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                  <text>IIE'f/lJB •NTERNATfflNALE ILLIJSTRÉB BE L'ACTIVITÉ CONTEMPORAINE
PARAISSANT LE 1er DE CHAQUE MOIS

ARTS

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Voir au verso les avantagea
et les primes
réservés aux Abonnés.

l

CE NUAfÉRO
contient 132 pages,
16 hors-texte, 1 reproduction en

couleurs : le cercle chromatique
de Charles Henry.

SOMMAIRE
lettres

esthé,ique dt l'ingénieur

Des Yeux qui ne voient pas ...
Les Paquebots,

Le Phénomène I i lléraire,
JEAN EPSTEIN.

856

LE CORBUSIBR·SAUGNIER.

Max Jacob en 10 minutes,
HENRI HERTZ.

877

La Vraisemblance vivante,
FERNAND DIVOIRE.

Les Livres,

M. R.HN AL.

Des Systèmes d'Esthétique
en France,

921
908

RAYMOND LENOIR.

933

scie11tes

beaux-,rts
•••

869

RAYNAL.

893

IHLDEMAR GEORGE .

903

Vie de Corot.
Derain, MA1!RICE
Les Expositions,

8',.5

esUlétiqYI

Les Tourbillons,
PAUL RECHT.

8ï2

tcience t\ art

La Lumière, la Couleur et
la Forme (suite),
CHARLES HENRY.

musique

9',.6

économique el sociolog'que

La Presse Musicale.
VUILLERMOZ.

Faut-il émettre 150 milliards de billets de banque ? FRANCIS DELAIS!.
Notre Enquête. Fin.

902

Essais pour une Esthétique
Musicale (s,ûte) ,
GEORGES ~IIGOT.

~

917

925

PRIX DU NUMÉRO
FRANCE
6 Cranes
!::TRANGER 7 francs français

VENTE EN GROS

ÉDl'l'JONl!I JJB L'RSPBJr NOUVEAU

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l:ESPRIT

IOUVEIU

REVUE
DtltSÇTIOA

INTERNATIONALE
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ILLUSTRÉE DE

29, Ru■

o•A1TOAGI,

L'ACTIVITE CONTEMPORAINE

PARIS !vm'l

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TliL■ HON■ ÉLYdH

•o-87
J 40-88
44-27

ComrlJl()1ldaftCI!, demandn d'abonnmaent, mandata •t 11auur1 doi11mt ltrtt &amp;dr..ait , :

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LIBRAIRES. - commandes de numéros et retours doivent être adressés à notredeposltatre eitclllllf peur la
M~rlea llttéraires, G. Uazard. 11, Hue Coetlogon, PA JUS (VI•1.

n111r1 .&amp;17 1'1!Ml&amp;o:

ABONNEMENTS, 29, RUE D•ASTOH, PARIS
·
~ FRA. 'CE 70 Francs.
numeros : 1É fRA. 'GEil 75 Francs (Français).

12

La Revue parait le 1er de chaque mois
PIIDŒS IŒSERVÉES AUX SEULS ABONNtS :

Gramres tirées sur papier de luxe, numéros spéciaux, suppléments, quel qu'en ~
pri~ marqué.
Le Direcµon reçoit chaque malin de 10 à 12 à la Revue, 29, Rue d'Astorg.

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" L'E SPRIT NOU VEAU " TI RE EN PLUS DE SON ÉDITION NORMALE

une Edition spéciale de Grand Luxe
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LES GRAVURES ORIGINALES 111r GRANDS PAPIEJUI DE FIL, vt:LINS OU VERGIII,.
Ce■ 100 ezemplairu aon.t nunwrot6■ de 1 • 100 et portpt
IMPRIM1:, LE NOM DU SOUSCRIPTE1.11l
Le pnvilètre du m6me numuo da Hria eat irarantt au ■ou■orlpleur pendant toute la dUNe de allonnem-i.
Cette 6ditlcm comporte de plua:

DOUBLE SUITE DES GRAVURES ORIGINALF.8
,.
,.
•
BOIS ORIGINAUX
,.
»
•
POCBODlS, ~TATS
QUADRUPLE SUITE DES trATS DES TIRAGES EN COULEUR
Bn cour, de publir&amp;lion, nous qarantluona cl'apport1r 4 telle Milion touunrlchinamfflta el per/ect1on'1141fflmt, tllal•
rabla, tenant à honneur d'en faire un, malll'li/i'l111 tolltttion d'un. Nltur bibllop/rillque hW imp0r1ante, un objet unl,.118,

*

N.-B. - Celle édition n·est pas mise dans le commPr&lt;'P. MM. les bibliophiles sont priés d'adresser direclemen t le mon tan l de leur souscription, soi l 200 francs par an, à la Société des tdilions de l'Esprit ouveau, 29, Rue d'A lorg, à Paris, pour les numéros de série de 3 à 100.

*

Par eneption, en rai6on de leur particulière t aleur bibliopbilique, la soucripUon au ncmfros de sêrfe 1 d 2, tirés sur fleur de !orme, est de 1.000 franœ tour l'année.

�r

Paquebot «

FLANDRE»,

Bra1.,10TEcA

U.A

CENTRAL

f

C10 Transatlantique, construit par les Chantiers et Ateliers de St-Nazaire.

DES YEUX ·
QUI NE VOIENT PAS ...

*

Les Paquebots
PAR

LE CORBUSIER-SAUGNIER

« Il y a un esprit nouveau : c'est un esprit de construction et de
synthèse guidé par une conception claire.
Quoi qu'on en pense, il anime aujourd'hui la plus grande partie de
l'activité humaine.

UNE GRANDE ÉPOQUE VIENT DE COMMENCER
Programme der • Esprit Nouveau "• N• l, Octol&gt;re 1920

LE CERCLE ÜRROMATIQ0E DE CHARLES HENRY

« Nul ne nie aujourd'hui l'esthétique qùi se dégaga d11s créations de
l'industrie moderne. De plus en plus, les constructions, les machines
s'établissent avèc des proportions, des jeux de volumes et de matières
tels que beaucoup d' entre elles sont de véritables œuvres d'art, car elles
comportent le nombre, c'est à dire l'ordre. Or IEs individus d'élite qui
composent le monde de l'industrie et des affaires et qui vivent, par
conséqumt, dans c?tte atmosphère virile où se créent des œuvres indéniablement belles, se figurent être fort éloignés de toute activité esthétique. Ils ont c.ort, car ils sont parmi les plus actifs créateurs de l'esthétique
contemporaine. Ni les artistes, ni les industriels ne s'en rendent compte.
C'est dans la production générale que se trouve le style d'une époque et
non pas, comme on le croit trop, dans quelques productions à fins ornementales, simples superfétations sur une structure qui, à elle seule, à
46

�engendré les styles. La rocaille n'est pas le style Louis XV, le lotus n'est
pas l'art égyptien, etc., etc ... »
.
Tract de • r Esprit Nouveau »

A propos de culs-de-lampes, de lampes et de guirlandes,
d'ovales exquis dans lesquels des colombes triangulaires se
baisent et s' entrebaisent, de boudoirs d'un incorrect Louis XVI,
etc ... M . Guillaume Janneau,' dans la Renaissance d'avril 1920,
par ti sur son destrier, écrit en un langage ganté de daim, des
choses énormes, considérables, imposantes :
cc C'est une régénération de l'art français qu'élaborent dans
« la peinture, M. Guillaume Dulac, M. René Francillon ; dans
&lt;c la- décoration, MM. Süe et André Mare, M. Ruhlmann,
« M. Paul Vera. Ils dégagent les lois d'un style profondément
« traditionnel. &gt;&gt;
&lt;&lt; Ils s'ingénient à retrouver les schémas géométriques évi&lt;&lt; demment éternels dans lesquels les vieux maîtres affircc maient leurs compositions. Des Grecs à Perci_
e r et Fontaine,
« des Romains à Blondel, en passant par Philibert Delorme,
« etc ... ~
&lt;&lt; A feur crayon sévère, ils ne permettent aucune improvicc sation.

M. Paul

VÉRA :

Le Paquebot «

Qunard Line, transporte 3.500 personnes..

la dimension et nous devrions bien être condamnés, pour-nous
apprendre à tirer notre chapeau devant les œuvres de la « régénération )), à faire les kilomètres de marche que représente
la visite d'un paquebot.

cul-de-lampe (La Renaissahce).

cè A quel maître à penser, M. Paul Vera va-t-il demander
« conseil ? C'est à Pascal,' c'est à Descartes; -et, dans l'art,

c'est au Grand Siècle. &gt;&gt; Etc ... , etc.....
Les Grecs, les Romains, le Grand Siècle, Pascal, Descartes,
, régénéi'ation de l'art français, rien que oola au service de fanfreluches à la mode du jour: tilleul et camomille, rayons des.
Galeries Lafayette ! !
***
cc

Des ingénieurs anonymes, des mécanos dans le cambouis et
la forge; ont conçu et construit ces choses formidables que sont
les ,paquebots. Nous autres terriens, nous. p.e rdons le sens de

AQUCTANIA »•

-1

Les architectes vivent dans l'étroitesse de leur ignorance
des règles de bâtir et leurs conceptions s'arrêtent aux colo1?1es_
entrehaisées. Mais les constructeur.S de paquebots, hardis et
savants, réalisent des palais auprès desquels les cathédrales
sont toutes petites : et ils les jettent sur l'eau l
L'architecture étouffe darrs les usages. .
·
L'emploi des murs épais, qui étaient une nécessité autrefois,
a persisté, alors que de minces cloisons de verre ou de briques
peuvent clore un rez-de-chaussée surmonte de cinquante étages.
Dans une ville comme Prague par exemple, un règlement.
désuet impose une- épaisseur de mur de 45 centimètres au soin-\
met de la maison et de 15 centimètres de saillie par étage en dessous, ce qui porte les constructions à des épaisseur~ de mur_s
pouvant aller jusqu'à 1 m. 50 au rez-de-chaussée. AuJourd'hw,
la composition des façades avec em.ploi de pierre tendre en
grands blocs, conduit à cette conséquenc·e paradoxale, que
les fenêtre$, projetées pour introduire la lumière, sont cantonnées d'embrasures profondes, résultat nettement contradi~
toire.
Sur le sol coûteux des grandes villes, on voit encore surgir
des fondations d'un bâtiment, d'énormes piles de maçonnerie, quand de simples potelets de ciment suffiraient. Les
toits, les misérables toits, continuent à sévir, paradoxe inexcusable. Les sous-sols demeurent humides et encombrés ~t les
canalisations des villes sont toujours enfouies sous des empierrements, comme des organes morts, alors qu'une conception:
logique solutionnerait le problème.

�• L"AQtJITAStA "

Cu11a,r/ Li11e.

L s tyle , - car il faut bien avoir fait quelque cho e, interviennent comme le grand apport d l'architecte, dan la
déc ration des façades et des alons; ce sont le dégénére cence de tyl , la défroque d'un vieux temps; mai c'e t le
(&lt; garde-à-vau , fixe ! » respectueux et ervile devant le pas é:
modestie inquiétanLe. Men onge, car « au..-x belles époque », le
façade étaient li se aYec de trou réguliers et de bonne proportions humaines. Le mur étaient le plus mince po ible.
Les palais ? C'était bon pour les grands-ducs d'al01 . E t-&lt;'e
qu'un monsi ur bien élevé copie le grands-duc d'aujourd'hui?
Corn pièO'ne, Chantilly, Ver aill s, ·ont bon à voir ous un certain angle, mai ..... il y aurait bien des cho es à dire.
Des mai ons comme des tabernacle , de tabernacle comme
des mai ons, de meubles comme des palais (fronton , tatue ,
colonne tor es ou pa torse ), de aigui 're comm d meuble mai ons et les plat de Bernard Palis • où il erait bien impo sible de déposer trois noisettes !

** *
Une mai on e t une machin à demeurer. Bain , oleil, eau
chaude, eau froide, température à .-olonté, con ervation d s
met , hygiène, beauté par proportion. Un fauteuil est une machine à 'a eofr, etc.... : laple a montré le hemin. L s aiguièr s ont de machines à se laver : Twyford le a réée .
Totre vie moderne, toute celle de notre a tivité, à l'excep-

Le " L.\~comc,tnE • C18 Transal/anlùJtœ.
Aux &lt;trchitecles : Une beauté plu,s technique. 0 gare cl'Ol say J

tion de celle de l'heure du tilleul et de la camomille, a créé es
objet : son co tu.me, son stylo, son ver harp, a machine à
écrire, on appareil téléphonique, se meubles de bureau admirable , les glaces de Saint-Gobain et le malle « Innovation )&gt;,
le rasoir Gillette et la pipe anglaise, le chapeau m Ion et la limousine, le paquebot et l'avion.
oLre époque fixe chaque jour on style. Il est là ous nos
yeux.
De yeux qui ne voient pa .

Il faut di iper un malentendu : nous omme pourris d'art :
d 'pla em nt du eniim nt d'art, incorporé avec une légèreté
d' prit blâmable, dans toutes cho es à la faveur des théorie '
et de campagnes men· es par de décorateurs qui ne entent
pa l ur époque.
L'art e tune ho eau tère qui a es heure acrée . On le
profane. L'art, frivol , grimace ·ur un monde qui a besoin d'organi ation, d'outil , de moy n , qui 'effor e douloureusement
vers la stabilisation d'un ordr nouveau. ne ociété vit d'abord de pain, de soleil, du confort néce aire. T ut e t à faire!
Tàcho immen e ! Et 'e t i fort, si urgent, que le monde entier
s'absorbe dans cette impérieuse n 'ce ité. Le machine

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L' AQUIT.A.NIA

»

Cunard Line.

La même est-hétique que cell.e de votre pipe anglaise, de votre 'meuble de bureau, de votre limousine.

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«

L'AQUIT

» Cunard Line.

Pbur les architectes : Un mur tout en fenêtres, une salle à clarté pleine. Quel contraste avec
nos Jerdtres de maisons qui trouent un mur en déterminant de chaque ctJté une zone d'ombre
rendant ld pièce triste et faisant paraître la clarté si dure que des rideaux sont indispensables
pour tamiser et effacer éette lumière.

�« L'AQUITANIA •

Cunard Line.

A MM. les Architectes: Une villa sur les dunes de Normandie, conçue comme ces
navires, serait plus utile que les g,:ands « toits normands • si vieux, si viell.l! I
litais vous pourriez me dire ![Ue ceci n'est point du style maritime!

• L' AQUITANIA »

Cunard Line.

Aux architectes : La valeur d'un long vromenoir, i;olurne satisfaisant, intéressant;
runité de matière, le bel agencement d'éléments constructifs, sainement eœposés et
assemblés avec imité.

�-;1-,;.

« EM:PnEss OF FRANCE •

Canad'ian Pacifie.
« El\lPRESS

Uw; architecture·pure, nelle, ·claire, propre, saine. - Contraste : les tapis, les coussins, les baldaquins, les papiers damassés, les meubles dorés et sculptés, T,es couleurs
'Vieille-marquise ou ballets russes; trù;tesse nwrne de ce bazar &amp;occident.

conduiront à un ordre nouveau du travail, du repos. Des
villes entières sont à construire, à. reconstruire, en vue d'un
confort J:?l~nimum, dont le manque prolongé pourrait faire osciller l' éqmhbre des sociétés. La société est instable, se fissurant
sous ~n ét~t-de choses bou}eversé depuis cinquante années de
progres qm ont plus change la face du monde que les six siècles
précédents.
L'heure est à la construction, pas au badinage.
_L'art de notre époque est à sa place quand il s'adresse aux
é~tes. L' ~rt n',est pas c~ose populair~, encore moins fille pubh~e. L art n. e~t un aliment ~ecessa1r~ que pour les élites qui
ont a _se recueillir pour pouv01r condwre. L'art est d'essence
hautame.
** *

Dans le douloureux enfantement de cette époque qui se
forme, s'affirme un besoin d'harmonie.
Que les yeux voient : cette harmonie est là., fonction du
labeur rfgi par la loi d'économie. Elle est dans les ouvrages qui
sortent 1e ~•ateli~r ou .de l'usine. Ce n'est pas de l'Art, ce n'est
pas la S1xtme, ml' Erechteïon; ce sont les œuvres quotidie:r.µies

«

OF ASIA •

Canadian Pacifie.

L'architecture est le jeu savant, cotrect et magnifique des volumes-assemblés
sous la lumière. •

de tout un univers qui travaille avec conscience, intelligence,
précision, avec imagination, hardiesse et rigueur.

r'

1

Sil' on oublie un instant qu'un paquebot est un outil de transport et qu'on le regarde avec des. yeux neufs, on se sentira en
_face d'une manifestation importante de témérité, de discipline,
d'harmonie, de beauté calme, nerveuse et forte.
.
Un architecte sérieux qui regarde en architecte (créateur
d'o:rganisme), trouvera dans un paquebot la libération des servitudes séculaires, maudites.
Il préférera au respect ·paresseux des traditions, le respect
des forces de la nature, à. la petitesse des conceptions médiocres,
la majesté des solutions découlant d'un problème bien posé.
La maison des terriens est l'expression d'un monde périmé •à
petites dimensions. Le paquebot est la première étape dans la
·réalisation d'un monde organisé selon l'esprit nouveau.

LE CoRBUSIER-SAUGNIER.

�LE PHÉNOMÈNE LITTÉRAIRE

LITTBBAIBB
« Tu parles, mon vieuœ

Je ne sais pas ouvrir les yeux ?
Bouche d'or
La poésie est en jeu. »
Blaise CENDRARS
Dix-neuf poèmes ,élastiques.

~~s

Q

~~

~@~~:!l'.T:EOlNi~
~~~H~~~~~

N@UV~~~~s

~:ETTÉaA~~~

le monde change lcela ne peut avoir qu'une importance théoriqµe et ne
constituer qu'un numéro de •plus dans la loterie des hypothèses.
C'est la connaissance humaine du monde qili a changé. L'ensemble
d'erreurs, . d'.app.roxima~ous, d'opinions arbitraires ou expérimentales
.dont la pe~ee tisse ce filet maraudeur qu'elle jette ensuite sur les objets
et où touJours des mailles rompent et sont à reprendre, en dix ans chan"e étonn;.imment. La littérature, graphique de la sensibilité humaine, indique fidèlement ces
sautes de vent sur les hauts-plateaux de l'iutel!igence. Girouette, elle suit le souffle
mais ne le dirige pas.
'
UE

I
La vitesse réalisée par l'homme a donné un caractère nouveau à la vie civilisée.
Vitesse dans l'espace d'abord ; les villes sont reliées les unes au." autres par le
réseau serré, exact et continu des rails. Mieux que les vllles, les pays. Les autos roulent. Les avions ~•un tr it en?ore plus direet franchissent les distances. Mieux que
les pays, les contments s envment des ponts mobiles. De dix ans en dix ans le kilomètr~, comme un.e ba~k•~ote ,d~préc'.ée, perd de sa valeur. Le mot « loin » n'a pas
le meme sens auJourd hID qu hier m que demain. Des terrains déserts deviennent
populeux, bon marché quintuplent de valeur parce qu'un tramway et lefilnourricier
dont il lèche la sève d'ampères et de volts, passe maintenant dans une banlieue. Uue
race nouvelle d'h~m.me est née sous les halls vitrés des gares et surie pont des paquebots : ,ie co~mopolite.' Ce mot n'est pas s.ynonyme d'int,e rnationaliste, ni de métèque
On fmt ht11t cents kilomètres pour se distraire, trois mille pour vendre un stock de
fourrmes. Les peuples tout de même se connaissent mieux; ils s'en aiment et s'en
haïssent mieux, mais peut-être pas plus l'un que l'autre maintenant qu'autrefois.
Ou_écha~ge les coutumes, les mots, les idées. On peut imaginer pour bientôt l'anglais
obhgatoue comme la vaccination. Coïncidence de dialectes dans un même cerveau

7

857

veut dire coïncidence de grammaires. La grnmmaire est la forme la plus simple et la
plus définie de la logique d'expression propre à chaque peuple. Ces logiques d'expression qui diffèrent, de voisiner s'influence.nt, se compénètren~, se soutiennent, se combattept, se modifient-réciproquement. La pensée change peu à peu ses moules. Polymorphe maintenant elle. cristallise selon plusieurs systèmes ; elle admet plusieurs co- .
munes mesures. De ce fait des barrières qui tWipêcbaient certaines inoculations in\ellectuelles, s'écroulent. Au contraire l'homme est prédisposé aux contagions idéologiques que la vitesse transporte d'un pôle à un autre.
Par ailleurs la belle géographie légendaire des vieux bouquins est morte. On a
refait cent mille fois les voyages de MaICo Polo. Ce n'est plus la même chose; Venise
est moins belle d'être à précisément tant d'heures et de minutes de Paris. La terre
est petite. A regarder les cartes d'il y a huit siècles on voit qu'un sentiment a di spam
avec le blanc des « 'l'errre innotre &gt;•, et qu'un autre est né. La possession de la vitesse
spatiale a créé progressivement des sciences et pas seulement la géographie. Grâce
à elle l'astronome chenu court après l'éclipse ou la comète, et les rattrape, Mysté1·ieusement n'a-t-elle pas pris part à la formation des premiers cristaux de glycérine
entre Vienne et Londres ? Ce serait à voù-. Elle modifie le commerce, la banque,
c'est-à-dire l'assise de notre civilisation. L'argent, ce sang du monde, circule plus
rapidement parce que le cœur des locomotives bat plus vite. La terre est petite.
'fout cela a évidemment modifié la sensibilité humaine et par conséquent la littérature.
II
A côté de la vitesse spatiale il y a la vitesse de pensée. Lorsqu'on pose la même
question à divers individus, plus et moins cultivés, plus et moins intelligents,
parfois on obtient la réponse avant même qu'on ait fini d'énoncer la demande, parfois il faut attendre plusieurs secondes. Ce délai, qui est le temps perdu de la compréhension, est eJ\."trêmement varia})le. Sa durée dépend de la plus ou moins grande
vitesse de pensée de l'individu interrogé. Cette Tapidité mentale présente non seulement des variations individuelles, mais des variations de pays à pays, de race à race,
et des variations dans le temps.
Le cinématographe permet une observation plus précise du phénomène. En effet
le film enregistre et mesure cette vitesse de pensée. La rapidité avec laquelle se
succèdent et s'enchevêtrent à l'écran les épisodes, les péripéties et surtoutles détails
de l'action, rapidité qui est dirigée et dosée par le metteur en scène de manière que
son public habituel puisse stùvre, sans fatigue com,me sans ennui, le scénario, rapidité qui correspond donc à la vitesse mentale moyenne de èe public, varie suivant le
metteur en scène et suivant le pays d'où provient le film. Les films italiens sont à
citer parmi ceux qui en général décèlent la pensée la plus lente ; ils .e nnuient le spectateur français, par exemple, qui ne sait à q11oi occuper son esprit pendant les dix
secondes de trop que dure telle scène de conversation mimée, parce qu'il l'a comprise dix secondes plus tôt que la moyenne des spectateurs italiens pour lesquels le
film était fait. Certains films américains témoignent au contraire d'une vitesse mentale considérable; pour en suivre l'action il n'y a vraiment pas trois secondes à gaspiller en distractions . Si l'on en veut'un exemple précis qui a toutefois le désavantage
de faire intervenir la vitesse mentale individuelle du metteur en scène presque autant
que la vitesse moyenne du pays d'origine, on se rappellera un film quelconque, mais
récent de Charles Chaplin et on ira le revoir à l'occasion. On sera étonné de constater
corn bien de choses on avait manquées et mal comprises à la première vision (1) . Dans

&lt;t) Il faut tenir compte de la vitesse à laquelle sont passées les bandes. Cette vitesse
v,ar1able selon la fantaisie de l'opérateur et les exigences de l'exploitation peut fausser

l'observation.

·

�868

L'ESPRIT .N OUVEAU

LE PHÉNOMÈNE LITTÉRAIRE

les littératures la même différence apparaît naturellement, mais le film présenté
cette différence à la roanière plus nette d'un appareil enregistreur...
n ne faudrait pas d'autre part identifier absolument rapidité.mentale à intelligence-en général. D'habitude assurément qui saisit vite les rapports, en saisit beaucoup et de subtils. !\fais chacun connaît de ces gens dont la vitesse de compré-.
hension est considérable, qui arrêtent à mi-chemin les phrases ayant bon premiers
touché le poteau, mais dont la versatilité intellectuelle est telle qu'elle empêche toute
conversation sérieuse. Spécialistes du saut en hauteur, ils ue donnent rien en longueur.
Soit un peuple arbitraire, A, entre deux peuples, B et C, dont l'un, B, pense plus
vite, et l'autre, C, pense plus lentement. La vitesse spatiale permet le contact ;de
ces trois peuples. Si Je peuple moyen A s'intéresse aux productions de l'activité
intellectuelle de ses deux voisins, il s' apercevra qu'il détient une supériorité sur
l'un d'eux C, dopt la lenteur de pensée l'agacera. Au contraire la vitesse de pensée
de l'autre peuple B, imposera au peuple moyen un effort s'il veut comprendre et
être de •niveau et ne pas agacer à son tour. Tout cela d'ailleurs peut-être nssez
inconsciemment. Certains paresseux abandonneront la poursuite. D 'autres s'en'tr;îneront, parviendront à une vitesse de pensée progressivement plus grande, tout
comme un « coming-man • en b.oxe acquiert progressivement sa vitesse maxima.
Petit à petit, très lentement il est vrai, cette élite sera suivie par le gros des spectateurs ou des lecteurs. Il arrivera finalement que la vitesse de pensée de ce peuple
moyen s'accroîtra.
Que la vitesse mentale se soit accrue dans le temps, cela ne peut faire de do,1te.
L'instruction universelle obligatoire a tout de même agi un peu dans ce sens. Ou
si elle n' a pa-s été la cause de ce changement, elle a pu en être une conséquence.
Et aujourd'hui, du com,nérçant le sténogramme passe à l'usage du poète.

L'éducation de l'intelligence contemporaine est fondée sur le scruptùe qui fut un
symptôme et qui est un état vénérable. On évalue pour toute e:,..-périQDce, pour
tout calcul, l'erreur absolue et l'erreur relative, et on int~oduit ainsi la subtile
_l'impondérable, l'immai:trisable erreur de l'erreur, et l'erreur d'écarter l'erreur· e;
de la croire écart~e. Tout cela l'intelligence le note, essaye de le comprendre, s'en
nourrit et le distill.c dans son ventre de bête sournoise.
·
Le machinisme de la civilisation, l'instrumentation innombrable qui encombrent
les laboratoires, les usines, les hôpitaux, les ateliers des photographes et des élec,
triciens, la table de l'ingénieur, le pupitre del' ru:chitecte, le siège de l'aviateur, la salle
de cinéma, la vitrine de l'opticien et même la poche du menuisier, permettent à
l'homme une infinie variété d'angles d'observation. L'optique surtout (et quoi d'~tonnant dans une civilisation sw·tout optique ?) (1) accroche à notre cou ses
lentilles comme des amulettes au cou du chef indien. Et tous ces ini.truments,
téléphone, microscope, loupe, cinéma, objectif, microphone, gramophone, automobile, kodak,-avion, ne sont pas de simples objets inertes. A certàins moments ces
machines viennent faire partie de nous-mêmes et filtrer pour nous le monde comme
l'êcran filtre les émanations du i:adium. Nous n'avons plus des 'objets une notion
pure, simple, continue, constante. Ce paysage l'homme l'a vu non pas seulement
en se promenant de ses yeux nus, mais brouillé de vitesse par la fenêtre d'un wagon,
les yeux mordus par Je vent et la poussière à l'avant d'une auto, du haut d'un avion,
étalé à plat comme une reproduction de musée géographique, à travers les jumelles,
dans un diorama, ~ photographie, photographié à gauche, à droite, en plein sol~il, à l'ombre, avec diaphragme, sans diaphragme, peint par un peintre, dessiné,
dit par un poète. De ce paysagel'hornme n'a pas un souvenir, il en a mille différents,
qui se ressemblent ou ne se ressemblent pns. Le monde est aujounl'hui pûtll" l'homme
comme une géométrie descriptive avec son infini de plans de projection. Chaque
chose possède des centaines de diamètres apparents qui ne se superposent jamais
exac~ement. Tout est mesure d'angles, trigonométrie, ou mesure de correspondances,
logarithmes. TI n'y a plus de dimensions, mais des rapports. 'fout est proportion,
fonction d'une variable, mobile, relatif, momentané. Savoir est un verbe défectif
q~ ne se ~onjugue qu'au conditionnel. Une voix entendue natt!rellement, puis surgie du nou graphite téléphonique, enfin résonnant quand le saphir la délivre du
disque, n'est plus, quoi qu'on fasse, la voix sim.p]e, la voix une. Des nasillements
se décèlent, une intonation nouvelle reste dans la mémoire; désormais on l'écoutera
autrement. La reconstitution historique au théâtre ou à l'écran brusquemei:i.t et
pour quelques demi-heures biffe vingt siècles de durée. La photographie instàntanée
a ~éèouvert des gestes que l'œil maintenant devine et la main triche pour reprodwre. Cette physionomie connue soudain à l'écran elle se découvre autre. Une ride
surgit '.lu'on n'avait pas su, pendant vingt ans voir, mais désormais on aura appris
à le faire.
La civilisation permet donc à l'homme de développer une plus grande surface de
contact avec le monde; elle multiplie les voies d'absorption. Mais ce contact est
essentiellement indirect et médiat, cette absorption n'absorbe que des filtrats, des
résidus de distillation, des produits de synthèse. Les villes sont plus fausses qu'un
décor d'opéra. La nature se promène en travesti. La vérité culbute de circonstance
en circonstance. L'artifice sature la terre des campagnes. Masque. _Transposition.
Analyse. La vie se fait en simili mathématique. La sensibilité en plaqué .alcool.
L'amour en trente-sLx qualités, depuis l'article courant jusqu'au système pêrfectionné comme une chausse-trape.

III
, La civilisatiçm, qul est joliment loin d'être un simple mot, nous offre à consi•
dérer d ' un même objet une variété infinie d'aperçu~. Des appareils innomqrables,
èompliqués et délicats suppléentamcrenseignements sur le monde que nous donnent
nos yeux, nos oreilles, la pulpe de nos doigts. Autant d'appareils dont nous prolongeons l'un ou l'autre de nos sens, qu'il y en ait cinq ou plus, autant de déformations nouvelles qu'enregistre l'intelligence. Par déformation je ne veux pas dire
erreur, déformation fausse. Toutes les philosophies et tous les scepticismes guettent
le mot que je voudrais empl.oyer innocemment. Cette ligne me paraît droite à l'œil
nu et courbe grâce à tel verre ; voilà une déformation ; c'est tout ce que j'entends
flar là.
Ces déformations on ne s'en contente pas. Comme elles diffèrent des données
de nos sens nus qu'on s'étonne de voir transformés quand on en ~oulait simplement amplifier la portée, comme pour un canon, en conservant bien exactement
la direction de la trajectoire primitive, on les surcharge, ces déformations, de dé
formations nouvelles sous le prétexte peut-être légitime de corrections. Prétexte quj
n'est d'ailleurs, comme toute cette mentalité scientifique et .e xpérimtµttale d'aujourd'hui, qu'une forme du scrupule. Le doute vùlgadsé et nùs à la portée de chaque vie, que les religions utilisent ne pouvant le supprimer, a surgi depuis longtemps, grâce à des complicités organiques encore inconnues, dans l'évolution de
l'intelligence que maintenant il dirige . .Merveilleusement à l'aise dans J:1, science
qui le cajole comme un bienfàiteur, adapté aux méthodes expérimentales, rien plus
ne lui fer!!- lâcher prise.· D'ailleurs ce n'est
sur le têrrain aialectique qu'on pourrait chercher à le combattre, si .c ombat, de bénéfice dùutcux, il devait y avoir.,

pas

859

(1) A ce propos c/: Féllli: Le Dantec, Revu3 philosoph)que, 1er Janvier 1904 et Revue des
Idées, 15 avril 1904.

�0

L'ESPRIT

860

VEA

IV.
Au domaine des actes, des gestes appa1'ents, des objets et des cl10ses e:-..térieurcs
ù. nous-mêmes, s'oppose, arbitrairement et pou\' satisfaire not~ manie des • ici com·
mence • et « là finit •• le domaine d la pensée, de l'imagination, de la cœnestbésie,
nous-mêmes enfin, notre cerveau, tout ce que circon crit et ferme la li mile étanche
et pfùe de notre peau. Ce " domaine • ou « rè~e intérieur • comme on s'est plu à
l'appeler un peu muj, Lueusemcnt, l'observation de soi-même, l'nutopsycholoJ?ie
l'~'Ploitent comme un carrière inépuisable.
Or il semble que la civilisation oriente assez nettement la vie • en dedans• et non
• en dehors •· L'instruction générale, en plus de es autr contre-sens, met l'observation de soi-même à lu p rtée d'un plu· ~and nombre. La réclame dont on salue
mainteuant la tuberculose, le cancer, ln sou -alimentation, les épidémies, conseille
aux hommes de se tiller, d'écouter lelll' cœnesthésie, de s'effrayer nu moindre désordre intérieur, au moindre ~iJ?ne d'alarme du sy tèroe nervetLx.Lc médecins sont
plus nomhrcux aujourd'hui qu'hier, et ue manquent pas tant que cela de C'lients
puisqu'il vivent. Non qu'il y ait plus de malades - ce serait à , •oir - mois
parce qu'il y a plus de gens qtù se savent ou se croient molades. Ln fausse, sans
doute, inquiétud de statistiques au sujet de l'augmentation de fréquence du cancer
a pour c.auses cette meilleure observalion de soi-même autant que l'auiélioration
des procédés de diagno!t1:ic. On sait que pour se guérir il fnut se soigner au début
d'une maladie. Et le début des maladies est souvent insidieu.x. Que d'attention dé·
sormais portée &amp;ur sa cœnesthésie l Et j'ai montré ailleurs (1) quels étl'oits rapports,
presque d'identité, lie11t la cœnesthéric d'un individu à on subcon cicntetson sub•
con&amp;cient à sa rcligio ·ité, à. son intelligence.
Don le trésor det IIumbles, M. l\lacterlinck considère cette époque, pour des
raisons peut-être un peu extra-lucides, comme riche en mystici me latent, et l'homme d'aujourd'hui comme plus proche de son âme qu'il ne le fut jamais. i âme veut
ici dire subcon cicnt, c'est une opinion qu'il faut retenir pour tout à. l'heure.
Autre cuuse civilisée de l'orientation « en dedans • de la pensée du monde, c'est
l'oisiveté manuelle. Certes les athl te&amp;, les débardeurs, les menuisiers e:tistent
encore. luis dans combien de métiers, le bras, la main, l'épaule, Je pied ont été rem•
placés par une courroie de transmission, quelques engrenages et des poulies. L'au•
vrie1', de plus en plus, la main i;ur un 1 vier, surveille simplement une machine qui
travaille. n coup d tsmpon parfois. Quelques gouttes d'htûle. Entre temps, dans
ces intervalles dïuactivité mubctùaire, que veut-on que fas e rouvrier sinon qu'il
pense et pense à lui-même, à sa vie, aux moyens de l'améliorer. D'autres professions
sont devenues cérébrales exclusivement; le commerçant, le banquier, le chef de
gare, l'enlreprcncur, te commis ionnaire combinent, réfléchissent, attendent, se
décident. Bien nlendu ilB ne pensent pa toujours à Jeu1' vie intérieure, mai le jour
où par hasard ils y pensent, toute leur agilité intellectuelle acqui eau cours de ces
autres exercices brusquement fore un puits en eux-mêmes d'où, désormais, nrté·
sienne surgit raulopsychologic, comme l'arc liquide de pétrole dans les paysages
américains.
Les livres de philo ophic et de spéculation ab traite se vendent à dix mille exem·
plnires. On lit.
Jean EP

TEIN.

(11 suivre.)
(il

La po(:sie d'aujourd'bul. Un nouvel etat d'intelligence (Ed. de la Sirène).

• Figure
Cot.OT

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COROT

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COROT

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COROT

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Co~oT

�Purtrait de t'.lrtisre.

J .• u. CoRoT.

J)JI

~gA,N ... JilAFTEST~

COB@T

1796-1875
47

�VIE DE COROT

VIE

L

vie de Col'ot fut celle d~ ge~- heur':ux : elle n'?- pas d'~istoire. On n ' y·
trouve presqu_e aucun fait ~aillant, rien de cuneux ou de dramatique.
Sa longue ~xiste~ice tranqwlle consacrée au travail journalier, s'est
.
dél'oulée sans accident, son talent s'est formé lentement, normalement,
il a développé ses dons par un labeur ininterrompu et logique qui durant soixante
ans a rem11li toutes ses heures.
0!3 peu! cependant fixer quelques traits et quelques dates qui pourront aider
à faire r~~1vre Je c_aractère _de cet honnête homme simple et droit, issu de la vieille
bourgeoisie française dont il conserva toujours les habitudes et les manières.
·
Il na1uit en 1796 à Paris, rue du Bac, d'une mère modiste et d' un père ancien
employe de ~w:eau ~~ve_n u comptable. De sept à onze ans il fut interne au collège
de Rouen PUI~ Ju~qu a dix-neuf ans dans une école à Poissy. Le père de Corot est le
type du boutiqmer de Ba!zac : J~ge ca~quette plate, redingote flottante, culotte
courte, sa. ~~r~ au contrai~e avait une figure douce -et naïve, un air de délicatesse
e~ de sens1b1hte dont_ devait ~ériter son fils. La jeunesse de Jean-Baptiste Corot
s écoula dans ~rn~ ~rnère-b?utique de commerçants formalistes et dignes, pleins de
respect pour I opuuon publlque et pom les préjugés séculaires.
De tels paren~ n'imagi_naient pas qu'il y eût d'autre carrière possible pour les
leurs. que_ celle qw leur av?-1t valu une fortune honorable et la considération publique.
Aussi le Jeuue Cor~t fut-il placé, ses études à peine terminées, chez différents marchands de ~ap amis de sa famille et où il fut censé apprendre le commerce. Malgré
que ses d_ésirs fusse~t différents, il s'inclina plein de respect pour l'autoritè pater~elle, mais ne réussit point à s'initier aux mystères de la vente et de l'achat aussi
fmalement, sa famille découragée consentit à Je laisser obéir à sa destinée et e~bras~
ser l'état de peintre pour lequel il se sentait né.
. Il fut ~w:ant un an l'élève de MichalJon, jeune prix de Rome qui momut très
.Jeune, pws il pas~a ~ns l'atelier de Bertin où il apprit les formules alors en usage
dans le parsage histonque et hors desquelles il semblait qu'il n 'y eût point de salut.
Au sortir de chez Bertin, Corot voyagea. Il partit pour l'Italie et là, livré à luimême, commença en face de la nature à prendre conscience des directives qui devaient régir toute son œuvre.
Entre 182!&gt; et 1829 se placent la plupart des paysages d'Italie, qui forment peut•
être la partie la plus pure de sa production, celle en tout cas qui, avec ses fi.
gures, nous touche le plus profondément.
A so~ reti;mr en F1;ance Corot ~'inst?-lla quai Voltaire et sa vie se partagea entre
s?' famille _et son ate!•er. ~haqu~ Jour_, ll_fu~ au trnvail à huit heures du matin et s'y
tmt régulièrement JUSqu au soir. Ains1, Jusqu'à sa mort qui surviendra en 1875
sans qu'aucun événement vienne troubler sa quiétude, il vécut entre son travail
A

871

et ses amis d'une existence calme et boutgeoise que seule la perte de ses parents et
de sa sœur affljgea un moment. Ce furent là peut-être les seuls grands chagrins de
sa vie. Il y fut très sensible, car il n'avait pas quitté jusque là les siens et éta:it de•
meuré constamment auprès d'eux, ne les quittant que pendant la durée de ses voyages.
Il n'y eut pas en effet d'homme plus sain, plus calme, plus équilibré que Corot.
Il ne connut jamais ni dans sa vie ni dans son œuvre les excès où tombent constamment les natures tourmentées. S'il eût été le petit boutiquier que son père avait
souhaité qu'il fût, son mQde d'existence n'aurait pas été différent, cari1 ne crut point
nécessaire pour être un bon peintre de répudier ses origines et d'agir autrement
qu'avaient toujours agi les siel).S. Disposant de rentei, suffisantes pour assurer son
existence, ayant fort peu de besoins, il peignit tranquillement, sans ambitionner
le succès et la gloire vint à lui sa.ns qu'il l'eût appelée. Sa carrière se déroula Jent~ment, sans heurts, peu à peu il s'imposa à l'attention de ses contemporains, et vit
sa notoriété s'aecroître de jour en jour, comme une juste compensation de ses efforts quotidiens. Ses ennemis même le combattirent juste ce qu'il était nécessaire
qu'il le fût pom accroître son prestige.
Son aspect physique était l'image de son caractère. De ha.ute taille, bâti en athlète,
la figure rasée, le menton énergique, l'œil illuminé de gaieté, il respirait la sauté et
Je bonheur de vivre. Sa nature confiante, généreuse, son caractère tranquille, lui donnaient l'houeur des drames et des complications inutiles. En lui coµune en son
œuvre _tout est mesure et équilibre. Il garde avec tous et dans toutes les occasions
ses manières simples, sa cordialité joviale, sa casquette et sa pipe. Il a des amis parmi les artistes ses camarades et il continue à fréquenter les vieilles rela.tions de sa
famille. Avec les uns il parle de son art et de ses préoccupations, avec les autres il
ne dédaigne point de s'intéresser aux lieux communs qui sont la base des conversa•
tions bourgeoises. De même il adore la belle musique et ne méprise point la chansonnette comique. Il sait parfaitement raisonner lorsqu'il est devant son chevalet, il
sait se discipliner, et a sur son art des idées très arrêtées et très peJ:Sonnelles, mais
il n'éprouve point le besoin de les transposer en formules obscures et grandiloquentes. Tout en lui est aisé, naturel, discret.
Quant à sa bonté elle est tr?P connue pour qu'il soit besoin d'y insister. ]Jmesuf•
fira pour montrer à quel point elle fut délicate de rappeler deux anecdotes assez
connues, mais qui valent la peine d ' être redites car elles sont caractél'istiques.
Souvent, à Il\ fin de sa vie, il arrivait.que des élèves dans le besoin lui apportaient
leurs études pour lui demander ;conseil. Corot donnait des explications, retouchait
complètement l'étude puis interrogeait en souriant: « Et maintenant une petite si•
gnature? »
L'autre anecdote plus connue encore fait particulièrement honneur à Corot. Celuici, sachant que son ami Daumier, dont il estimait beaucoup le talent, allait être expulsé, faute de pouvoir payer son terme, de la petite maison qu'il occupait non loin
de Paris, acheta la bicoque, la fit remettre à neuf et envoya les titres de propriété à
Daumier. Toute la vie de Corot est pleine de semblables générosités, il est bon de ne
point les passer sous silence, car elles sont un des traits essentiels de son caraçtère et
se reflètent indirectement dans son œuvre. Daubigny disait de lui: « On le remplacera difficilement comme artiste, comme homme, jamais. »
C'est la 1:neilleure conclusion qu'on puisse trouver à ces notes qui ont essayé de
faire revivre Corot durant les soixante années où il vécut bourgeoisement en édifiant
une œuvre qui demeurera comme une des plus .importantes de celles que vit éclore le
dix-neuvième siècle.
XXX.

NOUS JLLUSTRONS CETTE BIOGRAPHIE AVEC LES REPRODUCTIONS DES « FIGURES • IMPORTANTES DE J.-B. COJWT. NOUS
PUBLIERONS DANS NOTRE PROCHAIN NUMÉRO UNE ÉTUDE SUR
SES PAYSAGES D'ITALIE AVEC D IABONDANTES ILLUSTRATIONS.
N.D.L.R.

�SCIENCES
T@VB;g~~Ei@HS
~7J@B,J:QlrN~ DU A~Jç6T~
D J~Hi 1\1! 0 HD B S

~~S

~T

PAR

PAUL RECHT

N

ous ne connaissons la matière que sous _ trois états que nous
savons modifiables_ d'après la variation ~es facteurs ambian~s :
température, press10n, etè.... Ce à quoi nous pensons moms
communément, c'est à l'influence que la vitesse de giration, par e.xemp1e,
·peut avoir sur les liquides ou sur les gaz. Déjà, dans un précédent article,
nous avions décrit et précisé les influences gue les hautes pressions ont
sur les corps plastiques. Nous voulons, aujourd'hui, parler des matières
fllll:des soumises à des forces c!;lntrifuges et envisager les conséquences
logiques de leur application.
D'abord, nous constatons partout autour dè nous, l'existence de tourbillons, depuis les anneaux de fumée jusqu'aux cyclones. Il suffit que deux
couches fluides viennent à frotter l'une contre l'autre pour que leur surface de contact s'organise en tourbillon; une fois unis, ces tourbillons
se conservent et progressent. Ainsi, on arriverait ,à donner à un jet d'eau,
par l'intensité de la giration, une rigidité assez grande pour briser une barre
d'acier. De même que les tourbillons gazeux engendrés par la déflagration
de la poudre creusent dans l'âme des canons des sillons profonds. Lorsqu'on
produit à l'aide d'un ventilateur un tourbillon aérien vertical, il suffit de
diriger sur sa base le courant d'air d\une soufflerie pour voir, suivant le
cas, le tourbillon s'incurver vers la droite ou vers la gauche ou bien encore
remonter vers ]es régions supérieures, se désamorcer et disparaître. En
interprétant ce phénomène, on a pu expliquer comment certaines collisions entre un toûrhillon de la haute atmosphère et des vents de surface pouvaient engendrer de b~usques dépressions bàrométriques. Ainsi
par des sondages appropriés, la météorologie peut prévoir ces dépressions
presque systématiques. Mais, les mouvements tourbillonnaires ont reçu
une interprétation beaucoup plus fastueuse en cosmogonie et ils peuvent, aujourd'hui, servir à expliquer la genèse des mondes.
Dès longtemps, Descartes avait compris qu'une phase chaotique, où
r~gnaient à _reu près seules les forces répulswes, avait précédé la phase
dite ni;wtomenne où allaient dominer les forces attractif/es.
Les théories de Newton intéressent donc la période actuelle de notre
système solaire mais ne permettent aucunement d'en imaginer la formation.
Laplace avait tenté une synthèse, mais elle était tout aussi chimérique que la formule universelle à laquelle il croyait et qui aurait permis
(1) Voir dans !'Esprit. N&lt;YUveau, No 7,

«

Tensions et Pressions "·

Fig. 3.

aussi bien de déterminer quels étaient les traits du masque de Phèdre
que de déterminer telle contingence d'un lointain avenir.
Les lois de l'embryogénie sur la fécondation et l'évolution mendélienne,
la théorie des actions et des réactions en mécanique et peut-être l'utilisation contrastée des CO'!,Jleurs complémentaires dans la peinture impressionniste semblent représentatives de l'orientation profonde de la vie
parce qu'elles s'intéressent plutôt à l'émanation de deux éléments qu'à
leur substratum.
De mêmé que les règnes de la nature comportent des espèces d'une
variété inouie, de même les astres présentent une grande variété de forme inhérente au même fait de dualité qui préside à leur formation. Mais
pour que les parents cosmiques fondent une famille nouvelle, il faut évidemment qu'ils se rencontrent. Connaissons-nous de ces rencontres dam
l'Univers ? Oui, et ce sont précisément les Novae, ces astres étranges à
évolution rapide. Mais, au reste, qu'est exactt:ment une Nova, c'est en
principe une étoile nouvelle, mais c'est plus réellement un chôc lumineux
entre deux masses lumineuses, l'une, ressemblant à une nébuleuse planétaire à peu près sphérique douée d'une rotation intense, l'autre, pa• reille aux nébuleuses amorphes bien co.nnues Et douées seulement de
translation comme un cirrus dans l'atmosphère.
Voici ce qu'imagine M. Emile Belot, fondateur de ces théories cosmogoniques .
. Adm,ettons l'existe?ce pr~nùtive (phase cartésienne - forces de répuls10n) d un tube tourbillon orienté, par exemple, vers la constellation Hercule (cas de notre système solaire), animé à sa périphérie d'une vitesse

�Fig. 2.

voisine de 75 .000 kilomètres à la seconde:Or, il advint que ce tube tourbillon lancé comme un projectile dans l'espace vint heurter par sa pointe
un nuage cosmique, le choc fit vibrer le tourbillon comme il advient lors
qu'un filet d'eau vient frapper un obstacle solide, de même que la veine
liquide se divise en nœuds et en ventres, les tourbillons se divisent en
nœuds et en ventres alternés et équidistants.
Puis, chacun des ventres entraînés par la vitesse de giration fit explosion et s'épanouit comme une tulipe en donnant naissanceàunenappede
matière cosmique et chacune de ces nappes servit de berceau à une des
planètes; c'est ainsi que naquirent presque en même temps que le Soleil,
Mars et Vénus, la Terre et Mercure, le gros Jupiter avec Saturne, Uranus
et le lointain Neptune et alors seulement, les lois de la gravitation_universelle devinrent applicables à cet univers coagulé (1).
L'expérience suivante (2) va nous apprendre ce que produit un choc
gazeux sur une sphère gazeuse qui sera représentée par une grosse bulle de
savon B faite avec le lig_uide de Plateau. Ici, l'attraction est remplacée
par la tension superficielle du liquide ; dans les deux cas, la sphère est
élastique et vibre par un choc. En effet (fig. 1), soufflons brusquement
en S sous la bulle B: elle s'aplatira en un ellipsoïde qui sera renflé alternativement aux pôles B', B"' et à l'équateur B, B", en sorte que dans son
trajet dans l'air (représentant la nébuleuse) l'enveloppe de toutes ses positions formera comme un tube-T à renflements périodiques. Dans ces bulles
de savon la tension superficielle est trop forte pour que la matière de renflement équatorial en E, E", etc., soit projetée au dehors: mais dans la
(1) Voir l'article sur « Les Tourbillons » de M. L. Houllevigne, paru dans le Temps
du 4 juillet 1916.
(2) Voix la conférence faite par 1\1. E. Belot sur « L'Origine des Mondes», éditée
par l'Association française pour l'avancement des sciences.

Fig. I.

réalité cosmique il y aura émission équatoriale de matière, car à l'impulsion radiale qui résulte de l'augmentation du rayon (de B' en B", etc.),
équatorial, s'ajoute encore l'accroissement de force centrifuge du noyau
en rotation, pourvu toutefois que le choc cosmique se soit produit dans
la région polaire du noyau solaire en rotation, alors les nappes émises
auront aussi un mouvement de rotation qui sera capable d'équilibrer l'attraction centrale du noyau.
Pour les autres syst'èmes sidéraux, les plus importants de beaucoup sont
les nébuleuses spirales, dont on a déjà dénombré plus d'un million Sl!r les
plaques des grands observatoires américains. 'Quel lien m.ystérieux existe
entre les mouvements presque circulaires de nos planètes sur leur orbite et
les mouvements divergents de la matière steJlaire sur les branches des
nébuleuses spirales-? Nous avons vu plus haut que pour expliquer les nappes- planétaires? il faut admettre non seulement leur émission rac,l.iale,
mais leur rotation autour de l'axe du noyau solaire, ce qui exige que le
choc de celui-ci sur la nébuleuse se soit produit par sa région polaire.
Qu'arriverait-il si le choc du noyau en rotation se produisait sur sa
région équatoriale ? Voilà le second cas de ce même problème d'un choc
cosmique qui va nous livrer le secret des nébuleuses spirales.
Imaginons donc une sphère gazeuse S en rotation dont les pôles sont en
PP' et dont l'équateur EE' est le plan de la figure (fig. 2); elle rencontre
par sa région équatoriale une nébuleuse N dont la vitesse rotative V est
aussi dans le plan EE'. Du côté E la matière nébuleuse se comprime tout
en accélérant la vitesse de rotation équat,oriale qui est de même sens. En
E ou la vitesse V de la nébuleuse est parallèle à la vitesse tangentielle du
noyau, la matière adjointe à celui-ci se partage en deux: celle S, qui échap-

�876

L'ESPRIT NOUVEAU

pe tangentiellement sous forme d'une spire qui s'incurve vers S en raison
de son attraction et celle de M qui, avec une vitesse accélérée, continue à
suivre l'équateur du noyau.
Du côté opposé E' quels phénomènes vont se produire ? La matière nébuleuse N glisse sur le noyau : l\fais sa vitesse V est, ici, en sens inverse
de sa vitesse de rotation ? la collision est donc maxima de ce côté. Elle se
traduit pas une dilatation de l'équateur et un bourrelet B qui écarte sa
matière du centre d'attraction P. La force centrifuge dépassant alors l'attraction centrale fera échapper en E' une seconde spire S2 également
incurvée vers le noyau par son attraction, mais qui tendra à s'aplatir
en S3 par la vitesse V de la nébuleuse et être chassée par elle en S4 loin
du noyau B.
Supposons maintenant qu'à une certaine distance du noyau S la spire
S1 ait sa vitesse V2 assez diminuée pour ne pouvoir dominer la vitesse
antagoniste V de la nébuleuse N : la spire S1 sera refoulée sur elle-même en
S' qui formera une nouvelle agglomération nébuleuse favorisée encore par
l'attraction du noyau S. Or, c'est précisément que ce l'on constate dans la
nébuleuse des chiens de chasse sur l'une des spires seulement, l'autre correspondant à S2 étant au contraire étirée et comme diluée dans l'espace en
S4 par la vitesse V de la nébuleuse N. Il existe d'ailleurs plusieurs nébuleuses spirales présentant ces mêmes particularités qui exigent pour se
produire deux conditions : 1° la vitesse V doit être à peu près dans le
plan équatorial du noyau S et par suite, dans le plan des spires S, S2 ;
2° la nébuleuse N doit avoir assez d'épaisseur dans le sens perpendiculaire
à EE' pour que la spire S1 n'en sorte pas avant qu'il ait atteint le point
S où elle pourrait être refoulée sur elle-même.
Ajoutons que, contrairement aux théories modernes de beaucoup d'astronomes, notre théorie prévoit que la matière des spires s'éloigne du
noyau en tournant autour de lui dans le sens même de sa rotation et que
c'est bien le sens de marche qui a été constaté en 1916par Vanl\1aumenen
comparant les clichés des mêmes nébuleuses spirales pris à quelques années de distance.
Ainsi, toutes les particulari és des nébuleuses spirales se trouvent expliquées par le choc équatorial d'une nébuleuse sphéroïdale sur une nébuleuse amorphe.
Le problème de l'origine des mondes ne devait-il pas nous mener jusqu'au chaos primordial, au tohu bohu sortant des mains du créateur ?
Ne devait-il pas nous expliquer d'où est venue cette différenciation des
êtres cosmiques dont la conjonction a produit les soleils, les planètes, les
satellites et sans doute aussi les atomes, systèmes solaires en miniature ;
où les nébuleuse initiales ont-elles puisé leur vitesse formidable de rotation et de translation ? Nous pouvons répondre que la science remonte
seulement où elle peut, c'est-à-dire à l'avant-dernier stade des transformations cosmiques qui précéda l'ère paisible de nos astres actuels : aujourd'hui elle avoue ignorer pourquoi il y a des êtres cosmiques de deux
catégories, les uns doués de rotation et de translation, les autres de translation seulement. De même elle ne peut expliquer l'existence de deux sexes
dans le règne animal et végétal. Ce qu'elle constate, c'est que le dualisme
est universel à l'origine de tous les êtres dans le domaine cosmique comme
dans les autrès règnes. Et c'est là une acquisition nouvelle pour la philosophie naturelle.
Paul RECHT.

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Î

..

MAX JACOB

Max Jacob en dix minutes
PAR

HENRI

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HERTZ

E pense qu'il n'est personne, ici, qui ne connaisse Max
Jacob.
MAx JACOB est connu, très connu, désormais.
Et c'est notre bonheur, à nous qui, durant des années,
l'avons suivi à travers l'obscurité, dans « Les ingrates allées
çerdoyantes &gt;&gt; dont parle MÉRÉDITH, où malgré les fleurs et les
feuillages, le ciel et l'horizon sont opaques ».
Mais précisément parce que Max Jacob est connu, il faut,
sans perdre une minute, s'attacher à le faire connaître, car
rien n'est incertain et perfide comme la situation d'homme
connu, lorsqu'on l'est pour le maniement des grandes lueurs
fugitives de l'expression poétique : on risque, à tout instant,
de n'en être que plus brillamment méconnu.
Je parie qu'en ce moment, ici même, dans cette maison
pleine de lettrés et de psychologues, il existe une bonne demidouzaines de façons de connaitre Max Jacob.

J

�878

879

L'ESPRIT NOUVEAU

MAX JACOB EN DIX MINUTES

Il y a Max Jacob, le causeur, l'homme d~ monde, ingénieux
à ravir un salon frivole, encore qu'il y distille quelque chose
d'assez stupéfiant.
Il y a Max Jacob, le thaumaturge qui, familier avec les
astres, s'efforce d'acclimater leurs signes fatidiques aux destinées qui lui sont chères.
Voici un solitaire négligé, un solitaire àlasuited'excèsdesociabilité,.un monastique promeneur, inabordable, distrait, que
l'on ne peut plus saisir, qui ne fréquente qu'un petit calepin
qu'il barbouille, sans fin, de secrets au crayon, en errant, chérubin perdu, dans les bois de Paris.
·

Vous allez le défigurer en sa vie, ce qui est fort discourtois;
vous allez altérer la vue de son œuvre.
Ne dissociez jamais ce captivant, · ce captieux ensemble,
ce composé primesautier qu'agitent harmonieusement de spontanées et naturelles contradictions. C'est sur lui que 1·epose
la plus fantasque, la plus ductile féerie littéraire.
Ah ... Ah! il est temps - bien que les penchants de la société
s'y prêtent mal - que l'on comprenne qu'il est des hommes
sur terre, dont la fonction n'est que de réunir et faire chatoyer
en eux les impulsions dissemblables de la vie qui porte leur dérive ..
Ils gênent, je sais, la morale et ne paraissent avoir aucune
utilité. Ils ne sont ni imposants comme des p·olitiques, ni
vertueux comme des pasteurs ; ils ne bénéficient même pas,
· dans l'exercice de la mobilité, de cc l'action directe &gt;J, si séduisante, des acteurs. Ils sont dans u:p.e évasion perpétuelle. Ils
sont le danseur· de corde toujours mourant, toujours agile,
dont le prophète scella le cadavre dans un tronc d'arbre et
qui y devint, aussitôt, sans doute, une charmante dryade.
Max Jacob est de ces hommes là.
Même la foi, la rude foi catholique à laquelle il est venu, n'a
pu exclure, chez lui, tout ce que reçoit constamment et assimile, en vert-µ d'une lyrique endosmose, sa nature avide, inquiète et si hospitalière, son intelligence sans cesse en alerte et
en alarme : Max Jacob a passé d'un dieu à un autre; il a
changé de Dieu, mais il n'a pas changé.

J'écrirai donc, toujours, mes ()ers sur mes manchettes, dit-il.

Max Jacob chez lui, rue Ravignan, autrefois, rue Gabrielle,
à présent, accoucheur socratique des vocations qui frappent à

s-a porte, hôte évangélique de quiconque, durci par la raison
ou rendu fébrile par l'ennui, a besoin de l'assistance délicieuse
de la fluidité ; bienfaiteur aussi - quand c'est possible - des
plus pauvres que lui, ses voisins.
Max Jacob, le peint1·e, un petit monsieur très volubile, qui
va vite, ses toiles et gouaches sous le bras. On le rencontre à
Montparnasse, on le retrouve rue de la Boétie. Jamais rue
Laffitte : il est trop tard pour elle. Sa suprême concession fut
la rue Richepanse.
Max Jacob, le croyant, celui qui prie la nuit, au Sacré-Cœur,
qui se tourmente sur. son âme trop joueuse, et qui la livre,
la subtile, la rouée, l'innocente, à Dieu, en offrande, en faisant
tout pour qu'elle s-e présente, à ses pieds, avec u:µe mine suffisamment macérée.
Tous ces aspects de Max Jacob sont vrais, tous concourent
à sa figure de poète. C'est pourquoi j'ai dû être indiscret et en
parler.
Mais si vous vous arrêtez, plus d"une seconde, à chacun
d'eux, en vous persuadant paresseusement qu'il est, àlui seul,
tout Max Jacob, vous êtes sûr de vous tromper et vous allez
le défigurer.

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Emanant tout de go et avec une admirable sincérité de cet
être à la fois ingénu et_compliqué, l'œuvre de Max Jacob forme une masse plantureuse, tantôt vers, tantôt prose, tantôt
les deux mêlés. Elle comprend un roman SaintMatorel, bientôt deux, car le Terrain Bouchaballe va paraitre, des pamphlets
sous forme de dialogues ou de nouvelles : le Phanérogamme.
le Cinématoma, et des poèmes en vers et en prose, un ruissel-

�880

MAX JACOB EN DIX MINUTES

L'ESPRI'l' NOUVEAU

lement de poèmes : ŒufJres mystiques et burlesques -defrèreMatorel, le Siège de Jérusalem, la Côte, le Cornet à dés, la Défense
de Tartufa, et, prochainement le Laboratoire central, sous presse.
Max Jacob s'est mis à cette œuvre, une fois qu'il eut conquis l'indépendance, nous savons à quel prix. Sans trêve, sans
ambition, sans espoir, il échafauda manuscrits sur manuscrits.
C'est une œuvre qui n'a pas de date, pas d'actualité, qui a
attendu l'heure de paraître, avec soumission et avec dédain.
Romans, nouvelles, pamphlets ? A contre-cœur on se résigne - on y est bien obligé - à employer ces qualifications
habituelles. En réalité, aucune classification n'est possible.
Cette œuvre est un flot impétueux d'éclats, d'aperçus, de
silhouettes, de fantômes, de fantoches et ce flot ne se délimite et
ne se circonscrit que sur les bords, si l'on peut dire, et par le
hasard des rives.
Ce qui ajoute encore à l'embarras c'est que cette matière
poétique regorgeante qui se nourrit par elle-même, en profondeur, demande aussi tout èe qu'elle peut au simple jeu de la
forme et rassemble par dessus un fourmillement de sensations
et d'émotions imprévues, surprenant es, une profusion de styles
litt éraires. Styles éprouvés et styles vierges, Max Jacob les aime
tous, les choie tous, les manie, les remanie, quitte à leur glisser
brusquement dans le cœur, comme faisait Hamlet pour ses statuettes de cire, la longue aiguille maligne de son caprice. Il
s'apparente à la tradition, à toutes les traditions, à celle du
moyen âge, à celle de l'humanisme, à la classique, à la romantique. Il a l'air de les respecter. Puis, tout d'un coup, d'une
chiquena~de bien placée, il en fait éclater la cosse vraiment
par trop fossile, et donne jour à lme série d'explosions tendues
et fines éveillant, le long des cordes du sentiment, des ricochets
précipités, qui n'ont de but que dans le vague, infini ...
Quels feux d'artifices ! Quels éclairs étincelants ! Que de délicats orages ! Quel bombardement de surprises et &lt;l'attrapes
verbales artificieuses ! Ensuite., nous revenons à de majestueuses phrases, un peu sombres, à la Nicole, à un calme pas-

/

881

sionné très racinien, ou bien à des grâces et danses canoniques,
surgissant tout droit du xvm 0 siècle.
A qui affilier, à qui comparer ce prestidigitateur? Je n'en
sais ma foi, rien. Peut-on le définir ? Il l'a essayé lui-même.
Il a écrit une préface à la Côte, et une préface au Cornet à dés.
Mais la Côte, ce sont des chants bretons traduits en français, ou
des chants français traduits en breton, je ne sais pas au juste,
lui non plus, peut-être. Et, dans la préface, il a fort à faire de
s'en prendre aux celtisants de profession, aux anglomanes et
aux mécènes, tout en adressant le sourire de son souvenir mélancolique aux amis de son enfance, à ses chers amis de Quimper, qui chantaient naïvement, dans l'atelier de brodeurs, près de
la cathédrale. Tout ce qu'il a le temps de dire de lui, c'est qu'il
ne sait pas du tout l'hébreu, ni le grec, trois mots .de breton,
trois d'anglais, « strugle for life », qu'il n'a tué personne et qu'il
fait fi de l'argent. Ce n'est pas beaucoup.
Quant à la préface de cette corne d'abondance ·qui s'appelle le Cornet à dés, elle établit très savamment en quoi consistent la situation et le style, et le rôle de la distraction, en
art, et comment, en ce qui concerne le poème en prose, le Cornet à dés est excellent à ces trois points de vue. Poète en prose
ou plutôt, auteur de poèmes en prose ? Oui Max Jacob est
cela, je le veux Dien. Mais n'est-il que cela et en sommes-nous
plus avancés ?
Il est de partout, à la fois, autant dire de nulle part. Il sait
être vers-libriste et il sait être versificateur. Il est un jongleur
incomparable de raccourcis et de syncopes et il conte et disserte comme on le faisait aux Charmettes.
.
Il donne l'idée de quelque trouvère de grand chemin qui,
se plaçant devant les avenues de la littérature, empêche tout
ce qui s'y est entassé, de passer, de mourir :
- Attendez, attendez, vous allez voir; vous n'êtes pas si
mortes que cela, crie-t-il aux lentes périodes d'alexandrins ;
vous n'êtes pas si mortelles, crie-t-il aux pédàntes analys~s
discursives. Venez tous réalistes, vieux panaches, et philosophes, et baladins, vous allez voir ce que je ferai de vous !. .. »

�882

L'ESPRIT NOUVEAU

LES REVUES " REVUES "

Puis il se tourne de l'autre côté, vers le vide, vers l'avenir
et son langage transformé, un peu hagard, devient muet et
secret comme des trainées de lune.
. C'est un veilleur et un guetteur singulier, au carrefour en- ·
combré d'un vieux siècle.
Avant tout, jamais il ne consent à sacrifier l'enregistrement
immédiat, en sursaut, de ce qui traverse, d'un bond, sa sensibilité su(3ceptible. Tandis que la plupart des écrivains se canalisent assez vite et s'apaisent dans une formule, il obéit
•, à une verve secouée, inlassablement, d'une lucidité diffuse.
On pense à Rimbaud qui, partagé entre le scrupule de s'en
tenir aux jets de son âme et celui d'affecter une contenance
artistique trop étudiée, reniant tout ce qu'il avait fait, prit
le parti de ne plus rien faire. Seulement Max Jacob, doué
d'une fertilité adroite pour le cliquetis des apparences, sait
toujours, avec malice, habiller les idées s_auvagesses, rendre
mondains les fauves, de sorte que nous n'avons point à redouter que la gaieté de la création l'abandonne.
Ai-je bien laissé entendre ou, plutôt laissé deviner ce qu'est
eette œuvre prismatique ?
Max, tu donnes bien du mal en dix minutes ...

1

Henri HERTZ.
Préambule à une lecture de poèmes faite chez Madame AUREL, le jeudi 7 avril 1921.
~

MUSIC-HALL

LES REVUES " REVUES

"

PAR

RENÉ

A

BIZET

Pâqui:s, les Music-Hall~ parisiens, Casino de Paris, Folies-Bergeres ,en t,ete, ont renouvele leur spectacle. Ou plutôt, à une revue
. a succédé une autre revue, avec le~ mêmes couplets, les sketches
quasi semblables, les mêmes girls et les mêmes femmes nues.
Le Music-Hall ayant trouvé sa formule productive, depuis quatre ans
VAN,T

883

l'applique rigoureusement sans faire d'effort pour utiliser les merveilleux
moyens dont il dispose.
Voyez d'abord, les Folies-Bergères.
On y dépense largement l'argent. On y est assuré d'une.clientèle qu'un
promenoir plus ou moins bien fleuri, suivant les saisons, attire et retient.
Il y a &lt;!ans ce vaste hall une atmosphère plaisante, parfumée, exotique ;
aux soirs d'ennui on y vient pour s'évader du monde gris. Cela-tient de la
maison spéciale aux ports et du cirque. C'est tumultueux, criard de couleurs, plein de laisser-aller et de civilisation ·vieillie.
On y pourrait donner des ballets, des fantaisies un peu légères, libertines ; on entendrait volontiers de la musique amusante. Des danses
d'Afrique ou d'Asie désarticuleraient le rythme banal de la promenade
circulaire des spectatrices professionnelles ... Que d'images neuves, imprévues nous y pourrions admirer, au cours d'unerevuesobre,etsansprétention à la gaîté. Des clowns et des excentriques suffiraien.t ànous faire rire.
Au lieu de cela, on demande à M. Lemarchand qui tient bureau d'esprit,
de décoration, de costume, de chaussures et de mise en scène, un spectacle qu'il compose de son mieux, certes. Car nul doute qu'il ne prenne beauc9up de peine à nous prodiguer tant de banalités. C'est son excuse et nous
lui en voudrions de ne la lui pas laisser. M. Lemarchand est ainsi fait qu'il
en est encore aux vieilles reconstitutions de tableaux célêbres, aux défilés
des quatre saillons. Cela témoigne des fortes convictions de son âge mur,
et d'une belle résistance à l'esprit moderne. Il faut de ces laudatores temporis acti.
Il en faut, puisque les Folies-Bergères ont maintenu l'Amour en Folie à
leur programme pendant près d'un an, et que le poducer sous lë titre :
C'est de la Folie a redonné la même revue. Mais je.crains bien tout de
même, pour l'honnête commerce de M. Lemarchand, que cela ne puisse durér longtemps.
Comment supposer, en effet, qu'un public saturé comme le nôtre, de
vaudevilles et de plaisanteries grasses, de femmes dévêtues et de rodeurs
de barrière, s'intéresse encore pendant des années à ces pauvretés imaginatives que :sont les tableaux de C'est de.laFolie, aux sottises fâcheuses
des sketches ahurissants ,qu'on ose nous présenter ! L'étranger baille, le
Parisien hausse les épaules. Et s'il n'y avait pas les charmes particuliers
de l'établissement, je crois qu'on iinirait par en oublier le chemin.
En tout cas, esthétiquement, de telles représentations ne peuvent pas
nous intéresser. Là, le Music-Hall rejoint le théâtre, et ses momes formules, et ses tristes rabâchages. A peine donne-t-on quelques coups d'œil
aux danses de Germaine Mitty et de Til).io, couple tourbillonnant qui
dépense des ressources infinies d'adresse etde force pour exéc11ter des danses
trop rapides, trop brutales, et qui ne leur permettent point de laisser adminer leurs rares qualités d'acrobates.
Dorville, lui-même, Dorville, cette irrésistible force comique, cette verve populaire, caricaturale, qui suscite le rire, quasi mécaniquement, par
le seul aspect de sa trogne et par ses cris, n'a que des rôles incohérents.

�884

L'ESPRIT NOUVEAU

Le Casino de Paris a mis plus de coquetterie dans son effort. JI faut
d'abord reconnaitre ce mérite à ceux qui le dirigent qu'ils ne présentent
que des spectacles fort bien au point. JI y a toujours dans la série des scènes, un tableau d'un goût délicat qui fait plaisir aux yeux. Cette fois ce
sont les grandes amoureuses qui viennent habillées par Poiret, offrir à nos
imaginations toutes les gaîtés des couleurs, des ruissellements de perles, et
le souvenir d'époques que nous voyons fastueuses parce qu'un nom seul
suffit à évoquer autour de lui des splendeurs.
Il y a là un costume jaune d'or, portée par douce amie d'Abeilard, qui
est une sorte de chef d'œuvre de grâce éclatante. Pour moi, c'est toute la
revue. Cette longue robe m'éblouit, et vêt de rayons toutes les autres fantaisies plus ou moins réussies de A"ec le sourire. Elle, et Chevalier, suffisent à ma joie.
Il faudrait écrire un jour quelque plaquette, de l'excelle.nte influence de
Che"alier sur l'esthétique du Mu.sic-Jiall; ce grand garçon qui semble toujours
avoir vingt ans, qui est rose comme une rose, et souriant comme un gamin, est la bonne santé et la douce humeur de notre race. Il n'attache pas
trop d'importance à ce qu'il dit. Quand il ne chante point, il danse. Et
c'est la même gaité. Le même rythme bon enfant qui balance cette tête
fleurie, agite les jambes et tout le corps. Voilà la libre souplesse aussi plaisante qu'un libre esprit; ... qu'un poète moderne aurait en cet artiste un intelligent interprète IMais ce n'est pas aux auteurs des sketches du Casino
de Paris qu'il faut demander un essai original pour l'emploi d'un tel sujet. Ils fabriquent des scènes courtes, qui d'ailleurs sont d'une qualité supérieure à celle des précédents, mais qui hési ent toujours entre la comédie
et la farce et n'ont aucune vigueur.
Le metteur en scène, M. Jacques Charles, a réglé avec beaucoup de goût
les ensembles et les danses d'un bal de l'Opéra sous Louis-Philippe. Des
lumières à profusion, des taches de couleurs heureuses, un mouvement
alerte et bien scandé, des costumes un peu trop exacts pour mon goût,
font un tableau assez digne d'une féerie. Mais là encore, le courage manque
aux. auteurs, qui imaginèrent cette reconstitution. Ils ne s'évadent point
de la photographie en couleur. Ils n'interprètent pas une époque, comme
Poiret, ils en décalquent des images.
Aussi longtemps que le Music-Hall ne sera pas, franchement, nettement
autre chose que le théâtre, aussi longtemps qu'il ne sera pas ce qu'était le
cirque, jadis, c'est-à-dire un spectacl qui n'a aucun rapport avec la
comédie, le drame et la décoration théâtrale, il n'apportera pas ce qu'il
nous doit : l'expression fantaisiste de la vie moderne.
Le cinéma, art photographique pourtant, diraio-on, nous la donne bien
davantage. EtJe public est si peu routinier quoiqu'on pense, qu'il se précipite dans les salles où il peut poir des films. Là il vit dans son époque. Il
en subit la nervosité, la vitesse, l'imprévu ...
Le Music-Hall pourrait aussi bien. faire, et avec tout le prestige de ses
clartés, de ses danses et de ses rires.
René IlrzET.
La ToiMte (1918)

Collection Si71!on
DERAIN

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Collection S tmon
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Collection Paul 1.J11il/a11me

La Grecque (1920)
DèRAIN

Portrait (Nov, 1918)

Collection Léonce Rosenberg
D ERAl N

�Portrait de l' Artiste (Nov. 1918),

DERAIN

Coll-ection Léonce Rosenberg.

Portrait (1921)
Col1ection Paul Guillaume
DERAIN

ANDRÉ DERAIN
48

�ANDRÉ DERAIN

ANDRÉ DERAIN
PAR

MAURICE

V

RAYNAL

songer un instant, je vous prie, à. l'effroyable
anxiété dont fut sans aucun doute assailli ce bon M.
Masson, de l'Académie française, lorsque terminant le
quatre-vingt-quinzième tome de son Histoire de la vie de
Napoléon, il ~pprit, tout-à-coup, brutalement, et sans qu'on
l'eût seulement ménagé de la plus élémentaire façon, qu'un
livre considérable venait d'être publié, un livre dont le ToutParis s'arrachait fébrilement déjà les exemplaires, et au sujet
duquel s'échafaudaient mille conjectures ; un livre intitulé
froidement : « Napoléon a-t-il existé ,, ?
Il est fort probable que le docte vieillard dormit fort mal
au cours de la nuit qui suivit l'annonce de cette terrifiante
nouvelle, et il faut avouer qu'il y avait de quoi.
Or un jour, voici de cela dix ans, Derain travaillait à une
œuvre importante, et ce de toute sa foi superstitieuse en l'art.
Perdu dans un nuage de tabac il semblait en peindre attentivement la fumée, quand soudain entra Picasso qui lui dit
en signe de bonjour : &lt;&lt;Ah! tu sais, c'est fini. Il n'y a plus
de peinture ... Non! ou si tu préfères la peinture est toujours
la peinture, mais elle n'est plus la peinture tout en l'étant
quand même. Tu comprends ? ,1
Derain reçut apparemment le coup sans broncher. Après
avoir profondément soupiré, il murmura en clignant un œil :
&lt;&lt; Voire ». Mais tout de même, il ne put s'empêcher de considérer que son pinceau, pas lui bien sûr, mais cet imbécile de
pinceau tremblait légèrement dans sa main. Hâtons-nous de
dire cependant que si Frédéric Masson perdit tout-à-coup le .
· sommeil à la suite de l'aventure ci-dessus rapportée, André
Derain, lui, dormit magistralement ses douze heures d' arrache-pied sans plus songer au coup de main, dont sous l'aspect
de Picasso, le Malin av.ait voulu surprendre sa foi.
Le lendemain donc il reprit son travail plein de la plus
sereine confiance, après avoir constaté que le pinceau ne
tremblait plus entre ses doigts. En détachant la feuille quotiEUILLEZ

dienne d'un calendrier qui lui offrait tous les matins une pensée nouvelle à méditer il lut ceci: &lt;&lt; Malheur à l'homme qui n'a
pas un certain fond de candeur et de confiance, düt-il en êt_re
dupe ,,. Mais fort posément il alluma sa pipe avec cet ar,hori?me sans examiner plus avant la question. C'es_t dire qu:Il av~t
définitivement oublié l'importance qu'un msta_n t Il avait
donnée la veille, à la nouvelle de Picasso, et c'est dans cette
disposition qu'il reprit sa toile à l'endroit q~'il l'avait_lai?sée
en fredonnant ce vieil air qu'il a-ffectionnait en particulier :
&lt;&lt; J'aime celui qui m'aime... ll, etc.
En réalité il n'arriva rien de tout cela ; mais faites comme si
les choses s'étaient passées de la sorte, et vous le verrez, nous
ne serons pas loin de compte.
.
. .
La sensibilité de Derain n'est jamais SUJ ette à l' afflict10n;
elle possède cette heureuse _disposition que son in?onstance
spécifique la sauve à chaque mstant,de tous les accidents, ~e
tous les abattements et de tous les soucis du monde. Derain
a quelquefois la puce à l'oreille, mais il n'avale jamais 1~ J??ire
d'angoisse. Quand il rit, ce ~'~st pas s~ule!Ilent d'une mmtie de
visage, comme le ferait un bilieux, mais bien de sa face tout entière. Aussi bien ne lui est-il jamais arrivé de prendre les événements de la peinture au tragique; l'oiseau n'est pas venu
voir comme faisait l'avion pour apprendre à voler dans les
règles, le sculpteur nègre ne rêve pas d'une Académie de ·Montparnasse. Derain considère plutôt la _peinture com~e une co médie que comme un drame, c'est-à-?ire ~omme un J~U excessivement varié et qui ne comporte Jamais de travail susceptible de le fatiguer.
.
.
. .. ,
.
Il est déjà aisé de concev01r pourquoi la sensibi½te de D_eram
est baignée d'une fraîcheur constamment renouvelee. Tout Jeune
il se promena dans les Musées. Il s'y promena, ?'est-à-dire _qu'au
lieu d'interroger méthodiquement chaque artiste sur ses mtentions, il recueillit sans lessolli_c iter les confidences que les Maîtr~s
voulaient bien lui faire. C'est qu'un au.tre événement retenait
plus_ ~espotiqu~ment son at~ention :_ la :7ue d:~ j~r~ns pos~s
derriere les fenetres du Musee, des Jardms ou Il etait permis
de fumer en regardant paysage et _pass~ts .. Ainsi Der~in ne
prit de l'art des Musées que ?e qm était stric~e?:1-e?-t fait ;1on
pas à la mesure, mais à l'umsson de sa sensibillte. So_n ~e
vibrait seulement lorsqu'elle était touchée par les radiations
qui se dégageaient des œuvres avec lesquelles elle était accor-

�·896

L'ESPRIT NOUVEAU

dée. Il conservait de ces impressions non pas un enseignement exclusivement formel, mais une émotion dont il perdait
bientôt la notion exacte et qui contribuait en définitive à
étoffer, à développer le riche tissu de sa sensibilité.
Certes, et corri.me je le disais plus haut, Derain fait preuve
d'une foi solide en la peinture. Mais au mot un peu idéaliste
de foi il serait bon d'adjoindre celui de besoin. Pour lui, peindre n'est pas un prétexte unique à construire des objets, mais
plutôt un moyen de s'exprimer, de se faire comprendre, de
livrer son opinion sur la nature. C'est ce besoin gui, dans ses
meilleures œuvres, se renouvel1e continuellement, ce besoin
qui en oes mêmes œuvres n'a pas adopté de moule particulier,
ne s'-est pas posé comme une nécei::sité raisonnable, n'a été
touché d'aucune littérature et n'est pas encore devenu un prétexte à faire del' Art. L'on sent en goûtant son œuvre d'avantguerre que Derain n'a jamais obéi qu'aux caprices de sa sensibilité et qu'il luttait contre les influences fâcheuses qui l'e1;1ssent porté à systématiser son penchant naturel pour la pemture. Avec tous les enfants que l'on ne mène jamais de force
aux cours du soir, il ignorait les mesures de l'espace et la perspective. Aussi faut-il se réjouir de l'avoir vu conserver cette
sage ignorance et d'être resté en l'âge d'homme le primitif qui
dort au cœur de tout enfant.
C'est ainsi que les œuvres les plus significatives de Derain
sont volontiers plates comme les idoles des Crétois, les figurines
des tombeaux de la Grèce primitive., certaines soulptures
-du Moyen Age ou les fétiches nègres. Toutes les parties importantes, indispensables sont soulignées, étudiées-individuellement, c'est-à-dire qu'elles ne sont pas choisies méticuleusement, ni concertées spécialement en vue d'un ensemble artistique déterminé à l'avance. Derain les synthétise chacune en
un schéma que son tempérament remplit toujours de la plus
délicate sensibilité. Il ne sent pas encore le besoin de composer
avec l'ensemble de ces éléments une synthèse générale dans
l'unique but de complaire au cadre de son tableau. Et quant
à la couleur elle a pour but de faciliter l'intelligence du sujet.
Ce ne sera que bien plus tard que Derain lui demandera. de,
rehausser la valeur du modelé plastique : et à cette occas10n
nous pourrons voir assez nettement que cette ~ntention ~'est
pas absolument conforme à la nature des qualités dont il est
pourvu. Ainsi ]' œuvre la plus personnelle de Derain semble
généralement conçue sous deux dimensions et ce grâce à cette

Le CaJ,vaire (J-912)

DERAIN

Collection Simon.

tendance à la schématisation dont la sensibilité humaine tend
à_ traduire - avant l'aide de tout autre moyen - les impress10ns que nous suggère la.vue des volumes. Et ceci n'est pas
chez Derain le résultat d'une convention décrétée à l'avance
mais bien l'effet de cette disposition humainement sensibl~
dont l'on trouve déjà les traces chez l'enfant. L'on aurait
donc ~e rius grand tort de croire que Derain travaille suivant
un prmc1pe ; et ce d'autant que d'aventure, il ne se gêne pas
touJours assez poux aller à l'encontre de ses tendances naturelles pourno'?s convaincre d'ailleurs .qu'il n'est pas toujours
b_on de v_oulo1r 3J?ender la nature. Mais hélas! la gloire est
s1_ ~a:uva1se ~°:nse1llère et, _d'autre part si impérieuse, qu'il est
d1füc1le de res1ster à ses exigences auxquelles nul grand artiste
n' é~happe. A chaque époque de l'histoire del' art nous trouvons
touJours quelque Chauchard qui poussera les grands artistes à
chau?hardiser_ c?ûte que coûte, c'est-à-dire à opérer la repro~uct10n ~n_ serie avec s?ulefi;ent l'adjonction de quelques variantes cerebr?1e.II?-ent d1sposees des chefs-d' œuvre qu'ils auront
au-rarav~t reuss1s av~c le p~us grand éclat et qui auront plu.
Mais pmsque tout artiste vit ses heures chauchardisantes, il ..

�898

L'ESPRIT NOUVEAU

n'est que de fermer les yeux sur es instants de faiblesse pour
se reporter à ceux qui ont yu l'éclo ion de leur plu profonde
sincérité.
Pour en revenir à Derain, nous diron qu'il semble avoir la
ferme conviction que a toile n'a qu deux dimen ion : c'e t-à
dire qu'il n'a jamais été inquiété par la question de la troi ième et moin encore par celle de la quatrième. Comme tout
peintre il po sède lr sen de la troisième dimension, mai il ne
croit pas devoir en faire état d'une manière précise ni définitive
par e qu'il n'ignore pas que a traduction ur la toilee. t toujours
subordonnée à quelque concept arti tique. Et commelasensibilité à &lt;leu - dimen ions e t Yéritablement le propr de a nature, l'on peut dire que les conséquen es pi turale qui en ré ultent con tituent, à cause mêm de 1 ur incérité chaleureu e
et de leur qualité de grandeur, un ca a ez rare dans la peinture moderne.
La théorie d'une quatri 'me dimen ion arti tique, c'e t-àdire celle qui n'a de mathématique qu'une appellation assez
fau e d'ailleurs, pui qu'il 'agit d'une dimen ion qui n'en a
aucune, cette théorie, di -je, n'est pa plu illégitime que celle
de la per pective. Peut-être même doit-elle la vie à celle-ci.
Ri n ne nou empê ·he de penser en effet que la notion de perspective contienne en germe ce concept d'hyp re pa e dont les
primitif avaient déjà le ntiment. Or, i Derain ne 'est jamai lai sé uborn r par ce goût pour la péculation qui e t l'un
de · ymptômes l plu légitim s de l'art d'une époque profondément inquiète et troublée, il ne 'e t jamai lais é non
plus convaincre par le règles de la perspective. Mais suivant
le principe que la création de règles uit toujour le émotions qui ont donné naissan e àl urs objets, il est ai é de reconnaitre que Derain emble généralement on idérer le plan de
sa toile omme l'âme essentieJle de la nature et qu'il estime
que la urface blanche on titue comme un hyper ·pace idéal
non plus àquatremaisà ndimen ion surlequcllesimage viendront e po er. Derain aute donc de la deuxième à la quatrième
dimension, c'est-à-dire que a sen ibilité n'accepte d'être encagée
que dan les formule les plu imples; c'e t-à-dire qu' lie réclame le droil à re pir r dans un espace que le mathématiques
n'ont pa encore irconscrit et qu'Euclide n'a pas ob curci
de po tulat pas toujours démontrables.
De là l'indéniable fraicheur qui donne à l'art, de Derain
l'aspect reposant t pl in de sérénité que l'on connait. De mê-

ANDRÉ DERAIN

899

me qu'il existe deux espèces de distin tion, il est deux sortes
de fraîcheur: la natur 11~ et ~•acqui~e- La fraicheur acquise dépa se ~on but. A voul01r faire frais l'on aboutit au glacial.
Voy~~ ~es alo~ officiels : la grâce y e t confondue avec le
mamerISme, ~'ai ~~ce ave~ l'~ffec~ation, l'élégance avec larecherc~e, la -yivacite avec~ épilep_s1e, la coquetterie avec le imagrees. SmvantquelesuJetlehncommandel'arti teicifournit
à e œuy1•es les a pet't de la fraie heur ou ceux de la é here e; et pour ce faire il mploie tous les subterfuaes de la
6
chimie picturale.
Ile t par contre des œuvres animées pour ainsi dire d'une
fraîche~r constante, d·une fraîcheur qui Yivifie les ujet qu'elle
touche mdép ndamment de leur repré entation. C'e t la fraich ur naturelle, c'e t-à-dire celle qui baigne en aénéral l'œuvre
de D rain. Pf:111' êt~e _né très jeun_e Derain au;a encore ·v ingt
an_ lor que 1 etat-crn~ youdra lm en o troyer soixante. u
p~mt que dan se meilleures un Derain n'hé ite pas à e
lai. er, por~ _r Pru.: l'ingénuité jusqu'aux bord de la naïveté.
Mais c e t ici le def aut d'une qualité que nou aimons l'un de
ces_ défa~ts g~e l'on goûte quelquefois plu que des quilité , et
qm -rarticulie~ement chez Derain se pré ente ous forme d'une
onf iance pleme de naturel, d'une in ouciance prime autière
et d'_une ~ence com~lète de présomption.
eanmom. le .~~-1rateurs de Derain ne sont pas an regretter parfo_1 qu il n mterroge pas plu souvent sa con cience.
Il . ne s ~hai tent pa qu'il fa e d'un tel examen un deYoir
q\11 certamement deviendrait périlleux pour sa sen ibililé.
D 3:bord on tempéram~nt s'y oppo erait et des conflit naitraient du choc de sa rai on et de ·a en ibililé dont ni l'une ni
l'autre ne r tireraient de bénéfice. Mais Derain devrait all r à
confe_ e à certaines date fixe : à la veille de certaine œu~·res_ ~port8;11te à exé_cuter, p_ar exemple. Sans doute seraitil tr _etonne de ~- voir tradll1;t devant on propre tribunal;
au_ pomt même qu il ;.her~he:ait p ut-être dans quelque caté~hi me les faute ~ Il aurait pu commettre. Bien entendu,
~l ne les trouv_er~t pas car la religion mondaine e t très
mdulgente, ma1s il est certain qu'à ceUe occasion l'étonnement ~e se ren~ontrer en pareille circonstance soulèverait
ch~z lm ~ctte_ not10n du doute qui dort toute éveillée chez Cfftam. e_t a pomgs fermés chez d'autre et peut-être Derain exi~era1_t-il de a sensibilité qu'elle fût plu difficile? Il lui confierait en tout cas qu'il n'est pas toujours prudent à elle de se

�' .

000.

L'ESPJUT - NOUVEAU

fier entièrement- à son activité et à sa force, crainte de voir
une vitesse _acquise la pousser à des conséquences périlleuses.
Hélas ! · Facilité; ton nom est femme ! Nous savons bien que
l?r~que ~erain ~aiss~ un -peu trop agir à leur fantaisie les qua, ·
lites qu 11 possede, Il ne verse pas dans une ornementation
vide d'humanité comme de pensée, mais nous savons aussi
que la facilité y mène et qu'à ne pas surveiller les pinceaux
l'on s'aperçoit un jour qu'ils courent seuls sur la toile pourse livrer à des sarabandes qui trahissent généralement la pensée SBnsihle de leur maître.
L'œuvre de Derain est surtout objective : jamais elle ne
livre les secrets de sa pensée. Or voilà une disposition de
tempérament assez dangereuse et qui demande à être surveillée et soutenue. A peindre comme les yeux fermés, l'artiste
semble croire qu'on ne le verra pas. Tant il y a que la faculté
de réceptivité chez Derain est si considérable qu'il a tendance
à rendre av:ec ~rod~galité ce q_u'il a reç~. Mais son essence purement latme 1 obligera certamement a respecter cette notion
de choix qui e.s t l'une des qualités de celle-ci. Et surtout, il
n'oubliera pas que son art étant érralement fait d'une intelligence très perspicace des formes de la nature, il se doit de
n'attl;lcher d'importance qu'à celles qu'il est à peu près certain
d' avoi'r renouvelées grâce à ses belles dispositions. Il est bien
certain qu'il redoute un peu cette habile.té suprême qu'il possède à saisir les accents d'une physionomie, sans quoi il menacerait de compter parmi les plus grands portraitistes. Il sait
que l'artificiel guette la facilité et que l'artificiel signe à brève
échéance l'arrêt de mort de toute œuvre qui se laisse aller à ses
excès. Sans compter les leçons d' Académies qui l'attendent et
le désirent.
Il n'est pas sain de se laisser aller aux rêvasseries qui amollissent,_si délicieuses soient-elles et si faciles. Certes, il est doux
de rêver que le tableau s'est fait seul. Mais, attention à l'irrésolution, à la versatilité, à l'inconstance, ces sources de toutes
les compromissions ao.adémiques ou officielles.
Heureusement pour lui Derain n'a pas besoin qu'on lui crie
longtemps au casse-cou, car il possède les vertus nécessaires
èt tous les privilèges utiles pour retomber quand il le faut
sur ses pieds. Il le montre à intervalles réguliers. Mais, il faut
le dire, le goût contemporain de la toile de chevalet est bien
coupable lorsqu'il sollicite Derain. C'est encore à quelque
Chauchard du xv 0 siècle qu'if faut attribuer l'invention de

Naiure Morte {1911).

DERAIN'

Colleotion Simon.

la toile de chevalet, Qui donc rendra à Derain les surfaces
c'.1-p~b_les ,de contenir Gette gran~eur pleine de force qui est la
s1grnfica~1on d~ sa valeur. La pmssance de sa sensibilité bouillon~e, piaffe, eto_uffe dans l'exiguïté de ces petits cadres en
qum l'on voudrait _l' enferm~r. · Elle les fait craquer de toutes
parts ; souvent, mais elle subit leur étreinte à son tour. Donnez
de l'a}r às:3-l~r~e poitrine, il ~ousmontrera à aimer davantage
la $fac_e _fem1rune et cette vigueur masculine qu'il couve de
sa JUvemle tendresse. ~es c:11-âteaux, les palais et les églises
sont les se~s ~adres qm pmssent célébrer le rêve qu'il a fait
et ;10? le, d1s~1per ?omme. le f?nt ~es petits espaces que sa
maitrise s extenue a vouloir faire vivre d'une vie artificielle.
Les pet_ites toiles supportent que l'on se donne moins de
m~ a vivre; elles ne sont pas non plus des lettres de félicita:t10ns ou de condoléances. Ni fleurs, ni couronnes une
carte de visite suffit_
'
Maurice RAYNAL.

�Expos itions

LA PRESSE MUSICALE

A~B~BT Q.~~~~~S nous ~ontre à.la
«Cible)) quelques-unes de ses dernières toiles, ainsi qu'une série de dessms
~!)

La tradition romantique avait fait de l'artiste, et en particulier du compositeur
un être halluciné et un peu hagard, en proie à la divine fureur du génie, créant des
chefs-d'œuvre sans s'en douter et obéissant passivement et inconsciemment au vent
violent de l'inspiration comme un roseau courbé par l'orage .. Berlioz avait dépensé
une prodigieuse quantité de littérature pom: accréditer ce poncif. A l'en croire, la
visite de la Muse inspiratrice dans une cervelle de créatem serait assez semblable à
une attaque foudroyante d 'épilepsie ; tout y est, les tremblements ne1·ve1uc, les grands
spasmes, les dents entrechoquées, les frissons, les sueurs glacées, les gestes convulsifs
et la pe1te de Ja connaissance. La crise finie, le compositeur searetrouveàsa table, brisé
de fatigue, épuisé, :pantelant, ne gardant aucun souvenir de ce qui s'est passé ; mais
il constate avec plaisir que son papier à musique est sabré de notes fiévreuses et qu'il
vient d'emichir sa partition de quelques pages décisives .
.
. . .
. . . . . . . . . .
. . . . . . .
Les jeunes compositeu:r:s d'aujourd'hui contrôlent sévèrement leur délire.

.

. .

.

· La ~éa~ti~n des ·jet;ne~ ~usÎcie~s ~o~tr~ le{trs·~~és se ~a~f;st~ s~r 1~ po~ts ~ui:
vants. ~lest temps de renoncer aux recherches harmoniques, à la trouvaille de beaux
accords 1,)0rtant en soi un élément de richesse, de pathétique ou de rêve. La musique
sera dynamique ou elle ne sera pas. Le halo scintillant, phosphorescent, irjsé ou brumeux de l'harmonie impressionniste est un obstacle à ce dynamisme. Il faut le supprimer. Même réforme pour l'orchestre avec tous ses timbres myonnants, ses sonorités diffuses, ses couleurs vaporisées. Finie la manie de !'aérographe. On n'orchestrera plus un tableau symphonique avec les procédés de Claude Monet faisant tourb,illonner autour de ses cathédrales toute une poussière d'arc-en-ciel. Voici venir un art
dépouillé et clarifié, aux lignes nettes, aux arêtes vives, aux reliefs fortement accusés.
Î~u~ d~~er~ cette.te~hniqu'e ?-N~us Î'i.g.no;on~ e~co~e. Mais l~s ~u~re~ d'~n Gc~ru;
Migot nolis prouvent qu1elle est parfaitement coml?atible avec une conception de Ïa
musique beaucoup moins féroce que sa terminologie. Son Quint.ette est un triptyque
décrivant un paysage vaste et aéré, tme bel horizon aux proportions harmonieuses
et évoquant successivement les moissons, la gaieté rustique et les vibrations du
crépuscule. Et son Trio, dédié à la mémoire de Lily Boul~ger, est pénétré d'une émotion trop sincère pour n'être pas communicative. L'hommage rituel des trois voi."&lt;
instrumentales qui viennent, l'une après l'a_u tre, jeter des guirlandes mélodiques sur
cette tombe, la majestueuse colonnaûe d'un temple irréel construit en l'honneur de
la jeune Muse disparue, la montée en plein azur dans la sérénité et l'apaisement sont
des «motifs &gt;l que le mttSieieu a traités avec une sensibilité toujours· perceptible et ·
une puissance évocatrice indéniable. Pour lui, l'écriture nouvelle est un moyen et
non un but. Sagesse élémentaire que ne pratiquent pa!l toujours ses camarades et qui
porte en soi sa récompense. Ce Trio n 'est pas obscur et il est émouvant. Et nul n'a
le droit de discuter la légitimité des procédés techniques de son auteur puisqu'il
atteint son but : il a bien le droit de remplacer la suggestion émotive du « bel accord»
par cette imperceptible palpitation mélodique d'un triolet qui agite périodiquement
sa phrase d'un court frisson, la fait vibrer doucement et lui communique un pathétique purement "linéaire »puisque l'émotjon rêpond à son appeLil y a même, dans
ée parti pris de ne recourir, pour nous émouvoir, qu"à. de5 moyens d'une si parfaite
dignité, une noblesse intellectuel le à laquelle il faut rendre hommage. Il n'est plus
honnête de chercher à cambrioler notre tcpdresse ou notre pitié en se servant, pour
crocheter le coffret de notre sensibilité, de la fausse clef d 'un violon solo éperdument
vibrant et expressif. La pl'!-thétique de la musique de Migot est en ce sens, d'une
qualité $upéneure.
Il faudrj;L suivre de près la production de ce musicien sensible et réfléchi qui dans
cette furieuse mêlée de football qui a remplacé à notr.e époque la belle émulation
de la course du flambeau, manifeste une si grande loyauté et joue si correctement s0,
partie. ·I l est un des rares artistes de la génération nouvelle qui n'ait pas cru devoir
fonder sur une trahison ses ambitions légitimes. Et iJ faut lui savoir,i;ré de nous permettre d'accorder notre affection à..de nouveaux amis sans être forces de traiter nos
anciens confidents avec la plus basse ingratitude !. ..
(Le Temps).
Emile VUILLERMOZ,

,.

J

et d'aquarelles. Le but actuel del\'.LAJbert Gleizes est d'éviter l'effet m~nstrueux. Aussi divise-t-il ses œuvres en représentatwes e,t en abstra_ztes.
Pour représenter il applique les lois rég;_ssant le mécanü,me de l'œ1l et
r-

-

·•

�904

L'E PRIT

' O VEAU .

peint ou dessine sur nature avec un ouci louable d'imiter son modèle.
Il s'iuterd.it alors ces vain(• déformation par où tant d'artistes tentent
de donn!'r le l'hange du don inventif; il ait ios('l'ire son ujet dans les limites du cadre dont il a choisi rn toute liberté le, dimen ion ' et le format,
tout en lui conservant son aspect naturel et normal.
Par contre, lor qu'il abandonne le mocll' de figuralionimilatif M. l\lbert
Gleizrs ne s'embarrasse guère des donnN'S initiales de l'esthétique cubiste. C'est en vain que l'on clwrcherait dans son œuvrc actuelle des effets
de SJnthè e optique ou de ùi socialion. L'ubjrt étant plastiquement lranspo é et dépouillé &lt;lP a gaine eorporelle, le peintre n'éprouve nul besoin
de l'exprimer, &lt;lo le drfinir et de le situer dans l'e ·pac1•. )[. GleiZl' , qui
part de l'objet, ne lui reste pas as crvi et crée un organisme formel qui
friserait l'ornemrntation s'il n',•tait équilibré en profond&lt;&gt;nr. Cette profondeur qualitat.ivc qui demeure une dt s plu glorieu 1·s conquêtes du
cubi me esL obLenuc gràcc à l'utili ation de propri ~lés physiologiques de la oul(lur qui fail aYancer ou reculer le· plans et qui pcrmeL d' 1tendre ou de rétrécir les surfac s. La couleur rPste néanmoins tributaire
de la forme qui condilionne son a pect et modifi on sens.
L s préoccupation de ?IL AlbcrL Gleizns ne tralùssent pas la moindre
inquiétude et s'adapt •nt parfait ment à on caractère do grand peintre
iùéaliste qui tient le cubisme naturali le pour une gageure et voire pour
un sini lrc paradoxe.

BJSSJÈRE

C'oll1•ctio11
Paul Rosenberg.

~" B@Q~B Blt SS~~B~ rrui expo e à la
Gale1!e Paul Rosenbc•rg nou donne un bel exemple de probit; ouvrièr .
Ce pcmtr_o e. l yarYcnu à se tracer unr mir au prix de maint sacrifice
CC!ux qui_ ass1 tèr 1~t à la p 1riodc dr s s dé•buts el ·uiYirent la courb~
de sa rap.1dc évolution sonl surpris de Je voir marrh&lt;'r si rapidement à
la conqueL d'_un_e c •rtitudi&gt; qui lui c::;t p rsonneJJe.
)I. Roger _Bissière ~sl awc Derain, )Iatissr, Dufy el André Lhote un
des rares :pemtr~s qm trouvt'nt n dehors de la méthode cubiste un
~ode de f 1gui:at1on_ qui ne heurte pas de front notre concèption de l'art
pictural et qui r~dui_t au strict minimum l'usage des moyens tran mis par
les pcrspecteurs italien .
M. Roger Bissière est, d'autre part, un artiste trop consciencieux au
sens le p~us noble c~u mot, et trop clairvoyant pour prêlendre à ré. o~&lt;lre
l~s p~obJ~mes pla tique pat voie d'habiles déformations. La forte orgamsat1on _interne de ~ s. tabl~aux nou est un témoignag de son ardeur
au l;avail, de sa claire rntelhgence et aussi de sa maturi.Lé.
L ~nalyse du sy11tème de M. Bissière impliquerait une étude approfondie. ans Y r&lt;&gt;noncer, contentons-nous de rendre hommage au talent
Bl Sli!:RE

Colleelio1i
Paul Rose11bcrg

�906

L'ESPRIT NOU EAU

LE SALON DES BEAUX-ARTS

de ce peintre dont le C'ntiment du stylr, l'acuité de dC' in et la sobre
facture consliturnt les principales qualitrs. l\t. Bissière, qui respect&lt;&gt; avPc
dévotion les loi dC' la urface, ramène nolcmmf'nt C'D avant les fonds de
ses tableaux, répartit la lumière extérieure selon les besoins de sa composition, évite, autant que pos ible, de faire un u age abusif drs lignes de
fuite et 'efforce d'indiquer la forme organique des objets indépendamment de leur po iLion dans l'espace.

~r3:q~C', de :\Iati . e, de GlPizes, de Lhote, de Bonnard et de Friesz
.
ebst
préd·
•
·
e, l es rnnom
rables
_emalarqueur
,
suiveur
et
contrefacteurs
de
:.\Ianet
qui
abondent
à
la
i\ t
1
ion
eMneJnous
font
guère rcgr
tt cr Jes raux é1eves
·
a
uels
•d
.
,
.
~
de
Cézanne
parmi
lesq
. . oui ai_n recrute 1 elile de ses troupes. A l'arbitraire ui rè
parrm les autodidactes qui forment la maJ·ori·te· d
q
gne
es exposants des
Sal ons d i·ts d' avant-garde au travail bâclé à l
1 dr
, .
.
gion d' ;t t
, '
.
, a ma a 1;s e cr1géc en rchd' C \ ; nd~us préf~ron~ la conscience professionnellle d'un Raffaelli
~ o e , un LuCien imon. Le fait d'être moderne n
..
'
touJour une garantie contre la médiocrité.
e consutue pas
Les clégats commis par 1•·unpress1onrusme
·
·
à l'éclo . d'
dont la pous ée contribua
ti
~o~ un art auquel nous sommes redcvabl s de quelques authenques c e -d œune, sont tels aujourd'hui que sous prc\texte de lih .
to~!:s les exlravag3:nces passent aux yeux d'un public dont le goût
n .iei:ement perYert1, _pour des preuves de hardie , e et de lé "time licen
::tl~ue. Lf. flot doit_êtrc endi?ué. EL ce n'est qu'en restitu~nt au trav;~
. . atcomp 1, son ancien pre I rge que nous parvi ndron à vaincre les
~:~:t:~ce~ qu, oppo. eront toujours ~ux légi lat~ur , le arti tes qui mêa av, ur du tumulte un ex1stcnc, relativement ro .
l\1 .
nou dou~onR du succès immédiat de l'œuvre d'affranchissfmclte;;e ~::
venons d en_Lreprendre ? li n'e. t guère facile derétablir un contact sori~
rompu
et de forger
à l'u age d
1,
t· depu1.
't
J longtemps
,
.
u pu bli c d es armes contre
es
ar
1 es. ,es regles anatomique
t
le
loi
de l a persp clive
.
.
b li
,
, . .
elant
a O e , en c, t qu en rnst1tuant de nouvelles lois d'harmonie obligatoires
~our tous, q~ o~ créera un code où critiques et simples spcct~teur puise1 ont un en e1gnement.
\~,va
' ld emar G EORGE.

LE SALO DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE
DES BE1UX-ARTS
L'attitude hostile adoptée par la partie de la pres e pari imne acquise
à l'art rrputé ü1dépendant, à l'endroit du alon de la, 1ationale, témoigne
de l'état de confusion et de trouble qui règne dans les milieux des critiques
et de amateur~. Le puhlic, littéralement ü&gt;rrori é par le esthéticiens,
qui relatent à son intention lrs hi toire du re:te véridique des grands
impressionni te méconnu et injuriés au temps de leur jeunesse, accepte,
par crainte du ridicule et par volonté d'obéir aux commandement de la
mode, tous le « ymptômes » de l'activité artistique moderne. A la critique doctorale et tendancieu, e des profes:01rs, dont l'incapacité notoire occa, ionna la perte, a uccédé la critique subjective des journalistes
ignorants rt des poèt&lt;'s plus ignorants encore,
Les reporters sacré chroniqueurs d'art, créent de no,; jours les courants d'opinion, s'érigent en arbitres, distribuent blâmes et éloges. Le
public uit docile et dérouté. Le arti t de econd plan triomphent et
l'art seul pàLit de celte absrnce d'équilibre. Faut-il rendre responsables
1 descendant de impressionni t - d'avoir corrompu le jugrment et
substitué à un ordr périmé l'anarchie totale ? Pui que l'art libre et s
ucrédanés s'étalent victorieusement dam deux salons et près de
cent boutiques, puisque parvenu a un àge fort avancé le doyen de la
critique voit s'effondreruu à un les remparts des académies, il esL permi ,
san courir le ri, qur de sap&lt;'r la po ilion solide de la peinture cc avancé »,
de porter une opinion sincèr ur l'en mblc de la production contemporaine. L'Esprit .Yow,eazi a si ouvcnt précisé el défini sa façon de voir rn
la matière, que je crois être à l'abri de tout soupçon, en prenant contre
srs détracteurs la défen r clr la Société Nationale des B aux-Arts. N'en
déplaise à ::\I. Jourdain, le niveau technique moy n du ' alon d'Automne
n'est guère uprricur à celui dr l'institution aux &lt;ll'stinées de laquelle préside !'!'minent :Monsieur Bartholomé. Le Salon d'Aulomo , dont l'entrée
re ·te rigour usemcnt interdit&lt;' à tous le cuhi tes, à l'exception de M~I.
Braque et Gleizes, fusionne d'aillrurs par sa droite et par son centre gauche avec la gauche d la :Xationale. Les cloi ' Ons étanches qui rparaient
naguère les salons, ces vastes confrontation:; annu lie des principales
tendance de la peinture française, sont donc abolies. i l'ab ence de

907

Jtlflic1able à la trnue générale cl u alon de la 'at1·onal

t

:!:

"l.'1~N1'D~NC ~S A C
D ;g r.,
J?,~ J; N'T U'

. .....

• La peinture ·t · Ï· · · · · · · · : · · · · • · · · · • · • .
ga e s"ébauehan:Sà u~ an_guge commet~ mu ique ou la titt rature. :\lais c'est un lanlc:,gcouleurs, !&gt;&lt;'Ion l~~\~~;;!J:~~OnC'_ l~gi~ue e~àn~Lurel qne le peintre manie d'abord

~~~~ :: l~~1r.: harmonies, lui ~évè~~~t ::i:~;~1

;~oi~:.

r:~:~~~s°t~

~~scf~~:':~~
Je
gu1:e nouveau. :'lla1s ju~que là, il fera de la peinture d'agrément
le plaf~;'1c: ~i~~u~?:~aiémen!, toute peinture réaliste. Elle n'est faite q;1e pour
tendent que ~.en: Îo. C'onquê:~ d~~l)~l-néral, ~l!belestOupe~ficielle .• es recherche'! ne
phère d'un
,
.
mnecs \'lSJ es. n
fforee de rendre ratmosC
paysag&lt;', 1 expression d'une physionomie
stri:tt!:1 t~ndancc eor:nmence donc à la reproduC'tion ·ervile de lo. nature (ce ui est
cho es c. ~ la négation de _l'nrt) jusqu·à la traduction aiguë de ratmosphè;e des
C • mms i,;ans que cette mlerprétation sorte des forme;; de lu nature
elte Lendan~e ga_rdera comme adeptes tous les talents moyens to~s ceux ui
sag~incntt en s appliquant, acquièrent du savoir-faire. Elle uè pe~mct plus· q~'à
que ques cmp 'raments très personnels de Ne distinguer difficilement da
pos ·édant un pru;sé lourd de chef -d'œuvrc.
ns un genre
·R~G~R

ÀVEIÎ~WT.E. ».

•
(Lumière) .

�LES LIVRES

LES LIVRES
LA . 1Î.GIUUH1 li IHtA iT !r»AltA'U.~TI (ÉDITION
BQSSARD ). - JULES ROMAINS. LE BOl!JRG R.ÏGB~ÉRÉ (NOUVELLE REVUE

SYLVAIN

LtVI

FRANÇAISE). -

RABINORANATH TAGORE

vELLE REVUE FRANÇAISE). -

MODiRNB

Lt c~RIIHLLB os
TH. VAN oœsaunG

nrm,~- (Nou-

CLASSl~UE- B.1UtHUE ..

(ÉDITIO~s. DE s1KKEL ET LÉONCE ROSENBERG).

***
&lt;c C'est un vieux conte de fées où l'Inde Ancienne a glorifié l'amour
conjugal», dit M. Sylvain Lévi. Il s'agit en effet d'un Prince ·charmant
qui a épousé une belle princesse. Leur bonheur serait parfait n'était ce~te
passio_n du jeu que contracte le Prince. Il perd en effet sa fortune et sa prm~
.cipauté aux dés. Forcé de s'exiler il abandonne son épouse et pour lm
.eviter de .rartager sa propre misère, il préfère, le brave cœur, la l~sser se
débattre au milieu de celle que lui rapporte cet abandon. Bien entendu,
tout s'a.r.r;nge et après mille péripéties la princesse finit par retrouver son

~poux .
. 1\1 .. Sylvain Lévi nous enseigne dans sa préface que lo jeu de dés tient
:une pl~ce prépondérante dans la littérature hindoue. Les héros jouent
volontiers leurs maisons, leurs frères, voire leurs femmes . No~s savons
par ailleurs que le jeu est à l'origine· de toutes les civilisations et qu'on lui
demandait souvent dé régler des questions, de lever des difficultés ou de
dénouer des différends. A tel point qui lorsque l'on songe à la mésaven.:
. ture dés vingt savants à qui on avait confié récemment le soin de calculer
la capitalisation des 226 milliards des réparations allemandes en quarantedeux annuités avec les inÙrêts et qui réussirent à trouver vingt totaux différents, l'on est en droit de se demander si nos pères étaient si mal venus
à demander au hasard de régler leurs petites affaires.
En réalité l'usage des dés, comme celui des dames, paraît immémorial
dans l'Extr·ême-Orient . Platon, lui, le fait remonter à l'ancienne Egypte.
(&lt; J'ai entendu con~er, dit.-il, qu'aux environs de Naucrates d'Egypte
existe l'un des plus anciens Dieux, que son nom est Theut (c'est Hermès)
et que le premier il avait découvert le nombre, le calcul, la géométrie,
l'astr-0nomie, les dames et les àés. )) On raconte -que Hermès ayant gagné
u~e partie de dés qù'il jouait avec la Lune, obtint rn gage de celle-ci cinq

909

jouis qu'il ajouta aux 360 de l'année. Signalons· enfin qùe le Louv:e possède deux damiers de l'époque pharaonique.
M. Sylvain Lévi s'en tient à l'exposition des conditions du jeu de dés
hindou et des règles de cet ancêt.re du zanzibar et de la passe anglaise.
Le dé n'est plus un cube à six faces. Chez les Hindous, en effet, il n'en a
guère que quatre, ou du moins, rassurons-nous, quatre qui soient vala:.
bles. Il faut calculer très vite, e.t l'on cite un héros hindou qui gagnait
-souvent pour avoir la faculté curieuse de compter d'un seul coup d'œil
toutes les feuilles d'un arbre avec ses fruits.
Le jeu de dés nous rappelle, surtout à nous Français, le juge Bridoye
qui, suivant Rabelais, « sentenciait à coup de dés )) et qui sur le tard de sa
-vie craignait que quelques-uns de ses jugements ne fussent très équitables
·parce que sa vue basse ne lui permettait plus de distinguer nettement les
points des dés. Or, comme l'imagination des conteurs est souvent le levier
de l'imagination scientifique, nous rapproch~rons ce fait des démonstrations de Le Dantec, démonst,rations par lesquelles il est prouvé que tous
les jugements des Cours criminelles .n e sont dus qu'au hasard et de ce
-fait pas plus valables que ceux de Bridoye.
Si nous nous sommes engagé dans cette petite dissertation sur le jeu
de dés, c'est gue M. Sylvain Lévi nous y a ·conviés d,an·s son excellente
préface. Il ne parle pas beaucoup du conte lui-même, persuadé sàns doute
que ce n'est pas la peine puisqu'ôn va le lire, et il a raison. Ce conte est
d'ailleurs plein de ·ces images un peu nues, un peu à plat qui sont iâ marqué du -merveilleux hindou. Il serait peut~être un peu 'fatigant n'était la
brillante traduction de M. Sylvain Lévi et les b'oi:s très habiles de Andrée
Karpelès .

***
Les systèmes littéraires nouveaux meurent généralement les .u ns 'après
les autres; il ne reste.hélas au cours des siècles que l'œuvre de ceux qui
surent les accommoder au goût de là moyenne humaine. Il n'en est pas
moins vrai que ceux .d 'entre eux qui furent construits d'abord avec foi,
puis sous la dictée d'une imagination contenue, laissent toujours un agréable souvenir et des traces durables. ·
Tel est un peu le cas del' Unanimisme qui généralement nous apparait
légèrement c&lt; manches à gigot n. Au contraire de la plupart des systèmes
-qui doivent leur appellation au hasard ou à la malveilJance, l'Unanimisme
a été baptisé par son créateür Jules Romains. C'est dire pourquoi l'art de
Jules Romains sent un peu le procédé et pourquoi son système semble
119

�910

LES LIVRES

L'ESPRIT NOUVEAU

surtout reposer tout entier sur une certaine façon sans cesse répétée de
traduire les images qu'il crée. Aussi Jules Romains apparait-il un peu
suspect dè pompiérisme, mais après tout, cEci est bien légitime puisque
c'est lui qui a le premier allumé le feu.
Le Bourg Régénéré est une application directe du système unanimiste.
Directe, parce que la prose plus explicite montre plus nettement la mécanique du procédé. Il en résulte peut-être une certaine fatigue lorsqu'il
arrive à l'auteur d'avoir un peu forcé la note; mais par contre un agrément réel lorsque telle image est nature11Ement venue. C'est pourquoi
nous préférons Jules Romains poète. Tant que l'image s'applique à une
sensation éprouvée par lui, elle nous semble très normal€ment naturelle.
Mais lorsque dans un conte l'auteur est obligé de créer différents personnages, il se croit tenu de les faire rendre des images dans le goût du système et c'est là que nous tiquons.
En tant que sujtt, le conte est une apologie du travail universel.
Puisque l'humanité a décidé de se tuer de travail, il ne faut pas de bras
inutiles, sans quoi toute la machine craquerait. Mais tout de même, supposons qu'au début de l'humanité, l'homme n'eût pas accepté d'être considéré comme une force d'inertie que les forts vainquirent à leur profit;
supposons que la journée n'ait eu ni dix, ni huit, mais seulemént quatre
heures. Est-ce que la richesse pour être moins riche n'eut pas permis
aux hommes d'acquérir une culture meilleure et une idée du bonheur
moins vulgaire ? Mais il est trop tard et le vin est tiré. Donc tout le monde
travaillera dans le Bou,rg rêgé'néré, et ce parce qu'une main inconnue
a tracé dans les latrines cette inscription : « Celui qui possède vit aux
dépens de celui qui travaille : quiconque ne produit pas l'équivalent de
ce qu'il consomme est un parasite social. » Ce sera la revanche du travailleur pour l'établissement d'un cercle vicieux à l'usage de l'économie
politique. Grâce au travail le Bourg se modernisera : il aura des rues
rectilignes, l'électricité, des filatures, des usines. Hélas! reste à savoir
si ces usines ne tourneront pas un jour des obus, ou si pour recevoir des
bombes enm.mies les habitants du Bourg ne seront pas ruinés. En réalité
l'amour excessif du travail amène la cupidité, son corrélatif normal; la
cupidité déchaine à son tour l'ambitjon et les deux réunies nous apportent la guerre. Nous ne dtvrions pas oublier que le roi de la création est
naturellement fainéant, et, après tout il n'a vas tous les torts.
Mais encore une fois, nous ne pouvons plus reculer. Et les lecteurs d'un
certain âge qui aiment qu'un conte ait du fond, comme dit le peuple, goûteront le récit. J?erveilJeux et si remarquablement écrit par Jules Romains

911

qu'unreferendum récent . t d d ..
poètes aux côtés de p .;~: e es1gn:r c_omme l'un des-sept plus grands
Le Cardonnel Mm d.
_ry, H.deRegmer,Viélé Griffin, PierreLouys,
'
e e Noailles, et ex-requo avec M. Georges Fourest.

t

* **

Malgré que l'Inde paraisse encor d
d
en reviendrons une- fo. d 1
e e ~o e en quelques milieux nous
L l
is e pus avec Rabmdranath Tagore
es 10mmes sont tous lus
.
.
.
.
qu'ils n'aiment au fo d
p l ou moms poetes, il est donc naturel
n que eur propr
~ ·
A
sissons pleinement 1,. t
.
e po sie. u surplus nous ne saim ent1on des poètes
,. • .
lan"ue et s'ils
t·
, que s 11s ecrivent en notre
appar rennent à notre é • t·
.
.
0
sib1'li'
te· h
· d
g nera IOn immédiate tant la sen
·
umame ont l
é · d · •
'
lutions des J. o
. a po ~re mt etre le reflet suit _dccilement les évours
qtn
se
suivent
et
aveugles.
'
ne se- ressemblent que pour les
Comment goûterions-nous lein
l'
naire et de plus hindou ? M . p
ement œuvre d'un poète septuagé,
· ars nous ne nous d · · d
•
.
une sagesse de bon aloi Et
1 ,
. ecr erons Jamais à adopter
réputés aient démo t ,'
mba gre que tant de philosop_hes et d'écrivains
n re sura ondamment ,
t d .
,
qu'une trahiso
qu une ra uct1onn était jamais
n, nous ne cesserons de v ·, à
, .
dégagent les noms exoti
ou, cause de l attirance que
d uctions, cependant queqtes
ro_nflants, les librairies regorger de trahons poètes français ge'n. eulrs iroi~s sœnts seront bourrés des œuvres de
.
era Ement ignorés.
Il faut bien que Rabindranath Ta(J'ore .
.
.
nous le dit et que tout r· ·t
o . s01t un grand poete, puisqu'on
mr par se savoir II
.
dans la CortJeille de Fru 't
. d
.
. y a certes de belles images
t s, mars es images q ·
« déjà vu ». C'est que M T
_u_r sentent quelque peu le
dans une interwiew réce~tea!o;,e est ~res trad1t10nnel. Il le montra même
qu'il avait déjà lu l'œuvr d K' ~-ccas10n de laquelle il donna à entendre
à l'encontre des anciens p:è:es rhi~ indg dans la sienne. Toutefois M. Tagore,
11 ous ne raconte p s d'hi t ·
.•
.
d eJà•un point acquis Il t
'. m f . d.a . s mres,
.
ra var·11 e en plerne
. et voilà
dans une matière que bon
b
a rere, irait un pemtre, mais •
.
nom re d'autres O ·t
. .
contnbution. C'est que 1
P e es ont avant lm mise ·à
, orsque nous recevo l · · d
vient de loin, nous nous attend
à
~s a visite 'un voyageur qui
ons ce qu'il no us conte d es choses in."
connues.

e:.

Or, la traduction très élégante de Mm
,.
nous app_orte quelques désillusio
.N
e I~elene du P~squier
·
ns • ous voulons bien q
t •
mires de la poésie sor'ent e' t erne 1s mais cf · 1 J
· ue. cer ains acceslotté par la tempête de l'est
,
or. &lt;' e serai pareil au nuage bal» nous rappelle un peu le « Ah I si j'étais

�912

L'ESPRIT ,.'0 VEA

p •tit oi eau », c&gt;t tel &lt;• ois prêt à t élancer mon cœur » qui n' l pas mi
exprès nous reporte au "Tais-toi mon cœur &gt;i bien connu.
Mais en ore une foi ceci dit en dialecte hindou Pst peut-être sublime et
nou nou. gardon bien de porter un jugrment ur un tel ffort.
i 'ous di ion. plus haut que l'on ne goûte plein ·mrnt la poé ie d'une
a11tre g 'nération quo la sienne, mais il st une xceplion, une rxception
à formuler n faveur d ceux qui n'ont encor ni âge ni génération, c'e là-dire aux jeunes g •n d quatorze à vingt an .. CPux-ci en ffet aimeront
sans doutl' dans Rabindranalh Tagore, d'abord le nom, trè héro do
cinéma, puis urtout crt ensemble de fleur , fruits, parfum , couronnes,
étoile., coupe vide ou pleine,, chant., flùtes, oiseaux àmes de poète ,
auror s etc. matfriel ordinairl'menl mis à contribution par le poêle.
Mai traduction pour traduction nous donnerion volontiers lout ce capharnaüm pour un de C&lt;' petit poème malgache qu nou · fil connaitre
Jean Paulhan.

•

* *

Théo van Dœsburg st en Hollande l'un d s pionnier del art moderne
t l un de plu dévoué propagandi t de conception les plu neuves.
·a revue "De til » e. L trè goûté en France. Et un livr important (1)
publié à Amsterdam Je cla se parmi les écrivain d'arts et les artist s (il
e L également peintre) le plu averti de on époque. Avec plai ir nous
avon lu le , la .ique-Baroque-Modernc » publié aujourd'hui par I s
soins de Léonec Ro enberg.
an Doe burg nous permettra toutefoi de ne pas le suivre dan la ditinction de l'art en le trois phrase : clas ique, baroque el mod rne, qu'il
lui a igne. &lt;• La grande différ nec entre lassiques et modernes con i te,
dit-il, 'Il ceci : c' st qu, 1 s cla iques produi ai nt de l'art à la façon d la
nature et quel s mod rnes r produisent la nature à la façon de l'art.» Dan
c condition. nul modern ne pourrait d venir classique. Or un grand
nombre d'œuvrcs contemporain s ont d'e ser.cc trè neltcrnenl ela1:iqu puisqu'elle produi ent de l'art, ce t-à-dir des objets humain,, uivaot 1' condition à nou imparties par la nature san ce cr pour cela
d'être modern , c'est-à-dire d avoir pris en con idéralion la théorie de
l'art pour l'art que défend avec rai n Doc burg.
Aus i pcr i ton -nou à croir que le cla sici me t un co tum que
(1) • Drie voordrachtcn over de ni uwc beeldende Kunst •·

LE

LIVRES

913

doit porter la sensualité. C co turne change aYee ]p temps &lt;'t l'arti t~ doit
lr faire lui ID1!me. On le recunnat 1ra toujours,. imal exécuté oit-il et l'on
wrra fort bien 'il a étü acheté tout fait ou n quPlque ,, décrocl:r.z-moi
Cà ».

La lh~orie cl • l'art pour l'art n'e t plu attaqué de no jours, t Je erpent qm se mord la queue » esl adoptè par ce concept conventionnrl
qu'e I l'~t. i\Iai il ne faut pas qu'il oublie son origine liumaine, sou pcin
dt' condmr à la fanlai:ie, c'est-à-dire à lou les baroque et à toutes ]ps
déca&lt;lenc .
Or c'e t ce que ne s mblent croire ni Doesburg, ni Mondrian.
Les impre ionni. te le plu grand sont ceux qui ne groupent pas seul ·ment ~es tache de couleurs ou de pointiJJ; , mai bien ce.ux qui ont
con tru1t d s group s harmoni és. an Do sburgdit ceci « : Vou ne pouYCZ pa vous Honnu que l'artiste n arrive à cxprimcr l'essence de la
beauté pictural implcment par un rapport e thétique et barrooninrx de
plans, de couleur el de ligne . ,, 'ou nou ouvenon d'aYoir, aux débuts
du Cub'. me et alors que nou cherchion à préci r sa t chnique, érrit
de P~'f'tlle cho~es._ Depui nous avons r connu qur l'homme e t un •orps
pos edant parmi différents organe rn ihle deux yeux, el qu'il n e l pa.
d_ ux yeux autour de q~ l la nature a di. posé un corp . Ceu~· qui inventere~t, le mot d e thél1qu' ont eu recours au verbe grec qui signifi
entzr. fout rapport thétique doit donc . uggérer une émotion. Or il c t
indi pcn able que la théori ù l'art pour l'art louL en ne devenant pas, bi n
~l_e~~u, c llc de l'art pour ce qui n'c. t pas l'art, ne néglige pas notresen1b1hte générale pour n'accorder e oins qu'au chaLouill m nL ao-rfable
0
de notre s n vi uel.

:'an

L'art_ d~
Do sburg nou paraît donc contredir un peu es théories.
l chfftcile de dégager de on œuvre ce , particuli r naturel II même
u àla façon de la p inture » t qui doit nou rappeler la nature. Par • naturel • Doe burg_ n v ut pas qu'on nlende un fragm nl découpé du
• grand tout » ma, la • totalité » de e qui nou contient. Pourtant
l'hon:ime n' , t pa i uni ver d que cela. Il ne uffit pas qu la nature déternune .'' la cou! ur Je rapport, la distribution cl la compo ilion ,,
san qu01, pour ne pa êtr en ontradiction avec cllc-mêm&lt;', la throrie d"
l'~rt pour l'art uivant l'c·xempl de Doc. burg, ne devrait voir aucune
d1fférrnc de rapports C'ntr • la ensalion d&lt;' beauté • que donne un arbr
_L c lie qu_e nou procure un rnaison. Au si, t hi n qur on es ai cont1e~n · d Ju l rcmarqu s clair m •nt ·po , s, nou avon Je regret de
crotre qu'à l'encontre de c intrntion l'art que défend Do, burg ne pr _
Il

�915

LES LIVRES
L'ESPRIT NOUVEAU

914

sente pas suffisammenL dégagé ce rapport d'harmonie en lequel il voudrait
voir la découverte d'un style nouveau, à savoir le sien.
~faurice RAYNAL.

LES LIVRES D'ART

PI C'.ASSO(i)

L

A critique esthétique à Pafümand.e contribue pour une large part à
l'état de confusion, dont pâtit l'art contEmporain. La lecture des
ouvrages tels que &lt;&lt; Der Kubismus » de}1. Paul Erich K.uppers et
&lt;&lt; Franzosische Malerei seit 1.914 ,, de K. Otto Grautoîfnousconfirmedans
l'idée que l'Allemagne, malgré les efforts de compréhension dont elle
ne cesse de faire preuve, fausse le sens véritable des œuvres et crée de
par le monde une atmosphère d'exaltation malsaine. La littérature d'art,
si chère à M. Blanche, fait outre-Rhin de cruels ravages. Les brochurns de
grande vulgarisation aident à répandre et à faire connaître les noms et
les œuvres des peintres expressionnistes . La « Stosskraft » ou la puissance
offensive de l'art moderne est telle qu'il force _les portes des salons
mondains et s'infiltre dans tous les cercles sociaux. Cet art fait tache d'huile.
Ce n'est plus un métier, mais une religion, une religion du reste très
lucrative.
Le livre que M. Maurice Raynal vient d'écrire sur Picasso et dont
une traduction allemande a paru à :Munich, embrasse l'ensemble des
problèmes picturaux actuels et forme un remarquable essai de mise au
point. En situant dans l'évolution de l'art l'œuvre de Picasso, M. Raynal
a voulu mesurer l'exacte valeur de son apport. Aussi a-t-il étudié au
cours d'un bref avant-propos la situation de la peinture franç-.aise au début
de ce siècle.
Cette situation était pour le moins critique. Bien que M. Grautoff attribue à Matisse le rôle d'un agent de liaison qui mit à la portée dEs jeunes
hommes la dernière manière de Cézanne, les peintres sortis de l'impressionnisme piétinaient sur place en s'efforcant de retrouver le sens de la
forme par d'ingénieuses contrefaçons ou par de puérils emprunts aux
styles archaïques. Gauguin était parvenu à corrompre un certain nombres
9-'artistes. La leçon de Cézanne semblai~ vaine. Une baisse générale du
(1)

Par l\lamice Raynal (Delphin-Vcrlag), 1\Iunich .

niveau technique était le signe distinctif de la peinture « fauve ». La
couleur anarchique, affranchie de .oute contrainte formelle tenait lie
d d .
'
u
~ essm et de c~arpente structurale. Néo-classiques et post-impressionrustes se partageaient le~ faveurs du public ...
Picasso, redevable de sa maîtrise à une forte culture traditionnelle restitua tout d'abord au dessin son ancien prestige. Il comprit le cara~tère
~ette~e~t conventionnel de la peinture et renonça à concilier ce qui est
rnconciliable. Cézanne prétendait (( faire du Poussin sur nature». Picasso
abandonne le motif au sens impressionniste du mot et recrée librement
selo~ les lois de l_'art, les seules qui lui importent, un univers plastique qui
reqmert de ce fait une personnalité autonome.
Convaincu que l'œuvre de Cézanne contient des éléments intransmissibles, Picasso ne _tente, m_ême pas d'imiter par quelque savant subterfuga
la facture du Maitre d Aix-en-Provence. Il met fin à l'affreux malaise
que créa Cé~~nne en inscrivant sa couleur expansive et dynamique dans
les cadres rigides d'une forme préétablie, qui tantôt l'enserre et tantôt
cède sous sa pression interne.
. -Le mé~ite _d'avoir opéré la dissociation 'revient sans doute à Henri Matisse, 1:1ais Picasso, le ~remie~·, l'applique rigoureusement (1). Respectueux
d~s lois de la surface il rédmt la forme à i'état d'épure planimétrique et
d1spose la couleur autour. Il emploie les «localités» c'est-à-dire les
_
l
· . ,
,
cou
eurs mtrmseques des corps et soustraites aux effets éphémères des éclairages exceptionnels. Il représente la forme organique des obJ. ets et n
··
on
1eur position
_par_rapport à ~'angle visuel du spectateur. Il forme une profon~e:11' qualitative en variant les angles d'inclinaison des plans colorés
qu'il Juxtapose.
Ce gr:ind ~rtiste, ~ont l'œu~e a suscité un mouvement d'une importance historique capitale, a-t-il perdu aujourd'hui son exclusive· di _
·
? 1
rec
t10n . I es~, en tout cas, bien incapable de fausser sa présente orientation
de le canaliser, de le pervertir et voire d'arrêter son cours. Certains mod '
d e figurat·ion sont assez répandus de n.os jours pour mettre le c b.
es·
l' b · d
u 1sme a
a_.ri es caprices passagers et des changements d'humeur d' un h omme .
spmtuel, cet homme fût-il un génie authentique.
Les conclusio~s de M. Raynal infirment d'ailleurs celles de M. Otto
Grautoff.
Il ne saurait être question d'un désaveu du Cubisme par Picasso ni
(1) Dans une tê~e de Matisse, vu~ de trois quarts, un œil, au lieu de rom rc l'har1'.1on_1~ ~Jane du v1sag~ et cle c~ntribucr par un effet de clair-obscur ou
un r _
comc1 à former un relief, peut etre simplement prnjeté sur le fond du tabieau. ac

i:;

�916

MUSIQUE

L'ESPRIT NOUVEAU

d'une apostasie. Mais on peut souhaiter que dans un avenir prochain des
artiste;s à la hauteur de leur tâche élaborent une législation susceptible
d'_ordonner le Cubisme qui est jusqu'ici un art puTEment empirique. J'en
sais même qui s'adonnent à cette œuvre avec une ardeur qui porte déjà

ESSAIS POUR UNE

E

ses fruits.
Le Picasso de M. Raynal est certainement le meilleur ouvrage qu'ait
écrit1ce subtil esthéticien. Il atteste de sa part un.sens critique aigu et une
parfaite connaissance du sujet traité. Aussi est-il étrange et regrettable
qu'aucun éditeur français n'ait songé à le faire paraitre jusqu'à ce jour et
que l'Afümagne en ait rn la primeur ...
\Valdemar •GEORGE •

..
1 •

Les rapports mut.uels de l'art et de la vie sociale sont riches
en suggestions de toutes sortes. L'auteur s'est efforcé de les
étudier avec une méthode d'analyse aussi précise que le sujet le
comporte. Il examine tour à tour leurs principales catégories :
les rapports de l'art avec le métier, avec les classes sociales,
avec la famille, avec la vie politique ou nationale et la vie
religieuse. Dans ces ape_rçus' multiples, où les esprits les plus
divers pourront trouver plaisir et profit, il faut noter des études
pleines d'·actualité sur l'art Et la guerre, sur l'art dans le luxe
et la mode, sur les salaires des artistes, sur les genres religieux,
sur les formes populaires, mondaines 6t académiques, sur les
influences politiques, E.tc.
On voit que l'esthétique sociologique ne peut plus se contenter aujourd'hui des points de vue par trop vagues où elle
se maintenait à l'époque de Taine et de Guyau. Elle aborde
des analyses plus vivantes et plus scientifiques à la fois. D'autre
. part, M. Charles Lalo ne qmclut pas, comme beaucoup de ses
prédécesseurs, que les œuvres d'art sont une sorte de reflet
pur et simple des milieux sociaux par lesquels et pour lesquels
elles vivent. Il estime au contraire que l'activité esthétique
consiste à dégager de ces conditions préalables et nécessaires
une vie autonome, une évolution qui lui est propre, une liberté:
No-us reviendrons prochainement sur cet important ouvrage.

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l&gt;t- QorlquPs IC'l'Otu,td.,
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C..ff'G'Ul8Ml•fA,,.lliltau"«J

CIL l,,1,0.

Le ._,_...

·"tM•1t:•

Jua CGeu,11,

de très
pauvre·

t.. R.tnt d• S.twi.

1CoulHau1;11,

PIU.Z DU l&lt;UIIIICRO

t rn.ny
tTRANOEll 7 fru01 rran~u

F"R.\NCE

bornée
iens ne

retard,
nté et
e l'uti1.er les
règle.
partie .

V.
(1 ) Ca. LALO. Paris, Doin, Éditeur.

pa,pt.

•• 1\lpplime.nt 11uer.1irt, 39 ,111...

(l) Voir !'Esprit Nouveau, no 5.

�MUSIQUE

L'ESPRIT NOUVEAU

91-6

d'une apostasie. Mais on peut souhaiter que dans un avenir prochain des
ar tistes à la hauteur de leur tâche élaborent une législation susceptible
d'ordonner le Cubisme _qui est jusqu'ici un art purEment empirique. J 'en
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B.\ ZAlJC KIT.Et. - J../ A.ri.. de Whltmau .
ALZl R llBLLA. - Knut l:L~msoa..
KNU'r IL\.lt8UN lPrlx NoocO.-La Rcln•~•l:!&lt;l~•z:. IDLNBJL - Goaioril- el MallUm6,
PAUL J)F.RMl!:E. - Lo Lytl111110.
I,J';ON CJIESOY.- IALtttérature belge ~epuh 1014.

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NOUVEAU

L:ESPRIT

NOUVEAU

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te,vle des principauJJ articles sitivnrits :
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influe,

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l!, HERTZ, - M.&amp;~ .Jacob.
~NR1 TJIUILE.- Du Korau et de la.Po~e a.ta.be.
R. lZDEBESKA, - l,;.L Poésie. ])Olouaisc d'a:ujoutll'l1,ul.

J. RODKER. -

Lt\ Litt.6,ra.ture iwglal&amp;c d';\uimll'•

d'hui.

IV.AN' GOLL. -ûr. Nou,•elle r"oés.le 1Ulema.11dc.
VINC&amp;NT RIJ(DOBRO. - L&gt; Llllérafore eoJ)&lt;l·
goole c1·,1.ujoùc.:l'hui.
B. CEOOHI , -L'A.Tt de 01.rdl\rclll,
PAUL l&gt;'ERMÉE. - Appeb ùc ao1.1s, Appels de

""""·

8JSSI&amp;RE, - L'Arl de StllI'at.
OZE:S-.FANT d .TE.U""NBRET. - Sur la l'llslique.
t,.NDR~ SA.Ll!ON. - p;o.\880,
YA.U\'JfF.cY. - Paul Oêi'.U.1Ue.
C€2lA..'i~E. - I,ol.ln,a
ADOLl!'HE LQ.OS . - Ornem!!at.. eL Crime,
't"A.UrBECY. -Le Salon d'Aulouwe.
'VA. lJVR.ECY. - Gd.cj.
J EA...X OOCT.E.!.U, - La. FrE.l:lu~ye.
CJIRlSTIAN. -Ll- TyPogra11ble.
QZEJ,FiNT l H JJ,ANlfERE~ . - Lo Porlllllle.

B\S91rul.E. - lug.res.
M . .R.A.Y.NA.l.,. - Fernand I/.igcr,
BISSLSRE. _. Fouqoet.
RAYNAL. - .Ju,in Orle.
LÉONCE.ROS:ENB.E:BG.- P.tU"loua l'eiot.mo.
WALllllMA.lt GEORGE. - DrMue.
LE CORBUBIEJt..a.AüG~IER. -1.'role. Ral1t,ela aux
.'\rcblteotes.
J"ULlBN CA.R()g. - Une VillJ. Je Le (;orhuaicr.
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l'O)ll'l'E AU J OURJJ'HJ;'I; IL ltEÇOJ1' ClIAQt"E :U ',
•.
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LA l'LlJS LUXUEUSE:
OJij SOUS LA FORl!E TYPOG!l,1 PH I QUE

P. R.ECR'.r, - ll~gn.._
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Revue de lil/&lt;'ralurc la 1111
z ·• avertie
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- La Ret•ue d'es tllét'
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L"Esprcsslonnisme.
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:R. CII'.E~,;;•1.ER, - L,1,- \"Je frauçaitie.

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1\. mnJN~:v11m. - Le• r ot= d' Ai.ac•.
'llAXUfE LE!tf AIRE. - CoJU!!LU et OCmicr.
LOIJill DELLUCJ. - Ciu/,mA.
Jt:E:s'É BIZET. - Le Mu•ie,,IWL
F f1RN'.~ D l YOJRE. - Le Théitlr._

I&gt;
1

•·l seule revue d'esthétique

L'ESI' HlT NOUVEAU F ORMERA eu
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:w HORS· TEXTES ] ~N C'OU M ;1ms
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,, •
DE
llEl.'IIOl&gt;UCl'lONS, DONT
QUI Al; 0. S 00h11 n,R- LES POCHO! RS, ~JAUX FORTES, URA•
.,
Il NT UNE Y AUHiB J)E COLLHOTION CONSIDÉRAULE.

:R. BIZET.- Do quelqueis 11r,t&lt;ibo-tu.,
OlYOI R.E. - De l'eQ'IJilol du ,,erré gro&amp;'!i ,n11t.
}'.Dl ,~01RE. - Lo llespœl des l!'hwl t'U Thé.lt.re.
. ..... - .U01lC&lt;"IU et le Clu6m.1..
J_. COLT.,,. -.Les Jclllleli Ren1ca ;.ille-ma.uût._
L AOJ..Gt-iNR-J.d::lport.e.

Elc.. Eli.:. , l~lc.

FRANCE

ABONNEM~NT
LE NUMÉRO:

~cience

lrouver

paraissa!lt ""

IV. - La Revue des recherches esthétiques de I' I ngl .
V. - La Revue -musicale rraiment modC'l'ne
nrnur. .
VI. - La Revne scientifique (science
' abond~mmenL illustrée d'e.-x:emple.~.
1i01·tée de tnu~ les intellectuels, les c~!?J~e,~:l a~pl';'litées_) , la. seul~ gui metle ;i l;;,
Lrielle du mots, sous une forme élev~e e/ :c ns 'bÎ l actw1lé sc,e:nt1/i'}uc et indus•
YII.
La Re
de
.
.
•
e$St e•
V Ili. - La . rue
socto!OfJ'1&lt;JUr et d _éco11omiq11e, librr de tout pa,·ti.
l X - L
Re,we du m~t•emmt 11h.1losophiqt1e dU monde entîer
• ••
if, Rev1te de l 'acl11•ité de la ,,ie
d
·
trces, resumé concis de Lou/ ce qui 81• /a.tmotdeern1~~s1ous forme de chmni1111cs iUu.s•
va "" e en Mlre temps.

\'UBES St'Jt DOIS El!'&lt;'

lité de
lemo~

'parer,
Ir cette

de très
1 siècle
le très
jpauv1·e
bornée
·ens ne

ÉTRANGER

70 FR. ABONNEMENT '75 FR.
6 FR.

(l ) Voir l'Esprit N ouveau, n• 5.

LE NUMÉRO:

7 FR.

ret ard,
mté et
e l'uti•
mer les
règle.
partie.

�916

MUSIQUE

L'ESPRIT NOUVEAU

d'une apo tasie. Mais on peut souhaiter que dans un avenir prochain des
artistüs à la hauteur de lcu1· Lâche élaborent une législaLion susceptible
d'ordonn r le Cubisme qui est jusqu'ici un arL purement empirique. J'en
_ _ • ..,,

-~ -

-

,

ESSAIS POUR UNE

1

,c.r,ccrtirn l'laire. • Èoit i 1naîs e~l•Cl· 1!1 lnut re &lt;111r rep1·(•,rn(e celle for111ulc ~- ..

LA PRESSE ET L'ISPRlT NOUYJ~AB

lï mf\ll-l ons, pnur les non lnltiP.,.

Fllr r~ ·ume, tel te cxpresslnn qui r,•r~le tant 1\t• rllu~eg, 1·11 se~ deux Jlllll~ cl1an·
tants, ln fin dt·~errernent, tri:sanciens par quoi h• ,·ienx mm11lr - ,tlas !
plétiuc
sur place, vfgète el cbanrclle sur ses als vermoulus.
.Ellr ind iqne la mise rn n•uvre clc l'esprit couslrnctif fon!lé i&lt;ur la mHlln&lt;!c. l'ap•
plication du systtme esthélitJ\Ie rntionnel, sans quoi aucun édifice ne v,mt.
Jl s'agit ùr rh·élcr les unes au-..: autres les , ·aleurs qui s'ignorent afin que,
s'nnlssant et sr romplHant, elles puissent donner , tout cc que la communauté
pt·11t en attemlre. F.n jux1arcrnnl t'l t11 conjuguant les forces objectives, créal rices el réaJis,11rices. un ~1,ticndra c,ldcnuncn1 , de leur hannonieuso combimtl·
sun, Je ma-,;imum de résullat~.
G. FLEl..R) 11.A REVU, ~!ONDJA.LE. - 1•• Déconlm• 19~0).

L'F. PRlT NOljV"EAll publie son st&gt;plit'me numéro d'un inlérl'l toujours
rc'llouvclé, d"une llluslratlon al;unù:mte.
.
.
Parmi les Revues nouvelles L'E!-PRIT NOUVEAU est celle qui mérite le
mit&gt;ux l'adjeclif dont elk ~•esl 11ar~e. Il n·cst 11as une qucslion &lt;les lelLres, de•
scil·nNs, ô•· nconomie ~ol'iale à la musique, qu'1•lle m· semble pr.-le à golliciter
rl, ~on exœllcnle [0l'mulc aidant, elle est apr,el(c à rendre les meilleurs ~t&gt;r•
vices.

LES '1'11F.fZE lla'Jl\TRANSH.EANT. -

24 Avril 1921).

l.'ESPJll'l' NO-CVEA e t(moip.ne LI En de te som•d lravail confus et caché de
l 'hlyer; les 1e1 mina11cns s'y 11r(parent, on y trou,·e des ~sp~rances rnai:n.1ifiq·ucs.
tLA RE''t'.E DE GE.l\"ÈYE. - Féurier 1921).

..... r:ep1:-ndant 11ulkp11L1licaliml plus que• L'ESPRI'l' NOUVEAU , ncs'affir·
nie dévouée à l'avènrment du ri'gnP sou,·erain d• l'InteJllJ.(rllce en Art. Nulle non
plus ne se rl•vi·lc aussi c1Jh(,tcnlr et lmpér,ltiw dans son rltort. sous de libérales
apparences c1·1··rlcctisme. Toul cr nui s'y publi1' semble l'1' tre en Yerlu d'un plan
eoncc•rtê et concourir à une même fi1\ a\'"oul-c : hl con,1 llulion tl 'une cst11étique
scicnLiiique ...
Lo1tis-Richarù .lfOl' ,\'ET. (L,\ RE\'1;E DE L'lIPOQ\î:'.. -

Le sixii·rne ùl• • L'ESPRIT NOL ' ' EAU • est certainement 1·un des plus inté1•rssa.nts fascicules de rrvues • avancées • crui aient paru depuis des années.
(L'lNTRANSIGEANT. - 30 Mars t 92.l).

:IJai l02Î).

L'ESPRl'l' NO1.'\TEAU, Rerne internationale, est à snin-e. Alon; que la plupart ùes publications d'avant-garde de nos jeunes gens d'apr~~-gucrte sont put·
1·llrs et incoh~rentes, à peu prts nulles, celle-ci semble d 1ercher non pas à dé·
trulTe, mais à ('onstruire. On n,., s')• rail pas gloire de ltl1Llrier. Ses trois premiers
11um(•rcs sent curieux d intére;;sanl.!'.
ILES :MARGES. - 15 Jam&gt;ier 1si1J.

L'énergie, Je trtsor de ln J;PTJ5ée françaiS&lt;' cl (lrang~rc yous pourrci ). puiser
à pleines ni:ilus cta11s chaque nuni~l'O d'une Renie qui s'annonce lllen sous le li·

Il'&lt;' de L'ESPRIT NOCVEAt: ...
... Le, premiers num(·ros en sonl si tourrus, si nourris que l"on en Il meure coi.
J~l quelle" illusl rations, quel lès rcproductlcns : Le Je sais !out de, intelleeluels, le Vadc-1\fe('um des ca11dl!lats à la llc&lt;'nce es-Esthétique. L'ESPHlT
NOUVEAU Internai lonal sortira chaque mois sur 130 pngeR; c'est l:t
première RPvue dans cc monde consacrée à l'esth~tiq11e de notre 1cmps, dans
ton les ses manife•tations. Elle se 1ll'npose de raire comprendre l'e. pril qui anime
l'époque contemporaine; faire saisir la hcautlr de cette ~poque, l'originalltl'.! de
son espril; cltmontre1· que cette époque esl aussi belle que celle du pass6 où l'on
voudrait avoir vécu. Jllontrer l'esprit unilalre qui anime dans Jeurs recherches
lrs ditfér&lt;'nles élites de notre ~oclH(•. Elle pr(sentera, tommentern les œuYres,
les ldt'es de ceux qui, aujourd'hui, conduisent notre ch·ilisalion, e·lhl-Lique cxp(1ri111enlale, cstheliq111• de l'ingi•nicur, lr music-ball, le cin~ma, le lhéàtl'e, le
costume ...
,/acqu.es·EmU• BLANCl·IE
(COMŒDIA.
25 i\'orembre 1020).

L'ESl'RIT NOUYEAU. -

rcnx qui 11rnsenl.

CellcRcvuem&lt;-riteson tilrecLla sympathie de tous

!CA RN"ET DE LA f:Ellf.AINE. -

10 Avi·il 1921 ).

V.ESPRI'l' KC l. YF Ali. 'filrc Ju&amp;llfié, lan:nc· cc ml,l(r. bimfail réalisé ....
L'ESPRIT :l\CL\ l·All ... (;nl rrogi-ammc 1... et quelle opportune ;iclion
arcompli.•fnt ainsi Je~ prlluncurR de grand laient qui vont l'imposer aux sa•
Llsfalts emmurés dans la routine mortelle ..•
Le · • œm·rle~ • modernes, inirtnieul'!', arcllitectfs, bornmcs d ·affaires, colO·
niaux, clc .. rl'mplis de fol ardente, u·éatcurs et réalisateurs pratiques, singull{'remenl trempés par la longue ~preuYe, réclnmenl l'aY~llcJlle.nL d'un esprit uni•
tnlre qui s'lmpo~e .1 ls ,·culent, d:ins le domaine intellccluel, leur place au soleil;
ib e11lendcnt, rux qui ont impn,vlsé, lutté, lriompl\é, coopérer à la direction de
nos dl&gt;stiné11s t li faut les fcouter a!in que uutre PaLrle continue son rOle d'im111&lt;,rtelle conductrice du mo11de ...
Vuilà Le dogme, , ,oilà la thèse dheloppée en des articles infiniment attacllnnl~,
Ml111rdants d'idée. et de foi. Et d'admiralllcs illustrallons dfmonstr,11 ives complHenL celte rnue 1Zénérale ùe bon combat.
(LE FIGARO. - 24 Octobre 19':l.0).

Voici que des tecltnlciens di~scrlenl avec ~l(gance $Ur les condilions que de•
vra remplir la maison de 1921 sur son architecture, sa rnatière, son volume, sa
distribution rl sur • les réactions :physiques 11 u 'elle r-rovoquera • cbei les pas•
~ants.
De ce nombre est lit. Julien Caron qui , dans l'ESPRlT ·ouVEA ll, nous van le
avec compbisance l~s merl tes de ce qu'il appelle , la maison ralsonnable •···
VU ILLER J\JOZ (LE TEMPS. - 6 Atnil 1921 ).
Qu'entendl'nl par
ESPRI'I' NOl, \'EAU • ces r(•alisateuts qui consncrenL
;·, sa diffusion une revue nouvelle?
Ils le dêlhlisscnl aim,I: • fa,pril èe ccn. lructi&lt;:n et de srntlltsc guidé par une

L'ESPRl1' NO\;VEAU vicnL de p11blier son cinq_
uiêmc numéro et témoigne
toujours le m(me~ou&lt;'i de di'-'c1·~ill' eL d'Hude Qriginale.
(LïNTRANSIGEAN'I'. - S .,Jars 19~1).

(1) Cn. T,ALO. Paris, Doin, Éditeur.

f

L'ESPRIT
N fu s sommesllcurrm:des1gnall'l'la11aisMnccd·11nr
·
Revue
Hal.tlie NOUVEAU
sur un
N
. .
,..
so umenL nou,cau. L'ESl'RIT NOUVE!\U
~~~Y~~: ~~el!~ ~~m~rquallle .P_ublicallon sera accueillie ,n;ec ~~pre~
rorce rie la. civlll~allon d~~ 116 1
partie del 'élite intellecluclle, seule

se:n~~:

l'"'C.:ili

:~a:g~~~t~!'~

{Gll.AJ\IMATA·ALEXANDRIE. -

(lu~f\f(;c;:1~~1••usnrncaœnu11;:e1aolio~s dlenonL ètre $Ull'ies awr Loul l'lntérN que l'on
·
• , r1gma c et neuve.
(I'ARIS-101:RNAL. - 24 Octobre 1921) .
L'E PRIT NOUYE;\ c~. - Le Corlrnsicr•
.
.
.
l'lun,• sur 1·archilecture par • les Tracés R.égul Laugruer continue sa mag1stl':ùr
a c11rs •·
!CARNET DE LA SEJIIAUŒ. -

3 .-l"-ri! 1921).

Nons poss(•dnn~ enfin. avec L'E, PRIT NOl'VEA •· J
-· •
1011s ceux "ue 1mi
.
..,, n renie Ms1rt•e rar
- ,,
ocrnpen 1. 1es i-aractfr1stl()ues nouyellrs de la litt · l
1 arts
et ces
Tl y a là 186 pages de g ·and 1
·
cra ur~
duction d~ lalJleaux, photos sc11C~as th~rn~at, parfaitrmcn L illustr(•cs : reproà se synthéti~cr, sous forme a·~nst~·ler~el
1 01/le~l oil comm~ncenl
mer par le 11rlsme ou la plasti
, 1 es es entat1ves d eXJJrl1, s
qu'unc Reyue soit née oil l'on que n.pect nouveau clu Jn(lllùe, il est important
~enlrd l\'eS de 1·esprit et clc 1:l
œudvre~ et les tlll'ories_vral111~nL repré•
PRIT NOUVEAU .
. l e mo ernes. li Y aura ams1, clans L'ES1,rodutUcns lrs.plu; rr:1~~~uda~~!m~~~!\ii~;ér~~~~=:~i3!:;;~_ in1C:re!Slianle sur les

et°t~i:~e;~ ~i f

re:~:r11'r:~

15 \·omnbre 19:10).

L'ESPRIT NOLYEA U (n° 01 t ,
·
goOt en donnant ll'aclmlral&gt;le~ 1~epr~Ju:~~;;; ri franc, afrilmc le largeur de $On
ILA YlE. - 1•·r Mars IU21l.
L'ESPRIT NOUVE.\lT l'enie inl
1·
1
qurls &lt;tu'ils soll'nl. ne J'a1•ci1itecL11re r/1;:-1adrn1;a e,. trait&lt;&gt; des errorls m_o dernc~
ra le labeur llumainau c,iritue celle
nh;n. 311 ~ ~soins de l'usine qui alJrite·
i·l1HJletouslcsiesLes,toulesl~scnu •... P 1111:&lt;:~o e,L'RSPR11'NOUVEAU
du moment ùfrouuent dans les r,t~~:;~ ~eult:~:~~-~~lol'aUons &lt;tue les rccberchcs

,y':n

CLE POPULAIRE. -

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D~cembre 1920).

L'ESPRIT NOUYE \.l.: •oigneusen-e t
f
,
Nr~ d'unerérlle utilité ~ 1 Jc. mo·ns · . n r,r ~r 1111•·. et s'ndrr~&lt;mnl à lous, peut
houre.
, qu on en puisse dire, est i1u il vient hlen il sun

(LE THYRSE. -

L'ESPRIT NOUVEA l'. - Cet te nonvellc Rc·vu 1 1 1 ·
·
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m1111HU1Clll moderne. AI cnconlrc de 1·rnl !l'autre·
' c
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1
1
1Nrouvc, ma ll1t•u,rt•u,eme111 11aralysée p,n u'n fcli•ctbn;e~~ ; 11
ou,EAL s efforce, n1•11cmcn1, de ùdenùre.el dr prnn•i"dr
·
Il 'llui.
,,. ~• lesi·d-'
1•c.s d~auiour•

tO Janvi,,,. 19:!l).

. .Le numOr~ sept c!e • L'ESPRIT NOUVEAU , ne (\êmcnl s · s •
~e~~i~c~~~:/•ente lle &lt;11aq11c nurn&lt;ro, qu'il ~Cra encore J)lus ~~lllla:i~~~

"Yoici l"Lnc t:rs Rnues rr~nçalHs les plus rc111arql1abl!'s de l'b
. • a prtsentath.. n cL Je suucl que les directeurs· oienrant el J .
cure p1ésenle
les aul.,urs d'un très bon r,elit lin-e • Après le êuhismc
ne ~.rnnen·t h[u1 ;;01\l
giJ• leur programme
leur cadre jusqu'à raire ùu
L '.~Sl'~~~c~~
une sorte de monileur de la pensée et de l'a1t &lt;'nnlcm )0r:11 1
,A •
que la ~~rio~i,lé: une s1m(lathienct1c l't r~condc...
l
' , • comm:rndent plus
..... C est d organes conçues sur ce plan clair el co
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g(·nt'ration. • L'Art Llhrc • trahirait ~on progran1meu:::i~1~,~: ~:•l~lq1,1ednéollre
ranl pas très hn11L.
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c c c aP. CfJLLV. L'ART LIIHU~ (Bruxe/leRI. - Mai 1921.

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'fGA~

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(l) Yoir l"Esprit ,l\-ouveau, no 5.

- -·-

r

Est-ce à dire que l'errorL emreprls ar
,
vain? N"on pas, certes. Excellente 1· , P L'F. PRIT ~O ~'EAU soit lnulilc ou
Lll]UC ùes ~ys1îmcs ainsi l]Ue des l&lt;•c~~~gne q~edcelle d un 1·1g~urcux examen cri•
_ques cL es œuvres qui en r(•~ulfent.
(LA RF. Vl;E DE L'f.:POQl'E. - Ffnrie1· rn21J.

.~~ie :,

des

l"' Avril 1921).

Nous aimons à saluer L'E, P_RlT l\Oli,'EA~ •, une nouTelle Revue fran
~aise donL l'élan juvEnilc nous p1omel de sallsraire les plus enthousiastes espé•
rances.
(LA RENAi SANCE D'OCCll)ENT. -Bru:&gt;.·el/es. - Mars 1921 l.

~~~

:,;·y lrouvml: que'.qns (lrges ()e • l' Eub.:irr , de J'aùminl,le 131· ·• ·
.
dont la re, ue a~su1 el ·cdltion à I ou cxemplair;~ seulement 1
,li. e Cellal',n"'
Qt1l' les le11rts se h/. lrot; ur.c étude sur d'AnnuTJzio
.
·
Hude ~ur le thNllre, par DlYoire. d'adC1rab'e ' notes !l'If \.Par ~l1encv1er, tmc
lenle thèse dlîuitlollro, sur la ~realion, e.L
cahie1·s'~'e
un1;_ewcl•
rrll111ue, ()11111 mpli'.te1,t la rneillrnr~ renie de uotre gtn(orali~n. icc. • 11 ,ll'l. \JP
!CAR. wr DE LA 8l,;\tAI ·v.. - 13 :.rar 1921).

J,'E PRIT NOUVEA li dont je vous ai dit la hardiessr.
(LA RE\'l'E DE Jo'HANCE. -

Février 1921).

(ÇA IRA.

L'E~PRIT :.--OL VE Ali une de~ plus remarq11aliles Rc1·ucij du Temps prés!'nl
(CCL\JŒDlA.
9 .l/ars 19211.

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LA COPRBE DJt1 NOS ABONNEMENTS

�MUSIQUE

L'ESPRIT NOUVEAU

916

d'une apostasie. Mais on peut souhaiter que dan·s un_ a~eni: prochain _des
. t . · la hauteur de leur tâche élaborent une leg1slat10n susceptible
ar t1s es a
. .
J'
d'ordonner le Cubisme qui est jusqu'ici un art purem:nt emp_mque. en
sais mt&gt;m,,
ses fr
Le
écrit:
parfai
qu'au

quel'

r&lt;n;

ESSAIS POUR UNE

'n..d.o.n.n.r.:

·ESTHÉTIQUE MUSICALE

BIBLIOPIIILES .

L'ESPRIT NOUVEAU

(Il, Suite) (1)

TIRE EN PLUS DE SON EDITION NORMALE
PAR

UNE ÉDITION SPÉCIALE DE GRAND LUXE
.
GR -tND LUXE numérotés, ju.stifit.s.
Il est tiré avec art 10? e.:eemplai;e:ELIN TEINTÉ P,UR FIL LAFUMA.
LES TEXTES sont tirés sur Jort
, ,
• , INT É
Lh'S GHAVURES sont tirées sur Jort J ELIN_ TE
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L~S ÉPREUVES EN COULEURS sont tirées sttr

Le
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CLAUX.
S ORIGINALES sur GllANDI:; p ,-1PIERS DE ~'IL,
LES GRAVURE
VELINS OU VERGÉS.
Ces 100 eœernplaires sont numérotés de 1 à 100 et portent

LE NOM DU SOUSCRIPTEUR
Le prwilègc du ,ne,ne numéro tle série eNt garanti au souscripteur pendant toute la durée de son abonnement.
Cstte édition co11tporte de plus :
DOUBLE SUITE DEI:; GHAl'URES ORIGINALES
BOIS ORIGINAUX
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POCllOIRS, ÉTATS
. » SUITED~::; ÉT-1TS DES T1R,4GES EN COULEUR

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se~t':t r.:11:c~:1:,:

N.-B. - Celte édition n est pas
tant de leur souscription, soit 200 francs
sont priés d'adresser dircclc'.ucnt le t~on ·t Nouveau 29, Rue d'Astvrg, à Paris,
par an, àla société des Ed1t1on~ de spr1
•
pour les numéros de série de 3 a 100.

*

Par exception, en raison de 1e7
souscription aux nuinéros de sér e
1.000 lraDCB pour l'année.

(1) CH. LA.LO, Pads, Doin, Éditeur.

r

articulière valeur bibliopl:&amp;ilique, ln
t 2 tirés sur Beur de !orme, est do
e
'

GEORGES

MIGOT

DE L"HARMONIE
Suivant la définition de l'Ecole, l'l1armonie est rart d'enchai ner correctement
nne suite d'accords. Cette correction s'obtient en suivant les règles de la physique
acoustique. Par elle sont exclus les accords de sixte et quarte, les suites de quintes ou
d'octaves .
Ces Tègles édictées en dehors de tout contrôle, de tout droit pour la sensibilité de
s'exprimer, nous amènent à remplac_er dans cette définition le mot art par Je mot
science.
Des règles établies avant toutes nouvelles recherches permettent à la science
q'aller vers de nouvelles dé.c ouvertes.
Des besoins d'exprimer des impressions nouvelles permettent à l'art de trouver
des moyens nouveatoc
En science, chaque nouvelle découverte confirme la règle.
En art chaque œuvre nouvelle infirme la règle.
Pendant plus d'un siècle trois accords successifs ont été nécessaires pour préparer,
faire entendre et résoudre une septième.
La science acoustique en avait ainsi décidé, nous privant d'effet5 neufs par cette
règle imposée et usée dès sa première application.
Pas de suite de qwntes, était-il dit. Pourtant la sensibilité auditive en sait de très
savoureuses, écrites avant cet arrêt et depws, heureusement. Pendant plus d'un siècle
il était convenu de trouver creuse la sonorité d'une telle suite.
Pas de suite d'octaves était-il dit. Pourtant la sensibilité auditive en sait de très
claires et très sonores. Pendant plus d'un siècle il était convenu IJ_e trouver pauvre
la sonorité d'une telle suite.
Grâce à ces brimades, la conception harmonique de la musique se sc1·ait bornée
à des exercices d'harmonisation des lignes mélodiques, si les vrais musiciens ne
s'étaient souvent libérés de ces entraves.
Pour expliquer leurs libertés, on catalogue celles-ci dans les exceptions du retard,
de l'appogiature, de la broderie, etc. c·est là que l'on mit lïmprévu. Commenté et
classé, cet imprévu devint vite « très prévu ", les places où il était permis de l'utiliser étant restreintes par une préc(se délimitation. Un moyen simple de calmer les
consciences inquiètes de ces exceptions fut de dire qu'elles confirmaient la règle.
C'est une formule de paresseux ou d'ignorant. L'exception infirme la règle en partie .
(l) Voir !'Esprit Nouveau, n• 5.

�18

L.ESPRIT ~OUVEA

ou en tot~lité. :,lous &lt;liron~ plus : en ciencc comme en Art, l'exception doit être l'indication qu'il y a une règle nouvelle 1 trouver : C&lt;' qui ne YCUt p:L~ &lt;lire que la règle
ancienne c. t mauvaise. Toutes l . règles, toutes les directives sont bonn&lt;'s.
Un ensemble de règles constitu une théorie, une mani re de conccvolr la l\lu ique
ou tout autre mode de manifCblat.ion de l'activité arti tique ou scientifique. Les
exception. , o'esl-à.-dire les c11s qni ne ont pas expliqué. par ces r gles, , ont ronsidéré. comme ks confiTIT1ant par le rôle de point de délimitnlion qlû p&lt;'ut leur être
nccordé.
Il faut celte manière de juger pour sta'biliser pendant un temp le matériaux av&lt;'e
le quels peut travailler le !(ènie humain. !\lai il faut aYoir, lorsqu"il en est temps,
considérer ces exceptions oomrue quclqne règle faisant partie d'une tl1éoric à trouver.
Le monde sc11sible est éternellcmcnl r1mouvelable. Des ri'gles groupées forment
une théorie nous permettant d"obtenir un ongle de perception de ce monde. Une
fois cet angle de vue u é, e·e. t grâce aux exceptions contenues drin la théorie qu'il
~ero po ible de trouver une uouvclle tliéoric dounant la I
ibilité d'un nouvel
angle de vue.

Toute directive e;,tbétique est bonne. li ne fnnt ni dire, ni croire quïl n'y en a
qu'une seule.
..
La conception classique de1a m,1sique II créé des chcf.s-d'cruvre; ma,., avant elle,
la musique e&gt;,,-i tait en des œm•rc mt,gnifiq11 .
onception rythmique de ln musjqueavcc 11111111 ique grecque.
onceptioo linéaire avec la mélop~e.
Conception linéaire-rythmique in-ec la C"hnnson populaire.
Conception plura-linéaire et rythmique avec ln Rennissance.
L'Harmonie naquit. Tr rc- rtreinte d'abord, elle 1ùunène une conception neuve
ùe l'art m usico l qu'avec Debu sy . R cmlons hommage au génje fmnçais. Héritier de
la mélopée, il crée les types les plu parfait de la chanson Jlop1ùaire et de plein 11i_r.
Sa renais ance flit magnifique. Palestrina fut élève rie Goudimel. Plu tard, Couperin
fut copié de la main même de Bacb. Hameau trouve l'harmonie moderne de l\loznrt
à \Vagncr. Dcbu. y vint, et de l'Ilarrnonie considérée comme une po. ibilité d"cxpr ion muskalc par elle-même, fit voir des régions nouvelles du monde onorf'.

Les C'hi.. siqnes, ajoutant le fugoto à la concepti.on plurn-linéairc et rrthmiquc de la
Renaissance, Nêèrcnt l'architecture musicale : cela dè. le X\'Tlc siècle. L :i..,111• ièC'lc
p rfcctionne &lt;'elle architecture, alourdie un moment au J,,.,xe iècle par le Msir d'en
allonger les dévclop1)emcnts, rajeunie par la cooception cyclique de Franck et
d'lndy.
Dans cette conception arcbitecturale de la musique, la modulation joue nn grand
rôle. Chaque modnlation ei t CLl effet consid rée comme un degré nouveau ajouté à
l'œune architecturale.
La modul ation était u n plui ir nouveau npr , les hésitntions éprouv~ pendant
le trajet cl modes anciens pour aller nu majcur-minc11r moderne. Peu rie'.'lle en
moyens, !'Harmonie mockrne ne put n sirniler ù son début ces anciens modes, qui
nvaient i magnifiquement créé des lignes allant et yivnnt sans avoir besoin d"un
vêtement harmonique.
Youlant libérer la !orme musicale de la con truction ternaire, les Romantiques,

E THÉTJQl E MUSI ALE

919

o_\·ec un orche,,tre plus puissnnt capal,lc de su~citer l'inthêt pnr la vari té de ses
~mbrC' , créèrent la mu ique à pr0J:r&amp;rume; et ·was:uer, ubouli sement du roman tl me, créa le personnage thémntiquc.
. Des timbres de r,_lus en plu variés de rorcl1e\tre, ln sensibilité recherche la sonoJ'1té en elle-même, 1 Harmouic en elle-même.
De~Ju~, vint. L'orchestre alors réalise la nouveauté de ln c1i sonance sans prépar~tion et Mns ré ~lu~ion, con idérée &lt;'Olllmc \'alcur expr • ive en cllc-m'•me.
'lous les accords cta1cnt trouvés dès l'emploi libr de la septième.

.Mais ulors Yers quel monde nouveau peut
l'lé dit '/

11011 .

conduire l'Art n usicul, FJ. tout~
,
••

Tout a ét dit, et il y aura toujour tout ù dire.
. C!1acune de . J!~~ndes époque de 13 musiq11C' pOU\·ait donner l"imprcs ion d'avoir
t•pmsé le po ·1b1hlés de renouvellement de !"Art musical en un cy&lt;'le qu'elle avait
fermé et qui contenait tout.
En Art, il n'y n pas de courbe fermée crë::int l"impossibilité de po er des points
ll0UYeam.:.
Les grande. pl•riodes del' Art tracent de parnbolc. ayant chacune un "foyer différen\ A~le de vut' ·ous leqnel la cnsibilité conçoit une mru1ière nC'uve de sentir et
de s cxpnmer.
Dan le chapitre de la composition, nous allons non c.ftorcer de füire cntreYoir 1111
angle de Yuc, des angles de vue no11vea11x, donnant d po sibilités de tracer dCl&gt;
paraboles nouvelles.

J)E LA L JGNE
u-des. u du rythme, au-dessus de l'hanno1ùe, e pince la ligne. Nou prenons
mot au eus génémli é de mélodie.
.ne séri~ de.rythmes crée une ~J!llC par la suite de sons qu'elle emploie.
'Cne éne d accord crée une ligne par les note;, supérieure de chacun clc ecs
accord
Le rythme et lï1arrnouie ont donc limité JH\r la ligne.
Par contre.', ni le rythme ni rharmonic ne limitent lu ligne.
Alors que le rythme et l'harmonie, en dehors de toute ,,oJonté et même contre
tou!e volont~, e JiJnitent et se prééi ent, même en eux-mêm~, par la ligne plus ou
mom mélodique que forme ln suite de sons, manife tations sonores du rvtbme ou de
l'harmonie, la ligne peut exi ter ans eux. La mélopée et le plain-chant en ont de
magnifique exempl • .
~:~xpr ion rythmique, pour exister, c·c t-1l-dire pour créer une imprt'Ssion,
clo1t. ctre ét11_bhe sur_ une ou p lu. ie11l'S période!l revenant identiques à elle-même.
L hnrmo111e, considérée en dehors de a fonction d'hannoni~ation d'une ligne,
pose u~·ec le premier accord dissonant des rapports avl'C Je accords les plus éloignés.
La hgne eule a cette liberté ab olue de pouvoir e déyclopper, sans c " C renouvelée.
C'C

Alors que 1~ concep~io~ rythmique de la musique nous conduit vers la poésie,
comme ~0\1 1 a,•ons_ ùit, aillc~rs, la conccpliou lin(•rure uou conduit à la phrase de
pr_o e, ou I euryllmue s l!t-abht sur d'autres buses que l'l:quilibre de périodes rvthm1ques.
•
~hec la ligne nous oinmcs dans le domaine purement mu. ical, c·t'sl-à-dire purement sonore.

�THÉATRE

L'ESPRIT NOUVEAU

920

.
d'un clément rythnliq~e, :un certain isochroPour arcirmcr la valeur e,-...-pressive
.
10 rythme de la cinqtlième
.
.
L
l s bref le plus tragique, ~
nisme est obligatoire.. e P u
.' d'
et même de plusieurs répétitions pour
symphonie beethovemenne, a beso~ ~~e
·prnssive. pour s équthbrer.
. , •
affirmer sa va1eur ex . ~
·
,
=si· on de ce fra"roent 1meaire,
·
s dirons que 1 expr=
o
Pds au hasard dans les lignes, nou
t déga«e dès sa première audition 1.1ne
de quelque façon qu' il soit rythmé, conserve e
.,

PAR

FERNAND

DIVOIRE

émotion.

zttzy

j

j

J J

JJ

f

r J Il

J

J J j

1

i

J .!

g

.
.
1 ·tuer dans le milieu où il évoluera,
R.vthrocs et harmonies ne seront là que pour e sl1
leur différentes accordées à
J
n.s pas rythmes es va
•
pour le préciser. Nous ne nommo
, d ythmique
de s notes à moins que ces valeurs créent une pério e r . . rvth·m·1que il existe une
'
·
t de l'expression
•
A côté de l'expression harmomque e . d
o~I)osant une ligne mélo.
f
,
ar la swte es sons c
expression intervallique, ormee P
d.ique.
. ,
trois IDO ens expressifs indépendants les
Ne pourrait-on les cons1derer comme
Y

uns des autres ? .
,
.
'ble d'écrue des dessins rythmiques
Sur un fond harmonique, n est-1I pas potss1
rant à w1 ensemble ?
.
.
,
d
ts
I
us
des
autres
e
concou
et Jinéaues mdepen an es u
. .
plet développement d ans
Chacw1 de ces moyens n'atteindrnit-il pas ams1 s?n corn
.
l'entière réalisation de toutes ses possi~il!tés expr:;:1.ves~ais nous voulons susciter à
No1.1s ne nions pas la ligne harm?msee et ryt t ;:~ moyens expressifs nouveaux,
l'esprit créateur des fhrectives variées app~rtan
céd ts mais s'y ~\Joutant.
•
ne supprimant pas les pré
en
. Tt' rchitecturales de la ligne, en cons1Un autre chapitre indiquera les posSibi 1 es : , t
de développements.
dérant celle-ci comme un centre eurytbmique g nera eur
Georges
(A Suivre).

l\1IGOT •

M. Paul .Bourget disait il y a quelques années à un jeune romancier :
« Ne perdez jamais de vue la vraisemblance. Demandez-vous toujours :
Ce que j'écris est-il vraisemblable ? &gt;1
Plus que le roman, le théâtre a besoin d'être vraisemblable. Mais le
vraisemblable, c'est la logique.
J:.,g SON'@E :gi;~"ei'NE NU-1".!i:' D'~"J;''g est vràisemblable,
parce que de la base (féerie) découle logiquement toute fantaisie.
Le réalisme est ce qui engendre Je plus facilement l'invraisemblable,
. parce qu'il juxtapose des « observations», sans souci de psychologie. Il
ne comprend pas encore que faufiler ensemble des faits vrais, cela ne fait
pas de la vérité.
Exemple : ~g ~mv:a ~g l!'.,,,:EX..AS~ de MM. Charles-Henry
Hirsch et Tristan Bernard, qu'a joué le théâtre de Paris.
Tout y est cc réaliste ». Les personnages sont des filles, des souteneurs,
des policiers. Et le réalisme reste ici fidèle à sa plus sûre manifestation:
le lyrisme sentimental: car si le réalisme restait réaliste, il craindraitd'être
ennuyeux ou âpre. Alors, il s'ajoute des ornements, comme le bœuI s;àjoute des cornichon&amp;. LE CŒUR DE LILAS et le cœur du jeune policier
tendre qui se prend &lt;l'amour pour elle déborderont donc de générosité
romantique et de sentiments de mélodrame à faire pleurer Margot. On y
ajoute aussi des mots d'esprit de revuiste, de~ obs.ervations de psychologie parisienne. Et tout cela finit par le plus bel invraisemblable.
On reconnait d'ailleurs dans ces fautes, semblc-t-il, 1a main de M. Tristan Berna.rd. Amateur de boxe il a introduit un match entre le jeune policier tendre et un souteneur. Match classique à la fin duquel le souteneur
vaincu dit à l'autre: « Tu os le meilleur » et lui serre sportivement la
main. Amateur de calembours, il fait dire par un mastroquet, au moment
où entrent deux autres souteneurs : « LE TRAIN DE MAR$E A DONC
DU RETARD ? &gt;&gt; ce qu'aucun mastroquet ne se permettrâ.it,sans sanction sévère, ailleurs qu'au théâtre. Quelques détails comme cela suffisent
à créer l'atmosphère d'invraisemblance qui est insupportable au théâtre.
Au contraire on a considéré comme une œuvre de littérature pure, hors

�1

1

I·
1
1

922

923

L'ESPRIT NOUVEAU

LA VRAISEMBLANCE VIVANTE

de toute réalité, les AMANTS P-VÊ:a.:n-:,s de Fernand Crommelynck qu'a représentés la Comédie Nrontaigne. Et ici cependant, si osées
que soient certaines situations il n 1 y a pas d'invTaistmblance, ou du
moins il n'y en a qu'une, celle qui rend un jeune homme amoureux fou
d'une septuagénaire tefüment bim fardée que même lorsqu'il lui baise la
bouche il la prend pour une jn1rn;sse. Si cette pièce est vraie c'est qu'elle
reste dans la vérité psychologique et dans la vérité d'une leçon générale
sur l'amour. Lr::çon d'un pessimisme un peu flou. Fernand C:çommelynck
d'ailleurs adore apporter un cçmtour flou à des précisions d'une cruauté
sauvage. C'est pourquoi peut-être son théâtre est souvent à la fois intéressant et décevant. Les Amants Puérils c'est une Danse Macabre
de l'amour. La tragédie à certains moments a la grandeur d'une danse
macabre. Deux enfants s'aiment et ils vont se tuer. Et au monient
où le garçon entrainera la fille dans l'eau ils ne s'aimeront déjà
plus. Et à l'autre extrémité de la vie il y a les amants déchus, la princesse
de Groulingen et le baron Cazou. Autrefois leur couple émerveillait et rendait curieux le monde entier. On les admirait parce qu'ils étaient beaux
et qu'ils s'aimaient plus que tout. Crommelynck le cruel nous les montre
aujourd'hui. Le' baron Cazou est gâteux et il est le jouet d'une bonne à la
Mirbeau. La princesse c'est cette étrangère mystérieuse, qui ne quitte ni
son voile, ni ses gants et quand le jeune homme fervent, soupçonnant enfin
la vérité, la tire le soir hors de sa chambre et voit ses cheveux blancs il
éclate de rire et la laisse écroulée. Oui vraiment il y a là une grandeur tragique. La langue du dialogue y ajoute, elle est vraiment d'un poème. Elle
a toutes les ressources des symphonies musicales. Et cependant on sort
du théâtre, disons presque déçu. Peut-être que M. Crommelynck est trop
timide. Tout le monde l'a trouvé hardi mais il n'a pas eu la hardiesse d'une
architecture simple . Ses personnages entrent, disent quelques longues
phrases et puis s'en vont, et d'autres viennent. Le pessimisme général
ne s'impose qu'à la réflexi.on. M. Crommelynck est bon musicien mais,
peut-être par horreur de la construction banale du théâtre contemporain,
il veut se montrer mauvais architecte.
M. de Curel aussi, dans sa OOU~l'):12 DV &lt;:i-~N:11:li.'i a voulu éviter l'architecture banale. Il a bien fait. Il a tenté une coupe dont le
rythme plait : trois actes de trois tableaux chacun. Chacun des tableaux
prétendant fixer un point culminant d'une existence. Il a supprimé les
développements interminables dEs « scènes à faire 11; il a supprimé k,s
effets inutiles; il s'est un peu rapproché ainsi du théâtre futuriste qui
déroule et conclut une scène rn une minute 1:t d€mie. Il n'a laissé dans

sa pièce que vraiment ce qu'il avait à dire . .Mais il n'avait rien à dire, et il
ne sait pas le dire.
J'aurais préféré parler ici de x..~AlWE :eN F@L~~ •. Car devant cette pièce, M. Tout-Paris avait ouvert le .bec et avait crié au
génie. Il y avait un redressement à opérer. Aujourd'hui le même M. ToutParis tourne le dos à M. de Curel. Et cependant l\1. de Curel n'a pas changé.
Sa oout;J:grg nu G;,;g~u::i manifeste même un effort nouveau
chez lui.
On reste persuadé que M. de Curel est un penseur e.t qu'il exprime des
Idées. Je ne comprends pas l'origine de cette opinion. Voyez· quelle distance le sépare d'Ibsen. Chez Ibsen aussi, il y a des « idées ))' mais ce ne
sont que des idées éternelles et simples ; elles se résument souvent d'un
mot : Liberté: Ce ne sont pas des idées pour articles de journal, des
idées pour polémiques d'actualité- EllEs « exsudent » des personnages
sans que ceux-ci aient l'air de le faire exprès. Lc:s personnages ne savent
pas qu'ils expriment des idées. Ils vivent et leur vie est une émouvante
démonstration, parce qu'elle reste toujours la même. L'action est en eux
et non dans des discours, et ce ne sont pas les discours préconçus de l'auteur qui règlent la marche de la pièce et l'action des personnages.
Le théâtre de François de Curel offre le tableau contraire. Ses (( idées »
sont celles de la conversation courante des tables d'hôte. Il y a toujours
chez lui llII garde-chasse, un commis-voyagem ou un instituteur en grande
discussion sociale ou théologique avec un curé de campagne. Dans l' Ame
en folie, ces conversations étaient navrantes et elles se déroulaient nous y revoilà - dans le manque le plus complet de vraisemblance, donc
Pie. Par exemple, un jeune homme se présentait à l'oncle de sa bienaimée. Il avait tout intérêt à l'amadouer, pour être r€çu chez lui. Mais
non, la conversation d' 1( idées » commençait et le jeune homme aussitôt
de développer ses phrases in abstracto, de la façon la-plus désobligeante
pour le vieux. Hors de toute psychologie.
La Comédie du Génie appelle plus d'indulgence. C'est une pièce qui
désarme par sa naïveté.
Dans ce style qui est commun à M. de Curel et à l\C. Bourget, se développe l'histoire d'un auteur dramatique qui est persuadé qu'il a écrit du
théâtre d'idées et qui se désole d~ ne pas atteindre le public.
Comment il devient auteur dramatique ? Un jour, dans la rue, il voit
une femme à la fenêtre. Il monte. Elle lui dit qu'il a tout ce qu'il faut pour
devenir auteur, puisqu'il est atteint du sadisme de l'observation (l'expression n~est pas dans la pièce).

de

�924

L'ESPRlT :-;OUYEAU

Son th(&gt;àlrr plaîl à J'élit1• Pl aux C'riti11ur!l (un grand eonp de pommade
aux critiqm•s). ~lai:- il di•plaît à sa mèr,•, et à la provinc1!,Ct au • w-aml
public ». L'autrur est victime de la :\lus•• des intellig~n,·es (l'Pxprl',;sion
,,st. clans la pii'•cP). (.'_t-s1-à-dire qur d1•pmirvi1 d11 tout moy1•n d'expriml'r la
i-en~il,ilité, il est pnsuailé qu'il ,;&lt; rit ,lt-s idée;;. Je wux bien &lt;·roirt&gt; qu'il
l''\l inrapnhlc d'Pxprimer les 1•hos1·s du rœur, l"s &lt;·lrns1·s h1Lmai11ei-, mai'\
vour les i,lt~eA, b,·rniq111•. L'auteur 1•n quenlion nr • 1wn~1• • sùre1m•nt pa'\
birn haut. On n't•i;t pas un p,•nscur parce qu'on a l'àmc ~èl'he Pl qu'on fait
d,•s dis:;1•rlatio11s en langui' plate•.
Donc l'auteur en question veut rPntrer dam, la normal&lt;', dcsrendrt• &lt;l1'
~a « haut(•ur •· Pour devenir n!lrmal, il faut vivre une vie normale, 1&lt;e dilil. Et cela n 'csl pas si mal raisonné. Sr marier r ~on. 11 aura un enfant. 11
i:e mettra à l'école du bélié. Et pour a,·oir un b1\hé il t•xpliqUl' à sn mallrPs~c quïl va st'.-duirr la fille ile son fprm1er rt l't-n1,.,rrosser.
Hélas, le mioche nP le change pn,;, Jl continue à • é,·rire pour 1'1-litl• •
i;oui1 la 1füt1;e d,: la .\Iuse ,lt•s Intr.lligPnc(•~Po11r comble de malhPur. son fils dcvil'nt aut,•ur dramatique aussi et
l'aulrur 1&gt;e11t dirP: « J'ai rait un fils pour a-voir du génie et c'!'sL h· fi),; qui
le prl'nil ». Du coup, li' père doutP dr son géni,•. \Ton génir. ... , ton génil' .. ,
son g,,nie ... , notre gî•nie ... , votn• géni.1• ... , lr ur génil·. Il s'endort dnns les
coufüsPF&gt; dl' la Comédie Frani;ni~&lt;.&gt;,et là l'ombre dl' don Juan lui consPille:
"Le génie vilml de Dir.u, va le lui dPmandrr. »
11 va donc ... i-'aballre aux pi1•ds de Diru? '\on. ~lai\\ avoir uneconver~alion d' «icli-1·~ » awc un capu&lt;"Ïn. Et cduH'I lu1 apprend qm• la me~s&lt;' est
la pièce la plus jourr. du monde parct&gt; que les audit1-urs communient de
tout cœur avPc 1.- prêlrr., arlPur prinôpal.
C'e,.L une chosP que répètrnl tous \ci; (•urè\\ de cnmpagrn•, mais c•.'p~t une
r(•v,~lation pour notrP naïf a11t1•ur .C1·rt,·~, il)' a ccrtainrment sous la Comédie du Génie un brrnnd cri rlP délrt&gt;s~e. lP 1-.•rand awu d'impuis~anc~ 1\'un
honnête homme ingi•nu qui a J)ris au M•rieux i-a réputation de « pl•ni;rur 11.
Ah ! si :'IL d1• Curd avait su sortir re cri dt• dHrt'!l!I(', nou~ le tain•
entendre, nous en émouvoir. )Iaii1 non; il l'e.rplique. Et ça nous intéresse
autant qu(• si on nous appelait au th1'·àln- vour nous y e:xpliqu1:r un th(,orëme de gt;omelrie, appris rn cla~sr a11trPfo1s.
,\h 1 :'IL dt&gt; Curel, rel\Sl'Z d'être h• ~1•nsc·ur du Théâlre Libre. Comprc•nrz la nt\('rl\silé d&lt;' la vraisc•mlllanre vivant••- El lais111•z sortir votre cri.
La danse rnfantine vous en snura gré.

�ÉCONOMIQUE -

SOCIOLOGIQUE

Faut-il émettre
tSO MILLEAI\D8
DE ·BILLETS DE BANQUE'?
PAR

FRANCIS DELAIS!

N

ous devons une grande reconnaissance à MM. Aubriot,
Levasseur, Rozier et J. Barthélemy. Ces quatre
députés ont découvert un système propre à supprimer
en un tourne-main la crise industrielle, le déficit budgétaire et
la dette extérieure. Et cela, citoyens, sans impôts ni emprunts,
sans effort ni douleur.
Le moyen est très simple et, à la portée de n'importe quel
Parlement : Une loi, - dont ils ont déposé le projet sur le
bureau de la Chambre, - autorisera la Banque de France à
émettre, aussitôt que possible, 150 milliards de billets. Chaque
billet de mille francs coûtant à peu près six sous, on voit qu'il
est facile de créer de la richesse.
Là-dessus, 50 milliards seront appliqués à la reconstruction
des régions dévastées ; de ce fait, les commandes vont affluer
dans nos usines, l'activité industrielle reprend, le chômage est
enrayé, et la cote de la Bourse va retrouver son aspect riant
de naguère.
50 autres milliards vont être affectés au remboursement des
Bons du Trésor : depuis longtemps l'Etat paye avec ces titres
ses fournisseurs qui ne peuvent pas toujours les monnayer; en
outre il faut servir les intérêts. Les billets de Banque au contraire ne coûtent rien: d'où une économie annuelle de 2 milliards et demi pour le budget.
Les 50 derniers milliards seront employés en rachat de rentes.
Cela permettra de tenir au pair le cours des fonds d'Etat, et
les gros rentiers, qui, n'ayant qu'une confiance relative dans le
crédit de la France vendront leurs titres, pourront acheter à la
place de bonnes valeurs industrielles, françaises ou étrangères,
50

�928

L' ~SPRIT NOUVEAU

ce qui va redonner de l'animation à la Bc.urse depuis si longtemps dans le marasme.
Enfîn ces i50 milliards de billets, lancés hrusquem~nt dans
la circulation, vont provoquer unc.ha~sse géné_r~le de tous ks
produits : industriels et agTiculteurs, mterméd1aires de t _out~s
sortes, courtiers et boutiquiers ,ont écouler pendai:i,t des :mois
leurs stocks actuels, qui les encombrent, à des prix touJ_ours
plus élevés. Les ouvriers ~ux-mêmes, après quelques ~e;:es,
verront monter leurs sa]a1res, et ce sera le retour a 1 age
d'or du « dancing »universel.
•
Le proc~dé est si facile_ qu:_on s,'éto;11ne que pei;s?nne, depuis le« Sunplex ,, de M. _Citroen, n_y ait plus pe~se. pour atteindre un pareil résultat il ne faut nen de plus~ une presse et
quelques rouleaux de papi~r à vignettes. Le publi,c ne se doute
pas des ressources de la Fmance moderne_: ~n _s est beaucoup
moqué des alchimistes du Moyen Age obstines a la dé~ouvertc
de la pierre &lt;&lt; philosophale &gt;&gt; : le1:1r erre~r,. c'est qu'ils cher. chàient une pierre ; Wl peu de papier suffisait.

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Mais ne plaisantons pas : MM. Aubriot, Rozier, Lcvasseur et
G. Barthélemy sont des hommes sérieux : ils n'entendent
point fabriquer des cc assignats » : leurs billets sont couverts
par une garantie sérieuse : la créance allemande.
.
Dans quelques jours le montant et le _mode de pa1emen ~ en
seront définitivement réglés, - du moms on peut l'esperer.
La moitié des versements de notre débiteur, ~•après le plan de
nos quatre députés, sera consacrée à l' amort11;isement _de notre
dette extérieure ; et voilà encore une quest10n réglee - . C;1;
admettant que nos créanciers y conse?~ent. L'aut~e moitie
servira au remboursement des 150 milliards de billets. De
cette façon les détenteurs de ces 1;&gt;etits papiers peuwnt êt~e
rassurés ; dans 42 ans au plus tard, ils P?urront les éc_h~ger librement contre de l'or. En attendant, ils auront évidemment
cours forcé, tout comme de simpl~s ass~gnats.
Mais les entrepreneurs des regmns devastées, les bureauc_rates
et les rentiers à qui les agents du Trésor remettront ~es bill~ts,
ne les garderont pas en portefeuille. Quand ces petits papiers
auront passé des mains du gra11:d pat;on ~u d~ percepLe'?'r dans
celles des ouvriers ou des fonctionnaires, ils viendron~ s échan~
ger contre des denrées, des vêtements, des m_aténaux, des
out~ls, car on ne m0.J.?-ge pas de billets, on ne s'habille pas, on ne
bâtit pas avec des billets.
1

FAUT-IL ÉMETTRE

150

MILLIARDS

929

Le propre d'un billet de banque c'e~t précisément de pouvoir
être échangé immédiatement contre des produits consommables
ou utilisables. Autrement ce n'est plus une monnaie, c'est Wl
titre de crédit.. S'il faut attendre 3 mois pour pouvoir le convertiren marchandises, c'est un Bon du Trésor; s'il faut attendre
30 ans ou plus c'est un titre de rente. Jusqu'ici les Etats ou les
particuliers qui ne pouvaient immédiatement couvrir leurs
dépenses, s'efforçaient d'en ajourner le paiement ~n offrant à
l'épargne des titres à plus ou moins longue échéance: ils mettaient ainsi de l'aisance dans kur Trésorerie. C'est ce qu ils
appelaient « consolider leur dette flvttantc ». Par une méthode audacieusement inverse, MM. Levasseur Barthélemy,
Rozier c:t Aubriot transforment au contraire, les Bons du Trésor à 3 et 6 moii::, les rentes amortissables en 30 ans, en billets
réalisables immédiatement en marchandises ; ramenant ainsi
à l'état cc flottant )&gt; ce qui était cc consolidé ».
Admettons que sur les 150 milliards de billets At hriot, une
bonne partie soit « remployée &gt;&gt; par les rentiers en achats de
valeurs indm,trielles ; la moitié au moins, et notamment les
50 milliards de la reconstruction des Régions dévastées, voudront s'échanger immédiatement contre des produits.
Où les trouveront-ils ? Il est bien clair que toute cette avalanche de papier n'aura ajouté au.."'r. stocks français ni un sac de
blé, ni un veston, ni une tonne de charbon, ni un outil.
Il est vrai que ces billets sont gagés sur )'indemnité qui nous
est due par le Reich.
Mais est-ce à dire que leurs détenteurs trouverontimmédia, tement en Allemagne les 50 ou 100 milliards de produits qu'ils
représentent ?
Notons d'abord que ces billets n'auront point cours de
l'autre côté du Rhin; qu'il faudrait les convertir en marks à un
cours variable, et qu'évidemment une telle quantité de marchandises disponibles exportables n'existe pas chez notre
débiteur. C'est même pour cela que le Traité de Versailles lui
a accordé pour s'acquitter un délai de 42 ans.
Si pourtant, ayant échangé mes billets français contre des
marks, je parviens à acheter quelques marchandises en Allemagne, -seulmoyend'augmenterréell1:mentlarichessedenotrc
pays, -je veux les faire P.asser en France, je me heurte à vos
barrières douanières, dont le but avcué est de limiter, voire, en
certains cas, d'Empêcher les importations allemandes.
Ainsi, d'une part, vous me donnez le pouvoir d' achc:ter chez le
vaincu, et d'autre part vous m'empêchez de prendre livraison.

�FAUT-IL ÉMETTRE

\

L'ESPRIT NOUVEAU
930
Il faudrait pourtant s: e?-tend~e et :3-_juster notre politique
commerciale à notre pohtique fmanciere .. Toute taxe douanière limite le pouvoir d'achat de mon billet. en Allem~gne,
toute mesure prohibitive le dét~it. Le~ prod~ts e~ les signe~
monétaires qui les représentent d01ventcirculer ala !Ileme allure•
on ne peut à la fois laisser passer les. uns et ~etemr le~ autres.
C'est pourquoi le billet de banque mtern3:t~onal r_eve
certains suppose le libre-échan_~e absolu. Poht1q1:e fmanciere e.t
politique commerciale sont hees par la nature meme. des c~ose~.
Tant qu'on ne l'aura pas compris, toutes les tentatives d ,a.II!-eliorer les changes par une réforme simplement 1;îlonet~e
échoueront piteusement. Un billet de banque&lt;~ gage sur lmdemnité allemande &gt;i, comme disent MM. ~uhr1~t, Levasseur,
Rozier et Barthélemy, ce ne peut être qu un billet, donnant
droit à la livraison immédiate de prodmts allemand~ e~trant
librement en France; - sinon le ga~e n'é~ant plus re~sa~le,
l'expression est vide de sens. Un tel billet n est plus qu un titre
d'emprunt amortissable en 42 ans et ne donnant au porteur
aucun intérêt.
.
.
- Mais, diront nos quatr~ déput~s, nous ?-'avons 3amais
pensé que nos billets dussent mrculer a~~urs qu erl: Fran~e ..
- Sans doute. Mais alors vos 150 milliards de billets n aJOUteront pas un milligramme de m.ai;-chandises au stock actuellement à la disposition de nos nationaux. En quadruplant brusquement le nombre des signes mo~étaires alors que_le nombre
des produits représentés reste le meme, vous aurez simplement
réduit au quart le pouvoir d'achat actuel ~e chacun, ~-e ces
signes. Ainsi, le billet de 100 francs actuel qm nevautdeJapl~s
que 40 francs d'or tombera à 10 francs ; et le franc français
vaudra tout juste deux sous.
.
Voilà le seul résultat de ce que vous appelez, fort improprement la &lt;&lt; mobilisation immédiate de la créance all~mande &gt;&gt; !
Vous' n'aurez pas enrichi le pays, vous aurez snnplement
déprécié son change.

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Précisément, c'est ce que nous voulons! réponde1:-t

MM. Aubriot, Levasseur, Rozier et G: B_arthélemy. C'e~t le,fm
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du fin de notre réforme. Car la déprtc1ation de ~a monnaie, c .~st
le meilleur moyen de développer les exportat10ns, relever l 1~dustrie, ranimer l'activité nat~on~e. Voyez ~e qu'ont fait
Rathenau et Stinnes et le parti qu'ils ont su tirer du mark
à 4 sous ! Faisons comme eux.

150

MILLIARDS

931

- Cet hommage aux puissants trusteurs d'outre-Rhin dans
u~ rapport à la Chambre ne manque pas d'imprévu ; et il est
piquant de voir le vainqueur réduit à copier le vaincu dans
l'art d'utiliser la faillite. Mais ce qui convient aux grands
hommes d'affaires du Reich est-il nécessairement applicable
à la France?
L'Allemagne, avec 65 millions d'habitants, n'en peut nourrir
que 50. Il faut qu'elle puisse acheter au reste du monde de
quoi alimenter le surplus. C'est pourquoi elle est devenue une
grande usine de transformation.
Si son industrie s'arrêtait, 15 millions d'Allemands seraient
réduits à mourir de faim ou à émigrer. Exporter est pour elle
une nécessité vitale.
Par malheur, le fabricant allemand qui achète ses matières
premières à l'étranger avec un mark déprécié, les paye plus
ch~r qu~ ses concurrents anglais, américains, belges ou français. Mais. on a remarqué que dans les pays à finances avariées,
la monnaie se déprécie moins vite sur le marché intérieur que
sur le marché extérieur; d'où il suit que le salaire d'un métallurgiste de la Ruhr ou d'un tisseur de la Saxe, exprimé en
livres sterling, est moins élevé que celui d'un ouvrier de même
catégorie à Birmingham ou à Leeds. Ceci compense cela.
~outefois, c~ n'est pas ?-ssez e~core. Mais supposons que les
tar~fs de _c~emms de fer s01ent mamtenus au-dessous du prix de
reVIent, il en résultera d'une part le bon marché des transports,
et d'autre part des émissions répétées de marks par l'Etat obligé de combler le- ·déficit, ce qui maintiendra l'écart entre les
salaires anglais et allemands.
Dès lors, dans un objet allemand vendu à Londres en livres
sterling, la matière première aura coûté plus cher que dans le
produit similaire anglais, mais la main-d'œuvre et le transport
auront coûté m~ins cher: et en fin de compte, le prix de vente
sur 1~ march:é ~nternat10nal pourra être inférieur aux prix
anglais, américains ou belges. C'est ce qu'on a pu voir récemment pour les commandes espagnoles, argentines, etc.
Dès lors, les débouchés étant rouverts, les usines travaillent à
plein rendement, le chômage cesse, l'excédent des ventes à
l'étranger permet d'acheter les denrées suffisantes pour nourrir
le trop-plein de la population ; on évite à la fois la famine
1:émigrat~on, et la di$rersion du peuple allemand. Pourvu qu~
1 essor s01t assez rapide, le change remontera, s'améliorera,
et l'~lemagne ~e.ut espérer retrouver à la longue un peu de son
ancienne prosperité.

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L'ESPRIT NOUVEAU

Tel est l'art d'utiliser la dépréciation de la monnaie : ~eu
d gereux d'ailleurs, car si les Alliés, menacés de ce ~umping
d'un nouveau genre, prennent des mesures protectio~stcs
su:îfisantes pour paralyser ce développement ~es, e~ortat1~ns,
le Reich avec son mark de plus en plus. deprec1e, peut être
amené r;pidement à la si~uatio~ del' Aut~1che.
C'est donc le coup de desespoir de gros Joueurs.
Mais la France a-t-elle besoin de jouer ce jeu? Et en a-t-elle
les moyens ?
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Pour compenser un baisse brusque ~u !ranc a~ s?us, il fau~
drait atteindre rapidement une exportation cons1derable. Qm
nous la donnera ?
Ce n'est pas notre agriculture, qui, ma!gré ~e rema_rquables
efforts, ne parvient pas enèore à assurer l'alimentation de la
nation.
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Ce n'est pas notre industrie de luxe à qm l' appauvr1sseme~
général de l'Europe est peu favorable; notregrossemétallurgie,
a-vec les plus ric~es gisem~nts de fer de l'Europe, manque de
charbon ; nos usines textiles ne sont pas encore toutes rétablies notre industrie chimique est encore adolescen~e ! notre
flott~ marchande est insuffisante ; nos ports mal outilles ; nos
commerçants et nos banquiers mal préparés.
En admettant que nos grands patrons et notre gouvernement, secouant leur habituelle indolence, se mettent avec
ardeur à la tâche, que le Parlement les compr~nne, et que
l'opinion les suive, ils seront prêts dans quelg:ue dix ans.
A ce moment tous les débouchés seront pris, e~ notre chaJ}ge
déprécié nous aura enfermés dans une muraill~, d~ Chine
comparable à celle . derrière laquelle meurent d epmsement
l'Autriche et la Russie.
,
Pour risquer un_ pareil co~p d' au~ac@, il faut, comme les speculateurs, jouer vite et ~éaliser~ap1d.ement ; on ne le _peut que
si l'on a toute prête unemdus~rie pmssante, unorga~m~ économique orienté depuis longtemps vers l'exportat10n.L Allemagne.le possède ; la France ne l'a _pus.
.
,
Voilà pourquoi Rathenau et S~mnes ont raison peut-e~re,
et MM. Aubriot, Levasseur, Rozier et Barthélemy certamement tort .

***

- Pourtant dira-t-on, de grands industriels, d'importants financiers sont partisans de leur proposition; ils sont compétents,
ils connaissent les risques du projet et cependant l'approuvent.

FAUT-IL ÉMETTRE

150

MILLIARDS

933

- En effe~, depuis quel~es moll!, ~ur un mot parti de la
~ourse ~e v1ye campagnes est dessmee en faveur d'une politique d'mflat10n.
Dans cert~s groupes îndustriels, les plus violents détracteurs des methodes allemandes en sont devenus soudain les
apôtres passionnés.
,, Il est remarquable qu~ Ie~r conv~rsion a suivi de près le
declanchement de la crise econonuque qui sévit actuellement.
Producteurs et spéculateurs, qui avaient constitué des
stocks ~Il vue rune h?'usse .qu'ils croyaient éternelle - d'autant.mieux qu ils la stimulaient eux-mêmes en retenant le plus
poss11:&gt;le leurs marchandises à l'écart du marché, - furent
~urpr1s tout à coup par l'arrêt des achats des consommateurs
a bout de ressources.
, ~a Banque de France, déjà surchargée p.ar les assignats
effilS pour le compte de l'Etat, dut restreindre puis suspendre le
concours qu' ~Ile _leur avait si largement prêté.
Alors surg~t l'idée d'~e vaste émission de billets qui, couvrant à la_ f01s les besoms du Trésor et ceux du comme1ce,
p_ermettra1t de repren~e~ pendant quelque temps; le jeu lucratif de la hausse. 1?0 ~ar~s de papier-monnaie lancés brusquement ~ans la c1rculat1on, provoquant une hausse rapide de
tous le~ P!IX: :(lermettront d'écouler à un cours très élevé sur le
marche interienr (car on ne parle d'exportation que pour
l'apparence), les stocks constitués aux prix actuels.
Sans doute la haus~e des salaires s'en suivra, mais avec un
r~tard de q:a,el~ues m01s; pendant l'intervalle, fabricants, court~ers, ~outiqmers de toutes catégories réaliseront de gros bénéfices ; a la Bourse, les ~péctilateurs professionnels pousseront
les c?urs des valeurs qu ils repasseront au public avec de forts
profits.
Enfin, inév~table!fi~~t, viendra le moment où la hausse dépassant les d1sporubihtés, la consommation se restreindra à
nouv~au, provoquant une nouvelle crise.
Mais cette !ois, on·.ne se ~aissera plus prendre au dépourvu.
On aura place ces gains, s01t en terres, soit surtout en bonnes
~aleurs de socié~és étrangères, fabricant des produits d'un
ecoulement certain comme le pétrole, et dont les coupons sont
payables sur tous les marchés du monde, comme la Royal
f!utch, la She~l _Transport, etc. ; on sera ainsi à l'abri de tous les
risques de faillite et de révolution.
Ces hommes habiles savent bien que la France n'est pas ou~

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~-•'•~làlebatP.tsa
~ - d.iputœ 8()Cialistes. De bonne lei, lJa ont em
Jtathenau a p ~ à la France; de bonne foi ifs ont

lfl}on,Laeclerichetaùtteeu;ploitems~88ionnelsdubu
En bons parlementaïree, -ils ont choisi la solution . .
le moins de peine àleuraélecte'll1'B: P-88 d'impt,tâ nouv~
les.agrieulteura n'en veulent P8!I; plUll d'emptlints,.. car,.
pe ne souscrit,•; pas de prélèrimeut $\li' l e ~ oar:
a laissé passe:, fe moment favorable
Alors, faute de mieux, on n'hésite ~ à recourir \ l"~-.#.lf]
dient le plus dangéreux pour l'économie ~tionale, àl'unp
l)}us onéreuX pour les cJasaes pauvres. -aunrœent.~
l'électeur n'en aperçoit pas le d&amp;Dgel', et qu.'.il aoov.eillerad'
tut mieux qu'il en éprouvera un so~ent IIIOID8Dfianl.
Lo1'$qu'un 1118We est·trèa d.ép1i:mé. a ï ~ ~ lui~
de morphine, on voit EOV un-~ la douli'll! ~
et le patient reprendre son actmté et 80D en.~:Ma»!
de la drogue s'efface vite, entratnant un affai8881._s;;
plus profond, qui exige une no~e injectiC?Jl à plus ha:
a,oae. lie malade 4P1?59 alors ses iéserveS vi'81es; avec
vitesse croissante et descend ra~demem vers la mort.
L'injection de paeier-momwe daBB la ~tion d!'8
nits entraine des effets anà1ogues : employêe ~ 1-_
"'..:
,un orpl)ÎSDl_e incluatrk,l ~ t , elle peut f a ~ lt!Ul
d'un plOlllpt ntabliaaement. Mail dans \Ul ~ ~
mique qu&amp; rien ne prépare à l'effort ~ t e ù r der~
nnrtatiOD. elle ne peut être qu'un trop fàcile procédé d'

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Bèohenh•mrrAlt ........ .
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fionam.

os tous les domaines de l'aetivité, dep':J,lus d.'
siècle, l'intelligence humaine émoussée
lè «
perdu le seDS des rêalités p,tsentea et s'
antieipatious et am so11V8DÎ1'S. Elle cne uae
le oà les id&amp;&amp; cessent d'être ,upreasion de la
apêçulation ~ d'avoir pour but la ttirioip1in&amp; de l'
Le développernellt puamûfè de la réflexion ea
pa:rition de systêmet conceptuels. Et, de même que la
hysi(P.18 ordC&gt;Dne à nouveau le œonca, l'ea\hétique en,
er l'activité anistique, 88DB même prèvoquer la
d'utistes qui se font trop volontieis tMoriciens •
· ..
qui conpv&amp;nt leür fonttion«&gt;mme lU1 ~
ll 'J a là 1111 fait einptier, pll)p?e . _ ~

d ' ~ n t i de a~teurs pnsÂldese mettre à?,abri.ou•
parlementaires soucieux de ne pas déplai:l'e à leurs ~
Daœ~~esmoia, on ne pourra pluseacheraumalade
Alon il lui faudra 88. sauver lui-même.
Francis Da.ulL

Jatétlmon~
. - humaniste. qui;ae-eomttit
....---•s....ne en Ftàn:!'8 à])$:
----~WiaDOê~•cm~~~avec le
el d dehoti de to1de. vtdition - . ~ aeeorde :qalto
prix i Ja. BCienee poeitive pour se linw sana îétiexi

0

Ces proèédéa de finance pare8S81lle, loin de sauver.le ._,w;,
l'épuiseront. Le moment n'est pl111 oàl'on ~ a e ~

r à coup •~ ,niÎ8 flônt il conrient
~ léeoUÎ8cètlea~clasla.i

�936

L'ESPRIT NOUVEAU

à la pratique des beaux-arts. Sans doute Descartes rappelle

au Père Mersenne, lui demandant la raison du beau, ~a relativité du jugement esthétique et les variations du goût; il allègue que (( généralement ni le beau ni Ji agréable ne signilient
rien qu'un rapport de notre jugement à l'objet; et parce que
les jugements des hommes sont si différents on ne peut dire
que le beau ni l'agréable aient aucune mesure déterminée )&gt;.
Mais il indique, dans le Compendium Musicœ, comment l'optique et l'acoustique permettent au savant de mesurer le rapport entre les sensations visuelles ou auditives et leur objet,
de déterminer à quelles proportions répond cette qualité particulière qui rend les sensations agréables.
Aussi Descartes montre la voie aux artistes au moment
même où la fondation de l'Académie de Peinture en 1648 libère les artistes des règlements imposés par la Corporation de
Saint-Luc et opère une scission .entre les· arts mécaniques et
les arts libéraux. Peintres et sculpteurs tiennent à n'être plus
confondus avec les peintres en bâtiment et les tailleurs de
pierres, à être placés dans le même rang que les écrivains auxquels
l'Académie française confère un prestige particulier. Comme
ils ont à cœur de montrer la noblesse et la dignité de leur
tâche, ils épousent le goût pour la raison, dédaignent de s'attarder aux questions de métier et entendent faire œuvre de
réflexion philosophique. Ils n'abordent l'étude des procédés
que pour discerner le rôle de la raison et du jugement. La
compréhension purement plastique des formes, des lignes et
des couleurs s'efface devant l'interprétation intellectuelle de
l'architecture et de la sculpture antique. Et c'est la méditation passionnée de Poussin dans la campagne romaine ; ce
sont les conférences mensuelles de l'Académie où Le Brun
commente devant ses élèves La Manne de Poussin à la manière
dont tels de nos contemporains corn.mentent l' œuvre de Cézanne; ce sont les-écrits de Félihien. Le monument, la statue, le
tableau ne valent que comme expression d'un esprit retrouvant
les lois invariables auxquelles obéissent la pression des matériaux et la structure du corps humain, construisant à l'aide
de ces données intellectuelles un ensemble dont les parties
doivent à la géométrie, non au hasard, leurs proportions et
lelll' équilibre.

DES SYSTÈMES .D'ESTHÉTIQUE

937

Mais cette critique très légitime en soi prétend avoir une
valeur pédagogique; l'analyse de l'œuvre parait livrer le secret de la création. Une confusion s'établit entre l'intelli~
gence de l'art et la pratique del' art qui èntraine, dès 1680, une
réaction de la part des artistes et des écrivains d'art, une adhésion de la part des gens de lettres et des (c philosophes &gt;&gt;. La docilité avec laquelle certains peintres et seulpteurs adopten tl' esprit
des écrivains leur permet d'élargir les polémiques qui les consument, de ne plus faire porter uniquement leur réflexion sur des
textes et d'étendre à l'activité artistique dans son ensemble les
conclusions du Càrtésianisme. Car le Cartésianisme qui leur
donne la sécurité intellectuelle leur parait l'expression fidèle
de la civilisation. Dans le culte du vrai, dans la conformité de
l'homme à sa nature et à son excellence, ils ont trouvé un~ discipline mentale et une règle de vie. Aussi l'admiration pour
l'antiquité porte ombrage à ces systématiques: n'entraîne-telle pas les fictions des poètes, un paganisme superstitieux,
des erreurs populaires ? Et ils poursuivent les divinités dont
Ronsard a peuplé les bois, dont Rubens a fait un cortège à
Marie de Médicis. Ils entendent que les arbres, les eaux et les
rochers redeviennent naturels. 11s soumettent les modèles
tant vantés par les écrivains à une critique minutieuse et ne
leur accordent qu'une circonstance atténuante, celle d'avoir
été en contact avec la nature. Par là même ils renforcent ce
que les tendances académiques pouvaient avoir de fluctuant.
L'accord de Perrault et de Boileau met fin à des malentendus,
à des mésinterprétations réciproques et consacre l'unanimité
des esprits danp les questions concernant l'art, le besoin profond de faire aller de pair l'activité artistique et l'actiyité
· scientifique pour répondre à des exigences conceptuelles.
Mais cette tentative faite pour appliquer aux beaux-arts
l'esprit philosophique ne peut se développer que lentement et
hors des propos en quelque sorte. A mesure que les beaux-arts
voient naitre des tendances nouvelles, le besoin de résoudre les
contradictions de goût devient plus intense. Une fois l'époque
de Boileau passée, dès qu'apparaissent Le Sage et Rigaud, la
critique, les polémiques, les querelles du dernier quart de siècle perdent la cohérence qu'elles devaient à l'idéal classique.
Il ne reste plus qu'un amas de tendances contradictoires, de

�L'ESPRIT NOUVEAU

938
règles inutiles qui accroissent les fluctua~ions du goût, l'éclectisme des amateurs et l'hésitation des artistes.
Alors les philosophes offrent leur médiati~n- Suivant
réforme accomplie par Descartes dans l'ordre mtellectuel, ils
abordent l'activité artistique de manière à donner aux notions qui concentrent les préoccupations de l'époque une vie
indépendante.
. .
.
.
Dès 1715, P. de Crousaz, mathématicien et phllosophe qui
a séjourné à Paris de 1682 à 1684, publie un Traité du Beau. Il
reprend ceux qui, livrés toute leur ~e à leurs. sens e~ à leurs
passions, donnent le nom de beau un1quement a_ce qui c~arme
leurs sens ou intéresse leur cœur par des émotions agreables.
Ceux-là oublient que l'art offre à la raison quelque chose qui
doit lui plaire et que les lumières de la raison doivent prendre
part à notre jugeme~t. Or le te~~ér~ent, l' amo;ur-~ro~re,
les habitudes, les passions, notre legerete naturelle, 1 alterat10n
de notre corps et des organes des sens s'opposent à tout moment au parfait accord qui_ devrait régn~r entre les sens: le
cœu.r et les lumières de la raison. 11s nous Jettent dans des egarements dans des goûts singuliers dont nous ne saurions nous
déiendr~ qu'en nous tournant ver~ les lumièr_es de la r~son.
Ce qui nous les rév~le, _c'est 1~ pratique des, sc1~nces physiques
oùle jeu de l'orgarosat10n l?Wque -p er~et d ~mr en unsy~teme
de vérité un nombre prod1gieux de frots ; c est un exercice de
l'activité intellectuelle qui n'est pas renfermée dans les mêmes
bornes que les sens; c'est, d'une manière_ plus précise ell:core, ~e
langage de la géométrie qui, seul, exprime les proport10ns re-elles, le développement de la mathématique ((oùl'espritdécouvre avec ravissement des uniformités qui se soutiennent pal'
des diversités infinies &gt;1. Aussi les conditions de la recherche,
de la découverte et· de la certitude scientifique se retrouvent
dans les beaux-arts. Science et art usent d'une même organisation logique. C'est da liaison de plusieurs pensées, l~ur
rapport à un même bu~, leur ~épendance d'un ~ênw, P1'.~cipe &gt;&gt; qui assure à la fois le çraie~ le beau. La var1~té, l ~t~,
la régularité, l'ordre, le~ proport1~ns, t~utes qualités geo~etriques et logiques, deviennent necessairement les caracteres
naturels du beau, puisqu'aussi bien, l'écrit de Crousaz,_repose
sur une éOnviction plutôt que sur une démonstration, la

:a

DES SYSTÈMES D'ESTHÉTIQUE

939

conviction Cf?e. le beau est d'essence géométrique et qu'il en faut
cherc~er l'or1gme dans la méditation.
M~s cette transposition du Cartésianisme ne pouvait être que
le frut d'un mathématicien et l'abbé Dubos pense agir c&lt;en phil~sophe » en se contentant d'associer, dans ses Réflexions critiqlles ~r la poésie e! ~a peinture de 1719, les souvenirs de voyage,
les pr~ceptes de ~elibien et les réminiscences de Fontenelle.
Il releve da~s l'ecol~ hollandaise la trivialité de sujets aussi
co_m~uns qu un p~er de flèurs, un homme qui passe son che~m, une ïem11:1e. &lt;fl!I porte des fruits au marché, une fête de
yillage et la tr1v1ahté de héros qui ne sont que· c&lt; faquins &gt;) 11 reproche aux tableaux de l'école lombarde de se borner
!latter les feux par la richesse et la variété de leurs couleurs 11 note ~es 1m~erfe~tion~ dans l'école romaine, dans l'œuvre d;
Rapha~l et Veronese ; il remarque enfin, non sans humeur,
que « 1 ~urope n'est que trop remplie aujourd'hui d'étoffes de
porcelames et des autres curiosités de la Chine et de l'Àsie
Central~ ». ~' ~t e~t tout autre chose : il se propose de donner
~u _besom d ag1t~t1on et de .divertissement qui est en nous
1 ~ment de p:1-ss10ns superficielles excitées par l'imitation des
ac~10ns humrune~, par l'expression de (C figures qui pensent
a±;m de donner heu de penser », par la noblesse des sujets.
L exc~lle~ce des arts en France pendant deux générations, la
constitu~10n 8:u!our de _la France du génie européen attestent 1~ f eco~dite et la perennité de la doctrine classique commune a la p~m.twe et à la poésie dramatique. Aussi bien l'abbé
~ub~s ne fait:il que donner une expression nouvelle aux reven~cati_ons nlrt.10nales des « modernes &gt;&gt; contre les engouements
d un 3our.
. Et_la,réflexionsur les beaux-arts n'acquiert une véritable origmalite qu'. avec l'abbé Batteux. Remarquant combien le fonds
d'observat10ns et de réflexions sur l'art nous est une gêne Batteux se propose ~e. procéder comme &lt;c les vrais physicie~ qui
~asse~t le_s exper:e~ces et fondent ensuite sur elles un système
qmles, red~t en ~r~c~pe, &gt;&gt;en 1746, l'année même où Condillac,
d?ns_l E~sai sur l on_gm_e des Connaissances humaines, tente de
redm~e a un seul prmc1pe tout ce qui concerne l'entendement
~um~n: Sans doute l' ~hé Batteu.x est préoccupé surtout de
linguistique, de grammaire, d'art poétique et de belles-lettres.

à.

·•

�DES s ·YSTÈMES D'ESTHÉTIQUE

9,H

L'ESPRIT NOUVEAU

..

940
Sans doute il est sensible, comme son époque, à l'empire croissant de la musique d de la danse non moins qu'aux intérêts
du cœurqui «a. sa métaphysique&gt;&gt;, «quiasonintelligence indépendante des mots&gt;&gt;. Mais, en abandonnant les remarques, r.éflexions et discours de tout un peuple de commentateurs pour
la Poétiqzie d'Aristote, il se libère à la fois des préjugés a~~démiques sur la dignité des beaux-arts et des analyses philosophiques portant exclusivement sur les caractères :formels d'?beau. Comme Bùîfon, comme Rousseau, comme Lamarck, il
subordonne le point de vue partiel de la connaissance au point
de vue plus général del' action.
La nature des arts s'explique alors par le génie de l'homme
qui les a produits. Il suffit de remonter à l'origine : Po_ur satisfaire les besoins, les hommes ont été d'abord amenés à mventer
les arts mécaniques. Puis, pour mettre un terme à des Jouissances trop uniformes et renouveler ~e cours des idées, ils ~nt
inventé les beaux-arts. Mais &lt;( inventer dans les arts n'est pomt
donner l'être à un objet, c'est le reconnaitre où il est, et
comme il est. Et les hommes de génie qui creusent le plus ne découvrent que ce qui existait avant eux auparavant. Ils ne sont
créateurs que pour avoir observé et réciproquement ils ne sont
observateurs que pour être en état de créer.» L'esprit hum!rin,
limité dans la fécondité et dans ses vues, ne crée que d'une manière impropre et dans les bornes de la nature : les arts mécaniques sont fondés sur l'emploi de la nature; les beaux-arts
sur l'imitation de la nature et sur le choix de ses parties les plus
belles. Les uns et les autres supposent une volonté, une intention, des vues raisonnées, des règles fixes confirmées par l' expérience et propres à la nature humaine. Ainsi en recherchant dans
les Beaux arts et dans l' Art, dialogue adressé à Shaftesbury,
des raisons d'admirer, l'abbé Batteu:x: a trouvé des raisons de
comprendre.
.
,
De la sorte, au cours d'un demi-siècle, la fusion de l'esprit
philosophique et de laréîlexion sur les beaux-arts entraine d' abord une scission des arts libéraux et des arts mécaniques et
l'identification brusque del' activité scientifique et del' activité
artistique. L'approfondissement de leur nature révèle pro•
gressivement que, si les beaux-arts requièrent, comme la science,
la médiation de l'intelligence, ils n'en conservent pas moins

des aspects purement techni ues .
mécaniques. Et, vers le mili q d ~ les apparentent aux arts
rent leur autonomie dans 1:u . _u sied~, les be~ux-arts conquièexpressions diverses de l' t1:i~;~rhchie d_es sciences et des arts,
ac lVl e umame foncièrement une.

Cependant l'affirmation de l'. telli
.
pour ne pas entraîn~r un m t. 1;11 . gen,~e a é~é trop entière
part, si l'action de Descartys ICisme_ de 1 intelligence. D'autre
l'~nthousiasme religieux d :a1a
imposer une discipline à
la1ssé subsister un my1::t· _e
_e r~n~he, elle n'en a pas moins
de Saint-Augustin met::~e ms1n~~ de Platon, de Plotin et
esprits sont de Dieu C
en lumrere _la dépendance où les
suggestion nouvelle a; me couran~ ,acquiert une puissance de
et amateurs enlève to t o~~nt ou 1 eff~rt novateur des artistes
audience à la sensih~t~rett
,dociirm: académique et prête
sentiment se trouvent , . es I ees vrees aux puissances de
solvent. Et c'est tout atnoullveau embuées de désirs et se dis'd .
na ure ement que le P' Andr' ·, •
se mt par les penchants de 1'0 t .
ere
e, Jesmte
Vérité, donne dans son E
.
rla mre et la Recherche de la
.
.. '
ssai sur e Beau de 1741
.
t 10n
ant1-mtellectualiste à 1 ïl .
, une orientasihle aux transformations sa re ex10nd sur les beaux-arts. Sen.
urvenues ans l'art
al •
esprits; au fléchissement de l'int Ir
1 ' ~u m a.I.se des
d'amplification et de
e igence: e Pere André use
la doctrine que Malehr=:phr~ses pour ete:1-~re à la beauté
l'ordre de la physique t d \presente de la vis10n en Dieu dans
en Dieu, chaque raiso~ . ~. a. morale. Chaque vérité résidant
raison universelle, la bea:éird~~~~ ~• étant qu'un reflet &lt;;le la
esprits ne saurait avoir
o?. l ee se trouve dans tous les
l'homme l'admet arh·t ~e or1gme humaine. Le beau tel que
dans le grand théâtr: Jairement, le beau tel qu'il se manifeste
beau essentiel, indépen1a!.:ture ne sont ~ue ~es reflets d'un
vine. Il est une règle éternelle \ouie co~~t~t10n, même di1' amour du beau
•
e a eaute V1s1ble des corps . et
la th, . d , '. qw apparait avec la raison s'expli
'
eorie e renumscence rés t,
'
que pa
l'ont observé les Pères de
ee pa_r Pla.ton ~ui, « comme
breux, surtout Moïse et Sal g se, av~1t lu les livres des Hé.
omon &gt;&gt; C est le Cre' t
··
prnne à toutes les âmes l' anmc ur du ;_
a
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qui
1m.ueau et un amour de prédi-

Ju

à.!f

J
fE f

�1.

L'BSPIUT NOUVEAU

9'2
laèticm pour un certain genre de beau. Ainsi, oont.raii'ement à
f espritdu~e, laréBexions'karte dessoiêDÇlf posÎ•
tives pour s'appuyer sur la révélation, la méditation~
?-expérience mystique è\ va eherchèr reasenee du beau._ un
~eipe de perfection et d'exeeD.~ dana quelque~ tp
eat indépendant de l'homme, Bllpérieur à l'homme, divin.
,Au dehors, chelles peuples anglo..u:ODS, un courant parallêW
se des&amp;ine. L'action exercée sur eux J)$1' Renaissance. n'apd
,u assez clirecte pour rompre toute attache avec le Moyen Age
et ses habitudes d'~prit scolastiques; la Réforme les a rendus
partiellement étrangers à la discipline catholique. 11s ont assisU, contribué même au développement des sciences poaitives
sans voir dans l'esprit de la physique mathématique les éléments d'une discipline mentale capable de contenir les élans
imaginatifs et d'imposer un ordre raisonné à l'activité humaine.
11s ont assisté à la découverte de l' Antiquité sans comprendre
la leçon d'équilibre qui s'en dégage. Au cours de voyages en

la

Italie, leurs nationaux, incapables de déchiffrer l'énigme de
Florence et de Venise, ne trouveront dans Rome que des ruines
propresàsusciter des méditationssur les Empires, des vocations
d'archéologues, des rêveries sensuelles. Car la reprisentation
du corps humain leur apparalt oomme dépourvue de valeur
intellectuelle et humaine. Elle est un appel animal dont seul
peut nous détourner et nous distraire une interprétation religieuse, morale et métaphysique de la plastique. Et ce sont les
réminiscences platoniciennes et néoplatoniciennes unies au sentiment religieux qui permettent in~tinctement à des Angl!'Ï9
comme Shaftesh'1?Y et Hutcheson. à des Allemands comme
Wmckelroann, Raphaël Mengs et Lessing, de restituer à leur
enthousiasme irraisonné pour l'antique toute sa pureté. Alors.
seulement la beauté ~uprême que nous croyions saisir dans lea
formes particulières et dans les apparences sensibles se revèle
insaisissable, ineffable et divine.
Ce courant pénètreenFrancegrlce àl'échangeactif desidéee,
grlce surtout à Diderdt. Sans d_oute cet esprit Bottant, mobile
et impressionnable fait encore siens certains préceptes de l'art
classique dont la vitalité s'affirmera dans l'œuvre de Gabriel
et jusque sous l'Empire dan&amp; les travaux des Id~logues. Mai&amp;
il est sènsible, il est moral ll s'indigne de voir le peintre La-

~

w&amp;
"8teeet
èllce del' art due àla
~uradanal'expérien
SlïlBible sa~llant ~ 1è •wai. le liienet le bê&amp;
nkl~ • qu ilap~nt d'ôpérer une r'to~•
~.,."J1i.~phJB1qu!, 'J'e un appel àl'icMal. la
· 'P•9ft!t-* 'f Origuae et la Natun da Beaa,,
âe maugurent, un genre de cliuata.ijon littbmép
ont iata!'.,.unf ~rnble de ~ O D S peu cohhen
17-de hètivid
. f) dans ce inouvement de dissoluti
e. 8 é8ociàlisation
rement le l'OmaDliam · , : no111 nommona
L'effetveacence
rcpaa· d'avoir éW
tenu. les événements socia ~ lei tluaux
'JUicherche dansPqfliquitéunm:,~~!&gt;~~ celle 1'
8.a.a1•tionet
tuer l'héroleme• Les a.n,œ
ft ...:ft•tes et amateurs
.
' les médailles, les camées et 1
~ t Jee bas~omment inévérenciEusemen:S ~ t s , que d'~ummutie d'antiquaire d un soue{:! ~~' avec
t tout mouvement imagm· tif ,.,, xactitude qm parairitualiste,
a · ~ est à une méta . ~
. .
à un moralisme simplet qu'il d---f.:.-7-ttion. Dans le retour à l'anti
~ t leur
?ÏJ\Capacilê de lihére la que ~riconisê par VJ.eD ·ae
. et moraux et de r:tro~tion des cnrnmentmea
&amp;tl88in. Impuissant à do .
les pnoccupatiou d'un
ntradictions de
mmer les ~uctuations du goti et les
sa nature, DaVId n'ab&lt;ïrde d ...a_1. __
grecquè, enohêuée dans la ·
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d.: d1lx

ublicame 1tux blandices pierre que pour allier l'auat6mé
à l'imiiation des f
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�946

L'ESPRIT NOUVEAU

par l' œuvre d'art, en donnant libre cours à la contemplation,
elles se confinent dans un mode d'abstraction sans rapport
avec l'activité artistique ; elles se condamnent à demeurer
sans contact aucun avec l'Humanité.
** *

C'est que, depuis.le xv 0 siècle, la crise trave~ée par la pensée grecque lors de l'apparition de Socrate se renouvelle dans
le monde moderne. Les acquisitons des physiciens et des moralistes, nos sophistes, sont simultanément exa).tées et mises
en question par deux civilisations qui s'affrontent et se disputent la conduite des esprits. Il y a la Renaissance, qui place
dans la fusion des arts, des beaux-arts Et des sciences la plénitude de l'effort humain, dans les disciplines consenties
l'équilibre harmonieux de l'intelligence et de la vie. Il y a la
Réforme qui fait tenir dans l'épanouissement spontané de la
conscience notre sagesse et notre destinée. De là les oscillations de l'Europe occidentale partagée entre l'intelligence et
la sensibilité, les sciences positives et la métaphysique. De là
les intentions qui font ployer un art trop chargé d'idées, de
croyances ou de passions pour rdrouver jamais la sobriété de
la statuaire grecque, la pureté plastique d'un Véronèse, la
sérénité de Sébastien Bach. De là les errements des artistes
chez qui les scrupules de métier, la réflexion et la conscience
s'atténuent au point de permettre l'improvisation ; les errements des philosophes devenus oublieux des limites de l'intelligence et de l'aveuglement des sens au point de devoir à la
cœnesthésie ou à l'imagination kur évasion hors de l'humain.
A trois reprises, vers 1750, vers 1810, vers 1860, la coalition des
puissances de sentiment venues de France, d'Angleterre et
d'Allemagne oppose au Cartésianisme l'esprit du Kantisme,
rejette l'activité artistique en deçà ou au delà de la vie et met
en échec l' Humanisme. A trois reprises l'humanisme reparait.
Dans les derniers temps, l'orientation de l'art cherchant à
pénétrer la vie moderne, son esprit scientifique, ses machines,
ses groupements sociaux toujours instables, les inquiétudes
de Cézanne, de Rodin et de Debussy ont rendu aux artistes
le goût de la méditation. Les combinaisons de lignes, de cou-

DES SYSTÈMES D'ESTHÉTIQUE

947

l~urs ou, de ?ons, l'équilibre _des volumes deviennent l'objet
dune reflexion assez exclusive parfois pour jouer hors des
li;Ytites de l~ représentation_. _Il y a là, _entre les moyens techmques de 1 art et les cond1t1ons humames de la création artistique, une confusion qui rappelle sans doute les pa,rti-pris de
Le Brun et del' Académie, mais qui atteste la volonté de restitue~ à l'a~~ivité artistique ~bâta:die par les esthéticiens sa purete premiere. Cette volante suffit-elle ? Toute rénovation de
la plastique_ne supp~se-t-elle pas ce qui manquait hier, ce qui
manque auJourd'hm: un épanouissement -des milieux humains. assez _intens_e ~our .di~puter l'individu au~ rythmes
orgaruques,_ a la vie !magma1re, au formalisme logique, et
pour nourrir ses passions.
Raymond LENOIR.

LA :E"B:@T@GRAJ.i!lD:ID
AVEO SBNSATIOH »B BELll:lU:"'
A une des ~er~ières sé~nces de l'Académie des Sciences, M. Louis Lumière a fait
une coi:nm~1catio~1 très mtéressante qui a été écoutée avec une vive attention, sur
la mamère d obte1:1r des photographies donnant l'impression du relief.
Les _photogra~bies qu 11 a montrées donnent de la manière la plus saisissante la
sensation du relief et de l'atmosphère.
Ce résultat a été obtenu grâce à un principe entièrement nouveau qui consiste à
-pren&lt;;Ir_e des négatifs d'.une série de plans parallèles d'un objet ou d'un visage, à la
condition que chaque image ne représente que l'intersection de l'objet par le plan
-correspondant.
En s_uperposant les positifs, examinés par transparence, on reconstitue dans l'es.p ace l'image de l'objet.
Il suffit de six épreuves environ pour obtenir Je résultat cherché.

Mo1:9ieur Edmonif P_érier . signa": que le paléontologiste Albert Gaudry a
découveTt en Grèce a Pikermi un gisement considérable d'ossements d'animau.'IJ
ayant vécu à. l'époque préfi,iatorique ; l'étude de ces ossements prouve que les ani'11l&lt;lt.JZ
dont ils con~titu~Î:nt les squelettes étaient analogues à. ceu:1J de r Afrique actuelle ; ce
sel;!ant déduit qu a une_ époque reculée la Grèce devait être rattachée d r Afrique et qu'un
climat anal?gue à ~elui de l'actuelle région tropicale devait y régner; il a isolé des osse•
ments de D~nothérmm, élé'phant à défenses recourbées, vlusieurs espèces de rhirwcéros
et un animiil analogue à rakapi qui existe actuellement dans les forets de l'Est africain.

�LA LUMIÈRE
LA COULEUR.
LA FORME
PAR

CHARLES HENRY

(Suite 3) (1)

J

vous présente (fig. 13) ce cercle chroma~iqu~ (2),_ qui r~présente sur la circonférence, de gauche a dr01te, a partir du
haut, les couleurs dégradées du violet au rouge ~t, sur c~aque rayon, chaque couleur dégradée du blanc au noir, le pomt
situé à la moitié du rayon représentant la couleur avec son
intensité spectrale : il présente en outre une dégrada~ion du
violet au rouge par l'intermédiaire du pourpre, qm ne se
trouve pas dans le spectre. Les 11. extrêmes du champ réellement efficace des couleurs sout sensiblement dans le rapport
1,5, l'intervalle de quinte : à partir du rouge p. = 6~6, raie C
du spectre solaire), chaque point distant de 45° figure, en
conséquence, par rapport au précédent, un rapport de ~réquences = 1,052. Ce cercle est, en somme, ~e dé!orma~10n
circulaire d'un spectre normal : c'est une representation obJective et sont telles, c'est-à-dire concordantes entre elles et proportionnelles à l' excitan~, le~ réactio_ns élémen~air~s d? ~• être
vivant (un muscle peut etre rntercale sur un c1rcmt telephonique). Le rouge est en haut, le jaune à droite, le vert bleu en _bas,
le bleu à gauche. Cette association de la couleur avec la direction peut paraître étrange à qui ignore la liaison profonde de
nos sensations et de nos mouvements et méconnaît la forme
E

(l) Voir les nUJ11éros 6 et 7 de la Revue,
{2) Hors-te:i..-te en tête du pTésent numéro.

LA LUMIÈRE, LA COULEUR, LA FORME

949

circulaire imposée par notre organisation aux mouvements
de nos appendices : elle est établie par un grand nombre de
faits, dont je vous dirai quelques-uns, en particulier par les
illusions d'optique.
Les Grecs et les verriers du moyen âge connaissaient les
apparences rentrantes (directions d'arrière en avant) des rouges
et des verts, saillantes (directions d'arrière en avant) des
bleus et des violets. Je n'ai pas retrouvé mes anciens cartons
monochromatiques : un carré rouge et un carré vert paraissent toujours plus hauts que des carrés bleu et jaune, rigoureusement égaux aux premiers. A travers des verres colorés
aussi purs que possible, par ex., des verres rouges, cherchez
à rerroduire des traits verticaux, vous ferez des eITeurs systématiques en trop, parfaitement appréciables, si vous remplacez le verre rouge par un verrê bleu. A travers un verre bleu,
c'est sur les reproductions des lignes horizontales que porteront
les erreurs systématiques en trop. Il nous est même arrivé de
prévoir, par des expériences de ce genre, la composition de
verres colorés~ que nous indiquait ensuite le spectroscope.
Cette association de la couleur et de la direction est le principe physiologique de la polychromie. Je vous présente une
vieille affiche de Signac, qui a orné longtemps les murs du
laboratoire. Il a inscrit ses lettres dans le cercle chromatique,
en les faisant tourner d'angles variables suivant les lignes de
l'affiche: d'où des changements systématiques de teintes,
intéressants, quoique le lavis ait souffert, en maints endroits,
de l'humidité.
Cette association d'un excitant avec une direction se retrouve dans les sons ; mais il y a un renversement. Les couleurs, quand le soleil est bas, c'est-à-dire quand l'absorption
atmosphérique est la plus forte, ont des énergies qui décroissent régulièrement, quand on va du rouge au violet. Nous
représentons par des directions qui coûtent plus ou moins de
travail à notre appendice droit, si nous sommes droitiers, des
énergies plus ou moins grandes. A égalité des sensations, les
grands À des sons graves ont plus d'énergie que les petits À
des sons aigus et pourtant nous disons des sons aigus qu'ils
sout hauts, des sons graves qu'ils sont bas. Les Grecs faisaient
l'association normale, quand ils considéraient comme hauts,

��B
B

A

tion ., en raison des excitations motrices, produit.es par là
lumière, qui s'ajoutent aux déplacements de l'œil et, qui
agrandissent soit le fond, soit le cmé.
Voici une expérience nouvelle. qui nous a été nspde
par un petit jouet allemand. Mettons l'une au-dessus de l'autre

ces sections identiques de r.ones circulairesA et B(fi_g. i5) :-la
sectionB, qui est enhaut. paraltsensiblement plus petite que.A.
Ceci s'explique. si l'on considère ces zones rooune identüWea
à des 81'CI de oercla concentriques, tracés par un de nos ap,-.
dices autour d'un centre; situé en bas, dans le cas de la figmê.
et doJdi la position eat liée ici à la situation de la concavill
deA;commel'arcde cerclemérieurestleplus graad,lamne~

sitœa SUI' eel 8'0,nOUS parait trop petite~ rapport à ce6 81'0
et
à la limne, nous identifioDS l'arc extériêur awo

com--.

_..,i u, .i .._.,__, .,.,_.-,.
le ceDke des arcs concentriques en haut, œr on a Bargi8èlili,-.11'. -

I, ......

.blement les ~nes ~ allant de haut eu. bas; œœ plaçons ce
eentre au p(&gt;Dlt d'intersection des obliques qui défi»îMellt

�954

L'ESPRIT NOUVEAU

LA LUMIÈRE, LA COULEUR, LA FORME

les zones; c'est toujours la section. de la 'zone la pl~s éloi:
gnée du centre d~s arcs de cercle virtuellement traces, qm
parait la plus petite.
. .
Voici (fig. 17, I) un carré exact et II, un carré Juge tel par
l'œil de Helmholtz : ils paraissent plus hauts que larges;
le parallélogramme incliné vers la gauche me parait plus

955

dépenses dans le ~as de la vision ou avec déplacements del' œil
ou avec mouvements de la tête. On admet que les longueurs
apparentes des droites dans ces différentes directions sont
proportionnelles à ces rapports. Quand il n'y a que des mouvements des yeux, les grandeurs apparentes de la verticale, de
l'oblique inclinée à gauche, de l'oblique inclinée à droite, de
A

Fig. 18. - Parallélogrammes inclinés à droite et à gauche.

grand que le parallélogramme incliné vers la droit; ~fig.18).
De même (fig. 19), le cycle A, dont la tangente superieure est
dirigée vers la gauche, la tangente_ inférieure dirigée vers la.
droite, ce qui définit le sens de rotat10n du cycle,.n:i-e parait plus
grand que le cycle B, dont les tangentes sont_ dmgees en ~ens
inverse. Que A soit décrit par la.gauche, qm est plus fruble,

Fig. ~9. -

!.

Fig. 21, - L'horizontale touchée par des obliques.

par définition, chez un droitier,_ ou par la dr?ite, do~t les.n:i-ouvements sont orientés en sens inverse, la depense energet1que
est plus grande: d'où l'illusion; elle se renverse pour les
gauchers.
.
Le travail dans des plans nous cou~e des depe~ses ene_rgétiques qui décroissent dans l'ordre smvant: v:ert1cal, obli411;e
incliné à gauche, oblique incliné à droite, horizontal. Ces_ depenses sont dans de certains rapports avec la dépense statique
pendant le repos. On peut calculer les rapports moyens de ces
,

l'horizontale sont respectivement: 1,35; 1,27; 1,2; 1,12; d'où
(fig. 20) ce carré théorique apparent, qui me parait plus
.
1,12
large que haut; le rapport théorique 1135 entraine l'erreur,
1
trop forte pour mon œil, de 4, 9 : Wundt admettait, pour le
5

Cycles diTigés à gauche et à droire.

A

C

Fig. 20. - Un carré théoriquement apparent.

sien, l'erreur, légèrement moindre, de

B

A

•

1,35'
J)

•

Ces nombres permettent de calculer les erreurs d' appréciation de rayons quelconques, les angles étant supposés appréciés correctement, des angles, les rayons étant supposés appréciés correctement et de déterminer les corrections nécessaires pour produire l'apparence d'une valeur donnée dans
une droite ou dans. un angle. Le calcul prévoit què l'angle, sous
lequel nous voyons la lune, est d'environ 1/9 plus grandàl'horizon qu'au zénith. Un angle de 45° à partir du zénith est apprécié égal à 67°: le calcul indique 66°,6. Un angle aigu paraît

�•
L'ESPRIT NOUVEAU

956

LA LUMIÈRE, LA COULEUR, LA FORME

plus grand qu'il n'est, l'angle obtus supplémentaire, plus petit.
Ceci explique une illusion importante: la concavité dirigée vers
le haut, de l'horizontale, qui est touchée à partir de son milieu
par des obliques, qui font avec elle des angles successivement
aigus et obtus (fig. 21). Le carré apparent prend la forme
échancrée (fig. 22).
Nous pouvons aborder un sujet qui m'a toujours passionné,
la restitution des illusions d'optique des architectes du Par-

~/

fir---J--'-------l_i___::::::.,~
,,

I

...... _

•

1

1

1

/

l

Fig. 23. -

L es illusions dans la façade d'un teniple.

j

! - - - - - l - - - - - - - - - - 4 --- .:,
;

'

1

t-tJ, _-·-·· - -1.i~ · -- --- ----- --~
i. -. -··-·-··--t..~1- .. . __________ J
Fig. 22. - Les déformations du carré.

thénon, d'après les corrections qu'ils ont fait subir à la verticale, à l'horizontale et aux angles. Ces illusions n'ont pas été
corrigées pendant très longtemps : cependant elles persistent
encore très fort. Placez-vous sur le boulevard Saint-Michel,
en face de la rue Soufflot ; regardez le Panthéon ; les colonnes
paraissent diverger en éventail, l'architrave s'effondrer au
centre. Ces illusions ont paru frappantes à toutes les personnes
auxquelles je les ai signalées; il serait donc intéressant d'en tenir
compte. Elles constituent le contraste dans les formes: d'après la
loi de l'auto-régulation, tout travail dans une direction entraîne
un travail dans une direction contraire, qui tend à annuler le
premier et ramène l'énergie au zéro de la dépense statique :
cette double réaction constitue la dépense de la droite dans

Fig. 24. -

L'entas-is.

957

�A NOS ABONNÉS

·'! ll. les libr?ires ayant adopté l"usage de renouveler leur étala
1

958

L'ESPRIT :NOUVEAU

la direction considérée. Les rapports de grandeur apparente
calculés pour les droites, la représe1itation exacte des angles
étant assurée, valent pour les angles, quand la représentation exacte des droites est acquise ; ils valent donc pour les
couleurs associées, on l'a vu, à des directions ; effectivement,
l'on retrouve, par cette voie, les rapports très différents des À
complér.•.entaires.
'
Dans la figure 23, les angles obtus ex, ~' ~. c paraissent }llus
petits qu'ils ne sont; les yerticales des colonnes s'inclinexont

mois, la parutwn au ~5 est devenue défaçorahle. Nous avons
reporter au 1er du rrwtS la parution de notre revue.

e le

,ter

du

do!c décidé de

.Al~!. NOS ABONNES continueront à être serçi.s "les premiers, une
semame a"ant la mi.se en r,ente.
LA COURBE DE NOS ABONNEJ1ENTS

....

f-+-

ERRATU.U: llors-tcxle DERAIN, page 885, li,1tz 1008 au lieu de 1918.

REMPLISSEZ LE BULLETIN Cl-DESSOUS :
Soct.t6

ÉDITIONS DE L ' ESPRIT :NOOV:lOAU
Anonynie au Capl.lal cl• 100.000 Franc■.
SI'«- Social: 29, rue cl'Aatorc, Pari■

Fig. 25. - Façade corrigée d'un ttmplt.

en dehors et les horizontales se creuseront ; les angles aigus y
et 8 paraissant plus grands qu'ils ne sont; les marches et l' architrave se creuseront: c•est l'illusion de la fig. 20. Craignant
que la colonne parût s'évaser par le ha.ut, les architectes du
Parthénon en ont renflé la portion médiane; c'est l'entasis
( fig. 24). Bref, ils ont corrigé dans le sens de la figure 25, qui est,
bien entendu, une exagération. Les motricités, qu'impliquent
ces corrections, sont plus grandes que les nôtres ; elles sont
liées à ces sensibilités également plus grandes qu'impliquent,,
nous l'avons -vu, de moindres persistances d'impressions; d'où
une évolution, qv'il serait possible de préciser, vers des états
plus subjectifs de fatigue.

L'ESPRIT NOUVEAU
paraia■ ant

LE NUIÉRO

! FRANCE 8 Francs
l ÉTRANGER 7 Francs

i. ter de chaque

(Français)

L'ANNÉE

mol■

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Jt.. OOU! prit. de m'
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- , . , du · · · · · • • • • • • . •., au pn.e
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NOM

f ra11C6.

SJ&lt;/NATURE

PROFESSION
.4.DRESSE

(à

suicire.)

CHARLES HENRY
Directeur du Laburatoirt de Physiologie
dt~ Srn,alicms, de la $qrbo11ne.

Repmpµr, détacher, et retourner aux Edition., de ,. L'ESPRIT NOUVEAU ,. .,
,
ans.
.9, rue d Astorg,

A NOS ABONNES
A la suite des récentee augmentation, d tarif!8
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doit Mre maj~ré d'un franc pour frais.
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pos ux, I.e moindre recouvrement par la poate
Afin d'éviter cette ma'oratl
bo
le montant de leur abonnefuent.on, noe a nnés doivent no111 adresser, dès à présent et directement,
1

52

�FAUT-IL BRULER LE LOUVRE

RÉPONSES A NOTRE ENQUÊTE (FIN)

FAUT•IL

BRULER LE LOUVRE?

?

961

Le Louvre e,t dan! toute forme figurée, il t8t dans !ous le$ ye_ux ~ dans quelques cœur s L'otwrier qui devant un 1Jla.tisse, dit • Mon gos!le en ferait autr:mt 11 -porte le Lauvrt:
en lui incon•ment et pe,a-eire satw y avoir jamais été.
Le Louvre nous est intégré.
,
Henri HEIMTCK.
Plus q~ parricide, ce serait sui~de. Y pense-t-on ?

Non, mon Di.et,, non, car ils z1ourrai~ échapper auz f«zltWl.es, les !leissonier de la
collection Cliauchard J
VmcENT Hu.mo:imo •

•••
Oui. 011 doit br,îler le Louvre. ll contient peut-être des chefs-tFœuvre. ll en contient
mbne beaucoup t·rop. Le speetacle que nous proposent Vinci ou Raphaël n'est, il faut
bien le dire, d'a·iwun enseignement aujou:rd'hui &lt;rn chaque pe:intre qui nait se propose de
tout créet et de tout refaire. Que lui fait l'antique vision cfes peintres défunts, cataloguh,
eœ:pertisés ? Il peint avec sa seule chair, avec sa 11eul.e inquiétude, et ne doit pas trouver
chez les Anciens, eœc-use à ses hardiesses que ceure-ci instinctivement ont prévues sans l~s
réaliser. Ces hardie11ses, elles sont, en lui, prêtes à se corrompre ou à se ternir s'il veut
leur (iimner raison en invoquant les Ancien.s. Ce qu'il doit peindre, encore Ulle fois, c'est
Loufa El:r:m.
Oui, il fmit .le briller. La confrontalion des œ:u:1,vres qu'il contient et de celles que no.~
contemporains produisent est toujours préjudiciable à ces dernières, quand elle n'-est pas
mortelle.
Oui, il faut le brûler, dans rintéret m€me de. rart: le nmnbre des sujet.s qu'un cerveau
hum&lt;Lin peut cmuieooi.r est lî:mité; nous sommes .donc con.damnés à 'l'IOus répéJ.er; si nous
conservons soig1leUSerrnmt t(Yl.(.ŒS ca rcliqttes dans des musées, je ne donne plus 100 an,s
avant (_[Ue l'art soit mort de pléthore et tf. ennuyeuae monaUm:ie.
Des chefs-a' (J':W)re di'lparaUront ? Qu.el est le •mal ? Au co:ntrai.re, leur destruction les
parera, dans les sUcles, d'une légende de beauté invérifiable dont eu.1! et leurs auteurs
bénéficieront. Qu'nuc:u.ne œuvre à' Apelle ne nous .ail été comeroée, cela a-t-il nui " la
c'élébrité du peintre grec et conlmrié la contintiitt de l'art pictural ?
Quand nous n'aurons plus de Vin.ci, plus de Raphaéf.; plus de Rubc11.~, plus de
Rembrandt, plus de Watteau, g:uan.d tou8 ces ét.alons ·metirtri.ers n'obsétleront plwJ nos
yeux blasés, Mus aurons alors, auteurs et spectateurs, ceux-là la conviètion joyeu,.je et
stimulante de faire du 1wuvea1i et ceux-ci la fralche et savoureuse impression à' en admirer.
Oui, il faut 1Jrli.ler le Lrncvre; il faut q1M. ce ehœur assouraissant du passé se taise.
Pourtant, si fon t.rou:œ q_UIJ e'e.st aller wi veu fort, ne le .br-alotu pas ; 1na.i-s fair.ons-:/e
disp.arcdtre néanmoins, d'une manière moins brutale. Et, sac1'ifiant à l'utilitarisme q1.1i
e.sl le grand moteur Ile notre époque de reconstrnctwn, vendons ses collectüms, dispersonsles a-uœ enchères. Que toutes ces amures vieilles s'en aill.ent s'e1iterrer dans le mystère
de q,re'lque salon prii;é pett accessible rl'où. leurs voi~ i-solées, ai on les entend encore,
seront trop faibles pou·r distraire et détourner l'attenti.on cle l'atii.~te et&amp;: la critique.
Camille l\lATliY.

• **
C'est i1wtile de le brûler parce que je l'ai dé/à àrûlé en dedans, quand u~ chose est
brûlée en dedans elle est al.lSsi bralée en dehors.
l\1ichele GASCELLA, pittore.

. *.
Celui qui a vomi, sa.it-il où est le défaut. Dans son esto1n,ac ou dans l'aliment ? Coni111.ent pourra-t-on retoitrner à son vomissement, si quelque jour on se sent de ta-ille à r ass-imiler ?
Il .frmt garder le Louwe comme un témoin permanent de notre indignité.
C'est not11e pierre de touche, aul'"ions-nous la ldcheté de l'abolir 'I
Ce serait parricide au sens le plus net. Et combien inutile !

Il faut briller le Louvre, hôfiel où ronfait awre chose que de l'art et entremet autre matière que la beauté.
,.
,., "'"" •
Jl faut. briller Chauchard-Haza.r-Lo1.1;1rre à cause du. nom ([U il a ~TP~- 7o-J=,on
pou.rra dispenser ces dtu.t:PALA..cES du 11ac1Mr s'iïsconsentent àrestüuer l ttiquettequ Us
usurpent, à cause des services -oénusiaques que l'un et rautre pe1.ivent rendre.

René-Louis DoYON.
Ah / certes oui I brûlons le Louvre.
Le Louvre est une tent,ation.
Et c'est un éteignoir.
Jl trompera les cr~ations tie demai·n, comme il @r:ugle - ou dh»urage - les créateurs
âaujourd'hui.
Qitandil les inspire, c'est pire.
A quoi sert-il - ou à qui ?
•
Rien n'est ooin, pour un art-iste, comme de chercher sa personnali~ datl,8 la personrtaiité d"es autres - eussent-ils du génie.
•
Le génie - et le talent, même - n'admet poi1it à'&amp;ole, ni de 1l"IO&amp;le, ne ~~nait q"! ~
1,ropre règle, qui est de n'en p(l8 aooir, et n'obéit, souvent obs&lt;:urtmenl, qua une discipline, au vrai, sévère : la sienne.
La dépcndanœ est e/llclue de roriginalifé.
.
Notre tpoque, parce qu'elle végète dans rcmibre maléfique d~ Passé, est une ép_oqtte
liâtm-de. Le Passé y pèse sur tout, y corrompt tout, y ~touffe tout.eJ~sse, toute hardiesse,
toute énergie.
,
,
•
. Brisons l'esclavage du Passé. Evitons_ do~~ la c?n(enip[.(i~ion du Passé, car c est vivre
daii.s le Pa.ssé- alors q~, seul, un avenir mril doit émouvair nos penstes.
Cessons de vivre dans les cimdières du Pagsé, &lt;mt!C les morts.
Notre vérité n'est pas d'hier 1 elle.est d'aujou:rd'hui.
On ne mt qu'avec l.a vie. On ne crée qu'en elle. L'arl doit itre viva,if. Un art qui se
sot1vient du Pasllé n'est pas vivant.
.
.
,
La 'IJie point m hante les sépulcres -_ni la vérité ~ctuelle ~ la vie. Car rien n est
vrai que pendant son cycle vivant. La vérité, une et universelle n est pas.
.
Il y a votre vérité, d vivants, comme il y a votre b;auté. Elle_s sont en oous, qui et.es la
vie. Elles ne sont qu'en vous. Votre vérité n'est pcnnt la vérité des temps précédents.
r otre beauté ne ressemble à aucune autre beaut.t.
.
Etes-vous fous, pour demander à la pattSsièTe des temps anciens, la vérité de votre
temps ?
Qu'allez-vous faire au Lou'Dre ?
•.• y poursuivre, ailleurs q,.fen vous, le r2~ humilié àe la beauté future ?••• Offrez
des chourA} en p&amp;ure à la vie, alors .•. et ne disputons pl:u.s rr AJ·t I
Georges d' Aoo•

Au cours d'une visite que je fis au Louvre, il y (l quelques sem~ines, j'avou._2, à ma
honte, avoir éprouvé une vive sensation d: ~rt et une profonde émotwn. Il est évident que
je suis intoxiqué par les f&lt;&gt;rmules convtntianrielles.

�962

L'ESPRIT NOUVEAU

RÉCLAMEZ

Par contre, reœamen des œuvres de Braque, que l'Esprit Nouveau vient de reproduire dans son dernier numéro, m'a plongé dans le plus profond ahurissement - il est
certain que mon intelligence est trop étrr,ite pour en saisir la beauté, voire même pour en
cmnprendre le sens.
Si je voulais résister à la noble pensée des destructeurs du Louvre, je ne pourrais me
pr~aloir ni de mon infériorité intellectuelle, ni de fintorication chronique de mes centres nerveuœ.
Bnllez donc le Louvre, Messieurs les Incendiaires; mais comme vous m'aurez
gratuitemtmt privé d'une grande source de jouissance, vous ne trouveTe::; pas e;i:cessif que
je vous inflige la peine du talion.
Je m'adresst:rai, pour cela, non à vos impressions visuelles, mais à vos sensations gusttnives et transporterai simplem~nt vos méthodes dans r a:rt culinaire.
Depuis des siècles, vow, subissez le joug d'un odieu:JJ traditionalisme : L'infâme
Brillat-Savarin et ses émules ont déformé votre jugement en le subordonnant à des routines dont il est grand temps de sortir.
Vous n'aurez d011C point à vous plaindre si j 'applique d'autre part le système de Braque qui uous est cher.
Or, quel est ce système : point de Tègles, point de lois, point de connaissances préalables, libre manifestation du génie inné, en empruntant aussi pett que possible les arrangements que la nature fait tomber sous nOs sens.
Exemple: L'œuvre reproduite sous le titre plein de finesse et de poésie - Buute-i.lle
de Rhum et Mandoline, darut laquelle nous crowms trouver un fragment d'étiquett.e portant le mot Rhum égaré au milieu d'objets informes dont quelques-uns rappellent vaguement des débris d'instruments de musique.
A r e:umple du nooateur, nous allons confectionner, à votre intention, un mets digne
de récole cul&gt;iste, mets que nous désignerons sous le nom de " Sole et Artichaut ».
Sa sublime composition consistera à mélanger en proportions convenables quelques
arêtes de sole, de la graine de lin pilée et des cafards 1:rroyés auxquels nous aurons ajouté
de la mélasse, un peu de moutarde el une petite quantité de foin d'artichaut. Une sauce
au safran, quassia amara, angélique, tabac à cJtiquer et coquilles à' œuf finement pulvérisées complélera cet liarmonieu:JJ mélange.
Ce sont de tels aliments que vous devrez manger, Messieurs les démolisseurs, si vous
détruisez notre Louvre et c'est alors, et seulement alors, que vous deviendrez logiques avec
vous-mêmes.
Auguste LUMIÈRE •

LE VÉRITABLE
L' AUTHENTIOUE

NANT'ERRE

•••
Lorsque des athées ont protesté du bombai'dement. des cathédrales, il ne faut pas s'ét.onner si des iconoclastes de l'art s' écrient à leur tour: Gare I Ne tuucltez pas à cela.
Laissez le Louvre tranquille : - Donc, je réponds carrément non. CeuilJ qui posent la
questi&lt;m seraient les premiers à regretter la catastrophe. Et encore : pensez-vous !lU'un
autodafé semblable conduirait à quelque chose ? Le tableau le plus inoffensif aujourd'hui,
serait présenté, demain, comme un martyre. Et ce martyrologe ferait naître un prosélytisme des plus effrénés.
AJfons ~1ASERAS.

I

A LA MARQUE DU POMPIER

Essayez toujours, vous verrez bien si les • Pompiers • d'en face arrivent à temp11 I
ANnRY•FARCY.

Conservateur du Musée de Grenoble.
" L'ESPRIT NOUVEAU " ne réclame pas la destruction des quelque cent
chefs-d'œuvre qui se trouvent au Louvre.
L'enquête ci-dessus n'était pas si futile que îa.

N.D.L.R.
FOURNISSEUR DES GRANDS MAGASINS DU LOUVRE, DU LUXEMBOURG DE L'ÉCOLE DES BEAUX-ARTS ET AUTRES MONUMENTS

�•

BIBUOflllAPHIE

ISTE DES OUVRAGES REÇUS
LES ~ REÇUES

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Le llaeme de l"luee, Pula.
Omnla, Parla.
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LaGed,e,Pario-

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L
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del l ~)'llque
et de Mon1e,
Parla.
La GNDdo Revue, Parlo.

LaVle,Pum.
La Bebdomadairo, Pulo.
Le ...... - . . . Pula.
Leo Prlllllli?M, Pari,.

Lel)tna,.Pufo.

Lei Berita Nouveaux, Paril,
L'Amour de I' Art, Parla,

Leo=-·

Leo
Ll-,Parlo.
B. O. N~ Parlo.
~ o o , Pmlo.
Lltlb: : ne, Paria.

Pl-,L:,oa.
C.M.D.LPilrl8.
Le BaDetln de la VIe Artillllpoe.

I.allevaoll~La
L. _ Lorraine,
·-· •
Le Calepin de Parlo, Parlo.
Cû!- d . . . . - . Plulo.
Zlalar, Parla,
La Vie deo Ldtrs, Parlo.
Leo Cablen da Travail, 1w&amp;
L'Espamion, Parla.
LeClirnet dela S&lt;maino, Tbe Dlal, New-York.
~Lelpola.
'Ille
n e ~ n e• . - .
La Revue

,oc1~. L a -

.. Genne, Genhe.
La antbolosl'lae, Tlmls.
La ...... Rome.
La~L a - - · Coluancla V&lt;III
Buœlona.
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LaC.-,N=
C..-.. d'At
ta, lloma.

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L'Art
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La~ : t MD • Saint-Aotoinr, Anven.
LaNeme,-le-Comte.

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Der Cloonlae, Lelpzill,

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LitlffllturoolGûarddeLacaze-Duthi&lt;D
L'Unltl: de l'Art

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                <text>La revista “L’Esprit Nouveau”, cuyo título es un homenaje a Apollinaire, y subtitulada Revue Internationale d’Esthétique. (en español, El Espíritu Nuevo) fue una importante revista de arte francesa, publicada entre 1920 y 1925. Alcanzó los 28 ejemplares.  Con un promedio de 100 páginas y con imágenes en color, fue la revista del movimiento purista. Su ámbito fue internacional, llegando a alcanzar bastante difusión en países como México. Su eslogan era: “Hay un espíritu nuevo; es un espíritu de construcción y de síntesis guiado por una concepción clara”. fue dirigida en sus tres primeros números por uno de sus tres fundadores, el  poeta dadaísta Paul Dermée, (fue importante colaborador inicial, pero sólo participó durante los primeros siete números), Amédée Ozenfant y Charles-Edouard Jeanneret (Le Corbusier). Colaboraron poetas, artistas y músicos como Aragon, Bissière, Breton, Carrà, Cendrars, Cocteau, Éluard, Max Jacob, Lalo, Milhaud, Raynal, Satie, Tzara.</text>
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            <text>https://www.codice.uanl.mx/RegistroBibliografico/InformacionBibliografica?from=BusquedaBasica&amp;bibId=1752865&amp;biblioteca=0&amp;fb=&amp;fm=&amp;isbn=</text>
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              <text>Ozenfant, Amédée, 1886-1966, Fundador</text>
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              <text>La revista “L’Esprit Nouveau”, cuyo título es un homenaje a Apollinaire, y subtitulada Revue Internationale d’Esthétique. (en español, El Espíritu Nuevo) fue una importante revista de arte francesa, publicada entre 1920 y 1925. Alcanzó los 28 ejemplares.  Con un promedio de 100 páginas y con imágenes en color, fue la revista del movimiento purista. Su ámbito fue internacional, llegando a alcanzar bastante difusión en países como México. Su eslogan era: “Hay un espíritu nuevo; es un espíritu de construcción y de síntesis guiado por una concepción clara”. fue dirigida en sus tres primeros números por uno de sus tres fundadores, el  poeta dadaísta Paul Dermée, (fue importante colaborador inicial, pero sólo participó durante los primeros siete números), Amédée Ozenfant y Charles-Edouard Jeanneret (Le Corbusier). Colaboraron poetas, artistas y músicos como Aragon, Bissière, Breton, Carrà, Cendrars, Cocteau, Éluard, Max Jacob, Lalo, Milhaud, Raynal, Satie, Tzara.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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