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                  <text>IIEVVE INTEA.VA.TlONALE il,1,IJSTRÊE .DE L'A.CTl'f!ITÉ l:Ol'f'l'EJIPOIIA.lNE
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par

CHARLES LETROSNE

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précédé d'un ave:rLi~scmcnt de

D'ENFANTS

LES' LUNDI

LÉANDRE VAILLAT
OUVRAGE HONORÉ D'UNE SOUSCRIPTION DU MINISTÈRE DES BEAUX-ARTS

ET

BUT DE L'OUVRAGE

JEUDI

DEPUIS

@':-----:::--

e· ANS

COURS

Celle œuvre de longue-halei11e n'est 11as une étude d'urch~logie, elk a pour but d_e fou:mir a,u:
techniciens et au public les é1hnerrts d'une docwmen/atiorr S'llggesl'ive où l'architecture régionale li- .
mitée à l'architecture rurale est présentée sous un ,imtr nouveau, dans un cadre pittoresque; ka
planches en coulews, dessin ées en perspective, font reS.'!ortir 1tigoureu-scment le parti qui peut être
tiré du caractère topographique et géologique de,Ydiverses eonfréc.~ de la France. L'auteur a écarté avec
soin le.&lt;i formules trop savantes ou les décorations tapageuses : sans doute il est sensible ait charme des
vieilles JJierrM et des vieti:rjardins, mais sans s'a:lt&lt;irder à ne rouloir vi'l:re que dans la séduction
maladive d'une demeure anachroni(J'Ue, il leur demande ces méi.les conseils que Rodin quêtait auprà
des cathédrales de noire pays, et, 11a'l'ls se laisser prendre awr apparence11 trcrmpeuse11 -des choses
qu'ils créèrent, il interroge le mde bon ,'!ens des artisans tf-a:uircjai.s, afin qu'ils l'i.tident par leur
e.i::emplc à constmire la maisou de demain.

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originaua;, tfrage limité à 2.000 exemplaires, tou.~ 1111mérotés, reliure d'art,papiers de garde inédits.
l,e papier du teœte, fabriqué spécialement à la cuve, est filigranémditre defouvrage. Ce dernier e,.çt
orné de 125 hors-teœte en couleurs rt&gt;produits par p-rocédi S']lécial et montés sur hollande de Zonen, le
te:1:le, composé en caractères elzévirs renouvelés des • grafit-is » italiens, est agrémenté de nombreuses initiales, de frontispices el culs-de-lqmpe origi11aUa',

CONDITIONS DE VENTE ET SOUSCRIPTION
Les eœemplaires souscrits avant tirage ne sont paiJables qu'au moment de la mise en vente de
chaque tome et proportionnellement (l'un frs : 150 . - soit rouvrage complet, fr. : 600. -). Les
tome.9 parus sont e.rpédié., franco de porl )lmtT la France ; port en sttS pour les pm1s élrarrf!,ers, r.ontre l'enooi d'un 11umdat-poste. ou d"iut rhèq_ue sur Paris représentant leur valeur. Les ra1rièti-011,&lt;r sztr
le pnpi.er de J)(;rmeftent pas, nctnellement, l'cm:oi de sp~cimenlJ: un exemplaire-type sera e:rpo.9é
chez l'auteur et chez l'éditeur. Toutes les t•tntes sont faites à compte ferme et mwun envoi • à conditio1i » ne ptut être consenti pour cet ouvr.age à tfrage limité.

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lopper le sens rythmique, d'en éLudier les lois, d'inculquer le sens métrique. La Rythmique
proposant à l'individu l'expérience corporelle, le rythmiden sera plus armé pour
poursuivre n'importe quelles études musicales, parce qu'il aura acquis les bases indisvensables.

Les Mairies, Les Ef!Oles, les Gendarmeries.
TOME Il

Les Palais"dejustice, les Salles de fêtes, le., Gares, ka Postes, les Ba1iques, les Cliniqu~,s, les Bains.
TOME Ill

ùs Auberges et II6tels, les Fennes, les Maisons rurale.~, les .Maisons d'arti.sari11.
TOME IV

Les Maisons bourgeoises, les Eglise,9, la Cures, les Cimetière,, les Fontaines, divers Projets.

La Rythmique donne à l'individu une
connaissance plus fertile de soi-même et fait
un individu mieux organisé, mieux armé pour
la vie moderne, plus maitre de soi.
Les parents soucieux du développement
de leurs enfants doivent se renseigner sur la
rythmique méthode Jaques-Dalcroze.

La Rythmique e11 Amùiqu,e et en ,111gle1crre.
- La HyLhmique J aquPs-Dalcrozc . Pst pnseign6e acturlkmcnt dans la plupart &lt;les Lycé;s

en A-mériquc.

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En Angktc1Te 2500 curanls d adolescents
pratiquairnL régtLli(;lrement la Rythmique r.11
1\l19 ; acluP!lt'menL ce chiffre a doublé. Ln
Hythuliq\le esL à la l&gt;ai;c &lt;le. l'éducation &lt;le
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Supposons le propriétaire d'mie de ces voitures mon1.n1tanémeni privé de cliauffeur : il peul condiûre sa voiture 1 mise en CO ND U11'E IN'l'ERJEURE, sans, pour cela, figurer le chauffeur.
Le propriétaire ayant trouvé un chauffeur projette de ftiire un voyage à la montagne, avec sa fa•
mille... La route est longue /!! l'on partira de grand 111atin. Il transformera sa voiture en
CABRIOl,ETpou:r hJiter là fraicheur du matin (fig. 2).Encours dero1t1e, le soleil darde ses brillants
myons. Il fait chaud dans t'intérieur de la voilure, il la transformera c«mc en· TORPEDO, et
e'e.çt avec illlir;e que les occupants respireront l'air t&gt;if qui fouette agréablement le vüiage, par la
vitesse ac(f1.iise ... (fig. 3.)
Mais,les voici dans les Montagnes, et par la ltaut.e altitude et le.s cascades, l'air devient un peu plus
frais. Il serait pourtant dommage de fermer la voiJure, ce gui pr~cerait les voyageurs de jouir du
splendide spectacle offert par la Nature ... Comment faire JJOUT s'abriter de la fraîclie;ur et pouvoir
en même temps conlernpler les cimes des hailles man fagnes ? ?? Simplement laisser la capote baissée,
et relever tmlle.s glaces qui abriteront nos voyageurs de 7a bise•.. (fig. 4).
C'est avtc plaisir que nous indiquons une 11-0uvelle carrosserie, dont une seuÜ/ perso,me peul effe&amp;·
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�LETTRES

PAR

JEAN EPSTEIN

(f)

VII

J

indiqué plus ll!lut que la vie contemporaine ne peut aller sans traces d. e
fatigue intellectuelle comme une vie physique intense ne peut aller sans fatigue physique. Comment nier que Pintellectuel qu'est l'homme civilisé, tout
homme civilisé, l'ingénieur certes plus que le wattrnsn de tramway, mais
le wattman aussi, soit prédisposé à éprouver de la fatigue intellectuelle assez f:réquemment, quand il est évident que l'athlète e.rt prédispo3é de par ses conditions de
vie à éprouver fréquemment de la fatigue phy.;ique. Pùurtant l'athlète qili éprouve
cette fatigue n'est pas un débile. De même l'intellectuel n'est pas un débilité mental et nerveux parce qu'il éprouve de la fatigue intellectuelle.
Si l'hypothèse de la fatigue civilisée est juste, on doit en retrouver le reflet dans
la littérature européenne civilisée. Et c'est en effet ee qui a lieu. Je passerai toutefois rapidement sur cette preuve qui est surtout intéressante lorsqu'on considère
la fatigue intellectuelle non seulement comme civilisée, mais encore comme civilisatrice, ce que j'ai fait ailleurs et qui sortirait du cadre donné à une étude som•
maire.
D'autre part, seconde raison de ne pas insister, je crains, car on est naturellement
porté à mal généraliser sur ce mot fatigue qu'on estime toqjours péjoratif, en m'ét.endant trop sur la fatigue dans les lettres modemes1 qui n'est que la réverbération de la
fatigue géné~e du monde civilisé, sans démontrer en même temps les avan~ages
de cette fatigue, de faire croire que les auteurs modernes soJt, comme on dit, des
décadents, des diminués, des faibles. Ce contre-sens, je l'ai si souvent entendufaire
que j'en éprouve une véritable phobie.
Loin d'être un mal, la fatigue est un moyen d'entraînement. La fatigue forge
l'athlète, le coureur, l'acrobate, le boxeur et le penseur. C'est parce que ce savant
s'est fatigué plusieurs mois sur un problème qu'il en trouve finalement la solution;
ce plùlosophe doit à sa fatigue sa philOB1lplùe, le poète, sa poésie, et le civilisé, sa
civilisation.
La fatigue intellectuelle a fait que les anciennes formes littéraires ne nous émeuvent plus, comme elle fait qu'un réflexe nerveux s'éteint, et elle a donc contribué
en bloc, à créer les formes d'art nouvelles. La fatigue intellectuelle ou nerveuse fait
que ce qu'on regarde trop longtemps, trop continuellement, trop régrilièrement, on
ne le voit plus : les meubles de sa chambre, les bibelots de 11a table, le visage de ses
parents, les défauts de son ami intime, le paysage de sa fenêtre ; c'est donc la fatigue.
'AI

(1) Voirl'Esprit Nouveau, n°' 8, 9, 10 et 11-12.
Ll•i P.IEIUtOT

C'Ol...LEOTlON" S lM01""

JUA

GRIS

'75

�1432

L'ESPRIT NOUVEAU

qui détow:ne l'attention moderne des notions stables, des lignes immobiles et la
porte sur le mouvement. L'art statique est reqi.placé par l'art dynamique qui comporte par exemple, entre autres éléments, la métaphore de déformation et de mouvement, une véritable danse des idées. La fatigµe .rend les hommes impulsifs et spontanés, et, à lire les lettres modernes, on y note de l'impulsivité et une belle spontanéité, raison de cette sincérité sur laquelle j'ai insisté. L'exercice et la fatigue intel• ·
Iectuels créent la pensée ])ar images successives, intermittentes, la pensée-métaphore
favorable aux analogies les plus étonnantes, aux brusques associations d'idées, aux
raisonnements rapides dont les termes moyens ont été échopés, au plan intellectuel unique, à l'accélération onirique des images mentales, toutes choses qu'on retrouve dans la pensée moderne.

LE PHÉNOMÈNE LITTÉRAIRE

1433

minations des pyrotechnies où trente idées à la fois flambent, ronflent: fw;ent, _bnùssent et parlument; des images qui ne font pas voir, mais font décou;'1r,'I)révoll'? a::
ticiper et comprendre ; des images dont le nœud coulant fulgure et s abat, lasso 1~
tendu sur des nuques encore vierges de col et que celui-ci nous donne tout fréims:
sante; d'nne longue liberté ; des images nues et, ce comble, neuves ; ~nventeur q~u
use le premier du raccourei, qui brouille les époques, les date$, les pbeet~es-déplie
corwne ces panoramas qu'on vend en Suisse près des points de vue, _qm mnove
la concision, la précision et la suggestion, qui fore l'avenir .e t le présent d'une-seule percée, qui ajuste l'écriture Stll" la pensée, qui pose des pièges et y capture le momentnn.é, l'éphémère, le soudain, le mobile, le vivant ; qui découvre un rythme nouveau,
une pensée, une manière de penser nouvelle ; visionnaire,~ :voit ~us ~es rappo~, le
miracle continuel ; païen, il ne sacrifie pas au ma:rbre, mais à la VIe ; Jmprévu, aigu,
tranchant, il aperçoit des correspondances, il accorde le so~ à la coul~ur, et la couleur à la. forme, fa forme au rythme ; il veut un verbe poétique accesslble à tous les

-s~; a parlé d'hallucination, d' • hypnose ouverte ,, quand il fallait éviter_ surtout
à ce subtil maitre de l'observation du moi, les psychiâtries balourdes, médiocres et

I

A.rthnr RIIBAUD
Arthur Rimbaud, dont toute l'œuvre connue tient-ou tiendrait en un volumede
350 pages, et qui a cessé de produire à vingt ans, est l'écrivain qui a eu la plus forte
influence sur la littérature française contemporaine.
Comparable pour sa manière d'écrire et de penser à aucun de ceux qui l'ont pré•
cédé, il a, le premier, brisé sur un genou d'adolescent la cangue des phrases. Jeune
homme inexplicable, impulsif et brutal, si étonnamment et si universellement doué,
si intelligent que tous autour de lui, depuis le collège, camarades et professeurs, puis
hommes de lettres, ses cousins pauvres, s'ébahixent continuellement, jusqu'au jour
où Rimbaud brusquement B'est tu, les ébahissant une fois de plus ; révolté contre sa
famille médiocre, contre ses camarades médiocres et, de plus, jaloux, contre sa ville
médiocre et, de plus, petite, c'est-à-direextrêmementignominieused'esprit,contre
tant de littérateurs médiocres et, de plus, bavards, pompiers, têtes vides et mal•
honnêtes; voyageur•qui voyageait comme on s'évade, sans pouvoir échapper à cette
médiocrité qu'il haïssait ; liseur qui lisait comme on ferme les yeux, pour ne pas voir ;
hautain parce qu'il lui était impossible d'ignorer ce que lui-même valait ; violent et
brusque au point qu'il leva un bras armé au dessert d'un repas contre tel interlocuteur que les sarcasmes dont Rimbaud usait, écru;i.uffaient ; ancêtre à vingt ans, et
ancêtre aujourd'hui, quarante-sept ans après sa mort littéraire, encore jeune, pourvu
d'une plus féconde descendance poétique quetout autre écrivain; fauve, cruel; si beau,
dit-on, qu'il fut aimé comme une femme, et si ample son geste au delà du vice qu'il
J'enjambe et n'y touche pas ; artiste toujours, virtuose jamais, et c'est peut-être
paroe qu'il ne voulut pas, ayant -été artiste, devenir virtuose, qu'il cessa un jour
d'écrire, non qu'il n'ait plus rien eu à dire, mais plus rien, lui, à inventer ;poète sirespectueux de la poésie qu'il ne voulait en sa présence ni règles, ni lois, ni science, ni
critique, ni traduction, ni ordre, mais rien que la poésie qui grelotte nue dans un cer•
veau ; intelligent, trop, il·découvrit, penché sur lui-même, la poésie de l'intelligence,
la poésie des associations intellectuelles, des compréhensions soudaines, des illu-

goonnées. Rimbaud lui-même prononce « balluqino.tion 11, mais ne voii:on pas que
c'est une image comme toutes celles qui suivent et qui précède~t ? S~?lement,
mais enfin avec une certaine précision, Rimbaud sent que la poésie est mtimement
liée au subconscient. Ce que :u. Abraroowski vérifie pa:r des expériences ou des q~estionnaires, ce que de telles e~ériences moi je garde, votre horoscope, poètes, Rim·
baud le découvre, l'invente. La rime, la composition, toutes les règles, la 1:°étaphor_e,
même le sujet retombent à _leur vraie place d'accessoires. Les discuter ~e~lent puéril.
Derrière une basse porte de cave, insoupçonnée, surgit, coule et brwt 1 essence des
poèmes. Tant d'écrivains qui mirent l'œil à cette serrure sans pousser le bat1;~mt.
Rimbaud pénètre jusqu'à cette source et s'en saoule. Moment illustre dans la vie de
l'intelligence.
« Depuis ùmgtemps je me vantais de posséder tous lu paysageg possible.s .....
J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes ..... •

Mais l'homme n'était point mûr pour cette Amérique.
.
.
Comprendre que ces peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles . de sal.ti:mba,,,.,,,,,,, enseignes e,ll-uminures populaires ; la liitéra:we démodée, la'in d'église,
-,--,
•
.
·1
li
livres érotÙ]U".,s sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, peti.s vr~
de l'enfance, opéras 'Vieu-'.!}, refrains niais, rythmes naï'fs peuvent être et sont ~uss1
beaux que n'importe quoi qtù est beau, à condition qu'on les huile de sub6?~e1ent,
source de poésie, et qu'on les considère sous le jour parti_culi~ des états_s~bliminaux,
demandait une subconscience à îl eur de peau. Et cette situation superficielle du subconscient dont jouissait Rimbaud, anachrorriquement, pour sa gloire, n'était '?oint
encore l'apanage de ses contemporains, même les meilleurs. Des causes orgamquea
sont responsables de cela comme de tout. Aujourd'hui l'avèn~ent ~énétal de ces
causes commence. Et c'est pourquoi il y a une poésie nouvelle qm contmuera.
A tout prendre la poésie littéraire ou cinématographique, la poésie en ~néral me
paraît impossible sans la participation intense et particulière du ~ubcousc1ent.. Cette
vitesse énonne de pensée, cette compréhension rapide des analogies métaphoriques,
cette perspective unique du plan intellectuel, cette succession d'images-détails foi:it
fa poésie parce qu'elles embrayent la vie du subconscient et fouettent cette toupie
à cent miroirs. Les gestes des meilleurs acteurs d'écran sont poétiqu':8 p~rce ~.ue
toujours inachevés, esquisses, flèches, programmes, tangentes à uneréalisat1onqu lD•
terrompt un autre geste, un texte ou sobrement du film opaque, ils chargent le sut·

�1434

L'ESPRIT NOUVEAU

conscient de parachever leur devenir. Voyez le jeu de Sessue Hayakawa, les scénarios
de ~1. Louis Delluc. Et si tant de littérature académicienne nous excède, si tant
de films Rigadin-Navarre-Grando.is nous font hausser les épaules, c'est que le liubconscient n'y trouve aucun aliment.
Peu à peu le subconscient s'érode. La conscience claire, comme un halo, empiète
sur des couches toujours plus profondes et use les superficielles comme les marches
d'une crypte vers où rampent des genoux croyants. Tous les dix. quinze ou trente
ans on peut marquer une étape nouvelle en pro-fondeur. Sur l'échelle de cette géofacrnûe ei:plorée les dcgt-és s'allongent. Les poètes comme des sourciers indiquent de
leur plume qui, alors, vibre, les riches nappes souterraines. Parfois un effondrement
et une chute dans un sol sournoisement miné. C'est ce qui est arrivé à Rimbaud. Audessus de son cratère les littérateurs du temps se grattent pensivement le menton.
.Même Gourmont qui pressentit tant de choses (cf: La Culture du ldéu, La C'rtation
s1wconscienie), écrivit des phrases qui ont été pénibles à ma vénération de lui. Il y a
donc une ascension centripète, une montée en profondeur, Wl vol en dedans. Et "·ers
quel centre ? A travers quel axe?
Il existe d'autre part une loi de rétrécissement de l'intelligence, incomplètement
formuJée par 1\1. Matisse. li aurait fallu dire: rétrécissement de la sensibilité ce qui a
une autre importance. Plus la civilisation offre à l'homme de variantes sensibles, de
possibilités de perception, plus la sensibilité se tresse d'œillères et d'écrans, habitudes et fatigues, pour se protéger contre le surmenage. Cc qu'elle gagne en profondeur, eJle le perd en surface comme un objectif allonge sa portée aux dépens du champ.
Si on plonge donc en profondeur, cette plongée se fait en coin, en évantail tenu à
rebours. On voit moins, mais mieux. Vers un butoir inconnu les trajectoires convergent. Et vers quel foyer d'attraction cette spécialisation parmi tant d'autres spécialisations glisse etfilc? C'est un horoscope à faire. Je cherche les signes de ce zodiaque.
Observateur, comme tout poète sincère, Rimbaud engage la bataille contte l'inexprimo ble ou l" encore inexprimé ; .e t l'inexprimable recuJe ; des choses qui semblaient
indicibles sont dites, peuvent être répétées. li ne raconte pas un objet, mais se raconte à propos de tout. D ne dit pas un objet, mais lui-même au contact de cet objet
ou cet objet sombré en lui-même; toujours il se souvient, il induit, il se superpose
au monde et nous présente de ce monde plusieurs épaisseurs de mémoires, d'imaginations et d'analogies.
Tel fut brièvement Arthur Rimbaud dont l'apparition etla fuite ont quelque chose
de co mique, de divin, d'incompréhensible, génie, méritant exactement cette épithète vilipendée, et qui, s'en allant vers d'autres continents, cessa d'écrire au moment où tous les autres commencent, ayant dit inévoeablement, dédo.igneux de répéter, ne voulant pas ajouter aux découvertes des radotages de virtuose. D revint
mourir en France. Et, mort, il lui fallut supporter le faix des nécrophores qui voulurent redorer 83 mémoire à la manière des petits esprits goulus d'apprendre faussement que cet homme leur ressemblait.
Kon.
li oc leur ressemblait pas.
Voue connaissez ces pages qu'orchestre un rire de faune intelligent, ces poèmes où
les poinga gèlent dans les poches crevées de misère et de juste orgueuil, de jeunesse
qui n'a point connu la sérénité, de printemps qui éclate parmi les priapes, d'oraisons
qui fusillent le ciel et massacrent les anges. Les vingt ans y ont si beaux qu'ils devraient aller nus. Les bateaux• insoueïeuœ tk tous les tquipages •• y dérivent sur les
mers d'amour et de rythme
• ..••• où flouai.son blime
et ravie, un noyé pensif, par/ois descend. »

LE .PHÉNOMÈNE LITTÉRAIRE

1435

Les archipels se désancrent et on les heurte comme un corps de femme. Des vieilles
cherchent tendrement les poux sur la téte de leurs enfant~. Les voyelles peignent. Des
Sabines douteuses se pendent au poitl'ail du poète. Il y a des vertiges et des sileüccs
sonores comme un cyclone, des rengaines qui frémi ent comme des feuilles de saule,
la &lt; eiu....sCN DE LA:PJ..US BAUTE Toun I et les I F~TES DE (.A PAUi' ••
Aussit6t que fidée du déluge se Jm niaise, Un lilure s'arrl.a dans le, sainfoi111
el les clochettu mouvantes et dü sa priire d rarc-en-cW, à travers la toile tk rara,gnée, et le monde se reconstruit en deux pages comme la graine germe, pousse une
tige, des feu 1:es, fleurit et fructifie en deux minutes au cinématographe. Une flora:son de verrerie et de métaux couvre un satin blanc. Le fils de Pan creuse son rire taché de vin et d'ivresse, puis étire ses bras acrobates. LepoèteembrasseJ'aubed'l-tésur
la bouche, puis, étant ivre de ce baiser, danse. D danse jusqu'au soir et dételle le
corbillard de aon sommeil. Des villes surgissent, actuelles, géométriqUC3, cristallines,
huilées, actives. L'enfance mise en perce goutte à goutte s'écoule, lourde de désirs i nutiles, de souhaits baroques, d'invecti,·es, de désespoirs ; d'un promontoire s'apercolvent toutes les banlieues métropolitaines, les rails, les Splendid Hôtel avec leurs
terras.ses chargées de boi ons fraîches, d'éclairages et de voyages, les glaciers, ces
tortues carrossables, les volcans qui trouent cette sécurité, les quais, les tourelles des
canons à éclipse, les canaux, les galeries de l'art, les parcs. L'histoire, le conte d'une
royauté sans pouvoir, d'une vie d'ouvrier, la guerre, le désir d'être ou d'avoir été barbare, vingt ans, la dévotion à quelques mortes, • Une saison en Enfer » ou les souvenirs imaginaixes, tout se mêle, cuit et distille dans cette • Alchimie du Verbe ,.
• Celas'ut paaséje sais aujourd'huisaluu la beautt •·
C'est alors qu'il savait qu'Arthur Rimbaud s'est tu.
Et que Rimbaud, le plus grnnd écrivain de son temp&lt;J, ait soudain cessé d'écrire,
avant même d'être tout à fait orti de son adolescence, e'est ce qu'on appelle ale problème de Rimbaud •·Problème? Mais certes comme dans un problème la solutiou est
contenue dans les données. Le plus grand écrivain de son temps, c'est-à-dire pos édant une sensibilité, déjà du eul point de vue organique et cœnesthésiqne, en avi:.nce
de quarante ans sur la sensibilité de ses contemporains, Rimbaud ne pouvait être
que mal entendu. Pour un poète, vivre et créer dans un malentendu continuel est une
vie atroce. Et pour un poète qui estime sa poésie non pas comme littérature, c'est-àdire courbettes, gagne-pain, décorations, • cher moître •• cinquantième mille, ITUlis
comme l'essence, la rai on, et le eulmi.n ant plaisir de sa vie, qui aime sa vie dans sa
poésie et non pas sa poésie dans sa vie, mieux valait aller ailleurs vivre selon son
rythme libre que de le cogner à d sensibilités tardives, écoli_ères, lentes, envieuses.
n partit comme on ouvre une fenêtre.
De !"oxygène 1
omme il dut vivre de la poésie, manger de la poéùe, respirer de la poésie, dornùrde
la powe, souffrir de la poésie dans ses vagal&gt;0ndages . Londres, J'Ecosse, l' AJlemagnP,
les Alpes, Milon, Turin, ienne, Livourne, l'hôpitnl do Marseille, l'Espagne, les b:u:dcs carlIBtes, Sumatra, déserteur de l'ann(,c hollandaise, Bordeaux, pri.sonnier ·à
Vienne, Bavière, Charleville, Hollande, Copenhague, contrôleur de cirque à Stcckholm, Rome, contre-mnitre à Cl1ypre, Egypte, la mer Rouge, l'Afrique, Atlen,
armurier du Négus Ménaick, le IL.rrar.
Et tout ce qu'on ne sait pas.
Comme son silence suffit à punir.

�1436

L' ESPfüT NOUVEAU •

Blaise ·CENDRARS
Un homme a compris qu'il n'y avait Jk"LS nne minute à perdre, que la poésie était
en jeu, que le miel des rhétoriques ne servait plus qu'à fabriquer du papier tuemouches dont les mouches même ne votùaient pas.
Il s'est dit : « Toute poésie vient de vivre et y retourne. Il n'ont pas l'air de savoir
s'y prendre. Il faut que j'y aille. •
. .
,
.
. .
n a su nous dite que le journal quotidien, gras d encre hmrude, se lisait comme
un martyrologe et, maintenant, je ne sais plus faire sauter la bande des périodiques
sans sentir la vie, la large vie me s.ouffler au visage. A lui qui n'a pas voulu bav~nde.r
comme tout le monde,' ni tirer à la ligne, ni amincir sa vie à travers des filières, quelquefois un cri échappe, mais c'est t~ cri de poète, UD ~~ orch~~re.
.
Il a touché mon oreille de sa paroLe mesui:ée et mus1c1enne ; J entends :mamtenant
la musique automobile des rues et des usines, la pl~te colorée des ~i~es sur_le
mur, ces jaunes et ces bleus où -rebondissent des maJuscules, ce sourire 1mmobile
qui dit : pâte, savon, poudre, éli:xir. ,n a ~u voir que les mu~ des vill~ sont le décor,
préétabli des drames industriels. J'rmagine entre une machine à ~ : et un stylographe un suicide en habit, le faux-col déboutonné, devant le rcliquan:e du coffre.
fort. L~ jeunes gens s'embrassent sur le chèque reconquis. Il sent en musicien, en
peintre, en poète que cinq cent mille hommes sur deux kilomètres_ carrés, sup~pos~
par les feuillets des étages, travaillent, achètent, boycottent, vivent, - et il sait
le dite. Il transpose le chant des moteurs qui ronflent aux portes des banques, les
taches polychromes des robes, des vitrines, des lampes à arc et du soleil. Il sait
de ses imaO"es mouler tous les reliefs, toutes les p:tofondeurs, celles de l'architecture
humaine, du ciel rond au-dessus des têtes bosselées et phrénologiques, de la paume
des mains où l'amitié se retrouve et sombre dans une étreinte, des horloges qui
avancent. retardent et obéissent aux honunes mieux qu'aux planètes et ne marquent
plus qu'une heure de décret, de sorte qu'il n'y a plus de temps, celles des gares d'où
les rails luisants fusent pour trouer la distance de sorte qu'il n'y a plus d'espace, de
sorte qu'il n'y a plus rien, mais UJJ poète. Un poète qui entend crier les couleurs,
chanter la lumière folle, qui gémit doucement des souvenirs à la lune, une lune électrique pendue à une potence, qui vibre sous la caresse des express dont les continents
frémissent. qui écoute, désolé, le rythme des trains nocturnes et il note l'orgue des
freins qui à ce bruit de cœur m.a.lade met une sollI'dine, qui s'endort et puis se réveille sm les ponts entourés de vacarme métallique. Il est fasciné par les kilomètres qui grelottent aux vitres nocturnes. Il a pleuré sur les embarcadères parce
qu'il connaît, homme, le prixdel'amitiéd'unhomme. na eu le mal du pays, le mal
de tous Jes pays, le mal de toute la terre et le mal des planètes. Il a fermé les portières
avec ce geste sec, tardif, nerveux, courageux, soigneux des mains qu'il ne faut pas
pincer. Vodeur des gares le prend à la gorge comme une pendaison. na vu entre les
wagons les accordéons noira s'allong.e r, se raccourcù:, plier, déplier lel,l.rS r.ides et les
a entendu bêler sans arrêt un grand air triste. Entre leurs parois mobiles il ausculte
le rapide. Dans la nuit, aux portières, il a été lui-même le paysage, ombre sur le
talus, lui sur la terre, lui qui se penche, s'élève, s'étend, change de forme, s'enroule
autour des poteaux, se gondole sur les fils de fer, s'étale sur les fleuves, glisse sur les
quais des gares, et soufflette au visage les employés indifférents. Il a connu la grâce
monstrueuse de trente wagons se penchant d'un mouvement brusque sur la mer;
toutes portières ouvertes ou roule dans un courant d'air ; les mains aux poches on
titube sur place.

LE PHÉNOMÈNE LITTÉRAIRE

1437

Toujours il appareille vers autre chose; il attend. C'est plus fort que hrl ; il attend. Quoi ? Tout ; rien ; n'importe quoi ; une lettre ; un ami ; un télégramme ; un
journal; un livre; une. surpris:e; l'orage; Je soit; midi; une rencontre; lai-même;
quelque chose d'autre. Son œil jamais ne se ferme, son oreille jamais ne s'endo.rt etil
enregistre, recueille, module. Il sait voir- autour de lui la forme, la ligne, la beauté
géométrique, calme et parfaite d'un œuf qui satisfait J'œil et la main. Il n'arrive pas
dans une ville, mais y retourne et s'y reconnaît, s'y retrouve, s'y découvre-et sait
le dire. Il voit le bondissement de la vie et le note avec des doigts où il y a de la. musique jusque uousles ongles ,. Il perçoit le tressaillement de l'appareil MOl'Se comme
une prosodie, les marques de fabrique co:mmeune histoire colorée du monde, une
théogonie, une géométrie mythique. Pour lui les paysages dansent, coupés par les
poteaux télégraphiques, sur la portêe des fils. Pour lui les journées sont profondes,
inépuisables, remplies à déborder par-les vies des- quinze cent millions d'hommes qui
bruissent en tournant autour du soleil.
M. Cendrars regorge tellement de poésie qu'il en laisse, comme de la dorure, à tous
les objets qu'i:I touche, et qui sont désormais des reliques. Une boîte de conserves
et sa naïve étiquette résonne en lui comme UBe possibilité de poème, et la façade
des hôtels devient quelque chose d'énigmatique, monstre et douloureux. Il aime les
villes et les déserts. Il tremble de ce que peut contenir une boîte aux lettres - mort
ou naissance ou guérison ou faillite, etü y a des lettres qui se perdent-: il a laissé
des lambeaux de son épiderme à tontes les frontières, à toutes les latitudes, à tou.&lt;J
les méridiens : il a mis les horaires en musique, et un cœur, un grand cœur vaste
et dur, un cœur en floche.
II lui reste dans les pownons le vent de tous les climat.s, et dans les yeux la couleur de toutes les mers, de toutes les lumières, de tous les sols, dans les oreilles les
mots de tant de langues et les noms harmonieux et rudes des tribus indiennes, qui
sont ceux des E:i.iJress Transaméricains, et le silen'?e de toutes les forêts, de toutes
les solitudes, et sur les lèvres le goO.t de tant d'auberges, de bars et de sources.
Il n'est plus besoin de chercher la poésie dans les traités de mythologie, ni dans
l'histoire romaine ou juive ou pel.'Se, ni dans la vie des saints, ni dans les musées.
On peut donc être poète sans savoir que les Epigones furent les fils aînés des Sept
Chefs et périrent, sauf Adraste, dans l'expédition contre Thèbes, sans montrer qu~on
a lu Tite-Live, X(mophon, et l'Ecriture, sans être bibliothécaire ; et, comble, lui
connait pourtant toutes les bibliothèques. La poésie se trouve partout, à portée de
main, dans ces gares où nous prenons le train, dans ces rues où nous marchons, dans
la boîte du facteur que nous interrogeons et jusque dans le moindre pli de nos vêtements. C'est ainsi que :M. Cendrars a renouvelé la nature mieux qu'une époque
géologique, la vie mieux qu'une révolllt.ion, l'homme davantage qu'une guerre. Et
à la guerre, lui, poète, il a tué - et il a su le d:rre, musicien - et il y a laissé un bras.
Il a vu tant de visages gantés de verre, visages ruisselants de soleil, visages de toute
sa vie, visages nus que déchire un sourire, visages hâlés dans le vent maritime, visages déguisés, visages fatigués. Il est allé partout, et il est revenu parce que le retour, le retour est enco:i:e plus triste que le départ quand on ramène une ten&lt;hesse
éreintée de s'être tant promenée. Il a aimé, aimé la vie, le monde, la terre, l'Europe,
Paris, la France, lui-même, les autres, les continents, les couleurs, les lignes, la tristesse, les timbres exotiques, les enveloppes quî sont venues de loin, la danse des viJ]es,
la trajectoire pure des comètes, la littérature, le Christ, ses. amis, les jeux puérils de
son enfance, New-York, la forme des iles, l'odeur des vieilles reliures, la poussière
des chambres inhabitées, la rose des vents; les, cris des vagues, les grands voyages,
« la tristesse et le mal du pays ,, le plaisir d'être seul, la solitude d'être deux, d'être
plusieurs, d'être tout le monde, le frottement des foules,l'inqtiiétude, l'attente, et
encore Paris, « la tristesse et le mal du pay3 » : la vie. Et ayo.nt tout- aimé de ce!.

�1438

1439

L'ESPRIT NOUVEAU

LE PHÉNOMÈME LITTÉRAIRE

amour qui est identification et absol'ption, presque sacramentelles, un peu mage et
un peu diable, succube et incube, il a tout regretté, « lui qui est ébloui •·
.
Non, il n'est pas seulement le poète de la machine, ni d'un exotisme mod~rne, rail
ou paquebot. Pourquoi prescrire des limites et un ré~e à 1~ qui sent la_ VJe, t?ute
la vie, telle qu'il l'éprouve.Da écrit un poème de rmssel et d encens: et s1 le mJSsel
est de missionnaire barbu, grillé par tous les soleils, lavé par toutes les pluies et toutes
les vagues : et si l'encens est de fumerie chinoise, s'il sent le thé vert et la pirogue,
la pou.ssière des routes, les bouges de New-York et les épices, tout de même c'est
un missel et c'est de l'encens. Le père blanc qui a tant couru l'Afrique, mélange un
peu de nègre à, son latin ; tout de même la messe est dite.
·
Il a écrit dix-neuf poèmes drus, brusques, mélodieux et explosifs qui se cognent
à la v;e, la vie tout entière, s·y blessent et s'y égratignent.
D n'aime pas beaucoup les muses périmées, qu'elles tiennent salon sur la colline
reconstituée de l'Olympe ou dans la ruelle d'un XVlll" polycopié. Autour de lui, et
de nous circule une beauté fraîche, une beauté utile, quotidienne, servante, robuste,
· qui E.e f~t et se défait à chaque heure.L'avenir et le passé, c'est très beau.Mais cet
aujomd'bui qui lolle à notre peau et y laisse des cicatrices 1

sonnent comme des commandements jetés à une troupe indocile mais qui suivra.
Il a foi en lui-même et en la foule. Il apostrophe. II prie. Il conduit.
Il est social. S'il a gémi, blessé, vers une survie de l'Europe, il a dit également l'âme
batailleuse de l'armée. Il se joint à tous les cortèges et à toutes les processions parce
qu'on s'y sent les coudes, mais que lui importent leurs politiques et que lui importent leurs cultes.
Mais il n'est pas pacifique. Pacifique il ne peut pas l'être. Sa poésie, comme toute
poésie sincère, est une poésie d'élan, une poésie de mouvement. Le mouvement est
toujours guerrier et la foule n'est jamais en repos, ce repos qui n'est pas une mort,
ni même la mort, mais le résultat d'une mort universelle, c'est-à-dire rien, inappréciable, néant.

Et tout ce que j'ai dit du rôle du subconscient dans la P&lt;?ésie de Rimbaud devrait
être répété à propos de la poésie de M. Cendrars. ·

Comme un pianiste prodige virtuose à quatorze ans, je l'imagine, après ce geste
de la tête pour repousser les cheveux rebelles et de la main pour apaiser le nœud de
la cravate, qtû s'installe devant le clavier des mots où il frappera tout à l'heure ses
plus rares métaphores. Je verrai toujours M. Cocteau élégant, jeune, précoce, avec
des mains souples d'acrobate, la démarche d'un danseur, très joli garçon, spirituel, intelligent comme on ne l'est guère, dans un salon, avec, en tapisserie, des
spectatrices qui ne savent s'il convient de s'émerveiller déjà, tel que son style enfin
rare, agréablement maniéré, qui désire étonner autant que plaire, qui fait songer à la
ligne savante d'un shake-hand selon les formes. Son écriture est semée de -tours de
passe-passe qui éblouissent. On s'arrête, on en redemande, on voudrait voir comment c'est fait.
Et la littérature de M. Cocteau m'est extrêmement sympathique. Sous l'épiderme fardé de son style, la vie circule. Un peu de truculence n'empêche pas l'observation, mais la souligne. L'intelligence partout transparaît, comprend, îllwnine. Si,
par moments, la phtase est un peu rampe et théâtrt&gt;, cirque même, sa flèche, bien
qu'empennée excessivement, porte et perce. Lui-même la compare aux acrobaties
des aviateurs, à leurs virages., à leurs gli:ssades. D aime les raccourcis, les voltes soudaines, le saut périlleu...-.c, les rétablissements brusques, le saut de la mort, les danses
sur la corde raide, le feu d'artifice, les tours de cartes et·Je calembour. Il est étourdissant et délicieux. Malgré cela, et c'est ici qu'il devient, en cessant peut-être de le
vouloir, vraiment étonnant, malgré cette virtuosité, il est artiste. De sorte qu'à s.es
plus inimitables jongleries il ajoute celle de jongler sérieusement. Sincère, bien entendu ; et son observation va loin. En quatre ligues il charpente un tableau. Une
demi-douzaine de détails composent un ensemble. Il comprend, résume, démonte,
manie, caresse, remonte en deux cents pages toutes les idées générales de la vie. Le
lieu commun, il y ·excelle, et ce n'est plus le lieu commun. Son rythme est d'une fragilité précieuse et exceptionnelle. Certains de ses a disques de gramophone » me
semblent des architectures en verre filé, en larmes bataves. J'ai peur, en lisant, que
ma voix n'en casse la ténuité et l'harmonie, et je repose le livre doucement, pour suppléer par la précaution du geste à l'ouate dont ma bibliothèque n'est pas garnie. On
en retient un gollt extraordinaire. Cela pince l'oreille comme de la musique digne
exécutée avec les instruments les plus simples : mirlitons et peignes entourés de papier de soie sur lesquels on souffle en faisant trembler les lèvres. Ailleurs sa phrase e&lt;it
infiniment pleine et sonore, coupée de silences. Ces silences qu'impm•e au lecteur l'ir-

Jules ROMAINS
M. Jules Romains est le poète du nombre. Il écrit sa fenêtre ouverte sur le grondement des villes peuplées. Même cela ne 1~ suffit point. Il quitte sa table et descend dans la rue. S'il voit un groupe il ma1·che vers lui, car il préfère être deux qu'un,
cinq que deux, cent que cinq, une armée que cent, une nation qu'une armée. Et ce
groupe il l'embrasse de bras f01ts, et le maiJ.1tient contre une po~trin~ larg~. Ce gr_oupe
il l'absorbe et le devient. Il a pour la multitude une tendresse mqwète d entrameur
pour son. poulain, une tendresse rude d'hcmme envers des hommes. Il respire avec la
multitude, pense avec elle, aime et souffre et crie avec elle : avec elle, non pas comme
elle. Il est Français mais il est Européen, parce ue l'Europe est plus nombreuse que
la France. Le rythme de ses vers a quelque chose du piétinement lourd des foules :
il marche au pas. Parfois seulement surgit_une mesure légère et infiniment souple,
si souple au milieu de ces chants rudes, comme un rire de fille énervée dans le bruit
d'une élJ"leute. Il pense toute une ville, il pense trois ou quatre rues et leurs passants qui sont des hommes. Le vent du soir porte à son visage penché d'~e fenêtre
l'haleine de la plus grande ville. Il se met sur le passage des hommes et se la1Sse heurter par eux.Il se donne à la foule,il se donne à elle, i~édiatement,~u coin,d'~ca:rrefour, devant une boutique, à la caserne, tout entier et tout de swte, et l aspu:e et
la pénètre. Mnis il n'est pas passif ;il ajoute sa vie à celle de cettefoule,_samass.e _à cette
masse sa parole à .ses uis parce qu'il est nat~re_fümtJ.lt un chef. Il arme. la p1ti_é dont
oscille un groupe, la prière dont fermente une eglise pleme, la fureur ~e ~le pomgs. Il
ressent telkment le charme du n~mbre que, le rcmpant, il se cro1rrut coupable de
lèse-m:agnéfame, de péché. S'il voit un enterrement rien ne po~~a e11;pêch~r qu'~
ne s'y joigne, et un mariage, qu'il n'attende à la port~ de la ma1:1e, afin qu il y ait
un plus grand ncmbre à rire et à pleurer. Il est volonta1rc et certaines de ces phrases

Jean COCTEAU

�1440

L'ESPRlT NOUVEAU

ruption brusque de la marge parmi Je texte, P,arlent autant que les mots. M. Cocteau
joue de la marge comme de Ja plume, dn blanc comme du noir, de la pause comme de
la parole.
M. Cocteau est philos-ophe parce'qu'il voit. Il excelle à résumer en dix lignes une
époque de sa vie.• Q,/,al'l'ejoura, nous- f(tmu cc,neiergea. 1 Il s'inscrit si exactement
sur le papier qu'on jurerait sa plwne fixée, comme un stylet enregistreur grattant
le noir de fumée, directement an ludion de sa sensibilité. Il est exact jusqu'à la manie.
Plutôt qu'un.senti.ment ne s'évad.e de l'exp_r.ession, il l'enroule si bien de sa phrase,
I' emmaillotte si tendrement, l'examine si méticuleusement qu'à moitié il l'étrangle et
le guinde. Il force l'attention par quelques- faux accords, puis déploie sa vraie musi•
que.Sapenséetoujoursintercaledes parenthèses qu'elle ouvre,mais ne ferme pas,
bien qu'elle passe son droit chemin, de sorte qu'on marche au milieu d'un continuel
carrefvur. Il vit dans l'accident intellectuel, ce poète du fait divers. Les idées qui se
télescopent, qui dérapent, qui confluent et 1:/ifurquent, c'est ce qu'il aime. L'idée
JJtatique, il la dédaigne. Il arrive à cent à l'heure sur le pire des virages. Le lecteur
Jle cramponne. a Malheureux il va se rompre le cou!• l\fais non, il passe dans une
pyrotechnie de poussière et d'éclabou.ssures, sain et sauf.
Comme un prestidigitateur mondain, iJ mélangè dans un bocal les éléments les
plus disparates : morceaux de· films, pans d'affiches, une tendre amitié, quelques
pages du Baedecker, un lambeau de conte de fée, des vieux journaux, l'image de la
Tour Eiffel, une anectode exquise, quelques très nostalgiques souvenirs, une carte
de géographie.
Agiter avant de s'en servir. Brasser au métronome. « Mesdames et Messieurs •,
les manches relevées jusqu'au coude - il en sort un poème.
On s'étonne, on en redemande, on voudrait voir comment c'est fait.
• Tentative d'évasion • est plus qu'un titre. Evasion non pas hors d'une prison
mais vers la plus profonde cellule de cette pli.son, vers Je puits de mine, vers le noya~ ·
inexprimé de JJOi-mëme, vers les plages où le flux-et le reflux des états de subconscience laisse parfoi,s sur le sable de bien belles méùuses.
Cependant, malgré cet effort de repliement sur l'inquiétude interne, la source sub•
consciente où plongent directement les sensibilités ultérieures, et ultérieures autrement qu'en date, lui échappe. Il connaît la route, mais non le but. l3rouillant une
communication instable des fritures grésillen.t. Comme chez Mallarmé dont l'émotion
est analogue, des avertissements mal compréhensibles montent dans Je brouillard.
« La pérrnlti~ est morte • disent les • parlementaires de rinco17,nu ». Et comme l\Ial•
larmé, ne pouvant et peut-être ne voulant modeler à pleine sensibilité directement
ce. subconscient, qui toujours se terre et file sous les pièges, sachant, déjà incon•
sciemment, qu'il faut pour- faire • beau. •, donner prise à ces formidables valenees
poétiques subconscientes, 1\1, Cocteau, la voie droite lui paraissant dure ou même
dangereu.se, se résout à un détour.Si Le Potomak, après Le Cap lie Bonne Espérance,
s'obstine encore la plupart du temps à creuser une voie d'approche rectiligne et vise
en plein but, Poésies lui tourne le dos et se décide à peu près entièrement aux
ricochets. Renonçant à faire entrer en résonance le subconscient du lecteur par la
sonorité de son propré subcon:;cient qui se gonfle mais ne gei;me pas, M. Cocteau
complique Je conscient, le force à une rapidité, à des intermittences, à des brièvetés,
à des brosquerics, à une frappe qui doivent donner le change et embrayer la poéti·
que subconsciente. Ainsi il reste ou rentre, mais moins que Mallarmé, dàns la grammaire, seulement cette grammail't!, il la concasse, la plie et la tord. Ainsi il reste ou
rentre, mais moins que Mallarmé, dans la logique, seulement cette logique il la pervertit heureusement, la débauche et la moque. Arrivcra-t-il à faire toucher, comme
des coudes derrière un dos, cette " extrême droite » où il est, à cette " eœtrtm,e gau,.
chc » vers quoi il tend ?

LE PHÉNOMÈNE LITTÉRAIRE

1441

II

Guillaume APOLLINAIRE
Guillaume Apollinaire fut avant tout uu poète , • durant dmae ans le seul poète de
France o dit M. Blaise Cendrars.
Il aime les allégi;iries, et les siennes .ne sont pas de glace pilée que le moindre rayon
de soleil fait fondre. Les années pa.::sent enchaînées et regardent la vitrine du tailleur où se succèdent, sans doute, sur les mannequins les modes éphémères. 11 aime
1es souvenirs qui tissent un tapis aux couleurs passées où il s'étendra comme les en•
fants qui regardent par terre un livre d'images. ~fieux que l'allégorie il aime le mythe.
Non le mythe orné d'un numéro au Louvre, porté sur les catalogues, so.r ti del'herbier
d'un hagiographe et qui en reste fripé, maiJl un mythe à lui, convenant à sa v!e, forgé
par elle sur les décombres des mythologies mortes où on ramasse de si jolis morceamc
de mosaïque. Il aime le noble feu, il le po:i;te et l'adore.

• Flamme je fais ce que tu ve'Ua).

•

Il écoute le sabot impatient de centaures : l'herbe qui bruit de ses mille cellules, les
pâtres qui chantent, les villageois qui dansent, la voie lactée qui se tait, la terre qui
se plaint déchirée par les fleuves, corrodée par le vent, consumée par le .soleil ; les
ruines qui se sont couvertes de mousse et de légendes, les ruines qui racontent une
religion morte ; il entend tout cela, lui qui est "assis dans un fauteuil -.. Et il voit les
yeux des squales parmi l'écume des océans, un mauvais g~çon qui -r(!SSemble trop
à son amour dans la brume de Londres, un baisei: pour qui les rois du monde au•
raient voulu mourir, des yeux où « nageaient des sirènes et des trat:nes d'étoiles •
• les cheveux nüirs de Madeleine»,les sept épées de mélanèolie et d'amom:, les a des:
tins impénétrables» assis en rond autour du feu de la Saint-.Jean, les cafés pleins de lumières, de fumées, d'orchestres sanglottant l'amour tzigane; il a vu la folie des machines et ce baiser chaste des locomotives qui s'approchent l'une de l'autre, lente•
ment, avec mille p-récautions fragiles, les yeux grand ouverts comme des chats. Il a
aimé les belles idoles, le soleil de Pâques, la rose de Noè1, la voie Jactée, sa « sœur
lumineuse », l'amour à voix virile, les dieux morts, les dieux perdus, les dieux inconnus,« le grand Pan, r:amour, Jé$1LS-Christ •• le malheur, « Paris-jaU », Iafemmemor•
monne, les choses charmantes et curieuses qu'il y a. à Auteuil, à Nîmes, à New-York,
au Café Napolitain, à Bourg-en-Bresse, au caveau de la rue de Buci, à Munich et par
toute la terre dont il connaît tant de patois. Et ce qu'il aim-e, il le dit simplement,
parce que cela lui est agréable de le dire et qu'il nous sera ag1éable de l'entendre. Il
sait, mais que ne sait-il pas, la saveur amère • des baisers flarentins », la plainte des
journées veuves, les longs baisers mouillés par l'embrun des embarcadères, des anecdotes sw: M. Anatole France, M. Canudo, Ernest La Jeunesse. Quelqu'un lui a dit
comtnent est le wagon-promenoir du Trans.sibérien, ce qui s'est passé aax fané•
railles de Walt Wlutmann, quels livres il y a àla bibliothèque de Fort-de-France de la
Martinique, à celle d'Helsingfors et à celle de M. Edison, et même quels livres on

�1442

1443

L'ESPRIT NOUVEAU

LE PHÉNOMÈNE LITTÉRAIRE

vole de préférence en preuve de grand amour. Il sait, mais que ne sait-il pa.s, le chant
des sirènes modernes qui vont en six jours du Havre à New-York, la fraîcheur ~e tous
les océans aux mains brûlantes, la chanson des Cosaques Zaporogues, • ivres et
pieux • les «plaintes du servant de Dakar• qui était un pauvre tirailleur nègre, une_ au•
bade d~ l'an passé et une autre de l'an à venir, c le miaulement des eha:s à Paris, ~
les hymnes d'esclaves aux murènes », la généalogie contestée de Crowamantal qnt
fut le Poète assassiné, le dernier poète, assassiné comme tous les poètes, le regret des
yeux peints, les danses des satyres, des pyraust~, des égypa?8, des fe~ follets ~t des
« obus couleur de lune », « des lais pour les reines -., les sous de Pans, les sou-s d~
monde,• les chanso718 pour les sirènes • et • la romance du ,nal-?imé •: des noms_ qm
ont la saveur du laurier-femme, et le goût des oranges et le cri des _singes pa~ les
arbres. Il a été le pauvre qui aurait voulu vendre son ombre,le convtve du Ro1-L~e,
l'amant de Léda qui l'a préféré au cygne, l'ami de Germaine, un homme candide
comme un enfant, le guerrier à la tête étoilée et mitraillé~ et trépanée, savant comme
une bibliothèque. Il a connu des prophétesses, des saltunbanqu~~ • les l~rs sou•
daines des tirs », le « chant de l'horizon: en campagne •, la « triS,e mer~lle de la
guerre ». n a quêté l'aventure, et de cette m~ndicité il ~ rappo~t~ de poésie autant
qu'en peut porter un homme et de quoi nourrir tout ce siècle qw viendra. Il a été.

discrètes, internationales, diplomatiques et mystérieuses. M. Proust se souvient bien
de tout cela et d'une clochette qui annonçait les visites, et d'une vieille tante grignotée parl'àge qui ennuyait le curé de ses );ùstoires et que le cmé ennuyait des siennes,
et des livres qu'il reçut pour sa fête un soir qu'il pleurait, et de l'odem qui trainait
dans un escalier, et des plats qu'on servait à table, et des deux grand'tantes qui faisaient le bel esprit; il s'en souvient comme on se souvient, c'est-à-dire sans beaucoup
de suite, tantôt de ci, tantôt de là, à droite et à gauche, mélangeant les dates, les
morts, les joies, les naissances, mais surtout, surtout il se souvient de lui-même, tel
qu'il veut se dire, frêle, parfois jeune h&lt;;&gt;mme, et parfois enfant, si bien que sa bonne
surgit d'elle-même pour l'accompagner à la promenade, et sa maman, doit absolument, absolument monter dans sa chambre l'embrasser au front pour la bonne nuit
ou sinon il ne dormira point.Etcommeellenemontepas, parce qu'il y a du monde à
diner, justement M. Swann, cet homme si mesuré, si « grand monde •• si poliment
amical et dévoué, si ami de la famille, l'enfant fait un caprice - comme on dit - et
ce caprice - c'est ici qu'éclate l'art sombre et cruel de M. Proust, -ce caprice dont
vous avez envie de rire quand c'est moi qui vous le raconte maintenant, lorsque c'est
l'auteur lui-même qui vous le dit, vous voyez que ce caprice est une tragédie bouleversante. Ce jeune homme, car il est brusquement devenu jeune homme, aime une
jeune fille qui est la fille de M. Swann, et même beaucoup d'autres jeunes filles, et
toutes ces jeunes filles on les aime avec lui, et quand il a des battements de cœur, on
a des battements de cœur. M. Proust se souvient aussi de toutes les choses qui lui paraissaient belles de loin et moins belles de près et qu'il se reprochait ensuite de ne
pas aimer.assez, de n' avoir pas su les aimer, et il se décidait ensuite à les aimer par
ordre de sa volonté, pom se repwcher de nouveau cette volonté et ce manque de sincérité . Quelle poésie il y a dans les scrupules. Et cette église qu'il imaginait persane,
quand il savait bien pourtant que les églises persanes ne sont pas très nombreuses
en France, et qui le déçut ... Et la figure étrange de M. de Charlus qui lui pince familièrement. et je devine, bien q11e ce soit « à suivre », trop affectueusement la nuque,
et sur laquelle il médite... Et cet amour de Swann pour Odette, amour scrupuleux
et inquiet, qui est bien l'une des plus belles histoires de cœur que je connaisse.
Demandez-moi qui est Madame Swam1,si je la connais,si je crois qu'on peut lui
t6léphoner pour lui demander des renseignements sur un nouveau maître d'hôtel
qui se recommande d'avoir été à son service•.. Je crois bien que je la connais. M.
Proust m'a présenté à elle. J'en suis même assez fier, car n'est pas présenté qui veut
à Madame Swann, bien que ce soit une personne que son mari ait tirée d'une position
assurément un peu ... enfin ... voilà.
Et si M. Proust m'invitait à déj euner, je lui parlera!s de Combray, de ses souvenirs qui se sont si bien mélangés aux miens que je ne sais plus ce qui dans ma mémoire est à lui et est à moi, de Madame sa grand'mère qui aimait les jardins incultes,
de Monsieur son grand'père, et mon oncle, qui était attentif à la météorologie et
aux historiettes, de son ami Bloch, le mien s'appelait Cohn, que nous avons cessé de
voir - mon Dieu, oui, cela valait mieux. - et je voudrais bien démêler enfin si
telle petite petite mésaventure m'est arrivée à moi ou à Monsieur Proust. Mais j'aurais bien honte, parce que je n'ai jamais été invité à goûter par une princesse. Une
fois seulement, quand j'avais douze ans, sur une plage, une actrice voulut m'offrir
un gâteau, - c'est toute une histoire - et ma gouvernante refusa pour moi. Etj'ai
bien une tante qui est comtesse, mais elle me croit bolchevick et refuse de me voir.

« devant tous homme plein de sens
Connaissant la vie et de la mort ce qu'un vivant p~ut connaî ·re
Ayant approuvé les joies et les peines dauleurs de l'amour
Ayant su q,.telqmfo-is imposer ses idées
Connaissant plusieurs langages
Ayant pas mal voyagé
Ayant vu la guerre dans l' Artillerie el l' Infan:erie.
Blessé à la tête trépant sous chlo-roforme
Ayanl perdu ses meilleurs amis dan~ l'effroyable luUe • •..••

Et il y a tant de choses qu'il n'a pas osé nous dire,
tant de choses qu'on ne l'aurait pas laissé dire.

Marcel PROUST
M. Marcel Proust se souvient : et il écrit Sl,!S souvenirs, soigneusement, scrupuleusement. Il est un peu maniaque. Il a horreur d'oublier quelque chose, et s'il a oublié, il s'en retourne faire ou dire ce qu'il a oublié au mépris parfait du lieu, de l'heure.
de ce qu'il était en train de faire ou de dire quand la mémoire lui est revenue. Il se
souvient de son enfance, de son adolescence, de ses flirts, de la chambre qu'il habitait
à Combray, des manies de sa grand-mère et de sa robe prune et de sa voilette, des
gravures qu'il y avait au mur de la salle à manger, de ses brouilles avec Gilberte, du
directeur de l'hôtel où il habitait à Balbec, du petit verre de liqueur que le médecin
avait interdit à son grand-père, et que son grand-père prenait tout de même, désobéissant aux reproches timides de sa femme, de M. Swann si correct, si érudit, de l\I.
de Norpois qui avait été ambassadeur, et qui comme tous les ex-ambassadeurs,
s'était spécialisé dans les anecdotes fades qui commençaient bien et ne finissaient
jamais, dont chaque mot était pesé avec un soin de chancellerie, et qui ne signifiaient
rien à moins qu' elles ne voulussent dire immensément de choses ténues, importantes,

Jean

EPSTEIN.

�OTTO LUDWIG

ÉTUDES DE MUSIQUE ET DE LITTÉRATURE COMPARÉES
L~HÉSITATION
ARTISTIQUE

D'

OTTO LU.DWIG
PAR

ANDRE

CŒUROY

I

Lest des hommes qu'un bienvei_llant hasard a marqué~ du double sign~
de la littérature et de la musique. De tout tem}?s, 1 Allc,magn_e a éte
riche de ces esprits divers. Elle a co~u, P?Ur ne citer q?eles meilleurs,
au dix-septième siècle, Mattheso~, lingmst,e, ~omancier et autel?r de
près de cent œuvres musicales (do~t hmt opéra~ e~ vmgt-_quatre ora~or10s) ;
au dix-huitième, Sc~ubart, org~~ste, c~mp_os1teur,_poete et _gazet1Ler; et,
à l'orée du dix-neuvième, une plew.~e d a~tistes qui' ont subi la luüe des
deux instincts créateurs. On put croire~ rnsta~t qu à Schumann,. co~e
un peu plus tmd à Wagner et à Cornelius, était 1·éservée une g!o1relittlraire. Chez :wackel!,roder, _ce jeune roma~t!que ~nort à la fl_eur du tal;nt,
c'est la munque qm fut vaincue par la :poesie. Grillparzer, N1etzsc~e, e" de
nos jours Gustave Falke ont su les Joies jumelles de la mélodie ~t du
verbe et Hoffmann en c~éant de pair Ondine et les Contes FantastUjlles,
a réalisé ce miracle tl'•un équilibre presque parfait e~tre l'une et ~•autre;
Mais aucun d'eux n'a vécu, comme Otto Ludwig, les ~g01sses du~
talent qui, durant des année~, ne s_ait se ~ésoudre au ch~1x, ~t nul é~r1:
vain parmi ceux dont la musique fit cortege à la muse, na mieux laiss.e
tran;paraitre dans son esthétique les traits confondus des deux sœurs.

I
Otto Ludwig est né en 1813 dans cette Thuringe dont _le poète Voss a
dit que cc tout paysan y sait la musique ». C'est la patrie des Bach: La
richesse des chants populaires s'y transmet à travers des ~éné~at10ns
laborieuses, gaies au travail comme aux kermesses. ~a musique rn~trumentale a su toujours y délasser toutes les classes. L exemple venrut de
haut ; l'éclat de l'excellente chapelle princière fut longtemps ~ehaussé par
la voix de la grande-duchesse Charlotte, dont Jean-Pau~ louait nla glotte
de rossignol ». Les bourgeois de ~ildburghausen rappelaient avec queJ~ue
orgueil que le jeune Weber avait reçu, de 1796 à 1797, ses premieres
leçons de musique du hautboïste K~~rmus1kus Johann P~ter Hen~chkel. Et il y avait foule aux concerts dirigés par le Kapellme1ster Gle1chmrtpère d'Otto Ludwig, issu de cette bo_urgeoisie_ musicienne, fit
enseigner le piano à son fils, dès l'enfance, pms le confia, pour son édu-

1445

cation, au co-rec_te~r d'~isfeld, Morgenroth, ancien théologien et mélomane ardent, ~ tachait. à développer en tous les élèves de son école le
sens de la musique. Ludw1g eut po!-1~ con~isci]?Ies J ~cob Beer, plus tard
~antor_ à Saalfeld, et ~challer, lli"!-151Clen-ne, qm devait devenir petit fonct!onn3:ITe par_ nécessité. Les Soll'ées _que n'occupaient point les études
littéraires étruen~ consacrées à la musique de chambre. C'étaient des trios
où Schaller tenait le premier violon, Ludwig le second et Beer le violoncelle. D_'.au~re~ fois, les tr~is amis impr(!visa~ent sur un thème connu:
le Fre-u_,,schzitz etrut l_eur pas_s1_on; ~udw1g ~ouait Kaspar, et Beer faisait
Max. Entre temps, ils_ étudiaient l harmome et le contre-point.
~ependai:t les af!a1res de la famille allaient mal. Le père était mort
rm~e; la mere ne lm ~urvécut que peu. Un oncle recueillit le jeune homme;
rn.a:s ce barbon, subJ~gé :par une gouvernante plus attentive à la cave
qu au ménage,. voul~t !aire d'Otto un co~erçant et prétendait s'oppos_er à s~ pass10n az:t1stique. Otto, à son piano, oubliait ses misères. Las
d~ Jouer, 11 compo~a1t. ~n 1833, sa résolution semble prise ; il sera music~en i et tout 3:uss1tôt 11 se plonge dans les ouvrages de Marpurg. II lit
d affilée les ]!~ments de la ."!u.sique théorique, le .Manuel de basse générale
et de composition et Je Traité de la Fugue. Installé dans la vieille maison
paternelle qu'.entoure un vaste jardin, il appelle Schaller auprès de lui ;
et ce sont ~es Jours heureux de l'espoir et de l'amitié.
« ~udw1g, rac_onte Schailer, s'installait, dans la grande chambre du
premier, à_ son ~~ano ou à sa ~able de travail et composait des opéras;
lef un~ ét~e?t déJà en préparat10n, les autres étaient de création récente ...
~ apres-uu~ nous tr~uvrut occupés à l'étude de la plupart des opéras classiques ré~wts po~ piano et des œuyres de Marpurg; puis nous nassions
à la pratique des 1~1,truments, du p1ano et du chant ... Le soir, c1étaicnt,
a"."ec quelques anus, des chœurs et des quatuors, des airs, des duos, des
tr10s extrruts de bons ~péras avec accompagnement de cordes ou de piano.
De~ fra~m1;nts de_ scenes. d'opéras. récemment composées par Ludwig
étaient Joues et nus au pomt. Une Je?ne c~a~teus_e, parente de Ludwig,
é~uquée par_ Mor~enroth ~t douée d une Jolie v01x de soprano, Sophie
Fischer (1~ ~gayait nos sou~es de ses remarquables soli ... Mozart était
notre pr~fere ?Omme compositeur d'opéras. Nos entretiens ne tarissaient
pas d? d1scu~s10ns s~ l'opéra en général, sur sa forme à notre époque, sur
le gout musi~al ~ se perd à quitter le droit chemin de Gluck et de
Moz?1't, sur l'mtruszon de la musique.italienne et de la musique française,
s~n 11;1f~uen,ce, n~faste sur les ?o~pos1teurs all~mands et sur ~e public, le
discredit ou etruent tombés 1 élement dramatique l'express10n et plus
généralement, la vérité artistique. »
'
' '
C'~st alors chez Ludwi_g une poussée de sève musicale. En 1834, il
e~g;msse un opéra ~omantique, Le Roi du Li,ed, dont la tonalité était défm1e par une po~s!c de l'auteur : cc Comme autrefois je viens m'asseoir
à la source - e~ J'e&lt;:oute les échos de jadis - n'entendrai-je dans le bruit
d;s vagues - J~mrus Ie_chant d'adieu du cygne ? » Il jette aussi le plan
d un ?Péra-collll_q~e, Signor Formica, tiré de la nouvelle d'Hoffmann.
Sa J?,ethode ~amiliere ~st
fa_çonner à la fois la matière poétique et ]a
~at1~re mus1~ale. DéJà I ms~rnct poétique, puissant, fait violence à
l rnstm~~ m1;1s1cal et _le m~~rISe dès l'ébauche; mais par un déplorable
retour, l mstmct mus1calres1ste assez pour entraver l'essor poétique. Ainsi

1.e

{I) Elle épousa plus tard Sclialler.

�14~6

OTTO LUDWIG

L'ESPRIT NOUVEAU

débute cette tragédie intime des forces créatrices do~t au~une ne _veut
être serve. En même temps que L~dwig compose ?-e petits _poemes lyriques
(dont il met quelques-uns _en musique), def esCJ,U1sses de_bvrets,1 des pl;:i.ns
de tragédie, des ballades, 11 caresse le )?r_oJet d un Requiem et~ un op~r~,
Roméo et Juliette, sans doute après l'audition, à Cobourg, de celm de Be~m;
car il entreprend des voya~e~ à pied ~our se rendre au co~cert ,des villes
voisines. Semblable au musici2n Bcrglinger, cet étrange heros d un conte
de Wackenroder, il fait en plein hiver di;x: heures de marche pour all~r
entendre à Meiningen son opéra favori, le _Don Juan. de Mozart, dont1l
étudiait longuement avec Schaller la réduct10n pour piano.
Ces pèlerinages musicaux, qui le mènent tantô~ ~ Cobourg, tantôt à
Hildburghausen, l'incitent un_instant à la compos1t10n._ Dans la lutte des
deux instincts la musique parait l'emporter : le Requiem prend forme,
un Hymne s'a~nonce, des fragments de Signor Formica sont ~efondus. E~
août 1836 il a terminé le livret d'un grand opéra rom~nt1que La pze
cf Or. De multiples projets bourdonnent dans sa tête; trois opéras en c~nq
actes, intitulés Lorelei, Diane et Zuma ; deux en deux actes : Am~is et
Tentyra, La Nuit Espagnole, et un en un acte : La P_écheuse. M~s le
17 janvier 1837 on lit dans son Journal qu'il est las des s~Jets romantiques
et de leur musique, qu'en fin de compte, l'opéra~conuqu": n'est pas_so_n
fait. C'est que l'instinct poétique vient d'être e:x:c1té_e_n lm :rar une ~~ee
nouvelle qui l'enthousiasme et qui peut-être va con?1lier enfm ses _desir~
contraires. Il s'agit d'écrire u~ grand poème Cécile ~u Polhymnie, qm
sera une « Théodicée de la Musique ». On y verra la Naissance de la musique, son développement jusqu'au cc rayon argenté » Mozart-Bee~hoven son action sur l'âme humaine · on y pénétrera l'essence de la musique
de danse, de la musique- guerrière: de la musique d'église, du choral, de
l'oratorio, de la symphonie, del'o.J;&gt;éra et des chants de matelots. C:ette
épopée musicale ne vit jamais le Jour, pas plus qu'un roman cyclique
Octaçien et qu'une épopée nordique Sçanhildur, p~c~ qu'un, nouv~au
sursaut de l'instinct musical venait de se produire. Ainsi ba.J:1otte, le po~te
musicien épuise les forces de sa jeun~ss~. Il so_n~e à traiter le~ suJe~s
d'Agnès Bernauer de Charles le Témeraire, mais il ne peut décider sil
le fera sous la for~e dramatique, sous celle du lied ou celle du drame
musical.
Souvent les circonstances décident ce que l'âme ne peut dé:partager.
En 1836 s'était fondé à Eisfeld un théâtre d'amateurs. _Ludyng en_ fut
aussitôt élu c&lt; poète officiel et chef d'orchestre ». Le dcstm_ lui forçait l:1
main; il se sentit, cette fois, désigné tout de bon pour la musique. En a~nl
1837, il fait jouer par cet orchestre et cette troupe d'a:mateurs un premier
opéra complet Frères et Sœurs, en trois actes. La partie de cor était tenue
par un garde-forestier, la tromp~tte par un médecin, ,l~ flûte pa~ un
peintre, le r_este des ~ois et de~ cmvres par des r~gen~s d ~cole: lJn vieu_x
pasteur était .au pupitre du v10loncelle et le chirurgien, a qw l on avi1:1t
confié les timbales criait, chaque fois qu'il donnait à faux: « C'est plE:1n
d'erreurs dans ma'partie. » (1) Ludwig, à vrai dire, n'étai~ pas fort satisfait de son œuvre qu'il considérait comme c&lt; trop pathétique et préten•
tieuse ». Mais le démon de la musique est en lui, et semble le posséder po~
jamais. Certes il note encore dans son journal le plan d'une tragédie
(1) Voir le récit de la représentation par F. Hofmann dans Die Gartenlaube
1865, n° 19.

1447

Le

f'idèle E~kart et l'esquisse d'un poème sur des héros nationaux; ces
proJets ~e tiennent pas devant son regain de mélodie. Il a envoyé le
manuscri~ de son opéra à divers compositeurs, à des chefs d'orchestre,
tout spécialement à Detzauer, premier violoncelliste de la chapelle de
Dresde. Le m~uscrit lui revient intact, personne n'en a même dénoué les
ficelles.
Qu'importe, il a vingt-cinq ans et l'assurance d'avoir trouvé sa voie.
s ~s lett~es de cette époque, enjouées et fines, le montrent jouant des valses
pour faire ~anser son oncle grassouillet, ou riant comme un fou à une
représe!1tat10n de Fra_ D7!1-POlo c1 où acteurs, machinistes,régisseur, orchestre
et _musique, tout était ivre ». C'est avec une nouvelle ardeur qu'il travaill~ à un second opéra, La Charbonnière, sur lequel il fonde de grands
espoirs. Il a soigné la mélodie (confie-t-il à Schaller) et quelques numéros
de l'œuvre sont traités en contrepoint vigoureux, « si bien que chacun y
trouvera quelque chose à son goüt ».
_Les petites vi~es sont trop fières de leurs petits succès pour n'en pas
faire grand hrmt. L'éditeur Kesselring, de Hildburghausen, entendit
parler du compositeur-poète et lui fit l'offre d'imprimer quelques-uns de
ses ouvrages. Ludwig envoya deux ballades sur des textes de Goethe,
La Cloche qui marche et la Danse macabre. L'éditeur les soumit au chef
d'~rc~estre de Meiningen, Ed. Grund, qui déclara que si la mélodie
laissrut un peu à désirer (elle rappelait assez la première manière de
C. Lœwe), elle décelait un talent d'avenir. Aussi l'invitait-on à venir
s'installer à Meiningen où l'on pouvait entendre à loisir de la musique ;
la Somna~ule de Bellini y faisait fureur. C'est par ce chef d'orchestre
que ~udw1~ fut présenté au duc de Saxe-Meiningen qui le décida à aller
étudier sér10usement la musique à Leipzig sous la direction de Mendelssohn, avec une bourse annuelle de 300 gulden pour trois ans (1).
Le~ é_tudes devaient commencer en octobre.Jusque-là, Ludwig redouble
d'ac~1V1té. ~ans un bal, il joue une scottisch extraite de sa Loreœi. Le
succe~, cons1déra_hle, l'amène à t~availle~ cet opéra et à ~eprendre son
Requiem auqu_el 11 ne manque que le Dies irœ; en août 11 compose la
fugue Gum tu1,S sanctis pour l' Agnus Dei. Un instant l'instinct littéraire
trop lon_gtemps comprimé se réveille. Il projette de démêler par écrit sa
C?ncepfaon personnelle du Requi,e,m, particulièrement au point de vue de
l'instrumentation, et d'en faire une préface à sa partition. Mais les b
lades paraissent en librairie (2), c'est le premier contact dumusicienav€c
le gran1 p~Iic. P'un cœur_léger, il part pour Leipzig.
.
La VIe littéraire et musrnale y était alors intense. Laube régnait en
maitre ave~ son Journal pour le monde élégant. L'opéra dirigé par Ringelhart, était un peu terne, malgré le succès de Lortzing ; mais la gloire
du 9"ewa~dhaus, dirigé depuis 1835 par Mendelssohn, rayonnait. Elle
avait. at~1ré Gade, Sterndale, Bennett, Hiller, Liszt (3). A Saint-Thom.as
travaillai~ un peu dans l'ombre le Cantor Weinlig que devait remplacer en
1842 Moritz Hauptmann. Les « jeunes » étaient réunis sous la bannière
de la Neue Zeitschrift für Musik fondée par Schumann en 1834. Celui-ci,
r

(1) Lettre du 18 mars 1889.
d (2) • ~ eine :Singsti~e ~t ~egleitung des Pianoforte komponiert und Maame Caroline Voit zum Zeichen uuugster Hocbachtung zugeeignet. P
{8) Cf. dans les lettres de .Mendelssohn, le récit de la soirée donnée en avril 18l0
en l'honneur de Liszt.
76

�1448

L'ESPRIT NOUVEAU

revenu à Leipzig en 1839_ ap~è~ une vaine tenta~ive pour se fixer à Vienne,
était soutenu par ses arrus f1deles: Verhulst, Hirschbach, les deux Becker
c,t Wenzel.
.
.
.
. ,
Peut-être était-ce là la terre promise ? Ludwig f 7rme et sn;1cere ~e
croyait décidé à se faire un nom de_ composit~ur. Mais ~'abord 11 falla~t
vivre. Son Journal le montre étudiant son piano plusieurs heures p~
jour, afin de se mettre en état de donner des leçons; il e~père en pouvoir
donner deux par jour, à quatre groschen l'heure; de qum payer son logement et sa nourriture (1). Mais les leçons ne viennent pas. Il n'a pas &lt;l~argent pour aller aux concerts ; le billet coûte seize groschen. E~ qua:id il Y
peut aller, des troubles pathologiques l'assaillent. Malade, isolé, Il perd
en quelques mois courage.
.
.
, ,
.
Il se fût repris, si Mendelssohn l'y eü~ rudé. Mrus d~s 1 abord ils
se heurtèrent sans se comprendre. Avant meme de p~co1;1r~r ~es m3:n_uscrits Mendelssohn lui avait, de ce ton protecteur qui lm eta1t fanuher,
cons~illé l'étude, le respect des règles, la religion de la for~e.
.
Docile, Ludwig tenta de composer une Sonate pour piano smvant les
principes orthodoxes. Le profit qu'il en retira fut de constate~ quel'~ de
Mendelssohn ignorait au plus haut degré cc le naïf, le naturel, l'immédiat &gt;&gt;.
MJndelssohn, en lui reprochant à son tour son manque de goût, consomma
la rupture.
.
;
. .
.
Schumann aurait pu exercer plus d'attrait. Ludwig habitait non lom
du célèbre Kaffeebaum. Mais il démêla vi~e e1!- Schumann une nature trcp
différente de la sienne. Après une consmencieuse analyse des No11elette~,
il porta sur lui le jugement dont les esprits entiers accablent toute mus~que nouvelle; il n'y vit que de la facture, des effets concertés, cc le prodmt
d'une industrie musicale qui ne cherche que des tours no~veaux et
étran,,es comme les coiffe~rs ne rêvent que de frisures ori~inales ».
Dè: lors son irritation maladive s'acharne sur la musique moderne. Il
r€proche à l'art musical d'avoir désappris le langage du cœur pour ne
s'a~resscr qu'_au cerveau; Cette musiq:ue fajt r~vivre en lui les terreurH
qu'il éprouvait, enfant, aevant un ohJet mecamque ou dev:3--1?-t 1~ grosse
cloche du clocher qu'il ne manœuvrait qu'après de longues hes1tat10ns, en
a_ppuyant sur le pédalier. « Et je pensais et je pense encore, que la m~SHI_ue doit guérir, et non pas déchirer, qu'elle doit c_onsoler, et non ~rod!guer les blessures. &gt;&gt; (2). C'est la musique de 1Berh5&gt;~, surtout, q~ fait
souffrir ses nerfs exacerbés. Il dénonce dans l esthetique de Berlioz« la
Révolution politique de 1789, désormais passée dan~ la musi9:ue, le ca;-nage, la profanation des inti_ffi:ités les plus sacrées qm se réf~gient au com
le plus secret do l'âme, le régrn1de des sons ». Les concerts ou alternent les
œuvres de Haydn, de Mozax·t et de Beethoven avec los productions modernes lui font mieux sentir encore ce désarroi (3). Il glisse sur la pente où
se rallient nombre de littérateurs ; la musique nouvelle ne leur parait que
sécrétion cérébrale et drogue dissolvante. En même temps son état maladif s'aggrave. Comme le pitoyable Wackenroder quelques années plus
tôt, il est la proie d'un mal physique, dès qu'il est assis devant l'orchestre.
(1) Janvier 1840.
(2) Lettre à son oncle, 14 Il:lnrs 184.-0.
.
.
,
(8) Il écrit encore : « Depllls Beethoven, la m1IS1que est comme aliénée ; c ~ un
éternel chassé-croisé du ciel à l'enfer, de l'enfer au ciel ; point de repos; point de
refüae hospitalier ; de chaque buisson en fleurs, joli, joli, terriblement, le serpent de
la folie darde sa langue mouvante. »

OTTO LUDWIG

1449

&lt;( A peine entré dans la salle de concert, je sentais mes pieds se refroidir ;
j'entendais la musique, mais non pas comme l'entendaient les autres; il s'y
mêlait des rumeurs et des sifflements ; mon cerveau flambait et grouillait
de visions fébriles ; c'était une délivrance quand la séance prenait fin.
Bientôt je n'eus plus le courage de fréquenter les concerts. J'ai tenté à
nouveau l'expérience avec les quatuors du Gewand-Haus, mais j'ai dû y
renoncer. »
·
Maintenant, il n'a plus qu'une idée, celle des inquiets et des vaincus:
retourner dans son petit coin de terre et oublier. Son Journal intime,
d'avril à août 1840, déborde de regrets violents pour le jardind'Eisfeld
et la grande maison paisible. Son idéal, deux mots l'expriment : « Je
voudrais être Cantor à Eisfeld, vivre avec mes vieux camarades, et tuer
des cochons que je mangerais pendant les quelques années qui me restent
à vivre.»
La lutte des deux instincts entre dans sa phase critique ; la musique
n'est pas encore supplantée, mais les signes avant-coureurs se multiplient. Ludwig écrit dans sonlournal, le 2 mai 1840: 1&lt; La poésie est supérieure à la musique ; elle a retrouvé le chemin vers la nature, dont la
musique continue à s'éloigner. n Une paralysie· commençante des doigts
l'oblige à renoncer au piano, et il s'y résout sans peine. En même temps
qu'il travaille à sa nouvelle, Les Domestiques, il prépare un opéra, BarbeBleue, à propos duquel il écrit: « Et si l'on essayait maintenant d'une
nouvelle forme d'opéra, une forme strictement dramatique, étrangère aux
roulades et aux tirades, sans longueurs déplacées, en sorte qu'à la fin le
spectateur ne sache :r,Ius s'il a vu un drame ou un opéra ? » Précieuse
remiœque: elle dév01le le travail qui s'élaborè dans l'esprit du poètemusicien. Parti de la musique, Ludwig s'achemine vers le pur théâtre, et,
à mi-chemin, il conçoit une forme qui réalise l'une et l'autre; il rejoint
l'idée wagnérienne du drame musical ; mais son point de départ s'oppose
à celui de Wagner, qui sortira de la poésie v.our arriver à la musique.
Cependant Ludwig reprend son piano ; Il ne veut pas s'avouer sa faillite musicale. Il va jusqu'à se tracer une ligne de conduite pour l'avenir:
étudier toutes les formes musicales, s'exercer dans tous les genres. Il
achète le gros Traité de lXt compositwn musicale de Marx et recommence à
composer. Vains efforts. Faut-il encore douter ? L'instinct musical est
près de mourir. Mélancolique, le Journal porte, à la date du 18 juillet:
&lt;&lt; Plus rien ; aucune idée ne me vient plus. &gt;&gt; Et pourtant, par un admirable scrupule d'artiste, il lutte encore ; il se force à composer des lieder,
un Kyrie; il songe à une Messe, il rêve d'une ouverture à programme qui
décrirait les noces d'or d'Obéron et de Titania. Le Jou;rnal s'arrête en
août sur cette réflexion : (( Gloire poétique ? Mes vœux sont plus modestes.
Je serai satisfait si le veilléur, en éteignant la dernière lumière, chante une
de mes mélodies. » Il est peu de drames moraux aussi poignants que celuici, d'un homme qui sent pâlir en lui la flamme musicale et qui tend toutes
les forces de son être pour la ranimer.

II
' Alors, rentré à Eisfeld, en octobre 1840, après cette unique et malheureuse année perdue à Leipzig, il prend lentement conscience de son véritable génie. Dès la fin d'août, après l'audition de la cantate de Bach,

�1450

OTTO LUDWIG

L'ESPRIT NOUVEAU

Jésus, ma joie, qu'il avait trouvée.longue mais adJ?Ïrablement composée,
il notait : &lt;&lt; Le vague de l~ musique ne me suff~t p_lus. Il me faut d~s
formes plastiques » ; et méditant sur sa per~onnalité 11 la déc.ouvre enfin
dans une lettre à Schaller, en un élan de _clairvoyance. psychi9.ue: &lt;&lt; A;u:
tant que je puis juger, c'est l'élément poétique de la musique qm m'a attire
vers elle, et j~ ne sera~s sans doute capable _de comp?,ser .que dan~ les
domaines musrcaùx qm se fondent sur cet iement. L_ inst~nct plastique,
que j'ai voulu satisfaire en composant, n'a ~·ess~ de m'1nd_mre en erreur.;
et il ne pourrait en être autrement. Or, cet m~tmct plastrq~e me parai~
être l'élément décisif de ma nature. » Il en arrive, raconte-t-Il à Grund, a
éprouver une ~orreur mala~ive de la musique ; le son du violon fait naitre
en lui un sentiment d'angmsse.
Mais les plus ardentes années de la jeunesse consacrées à la musique
ne succombent pas d'un seul coup ~ un eff~rt de volont~. L8: mu~ique, il
a beau la vouloir chasser, elle reVIent touJours. Complice sile~c1eux, le
hasard la sert et la soutient. Un jeune garçon qui veut ~everur Cantor,
Kramer, vient demander à Ludwig des leçons d'Jiarm'?m.e, et quand, _la
nuit l'enfant a ronflé, le maître, hanté i:l'harmomes, lm dit: « Cette nuit,
vou~ respiriez en quinte juste. &gt;&gt; la musique veille; la musique guette;
elle redouble d'artifices pour reconquérir son dévot. Elle le rapproche de
Bechstei:o. l'auteur d'insipides nouvelles musicales. Elle lm dé.couvre
une pare~té avec Hoffman~, ~usi?i~n~poète, et l'.ohlige ~ s'insp1rer de
celui-ci dans un conte, L' fll,Sf,oire veridique des trois_ souhaits (2), et_ d8?s
un drame Mademoisell,e de Scuderi. Lorsqu'en1842 Il retourne àLe1pzi~,
il évite 1~ monde musical ; il ignore ~a mais~n de Mendelsso~°: ; m~s
une force l'entraine à une représentation de l Othello de Ross1ru ; mais
cette force lui en fait écrire la critique pour un journal.
Au moment de partir pour Dresde, il note, Pll!mi l~s &lt;&lt; objet~ à emporter », la partition de la Charbonni?re. Cependant il résiste à I ultime appel
musical. Malgré le lustre qu'avait donné Weber à la Deutsche Oper de
Dresde, la présence de chanteurs réputés comme ~ilhel_mine Schrô~erDevrient, Tichatschek, Mitterwurzer, malgré la glmre naissante de Wagner, chef d'orchestre, il ne fréquente q~e le monde du drame_ et d~s arts
plastiques: le graveur Lange, les pemtres Œhme et Loma Richter.
Son oncle mort, il se retire dans la banlieue de Dresde, à Gersebach. Il
a trente et un ans. Il se livre à ses romans, à ses nouvelles, à ses piècea.
Et tenace, le feu couve encore sous la cendre; en 1844Ludwigsonge à un
reihaniement possible de l~ Charbon_nière ; il lou~ un piano d3:11s cette
intention, et co_mme il reç01t de sa_ fiancée_ u~ petit P?ru;r1e (1), il _le met
aussitôt en musique. Edouard Devrient, qm VIent le voir l année smvant~,
reçoit de lui la confidence &lt;( qu'il se sent encore musicien, qu'une maladrn
de nerfs chronique l'a détourné de la musique, mais qu'il compte s'y adonner à nouveau » (3).
Ce n'est qu'une flambée. L'instinct de la compositio_n est bi_en mort.
Jusqu'à la fin il continue à suivre le mO'Uvement musical, mros sans y
prendre part. h écou_te Hiller ,à !'Hôtel d~ Saxe;_ il se sent revivre à l'audition de la symphorue de Mozart en sol mmeur ; 11 entend le Prophète et la
(1) Un des personnages, un boucher, porte le nom de Fl0tenspiel.
(2) Fern m.ôcht ich mît dir leben
Fern vom Gerli.usch der Welt.
,
(3) Journal d'Edouard Devrient, 26 décembre 1845.

1451

Symphonie de Schubert en ut majeur. En 1852, en l'honneur de son
mariage, sa ville natale fait rejouer Frères et sœurs, son premier opér~,
témoignage d'une vie abolie. Et cet hommage rendu à son talent de musicien défunt ne le détourne pas de sa voie résolument littéraire. Il a désormais abandonné le drame lyrique, les plans d'opéras et sa Libussa, pour
le drame plastique et vivant, psychologique et social. La musique n'est
plus qu'un objet de sa curiosité critique. La première fois qu'un de ses
biographes, Stern, le vit (1853), il jouait l'ouverture de L' Enlèvement
au Sérail. L'entretien porta d'abord sur Mozart, puis dévia et l'on vint à
parler de Wagner. &lt;&lt; Vous devez avoir raison, conclut Ludwig, cet homme
a tiré de sa nature tout ce qu'elle contenait ; mais vous verrez que l'ivresse
où il a plongé ses disciples prendra nécessairement fin. De Mozart a pu
sortir un Beethoven ; c était naturel, organique, et même pour les petits
comme Hummel et Reichardt il restait une place. Mais Yotre Wagner a
conduit la musique dans une impasse. » .
Pendant les dernières années de sa vie, Ludwig ne goüte plus que des
joies musicales choisies ,et pures. Liszt, qui admirait sa tragédie bourgeoise Le Forestier, lui amena un jour, avec le critique m~sical :8--· Pohl,
Ie célèbre violoniste Lipinski; et toute une soirée l'écrivain, mamtenant
célèbre, écoute les deux virtuoses. Une fois encore, il entend Don Juan, une
autre fois l'Enlèçement; en 1860, il tient à aller écouter Clara Sch_umann.
C'est sur cette audition que se clôt la série de ses voluptés d'auditeur. Il
se délasse de ses travaux littéraires par la lecture de partitions ; sur un
rayon, tout près de son lit, sont rangées celles de tous les opéras de Mozart,
de la Passion selon Saint Matthieu, des Symphonies de Haydn e~ de Beethoven. Quelques jours avant sa mort, il assurait encore à un aIDI qu'elles
lui remplaçaient l'orchestre (1).

III
Otto Ludwig n'a laissé aucune trace dans les ouvrag,:is d'histoire !fiUSicale. Hugo Riemann, qui consacre q.:..elques lignes aux tentative~ music~es
de Grillparzer et un développement à c.elles de Nietzsche, le mte à peme
dans son Dictionnaire de musique.
Ce n'est pas que les œuvres musicales de Ludwig aient grande valeur.
Elles ne sont guère qu'un docUJUent psychologique 1 et il es~ d?uteux que,
si l'on publie les manuscrits de partitions conservés à la hiblio~hèque de
Meiningen et les œuvres de jeunesse jalousement gardées à vVeimar, l'on
découvre des chefs-d'œuvre. En littérature, Ludwig dramaturge a_ é~é
novateur. En musique, il est resté épigone. Son amour de la nat~re prumtive, si fortement exprimé dans des nouvelles comme H eitere~hei, ou dai:s
des romans comme Entre ciel et terre, n'a pas-dépassé en musique la cop~e
des rythmes et des mélodies populaires à souffle cour~. C'est que Ludwig
est essentiellement traditionaliste. Sa théorie littéraire de la Nouvelle
&lt;&lt; villacreoise » est dominée par la question métaphysique de la survivance
du pa~sé. Mais, dans sa musique, ce traditionalisme ~e s'est ~x:primé
qu'en un respect de formules vieillies. Ses opéras sont moms des origmaux
que des copies du Singspiel populaire, voire de la Fa'!7-iUe Sui~se de
Joseph Weigl. Julien Rietz a jugé ainsi sa production musicale: (&lt;Sion la
(1) Souvenirs du Dr Hermann Lücke.

�1452

L'ESPRIT NOUVEAU

compare avec celle des musiciens ses cont€mporains, on constate qu'elle
retarde de trente ans sur le goût, la facture et la technique pianistique
de son époque. Elle ne rappelle ni Beethoven, ni Schubert, non plus que
Mendelssohn ou Schumann. » Ses lieder et Sel! ballades ont une évident{:)
parenté avec la musique de Reichardt, de Zumateg ou du jeune Weber.
Il a quelques accents dram~tiques et puiss~ts dans ses compositions sur
le Roi des Aunes et la Plainte de llfarguente de Gœthe, sur le Plongeur
de Schiller, mais toujours la mélodie est courte et comme nouée.
Bien autrement féeon.de au.ra été l'influence de son instinct musical
sur ses théories et ses œuvres littérairas.
Il ne s'agit point seulement de ces emprunts de la littérature à la
musique sous forme de rythmes, _de s~morités ou de co~paraison_s ti;ée_s du
domaine sonore. Lorsque Ludwig dit, en parlant des Jeunes Le1pzig01ses,
· què leurs qualités de fraicheur et de grâce sont gâtées sur les visages « par
les variations innombrables d'un thème insignifiant », il se range dans la
catégorie des écrivains qui pensent en fonction de la musique. Et cela
n'est pas trop commun, mais enfin cela n'est que nature1 aux esprits
doublement doués, comme Hoffmann, par exemple, quand il écrit : « Les
habitants des petites villes sont pareils à un orchestre complet et bien
entrainé qui se suffit à lui-même et ne connait que lui-même.; seuls les
morceaux qu'il sait sont joués sans accroc. Toute note étrangère est
dissonnante à leurs oreilles et les réduit pour un temps an silence. »
Plus profon.d, quoique non encore proprement original, est son penchant à concevoir le drame littéraire comme un opéra ou un opéra-comique.
C'est là un tour familier à la dramaturgie allemande. La différenciation
del! genres n'y existe guère; elle relève moins de la logique que de l'association d'idées et de sentiments, de la découverte de sympathies internes
,entre les conceptions humaines et de la tendance d'un mélange des arts
qui prend, dans les cas extrêmes, le nom d'art intégral. L'alliance aisée et
comme nécessaire du drame et de la musique, ùn la suit facilement à travers le Singsriel, les drames du Sturmund Drang, les tragédies-opéras de
Schiller vieillissant, les fantaisies des romantiques, les féeries de Raimund,
les tragédies de Grillparzer, et les mélodrames de Bauernfeld, sporades
du drame à pôle double qu'a réalisé Wagner. Ludwig était naturellement
porté vers cette forme. Sa tragédie des M acchabé,es en offre un bel exemple. L'idée même du drame semble lui avoir été inspirée par ses études
musicales, car il connaissait !'Oratorio de Haendel Juda .Macchabée. I
savait aussi que le suj&amp;t aYait déjà tenté beaucoup de compositeurs :
Franck (1), Seyfried (2), sans compter de nombreux et vieux oratorios
italiens. Dans C(.tte tragédie, il voulait &lt;&lt; combattre l'opéra par ses propres moyens » (3). La première esquisse de l'ouvrage relève du &lt;( genre
opéra &gt;&gt; : deux femmes en querelle, un héros entre elles, une catastrophe
sans rapport avec le développement psychologique, et, à l'arrière-fond, le
grouillement de tout un peuple. Sous sa forme définitive, la pièce n'a pas
perdu ce caractère. A l'action se mêlent, au deuxième acte, des trompettes
et des fanfares pendant la scène tragique du sacrilège et de la révolte.
Au troisième passe un cortège de vierges avec des flûtes, des cymbales et
d1:ls tambourins. L_e final du cinquième simule le grand opéra: pendant leur
(1) Die M.akkabaer l\ilutter, 1679.
(2) Die l\iakkabaernder Salmonâa, 1818.
(8) Lettre à Ambrnnn, 1851.

OTTO LUDWIG

1453

supplice, les frères Macchabées chantent un psaume « d'une voix tour à
tour faible et forte, mélodramatique n ; le tonnerre gronde, la tempête
renverse les lampadaires, la lune se voile ; a-u moment où le psaume
s'arrête, marquant la fin du martyre, la dernière lampe s'éteint et de
toutes part,s éclatent des trompettes qui se mêlent au tonnerre ; le soleil
se lève sur leurs accords (1).
Une autre pièce, Le Forestier, débate comme un Singapiel : au lever du
rideau, des musiciens jouent quelques airs champêtres qui célèhrrnt des
fiançailles.
La véritable originalité de Ludwig réside dans sa Théorie du contrepoint.
C'est une entreprise aventureuse que de vouloir imposer à la composition
d'une tragédie ou d'un drame la méthode de Marpurg; mais l'esprit humain ne cesse pas d'être le même quand il s'applique aux différents art-s:
il est donc possible d'aborder un sujet littéraire dans l'état d'esprit .d'un
compositeur.
L'action d'un drame, ainsi raisonne Ludwig, se compose de «parties &gt;&gt;
à marche indé:pendante, mais coordonnées à la fois et contrastées ; chacune a son motif propre; mélodique et rythmique, et l'ensemble forme une
polyphonie qui peut présenter toutes les variétés du contrepoint double.
C'est la polyphonie du drame, qui consiste en un développement d'idées opposées et pourtant concordantes. Parfois il y a des silences dans certaines
des parties, tandis que les autres continuent à développer leurs thèmes.
Pour produire cette polyphonie, les caractères des personnages se groupent peu à peu autour d'une idée centrale, qui n'est autre, enfin de compte,
que le cantus firmus du drame. Ce chant est d'abord donné seul, ensuite apparaissent les cc voix &gt;&gt; (c'est-à-dire les caractères), et dans chaque voix so
précise un motif typique, rythmique et mélodique. Il est clair que ce motif
est le meilleur quand il nait de la mélodie du cantus firmus même. C'est dire
que les personnages du drame se transforment pou à peu en rôles agissant
pour le compte de l'idée centrale.
Dès lors, ces caractères dramatiques ne sont pas différents des motifs
de l'écriture polyphone, où chaque partie trouve en elle-même la loi
propre de son mouvement (2).
L'analogie feut même être poussée plus loin. Le dialogue, aussi, sera
polyphone: i le devient quand trois personnages (ou un plus grand
nombre encore) parlent chacun dans son sens et chacun affrontant les
autres. « Lorsque plusieurs personnes opposent en groupe leur opinion
à celle d'un autre groupe, il n'y a là qu'un dialogue, un duo, un chœur à
deux voix, dont chaque voix est exécutée par un groupe. Mais on peut
imaginer un trio, où chacun des personnages poursuit sa propre idée ;
c'est là le propre des phrases polyphones à rythmes divers. Elles feront
surtout de l'effet, si, débutant par un nombre modéré de voix indépendantes, elles s'enrichissent par degrés jusqu'à former un ensemble. Sur ce
point, il y a des enseignements à tirer du Don Juan de Mozart. » (3)
Ludwig n'a pas eu le temps de réaliser ce genre de dialogue, l'idée ne
lui étant venue qu'assez tard. Mais son système de contrepoint a déterminé toute sa production dramatique. La tragédie du Forestier illustre sa
(1) R. Beyer a écrit une partition pour la pièce même de Ludwig. Mosenthal en

a par ailleurs tiré un livret (1875).
(2) Aphorismes dramatiques, 1re série, p. 456 (Edit. E. Schmidt et Stern).
(3) Apharismes dramatiques: le dialogue polyphone, p. 430.

�1454

L'ESPRIT NOUVEAU

méthode. Elle présente un thème tragique (cantus firmus) d'?ù na~ssent
deux thèmes secondaires opposés, séparément développés, puis réagissant
l'un sur l'autre; finalement ils s'enchevê~r~nt et amènel},t un retour au
thème principal dans une nouve~le tonaht~. Le cantus firmus est représenté par l'idée suivante : la no~xon du dr01~ naturel conçu par un cœur
sincère, mais ignoran~ des exi~ence~ sociales, _est vaincue dans sa
lutte avec la notion sociale du droit écrit. Le premier th~me es~ ~ouble ~t
contrasté; a) Ulrich le forestier, ho~e dur et tout d _une piece, mais
foncièrement bon règne sur un domame et sur sa maisonnée, dans la
tonalité joyeuse d~s fiançaiµes ~e sa f~lle. b)_ Il se heurte ~ l? volonté st'!-pide, mais légale, du proprietrure, Stem, qui en~end ad~mstrer sa foret
suivant une méthode désastreuse, que la loyaute professionnelle du forestier ne peut admettre.
,
Le deurième thème, au second acte, est également doub~e et contr~ste :
a) Stein affirme la légalité de sa prétention et chasse Ulrich. b) Le fils de
Stein fiancé à la fille d'Ulrich, prend parti contre son père.
Le 'troisième acte est traité fort exactement comme un d~veloppement
médian de symphonie. Les_ de~x thèm_es _se dé_for;11ent, s ~ffro~te~t et
s'enrichissent de thèmes épisodiques (ams1 celm d André, fds d Ulrich).
L'habileté du quatrième acte es~ de figurer une modu}ation franche
que domine un nouveau thème, celui de la femme du forestier dont la tendresse conjugale est méc&lt;:mnue.
.
. ,
Le cinquième acte, enfm, est une succession de cadences, ~ resolvent
peu à peu toutes les dissonances nées du heurt des thèmes. M~1s la tonalité a varié· de la lumière elle est allée vers l'ombre. L'oppositxon entre le
mode maje~r du début et le mod~ mineur ?U dénouement est même si
crue et si peu conforme au systeme classique de développement, que
Lud~g, très attaché aux fo~n:ies orthodoxes_, se l'est reprochée plus tard
comme une faute de compos1t1on.
Il serait aisé de montrer comment chaque thème particulier, à son tour,
subit la loi du travail thématique. Tout de même qu'un thème musical
donne naissance à des succédanés rythmiques et mélodiques, chaque
caractère créé par Ludwig tir~ de so:'1 essence de~ form~s n?uvelles q~ le
continuent et marquent son evolut10n. Dans l'a.me d Ulrich, le theme
forestier se transforme en thème paternel, puis en thème humain. Dans
Agnès Bernauer, le héros, conçu prince, se mue en amant, et, sous cette
nouvelle apparence, illustre le double thème de l'orgueil et de la crédulité.
Il n'est pas douteux ~ue la hantise d~s formes_musicales n'ai_t nui parfois au dramaturge au lieu de ~e secourir. Etablir, un contrep?m~, régler
la marche des parties, le~ compli9:uer, l~s enlacer, c es~ une ~es Jowssances
intellectuelles les plus roguës qm se puissent concev01r. Mais à transposer
cette méthode au drame on risque la complication et l'obscurité. C'est
l'écueil que n'a pas évité Ludwig. Ses pièces sont extraordinairement
encombrées de quiproquos, d'événements qui s'enchevêtrent au point
d'en rendre le récit presque impossible, Le contrepoint en est la cause, et
sans doute est-ce ]a vengeance de la Musique sur celui que, pendant près
de trente a~nées, elle crut s' être attaché à jamais.
André CœuROY.

LA MÉDECINE
SYNTHÉTIQUE
PAR

LE

D' R.

ALLENOY

Cette';,gra11ure est le frontispice des œuçres médicales de llfichel Ettmüller,
publiées à Francfort en 1708. Elle exprime bien les tendances synthétiques de
la médecine chez les successeurs de Paracelse.La Santé, qui trone au centre, tient
sur ses genoux une table portant l'inscription : UxA omnes contra morbos
MEDICINA : une seule règle de médecine contre toutes les maladies. Le grand
li11re, sur la table, porte la maxime complémentaire ; PLURA morbos contra
singulos REMEDIA : Beaucoup de remèdes peuçent être indiqués contre
chaque espèce de maladie. A droite se tient le mauçais médecin; il n'a lié
la maladie que par le pied et au moyen d'une simple corde ; il est armé d'un
énorme çase de drogue; il guérit mécaniq_uement et son emblème est l'horloge.
A gaziche est le praticien de la médecine à règle unique. Il dirige la maladie
par le cou, au nwyen d'une chaîne puissante : il en est maître. Son instrument est un flacon compte-gouttes portant cette étiquette : « il suffit d'une
goutte à peine » ; il guérit magnétiquement et son emblème est la boussole i il
est représenté sous les traits dti grand Paracelse.

�LA M:.€DECINE SYNTHÉTIQUE

LA MÉDECINE S YNTIIÉTIQUE

D

Ès l'origine, les sciences ont toujoUTs progressé par l'alternance
de deux processus : analyse et synthèse. On commence par accumuler les faits et les observations particulières ; cha&lt;l11-e chercheur exploite un sentier divergent et c'est la période d'analyse.
En s'éloignant trop les uns des autres, les spécialistes aboutissent à un
chaos de notions éparses, et perdent toute vue d'ensemble; le besoin se
fait alors sentir d'une idée générale pour coordonner la multitude des
acquisitions parcellaires : on cherche à abstraire quelques principes essentiels de toutes les branches du savoir humain, et c'est la période de synthèse. L'Ecole d'Alexandrie a tenté une pareille systématisation générale,
puis ce fut la Renaissance ; depuis, on est retombé dans l'analyse - la base
du système synthétique ne paraissant plus valable - mais aujourd'hui,
après l'immense labeur de générations matérialistes, qui se sont appliquées à rester en dehors de toute idée générale, nous entrevoyons, pour
les temps à venir, la possibilité d'une merveilleuse synthèse. Le mouvement s'amorce, dans toutes les activités humaines-: la psychologie rejoint
le psychisme et l'occultisme dans l'étude du subconscient et de l'unité
du Moi à travers les vies successives. La chimie reprend la thèse alchimiste
de l'unité fondamentale de la matière et s'unit à la physique pour affirmer que Matière et Force ne sont qu'un. Les arts suivent le mouvement :
la peinture, la sculpture, lasses d'exister anarchiquement pour ellesmêmes, sentent le besoin de s'unir à l'architecture en un art synthétique.
De même, il est curieux de dépiste1· dans l'évolution de la Médecine les
indices d'un pareil mouvement et de chercher les conséquences qu'il
pourra comporter:
Le dernier essai de synthèse médicale a accompagné l'effort collectif
tenté dans ce sens à la Renaissance; on pourrait l'appeler l'essai hermétique ou spagyrique. Les médecins alchimistes ont essayé de ramener
la complexité des facteurs en cause, dans chaque cas, à un système simple
d'influences, classées selon l'idée plus ou moins abstraite des caractères
planétaires (médecine astrologique), ou des qualités élémentaires: chaud,
froid, humide, sec (rajeunissement de la médecine humorale),- ou encore
des trois principes : soufre, mercure et sel (médecine proprement alchimique). En vertu de ces idées synthétiques, qui unissaient sur un canevas
commun la psychologie, la biologie et la chimie, les hermétistes ont
cherché à systématiser l'influence morbide en une catégorie simple - pour
lui opposer un remède de catégorie correspondante. Ainsi dans le système
planétaire, le cœur, centre vital de l'économi~, correspondait au soleil et
les maladies du cœur étaient traitées par des préparations d'or (ce métal
étant attribué au soleil), ou de plantes qui étaient censées correspondre
à l'influx solaire. Quels qu'aient été les résultats thérapeutiques, _c'était

1457

un essai de systématisation, de synthèse, et l'œuvre des spagyristes est
curieuse à ce point de vue.
Ensuite, on voit se dessiner1 dès la fin du xvue siècle, un mouvement
analytique qu'on pourrait appeler l'ère matérialiste. Les médecins ne
trouvent pas dans l'art spagyrique les résultats espérés; les premières
découvertes physiologiques tournent leur attention vers le mécanisme
des organes et ils rêvent de pouvoir expliquer toutes les maladies par des
causes objectives. Alors commence l'étude minutieuse de l'anatomie, de
la physiologie, dela chimie biologique, dela parasitologie,etc., qui trouve
son couronnement dans la découverte des microbes, l'asepsie chirurgicale, la sérothér~pie. Mais les lendemains de fête sont souvent un peu
mornes, et malgré ces résultats splendides, il faut bien reconnaitre que
la médecine étiologique -qui espérait, une fois l'agent pathogène connu,
pouvoir le neutraliser ou le détruire facilement - a fait fausse route.
L'étude ph)'!liologique approfondie a précisément montré que tout un
aspect des idiosyncrasies échapperait nécessairement toujours aux
moyens d'investigation ordinaires ; mais surtout, les essais d'applications
thérapeutiques ont été décevants : à part deux ou trois sérums d'une valeur
incontestable, qu'a-t-on gagné à la connaissance de l'agent ? Une fois
connue la cause - microbienne ou histologique - on s'est aperçu qu'elle
était le plus souvent inaccessible ou impossible à modifier directement.
La déception a surtout été cruelle en ce qui concerne la bactériologie
quand il a fallu revenir sur l'idée première de spécificité et constater par
exemple que :
1° Le microbe-peut exister sans que la maladie se développe (porteurs de
germes);
2° Inversement, le microbe peut ne pas se montrer et la maladie e~ister (le bacille-virgule manque dans certain~ cas de choléra foudroyant ;
le bacille de Koch fait défaut dans un certain nombre de tuberculoses
suraiguës; il y a des abcès sans micro-organismes) ;
3° Le même microbe peut produire plusieurs maladies (le staphylocoque produit le furoncle et l'ostéomyélite) ;
4° La même maladie peut être produite par plusieurs microbes (la
grippe, par exemple, serait due soit au micrococcus de P1eiffer, soit au
micrococcus catharralis, soit au pneumocoque, soit à un tétragène (Bezançon
et Yongh). Le laboratoire permet de distinguer plusieurs paratyphoïdes,
etc.) - Quelles que soient d'ailleurs les discussions possibles sur ce sujet,
un fait reste patent: l'impuissance relative de la sérothérapie dont on
attendait tout. Ceci constitue l'impasse étiologique dans laquelle la
médecine actuelle s'est embouteillée. La connaissance de la cause ne
permet pas une action directe pour neutraliser cette cause et la médecine - en tant qu'art de guérir - n'y gagne presque rien.
De là, la débâcle incohérente de la thérapeutique ; il y a tant de facteurs à envisager que le praticien tend à se spécialiser et à ne poursuivre
ses recherches que sur une seule direction. Le chirurgien ne veut connaître
c.1.:.e ce qui tombe sous son bistouri et se moque hicn des impondérables
è'une neurasthénie ou d'une douleur rhumatismale; ceci ouvre la voie au

�1458

L'ESPRIT NOUVEAU

hotbéra eute qui prétend guérir les abcès par suggestion et la médep~yc ff 1/spectacle d'une anarchie thérapeutique complète. Allez vous
c;n? ~ r~e vos migraines à dix médecins différents et comparez les ordonp am re
rez qu'il n'y a pas de principe thérapeutique. Il n'est
nances : vous ver
·
·
1 rr·
t· ns
A e as ·us 'aux questions de régime qui ne suscitent es a irma 10 .
::n;u; co!tr~ctoires:_Etudiez, dans les différents auteurs, ce que doit
pl é · d diabe'tique ou de l'obèse et quand ces auteurs ne se sont
être e r g1me u
d'
as entendus pour copier quelque maitre à la mod~, vous serez ecou~aO'é des divergences d'indications. Enco~e plus decouragé serez-':ous,
si" médecin, vous essayez de vous en servir chez vo~ malades_. Aussi,. e~
'· nce de ce désarroi on sent le besoin pressant d un travail synthet~prese . coordonne les 'acquisitions éparses sur des idées génér~es clru:e:
a un trésor, immense à classer et des matériaux à profusion pour

fi1~

la synthèse future.
•
1f
b · t"
Q 'on ne m'accuse pas ici de faire des rêves en l'air. Lace synt e ique
t un fait. elle existe elle a déjà été formulée, mais jusqu'à pré_sent, elle
:: ·-~ f rmclée trop tôt pour être comprise. Trop tôt quand Hippocrate,
~:s ~ éclair de génie, formula cet~e loi que : « ~e semblable appe~e ~e
mblable et guérit ce qu'il a produit ll, parce qu alors, on ne possedai:
s:cs e aucune notion de pharmacodynamie ; t!op tôt .encore ~an
~ar:else s'opposa à toute thérape~tique1 systématiquAe, afhrm8:t CJ": u;~
aladie déterminée comme la jaumsse n est pas !a me~e _chez eux 1,n i
vidus distincts et qu'il faut lui opposer des remedes d1fferents, - c est:
à-dire qu'il [aut individualiser le cas dans sa synthèse, en ch~rchant ce qui
com a ne cette jaunisse, si le malade est g~as ou ma1~e, _brun ou
~~ond,phÏmme ou femme, s'il a des ma~x de têtel~ des palp1~a!ions, et~
On ne voyait pas encore le moyen pratique de realiser cette 1dee. Qu~
Ettmüller le disciple de Paracelse, proclama : pbJ,ra morbos c~ntra sinalos rem~dia, il sentait de même la nécessité d'une règle u~que l~ur
ro rier le remède au mal en se bas~nt n~n pas sur la notion d et10/~ p on as sur le nom de la maladie, maIB sur le complexus sympto;~:, ne to~t entier. Ce fut Hahnemann qui trouva 1~ mode d'application
dans1'expérimentation de la drogue sur l'homme sam et dans la pathoénésie médicamenteuse, mais il était alors.trop tard - ?~ trop tôt,---;-- car
fa médecine était en pleine période·analyt1que, hypnotisee ?~ le ~rage
étiologique, et le grand courant du siècle passa à côté de sa gemale de~ouverte sans la voir.
..
.
t·
Hahnemann avait pourtant conçu la grande synthese therapeu _1que,
cherchant chez le malade, non plus s~ulement les sy~~tôme~ habituels
d'une entité morbide définie, mais tous l~s menus . ~etails qu on a coutume de négliger dans la médecine étiologique : le fait, pour une douleur,
d'être brülante ou térébrante, d'apparaître brusquement ou le1;1-tement,
d'être soulagée par le chaud ou par 1~ froid, d'avoir son _maximu~ le
matin oule soir . les impressions subjectives du malade ou meme ses dispositions psychol~giques, tout cela trouva place ;dan~ le gr_and tableau
synthétique qui devait correspondre à la pathogénés1e m_éd1cam.enteuse,
c'est-à-dire à l'ensemble des symptômes, grands ou petits, avec toutes

!

LA MÉDECINE SYNTHÉTIQUE

1559

leurs modalités spéciales, produits par l'ingestion d'une certaine quantité
d'un médicament.
La conception de Hahnemann put rallier quelques vitalistes attardés,
mais la plupart de ses contemporains, épris de matérialisme, cherchant la
maladie dans l'altération du tissu et se flattant de découvrir sous le
scalpel le mécanisme de la pensée, poursuivaient un idéal différent : sa
méthode resta comme une graine perdue sur du sable sec, attendant
l'occasion de germer.
Aujourd'hui, le milieu devient favorable. Le besoin de synthèse se fait
sentir. La médecine analytique s'est heurtée à la notion du tempérament
individuel ou, comme l'on dit, du« terrain &gt;&gt; dont l'importance apparait
chaque jour plus grande, au détriment de l'idéal étiologique. Car enfin,
s'il est vrai qu'un microbe comme le bacille de Koch ne se développe que
sur un organisme prédisposé par de l'hérédité, par le surmenage, par une
constitution lymphatique ou « plastique », et qu'il ne produira rien sur un
autre organisme, de soucbe arthritique, d'un âge différent, d'un tempérament sec, quelle est son importance réelle dans la genèse de la maladie ? Et
le médecin, pour·remplir son rôle de guérisselll', doit-il espérer plus d'une
action purement bactéricide que d'une action modificatrice du tempérament ? Et de quel ordre peut être cette action ? On sait que le fibrome
est produit par une altération histologique. Fort bien - mais cette connaissance ne sert pas à Je combattre. Au contraire, le· fait de i;avoir qu'il
peut disparaître chez la femme au moment de la ménopause, ne montret-il pas l'import ce capitale du terrain en même temps que le rôle prépondérant d'influences impondérables, car enfin, en quoi düfêre, histologiquement ou chimiquement, l'organisme d'une femme avant et après
l'âge critique ?
C'est cette notion de terrain qui servira de pivot à l'orientation des
recherches médicales pour les faire passer de la direction analytique ou
étiologique à la connaissance intégrale et synthétique du malade. Dans
eet ordre d'idées, le médecin envisagera non plus la lésion et sa cause apparente, mais l'ensemble des réactions ou des caractéristiques du sujet,
jusqu'à la couleur de ses yeux, jusqu'au cours de ses idées, en une grande
synthèse symptomatique. Il én résultera logiquement ceci, que le traitemnet variera non selon le nom de la maladie ni selon ses circonstances
étiologiques, mais encore et surtout selon les particularités individuelles
du malade. Il n'y aura plus de maladies, mais seulement des malades, selon
la célèbre formule qu'on ne put jamais appliquer. Par suite, il n'y aura
plus un traitement systématique de la syphilis ou du psoriasis, comme
c'est l'usage actuel dans les hôpitaux, mais des remèdes.variables, selon le
eomplexus symptomatique du malade.
Il semble bien que toute l'évolution future de la médecine tende à se
faire dans ce sens, mais, pour cela, il faudra remplacer le concept étiologique, qui est analytique, par un concept synthétique, un principe de
classification embrassant tous les cas et l'ensemble intégral de chaque
cas. Il faudra classer toutes les possibilités réactionnelles de tous
les cas pathologiques comme le botaniste• peut classer chaque plante,

�LA MÉDECINE SYNTHfTIQUE

1461

A

14.60

L'ESPRIT NOUVEAU

et il faudra que ce classement conduise à un traitement approprié.
Or,leprincipe de similitude, répondant à ces desiderata, para1t recevoir
des médecins officiels des applications de plus en plus nombreuses. Ce
principe est qu'un médicament, à dose réduite, peut guérir, ehez un malade, les symptômes semblables à ceux qu'il produirait chez un homme
sain, pris à forto dose. Si ce principe est admis, il fournit une clef permettant d'opposer la synthèse médicamenteuse à la synthèse morbide.
Il est assez remarquable qu'à part le mesquin et confus réquisitoire de
Trousseau, personne n'ait jamais présenté d'objection véritable au principe
de similitud~. Au contraire, tout le monde l'applique plus ou moins, bien
qu'iroparîaitement. Par exemple, l'ipéca est une drogue qui purge et fait
vomir ; elle peut donc guérir la diarrhée et les vomissements, notamment
dans l'embal'l'as gastrique: les médecins militaires en savent quelque chose;
par exemple, l'intoxication bydrargyrique cl1ronique produit des nécroses
osseuses et le mercure peut guérir les nécroses osseuses des syphilitiques ;par
exemple I une forte chaleur brûle, et pourtant une chaleur modérée soulage
les brûlures. N'est-ce pas une règle synLhétique par excellence que ce prmcipe de similitude? Or, c'est un signe des temps que les maitres officiels y
aient. îréqucment recours. Ainsi Lanceraux recommande de trè13 petites
tloses de cantharide dans le traitement des néphrites, alors que l'intoxication massive par la cantharide produit une néphrite typique. Dans le
même ordre d'idées, Dujardin-Beau:metz recommande le cyanure de
mercure dans la diphtérie alors que l'intoxication aiguë par cette substance, commo en témoigne L. Simon, donne lieu à une angine couenneuse
pseudo-diphtérique. Le sul[ate de quinine, qui provoque des bourdonnements d'oreille, serait le remède de choix pour les bourdonnements
du vertige de Mf!nière, ainsi que l'affirment Charcot et Gilles de la Tourelle. Le sublimé corrosif, qui engendre à dose toxique une véritable dysenterie mercurielle selon Brouardel, peut servir avantaguesement de remède
à la dysenterie ordinaire. Bouchot recommande la fuchsine pour l'albu•
minurie tout en reconnaissant qu'elle provoque ce symptôme à partir
d'une certaine quantité. La digitale passe pour le remède spécifique de
l'asystolie, et pourtant Launder-Brunton consLate que l'intoxication à
la digitale simule l'asystolie. La colchicine a été vantée comme le
médicament-typo de la goutte ; or Mairet et Combemale montrent que
i,,os symptômes toxiques sont la congestion des têtes articulaires et
l'augmentation de l'acide urique à ce niveau. Grasset prescrit l'ergot de
seigle dans le tabès, alors que, dans certaines épidémies d'ergotisme, on
a noté des désordres comparables à ceux du tabès. Manquat signale quo
la belladone a des effets curateurs incontestables dans l'épilepsie, alors
qu'elle est un poison épileptogène. Peyraud décrit les symptômes d'emp0isonnement à la tanaisie comme identiques à ceux de la rage et il constate que l'essence de tanaisie est un remède contre la rage vraie, etc.
Il n'est pas jusqu'à la sérothérapie qui ne puisse être rattachée au
roême principe. Ainsi le sérum de Roux, qui peut guérir la diphtérie, provoque, quand on l'injecte à un animal ou à un homme aain, les mêmes
modifications dans la formule sanguine qu'une diphtérie bénigne ; de

O

mcme aurait-on pu constater d
blessés de guerre ayant reçu
e~ ~ymptômes de tétanos fruste sur des
nique.
une mJection préventive de sérum antitéta11s sont donc Hahnemanniens to
.
l'effi~cité ~lu principe de similiLu::! ~e;~u~eurs ~ me~tent en lumiêre
auraient raison, car il existe entre e
s en dcfendraie_nt bien, et ils
rence : les IIahnemanniens soi entx· et_les H~e1?anruens une différêgle synthétique qu'ils ont génégnali é ru.àns1, par principe, en vertu d'une
que par pur empirisme,
. .
r s e tous. les
·
sans savoir
. cas•, eux, ne soignent
ain· i
l~ur passe par la tête. Les Hah
po':rquo1, et seulement quand cela
c1ents i eux sont des synthét· t n_emanru_ens sont des synthétistes cons
1s ~ 1nconsc10nts
t . ,
' .
·
d ·
es,c estcequiles empêched' .
I
qui vou rru.cnt etre analyssans laquelle le principe de sarruru·~li':terdà a synthèse thérapeutique intégrale
Ains" p·
u e est d'une a li · •
t .
1, 1.P~a guérit les vomissements et 1 di :p caL~on impossible.
_.r1que, mais il n'agit vraiment bien e
a arr ée de l embarras gas,l un ensemble d'autres particular"téqu quand _ce~ symptômes s'associent
nette, salivation naueées i·nce l ts, caractéristiques de l'ipéca: lan!rue
1
• .
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&lt;:san es avec
t·
0
a poitrine, coliques péri-ombilicales âl sensa ion de consLrition de
quand on est couché etc etc s· , p cur,_ yeux cernés, aggravation
11,~es, il faut chercher ~n a~'tre r~m~dce~ particularités ne sont pas réas il y a langue chargée ho uet . e , ce sera par exemple l'antimoine
so~de, etc., etc. Ou bien' ce sira l~ ~01r, dou,Ieurs à l'estomac, céphalalgie
decms de l'école officielle ne le , ryone, l hellébore, etc. Or, ceci, les mésynthê_se_ individuelle du malads:,ent pas encore, faute d'avoir cherché la
J~ fm1ront par le savoir car il est vi .
. .
la voie synthétique indiquée tro ré sible que la_ medecme s'engage dans
par Hahnemann - et c'est pc~ m~turfent, il y aura bientôt un siêcle
dérable que prend en ce moment
exp ~que le développement consi:
l'ho1;lléopathie, médecine d'avant-gar:;ctrme de ce novateur persécuté:
D autre part, on avait cherché h
..
h?méopathique avec l'emploi de~ d!~oc~It~~e?~• à confondre la synthèse
coté accessoire secondaire et . . es mI1mLesimales, ce qui n'est qu'un
cipe fondamen'tal. Or l'étude d~:g~~~le de la ~ratique, à côté du prinm1sme des ions dans les eaux th i rument. petits biologiques, du dynatution de la matière (que no
ermnles, les nouvelles idées sur la constiar~icle), _etc., viennent préci:é::e:~::oposons ~'.ét~d!er dans un prochain
p~i~L faible vis-à-vis de la science d'1 ncentre~ l mté:cL sur ce qui était un
1 Y a un siècle: Juste retour des choses
d 1c1-bas 1
A

•

ia

'Ma:is peu importent les questions d'é l
.
sans doute plus rien de la vieille ere co es. Dans dix. ans, il ne restera
La ~édecine reviendra au but
lllle entre allopathes et homéopathes.
derruers : celui de guérir Elle s'
e ~ un peu trop négligé ces temps
symptomatique individu~! s t:c emme_ vers la notion du complexus
~e l'analyse étiologique dé~ev:te ~ 1fe st m~~ ~ remplacer les éléments
ans le grand mouvement synth ·t-'
e s_era orientation de la médecine
e ique qui se prépare.

':;1,

ut

or

R.

ALLE~DY.

�ESTHÉTIQUE ·

CÉZANNE
ET LE

CÉZANNISME
PAR

GINO SEVERINI

IIe

PRIME A NOS ABON·NÉS
A nos anciens abonnés qui se réabonnent pour
la deuxième année.
,
A ~os nouveaux abonnés qui nous- feront parvenir leur bulletin avant le 31 Décembre (date
de la poste) nous e"verrons Franco une superbe

.

GRAVURE ORIGINALE en couleurs, gravée spéARTICLE

oialement pour I' « Esprit Nouveau

&gt;&gt;

par le

CÉZANNE ET LE VÉRITABLE ESPRIT CLASSIQUE

Maître Juan GRIS. (Cette gravure est la première gra-

., . dit ·us u'ici, il résulte clairement que
tout ce que ,J 8.1 . l ~·t·rune méthode en analysant
Cézanne P:etend; t ~e
qu'il voulait redevenir clasla_ ccsens~t10n ~- .e~e~out bon sens pour ne pas s'asique. Or il fautetre denut
est un cc eHet n et non une
percevoir que la cc se~sa rnn n pourra atteindre un but analocc cause &gt;&gt; et que iam~s on ne •vant un chemin tout à fait
gue à celui des cl~s1ques :nd:: maîtres est sous ce rapport
opposé. Or l'ense1gnemen
'il faut analyser et non reffet.
catégorique : c'eSt la cause qu , 0 ue et pour qu'elle soit
C'est ici la grande erreur detore1:pm~nde je vais mettre en
claire à l' ente1:1de1_Ilent d~ o; des deu_~ co~ceptions opposées:
présence l' ~pplic_at10? prat1f~a conception vraiment classique.
la conception ~ezame_nne ede représenter une bouteille. Le
Mettons. qu'il s' ag1~se de établie d'avance » et qui analyse
peintre qui a un; cc methc:dera ainsi : il tâchera d'abord de se
la cause et non l effet pr\ . t mesurer c'est-à-dire de la haurendre compte de ce qui peu . , , '
teur de la bouteille et d~~on di;:t~:·s deux grandeurs n'ont
Disons, entr~ PW:~n eses, rées sur nature, mais peuvent
nullement besom d etr~ ~esu pour être exact doivent être
être inventées par le pem te, 0 tles cc proportion~ » qui règlent
établies selon les cc rappor 8 n e
la compos~tion entière.. 1 bouteille et mieux la situer, nous
Pour mieux constrmre a

vure sur bois de Juan Gris)

D

E

-:sI

Voir le no 11-12 de L'Esprit Nouveau.

Tirage limi~é, sur p_apier spécial du Cambodge ;
la -pla~che s~ra détruite après le tirage. ·
_Nos - abonnés apprécieront l'effort · que
N

I'

« Esprit

fait

Nouveau » en leur offrant cette

prime magnifique dont la valeur artistique et
de collection dépasse de ~eaucoup celle des
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isolément 35 francs.
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Pour tous les abonnés faisant partir leur _abonnement
du ND1, l'abonnement reste fixé à :

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75 francs pour l'Étranger
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OUVEAU OU DE RÉABONiOUT BULLETIN O'ABONNE:E;J, ~ous SERA ADRESSÉ AVANT
NEMENT POUR UNE ANN : LA POSTE) DONNERA DROIT A LA
LE 31 DÉCEMBRE &lt;DAETNE gOULEURS OE JUAN 'GRIS. ..
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L'ANNÉE Î ÉTRANGER 71§ fr. (Fran.çais)
LE NUMÉRO 1 ÉTRANGER 7ft. (Français)

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PIWFESSJON

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CÉZANNE ET LE CÉZANNISME

1463

la renfermons dans une forme géométrique qui aura les dimensions choisies ou mesurées, et qui, dans notre cas, est un cube
ou un cylindre. Une fois que ce cube ou ce cylindre est situé
dans la construction générale du tableau, le problème change,
car on passe de la construction à l'exécution, et, dans cette
seconde phase du tableau la sensibilité du peintre humanise le
cube ou le cylindre, il passe en un mot de la forme générale et
constructive, à la forme spécifique et vivante, de l'analyse de la
cause à la synthèse de l'effet. Il reconstitue ainsi par son esprit
(la géométrie) un fait humain, universel.
Selon cette conception le point de départ est donc la cause, le
point d'arrivée l'effet.
Léonard disait : « saisis la cause » et toute l' œuvre des
maitres obéit à cette conception.
Regardons maintenant la méthode opposée, celle de Cézanne
et des Cézanniens, c'est-à-dire l'analyse del' effet, ou sensation.
Le hasard conduit le peintre devant une table où une bout eille est placée parmi d'autres objets, et dans un éclairage
quelconque. La sensibilité est mise en éveil par le jeu des
lumières, par les rapports de couleurs et de lignes, et il se dit :
voilà une jolie nature morte à faire.
Disons entre parenthèses que parfois il prend des objets et il
les dispose devant lui jusqu'à cc arranger » sur nature une
nature morte; ce qui, en substance, revient au même, vu que
dans un cas, comme dans l'autre, le point de départ est la sensation (1). Le peintre se place donc devant ce fait que le hasard
lui met devant ses yeux, ou qu'ilasus'arrangerlui-même. En
paroles il affirmera qu'il n'est p~s dominé par la nature,
parce qu'il prend les c&lt; déformations »auxquelles il se livre pour
des cc constructions &gt;&gt;, mais en fait il en est tout autrement,
car aucun peintre devant le « motif &gt;&gt; ne peut se vanter den' en
être pas plus ou moins dominé: Donc, en fait, il se mettra tout
simplement à traduire sur la toiles on modèle comme ses yeux le
voient, et, en adoptant la technique empirique de Cézanneilmettraàgauchece qu'il auraenlevéàdroite, etc ..., et cela tout encherchant bien sincèrement à saisir le caractère, l'expression del' objet qu'il veut représenter. M3.Îs ce caractère et cette expression
changeront chaque jour, et, s'il a l'honnêteté de Cézanne, chaque jour sera un nouveau départ pour une nouvelle destination.
(1) Il n'est pas question ici des peintres cubiste! qui ne partent pas d'une émotion
direeû; cependant les équilibres au~uels ils aboutissent n'appartknnent pa$ moim en
gmbal à la ,emation, mais à une sensation cérébralùée.
77

�1464

CÉZANNE ET LE CÉZANNISME

L'ESPRIT NOUVEAU

Un peintre ordinaire, c'est-à~dire de l'Ecole, d~s Bea1;1X-Arts,
à force d'essais nous donnerait un trompe-1 œi1 agreable et
plus ou moins savan~ en apparen?e, selo~ que les v~es r~gles
apprises auraient éte plus oumomsapphquées.Mais lepemtre
dont nous nous occupons, et à qui il faut rendre justice, ne se
contente pas si facilement, car il a une idée de con~truction
« derrière la tête », il a en plus une tendance vers l'uruversel et
l'absolu, c'est pourquoi, en analysant sa sensation, il passera
graduellement de la forme spécifique et vivante, qui dans son
cas n'est qu'une apparence et une anecdote &lt;1isuelle, à ce qu'il
croit naïvement une forme générale et absolue parce qu'elle
rappelle une figure plus ou moins régulière de la géométrie.
Lhote a trouvé une expression heureuse qui résume et éclaire
cette tendance: « passer de l'assiette au cercle ». Dans notre
cas cela deviendrait : « passer de la bouteille au cylindre )&gt;.
Moi, je prétends qu'il faut passer du cylindre à la bouteille, et
l'observation es méthodes des maitres me donne raison.
J'ajoute que les plus subtils sophismes ne pourront pas
démontrer qu'il est une bonne méthode, en admettant qu'il
fût possible de placer des meubles et des tentures dans une
maison avant d'en avoir fait les fondations, l'échafaudage, et
dressé les murs en pierre ou en brique. Même si on se donne la
peine de soutenir après coup cette maison chimérique avec des
supports, des barres de fer, des poutres, etc... on arrivera
peut-être à une solidité apparente mais non réelle (1).
Tandis que la méthode inverse : faire des fondations, et
puis l'échafaudage, et puis les murs, et enfin les tentures et les
meubles, symbolise l'ordre naturel des choses, la marche simple
et logique de la création.
"En effet, si nous prenons notre corps pour exemple, nous
voyons que les os sont à l'intérieur, et puis viennent les muscles
et enfin l'enveloppe extérieure de la peau, avec toute l' apparence de vie. Nous devons aussi procéder de l'intérieur à l' extérieur, et dans notre cas, le cylindre représente la charpente
ou le système osseux du corps humain, et enfin la bouteille est
la forme extérieure et vivante.
(1) ra suppmisetbarrudefer quel'onmetauœmursquimenacent de tomber joutnt le
mlme Tôle que ces« géométrisations • 01, ces contours qui passent d'un objet à rautre
pour les relier, ou tout autu • tn,c • qui ont pow but de donntr une apparence de construction. Poussin et les maîtres n'avaient pas besoin d'avoir recours à des ,expédients•
li peu honnétes ; leur construction réelle était derrière l'apparence, et paur la • saisir•
il ne su/fil pas d'etre malin, ilfatl,/, avoir de, notions • spécialu • qui manqtlffit à la
presque totaliU ~ péintru.

1465

Procéder autrement, c'est prendre le «moyen &gt;&gt; pour le «but»
e~ ad_rne.ttan~ que les géométrisations auxquelles on aboutit
d ~rdmaire ruent une relation quelconque avec la géométrie
qui est la seœ e et vraie charpente de la peinture; mais ce n'est
pas le,.cas ~n général. Car. le plus souvent ces peintres, qui se
font 1 illusion de constrwre parce qu'ils donnent à leurs tab~eau~ _un aspect géométrique, ne font que géométriser ou
simplifier, ce q~ n'a aucun rapport avec l'application rigoureus~ ~es propriétés géométriques.
Ainsi la bout~ille ~u~ nous avons prise pour exemple, malgré
son a~parence geo~~t~1':{11e, n'est que simplifiée et reste dans le
domaine ~e la sens_1bihte tout aussi bien qu'une bouteille peinte
par Monsieur CoRMON del' Institzit.
·

En _faisant l' ~al~se del' ~n?eignement de Cézan~e, j'ai tâché
de relier son œ~vre a s~n or1gme impressionniste et à son dével~ppement_ cubiste, afm que la vérité sur son enseignement
re~ulte ?lrur,aux_yeux de tout le monde. Je n'ai' nullement la
pretent10n d avoir touché les multiples aspects de cette œuvre •
personne ~~ peut se vanter de pouvoir réaliser un absolu pareil
~ans la cr1~1q~~• et encore moins dans le cas de Cézanne dont
1
P,~1culierement qualificatif, échappe par son essence
~eme ~ 1 analys~ et au contrôle. Cet « impondérable », ou
mc?ntrolable, qm est dans une mesure différente dans chaque
art1st~, forme tout l' a~~rait_ et la valeur de Cézanne, lequel, de
ce. pomt de vue qualificatif, est certainement un très grand
pemtre.
Mais il n' e~t pas ~oi~s vrai_ que son enseignement est presque nul: car a part certaines &lt;&lt; mtentions )), qu'on a superficiellement mterprét~es (1), tout ce qu'on a voulu tirer de son exemple nous a condmt au but opposé à celui qu'on espérait atteindre.
, Dans la peinture comme dans la littérature (cette forme
d art depms les symbolistes a toujours empiété sur la pein-

3!1,

sit~~ tmi;;;~~e=r 'J:~J;:anne en cher~hantréquilibredrJormaitles objetsjusqu'à les
de ttavers Evidern
~• on_ est arrivé à r:réer une sorte d'esthétique du compotier
réalise nédnmoins
la SU~tion de l'objet n'a pas d'importance, si l'équilibre se
cet .ihilililm n'avai·t pas pber"!isdde remarquer que Chardin, par eœcrnple, pour réaliser
• "'1
,
esoin e mdtre un compotier de tr
· de
fig~;es c~mme si elles étaient réjl.échies par des miroirs conca~:! :i!veaiedéJ~rm;.r
sys matiser ce cOU de l'impuissance de Cézanne il va:ud · •
·
s. u ieu
à se rendre compte qii' on peut équilibr
· tabl •
rait mieuœ, 3e pense, commencer
déformation est tout le contraire deerlaun
eau s?ns déformer ... et que, justement, la
atteindre r.i,.,,,:u..
construction par laquelle seulement on doti .

r;r;:i

d:

.. ---x-u-w-re.

�1466

LETTRES

L'ESPRIT NOUVEAU

ture) on a cérébralisé la sensation et on a cru atteindre l'esprit.
rous avons cru un moment que nous étions des réalistes et
même des sur-réalistes, et nous ne nous doutions pas que nous
regardions le réel avec les yeux de l'imagination, ce qui est permis pour les poètes, mais non pas pour les peintres. On nous
aurait appelé « sur-symbolistes » que nous l'aurions bien
mérité.
Cependant le sur-symbolisme des peintres aboutit, chose
hattendue, à la vraie tradition décorative, ce qui constitue un
rasultat plus grand que l'on ne pense (1), tandis que le sursymbolisme des poètes reste en général un divisionnisme
d'images ; une sorte de cinématographie des images dont le
film ne tournerait pas.
Ce n'est pas mon rôle de deviner si ce film poétique tournera
ou ne tournera pas ; il importe de constater seulement que
jusqu'aujourd'hui, dans un camp comme dans l'autre, ainsi
que je le disais tout à l'heure, nous avons été toujours projetés
vers le but opposé à celui que l'on visait, à savoir:
Au lieu de réaliser une synthèse, on reste dans l'analyse ; au
lieu de créer selon l'esprit, on reste dans le domaine des sens;
on croit continuer Ingres et on suit Delacroix ; au lieu d' atteindre le style on atteint à peine la « stylisation &gt;i; sous prétexte de faire de la &lt;t peinture pure ii on fait de l'art décoratif
et symbolique ; au lieu de construire comme les Maîtres, on
adapte « d'après les Mlitres &gt;let on géométrise ou on simplifie
au lieu d'employer les vraies règles de la géométrie.
Et il en sera ainsi tant que l'on restera dans cet art absolument « qualificatif », résultat d'une mauvaise interprétation
de l'enseignement de Cézanne dont, loin de développer les
quelques bonnes indications, on agrandit démesurément tous
les défauts.
J'ai la certitude que l'avenir est aux Constmcteurs et non
aux Adaptateurs, aussi habiles, malins et même géniaux qu'ils
soient et plus d'un dans notre entourage commence à saisir la
difîérence qui existe entre ces deux adjectifs, qui symbolisent deux routes toutes difîérentes : la bonne et la mauvaise ...
J'espère qu'on me fera l'honneur de penser que tout ce que
j'ai exposé dans cet examen rigoureux et sincère de faits et de
conséquences, ne vise ni les œuvres ni les peintres, mais bien
la méthode, ou pour être exact, l'absence de métJwde.
GINO SEVERINI.
(1} A condition, bien entendu, qu'on ne le déguise pas en art plastique ...

RÉFLEXIONS SUR

JEAN COCTEAU
PAR

HENRI MANCAROI

D

ANS

le numéro du 25 déccmb

des Lü,res l\I. André Th . /

1920 d

. e la RePue critique &lt;ks Idées et
çaist;_, a p~lié une sériee\i:e;é1ï1 ~onore la jeun~ critique franextremes de la poésie t eJl cnons ~ur certamcs tendances
la • po~sie sans fil 11 .
ac u e, celle qu'il appelle spirituelle:ment
. Je tiens à dire immédiatement
.
rive quand il condamne les mots ~ue ) 8 partage la sévérité de M. Thépure, 1e m_.épris total de la syntaxe 1~ 1ber!é, le culte de l'oi:iomatopée
de "[!-e pas etre sur cc point tout à fait d'a~:~dme. Il n_i.e para1t impossible
9u Il e~t urgent de défendre notre lan
. avec Jw et de ne pas penser
interdire, contre de pauvres gens d fue, pms~ue ~ous ne pouvons la leur
Il est donc certain qu'à partir de: _on ne rit m_eme plus.
notre so_l, la française et celle qui ne l'es~n~n:nt ". zl Y. a deux liJtbatu.res szir
du_ géme français, une classification f.
. Mais s1, pour la sauvegarde
gwder 1~ puhlic dont le divorce avec 1~ unpose, capable d'éduquer et de
11_1. Thér.ve, cette classification doit a art a ét~ t.r~s exactement noté par
r1té. L'examen des cas partie r
ppadrattre indiscutable dans sa sévé
tance. Or, parmi les noms ue u rrurrn. _dès lors une très réelle im or=
des lettres françaises il en1st
·ther~v:e et qu'il exclut du palm~rês
quelques réflexions. iJ s'agit de M.
cquel Je me permettrai de présenter
, I-,e cas de M. Jean Cocteau est .di ean Cocteau (_1 )_.
n etrP paR confondu avec celui de Mfr,e
plus Vl~ mt~rêt. Il méritait de
. zara et Picabia (2). Le commen8

J

~;~

j

4u

(1) Ce~te exception ne signifie as
M.èThé!1ve me paraissent tout fai~~~ t ~ les autres. condamnations inffigées
te, 11 me semble mai· P
gi
es. M. Blru e Cendrnt-s été 1
por
'Actionfrançaise 1~ Car"rie,°)t~ Ïe1ti~;u~e e~ prose, il est vrai, par oJon qui0 ~!nfà
~~~!i ~~/~:C'jéro du li&gt; septemb~~~;~ eJ:~a.1~\ïu!lnt à l\1. Drieu La
,1aJional •· Nous so~~cs-unes de ses paroles • it1&lt;Jld1/iables • • nttJerselle, l\I. ~ené

f'

l

oc,~)p::
lue Mc. André Thé~_
~':j! fa :m~:e1I~oi:: etfrM. J~ha::e~l~:::ir;~~
·i
. ean octeau a écnt dans son
. .
es ançaises.
!Ei':;J920). Majs
véri~i:'f~o'!~t'~
:(;d;
u
0

m1~audadal~m'omUMntbe
pet1tJouroaJ.ùCoq:•Lesarticles . '
.
je dois à Ja
je suiJ l'anti-dadaïste typfi
O ue que si M Cocteau
nne et tow • 1 ne • en gtnlr-' il
d-'- •••
• lu vakur, individuelk8 ""'
,._ D ad.,.
pas d~ quelque sympathie
• r!-8app~ou1.~
le
a ».•, ne se
pour

déf&lt;:nd

�1468

L'ESPRIT NOUVEAU

taire de M. Thérive, sinon son information, est un peu sommaire. Et cela
nous a fort étonné de ]a part. d'un critique intelligent et subtil à qui l'art
des distinctions et des nuances est fort loin d'être étranger. M. Thérive
cite quelques fri:gments du Cap de Bonne-Espérance. Ce volume ne constitue pas toute l'œuvre poétique de M. Cocteau.
Mais il ne s'agit pas d'examiner les quelques vers qu'en détache M. Thérive · la critique de forme qu'il leur adresse n'est pas ce à quoi il tient le
plus'. G'est un procès de tendance que fait M. Théiive, c'est à un esprit
qu'il s'en prend. C'est alors que la question posée devient intéressante.
Il nous parait que l'élément essentiel de la poétique, et plus généralement de l'esthétique, de M. Jean Cocteau a échappé à M. 'Thérivo: nous
voulons dire la fantaisie. M. Jean Cocteau ne l'a pas inventée: il circule
à travers la littérature française un courant de fantaisie qui n'est pas d'auiourd'hui et dont il serait facile de noter les traces au cours de notre histoire. Mais la fantaisie était un genre, assez à part, qui avait comme ses
lois et ses règles aussi bien que ses sujets ; de plus, elle était presqu':' généralement comique. La fantaisie de .M. Jean Cocteau n'est certes point
1évolutionnaire, entièrement originale et individuelle, jaillie toute armée
de son jeune cerveau. M. Jean Cocteau a lu, quoi qu'en puisse penser
M. Andt'é Thérive. Il n'ignore pas, outre ses devanciers, ceux de ses
contemporains qu'on a appelés les poètes fantaisistes i. et il faut faire la
part de l'influence exercée sur lui par l'humour ang o-saxon. Il reste
que la fantaisie de M. Jean Cocteau rend un son nouveau dans la symphonie des lettres françaises. La définir n'est pas facile ; il faut le tenter pourtant. Beaucoup plus qu'un genre, elle est une manière, un point de vue sur
les choses et les gens, celui del' intelligence émue; subtile toujours, elle est
accent. Elle n'est certes point exempte d'une certaine préciosité; mais
cela fait qu'elle ignore les échevèlements; elle est une discipline, souple
sans doute, mais qui ne veut méconnaître, jusque dans l'outrance, aucune
mesure intelligente. M. Gide dirait qu'elle est pédale au piano des lettres
françaises. Elle nuance, elle déforme avec grâce. Elle n'a rien de commun
avec le fantastique des romantiques. Nous croyons avoir le droit de dire
qu'elle est méditerranéenne. Elle est sourire, plaisant ou grave, souvent
tendre. Elle aussi est une pudeur à sa manière.
ll faut l'admettre, cette fantaisie du temps présent, qui n'exclut aucune
émotion, mais qui les préserve toutes de l'étalage romantique par un jeu
subtil de l'intdligence, pour aimer M. Jean Cocteau. Et même seulement
pour le comprendre.
Quand M. Jean Cocteau écoute les pianos mécani9.ues, quand M. Jean
Cocteau va au cirque ou au music-hall, et ~•il nous dit ensuite ses impressions, il faut entendre sur quel ton il parle. Il ne faut pas croire qu'il prêche.
Il faut faire la part de l'intelligence de M. Cocteau, qui fait la part de l'intelligence de son lecteur.
C'est ici que je ne suis pas du tout d'accord avec M. André Thérive. U
voit dans M. Cocteau un romantique attardé, dont l'inspiration est toute
instinctive et qui fait parade de la plus artificielle fausse nalveté. M. Cocteau y mettrait même • une çieille petite per"ersi.té » Eh 1voilà une affirmation dangereuse. La perversité, cela est un vice, certes, mais intellectuel
(et on le verra tout à l'heure nous ne pensons pas qu'il y ait aucune
perversité dans le cas de M. Jean Cocteau). Pour faire éclater le
romantisme de M. Cocteau, M. Thérive devrait nous assurer qu'il croit le
plus bêtement du monde, ou le plus généreusement, à cette natveté. Mais

RÉFLEXIONS SUR IEAN COCTEAU

1469

M. Thérive n'en fait rien . il no .s
il ne l'est pas lui-même. Mais alu r ass~e qne M. Cocf:eau n'est pas dupe,
p~s eu le souci d'une démon.strati~ Je Jeu eS t l?yal. S! M; Thérive n'avait
meuse observation tout cc qu'elln géntale, 1 aurait tiré de cette ingéM. _Jean Cocteau est un intellect:ali~fe
etellvérité ~t de j~stesse.
lyrique, parce qu'il est poète. Mais .
· n JO ectuali:ste souriant et
que l'homme est un an·unal
· •t Je pense que M. Thérive se souvient
'il
qm r1 en même tem
·
ab
~u nous accordera que le lyrism; est
f ·t
ps 41:10 _raisonn le, et
tisme .. Et ce n'est pas un paradoxe
par ai ement distinct du romantant de démontrer que toute l'œuvrque no'WI prétendons soutenir en tenest peut-être même une réaction
Jean Co_cteau est en réactionJ
M. André Thérive, tel que l'entend .M P" e roLantisme, tel que l'entena
tendons nous-mêmes
· ierre asserre, tel que nous l'enNous avons dit quê la fantaisie 'ét ·t
est bien le contraire de l'emphase e~ d j pas
tout romantique. Car elle
légère, et l'on sait que ces qualités :, a grti oquence; elle est aérienne,
romantiques exception faite
Al/pdar ennent guère aux écrivains
classiqu_e, d~ le large et vrJ~e~ d/!ole Musset dont la fantaisie est
Le grief maJeur formulé p M Thé .
à ~•~~a.rd de M. Cocte.a u c'esS: de ·culti;ive, si nous l'avoll;&amp; bien compris,
médiat ». Sur ce point il'
mb
/r presq~e exclus1vement " l'impeut_ s'é_largir jusqu'à dém:s!:r le juil faudr8lt s'e!ltcndre. Et le débat
s~voir s1la sensation ne p~ut
C~t.eau l~-mêJ?le. 11 s'agit de
s1 o~ pense que seul les idées déjà élab ~ t ere àl art. Si o~le conteste,
matière ~•une poésie exclusivement ii[ ils, tesal~oncepts ~01vent .être la
faut le dire nettement Nous ne
e ec u iste et philosophique, il
ll: Thérive. « Soit, no~s dira-t-!:°s~ns pas 'P,le ce s01t là l'opinion de
s,01t un~ matiere poétique, si l'on p8:ut
l armets (JUe la sensatio~
1 organiser,_ co~poser, ne pas tenter de m 1 Jar erh, m8.ls encore faut-il
cord. _Aussi bien M. Cocteau ne s'ef
e a vrer rutalement. , D'acnotatlons. Si l'immédiat est son thè fore~ pas à la.plu~ suhje~tive des
a un effort d'analyse et de tradu . me, ~.es~ un theme intelligihle; il y
son~ œuvre de l'intelligence réfl;~n J msiste _sur ces deux mots- qui
t?UJOUI'S un minimum d'élaborationer:,· y a él~ction de mots et d'images,
s1~le 8: d'autres, il se soucie d'être co~ :fs1sfdiat de M. Coc~eau~st accessaire, il faut s'en prendre à la subtibil~é d qu~lque attention est nécesest tentée. Mais que M. Thérive mes 1
u ~entiment.dont la traduction
M. Jean Cocteau les Jlluminatüms }îf1_;thdistR"cebqui sépare des notes de
peut-être, maïa intelli~ible d'un art
ur 1m. a~d, ~ art personnel
non traduire l'immédiat MTh . purement 8~Jectif, qw veut inscrire
i~po1:tante distinction à. raire tR;°c~e renserait-~ p_as qu'il Y a là une fori
l mspiration. Il n'en reste pas m~ins c e~l peut ins1stcrsul'lemystèrede
lettres et les mots importe qu'il
qu i l reconnatt, CJlle le « noir », les
rola qui flotte; si'« parce q~'elle fl!tt.: 0iue re cdeh~~e à ~re sur l_a bandece que cela n'ei.t pas Ja art d'él
d
a Len w peine à la lire », esttielle à la poésie ? « P.Mais sa~hl,,nte con~entra~ion, d'ésotérisme essenle mieax de soulager s~;; intelligence alo~s ~
dire et s'efforçant pour
. N?~s soutiendrons donc cet
,
n res se ~angen_t. »
1ntwtionisme d'art (M Cocte ~PP.f.cntLpar3:doxe: bien lom d'être un
~cou11ertes de l'instinct , . au en . u a science M sert qu'à Périfier les
me pas la valeur de la sci~~:odonn~~!1ut s?n sens à c~ • vérifier ", cela ne
M. Jean Cocteau est une réadtion de l'i:itru1~on
humEalltne),
l'e~thétique
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�147 0

RÉFLEXIONS SUR JEAN COCTEAU
L'ESPRIT NOUVEAU

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N
, vons pas la co~pétence nécessaire
ntttement _anti-romhét1gue. ~icsaÎe: présentées par M. Cocteau, _mais il
pour examiner les t ories ~1?-ar
remarquer un ~oüt affirmé de
n'est pas besoin d'~tre li':fe3_1 \stetf°M ~octeau préconise l'affrancpïsconstruction, de si~p cf , .
a~si bien que du fluide impress10nsement du wagnérisme orm.1 .
t être ses mots d'ordre. Est-ce cela,
nisme. Mesure et ordre_, tels pl~~a1sséd' t » ? Mais que M. Thérive y songe,
le culte presque exclusif de « zmm ia
ons voir dans l'effort de
cette réaction de l'int~lligence que D;OU~
des choses. M. Jean CocM. Coctea~, elle est lyrique. Celd,exp~iune philosophe intellectualiste ;
teau ne tient pas le lang~ge un 1 · t uloir l'entendre.
M. Jean Cocteau est poète,_il faut savoir e voincs affirmations où il faut
Ainsi réagit-il par certams gestes et. certa 'il eut avoir dans les uns
faire la part de sa fantaisie de poète. Mais \e â_1;1ex€érieu~Ement outrancier,
et les autres d'inatten~u, d'appar:1%°en 'vec verve et jeunesse à mener
cela fait sa besogne utile, cela co~ r ue.Ai . M Cocteau a imaginé des
le bon comhat contre le romantisme. . ns1 le. cornique auquel voulait
[arcès, Le Bœuf sur le toU, PaLradeÈ Esft-;: qup;ticulier, n'était pas ~ur~out
atteindre M. Coctea~, d~s e œu
8 de bar à laquelle aidaient
intellectuel ? La stylisat10n ~~ se5iper?~:;ip tôt di;paru qu'était Faules masques du délicat et spmtue ar is e . e endiablée de M. Milhaud,
connet, leurs mouvements lents sur la m~1~qdonnait un plaisir d'esprit qui
certaine retenue dans le wotes~e, tout c sourire l'intelligence. Que cela ~e
ne faisait pas ~clater le rue, _mros 0 f~:Oté sans doute, ~ais quelle u~ile
soit pas le vrai et lar~e. com.1dquf .
roma~tiques I Et pms, le franc nre,
réaction contre la facilité e ce u1 e
le cheval de Para~~ bi~_n su le .déch;m~r. aler l'influence sur l'esthétiq~e
C'est peut-être ic~ qu il convient e s1~ses Elle est indéniable, et l~de M. Cocteau du cirque et ~es ballets rd l'ét blir Je voudrais au moms
même l'a reconnue. Il ne ~•art donc pas entreÎe ro~antisme, ce qui n'est
montrer qu'elle ne pouvait s exer_cer que co
peut-être pas évident pour cer~ama." .
. Ce spectacle a peut être subi
Il y aurait un bel é~oge à écmeabr t·&amp;~~oins n'a-t-il pas disparu, a-~quelques transfor~ations r~grett \i~ieurs ·eunes écrivains. _Il !au~ai:t
il encore un public, des anns, dont p d cir u~. Il ignore la gr1vo1sene1 il
dire la santé, la propreté, la beauté. u ·1 qst harmonieusement humron.
n'est pas boulf:v~dier. Il se po;'te ~~~: commandement de la vo~onl_é
L'élégante maitrise du mus~le s y _a ~umftlne s'y dépense, chaque soir; il
au corps s'y apprend. De 1 ~nergie b"té l' crobate recommence le tour
faut voir avec quelle a~abl~ pro f•ame~de du régisseur, le plus b~
manqué; et ce n'est pas gu il cra1gnl h val la beauté et la grâce an1orgueil e~t. en jeu: Au cirque, ~tl~h~~:e. Èt les panto~nes des clowns
males se 101gnent a la souplesse e
. d lus dépouillé - acrobanous révèlent la puissance du pl~s tnCJ~q:!. Cela est u~e charmante
tique et simple, - du plus hu~_am ?~t~~ieur du cirque ; mais ?n en po1;1rleçon, cela est comme 1~,classll1s::os~n classiciEme extérieur: 1e veuxrïf:i8
rait dire encore ~e quel appe er _ _ l'acrobate }a danseuse sur
e
la fixité conventionnelle des genrtsi t dition de; farces clownesques, et
fer, l'écuyère, l'Au~s_te, eic ... , - ~ ra lie dont il y a plus d'un_ exemp}_e
cette continuité falJ!lliale et p~ofess10~~ entaché de nul romantisme, sil
dans le mond~ du cirque. Le cir~u! ~e:te sur lui.
. . .
peut y en avoir dans le regard 'quo 1 1 on d'intelUgence et de discipline
Quant aux ballets russes, c est une EÇ

dahk

bi~!

Jd:

1!

1471

qu'ils doivent donner aux observateurs attentifs. On ne peut ignorer que
les résultats auxquels ils ont abouti, cette prodigieuse intensité d'expression dramatique, ~tte révélation du grotesque souple, cette grande impression de déchainE:ment naturel qu'ils donnent parfois, ce réalisme
schématique, sont le fruit d'un labeur patient, d'une stricte ordonnance,
de la mise au point d'une technique savante et minuti€use qui fait le plus
grand honneur à l'intelligence de M. I.:éonide Massine.
M. Jean Cocteau a eu raison d'aller au cirque et aux ballets russes (1).
« Peut-être, voudra bien reconnaitre M. Thérive pour nous faire plaisir,
mais je ne suis pas près d'admettre pour cela que le piano mécanique soit
« le comble de l'art mu.sical », « les toiles cirées la fleur de l'art plastique »,
« le mu.sic-hall, le cirque même, le fin du fin de l'eurythmi,e. » Fort bien,

M. Thérive. Mais M. Cocteau n'a pas écrit ces affirmations absolues transcrites de votre article. Et, une fois de plus, vous n'avez pas entendu
comme il fallait, avec le sourire qui vous a dicté votre titre meme («la poésie sans fil», voilà de la fantaisie comme M. JeanCocteaul'aime,je pense),
vous n'avez pas entendu comme il fallait, trop littéral M. Thérive, les propos de l'auteur du Potomak. Je vous demande de vous souvenir de ma
petite formule: réaction lyrique. Est-ce que tout ne s'éclaire pas à la jQ.lie
lumière de la fantaisie ? Le piano mécanique, M. Thérive,mais c'est la
réaction contre le sentimentalisme affecté et facile, contre la romance
béate, contre la déplorable mélodie italienne, contre tel musicien dont
j'allais écrire le nom I La toile cirée, mais c'est la réaction contre le poncif
académique, la platitude savante; je suis bien sûr, M. Thérive, que vous
préférez la saveur d'une image d'Epinal à l'outrecuidance d'un chromo
signé par un faux pontife, quelque «conserPateur des Pieilles anarchies », dirait ingénieusement M. Cocteau I Le music-hall ou plutôt le cirque, -car
j'imagme que M. Cocteau aime dans le music-hall ce qui, du cirque, y a
passé, - le cirque, mais c'est la réaction contre le mauvais théâtre, lo
théâtre mufle et le théâtre bête, contre le faux lyrisme, contre l'artisteric
de M. Henri Bataille. Ce sont là réactions de la santé, de la santé française, même si la fantaisie leur donne un visage quelque peu inattendu.
Mais M. Thérive nous demandera compte de cette naiveté, de ce sentimentalisme, dont la rencontre chez M. Cocteau semhleraitinfirmer la thèse que
je soutiens. Je crois qu'il n'en est rien. Là encore, il s'agit d'une manière
de réaction. La romance populaire, vraiment populaire, la vraie n1:.iveté
peuvent nous émouvoir, quand elles se donnent pour ce qu'elles sont, en
toute candeur. L'inacceptable, c'est leur transposition, c'est la fabrication
au nom de l'art d'un sentimentalisme qui se croit bien autrement distingué et qui ne parle même pas en meilleur français, qui est stupide et non
plus naif. Vive l'âme populaire plutôt que le romantisme bourgeois I Plutôt qu'à une facilité artiiicielle qui Vf:ut se faire passer pour de l'art,
venons-en, quand notre sensibilité trop énervée par la vie moderne le
réclame, à certaines heures, venons-en à la vraie simplicité, celle qui ne
fait pas illusion, ou dont la convention simpliste soulève les épaules des
faux artistes: tout au plus sourirons-nous, d'un sourire. point méprisant,
à peine ironique, intelligent.
Voilà quelques-unes des observations que m'a suggérées la lecture de
(1) Si :M. Cocteau pense qu'il a dd se dégager d'une mauvaise influence des ballets
russes, il n'en reste pas moms que ceux-ci jouèrent un rôle dans la dêtermination de
son esthêtique.

�1472

RtFLEXlONS SUR JEAN COCTEAU

L'ESPRIT NOUVEAU

l'article de M. Thérive. M'accorder a-t-il que l'art de M. Cocteau est comme
une géométrie subtile, que l'outrance de ses bienfaisantes réactions sait
trouver une mesure sous le contrôle de rintelligence, dont il ne fait pas
li - ni de la siennet ni de celle de son lecteur - , que son esthétique peut
être parfois d'expression personnelle, non - si l'on peut ainsi parler d'expansion personnelle, ce qui caractérise le romantisme. On ne peut
étenâre à M. Cocteau le reproche de man~er de culture que M. Thérive
adresse en général aux poètes sans fil. Le Potomak nous ap?.rend ~'il a
lu Platon et Shakespeare, Pascal et Sophocle, ce qui n'est déJà pas s1 mal,
Alired de Vigny, Musset, et même Dickens et Mürger. M. Cocteau se
montre averti de mythologie, comme un bon poète roman ou néo-classique,
et il va jus~' à nous citer, en bon hellénisant, une épitaphe d' Ale~ de Messénie (1). Sil est souvent précieux, nous nous souviendrons tr.1e la préciosité contribua pour une bonne part à la formation de l'eapr1t de notre
dix-septième siècle. Et cela nous sera une raison encore de reconnaitre le
caractère français del' œuvrc de M. Jean Cocteau.
A l'appui de ma démonstration, j'ai cité, chemin faisant, quelques
textes empruntés au Potomak. 1e voudrais en parcourir encore certains passages avec M. André Thérive ; je lui demanderais s'il ne lui
semble ]?as qu'il fait bon lire une affirmation comme celle-ci : c .Alors
m'en11ahtt la plus 11éhémente réaction con.tre le pittoresque_ », sous le titre
Esthétique du .Min.imam (2), formule d'un classicisme à peine outré.« .. Non

que j'approu11asse ar,euglément ce raccourci; mais une seule épithète dewait

suffire au re11e, un léger coup d'épaule, une flèche de poUau. indicaleur... ,.
« Oui, dira M. Thérive, mais c'est la concision de la farce américaine qui a
appris cela àM. Cocteau. ,, Eh I qu'importe,M. Thérive, l'esscntieln'est-il
pas d'arriver à la vérité française, même par un détour américain? Et il ne
(1) Je m'en voudrais. à propos de Musset, de ne pas recopier pour M. Thérive un
fragment de dialogue entre 1\J. Cocteau et son 8DllC Argémone, qui prétend aimer
Musset:
Mai. - ... J'ai mqrri,é Musset d r4ge ingrat. J'en ,rokm ~ p . Sea petitu
pilces de vera me ravissent, et meme je me réptte M1Uvent, dù: Joi.8 de auüe :
IL SE Fr1' TOUT A COUP LE PLUS 1'11.0FOND SILENCE
QuANn GEO:BOINA S!IOLDEN SE LEVA l'OUB Cll.ü&lt;"TEJl-

Argémone se levant alora co111me Georgina Snwlden, dlllattia :
LoRSQUE LE J'WCAN LASst D'UN LONO VOYAO~
TnoUVE, LE sora, SON CBAMl' Jl.ABÉ PAR LE TONNEJUlE•··

et boudeuse, une main sur lu yeux, se plai1.1nit de ne jamail se souvenir du ,erte.
SES AILES DE GÉANT L'Ellll'iCBBNT D11. :r.l.AltCBER.

eonclw-je timide, •. •
Que M. Cocteau &amp;i.me de Musset, les deux vers qu'il nous cite, et qu'on pourrajt
dire romans, et que M. Maurras doit admirer, et qu'il ne paraisse avoir que peu de
goût pour eeux que cite Argl:mone, voilà qui n'est pas précisément d'un romantique
et pourquoi je réclame l'applaudissement de M. André Tbérive. Et je lui demande ai
eeci encore est d'un romantique :
• En AJriqut,je soupirais aprù la place de la Concordt.
J'ai eu"le paludisme, lk• idyllu dana du parc, au bord m, lac Majeur.
Eh bien, Je prtftre la maison de Chtnier .•• ,

(2) Dans un autre passage, M. Cocteau écrit :
'
•
• Savez-vous le poilh occulU tt ri beau de ce qui aurait pv. ltre et de œ qu'on Tetranehe 1
La marge et rinlerli.gne, A.rgémOne, il y circule un mitl de aacrifice, •

1473

fa1_1t pas e!l vouloir à M. Cocteau de nous di
,
.
mstal • lm cr de11int l'art et le confort ». il f t r~ qu • un presse~papier de
son cl~r symbole de u réaction cond-e le au. auner ce rac~ourc1 ~e p~ète,
« ~sthétique du minimum ». Et c'est ave 1 pi:;esqlll:. 1 , d apolog!e dune
phce qu'ilfaut entendreM C
c e ':Il e esprit et un sourire compoètes jurent : Larousse Ch.atctcJ,au quanVdidalil
déclare solennellement: « !,Ju
. t il
,
...,, oanne
-Lablache
M .
v1cn - pas d'applaudir encore qu d i1
di
•·· ». ais ne con1 nous t: • J.e monte sans sauter
de marches » ?... Ne s'a it-il s
d'eff~~ pati~nt qu'un tféol'icfe~ ellr~ pr~:ft: cla~i51que de cont~uité,
fantalSled,ml8.1Sfsans _q~cl'esse!)-tiel del a pinsée r-a.ia::treo?Qte.u!!fMcmTohmé s_ de
au nom e a antrus1e venait à m'as
., . .
.
nve,
prendre trop au sérieu~ ces textes sure~ que J 1U t~1·t de dé~acher et de
dont je n'ai pas besoin qu'il me les ~~et~'::î~to~s de Jyr1~es ~carts
compter avec ces sentences autant qu'ave' l Il
11;1 que u m01_ns~ faut
Et, tout de même M Cocteau ne s'
c ce es q~ pe_uvent l'indigner.
bon sens du monde c~tte remar eamuse pas q~and ~ écrit avec le meilleur
de.toue les romantismes, M. bfa~rare: lfnires1gnera1ent tous les ?1'~tiqu~s
meme : « La 11irtuosité mène au lie
· asserre comme M. Ther1ve lw.,;8
d .,
.
u commun ... ,.
M'"
, quan J aurais la chance d' ·t
t d d
.
ter9:Ït ce re_co'!]rs de me dire : a tout c:l~ee:f beÎ ~ b e M. Thénve., il lui reshahile. Maia JO vous ai cité des v rs d
e e on, et votre discours est
j'attends que vous m'en a orLiez
e M. Coc_teau, de méchants vers,
1\1. Cocteau est poète Il vlïci M Th~~en_ts, pwsque vous prétendez que
1
l'oreille:
·
•
erive, Je ne me dérobe pas, prêtez

d'

d'

•

Î~a;1'!ï::' 7!/3,:~r sur rlierbe tk la terrt,
80

Ei de tomba sans ttfaire niai.
Songe que sous ta place élroul
ll y a de la terre
'
Et encore de la te'rre
En ligne droile
•
Et de 1a roche el du milléral
Et de la lave.
Et des it1ca11descencu
Et le Jeu central.
'
Sonç_t, en continuant la desct:nte
Qu'j.l Y a dufw. et encore du feu:
~ . dea laves incMdescentes,
PutfJ tk la roche et du. minéral
Piru de la terre
•
Et encore de la'terre.
Et, peu à peu,
De la terre où. pb1ètre th l'air
Et dugaum,
•
E_t de la nuit aurtme ,aï.ron
Etunefnrn1i.equi dort à la Noovtlle·Zs'-"•
Avec rabfmeau-dessorud'elle
-•-.
Au-dessous de son totl.
•
Et ,onge que puur tlle il ut pareil pour toi.

Ne trouvez.vous P.aB délicieux la m
d
.
sobre composition, J'oserai dire son ct5ll!e. e celet1t P.O~me, sa claire et
parmi des réflexions sur la mort
. ass1c1~me Et vo1c1 encore des vers
à la conception panthéiste d'
Jeier8l tout.es rés~rves r~ativement
cœur ni la raison:
un eu agmentaire qm ne satisfait ni le

diù

�1474

L'ESPRIT NOUVEAU

RÉFLEXIONS SUR JEAN COCTEAU

Quand.tu verras mourir un ami de ton dge,

Et encore ce si curieux et important témoignage d'un jeune blessé
allemand sur les prêch'.ls fanatiques d'un Herr Ebel dans les forêts de
Germanie, recueilli par M. Cocteau, et qui fut commenté par MM. Maurice
Barrès, Charles Maurras, par Péladan et la Revue hebdomadaire. II ne
s'agit pas de confondre ici les domaines et de démontrer le patriotisme de
M._J ean Cocteau ; mais dans toute la mesure grave et délicate où les lettres
d01v~nt avoir le souci national, il importe de dire que M. Côcteau sentit et
réa~t,. à _une heu:e décisive, peut-etre même pourrait-on écrire servit,
en ecr1vam français.
M. Jean Cocteau est jeune. Son œuvre est fort loin d'être achevée. Il la
faut juger sur ses promesses aussi bien que sur ses premières réalisations.
~- Jean Cocteau se connait lui-même; il a écrit au début du Potomak; «A

Et s'évaporer la rtJUgeur
De son visage,
Déjà tout enduit de néant,

Enme-le comme un voyageur

Qui va faire un -interminable et célèbre voyage.
Après les derniers gestes,
Et cette pesante inertie
De la mort,
Espère connaitre auslli,
Bient.it,
C01nme espè:re celui qui reste,
Sur le quai,
Api:ès le départ du bateau,
Ce Hame, ce Cherbourg, ce Brest,
Ce départ sans navire, sans rive et sans eau,
Cette lourdeur du corps dont fâme se céleste.

1475

•

Et pour finir je proposerai à la réfüxion et au goût de M. Thérive c~~
vers dont le soi: me rappelle celui d'ùn beau poème de M. Dubech, pubhe
par la Revue Unfrerselle; je demande à M. Thérive d'accepter l'ascenseur
et d'écouter la fin admirable et si simple du chant.
Si f;u aimes, mon pauvre enfant,
Ah ! si tu aimes I
Il ne faut pas en avoir peur,
C'est un ineffable désastre.
Il y a un mystérietlœ système
Et des lois et des influences,
Puur la gravitatwn des cœurs
Et la graviUJJ.ion des astres.
On était là tranquillement,
Sans penser à ce qu'on évite,
Et puis tout à coup on n'en peut plus,
On est à cliaque heure du juur
Cmnme si tu descends très vite
En ascenseur :
Et c'est l'œmtJUr.
Il n'y a plus de livres, de paysages,
De Ylésir des ciels d'Asie ...
Il n'y a plus Tien qu'un seul visage
Auquel le cœur s'anesthésie.
Et rien autour.

Enfin M. Thérive faisait un grave reproche aux poètes sans fil 1e t~~dre
à un art international, vague et confus. Nous penSOD;S avec lw qu il ne
saurait être d'art plus humain qu'un grand art français. Et nous pensons
aussi que les écrivains doivent ê~re d'~n(lrace, d'un sol, d'une patrie. ~ous
lui demanderons simplement s'il n'aime pas le ton ardent et. mesw:e du
jeune écrivain français qui écrivait d~ns ses i:otes du preliller ~o~~ de
guerre : «••• Un jeune Allemand se réveaze ~ !feidelberg_;_ on pourrait l etre.
Quelle farouche mélancolie!.:· »,Et rappellerai-Je~ M:. Ther1ve ces Eugèn/3f de
guerre dans la rude géométrie desquels la pluf!!erugue_deM. Coc-tea"!1 sutresumer et synthétiser la cruauté, la gloutonnerie, le sadisme germamquc.-., (1) ?
(1) • Voyez-vous Persicaire les Allemands n'ont pas droit à notre force impondérable dont ils cherc~t"naïvemdit à découvrir le ressort; ils n'ont pas droit non plus à la
belle machinerie américaine parce qu'ils tirent après euœ une trop lourde c~rge ro~ntique. Leurs dynamos ressemblent d Fafner, les chevelures vertes des Nixes s mibrouillent
diins les engrenages de l'usine alimentée par le Rhin. .
.
•
a Cette annexe (Les Eugènes .de guerre) vise la faiblesse irune nation vor_ace, pastichant chèvre et chou eroyant obteni.r ainsi une parfaite mesure et ne réussissant qu'à
mettre au monde un' monstre lxttard, très ridicule et très dangereu.c. •

dix--neuf ans, les uns me fétèrent par sottise, ma vériJ;abl,e jeunesse plaül,a auprès des autres. Je deçins rü/,icule, gaspilleur, bavard et prenant mon bavardage et mon gaspillage pour de l'éloquence et pour de la prodigalité. »
« Muel
Drame de la Mue/))

dit-il, e~ l'achevant, de son Potomak; il faut tenir compte de cela aussi.
« Ces mirages, ces tours de carte, je ne pouçais pas prétendre à autre chose. &gt;)
On ne peut en vouloir à cette souriante fantaisie, d'autant plus que nous
croyons avoir montré tout ce qu'elle inclut de sagement français.
E!le est en marche ; souhaitons-lui bonne chance; elle a, M. Thérive,
le f!l conducteur de l'inteUigence. M. Jean Cocteau ne rêve pas,. car il
' c&lt; digère fort bien » et se « porte à merveilk ». Cela a peut-être son importance, cela a son sens. M. Jean C-0cteau ne porte ni gilet rouge ni cravate bouffante, il n'a même pas de longs cheveux. Son visage et son élégance correcte, comme son nom, sont bien de chez nous. « Je suis parisi.en,
J~ parle parisien, je prononce parisien», nous dit-il. Allons, M. .André Thér1ve,accordez-nous que M. Jean Cocteau appartient aux lettres françaises.
Il a non seulement l'accent de Paris, mais de France.
Henri

MANCAR.IH.

�LES LIVRES

sr~S:!;[.
:

même de la poésie• mais il le •t A .
. .
temps devant les d~ ers d'
USSJ réussit-il to?jours à s'arrêter à
0 P ci:ux qm nous sollicite tous
en raison de sa faeilitlet de ~

LES LIVRES

•••

PAR
MAURICE
111cous muo11111 :

AVEll■lm

SIQ1'&amp;S DOUBL!S

RAYNAL

{ÉDITIO~S POVOLOZKY). -

aom

LA co,JUIATIOk1 DIS CHATS {ÉDITIO;.'lS LUMIÈRE, ANVERS).
- FERNm 01vo11e : JAlSSAftCI DO PO!llB (ÉDITIONS FIGUIBRE). - JEAII
COCTEAU : LA ftOCB
ASSACR.8B (LA SIRÈ."ilE).
:

N

ICOLAS

1477

Beauduin, avec une opiniâtreté inlassable, entend donner

à son imagination les moyens de s'exp~er sous la forme la ~lus

neuve. 11 pensera certainement avec m01 que le vers de Chémcr :

« Sur des pensers nouveaux, faisons des vers antiques •

constituait une erreur inféconde, et qu'il ne s'agit pas de « {&gt;ensers11, guelque sens que l'on donne au mot, mais bien d'émotions poétiques inspirées
par le spectacle de la vie de l'époque. Aussi, loin d'enfermer_ les mouvements de l'activité_contemporaine .e~ ces cost~es d'au~re_fo~s que les
néo-classiques aimer8lent et sous quoi ils sembleraient aussi ridicules que
gênés, Beauduin confectionne à leur usage le seul vêtement qui ne les
incommode pas et dont il n'entend surtout pas les parer.
Beauduin estime en effet qu'avant de rechercher le brillant d'une prosodie artificielle, si spirituelle qu'elle soit, il est bon de dom1er d'abord
libre ~ours à la simple expression de ses émotions. Or le fait que les poèmes
de « Si!!Iles doubles » apparaissbnt surtout comme des notations extrêmement senties mal~ le soin évident de leur présentation, provient justement de ce que Beauduin les exprime graphiquement tels que sa sensibilité les a tracés.
Certes, Nicolas Beauduin ne laisse pas ses sensations courir nues. Cependant s'il les babille, ce n'est pas de recherches ni d'affectations luxueuses,
mais bien avec ';1ll souci du conf ~rtab~e q?i leur permet d'évol~er en tou~e
aisance et à plein rendement s1 Je pws dire. De sorte que les unages bnllantes que crée son instinct poétique apparaissent sous un jour de liberté
1-ouvent incisive et même violente, mais qui ne choque pas. Et ce, grâce
à la sûreté des moyens que Beauduin a définitivement arrêtés, ù quoi
l'on s'accoutume, et qui donnent aux e1..1&gt;ressions poétiques qu'il crée une
sensation de reliefs dont il sait mener le plus habilement du monde les jeux
des bosses et des creux.
Il faut dire surtout que la place importante qu'occupe Nicolas Beauduin
parmi les poètes contemporains devient de plus en plus significative.
Comme la plupart des poètes du temps, il est menacé d'un excès d'activité
cérébrale qui pourrait nuire à ce qu'il faut considérer comme l'essence

c ·•

Avant.même l'organisation définiti d
T •
maete fait ~eux que de dénoncer le p~:il ~è onuiiÎ Pan- ~ir, Roger AverNous assistons en effet et d'ab d
gre, e supprime.
d'Af~ique. Les Alliés, qui le sont o~c!r:°r~r~!v:re ~nérale de_s, n?irs
ac~ au cours de la guerre contre l'AJ1 '
es prmc1pes milita.ires
ratifs ~ormidables, inimaginables de leemagn~, tentent, après des prép:.•
ennenus du Droit et de la Civilis:it·
k:fipliquer contre ~s nouveaux
I malgré la sc1ence de tous
leurs états-majors les armées bl 1tn. .
leur entreprise pok n'avoir . am81!-C es e~ ouent lamentablement dans
troupes noires. Après des J t lllS réussi à _en~er en contact avec les
l'~rmée américaine subit dC:v~hars extr1ord m8{res, al! cours desquels
~cx:obe vie.nt à point pour détrtilics~Wg ants, l mvent10~ d'un canon à
ams1 à la raison.
e
ement la race noire et la mettre
Pendant ce temps l'E
.
l'être et gardée seuJemen~op! ~nv~ _de soldats, d'hommes en âge de
. resteàlamercid'aventurier~dé -':{ ~1ll~d~, les femmes et les enfants,
elle pas de se produire. Les cha;;
/ss! une cadtastr?phe ne manquo-tmes leur ont imposé se révolt ,
u Joug omest1que que les homl~urs chefs les derniei!s défense;~~! f,eur tour, attaquent sur les plans de
mers et prennent le pouvoir C
~urope, los battent, les font prisondemandes de secours de la ·art°~en ~nt, har~é~ par T. S. F. de
généraux _que le choléra règne ln Eurip~ srm~il d Afrdique, il~ ~visent les
de leur fau-e parvenir du secours
e qu est ésorma.is impos-iblc
Au bout du compte l'armée ar;•1 • 8
l'o~ sait, et la nouvelle ne tarde ~
remporte la victoire décisive que
qui ne se ~entent pas capables de luite 6 ~ P ~pag~r en E~ope. Les chats
pas acquis le goftt du pouvoir dé .d rrd re armceréguhereot qui n'ont
libèrent leurs prisonniers
.
c1 en e reprendre leur vie ancienne et
tés et des habitudes fâ~i{e'::;e~u
duer d~ir•ité, ont pris des liberen Europe et constatant les déborde o ta s
rique rentrent bientôt
comP-atriotes mâles et femelles e f mtn s auxquels se sont livrés leurs
Lon saisit l'allusion. Mais l'a:ec:J~~ :ne venge~ce éclatante..
~e Roger Avermaete ui sait
e ~ut ~8 qu e~e vaut, et Je pense
rame tient les anecdote~ ne d
quelle f~sestime la littérature contem p_ofahulation de son livre. 'En ré~iéa~i5p
beaucoup d'illusions sur 1 arsamment équarrie sur la elle ·1 , i_ u lise co_mme_ une charpente suffiSes trouvailles ré~ident dans 1 1 ~ dispos~ des s1tuat!ons bien spirituelle~.
bonhomie dont il souligne plus~tr:~ntatiof~1certrunes scêne.~ et dans ln
ne prend pas les nègres tro a u é . e nos
esses. Je veux croire qu'i l
serais pas autrement étonnf s'il r1eux tou~ de même. Et même je ne
peu d'estime qu'il voudrait nous faie cons_ervru~.yas quelques doutes sur lo
E1;t évi~an t encore toutes Jes babil crrril qu 1 garde à n~s frères blancs.
tait de Jouer, il se contente d'ad ~ es a~ es don~ son suJet lui permetallvec grâce de certaines difficuh~~1~ le tra1t ~rop v_1f po~ s~ tirertoujourb
Y a du Swift dans son livre mais ders5 ~ 1~1 so~ imagination l'entraine.
l
Pus précieuse pour un ouvr~ge de :et ~,d m~m1s amer. Etla qualitéla
r re cc ate à chacune de es

hs

1:~

1

r:~

~r

fr

!

7·

�il.1:78

pages: l'œuvre de Roger Avermeaete est en effet joyeuse, sincèrement
Joyeuse comme peut l'être la tentative vivante et imagée d'un esprit qui
ne prend pas trop au tragique la destinée un peu ridicule de nos semblables, quelle que soit leur couleur.

Avec la « Naissance du Poème n de Fernand Divoire nous pénétrons
dans le laboratoire où s'élabore le travail mystérieux de l'imagination.
Divoire semble donner son poème tel que l'exercice de cette pensée consciente et organisée que célèbre Jules Romain, ne l'a qu'à peine effleuré de
son appareil plus déformateur, hélas ! qu'orthoY.édique. La « Naissance du
Poème l) eat une sorte de murmure de la sensibilité: c'est pourquoi Fernand .
Divoire a voulu que le mode d'expression de son poème fut confié à la
parole et que celui-ci fut plutôt entendu q ie lu. De là sa représentation à
l'Odéon. C'est que s'il ne faut pas l'entrainer dans les excès du verbalisme,
il ne faut pas oublier que la l&gt;oésie est d'essence nettement verbale. Elle
doit être un cri de la sensibilité avant que de subir les affres laborieuses
du travail de la littérature. Il est bien certain encore que le poème ne doit
pas devenir logorrhée ou, mieux, cette jargonaphasie dont parle la psychologie et qui consiste, dit-elle, à créer des mots faits de toutes pièces et
des syllabes sans suite. C'est pourquoi Divoire n'invoque pas l'intervention de l'inconscient, mais celle de ce qu'il a appelé avant le nr Geley
l'hyperconscient. Pour Divoire, le facteur déterminant de l'imagination
réside en cette faculté sensible que l'on pourrait considérer comme l'intermédiaire entre le subconscient et la perception consciente. L'on sent
très nettement en étudiant le remarquable poème de Divoire qu'il existe
également des associations d'images et d'idées dans les centres subcons•
cicnts. Il est donc illégitime de vouloir scinder les centres de l'activit é
poétigue en deux parts correspondant à l'activité consciente et à la subconsciente, pour tenter d'équilibrer une fois de plus les distinctions trop
schématiques d'une psychologie finaliste.
L'on remarque que les tendances artistiques d'aujourd'hui, les \&gt;lus
pures s'entend, sont animées d'un souci de mise en valeur des principes
générateurs de tous les arts. De nos jours, l'on refait très volontiers toute
la route parcourue pour retrouver un chemin perdu et l'on a très logiquement raison. Aussi, à la façon dont la biologie taille en pleine matière
vivante pour tenter de mettre debout quelques vérités durables, le poète
puise aux sources mêmes qui donnent naissance à son art et non dans les
canalisations artificielles qui ont la charge de l'alimenter seulement.
Divoire taille lui aussi son poème à même sa sensibilité sans vouloir l'encager dans les moules consacrés qui ne feraient cr.ie le déformer. Nous ne
pouvons pas ne pas danser dans les chaines ; soit, mais il n'est pas indispen~able d'accepter trop bénévolem~n~ une défaite contre quoi s'insurgent
tonJours les vrais tempéraments art1st1ques.
A force de sincérité, Divoire distend ces liens dont sa conscience lui fait
une représentation périodique 1
-il les distend au point que nous ne les aper•
cevons pour ainsi dire plus. Et a « Naissance du Poème ,, chante librement,
purement, passionnément, sans déguisement et sans costume, comme le
feraient les litanies de l'Eglise qu mieux ces redites vertigineuses des
moulins à prières en quoi la raison aime à abdiquer pour se laisser totalement absorber par l'amour éperdu que dégagent leurs cris de sensibilité.

nE··L

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L'ESPRIT NOUVEAU

l:ESPRIT
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C:dlr tdüiot1 cot'ntlfJrlt' àc p/tts:

2t• A~. 'l~E

au cours de la deuxi .
t.i ré EXOLUSIVE;:Im année 11 sera de plus
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e lu4 e~

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ophllesetau atour ...
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ection un oh· t d
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b aut:e qua.lit• d"art
ue e colle tion
n1er9ia.le ~era. ~an'-1 ]) ·éet ,dont. 1, ,,.aleur con1I
·- " cedon1·
... prix de- gra·vurc""' r
..
la ·aleur quadruplP. le l'· ebprésent à lui _eul
'
a onnemen.t.

1

�SOCJ~É DT,S ÉDITIONS DE L'ESPRIT .VOUJ'BAli
29, rue d'A,torg - PA.RIS

1479

LES LIVRES

SOUS PRESSE
A PARAITRE EN NOVEMBRE

70 exemplaires de

PAR

BLAISE

CENDRARS

OS VOLVME DE 11,UJT LUXE BOB HOLLANDE fAN OELDD

TlltAGE LIMITÉ à 100 exempta.ires numérotés, soit:
No 1 à 70 mi en souscription à 50 francs.
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N• 71 à 100 exemplaires de chapelle r ervlil aux actionnaires de 1'1:i3PRIT NOUVEA
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PRIME .t NOS ARONNllS ;LVCIBNS ET NOUJIBAUX :

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Pour nos abonnés aooien9 et nouveaux, le ptix de sou!ICriptioo est dduit à
francs,
Lu p,iz ,eront au~ntu à la parut,on de rouvra

BULLETIN DE SOUSCRIPTION
,111: SOUSSIOSÉ DÉCL.t.11.E SOOSORl&amp;E 4
:P4R B~SB C&amp;."fDRAJIS,

Cl•JOlNT

AU PRIX DE

ce~u&amp; OV IUNDAT Dl\ FU

llElll'LAIIUI:

os L'.EUBA

l'JIA!'{CS L'GUl"LA.J &amp;&amp;.
..OMT.t.MT DE lU, COIIOL\NDlt.

LE
810NATOR&amp;

ADDR SK CO)ttLtl'i,:

78

,

Remplir ce bulletin et l'envoyer
20, Rued'A torg, PAlll ' ,

La « Noce massacrée », est une suite do notules fort intéressantes et qui
conslituent un excellent résumé des tendances, des goûts surtout et des
qualités de Jean Cocteau.
li s'agit non pas d'une campagne contre Barrès, mais peut-être d'une
confession sincère que le « littérateur du territoire J1 goûtera certainement.
Mieux encore, Jean Cocteau se sert de Barrès comme d'un tremplin pour
sauter ailleurs, c'est-à-dire au mrme endroit, mais avec la grâce que nul
ne lui refuse. Toutefois, en écrivant ailleurs, j'entends que Jean Cocteau
ne nous dit pas exactement où il veut sauter. Mais l'on sait déjà d'où il
part et nous aimons que pour nous avoir obligé très agréablement à perdre
de vue le but qu'il se proposait d'atteindre, son esprit délicat fasse à lui
seul le reste.
·
« Il arrive, dit l'auteur, qu'on me confonde avec l'extrême gauche, c'est
que les extrêmes se touchent : je serre volontiers la main du jeune Allemand excédé de Wagner, au moment où Joseph Prudhomme et nos gêné•
raux le découvrent. » II semble que Cocteau confond ici l'esprit de con•
tradiction qui régit sa nature avec une disposition naturellement rationnelle qu'il voudrait avoir ? Hélas! les condamnations humaines ne sont
jamais que des taxes de remplacement. Or, voilà-t-iJ pas une particularité qui apparente singulièrement Cocteau à. M. Barrés, et qui constitue
ce goût d'adaptation plutôt qu'une prédisposition à créer, que l'on rencontre chez les deux auteurs ?
II faut dire ce~endant que l'intérêt de la visite de Jean Cocteau
réside en ceci qu elle forme un excellent avertissement aux disciples
attardés de M. Barrès. 11 est évident que le culte du moi persiste
encore chez un grand nombre d'écrivains contemporains, alors que l'art
d'aujourd'hui demande un respect de l'objectivité qui le tiendra toujours
à l'abri des déliquescences telles qu'en peut suggérer un sujet trop circonvenu. Le meilleur moyen de détruire la subjectivisme de « l'égoculture »
n'est certainement pas den' en pas parler etc' est pourquoi Cocteau a cru devoir avec raison tuer à nouveau le Barrès que beaucoup d'entre nous
croyions mort avant que nous ne fussions nés.
Si d'ailleurs Cocteau y réussit, c'est que l'on trouve chez lui comme
chez Barrès ce même dualisme d'hommes cultivés et sensibles, qui cherche
un mode d'expression en quoi sensibilité et culture pourraient donner
naissance à une sorte de tertwm quid qu'ils voudraient plus parfait. C'est
peut-être là tenter le diable et à coup sfir s'enfermer dans un cercle, mais
puisque nous ne pouvons vivre sans alcools, il faut bien accepter la légitimité d'une pareille tendance.
Au fond Cocteau revient ,eeut-être à Maurice Barrès, comme le coupable retourne toujours au heu qui vit se perpétrer sa faute. Lorsqu'il
parle de « contradicteur-né de la poésie maudite JI et qu'il se donne pour
tel, il n'ignore sans doute pas que M. Barrès tient en une profonde horreur
les poètes maudits. C'est du moins ce que Maurice Barrès voulut bien me
donner à. entendre un jour qu'en compagnie d'André Salmon,jeluirendais
visite. En réalité donc, Jean Cocteau ne peut oublier 9-u'il est l'auteur du
• Prince Frivole 11, et cela il ne le pardonnera jamais à M. Barrès qui,
d'ailleurs, ne lui en tiendra pas rigueur. Maurice Barrès reconnaitra que
eon jeune visiteur de la guerre a gardé un sens de la hiérarchie très accep-

la 'ociété o.es ltditions de L'ESPRIT NOUVE

�t bl

LES LIVRES D'ART

L'ESPRIT NOUVEAU

1480

puisque malgré la réticence aimable de l'interjection, hélas ,1 ~~nt

iÎ ae~~mJ&gt;aglle son jugement distribut.if, il accorde à l'auteur de Beremce
la place de premier littérateur de ce temps.
f . il
Nous retiendrons surtout ave~ Jean Coctea~ que pour unt 0j;i ,
valait mie111 « aller au mauvais lieu » co~e dit B~es que c ez ~-e. C'est d'ailleurs ce que les poètes maudits ont fait et ce pourquoi ils
!!~~t ·amais eu de noces à massacrer. Il est vr~ qu~ Jean Cocteau, avec
sa ve~e et sa délicatesse poétique, cam?ufle s1 agreabl~ment le ~I_l-Îge
des personnages de sa noce, que l'on n'eprouve aucun etonnemen a es
voir se relever seuls à la fin;_comme c'est l'usage.
MAul'llCE RAYNAL,

LES LIVRES DE SCIENCE
pt

Sigm. FREUD :

PA YOT,)

fflTRODUCTIOft A LA PSYClllftALYSI.

Traduit de l'allemand avec autorisation de l'auteur

p(J't

(ÉDITION

ASIATISCU IHNUl!RTAL PllSTIK - lftDISCBB IOOATURU
(ÉDITION

WASMUTB.)

Ces petits albums fort bien présentés font honneur àl'lf. Paul Westheimqui dirige
cette collection. Il donne des documents parfaitement choisis sur la miniature ~doue et sur la plastique monumentale asiatique, Nous sommes hetlJ'eux de voir repa•
raître ces doc111:nentations si bien faites que les éditeurs allemands nous envoyaient
avant la guerre. Il est regrettable que les libraires français ne puissentfairel'effort
nécessaire pour mettre à notre disposition des documents analogues à des prix abor~es.
&amp;

LES LIVRES D'ESTHÉTIQUE

le Dr S. JA.NRÉ·

LÉVITCII

L' ·ntroduclion à la psychanalyse que publie la librairie Payot, comble une lacune.
La France est un des rares pays ~ù les théories dt?- professeur ~ud1 ne sontfrerico~e
ues ue d'a rès des ex-posés de seconde mam. Désormais le ecteur ança1s
conn • q er ces~héories en pleine connaissance de cause, ayant sous les yeux des
authentiques. La librairie Payot se propo~e en effet de procéder à la
publication de plusieurs ouvrages,cboisisparmi lesplus1D?poi:t,ants,du célèb~ !onÜM

ro:e1~~

teur de la «~s~~l:!~t
1k5I!ci!~Tbciinle ~t~~~~~i!~r~~~ ~!:ent
et le tTaitÎment des névror, :
d~u::! t:é':i~f:S'i~~~:: !ei:1t:î!
humai:e:~tn::a!·!;:X~:fh~a:uiJ:rp~f~tion applicable aiix producti?ns du
i~lkl?rl à la m~hologie, à la création artisti9ue, à la naissan1ce et ~ ~•ti~rs°1:S~l:1
l
a e' aux institutions religieuses et sociales des peup es. pr1IJ11
1
ang gcr •
t-ïs de nature à intéresser non seulement le méde_c11;1. et ~e psyc~ol?çue,
~!ilia:i:s~l~ s~ciologue, le li?guiste, l'artiste, l'historien des civilisations pr1Dllt1ves
auxquels ils ouvrent des horIZOns nouveaux.

i~n:t!el;Je

~!'M•

!~

C.

PAUL StRUSIEB :

ABCDB LA PlfflTUlll

(EDITION DE LA DOUCE FR.ANCE.)
M. Paul Sérusier, l'ami de Gauguin, nous donne un AB C de lapeinture qui renferme de bonnes choses. Citons :

« Si son art se réduisait à imiter, en les reproduisant sur un écran, les
images qu'il perçoit, le peintre ne produirait qu'un acte mécanique, auquel
ne prendrait part aucune des facultés supérieures de l'lwmme; ce serait l'impression notée sans y rien ajouter, travail inintelligent. La peinture ainsi
comprise n'est plus de la peinture. Analysons, en effet, la formation d'une
sensation visuelle.
L'lwmme normalement construit a deux yeux, dont chacun transmet au
cerveau une image, et ces deux images sont différentes.
Il faut en clwisir une et supprimer l'autre. Au lieu de cela, l'esprit construit, en la déduisant des deux autres, une troisième image, laquelle contient
en outre la localisati.on dans l'espace, ou relief.
Etant donné la forme plane de l'œuvre peinte, il devient nécessaire de
représenter ce relief ou de le supprimer. Dans les deux cas, une simplification de l'image nous permeura de l'inscrire sur une surface plane: nouvelle
modification de l'image donc, modification voulue, en vue de l'adaptation.
La sensation que nous donne l'objet évoque des notions antéri,eurement
acquises et conservées par la mémoire. La plus importante est le concept de
l'objet, lequel est le résultat d'une généralisation. Après avoir reconnu et
nommé l'objet, l'esprit travaille: il utilise les expériences fourni.es précédemment par !,es autres sens: forme, situation dans l'espace, poids, mobilité
ou repos, utilité, etc.

�1482

L'ESPRIT NOUVEAU

THÉATRE

A ces données s'ajoutent des sentiments personnels: amour ou répulsion
(beauté ou laideur).
. .
l' ,
h ·l
A tous les fa.cteurs ~i modifien:t l'image .s~ 1oint encore etat P ysw ogique du sujet, à chaque mstantyanable (sensi{nlite,. .
Tous ces coefficients ont agi sur !a sensatw11, au point de la transformer
en une image que nous appellerons.image m~n~~le. . ,
,
,
Nous sommes loin de l'image çisuelle primitwe qui na plus qu un role
effacé.
.
dé ·
L' Harmonie est un arrangement de sensati?ns tel.(J!ll nous ne 1~ sirons pas
autre. Il satis/ait à la fois nos se7!S _dont il fa_cilite_ le f?n.ctwnnerr:en~, et
notre esprit qui y retrouve la soumission aux lois qui le regissent lui-m~me.
En dehor~ du style propre à un indiçidu, à une époque ou à une_ race,. il est
des formes d'une qualité supérieure, langage commun à toute intelligence
humaine.
. rse I., ,i·z n,e~iste
· fas d' œuçre.d' art .
Sans quelque trace de ce langage umve_
Ce n'est que par L'abstraction et la généralisatwn quel esprit peut y attein~r~.
Jl est toujours identique à lui-mê~e _à traçers _le t~mps et l'espace. Ses eléments sont inhérents à notre constitùtwn, donc innes. Nous les trouço~s ~ns
toutes les œuçres d'art, dans tous les temps, d~ns tqus les pays, mais ils se
manifestent plus clairement chez les hommes simples, que nous appelons _des
primitifs, même chez les sauçages. C'est là que nous pouçons les découçnr et
les étudier.
•
l
·
J'ai dit que nous apportons en naissant l'intelligence de cette angue universelle.
.
• f • d' ~
·
t·
Cela est vrai mais la mau'1aise éducation a tot ait ouscurcir ces no ions.
C'est pourquoi,'à notre époque, nous sommes forcés de les retrouver par l'abstraction et la généralisation.
.
La mode est un diminutif du style, essentiel7:ement changeant et fu~ac~,
parce qu'elle ne s'appuie pas sur le langage unwersel; elle est donc mepnsable. »
Ce petitlivreprouve que les peintres de la génération:de:Gauguin se'.préoccupairnt,
plus que leur peinture ne semble le tlmoigner, des mêmes probll.roes qui pasEionner.t
les jeunes peintres d'aujourd'hui. Malheureustmcnt, un esprit• S) mboliE.te d üotlrique » gâte un peu tout cela. Exemple:~
-~ : f : ~

, (L'hexagone étoilé comprend deux_ tri;cznglesé_quilatér(!-UX dont les sommets
opposés figurent la lutte des deux principes, qui est la çie,
On l'appelle le « sceau de Salomon ».
Le nombre 1 exprime l'union du CréafeU! et ~e la, créature, 3 + 4. Il est
stérile parce que c'est le nombre de la creatwn achevee.
8 c:We de 2, participe aux caractères de 2 et de 4.
9: carré de 3, a les mêmes çertus que lui.»
Aujourd'hui nous nous préoccui:ons des n;lrees qucstionl', n:;ais a"ec un Hat
d'esprit plus scientifique ; nous avons donné à la physiologie la place qu'elle coit
avoir et nous n'attachons plus aux belles phrases crcusu de l'eithétique plus qu'il
ne faut attacher à toute phrase creuse.
Malgré cette restriction, les peintres liront avec profit la Lioclurctle l'i!. Sé1uitr,
qui lui u:in;e Eemble avoir lu ph!sit:urs écrits d'eEp1it nou,eau, ••
VAVYRECY.

QUAND ON VEUT SORTIR
DES

SCÊNES EN COULEUR
PAR

F'ERNAND

L

DIVOIRE

S"(&gt;ecta?les du début de l'hiver nous ont montré quelques efforts
d'mtelhgence. Quelques auteurs ont cherché à présenter autrechose que des éléments visuels.
. LB »:nn:r ~':4-~œ:ur.. B de M. ~douard Schneider (Théâtre Antome) est la plus mer1to1re de ces tentatives. C'est une pièce psychologique. Remarque: presque tout le monde a vu là une œuvre métaphysique ; les mots cc fensée », « théâtre intellectuel » ont persillé les
~ti~les éc~its sur 1:,E D ~U D'ARGILE. Il n'y a pas là d~ métaphysique;
il . n y a la de philosophie que parce que la psychologie est l'une des
sCiences que l'on groupe sous le bonnet des professeurs de philosophie. . LE DIEU D'ARGILE est un philosophe, certes, mais il n'est pas question de son œuvre philosophique. On sait simplement qu'elle est fondée
sur ~'orgueil et la négation de la sensibilité. Le philosophe en &lt;{Uestion va
habiter sur lés plus hautes montagnes parce qu'il fait en lm-même un
calembour (ou un symbole, c'est tout comme), sur le mot (( cimes » cimes de la montagne et cimes de l'esprit. Il dédaigne le troupeau' des
hommes - ce qui est un trait de psychologie et non un système.
Le drame sera un exemple du grand conflit du cœur et du cerveau de la
sensibilité et _de l'esprit. Ce ~!rame a pour enjeu une femme, que s~ disputent le philosophe (l'esprit) et un auteur dramatique (la sensibilité).
Tous deux, certes, aiment la femme, mais le philosophe met son œuvre
au-dessus d'elle. C'est lui qui ferd la partie, mais pourquoi ? Parce
qu'o~ nous d?J?-ne à entendre qu il n'est qu'un faux philosophe, et stérile.
Il écrit myster1eusement une œuvre. Il laisse partir la femme au cerveaufrère plutôt que de lui montrer le manuscrit. Il céderait et montrerait
une belle œuvre qu'elle resterait. LE DIEU D'ARGILE ne condamne
donc que les dieux d'argile.
L! pièce est en quatre act~s. A la ~in du q~atri~me, le dur philosophe,
reste seul, en. meurt. Je vois t_rès bien un cm qui ème acte possible : la
femme a appris l~ mort de ce~m auquel elle s'était cl,évouée pendant dix
ans i elle. revient, l_1t !emanu~cnt, le trouve génial et laissant l'homme qu'elle
allru.t smvre (ou _rudee par lm), consacre le reste de sa vie à la gloire du mort.
La psychologie des deux hommes mis en présence est bonne celle de la
!emme me parai~ moins sûre. ~es troi~ types qui sont offerts sont des
etres réels. Et pomt tellement d exception. Il y a sur la terre un certain
ES

�1484

SCÈNES EN COULEUR

nombre encore de philosophes, d'astronomes ou d'artistes qui se vouent

!rances morale~ de leurs fils, incapables de «faire comme fapa » n'intéressent donc dire?temen~, pour tou_te l'histoire connue, qu une &lt;prinzaine
de personnes enVll'on. N1 M. Maurice Rostand, ni aucune des personnes
présentes dans la salle ne sont parmi les quinze dont on entend énumérer
et louer les pères dans les tirades du théâtre Sarah-Bernhardt comme on
les énumérait dans les livres de Péladan.
'
En nous présentant un seizième homme de génie, M. Maurice Rostand
pèche contre ce que M. ~ourget appelle la crédibifrté, et qu'il réclame si
Justement des auteurs: D_ autant plus ~e, lorsque le rideau se lève, il découvre les œuvres prmc1pales du pemtre de génie. Ce sont de vieux
tabl9;1-lll: qui étah~s~nt · magistr~ement une atmosphère d'ennui.
« Qu _o~ me fasse VOU' l œuvre de géme avant de parler de génie • disait
un critique, à un entr'acte du théâtre Antoine. Eh I oui. Ou alors qu'on ne
parle pas tout le temps de génie.
Mais Maurice Rostand montre dans ses vers de théâtre du lyrisme une
belle ardeur ? Certes. Un lyrisme digne de grandes louanges et tra~ersé
de pa_quets de ,v~rs où une sincère émotion réussit à s'e:x::i&gt;rimer. Le fils
du pemtre de geme trouve des mots frappants pour se plaindre de la gloire
~e s~n père, _gloire sans laquelle l'histoire du fils ne serait d'ailleurs
Jamais venue Jusqu'à nous.
Mais l'étoile à laquelle on allume sa torche est la même que celle dont
les vers de terre ont coutume d'être amoureux; et le lyrisme de Maurice
Rostand parait chronologiquement être le grand-père de celui d'Edmond
Rostand.
Sur le rideau du thé~tre Sarah-Bernhardt, où l'écusson S.-B. domine
un_e grande photographfe e~ coul~urs représent8:Ilt le quai aux fleurs, on a
pemt deux masques, 1 un ivre, l autre mortuaire. Tous deux. vomissent
sans fin des paquets de jolies feuilles mortes.
Je pense aux vers de LA GLOIRE.

à leur science ou à leur art. Mais lorsque l'âme de l'un d'eux apparait sur la

scène, c'est un ahurissement général et une incrédulité compétente.
Que la pièce de M. Schneider ne soit pas sanB défaut, ë'eet possible. Elle
est; dans l'état actuel du théâtre, c'est énorme.
A signaler : le décor montre une sorte de porche qui demeure pendant
toute la pièce. Le fond varie, et les accessoires. C'est une façon de faire
dont l'effet est heureux.
.

•*•

L'enthous~asme de répétition générale qtl! a accueilli :Là GLOlllB
de Maurice Rostand (Théâtre Sarah Bernhardt) n'est pas une raison
suffi.Jlante pour dénigrer cette pièce. C'est toujours un événement heureux
quand une œuvre d'un auteur assez jeune menace d'a,pporter quelque changement aux goilts et aux habitudes du public. Or, le public a fait à LA
GLOIRE, comme la critique, un très bon accueil. Applaudir une pièce
en vers est un acte flatteur pour celui qui l'accomplit. Cela dénote une
àme poétique. La vaste boutiquière du quartier et le calicot imberbe entre
lesquels j'ai eu le plaisir d'assister à la représentation de LA GLOIRE,
étaient enchantés de battre des mains avec force après des vers comme :
·
Quel Dieu réprobati/ s'agite donc en elles ?
ou comme celui-ci :

Lai,ssez-moi rallumer ma torche à votre étoile.

.

1485

L'ESPRIT NOUVEA.U

Il y avait là un beau geste, avec un joli allongement du bras, et cela
méritait des bravos, tout comme:
Je m'anéantirai comme un temple d'Ephlse.
Pour moi, j'avoue que n'ayant guère l'âme i poétique », je suis tranquillement resté assis sur les miennes.
Mais je tenais à rendre hommage, avant de parler de LA GLOIRE, à
ceux qui l'écoutent.
Quant à la pièce elle-même, c'est l'histoire d'une fumisterie, d'une sale
blague à froid faite par la Gloire à un jeune homme sans aucun talent.
Qu'il soit sans aucun talent, c'est net et clair comme clarinette, dés le
premier acte, aux yeux de son père comme aux yeux des deux élèves
compétents appelés -par son père à juger une petite composition du jeune
homme. Mais celui-ci veut égaler son pêre, peintre de génie (cela fait avec
11 Le Dieu d'argile »de M. Schneider et l'auteur de« La Comédie du Génie»
de M. de Curel trois « génies » sur la scène en un an, ce qui est
dans les fortes moyennes). Il y renoncerait devant les avis sincères émis
par son père et les deux élèves. C'est à ce moment que commence la fumisterie. La Gloire en os et en chair apparait dans le cadre d'un tableau et
hourra odieusement le crâne au pauvre marmouset. Elle lui dit: « Va à
Lo'ndres, travaille; toi aussi, tu as du génie. » Et q;u.and il est parti, elle
avoue sa mauvaise plaisanterie : « C'est moi qui t'ai menti. »
La plaisanterie a les plus funestes conséquences. Le jeune peintre suit
les conseils pernicieux de la célèbre humoriste. Contrairement au préjugé
qui écarte des médiocres la vésanie, il en devient fou. Et ce n'est pas la fin
de ses malheurs .
Dirai-je que ces malheurs ne m'ont pag autant ému que ceux du chercheur du « Chef d'œuvre inconnu » et même que ceux du philosophe
au chef-d'œuvre inconnu de M. Schneider. On a retenu les noms, pour
les dernières civilisations, d'une quinzaine d'hommes de génie. Les souf-

•*•

Le Vieux Colombier a représenté LA FI\A.Vl)B de Louis Fallens et AV :PBTZY BOHH:?117B d'Anatole France
Al! \ETIT B9NHEUR est u?-e comédie en un acte qui ;st bien jeune
et qm n est p~us Jeun~. Je veux dire que l\_L Anatole France a dll écrire cela
à 12 ans, et il y a bien longtemps. Une Jeune veuve est courtisée par un
~incère ~t bedonnant gentilno~e .c~pagnard, M. de Nalège, et par un
Jeune V1veur agr~ahle et sans smcerite, Jacques Chambry
. . Elle ira chez
Ch~11', au pe~1t bonheur. C'est que M. de Nalège est un « raisonneur de
la ~mcér1té » qw ressemble trop à M. de Curel. Les adolescents ont t.ous
~crit ~e petite comédie en un acte sur la frivolité des femmes et leur
maptitude à comprendre les grands cœurs sincères. Plus tard ils oom~encent à i;ompr_endre qu'une sotte sincérité ne mérite pad toujours
l ~our et~ y oblige pas. M. Anatole Frana~ 8: dû le ~omprendre, depuis
qu il a écrit AU PETIT BONHEUR. Mais il savait déJà alors faire
1
parler les femmes.
•
LA F~UDE é~~ ?ilficile à jouer pour des acteurs français. Il fallait
rendre clm.rs la s_obneté des ~estes, _le c~e lourd des paysans flamands.
La troupe d~ V1e~x-Colomb1er qw av8.lt,_ dans ~ Cromedeyre le vieil »,
mon~ré ~e s1 a~1rahles fnRJ:sans français, n'a pas su, ici, donner une
pareille unpress1on de gr
ur.
Ce drame de frontière, douaniers, fraudeurs, paysans, ne vaut que

�1486

1487

L'ESPRIT NOUVEAU

SCÈNES EN COULEUR

par son caractère ethnique. Si on ne peut le lui conserver, il tombe
II est vrai que le texte de Fallens, auteur belge, mort à quarante ans,
contient maintes phrases de trop et qu'il est lourd à défendre.
M. Copeau a pris l'habitude de fixer, en quelques-unes des scènes d'une
pièce, des c&lt; tableaux » d'ordre pictural. Il n'y manque point ici. Exemple: Une silhomtte dans le cadre éclairé d'une porte.
*
*
*
A l'Œuvre, LA DANSB DE DOB.T de Strindberg.
Danse de la haine conjugale. Danse sur place à se piétiner, à essayer
de se faire trébucher l'un l'autre dans la déchéance et la mort. Strindberg
monte avec une patience infernale un sombre mélo. Le mari va mourir
ayant déshérit~ sa femme, lui ayant soigneusement préparé une vie de
misère. La femme a préparé l'arrestation du mari, qui a commis un détournement. Elle prend un amant et le dit au moribond avec l'espoir qu'il en
crèvera.
Puis Strindberg met le mélo dans sa poche. Pas de mort; fas d'arrestation; le mari est innocent; il n'a pas déshérité sa femme.Lamant s'en
va, épouvanté de ces âmes sinistres. La vie continue, pareille, dans son
âpre monotonie.
Résultat double, sur le spectateur: 1° impression de grandeur, de
grande œuvre qui jette par terre toutes les piètres constructions de nos
comédies bourgeoises ; 2° malaise, parce que, quelque temps, les personnages ont des gestes ou des paroles d'êtres anormaux. Alors, on sort de la
crédibilité en tant que psychologie générale.
La question est de savoir si un personnage qui paraît un peu fou, ou
« fêlé n, est intéressant comme exemple d'humanité. Hamlet? Hamlet
est un être qui exprime d'une façon inaccoutumée des sentiments pro:ondément normaux.
La haine n'est-elle donc pas c( normale » ? Si. Mais la faire aller en zigzag n'est-ce point lui faire perdre de la grandeur ? Et pourtant LA
DANSE DE MORT obsède, comme l'image grossie d'un microbe que l'on
pourrait porter en soi.

Dans ces pièces, le véritable auteur, celui qui donne un attrait au spectacle, c'est le décorateur, l'homme qui dispose l'or et l'argent, les verts et
les bleus, et qui découvre les ventres.
*
**
Cela est vrai pour SIN. Cela est vrai aussi-guère plus- pour le musichall. Un exemple, avec la permission de René Bizet : 'l"U' PBVX Y
ALLBB, à la Cigale. L'affiche porte : « Revue de M. G. de la Fonchardière ». ~- de la Fouchardière n'y est pas pour grand'chose. Sur les
tableaux rutilants des décorateurs et des costumiers, il promène seulement l'ombre de sa barbe noire, son incorrigible et antique parisianisme
qui lui fait porter tout l'effort de son « esprit » sur une dizaine de personnages, éternels et simplifiés comme les poupées de Guignol : Mlle Cécile
Sorel, MM. Mayol et Maurice Rostand, l'hôtelier Cornuché, etc ... Et sa
haine de l'art encore. Car M. de La Fouchardière n'oublie jamais sa haine
de l'art, et de proclamer: « Chopin ... moi j'aime mieux des chopines. ,
Est-ce une obligation du métier de fournisseur de drôleries ?
Et voyez, tout autour des mots de M. de La Fouchardière, il y a un
spectacle qui emplit les yeux de joie. Joie des couleurs. Ingéniosité des
costumes. Dans~s norvégiennes et hawaïennes, tableaux rapides (savoir
ne pas s'éterniser), lanciers à la Balieff, en plus mou, mains agiles de
Miss L. Bruce, saute-mouton endiablé de Mlle R. Flory, danse de M. Natta
qui est une sorte de Nijinsky bondissant et disloqué ...
La recherche du plaisir des yeux est générale. On la trouve jusqu'à la
Gaîté-Rochechouart, dans un décor de soie vert tendre de la revue
O'UIH-OVZH. On la trouve aux&lt;&lt;Deux-Anes », avec un rideau vert
entre deux grandes amphores de lumière tango. On la trouve à la Gaîté
dans les décors de BOCCACE.
***
Pour le plaisir des oreilles, il y a eu J:.E CEl:ŒVR !\VSSE du
théâtre des Champs-Elysées. Nouvelle occasion de méditer sur la richesse
et la souplesse de l'orgue humain. La voix, mêlée et variée, crée tous les
paysages et tous les rêves, surtout qu'on ne comprend pas les paroles.
Ces Russ~s - femmes dont les poitrines se gonflent avec ensemble ;
hommes qui ont un front dans la mâchoire et des nez encore en enfance ont revêtu le costume bleu, rouge et or des chanteurs de l'ancienne cour
impériale.
***
Le théâtre de la Renaissanca a repris ZtA.Z.A, la pièce de MM. Pierre
Berton et Charles Simon. Pour les Parisiens, l'intéressant était de savoir
si la parfaite, la scientifique habileté de Mme Cora Laparcerie égalait les
mines émues et les tristes sourires de Réjane. Une autre question était:
la pièce a-t-elle vieilli ? Des critiques ont répondu : oui. Il me semble
pour avoir vu ZAZA jadis et naguère, qu'ils se trompent. ZAZA n'a pa~
plus vieilli qu' Alf AN'r'S, de Maurice Donnay, que l'on a repris au
Gymnase. ZAZA n'est pas plus vieille que la pièce de M. Pierre Wolff, L'f..:
0:ŒBMIH :DE DAX.AS que le Vaudeville vient de créer. ZAZA
n'est pas plus vieille que les pièces anciennes « l'Enlêvement au sérail "•
« Werther », « le B:ll'bier de Sé.vi1le », « le Tour du Monde en 80 j mrs »,
« les Cloches de Corneville », « Robert Macaire », ou que les pièces nou-

***
Théâtre Femina : S:!l:N', féerie chinoise de M. Maurice Magre; musique
de M. André Gailhard.
Les typos appellent (( Histoire de Chine» une copie interminable. SIN
est. une luxueuse histoire de Chine.
Peut-être MM. Magre et Gailhard ont-ils eu d'abord l'intention d'écrire
un opéra. Ils ont bien fait de se contenter de vers et de musique séparés.
Ce qu'ils ont réalisé est un mélange de Balieff et de théâtre.
Dans des dorures à la Ida Rubinstein, dans des paravents de laque,
parmi des seins nus, les personnages passent, pour amuser la musique. Il
y a des soies chinoises jusque dans la salle.
L'histoire de SIN ? Elle est aussi compliquée que celle d'un drame de
Catulle Mendès. Un empereur, son fils perdu (enlevé par le génie du
mal), et retrouvé, l'~nnocence d'âme d'une !ille ~e bateau de fleurs, la
descente du ciel du dieu de lune, la sagesse d un vieux bonze, et les vers,
les vers les vers, tout cela se mêle comme dans une salade chinoise les
pousses 1d' algm:s, les germes de soja, les particules de crabe, les petits boutJ
de viande et l'huile, l'huile, l'huile ...

�1488

L'ESPRIT NOUVEAU

velles, LA PASSANTE ou le CHASSEUR DE CHEZ MAXIM (qui sont
inscrites au programme du jour où j'écris ceci). ZAZA n'est pas plus
vieille que ce tout qui co:astitue le théâtre actuel, de la Madeleine à la
place de la République.

***

ET

Le « NOUVEAU THÉATRE » a déjà joué cinq pièces, de mérite
inégal. Contre les difficultés d'une salle ingrate et d'un public à créer, il
lutte courageusement, entre la Madeleine et la place de la République.

LA PEINTURE D'AUJOURD'HUI

•*•

« ART ET ACTION » a donné, dans son studio de la rue Lepic, une
représentation privée : essai de mise en scène, composé par Mme Lara,
sur LE ~.AB.TA&amp;ll DB UZ»Z, de Paul Claudel.
ART ET ACTION dit volontiers que son théâtre est un «théâtre de
chambre )). Il y aurait entre le théâtre de chambre et le théâtre la même
différence qu'entre le laboratoire et l'usine. ~
.
Le &lt;&lt; Théâtre de chambre » vit des mêmes ressources que le laboratoire,
d'abnégation et d'eau fraîche. Il a le droit de rater ses expériences, et de
les recommencer sur nouvelles recherches. Il ne cherche, et ne peut chercher, ni le succès ni l'argent.
.
Dans LE PARTAGE DE MIDI, l'expérience ne portait pas sur
le texte même de Claudel. Elle eüt été tardive - et cependant personne ne l'avait tentée et LE PARTAGE DE MIDI est presque inconnu.
Claudel - ce mal;\llifique millionnaire du « comme »••• - y développe
toutes ses belles images, fastueuses ou familières, nobles ou rondes de
bonhomie. Il y montre ses pensées profondes qui montent de l'adultère
à la cosmogonie, comme l'a si bien expliqué aux spectateurs Georges
Polti. Aussi - au premier acte - il y montre la « différence de vitesse »
de son temps et du nôtre. Les événements de PARTAGE DE MIDI la psychologie des quatre types posée, s'enchaînent avec une logique
dévastatrice. Finalement, au delà de la mort des personnages, l'œuvre a
de purs reflets du sublime.
L'essai de mise en scène de Madame Lara s'est présenté ainsi. Un
« décor de hase » formant rideau. Des décors pivotants, actionnés par un
seul homme et qui essayaient de présenter une synthèse cc idéologique »
de l'acte. Par exemple: les cordages du bateau, au premier acte, se terminent en toile d'araignée - la toile d'araignée du destin. Des personnages rarement visibles, et le reste du temps des projections sur un écran,
les représentant - moins vivants sans doute et moins matériels. Les
« décors projetés » sont dus à un jeune homme de vingt ans, M. Girard.
J'e suis trop mêlé à la vie d'ART ET ACTION pour porter un jugement sur cet essai. Quoi qu'on en pense, il y a eu là des apports qui, en
certaines circonstances, pourront être utilisés. Le (&lt; laboratoire » d'ART
ET ACTION ne veut ignorer aucune des ressources de la lumière ni, sans
doute aucun, du mouvement.
FERNAND DIVOIRE~

PAR

VAUVRECY

I. -

C

PICASSO ET L'IMPRESSIONNISME

est mort, Seurat est mort, Renoir est mort; savez-vous
que Monet vit encore ? Picasso est bien vivant, Dieu merci I Dans
le milieu qui représente le Paris agissant des arts, vous ne trouvez
plus guère quelqu'un qui n'admette Picasso grand peintre. Pour
mesurer l'importance de Picasso, son immense influence sur les arts,
pour distinguer le chemin qui lui reste encore à parcourir, pour
essayer de prévoir quelle pourra ,être son évolution ultérieure, il est bon
de se représenter l'état de la peinture lorsque Picasso, obscur à Montmartre, se préparait, sans certes le savoir, à devenir le plus grand révolutionnaire des arts depuis Cézanne.
A cette époque terne de l'histoire de la peinture, on lisait dans la plupart des journaux et des revues des attaques contre l'Impressionisme
qui était alors la forme 4e peindre « révolutionnaire &gt;&gt; et les termes de ces
critiques n'étaient guère différents de ceux qu'on emploie de nos jours
encore, contre les œuvres même de Picasso, celles des cubistes et celles
qui sont issues de cette école. L'lmpressionnisme, cela émouvait les partis
conservateurs et il se trouvait encore beaucoup de jeunes gens à qui ce
mot, pourtant bien vide de sens, pa.aissait un drapeau d'un rouge assez
vii. Aujourd'hui que nous voici assez loin de !'Impressionnisme pour
y voir clair, on constate que tous les grands peintres qui vécurent
sous son égide ne durent rien aux prétendues théories de l'impressionnisme (Cézanne, Renoir, Seurat).
On peut essayer de cristalliser ce qui paraissait si transcendant aux
peintres impressionnistes et si alarmant aux conservateurs. Les barbotages des historiens de l'impressionnisme se résument à ceci : un grand
amour de l'aspect momentané des choses, un certain goüt des spectacles
changeants, une affection prononcée des effets~de la lumière, la recherche
des tonalités effacées, fugaces, somme toute un gotlt pour certains sujets ;
d'esthétique, point; toutefois des recherches très sérieuses qu'il faut
estimer. sur les moyens de créer une langue capable de transmettre exacÉZANNE

�1490

•

1491

L'ESPRIT NOUVEAU

PICASSO

tement les vibrations de la lumière (puisqu'à ·cette époque on s'intéressait surtout aux vibrations de la lumjère), et qui mena à l'invention de la division du ton ; cette division du ton, systématiquement em•
ployée avec plus ou moins d'intelligence et de réussite, donnait aux
tableaux de l'école impressionniste un certain petit air de famille, un
aspect facilement reconnaissable ; malheureusement, aucun des impressionnistes n'eut un esprit assez systématique pour se bien rendre compte
que la technique, pour aussi heureuse qu'ell!l soit, n'est jamais qu'une
technique, c'est-à-dire un moyen; ces peintres se contentaient d'un certain
aspect et ne se rendaient pas bien compte de l'épouvantable insuffisance
des raisons qui les faisaient peindre; on ne fait pas un tableau si facilement
que cela I La gaieté des tons, leur pâleur charmante, le petit aspect débridé
que les tableaux impressionnistes manifestaient plût enfin beaucoup ; il
n'était pas besoin de se creuser la tête pour composer un tableau; on allait
gentiment, tout le long de l'eau, chercher l'ombre fa:vorable d'un arbre,
on installait son chevalet confortablement, on allumait sa pipe, et l'on
!!'asseyait en se lai:ssant délicieusement impressionner par l'abeille qui
passe, le glouglou de l'eau, à reproduire les petits friselis des ondes et le
petit nuage qui s'en va. On signait Monet ou Sisley. La merveilleuse technique, qui paraissait bizarr_e à beaucoup de braves gens, vous sacrait
immédiatement peintre avancé, satisfaction à laquelle les peintres attachaient un~ certaine importance. Un seul homme utilisa la technique
divisionniste vraiment comme 1,1.ne langue, ce fut Seurat, mais avec un
esprit de réflexion, de raison qui fait prélude à l'époque cubiste.
Quand Picasso arriva à Paris, la gloire de Monet cachait le modeste
Seurat; on parlait beaucoup d'un peintre médiocre, Gauguin. Dans
les ateliers, causer peinture était bien autre chose que maintenant où l'on
commence à se préoccuper surtout des raisons de peindre; on parlait surtout de la façon dont on peignait; on se préoccupait extrêmement de
prouver que les ombres étaient violettes ; on croyait avoir fait une merveilleuse découverte lorsqu'on peignait en virgules au lieu de peindre en
points. Il reste encore des spécimens de ces braves et sottes gens qui continuent, aux Indépendants et dans les Salons, à se croire important3
parce qu'ils ont trouvé une forme de points particulière ou une coulelll'
d'ombre bien (&lt; nouvelle ». Puérilités.
Picasso avait étudié sagement, comme malheureusement bien peu le font
aujourd'hui, nous connaissons (1) d'anciens tableaux de lui exactement
naturistes, très gris et même un peu noirs, représentant de petites scènes
familières. Dès le début et malgré des apparences normales, on découvre
un don évident de la forme, un sens aigu des couleurs, un don particulier
dans la sûreté des valeurs.
Aujourd'hui, les peintres étudiants ne vont même plus aux Académies;
fascinés par l'aspect des œuvres des maîtres de l'heure, peu savent
que c'est la qualité qui fait les maîtres, laquelle qualité est en dehors de

l'aspect. Le jeune peintre se met à l'unisson de l'aspect du maître qu'il
aime, il pastiche, il démarque, oubliant que la peinture moderne est une
peinture synthétique et que nul ne peut se permettre de pratiquer la synthèse qui n'a longuement pratiqué l'analyse. Les licences apparentes
d'un Picasso lui sont permises parce qu'elles sont des abréviations et des
synthèses; reprendre telles quelles cc les formules d'un maitre, » c'est
composer un livre en coupant dans des textes des phrases qu'on aime,c'est
prétendre faire un arbre en collant, sur un tronc emprunté, des rameaux
cueillis de ci, de là ; ne comprend-t-on pas que la géné.ration d'une œuvre,
pour si simple qu'en puisse paraitre le résultat, se nourrit de toute l'expérience du peintre ? Ils sont rares ceux dont l'expérience est assez féconde
pour leur permettre une cristallisation en'.:quelques raceourcis éloquents.
En 1905, le cubisme n'était pas encore né. Picasso peignait les figures
de l'époque dite bleue, qui témoignent, certes, d'un développement sur les
premiers tableaux dont nous avons parlé, d'une émotion pathétique.
Notons ici que jamais l'art de Picasso n'a été un art purement technique;
nous reviendrons sur ce point en parlant de ses dernières œuvres; jamais
une œuvre de Picasso n'est autre chose que l'expression d'une émotion.
On ne peut parler du début du cubisme sans signaler le petit groupe dont
la destinée fut si importante et qui se composait alors de Picasso, de Braque,
d'Apollinaire, de Salmon, de Max Jacob, de Raynal,dePrincet, etc ... ; une
intime amitié fit de ce groupe une sorte de laboratoire d'idées dont la peinture et la littérature actuelle devaient en sortir. Le contact presque journalier de ces jeunes gens fit connaitre à chacun d'eux le résultat des expériences quotidiennes; les littérateurs se rattachaient à Rimbaud. L'érudition d'Apollinaire et son tour d'esprit particulier furent pour beaucoup
dans le développement intellectuel de la jeune école. Cézanne ne fut jamais
mieux compris que par eux; certes, ils n'avaient pas découvert Cézan.ne,
mais comment diable avaient bien pu le comprendre les Maurice Denis
d'alors ? Ils comprirent aussi Seurat, ils inventèrent les foires, les fêtes
publiques, rencontraient Jarry; ils sentirent la remarquable qualité plastique des peintres en lettres, etc ... Nous parlerons ultérieurement de
l'influence de ce peintre considérable : Matisse.
Nous avons dit cette vérité de La Palisse que la synthèse ne pouvait que
suivre l'analyse ; cette lapalîssade se traduit: la création des formes na
peut que suivre la longue étude des formes naturelles. (Hélas, combien peu
de jeunes gens s'en rendent compte aujourd'hui.) C'est pourquoi les prodromes du cubisme se manifestent en 1908 sous un aspect assez réaliste,
sous une forme de paysage simplifié où les volumes sont mis en valeur
avec prédilection ; après Cézanne, Derain avait cherché déjà dans ce sens
(fauves) et a persévéré. Le paysage comportait des maisons; la simplification fit parler de « cubisme ». Ainsi vint au monde ce nom qui fit couler
beaucoup d'encre et qui n'a d'autre sens intrinsèque que celui d'une
firme. L'invention de Picasso est déjà dans ceci: il se dégage de l'aspect
représentatif des formes qu'il emploie; tous les grands maitres,et particulièrement Cézanne, ont toujours employé les formes pour leurs propriétés
plastiques et non pour leur représentation ; une pomme de Chardin, une

(1) Collection Zetlin.

�1492

L'ESPRIT NOUVEAU

pomme de Cézanne, une pomme d'un Picasso de cette époque, n'est _représentative que par surcroit ; elle vaut pour une propriété spéciale des formes qui la constituent. Petit à petit le cubisme se dégage. Picasso emploie
des formes qui n'ont plus aucune signification; en somme, il ne peint les
formes et les couleurs que pom l'émotion qu'elles provoquent; son sens
plastique exceptionnel, la science profonde que lui a va.lu l'étude
analytique des phénomènes de la nature, lui permettent d'inventer des
associations de formes et de couleurs qui sont vraiment de la création et
non plus de la représentation. Il y a de ces tableaux par petites facettes
dont les titres ont longtemps choqué : &lt;&lt; Portrait )&gt; (et qui n'étaient titrés
ainsi que comme d'un numéro de répertoire) où l'on ne découvre que difficilement le thème qui servit de vocabulaire à sa construction ; on voit
dans ces tableai.u: des chiffres, des inscriptions, dont l'emploi n'a d'autres
raisons que les propriétés plastiques de ces éléments ;. si dans ces œuvres,
intitulées, par exemple « Portrait »,..on discerne la courbe d'un nez ou la
forme d'un oeil, la courbe de ce nez ou la forme de cet œil est simplement
employée pour la vertu physique de ses formes etnonpoursasignification
figurative.
J'ai dit, tout à l'heure, que l'art de Picasso fut toujours un art d'expression ; je veux dire que les bonnes œuvres de Picasso émeuvent fortement
car les formes et les couleurs s.ont choisies non simplement pour l'intérêt
optique qui peut résulter de leur connexion, mais comme on choisit ses
mots pour dire exactement ce qu'on pense clairement; Picasso a le don
de la clarté, de la précision, de l'exactitude, de la limpidité. Quand Picasso
fait un tableau il sait ce qu'il veut dire et quel tableau il doit faire pour le
dire-; aussi les formes et les couleurs sont-elles judicieusement choisies en
vue du but proposé. Il emploie les formes et_les couleurs comme les mots
d'un vocabulaire. Qu'on m'entende bien lorsque je parle de vocabulaire;
je suggère l'existence de&lt;&lt; mots plastiques» ; le sens de ces mots plastiques
n'ést pas de nature descriptive ; bouteille, pipe, guitare, ne sont pas des
objets dont la description importe, mais des organismes physiques déclanchèurs de certaines émotions bien définies. L'expérience permet de distinguer l'existence de ces vocables plastiques. Il n'existe malheureusement
pas de dictionnaire des formes plastiques et chaque peintre doit savoir
créer sa langue. Picasso est l'un des seuls qui aient su se créer vraiment
une langue pure. On trouve rarement dans un tableau de Picasso des
associations de formes de natures différentes, des couleurs appartenant
à des gammes étrangères l'une à l'autre.
Picasso manie la langue qu'il a créée avec une sfueté telle qu'aujourd'hui, devant la figure hum.aine, ayant abordé à :nouveau ce dangereux
sujet, il a trouvé, pour l'expression des formes organiques et de l'émoi
qui peut s'en dégager, une terminologie toute neuve qui lui permet d'exprimer uno tête, un oeil, un torse, un corps enfin, de façon si particulière
que ces figures se présentent comme des créations quasi-entières. Alors que
Picasso ne faisait que du cubisme, c'est-à-dire des tableai.u: où les formes
et les couleurs sont associées en dehors de toutes contraintes, hors celle de
la volonté du peintre, on pouvait craindre quedevantlesexigencesfatales

PICASSO

1493

du corps humain qui ne tolère pas la dissociation, 'mais exige la continuité
des formes organisées, Picasso se sentit à l'étroit. La preuve est faite:
la science plastique de Picasso est telle qu'il a su inventer un système de
formes issu des éléments organiques, et avec une aisance égale à celle qu'il
a montrée dans ses natures mortes ; maitre de ses moyens et de ses volontés, Picasso peut aujourd'hui dépasser l'émoi physique qui se dégage
d'un jeu heureux des formes et des couleurs, et atteindre l'expression,
même sous formes représentatives.
Car il faut bien admettre ceci : c'est que la peinture a pour but de transmettre ce que ressent, pense, conçoit l'artiste, que le grand art se sert des
moyens physiques et physiologiques des formes et des couleurs 'pour :mettre le spectateur dans un état voulu par le créateur. C'est la qualité de cet
état qui détermine la qualité de_l'oeuvre d'art.

***
Parce qu'aujourd'hui Picasso peint tantôt des tableaux cubistes et
tantôt des tableaux de figures, on a clamé contre la réalité qu'il abandonnait le &lt;&lt; cubisme &gt;l ; cette clameur a jeté du trouble dans les ateliers et
fait applaudir les fossiles. Ne comprend-on pas que le mode d'expression
cubiste et le mode figuratif sont deux langues différentes et qu'un peintre
a le droit, s'il estime que ce qu'il a à dire se dit mieux en l'une ou l'autre
langue, de choisir l'une ou l'autre.
L'économie des moyens d'expression est un des signes de la perfection
de l'art comme il est le signe de la perfection de toutes les choses de la
terre. Certaines choses, par exemple, s'expriment mieux en langue algébrique qu'en langue géométrique par suite de meilleure appropriation à
certain mode de penser et de plus simple expression; ainsi fuyant l'acrobatie inutile, Picasso s'est créé une langue spécialement adaptée aux
émotions pouvant se transcrire par des figurations du corps humain. Estce nier la valeur de l'algèbre que de faire de la géométrie ? Ce qui compte,
c'est ce qu'on exprime. La valeur du cubisme ou de Pi"Casso est moins dans
le moyen d'expression que dans la qualité de ce qu'il exprime; se soumettre aux obligations de la forme humaine, c'est simplement admettre
un relai de plus ; la langue cubiste organisée de formes désorganisées pos•
sède l'avantage d'agir directement sur notre esprit par l'intermédiaire de
nos sens, sans qu'interviennent les sensations associées aux figurations
humaines ; aussi, cette langue est-elle peut-être mieux appropriée aux
émotions spéculatives. Pourtant il est possible d'introduire dans des figurations une abstraction suffisante ; Picasso dans ses dernières oeuvres
figuratives le prouve bien.
Nous avons intitulé la première partie de cet article &lt;&lt; Picasso et l'lmpressionnisme ». En parlant surtout du cubisme de Picasso, nous avons
essayé de montrer l'immense différence qui existe entre la ensée d'un
Picasso et la pensée d'un Monet.
La peinture impressionniste fut vraiment une peinture d'impression,
Elle l'était nécessairement puisque c'était une peinture faite en principe

�1494

L'ESPRIT NOUVEAU

en plein air sous la suggestion d'émotions directement dictées par la nature,
le peintre impressionniste est une sorte de harpe éolienne qui ne rend
de son que si souffle le vent. Le peintre cubiste, au contraire, réfléchit et
n'agit que pour transmettre une conception; c'est dans ce sens qu'on peut
dire que la peinture cubiste est vraiment une peinture d'expression; elle

se rattache à celle des grands peintres qui tous peigtiaient, non des impres•
sions, mais des conceptions.
( A suiPre.)

VAUVRECY

Pour

rompl&amp;r la documentation graphique de cel article, voit l'Esprit Nouveau
N° 9:
NaJ.ure Morte (reproduction en couleurs), 1 dessin à la plume et 8 peintures. N° 11-12 : 1 peinture (figure) l peinture (nature morte cubiste).

N° l : Nature Morte (reproduction en couleurs) el 12 dessins de Picasso. -

BIBLIOGRAPHIE. Esprit Nouveau : N° 1 : PICASSO par Andrê

SALKON. -

No 9 : E:x:positwn Picasso par Maurice RAYNAL. Une E:zposition de Groupe par
WALDEMAR-G.&amp;oRGE. - N° 11-12 : Peinture ancienne et Pein,ure Moderne par
D.&amp; FAYET.

Maurice RAYNAL. PICASSO: Delphin Verlag. !lfUNicH.
Maurice RAYNAL. PICASSO : Edition Lbmce Rosenberg. P .üUS.

PROCHAINEMENT

LE DESSIN DE PICASSO PAR ÉLIE FAURE
Figu,re 1905

PICASSO

Collection P aul Rosenberg

�Nature morte (1908)

J&gt;I('ASSO

Collection Paul Rosenberg

�.KaLure morte (lOHl)

Nature morte (lOH)

PICA SO

PIC

'O

C'olleciion Léonce /lo e111Jerg

Collection Paul Rosenberg

�1918

PICASSO

Collection Paul llosenberg

Nature morte

PIC.\ SSO

Ce t.it,leau a é l~ acc1uis 1,ar
L'Esµri I Nouveau pour ètre Li r~
au sort ent re les actlon nairr~
rte la Société Anonyme ck,
.Êdili11ns de !'Esprit Nouveau,
rornrne première prlmeàl 'émission dl'S actions.

�Figure (1921)

PICAS!-O

Collection Paul Rosenberg

�Le Salon d'Automne
PAR

DE

FAYET

Le Paquebot (&lt; PARTS "

LE SALON D' AUTOlllNE

1505

ner, ainsi, l' illusion de son ér11ditiot1; c' est un petit j eu auquell es visiteurs (les
salons ont toujours été très sensibles.
Tobt:en, G~rnez,~Lix, css~ientdejongler avec les form es et les couleurs et tâchent
de manerles 11went10ns cubistes et les apparences cla~siques. La plupart des peintres
de ?es salons semblent ne p eiJ1dre que pour faire montre des moyens d' expression
qu'ils possèdent; de personnalités très richef comme celle de M. Lhote abusent un
peu de ce côté-là; ils paraissent oublier que s:ivoir peind!'e c'est simple;nent sa\'oir
s' exprimer,etquebien s'expdmer n'exige pas nécessairemEnt remploi de tons les
mots que l'on sait. Bien s'exprimer, c'est transmettre ce que l'on a à dire c'est réussir à faire Sentir ce que l'on veut faü-e ressentir. Aujourd'hui, la plupart des peintres
~e contentent cle _nous faire ét_alage des moyens dont ils disposent, et trop souvent,
11s semlilent oublier que ce qm vaut, c'est la qualité de l'émotion transmise. :\falgré
tout_ le sérieux, maJ~ré tout 7 la s~ience del\f. André Lhote, le résultat, certes point
négligeable, ~onne 1 1mpr~sE10n d une page f,·ançai~e farcie de trop de mot!, périmés
et d &lt;: néologismes. Les peJlltres qui le suivent, pleins de talents, n'ont pas l'air de.
savoir assez que les pio_,·ens plastiques sont pratiquement infinis (moyens formels,
m~\·ens colorés) et qu'un choix systématique des mo:i,ens 'impose; sin~n la lanoue,
qm n'est pas autre chose que le truchement de !"émotion, prend une import~née
e:-:cess1ve c~ nous ,ne ress~ntons plus rien que des sensations; un tableau est un systeme _pJas~1que_ ~ exp;essio_n ; ces ,moyens doivent mettre le spectateur dans une
~ertame d1spos1t1on d esprit ; on n y peut parvenir que par des moyens sélectionné ,
1 l ne faut pas que ces.rno.v ens procèdeut de deux systèmes d'expression d:ifférent ,
sinon, c' est la tour de Babel.
·
P~r exemple : la langue grl).phique, c'est-à-dire celle qui use des contours pour
exprnner les volumes, est un S) stème d'expressiou différent de celui qui se sert des
fo1:1~1es modc]ée,s pour e:ll.-primer le volume; nous VO)Ons couramment les peintres
utiliser, dans le même tableau, ces deux moyens appartenant à des ·langues diffé-

M

Pica$SO, Braque, Grü, l\letzinger, _Lipchitz, Ozenfant, Janneret,
Laulens, Herbin n'ont rien envoyé. Parmi les c1tbistes, F. Lége1·, qui
voisine avec Gleizes et Bruce, ont seuls exposé. Nous dirons tout à
l'heure ce que nous pensons de l' effet excellent qu'ils y font.
Danscettellevue, nous avons souvent parlédutravaildesélection; notlS
avions en vue le tra.vail de sélection par le haut; il y a aussi, malheureusement, le
tra.vail d'unification par le bas et c'eE.t le triste spectacle que nous donnent tous les
·Sa.Ions les uns après les autres; l'éliminat~o!1 des bon~ par les m~diocres,1~ neutralisation des efforts nouveaux par la coallt1011 - évtdemroent involontaire - des
médiocres. Il se crée tm état d'esprit « normal » qui est, ma foi, la plus lamentable
'Chose qui puisse être en art: le goût moyen, lï1ab,leté mo,\enne, les ambitions
·moyennes ; il se constitue ainsi un petit royaume d'aveugles où cl:).aque année, un
peu· par voie de roulement, une « vedette » est placée sur w1e tribtme décorée par
·Sue et Mare.
Cette année, c'est l\I, Jean llh1rchand qui a l'honneur de l'élection. 'ous en avons
eu de pires.
Une Revue comme « !'Esprit Nouveat1 », QLLÎ cherche à distinguer les idées-fol'Ces,
les œuvres-forces de notre époque, uc peut s'engager daus la voie d'exégèse individuelle de troisième zone.
PaTmi les 3.052 articles exposés, il y a cles choses stupides, des choses médiocres,
,des choses moyennes et quelques choses bien. Ou peut citer les œuvres de
l\11\1. Halicka, Désiré, Friesz, Reno, Lotiron QLLÎ ont de la fantaisie, Gimn'ly une
.c.e rtaine pureté et un développement possible; mais il n'y a vraiment qu'un
tableau exceptionnel, c'est ~elui de F. Léget. Ce pr.&lt;;&gt;be artiste, qui a tout pour
dé.plaire à ceux qui veulent que l'art soit une chose aimable, p&lt;;&gt;ssède une quMité
rarissime , la dignité, une science rare de la disposition des volumes dans la toile,
une gamme de couleurs apparemment frustes,prisesiso lément mais dont les réactions
savamment prévues réalisent des harmonies très neuves; un don d'invention des
formes vraiment très remarquable; le tableau de Léger « LE DÉJEUNER &gt;&gt; est une
des œuvres capitales de ce beau peù1tre sans compromü~on.
Un groupe qtli a fait passablement parler de lui est celui du peintre Segonzac .
.Segonzac a du don, incontestablement la science de la belle couleur sourde, et pourrait être un grand peintre, se contente vraiment trop facilement de moderniser, avec
un esprit de Vlaminck triste, les tableaux noircis de.Courbet . On est surpris.de penser que dans une époque qui a nu permettre Picasso, toujours lui-même à travers
des modalités d'expression si différentes, i1 soit des peintres qui semblent avoir pour
tout principe : « Fàite toujours Je même tableau ». Le public aime évidemment
.l.&gt;en.ucoup cela, quilui permet de repérer facilerr.ent l'aut.em· d'une toile et de se donATISSE

FERNAND LÉGER

Collection Léonce Rosenberg

�1506

L' ESPR[T NOUVEAU

rentes et cette alliance irréfléchie ôte à Jeurs œuvres l'homogénéité ans laquelle il
n'est pas d' unité d'expression.
M. Bissière expose une délicieuse figme,qui témoigne d' unesciencee,-.··trêmement
étendue de la peinture et d'un goût poétique charmant ; ~l. Bissière est un poète.
Qu'on ne voie pas ici un blâmclorsquenous disons que l\f. Bissière est un poète; nous
avons dit, tout à l'heure, que la peinture a pour but l'expression; il ne peut être de
vrai peintre qui ne soit aussi un poète.
L'erreur qui consiste à faire étalage des moyens sans savoil' assez ce que l'on
veut dire, n' est pas commise par des peintres infiniment moins savants, des peintres
primitifs un peu comme l'étaient le douanier Rousseau, l\I. Beauchant, l\f. Mouillot,
.M. Go7,arrc. Ces peintres veulent nous trammettre la " petite émotion • que leur
donne la nature; assurément, nous aimerions mieux que leur • petite émotion » soit
&lt;l'tme qualité pareille à celle de ~I. Léger, mais,mon Dieu, nous aimons encore mieux
une " petite émotion » que Je déballage de moyens savants et pas d'intention du
tout.

MOSAIQUES ROMAINES
DEBUT DU Jl/e SIECLE AP. J. -C.
PAR

DE

FAYET

AUT DÉCOUATIF

La « Grande attraction » du Salon d' Automne, &lt;'-'est les productions de ces Messieurs les Décorateurs.
Les lecteurs de " L'Esprit Nouveau " savent ce que nous pensons du rôle actuel
del'Art décoratif; cc ne sont pas les insanités qui sont exposées là qui pourront nous
faire changer d'avis. Il n'existe rien clans la peintme, sinon peut-être des toiles de
M. Van Dongen, qui témoigne d' un désarroi plus complet, d'un manque d'imagination plus total, d'une absence plus complète du sens de la hiérarchie des choses_
Nous aimons mieux passer ~ous s.ilence toute celte équipe cle mcublicrs dévergondés
et sans imagination. Au moins, 1\1.Poh·et, dans lut décor d'ensemble qui semble destiné à quelque lupanar, fait preuve d'une imagination et d'un cran qui le met à cent
coudées au-dessus de tous ses falots confrères ; nous regrettons assurément l'orientation qui con iste it ne se préoccuper que du meuble décor de fêtes galantes,.
mais M. Poiret fait preuve d'un sens plastique dont la fécondité vaut une certaine
admiration.
LE PAHIS
C'est une détente bienfaisante que de se trouver clans le hall d'entrée après la
promenade dans les petits salons clos de " nos décoratem:s » ; une splendide 1·éduction
du paquebot Paris 'allonge au bas de l'escalier; quelle leçon d'économie et combien
on se peut persuader de la fécondité de l'esprit moderne devant de telles constructions. Hélas, les pourtours de l'escalier s·ornent des maquettes de la décoralion
intérieure de ce magnifique paquebot; hélas, héla~, mes:::ieurs Tardif et Cie, lèS dessinateurs de la coque vous donnent une fière leçon.

LE LIVRE

n faut cette fois faire une mention spéciale pour la section du livre qui témoigne
d'une évolution très heureuse du livre fran~ais.
La typographie était, avant-guerre, un art absolmncnt ignoré en France. Les
éditeurs d"art se contentaient de commander à des graveurs sur bois des gravures
sur bois et d'imprimer ·oigneusement leur papier. Cela faisait des ouvrages qu'on
vendait fort cher aux bibliophiles et cela était fort laid . Les tnwaux d'lribe, qui fut,
il ne faut pas l'oublier, le premier à renouvele1· l'intérêt de la typographie en innovant, heureusement, les publications comme " Le Mot •, d'lribe et Jean Cocteau,
a L' Elan », de Ozenfant, les impressions de Bernouard, celles de La Sirène, donnèrent
un i-enouveau d'intérêt aux rechercl1es typographiques.
On peut signaler 1111 ouvrage « Architecture », qui témoigne d'un très grand soin
typographique; les caractères choisis sont fort beaux et très bien mis en page;
les gravures sur bois en plusieurs couleurs de La :Fresnaye sont des pages très
heureuses ;il y a toutefois lieu de regretter qu'un cspritLouis:XIV règne là-dedans; il1
est à espérer, maintenant qu'on attache une certaiueimportanceàla belle réalisation
technique du livre, maintenant qu'on est capable d'apprécier la beauté des ;1 carac-·
tères » du temps passé, espérons que les artiste ont créé une typographie digne de·
notre temps.
DE FAYET.

Elles revêtaient le sol des Thermes de Caracalla. Se trouvent actuellement au
i\fusée de Latran à Rome.
·
R_eprésentent une centaine de gladiateurs, figmes entières et bustes, ai11si que des
~ttnbuts. Le tout est groupé ur un schéma géométrique très ferme clessiné par un
rm.~eau: et o_ffre au regard une vaste . urface de pierre polie. Nous ne croyons pas
qn 11 ex_1ste ailleurs un échantillon atlSsi important de la peinture antique.
. Admirablement recon ·tituée3, elles offrent l'ttn des plus beaux pectacles plastiques de R_ome. C~s mosaïques motivent la visite du :\!usée de Latran, va. te catacombe de vieux cailloux ro _nains gravé d'épitaphes et intéressant pour Je profcse urs; on rencontre aussi dans ce .H usée trop de chapitemrx, tl"architraves de statues qui inquiètent beaucoup et laiss·c nt le spcctateu r ·ongeur il l'idée du goût,romain,

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l VOS AMIS

OUVEAU qui, sur mandat ou chèque adressé
-----------------par vous à notre iège, leur sera servi pendant un an; c'est miezix qu'une boîte de
chocolat ou qu, iin bouquet de fleurs : votre ami pensera à vou pendant un an.
Vous nous envoyez le bulletin ci-dessous
l'ous remettrez à votre ami le BO

Je vous prie de faire servir un abonnement d'un an au nom de................................... .
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Revue L'ESPRIT 7OUVEA
REVUE I TER ATIO~ ALE
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D'un maître d'esprit noureau.
SONGEZ que la rerue que lisait rotre père lorsqu'il arait rotre âg~, a oublié.dt
lui signaler qu'un Cézanne, qu'un Seurat, dont personne ne roulait pour cinq.
cents francs, ()audrait un jour 50.000 francs. L'ESPRIT NOUVEAU étudie leJ
artistes qui seront les maîtres de demain ...

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de nos collaborateurs; rous sa rez ce que ralent déjà les éditions originales d' A polli
naire ou de Rimbaud.
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BOB.EAU

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l:ESPRIT

IOUVEIU

del'artroma-in, et surtout de l'esprit ro1:1ain. Rome, du reste, lii.isse le visiteur rêveur
èette ville' porte un, trop beau nom . fat statuair e romaine inquiète, les temples r-0maii1s inquiètent. Le Colisée est beau et la Pyramide de Cesti us est belle; les
nlOsaïques .sont remarquables.
Dans ces d ernières, on reconnaît les vertus impératives, a fortiori, d'une
t echnique formelle . .Jusqu'à quelle limite la vertu technique est-elle intervenue
ici ? La peinture romaine du )fusé.e des Thermes et de la Maison de Livie
p euvent nous 1·épondre; il est certain qui: la plastique des mosaïques est plus
ferme. On a toujours observé qne les limites imposées à un art (et on peut
étendre ce principe à ~01.1tes les manifestations humaines) ont ])OUr résultat de faire
toucher de plus près la solution ; les d iffi cultés aiguisent l'imagination,
suscitent l'effol't créatem, obligent à une simplification toujours favorable et par
.simplification il faut entendre conce11tralio11. On peut dire que la mosaïque de pierre
est une concentration de la peinture. En effet, la mosaïque de pierre agit au moyen
d'une seule gamme de tons qui va du blanc au noir en se moiulant par' les ocres
jaunâtres et rosés ; cette. gamme est dans une échelle extrêmement restreinte, les
tonalités de pierres étant t rès rapprochées les unes des autres et n'offrant
aucun écart violent; on se rend cOJnpte de l'exiguïté de cette gamme, en confrontant
à ces mosaïques une ca.rte de visite ou un chapeau noir ; une fois de plus id, le blanc
« pictural » n'est pas blanc et le noir n 'est pas noir. » (M. Ingres disait :
• mon cha1Jeau noir n'est pa noir n) . On peut donc admettre que les ~nosaïques de
Caracalla sont, quant à la couleur, créée par la n écessité. )lais si on les considère

��Le Théâtre Russe
PENDANT LA RÉVOLUTION
PAR

ÉLIE

P

la révolution de 1917,tandjs que les obus pleuvaientenco1'e
sur Moscou, les soldats entrèrent dans un des théâtres de cette
ville, prirent les costumes de Salomé et commencèrent à jouer
au foot-ball avec la tête de Iokanaan. Ce fut le premier acte de la
folie théâtrale en Russie. Comme l'on dansait pendant la Révolution
française, on joue en Russie. Le théâtre est devenu la soupape d'échappement des forces créatrices des foules. 11 y a peut-être autant de théâtres
aujourd'hui en Russie, que de bistros à Paris ~t de banques à Bruxelles.
Je donnerai quelques chiffres pittoreiïques. Dans le petit ~ouvernement
de Toula, on compte 4$0 théâtres, presque tous dans les villages ; dans Je
gouvernement de Tomsk en Sibérie, il y a 17 .000 artistes dramatiques,
dont 200 seulement sont des professionnels. Il existe une petite ville, dans
le nord de la Russie, Kargopol, qui compte à peine 5.000 habitants, elle
possède non seulement plusieurs théâtres, mais encore une revue théâtrale
dont le tirage est plus grand que celui des journaux politiques. Dans l'administration théâtrale (Theo), arrivent chaque jour plusieurs dizaines de
délégués, de toutes les parties de la Russie, pour y chercher des renseignements et du matériel.
U est encore difficile de juger ce théâtre de création populaire. Les
intellectuels, pour la plupart, Iui ont laissé l'héritage du théâtre naturaliste et psychologique ; mais le sens théâtral est vivace dans le peuple et
il imprime sa marque sur les anciennes formes. J'ai' vu, par exemple,
un vaudeville parisien exécuté par des paysans qui en ont fait un véritable
mystère ; pour eux les éléments naturalistes deviennent abstraits et relatifs. Un drame de Maeterlinck fut, transformé par des ouvriers en un
skeLch admirable .. Imaginez-vous une tragédie de Lope de Vega ou de
Shakespeare, représentée dans un village de Sibérie. Bientôt, sans aucun
doute, nous pourrons parler de la création d'un théâtre populaire vraiment nouveau,
Pour le moment, je ne veux parler que de la façon dont les artistes pro•
fessionnels ont répondu à cette soif théâtrale du peuple. Tout de suite
après la Révolution, une foule nouvelle a envahi les théâtres. Et ce fut
chose bienfaisante, non seulement paroe que l'intérêt se déplaça du
buffet et du foyer vers la scène, mais encore parce que les anciens specE 'DA NT

au point de vue esthétique, on ressent une impression de sécurité, de for~e et de
clarté Poillt d'ambiguïté, une formation synthétique des organes essentiels, -ime
leetur~ puissante, une expression volontaire des formes. Cette amplification, cette
·
·
t un pont d.1r ect , à Rome , entre le Latr:m
formation concentrée des élements,
Jetten
.
,

et la Chapelle Sixtine. On est en droit de se demande:r: si Michel-Ange n'es~ po~nt aile
méditer dans Jes ruines des Thermes de Caracalla; sori esprit altier devait vibl'~r~
· auJ·olll'd·hm
l'uni%on des formidables masses architecturées q1.u· nous f·ont croire
à Ja rrrandeur d'un Caracalla et les mosaïques qui, à cette époque, pavaient le sol,
clure~t le côni(rmer dans la loi de discipline qu'il s'était imposée au nlilieu deln cour
brillante et snperfi cièlle ùe Jules Il.
.
, , .
Rome, en ruines depuis ton jours, unique dans l'nistoire des v1 lies, porte a l exaltation et au sublime les âmes trempées.
DE FAYET.

EHRENBOURG

�tateurs russes, pour la plupart des intellectuels, étaient athéâtraux. Tandis
que les théâtres pour le gros public étaient approvisionnés de pièces boulevardières les intellectuels d'un niveau plus élevé avaient créé leur théâtre,
à leur sen~, avancé. Le Théâtre d'Art de Moscou était un théâtre d'analyse
psychologique, allant du nat1;1ralisme excessif, où l'on _imitait, le ".ent et ~e
chant des grillons, au symbolisme brumeux de Maeterlmck. L àct1on exterieure en était totalement bannie; en voulant attraper la vérité, on y a tué
le geste. C'étaient des tableaux vivants, des déclamations, un souper en
famille, une clinique, tout, sauf du théâtre. Je ne sais ce que fait en ce
moment le Vieux-Colombier, mais afin de me faire comprendre du lecteur
français, je dirai que le Théâtre d'Art ressemblait beaucoup à une pièce de
Ghéon ou aux frères Kararnasoff, mise en scène par Copeau.
Quand on ne peut pas changer de peau, on change de costume. Tous les
théâtres russes ont voulu suivre le goùt de l'époque, en changeant de
répertoire. Les événements de ces dernières années furent tellemènt violents et bruyants, que l'on veut trouver dans l'art des couleurs pleines;
toutes les formes intermédiaires ont été délaissées. Nous assistons à une
1·enaissance de la tragédie et de la pièce bouffonne. L'on n'a ni le goût, nile
temps de suivre le drame d'un homme pris individuellement, et l'on a
recours à la tragédie pour exprimer des synthèses. Le comique du sujet
est remplacé par celui du geste et des mots. Si l'on considère Je répertoire
russe actuel, on remarque des réminiscences du théâtre espagnol, de celui
de Shakespeare, de la Comedia del Arte, etc., mais le fond est resté le
même qu'à l'époque où l'on en était au drame de l'adultère. C'est-à-dire
que ce théâtre est resté naturaliste, statique et anarchique. Le peuple
russe a toujours manifesté un grand dégoût pour le naturalisme en ll.rt ;
peut-être est-ce un soldat qui exprima le meilleur jugement sur cet art,
lorsqu'il disait : (&lt; Chez nous, il y a un sous-off qui dessine, et il fait tellement ressemblal\t, que ça devient ennuyeux. » Imaginez-vous maintenant un millier de soldats de ce type-là, dans un théâtre où l'on imite la
réalité jusqu'à reproduire les traces des tableaux sur le papier des
murs!
Les seuls théâtres qui puissent répondre au goût du public actuellement, ce sont ceux d'avant-garde. li importe d'en finir une bonne fois
avec cette légende que l'art d'avant-garde est l'art officiel en Russie.
Malheureusement, certains esprits avancés dans le domaine politique et
-1:1ociologique sont, dans les questions esthétiques, absolument réactionnaires, préférant à l'art constructif, l'art à thèse. Toutes les affirmations prétendant que les théàti;es pompie~s sont opprimés sont fa1;1sses:
Sur les 20 à 25 théâtres d'Etat a Moscou, 11 n'y en a que deux ou trois qui
soient vraiment révolutionnaires. La seule chose vraie, dans tout cela, c'est
que malgré les préférences personnelles des hommes du Gouvernement,
on a donné les moyens, aux régisseurs d'avant-garde, &lt;le faire des expériences.
Le théâtre d'avant-garde russe, comme les autres arts, d'ailleurs, s'achemine vers une union étroite avec la vie. Comme le peintre moderne tourne
ses regards vers l'industrie, le poète vers la télégraphie, le scénario ou le
roman policier, le régisseur du théâtre s'oriente vers le geste quotidien
de l'homme moderne. Le cinéma, ce produit des masses, qu'on voulait
renvoyer à l'école théâtrale, est deven,u maintenant l'école du théâtre.
Les régisseurs russes ont beaucoup appris chez les créateurs de la comédie
d'art mécanique (Charlot, Max Linder, etc.). D'autre part, ils se sont tournés vers le cirque, vers cet endroit où l'on conservait le sens du théâtre
à une époque où, dans le théâtre, ce sens avait disparu. Je parlerai plus

tard du cirque nouveau, en Russie. Je noterai seulement maintenant que
les m,eilleurs régisseu~s d~ théâtre d'avant-garde, TaïrbfI, Radloff, 'etc.,
travaillent en contact etrmt avec les clowns.
De même que dans la peinture nouvelle, dans le tbéàtre nouveau on
remar,qu~ &lt;leu~ directions &lt;:fifférentes. Le cubisme a bifurqué, d'un coté
vers l aff1rmat10n de la pemture pure, ou la composition abstraite de
l'autre vers la négation de la peinture de chevalet, au nom de la const~uction de formes dans l'espace. Si l'on est d'accord sur un but lointain on
est divisé sur les moyens de l'atteindre. Les uns veulent créer un thé'âtre
pure~ent théâtral, mettre sur la scène, séparée par la rampe, l'essence de
l'act10n. Les autres veulent tout de suite démolir u la boite du théàtre &gt;&gt;
et dissoudre cette essence dans la vie, théâtraliser l'existence quotidienne~
La meilleure réalisation du premier groupe e, t le théâtre /1amernii de Moscou. Son directeur, Ta·.roff, a compris que le théâtre est basé sur le
mouvement organisé. Il en a fini avec l'anarchie, où l'individualité de
l_'~cteur étai; prédo~in~!e. Les acteurs, dans ce théâtre, ne sont que des
elements qu 11 raut d1sc1plmer ; tous les gestes, tous les mots, sont calculé,
comme l'on calcule les mouvements d'une machine moderne. N'import.~
quel moment de l'action représente un tableau complet. Il a aussi entiè1ef!lent c~an~é )e rôle du peintre dans le théâtre. Il a supprimé les décors
pemts qu1 fa1sa1ent ress~mbler la scène à un harem. Les acteurs qui représentent une forme en trois volumes, demandent un décor en trois volumes.
L'architecte remplace le peintre, et il est curieux de noter que les costumes
et les décors de !'Annonce faite à _1farie sont exécutés par un architecte du
métier, Vassnine, Celui-ci, ainsi que Takouloff, Mada:n , Exter, ont trouvé
des formes mathématiques qui correspondent aux conceptions modernes.
Ils const_ruisent la S?ène de telle faç:on que l'action se déroule, non dans le
sens horizontal, mars dans Je sens vertical. On a joué au théâtre /1' ememii
des pi~ces archa:ques en soi, mais en les interprétant de telle façon qu'elles
prenaient un aspect moderne. Un conte de Hoffmann, La Princesse
Brambilla, est un vrai carnaval, violent, gai, fabuleux. Le mystère dè

�Claudel a perdu tout ce qu'il conten3:it de th~~logie mondaine, pour devenir l'histoire éternelle de l'amour qm se sacrifie .
Le second "roupe est conduit par Merhold. Il veut mêler spectateu:s et
acteurs et cela jusque dans le détail ; c'est ainsi que_ non se_ulement _11 ne
dï d pas d'applaudir mais il invite à siîfler et à fa1re des mterruptions.
Je::old et son école r~nient le théâtre écrit. li considère q~_e le text~ de la
pièce doit être édifié sur la scène même. ~n prena~t- des piec~s ~nmennes
comme thèmes il ne craint pas d'être taxe de sacnlege. Il a Joue Hamlet
en changeant domplètement la scène. La scè!le a"'.e~ le fossoyeur, par
exemple, est devenue chez lu~ une ~ouffonnene poht1que moderJ?.e,_ Po~r
représenter une pièce sociale, 11 a pris.les Aub~ ?e. Verhaere11:, m,ais Je_sms
convaincu que personne ne put reconnaître 1 ongmal: Parfois, les art1~tes
intercalaient dans leur rôle le texte de nouvelles de Journaux se~sat1onnelles ou bien l'on voyait les spectateurs sol~ats pass~r sur la scene avec
leurs 'instruments de musique. Il constrmt la sc~ne et la salle ensemble, il remplace le grimage par des masque~. Evidemment_, la rampe
est supprimée. Sa meilleure pièc~ c'est le Mystere-bouffe de Mruakorosky,
une vision comique de la Révolution.
. .
. . . ..
Les grandes fêtes théâtrales organisé~s e~ pJem ~r ~nt et~ dmgee~ da~s
le même sens. Dans La Prise du Palais d Hwer, Jouee le JOur del anm-

de cette exception. Etait-ce par suite de la dépression physique, par
l'effet du climat, ou peut-être par une erreur des organisateurs ? Mais
comme chacun comprend maintenant la nécessité de pareils spactacles,
il est probable qu'on en découvrira bientôt la formule définitive .
Comme je l'ai dit, je parlerai maintenant brièvement de la renaissance
de l'art du cirque en Russie. On en a enlevé la couche de fausse esthétiq e.
la féerie, les ballets, les nuances mièvres. On a rendu le cirque aux clowns,
aux acrobates, aux jongleurs, aux écuyères. La rapidité du mouvement,
ce pathétique de notre époque, répond au besoin essentiel du peuple, et je
ne mentirai pas en disant que c'est dans l'arène du cirque què se célèbre
la messe moderne . Tous ceux qui connaissent l'attirance de l'art avancé
pour le cirque ne s'étonneront pas d'apprendre que ce sont des peintres
cttbistes qui exécutent les costumes des clowns. C'est surtout par le cirque
que l'art d'avant~garde entre actuellement dans l'épaisseur des foules.
Je n'ai parlé que des chos~s essentielles ; je n'ai cité ni plusieurs œuvres,
créées à Pétrograd et en province, ni quantité de studios qui sont les
laboratoires du théâtre de demain, ni la haute école du théâtre et du cirque,
organisée pàr Merhold. Mais je dois rappeler au lecteur que tout le travail
théâtral en Russie s'effectue dans des conditions extrêmement difficiles.
Pour le prouver je ne raconterai qu'un seul fait. Des acteurs étaient venus
jouer dans la salle d'une usine ; malgré tous les efforts des ouvriers, on ne
put placer un poêle, et il régnait dans la salle un froid de 12 degrés sous
zéro. Mais le public insistait et les artistes jouèrent, dans leurs fourrures
et non grimés, les Fourberies de Scapin . Public et acteurs demeurèrent
ainsi trois heures dans cette salle glacée. Quand on aime à ce point le
théâtre, on ne peut manquer d'arriver à quelque chose.
( Traduit du russe sur le manuscrit original) .

Elie EHRE~ BO uRc.

MUSIQUE

LE DIXTUOR LÉO SIR
PAR

ALBERT

JEANNERET

A

Ac,r10:., dont il faut louer l'activité qu'elle. doit à ses chefs:
Madame Lara, MM. Autant et Fernand Divoire, donnait
jeudi 3 novembre dernier, en son Studio de la rue Lepic, un
concert de musique inédite, composée pour la première audition de six nouveaux instruments, ajoutés aux quatre déjà existant
du quartuor classique, forment le dixtuor Lé_o Sir, du nom de son constructeur (_1). Afin d'éviter toute erreur d'interprétation, disons que
RT ET

versaire, sur la place même de l'é:éi:iement, la nuit, il y avait 10.000 acteurs et 400.000 spectateurs. Mais d faut :iv?l!er que_ spect:iteurs et acteurs étaient quand même séparés. Il est chffic1le de dire au Juste la cause

(1) _Notons que : dans le dixtuor, _le 2 ' violon du q uatuor classique _se trouve
suppnmé, en revanche a u grave s'aJoute la contreba se, rétablissant à quatre le
nombre des instruments.

�SUR
SOP;RANO
)!EZ%0SOPRANO (violon actuel) SOPRANO

1520

ALTO
(actuel )

CONTRALTO

L'ESPRIT NOUVEAU
EFFET R:E:EL

les nouveaux instruments Léo Sir sont ·construit:, sur le modèle du violon
ordinaire de l'alto et du violoncelle. Seul, leur rôle d'intermédiaires
entre l~ ~ontrebasse (bas~e aux_iliaire d~ quatuor _à ~ordes) et ~e violon 1 a
détermmé pour eux des d1_me~s1ons var1ab!es -:-- ai1~~1 que des trmbres différents. L'apport de M. Leo Sir est donc d av01r cree un nouvel ensemble
d'archets parfaitement oradué et divisant l'échelle totale de sons parcourue p;r les instruments à archet en dix régions, au lie?- des cinq départies jusqu'ici aux instruments du quin tuor ou quatuor h ab1tuel. La prat1 que
situerâ définitivement la valeur de ce nouvel ensemble .des cordes et les
compositeurs diront exactement les ressources _de groupements, ~e
combinaii;lOD$ et de timbres qu'offre le nouv~~u d1xtuor. ~ne -:h?se _est
dès maintenant certaine, c'est que l'o~ va 1c1 v~r~ une s1mpl!ficat10_n
du mécanisme de chaque instrument pwsque·_celm-c1 se meut desormais
dans une région plus restreinte, donc plus facile et demandant un effort
de virtuosité moins grand. En outre, la sonoTité y gagne.
.
En effet, chaque instrument de l'ense~ble classique poss_ède d.ans le
dixtuor sa doublure (le violoncelle en a trois: le baryton, le teno_r, le contralto). Au violon, par exemple, est adjoint le sursoprano, qrn, avec le
même doigté que le violon, atteint une q~arte plus haut . . ~'alto est
prolongé à ]'aigu du mezzo-soprano, qui monte une qurnte audessus.
Le -contralto le dernier des intermédiaires entre le violoncelle et l'alto,
continue le v.io1oncelle d'une octave entière. Quant à la contrebasse, c'est
d'une sixte que sa région aiguë est prolongée par la sous-~as~e- A'?t~ement
dit, alors que jusqu'ici, chaque instrument du quatuor eta1t cbhge, pour
l'exécution intéorale de l'œuvre musicale, de sortir de ses bonnes notes,
de sa limite, de ~a région " favora~le n, pour ~tteindrë: à l' ~igu_une ré&amp;ï?n
défavorable, où la sonorité est pomtue et seche et le mecarnsme perilleux - à des intermédiaires est désormais dévolu le rôle de muer toute
régi~n défavorable en fayorable, puisqu'~ne s~ri13 aig~ë ~ésagréable 1se
situe chez eux en un médmm favorable, retaLhssaut ams1 fur toute létendue de l'échelle sono're une sonorité égale et plastique. Ceci grâce à
une construction approprié~ de l'ins-~rument._
...
.
En outre de nouveaux timbres s'aJoutent a Ceux deJa existants. Le
sursoprano, 'par exemple, possède une sonorité fluide, aérienne et puissante, contrastant avec celle plus vibrante du violon. Le mezzo-soprano,
lui, tient à la fois du violon et de l'alto.
.
Tandis que le contralto sonne plein et généreux, le ténor plus violent,
le baryton se rapproche beaucoup plus du violoncelle, mais contrairement à ce dernier, l'aigu en est très sonore.
.
Quant à la sous-bas.se, elle comble le vide ~norI?e qui _ex1.s~e entre la
contrebasse et le violoncelle, et est très accessible a un mecamsme développé.
.
Sauf le sursoprano et le mezzo-soprano, les nouveaux mst~u!_llent~
Léo Sir se jouent à la pique. Leur technique n'offre aucune d1fhcultenouvelle, puisque, construits sur le modèle de leurs aîn~s du quatvor, seuls.
la dimension et le timbre varient. Ils sont transpositeurs en sol et en
fa (1 ).
(l) l\f. André Laurent, G9, rue_Ordencr, qui _présenta 6- \a soirée ù'A;t e~ 1\ction
les nouveaux instrument•, fo1.11:mra ~ur ceux-ci tous renseignements_ necessau-es.
Nous donnons ici un tableau du d1.xtuor, avec l'accord àe chaque tn!'&gt;tn1ment.

NOTATION

T:E:NOR

BARYTON

BASSE

OUS BASSE

(\'lulotH elle nd.uel&gt;

EFFET R:E:EL

N01'.ATION

CONTRE·
BASSE (ae~ueUe)

1::::1 °::~1~:: 1~:::/i-I?I
-e-

-e-

-e-

-e-

-&lt;. -

Dans ~e. nouve~u, clavier a~x di_x touches qu'est le dixtuor, le composit;ur _c~o1sira les elen:ie_nts _utiles a l'expression de sa pensée; il orientera
l ~nteret _de la sonori~e s01t vers les fluidit~s limpides des instruments.
aigus, s01t vers la pws_san~e et la générosité du groupe forll).idable des
bass_es. M. Rosen~hal, Jeudi 3 novembre, sut fort bien donner une illustration , du prem~e'. de ?e_s parti-pris, dans sa pièce en quintette, et.
M. O. ) gouw ch01sit les elements graves du dixtuor pour sa pièce en
sextuor.
_Pour M. D~·ius_ Milhaud, c'est à la polytonalité, qu'il manie avec une
science tout a fait remarquable, qu'il réserva l'emploi du dixtuor au
co_mplet (choral de sa 4.e symphonie pour dixtuor), se servant, dans le prem}er mo~vement de cette ~ême _symphonie. du style fugué où s'enchevetrent v1goure~~ement les dix voix de cet orchestre de chambre.
Une cons~at~t10n en passant : ~chœnbe~g, dans sa " symphonie de
c~ambre ll, redmt le grand oroh~stre a vmgt-cmq exécutants. Le «dixtuor )}•
lm, augmente le no~bre des mstruments du quatuor classique. De nouve:3-ux gr~upements, 1Ss~s. d'une esthétique progressive, sont-ils donc en
".018 d~ deplacer la densité des ensembles sonores ? Une directive restrictive, d une part, va~t-elle rencontreT l'ascendance d'une autre, et leur
rencontre ,en u~ pomt, tellé la_ rencontre de deux tracés régulateurs,
va-t-elle_ deter~mer une norme, fixer de nouveaux usages ?
l1 est md~b1table que,_ dès longtemps, l~ n~mbre des cordes du quatuor
a. tendu a et~e au$i:nente, par_ta_rr~ du prmc1pe exposé plus haut, de la
defectueuse repart1t10n des activ1tes sur l'échelle sonore: Mozart, Beethoven, Br~okner, Brahms ont écrit des quintuors des sextuors à ar'chets.
Il est !ntéres~ant d~ souligner ici q~'en l'occu~rence, _c'est un technicien,
u!1 luthier1 qui s.olutwnne Je _probl~me. Et c'èst logique. Et sa réussite
~ est _pas I effet du hasard, mais le resultat de vingt années d'un travail
mtelligent et tenace ..
Le (( jardin d'essai&gt;: qu'est le théâtre d'Art et Action ,comprend admir~blement le rôle qu'il a assumé, l'affirmation des efforts nouveaux et leur
defen.se. 11 est toujours plus à souhaiter ·que les ocèa.sions lui soient.
~ffertes, ~ombreu~es, d'affirmer, à côté de celle de moyens nouveaux del art musical, l'existence d'œuvres en émanant, lémoins probants d'un
style que ch_aque nouvel effort contribue à constituer.
A!be!'t

JEANNERET.

�ÉCONOMIE

ÉCONOMIQUE

'' ÉCONO~IIE

L

"

progrès est plus généralement observé dans ses eff~ts
que dans ses causes. Aussi longtemps que la relat10n
ne sera pas faite on confondra le but avec ~e moye_n.
Or, pour obtenir une définition qui soit pratique, v01re fertile
dans son application, il faut s'attarder un peu à l'étude
des statistiques révélatrices de l'évolution progressive de
notre civilisation. Le progrès intéresse particulièrement les
améliorations matérielles de notre mode d'existence.
Recherchons donc quelques exemples numériques. Remarquons d'abord que des éléments naturels déjà exploités par les
hommes dans l' Antiquité sont susceptibles d'une nouvelle
exploitation grâce au perfectionnement des méthodes de traitement, c'est le cas pour les gisements de fer ou de plomb.
Le prix de la tonne de soude est passé de 700 francs vers
1850 à 110 francs en 1902.
Le thorium, au moment où l'on commença de l'utiliser pour
la confection des manchons à incandescence valait 4.000 francs
le kilogramme, il était tombé à 35 francs avant la guerre.
En 1853, le prix du kilogramme d' aluminiu~ était de 1110
francs, il était d'environ 2 francs en 1900.
Ces réE,ultats sont dus au rendement des opérations d'affinage.
Ce rendement a pu être amélioré grâce à la mise en pratique
d'une science nouvelle, l' électro-chimie, et par l'application des
lois de la thermo-chimie.-Ces facteurs primordiaux qui intéresE

Voit l'article cle M. Léon Lafitte claus le 11:fercure de France.

1523

sent le processus même des opérations d'affinage sont subord~nnés à l'uti~sation d'une source économique d'énergie électrique. ~a puissance développée par les chutes d'eau permet
ch~que JOUI" de tenter de nouvelles expériences qui jadis seraient demeurées dans le laboratoire et qui, aujourd'hui, sont
assez rationnelles pour tenter la grande industrie.
Il y a une connexité, évidente pour tous, entre les découverte
intéressant les lois de transformation de la matière et celles
· qui concernent les lois de transformation de l'énergie. Cette
dernière joue le rôle primordial aussitôt qu'une découverte entre dans la phase d'utilisation pratique. Et l'on constate une
continuelle alternative dans l'orientation des recherches scientifiques inhérentes à un processus donné.
Ce~te alt_eri:iative consiste_à passer de l'étude du phénomène
physico-chimique en quest10n à celle de la consommation
d'énergie. On peut inverser l'ordre de ces études.
Nous parlions tout à l'heure del' aluminium, son cas est frappant. L'affinage de ce métal est réputé impossible ; on envie.
sage tout au plus des fusions supplémentaires pour le rendre
plus homogène. Sa fabrication exige des constantes chimiques
si sévères que les in~tallations nécessitées pour la purification
préalable des matières premières sont plus importantes que
c~lles exigées pour sa fabrication propre. La bauxite qui contient l'alumine n'est utilisable que si elle a une teneur en silice
inférieure à 3. p. 100. La silice est donc une ennemie redoutable
qu'il faut éliminer à tout prix. C'est à cela qu'ont travaillé des
chimistes de toutes les nations. Une fois que les résultats furent ~atisfaisants, il fallut songer à économiser l'énergie nécessaire ou plutôt à réduire son coût. Heureusement les sciences hydraulique et électrique faisaient ensemble des pas gigantesques qui devaient permettre progressivement l'affinage
électrolytique de presque tous les minerais des métaux
usuels.
·
Ces sources d'énergie économique constituaient comme un
nouvel organe qui allait engendrer de nouvelles. fonctions.
C'est-à-dire que des richesses qui paraissaient inexploitables
absolument comme l'atmosphère, devinrent des sources nouvelles quasiment
inépuisables. En effet, o-râce
aux effluves et
.
0
aux étmcelles soufflées obtenues à de très hautes tensions

'

�1524

ESTH l::TIQUE DE L'INGENIEUR

L'ESPRIT NO VEAU

100.000 volts, l'azote atmosphérique peut être '.fixé sur du
calcaire.
L'homme découvrait ainsi un moyen deperpétuersasuhsistance en synthétisant des engrais et d'engendrer a mort en fabriquant des explosifs nitrés. L'atmosphère devenue matière
première à l'état statique devient aussi source d'énergie à l'état
dynamique, effectivement les vents sont maintenant propulseurs de turbines aériennes qui sont elles-mêmes génératrices
d'électricité. Avec moins de dépenses on obtient plus de résultats ; cela est vrai sil' on établit des proportions comparatives
entre ·1a quantité de richesse obtenue. et la quantité de richesse
utilisée.
M. Léon Laffitte, dans l'article dont nous parlions plus haut,
accumule les exemples d'où il extrait les rendements économiques. Il montre que la longévité de la vie humaine a augmenté depuis le début du x1xesiècle, passant de 61 à 66 a.ru.
Cette augmentation est due apparemment à l'amélioration des
facteurs physiques de notre existence, à la moindre dépense
de nos forces et à leur accumulation correspondante.
C'est pour cela que M. Laffitte conclut que le progrès peut
être défini : une économie d'énergie.
Il ajoute que cette définition est scientifique et nullement
arbitraire.
« Elle a les qualités que le philosophe exige d'une bonne définition.
1° Elle est courte, puisque son attribut n'a que deux termes ;
2° Elle s'applique à tout le défini ;
3° Elle est réciproque, puisque on peut faire de l'attribut le
sujet et du sujet l'attribut, sans altération de sens;
4° Enfin, elle est claire pour tous ceux qui sont en possession
de l'exacte sigrùficaticn Et de la valeur des mots. n
Paul

RECHT.

.

MAISONS en SÉRIE
PAR

L

LE CORBUS I ER - SAUGNIER

programme, vient d'être fixé. MM. Loucheur et BonneYay
?emandent a la CI~ambre une loi décrétant la construction de
o_00.000 logements a bon marché. C'est une circonstance excep. . t~onnelle dans les annales de la constmction, circonstance qui
ret1ert cgale~en~ des ~oyens exceptionnel .
.
r, tout es! a fa.1re ; ~1en n'~st prêt pour la réalisation de ce p.rOO'ramme
0
1m1~~nse. etat. d'espnt n'.ex_iste pas. .
. L etat d esprit de co~s!m1~~ des ~a.iso_ns en série, l'état d'esprit d'hab!t~r des maisons en serie, 1 et.at d esprit de concevoir des mai ons en
serie.
To~ t est à fai~e _; rien n'~st pr~t. ~a spé?iali ation a à peine abordé Je
doma!ne de la b~t1s~e. _Il ~Y,~ m usrnes 1 m techniciens de spécialisation .
. Mai~ en un_ clm d œil s1 l' etat d'esprit de la série naissait, touL serait
v1~e m1~ ur pied. En effet, dans toutes les branche du bàtiment, l'industri~, pmss~nte com_m_e une force naturelle, envahissante comme un fleu,·e
qui roule a sa dest1nee, t~ncl de plus en plus à transformer les matériaux
uts natu_r~ls, ~t ~ prodmre ce qu'on appelle d_e _ " m_atériaux nouveaux&gt;&gt; .
s sont lrg1on - cunents et chaux, fors profile , ceramique, matériaux
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APITAL D1!.CIDÉE
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PAR L' SEJ1BLÉE GÉ ÉRALE
EXTRAORDI AIRE DE ACTJO • ÀIR'E DU 19 OCTOBRE 1021

;uai.yo11 en série. Pour être sai11e il Jaur qu·uue ltab-itatio11 soit
largemeut isolée ,Je la terre. Comtruire .9ur cave coilte très cher Uottillt, 111ur.v de soit•
/è11e1mmt, etc., etc ... ). RéstTVer m1 vide entre fa terre et le premi.er pla11chtr est 11lus
chu e11core; ce r•ide ,i'exige-t-il pas un gros effort de co11structioii ? (solivage ou dalle
s11r murelle, etc., e/c ••• ) et il est ùmiilisable. L'ÉCO.VO.l/IE commande &lt;le construire
la maisorl sttr w1 sottba$Senunt assez liau, pour co11te11ir les rlépe111lcmces rie rlwbitatio11. Cdu di:tposilion es;t celle de b-eauooup de mai.wn française, trè..ç ancit1111es oit
le soubassement co11Jient /"élable, /,a remi.ve, la buamlerie, le.&lt;/ rh;eni('S, etc., etc ...
L'habitation reproduite ici e.,t rœ ce type : elle ,st placée surtm terrain qui prh;e11teu11
lulus d'1111 mètre en bordure de la route el desre,ul lf«utant LV!T,V finUrieur: le souba.,.çe.
111e11t 1\VI tlonc enterré crwi mNredu côté r01tlert il est de plai11-J1ied rlt1 c6tijardi11 .

DE

.\ GUSTE PERJH•:T.

i olant ·, tuyaut rie, quin aill rie, nduit imp rméable , el ., elc ... Tout
ela arrive p ur lin tant n vra clans les bâtiment. en con trucLion, y
ajuste à l'improvi te coût une main-d'œuvre ënorme fournit d ~olution bâtarde . C'e t quel diver. objet de la con truction n'ont pa 'té
ériés. C'e t que l'état d'esprit n' xi tant pa , on ne ' t pa liwé à
l'élude rationnelle d objet t plu encore à l'éLude ralionnell d la
eonstruction ell -même ; l' tat d'e prit de la érie e t haïssable aux ar hitecle taux habitant (par contagion Lper ua ion). ·ong z: on en arrive
justem nt,, t tout -. ourrJ ·, au r-é-g-i-o-n-a-1-i- -m-e ! Ouf ! El le plus
comique, c' , t la déva talion de pay nvalli qui nous y ·onduit. Devant
la tâche immens d tout à r con truire, on st aU '• à a panopli dérro·b r a flûte &lt;le Pan, et on n j ue, on en jou , clan 1 . comit; et dan- le

'

En dehors du dividende attribué aux nouvelles actions Catégorie C, il est attaché

a ces nouvelles actions des

VANTAGES EX~E T ION E $

pouvant intéresser:

le AM TE RS
LITT8R TEUR
RTL TE

BIBLIOPHILE
ET TO

CE

QUI DB IRE T VOIR

L'EFFORT POUR UI 'I p R L'ESPRIT

BO TIR

To

VE

......................................................____
Demandez à notre ièae le

RENSEIG EllENTS RELAT IJ1S
A L'Él\Il SION.

�a crise des logeme.nts amènera
la RÉVOLUTION. Préoccupezvous de l'HABIT ATION.
1

Nous avons déjà publié sous la rubrique
ESTHÉTIQUE OE L'INGÉNIEUR

les articles suivants :
'• 1.

Trois Rappels à MM. les Archil.ectes : LE VOLUME, par LF. Connusœn-SAUGNIEll,
avec 9 illustrations.

LA SURFACE.

Troi:J Rappels à MM. les Arcltitecles
avec O illustratiom.

N° 8.

Les M nfaons Voisin ............. . ......... . ........ . .
avec G illu trations.

Trois Rappels d MM. les Architectes : LE PLAN.....
avec 15 illustrations.

•
••

Sous la Rubrique
o

5.

ARCHITECTURE :

Les Tracés Régulateurs .. . . . •.. ... ... . .... .
avec 10 illustrations.
par JULIEN CARON, avec 18 illustratiom,

Une Villa de Le C-Orbusi.er

Sous la Rubrique
N• 8.

ESTHÉTIQUE DE L'INGENIEUR :

Des Yeu:i:. qui ne voi.ent pas : LES PAQUEBOTS . .. ... par
avec 13 illustrations.

Des Yeux qui ne voient pas
avec 22 illu trations.
N• JO.

LE

CôlUIUSŒR·, AVO:N1J:;R

LES AVIONS....... .. .

Des Yeuœ qui ne voient pas : LES AUTOS ........ .. .
avec 15 illustrations.

N• 11 {12. Esthitiqtte del' Ingénieur. avec 17 illustrations.

Architec:ure (Reuue de. l'année).

Nous continuerons ces études en publiant dan nos prochains numéros, les Articles suivants :
ARCHITECTURE-

Mai.von.~

e11

Série.

La L eçori de Rome.

N° 14.

De l' Illusion. des Plans.

N° 15.

Pure Création de l' J,n ·elligence.
POUR P ARAlTI?E :
URBANISME.

Le chemin des ânes, le chemin de l'homme.
Ce que l' œil voil.
Architecture ou Rêvolt(tion.

Ai·oi::s-r-e l'Enni;:-r. Maison en série. Co11,Ytruile
avec les moyens les plus
m.odemes, Mgère comme
dit bâtiment d'exposi•
tion, mais solide et
rnble, saine et isolante,
cette maüwn e.st d'une

m,-

esthétique classiqlte; elk
est en pleine harmonie
,wec les habihuies de

voir que nous avons ac-

quises &lt;ni con tac/ de 110,'1
occupations quotidiennes.
AcGl, STE P1maF:T. ,lfaison en s&amp;ie. Le mode
de co11slruction employé
est la projection, par
l'air comprimé, de plâtre au de mortier de ciment. sur une carca&lt;Jse

en latlis uwcan.i,que. Les

1nurs extérieurs sont à
double 71aroi, plâtre d
ri ntériettr, cùnent rH: e:xlérieur ; les vza11chers
sont supportés par des
tt0i1tes très te11dues, et
minces dfJ.n-1 lr.t proportion rl'wie coq1tille
d'œuf.

.....

l

•1

�•

LE CORBUSIER-SAUGNIEll, 1915. Groupe de
sur ossature « Domino ». En -1915, /,e p1'iœ

maisons en sériedes aciers et des
ciments ciutorisait l'emploi i:lnportant du ciment armé. Des
oss.ature.~ rigides étaie11t Uvrées, par une entreprise, .mr siœ
dés 71réalable11tent établis de niveau, au-dessus du sol. Les
. m,urs et les cloisons n'étaknt qu'un rempli.ssage léger, pouvant être fait, sans main-cl'œ1wre s-pécialisée, de laUis, briques ou varpaings de remplissage. La .hauteur entre deux

dalks éUiit combinée avec celk des portes et i1nposles, celle des armaires, ·celle des
fenêtres, gui toutes obéissaient auœ mêmes rnoduks. Contraii'ement œ11x usag~s actuels, les menuise1'ies Journiea par /,es usine.s étaient pos~es avant les 1nurs, d-i~tant.
automaliquement l'alignement de ce!l,()-CÏ ainsi que des cloisons ; /,es murs 01t cl01So11s
étaient maçonnés autour des me!1uiseries et la maiso~ p~m;ait être construite, totalement pa,r wi seul corps de, mét-ier: /,e ?1U1fon. ResU,.it a -installer la tuyaut.ene. (Un
jour :m,oche, on pourra faire emploi de fenélres autrement plus perfect'ionnées que
celles dont on dispose actuBllement),

devant des procédés si « désinvoltes » ; on ne cro•it pas à tme maison faite en trois jours ;
ilfautun an et des toifsJJointus et des lucarnes et des cham"tlres mansardées !

�Lis Conuo-rnR-SAUGNTEn. Type. ,rune Celllra7.e électrique de petite vilTe avec r11aiso1M ouvriè-res pour les oiwn,er.'I attachés an service de nuit &lt;le l'1.isine. Co11struitc,ç
comme des batimenis ,r usine, ce.ç mai.sons bf-n!fidetil de l'e:;théliqt1e·de f'usitœ.

commissions. Puis on vote des résolut.ions. Celle-c.i par exemple, qui
mérite d'être citée : de faire pression sur la Compagnie des Chemins de fer
du Nord pour l'obliger à con ·truire sur la ligne Paris-Dieppe tl'ente stations de styles diîlérents, parce que les trente stations .que les express
brûlent, ont chacune une colline et tel pommier qui sont bien à elle et qui
sont son carnctère, son âme eLc ... Fatale flûte de Pan 1(1).
Les premiers effets de l'évolution industrielle dans le « bâtiment » se
manifestent par cette étape primordiale : le remplacement des matériaux
naturels par les matériaux artificiels, les matériaux hétérogènes et douteux
par les matériaux artificiels homog' nes et éprouvés pa1· des essais de
laboratoire et produits avec de éléments fixes. Le matériau fixe doit
remplacer le matériau naLurel, Yariabl à l'infini.
Par ailleurs, la loi d' Economie. réclame ses droits : I. e fers prorilés et,
plus récemment, le ciment armé, sont de pures manifestations de calcul,
employant la matière totalement et exactement; tandis que l'ancienne
poutre de bois recèle peut-êLre quelque nœucl traitre et son équarrissage
conduit à une perte de mati \re considérable.
Enfin, dans certains domaines, les techniciens ont parlé. Les ervices
d'eau, d'éclairage, sont en évolution rapide; 1 cnauffage central a pris
en considération la structure des murs et de· fenêtres - surfaces refroidissantes - et, conséquence, la pierre, la bonne pierre natureJle en murs de
un mètre d'épaisseur, s'est vu damer le pion par de légères cloisons doubles en scorie de mâchefer, et ajnsi de suite. Des entité , de qua i-divinités, out déchu : les toits qui n'ont plus besoin d'être pointus pour évacuer l'eau, les grandes et si belles em brasures de fenêtres qui nous ennuient parce qu'elles emmurent et nous. frennent toute la lumière ; les
boif; massifs, épais à souhait, ·olide · pour 1 éternité, mais non, qui sautenL
et se fendent devant un radiateur, taTidis qu'un contl'e-plaqué de trois
millimètres d'épaisseur demeure intact, etc .....
On voyait aux beaux jours d'antan (et c la dure toujours, hélas) de
gl'os chevaux qui amenaient dans le5 chantiers d'énormes pierres, et
beaucoup d'hommes pour les descendre de dessus la voiture, pour les
couper, les tailler, les monter sur les · ohafaudages, les ajuster en vérifiant longuement, mèt,re cm main, leurs six faces; une maison ça se constr~sait en deux ~ns; on monte aujour~ hui des irr.ime~~les en quelques
mois ; le P.-0. v1enL de term.mer son 1mmense fr1gor1f1que de folbiac.
. (J). Citons, par contre, la • Rmmissancc des Cités• qui, t&gt;:lr un concours dï&lt;lées
rntefhgemment pror:isé, a doté la ville ùe Chauny d'un bon projet d'alimentation
en eau potable et cl assainissem('nt.

L:e Corumsma-

AUG:.IER.

ltitéri= des maisons précéclentes.

Il n'est entré dans ce chantier que des gi·ains de sable et de mâchefel',
gros comme des noisettes; les murs sont mincei:; comme des membranes;
il y a dans ce bâtiment des charges énormes. Des murs minces pour protéger contre le diffé. enccs de température et des cloisons de onze centimètres malgré les charges énormes. Les choses ont bien changé l
La cri e dei- transports a sévi ; on s'e t aperçu que les mai ans rcpréi-entaient un tonnage formidable. i on diminuait ce tonnage des quatre
cinquièmes ? Voilà un état d esprit moderne.
La guerre a secoué les torpeurs ; on a parlé de taylorisme ; on en a fait.
Les entrepreneurs ont acheté des machines, ingénieuses, patientes et
agiles. Les chantiers seront-ils bienLôt des usines ~ On parle de maisons
qu'on coule par le haut avec du béton liquide, en un jour, comme on remplirait une houteilJe.
Et de fil en aiguille, après avoir fabriqué en u ine tant de canons,
d'avions, de camions., de wagon , on se dit : e pourrait-on pas fabriquer
des maisons ? Voilà un état d'esprit tout a fait d'époque. Rien n'est
prêt, mais tout peut être fait. Dans les vingt années à venir, l'industrie
aura groupé le matériau::: [ixes, semblables à ceux de la métallurgie;
la technique aura porté bien au delà de ce que nous connaissons le chauîfage, l'éclairag et les modes de structure rationnelle. Les chantiers ne
seront plus des éclosions poradiques où tous les problèmes se compliquent
en s entassant; l'organisation financière et sociale réaliser·a, avec des
méthode concertées et puissantes, le problème de l'habitation, et les
chantiers seront immenses, gérés et exploités comme des administrations.
L'évolution sociale fatale aura tran formé Jes rapports entre locataires et
propriétaire. , aura rnodirië les conceptions de l'habitation et les villes
seront ordonnées au lieu d'être chaotiques. La maison ne aern plus cette
chose énorme et qui prétend dôfler les siècles et qui est J'indice dé ·isif
de la riche se ; elle sera un ou:Lil comme l'auto devient un outil. La maison
ne sera plus une entité archaïque, lourdement enracinée dans le sol far
de profondes fondation , bàtie de dur '&gt; eL à la dévotion de laquelle est
instauré rlcpuis si longtemps le cu lte de la famille, de la race, etc., etc ...
&lt;(

�LE CoRBUSIER-SAUGNTK!t, Maison « ,Wonol ~- Quand on parle de 11uzi."101is en série

imposeraitfatt;lemem la discipline au,-v habitants; l'Amérique iwus 11i.ontre l'exemple
de la suppression des murs de cUJture grttce à cet état !l'esprit nouveau créé là-bas dii

il faut parler de lotissement. L'unité des éléments constructifs est une garantie de beauté.
La diversité nécessaire à tm ensem.bl.e a:rchiûctural eçt fournie par le lol-i,ssement qui conduit aw: gr01ules ordonnances, au.'!! véritables rythmes de r architecture. Un village bien
loti et constmit e1i série cumnerclif une impression de C(dme, &lt;l'ordre, de propreté; il

respect de la propriéU d'autrui; les banlieues en recevraient une i11tpressio11 rC esz;ace,
car le mur de clôture tlisparaissw1t, tout gagne en soleil et en clarté.

LE Commsum-SAuc:-.mn, 11)15.11:laison « Domino ». LeprocMé ro,rntl'uctif e.~, ap71liqué ici r't ww mai.~on de mnître q11i

autorisrm ries di57Jositfons larges et rythwées et permellent rle frtire de véritable mch.i·
lecttire. C'est ici que le prindpe de la 11rni,çon en sérir mon/ri' sa valeur morale: 1111

est éhtblie au vrix de cube de la plu,t 1iaur,re 111aiso1J oz!•
t:rière. T.es ressourcrs urchilrcturules du procédé con.~tmclif

ccrtuin lie1i cmmnw, entre l'ltabitalio1i llu riche el celle du pauvre, une rltcence dans
1:habitation du rie/te.

�Lotissement « Domino » •

Si l'on arrache du cœur et de l'esprit des gens les concepts immobiles
de la maison, et qu'on envisage la ·question d'un point de vue critique
et objectif; on arrivera à la maison:outil, maison en série accessible à
tous, saine, incomparablement plus que l'ancienne (et moralement aussi)
et belle de l'esthétique des outils de travail qui accompagnent notre existence.

LE Ço1rnusmR-SAUG:NIER. lntérie1tr d'une maison « Domino •· Fen2tTes en série

JJm·tcs en série, placards en série; on ajuste deux, quatre, douze éiément.s defen2tres :

?fllC porte avec une imposte, ou deuœ portes avec·dewi! impostes, ou deux porte,ç san;

irnposte, etc ... , des placards avec le haut vitré et des tiroirs en bas fonnant des bibliothèques, des commodes, des buffets de service, etc... 1'ous ces éléments, qui sont à fournir
par la grande industrie, sontétablis sur un 1nodule commun; ilss'-adaptentlesuns eontre
les autres eœactement. L'ossature de la mai,son étant coulée, on lès juxtapose les uns
auœ autres dans le Mtiment vide en les maintenant provisoirement avec des lattes ·
on remplit_les vide~ en carreaua, de pl.âtre, en briques ou en lattis ; on fait à rcbour;
des opératwns habituelles et on gagne des mois. On gagne a11ssi une unité architecturale d'une importance capitaf,e, et, avec le module, la proportion entre d'elle-rn2me
dans la maison.

Mais il faut créer l'état d'esprit d'habiter des maisons en série.
Chacun rêve légitimement à s'abriter et à affirmer la sécurité de son
logis. Comme c'est impossible dans l'état actuel, ce rê.ve, considéré comme
irréalisable, provoque une véritable hystérie sentimentale; faire sa maison, c'est à peu près comme faire son testament .. . Quand je ferai ma maison ... je mettrai ma statue dans le vestibule et mon petit chien Ketty
aura son salon. Quand j'aurai mon toit, etc. .. Thème pour un médecin
neurologue. Lorsqu'a sonné l'heure de ·bâtir cette maison, ce n'est pas
l'heure du maçon ni du technicien, c1est l'heure où tout homme fait au
moins un poème dans sa Yie. Alors, nous avons, depuis quarante ans,

dans les villes et les périphéries, non pas des maisons, ,mais des poèmes
le poème de l'été de la Saint-Martin, car une maison est le couronnement
d'une carrière .. . ce moment précis où l'on est assez vieux et décati par
l'existence pour être la proie des rhumatismes et de la mort.

Question d' Esprit Nouvean :
J•~ trente an~, pourquo_i ne m'acheterais-je pas une maison; car j'ai
beso1? de__ cet 01?,til, u-?-e m.~son comme la Ford que je me suis achetée (ou
ma C1troen, pwsque Je suts coquet).

Collaborateurs déCJoués : la grande industrie, les usines spécialisées.
Collaborateurs à su.sriter : les chemins de fer de banlieue les orcranisa0
tions financières, l'Ecole des Beaux-Arts transformée.
'

Le bnt : la Maison en sërie.
Maison • Domino ». ·Logement et échoppe. Pas de murs parlants; les fenitres font le tour de

[fl

m

�c__----------""'---------------:-------t-------------------- - - ·
L'ossature "Domino " comportait de:uœ combinaisons diff,
rentes a et b permettant ainsi qu'un jeu de dominos, tootel
les -juœtapositions en vue de constituer des groupement&amp;,
rues, places, etc ... Le module unique (multiple de 4) vrovo-

quait une unité agréable dans les ensembles projetés ; une esthétique su:rgissaii du
simple fait de l'application d'un procédé constructif modulaire. Les ossat:u.res a et b
se pliaient à tous les lotissements imaginables, fournissant des solutions architecturales. Les rues prenaient de l'ordre, une limpidité gaie.

LE Connosrnn-SA"GG:-JIER, 1919 . ,lfaisons de gros béton. Le terrain était fom
de bancs de gravier. Une carrière est installée à même le terrain; I.e gravier est oo
avec de la chau.œ dans un banchage de 40 centimètres d'épaisseur; les planchers e
ciment fumé. Une esthétique spéciale na'it directement du procédé. La bonne économ ·

âun chantier 111.ode-rne eœige l'emploi eœclusif de la droite; la dro-ite ·est la grande
acquisition de l'architecture ·moderne et c' rstun bien~ait. llfattl ne/loyer de nos esprits

les araignées romantiques.

�~
'\

LE Conuvsmn-8Au-G:--mn, 1921. li-foison en série « Citrohan » (pour ne pas dire

Cilr~ëu). Autrement dil, une maison comme une auto, co11çue et agencée comme un
omnibus ou une cabine cle navire. Les nécessités artue1les cle r1tabitalio1i peuvent être précisées et exigent une solution. Il {mit agir co11/re l'ancienne 11wi!1on qui
mésusait de l'espace. Il faut (11écess'it11 actuelle: 7&gt;ri:IJ de revient) considérer la maison
comme 'lwe machine à habiter ot, com111,e un outil. Lorsqu'on crée une industrie 011
achète l'outillage; lorsqu'on se met e11 ménage, on loue actuellement des appartem~11ts
imbéciles. Jusqii' ici on faisait d'une maison w1 groupeme11t peu cohérent de nombreuses grandes salles; dans tes salles il y avaittoujours de la place en trop elloujours de
la place en pas assez. A.ujourd'hui, heureusement, on n'a plus assez rI'argent r1our
perpétuer ces usages et comme on ne veut pas considérer le problè1ne sou.~ son vrai jour
(machine à habiter) on ne peut pas constmiTe dans les villes et une crise désastreuse
s'en suit; avec les budgets actuels, on pourrait construire &lt;ks immeubles admirable·
111ent ar"encés, à condilio11, bien entemlu, que le locataire 11wdi{ie sa mentalité; rlu
reste, i obéira bien sous la 71oussée de lei nécessité. Les fenêtres, les portes doivent
avoir leurs dimensiom; rectifiées; les wagons, les limot1si11.es, nous ont prouvé que
l'hom111e passe par des out·ertures restrei11tes el que /'011 peut calculer la place ai, centi111Jtre carré; il est criminel de construire cles W .-C. de qtwtre mètres carrés. Le pri.1!
du bâtiment ayant quadruplé, il faut réduire de moitié l.es anciennes prétentions architecturales et de moitié au moins le cube des maisons; c'est désormais un problê111e de
technicien ; on fuit appel aux découvertes de l'industrie ; on modifie totalement son
état d'esprit. La beau.té I' Il y en a 101,jours quand les choses smil calculées et la proportion ne coûte rien aii propriétaire, 11wis seulement à l'architecte. Il ne faut pa;;
avoir honte d'habiter une maison sans comblepointu,·de po.,;séder &lt;les murs lisses comme
des feuilles de tôle, des fenêtres semblables aux chassis desu.~iltes. Mais ce dont mi peul
êtrefier, c'est d'avoir une mai.ton pratique comme so machine à écrire.

CouPf.

LE (;on.BUSIER•SAUGNJER, 1921. Maison

"- Citroltan •· Deux seuls murs portant,
en briques, 7Jierres, parpaings, etc ... , suivant les matériaux employés dans le
pays ; les dalles des planchers sur le
meme module, des lignées de chtissis de
fenêtres d'usine avec guichets utiles sur le
même nwdule. La di.sposition des lieux,
conforme à Texploitation d'un mé11age;
r éclairage abondant conforme à la destination des pièces; lesnt!ce.ssités cf hygiène
favorisées, le., domestiques soignés avec
respect.

Coalition : leR archüecLes et le esthète. , le culte immortel de la maison.

Les réa/i.-,·ateurs : les enLreprise._ el le architectes vériLahl s.

La preuve par neuf: l0 Le Salon de l'aviaLion ; 2° les villes d'art célèbres
(Procuraties, rue de Rivoli, place des Vosges, la Carrière, le Château de
Ver~aiJles, etc ... : série). Car la mai. on en série implique des tracé aulomat1quement amples et grands. Car la maison en série nécessite l'étude
poussée de tous Jes objets de la maison et la recherche du standart, du
type. Quand le type est créé, on est aux portes de la beauté (l'auto, le
paquebot, le wagon, l'avion). Ca.r la mai,on en série impo era l'unité des

illlll li li llIll li tll

~ HIIHlllllllllllil

'

w

�LE ConBUSil!:n·SAUGNIER, I 010 • .l_liJaiSOII « Monol ». Crise des 7'ransport.~ : la maù1011,

ordinaiTe pèsè trop lourd. Briques, menuiseries, ciments, dallages, tuiles, charpentu,
représentent, roulant SlfT le 11o._ys de 'Frcmce, ~s ';Ollvois form~(lables de wagons:
Le problème de la maison usm.ée se pose. Pnncipe constructtf; cellules d'amtantocime/lt en flaques p~iées de '11(iillimètres. d'épai~se:ur, fornu:nt des ass~1es de I 1nèlrt
de haut qu on r1m1pltt de motfntm:r grossters, cwll.oux, gravillon, maténauœ de démolilion, etc ... , trouvé.~ !l'UT pùice, légèrement collés àuu lait de chauœ et laissant e11lrt

eux de gros trous qui confèrent mt,v murs 1m coefficient isolant important ,· les plafonds et planchers sont faits de tôles ondulées cintrées (arc très letulu) d'ainiantociment qui constituent mL coffrage recevant 11 ne chape de béton de queIgues centimètres.
Les tôles cintrées demeurent et constituent un enduit définitif isolant. Les menuiseries,
fenêtres el portes, sont ajustées en mime temps que les cellules il'a111iw1to-ci1ne11l. La
11iaiso11 es/ /aile par un seul corps rie métier et 11'a nécestlité le tra11.,porl que rl'une
double coq,.tille de ciment et amia11le de 111ûllimètres.

LE Conm:; IER-S,\1.; r:~n;:R. Jntériew· d'tme .il-laison " Monol •, adaptée à un 1.ogil
co11fortable. Si les gens cultivés sm:aient qu'on peut co11s!ruire en série des lof:is âwu:
parfaite harmonie, coûtant moins cher q,.œ. le11r appartement de ville, ils feraient pres•
sion sur les Chemins de fer de l'Etat 71out faire cesser le spectacle honteuœ des traùu
de bcmlie1u dJ?. la gare Sàint-Lazare; ils feraient comme les Berlinois, et ce serait 7J&lt;u·
J&lt;tit. On pourrait alors ttser de ces imme11ses terrains tle la périphérie. La maison en
,yérie autoriserait précisément les solutions les plus pratiques et d'une esthétique pure. F---:-----r--✓
Mais il faut attendre le réveil des Compagnies de Chemins de f er et l'étJeU de la grandt
·indl.llltrie qui doit fournir les éléments de série.
•

�1542

BIB_LiOGRAPHIE
L ' ESPRIT N O UVE AU

éléments, fenêtres, portes, procédés de construction, matières. Un ité de
détails ~t grands tracés d' ensemble, voilà ce que, au siècle de Louis X lY dans
le Paris composite, congestionn é, inextricable, inhabitable réclamait
un abbé très intelligent, Laugier, qui se mêlait d'urbanisme :'« De l'uniformité _dans le détail, ~i~ tfl,miilte dans !'e'!'semble » (le ?ontr~e de ce que
nous fais ons : une varieto foll e des detail:s et une umform1te môm e des
tracés de rues et de villes).

LES REVUES
Voyez plus loin :
ÉVOLUT ION DE
L'AUTOMOBILE

C?;iclusion }l s'_a~it d'un pro~lème d'époque. Davantage, du problème
~e ~ epoque. L eq~nhbre de_s sométés est une question de bâtiment. Jous
ecr1rons sur ce SUJ et un artrnle : Architecture on Rérolution.
L E CORB USIER-S.U ' CN IER.

LA REVUE MUSICALE
Vues su.r Beethoven, André Suarès. - La Musique populaire hongroise, BelaBartok ..
- L'Ariane de Montev:erdi, Xavier de CourviUe, - Nieolas Oboukhoff, /loris de
SchloeZl!:r.
Il y a les Revues de combat, organes de producteurs. Le nombre de leurs collabo•
rateurs se limite forcément du fait que le$ créateurs sont rares. Quelques individus
rèpondent de leurs destinées et le programme choisi est ,d e propagande d'idées et
d'action directe. Leur angle de pénétration est aigu et tranchant. Ton affirmatif, pas
nécessairement amène, toujours souligné. La phrase y prend volontiers l'allure d'un
ordre de marche. La revue de combat n'est pas l'affa;re dtt grand public qui aime
qu'on le pousse doucement, qu'on Je laisse « y venir • én son temps. Revue technique
aussi, elle s'attache à l'analyse serrée des mo1.ens de l'expression. Le tempérament
du créateur y inscrit le lyr;sme d'une époque d un trait passionné. Il y vit son époque
en en ébranlant parfois les parois de rudes coups. L ~s impondérables, cet aiguillon
lancina:nt, le poussent vers de nouvelles A:mériques.
La Revue de faits organise le terrain conquis; ce n'est plus l'éperon dans les terres
inconnues, ce sont de vastes domaines où l'on attire l' habitant. D aps le domaine
de l'art, la revue de faits rassemble un public,elle conglomère unè assemblée,en pli.Js,
. elle choisit les pièces des musées.
La Revue Musicale est une revue de faits. Chroniqueurs, critiques, conférencient
sur les valeurs de l'art musical. Vaste programme, car l'œuvrc solitaire et hautaine
du créateur deviendra un des éléments de la tradition . Strawinsky et Satie ne .
peuvent entrer d'emblée dans la- tradition ; leur action solitaire et individualiste
sollicite des commentateu.rs et des interprètes. Le créateur, autom_a tiquement, fJi.t
le vide autour de lui ; par le commentateur et l'interprète, son œuvre pàrvient dans
les rangs animés de la vie sociale. L'assemblée est alors amenée à admettre la valeur
du prédestiné.
:
La Revue Musicale, que dirige M. Prunières, consciente de l'utilité vulgarisatrice
des valeurs de l'art musical, poursuit un programme variant entre le passé et le présent ; le niveau de son action, - et c'est le ~igne de toutes les revues bien dirigées,
ascende sans cesse. Le sérieux, aini,i que l'abondance des matières, font de la Revue
Musicale, p.umi les revues de musique, un organe documentaire de premier ordre,
assurément la première actuellement.
A. J.

SIGNAUX
F entilateur basse r1ression (Socjété Rateau).

NO'l.'f'- · - Les illu strations du présent articl e n'ont trait qu'à la petite maison
d' un menage.
~fous reprendrons plus tard le problème de la grande maison de ,ille en série
éb~uché dan s le n° 4 d_e l'ESPH IT NOUVEAU a\·ec . les villes-tours, les vrlles-pi~
lotts, les rues à redent5.

Le pot de flevrs, André Baülon. - Le Cratère de Dionysos et d'Apollon, Fernand
Di.voire. -Je voulais en faire un homme, NeelDoff. -Paroles du peuple en guerre,
Sophie Fedottchenko. - Poèmes, Eric de llaulleviUe. - Alfred ou le Père Ubu en
liberté (Fin), André Salmon. - Signaux : • Eloge du parti-pris •, 0.-J. Perrùrr. • Le Classique futur •, Franz Hellens. - « L'Amateur de Films ,, Uan Chenoy. Notes sur les livres, Léon Chenoy, Franz Tlellens. Annibal, Pie, etc. Extrayons
la citation suivante de l'article de M. Hellens : LE CLASSIQUE FuT UR
•. .. L'tcrivain classique attendu, ce n'est p(UJ celui qui nous conduira sur le., fils de sok
de la léçende si humaine soit-elle, ni l'imaginatif qui nous contera des histoires eœtraordinmres de ce monde au de l'autre, ni le construcleu,r dont l'esprit comb-iiiera de
nouvelles architectures, ni cet autre dont les romans seront comme une mappemonde, 11i
celui qui résumera le mieuœ tous les désirs, toutes les joies et les douleurs del' humanité.
C'est l'homme qui sera capable d'e:cprirner l'homme, un homme, n'importe lequel, de
telle sarœ que t'intérieur_soü visible comme l'enveloppe. ChaqtJe cellule sera mise à nu
et chaque mouvement des artères, des muscles, des nerfs et du cen&gt;eau sera parfaitement
apparent puur celui qui lira. Il montrera l'homme, non p08 c&lt;mime m~jaurd'hui, acca•
blé par son œuvre, en danger perpétuel d'itre écrasé par elle, et tuujours en co-ntradiction avec le ptJl'/ectionnement mécanique de l'époque, mais se muuvant au contraire
aisément dans l'œuure qu'il a construire, en respirant l'atmo$phère, s'adaptant à sa
forme et d son caractère.
Je crois que l'imagination ne jouera pas un -rdle important chez un tel écrivain : il
verra tout ce que.fai dit et sentira si bien ce qui est invi-sible, que les mors se placeront

�tfeu.Nn~mu sou, sa plun~ • il M l · f, udr lu
•
,~ sera plu.t 11implt ,,:~::
im'rl ~;:atedq_u un trè., pelil ,wmbrt lie mols,
~
,a ire ... ..
FRAsz H1u.u:ss.

paru q~ ru-11

ZENIT
Art irk de Jrnn Epstrin sur Je Cinémn.

RYTII:ME ET

"\ . ITHÈSE

Les Thl&gt;ories d'Einstein, A. de Tloi'lvin. - Naissance, Paul Jamati. la poésie bnudclairicune, G. Rnmel.

LA
Francis Jnrnmes, Thedor dt
ublorid.

LA VIE DE

LETTRE

Bib!iothèquc de ma Poupée, RimlJ dt Goun , t
C
L 1:{ommc co mogonique Nirola., Beaudui11 ~ Dl'O h~son, Andri Spire. tativcs de Kupka A 1 it G
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rph1sme à prop&lt;&gt; des ten!&gt;im~les Albert Gki~•~' ou L-••~.~,md y. -:-(ISt'1'nchronisme, .\1ar1:&lt;•llo-Pobri. - Cho ·es
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~- ~nU e VI C
a&lt;:te) lle11ri Gl11
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· Agrestes,
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D · • Dorbaix.
- Le bon ouv i
J
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•.on. Jacq,~ Po~so,1. - Pathologie
-:ApCorès
le
cycl~
d'analvse,
1
1'° · &lt;'t la Littérature _ B ·
. J
mmenta1rc ur l'Art
6d
zano, .-1.-P. Gallien. ois grnv s e Arclupenko Vlaminck, Marcello-lt'abri, Lo-

:~~~n!:'b.j:~~

L'A."\fOUR DE L' RT
La Prescience de Tintoret' Elit Faure.

LA RENAi

A, CE

L'!i!étique de !'Automobile, Guillm,mt Jameau. -Bordeaux, Ville d'Art, Ch. Sm,l

DER QUER CHNIIT ·

Tl'!f"..eUJll. -

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L'Ilospitalité française, 1'1ari11s-,try

COS110POLI

Poésie hispano-américaine, de Torre. - Les Compagnies russes de ln chauve-souris,
Torr,. - Benedetto Croce, Josep/1 GaUi.er. - André Gide, l'homme et son œuvre.
Lo::t,1/10.

LI::S FEUILLES LII3 RES
Cette petite Revue, jusqu'à présent assez réactionnaire, renferme cc-tte fois des
t~rticles de. almon, Cocteau, :\l. Raynal.

O~L TA. - THE DIAL. - R S EG1'A D'A RTE. - Ç\ IRA. - LES
ÉCRIT
·ouVEAUX. - Cl 1 ÉA. - L'OPl~lO'.'J. - REVUE
MO DIALE. - FANFARE. - LES MARGES - LA CllL E.
- LE CRAPOUILLOT. - DE STIJL. - REVUE DE MÉTAPHYSIQUE ET DE MORALE. - LE BULLETI DE LA vrn
ARTI TlQUE. - LA REVUE DE L'ÉPOQUE. DROJ. - DER
l&lt;UN T\\A1' DERER. - KUNST AND KU TLER. - ART
ET DÉCOHATIO~. - LE MÉ~"ESTREL. - THE ATLA, ·ne
10. THLY. - LA REVUE RHÉ. A. E. - LACRLEE. - LEPROGRE CIVIQUE. - LECARNETDELASE~L\.INE. - Cl ' EMA.

Iotére ·sante Revue 'occupant b
d ,
P. Wcsthcim. Nomùreuse re ~ucou_p e I Ar~ français.~ signaler un article de
Juan Gris; cette Revue tient &amp;e~~l~~t~~!!~ r!~~rot, Ma\lt11sse, Marie Lauren~in,
avec ]'Art français,
r en' emagne en connexion

LES LIVRES REÇUS

L'ART LIBRE
Alexandre Black Reni Jf&lt;rrchand _ L S
.
.
situation de l'Àrt, Kasimir Eds~hi,,i,/_aQçti n d~ la Liberté, ~m'f Colin._ La
Pound, Conr~ Aiken, \V.~Jlace Stevcn
f~des ptc.'J nmér1cams, III : Ezra
F!,etcher. - Littérature flamande, III 1880-1800
de John G-Ould
L1p ch1t?;, Wakkm,ar Geor~e _ Le Co~ 8 d' ' té d •.
ne
ock. - Jacques
-Commentaires: traductio.ns Jacques Oliv. c
eL ,~z &gt;&lt;&gt;urg, Char/a Bttu4d-Ouin.
Jacque., Muni/. -Livrei; d',~t par J _0
e rongrè~d'Hii;toire de l'Art,
J.-0., et A.-L. -Nécrologie . -'Parmi ·1es.revu::d~ ~ii~~a1s et étrangers, P.-C.

Xf1

Ëe:.t"°J!n
"fi

~L--:-

KRITIKA
L'import:mte Rovue yougo,Iave, consacre son numéro de septembre.nu Dante.

DER KUNSBLATT
l'ltére'!santes reproductions l
· t B
·
·
L'E PRIT NOUVBAU d~~~~:~n rc a1;1meister, illuRt~nnt un nrticlccleSchmidt.
plus intéres ants de I' ., 'le
prochiunem~nt un article ur cc peintre un des
,.., magne contemporaine.
•

DER CICERO E
tatucttes de Chine, Art du \'\,'est Africain.

ARARAT
ReRf~~i!:~crt:b1!!~:i~t:~~~=~atues de Hélène Pcrdriat, Irène Lngut, Marin

BURLL GTO~ M GAZINE
B ~w:•D~~~JiJctions de des ins de Rembrandt. -

La Restauration de la Peinture,

us ouvragea doivent ltre adressés impersonnellement et la revue m double exe,nplllire, pour etre annoncû et ~tre remi., pour compte rendu toenl14t!I 4 ,ws rlwicteur •
La liste ci-dtssOWJ constitm acciué tù réception; MM. les Aweurs et Editeurs conRtatant dana un délai d'un mois aprù t ex~dition tù leur service qm leurs livrts
adressés d la revue,~ sont pas aunoncés sont priés d'en aviser l'E prit Nouveau.

EmilcBréhicr.

Histoire de la Philosophie Payot, Paris.
Allemande.
Traité comparatif des • 'a- Payot, Paris.
Arnold Van Gennep.
tionalités. Tome I.
Dr, igm. Freud.
Introduction à la psvrha- Pavot, Pari..
Traduit ptLr le D• S. Jan- nalyse.
·
kéléviteh.
Edition des Dits modcrn&lt;'s,
Etal (Poèmes}.
Fernand Demeure.
Paris.
Das Flammende Reich.
E&lt;litions Die Freude •·
Wilhelm Uhdc.
L'anndnc • fait.e à Mnrie Edition~ • Zdroj •• Pc1.nan.
Paul Claudel.
(traduction en Polonoi . .)
Editions • Zdroj •• Pr1,nnn.
Brask Epold.
Le
F,difices phy-,ico-chil)r Achalroe,
miques, tome I: L'Atome. Pavot, Pari~.
La Volonté de l'&amp;pétance. Edhions du Fauconni&lt;'r,
Unoul Jiauticr.
Paris.
Editions de ln Lampe merEldorado.
!\forC'el l'Ilerhier.
veilleuse, 20, boui. ~JaJe,herbes, Paris.
Edition5
L?. Nieder, Pa-:-i,;.
La Peinture.
Tri~tan L. Klingser.
Edit.ions , Au Sans Pnreil ••
.Jncob Cow.
Jean Paulhan.
l'arh.
EditionR Gtlrnier J?rères,
Le cR!l Racine.
Gon1,ague Truc.
Paris.
• La Sirène •• Paris.
I.a Do.ose nux Enfers.
All&gt;&lt;'rt Dulac.
Modeleurs et tailleurs de
Joarhim Co \a.
• La douce France •• Paris.
pierres.
Chez !'Auteur, Puris.
Le .F ou (l&gt;oèmes).
Aurèle Paterni.

�COSMOPOLIS

ÉCHOS DE L'HOTEL DROUOT

REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET DE CRITIQUE

Directeur : E. GOMEZ CARR1 LLO
Secrétaire de Rédaction : GUILLERMO DE TORRE

LISTE COMPLÈTE

1'rofrièine année. Paraît tou8 les mois par volumes de 200 pages, beau fomwt in-4°.
l

Depuis sa parution Cosmopolis s'est placé à la tête des Revues espagnoles de
culture générale. Cette grande Renie présente un intérêt considérable, non seulement pour les lecteurs espagnols et hispano-américains mais aussi pour ceux d'autres pays, car ces pages constituent un vé~itable miroir international où se projettent tous les faits marquants de la Vie, dela Pensée et de l'Art contemporains:
Littérature, Poésie, Musique, Arts plastiques, Critique, Bibliographie, ln[ormations
monographiques sur les faits et les hommes nouveaux. Ce résumé des sommaires,
permet de juger Cosmopolis, la seule Revue capahle de donner 1. l'Etranger une
idée complète de la vie intellectuelle espagnole de no8 jours.
COSNOPOLIS compte parmi ses collaborateurs les écrivains les plus qualifiés
et l'on trouve dans le texte de la Revue les valeurs universelles les plus importantes à côté des jeunes tendances les plus caractéristiques. COSMOPOLIS accueil]e, expose et critique les œuvres et les représentants des nouveaux mouvements d'avant-garde avec un esprit de sélection et de comparaison objective.
ABONNEZ-VOUS: Le Numéro: 2,50 Pesetas . .
Abonnement annuel pour l'étranger: 30 Pesetas:
Adresser les demandes &lt;fabonnernent et mandats au bzzreall de Cosmopplis, Plaza del
Cordon, 1, Apartado de Correos, 502, Madrid (Espagne).
Défôt général po1~r la CJente en gros; Sociodad Gral. Eapaîiola de Li.breria:
Ferraz, 21, Apartado, 428, Madrid.

· des Prix atteints aux Ventes

VENTE UHDE -

30 MAl-1921
Prix cle demande
Prix
de 1·expert
d'adjudication

PEINTURES
Georges BRAQUE
l La Ville •.......................•..••.........
2 Nature morle ............•....•..-.............•

3LaGuitare ............ : ....................... .

t(; {!gj{~1~~.
:. : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : :
La F/11.te ....................•..•..............
1 Verre cl Cartes ......................•..•......
8 Pipe, Cartes et Journal ............ , ...........•

LUMIÈRE

Il

1'

REVUE MENSUELLE D'AVANT-GARDE
Directeur:

160, Avenue d'Amérique

ROGER AVEflMAETE

ANVERS

LUMIE:RE » compte parmi ses collaborateurs, des
Français, des Anglais, des Allemands, des Italiens, des Néerlandais,
des Tchéco slovaques, des Américains, des Brésiliens, des Catalans,
des ~lsses, etc... Largement accueillante, elle publie à côté de noms
célèbres - Les Upton 81nclalr, les Duhamel, les Latzko, les Spitteler,
etc... - les essais de jeunes totah.ment inconnus.
La revue

cc

ÉDITIONS CONCOURS - EXPOSTTIO:'\S - CONFÉRE'.'"CES
Le n° Fr. 2.50 - Abonnement semestriel. Fr. 12. - pour tous pays.
DÉPOT GÉNÉRAL POUR LA FRANCE :

Librairie PICART, 59, Boulevard Saint-Michel, PARIS

9 La Grappe.de Raisin ........................... .

10 Le Journal •...........•..............•..•.....
11 Le Verre sur la Table .................... ....... .
12 Verre, et Pipe Journal ...............•..........
13 Nature morte ................................. .
14 La Ville .......•......•..........•............
15 Nalure morte •.................................
16 Nature morte ....•.....................•.......
17 Nature 1f!PTte •••••..•...•..............•.••••••

800
1.000
2.000
1.200
800
400

$00

450
350
300
4.50
500
1.200

705
916,50
1.703, 75
998,75
564
470

4.28
611
411,25

352,50
498,50
640,25
611

500
500
350

58.7 ,50
446,50
587,50
376

300
300

587,50
046,25

300

188

400

Nils de DARDEL
. 18 Dans les ru.es de Senlis ......................... .
19 Dans le Fauteuil ............. .................•
20 Portrait de M. Uhàe . ...............•. , ........•

Raoul DUFY
21 Plage à Marée basse ...........................•
22 Le Cavàlier arabe .............................•
2::1 1,e, Canal ....................•.................
24 La Statm da.ns le Parc ......................... .
25 Le Banmi-ier •••..........•..........•...•...••

2.000
.1.800
1.500
1.000

1.500

1.645
2.201,25
1.057 ,50
1.288,75
1.116,25

(1) Les Priœ d'AdjadicaJion. que nous donnons camportent les dro'ils qui s·élèvent. à
17,5 p. 100 en sus du pria! atteint.
N. D. L. R.

�1564

Prix
Prix de demande
de l'e:i:pert
d'adjudication

Prix de demande
Prl:z:
de 1'expert
d'adjudication

Henri ROUSSEAU

Juan GRIS
O Le Campotier ...•••.•..•.••..•••.•••••.........

800

528,75

Auguste HERBIN
27 Les Pots de Fleurs ......•......................
23 Le Pont de Fer ................... , •...........

800
1.200

893
1.057,50

Alfred KIRSTEIN
29
80
31
82

Femme dans la Clairière ........... . . . .........•
Paysage .•...••....•.........•.•.••..•........
Paysage ..................... , ..•.............
Vue du Boulevard de Port-Royal .....•............

Portrait de 111. Brummer ....................... .
L'E1e,ant à la poupée de carton .... ...............•
La emme en rouge dans la ForR.t ............... .
Vue de Malakoff.•. .............................
La Promenade sous les arbres ................... .

56
57
58
59
60

200
150
100
50

67,05
47
35,25
29,40

62 La Ville .: ...•..••.......•.•.•...•. , ..•.....•.

35,25
17,65

800
1.500

881,25
2.056,25

300

446,50

63 Portrait •.............................•......•

64 Le 'l'orrent dans la 111ontagne ..............•.....
65 Le Cheval blanc . .........•....................•
66 La Ruelle ..................................... .
67 La Mise (/;Il, 1'ombeau .......................... .
68 Christ en croiœ (peinture sur verre) Art Slave ..... .

141

•

100

105,75

200
50
50
50

35,25

»
&gt;

800
400

800

20

14, 10
329
5,90
152,75

Georges BRAQUE
69 Le Compotier (dessin au fusain et papiers collés) ..••

400 ·

235

•

Ma.rie LAURENCIN

820
4.70
564

70 Tt!te (dessin au fusain) ......................... .

200

82,25

1.200

1.410 *
705 •
528,75

Pablo PICASSO

Lucien MIGNON
41 Paysage ..................................... .

100

D

AQUARELLES ET DESSINS

1ean METZINGER
38 Nus dans un paysage marin ....•..•....•........
39 Nus dans la Montagne . ••................•......
40 La Danse ..................................... .

•
•

WOLFF

Fernand LÉGER
87 La Femme couehée . .........................•...

15 . 000
8.500
9.000

18.305
10.575
80.550
15,980
19.975

7.000

PEINTRES INCONNUS
20
20

Mar-ie LAURENCIN
35 Le Pot de Fleu:rs . ............ ..... ... ......... .
36 La Femme au boa rose ... . "'. ..................... .

10.000

Attr:bué à H. ROUSSEAU
61 Hommage à Saint-Hubert ...........•.......••••

KLOSSOWSKI .
88 Carnat&gt;al •...................................•
84 JaTdin àSamoi.s ............................... .

1565

ÉCHOS DE L'HOTEL DROUOT

L'ESPRIT NOUV:IDAU

100

20,40

71 Le Compotier (dessin gouaché et papiers collés). ...•
72 Le Verre (aquarelle) ........................... .
78 Guitare (dessin au fusain) ..................... ..

400

800

Pablo PICASSO
42 Portrait de M. Vhde . .......................... .
43 ]ligure dans un fauteuil ................•........
44 La Joueuse de Mandoline •......................
45 Le Joueur de Clarinette .. ....•............... . ...
46 Buste de Femme .. ..••..........................
4lT Le Violon .......... . .......................... .
48 Le .Fumer,r de Pipe.~ ... ......................... .
49 Le Joueur de Mandoline ..................... . .. .
50 La Dame au Fauteuil ... ........................ .
51 Violon, Verre et Journal ...........••..•.. : ....•.
52 T~t,e •....•.•...............••................
58 T~te ............ ·............................ .
5-i Buste de .Jj'em11u; .. ..•........•.........•........

S.000
4.000
8.000
2.000
7.000
5.000
8.000
2.500
800
2.500
700
1.000
1.200

1.988,75
8.525 l
21.150 J
4.280 J
9.165
6.815
8.525 5
2.585 •
1.175
8.848,7»

•

940

•
•

1.880 •
4.817,50

Jean PUY
5 Nu

sur le Soja. rouge

1.000

, VENTE KAHNWEILER

•

1.586,25

13 ET 14 JUIN 1921
Prix de demande
Pri:i&gt;é
de 'l'expert
d'adJudic.ation

N"'

PEINTURES
Georges BRAQUE
l Le Compotier • ••.•...............• : ...........•
2 Le Port d'Anvers ••......•........•...........•
3 . Nalure morte .......... : .••••...•••.........•.•

350
300

1.000

488,75

56"

,

1.801

»

�1566

Prix de demande

Prix
Prix de demande
d'adjudication
de l'expert
4 Le Port ......•.... , ...............• ,,.,.,., ..•
5 Les Poires ........................•....•.....•

6 Bord de Rivitre ............• : ................. ••

7 La '.l'ranche de Melon . .............•.........•..
S La Pl.cheuse . ...........•......................
9 Le Campotier .................................•
lp Village sur la collilui ........................... .
11 1.,e Verre ...................... •, • • •, • • • • • • • • • •
12 La Guitare ................................... .
13 La Mandoline ........ " ...................... .
14 Nature morte ..................... , ... • • •,, • • • •
15 1..es Cartes à_jouer ................ , .•....• , • • • • • •
16 Maison sur la colline, La Ciotat ................. .
17 Nature morte ......................... , . , , , - . • •
18 La Roche-Guyon ........................ , • . • • • • •
l O Pipe et Tabac .. ..................... , . • • • • • - • • •
20 Le Violon ............... . .... , , • • • • • • • • · • · · · · ·
21 1,a Terrasse. L' Estaque ..................... , . , .
2"2 Le Joueur, Guitare ........•...................

300
400
300
700
500
900
800
800
1.000
1.500
400

300
600
1.600
800
500
2.000
700
2.000

305 •
893,50
246,75
1.180,25
775,50
799 •
1,~68,75
587,50
1.851,25
1.880
705 •
470 •
705 •
1.603,75
l.292,50
1.116,25
8.760 •
305,50
2.820 •

Maison aux Martigues ......................... .

2·e1c ..••.. , , •.. , , .•... , , . ·.,:.,., · ·, • • •, • • • · · •

Le Compotier de Gd/eaux .....•.............•.•..
La Colline de Cagnes .......................... .
Femme arcoudée . ................. , ............ .
Les Arbres ..•..................................
Femme asme ,me à mi-corps ..................... .
N atun· 11wrle .. ................................ .
Paysage ..................................... .
Vue sur Martigues •.............................
33 /,a C,,(t'tière ............................ , .. , . · ,
34 '1.'tte d - Fe1mne . ...............................•

35
36
37
38
39

Le Pot le Fleurs .•..............................
Les At ,res ..••...................... , , .. , • • • . •
1','ature Morte ............ .............. , •. • : • • • •
Paysage ............................. , ... ••.,,
Nature morte .. .....................•....... , .. •
40 Portrait de Madame K ... •...........•........... ,
41 Fermne assise vm à mi-corps ..................... .
42 Bai;piettrs ........................... , - · , , • · · · ·
43 La i;ibecière .. •.................................
44 Le Pot bleu .................. , .. , ·. · · · ·, · · · · · ·
45 La Mappemonde ...........•................ ,••
46 Brocs et bouteilles • ..........•.•...... , . , • . • . , • • •

800
600
9.000
1.500
1,800
4.500
1,000
1.200
1.000
4.000
1.800
2.800
2.500
9.000
2.600
2.000
3.000
18.000
1.200
900
16.000
2.800
6.000
12.000

GO Nudansunpaysage ............................ .
Gl Les Maisons sous les arbres ..................... , .
62 La Femme en bleu .....•................ : ..•...
63 La Ville vue d'un haut .•.•.......................
64 Les Maisons sous les arbres .....•...•...•.•.......

1.418,75
1.23!1,75
12.690
8.642,50
2.467,50
7.990 »
2.115 ,,
3.290 •
2.850 •
7.285 •
2.820 »
4.700 •
3.525 »
12.690 •
4.817,50
2.232,50
4.230 »
21.150 •
2.232,50
1.468,75
13.160 •
8.877,50
11.867,50
11.280 •

•

5.405

La Guitare ......•...................•.........

49 Le Peintre .•..........................•........
50 Le Vi-Olon ....... . -............................. .

51 Le Toréador ........................•.•.......•
Guit&lt;rrc .mr une table ............................ ,
Le Bock ......•...................... , .... •.,•
Le livre ......................... , .•. , .. ,,•,,.••
NaJuremorte •....................•....•....•...
Le Violon ...................................... ,

52
53
54
55
56

800
800
500
700

MO
400

250
300

4-00

1.000
500
2.500
700
3.500

1.175 »
403,50
2.350
528.70
2.526,25
1.175
822,50

500

900

))

))

•

470
998,75
470 •
498,50
258,50
387,75
410,25
293,75
528,75

300

1.500
1.000
450
2.000

540,50
410,25
3.642,50
646,25
728,50
1.192,50
705 •
940 •
1.880 •
1.821,25
940 •
763,75
1.762,50
1.468,75
_763,75
1.938,75
2.350- •
1.034 •
1.880 •
2.350"
040 »
822,50
1.603,75
998,75
646,25
3.642,50

300

152,75

1.000
300
300
200
150

940 •
1.527 ,50
176,25
211,50
352,50
258,50

800
700

763,75
446,50

400

2.500
1.000
400

2.000
400

500
1.000
3.000
1.200
400
2.500
2.000
800
2.000
2.500
1.200
z.500
3.000
400
400

•

Kees VAN DONGEN

»

93 Portrait .. . ...........•..............•........

Juan GRIS

1.703,75

Jean PUY

92 Le Pot de Fleurs ......................•........
48

2.500

Pablo PICASSO
65 V erre, pipe et allumettes . . . . . • . . . . . . . . . . . . . . . . .. .
66 Ttle ......................................... .
67 Les Poires • . . • • . . . . . . ........................ .
68 Nal.ure Morte ... ............................... .
69 Nature Mort.e, .. ,. ............ ................. .
70 Femme Nue .......•..............•............
71 Ttted'Homm,e ................................•
72 La Plante verte ................................ .
73 NatureM&lt;rrte .................................. .
74 NalureMorte ................................. .
75 Figure ....•...... ; ........................... .
76 Sur le Piano . .......... , ............... , .. , ... .
77 Nature Morle ... ............................... .
78 Figure ....................................... .
79 Tite d'Homme ............................... .
80 Portrait ...................... , ............... :
81 Arlequin, vu à mi-corps . ........................ .
82 Figure ....................................... .
83 Femme aux bras lev~ ........................... .
84 Portrait . . . ........... ·....................... .
85 Ttte ......................................... .
86 Nature Morte, .. ............................... .
87 Figure •......................................•
88 Nature Morte .................................. .
89 Le Saucisson ...............•..................
90 L' Ilomme à la Guitare . ......................... :

Othon FRIESZ
3.500

d'adjudication

Fernand LÉGER
58 Le Fumeur .•.••...............•.......•......•
59 Nature ll:torte .... .......•..................•....

91 La Morte .. .•............ : •...................•
47 Paysage •.••......•....•......•.........•••..•

Prix

de l'expert

GUILLAUMIN
57 Bord de Riui~e ..........................•..•.•

André DERAIN
23
24
25
26
27
28
29
30
31
32

1567

ÉCHOS DE L'HOTEL DROUOT

L'ESPRl'l' NOUVEAU

94
95
96
97

Nu couché .•...................................
L' Acrobate ... , .....•......••..................
La Terrasse .................................. .
Femme cou.sant ................................. .

a.ooo

Maurice VLAMINCK
98 La cathédrale ....•....•........................
99 Nature morte ... .........•......................

�L:·ESPRIT

NOUVEAU

1568"

NOS DÉPOTS .EN PRANCE

Prix de demande
Prix
de l'expert
d'adjudieatio~

Southamp/on ...... , ... . .... , . , . , ..... , ...... .
Le Pot de Fleurs .............................. .
La Flûte ............ · ... · · · . · · · · · · · · · · · · · · · · ·
fi'l.eurs . .••••...... • • • • • • • • • • • •: · · • • • • • • • · · · · •
Nat1,1,remortc . .•......... . .... , .... - - ......... .
L' Abbaye de TYetsminster ...................... .
Le Pot de Pleurs ............................... .
Paysage ........ : ......... • .. • . • • • • • • • .. • • • • •
Chapeauœ et gants .................. , .......... ..
Paysage .............. • • • • • .. • , • • • • • • • • • • • • • •
Nature morte ................. , ........ •.•••••.
Paysage ............ • - .. • • • • • • • • • • • • • · • · • · • · •
Le illelon .......... , . ·, .. · · · • · · · · · · · · - · · · · · · ·
Le Clocher ..................... - . •. •. • • •. • • - • • •
114. Bougival ....................... • . • • • . • ... • , • ,
115 Le Pot de Fl.eurs ........... • .. - - • • ... - • • - • • • • • •
116 Portrait ...... - - . • . • - • • • • • • • • • · · · · · • · · · · · · · · · •
117 Paysage ....•...... • • • .. • • • - • • • • • • • • • • • • • • • • •
118 LePotdeFleurs ............................... .
119 Le Compotier de pommes : ..................... • .
120 Paysage ............. • ; . • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • · ·
121 La Garenne-Bezons ........... • ... • • • • • • • • • • • • •
122 La Fumeuse d'opimn ................. • • • ..... • •
128 Paysage .... ·.. • .... • • • • • • • • • •: · · · · · • • • · · · · · • · ·
124 Maisons à Bou~ival ........................... • •
125 La Janc-Portra·it ........ .....•......•.. • ... • • • ,
126 Portrait .................. • • • • ... • • • • • • • • • • • · •
127 Le Pot de Fl.eurs ............. , ... • • • • • ... - • • • • •
128 Nature morte . ..................... - .. • ...... - 129 Le Chemin dans la Foré/ ... ..................... .
180 Paysage •.....••...• • - .... • : • • • . • • • • • •·• • • • • • •

J 00
101
102
103
104
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l 08
109
110
111
112
J,13

500

800
1.000
800
400
800
700
400

5op

:gg
900
800
700
600

705 •
1.034 •
998,75
1.069,25

876
968,50
658
470 •
852,50
361,25

968,50
940
1.084

470

•

564

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300
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DES

FORnES

DE

1921

�L'ESPRIT

SOMMAIRE DU ND 6
La L}lmière, 1:,. Couleur et laForme, Crr. HEN11 Y
'Boileau et le Cinéma (les Revues), Itx:rnr Aull!OL · ·, ........ ,.....................
L'Esthétique sans Amour (Il) Ca. L.1.Lo . . . . .
Braque, WALD1!11.All G-l!lORGE .... , . . . . . . . . . . .
Charlot, ELIE FA URE.......... ..... .... .. .
L'Estbétlque et !'Esprit, PIERRE REVERDY . . .

IOUIEIU
SOMMAIRE DU N° 1

L'E-spritnouveau ..••.. , ... ..... ........ ...
L'Esthétlque· nouvelle et Ja Science de l'Art
VrCTORBASOH ...................... .. .'
NotessurJ';\:rt de Seurat, BISsrèRE...........
Découverte du Lyrisme , PAUL DBR)llUI .. ·-..
Sur la Plastique, A, OZENPANT et ÜH.-E. 1BANl'!BRET , .•.•..•. , . . . . . . . . , , . . . • . . . . . . • •

La Musique Polonaise, HENRY PRuNraRl!s....
Les deux routes, . • . . . . . . . . . . . . . • . . . . . . . . .
Picasso,ANDl\l'lSALllON, ... . .. . . . . .. . . .. . ..
L'Esthétlque du Cinéma, B. TOXINE........
3 rappels à MM. les Architectes, LE CORBUs111a-

3
!\
l3
29
38
49
60
61
84

Cl 11111ra mtlaal 138 JlliS, 30

SAuo&amp;n:l\ ..•....•. • • • • • • • • • · · • ·• • · · · · ··

Le Cirque, art nouveau, Ct.J.INE ARNAJIT.T ·, • •
Notes suries Revues 19H-19'20, o. DE LAOAZE-

159
169
183
J 90
195

200

L ;Expr~ssionnlsme dans l'Allemagne contemporatne, RA.Y lilOFD LEKOlR , , , · · , · · · · · · · • ·
Les Chants de ll{aldoror, C~LINE ABNA ULT, • • •
Les Maisons Vol!iln, L:&amp; C'ÔRBUSlE&amp;-SA UG!UER •
Copeau et Gémier. MA.XUŒ Li!J.Uil!.E , • • · · · · •
L'Harmonle, G. MJGOT • • • • • • • • •,, · · • • • · · · •
Le Salon d'Automne, "VAUVREOY .. · • · · · · · · · · ·
Echos de la derolèrebeure .... , · ·, · · · · .. · · · ·
Echos de J'ltôtel Drouot.
Une exposition de peinture à Liège.
Supplément littéraire, Knut Hamsun (Prix Nobel
02.0).
.
.

.Dm es uamira 138 pagts, 50 phetogrm:res, t reprndnctlon au troh couleurs (tableau de CèWe et un sup1Ieme11.t littéram).

-~~ _R:~~~i~

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-~~~:

LaJ~~1~e
_s_o_v_i~~l_ll_~e.'. ... ~-:'llanlfeste inédit. La danse ruturiste F. T.
MAll.INETTI . • . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Appogiatures : Sur la possibilité des rapports
entre deux polytonalités, G:EORGES MIGOT
Revue esthétique des Journaux et revues ;
Une enquête sur Raphael (DER.UN. J.-E.
BLA.lfCHE). Un nouvel Idéal rnuslcal (J ACQJJES
D.1.LCll.OZG). L'Art muet (MARGES). D'iscussion sur le Moderne (A. THI)l.l. UDET).... . . . .
Autour de La :Fresnaye, J. Coor~Au........
Les nouveaux limbres-1&gt;0ste...... . • . . . . . • . • •

257
269

284
285
297
304
308

31 t
313
326

Poésie, L}'J'isme, Art, P.1.UL DERlllhl, ·, · • • · •
La Rythmique (/in), ALBERT JE4:SNERET, · · · •
La Critique des Arts figuratifs en Italie,
CARJ.O OA.llR.1.- ....... • • • • •, • • • • .. • • • · · · ·
La.Typographie CBRISTIA.N ••. .. .• .. .•.. ...
Cinéma, Loms DELLUC . , • • • • • • • • • • • • • • • • • •

~!r~~~~cl~e~~~:~:: iiivom~ :::::::::

Les G-rands Concerts, Hm-nu CoLnT , • •, • • • •
Les Livres (Picabia, Max 1acob, Apollinairr),
Ci!nINE All.NAt'LD ... • , • •. • • • • • · • · • · · · • ·
La llttt\rature belge depuis i 914 , LtON ClllllNOY
Les Expositions (Nadelman•LeJeune-M:atls~e),
V.!.UVRIICY ...•. , ....... · ·, · ·. ·, · · · · · · · ·
Notes et Echos ...•....• •., •• • • • • • • • ... · • · ·
Echos de l'Hôtel Drouot
Supplément littMalre, Knut Hamsun : La
Reine de Saba (Prix Nobel !920).

327
331

Le Purisme, OZENJIA.l'fr ET JE!_NNERET • . . . . . .
Ingres, B1ssie1111: .. . • . • . . • . . • • . . . . . . . . . . . . .
Pensées d 'Hier et de Maintenant.... . . . . .. . . .
DuCoranetdelaPoéSlearabe,HENRITHUILE.
De la recherche de nouvellesconvel)tlons de typographle musica~':J G-. M1G.OT • . . . . . . . . . . .
Les Gran'ds Concert .H, Coi,nr........ ... • • • .
Fernand Ltg~r. M. RA. YN.U.S.- ............. •..
L'Esthêtlque \le Proudhon, R. cnxNRVl!il,L...
Parade, ALBBP.T 1BANNIIRET . . . . .. .. . . . . . . .
Le Sacre du Printemps, ALBIIRT JEANNERlliT..
Trois rappels à MM. les 'A rchitectes, LECOllBU-

Dw ce 11161'8, 138

369
387
HO
411
419
423
427
443
449
453

KA································....

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Les Expositions, V .1.1TV8EOY .• . . . . . . . . . . • . . .
Cinéma, L. DELLUC .... • ... ,,•••••• • • • • .. •
Science et esthétique, P. RECHT •• • • • • . . • • • • •
Correspondance .•.........••.....•....... ,
F,chos del'Hôtel Drouot ••.. , , , , , . , · · · ·, · · • ·
lllbliographle, etc ..••...• - . , , . , , , , , · ·, ·, · · ·

367
368

457
4 71~
474
476
478
480
483

486
488

56S
573
570
585
589

De quelques Acrobates, R. BIZET •.• , , , .••••
De l'emploi du verre grossissant, F. DIVO[llE •.
Le Tactlllsmeu•, .......•.••.. , .•••.••.••
Cubisme, (W.1.LDll!tl.1.11 GEORGE)
Les Revues Edison Spirite, (JE.1.N Fn.or)
Le Jeune Taine (G. BRUNBT)
Les Jeunes Revues allemandes, Iv .I.N-GOLL ....
Les Sport~, LAOLENNE ...•.••.... ... . ......
Les Expositions, VAUVltEOY ..... .. . ....... .
Bibliographie ...... . ; . •. ..••. . .. ..... ....
Echos de !'Hôtel Drouot ..••............. ,
Echos du mols •... . ..•.• ......... ......•
La Reinede Saba, lrnut Hamsun...........

•

•

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•

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169
719

729

777

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856
877

92i
908
869
893
903
902
917

Des Yeux qui ne volent pas ... Les Paquebots,
LE OORilUSIE&amp;•SA UONUlR ......... , . . . . . •
Des Systèmes d'Esthétiqne en France, R.1. YKOND LENO Ut . . . . . . . . . . • . . . . • . . . . . . . . .
Les Tourbillons, P .A UL REOB:r .. • . . . • . . . . . .. .
La Lumlère, la Couleur et la ·Forme (suite)
CHARLES HENRY . . . . . . . • . . • . . • . . . • . . . . .
Faut-li émettre 150 mllllards de billets de bar,.
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ltéponses à notre Encrnête (Fin) ........... .

845
933
872

91.6
925

ll1111!ra natlnt t 3Z ,a~H, 38 muxtratious am la texte, 1ti hm-ta11e, 11epreiBlio1 u culenn: Le cmle ehra11at1qu 4e Charles !mJ.
SOMMAIRE DU ND 9

~1Cô·.:::::::::::::.·,·.·.··..·.·.··..··..··..··..··..··..·

1011
955
1052
997
1010
t 077
i10
02t 08

Groupe · • · · · · • · · · · • • · · · · · · · , · · · · .. · . ,
8 Artlol°nals. ·
ocra e, LBEllT EANNimET...............

102.3
10l8
989

111

'i · · · · · · · · · · · · · ••••••.. , . .

Des Yeux &lt;rul ne volent pas •.. Les Avions, LE
COll.l)USIER-SA.UGNIER .•............ , . . •
9"73
Préadaption, P.AUL RECHT .. . .. .. . .. . . .. • . .
970
La l,umlêre, la Couleur et la Forme (fin) ..•. •.
CRARLli:Slil!NRY ....................... 1068
Les Clowns et les Fantaisistes, RE!i:A BIIET • • . t 061
L'Arriére-Plan,FB1tNANDD1voIR.ll .•.....•.. 1064
Où mèoe la politique anti-soviétlque, R. CHE·
NRVI'ER .... : . . . . . . . . . . . . • . . . . . . . . • . . . . . ! 045
F'rancis Picabia et Dada, F. Pra.1.na . . . . • . • . 1059
Curiosité$ ............ . .... ... ... -- . . . • . . 1016

umrt mlint m PIJi!, 55 illoatra!lm dm le tute, 16 hm-tnte, t repredacliOD 11 coaltars : Ta)lm dl Picma.

ee mhols passé, VAUVJIEOY · · · ·.,. • ...... ,,.
L
e P énoméne littéraire, JEAN EPSTEIN......
Mariés de la Tour Eiffel, 11wr OOOTJ!AU ..
FLl'l&gt;res, :1.1:. RAYN.!.L ... · · · · · · · • • • • • • • • •.
Las rëres Le Nain, V.1,.uV'REOY .. •... . .....
L'_x~ns, rAURIOE RAYNAL ···· .. • •••·· •• - .
en et1onie, R. SOTTA.... .. ..........
Des Y eux
qui ne voient pas ... Les Autos, LE

1'083
1088
1115
il 72.
H25
1152.
1165

f C01\_BUSJJ!R·8AUGN1Ea ........ , ., .........

1139
i 177

f:
u/

antarnie, ô Dtvlne Vérité, Jo'ERN.AND DIVOIRE

Critique de l'Esprlt allemand
WALTER
R
N
'
Le tri!~e~f
Nouvelles Hypothèses dans le Domaine de la
la Physiologie et dela Métleclne, A. Lu:111i!llE
Lettre à Saturne, DA&amp;TY..... ,........... . .
Curiosités
·• · · · · · · · · · · · · · · · '· · · · · · ·' · · · · • '

ru:~àaryk.; :ËxiûiiuÊL s~iii.ix::::

;~t~é;~.::::::::::::::::::::::::::::::::
Les Revues.............. . . . . . . . . . . • . . . . •

1093
1!07
f183
t11 I
1195

mx

12.00

hBlffl Hltlnt m pagu, 48 illullntim diD&amp; le tut&amp;, dont 16 h;;~;~~;P:~; ·,i ·1· h;r~:1~~1; ~~ ~;~~u~ ·: ·1~~;~; d~ Ln~:S~
SOMMAIRE DU N° 11-12
Cézanne et Cézannisme, G-rno SEVRRINI ...•. 1267

CeD~~gofs _avons !ait, ce q_uenous ferons, LA
WLettTON.1,1·····--·············--······

::::i~;{~~~fe~E~].Îtii~~:

SOMMAŒE DU ND 5
491
500
515
521
521,
556
559

787
742
751
807
748

833

839

SOMMAIRE DU N o 10

,av11, 55 photngrmm, 1 re-prnductiou m trois cnlm1 (Tahlm la F. Léger).

L'estbétlquesans amour, OH. LALO ••.• , . . . .
L'Art de carda:re111,0EcoHI • • • . . . .. . • . . . . . .
Fouquet. B•••....................... . ....
!,'Art de Whitman, L. BAZA.LOETTE.. .. ......
Juan Gris, M. RAYN"AL................ ....
Appel de sons, ApRel de sens, P. DER)l:8E....
Tagore, C:8LINE ARNAULD.... . . . . . . . • .. . . . •
Les Tracés Régulateurs, LE Coanusnrn-SAUGNlER . . . . . . . . . . . . . . . . . . • . . . . . . . . . . . . .
Règnes, P. RECHT............... .. ... ... .
Parlons Pelntnre, LliONOE ROSENBERG . . . . . .
Jl;stllétlque Musicale, MIGOT.... . . . . . • . . . . . .
Photogénie, DELLUC......................

•

r~

4,

STilR-S.!.UGN!E&amp; (3• article) •...... , , .... ·Les Livres, CllLINE A.RN.!.ULD ... , .. , · •., · · · ·
La poésie polonaise d'auJourd 'bui, R. lZDEBS•

-

359
364

nw ce nuire, su pboto1mms et ane reproducthn 1111 trais G1111lms (Tablm da ta FmnaJt).
SOMMAIRE DU ND

-

357

i~:

804
737

Cahiers d'un Mammifère, ERIK S.~TIB .....•..
L'intelHgence dans l'œuvre musleale, A. JEANlCERET , ... , . , , , ... , .... , ...... , . , , . •,.
La création pure, HmnoBRO •...............
A propos des théories d'.Èlnsteln, LE BEOQ.. , ..
Tensions et Pressions. Rayon5 X et Lumière.
La synthése de l'ammoniaque, REOIIT ..... .
La Lumière, la. Couleur et la Forme (Il),
CHARLES HENRY ... , . . . . . . . . . . . . . . . . , .. .
Les Potasses d'Alsace, CBENEVml! .......... .

SOMMA.IRE DU ND 8
LePhénomênelittéralre, JEAN E1&gt;STErN.,......
Max :racob en 10 minutes, HENRI HEM'Z . . . . .
La Vraisemblance vivante, FERNAND Di-vo1R11
Les Livres, M. RAYNAL ..•• , . , ...••.. , . . . . .
VIe de Corot,••• • • . • . . .. • .. . . . • . .. . . • . • . . .
Deraln, MAUlUOE R.1.YN.1.L ... . . . . . . . . . . . . • . .
Les Expositions, WALDEKAR GEORO:E.........
La Presse musicale. VUiLUJRMoz .. • . . . . . . . . .
Essais pom: une Esthéti(Iue musicale, (suite)
G11011a11:s MIGOT ••

CeMolspassê, ~hUVREOY .... . , . . . . . . •. . • .
!-!.,I&gt;LbtnomèMneRllttéraire, JEAF EPSTEIN . . • . . .
""" vres, · · AYNAL .. .. .. .. .. . . .. . . . .. .
Notes sur Corot, B1s~1:tR1:............ . . .. . .
Le&amp;Llvresd'Art,VAUlRECY ................
WALDElUR G-EORGB - . , • , . • .

339
343
349

791
798

Il mtn Clatint 131 ja1u, 38 illmstraUm hu 11 11111, 1Ghm-ttxte, 2npnAoctim n ml1m : toi am le Bsnfut 11 dl Jewmt.

M

SOMMAIRE DU N° 3
La Méthode et la définition de l'esthétiq_ue,
JULES LA.L'l,Eld'..I.ND, •. ,..................
Greco, V uv&amp;E6Y.. . . . . • • . . . . . . . . • . . . . . . . .
Deux dangereuses tendances poétiques d'aujourd'hul,1l!IANROYtlltJ&gt;:... .•. .. ..•. .. .• .
Gongoraet Mallarmé, ZDlSLAS MILlfBR. -.. . .. .

671i
679
705
715 ,
719
724

SOMMAIRE DU N o 7

SOMMAIRE DU ND 2
119
131
133
145

Dialogue sur l'EstMLique du l\fuslc-Hall,
Rrnu:: B1z.ET ... . . . . . . • . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Une vma de Le Corbu$ier, HH6, JULIEN CARON
La Vie Francalse, R. CRE'.l,EVIER . . • . . . . . . . .
Le Respect des Plans, FERNAN'I&gt; DIVOIRR......
L'Origme des Pétrnles, PA. Ut RECHT • . .. . . . .
Bibliographie. Barabour, .M. R. .. • . • . . . . . . . .

J\ltorrmm dm 19 tJit8, 18 bora-texte, UDI rapro4DCtiGI BB mimi : Tùleu de Brlfl8.

L'Eubage, BL.!.ISE CENDRARS.............. .
L'anllcip.ation chez d'Annunzio, CHENEVIER . .
ApoJllnalre, Vlldràc, Dufresny, Morand, Gide
(Livres), RA YN .u .......... .... .. . ..... .
Tendlll)ces dela LlttératW'e tchèque, Smuit ..
Le temps des ténèbres et le temps des divertissements, DlvomE................. .... ..
Lè mouvement théMral en Allemagne. I. GoLL
Poussin, DE F .1. Y:El'.. . . . . . . . . • . . • . . . . . . . . . .
Ozenfant et Jeanneret, RAYNAL.. . . . . . . . . . . .
Parlons Peinture (Il), L. ROSENBERG . . • . . . • •

Dumrzll! .•..... • • •: • • · · · · · · · • • • · · • · · ·
Calllgrammes (Apo![ina.tre), LOUIS ARAGON-·
Les Expositions (Ploabla), G. RlDEM'.ONT·
Ql!SSAIGNl!S . . - · · • · · · · • • • · · · · • · · ; • ·: · · ·
La littérature de langue espagnole d au1ourd 'b.ul, VIOENTE HTIDODRO. · · · · · .G.... · · · ..
Lanouvellepoésleallemande,IVA!• OLL- • .. •
EcMsdel'ROtelDrouot ,. ·· · ··· · · · · · · · · · ·•
Echos, nouvelles, etc .•• • • • • • · · ·, · · · · · · · · · · ·

.Dm ce numéro, 138 ~ages, 50 ,hotogrmm, 2 reJroductim m !reis mlem dt tTableau Seurat et Plmm.

L'Esthétlque nouvelle ou la Science de l'Art
(fin), VICTOR BA.SCH. . . • . . . . • . . . . . . . . . . . .
Vie de Paul Cézanne, V .!.UVRECY . . . . . . . . . . . .
Lettres, ~ZANNE...... . . . . . . . . . . . . . . . • . . .
Erik Satie, Hl!NllI COLLET .•.. •.• ....... , . .
Ornement et Crime, ADOLPHE Loos . . . . . . . . .
Lipchitz, Paul DEllMllE . .. ...... .. ,........
La Rythmique, ALBERT JEASNE8.BT..........
Knut Hamsun, A.r,1;1rn HELLA.. . . . . . . . . . . . .
Trols rappels à MM. les Architectes (2• article)
LE CORBUSIER·SAUONIK\t . . . • . . . . . . . . . . . .
La DoctrlnedeLacerba, GIUSEPPE ll!'rOA.RRTTI

605
624
625
6:)9
657
6G7

FA.YU

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1211

~e: :D:E: tm

ioA.dYeN/n.

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Jl112ique, AL:o~it--r' j-~~·NNE ·t · · · · · · · · · · · · · · · 1316
'tlléê.tre FERN A.ND D(VOil\lt T.' · • · · · · · · · · · · 12.94
.lfuslc-hall, REN:0 BIZET E. · · · · · · • · · · · · · · · 1290

c· ····.. ··

~&amp;thétique de !'Ingénie.. ·· i," · ·
8AUGNIER
ur,
E
ORDUSlllR·

Le Phénomènê iittérâ:. "j" · · Ë .... · · · · · • ·

tes Livres FR:8D:8Rro'~tuiAN PSTE!N · · · · ·
lraatm1r ll'dschmld p Er · · · · · · · · · · · • •
ta Poésie russe botc~~;i~i;rNH. ·1 · · · · · · · ·
626

Ca 1uéra Clltilll 138 Jllll, 1 1mlil1Rt littéraire, 55 illutl'atim, t 6 hm-19111 tt m repre4UltlDD en mlem (lalllilU le Jw Brll)

Lea E:xposltions, WALDEllA.ll. GEORG;~~~~~~:

1297

1328
12. 15
i 277
i 238

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Wllsonetl'Humanlsme français R

CHENE•

~è~-..

L'~i~iorisâÙort . ci~. ï·éà~. d~· .
i:i :à
JA.WOl!.Sli:Y., .......................... .
La Typographie, CllRJS'.l'lA!il . .. ...........•.
La Similigravure, DART'î ................••.
Les ldées de !_'Esprit Nouveau dans la presse
et dans les hvres ....................... .
Le~ Livres reçus ... •..........•............
Sommalre des Revues.................... .
Le Salon del 'A.utornoblle Dr SA.IN!r-QUlilNTIN.
Tœptter et le Cinéma, DE F A.YET ...... .. ... .
Glyphocinématvgraphique, P.1,.uL REcnr . •. .
Footlt et Charlot... , ..•...•..•......••....

el Hiére caallent 101 JIii&amp;, 84 W11ll'aU111 (181 H h&amp;rl·l8Ili Il 5 hm-111t11111ll11n.

H.23

1267

1245
1355
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1375
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�------'--____________......

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                <text>La revista “L’Esprit Nouveau”, cuyo título es un homenaje a Apollinaire, y subtitulada Revue Internationale d’Esthétique. (en español, El Espíritu Nuevo) fue una importante revista de arte francesa, publicada entre 1920 y 1925. Alcanzó los 28 ejemplares.  Con un promedio de 100 páginas y con imágenes en color, fue la revista del movimiento purista. Su ámbito fue internacional, llegando a alcanzar bastante difusión en países como México. Su eslogan era: “Hay un espíritu nuevo; es un espíritu de construcción y de síntesis guiado por una concepción clara”. fue dirigida en sus tres primeros números por uno de sus tres fundadores, el  poeta dadaísta Paul Dermée, (fue importante colaborador inicial, pero sólo participó durante los primeros siete números), Amédée Ozenfant y Charles-Edouard Jeanneret (Le Corbusier). Colaboraron poetas, artistas y músicos como Aragon, Bissière, Breton, Carrà, Cendrars, Cocteau, Éluard, Max Jacob, Lalo, Milhaud, Raynal, Satie, Tzara.</text>
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            <text>https://www.codice.uanl.mx/RegistroBibliografico/InformacionBibliografica?from=BusquedaBasica&amp;bibId=1752865&amp;biblioteca=0&amp;fb=&amp;fm=&amp;isbn=</text>
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              <text>L' Esprit Nouveau, 1921, No 13, Octubre</text>
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              <text>Ozenfant, Amédée, 1886-1966, Fundador</text>
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              <text>Corbusier, Le, Fundador</text>
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              <text>La revista “L’Esprit Nouveau”, cuyo título es un homenaje a Apollinaire, y subtitulada Revue Internationale d’Esthétique. (en español, El Espíritu Nuevo) fue una importante revista de arte francesa, publicada entre 1920 y 1925. Alcanzó los 28 ejemplares.  Con un promedio de 100 páginas y con imágenes en color, fue la revista del movimiento purista. Su ámbito fue internacional, llegando a alcanzar bastante difusión en países como México. Su eslogan era: “Hay un espíritu nuevo; es un espíritu de construcción y de síntesis guiado por una concepción clara”. fue dirigida en sus tres primeros números por uno de sus tres fundadores, el  poeta dadaísta Paul Dermée, (fue importante colaborador inicial, pero sólo participó durante los primeros siete números), Amédée Ozenfant y Charles-Edouard Jeanneret (Le Corbusier). Colaboraron poetas, artistas y músicos como Aragon, Bissière, Breton, Carrà, Cendrars, Cocteau, Éluard, Max Jacob, Lalo, Milhaud, Raynal, Satie, Tzara.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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