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ur le rb 1mp dé erté, le Cilpilainc Numa
i]ll'on dit là'! ... E,t-cc Htli que 1•cl homme n p~l •-mèlc cOroyahlo au-de~sus dl'. &lt;lou:t
Me Ire el le lieute1l11nL Beaupoil, écra és par
11111rls.
~fadame
de
Jo
·enne
el
Claudine
frril, nous :1 füré ?
le même pan de 111hr, lr:ir;aicnl, C1He à côte,
- C'e t ,·ro.i, ri:pomliL Jérùmc. li ongenit étoi.,11L tombées ur les genoUI anpr' du
le
même geste ép rdu. C\ll( , nuprè du
tout Lns : « Qu'il 'nrrangent cnlrt? eu-x ! D leur; toute deux pnrais. aient expirer arne
cada\'re de Bcrnardlo, a mère, Clriudine el
lui.
n
nnl
Ùtl
fol:c
fil
o.
ciller
la
foule;
- Cilo~cn commi s:iir1•, jeta d'une voix
pui · éia, dem('lll'nienl agenouill~l' . Peull'hnrrcur h:i111tit 1 - cime·.
t:1·lalante ,!o cnne, ordunnc ~ l'un de le
èlre,
abimées dans ll!ur deuil, n'avaienL-ellc.
Or, à telle minute, une paroi latérale de
soldnl de me prêter un .11brc ... foi -en jelrr
p3! uuteodu celle îtiudre, n'a1·airnl-dle. pru1e, cre,·:is.éc, céda ous
r,:·•lise,
M,i\
lézarJ
un à rc mnu,lil cl lni c-11011~ tou deux r~ Ier
senti lreml➔ !ur la ll!rre? O'aillcur ·, que leur
cc compte. Trailrc ,1u1 Chou:in~. il doit mou- 1111 a saul d • 111rumc~. livra pa .age à l'inrir pnr h mnin d'un Cbomm ! .\.lions, rt&lt;pu- •·1•nd,c; rt tout d'un coup, couvrant lrs ,·oix importait?
l1umainc · , Jém1 uranl le drame, r.omme
lili,•ain, f,1is cda pour ma J ·ruièro ural'.e !
George·vinl trop lard. li troU\aun b:mll'all
Numa \kstrc lir.t son , nhrc el lr tentlil au 111il1c oLu iors éclatant lou ensewl,le une
détruit, une cgli C bilondréC', une populalion
t'\p!o.ion
trrrillanlc,
assourdis.anlo,
retentit;
rh •\'alier. ll(lrès un alut. D'un ge L rapid
"ro
le, rnnrs do la vieille 6n\ise 'écartèrent lentc- r~duite 11 Lrois falliiUe', Il lt:iu a
juJCUJ: prt .11u", U•rnardin 'en empara.
lira Yers le ciel, allcstanl [füm. , u milieu de
md11t,
comme
à
regret,
de
leur
antique
ba
c,
- ~ter,·i, e~pitain !
r·e faceli morue , il e compril inopportun.
l.a g:trJc ila~s il allendait que Turpin , ~ 1·illi!rc11l. pui 'ahaui.rcnt. Le clocher, souLa ruine du ,;Ua,re était une uitc, une oonfù1 armé 11 .on tour: mais tous ~u~ présent, lL·hi par une force incalculable, s'rle,·a dao
•11uenoe de la gtlElrre. C'était lui qui l'avait
h·
:iirs..
Saint-Yanu-Vadl•zouret
Oil
coq
'nà c~ défi s'Jcarlaicnl. so détournaient d~
décidée, dan ce li&lt;!u même.
rnl:iienl
au
ciel,
emportant
avec
eux
le
recteur
r.dui-ci, lui rcfu aient leur lames.
A la forme
•&amp;a le reçut ·omhrement.
Turpin 11ui, ju (Jll'alor., ronrn:ncu de Allano, s"· chantre el ses vieilles fei;nm .
Dans
sa
maison
ail
toit à jour, elle n'avait
Ce fut nnc ooous e volcanique, un trem~•m imp11issancl', de sa. Mîaitc suprèm&lt;', dü
plus, à présent, o.lJtour d'elle, que 'fioa 11ui
hlemerll
Ùtl
terre,
une
commotion
profonde;
, a morl imminente, étail resté les Lras
r lait pùle, une stupeur au front, et Maze,
cr,,i és, muet, plnlôl méprisant on lu mé- le ponl, rompu p 1r le milieu, isola la pre traînant un brn ca. é.
pris pubfü·, Turpin, bru. riuemeul s'irril11, qnïle; l,•s ma,ures ébranlées, ~ous leur
Le jour mème, ur un mamai~ l.iateau de
luit~
treu5~,
pliaieot,
oudain
bombées,
a,-ec
, il rou e. C't-n élail lr11p. h la fin; il en :H·ail .
pêcb.e, l'ancien hJro di, irusé do I.ocoaJ 'eo
des
ventre·
énorm•·
.
Ln
mille
livres
de
a,srz de tontes ces in ·ult , de loutcs ers
poudre, la ré.cfl'e Je G.:or"es l'ai ·aient leur l'ut au lar11c, au-dl?\"ant du naüre a11 ..1tiis qui
rt• 'l'U alîons. li açail perdu, était prêl à pa)Cr,
l • devait Tenir prl'ndr •. Il c ré[un-iniL à
m;ii d'un coup. nou. p1r ocomple ·. Tous C()!; œuvre el fourni . aient l:i conclu. ion.
Londres, aupri\ du roi. li avaiL dit adi •u à
ou
les
ddcomlire~.
les
pi
•rr~
,
à
dtu
·
~rucux l'eaoupient qui se pcnn"llaicnl de le
éza avi:c une tri IC:.~e douloureuse, comprcnl
mètres,
des
corps
isaient,
brillés,
écrajn"er, de le blâmer ouvertement. C'ttL:ût nroa:inl
trop, au ilc:nce d» la vieille pa1 aone,
és. masse informe ; de hle , : , ense elis,
lt!s11ue. Enfin Jo ·enne rornùlnil la mesure.
ce qu'eUc lui garda.il do rancune inn,·ouéc&gt;.
l'nfoui
,
criaient,
appcluient
au
,
ecours;
sol('j'étail lni, ce pelit .al. la cau:c de tout ; n
Pendant di1. ans, le ,·illagc [ul 1ide de
ùernièrc o.rrogonce, celte parade. ·oi-di n_nt dol , pour la plupart, abattus sur leur armes.
jeunes
gen ; pendant dit am 1 ' fille.~ r Le urvi\"aJtL , répuùlicain · cl paysan ,
d1 P\·alere qne, devant la mort exaspér~re.nt
Lèreot
filles. li n'y avait plus, omlirc. on ancien fr~rè d'arme .. Pcnlanl paûcoce, mèlés, réconciliés par lu dé astrr. fuyaient,
crrante. , que d ,·eu,·!!! cl ,les mèr saule5
main
tendue
,
dans
toute
les
direction.,
il 'écriti. reÙ('l"Cl'IU rud~ l'l in.olcnl :
ou la col re dd Dieu. UivoL fut di! prem'ers enfant . Lt.: Glo~nic mort, Kerret mort, 1 - ,\h ! çà, a ,·cz-vou ûni ,·os Loni men ts
i:,péC$ &lt;le {el' étaient bl'isée ·. Pourtant l'hcrùe
de !'aire. tous, tanl que ,·ou Mo , Bleu ou c1n i lentèrenl leur salut dans la course .... 11
'élanta . ur fo pont, chprchanl l'is ue Uu de l'oubli finit par croitre.
Ill ncs1 lourir, c'est bien mAlin de mourir.
ou la Roslauralion . yiogl an. plu tard,
trou
béanL lui barra la roule. 11 revint, alfolé,
~on mourroo tous. On fittiL toujom·s p;ir
par
IP ·oins de fa duch c d'Angoult!me,
11,·oil' le mèmc âge que le morts. Ce qui d,. cendil ou l piles, crut à la terre ferml',
l'énlise
fnL rééd11iét! au milieu dij CA ruiimporte. c'c. t de s1voir r~rlir à Lemp , vengé i.'enganea sur les sables.
n
.
Par
quelle
démence
Ro;e
l'avait-elle
aiü
ùc cem: qu'on hait . .levai ,ou donner une
Claudroe ,écnl tr· ,icille, :1bdiqu:ml a
l~çon, un rxempli:, wus montrer commenL rl r&lt;'joint.:? ~ly tèrc. Peul-être s'nLLacba.iL-elle
beauté;
,·ètue en pa1sa1me, die visitait le
on foil, tas d'imbécile el de faiseurs de à lui p:m:e que, l'heure aupararnnL, il repréchaumes,
é&lt;'outait les lamenlation , no parcutail ln force, cl q• sn 11\chc nalurd la
phrases L ..
lail pa de Dieu, mai secourait !es mi ~m.
pous
ail
au
plus
fort.
Uuoi
qu'il
en
hlL,
à
C-:! di ·aot, Je dernier ù Le Glohanic plon!rois pa d'elle, elle le \"il ubilement perdre dan la mesure de ~a pamrelé. Elle él:iit
~ea vh menl les deux main dan se poche
rentrée, de droil, dans llar coôl i les ur,'iJe côlti. nose ,·it , le mou\'ement, porla ses pied, s'enfoncer lentement d,ns la n e;
,ants en deuil 1'y a,ai nt escortée. Mai longioslinctivement,
ou
,·onlanl
racheter
le
pa
é
mains a111. tempes, ferma l •s Jeux. Elle
mériter a rrr:ice, elle lui tendit la main; il temp~, elle hahit:.1 principalement le l\epo 'eJ,
pr~\'O)'IÜt.
'en sai il, avec une telle 1·ioleoce dan a où elle avait plu· dl! ou venir. , prè de
Alors, Turpin, un pisLolcL dan chaffue
madame de Joyenne. qui ·éteim1il dout-emelll
main, mnr&lt;:ha de Lroi pas ur le cl1e,·a1ier terreur d '-Jlért¼, qu'elle trébucha, fil un
démente, apr quelque am1!lo?$.
pas
de
trop;
elle
vuulut
reculerj
il
n"en
était
nt:rnardin d&lt;J- Joyenne. cl, avant qu·on pùl
A. la ferme, • êza snb~islait. Ln jour, Mnze,
plu
t
mps;
à
son
tour
elle
'enliz3ÎL.
Par
un
1':i.rrclter, à lioul portnot, de la main droi Le,
implemcnt,
lui d •mandt&gt;. Tina poor épou r.
l1.1i lira on _coup de feu en pleine poitrine; nouvelle déri ion d~ la destinée, la morl,
comme il a,Jit él~ promi , autr.il'oi-, par le
une
mort
affreuse,
combattue,
rcpou
sée,
pui:5, de lt main gauche. s'enfonçanl l'autre
pi.loi et dans la bouche. il se fit . au Ler le pui. ·nl.tic, réunit ce· époux si d.istanb d:ms père. Elle le regarda dan les ) ux :
- Tu ~ai , Pourtant? ... molgrc cc qui
nànc. 'fout cela n'av:iil p::i tluréune econde. la ,ie. F.n emblc, il disparurent, hurlants,
'est
pa é'?
, Jo)cnnc roula, la poil ri no, rouge le cœur dévorés pnr le vide.
Il
ecoua la tête, résolu, ~ûr dl! on cœur.
Dcrri~rc
eu~,
aulour
J't:u
,
comme
eu-,;,
lrll"crsé. li gis::iil ~ur la lande, selon les pré- Oui, malgré cc qui 'est pas é.
diction : mai c\ît:iit la lulle d'nn Chouan cent autre· mi ;rahl ~, olontaire du ~lnincQuand Claudine apprit ce rnaringe, par un
et-Loil'e, gardes naLionnuxdc V(lnnes, - ~vec
•111i l'arnil couché 1~.
,
retour
or elle-même, elle pleurB.
Cn cri jaillit de cinq cc:-ot bouches ... uu des cri affreux - se noyaient dans les houes.
:mustratfons ae

!11AuR1cE MONTÉGUT.
CONRAD,)

,FIN

llehê lirnuo et C''

MARIE-A TOINETTE , DAUPHI E DE FRANCE
Tableau de DRO .\J,' . c;\lusèe C nué, Chanti lly. )

E

HÉBE,

�.

LIBWIUB lLt.t:Jst~ÉB. -

JULES

'l'ALLANDIER,

,

_,._

24e fascicule (20 :\',mmbre

Sommaire du
J

75, rue Dareau,

t!DITBU~. -

lES

l)E CrrnmRtr-R ••

• ,UN';· BIO~

•

• •

·

1&gt;e l\LIRllO't . •
L m;vn . . . . . · . .
~.-'.\1. BER~ \ROIN.
GENAAAL

D LOLOS • . , • •
J\I .. llL' H \LS~ET ,

...

/ '}tri'.

..,.

'

Le voyage de Mar-ie-Antoinette : VicnneSt.i-asbourg-Châlons-Ver!&gt;ailles (mai 1770).
Une maladresse de courtisan . .
J\\émoires. . . . . . . . .
L'Exode des tiirondios . . . . .
tamamouchi. . . . . . . . . . . . .
Une erreur de jeunesse . . . . . . . . . . .
Mémoires de la Femme: Madame de Pompadour. . . . . . . . . . . . . .

33~
340

rxi::nbuc Lou.i:E .

311

\'J CTOll ll i;c.o . .
L '·COLON F.L !tut:

348
3,:-1
3~!1

ER;,;FST L\\'15 E • . •
.ft l'Aca.:lr!:ml,;: /r:,nça,s•

359

,\IIBE: D•:

ET •

EDMONll PILON • . •

CJIOIS\" .

-----------

ILLUSTR.ATJONS

Les Femmes du econd Empire : La Princesse .'\\athilde et ses ami . . . . . . .
Aux Tuileries. • . . . . . . . . . . . . . . .
La guerre ranco-alfemande : 811taille de
Champigny. . . . . . . . • . . . . . . . .
Une journée de Frédér ic-Guillaume. le
Roi Sergent . . . . . . . . . . . . .
Mad ame àe Brézé . . . . . .
Secret d'Etat . . . . . . . . . . . . . . .

' •

Le voyage de Marie-Antoinette

361
~oB

31'9

VIENNE-STRASBOURG - CHALONS-VERSAJLLES

~~:

.

•38 1

PLANCHES HO~S TEXTE

o'APRès LllS TA.IILBAIIX, DESSINS ET ~TAllPl!S DE :

TIP A&lt;:ll'. EN CAMAIi,'. ~ :

ABRAUAM Bosse, Emtr: Rot:TmN\',
AR~r:.Ai:x, Co:-.-ruu. lle•tARE,
D.ETAlLV-, U . 1 ·• l)f.!JARl&gt;IN•6E.\LMKT7.. ( ,1.R,\RDf.T, h &lt;, RF. ,
, LA.'IIGLOIS . L\
Toun-;·J.·F'. MARiAGE, MAt.lnUIS ON, ~L\RTIN IIF. .,IE\'Tl:N., Pt:. SIO, ROl1LI.ARh,

noxx&amp;v1tn:,

VA:!i Loo.

i'llARI \::;-.\NT Il\E1'TE, Dauphin e de Frnnce, en ll éb~.
TA~lEAIJ DE D llOU.AIS f) \r,i·r. L'œmt, Cl!ASTII 1 \".)
TIRAGF. R.'i .::on ru~ . BAT i\ l
Lie: OE H.\1'IP1 GX \' La l&gt;l:\tricre).
'l'hBLt:AV l)',\11•11u,~F! nE )'IFUVILI.F 1.,1, ·si:E DE \ 'n1

AILl.th,)

Copyright by Tallaudier 1910.

Bn ventD
partout

'' LISEZ=MOI ''

Paraissant

le 10 et le 25

SOMM~~;;~~b;;;;;mb,o I

MAGAZINE LITTÉRAIRE Il.LUSTRÉ BI-MENSUEL

,~

AVIS IMPORTANT

---=:

à nos abonnés, à nos lecteurs

7

IPIO

Roman, par Marcel PRÉVOST, de 1' Académie fTa.nçaise .
MHlll EL PR Vl'&gt;:S L' lnconsolnble. TIN A.YllE ' J., ;o;.;bre de l'amour. -

Ltos VALADE.Double rêve. • ,\L,n c cLLF!
LE 'UNTE Dt:: LI 'LE. La mort &lt;lu s. oie il.
l'.\T-\'ICTQl-t. Le
bat ·.-_lh~~ BAZll\ ,de l'Acndcm1c!rançaise Le v(il Jn. - H F..NRl l)E R.EG'ilER. Hh1gnatlon -: P-AD~ l:lOU RGE1 , de
~mie française. Musique. - Gu\ llK .\IAU PA~ _.\:ST. La pe~r.-:- JEA'&lt;
RICIIEPl.K. de l',\c:id~mie franç:ti -~- l\lada,:rie Andr_c. - L,!~lb LEGE!' DIH:.
Pré'u é. -Ar&lt;AîO~e 1-'RA."CE, ctc l.\cadè1111e franç!"se. La Ignora h1aro .-;Jlf)Ri'l"L/\\fEl)A:-i,dt l'Academie fran,aisc_. Leurs _b.:tcs, . A LB~RT GLATJG'i, .
1tfaig,-e ,·ertu. - M.AVR1c~ DUJ\l'I.\ , dt! 1Académie frw1s_a1~. L autre dang!!:.,__

_ 'pAUI.

61.i:~

Nous tenons a la disposition des lecteurs d'Historia 1a
Table des Matières du troisi~me volume {du fascicule 17 au fascicule 24). On peut se pro:::u.rer encore
les tables des deux premiers volumes (fascicule. j à 8
et fasdcufes 9 à f6 ).
Chaque table est envoyée franco contre.

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Veuill°ët .m·~ nner pour un ao à partir Nom _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __

du _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __

t HISTORlA (Use.:-Moi histortqllc).
d

Prtnoms _ _ _ _ _ _ _ _ __
Rut _ _ _ _ _ _ _ _ _ __

• L'Hisfoirt ri non ltJ llgmdr. •
On ne trou,·cra. pas dans .:c1 ouua~c ln Josilphin~ de I lcgc111fo Mpoleomcnne. On la tr uvera telle qu'elle fut. i NaJl()l~on ne pc.rd que peu
dc èhosc n être montre cc qu"il n èlè, c'est-à-dire un homme, a,,c.: ses
faible,~es et ave.: e. grand~ cl non pas un ëtre surnaturel. lei que le
faisait la !c!;!cnde. La \•érité sur Joséphine contribue a raire connaitre la
erlte sur :"fapoléon. La Jo éphine de cet ou,•rngc n'est pns telle
que. l'on , ~,nn:\it. "est la Joséphine telle qu'elle fut, remm~ et :imanlc.

36 lliitUSTnATIOfiS l{O~S TEXTE, eo ton

Stljl

fonds Chine.

A-----------

Dtparkmcnl _ _ _ _ _ _ _ __

La Prime grttulte me sera envoyée e Bureau tù P o s " ' - - - - - - - sulte par postt recomtna.ndte.
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ETRANGER.

Magnifique IJOlume imprimé
sur vergé anglais .

Envoi franco cantre
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,,

cher dans a chamllre, con ultail . ur on
a~enir là science divinatrice de Ge ·sner.
L docl ut ne ~•en "en guère et répondiL
loconiquem ol qn'il était d croa pour toute
les ~paules.
L'lmpéralrice, en 'allristanl d celles qui
attcmb.ienL son enfant, 1J°ea soupçonnail ni
la dnrée ni le poids.
L'avertis ant de exigences d'une position

pbin.

=====

BIBLIOTHÈQUE

dOT1l

fr.

l.,a clem:uufo oiunnoll • de la mai11 ,Jt&gt; l'ï1r'élail f i le
10 avril -1770 par le marqui de UurFort. La
\·ille de Yirnne cul de réjoui sancc , la cour
llcs h:inquets el de pectacle . L'impératrice
,larie-Thér~ • m~r· Je l"archiduche e, O\'ail
réglé le 15 fos arr:mgement définitif , remi
le dcrniiires notes lt 1. d, Kaunitz. annoncé le 14 à es ministre une union r1ui
comblait · ..--œu ..
l.".Archiduch &lt;', p r&amp;:l du
portraitdu Dauphin, .ignail le
17 sa renonciation à l'hérilage
de a famille el e mariait le
10 par procuration : l'archiduc
Jlaximilien repré.enlail le l),md1iduches,e laric-.\.nloinellc

6fr.

a0 e in~er11ui meldan
la bouche d'un tier d ermrnl qui ne le lient point,
1111i Cll'mgc la foi d'une prinres Il à un être qu'elle ne enl
point :iupr' d'elle cl qui lui
rcslc citranger !
La ignalare au regi»Lre imP 1rial eut Heu avec éclat au
pala' de la Burn. L:i famille
impériale, la cour, lanohlcssc.
de nombreuse' déput ûon.
rcmp~ssai nl l
alles el enlouraient Je lriinc.
L'impératrice, lri:s émue,
:1pparul tl\'eC a fille el rut ac-çucillie par un profond ilence.
Le · ,,i ·a"e étaient érieu1.
la pen ée d'un départ obsorh:iit celle d'uumaria.,.e. Quand
larie-Tbérc e prit la plume. a
main tremLla.
a fllle •a,·ança mode lr,
recueillie, el signa on nvcnir
a,·cc simplicité.
'on rœur se Lroul.,lail pour1, nt à la "pensée de quiller
Vienne; d'indéfini able re" r et commençaient à a . oll)hrir le e pérance qu'éveillaient en elle le prcmiors parfums du printcmp.
11ui •'ouvrail.
~larie-Thér , qui ne pomail re110.rder ·a
fille ans se sentir émue, la retenait :mprt!
J'elle, voulait en jouir comme d'un bien
qu'elle alJail perdr , la prenait sur es genoux, la couvra.iL de baiser , b fai.ait cou-

l'appellerait à , ivre pour les nu lr , à e
vaincre, à veiller sur elle-mème, elle l'entret,maiL de es prochaine de tinée , lui rappelait que I' adouci · ement des pei n et 1
lîOulagemenL d p uvr
ont le dc1'0Îr du

-fasc. ~.

.,, 337.,.,

lille.

l{Ui

24, fr. PI\OvtMCI!. - 28 fr.
RtJYt:T' ltS chi[Jra ~1111tf/ls.

11,fin d'évfll!rd.es erreurs, pritrt tlb::rirt. tr~s lislblem.t.nt toutes les i11dicatio,u.
AJ01Lter O fr. 50 pout l'uvol 4.e la prl..me,

L_!=rairie JJh.istrée,

J1.1le::. TAL.L.i!H~D!E:~,

PAR.IS, 1 - , rue Doreau, 75 ( 14" arr.) -

E,diteul'

PA~IS

Jll,-Rl!lîORU,

lrooe, qu'elle ne di'vail · Ver ailles o confier
qu'au Dauphin l non aux courti ans qui
. auraien 1 vile cb,i.n 11er eu défaut sa douce
ingénuité, c1u"il fomlrait faire ab lraclion
d' ellc-mêmo ou le rè uc de Loui XV et ne
p. oublier l' utrîcb en :.e donnnnt à fo
France.
c« Quel bonb.eur j'aurai eu, lui di il-&lt;'lle,
à mus établir près de moi; mai je m'clface del'anl les in1érè1 de
1".Autricbe et devant \'ulre
bonb~ur qui me parait a uré. I~criw.i-moi sou1ent, j' arro erai ,·o lettre de larm ;
je n'écris point comme madame de :riirné, mai l"OUS
êtes plus parfaite que a cbèr •
lille cl je ,•ous aime aulant
1u'elle l'aimait. »
Marie- ntoinelle quilln
\'ienne le -1 avril. Elle ne
rnulail plu parLir : l'Jmpératrice ne rnulai t plu la quiller.
ne grande di tan , lui disait-elle en la lenan l em brasste, ra vou épar r de moi ;
faitos tant de bien aux Fra11ç.1i qu'il · puis ent croire que
jll leur ai envoyé un ange.
Le ann lots étouffaient ·a
voix. ,\farie-, aLoioettr dut 'arracher clc es ùrns, fuir 011
palais, ses ervitcur·, ses amis
cl jeta dan l.i voiture qui
eut peine se fra cr passage
au travers des rue encornhrét• , !!Jules plèine de regret
el de bénédicûon .
Vienne restait atlristie.
L· lrnpératrice ne trotivnit de
con:ola~ion qu ïi parler de a
&lt;&lt; folrc !!pou c, mou cher
llaaphiri, écrirait-elle à Versailles, vien l de se éparer de
moi, j'e.~pi!re qu'elle fera votre
bonheur. Je l'ai élevée dan
ce dessein, parce que je prévoyai depuis longtemp qu'elle
devait p:irtaner vos de linées.
« Je lui ai in.piré l'amour de ses deYoir
envers vou , un Lendre allachemenl e1nrer
,·olre peronne, l'aucot.ion à imaginer et pratiquer ce qui peul vou plaire. Je lui ni rc-

�r-

" - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Lë

1l1ST01{1..ll

rommandé avec beaucoup de oin une t~o- je n'oublierai plus que je suis Française. » Bacchus, parut au théâtre, et traversa, pour
e. larme e séchèreol, e lèvres relrou- aller au bal, Jes rues illuminée .
dre dévotion envers le maitre des rois, perC'était le 1 mai.
suadée ctu'oo tail mal le bien des peuples Yèrent leur ou.rire. 'a nouvelle cour ful
Le 8 au matin, la Dauphine fut reçue el
qui nous onl confiés quand on manque à enchantée, on la proclama adorable.
haranguée
à la cathédrale par le prince Lo11i
Le
cortège
prit
la.
route
de
trasboura
au
c l11i qui bri e les sceptres el renverse les
de
Rohan,
coadjuteur
de on oncle le cardinal
bruit
Ju
canon
et
au
son
des
cloches.
Partout
Lrone comme il lui plait.
é1'êque
de
trasbourg,
nom qui devait s'asso« Aimei: donc ,;o devoirs enver Dieu, je des acclamations, des fleurs, des arcs de
cier
au
.
ien
d'une
manière
bien funeste.
triomphe
dont
le
in
cription
annonçaient
1t
,,ou le dis, mon cher Dauphin, je le di à
Elle
n'oublia
pas
de
,•isite.
r, à ·ancy, les
la
France
une
éternelle
r
~licité,
à
la
Dauphine
ma lille, aimez à faire le bien de peuples su r
lesquels ,ou réro re-.1 toujours trop tôt. ... l'empire qu'avaient pris sur les cœurs son sépultures des prince de Lorraine.
A Dar, à Lunéville, à Commercy, à ChâIl est impos iblc qu'en voa · oondui ant ain~i, âme et a figure.
lon
, ce ne furenl qu'ovations el banquets.
Lrasbour
l'ar.cueillit
aux
vivats
d'un
,,ou n'ayel pas le bonheur en partage. )la
Prè
de Châlons , un vieux prêtre s'a\·ança,
peuple
immense.
Reçue
à
l'entrée
de
la
ville
fille vous aimera, f en suis sûre, parce que
muni
d'un di cour à grand effet, et débuta
je la connais; mais plus je -vou répond de par le maréchal de Contade , elle lroQva le,s
par
ce~
mots de alomou à la reine de aba :
rues jouchée de verdure, les maison' ornées
son amour et de ses oin à YOU plaire, plu
&lt;( P11lchra rs et {ormo ·a.» lalbeurcusement
de
tapi
,
des
jeu.nes
filles
pour
lui
pré
enter
je ,011s recommande de lui vouer le plus ill·
de bouquet , des bergers el des bergère . l'éclair un peu malicieux du regard de la
cire allachement.
« !dieu, mon cher Dauphin, soyez heu- pour Jui offrir des fruits. Les pauvres eurent Dauphine le jela dao une redoutable complides aumônes; le peuple de diverûs~ements, cation de phrases, et il cherchait inutilement
reux ; je suis baignée de larmes. 11
Celle de a fille coulaient encore à ln - de di tribuüon de vivres et des fontaines de dans le bouquet qu'il devait offrir le mo1en
,,in. Le pnysan , accouru de Loutes parts, &lt;le 'en tirer quand la Dauphine lui adressa
pruck.
A 1'.ebl, elle quilla le .ol allemand. Un pa• cherchaient une princes e magnifique et des remercirnents qui rendil'enl 11 l'orateur
'étonnaient de ne trouver .ous l'éclat de on ·on allégorique éloquence e.l le mirent i1
,·ilion com posé d'une grande .alle el de deux
même de mieux finir qu'il 11'ayait commencé.
pièces lalérales avait été élel'é au milieu du cortège qu'une fille au dou- vi age.
Reims ln reçut avec des huis oos de IJeur
(1 Qu'elleestbelle! disaieotle. un·. Qu'elle
pont qui traverse le Rhin, et orné de tapi son
des areea.u.x de verdure.
e t bonne! l&gt; criaient les autre .
eries d"aprè le car ton de Raphaël.
~oissons
a,,ait orné de rubans el de E;Uir«
Les
Françai·,
répondait
la
Dauphine,
«· Ces tableaux, diL Gœthe. étudiant à
'trasbourg, pré enlaient l'histoire de Jason, ont pour moi te~ yeux de l'indu)o-ence. J'es- bndes une belle avenue d'arbres fruitiers et
comié la papulation à de jo-yeux repa . &lt;c Je
de Jlédée et de Creü e, par conséquent l 'exem- tière que ces louanges ne me suivront pa
contracte, di ail la Daupmne, une delle que
toujours
:
je
n'ai
encore
rien
fait
pour
les
ple de l'union la plus infortunée cptl l'nt jaje
ne pourrai acqu.iuer; on me tiendra compte
mériter.
»
mai. »
du
désir que j'en ai. ,&gt;
L'aulorité, pour éloign r ce qui pouvait
« Je n'ai pas ·besoin de dire, ajoute-t-il
n nuage a,•ait à averne assombri e
sous l'impre ion de la cataslrophe du 50 mai, allri ter les regard · de la Dauphine, avait
impression
; sa. suite autrichienne s'était
interdit
la
voie
publique
aux
estropiés
et
aus.
que dan cette occasion 1 , horribles tableau de la grande salle se représentèr nt mendiants atteint de maladies repoussante·. séparée d'elle; il ne lui re la que M. de Laravec •Yivacité à mon esprit; ca.r personne Gœthe, -versifiant cet arrêt, opposa l'exemple nenber", porteur d'une lettre de sa ml!re.
&lt;c ••• Du Dauphin je ne vous di rien,
n'ignore combien sont puissantes certaines du SauYcur appelant les paralytique , à la
écriYait Marie-'J'hérè e,
impre ions morales
"ous
connai sez rua déquand elles 'incorpolicatesse
sur ce point.
rent en quelque sorte
La
femme
est en tout
à des irnpr ions maoumi e à sou mari et
térielles. »
doit faire e volontés.
Condmte au pu ilion
Le seul vrai bonheur
qui repré entait l' Auen
ce monde e-t un
triche, la Dauphine dut
beureu:
mariage, j'en
changerju qu'à ~bas,
peux
parler;
tout dérevêtit une toilelte ,·epend
de
la
femme,
si
nue de France et s'aeUe est complaisante,
vança dans la grande
douce et amusante ... »
salle oi1 l'attendaient
(luestionoée par une
J' personnes de on
de
es dame sur le
service ea,•oyées deVerdésir
qu'elle de vail
sailles. Hie yreçutlenrs
éprouver
de voir .son
hommages, demanda
époux,
la
Dauphine
à madame de Noailles
trom·a qu'on e pressait
ses conseils et son apun peu de le lui depui.
mander.
Madame de Noaille ,
(( Je \'OUs répondrai,
excellente, mais alîadit-elle,
le lendemain
AII.RlYtE A STRASOOURG DE !.'ARCHIOUCIIESSE )l,1RŒ;-k',TOJNE1'TE o'At;TRICUE 1 LE 7 MAI 1770.
mée d'étiquette, ne ut
de
mou
arrivée
à VerD'après
111u
g
ra1•11,-e
,l!i
tem[&gt;s,
{CJbi11el
des
Esl.1111pes.i
trop que faire du trousailles.
»
ble de ce jeune cœur ;
Près de 'ois on ,
se troi ré,érences préq11.elques
écoliers
ima&lt;&gt;inèrent
de la comvenue
de
la
Dauphine
qui
les
faisait
fuir.
part:es de long cours se trouvèrent uspenplimenter
en
latin
et
ne
furent
pa
peu surVingt-cinq
des
plus
belles
jeunes
filles
de
dues, elle chercha 1t les reprendre.
Quelques larmes avaient mouillé les yeux la ville composaient le ervice de la Dauphine, pris de a réponse aussi classique que lem·
qui reçut au palais jusqu'à une députation discours; elle ne leur cacha pa cependant
de la Oaupl1ine.
« Pardonnez-moi, dit-elle, c'est pour la du canton de :Bâle, as·ista au banquet sui\'i que la larnrue de leur pays serait plus arrréad'une danse de tonneliers et d'une fète à ble 11 on cœur devenu françai .
famille el la pairie que je cruitte; dé ormai
0

.... 138""'

_ta cour attendait à Compiègne; la Dauphrne ~n approchait avec joie el souci.
Louis_ X~, très impatient, e préocc.upail
de savoir J elle avait de jolies mains, de
•~~aux bras: un peti t eied, des épaules éléantes, la taille hrnn vri.se; e question allèrent plus loiir et mirent dan l'embarra le sieui- Hourcl, arri ,·é de. tra bourg avec le prince do Poi,: pour
pré enter le contrat d"~chan&lt;&gt;e.
Le Roi demandait ceci,0 cela, et
~~me 1~ ccrélaire s'excusait de n'y
:i,oir pri ·• ~~rde, Louis XV, le prenant en pille, le déclara inhabile à
regarder les femme .
Ce fut au pont de Berne, dans la
f?rêl,que la Dauphinea11erçul Louis X\.
EUe~ourutsejeterà e pied ,cLparul
un. m tant comme embarrassée ou
son _re~ar&lt;l plu curjeux que paterne].
Lou,~ XV la rele,a, l'emhras.a tendrcm~I, fa trouva mienx que on por~rait, ~a pr~ enta au Dauphin qni, plu
~ntcrd1t q11 eUe, la rega.rJaiL pte que
;1 la dérolitle, el, pour parler te langan-e olllcid, u la salua i1 la joue. »
Qu~. pen a la llauphine de celle
prCID.Iere entrevue'/ IJu •lie lut on impres ion à ce Tegard échangé?
. Elle ne paralt pa avoir été particulièrement saisi sante.
Lui-même. an.i. parailre autre.ment
troublé p:u I"appariLion de son bonheur, ~esta da~s les limite de ta plus
tranqu,1 le admiration .
Louis ·v, donL l'attente était fort
dépa ée, ne se aèna pa de le dir~
avec un enchantement parta oé par la
cour. Il présenta sa. farnfüe, les prinœ ' ou
nntoura"e. la Uauph111e eut pour Lou un de
c;s. l'e;prd (1ui demandent et promettent
1aflecL1on.
. La route de Compi.,"111! à aint-Jleni véritable Uem-e de gens et de ,•oiture , cobu~ im~en~e el entho1:15ia. te, frappa la llauphine; elle
ioulut que Lou, XV trùl lui-même apphiudi
daus 1~ acclamation dont elle était l'objet.
et C e t, clit-elle adroitement, le bonheur
qu'on a de voir le roi. i&gt;
A Saint-Denis, une vi ite à madame Louise
fille de Loui ' V, retirée au cou1•eut de.s Car~
mélilcs fut bien accueillie par les reli,,ieu tJs.
L'a~stère prince e n'était pa favo~aùle à
l'alliance autrichienne, mai par de doux reproche ur sa retraite la Dauphine gngna
on cœur.

VOYAGB DE MA'R,,175-.Jl:JVT01N'EirE ~

Elle trouva à la )luelle les deux rrè.res du
D~uphin, Mesdames Clotilde el Élisabeth, les
d1am:mt • de la feue dauphine, le fameux collier do perle apporlé par Anne d'Autriche, el
aus i, chose moins ai'réahle, les écueil de la
pré ·entation de madame du Ilarry.

Elle dut souper avec madame du Darry.
Aprè _cr. ouper ~ille1u, la famille ro~•~le
~cparlJl pour era,Jle ; la Daupbine rl'sta
a la lueue .
« C'e t le. eul momeol, dit-elle, où j'ai pu
pen cr à mm-même. »
Le 16 mai, à dix heure~ du malin,
elle entrait dans la cour de mnrllre;
le Dauphin l'y reçut, le Roi vint audevant d'elle.
JleYètue de a toilette de mariée introduite dan les appal'tements o~ la
cour l'attendait, elle y fut entourée de
on cortège el prit a\·ec recueillemru1l
le chemin de la chapelle.
Agenouillé • vivement émn., ks
~eux époux e jurèrent au pird tle
1autel une foi réciproque, 'uni. sa:nt
au. yeux des homme pour jouir enemble de ce que la terre offre d'heureux et de brillant, ·'ena-:1 eant devant Dieu pour _'entr'aidèr dan- la
o~O"rance, pour arri\·er par 1 s m~me
p('mes à 1a même rlé,,ation.
Le félicitations, le~ présents uivirent 1~ cérémonie, et ce fut pour la
Dauphme un beau . peclacle que celui
de ces cours cncombré1-s, dtH"l'sjaruins
animé far lafoule,dece alle d glares et d or dan lesquclJes ·e pw ait·nt
toute les illuslra1ions dP la France.
Pend~nt_que_ lf' jeux, Je spec-tacle
el _le d1.str1but1on de vivres se prtlpaCfüht! Glro udon.
ra1en1 dan le parc, le chiiteau n'avait
Loi;1s XV.
d'yeux que pour la noU1·clle étoile qui
e Jevait ur Ver ailles.
l'asll"i Jé I.A TODR. (M11st!eJ11 [,a,11•n.•.J
La Yél-ité pâli sait sous l"cxarréraLion.
&lt;&lt; Comment lrou\·ez-vous la comte se'! lui
Un l'appela un ange consolateur, un Oamdit-ou.
beau d'espérance, la Vénus de ~fédicis, l'Ala- Charmante, » r~p11ndit-elle; et comme la~te de Marly, Flore ellc-mème. Elle a, dicc~ é,loge ne. faisait pa le comptt! de la mali- smt-on, la démarche d'une déesse sur le
gn_1te, on aJ0tlla que madame du Barry n'a- nues, le Olll·ire d'flélll!, le regard de Junon.
vail à 1a c.onr que la mission d'amu er le
Bac~aumo~l se félicita de l'incarnat riui
roi.
col~r:ul 'C' Joues el la di ·pensait du rouira
« Dans ce ca ·, reprü--elle gaiement, je me r1u'1l ne pou,•ait souffrir.
déclare sa rivale. o
(&lt; On cr~ya!L avoir sou ]es yeux un objet
Marie-'l'bérèse et M. de Yermoiu n'avaient céleste, )l d1l I enth?usiaste lonljoye.
pu èLre san lui dire un mol de accointance
« Elle parut m1eu1 que belle, » ajoulo
é~uivoti:nes el de alfoction malsaines qui se madame Campan.
d1spt1taienl à er ailles, san lui recommanMais le ciel refusa se sourire . Un ,·iolent
der le ména~ements néce aires à une situation orage éclata sur er ailles ; le tonnerrii troubla
qui l obligeait d'accepter un pouvoir incontes- toutes _les réjouis ance , la pluie cha- 3 1a
tabl~ et d_e fermer le yeux:sur un bit accompli. foule, monda le parc, noya les illuminations.
L espratoLservaleur de la Dauphi,1c dirirrea
Ce fut.un désarroi général, un lamentable
0
sa conduite.
sauve-qlll-peut.
j

,l.\fü~

DE

CJI.\MBRIER

�Une maladresse de courtisan

Peu de Lemp~ après qu'on fut à FonLaincbleau, il arriva à CourLenvaux une aventure
terrible. li étaiL fil a1oé de M. de Louvois,
qui lui a1·ait fait donner pui ôter la sur1·ivance de sa cbarge dont il le trouva Loul à
fait incapable. 11 ,wail lait passer àilarbezieu
son Lroisil!me .fil , et il avait consolé J' ainé
prir la urvi1•ancc de son cousin Tilladet à fini
il avait acheté les CenL- oisses, qui, après k
grandes charges de la mai on &lt;lu roi, en esl
san contredit la première et la plus belle.
Courie.maux était 11n fort peltt homme oh cur.iment déhanché, avec une voix ridicule, qui
:rvail peu el mal servi, méprisé et compté
pour rien dans .1 famille, el à la e-0ur où il
ue fréq11enlail per onne j avare el taquin, cl
11uoique modeste et respectueux, Iort colère,
cl pe.u mailre de soi quand il e capriçaiL: en
tout un fort sol homme. cl traité comme tel,
ju que chez la duches e de -Villeroy et la mar&amp;hale de Cœuvres, sasœur cl sa bellc-sœnr;
on ne l'y rencontrait jamai .
Le roi plus aiidc de savoir tout ce qui se
passail, el plus curieux. de rapports qu'on ne
le pouvait croire (quoiqu'on le crût beaucoup),
avail :mlorisé Bontems, puis Bloin, gouverneur de Vers:iilles, à prendre quantité . de
uisscs outre ccui;. aès portes, des parcs et
Jt!s jardins, el ceux de la galerie du grand
appartement de ersaille et des salons de
Marly et de Trianon, qui, avec une livrée du
roi, ne dépendaient que d'e11x.. Ce· derniers
étaienl sccrètemenl chargé de rôder, le"
·oirs, le nuils et les malins dans tous le
tlcgrés, le e-0rridor., les pa ages, les privé~.
el quand il fai ail hca.11, dans les cours et les
j:ird ins, ùe patro11iller se cacher, 'ernbos'luer, remarquer le gens, le suÎ\•re, les voir
enlrer cl orlir des lieux où ils allaient, de
.aroir qui y était, d'écouler tout ce qu'ils
pouvaient entendre, de n'oublier pas combien
de temps les gens étaient restés où il étlient
entrés. et de rendre compte de leurs découvertes. Ce manège donL d'autres subalterne
el quel11ues valets se mêlaient au i, se îai ail

il, ~idùment

11 Yer aille

à M:ul~, à Trianon,

1i Fonlai11cbleau cl dans Lou. le lieux où le
roi ctait. Ce. 'ui e· déplai aient îorL à Courten\'aux, p:me quïl ne le rcconn:i.is aieni en

rien, et qu'ils enle1·,üenl à ses Cent-Sui es
des poste· el de; rëcompen es qu'il leur aurait
Lion vendus, tellement qu'il le lraca ait
011Vent. Entre la grande pièce Ms ui ·ses el
la aile des gardes du roi 11 Fontainebleau, il
y a un passage étroit entre le degré el le logcmenl occupé lor · par lime de Maintenon,
puis Ulle pii:ce carrée où e-t la porte de cc
lo0emenl, qui, en la traversant droit, donne
dans la salle des gardes. el qui a une autre
porte sur le I.Jalcon qui environne la coar ra
01 ale, lequel commùnique aux degrés et en
ueauconp d'endroit . Cette pièce (:arrée est
un pa $:lge public de communication indispcmsable à tout le chàteau, pour qui ne \':l.
point par les cours, el par conséquent fort
propre à observer le allants et venants, el
par elle-même et par c· communication .
.Ju qu'à celle année, il y avait toujours eo4chés quelques gardes dn corps, et quelques
Gent- uisses, qui, lorque le roi entrait cl
sortait de chez Mroe de Maintenon, s'y metLaient mêlé· sous les arme , de sorte que
ceue pièce passait pour une extension de salle
des gardes el des Cent- u.isses. Le roi s'avi a
ce.ttc année d'y fa.ire coucher des uisses de
Blain an lieu de Cent- uisses et de gardes.
Co11rtenvaux, ans en parler au cap1Lame
des gardes en quartier, puisqu'on en avaiL
ôté 1 gardes au si bien que les u.isse , eul
le sottise de prendre ce changement pour une
nouvelle entreprise de œ uisses sur l,•
iens, el s'en mil en telle colère qu'il TL'y eut
menaces qu'il ne leu.r fil, ni pQ11iJles qu'il ne
leur cbantdt. ils le laissèrent aboyer san
s•émouvoir ; ils a vait.ol leurs ordres el fur en L
as ez sages pour ne tien répondre. Le roi,
qui n'en rut a1·erti que sur le soir, au sortir
de son souper, entré à son ordinaire dans son
grand cabinet ovale avec ce qui avait accou-

tumé de I'} sui1•re, d • sa famille, et des dames
de· princesse. , qui, à Fontainebleau. fouit•
d'autres cabinets, e tenaient toutes dans
celui-là autour du roi. envoya chercher Courlenvaui.. Dè qu'il parut dans ce ca.binel, le
roi lui parla d'un bout à l'autre an lui
donner loi ir d'approcber, mais dans une
colère i Lerrihl , et pour lui si nouvelle et ·i
extraordinaire qu'H fil trembler non seulement Courtenvaux, mais princes, princesse ,
dames. cl tout cc qui était dans le cabinet.
On l'entendait de a chambre. Le· menaces
de lui dter s.a charge, le termes les plus durs
et les plus inu ilés dans sa bouche plurent
ur Courlcnvaux, qui pâmé d'effroi el prêt à
tomber par lel're, n'eut ni le temps 11i le
moyen de proférer un mot. l,a réprimandr
finit par l11i dire avec impétuosité : &lt;( orLez
d'ici! » A peine en eut-il la force el de e
traîner chez Iui.
Quelque pell. de cas que sa famille ril de
lui, elle fut étrangement alarmée; chacun eut
recours à quelque protection. Mme la duch~ ·
de Ilourgogne, qui aimait forL la duche e de
Villeroy et la maréchale de Cœuvres, parla de
on mieux à Mme de Maintenon el même au
roi. A. la fin, il 'apni a, mais avec avis qu'il
chasserait Courtenvau;- à la première de es
sottises et lni ô1erai.t • a charge. Après cela, il
osa en reprendre les fonction . Lo.eau e d'nne
scène si éLrange était que Courtemaux avait
mis le doigt sur la lellre à toute la cour, par
le vacarme quïl avait fait d'un changement
dont le molif saul.a.ÎL aux i·eux dès qu"on y
prenait garde; et le roi, qui cachail avec le
plus g1·and soin ses espionna«e , auiL complé
que ce chaagemenl ne s'apercevrait pa , et
élail outré de colère du bruit &lt;1uïl aYaiL fail
el qui l'avait appri cl Fait entir à tout le
monde.
Quoique déjà san con idératioa , sans
agrément, ans familiarité la moindre, il
en demeura plus mal avec le roi et ne 'en
rclem de "a ill : ao a famille, il étail
cbassé cl .a charge perdue.
SAI T-Sl!I\O .

C.UIPAGNE o'ESPAGN1,:. -

BATAILU: DE , · 1c11. -

D'apres le desSill /Je C•

t

•

.Lol\NCI.Olli,

Mémo ires

du général baron de Marbot
CHAPITRE XXX (suite).

ment, el dès lor mon e1altation se calma.
U~ momcnt lucides n'en étaienr pas moiu
,Je _me !rou1•ais lj, ré aux soins de mon do- ~rem:_. ,le _contemplais avec douleur ma pémest1q ne, et, malgré son zèle, j] ne pou ,·ai l nible !luallon et l'abandon dan leqael je me
me procurer ce dont j'a\'ais besoin· ma ma- lrou~ais: La mort des champ de La1oille me
lad'ie .•ag!!l"a,·a, et le délire s·empara
' bientôt
pa~:11 a~t douce aupl'ês de celle qui m'attenJe moi. Je me souviens qu'il existait dans ma dait, cl Je retrreU.ai de n'y être po tombé ca
chamlire de. grands tableau.x repré entant les soldai! ... Tandi que mourir de la fièvre
q~~tre partie . du m_onde. L' trique, placée dan.s un lit, ~or _qu'on comLoltail auprès de
~fl\:tnt mon ht, ava1l à ~c pied ua lion mm, me pai·a1ssai1 une chosr horrible et pre _
1!DOrme, doal les yeux me semblaient filés
que bonlcusc !...
fi~Jr moi, e~ je n~ le pcrdai · pas dl' ,,uc ! ...
J_'~Lais depuis un mois dans cette lerriLlc
Enfin, un Jour, JC cru le l'Oir remuer et
po .ilmn, lo_r que, le 26 aollt, à. l'entrée de 1a
roulant prévenir on attaque, je me lev~i ~ - nmt, une ~pouvantahlc détonation se fit en~ncelant, pri_s m?n s~bre , et, frappant lendre Lout à ~up .... L? l~rre trembla; je
d estoc et de la1~le, .3e mi le lion en pièces. crus que la maison allait s écrouler I C'était
,\pr~s. cet exp~ml digne de don Quichotte, je la forl_ere se d'Alméida qui Tenait de sauter
lomLa1 à demi évanoui sur le c.,treau, où le p_ar _suite de l'erpl~sion d'un immense magadocteu r Dlancheton me trouva. U lit enle,·er
sin ~ paudr?, el h1en que Rodrigo soit à une
Inn les tableaux qui garnis aient l'appartedem1-;ourace de reUe place, la commotion

s'y ét?il fait vivcmei1~ senLirt. .. On peutju,rer

par 1~ de ~lîets qo elle avait produits dan .
Alméida ~cme r... Gelle rnalhcurcu e place
fut d~trwl~ de fond en comble : il n'y re ·ta
que six: maison debout. La garni on eut six
cents hommes frappes à mort et un très "rand
nombr d: hie és. Enfin. une cinquant.aiuc
de França1 , occupés aux: tra"aux du sii\gr
furent frappés par des ~clats de pierre. Lord
Wellesley, conformément au:t instructions de
son gou,·crncmenl., voulaaL m :na"er le sang
de l'arm~~ Lrita?nique aux dépens de celui
d? ses aWes, apres avoir conÎt • la défense dl}
C1ud?d-Rodrirro aux troupe espagnoles qui
"~oa1cn.t de uccomLer, avaiL abandonné celle
d A.l.mé1da aux Portugais, en ne lai a.nt dans
cette pJ_ace qu."un eul Anglais, le géoérnl
Cox, qui en était gomerneur.
Ce brav,c otficier, ne se lai sanl pa intimider par I affreux désastre qui 1•enait de &lt;lr-

�MiJM01]tES DU GÉJY'É]t.lll. 'BA1(01Y DE .MA]t'BOT

1f1S T0-1{1.Jl
de Portugais apportait ent~e les é_lat de siru.ire presqne tous les IDO)'CUS de rési tance,
tuation de troupe tr:10ça1ses CJUI se troupropn h à la garni on de se dé~endre e_ncore
vaient dans la Pi!oinsulc el le nombre i•éel de
dl!I"rièrc le décombres de ln cité; mal. les
combattant qu'elles pOU\'aicni .opposer à
troupe porlu~ai es, e_lfr~Jél! el eplraîm1cs
l'ennemi. Ain i, la force dn denxi me ~orp~
par lt!ur orficmr , principalement par Ber(celui de oult) était porlée sur le papier a
nard1, Co. ta. le gouverneur. et Jose Bareiro ,
47,000 hommes; mai en déîalquanl les garchPf des artilleurs, 'C révoltèrent, et le génénisons laissées à ... antnnder, à la Coro&lt;1ne el
ral Cox, abandonné de tous, rut contraint de
au Ferrol, les 000 homme emplo~·és pour
capituler a,·cc Ma. :oa. . .
.
.
le erviœ des communications, el 12,000 maUn a dit que le nénérahs 11ue Ira~Ç!US a~:ut
lades le nombre des pré ·ent ou les armes
.éduit les cher portugai , et que l esplos10n
n'excédait pas 25,000, qui' al•anl comlJalln
fut le rr·ultat de leur trahison : c'est une
tout l'hiver dans un pays montag11cux el .couerreur. Personne n'arnit mb le feu; il 11' ut
,•ert de neige, étaient excéJés de fa~tru '
pour cause que la négligence d ar_Lificicrs
manquaient de cha.11 sure • souvent de nvre.'
de la arni on qui. au lieu d'ex.tr:nre d~
el n'avaient que des chevaux ~ara sés pour
c.1.ve le Looneaux dll poudre les uns :ipr 'S
trainer l'artillerie dans des cbemms all"rcu~ l ...
le autre· en refermant les portes, aprè
Ce
fut avec d'au si faible moyens que, 1 Em'
chaque sortie,
avai,·nl eu l'imprudence d' en
pereur pre crivit au maréchal oolt d entrer
rollier uue Yin°laine à la fois dan la cour du
1.&gt;n Portugal.
.
château. Il p:rail qu'une Lombe française'.
LI comptait, il esl vrai, ur la \'a.leu~ d
tombant sm 11n de baril ·, y mil le feu, qui
troupes du deuxième corps, presque enll~r_e•
.e cornmw1iqua de proche en proche à tous
ment
composé de vieux oldats _d'.Auslerl~11.
CHAPITR_E XXX 1
les autre.s, formant une trainée jusqu'au centre
et de Friedland, el avait le proJe~ de I.nre
du grand magasin, et fit aoler cet _établi eattaquer fa Portugal d'on aut~e col~, par le
de outL en Portugal. - Pti e ù.i Chavè,;
rneul, doul l't:xplo"loion rcn,;er a la ville et en- Cnmpa•'fül
et.lc0 Ilr:iga. _ Siëg el pri~ ù'Opor!o. - Le trom• corps du maréchal Victor, ~m deva_1t à Cel
dommagea ses remp:irls. Quoi qu'il eo oil,
de Porl\1gal c~l ulferl ii Soult.
elîet s'a,•ancer de l'Andalousie \'er- Lisbonne,
le ;\nglais mfrent en jugement 1~ deux chef:
el 'J réunir à oult; mai la fortune ne
Pendant
que
le
marécbal
Ney
conteoait
1~
porlll!rois. l!crnardo Co~La fut pr1 • condamne
.anclionna pa ce calcul.
et ru ~lié!... Clarciro pa.ninl à s'évader. Ces royaumes de ~ turie el _de Léon, le marcCe ful le Ier lévrier i 09 que le maréchal
deux officiers n'étaient certainement pa cou- cha1 Soult qui venait d'ajouter à la conquête
oull,
après nvoir prévenu le mar~al e-y
pables da crime de trahison : on ne pouvait de la Co;ognc œlle dn port militaire du r1u 'il abandonnait la Galice ~ sa surve.ill ance'
leur reprocher de n'avoir pa continué une
se mil en marche rnrs le Minho, neuve condéfense dé e pérée, dont tou.t le ré ultat eùl
sidérabJe qui, de Mclgaco à on embouchure,
été de conserver quelques jour les décombres
. re L'Espagne du Portugal. Le. maréchal
_epa
d l
d'Alméida, tnndis que l'armée :mg~ e restait
Soult essaya de le passer _aux environs e a
tranquillement crunpée à demi lieues de La
ville fortifiée de Tu)·; m:us la for_ce du couplace, sans faire aucun mo1miment pour 1
rant el le feu des milices portugaises po tées
secourir.
sur la rive oppo ée ayant fait avort~r. cette
Après s'être ain·i emparé d'.!lméida, le
eX Pédition ' le µiaréchal, avec• une act1v1té liet
maré,·bal las éna, ne pouvant s'établir dans
une i!!Ueur admirables, pr1l ~e nouve _e
lt-s ruines de celle \'ille, transporta on qaarl"!!'De d'opérations, el voyant qu il ne pou,·ait
Licr général au fort de la Conception, situé
~averser le fleuve sur ce point, illc remonta,
sur L'extrême frontière d'E pagne. Les Franle franchit à Rihada-Via occupa Oren e,
çais avaient détruit une pa~tie, ~es for_t~capuis, redescendant le Minho, attaqua T~~:•
tion • mai les bâtiments mt.èr1eurs 'latent
'en empara el en fit sa pla~ d'~rmes, ou il
conservés et pas ablement l_ogeali~e~- Ce . r?_L
lais a une partie de son arttller1e, se gros
là. que Masséoa prép.1ra l e1~éd1t1on qu tl
bagages, les malade et les bles~és, à. l_a
devail entreprendre pour condmre son armée
arde d'une forte garnison, ce qm rédu1 il
à Lisbonne.
f.armée expéditioon(lire à , 20 000 co~bal•
Moa frère et plusienr de mes camarade
tants, a,•ec lesquels ~oult s iwan~.a hardiment
profilèr11nt de cet~ ~ns~nsion des _hostilités
ur Oporto.
.
pour venir me ,·01r à C1udad-Rodr1~0. Leur
L'anarchie réaoait dans celle grande ville,
présenoo accrut le calme que la pr1 ·~ d Al"
la econde du royaume;
l'évêque, 'étant em·
méida avaiL apporté dan~ me espr~~s. L~
paré du comDlandement, avail réuni un Ll"t\S
fièl'fe disparut, el peu de ~ou~s aprè J entrai
grand nombre ?'~abitanl~ de~ ~mpagnes
en pleine convalescence. J avai ~àle de chanvoisines qu'il fai ·2.1t travailler a d 1DU11en es
ger d'air et der join~r l,c quart1e~ 11éné~al à.
fortification tracées par lui-même. Le pe~ple
la Conception. On cra1rrruu~ tout.ef?1 .~u~ Je ne
vivait dans la licence, les troupes dans 1. rnpu e faire à cheval le traJel, qm net.ail que
ÎIÎARÉCIIA.L OULT, ot·i; .DE DAU!. m.
subordinaLion, les généraux ne pouvarnnt
Je queltjues heures. Je parti cependant, . t, Gnvure de DEMABE • .taprès le 1.1bleJ11 ;le Roc1u..i1r.. s'entendre, tous voulaient être ind 1pendants;
a1•ec l'aide de mon frère et de quelque: amis,
(M11sc!e de l'a-som&lt;!.~.)
.. ,La
enfiIl, le d ordre était à on comble!.
.
.
j'arrivai au îort, J'étais heureUI de me r_eréoence el l'évêque étaient e~emi .JW:'"~;
trouver au milieu de mes camarades; 11
cbacun ava.it ses adhérents qm assassrna1ent
arnienl craint de ne plu me revoir el me Ferrol, avait réuni se _troupes en_ Galice, à les hommes marq 11ants du parti oppos~.
reçmenl trè alîectucusement. Le maréchal, Santiago, et se préparatt à envahir le Por- Telles étaient les dispositions que _l'on ava~t
donL j'étai séparé depui le jour où je L'avais tucral.
. I . d .
Par suite d'une illusion qw w evmt pri e '(X&gt;Or rê ister à l'armée. Mais eelle-m_,
porté dans mes bras, pour l'éloigner des cabien que faliguée par de marches cont1:
non de Rodrigo, ne me clit pn un mot de funeste, apoléon ne comprit jamais énorme ru:clle el par Ja multitude des in urgé qui
dil:Prence que l'insurrection des E pagnols. e l
ma maladie.
En quittant mon logement, je l'avais cédé
au colonel du 1:i• de cha. eur , M. de Monle quiou, frère aîné du ..éfiéral de _co_ no~,
jeune homme qui avail faiL a~·ec d1 ~ncllon
plusieurs campagne . C'est lm que l Empereur en"oya. en parlémentaire au roi àe P~os e
la \'eillc de la bataille dïêm1. Le fat1~es
i.nccs ante et le c1imat de la Péni.n ale ava1!nt
ohéré s:i santé; il s'arrêta à Ciudad-Rodrigo
et y mourut : cc fut une grande perte pour
l'a1:mée!
Aprè- quinze jour pas és au fort de ~a
onœption, en bon air el dan le repos. Je
r('trOU\'ai la anié, lit plénitude de me · force .
el me préparai à faire la ca°:P~"ne de Portuœ11I. Avant de raconter les evenements remarquables de cett.c célèbre et mafüeure~se
campagne, il c t indispensable _de, ~o?s f:mc
connaitre uccinclement ce qui elait pa é
dan la Péninsule depws f(Ue !'Empereur
l'avait quillée, en I m1.

1

l'environnaient, attaqua à Verin le corps
espagnol commandé par La Romana, ain i
que les Portugais aux ordres de ylveira. Le
premier fut complètement défoit, le second
se relira derrière Cbavès, place forte portugaise dont ... oult s'empara.
L'un des plus grands inconvénient attachés aux expéditions faites par le Français
&lt;fans la Péoin ule, étaH lu rrardc des prisonniers. Ceux que oult :n•ait faits à Charè.
étaient nombteux; il ne saYait où les dépo er
et nccepta la propo ilion qu ïl firent de pa, •
ser au service de 1a. France, bien que la plupart d'entre eux, ayant agi de même lor de
l'expédition de Junot, eussent fini par déserter.
Apr~ l'occupation de Chavès, le corps
e.."tpéditionnaire e dirigea sur Braga, où .e
trouvait une nouvelle el nombreuse armée
portugaise commandée par le général Freira.
Ce malheureux officier, voyant son avanlnarde battue par le Français se préparait à.
effectuer sa retraite, lor que es troupes,
presque entièrement composées de pay ans
levés en masse, crièrent à la trahi on et le
massacrèrent! En ce momenl, l'avant-garde
française, commandée par le géaéral Franceschi, ayant parn aux. porte de Braga, la
population se porta vers les prison 011 l'on
avait enfermé les individus so-up(·onné: de
faire des ,·œux. pour les Français, et tous
furcn t é11orgés !
Le maréchal oult ayant fait attaquer l'armée ennemie, celle-ci, après une courte et
vi,·e rés1slanœ, fut mise dans une déroule
complète, et perdit plus de 4,000 hommes,
ainsi que toute on artillerje. Les fuyards,
en traversant Ilraga, tuèrent le corregidor el
commençaient tt mettre la ville à Ieu et à
sang lors!fle, poursuivis par les troupe. fran~
çai es, ils se sauvèrent par 1a roule d'Oporlo.
Les avantages que le maréchal oult ,enail
d'obtenir à Braga fu.rent bien affaibli par la
perle qu'il fil à la même époque; car le
g'néral portugais ylveira, qui s'était jeté sur
le llanc gauche de l'armée française, pendant
qu'elle marchait ur Braga, avait investi et
nlcvé la ville de Cbavès, où il nous prit
00 comball.anls et 1,200 malades. Soult,
ignorant cc fàchcnx événement, lai a dan
Braga la division Ileudelet, et continua sa
marche ur Oporto. Le ennemis disputèrent
vaillamment le pa age de la ri\--Ïère de !'Ave,
mai il fut néanmoins forcé. Le général français Jardon y fut tué. Furieux de leur défaitr,
le Porlogais massacrèrent leur chef, le ,.,.énéral allongo. Les divisions françai es de
gtfoéranx Mermet, Merle et Franceschi se
trouvaient alors réunie ur la rive gauche de
!'Ave, el le chemin d'Oporto leur ~tait ou\'Crt. Elles se concentrèrent sur le front des
retraacbements qai couvraient la ville eL le
camp, contenant au moins 40,000 hommes,
dont la moitié de lroupe.s réglées, commandées par les généraux Lima et Pereiras; mais
l'autorité réelle était entre le main de
l'é~èque, homme 'Violent. qui dirigea.il la multitude à on gré; aussi les historiens anglai
et portugais l'ont-ils rendu responsable du

ma acre de quinze individus de hauL rang

le\'er du soleil leur permît d'all.aquer le
corp de la place.
.
dn peuple, lorsque celui-ci fut exaspéré par
Le ~9 mars, jour néfaste pour la ville
la vue des colonnes françaises.
d'Oporto, le temp étant redevenu serein,
Oporto, b:lli sur_ 13 rive droite du Dour~, no troupes se portèrent avec ardeur au
est dominé par d'immen es rochers garnis combal, que, elon e projets de la ,•eille, le
alors de deux cents pièce de canon. On pont maréchal en°arrea
d'abord sur les ailr pou!'
0
•
de bateaux, long de delll: cent cinquante tromper le ennemi . Ce tratatTèJne rées 11
Loi es, unissait la ville au faubourg de Villa- complètement; cor I s nénéram: portn«ais
Nova. Avant d'attnquer Oporlo, le m:iréchal all'aiblircnl dé,nesurément leur centre pour
Soult écrivit au prélat pour l'engarrer à épnr- renforcer leurs flanc . 1,e maréchal on 1t.
gner à celte 1?rande ville les horreur· d'un fai.anL alor battre la charoe, lance Tes
siège. Le prisonnier portugai qu'on chargea colonne française
ur ce poinl. L'attaque
de ce message fut sur le poinl d'èLre pendu! fut impétueuse· nos oldats enlèvent braveL'évêque entra néanmoins en pourparlers, ment les retranchements, pénètrent au delà,
mai sans faire ces er le feu des rempnrts;
'emparent de deu-x forts principau '-, où il
puis il finit par refu er de se rendre. ll pua il entrent par les embrasures, tuanL ou di.pcrqu'il craignit d'èlre victime de la populace
sant tout ce qui ve11t résister.
dont il a...-ail lui-mème exalté la fureur par
Après ce glorieux uccès, plusieurs batailde îaus es espérances de succès. Le 2 mnr.
lon vont prendre en queue le aile. portule maréchal, voulant détourner l'attention rraiscs, pendant que oult ordonne à une
de ennemis du centre des retrancbemenls, auu·e colonne de marcher droit sur la Yille,
par où il comptait pénétrer dans la ville, fiL en se diri!?eanl vers le pont. Ain i chassée de
attaquer leur aiJes. La dhi ion Merle enle,a ses retranchements, et coupée en plusieur
sur la gauche plusieurs clo fortifiés, pen- partie , l'armée portugaise perdit tout espoir;
dant que les généraux Delaborde et Fran- sa déroule à tra-vers la ville fut affreuse.
ceschi menar,aicnt vers la droite d'autres Une partie des fuyards gagna le fort de an10ouvratres extérieurs. ur ces entrefaites, quel- Joào, sur la rive du Douro, et là, [rappé de
ques bataillon · ennemis ayant crié qu'il
terreur, ils cherch~renl à lraverser le lleu\'C
!Voulaient se 1·endre, le général Foy s'avanra à la nage ou dans des barques. Eu ,,ainLima,
imprudemment, sui1•i de on aide de camp. leur général, lendit remarquer combien oellr
C"elui-ci fut tué, le général fait prisonnler, tentative était périlleuse . lis l mas acrèrcnt
mis complètement uu et t.raîné à l'instant el, voyant Je Français a'l"anœr toujour , il
dans l'intérieur de la ville. Les Porlurrais essayèrent de nomeau le passage du Douro;
exécraient le général Loison, qui les avait mai presque tous e noyèrent! Cependant,
baitus. Ce général ayant depui longtemps le combat continuait encore dans Oporto; la
perdu un bras, les ennemi l'avaient sur- colonne que le maréchal avait Fait marcher
nommé fai1eta (le manchot). En vo ·ant Je sui· la ville, aprè. avoir bri é les barricade
général Foy prisonnier, la population d'Oporlo, qui déreodaient l'entrée des rne , était arrivée
croyant que c'était Loison, se mit à. crier : aux approches do pont, où les horreurs de la
« 'ruez, tuez Maîieta ! &gt;&gt; lai, Foy eut la pré- "uerre s'accrurent encore. Plu de 4,000 persence d'esprit de lever es deux mains et de
onnes de Lont àge et de tout sexe eâcom~
les montrer à 111 foule. Ce1le-ci reconnut on braient c pont, qu'elles 'e1Torçaie11t de
&lt;'rrenr et le laissa conduire en prison. L'éyê- pa er, lorsque I baueries portugaises de la
que, bien qu'il eùt seul amené les cho es à rive opposée, apercevant le Français qu'elles
cet état de crise, n'eul pas le courage de voulaient empêcher de franchir le fleure.
braver le danger, el, laissant aux généraux ouvrirent un feu terrible sur celte masse
Lima et Pereira le soin de défendre Ill ville tumultueu e, dans laquelle les boulets flr~nt
comme ils pourraient, il 'enfuit avec une un aiireux ravage sans alleindre no~ troupes,
honne e corte du CÔlé opposé à celui de et, au même in tant, un détachement de
l'attaque, traversa la rivière et ne 'arrèta cavalerie portugai e, embarrassé p:ir les
qu'an couvent de la erra, bàti au ommct fuyards, traversa au galop cette foule époude la montagne escarpée qui, sur la rive vantée, en e frayant un chemin sanglnnt l
11uuobe, domine le faubonr"' de \'illa-Xova; Chacun cherchant alors on salut dans les
de là le prélat pouvait, en toute ilrelé, être barques qui formaient le pont, elles furent
spectateur des b.orreur du combat du len- l1ientôt encombrées, el, n pouvant soutenir
demain.
le poids de tant d'individus, plusieur s' nLa nuit fut affreuse pour le babitants foncèrent. Le pont fut ainsi romp □ sur
d'Oporto. o orage ,·~oient ayant éclatê, les quelques points; et comme la foule se port.ait
soldats et les paysans porlugai prirent le toujours en avant, dè millier· d'hommes
siUlemenL du vent pour le bruit des balles arrivés alll. coupures du pont, étaient préciennemie ; alors, malgré les officiers, la fu il- pités dans le fleuve, qui fut bientôt cou\'erl
lade et la canonnade partirent sur Loule l:i de cadanes, sur lesquels venait i•chouer el
ligne, et le bruit de deux cents pièces d'ar• périr tout ce qui tentait encore le passage.
tillerie se cônfondit avec celui de la foudre el
La premier Français qui arrivèrent, oudes cloches qu'on ne cessait de sonner .... bliant le combat, ne virent plus que des
Pendant cet affreux tintamarre, les Françai , inalheureut qu'il fallait secourir, et en arraabrités dans les bas-fonds contre les balles et chèrent un bon nombre à La mo,·t; plu
les boulets, allendaient avec calme (Ille ·Je humains en cela que le artilleur portugais
qu'il ne voulut ou. ne put au ver de la fureur

0,

�111STO']tl.R _ __ _ _ _ __ __ _ __ __ _ _ _ _ _ _ _,_.,p
qui, dans l'espoir d'alleindrt• quelques Français, tiraient sur leurs propres concitoJens !
Nos·soldats, à l'aide de planches, franchirènl
les coupures du pont, arrivèrent sur fa rive
droite,. emportèr1ml les bat~eries ennemies
et s'cll(parèrent du faubourg de Villa• Nova.
Le passage du Douro se trouva di&gt;s lors assuré.
Les malheurs de la ville semblaient toucher
à leur fln, lorsqu'on apprit que 200 hommes,
formant h garJe de l'évêque, s'étaimt enfermés dans son palais, d'où ils fai~aient feu
par les fenêtres. Les Français y coul'urent,
el leurs sommations étant restées inutilt!s,
il, bris~rent les portes et passèrent tous ces
séides au fil de l'épée.
Jusque-là nos troupes u'a\'aient agi que
d'après les lois de b guerre; la ville et les
habitants a\'aicnt été respectés; mais en revenant de l'a~saul de l'évèché, où ils s'étaient
fortement animés, nos soldats apc-rcurcnl sur
la grande pfoce une trcnt:iine de leurs camarades, que les Portugais avaient pris la veille,
et am.quels ils \'enaient d'arracher les Jeux,
la langue, et qu'ils avaient mutilés avec un
rarflnement de barbarie digne de cannibales!.., La plupart de ces malheureux Français respiraient encore!. .. A la YUe de ces
atrocités, les soldais exaspérés ne respirèrent
plus que ,·engeance et se porlèrenl à de terribles représailles, que le maréchal Soult, les
généraux, les officiers, el même un grand
nombre de soldats plus calmes, eurent Loule
sorte de peine à faire casser. On porte à dix
mille le nombre de Portugais qui périrent
dans celte journée, tant à l'avant des retranchements qu'au pont el dans la ville. La perle
des Français u'excéJa pas cinq cents bommes.
Le général Foy fut délivré, à la grande satisfaclion de l'armée. Quant à l'é\'è11ue d'Oporlo,
après arnir vu du haut du com·cni Je 1a Serrn
lo ruine de ses projets ambitieu1 sur les provinces du Nord, qu'il YOulaîL, dit-on, séparer
du royaume à sou profit, il s'enfuit vers Lisbonne. Là, il se réconcilia avec la régence
gouvernementale, qui non seulement l'admit
dans sQn sein, mais le nomma bientôt patriarche de PortugaJ.
La chute d'Oporto permit au maréchal
Soult d'étaLlir une base solide d'opérations.
Le frui t immédiat do la vitloire fut la prise
d'immenses magasins remplis ùe munitions
de guerre et de vivres. 'l'renle vaissl!aux anglais, reLenus par les vents contraires, tombèrent aussi entre nos mains. Adoplaul une
conduite toute conciliatrice, ainsi qu'il l'arail
l'ail à Ilraga, SoulL s'efforça de remédier aux
mau1 de la guerre, et rappela les habitants
c1ui a1,aient fui de )a viHe. L'habileté de celle
administration produisit un excellent résultat
cl donna lieu à uri fait fort inattendu, que les
hi~toriens oul mnl expliqué et dont les journaux de l'ilpo11ue n'osèrent faire mention.
Les Portugais ne pouvaienl pardonner au
prince régent, chef de la maison de Bragance,
de les stoir abandonné, pour tran~porler le
siège du gouvernement en Amérique. Ils prévo}'aient que le résultat de la guerre actuelle
serait de faire du Portugal une dépendance
du Ilrésil ou de l'Espagne, ou bien une colo-

nie nngh1isc, tout.es choses 11ui leur répugnaient également, et, pour conserver leur
nationalité, ils songèrent à se donner un roi.
La comparaison qu'ils firent entre le gouvernement de Soult et l'horrilile anarchie qui
l'avait précédé, étant tout à l'aYantage du ma-

récbal, le parti de l'ordre se réveilla, ses
chefs se rendirent auprès du maréchal Soult
et lui proposèrent de se mettre"à leur Lèle
pour former un gou\'ernement indépendant.
Se croyant justifié par les circonstances, Soult
ne découragea pns cc parti, nomma aux emplois ci\ils, Jera une légion portugaise de
cinq mille hommes, el se conduisit avec tant
d'habileté, qu'en moins de quinze jours les
villes d·Oporto, de Braga, ainsi que toutes
celles des provinces conquises par lui, envoy~rent des adresses signées par plus de tren Ie
mille iodi1•idus de la noblesse, du clergé el
du tiers état, exprimant leur adhésion à ce
nouvel ordre de choses. Le duc de Rovigo,
ancien ministre de l'Empereur, assure, dans
les mémoires qu'il publia sous 1a flestauration, que Soult refusa ces propositions; cependant, un très grand nombre d'officiers français qui se trouvaient alors à Oporto, notamment l,is généraux Delaborde, ttlermel, Thorni1:res, ~forle, Loison et Foy, m'ont afïil-mé
a\'oir assisté à des réceptions dans lesquelles
les Portugais donnaient au maréchal Soult le
litre de Roi el de Mnjeslé, que celui-ci acceptait avec beaucoup de dignité. Eufio, un jour
que je questionnais à ce sujet le lieutenant
général Pierre Soult, !rère du maréchal, qui
avait été mon colonel, el avec lequeJ j'étais
fort lié, il me répondit avec franchise :
(t Comme, en emoyant mon trère èn Portu&lt;&lt; gal, !'Empereur ravait aut,orisé à cmplo1·er
t( tous lei; moyens pour arracher ce pays à
« l'.llliance dt! l'Angleterre et l'attacher à celle
« de la France, le maréchal voyant la nation
« lui offrir la couronne, pensa que t;e_ moyen
«' n'avait pas été excepté par Napoléon, étant
« non seulement le meilleur, mais le seul qui

(( pùt unir les i11térêls du Portugal i1 ccu, de
(( l'Empire; il devait donc l'employer, sauf
« ratification de !'Empereur. &gt;&gt; Ce &lt;1ui prou\'Crait que Pierre Soult avait raison, c'est que
Napoléon, au lieu d'exprimer le moindre mécontentement de ce que le maréchal eût accepté d'ètre roi de Portugal, lui donna des
pouvoirs beaucoup plus étendus que ceux qnïl
avait en entrant dans ce pnys.
J,'Empereur ne fit en cela que céder aux
exigences de la situation qui lui rendaient 11·
maréchal Soult inùispensaLfo, et est-il 1·rai
que Napoléon lui écrivit : (( Je ne me sou« ,iens que de votre belle conduite à Austrr« lilz ! »... C'est un point qui n'a jamais étr.
éclairci; car le maréchal lw.rtrand m'a dit
que, dans les longs entretiens qu'il avait eus
à Sainte-Hélène avec Napoléon, il voulut plusieurs fois amener la conversation sur la
royauté éphémère du maréchal Soult, mais
que l'F.mpereur garda toujours le silence 11 cc
sujet. Bertrand en concluait que r Empereur
n'avait ni encouragé ni bldmé cc que Soult
avait fait pour obtenir la couronne de {}or tugal, el qne le succès de cette entreprise t'll
eût fait absoudre l'audace.
L'Empereur avait d'aborJ eu la pens~c de
réunir toute la Péninsule eo un seul État,
dont son frère Joseph aurait été le roi; mais,
ayant reconnu que la haine réciproque des
Espagnols el des Portugais rendait et: projet
impraticable, et désirant cependant arracher
à lout prix le Portugal à la domiTiation deg
Anglais, il aurait COl1.8enti à donner la couronne de ce pays à l'un de ses lieutenants,
dont les intérêts eussent été ceux de la France.
Puisque le maréchal Soult a,,ail obtenu le
suffrage d'une grande partie de la nation,
Bertrand pensait que NapoMon se serait dét:erminé à ratifier ce choix. L'Empereur aurail
ainsi assuré l'alîermissement du roi Joseph
sur son trône et l'expulsion des Anglais de
l'Espagne eL du Portugal, dont la guerre
commencaiL à le fatiguer, en l'empêchant de
porter ses vues sur le nord de l'Europe.
Quoi qu'il en soit, dès qoe l'offre faite au
maréchal Soult par les Portugais fut connue
de son armée, elle produisit une grande agitation eo sens divers, car la troupe el les officiers subalternes, dont le maréchal était fort
aimé, ne blàmaienl ce projet que parce qu'il~
le croyaient contraire aux intentions de !'Empereur. Cependant. le l1ruit s'él:mt répandu
que 1~ maréchal n'agissait qu'avec son agrément, l'immense majorité de l'armée, séduite
par la gloire que devait lui procurer la conquète du Portugal, se rangea dès lors du côté
de Soult el se tint prille il le soutenir dans des
projets qu'on lui rrprésentait comme utiles à
la France ainsi qu'à !'Empereur. Toutefois,
un grand nombre d'officiers supérieurs et
quelques généraux craignaient que ravènement de Soult au trône de Portugal n'engageât l'Empereur à l'y soutenir, en laissant
indé6nimont le 2e corps dans ce pays, pour y
colonisrr à l'exemple des Romains; ils s'écrièrent qu'on allait les engager daus une
guerre sans fin, et cherchant à faire trè1·e
aYec les A_nglais, qui occupaient Lisbonne, ils

�msTO'l(1ll
résolurent d'élire un chef, do fairn appel aux
troupes françaises revenues en E pagne, el de
retou.rner tous eruemhle en France pour forcer l'Empcreur :, conclure la paix.
C projet, inspiré par le gouvernement anglais, et do re le plus facile à former qu'à
exécuter, aurait-il eu l'a entiment de toute
le armées e1 de la ma e de la nation françai. c'? C'est ce dont ile L permi de douter.
li reçut cep ndanl un commencement d'exécution. Le lieutenant général anglais Bere ·ford, servant dans l'armée portugaise en qnaLité de murécbal, était l'ùme du complot, et,
par l'entremise d'un marchand d'Oporlo
nommé îiana il entretint une corrC$pondance a\·ec les mécontents français, qui eurent l'indignité de propo er l'arre talion du
maréchal . ., oult, qu'ils remettraient aux a"anlpo tes.
On conçoit dan 'fUelle perplexité la dl:icouYerle de cette con piration d11t jeter Je
maréchal Sot1lt, d'autant plus qu'il n'en connais ait pas les complices. Un ahîme était ouvert devant lui; néanmoins, sa fermeté ne
l'abandonna pa .

CHAPIT~E XXXII
S11q1ri.,c 1l'Oporto, - Relraite de Soult par Je, montagnes. - M11uvois w,uloir du marèchal Victor. .llorl ,de F rancesehi.

Pendant que S011lt était absorbé par Je·
soin qu'il ne cessait de donner à l'adminislration do pay conqui , les nombreuses
troupe nnglo-portugaises que sir Arthur
Welle ley et Lord Bere ford amenaient de Li bonne et de Colmbre 'approchaient chaque
j ur du Douro, et e.n atleigoirenl bientôt les
1·ive . Le général portugai Sylveira, aprè
u·oir repri Chavè sur les Français, descendit la Tamega jusqu'à Amaranthe et 'empara
de cette ville ainsi que de son pont, ce qui
plaçail le corp portugais sur les derrière de
Soult. Cel11.i-ci 'empressa de dîri,.er sur ce
poinL les généraux lleudelet et Loison, qui
cbassèrenl S,·Iveira d'Amaranthe; mais ir
Arthm Wellesley, a ·ant le projet de tourner
l'aile gauche des França.i , fü passer le Douro
en avant de Lame"O à un nombreux corps
anglo,porLugni t11u se dirigea ,,ers Amaranthe. Le général Loi on, malgré les ordres qu'il
avait recu de défendre cette ville à ot1trance,
ab:mdo~na le ,eul passage qui restât à l'armée françaî e pour orlir de b. iluation périlleuse où elle se trouvait. Le maréchal
oult, vosanl qu'une partie des force ennemie cherchaient à rra¾lncr es derrières, pendant qt1e le surplus, marchant ur Oporlo
menaçait de !'attaquer de front, résolut d':1bandonner cette ville et de Faire retraite sur
le trontières d'E pagne. on mouvement, fué
pour le 12, ayant élé retardé de 1'1Ilgt-quatre
heures, par la nooessité de réunir l'artillerie
el de mettre les convois en route, ce retard
lui devint fatal. Les con pirateurs étaient îorL
occupés ; le ord.res du )llaréchal étaient né,.ügés ou mal compris, et on lui lran mettait
faux rapports ur leur exécution. Les choses allaient donc au plus mal lor que, le 12
0

de

,

au malin, les colonne anglaises arrivèrent 11
Villa-~ova.
Soull avait dès la ,·eille retiré e troupes
de ce faubourg, déLruît le pont qui l'unissait
à la ville el fait enlever toutes les embarcations de la rive gau.cbe. Le maréchal, ainsi
rassuré sur ]es tentatives de passage du
Uouro de1•anl Oporto, mai craignant que la
llotle an.,.lai e ne débarquât des troupes sur
la droite de l'embouchure du fleuve, en faisait exactement obsener les rires au-tle •
sou.~ de la rille. llu haut du mont ~erra, ir
Arthur Welles! y planant comme un aigle
sur Oporto, sur le Douro el le pa s environnant, reconnut de cc point élevé qu'au-dessus de ]a ville les po tes français étaient en
Lrès petit nombre, éloignés les uns des autres, et négligeaient le senice des palrouilles,
tant ils secro aient protégé par l'immensité
du fleuve.
li peut arriver à la guerre qu'un liataillon, un régiment et même une brigade isoient
surpri : mai l'histoireoifre bien peu d'exemple d'une armée attaquée à. l'improviste, en
plein jour, sans avoir été prévenue par ses
avant-postes.
C'est néanmoins ce qui adYint aux Françai dan Oporto, et voici comment.
Le Douro fait au-de sus de cette ville un
crochet qui baigne le pied du monl erra. On
conçoit que les Français eussent négligé cette
partie du fleuve lonyu'elle était co11verte par
le lroupes qu'ils avaient à Villa- ova et sur
le erra; mais, au moment oi1 ils ahandonnèrent ces po ilions pour se concentrer sur
1a rive droite, ils a11raient d1i placer des po te en avant de la ville· cependant, oil néglirrcnce, soit Lrahison, non seulement on
avait omi cette précaution, mai on aYaiL
laissé ans garde, en dehors de 1a place, un
rrrand nombre de barques, aupr s d'un édifice non terminé appelé le 11011reau s(!minafre, dont l'enclos, s'abaissant de chaque
côlé ju qu'au rivage pouvait conteuir quatre
hatnillon .
En ,·oyanl un poste aus i important abandonné, sir Arthur \ ellesley conçut le hardi
projet d'en faire le point d'appui de son altaque el, s'il pouvait se procurer une embarcation, d'effectuer Le pas age du fleuve
ou les yeux d'une armée aguerrie et d'un
de ses pins célèbres généraux!
11 pauwe barbier s'était enfui de la ville
la nuit précédente, au moyen d'une petite
nacelle, san èlre aperçu par les patrouilles
françaises. Un colonel an°lais, suivi de quel11ues homme , Lral'erse le lleU1'e sur cet e quif et ra.mène à .la rive aanche trois grandes
barques sur lesquelles on place un bataillon
anglab qui Yienl 'emparer du séminaire et
de là renvoie une grande qua.ntitt!&gt; de bateaux, . i bien qu'en moins d"une heure et
demie, 6,000 Ana-lais se froment au milieu
de l'armée française, et maitre d'un poste
dont il était d'autant plus difficile de les
chasser qu'ils étaient protégé par une nombreuse artillerie placée à la riTe opposée, sur
le mont erra.
Le po te franç-ais n'avaient rien rn, et
"'' 346 ...,

l'armée était tranquille dans Oporto, lorsque
lot1t à coup la ville retenlil dn bruit confus
des tambours et de l'appel ; « Aux arml's !

au 1: armes! l'oilà les ennemi.,!

1►

011 put

alors juger mieux que jamais de la solidité
el de la valeur de troupes françai e , qui,
loin d'être découragées p3r cette surpri e, se
précipitèrent avec fureur vers le .éminaire.
Déjà elles avaient arraché sa principale grille
el lué un trè grand nombre d'Anglais, lorsque, foudroyées par les canons de la ri1·e
gauche et menacées sur leurs derrière par
un corps anglai qui venait de débarquer
dan la ville, elles reç,mmt du maréchal
l'ordre d'abandonner la place et de se replier
Ill' allonga, bourgade située à deux lieue
d'Oporlo, dans la direction d'Amarantbe. Les
Anglais n'osèrent pas ce jonr-Ià suivre notre
armée plt1 loin; ils perdirent beaucoup àe
monde dans cette affaire. Lord Pagct, un do
leurs meilleurs &lt;rénéraux, rut crrièvemeJJ L
bles é, et, de notre coté, le général f'oy le fut
aussi. otre perte ne fol pa considérable.
1 o vieille
bandes étaient si expérimentées, si endurcies à la guerre, qu'elles se remettaient plus facilement d'une urpri e
qu'aucune autre; aussi les historiens anglai
conviennent qu'ayant qu'elles eu sent atteint
\"allonga, l'ordre était rétabli dan I s colonnes françai es.
Le maréchal eul certainement d bien
grands reproches à se faire pour 'èlre foi .é
surprendre en plein jour dans Oporlo et à
l'abri d'un flem·e; mais on doit llli rendre la
justice de dire que. dans on malheur, il fil
preuve d'un COUl'age personnel el d'upe fermeté d'âme qui ne e démenLirent jamai.!l
dans les circonstances les plus dir.Gcile .
~n q11it1ant Oporlo, le maréchal faisait
reposer tout son espoir de alut ur le pont
d'Amaranthe qu'il croyait encore occupé par
Loison; mai il apprit le 1:'i au matin, 11. Pefü11iel, que ce général 1•enail d'abandonner
Amaranthe pour se retirer à Guimarai-'ns 1.••
Celte îàcheuse nou,•elle n'affaiblit pa l'énergie de • oult, et voyant que le chemin de la
retraite lm était courJé, il ré, oJut de .e retirer à travers champs, malgré les diFficulté
que présentait le pay . Aussitôt. imposant
silence à toute observation timide, commP
aux murmures de quelques con pirateurs, il
détruisit son artillerin et ses bagarres, .fit
mellre ur d chevau de trait es maladeaiu i que des munition pour l'infanterie, el,
sou une pluie ball.ante, il gravil Ja ierra ou
montagne de Cathalina par un entier rocail1eux. de plus étroit Pt e rendit à Guimaraëns où il trouva les divi ions Loison el
Lorge qui s'y étaient transportée.~ par la
route qui vient d'Amaranthe.
Les force principales de l'armée françai. e
s'étant rêunies à Guimarn 1 ns, san avoir été
attaquées par les Angl:ii , le maréchal Soult
en conclut avec sagacité que ceax-ci avaient
pris la route directe pour aller à Braga et y
couper to11te retraite aux Français, privé
désormais de tout chemin praticable pour
l'artillerie. Déjà les mécontents, au nombre
desquels se trouvait Loison, di aient qu'il

"----------------------fallait faire une capitulation comme celle de
intra; mai aloi , et par une fermeté digne
d'admiration, Soult fit détruire toute l'artillerie de division. Loi on et Lol'ge, el la.issant
a gauche la route de Ilragu, il prit encore les
entiers des montagnes. li gagna ainsi une
journée ur les ennemi et atteignit en dem
marche
alamonde. Li1, coupant 11 an{l'le
ùroitla roule de Cbavès à Draga, par laque1Jl!
il élu.il entré en Portugal lroi mois avant, il
résolut d'é.iter encore les chemins fraJés et
de e rendre à Iontalegre toujours par le,;
montagnes. Aprè une longue marche, les
éclairenrs vinrent l'informer que le pont de
fluente-Novo, ur le Cavado, était rompu, et
qne f,200 paJsans portugais, avec du canon,
'opposaient ù son rétablissement!... i cet
ob tacle n'était pas urmonté, toute retraite
devenait impo sible! ...
La pluie n'avait pas cessé depuis plus~eurs
jour . Le troup , haras ée , manquaient de
vivres, de chaussures, el la plus grande partie des cartouche étaient mouillée . L'armée
angbise devait, sans nul doute, arriver sur
rarrière-garde le lendemain malin. L'heure
de mettre bas le armes était donc venue! ...
Dans celte fàcheu e extrémité, onlt ne
faiblit point. Il Fait venir le major Dulong,
réputé, à juste litre, pour un de plus intrépide officier de l'armée Û'anr;aise, lui donne
100 grenadiers de choix. et le charge de surprendre pendant la nu.il les ennemis qui gardent le -passage. Une e pècc d'assise en pierre
n'ayant que six pouces de large était la cule
partie du pont qu.i ne ftit point détruite. DuJonu, suivi de J2 grenadier , s'y glisse à
plat ventre et s'avance en rampant ver le
poste ennemi. Le Ca-vado débordé coulait avec
impétuosité .... En se Yoyant ainsi u pendu
au-Jessa du torrent, un grenadier perdit
l'équilibre el tomba dans le lîOuO'rc; mais
ses cri furent étouffüs par le bruit de l'orage
et de Ilots. Dulong et es onze nommes atteignirent enfin la riYe opposée, et tombant a
l'improvil;te sur les premiers po tes des paysan endormi , les L11.èrcnt Oil le dispersèrent Lous. J,e soldats portugais, campés à
peu de di Lance, croyant que l'armée françai e venait de traYerser le Ca11ado, 'enfuirent aussi. Le maréchal oult fit sur-le-champ
rlparer le ponl. Ainsi la ,·aleur dul,ravc Dulong saun l'armœ.
Cet officier fut tr~s grièl-ement blessé le
lendemain, en attaquant un retranchement
éle,·é par les Portu.,ais dans un défilé d'un
accès très diîficile, où Jes Français e uyèrent
11uelque pertes j mais ce fut le dernier combat r1u'ils eurent à so11tenir dan eue p~nihle retraite. Il· atteirrnircnt le 17 fonta1 °l'c, où, repassanl la frontière, il renlrèrenl
en Espagne, el se réunirent à Orense : là ils
e mire11L en &lt;'omrnunic.-tlion a,·ec les troupes

MËM011t,'ES DU GÉ1YÉ1tAl. BA~ON D'E MA~BOT - - .

du marêchal Ney. L'intrépide Dulong tut
nommé colonel. (li est mort lieutenant général en 1828.)
Ain.;î e termina la seconde invasion des
Françai en Portugal. Le fer de l'ennemi, les
maladies el le as assinals avairnt fait perdre

de la Cuesta de réunir une nombreuse arm~c
dans les monla!!Des de Guadalupe.
Victor, sortant alors de son apathie. maL·cha contre lui, le battit en plu ieur rencontres, notaJDinent à Médellin, sur les ril'C'
de la Guadiana, el occupa enfin le 19 mars fa
ville de Mérida un mois après l'époque fixér
par l'Empereur. Le roi .lo epb, qui ven:1it
d'elll·ahir l'E tramadme, rappela au mnrécbal Yictor l"ordre de Xapoléon, &lt;pti lui rnjoignail d'l!lltrer en 'Portugal pour c joindre
au maréchal .: oull; mai ' comme celui-ri é1ait
le plus ancien, ''iclor, craiguar1l de se Lro11Ycr en ou -ordre. non seulement ne 1·oulnt
pas se réunir à lt1i mai suspendit fo marche
de la di,•ision Lapisse, qa.i, se lroUl'anl déjà
maitres e du pont d'Alcantara sur le Tage,
pom:iiL opérer une heurcu e diver!:ion en fovem· de • oull, avant que le A.nglai. fu sent
l'attaquer dans Oporlo. Apr a,·oir hésité
pendant plu d'un moi , Viel.or, apprenant
que oult venait de quitter le Portugal, e
hâta de ballre en retraite, et fit sauter le
pont d'Alca.otara, Je plus beau monument du
,,.énie de Trajan 1...
Dès son retour en Espagne, le maréchal
oult, après s'être muni d'artillerie dans le
:irsenaux de la Corogne, eut à Luao une entre\llle arec le maréchal Ney, auquel ü proposa de réunir les force di ponib1es de leurs
deux corps d'arm~e, pour faire ensemble
une nouvelle inva ion en Portugal. Mais ces
deu. maréchaux n'ayant pu s'entendre,
oult, pour refaire se troupes, le conduisit
GÊNÉ.R""L Fov.
à Zamora.
Gravure Je i'l.wa1nssoN, .t'.Jf,ris k labltau de
En terminant, je doi vous faire connaîlre
G i'.RA RllE T. (.Vusèe IÙ Versailles.)
le 'sort de officiers compromis dans La conspiration dont fa:i parlé. Le capitaine adjuau maréchal Soult 6,000 .bon oldal . Il avait dant-major du 1 • de dragon., rgenlon,
emmené cinquantr.-huît pièces d'artillerie; il qui avait été l'âme du complot, fut tradui l
revenait a,·ec Wl -~eul canon; et pourtant, sa devanl un con eil de guerre et condamné à
réputation de vailJa.nl soldat el de général ha- mort; mais il réussit à s'él'ader. , oa colobile n'en f11l point ébranlée, car l'opinion nel, M. Lafitte fut mi en retrait d'emploi.
publique lui tint compte, d'une part, de la Qua.nl au général Loison el au colonel Do11fermeté quïl avait déployée, et, d'autre pnrt, nadie11, qu'on accu ail sans preuves, il n'endes grandes difficulté qu'il avait éprou1·ées, coururent aucune punition. Toutefois, le
tant par les intrigues des conspiraleur.s que mainûeu du général dan l'armée de Porpar l'abandon dam lequel l'Empereur l'a,ait tugal ne pouYait que produire un ellet fà'
lais é, en ne le faisant pas outcnir par le cheux.
maréchal Victor, ainsi qu'il l'a,·a.it promis.
Afin de .mieux faire comprendre au roi JoNapoléon, que les campagnP. d'Italie, seph quelles étroent e vue , ~oull envoya le
d'Égypte el d'Allemagne avaient habitué à général France chi à Madrid . Ce brave et
1 oir es lieutenants obéir avec exactitude eut
Ciccllent officier, étant Lo.mhé dans une emle tort de penser qu'il en serait de même bt1scade de la guérilla du Capuci,w, îut condans la péninsule Ibérique; mais l'éloigne- duit à é\'Îlle. puis à Grenade, 011 la Juule
ment el le Litre de nwrécltttl les a,·aient ren- centrale, le traitant en criminel et non en
du moin. oumis. Ainsi, le maréchal Victor, brave oldal. le jeta dans la pri on de l'.Alhamqui de Madl'id devail marcher sur Lisbonne, bra. l1 fut eo uite trao porté à Carlha0 ène,
par la ,·allée du Tage, et e trouver à Mérida où il mourut de la _fi',re jauuc. Cc fut un~
le 1, Février pour menacer le Portugal de ce perte immense pour l'armée, car Franceschi
c(ité, restn si longtemps à Ta.la,•era-la-Reyna, réunissait lo11les les quali1é d'un général
que son inertie permit au aénéral espagnol con "ommé.
1

(A suivre.)

GENéRA.L

DE

MARBOT.

�"-- ------- ---- - -- -- ----------------

L'Exode des Girondins
l• plttorc.squ• rüh dt Pitlon, public. ptr Jf.,loria,
montrait Je. qM&lt;llc ra~.:&gt;n l'un du plu, populalro de.pute.• Clrond;,u, tnqu• I"'' lu •~nll de.la Conwc.ntlon,
..volt riu1&gt;i
gagn•r la Normandie.. Pluliturs de. su
collcguit, riuMirut il
rtjolndrt. l:n &gt;e réuni0&gt;ant à
Caen lu rcpro&gt;entanu proscrlu upinlcnr lOuln&lt;.r la
provin.or, y formc.r un, aTmi" d• volontalru pal?iotu
ri fflUl'htt i, la aonqu•t• de Parb. Ltun Illusions
Ment courks. L.. pays, prf• de peur, H. d.-lntèrus.ajt
dt lrur quonlk; la ConV&lt;ntion l•nça contn tint un
dicru de min hor, lo /01 : c'italt lëchafaud imminmt.
Le.&lt; fugiufs ré&lt;olurcnt de g•gnu un port de la cote.
bruonn• cr do&lt; s'cm.bar11u&lt;r pour Borduur., ail, p,.n..;,.nt-ib, ils sc.nlcnr acclamé.i. Escortés d'un bataillon
compo,i de volantal,., dt 1'lllt-d-Vllalnc, de la
M•y&lt;nn• u du Flnl1th"c, uuJ, troup, qui leur fin rot« ~del&lt;, Ils •• mirmt tn route, ~qulpé• u nmù
comme d,.s soldats, Lount, l'un d'cu~. • mit, de cc11c
ntraordlnalrt. odyu«, un ,tell sinj!uliircmtnt o!mounnl qwt. pour falro •uit• i. «hli de Pillon, nOtü tntamon1 i, l'époque où, fnippu par lc dicrc.1 de mise
Iton 11 loi, lu proscriu .se voie.ni forcé.&gt; d.c qulncr
Cun &lt;I, paUT alldndr• Qulmiar, vont tranrscr tout le
p&gt;,y• ,oulcvê contn eux,

ry

.'ou nou dhi àmes en trob troupes, qui
chacune alla se réunir à l'un de lroi ha.Laillons. t ous marchions comme simpl soldats,
r.t cem qui non amicnl reçus parai ai nl
content et fiers d'a,·oir ponr camm·a,frs cell
vin taine de représentant, pour qui la France
pre ·que toute cnlière venail de 'insur!,ler;
car le déparlcmeats coalli~ · n'étaient pa~
n1oin de oi. anle-neur.
Nolre .ituation eut d'abord quelque cbos
ira ez dom et de !rè.s pi11uant. Je trouvai .
po:1r moi, fort a!!l'éable de faire a,·ec CtJ'
brave gen ma journée à pied, d · boire cl
mani.: ·r .i:vec eux. sur ln roule, il' ,•erre de
cidrè, le petit morceau Je beurre el le p~in
d munition; pui , à lo. coucb~, d'aller aYec
un billet prendre modestement mon loaement chez uu paTLicu lirr qui, me cro ·aul un
,·ol11ntairc, ne ·e gènail n11llemenl avec moi,
l'l me di. pem:ail par U1 de tou k l! pèce de c,:..
r~moni '· Celte manière de rair1 charmail no
llre1011s: il c, 1 \l'ai que l'Jlle-PI- Jïlaùzc, 13
Jl&lt;L11em1e el urlo\ll le ~'inisli-re, n'é~it!J~t
point lomb.Sg dno l'énorme faute qu a1mt
faite le Midi, de n·armer que des mercenaires. La plupart Je ce "olonlaircs élnicnt
de j unt's "CD - bien (,)ol'é , ltès in ·truilJ
de la qucn Il quïls ail, ient outenir, cl c1u'il
C'Ùt été difficile d'a.chelrr. Mai · lluelrJlle pr~caulion que l'on eûl pri e, on n'a,·nit pu
empècl1cr d brouillon , des hommes ardents ou faihle., el c1uelque anarcbi L Jl;..
gui ë: de se glisse?' dan le compagni' ·, el
quoique en Lr~ petil nombre, aidés de leur
,•ile t:iclique el de Ioules leur inlrÎ"Ut' , il
.finis aient soment par donner ln loi.
~ous l'avion vu diljà dan Lisieux; OCIU ,
eùmc' bienlôl occa,ion d" n fair!' une e1iwrie1ire plu tri~te.
1

Amériiprn. J\• lui mo11!rr11 Lion. OorJ~am.
,1.ir cille, fai a11l pour la répuhlilfut• u11 dcruil'r elforl, 11uc mon d,:voir .!tait d'aller aider.
- oit, me dit-elle, mai· 11011-, n•· 11011, -éparurons plu .
Je le jnrai. Que de rois je del'(1i , malgrJ
moi, ,·ioler mon ermenl !
A Fougère', le Lalaillo11. e épnrèrent.
Jfo.ye1111e, pour rega"ner La"nl : 11/e:-e!- Vilafoe. pour renlr r dan flennes; le Fut1.~/1•1·e
1·nnlin113iL , a route ·ur Brc.l. Cha ·un de·
trois désirait nous garder et non promettait
IJÙ:loire rie l'CJ'IIOU 1'1'111porléc. Ill' /1'$ l'IJ!J""
Listes rlu Cnfrado~. que. pre. enl:int le rc,te s1ireté chez lni. ùrelti ne um ait pa •• ou
de no. d i~as!re • elle ·c:lail hàtée d11 "en 1re :i"ion. di:lpècM de1·anl noru à l\enne . • un
rp1i nou mandait qu • nou. deloul ce qn'elle a,ail de bijoux. Elle \'CnaiL ml' ami,
déclarer 'JUC, désormois attachée !1 mon ort, ,·ion nou rendre dan cette ville, ou 11ou~
elle accourait l'hercbt•r auprès Je moi \'exil, trou\"erions des moyens de gagacr la rnel', t•l
la mi. •re pcul-èlre, cl certainement une là, 11uelque chas~e-marëe qui nou conduirrtil
foule de danirers. C'est alor- 11uc, pénêlré de à Bordeaux. HarLaroux comk1Llil V1Veme111
sa g. ·11 rositi:, bien comaiocu 1p1e ma mau- cette me ure. li fil ~tintir qu'il valaiL l1caucoup mieux non rendre du côtl; de Quimper,
vaise fortune ne ponrniL rien ·banger ~ ,.,t!
di po. ilion~, j'usni la pr cr de former des où h.er"elegau, notre collè 17 uc, par1i rl1:p11is
lien 1p1e je dé, irai depui · • i longlemp el plu,ieurs jour., nou · aurait inlàillililement
que ~nn di"orc , prononcé d 'puis dix moi" préparé une r lroile momentaoée et de,
moyen d'embarquement. Cette opinion prévalut, el je croi que ce fol lré. heur l1
mcnl pour nou~.
ou prime donc, m·ec le rul bataillon
du Fini tère, le chemin de Fougè're à Dol.
Noo allàmo. coucher à Antrain. je croi : je
di- je croL, parce que ma mt!moil'e 'étnnl
fort altérée, j'ai bien retenu le. fait.. mai.
tantôt les lieUI, tantôl l'époque précu;e de
l'é,fn ment m'échappe; et dans la ca,·emc.
oi1 j'écris. je suis dénué de tout ecours. Je
n"ai pas même une curie de Franre. Au reste,
que le Lourg d' .\.ntraio , oil en deçà ou au
delà de Fou"ère , loujour. est-il certain 11ue
nou y courOme quclq11e p 1riL • Ce lieu
était fort jacohini:!'.~. A peu prè. deux c.enl.
coquin a,11i nt formt: Ir dom: projl'l dr désarmer, pendant 1.a nuit, le bataillon di pcr$é
cb~z les pàrliculier , puis de tomher ur le
dëpulé • pour I covo ·er ~ la Montn~ne.
s'il' e lai •:,airnt prendre, ou l •s ma acrer,
s'il tentaienl quelque résistance. La partie
rut décom-cr!e comme on ache,ait de la lil~r:
pour
ln rompre, now ftme doubler les po les.
LOUVET,
et promener de lionnes palro1ûll ': les :gor/'t)r/ra/1 dt, .sl11e d l(t'J&gt;i par llôNNEVtU. E.
"Cllr s'allère11l coucher.
{C.itinet .k s E,la111fes.J
~[ni un peu a,anl Dol, l'alerle de,·iot plus
chaude; nous reçûmc la nouvelle certaine
eulcment, ne m'avail pa. permi d'obtenir que la municipalité de celte ,•ille ,en.ail de
,·olontaire sou le arm , de
encore. Ilélas. ou quelle· au ·pice ce con- metlre
l1raquer
se
canons
à la ronnicipnlité, el d" ntrat rut juré! P lion, Buzot, 'alles et Guadet
voyer à Saint-~lalo demander les ecour de
furent nos témoin .
fo [emme me ptcs. nil de c-0urir au port la sarde nationale el de la "arnison de cette
le plu. "oi in. et de nou~ 1 jeter dans le pre- place, qui pouvaient, .elon ml¾ -ieurs de Ool.
mi&lt;'r bt11iment qui \'OUlùt non' porter en arrh·n chez eux dan là soirée, c•l par rons ;_

\pri'·~ plu leur, mard1r, 11011-. étiou- llrri,·és à \ïrc. J'y a,ais appris 11nc la \lontagnl'.
enl1ardic par nos rc,·cr . foi . lit dan Paris
des arr talions mullipliél' ; je lrcmhla"
pour ma femme. Un peu fatigué, je m'étai ·
couch1: à ix heure : il tait minuit, je n·avai:
pu f•rmcr l'rcil; on ,·icnt me tlire qu'une
Jam• me ùcni:t11de: c\Hoil clic! Qu'on juµc
ùcs lr,in pnrL de ma joie!
Di~nc ami•! Ù p ,jne le ahO)('Ur. des jo11r11au ,le Pari:. ai-:iie.nt-il lieu.,lé ln 9ra11tle

w···,

r1ucol a ·sez ttil, puisque non~ comptions y
èlre avant midi, mais ijéjouroer ju qu'au ltmdemain. or cet avi , nos braves Fini lllrien.
. e prépatèrcnl; les arille et lei. non furc:nl
cho.rgé·; nou. doublâmes l pa ; nou arri,àmes à Dol deu:t heureQ plu~ tôt; nous y ent rnme a.11 pas de char,..e, la bafonn, ttc au
l,ouL du fus_il: nous allàme nou · mettre en
hnluille tle1·ant l'hôtel de \i118 : les canon
r'-laicnl cllectivement braqués, mais il se turent: Je:; volontaire allèrent en députation
~ommcr le rnairc de 'e pllquer ur les mnu"ais bruüs 11ui courai1ml. li avoua ses démarche , prot&amp;.lnnt qu'elle: n'avoienl point pour
Lut d'arrêl.er le retour du bataillon. mai de
:;ai. ir le 1lépulés ll'ail,·es à la 1mtri1•, qu'il
rcrélnil dans e rail",. Celle répon e rapportée auï Breton , 1 · indigna. i le comrna11danl cl 11ou!I ne nou é1ions réunis ponr
les calmer, la guerre chile r.ommençail dans
Dol. Enfin, il con nlireol à Il pa coucher
Jan: celte ville; mai il y fallait diner du
moin .. 11s ne voulurent point nous r111ilter;
nou man°eàmes prc que Lou ensemble ur
lu place.
- i vous avez tnnt emic de le prendre,
triaient-il nux pa sanr , ballez donc ln crémirale, et 1·ene..:.
Tout ceci ne nou • préparait guère il. ce
qui devait arri,·e.r le lendemain.
A lroi lieues au-de us de llol, ur la
nrande roule de Dinan, où nous devion 1:oucl1C1•, e trouvait un pa sage dangereux;
c'était un défilé sur une bauleur, à l'entnle
d'un boî . Les troi ' mille hommes de 3intfalo. qu'on disait en marche, pouvaient se
porlcr là, el allendre a'i'cc un immense avantage oo - hujt cent llrestoi ·: il le avaient,
n'en fai aient pa moitr bonne contemmcc:
pres1ue lou juraient de périr, plutôt que de
nou abandonner. . oœ éLion:.. nou , dan
lt'ur rang~. hien deddé de oc pas tomber
,ivanl dans les mains des atellite de la
~lootagne. lo. Lodo1ska et quelques femmes
uivaienl dans une voiture. On peul ~e reprécnler leurs alarme . Enfio, parvenu au lieu
redouté, nou n'y rcncontrlmc personne'. A
JJinan, nou. fùmes parfaitement reço i c"était
à 11ui nou olTrirail des lits.
A la poiule du jour un grnnd bruit nou
rérnilla; c'étaient no Fini têriens qui .l' Ji putaienl ur la place ; le molionneur Je Lisieux a, aient pas é la nui l 1t travailler Je
faihl : les faible ' étaient cnlraînés; encmlile, il- aYaient pro"oqué celle assemhlée
•rnéralo; en cmblc ils criaient que la Convention él.anl rccounue, pui ·qu'on venait ù'acceplcr la con Lilotioo, protéger encore le~ dépuhl· qu'elle ,wail de mettre ltor· de la loi,
c'était se con tituer faction. Les honnête
cns, pénélr de douleur, répondaien I que
la majorilt! des département ne reconnaissait
pa. encore les dominateurs de la Comenlion ·
que d'ailleurs liner ou seulement abandonner de ,ertueux repré eolants qui prenanl
eonfiance enliè.re aux prome;;ses du bataillon

~un~

1. On tlOU a -~urJ' depuii, que le . lroÎs
houn'DOS du ainl-llalo nu1ent au contrme. dêlibèru
JI! 11e (IQÎnt 111archer contre leur frère! ilu rini l~re.

l'a\'ai nl préféré aux autre- [1•d..!r · bretons,
c'était Jé honorer le Fini. \ère. Cl'llr pen ·é&lt;:.
urloul, donnait à uos amis, encore les plu '
nomLreu , une vigueur 11oi ne leur ~lait pn,
ordinaire. \'ninement un courrier ,enail d'arri,·er, apportant l'élrongc nomelle que le
troi mille homme de :tint- Ialo venaient
·ur llinan, et que de l'autre etM aint-Brieuc
fai ait marcher de troupes; de orl.e 11ue 10
bataillon allait 'e lrou\'er entre deux feu :
les nôlre di·ait!nt que rien de tmu cela u'élait
vrai emblablc; mai que. toul cela fùt-il ùr,
011 ne de,oit pa, compo er a.rcc f'~ Jcvoirs,
et que la rnorl était prtHérable à la honte. Eullu, le parti 'échauffaient; il ;tait podhle
qu'on en 1•inl aux main ; noui- r; olùme de
prévenir ce malheur, cl de n·e pérer M·ormai · notre alul que de oou •mèm . Quand
le hTaves gens apprirent notre résolution de
quiller le iJatamon, el de nou aventurer ,•er"
(luimper, par Je.~ chemin de lra,·erse, il n'y
a orte d'effort qtùl n'es aya. enl pour nou
retenir. Le parti étnit pri , ils le virent bientôt; et 3.lor. , dn moins, ils nou. prodiguèrenl
les moyens qui no11 - manquaient; nou · ne
Youlûmes rien accepter de louL l'ar enl qui
nous fut oil' ri, mais nous oull'rimes 4u'on
nous complét..il notre ajui,tcmcnL d "olontaîr ~i c'etaiL en celle qunlité tJUC nou alUon~
nou· mellM co roule: il fallait, pour notre
sùrcté, que rien na nou manqu1it. tin alla
nou cboi ir les meilleurs fu il , de lions
sabre , une giherne bien aarnie de cartouche ,
el nous cou,rime encore nos uniforme d'un
de ce sarraux blnnc , bordé· de rouge, 11ue
les soldats en route onl coutume d'a,oir · oo
nous donna pour escorte hl hommes éprouvé~, arm; comme nou ; enfin, un officier
que je ne nommerai pn , nou igna de con,..é qui portaient que oou étion · des volontaires du Fini 1ère, qui retournaient, par le
chemin le plu. cou.ri, à Quimper,lieu de leur
domicile. Nous aYions t1uarante grandes_ lieue
i1 f.,ire à pied par des chemin difficiles; el
la prudence ordonoait que nous ~· mi ion
tout au plu trois jours; il n'y avail donc pa
m01en d'emmener m:i Loùoï k:\ : au moin~
l'alrencc ·erait courte; ell allail, m·ec un
passeporl bien en règle, suivre la grande
roule, el m'atlendrait nQuimper. t\ot.rc • éparati.on nou co1îla pourtant bien de. larme .
\ous parlion c pendaol, el Yoici le moll ll'UL de savoir 'I uel~ l.'L combien nou étions ;
Pélion. llarliaroux, · lie·, Buzot, Cu. y, Le~l"C (d'Eure-et-Loir), llergom" de la Gironde) ,iro1u, Meillant el moi; pni GireyDuprey, el un digne j~une homme, nommé
füouffe, qui était ,eau ooo · trouver à Caen;
entîo, nos -ix guides : Buzot a-vait eneorc on
domestiq1Le, tou au i bien armés que nous;
en loul dix-neuf.
:'\ous suivimes encore. la grande route jusqu 'll Jugon. L1l nous prime la tra1·er e, où
oou füne quelques lieu~, et ,Ùlme à l'entrée de la nu.il frapper ail.X porte d"une
ferme, donL on ne nous ouvrit que la cui ·ne
cl la grange. Dan la prcrniL·re des d ux
pièces nous ne trouvO.mes paur ouper qu'un
seul petit li/J\'re, du pain noir cl du mamais

l'ExoD"E

DES Gr7f.OJVDJJVS - -...

dair..:; el dan ln SPconde. pour couchtir. 11ue
cle la paille ; pourlnnl nou:. mangeàmes forl
\Jien, el nou • dormi me - mîeux. l,e lendemain
à la pointe du jour. il fallut .e. melll'e en
route.
Nou avion déjà évité Lamholle: nou: n~
tl lion trouver dan la Lrarnrse que quelques. mi éraLle~ ,·illages, où dix-neuf :-olda1
n'avaient rien à craindre et drux ou Lrois
bourg· un peu fort , que, par précaution, il
fundrait tourner. lluc erreur de no· "uides
nou · fil lomlier à l'enlréo d'une \Ïlle, c'{,(aÎL
)lonconlour; wm en 6tioo ~i pr··~, 11u'il
lilail 1mpo.-ililc de 'rn écarter nns c rendre ,·u.specls et san - ri. quer d'culendre so1111er le tocsin. J 'ou } entrâmes donc: •'ê1ai L
ju.slcment un jour de marché; plus de ,1uini1·
cents paJ an. étnienl, arccforc-.e gendarmerie,
sur la place, que nous lravcrs:)mr~ avec une
confiance r1ui n"éLait qu'apparente; fliouffe,
mauvais marcheur, était l'e'lé en o.rrièrc, uu
ge11d:1rme l'arrêta, lut on congé, et pal'Lll
tenté de le conduire à la municipnlil~: il
montra de loin ses camarades.
- Et 011 les ratlra perai-je, di L-i l ·l
!Jn le lai a aller.
Ma~ comme nous sortions de celle ,·itle
dannereu e, nou · nme ttne rencontre importante; B'·· vint uou' joindre avec des
démonstration d'amitié, peut-èlre déplacées
dans le lieu où il nnu les prodi •uait. l~ton.oJ
dû ne non pas 1oir arrirer à llennes, il on
était orù à noll'e rencontre: il arai t trou\"é à
Lamhalle ma srear (cëlllit soa ce nom que
Je produi ais ma femme en public; on _aura
pourquoi), Elle lui avait appris quo nous
étions ur celle roule, nous 3\Îons tort de
nous y ha order : Henne:· valait beaucoup
mieux . Il nvail au reste mille chose à
oou dire; il non' priait d'aller l'nllendre
dan de cbanmière qu'il nou montrait
dans l'éJoigneme.nL; il allait nous y appor ter
quelques provision , dont nous avions en effet
grnnd besoin : nou marchions depuis cinq
heures, il en était dix, et nou n'ayions rien
pri . B·.. iwait élé de l'a semblée cons1ituan1e, où. il 'étnit bien comluil; il était, en
décembre ·17 1 2, prt! iùeol de ce club des
~farseillais, qui eùt samé les Pnrisien , iles
Parisiens usent voulu l'entendre; enfin, il
~tait Yenu à Caen. off1cier dan un dt" battùJlon de b Force dépa.rlemeotale : tnut
emhlait ùooc se réunir pour lui r,oncilier
noire conûance. Malheureu~cment il nou fil
perdre une heure d.ms ces ehmmièrc : il
,ioL enlin : le peu de denrée ttu'il nous
apportait «füparut aussitôt. Il ,ommença par
nou prérnoir que qoclque -uns de nous
a ·aient été reconnu à loncontour; lui-même
.ivait entendu dire : - Voili1 Buzot voilà
Pélion. 11 Ensuite il revint I1 son pi-ojct de
Henne • qui fut repous é; alors H nou dit
que nous de,ions être fatigués; c'était l'instant de lach:ùeur du jour; nou· avions déj(1
fait quatre 011 cinq lieues; que n us en fissions encore autant le soir, ce serait assez; il
allait nous conduire à une demi-lieue de li,,
dao un ~pai lailli où nous rc lerioos jusqu'à quatre heures, qu'un de t-es neveux

�111S T0"/{1.lf.

---------------'-..:.---------------- ---------.#

nous apporte1·ail des rafr:ùchisscments; ce ,'~ou déjeunion-; il rc,·i11t encore sur te projet de Rennes. IIllli toujours inutilement.
~eune homm~ nous conduirait ens~te à Lroi
heue plus lolo, chez un parent, ou nous le Alors il nou pre sa de rester dans le paJ où
tro11verions, el rp1i nou aurait préparé quel- nous étions. L'esprit en était e:&lt;Céllent,
ques res1.aurants et de bons lits; nous au- di :ut-il. Lui e charoeait de nous trou"er
rions l'avantage de pas er la nuit dan une plus d'asiles que nou n'étions de monde.
maison s,)rc : celle con idéralion, en efîet l.luzot, quoique dan Ja force de l'à 11e et
[lllissanle, détermina la presque unanimité; vigoureux, élail peu foil à la marche. Celle
e dis 11rei;quc, car moi, j'aurais mieux aimé pligue de la roule J'élonnait. Il appu a.il le
propositions de B.. '; quelLfOe aulres étaient
continuer tout bonnement notre route, avec
aus·i de on avis, mai· Pétion me re ardail
nos guides.
Le voilà parti. Noru; voil11 ton , ventre à en ecouant la tête d'un air méeontent. Je
terre, ilan ce taillis, antollr duqnel de comballi les oll're· awic beaucoup de chamalheureux enfants nou inquiétèrent long- leur. Dl'ux de no amis re· tèrent, quoique
temp de leurs jeux. Ils lirenl retraite ~nfin, j' eu e pu leu1· dire .•.. Je ne soi cc qu'est
mai c'étaiL la ploie &lt;JUi le ' îorçint. Le devenu l'un d'eux : Lesage (d'Eure-et-Loir 1).
mince feuillage de ces pclits arbres plia hien- Quant à Gironst, il a été pris queh1uc moi
lôt ous le faix, dont il e décbargeaiL sur aprè, et il n'e·t plus. Quand 8""" 1·it toute·
nous. Le malaise que nou · éprouvion esl ses oll're rejelée , il nous donna un dernier
difficile à décrire. Le neveu ne donna le signal con il.
- Vous allez, non dit-il lra\'erser un
comenu r1u'à cinq heures. Encore a1•a.il-H
affaire pour un quart d'heure dan le Yill~ge pays où tout rassemblement excite les soupvoi in; il 1' rcsla prè d'une heure el der:ru.e. çons. Une vingtaine de soldats, marchant enemb1e, set•nfont partout u pect ; divisezLa nuit s'approchait quand nous nous revous par trois ou qualr , el rendez-vou , par
mime en route.
Di,mtôl elle tut noire; nous marchions des chemins divor , à. un lieu convenu.
. ·ou ne crûmes pa i[UÏI eùt raison. otre
depui longtemps, el nou o'arrivion pa . li
étail dix heures. Nos guide , e fianl sur le llilÎon faisait alors notre sùreté. 'fou ensemble
"Uide nouvean, n'avaient pas examiné quelle uous parlime·, et l'on verra que nous fitnes
~oule on nous avait fait prendre. Enfin ils bien.
Dans toul le cour· de la journée, rien de
reconnurent qu'on allait nous Iaire lra,erser
un bour" a ez fort, dont je suis bien filché remarquable, si ce n'est qu'à l'entrée de la
de ne p~ me rappeler le nom. Nou décla- uuil nou nou trou1•àme dans un mi érable
ràme que nous n'y pas crions pa • i'os yillage, a une Jieue au-dessus de Roternheim,
"aide avertirent qu'il y avait un autre chc- petite ,ille chef-lieu de district qui se trou~
.
l
min, nous le prîmes : nous tourmons e vait sur notre roule, t qu'il fallait tourner.
bourg. à quelque rustance, lor que nou ~- On conçoit que nous n'étion pa plu L·nté·
d"aller cou ber il Rolernheim que de le traenLcndimes le bruit. de tambours.
ver cr. foule la question était de sa\'oir i
- C'esl la r •MtiLe, dit le neYeu.
- On n'a jamais batlu la retraite à celle nous proCitcriou de la nuil pour dépa e1· Ir
poinlda11gereux; ce qui avait le grand inconhenre dan cette saison, répliquai-je.
j'écoutai, je fu écouter : c étail fa géné- vénient de notlS obli&lt;rer i, coucher dans CJUC'l1 ale.
'ous la reconnûmes tous, excepté le qaes chaumières à une lieue a11 delà, et par
jeune homme, qui prétendit que c'était la con équent d~ nous rendre suspect'; car le
manière de battre la retraite dans on pays. moyen d'imaciner &lt;rue des voyageur , lorsComme nou avions tourné le bourg, dont qu'il e I déjà Lard, prennent la peine de
nous étions déjà a sei éloignés nous vîmes dépasser unn ville où ils auraient trouve de
bons logcmeo L , pour aller chercher de mauarriver B'".
Il nous conduisit chez le parent qui devait ,,ai gites dans quelques bouchon . 'arrêter
en drçà de la ,,ille, éLait plus naturel; la fatinous attendre. U fut ch:ll'mé mai urpri
de nou voir. B'.. avait oublié de lui dire gue de quelques-uns d'enlre nous offrait un
que nous du sions venir; el ce n'était po~ni prétexte a ei pJau ible. ,ou · nou arrêune défaite qu'il eût imaginée pour se dis- tâm donc une lieac en deçà: au reste, deux
penser de quelque dépeo e, car il nous lieues plus loin, ç' eùt élé t-0ut de m~me. L~
donna le lendemain un déjeuner splendide. péril que nous icrnorions n'en devenait que
Pour le soir nous eüme l'omelette et le mor- plus inévitable: où que nou fnssion endorceau de pàlé. Quanl atu bons lils annoncé. mis, il nous vi ndraiL réveiller.
A une heure du malin il arriva.
pour tous, ils n'étaient que deux. ll fallut
- Au. nom de la loi, criait-on, oules défoire, el jeter dans une e~pèce de salon
cinq matelas, sur lesquels nou dùme nous vrez!
'ous élion , Dieu merci, tous dix-sept dans
arranger le moins mal po sible,
qui nou avait enfermés dans sa une nsle grange, où la paille ne nous manchambre, ne vint nous dé empri onner qu'à. '{Uait pas. olre unique chandelle é1ai1
huit heures du matin. ll nou reprocha d'a- éteinte. L'un de nou entr'ouvrit doucement
l'Oir Lrop fait de bruit. " Dn administrateur la porte et la referma sur-le-champ.
- La mai on est entourée, nous dit-il.
d'un district Yoisin » avait couché dans la
chambre au-de us de la nôtre. C'était no
1. J'apprends qu'il csl ~innl, 1 l'on ,n' as,ure
m:mv,JÏs sujet, et s'il nous avait entendus, même
que Gil'oust, doul 011 ;\lontagn~nl avniluaooncé.
nous devions craindre d'èlre pour uMs. la mort li 111. Couvcnli"n csl $au1·é .

B·•-,

.., 35o

w,

n voix menaçante et plu forte répéta
du dehors :
- 1u nom de )a loi, ourrez !
Au itdt, au profond ilence qu'un premier mourement de surprise a,·ait causé
parm1 nou , succéda un eul cri, un cri nnanirnc et vra.imenl terrible :
- Aux arme t
Chacun le cherchait, chacun 'habillait à
tâtons. Cela ne pouyait être fort prompt. Le
« nom de la loi » e faisait de t mp en
emps entendre; mais d'un ton moiu a ur&lt;:.
- ~ous ne orlirons que qnand nou
terons prêts, lui répondait-on.
Je Ill' ·ou,iens tiue mon Cu il e fit IonsLemps chercher; je l'appelai· à "rand cri~,
et j'arone que, rn·accommodant, comme Lou.
les autre d'ailleurs, au role que la situation
commandait, je ne criais ni plus ni moin,
qu'un cordelier. Enfin nous ouvrîmes. l'n
pcr onnage à ruban tricolore barrait la porte.
Un peu derrière lui était un. groupe a, ·e-i
fort de garde nationales. De UamLcaux
éclairaient la scène.
- Qae raisiez-vou là, demanda brmquement l'administrateur de dislrict1
Barbaroux répondit :
- Nous dormions.
- Pourquoi dans une grange'! pour uivit
l'auLre.
ou aurions préféré votre lit, réplicluai-je.
- Qui êles-von , mon ieur le rieur1
Rioulîe lui dit en rianl :
- Comme tous ses camarades, un volontaire hi n las, qui ne 'attendait pas a èlrc
éveillé si matin; mais, d'ailleurs, pas tan
mon..~ieur que vous le croyez bien.
- Yous ! des soldat ! c'e t ce quo .nou ·
allon voir.
L'un de no guide , crue noa a,ions fait
notre commandant, parce qu'il avait scr1•i el
ùien servi cria d'une voix plus que g:tiUardc:
- Certes, vous le Yerrcz.
- Montrez-moi vo papiers, reprit l'admîni trateur.
Pétion dit:
ur la place, cito)'en, si vous voulez
Lien.
ui, oui, crièrent plusieurs ce n'est
pas dans cette grange qu'il faut s'expliquer.
otre commandant nous comprit.
n peu de place, je vous prie, dit-il
au questiom1eur qu'il lit doucement reculer.
Pui en ortant, il cria :
- A moi, Finistère .
Le Finistère accourut toul entier, se ran"ea ur une ligne, el en un clin d'œil, au
;remier mot du commandall.t 1 chaque _fusil
ùlla coller sur chaque épaule; le magistrat
daraissail t.I· étonné; la uitc nous fit voir
qu'il avait crn trouver dans notre compagnie
dix à douze élégants en petite robe de chambre
et le bâton blanc à la main, et seulement
cinq ou s.ix hommes armés. Dans cette hypothèse il avait bien pris se me ures pour
qu·ed cas de résistao~ l'avantage h1i ~cstâ~.
on content de es cmquante îanta sm~, 1l
amenait de la ca1•aleriè. Une brigade de rreu-

L'EXODE DBS Grn.0ND1NS - - ~

'

darmerie caracolait à quelques pas de nous.
fal1Jré !a grande inlërtorilé de nombre, de
homme qui savaienl bien qu'il' ne pou,·aienl
iichapper à l'échafaud que par la ,ictoirc.
pou1•aienL e flatter d'écraser, si on les y
réduisait, cctl~ bande d'agres eurs; mais il
ne uifisail pa que nous
l'ossion fermement résolus, il était bon awsi que le~ assaillauts le u ent : ans i n'épargnions-nous
aucun propos pour le leur apprendre.
- Ils sont armés jusqu'aux dent , rourmuraienl quelques-un de la garde.
En cfftlt, nous arions tous, outre no fusils,
&lt;le fort pistolets. J'arni , pour ma part, un
don que Lodoïsl.a m'avait fait contre le
groupes da duc rl'Orléa.ns, el dont la monh·e
au moins m·a,·ait été pllls d'une fois utile :
c'éla.it une e pingole qui pouvait vomir "ingt
balle· à la fois.
- Pourquoi donc avez-vous lanl d'armes?
demanda enfin l'un des plu hardi .
Je crois 4ue ce rut Buzot qui répondit :
- C'esl que nous n'ignoron pas qu'il y
a dans ce di lrict qur,lques brigands qui se
plaisent à vexer la force départementale; et
nous \'oulons que quiconque ne l'aim pas,
apprenne du_ moin à la re pecter.
- C gens-lb. ne dorment pas apparemme.nl! disais-je, en les toi ant avec in olencc.
- ,\h ! mais ou les cm•erru bien coucher,
111c répondait Barbaroux, à qui sa taille haute
et a. forte corpulence donnaient un ail' plus
impo aaL.
Il y avait dan notre petite i.roupe sept
ueaux grenadiers comme lui; et, parmi le
ix autre , le plu petit portait, comme moi,
cinq pieds quatre pouces.
Oh er,·ez que tout le colloque, &lt;loul je n'ai
rapporté q_ue 1a moindre partie, ai·ait lieu
pend:int C[UC l'admini tralcur , lougeanL te
front de nolre lirrne, enminail nos congés que
nou, produisions successirc.ment. Il Ji nit par
faire arec bumeu r cette remarque qu'ils éla ient
tous d'une même écriture; lt quoi il lui rut
répondu que cela "enait de ce que notre officier se servait toujour de la mème main
pour les signer; et que si chacun de nous eù.L
fabriqué le ·ien, ils seraient lou d'une écriture différente.
- Jlé bien, me sieurs, qu'allez-i-ous faire
~ctuellement? nous demand:H-il d'un air
conlraiot; moi je ,·ou ronscille do rnns recoucher.
Le piège était grossier. Nous répondîmes
que, puisque nou asion été réveillés .i tôt,
nou profiterions de la mésm·enture pour
a,•ancer noire ronte.
11 tira à récart quelques officier , avec lesquels il délibéra un moment, puis rcvenanL à
nous:
- A la bonne heure, dit-il; aussi bien
faudrail-il loujoms quo \'OU.s alla iez au dis•
u·ict où l'on vous attend.
A l'in tant nous l'entendim
ordoimer
ainsi la marche : deux gendarmes ell tête
dix fusilier pour l'avant-garde; me sieurs da
Finistère ensuite, puis quarante tu Hiers et
&lt;leu:x gcudarmes à la queue.
0

An bruit lie ces disposition menaç.1nte ,
notre commandanl cria. :
- Finistère, chargez YO armes.
- Elle · le ·ont.
- La baionnetle au bout!
.\ l'io tant les baïonnettes furenl mi es.

BARBAROUX.

D'après tt,r p,mrail ltll Cabinet des .b'stamteS.

11 se fit parmi no adversaires une rumeur
fa,·orablc : ce n'était pa celle d'un couriirrc
enllammé. L'administrateur accourut tout
effrayé, et d'une voix lremhlante nous demanda si nous voudrions opposer quelque résistance.

- A l"oppre sion ! dit Cuss' (du Cahiados).
n'en doutez pas! omme -nous ùe hommes
libres, oui ou non?
- i nous voulion vou traiter en pri 011niers nous vous ôterion vo armes.
- li raudrait aupara\'ant Tiou ôter la vie.
dit Pélion.

Et no . ix brares de l'escorte, qui tou
avaient fait la guerre dans la Vendée, criaient :
- Yuu ! nous désarmer! ah I vous êtes
beaucoup, mais vous n'êtes pas encore assez!
- liais, citoyens refu ez-vous de venir
avec nou ju qu'à I\oteroheim.
- Nous ne le refu ons pas, car c'est noire
chemin. Seulement nous nou mettrons sur
nos gardes.
- ·ous prenez-\'OUS pour des 01:ùniillanl ·?
- Yous faites des dispositions hostiles! Eh!
que avons-nous qui vous ètcs? après tout,
pouron -nous ,•ou connaître?
- Vou, nous connaîtrez à Roternheim.
- Eh bien, oit; marchon .
En marchant nous chantions à plein gosier
le bel hymne des Mar eillais, très applicable
à la circonstance. !fois si nos langues se démenaient en roule, notre imagination nous
portait ailleurs. Elle nous demandait ce qu"on
nou gardai! el quelle conduile nous allion
tenir à Rolernbeim. La même idée nous
1omba dans la Lête ù presque Lous en même
temps. Si l'on voulait nous arrêter, nou de....., 351 ....

manderions à parler au peuple a semLlé.
L'accordail-oo, notre tr:omphe était Hai ·emblable. tlions-nous refusé , nou en appellions à nos armes, et non combattioa~ ju qu'au dernier soupir.
Cependant, quelque curieu , aulori é
ans donle à quitter leurs rangs, venaient interrompre no chant et no · réllexion • poar
nous faire des qucslion souvent captieuse ..
- Avez-vous vu Cbarlolle Corday . ù Caua?
me demanda l'un d'eux.
- 'otre·batailloo n'y était pas encore, lui
répondis-je, lorsque le meurtre se fit.
- C"était bien un assassinat, répliquà-t-il.
- Oui, au comparai on de Marat à Cé.ar,
comme celui que commit Brutu .
Le questionneur méconlenL continuait néanmoins, el comme je craignai que quelque
collèrme, interrogé de on côté, ne fil quelque répon e contradictoire, je repou sai mon
homme par un : Dansons la c&lt;1rma9nole, si
fort el j con tamment crié, qu'il ne me Fut
plus possible d'entendre qui que ce fl)t.
Dans le nombre, néanmoins, il -y avait
au i des bienveillant ; el quelques-uns nou
avaient reconnus. Un vint me frapper ur
l'épaul · :
- Br:iro ! bravo! oou orome· Irères : on
nou avait dit que vous étiez des prètres réfractaire .
- Il esl vrai emblable que ceux qui l'ont
dit n'en croient rien.
- Je le parierai , me répondit-il.
n autre vint prendre la main de Pélion,
et en la lui errant lu:i dit :
- Tenez lion, mus trou.ercz des amis t
Enfin nous entrâmes dan la ville redontée;
cl quoique plusieurs maisons y fu sent éclairée..:;, tout y dormait dan une pai profonde.
. 'ul renfort pour nos ennemis; il parait que
lout ce que la ville avai L de garde nationales
avait été détaché contre nous ; elI · furent
rangées en demi-cercle, sur la place, la brigade de gendarmerie un peu sur la droite:
on nous dit de monter au premier éLaae d'une
mai on qu'on nou montra : non' non y
rendimes en bon ordre ; ton les admini trateur étaient ra sembléii; ils revirent no
congés, mais d'un air beaucoup moins malhonnête; en uit.e il se relirèren t dans un
coin : le président revint et oou dit :
- 'ous allon vou donner séjour.
Nous répétâmes notre intention formelle
de presser notre lllarche, el d'arriver chez
nous le jour même; il nou objecta qu'il y
a\'ai t treize grandes lieues; nou rêpliquàmc.
qu'il n'était pas troi heures du matin; nou
per istàmcs : nouvelle délibération ; clic fut
plu longue· un officier fut appelé; il a.lia
viul et revint plusieurs îoi ; enfin on nous
dit :
- Citoyen , YOU aceeplerez du moins un
verre de cidre.
Nous craignîmes qu'il I eûl trop d' aJI'ectalion à refuser. Ou nous fit descendre au rezde-chaussée dans une grande aile. Un quart
d'héure s'était écoulé., point de cidre.
- Que faisons-nous là1 di.ais-je, parton .
El puis de obanter à tue-tête, toujours no.

�--

H1STO'J(1A

fil.il· en main. De~ curieux étaient là: je
m'interronipi pour dire à l'un d'eu:x, d'un
air di trait :
- Quoi, vraiment, on vous avait dit que
nous élions de&amp; prêtres?
- Ob bien! oui, s'écria-1-il, pis &lt;1ue ça.
JI ajouta tout ha , d'un air my térieux :
- D . fameu.i: traître à la patrie, mon
camarade.
Je partis d'un éclat de rire, et puis je ret-ommençai mon Dcmsan. la carmagnole!
- Quoi ! non· perdron une heure pour
1111 verre de cidre? criai-je enfin ; partons!
•~ou a,•ion fait un mouvement, le cidre
arriva. Pendant que nou l.iuvion , un admiui lratcur (je lais e à plia 'trer on motil'
1•'était de non ob cr\·er pcut-èlre), vint nous
dire:
- Citoyens, ,·ou allei voir que non étion
fondé à 1·ou uspecter; voici Ja dénonciation
que nou avion reçue : il plia le haut et le
bas de la lettre, n doute afin que nous ne
,·is ion ni la date, ni Ja signalure; il lut le
milieu : ~ Pélion, BarharoUI, Buzot, Louvet ,
&lt;&lt; alles, teillant et plusîeur
de leurs col11 lègues, doh·eut pa. er,
t probablement
&lt;&lt; ·'arrêter dan
les environs de votre vilJe;
n ils ant cinq hommes d'e_corte. » Le magi Irat ce sa de lire; et nou , pour la plupart, nous ne œ âmes de chanter ou de
crier, n'ayant pa mème l'air de prêter l'oreille, quoique pa un de nou n'en et'lt perdu
le moindre mot . Pour le moment. nou conclùmes de cette lecture que 1ordre de oou
arrêter était donné · et, comme après que
nous eùme vidé nos wrres et pri co11gé
l'on ne non signifiait pa qu'il fallait re ler,
nou~ nous avançâme en ma se et les baïonnelles ha e , ver la porte, où. nou pension
qu'on allait nou attaquer; quand nous \lOUdrion déboucher. Quelle fut notre surprise
de ne plus apercevoir une Il.me sur la place!
·ou, al'on su depuis que, dè .notre entrée
dans la mai on 1 lou les bien intentionnés
ou le indifférents s'étaient retiré ; les maratistes, réduit à la trentaine, calculant qu e
non étions du-sept bien déterminés, que par
con équent ils ne devaient pa e pérer de
nous a a iner, mai qu'ilfandrait combaltre,
el tlgoureu ement, les maralistes avaient à
leur tour quitté la partie : de là le longues
dêlibératioo de me sieurs du di tricL, les
allées el venue de l'officier, l'insidieuse propo ilion da séjour, par lequel on nons eût,
après aYoir ras emblé des forces, divi é el
dé armés, enfin, l'offre du cidre pour gagner
du lemp . Quoi qu'il en oit, nou l'a,rion
échappé belle; nous parlimes le cœur plein
de joie, et remerciant un Dieu p1·ot . Leur;
mai.s nous n'en élions pa quille .
La matinée füt bien pénible. Dès buit
heures il fil chaud; la bonne moitié de nolre
troupe ~tait bara sée ; il nous fallait, à cause
de ces traineurs, alter ton! doucement, et
cependant nous nous trouvions dans un paJ
de landes où, dans l'espace de hui( à neuf
grandes lieues, nous ne LrouYion que des
rui seaux pour nous désaltérer. Cu y, Lourmentéd'un accès de goutte, gémis ait à chaque

pas qu'il fallait faire; DuzoL, débarra ' .; de
toutes ses arme , était encore lrop pe ant;
non moins lourd, mais toujour plus courageux, Barllarou , à vingt•huit ans, gros el
gras comme un homme de quarante, et, pour
comble de mal, ayant attrapé une entor e, e
trainait avec effort, appuyé tantôt sur mon
bra , tantôt sur celui de Pétion ou de alles,
é0 a1em nt infotigable.s: enfin, Bionne, npnt
été forcé de quiller de houes trop étroites
qni l'avaient Lie é, e voyait obligé de autiller ur ln pointe de ~c · pied nu , dont Jcs
talon étaient écorch 1• • Ain i toujou en
mouvem ent depui une heure du matin, non
avion pourtant fait cinq Jieue, toul au plu ,
quand noire bonne fortune oou fit lrOU\'Cr
avant midi, dans un hameau, une e pèce
d'auberge, une e pèce de diner et une heure
de repo . En vain le, bics é avaient déjà
motionné de 'arrêter là jusqu·au oir : sur
l'a"is que nous donna l'hote, force fut de e
retrainer. Cet homme nou e runinait c11rieucmcn1, et CQmmc, tout on dé,·oranl on
omelette au lard, nous chantions , tue-tète
nos chansons patriotic1ue. , il parai sait étonné:
on air me frappa· je l'invitai à accepter un
verre de notre cidre· il e .fil pre er, pui
un coup ay3nt déterminê l'autre, il finit par
nou dire :
- Parbleu, citoyens, je sui enchanté,
,•ous me parai sez Lous de bons patriotes.
- As u rément.
- Comme on a des ennemis cependant ! Je
crois bien, d'après ]a peinture qu'on m·a
faite, que c'est apr\ rou que l'on courl ·

:laient en ang, el (JUi était, de dix pa en dix
pa , forcé au repos. C'est ain i que nous
mimes près de dix heures d'horloge pour
faire cinq lieues. J1 était nuit, quand nou
now trouvâmes à quelque distance de Carhaix .
Aprè quelques ten~ti,·e. , nos guides dédarèrent qu'il l!!ur était irnpossible d'avancer
actuellement, parce qu'il faisait lrop sombre.
ponr quïl pussent reconnaître le eu! petit
entier par lequel il fût po ihle de toumer
le bourg; et que, pour peu qu'ils s"égara sent,
il · nous jetteraient infailliblement dans de
maI'ai , où nous re terion embourbis jusqu'au jour; il ajoutaient quelque cbo e de
lrè Câchenx-1 c'est qn&lt;i même pendant le jour,
11ou ne tournerions Carhaix qu'à une distance
a sez petite pour qu'il fut très facile Je nons
découvrir : ils ne oonn:iissaient pa d'autre
chemin. Au reste, en uivant tout implement
la grande route, nous n'avion qu'une ruelle
du bourg à traverser.
- Eh bien! me ami , leur di3-je, vous
entendez sonner dix heures· tout dor! dans le
bourg, et peut-être la gendarmerie m~mc,
qui ail trè hien qu'un hon sommeil vaut
mien que des coup de fn il . erron -nou ,
bandons nos arme , marchons pre é , marchons .ans bruit , enfilons doucement la
ruelle, et pa son .
Cette opinion fit jeter de cris à quelque uns: plu ieur des malades, étendu par
terre, ajmaient mieux dormir que de prendre
part à la discu sion.
- Pui qu'il faut mourir, di .ut Cussy,
j'aime mieux mourir là que quatre ]ieucs
plus loin.
Mais B.1rbaroux 1 toujours plus fort que l
mal qm le fat4,"1.lait, appuya,it mon opinion.
- En suppo an t crue les gendarme eu
entineUe nou atteodenl encore, disait-il,
nou aurons passé la rue1Je arant qu'ils
·oient à. cheval : o eront-ils nous pour uivrc
an milieu de la nuil? Il n'y a pas de huis on
dcrri~re lequ I, retraticbés, nous ne pui sion
les cribler de halle , avant qu'il- aient reconnu d'où les coup parlent. Ce soir ils ne
ont que dix; à la pointe du_ jour il peuvent
être vingt; s'ils font ouner, à l'heure qu'il
est, le locsin sur nou , ils n'auront presque
per onne, et oou aurons fait du chemin
avant que la troupe soit ra semblée i dan le
jour au contraire, le nombre est contre nou. .
En tout cas, nous sommes forcé au bivouac
pour cette nuit; emploi·on -la mieux i faison -la tourner à nol-re salut; allons, mes
amis! dit-il aux malades, je vous plains, je
doi êlre sen ible à vos maux, car je le
éprouve ; mais du courage! encore que1qucs
B t:ZOT.
efforts; marchons celle nuit ur no genoux,
'il le faut; à la poinLe du jour nous pourCrnl'ure ie L.-ll. MARIA&amp;&amp;, J'ap,•;s B OMŒ,'ILLE,
rons être à Quimper; que si ce gendarme
(Ol~i ,rel des F:sta,nptS.)
courent sur nous maintenant, ils ne nous
Ycrront pa , nous les entendrons, el leurs
chevaux nou
erviront pour fmir notre
vou devez passer pa.r Carhaix· deux brigade
route.
de gendarmerie vous y aLtendent.
Ceci forlina toul le monde. Personne ne
ous reparlime ; il com-enait de faire dilient plus ses hies ures; on se relève, on
fTe ncc, mai les traineurs trainaient plu que s'emliras e, on rit, on avance.
jamais, et surtout Rioulfe, dont les pied
ous avion à petit bruit, et dan un pro-

""" 35l.,..

HISTORIA

MARJE-ANTOINETTE, DAUPHINE DE FRANCE , E
Tableau de DROU IS. (.\îusée Condê Chanti ll y.)

HÉBÉ.

�'-,---------------------------------fond sileni.:c, pa~sé le. Lroi · quarts d la
ruelle, charmés du calme qui parai ait régner autour de nou , !or qu'une petite lille,
cachée dans un enîoncemenL ombre en ortil
loul à coup, pon,sa la porle d'une mai on où
nous vimcs de la lumière, et prononça di. •
linctemenl ce mot · :
- Les voilà qui pa, ent.
Ainsi découvert , nous douM:ime l!! pas ;
nou· non , jetâmes sur la gauche, dans un
chemin creux, et i ob cur qu'il était impo sible d'y rien distin!!Ucr. Quelqu'un dit alor :
- J'entends de· chevaux.
li faut le dire : en ce moment le plus déterminé d'entre nous n'étaiL pas fort tranquille. Le mal le plus pre; ant donna de
!"agilité aux plus fatigués. La fin de ce chemin creux fut plu légèrement atteinte· el
nous time en moins d'une heure, une lieue
dans un autre chemin, si uni, si agréable,
11u'il aYail l'air de l'allée d'un parc, plutôt
que d'une grande route. Là, nous vime de.
baies, derrière le quelle. nou pouvion attendre en S1lreté toute la gendarmerie du département. Était-il bien vrai qu'elle Eût à
notre poursuite? ons fimes halte, nou prêtâmes l'oreille, nous n'enlendîme rien; mais,
en nous groupant, nous trouvâmes qu'il nous
manquait deux homme ; c'étaient no deux
principaux guides; nous les a\'Îons vu à l'en•
t.rée du bourg marchant à notre tête; peutêtre s'étaient-il Llcarlé depuis pour quelques besoins. Nous nou jeLâme sur l'herbe,
nous le attendîmes une heure. alles, je
crois, s'avisa de pen er alor , el de nous
dire, que peut-être, étant un peu en avant,
il avaient pris, dans le chemin creux, uuc
routé, ans que l'ob curité nous permit d
les ,•oir, et qu'apparemmenl nous nous étion
égarés. ur cela mille conjectures se rorment;
les guides qui nou restent ne connaissent
pa celle partie de la route· il faut tilcher de
regagner le chemin qu'ont pri les deux autres; pour cela, il ne faut point précisément
revenir ur es pas; il doit utfüe de e porter dans les terre , et de tirer un peu sur la
droite. Le parti en e t pris ; o □ e Lrai'ne dan
un terrain peu commode; puis voilà un fo é
à au ter, nne haie à franchir, plu ieurs prairies à lraver er; on e l engagé dans un marais, il fauL e hâter d'en ortir; on tombe
dan un bourbier plus profond; nous e.u e,·,mes 11ne foi jusqu'au-dessus des genoux; je
vis l'instanl où, ayant fait un faux pa , j'allais y nager. Pour nous dép' Lrcr, nous , oilà
sautant de nouveaux fo és pas anl à travers
de bui on qui nous déchirent. Enlin, ~pr~s
Lieux heures de peine inouîes, épuisés, rompu , meurtri , nous sommes dehor . Jugez
de noire cbanrin : nous avion , "an nous en
:iperrevoir, tourné snr nou -mèmrs; nous

vcnioo préci ément retomber sur la roule
que nous voulions quiller, avec celle différl!nce désespéranlc, que, nous étant beaucoup
rapprochés du hour", il n' · avail plu , enlre
le ÜJ.Lal chemin creu. el nou , que deux porlfo de ru il.
Que faire? Devion$-DOll:; retourner Jans ce
•·bemin creux1 Fallait-il rentrer jusque dans
Carhaix. el le traver,;;er dans un autre en ?
Mai , i par ha ard celle roule que non
nous ob tinion à vouloir c1uitler, était la
bonne.
Avant tout il était prudent de chercher
à vérHier le fait. Ilergoing, et je ne sais
lp1el autre brave, oO'rireut de s'engager à la
découverte. Ils revinrent au bout d'un quart
d'heur . n ne voyail dans le chemin creu
aucune antre roule que celle que nou avions
suivie. Ils étaient rentrés dans le bourg, en
a"aient reconnu toutes les issues, el n'araienl
trouvé à l'une de ses extrémité sur la droite,
qu'un sentier trop petit pour qu'il fùt rai onnable d'imaginer que ce ptll être le chemin
de Quimper. Il était donc ,,raisernblahle que
celui-ci était le seul bon. ou le reprîmes,
mais à contre-cœur et tristement; nous étions
plu ou moin excédés; et puis rien n'était
au fond, plus incertain 4ue le lieu où celte
route nous jetterait.
Après une demi•heure je ne peu, pa dire
de marche, mais d'e1îol'ts pour marcher, il
fallut reprendre haleine. Jamais plume ne
nou parût aussi douce que l'herbe haute qo i
nous reç11t; el jamais heure de sommeil,
mieux employée, ne porta plus de profit. Les
plus épuisés y avaient repris tiuelque forces.
On marcha assez allégrement pendant une
autre heure, mai comme le jonr pointait,
nou flme denx fàchcu e décou1•crl(' . L,1
première, que l'un de nos ~ides, ét11nl resté
endormi h la dernièr lià.lte, nou l'y avion
laissé- an nous en apercevoir. Le moin las
d'eolre nous n'était pa· en étal de revenir ur
ses pas pour l'aller llhercher: et le plus clairvoyant n'aurait pas reconnu la place où nous
nous étions arrêtés. Ain i donc, de no ix
guides, il nous en re Lait un seul; car j'ai
oublié de dire qu'11 nolre ortie de fiofern•
heim, nou avîon jugé convenable d'envoyer
en av;m~ deux de ces braves gen prévenir
Kervelegan t1ue nous comptions arriver le
lendemain dans les environ ' de Quimper, el
qu'il eùt à dépècher quelqu·un à notre renconlre. On n'a pu oublier que deux autres
avaient di paru. 1ou avon u. depuis, qu'ex.lénué · de fatigue, ils avaient été, san nou
\'Ouloir prévenir juge.an l bien que nous les
retiendrions, prendre, à une autre i ue de
Carhaix, le petit s nti r qu'avait rer,0nnu
Dergoing; que, demi-lieue plu, loin, il , 'é•
taienl jetés sur l'herh,,, oit il avaif'nl dormi

L'EXODE D'ES GTR,OND1NS
toute la nuit, et que, de là, il· à'r1lient gagné
Quimper par des détours h eux connus. Enfin, on doil c rappelet que deux de nos collèµu nous a aient laissés pour 'attacher à
w··; a.in i notre peti te troupe e trouvait ré•
&lt;luile à donze.
L'aulr découverte c1ui nou a[llirrea c'e L
11u no traîneur n'avaient retrom·é, dans
leur .ommeil, qu'une Yirneur bien éphémère.
•rantôt c lui-ci, tanllit celui.là s'abauait. et
ne voulait plu;, se lever. La perle du Lemps
J&gt;ouvait devenir irréparable.
Peu à. peu cependant le olcil 'élevait, et
nous avancions sur celle route inconnue;
mai une ennemie, non moins incommodP
que la fatigue; la îaim, nou voursuivait.
·ous découvrirues bicn1ot une mai on et
quelque. obaumière.s: mai,, Liu plus loin
qu'on nou aperçut. porle el fenêtres se fermèrent de tou les côté . Le ru,tlh ureux
n'eurent pas même le ourage de répondrP
aux que Lion que nous leur adre sion~ par
la thali~re; il nous prenaient pour de vfritable jacobins.
Enfin, nou rencontrâmes un voyageur de
qui nous apprîmes que la route que nou tenions était bien celle de Quimper, pui que
nous n'étion plus qu'à deux lieues de cette
ville. Ce nou rut un grand ujet d joie;
malheur u ement J'inquiôtude y ucCC:da bientùt. 11 ne fallait poirrl on"er à entrer de jour
dans Quimper; nou ne pouvion mèmc, au
imprudence, 0011s avancer davantage; il ne
conrenail pas plu d"attendre sur la route,
o(l tous les pas ant nou remarqueraient. Si
nons la quiuion cependant, èommcot Kerw••
l,igan ou ses envoyés nous trouveraient-ils?
Les deux rnides que non a~îons dépêchés de
!:oternheim avaient dû lui désirrn r _pour r 11dez-vou · un endroit ccarté du ~oi. que nou
traver-ion ; mai cet endroit, connu culemenl des deu autres "'uides qui uou avaient
échappé cette nuit, comment poU11ions-nou
le trouver? li est clair qu'il n'y a'\'ait d'autre
re source que d'emoyer notre dernier guide
à Qu.imper, t d'attendre qu'il revînt, avec
riuelqaes ami , nous prendre dan tel coin du
boi où il allait nou laisser. Ce parti, loul
age qu'il parai ait, était encore extrême. 11
était impossible qu'on fûl à nous avant midi,
i mpo· ible que, dans ce lonrr e pac de Lemps,
quclc1ue paysan ne découvri sent une douzaine d'bomm. armé , tapis dan. 1111 l,ois,
e;.po é à une pluie. abondante, el qui vainemenL c donnerai nt pour des habi tant de
Quimper, puisqu'il ne e trouverait plus.
parmi eu , per.onne qui pût r lpondre au
1,a -breton dan lequel on l~s c1ue tionnerait.
LI fallait oéanmoin en l'Ou rir J, risque· notrn
"llide nou cacha derrière des buissons. sons
quelque "r:ind ;1Thres, et partit.

LOUVET.
(A suivre.)

Ill. -

n rsroa,~ -

Fasc. 1-1.

�M AJH.JlMoucm __ ~
tous les pauvre qui venaient le consulter et

Les

A\[8\SS.\DEURS

nu

RO1 DE SIAU VISITAlU 1..'ARSF.NAL DE PARIS (1684). -

l)'apr;s

Tine gr:11'11re d11 temfs. (Cal-ind drs

Esla111pes.)

Mamamouchi
Par N .-M. BER ARDI

Portez respect à Monsieur le mamamouchi. 11
Et là-dessus les critiques à l'envi da crier
à l'iavrai erublance. de regretter C[ll 'une wandè
comédie de caractère finis e en farce liouffo(lne, et que Molière ait changé en carieillurc
grotesque le portrait magi lralement ébaucbr.
Il ont à la foi tort et raison ; rai on, parl'c
qll'nn auteur comique ne doit jamais oublièr
que

•concourt à les rapprocher J'un de l'auLre, l'abbé ~richel de Saint-Martin étnit fils rl'un
riche marchand de drap. D~ quïl "était
trouvé en âge d'apprendre, es parents a,,aicnt
appelé à aint-Lô, pour lui ervir de précepteur un gentilbo.mme ruiné, le ieur J ullin;
et, 'OUS sa direction, il avaient envoié l'enfant étudier d'abord à Caen (c'ét.ait le pai de
« llamamouchi, vous dis-je! Je uis maa mère), puis à Paris, afin qu'il perrut l'acmamouchi! » répèle à lme JourdJin, tout
cent normand, enfin au collège ro al de Ln
ébaubie, le bourgeois gentilhomme de Molière,
Le -rrni peul queJqu~rois n '!Ure pas rra iscml,la ble;
Flèche, où le jésuites, sou Louis :Xlll, fühabillé à la tnrqne et coiffé d'un immense
turban. Da1t sa olle vanité, il s'e t laissé mais tort, parce que, . i M. Jourdain, par "aient loute la noble se riche du royaume.
&amp;es études terminé.es, Michel de aint-Marpersuader san peine que le Cil &lt;lu Grand J'excès prodîgieut de son orgueil, demenre
Turc, désirant devenir son gendre, l'avait w1e exceplioo dans la nature, il ne ort pas Lin était parti pour l'Italie, où il s'était fait
d'abord voulu élever à la djgnité de mama- du moins de la natu.re. C'est cc qu'en 1687, recevoir docteur en théologie à l'université de
mouchi; et rien da.os la cérémonie burlesque, dix-sepl an aprè la première représentation Rome el avait obtenu du pape le titre de proni les quatre rangs de bougies allumées qu'il du Bourgeo-is gentilhomme, a clairement tonotaire du saint-siège apo tolique, Après
a vus ur le turban du mafli, ni l'Alcoran prouvé la my tification vraiment extraordi- avoir vi!ité la Hollande, la Flandre, l'Anglegarni de clou dont le poids a endolori son naire que le écoliers de l'Université de Caen, terre, l'Ecosse, 11rlande, et écrit de copieu es
propre dos transformé en pupitre, ni les avec la complicité de toute la ville, ont pu relations de ses -premiers voyages, il était recoups de bâton et de plat de sabre que lui faire subir à leur ancien recteur, l'abbé Mi- venu à Caen, où il s'était fait agréger à l'Uoiont adm.inHrés en cadence de soi-disant chel de Saint-Martin, le plus honnête et le v-ersité, el, bientôt, ilen avait été élu recteur.
orli de charge, il ne voulut pas quitter celle
'l'arcs dansant autour de lui,_rie:n n'a pu dé- plus généreux, mais an: si le plu:1 vaniteux el
ville à laquelle il '&amp;ait attaché, et il l'a
sabuser M. Joprdain, rien n'a pu même éveil- le plus crédule de tou les homme 1•
comblée de es bienfaits.
ler un oupçon Jans cette orgueilleuse ccrCar l'abbé de arnt-ilartin faisait de sa forl'Clle. A st1 îemme, qui gémit : « Hélas !
tune le plu noble emploi : il ne se contentai!
mon Dieu ! mon mari e t devenu fou ! 1&gt;
De mème que M. Jourdain, - car tout pas de disll'ibuer des médicaments gratuit à
il r'pond supcrhemenl : « PaL'&lt;, insolente l
ûires de l"11bbè Porê" p3r los ouvrages de l'abbé d,1
1. Nicolas-Jnscph Fou,:aull , i111enda111 rl1' la gtlnê- josu ile, ~• 11 Form,1 Lr-ois volumrs, mol ordounès el

La tris véridique {1udt. qu'on va lirt. fait partie du
c,harmanlouvr•g•. CoNltl ., C,n,11i&lt;1, publié pat l'eclitc,cr Ch. Ddagran (un volumr. in-r8 à 3 fr. So), où
M. N.-M. B•mardin, •n taûtant tour à tour les oujitt,
lu pliu d'un, ■ 1u monh'u Yéruditîon la plus aimable. Ce rkh du •~cnhrru du mam1moudu bas-normand ne saurait rn~l\qu"" d.1ntn..su et dr. dlnrtir lu
lc&lt;:Kur&gt; d 1fülorta.

ralit&gt;i lie Onen, qui pr,:poraiJ uu S11111111orli11ia11u, a,·aiL
n•1111i rle nurnbrcu .loeutncnt sur le héro de oolle
aYrnlurc mgulii;rc. 1: ~l,l&gt;è l'orilc. fr~re du œlH,re

û'u11e leclur diflicile , 11ui ont cté publiés en l 7Jl!
el 1739 à lo. lfoye, WU! le titre de fo M1ucd11rinade.
. uus en avons liré ce cuurl arlichi, rn conlJ,C,Jrnl les

~ainl-llartin lui-1no!mc et pnr le lomoignage ,le îign~ul-)larville (.ll~l1111ge1 d 'lliklflire el &lt;le 1,/llrnlzrre, t. I"', µp. ;If, cl sui•·anle ).

qu'il aclmlail tonie la draperie de foires de
Caen et de Cuibray. et, -~n •1uiller lui~m~rnc
on château forlifié de Cavigny, tout couvert
&lt;le la plu belle ardoise d'Angleterre, il envoyait vendre celle draperie en Allemagne, en
Sj'rie et dans tout le Levant, occupant ainsi cl
faisant vivre près de vingt-cim1 mille peronnes. Comment ca 1ormand, qui se co11nai sait en drap, aYait-il contribué à cha. er
de la NoU\1l'lle-France le, pirales et les cor. aires? C'c Lce&lt;iuc on fil n'e:x11liquoilpoint;
mais il assurait que Louis XIU, en récompense, lui a\·ail donné le marqnisat de li kon
au Canada; el voilà pourquoi l'abbé i"nail :
o Mkhel de Sainl-~fo.rtin, écuyer, seigneur dl'
la 1are du D(!serl, marquis de Miskou. » Il
avait fa.it apposer ses arme : trois glands
ù' or en champ de inople, à lous le monuments dont il avait dolé la ville. « Que ne
~ommes-nou en Pologne, où il e·L pHmis dr.
couper le pied à un pa;'"an ;wec un s.1bre,
quand il ·S!st moqué d'un gentilhomme'? »
c!criv:iit-il un jour au recteur de l'Onh•er.ité,
pour e plaindre 1rue le portier du collège ei1L
été si impertinent qnc d'oser lui demander
un de ses on1'rages. Et l'on assure qu'un
autre jour, dans on dédain pour ceux qui
n'étaient po ~ nés », iJ refu a un cly Lère de
la main d'nn apothicaire qui n'1Hail pa gentilhomme. Pendant son re torat, il a,·ait clél'endu
que les écolier approcha enl de sa per onne
&lt;t da plus de cinq à six. pieds de roi » ; ce qui
fit que l'un d'eux 'avisa de lui présenter eér~moaieu c.ment sa Lliè e de philo ophie au
bout d'une perche.
QuanJ on e t marqui de Mi kou, on ne

dilionneUc chez le gens &lt;l'égli e. Aus~i l':ibl.,r\
\'a-t-il répétant 11u'il a cm outre cintt domesdifier l'école de théologie qui tomb11it en ruine
tiques mà.lcs : un laquai., un scribe, un muet do îondt.lr à perpétuité une chair(' de théosicien· el dcm porte-chai es, tous de belle
logie morale dan le collège de jésuilo·; il
t:iilhi: car il n··sl pa· de ceux 1p1i « pl"enDC!DI
embelli ~ail la ville de statues et de moou~
de petil nains pour les ser1•ir, afin &lt;l't!mployL•r
menls coûteux : c'était, devant les Croisier ,
moins d'étoile à le î'tilir, et pour cpargncr la
un puit rna!Tai6qae, dil « dc&gt; quatre év:ùldépense de Louche ». San doute sa maison
géli le »; o.r la place aint- auveur, ua
de Cam n·o_l pas, romme relie de [0u son
Chri t présentait sa croix aru re!Tard de·
père it aint-L,i, assez va-1.c pour contenir un
condamné que l'on menait au supplice; à la
couvent &lt;le rclirriem. el trois écnries de chc·porte de Bayeux., se dressait un ainL ~l:rrtin
rau,,;: &lt;l'Espagne et J'Anglelerrc, denx rcmi~ti.
mitré; ur la place Saint-Pierre, an autre
ti c.arros~c , une cave à cidre el un cave :1
Chri t béni sait les passants, et un . aint Mi,·in; mai elle renrerme un l'a te jeu d,·
chel terrassait le démon i ailleurs, l'abbé de
paume couvert, et l'abbé décrit avec complaiaint-}lartin relevait une eroh fort Lellc,
sance es belle cheminée. dorée. , on cahinl'l
qu·a"aient jttdi abattue le huguenots. 1•ar
rempli de curio ité;;, tapis eries, tal.ileau~.
une heurruse innovation I il fai. ail apposer
rueuLles à !"antique, cl .a grande . aile, orné•~
aux carrefours Ill 11. tous les coins d11 rue dei
de ept l'iole d"Anrrletcrrc, où il donne des
écritcam pour indiquer les directions. Enfin,
conccrl.s Pl cùantc - Iau.x, prétendent lrs
comme a générosiléét.ail inépui aJ,lc, il o[raiL
mau\1ai es 1:tn"llt!S - devant los iiersonnes
de contribuer pour une somm' de di miUc
de di tinction. Sur sa porte il arait fait !!l"avc1·
liues à l'érection de foOLaine publique , êl
celle fière de1'.Îse: on nob;~, setl ,.,,;p11blic:I'
pour une somme non moin con idéralile à la
,uiti ~11mu .. « Ncm. somme né. , non pour
création d'une bibliothèque à l' ni1•ersité.
now, mai.- pour la république. )&gt; Un oir,
li emblcrait que la ville de Caen dùl :prouun maul'ais plaisant - tel Gennaro dans Lu\'er pour on vénérable bienfaiteur la plus
c,·ère Borgia - remplaça par un o l'a de
profonde reconnaissance. li en était la risée.
1tali, modifiant ainsi, ou à peu près, le ens
dt: la pbra. e : «Connu de Lou t le monde, ?1
cf:&gt;
moi-mèmC&gt;inconnu. » Grande colère de l'al,bé,
on éducation aristocratique cl les belles
que rien n'indignail romme un manque d
alliances qu·avaienl contractées se cadets;
respœl.
son érudition, r1ui, po être mal digérée et
Pour un mot, un geste, un sourire, il ensans c.riLique\ n'en était pa moin réelle;
voyait une a ignation; et, plu proces if 11
es nombreux \'oyages .faits à. une époque on
lui eul que toute la Ba se ormandie. il.&lt;'
l'on na \'oyageait guè~ ; a fortw1c, qui lui
plaint ans cc. . e an tribunal, donL il fait
permettait d'avoir un
l'amusement : tantùt,
train de maison que
ce soul les sieurs d'Enl'on n·a point accougramillc d d'Avcini•
tum I de voir chez un
qui se ont moqué de
bomme d'égli e : tout
'a perruque, pendant
cela réuni avait dévequ ïl di aiL la me se•
loppé en l'abbéde..-aintaux Cordelier ; tant,ît
Marlin une hypertro~
c'est 1. de Las.on q1ü
pbie du moi tellement
l'a. rail!~ dan un pn excessive qu'elle a1•ail
11uiu ~ous li! nom de
« l'ahL: malotru 11 :
fini pat faire de ce
1~nrô1 e11Gn c·e t .Jean
\·ieillard, i re. pectablc
Inachcl, écolier e11
par es mœurs et par
sa bonté, un véritable
droit, c1ui a troublé uiw
messe Cil music1ue r1uc
grolesquc.
Élan! fil d'une mère
le bonhomme fai. oit
célébrer à l' ocf'asinn
(&lt; demoiselle », il se
tlt es oixante-dix ans,
montrait entêté de no« pnur remercier llic,1
1,1 se. A tout propos,
Je l'avoir pré m·é de
1,l même hors de promille péril· tant par mer
pos, dan les innombrar1ue par terre, 'étant
Lle opu.cule qu'il faj.
trouvé cenl foir sm· l'Osait imprimer et di céan et ur la ~léditertri.huait aux noble de,:
Al'IUENCE DONNIIB P&gt;.R Louis XlY, LE '.l;' DÊCEMJJRE 1l8.1, AU:t AM1\.15s.lDECRS nu R0l DE lAll,
ranée l1 deux &lt;loirrts de
la "ille, il niait, touD'aprè~ rrne gravure d11 lcmfs. (CaH1ieJ des Est;nrpes. l
la ruorl, el dans d s
jours comme M. Jourforêts affreu c~, 011
dain, que on père eût
jamais tenu boutique : la ,·érilé es! disait-il, saurait se eonlenter de la vieille servante lra- coulaient des rui scam:de sano-d'bomrue qui
rnnaient a·~tre égor és par des voleur ».
Ûè multiplier les fondations pieu es 1, de ré,\-

0

1. Un di11 r pour douie pauvres confessés cl toinmuni ·•$ le jour dol Sninl-l'ierrc, en ~ou vcnir 11'one
londalim1 nonlugne du pape Gl'èiwire I Gruml; ôO line ans Pères de l'Or•Loire, oliu 11u'fü f'ussrnl ile

prières pour les morls; un Oamhcnu d'u11cnt pour 1
mf'illeur _motel r11 l'l1Mnrur ile s:1inl c Ci•rilc; u11

pl!que ~·argent ~( no nnnenu ~•or pour les meilleures
ode lai in en slrophe5 ek~1q11es Eur lo t(•ncepticm
l)e ln Yiergr; 100 liHes I' ur rl,;u11cr plus d',·•~t.l ù I•
grondn processiru1 qui se cèli'·bre Ions les trois nns n
ainl-Lô eu l'hoonenr d~ l;1 Yierge, el JlOllr enlrel1&gt;11ir
~no bmpc dP1' anl fOll nulrl. clc.

2. ',e r~contc-t-ll pa~, de ln m,•illeure foi rlu n1onJ,,,
~u~ le roi de .'\racuso, 1lid1•u~. pour gnl'drr l'incognilo c-1 pos; er parlout iuape1·çu. voya,,eu pln sieur,
années monte ur une vnrhc cl se nourr,ssanl n1 ec J,.
lail de ~a monlu1•è'/
0

�msTO'Jt l.Jl

______ _________________________________

Vers la fin de ses jours, l'aLhé d~ Saint~larlin, ruenard de paralysie, fil aux eaux de
Honrhon un vol·age qui 11ch \'R d lui tourner
}a tè"te.11 ·c prit d'admiration pour le fameux
médecin Charles de l'Orme, aus i bizarre qu'il
l'était lui-même 1 : il e Gt con truire un fü
de brique scml.J]abl au ien pour s'y enfourner la nuit; il 'enfonça ju 11u':m cou dnn le
pantalon de ratine imaginé par lui pour c
préserver de vents conli ; comme lui cnün,
tant pour 'e garantir du. froid que pour conserver sn mémoire et ,on bon ens, - toul
Je monde en croi~avoir, -il mit à t' jamLe
huit pairei de chau ses el un b;i · fourré, s11r
a tête neuf caloue, el un capuchon par-desus. Lor quïl revint à Caon ain.i accoutr 1 et
Lra.iné dan Ja uinaiyrettc 411.'avaiL imentée
Charles de. l'01·mc, il oblint, naturellement,
un ,,i[ 11ccè de curioliÎté. De Loule pari~ on
,int \ • Yoir, le con ulter, lui demander de.
J&gt;rescription bygiéniqu -. Il se rrut un grànd
médecin, et lit tant el i l.11en qu'il falUit êli-c
poursuÏ\'Î pour exercice illégal cle la m dccinc,
et que le duc de Montau~icr crut devoi r engager le doux maniaque à ne plu. donner
d'ordonnances par écrit.
On comprend maintenanl que l'abbé t( SainLMartin de la calotte 1), comme on l'avait surnommé, soit devenu la gaieté el la joie de la
ville de Caen. Lorsqu'il e rendait à l'église
dans a chai c, - car il arail àti bîenlùt renoncer à a 1 inaigrelle, « qui lui émouvait
trop les humeurs ». - 1 s écoliers el la canaille hü faj aient cort' ge en criant : « Vivat!
\'Î,•aL ! » Et Je vaniteux Yieillârd penchaiL à la
portière sa ventripotente personne, enveloppée
&lt;l'une robe de damas violet à ramage , et il
saluait à droite cl à gauche, murmurant :
«)!erci Dieu! Comme ce bon peuple m'aime! »
Cc bon peuple le devait bientôt my lifier
comme jamai , je croi , n'a dté rny tifié peronne.
1

En 168/4., Je roi de iam arait envoy~ à
Louis XI\' une amhas ade solennelle pour lui
foire savoir que le bruit de a gloire étail
venu jusqn'en Orient, el qu'il ne voulait condure de 1raité de commerce cpi'avec luî. L~
roi de France, e-0mprenanl aus.itôt le parti
r1uc a politique coloniaJe pouvait tirer d'une
par~lle démarche, reçut les m:mdarin siamois du haut de son trone el entt,uré de
toute a cour, el décida &lt;l'emoser à son tour
en amLa sadc auprè~ de leur roi Je chevalier
de Chaumont, al'ec l'abbé de Choisy pour
eoadjnteur.
Comme cc événements faisaient l'entretien
de tout le-pa · , un con ·eiller au Parlement
de Normandie, ~I. du Tot Ferrare, an prévoir Je moin du monde le_ oonséquencei
qu·allail a,•oir cette plaisanterie, imagina
d'écrire, sou le nom du chevalier de Chaumont, une lettre à Michel de Saint-Martin : il
priait l'abbé, qnî avait appris dans sesvo)1a11e
1t connaître le cérémonial de toutes les cours
1. Vnir nolre livre : Jfo11m1t.• rt ,'1te11r., au (f,";r"f/JIÜm l' si/!clr, , Ol'.iél&lt;' ftnn ·ai~,• ,l'impri111~ri,, l't ,I~

lil,rairi,• . 1!lO' .

..;;:..

de l'Europe, de vouloir bien l'instruire comment il c dc\ait comporter en ~i "l"'JYe circonstanr.e, et dn trnin qu'il lui convenait
d'eIDIDener, équipages, livrée , mu, iciens,
gens de 1•ttre • etc. Il le i:onjuràit d · lui répondre au ' larder« à Paris, rue de la Vieille}fonnai , à l'adr e de M. Bigot, Indien,
proche du Tabouret t'erf ,,.
I&gt;evan t une dcmaud ans i urprenante et
une adres e au i bizarre, l'orgueilleux et
naïf personnage n'eol pas u.ne minute d'étounement, pa. p1us qu'il n'en aura lor que,
dans une lettre datée pourtant du 1" avril,
l'abbé Iloh•iaet, ne,·cn &lt;le lloilea.11, lui demandera de note, sur a ,ie, . ou cou.leur que
l'hi loriographe du roi désire in érer son
éloge parmi ceux des grands homme du
siècle. L'abbé de 'ainl-~fartin fit, elon ~a
coutume, tirer à cinq cents exemplaires la
prétendue lettre, si llaueusc pour lui, &lt;ln
chcvalil:'r de Chaumont, el pnl.Jlia bientôt une
répon c de cinttuante pages, parfaitement incohérente, c1ui e t la chose la plu ridicule
du monde : il prie l'ambas :idem d'offrir au
roi de iam deux de es livre de médecine,
lui donne pour son voJage les conseils d'hl'giène le plu inLimes et I plus augrenu ,
el dl'esse une liste interminable de - présents
dont il doit se munir; j'y relève nolammcnt
(( trois douzaines de ptlignes d'écaille de tortue, d'i,•oire et de huis pour le sérail des
remmes ,,.
La plaisattlel'Ïe ovail trop hien réus i : on
la con1i11ua. Quelque moi après, de fau se
lettre de iam arrivaient i1 l'abbé rle aintMartin. Le chevalier de Chaumont et l'ahLé
de Choi y le remerciaient de ~es précieux
a,,is, et lai .ipprenaient deux trrandc. nournllcs : plein d'admiration pour se. onvra,,cs
mrdicaux, le roi de 'iam avait voulu placer
d&lt;1ns la pa.,.ode ro ale le buste de ,'aintlfartin sculpté par aint-fony, el il exprimait
le désir d'avoir auprùs de lui l'abbé lui-même
pour en faire le cbef de son con eil de médecine, le urintendant de es étuves et l'inspecteur général de se. fourrure . A la lecture de
re leure~, le cœur du .braye abbé e gonOa
de joie à en éclater sous son justaucorps de
drap noir doublé de peaux de lievr~ : sans
doute Benoil, à eau c de la relation de son
vop"'e en Flandre el de son füre ur h~ Go11rrrneme11 t de Rome. l'a,ait déjà voulu Lirer
en circ pour le faire fi!?Urer dans a cour de
Brnxelle , el, dan a cour de l\ome, parmi
le~ cardinaux du sacré Collège; mai$ que le
roi de ia.m plaçat son Luste dans sa propre
pagode. parmi se ,·ingt dicu1!. .. EL l'ahbé
arrèlait dans la rue le· pa, ants pour les
illformer de l'bonneur qui Jui était fait au
delà des mers.
La mine a-yanl été ainsi longuement prépar~e, il ne resta.il plos qu'à allumer la mèi:he, lorsque se présenterait l'occasion favorable. Ce îut un cousin germain de l\Iichel de
aint-Martin, ll. Gonfrey, docteur en droit,
qui s'en chargea. Quand le roi de iam eut
envoyé en France une seconde ambassade,
U. Gonf rey persuada l'abbé de aint-1\lnrlin
rru'cl1e était char!!ée de l'emmener comme

~

premier médecin de , a Majc té "iamoise,
avec de gros appoioiernents et la dignité ùc
mandarin du premier ordre. Troi semaines
après, pendant le carnaval de l'an Hi 7, il
lui annonçait que l'amlias adeur et huit auIres mandarins, avec une !ll"ande suite et un
nombreux cortège ;d'éléphants, de chameaux
el de dromadaire , ,•enaieot d'arriver à Caen
el de 'insLaller au Cygne de la Crni.r'.
Voilà l'expo ition terminée; le second acte
,le la comédie va commencer.
et,

Le prétendus ambassadeurs étaient de~
Jcoliers de l'Univer ité, dont le plus àgé n'avait pas vingt ans· parmi eux se trouvaient le
lils de 1. Gonirey el deux autres parents de
l'altbé de aint- lartin; c'était même l'un de
cem-ci, le chevalier de Saint-Jean de Bai.::an , qui faisait l'ambassadrice ou mandarine. Pour déguj er leurs traits et pour se
,ieillir, ils s'étaient barbouill6 le ,i·a~e &lt;le
Lliverse couleurs « à la mode du paJs de
iam &gt;&gt;. ur de habits de thé:ilre à la romaine, qu'il~ avaient loués, ils avaient passé
des robes de chambre dont les manche
litaient retroussées jusqu'au haut; ce qu'on
,,oyail des bms el des jamlies était peint
comme le Yisage; des bonnets en forme de
pain de sucra couvraient entièrement les cheveux. Le soir, aux Oamheaux, celle amba sade de carême-l'renant se rendit chez l'ablié
de aint-Marlin, qui avait roulu, pour la recevoir, revêtir son habit de protonotaire, et
qui l'attendait debout, appuyé u.r le bras de
M. Gonîre} el entouré d'une nombreuse assistance.
Après de salamalecs profonds el longs,
l'ambassadeur prononça une baranrrue en siamois, qu'un interprète traduisit: frappJ de
la re se.m.Llnnce de l"abbé. de Saint-Martin
avec un célèbre talapoin de 'iam, qu'il se
souvenait fort ùien d"avoir vu deux mille ans
aupara"ant, le monarque a.ialique dêsirait
'attacher a scientifique personne en qualité
do premier médecin, et loi conférait la dignité suréminenle de mandarin du premier
ordre, avec une pension de six mille pistole ..
(cent mille livres en monnaie de France),
dont le premier quarlier lui serait versé avant
qu'il 'embarquât à Ilresl. rrne lettre du roi,
traduite en latin, confirmait les paroles de
son ambas a&lt;leur. Pour faire es prépaTatif
de qéparl, trois jour seulement étaient laissés
au nouveau mandarin, que l'amhassadeur
dovail ramener de gré ou de force : il en répondait or a tète.

....

Toute 1a nuit l'a.1,bé de Saiot-llartin ,c
tourna et e retourna da.os son lit de. brique,
ans pouvoir y troU\ler le sommeil. Certes,
ce honneurs sans précédents en Frauce chatouillaient délicieusement son orgueil. Mais
comment, à son àge (il a,,ait soixante-treize
1. L'ens&lt;IÎgne de cetleaubergeètail 11n cygne ayant
une croix d'or nu cou. Ces jeu,: de mols ~laient f'rè1111cnls dBDs le ancienne enseignes. (\'oir Ct~HllT 111:
11,-, ln E11sei~11.c.• de /&gt;1I1·i• . 1877 .)

_,_

_________________________________

ans) et a1•ec es infirmité , entreprendre un
&lt;c Pour volli- e.'tcuser du moin le mieu\.
si long voyage? Comment abttndonner on que vous pourrez, doclara+il à sa dnpe, il
beau cnhinet de cUJ•îo ités, et cette chère , ille faut que vous en,...agiez l'amba sade à souper,
de Caen où il ét.iil i fort admiré? D'autre lorslJU'eUe ,·fondra en grande pompe vow
part, il avait une rleJle peur de.s mandarins, apporter le bonnet de mandarin. - )forci
dont le visnge Larbouille ne lui disait rien de Ilien! Je le forai \'Olontiers, ·'écria l'abbé.
Lon .
·
Il c leva profondément trou1.ilé et se fil porter chez l'intendant
de la. ,ille, M. Gourgue , qu'avaieot
in lruit déjà de cette plaisante aventure le poète egrai , alors premier
échevin, et M. Dumnuslier, lieutenant général du baiUia"e. Le vieillard leur ra on Le les 11,·énemen I réccn ts, qui le remplissent en même
lemps d'une juste üerLé el de
cra.inles lé,1itimes. Que doiL-il faire
en•celle conjoncture? Ou tieul coneil, et, malgré les révoltes de sa
1anité ble sée, l"abLé de Saint-fürlin, Lout Lremhla11t, se ré i"nc à
la plus humiliante des démarcbe :
il demandera au doyen ûe la Faculté de Médecine, afin de le remettre à l'ambassade iamoise, un
certi!icat, muni du sceau de la Faculté, alle tant qu'il n'a jamais
éLudié la médecine et quïl ne saurait donc passer ponr médecin:
aus itôl après il écrira à LonisXJV
pour l'avertir que des étrangers
\'eulenL enJe,er par la force une de
gloires de son royaume. Afin de
calmer ses im1uiétudes, M. de
Montchevreuil, colonel du r~giment du roi, consent à détacher
nuit ou. dix de es plus brave
grenadiers, •J ui garderont en armes
la maison de l'abbé et le défendront contre les violences dont le
menacent de fanatiques admirateurs.
ft'l'llr.- , il.P-qt
l'oute la ville ,·inl féliciter Je
Ynd ,11"1.1,1/ n,~r'IIÎr V.1.
premier médecin du roi do iam ;
I r:.._.;,JJ,lill4 'm1111t..
IIWt/,P.d AYl',".I"
mais ses Lrau c cm pêchaient l ·orr,? N,b'"l'lltc .,u,ht,r
bucilleux. vieillard da goôLer une
joie saris mélangP.. Daos l'attente
de la réponse de Versailles, H ne
vivait pas; clic arri1'a, lanL le roi avail, dit- J'ai ,bien traite jadis Loule la compagnie ùm,
011, donné au courrie1· l'ordre de se hâter, pèlerins du lllont-Saint-)lichel, et l'alfaire est
,•ingt-qualrc heures à peine après que l'abbé aujourd'bui d'une toute autre im11ortauce,
a,·ait écrit sa supplique.
puisque jamais ,encore un français n'a élé
Par WJe Jeure de cachet, Louis XIY - un mandarin de Siam ! n
1·oit que les mauvais plaisant ne reculère.ul
devauL aucune audace - dé!endaiL formellement à M. l'abbé de aint-Martin de sortir de
Il commanda, en \on ~11uenc.e, uu ma"ni·on royaume san sa permission, attendu fique souper à l'auLerore de la Croi.(,· de fe1·,
fJU'il s'estimait trop heureux « d'arnir dans la meilleure de Caen, el accepta l'offre de
·es États un homme d'une si ,•asle érudition Al. de aint-Simon Meautis, qui, afin de faire
el qui avait rendu de i grands services à se, honneur à es Hlustres hôle8, se vint propeuples ».
poser à lui pour gentilhomp:te ervanl.
On se figure les transports el l'allégresse
Sur les sept heures du soir, u.n grand Ji1·ui1
du honhomme à la lecture de cette lettre à dans la rue cl 1a lueur de nombreux Hamla fois si glorieu e N si résurredive pour beaux annoncèrent l'arrhée de l'ambas ade.
lui. Yais M. Goofre} hochait la tète, crai- De gens de livrée portaient comme en triomrrnant bien, murmurait-il, que l'ahhl: ne de- phe !"énorme bonnet destiné à se dre ser ma' inl la cause d'une sanglante guerre entre ln jestueusement sur les oeuf caloLtcs et le caFrance et le iam.
purhon du récipiendaire.

JK.Jl)J(Jf,Jfl0 UCH1

- -,

A peine informés que le roi de Fr11nce se
reîwait à lai cr partir le 11ouveau médecin
de leur roi, les Siamoi manife tèrcnt par
leurs cris cl par leur hurlement le p-Jus violent dé espoir; il Jallut pour le.• apaiser,
leur remettre une copie collationnée de la
lettre de cachet, Clui ·eulc pourrait, di,aienl-il,, les protéger conIre la colère de leur maître.
1\ lors commença la l'aile cérémonie. Difficilement et pesawmen t l'abbé s'a rrcnouilla , ar('o
l'aide de e ami ; un der mar1darins t:e ,·int placer en face di.:
Jrn, tenant ur un cou sin, ain.i
qu'un diadèm royal, le glorieux
ho1.1nct fourré de peaux d lapin·.
entouré de trois cercles d'or, un
peu ou,·crt par le haut comme une
mitre, et, de même que ceux d :-.
1naudarins etde la mandari11c, urmonté d'uneho11ppeéclatan te, Au ,_
~itùt l'amba sade entière se mil à
danser autour de cel autre M. Jourdain, lui appliquant par inlervalle:dc petits coup de , aLre sur l.1
Lêle. Enfiu l'on couvrit le· calottes,
qui counaicnl son chef ùu large
bonnet, non sans quo Mme la. mandarine I' •ût élar:;i encore en le
fendan t avec des ciseaux; mai· coquettement elle ma qua l'om•erturc
a,·cc un ruban noué en fontange.
La cél'émonie e termina par des
~alamaleca réciproques.
En uite ou pas a à table. Tous
les as istants, ) compris les dames, restaient Llcbout, par ùéférem: , (!errière les chaises des mandarins, qui mangeaient a,ec lenr
doigts et prenaient à deux main
,,,,.t,,,,,w les perdri:.. pour mordre à même.
;/.•}t,:u
De temp en Lcm11s, la mandarine
donnait
de petits coups avec la
Jt,.,.,_.
pointe de ·on propre bonnet dao
M·
le vÏliage de l'abbé, qui, iwerti par
l'interprète 1111e c'étail Là une marque de l'énération, prenait la houppe el la
Lnisail respectueu ement. Chaque fois que
l'on portait la ~auté du roi de !'rance ou ce□e
du roi de iam, M. dc Moulchevrcuil prévenait par la fenêtre les grenadiers : ils fai~aîent :ilors une décharge de lllOU queterie à
la(lucUc se mêlaient le son de haulhois et le
bruit de· tambours.
Toul à coup l'un des faux mandarin ·,
M. de aint-Fremonl, &lt;pli était le petit-ne,·eu
de l'al&gt;Lé de 'aint-~arlin, s'aperçut que son
oncle le re«ardait attentivement. Dans la
crainte d'être reconnu, il fit une grimace
hor.rible au marquis de r.fükou scandalisé.
L'interprète 'empres a de déclarer que c'était
là un témoigna e de profonde estime dans le
ro~•a11rne de ..,iam, et dès lor l'ambassade
entière ne cessa plus de grimacer eu l'honneur de l'abbé, qui, par poliles e, se croyait
obligé de faire en réponse les grimaces les

.

-

0

�- - · H1STO'J{lll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
pins lùùcuses. Ilri é par tant d'émotions, il
tinil par s'endormir à 1al)Ie. Ou l'emporLa
Jans :,.on liL de brique.
Au itül la mandarine inrila en excellent
français les as i tanls et les soldats à prendre four part du festin, el l'on but deux cent
bouteille de Lourgogne au nouveau mandarin.
I.e lendemain, à on rél'eil, fo premier soin
de l'alihé de aint-.\larûn fut de faire peindre un bonnet de mandarin ur a rouronno
de marquis aux p:mueaux de sa chaise à porteurs, a1•ec celle d1Hi e: lï1·tuti 1lebil&lt;L mei·c·e~ l _ Pui il reçut 1.lt·rccLeT te, îc1icitation
ùcs ltaliilanl de. la ,-ille. qui vinrent lui donner du Mon cigneur cl de I',\ !tes e érénissin1 ·. Sur le onze heur~, il c rendit aux
Corddiers, p:mr entendre la mes~, dan 1~
d1ap,,He à la romaine qu ïl a, ail L1len\c à sainl
)fichd, son p~lron : un jc1tne &lt;ifllci 1• le con1. fo,!~ r{-cumpcn c 1Ju mér1l~.

dui ait par la main, comme une prince 'e;
il a,•aiL une c corlc de grenadiers, et une
foule énorme le suiynit. F.nirré de l'encen
qui lui était ain i proJi6ué, le bonhomme
Je,·cnail tout à fait fou.
Aussi reçul-il forl mal r héritiers quand,
inquiet de lui voir faire lanl de déperu;es,
il 1·inrenl l'a,·erlir qu'il était tout simplement joué par le. écolier . li le traita d'en1·icu , d'ingrats, J'em1emis de a 11loire.
u 1"ar,,iL-il poioL ouï le am Las aùeurs paricr sinmoi '! Et comment des écolier· auraicnli!;; appris en si peu &lt;le lcmp une lnDgne Jcs
plu tlirficilcs de l'tlrienl? » Et, . ur ce lJC!au
r.,i u11nem1:nt, il fit jeter ses parents à la
porle.
ll c fàcba tou l rouge ' Ollll'C le prêfot uu
collège dl's jê uile., r1ui prétendait de mdmr,
par charité pure, le désabuser; el Yarlet,

on barbier, ayant cru également devoir lui
ounir le" reux : c, Cmiaylia, s'écria l'iras-

cible abbé, tu es donc au i du complot! »
et. ai i sant le toqu.emar plein d'eau chaude
ttui était sur la table, il le lança da loutes ses
forces i:1 la lêle de l'in[orlnné barbier qui,
pour avoir \'Oulu bien faire, reçut une ble sure et perdit une pratique.
'ul ne réu sil jamai à détromper \'al;lnl
de ninl-Martin de la chimère qui rendnil si
heureux on immen e orgueil, et il expira,
1..: 1i- novembre 1G 7, pllr uadé qu'il remel•
lait entre les mains de l)ieu [';'ime d'un mandarin de iam.
On l'enterra dans a belle chapelle des
Cordcl.ier., devant un lahleau de ln saiute
Ct'lne, 011 il ·~La.il fail rcpr :,enter parmi les
douze apôtre . on corps y tut porlé clande Liuement, deux ou lroi" heures ava11L le jour,
pom- que toute la ülle ne ,·int pa rire au
funérailles du pauue niamamouchi.

Une erreur de jeunesse

IJuand le Jép:trtemenl Je la uoeue l'ut
lonnc à Ilreteuil, inlendanl de Limoges, on
fut étunné de ,•oir un ministre coll ommé,
actif. plein d'expérience, aimé de troupe:,
e Limé du puLlic, ferme sans hauteur, remplacé par le moindre inlendanl du royauml',
et, ju·qu'à ce momcnt, plus occupé de plaisir que d'affaire·. On ignorait que cc choix
était un effet de la rcconoai ance du cardi~
nal Duboi ~t un' prix de la di crétion d
Br-eteuil.
Dubois 'étail marié tr,· jeune, dans on
1illage du Li.mousio, avec Ulle jolie paJsanue. La misi!re le obligeant de se éparer
:1 l'amiable, ils comiarent que la femme, en
cbanueant de nom, "agnerait sa vie comme
elle pourrait, et 11uc le mari ir:iit Lcntedorlnnc à Pari . Leur ohscucilé facilita leur
,1rrangerncnl. Dès que Uubois commen(a à
~c faire jour, il cn.vop it sa femme de quoi
sr procurer de l'aisance, et leur intérêt
commun consena le ecret. Dubois, p~rvenu
11 l'épiscopat, craignil plu· que jamai la
r~,·él-ation d\!n enga"'emenl qui p~ssi.lit les
libertés de l'Errlise g:lllicane. li fit sa confidence à Bi·etcu.il, ttUi e chargea. vol on tic:ir:::
de tirer de 1ieine an i puissaut mioislrc
partit pour Limo&lt;tc •, l bientôt e mil à faire
d~s tournées, suivi de d ux ·euJs 'VaJC't • Il

prit si bien e;; mesures qu'il arriva à une
heure de nuil dans le villa~e ou 'était îait le
mariage el alla de cend;e chez le curé, à
qui il d manda l'hospitalité. Le curé, lranspotlé de joie de recevoir ~Igr l'intendant, lui
aurail acri6é Ioule la basse-cour du presbytère et le rin des mas.ses. La errn.nle, a,·ec
lr va Ids, apprêla le ouper, que Breteuil
alfocta de trouver cxceUeul; et, ll':iitant le
curé avec une faroiliarilé qui le ravi. ·:rit, il
envoya au de sc.rl les valets souper avec ln
errante. Resté en tête-à-tête avec le curé, il
lui dit, par manière de comersalion, quïl
ne doutait pa crue les re gislre · de la paroisse
ne l'ussenl en bon ordre. Le curé l'en assura,
CL, pour le con~aincl'e, les lira &lt;l'une armoire
11L le, mil sur la table. BreleuiJ les parcourut
ué,•ligemment, el, quand _il Îut à l'année
inlércssante, il le referma a,·ec une indifférence ,tpparenle, les jeta sur uue table à côl6
dtl lui, el continua d 'entretenir gaiement
avec son hôte, à qui il c chargeait souŒnl
de verser pour faire meilleure mesure el se
ménager lni-mèmc; outre que Dreleuil, a ,ec
qujj'aj ouventsoupé, oulenaü très bien le vin.
Tanl fut procédé que la tète du bon eut·~
e brouilla, et hieolol il 'as oupiL. IJreleuil,
profitant du ommeil, détacha proprement le
feuillet nécessaire, et, to11l remis en place,

:;orlil de la chambre. C'étaiL dans l'été, el le
jour commençait à poindre. Dreleuil donna
quelques louis à la ervanLe, la chargea de
remerrimeuts pour lo curé, awm qui il voulait, di ait-il, se retrouver quelque jour, èl
parût.
Peu de temps aprè , le curé YiuL remercier Mgr l'iolcndanL de l'honneur qu'il
loi avait fait, el celui-ci ne s'aperçut pas
qu'il eùt le moindre onpçon sur J'altération
de registres.
Toul n'était 1&gt;as fait. li y avait w1 contrat
de mariage. Le tahellion c1 ui l'avait passé
etait mort depni plu de vingt ans. Breteuil
panint à découvrir le successeur, Je fil venir,
et lni laissa l'option d'une somme as ei considérable on d'un C.'lchot, pour la remise ou
le refus du conlral. Le notaire n'hésita -110
sm: le choix. Le conlrat et l'acte de céléLralion furent envo)'és à Duboi , qui les anéantit.
Ilrcteuil, pour consommer l'all'aire, emoi·a
chercher la remme lui parla sm le secret du
mari:ige avec celle éloquence qui :11•ait perrnadé le notaire. Elle n'eut pas de peine 11
promclLre la di crétion qu'elle avait toujours
eue.
Après la mort de ou mari, elle Ünl à
Paris, où, dans une vie opulente et ob cw-e
elle lui a survécu près de 1•ingl-cinq an .

DUCLOS.

DE LA FEMME

+

Madame de Pompadour
d'après le journ:iJ

Mme de Pompadour était morte de- ·ecret de la poste, c'est-à- ùire l'ex.trait &lt;les Lei point que l'écume lui venait à ln bouchf. .
puis bien des années, quand M. Senac leUres qu'on ouvrait; ce que n'avait pa. eu
&lt;t Je ne dinerais pas plu "olonticrs a1·ec
de Meilhan, faisant visite au &lt;&lt; frérot &gt;&gt; ~[. d'Argen,on malgré Loule a fa1•eur. J'ai l'inlendanl des pO ' les q1ùt1•~ le bourreau, »
de 1~ ~arquise, le gros Marigny, rrouva entendu dire que M. de Cboi eut en alm ail, &lt;li ait le docteur.
cehu-c1 devant la cheminée où il brC!lait et racontait à es amis le hi toire plaiIl îaut com·enir que, dan l'appartemrnt
de vieux papiers.!
de la maitre se du Hoi. il e~t éton« Ceci, clit Marigny en monnant d'entenùre do parl'il' propo ; el
trant un assez gros caMer, c'est
cela a Juré vingt a.ns ruis 11u·on eu
un journal d'une femme de
ail parlé.
chambre de ma sœur qui était
•tait la probité qui parlait al't'C
~ort,estimahle; mais après tout,
vivacité, disait ~I. de Marigny, et non
1I n y a que du rabâchage : au
l'humeur ou la malveillance &lt;JUi
feu 1 »
-'exhalail. »
M . de Meilhan écrivait des
romans médiocres, mais il était
homme d'esprit. 11 demanda
grâce pour le cahier de la femme
L'argot de Sa 1\lajesté.
de chambre - à cause des anecdotes. M. de Marigny se prit à
Le Roi se plaisait f1 aYoir de perire :
tites corrC!!pond.ancci1 particulières
« Ne trouvez-vous pas, dit-il,
que ladarne trè ouvent Ï"norail ·
que je suis ici comme le curé et
mais elle sa,·aiL qu'il en ll\'aÎt, car
le barbier de Don Quichotte qui
il pas ait une partie de sa matinée à
brûlent les romans de chevaleécrire à sa tamilJe, au roi d'E pagne,
rie? ... Eh bien, je vous donne Je
quelqu.efoi au e,1-rdinal de Tencin,
cahier. »
à l'abbé de Broglie, et au j à de
Ainsi furent sauvés les mégens obscurs.
mohes de la femme de chambre,
&lt;t C'est :ivec des personne
omme
qui était une certaine Mme du
cela, me dit-elle un jour, que le Roi
Hausset, veuve d'un pauvre gensans doute apprend des termes donl
tilhomme normand, et qui n'avait
je uis toute surprise. Par exemple,
rien, Dieu merci, d'une dame de
il m'a diL hier, en vo ant pn. ser un
lettres 1 - car une dame de lethomme qui avait un vieil habit : 11 Jl
tres, à sa place, eût peut-être
a là 1w lwbit bie11 e.:r:aminé. &gt;)
falt un roman, ou un récit roma&lt;&lt; li. m'a dit, une aulre fois, pour
LA SULTA)&lt;E.
nesque, tandis que Ja bonne du
dire qu'une &lt;:hose était uuisemlilaPortrait le plus rcsscmb!:ml de Madame de Pompadour. d~ l':i.Yi) uc son
Hausset, fort peu imaginative,
Me : « Il y a gl'O • ,, C'est un dicton
frère, le Marquis de Mnrlgny.
se contenta d'êtTe sincère, dans
du
peuple, à ce c1ueJ'on m'a dit, qui
Tableau de VAN Loo.
un écrit sans ordre, sans plan,
est comme : «11 y t1 gros n parier. 11
sans dates sans méthode et presJe pris la liberté de dire à Madame :
&lt;( Mais ne seraient-ce pas plutôt des deque sans style - agréable à lire, pour- saules, les intriérues atnot1reuses 11ue conlctant, et qui rend le son cJajr de la vie 1 • naienl souvent les leLLres qu'on décachetail. moiselles 11ui lni apprennent ces b1;lles choLa méthode, à ce que j'ai entendu dire, ses? »
MARCELLE TINAYRE.
Elle me dit en riant :
éLaiL fort imple. îx ou sept commi de
l'hôtel des postes triaient les lettres qu'il leur
(( fous avez raison il !/ a g l'Oi-. 11
était pro cril de déc.'lcbeter, et prenaient
Le Roi, au resle, se sl!rvail de ce e"\presl'empreint&lt;! du cachcl avec uuc boule Je mer- sions avec intention, el en riant.
Le secret de la poste.
cure; en uile, on mettait la Mtre, du côté
Le Hoi a1•aît ns ez d'anecdote·, et il se
du cachet, ·ur un gobelet d'eau chaude qui troul'ait assez de gens pour lui en dire de
Il l' avait deux perrnnnes, le lieutenant de fai ail fondre la cire sans rien gâter; 011 morLifianle pour l'arnour-propro d'autrui.
police el l'intendant des postes, qui avaient l'ouvrait, on en faisait l'c:l'.lrail, et ensuite on
n jonr, Choisy-Je-Roi, il entra dans une
grande parl à la eonfiance de Madame [la mar- la recachetait a11 moyen de l'empreinte. Voilà pièce où l'on tral'aillait à un meuble brodé,
qui ·e de Pompadour] ; mnis ce dernier était cornrueol j'ai entendu raconter la cho'e.
pour voir où l'on en était. y:mt regardé à
ùerenu moins nécessaire, parce que le Roi
L.'iotendanl de postes apportait les exlrail
une fenètre il vil, au bout d'une grande
avait fait commnniquer à M. de Cboisrul le au Roi, le dimanche . On le Yoyait entrer et nUée, deu. homme. en habit de ChoLy
. 1. txtroit Je !a préface t'crile par Jtmr ~lar ·clJ,, pa$ er comme les ministres, pour ce redou- (c'était le costume imposé par le Roi aux
Tmnsrn pour I • prcmi r volume de La 1;-,•anraisc ,atable Lravail. Le Dr Quesnay, plu ieur fois courtisans im·iLés à ce thâleau : justaucorp
co11lée JJ/11' clle•111é11,e {Mé11t0irea de la Fem111,· ) ·
füu ,:11 ~ o~ l1OJ1PAooun. d'après le journal de sa Femme devant moi, s'est mis en fureur, ur cet gri pour les hommes, robe de chambre noire
in/iîme ministère, comme il l'appebiL, el à pour les dame ) :
d~ Chambre.

(( c·

a

�,,
•

111STO'l{1.J!
« Qui ont ces deux. seigneurs?

11

Madame prit la lor nellc et dit :
(&lt; C'est le duc d'Aumonl et •··.
- Ab! fit le !loi, le grand-père du duc
&lt;l' \umont erait l&gt;ien étonné, 'il pollVait voir
sun petil-fils bras dessus, bras dessous avec
le petit-fils de son valet de chambre L... , en
habit qu'on peul dire à brevel. »
Là-dessus, il raconta tme grande hi Loire it
)ladamc,qui prom•aitla vérité de ce qu'il di ail.
Le Roi sorlil en uitll pour aller à la figuerie a&gt;'cC Madame.

de ce qui était arrh·é .•le dis seulement à la
fille de garrle-1·obe de toul remettre en éLat,
el elle c1•11t que ~fadame avait été malade. Le
lendemain, le Roi remit secrètement à Quesnay
un petil billet pour Madame, où il disait :
a .lla r/1ère amie doît ai•oir eu grantl'peiir; mais qu'elle e franquilli:w: je me
porte bien, el le ,locteur vous le certifîe,·,i. J)
Le Roi, depui ce moment, ·'habitua à
moi; el, tour-hé de l'atLachement q11e je lui
avais Lé.mo1gnr, il me foi ait souvent des mine gracieu es, à a mani~rc, et de peti.ls
présents. Et Loujour , au jour de l'an, il me
donnait pour \lin"l louis environ de porcelaine. Il me voyait dans l'apparLillllCOI, disaitil à ladame, comme on y ,•oit un tableau ou
une L1tuc muette, cl ne se gènait pas pour
mm.
Com!Jicn dl· foi· uous arou dit, .\ladamr•
cl moi:
(&lt; Mai , . 'il ft'lt mol'l, quel embarras!
Q11el ·caudale! 1&gt;
Non nou étion , all re le mise l'll rè"lc,
à tout érénement, en avertissant Quesnay :

el son silence, et. la promes.e d'une place
pour son ûl . Le Roi me donna un acquilpatc.nl, ur le trésor royal, de quatre m_ille
francs, et 'Madame eut une très belle pendule
et on portrait dans une tabati re.

Aventure manquée.

Outre . e.s petites maitresses du Parc-auxCerfs, le Roi avait quelquefois des açenLures
avec des dame~ de Paris ou de la Gour, qui
lui écrivaient li y eut WlC lm.e de M... elle,
qui avait un mari jeune et aimable et deux.
cenL mille livre~ de rente, et qui voulut ab riUne alerte.
lument ètre a maitres e. Elle parvint à le
voir et Louis XV, qui :m1il a fortune, ét.air
n ;\'éncmcnl 11ui me lit LremLler, aiu.si
itersuadé qu'elle étaiL incèremenL amoureu~&lt;·
que ~ladamc, m procura la familiarité du
lollt:: de lui. n ne sait pas ce qui erait arHoi. Au beau milieu de la nuit, ~la.dame cnlr:i
rivé, si elle ne fùt morte. )fadame en était
dan · ma chambre, toul prè- de la sienne, NI
fort embarras éc cl ·e trouva, par sa mort,
chemise, el se dé c pérant :
délîvrée
de ses craintes.
« Venez, me dit-elle, le Roi se meurt! &gt;&gt;
ne
circonstance
me valul un rodouhlt'On peut juger de mon effroi. Je mi un jupon
menl d'amitié de fadame. rn
eLje trouYai le Uoi, dans son lil, habommc riche, qui était dans les
letant. Comment faire? C'était une
ous-fermes, me viut Lrvuver, un
indi,.,estion. Nous lm jetàmes de
jour,
en grand secret, et me dit
l'eau; il rc,•inL. Je lui fi avaler
qu'il avait quelque cho e à comde· gouttes d'llolfman et il me dit :
muniquer à Mme la Marquî e de
&lt;1
e faisan pas de bruit ; allez
lrès important: mai l]UÏl erail
seulement chez Quesnay. lui dire
fort eml&gt;arrassé de . 'en expliquer
que c'est ,•olre maitresse qui se
avec elle; quïl pré[érail m'en insLrouve mal; et dites à ses gens de
truire. Je l'a su rai de ma discrétion.
ne pas parler. J&gt;
« Je n'en doute pas, me dit-il,
QuesnaJ étaiL logé tout à côté:
et c'est ce qui m'a fait m'adres er
il Yint aussitôt l'l fut fort étonné
à VOU·. ))
de voir le Hoi ainsi. Il lui !;\to. le
En uitc il m'apprit, ce que j •
pouls cl dit :
savai
, quï1 n,·ait une Lrès belle
~ La cri e esl 11nic: mais i le
femme dont il était passionn&lt;'P.oi avaiL sob.aotc: ans, cela aurait
mcnl amoureux. L'ayant aper~·u ,
l'u èlre édeux. »
un jour. baisant un petit porh:n alla chercher chéZ lui &lt;1uelquc
fouille, il avnil cherché à s'en emdrogue; il r •vint bientôt aprè,, cl
parer, s'imaginant bien qu'il l'
~c mit 11 inonder le I\oi d'eau de
avait
r1uelque mystère. ll l'avait
enLcu r .... J'ai oubli t le remède
donc
gueUée, el, un jour qu'elle
11 ue lui fil prend rc le docteur Quesétait ortie précipitamment pour
llil )'; mais l'effet en fut merveilaller chez sa ·œur, qui venait d'acleu~ : il me sembla que c'était des
coucher dans un appartement au9011Ues rl11 ge"nfral la J!fol/e.
des.us du icn, il avait eu lo
Je rél'eiJlai une fille de garde-temp de Lrouver le .ecrel du porrobe, pour faire du thé comme
teîeuille. Après l'a,·oir ou,·ert, il
pour moi. Le Roi en prit trois
avail
été bien étonné d'y trom·er un
tasses, mit sa robe de chambre,
portrait de a Majesté, et dans
ses bas, el gagna on appartement,
l'autre partie ùu portefeuille un ·
appuJd sur le docteur.
lettre très tendre de sa main. Il eu
Qucl peclacle &lt;rue de nous '&gt;Oir
avait
pris copie, ainsi que d'une
tous les trois à moitié nus!
Madame pa sa le plus tôt possi- CnArEAU DE .ERSA1LLI:, • - BALCÔ~ IJU • C.UJINET rnTu,tJ;. • 1/ou Loms XV Lettre commencée d'elle, par laquelle sa femme demandait au [\oi
ble une robe. ainsi que moi, et le
VIT, U :S WIUŒS AUX YEUX,
in
tammenl de lui procurer le plais
'ÊLOIG.."",ER
LE
CO!fVOl
FUXEBRE
DE
LA
IllARQUI
E,
Roi e changea dan se rideaux,
formés Lrès décemment. 11 causa A dtoite, au rez-dc-,bnussée, à l'angle même du billimcnl, se trou vent le lroi, sir de le voir. Cel homme ajoutait
qu'elle en avait lrom•é le moyen,
marches que Louis X\' descendait, quand il rut !rappè par Damiens.
sur sa courte maladie el témoiqui était de se rendre à Versailles,
~na beaucoup de sensibilité pour
où elle irait masquée à un bal do
les soin qu'on lui a\'ait rendus.
Ja Ville, el que le Roi pouvait ,·enir ma qu é.
&lt;&lt; Cai-, dit Madame, il n'e t pas eu.lemeoL
Plus d'une heure après, j'épromais encore
J'assurai .M. de ~.-. que je me chargeais do
la plus grande terreur, ea songeant que le mon médecin, il est enr.ore premier médecin
faire
part de celle alfaire à Madame, qui serait
ordinaire du Roi . c·~t la econde place de la
Roi pouvaiL mourir au milieu de nous.
t·econnai sanb~ de sa. confidence. li s'empres::m
Heureusement il rel'int tout de suite à Jui, Faculté. l&gt;
d'ajouter :
ll out mille écu. de pension, pour ses oin
et personne ne s'aperçut. dan le domeslirrue
... 36o

W'

_______________________________

MAD.li.ME DE Po.MP.ADOUT(

cc Dite· à ~Im• la ~Iarquise que ma îemme !JUi finis aiLdes'habiller. J'étais seule avec elle.
11 J'ai sonné· 1Guimard est entré et a été
Leauc()up d'e prit et qu'elle et très intri[ort surpris de mon tète-à-tête avec un homme
&lt;&lt; Croîriez-1•ous qu'en rentrant dans ma
gante! Je l'adore, et je erais au désespoir chambre à coucher, sortant de ma rrarde- en chemi ·e. Il a prié Guimard de pa,ser avec
qu'elle me fùl enlevée. &gt;l
robe, je me suis Lrom·é face à face avec un ltù dans une autre pièce et ùe le touiller dans
fo ne perdis p:u; un instant à instruire monsieur?
les endroits les plus secrets.
Madame et à lui remettre la let« Enfin le pauYTe diable cstrentre, etje la prévin do rendez-,·ons
lré et a remis son babil.
demandé. Elle parut fort sérieuse
1&lt; Guimard me dit :
et pensire. J'ai su depuis qu'elle
- C' e t c..1rtaincmen Lun homme
al'ait consulté M. Berryel', lieutequi dit la Yérité et dont on peul,
nant de police, qui trou\'a un
au reste, s'informer. u
moyen bien simple, mais très ha&lt;• Un autre de mes garçons du
ùilement conçu, pour éc:!1'ler la
Château est entré et 'est l.ronvé le
dame.
e-0nnail re :
_Il demanda à parler au Roi le
- Je réponds, m'a-L-il dit, de
soir même; c'était un dimanche,
e brave homme, qui fait d'ailjour où le lieotenanl de police veleurs mieu que per 01mc le bomf'
nait à Versailles. li lui dit qu'il
à l'écarlate. )/
croyait devoir le prévenir r1u'il y
11 Voyanl cet homme si Ùllcr11w1it une dame qui le comprometdit qo'il no sa1·aiL trouver la porte.
tait dans Paris; qu'on lui avaiL
ni se tenir enJ place, j'ai tiré de
remis copie d'une lettre tin 'on supmon bureau cinquante louis :
po~ait écrite par aM:i.je té. llremil
- Voilà, Monsieur, pour calcelte copie au floi, qui la lut en
ruer vos alarme .
rougi .an!, et la déchira en fureur.
(C Il e l orti, après s'être pro J. Oerr ·er ajouta IJUe l'on répanlerné. 11
dait que œue dame devait a\·oir
Madame e récria sur cc qu'on
une en trm•ue avec lui au bal Je
pouvait ainsi entrer dao la chamVersailles; el, dao lo moment
bre du lloi. Il parla d'uno manière
même, le hasard fü qu'on remit
très &lt;;alme de celte étrange appariau Roi la lettre de la dame qui
Lion ; mais on voyait qu'il se concontenait celle demande.
traignait et que, comme de raison,
M. llcrryer en jugea ainsi, parce
il avait été efl'raJé,
11ne Louis ; V parut surpris en la
La Marquise approuva beaucoup
li ant, et dit :
la gratification · et elle avait d'an« Il faut avouer que M. le liealanl plus de raison, que cela n'ércnant de police est bien inslroit.
t.ait 1mlleme11L la coutume du
- Je croi , ajouta Berryer, dcIloi.
vr,ir dire à Votre Maje lé que celle
M. de .Marigny, me parlant de
dame pa e pour fort intrigante. ll1::pcn,fa11cc Je la prupr1èlé actuelle de Madame la l:larunnc d'Arlha.;, 1, ru,; cette aventure que je lui avais
Sai111-l\1êdtric, à Versailles. - L'nncicnnc habitation ne compren:tll que h:
- Je crois, fil le lloi, ciue cc
racontée, me dit qu'il aurait papctil pa,·illon d'aile :i1·ce les deux {coètres encadrée:~ de lierre.
n'e t pa sans rai ·on. )&gt;
rié mille loui contre le don de
Cette aventure fut ainsi coupée
cinquantll louis, i tout autre que
dans a racine, sans que Madame partit~ :l\'oir
- Ab ! Bieu ! Sire, s'écria Madame el'- moi Iui eù.t raconté ce trait :
part. Le !loi ne redouta.il rien tant que le · ba- fray~e.
,c C'est une chose singulière, ajout;J.-t-il ,
vardag~s; el il crut que sa lettre courait tout
- t:e n'est rien, reprit-il i mais j 1aYO1tc que toute la race des ,•alois ait été libérale à
Paris. M. llerryer fil épier la dame, qui que j'ni eu une grande surprise : cet u.ommc l'excès; et il n·en est pas tout à fait de m11me
n'alla point à \'er aille . Madame me lit part a parn tout interdit.
Je celle des _Bourbons, accusée d'être un reu
de cc qui s'était pas é; le mari fut fait
(r Que faites-vous ici? &gt;&gt; lui ai-je dit, d'w1 avare. Ilenr1 1 a passé pour être avare . li
fermier général deux ou trois ans après. La Lon asseL poli.
donnait à es maitresses, parce qu'il élail
1arq11ise me fit donner "Îx mille francs sm
« fi s'est mis à genou:.~ en disant :
faible avec eUcs, et jl jouait avec l'âpreté d'u11
~a p~ace, à condition que je ne la quitterais
- Pardonnez-moi, Sire, et, ava.nt Lont
homme aonl la fortune dépend du jeu,
J31Da.tS.
faites-moi fouiller. »
Louîs . IV donnait par faste.
(( Il s'est hâté lui-même de vider ses poches;
11 C'e l une chose bien étonnante que celle
il a ôté on bahiL, toul troublé, égaré; eniin il qui aurait pu malheureusement arri,•er. Le
m'a dil qu'il était cuisinier de... el ami de Uoi pouvaiL être a assiné dans sa cb~mbre
Un roi mal gardé.
Beccari qu'il était ,·enu voir. Il s'était trompé sans que personne en eût connaissance, el
d 'esca.lier. et ton les les portes s'étant trottvées sans qu'on pù.t savoir par qui. 11
« Il 1•icnt de m'arril'Cr une sin"'nlière ouvertes, il élait arrive jusqu'à ma chambre,
Madame fut plus de quinze jours a.ll'ectéc
cho ·c, f) dit le Roi en entrant cbez- M:dame, dont il allait hien vile sortir.
ùc ce pelit •h'énement.
Il.

11AnAM.E

DU

llAUSSET.

�""·------'-----------------'------- 1..Jt
LES FEMMES DU SECOND EMPJ RE
~

La_princesse Mathilde et ses amis
Par Frédéric LOUÉE.

l. Gfra11J làcbail la bride au~ mêmes fan laisic · hu-

cnnœs tout l'éLé. C'était pour elle le plaisir
d dieux de le recevoir el de les retenir.
Quand on venait, pour la première Iois, ur
ou imitation, jouir d'une emaine ou deux
Je présence, à Saint-Gratien, elle commençait
par Iaire Je honneur de on chez oi avec
une riante implicilé, ouvrant e appartements el, en pa.rliculier, on cabinet ori 1•ina.lement encombré de 'petil mcuulcs et d'air
c.essoire qu 'expliquaienl ses menue occupations, es personnelles haLiLude ; pui clic
montrait ses chambres d'amis, r~pétanl qu'elle
n'avait pas de meilteur coulenlement que
d'a\'oir du moade, de -vi\Te au milieu de gi&gt;n
sympathiques, et se rejouis a11l que son ort
lui permit d\ ,•aqller tout à. son ai e. Elle
aurait pu, di.ait-elle. avec ses revenu , on
esprit de curio ito, a naturelle fantaisie,
'assigner de buts extraordinaires . a. complir de rares des ein , élever des monumeols,
se dresser à. elle-mème un palai · de financier; mais - et c'était là son mol îréquemmenl de retour nr -Cs lèl'res, - elle préférait à tout œla mille fois u sa perse a-,ce de
\'ieux amis a si de .us ».
fJuu les grand .iour d'in\'itations, comme
aux série de Compi~gne, on arrivaiL en plusieur voilures à ,aiat-Grâlien. à l'beure de
prendre pla ·e à taule I Après le déJcuner on
pa. ait dan la véraoda. La priuce se, qui
déte tait l'odeur du tabac, a\'cc uu bl!au courage allumait le ciuarcs de quclt(UC fumeurs
impénitent ·et le eau erles ·e proloagea.icnl.
L'une d~ di tractions liabituellc:ï de cet in •
tant psycholorri.c[UC était « d'alt.clcr », selon
le mot d'un des familiers du lieu, le pciulrc
aUiLré de .•\ . .llatbildc N:Apoléon à l'allmrn
des caricatu1·e . Giraud y excellait. 'appuyant
an bras du canapé, où l'arti le était a is, la
11rinces es' ·«ayait loulo la premicrecn voyant
ortir peu à peu le ujct, son· l'empreinte du
crayon alerte. w· une page, c'était Mathilde
elle-même posant pour son buste de Carpeaux
en déposa.nt un haiser sur le museau de son
chien Chine; ur une autre .e dé,'.eloppail en
Ulie rondeur énorme la partie po léricure de
l'ahbé Coquereau, ballonnant dan un pantalon Je bêh 1• C'érait ncorc la charge d'Arago
écrasé ous une L1\gion d'honneur gigantesque, ou celles de .Jaréchal el de a face épanouie, ou la doul.ile ilhouetlc des Goncourt
r liée par une seule plume. Ce gailés du
que i;epl à lrnît_ intimes, ln m~io et l'esJ!ri~ toujours

moristiques, chei füeuwl'rkerl.e, à l'issue de chacune
,le 3CS soirers du Lou\'re, Le ,·endredi, lorsque 11
ruule des iu,itûs s·élail i:l'Ouh\e, qu'il ne rcs~t là

laicnt le salon du suri11t.c11dan1 des 8ea11X•Arl8. !:n

li

ous l'Empire, les réception· de la princes e étaicnl les plus recherchées du monde
pari ien; el c'est aloi' que, gardant le dimanche au imitalions courantes, elle avail
dû résener le mardi pour li! 1)ersonnage
officiel·, el le ruercœdi les intimes, des arLi tes presque cxclu-ivement. Un aimait, on
vantait celle petite cour de beau1 esprit , fa.
çoonéc sur le modèle des cour italiennes du
xne siècfo. Elle y :l\·ait imprimé un cnchot
tout per onnel. l[Ui faisait dire de ceux qu'elle
accueillait qu'en Yûrité ils n'élaient point des
bonaparlisle . mais des mathiidiens.
L'hospitalité large, continuelle, était un
besoin de sa na.Lure; elle le pouvait contenter
surtout dans sa belle ré idence d'été, à ainlGratien. Cc chàLeau n'était pa , comme on
l'avança par erreur, le manoir hi torique de
Catinat. li datait eulement du premier Empire, où. il fut bâti pal' le comte deLucay préfol du palais. Il n'aYaiL pas l'aspect impo ant
d'une œuvre d'architecture; 'élail 11ne Jemi:ure pacieu e, meublée a,,ec goût, san
caractérisliqu.e saillflnte. li fut sou\'ent Mcrit.
.tu rez-de-chau·sée étaient le \'eslibule, le
grand salon tendu de per e à fond verl et à
ra.mage , le plaîood tendu de la même étoffé
en forme dù tente, une jolie 1'éranda, tonl
amhra,.,ée de "igne vierge, donnant sur le
parc, 1111e Libliolltèc1ue, un salon de musil1ue,
un Jiillard, et, dans les annc e·, con truites
ur le indicalions de la princesse, d'un colé
la salle à manrrer el de l'autre l'atelier. Un
second atelier fut ôtabli Jan$ le parc, fait
d'une ancienne chapelle, qui a1•aü con ·ené,
chose curieuse, son nu tel, et où se réunissait,
par occ~~ion, tout e la maisonnée du mome.nt.
Un bel escalier t1 double ré1•olution menait
aux étages du padllon Catinat. Au premier
palier se dressait une n-r:i.nde glnce ur lat{UClle &lt;&lt; le peinlre ordinaire ~ &lt;le lla.lbilde,
El1gène Giraud, m•aiL enLrelacé de sujeL
Louis XV et Directoire, devant fig\uer, en
des s ·rubolcs discrels les sept péchés capilam. A. cet èlage étaient le appartements de
la princes e. Le second était ré ervé anx in,1.té , hnil chambres au lot.al, dont la plus
belle était destinée, par une attention Loule
gnl:mte, am nouveaux marié ,
Elle avai t, à Saint- ratien, des omis en \'a-

1füpos, uolre pmntrc se mella.Lt à fo u-c o ! aquarelle
la charge ù'un de homme! ma.rquantl, qm frequlln-

cra ·on amusaient heaucoup le b(lLitué . Ils
'y retrouvaient entre eux. De~ cartons pleins,
de l'Olumi:ncux alLnms regorgeaient de~ ,roquaJe de Giraud 1• L'un de ceux-là le appelait l'histoire intime et lmrles1rm: de la
mai on. On Lournait, on feuille1,1i!. On H'
pa sait la cho e de main eu main. 011 riait.
Plli , de s'éd1apper afio d'aller en Lroupc au
bord de l'eau, dans le chalet, narni de rame:..,
d'avirons. étageanl sa notlille de c:mols,
d'yole , de paüus, bien proche de l'embarcadère. C'était pour le luur du lac aocoutomé.
Suu,enl, après le ùéjllttner, MatbildeaimaiL
a faire de courtes promenade en campagne,
jetant ,es pensée. à. l'air libre, comme elles
lui venaient, ur l'idée du moment, l'impression du jour. Promenades charmantes et qui
l'eussent été da,anta"'e si la 11rinces c- gliserons-nous cette rcms1rque en pas anl? n' ût eu de compagnie que c:; intimes . Mai.
c.:lle avail am,si c· chien . Elle en était lrè
oi:cupée, trop au gré &lt;le ccu:t qui cheminaient
,rrec elle el qui He s'c11 plaignaient pas à
haute ~·oix, 1:,,idemmcnt, mais qui épronvaicnl
de l'agacemenl de ce que fa comcr ation ~•
marche était, à el.tftt1ue 111it111le, dépassée par
le retournement dc la princesse, pal' se
cris d'appel: Clrine ou Toni, chaque fois q_ue
l'un ou l'autre de se intéressants quadrupèdes s'était égaré dans un détour ou enfoncé
dans quelque mas if.
A ceile heure du jour, elle a,•ait, d'autres
foi , sa crise de trnvail. D'un pa pre sé, elle
. e rendait à son atelier. Là, paisible daTIS le
vaste hall aux porlière somptueuses, aux
mur garnis d'immenses palmes entrecroiséœ, la princcss · reprenait un portrait commencé. Ilébert, as is derrière elle, présidait
au tra,·ail. 11 bien Giraud, debout, peignait
un sujet doooralif pour le cbàleau. Parmi les
personnes présentes. celle-ci li ait. celle-là
lapis ait. L'un 1 comme le prince Gabrielli,
brunis ail les ton d'une eau-forte. D'autres
feuilletaient des album ou devi aienL à mivoi:.. L'aprè ·-nùdl c passait dans ce calme;
et l'on aUail eodo cr l'baLit pour le diner.
~ais ne nous arrêterons-nous pa.s à 11oucr
plus étroilc cannai san e avec plu i~urs de
ceux-là, qui composaient le noJau de cette
colonie salonière?
'îeuw~rkerle tiendrait la tète de la li le
par le degré d'int.imité et la durée des séjuin 1855, la collection se composail ù'une soixautaina
de dessins eofer111és dans un portefeuille, qu'on e$1ÏmaiL Mjâ tle:s plus curic1.1.1, eL qui 5'eoll.a, pa.r l.a
suite.

joors. Nous le retrouverons tout à l'heure,
au chapitre des alîcotions J&gt;ri"éc .
Un agace chercheur, connu de tou les
moliuristes par ses révélations sur les origiues et sur le parenlage de l'auteur du Afi:ant/11•ope, l!:udore oulié, conservateur adjoint du palais· de Versaille , était aussi, de
fondation, l'un &lt;le hôte accr~dités du lorris,
où l'avait introduit la bienveillance de Nieuwerkerke. Il 'était constitué là, par h:wi1udc, un peu comme l'introducteur des visites.
ll a1:ait, dans ce rdle, des indécision , des
maruères de scrupules presque excessives.
'l'héorhile Gautier se présentait, une aprèsmidi, à l'improli le. Eudore, oulié crut de\·oir
s'informer : la prince se pouvail-clle recernir
Théophile Gautier? « Comment I répondilc!le, avec un cri du cœur, comment! si je
veux recevoir mon poète! Il Un parlait de
Soulié comme d'un comi1·e aimable et d'un
h~mme de .sens. Les anecdotes du crû ajonL:uent au $tgna1ement d'en cmble de, tl'aits
particulier . One grande hi Loire s'étaiL dél'Oulée dans sa vie, à ce qu'on en disait,
émouvante et cocasse. De nature scmûmcntale, à , inrrt ans, il avail eu son désespoir
J'amour el faillit 'asphyxier a\'ec des cbarl&gt;on . L'originalité de l':iventure fut qu'il
avait choisi pour r&lt;!ceptacle de cet élément
nocif de amoureux en pcine, quoi ? Le bain
de i~g_e paternel! Chanceuse in piralion :
le plomb ~'èt.ait de·soudé, et c&lt; Eudore-Wer1her » avait pu rouvrir les eux à la vie.
Je m'en voudrais d'oublier le Tallemant
ùes Héaux de la ruelle malhildienne, un
homme de lieaut:oup d'esprit et de méchancelu, et si 1I1.0l disant el .i vindicatir, tout de
môme ·i curieux à questionner, que chacun
ap1iéLa.it tl'enlr'ouvrir ·es livres uoirs: le
cowle Horace de Viel-Castel. Il est en ce
lieux constamment aux aguct , fouilla.nt de
·e yeux aigu expre. ion des visa_ge ·, écontno Ld' une oreille avide les ana qui circulrull,
!!l les racontars, les histoires salées, qoj feront si Men sur ses tablettes, lorsqu'il les )'
couchera, le oir, aggr:ivées de ·es réfl ion ·
aigre ·-douce,, et de ses insinualions perfides!
li avait été jeune, aimant, sensilile, léger,
fri"ole aus i comme on l'est alor , m:ii. r:ip.iLle aussi d'nffections profondes, et qui le
lircnt Leaucoup souffrir eu sc Lri,,ant. Même,
à J'en croire. il était né a,·ec la faculté de
sentir plu ,ri"emenl que q1ti que i.;e fût :
joie', passions, douleurs. lai , comme il dut
changer en prenant de l'âge et de l'e1périence ! Viel-Castel a la critique amère. Prcsr1 ue aucune apprt!cfation ne passe sous ·a
plume qui ne s'achè\-e en c.oup de griffe.
11 J'appartien à celle race d'hommes, préLc:nùait-il, que le monde o peut connaitrc et
qu'il jugera toujours à faux. Je n'aime pas et
ne peux pas aimer à demi; je m'enfonce dans

P]f,11VC15SSE JKJS.T11TLDl; 'ET SES .11M1S - - - .

mon amour et ne Liens à être connu que de
lui. » C'est pour cela, an doute, qu'il ne
parle que de ses colère. , de ses jalousies, de
ses haines. A.us i, 1ruclle abondance de ,·cinn
sur ce chapitre !
Il paraîL vouer à la princesse une affection
sincère. ouvent il s'entretien t de sa bout~,
de se allentiom cbarmanLes à l'égard do
ses ami , des présents qu'il reçoit d'elle, de
sa gracieuse ho piLalité et du plai ir qu'il
éprom•e, graod collectionneur d'objel.S d'arlt,
à faire passer ent.l'e ses mains de bibelots
précieu . qu'il a ré ervés, avec l'imention de
los lui offrir 1 ~ !foi·, pour oela, ne cro1ei pas
qu'il c gène ;de dauber sur se faible ses,
ses erreurs, ses partis pri , ses créduliL&amp; [
(( La princesse, IJUÏ osl bien la personne
la plu faible du monde », c·e ·t une antienne
i1 l11qui::Uc reloornenl, à chaque in tant, c.i
pfaintcs. u Le .alon de la. rue de Courcelles
est vraiment déplorable », c'est encore une
dti se formules. ll y a, ohcz elle, rraiment
trop de gens qui lui déplai enl. Cette ·ociété
fait le plus grand torl à celle &lt;(Lti la reçoil.
Pauvre el aveugl&lt;l princesse! Que ne luj est-il
permi. à lui de chasser loin ces coteries inléressécs el fausse qui mellcnt a. confianrc
au pillage;! JI en convient, t1int-Gralien c l
, es ombrage lui conviennent mieu). que l'atmosphère néfa le qu'on re pire daos le s:ilons de la rue de Courcelles :

r

1. \'iel-Caslel donna, n l 8(H, au lruS.:e ilu Loavril
une collectiou J e peintures provcmnt d'enciens manuseri Ls italiens, espag-nols, llamands el françaù; des
XII', lll\1 , ,;v• et 1-v1• 11ècll'S.
Il y ajoul3, en plusieurs occa.io11s, paur le muaéc
etJmo"'rapl,iq_uc, mniots objets rares ou euriew, el
de~ f11.ïc11ces, tles crù;laux.
~. u A la prince e :Mathilde, j'ai olfcrl taul de
pclits et précieUI olijcl..!, qui g!l'nmcn l ses étagi:rcs,

~bene uuaudon.

PRINCESSE M.i.Tmt.oc.

« J'arri"e de Sainl-GraLien, la campa~e
achetée par la princesse Mathilde. C'est joli
que je ue snurais les nommer •. (Yicl-Castel, ,!Um.,

!l oel. 185.i.]

3. t Panvrc princes e lfalhildel Vous ôtes bien mal
cutourée, et personne ne 1•ous donne de bons cc;ineils. Peu il. peu, vous vau laissez aller nul complai•Qnts ; la nanerie vous mord, elle vous sédoil;
ce,n qui vous baisonl les mains ypus reniera ienl si la
fortune cessai.L rle •ous l'avori~r. You:1 êtes Lrnhi par
lllll personne_ llll!mes Je votre inté .. icur; chacun dll

el bien arrangé. Mon petit appartement y est
ll'ès conÎOl'lahle'. »
Oni, aint-Gratien lui plairait extrême~
ment, si un malheur obstiné ne voalait pa
qu'il )' rencontrât au i les Giraud et la Jlesprez, el l'abbé Coquereau, la queue du corlègel Fould au si est sa bête noire. Le corole
de Laborde lni inspire de véritables accès du
rage urlout depuis &lt;1ue ce concurrent heureux a été nommé direclellr général ùes
archive . n a des colè.re· bleues contre le
prince .lérome-r apoléon, et s'étonne ensuite
de n'ètre pa des mieux reçus au Palai ·Royal. Coqucreau, dé,jà nommé, le roel an
supplice. Et encore lme Desprez leclrice de
Son Alte'se Impériale ; c'est une peste qu'i 1
no peul soull'rir".
TraiLe-,t-il d'une plus indulgente sort les
écri\'ains, Je arlistcs? Que 11ou pa ·. Alexandre Dumas, qui se donne pour 1m grand
historien, n\sl, à ses yeux, 11u'un grand
histrion .... Alexandre l&gt;uruas fil., un jeune
vaurien, auquel a manc111é Loule éducat ion de
famille ... Thoophile Gautier .... J'arrête ici
la aomenclalarc. (Ju:mt aux journali Les
n'en parlons pas; il le exécute d'un Lrait :
a Peut-ètrc serait-ce un grand bienfait ùc
supprimer les journaux comme tribune politique; ce rnrait pour la France un grand
apai emenl et le gouvernement ôterait u.rtoul par là un IDOJen de parvenir aux. intrigants~. 11
Rien de plus impudique el d'immodeste
autant que ses anecdote graveleuses sur les
personnes de la Cour. A l'en croire, toute la
haute société parisienne ne coruprendrait
pa une cule femme honnête; toutes impudemment prennent leurs é.bats o-ou le courtines de l'adultère ou s'eutraincnL à pratiqur1·
les mœur de. Lesbos. Et il les nomme, il
précise, il avance des choses inouîe , avec
une crudité de termes qu'auraient enviée le
romaociers naturalistes N'importe, la morale,
ociale ou liUéraire, n'a pa de plus ardent
défenseur. H e»t plaisan l de lire les prote tnLions indignées de cet homme sage contre le
scandaleux succès de la Dame (llU Camélias:
&lt;&lt; La Dame aux Camélia~, le drame
d'Alexandre Du.mas fils, est une insulte à
tout ce que la censure devrait faire respecter.
Celle pièce e l une honte pour l'époque, pour
le gouvernem.ent qlli la tolère, pour le public
itui l'applaudit. »
Ses cmporlements ne ont pas moins épique conlre George and et autres propagateurs de gales modernes, co.lllllle l'eùt dit
Barbey d'Aurevilly. e rclâche-t-il de ses
rigueurs habituelle , il a des façons de dire
atténuées, des genûllesses à a manière, du
genre de celle-ci :
~ Mme de X... est une aimable el spiri1os propos e~t npporlè envellimé; ,·os ,lépit son
ra ton t&amp;, vos in1prll,lcnee11 enregistrée . • (18 j11il
let J&amp;f,~.)
~- 5l jllillel m,4.
5. ~ ~me Oesprez, l'orl en faveur, ch!'rd,e à nw
nuire dans l'esprit ùe la priucc.sse ; elle aurait voulu
q11'00 s'assur!L de mon livre noir, c·e.sl un e hoTite
que i:Nle remmcl -o
(1. 8 juin t852.

�1..Jl

. - - H1STO'J{1.Jl
br.a nu , une autre fois, el lrt1nchaiL u'unc
façon i aYantageu.e sur uno enveloppe de
dentelle noire, qui jetait le fili«ranc sombre
de es ramages sur le rosé de la peau .... li
parlait d'elle en litlératèur, en romancier et
s'échauffait, au réel, d'un sentiment plus
complet que l'amitié. ,\ cc point que par lti
ton même de ou cuthousiasmc, p.'lr Ja chaleur de son zèle el l'indi rétion presque de
e propo, Jule.:· &lt;le Concourl compromellaiL
légèrement la prince se. Ues amis empressés
en :n,aienL in inné la remarque. Quel&lt;1u'un
fol chnraé, mais pourt1uoi n le nommerai~-jc
pa ? illrc&lt;l Sleven eut :1 J'en Lenir averti .
à mots con,·crt ·, prud •mmcnt, d 'licatemeot.
Le vi ux Giraud, de l'ln~rilut., le pcintr de
la pri11ccSse, L son fil', habile au si dan ' cel
art, avaient leurs coudées franches à :1i11LGratien. Eu ène Giran&lt;l pa ,ail pour w1
courtisan. Cc qui ne l'empêchait point de
garder, en ses propo , Ioules les libertés de
la discus ion. JI c tcna1L aYec la &lt;lame du
lieu sur le pied d'une honne familiarité, 4ui
n'allait pa san lui auirer des mots un peu
gro·, lor que l'artiste, enclin aux gaillardises, dépas ail la mesure &lt;!l
fai ail .rarpeler à l'ordre. Il .e rallrapail, du reste,
entre les quatre mur- de a chambre, où le
causeur nimaienl à c réunir, afin de jaser
plus à l'aise et de 'olfrir un supplément
d'histoire alée , qui l'étaient trop pour Ja
table de la prince se.
Aus i bien Giraucl a1•ail l'estime d'un beau
talent, d'une m-andtl francb1se de caractère,
d'une servialii]ité cou.tante a,·ec de la bizarrerie dan le manières, dans le habitudes
cl le sau -fac;o11 de . a \'ic. On a rapporté.
d'amu aut - ùétail" ~ur l'arranrremenl patriarcal de son exi lcnce intime, 1hayét1 Je &lt;1uelciucs Îl¾,"11 s boule,·arcfürcs.
À anl maison de, ille et mai on Je champ ,,
n'habilaol pre que jamais œlle-ci el n'occupant de celle-là que le minimum de ]a plac •
néocs ai1·e, il formait avec a femme un
ménage il'artistes bien original. le peintre
Eugène Giraud. La mh&lt;', le p'•re, lè Gl. ,
tous Lrlli' gitaient dans la même chambre.
Giraud cnior s'accommodant d'nu lal'ae rauLeuil Giraud junior 'étendanL sur un 1it de
.an11lc, au pied du lit Je a mèl'e, à la traverse. Les hommes ·orlaient et rentraient
tard. La t mme était ca anière cl "3"oait a
couche, huit heures onnanl. A deux heure ·
du matin les noctambules réintégraient la
maison. Le fils prenait un livre ramas·é an
hasard - Ja chambre en était pleine - et
le li ait à haute voix. De réflexio11 étaient
échangées; el, Yer le troi ou l[Ualre heur
&lt;lu matin, le calme e faisait : chacun aYail
repris ou commençait son sommeil. Comme
on a lieu de le croire, d'après ce qu'on vicnl
d'cxpo er, Giraud et on fils 11'avaienL pas le
réveil m:i.linal. Au contraire de la maitre e
de Ja mai on, 11ui traca sait, dès l'aube; dle
préparait le caré au lail pour l'a11porler, au
bon moment, à on mari eL à on rn ; les
i. Cc qui 11e l'empêchera po onruîte, dans un ,le
un ploce, de log,s Lom\ c11 togu prètrs ! » t • r 1m, • moments ,l'h11Dl 'llr noi re. ile jr.lcr crlle ptawte :
veml,re 186n).
« 61re mnlaJe, ('l n'a,oir pa la fatullè û',}ll'e rn~latl
'1. A la ~ •nie tlu 18 moi l!ltli, le jllus graml Jes
cliei soi, lraincr 1a souffrance el :,a l'a.iblc 5e tlo place
Giraud : le Cha.ssew· tic pigcom par \ 1ctor, une toile

luellc femme, un peu calin .... fais qui ne
l'e L pa - aujourd'hui! .... »
La princes e parlait en riant, pnrfoi , de
mécba11cctés de Viel-Ca tel. Il lui fallait un
doigté .pécial pour manier cette humeur
difficile. Viel-Ca tel aimait. à prendre la parole .ur l'étnt de cho c du momenl. Le
pa y veut ceci .... Le pajB réc.l:tme cela ...
araoçait-il. En érilé, que pouvait-il entendre
par 1., ceL ennemi juré d'ua p u tout le
monde? De· classes qui compo ent le corps
de la nation, il en rejclail une i "rosse part
qu • le reste après cela devait paraître bien
exigu. L'aristocratie lui emblaiL iniplement
rongél· d vices. Les bourgeoi , il les appelait
le - puce~ du c:orp · social. luanL au menu
p1't1ple, quelles poU\'llÏent èlr es symp, Ibie
po~r u11 rama sis de pauvre - hères'?
Etrangt! nature qui; cet esprit de malice,
tout h 1ris ·onné de pointe el tonL : clahons é
&lt;le 1·cum l
Il faut so ••n rder des sal issurcs. Eucorc
e. L-il permi de prendre son bien où il c
trou,·u . Yicl-Ca lei avança trop d'allérraLion
calomnieu e : mais il rele\'a aussi, sur son
chelilln, nombre d1• fait révélateurs, nombre
de détail. ob ervés el de paroles entendues,
an lesquel on ne collllailrail qu'imparfaitement la société i bi 0 arrée des premiers
lemp du ·econd Empire. En soulerant 1
porli rc du salon de la prinœs.e Mathilde,
1l nous a découvert de coin ignoré , que
n'auraienL pas reproduit- les photographie
de plein jour officieusement arranrrées.
1'111 arliste el non moin · &lt;&lt; débineur »,
les Goncourt avaient sons la main de l'étoffe
· utunt qu'ils en pouvaient ùésircr dan . cet
intérc ,ant m.ilie11. Il ne se pri\·i•rent point
d\ laillcr. Llo en juge à l'al,ondancc de leurs
glo ·es ur le sujet de llaùûlde et de sou
c~nacle. Jules de Goncourt prolougeail es
arrèl à aint-Gratien ju qu'. Lroi ·emaine ·,
en celle délicil!ll e résidence, dont les omliragc et la ,,fo ordo11née calmaient sa. su.rexcilalion fébrile. Cherchanl partout l'impression
r •posantc et le suprème refuge du silence, cl
ne le. obtenant nulle part, ni à la campagne,
ni à la ville, il goùtait citez elle, tout au
moin , l'heureuse d,fünte, l'apnï-ement.
« Le prince n'aimcntpa Le rrensmaladcs ,,,
lul disait-il, dans une heure de tri te se
mau ~ :ide oi1 il
enta il f.tchcux pour autrui
comme pour oi. En réponse, elle s·emplo ·ait à le retenir par e paroles le plus
sédui8ante . Il devait s'i1Ualler à Catinat cl
prendre twe · lu.i .a f'ld'.[e Pélagie 1. Les
deux. frère avaient une «rande dL:rntion pour
)fathildc, le cadet urtoul, qui n'en contenait
pa - l' c prcs ion. De celle tendre e particuli re, il prodiguait les marques, non seulement !or qa.'il pensail à la louer de ses qualité de cœur et d'esprit, mai · encore lor"quc
sa plume tremblait de sati.faction en sous
' main, à décrire la toilelte charmante qu'elle
a-.;ail arborée, un soir, le joli décolletage d
soie ccri e ri.ui lui laissait le épaule el le-

cher arti le dégu laient le chaud lireuvarrc,
couché , el pares aient, après, les yeux clo~.
1 n avait 3 . ez iiu re te de la journée pour
lixer de impre ion ~w· la toile.
Cos allures du genre bohème n'empêchaient
point Euglme Giraud, membre de l'Académie
des Beau -Art ' el pensionnaire de la prince ~c
Mathilde, d e faire une bourse rondclollc;
de Pari el de Saint-G ra lien trnvaillèrcn t a le rendre rich sans qnïl y eût
ongti; et de façon moins into[l'cieute sut-il
placer en bon lieu le produit de la palette
familiale. Dau l'bi Loire de la 1,rinc · c,
comme amateur cl':irt, la dyna:tie de Giraud
occupa une laro-e place. ne quaranuiine df'
leur. toiles et aq uar ·lies élaieut lll\n·enucs b
. e :-lisser chez elle, qui ne relrou1·èrc11L plu ·,
apr1i· la di~pcrsion de la alcrie de MalhilJc,
la faveur fflli 1 y a.,·ait inlrO\luite· jadis'.
L'ahhé Cot1uereau, dianoine dl' .. ainl-fülli~
aumônier général de lo ll ollc, ledit al,h I lanl
maltraité tout à l'heur • par \ïel-Ca ·LCI, était
en honnc po Lure chez cette incroyaulL', t[ll'il
pérail pcut-Mre comerlir. Du r • Le, 'i
prenant fort 11alan11uenl pour cela et ne
manquant aucune de di lracûon- qu'il pouvait prcnJrc ans · compromettre a outa.n •.
li ne dét slaiL pa le jeu de mots profan ni
1 , sou -entendu. C'était affaire à lui de lire à
haute Yoix, ous la présidence de la princes e et en petit comité, des Œrs amoureux
d'un poète Ju jour, a\ c des inlonalion cl
d - rurs C(.,mplicc: que l'habit du personnage
r •ndait pins . inguli rs. li fallait qu'en a
pré. ence les cho
ru enl un peu bien loin
pou ées pour qu'il fil mine de ·e11 offusquer, comme dan · un aprè·-soup •r de janvier 1 55, où Xadauù chantait quelrrucs-uue
&lt;le es chan 011 un peu grasses. 11 ·1, ptudifia, :111 poinl dL' 11uiUcr la place el de se
retirer dans un .alon voi in, cc qui lui ait ira
11• plais,111leries d'un marqui d Custine.
Cclui-&lt;:i joui sait d'une réputation équivoque
pour un côté d · se,; 1lh.cur , donl la 'alnre
ellc-mèm,' 1:tail cbo11uéc. n Jr m'étow1c,
r •marqua-t-il. rru'uu ~ilèn.e chréûcn s'l-ffarouchc pour ·i peu de cho c. » EL l'nbbc,
tri:. haut, \'ÎJ]O't personnes ayant le oreilles
ouverte , al'a.it renvoyé au marqui une
réponse telle que nous ne pouvon la reproduire; mais il eût mieux valu, pour le con,,enanc , qu'il écoulât, tranquille, dan
l'autre salon, vinrrt chan ons de 2\adaud
•ncore pln gra se et qu'il n'eût pa fait
cette répon e-lii. Très lion cnfanl à l'ordinaire, très tolérant autour de soi, il n'étail
pa homme à gêner le ton des conversation
particulière ; le voi.inagc de a robe n'en
détournait point l'objet. On en prenait plutôt
à l'aise arnc lui. Il ne parais ail pas assez
qu'on s'adressàt à un prince de l'Église, certaine [ois, à la manière dont lui parlaient
certains interlocuteur•. Ln soir, il jouait en
amateur émérite la poule au billard, avec les
Paterson, c'est-à-dire le deux Bonaparte
américain,, fjU'on ommençniL à traiter de
,le gramles ,tirncu.s.inus, lut n':"{11~ pot1r 475 frmc~.
Le meilleur de la liêl'ie , la {'11tmce drs cygnes au
foc d'Engliie.11, pur Eugène, u'dla ~ au-desst1s do

420 rran .

rrinees, lorsque la leclrice de Mathilde,
lfmc De ·prez, qui se donnait dn.ns la rnairnn
d air important s'appuya sur le billard,
et, an c préoccuper des pou seurs de bille ,
étala ur le Lapi une• irravuro qu'elle monIrait el expliqu:iit i'i ,rui vouhtil l'entendre.
Coquereau, pressé &lt;le poursuivre ·c avantages, lui fil remnrlJller, à plu icur reprises,
r1u'elle empêchait le jeu· d'abord inatlentiv&lt;' à drssein, clic
·c rl'lourne tout i, coup ver
lui, el d'uo Lon sec :
a Vous êtes incom·ennnl,
l"abbé ~ vo. observation ·onL
de la dernière inconvenance! 1,
De compagnie facile dan" Ilmonde, il ét.'lil moin indulgent
il e confr~res du leraé, gli .ant 110 doute sur celui-ci, jugeant . ouhaitable le remplacem nl d'
lui-là, dénonçant à
mi-mols les tendances romni11('
de lei é,·êque, s'tile •:ml
contre le- prétention du uainlièrre et montrant bien qu'il
pérait être récompen ~ sous
peu de es opinions ultra-gallicane par l'octroi d'un évêché.
La prince . e Ialhilde, qui ne
l'appelait autrement que ce bo11
11bbé, a 'éla.il pas, avec a fines·e, san voir clair dans ce j u
d'bommed'Érrli ·e. Une foi quïl
dinait ch z elle a,·ec le ministre de Culte
elle l'avait \'ll
ri rconvenir, plusieurs heure~
durant, l'E rcllence, de qui dépendait le succès de a candidatur . Lrprenant à pari. dan
la soirée, elle lui dit à l'o-

P'l(1NCESSE .MJff1flLDE 'ET S'ES AM1S

élincelapt. S'il n'était pa. :m. ~i près de son
œurque l1, furent le comte de. ieuwerkerke,
le poèle émailleur Claudiu · Popelin"' Oll le
l'rémi sanl ab ervaleur « mode.rai Le » .Iules
de Goncourt, il ten:iit chez elle le haut boui
d~ la table. Il éLail le charme de ses réuuions.
Duma a racon Lé qu'il · a.l'ait de" maison ,
où il se enlait en ve!'Ve dè qu'il y était entré.
Jamai Gautier ne e enlit en meilleure disposiliou d'être soi, dan lOlll le relief de e
qualité , qu'en cette maison où il se sentail
attendu, - que œ fùt à Pnris ou dans le paYillon Catinat, -où iJ était beureux, où l'admiraLiou et la sympathie le réchauffaient de
toutes parts. Chacun paraissait allenlit à
amie irremplaçable, el Joni elle écriv it Je portrait ;
pour dam d'bonneur, die cul lot1r à tour Pinfortuuée Mme de , a.int-Marsault, qui fut Lrùléo vive, nu
m~me11I ou elle s'apprt?lllit a partir pour un bal, Jé
Reiscl, Ninelle 'iimereati el rie S~rloy. uéc Rovigo.
Enfm elle s'élniL ndjoinl m, ro11p de profc ur.,
d1~rg&lt;l d'enlrctenir sa culture pcrsonnèlle, Gimwl
pour 1~ 1•rin11tl'f', i-auz 1, 11ui lui rnseignail ln mu~,-

que. Jules Zeller, qu'elle teoaiL de Sainte-neuve, Pl
qui luifais~itquotidiefinemenl_ un cou'.s.d dcu. heures,
,lonl le prmc1pa.l obJet roulait ur l t,1stmre irénéral@
c•mtemporame.
a. Dan ln prHaca d'u n liHe, mallieuren f'tncnl 11()11
mi tian Ji; commerce, Claudius l'opelin a Lrac6 une llJèlcpeinCt11·t1 des so!nie. Je ·ai1\I-G1·a.lfon et un,porlrail
r,•~ em hlnnt tlP 'ft,roplule Cnul1,•r clic&gt;. la prinrf'ft"'·

reilJe:
" AYou~z. mon cher abbé,
que si tout autre se conduisait
comme vous le faites depuis
quatre heures, vous le traiteriez
d'intrigant! i&gt;
Mai elle était bonne et lui
voulait d11 bien; elle pous. ait fortement à sa
promotion .
Théophile Gautier. Lien autrement que
l'abbé Coquereau ou le mémorîali te VielCa tel. joui~sait de l::t rrrande amitié de ~faLhiJde. n matin, elle lui faisait part d'une
promotion très délicate à laquelle elle avait
songé pour lni, dans la hiérarchie de a mai.$On. Comme lie avait un chcrnlier d'honneur 1 • une leclricet cl d'autre sinécnristes
attaché. à a cour, elle vouJut avoir un bihlioLhéc:frre, et l'avait nommé à ces fonctions
pt'U absorbante .
&lt;&lt; . fais, a.11 fail, dem:mdait Théophile Gaulier à l'un de ses amis de lettres de cendant
L C'était le gén;,rat Bougenct1 auquel. apr sa

fil&lt;!rl, &lt;'lie délivrait ce bon cert1hcal dom stique, en
l'Ulll&lt;l d'oraison funèbre : • I.e général n1·ait toutes
les '}uatitës, é lant toujou.rs à on pole et sachant à
merveille se t('nir à sa 1il11ee. Ain i, du.ra11t des anuée.~
qu'il m'a sùi,,ie enqi,ahlé. de chevali~r tl'houneur,c&lt;'I

elct•llenl homme
:!.

E11

n'a Jl\mai. mart:h~ sru· ma •JPeue ! ,
pr,•miPr lieu, 1l•llP ,le Fly. qn'rllt• d1sBit unr

---

cueillir les parole!: ur es lti\TO! . D femmf'•
ôlé 0 m1t1'S ('l bt&gt;lles t... naienl sm· le· ~ic11, leurileux alla.thé . Alor , il linail en poole prodigue ton le tré:or. de son imagination.
Que lui cot)La ien l ce perle ? 11 1•s sema il,
an~ compter, avec le fo ·te ù'un nabab.
JI devisait . ur I s propo. infini. de l'art ou se conre~. ni1
ur les bizarreries ùe st's goùt
, îeC de !!ràC de 1.?allé l'nfanline ou de éclats de bonn lrnmcur, &lt;1ui chauUaient l'almo phère de gaz hilarant. C'était
encore un de. e · thèm1-s farnris
qae de recommencer son lamento de journali. le, .c plaignant d'a,,oir ù lourn r la meuli•
quotidiennement quand il n'aurait eu d'aulre rai on d'cxi lenœ que de modeler en pro ('
ou en ,·er' des formes plastique· ou d'tigr •ner .ous le cil'!
n fête de_ imags' pillore. qnes.
El na,turellement quand il était
sur on Lerrain, bien allumé,
Jlamb::int de ver,~e, iJ n'oubliait
point de fnlmin r, el de toute
on éloriuence, contre la civilisation, le ch min de fer, les
ingénillur lJUÎ houlever,eal la
J1aturc, défoncent et gâtent les
p3y a es, avec Leurs rails, aYec
t.ontes leur im-enlion utilitaires! Que leur faisait cela anx
autre·, 11 la ma, e de. i1·ifü1:s.
à la multitude de ceux 11ui n'étaient point, romm lui et troi ·
ou quatrequ'ilconnais ·ait bi,m,
de ensiti fs, el, qui plus ~~l.
dtls exotique !
Mathilde e fùl grandement
réjouie de ,·oir le poèlr' de.
E11w1u: el Came'ei.• siéger à la
place qui tlui était due parmi
le. Quarante. Pour le "uccès
Je n candidature acad~mique.
elle s'était entremi. e avec Leaucoup d'ndre e el de p r érérance, slimu.lant de es rappel alfeclueux
les « habits ,·erls », qui fréquP11L1.ient en
son salon et s·as se:raicnL t( ur a perse u,
e mell:tol en frais po11r les autre de prévenances eL d'amabilités. Un diner fut organisé chez Sainte-1.leurn, où l'on a\ait iuvité, ur 8on désir, le traducteur de Luc1·èce,
l'au tèrc Pon°cnille. Elle 'y trouvait. en
même Lemp que Yiollet-Leduc et son peintre
Giraud. Toute ln oirée -e pas a à chercher
le moyen de faire raconter à l'honorable
académicien les deux eules hi toirc de ~:i
vie : une entrevue a\'eC Loui
el ùnc
entrevue a,·ec Millevoyè. On ne s'en souciait ·
gnère plu que d'une fi,,.ue èche; mais il

nvec lui l'escalier, l'Sl-ce IJUe ln princesse a
llllP, biLliolbr11ue'/
11 n l'Onscil, mon rbc•r Gautier. faite
comme ~i elle n'en avait pas. )1
Elle avait vo\Jé une alîerûou tr?•s réelle au
poi'•tr· ('(Jlnrislc, ci rlrur &lt;le mot~ el r:mseur

Co111n; DE NnmWERKEIH,'E.

Dess/11 d'INCRES.

.,. 365

l"-

xvm

�msTO'Jt1.ll

__________________________________________ .

fallait séduire, il fallait s'annexer le vieux
Po11 rren·ille. de manit&gt;re à 0 agner sa voix pour
Gan lier. 1 ne du plu, ! L • suce~ en dépendait, peut-être. Tant d'habile diplornalie rc~La
san, erncace. Théopbile Gautier ne tlel'ait pa.;
avoir on fauteuil au paln.i }Jazarin.
1ne fi rrurc encore, qui ne pas ail pa inaperçue Jan ce cadrc ètceptiomml, c'élail
~fériméc. Il venait as ei souvent, ur lo Lard
Je sa vie, e Joutant L,ion qu'il rencontrerait
là de antipathies marquée , mai achanL
aussi quïl y trouverait son ami Viollet-Leduc.
Un moment, il a"ail entre u J'e pérance d":imemr là prinœ se à faire élection d'une rillégi:üurc hh1crnalc ur cette Côte d'azur, où
le forçait de . e rendre, chaque an, le manvai
\tal de !'a Fanté. Pour ry ré oudre, il lui
avait apporté hs des-ins d'une villa, qu'il
aurait aimé lui voir ncheter, de gouaches
tracées dti sa mai11 et qui ne donnèrent nn·
do1lle pa une idée a ei ertvialile de fo heauté
du ile; car ce image la,,ée de couleur
criarde ne ln décidèrent poinL. Jl dut renoncer à laper pecli\'e de son agréable voisinage.
Uu moins arait-il qu'il ne perdait pa on
temp à renouveler e visites, rue de Courcelles. Il y dislillnitl.le l'esprit goutte à goulle.
On l'écoutai!: on dégustait cet élixir. Mieux
sevail de l'ouïr que de le regarder. Il u ·11il la
phy iooomie san gràce, des ll'aits gro , des
ourcil broussailleux et l'encolure épaisse.
Mais 11ui songeait 1t ces di gril.ces, quantl il
causait? 'fout le monde ne goûtait pas e
airs arcaslique , ni a façon de ponoluer les
trait et les fine e qu'il -voulait bien détacl1er. Il était réfrigérant pour les pontané .
les en it.irs. Et son cynisme aflccté, son dénigrement y lémaûque de toute espèce d'illusion , par l'amertume san doute d'avoir
\'li périr platement celles qu'il avait cachées
au profond de son âme, ne lu.i conciliaienl
pa non plus ceux ni celles qui allendaicnl
encore beaucoup de la vie. Mai · il ~tait Mérimiw; on n'échappait pa à l'artifice de cet
esprit fol'l.
Ile tous le cnmmen aux de ln prince. se,
le plu curieu emenl sui-vi des yeux et de
l"orcille était aint -Bouve. Ce rnt!deci11 des
esprit , rru'on aurait eu 0 rand tort de prendre
pour directeur de con cicncc , malgré le billel
d'indultrenoo que lui décerne Jule Troubat,
avait inauguré -t'S rapporls avec le • membre
de la famille impériale en fréquentant la
mai. on de la prince se Julie. Ou plutôt il allait
du salon de celle-ci dans le salon de la princes e Mathilde, quand il n'était pas en visite,
au Palai -Royal, chez le prince Jérôme, autant, du ruoin., que le permeuaieut ses recueillement d'auteur occupé. Il llli étail re l~
de se relations spirituelle avec la fille de
Luci n un piquaJlt ressouvenir.
quelque pas du Corp l~gislatif, tous
les vendredis soirs, rue de Grenelle- aintGermain , en son hôtel, Julie Bonaparlc 1 marquise Roccagiovini, groupait autour d'elle
l'élite de la société étrangère et du monde
parisien. Il y v1:nait des écrivains, de artiste·
en renom qu'on retrouvait, rue de Courcelles,
:mx soirées de fatbilde. Elle ne se bornait

point à receroir des penseur comme Renan,
de fautai i ·tes comme Barbe , d'Aurevilly.
Elle-mème ne dédaignait pa de confier au
papier les échos de on âme. Des réflexion
morales, de ' pensées, de houtad , 'étaient
fixées sous ~a plume, qu'elle a\'ail fait par\'COir à ainle-Beuve, eu exprimant le d~sir
que l"éminenl crilique voulùL bien en juger
et lui M dire son avis. Mais, di traite par e
préoccupations d'auteur à sa toiloue, l"aimaLle princes e a\'8.Ïl oommi une gros e faute,
celle de ne pas rclire . on album avant de
l'cO\'O)er. Et comme avec le ouci de , 'acquitter de sa rni sion conseillère, ainlcBeuve en tournait le feuillets, il arriYa que
es yeux Lomlièrenl ur une appréciation plu ,
princiere qu'académique de son discours
visant le Diocè e de la libre-pen ée.
« Je m'étonne, di~ail à peu près Julie Bonapartl', que la prince ,t• ~lillbiltle reçoive
un homme 11ui n si peu de religion. »
Elle ne di ait pa ' que cela, mai y ajoutait
de gentille e dc cet acabit :
« Mme de B... née de C... reçoit tous les
jours de quatre à si lteure. Elie a toute
orte de no1weUe , qu'elle débite. ans nommer le per onne. de qui elle les tient ''oici
ce qu'elle m'a raconté sur Sainte-Deu,•e : « 11
mène, malgré on ;ige, une \'Îe crapuleu e:
il vil avec trois femmes à la foi qui sont
à demeure chez lui. &gt;J
ainte-Deuve m'a
lais é des carlos, m'a écrit, mais il n'c,t
jamai entré dans mon alon. Tl e t admiré
comme écri,,ain, r. Limé comme critique:
quand il a parlé d'un livre, son jugement e. t
acr.epté; mai-, comme considération personnelle, il n'en a pas. n a fait de · pied et des
maio pour entrer au éuat, duquel, pourtant, il e moquait. - Il a écrit du mal dt!.
personnes qui lui avaient faiL beaucoup d '
ùien, LI pas e pour très gourm,nd; et, comme
,je rai dit plu haut, a rie pri1·éc esl lrè.
immorale. - M. Sainte-Beuve n'a c1u·un Dieu,
le plai ir ; il n'a aucune conviction religion e;
et, un jour, en parlant de l'homme du peupl~,
il disait: &lt;( L"bomme .an éducation e tune
lleur de •bamp , tandis que je uis une !leur
de serre. Jl
nien moin qu':imusédela urprise, ainteBeuve 11e voulut ·pas rester ur r..elle impres. ion. afineplumeétailàportéede a mniu.
Il gri.ll'onna uae maligne répon e qu'il r, ,_
l.Ourna, en même Lemps que le carnet, à la
marqui e Roccagiovini.
Mais voici le texte de celle réponse. Il vaut
d'ètre lu :
t

Ce .16 jnin ll!tl •

« Princesse,
« J'ai l'honneur de ,·ou renvoyerles cahiers
manuscrits, que vous m'avez !ail l'honneur
de me communiquer. Le hasard est, quelquefois, malin el spirituel. Il l'a tté, celle foi .
vous en conviendrez vous-même, en me donnant l'occa ion de lire, et par vos soins mêmes,
prince. e, certaine note me concernant et qui
n'est pas due ioule à Mme de 8 .... Je serai
tenté de vous en remercier. Cette circonstance
me permet, en effet, de vou faire observer,
... 366 ...

prince se, que, si je ne suis jamais entré dau
Yotre salon, ce n'e l pas Taule, assurémrnl,
J'y avoir été -conl'ié- par vous. Ce n'est donr
point à mon peu de cot1sitleration, comme
vou dite , que j'ni pu devoir do 11 'y être pa-.
admi , mai à une discrétion de ma part el 1t
un éloignement instinclif dont j'ai à mè féliciter, aujourd'hui.
« Quont aux aulfes inculpations graves
dont ,,on n'a,·cz pas craint de salir vutrc
plume, il en est qui e réfutent d'elles-même ..
Comment se pourrait-il que j" eu se tout fail
des piedli el des mains pour entrer au Anal,
quand je n'ai jamai fait d'article , nr l"/Iii;loire rle César, n"imitanl point &lt;&gt;11 cela ~I . d'
M... (Mérimée)?
(&lt; Quanl anx convictions relirrieuse , vousmêmc, priucc. e, m'avez plns d'une foi mis
sur ce ujet, lors1ruej'ai eu l'honneur de vou.
rencontrer. Et je pui · dire qu'à la rrudité
avec laquelle vous vou exprimiez, il n'eùl
tenu. qu'à moi de 1·01ts juger ùoauconp plu
irreligieuse que je ne demanderai~ jamais à
une femme de le paraitre.
« Ma vie privée a un a1•antage i elle a se.
faible ses, elle est naturelle et an grand jour.
Or, l'histoire des trois femme à domicile est
une légende vraiment herculéenne cL dont je
n'ai pas à me vanter. De tout temp , ç'a été
faux el archi-faux, comme le a,•enl Lous les
ami·, qui m'ont visité, même en me beau~
jour~.
&lt;&lt; Ce qui me choque peut-être le plus dao.
ce pas age si indigne de votre plume, c'est le
mot que vous me prêtez. Qu.oi ! j'aurais dit
qn'un bomme ans éducation est nnc fl.eur
ries champs, tandi que m i, je ~ui~ mu:
/leu I' de serl'e ! , on, non, croyez-le bien,
princes e, je n'ai jamai pu dire ni penser
11u'un homme fùl une lleur . .le réserve ce.
images pour un sexe dilîérent.
« Veuillez agréer, princesse, l'hommage
définitif d"un r . pecl rrui n'aura plus lieu de
'exprimer.
Cl

.Al TE-BEl'VK. I&gt;

Matllilde n'avait point de tels .crupulc. à
l'égard d'un ceplique, étant elle-même l1ardimenl lihre-penseuse. L'esprit de ainltllcuve lui i!Lait néce aire comme le pain quotidien, et son immen.e mémoire, el a parole
expressive, el on int~Uigence unique de
toutes les onccpüons de l'e· pril, de Lous lts
détours de l'imaginalion et du cœur.
Il 1' afait bien dan on salon des ironi 1es
comme ~férimée, de malintentionnés comme
le Goncourt, qui ne pardonnaient pru au
lundi te du ilfonilew· de n'avoir jamais t'.-cril
sur eux l'article tant espéro ' de· railleurs
J. lis écrivaient, Îl ln date du 'H mars 1 69 ,
« Continuellement nous allons chei, aintc-Ileure,
q11i,' en dépit de son peu ,le go1ît P911r notre rumnn,
est di,po é il lui ronsi1crc1• 1m articlo critique. Et,
penolaol une heure, il nous tient sous une e,pêce do
·ermuo rabâcheur et ai!l'll tourmnt, p;ir moment,, il
Je ftCCûs t1·u_oc colè1•e en enfance. •
Ailleurs, li propos de leur portrait du même aintcBem·e, qu'ils a,•aienl en tous sens piq1111, d11rdé, &lt;l 'ooe
pointe eo1·enim~e, ils se défendent &lt;l 'a,oir ob~1 a
·uucnn petit et misêralilc sentiment, en le l'ai anl si
noir, s1 d~s11.vaot.o eu1:, euJ •1ui avaient plutùl li se
l1ml"r qu 'à se plt11nclre du yritiquc.-: muis ('nnfos e11l

1-.JI

P~1NC'ESS'E

enfin passant le temps à éplucher le physique cesse· elle le comblait d'attention , de préveel le moral du grand é ri vain, critiquant nances; et. pour se rappeler à es l'eux, reml'homme, se rnibfossr , ~es manie , les a[ec- pli ail a petite mai ·on de ll.lenus souYenir
lation Ye timenlales, qui lui faisaieaL re- et de présC'nts aus i utiles qu'agr~ahles '.
chercher les couleur claire , j unctte , prin~i rréquenle rLait la communion de leurs
lanière , sl!S sensualilés cachée , el le per- pen'ées ! Quand il n"était pas à a Labl·•, là,
fide haùilelé' de a plume, tout enfin. Car eau. ant, anecrlotant, il tournait à on intenon s'orcupai'l conlinucllement de aintc-Be111·e, tion, de loin, 11uelque·. unes de ce délicieuse
akenl ou présent.
Lettres i, la /&gt;l'inces,:e eFOeurant d'!s actua« ainte-Beuve est malade, venait dire lités b1 ùlantes, procurant à Mathilde un enJérimée; il a autour de lui, comme ïl était
ible plai ir en lui di ant nn peu do mal de
valide. une grande quanLité de remrne . ll
l1mpéralricl', ou tenant en perfection son rôle
a Quand j'entend - ainle-Beuve, remarde co:iseiller littérnire, dirigeant se lecture ,
quait, dan un autre instant encore Jules de l'e:xcitanl à écrire et rectifiant, à l'occa ion,
Goncourt avec es petites phra ·es courtes les enlol'rns de on . tile. Et, mainte~ fois,
loucher à un mort, il me em1&gt;le voir des elle allait continuer la conversation, écrite ou
fourmi- envahir un cadaHe; il ,·ous nettoie parlée, chez lui, dans ,on abhaye de Théune gloir en dix minute . n
lème, implement, en amie.
ff Sainte-Dcuve, fai ail ob erver un troiC'r L dans no de ce bons moment d'elfü~ième, est Loujour occupé de rai onner sur sion • pirituelle que ain le-Beuve peig 1îL le
l'amour. Au fond, CJn'aime-t-il? fiien si ce portrait·de ~lathilde a,·ec se touches lllS pl11~
n'est le livres de sa Libliothèque et la vie raffinée et de. tlélic.1tc ,es de paslrllislc. Vn
commode.»
éditeur anirlais Gleaser projeLanl de publier
Et c'était la tour d'un quatrième. Eudorc un volume sur la Famille Impériale, al'ait
oulié, donnant à savourer aux écoutants manife~lé le dé ir d'en aYoir de page . ous
celle aimable présentation :
i, Oui, ju tement, il y II deux ::linte-Oeme:
le aintc-Beu1·e de sa c.hnmbre d'en haut du
cabinet de travail, de l'étude, Je la pensée,
de l'ei:pril ; et un tout aulre ainte-Beuve, lt!
Sainte-Beuve du rez-de-chaus ée, le ainleBenve dans a salle à manger, ~a famille, au
milieu Je la manchote, .a maitresse, do
~la.rie, sa Cui inière et de .e deux bonnes,
dan ce milieu bas~ ainte-Bcuve dernnu un
p lÎL liourgcoj fermé à Lon IP_ grands côt i
de la vie d'en haut, une e pèce de boutiquier
en goguette, !'intellectuel rapeû é par les ragots, le rabâchages d'une bande cle femme . . »
Et l'on brodait ur le po.négyrique; et l'on
pa sait uu bon moment, à Saint-Gralien, am:
Irai et dépetl du critique, retenu dan on
erruila 0 e de la rue Montparnas e par le feuilleton du lundi. La princcs,e écou tait, souriait, el n'en appréciait pas moins à son mérite
l Montai.,.ne du siècle et de son alon. g11c
:ms i • e disait à part .oi que i !'écrivain
mettait le somerain hien à savourer les joui'•
an e&lt;: . piriluelle , il é1ail de chair cl da sang
comme « les pelils saint~)&gt; qui le dénirrroient
&lt;levant elle, el elle pas ait condamnation sur
tUcht Braua. et C1• .
le re te. Elle ne l'en avait pa avec moins
PRtl\:CE: jÉRÔllE, EX·IIOI Dl: \\'ESTl"IIALIE,
d'a surance rangé parmi les sage de la Grèce,
PCRE DE LA PR!SCESSE l\l.ATIOL.DE.
dan la peinture !1 la plume qu'elle avait
essajé de faire à sa ressemLlance1.
Elle songeait à lui gracieusement et sans la signature de l'illustre écrivain. ainteBeuve tardait à lui donner satisfaction. Mai
que c tout IJonnemeol 1 (quel adverbe, en la cir&lt;•oost3nce l), ils nvaient été mordus par I ur désir
•l'annlysles, leur !Jesoiu de pousser i,, fon,1 la p ycbologie il'nue in1lilidu•lil11 très compte. e, elc. Qu'eflt-r~
••lo donc s'ils ar•ienl eu, en outre, contre un hmnmP
,1u,si 111nlm1&gt;nti, de gril!f p"1' ounef.o! ~t tle motifs ile
raneune ! El . ninto-lleu ve, 911 i pourtant ne pa a jam.ai,
pour 11n pril èr1•J t1le cl ing~nu, 11inlc-Jfauve, dn11q
ses Lettre à ln prillces..t, n'orriltail tias ,te rliri•
lOul lo bien ima"inable tl nmis Goncourt, de. chers,
de&lt; t'xcellcnls Uoncourl !
l. \'oir en lillc de i,1di1crélio11s Pl Som·miN,
publi~s p~r J. Trou bd.
~- • Je ne jmis me rcloumrir. don~ ru~ ah~mhreLl~
d'&lt;:tude, lui èl"ri rnil-il le ::il dt!N•rnhrc IR62 srn~ l"
vo11· u,1 . 0111rc 111111, une imoge, ni l,·np m~rchcr dans
mon ,~lit hc~ 11101, ni mème m'y ossooi,· 1111 pen do111·1•mcn l, sa.us (n'nprN·n~ir rpie' j'ni affaire ,le 11111s

côtés à des objets, - sou,•eoirs de bonn grâce el
d'ingénieu c indulgence. • l,e Lellre.~ à u, prinatHe
sont criLl'·es ,le remerciement.! eiprim~s .:n détail,
pour le· urpri e ennuell,• ou occnsionnolles, •1u"aim~il à prodiguer la ll(Jnne 11rinre so. C'Nsil 111Jur une
écr110ir('-[1CDdutl• (\XII ), une ~lie et chrncle C()UferLur • nrlislcmenl ouvragé• (XXlll), une grnmltl aqu11relle d'elle-même d'itprès un tahle.iu Je ChtlJ'llin (1.IX ),
llDO lo.mpo somplu use, qui, m~me san ~Lre ollumél".
,•c lairait te 5~lon sombre , une pclilc taùlc 11·1111 merveilleux dc.,jn Ittre ou pers3n. des ho11tons ,1'01· pour
ltl 111~Hre el le scn·ante$ (X.C\11 ), 1111 cxccllcnl fauleuil (CXL), un métlaillon p@r 13 retilo cui.inière
Marie, un e Loguè pn11r la gouvemnnlc dn togi , um•
llrneDul'1111r (CLIU 1 ; - u11 mngniliqur lo{li~ (C l,txXIV ),
cl le rc,le lion! Mu!! n'~voas p,s eonnnisincr.

..., 367 ....

JK.JlTHTLD'E

'ET SES AMIS

la princesse était venue daos sa campagne parisienne. Elle était allée poser chez SaintcDeu\'C, comme l'eùL fait une grande dame du
xrnr• iècle devant La Tour; il prenait des
note en la regardant, eu l"excilant à eau cr;
il fixait une à une les nuances de on être
moral a1•ec la sûreté de vi ion, q11i n'était
qu'à cet anatomi le littéraire. Et, par repréaille d'amitié, ~Iatbilde avait, de mémoire
et Ll'âme, e qui sé le portrait d11 peintre.
De temps en temps, elle acccplail do dîner
chez lui. On entendait dans la rue paisible,
encore an trottoir ' , tout en villas et en jardin , le roulement d'une voiture : c'était
celle du prince Jérôme ou de a œur Mathilde
qu'on attendait, en compagnie de plusieur.
invités. Le nombre en était re treinl comme
l'e pace. Oo n'y avait jamais été plus de cin11
à ix, an crainte d'étouffement. Mai Socrate eùt trouvé sa mai on a sez grande, pour
t·ecevoir ceux-là! l)'or&lt;linaire, 'ainte-lkmc
leur faisait, à l'un ou à l'autre, la politc se de·
les prier de désianer le cboi des convives, 1,
leur convenance ~. C'est ainsi q11'à l'occa ion
du fameux diner du 10 a l'ril 1 68, dil dn
Vendredi saint, qui avait été dèlllandé par
le prince apoléon, à la veille de son départ
pour Prangins, furent inscrits sur la li,Le:
FlaulJert, Taiue, Reuan, Charles Robin,
About, tous o.mis de Jérôme. En ces grand
circon tances on mettait tout en mouvement
dans la petite mai on. Et Sainte-Bi:uve, rar
une coquetterie qui lui était particulière, prenait le _oin de répandre sur le parqucL de sa
charnhre de travail de l'eau de Cologne, pour
&lt;"ha.ser l'odeur d'encre, disait-il. La petite
cuisinière Marie faisait entrer ces hôte;; illu Ires dans la salle à manger ot1 sè dre sait
«comme le diner monté &lt;l"un curé rece,·ant
son évêque ». El la conversation commençait
au potage. ,le lai.se à penser 11ueUe elle poumit être, avec des pnrlenaire Lels que ceuxlà, et 'ieu\\erkerke, le docteur Ye ne, le rhirurgien Pbillips - le ca.seur de pierre comme e gratifiait lui-mème ce grnnd opérateur de vessies malades, iraud, llme E pinasse, les Goncourt, dont l'esprit pin que fos
denls s'apprêtait à mordiller. Jérôme-Napoléon, qui témoignait 11. ainte-lleuvc une
wande amitié, n'aimait nulle pari, commt'
lhez lui, 11 lai er déborder le trop plein de
son iotelli 0 ·cnre. Quant à Mathilde elle arri~
vai t toujour îorl "aie, et comme si ell • e
rat promi · de bien s'égayer dans une partie
de garçons.
Tels avaient été les rapports de vive ympalhie el de parfaite amitié entre l'écrivain
Au tvuc• ~wde. Mme de Tencia, qui, par plaisanterie, en,•oyail li J1~cun de ses habilu s ge11s de lt-1tre , comme élrenucs Jn nou,·l•I an, deux aunes ri,,
velo11l'l! pour . foil'e une eulollr, n'y meu~il pas !nul
tir hormr Rrâcc et de ,•nriélé.
5. Témoin toll.e li,llrtl d'in\ildtion , da.téo du %

mri 1860 :
Prince~se.
C'est .Jonc à mt•rcrctli 1&gt;rochain mil r~te..l' ~¼:tis un
mol à l\l . de Nie11\,erkcrke ..le 11r1hiens nu .i 11. de
Gira~in_, mais c'est à v~u.s, P:incc~~e. r1u'il appnrtÎl!lfl
,le I uw,tcr en rorrnr. J ~•. Iller, d,r nn mul i li. U1ra11d. Le nombre 5.ix c t atleù:11, le pl'lil solon, lieuroux et c111n1Jlil, me crie : C'est asse: 1
J 11i h ,·aus, princes.P, ~'' l'C hidn du r~Rl'&lt;'CL ,•t
ile l'n.llactl\'mrol.
S\I ·rn-fü,t,r..

�r--

msT01{1.ll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~

Charte ainte-Beuve et la prince _e Mathilde.
~lais, un jour, el tout 1t coup, celte belle uLentc s'éta:it hri ée à "'rand tapage. Le cans
de la brorulh• forent exclu ivement politique-.
Depuis quelque temp , la princes e ,•oJaitla,·ec
humeur 'aintc-neuve rece\•oir dnn l'intimilé
del ennemi' inéconciliables de l'empire, tel
11ue cherer, NefflZer, n1brai-d. a contenance
au Sunat ses di cour , ses lendaoce libérale
de plu en plu déclarées, .a conversion à
gauche, .a rupture en un mot :ivec le fond
des idées napoléonienn avaient révolté l'impérialiste de race C[n'elle était. 'n article
publié dans le Temps précipita la crise. Il y
eut une cène violente dans le cabinet de

ainte-Beuve, ou elle était accourue, 'Il un
1tal de surcxcitalion et ùe colère indc-criptiblc; des paroles turent prononcées là et
chez elle, des paroles tombant de a bouche.
très dures, sans l'èlre autant que voulurenl
liien les rapporter les Goncourt en leur récit
fantaisisle.
Tl y eut de éclat indignés, et des récrimination d'inrrralilude, et des mots d·amerlume regrettables. Cel accès de fureur
d'une amitié, qui c cmyait trahie, eut on
Lerme. falhilde 'efforça de u'y plu :onger.
ainte-Beuve demanda des con olalioo à la
philosophie or l'incon tance humaine.
Cepend:int, il oulirait dan son ètre phJ-

sique cL approcli::iit de .a ft.n. La rnème année
·aggral'a cruellement la maladie qui le minait depui de mois. Elle le ut, et e ras ouvint de l'ami dll pas é •)U 'elle a!lait perdr ·
irrél'ocablc!meat. 0ublieu e de 't! grief , fond' ou non, elle fil d~mander des nouvelle.
au dévoué ecrétaire, confident et :uni d •
'ainte-Benve, Jule Troubat. ur .a répon e
toute médicale, inspirée et tran mi e par le
docteur eyne, clle écrivit. On vinl apvorler
à , aiot~Beuve celte lettre où perçait un enLiment inquiet, ému. [I répondit. ur on lil
de mort, il dicta pour elle à Jul Zellcr l'es
dernières ligne . Il mourut, réconcilié a,·ec la
princesse, le 15 octobre i 69.

(A SUÎl'rit,)

F'Rfo~~ruc LOLJEE.

Aux Tuileries
IR.U.

1.e roi me contait qnc Talleyrand lui avait
Jit un jour : - Vous ne ferez jam1i 1·ien de
Thiers, qui erail pourtant nn excclleiu
insLrumenl_ Mais c·e. t un de ce· homme~
dont on ne peul e ervir qu'à la condition de
lr~'- ~alisfaire. r, il ne era jamai saû fait.
Le malheur, pour lui comme pt111r rou , c'e t
tfUC de notre Lemp, il ne pui . plu 'tre
cardinal.

""'

A propo des fortification de Pafr, le roi
me contait comment L'empereur Napoléon
apprit la nouvelle de la pri e de Pari par les
al1ié .
L'Empereur marchait sur Pari à la têt de
:\ garde. Près de Juvi · ·, lt mt endrojL de
la forêt de Fon tainebleau où il y a un obcllisque (que je ne vois jamai sans un errement de cœur, me disait le roi), un courrier
rrui venait au-devant de Napoléon lui apporta
la nouvelle de ln capitulalioo de Paris. Paris
Hailpri. L·ennemi y était entré. L'Ernpere11r
devint plie. Tl cacha on visage dans ses den
mains, el resta ainsi un quart d'heure immobile. Puis, sans dire une parole, il tourna la
bride de son che,•al, et reprit la route de
l~onta.inebleau. - Le gén •rai Athalin as-

si tait à celte chose el l'a contée au roi.

TI y a quelque jours, le roi disait an mnr ·•chal oult (devanl témoin~) :
- ~faréchal, 1-'0u som·imt-il du iè!"e dt!
Cadiz?
- Pardieu, sire, je le crois bien t ,l'ai
as ez pe·té de\'anl ce maudit Caù.iz . .l'ai invesli la place et ,l'ai été forcé de m'en aller
comme j'étais venu.
- ~faréchal. pendant que von étiez de\'ant, j'étais dedan-.
- Je le sai , sire.
- Les eortès el le cabinet anglais m"offraientlecommandementde l'armée e~pagnole.
- Je me le rappelle.
- L'offre était grave . .J'bé-itai beaucoup.
"[ll)rter les armes contre la France! pour ma
famille, c·e L pos ibl ; mais contre mon pa 3s !
J'étai fort perplexe. or ce entrefaite·, vous
me files demander par un affidé une entrevue
eorète, entre la place el ,,otre camp, dans
une petite mai. on située sur b Cortadura.
\'ou cnsouvenez-vou mon ieur le maréchal?
- Parfaitement, ire; le jour même ÎllL
fixé el le rendez-vous pris.
- Etje n'y vins pa
'est vrai

a'l'ez-vou pourquoi '!
- Je ne l'ai jamais u.
- Jo vais vou· lo di re. Comme je m di po ais 11 vou aller trou.cr, le commandant
de l'e cadre ang1ai. , avrrli de la cbo e je ne
ai comment, tomba hru ·quemcnl chez moi
cl me pré\·int que j'étais sur le point de
tomber dans un piè"e; que, Cadiz étant imprenable. on dé e pérail de m'y ai ir, mai
qu'à la Cortadut'a je erais arr· té par vou ;
'lue l' Empereur mu lait faire du duc d'0rlJan le econd tome du duc &lt;l'Engbiea, el
que ,,ou· me feriet.: immédiatement fu iller.
Là, vraiment, ajouta le roi avec un sourire,
la main sur la con cience, est-ce que vous
l'Ouliez me faire f u.iller?
Le maréchal est resté un moment ilendeux, puis a répondu, nvec un autre sourire,
non main inexprimable que le sourire du roi :
- Non, sire. je roulai· vou compromettre.
La conYersation a chmgé d'objet. Quelque,
in tants a.prè , le maréchal a pri con°é du
roi, el le roi, en le regardant s'éloigner, o
dit en sourionl à. la p1moune r1ui entendait
celle conversation : - Comprometlte ! compromettre! cela 'appelle aujourd'hui compromettre. En réalüé, c'e t qu'il m'aurai!
fait fu .illrr l
VICTOR

.

IIUGO .

:r:

�Reproduction autorlslo par Manz..i. Joyont et c~
CHMIPIGNY. -

Tabltall d'ÉDOUARD.0ETAILLE,

Lieutenant-Colonel ROUSSET

LA GUERRE FRANCO-ALLEMANDE (1870-1871)

Bataille de ChampignJ)
Le 2 décembre, avant les premières luPurs
du jour, les troupes allemandes se IDt'l1ait'11l
en mouvemf'nl el altaquaitJnt sur toute la
ligne à la fois, depuis Champigny jusqu ·à

Bry.
A tla1J11e des position.~ du 1u co111s. Devant notre droite, 10 compaguies wurlt&gt;mbergeoises 1 , fractionné.es f'n t roi~ p,·tite, colonnes, descendaieul de CCPuillv el. gtâc.. à
l'obscurilé, au brouillard el f an profond
silence, s'appro('hairnl de Cbanipiµny ~ans
éveiller l'altl'lllioo. Tandis qne la colonne Je
gauche (5 compagni~ de cha"seur,) 111.,it le
long de la Marne pour aliorder la li,ière sud,
les deux autres venaienl se ma~sE&gt;r dt's d.-ux
côtés du Pal'c-en-Pointe, dans le.~ b,11p1e111ux
que nous aviom ntl~li:!P d'occuper, et prenaient _là lt&gt;urs di~positions, co111pl/&gt;lemen1 à
l'abri de nos vues 1 . A ~epl heures, co111me
1. Le 2• balaillo11 de chasseul'1! el 6 compagnies ,lu
7• régiment. Ces troupes apparlennieriL à la 1" bri-

g1~·
l,es senl inetles avaient bien entendu ,lu Lruil rl
constaté uu mouve111enl in$01Île dans les petits bois.
11). -

HlsTORlA,-

Fasc. 24.

pr1lcisérnent nn achevait de relever les grand'gardi&gt;s d" la division Faron, deux balleries
enn"mies. établies à cheval sur rancienne
roule dn Chennevières, faisaient pleuvoir sur
Champigny une grèle d·obus, el les trois col11n11es se précipi1aieot à la fois sur le Parctm-Pointe el le plateau du Signal.
Effarés par celle brusrrue attaque, nos
ava11t-11ostes lâchent pit:d; les compagnies de
pr, mière lign,-,, se repliant en désordre, enlraine11l dans leur panique celles qui vienllt'III d,•rri,·re, et la majeure partie de la diYisi11n Faron r"cule pêle--mèle vers la Marne.
:--euli·s, d,·s fraclions éparses des 35•, 42",
113• el 114e de li;,{»e, \fU-8 leurs ornciers
réussisst'nl à mainwnir, opposent aux assnilla 111s une vire ré~istancc dans les maisons et
clerrii!re les barricades; mais les progrès des
co111pngnies eouemies, qui se sont avancées

par la Marne, les obligent bientôt à reculer,
en sorte que, vers huit heures et demie, les
Wurtembergeois se trouvent maîtres de toute
la partie du village siluée à l'est de la rue de
Bry.
Cependant, gr:lce à la fermeté de ces braves
gens, généraux et officiers avaient pu rétablir
un peu d'ordre dans les bataillons afiolés de
la division Faron. De son côté, l'artillerie
était accourue et entrait en action ; 8 balleries venaient de s'établir à l'ouest du village,
en avant de la Fourche, eL de là canonnaient
les hauteurs•. Leur intervention permit à
l'infanleriè de se ressaisir; le général de la
Mariousc ramena d'abord dans Champigny
quelques compagnies, bientôt suivies de la
diYision tout entière, el les progrès de l'ennemi se trouvèrent momentanément arrêtés'.
Pendant ce temps, des compagnies du

Mais, croyontqu'il él.\il ,·ansé iJ'.r l'arrivée de sapeurs
••e11nnl organi,er la &lt;L:fense, elles ne s'eu étaient pas
au•remenl préoccupées.
:'i. 5 de la division Faro11 CL 5 de la réserve du corps
d'armée.

4. L'offensive des Wurlembergeois aurait été bien
plu~ complèl~m1mt rompue. si, comme on. étoil en
droit de I esperer, les batteries d.e la presqu'ile Saint~lanr avaient pris &lt;l'écharpe leurs colonnes. MalheurcusemenL, aux premiers coups de fusil, le général

�.--

1f1STO'l{1.JI

• ur la voiti ferrér,, en avanL 1)11 p:i agr de la d',hroo. Ccpend ni, la itu· Lio? d la hri!!:id
Courty commcn il 1°1 Jcvcnir critique: car,
roule J1! Dry; deu L:iUeric de la r~~·r. .
la Platricre, où, imme on , i,·nl d • le mir, ell •
d'un• part, le l,ataillon ·axon entré d:in, Ilr ·
po
ti•r
•nl
ur
le
pente
du
r
vin
del
Lande,
·'étaient !!li· ·ée, par . urpri · , avo.i nl abord•
imJ1:iift1nit snn Il, ne gnucbc p:ir . feux 1'',
~
auche
Je
ccll
•
déjà
en
po·ition,
cl
le
f1
Il
Ill pl, teo.u dn i• nal. Hrfoulanl d'aliord I •
d·autre
pnrl le· ball parlant de illi r
rand' rdl de la hri dt! lartenol (dhi:ion intcn. e qui 'alluma aw ~ilôt donna la brilabour:iienl
sou flanc droit. Eli· v nail à
.le lalroy), con lilu par un Latailll)n de la gade Jarl •not. fort éLranlée par le cboe p ined'èlri&gt;déb:irra 't~de on pr&lt; mier onci,
qu'
11~
vail
ubi,
le
rc'pit
néces
aire
pour
se
C..ite-J'Or, dl avai ul prornqué de ce côL'
quand l'ordr de ballr en r ·traite, o~o~~
une panique analo!Ztlc à celle de Cb mpil!ny r cou liluer.
par l • giln lral llucrol, arri,·a &amp; J, hrig:idt!
Alta11ue iles 1'° ilion. du 2· rorps. - l&amp;
l!t rejeté p11 I •-mêlt• -Yer Ir p0nl dr Join\·illl',
Uaud 1. C'en ét it fait d troupe du nén&amp;nl
•rand'gardc
d,
la
fo·i..ion
B
•rlhaut
1.
qui
pre 11ue an~ coup ftlrir, no malheuren. olCourt i «: l ordre .' •xécutait, ~ r. ssail.111·~
dat· transi. de [raid, mourant de faim cl l,·naicnt l'e pa compri. cntr • la litm de 1fr front. de llaoc el à r ·~er , r.lJ.- eu ·,cnl
d 1·oricnlé pnr la oudain •té d'une alla11uc à ~lulhouse et le chemin cr1•u courant au . ud t11ê mises 11:in. l'impo ·. ibilité de c défcndr .
laqut·lle il~ ne 'all('ndai nt p.1. • llicntôt, heu- J Br • a,uient ra,·anla"'C d'être proténée
p r J Lr,nché _ nombr•use·. fort l.iabile- Fort heur usenJ1·nt le r~nl d la hri ade
reu.emenl, 1 r rmelé des ofiic:ier de molJil ·
llauJcl fut amH: • t 'mp., 11ar . uile de ciravait triomphé de c·cl in tant d • lroubl , l'l 111 nt réparti ·. Grâce • ce condition. avan- conl-t, nccs 1(11 voici. \' r huit beul't! du
l'entr :c en lign de Lalleric dl' la dl\i ·ion t geu • , 1 ll • ne fuM1l pa urpri · , el matin, 1 général en clwt, ,·oy nl le dtl arroi
de Malroy, accourue en av nl de Four à r çurent · ans faihlir l'attaque oud in du J Champign · el J · Four~
u1, ·t rr:iicb u1. :ou\ail, iri comme à hampi"D)', une 1" r gimcul d WnrlemL flT. 0 reu bien irnanl qu ·• i le 2 corp était furcé hientôt
.ilua1ion a~ t gr vemcnt cvmpromi. e. ou · diri il et à court di tance refoul celui-ci n d' ·,-acuer
pa~itioo , la hri!!:l.d 11:iuùel 11
1 ur prol lion, 1~ lil'utenant-colonel d · Gran- d ordr . or Vilfar , ,l'où il éuit rti. Pro- ~e troudl ·ern • entre l attaques \r.oant de
filant
,le
ce
~ucct
l
•:.
;
Lnll
rie
cfüi.ionnaic •i, commandant le régim •nt d I Côte-d' r,
r el cell • de la r • er\e du :. corp vinrent i 'oL -lt:-Grand et celles déhoucll3nl dl! \'illicr ,
r, Hia la majeure parti d • .on monde el.
3 ,·ail foil pr •,cr ire
CP.lie d •rnièr de
précipita au-dc,•ant d • a aillant . A a au- immédiatement s'installer 1111 nord du hemin repli r ur la rir droile d b Marne. M, 1
de ter ur lu p nle et même ur la cr le du
cbe, l lieutenanl-&lt;!olond de Vi nrral, ù1•
quand arriva ou général llau1lel l'officier
mobile:. d'llle-rt-Vilaine, •otraina é"alemeul plaleau d • \ïlli r ; la canonnade éclat a,·ec d' 'l l-major port ur de !"ordre, 1 iluation
,iolcn el l'on ,·il enfin l' rtill rie jouer on
n ré,.im nl ur I plateau du 'ienal. pr •,
rôle véritaLle, IJUi l de préparer I • Yoie à t&lt;t.ait d{jà •nsibkment m ill •ure, et la brilun• lutte a(·harné '• don lnqudle ces hra~e
lante otîen. h·e du •rnéral Paturel, ain i que
mobile lai èr •nt ur le lt'rrain "O orfich•r' l'infant rie t d~• lui ouvrir les clrnmin .
1 remi ,: en mains d 1 divi ion Faron, éloiepend:m1
à
l'citr·me
"àU
·he
de
notre
1
cl 600 bomm 1 , l
urt m rgeo· duNnl
gn. ient l' · craint qu'on avait pu concc,·oir
é,acu r le plat.eau du Si,,oal el · e réfuui r, ligne, le afTair · n'allaient pa au . i bien.
ur I orl de notre aile uch . Le én~ral
parti dans la Plâtrière, p rtie dan le boqu - 'froi Lataillon . axon •, ,enu, de (oi. ·-1 - flaudel commen il néanmoins, « à r1• rel,
Grand,
avai
nt
warch\
d
•pl
h
u
··
du
taux ou le· ,·i'r••er · voisin de la .l/ai:io,1
èl p;1r ~uite lr • lentement" , , son moure/lo11ge'. Là, rOce aux abri • il pur DL ré- m, tin, conlre le villa• de Brv. L'un d'eux, m~nl rétronrade, quaod, par on ha rd donl
prcoant p r le nord, , ·eu .,; Jan le parc
. 1stcr à tout nouvel a saut.
1
0 winck, qui. on le :ùl. n'alail poinL :lé il fou L • réli ilt!r, le én tal 1 rocbu en pt! r!Jan. l même Lemp~. la g uch du i"' corp.
sonn
,
arri
an~
à
Br·
en
mom nt, lui
n,ait él n illi par d ux compagnie wur- oc:upé, cl put arrh r ju qu'à l'entrée du pre ri\·i l de l'arrêt •r el de r 'prendre e-.
temLer eoi ~ ", qui. Ion"· nt le chcmiu de villa e, 1 ndis que Ir deux autre . parvi:- po. ition·. Le général ourty était snU\é.
( r, s'i•taicnt portér ur le !toi de la l,:111dc. naienl en longe nt la li ièr • orientale du parc.
Déploiemenl de l'arlilleri.P ennemie. l orl heurt&gt;uscmenl, l1r troi compa ni · J • Le troupe françai, ,, qui occupaient les pre- Cependmt les Allemand , ,·oyant que la ·urmii\r · mni~,ins •t la barricnd · ool ~urpri ·c ,
grancl'gnrde 1 , bi n qu urpri.e comme 1
capturéè
, el le pr mier bal ilion ooemi pri e aHÎL partout · houé, on ient mninautre • n , • l:li r ni pa démonter par la
':1vance par la grande rue. L •~n 1ral Oaud 1 tennnl à emplo ·er le· moien ordinair
panique; ell - ré i tt'-rent au contraire ,·igouse
port au
onr d • s0n aile ••auchc avec d'attaque. Leur· ba.tteri · e d~plo)·aienl ur
reu em~nl 1 , cl permir·nl ain iau én ral Pal pl:itl'ilU, cl comm nçaient à couvrir d'o!JU,
c bataillon de r · ne, et l'nga,.,e d:rn. l ·
ture) de r 1unir ropidement quelque com1 ,; po,ition~ françai · • .
pagnie &lt;le a hri ade avec 1 1u Il il ru 110 com~I vi lent qui coùt de pcrl
Ou plateau de Creuill~ ux bord d • Bel10 • en même
.
n
lanl
au1
de111
adrnr
aire
·c jeta n avant, dé •Kea
avanl-po~le
ir
et de J/011-ltléc, '2 baUeri wurtemLcrain i quc 1 1.Jallcric fixe in lalh!e d n la car- Lemp., le~ troupt•s de la !.,ri de Court·, "OOÎ
cl t I J11 Il• eorp tir Ill ur
nccut1rant ~t· plnc•·r en croch l d :f,m if fat:t•
rière 11ui e t au ud &lt;lu r tiL boi , t reîoul
Champi
•n~.
onLe heur
du matin,
1, a:-~ill nts ver \illicr., el Cœuill •. Le au nord ur le pt'nk · du plat.:011 1 prenn •nl
.\
pièfc
de
i:anon
r;arni
·
enl
le
cr te à
général Paturcl aurait voulu compléter ·on :i parti• le,; dcu"&lt; h3taillons Hmm tp1i ch,_ l' l de ce vill a , con tre-b llen t notre artilsucc1• et pour~uhre l'épée dan 1 · r1•io l' n- wineul le long du P3rc llewiud. cl entam nl lerie, prt!lln nl en roua ' l ' pièc de la
d pi •d ll'rm , 8\'l'C t'U , une lullc 1ui I · ·
oewi en retrait · il en fut empèch , aprl'I
dhi ·on d Malro el de la dhi ion Bcrthaul,
11
•.me tenlath· • ~nergic1uem1•nl men 1e dan 1• empè•he de prtt'rt··.er .1Jan llr, ~ur 1 • el obligent plu ieur de n batterie pr ·qu,•
charnée, el
pourr,l\in, par le feu1 de llan • parti: du parc de pentes, la h taille d
HÙl
a,ec
J
ripètie
foers
,
tandi
qu~ compl'•lcm1•nl d' ·mparées, à e r•tircr ou 11
V1lhers. Touteîoi' ·on action vigourrwc amiL
rllCul I' ju.qu· hauteur du boi5 du Pl nt.
permi: au troupe. en rrière dt! prend1" l' rtillerie dn 5• rurp. , po léc • ur la rirn C.• batterie , déjà i épromées par ln lulle
leur di po'ilion· du combat; deu:t mitrail- droite de la ~larne 11 , joint on action à celle du ~O no\°embre, n'a,•aient qu·un nombr
leu e· de la diri ion Ber1b.iut vinr•nt 'étaLlir de forts de no~n). d • .oi V et du pl. Leau

1 , urLt-muer eoi , déhouchant Ju petit boi 1ie

1

0

1

1véc u1i1 nu de\'olr faire re11li r ur .'1iol-ll1ur 1
quatre btotleri, .le t-ampague (ilonl wu.: ,le grm a·
hl,rc) 11ui li(lttlaicol la lhrue; p r ui1e, c b,llcric
u • rendirent 1utun sen-ifu Ce ful li une ,li-ci ion
i111ini111 nl r •n-cllalJIC 1•1 ~ue rien n j 111i1it, 1, rivii•re 1. uranL l celle uhlh,rie une prol clion plu
qu,· suffi ute, tl.nt doon,· 11rlut1t •1u n lruu1•
o..-cupaienl encore la nve 01•1,osco.
1 L· li ul n1nt.- •lond ,le Grancey •lail fr■ pp&lt;' a
muri, 1 lieulcn nl,coloncl de \11tn.,111I grièv~1net1l
hie ·•. Cl 1(111 le ulTic:ittr ·ul'Cncur.s, .auf d u ,
bo de cumb l.
:!. Propri1itè rliculièro 1luée • Jr I

deol.al('!I '111 plaleou 11 • Cœuilly.
3. D11 1 • r •gnneul.

pent

OC(I•

u 'l• l•laillon du UI•.pilAine, "tl lm."fll tuer l,rnem nt 1)11
organi -~nl celle r :.· t ru·P..
li. rrc de 9ra11tl&lt;' 1&gt;crle• (dil 11 llelnti,,11 a.lle111C1Hde, 2- parhe, paire 5ii.
•
i. •,Il•. •t1i1•nl fuuruie,, par 11 IJriir-d,• IIO!!b •r.
. l 1
·ntioell u1ieot fait leur senice el
11r,:HnU ,fo l'irri~tic ,lo l'onoemi.
9. Ap1.arleu1nL a la~\• di~ij1m.
Il). LA! b11lailloo sa1on u1il pcrtlu pr •&lt;que t-,u
oOicicn.
11. l'ar 11110 in roliu°' com1·ideuc . le • h•taillon du
111i• frauç~i u·11t 1·11 face de l11i 1 -, bolaîllon du
lll1• . 3 llU,
\~. Il u.1 i..uerics en ■ moul ùca ponts ile ."euilly
4, t;il ·· •PJ•1rten1i •ul

:,. L •• tro1

i1 baller, 'l uoc mitr1ill •u. ur I uwn l,:;n Ju
P ·rr ui.
1;;. Li• ithl~.-.1 llau,lcl 11'1v1il 1,c lui qu'un I Il rie
&lt;le 1~ tli, ,~ino I li.al. \'oy1nl 1 ,langer que. roisai nl
i:uurir I la briga,le Co11rll I fauta, 1ns axons &lt;'mbu
qu,1 ,1111 1· ma· 11 th:I• li i r1• oricnl,le ,,,. Bry. il
onlouna à rdl • ballcri • d•• d••tcll&lt;'r u,,.. pu,;iti n pour
,111u11n r 1, p1rli11 nur.l du rilla . llèUI 1•illc .,
,e111111t au plu11 se
ter :ur 111 cri:le, à l"en,lroit 0t1
.1, l,011,h • ln chemin de \illit!n, Lin;r ni tle ln i
liOO 111 Ir.· snr llr1, el rèu ir ni • refouler tla,1 h•
llcwinck I • Îir ill •urs qui nou, g1'111i ni . [)an,
l'OUI! ■cli n. Il· la11r1111it'11/ le tlo• d l'i/lier,.
t t 1,,iit'•ral Ut · 1101, L•1 D~(mtt de Parù, tome Ill,
1111
'!Il (en 11011•) .

,,.r ·

�" -------------------- ---------------

___ 111STO"J{1A
insufllsanl de servanls et presque plu de
chevaux. Gràcc e1cpc11danl à l"éncrnie remarquable des officiers el canonniers urrivants,
elles purent emmener leur pièce , et continuèrl'Dl, sou un ouragan de projectiles
devenu d'autant plus meurtrier que le jour
perniettaiL maintenant aux .Allemand de
Ilien voir leurs objectif , à luuer de concert
:m:c les batteries du 1 cr corp établies dans
la presqu'ile de Joinville, en arri rede Cbampi&lt;rny.

Contrl! noire a.ile ranch~, les Allemand
avaient également étalili, Yer onze heures,
4 batteries (2 axonnes, l wurlembergenise
el 1 pros ienoe du Il• corp ) autour de
Yilliers. Un peu plu. tard, ils l • renforçaient
Je 4 batterie a.~orrne , au saù-e l de oi yle-Crand 1 ; toute cette ligne .outenaiL une
caaonnaJe rioll'nle contre Les batterie françai. e, du 3° corps (rive droite de la ~larn('),
du ~• corps et de la ré ene générale, ét.ahlie
sur la crèle du plateau de Yillier . Elle avail
l'a11aJ1ta e înconlestaLle de a position el de
la concentration des feus:, en sorte que, malgré l'admirable bravoure de no art~leur ,
plusieur batteries françaises, appartt"nant
prineipalemenl à la ré crvc générale, subirent
Je telle perl('S q11'elles furent obli&lt;&gt;ée de e
relirer. l..a plupart de no pièce réu~ irent
cepend.mt h garder leur po ilion el à ~outenir
ce duel "ffroyable jusqu'à ce que la balaille
ait pris fia. Aidées par les gros canons du
fort de I ogenl, d"A1·ron, des redoute et batteries fixe de la rive droite, elles parvinrent
même à élt1indrP. ver une heure, le feu de
l'ar1illerie ennemie p·&gt;~lée sur l'éperon oriental du plateau de Camilly, el obligèrenl
,:elle-ci à aller ·abriter dan un pü ùe
terrain, auprès de Mo11-Jdée', d'où elle ne
ortit pin qu'un seul in L.mt, dans une circonstance dont il sera parlé plus loin.
On voit que, dans celle journée, comme
dao celle du ~O novclllbrc. l'artillerie îrançai e, bien que dotée d'un matériel inférieur
cl rMuitP 1t de~ mo ·ens in uîfisants, déploja
une ardeur, une éoer11ie el une vigueur audessu de LouL éloge, et accomplit jusqu'au
boui on devoir, non sans succès. Cependant
le résultats obtenus n'é_taient pas ah olument
suffisanls et ils eussent été aulrement considérables san doute. si les puissantes batterie.s de la presc1u'île de aint-Maur n'avaient
été maintenu par leur cli~f, le 1ténéral Favé,
dan· une inexplicable inaction. On a 'o'U plu
haul qu , par ~uile d'nne fa.u se appréciation
de la situa1ion, le balleries mobiles s'étaient
retirées dè le délJuL de l'engagement. Malrrrê
Je in tances pre ~antes, et rnème le ordres
impératif du général en chef et ùu aouver-

L A varlir ile 1m1.e heurr. ;lu matin, la lignl.' cfo
l'arlilleric allem«ntl élail d ne conslilu~,i ~ia~i qu'il
ruil : 1«) P.111re 'ioi, ••le•Grn atl N Villfors, li h~lteries
saxonn , ; (bi enlrc Villiel's et Camilly, 5 lial~rie!
t::i ilu Il coq,s el ';! wurl~mbcrg •11i~e~J; (cl au oordest d~ Hel-Air, i lialkrie· (Il du Il• corps d 1 wurl ·ml~•rgcoi '; 1dJ 111 11,I ,le !Jfo11-ldl,e, 4 ba11e.1·i~,
(;; ,lu Il• oorp el l wurlf'mber:;euisP.). &amp;n Lou!,
'.l-2 lrnllrrÎ&lt;&gt;S,

:!. La Guerrcfra11c1rallnmii1&lt;lf', 2• pJrtic, p. 54!1.
3. Géuflral Oocnm, loc. c,t., lome Ill, pa~e 48.
4. L'vrganisalion tlu commandement élait il ce poînl
videuse que le général Fave, chngé dans la pr .qo"ile

near, ce bat1cri.e. ( auf 1roi qui ne tir renl

que qurlquPs coup de canon)• ne rurPOI pa
rarneoéeseo avaut; quant aux baltPrÎe fixes,
elle ne firent qu'un feu trop mou pour èlre
cl'licace. Le lla.1111uement sur lequel on était
en droit de compter de ce cô1r fi,, par ,uite
à peu près complètement défaut aux troupe
eng:i,..ées devant Champigny el le four à
cbau.ti.

Repl'ise de ronensfoe par les Allemands.
- Quoi qu'il en ·oit, au 1tcil - pièces en
batterie, el la canonn:ide en)!agée, le nénhal
de Fran. ecky avait ongé à rt•prendrc partoul
l'oO'ensire. La 7• hrigadè (du Ue corp ·1 élail
arrin;c à Cœuill) ,•ers neuf h,.nrc , il la lança
immédialrm~nl ronlre la droil l'rani,:ai - . Le
régiment de µ;rea3di r. n• \l .e dirig..a d'abord
,·ers le pcli l boi · de la Lflnde el Mploya es
tirailleirrs sur les pl'nlcs du plateau de
,œuilly; mai~ le général Patm:d. prt&gt;nanl
les devant~ , réunit rapidem,,nt lroi nu quaLre
cents Liomme , et, lllS ntralnaot à . a ~uite,
e jeta contre les Pornérani,,11 ◄ 1ui. s:in
allendre le choc:, su replièrèUl. l1alhour1•u t'•
ment, ils av&amp;irml en arrière de leur pr .. mière
li&lt;&gt;ne des réserv
lactiques qni, aussilôt
d.éma quéc , diri11èr&lt;"nt sur no brave.. nldat
une fu ·illade meurtrière. LI' géofral Pu111rel
tomba, grièremenl alleinl. et~a petite troupe,
désorganisée el lrè r~duile, dut reculer
presque derrière les Four- à chaux. Dtl là,
abri1ée dons ses tranchées d te· carrières,
elle OU\'ril à on tour · nr les grraadit·r. pru ien un feu de m•tu•queterie si i&gt;Îlicace, 1.p1e
œnx-ci rétrogradèrent ju qu'au.t murs dti
Villiw.
P,rndanlee temp., l'autre ré~imenldtl la
bric,ade, le 40•, s'était portéconlre Il! plateau
du Signal el le ,•illage de Clt:lmpi~?Y· nr ce
dernier point, le Wurtemherg&lt;!OI , maiirc
depui le matin de la, portion ori 11ntale, ,,ntretenaîenl av c le oldals du 5:'i• et du 113•
une luue acharnée, de mai on en mai on, d~
Larricade ea barricade, avec de péripéties
di,·erse , mai" sans pro~rès mar11ué. &lt;I D~ la
droite à La gauche, le village de Ch.ampigny
sembla il en feu .... Des meur1rière , d,is
fenêLres, du clocher, des barricades, d..
coin de rue, des h-iies , des 1·crger . la fusillade ~e croisait de toutes parls. Un homme
du 55•, e:i:cellenL lirenr, po ·té dan-i un grenier
en arrière de la rue du PonL, brûla. jus11u'à
cenl paquel de cartouchesi. 11 Cette énergique rési tance contint l'ennemi dan la.
partie orientale du villa e, mal~ré le renfort
que lui apportait le .t.9e. QuanL à la Plàtrièrè
elle fuL non moin vigoufo11Secneot d1;fendue
par les sold,Lt. du 121• cl du l22e, de la
bri!rade Patnrel &amp;, qui di pulL'renl a,•ec achar11

,le Sa111L-W11ur1l'unc mi-•ion ab&lt;ôlUmi!nt Cllnnem 3vec
les np&lt;'rations de la 1• armée. c cunsul,•ra,.L com,nc
cump],;temenl indépcmlunl, et du commmmlwl ra
cht•f, el ,h1 comman,lantdc l'8rlill,,,·illde cetll' arnoi-c.
Il e;limail il 1'11 1:crit lui-même, qne le:s iustructiuo~
,1u"il re1•P1·'.1il tl'cu.~ 01111~liluaicnt u!l empidlr,~""t ,ur
,es 11l/r{buJio1111, l}an, de pnt'rllles con•l•ttor!., on
·expli•1ue la mtluvnise c:rilce nec lnque!~e 1I . le~
a 11:(:Uetlli~s. cl lo peu d"emµr~!•p111enl q:1 il, • ~•• .11
pr lrr son co11,•onrs. Il fut ,1 ailleurs. ,fos le .! dec~rnhre ,u !'UÎr. rele•é d~ son rornm·,mh•mcol 114r
ordre du gouverneur; mais il éuoit Lrop Lard.
5. Génl:ral Occa&lt;1T. foc . cil., lomc 111 ,pa.-e 31.

nemenl le plateau du Sirrnal el réu sirenl
même à pou'ser ju qu"à la ,llai~on Ro11ge,
mai· sans parvenir à s'en emparer. Ces deux
bta\'e régiment perdirent lh plus de
tOOO hommes el virent tomber leurs c lonel
tde Vandeuil et de la Monneraye) mort llemenL atteint .
En résumé. nous Lenion bon dnns Champigny, à droite, dans Dry, .à gau,ihc, .et ces
deux poinLS d'appui de la hgmi frança1~e dé-fiaient les effort ré11été de l'ennemi. Dt:\'anl
tant d"opiniù.lrt'lé, le génilral ~e Fran eck~
'impatienlail; \'er di\ beures, ~l appela à lm
la .... division (du Il• eorp·) q111 éta11 à ucy
el à ~laroll ·, avec ciualre baltcries dl! l'arûllerlc di, corp~ 7, cl Gt prévenir le ,VIe corp , _à
Villeneuve-. aiut-Georges. d~ lcmr une briaade disponible à loltt é,•énl.'rnenl 3 • Puis,
:u il&lt;H la 6• Lrinade arrivée à Cbennevière ,
il la lança contre notre aile droite (on1.e
lti&gt;ure-.). &lt;( Contre Cbamp,gn ma.rchenl le
2e bataillon de chasi-eur poméramen&lt; el lo
r'«icnenl n° 5i (G• brig(Ul&lt;') qui unis enl
leur · cfibrls à ceux du ~• hataillon de cbaseurs wurlember.,.t"0i , du 7• ril inwnt wm·lrmber&lt;&gt;eois, du O régiment prus~ien n° 49
(7• brig,ule). des grenadiers n° 9 (fr~.)- En
même temps, le r6~t:iment n° li (li' br19mle),
dt.&gt;s•·endam de pente· nord du plateau de
Ccrmilly. 'avance conlre les Fuur à 1:baux.
Qualre bataiUoa, de la 5° brigade. formnot
ré er1·e, se t,enoenl au œnlre du deu allaque · sur le -plateau de Cœuilly; deux Lalaillon de celle bri•rade onl été dirig-~s sur le
parc de Villier , pour r •lever les Wurtemberire&lt;,i et le :t'lons fortement éprou,.-é- 9 • »
L'e11Lrée en ligne de ' importa.nt renforls amène tout naturelleme11t une recrude cence violente de la lutt.e. A Cb.ampigny,
les troupes de la division Far(rn redouble~t
d'énergie d decoura e: le~ sap•urs du "érue
creusent des cheminements de maison en
mai on, dt: maraitle en muraille, el nos soldat,, y passaal un à un, finissent par refouler
l'a saillant au nord dt! la 0 ra.nde rue. Pendant
ce temps, an ud du village, le 115• :-·usail
en effort iniructu ux contre une Lrancbée
perpendiculaire à la Marne, d'où il ne pouvait pan•enir à dé.bu quer le: \Vurtemb~rgt&gt;ois. Cinq homm résolus, sou la co11du1le
du ergent ubifo:m, Lraver enL la rivière n
harque .ous uoe grèle de balles, prennent la
tranchée à rever\ el en cha l'lll l' nnr.mi 10 •
OtJmème,unequarantaine d"bomm1• , emlm qué dan d,mx enclo· iLuPs sur le llanc nord
du village, -•y maintie11neat peniant pins de
ix hem·e t empèchenl par leur feu1 de
flanc l'a&lt;ll'er aire de pro..-rc tJr de ce côté el
de tourner les dé[en.eur de l'intérieur, C'est
Ll1 lmgaoie Palurcl avait dù ··41e11lire jusqu'a. la
Pliltierè pour ooucbcr tu trouée l"a11c .P.~• la retrwle
de la hriga,le llarlPoot p~esr1ue. lo1,.1 e,,L1r~e.
.
(i.

1. Cc sont ·e l;all•·rw qm. a,n'il. qu rl n ,!t~ &lt;i,L
plus lt•nl, alll!l'1·nl "ütahlir nu aord-e,L d • ~t'l•A•_r.
Il. f,'l Guerre fr1111ro-alln11ntd", 2• p 1r1t~. p. .i{ .
!l. G~n,•rJl lluclllll', {M. cil .• t,un·• Hf, p. 'i-,; ._
10. Ibid., pag,\ 41. - Lo i,ê". ·rai Oucrnl fa,1 .,~~le·
mcal remarqu .. r, 1l'arr·, rel mc1&lt;lrnl, cumh1cu I rnnc·
lion lie hallcri~ m1;i;ëes 1lu11~ lo boude ,te la ,1arnc
élail rcgr,•tlll.lil,•, i qn•ls ri'&lt;ull8Ls cil aura.icnl pu
olitenir, n touvr,11I &lt;lu fou\ de O~nc l,•s f~)rfl&lt;lS nlloroJtndes vcuanl de Che11ncvièr~s I de Cœu1lly.

'BATJULLT; D'E C1IJU(P1GJ\J1

seulement lor q11e, diminu~s de plus de moi- Trop expnl'é., avec dr. altclagt&gt;,, au feu r.01•1;rocha vonl cb,:,rcher d;u,s le. eais on~ :irrè1 é:,1 prè
Lié et à boul ùe mu11i1ion , il vont tHre ron- cle~ Pms iens. nos cnoo1111it'h' laisseul les ciii. llll~, da \ifül',c tlc Br) '. La lnlle e~t acllarnre, l
damués à mellr ba, les armes, que, plultit ilélèlenl Jc5 ch,wnu .. , lral,u·nl il hr,1~ rlea1 p11'cr, dtljà ln "auche allemande faiblit, quand l:i
que de soullrir une prtrl'itlc cxlrcooité, ils ju ,p1'i1 la li:tllerie. Déjà fort ltoi!llt:inl, l'ennemi se b1 iµade llaudcl, d bouchmil du I illo"e, abor,lr
r lire Jrnr •roup,•~. d'ob l.(lcl en ob. l:1rle, el 1li·le lla1a.illons ennemi· qui rou,·M,1 le~ pcnl · ,
évacuent leur po ilion sous une arèle de
par:iil dcrrii!r!' le pentes hais le•, pùlll'~nÎl'Î par
halle , et viennent, réduit à une poi!(nre, e noire mousquelhie el lfUelque~ coup~ Je 111i- au ud du cimeLiùre cl du d.mmin de ui ypo ter dans le maison en arrière oi1 ils . e Lr.1ille .... Ilien nhritils derrièr1• l'ép,11tlem1ml. ooas lc-Grand. Encore une foi le l07e et 108e
françai ortl aux pri~e avl'c le IQ7e el Hl •
remettent à Lirer.
a~ions nu 1ela-1ivcmenl peu à ~oull'rir; trealo
Du coté des Fours à chaux: le ré;.timent h11mmPS au l'lu~ étai1inl !tors tlt• cot11ha1; l»s Prns- ~axon : mais cdl11 foi , nos ~ol,lat,. qui lén° 14, entraînant avec lui les fraclions de la siens, au ronlraire, lai saienl hUI' le lar:ti11 plu~ moignent d'u1,c Lravoure a1lmirablP, onl hi n7~ bri&lt;rade qu.i luttaient là de pied forme sieurs 1!e111nines do mm·t el tl11 hie ,1~. Lu r1:gi- lôl rai on de leur adversaire ; ceux-ci, bon contre Je- trouJJCS de la bri •ade Palurel el it's me11t pru•sien a• l \ a.ail ù lui ~e:nl perdu culés eL décimés par no balles 6 , Ùlltlenl n
rt&gt;lraite en M ordre, ·ou~ la pr0Leclio1l dt•
mobile (Cole-d'Or cL Ille-et-Vilaine), ,"ét.iil Ili offlciurs el 29 J homme5 •.
porté sul' la Plàlrière, en avait cha é les
qu:itre hallerie du Il• corp . tirées en b:He
Celle a11.a4ue inrruclueuse fut la derni'•r
occupants, et menaçait la batterie de la Car- que tent/&gt;rent le Allemand· de ce côté: leur il,• l'abri où elle' :,,'étaient réfugiée prè dt:
rière.
5c brigade arrivée à Cœuilly, e borna à re- lllDfl-Idée •; le p ·u tes sont évac·uées, el lll.S
cueillir les débrii; de· corp (ri11q r :giments Saxons qni occupaient encore les premières
0 ce c61é, oLligés rie leofr un fronl Ir~ é1e11du et deu. bataillon - de cbas~curs) 3 qui étaient mai oos de Bry, oùligé · de se r tirer au plu,
a1•ec de. lroupr épuisées ol dédmtles, nous n'avenu • 11 plu ieurs reprises, e liriser coutre vite, hii ent entre nos lllain: &lt;le noruLreux
vioM '{"C Ires peu de monde; la Carrièro. notam•
les
dtifen .. s de Cba.mpi~uy el des Four' à pnsonniers.
mtiul, 1ùhail gu1·tlée qui! par quelques homme,
chaux, el nous bis a ln passe sion dé.sormais
de· 121• el 12~·- L:i comp,1 nicdu ~nie &lt;lu capi•
La brig-Jcle Daudel recueillit, s,ff ctilte pa1'litl
laine Gli · . , l'ev11nanl d~ Cb:impign , où elle avait incontestée de prc r1ue Lo11l 1t: village; k
du cbaJJJp (Ill b:ilaille 1111 cil s'éL,it J glorieuseachevé les lravaux de dél'rnsc, ait immédiatement
Wurlemliergeoi~ µarùaienl senlemenl le parc:; m!'nt conduile, l 75 prisoauiers, doul 5 unicier,.
envu)11c . ut ce point avec un détachement des du ailla.al oriental et la Platrii':rè. JI était plu ,le 00 fu. il., q11a11LÎl1i con, itl•·rablc de havre121 • l!l 122•. (;ue ceulaine d'homme., des sapeurs près dti lroi heures &lt;lu .oir. A ee moment,
~ac, 0 i1Jcrnts, Cll'([Ue~. etc. L'enne1ui ,1vait füil
pnur 1. 1tloparl, occupent fa ha.1le1·i1• 111 ~ auord•;
la di"i~ion u~Lidl , 11ue le gé11ùal Du&lt;-rol des p1•rh•~ énm mes; les pente., le arenue , lrs
150 envir;,n, formanl réserve, 1tarni~s1rnl le poura\•ail appelée à lui, arri,•ait de ln ri,·e droile rurs, [~$ m;ii on. étaient cncomhré11· tle ses morLs :
!oul' ile la Carrière. L't1nncmi, dc 'ceodanl le,
de la Marne, et l'enail relever, dans Les posi- sur le plateau d&lt;l Villitirs, on vayuil ègultlm •rtl des
peole5 en pelile' colonne. sëparécs par des intermonceau, d&amp; c~dal'res ~xoJI 111 wurt,,mf}l'l'geoii..
valles de 3 à 400 mètre • fav:mee par homl · -uc- tious de l'aile droite, le troupes i épro11v~
Les demi: r n-iraenll saxons à eux. ~eu!~ perdirenl
du
t•r
corp
;
celle··i
bi,·oua11uaienl
dans
la
co~sifs: dès quo le colonnes L1 ouv nL un obat:,c!e
prè
de 1,:'iOU hommes el 46 officie&gt;r,; }ij régi·
plaine 11 l'onliSl de Champigny.
ou lID re!&lt;".1Ul favorable au déGlcmeat, elles s'armenL n• J 08, 36 officier el (ij6 hommes; Ill
rélenl, enga.,ent une vive ru ill.ade, pui se porwnl
Tandi que lés événement donl il ,hml
t•tlgimenl n• 107, IO officiers cl OaO h111nmes. Le
de nouveau en ;l\•ant, s'étenda nl de ,,Jus en plus à d'ètre qu tion se déroulaient aux alculours
t •' rég.iment '"utemhergeoi pertlil égalernenl
di-oiLe et à b&lt;auch , de manière à envelopper la de ce -rillage désormais célèbre, l'ennemi avait
4 officiers el 200 homm , le IS• ha1a11lon de
po,ilioa et à rendre flOll coups plus incertains. Une
é&lt;ralemcul rruou1·elé .es altac1ue contre la
batterie établie sw· le hauL des penl.. oulienL gauche du 2• corp . Les bataillons non encore ch- ·,cu1 · noos, 1 oflicicr eL 5;; homme.. .
leur marche p:ir des coup ~ mitraille• .... ~os
Qua11t aux hriè\ade, Courty el ))audel qui
engagéti d~ 107• et 10 • ai:on , renforcé
sapcVJ ·, groupé' sur un e~paœ reolreiol, nll fuidepui
plus de ~pt heures lut1aie!lt bans répit,
par
le
t5•
bataillon
tle
cha.
seurs,
•~taient
.aient feu rp1e su,· l'ordre de leur officier : tant
jetés ur les lroupe6 de Ja brigade Court)', et elles colllplaieul environ L,300 homme hori:;
1rue l'r1111çm i est en tirailleurs, quelqucij ad1•oib
aidés par les LaLteries sa~oones du nord de de combat. Elles forent rdcvées vers lroi
tireurs seuls répondent, le rei;.te e Li .. ut accroupi;
heure par lè troupe de la fü•ision de Bellelo1·sque le Allemand ·c groupenl pour s"élancer Villier , a1,aie11l t·eiuulé d'abord 1·er les penlt~
en uvnnt, Lou les homme se relèvent; formés ·or de Bry nqs soldats épui é . Mai · leur ucc
mare, que le gêuéral T&gt;ucrol avait rappelée
plusie1,1r~ l'anp, ln· premiers :1 gunoux, les derniers
ur la rive ga11,;he, el allèrent se reformer, la
u'a1•aiL pu ètre pou- 'é bieu loin, car, ·ur I ur
deboul, il · exocubml de [e1t:1r ,le ~nive.
gauche, la div1 ion Berthaut, outenue par première dans le bois rlu Pla11l, · ta ecomlu
Cepend~nl, gràcc à ces moovell]ent.s successirs l'a.rtifürie quj gral'i~ ail les crêtes, déîendail
dans le ,illogc de llr ·.
el progressifs, l'ennemi, pré.,onL1n( un!l ligne forte
D'ailleur,, ici comme
l'aile &lt;lroile, la
vigourcu~emt&gt;nl
·es
tranchél'-'i
cl
maintenait
tle 1 ~Oil :1 l ,àO!I homme~. était arriv~ 11 cinlutte
d'infanteJ·ie
étnil
terminé,,
t!l seule
en
place
les
forces
e.nnt'mit•
qui
tentaient
de
qnnnte mètres ,le lu bull~rie; l'on entendait les
l'artîlleri11
continuait
il
enlrf't1•nir
le
feu a,·ec
la
tlébu
quer.
Encouragée
p:ir
la
présent-e
1lu
officiers menacer, eneouraaer leur&lt; ·oldb ls. A. cc
le baaeric altemantles 0 • Nou a,·ion~, sur
général en chef qui vient d'arriver de ce côté
mo111i,nL, d'e11.r-111émes, 1!0$ lunnme~ cl'Îe11l: « A
tout.e lu Jjgne recouquis Les po ·ition · occula baïonnetle ! a la b11io1111elte I... &gt;&gt; Le cliquuti , eulevée par se ofliciers qui payeul d'e1rmple,
Ja vue dll· armes bri1Ja.r1I au-de sn tle la crèle. la bri11ado Courty ne larde pas à se re aisir pées le 50 novcmliro au ::,uir, ruais nos
arrêtent ael les Allemand~; le ncîlre , immobiles.,
el entame ai;cc lt! axons, ur le penLcs &lt;lu troupes étaient trop désorganisée· 1our pou~ans 1irer, ·'apprélea.l à faire une décharge géoé• lllamelon &lt;le illier -, uue lutte acharnée cl
\·oir lt&gt;lllèr encore un ri•tour olltm if; de leur
raie. à e ruer en avant. l.eg offici r' prussien
meurtrière. es deu.x colonels • ont mortelle- coté, 1 All!!mand , no11 moi □ éprouvés, rees:cilcal leur hommes, les injurieul, les poussent,
les frappent; aucun ne houge. ~'mnç.iis et Alle- ment atLcinls!; &lt;le leur coté, les 'a.xon voient nonçai nl aus i à entreprendre de nouvdles
mand· reslcal ainsi 1iendnnl quelque lemps, les presque lous leurs officiers tomher .uccessi- attaque . L'approche de la nuiL wterdisaiL au
vernent el leur ranas s'éclair,·ir dan de Lersurplus d't!lllamer quoi quo ce soit. A quatre
premiers sans faire feu, les :1ulres uns avancer.
heures, le général Ducrol, d'une part, le
.li.ais il faut en Jfoir; le capitaine GLi es fait d/&gt;- ribles proportions. Le éclaireur Frantbeui
mantler de L'arlillerie; fa Lallerie allu arrive.
apportent à no homme. de ca.rlouche· qu'ils g1foéral de fran ccky, de l'autre, mus par un

a

1. Elle ful cha sée pre&amp;111e au- itôl par le feu ,te.s
grosse, pièces du forL ile ~ogcnt.
2. G·• uèml 01Jc1,Q'J, foc. cit , page 51 ,,1 suinmles.
-;- Cet épi.s.,~e. &lt;lonnû r.•r le gë.nml Ducrol m•~c
d amples Jela1l , C! l forl. tnlt\1 e rnt il plus d"un Litre.
11 mootre Loul d'altoru quello force moral,. dono,· li
ime bonne inl'aul rie la dùcipli11e du feu, el qnelle

mOuence eel le fot'l!c morale exerce s11r le u1.-i:és
pu.iS&lt;lu", dBn le cas présent, 200 homme à peine In
onL imposé à loul un régiment, el déterminé fB rl!trnile .011 la seule mcna.œ ,lu leur choc. Il moolre
ensuite que la prés,•uce d'une rëser•·e est de Ioute
oéee.ssi.Lè; si, derrière 111 Carrière, il c11 &lt;J(lt t·xi

lu

l)ne, on eùt pu e.xécut.;r nvc•c elle une ,igovreuse
co11tre-ella1111e ,lout les conséquences auraient cl•
certaiuemenl très grq\'CS ()()Ur li:~ Allemaml, 1:ugngés
à fond ; lantli '(U!:, rëduil, a leurs prvpr.•s forces, les
dem, cenl braves gcru; du ta11ilaîrui Gli
durent
·'estimer bien heur~ux rl',i,·oir r..foulè l'umiemi, rn,u
pouvoir sculemenl songer il le 1JOursuil're.
:;, Ce;i lrllupes comptaitent 1011 ollicier cl 1,800
homm~ lwrs de, rumhat.
4. Los liculcnnuls-culonels Jourdain, du 12:1•,

:'iellner, du f2(J•.

l

a. C'est en se prodiguant dans ceue mi, i~n que
lu cornmatt1lou1 fram:ilelli fui atleinl morlellement

J"un écfot 11',,l,ns, V!,J'S mi•li et demi, dao le chemin
qui va ile llrl' /1 Yillicr~.
O. , l,cs Jeux b~1aillons tlu rc'gimenl de tirailleurs
[103•) ét!ÎCn l comn\onJ~~ par des füiulcnant . n (Lo
G11crr" /1•(111c1raltl!m(111de~ r.agc 551, c.n noie. ) .
7. Elle y rl'Jllrèl·1•nl d ailleurs presqu~ ou• 1IÛL,
pnurcho lies par les gros es pièce! ùes forts. [I liid .•
page 55'.l.)
~. Gùnéral Duc.Ror, làc. cil., tome Ill, page 40.
!l. Les Lrois batteries de la ,li&lt;ision de Ucllcm,rc,
an:c une bnlleric d , 12 de la résen·e du 1" rorp,
(pri milivemeat cnroyée sur la rho droilc), élaiml
venues prendre position sur le plateau, ÎI l'est dellry.

creu1

�r

B .ATA1LLE DE C11A.MPJG1VY ~

111STO'J{1.ll

mème ~enLimenl de leur impuis ance, donn:iienL l'ordre de ce ·scr le feu.
Fin de la bataille. -En résumé, la b:i.La.ille
du 2 décembre se Lerminail par un , uccès ·
car i, dr1ns un moment d'émoLion bien excusable, no soldat · , eilénués de [ali~u.e, de
ouffrances el de privations, a,·aient cédé .à la
panique et ubi l'affront d'une surprise pre que générale, au moin n'avaient-ils pa tardé
à reprendre possession d'eux-mêmes , à obéir

éoergie lenace, ne voulait pas dé espérer. avail réduit le · plu ~-igoureux de ses 'oldau,
CtOl'anl toujour à l'arrivée prochaine de il comprit qu'une nouvelle bataille, [ùl•elle
l'armée de la Loire dan les eMiron de Fon- purement déft!n j,•e, était de,·cnuc impo sihle,
ous peine de s'cxpo,er à un désa~lre cerlaiu.
tainebleau, il e refusaiL à abandonner de~
positions d'où il croyait pouvoir plu facile- ll e ré -olut donc à r!lporter on armée ur
meoL lui lendr&lt;l la main, eL à rendre leur la rive droite de la llarnc, el donna imméliberté au.x troupe dïnv~Li ement fixées là diatement des ordres en con.équence, tandi par nolre présence ur la rive gauche de la qu'un de ses officier allait n,·i er le gomcrMarne. Ll ne mit donc pa · irnmé.tliatcment nemenl de ce grave événement 1 •
ou. la prolecLion de l'arlilleri&lt;', qui enlama
son armée en relrait.e. Au contraire, les

Otlicier Inès; 11" ; ble sé . ?i80; ,lisp~ru .. H ,
nous in&lt;Juiélcr, en sorte qu'?t huit h ures du
lfomm - tué!, 1, G2; bic.~, 7,,'\55; di..,qiaru~ ,
soir, il ne. restait ur la rive gauche que la
brigade de la Marionse laL5tle, avi&gt;c le 126•, 2,129.
Le. Allemand co1nplaienl 2:i0 oflicier.; (75 tués,
à la garde des ponts de Joinville el de , o18S bill~, J di-.paru) el 5,915 hommes (1.188
genL t. La 2• armée se massa sur le plateau tué~, 5,li7 t bles ;•, 1,0;,,t. disparu ) hors &lt;le romde Vincennes el am; abord de ogent et de bt1l; en loul, 6, 172 hommes.
Rosny. Quant aux Alle"'ands, ils gardèrent
encore deui jours, dans le secteur entre
Nous avons e1pliqué diljà 1 pour,1uoi l'effort
eine et Marne, lts lroupe &lt;1ui étaient 1•enues immense, entamé et i bravement soutenu le
)' renforcer la division wurtemhergeoise. Lor - :lÜ novembre, n'avait pas abouti. Il est donc
que le 5, ils virent que tout d:mger était dé- inutile de revenir ur ce sujet, si ce n'e t cefinitivement conjuré, il le renvo1èrent dans pendant pour coo taler encore une fois comleur: t&gt;ropla::emeats primitifs saur cependant bien la préparation d'une opération de ce
le li' corp •1ui re ta cantonné entre Bonneuil genre doit ètre complète, et quel danger il y
et la ine.
ah ne pa. e prémunir contre toute les évenAin i se lermioa, celle tentative considéra- tualités qu'il est possible de prt1voir Ai-suréble, ur laquelle on avait fondé de si grandes menl I plan t.actique du général 011crot pouespérances, et qui n'abouti ail C'n omme vait donner de ré ultats, mai il avail expres&lt;ru'à un coùleus échec. Les pertes qu'elle enémenl besoin, pour réu ir, de deux cho. es
trainait étaienl anglante , el se montaient essentielle , le lancement préalable de ponts
pour nous (en totalité el I compri les dé- el le conconrs du 5~corps en temps opportun.
monslralions autour de.Pari ) à i 2,0 J hom- Or, on 1i'était a~ uré, en entamant l'affaire,
ffi(&gt;S bors de combat t, e décomposant ainsi :
ni de l'on ni de l'autre, et il se trouva préci1. Ceux de Dry l'l de '.\:e11illy furent r plit'.!s. L,.s
m~s, donL 420 orliders. Le 1" corps, le _plu, éprou •l!,
pl't:mi~rs avai1111t ~té gardés pc11claut Loule la journèc
du 2 pn.r les marms 1lu commandant Rieunicr, qni
5'y ma111linrent !Jrll'ement au milieu d,•s bnlle el des
Obll.$, ~l y ubirent des _perles a sez sen il.le,.
2. Les pertes éprourecs ur le plalrao de \'illi~rs,
près Champigny. l'ellll nt les jrn1rnée5 des 31) no~embre, , ... 2 cl 3 deœmbre, se mont niant à 0,8\'l bom-

émcnl que, par uite d'incidents auxquel '
nn aurail pu et dû penser d'avance, ces deu:,;

Facteurs néces aires du sucrès rnanrruèrent à
la foi . En voulant trop se hâter. on avait
manqué le but. de même qu.'en montrant
une Lrop grande impatience, le général en
chPf ar.hrva de compromellre le résultat d'une
aLtaque 11u'il n·au rail jamai d1) commencer
nant de pouvoi r di po cr de la majl•ure partie, inon de la lotalité de ' On artillnie.
Il e l jn le Loutcfoi de faire la part de la
urexcitalion généreu e des e prit, el &lt;le
l'ardeur pa1ri0Lirp1e à laquelle plu - IJUe tout
autre était accc ihle un homme de la tremp •
du giln~ral Durrol. Il esl juste de tenir compte
de la pre sion exercée sur tou les chefs de
l'armée par une opinion à laquelle on n'avait
pa suffi ammenl impo é ilcnce, &lt;:t ttui ré•
gnait eu maitre · e, alor que le s;ilul pnblic
rûl exi,,.é qu'on ne la con ullitL rul!rue pa ·.
Mais La conclusion 11 tirer de tout ceci est que
la bonne el aine direction des opérations militail'e est exdu ive de loute inllucnce eslérieure, el qu'un général dont le déci ion
avaiL perdo 5,020 hommes . Certains régiments étaient
ne sont pas uniquement dictée par le, exidécimés : le 42• de li11nc, par exempfc, qui nvail
gence
tratégiques ou tactiques de la itua40 officiers eL l ,1'i5 hommes hors de cornhal; le
tion, court le ri que de n'en point prendre
4• iouaves, qui en a,•ait à6i, dool 2l officiers; lu
107•. 51 i homml's et 16 onicien. etc.
de rationnelle , et e t le plus souveal expa é
;;. ltül-,ire gf!ntralc de 1,, Guerre frm1co•alleà échouer.
n1a11de, 1870--1811 (c&lt;l,tion déf1oi1i1e), Tome I", p. 4.H.
LIEUTENA~T- CoLONEL

Erne st LA VISS E, de l' Aca:iémie f rancaise.
&lt;:f:&gt;

Une journée de Frédéric-Guillaume,
le Roi-Sergent

LE LE&gt;;UEJ,IAIN DE CHA)!PIGNV, A BRY-SUR -M.ARNF. -

à l'énergique impulsion de leurs chds, et à
ot"'aniser rapidement une rési lance vi!!oureuse. Trois allaque contre l'aile droite. d,~lll.
contre l'aile gauche, exécutée par un ennt&gt;mi
qui s'alimen1ait coaslammenL de troupes fralches, avaient été repoussées victorieusem .. nl
arnc de pert.: .anglantes, cl rrdui. aie111 à
l'épuiremeat le conlingt&gt;nt · 11ui y a,aienl pris
part. En aucun point, nos put-ilions n'étafont
entamées, et le bal poursuÎ\·i par les Allemands « rejeter les Frauçai derrière la Marne
el détruire les pools », était manqué. ~lalbeureu ement c'était encore là un urcè stérile, parce que l'armée du général llucrot,
absolument à bout de force , se troUl'aiL bor
d'ét.at de produire un nouvel effo1 l.
Le général en cLef ceprndunt, dans 011

TaNtau a 'ÉMil.lt BQllT IGNY.

troupes des 1" el 28 corp , couvertes par le
division ' 'uslJielle et de Bellemare. bivi,uaquèrent en ar1ièrc des lignes qu'elle· avaient
i vaillamment disputées à l'ennemi, et dont
elles étaient restées maiLres e~, en lai· a.nl
emriron 5,000 des leurs. Elli!s se réorgauièrent la.ni bien que mal, se réappro1·i ionnèrent et recomplétèrcnt comme elles purent
leurs auela"'es. « 'fout ÎlLl préparé pendant
la nuit en me d'une nouvelle bataille défensirn à laquelle on 'allcudail pour le l~ndcmain 1• »
Retmite ge,iémle (5 dlcemhre ). - ~lais
quand, parcouranL les bil'Ouac,; à l'aube du
5 décembre, lt! géuéral hucrol se fut convainc11 de l'élal de dépression profonde où
celle longue !;Uite d'cITorls et de suuO'ranccs

au itôt une violente canollilade pour faire
croire à une attaque imminente, l'opéraLion
commença ,an_ délai. L'évacuation des diver es positions 'effectua en bon ordre, par
échelons, et pa plu que le pa, ~age de la
rivière, elle ne donna lil!ll à aucun incident.
ule la divi ion Je 1\lalro-y faillit. en "e reliranl lrop Lol, amen1•r qu.:hp1e désordre près
des Four à cbanx. L'foLerve11Lion d'un régiment dt: la di1•ision de u hielle remit le
cbo es en ordre, cl contint les tirailleur
wurlembt:rgeois 11ui raisaient mine de . 'avancer. D'ailleur , l'ennemi ne chercha guère à
1. Gé néral Du1: ROT, for . cil., tome Hl, p;,ge a&gt;8.
2 . Le gou~crucur 110 1l011111 so, ton eot emcnl
qu'ai e une certaiue lt~silatioa, ptuduile par la
craiulc qu'il éprouvait d'une n11u,·elle sorelritallt&gt;n
de 1'11pinio11,

Frédéric-G-nillaume I••, lt: ~econd roi de
Pru.sse, le père du grand Frédéric, avait réglé
~a vie avec une précision mililaire.
li se levait de grand malin et commençait
par se lavtlr vigoureusemt!nl. Des tonnes
remplies d'eau ,suffi.aient à peine à sa loile1Le : il mettait dt: l'rmporlemeot jusque
dan a propreté. A peine sét;bé, il lisait une
prière dan un manuel de piété, puis il appelait es Conseillers de Cabinet. C'e L à sept
heures du malin, l"bn·er, et, à cinq hi-ures,
l'été, r1u'il donnait cette première audience.
Toul en bnvant on café, Fri:déric écoutait
le-s rapporl . Le plu ouvenl il donnait tout
de uite sa déci ion, ou la Iormci d'une note
écrite en marge.
Le mots narren possen élaienl de ceux.
q_ue le roi aimail à ruellre en marge de · proposition tjUi lui semblaient ridicules. H
ignifient bouffonnerie, farce, ou, comm
nou · dirions aujourd'hui, fumislcrie.
La plupart de ces notes sont à peine
li ible$.

ROU SET.

I►

p~s d'argent. Le roi exprimail celle pensée
eo pl ,1,1Purs langues : Pninl d'nryent. ou
il n'l' aYait qua i personne IJUi fùl capahle de bien encore, avec un soléci me ; ron hal,eo
&lt;léchilîrer c ordre . Un jour, après lecture Pekimia. D'autres Iois il écri1·aiL: Plait ahd'un rapport du général gouverneur de Berlin, g,schlafJtfll : l\i:-fu é nel. Il , e défendaiL de
sur une sédition de maçons 11w_ avaient refn. é taules les façons, ruè.me avec esprit, con•re
de traYailler 11 n lundi, il écrit : O,rnwsl rien toutes les demandes de remise d'impùt ou
Raetlel fiihrtr hangen fos.•en ehe ich lwmme, d'aide pécuniaire. - Le mini,tère sollici te un
c'e L-à-dire : Tu f, ras pendre le meneur de secours pour de pay an à qui l'année a été
l'émeute avanL mon arrivre. Le gflnéral ]il, forl durt' . li répond : «L'armée prochaine sera
au lieu de ;foe1lelll/Ïth1·e1·, Raeilel ftiUtel'. La bonne; pas néces·aire. &gt;&gt; La mai on du contrùphrase signifiait alors : Tu feras peudre le leur de douane,; de Francfort- ur-l"Oder a
Raedcl ... Le général ne connaissait qu'un be,oin d'ètre répnrée; le d,wi de la rép:ira•
homme de ce nom, un officier, 11uïl fil arrè- Lion c l de 31:&gt; thalers. Réponse : (( c·~t
Ler immédiaternenl. Par bonhl'llr, il monlra dono un château 1 24 Llialrrs pour la rcstaule billet à un de con eiller qui connai saienl ralion . o o·aulr.-s fui ·, il Lrouvait qn'on ne lui
mienx. l'i!cr1Lurc royale. Il relàcua l'oificier, dt!m ,ndail pa a~ ·a : « Je ferai· liicn mieux
his choses1 si Dieu m'avait donnt! le pouvoir
se rendit à la pri ·on oil 11aient détenu le
maçons , a,•i a un de ces malheureux q11i de fa ire de l'argent· o mais c'était une façon
avait les cheveux rougPs, en com·lul 'lu'il de dire qu'il ne donnerait riPn da tout.
Toul le rronvern,.,ment de cet autocrate se
était le meneur, et Jcfit pendre incontinent.
La note marginale qui rerient le plu, sou- révèle dan ce, grifTonnage~ . Il n'aimait que
venl est celle•ci : kh /zabe kei.n Ge.Id: J' n'ai l'armée el la Gna'lcc; il n'estimait que les
Quand 1.- roi avait la goullP au bras droil,

el 'lu'1I était obligé d'éc rire de la main gauche

�H1ST0~1.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - soldais et les administrateurs de ses revenus.
Il méprisa.il tout le re le, el, en particuli r,
les rrens de ju tice. Uo jeuue homme, Ols du
chanœlier J.u pays de Clèves, demande un
emploi. L roi commande de l'eiaminer :
11 'il a de Iïntelligence et une bonne lèle,
meltl'z-le dan 1me chambre t.les domaines.
i c'est un imbécile, faites-en un magistrat. li

ou bien oie, ou bien aucis e fomée a,ec du
tl.iou noir; uo beau pob on; an pâté on une
tourie; un ragoût ou bil'n unràli aYt'C divns
accompagnenie11l ; de la .a.Jade, du beurre

Frédérîc-Guill:rnme entendait être el'l'i à
point nommé par se chambres des domaines,
qui étaient des directoires adm.inislrnlifs. Il
leur demandait, sans sourtiiller, lïmpos ible.
IL est informé de pr-ogrès d'une épizoolie :
« Que les chambres, dit-il, prennent Loule
les mesures pour arrêter le mal : autrement,
je le tien r,our responsaLles. » - La pe le
sévit dan le Levant· il y a péril qu'elle oiL
apportée pnr des navires : n Prenez toutes
le précaution écrit le roi au directoire
général, c11r, i nous avon la pe te, je vou
en fai" re pensable. . »
La fameuse déclaration qui peut ser,ir
d'épigraphe à on règne a éLé écriLe sur un
placet présenté par le · députés de la Pru. e
orientale l(Ui réclamaicnl, en fran!,',llis, contre
un nouvel impôt, par lequel « tout le pa s
sera ruiné l&gt;. Frédéric-Guillaume répond en
quatre langue : « 'foui le pays era ruiné'!
Nihil kredo,abe}· das liredo, da s ,lie Ju11ke1"
ihre Aulorilale 'ie posvolam wird ruiniert
wenlen. Jch slabiliere die ou,•erainete vie
eine,i Rocher l'On .Bronce 11, c'est-à-dire :
ci J ne le crois pa , mai je crois que c'e l
l'autorité et le fiberum ?Jeta des Junkers qui
seront minés. .l'étah!i ma ouverainelé
comme rocher de bronze. i1
()uand il était de belle humour, il dcs~inaiL es ordre au lieu de les écrire. Faiigné
de recevoir des suppliques que des avocats lui
îaisaienl tenir par l'iaterl'llédiaire de ses
grands grenadiers, il avait demandé au juriscon ulte Coccéji de lui préparer un édit pour
la répres~iou de ceL abu . Coccéji lui adr·essa
un rapport, aYec Cl.!lte que tion : 11 De quelJe
peine a Majesté veul-e.lle que ce délit oit
puni? u Le roi de ine en marrre un gibet où
peod un avùcal en compagnie d"un chien.
L'édit conforme fut aussitôt rendu.
Après qu'il avait congédié les conseillers,
Frédéric-Guillaume rece,•aîL d • m.m1. t-res,
des officier , des ambassadeurs, des élranger . A dix heures préci e , il étaiL à la
parade.
A onze beures, de relm1r -au chàteau, il
travaillait avec des conseillers secrets jusqu'à
midi. qui était l'heure de la table. C"était un
bon moment que celui du &lt;liner, qui dura.il
environ d nx heures. Le menu éLait copieux.
D'abord, pour ouvrir l'appétit, la soupe, où
nageait soit un quar1ier de l'eau, oit un
poulet, soit un poisson; puis deux plat de
bœuf; deux aulres plats de viande : jambon

et da fromage. Pour la reine el le· enfants, il
y avail, à la place des gro · morceaux, qudques délicatesses. Au des ert, des fruits,
quand c'étnitla~aison. D conlilures n'étaient
servie que les jours où la famille recevait
des bôles prin •irr . Ce jours-là, la taule
allaitju.qu'au Ju.ie tles primrur.
Chaqn.e homme huvail a uouteille de vin
ordinaire, i-,uis une, deux et même !roi ·
dcmi-booleilles de vieux dn du Rhin, selon
l'humeur el l'appétit des con.vives. La d1foision
était prise l1 la pluralité de voix, que le roi
comptait. C'4! t la seule matière où il ait
jamai consulté ses sujet . Encore voulait-il
que l'on rotât bien, c'esL-à-dit·e pour beaucoup boire. Le lcmp passr à table n'était
point perdu. On plaLa11Lai\ gro , mais jamais
parole indécent- ne fut prononcée de,·ant la
reine et les mfant . Il ét.,ït rare, pourtant,
que les es;prüs ne fus enl point é.chau.J1ës. Le
roi ne se levait _presque jamrii de taLle sans
ètre un peu gris, et beaucoup trop sournnt,
toute la tablée, lareineet le enîantsexœptés,
était complètement ivre.
Après lé diner -veoail la promenade à
pied, à cheval on en ,·oilure, selon le t~ps
ou la aulé du roi; mais Frédéric-Guillaume
ne ~ promenait jamais pour le plaisir. 11
causait avec tout le monde, s'informait de
Loule cho.c.

La promenade lime, le roi travaillait ou
recevait des audiences. Le soir, il pré idail le

1'ubafc-Collegium, le collège du Tabac. Ce
o•e~t pa, lni qui a inventé cette façon delenir
a cour au milieu d'un mi:irre de fumée. Son
père, le magnifi']Ue et solennel Frédéric t••,
av,it i11auguré ces assemblées du ,oir, mai"
il les tenait dans un grand :ilon Louis XIV,
à la lumière de. bougie qui brillaient sur un
grand lu Ire ou dans des appliqno · à miroir.
Les corrrlis:m~ en pPrn14urs ·iéo-eaient, l
tor, e droit, dans de fauteuils. Au haut l.ioul
dt: la aile, le roi et la reine présidaient : la
reine bourràit la pipe du roi. Cetle pompe
était une i,nilntion de er ailles, mais aH•c
une pompe du cru, co.r l"ous ne vou rPpr~Pnlcz poinl M111• de llainlenon bourrant 1a
pipe de Loui, .XIV!
Fré&lt;léric-GuiUaume tenait on colli&gt;ge du
Tabac dans une salle nue où des siège en
bois, gro ièrem nt peinL, étaient rangés
autour d'une longue table de boi . A la pla.ce
de chaque fumeur, était une pipe en terre
d.1ns un .ltui en bois : l"étui du roi élail
sculpté avec quelques orn .. meols d'argent.
01:s corbeille contenaient le tabac, qui :tait
Je gros laliac. De la tourbe brùlait dans des
va e· de cuiue. Quand le roi s'était a is au
baul !Joul de la table, les habiLué.. du c.ollè"e
prenaienl place. Tou no iu.maicnt pa , mais
Lou devaient tenir une pipe. Ain i foi aieul le
prince de n~ sau et Secbndorff, l'amba:csadeur impérial. Celui-ci, !.:' bon courlisan, et
qui a dupé à la perfection l"honnête FrédéricGuillaumc, contrefaisait le fum&lt;"ur en ouIllanl dans sa pip . Cliacun avait devant soi
une cruche de bière et un verre. Aprè one
beure ou deux, on errait du paio, du beurre
et Ju fromage ur la grande table. ur une
ta.hic à côt6, du jambon et du ,·eau froid
éLaient a la di position des conri,•es. Quand il
y avait quelque invité de di tinction, le roi
régalait la compagnie d'une salade el d'un
poi son. 11 faisait la salade et servait le poi on, et, pend;ml ce. opéralions, il se lavait
les main quatre ou cinq fois. Ces jour -là, il
donnait du vin de Hongrie; à l'ordinaire, on
ne hmait que du petil ,·in on de la bière.
.\près aYOir bien mangé bî n bu, bien
crié, la lèlelourdesouvenletlesjamb sinœrtaines, Frédéric rentrait dans sa chambre. Il
lisait une prière et se faisait conler de histoires jusqu'à. ce que 1•int le sommeil. alureilement, il dormait mal, et le tambour
l'éveillait, oe tambour contre lequel pestaient
les enfon de Pru se, surloul quand ils
étaient malades; mais le roi anrail mieux
aimé les u lai er c:rever », comme disait sa
fille, la margrave de Baireuth, que de renoncer ù on lambom.
Tdle étail, en temps ordinaire, la journée
dt: Frédéric-Guillaume, Et c'est ain i que,
chaque jonr, en voyage ou chez lui, co ru.de
ouvrier travaillaiL sans désemparer à !a même
be ogne : il fabriquait la Pru e.
ERNEST

LAVISSE,

Madame de Brézé
Par Edmond Pl LON

Ill

D'un homme appelé Pierre
I' A pothica.ire.
Ain i qu'un mauvais nuage e dissipe à
l"approehe d'un beau et clair soleil, la gène
que la préd1c1ioo de maitre Arnoul avait apportée entre lt: époux se Ioudit, dès la vue
de leur domaine, au feu de leur amour.
.À vrai dire, le jeune Jacques de .Brézé était
franc. loyal. chevaleresque, et il aimait a
femme; pour li. le 'nécl.Jal il était fort
attaché au nouveau ména&lt;&gt;e el fondait sur
lui, aYec no ju le orgueil, l'espoir de Ja continuité attat·bé à son nom.
De retour dans ses terres et peu de jour
après les belie fêtes de Chinon, il en avait
ét:rit dan, ce sens au roi. &lt;&lt; Décidé à ne pas se
séparer de e enfant , à les garder el eolrelenir avec lui 1 11, il affirmait à nou,,.eau, à
Mes ire, à quel point il seotail pour lui le
prix d'une union i !.,elle et qui faisait de sa
Ulllison l'aUiée de la maison de France. t ce
ermenl nouveàu de Jidélité u Loys par la
gràce de Dieu roy de France o, avait répondu
fort afft&gt;ctoeu em nt el donné « à tous ses
justiciers ou à leurs lieutenant o a1•is pour
le mariage et paiement pour la dot '.
Peu de ·ema.iues après celle date el tandis
que les Brézé étaient encore occuptis de ces
lellres, la pauvre reine d'A.nglderre ~largue-rite, éloignée de son pays par l'émeute,
,·en::ul à Chinon 1;:t supphail Loui · de L"aider
de son pou,1 oir dans la guerre. Le roi donnait
alors ordre à ~1. le én&amp;h.al de « m1::ner en
Écosse les nobles et le marin normand· 3 »
et de porter à la reine l'appui de snn Jpée.
C'était là une rude el belle tàche; ~L le
Sénéchal, au moment de quitt,·r ses enfant ,
en ressentit tout 1e poiJ,- a on émoL1on ;
m~is n'est-il pas hit!u que UI.! jeunes époux
so1en1 un peu lai:;s&amp;; c•ul' pour s'aimer librement?
El, c'esl ce qu'il advint à Chatlolle et
Jacques.
La terre de I ogent-!e-Roi, où ils résidaient, .sise au bord de l'Eure, enh'e MaiOLenon et Dreux, est plus du pays char!rain que
du pays norn:and; le .\laine, l'ile cle France
el l'Oi-léanais s'y vien11enL joindre, coupés de

la seule Eure qui !orme un Irait bleu da.ns
les terre ; mais, dPjà, il
a d'âpres côtes,
des le.rres gra e~, de l'herbe vive, des rus
clair el de pomrniPr tel qu'en Normandie.
P1,ur le château de 'ngeal-11!-Roi, il~ t cc l.,àli
sur une bouteur 1Jni domioe la ville au couchant ». Le château de ~fobuag-. nr-Yi,He,
repré enté au même sièc.le, dans les T,•;,s
riches lumres de M. de Derr , ne s'élève pas,
vers un ciel plu bleu, avec pins de pi1mon ,
plu de Lourdle:$ et plu de tour ouvraµées.
La me de routes le fenèlres s'en étend sur
on large et fort bel b,,rizon; au bas des
peule~ toutes couvertes de verdure on aperçoit
le RouleLois, le ru de Néron et maints au ires
donL le courbes se joi!!Ilent toutes à l'Eure
et dessioenl uue ile entouré• de moulins. Et,
partout ce ne sont que hauts arbres, bois
épais, éloignés les un des aulres par de
&lt;louce vallées peu profondes : Boi -Chaud,
Boi de Villiers, Bois de Ruffin, de Vau.brun,
du llé.leau, pois, peu aproo le ·ours du joli
Jronron, le boi du ~lesnil el de antris,
enfin, au delà des communs de l'abbaye de
Coulomb et de la chapelle de ainte-Geneviève, enantes et le bois Thuilé. Tout cela
fort bien di"tribué alentour de Nogent, agrémenté de chênaies, pommeraies, hâtai"lll!0
raies et de pe1i1e coudretles.

JacrJUP. que l'alt ence de nn -père faisait
le ~ 1itre d domaines, employa ce beau
mois parfumé de la ro. e Oorai un des pêchers,
de pommiers, de~ poiriPrs et dr amandiers
à conduire, d'un des boui· à l'autre du pays,
sa fl"mme ~Jadame Charlotte. Dès q,ie, dans
la cour du château, par les beaux midi , les
varlet appelaienl Pl menaiPnl le:, meutes,
ellt: appa~ai~. ail, la bl'lle c.1,v;ilière, fort souple
el forl vi_ve, m.ont~nl sa ha 1mmée: pui. le
cor sonnait es onneries joyeu~e , le chevaux
imp;1I ienl hennissaient, el. nos autre escorte
qu, deux ou troi biens favori el un écuyer,
li. et Mme de Drézé parlaienl à Loule allure.
Ainsi, ils allaient ,jusqu'où pouvai,•nl les porter
leurs chevaux, parfoi~ en pleine forêt, comme
à Ramliouillet el Dreux, el, d'aurres foL,
ja~q11'à Uouen el la Seine; mai", ou.,,e.nl, ils
s'éloignaient plua avant encore; et iL 'arrêtaient, pour deux ou trois jour , dans Je
terres à eux.
Au bout de quelques semaines de ces sainei.
el bonnes courses à tra\'crs la campagne dan~
!e parfum des èv et lé priutemp heureux,
11s eurent al teint à lou te les l1mi1es de leur
ter~es. Mad~me Charlolle ,lppril ainsi qu'dle
é~atl suzerm:1e de maiols bourgs, ,·illes et
villages ; elle sut q ne, da me de Brézé elle
était encore comte e de Maul1::vrier, b~onue

cte l'Académie fr~nçal.se.

1. E. Lerih'Rr , Rr-e/lerc/1e11 1ur la pri11cipa11(f
d'A11et.
:!. Le 18 mai t46'l.
5. Miciw.61' : JloyM .ige.

Mo~steur L_ouis XI ara ni rt:tirè son l!onnd, l'avait placé (&gt;rès Jt lul. et, deva11t les imagt:s stultmmt ,011sut:s
4un fil 011 t laftnt 1'1sf~les M on,sieur a/111 .lfarfü, dt Torirs . MonMeur SaWI ,lllchtl, J.liidame la V!tr e t l
Madamt alnlt Calh~ tnt dt F itrbots, il faisait oraiso,1• (Page ~J.)
g

... 3i7 ...

�...

_______________

1f1ST0'/{1Jl
lon de cum •lot tout pa.s&lt;:, d ùrai&lt;' ràpre·
de faun) l de Bec-Cre~piu. d me J'.\nl· , , u..Je1aot du d1àt,•a11. Cl rien n'était 11lw
cl rnitTé d'un hicoquet a~ cz laid, &lt;·e Pil•rre
ame11e
el
plu·
plnisant
qo•·
celle
rie.
ll'aulanl
!\o:; •nt-le-1\oi, ~l1111t-Chaa1•t•t el an. i J,1 nn;val
&lt;tue de nnbl l'i bau · ,i ite, é~apient 1111- l'.\p11thicaire in-ait lori mau\·ai · genre. li
prè,; de lkinnirr•· • Et. comme I plup:1rt J,
inl,lail, 1 1, rofüid :rer un peu atlenth·e\' •nt 'osenl d leur Vl'IIII ; parf,,i 01,'m•·. il
t •rr~ , fief et r.bfi1eau1 ,ltl •llt'. •·h:lh•llenil'
mr.nt.
qll • l);m icr, 1'1•ur. falt'-Uouch , ,aavai1•nl 1't{o dnnn1;, par nn p• r1• 1,· rm Ch:irlc~. en ét il J~ i prin i/•r r1ue tout I ch:lk:rn
ric , Em·io el bien ù'anln!' pt&gt;r,unna"e. du
en
r
tcnti,
·:iil,
11ue
le
cui~in1•
n'{-taienl
p.1
à 1. le "éné b 1 Je Norm nùw, il lui t!fTIRo111.fü1 de la Rose eu nl pri · corp: en cet
a ez haut,·, pour l • hrnd\e~, li· 1icurie p;i
Llail qu· •lie [ùt dooblemcnl l!hN cil,.
être
hili u • louche et ba , ram, é on ne " il
, • . 1. i:ranJc• pour lt!~ pall'froi , lt! ·hamlir
Ain,i elle all11it contente. par Ir roUll'
où p, r J• coml • et dont l'ori:tine était au ~ i
pa.
:i,:
•z
lnrne.
pour
I
•
nombre
dt!
hôl
,.
nombr •u:,1•,, le front empo11rpr1: - ou. on
Une [oi t~ fui \I. Ill duc J Berr ·, fr'r • inq11iétan1 l{UP le \:bnge. E·pion nu er\'ÎCC
J)l!lil escoflion - ile joie •l de ·:im~. l1 vi.agc
,le \I&lt;• ieur, de Buurgngm•, on lli,nit. de lui.
fou &gt;llé Ùll \Clll ÙE'' plain ' d,m: nn
l'l du roi el l'onr.hi ,le . l:nbrue Charlott . le1p1d
qm• tou&lt;. I • métier. lui 1t ifnt bon inais
ul 1111 in. t. nl I • ouvern ment de •·ormau"· i top d'amazone. Et, parce que wn jeune
qu'il restait volonti r~ alt:ich: lidèlcmenl à
dil',
11ui
vint
vi,itt:'r
on
élll:Chal.
El,
une
1\pon,: el mailr"', toul •l,l11ui d1!1 nt lie,
t:eu rhe,, 11ui 1 mr.11, ienl e~ ma1lr · : enfin,
admirait . on auJace, a. oni,le,
l L&lt;-autt'.•, aulr foi·. c • fut encore plu ru 0 uitic1ue, t 1r
tant par n s:ivoir curieut, .. . t11lcot · di.spail ·cmblair, en ruème temp' 11uc de _, bi n · ce fut la reine ellc-m me 11ui. nou dil Ch ~- rate. qu . a mine d,élive l ~on il ru.\, il
tellain,
\'ifll
â
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rekr
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cmc
till
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à
&lt;
O~i&gt;nt•l domain · , elle pnt pos.. ~ion de lui l
lc-Ro u. El, nmmc Madame Ch:irlolll'l '.\tait nvait tout l • ton d'un équhoqu drôlt•.
ga"nâl ·011 Cll:!Ur.
\I. de b, r lais p. rli, ce Pi •rre l'.\potùiJe ,on I ôt: r le, :,.• dans re lcmpvl. '. 1l'un
Or, depui, plu de 1:enl ann ••-et à eau
cair
• emplo :i tant d ouple.• c et dl111milité
jeun fit , il
•ut, nlrn le helb-~1i'ur ,
J,•~ u~laih il n' avait p.1 t'U de (l · • 11111
au rnc de \t, d Urézi&gt;, il lui rut ~i fid-.1 ,
110
joli
émul
tioo
de
,·ad
•aux,
de
confira,·a,.é, •tilt' · coin du l\ourooi:, du \'eun.
soi,.ua i bien le. ehiens, ·'aci1uitta lcll •1fü!llt
dll 'fhimcrai • cofülamml'OL pri., perdu el deuc' , «l'amitié Ill J • temlre,:c.
1in,i loul, nuiour ,k Hréé, était propk ', à 01 •neill de:- mi,sion. l e montr. , i docl
repri par l.:s un: et 11~ aulr . )1. cl \lru, de
en tous .. ,•crcL de 1·,:11 ri· cl d • cba~ ·e ,111 ce
Br '•L ~. au oour d, leur chcvauch,ic._, avait!lll tout ourinil, tout :tait heureux 1
jeune , Î"O ur en élnil tnpéfoil el reconnaisl,1i.,
rniri
1111 • !11 ~t1r111:indit&gt; chan;.;1•:i Je
t u h ~ à plw d'un d 'S cruels te,ti" · de ce
·aol. Il
I'· U; cha par l uitc étroiLcmenl
•ucrr ~. P rlui, il fai aient de pénilile rt:n- maitre el 11u'à la uilc de· traités, le ouver- et i, parfoi ', \lndan1t' Chorlolle lui en témoicontr,,., comme de oldat · mutilé 1111i avai nt nem ·nt de la prmim·1~ pas:a à M. d Charolai .
nait Jour ment a repu nan , il r :pond ail
bappê au m. cre d
rni~oo ·l de L• jeune comle n\:tail pa · encor~. don ce
n riant et la m0t.1u:inl d'amour, llu'il n' L
temp
-1~.
le
farou1h1.
Wm
'raire
mni
,
déj',
[emmc~ •n deuil q111 pl •11raie11t d mort ;
c'était unàulr bomm q11 · \lon:ieur Loui. Xl t hon rha ,,·nr qui n'ait bon chien d". rr ·l.
une foi., il- nr nt nn ,itil ar h,·r à qui le
Or, Pierr l".\polhic..,ir• était au l'h.He:m de
homnw du duc de llt&gt;dfurt avaient cr •,·é le· Fa. tucux, \'iolcnt cl dur, il allait toujour
, '.,g.,nl en I iti~,. qui ·t l' nnr:e de lo cometc
v
111.
r.orume
pour
un
fèle,
sur
che\·ul
de
· u aP · d ~ llèrhe el •!UÎ l'l·rail en m •11•
et l'une Je pl1.1 domma;;eahl,· el de plu
want, meoi! par un chien; il en connurcnt parnJe l.ll l'épé · au poing· ·t c'ét:iit un guer- pénibl au roiaume 11ui fol 011 ru u monde.
un autre 11ui '·tait J1•\"enu fou eau qu'il rier Ire' forl l'i un lr' · hel homme, mai·, la On ail que c'e:t œllt! ann 1 •-la •111'eut liPu le
a\'ail porté uu fo,.ol au bûcher Je la Pucelle; nuit et le jnor. tourmenté d'amliirion l qui
rand comhal de Mont-l •-llér qni mit pour
il virent .3\l i un pamr• moine augmlin à ~ •mlilait loujour. m. rch ·r 11 l':i -~aol •t ii la la prcmkr • foi. nu pri 8!', en b· L.i ille rao ,.;,e,
conquèle. L'on n • . it aujnurd'hni Pocoro ~i
l{UÎ frèr' \~ambarl •l Martin l'AdvenuaYai ut
le roi Loui el I. de Ch· rol:ii.;. F:t ,t le '·n~lait tou ber un pan du manteau d • Je:inue c· l par m~' ou terr~ur 110 • on cou in cbal, rc1· •nu d~ o,;011 Éci1,.·e, prit p:irl, 1.
Loui
lui
liHa
le
••011tcrnemenl
J,i
i orm.111cf\~ el r1ui, d,)pui, re l mp .• guéri ail el
lèl• J'u11 ho l de c.1rnleri • à l'action du tÙll:
fai til de, miracle,. f'.irloul il' J1:r.()uvrai •nt di •· mais, œ 1111r. hastellain a~t-ur , dafü
du
roi. ('.(&gt;la demil lui lrè fatal cl - Jit m1 ·· ,'•p&lt;1u,·11n · lites ouv nir- de lo ••11r.rre; r~ ChrM1Î1J1-'e J,.. \I • . icur, cl• Dour O!!nl', c't· l minc5 il Lornh1 au premi •r ran • d la
que
le
ro111t1·
tle
Claarolni.,
,1l;111t
rt·ndu
uait J •. Lao ·r«K'he cl d~s paral}liqu' ·
mort de. brave. ». , Pierr' l'.\pothicaire
gr.
ceau
roi,
1•n
a
print
con°ié
el
.
1:
mi~l
nu
qui ,e train.il ·nl Lout clod1anl au porte.
etait, dit--011, a, 'C lui en celle rencontre et
d •· cil·,, t au. ,.j de:i lépreux qui m•·ndioienl r tour ver ,-on iwre, car jà l luit pr de l'anil (IOUl- é au (ronl du baL'lille. l' l lui
·o •1. '-i pa a par ·o&lt;renl-lt.--lloi, b mai·on
leur pain en ~ccou.. ul un di11u •I d · l,oi~ dur.
11ui r vint, de premiers, apporter à • onenllfadarue Charlollc ne l nait pa~ d .oil p~rc. d • \h•. ire Pierre de Brézé .... » L,, l'on k--Roi la uouvrlle de la mort du ,aen rt
ferlo. ad l'on 'pjouil ainsi 11u'il l atcouel d: sa mt·r • 1p1e charme cl heMI•;, mni
~aillant ••urrricr; Ju plu · loin 11u'il ,,il MaL,ien d'autr s ngnt.1Lle, \Crlu • Pitoyahle aux lum; enlr, Je· princes. Cria Cut d'aulnut daml! Cbarlotll', il ·ourul 1i Il ; el, de cetl
mil'u
qu"
~l.
Je
Cbarolai!&lt;
partnil
amilili
à
ciladiw l'i au rfr,,,n., ell élail au i aumom1. de l\r Izé; mai·. l'elle , mitié, aio i que voix d llatleri · el de ca.utèle à lac1uelle il
ni ire au pau vrc: el aux paran fra11pt1
mêlait comme un acccut de ecr'•te joie:
durement d" cou~. el d'impôt . u,si éL-iit- 1nu· lt•5 aulrt! ... cnliments &lt;lu lloul'!'lti••oon,
- ~1.,Jamr., lui dit-il. ,ou~ èl
·ém:cll htioie J1 , uu cl d • aulre ; el les bolw- n'allait pa ans omlira"e L'I feinte; cl, aut
rh.,llc ....
l
roi
!.oui·,
il
n'y
a"ail
pa:
dl!
.
♦'igneur
plu.
rcau •t ~lit nolile:, 11ui . îaicnl .oulîert de
1 " ce moment, ell' en eut b,,rreur !
tant d, rnau r '.péub , u ·,i 0-,péraient en mJliant •1ue le Cnarol, b. Au . i, étail-r • ·a
cllt!. li Ji nic11l : - , ,· ur d~ roi. die coutume d plai.:.. r, en ra~':On de c.1d ·au l'l
1l
p:u·lera pour uuu~ à . on fr\re d ire. » EL 1:omme Lémoigna"c Je confi nce. partout où
son ~pou1, heur u de talll Je ~impl ·~. l'l il pn ·•ait, d :ortt- d'homme. · lui comme
D'un écuyer nommé Pierre
\.1illaur&lt;', di-ail tlt! son ri\lé : - u P;ir ainl Ùt! :~nileor,. e. h rnmc e. pionnai •ni •l
de Lavergne.
Jacque. ! '1nnm,1 1. Louis il' Fr.mrc 1:.,..l le lui undaict1I comph•; cl, pourtant, ils cmblaieot
là
pour
:iid~r
11
:t
hôt
....
roi ch •z lui, l;1Jaruc Cil. rlol • ,. l la r •im:
Il Ddvint, 11 p,,u de temp. d11 l.i, qu11 )Ion~I. ùc Charolais, comurn comte hérilit•r ile
chci ,nni. 11
.
ieur
Lnui
1, échapµti un moment au1
hi - il ui-ail œl. ,an t'll\Î' ., 3.lt!t' amour. llourgo"'ne. allait c•ntouré d~ maints hommc:- ennui dt!- gu ·rrc , J~cid;1 de pou ·,,•r UII
preu
et de rbevalil'r,, maL, c1t n'.:'l J•:I un
Et les ,ionr:. qu'il ne cl1tm111cbai .nl pa ,
,·u,ite !1 l\oUt'n et d, v oir 'ébauJir cl chas u
il~ re,lai,·ul ton: Jeux
~n., ut, lui li,-ant &lt;le c•'.U. -là donl il fil homma au fil· &lt;lu un peu au miliru de .t' fé.,ux ujet.;. le. ~ordan k livre· Je vénerie c1u'il :1ail l'nclin 1t Sén 'dml. ',.fui cp1'1l ,lé! i •rui, pour ètre mauJ ·. On pèn. liie11 11uc ~on idé ··tait d ·
ooouailr,·, l'ile filaul nu lourcl Olt'C · ,, ebam- .illilrh: à :. ·0°rnl-lc-l\ui , fut ,me -pllCC pa · cr par . 'o ent-le-1\oi d'autant que lo reiue
d'homme du commua, nppelé Pil·rre )',\~
hri~r .
1hi •.iir.. , 1p1i ;lait un peu .crihc-, un p u :a fomme ) . v it fail . cou ·h . 11u'il •n
(1 y cul d'autre- Pte . jeu, J · la clw .. e
:J\'ait nardé un . ot1Hnir ol.iliAé cl IJ.Ue, paret dt• lt1 pècb.L! au fonJ J,,,_ l~•i el pr' du mt'.,Jecio cl un 1,cu n:ncur. \'èlu d'un boc111r- de . us tout, il M·:til le Je- cin dè re,·oir au
1. En 1167&gt;.
lleme, pui de p til c. rnmsels et tournoi
0

,ir

~

3;8

►

plu~ tùl, ~a &lt;&lt; trè· chèrl' d tr\· arlll:e ~œur
na tu r,,ft,, •.
•''·' . ir1• ~rri_,u ~?ne un !,eau ma Liu, c11 pelil
é1JUtp.1"e ain. 1 111111 avait coutnrn1•, baliillé an
plu rnnl, ~on ,ieul m:inlcl cl• ro ,·air pi•udaut ~ur ,t! housea1u, el en n1aa,·ai~ lmnoct
tout LorM d'ima"e .
patcruitre au cou. à
caL.fourthon ur ~a jument ri. e tout tinlru~tc d.'• oun illr,, il allnil, i.:heH111chanl dt•
UIII •oi~. l'air ren,if, l'œil r ;, 'Ur •t, ,Oil D '-Z
de renarrl. tout allon"é de,·a11L lui, flairant
alentour
cun1me en ,,u l""" d....... ch~..~.· t.
, ,,• ... a
..
· Ull " P ' aient. à l'ambfo cl ur dt: vicilk
m?lcs. d •·. coi~lid nt' &lt;lu
manière au•. j
m!uablei; d ba.ù1L • mailr. Lop Tindo, . rtéLa1i:c d_ ~ finance, • Collin Coll,., ommelier de
fru1 tcr1e••,p~i c':t:iit Ili pour la ltollrht•, et l'thêque
O.,luc. qui cta1L là pour le prièr~. Le barbier
du_ ro, • m~ilr O!ili •r le Daim, •tui commenç.,il de · •~po cr,.' _-on maître p r maints
HlCr~t cr~·IC'l•-, n •uul pas dr. moindr . ; il
~allait con tdér • nu i un médecin el uri ronh: · ur, d écu ·er et de 111lend ot 11,
vafell J chi ·11~ el I valets il'oi ~r 1
-~'citait là, a1anç; nl à pclilè ail~ , au
mil, u de la campagne, un œrt~,.,e io ulier
el a . z nouveau• d'autaul que d:u . ou Lroi.
~nl.~ Jan ~, qu ·lqu • coulenin cl un ro
J nr~el':l avec ~I. d • elun comme capitaine
d_~onn~rot un ' trnportancc uo peu plu. guerm ~ a, .u~ P tite troupe. Comme llousicur
Lom. \1 •lait forL dévot, d1attemile l confit
en croyan~, plu ·ieur. rrr.1nd. Lh :iu, moine
et d mo101Hon portaient, au milieu d
arch ·r,., d chti e, a,·ee d' o~ de ..
I . . l ,• ,
ain .
a!,• ce a n ·lait p rout; el il Faut ajouter
qn au del. ?cr. nohl' d, bnn, francs-ard1ers,
franc, -t:iup~n.' 111&gt; et autr • qui fi•rmaieol
fa mar 11 'tl y avait, m •né s P· r le pi11ueur
c~ le • " n de lomelerie, rn un "rand Lruit
d ab~1 cl de Ion •- jitpp ·men L c1 uî mon laien 1
au et 1, d , meult! • dt! m ·ulè.:i el ,ncor •
des_ meut_ ;_ car chien-., cbienau; • chi nnots
et l1'.·e . u'.va..1enl partout l'armée; el . J n,i ·ur
Lom. Xl etail le roi de. chi n .
Parmi cc mcute...-lâ, trottant entre Mugu •t, le 1:\rÎer de fc_ 'Îrc, el Mam)e el , linoone. 1 t1 il lt.ivrièr , il y a1ail, pointant du ~1u eau loul à fait;\ la façon de son
royal maitre,. uo ~innulier chien, hir.ulc Cl
,elu. le ore1ll
dre, ,: ' ·l le )'eut hrilla11t,, t~•uu, ain. i ~uc l,• trois autres, nu
nto)!•l dune belle b1.. d. cuir par un jeun
•c11t1lhomm' d cha~• ·e~. . El
, Ic ch.ien an.
ni•rc11t d ·, marque· ri • puliiii1 uo el mulu •lie
i:_rande den_l'-, atn longue,; paU, ' au ) ux t odre., c.
i'.f: . a11 _orc1ll1:s dre.. éc~ •f nu nez fouinard
En.uite, il r.ut grand fc tin , ettllation,,
apr. ·!.ut Je chien . ouillarl: on t:..·uJer ;tail pr?menad . , as.nuls d'arme,, chas , et, le
\L Ptl!rr • d • L· ,cr , 11 ••
otr de • b •au jour. une ,eillt:e dc,aot l'âlr?
l~u,., c• ,g-cn_ -là, chic•ns, moinl' • .oldat • a, · le roi ph ·é rn Lrc sa . œur el le nouvca,;
l,ar.1,,,er, Ill ·J1·c111, . uivant.' •rnnt. et roi .. 'n 'ch l. au anili,·u d · bote,, d • chien et
arr1wrcu1, lfUI à pi ·d, r1ui à l\unble, au- de· t.~·uyer . Et, comn11• la t.'hn. e, à travers
J vaut, tic .~o.. •ol el pa•. ~rPnt l'Enr ur un lC' lioi ~l fourre· :_'ll&gt;oit•ux, a,ail été a:. ez
pont decorc, Là U. de Ur&amp;,: rt fada me C.har- ch:111de, les fruyer loml,:iicnl 1i moitié Je
lollt attcndilient 'IU m:11·eu d l•·ur en:; et,
orurnt:if et h·, chien. t~illla.ienl en ounaul
i1u:111d al~ rn•tml .\fe ire ils allèr nl l'O liàle de randc u ut · el en ~Lira nt leur pal tes
7
a11-dc,·n11t &lt;l lui. Jan lïn I t •·1I
.
fnrL le l • ,
'
n qu
lltaa au Ji·u \11._ \fon.1eur Low de franr • pour
·. tmcnt clll -~ mouture el l! couhil à . o pn~t, a. L en un grand faut.iuil, :ivait posé
·
1&lt;!!. 11ra ·• le reçurent·
' et
lall'rr,•. ' 11• 0 ~\·ri!l'nt
' p1eru ur un c rrl.'au ùe laine· lt! lthri r
. ' ,1, , él re1g111rent, se 1,ai ~r n l et _e donrn••uel 01rut. appu)~ 3 lêtc . ur J, ,,. "l'noux
•

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DE

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mai!!l"c, dt! :on maitr ; \brD1e I li nnnne
'étaient nllon ée.~ auprè,; · mai~ Il) chien
u1ll.tr1. lt do à la ch ·win :•. et le poil rou i
pa~ 1, fou: au •ndilit patiemment que 1,i roi
da1g11al lui parler c.ir un roi el un ,·hi 11
ccln e c.,u~c cl 't!otrutiunl n ez d. ru.e. et
de tours de cha,. t&gt;; et. ip1:rnd le roi t Loui
l'l le cbi •n est ouillarl, lou den . se compr ·oneot par mob l !!ro•wemenls.
1. roi, qui aim:iil CP. · bêt '"• commen :iit
de grand él "·- du caractè.r de c animaux .
L &lt;!c Br~~ •. _i docte en nin •rir, lui foi,ail t~
répllq~1c; ils citèrent:. parr_ni I • ex~mple le
plu. _etonnant· de 1 111tcllttt nce J .. fhien.
cc rb1en de \fonlar.. i: qui omit \ en ,: i cour a:
"eu,emen( .on maitre el &lt;jUÏ . 'était hallu en

�fflSTO~l.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - J
duel avec un bommi&gt;, enfin ce chien de Niort
dont le po sesi eur a,·ail élé tué par les An•l:ù · et qui ne pul p,1~ i-ur1ine il 110 pareil
menrrre. Pour laJam Charlollt', ~ui a',,fl L
pas été de sa famille .;i elle n'eùL aimé le_
chien , elle r, pporta plusieur Ira.ils touchant· &lt;le petit rlohin 11ui ÎUL chien de sa
mère. lladamu de Beaulé. ~luauct. le ~rand
lévrier, lia mye et lignonue élaif'Ol nppar~mment fort ati fait d1•s lou:mge donné•~ à
leur e pèce; il en exprimaient par itrognements de la gorue Pl frélillement de la queue
tout leur contentement. Les discours ur
bète et gens ùe cba e eu «ent pu continuer
aimi fort a1·:mt si le chien onillarl n'y ùL
mi· fiu bru qu ment par un nrand ·oup de
gueule fort long Pl impromptu. Pierre l' ,\poLhicaire, qui a,•ail à parler à f. de Br~lé,
s'a\:lnçaiL n efiet Je L,onnel à la main et si
révérencieux que • on n z el sa tète allai~nt
en :1vant &lt;le lui en altitude humilie; mai
landii que le nez et le chef du ire incli11aient
de,·ant le ' nécbal, le ba de on dos Yenait louch r le museau du chien ouillart;
et, c'e L alor· que Je chien eut une grande
idée; il ouvrit hl gut'ule, jappa un coup onore et planla e dent dans le derrière du
drôle.
Il 'en uivit un ~rand lumulte au cour
duquel Pi1 rre l'Apotbicaire s'enfuit en hurlant el grauant se cbau.se ; ,ans M. cle
La'&gt;ergne, qui le lt&gt;nail rudement, le ehi •n
elll bondi el mordu plus cru llemenl encore
le confident de M. le énécbal; mai , mailre
Lays Tindo, ccrétaire des finauce. , CoUin
Colle, ommelin de fruiterie, Baluo qui était
évêque et Olivier barLier, enfin \1. de fp}un.
e rau · ai nl de l'aventure dont Madame
Charlotte était fort conlente. Pour .1. de
Brézé, fai ·ant conlre male fortune bon cœur,
il s'elforçait aus.i à rire. Mai· le pins plai ·ant
de tous était )lonsi.eur Loui Xl; on petit
œil pétillanl scintillail, ses joue glabr
e
plissaient, ·e. longues dent · ·e Iai.aienl voir
dao sa bouche ouver1e et un rire intérieur,
Iort sec el fort irnmlier, aritail son èlre el
secouait os l1onscau1 a cape de gro ,·air,
a mauvaise palt.'nùtre et ju 1p1'à on bonneL
où de vicille· images étaient cou ues d'un Jil.
Cela dura un bon moment, pui , quand ce
fut fini, on le vil lplÎ ·e tournait ver Jacques
de Brézé et _finement di ait, en moulrant
ouillart :
- Pàques-Dieu ! mon cousin, voilà un ùon
chien; il sent le Bourguignon partout où il
en e t.
Et, omme Monsieur dti Ilréz.é élev11it ur
on m(lilro el sire un regard lou t inquiet, il
demeura glacé de voir que le roi, qui oudain
ne riait plu , le cousidérail d'un œil crulateur el as ez mau,ai . Gar blon ·ieur Loui: XC,
&lt;[UÏ avait du rat el du renard en lui, a,·ait
au si du ch.al; sous sa palle de velours il
cachait des gri[e ; ce. griffes se moulraienl,
ou e dis imulaient, sous le gants de louveteau, à chaque foi que &amp;les~ire fai ail un
compliment ou jetait un sarca me. EL personne
n'était plu eau tiqu que )uj dan ces ca -là!
llais, voici où on ~prit, qui devenait plus
1

mordant à lui Pul que lou · le cro uni. du
bon chieu ouillart, e lit voir impfacable :
- Mon cou in, à f. quin d, Bourrro 011e, il
faut bon chien de France l Je vous donne
mon chien , ouillarL; preucz-le.
)[on ieur dr Brézé était inquiet et confu ;
mai le roi .onriait, ~laùame Charlotlt&gt; ~ouriail; il ,·enaîl de tous ceux qoi étaient là de
flatteur. murmuru ; li. le "tlnéchal n'eut
CfU 'à 'incliner.
Le chien ouillarl ahoya encore.
- Avec Mu!!llet, lfam· ·e et Mi •nonne, j'ai
a , ez, dit Pncore le roi, mai mailre 'ouillarl a un écuyer; el je ,•ou· donne aus i
l'écuyer.
Alor Madame Charlotte ll res mots de rnn
frère, leva on heau el tendre regard; cl elle
·aperçut, pour la première foi,, qn'auprè
du bon chien et la main po~ée 1.h,11,:
1ouîf de poil il y avait and ,moi~eau jeune et
gram, en habit d'archer, la loque indinée au
frout, un petit e padoo à sa ceinture et qui
bai~ ail la l~te. pampre de plai ir el de confusion. C'était ~I. de La,ergnc.
)(ai, il foll il que cbacun ftt œqu'étaient
le clüen ouillart t•l ~on écu ycr. e · t ce que
Mon. icur Lom XI e propo ait d'apprendre
à ceux qui étaient là. ll dit qoe l'écuyer, qui
était de bonne mine et fort ent ndu aux: (·ba es, lui a11ail été amt'né par M. de De ·andun,
énéc:hal de . aintonge, et qu'en m~me lemp·
œ 'néchal lui aîait apporté le cluen Souillart.
lie ire Jacques du Fouilloux, gentilhomme
poitevin qui dédia plus tard, au roi Charles IX,
w1 grand li1·re de Vènerie, n'hésite point, tant
le nom de , ouilJart prit de réputation par la
suite, à placer cc dernier, au chapitre des
meute , ent,:e Dasl(lte, le limi&amp; de Loui
l,
et llelay, le chien noir de Louis Il. « Conn:1i ant bien que le roi ne lai ait pas grand
compte de 'ouillarL, parce qu'il n'aimait que
les chiens crrL, ,1. ùe Besandun le lui redemanda pOltr raire pré·ent à la plu aue da111e
de on royaume; mais le roi, ajoute du Fouilloux. ayant demandé qui était celle &lt;lame :
c'est, dit le Sénéchal, Madame Anne de Bourhon votre fille. » &lt;&lt; Je vou reprend ·, dit 1,
roi, sur ce point de l'avoir nommée la plus
sn"e, mai dites moin folle que 1 autres,
car de femme ~age iJ n'y a poinl au monde. 11
r, dans ce temps-là. )ladame de Bourbon
n'était encore que lilleLLe et t-lle étail à Chinon
arec Madame la Reine. JI n'y a donc pa apparenre que le \Coeur du roi Charles ait dil
vrai, bien que, par la uite, Madame de
Oouruon devint comme on père 11raode cha~ser~se de,·anl Dieu et q11e la lice nommée
Ilaude fùl envoyée par elle, à Monsieur de
Brézé, ourle chien ' uillarl.
Nou verron même comme quoi cela peupla fort le chenils Je 1. ogenl-le-Roi pui 4ue
Ilaude eL ouillart eurent de quinze à rio1tl
enfants tous adroits, savaulS, de lion flair,
de beau poil et de dent lon1,,ue '.
Ces joyeux dllvi , tant de cbien ()Ue de
1. Voir: u P901u.011x, son li~re do l'é11ui~; 11,110:t

c·

Jtnô.11~ Pmuu. : le liure rle la citasse du 9ra11d Se-

11e chCll &lt;le 'om1a11Jye el le, dit; du /1011 chie,,
$1)uillarl, qui fut au J'(!Y Loy, de Franct, 01,;ieime

... 38o ..,.

per. onnc~, prolonl!,èreol forl avant la . oirét•;
lo barbier cL l'é1·è,1ue, maitres Collin Colle,
de Melun, Loys Tindo, le. l&gt;c,uyrr:. de meute
el ccu de. oi eanx, comm •11i;ai1•11L d~ d,irmir
avec irrtil'érence. Le 1•arlet ' fur1•11t donc qnérirle llambcauxell'on ·'alla touch r, qui ùn
coté de · ,·bien , qui du cù1é des ~en : mais
~ton iPur Loui XI, ayant reliré on bonnet,
l'amit placé pr~ de lui, el, deHIII les ima re
.eulemcnl cousues d'un fil oi1 etaitinl vi iLle
~lon.icur aint )lartin de î 01u"', 1011, icur
Saint Michel, )fodame la \ïerµ et l!.,dame
ainte Cal herine do Fier Loi • il fa 1. ait orai,on.
Le Larbier, le médecin el l'éH:q11e, fort hypocritement, la faisaient à ~e , 01.:,; et l'ou e1H
Jit 4ue ,1u, ucL, Mamye, ~liimonne el lt! chien
ouilla ri, a, i ur le derrière cl lrè · auentiî·, à chaque foi qur 'le ,ire tou ·hait uu
"rain de sa patenôtre, omraieul ile làr&lt;re ·
gucul · cl disaient Am •11.
L · lenJemain, dè · l'aube&gt;, il y i-ut un Lranle-lias de Loule la troupe. :1ppl'I de soldai·.
aboi:.- de meute , cri di! varh:L t: l Je ·
écuyer-; et pni: l corlège .-e forma avçc le
roi en lèle précédé de J:m~ ; i:l le barbier·
le médecin, l'érêque, le .0111mehcr de
fruiterie étaient là; il y awiil Ir moitlt'S avec
le. os de saints; enfin le. archers, cou! vrinier avec leur coull!uinrs, cranequinil'ri-,
ui ses el noble .
la droiw el à la gauche du roi, sur lt.!ur · chevaux ùe cbas~e,
avaient pri place \lonsieur cl füdame de
Brézé. Pierre l'Apothicair allait à dtslance
de ,on m.1ilre sur un gri. on de campa, ne el
~I. de Laveq;ne, fort allègtemenl, l'c,padon
au &lt;·olé, uivait en tenant le chien ouillarl
par la !ni se. Muguet, llamye l ~li.,ooune jappa.ienL autour du roi; L des hosls de vaollt&gt;aux, des régiments de caille et des petites
compagnie de perdrix ·e lernienl de champ
à me ' ur~ (Ju'a,·ançait celle uite étrange el
milit.aire; mais le · arbalétrier~ lenai ut leur
arbalètt. dan- le· carquoi ; le fauc,,n ain ·i
que I autours étaient coiffé· du clmpero 1
au poing d veneurs, et les lapereaux, ans
t:rai11te , au seuil des terrier pouvait&gt;11L, eu
coulanl un œil ou pointant du mu eau audes u de herbe , uivre, à tra1 l•rs. l genêt·
el les auhepine , le déploiem nt, en un choc
d'armure , de l'er de che,·aux, de ùolle ,
arcs et lances, de cet in otite et brulant corl \gc.
Ain -i l'on chevaucha et chemina pendt1ul
un jour 011 deux ; on fut fèté à Dnmx ; on
lut fèté à É,Tcux où l'évêque Balue re\Îl on
évêché et où lloosieur Luuis · 1 honora le~
~ainl ·; l'on vil Louvier~, Pont-de•l'Arche, on
pas a la eiue; puis il y eut une très olcnuelle el trè triomphale en•rée de .\k1:,ire 1::l
de lloo~ieur et de M:àdame de Brézé à Rouen.
Etc'e l làqucce fut beau!
Ale~ieur· le· échevin, }ndics, bailli et
con eille1s Lou en bell
ronelles neuves.
urcot ' riche,;, au musses el ltoquelou brodés.
allendait&gt;nl ous un dru aux portes de la
ville. Quand maitre Jean Troteluu el ll·an
de ce 110111 (Paris, 18:18). lAI li1•1·,- de lo cha,&amp;e cl les
Dil~ du /Jo11 chie:t1, œu•rcs origîualca el rimees de
Jal'IJU,es d~ _llrézé lui-mêm , fu~ent imprimés pour .1•
prrmulre 101 ,·ers 1491, 11ar Pierre Caron cle l'ons
1

'-----------------------------------Trompette les liérauls ropu. parurent. face
li l ïle Lacroix, à Ia porte Gui llan me, et sonnèrent !i :rro, es joues dan leur clairons de
cuivr&lt;', on ~il o ciller Je helle · bannière &lt;les
miliCf&gt;_ roaennai. oit le lion el le léopard
ODL brodé· en or; IPs bom liarde crachèrent
l1!nr dérhor~e de poudre; la cloche RouveJ,
l:i Cache Ilibaud et la Cloche d'araenl tintèrcnr dan lt• rour- et clochers, au-d u d
, aint-Ouen de , ~int-Maclou, de aint-Vhien,
tle ' airrl-Laurenl &lt;'t de la cathédrale. Pui~ l'on
\'Ît qut&gt; lt' · écbe1'Îns, syndics, maitre et
qnarteni .. r , vêtu d~ robe mi-partie rouges
et mi-parti • noir ·, a..-anç.ai at en députation;
le un, porlai1 nt 1· ~lmbolique · clef de la
ville en un beau plnt &lt;l'or et les autre , en
dive~ plats d":rr.,ent, un pot d'arrrenl plein
de vin. un g~lreau de pàte liien cuil. le pain
et le 1•1.
- l'àr1ue - ieu I mes ami -; je vou aime;
j"aime m,rn R,m.•n, ma belle el gran~e "ille !
Et en nom 01e,1 je ui vôtre! 'écria 1 1·oi
Loui • à 1·oix rlairf' et hante. En mêmi, lemp ,
il s011ri •il aux édte1in., aux . 11dic: , aux
t)U3rll'llln l'i maitre . Tou 't:iient là, rtra
et humble·, rouae• et fort bien fourri: ;
c'étaient J" marchands. Loui était bien
conlenl d,i Ir voir; car tout ce qui «!Lait
pelil, r11~é. ladre et menu comme lui avail
on amour. Ensuite, comme on lui offrait le
vin. il le rL&gt;pous a et dit, toujour • coquet el
·011rianl, aux drapiers es compère :
Pà11ue~-Oieu, me · ami , cc ,,in n'e t
point 1ù1re; c·., t votre cidre quej veux!
Il y eu a1·ait là; et, dennt le échevin
flatltl ·• il en but un pichet cl claqua de la
langue. Aprè quoi il prtl les clef. au i el.
le pré~en1.aat ù \I on ieur de Brézé, qu'il 1·enail i11 1,11lcr aux lieu et place de son père, il
les lui r,•m11 en pré ·ent, l'accola de monture
à monlur ' ; el il dit, de façon à re que Lous
ren~n.li,-sent :
- )Ion ieur le !!rand ,_éDécbal, je vou
fois ta111tai11ed.. 11ouen el capitaine d~ Munie ,
je vou · fai. capitaine de Meulan.
Le march111d~ et vilain ôlèrt:nl leur Lon•
net ; le p~uple aoclacna, et les nobles. Tous
criaient : - o Vivent le roi el Mon ieur le
~\;néchal ! 11 Kt, comme le chien
uillart
,~t~it du corLè•re ainsi que le ch ien fugue!, cl
MF,aonne rl \la mye, malgré )1. de Laver~rne. ils
pou 'èren l h,s ~yndic , happèrent la Lelle !!alellc .Je }I •!. Îlmrs de Houco et commencèrent
as ez iroulument de la croquer entrtl eux; ce
d11nl 'ébaudirent fort gait-ment le roi, 31 ·ire Ja.cttues f!t ladame Lharlotte. )lai!-, pour
celle-ci, lrs dames étaient ,·enue' à lie, offrant iles hijou1, dt- Oeur et de 1, •ll1•s iltoffe~
· 1mm1• pr6 ·,,ull;; le marchande avail•ntsuivi,
:tppor1:111l pnur la 'ént'cliàlle, en de riche.
mJ1111c ornée·, du lin"e de fin lin, uimpes,
·•orgori-tt,.,, chemise brodée pour soulas.
cotte, a ùe1·i·e , rOllennerie • ca nnctiUe Cl
1

de ville suivaient au mdi&lt;'u dr milice ; el,
des mai.on- ventrues, des façades de hoi.
peintes et à en eigne on jetait d • fleur· et
l'on acclamail. Jailre Nicoh · du Uo,c, curé
de 1a catbédralP l doyen d'icelle, en cbn utile
ma!!Tlifiq11e, allendait le roi devant ~otreDa.me 1 • Me ·ire sauta de sa jument un peu
en avant du portail el là, maitre Nicola du
Bo c, entouré dt' prèlre et des prestoleL ,
'avança avec l'eau bénite, l' nci·n el l'É1•angile en main . Me ire, du bout de s lon°
on,.les, toucha l'eau bénite, il éternua un peu
au coup d'enœn oir et retira un bonnet dernnl l'Évamrile. Apr' quoi, . uivi de fonieur, de ,radame de Brézé et de tau les autres, il ent ra dan - Noire-Dame. Et, comme il
111ait fort dévot à la Yi •rgc, il ploya le genou
inconlinenl et re la là une grande heure
abjmé en prièrf' .
u sorllr de . ·otre-D:ime le rorl "" avança
du côté où e t le Vieux-Marché; partout il y
a,ait profu.ion de décor, , haMièri- , arc et
fleur . liai , au pied du brffroi. à la Gro e
Ilorlo"c, atl ndaienl de garçon o~tunié
portant élendard~ de salin pcr hatlu de
fleurs de ly ; chacun avail on nom é1Tit en
banderole. C'étaient Conseil loïal, Ilaut ooulofr. Amour populaire, R,.fof porofr, Libéralité, Espérance, apience. Au moment 11ue
le roi arriva dt!vant •ux: ce sujet agitèrent
leurs ept étendard~ et firent un complimt'nt
dnquel Monsieur Louis X1 remrrcia en bons
termes ~le- ieur du Con eil. Enfin l'on parYint à lll mai on de \'ille; c· t là qu'étairnl
préparés un grand festin et d'autre réjoui. -

nn 1h-ique depui deu~ ou lrois jours, commrnçrut à en exprimer snn méc·onleotemrnl
au moyt'n de rnade ·. d br i,,m,·nt et de hi
han onor . La haquenée de MadlJme Cbarlolle, dan le dé ordre, se trouva un peu
pous ée à l'écart. \'oya11L l'embarras de celle
dame el que nul n'était là pour lui offrir à
de cendre, Me ire Pierre de Lavergne élail
accouru en h,lle, avait plié le gc11ou et tendu
la main; et ladame Charlolle ùn était aidée
pour sauter à Lrrre. Elle ne le fit toutefois
pa' aus i prompltiment que on re~ard ne e
fùt attaché à surprPndr.. l'écuy..r toujour" le
geuou en tPrre. qui, à l:i dilr11Lée, a\ait bai é
a robe. )ladnme Charlolle, tou1 d'ab11rd, en
eut plus de surpri e que de conrusion. ~lai·
à ce moruenl Pll'rre I' pothieaire. qui approchait. lenanl de la brid le ch••val de on
mail re, ·i:tail avancé; il a\'ail tout vu. Et
(Hdame de Urhé en avait rougi.
Apr' que I rrpa e rut ad.1err, on joua
un Mystère ctPVant le roi, Mon ieur 'le 'énéchal, MadamP f.harlolle t'L leurs gc&gt;n~, à l'llù1.t'l de Y,llc. C'était qut-lque cho e comme la
fallle d' cltlon; l'on y \'o,·ait moult parti de
cba ~e fort belle.; un cha~ eur poursuivait la
Me. se; el, à l'un Pl à l"au1re il arrivait malheur. J.11la.me Cbarlolle, qui ne Mmêlail pa
sans surpri ·e qnclque avnli ~l'menL de ce
mrtère, en éprouvail un trouble infini; el,
landi' qu ·,,Jle rr.vait de l'action fabul u e,
Pinre l'Apolbir·aire rt U. de La,·pr •ne qui,
dan du ùiver-cs p•·n-ées, oli em,ienL on
donx et gracieux vi arre, l'eu srnl po voir
rounir el pàlir tour à tour; car, daos son
cœur au ' i .e jouait un my~tère ....
Enfio, il en rut de cc fète comme de
loutPS le, aulre : il vmt l'in tant qn'eUe
ce· èrent.
u bout de peu de jour fon i1•ur l.oui XI
quitta Rouen en pPliLe cornparrnic. précédé cle
~es oldals, de c meules et de ,es o de
$aÏnls. Il allait ver le villes de la omme.
El, par une porte rgalem,.nl, s'en forent
Mon ieur et lfadamr dt' Brilzé.
Jacqur. allait rêveur, cbr aucbant auprès
de a belle et jeune femme. li y ainil un silence entre en:x.
M. de Laver.,.ne, à quel&lt;JUe dktance, uivait an parler. li y a1•ait aussi. au dos de
son grii:on, Pierre l'Apnthicairt-: mai. , landi
que celui-ci, d'un re•rard oulique, ob~er1ait
l'écuyer, il fallait voir que le cbien 'ouillart,
le poil hir:;ule, l'œil inquil't e, le dos ar11ué,
avançait en llairanl Pierre l'A.pothicaire.
V
A propos du livre des
Cent nouvelles nouvelles

lioiles.

Cela rail, le complimeul et c."\dcau off~rls el r,·çu,. on entra plu avant dans la
1•il_le. Je::in rrowlou et Jean Trompette fai.a,en1 u11 •rand hruiL de cui1-re en avanl du
roi. M•ssieur.~ des corporation· et dn con eil

.MA.DA.ME DE B~'É.ZÉ - - -

,ances. ri y eut un p •Lite ],ou culad de
monlur au-devant du perron à cause de la
mule de M. de la Balue q~, la e de porter
1. C11,

u&amp; fü:,1.C1t1J&gt;,111tt :

:Nolt;JJ .iur ~1.r 1:()yage.• de

louis XI à noum (lloueo, 1857) .

... 381 ...

i l'on en croit le grand Cou. t11mie1· de
Normaodie, il n·y al'ail pas, dan ce temp~là, que du loi ir à ètre énéchal. «1 Cbastier
et corriger ce11b: f[Ue par inrormation trouveroil esLre coulpable de malfoict ; aardcr la
paix dn pays, Yeoir et visiter de trois an en
lroi ans toute le partie et haiIJinge ùudil
pay ; enquérir très diligemment par lesdits

�•--.----------------------------------

1118 TO'J{l.Jl
bailliages, les exepts et délits que l'on y commelloit chaque jour tant de l:irrecins, ravissemens de femme., de murtres, de foulx
boutez, et de tous antre crimes et délit ,
rendre ju tice... », ainsi deYait fair' le , énéchaJ; et les « droilz de on prince de,•aîl pardessus tout garder ii. C'était certes là une
hlche rude et haute et qui ne pouvait s'accomplir qu'avec énergie et vouloir. )le sire
Jacques de Dréié 'en accommodait; nuJ, plu
que lui, n'attacha de oin à témoigner an
cesse, d·un des bouts 11 l'aulr de a énéchaossée, d'un con tant souci d'équité et
d'honneur. Mais, à l'accomplissemenl de ce
devoir de sa charge, pas èrent et passèrent
les années.
M. le &amp;lnéchal vieillis ait au ervice du
roi; et, le temps qu'il ne consacrait pas à
son commandement ~les~ire Jacques de Brézé
l'employait lt in truire le jeune genLil homme ses fils, et, d'au lres fois, à chas er ·ur
es terres de Nogent, d·Anel, de Bréval et
autre .
Mais, il advint maintes fois que, depuis le retour de Rouen, Madame Charlotte
sa femme, occupée du soin de enfants, ne
l'accompagnait pas. M. Je énéchal, devenu
fort oml.irageux, en coociwait de l'humeur et
parfois du •oupçon, Il couvienl d'indiquer
que ll. de Lavergne était toujours de la maison et toujour écuyer des cba ses. Le plus
souvent M. de Lavergne et le chien Souillart
accompagnaient f. de Brélé dan e opiniâtres chevauchées de campagne; il n'y avait
pas apparence qu'ils fu sent ennemi l'un à
l'autre; M. de Lavergne était soumi , adroit
et rendait service, ~l. de Brézé était amical;
ils allaient de compagnie avec le chien ouillart, équipés tou Lroi , qui des armes el qui
des crocs pour cha er aux LêLes; m~is, dè
qu'il y avail un gibier à surprendre ou à forcer par piècre, .l. le énécbal s'adjoignait
Pierre !'Apothicaire. Il faul dire que le ru lre
avail acquis, chez Me$ ieurs de BourgO!me et
partout 011 l'avaient conduit e aventures, une
grande force à trahir et dis imuler. Ainsi,
dans certaines chasses, qui sont plus de ruse
que de courage, il était devenu un affidé indispensable. Nul ne s'entendait avec plus
d'adres.c à Lcndre le collet ou à po er l'appeau caché llUS les feuille ou masqué par
les branches. La bète iu«énu~. an feinlise
ni crainte, allait d'on pas allr"re; ses patte
fines el nerveu es froi saient les bruyères;
elle broutait joliment, avec une gracieuse inflexion du cou 1 çà et là de; feuille : parfois
elle buvait à un frais ruis eau; pui , elle
allait flairant, courant, souple el joyeo e, et,
sa robe mouchetée était belle à voir. oudain,
an détour d'un hallier, se" patte se rmmaienl
à de liens invUble , a course s'embarrassait de fils cachés et elle était prise I Mai ,
Pierre l'A.polhicairc déjà était là! Et, tandis
que la Mle, i douce, ,-i Lremlilanle, c.ommeoçail de -.-émir. il s'approchait d'elle et,
îorl proprement, d'un coup dt! lame, il lui
coupait la gorge. En septembre, époqur. à
laquelle on commence à chas er les bêtes
noires jusqu'à la Saint-Martin d'hirnr, Pierre

!'Apothicaire avait acooulume d'aider ain i à
son maîlre.
fais Pierre !'Apothicaire n'était pa toujour · Je · chas~es Lle ~I. de llré,é el du chien
ouillarl; il re. tait ouvenL à Nogent-le--Roi :
c'6taicnL les foi que M. de Laverrrne y restait
aussi. fi e pa sait alors cette cbose singulière que parloul où ôtait l'écuyer éL1iL I' Apothicaire. L'écuyer allait-il se promener au
boi~ Tbuilé ou au lioi Me. nil? L'al'lidé de
Mon ieur le énécbal le uira'l à di tance; i
c'était au bord de rEure on le reconnai. ait
à on mira ....e dans l'eau; si c'était au chùleau
il se décelait toujours à un momcment de
porte ou un hruil de tenture. Et ainsi l'un
était comme l'ombre dt! l'nutre l }lai , il y
avait de fois où Pierre l'A polhicaire était
tellement "rimé de ruse et en1•elnppé de ihmre •1ne I. de Lavergne ne soupçonnait pas
qu'il fûl à es côtés.
Cela advint ;:iin i le jour que Madame Charlotte, las e d'être lai ,ée eule à filer au touret, avail pris une petite 1·iole et commençait
de chanter, en 'accompa!ITl1lnl, une ballade
de celte Agnè de nvnrre qui, comme elle
fut belle, comme elle fuL douce et romme elle
souffrit d'un mal inconnu :
Moitit mis de banne lu:1œe mie,
Qiland je suis si bien aimée

De mon dow~ ami,
Qu'il a lo11l mnour guerpi

Et so,1 cœur a taule vie
Pour l'amuur de mi ....

A ce momenl I. de Lavergne revenait de
rêver dans le bois 'fhuilé; il a"ait beaucoup
erré, beaucoup cheminé el heancoup pensé
dans les hoi , dan les prafrie et dan les
jardin ; aussi sa toque était-elle inclinée en
lêle, son petit 11spadon battail sur sa hanche;
on visage étaiL fort animé de l'air \'Ü; et, il
allait portant, dans a main gantée, un bouquet trè adroitement compflsé, comme Marot
eùt dit un peu plus tard, de II marguerite ,
lys et œillet~, pa. ereloui et ro e Oairante ».
Dès que Madame de Brézé l'eut aperçu, par
la baie ouverte, qui venait du bois an château, comme par pudeur elle cessa de chanter; mais à peine son chanl s'était-il lu que
le jeune écuyer, poussé par r,elle force inconnue qu'on appelle Amour mai qui peul-ètre
aussi bien e t Fatalité était arrini au château.
Et là, il avail pa é le. porte ; il avait couru;
il avait rougi ; puis gentiment, comme on
voit que font les ,lonateurs dans les Ll'iplyques, au-demnl de la madone, il s'était a~enouillé de1•anl Madame Cbarlotte. A ce moment, une ombre - à peine une omlire, un
souIOe - avait glissé an-deva11t de la baie
ouverte; et. c'est ainsi que Pierre l'Apotbicaire, le Yeilleur sournoi , avait urpri. ,\1. de
Lavergne dan .a pose d'agenouill!'ment et
d'adoration; Madame Charlotte étail demeurre
assise et ceux qui ont vu, à Anvers. li: pmneau du diptyque de Notre-Dame de Melun
où llad:une de Beauté e. t pei11te, auront quelque idée de Madame de llrézé à cet instant-là.
Un voile pre que de rtonnain lui couvrait le
front el la tète el se répandait, comme pour
l'envelopper à droite et à gauche, sur le dos
- 38z -

eL ·ur le· épaull's; un petit cor elct tenait

Afl

taille étroitement errée, mais , ommc dit
Cho. tellain a •ec humeur à propos &lt;le dame
Agnè ore!, ce corselet, selon la moJe du
l!'mp~. était fendu el ouvert : on voyait le
tétin i:ous la guimpe. Cela élaiL fort a •réable
à contempler el aus i le col exquis que la
maternité avait épais. i à peine; cl le fin m ntoo, les joues ronde • le nez miguon, l'arc
des .ourcils el l'arc de lèvres! füîs, M. Je
LaYergne, incliné à terre. e lenait lrop humilié el lrop courbé du corp pour apercevoir,
de Madame Cbarlolle, outre chose que le
fine· et longue mains toutes tremblantes
d'étonnement el de confusion. li était là,
comme un bon chevalier a-vant J'imestilure,
au moment Je la vigile, •1uand il se \OUe 1l
la Vierge. Cela étail ainsi que disent les
contes.
Bientôt il .sembla à M. de Laver"ne quïl y
;iv:ùt comme un miracle qui s'accomplissait;
il sentait des doirrts lrè · long , trè fins el
Ltè parfumés qui .e po aient ur sa tête et
touchaient son front. Et, les main de ces
doigts étaient blanches el légères, duvetée et
mignonnes; l'écuyer n'en avait jama_is contemplé de plu merveilleu es. Bientôt- mai
était-il ûr que cela rùL vrai? - ces main
élaienl descendues à ses lè\•re~; elles étaient,
elles aussi, comme de petites lèvres chaudes
qui en eussenl cherché d'autre ; et puis, ces
main elle avaient pris le bouquet odorant,
le bouquet où étaient a marguerites, lys el
œilletz, passevel ouz et rose 11airan tes ». El,
M, de La,·er!!Tle - tel le petit Jehan de a:inLré de1·ant la Dame des Belles Cou ine - se
tenait loujour un genou eo terre, ému de
moult piété et de monll amour.
Mai au même in tant, comme toul s'était
incliné au silence autour de Charlotte et autour de Pierre, l'appel lointain d'un cor, l'aboiement d'un chien, retenlirent dan le bois
Thuilé. Le cor était celui de Monsieur le ~ énéchal; l'aboiement était celui du chîen Souillart. Tous deux. il· revenaient, le maitre et le
chien, ainsi que deux vrai et bous amis qui
font partie ensemble. Cela dura un éclair;
puis le cor se lut; ouillart apaisa sa voix: el
il y eut un long moment pendant lequel M. de Lavergne enfui - l\ladame Charlolle
.e tint muette, an soufOe, pâmée el comme
mourante.
Enfin Mon ieur le Sénéchal parut entre le
chien Souillart et l'Apothicaire. Tou troi
avaient des mines dherses; le chien, gri:sé de
coure el de grand air, allait par gambades;
!'Apothicaire, cauteleux el ournois, le Front
lia~, le pa lramanl, e gli ~ail plu« qu'il
avançait; mai Monsienr hl Séni:cual était fort
agité; . es reux regardaient el t herchaient en
tous sen , a main LrernLla it, son f ronl était
rouge ; il seml.alail qu'il allât comme un d('ment au lm ar l, ou, à 1iause de on gant, de
e · armes et de . e· buffleterie , tel, dans les
Lr1is, qu'un louvetier au loup. Enfin, il c
porta au-devant de .a fcmm ·; celle-ci, e
maitrisant, tenait un livre omerl en sa main;
die imula celle qu'on a. interrompue au cour
du chapilrc le plus allrayant du récit ; elle

pas une
·eule ombre sur son fronL cl dan se· yenH
on regard était droit, sans feinte, el la liinpidité en était ans mélange.
Derant tant de candeur, lna I de calme el
une quiéludo i grande, il appamt que Ionsieur le 'énécbal l:tésirn1; mai · des ressource
de colère, accumulée depuis longtemp en
lui, oppres aient sa poitrine à un point redoutallle; il n'était plus le maître de on emportement el de ·a fureur. D'un ge le prompt,
court, rapide, il bondit sur celle femme 11ui
était la ienne; il arradia le livre qu'e.11
tenait. Cc livre élait un fort joli recueil des
Cent f,oiwelles ouuelles dont Ion ieur Loui.
dt, Fran.ce avait tait Jon à sa sœur. Mon ieur
le Sénéchal a1·ait bien ce rru'étaient ce nouvelle -là et que tout ce qu'on y lil n'est qu'impiété et que Lrahi ons des wari aux femmes
l't de femrues aux mari~. Le livre était ouvert, au seizième récit, à l'eudroit où un
pauvre chevalier picard est montré berné par
sn ch \'alière. M. de Brézé, les yeux dème urélllcnt agrandi , 'acharnait ur cette page,
comme . i, de fureur, il eût voulu en arracher
llll secret inconnu. De son doigt, ganté pour
la chasse, il suivait ligne à ligne; et sa main
tremblait, 'on r~ard hésitait. Parvenu à ce
pas a e : et Tandi$ que blonseigneur jeûne
se le1·a, douce el blanche· il u'y avait

el (ait pénitence Madame ((lit goguette
arecque-. l'e cuier ..•. i, il ~e pul mater da~antage son co~roux ; e_l, prcnan l le pelil
liv.re que lfons1eur Lows de France avait
donné à a œur il Jt, jeta à terre; cl, là., il
l'écra~a en le piétinaoL soas ses bottes de
cba e; en même terups, lel qu'un insen.é
il criait, répétant le passage du conte ~ _:_
« Arec l'écuyer! Avec récuyer ! Par aintJacques, a,ec l'écuyer! o Et il levait le poinlT
comme ïl allait frapp"r Madame Cbarlolte
au 1·i 'arre!

Mai elle, seulement un peu plu blanche
à cause ile son voile qui tombait ur son col
et sur se deux épaule , en Ilot pâle, à droite
l'l à gauche, eul un ge Le timidti; et elle dil
doucement, mais avec he.iucoup de fermeté :
t( lfo ire, gardez-vous, je suis lilll' de
Frauce ! ,,
Puis le chien ~ouillarl grogna comme ~·;1
etîl eu, lui au si, son mot li dire.
~lor M. le énéchal, Lant l'empurl~ment
a,·mt porté -ou trouble au comule, t'Ut oomme
une vi ion. Entre Madame Charlolle t-t le
cbit!n ouillart, il lui semula qn 'un être é1ait
apparu; et, c'élail un homwe à mine lornruc
et habit f 1urrés, qui portail pateoùtre0 et
mau,·ais hou eaux; d'abord on eût dit d'un

pauvre ou d'un moine errant; pui!', pl:'u à
veu, le trait de ce pauvre ou de ce mome
:.'accentuaient, le nez se fai ait plus mobile
et plus long, la bouche e qui. ait un rictu
de colère; un voyait brilll'I' d('ux )'Pm de feu

Pr~atrt lt l'etu Uvre 4r,e Mo11sU1,r /,ouls de France
avait doimt à S.J sce11r, ,1/onsltur Je Bre:I! le Jcla à
terre; tl, là, Il l 'écras.l en le pWl,rant. (Page 383.)

du food de l'ombre; autour de la tHe de ceL
homme, il y avait un cbaperon avec des images; il sembla.il que, sur ce viëUll chaperon,
tou les saints el toute les saintes du ciel
dan a senl dans le soleil el fi sent autour dn
uont un diadème élrange; et ous sa manvai e cape, ur son jullt.aucorps tout minable,
l'homme de la vi ion avait une patenôtre de
l.iois; mais c1&gt;lle patenôtre ell~mème était
.ingoli re; elle changeait, elle changeait; peu
à peu les erains en Jevenai,·ut lumin,-ux,
hri liai en L 0111 me de li étoil,l , pm se rétréci ant, formaient les coquille~ d'or du
e-0llier de ainl-llichel; bientôt ce collier diminua_it à sou tour; el, il élait aiu i qu"une
chaine de fer! llonsieur de Brélé Pll . entait
le froid à t&gt;S pieds et à se mains. Et la vision
riait d'un rire épouvantable.
Mais cula oe durait pas; M. le Sénéchal se
tenait droit, l'r,eil moins fou el moin hagard;
lentcmPul, lent;,ment, son poing /a bais~ait
sans 11u'il eùt frappé. Et Mad.me Charlotte
n'a l'ail pa · reculé; elle se tenait là, blaocbr,

MAD.AME De 1J1rtzt - -..

rigide, donlour1:use; son accent élail plaintif;
elle disait :
- Messire I Me sire ....
lJ -y avait du reprot be dan sa ,·oi:x. AJor
M. le 'énécbal, humilié, confus, e retournait
1ers l'.Apothicnirc; pour un peu il eût sai î le
drôle à la gorgù, il l'eût étranglé de ses
mains; mais l'autre, au si cou:ird qu'ovisé,
a1ait fui en bàte; et ~loosieur de Bré.:é, irrité,
di ait, à voix faro111:be et dure :
- Je le chasserai! Je le 1'11:i , Haî! ...
Mais cha. se-l-on un homme qui est à Mon~l'igoeur le duc de Bourgogne, un homme que
le t.errible duc nmrraire avait mis là en confiance? Et, il parlait aus;i de l'has t·r M. de
Lnvergne l Mais, e. l-ce que cela n'érait pa '
plu difficile encore? L'E'fi'rayanle rLion de
Monsieur Loui de Frnfü•e lai apparais ait
alor · comrue dans le moment de sn colère; sa
résolution Uéchis.ait; il entait mollir ~on ressentiment; dans . a contrition, dans 011 reçel
d'avoir été jusqu'à o.er l ver le poing ur
ladame Charlotte, il proposait un pP)erinage
à Jnmiège· , au tombeau où - ous une dalle
de mari.ire - est inhumé le cœur (cc cœur
qui avait ballu de tant d'amour!) de Madame
de Beauté.
Tous deux il parûrenl, l'épou e el l'époux;
lous d11ux il s'agenouillèrent et prièrent enl·ml.ile. Madame de Beauté qui, ans doute
aussi, e l )fada.me de bonté et Madame de
pardon, exauça leur vœu. Alors c'étaient Pentecôte el l',Uleluia ! Les clochers lintafont
dans l'air doux; il y a.vait du soleil sur la
route; ~Ion ieur et Madame de Brézé avançaiml an I ni galop de leurs montures.
Le poiug du c.11alicr au,danl la cavalière,
il passt!rent ainsi à Elbeuf el Louviers; il
pas 'rent dernnt Évreux rl devant Dreux.
Partout le concert de l'airain le aluait;
mais, il semblait - à me ure que le galop
de leur bête les portait en aYanl - que, du
food du pa é, moolas ent d'autres cloche :
cloches d'Orléan , de Beaugen y, de olreDame de Clêry el celtes qui font, avec un
bruit de bronze, en planar,t bien baut a,1de su du Loir : l'entl6me/ l'endôn,e! 81, il
y avait au .i 1~. cloch~s de Cl,iuon, les cloches
amicales de , ainl-Élienne, de aint-Maurice
el de .'.'aint-lkxme, œlles qui avait-al tinté,
au momenl des noce. , ur Charlotte et Jacqu ! )lais, la p tile clo1 be de 'ogent-le-Roi,
11ui les accueiJli I Jè I&gt;!- pays cbarlrain, élait
encore plu' onorc l"t pin · l'i,·e que It-s autres·
elle l'enait à eux comme m1 lhant de jeunesse
4ui ,·a ju qu'au cœur.
EL ils J'en1endaient aY&lt;'C un grand Ll'Ouble,

(llluslrolfons tù Co111&lt;1-n. 1

Eo~10~0

iA

... 383 ...

suivre.)

PTLO .

�'Jt1STO'J{1.Jl
vait pu lui cacher : il lui dit. sans approfondir
~

Secret d'Etat
Jamais secret n'a ét,, mieux gardé que celui
qui dc\'a Leu ,du ire ~laii'\me en ngl .. t,•rre.
Quul,1'1" ,pmaine avant le départ de füdamll, le ~l'crel l'D fut révèlé à Mc,nsit•ur,
lequel t&gt;n p~ ria :iu roi comme un h11mme
instruiL. .'a \lajeslé fit de reproch,..s à liadame d,· 11·:1v111r pu ~ard •r le secret. Madame
a· ura1L. avt·c d1:&gt;- s,·rmrnG 1•t de circon~rances
dont on n,• iiouvait p •~ douter, qu'elle n'en
avait ja111ais rien rév~lé. Le roi es! impénétr,1hli!, ,.l . aç,1il 1111P. ri11i 4ue ,·.e soit en
fr:inr.e 1w p•11Jvail Lrc i,tformé de se de ·,cm . b,,rmis \L Je l.01n•ois ~l ll. de Turenne.
Quel rnu11·n · ava,L-il dtJ '01tpç11nnor M. &lt;le
Tur,•1111,·? C.-p~11,l,,11t, i œ n'était ni le roi ni
Madam ·, il rallail 1,icn 11ue c,, fùt l'un d~s
d~ux ,pli ,·n 1·ùl parlé. Lli roi pril le eul bon
parti tjll 1l avait pour approf'oudir cet embarras, 1·t ,1.:co,1vril à ~funs1eur Ctl qu'il n'a0

son grand projet sur la Hollaadt:, qut: depuis

quel,1ue temp · il avait jeté les yeux ur Uadame pour l'engager de passer en Arlglcterre,
el cimenter, sur les inslrllclions qu'il lui préparait, nne union des couronnes entre le roi
d'A.ngleterre Pl lui, pour l'a raudi,semeot du
commerce; •ru'1l avait expres ément défendu
à faJame d'en parler à qui 11ue ce soit. EnGn
le roi tourua llun ·ieur, on [rère, de tant de
manière.,, qu'il découvrit que cel avis du
voyage de \ladame en Anglt,trrre lui était venu
par le chevalier de Lorraine. Mais par où le
clievalier de Lorraine, qui n'était p&lt;1.s ;1 la
cour, en éL::iit-il informé? Le roi envoya chercher M. de Turenne. « Parlez-moi comme à
votre conf es eur, lui dtL le roi : avez-vou. dit
à quel11u'uo ce que je von ai coalié de mrs
d,• sdn · ·ur la llollandc el sur le voyarre de
)ladame en Angleterre? » En Yérité, -Î le
cœur &lt;le ce 0 r;1Jld homm" fttl jamais comha.ttu entre la \'éril.é el la houle d'avouer a
faibles e, ce fut en celle oCl:3. ion. Cllpcudant
la vérité l'emporta, et ce fut uu de· grand
comb ts et des plus embarras ants où ce

grand capitaine se soit jamais trouvé. a Comment, sirti, répliqua ~L de Turenne en béayant, quelqu'U!I connait-il le secrcL de
Votre M •Jeslé? - Il n'esl pas question de
ci&gt;la, reprit le roi pres·ammenl : en av~-vons
dit quel11ue chose? - Je n'ai poinl parlé de
vos de~ ein • ~ur Ill Hollande, cerltunt!menl,
répnndil ~[. dtl Turenne; mai, je vais (out
dire à Votre .\l.ljesté. J'avai peur •iue \lme de
C,iast111in, f(UÎ voulait Iaire 111 rnyage dtl la
cour, n'en Cût pas: el, pour qu'cllu prll es
me,nrtJS de bonne heurt!, je loi en 1lis ,,u.. lr1ue
cho·e, et que ~faùame pa, erail en A.ngl11Lerrc
pour aller l'01r le roi son frère. ~l:i.is je n'ai
diL que cela, el j'en dem mde pardon à , 111tre
Majesté, à qui je l'avollc. 11 Le roi se prit à
rire, et lui dit : « \fonsi,.ur, vous aii;nez dune
Mme de Coas,1uio'l - ~on pas, sire, tout à
fait. reprit \[ de Turenne; mu elle 1\ t tort
de me amie . - l h bien! diL le roi, ce qui
est fait est fait: mais ne lui en dites pa~ davantage : car, si vous l'aimez, je ui,- füché
de rnus dire qu'elle aime le che11alier de Lorraine, auquel elle rtldit lOlll, el le ch.-valier
de Lorraine en rend compte à mon Irèr~ .... l&gt;
L'ABBÉ DE

CHOISY.

C1 11:M O lràu.loo

LA Vlll ET LES WŒIIRS AU

xvn·

SIECLE. -

Jeux D' ENFANTS. ... 384 ,...

Gravure

d'A1$1UJ! AM BOSSE.

(Cabt11el dts Eslamtt,s. )

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                <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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            <text>https://www.codice.uanl.mx/RegistroBibliografico/InformacionBibliografica?from=BusquedaBasica&amp;bibId=1753533&amp;biblioteca=0&amp;fb=&amp;fm=&amp;isbn=</text>
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              <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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              <text>Jules Tallandier Editor</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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