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PROFESSEUR A LA SCHOLA CANTORUM

1 •

TITULAIRE DU DIPLOME DE L'INSTITUT CENTRll JlOUES-DlLCROZE

POUR LES PAYS DE CHEZ NOl'S

CHARLES

par
LETROSNE

•

•

précédé d'un avertissement de

D'ENFANTS

LES LUNDI

LÉANDRE VAILLAT

,DEPUIS 6 ANS
OUVRAGE HONORÉ D'UNE SOUSCRIPTION DU MINISTÉRE DES BEAUX-ARTS

ET ,

BUT DE L'OUVRAGE

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COURS

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JEUDI

Cette œuvre de longue haleine n'est pas une étude d'archéologie, elle a pour but de fournir aux
techniciens et au public les éléments d'une documentation suggestive où l'architecture régionale limitée à l'architecture rurale est présentée sous un jour nouveau, dans un cadre pittoresque; les
planches en couleurs, dessinées en perspective, font ressortir vigoureusement le parti qui peut être
tiré du caractère wpographigv.e et géologique des diverses contrées de la France. L'auteur a écarté avec
soin les formules trop savantes ou les décorations tapageuses : sans doute il est sensible au charme des
vieilles pierres et des vieuœ jardins, mais sans s'attarder à ne. vouloir vit:re que dans la séduction
maladive d'une demeure anachronique, il leur demande ces mâles conseils que Rodin quêtait auprès
des cathédrales de notre pays, et, sans se laisser prendre auœ apparenc.es trompeuses des choses
qu'il11 créèrent, il interroge le rttde bon sens des artisans d'autrefois, afin qu'il11 l'aident par lrur
eœemplc à constT1.1ire la maison de demain.
L'tDITEUR

DESCRIPTION TECHNIQUE DE L'OUVRAGE
SA PRtSENTATION

Un ouvrage in-4o Jésus 28 x 38 de 4 tomes de 250 pages chaque, présentés séparément, fers
originauœ, tirage limité à 2.000 eœemplaires, tou.~ numérotés, reliure d'art,papiers de garde inédits.
I.e papier du teœte, fabriqué spécialemént à la cuve, est filigrané au titre de l'ouvrage. Ce dernier est
omé de 125 hors-teœte en couleurs reproduit11 par procédé spêrial et montés sur hollande de Zonen, le
te:rrte, composé en caractères elzévirs renouvelés des • grafiti.s » italiens, est agrémenté de nombreuses initiales, de frontispices etn1ls-de-lampe originaux,

CONDITIONS DE VENTE ET SOUSCRIPTION
Les eœemplaires souscrits avant tirage ne sont payables qu'au moment de la tnise en vente de
chaque tome et proportionnellement (l'un frs : 150 . - soit l'ouvrage compkt, fr. : 600. -'-). Les
tome.9 parus sont e;rpédié.~ franco de port pour la France ; port en sus pour les pays étrangers, contre l'envoi d'un mandat-poste 9U d'un chèque sur Paris représentant leur valeur. us restrictions sur
le papier de permeitent pas, actuellement, l'envoi de spécimens; un eœèmplaire-type sera eœposé
chez l'auteur et chez l'éditeur. Toutes les ventes sont faites à compte ferme et aucun envoi • à condition »ne peut être consenti pour ce/ 0t1tvroge à tirage limité.

SOM111AIRE DE L'OUVRAGE
TOME 1

D'ADULTES

DE 2 A 7 H.

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ÉCOLE DE RYTHMIQUE
ET DE SOLFÈGE JAQUES-DALCROZE

RÉOUVERTURE DES COURS

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La Rythmique est un système éducatif éprouvé ayant pour but de_ former et de d~velopper le sens rythmique d'en étudier les lois, d'inculquer le sens métrique. La Rythmique
proposant à l'individu' l'expérience corporelle, le rythmici~n sera pl~ :nmé pour
poursuivre n'importe quelles étudës musicales, parce qu'il aura acqws les bases mdispei;isables.

Les Mairies, Les Ecoles, les Gendarmeries.

*

TOME Il

Les Palai(dejustice, les Salles de fêtes, les,Gares, les Postes, les Banques, les Cliniques, les Bains.
TOME Ill

Les Auberges et Hôtel.s, les l!'ermes, les Maisons rurales, les lllaisons d'artisans.
TOME IV

Les lUaisons bourgeoises, les Eglise.s, les Cures, les qmetières, le.s Fontaines, divers Projets.

D'ADOLESCENTS

La Rythmique donne à l'individu une

connaissance plus fertile de soi-même et fait
un individu mieux organisé, mieux armé pour
la vie moderne, plus maitre de soi.
Les parents soucieux du développement
de leurs enfants doivent se renseigner sur la
rythmique méthode Jaques-Dalcroze.

La Rythmique en Amérique et en Angleterr~.

- La Rythmique Jaques-Dalcroze est ense1rnée
actuellement dans la plupart des Lycées
ben Amérique.
En Angleterre ~500 enfants et ado~escents
pratiquaient régulièrement la Rythmique en
1919 ; actuellement ce chiffre .~ do~lé. La
Rythmique est à la base de l educabon de
l'enfance.

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(fig. n° 1) se transforme en CABRIOLET (fig. n° 2) ; peut s'ouvrir entièrement (fig. no 8) ; petit
rouler la capote baissée et toutes glaces relevées (fig. n° 4) ; glace de sêparation seule ""ievée (fig. no 5).
Supposons le propriétaire d'une de ces voitures momentanément privé de chaujfeitr : il peut conduire sa voiture, mise en CONDUITE INTERIEURE, sans, p(J'IJ,r cela,figurl'!T le cha,i,ffeur.
Le proprUtaire ayant trouvé un chauffeur projette de faire un voyage à la montagne: avec sa famille ... La route est longue /! !
partira de grand matin. H traf}Sformera sa voiture en
CABRIOLET pour éviter la fraf,cheur du matin (fig. 2). En cours de route, le soleil darde ses brillants
rayons. Il fait chaud dans l'intérieur de la voiture, il la tran.'lfurmera .donc en TORPEDO, et
c•~ avec délice ~e les occupants respireTont l'air [rif qui fouette agréablement le visage, par la
vit-esse acquise ... (fig. 3.)
Mais,lesvoicidans les Montagnes,etpar lahautealtüude et les cascades,l'air devientun peu plus
frais. Il serait pourtant dommage de fermer ta voiture, ce qui priVl'!Tait les vouagct'1B de jouir du
splendide $JJecûule offert par la Nature .•. Comment faire pour s'abriter de la fraîcheur et pouvoir
en mbne temps contempler les cimes des hautes mantagnes ? ?? Simplement laisser la capot~ baissée,
et relevet toutes glaces qui abriteront nos voyagwrs de 1a bise... (fig. 4).
C'est avec pJaisiT que nous indiquons une nourtlle carrosserie, dont une seule personne peut effec-

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Parlant de l'article de M. Raynal, que nous avons reproduit dans notre
derniùe Revue des Idées d'esprit Nouveau (1\'0 11-12), M. Vau,:telles
« Pinturicchio » écrit dans le Carnet de la Semain~ :
c Certes, les plus pures des formes sont les meillew:es. Mais ces vérités énoncées,
• n'exagérons pas, Est modus in rebus. Ce n'est pas tant pour vous que j'écris cela
« que pour nos gentils sectaires de l'Esprlt Nouveau, Jeanneret and C0 • Ces théorie ciens enragés sont prêts à nous prouver (et nombre de cubistes les suivent) que
« l'esthétique de la science appliquée et celle des arts plastiques est la même. ••
« Hélas, où allons-nous et qu'exigera-t-on bientôt de nos pauvres cervelles ! Les lois
c qui régissent la fabrication d'une Torpédo et celle d'un Nu de Corr~, Goya ou
« Renoir sont-elles identiques ? Et la qualité de la matière, la sensualité des pàtes
« ~es, qu'en faisons-nous, que deviennent-elles parmi ces équations? Léonard
c qui possède la c ,·il'tu • des grands Renaissants, fut un savant profond, et un ingé• nieur militaire incomparable ; il établit les fortifications de la V altdine et y creusa
c les canaux qui sont, aujomd'hui encore, la richesse de la Lombardie ; quand il ter• mine le couronnell\ent de la cathédrale de Milan, il est encore le plus hardi caleula• teur. Mais quand il module la statue équestre de François Sforza, peint la Belle
• FerronJ:ière, le Bacchus, le Saint.Jean ou la Grande Sainte-Anne (si elle est de lui)
• n'est-ce pas un autre aspect de son âme qu'il nous révèle ? Je n'111 pas le temps de
" développer en ces notes cursives, mais je suls sûr que vous m'avez compris. •

M. Vauxelles, vous n'avez rien compris et non plus à ce que disent les
a Sectaires » de l' Esprit Nouveau.

Ils disent: que l'art se transmet par des moyens physiologiques; qu'un
tableau, qu'une sculpture., qu'une architecture, sont des machines à émoupoir;
que nos sens ont des propriétés physiologiques suffisamment constantes pour
qu'ils puissent etre considérés comme le clavier d'un instrument de musique ;
qu'il faut les connatlre; qu'en Cônnaissance de ces propriétés physiologiques,
rartiste n'est qu'une harpe éolienne qui vibre à tous çents, à « pâtes pétries », mais une sensibilité qui, au moment de s'exprimer, ne fait pas fi de
fintelligence et de la connaissance. Hélas, dites-'1ous, où allons-nous et
qu'ezigera-t-on bientôt de nos pauçres cerçelles I Tout simplement,
M. Vauxelles, le droit à l'artiste d'être intelligent et &lt;fen exiger autant de
cew; qui le jugent ; nous ne croyons pas à la niaiserie indispensable de

l'artiste.

VOYEZ AU Vll:RSO LES CONDITIONS D'ABONNEMENT

�1576

L'ESPRIT NOUVEAU

Ils disent aussi: la machine n'est pas un suiet de peinture oii de poésie;
elle est une leçon pour l'esprit. Les phénomènes de la nature ou ceuxque crée
l'homme sont une leçon de structure, ime leçon de création ; la leçon est plus
claire oui 1wu se tirer de la machine que de la rose i pour résoudre un problème il faut sa11oir le poser ; les machines sont les solutions de problèmes
posés; lecon de méthode. C(J,1" il ne faat pas être extrêmement perspicace pour
ne oas 11oir aue l'homme n'est qu'un relai dans les organes de la nature et que
les créalions de l'homme obéissent nécessairement aux lois qui /,e dominent
parce qu'elles sont iini11erseUes. Ils n'ont jamais dit, comme 11ous le croyez,
que l'esthétique de la science appliquée et celle des arts plastiq11,es est la même
parce qu'il n'y a pas d'esthétique préalable à la création d'iuie œuvre mécaniqae, l'ingénieur n'a pour but q,.œ de créer une œu11re utile; l'esthétique n'a
rien à faire là dedans; l'esthétique, toutefois, peut apprécier, au point de 11ue
plastiqrie, le résultat du tra11ail de l'ingénieur et en tirer des conclusions et
constater aae lorsmu cette œtwre mécanique arri11e à un certain degré de
sélection, c'est-à-dire de perfectionnement, elle émeut nos sens et notre esprit
de telle façon que certains disent qii'elle est belle; et cela pro11ient de œ que ces
formes sélectionnées ag ltsent sur nos sens, comme les créations 11 esthétiques»
'1olontaires de l'artiste al!issent aussi sur nos sens. n n'y a pas là la preu11e
d'une esthétique préalable mais seulemmt une concordance dans des résultats obtenus par des moyens différents; il n'y a pas pl1zs d'esthéliqu.e préalable dans la création d'wie nu,1,chine qu'il n'y a d'esthétique préalable dans
la création d'wie rose ; l' œ.i11re d'art seule a des intentions esthétiques.
Il n'en reste pas moins, JI. Vauxelles, qne notre époque est arri11ée, par la
rai.son et par l'expérience des lois d'économie, à créer des organismes mécaniques dont 1.6s formes nous émeu11ent puissamment parce que ces formes,
imposées par I.e tra11ail mécanique, retrou11ent celles que crée le grand artiste
aü moyen de sa sensibilité contrôlée par sa raison; c'est que tout se tient au
monde et que nous sommes disposés de telle sorte que nous jouissons au spec•
tacle de certaines formes et de certains agencements de formes lorsqu'elles se
trou11ent ètre &lt;faccord a11ec les ltautes exigences de la na;tu,re. Est-il-bien la
peine de 11ous répondre lorsq1Le voas prétendez que nous oublions la sensibilité de la matière parmi nos équations ? Nous a11ons le goût des belles ma·
tières modernes : l'acier poli, les mal.ériaux bien tra11aillés. C'est une con·
ception qa'avaient aussi les Grecs lo·squ'ils faisaient le Parthénon et /,eurs
vases; cela 11aut bien la sensibilité des pâtes pétries, comme 11ous dites, que
d'aiUeurs, n.ous ne nions pas non. plus.
Les sectaires de r Esprit N ouçeaii disent encore d'autres choses.

O. et J.

*
(c!J:1:tfu:nfe~d::~~=entateur abo!ldant des .arts décoratifs
avec les idées de l'Esprit Nouvea;,sb ~e~f:i~8.l;Jif dr01r se rencon~r
sance » un remarquable article intitulé L' Estl~t. er ans "La «.Ren8.1Strayons les passages suivants auxquels nous ne pouvons
iqae desqu'applaudir.
automobiles. Ex..
"

... - ... - ................ .

• Les m111tres .avaient leur; ·1~~ti~n;·~;.ù~iû.;~ ····:.il.. ••••.: .......... .
• Jangue. Répudiant cette méthod d t
nil
! 111&amp;1S s parlaleot la même
fuyan~ l'utile contr~le qui
1 en rêsulte, les artisans modemcs :ap~li::ent
• œuvres qui soient exclusivement leur chose
r, non point un style, mais des
• Elles le sont en effet si bien qu :uJ I i
.
décorateurs sont, pour1aepïup~~.de:d:l.u~«i.t c'est bien là le roaJ. Les

f~~~if,

•

• !rtistes

· ········ · · · ~ · : · · · · :P
• IJ·······:·············
faut ~nen c_onstater les phénomèn~
· · · ·. · · · • • • : • ...•.. , ..... .

• dans la '!le positive, de force et so11Vent ~grll;X· Cette ~1.81.0Cra~e ei:i,tre peu à peu
• par ~timent du devoir. Elle voyage trouva';;lar estopnttl de solidanté natiooale,
• sportive. Elle est curieuse d
'té
.
par u e même palace. Elle est
• volontiers une toile cubiste.e nouveau et hbre d11Ds ses goûts. Elle achète assez
. 1 . Il s n ,ouyrent l'oreille qu'à la louange.
1 Les artistes commettent le péché d'
• Ils.
composent de jolies tables mais n?rf:lllll
• va.se disposition des tiroirs u'wi
rument P~ qu on leur reproche Wte si mau•
• dessuier1.mt,. dans l'avenir, leqchl\t~~:ed'!; Pî11~er à ]Nettre ne.s'y saurait loger. Ils
• es obligations cotniptri
é
. gior1.eux. os petits neveu.,ç, dèga és

• sonne, mais selon leurs œ~uÊÜ e la

1c, les Juge~ont non plUB selon leur ~-

• 1:'i~
~ s l'oubdli, par~ qu~ rien'\1::a1ab~~ :13;~~~!t ~~r 1a1péremôté
verur, cepen ant, s'informera d
•t d
J=•u•em e ~
.

• mf?!-1ble gui n'auront pas su établir u u gou e ce ~ · .i\ défaut des arts du
I rtio!18 collectives et spontanées oùber~~~:cri~a=le, d lnterrogera ces réali1 daécoraison : car il n'y a point de beauté d
Î u u.se subordonne aux lois cle
•
rateurs s'épuisent à torturer la cl .
eulsaugrenu. ~rchitectes, artiM.o.l
• me font mourir d'amour • s·
a.ire orm e: • Marqmse, vos beaux
•
• de l'adopter. Ces personO:a esJ.IDpl~ent. des ingénieurs anonymes se c o n ~
• du moteur à explosion rr.a~ss\~2)
consulté leur bon sens. L'invention
• construire à la fois robuste sta a
rie e la voiture automobile. Il fallait la
• les &lt;1;onnées du problème. Il ès't p~~o~'!I:e et rapi~e, observ~t avec rigueur
• ~rurebi • l'.ar auçun argument ne persuade 1•a.cJ&gt;eteartoudt,a.illeurs!IWllll non dans cette
• ...,,~ en plus belle ainsi D'épure
ur une voiture absutde qu'elle
• fonne à la plus pure tradition qui~f'qu~e estf,hé.tique nouvelle ut nu. Elle est con• gotU le plus juste qui t't-'llt que hi forme ne soitupune
-~ne ~mâJ
unemais
f onctiOn,
el au
as S,;u«;,~
ral1onmlle
élé.gantt.

rs

dt

(1) VoyezE. N. no

a, pageS46.

�1578

L'ESPRIT NOUVEAU

• Ici comme partout, alors comme toujours, l'esprit de routine a tenû d'entraver
l'établialement d'une formule neuve. L'on voit encore, avec une jubilation diabo• lique, del châsais éqll.ipû en berline du xvm• siècle. Il est fâcheux d'adapter à del
• ereation1 nouvelle• de1 systèmes décoratifs anciens qui ne correspondent plua au
c aentiment mème confus que nous avons de l'art. lllais il est comique de jucher sur
« an cl"'8is rapide une haute carrosserie dont l'inertie multiplie les efforts d'arrache• ment appliqués aux ressorts suspenseurs.
c Par un bonMUT inrigne lu artisùs ne furent point consuUés. Quelquelil·UUS d'entre
• eux, aans doute, anim~ du véritable génie moderne, auraient su prendre une part
« utile à l'élaboration des modèles: mais les méthodes d'enseignement professiorinel,
• qui distinguent encore l'art du métier, et l'enflure des artistes qui se croient eeula
c poaesseurs des vérités artistiques, ont aggravé le divorce. C'est du cabinet de
c l'ingénieur que sont sorties les silhouettes et les formes nouvelles, suggérées ~
« la destination, par la matière ou \&gt;ar l'usage. Pour neutraliser la vibration d un
• moteur à rotation rapide, pour conJurer les ruptures d'un mécanisme de tranami&amp;• aion BOUIDis à de violents efforts, il ne fallait pas seulement des aciers de haute
c résistance jusqu'alon1 inconnus. Il fallait encore un équilibre parfait, non eeuJe.
• ment du poids des pièces, mais surtout des forces dy[!amiques. De là l'adoption del
c moteurs polycylindriqucs, à volant régulateur all~.
, De là, par voie de déduction, le clioix d'un modèle de châssis comportant le
• moteur Il. ravant. Celui des premières voitures n'était point logé sous un capot, mals
• pffll des roues motrices. Les automobiles primitivl'!I substituaient simplement au
• traditionnel attelage, un générateur d'énergie. Mais il était ridicule de voir rouler
« ces cages dont le système a•entralnement restait dissimulé. De plus, le besoin d'un
• refroidissement abondant sans lequel les pièces motrices eussent atteint la tempé• rature de fusion entraînait l'établissement du radiateur. La silhouette actuelle
• s'ébauchait : la puissance rapidement accrue des moteurs allait en dégager lea
« traits. Les premières voitures étaient haut :i_&gt;erchées. Le poids inerte du carroeae
• violemment pmjete dans une direction par I effet de la force vive imprimait au,
• ch!\aai.8, dans les virages, une tendance nu déversement. Il fallut étud1er des car• rœseriea basses, réduire autant que possible la pesanteur des éléments passifs. Bien• tôt, la vitesse augmentant sans cesse, on récupéra l'énergie, on diminua l'épaisseur et
• la masse des organes, on compensa en qualité la quantité. Des problèmes nou" veaux se proposaient : celui de la résistaoee de l'au déterminait une modifica• tioo sensitile de la silhouette ; les angles s'abattent ; le fond de la caiue tend à
« s'effüer pour atténuer la dépression créée derrière la voiture lancée, et pe.r con• lléQuent la résistance à la vitesse,
• Ainsi, l'expérience conseillant aux constructeurs certaines formes organi&lt;lue1
c propres à leurs modèles, imposait à tous une silhouette extérieure à peu près iden« tique. Sans doute les • marques » se différencient par les données scientifiques,
• voire par l'élection d'un principe général à quoi tout le système constructif seta
« nbordonné. !\lais il y_ a, dominant ces particularismes, une forme générale univer• aellement admise, qu'ont mise au point les ingénieurs et les carrossiers.
• Il est vrai que, seuls, nos préjugés nous aveuglent en matière d'art, que jamais
• carrossier, étranger aux querelles sénaculaires, n'a commis un anachronisme. Il
• n'en est pas un qui s'avisât d'orner de sujets galants peints au vernis Martin, la
• caisse d'une limousine. Moins encore, d'encadrer de • chutes de feuilles • et de
• frises rerouillées les panneaux d'une torpMo. Tous ont clairement formulé l'esthéc tique de l'automobile, comme les ingénieurs ont créé, dans leurs locomotives, dans
• le'Ul'II wagons, dans le'Ul'II machines-outils, des formes vraiment belles. On contes• tera qu'il y ait de l'art dans le dessin d'une machine. liais le dessin résulte d'une
c esthétique et comporte un enseignement. C'est là un art extrêmement voisin de
• l'architecture, qui fonde auBBi, dans le principe, ses plans sur un ensemble de don• nées strictement positives et pratiques."

SCIENCES

c

L'Espril. Nouveau a publié, depuis le printemps 1921, les articles suivants:
Dea i,eu.i qui m voimt pas : Les Paquebots, les Avions, les Autos.

Il faut avouer que la manifestation de 111. /anneau tém-0igne d'une r,éritable conversion.

CONSTITUTION DE LA MATIÈRE
1,.

LES ATOMES
D• R. ALLENDY

I

n'es~ .ras de notion pl:is commune ni plus primitive que celle de
mat1ere; cepen~ant, il n'~n est pas de plus difficile à préciser
quan~ on l'étudie à la l~JD1ère de l'analyse scientifique.
. Qu est-ce que la matière ? Le mot même paratt. se rattacher à
la racme grecque 11-ot"y, d'o~ µcxaaoo, µcx't''t'oo, qui exprime l'idée de pétrir et
d_~ touc~cr, et, pour_e~pr1mer l'empirisme original, il semble que la mat!~ro pwss~ êt~e _dé!m1e comme ce qui est tangible. Cette notion, étant
bee au. suhJec~1v1Sme de no~ sens, est d'une critique facile au point de
v_ue p~ilosophique. La matière est essentiellement l'objet du sens tactile ; c _e?t par ce sens que nous apprécions la résistance, l'inertie, l'impénétrabibt? et surtout la masse qui nous semblent les caractères essentiels
de _la matière. La vue ne peut donner l'impression de matière que secondllll'8ment, après une édu~tion préalable et au moyen d'une comparaison
ayec ce 4:1e nous avons déJà touché. Par suite de notre habitude d'objectiver ~e8 nna_ges, nous :.,n sommes arrivés à considérer 'comme matériels
Jes ?bJets qm frappent notre vue, bien qu'inaccessib]es comme les étoiles
~alS nous savons quelles illusions la vue p1mt. nous 'apporter. Quant
J !dée de rapporter il la notion de matière des odeurs ou des saveurs elle
na pu naitre que dans des esprits assez instruits pour imaginer l'action
sur !1os organes? de particuJes invisibles et intangibles. On voit combien l~
notion de matière est progressivement extensible : le sauvage qùi ne
so~pçonne pas l'existence de l'atmo11phère dans laquelle il vit, ne songe
gue_re à rapprocher le soufne ou le vent qu'il perçoit de la terre ou de l'eau
qu'il peut toucher: pour lui l'air n'est pas matière. Lucrèce nous dit bien
que les vents sont dtis corps invisibles :
L

•

à

Sunt igitur verni nimirum corpora cœca
Mais il .n'imagine,_ apr?s,. que le vide. Quant à nous, qui connaiEsons des etats de dissociation plus subtils que l'état gazeux, croyons-

�CONSTITUTION DE LA MATIÈRE

1581

L'ESPRIT NOUVEAU

noue connaitre tout.es les formes possibles de matière ? N'y a-t-il pas
des matit\ree très ténues qui dépassent nos sens, nos instruments de physique et même nos calculs ?
Progressivement la science nous montre qu'en croyant, sur la foi de
nos sens, la matière homogène, continue, inerte et stable, nous sommes
Tictimes d'une immense et profonde illusion. Il est curieux de revoir, dans
un coup d'œil d'ensemble, comment cette illusion a pu se dissiper progressivement, et nous en suivrons aujourd'hui, avec la théorie atomique,
le premier stade.

Tout d'abord, l'idée d'homogénéité ne permet pas d'expliquer les phénomènes d'ordre physique dont la matière est le siège. Quand on voit
une petite quantité de sel se dissoudre dans de l'eau au point que chaque
goutte de cette eau finit par être également salée, la première idée qui se
présente est que le sel s'est dissocié en petites particules très ténues et
que celles-ci se sont mélangées à la masse du liquide. Il est bien évident
que ces particules sont réduites au point d'être invisibles, ce qui suppose à la matière soluble un degré de divisibilité considérable. D'autres
phénomènes comme l'évaporation, les changements d'état, l'expansion
des gaz, les variations de volume, etc., se montrent justifiables de la
même explication. 11 fallut donc, pour les besoins de la logique, admettre
que la matière, d'apparence homogène et continue, était formée en réalité
de particules invisibles. On imagina que ces particules représentaient la
plus petite quantité de matière possible et on leur donna le nom d'atomes, c'est-à-dire, selon l'étymologie grecque, d'i.nsé,..able.r. On peut
suivre cette théorie atomistique ou moléculaire dès unehauteantiquité.
Elle apparaît aussi bien dans les Védas de l'Inde que chez Leucippe, Démocrite, Epicure et Lucrèce (1). En fait ce n'était qu'une hypothèse et,
comme le dit fort bien J.-J. Thomson (2), il n'exista pas jusqu'à ces derniers temps de phénomènes pouvant servir d'expérience cruciale entre la
théorie des atomes et la théorie de l'homogénéité, mais la première fut toujours préféro..,e dès l'origine de la science physique, en raison de ce qu'elle
pouvait expliquer.
Les anciens ne connaissaient les différents corps que par leurs propriétés
physiques: couleur, poids, résistance, etc. Voyant ces propriétés se transformer, il leur fut facile d'imaginer que tous les atomes étaient de nature
identique et que leur arrangement seul différait. Au vue siècle avant J .-C.
Thalès attribuait à l'eau le rôle d'élément primordial; Anaximène donna
ce rôle à l'air; Parménide et Héraclite au feu; ce dernier admit que lei
éléments dérivent les uns des autres; Empédocle, au
siècle, lea ratta-

,e

(t)Cf.M ♦1m:r,um.Hilloiredi!laJ&gt;~lrit~(I) Cf. Lo StnldWe cfc la matière. Paril (Gauthier-Villara). 1921.

cha tous à un constituant plus simple, l'éther, et la théorie prit sa forme
définitive avec Platon et Aristote.
On la retrouve chez les alchimistes, tout i\ fait parachevée. Ceux-ci
crurent à une substance unique formant tous les corps matériels connus
et cette substance, appelée Quintessence ou Spiritus, pouvait affecter
quatre qualités ou quatre modes de manifestation: expansion, rétraction
transformabilité, fixité. Ils désignaient ces qualités par les symboles de;
chaud, froid, humide, sec. Scion eux, ces quatre qualités coexistaient
plus ou moins virtuellement dans chaque corps, les unes prédominant sur
let1 autres d'une manière d'ailleurs varia\ le : la chaleur développait par
exemple la qualité d'expansion et l'humidité, la qualité plastique. Ils disaient qu'un corps douô d'expansion et de plasticité était chaud et humide et de la nature de l'air, qu'un corps fixe et inerte était froid et sec
et de la nature de la terre, etc ... Telle fut la théorie des quatre éléments.
~n en déduisit la théorie des trois principes: le soufre, principe d'expans~on, de :o~~ustibilit~, _I~ mercure, principe d? plasticité; et Je sel, principe de hXtte, de stabilité. Une telle conception, admettant un consti~uant commun à tous les corps, entrainait comme corollaire Ja possibilité
de transformer un corps en un autre : !es alchimistes enseignaient l'évolution minérale et recherchaient la transmutation.
Puis vint la chimie analytique. L'époque de Lavoisier marque une réaction violente contre les alchimistes. La doctrine do ces derniers avait
d'ailleurs quelque peu dégénéré et certains attardés, prenant les choses
à )a !ettre, croyaient trouver dans tous J.es corps du soufre. du vif-argent
et du sel de cuisine. Le jour où la chimie découvrit que l'air était un mélange d'azote et d'oxygène, que l'eau se décomposait en oxygène et hydrogène, les éléments classiques, avec tout l'enseignement des alchimistes et
en particulier l'idée d'une matière unique. furent balayés en un instant.
L'analyse montre que toutes les matières solubles pouvaient être décomposées en un certain nombre de substances qui, elles-mêmes, se montraient
indécomposables aux moyens ordinaires : on les appela corps simples ;
on s'imagina que ceux-ci étaient à jamais irréductibles et on finit, progressivement, par en découvrir un peu plus de 80. On admit que chacun existait dès l'origine du monde, avec des propriétés caractéristiques et définies.
Une merveilleuse découverte, la spectrographie, en permettant de reconnaitre par l'analyse spectrale d'une lumière quels corps cette lumière
avait traversés, montra, dans les astres les plus lointains, à peu près tous
les corps simples que nous connaissons sur la terre, sauf quelques exceptions comme l'azote, le soufre ou l'or. Le soleil révéla la présence de fer, de
plomb, de cadmium, de zinc, de nickel, d'argent, d'étain, d'aluminium, de
silice, de carbone, d'oxygène, d'hydrogène ; dans les comètes, on trouva
du sodium, du magnésium, du fer; certaines étoiles montrèrent une prédominance d'éléments spéciaux comme BéteigJuse, ix d'Hercule,~ de Pégase
pour le titane. L'hélium, découvert d'abord sur le soleil, fut retrouvé sur la
terre. Les substances de la terre parurent ainsi être les constituants de

�1582

1583

L'ESPRIT NOUVEAU

CONSTITUTION DE LA MATIÈRE

l'univers entier : la science crut avoir trouvé une certitude et l'irréductibilité des corps simples fut érigée en dogme.
En même temps la science confirma la théorie de la constitution hétérogène de la matière, ou théorie anatomique (Dalton, 1808). Des lois
comme celle des proportions multiples, d'après laquelle les corps ne peuvent se combiner que selon certaines proportions définies, mirent en valeur la discontinuité évidente de la matière, que l'on retrouve semblable
dans la loi de l'électrolyse. Mais de quelles dimensions peuvent être ces
molécules ?
Les batteurs d'or réalisent des feuilles de 1 /10.000 de millimètre d'épaisseur. Une molécule qui suivrait cette dimension dans tous ses diamètres
ne pèserait qu'un cent-milliaMième de milligramme. Mais la molécule est
évidemment plus petite encore. Une solution, au millionième, de fluorescéiner examinée au microscope, manifeste une fluorescence verte uniforme
da:ns des volumes de l'ordre du millième de millimètre cube. La molécule
de fluorescéine a donc une masse bien inférieure au millionième de la
masse d'eau qui occupe un millième de millimètre cube ; elle-même étant
350 fois plus lourde que l'hydrogène, la molécule d'hydrogène aurait une
masse inférieure à 1021 (1). L'étude de la tension superficielle des lames
minces (bulles de savon, dépôts métalliques, etc.) a ,révélé qu1au-dessous
de 50 à 30 millionièmes de millimèke d'épaisseur, les propriétés de la
matière dépendent de son épaisseur ; tl est probable que, dans ce cas, on
ne rencontre plus que quelques molécules, et l'on peut conelure que les
éléments discontinus des corps, les molécules, ont des dimensions linéaires
de l'ordre de grandeur du millionième de millimètr_e (2). On a obtenu des
lames très minces enétendantsurdel'eau une dilution con e d'huile dans de
la benzine (la benzine s'évaporant et l'huile s'étalant}, et la surface de ces
lames minces étant repérée au moyen de poudre de talc, on en déduit leur
épaisseur qui est de l'ordre du millionième de millimètre; la maljse de la
molécule d'huile se calcule alors comme un milliardième de milliardième
de milligramme, et ceTie de l'hydrogène apparait, par ce calcul, égale à
102 4 gr. 11 en résulte que dans une molécule-gramme (1 gr. d'hydrogène,
16 grammes d'oxygène, 12 grammes de carbone, etc.) il y a mille milliards
de milliards de molécules.
Cette quantité est si considérable que, pour _en avoir une idée, on peut
calculer què les molécules contenue dans une tête d'épingle d'un milligramme, défilant à raison de 100.0C0 à la seconde, mettraient, plus de dixmille siècles à accomplir leur défilé (3).
~e nombre; calculé de onze ou douze manières différentes, qu'on trouvera exposées dans le livre de J. Perrin, d'après des considérations relatives à des phénomènes plus complexes (électricitê de contact, théorie
cinétique des gaz, mouveIIients browniens, radio-activité., etc.) coïncide
à peu près exactement dans tous les cas. La théorie moléculaire est donc

si bien établie qu'elle se trouve à la base de toute notre science (1) au
point que Langevin demande de l'ériger en principe fondamental.
Mais il ne suffisait pas de savoir que la matière est constituée de molé•
cules ou d'atomes et que les types indécomposables de ceu:x:-ci sont au
nombre d'environ 80. Il restait à connaitre leurs modes d'aljsemblage et
leurs caractéristiques propres.
Il ne parut pas possible d'admettre que les atomes étaient agrégés en
eystèmes immobiles. L'expansibilité des fluides, la tendance à la diffusion,
â l'osmose, etc. ne peut être expliquée qu'en supposant une agitation moléculaire. L'étude de la chaleur rend également nécessaire l'hypothèse
de cette mobilité, mais surtout, comment concevoir qu'un gaz exerceune
pression sur les parois qui l'enferment, que cette pression est inversement
proportionnelle au volume (loi de Mariotte), sans imaginer que les molécules gazeuses sont des particules parfaitement élastiques (conditionnécessaire pour qu'elles ne perdent pas d'énergie par leur choc), assez éloignées les unes des autres pour ne pas exercer d'attraction mutuelle, mais
animées de mouvéments et rebondissant les unes sur les autres? Telle est la
théorie cinétique des gaz. L'étude des cristaux permet de l'étendre aux
corps solides : Guilleminot y consacre un intéressant chapitre concluant
que, si les molécules gazeuses s'agitent dans tous les sens, quelques-uns
de ces mouvements persistent seuls à l'état ,aolide : les mouvements de
rotation par exemple, s'effectuant autour d'axes orientés d'une façon
quelconque, soit suivant des directions définies del' espace en rapport avec
les propriétés tropiques des cristaux. Ainsi c( la théorie cinétique élémentaire est le terme final auquel conduit l'analyse de la plupart des phénomènes physiques » (2).
Un des phénomènes les plus frappants à ce point de vue est constitué
par les mouvements browniens. Des particules très petites, mais encore
visibles au microscope, étant placées dans un liquide, se montrent animées
d'un mouvement très vif et parfaitement désordonné. Les trépidations du
microscope produisent quelques déplacements d'ensemble qui n'ont rien
de comparable avec l'indépendance des mouvements spontanés des particules : on s'aperç.oit que l'uniformité absolue de température, la réduction de l'éclair;ige, ne changent rien au phénomène. Ce mouvement ne
s'arrête jamais : il se manifeste dans des inclusions liquides enfermées
-dans le quartz depuis des milliers d'années; il est spontané et éternel.
Le mouvement brownien n'est explicable que par une répartition inégale du choc des molécules. Einstein en a réalisé, d'une manière admirable,
l'analyse mathématique.
·
D'après la pression e;,rercée par un gaz sur les parois qui le renferment,
Maxwell, Gibbs et Boltzmap.n ont pu calculer la v~tesse d'agitation moléculaire. Le problème revient à calculer la pr ssion constante que subirait
chaque unité de surface d'un mur rigide qui serait uniformément bom. bardé par une grêle régulière de projectiles animés de vitesses égales et

Les A.tomes, Paris 1913,, page 71.
La Phy$iql.u moderne. Paris, 1921, page 96.
f32 J.H.
J. DELAm.muT. L'Ether. Paris, 1920.
•
I~

PERBL"f,
POINCARÉ.

(1) lIENNF.QUIN. Essai critiqtui sur l'hypotltèse des atomes.
(2) GmLLEMINOT. Les Nouveaux horizons de la Scùnc;e. Paris, 1918, t. 1, page 248.

�1584

1585

L'ESPRIT NOUVEAU

CONSTITUTION DE LA MATIÈRE

parallèles, rebondissant sur ce mur sans perdre ni gagner d'énergie. On
trouve que la somme des énergies de translation des molécules contenues
dans une molécule-gramme est, à la même température, la même pour
tous les gaz, A Co, la vitesse de l'oxygène est de 425 mètres par seconde;
pour l'hydrogène, la vitesses' élève à 1700 mètres : elle s'abaisse à 170 mètres pour le mercure.
« Bref, dit J. Perrin, chacune des molécules de l'air que nous respirons se meut avec la vitesse d'une balle de fusil, parcourt en ligne droite
entre deux: chocs environ un dix-millième de millimètre, est déviée de sa
course environ cinq milliards de fois par seconete et pourrait, en s'arrêtant, élever de sa hauteur une poussière encore visible au microscope.
Il y en a trente milliards de milliards dans un centimètre cube d'air, pris dans

suffit de songer à l'extraordinaire vitesse de leurs mouvements; on a
évalué qu'ils feraient des milliers de milliards de tours à la seconde (exactement de 600 à 1000 trillions). La résistance qu'ils opposent, dans les
corps solides, à la pénétration, s'explique par cette vitesse même et ceci
peut être mis en lumière de diverses façons. Si l'on approche le doigt
d'un jet d'eau un peu puissant, on remarque une résistance considérable à
la pénétration. G. Le Bon dit que, dans une station hydro-électrique, une
colonne d'eau de 2 centimètres de diamètre, tombant de 500 mètres de
hauteur et possédant, de ce fait, une vite~se considérable, ne pouvait être
entamée par un coup de sabre très violent; l'arme était arrêtée comme
par un mur.
Ainsi ont pu être décelés la taille, le mouvement, la vitesse des atomes.
Nous savons maintenant que la matière est formée par leurs tourbillons:
l'homogénéité, l'inertie, l'impénétrabilité, ses principaux caractères
apparents pour nos yeux ne sont que des illusions. La masse seule subsiste, à notre analyse, comme propriété essentielle de la matière. Mais
ces atomes représentent-ils le terme ultime de ce que nous pouvons connaitre ? Ont-ih une structure simple, ou très compliquée ? Sont-ils irréductibles et véritablement insécables comme le prétendaient les disciples
de Lavoieiier ? L'atome est tout un monde à explorer, dans lequel la
Science vient d'apercevoir d'étonnantes merveilles. C'est ce que nous
envisagerons dans notre prochain article.

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Dr R.
d'aprês Perrin.

les conditions normales. Il en faut ranger trois milliards en file rectiligne
pour faire un millimètre. Il en faut réunir vingt milliards pour en faire
un milliardième de milligramme. &gt;&gt;
Mais, ce qui est plus étonnant peut-être que ces nombres formidables,
c'est la petitesse des molécules par rapport à l'espace apparent de la matière qu'elles constituent. Connaissant leur masse, leur nombre et leur
vitesse, on arrive à démontr~r que la matière des atomes est contenue
dans un volume au moins un million de fois plus faible que le volume apparent qu'occupent ces atomes dans un corps solide et froid.
Ainsi cette matière qui nous parait continue, homogène et inerte, n'est
que l'agrégat d'un nombre extraordinaire d'éléments extrêmement petits, tournoyant les uns autour des autres à d'énormes distances, de la
même façon que les astl'es dans le ciel.
Ceci nous perd dans l'infiniment petit, mais si nous regardons du côté
opposé, ne voyons-nous pas la voie lactée, - cet amas d'étoiles immenses
séparées par des distances incroyables - donner à nos yeux une certaine
impression de continuité et d'homogénéité ?
Pour comprendre comment des atomes si petits, si séparés les uns des
autres, peuvent nous donner l'impression de plein et de continuité, il

ALLENDY.

�IVAN GOLL

LETTRES

IVAN GOLL
Ivan Gou., né en Alsace, au conflt1ent de deux cultures, a publié une dizaine
-c3:e recueils de poèmes et P.ièces de théâtre en allemand ; il écnt à présent volontiers_ en frança~s, Son ~C!111er volume de vers,« Edition du Matin», faillit remporter
le pnx des Treize. La S:i:rene prépare en ce moment la publication de ses œuvres poé-tiques traduites en français.
N. D. L. R,

L

est né en Allemagne en 191i. On a cherché et
trouvé en lui du romantisme et du Sturm und Drang. Cela n'est
pas exact. Il ne faut pas confondre action-dynamisme avec
.
l'é_lan roma_ntique. D'aucuns l'accu.sent d'être maladif, et par
la romant14l!~ : m8:1s,peut-on RI)Pel_er mala~f cet esprit métaphysique et
-cette force d'mtensité et de radicalisme, qlll sont le résultat des recherches_ mo&lt;:1-ernes ~ E~pressiop- directe des sentiments originaux et des idées,
pénetration de 1 umvers : 1 art nouveau relève de la compénétration des
hommes et des choses, en cherchant à se dégager de toute matérialité.
Parmi les poètes de langue allemande Ivan Goll est un chercheurinfati.gahle de formes et de valeurs nouvelles, pour tenter de les réaliser. L'école
expressionniste, qui pendant la guerre a toujours proclamé l'idéal humain
et p_aneuropéen, qui, à toutes les occasions a manifesté contre la guerre et
la v10lence, aux pires moments de la réaction Vvilhelminienne a trouvé en
Ivan G?ll, qui est en même temps allemand et français, un ~eprésentant
.symbolique.
Il écrivit en 1915, en langue française, les (&lt; Elégies internationales »
petite_ plaquette qui compt!=l parmi les premiers sursauts de la conscienc;
humame ~ontre la boucherie de~ peuples. En 1916, il écrivit en allemand
le.« Reqwem pour l~s Morts de l Europe », grande symphonie, où le poète
fru.t entendre les voix du malheur mondial : parmi les &lt;( Récitatifs » de
haut style, il y a les chansons des Veuves, des Blessés, des Abandonnées
des Mères, des_ Morts-. et tout cela se termine par un Hymne à la Pai~
(en 1916), mais une paix des cœurs et des âmes, non celle de généraux
vaniteux et de mercantis avides. La masse libérée chante :
'EXPRESSIONNISME

« Chacun de nous porte le ciel dans sa poitrine ,

« P_euples des p6les et de NquateuT, donnez-vous la main
Unissez•vous comme l'eau des mers
Le Gulfstream de l'amour vous chauffera le cœur ... • ·

1587

Après « Requiem » c'est l'épopée _du &lt;c Nouvel Orph~e »: l'Orphée moderne qui quitte la nature pour la ville, l'enfer de nos.3ours. Il Y re~ourn~
encore une fois, pour délivrer, lui, l)Oète, son Eurydice : l'humaruté qw
souffre. Il se met à chanter partout dans les rues, dans les ?Ours, dans les
cafés, et rappelle aux hommes ce qu'_ils devraie~t être. Mais pers_onne ne
l'écoute. Tour à tour professeur de piano, orgamste dans une éghse, chef
d'orchestre - on le chasse de partout, parce qu'il veut faire entendi:e le
chant de l'amour et de la justice ; celui que les hommes ne sauraient
comprendre. Le sort du Poète rrwderne:
• Orphk parut à la lumière des places et du midi. Clown, devant le cirque, il battit le
grand tambour du so"leil. Au.t: foires, il tourria l'orgm d'!" monde ; ses buffles ~t ses
éléphant.s pliaient au sourire des enfants. Music-Hall, le soir : entre les Yankee-girls et
la 1Janse apache, son couplet d'amour hu~in. éta~t le nu_méro 3: D J 12 h. 30 à 13 h. 30,
le mercredi timide professeur de piano, tl délivrait une 3eune fille ~ sa mère. Les Té.'!"·
nio-ns de di~ianche salle ornée de feuillage, invitaient Orphû. Orgamste, dans la sacnstie il exerçait les :mfants de chœur au chant du saint psaume : AmauT d'autrui. Le
gr~mophone enroué des maisons de passe nasjlle la v_alse d'œr'!cur fr~l. I-:e ~asseur pourpre la siffle au ,matin, dans le comdor froid, panm les pieds en l air des
chaises.
.
·
·1 d
Annonce du grand printemps nouveau. Et les hommesdansawnt,. urn301.trsaussi our s_;
priai.en!, toujours aussi prisonniers; sifflo!aient, toujours av.ssi tristes. Orphée ~cend~t
auœ sous-sols de la ville et devint second molon au Ciné-Globe. Au-d_essus de lU'I. s étalait
l'écran gris de la durée. Les hommes ne croyaient plus qu'à la réalf1é·. Chacun, Copernic, faisait tourner la terr.e autour de ~a propre tête. Dans. celle nuit, ils se reconnurent
profondément. Ah / ce en de reconnaissa1!ce seul ~s r_endit frères .. Là, dans leurs souffrances, ils étai.ent roi, criminel, amant. Rien n'existait que_la réalité.
.
.
Public sourd. Vainement Orphée sortit de rorchestre ; vain~nt les ·palses menrnnses
baitirent leurs flots bleus. Dans îe ~unnel du ciné, les hommes ne l ente1!dire,_it pas. Lev~tilatcur bourdonnait comme une mouche folle. L'opérateur mdchonnait tou1aurs la réalité.
Les uies d'hommes coulaient sur l'écran gris, ciel terl'estre. »
« La passion des Alpes » signale une autre étape de l'individu mode~ne :
il cherche un refuge dans la grande nature des montagnes et_des glaciers.
Eternité, rocs de granit ; dans _la Sflitude, retrouvera-t-11 le repos ?
Arrivé dans les nuages, un grand vide 1 accable, et ce sont les profonde~~•
la plus vile terre qui l'attirent, là où il y a des hommes et de ~a fratermte.
Son expédition vers les altitudes échoue lamentablement. Mais par contre
il y a trouvé une nouvelle foi dans l'amour des hommes:
« Inépuisables sonl les glaciers du monde
Inépuisables sont les cœurs des hommes »

Longtemps avant, en 1912, Goll avait écrit le &lt;( Canal_ d~ Panama »,
hymne plein d'enthousiasme et d'optimisme dans la fraterm te des hommes,
un chant du travail international, symbolisé par ce canal, où toutes les
races de la terre ont travaillé et où les navires de tous les pays passent.
C'était le bel optimisme d'avant-guerre.....
.
.
(( Tout ce qui t'appartient, ô terre, s'appelle : Frère ... &gt;&gt; Mais; depm~,
l'Europe n'est plus que la ruine d'une statue, il ne reste pl"';ls qu une P?I·
trine mais avec un cœur dedans, qui, dit le poète, dans ce dithyrambe mtitulé (( Der Torso &gt;&gt; - ressuscitera un jour dans mille ans sous le souffle
d'un grand homme.
.
Peu à peu, l'élan juvénile de l'expressionniste Goll se_ fat1~~- Son _Prochain livre s'intitule : les Enfers (Die Unterwelt). Petites p1eces, ou est
dépeinte la vie quotidienne, l'humilité de tous les jours et des. hommes
qui y vivent, la pitié avec les êtres déshérités, avec_ les mendiant~, les
chiens, un arbre dans un terrain vague, avec un canari: et partout, a travers toutes les misères, ce rayon d'espoir, une promesse d'amour.
PoW'tant Orphée-Goll perd sa constance. Il va désespérer de tout. Il

�1588

IVAN GOLL

L'ESPRIT NOUVEAU

écrit« Astral», il crée le héros Félix, sim~le héros de notre époque, vendeur
de chaussures dans un G;rand Magasin, et philosophe machiavélique.
Véternelle chanson de Félix:
rc Le vera-shoe est le meilleur »
alterne avec de profondes méditations sur notre vie.
Seigneur je suis inapte
A vendre les vera-shoes aux belles da Tes
Inapte à toujours beurrer les tartines d'Isabelle
Inapte à l'esprit révolutionnaire paysan et animal
Inapte à l'Europe
Queiq1,1e_part su_r une hé'1:1Î5phère sanglote une veuve:
« Jet aime mais ne m'aune pas t •
Mon profil narquois !J:it dans son cœur comme sur velours rouge
Ev~~uellement _la ville .d'Otto_ ~a pourrait m'élire pour shériff
1\1~~~ ne saurai pas faue le discours et Félix est en ce temps-ci un mauvais pré•
C~pendant je ~ens les alouettes chanter dans mon ~osier
L arbre se P.1ru.nt dans ma charpente qui lutte mamtenant contre l'or e
}:a lune br1llel&lt;irtout et chaque librairie met en vente Schopenhaue~
avi::~~)~ e ma mère est tapissée jaune el violet de petites fleurs (jaunes et
Tout ~ela et ma cigarette : étoile des mites.
Je suis comme Dieu.
Ne t'i~quiète plus du bien ou du mal
Au _pnntemP.s B_ouddha ~e sortait pas pour n'écraser aucune vie.
MaIS,!lll re_spirat1on caUSlllt la mort de cent mille miasmes
Net mqwè!e plus du bien ou du mal
L'ard,b_re se nourrit d'air, les insectes d'arbres, les oiseaux d'insectes les serpent.li
01Se3:ux, la ter1e des serpents, l'air de terre.
'
Pourquoi être? Pourquoi
Ne pas être ? ce qui vaut mieux ?
c Vera shoe chausse le mieux t n
Homme je t'interdis le pourquoi ?
Recueillons-nous, recueillons-nous
Les I!ombres de notre cerveau sont trop faibles pour porter les secondes

~~~=~-~
Et le trèfle est sage qui ouvre et replie ses feuilles
Le trèfle - soli taire
et simple
Soyons solitaires
et simples

.

. D'.1fis « ~stral » l_e ~tyle est réduit à une extrême simplicité et devient
ru.~1 très d~ect. Ici, 1 art de Goll consiste dans la spiritualisation de cer•
t8J.IlS problemes fondamentaux, dont la solution le hante dès ses premières
œuvres. Au commencement, il entrevoit vaguement son chemin II con•
nait tous les tou-rmenJs de l'individu moderne. Chaos et volonté ; 0 juxtapose~t. Il en est de ~em~ che~ presque tous les expressionnistes ; tels que:
Rubmer, Ehrenstem, Emstem, Stramm et tant d'autres An début de
tout : l:3- volonté d'action. Puis, petit à petit cette actio~ se construit•
l'est!1étique _du s~ècle,se_spiritu~sE: s~r la base du dynamisme.
•
r· Ld~x-1:{ess_1onruste _et~t pour ams1 dire toujours assis entre deux chaises:
m lVl ualis~e, qui lm commande une contemplation passive, et d'autre
la conscience de son é~oque, dont toute l'essence est faite d'action et
~ mo~vem~nt. Quel est le resultat de cette fausse situation? L'expressionÏste s enfwt sur un ~errain ~eutre e~ de':Ïent, tel est le cas de Goll et de la
P npart au~oui: del~.: sceptique ou 1romque. Ainsi s'entrechoquent dans
prochru.ns hvres l i~éalis~e du véritable poète Orphée et le scepticisme
estructeur du coIDIIlls Féhx. Le poète qui sourit de nos jours n'arrive

Sart
~i5

1589

qu'à faire une grimace et s'en vient à resse~bler ter~iblement_à Charlot.
En l'approfondissant on trouvera que Cllarlie Chaplin ~st v~r1tablemen~
l'image grossie des ridicules de l'homme moderne. Et v01là bien pourquoi
Goll en a fait le héros de son dernier livre.
C'est par lui que Goll est arrivé à la Cinégraphie, qui est un_art surréel.
Avant d'écrire sa (( Chapliniade n, il avait publié deux petits drames,
qu'il nommait cc surdrames », et où il proposa un renouvellement co~plet du théâtre contemporain. Dans une préface il en trace certams
aspects:

« On a complètement oublié que le théâtre doit être un verre gro· ~issant. C~est
pourtant bien ce dont les Anciens se rendaient compte: les Grecs q&lt;11 marchaient
sur des cothurnes, ouS akespeare parlant avec les esprï:ts_. Ona?ublié~uelepremier
attribut du théâtre doit être le masque : le masque est ng1de, uruque, direct, c~mme
une sorte de destin. Chaque homme porte un masque..... Dans tout masque il y a
loi, et c'est là la loi du drame. L'irréel aevient vrai.
Les enfants ont peur des masques. L'art doit refaire du spectateur m enfant.
La plm simple façon d'y arriver, est d'être grotesque, Mettons des masques ~rotesques. Car la monotonie et la bêtise des hommes sont si grandes, énormes, qu on ne
pourra en venir à bout qu'avec des énormités. •

En effet, deux pièces de Golll (( A.ssurance contre l_e suicide 1, et (( Mathusalem», nous présentent des caricatures du bourge01s de notre temps à travers lesquels toutes les vanités de nos contemporains sont amèrement
ridiculisées.
L'ironie y est toute intérieure. Les gestes et mouvements des personnages sont machinisés, réduits à des mouvements de masques et de
poupées. Même truc que chez Charlot, pour r~ndre l'action rlus grotesque
et plus intense. Souvent le personnage au heu de parler tire un J?hon~graphe de sa poche; par quoi le poète indique que ce que tout ~e qm se dit
ne se pense pas nécessairement m~s n'est que phr:3-ses et v~r~1age.
Il ne restait plus qu'un pas à faire, pour en arriver au cmema propr~ment dit. Sa u Chapliniade » est en même temps : poème, di;ame, ~cénan?
cinégraphique, et représente le couronnement de toute son evolut10n p_o~·
tique. C'est une œuvre de toutes pièces nouvelle et ouvrant aux poss1b1:
lités artistiques du film des horizons inattendus. C'est une synthèse, qui
unit en elle les arts de l'espace et du temps, où se rencontrent fraternellement la plastique, la poésie, la musique et la danse .
Charlot (monolo~e). - Voici le monde, quelle simplicité 1
Et c'est moins que divin
Ah je vois tous les hommes qui souffrent
(Le film reprodui1 i;is'anta11ément les visions de Charlot).
Cehù qui attend sa fiancé!' à toutes les stations de métro
Celui qui étouffe à l'hon:1êt table de famille
Celui qu.i chante la liberté devant un mur de prison
Celui qui reçoit Dieu dans une mansarde d'hôtel meublé
0 tous : venez
(Film des rues, de.1 places, des ports, des gares).
Soyez les hôtes de mon cœur prophétique 1
Abreuvez ce désert de vos larmes 1
La tour de l'Equateur poussera de cette terre
L'échelle de Jacob enguirlandée d'anges
Montera montera
Ame : ma mon~olfière 1
ltfait un petit salut avec son melon.
0

*••

CHARLOT. - En ce moment je souris d:ins les ciné:nas du monde entier
Chaque village se tord de me·voir sourire
Et pourtant comme je suis triste !

�1590

L'ESPRIT NOUVEAU

Mille fenêtres pensent à n:oi
Mais il y en a une d'éclairêe
Na mère derrière le rideau attend le facteur
Depuis vinJtt; ans elle attend qu'une lettre frappe à la porte
D f a une Amf' en Europe
Qui n'est jamais allée au Cinéma
Qui ne me vit Jamais, qui ne me connaît pas
Et pourtant, elle seule sait ce que vaut mon sourire
Je souris, je souris.....
Foœ-trott. M!'Bique. Du fond d'une rt4e le8 a/fichu du premieT tableau l'avancent d
Baluenl prof011démtnt le vrai Charlot. Celui-ci f'emeTcie d'un petit coup de chapeau.
Le COLLEUR D'AFFICHES f'éapparaU derribe lui, ren,poigne au collet d le
colle au mtn'.
Charlot obéit 4 sa destinée et souril.

-Le Charlot de Goll est tour à tour Orphée poète sentimental, Christrévolutionnaire, spiritueJ, et Don Quichotte-ballot sublime. Il S'fllthétise l'individu moderne, qui a en lui quelque chose de tous les troJS : du
poète, du prophète et du fou. Il est très humain. 11 veut être bon et
simple, comme Félix tout en vendant des chaussures box-calf.
En fin de compte, la morale de la Chapliniade est profondément symbolique et triste. Elle exprime que même Charlot, au fond de lui-même,
est terriblement seul et malheureux. (C'est bien aussi le cas chez le véritable Chaplin, d' a1;&gt;rès ce que disent ses amis.) Quelle tragédie du comique 1
Et à approfondir cette œuvre, on arrive à découvrir le visage véritable
du poète Goll, qui avec chacun de ses livres s'est jeté vers un autre che- ·
min, cherchant, cherchant infatigablement une route vers quelque chose .••
quelque chose que le lecteur de bonne volonté trouvera à chaque page
de ses livres : un mot pour le voisin qu'il sait angoissé comme lui, abandonné par tous les dieux.
B. To:KINE.

L'ESPRIT

IIOUIEIU

ÉMISSION
DE CENT ACTIONS
DE MILLE FRANCS
CATÉGORIE C:.

AUGMENTATION DE CAPITAL DÉCIDÉE PAR L'ASSEMBLÉE GitNÉRALE
EXTRAORDINAIRE DES ACTIONNAIRES DU 19 OCTOBRE 1921

ERRATUM
Une en-eur s'est produite 4 rimprusion du Phénomène Littêrare, dana notre
N° 18. Lu lecteurs voudront bien 1'étobli1' la di1'ision des Exemples comme suit :
1. A'l'tJM- Rimbaud, Blaise Cend1'Ms, Jules Romains.
11. Jean Cocteau.
III. (Tr4flritions) Guillaume ApoUinaif'e, Marcei Pf'oust.

En dehors du dùn·dende attribué aux nouvelles actions Catégorie C, il est attaché
à ces nouvelles actions des AVANTAGES EXCEPTIONNELS pouvant intéresser:

les AMATEURS
LITTÉRATE.URS
ARTISTES
BIBLIOPHILES
ET TOUS CEUX QUI DÉSIRENT VOIR ABOUTIR
L'EFFORT POURSUIVI PAR L'ESPRIT NOUVEAU

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SOCIÉTÉ DES ÉDITIONS DE L'ESPRIT, NOUVEAU
29, nu d'Astorg - PARIS

-

AU BROCHAGE
RESTE A ~OUSCRIRE

s·--u-.,.,,.,....

u.jren, 6, ~

25 exemplaires de

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L'EVBAGE

·~Tf'N#1't!Dq:,e8.l!rafra..td,~

PAii

BLAISE

CENDRARS

ON VOLUME DE HAUT LUXE SUR HOLLANDE VAN GELOEll

LA VIL.LA ADRIANA, près Tivoli
an 130 après J.-C.

'l'IRAGE LIMITÉ à 100 exemplaires numérotés, soit :
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N° 71 à 100 exemplaires de chapelle réservés aux actionnaires de l'ESPRIT NOUVEAU et
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AR'CH·ITECTURE

•
80 pages in-4" raisin (28 X 33 cm.), nombreuses illustrations dans le texte et hors texte.
Typographie et tirage de luxe.
Papier de Hollande véritable Van Gelder.

LA t;.ECON
~

DE ROME

PRIME A NOS ABONNilS ANCIENS ET NOUVEAUX
Pour nos abonnés anciens et nouveaux, le prix de souscription est réduit à 40 francs.
Les priœ seront augmentés à la parution de r ouvragt.

PAR

LE CORBUSIER-SAUGNIER

BULLETIN DE SOUSCRIPTION
JE SOUSSIGNÉ DÉCLARE SOUSCUJRE A
PAR BLAISE CENDRAR:i,

AU PRIX DE

CI•JOINT CHÈQUE OU MANDAT DE FRS

LE

EXEMPLAIRE
ll'RA.NCS

DE

L'EUBAGE,

L'EX.l!tMPLAIRE.

MO!'iTANT DE MA COMMA:-IDE.

1921
SIGNATURE

ADB.ESSE COMPLET~

•

Remplir ce bulletin et l'envoyer à la Société des Éditions de L'ESPRIT NOUVEAU
20, Rue d'Astorg, PARIS.

On met en œuvr~ de la pierre, du bois, du ci.ment; on en fait des maisons, des palais; c'est de.la construction. L'ingéniosité travaille.
Mais to_u.1._à COllP, vous me prenez au cœw, vous me faites du bien, je
suis heureux, je dis: c'est beau. Voilà l'architecture. L'art est ici.
Ma mai~o!l est prati_que. Merci, comme merci aux ingénieurs des chemins de fer et à la Compsignie des téléphones. Vous n'avez pas touché
mon cœur.
Mais les murs s'é!éven,t sur le ciel dans un ordre tel que j'en suis ému.
Je sens vos inten,tions. y_ous étiez doux, brutal, charmant ou digne. Vos
pierres me le disent. Vous m' at):,achez à cette place et mes yeux regardent.
Mes yeux regardent quelque chose ([l!i ~nqnce une pensée. Une pensée qui
s'éclaire sans mots ni &amp;ons, ïnais uniquement par des prismes (llli ont entre
eux des rapports. Cés prismes sont tels (JUe}a lumière ~es détaille claire85

�LE COLISÉE
a., 80 après J.-C.

LA PYRAMIDE DE CESTlUS
an 12 avant J. -0.

ment. Ces rapports n'a.n t trait à rien de nécessairement pratique ou descriptif. Ils sont une création mathématique cle votre esprit. Ils sont le
langage de l'architecture. Avec des matériaux inertes, sur un programme
plus ou. moins utiJitaiTe que vous déJJordez, vous avez établi des rapports
qui m'ont ému. C'est l'architecture.

Rome est un paysage pittoresque. La lumière y est si belle qu'elle
ratifie tout. Rome est un bazar où l'on vend de tout. Tous les ustensiles de
la vie d'un peuple y sont demeurés, le jouet_d,e l'enfance, les armes du
·guerrier, les défroques des autels, les bidets des Borgia et les panaches des
aventuriers. Dans Rome les laideurs sont légion.
Si l'on songe au Grec, on p,ense que le Romain avait un mauvais goût, le
Romàin-romain, le Jules U, 'et le Victor-Emmanuel.
Rome antique s'écrasait dans des murs toujours trop étroits ; une ville
n'est pas bel1e qui s'entasse. Rome Renaissance eut des élans pompeux,
disséminés aux quâtre coins de la ville. Home Victor-Emmanuel collectionne, étiquète, conserve et installe sa vie moderne dans-les corridors de
ce musée.a.t se proclame (&lt; Tomaine » par le monument commémoratif à
;yictor.-J?mmanuel Ier, au centre de la ville, entre le Capitole et le Forum .. .
quarante an~ de ·ti-avail, quelque chose de plus grand que tout, et en
'marbre blanc 1
· Décjdément, tout s'enLasse trop dans Rome.

ARC DE CONSTANTIN
an 12 C!prt s J.--C.

�INTÉRIEUR DU PANTIIÉON
an 120 après J.-C.
LE PANTHÉON
an 120 après J.-C.

I

ROME ANTIQUE
_Rome s'oc_c~pai~ de. COn4"?érir l'univers et de !e _gérer. Stratégie, ravitrulle~ent? legislat1on . esprit d o!'dr_e. Pour admirustrer une grande maison d aff~rres, on ad.opte des prmcip 7s fondamentaux, simfles, irrécusables: L ordre ro~arn est un ordre simple, catégorique. S'i est brutal.
tant pis ou tant IDieux.
Ils avaie_nt d'immenses désirs de domination, d'organisation. Dans
Ro~e-~chitectur~, rien à faire, les murailles serraient trop, les maisons
empi~arA
ent le_urs etages sur dix hauteurs, vieux gratte-ciels. Le Forum
deva1t_etre laid, un peu ~o1!1m~ le ?ric~à-brac de ]a ville sainte de Delphes.
~rba~sme, grands t~aces ? Rien a_faire. Il fa1_1t aller voir Pompéi qui est
emotw_nnant. de rectitu_de. Ils_ av~ent conquis ]a Grèce et, en bons barbares, ils avaient trouve le cormthien plus beau que le dorique, parce qrie

plus fleuri. En avant donc, les chapiteaux d'acanthe, les entablements
décorés, _sans grande mesure, ni goût! Mais dessous, il y avait quelque chose
de romam que nous allons voir. En somme, ils construisaient des châssis
superbes, m~s ils dessinaient des carrosseries déplorables comme les landau:' de Louis XIV. Hors de Rome, ayant de l air, ils ont fait la Villa
Adrian~. On y médite sur la grandeur romaine. Là, ils ont ordonné. C'est
~a preIDière isrande ordonnance occidentale. Si l'on évoque la Grèce à cette
Jauge, on dit : ule Grec était un sculpteur, rien de plus ». Mais attention
l'arcb}tecture n'est pas que d'ordonnance. L'ordonnance est une des pré:
rog8:tives fonda~entales de 1'8:I'cbitecture. Se promener dans la Villa
Adrian~ et s1e dire qu_e la _pmssance moderne d'organisation qui est
« ro1:11~me » n a e1.1cor~ rien fart, quel tourment pour un homme qui se sent
participer, comphce, a cette ratée désarmante 1
Il _n 'y avait pa~ de pr~blème des régions dévastées, mais celui d'équiper
les reg10n~ conqmses ; c est ~out comme. Alors ils ont inventé des procédés
constructifs et ils en ont fart des choses impressionnantes, « romaines ».
Le mot a un sens. Unité de procédé, force d'intention, classification des

�1596

L'ESPRI'r NOUVEAU

rléments. Les coupoles immenses, les tambours qui les retiennent, les
berceaux imposants, tout ça tient avec le ciment romain et demeure un
objet d'admiration. Ce furent de grands entrepreneurs.
Force d'intention, classification des éléments, c'est preuve d'une tournure d'esprit: stratégie, législation.L'architecture est sensible à cesintenLions, elle rend. La lumière caresse les formes pures : ça rend. Les volumes
simples développent d'immenses surfaces qui s'~oncent avec une variété
caractéristique suivant qu'il s'agit de coupoles, de berceaux, de cylindres,
de prismes rectangulaires ou de pyramides. Le décor des surfaces (baies)
est du même groupe de géométrie. Panthéon, Colisée, aqueducs, pyramide de Cestius, arcs de triomphe, basilique de Constantin, Thermes de
Caracalla.
Pas de verbiage, ordonnance, idée unique, hardiesse et unité de construction, emploi des prismes élémentaires. Moralité saine.
Conservons, des Romains, la brique et le ciment romain et la pierre de
travertin et vendons aux milliardaires le marbre romain. Les Romains
n'y connaissaient rien en marbre.

INTÉIUEUR DE SAJN'J'E-~1/J.RIE DE COSMÉDIN

Il

ROl\lE BYZANTINE
Choc en retour de la Grèce, par Byzance. Cette fois, ce n'est pas l'ébahissement d'un primaire devant l'enchevêtrement fleuri d'une acanthe :
des Grecs d'origine viennent bâtir Sainte-Marie de Cosmédin. Une Grèce
bien loin de Phidias, mais qui en a conservé la graine, c'est-à-dire le sens
des rapports, la mathématique grâce à laquelle la perfection devient
accessible. Cette toute petite église de Sainte-Marie, église de gens misérables, proclame, dans Rome bruyamment luxueuse, Je faste insigne de la
mathématique, la puissance imbattable de la proportion, l'éloquence
souveraine des rapports. Le motif n'est qu'une basilique, c'est-à-dire cette
forme d'architecLure avec laquelle on fait les granges, les hangars. Les
murs sont du crépi de chaux. Il n'y a qu'une couleur, le blanc ; force certaine puisque c'est l'absolu. Cette église minuscule vous cloue de respect . ~ Oh l » dites-vous, vous qui veniez de Saint-Pierre ou du Palatin
ou du Colisée. Messieurs les sensuels de l'art, les animalistes de l'arL,
seront gênés par Sainte-Marie de Cosmédin. Dire que cette église était

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dans Rome lorsque sévit la Grande Renaissance avec ses palais de dorures
d'horreurs!
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La Grèce par Byzance, pure création de l'esprit. L'architecture n'est
pas que d'ordonnance, de beaux prismes sous la lumière. Il est une chose
quI .n?us r,a&gt;'it, c'est 1.a mesu_re. Mesurer. Répartir en quantités rythmées,
~ru.J?~es d u~ souffle c~al, f:31re passer_ p~tout le rapport unitaire et subtil,
e,qu_1librer, rffSoudre requ_atwn., Car, _s1 1expres_sion bouscule trop lorsque
1 OJ?, parl~ pemtu~ei elle sied à. l archttect~e qm ne s'occupe d'aucune figurat10n, d aucun element touchant de pres à l homme, 1 architecture qui

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gère des quantité-S. Ces quantit_és font un ama de matériaux à pied
d'œuvre ; mesurées, entrée dallS l'équation, elles font des rythmes, elles
parlent chiffres, elle parlent rapport, elles parlent esprit.
Dans Je silence d'équilibre de ainte-Marie de Cosmédin, s'élève la
rampe oblique d'une chaire, s'incline le livre de pierre d'un lutrin en
une conjugaü1on silencieuse aussi comme un geste d'assentiment. Ce
deux obliques modestes qui se conjuguent dans le rouage parfait d'une
m~canique spirituelle, c'est la beauté pure et simpie de l'architecture.

�LES . IB, IDES DE, . ll.VT-PlERRE

LES ABSIDES DE SAIN'l.'-PlERHR

JJT

:\IlCHEL-ANGE
. L'intelligen~e et la P~ ion. 1J n~e t pas d'art ' ans émotion, pas d'émotion sans pas 10n. Les pierres sont 1 nerte , dormantes dans les carrières et
Je ab ides de aint-Pierre font un drame. Le drame e t autour des œu~e
déci ives de l'humanité. Drame - architecture= homme de-Punivers
et dedans l'univer . Le Parthénon e t, pathétique · les pyramide
d'EgypLe, autrefois de granit poli et luisant s comme de l'acier étaient
pathétiques. Emettre des fluide , de orage , des bri e douce ~r plaine
ou mer, dre er des Alpes hautaine avec des cailloux qui font les mur
de la maison d'un homme, c'est réu ir des rapports concertés.

Tel 11omme, le] drame, telle archile ture. , e pas affirmer avec trop de
c rtilude que les mass s suscitent leur homme. Un homme est un phfoomène exceptionnel qui se reproduit à longue étape au ha ard peut-être,
peut-être suivant la fréquence d'une cosmographie à déterminer encore.
Michel- nge est l'homme de no dernier mille an comme Phidias fut
c lui du précédent millénaire. La Renaissance n'a pas fait Michel-Ange,
elle a fait un ta de bon 'homme à talent.
L'œuvre de Michel-Ange c t une création, non une renaissance, création qui domine le époque classée . Le abside!! de aint- Pierrre sont
de style corinthien. Pensez-vous l Voyez-les eL songez à la fade lei ne. Le
Coli ée a 'lé YU par lui et . heureu es me ures retenues ; les Thermes
de Caracalla (lt la Basilique d Con tantin lui ont montré les limites
qu'il convenait de &lt;lépa er par unt&gt; intention élc.vée. Dè lor , les rotondes, 1 raLLrapéc les pan · coupés, le tambour de la coupoJc, le por-

�ENTABLEillEN'l' DES ABSIDES DE SAJNT-Pl EllRJfJ
(exécuté par ~lichel-Ange} .

tique hypostyle, géométrie gigantesque en rapports c~ncordants. Puis
recommencement des rythmes par des s:tylpba.tes, d~s pilastres, ~es enta:
hlements aux profils totalement neufs. Pws des fenctres et des mches qw

recommencent le rythme encore une fois . La masse totale fait 1me nouveauté saisissante dans le dictionnaire de l'architecture; il est bon d'arrêter un instant sa réflexion sur ce coup de théâtre après le Quintocento.

�Pla1i &lt;le Sai1II-Pierre, élal actuel, ori a proùmgé la nef d~ 101/'c la parlie lu11:h(e.
J.1,Jichel-A11ge i,oulai! dire quelque chose, on a tout aboli.
, afot-Pierre. Projet de Michel-Ange (JJ.l.7-1504-). Les dime11lio11., sont coT11Jidérahles. Constntire une te~ coupole en pierre était un tour de force que 11ro osaient rüquer. , aint-Pierrc
com·rc 15.000 llt* et Notre-Dame de Paris, 5.9.35; Sainte- 'ophie &lt;le Co11.9'anti11oplc 0.900 m~.
La coupole a 1:32 m. de haut, le diam~re au.'I' absùles 150 111. L'orclo1111ance aénérale des abside.s et de i'alli.que est parente à celle c/11 Co/i.~ée; les hautrnrs . 0111 les mlmes. Le projet
avait wu unité totale,· il groupait les éléments les plu., beau 1: t&gt;l les plus opu/euts : le portique,
les cylindres, lrs prismes carrés, le tambour, la co1q&gt;ole. La 111011/uratiou est la plus pa$sionn6e qui soif, âpre el pathétique. Tout s' éln:ail d'un bloc, w1iqtu, enfin. L'œil le saisissui'
d'wie fois . .llkhel-Ange, réalisa les ab.o;icles et le lambour de la coupole. Pui.y le Tf,'fte /omba
entre des lll{lÎl/8 barlmru, tout fut a11éa11ti. L'h11ma11ilé per&lt;lil wu &lt;11,s œtœre.s capitales de l'il1,telligenc1?. Si l'o,i songe à lllichel-Ange prrœvtmt le dés&lt;~Y/re, c'est u,1 drame épomw1tnblc IJITÎ
se dél:oile.

POR'l'.1 Pl.l DE .lJICII EL-.LYOE

Place tle Suint-Pierre, état ac:1ul; dn l'erbiage, ries 11101.v 111nl plr1cés. La colonna&lt;li de
Bcmi11 r.9/ /J(lle en ,Yoi. La façade l'.YI belle e11 soi, mais 1t"a rien à Jaire ai•.•claroupole.
Le but était la coupole ; on l'a carltée ! La coupole marchai! OL'et lrs "bsidcs; 01'
l,es a cachée.~. Le partique ~tait fi/ plein i-olume; 011 en a (ail w1 placage de façade.

�1606

L'E.SPRIT NOUVE.AU

Puis, enfin, il devait y av.oir l'intérieur qui etît été l'apogée monumentale d'une Sainte-Marie de Qosmédin ; la Chapelle des Médicis, à Florence, montre à quelle jauge eût été réalisée cette œuvre si bien préétablie. Or, des papes inconscients et inconsidérés ont congédié Michel-Ange;
des malheureux ont tué Saint-Pierre, dedans et dehors; c'est tout bêtement devenu le Sa;int-Pierre d'aujourd'hui, de cardinal très riche et entreprenant, sans ... tout. Perte immense. Une passion, ùne intelligence hors
des normes, c'était une affirmation; .c 'est devenu tout tristement un
«peut-être», un &lt;, ap·paremment », un « il se peut que », un « j'en doute ».
:Misérable faillite.
.
Puisque cet article est intitulé Architecture, il était permis d'y parler
de la passion d'un homme.
IV

ROME ET NOUS
Rome est un bazar en plein vent, pittoresque. Il y a toutes les horreurs
(voir les quatre reproductions accolées) et le mauvais goût de la Renais-

FENÊTRE DES ABSIDES DE SAINT-PIERRE

sauce romaine. Cette Renaissance, nous la jugeons avec notre goût
moderne qui nous en sépare par quatre grands siècles d'efforts, le xvne,
le xv1ne, le x1xe, le xxe.
Nous portons le bénéfice de cet effort, nous jugeons avec dureté mais
avec une clairvoyance motivée. Il manque à Rome assoupie après MichelAnge, ces quatre siècles. Remettant le pied dans Paris, noùs reprenons
conscience de la jauge.
La leçon de Rome est pour les sages, ~eux qui savent et peuvent apprécier, ceux qui peuvent résister, qui peuvent contrôler. Rome est la perdition de ceux qui ne savent pas beaucoup. Mettre dans Rome des étudiants architectes, c'est les meurtrir pour la vie. Le Grand Prix de Rome
et la Villa Médicis sont le cancer de l'architecture française.
LA ROME DES T10BREURS
J. Rome moderne, Palais de JU$tice.
2. Rome Renaissance, Palais Rarber-ini.

l. Rome Renaissance, C'hâteau. St-Ange.
2. Rome Renaissance, Galerie Colonna.

LE CoRBusIER-SAuGNJER.

86

�MICHEL-A.11-.GE, par lui-mim:·.

LA SIXTIN·E·
de

IICBBL-ANGB
PAR

DE FAYET

-----------------

�LA SLYTINE DE j\ff CHEL-ANGE

I

c1,le débat sur la peinture e trouve ingulièrement élargi.

Je rentrai de sept moi. d'Orient, tamboul t Je.
mo quées, Ja Grèce et !'.Acropole.
J'avai vécu de magi tralc simplicité : la mer, de monts
tout de pierr et tous du m"me pro fil.
La Turquie avec Je. mosqu ·e , le mai. on deboi. etle cimetièr~s, Ja Grèce avec le Temple et la ma ur . Le Temple, c' e t
tou1our des colonnes et d s entablements. Dè Brindi i, j'ai
vu tous Je st le et toutes l
ortes de mai on et toute le
, ortes d 'arbr et de fleur., de l'herbe. Les style e compliquent, ce ont des complexe cc • avants » laid , affreux, révoltant . L'intérieur des égli es e t horrible ; les tableaux au i.
pr~ l'impo anleunité de l'Orient* tout apparaîLici, peinture,
ar h1LecLure sculplure, comme un in upportable diverti ement. A Rome, mc1rne malai e ; dC's palai et de églis qui
n'ont ri n de décisif; la VilJa driana et I Coli. ée comptent.
La Sixtine tient, est impérieu e · elle tient aprè l' cropole, le
Mosquée et Pomp ï. C t qu'elle e t un objet d'immen e émotion . _ lai ce qui impo e le respect 'e t le . upport de cette
émot10n, c'e t la forme dan laquell on 'est exprimé pour
transmettre cette émotion. Cette peinture e t un objet d'extraordiJ?air formation. C'est, ou un certain angl , la plu licite
expres 10n picturale que nous connai ions.
0;11 a dit t out le mal po ible de Michel-Ang peintre :
« Mi bel-Ange le plus grand culpteur, s'e t fourvoyé dans la
« peinture dont il ianorait tout et qu'il détestait. culpteur,
« 1I tenta de e révo1ter contre le pape qui l'obligea ... , etc. ».
Fâcheuse vision de. ho e., ar fichel- OO'C e t un peintre du
• L·Orie11t, he1ireu.yeme111, n'a rie11 &lt;le conm11m avec les n:ocatio11s colorées, bariolées
et arro.&lt;Jées de parfums pult-érÎl/és qu'on nous sert aunnutic-hall. L'Orient 11'a eu qu'u11e
71réoccupnJio11 : Dit1.i, Allah on Jupiter, 1111 &lt;nt dtlà loi11taù1. L'homme y t:it auec wie
frt,galiU et rlans une simplicité de décor qui nous para1traient du dét1tum1e11t. J,,'t ses
rév~ élevés ~•utériorisent et~ grandes cotUJ~ructions où le sublime est donné par la proportion. Point &lt;le &lt;léror, 11w1s des masses imposantes, blanches, uniformément d'u11e
iîpre nudité. c·esl fi11t.e11tion hautainement spirituelle qui -~•y man ifeste, él~tio11.
L Occide-111 parait w1i111al, humain et sensuel.

Sixtine, Jugement dernier, fragmer1f .

plu grand génie et un architecte d~ _plu, grand génie. Il est~
sculpteur mal assi entre le modah~e d eryre~ 101: d_e la pern
ture et celle de l'architecture qu il pratiquait g malemen{"
Dans es culpture , a tent~tive ai:chitecturale _·ch ue et e
marbre e dérobe à une e thétique faite pour la toile o~ l~ ~_ur.
La iÀ1.ine e t une œuvre picturale de h~ute et def1Illt1ve
formation. Tout e qu'on doit exig r de la pemture y est. Tout
ce qu'on en peut atteindre 'y trouv .
On entre : plafond. Etonnem nt : la coul_eur la plus omptueuse eL la plus fraîche . La gamme 18:plus digne à grande ha e
&lt;le gris et de blanc, avec des ocre , Jaune , r?ucres, l s terre
vertes et l outremer. Quel progr' de la « pemture-couleur »

�..

L'ESPRIT NOUVEAU
1612
invoquer depuis ceci ? Structure : une suite d'éléments associés par une science des volumes toute neuve, développée dans
les conséquences les plus hardies; disposition des masses en vue
du mouvement de la surface. Ce mouvement des masses n'a
été remis à l'étude qu'en ces derniers temps par le Cubisme.
Or, on veut précisément que ce soit là le grand crime de MichelAnge et on oppose à la Sixtine les peintures à plat du Quatrocento. Ses architectures simulées ? Défi à la peinture ! Mais
non, puisque le but même de la peinture est d'encadrer dans
une surface donnée des masses qui s' architecturent entre elles,
qui provoquent un mouvement continu de l' œil et lui fournissent l'occasion constante d'évaluer des rapports, ces rapports
étant la raison de la plastique, le but de l'art. Les figures ?
Dieu, le Christ, les Prophètes, les Sybilles ? Même destinée :
établir des rapports par le moyen des volumes mis en jeu. Faire
des dieux avec de simples hommes dont les proportions tendent vers des rapports nobles, créés de toutes pièces, loin du
fait naturel, pour faire des dieux. Machine à émouvoir.
On pénètre, on se retourne : « Jugement Dernier». Quarante
ans séparent le « Jugement Dernier » du plafond. Plus forte encore est la volonté de formation. Décisif, cette fois, le rôle
assigné à la couleur. Le (&lt; Jugement Dernier ii est d'une couleur
somptueuse ; il n'y a que deux tons ; l'ocre et le bleu outremer, ces deux tons rapprochés extrêmement par les mélanges
du noir et du blanc.
Machine à émouvoir. Epithète brutale de l'esthétique
puriste. Pour analyser l'effort moderne, on dit machine à
émouvoir, c'est-à-dire, éléments physiques, primaires, suffisants pour donner satisfaction à l'œil, suffisamment clairement choisis, clairement exprimés, clairement assemblés, pour
déterminer des rapports qui ravissent l'intellect. Représentation suffisamment élargie du fait naturel pour reléguer au
second plan l'intérêt iconographique et donner plein sens aux
éléments plastiques qui sont les moyens émotifs de l'œuvre
d'art. La machine à émouvoir construite à la Sixtine, par
Michel-Ange, est la plus grande qu'un peintre est faite . Elle
tourne, elle satisfait, elle encourage. Elle montre un sommet.
Dans l'élaboration de la peinture moderne, Michel-Ange va
prendre sa place (demandez à Picasso s'il aime le Jugement
Dernier).
Dans les recherches de ces dernières années, on •avait repris
à fond l'étude de la surface peinte, de la couleur, du volume,
de la composition, en questionnant des maitres qu'on avait

Sixtine, plafond, Jragmt-nl.

ch_oisis lu:ide~ent_: Cézanne, Corot, Ingres, Poussin. On hésit~1t_ sur 1 Italie. Tmtoret était trop près de Delacroix et tro
p~r~_leux comme le plus fascinateur danseur de corde. Titieii
~ i:n, n?n, tout court. Raphaël? Raphaël attirait beaucoup'
?ns ruct10n, _Raphaël peut-être? ron, Raphaël ne tient as·
C âst trop f~mle, c'. est trop gentil, c'est un peu petit c' esi e~
~ {-e parfo1s,. m~us avec facilité. Raphaël ne tient pas au
'a ican ; ]~ SJ..."\..'tme l'écrase. Et pour MM. les moralistes de
!a~t, enreg~stro~sli e_n pa~~ant que c'est la juste victoire du
e~r sur a am te, de 1 ame hautaine sur l'âme charmante
Mess~e1,1rs de la morale e:n. art, nous sommes pleinement d'ac~
cord . l art est une quest10n de morale · Donc , a· l'he ure act ue li e,

�1614

L'E PRIT

O VER

Mi hcl- nge nous tient un di ·cours singuli 'remenL '}eyé et
opporLun; surface ouleur, volume compo ition.
Il n'y a pas de grand arL sans architecture. Michel-Anae peut
en parler, lui qui on trui it les ab. ide de SainL-Pierre. Lorsque
la peinture touche à l architecture, c'est qu'ell a pa. sé les oasis
charmante de l'agrément et qu'elle parle à l'esprit. De là, l s
grandes émotion , l'émotion dP la me ure. La maLhématique
de la ixtinc e t s n ·ihl par l fait que Je e:xtrait qu'on en peut
faire ont une trahi on ; ce sont forcément des fraamenLs (v ir
les photo de et article), donc de mutilaLion , des tronçon . ( 1)
Le photographe cla. siqu s ctionne av c le oin que met un
botaniste à di po er ici le étamin , là le pétale , c ·e t-à-cfüe,
qu'il Lue la fi ur. On ne peut pa ectionner la i::\.i.ine. Le
« cubi me » de 1ichel- nge c t dans l'extraordinaire intention
qu'il a dévolue aux rapporL des fiaurP et de l'architecture
imul ·e ; celle-ci n'est pas une pauvr té ou une erreur de
fâcheux O'Oût, comme ont bien voululedire les grand commentat urs de l'In titut, mai une acfre e tirant un parti magnifique de indication déjà données par la peinture pompéienn .
C'e. t de cette conjugai on des formes prismatiques reclilign
et des formes plu complexes du corps humain qu'est né l jeu
i inten e des rapport· qui sonL le truchement de l'émotion
inLelJectueJle. Il faut donc, ju qu'à nouvel aYi , connaître
Mich 1-Ange à la ixtine et non chez Je photographe d'art.

Sixtine, Juge,nmt Der11ier, fragment.

J
T'oiti le départ rlu Juge111e1t1 Dernier : On·agua au Campo 'a1110 dt• Pise.
(1}
011a don11011 · dans le te;rte une JJhotographie représentant tm fragment rle la
• création de l'homme , et tm üément 1farcldtuturt simulée 11011r tenter d'éi:oquer la
puissance du groupement tl'élémmts c/0111 il est parlé ici.

Michel-AnO'e créait ; il inventait de arrangement qu_i faiaient arand et noble. II 'occupait beaucoup d~ C?n, trulfe e_n
pierre parce que on a~n.o~r. de J'ordr~ et d~ la d1 mte trouvait
une expre ion plu defimtive dan l ar hitec_ture que ~an la
culpture. La Chapelle ~e fé~~ci, , la Porta ~~a, le Ab ·1d~s de
Saint-Pierre et son proJet de 11mmen e ba 1ltque nt rr_e ~ar
des imbécile , lem ntrent créant avec 1 nornbres, 'e l-a-d1re
mettanL en proportion des ass mhlaoe de forme , de f rme

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�S'iœtine, plafond, fragment.

amenées au type par l'invention plastique, et non par la représentation de vocables traditionnels. Les nombres transformaient le Corinthien et le Toscan en ce que peut être le sujet
cfun tableau.pour un_,vrai peintre, Or le pape voulait qu'à la

Siœtin.!, plafond, fragment.

Sixtine, il racontât des histoires; il fallut employer des vocables
·humains, compréhensibles ; mais de l'homme et de la femme
vus dans les rues de Rome, il fit des formations neuves, des
« monstres l&gt; qui devinrent des dieux. Il n'a pas écrit sous ses

��TECHNIQUE
,,

rECHNIQUE
DE LA

PEINTURE
Presque jamais il n'est question dans les ateliers rlii métier techn·ique de la peinture..
Personne ou presque ne pense qu'wnepetite not'ion ile .chimie prat'i,que évilerait,le triste
spectacle de ces tableaux 'lli.eillis piteusement au bout de dix ans et même rnoins .
La plus élémentaire honnêteté du peirltre veut qu'ils' en préoccupé . Que dirait-on d'un
scul!J}teur qui i,culpterait de$ statues de sel .. . Ainsi font trop de peintres cependant.
Ci-dessous des tableaux qui JIL'TTlieitronl, ~·ile peintre achète des couleurs sa:ines, provenant de maisons honnêtes, de peindre sai.nlfment. Ces indications n, son! vas le Té$Ultat d'études J)UTe'lne'llil théoriques, mais.· le Tésu.Uat d' ewpériences suiviBS pendanl
vingt ans et nous sommes heu,reux d'en faire vrofiter nos lecteurs.

N.D.L.R.

LES BLANCS
LE BLANC DE ZINC. LE BLANC D'ARGENT. -

Siœtine, plafond, frag1nent.

personnages c&lt; Cette femme est une syhille, cet homme est
Dieu )). Il fit des êtres si neufs, si inconnus, si en dehors des
normes, que depuis quatre siècles on dit : cc Ce sont des prophètes, des sybilles, des dieux. )) On pourrait le dire aussi des
nègres et des égyptiens 1 jamais de Titien ou de Raphaël.
Elevant la peinture au delà ~e la représentation par une
création d'éléménts neufs et exclusivement plastiques, si plastiques qu'il y introduit une arehitecture sensible, Michel-Ange
nous est aujourd'hui d'un enseignement opportun.
DE FAYET,

·utile dans certains cas étudiés ci-d.essous,
pâte mêdiocre, sèche mal, tenda:nce à
craque:r:,,
.
llestlabasedelapeintureàl'huile.
Ses qualités: belle pâte, siccatif, aucun
blanc ne lui est préférable, pour l'usage
général.
.
.
Ses défauts : il jaunit au contact des
gaz sulfureux, des couleurs sulfureuses,
d'où il découle que 1a peinture mate à
l'huile el3t une hérésie technique ; l'huile,
incorporée à la poudre colorante protège
oel~e-ci ; les tableaux mats se dégradent
rapidement: 10 Parce que les gaz nocifs
le pénètrent ; 20 Parôe que les réactions
des poudres chimiques sont facilitées par
le contact de ces poudres non isolées par
l'huile : 3° Parce que la peinture mate
s'encrasse et se nettoie mal.
Conclusion : La peinture à l'huile doit
avoir pour base le blanc d'argent suffisamment huileux ; nous étudierons ultérieurement les huiles.
87

�1624

TECHN-IQUE DE LA PEINTURE

L'ESPRIT NOUVEAU

1625

1

LISTE DES COULEURS TRÈS FIXES
COULEURS FRAGILES ET DANGEREUSES
A ÉVITER RIGOUREUSK\IENT

TERRES D'O)1BRE
TERRE VERTE
BITUMES
BLEU DE PRUSSE

Craquent et font craquer les mélanges
affreusement.
Se décolore et devient pisseux, altère
tous les mélanges - désastreux.

Toutes les couleurs non citées dans ces listes sont ou dangereuses ou inutiles. Les bonnes couleurs figunnt dans les listes
1 et 2, il n'y en a pas d'autres de qualité suffisante.

MÉLANGES
PRÉCAUTIONS A PRENDRE AVEC CERTAù~ES COULEURS.

LAQUES DE GA.RANCE

JAUNE.$ DE CADMIUM

O J TREMER

VERMILLONS
CL RE)

(n E MER-

CINABRES ROUGES

VIOLET DE COBALT
VEwr VÉRONÈSE

Doivent être mélangées au blanc de zinc, le blanc
d'argent les décolorant. Conviennent surtout
aux glacis ; elles conservent tout leur éclat.
Réputés parfaits ... Attention aux bonnes marques. Le blanc d'argent les noircit: à mélanger
au blanc de zinc ; les verts jaunes obtenus avec
le vert émeraude changent s'ils ne renferment
un peu de blanc.
·
Moins parfait qu'on le croit; à acheter de très
bonne marque; pas fameux avec les cadmiums.
A ne pas mélanger avec le blanc d'argent ; utiliser
le blanc de zinc ; aucun mélange avec les cadmiums et !'outremer, un léger glacis de garance
les protège très bien.
Les vermillons de cadmium sont parfaits et absolument fixes seuls ou en mélange, mais ils sont,
très chers; sinon, il serait inexcusable d'utiliser
encore les vermillons de mercure.
A ne pas mélanger aux ocres ni aux mars ; à ne
pas toucher avec le couteau à palette d?acier.
A employer pur ; avec tous mélanges sauf le
blanc de zinc ; il noircit.

Lorsqu'elles sont employées bien huilées et de bonne fabrication.
A couleur artificielle, N couleur naturelle.

NOl\1S Cûi\BIERCIAUX
BLANC D'ARGENT
BLANC DE ZINC
RouGE DE MARS
RouGE DE VENISE
ROUGE INDIEN
ROUGE ANGLAIS
OCRES ROUGES
LAQUES DE GARANCE, ROSES
ET ROUGES NON BRULÉES
TERRE DE SIENNE BR "LÉE
ORANGÉ DE MARS
JAUNES DE CADMIUM
JAUNE DE STRONTIANE
JAUNE DE MARS
TERRE n'IT.u .IE
VERT EMERAUDE
VERT DE CHROME
BLEU DE CoBA.L'l'
BLEU DE CŒRULEUM
ÛUTREMER
VIOLET DE COBALT
OCRE Bnu::rn
BRUN DE MARS
Nom DE VIGNE
Norn D'IvornE

CO;)lPOSITION CHIMIQUE EXIGIBLE

Carbonate de plomb (A).
Oxyde de zinc (A).
Oxyde de fer (A).
Terre feçrugineuse (N).
Terre colorée au fer (A).
Oxyde de fer (A).
Terres ferrugineuses (A).
Teinture de garance fixée sur de l'alumine (A).
Terre brtüée ferrugineuse (N).
Aluminate de fer (A).
Sulfure de cadmium (A).
Chromate de strontiane (A).
Terre colorée au fer (A).
Terre ferrugineuse (N) ..
Oxyde de chrome (A).
Oxyde de chrome (A).
Aluminate de cobalt (A).
Stannate de cobalt (A) .
Silicate d'alumine, silicate de soude,
sulfure de sodium (A).
Phosphate de cobalt (A).
T_erre ferrugineuse (N).
Terre colorée au fer (A).
Sarments de vigne carbonisés (A).
Ivoire calciné (A). .

COULEURS ACCEPTABLES
MAIS DE FIXITÉ MOYENNE
JAUNE INDIEN
JAUNE DE ZINC
JAUNE D'ANTIMOI:'&lt;E
SIENNE
.-\TliRELLE
YERT VÉRONÈSE

VERl!ILLON
JAUNE DE NAPLES

S'alourdit et passe.
Noircit.
oircit.
Passe très sensiblement.
Aucun mélange n'est fixe, doit être
employé seul. bien protégé par huile
et verni il est alors très solide.
Noircit s'il n'est pas verni, noircit en
mélange surtout avec cadmium.
Noircit avec tous les çomposés de fer,
soit : les ocres, les mars ; il noircit
même lorsque Je couteau à palette
d'acier l'a touché.

�1626

L'ESPRIT NOUVEAU

LETTRES
PALETTE SUFFISANTE ET RECOMMANDABLE

UN POÈTE .

ON PEUT Y AJOUT~R POUR DES CAS SPÉCIAUX
DES COULEURS CITÉES DANS LES LISTES 1 ET 2

La palette la plus recommandable sous réserve des exceptions de mélanges (voir tableau):
·

GERMAINE BONGARD
PAR

PALETTE DE BASE

Blanc d'argent
Ocre jaune
Ocre rouge
Outremer
Vert émeraude
Terre de Sienne brûlée
Noir d'ivoire

PALETTE SUPPLÉMENTAIRE

VAUVRECY

B

Blanc de zinc.
Cobalt.
Cœruleum.
Vermillon de cadmium.
Véronèse.
Laque de garance foncée.
Jaune de cadmium.
Jaune de strontiane.
Vert de chrome.
Violet de cobalt.
Noir de vigne.
Terre d'Italie.
Rouge anglais.

IEN penser c'est savoir

S.

*
PROCHAINEMENT : LES HUILES, LES ESSENCES, LES VERNIS
LES SUPPORTS (TOILES), ETC,

et sentir, comprendre et discerner,
choisir et rapprocher. Ce n'est pas la pile qui vaut,
mais l'étincelle. Bien écrire, c'est bien .fabriquer la
pile, mais aussi saçoir faire jaillir l'étincelle.
Dans le poète il y a une tête, mais je ne .saurai rien de ce qu'il
a voulu dire s'il n'est aussi un préparateur.
Le préparateur absent, M. le Professeur rate l'expérience.
En électricité, on peut à peu près dire à quelle distance il faut
mettre les conducteurs pour que jaillisse l'étincelle; en poésie
moins; les poètes d'aujourd'hui sont souvent des empiriques
qui ne savent pas ce qu'il faut mettre dans la pile; aus.si le
plus souvent, l'étincelle ne jaillit pas; mais presque tous
pourraient dire en s'analysant comment il faut s'y prendre
pour que l'étincelle ne jaillisse pas, et ce serait déjà quelque
chose.
·

L'apprenti poète qui chipe des roues dans les tiroirs d' Apollinaire et les engrène, fait comme l'apprenti horloger qui rate
la montre ; les mots sont des rouages, ils ne sont pas une machine. Il faut que ça tourne.

Voici un poète qui parait savoir ce que je vais dire, ou du
moins le sentir.
Rien à faire en poésie, en musique, en peinture si on ne
réussit à mettre hors de combat le singe que chacun nourrit
dans son ventre ; le singe est sensible au rythme, à la musique; c'est pourquoi il y a du tambour dans le jazz, des axes
dans Poussin et aussi dan.s Rimbaud et dans Apollinaire de.

�1628

L'ESPRIT NO VEAU

la musique et du rythme ; dans le bon ·Rimbaud et le bon
Apollinaire.
La musique du poème c'e t comme un jazz qui vous tient
le cœur; alors si je le conduis bien, je vous ferai sentir et penser ce que je voudrai.
Mais c'est le moyen et non le but; sinon Victor Hugo aurait
trop raison.
Le but est de créer dans le sujet, dans le lecteur, un état
spécial de qualité intense, momentanément exclusif. Acier, diamant, atome, soleil, fleur, enfant, mère, douleur, bonheur, etc.,
etc... pureté, inten ité, condensation, énergie, réaction, étincelle.
***
Pour un poète une bouteille d'eau n'est pas seulement une
bouteille avec de l'eau dedans.
** *

Mais il ne s'agit pas d'enfiler le mots, comme les enfants
des coquillages.

r

H

Le charbon et le diamant font du feu en toute langue. Je rêve d'un poème qui serait plus beau traduit; car rien
n'est beau qui n'est humain, c'est-à-dire universel. Autrement
c'est de la mode.
·
Exemple : &lt;( Toute les femmes de 45 à 50 ans se souviennent
d'avoir été amoureuses de Capou] )) (Apollinaire).
Quand les femme de 45 ans auront 100 ans ... et au fait savez-vous encore qui fut Capoul ? Mode.
** *
Et l'étin elle n'a rien à faire avec la grammaire, mais avec
le dictionnaire ; c'est lui qui vend le sel et le zinc; mais il faut
s~voir ce que parler veut dire, et avoir quelque chose à dire.
** *

Germaine Bongard a le secret de faire de Dyoni os, le nègre
d'Apollon.

1629

GERMAINE BONGARD

Elle sait aussi ce que la loi d' « économie &gt;) veut dire
Et aussi que l'art d'allusion ne vaut rien.

***
Voici quelques poèmes de Germaine Bongard, poète dont
les œuvres n'ont encore jamais été publiées . .
Vous ne vou attendez pas à ce que je vous démonte ce
petites machines qui tournent si bien; mais si vous les considérez attentivement vous verrez que sous leur délicieuse
fraicheur se dissimule une science fort rare.
VAUVRECY.

POÈMES DE GERMAI~E BONGARD ·
POUR C01tPT6R CU.LB QUI Y SIRA AU

au

DU CAC.HE-CACHE

Prairie
Grenouille
C'est les rois du chiffre çert
Aux sacripanes sorcières
L'écoutant
S'égouttant
L' Alphabet d'une fontaine
A dit son mystère
Leurs pieds menus bouaquent
Aux lacs d'herbe nus
Quand des feuilles aux bois des cerfs
Elles diront ce mystère
Prairie
Grenouille
C'est les rois du chi//re çert.
Juillet 1918,
TROISIÈME

CIEL DES MATINS

�1630

J

L'ESPRIT NOUVEAU

GERl\f_,'\.INE BONGARD

HUITIÈME CIEL; DES MATINS

CINQUIÈME CIEL DES MATINS

ou

Des insectes dans le foin
Qui se marient à midi
Sur les bords des brins qui bougent
Qui se marient

ADOL!SCIB'NCB
« Viens jouer aux billes
Deçant·la maison &gt;&gt;
- « Non pas aux billes
Les cigales on les entend
Et je sais bien la façon
De les mettre au cou des filles &gt;&gt;
- « Viens jouer à prendre
Les nids dans les branches »
- « Non, pas les nids
Les branches sont trop lointaines
Les filles je les entends
Les voilà qui viennent ! n

l

1631

Et sur le mur du verger
On en compte par milliers
Qui se marient à minuit
Sur le mur
Mais dans la mare au fumier
Il en est qui font l'amour
L'amour toute la journée
Août 1716.

QUINZIÈME CIEL DES MÂTINS

ou

LA M\ARClHNIJa DB BREBIS NOIRES
(Chanson pour faire peur à une marchande de brebis noires).
Est-ce à vous madame
Ces brebis là-bas ?
Est-ce à vous madame
Ces brebis là-bas ?
Ne croyez-vous pas
Que sur cette montagne
Leurs pieds pourraient bien

Août 1916.,

Green
Grass
Les prés ras
Des haras
Voyez s'ils les passent
Ils croient que tout exprès
Dans les prés l'herbe croît
L'herbe croît pour qu'on la foule
Qu'on la foule ·
Comme juments de Calâhre
Arec des .jockeys dessus
Hue
Hue
Quelle foule I

1919.

(LES PIEDS SUA LE SOL)

(Tragique)

POUSSER RACINE EN TERRE?

AUBE

Madame leur marchande
Ne craignez-vous pas ?
Madame leur marchande
Ne craignez-vous pas ?
Que durant ce soir
(J'en aurais regret)
Votre si beau troupeau noir

Aube d'eau bénite
Endimanchement
S emaùie prochaine
Prends garde Pierre d'aller dératisser les allées

(Tragique)

NE DEVIENNE FORET

191G.

Si tu passes par la porte du jardin du fond
Laisse-nous la clef de celle de la pépinière
Nous n'osons pas
Marcher sur nos
Perrons
Virginaux
Lavés en sabots neufs hier
Janvier

1919,

(LES PIEDS SUR LE SOL)

�LES LIVRES D'ESTHÉTIOUE
1632

L'ESPRIT NOUVEAU
PAR

WALDEMAR

Février 1921.

soLl

APPOGIATURES
Appogiatures que
Nos rebelles pensées
L'orgue donne
Et redonne l'élément
(Pour que les sots ne l'y laissent)
De tonnerre de quelque clwse rorulo-messe
Ac,ec trompe à jugement
Licence de ciel
Accord majeur sauc,e-nous
Du temporel
1l1algré nous
Février 1921.
(LES PIEDS SUR LE SOL)

Germaine

Le Roger Fry qui dirige le Burlington Magazine n, une des plus belles
et des plus intéressantes revues d'information artistique, a réunit sous le
titre global de (c Vision and Design » un certain nombre d'études et des
monographies publiées depuis vingt ans dans divers magazines anglais.
M. Roger Fry est un des hommes qui ont contribué le plus activement à la
propagation de l'art français moderne en Grande-Bretagne et si nous
refusons. de le suivre toujoms et de partager ses plus récentes admirations
nous. devons rendre hommage à son énergie clairvoyante et à l'intelligence tactique dont il fit preuve dans la présentatîon du mouvement
moderne. C'est que M. B.og'er Fry n'est pas seulement un empirique et un
dilettante averti, à la Théodore Duret, ou bien un amateur d'art dont
l'intuition est l'unique critère, mais un esthéticien dans le mei1leur sens de
ce mot, c'est-à-dire un homme qui s'efforce de discerner les raisons profondes qui déterminèrent un artiste à traiter son œuvre d'une certaine
manière et pour qui cette œuvre ne constitue pas seulement une source de
puissance visuelle ou un document historique, mais un organisme vivant
et autonome, un organisme dont il lui appartient de découvrir les principes
constructifs. Les quelques lignes qui précèdent suffisent-elles à faire comprendre la différence que nou&amp; établissons entre le spectateur profane,
l'historien et l'esthéticien. Tandis que la plupart des hommes considèrent
les manifestations artistiques comme des divertissements d'essence purement décorative, les historiens les étudient au seul point de vue chronologique et les philosophes de l'histoire, tributaires à différents degrés de
Taine, les traitent de « symptômes &gt;&gt; et s'en servent pour édifier le11rs
systèmes plus ou moins viables et leurs théories si souvent sujettes à caution.
M. Roger Fry, dont l'esprit subtil et pénétrant répugne à ce genre de
dissertation, analyse les œuvres d'art avec la volonté de saisir leur sens
intime et leur valeur intrinsèque. Est-ce à dire qu'i] verse dans l'expertise,
cette autre division de la science de l'art, dont les rapports avec l'esthétique proprement dite ne sont que très éloignés ? Non certes, car il fait
toujours intervenir dans ses études critiques des éléments et des moyens
d'investigation auxquels l'expert-spécialiste, versé dans la chimie des
tableaux, demeure indifférent.
Aux yeux de M. Roger Fry, l'œuvre d'art ne représente jamais qu'ellemême. Il insiste sur sa finalité. Elle ne constitue pas pour lui le moyen de
figuration; mais un langage, voire un mode d'expression spécifique. S'il
est donc permis de procéder à une hiérarchisation des valeurs plastiques et
de dresser une échelle qualitative des œuvi·es d'art, il n'est guère possible
à un homme éclairé d'admettre la thèse fallacieuse du progrès et de la
décadence en art. L'application des lois de la perspective et des règles
anatomiques par les artistes de la Renaissance correspondait au xvxe siècle
à un besoin de logique optique et permettait aux peintres de mieux l'éaliser leUI'S conceptions. Mais la perspective et l'anatomie sont des moyens•
techniques qui n'influent en aucune manière sur la qualité propre
des œuvres. Aussi ne peut-on pas faire grief aux fresquitas hyzantins 1 à
Cimabue, à Giotto ou à Donizetti, dont les préoccupations étaient diamétralement opposées à celles des Quintocentistes, de n'avoir point considéré
la peinture comme un art spatial l
(&lt;

J'ai c,isité la capitale sans habitation
Avec seulement des églises et des auto~
Et des jeunes filles en mal de confession
Elles dirent au jeune hom_me·qu' ell,es_ ac,~ient volé des fraises
Et monté des chevaux gris sans pe~igree
Et mangé des bêtab_ondieux pour c,oir
Puis çint l'absolution
Sortant elles dirent qu'elles avaient menti pour çoir •· •
(LES PIEDS SUR LE

GEORGE

BoNGARD.

Vision and Design, par Roger Fry (Chatto et Vindus, Londres).

�L'ESPRIT NOUVEAU

li est à remarquer que M. Roger Fry étudie l'œuvre de Giotto comme
celJe d'un arti Le conLemporain. Il e garde bien d'E.in drcrire le ujet
ou de tenter l'identification de per"onnage repré entés par l'arti te.
JI examine, par contr&lt;', le J is de compo ilion qui ont présidr à la mise en
œuvre de telle fre que. Il étudie les rapport d'angle et le rapports de
tons. li r·duit la « Pieta ,. de Padoue à l'état d'un chéma, voire d'une
figure géométrique. ne pareille méthode ltù permet de voir clair et de
dégager d'une œuvre de loi générales. Comme la curio ité et la faculté
de compréhension de L Roger Fry ne ont point limitées, il applique les
mêmes moyens de connai sauce aux formes d'art. les plus variées. L'art
nègre, l'art azt · que, l'art chinois, l'art per an, n'ont, pas pour lui de
secrets. Il a écrit les cho es le pluse sentie Ile ur Je bas-reliefs égyptien ,
dont la hardie e de con eption dans le traitement du corp humain ne
trouve orâce auprès de nos critique , ennemis du cubisme, qu'à cause &lt;le
l'inaptitude dont. témoignent ces messieur à comprendre la tructure
interne des œuvres, au si bien anciennes que modernes.
Le élément d'appréciation dont e ert, :\1. Fry pour juger l'art de tou
le temps et de tous les pays, lui facilitent l'intelligence des manifestations
modernes. Les éléments ont purement arti tique .. L'auteur ne procède
jamais par voie de comparaison de rœuvre dont il se propose l'étude avec
on pr"tendu modèle naturel. Il di Lingue d'ailleurs entre " l'art de perception'&gt;, qui con i te. implement à enregi trer Je impres ion vi uelle , et
cette forme supérieure de la création plastique qu'il appelle " l'art de conception )). i I
dessins prrhi toriques de caverne de Dordogne,
écrit M. Fry, atte tent, une grande habileté manuelle et de don d'observation hors ligne, il nou mettent cependant en pré ence de~ arti tes
a ujetti à leur vue et inrapable ôe transgre er la frontière de la connaissance ·ensorielle, l'homm préhistorique, pour ne citer que cet,
exemple, est un appareil nregi treur parfait. Le sculpteur · gyptien qui
dispose librement de la nature et n'hésite pas à dé axer un corps humain
par besoin de pl(&gt;nitud et d'harmoni est un créateur.
M. Roger Fry reconnaît que la pos ibilité de éparer l'élément figuratif
de l'élément purement plastique est une des principales acquisitions de
l'e thétique rontemporaine. Une œuvre t lie que la Transfiguration de
Raphaël (au Mus·e du Vatican) est établie au point de vue spi'rituel sur
deux plan bien di tinrt el emble former de ce fait un corp hétérogène.
Mais il suCfit de faire table rase de la signification extra-plastique du
tabl au en que Lion pour 'aperc voir qu'il con li tue un en emble parfaitement homogène et que se parties constitutives re tent indivisible . Le
gestes académiques et drclamatoires des per on nages campés par Raphaël
dans cette étonnante toil peuvent paraitre urfait et la figure mièvre
du Christ risque de lai er froids les catboliqu , les fervents et le plu
dévôts, mais l'œuvre ub isLera à eau e de ses vertu pla tiques. Par delà
le re\'êtement complexe de. attitudes, des draperies et des têtes d'expresion, le onnais eur authentique aura discerner le den e réseau de ligne
ab traites qui forment l'ossature intérieure du tableau. n tel livre e
pa e de ommenLaire . on importance duit, apparaître aux yeux de tous
ceu qui portent quelque intérêt aux probl · mes de l'art. Qu'il me uffi e
de dire que M. Roger Fry a dans son pays la réputation cf'un critique
réactionnaire et que les artistes t, écrivains groupés autour de Vyndham
Lewis lui reprochent, a timidité. Mais qu'adviendrait-il de :\1. Roger Fry i
la presse artistique française s'emearait de ses écrits ? La non-représentation dans l'œuvre de Raphaël ! ~•y a-t-il pas là de quoi rendre fou furieux nos braves ,·ieux chroniqueurs ou rrudits qui fl'licitent M. Jean
Marchand de quitter Je cubi me (sic) lor qu'ils ne reprochent pas à Donizetti d'avoir ignoré la per pective ?
\\'aldemar GEORGE •

xocs l'ROr!TONS DE r.'ACTl'Af,l'.l'l~ oc ALON Ul•:'l INOt:PE. OANTS POnt DON ER
DEL-X PORTRAITS rxt:DIT:, o·nEXRI ROl."S , EAC, OIT LE DOUA. lER, QL, ~TT _C'N DE$
PRINCIPAl' X MAITRES mlvfal:s l'Al.l LE SALON Il);', JNDl~PENOANT" •

PHOTOS OORNAC

�LE SALON DES IKDÉPENDANTS

Le Salon des
IHDËl'llHDAHTS
PAR

MAURICE

M

ALGRÊ

RAYNAL

notre désir d'accepter leurs bonnes raisons, ce n'est guère

que pour faire plaisir aux philosophes que nous faisons se. mblant

de croire qu'ils ont donné des preuYes décisives de notre
liberté. :Mais on peut leur concéder qu'il nous en ont parfois
procuré l'illusion, ce qui est quelque chose, et dont il faut se contenter
si 1/on ne s'obstine pas à vjser perpétuellement un absolu toujours contradictoire.
·
Cependant, parmi les illusions qui sont le plus susceetibles de nous
convaincre d'une liberté poosible et à quoi n'ont pas songé les philosophes,
l'on d1 it tenit celles que nous procurent les arts, les arts considérés, bien
entendu, sous certain aspect, aspect le plus légitime d'ailleurs, nous allons.
le voir.
L'art est fils de la sensibilité et la sensibilité moins que tout phénomène
upporte mal les l'ègleset leslois. Les manifestations spontanées semblent
si nettement constituer les fruits de notre personnalité qu'elles 11ous
appa:rai sent, ju qu'à un certain point, comme nées de rien, si ce n'est de
nous-mêmes. Ce1·tes, nous ne créons pas nos émotions puisque rien ne se
crée, mais à la façon dont tout de même nous faisons nos habits, nous
sommes capable de leur donner une forme particuliêre qui garde notre
empreinte à tel point que nul ne la saurait exactement imiter.
C'est dans cette tend an.ce hum aine que l'on pourrait peut-être trou \1er
un peu de liberté, mais à l'état de traces. Et c1 est ainsi que l'art est très
capable à 1ui seul de donner sati faction à cette exigence de notre entendement sensible, à condition qu'on ne le prive pas de l'exercice des seuls
attributs qui l'en rendeJ1t susceptibles.
Je reviendrai bientôt sur cette importante question. Pour 1in. tant,
notons qu'aux alentours de 1884, époque où fat constitué le Salon des
Tndépendants, les manifestations publiques de l'art se résumaient en une
ten.âance générale à supprimer toutes tentatives de la sensibilité au profit
de la conservation des formules dites LraditionnelJes, et généralement
opposées aux goùts sensibles de l'époque. En principe, l'on tenai~ l'art
dans les chainei. sans hii permettre de danser avec. Classicisme et Romantisme se partageaient la faveur des organisateurs des grands Salons. Mais
il s'agi ait, ,;urtout, d'un Classicisme et d'un Romantisme édulcorés,
adaptant seulement aux c~menances du grand public leurs caractéris-

1637

tiques les plus communes. C'était, en définitive, une tentative permanente
de vulgarisation des deux grandes formes traditionnelles de l'art, présentée
au moyen d'espèces d'analogies à la fac:on dont on enseigne l'électricité
dans les cours élémentaires en comparant, assez arbitl'airement, ses phénomènes à ceux de l'eau. De fait, le Classicisme et le Romantisme, rois
en coupe.s réglées dans les salons officiels, n'existaient plus que sous l'apparence de leurs aspects le plus C'Omroodes, et c'est ainsi que b.ercés dans
une ign.orance innocemment entretenue des ressources de leur sensibilité,
les spectateurs, habitués àneconsidérer que ce qu'on les menait voir, ne
soupçonnaient pas combien Part était en me ure d nous donner l'illusion
de liberté la plus plausible qui fut.
Or, lo soin de reconnaître, tout au moins collectivement, aux artistesle
droit de traduire en des œuvres l'expres:-ion de leur lib1'C sensibilité,
devait être réservé au Salon des Indépendants.
TI ne faut pas attacher trop d'impor.tance au terme un peu batailleur
d' « Indépendants ». Comme l'a dit M. Focillon, dans sa lettre à Joan
Epstein, l'art n cesse de se renouveler, non dans lapaixetle consentement
de tous, mais dans la violence et même dans le scandale..\fais l'on doit,
avant tout, considérer l'effort du alon des Indépendants comme une tentative où serait continue!Jement posé le problème de la réation artistique dans ce qu'elle a de plus primitif. Alors 'qu'en d'autres salons,
nous assistons à la patie11te organisation d'expériences artistiques répétées à satiété sur les sujets rebattus et à l'exercice du culte d'une induction anti-artistique, au Salon des Indépendants l'on trouvera Je foyer
le plus précieux de toutes les déductions hardies, de toutes les hypothèses spontanées de la sensihifü{,, peut-être au si une source d'erreurs,
mais d'erreurs très fécondes en tr01,1vailles extrêmement profitables.
â vec son indHférence complète pour les formules, le Salon des 1ndépendanl les autorise toutes. C est qu'au si les années s'ajoutant aux
années, nous sommes tenus de posséder aujourd'hui des connaissances
dont les ancien n'avaient aucune idée et dont la somme finit bien par
influer sur notre ensibililé. JJ suit de là que nous 110 pouvons plus posséder 1a candeur des anciens âges. Certes, toutes nos actions sont gouver·
nées par 1a sensibilité; c'e t pourquoi, sans doute, les cho es vont assez
mal et qu'il semble toujours très osé de représenter des entités telles que
Je Bien, le Vrai, le Beau, autrement que comme des X qui ne permettent
jamais de résoudre le problème. , 'lais la connaissance a lini par circonvenir à tel point la sensibilité humaine que, tout en conservant sa candeur
naturelle, elle semble avoir organisé elle-même une sorte de huœau de
recherche qui lui permet d'ordonner et de mettre à profit es ressources
personnelles, laissant à la raison, seule inspiratrice des tendance des
salons à jury et récomp~nses, le soin de fonctionner à la façon de ces écoles
sans élèves dont on a signalé la nécessité politique en Bretagne.
Mais si l'on a considéré le douanier Rou seau comme le type d'arti te
que pouvait meure en lumière un salon ouvert à toutes les tentatives,
il ne faut pas exagérer non plus la portée d'un cas unique et qui doit
demeurer exceptionnel. Le Douanier ne fut jamais qu'un peintre aimable
et plein de don . i'\ous ne pouvons le considérer que comme une sorte de
tribun du peuple illumint, capable de doone1· le coup de foudre à notre
sensibilité, mais à ce qui nous reste de notre sensibilité ancestrale seulement, et encore à condition que nous fassions un peu de violence ù ce que
notre cœur sait.
·

�1 38

L'ESPRIT

'O VEAC

Or, c'e t grâce à une orte de self-organisation de notre ensibi lit ' que
l'on a pu voir naîti•e aux Indrpendants les diHfrentes écoles: Impressionnisme, Fauvisme, Orphisme, Futurisme, Cubi me et Purisme, qui ont
toutes donné des résultats extrêmement importants. Et c'est ici que l'on
pourrait trouver les meilleures raisons contre ce reproches d'anarchie que
l'on a opposé aux tendances i.ndividuali te de l'art moderne. Loin de
con tituer des cal.'I uniques (le douanier Rousseau e t. plutôt le plus
doux des anarchistes), le tendances nouYelle., i ues des uéce siLés du
moment, ont Hé&gt; sanctionnée par les fforts d plusieurs arti tes. De
groupes se ont [ormés parmi des peintres de même àge et c'est à l'affrontement de leur, intentions sensibles que l urs diverses tentatives
onL dû d prendre corp, t de s'imposer. Fillrés à travers l s connaissances générales et particuliè1·es, leur efforts ont sans doute pu lai ser
supposer par in tant que d s concepts définis avaient pr ;c · dé leur exécution, mais il n'en est rien. Et si j'ai pu, moi-même, par des théories
nécessairement peu claire , entretenir cette illu ion, c'est que le travail d
l'esthétique n'est pa celui de l'art et que les mots qu'elle emploie ne
peuvent être consid · rés à la manière d'obJet uivant le mode de la poési ,
mais bien comme des signes mathématique destinés à toucher la rai on
plutôt que la sen ibilité&gt;. u si bien grâce à la culture de cette liberté sensible ans quoi l'art n est qu'un mot con idéré comme signe, le a Ion de
Jnd{&gt;pendants permet aux pectateurs et aux arti tes de confronter leur
per onnalités émotives sans jugements préconçu et sans points de repère,
tel que les décision de jurys ou le médai lies.
Ce sera sans doute la gloire des lnd ·pendants que d'avoir vu la nai. sance des grands mouvements picturaux du siècle. prè l'imp1·essionni me qui a recré' le lois de la technique picturale, 1~ fauvisme aura
amené &lt;les progrès con idérable dans la libre expres ion de la joie sen·uelle de volumes coloré , et l'orphi me conduit 1 s mêmes tendances ver
un idéalisme plu marqué. Le cubisme, lui, tempérera ce que ce recherche
pouvaient avoir de ensuellement excessit et posera le principe d'une
organisation nouvelle du monde plastique. Le purisme, enfin, sera le régulateur q_ui réus ira à accorder cette onception avec le resp et des éléments les plu· normaux de la sensibilité plastique. Le • alon des Indé·
pendants d 1922 affirme, une roi de plus, la vitalit· dece tendanc sel
l'on y retrouvera les rouvres les plus qualifiées pour les représenter. Le
toile de Friesz, Segonzac, Mor au, imon-Lévy, Lhote, Laglenne,
Gemez, Marchand, lix, Gimmi, Gozare, Grunewald, Valensi, L·gcr,
zenfant, Gri , Jean.neret, Medgyes, et les sculptures de Lipchitz, de
Mme Bongard et de Zadkine, Loutchansky attestent les progrès des effort
constants qui les animent. ans doute ces œuYl'e emblent-elles un peu
perdues dans ce grand palais, triste symbole d'une architecture embarrasflée de pierre dont el! cherche les secr ts et d'espace qu'elle ne sut
jamais comment couvrir. Il raudl'ait adorner son fronton d'une allégorie
qui pourrait avoir académiquement pour titre: ,, l'homme qui n sait que
faire de e mains 11. Mais il faut espérer gu les Indépendants ne se laiseront pas gagner par l'atmo phère du heu, qu'il seront toujour ouverts à toutes les initiative. et qu'ils con erveront le soin très pieux d'enlr Lenir ce renouvellement c.onstant de l'art qui, en cl •pit de l'académisme, constituera sa plu saine tradition.
Maurice RA Y.NA L.

LE SALON
DES I~DÉPENDJ-t\.NTS
Ce!·tain de 110 lecteur'i e sont plaints de ne pas !'oir l' Espril .VouCJerm
p:1blzer d'œuvres moderne rhoi't'.es en dehors de ce qu'il esl ronçentL
d a~peler l&lt;'s m_mwement cnbistf&gt;s, puri tes, etc ... Yonç fai,sons droit ci leiir
désir en pu/Jlmnt aujourcl'hui un nombre important de reproduction
à.' œ1wres d1• tout esprit choisies parmi c,,lfes c.~poséos a•t alon des f ndépendants.
Les seize pages snivantcs remplacent la reproduetion en co11l •urs 7l ,ibituelle .
.\'. D. L. R.

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LOUIS FAVRE

Nature morte

�SURVAGE

Portrait

BISSIÈRE

. Paul Rosenbe'rg
Collection

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I:C'C-ALBERT llOREAU

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LIP ' Hl'l'Z

OZEKFANT

Collectio11 l;éonce Ro9e1wcrg

�LES LIVRES
PAR

MAURICE RAYNAL, FRÉDÉRIC MALLET
JEAN EPSTEIN

JEAN BIUSCATEL :
IEYERDT :

LA TIIST&amp;,SI DIS PITES (LIBRAIRIE PERRIN}. -

CŒUR DB CldftB

(ÉDITION SIMON). -

LOUIS DELLUC :

PIEIRE

CHAR.LOT

(ÉDITION DE BRUNOFF).

J

été si magistralement étourdi par les louanges qu'avait bien
voulu me décerner M. BoJJscatel dans la dédicace de son livre,
que j'ai dû mettre plusieurs mois avant de reprendre la plupart de mes sens. Par bonheur, j'y suis parvenu três compfêtement. A tel point même que j'ai fini par m'accoutumer si bien aux éloges
qui m'ont été distribués qu'il me semble, tout compte fait, que M. Bouscatel a raison. Aussi tiens-je à prévenir les auteurs qui ne me traitero11.t
pas d'éminent critique ou de prestigieux écrivain et qui ne m'enverront
pas leurs livres en toute humilité qu'ils n'auront à compter ni sur ma
complaisance et encore moins s:ur ma pitié.
_
Et maintenant quelles raisons ont pu déterminer l'auteur de la Tristesse
des Fétes à envoyer son ouvrage à !'Esprit Noupeau? M. Bouscatel s'est
réservé l'exclusivité de chanter l'amour comme une dame peintre se distinguerait dans le culte spécial des pivoines ou des petits chats. Et sur ce
sujet, se déroule la cohorte des soirs et espoirs, des jours et amours, des
étoiles et des POiles et en général de tous es accessoires bien connus d'ut
genre qui est àla poésie ce qu'un conte est à une action. Quoiqu'on puisse en
être surpris, le cas de M. Bouscatel est indénombrable, et l'on reste stupéfait à la pensée que tant de poètes n'aient jamais lu ni Rimbaud, ni
Mallarmé, ni même, je ne crains pas de dire au pis aller et si l'on se reporte
aux tendances de l'auteur de la 'Iristesse des Fêtes, à Heine et Laforgue.
Mais il faut, je crois, désespérer de faire jamais comprendre aux poètes élégiaques que la figure du monde moderne exige que la poésie ne sQit plus un
prétexte à pleurnicheries et à racontars sentimentaux, parés de mots em•
ployés en méconnaissance absolue de leur valeur significative ou plastique,
mais bien le choix de certains éléments de la vie, élus par l'imagination
comme susceptibles de nous frocurer une émotion d'ordre :pratique et
non sentimental. M. Bouscate ne semble pas savoir que la poésie est avant
tout un art et qui comme tel s'est renouvelé sensiblement depuis Gilbert
ou Arvers. Et, à travers les platitudes de son livre l'on perçoit qu'il ignore
absolument que la sensibilité humaine et la langue française sont des
mines inépuisables dont grâce aux transformations de la vie les véritables poêtes réussissent à tirer soit les pierres précieuses les plus éclatantes,
soit les sujets d'émotion les plus impressionnants.
'AI

89

�1656

1657

L'ESPRIT NOUVEAU

LES LIVRES :

***

vers, ceci est à voir. Tout dépendra de la façon dont Charlot se laissera
manœuvrer par sa gloire. Les œuvres de tous les artistes attestent en
vieillissant un penchant à larmoyer. Il ne faudrait pas trop appuyer comme le fait Delluc sur « la tristesse profonde de Chaplin i). Et quant à la
Vie de Chien ne nous attardons pas trop sur certains couplets sentimentaux, crainte de perdre de vue les étonnants efforts d'imagination qui sont
la vraie part de création de Charlot. Voyez Le Gosse : l'on songe déjà
aux Deux Gosses. Charlot pleurant de vraies larmes, quelle erreur. On ne
rit _plus devant ce Charlot-là, il est donc bien près de devenir ennuyeux.
Quant aux propos de Charlot l'apportés par Louis Delluc, ils n'ont rien
d'intéressant. Charlot ergote sur des sujets sans conséquence. En définitive ce que l'on aimera dans l'œuvre de Louis Delluc, ce sont les véritables
petits poèmes qui sont la transposition des films et en quoi l'on retrouve
sous une autre forme l'humour de Charlot. Lisez cette Vie de Chien qui
commence en ces termes : &lt;t Il y a toujours un policeman dans le voisinage
d'un terrain vague. Et Charlie est à l'intérieur. » Louis Delluc réussit à
percer les intentions de Charlot de la manière la plus sûre et à les exprimer littérairement de la façon la plus cinématique qui soit .

Pour en finir je conseillerai aux poètes sentimentaux de lire « Cœur de
Chêne i&gt; que vient de publier Pierre Reverdy, aux Editions de la Galeria
Simon. !ls verr~~nt co~bie_n_J'art _poétique_doit au respect qu'il a de soi
de réussir à clanfier, à s1mplif1er utilement toutes les suggestions de l'imagination si ~iche soit-elle. ~ierre Reverdy ne raconte pas. Les poèmes de
Cœl!,r de Chene son~ des act10ns sobres et soutenues comme toute action.••
Les él~ments poétiques ~'il _choisit et réduit à la pureté de leurs formes
essentieHes sont ordonnes SIDVant un rythme qui est le sien c'est-à-dire
qui ne s'inspire d'aucune méthode à la façon dont son souffle s'accommode de la marche que dirige sa volonté. Et c'est ainsi que le poème
devient chez Reverdy l'expression d'une sensibilité toute personnelle qui
per~oit l'émotion.et d'une imagination qui la revêt suivant ses moyens.
Lisez le Chemm du pas ; vous sentirez et verrez comment le poète
dévoile qu~ 1:ambiance est pleine_ de faits qui échappent à qui ne jouit pas
du sens poet1que et surtout à qw ne possède pas l'imagination lumineuse
et pure de Reverdy.

... le mystère des portes
On franchit l'émotion qui barre le chemin
Et sans se retourner on va toujours plus loin
La maison ne suit pas
La maison nous regarde
Entre deux arbres
Sa cheçeZure rouge
Et son front blanc
Le silence s'attarde
Et le meilleur critérium. de la simple grandeur de l'œuvre de Reverdy
c'est qu'il arrive, passez-moi la comparaison, qu'à la lecture de tel de se~
~oêmes l'on, se de_mande P?ur_quoi l'on n'avait pas pensé aux objets poétiques que 1 émotion peut mc1ter le poète à créer, à la manière dont nous
nous étonnons qu'il ait fallu Pascal pour perfectionner la brouette.

***
Uon é_crira sal!-s doute des études en quoi l'on montrera comment l 1art
de Charhe Ch~plm se rattache à ceux de Footit, de Little Tich et de Drane~ e,t combien son ~umour possède de caractéristiques personnelles,
mais l ouvrage. de LoIDs Delluc sur Charlot constituera un excellent prélude_ à ces essai~. Dell~c, en effet, détaille en des petits tableaux aussi
précis que des films meme toutes les émotions que suggèrent au spectateur
les moyens nouveaux créés par Charlot.
At:1: surplu~, l?in de présente~ le joreuX; comique comme un tragédien
pon?if, à qui d aucuns voudraient faire Jouer Hamlet (quelle sottise 1),
Louts l_)elluc ne per_d pas non plus le lecteur parmi des détails oiseux. « Il
a été dit que ce petit anglais de Los Angeles avait failli naitre à Paris d'un
père anglo-s~on et d'une mère espagnole, or nous voilà fixés et n'en voulons pas savoir davantage.
Toutefois quan~ Delluc ~outient qu'au contraire de Molière qui devint
ennuyeux sur la fm de ses Jours Charlot ne tombera jamais dans ce tra-

Maurice RAYNAL.

SAMUEL BUTLER:

AINSI VA DUTB CIIAIR.,

TRAD. VALÉRY LARBAUD

VIYIAN GRETOR : UR JOUR•••
BT D'AUTRES (E. SANSOT, ÉDITEUR). - MARC-ADOLPHE GUtGAN : t'IRYITATION A LA. FSTI PRIMJTIYB (ALBERT l\lESSEIN, ÉDITEUR). - GEORGES

(NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, ÉDITEUR), -

MEREDITH:

SHAGPAT RA.SB

(NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, ÉDITEUR),

TRAD. HÉLÈNE BOUSSINESQ ET RENÉ GALLAND.

Erevlwn, le premier livre de Samuel Butler, est un peu décevant. Fait de
pièces et de morceaux, écrit de fa(;on évidente en réaction co.ntre l'espèce
de moralisme frigide, et d'ailleurs superficiel, qui sévissait durant l'ère
victorienne, il porte justement la marque de cette période révolue. Les
descriptions - de premier ordre - écartées, tout ce qui reste a été, en
Angleterre, si fortement dépassé depuis que l'intérêt que Samuel Butler
pouvait avoir paraissait purement .rétrospectif.
Mais voici mieux, voici plus homogène, plus substantiel: unroman solide, bien construit et d'une pensée plus ordonnée.
Ainsi va toute chair est, comme ErePhon, une satire très dure, âpre même
avec une ardeur polémique sur la nature de laquelle on ne peut se tromper: ce roman est une vengeance. Vengeance contre l'autorité paternelle,
contre la brutalité dont les pères anglais usent envers leurs enfants. Vengeance contre l'esprit de l'église protestante anglaise et sa médioc1·ité
fréquente. Vengeance contre les femmes. Vengeance contre tout ce qui est
artificiel ou mensonger. En disant de Samuel Butler qu'il fut un romantique aitardé on ne le définirait pas. Il a la tête parfaitement froi~e et la
volonté intacte. C'est un fils bourgeois de Dickens et aussi - on le sait
par sa biographie - un colonial qui a connu la vie large sur des terres

�LES LIY.RES DE SCIENCE
PAR

1658

L'ESPRIT NOUVEAU

neuves et qui juge en homme fort les basses hypocrisies, les tares mesquines d'hommes faibles, vivant à l'étroit dans des cadres usés, une destinée plate et morose.

JEAN EPSTEIN

B.OLE DIS COLLOIDES Cllll LES !TRIS YlYAl(TS
CISSAI DB BIOCOLLOIDOLOGIE&gt; (MASSON ET Cie).

AUIUSTE LUMltRE

O

retien_t bi~n _dans P~cal la séparation entre esprit de finesse et
de geometne, et bien trop on croit à cette philosophie de
persévéran_ce co~e _un c~téchis1;11e. Le vrai J!laisir de l'intelligence est fm et geometre, 1 un rammant son existence à 1' autre
et l~autre à l'un, ou _pl~t?,t ins~parables, su~erposés, le sentiment étant
le signe ~e.la c~ose s1gmfi~ qm est gé_ométr1que. Quand je fais manœuv~r 1~ s1~ene a voyelle_s, 11_ faut _que Je s_onge au plain-chant grégorien
~ d e~tun~r ~ette m~camque a sa vrrue valeur qui est d'échelle huID81IlA c ~st-a-dJ.1'0 sentimentale. Ce cumul de deux: réalités est aujomd'h~1 md1spensable à la réalité complète, comme pile et face dos à dos
se tiennent.
Cette profonde poésie géométrique on la capte prês de sa source dans
l'~mvrage de M. Auguste Lumière : Rô/,e des Colloïdes chez les Etres
11wa!f,ts, Une idée générale, légitime et solide: L'état colloïdal conditionne
la vie. La floculation. défe:mine la maladie e~ la mort, filtre à travers chaque '
page, et chaque expenence de M. Lllillère s'en illumine à l'intérieur.
Ayant exécuté, en 1919, 1~ Mythe des_ Symbiotes, l'auteur, mis en goüt
de _massacre, _condamne a un;0 pareille mort toute une mythologie:
tox.me, apotoxme, anaphylatoxme dont on se servait bien depuis Richet
Ro~x. Besred~a, pha~tasme~ nés P3:1' la commodité d'une hypothèse'.
A I an~phylaxie que l empl01 quot1d1en des sérums les nombreux cas
de choc ~aum3:tique obs~r~és pendan~ la guerre, c~rtains empoisonnements al~e~taires, ?nt nv~e au preIDier plan dea préoccupations médic~es, la bibliog!ap~1e ré,urue en témoigne, M. Lumière trouve le prem!er une exp~ca~1?n etonnamment génér,ale, dépouillée autant que
f8.J.l'e _se peut d art1fwes. Elle est due au phenomène de floculation des
collo1des. _De ces colloïdes que nous et toute vie sommes, le,a micelles ont
l~ur mamêre d_'adolescence, de maturité, de vieillesse et de mort. Leur
vie est notre vie, leur coagulation, notre pathologie et notre mort. C'est
ainsi que l'auteur découvre une origine commune à tous les accidents
pathologiques, et l'étaye, la variété des manifestations morbides au lieu
d'embarrasser sa vie unitaire, servant à éclairer les formes et 'les circonstances diverses de cette floculation. Une si vaste thêse et la foule
d'ob~erv~tions qui Y. aboutissent ou en partent, ne peut guère être réSfil;11ee. L ayant_ lue, il !aut r~marquer combien cette hypothèse,, ce n'est
~u une hyJ?othese souligne 1 a_uteur, et, n'est-ce pas, toute certitude est
a grand peme probable, combien cette hypothèse est harmonieuse pure
indépendante. Si nous n'assistons plus à ces querelles sur les c'ontra:
dictions magistrales de la science dont Paracelse Jérôme Fracastor
G~en ou C'.'-1&gt;~is ou Gerdy_ 9u n'ill:1potte lequel de tant d'autres écri:
vaien! les diatribes, néanmoms la biologie est, aussi aujourd'hui, tourmentee et pousse des branches folles en tous sens. On se demande toujours si la vérité est possible. Et les livi'es qui contiennent un système
d'ensemble autoritaire doivent nous être bienvenus.
C~ ~ui im1;&gt;orte. davantage,. c~ R6le des colloül_es, avant même d'être
un,I1v1e d~ b10log1~te, est c~lm d ~m grand médecm. Carrefour de projets
therapeutiques qUI pourraient bien changer le visage de la médecine
même ce Yisage pharmacien qu'elle montre au malade.
'
Çolloides, vie. Ce _pas !ait et admis, e~p~rons les autres qui nous condul.l'&lt;:mt, dans combien d années, aux chimies de la pensée et de la sympathie.
N

Madame Vivian Grétor prolongeet continue Renée Vivien. Renée Vivien
était plus poète. Madame V. Grétor a de la grâce assez musicale pour habiller ses émois ou décrire ses amies.
11 y a dans son recueil des sentiments fins et nuancés. Il y a bien aussi de
la tristesse au fond de tout cela :
Voudrais-tu, Poésie, en devenant Bonheur,
Nouvelle illusion, combler en moi le vide .
Des chagrins, des douleurs de passion morbide.

***
Le livre de M. Marc-Adolphe Guégan est un recueil de sonnets. Il y a
enoore d'honnêtes travailleurs du sonnet. Il faut saluer ces hommes courageux qui maintiennent une si heureuse tradition. On peut faire tenir
tant de choses en quatorze vers l
M. Guégan se donne d'excellents conseils :
·
Vis donc 1 Trouant le ciel de ta fière stature
Sens s'affermir en toi l'animale ossature
Jadis si frêle au jardin du pensionnat.
Fuis le charme spectral des blondes Korriganes,
Tout ce qui, trop loin du bèau réel, t'emmène,
Et sois reconnaissant de vivre à tes organes ...

Shagpat rasé est la première œuvre en prose de Georges .Meredith.
C'est une œuvre de jeunesse. C'est un livre très amusant, d'un esprit très
fin et d'une ironie non moins fine.
Meredith a pris le merveilleux oriental, avec sa poésie mais aussi ses
invraisemblances1 et il en a fait la satire. C'est, si vous voulez, une sorte
de A la manière de, mais pas en raccourcis, en traits légèrement forcés, en
tics familiers, isolés et montés en épingles. Meredith blague à froid, sérieusement, lentement, et au moins, çà et là, s'amuse visiblement en s' efforçant de ne pas le laisser voir.
Il y a des princesses, des princes, des rois, des pouvoirs magiques - que
magiques ! - des aventures et des aventures dans cette parodie satirique.
Tout cela scintille, chatoie, tourne, vire de façon fort divertissante et
même parfois fort belle.
Shapgat rasé est tout à fait à part dans l'œuvre de l'écrivain anglais.
Comme le disent très bien les traducteurs on y sent déjà cependant le
Meredith de l'avenir.
Frédéric M ."-LLE'l'.

Jean EPSTEIN,

�.
THÉATRE

1

PAR

FERNAND DIVOIRE

'

1

01 SOURIT ; Ofl PLIURNICBB. LOUIS XI, CURIEUX B.0111

P

A.UL FORT a quelque chose de oomI?-un avec Strindberg. Il est
toujours maître de sourire et de pirouetter. _C,e rapprochement,
d'ailleurs, uniquement parce que le souverur de la Danse de
nwrt m'est encore proche.
. .
Il y a dans cette œuvre de Paul Fort, deux choses bien d1sti_nctes : . , .
10 Un drame· un drame assez noir, comme ceux des poet~s qu1 ecnvaient du théât;e poétique pendant qu'à côté d'eux on pleurait au mélo-

dr~Les ornements de ce drame. C'est ici que Paul Fort trouve sa voie,
s'il ne la suit pas au point de planter là, oarrément, son ~a~e ..
Ces ornements sont d'une fantaisie délicieuse. Je_ di_rrus b~en s~ak~pearienne si on ne l'avait déjà trop dit, et s'il ne suffisait de dire enJouee,
ailée et juvénile.
.
Qu'un vieux due de Bourgogne meure, et c'est auto~r de lm une sarabande de ses fous de colll', qui sont comme autant de lutrns, comme autant
de petits génies du rire. Ils vont, dansent, et chantent
Rien n'est plus fou que la mort...
Au dernier tableau, on trouve un Paul Fort presque inatten~u. Tandis
que, dans la coulisse, o~ crie ; (( ~a guerre l la guerre 1 » un Vle~x mendiant qui rappelle ?elm de Bo:is Godounoff, lamente et maudit. Et la
vie continuera le ndeau tombe, avec ses guerres.
Paul Fort s~uvent monte au delà de sa « gentillesse ». Il faut le noter:
Son aisance,'le reste du temps, s'explique par 1~ sé~urité d~un homme qw
ne cesse point de s'appuyer sur l'âme du terroir, c est-à-dire sur quelque
chose de solide.
La mise en scène est du Gavault de luxe.
.
A noter : le succès de la pièce auprès du « grand public ».

* **
PELLÉAS ET MÉLISANDE, de Mœterlinck, a été joué au grand t~éâtre
des Champs-Elysées, sans ID:usique de Debrusy et avec une belle nuse en
scène de M. de Salzmann, decorateur rruse.
PeUéas on le sent à la représentation « parlée», est doué d'une excellente rapidité d'action. Les scènes ne sont pas développées par les cheveux jusqu'à satiété. Chaque scène est un acte.
. .
Il fallait donc des décors qui n'immobilisent pas; il fallai~ u_ne rap1d1té
de décors. M. de Salzmann l'a trouvée. Ses « moyens » prmcipa0:x sont,
comme matière des rideaux noirs et un exhaussement de la scene. La
mise en valeur e~t donnée par des lumières. J'ai eu à décrire les décors de

Pelléas.
Ainsi:
dl·
'd
« Quand le rideau, où sont agrandis des cavaliers. e a ta]?1Sser1e, e
Bayeux, est ouvert par une théorie de servantes en n01r, on voit la scene

1:..

THÉATRE

1661

exhaussée de quelques marches. Ainsi quand le soleil se couchera il pourra
descendre vraiment derrière l'horizon.
&lt;&lt; De chaque côté du proscenium une colonne de lumière, blanche ou
bleue selon l'heure, agrandit encore le vaste cadre.
« Les décors ? Deux plans de rideaux noirs pouvant s'ouvrir par moitié, des silhouettes d'arnres noirs quand il faudra une forêt, le minimum
d'accessoires réalistes (margelle de fuits, tour, lit). Et puis des lumières.
Parfois, au-dessus du sol sombre i n'y aUl'a rien dans la grande scène,
autour des personnages, qu'une profonde étendue de lumière.
« L'éclairage, dans les plis des rideaux entr'ouverts, donne parfaite•
ment l'impression d'une grotte sans fin. L'éclairage encore, sensible aux
nuances, peut varier comme les états d'âme des personnages.
« Et la toile de fond ? Je n'ai pas vu de toile de fond. Pour la première
fois mes regards n'ont pas été arrêtés au théâtre par un mur devant le~el
on a mis de la peinture; pour la première fois j'ai eu l'impression de 1infini sur la mer et de la forêt illimitée. Ainsi la suppression des accessoires
m'a mieux donné que les cartons-pâtes réalistes, la sensation d'un paysage

vrai. »
Une seule réserve : une tour de toile peinte, qui au milieu de ces beautés
intelligentes et schématiques apparait un peu comme une tour de guignol.
Dans ces décors, on aimerait entendre Tristan après Pelléas. Les dimensions seraient plus encore à «l'échelle n.
*

**
LA MAISON DE L'HOMME, par Victor Margueritte au Théâtre Antoine.
Un sujet grandiose~ s'accorde justement avec un des sentiments les
plus répandus aujourd hui: l'importance de l'enfant, comme lien entre
l'homme et la femme.
M. Victor Margueritte a traité ce sujet par des moyens du théâtre quotidien, et il s'est donné des facilités de conclure en rendant tuberculeuse
la femme bréhaigne.
Mais l'entrée de l'enfant au théâtre est une « date ». NoUB en verrons
d'autres.
***

LE PARADIS FERMÉ, par M. Hennequin, à l'Athénée.
On rit. On loue l'acteur Brasseur.
Eléments du rire : des mots, un homme qui met les pieds dans tous les
plats, des quiproquos.
***
LE Cousrn DE VALPARAISO, par M. Fonson, au théâtre des Arts. On
sourit. On s'attendrit.
.
***
AIMER, par M. Paul Géraldy. A la Comédie française. Un mari fort et
tendre, à la Georges Ohnet, rattrape sa femme - de justesse.
On pleurniche.
Fernand DrvornE.

�MUSIC-HALL

MUSIC-HALL
PAR

RENÉ BIZET

La directrice,
Le spectateur.
La directrice. - Asseyez-vous, monsieur le spectateur, et dites-moi
quelles sont vos impressions sur mon spectacle.
Le spectateur. - Je ne suis pas habitué à tant d'égards. Laissez-moi le
temps de rassembler mes idées, si j'en ai.
La directrice. - Puis-je vous y aider ?
Le spectateur. - Je vous en prie ....
La directriœ. - D'abord, vous êtes-vous amusé ?
Le spectateur. - Je ne me suis pas ennuyé. C'est déjà beaucoup. Je vous
sais gré de ne pas laisser à l'esprit, ni aux yeux, le temps de se fermer,
même sur une belle image et d'être si prodigue de beaux décors et de
belles couleurs qu'on se croit à la vitre d'un wagon, dans un pays à surprises.
La directrice. - J'aimerais pourtant que vous fussiez moins ébloui :e.t
capable de juger avec plus de calme.
Le spectateur. - N'en demandez pas tant encore. Quand vous me présentez un sketch qui a la prétention de fixer mon attention, je m'ennuie.
La directrice. - Nous n'avons plus d'auteurs gais.
Le spectateur. - Peut-être ne trouvent-ils pas de moyens nouveaux
pour me faire rire.
La directrice. -C'est possible. Mais je les essaye tous, cependant.
Le spectateur. - C'est votre erreur. Pourquoi croyez-vous que le sketch
ou la scène dite &lt;&lt;comique» est indispensable au bonheur de votre clientèle.
La directrice. - Je ne peu~ pourtant pas, d'un seul coup, les effrayer
par un total bouleversement.
, Le .spectateur. - Vous raiso:nnez comme un. fumeur obstiné. S~us le
prétexte qu'il ne peut pas, du Jour au lendemarn, cesser de fumer, 11 contiime de griller quarante cigarette.s dans sonaprês-midi et sa sofrée, trentehuit quand il s'obserye ... Et il continuera jusq,u'à ce que mo~t s'en~uive. Il
faut avoir la volonte de bouleverser et y preparer un public, qm ne demande que votre hardiesse.
La directrice. - Vous ne voulez pas me confier des capitaux?
Le spectateur. - C'est votre dernier argument. Il serait facile de vou.s
citer l'exemple des tentatives qui ont réussi, au cours de ces dix dernières
années, les ballets russes et la chauve-souris ... Mais vous devinez comme
moi que c'est précisément votre routine qui causera votre ruine. Laisijez-

1663

moi vous dire que vous ne cherchez point. Je viens moi-même â'assister
à l'Olympi_a à un spectacle qui devrait vous fournir d_e quoi émerveiller
votre public pendant une demi-heure. J'ru. vu une danseuse américaine
Nina Payne et son jazz-band; j'ai vu Walter et Briant, deux excentriques
et si j'avais eu la charge d'un établissement tel que le vôtre, je les eusse
engagés sur le -champ.
.
La directrice. - Pourquoi faire ? Recommencer le numéro de musichall ? C'est d'une originalité douteuse. D'ailleurs, en Amérique on ne Iait
pas autre chose. On demande aux clowns de commenter la revue et aux
acrobates de s'adapter à l'actualité. J'ai vu une scêne sur la Conférence de
la Paix où figurait une danseuse sur la corde raide. Ce que vous allez me
proposer exige beaucoup d'_argent. Tous les artistes que vous remarquez
réclament des cachets que Je ne puis donner. Par conséquent ... Et puis
nous ne sommes pas ici pour imiter les Américains.
Le sp_ectateur. -A beau mentir qui vient de loin, Madame, si j'ose ainsi
m'exprimer. Je vous parle France, vous me répondez Amérique. Mais
serait-il donc bien difficile de créer un genre qui nous soit propre ? Vous
ne comprenez pas que vous avez sous la main les éléments les plus rares et
qu'il vous suffirait d'un peu de bonne volonté pour les rassembler et nous
donner un spectacle neuf.
Avez-vous vu les Brigands d'Offenbach ?
La directrice. - Vous me parlez d'une opérette. Il faut s'entendre!
Le spectateur. - Il y a des trouvailles qui pourraient, si vieilles soiente~es. vous être _util~s I Le chœur des bandi_t~ qui se moquent des carabirue!s, tout en_ iri:m1que douce~r ou en risibles éclats, permettrait de
plaisantes variations sur des themes actuels. Malheureusement, directeurs
et acteurs ne voient rien, ne regardent rien et ne copient rien.
La directrice. - Recommandez-moi le plagiat.
Le spectateur. - Je n'y manque pas. On ne copie jamais d'ailleurs, mais
tout artiste est un bon estomac qui assimile. Il croit copier la vie. Il la
déforme heureusement. Et la nature ou les hommes sont si heureux de
cette déformation qu'ils la recopient à leur tour en la redéformant. C'est ce
qui fait_qu'on peut encore aujourd'hui écrire ade l'amour ou de l'argent&gt;&gt;.
Le music-hall, quand il aura su se créer une personnalité particulière, fournira au théâtre un modèle qu'il copiera et qu'il transformera peu à peu.
Voilà pourquoi nous devons nous y intéresser. Et dans tout cela, je ne
vous parle pas de l'utilisation du cinéma, à quoi vous ne semblez point
prendre garde. C'est dommage.
La directrice. - Quoi ? vous voulez mélanger les genres ?
Le spectateur. - Nous sommes à une époque où il faut tout mêler dans
la même boite pour voir ce qu'il adviendra de ce mélange. La machine se
heurte avec l'esprit ou plus exactement l'esprit ignore l'esprit de la machine. Nous entendrons des bruits nouveaux, vous voyons des formes nouvelles, tout cela se confond. Il faut faire un puzzle. Au plus intelligent decréer avec ces découpures quelque chose qui, tout en tenant au passé,
soit du jour, caractérise notre siècle. Au spectacle, c'est votre œuvre.
La directrice. - Merci I L'entracte est fini, retournez à votre plaGe.
Le spectateur. - Je n'y vais pas manquer. Aprês tout ... c'est encore plus.
intéressant que du Pierre Wolf 1
La directrice. - Flatteur t
Le spectateur. - Non... demandez à Wolf.
René BIZET.

�PAR

AIJIERT JEANNKIIET

...

ao•a•a..-■

Wl&amp;RB
Cens-ci. aont pU'Dli lea rues qui appol'.ient dea faite JlOllflaûotpnïaateur, M. Jean Wiéner, estime, à jute tiln, ~•une tillé
eoneert eet ~ t le lieu de rencontre 8' de confrontation
lltbétiquea et de9 rialiaatiom nouvelles de ran muical. Fêlioi_.
d'Oke non aeolement ua interPrète de grand_ talent et on pianilte l9IIUlf,o
aual,lê, maïa aUIIÎ de hdlœr·èe rappef-là ~.• oonfrèrel. No111 _...,
:iom.boraer aujourd'hui à men&amp;nœr tiOis pointe l8ûlemeal dèt ~
pammea de Jean Wiênel'i. L'Ol'Clluln Billy ArnAoW.-Cake-Walk: dame nègre. Jazs-llilnll.!-l"f
là, la musique fixe l e ~ au aol, mais tout, dans la musique, y_~
'1 trépide aoua l'act.ion cfu ~ e . Cela devient~ un ronflemeal..,.
__
~ one détente ~ é e dea articulatiom. Ceue musique, o'êif.
. . - de rioheaaes auditivea comidérable : un violon, ua aa:mphonlt(
• pl8DO, une c1arineUe, une fltie, la batterie forment à eu ll8UÙ toal
OICheatre nouveau, ~euni par un choix typi41!e dea matrmnenta, perll'llf3
lumonie due à dea tùnbrea caraeUria\iquea. La batterie : bruiteul8
NUNle avec la cymbale oula grOll8 ~ a l e
aveolaOIÎlll8tle 1Hù,
•tiritê aux rap~ voublante. CHte
• tout 'Oil 8l'l8Ml i. &amp;
.,,•..,,,...,. d&amp; ~ . rAn@tMlie Lei an
el a•êmeuven~ ~
mventive dono, • • ti"!8t ê ~ e t ID01ffementée que ceJJëflei~
elalre de Billy: f i De la musi~ tout ooun. Lea blam,a onl •
mil6 le Jan-band et en ont fait un art. Billy Arnhold elsea oinq1JM11lelas
eat 81111J191D8lll le meilleur jaa que Paria eDtende de longtemp1. Leœà!~
tlanle, le blanc marche. Tou deux replacent. le rythme à sa bu!': Ili!!(
t]qaiologi~- n y a enoore trop de muaiqœa attard6ea, qui •'MioJell
laù&amp;e de n.oiDM.
La mêlodie de folk-lore du juz est p ~ U e . rarement
BIie ~ plaœ commodémeœ dam l'o
• Une mêlodie qu'onNlild
QD8 bonne mêJodie. C'est un profiL
A las.De dea .Aplea1tieDa (d6oembre 1811).

Alban 1SUJIIDll'J'.

�PRO CINÉMA

PAR

LOUIS DELLUC

Le fait est qu'il n'y a pas encore un cinéma français. Pourquoi ? La Franc~ renai~ en s~ie~c~,. ~n tac~ et en art et se
retrouve, épanouie apres avoir ete dispersee dans le rayonnement complexe
son intelligence éq~ibrée. ~a peintur.e
française, la sculpture française, la poésie îrança1se, la musique française même, jaillissent en incomp?J'ables .fusées. Et le
cinéma - on vient de prouver que cette mdustr1e est un art,
on vient de prouver que cet art vient de France - ne porte
pas la marque harmonieuse de chez nous.
.
,
Certes, notre égoïsme de spectateurs n'est pas encl!n à ~eclamer des œuvres aérées, amples, neuves et fortes d une mfinie simplicité comme certains films de :?3-om_as Inc~, de
D. W. Griffith, de Selma Lagerloff, et la serie demesuree de
leurs semblables cinégraphiques renouvelle chaque jour à nos ·
yeux un spectacle de haute séduction. Le _ch:3-1"n:e, ayentur?,
action, espace - qui se dégage n'_e~t pas d1mmue,. lom de la,
du fait que ces larO'eS compos1t10ns usuelles viennent de
Stockholm, de New-York, de Los Angeles ou d'ailleurs. Mais
il importe de s'inquiéter, car cet cc aille~rs )&gt; peut ·s',étendre encore et joindre aux centres transatlantiques ou d outre-Manche des centres disons plus centraux.
Nous sommes tous d'accord, n'est-ce pas ? pour demander
qu'il y ait un cinéma français qui soit français. C~ n'est encore qu'une espérance mal~eureusement._ Croye~ bien qu~ ce
n'est pas dans le monde cmémato?r.a1;hique q~ on se preo~cupe le moins de cette conquêt~ des1ree. 1~ y regne une act~vité touchante. Les artisans qm ont la régie de ces efforts temoignent d'une bonne volon:é qui désai:me. Vous, me direz
que les artisans du moyen age ont bâti les cathedrales de
France. La foi les animait. Ceux d'aujourd'hui n'ont pas .la
foi, et pour deux ou trois qui se proclament gonflés de gérue,
quelle étroite pensée occupe le labeur des autres ? La plupart

de

1667

sont bas. Ah! ce n'est pas moi qui vous conseillerait de tolérer
leur bassesse.
La cohue exotique qui envahit les salles de Paris, les spectateurs étrangers qui assistent aux rares apparitions de nos
films dans leurs pays, ne cachent pas leur consternation devant cette misère. Drames puérils mal adaptés de mélos au
rancart, comédies pesamment sentimentales accouchées d'un
vieux fond de théâtre bourgeois et désuet, farces lugubres ou
trépident les épaves de nos cafés-concerts, que sais-je encore ?
Mais le procès de ces tristesses n'est plus à faire. Et je vous demande si après un peu de réflexion, j'allais dire de contrition,
vous n'estimez pas vaines vos colères contre ces artisans.
Avez-vous élevé la voix, tous, et avec insistance, ·quand
l'écran vous livrait telle navrante inutilité du crû français ?
Non, tous, intellectuels, artistes, meneurs de cerveaux:, vous
avez moins combattu que le populaire. Les spectateurs de
Wagram et du Colisée se dépensent en cri d'animaux, mais
aussi bien en l'honneur d'un essai noble et rare que pour une
fang~use ordure. Pendant ce temps, la foule des faubourgs
témoigne de son instinctive délicatesse en refusant véhémentement des tentatives douteuses, des contrefaçons vulgaires,
toute la tragique grossièreté que le public cultivé tolère dans
ses secteura. Ce jugement de la foule n'est pas inefficace, il a
porté de rudes coups - et il a porté des fruits. Mais ce n'est
pas assez. Il faut agir à la source même. Et qui le peut mieux
que le groupe intellectuel français ?...
Songez que ces psychologies pour images animées se meuvent encore dans des cadres dont ne voudrait pas un casino
de province. On dit que nos décorateurs de meubles et de tentures ne sont pas hostiles à la cinématographie. Est-ce une
excuse ? Il devraient être ençahissants. Quant aux peintres,
école admirable de la couleur tourmentée, ils sont toujours
prêts à collaborer aux fastes poussifs du théâtre actuel. Deux
ou trois scènes, et une saison de Ballets-Russes par an, ne
composent pas un débouché si brillant à une importante ·phalange de chercheurs. Je pense à tout ce qu'apporteraient à la
matière photogénique ces jeunes gens, qui en quelques mois
d'après-guerre ont affirmé une personnalité vigoureuse. Il est
bien difficile de nommer les vivants - comment choisir dans
un tel chœur ? mais imaginez un Fauconnet dans le cinéma.
Oh! si vous doutez quelle puissance le film français gagnerait

�L'ESPRIT NOUVEAU

1668
à l'aide d'un tel talent - précision, mesure, style, audace imaginative toujours suprêmement à.osée - c'est que nous n'êtes
pas encore informés des ressources d'art de la photogénie.
N'attendez pas un investissement total pour les découvrir.
Les peintres français n'ont-ils pas déjà trop attendu?
Pas plus que les pcètes, c'est vrai. Egaillés sur la grande
piste sereine d'où Villon, Ronsal'd, Charles d'Orléans menèrent
le mouvement de pure inspiration latine, ils écrivent sous la
dictée de la muse livresque ou, pal'fois dans le feu véhément
d'un verbe précipité, - tellement précipité pour d'aucuns que,
dans leul' jonglerie de mots, bien des mots s'évanouissent dans
l'espace. Quelques-uns s'activent à renouveler la haute tradition thé&amp;trale et je leur souhaite, sous l'égide de Jean Racine, d'atteindre le but sacré.
Je leur souhaite aussi - et je souhaite à l'art muet - qu'ils
écrivent pour lui. Je ne leur demande pas de donner leurs
œuvres au cinéma. Croyez-vous sincèrement que l'écran ait
gagné un sang neuf aux adaptations d' Anatole France de
Maurice Mackerlinck, de Gabriele d' Annunzio. Les auteurs ont
gagné de l'argent. C'est toujours cà. Mais ni la littérature ni
le cinéma n'en ont tiré quoi que ce soit. Ces œuvres n'étaient
pas destinées à l'écran.
Encore moins destinées à l'écran, ces brouillons anciens ou
ces {{ livres de jeunesse&gt;&gt; quel' écrivain transforme - ou laisse
transformer - en scénario pour trouver quelques milliers de
francs ou simplement pour faire comme tout le monde, ô

Panurge.
Il faut écrire pour le cinéma. Non jeter sur le papier une
idée brève que le metteur en scène développera. Il faut noter, visuellement et rythmiquement, le conte que vous avez
conçu pour l'art des images. Respectez en cette œuvre une
œuvre digne de ce nom, comme un essai théatral : pour trois
répliques coupées dans votre pièce par un impresario hâtif,
vous ameutez toute la presse de Paris. Pour un bouleversement
de votre scénario, vous souriez. C'est que vos scénarios ne sont
que des scénarios. C'est que, en face de la dramaturgie française, il n'y a pas une cinégraphie française.
Si vous le

VOULIEZ,

E
"

contre Marcel L'H b'
,
aussi El Dorado. Au début : i~~\{ e~~ un film _qui s'appelle
Madame Franc1·s J·o f 'd ' .
er ier est tres en forme •
ue .roi et, ' prudente,_ se r?serve.
,
même jus 'à la fin
Elle gardera'
trahit tous les rôl: composé~et~ res_erv~ quel~ lm reproche. L'écran
silencieux et mûrs les visa es . ' ross1s vmgt fms, ~rempés de lumière,
le soi-même qu'on'aurait p! et n y ~av~n~ plus mentir. Etre soi-même ou
tion cinématographique permet~o; r:rt et~, c'est tout ce que la traduepour la première fois se voir à J':er:! ~:·hi~~ n'es! plus.désagréable que
un névropathe par son psy.e,hiât
. b/ a ue-tete, decouvert comme
coupé dans tous ses menso
re, pu ~e ~u _et confondu, on se trouve
Les mensonges sont donc n:;es, co!1fes~e, l?,t1me, honteu~ et véritable.
apprise, puis acquise. Je conse~!legrace _e !ivre, _d'.abord imaginée, puis
bien plus précise que le symbolism
JO!~ experience de psychanalyse
l'école de Freud. La s cholo ·e e ireur, e ~artes étymologiques selon
jour ce film confesseufo! le suj~t et l\m;~ecme mentale utiliseront un
bons acteurs, exclusivement cin!~:~1 o Jet_ vu. Et _cela explique que les
mêmes rôles. Hayakawa Ch 1 R ogaphiques, Jouent toujours les
tonie nécessaire perdritientar ~s ay, ouglas, e.n dehors de leur monomêmes.
,
c arme et persuasion, n'étant plus euxVE FRANCIS

ce:~e

Madame Eve Francis possèd
t ,
personnalité nécessaire pour sou~~ e cf~en France exceptionnel - la
à-dire où scénario, mis en scène
sous le régim~ de ]a star, c'est0:
de la vedette principale. Et le . our ù prses sont à ~a trolle et à la guise
elle-même, sans passages à jouj . f o e e a1_1ra un film tout à fait selon
si lucide.
r a aux, son Jeu n'aura plus besoin d'être

::i:

Je tiens encore Le Carnaçal des Vé . ,
'
M. L'Herbier. Les défauts ét
ntes pou: ~ œuvre maîtresse de
surtout littéraires, gênaienimo:! ;~l~~.~~:fme~ato_grap~ques mais
carrure d'un des bons réalisateurs f
. e . issaient Jusqu au bout la
environs de quatre (avec lui : Gancer~ça1s qm, en tout, doivent être aux
œuvre qui est le génie d'un ho
, ., ~lluc et Madame Dulac). Dans une
tés, ses travers. Ceux-ci qua~u:e, J .~e, autant ou plus que les qualiéID:ouvants : signatures de sincérit: â~::I,e est sympathi~e, sont le plus
phie précieuse du Carnaçal des Vé;.tés f ~don ~t de passion. La oalligrade ce film. L'éclairage n'e
t i
a~t partie du (( grand caractère "
moins homogène, continue~ ées 'IibS:é moms ébl~uisssant, ~ le montage
on a reproché à M L'He b' qm .
d~ns le lyrisme. DepUis ce Carnaçal
·
·
r ter sa virtuosité t ·
·
t1on gêne maintenant ses tr
aill E e 'Je crms, un soum de perfecfois, en contient encore asse~ue~ dees. • l Dora~, _naturellement et touteautres est admirable ce flou corn /~e~ent mnema~ograp~ques. E~tre
graphier littéralement un rythm p
be 11a danse qui en arrive à photoe. a e e cadence propre à L'Herbier

f

il y en aurait une.

Louis

DELLUC.

�Pour Monsieur Vauxelles

L'ESPll.lT NOUVEAU

1670

retrouve aussi dans ce. film, mais bientôt ce rythme est recoupé, brusqué et dévié par un autre que peu à peu impose Madame Francis. Bientôt
c'est elle qui l'emporte et nous fait perdre contact avec le metteur en
scène. Cette lutte et cette sorte de victoire d'un génie sur l'autre ç,réent
toute une atmosphère de drame, mais aussi d'instabilité et de cahots. Tout
à la fin presque M. Jaque Catelain qui est remarquable, mais un peu distrait, et fut meilleur, rayonnant du plus pur style, L'Herbier arrive au
secours de son metteur en scène : Il est trop tard. Eve Francis a gagné la
partie. Si j'étais M. L'Herbier, je demanderais ma revanche.
S'il est entendu qu' EL Dorado n'est pas encore, même de loin, le cinéma
pur qu'on souhaite voir enfin réalisé, et do:nt, par exemple, une comédie
Mack Sennett se rapproche même davantage, il constitue néanmoins l'œuvre la plus intéressante de 1921 jusqu'ici.
Et c'est une idée heureuse de résumer sous forme de livre, en cinquante
photos accompagnées d'un arguJnent, le film qu'il est souvent impos!'lible

1.e

de revoir comme on relirait un volume.

Jean EPSTEIN.

SYMPTOMES
Un de nos grands industriels de France ayant appelé, récemment, un architecte pour étudier la construction d'une cité ouvrière
disait: cc Je n.e veux: plus de maisons qui soient construites avec des briques, des pierres, des tuiles; n'êtes-vous pas capable de me faire des maisons qui soient construites comme un châssis d'automobile, en série, réalisées automatiquement, avec des éléments étudiés comme ceux des autos
que je construis ? Une maison est une machine à habiter et ses organes
sont comme ceux d'une machine ; l'in&lt;;lustrialisation des organes poussera
à la sélection.

&gt;l

Symptôme de l'esprit nouveau.

REALITE
Un entrepreneur occupé à la reconstitution du Nord avouait :
« Nous avons essayé de faire moderne, de réaliser un programme intelligent avec tout l'apport de la science nouvelle de bâtir : maisons salubres,
matériaux salubres, procédés de èonstruction standardisés. Mais dans le
Nord, personne n'en veut. Le Nord sera reconstruit comme il était avant
la guerre, avec des briques rouges et des tuiles, et des planchers en bois, et
des petites fenêtres, des toits pointus, exactement comme avant la guerre.
Triste, triste Ill

Nous sommes avisés qu'un grou d
stock considérable de &lt;( mait·
~e e m~chands de tableaux ayant un
res &gt;&gt; 1mpress1onni t
t·
peuvent du marasme aénéral d aff .
s es, ll'ant le parti qu'ils
•
es ru.res et de · ,
•
0
sa repercuss10n sur la vente
d e l a pemture ont envisagé d
•
'
e
provoquer
b.
une campagne dont l'objet e.st
d e f aire croire à la mévente d
· •
u cu 1sme
et à
ams1 provoquer la reprise d p·
.
. sa non valeur ; ils espèrent
Au même
e 1mpress10nmsme.
.
moment, M. Vauxelles a l''dé d . .
Semaine, où il détient u
hr .
i
e e pubber dans le Carnet d,e la
.
ne c omque hebd
d ·
d e1 &lt;( Pmturicchio » une suit d
orna aire sous le pseudonyme
l' art d' esprit
. nouveau
'
e e .notes
.
le c b'
1 extrêtnem
.
. ent ma1veillantes
pour
droit;-. de M. Vauxe1les d'
u • isme, e purisme 'et c... C' est assurément le
, .
e ne rien compre d ,
.
etonne c'est de voir ce mêmeM V
n re_a_cette pemture, mais ce qui
l'Art ». Or, dans sa Revu M v· auxelles d,1riger la Revue c&lt; l'Amour de
.
.
e, . auxeUes puhr10 d
. 1 ,
P1easso, Lipchitz Juan G .
.
es art1c es elogieux sur
,
ris, etc les art1st
. ,·1
. .
... ,
es qu I attaque d'autre part
d ans le Carnet de la S
.
emaine ' noùs avouons
.
.
vaut•il mieux ne pas comprend
Il
ne pas comprèndre; peut-être
soit moin1, forte à l'heure t Ure.
se peut que la vente des tableaux
ac ue e qu'elle ne l' 't . ·1
ch arbon aussi se vend mal . ou
e rut l y a quelques mois ; le
Kahnweiller' presque exclu~.' p rtant les ventes des collections Uhde
.
,,,1vement compos, d
1·
'
teindre près d'un milli
ees e cu istes, viennent d'at·u·
on
et
semblent
PfOU
l
.
1Ill ion d'un coup pour 1
b'
,
ver e contraire, car enfin un
0 cu 1sme a cette h
"
'
d
·
. Et, au fait ' ser.,;t
= ·il .1·n 1scret d e ' 8 • MMeure e cnse monétaire .. ·
s10nnisme, la question de savoir si~I: a
.. les_mafchands de l'Impresplutôt parce qu'il se vend très mal
press~onmsme se vend ? Serait•ce
merciaux (il y a beaucoup d
·u· que 1~ defense de leurs intérêts corne fil ions en Jeu) les .
, ,
contre le cubisme et 1 ·s , l
a eng.ages a la campagne
.
e eco es modernes qui se
d
Et aM. Vauxelles qui set
ven ent, eux, très bien
,
rouve commep h
d ,
. .
·
ment les désirs des marchands im
. ar . asar prevemr s1 o_bligeamd'o.rdre esthétique. Po
. l
press10nmstes, cette autre question
,.
·
urquo1 e grand p hl'
h,
.
pas d impressionnisme -? y
·t ·1
u 10 ac ete-t-il du cubisme et
·
aurai -1 quelq Oh
d0
du gran~ public ?
ue ose
changé à l'optique

a·

. P ..s. - Corrigeant les épreuves de .
ncchio-Vaw.:elles récidive le 9 janvier. cette note, nous :i.jouterous que M. Pintu-

�NOtU instrons avec plaisir le communiqué 11nno11ça11t :

LE CONGRÈS DE P \RIS
Au mois de mars prochain s'ouvre à Paris un Cungrts i11/n11alio1wl pcmr 1 1111/èttr111i11ation des tlircctit'l'S el la défe11se d, res]lril ,11otlerne •· Tous l'CUX qui tentent aujourd'hui don le domaine de l'art, de ln science ou cle la vie un effort neuf et dêsintéressé sont com:iés à y prendre part. Il s'agit 3'\.'nnt tout d'opposer à une certaine
formule de dévotion au pasllé - il est question ron ,tntnm&lt;'nt de la nécel;sité d'un
prétendu retour(?) /J. la trodition - l'e.,t&gt;ression d'une volonté qui Jl!)rtc à agir avec
le minimum de référenées, autrement dit à se placer au départ en dchoN du e&lt;1m1u
de l'attendu.
Laetpart
cle la '\"érité n'est certes plus à faire dnns les arguments que peuv&lt;'nt
invoquer en leur faveur les représentants de l'une et de l'autre tendances. li est,
par ('J()ntre, permis de dire que l'attitude des premiers, s'appuyant sur une doctrine de plus strictes et se posant, on ne i;nit pourquoi en f(nrdiens de l'ordre,
menacerait gravement la lib&lt;'rté des second.c;, livrés par définition à des entrel1rises
hasardeuses et fréguemment contradic-toires. si ces derniers ne se rcnouvc aient
sans cesse ou s'ils n étaient renouvelés. Les uns gagneront donc à être instruits de
notre projet. Aux autres, nous demandons de t'il.ire abstraction de leur alllbition
particulière et de nous adresser leur aclhé.'!ion.
Qu'on ne s'y méprenne pas: les sip;nataires de œt article n'ont nullement.l'intention,
par-delà les caractéristiques individuelles, voire les caractéristiques de groupement
ou d'écoles dont nous avons l'exemple en art avec. l'impressionni me, le symuolisme, l'unanimisme, le fauvisme, le simultanéisme, le cubisme, l'orphisme, l'cxpn-ssionnisme, le futurisme, le purisme, Dada, etc., de travailler à ln création d'une
nouvelle famille intellectuelle et de resserrer les lienc; que beaucoup jugnont
iUuwires. Nous n'entt-ndons en effet former ni lil(Ue, ni pùrti ; tout au plus nous
estimerions-nous heureux ~i, par tous les mo,•ens dont nous &lt;lisposons, nous ren·
dions impossible la confusion présente. Il sutfit, pour rcla, qu'ave&lt;,• la collahonLtion de tous ceux que la question intéresse, nous procédions à la &lt;.'Onfrontation tlet1
Vl\leurs nouvelles, nous rendions pour la première fois un &lt;·ompte cxa&lt;'t des fore-es
en présence et puissions au besoin préciser la nature de leur résultant~. ~ul un pnrti-pris de scepticisme pourrait empêcher de répondre il cet appel, qu'on attende ou
non du C'ongrèl de Paris une révélation capitale.
' n tel prognunme subit à ce jour un &lt;.-ommenccmcnt de réalis11tion prali&lt;J.UC. On
conçoit qu'il ne doive se borner à une campagne de presse ni n1êmc /J. un cchangc
plus ou moins intéressant.de points de vue. Le difficile reste ll fo.ir&lt;'. Il nous semble
qu'une simple lecture d'uhservation, de mémoires, selon la m(·thode des assemblées scientifiques, manquerait ici de vigueur. Toutefois nQUS réservons provisoirement notre solution, afin de pouvoir tcmr compte des suggestions qw nom
seront
apportées,
Les
membres
du Comité d'organisation, au nombre de i;ept, sans se donne, pour ll'll
mandataires quali!iês de qui &lt;\ue ce soit, profrssent dt-s idées trop diverses lKl\lr
qu'on puisse les suspecter des entendre afin de limiter l'esprit modemc au profit
de quelques-uns : leurs dissensions sont publiques. Le malentendu qui règne entre
eux Tépond de leur impartialité au sein du Congrès : il laisse &lt;'cpcndnnt subsister Je
minimum d'accord indispensable pour ne pas paralyser la tentative.
,li ne leur échappe pas que cet o.ppel aurait sans doute l(LLgné il {•lre rfdi~é d'une
façon J&gt;lUS attrayante; que, quoiqu'il ouvre, à !eut sens, un dèbut pnmordial,
moins impersonnel, il aurait touché plus facilement.Maison leursaumgrêclen'nvoir
pas supposé le problème résolu et d'avoir ainsi rendu possible un plus grand
nombre de ~ticipntions. Ils croient devoir souligner encore une fois le raractère
peut-être decisif de la partie qui se joue cle prendre sur eux et lui ménager lé plus
grand éclat. En conséquence, ils e:sl1ortent tous ceu.x qui se reconnaissent ,-oi.-.. au
rhapitre1 sans distinction d'âge, de qualité, d'opinions, à contribuer dans lii
me!lure cle leur pouvoir au succès d'une expérience aSSC7- vaste pour que dc,-nnt elle
s'effarent
les personnalités.
Georges
Auruc,
coropositcur ; André D11ETON, directeur de LittlTalurt ; Robert
I&gt;ELAUNAY, artiste peintre; Fernand Lt:GJm, artiste peintre; Amèdée Oœ~a·A-..:T,
co-directeur de l'Esprit 1',o,n:eau; Jean PA1i LTIAN, secrétaire généml de la ]\"ou•
veUt. Rt:t'fM Franraise; Roger V1TBAC, directeur de l'iJce,1t1rrr.
Lu ptr,o,mu dtsirt11srs de participer au Congrts s011t priées d'écrire
Comill c,rgani.aalttir du O. P., 2, rue de NoisiclJ&gt;ari!I, XVI•·.

1111

Srerc!l11ri11l cl11

BOZBUBS
. Rigidité circulaire des plastro·ns hlan&lt;·
décor d "b
lmes perles journalistes
cigarettes
coupé
d'omh
e' ·1
rese dz1ures
l
sou. œi mauve des lampes à arc
~ur le rmg mathématique il n'y a que le choc de
t
pomts
d
.
qua
1
qua ri atere dont les angle , s' aim11se t · •t , re
nent
lt" l' , • •
~- n e s oumu ip ie a 1tmfini
avec le geste d'un seul . ongleur s_e renvoyant ses poings en quatre ballons de . . J
Apres l
·1 ,
cUir JaWle
. e gong I s accouche en deux corps d'hommes h l
tants comme des idoles de gélatine
padischahs po a
01
xante
secondes
dans l' envol blanc des serviettes éventails
ur s .
.
eponges citronnade qu'interrompt la f at alit,e coupante &lt;lu
chronométreur

~

TIME
lent le ballet recherche
son rythm e en pomtes
.
.
de Plus
· arobes
..
et Jeux
se
mobilité de deux danseuses au tutu clair qui
e icnt avec des agaceries simiesques de Zamhelli
.
sol si mi
fa ré do.
Un direct
tombe
là-dedans
comme
un obus
l e sang
d l'
d ·
.
e arca e sourcilière sculpte à vif une belle brute
hl
qtlÎ sa
., tt ar d e sur un genou mou et se relève à la
. essée.è
cmqui me
avec une banderille rouge sur une joue verte
pour chercher la revanche d'un coup mat
doul)lé

à-r

�1674

SPORTS

L'ESPRIT NOUVEAU

Stop
intermède che,ving-gum
friture d,eau fraiche

PAR

à la mâchoire adverse du dentiste américain

Petite comédie des soigneurs
massage de flanelle pectorale

LE

or

WINTER

27 novembre: l.,e Racing Club gagne le championnat de Paris ( Rugby).
FOOT-BALL PARTOUT. 11 contre 11 - 15 contre 15; les équipe.

seconds out.

qu'une couleurunifie, artirulent leurs gestes et le ballon ovale ou rond, dans
les limites des rectangles Yerl~ bordés de blanc, décrivent de nettes trajectoires.

Time
Troisième épisode du film
l' Anglais l' Américain l' Anglais
attention
l' Américain l' Anglais
contre du
droit à l'épigastre bien uppercut du gauche l' Amé~icain l' Anglais
il n'y a plus que le choc de quatre p_omts
.
en notes de musique SUI' la portée des cordes reglementrures
l'Américain
damn
l' AM E R I C A I N
Et oudain un homme à terre
les bras en croix comme
un Christ décoiffé
avec une face blanche et blonde de
baby mort
sept huit neuf DIX

Knock out
Jean-Francis

LAGLENNE

PISTES OU L'O.V T0l.:flYE: 27 novembre. Révélation du jeune
sprinter !tfichard, vainqueur de Poulain, Dupuy et Faucheux:.
11 dérembre: Brorro-Goullet gagnent les six jours de .lladison.
* **
:l décembre : Sur le Hin~ : 11atch Siki-Journée. Bluff !!ans intt'•rêt.
Siki = belle forme athlétique.
Etude de la préparation olympique, 192 1l.
f

***
Le"Grand Pri.r A. C. F. sera couru en Alsace en 1922; bien loin de
Paris ... on avait proposé le bois de Boulogne, c'était une idée excellente,
naturellement abandonnée.

***
Usines, music-hall, laboratoires, expositions de peintures ou d'automobiles, cirques et cinéma - L'Esprit No1u,eau désire tout voir. - Le
voici sur les terrains de sport. JI laissera aux journaux spéciaux le soin
de romptes rendus détaillés. Il veut envisager la renaissance physique de
l'homme moderne dans un sens large. 11 veut tenter d'en dégager des
règles, d'en tirer des conclusions.
PHEMIÈRE AFFIJOIATI0i\': Tout exrrcice physique doit sortir de
l'empirisme et subir le contr61.e sci.entif ique.
L'homme n'est pas un être spécial privilégié des dieux, il est dans la
physico-chimie universelle un transformateur d'énergie soumis à des lois.
SCHÉJIA SJ,1/PLJSTE: queletle, articulations, muscles leviers,
appareils cardio-vasculaire, pulmonaire, &lt;lige tif. Moelle, rentre réflexe
automatique, cerveau, ordres volontair s.
Pour obtenir d'une machine un rendement maximum avec un minimum d'usure il faut ronnaître le jPu intime de tous ses organes, la
nature exacte des aliments qu'elle réclame, les condi~fons favorables de
température, de prc. ion, etc ... Pourquoi faire une exception pour l'homme 1 - Le raisonnemPnt paralt puéril. - Nous l'avons fait, après bien
d'autres, car s'il est bien certain que le « bon sens de tout le monde le
comprend, bien peu jusqu'ici l'ont appliqué pratiquement.
SCIE,\ CE ÉLÉ.IIEATAIRE: L'homme isolé - dans un sens ah11olu - ne se conçoit pas .• uivant Le Dantec appelons A l'être limité par
!lOn sac de cuir et B le milieu extérieur.
A B srMmatise la vie. Elle n'est qu'un rapport.

�1677

SPORTS

167G

L,ESPRlT NOUVEAU

Il faut connaître A.
li faut connaitre B.
li faut la science universelle.
C'est certain.
C'esL aux scienti[iques, biologisLes surtout, qu'il fauL réclamer les règles
fondamentales. Elles s'élaborent peu à peu.
Heprenons A. Il s'agite dans ce qu'on mesure commodément avec un
mètre et un chronomètre: l'Espace et le Temr.··
Définition provisoire ùu sport: Toute activ1Lé physique disciplinée. Le
mouvement est son élément fondamental.
HP.duit iu1es moyens nnturPls l'homme fait du sport, !!oit isolément, soit
en i·quipe. Ce sont les sports athlétiq11Ps.
Aidé de ma~hines qui augmentent ses possibilités de mouvement dans
le' différents milieux, l'homme pratique ]e,&lt;1 sports méranilju'!.s.
Tous les sports peu,·ent rentrer dans l'un ou l'autre de ces deux grou·
pes.
HYPOTHÈSE, PAIŒ1"THÈ F:: « 100 dernières années, l'bommr
parait figé dans l'immobilité, sédentarité à outrance, recueillement, spôculation, lravnux de lahoraloire!I et d'atdiers qui abouti~sent à l'envolée
prodigieuse du machini me. Ré,~olution. Les machinC&gt;s, frémissantes de
vie,rnachi nes ~t diminuer le temps et l'espace, augmentent la vjlesse de la
vie et accélèrent son l'ythme ... et synchroniq1iemmt~le corps si'. réveille, le
rorps ,•i.bre, il entend cet appel des forces multipliéc11, il vcul s'Phattrc
courir, sauter, assouplir ses rouages, perfectionner sei; gestes, pour inienx
sentir (car l'homme sent avec tout son corps) la ,ie nouvelle que sr,
découvertes ont créée ».
·
Le sport doit être situé à sa place, dans le développeroe&gt;nl physique &lt;le
l'homme. Il est lin aboutissant.
PHOGH,1M JllE (d'après le or Boigey. Physwlogie générale de l'édurntion physiqzie).
.
(1) Education phy;ique élémentaire, prépubcrtaire (6 à 13 am,). Jeux
naturels divers utilisant un grand nombre de muscles àla fois. Alliturles
éducatives de correction. Ronde , marches chantée . 1Tout ce qui développe le lhorax et donne son plein jeu à la fonction respiratoire. Ed ucatîon
sensorielle, rythmique. Aucun exercice de force et de fond.
(2) Education physique secondaire, 13 à 18 ans. Jusqu'à 16 ans, aucun
exercice de force ou de fond. Education physique générale, systématique,
rationnelle, ba"-e de la préparation aux sports athléti~ues.
(3) Education physique supérierire, de 18 à 35 ans. hducation phy iquc.
SPOftTS ATHLÉTIQUES

(~) .tiprè.s 35 et pendant la vieille.sse: Malgré le préjugé courant, n(,cessiU·
absolue d'un exercice physique d'entretien d'où seront exclu~ les sport de&gt;
forc.c et de vitesse. Condusion: « L'éducation physique commencée dès le
foyer, ·poursuivie à l'école, rloil s'épanouir dans.les sports » (Dr Boigey).
Quelque.s règles : 11 parait banal d'affirmer qu'une loi !'l'harmonie régit
l'équilibre d'un corps qui fonctionne. Surmenage, cœurs forcé~, etc ...
chez les gens qui pratiquent un sport athlétique empiriquement, autorisent à lo rappeler. Tout effort doit se régler i-ur le fonctionnemenL du
cœur et des poumons. Ce fonctionnement est le témoin de tout effort. li
airle à le doser.
J&gt;onls normlll !'hez l'adultf" : 70 par minutt&gt; avec variations dn i O &lt;'Il

m~ins ou de 5 en pl,ns, au 'repos. Quand le pouls atteint 140 à 150 à la
mmute an cours d un exercice un peu -r.rolongé, il faut suspendre cet
ex~rcice. ,~près tou! effort 1 si violent soiL-11, le pouls doit redevenir normal
rn 3 à 5 minutes. C est le signe tlu r tour à la normale. Il est à la portée de
f.ous.
fle.çpiration, expiration et in'-piration par le nez. Rythme chez l'adulte
au repos, 20 à 18 rnspirations par minute. Le signe du retour à la normale
exisl comme pour le pouls.
i, au courli d'un exercice, la respiration nasale devient insufüsante, si
la houch,i s'ouvre et le rythme re!lpiraloire s'affole, arrêter l'exercice.
Cause : rr.trécissement nasal, insuffisance d'entrainement, etc ...
Tout exercice, quel qu'il soit, doit. être rrglé sur un rythme respiratoire
défini.
Douin, le fameux coureur, était arrivé à une maitrise absolue de son
rythme respiratoire. Il pratiquait l'~galité des 2 temrs, inspiration d'une
durt'c égare à celle de l'expiration, formule parfaiLe. 1 était bien l'homme
machine, l'homme chronomètre. Il connais ai.t son allure à 11ne seconde
prè~. Il l'accPlérait ou ln ralenLi:sait suivant le moment de la course ou la
dis~ance à parcourir. Cet équilibre, ce rythme, qui n'existent que chez les
véritables champions, donnent à leur allure une beauté qui n'échappe pas
à l'observation des foules sportives.
De tels hommes s'imposent. Ils ne sont pas l'effet d'un hasard. Depuis
qu'une préparation scientifique mrthodique est exigée de athlètes, de
jeunes championll, d'une qualité toute nouvelle, font leur apparition. Ils
l;eronl de plus en plus nombreux. La loi de l'ordre, la loi de l'économie se
vérifient ici comme aillcw··. Le but à aLteindre est le maximum de rendement obtenu avec un minimum d'effort.
Une telle discipline et les.joies al)solues qu&gt;elle donne s'étendront hors
de.- terrains de sport, à tous les modes de l'activité humaine. ·ous sommes
à une époque où l'homme est en passe d,améliorer tous ses records.
Dt ,YI:-.TER.

CURIOSITÉS
Foch, le

e&lt;

Taureau chargeant

n

Bismarck, 27 novembre. - Le maréchal Foch a rumé le calumet de
paix avec le chef indien Tomahawk Rouge, qui tua le chef Taureau
Assis, après le massacre des forces de Cusler par les Sioux rebelles.
Tomal1awk a nommé le maréchal Foch Watakpech Wakiya • (le
Taureau chargeant).

Avions Ford
Ford, le fameux constructeur américain, annonce son intention de
co.nstruire maintenant des avions hon marché, en série, comme il a con . truit ses autos. C'est l'amiral i.rns et Edison qui lui ont donné l'idée .de
cette entreprise, qu'il compte mener ù bien.
On ne saiL pas encore à quel prix pourra être vendu le petit aéro, mais
c',•st vraim1mt l'entrée dans la vie pratique de ce mode de locomotion.

(Intransigeant)

�LES REVUES

LES LIVRES REÇUS
Les ouvrages doivent etre adressés impersonnellement à la revue en double uemplaire, pour étre annoncis et et,e remis pour compte rendu éve11tuel à nos rMacteurs.
La liste ci-dessotu constitue accusé de réceptia,i; zu~u. les Auteurs d Editeurs &lt;"0118·
tatant dans un délai de detUJ mois aprts rexpédition de le1ir service 11ue leurs livres
adressés à la rtvUt ne sont pas annoncé, sont priés d'l'1i aviser !'Esprit Nouveau.
Jt'mncis CaTco.

Roger Allnr(l,
André Gide.
Pierre Mac Orlan.
Georges Vallières.
André Suarès.
Wilhehn Uhde.
D• Allendy.

'.\Jau.rire Utrillo. 27 reproductions.
Marie Laurencin. 26 reproductions.
l\lorccnu.x rhoisi~.
La Cavalière El!!n.
L'Amoureusc Chanson.
Poète tr. gique (portrait
de Prospéro ).
Henry Rousseau, Ot1Yr11ge
orné de nombreu.ses reproductions.
Le Symbolisme des nombres. Essai d'arithmoSOJ?,hie.

Dr Gnr&lt;'hine.
Max Brod.

Walther Rathennu.
Cnrtaull.

.Jcon Epstein.

Fréd&lt;lri&lt;' Bérence.

La lileu.r Rouge .Traduction française de Satleba.
Tycho de Brahe.
La Triple Révolution.
Propos tenus au Lm,crr.bourg.
Cinéma.
Moi et les outres.

'. R. F .. P11ris.
N. Il. F., Pnris.
N. R.F. ,Paris.

Emile Paul, fri·rcs, P1uis.
Emile Paul ftèr&lt;•~, Puris.
F,dit. Rudol! Kummcrer,
Dresde.
Dibliothèque Chacoma&lt;',
Paris.
F,dilion Rhéa, Paris
quare llnpp.

fil,,

Pragm.&gt;.

Kasimir Erlschmid.

Fmuen.

Edit. Paul Cassirer, Ber-

C'arl F.inst&lt;'in.

• culplure ACricnine.

Edit. E. Wasmuth .
Collection Orhis PÏ&lt;'tus,

Montfort.

Brelan Marin.

Artémidore d'Ephèse.
AIbert l&gt;u.lar.
F .-J. Ronjean.

Lo Cid des Son;cs.
La Dnnse aux .E nfers.

Les ,targes. Librairir clc
!•rance.
La Sirène, Paris.
Ln Sirène. Parici.
Ricù&lt;'r. Puris.

lin.
11°

Une histoire de douze
heure .

I,F, :'!10!'.'DE ~OUYEAlT -

REVUE DEL·rnGÉNTEUR- nER KUNSTWAN'DERER - L'ITALl\_ CTIE CRIVR - GMï1IREA - LA DA..~. g - LE
,œncURF. DE FRANCE - LA VIE INTELl .ECTUEl,LE - LA REVUE
DE FRANCE - LA REYUE ,J01'7JIALE - LE Tll\'RSE - REVUE DE
:\I~'I'APilYSIQl'B ET DE )IORALE - CHO. ACHE D'A'M'UALITA LA CO~'NAISS,\.."°CE - LA GRA.~E REVlE- L.\ RE\'UE :\Œ-SSL'ELLE
- GRA11MATA - LA NlfüVIE - LA CRITJCA - ZDROJ - LES FlfülLLET DE L'El&lt;'FORT - :\ŒDICIS - LE CRAPOUILLOT-THE FRENCH
QUARTERLY - ZENIT- SIG AUX - L'~CLAIR- RE\ïSTA '.\IU 1CAL CATALAN -LA RENAISSANCE-L'ACROPOLE-DE fôiTIJLLE.BULI,ETJN DE LA YŒ AHTISTIQ ;E - LES :\JARGES- C. :M. D. I. IL cm,-rvEG::--O - LA RENAISSA~CE D'OCCIDENT- ATLJU,,"TJC MON·rm,Y - LU:\HÈRI&lt;~ - PCESIA ED ARTE LA RENAIS Al CE DES
CITF:S-ÇA IRA - LA ROl\'DA - U. S. T. I. C.A. - DER • TURli. - LA
REVUE DE GE t"BVE- Dl,'BLINGTO. ,IAGAZI Œ- LES ÉCRITS NOUYEA l:X - LA SCŒ'N'CE ET LA vm - LlJ'.\l18RE - LE THYR. E - LA
H.EYUE DE FRA, tCE- CRITICA - PRIMATO- LA REVUE MONDIALE
- MERCURE DE FRANCE - l\IÉDICIS - DIAL.

PROiffiNOIR
ExtmyonR de cette c.,ceenente petite revue :

7droj, Poznan.
Edition du Rhin.
Paris-Bâlc.
Payot. Paris,
La Sirène. Paris.
Edit.
rbanck cl

f

7.

ECHOS DE L'HOTEL DROUOT
Notre écho de l'hôtel Drouot a du, être remis au numéro 15
vu l'ahondance des matières de l'actualité.
,V. D. L. R.

« Il faudrait s'entendre : ce n'est pas parce qu'il y a des cerises en
losange et des pommes carrées dans un tableau Cfll'il est vraiment neuf
imrtout en 1921 ; et cc n'est pas pour cela qu'il est cubiste. La discipline
&lt;'ubist~, à qui tout jeune peintre, même s'il n'est pas soumis complètement à ses lois, doit être humblement reconnaissant, consiste en
autre chose qu'en une déformation facile et approximative des choses.
Rrconstruction; l'opération n'est pas simple : leR objets, les montagnes,
lC's mai.som-, réclames, affiches, guitares, leR caisses FRAGILE, n. ages
sont absorbés par l'e!lprit qui les digère et les rend mais autres, changés
dans leur intime essence, assemblés dans un ordre intellectuel et logique,
sC'lon la pensée rigoureuse, monde fermé Pt fini qui ne doit plus dépasser
les bornes assignées par son crfateur,PLAT (où le ciel ne·passe plus derrière les personnages, mais devient un morceau de surface définie entre
eux - pareillement solide), comme une symphonie est un univers, qui
co·mmencc à la première note, se déroule et finit à la dernière, étanche,
sans rapports, sans attaches et sans ramifications avec l'extérieur - qui
est 1â nature immédiatement perceptible.
Le Cubisme a montré que: TablPan n'Mait pas rC'production même très
sPnsible d'un moment - r.ar que serait dev&lt;&gt;nue la peintur.c en face de ]a
photographie fausse PL du cinéma vrai, art bâti sur le rérl ; que Tableau,
c'r11t d'abord expression de pensée - demandant choix, distinction dei1
matériaux, recon~lruclion, T "TELLJGENCE ; que lC' peintre doit être
autre cho e qu'un œil et une patte, dont. la seule réunion n'a pu faire
jamais qu'un rapin, celui qui peint comme l'oiseau chante ou la poule fait
l'œuf. C&lt;&gt;tte mise au point, due au Cubisme, le Cubisme l'exploite dans
sPs dernières conséquenrP!I. 1\laii- on p .ut s'en servir, je pense, différem-

�1681

T,Ei:I }\EVUES

1680

L'ESPRIT NOUVEAU

ment. Remettant en avant l'lntelligPnce, elle comporte logiquement qur.
l'artiste se règle non 11eulem«?nt sur les lois générales des novateurs, mail!
sur son cerveau à lui. Et s'il lui plait de se servir plus humblement (en y
changeant moins) drs matériaux usuels, si son esprit, Jes ayant bien assimilés, les rend intacts, cela l'c,mpêchera-t-il d'êLreprofondémentmoderne?
11 L'artiste entièrement nenf est classique. Car au moment ou ceux qui
suivent la :\fodr&gt; vont de plus en plus loin dans son sens, l'artiste neuf
RAPPELLE,\ L'ORDRE, par des œuvres qui étonnent, soit par la hru·diesse, soit par la fausse apparence d'une réaction froide. Au moment du
romantisme, le réYolutionuaire c' i;t Ingres. Quand d'autres cherchaient
l'intérêt do leurs tableaux da.ns des arrangements 'de mascarade, il prenait, lui, des bourgeoi. avec leurs habits de tons les jours, - et, en les regardant simplement, sérieusement, sans lyrisme, sans penser à l'Art, il
faisait des PORTRAIT . Toute une génération y vit.
La tradition clas_sique, qu'à chnquP époque on croit définitivement perdue, se retrouve ininterrompue à travers ces artistes neufs. -:\tais on est
tellement occupé à la cherch r dans le cPrcle -toujours plus large et plus
détendu mais ne se détachant pas du noyau qui l'a engrndré - formé
par tous }Ps disciples, imitateurs, profiteurs, autour d'un de ces artistes
classiques, après qu'ili; l'ont compris, c'est-à-dire quand il n'est plus
neuf, qu'on ne voit pas un noyau tout nu se former plus loin- libre
de toute mode, pur, plein, opaque, ans reflets, original. Et celui-là seul
importe, parce que lui seul est viable.
Pierre DEVAL. (Promenoir) (Lyon).

llcnri St1u1rfer-Straslmug: Au~en. - J)r Th. )fo11rcr-Strasbo11rg: Hermann Bahr
und das GU'theprohlem. - ,Ttat1 , rbas: Gcdicht. - ('/au.~ Jlrin/,o(t: Prol'undin
(~ okt&lt;'). - hui , lgo{!i-TT'l'lln[.\'htim : J)('r Uummcr und clic P1•rlmusc•h1•l. - 11enri

-\olt·1·e1J : A&lt;lolplm I

1ff : L'ArL populair!' en Alsace.

J,,l-1L,;.,1sclll' Bihliogmphh.-. -

Glo~-.;t,n. -

. yolizen.

Critique. -

Hevuts. -

nnomr
Int_ércssanlc r1:vue ,unéri&lt;"nine p:1rnissa11t à Rome, illu&lt;;lrée par PicW1.,n, Liprhil::
nera111, .lua11 Gns.

K .'STDLATT
Pa11l lrr.,tlu:/111 : Der Mn 1er malt Kun~tpruh)eme.

n

Robnt llb1rml: Das llaus der dcut,chen ,tschart in Paris.
J,;mil.r lliperl: Dunte clisriplc- dC's troubadours provençaux.
l,hmrlre Vail/fll : Rinc i:ro. se Lei tuni moclemer Kunst - Der Dnmpkr « Paris •

der Compugnie Générale transoll:mliqul'.
idenecs.
Jm11 Cl1antavoine: Die cleutsche Uichtung in franz ,sischct Yertonuug.
Mrmrict Claudel: Nuremberg.
M,mrire Be.~: Die )lusik clC',; Ta1w.es.
f;mile J'11illerrno;:: De lu Rythmique.

Jrtm BardouJ' : La fin des H

LE ~IO. "DE \'OUVGAU
Ed. JroronieçH: Considérations esthétiques. Florian ParmentieT.

L'AMOUR DE L' RT

ARARAT

T.'Art rus..'le d'aujourd'hui. - Les Breughel de Vienne, ,Tt«m Gris. - Jean .Mar•
cha11d, Louis D~ea11, Loui., Cltarlnt, u port.ail de :Notre-Daine de Cho.rues. Le
livre nu Salon d Automne. llfadame Bardey, F.cbo .
·

~1aœ Reckm&lt;Znn, Guido Knschl)itz.
Joan Goll, Le Purisme de Ozenfant et Jcanneret.
Polt11, Der Polnischc Formismus.

Bresdin, Zah11.

CI 'ÉA

AVENTURE
Bien venue.
• •ous signaloM twec plnisir lu naisc:anœ de cette jeune et channnnte revue ; le
numéro de décembre contient:
Proses et Poèmes de 2\1.'\I. Jean Coct«m. Marcel .4rland, Paul Morand, J&lt;ZCqrll',9 Barorl,
Rmé Crn.iel, Roga J"itroc, J.lt1.r ilforisc, Amlré Dotltel.
•
D,ome de JI. Jlenry Cliquennois.
~
Intervie ,1· de ,lf. FrmlCis Poulenc.
Bois et destjns de MM. Raoul Duffy, Ferna11tl Uger, .Tean Dubuffet et Pierre Flouquet.

Article &lt;le .Term Epstri11: Amour de Charlot .

CO ~IOPOLIS
,Tean f:ipstei11 : Jean Ginuuloux.

DER CICERO, E

•

LA REVUE MUSICALE
Trl-s beau numéro conMcré au Ballet au

XJ.·

iècle.

LES NOUVEAUX CAHIER

/)/111blrr : B&lt;·rnur&lt;l Ilœtj?eT.
Riermmw : Bernard IIœtger.
H'iest:: )lolzahn.

ALSACIE.

IIenri Solrte11: 7je)e-Hoffnungen. -AUiert Michel: Die Kritik der cinhcirnischen

Litteratur in'.den To.geszeitungen. - lraymond Buehcrl: Gecliehtc. -Naia11' 1.;al':.:
Gedichte. -TMotfore '{'11gcrer : L'Horloge de tra'!ùourg et les Poètes d'Alsace. -

Jean-Jlicl1arrl Rloch : t:ne journée &lt;'Il ;\la1whe.
Gtt.s~m•1• t:a11 ller.kr: l'o~mc-s Domestiques.
B/m.~t Cmdrars: La Perle Fihrl·use (rom,rn) Prologue cinémutogrophil'.·.

�1682

L'ESPRIT NOUVEAU

ACTUALITÉS
ACTUALITÉS
Actualités: Le Décor Moderne, par André de Ridder.

SIGNAUX
Le Centenaire de Dostoïevski, par Ilenry Dommartin - Sur la mort d'Alexandre
Blok, par Elie Ehrenbourg - Jeunes filles à marier, par Georges Gabory.

LES MARGES

LE RÉSEAU AÉRIEN

J. Srlltas: Les derniers jours d'Alfred ,Jarry.
F. Divoire: Stratégie littéraire : ne pas se déshonorer.

ART ET DtCORATION
Voici d'après LA NATURE, le réseau

Cl&lt;Juiot et Level : L'art du Congo Belge.

des lignes aérrennes actuelles.

RASSEGNA D' ARTE
L. Mariani : Le Musée du Capitole- Giglioni - Les dessins des Uffizi.

LA REVUE DE FRANCE
Albert Besnard: Sur les routes d'Italie.
Marius-Ary Leblond : L'Opbélia.

BULLETIN DE LA VIE ARTISTIQUE
Tabarant : Les « Procédés sur verre

LA TOUR DE TATLINE

».

Fb~n : Dans le Ring.

LA REVUE MONDIALE
F. Divoire : Les Tendances Nouvelles de la Poésie.
J. F-inot : L'Occultisme devant la scien&lt;'e et les lettres.

A LA TROISIÈME INTERNATIONALE

faite par Wladimir Tatline en 1919-1921 en

verre et fer. Elle doit avoir 400 mètres de haut

LA VIE
Philéas Lebesgue : Les poètes de la Terre de France -

ture. L.-L .Martin: Le Salon d'Autornne.

et être placée sur le Champ de Mars de Pétro-

Enquête sur le goût de la lec-

grad. Le modèle reproduit ici mesure 15 mètres de haut.
Elle renfermera de vastes salles de rét.mion.

La spirale sr:rt de chemin à un ascenseur. Au

sommet station de radio.
(Documents rem'is par M. Elie Ehrenbourg).

�SOMMAIRE DU N° 7

L'ESPRIT

'Eubage, Bt.ugs CF.SDRAl!S •....• ,........
'antlclpatton chez d'Annunûo, Cffî.S E\'lEn .. ,
pollinalrc, Vildrac, nurresnr, Morand, Ghle
(Llvr~s), RA YSA r•....••..•.•••..••.. •. •.
ndances de la Littérature tchèque, StHUK • ,
"temp des t~nêhres et le temp~ des dhcrll~·
semenl!, DIVOIRD ••..•••..• -~.... .. .....
mou,·ement lh~lral en .\llemagne. I. Gou
ous:o;in, DE FA VET................ . . . .. . . .
xenranl el Jcanneret, RAY:-AL , ... •• • • • . •• •
Ions Peinture (Il), L. H.0sEl'iDY.BG • . . • • • . •

NOUVEAU

Vledel'aulC~zaone,VAUVllECY ·•··•· • • ··•·
Lettres, Cf.ZA NNt.. . . • . . . . • • • . • . • • • . . • • . . .
F.rlk satle, lIEs-111 COLL'l:Y • • . . • • • • • • . • • • • • •
Ornem,·ntet Crime, ADOLPHll l,00~ • . . . . • . . •

Llpcllltz, Paul DEll11tB .. . . . . . . . . . .. • . . .. . .
La Rythmique, ALBERT Jli:S!'&gt;ERET..........
Knut Hamsun, A.LZIR JI P.LLA.. . . • • • . . . . • . .
Trois rappels Il. MM. tes Architectes 12.• article)
Lli Co1rnu tBR•l:iA t:O!,lJIR .• • • • • • • • . . . . • • •
La Doctrine deLacerba, Ot.SEl'l':S U:SOAIIEtn

t 33
145
1:,9

169
183

l 90
105
200

eraln,MAt'.RIOJ:RAYNAL ...... . ...... ..•.•
Expositions, \\'ALDBllAR G&amp;ORGI •. ,..... .
·s;,·iir.)
1 tœle·, · 1
Oir:5t~~~~l~s1:Jf1~1

!~v.~~

SOIIOES lhGO'r

.. • .. • • • . • • • • .. • • . • . .. •

Molspassé,VAllVREOY

SOMMAIRE DU N° 3
J t;l,l!S LALLUU:"iD ••• , .... ,., •.• • •. · • •. •

257
269

jourd1lUI, J:l!A:S ROYll\a......... . ... .. ..

284
285

Gréco, V' AtVRECY.........................
neux d;.ne:r:reuse~ tendances poéllques d·au•
Gongoraet Mallarm(', ZDISLA MIL:SJll1........
La l\luslque en Russie so,'ié\lque, JJ:. L. r'1&lt;0u1our •. ... . . • .. . . . . .. . . .... .• .• . . .•
Manifeste Inédit. La danse futurlBte Jo'. T.
MAltI:SETTl ••• , •••.••••.•• , ••..•.. • •. •.

Appogiatures : Sur ta possll,IIIH: de~ raJ1port ·
entre deux polytonallt~, 0 JtORGES MIOOT
Revue esthétique des J ourno.ux et revue, :
Une enquête sur Raphael (Dl.r..,L,. J.·E.
BLA:SCHE). Un nouvel lllêal mu ·!cal (J ACQtES
DALCl\OZ&gt;;). L'Art muet (MAllGF.S). Dl~CUS·
slon aur le 31oderne !A. TBIIIA \'DJ:T) ••••.•. ,
Autour de La Fresnay&lt;-, J. CotTEAtt.. •• .. ••
Les nouveaux ti111bres-1&gt;oote.... . . • • . . . . . . . . .

297

30\
308

313

C ,\11,11.,\ •••• • ••••••••••••••••••••••

Ctu,i..AR:SA rLD

Cl', ••• • • ·, • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

sso ... • • .•..... • ...•........ ,........

Groupe • . • . . . • . • . . • . . . . . . • . . . • • . . . . . .
~t Polonais........................... .
te, ALBICBT Jus;s.&amp;RKT...............

La littérature belge depuis 1914, Ltos Gur.~o\'
Les J-:xpo,ltions 1Nadclman•LeJe11nc-~Iat1sse1,

mols pas:;~. VAUVI\KCY . . . . . . . .. . . . . . . . .
Pb~nomêne lllléra.lre, JEH EP$Tf.P,· ••• • •.

Mariés de la Tour Eirfel, Jiu . CocT11:., u ..
Livre', M. RAYS-AL ••••.••••• • ••.••.••.
Frère.&amp; Le Xain, VAUYJl.ltCY .••••••..••.
rens, :YAUBICI RATIIAI, ••••..•.•.••••••
rt en Lettonie, R. SUTTA ..••..•... .......
Yeux qui ne ,·oient pas ... l,c, Auto~. LB
011.B USl}.ll•SA t:&lt;ô,; IJ.ll ••.......•.....•....
talalc, 0 Divine Vérité, },'J;:11.l'IA:SJJ IIIV0lllE

SOMMAIRE DU NO 4
410

4tl
419
423
427

443

H9
453

(3• article) .............. .

Les r,i-vrcs, Cllll'IB Alll1J.CLD . . . . . . . . . . . . . . .
La poésie polonaise d'aujourd'hui. R. IZ01111s-

G. U:R • • . • • • . • • • • • • . • • • . . . • • • . • • . • • . . .
Régnes, P. RBCHT........................
Parlons Peinture, LtOIICII ROSll!'IDlll\O •. , . . •

Esthétique Musicale, ll1oor................

521

563
573

Lell Expositions, YAUVBECY ••••••••••••••••

570
585

GOS
624
625
639
657

667

9i5

Jtépon.qei; à notreEnquètc (l!'Hll ••..•..•••.•

PrlladaptlOD, PA n. RECUT • • • • • . • • • • • • • • • • •

LaC~~':!i~eli~~~~I~~ ~~.1 ~.~~~~~.
Les Clowns etle.s Fantalsl:;tes, RE:-.~ RIZET .• .
L'Arrl~re-Plan. !-'&amp;RNA s II D1vo11tE ..•. , . . • . .
Où mène la politique antl•soü~th1ue, H. CllE·

~_i~~·:::::

i.zvu,m. .. . . . . • . . . . . . . . . . . . . . . • . . . . • . . . .

Franc1 Picabia et Ilada, F. PtOAllU. • . .. • . • •

Curiosités . . . . . . . . . . . . . . . . . • . . . . . • . . . . . . .

973
970

1068
1061
1064
1045
1059
1016

Critl()IIC de
l'Esi,rit all&lt;!mand, W AloTER
R.\TRB:SAl'.............................

Le Président Ma11aryk, Elrl\HNUEL Sraux....
:-i11uYCllcs Jlypolhese5 dans lo Domaine de la
la Phy,lologl cl dela;\lédeclne,A.LU.!Oli&lt;l\
Lellre à Saturne. llAllTV... •• . . . . . ••. .• . . .•

1093
1107

ti83
tilt

:::: î~~~J~t·::: : :::::: :::: : :: : :: :::: : : BU
1177

Le~ Revue• .. . .. .. .. .. .. . . .. . .. • . .. .. • .. .
BilJllographle . . . . . . . . . . . • . . . • • • . • • . . • . . . •

t 200

1201

OLI~ .... • • .. . .. •

1238

Poésie
ru-,~ l,olchevlque,
H. lZDEBSKA.
Expoalllon11,
\VJ..Ll.lltJI.\B Gi,:oao.&amp; •.•.•••

12:JI
1273

.n·L

!257

VJF.R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

1123

l'eau de

mer, 11r U.

J .~woa•XY......... .• . . . . . . . • . . .. .. •.• •

L:iTypographle,CUl!ITIAS ................
La ~lmlligravurc, PARTY...................
Le~ Idées de l'1::spr1t ·ouvc:lU dans la presse

1290
12117

1~15
1277

C&lt;-1.wne et C!:'zannlsme, GINO s1v1,;11r.-, • • • • •
\\ lJsun el l 'li m11ani!'111e rranÇ'al,, R. CIIE~E·
L·1111érlort~allu11 de

13111
l'.!O',

6AUO.SIEl1. • .... • ....... • ·• .. ••. • ... • • •.
Phénomène littéraire, Jx.u, Et-Tn .·.....
Livres, FRtDtRJC :ll.H.LBT ••.• _. •......
!mir ~·d h 11 P
c

et dan,; le livra•
·

1328

I

-

· · • • · · • · · • • · · • • ·•· · • • • · •

~e, Llvles ~eçur. • •. • •.. • ... • .... • .. •....
· "'"'" 3 rc es {evue:s. · · · · •• · • · • • • • • • • • • • •
Le :-.alon del 'Aulomotllle 0' 1'AINT•Q1JE)(T1:S.
•ro•1,rrer et le Cinéma, na }'An,T............
(';\}llhoclntmatographlque PA1.L Rl!CRT....
l•'ootll et Charlot ... ,......' ..•. ............

1267
1245
13ô5
13'8
•

1366
1367
113363~

..

1375

77
t3

SOMMAIRE DU No 13
Phèoomènc Lltt~raire: cxemplt's: Rlm•
baud, Ceudrars, J. Uumalns, Coi·t.-.au, Arroi•
linaire, Prou,t. J1:A:11 1;1·sT1n&lt; ..•..••.••.•
ncxlon sur Jean Cocteau, JC. ~l.\!'l(l.lB111 ••
Livres, MA\.RlC&amp; UAYSA.L . . . . . . . . . . . . ' .
cuso et la Peinture d'aujuurd·hui, Y.,L··
nECî° ·••·•••·••·••··•··•··•···•···•··

salon d'automne, Ili;: l&lt;'An:T .•...••••..•.
~?uca
romaln&lt;"s, Dll FAYET •. • .••.•••••
,·res d'Art, B ...•.•...••..•..••. • ...•

1~ C~znnnhme (Ill, o. stnrnt&lt;,J ..
d .Eslb(;tlquc, V .............. , •.
.Maisons en S~rle, Lr. CoRDUlllltl\·SAll:

ffv~ii

7

Cl 111in l■tial 131 JIIII, 30 ,NttlflllHI hll li ltlll, Il lm-t111,, Ill n,n111u11 Il 111111n : T1'1111 •• lr1411.

.,

946

Ill 1116?1 Clltilt 181 JIIII, H lllutnliDI flll H ltn·IIIII Il 5 un-llilt Il cnltln.

Blbllograi,hle ..••..........•..•..•....••.
Echos de l'Uôlel Drouot .....•..•••••..•••
Echos du mols ••.•••.••.•.....•..••••••.
La Rcloede Sa.tia, Knut Hamsun ...•••..••.

Dialogue sur 1'Esthêtlque du M uslc•Jlall,
RENI BIZET ....•.....••..•.....•...•.•. .
Une Villa de Le Corbusier, 1916,J't:LIENCARO!(
La Yie Francal se, R. Cllli.!llll:Vl.i,:ll •••..••••.•
Le Respect de~ Plans, P'11BNJ.SD DIVOJli......
J/OriglnedesPétrole!, PAllLRJ.CBT ••••••••
Bibliographie. Barabour, lt. R. ... . • • . • • . • . •

1088
Ill&amp;
1172
112.5
tt52

1111

Les Jeunes Revues allemandes, lVA!,•GOLL .•••
Les Sports, l,,\GLli::S:SJi. ...•••..•.....•..•..•

SOMMAIRE DU No 6
La Lumière, la Couleur et la Fonne, CB. UE; aT
Boileau et le Cinéma (les Revues), HElSRI Au• RIOi, .. ........ .. • . .. .. .. •. . . .•.•.. .. .
L'Elthéllque so.ns AtnOur (II) eu. LAID • • • • .
Braque, W J.l,DlllUR G EORO&amp;. •• • • • • • • • • • • • • .
Cllarlol,E1o11111'AU1\J: ............. •.•••. •• .
L'Bltbétlque et l'Eaprlt, PlDBll REVHDY • • .

t 083

12!l2
12U9

••.• '".,Ill&lt;.

DELLUO...................... &amp;89
Iman Clllill 138 Jllll 1 IUIÜIOI liltil'IIH, 55 m11tntiaJ, 11 un-llltl ,1 WrtJ?NICtlll a Cllllffl (tû1111 t1 JIii

Photogénie,

1Olll
1020
1023
1038
989

Lcllre~,M.\URll'l-lRA\'NAL ••••••••••.••
ln tureet Sculpture, :!lt.\t;llJC'B RAYliAL....

rc, FEIi, A"ll ll1vonu:...... •. •• . . • • . .
IC·ll:tll, Rut BlillT...................
hêtlque 11e l'lng&lt;:nieur, I.E C'ot:11rs11:1J.-

Cubll!me,(WAtDJ:JUB oaono•&gt;

Les Revues 1-:dlson Spirite, (JEAN Fll•OT)
Le Jeune Taine (O. BRtllJ:T)

1in
1077

DIRECTIOS •••.••••.••••••••.• , • • • • • • • • •

turc ancienne el l'elnture m111ler111• UE
'î\'I,;T
............................ :...
~uc, ~\LDERT JE1.;:s1:a1n..............

l

524
556
659

872

SOMMAIRE DU N° 11-i.2

LeTaclillsme .. • ........................ .

•

933

•••••.. • •. , , • . . • • • • . . • . • .
Les 'J'ourLlllons, PA 1,1. It t.CHT .......... , • . • •
La Lumière, la Couleu1• el la Forane &lt;•ultc)
CBABLU lCJ::SR\' • • • • . . • • • • • . . • • . . . •• • • .
Faut•ll
mlllto.rds de billets c.lo IJIU"
que? êmettre
Fl\.\'iOJ~150
llELAl~I..................

que nou~ a.-on. rait, ce que nous rcron,. LA

SOMMAIRE DU No 5
L'esthétique sans amour, en. LALO • • • . • • • • •
491
Dé quelques Acrobates, R. BIZllT ......••...
L'A.rtde cardarelli, Csccu1 . . • . . . • • . • • . . . . .
500
De 1·emplol du verre grosslsaant, F. Drvoui: ••
f&gt;lf&gt;

U03
902.
9t 7

84:i

J(O. D Ll:11011!

JIiin CHlinl 132 ,,,n, U il!UtnlilU tau 11 llllt, tut 1G km-1,111 11 Uir Il 1 urs-11111 UClllllt; 1,11,tm •• Lnnu.

BA .•.•...• ·••· • • •••· • ••· · · ·•·· · • ··•· · ·

La lltt6rature anglaised'aujourd "hul,J. RODKER
Les Expositions, V.&amp;llVI.BCY ••••••••.•••.•••
Cinéma, L. DllLLUO ..•••.•••••••••.•••••.•
science et esthétique, P. RxcaT .••..•.....••
Correspoollance ....•...•.••.•..••.....•...
F.cllos de 1·uotel Drouot •••.••..•..•••• • ...•
Blbllograpble, etc......................... .

1111111116n, 138 111n, 55 ,u11tnnn1, 1 n,nt1ct10 m tn11 lnl1m (fùllll 111. Ypr).

Fouquet. B•••..... ... .. .. .. . . .. .. .. . ... ..
I.'Art de Whltman, L. BHALGETn.... •• . • • •
Iuan Gris, M. RAY:SAI,....................
ApJ)l!I de IIOM, Appel de &amp;en~. P. Di:tu,n....
Tagore, CILtNB Att!&lt;AllLD ... • • • • • • • • • • • • • • •
Les Tracés Régulateurs, LB COltBt'Sll;il•S.\li·

869

8931

LE Co11n1rsn.:n•SA ,GS'lt:R . • • • . • • • . . • • • • . •

Des ~ystèmes d·~sthéllque en Franre. HH'•

SOMMAIRE DU NO 10

Note-: et }:cbo, •••••.• . ••...••..•••.••..•.•
Echos de J'HOtel Orouot
Supfllément littéraire, Knut Hamsun • La
Reine ile Saba 1Prlx N:obel l!l20 J.

Sll!R·SAUG)HER

~os

Des Yeux qui ne voient pas .. , Les Paquebot.•,

Il lllin cutiUt 132 ,110, 55 lllutntnu Ùll lt tnt,, IC UH·tlIII, 1 re,rdtetiU Il clllnn : TûllU b PICUII.

.•.....•••....•..•••..

326

369
367

&amp;'i

877
92.l

. •.•• •

WALDF.llAR Gr.oKGB • .. . • . • .

La 'fypo!llraphle, CBRISTIAN ••••••••••.•••.•
Cinéma, LOUIS DEl,lot!O •..•.••.•.•...••....
LE' )lusic•ll.all, Rur:a BŒIIT .••••.••••.••••••
Dan• les Revue~. FJ:RNA:SD DIVOlRII •.••••.••
Les Grands Concerts, HENRI COLLIIT ••••••••
Les 1..IYTC'I (Picabia, llax Jacob, Apo\llnalrn),

BIii ~ lllirt, H Jkllllflllrtl Il III r11nl1ctiu au tnil mm (Tùlllt û La PfflllJI).

Le Puri.me, 0HNP.&amp;1iT f.T ]F.Ali'l\l!ll:F.T .•....•
Ingres, B1ssw11 ............... , ....... ~ ..
Pensêe~d'HlereL dellalnlenant ............ .
Du Coran et de la Po~learaLe, RElO\ITRl'U.E.
De la recherche de nouvellesconvenllons de ly•
pographlemuslcale, G. lflGOT ..•••.••••..
Les Grands Concert H. COLLltT .............. .
Fernand Léger, M. RA Y.SALS ................ .
L'.Esthéllque de Proudhon, R. CBE:S n1:i:r.... .
Parade,ALBl1.llT 1BAN:.&amp;BU . . . . . . . . . . . . • . .
Le Sacre du Printemps, AloBllRT JJIA!'ll1EBET .•
Trois rappels à MM. lei Archltect~. Li:cOt\BU•

729
777

7'8

SOMMAIRE DU N° 9
1011
DesYeu-icqulnevoienLpas •.. LesAvlons,La
••• •• •
190~J. ~.
COKBt;Sll!R·SA t&lt;, snrn . . . . . . . . . • . . . . . • . .

t51~~!scg.~~:i,\!:'i:~=éi; :.'.::::: '.:::::::

VAUVIJ.EC'\" .. ••·• .......... • •. · ..... ••• •

311

807

839
i69
719

.................

Pttnomllnelltteralre, JBAS E PSTEIS
vre.s, M. RAYNAL •• • • • • . • • • • • • •

po(:,ile. Lyrl~me, Arl, l'.tUL DIIRllRE •••••..•
La Rythmique (/ln),,\LIIE~T Ju:s;:i:au .. ·:.
La Critique des Arts fi.guratH3 en Italie,
CAIILO

742
7fd

A propos des théories d 'Ein,l~ln, LR Il F.CQ ...••
Ten Ion, et l're Ion~. Ro.yons X et Lumllre.
J.a yn11lt c de l'ammoniaque. REC'BT ••••••
La Lumi1·re. la Couleur el la l• orme (Ill,
CU.IULES trE:-1~\' ............. , •...•••...
I.es l'uta.s • d·Al~nce, CRllSE• lllll .......... .

833

•ln ■11111 131 PIII, 38 lllutntilll lw li 11111, li kll'l·llltl, 1n,nlHtiOI II Hlllffl: LI Cl?C)I cu111t11u fi !aarlll IWJ.

Dau u 1116n l38 ,a1n, 50 ,btllflrutl, 1 rtJ?HUtill tU tnil Hlllffl (tùllll ù Ctldl 1I U IIJ)lilllt Utüraln).
1.a lW Mile et la dê!lnlllon ile 1·esthétique,

i37
7 7

SEI\ET •. •• .•• , •.••••..••••••• , ••••••••
t.a création pure, JI un,O1111O ••••• • ••••••••••

SOMMAIRE DU NO 8
PbénomMelltlétalre, IRAll J-:PsTEJ:-........
Jacob en 10 minutes, H111'!Rl 1-IBRT?. .. , . .
Vralsemlilancevlvanle, FBll:SA~D D1vo1KB
Liffe~. 1. RA \"SAL....................
Ile Corot,••• .•...•..•...• , • . • . . . • . . . • .

L:Expres•lonni~mc dan~ l'Allemagne conlem•
poraine , RAY llOSD l,1so11t .....•. , .••• · ..
Lesrn1an1sde l'J11hloror,Cf.L1SllA!t;1u1-T .•..
LI'~ \lai•on~ Voisin, L•: coam·~1BR•S.\ t:GSIRR •
Copeau Cl Gémier. :llAXrn: Ll::ll.\11\li • •• ·• •• ·
L'IIarmoulc, G. ~l!GOT •••.••• • •• ·,. • ••••• •
Le Salon d'Automne, V AtVBl::CY ........... ..
Echo~de Ill dcmlt're lleure .......•. , ...• , , ..
Echo del 'ltôtel flrouot.
-Une expo~illon de peinture à Llège.
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131

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SOMMAIRE DU N o 2
L'E~lhtliqnc nouYclle ou la i-cienr~ de \'Art
Uin), VUJTOR BJ.S&lt;'R....... ... . . • • • • • • • . •

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Evolution de la Carro--rrle Automot.ile .••..
Ollo Lud '!l'ig, AJ.Dll&amp; CŒt;RO\' ..•••..••••••
Le Dlxtuor 1,t'u Sir, ALRBRT lEA!S:&lt;l.11ET • • . ,
Le . ThMlre ru,;se pendant la rholution,

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bRRE:SDot·11u ••••••••.• , ••••••••••.•••.•

Qua11d on w11t ~orllr des sc~nb NI couleurs
F. D1vo111&amp; ......... . ................. _'
La Médecine ~}'llthC\lque, D• .\LLJ,;SDY ..•..•

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Les Revu~;, .•••.••.•...•••..•••..••.•....

Lo• I,lvres ••..••...•..••..••..•.••••.••••
Echos de l'lJ0tel Drouot IHDlrs Udlio et
X:ùlnwelllcri ..•..••...•....••...•...••.

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