Wolo~ -~:i., nmrFélicir.nne la soi:!ll, a; !C u11 grand
dt!,·oue1ucn l rl la arJ3 près Je dcu mois
dans ·a cdlulc, ju. 1n'à ce que ·a Lie,. ure
(il l fi:rml-e.
P_'inc gu rie, .\ nloimtte Li r&lt; prit . on
épée. Elle accepta la mi ion diCli ile de porLe~ une i_mportant,• dépêche à un cher polona, ·, lllllLS ell,• Lomhn en tr• 1 m in: d,
l\u. es el ne dut, l vi • qu'à un pa c-port,
au nom ~u . on fr •r1•, i1u'clle porlait ur clic.
flcr..ooJmte ~ la froutii'·re, cllti fil d'Jbord un
a ~ez long rjour T&gt;n Ùl', Jmi elle! rentra
en Fnnet\.
C'était en 1~tifi. Le. choléra . é"i i I alor
a\'1/c une terrible i11t.ensi1é ur nos r,t:!ion·
• _plenlrion:ilcs. nloinelle Lis: part pour
Lille
, . , s··m. lail. en plein quartier ~3inl• aucu~, le •ttrnrllcr p:1.Ul'rc, v~riLable (u ·cr dïnfét!hon où le Oé.,u fait d'Jpouva.nlabl . ra~.tfle.' •l elle ·oigne 1 • cholérÎtfU n~ c un
111,13 -. alilt! dél'ouement jns11u', la trn 11', l'épid
,·1111P.

~n r~ompcnsc de sa li lie conrluit , ell,?
ol,tml J ~Ir~ nommée rcc ,. u c tlu lmr •au
de po. lc Je L:imarche, dnn · les \'o,ge". c·c~t
ln 11ue la !!Uerr • d • 1 iO Je,ail la trom •r
1~,·~ l)~ll l~ pa). rut envahi, la petite fonc:
laonnn1re d1~parul pour faire place an lieut'-'nnnl 'I'onv.
Le ;- s;plembre 1 70, Ille l.ix s'cnga"eail
dnns la compa1rnic d • lr:incs-Lirl!ur de Lamm:br. EII avail choi i inteulionn Il •ment
pour ! prendre du . erricc la compa!mi, de l:i
vill~ qu'ell h3bit:iit, parce qu'elle élaiL n •
urce du rc pecl des .oldals tp1'dle de nil
commaodP.r. Tou c · frao _-Lireur, tiaient
des enra~t. du p:iy , C'l rlle était particulièrement héc avec le mi•re el le: œurs de
plu.icur d'entre l'UY.
D fa.il, c: old:11 !ni ~t.ticnl profondément dé\'OU~'. on coura"e lrs entrainait l't
i ell • l'et'JL voulu, il· l'cu~sent cboi-ie conun'
c:ipitainc.
pre. une i:éric d'opéra lion. dnr11nl lt•. qu Il !a compagni1! rampait eu plt·in oir,
san alm, en cc paF .ilué à plu· J, 00 mi.~
tr' au~de~su~ do nireau de la mer, le.
îra.ue -t1r('urs Je l3m3rcbc furent ver,-és
dnn. rarm_J du ,;én •rai Dupré et 11rirrnl p1rt
à la hn1111llo de La Bur •onc1-~utnpal1•li1.r.
Mlle Lis 'y condui,i L de l:i façon la plu
vnillaule.
rr:inl!•lir,mr a raconté, d:tn IIIIC
lellre, commrnL oc lie11Lcn:1nt fùninio r.,lli:iit
te~ mol,ilcs ,1ui e déh:ind ,icnt ou .e jet:ii1•11t
à ll'rre pour èilrr le projt"ctil,. :
- .\!Ions, me.:. ieur . de boui, l1•11r criaitelle, ··•·· l l.1 têl~ haute qu~ ks franç 1i doivent ,alucr le~ halle' pru ienn !...
Ilien que f11rlcmenl co11tu,ho111.c par un
éclJL J'ol,u ·• lie "ardJ ~on C'~1mm:rnilcment
Jurant toute 1., journée, cl, le c.nnb.,1 fini.
elle se con :trr.i aut ·oin · Je l,le. é..
.\pri•, omrJtelite, la rompagni,• a :inl :1J
fondue d:in, le lrou[W, de Garil,a!Ji, ml, l.ix
rc1int à I.:un:irch~ et · organi a ramlmlaucc.
Le· l'ru . ien avaient eoreodu parler d'cll •;
les journaux d~ la région 1• il ,·aient ren &lt;·igué · . nr 1• ne les de celle Lonae Français&lt;'.
I.e jour où ils entri·renl à t:unarch •, il· manik tèrcnt l'inlenlioo de la pa~. •r p:ir lt•~
armes, parce qu'elle a,·nil nagui•re porlt\
l'uniforme de frauc-Lireur.
T::indi qur, accompa 11 oée d1l cur~ de Lamnrch , clic • rend3il rur 1~ ·hamp de hotaille 011 1 garibald irn · luttaient oontr l'env.ihi ~rur, le Ali m:1nili l'arrtH~rent el lil
gardèrent comme olag&lt;'.
- ~i un ru! roup de ru il rsl rirê contri•
nous à Lam:m:he, lui dit l'offki .. r, ,ous crcz
fusill,:e.

rn

... 333 ,..

Ille Lit n • nurcill:i pa . Eli,· J,•111:uul:1
et~lcm,·n: ,,u·on lui muJit I liherttl pour
1p11•1!,• put rde\· •r lt• 1,lc,s.1, l'l lrs soi!!nrr
J.111 on anihuhncc. Et, 11enJant 11u'rllt• ~e
d_évouait ain. i, q_n!nzc olJ.1t:· pru ·1en et un ofhcier C'm·ahi: oirut
:a mai.on et 1:t rnrllni or
à s:ic.
T&gt;~ ce mom.,nl.
Ille Lix reprit Il' l,:i1,it' de son l'.t•el ne
s'occup3 rlu: 'lu'à rrourir 1• mn lad1•s rt
1• l,le , t,. Plu~ lard,
dan. de. circoml~ncc:;
non moin · périllcu:t·:,
cllc[ul,•nl ,a ~une
d . :imi , à o. r
soig1wr la populali,111 décimée
p~r la 1·ariole . .\.u:;,i n'él.tilœ pa sPulemenl d1· I' ,time
rruc I •. linbit.nol de L:imnrchc
nrnicnl pour Il : c'était ·une
orte de cul11•.
Elle ,e monlr,1, d'uilt,·urs,
nu ·si dé.sintére . é 1111e rou rn' •u e. Bi n que :an. [orlune,
elle 'était équip !t• à r· frai~ t•I
clic ' r •fu~a Lonjmm à 1011ch r ,. a. .d'o!Je d'officier l'l lïu- 0'110, . t·'.lR
dcmmtc cnlr'oe en &lt;· mp:i)!:nc.
o'.\, 01,... n~
C1•pendaot, elle nl,anùonnait la
plus lnrg' pnrl de , on t.r:u•
Li •
tement à la pcr onne (111'elle
:ivait prise paur g :rer sou b11rean dt• postl'.
li11 jour, à 1'(opo1p1e où die i•tait lie1111,nnnt
d • la comp~"nie d · fr3oc·-tirl'nrs de 1.am~rch , tille uc put ronlcnir un moun•m,.:nt de
dl~goùl en vo~ anl un jcu1w hu111u1l', !ils d'un
ricbe l,an,1niL·r, aller toucher :n ~olJ,·. Ce
jeune bomml! et)l pu ctpe11Ja11t. • pau-.rr fort
bien do \ine nux Jilpcn · 11-: la pat ri•.
11 ll urprit mon r •aard, dit-elle dans .l•,
note·, et il rougit.
• - Eh lticn, lieu tenant, el mu. ~ fil-il
nl'cc cmh:1rrns.
0 lfoi, je rai~ fa i!ll rrc à m : rrai .
1 Comn1rot'! '1 ri:H-il d'un air Je
profonde . tup 1fo.ction, Vou~ t'l • dvoc l1k11
rit·he ·? •••
D J' ni mon lrailcmcnl d • rc cv, use de.·

postr~.
» - Mai· ,·ou · pai •t l'aide 11ui mu ri:mplnl'c '!
•ui, 1 Cl.' ')UÏ m rc Il! uff11 à me'
L •,oin,;.
li ~lou inltrloruleor, ajoute-1-cllc, m,
11ui11.1 a, c une mi1w 11ui . l'ml,lait

�~ - 1!1STO'J{1Jl

LI

• folle à lier.
dir1• cl ir ment que J.,,.,.
c ..,,s
melle 1•.onclul:
.
« i l'ar11ciit. 1iu'il_vient ùe,_tou_chcr ne lui
l&gt;rùfo pa" le. dm.,ts, il faul qu tl ail an portemonnaie à la place du cu·ur •. n • .
e senlimcnl:; d'abnégallon el:uenl à la
h.,uteur de sa vaillnni·e. l'o oir que ses oldal n'avaient f}UC du pain, le capil:unc d, la
rompagnie du.J~ra: qui ca_mpaiL à !-► 00 mi•tr,,: d. là, }a hl 111v1IC'r à diner.
fille rdusa ·
.
. .
_ Merci, capittiinc, Jil-elk AuJonrd hui
mes ulda~ n'ont quo du pain : je le pnrl.'l-

gerai avec eux. Le jour où il ne maoqueronl de rlcrl et oi1 vous n'aurez, vous, 11uc
du pain, invitez-moi, je vous assure quo
j'accr•plerai.
~

Ceuc héroînc qui e battit pour la France
el se dévoua poul' oigner le llles és n'eut
d'antre distinction orncielle que ln médaille
d'or de prumière cln~ e el fa c.roh: de bronze
des ambulances.
Les femmes d'Alsace lui offri-rent. aprè
la rrnerre, no sup •rue épée ~'l!onnenr Jo~t
1a poirrné.e, en argenL mas 1f, rcprcscnL:111

l'A1 ce couronnée de~ créneaux de Stra ltourg
et brisant ses chaîne , :n·ec cette inscription :
1i Les Alsacienne·, à leu.r vaillanle, compatriol Mlle Antoinette Lil, en ,ouvemr de la
guerre de 18î0-1 l. ,
.
,
Celle éJJée vienl d'ètre remise au mnsee de
l' \rruée. Elle y perpétuera la mémoire d'une
Mrt1ine qui. s'élllol sacrifiée pour son P3 IS,
ne demanda rien, ne ·ollicita aucune récompense, et 11ui, l'heure du danger pass~, se
contenta ÙI! ,iHc ignortic, a,•ec la consC1e0&lt;·e
du devoir - du plus grand el du plus hc:rn
tles dcv11ir · - accompli.

La première ascenszon aérostatique

A l'heure oû

"°'

audacltUX ulatcun i1vtnrunnt
les .iu, cmmo,ant ..-olontlcn u11 a&gt;mf"gnon de
routc usez hardi lui-mime pouT •ffrontu lu dangers
de J'uccll.!ion, 11 (.5t usuri-nt l111ér,c..anl de 1,avok
qu:ùlcs men,, il y a ccJII vingt-pi tUU, le, lmpYCS:
dons de n,ommc qui, ctmmc • pau■glLr •, accom)ll•gn
le premier navigateur aérien,
Le 11 oc101'rc ,7U, dwx fran~s, Pi!hrc. d~
Ro~ttS d lc major d'infanterie d'.Arland&lt;-1, l ilcvrruil
dans imc mongolllb-c llbn 'I'" panir des i•:dln, de. la
Muette. Quelques mol1 à ~n• ••é~o.nl ccoulét d~pui, la !licounrtc du 1éro1n.r,, d Montgo!Au '"".·
même •vait h.é.llté à lai&gt;KT 1cntcr ccl1c prcml•n. ~ rlcnco, d'uccrulon
à billon perdu •· Mai• Il tino.ci,é de Pilltr• nah eu ralton de toutes lu Tui1tan&lt;c.&gt;,
et cc fut en prbcncc d'une foule &lt;nthou•iHIC qu'il
monta duu l'upa-c,c av~ son • PMSl.8CT •·
De « pnml•r .-oyagc. 1tccompll • l'aid.c d' un appareil
rudlmcnral~, au-dusou1 duquel un ré~h•ud dt RI d,.
fc.r supportiùt la ,,-Ill• enflammée dollt la cht.lcur raréfüll l'Jir à l'inm:icUT dt la •phë.rc de talfc1a5, le marq&lt;ril d'Arlandu ,imvit là rclaûon qv'on va lire.

cltn!

'ous ommcs partis du jardin de_ ln Muette
à une heure cirn1oante-quatre mrnute ·. ~a
~ituntion de ln macb_ine é,rail tell , q~ &gt;M; ~•~
lùtre del' [lotier ~tall à l onesl el 11101 ,l l e t,
l'aire du Yenl éta.il à pea pri! nord-ouc t. La
machine, dit le public, ··c l élevée avel· maj , lé; mais il me •cm ble que peu ~e pcr onn~
onl aperçues qu'au moment ou elle _a drpas é l •· charmilles, elle a Fa1l un de1111-lour
11 r elle-même: par cc cbanrrt:menL, M. Pilâtre
s'est trou,é en avant de nolr direction, et
moi, par conséquenl, en arrière.
,
Je crois qu'il t ù remru-quer que, de ~e
moment jusqu'à celui où nous sommes :11:r1véB, nous a,1on con ené la même po.illon
par rapport à la ligne C(UC ~ous a-von parcourue. ntais surpri du silence et _du pen
de mom-ement q_ue notre dépar_L ava1L ~asionné. p:irmi le . pectateur· ; Je cru qu élomi~s, ~, peut-êtr effrayés de ce nouyeau

~pcclacle, ils avtticnl be_oin d'èlre rassurés.
.le aluni du bras avec assez p,u de sur~ ;
mais ayanL tir6 mon mouchoir, je l'alTit,u et
ie m'apt!rçus alors d'un grand mouve~enl
dans le jardin de la lu lle. 0 m'a scu1ble (JUB
les pecLaleurs, qui étaient épar daos cette
enceinte, se réuni aient en une seule masse,

(' ,1,.

I'

•

et que, par un mouvement involoutair clic
se portait. pour nous U.Ï\T , ,·cr~ le mur,
,1u· 11 . emblait regarder comme le. eul

... 334 ....

obs1ncle qui now ·éparail. C'esl dans ce mom •nt que M. Pilàlre me diL :
- Vous ne faite Tien, et nou ne moulons
guère.
.
..
- Pardon, lui repondis-Je. .
.
Je mis une botte de paille; Je remuai u_n
peu le feu, et je me retournai bien ,~1~, ~3.l~
je ne pus retrouver Ja Mueue. et?~e, JC ~elal
un re!!llJ'd sur le cours de la r1V1ère : Je la
uis de l'œil; enfin, j'aperçois le confluent de
l'Oise. Voilà doue C.ooOans i et ~o~ant le.
autres principaux coudes d~ la ~IVlè_re p~r le
nom de lieux les plu voisms, JC dis Po1S.~••
ai rJt-Germain, ainl-Denis, vres, donc ~e
suL encore à Pas ou 1l. Chaillot; en e~et, JC
reirard:ii par l'intérieur de la machin~, el
j'aperçu. sou moi b Visitation de Ch.:ullot.
Pilâtre me dit en ce mome1ll :
· ·_ Voilà l:t rivi~re, et nous hais on. •
- Eb hienl mon cber ami, du feu.
Et nou Lravaillâmcs. Mai au_ lie~ d. Iraver er la n..-ièrc, comme sem'.ilaü 1 md1qucr
notre direction, qui nous portait Ill' le · lova~
lides. nous longe~mes l'ile _de. Cygn_e~: nou
tràmcs ur le principal lit de la l'lVtere, et
~::s la reruonl!\m s ja qu·a~-des u de la
barrière de la Conîérence. Je d1 ~ mon brnve
compa!!Don :
.
·r ·1 b
_ Voilà. une rivière qui est bien d1 (let e
Lraver.C1'.
d' .
- Je le croL bien, me r~poo il-! 1' vous
ne fait.es rien.
.
.
. •
- C'est qoejencrnt pa s1 forl que1ou,,
cl que nous sommei bien.
1 e.mu:ü le r~cbaud, je . aisis nvec uni·
•e r
'
·
doute
fourche une botte de paille, qui, ~os
.
trop serr~c, preoail difficilèmCnl; JC 1~ 1 va1,
b .ccouai nu milieu de la nomme. L instant

d'après, je me senti enlcrcr comme pard -~ous les ai· elles, et j • di$ à mon cher compngnon:
- Pour cette foi ·, nous montons.
- Oui, nou monton • me répondit-il
. orli de l'intérieur, sans doute pour faire
11uelque obsen·ation .
Dans rel instant, j'cntendi ·, ,er le haut de
ln machine, un liruit qui m lit naindrc
,,u· lie n'eût crev, 1• Je regardai, Pl j~ ne tis
rien. Comme j'a,·ai · les yeux fixé en h:ml dr
la machine, j'éprou\·ai une secousse, el c't' tail
alors la seul" iJlle feu.se ressentie.
La dirccti011 du mou,·ement l[ail de bauL
en ha_.
Je dis alor · :
- Que fn.ites-vou~? E l-ce 'lue vous dansez?
- Je ne bouge pa ..
- Tant mieu., &lt;li~-je; c'est enfin un nouve:tu conrant 11ui, j'e père, oou sortira de la
rhière.
En elîet, je me tourne pour roir où non~
!:lions, et je me trou"ru entre l'École niilitairtl
cl li· lm·alides, que nou avion· (Vià dt:passé~
d'e11viron 400 Loise.. M. Pilalre m.e dit eu
même Lemps:
- Nous sommes ca plaine.
· - Oui, lui dis-je, nous cheminons.
- Travaillons, me di t-il, travaillons.
J'entendb un nouvrau bruit dan ln machine, que je crus produit par la rupture
d'u.ne corde.
Ce nouvel a"ertLement me fit exn.miner
avec allention l'inLéricur de notre habitation.
Je ,•is que la partie qui êta.il tournée ,.llJ'îi le
ud ~Lait remplie de trous ronds, dont plusieurs
étaient considérables. Je dis alors :
- Il faut descendre.
- Pourquoi?
- Regardez, dis-je.
En même temps je pris mon épon"e;
j'étei ois ai ·Jmenl le peu de feu qui minait
IJUelque '~uns de lrous •1ue je pu atteindre;
mai m'étant aperçu qu'en appuyant ponr
n.ayer si le .bas de la toile lennit bien au
cercle qui l'en lourait, elle 'en. détachait fr:1.s
facilement, je répétni à mon cornpagooa :
- U Inut descendre.
Il regarda ou.s lui, Cl m.e dit :
- Nous .ommes sur Paris.
'importe, lui dis-je.
- Mais rn1ons, n'y a-t-il aucun danger
pour l"Ous? ~Le -vou bien tenu?
-Oui.
J'examin, ide mon cùlé, el j'np&lt;:rçu. qu'il
~·] 3Yait rien à craindre. Je li· plu , je
lrappai de mon éponge les cort.le~ principales
q11i étaienL à ma porLée · Loule résistèren1
il. n'y eut que deux- ficciles q1ti partirent. ,;
dis alors : - Nous pomons tra,•erser Paris.

P1(E.MJÈ7(E JISCENStON AÉ~OST.JtT1QUE

--...

Pendant cette op11ration, nous oous élion.s
sensiblement approdtés des toili. i nous fa.ions du J1,11, el nuu: nous t&lt;•lcrnns avec la
plu~ "rando racilité. Je reg:.ir&lt;le .sous moi, el
je dé.couvre parfailcmenl Je. "is ion. Jttran-

1 ou . nou . omm
po ·é_s ·ur ln hutte au
Caille·. nntrc le moulin de .ft•neilles ·l le
moulin \'fo11x, environ /1 :JO toi e:' l'un d,•
l'autre.
Au moment 011 nous étion prè d1J terre.
je me . oulevaj ur la galerie en y appuyant me! deo mains, Je . entL k bnut d&lt;'
la machine pres~er l.1ililcmenl 111a tète; je la
repou ·sai t't !laulaî bors de ln galerie. ErJ m"
retournant ver: la m:whinc, j11 ,•rus la lri101er
pll'iru•. fai: quel fut mon t11unocmcnl, elle
1:tait parfaitl'mrnt tidc et totall!mcnt aplatie
.le ne vois poinl ~l. PiliHre, j • cour de son
côté pour l'aider à . e débarra . er ilt? l':imas
de toile qui le couuail; mai. :l\ïtnL J'aYoi.r
louroé la machine, je l'apnçus sortant de
de ou- en chemise, attendu qu·a\'aot de &lt;lc.t,cendre il avait &lt;101tt11 sa reJin"ale el l'a,ait
wist&gt; dans .on panier.
Nous étions seul. , et pa a, ez forl pour
renverser la galerie el retirer la paille '}UÎ
11tail t'nllammée. Il
:''ngissait d'empècher
qu'dle ne mil le !ea à la machine. Nous r1·iim' nlor que le seul mo ·on d'~viter ceL inconréoient ét.1it de déchirer ln toile. M. Pilâtrr
ghe . li me emhlait que 11ou nous dirigion. pril u11 côté, moi l'autre, el en tirant ,·iolem,·crll le tour· de Saint-Sulpice, que je pouvais mcnt. nou · dvoouvr1mcs le foJw. Du momcol
aperœYOir par l'étendue du diamèlre de notre qu'elle fol délirn!e dé la toile qui empèchait
ouverture. En notts relera.nt, un couraot d'air la communication de l'air, la paille 'ennous fit qu.itler cette direction pour nous flamma avec force. En secou:ml un de pa~
porter vers le sud. Je ~is, sur ma g:i.uche, une nier , nou jetons le Icn sur c -lui qui an1ît
espèœ de I.Joi que je crus ètre le Luxem- Iran porlé mon compagnon, la paille qui y
bourg.
restait prend feu i le peuple accourt, se ~a.isit
Nous lraver limes le boule,·arJ 1 , el je m'é- de ln redingote de M. PilàLre et e la partage.
crie :
L.1 garde sur,icnt; aiec son nide, en dix mi- Pour le coup, pied à terre.
nutes, notre machine fut en sùreté, et une
Nous cessons le feu; l'intrépide Pilàtrc, heure après elle était chez M. Réveillot1, où
qui ne perd point la tête, et qui rtail en avaul
J. lontgol.ûer l'a,ail fait con traire.
dl! notre directirm, jugeant que nom, donoion
La première pcr onnc de ma.r,Jlle 11ue J'aie
dans les moulins qui . oul entre le pelil Gen- \'Ue à notre arrivée esl .M. le comte de Laval.
tilly et le boulevard, m'averlil. Je jeU.e nne Bic.otôl après, les courriers de M. le duc el
hotte de paille en la ·ecouant pour l'rnllammcr de madame la duchesse de Polignac vinrent
11lu. 1ivemcnt; nou nou · relrrnos, et u11 pour s'informer de nos nouvelles. Je souffrais
nouveau courant nous porte un peu :iur la de \'Oir M. des Rozier erJ chemi c, el, craigauche.
~anl qne :i aat~ n'en fût altfo1e, car nou.
Le lira...-o de Roziers me crie ncore :
nous étion · très éch:mlfl1s rn plinnt fa ma- Gare les moulins!
chine, j'exjge:ti de lui qu'il se r!'tirât dn,is ln
liai~ mon coup d'œil fi~é pnr le diamî-lre première maison; le ser•nnt de garde l'y
de l'umerture me faisant juger plus ·ûrenicot escorta pour lui donner la facilité de percer
de notre direction, Je vis que nous ne pou- la roule. Il rN1coatra ur on chemin mon1·ion- pas les rencontrer, el je loi dis :
scirncnr le duc de Chartres, qui nou · nvail
- .\.rrirolb.
suivi , comme l'on \OÏi, de li · iir~s i c.ir
l,'insLanl d'3près, je m'aperçu que je pa - J'a,·ais eu l'honneur de causer o,·ec lui un
sais ·ur l'eau ..le crus que c.'élail encore la monu•nt avanl nolrc dclpart. Enfin, il nous
ri i~re; mais nrrhé 11 terre, j'ai reconnu que arrivn des ,·oitures.
c'1HaiL l'étang &lt;Jlli fait aller ltlS marhines de la
Il se faisait Lard. M. Pil:ttre n'avait qu'une
mauufaclUtl' d.i toiles pcinlru de .\l&amp;I. Ilrenier mam·aise redingole qu'on lui avait prê1ée. li
el compagnie.
ne ,·oulu Lpas r&lt;-,·enir lt la Muette.
Je pa.r1is ~enl, qooi'Iue ,nec le plu~ nranJ
regr .l de 11uitter mon bra\'e compagnon.

lAnqu1s u'ARL \ , ' OES

�MAURICE MONTÉGUT

,

Les Epées de f er
UVRE DE
V
rn~ ...-in, lorge,.,11 lri~n,
,ùu.t fait s,hn: et pi•1ue
l'ro11r ~lltr ~r:\1111 Inam .. ..

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,le 11 IV1111Lli•1n,•,

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n Ci Lo~ 1'ns !

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Lei répubtir.uins • 'rlaicnl remis :\ Lrailler.
lb a,·aiPnL à rc·u pr~ ~t:cM leur-: gourcles,
panaché leur inc se. .\hrulÎS ou di:lirilnb.
il m rcbail'nl à l.1 déuandade, train;tnl leur ·
ru ,il~ par l · canon. ch)J r.au ou l,onne.ls •n
arrière, litubanl, drpemü11 , boueux, plu~

\"ou. n'i,,norcz pa~ it &lt;111cl· c•nnemi ·
rnu, a,1'1, nlfoirt'. \'ou J1•\'cl ~-n dcfüarra . cr
1,: ,ni d1· la Hé1!ulifüp1e. Le pournir exécutif
\CIi rappor_lc lo-Jcsrns I, \Oire dit.crêlion.
\ 1~11~ ronna! cz lu rt!Îrain p:-ipnlairc: « l.1•
\':llnt'lb . rernmnent
ncore. l •~ mflrl · ;Pui.ne rericnncllt ('lw ! » G'e l voire mol d'ordr1•, .·i îOII' nmlrz. li ftlul, apr'.~ n11w, dcrri,'•re no11~. hi:. r.r dan. œ p.l.l'S lerrili,:
l'e. rmpl cl b M,ola.lion .... fi fa;,t 11uc lt•
med1:rnl. lrcmblcuL el e oumellenL cnlin
dl•,·anl l'impo,nnlc ri•mcur rJc~ inrr;10·•illlc·
Io:~ !. . .
~

Jan. la haiue que ~olJ, ~ dao,- le

fur!f3I

r:nq; el tou., profl~raienl de va !!ltc · me11ac1•s
li lïneonnu, s't• citaient l'Dlrc eux au :itroces
,.. ploil . Ilru quemcnl, .ur un ~i~netlcDirnl,
~uma Mc Lrt.! commanda:
- ll.1llc !
llt•rri(',rt• le~ vallormeml'nl , it lrincrs Ir
~cnèt,. li! clo,•b,.r di! . :tinL-f nn-\'adeiour
Jre. ait a llèchc par-dc.,su les ch:iumr.s de
Locoal. ,\ droite, 1(• · toit· pointu~. le chemin,,:,! el les giruuettes de.~ l1rpo · · dépa ~aienl
k [ronda1. on~ des ch ne.,. On arrivait en pa1·
d • connai ·::111ce.
- l'nrmez le ('erdt&gt; ! crin • 'uma.
~ FormeL le œrcle ! r,: :1a Be.,upoil ;
l':irme au pied ... cl lai,1' z-,ou !•••
Cc, h mme. 1• d,i,,01ilait•11l.
li 11·,:1aît pa loin de midi. Le pctiL iuttrm~dt• clu Cranic an1il rct.:1rd~ ln wl1:in11e; ruab
L't' n'était p11: à regretter: on n~ail bien ri.
fin hau L d, ~on cheval pacifique, J irc,ruc
ll_irn1, cmpbatiq111:, grandiloquent, fa loix.
aigu•, le se·te :1ruplc, espo.,, le plan de
opêralious. dn11D11 ,c dernier.; ordre·,~• hortn
le oœur,.

u S Ida !. ..
C-:i ch,itcau, ,ur la droite, dont vou.
rn11•1. k tour , app:irticnl au ri-dernnt thL',·alit•r de Jt1}cnne, c~-d1rf tic l1:11:1illon dans
la \énion 11".\ura ·. Il
~il 3:10, émoi, i,c
rropnl ;1 l'auri d' nulrt• fr.. iJ:utcl'.
» l.i1mlenn11L Br:111poil. a,·cc ,·in"l homme·,
\·ous irez rueillir oo 0111 cadin ct ln famille
qui l'c11lourc.
» Pour nou. , a,ec rnn~. CJl'i~ine Mc~lr ,
110:1. marchon ·nr l.ocnal; l,i pont occupé,
D

le ,illarrc l'. 1 J.in notre m~in. J,. 111 ïn,tallerni i1 la municipalité nn au prc..,h1ti-.rc; en
tout cas ~ur la place de l"'glbo; 111, m• .cronL amrnl!: Jus pri:onnicr' ..-.. 1,
Pour la pérorai on. llivot aùllpla lo mode

familtrr:
1/. \u l10111 do ln pre,1111'ilc, e. t un
aulro ch:ilcau. lfar~co·:1, dam, lequel vil un

curtain comte Turpin LI' Glol1anir, nn ~le
J.,onhomrue, 1· -rher 1•!1011110 enum·. Capilnin,•
. hi-tre, , \'C ·inrrt ho:nm s rn11s irez I'
cl1i:r.-her, ain,i 1111' 1111e ·r r onnc, une jcurw
ft:mmc. jlllir, ,,uc w,u· trouvcrt:'1. ;iurrl' d •
!:1i : mai. , pour 1, Jeu -1', je rlirlame t!I
J '.' ..,.,c 1~ · plu ' gm11J, ilttard,. Vu11 r.:pond,•z
tJ l)Ul.; JC J~5 \'CU\: ~auf~. ·an 1111r. r~ralÎ•
!!fllltr, 'oyei lrJnquille • ils 11 • p •rdronl rit•n
pour atk1.1i.lre. Mai~ l'. Cl;t une nif.tire per ·onDl·lle, dunl mon bonlt ur dép !111I.
» Et m:1iokn:111t, m ~ ami . cml,r:is.cz
,·o· "llurd~~ à l:i ,anlé de la l\épuhli1p1c el
:iccorJez les 1iolon . ! »
0

l'n,.. rnm •ur ard,~nte, danc: un i rnmcn. r:
·nufne d't:au•d1..'-1·îe, sa!n:i le, ronclu ion du

« Camriradcs l
n D:ins un cp:irl d'heure, nou,; toud111ron
:\li !J111; nv:1111 de H1u · indi11uer cc que j'a.1ll:~1d; &lt;le ,·ou par la te hni11ue dl'i- armes,
b, ,e1.-mui tout d'nliord vou. faire part Je.
intention du @Ull:rnemcnl. La l\~publiquc
ll étL· l011.,temp l'lat.:til .ur Ici rral rc d'un
\'O) o. :011 l'3\·ou; çomhl ~ :nec des cadaH •i ou :t\'C&lt;; Je clJ:11nC'. Jonl nou n,·oo
d1:1r,,,: d'indi;,11CS br:t ·• L~ &lt;·onlre-réwlulion
,•.~L ant;anlie à Pnri . C'est à vou. qu'il npparllent de l'êtoulTt!r en Brcw.,nc .... La loi c t
lionne pour les lemp d, calme; mn.h, p,·n1laut l'orage, le f'Ïlulc ail e mettre au.Jes u
cle la con i;M cl l'11ulre-p:is cr -,j lu.! ·oin c ·t.
"' · -

IIU.TORIA , -

Fas:. :z,J. ( Supf'l,mcnl) ,

Du h .wl .1~ son

,11.-,· :l r.1rlfl~wt. Jlr{1me llhol , tmf'/r.&gt;ll,1111, .f lrilnJilo qum t , I.J

\ '01.\: ai u l, ,~ ~tsle J'11/le, txf v :sJ
le f.::11 Jes oftr;l /10115, do"nil ~i ,ttrr11er$ orJrrs, e.~ho,10 /es c,,•ur., . (l•aa-c 1.1

•

�ms TORJ.ll

_________________________________________.

Dirnl, tntionnnire ;, l'aulr l,ouL du pont, noir: la ,·itille cl noble dame enlr ,on fil ,
rornmkair . Au . it1i1, Ileaupoil foi ail orlir
hautnin, el Ghuùiue, inlr 'pid : Ion le~ lroi,,
Ju ran" le. \in"l prt'miers volontaire 11ui a,ec trente \'~ll:rtu .. dout il f i•. Îl ,3 rdr,
enlourJ d,· "Oujah , qui ri1•a11ai nt.
ju
a
I
I'
:ril
chimériqu
;
Gcuree
11
'était
tomhai nl ,ou. ·n main; et, le, pr 1céJant,
fi' I.J sorlt! il: trarer~èr 111 Je~ ,, rner
pa
là:
il
uiril
:1
,on
tour,
dmmanl
de
la
roi
.
~ou~ l • cou\·crl dé lmi~son , m1,nlait v•r
champ,, um· lande; s'il cùl rté cul, Ji
le llcpo~c •
Un heur• plu tard, B •aupuil L e ,ingt lt: clw,alirr auntil pu 'édt.app,·r: a,·c
~ltr rh ri1.on, pa Ull ~Ir". c·c1ail l11eur1•
homml'~
fai. ienl irruption Jan b. cour Jr. j:imli ,, de ,fo .. l an~ il cÎll vile distan
Je r •p;1. ; l'l.uliilanl :tait clu, lui .
llepo
e,;
ll·Ur :ipparilion fut ~i oUtJnin" que ·oldaL · fati u~ de l'élapo, alourdi d,: boi. •
, 'uma \l • Ire, Je on col~, remdl, il n
son ; 011 ctil tir i ur lui
ute ; bah'.
troupe •n marche; m, i • ,an:; rien Jire, il Joyennc, qui était . _is à l.1l1le •nl rc a m re
l1•ur œil ét;1il trouhl · cl leu
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1 mi-ch ·min. il. cntcndir •nt d rm1l1·qui snil si nou u'allun pas donner du llt'Z pr,•mi&lt;'r coup d'wil, -il r•connut 1• cln•,·alii:r tn"nl. d tamhour du cèt i du villag , pui
d. n , ~r•" • attablé d. n qnel1p1e auli ,,,. .. , pour l'arnir rtlllt'Onlr 1 t rn à l'œuvrc ~ur le
champ de h:11.ailli:. C'i&gt;la.i l un l,raw qui m1L une rusilbd, cl J cris alfr ·m:. 11 "· Tl'au CQÏn de c1• [IOlll-là '!
~arÙlrcnt; mm,.nl doukr~ llcaupoil, en
ril il Je., é:?ard : le li ·utrnanl ·allU :
Jlirnl Lkmit; il l,alhutioit :
• ••rr&lt;~lile, J~t(lurn3it
•
T\enJr.z-,·ou
,
moa•i
•ur,
toute
r:
i~tan1
- 'n1iitninc.. . oui, cnpilainc... com·e rôl de polil'ier
· • li érnquait,
c
L
rninr.
....
l::pa
ac,-nou,
l'ennui
d'emm ·nt'! vou~ crolcz à une ré ·i t nv'!... '
pour
'en
:oura"
·r,
uc ·: Gi.lb •ri
hrinomls o~craient? ... Il · ont don, ·m·orc J • plo} r l forfc.
ure, Are i~. lan.i
encor., Lou.
-1&gt;
1p1cl
druit?
P.u
r1n
I
ordrc?Lérra
ail
armt!:., de la poudre? ... Et Geor"C. '/, .. ,·ou.
Je., tués du buL ,on:
ail pa~ muins
Bernardin,
tr'
·
pàle,
m:ii
f:iisanl
l~!
•
·omcro·e:t! ... ltais ïlell~? ... nou n omm
an enlrain, alîadi ù
'·
m -llous Il J&gt;ai , oui OU non?
p a~•rl., alor '!
Quelque
cho:.1.•
•n
· on d oùl.
.\ ~ - cùl~ ·, ma.Jam' d • Joienne et Clau- Uli! 'il c l tout cul. peut-être. Tl:_
M J:11111!
enne commen~l à I irer
dine,
pl
ltpouvantél':
pour
lui
que
pour
11liqua nt:glh:mmcnl le c.:ipitaim•; nfin, pour
lam•nt,bl
E
•. ,·ieillc. d~Lik.
plu de ùr'li:, n'app:irai, a qu·a,·ee l'arrÎl!re- 1•llt&gt;.'--1ucm1· , ri! Laient mul'lt1:· cl lrcm- alfai ·
,.
inso · ,
rardc. Pour moi, je tiln 1:n l~le, c· l ma pin · ! hlanle.. Beau11oil répondit, awc Ulll! omlir, jt&gt;ùn
lo
iruu
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El ."um. le. lre, r 1•vanl I fuurrt&gt;au dr de tri ·tes • .ur la face :
des
1h1r
i
d'in11
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Ionsieur,
j'~,
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consi,m
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je
son ~ahrt•, se mil à courir el rcjoi 0uil h•,de
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,
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n'ai pn: à. l'e pliqu r. Yvu- de" z me uhrc.
tam.lKJur••
de
foi
~
ju.
li
.
J)
l' rùté, llcrnardin
l,oconl, le commi ·. aire du po11\oir ·1écutif
Divol rc Lait llmt .eul, dégrisé, plein d'n·
·
la utenaicnl, un l)ras I. "· ·
larmc. 11 y 3.1 iL don du dan" ·r? [l a,·ait VOU écoukr:t, \'OU' ju" ra.
; mim aiu:,i, le traj 'L Jevcn.,il
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rêvé 1•nlrer à cheval, Jan ln rue du ,·illag •,
une torture. Jow•nnc ."irril.:l.
ca.ra.coler u milieu du re.·p l cl de radmi- rira a.mer, on 1. connait c~ ju~ •menl -1:t.
oi, ~on enfant, lui 11uf0a~l JI".
ration d •· foule: , répandant 3utour de lui Tuez-moi loul Je ~uite, c 1 nou - 1Mtcra de.
on
nu
ar1ir:iil pi)Ul~lrc.
one impression d • lcrr •ur et de majesté; d :r:1n,.,1·menL.
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J.rillrr au pr ·mi r ran", lui, le l'ber de ce~
fcmnw,
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homme. ; èlre le llicu dan· l'a, nlur1!: pro- au. d •u fo111m :- :
roulantes, d'un m
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,.,,
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fil.,
rnlr
di•!Ut:r
colèr, du haut d • fonction; usai ·it, l\•nlenl da
ux . cl
épou
....
,
ui
·a-nou
Loo san r: htanc1· :
prrbe, inacce., ihle, omnipoll'nl.
l'emporl.1. Oii'! \'cr
.
Et oici 11u·ou 1 pl çait en 11ocu , L11ue, car j'ai l • devoir de ou nrrèl r, ,·011: :m !-Î.
Ileaupoil
s'arr
c
•,
Y i , pour ma p rl, je ferai de mon mieu,
d1:cl111 de on rè\O, il ne prol tait pa •
A
ni · n
. rohm-l'
l' ur empê er I mal; je ous recou11aL,
- Oialtl •.. . Georg ~ !
jcull\
rn:ird
i
.
oufJler.
Pu ·
li co11nni.-...,i1 non sculem,ml l'alhl~tiqn · 111011 j1;ur de Jo ·cnnc; j'ai eu. u "tJl'r •, char
.
sa,
conduite
par
un
flil!':m:
1
,i u•ur et b fnll · bra,·our• dn rand cb r l'honneur de cha r contr • ,ou·: j n pui
li
ut
~
ré•p1Îl.itiooon,
)
fil
monter
roir 11ue -.ous ayez pri part aux crime 11ui
111:mc, m, i: nu ,i .1 calme cru uté dans l ·
madame de Jo l'.1111, . 1 Claudine. Beru din
r pr il , . li . ,·ail fort bien 11u , ïl lom- moûv oL not.n? p ·: • ·t ue rép .ion .... ,-oiîil J rrièr . Il ouril aut dcu ,ic imes el
• in:i parla Beaupoil. dont l';lro • an dcrh:JL jam h. entre I •. mains J C.1doudal, sou
'é . \U :
1ü
·r
in La.nt. pi,ouit m, lgré elle ; rra nchi 1·
orl 1:lait r1\;l: d' î:lnt'..: ; (er ou plomL, c3U
-• fü ! hl1 ! ,-oiri qui rc :eml,lc à P:iri..
nénéttuse
r
p
nait
l
de.
1.. :e
homm
•.
ou llanune, cord' ou hàlon, il lui lais r:iil
:\ous
r1•rait-on la urpri. d'une guilloti m· t
pt ul-ètro l cboi de
n genre d1i m rl; al nd · •nt, l'arme prMc; certains gro·•naient,
LoCllill
'!
leu leur . . . . Bit n J · cér :.
c'était l'unique i:r. c,.. 11u'il en pounil alleu- •olTustJU • d •
'
m'•re
l1• r "ardail anic d · ~eu\ imm ni 110ur un eut de Chouan. L'otlici ·r
drc; dl n l' 111 · ,-ia~mail pa .
men•
·;
elle
murlllura:
Il r relta pr • que J'a\oir pri I" mm:m- hl . • rapprocha de Bern:1rdin, Cl, à \'OÎ:t
Qu
'importe
'. Tou· •'Il •mhlc !
ha , il fo C O. illait:
dem ot de celle c.t~tion.
n
clic-même.
cil ue pouvait pa
Fait' ,·i , roon:-i ur. ,ndc1:-,ou ,
î il 11'étail plw lemp d · réOi'•chir.
h
nheur
4ui
dJmcalaiL
vi_ion~.
uivez-nous ... ou j ne répo11J [lln,, d me
, ·um l lrc a,ail len~ on sahr1•~ l l.'lmJt?
l . orle, le con,·oi :n-ao ail plu
lOUS
pcrdl':t
bours ballai nl 1.,. : éral l, l ioun lte :111 bomm · ; vous ou perde% cl
U, "i J VÔltts.
· non, les lUeu 'élan icnl ur le pont,
- • oil! lil Joyenne, je u • . uh,. ,\lion,.
4u'1l · empli . ai nt d tumull , d :oouch.aicnt
Cependaul, au villnge, on ·o ·cup:iit. W.
dan l1! ,·ilbg • désert: uiut de uite il liraiMt ma mère, allon., Cl udine ... allon~ mourir l l'cnlrtic, :. 'nm ~ trcc·L . homml' !;'i\tai•nt
.
lion
mourir,
r
:pt:li•r'nt
:,
la
foi$
le.
aux f ·nêtr · , nu. port··, rcj 'lanl l'baliitanl
j l' sur L, ferm de 1:ynou H!Z, 1 plu. prodL'Ull r•mm , ....
urpri, :m fond de n chaumii•re.
h du pont. lai Rok, p3r un alioi furieu. •
Eli ,, acœplài nl la d1•~tiné •.
Gonf,~ion fofü·, p:uu,1ue hurlante, dcranl
nvnit
110nm: l'alarme cl e rooil nu Jebors.
L'~lran~' cortè"e sortil de l' ntiqu mact•tle in\a ion d'a ,a -~in:;.
l

1~ poil héri s,:. AlaniJ.. ·ounai, ·ail. : yinptomc : 1, Lruil d • tamhour ne l'étonna
plu . U a,ait crié :
- Le BI u,d
Chas.&lt; nl d'un "l'S!e les lemme , Tion,
~.,.11, au rond de- billimcnll, pui~. la h 1 , au
fl&lt;ll'.l",: ou tenu par llano. \li,el l'i le 1wtil .'ico
enhu hliredc. ballre, il avait hnrr; ln porte.
lfazc tl:til an moulin. lh-r t à lui-mèrn1:.
. La. r~•·mi re dtichar · d républi · in
Il att.Nnn1t prrsonm•; cllf&gt; était rlutût défflllllStratir qu'efii rthe; le capit.oin •. uma
\'O)'anl, an ·uil J'une tn~ur , un , ieillard,
~cnind: J • d ux homm~ &lt;'ulcmrnt 11'11u
l'!lfanl et d'un hi n. IH! jurr
poi~L C.
nJH:r-air • digm•s de loi et pou sa plu. loin.
Mais un scrgt·nl, : la tete d'une_ ·rlion dt•
rnlontai
du \laine-et-Loire, ne fut pa du
mèmc ~,i.s et ,ou lut force œtt port" dH ndue. rt(fll . cl haioun Ile· en a,:ml. il· ron-

Dirnl, PO • urH•uant, 1,, r,•mar,Jlla 1oul de
~ile, ~u,-h:i. "l'S lui : 1 u clwup J'e 1 11llon, ofü~rl por ln unture ri-puhlicain •!
lai 1'1:~li. · ,·Jli... mêm '! l·.lle él il foTil!,

l'é

lisl!'.

l'irruption ù , Ilien. , le r1!Ct ur .\Il no,

œr nl.
l.1• premier'&lt; ·,. liallirent, tNe fr.,c.i . ,: ,,

c·ràn · omcrb, ...,m, la hnche de G110u,ei;
le fourch dt 'füel el Dano r ureut l ~
-. c.u1J:, l:indi qu'un lrui~it-mt• était bapr,:
p:ir Rok, 1!tra11!?I; net, n-. un ~oupir. ~ico.
1111.i n'avait l[U'un huton, • n oourr-Jil t frapput ra,,,eu_·emcnt. La cc ion r •cula: li: . ~~ ·nt ,:tait mwt. [I,, •• rdes nationau dl'
\':mue 1inrenl r nforcer four. 1: marades. lb
~lai?n~ br:n· de\, nt cc petit grou ; et pub
11, t'la.u•nt aouls conunc I Or •1,,~ eati' r~.
Alanik, la hache 1&gt;:i c:e, ,on chiên •nlr le
pied , lui :uui eu arr't. !!Ut'Ule oun·rlr, les
,·roc rou«c , .\lnnik oufllail, t;lll'ltanl l'al1.tqu .
- Alk11tion, 1 . gar ! ndon. M' p ux !
pou. St;_. roulil d • nom u, 10111 d • uilt!
furieuse, t•l la mèM1• : d · ••éanl, · urairnl
,0t·t'i1IDl :.

~nr un la:; de morl,. Al nik ùffondra.
Ji11,-m1·nl :ihr,:, rnincu p~r un L:1lle tir{
it huul pnrtaul; llok, ~rdé de 1.,. 1onncu~ •
'nllongrait. · pir:tnt, Ct l · Je un mt11tre;
', r e11lrt'-c de la .nlle, lia no ::i ait. u poitrine
r11 u"e. ,\lor fücl \t«·happa sur la droite,
utrainanl .:ica.
li fuI, Îl·nl tou · J, 1)(•ux, lé,. •rs, ut..~nl
le mur:,. d•• pi •rrc i• 1e; m,1i· la cl ·mi,,•
Llancb• dl' ,\livcl 1 trahit, st•f\·it d · cil,le. un
plomb le rejoi!!nit et lt. culbuta n t . .'i&lt;-11
hl. il loujour , uu or •ill · enln: .
A ;auch , 011 ntendail derrièl' la mai-on
1,· · cri,- de d :se. r ir d • Tina lim: am d!'rnin ,iol n , . '1:i, 1 main li'• . i,tait par ordre. \u mo11liu, \l:lw, · c rnt:,
uln par une fi:n lrc. tomba cnt Il!. main ...
J s fll1•11s. li n':I\ il pa. J'armt , re 11ui le
~u, ; il ful fait pri onnie.r. enlr int! , ·r 1
place Je l'i'·gli,e. l'entre. Je rallicmcut. La
plupart d hahit, nl. , . urpri :111 milieu d,•
lo:nr rl'pa ', 11rrachés dr leur · dcmcur' , . ·
trouvai nt d,tj;i ra .. mbl ~ , homm •s, femme. ,
enfant, \'icillard : co tout '1ualrc-,·in°
•nt pPut~trc. P,tr p •lolon~ de di , Jpa;é :
trié.,, il,; 1tai •ni •1llour: d'un nombre é~al
de gard1•s nalion:nn, l'arme prêt•.
li avait, d'un seul lrn ut n ·cc la pla '('
d1• l\\ •lise, un morcl!,111 d,· lande incult ;
1

L, lieutenant ol lit, li!~ tamlmurs rm&amp;rent,
la mw:ition fot f·1it •. Perd t d n· h•nr
do ·h,•r, l'i tout à li&gt;ur concert, Alla110 el . es
1h:r11i,·rs hdèle n I' nlèndir nt mcm [~1 L1• lrwsin &lt;·ontinuait nn appel eflh5n . On dr.nit reut mire de 1r\ loin ,or la nu•r, trc.
loin sur 1,·, plaine~ (le wnl ·oufOait J'ou ,t,)
du côté d'.\oral'·
- fl ml, z-moi c~, i:-uru -1 ! cria llhol,
lii J'~(rl! J,:b I; 1• ri•u fondra I ur clocb ; et
' . ra toujour · un :,,li.~• de moins l
L,· •nfant ,le la Ilépubliqne appromi•r1•11l
lr~s haut et ',mpr"~àrenl jo o rnnl:
mai,, parmi ,~, pfr,nnnh•r~. 'l'wl,ru'un rrJrnit .l't'.pou\'JOtc : 'fait·, 'l'IÏ •Oil!! ait, t llll
lin , 11ue la chapelle. dt• .'nint-\nnn-\'adezuur
ronll•nai1 •·ncor,•. :iu moin,, n •ut 1 111 li re.
rie po11dr1• racl11l s ous :l'. hoi,rrie,. li rnulul 'élancl!r, a,crtir; uu coup J ao,. 1•
rl'foula ,!an le ta ..... li l' croi~a lt·, hr s l'i
l:ii" ~:i faire.

1-:i. trJvl,~ sous le l:-r1Js, ks J.irntes .Jrcru«s dan,

ses h&gt;Jks mJlit.Jfrts, le cluftau sur foreJlk, Jtr ,m
/llv l ;a s 1 1.J rt'lue des flJ'S:JlfS tar.:,uts ur la
/.Jn te.

11'•111

~-1

m: un b1:tl u, qu lr dianln'. • ·t _ix
,·i •illc· f .to ml''-, :ivai •nt oppo,t: t'n h:\tt.&gt; Je
port•· do. t • Lt'!i r uêtr étai nt 1&gt;rot :':_ée
par ri• barre.au· de f,•r; .'aint-\'onn-\'adt•zour
êtail l1i n !!ardl'. .n plu,,. J rhai. , de.
Lane~ .• ur l'ordre du pr Ire, n1-;1ienl,:Lé amouccl11. an 11un•rlnr,:•· _où. tru.1nl rnror, l'ncci."'.
\lor . ù'un lwnJ • .\llanu ~•était jctr. dan
I • cl, h r: pendu à I ctmie, il dé hninait
ur lés camp g1w· l'appt•I in 't!! sanl J'un
tocsin fr 111éti11m•, , oubo pnr le hraul,
'norme Je I cloch,·, il 11uittait lcrre de~
d,·u pied,,, s'i•mol, il. lui :IIL~ i, rctombail,
rtpren il on él. o. ,onuiit toujours: prelrc
r.rnali1p1e, mué en gitnic Je l'niraîn, en démon
des temp.!le .
Autour d lui, son hedeau. ~c chantres,
_ e; \'Îeille fomm , fai i Lpleu\oir k arJois , I •. tuiles. IP: pif'rres ,ur le: n 1pulili1 in arec d,· oulr3&lt;TP el de
mnléJiction .
- lin ne ·'t.'nl(•nd pas, fil llivot, . e llouch nt l • · o il11• o~ 1 ,acarin du do1·hl r; et pui · crue mu.-ique-là pourra il nou
auir -•r Je· d a•~r,lmen ... faite,-1 · taire!
- llé ! dil uu c.aporal, il ~• a Ji: minut .
qu'on lire d ·• u san · rien atteindre. Ils .I'
moquent de nou , J rri'· leu~ gar"ouilJ .
Di, Il n'admet!: il p;is 11u'un J, - ordr •,
111' f,ll flOÎOl e: éculé. Il appela un officin de
volontai r, :
- - Lieut oant, prene1 dcu
faite ~omm:ition :1 ·!!.. 0 1ll'l
r
leur 1,ruit et de : renJr ,
lmilée.
0

... 3,...

- \prè 10111, po11rquui pa: !
La c:1ta troph' lin, Ir, à la suite dr. nuire .
,· t:rail h J,:li,r:mr •
Pourtant. au fon,1 J • ,a ... tupt•ur et Je . on
41tt..t·•1 ir. il cOll" ail •ncim ani· amrrlum,,
')11 • l11s prnpbdtie
liaient s'atcomplir · Jili,
10 c.1det in,pirJ, l'avait :mnoncé liicn ~ou,tmt. : la Républilp1e dl•,ail miner• le jour
011 le coq ~·t•mol rail du docl1~r .... Cejour
,:t.,il n:mu ... qul'll, terreur!
D· armé. inru. il attendit lt• · =vénemcnt •
lb ~1• prédpitaienl. Tandi: 1111'11ne liand de
,ol1bls in-c~, gouaill ur:-, ft1r
, pillaimt
le crllie.r:., lo~ ~nnc.,, en Liraient, p •le~
mtJ , 1 •' ajon , ,cc.-- ou ,cri .. , 1 , r in • et
k, Liés 111~me. ti ~:icril',.cl qu'il le, cnlas,~icnl, d ,anl l'é;!li e, en rnonc au formiJ.iblr~. en lnklu:r. i~anh• que.~. - d':rnlr
pcr--onu:i"c :ur\Cnu, auiraicot l' 1lltt1tion.
·um.i ~le ln• .t\ait. !1 mi-d1emin dll ncoi:1, renconLr' lé comte Turpin Le ,lohanie
tl madame l\o. e [)i ·ot. lkpui le ma.tin,
[ll'n ht;s 3\ll f1•11ètr' du cbaleau, il , \'3i nl
ttcndu. JI ~lai nl pr 1 t , manteaux au
t'.·paules, chapeau ~ur 1.t td1•, 1 ur i(: r lin~:i·" di•(Ml : loul pr'.. d'cu . \ r rlir de dix
b :ure., h1r hnpatienn tourn:iit ù l'an"ois~c,
Jcwnail tloulour u. I'.'. Il u1 beur' . pr -;1111
&gt;l.! Lram~r&lt;'nl encore, p~nibl ·m •nt dép,m ée.
n oi eu~ 1:onj tur · . en alerl · d lçu,.; ,i
un groupe de pa~san, p:t ail :IU ddn du
pont, n ' criait :
- Lr ,11il, !
- , ·on , non, corri,.cail Turpin. bêl II n !
C! n' sl pa l.llL !
li ,mm nçai, nl :, &lt;l 1,, ·pér r, ·:1ait•n1
retiré.· J ,, fcn Ire , quand l" roulement d
1:1ruoour,; l ) rnpp,•1 • 1rio111phant,. • mu~i11 u(l d,:)ici•u • pour œ oreillc·-111.
- l'Jrloll ! fit Turpin, :ilion· • u..J,·Y~nt
d' •ut. c· 1 la tll •ilkure raeon dl· !iC foir1•
rt.'C(}!lna1ll' 1 l d ' 1i:moi:m •r notre ·b:tn"Cm nt J Cronl •.. 1101r, vott~--r œ.. ..
li ch,·rch:tit . e' mot . l\o,t.l l'interrompit :
- 1'1 t.inl i.l'hi:.toir · , di~ ; notre pirouelt . &gt;n foit c • qu'un peut.
lis ·orûrenl du .:Mie u ,· n~ 011" r , r •0.irJer e1\ arrière. Turpin 1:r.:1il trop an,icut,
11

C

�,
-

_______________________

111ST0~1A - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
t.hique; pui , prè. de lui, à la ,u de celle Lou trois, se retrouver face à face , après i,
soldate ~ue en proie au délire de la. destruc- aunée et taol d'érénements ! Il joui sait par
:n·:mce de u1 revanche facile, &lt;le son triomphe
tion, Rosa trembfoil Ju bauL en bas l'l s
prm:iit à cbquer des dent , œ qui n"füüt ohligatoire. En gourmand de sensation , il
pa fait pour le réco11îorter? Il craigno.il tout ; le reculait, s'amusait aux bagatelles; entenregrcllnit pre.c1ue. De loin, . a ,, pirouell » Jait ne rien brusquer; parcourir gro.duelle·
ment, au contraire, toute la gamme d lragiqucs in&lt;·idences; so complaire aux mt&gt;n11s
détail ; ne rien perdre surtout des mulliph .
angois:,c·, de folle épouvante qui, .sul' 'l)~i,·emenl, s'allaienl peindre clan ces fi;,'UrL!S
d~compo. ée•. U loucbail à 1a scèuc upr~mc;
c'était ponr eux seuls qu'il était ici.
ANuma lie tre,•enuau:x.orilre: ,il réponùait:
- Failrs-le r,mge-r là-ha., contro la ltorrière, à gauche. Je los appellerai tout ;1
l'heure. IL fanl conslitucr le tribunal.
or .es injonctions, an bonL d\l champ, Je plus loin possible de l'é.,lise. où le toc. in
as ourdi .• ant s"obstinait au vacarme, de
- füt ·œur.
ré"li.e, ffU 'une épaisse famée noire cnve~op- [;;ncore mienx ! J'ai ordre de m'as. un·r
pait déjà, - one table, des chais Inri-r1L
de ,•os pcrsouncs. Qu'c. t-ce 11ue vous purapportée . M. lt commissaire s.'intallait !lfl
tez là? ...
plein air, par méfiance des habitation . On
- Quel,1uc bagages; de ,•èl ment., &lt;lu
ne sait jamais. 11 vaut mieux garder H',
linge .... ::'\ous complon· partir avec ,ous.
moU\·emcnts libres; el, en cas de be.oin, fa
ui, (\\' C ,·ou ' rrpéla no.c, en r.oubul
retraite as-urée.
une œillade à , um:.i Mc lre.
D'nilleur , un gai oleil ral·onna il, séchait.
Celui-ri la rrçul sans broncher; il rép1ithaufi"ail le sol; ce jour d':mlonme était pl~in
1p1aiL brus,1urmenl:
Je doucellr.
- .l'ai peur tpi-.,n vous épa.rrrae celle peine t
Dirnt 'n it, élafant ùernnt lu.i de papeDivol éclal12; dre.ssr!, re11virs;,11t ta cllillSe dans .,011
Ro, e deviuL ,cric.
l!IJII n-11sq11~, S'.idrtSSJIII â I OUS les oid~u,s ,ill
ra se riu'il arnit apporl 1es; le tribunal était
dfa.mt. ln lèmOîn$ ((~ la. sclnt, Il f11lmi11ait .. .
Le Breton tr,naillil; pui il se calma ous
con lilué. Le tribunal c'était lui: lui seul ;
(Pnge ~-1
un r 'llcxion : &lt;( Cc militaire ne pou,·:iil pas
Jug-e ans app.el, mailrc omnipol-enl dtl cc La
a\'oir .... » li tïn1errngN1.
d' xislcnces.
- E~l•cc 11uu Blat.! vous accomp:igne'!
Pourtant, il s'entoura, à titre d'a e urs,
lui
sembfaiL
facile;
le
rnoment
v
nu,
il
e
hl non ... il ne se dérange pas pour
&lt;le dix. banJit armés de sal,r el de pique:,:,
enl.ail
Les
jambe
raide:-:.
i peu. ~ai nous arnns arec 110m un c mremarqaahles, dans cetl, foule grimaç.1.nt"
Ans itùt f(lle i'\urna 11e lr apparut, nwc:
mi..airc ùu pouvoir exécutif; ... un esprit
par leur hideur et leur férocité; de pars,
se.
homme
encadrant
on
pris.onnier,
a
priLien dis1inguc .... Vous m'en donncrei de
sur Iesquel il pouvait •'appuyer n conGnnce.
_onnière,
Jérôme
Ili\'Ol,
m:i,,nétiquemcnl
uouvclles.
,\11 milieu d'eux, voyant, dcvaat lai, le pros
En parhu'll, J'cscorlt", avac es prii;onnicrs, a\erli, araiL tourné la lêle de l UT côté. })1 de ses soldats mas~és sur la place, il e en. 'étail 1•cœise en marche vers le village où le cet instant, la cravache ou le bra , le•
jambes arquées dans .es bottes militaire~, le tait fort· un faibl~. un làche qui e sent fort
comlial ce sait, faute de ré.si tance.
c lune hète mon. tmeu e. Tel étail Divot.
Les derniers coup &lt;le feu retentissaient, cltapC'nu sur l'oreille, il pas.sait ln r,mw dtJ
Uao~ , a félicité, il se contenait mal; a rait
isoll!!\, éloicrn :,, 11unntl Numa Mestre, Ro c pay ans parqués sur l. lande. Il ) lrou..-ait
peille
i1 ne 1&gt;a· éclater; ses main . cri.péc
el Turpin débouch~e11t sur la place, ue,anl un certain vlaisir; tou lui présentafrol le
SU[ la tal,lc, '3g'LLaicnl mal~é lui d'un L1·1•mmème
-visage
morne,
la
mrme
tète
has~e.
l'église fflle d forcenés en folie s'efforçaient
blement fébrile: a gorg étail sèche, 11 s~
d'incendier, où. le toosin tonnait toujours, Seule, Séza, folle, - i,.nor:mL si son homme
fil a11porter ~ boire; attendit encore qael,1u
'abnllaot du docter sur terre pour rebon- était ble-.é 011 mort. igaoranl où était Tina,
minul pour èlre sùr d oi, en pleine po lous
le
aulrc
,
s:iuf
Mair,
captif
comme
dir au loin, ramassé par l'écho.
ession de es rares faculté d"ém1h·ite tourelle,
dan~
un
autre
groupe,
plus
loin,
Dans cc mouvement, cc tumulte. devant
menteur.
Enfin, npaisé, il consulta e, nolcl',
eule, éza, rcdre-sée devant ce commisl'imminence du péril. Turpin regarda rnachitou~sa,
pui
se remersa en arrière, jotmnt
nalemeo1 ce oldal alfair' , lraùiaol, en- saire, l'occablait il'inYeClÎl"I!. .
avec
on
jaboL.
~ion
nom,
pois
on
pourri.
que
t'imtas ant d~•- Lotte de. paille, de fagots, des
De loin, blême d'effroi, Ro.e le con idérnit,
branchages; il vit leur manœune cl ne 1a porte? Tu &gt;-moi, c'e l ce qne Lu veux , bourTurpin
an i. Dan c.c maje.slueux fon tioncomprit point. ras une seeonde, l'idée de reau, boucbcr. canaille! Eh bien. va -y, ne
naire à mou tache. , au rb_apeau empanaché
te
gène
pas
t
~fais
ton
lou.r
,iendr:i,
îmni"r
!
celle pm1Jre, dormant entre cc mur léchb:
el, cc jour-là, Sato.a te tirera les jambes! ... enfoncé ur les· yeu , ù la cramlc de satin
de flan11ni:s, n'cînenra sa mémoire.
noh· noynnL le menton, ni elle, ni lui no oupJI était trop préoccup~ de a défense de pas e Lon chemin, e1.coromunié !
çonna l'identité, l'une, de on légitime épou-x,
Mais,
quand
il
nperçuL
Le
Gloh:mic
et
sa
celle de Ilos~ et des ùangcrs qu'elles présenl'aut-re, de cet liumble merlan 1 fJu'il ,wait
compagne,
l"cx-perrnquicr
du
avon
d'Or
t.aient, au si bien du coLé royali te que du
mi à mal; saos quoi le dernier espoir aucôté républic.1 in . Il avait élé l'ennemi des abandonna. celle ,·icille furie ans intér1it. Il
quel
s'accrochaienl le:ur deux runes eût soruuns, ùcrnnaiL l'ennemi des autres. Le camp remonta a mrvate, fil demi-tour, puis, à pàs
hré dans un !lot de suprême détres c, un
leols,
compté.,
"appl'oclia
des~
victim
•
.
&lt;1 uïl abandonnait allait se dresser contre lui
Le cœur lu.i ballait fort, sou un aînnx de pilOJable elîond.rement. Mais non, Divol êta.il
toul entier, tandis que dans celui qu'adoptait
joie,
d'orgueil, de haine satisfaite. ll les bien d~guisé.
a lrahi~on, per onne, sans aucun doute, ne
tenait
enfin l lui, l' (l insolent r:iYisseur 1&gt;, elle,
forait un pas pour l'accueillir et lui tendre fa
1. Les conlcmpo-ruines de 1fo(lam ,le Genlis n~îcnl
l'
«
tipou.
e coupable, la fomroe adultère! )) au,;,i, je 11e ~i pnw-iiuoi, Ir, =nie ll u du igncr leur~
main.
Jl Ùn'ouait intérieurement peu sympa- C'é.Laicnl ses Cl pression ·. lis allaient donc, coiffeu rs sou, le n11m ,le mc-rlmu;. (t:aawn Dm;cliamp .)

lloso trop con lente; i\ s'exilail; elle 'él'hnppail. Mais, a\'ant l'e il, mai avant la fuilP
il y avail Pn(;(lrn l'immédiate a.rnnlure. Quelle
er:'lit-elle? Il e le demandait m·ec terreur;
elle n"} ,·o nlait [llt sonrrcr.
Au somml!l d'une monté , cc piéton s11specls donnèrent da nez contre li lre el , a
troupe. Le capitainocou~idéra les dcuxoiseatL .
Pas Je &lt;lmllel La f mmc étaiL jcuneetjolir ....
llli! hé!. .. Qu:ml au particulil'r ... un ~ale
bouhomml!, commll avait diL Jéromc Di,•ot. ll
pcuso. qu'en \c?s &lt;'llÎermanl tou le~ deux da11.
la même cage, Ç;) ferait deux Yi laine. hèle~ .
D'un g-c~Lc, il burra ln l'0nte, ordonna le
crrcle.
- llnJtc-là! \"o nom"1
Le comte ouLlia on tilr
- Turpin Le Glohanic.
- Parfoil !. .. ~laJame?

_ Il le.s délaillniL, lui I La gueuse étail tou~our~ bulle; « l'infâme éducteur » était tou~ou'.s laid. Une mioulc, il soogea qu'il avait
Jad1·, pendant bien de matin de uite barbouillé ee visage de mousse pa1 fumé;; oi~ncusemeot grallé, de on rasoir, ce nobles
Joues; 'empre ant alors aux ordres de mon•
ieu~ le comte, et avec quelle obséquiosité?
a bile s'en aigrit encore.
. Il ordonn~, la voh brùve. que ces deux
c1-&lt;~e,,:rn_l lui fu sent amenés. 'l'urpin, le.
mams hbres. collées au corps, s':ivanç.1 roidement, d'une allure militaire: mais Rose
foiblis aü déjà. Elle étendit les bras, vacill~ote; deux. voloataircs la ouliorenl aux
:u~se~es,_ tout de uiLe empressés à se oins,
lm temo1gnanl, de prè , leur admiration.
. De~an~ ~a taLle du commissaire, auquel
,·1'.1l s adjoindre, au dernier moment, le c.1pila1ne r uma ~fo Lre, les deux hôtes d'ffar coëL
co~pararenL. A cinquante pas, le paysaos,
mumtenus_par un cordon ùe troupe, voyaient
et ente~daient. 1.iza criait déjà :
- Ecoulez-le mentir l Voici le loup a,·ee
la louve!
. ~l. sans sal'Oir :iu ju le pourquoi, prise de
dmn:i.tion, elle ajoataiL :
- C"est eux qul nou · ont perdu~!
Pui..;; elle gémit.
- Mon hommel ma ll1le!
Ap~è , elle penchait la lêle, contemphit
ses pied , restait mucltc, lointninC', absente
ou désinLétesséc.
Cependant, Uo o el Turpin . e LenaienL
debo.uL. devant le repré.~eolant du pouvoir.
Celu1-c1, ta sé, riplati sur sa cha ise la face
bai· ée, enfouie Jans · 011 collet d'h;bit et sa
haute cra,•ate, couvert jusqu'au,1 ~·eux de sou
1~rge chapeau, n'offrait aux regard qu'un hl,..
r1ssemcnl de mou tache . L'air iodillërent, il
prononça, comme 'il. 'aequiuai Ld'une corvée:
- Vos nom , prénoms, 11ualilés? Faites vite.
~urpin, a urant 011 organe, répondit
cla1rom nt, mai tr s Las :
- J't:Là_i le comte Cba.rles-Loui Turpin
~e Glohamc,_ de Locoal-llar coët; je suis le
citoyen Turpm, répnùlic.'\În sincère. Voici Jl.la
œur,
)farie-Annc-Cl:iudine 1 ralliée comme
•
moi aux idée nom•ellc ... .
D'al10rd l'étonnement empêcha.il n;\"Ot de
prononcer une pal'Ole. Ah! vraiment? flo e
'f~rpin, ~emme Hivot, par la grâce d'un
miracle Lien breton, s'était muée en fille
noble et cMtelnine? ... c~la le divertit un
moment. Mai', tomme le comte renégat,
pe~cbé vers lui, insinuait quelque chose d'une
VOIX loul il !ail élou1fée, il J'emil ,il gaieté à
plus tarti, courrouç:l .e altitudes cl 'exclama:
-:-- Pa.rlei haut! Ce o'e.t pas une conversal100 .... 1 ous ne sommes pas ici dans ,·os
palai , dans 1•0 alons, ous vos plafonds
&lt;lorés; nous sommes dans la nature ou le
del, devant le peuple. EL le peuple a le droit
de ,·ous entendre, le droi L eL le devoir car
c·o, t lui qui vous juge. Vous avouez dond èlre
noble homme et noble fille. Vous êtes le
comte Turpin Le Glohanic; j'ajoute : thef
choua.n, commanda.nt le 4è bataillon de la
légion d'Auray, sous Cadoudal; vous êtes

particulièrement signalé pour la part quo \"OUS
avez prise dans l'insu1·reclion. Celle femme
e L rotre sa'lur? Me complimenls. Elle au .i .
je le sai~, c est prouvé, elle au si a fait acle
de royaliste, s'est répandue en di cours Tanatiqncs .... Elle mus seconda. Nous ne s.épa.rerons pas une aussi bonne sœnr d"un aus i
bon rrère ... elle parla,.era voire sort jusqu'au
bout.
llo•e, suant I peur, ou,·rit !a bouche
g_ra.nde pour crier, supplier, re1·endi1pwr;
rien n'en orLil, elle ul1011uai1. San r1u'dle
s'expliquât pourquoi, la \'O:x de cet homme
sa 1•oit seulu, l'avcrti ail que tout e~p&lt;&gt;i::
était futile el lui .onn:iit le rrla •.
)fais Turpin, san e Mcontenanc;,r, es-

co~ptanl à son pri la réî~latîon rini allait
u1vrc, se penchait de nouvenu ver. le commi saire el détaillait lentement, èn scandant.
les dernier mols :
- Yous vous trompez, moo icur, nous
so.111ru r~l!i~;,je le répète: r.i.llié à. la f\épuh!t,1ue. ous avon !'il.me bleue. Je rou ~n
donne la pi·envr. Jo uis l'Arni des Lois. Vous
ente11J!',, '! /',lm i des loi· .
Jérôm e IJirnt écarquilla des fBLLt 6normrs.
pourra de rire. Cel~ JeYCJ1ait Lrop force. Hun
une perruquière, il trounit 1me grande dame;
dan un chef t:houan, un traitre à on Dieu,
à on roi, à son p.11·ti. C'était le carnaval de·
êtres et de cho es. EL lui--mème 7 Il 'é•ayait :

~ fui wie sec011$$t volcanl.;ue,_"" lre111Memt11I de lern, 11 ,e C:ll1&gt;1 P11 Ql/c,11 proflm df

Le, ,,,Ille l frres de pou;I
a ré:se;]'e de G ~orges. /J/~a1rnt ltur œu~•re .... l.:s Slll'viv.rnr,, nipuqlii:,./rs ri p.1;-s.1ns lll ~'les r~coiicil~:;

Par 1e ~austre. 111.Ya/ent .t11is tout~s les Jirt:t1a1:s .... (P.1ge

.., 5 ...

B.1

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'

�mST0"/(1.Jl
-

Alors vous ûles.... C'est Ton_ l'Ami

,lei; loi. ·i
- Oui.
- C'est vous qui avez écrit... la lettre?
-Oui.
Divo! se tourna ver Numa Mestre el es
dix a es eurs :
- Vou arnz entendu?
Une rumeur d'a entiment courut le long
de la table. Dirnt éclata; dressé, renversant
a chaise dans son èlan bru que, s'adressant
auss.i bien au,: pay ans captifs qu'aux troupes
di séminée•, à Lou les acteurs du drame, les
témoins de la cène, à lou te crœture pré ente
dan la sombre aventure, il fulminail :
oldals, paysans! regardez cet homme;
apprenez comment e l faite une face de
traitre! Cel homme a écrit b. délation (!Ill
m'amène i i. C'e l lui, paysans! qui YOu a
signalés, au comité de Vanne , comme brigand~ irréductibl · vo capit:1ines, Joyenne,
t:rnou\·ez, comme des assa ins de route;
v~lre YiJlage, comme un centre d' ·•ternelle
révolte eL de ra, semblements. C'est lui!. ..
renégat, trailro, le comte Chari -Louis-Turpin
Le GlohlUlic de Locoal-Uar:;coot, votre seigneur. Yoici quels sont le clie[s de Tolre
cause .... EL \"ous combattez la République!
Une hure sottrde, une huée d'hommes
blessés, garroW:L, de îe:mmcs, de fille à
drmi mortes ou de peur ou de désespoir, une
triste huée de nincus mont.a, presque une
plainte. éza, les mains Lombées, les )'CU-X au
ol,au nom de Gynouvez avait dre_së l'oreille ;
pui , san plu dïntérèt• • 'était replongée
dans son goull"re. D nouveau, elle n'entenilait plus ; clle complait toul bas se morts.
La huée de œs pauvres Jumches, lasses de
sanglots, soufflée jusqu'à Turpin. lui fit
bai . er la tète, mahrré sou parti p · et on
dernier es ai de suprème lira.vade. Autour de
lui, autour Je Bo:re, les volool.aires, le gardes
nationaux s':n-ançaient, 'approc'baienl, resserraient lèur cercle, _e poussant des coudes,
curieux de considérel' de prè l'homme e:x.écrable, l'infect ar,ïst.ocratc; plus curieux encore de reluquer sou le nez la beil demoiselle. Elle ,·aJail le rnyage.
lor:;, le cilDJen Di\·ot, in piré, grandi p,i.r
les cirœn tanœs, sous un soufilc d'en haul,
conçut des mols sp1cnwdc . or le front de
Turpin acc,i.blê, de Rose moriLondc, il balan!ifili la tondre:
acbez, sachez bi n, ci-d•rant ~ans
honneur el ans foi, sachez donc que la fiépublique, égalitairement généreuse, profite des
délations. mais puait les délateurs! Qu'il en
soit fait ainsi. !lace maudite, di paraissez de
la terre; délh-rez la patrie. Que la sœur ui,e
son foire et partage a mort. Ceux-là sont
jugés, il. d'anlre !
fais Bo c, tombée sur l&lt;' genoux dans la
le.rre cras:e, le cna1ns tendues ,&gt;er Divot, la
bouch~ noire de cris, de anglots, l"éeusail fa
enlence, ne ,onlail pas mourir. \oluplueu e
el sen uelle, n'a anl vécu que pour sa chair,
dans la con stanle adoration de a Leauté elle
ne pouvait concevoir celte fin bru que et sanglante; . a ch:iir e révoltait sa beauté refu-

- PaU\·re r mme! yoyez où mène le menson"e ! ous choisissez, au hasard, un nom
che; à la République; celui du ciloyrn Divot
que le écho du monde vou. ont . an doute
appris et répété. Vous 11rélendez être la lé!ritimeépouse de ce pur citoyen; et, pour ;r:1!!Der
du iemps, vous soutenez celle fable . .le répète : paune femm !. Re!!ardez-moi ! C'est
moi, Jérdme Oi,·ot. ancien barbier, que son
génie et l'amour de la patrie onl pous é aux
grandeurs. Oui c'est moi, Jérôme Divol, qui
ne , ou conna.is pas ... , qui n'ai jamais été
marié ... que je sache! Votre cruelle erreur
éclate en son plein jour et les Dieux lulélaires
de la République YOu ont à des ·ein abusée
el coufundae. Eh bien, à moi, Divol riu·avezvou :'l répondre~
Alors, hébétés, anéanlis, enlant trop
q1i'aulour d'eux s·agitaienl des volontés upérieures, irrési lihlemcnt néfn tes et conlra.ir , no e, Turpin, en écoulant parler cet
homme plu. redontablc encore dans a métamorphose, fi ·aïeul sur lui de prunelles de
folle, d prunelles de fou, dilatées et vides,
sombrées dans le délire.
11 avait jeté on chapeau sur la table, déga,.eait son menton des plis de sa cra ,·ate; e
yeux clignotant • bordés de rou•~c vif, apparurent, ainsi que on front tuyant vers sou
crâne pointu, on menton i,aloché.
Toos deux le reronnu:rent au sitôt. C'était
le coup de foudre. Turpin recula, renonçant
à toute défense.
- Ah! fil-il, je comprend .
Divol se ,•engeail; c'était tout simple. Il
n'y avait qu'à se soumettre et qu'à ubir sa
volonté. Pourtant, il ne renonçai! pas à ·auver
Ro e. Il le tenta. 11 l'aima ju.que--là. Elle,
roulée à terre, mi érable et méprisai.ile, se
tordait les bras, criait su.r Lou, les ton:1 :
- Jérôme, pardon! pitié[ gràcel C'est
toi ... oui ... jo te vois .... fieprcnd:i-moi ! pardon ... ma Yie entière ... .
Turpin la ~oulint, vint à ron secours.
- )lonsieur, ,ou arezde griers légitimes,
il e l vrai; mai je îu eul coupable. Votre
remme, que vou ,oo plai ez cruellement à
renîer encore, volre lem.me était bien jeune,
sans expérience l Prenez ma ,;e; elle PSL à
,ou ; mais pardonnez à llose el sauvez-la!
Divot ne broncha. pa- ; la voix lente, po~,
il répliquait :
- J'ai vu bien des démences devant mon
tribunal; celle-ci dép:i. se Ioule le aull"es;
d'aul.a.nt plus qu'elle est double. Bizarre, ce
lrure qui, pour uver sa œu.r, Jui fabrique un
étal dvil in e.xlremis .... Et celle-ci qui, même
coanincuc do menso11ge, persi le dan a
mse .... Fini sons-en. J'ai dit.
Mais, bru quemenl, la scèn' changea,
grandit d'inlcnsité d'acuité encore. De nouveaux personnages inlen"enaienl. Depaj quelques minutes, san que nul n'y prît garde,
pas.
tous élanl absorbés dans les dêbals da drame
- Et elle se dit sa femme !
la charrette amenant madame de Jo enne et
Amusés comme au Lhédlre des bouffon
tous e tournèrent vers leur commissaire; il Claudine, suivie de .Bernardia, du lieuteo.ant
exnltail. Ue nouveau, il s'était leî"é, majes- Ileaupoil et de ses vingt soldat. , avait pas é
tueux, dédaigneux, ironique au si dans sa le pont et s'était rangée sur la droite, à IJUelques pas du lrib1oml.
uperbe empha e.

. ail de 'é!ciudre, Rose se cramponnait frén ·._
tiquement à l'existence . .Madame Dubarry.
ur l'échafaud, avait offert, déjà les même ·
défaillances. Ro e hurlait :
- Arrêtez, ciloyen, c'est fau:d Ça n'est
pa vra.i ! Je ne sais pa noble ... je ne suis
pa sa œur ! Je suis du peuple, comme ,,ous !
ldats, vous m'entendez'! Je suis llle pam'l'e
fille ... oui, une enfant de Pari , enlevée par
ce mi érable, forcée par lui, contrainte de
jouer celle comédie pour d raisons qu'il a!
Jfois je vous di que c'e t faui: 1 je le jure!
, tlendez! ...
Entre les poings de quatre hommes, elle se
dêbattait, se convulsait sous les Jetu froid
de Divot impas ihle. Il jouis ait de sa vengeance. Il élail heureux. ~fais elle, renvcr ée,
les ein jaillis de son corsage arraché, accentuait, préci ait sa plainte, entant bien que,
seule, Ja preuve de son indignité pouvait
encore la auve:r.
- . .. Attendez! Écoutez! ( Elle haletait.)
Je vais vous dire .... Il a jeté sa œur dans un
couvent... à Montpellier ... \"Ous Yoyez bien
qne c'est vrai.-. on n'invente pa ces chosesla ..•• Mais elle e.st soetie ... elle est ici ... aux
Repo es .... Il faut la.retrouver .... l1 m·a mise
à sa place pour voler tout.. .. Est-œ qne je
samis '!
Dans son incohérence, elle commençait à
intéresser ce cercle de goujats, donl les regards
'allumaient de\"anl sa lra!!Ïque indécence.
Divol la laissait dire; acb.ant bien qu'il aurait
toujour le dernier mot, il se plaisait à prolonger la scène.
Turpin, les poings serr' , ob tiné dans son
amour jusqu'à la tombe, comprenait aussi
que, plébéienne, Ro e gardait une chance
d'échappement; l'approuvait, à pr · ent, sans
ré! er\Te, au milieu de œs déclarations qui
l'éclahoussaicnt lui-même. Par interralles, il
lai sait tom be:r :
- C'est vrai. Eile dit vrai.
Ro e, un instant, put ·e croire sauvée; par
malheur, à force d'être sincère, elle parut
mentir. dépassa le but el compromit sa eau e.
- Est-ce que je savais? J'avms vingt ans ...
pas même, dix..n uL .. Et puis, pour tout
vous dire, j'étais mM'iée. Voilà. Je suis Rose
Taupier, femme Jérôme Divot, le perruquier
du Savon d'Or, dans la rue ....
Une clameur railleuse, de gro rires éLonnés
convrirrot la dernière phrase de son plaidoyer.
lnterdite, elle s'arrêtait court. Qu·avaient-ils
tous à se tenir les côtes'/ Mais eux, leii Dleu ,
ils s'esclaffaient, par groupes, le main au
\'Cntre, un genou levé. C'était crevant.
- Voyez celle impudente! clic se réclame
de Jérôme Divol. .. qui est devant elle.
- De l'ancien perroquier; donc pas de
doulel
- Elle l'a sous les yeux et ne le reconnait

-------------------------------e derniers arrivés durent entendre les
crii:, les supplication uprèmes de la condamnée el cette fin pathétique d'un jugement
précoo~u.
Or voici que la ,'l'aie Claudine, à peine ~
ter~e, s'élançait librement, échappait aux
mams de se~ 0 ardes, criait : 1, Place I place! 1,
d'une voix volontaire; el, dan l'intérèt stupide de la foule étonnée, e îra 'ail un passagll
1usque devanl Divol C[Ui "impre ionna.
Là, droite, impérieuse, ell.: écra ail ùe son
ge~le Turpin et no e; elle parlait à son tour,
sans peur, prodiguant son mépri , j splendide au soleil que l'autre en parut' laide, et
llu'une rumeur d"émerreillement, partfo de
toutes ces poitrine_ fau"e , salua sa royal!!
beauté.
Joyerme et a mère, œllc-ci galvani ée p,1r
un coup de p:is. ion, se rangeaient derrière
elle; à eux troi , groupe pur, ils r1lhabiliLaient, rien qu'à paraitre cette aristocralie
Mtrie par les Turpin. La mtlme fï•m: les secouait la même Iolie de mort. Devant cette
égli e, enveloppée de fumée, léchée de
flamm , del"anl ce village dé ·ert. où gisait·nl
des oorps r...uges, devaut ce p.iysans captiI~,
que le fu il d~ Dleus allaient abattre encore, devant œ triomphe du mal, celle parodie de juslice, le cœur soule\·é, l'àmc indignée, il jugeaient que leur noblesse n'a aiL
plus qti"à mourir. li accvuraiellt.
Et Claudine avait vu, dans un éclair, ~a
reconna.issance, sa consécration imposée à
tous, par l'aventure mème. Exaltée, orgueilleu&amp;ey dans le fris on Lrarrique des ma ses,
elle barangua ce peuple d~ laquais.
- llalle-làl qu'on m'écoute. Cette femme
a raison. C'est moi, Marie-An.ne-Claudine L
Glohanic de Locoal-Harscoêt, .fille de race
noble depuis mille ans. C'e t moi! Voici mon
frère, mon bourreau I Épargnez celle créature, sans nom, sans gloire, rotre sœur, gen
du people ... il n'y a qu'à la voir .... Il n'y a
qu'à la voir pour juger d'où elle sort, quel
sang coule dans ses ,cines. li:lle e t ltop lâche
pour èlre de chei nous. Vou figurez-wu
donc que cela piris e me plaire de la voir,
ous mon nom, hurler sa peur, pleurer son
infamie? Je vais ,1ous montrer. moi, comment meurt une Le GJohaaic d11:trscoët ;
comment les filles de mon rang e tiennent
devant des drôles qu'un hasard ou qu'un
crime a rendus les plus fort ....
Joyennc, à son coté, vint con11rmer son
dire:
- Moi, le chevalier Je Joyenne, chef
chouan, je vou déclare à Lous que celte jeune
tille seule a droit au nom qu 'elle revendique,
ceci dûment prouvé par mille Fait établi ...
que celte antre femme n'est qu'une aventurière, plus folle que coupable et de ha se
nai sance ....
Claudine reprenait :
- Citoyen commi aire, prrisque çom.mi sair~ tu e , je te somme de tenir cette fille
pour plébéienne, selon son propre aveu, et
d'ordocner ma mort sous mon nom Jérritime!
Elle e tourna ,·ers les prisonniers.

LES ÉP'É"ES D"E

'F.c~ - - ,

··· Un har,1uu ..télruil, u11e tglife effr;ndrêe : IJ rttin~ Ju villag? t!l..iU 11.11e suite, trne conse:l'imce de 111 guerr~ •...
Pencfattl di" an$, le village /11/ vl.k de Jeunes gens ; pe11d411l JI.&gt;: ans, les filles re$/trent fille~ .... Pour/:1t1f
/"herbe lie l'oubli _fi nit par ,:roilre.... (Page 8.)

- Pa san , mes vassaux, j'aurais préféré
me présenter à wus en d'autres occa ioo!l.
Cependant, quand le villarre brûle, quand
tout le monde expire, il c L urgent, comme il
esL naturel, qu vos seigneurs se mettent à
votre lèle en réclamant leur JroiL de passer
les premiers. Me voici! aluez-moi, je sui
seule; cet autre ne compte pa , il est déchu l
Superbe, elle élcndaiL le bras et désignait
son frère qui reculait, éperJu. C'était la première foi ·qu'ils se fllYO}'UÏcnl, se retrouvaient
face à face depui le seuil du Cloitre, à Montpellier. Elle l'éblouit. 11 l'écœura. DevanL
Claudine, Ro e, à genoux, sentaoJ renaitre
l'espoir. élevait e mains jointes, en balb11Liant de prière et des bénédiction ....
11 Oui. .• oui, elle cil.ait ùn peuple, oui, oui,
elle était infâme, mais la vie, la vie 1 ~
Alors, des rang pre é de ces "Olda1
accouru de tonte part, une noul"ellc rumeur
'éleva, celle-là violente, :ipprobative, glorifiant l'orgueil de cette brrandè Bretonne. Les
mas es ont ain i. Au milieu d'un accè de
cruauté lâche, un beau cri généreux les bouleverse et le retourne.
El les paysans, stupéfaits de cette suite inioter1·ompue dt! révélations, pour em, les
impies, quasi-miraculeuse , 1 paysans
acclamaient, convaincus, la noble fille, leur
chàtelaine retroo,·ée, qui prou,·a:it ses origines
par la hauteur de ses verl11s.
Son inlerrention, - pl'esque surnaturelle,
- cxhau sail les ames. Cc que, naguère, un
mormmait tout ba~. à présent, 011 le criait
tout haut. Ver elle, le bn se lendirent ; la
foi e précipita. Séza, 'anachant au groupe
de captifs, rompu par l'enlhousia me, éza,
enfin tirée de son rève à la rnix de celteaulre
~nfaal l:mt chérie, 'était jetée ·ur elle, l'en-

tottrail de es bras, prête a combattre encore
pour sa Glodina, légitimée enfin de·rnnl l:i.
mort universelle.
Et, quelle que lussent les opinion , Lons
les cœur durent battre; dans ce milieu d'angoisses, il était impossible de rester indillcrenL Divol lai-même, perplexe, arrachait sa
mou tache. Pros de lui, Oraupoil, de plus en
plus ébranlé dans es com·iction • 8t!aupnil
murmurait à 11 oma Mestre, dont l'âme était
emblable:
- N'importe, ci ce sont des erreur~,
,·oilà de bell.es erreurs. Quand il -y a des
femmes comme cela dan un parti, il a le
droit d'e.spércr encore ....
Le capitaine, pensif, secouait la tète; approuvail SOll ami :
- Quelle énergie! Quel orgueil! C'e tune
hurn1nilé parlicu.liè:re, appuyée ur di:t siècles
de consécra1ion.
Jérùme Di"ot, irrésolu, ne aclmnt pas
comment conclnr (car il s 'awuait lui-m •me
n'èlre pas, tout à fait, à la hauteur d'une
pareille tâol1 ) Jérome s"en lira. innocemment
on perftdemenl, par une petite phrase :
- Je comprend à présent pourquoi cèl
homme vous 3 vendus!
Joycnne bondit :
- Citoyen commissaire, explique-toi ....
~lais voici qu'alenlour du jeune homm e,
les paysans, oublié par leur garde ·, les
soldats indigné , gagnés sourdement à la
cause des ,•aincus par la gr.lce de leur
héroïne, tous, dans un tumulte de paroles,
de vociférations, de menac . dénonçaient,
répétaient la lellre de Turpin au comité de
Vanne . Le chevalier compriL confusément,
mais comprit.
- Cilo)'en commissaire, e L-co .rai ce

�, - fflST0'/{1.JI - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - •1
ur le rb 1mp dé erté, le Cilpilainc Numa
i]ll'on dit là'! ... E,t-cc Htli que 1•cl homme n p~l •-mèlc cOroyahlo au-de~sus dl'. &lt;lou:t
Me Ire el le lieute1l11nL Beaupoil, écra és par
11111rls.
~fadame
de
Jo
·enne
el
Claudine
frril, nous :1 füré ?
le même pan de 111hr, lr:ir;aicnl, C1He à côte,
- C'e t ,·ro.i, ri:pomliL Jérùmc. li ongenit étoi.,11L tombées ur les genoUI anpr' du
le
même geste ép rdu. C\ll( , nuprè du
tout Lns : « Qu'il 'nrrangent cnlrt? eu-x ! D leur; toute deux pnrais. aient expirer arne
cada\'re de Bcrnardlo, a mère, Clriudine el
lui.
n
nnl
Ùtl
fol:c
fil
o.
ciller
la
foule;
- Cilo~cn commi s:iir1•, jeta d'une voix
pui · éia, dem('lll'nienl agenouill~l' . Peull'hnrrcur h:i111tit 1 - cime·.
t:1·lalante ,!o cnne, ordunnc ~ l'un de le
èlre,
abimées dans ll!ur deuil, n'avaienL-ellc.
Or, à telle minute, une paroi latérale de
soldnl de me prêter un .11brc ... foi -en jelrr
p3! uuteodu celle îtiudre, n'a1·airnl-dle. pru1e, cre,·:is.éc, céda ous
r,:·•lise,
M,i\
lézarJ
un à rc mnu,lil cl lni c-11011~ tou deux r~ Ier
senti lreml➔ !ur la ll!rre? O'aillcur ·, que leur
cc compte. Trailrc ,1u1 Chou:in~. il doit mou- 1111 a saul d • 111rumc~. livra pa .age à l'inrir pnr h mnin d'un Cbomm ! .\.lions, rt&lt;pu- •·1•nd,c; rt tout d'un coup, couvrant lrs ,·oix importait?
l1umainc · , Jém1 uranl le drame, r.omme
lili,•ain, f,1is cda pour ma J ·ruièro ural'.e !
George·vinl trop lard. li troU\aun b:mll'all
Numa \kstrc lir.t son , nhrc el lr tentlil au 111il1c oLu iors éclatant lou ensewl,le une
détruit, une cgli C bilondréC', une populalion
t'\p!o.ion
trrrillanlc,
assourdis.anlo,
retentit;
rh •\'alier. ll(lrès un alut. D'un ge L rapid
"ro
le, rnnrs do la vieille 6n\ise 'écartèrent lentc- r~duite 11 Lrois falliiUe', Il lt:iu a
juJCUJ: prt .11u", U•rnardin 'en empara.
lira Yers le ciel, allcstanl [füm. , u milieu de
md11t,
comme
à
regret,
de
leur
antique
ba
c,
- ~ter,·i, e~pitain !
r·e faceli morue , il e compril inopportun.
l.a g:trJc ila~s il allendait que Turpin , ~ 1·illi!rc11l. pui 'ahaui.rcnt. Le clocher, souLa ruine du ,;Ua,re était une uitc, une oonfù1 armé 11 .on tour: mais tous ~u~ présent, lL·hi par une force incalculable, s'rle,·a dao
•11uenoe de la gtlElrre. C'était lui qui l'avait
h·
:iirs..
Saint-Yanu-Vadl•zouret
Oil
coq
'nà c~ défi s'Jcarlaicnl. so détournaient d~
décidée, dan ce li&lt;!u même.
rnl:iienl
au
ciel,
emportant
avec
eux
le
recteur
r.dui-ci, lui rcfu aient leur lames.
A la forme
•&amp;a le reçut ·omhrement.
Turpin 11ui, ju (Jll'alor., ronrn:ncu de Allano, s"· chantre el ses vieilles fei;nm .
Dans
sa
maison
ail
toit à jour, elle n'avait
Ce fut nnc ooous e volcanique, un trem~•m imp11issancl', de sa. Mîaitc suprèm&lt;', dü
plus, à présent, o.lJtour d'elle, que 'fioa 11ui
hlemerll
Ùtl
terre,
une
commotion
profonde;
, a morl imminente, étail resté les Lras
r lait pùle, une stupeur au front, et Maze,
cr,,i és, muet, plnlôl méprisant on lu mé- le ponl, rompu p 1r le milieu, isola la pre traînant un brn ca. é.
pris pubfü·, Turpin, bru. riuemeul s'irril11, qnïle; l,•s ma,ures ébranlées, ~ous leur
Le jour mème, ur un mamai~ l.iateau de
luit~
treu5~,
pliaieot,
oudain
bombées,
a,-ec
, il rou e. C't-n élail lr11p. h la fin; il en :H·ail .
pêcb.e, l'ancien hJro di, irusé do I.ocoaJ 'eo
des
ventre·
énorm•·
.
Ln
mille
livres
de
a,srz de tontes ces in ·ult , de loutcs ers
poudre, la ré.cfl'e Je G.:or"es l'ai ·aient leur l'ut au lar11c, au-dl?\"ant du naüre a11 ..1tiis qui
rt• 'l'U alîons. li açail perdu, était prêl à pa)Cr,
l • devait Tenir prl'ndr •. Il c ré[un-iniL à
m;ii d'un coup. nou. p1r ocomple ·. Tous C()!; œuvre el fourni . aient l:i conclu. ion.
Londres, aupri\ du roi. li avaiL dit adi •u à
ou
les
ddcomlire~.
les
pi
•rr~
,
à
dtu
·
~rucux l'eaoupient qui se pcnn"llaicnl de le
éza avi:c une tri IC:.~e douloureuse, comprcnl
mètres,
des
corps
isaient,
brillés,
écrajn"er, de le blâmer ouvertement. C'ttL:ût nroa:inl
trop, au ilc:nce d» la vieille pa1 aone,
és. masse informe ; de hle , : , ense elis,
lt!s11ue. Enfin Jo ·enne rornùlnil la mesure.
ce qu'eUc lui garda.il do rancune inn,·ouéc&gt;.
l'nfoui
,
criaient,
appcluient
au
,
ecours;
sol('j'étail lni, ce pelit .al. la cau:c de tout ; n
Pendant di1. ans, le ,·illagc [ul 1ide de
ùernièrc o.rrogonce, celte parade. ·oi-di n_nt dol , pour la plupart, abattus sur leur armes.
jeunes
gen ; pendant dit am 1 ' fille.~ r Le urvi\"aJtL , répuùlicain · cl paysan ,
d1 P\·alere qne, devant la mort exaspér~re.nt
Lèreot
filles. li n'y avait plus, omlirc. on ancien fr~rè d'arme .. Pcnlanl paûcoce, mèlés, réconciliés par lu dé astrr. fuyaient,
crrante. , que d ,·eu,·!!! cl ,les mèr saule5
main
tendue
,
dans
toute
les
direction.,
il 'écriti. reÙ('l"Cl'IU rud~ l'l in.olcnl :
ou la col re dd Dieu. UivoL fut di! prem'ers enfant . Lt.: Glo~nic mort, Kerret mort, 1 - ,\h ! çà, a ,·cz-vou ûni ,·os Loni men ts
i:,péC$ &lt;le {el' étaient bl'isée ·. Pourtant l'hcrùe
de !'aire. tous, tanl que ,·ou Mo , Bleu ou c1n i lentèrenl leur salut dans la course .... 11
'élanta . ur fo pont, chprchanl l'is ue Uu de l'oubli finit par croitre.
Ill ncs1 lourir, c'est bien mAlin de mourir.
ou la Roslauralion . yiogl an. plu tard,
trou
béanL lui barra la roule. 11 revint, alfolé,
~on mourroo tous. On fittiL toujom·s p;ir
par
IP ·oins de fa duch c d'Angoult!me,
11,·oil' le mèmc âge que le morts. Ce qui d,. cendil ou l piles, crut à la terre ferml',
l'énlise
fnL rééd11iét! au milieu dij CA ruiimporte. c'c. t de s1voir r~rlir à Lemp , vengé i.'enganea sur les sables.
n
.
Par
quelle
démence
Ro;e
l'avait-elle
aiü
ùc cem: qu'on hait . .levai ,ou donner une
Claudroe ,écnl tr· ,icille, :1bdiqu:ml a
l~çon, un rxempli:, wus montrer commenL rl r&lt;'joint.:? ~ly tèrc. Peul-être s'nLLacba.iL-elle
beauté;
,·ètue en pa1sa1me, die visitait le
on foil, tas d'imbécile el de faiseurs de à lui p:m:e que, l'heure aupararnnL, il repréchaumes,
é&lt;'outait les lamenlation , no parcutail ln force, cl q• sn 11\chc nalurd la
phrases L ..
lail pa de Dieu, mai secourait !es mi ~m.
pous
ail
au
plus
fort.
Uuoi
qu'il
en
hlL,
à
C-:! di ·aot, Je dernier ù Le Glohanic plon!rois pa d'elle, elle le \"il ubilement perdre dan la mesure de ~a pamrelé. Elle él:iit
~ea vh menl les deux main dan se poche
rentrée, de droil, dans llar coôl i les ur,'iJe côlti. nose ,·it , le mou\'ement, porla ses pied, s'enfoncer lentement d,ns la n e;
,ants en deuil 1'y a,ai nt escortée. Mai longioslinctivement,
ou
,·onlanl
racheter
le
pa
é
mains a111. tempes, ferma l •s Jeux. Elle
mériter a rrr:ice, elle lui tendit la main; il temp~, elle hahit:.1 principalement le l\epo 'eJ,
pr~\'O)'IÜt.
'en sai il, avec une telle 1·ioleoce dan a où elle avait plu· dl! ou venir. , prè de
Alors, Turpin, un pisLolcL dan chaffue
madame de Joyenne. qui ·éteim1il dout-emelll
main, mnr&lt;:ha de Lroi pas ur le cl1e,·a1ier terreur d '-Jlért¼, qu'elle trébucha, fil un
démente, apr quelque am1!lo?$.
pas
de
trop;
elle
vuulut
reculerj
il
n"en
était
nt:rnardin d&lt;J- Joyenne. cl, avant qu·on pùl
A. la ferme, • êza snb~islait. Ln jour, Mnze,
plu
t
mps;
à
son
tour
elle
'enliz3ÎL.
Par
un
1':i.rrclter, à lioul portnot, de la main droi Le,
implemcnt,
lui d •mandt&gt;. Tina poor épou r.
l1.1i lira on _coup de feu en pleine poitrine; nouvelle déri ion d~ la destinée, la morl,
comme il a,Jit él~ promi , autr.il'oi-, par le
une
mort
affreuse,
combattue,
rcpou
sée,
pui:5, de lt main gauche. s'enfonçanl l'autre
pi.loi et dans la bouche. il se fit . au Ler le pui. ·nl.tic, réunit ce· époux si d.istanb d:ms père. Elle le regarda dan les ) ux :
- Tu ~ai , Pourtant? ... molgrc cc qui
nànc. 'fout cela n'av:iil p::i tluréune econde. la ,ie. F.n emblc, il disparurent, hurlants,
'est
pa é'?
, Jo)cnnc roula, la poil ri no, rouge le cœur dévorés pnr le vide.
Il
ecoua la tête, résolu, ~ûr dl! on cœur.
Dcrri~rc
eu~,
aulour
J't:u
,
comme
eu-,;,
lrll"crsé. li gis::iil ~ur la lande, selon les pré- Oui, malgré cc qui 'est pas é.
diction : mai c\ît:iit la lulle d'nn Chouan cent autre· mi ;rahl ~, olontaire du ~lnincQuand Claudine apprit ce rnaringe, par un
et-Loil'e, gardes naLionnuxdc V(lnnes, - ~vec
•111i l'arnil couché 1~.
,
retour
or elle-même, elle pleurB.
Cn cri jaillit de cinq cc:-ot bouches ... uu des cri affreux - se noyaient dans les houes.
:mustratfons ae

!11AuR1cE MONTÉGUT.
CONRAD,)

,FIN

llehê lirnuo et C''

MARIE-A TOINETTE , DAUPHI E DE FRANCE
Tableau de DRO .\J,' . c;\lusèe C nué, Chanti lly. )

E

HÉBE,

�</text>
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                <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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              <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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