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                  <text>3, place cle la

Sork■a~

Puu

Le 1er Octobre l9ll

Le Numéro : 1 fr -50. Étranger : 2 fr.

•

ARTS, LETTRES, SPECTACLES

Un reportage: L'homme aux gants, par HENRI BltRAUD. - Un conte de JEAN GALTIER-BOISSI:E:RE : « La montre
et le poulet». - Un poème de JULES SU?ERVIEILLE. - Chroniques: LES Lt. TI kES : A propos de« la Maison
de Claudine ». par ALEXANDRE ARNOUX. - Ju de massacre : « Un roman audaclewr », p:u JEAN BERNIER. Les livres, par GUS BOFA, DOMINIQUE BRAGA et J. LETACONNOUX.- Conséquences Inattendues: En marge
des théories d'Einstein, par JEAN DESTIDEUX. - LE&amp; ARTS: A quoi sert un t~blnu? par JEAN-GABRIEL
LEMOINE.-JauJmes, par LOUIS LÉON-MARTIN. - LE l H EATRE : « Le Théâtre des Aris », pa'r LJi:ON MOUSSINAC. - Les premières, par PAUL FUCHS. - LA MUSIQUE , AcacHmle nationale de musique, par LUCIEN
MAINSSIEUX. - CHROMIQUE CIN EMATOGRAPHIQlJE: Une rantalslede RENÉ KERDYK. - LA VIE
FINANCIERE : par JEAN AtJBRY. - L'Oiflcede livres.
----~,,,,- 111'1-M!'lll-'l!,,,.,.,MTT;r_"(}T :
n ij s â 1 JiO et 3 fr.). France: 40 fr. Jî:tra~ger: 60 fr.

/

��LE CHAPOUlLLOT

UN REPORTAGE

L'HOMME AUX

GANTS

(1)

PAR HENRI BÉRAUD
Un homm~ en proie au démon de la curiosité, c'est
Saint-Vincent-sur-Jard. On l'atteint par une route bordée
M. Elie-Joseph Bois, rédacteur en chef du « Petit Paride vieilles haies, derrière lesquelles, de loin en loin.,
sien », le plus grand curieux in the world. Mais c'est
~n arbre noir et chevelu se lève comme un chouan, pour
un curieux de seconde main. Ce recordman veut tout
mspecter l'horizon.
\
voir et tout entendre, jusqu'au fond de l'univers, sans
A Saint-Vincent on me dit :
quitter la passerelle d'où il dirige le dreadnought jour- Il n'habite pas le pays. Sa maison est au bord de
nalistique de la rue d'Enghien. C'est pourquoi il donne
la mer. Tenez, là-bas... Mais il y a un chemin d'orprocuration de ses yeux et de ses oreilles à maints agiles
nières, votre camion ne pourra pas passer.
collaborateurs ·qui, bondissant sur le globe et courant
Je partis seul, à pied. C'est ici que l'histoire commence.
. sur les flots, vont examiner, écouter, peser, juger, éva* "*
luer, poursuivre, interroger et disséquer tout ce qui parle,
rampe, brûle, meurt, croule, surgit, tue ou juge sur la
Pour aller du dernier village habité au refuge soliterre. Les hasards de ma vie et la confiance de M. Bois
taire du Tigre, il faut traverser une plaine de cailloux
font que, pour son compte, j'ai vu mourir le pape et
de bruyères et de genêts. C'est le no man's land. On n~
Landru ; que j'ai recueilli les confidences de Fallières,
rencon~re personne ; des oiseaux, volant bas, secouent
de Loubet, de feu Charles IV, du cardinal-doyen Vanuleurs ailes sombres ; un silence lugubre. Cela fait réelletelli ; d'un nommé Sarroit, premier ministre égyptien,
ment penser aux terrains foudroyés de Champagne et
lequel est bien le clown le plus malfaisant de la politique ;
de l'Aisne. Le chemin gravit un petit mamelon. De là
de Mme Marc Swinney qui pleurait son mari vivant mais
il dévale, en se tordant sous les nuages et va se perdre:
déjà mort-sur-parole, du général anglais Macready dont
élargi et tout usé, dans le sable, au bord de la mer.
la poitrine ressemblait à une collection de timbres-poste ;
La maison est là, sur ce sable, à droite, seule, abso&lt;le Mgr Duchesne que je vis agoniser avec tout l'esprit
lument seule, sans arbres, sans murs, sans haies,
d'un prélat du xvme dans un appartement parfumé de
sans jardin, san5 rien.
cigare et d'encens sous les terrasses du Palais Farnèse ...
II y a un grand cercle fait de piquets en bois blanc,
Le samedi, 9 septembre, je méditais chez moi, dans
à hauteur d'appui ; un piquet tous les trois pas et tous
mon fauteuil, sur la fortune des imbéciles ; et je pensais
rattachés par un fil barbelé. Au milieu, on a bâti. En
à M. le marquis de Flers, endossant l'habit vert . qu'il
vo~ant cela,_ on imagine le vieux politicien mis1U1thrope,.
avait jadis bafoué, pour rentrer au « figaro » par ia
amv_ant un JOUr au bout de cette lande déserte, courbant
fenêtre, lorsque la sonnerie du télépho!le retentit. Au
les epaules et traçant, avec sa canne dans Je sable, ce
bout du fil, il y avait une voix, une voix grave que je
rond qui limite sa solitude. Et on le voit de même sur1
reconnus aussitôt :
veillant de son œil dur et goguenard l'homme qui ficha
- Avez-vous lu l' « Echo National » de ce matin ?
dans le sol ce piquet portant cet extraordinaire écriteau :
Je ne fais point de ce jotirnal ma lecture ordinaire ;
Défense d'entrer - propriété privée
je le confessai. La voix poursuivit :
Clemenceau propriétaire de cette parcelle sauvage de
- Le numéro d'aujourd'hui publie un télégramme de
ce coin abandonné des vagabonds, des farfadets ;t 'des
Clemenceau, qui annonce soh départ pour l'Amérique.
bohémiens ? Est-ce un éclat de rire du Vieux ? est-ce la
Ne seriez-vous pas curieux de connaître ses intentions ?
profession de foi d'un irascible ermite? esi:-ce l'instinct
- Si, dis-je, certainement. Encore faudrait-il qu'il soit
ancestral d'un paysan demeuré paysan jusques après les
désireux, lui, de me les soumettre.
conseils et les congrès du Salon de l'Horloge?
- Le mieux serait d'aller voir ce qu'il en pense. VoulezClemenceau m'a dit :
vous prendre le train ce soir ?
- J'ai mis tout ça, la pancarte et les fils de fer, parce
- Bon. Pour où ?
que, tous les dimanches, des bandes de baigneurs venaient
- Pour la Vendée. Clemenœau est là-bas ... Vous vous
s'asseoir devant ma fenêtre et manger des boîtes de
renseignerez sur place ...
.-~;!!!!!~-._
sardines en me regardant manger.
Je saisis mon chapeau, mon parLa maison n'a pas d'étages. C'est
dessus, mon sac de nuit. Le lenun rectangle de torchis, barbouillé
demain matin, qui était dimanche, je
de chaux et percé de cinq ou six
me trouvais aux Sables-d'Olonne.
ouvertures. On dirait une de oes
Un vent glacé courait entre le ciel
tentes d'ambulance que l'on voyait,
et_ la mer. ~s nez rouges se croiavant la guerre, dans les expositions
saient sur la promenade, et les Sablaide la Croix-Rouge et qui contenaient
ses, en jupes rurt_es, montraient jusdes mannequins de la Belle Jardiqu'à mi-cuisse, leurs jambes gainées
nière très proprement blessés.
de coton noir. 1Après diverses démarDu côté opposé au chemin, la consches, je décidai le propriétaire d'une
truction se termine par une baraque
camionnette à 1.1e conduirê dans l'un
de planches peintes en vert pomme.
des villages où l'on pouvait trouver
Le devant, ouvert, forme une véClemenceau.
randa, avec un toit ~rcé d'un trou,
C'est un hameau gris et plat :
par lequel passe le tronc d'un arbre.
Puis il y a une porte \'itrée, qui
~1)_ Détail d'une ettre\·ue avec l\I. Georges
donne
accès dans l'arrière de la baClem ncean dont le iécit.parut dans le Pelil
ra,que. C'est le salon.
Parisien du 11 septc111bre 1922.

On y voit plusieurs chaises-longues, une bergère garnîe
de soie jaune, un bonheur du jour, une table anglaise de
l'époque Directoire, des fauteuils d'osier, quelques moulages de chefs-d'œuvre italiens, de gros in-folios dépareillés. Tout cela, je crois, sans grande valeur. Mais par
terre, couvrant au tiers le parquet de bois blanc, un
magnifique tapis de prière, une fortune. Il y en a !Un
tout pareil dans le cabinet de travail de la rue Franklin.
J'eus l'occasion de le voir lorsque Clemenceau revint à
Paris, après son voyage aux Indes. li y a encore dans le
salon de planches un miroir singulier, dans un épais cadre
d'ébène. On s'y voit à contre-jour et si sombrement que
la glace semble réfléchir un portrait de musée.
Cependant le vent marin secouait les portes et tout le
salon craquait. j'attendis assez longtemps. Clemenceau,
parti dès l'aube, son bâton à la main, n'était pas encore
de retour. Vers dix heures, on vint me dire qu'il rentrait.
]'observais, par une sorte de hublot, le chemin que
j'avais suivi et par lequel, dans ma pensée, Clemenceau
devait arriver. Je ne voyais rkn.
De guerre lasse je me retournai : C'est alors que, dans
le trapèze lumineux que formait la véranda, sur te fond
mouvant et brillant de la mer, je vis une ombre s'inscrire
brusquement.
C'était lui. Il ressemblait tout · à fait aux statuettes de
carton peint qui le représentaient au temps de l'armistice
et que l'on vendit chez les confiseurs. De loin,. on apercevait d'abord son chapeau bosselé - « son chapeau
comme la pluie » eût écrit V.erhearen - et sa grosse
moustache blanche pareille, sous son nez, à un mouchoir
en boule. Il marchait à tout petits pas, très vite ; tout en
venant à moi, il me regardait avec une intense curiosité.
C'est un trait de sa nature. Il regarde passionnément.
Je me le rappelle, à la Chambre, durant les interpellations.
Sans un mouvement, sa tête ronde de Vendéen enfoncée
entre ses épaules, il guettait constamment l'orateur. JI attachait de même son regard sur le long Wilson lors de la
séance plénière du Congrès de la Paix où je m'introduisis
en fraude, le 20 janvier 1919 (1). Au fond de ce regard
flambe une lueur qui, lorsque le vieillard bouge la tête,
semble danser comme les feux follets de son
pays. Cela étonne et effraie. Il le sait et en
joue. Il adopte alors un air cynique dont l~s
étrangers prennent vite ombrage. M. Orlando
a dit sa pensée là-dessus, et M. Keynes en
fit tout un chapitre de son fameux livre.
Sans me quitter des yeux, Clemenceau arriva
sous la véranda jusqu'à la porte vitrée que
j'ouvris pour aller à sa rencontre. Il entra,
toujours très vite, et me fit asseoir, malgré
moi, dans la bergère. Lui-même prit place
sur une chaise. Il ne tarda pas à se trouver
assis de côté, les jambes serrées, le bras
allongé sur le dossier.
Il avait jeté sur la table son chapeau de
drap. Son crâne chauve est d'un ton sans
doute unique. C'est un jaune extrêmement
fin et chaud, le jaune des brioches avant la
cuisson, du fromage d'Ementhal et de certains marbres de Sicile. Vers le front, la peau
brunit et se fonce, à coups d'estampe, jusqu'au
chaume dru et blanc des sourcils. Les joues
ont maigri, allongeant le visage et faisant
paraître plus gros le nez, assez commun. Sa
barbe était faite soigneusement. Il portait un
(1) On trouve deux récil dece reportatre. L'un dans
l'Œuure du '20 janvier 1919; l'autre &lt;lais le n• 1 du
Progrès Civique.

3

col droit croisé, avec un nœud de cravate noir, cousu,
mis un peu de travers. Son costume était de beau drap.
taillé largement et il portait des gants gris très neufs.
Nous parlâmes longuement. Il ne consentit point à
ce que je notasse ses paroles. Je suis sûr, néanmoins, de
de les avoir rapportées textuelles (1 ).
Avec l'attention que l'on imagine, je le regardais parler.
La préoccupation de retenir littéralement ses propos ne
me gênait guère. On ne prend pour ainsi dire jamais
d'interviews importantes un bloc-notes à la main ; aussi les
reporters expérimentés savent-ils, comme les amateurs
d'opéras, écouter et regarder simultanément.
Il n'y a guère, même au théâtre, de visages aussi
mobiles que le visage de Clemenceau. N'était sa
mo'l.lstache qui le singularis,e, aucun de ses portraits ne
lui ressemblerait. Ce n'est qu'une vivante suite d'expressions et d'instants. Il passe avec une rapidité déconcertante de la jubilation à la fureur, s'animant seul, ·car
sa conversation est un monologue coupé en tranches
courtes et sans nombre.
Au début de la conversation, l'ancien président du
Conseil parlait d'un ton las, les yeux fermés, « avec un
visage impassible, de parchemin ». Il n'ouvrait les yeux
que pour dire, de loin en loin, familièrement :
- Ça, faut pas le répéter...
En effet, je ne répétai point ce qu'il me priait de taire.
Mais c'était les plus intéressants passages · de son monologue... Peu à P'eu, Clemenceau s'échauffait. Sa voix
forte et claire, accoutumée à r.émplir les salles des parlements et des banquets, frappait durement. les cloisons
de la petite baraque. Comme je lui demandais si, dans
certaines circonstances, il consentirait à reprendre le pouvoir, il sursauta :
- Hein ? quoi ? ... qu'on vienne me chercher !. .. qu'ils
viennent me demander ca... vous verrez un oeu !. ..
Une extraordinaire jetiness·e, mais qui date.' Il est jeune
à la façon de 1875, avec les allures, les airs hardis d'un
républicain de café. Tout en parlant il fourre ses pouces
dans les goussets de son gilet et, des autres doigts, bat
la mesure sur son ventre, à la façon de.s gandins de
Dumas fils. Il est, comme on dit, marqué.
Du moins on ne se lasse pas de le voir vivre ;
~t on ne s'étonne pas de le trouver prêt, touJours, à la lutte, tant il paraît bâti pour
l'action.
Je le crois assez vain de sa v,e rdeur. Ne
prit-il pas soin de faire hisser, sur un mât, durant notre conversation, une sorte d'étendard
japonais, qui représente un poisson bariolé.
- C'est la carpe, dit-il, qui, ·en ExtrêmeOrient, est le signe de la virilité.
Pendant une heure, il m'a regardé sans
relâche. Il a cessé de me regarder en cessant
de parler. Il était ailleurs, tout d'un coup.
Alors je me suis levé. Il voulut me reconduire jusqu'au sommet du chemin. Arri vé là.
il me tendit trois doigts de sa main droite;
que je sentis durs et forts sous le gant. En
même temps, dans son p oing gau che, il serrait son chapeau et son bâton. Je fa que'.ques
pas. Lorsque je me retournai, jè vis ses ~aules
et sa tête descendre de l'autre côté du mamelon, profilés en ombre chinoise sur l'écran de la
mer, et il disparut très vite comme s'il tombait
à l'eau.
: l) Il est inutile, je p~nse, d&lt;' Ir~ cifr1 ici, lr~ journaux de toutes les provinces el de toutes IJ.,; n1tions

(res ayant reproduites.

�5

M. BINET·VALMER
A
vieux jours : il fait
militaire pour l' épo~nue : la légende et
,ites quelconques, en
avec leurs souvenir&amp;
a encore cours, cette
honnêtes romans à

A PROPOS DE

« LA

ue ses calculs ména1re de conserves de
de toutes sortes, ne
:me. Car « Les Jours
'est pas un vrâi livre
évidemment, écrire
t ce que vaut l'écrivt Binet-Valmer â 1e1.1
rte-fannion », si j'ai

MAISON DE CLAUDINE»

P,\R ALEXANDRE ARNOUX
Je suis bien aise que Co'.ette ait écrit la « Maison de
Claudine » (1) et qu'elle n'ait pas laissé ce soin à quelque
confrère. Ce n'est pas, mon Dieu, que nous manquions de
talents dans ce siècle, ni surtout de talents féminins,
encore moins de souvenirs d'enfance de l'un et l'autre
sexe ; mais enfin, si la plupart des femmes content avec
agrément leurs dernières tartines et les premiers chatouillements de l'adolescence, jusqu'au dépucelage inclusivement, aventure qui forme le centre, le fond et la
substance même de leurs ouvrages, le thème jamais fatigué de leurs méditations, il faut bien avouer qu'elles
ignorent parfois la simple franchise, ou qu'elles l'outrent,
qu'elles dressent une franchise insolente, agressive, et
qu'elles songent plutôt à jeter un défi à la pudeur masculine qu'à composer un livre de bonne foi et d'humilité. Peu d'entre elles surtout ont le souci du style,
qu'elles placent volontiers dans un bavardage lâché, un
négligé du matin, ou je ne sais quelle précieuse recherche du fin du fin ; elles confondent, pour tout dire, l'art de
l'écrivain avec la mode, et l'ornement durable, la naïveté
solide avec le fard ; quand el'.es ont mis du rouge, elles
croient avoir travaillé. Qu'elles prennent modèle sur
M. Anatole France, qui publie ses mémoires. A sept ans, il
prévoyait l'affaire Dreyfus et il était déjà académicien ou
presque ; c'est pourquoi sans doute il se montre peu à
l'Académie, il l'a assez vue, depuis le temps ; il vivait de
littérature et de philosophie et maudissait tout le long
du jour l'Université, comme un véritable universitaire.
Je suis bien curieux d'apprendre, quand il arrivera au
chapitre de l'amour, sur quel texte grec il s'est fondé
pour faire, en bafouant l'érudition, ce que tant d'illettrés
pratiquent sans avoir traduit Homère ni Héraclite et
quelles déductions métaphysiques il en a tiré sur-lechamp, au nez de sa compagne et au mépris de toute
civilité érotique. Mais revenons à la « Maison de
Colette » ; car je barre, dès maintenant, du titre, cette
Claudine qui n'est qu'un masque, un masque ébréché,
usé, et qui ne colle plus au vrai visage.
Inutile, n'est-ce pas, d'analyser le livre par le détail :
tout le monde l'a lu ; qui ne l'a pas fait, je le déclare
indigne de vivre et de paraître à la lumière du ciel, je
le déclare mort et non avenu. Je dirai deux mots cependant Clu sujet pour rafraîchir les mémoires débiles, sableuses, que le vent de chaque heure égalise et remodèle.
Voici : Colette a été petite fille, elle habitait une maison et un jardin ; elle avait une mère, une sœur, un frère,
( 1) Fer.encz i, édileur.

des voisins, un cœur, cinq sens subtils, s,ains et curieux,
des animaux, des plantes ; elle a vu des événements,
merls, mariages, naissances et autres choses extraordinaires et communes. Un sujet rare et singulier en somme,
et qui, peut-être, n'a jamais été traité par personne, avant
elle.
Je traîne dans ma poche ce livre, depuis un mois, et
je l'en so-rs à toute occasion, dans le métro, au restaurant, sous le parapluie qui me protège du soleil d'automne.
D'abord, quand il est arrivé par la poste, je l'ai retourné
un moment; il n'a r_ien de merveilleux, c'est du papier.,
mais un papier qui n'a pas l'odeur des autres, de ce papier
à chef-d'œuvre sans doute dont le stock s'épuise si lentement. Je l'ai ouvert. Il y avait un nom sur la première page, un beau nom, celui de mon trisaïeul, de mon
aïeul, de mon père, et le mien en dernier compte, sans
faute d'orthographe, avec deux A hautement barrés et
deux X en croix de Saint-André propres à donner la
torture à un hanneto-n. Cela fera bon effet dans la vitrine
où j'enferme les « Idylles » dédicacées de Théocrite et
le « Don Quichotte » que m'adressa Cervantès l'année
m ême où il n'obtint que quatre voix au prix Goncourt.
Puis j'ai coupé le livre, plaisir divin. Qu'on ne m'envo:e
jamais de volume rogné, je les exècre ; il se rencontre
t ant de romans qu'il suffit de couper pour s'épargner la
peine de les lire, et sans remords puisqu'on a rendu la
politesse. J'ai donc coupé la « Maison de Colete &gt;&gt; en
249 tranches ; des mots passaient sur l'aile rapide des
feuilles, des mots tout neufs, qui n'avaient jamais servi
pour personne, des fleurs, des bêtes, des parfums, des,
robes, une jambe de bois, une lanterne de projections,
une main replète de vieille dame, une chevêche, une
chevelure, un presbytère, Minet-chéri, une romance, la
tombe d' Antoniphronque Bouscops, des scintillements et
des visages-, aomm.e on voit, du dehors, par le tambour qu~
tourne, à l'intérieur d' un restaurant, des bijoux, du linge,
des mâchoires, d-es fruits. Après cela j'ai lu le livre. Il
commence ainsi :
« La maison était grande, coiffée d'un grenier haut.
La pente raide de la rue obligeait les écaries et les
remises, les poulaillers, la buanderie, la laiterie à se
blottir en contre-bas tout autour d'une cour f ermée ... »
J' ai avalé le tout d'un trait, et je l'ai repris ensuite
a loisir, un chapitre par heure, pendant des jours. Les
phrases déjà perdent leur sens originaire et le maléfice des images trop répétées commence à agir ; les tours
et les mots prennent une valeur mystique, deviennent des
formules d'incantation, se vident de leur contenu pri-

ne peut se résoudre
!rnier livre :
1vropathe et joueur

LE MOUCHOIR DE ROSINE
Le, Parfums de ROSINE, 101, Fauboura Saint-Honoré • PARIS

(qui, par un hasard
ric:ès (sic).
par un hasard non

magnTIITfU"'e mman:-rmus n' eussron amaT57rrra-grrre- pour- - -1nonrs~c:u-ncu- , "1:s, 1'ui:nnan1r:
elle d'autre logis, un peu cahoté, un peu de guingois en
Les dames de ces messieurs, anciennes héroïquesapparence, mai:s d'une si ferme architecture intérieure
dames-blanches, richement décorées de la croix de guerre
qu'on n'y pourrait retrancher trois marches ni détordre
avec palme.
la glycine d'un nœud sans rompre un ensemble si cohéUn aveugle de guerre.
rent que son harmonie paraît dépourvue de méri te et
Quelques anciens embusqués, pour le contraste nécesnécessaire, d'une simplicité si savante et si aisée, d'une
saire (qui, par un hasard étrange, sont tous français).
sensibilité si robuste, si solidement étayée, si pudiquement
Enfin, un juif ~gnominieux, profiteur de l'arrière, comme
épanouie. Rien de soufflé ou de creux là-dedans, mais
nous n'en avions plus rencontré depuis les romans -de Gyp.
un miracle continu d'équilibre, le divin mariage de l'art
Tout ce joli monde ne parle que de la guerre, après
et de l'instinct, la soumission a:.ix voix de la nature e t
quatre ans de paix, ne vit que du souvenir de la guerre,
le redressement de l'intelligence ; il faut un terroir et
regrette la guerre, ou attend la prochaine gue1Te.
l'enrichissement des générations pour produire une telle
A le lire hâtivement, le livre serait négligeable : il
fleur, nourrie de siècles ,et sauvage encore, cultivée et libre.
continue la noble tradition des bourrages de crâne de la
presse de guerre et emploie à cette besogne un style faus~
COLElT-E. CROQUIS DE JEAN OBERLÉ
sement familier d' ru1cien grognard, sans valeur littéraire.
En l'examinant de plus près, on découvre qu'il n'est
autre ·que le livre-programme des « chefs de section »
pour les prochaines élections et cette découverte étonnante lui donne au moins un sens et un but.
M. Binet-Valmer déplore que les fameuses élections
de 1919 n'aient servi qu'à de faux poilus.
Ce n'est pas gentil pour le bloc national et ses élus,
mais c'est p-eut-être vrai.
Il dit encore que la guerre a changé le inonde (ce que
je ne cro1s pas pour ma part, sa merveilleuse inutilité
est peut-être son unique beauté), et que le monde nouveau doit appartenir aux anciens combattants.
Le mot : ancien-combattant ne signifie proprement
rien en français. On combat ou on ne combat p'.us. Sauf
erreur, nous n'avons plus à combattre.
Il fut déjà assez difficile à l'époque, de définir exactement le vrai combattant. Il y eut des combattants de
1re zone, de 2c zone, de 3-e zone, des combattants de
cinq ans de front, de quatre ans, d'un an ou de fractions
insignifiantes d'année. Il y eut toutes sortes de cqmbattants et même des combattants qui ne combattirent pas
du tout. Il doit donc y avoir toutes sortes d'ancienscombattants, quoi que cela puisse signifier.

�5

LE CRAPOUILLOT
mitif et acquièrent cette puissance inquiétante des prières
magiques, des textes saints, des obsessions littéraires.
L'œuvre échappe à l'auteur, au lecteur et vit d'une existence que Colette n'a pas connue, ne connaîtra jamais.
Je dis : « Cheveux longs, barbare parure, toison où s'est
réfugiée l'odeur de la bête ... » Je dis encore : « ... Ce

Tou tes

les

BELLES ROBES
sont de

A PROPj

PAUL POIRET

Je suis bien aise q
Claudine » (1) et qu'e
confrère. Ce n'est pas
talents dans œ sièd
encore moins de sou
sexe ; mais enfin, si l
agrément leurs dernl
touillements de l'adol
sivement, aventure
substance mêine de leurs ouvrages, le thème jamais fatigué de leurs méditations, il faut bien avouer qu'elles
ignorent parfois la simple franchise, ou qu'elles l'outrent,
qu'elles dressent une franchise insolente, agressive, et
qu'elles songent plutôt à jeter un défi à la pudeur masculine qu'à composer un livre de bonne foi et d'humilité. Peu d'entre elles surtout ont le souci du style,
qu'elles placent volontiers dans un bavardage lâché, un
négligé du matin, ou je ne sais quelle précieuse recherche du fin du fin ; elles confondent, pour tout dire, l'art de
!'écrivain avec la mode, et l'ornement durable, la naïveté
solide avec le fard ; quand eJ:es ont mis du rouge, elles
croient avoir travaillé. Qu'elles prennent modèle sur
M . Anatole France, qui publie ses mémoires. A sept ans, il
prévoyait l'affaire Dreyfus et il était déjà académicien ou
presque ; c'est pourquoi sans doute il se montre peu à
l'Académie, il l'a assez vue, depuis le temps ; il vivait de
littérature et de philosophie et maudissait tout le long
du jour l'Université, comme un véritable universitaire.
Je suis bien curieux d'apprendre, quand il arrivera au
chapitre de l'amour, sur quel texte grec il s'est fondé
pour faire, en bafouant l'érudition, ce que tant d'illettrés
pratiquent sans avoir traduit Homère ni Héraclite et
quelles déductions métaphysiques il en a tiré sur-lechamp, au nez de sa compagne et au mépris de toute
civilité érotique. Mais revenons à la « Maison de
Colette » ; car je barre, dès maintenant, du titre, cette
Claudine qui n'est qu'un masque, un masque ébréché..
usé, et qui ne colle plus au vrai visage.
Inutile, n'est-ce pas, d'analyser le livre par le détail :
tout le monde l'a lu ; qui ne l'a pas fait, je le déclare
indigne de vivre et de paraître à la lumière du ciel, je
le déclare mort et non avenu. Je dirai deux mots cependant du sujet pour rafraîchir les mémoires débiles, sableuses, que le vent de chaque heure égalise et remodèle.
Voici : Colette a été petite fille, elle habitait une maison et un jardin ; elle avait une mère, une sœur, un frère,
( 1) Fer enczi, édileur.

D'abord, quand il est arrivé par la poste, je l'ai retourné
un moment; il n'a r_ien de merveilleux, c'est du papier.,
mais un papier qui n'a pas l'odeur des autres, de ce papier
à chef-d'œuvre sans doute dont le stock s'épuise si lentement. Je l'ai ouvert. Il y avait un nom sur la première page, un oeau nom, celui de mon trisaïeul, de mon
aïeul, de mon pèl"e, et le mien en dernier compte, sans
faute d'orthographe, av·ec deux A hautement barrés et
deux X en croix de Saint-André propres à donner la
torture à un hanneton. Cela fera bon effet dans la vitrine
où j'enferme les « Idylles » dédicacées de Théocrite et
le « Don Quichotte » que m'adressa Cervantès l'année
même où il n'obtint que quatre voix au prix Goncourt.
Puis j'ai coupé le livre, plaisir divin. Qu'on ne m'envo~e
jamais de volume rogné, je les exècre ; il se rencontre
tant de romans qu'il suffit de couper pour s'épargner la
peine de les lire, et sans remords puisqu'on a rendu la
politesse. J'ai donc coupé la « Maison de Colet'ce » en
249 tranches ; des mots passaient sur l'aile rapide des
feuilles, des mots tout neufs, qui n'avaient jamais servi
pour personne, des fleurs, des bêtes, des parfums, des
robes, une jambe de bois, une lanterne de projections,
une main replète de vieille dame, une chevêche, une
chevelure, un presbytère, Minet-chéri, une romance, la
tombe d' Antoniphronque Bouscops, des scintillements et
des visages, oomrne on voit, du dehors, par le tambour qw
tourne, à l'intérieur d'un restaurant, des bijoux, du linge,
des mâchoires, des fruits. Après cela j'ai lu le livre. II
commence ainsi :
« La maison était grande, coiffée d'un grenier haat,
La pente raide de la rue obligeait les écuries et les
remises, les poulaillers, la buanderie, la laiterie à se
blottir en contre-bas tout autour d'une cour fermée ... »

J'ai avalé le .tout d'un trait, et je l'ai repris ensuite
à loisir, un chapitre par heure, pendant des jours. Les
phrases déjà perdent leur sens originaire et le maléfice des images trop répétées commence à agir ; les tours
et les mots prennent une valeur mystique, deviennent des
formules d'incantation, se vident de leur contenu pri-

qui s'attache de splendeur aux cordons rouges d'une
vigne d'automne que ruinait son propre poids ... » Et
aussi : (( Le grand-duc s'appuya sur l'air et fondit
dans la nuit dont il prit la couleur de neige et d'argent. » Je ne comprends plus le livre, je le cite hors de
propos et je brûle de le commenter ; ce qu'il avait de
doucement lumineux se pare d'une obscurité éclatante :
en un mot, il devient classiq;ie en moi. Avant ce désastre où sombrent les grandes œuvres comme les médiocres
dans l'oubli, que je tâche de rassembler mon jugement...
Le talent de Colette s'épure chaque année et gagne
en profondeur et en naturel. Nous avions entrevu jadis,
derrière le p,arisianisme et un esthétisme qui ne man·q uait ni de force ni d'agrément mais qui craque aujourd'hui sous une poussée de sève, ce visage de terrienne,
cette figure ;unie et contradictoire, pétrie d'obstination
et de primesaut, ce dangereux regard à qui rien ne
demeure caché de ce que contiennent les êtres humains,
végétaux, animaux, cette oreille qui devine les secrets
du vent, ces narines qui ont épuisé les saisons. Qui elt
résisté à tant de raison, de grâce ferme et douloureuse,
à ce langage savoureux et nuancé ? « La Maison die
Colette » dépasse tout cela, et même les (&lt; Dialogues des
Bêtes », et même « Chéri &gt;&gt; qui n'est., en somme, qu'un
magnifique roman. Nous n'eussions jamais imaginé pour
elle d'autre logis, un peu cahoté, un peu de guingois en
apparence, mai:s d'une si ferme architecture intérieure
qu'on n'y pourrait retrancher trois marches ni détordre
la glycine d'un nœud sans rompre un •e nsemble si cohérent que son harmonie paraît dépourvue de mérite et
nécessaire, d'une simplicité si savante et si aisée, d'une
sensibilité si robuste, si solidement étayée, si pudiquement
épanouie. Rien de soufflé ou de creux là-dedans, mais
un miracle continu d'équilibre, le divin mariage de l'art
et de l'instinct, la soumission a:.ix voix de la nature e t
le redressement de l'intelligence ; il faut un terroir et
l'enrichissement des générations pour produire une telle
fleur, nourrie de siècles et sauvage encore, cultivée et libre.
COLETTE. CROQUIS DE JEAN OBERLÉ

" LES JOURS SANS GLOIRE ", DE M. BINET·VALMER
PAR GUS BOFA
M. Binet-Valmer pense déjà à ses vieux jours : il fait
aujourd'hui des conserves de gloire militaire pour l'époque à venir où la guerre sera devenue : la légende et
les « chefs de section », des macrobites quelconques, en
possession de raser tout le monde avec leurs souvenirs,
périmés. Il change, pendant qu'elle a encore cours, cette
monnaie de souvenirs contre d'honnêtes romans à
7 francs l'un.
Je crains pour M. Binet-Valmer que ses calculs ménagers ne soient déçus et que ce genre de conserves de
guerre, fabriquées avec des déchets de toutes sortes, ne
vieillisse encore plus vite que lui-même. Car « Les Jours
sans Oloire » de M. Binet-Valmer, n'est pas un vrài livre
de guerre. Chaque auteur n'a pu, évidemment, écrire
qu'un seul livre de guerre, qui vaut ce que vaut !'écrivain ou ce qu'a valu le combattant M. Binet-Valmer a tell
le sien : « Les Souvenfrs d'un porte-fannion », si j'ai
bonne mémoire.
Cependant il continue à écrire et ne peut se résoudre
à démobiliser sa plume.
Nous trouvons ainsi dans son dernier livre :
Un ancien colonel français, névropathe et joueur
invétéré.
Un héroïque-ancien-poilu-mutilé (qui, par un hasard
curieux, est Grec et se prénomme Péric:ès (sic).
Un ancien-courageux-major (qui, par un hasard non
moins curieux, est Roumain).
Les dames de ces messieurs, anciennes héroîquesdames-blanches, richement décorées de la croix de guerre
avec palme.
Un aveugle de guerre.
Quelques anciens embusqués, pour le contraste nécessaire (qui, par un hasard étrange, sont tous Français).
Enfin, un juif ~gnominieux, profiteur de l'arrière, comme
nous n'en avions plus rencontré depuis les romans ·de Gyp.
Tout ce joli monde ne parle que de la guerre, après
quatre ans de paix, ne vit que du souvenir de la gue,rre,
regrette la guerre, ou attend la prochaine guerre.
A le lire hâtivement, le livre serait négligeable : il
continue la noble tradition des bourrages de crâne de la
presse de guerre et emploie à cette besogne un style faussement familier d'ancien grognard, sans valeur littéraire.
En l'examinant de plus près, on découvre qu'il n'est
autre que le livre-programme des « chefs de section »
pour les prochaines élections ,e t cette découverte étonnante luÎ' donne au moins un sens et un but.
M. Binet-Valmer déplore •q ue les fameuses élections
de 1919 n'aient servi qu'à de faux poilus.
Ce n'est pas gentil pour le bloc national et ses élus,
mais c'est peut-être vrai.
li dit encore que la guerre a changé le inonde (ce que
je ne crois pas pour ma part, sa merveilleuse inutilité
est peut-être son unique beauté), et que le monde nouveau doit appartenir aux anciens combattants.
Le mot : ancien-combattant ne signifie proprement
rien en français. On combat ou on ne combat p'.us. Sauf
erreur, nous n'avons plus à combattre.
Il fut déjà assez difficile à l'épo-que, de définir exactement le vrai combattant. Il y eut des combattants de
tre zone, de 2~ zone, de 3e zone, des combattants de
cinq
s de front, de quatre ans, d'un an ou de fractions
insignifiantes d'année. Il y eut toutes sortes de cqmbattants et même de-s combattants qui ne- combattirent pas
du tout. Il doit donc y avoir toutes sortes d' ancienscombattants, quoi que cela puisse signifier.

�6

LE CRAPOUILLOT

Je crois bien que pour M. Binet-Valmer les s~uls vra~s
anciens combattants sont les ex-chefs-de-sect10n, mais
je ne vois pà.s de raison valable pour qu'ils gouverne~_t
la France. Que M. Binet-Valmer, par exemple, parce qu 11
fut employé, durant la guerre, à bord d'un de ces aut~bus en miniature que l'on nomma des tanks, y rut
acquis des titres à devenir un jour ministre du Commerce
ou des P.T.T.
Dans le but, je pense, de faire plaisir à ces anciensoomhattants électeurs éventuels, M. Binet-Valmer oppose
volontiers l; guerre saine, et féconde. en noble; senti.
ments, à la paix amollissante et ~auv~1se aùx hero~. ,
f entends bien que cette antithese n est pas expnmee
avec une conviction profonde et naïve comme celle des
demi-soldes de l'Empire. Mais elle est à la base de son
livre et continue, implicitement, partout.
Quand M. Binet-Valmer nomme la guerre une affreuse
chose, c'est par la bouche d'une faible femme et il sousentend : « mais combien glorieuse ! ».
Les anciens combattants, q'tl.Î ne furent oncque::; chefs de
section, disent plus véridiquement : « la guerre est ig:1-0ble », et cette épithète dispense ensuite de parler de !5l01re.
Cela les rend aussi' moins sensibles au souvenir des
souffrances communes que M. Binet-Valmer l~s invit~
à évoquer, 'sans cesse, à l'exemple de ses heros qu~
passent leur vie (ils ont prooablement des rentes . ~m
leur permettent ce sport) à remuer de t~ls souven~TS,
avec des « ah c'était le bon temps ! » de vieux tartanns
en rupture de sabre.
Les anciens combattants qui ne furent pas chefs de
section n'ont le souvenir que d'une souffrance : la hantise de' la mort. Les autres., la faim, le froid, la fatigue,
tout cela était connu et accepté gaiement dès le temps
de paix. Celle-là fut une nouveauté déconcertante pour les
soldats de 1914 et la vraie souffrance commune.
Le souvenir en est ignoble, comme la guerre même et
les anciens combattants ne tiennent pas à l'évoquer, fût-ce
en faveur d'un candidat député.
Je voudrais, en passant, reprocher à M. Binet-Valmer,
les lamentations de son héros grec perpétuellement en
deuil de sa jambe perdu,e. Les mutilés de guerre gardent,
pour la plupart, une attitude fort dign_e et résigné_e et
n'étalent point leurs _infirmités._ Les glo:ie~x culs-d~-Jatt~,
en vareuse bleu-honzon fleune de meda1lles, qui sollicitent dans fa rue la pitié des passants en faveur de bâtons
de vanille ou de lacets de souliers sont des culs-dejatte de naissanoe et non de guerre.
.
.
Le Périclès de M. Binet-Valmer ne vend m vanille,
ni lacets de souliers, ma,iis il est ridicule et ennuyeux.
Toujours dans le but de faire triomph~r la bon':e
cause électorale M. Binet-Valmer n'a pas craint de mobiliser outre les ~nciens combattants et les braves mutilés,
jusq~'à nos glorieux quinze cent mille morts!
Depuis plus de quatre ans qu'ils sont portés morts
ils ont pourtant acquis le droit d'être reconnus et qu'on
les laisse dormir tranquilles !
Il est entendu, une fois pour toutes, que ces glorieux
morts appartiennent en propre à la Ligue des Chefs de
section, ainsi que toutes les victimes d~ ~a guerre,. les
aveugles, les populations ~nv~hies et les eglises en ~urnes,.
Personne n'a protesté a l'epoque contre cette pnse de
possession arbitraire. Elle 7st mai_ntenan~ _chose acquise :
contre toute notion de droit, le vif a saisi le mort.
Je trouve cela peu déœnt. .
.
,
Est-ce qu'une loi ne pourrait pas enfin preserver ces
morts tombés dans le domaine public ?
Est~ce qu'on ne pourrait pas interdire de marcher sur
leur tombe?

Est-ce qu'on ne pourrait pas enfin leur foutre la ~aix ?
Envisagé comme auteur des « Jours sans Gloire »,
M. Binet-Valmer me paraît ne plus trouver sa place dans
un monde redevenu pacifique.
Je llj'en vois qu'une possib-le pour œ héros obstiné,
qui ne veut pas déposer ses 'lauriers : c'est le Panthéon.
Et j'imagine volontiers cette fête patriotique.
. .
Le 11 novembre prochain, anniversaire de 11 anmsttce,
le corps, préalablement embaumé, de M. Binet-Valmer,
traversant Paris panni un peupk recueilli, pour s'en aller
donnir dans la 'crypte fameuse un sommeil défini~if, qu!
le préserverait de connaître les jours sans gloire qui
nous attendent encore, e::;pérons-le, pour longtemps.

SIRÈNES
Tu sais les ports ...
Attouchements des quais,
Bateaux qui vous accostent
Avec des noms et des drapeaux inviteurs
Lourds de légendes et bariolés de gloires,
Des mâts si hauts dans la lumière
Qu'ils semblent brûler : oriflammes ;
Et la mer, divan
Aux coussins mouvants
Peloteurs de torses ;
Et le vent qui dégrafe,
Et le sel qui assoiffe ...
Marseille, Porte de l'Orient ?
C'est trop peu :
Porte de tout ce que l'on veut,
Où tous les rêves appareillent,
- Tour du monde
En quatre-vingts secondes Un peu, beaucoup, éperdûment ...
Léon Mouss1NAC.

Par P. JEAN-DESTHIEUX
doit être possible de savoir quel est le poids de lumière
Tout n'est pas dit sur l'incroyable Einstein (1). Les phisupporté par un animal vivant à la surface du globe,
losophes et les théosophes n'ont pas encore exploité
puisqu'il a été possible d'évaluer .à 58.000 tonnes (2) la
comme il faut ce merveilleux « filon ». M. Bergson, certes,
masse lumineuse provenant du soleil reçue chaque année
ne l'a point dédaigné et pour notre part nous regrettons
par la terre. La terre, en ce calcul, est une entité planéd'avoir connu trop tard afin &lt;l'en tenir compte ses derniers
taire considérée comme un "1:out. Quèlle est 1a part de
écrits. Ce n'est peut-être pas ici le lieu de s'aventurer dans
chacun de nous dans cette distribution annuelle des parles halliers épineux des déductions métaphysiques qu'un
ticules lumineuses? - C'est ce que nous ne saurions
homme d'imagination pourrait tirer de ces théories de
préciser ici. Mais si tout ce qui précède est vrai, comme
la relativité à la faveur desquelles le temps et l'espace
l'affirment les savants, une bascule de haute précisioPse trouvent en définitive absorbés par la vitesse, considépennettrait de constater qu'un être vivant ne représente
rée en ses prodiges les plus rapides comme l'unique étapas tout à fait le même poids, selon qu'il est soumis à
lon possible de la durée. Mais pour l'humoriste, les glanes
l'éclairage d'un soleil de canicule ou qu'il est placé dans
seraient, dans le champ moissonné par les savants, aussi
« l'obscure clarté » d'une nuit de gelée.
nombreuses que celles dont les métaphysiciens ont fait
Si cela n'était pa~, ou bien la théori,e serait en défaut,
leur nourriture spirituelle, depuis qu'on s'est avisé de
ou bien l'être vivant ne se comporterait pas comme les
prendre au sérieux ce fameux Einstein.
autres masses : on peut supposer, par exemple, pour
Hélas ! le don d'humour, l'un des plus prodigieux
expliquer le cas d'une masse constante, qu'il se produise
qui soit accordé à quelques-uns d'entre nous, puisque
entre cet être vivant et la nature un échange d'énergie
rire est le propre de l1 homme, ce don pourtant si rare
également constant. Peut-être sommes-nous comparables
n'est pas au nombre de ceux dont nous osons nous flatta-.
au radium et absorbons-nous exactement autant d'énerNous sera-t-il permis, toutefois, sans nous exposer aux
gie que nous en extériorisons. Peut-être le principe vital
traits des gens trop graves, de risquer ici un certain
ne consiste-t-il qu'en un tel échange. En tout cas, il n'est
nombre d'hypothèses, toutes un peu frêles en leur appapas interdit de penser que, exceptionnels ou non, accaparence, toutes inattendues, à coup -sûr, mais non pas inadreurs d'énergie nous en sommes aussi producteurs. Peutmissibles, ni ridicules, à oe qu'il nous semble, et en
être rayonnons-nous, comme les autres corps radiants.
faveur des.quelles nous prenons licence de solliciter la
Il se peut qu'entre animaux, qu'entre hommes, des échanbienveillance des fervents d'absolutisme?
ges d'énergie, des échanges de rayons se produisent, sans
Einstein nous apprend entre autres choses stupéfiantes
que nous nous en doutions. ee· n'est pas certain : la
qu'il n'y a pas de distinction spécifique .ni autre à faire
science n'a pas dit cela ; les philosophes ne l'ont point
inter~enir en nos raisonnements entre la masse et l'énersupposé ; mais l'hypothèse h'est pas absurde.
gie. L'identité de la matière et de l'énergie est aujourOr, cette hypothèse, pour fragile qu'elle soit, elle serait,
d'hui' admise par la plupart des ,savants auxquels les
si elle pouvait être retenue, étonnamment féconde ... Laistravaux d'Einstein ont paru dignes d'intérêt. Les consésez, à notre rêve, en la confidence de cet article, ~a
quences d'une telle découverte ont été toutes signalées :
liberté de s'avouer.
le rayon lumineux, succession de particules projetées par
Comment expliquez-vous la sympathie? Vous ne
la masse solaire à travers l'espace illimité mais nullement infini► a un poids, comme le courant magnétique.
l'expliquez pas. Elle est, résultat conscient d'impressions
Plus tu R rayon lumineux ou magnétique est_pesant, plus il
mal définies ; résultat d'une réflexion que l'esp,r it n'a pas
véhicule d'~nergie. Les corps radiants perdent de leµr
guidée. Nous ne s·erions pas surpris si l'on nous disait
masse au fur et à mesure qu'ils nous éclairent. On arrive
un jour qu'elle est le résultat d'échanges favorisés p.ar le
à peser le rayon d'une étoile. La matière en apparence
courant mystérieux qui peut aussi bien se produire entre
inerte d'un morœau de charbon, ou le fluide d'un ballon
deux êtres mis en présence pour la première fois
d'oxygène, ou le pétrole enfoui dans le sol représentent
qu'à distance entre deux êtres d'une même famille
autant d'accumulateurs d'énergie. Et s'ils perou deux êtres unis par des, seritimerits
éprouvés. Du coup, vous auriez l'explicatipn
dent de leur masse en se consumant, c'est
✓,:?~
_,, ,
de phénomènes tels que ceux qui procèdent de
dans une proportion égale à la perte d'éner'
,,
gie qu'ils -subissent.
r·
~ la télépathie, de la suggestion, ·de la transBon. Eh bien, l'être vivant aussi J:1eprémission de pensée, etc... Echanges magnésente une masse. Est-ce à dire que l'impo-r~
~ tiques, par conséquent, qui, entre deux sujets
tance de cette masse correspondante absoluif,_ €
parliculièrement sensibles, peuvent provoquer
ment à la valeur de l'énergie dont il est doué? ~ ( ~
~ ~
des troubles, des attitudes, des affinités d'or- Sans aucun doute. Cette masse est variable.
\.... \.)
dre sympathique ou physiologique ou psyL'énergie absorbée ou manifestée aussi kloit
chologique d'un caractère exceptionnel. Du
coup, enfin, tout ce qui nous paraît mystérieux
être variable. Constatez que l'êt11e vivant est
dans les quelques manifestations reconnues posounûs à la pression de l'air comme à l'in- //"' ~
sitives du psychisme, dans les rencontres de la
fluenœ pesante des rayons lumineux et qu'il
~\
pensée, dans les appels à distance, dans le flair
de certains animaux, dans le s~tts de l'orienta~jv,,1.'
(1) C'est le titre d'un volume que l' auteur de cet
tion ·q ue possèdent certains oiseaux et dans
al'ticle vient de publier aux éditions du Carnel critique.
tout ce qu'enfin nous nommons instinct sans
(2) Voir le livre de M. Ch. N ordmann, astronome
y rien comprendre, tout cela et tout ce que no~
à l'Obse1·vatolrc de Paris, sur les théories d'Einstein,
EINSTEIN
oublions deviendrait intelligible pour noUi- .

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LE CRAPOUILLOT
LE CRAPOUILLOT

A quoi bon préciser notre pensée ?
.
Qui n'a pas eu, une fois ou l'autre, des avertissements
de ce genre : vous êtes dans une rue quelconque ; tout
à coup, une pensée vous traverse l'esprit : · tiens ! et
Un Tel ? que devient-il ? - L'instant d'avant, vous ne
pensiez pas à lui : vous regardiez une jo~e femme, ou
quelque objet à la devanture d'une bouh~ue: Aucune
association d'idées n'explique que vous pensiez a Un Tel.
Mais vous faites quelques pas et vous tombez nez pour
nez sur Un Tel lui-même que vous n' aviez pas vu depuis
six mois. Comment l'expliquez-vous ? L'hypothèse d'une
renconhe magnétique précédant la rencontre réelle est-elle
inadmissible ?
Autre chose : vous êtes dans la rue, ou au spectacle :
vous suivez le spectacle qui s'offre à vos yeux. Soudain,
vous éprouvez une certaine gêne ; avant d'avoir réfléchi
sur sa cause, le besoin vous vient, spontané, de regarder
derrière vous : un regard rencontre le vôtre, que vous
surprenez, qui se détourne aussitôt, contrarié. ~o~s ne
reconnaissez point la personne dont le regard a ete surpris par le vôtre pour la raison très simple que vo~s
la voyez pour la première fois.. Pourtant, parce que depuis
un moment, sans doute, ses yeux étaient orientés vers
vous qui ne vous ·en doutiez point, vous avez eu nettement à un moment indéterminé, l' impression d'être regardé. Comment expliquez-vous cela ? Et n'est-il pas
logique, ou du moins plausible d' admettre qu'à votre
insu vous aviez été impressionné par une force inconnue,
ou par un rayonnement insoupçonné, émanant de la
personne dont votre vue occupait la vue ?
Des impressions, des mutations de ce genre, nous en
notons à tout instant de la vie. Plus simplement : vous
êtes à la campagne et vous vous promenez. Vous avez
déjà couvert plusieurs centaines de mètres à travers des
bois où vous ne pouvez être aperçu à distance. Tout à
coup, vous vous retournez, et vous reconnaissez votre
chien, qui arrive ,en &lt;:ourant, la langue vibrante, po~r
vous rejoindre. Vous l'aviez laissé à dessein au logis.
Mais il a pu vous rejoindre : pas un instant il n'a hésité
sur la direction à prendre. Il savait où vous retrouve r,
quand vous-même, en partant, ignoriez le terme de votre
promenade. On dit : c'est le flair, particulièrement développé chez les chiens, qui explique un tel phénomène, t eHe-•
ment commun qu'il apparaît normal. Le flair ? c'est bientôt
dit ! Mais vous ne laissiez derrière vous aucune trace ;
vous êtes un homme soigneux et nulle odeur ne vous
faisait cortège. Alors ? Est-il ridicule d'expliquer le flair
extraordinaire du chien par une sensibilité particulièf'e
à sa race, par une aptitude spéciale à subir le rayonnement de l'homme et à reconnaître celui de ses familiers ?
Cette hypothèse d'un rayonnement possible de l'individu, voire de l'anima! - les animaux, dans les p ériodes
de « chaleur », se pressentent parfois à de très grandes
distances - nous la risquons à tout hasard, sans en
attribuer au philosophe de la relativité la moindre pate:.-nité, mais non sans faire rem arquer qu' elle est conforme,
selon toute logique, à son enseignement. Et si cette
hypothèse ne vous semble pas absurdt d'ailleurs, l'ex;ilication d'apparence fantaisiste que nous dem andons aux
théories d'Einstein le sera-t-elle davantage à vos yeux ?
Cent exemples de cette sorte, choisis dans l'ordinai re
de l'existence ou dans les manifestations les moins rares
de l'instinct, chez certains animaux, s'offrent à l'esprit
de tous. Nous ne pouvons rien affirmer. Nous ne pensons
pas que l'intuition ait la moindre valeur logique. Mais
nous pensons que si jamais nous obtenons la certitude
d'avoir risqué ici une hypothèse inadmissible, ce sera
bien dommage pour notre entendement. . . et pour Einstein
lui-même.

UN ROMAN AUDACIEUX
PAR JEAN EERNIER
En m'adressant « La Garçonne », mon pudique camarade Galtier-Boissière me recommande de ménager les
lectrices du Crapouillot, de peser les citations du nouveau
roman de M. Victor Margueritte que je pourrais être
amené à faire et, notamment, de ne point parler d'une
certaine guirlande de garçons et de garçonnes dont il est
question à la page 198.
Diable! « La Garçonne » n'a cep,endant p as été imprimée en Hollande et ne circule pas sous le manteau.
« Roman audacieux », - « Quatre-vingtième mille », « Centième mille », clament les placards du « Journal », du
« Petit Parisien », du « Matin », l'étalage du moindre
kiosque, la vitrine du plus infime libraire. Un tel su~cès
est de nature à ap,aiser les alarmes du plus discret des
critiques.
Voici quelque soixante-dix ans que Proudhon dénonça
sous le nom de « Pornocratie » les désordres et la déliquescence où la soi-disant émancipation des femmes,
chère à Mme Sand, allait jeter la société française.
« Comme les anciens, disait ce vieux paysan jacobin de
« Proudhon, nous sommes arrivés aux dernières aberra« tions de l'idéalisme; et si le crime de sodomie est
« poursuivi par nos lois, le commerce n'en est pas moins
« florissant, et comme chez les anciens il a trouvé des
« apologistes .. . Le mariage devenu une affaire, le concu« binage dédaigné, nous sommes en pleine f?!Omis cuité ...
« Nous voilà parvenus à l'amour unisexuel, on parle
« de parties fines où la f ashion féminin e se livre.
« comme tes Romaines de Juvénal, à des combats triba« diques, lpsa Medullinre frictum crissantis adorat. »
Depuis, il est vrai, les temps ont marché. Le crime
de s9domie (au xve siècle on brûlait encore ces messieurs
en place de Grève) n'est plus poursuivi par nos lois. Ces
messieurs laissent au vestiaire leur auréole romantique
de satanistes. Quarante ans après le mari, la femme et
l'amant, ils ont fait leur entrée dans le monde.
La guerre de 1914, réactif universel et tout-puissant,
marqua, dans cette question des mœurs comme en toute
chose, le début d'une étape décisive. Et n'est-ce pas
quelque peu en raison du fameux « c'est la guerre ! »,
excuse de tous les débordements, qu'il nous est donné
de voir, depuis deux ans, nos jolies mœurs de démocrates
idéalistes et patriotes, se refléter dans notre littérature ?
Qu'on songe à cet égard au chemin parcouru depuis le
procès fait à l'innocente Mme Bovary et les premiers
romans de Bourget, jusqu'au M. de Charlus de Sodome
et Gomorrhe.
Enfin, pour ce qui nous occupe, je veux dire pour ce
ce qui a trait au sujet de cette « Garçonne » si grotesquement prénommée, combien ne connaissons-nous pas
maintenant de femmes ou de filles qui, les unes parce
qu'elles gagnent de l'argent, les autres, au contraire, parce
que oisives et stériles e t comme telles sujettes à toutes,
les divagations et à tous les dévergondages, nous la font
(si j'ose dire) à l'affranchissement et à l'égalité des droits
et des devoirs, nient l'irrémédiable différenciation sexuelle

et, confondant licence et liberté, amour-propre et honneur, se décomposent toutes vives !
Ecrire le roman d'une de ces piètres amazones, en
narrer les avatars, en montrer la foHe, sans bégueulerie,
en mettant au jour toutes les gangrènes et toutes les
sanies qu'on eût voulu, eût pu donner lieu à une œuvre
forte et :salutaire. Mais, pour cette tâche, il fallait un
autre homme que M. Victor Margueritte.
Monique Lerbier, l'héroïne de la « Garçonne », n'est
qu'un personnage de convention. Cette petite jeune fille
falote et soi-disant pure, qui se toque d'un fiancé intéressé
et malpropre (comme trop de fiancés bourgeois en l'an
de grâce 1922); qui, couche avec lui ante nuptias, et,
t.rahie, recouche pour se venger avec le premier venu
dans un quelconque hôtel de la rue Pigalle, ne saurait
en rien nous toucher. Seul, le culot d' une feuilletoniste
pouvait en faire l'hé:roïne, le grand personnage dramatique
et sympathique qui sous prétexte de s'affranchir, se
roule dans l'ordure pour rencontrer enfin l'âme sœur et
se régénérer dans le plus affranchi et le plus classique
des ména~s.
Délayée dans la pleurnicharderie, cette donnée banale
eût pu occuper cent jours durant le rez -de-chaussée du
« Petit Parisien » (surtout si conjointement à un assassinat quelconque, Monique avait été une ouvrière séduite.
engrossée, plaquée et tournée grue). Pour écrire un
« roman audacieux » il n'y avait qu'à faire de l'héroïne
une bourgeoise, inteUectuello-artiste ou artisto-intellectuelle, en mal d'affranchissement, à lui coller dessus (pour
faire la pige aux « Don Juanes »), le barbarisme de
« Garçonne » et pour évit,e r l'ennui et appâter le client,
cherrer dans la peinture de mœurs. Enfin, pour porter
l'audace à son comble et corser le ragoût d'un filet ae
sauce bolchevik, mêler aux séances de cuissage et
d'opium, aux « partouses » à trois, quatre ou cinq, et à
toutes les étreintes, caresses et tripotages du monde,
le rappel opportun des « profits et pertes » de la guéguerre.,
et le spectre de la famine russe, en exposant ingénument que l'idéal démocratique (ah ! qu'il était beau sous
l'Empire !) remédiera à tout.
C'est ainsi que minutieusement et complaisamment,
avec dans l'expression, toute la platitude et la fadeur du
naturalisme le plus épuisé, s·e déroulent, de page en page,
les évocations « audacieuses ». Ah ! tout y est, vraiment
tout. « La Garçonne » est, à cet égard, une encyclopédie,
un compendium, une somme des « plaisirs de Paris » :
Coucheries simples, nonnales malgré certains raffinements de postures (cf. page 162, quand Monjque à genoux
cueille de la lavande), sodomie, bilitisme, onanisme., flagellations, opium, bonne petite « partouse » à six ou sept
à la maison Philibert. J'en passe peut-être. Et toujours
avec le détail grossier, le mot cru.
Mais plus peut-être qu'en un tel étalage, l'odieux de
la « Garçonne &gt;&gt; s'affirme dans la phraséologie sociale
dont son auteur prétend la justifier. Ce livre serait, selon
les dires de celui-ci, « un livre de gauche », lancé contre
l'hypocrisie d'une morale périmée, une œuvre courageuse
et saine, quasiment révolutionnaire. Grâce vous soit rendue, Monsieur Victor Margueritte, de me permettre ainsi
d'écrire que nous recommençons à être quelques-uns à l'extrême-gauche qui en avons assez de voir assimiler l'idéal
révolutionnaire, austère et terrible, à je ne sais quelle anarchie jouisseuse et sentimentale. Tirez votre « Garçonne »
à deux cent mille, nous vous remercierons même de nous
montrer par son succès la bassess,e des, milieux dirigeants
de notre démocrassouille, mais, s'il vous plaît, ne mêlez pas
les idées de gauche (non plus d'ailleurs que les idées de
droite) à un pareil trafic.

VI N G T

9

ANS

APRÈS

- Les amis de M. Millerand affirment que
lorsqu'ils seront au pouvoir, il n'y aura plus
de soldats. (Dessin et légende de Job, t xlrails du
«Gaulois du dimanche »: 12 avril 1902.)

UNE INTÉRESSANTE RÉÉDITION
Les dévotes d'Avignon, par JosÉPH1N P É LADAN.
avec avant-prorns de G.-L. Tautain (Monti~ nouveau ).

Se produira-t-il pour Péladan ce qui s'est déjà produit
pour Gobineau ? Sont-ce les Allemands qui vont nous
révéler l'auteur du « Vioe Suprême » comme ils avaient
déjà recueilli et adopté l'auteur de I' « Essai sur l'inégalité des Races humaines » ? M. Gustave-Louis Tautain nous ave1tit qu'outre-Rhin tels livres de Péladan
sont tirés à 15 ou 20.000 exemplair,es, tandis qu'en franœ ,
le public sait tout juste de cet écrivain si rare cm,'il
avait failli devenir ma~, ce qui n'est. pas en somme une
aventure à prendre au séri,eux ! Pourtant le cas de Péladan mérite autre chose qu'un si aimable dédain. J'y
vois même une des plus prenantes singularités de la
littérature française. Il est peu de sujets que n'ait touchés la hâte dévorante de Joséphin Péladan, peu de
choses qu' il n' ait senties, peu d'idées qu'il n'ait remuées.
On rencontre dans la profusion de son œuvre d'étonn antes
annonciations, des vues d' une originalité scabreuse, insensée. L'écrivain chez lui, très inégal, se montre tantôt à la
hauteur des plus grands, éloquent et d'un emportement
intellectuel superbe ; tantôt verbeux, lassant. C'est bien
de Péladan, créateur incomplet et - M. Tautain l'a
fort bien discerné - par certains côtés féminin, qu' on
pourrait di.re qu'il eut une espèce de génie.
« Les Dévotes d'Avignon » sont une des œuvres les
mieux composées, les mieux réussies de Joséphin Péladan. Je voudrais faire lire ce roman si cérébral, si particulier, si hautain, si ardent. Je me bornerai donc à
dire qu'il constitue une des choses les plus abominablement érotiques qu'on puisse se procurer pour 6 fr. 75.
Sans un mot grossier, san,s une attitude grossière, il y a
là de quoi damner toute l' Eglise.
C'est l'histoire d'une jeune fille regardée par un jeune
homme.
Dominique BRAGA.

�LE CRAPOUILLOT

ÉTUDES SUR LA MISE EN SCÈNE

LE THÉATRE DES ARTS(l)
PAR LÉON MOUSSINAC

Si pour le grand public et un certain nombre d'artistes ignorant les travaux des Allemartds et des Russes,
les ballets de Serge de Diaghilew furent une complète
révélation du renouveau de la décoration théâtrale, ils
n'éblouirent pas de même ceux qui . avaient entrepris
d'étudier à l'étranger les efforts et les réformes déjà
réalisées. Ainsi Jacques Rouché revenant d'un voyage
d'études écrivait son Art théâtral modertt.e où, après avoir
fait connaître les idées précises d'un Stanislâwsky, d'un
Meyetkhold, d'un Fuchs, d'un Erler, d'un Reinhardt et
d'un Gordon Craig, il tentait de fixer les principes d'une
mise en scène nouvelle qui s'accordât avec le génie français, avant d'en faire un.e application éclatante au Théâtre
des Arts en 1910.
Aussi M. J. Rouché estitne•t•il que lâ mi$e en scène doit
mettre le décor au servic-e exclusif du dtame, en nedisttayant pas le spectateur ou en ne dispersant pas son
attention par la reéherche inutile d'effets anecdotiques
ou de reconstitutions pittoresques : «-Pourquoi faire éclater un feu d'àrfifice ou défiler un oorlègie dàns le fond
de la scène, alors qu'au premier plart se déroule ttne
scène dramatique qui rt'en est point renforcée? » Il s'agit
donc de styliser Je décor : « On n'admettra que -1es
éléments décoratifs indispensables à la comprëhension
de chaque pièce, en s'efforçant de les disposer de la
façon qui seta la plus suggestive sur l'esprit du public. »
On obtiendra ce résultat en recherchant les rythmes, les
effets plastiques, l' llàrmonie colorée du drame à représenter : « Le décor devra être exécuté, non comme l'agrandissement d'un tableau destirté à figurer dans une galerie, mais tomme une œuvre décorative. Qu'on me passe
ces termes techhi.qttes de métiet, il seta traité en décoration et non en peinture ... On n'oubliera jamais, en
effet, que la scène est, comme l'a dit Taine, « un relief
(_l} Ç~ chapitre est extrait d 'un livre de Léon Moussinac: • La décora tion théâtrale, , à paraitre en octobre dans la collection de cl' Art

français depuis vil1gt ans • (Rieder, édit.).

qui bouge &gt;&gt;. On oonsîdérera ainsi l'art dramatique
comme un asptct et une dépendance de l'art plastique. »
Personnages ,et décor sont inséparables et dépendent
« d'un terme supérieur : le drame auquel le décor doit
servir de cadre. D'où ce corollaire évident : Ie décor
sera conçu à l'échelle de la pièce, ou, pour parler même
et plus précisément, de l'action particulière qu'il souligne èt qu'il illustre ».
.
Les oostumes doivent être réalisés en harmonie étroite
avec le décor : « Peintre décorateur et costumier collaboreront pour fondre l'apparence sculpturale et colorée
des acteurs èt des figurants avec les lignes et les couleurs de la décoration générale ; par cette entente minutieuse, on évitera les heurts, de tons, les bariolages inattendus, les contrastes violents entre la nuance d'une
étoffe et celle d'une tenture qui sont moins imputables
à la maladresse des costumiers qu'à l'ignorance, où d'ordinaire ils sont tenus, des lignes principales de la mise
en scène. » C'est pour cette raison que M. J. Rouché
estimait nécessaire qu'un peintre devînt le conseil du
metteur en scène en dessinant aussi bien les costumes que
les décors et en réglant d'acc-0rd avec lui et l'auteun,
les gestes et les mouvements des personnages. Ainsi pouvait-ôn parvenir à l'unité générale du spectacle.
« Nous possédons en rrance, ajoutait-il, une belle étole
de peintres décorateurs ; l'heure semble venue de tenter, avec leur conoours, un modeste essai, par lequel,
sans rien renier des. traditions de beauté léguées p-ar
le passé, mais en cherchant une note d'art nouvelle, on
s'efforcera d'élever l'art dramatique à la hauteur atteinte
par la culture artistique de notre époque. » Ce « modeste
essai » fut en réalité la remarquable saison du Théâtre
des Arts qui re-ste l'honneur même de M. J. Rouché
et où il appliqua pleinement et parfois avet tant de
suggestive beauté, les conclusions mêmes de son étude :
« La mise en scène, à notre avis, peut être réaliste,
fantaisiste, symbolique ou synthéiiqUe, tùrnporter des

éléments plastiques ou peints. Il nous plaît de voir jouer
un mélodrame dans une mansarde avec des éléments
purement réalistes, si ceux-ci sont harmonieux, une féerie
dans un décor de Guignol piqué de jolies taches de couleur, une court.e scène du répertoire devant une belle
tapisserie de l'époque, une fantaisie orientale devant un
paravent japonais ; le ragoût sera un délicat ra,pport
entre un costume et une draperie, une jolie arabesque
de feuillage, fût-elle dans une ridicule bande d'~ir. ~ou~
réclamons pour le metteur en scène toute l1berte, a
condition que les mo_yens e~ployés soient artistiques. '»
M. J. Rouché réunit au Théâtre des Arts, de 1910
à 1912, la plus remarquable collaboration de pe!ntre~,
de musiciens et d'auteurs dramatiques qu'on ait Jamais
vue encore en France. Ce fut surtout une démonstration éclatante de la possibilité où l'on était chez nous
de mettre en scène, en appliqu,ant nos goûts avec méthode en -exaltant aussi notre personnalité, tous les genres
dram~tiques. Les Ballets Russes, nous l'avons_ vu, avai:nt
réalisé la fusion des arts plastiques et rythmiques grace
à la collaboration étroite du musicien et du peintre ;
Je Théâtre des Arts élargit la formule et prouva qu'il
était possible de l'appliquer avec la même puissance
de suggestiofi, à une comédie ou à un drame. L'effet
fut d'autant plus heureux qu'il prouvait combi-en la routine qui emportait notre théâtre était lame~table, et réagissait avec éclat contre la médiocrité, la banalité, par une
originalité et un goût exceptionnels. Enfin, un art de la
scène s'établissait chez nous et c'est ainsi que se renouait
cette tradition poursuivie à &lt;&lt; l'Œuvre » avec de petits
moyens et née au temps où Fragonard et Boucher peignirent les premiers décors de la scène française. Ce
fut un beau c::&gt;mbat en "'faveur des idées nouvelles enfin
reprises et exaltées. Et à ce combat participèrent des
peintres comme Dethomas, Drésa, Piot, Charles Guérin,
d'Espagnat, Desvallières, Segonzac, Albert André, Prinet, Georges Delaw, J. Hémard, Bonfils, Hermann-Paul,
Laprade, Carlègle, Francis Jourdain et un artiste d'une
fantaisie extrême, - excessive peut-être, - mais toujours original : -Poiret.
Le succès prouva que la formule nouvelle, qui avait
si bien réussi avec la fête hardie des Russes (facilitée par
ce fait qu'il s'agissait de ballets, c'est-à-dire d'une forme
dramatique où l'action n'est pas toujours précisée nettement, reste dans une poésie vague, et permet une très
grande liberté de conception), pouvait parfaitement
s'adapter à des œuvres dramatiques modernes en contribuant même à en accuser les caractères et la poésie.

LES PREMIÈRES
PAR PAUL FUCHS

Théâtre des Arts. L'éPeil du f aw1e, comédie sociale
de M. Edward KNonLOCK, traduite par M. Jacques
ATHANSON.

Il y a décidément un abîme entre le goût du public
anglais et celui du public français. Il semble pour nous

11

stupéfiant que la pièce enfantine et dénuée d'intérêt qrte
vient de représenter le Théâtre des Arts ait pu, de l'autre
côté de la Manche, être acclamée pendant des centaines
de soirées ...
L'histoire est celle des amours clandestines d'un député
et d'une cuisinière. Celle-ci est un être d'élite : elle guérit le politicien d,e son penchant pour l'alcool ; grâce à
son influence il prend une part de plus en plus brillante
et plus utile aux aftaires de son pays. Pourquoi, dès lors.
ne l'associe-t-il pas. à sa vie ? Elle est charmante physiquement : elle a suscité en lui « l'éveil du tauve ». A
défaut, d'ailleurs, d'autres agrétnents, il trouverait en elle
une maîtresse de maison accomplie. Ses hésitations sont
pour nous incompréhensibles et nous comprenons encore
moins pourquoi la servante au grand cœur et à l'esprit
têtu retuse au politicien de gérer pour lui une exploitation agricole. C'était pourtant son rêve, être fermière !
Mais non : cuisinière elle est, cuisinière elle veut rester.
Elle. se cramponne à ses tourneaux.
.
Le député, vexé, part pour la Franœ (ça se passe pendant la guerre) et se fait casser la figure. Une amie
d'-enfanœ ,qùi' l'aimait sans trop oser le lui dire (quels Don
Juans que ces collègues de. M. Lloyd Georges !) et la cuisinière qui, depuis, a épousé un brave ouvrier, pleurent
ensemble cet être falot. Elles sont bien bonnes !
Mlle Paulette Pax, à l'instigation de qui, dit-on, nous
devons la rèp,résentation de cette pière, incarne la housemaid avec ardeur et adresse. L'allure commune -qu'elle lui
prête semble la plus naturelle du monde. Mlle Gladys
Maxhenœ est une jeune :fille aux gestes simples, gr_acieux,
Et le timbre émouvant de sa voix nous a rappelé parfois
celui de Mme Moreno.

A l'Œuvre : Le Lasso, drame en trois actes de
M. BATTY WEBER.
Mon premier contact av,ec la toule luxembourgeoise a
eu lieu à la descente du train, dans une fête foràine.
Devant un jeu de massacre, des jeunes gens congestionnés lançaient avec une joyeuse violence les balles
de cuir sur des poupée_s représentant le Kaiser, le Kronprintz, les généraux alle.tnands. La boutique s'intitulait :
« Au Massacre des Têtes de Boches ». La fou!e, aimable
et gaie, parlait français. Les fillettes, vêtues de clair,
ressemolai,ent ,à nos grisettes. Je n'en pouvais croire
mes yeux et mes oreilles ! L'accueil, enfin, que je reçus
de chacun ne me fit pas regretter de m'être arrêté
un jour ou deux en r•evenant de Rhénanie chez ces amis
inconnus ...
M. Batty Weber vient de ce pays. « Le Lasso », titre
et symbole de sa pièce, c'est l'hérédité. Celle-ci nous
ligote, régit nos actes. Deux frères, même s'ils sont de
caractères opposés et s'ils ont vécu dans des milieux
très différents, feront, au même moment, si un même
mobile les guide, le même geste. C'est ici le cas : ces
deux frères se trouvent tace à face, la nuit, devant un
coffre-fort dont ils sont, l'un et l'autre, prêts à forcer la
serrure. Pour amener cette situation poignante, l'auteur
a échafaudé ùn drame arbitraire un peu, mais émouvant_,
où les personnages sont bien campés. Chacun dit ce qu'il
doit dire, fait œ qu'il doit faire.
Auct.me des pièces que monte M. Lugné Poë n'est
indifférente. Celle-ci est ,peut-être moins achevée que
certaines de celles qu'il nous a présentées. 11 n'ért faut
pas moins le louer une fois de plus de la ténacité qu'il
met à rendre familières au public parisien les ceuvres
capitales, et trop peu connues ici, du théâtre étranger.
Comme toujours avenue de Clichy, l'interprétation et la
mise en scène sont parfaites.

�• CRAPOUULOT
LE

J

Pendant mon service militaire, j'ai passé une quinzaine
de nuits dans les commissariats de p:&gt;Lce èe Charonne ou
de la Villette, à l'occasion d'une grève - je crois - de
boulangers. Les nuits blanches étaient lono-ues à tirer ·
les bancs du « quart », où nous nous all~ngions tout
hamachés, avaient l'élasticité des noyaux de p;che, le::;
« violons » sentaient fort mauvais ; et cependant je n'a11rais pas cédé ma place pour un dîner au fameux
« Cochon d'Or », car chaque nuit, ou presque, il m'était
donné d'assister gratuitement à de pe'.its spectf,c'es, au
moins égaux en bouffonnerie aux plus truculente, charges
des Moineaux père et fils.
. 1~ me revi,e~t précisément en mémoire un de ce.3 pet b
mCJdents tragico~burlesques dont je fus, sous le pantalon
garance, le témoin anonyme; et, au risque de me voir
mal noté sur le « dossier mondain » que toute importante personnalité parisienne possède dans le~ cartons
verts de la Tour Pointue, je ne puis résister au désir
de la conter.

• ••
Une nuit, un agent ,en civil entra dans le commissariat
tirant derrière lui son dernier coup de f.let : deux f:l!e;
en cheveux et un gros homme à face réjouie.
- J;~i arrêté ~et individu, déclara le « bourgeois ».
dans I mstant qu'il recevait d(c! l'argent de ce3 femmes,
à la sortie du métro Charonne.
- L'homme a-t-il des papiers? demanda le commissaire.
- Monsieur le Commissaire, je l'ai fou:I Jé,
à seule fin de voir s'il ne recélait pas d'armes ·
il n'a pas de papiers...
'
Le gros homme n'avait pas la mine d'une
&lt;(terreur» faubourienne ; au contraire, une fac~
écarlate de bon vivant, des joues en forme
de _tomates, avec sous un nez rubicon~, deux
petites crottes noires à la « Charlot », qu'un
c~up ~e, fer faisait tournoyer pittoresquement.
L air legerement goguenard, le prévenu ne semblait point trop emmouscaillé. Il salua poliment
le Commissaire et déclara d'une petite voix futée

qui contrastait bizarrement avec son tour de poitrine :
. - Monsieur le Commissaire de police, y a méprise,
Je m'appelle Philibert Courtecuisse et suis établi boucher,
311, rue des Orteaux, à deux pas d'ici. A preuve que ma
bou:geoise m'attend à l'heure qu'il est. Je n'ai pas de
papiers SUT moi, c'est véridique, mais il vous ·sera aisé .. .
L_e Commissaire l'interrompit pour appeler un planton,
qu'tl envoya aux renseignements. Puis :
- Nous serons fixés dans quelques m:nutes sur l'exactitude de vos assertions. Mais, au cas où vous avez
dit la vérité, veuillez m'·e xpliquer pourq~oi vous receviez
de l'argent de fille:, publiques à la sortie du métro
Charonne?
- Monsieur le Commissaire de police, répondit le boucher, je gagne honnêtement ma vie et jamais je n'ai reçu
d'argent des pouffiasses !
- Eh dis donc ! Oras-Doub:e, tu poarrais être poli !
lança une des filles.
- Silence!
- C'est pas des raisons parce que Monsieur est dans
les gigots pour qu'il soye malhonnête avec le monde,
appuya la seconde fille.
- Assez ! coupa le Commissaire ; monsieur Courtecuisse, voici un de nos agents, M. Pér~u, qui assure ...
vous assurez, n'est-ce pas...
- Je jure, SUT mon honneur, monsieur le Commissaire ...
- ... vous avoir surpris et arrêté au moment où vous
receviez de l'argent ...
- Votre homme a fait ,e rreur; je revenais de
dîner chez mon a.mi Poupette, vous savez
bien, le mandataire aux H::1lles. Si ma mfo~gère
ne m'a pas accompagn~, c'est qu'elle ne s'accorde pas avec la dame de Poupette, rapport à
ce que sa belle-mère a cherché des raisons .. .
- Au fait, mon ami, au fait !
- Ce que je disa:s, c'est à seule fin d'éclairer les tenants et about:ss:mts de l'affaire. Parce
que, n'est-ce pas, monsieur le Commissaire de
police, nous ne vivons plus, Dieu merci ! aux
temps des rois capétiens où l'on foutait pour un
oui pour un non, le pauvre monde dans des
oubliettes !

/

J

- Faites-nous grâce de
vos connaissances historiques et venez au fa:t .. .
- Je s :) r ;a·s donc du
métro Charonne, continua
le boucher, lors;:iuë je fas
acccs :é par c~s deux ... d-~moise les qui me caus~rent:
« VLns, mon gros ché~i.,
qu'e'.les me disaient, viens
t'amus~r avec deux petite-3
dames bien experte3, tu ne
regrètteras pas ton pognon. » A quoi j'ai répondu poliment, en galant homme : « Non, pas ce soir, mes petites
cqattes, ma bourgeoise m'attend et je me fe~ais disputer
en rentrant. » C'est pendant œ::te conversation que le
bourgeois a fait son apparition. Il m'a fouillé, en me faisant mettre les bi:as en l'air, comme au Ciné, et m'a dit
de le suivve au « quart ». Et il a ajouté : « Toi 1~ poiss, si
tu cherches à t'esquiver, je te crève. » Vous pensez, monsieur le Commissai1~e de police, si j'avais envie de commettre une évasion, moi un commerçant établi, marida (1 ),
rangé des autos, père de famille, car j'avais oublié de
vous dire que j'ai une petite fille et. ..
- Bon, bon, pas de détails, dit le Commissaire.
Puis se ·tournant vers son subordonné :
..:_ Dites-donc, Pérou, vous entendez ce que dit Monsieur?
- C'est des mensonges, hurla le « bourgeo:s », je l'ai
vu recevoir de l'argent de cette brune-là, de la main à
la main, monsieur le Commissaire. Je pense, monsieur le
Commissaire, qu'entre la parole, d'un agent de l' Administration et cet individu ...
- Halte-là, je ne suis pas un individu, je paie patente !
- ... Souteneur, souteneur, c'est un souteneur, monsieur le Commissaire. Il y a plus de six mois que je le
file en 'Suivant son petit manège à ce marlou-là !
- Où ça ? questionna le boucher.
- Où ça ! mais sur le boulevard de Charonne, dans
la rue de Ménilmontant. ..
- Depuis six mois ? Tiens ! j'avais oublié de vous
dire, monsieur le Commissaire de police, que je ne suis
installé que depuis trois jours dans J.e quartier., c'est même
la ,r aison pour quoi vous ne me remettez pas ; auparavant, j'étais commis à Brives-la-Gaillarde, à l'enseigne
du « Cochon qui sommeille », chez Costecalde.
Le policier s,e taisait. Etonné par l'assurance de ce Courte cuisse, le Commissaire, perplexe, se tourna vers les
filles. Des agents galants leur avaient avancé un banc.
Elles rigolaient de l'aventure, bonnes filles, habituées à
faire périodiquement la navette entre le trottoir, le «quart»
et « Saint-Lago»; pas laides d'ailleurs, l'une blonde
décolorée, avec des « chiens » et des « guiches » encadrant un visage fatigué mais fin, l'autre brune aile-de-corbeau, coiffée en coques, avec un faux air d' Andalouse
effrontée.
- Connaissez-vous ce Monsieur ? demanda le Commissaire.
- Cette bille-là ? Ah ! pensez-vous qu'on a ça dans
ses relations si ce n'est des fois comme client, s'indigna
la brune. C'est un cavé!
- C'est ce soir la première fois que vous le voyez?
- J' comprends! s'écria la blonde. Non mais, voyez-vous
cette bellure qui croit que nous en lâchons à des mochetés. Si je devais assister une personne, ce serait pas un
enflé comme ça !
- Ah ! c'est tout de même fort de café! rouspéta le
(1) Marié.

13

boucher : voilà un flicard qui me traite de barbeau, et
puis des biftecks qui m'insultent et disent que je ne suis
pas susceptible d'être aimé pour moi-même ! Ce qu'il
faut en ·e ntendre au jour d'aujourd'hui !
- Dites-donc, Pérou, mon ami, questionna le Commis-saire, avez-vous des preuves ?
- Ah là, là ! interrompit une fille, vous, fatiguez donc
pas à lui faire entendre raison à votre poulet!
- Poulet ? qu'est-ce que ça veut dire « Poule~ )&gt; ?
- Monsieur le Commissaire, expliqua Pérou, c'e.,t ainsi
que ces filles nomment maintenant les « b-Ourgeois ».
J' t'en fauterai des poulets, moi, fille à soldats !
- Mais depuis le temps qu'il cause votre poulet, continua la fille, vous avez encore pas vu qu'il était saoul ?
- Je proteste, s'écria t'agent, effectivement congestionné ...
- Plein comme un œuf, schlasse, je vous dis, no:r,
rétamé .. .
- ... comme une cass,e role !
A ce moment l'agent qu~on avait envoyé aux renseignements rentrait et confirmait de p6int en point les déclarations du gros boucher.
- Monsieur, vous êtes libre, avec nos regrets, déclara
le Commissaire (sans qu'on sût exactement s'il regrettait
d'avoir arrêté le bonhomme, ou biien d'être contraint
de le relaxer) .
- Merci, monsieur, répondit le gros homme, s,eulement
avant de partir, je désirerais qu'on me rendît ma montre.
- Votre montre ? s'étonna le Commissaire.
- Ma montre.
·- Et qui' vous a pris votre montre ?
- L'agent en bourg,e ois.
- Qu'est-ce -que vous dites, ? s'écria le dénommé
Pérou.
,
- Je dis, répliqua avec calme le gro-s homme, que
vous m'avez pris ma montre. Et profitant de ce que
!'alguazil moustachu rotait de colère ,a u point de ne
pouvoir parler, il mit les points sur les i : - Lorsqu'il
m'a arrêté, votre bourgeois m'a fouillé. Il vous l'a avoué
lui-même tout à l'heure ; il m'a palpé toutes les poches ;
je dois dire qu'il m'a laissé mes clefs et mon porte-monnaie . .. mais il m'a pris ma montre. Je pensais qu'il me la
rendrait au commissariat.
,- Votre montre ! Moi, j'ai pris votre montre! éclata
le roussin.
- Ma montre, parfaitement, ma montre en or, qui me
vient de papa ... A preuve qu'il l'avait achetée à !'Exposition Universelle !
- Monsieur, interrompit le Commissaire d'une voix
sèche, je conçois que cette arrestation, quelque peu arbitraire, ait pu vous être désagréable et crois vous avoir
exprimé tout à l'heure mes regrets personnels, seule-

�i4

LE CRAPOUILLOT

on, je uppose plutôt que vous serez définitivement rayé de cadres de J'administration, sans préjudice
d'une condamnation probable ; mon ieur Pérou, nous ne
voulons pas de brebis galeuse dans nos rang !
- Brebi galeu e ! monsieur le Commi saire me traite
de brebis galeuse ! s'écria Pérou, qui, as ommé par ce
dernier coup, s'effondra ur un banc et se mit à sangloter
comme un enfant.

• ••

ment je vous conseillerais tout de même de ne pas vous
payer ma tête, parce que ...
- Monsieur le Commi s aire, veuillez me pas er, je
vous prie, le regi tre de réclam ations. Je uis bon garçon,
vou avez été à même de le constater. eulement vous
avouerez que ça dépa se les borne . On m'arrête, on
me fouille, on m'in ulte. Je me tiens peinard, j'attend
que mon innocence éclate. Elle éclate. Et voilà qu'on
veut, au nom de je ne sai quel principe, me confi quer
mon chronomètre ; et puis, je n'ai qu'à dire merci ? Ah
crotte ! Il y a des juges à Berlin, monsieur Je Commissaire,
et d'abord je vai écrire à mon député : Tl interpellera
les ministre !
- Vous maintenez votre accu ation contre l'agent
Pérou, matricule 21.035 ?
- Et comment ! Ou alors, qu'il rende la montre.
- Bien, monsieur.. . Dan ce cas, voici un papier et une
plume, Yeuillez formuler votre plainte qui sera enr gi trée
demain matin.
Le gros homme aisit le porte-plume et se mit au itôt à calligraphier ses doléances. Sa signature apposée
avec un upe rbt: paraphe, il reprit son parapluie et son
mou et s'enquit :
- Puis-je m'e bigner?
- Parfaitement, mon ieur, vous êtes libre.

•

• •
A peine fut-il dehors, que le Commissaire explosa :
- Dites-donc, Pérou, qu'est-ce que c'est encore que
cette histoire-là ? mon ami, faudrait voir à ne pas jouer
au petit oldat avec moi ! Comment, non content d'être
saoul comme ...
- Comme une bourrique, ricana une des donzelle .
- Moi, saoul! je uis saoul? prote ta l'argou in. Mai~
je ne ui pas aoul, monsieur le Commi aire. Voulezvou que je vous le prouve : Tenez, regardez-moi marcher ! une, deux ! une, deux ! C'c t-y la démarche d'un
homme plein? Et je peux écrire! Faites-moi faire une
dictée, mon ieur le Commissaire, vous verrez.
- Taisez-vou , Pérou ! Je connais vos antécédent ...
Et d'abord vous puez le marc à pl ein nez!
- Une dictée, monsieur le Commissaire, une dictée,
une dictée pour l'amour de Dieu!
- L'amour de Dieu, Pérou, n'a rien à foutre avec la
plainte de M. Courtecuisse : Etant ivre, vou avez commis
la maladre e d'appré hender un honorable commerçant,
l'ayant arrêté sans preuves, vous l'avez fouillé et l'ayant
fouillé, vou avez, mettons ... égaré sa montre. le cas,
pour un agent assermenté, est d'une gravité exceptionnelle. Demain, je tran mettrai la plainte avec un rapport
circonstancié, et vous n'y couperez pas ...
- Je ne vai pas encore avoir huit jours de mise à
pied?

15

LE CRAPOUILLOT

A ce moment, une femme aux uperbe appas, simplement vêtue d'un peignoir et le crâne orné d'un millier de
bigoudis, apparut dans l'encadrement de la porte et se
précipita vers le bureau du Commi saire.
- Mon ieur le Commissaire, il n'est r:en arrivé à
Firmin au moins ? Il n'e t pa rentré et je suis très
inquiète ...
- Voici votre époux, madame, répondit le Commissaire, et il en fait de belles ! il e saoule, madame, et
quand il est aout, il vole le montres !
- Firmin va encore être mis à pied ?
- Pérou va être chas é de l'admini tration, madame !
- Chassé? Mais qu'est-ce qu'il fera, monsieur le Cornmi aire ? li ne sait rien faire, cette andouille-là ! Eh bien,
nou voilà propres avec les enfants et le terme ! Mais,
monsieur le Commi aire, continua la femme d'un ton
enjôleur, est-ce qu'il n'y a pas moyen d'arranger ça ?
- Il y a un moyen, madame, un seul, répliqua froidement le Commissaire après avoir narré l'aventure : faire
retirer sa plainte à M. Courtecui se, boucher, 311, rue des
Orteaux.
- Je vais le voir tout de suite, déclara cette femme
prompte aux décision : il est trois heures et demie, il
faut que je l'agTafe avant son départ aux Halles.
- Merci, Eugénie ! merci ! je n'oublierai jamais ce
que tu fais pour moi ! s'écria l'infortuné Pérou. Puisses-tu
réussir?
- Je saurai bien l'attendrir, ton boucher ! répondit
Mme Pérou en s'esquivant.
La demie de trois heures sonna, puis les quatre heures ;
le quart, la demie. L'agent cuvait son vin, étendu sur un
banc; le Commis aire somnolait ... Enfin, l'épouse Pérou
surgit, uivie du boucher en blou r bleue et casquette
cacao. Pérou auta sur es pieds.
- Voilà, annonça la superbe femme, M. Courterui se
qui a eu la bonté d'avoir pitié de moi. .. Oh ! pa de toi,
de moi !. .. Et qui veut bien retirer a plainte, pour ne pas
mettre une famille entière sur la paille.
- Passez-moi le papelard, dit Courtecuis e. Et l'ayant
reçu des mains du Commissaire, il le déchira avec un
g-este qui ne manquait pas de grandeur.
L'agent Pérou, qui n'était pas encore totalement dégrisé, se jeta à ses pieds, embrassant avec transport ses
main qu'il arrosait de ses larmes.

- Monsieur Courtecuisse, dit le Commissaire avec,~n.e
intonation de père noble, permettez-ma( de vous fe_hcrter de votre générosité. Vous êtes beau 1oueur, monsieur
Courtecuisse. Inutile de vous dire que toute les recherches po sibles seront effectuée pour retrouver la montre
perdue. Au revoir, monsieur Courte~isse, et soyez persuadé que l'agent Pérou regrette sincèrement un moment... d'égarement qui ne se renouvellera plus. .
.
Le boucher donna un shake-hand au Commissaire, fit
de sa main grassouillette un petit igne cavalier à l'agent,
salua a ec un très gracieux sourire la superbe Mme Pérou
et s'en fut, dans une apothéose.

M. A. Kouprine a conté cette idylle et e&lt;:tt~ ~agédie
dans une langue pleine d'images et de ren~uruscences
bibliques. Les archéologues contesteront peut-etre l'exa~titude de décors où se meuvent es per onnage , n:ia1s
il le a peints avec une telle couleur qu'il d~nnent 1'11lusion d'une fidèle restitution ; l' éclat du cadre aJoute_enco re
à la majesté de Salomon et à la grâce de Sulamite. Ce
joli conte tune œuvre d'art parfaite.

J. LETACO

DESSI

DE GUY DOLLIAN

• ••
Je te rejoigni dan la rue. Pour un louchébem un soldat
est toujours un poteau.
- Dites-&lt;lonc, lui dis-je ça vous coute tout de meme
une montre cette histoire-là ?
- Pense~-tu mon pote, me confia le gros garçon avec
un bon saurir~, ma toquante, tien la v'là, j' l'avais dans
mon gousset, comme de juste.. .
.
Puis il ajouta en me présentant avec un sourire _de
coin, un magistral oignon qui devait compter au moins
les siècles :
,
- Seulement, tu comprends, moi, j'aime pas qu on me
prenne pour un ...
Jean ÜALTlER-B01 SltRE.
A

A

LITTERATURE ÉTRANGERE
S ulamite, par

(1).
Ce conte biblique est un ouvrage, exceptio~ne~, par
finspiration et par la forme, dans l_ ~uvre s1, reahste
d'Alexandre l(ouprin~. C'est une fantalSle de po~te, dont
le lyrisme s'est échauffé à la lecture du « Cantique _d'.es
Cantiques » et qui s'est diverti à paraphraser la Bible,
en imaginant la brève aventure d'amour dont le Cantique est l'impérissable écho.
.
Salomon le roi au sept cents femmes et aux trois cents
concubines' a connu toutes le sensualités de l'amour:.
mais igno;e encore l'amour, le don total et absolu du
cœur avec l'abandon charnel. Par un joyeux et frais
matin, dans les vignes odorantes, il r~ncontre ~ne _jeune
Paysanne Sulamite dont la chanson simple et bmp1de et
'
,
l'infinie beauté
le 'troublent profondément. Il n' eprouve
peut-être tout d'abord que d~ désir, tan~is que Sulamite,
dès les premières paroles, des les prem1er~s. caresses du
roi dont elle ignore le nom et le rang, 1 aime tout de
suite : « Mon cœur tout palpitant, dira-t-eile plus tard,
s'est ouvert à ton approche, telle une fleur épanouie sous
la caresse légère du vent du sud, pendant une nuit d'été. &gt;&gt;
Mais la candeur et la sincérité sentimentales de cette
vierge l'étonnent,, le ravissent; . il découvre l'infini de
l'amour et aime a son tour, ventablement, pour la première fois. Jal~use, la reine Astis fait tuer Sulamite.
Celle-ci meurt en remerciant le Roi de son amour, de
sa beauté de sa sagesse, du bonheur qu'il lui a donné et
Salomon jure qu'aussi longtemps que de êtres humains
s'aimeront le nom de Sulamite sera, de siècle en siècle.,
prononcé avec ferveur et reconnaissan~. Sulami~e m~rte,
Ie grand Roi, inconsolable et reconnaissant, d1ct:, a la
gloire de celle qui fut aimée entre toutes, de 1 « Umque »,
les premiers mots du plus beau chant d'amour
« Mets-moi comme un sceau sur ton. cœur... »
ALEXA.NDRB KouPnINB

( l ) Traduit du ru ·e par Marc Semenoff el S. Mandelj J:!r~tace de
Camille M uclair. Collection : La Geste d'Erot aux l!;d1lions du
Monde ·ouveau.

POETE A L'HOTEL
PAR JULES SUPERVIEILLE

Feuillage du petit m atin
Trempé de gave et de rosée,
Tu te soumets dans ma croisée
Comme un doux aveu gle au soleil.
QI.Ul lle âme as- tu c11 oisie, quelle éime?
Au. fond de m on lit blanc eL noir
Titube encore u.n. peu. de soir...
Es-tu Jrèn , tilleul, pl.alun e?
T u me suggères d'a lle r voir
Orl prencl . a so1Lrce la vallée
Et que j'y ·verra i détoilée
'ne inconnue aux cils c:lém.e nts.
Feuillage, feuillage, tu mens,
Tu, mens aussi comme les a1Llres,
Q tie j vis daJl.ç trois continen t
Chez la négre e et che:. fa blonde,

Et chet celle qui m e soufjlai t
on tabac bleu dans la figure
Et me tirait a langue dure
Pour voir et que. jt devenais.

, OUX.

�17

LE CRAPOUILLOT

~~

A QUOI SERT UN ,f ABLEAU?
PAR JEAN-GABRIEL LEMOINE

I

ous ne sommes pa l'b , ,
de I' Art pou; l' A t 1 11 s I eres de la vieille théorie
qu'un tableau es; ~n y ha encore ~es gens qui pensent
suff1·t JI
e c O e parta,te en soi et qui se
·
Y
a
encore
Goncourt . J
• des ge ns qui· d.i ent, comme les
· « magmer qu'une œ
d' rt
•
à q~elq~e chose c'est avoir Je.; id~:~e de :et d;~ve servi~
avait fait du radeau de la M ' d
mme qui
~o/e et misRl'h~ure dans Ja vo~/! e L~enn~t~a~u:
mener ene Chavan ce dans « La L.b
t·
I er e » en est
bien la preuve II
•t
un tableau? et la ~~~~a~~éesce;~e question,_: A quoi sert
résument ainsi : un tableau ne e~;r~s:s ~ il a reçue se
~élas ! ce n'est que trop vrai aujourd'~uret c'est pour
q uo1
_on peut regretter de voir s'allo ,..,
h
,les kilomètres de murailles t . , ~ ~er c aque ann ee
tiles que nous parcourons à ca:~~~eee sati/es œuvres inu-

v~~~t

• ••
qu~ ~3:tait :~~=nt reveni~ à ~ne c?nception plus logila traditiot nous Îe ~/?ftn, a quoi sert un tableau ?
orner
i . un tableau sert d'abord à
d'~v?iru:t~~~c~I

=~:

~::s ~:r:~;1~ree/~,!~~~ce colorée

~r:~isé{ai:i:\n~;:c d:nai~trag~ tavorable, a !~tu~!ti:
hasard, mais destiné à { ~ 9u1 ne s_o nt pas choisis au
est d'accord pour admettr: qi:riefa:~lo1r. rout le monde
!}epuis que le tableau de chevalet ::t~ :r un _tabl~au.
.r·dtre depuis le xv11e siècle - il e t ,
, 1vente, c estpremiers « Tableaux de Che I
a_ presumer que les
de Poussin - on I . d
va e » turent les œuvres
u1 onne un cadre qu.
t·t
lui, comme son nom l'ind ·
.. 1 cons 1 ue pour

t

d~;te"acc?mpagne obligat~t~e~~- m~~~u:nt::~a~~~
embry~ d~C:t~:~gne. le t~bleau est analogue à ces
Elle
t ·tg
q1;U persistent dans le corps humain
nous a, souvenir de la vrai
tu
.
qui est une décoration d'une na~r°a re . du. tableau
ta~leau est au1ourd'hui corn ris
e parhcultère._ Le
qur prétendent revenir à la bopnne ptard_qt_uelques artistes
'
t·
ra 1 ion comme
d ecora
ion pure. Mais si le tabl eau est ' cela n'e une
t ·1
1
?
que ce a les exemples sont là d
l'H" . '
s -J
depuis le moyen âge pour nous
q~!o1fe1/t:~;!:

m::~er

a le devoir d'être d'abord un décor il a le droit
.
estpr~s~ue un devoir aussi, de n'êtr~ pas que cetd qui
fa ongrnc du tableau nous le montre comme une «· surasce pl~e cou~erte de couleurs dans un certain ordre
est e,;bJ:: »Juiv::t la définition célèbre. Sa raison d'être
a .
ra on un panneau ou d'un mur comme un
Pi~~~~ dâ_ten~~e ou une tapi~seri~. Il en tint Îieu d'abord.
t
iscu a1t cette assertion il serait tacile de m
rer qu~lle est la conclusion d'une étude qui a été on;;~t 1a:tt
sur la con~ition des artistes au
les
c r9u~ les pe_mtres étaient propres à toutes
tion d'~~:e~ha epts la peinture d'un lambris, la décoral'exécution d'unm
ca~on d'une t?pisserie jusqu'à
royale Ce rt·
_e ou a reproduction d'une effigie
.
s a I ans-peintres
et no
f t
.
qualificatit d'art· t ,
n ar is es-pemtres (le
xv111e siècle)
ts e n aprt~ara!t dans son sens actuel qu'au
'b,
- resso 1ssa1ent de la corporaf
d
0
~e:n:s;!t (e~a~emen~ des peintres-selliers qui to~ ~aie!~
ses de
a cls asseo1br ~' &lt;les « faudesteuils » et des châsma es en ois).
si~~;st-~e d~nc_ q~i ~ès l'origine sépare Je tableau du
diff~
~eco_r ; mtnn equement rien, toutefois il s'en
. rencie a1s,~men~ par la qualité du travail et les conna!~sanfe qu_JJ_ eXJge de son auteur. la qualité du travai es preosee dans les contrats
actes
t
passés devant notaires _ il y est spécif",
souven
1
leurs empl ,
te que es couoyees seront « loyales » fine l'o
et. la combi1;1ai on d'iceJJes « durable ». D'aut~ &lt;~:;:-yl »
pemtr~ a t?1t ses preuves avec le chet-d'œu
, e
~antre qu'il connaissait à tond les lois de I vre. Il a
:1ve,hdu_ clair-?bscur, de l'anatomie du corps bau:::p~c;
_a p ys1onom1e et du symbolisme qui accom a ne to
Jours_ au moyen âge l_a représentation figurée. ~/somm~le peintre est un artisan « intellectuel et ·1
'
pas de le taire valoir en toute occasion:&gt;
t ne manque

bes

(li

mi;:;

r:~b:e

A-

ta;:

•
••
le \e :rblea~ actuel est en état d infériorité manifeste sur
a eau e ce temps-là. Ceci dit ans offenser nos
i\ ?t.3 m me nt par Jl curi B ouchO t
J••( l_)Jam1
er J!)O ).
(R evue de., Deux-Monde.

artistes qui sont pour la plupart d'une intelligenœ et
d'une culture générale très supérieures à ceux d'autrefois. C'est que les artistes actuels ne « veulent pas &gt;&gt; s•!
soumettre à la même discipline que ceux d'autretoi .
L'artiste de notre temp œuvre « pour rien, pour le
plaisir », première erreur, un tableau a une destination.
Comme un vase à fleurs n'e t pas une « œuvre d'art en soi »
destinée à une vitrine de musée, mais n'est beau que
parce qu'on peut y mettre de- fleurs , un tableau est
l'ornement de quelque chose. L'artiste de notre temps
croit qu'il suffit qu'il ait traduit sa fantaisie sur
une toile pour avoir tait un tableau, deuxième erreur,
un tableau s'ordonne uivant des loi qui le rendent plus
expressit que d'autres : Quand on dit qu'il y a une
rhétorique de la peinture cela effraie nos artistes, et ils
y reviennent pourtant par des voies détournées - ô
combien! - voyez les cubi tes! L'artiste de notre temps
a la terreur de ce qu'il appelle « la littérature » et il peint
des magots dans un style de maçon avec de prétentions
de philosophe. li met de l'intelligence partout, dans sa vie,
dans sa conversation, dans ses prétaces et il ne veut pa
en mettre dans son art ! bizarre préjugé ! Or, la fom1e
a une puissance de sugge tian non par e:Je-même, mais
par l'Idée qu'elle suggère. Tomber en transe devant
3 pommes c'est ce que Péladan dans son style franc .
appelait se livrer à des « pollutions optiques » : peindre
3 pommes c'est faire une étude et C- n'e 3t que cel a, l'art
peut autre chose. L'artiste de notre temps peint le mo nde
et peint les êtres avec un matérialisme singulièrem ent
désuet et que ne lui permet plus ni la littérature ni la
philosophie. Un visage doit être l'expres ion d'une pensée, un geste, le signe d'une action, il est urgent d'en
tenir de nouveau compte dans l'art. Sans doute, l'arti ~te
actuel nous dira que s'il n'exprime pas le- « étafa
d'âme » de ses modèles, il traduit au moins les siens
et que l'intérêt de son œuvre est qu'il s'y exprime luimême. C'est peut-être l'intérêt de son art, mais est-ce
l'intérêt de I' Art ? On pourrait lui répondre que la plupart du temps sa personnalité médiocre n'oftre qu'un pauvre intérêt, que le public, en tous cas, réclame un art
moins égocentrique et que le sûr moyen de lui vendre
c'est de lui tournir ce qu'il veut. Mais, hal '.e-là ! dit l'artiste de notre temps imbu des théories de I' Art pou1
l' Art : il est inférieur de plaire au public !. . . Quatrième
erreur. Qu'il ne s'en prenne donc qu'à lui s'il vit isolé
et sans commandes ! Jamais, dans !'Histoire de l' Art,
l'artiste n'a eu la prétention qu'il affiche aujourd'hui de
ne travailler que pour lui et d' « impo e r s:i visi on ». On
n'impose rien dans l'existence sociale, on subit, la vie
pratique est taite de compromis. Un artiste de génie doit
faire « pour plaire au public » un tableau génial. La
Peinture est remplie de réali ation de œ genre et elles
sont magnifiques. Qu'on n'aille pas nous « bourrer le
crâne » avec la Dignité de I' Art. L'art est un métier, il
n'est digne que s'il est dignement exercé, c'est à-dire par
un homme supérieur, d'une taçon supérieure ! L'artiste
d'aujourd'hui n'oserait pas nous donner tort mai - il ergotera sur le point die savoir ce qu'il faut entendre par artiste
et art supérieur. C'est pourtant bien simple. On a toujours exprimé la même chose par les mêmes .mots :
un artiste supérieur est un homme qui possède à tond
son métier ou son art, c'est-à-dire qui ne s'enlerme pas
clans une « manière 11 . On appelle cela aujourd'hui cultiver son originalité, c'est « se complaire dans son 1gno•
rance » qu'il faudrait dire. Un art supérieur c'est un
art qui peut exprimer tout et par « tout » nous entendons,
non seulement la sensation des rapports de volume et de
couleurs qui sont l'art primaire, mais la suggestion des
émotions et des idées, ce qui est I' Art suprême. La pein-

ture est un langage qui se passe de mots, puisqu'elle les
remplace par des tonne que nos yeux voient. li est
exact que la peinture allégorique, qui personnifie des
mots, est une absurdité pla tique, mais tout le reste du
champ de l'intelligence peut être exprimé par l' Art.
Voilà à quoi ert un tableau. Un tableau est un décor,
mais c'est un décor « parlant ». Il parle à no yeux, il se;i
à traduire mieux que nous ne pourrions le faire des
émotions, des entiment , de idées qui nous sont chères
et que nous serion impuis ants à rendre aussi parfaitement que peut le faire l'artiste, puisque c'est son métier
de le faire pour nous.
Jean-Gabriel LEMot E.

JAULMES, aux « Arts Décoratifs»
PAR LOUIS LÉON-MARTIN

J'ai trop d'e time pour le labeur de M. Jaulmes pour
cacher à l'artiste que je n'aime point son carton de
tapisserie destiné au haut commi sariat de Strasbourg.
Ces deux vierges, l'une cuirass · e, l'autre en flottante
tunique, montant la garde de chaque côté de l'écusson
à devi e républicaine, m'ont paru trop peu inattendues :
et l'ensemble de la composition, da ique et tricolore,
po sède un je-ne-sais-quoi de « 14 juillet » populaire
en désaccord certain avec la coutumière aristocratie
de l'auteur.
Par contre, il faut d ire b-::aucoup de bien du rideau
exécuté par tu· po1.r le Grand T héitre de Lyon
La première impres ion est excellente, ce qui, pour un
rideau, est un mérite essentiel. Le rouge et l'or se marient
harmonieu ement et donnent à l'œil une immédiate satisfaction ; puis l'on découvre des rapports plus rares, tels
les verts noirs des feuillages ; et le dessin, dont l'heureuse
et générale ordonnance se détache en ocre-terre-cuite
sur le fond de pourpre somptueux, vous retient enfin
par I ingéniosité, l'abondance des détails, le symbole
agréable et clair... De la sorte, si l'idée peut sembler
amusante d'inscrire en tons neutres l'arabesque décorative essentielle, elle se justifie rationnellement encore..
comme nous venon de le voir, par la néce sité de l'effet
rapide à produire, - nous sommes au théâtre - eftet
que l'artiste a cependant réussi sans rien perdre de sa
personnelle distinction.
L'essentielle qualité de M. Jaulmes, en ses recherches
décoratives, est le gofit. j'entends bien que, dans l'art
tout court, le goût doit céder le pas à la puissance qui
seule est féconde et vraiment inventive ; mais ici je me
demande si le goût, c'est-à-dire la recherche d'un agrément de qualité dans les combinaison des tormes et
des couleurs, n'est point la vertu cardinale. Quoi qu'il
en soit, à cet égard, M. J aulmes est étonnamment doué.
Il est un des rares artistes qui osent, de ce temps, s'attaquer au somptueux parce qu'il est sfir de ne Jamais
tomber dans la banale et plate opulence.
Certe , tout n'est point d'un mérite égal. On peut
s'étonner de l'ordre peut-être trop cla sique, de l'abus
des guirlandes, de la symétrie trop jalou e ou encore
que l'architecture générale ne soit obtenue que par des
équilibres trop stricts ; mais ces défauts eux-mêmes à supposer qu'ils soient tels - ont leur raison d'être.
Ces guirlandes ont leur place en une salle de théâtre
traditionnelle et quant à la symétrie et à l'ordre classique, ils collabore~t à la pompe de l'ensemble et que
l'artiste a délibérément voulue.
Je tiens ce rideau pour une œuvre, non seulement en
isoi excellente, mais iencore particulièrement représentative des conceptions décoratives de son auteur.

�iO

LE CRAPOUILLOT
renom des art et du goût français, il chercherait à
remédier à cet état de choses.
La réforme serait fort simple : tablant sur la scandaleuse impos ibilité où nous sommes d entendre les
chefs-d'œuvre mod les que nous a légués le Passé,
puisque Lulli, Gluck ou Mozart ne pem·ent plus nous
paraître autrement que sous 1a forme nébuleuse et loin·
taine de personnag mythologiques, il suffirait de promulguer un décret dans le goût suivant
PROJET DE LOI

.. ACADÉMIE NATIONALE DE MUSIQUE"
PAR LUCIEN MAINSSIEUX

riv~:

~ays;:. du Danube, fraîchement débarqué sur nos
d'admir:tion~~• ; 0J:11ntt œ ti_tre Aflamboyant; est rempli
.
en so1-meme ce langage .
« N at ion combien
t · d. •
·
« et
ho
1
!!ge e JU ic1euse qui sait con erver
norer es chefs-d'œuvre de son pas é et
« pétuer Je culte dan 1
.
en per« id vivace encore les e peuple ; comb1e_n donc doit ~tre
« nationales !
respect de la pensee et des gloires
« Noble institution que
11
.
« la tradition et d'exécut 1ce e qw ~rmet d'entretenir

«1

s:i::-:c::tr~s

er es œuvres immortelles comme

«
les ont co~~ue et qui oblige Je peuple
« entendre ~t o~ant, uperf1c:iel mais sensible à les venir

a en garder la mémoire !
« Et, sans doute les interp , t
é •
« sont-il , dès leu; .
re 7s, pr cieux auxiliaires,
« éduqués afin d'êt Jere se, d soigneusement choisis et
« sacrée. San nul rJ ~gnles e contribuer à cette tâche
•
.
ou e es plus grands efforts pé •
1
et~~ ~~~
« un but de ifu~ e ~ux c~b_otins q_ui voudraient dans
Pauvre et he~r~~ , ebvanb ite franchir ce seuil redouté. »
x ar are : ignorant de nos
d e « concessions à perpétuité
» Us un
m~urs
entrefilet paraissant habituenedient d _peu le cla~s•_que

:E;':i,:lrf:-:tp~J:~~'.i

~'..r,~; .:iit!~~]
:~~~~~:!

~~é~::C::o~~;Iie ~v~~af1f mtent dans ~sg~if
de
, , a en ueuse artiste dans le rôle
un· "J ,{:mport~ un su~es unanime. Tous ~pplaudirent à

~~n~~~~~

genc;
r;!:~i~s:;~~J~!an~1~e;~~:ux, inMtelliguente (ou une TI ·· ) rf .
.'
. ,
une arfinesses du rôle ~ts ,Pa aite qw 1:ndit a ~avir toutes Jes
Il s'agit générale~~~ ~mpte desormais une ... etc. »
notre Académie ati a1 d u.ne pers?nne avec laquelle
raison L
o.n _e, a contracte un... mariage de
,. . . a presse est mv1tee et se trouve participer au

reJOUISSances.

X

To~t ~ela est fort bien ! mais que de ienneat d
combmais&lt;?ns ~es droits de l' Art et ceux du Public
ces
enCpeât;rmer etlant payant, donc intéressant, on Jui donne
.
re que que nouveautés ou reprise M .
b1in sur le nombre sont exécutées correcte!ent ~s comendant toute Ja saison dernière ·,en ai
• ,
Loltengrill. Toutes les autres étaieJ t At, compte une:
que p
·
Al
n ga ees par quelrenue_r ro_ e réservé à quelque... bienfait
~foute o~ bienfaitrice du Théâtre. Sans doute ~W: sans
Je ne vois nulle autre raison qui me satisf
, dis-Je, car
B !:[e rap~elons P,as la mémoire héroïque d:sss~ose Caron
d:Cva, an Dyék, Maurice Renaud Féart . évano ·· '
. mougés, exilés ! Seul Delmas dem~ure
.
ws,
Jeune artiste digne d'eux Mme Ritte c· en~re et une
'
r- 1amp1. L'Opéra

f5

est envahi par une coh rt d
l'ont conquis , 1
• o e e chanteuses sacrilèges qui
de music-hall. aN: ~~~~e:e dont 0 ? s'emp.are d'une scène
des besoins de 1' Art
ons pas a conva10cre ces dames
re e.
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, •
cères b"
' ne neg1igeons pas quelques sinqu'il i~~~~ai~n:ur;!~s;e Ce stt ~eux-ci, au contraire,
que leur talent soit d ,.,en ~m1ere, en. ne' retenant
sans considéraf ,
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Belles Madame~o~ie~cune ~ur les cris ind!gnés de~
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Quant au Répert. o1re,
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chefs-d'œuvr
on_ y chercherait en vain les
luxueux bât·e clastsiques, qui sont la raison d'être de ce
imen.

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car n:~: ap:~~~uf ;:~~:ayons deux fois! Deux fois,
buables car · •
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usagers et 2&lt;&gt; comme contrithéâtre 're~it ~~e 1 ~~~~!~~~~a~;Et~r,e cela paraisse, ce
De deux choses l'une
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subvention et alor
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tre des B
s 9.u on 1 assimile a un simple théâpièces à s~~~~:a1;~/~ebi: se Ji~rer à l'exploitation de
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avoue est le Jucre ou b"e
s~bdvention o_fflcielle et doit alors e~ ëcha~~
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tOlre classique (répertoire Sl\p
,
n co~p e reperDepuis Monteverde L lü Jose ne ~as faire recette).
Ciluck, Rameau, M~zartu et
arc-A~tome, Charpentier,
Bizet, et même Fauré des te Webeodr, Jusqu aux Wagner,
D
mps m ernes.
e cette eule manière l' A d, . N
1ue peut remplir sa destin tica em1e ationale de MusiMaJ
a on.
heureusement le spectacl O ff
ntérieure est Join de pré t e , e:f par s_on économie
Le désordre intestin es:~n er un ideal aussi satisfaisant.
eux-mêmes machinés ar Ia son comble : les machinistes,
chestre ; yndiqué
c es ~~v_reu~es, manœuvrent l'or1! chef d'orch t
apor ise, 1 orchestre manœuvre
~ien heureux ~
~~~=I d~oi~~ir: iss~ut de ~ntillesses,
mposer ses désidérata L
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ssis ne vient encore
nettent sur leur carte · d es .c?tonstes sont souverains (ils
e Vl I e . DE L'OPtRA) 1 fi
nn ts di cteront bientôt leu
es gulOpéra que pour le Titre. rs
ases. On ne vient à
L~ situation semble ans issue
S1 le Parlement pouvait h
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q.ie chose qui soit étran c ez nous s w~ér~ser à queJc.ères ou politiques
. t ger aux combmaisons finan1 mai.s ouchant seulement au glorieux

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Article premier. - Par définition, l' cadémie Nationale
de Musique est assimilée au régime de la Comédiefrançaise et tenue de garder au répertoire et de représenter, au minimum deux fois par semaine, les œuvres
classiques qui demeurent la gloire et la richesse de la
Nation française.
Art. 2. - En conséquence la subvention actuellement
ridiculement insuffi ante sera portée à un chiffre de ...
Art. 3. - En cas de non-exécution des conditions
ci-dessus, l'Opéra rentrera dans la catégorie des entreprises privées et la subvention sera retirée d'office.
Art. 4. - Le Directeur responsable aura toute autorité sur le personnel et le chef d'orchestre devra être
obéi sous peine de renvoi.
Considérant la déplorable tolérance des « remplacements » et que la grande cause des mauvaises exécutions réside en ce que les musiciens se trouvent dans
la nécessité de courir à droite et à gauche et de jouer
n'importe quoi pour gagner leur vie, leur traitement
sera augmenté de manière à ce qu'ils puissent consacrer
tout leur temp au théâtre et coopérer avec plaisir et
enthousiasme, en vue d'une exécution ,parfaite.
Ils appartiennent au théâtre. L'orchestre pourrait être
celui de l'Association des Concerts du Conservatoire.
C'est le meilleur connu, et il est occupé une seule fois,
le dimanche en matinée, par les concerts dominicaux.
Art. 5. - Le chanteur et chanteuses, choisi parmi les
meilleurs, eront royalement payés.
En aucun cas ne saurait être tolérée l'offre d'une commandite de la part d'un ou d'une artiste protagoniste,
ou de la part de ses amis, car la Direction doit conserver une indépendance absolue ...
Inutile d'ajouter que je n'ai aucune illusion dans le
suocès d'une semblable proposition.
Et cependant ce serait l'unique manière de ne plus
donner raison à l' Etranger, qui regarde notre Opéra de
Paris comme le plus vétuste du monde et qui fait de nos
gloires passées des légendes ! Ce serait signer le Décret
de Mort des funestes errements qui font qu'en notre
Théâtre National Lulli est inconnu, Oluck oublié et
Rameau un fantôme somnolent.
Vivifions l'antique demeure où dorment les momies:
brisons les bandelettes, éveillons les éternels et bienfaisants génies !
Je crois indiquer la seule méthode pour aérer un peu
la vieille Mai on vermoulue, somnolente et de tout point
semblable à un Ministère.
La direction actuelle n'est pas en cause, ell~ est comme
nous, elle est, malgré son bon vouloir, comme nous victime. L'irresponsabilité de l'esprit démocratique et administratif pèse sur eile comme une chape de plomb.
Pendant quel' Académie Nationale donne Oou.nod, S,aintSaëns et Ambroi e Thomas, la Comédie-Française affiche
Corneille, Racine et Molière.
11 est vrai que ce « cahier de charges &gt;&gt;, pudibonds
voilez-vous la face, fut signé par un «Impérialiste» 1

L E C IN É MA
Les Deux Orphelines, o'E GRIFF1TII (~1ax Linder).
La firme Erka, qui s'est spéciali ée dans l'écoulement
des mauvai lai sé-pour-compte américains, se devait de
nous présenter cet insipide mélo historique, qui est une
erreur de Griffith.
'
« Les Deux Orphelines », en effet, transpo ées en
images d'Epinal « à l'américaine », sont un des films les
plus intégralement manqués que j'ai eu l'occa ion de ne
pas applaudir. Il n'a qu'un mérite : ous faire comprendre tout le tact et toute l'intelligence qu'ont dû déployer
les metteurs en scène du « Trésor d' Arne » et du « Signe
de Zorro ».
Sans nul doute, le film hi torique e t le plus diffic:te à
réussir, parce que le spectateur ne peut e défendre d'une
certaine répugnance in tinctive à voir s'épanouir sur
l'écran cet anachronisme : des Gaulois, ou ùes pages
Henri II, ou de seigneurs Louis XV surpris par Je procédé cinématographique dont l'invention remonte à la
fin du siècle dernier. Pour réu ir il faut autre chose que
du goût et mieux que de l'exactitude : Dans les « Trois
Mousquetaire » de Diamant-Berger, costume et paysages avaient été reconstitués avec le plus grand soin, ce
qui n'empêchait point la réalisation d'être d'une platitude
achevée et d'un grotesque désespérant, les châteaux les
plus authentiques donnant tous l'impre sion de déoor
de studio ! Le tour de force
t moins grand dans le
film de Oriffith, car son vieux Paris - on ne sait pourquoi moyenâgeux, et très inférieur en pittore-que à
celui de Rolida - est, et paraît en carton pâte.
Quant aux marquis Louis XVI, i!s semblent évadés d'un
couvercle de boîte de crottes de chocolat ! Et que dire
des piteuses gardes françaises, figurants mal stylés, des
combats bêtement réglés, où les adversaires se tirent des
coups de canon à bout portant, d'un duel à l'épée qui
semble joué par de mauvaises doublures de théâtre de
quartier, du tribunal révolutionnaire dont les membres
ont tous des gueules de mécanos yankees !
Quant aux moyens employés pour extorquer les larmes
d'un public sensible, ils sont d'une pauvreté rare. Oriffith,
qui a réalisé un des m~illeur films connus, « Le Lys
brisé », mais qui en a signé près de cent cinquante
autres, est un cinégraphiste d'une très vive originalité
et d'une très grande puissance, mais c'est aussi un primaire américain, doublé d'un prêcheur humanitaire d'un
mauvais gont insupportable. Vraiment, le martyre de
l'enfant aveugle, il aurait pu lais er ça aux sou -FeuilJades ! Et le coup de la guillotine ! Depuis « Charité »,
un des chapitres d' « Intolérance », quarante romans cinéma nous ont présenté, en images judicieusement alternées, le héros, sur le point d'être électrocuté, pendu ou
fusillé, tandis que son sauveur, l'ordre de « surseoir » en

�20

LE CRAPOUILLOT

poche, arrive en Cadillac de 100 HP. Dans les « Deux
Orphelines nou n'y a,·on · p s coupé d .! l.l mach 'n :! de
Guillotin, avec c~tte malh cu~e.1se Lilian Gish, le cou
dans la lunette, 1.. yeux exorbités et semblant jouer de
l'ocarina (1) avec ses doigts tremblotants sur ses lèvres
exsangues, tandis qu'accourt providentiellement le député
Brissot, au galop d'un solide percheron ... Tout de même,
ces effets-là ont un peu faciles pour l'artiste qui réalisa
les demi-teintes du « Pauvre Amour » !
Je me sui lai sé dire qt 1 ~ ce film avait été payé par
l'éditeur le même prix que l'admirab·e « G ::isse » de Ch:1plin, qui, la saison dernière, fit courir tout Par:s. Je
doute que ce théâtral mélodrame fas_e longtemp le
maximum à Pari , nonob tant le concours d'un quarteron
de manifestants appointés, soi-di ant « camelot du roi »,
que le patron place chaque soir dans la salle, en espérant
un succès de scandale que l'œuvre ne mérite même pas.
Jean ÜALTIER-801sstÈRE.
(1) Cf. J.-J . J.i&lt;lclul (Œunt&gt;s compfèle ).

21

passé deux longues années au J2c crustacés) était tout

! " CRAPOUILLOT"

à la joie de revoir le monde. Non qu'il songeât aux
petites femmes. Il aurait rougi de ce sentiments et
il savait qu'il lui était fatal de rougir. Mais, pensait-il, il
e marierait bientôt. Epou erait-il la petite milliardaire
de se rêves ? Peut-être celle-ci l'attendait-elle de l'autre
côté de !'Océan. Comme on idylle serait poétique et
tendre. Ah ! le premier a,·eu du homard à l'Américaine !
« JI en était là de ses réflexions et il venait de parcourir quelque distance, en tenant toujours par pudeur
les yeux baissés, quand un événement extraordinaire
jeta le trouble dan son âme. Il connut soudain l'émotion la plus violente, la frayeur la plus insensée. Il crut
sa dernière heure venue.
« Poussé par une vague plus forte que les autres, il
avait été précipité contre un îlot inconnu. Son corps,
projeté en avant, avait heurté un obstacle. Une lumière
crue, subite, l'avait inondé. Horreur ! Le malheureux
homard était devenu rouge, tout rouge ... »
Et le célèbre Crescent-Touchand ajouta, avec un bon
sourire :
« Il avait piqué un phare. »
René Î\ERDYK.

les

Toutes

BELLES ROBES
sont

OU EN SOMMES-NOUS?

HISTOIRES DE BETES A DORMIR DEBOUT.
LE HOM.A.AD ROUGISSANT
« Savez-vous, nous dit l'autre soir à br0le -pourpoint
le célèbre Cre cent-Touchand, profes eur au Muséum,
savez-vous que les homards ont une p ychologie, comme
vous et moi ? »
Nous regardâmes l'illustre savant d'un air interrogateur. Il ne lui en fallut pas davantage.
« Le genre homard, nou dit-il, appartient aux crustacés décapodes-m acroures, famille des astacidés. Mais
je ne vous apprend rien.
« Je vous étonnerai davantage en vous disant que
les homards ne sont pas dénués d'intelligence. lis savent
qu'il leur en cuit de e lais er prendre et que, contrairement à nous, qui de\'enon pâles en mourant, ils sont
saisis au moment de leur trépas d' une suprême rougeur.
« On comprend donc que leur principale occupation
soit d'éviter de rougir. C'est vous dire à quel point
leurs manières sont chaste et leurs propos réservés.
Leur société est très ferm ée, le cercle de leurs amis
choisi. Ils évitent certaines relations équivoque comme
l'anchois et le bar. Car l'anchoi fait peur et les bars
ne sont pas très bien fréquenté .
&lt;&lt; Ils se promènent avec des airs d'ancien régime. Ils
ont du sang bleu dans les veines (je laisse toute la
responsabilité de cette assertion à l'illustre savant). Ils
s'abordent avec une correction parfaite et leur salut demeure chaste et pur. Mais laissez-moi vous narrer une
petite anecdote, ajouta M. Crescent-Touchand.
« Un jeune homard élevé dans ces idées à la fois
craintives et pudibondes, s'aventura loin du rocher
paternel.
« C'était un soir de brouillard, et notre audacieux
qui venait de terminer son service militaire (il avait

ppelons le principe de
rovision (intégralement
vres » reçoivent chaque
ux qu'ils désirent. Ces
r du « Crapouillot » en
éraire de la revue. Les
ai sont acceptés à parcs. Pour recevoir, dès
veaux par moi~ pendant
e 300 francs (les romans

de

PAUL POIRET

LA VIE FINANCIÈRE
Il fut une époque où les gens qui parlaient de f ailüte
ri quaient le foudres de la justice et où le défaitisme
financier - comme l'on di ait alor - était fort mal porté.
Les temps ont changé. Aujourd'hui, il est de rigueur de
crier à la banqueroute et chacun de le faire à qui mieux
mieux. Affirmer actuellement quelque foi dans l'avenir
de la France est, dans un journal de bon ton, parfaitement impossible. C'est qu'il s'agit de remuer des égoïsmes voisins, afin de leur faire oubl:er le spectac:e de la
faillite allemande en évoquant le spectre de celle de
la France. Le pessimisme est donc à l'ordre du jour.
Tant d'idées confuses circulent en conséquence sur
notre situation financière qu'il n'est peut-être pas sans
intérêt de remettre les choses au point. Pour nous faire
comprendre, inutile d'amonceler des milliards. Comparons
seulement, si vous le voul ez bien, le bilan de la France
à ce que serait celui d'un particulier dont les dettes et
Jes créance se présenteraient dans des proportions analogues à celles de notre pays. Possesseur d'un miJlion en
chiffres ronds, notre homme lui ferait rendre quelque
150.000 francs de revenu annuel par son travail. Mais
une hypothèque de 300.000 francs pèse sur lu~ et il doit
faire face, en outre, à diverses dépenses domestiques.
Aussi devrait-il, en principe, mettre de côté, chaque année,
de 30 à 35.000 francs avant de s'offrir quelques plaisirs.
Jusqu'ici, cependant, il ne l'a pas fait, parce qu'un v:eux
monsieur de ses amis, en qui il a eu beaucoup de confiance autrefois, a réussi à lui persuader qu' il lui serait
plus facile d'obtenir l'argent nécessaire d'un voisin malhonnête à qui notre personnage a récemment administré une correction méritée. Aussi ne met-il de côté
que quelque vingt billets par an, environ. Pour le reste,
il ne s'en fait pas.
Voilà, en quelques mots, la situation de la France.
ituation grave, exœs ivement sérieuse même, mais non
désespérée, à moins que l'on ne s'obstine à la rendre
telle. Car enfin, c'e t un fait qu'avant de crier à la
faillite il serait peut-être plus utile de s'occuper de faire
rentrer les impôts. Mais cela, personne n'ose le faire_.

office de livres », lancé
~uillot », dépassent nos
1ptions surtout sur nos
rs étrangers loint~ins,
courrier nous arnvent
,ce, du Maroc, de Suis~,
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omaine de la librame
du public qui désire
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21

LE CRAPOUILLOT

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dout_e que ce théâtral
maximum à Paris nono
de manifestants a~point,
que le patron place chac
un succès de scandale q

car 1924 n'est pas loin pour les parlementaires. Quant
aux joumali tes, ils pensent au tirage, qu'il faut soigner
à tout prix. Cependant il est des faits que l'on devrait
oser citer brutalement. Par exemple, que l'impôt sur le
revenu a fait rentrer dans les caisses du Trésor français
60 millions de francs depuis le début de l'année, c'est-àdire très exactement la somme qu'il rapporte en Angleterre en un jour!
ous savons que l'on va s'écrier immédiatement que
nous sommes injustes, et qu'en définitive c'est à l' Allemand à payer. Nous sommes absolument d'accord et nous
désirons qu'il paie le plus possible. Mais pour cela,
il n'y a que deux moyens : l'emprunt international et
les règlements en nature. Sans le concours des EtatsUnis, l'emprunt international est impossible. Or, les Américains disent, sans ménagements, ce que nous venons
-d'exposer avec force égards.
Restent les paiements en nature qui constituent la
meilleure des solutions. Mais pour qu'elle rende ce que
l'on e t en droit d'espérer d'elle, il ne faudrait pas que
les trois quarts de la France des patriotes soit dressée
~u cri de : « L'Allemagne ne paiera pas... en nature ! »
Car telle est la situation ; tous ceux qui savent quelque
chose de la campagne occulte, déclanchée contre les acœrds de Wiesbaden depuis leur signature, en conviendront. Pensez-y un peu, laisser aux Allemands le bénéfice des commandes des régions dévastées pour s'occuper de cette chose si ridicule, si inepte - l'exportation !
Convenons, toutefois, qu'à cet égard les accords de
Lubersac-Stinnes constituent un sérieux pas en avant.
Pour la première fois on paraît s'être avisé qu'il valait
mieux reconstruire les régions dévastées qu'en faire un
musée de propagande. Mais constatons ce hasard que
l'accord a été conclu de notre côté par un marchand
-de charbon, en somme, par un intermédiaire. En effet,
qu'eût été faire un producteur dans cette galère, par
exemple, un métallurgiste ?
La conclusion de tout cela ? Mon Dieu, el:e est simple.
C'est qu'il vaut, somme toute, mieux acheter de la rente
française que des couronnes autrichiennes ou de la « Corocoro ».

(i) Cf. J.-J. Jadclot (1

BARNA
Le. Parfuma de ROSINE. JO 7, Faubolll"S Saint-Hoaoré • PARIS

HISTOIRES DE B~TES A DORM IR DEBO UT
LE HOMARD ROUGISSANT
Savez-vous, nous &lt;lit I'
. ,
le célèbre Crescent-Toucha:~tre soir a brûle-pourpoint
savez-vous que les homar-d · ' professeur au. Muséum,
vous et moi ? »
s ont une psychologie, comme
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ga~~~s nregar~~me l'illustre savant d'un air interroL ·
ne ui en fallut pas davantage
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ge en vous disant que
qu'il leur en cuit de ps~ ld~nués d'intelligence. 113 savent
rement à nous qui cleven~~!er .prendre et que, contraisaisis au mom~nt de leur tré fal~~ en mou!ant, ils sont
« On comprend donc
p s un7 s~prerne rougeur.
soit d'éviter de rougir. 't;es!e~~ pnn~ipal: occupation
leurs manières sont cha tes t ous dire a quel point
Leur ociété est très fermée e I leurs I propos réservés.
choisi. Ils évitent certaines r '1
cer: e . de leurs amis
l'anchois et le bar. Car l'an~ha !on; _equ1voques comme
ne sont pas très bien fréque t s ait peur et les bars
« Ils se promenent a ·ec d n es_.
,
.
,
ont du sang bleu dan~ le e . ~trs d ~nc1en regime. Ils
responsabilité de cette assesrti \ em~\
lais e toute la
s'abordent avec une oorrectio on a .' ustre savant). Ils
me~re chaste et pur. Mais 1~ parfrut7 et leur salut depetite anecdote a1·outa M Caissez-mo1 vous narrer une
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qui venait d e tenniner son service militaire (il avait

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r_1squaient les foudre de I g~ns. qu, p r ~...,....,....,_~.m
fmancier - comme l'on d' \ J~sttce et ou le défaitisme
Les temps ont chan é A1i~1 a ~rs -:-. était fort mal porté.
crier à la banquerou1e. et j~urd h~t, 1•l es~ de rigueur de
mieux. Affirmer actuelleme:tn e e fa1~e à qui mieux
de la France est dan
. quelque foi dans l'avenir
ment impossible.' C'es~ ~~,-{o~rn~: ~e bon ton, parfaitemes voisins, afin de leu /. s agi . e remuer des égoïsfaillite allemande en , r aire oubl.er le spectac'e de la
la France Le pess·m·evoquantt le spectre de celle de
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Tant d'idées confuses circul
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notre situation financière qu'·I e~t
conséquence sur
intérêt de remettre le- ch
i n es peut-être pas sans
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oses au point p
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les créances se présente a. particulier dont les dettes et
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150.000 francs de revenu a e u; era.it rendre quelque
une hypothèque de 300 000 t"nue _ p~r son travail. Mais
faire face, en outre
dive rancs pese sur lu~ et il doit
Aus i devrait-il, en principe ~~ d!pe~s~s domestiques.
de 30 à 35.000 francs avadt d r~ e_cote, chaque année,
Jusqu'ici, cependant il ne l'a e s ~f~;tr quelques plaisirs.
monsieur de ses ~is en
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fiance autrefois, a réu'ssi àq~i li a eu beauc~~p ~e conplus facile d'obtenir l'arge t persu_ader qu d lut serait
honnête à qui notre pe n necessa1~e d'un voisin malrsonnage a recemm t d . .
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remboursée), nos « abonnés de livres » reçoivent chaque
mois le nombre de livres nouveaux qu'ils désirent. Ces
livres sont choisis par le directeur du « Crapouillot » en
parfait accord a\'ec la critique littéraire de la revue. Les
(( abonnements de livres » à l'essai sont acceptés à partir d'une provision de 100 francs. Pour recevoir, dès
leur parution, 4 à 5 volumes nouveaux par mois pendant
un an, tabler sur une provision de 300 francs (les romans
se vendant de 5 à 7 fr. 50).
Ce service sera particuli('rement apprécié : par les
provinciaux éloignés de tout libraire, par les coloniaux
et les étrangers qui seront tenus - san retard - chaque
mois, au courant de la production littéraire française.
En dehors des envois d'office, tous les souscripteurs
peuvent, sans craindre un double emploi, nous demander
sur leur provision tous les livres qu'ils désirent. En
cas d'urgence ils peuvent télégraphier. Pour les pays
desservis par avion nous adresserons par cette voie, sur
demande, toute commande pressée. Pour les pays lointains, I' A. O. F., l'Extrême-Orient, où le « Crapouillot »
compte de nombreux et fidèles abonnés, nous ferons
coïncider les envois avec les départs de paquebots-poste.
Notre premier office était particulièrement difficile à
choisir, puisqu'il paraît peu de livres pendant l'été. (&lt; La
Maison de Claudine », de Colette, a été choisi comme
1 livre du mois ». Puis, suivant les indications personnelles,
nous avons complété les colis avec « Lucienne ", de
Jules Romains, « Les dévotes d'Avignon », de Péladan,
&lt;&lt; Panam », de Carco, « Le Phannacien pirite , de Billotey, etc. Nous espérons que nos premiers corrcspondant3
ont été sati faits de cette sélection, qui sera d'ailleurs
beaucoup plus aisée pendant la saison d'hiver.
Ceux de nos abonnés qui n'ont pas encore souscrit
trouveront page 22 la formule à nous adresser pour 1~
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                <text>Le Crapouillot es una revista satírica francesa fundada en agosto de 1915 y desaparecida en 2017. Inicialmente fue un periódico en las trincheras lanzadas por Jean Galtier-Boissière, quien lo dirigió hasta 1965, convirtiéndose a su vez en una mensualidad artística y literaria, luego en una publicación bimestral política y satírica, con pretensión escandalosa y controvertida. Después de una interrupción en octubre de 1996, nació una nueva serie en mayo de 2016 para finalizar en febrero de 2017.</text>
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              <text>Le Crapouillot, Arts, Lettres, Spectacles, 1922, No 1, Octubre 1</text>
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              <text>Galtier-Boissière, Jean, 1891-1966</text>
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              <text>Le Crapouillot es una revista satírica francesa fundada en agosto de 1915 y desaparecida en 2017. Inicialmente fue un periódico en las trincheras lanzadas por Jean Galtier-Boissière, quien lo dirigió hasta 1965, convirtiéndose a su vez en una mensualidad artística y literaria, luego en una publicación bimestral política y satírica, con pretensión escandalosa y controvertida. Después de una interrupción en octubre de 1996, nació una nueva serie en mayo de 2016 para finalizar en febrero de 2017.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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