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BIBLIOT EC ,-

1'1·uit 'cr1111&lt;· (l'll\T(' ('OlllllllllH' l't \'olo11tail·&lt;·. Jl c·omp01·tt.-- une n"110y¡1t ion ('Olllpli•te : lond &lt;'l 1'01·111&lt;', nw.fti•1·(' &lt;'f l&lt;'l'hlliC{llP. Jl vis&lt;' H.
1•xpl'imm· l'e~s&lt;'tl&lt;'&lt;' de• l't'•poqm· dai1s d&lt;:'~ u~uv1·es·de stylc. - La
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H"l!-.; il ¡1 S&lt;'~; p1·1'.«·ur~&lt;'111·s, &lt;'I fh...ji\ sc•s JH'&lt;'lllil'rs 1wdt1·Ps. Ta1Hlis
q11'1111&lt;' li'...!.·111·•(• &lt;k p1·osillt•111·:--, h la s11it&lt;• el&lt;' F1·a11&lt;"&lt;' &lt;'l de~ Bat'l't'S,
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¡¡jontilÍ&lt;'i:l ú l1•u1· 1·1'• yc'•latio111w11!'111Hl&lt;' d1• l'()l&gt;jd 1111(' 01·ganisatio11
plt'i I H~I 11('11 l d .1ssi&lt; l' i( • : .] 11 lc•s no I ll, ti llS, A I I&lt; l n'• ( ii&lt; le•, fi&lt;'Ol'g(~S
· Ch&lt;.•nrn'Yi&lt;'l'I' ...
it _&lt;•f's
11wit1•ps c·o111111&lt;' i1 &lt;·&lt;•11x &lt;111 X\'ll" sii•dt• - ~&lt;111s l'i1IY&lt;Watio11 du
mouton blanc qui jadis ~&lt;•t·Ynit d't•11~&lt;'ig1H' a11 1·uhart&gt;t oú sp
1·éunissui&lt;•11t Rad1w, L,1 Fo11t,ti11&lt;•, ~lolii•1·&lt;• d Hoil&lt;.•au -. . s(•ru
d'assur&lt;'I', s&lt;•lo11 110s 11111Y&lt;'11s, l'&lt;'liil1li:--s&lt;'IIH't lt &lt;h'•fi11itif c\'1111 classi&lt;·ism&lt;' 1110&lt;h•1·1w ('f dl's ~-c'•l'it&lt;'•s &lt;•st h&lt;.'•t iq11&lt;•s qui &lt;'tl sont ¡'1 la fois
l'&lt;-'Xp1•pssio11 &lt;'t la 1·1H11liti1111. l'tH' ll'II&lt;· tl'II\T&lt;' 11'1•st pas d&lt;' &lt;·PllPs
qui s.'imp1•oyist•11t &lt;'ll qw•lq11&lt;•~ a111·1&lt;··c'•s, ;'i la lllillli&lt;\1•p el&lt;• &lt;"&lt;'S 111ouvements ,11·tistic111c•s, fugitil's &lt;·1111111H' cl,•s 111rnlt•s, tlont 110t 1•p époque a pris l'hahitll(lc•. Ce• JH' sc•1·a pns tl'op J&gt;&lt;'llt-&lt;'11'&lt;' &lt;k tout un
sierle et d&lt;• la hrnlll(' &lt;'l t'm·ll' vol1111tc'• fiP plusit'UI'S gc'•11{•rations
pour l'ae,·omplil' ho11orahl&lt;•111&lt;.'11t.
L&lt;• 111&lt;'ill&lt;'111· hrn11111ag&lt;' &lt;¡11&lt;' 11011s p11issinw.;

l'PIHh'&lt;•

CENTRAL.

•1

U.A.N.L
·------------ -------,

ODE

•
I

ODE

HYTIER ouvre cabaret, Jean Hytier et sa séquelle !
11 accroche son enseigne aux jours de la canicule
' saigne,
Tandis que les moissonneurs ont le creux des mains qui
Que 1' odeur bleue des autos entete le carrefour
'
Et que, soulevée de fl.eurs, la lande de Cromedeyre
Montre tout-a-coup l'ét&lt;:'&gt; qui l'attaquait par dedans.

Cet animal de fer peint ne prend pas des airs terribles.
A d'autres l'effet brillant de la criniére et du rabie l
Ce n'est point par le regard qu'il veut nourrir ses clients.
Mais Racine et Poquelin passaient jadis sous sa porte.
Aussi voyez comme il tient gaillardement sur ses pattcs !
Je sais des auteurs bouffis qui l'intimideront peu.

1

�JULES ROMAINS

HOMMES AU SOLEIL

Beaux copains dn Mouton Blanc, trop fiers poul'qu'on lesétonne l
A d'autres les courts desseins et les honnétes fortuncs 1
Si tu veux mourir rentier, cours te faire médecin .
Ce dont on parle chez eux, dans la lumiere des litres,
C'cst de poinc;onner le temps, c'est de fa&lt;;onner le siecle.
Au moins voila du toupet ! Dieu reconnattra les siens.

HOMMES .AU SOhEIIJ .
-

FRAGMENTS -

•
Vous diriez que c'est le vin qui leur monte a la cervelle,
A les entendre chantant entre deux coups qu'ils avalent.
Mais il y a peu d'espoir qu'ils dessoulcnt de longtemps.
Des qu'ils se sentent faiblir, ils s'en rrYersent un verre;
Et quand ils auront vidé les pots qu'ils o·nt sur la planche,
Sous la voute ou l'reil se perd toute la cave est remplie l

JULES ROMAINS .

11 y a trop de douceurs, trop de lumieres, Trop de caresses, dans l'écume des vagues,
Meurent a nos pieds sous les roes tabulaires,
Pour que je n'éleve a ll'lon tour une voix.
Mais lorsque le matin est si bleu,
Lorsqu'un te! flot de parfums circule
Parmi les figuiers el les cactus,
Ton chant pourra-t-il assez vibrer,
O mon cceur de partout surpassé?
Tu sauras !
Car je sens qui me secouc
Une nouvelle force, assez murie
En pleine joie de la plus riche vie,
Pour dire au moins, cela seul, avec ferveur :
Le bruit qu'ont fait a mes oreilles
Dans la chaleur ascendante du jour
Les moucherons enivrés de soleil.

•¡ Le Jury de la Soclété Catulle-Memlés vient de décerner Je pr ix ann uel de Pobsie Primic·e-Men deR
réservé a un manuscrit, a" H ommes a u Soleil" qui sera procbainement édtté.
'

2

•
3

�GABRIEL AUDISIO

11
Ah! préfere au sentier la route
Qui sonne au heurt de tes talons
Et fait vibrer jusqu'a ton creur
Une dure ivresse d'empire.

Aime la route et son sol ferme
Et sa carcasse raboteuse,
Les peupliers saos abandon,
Et la rencontre a chaque étape
De chaque borne qui t'attend.
Sois plus amant de la route
Pour son gout sur et sa force,
Et peut-etre parmi toutes.

De celle, ouverte en plein roe,
Ou fume l'odeur des pins.
Nouvelle a chaque détour
Par les vallées découvertes.
Et qui, défiant le ciel,
Nous conduisit sur la cime
D'un éclatant jour de joie !

III
C'est un matin sans soleil.
Tres calme. Ni cíe!, ni mer :
Une langueur gris de plomb
Qui stagne s1,1r tout le port,
Surface d'eau lisse et lourde,
Sombre bitume immobile
Saos la moindre pulsation
Rythmique de clapotis.

4

HOMMES AU SOLEIL

Chaque bateau ancré tend
Son beaupré vers les lointains
Comme l'encolure haute
D'un cheval qui sent le vent.
Q.uais déserts luisants de bruine,
Les mats raidis, sur les poupes
Les pavillons tomba.nt flasques,
Et les groes griffant la brume.
Le matin tout gris se fige.
De l'autre cóté, le móle,
Horizon de pierre, trace
Un pesant trait plein qui masque
Les infinis qu'on suppose.
Oh! voir par dessus le móle
Peut-etre un océan clair !

IV
Voici déja quatre jours
Que les fumées des navires,
Montent dans l'air, verticales,
Sans qu'un souffle les dévie.
O ciel si. bleu, tyrannique !
Toute les proues sont tendues
Vers des horizons possibles.
O Dieu ! ne rompras-tu pas les amarres?
Et ne s'élevera-t-il pas le vent
le vent chargé de souvenirs.
Le vent qui porte vers plus loin?

5

•

�GA.B RIEL AUDISIO

V

Je Yous connais, pays que je n'ai jamais vus,
R.ivages lumineux je vous possede en moi :
.Me r. tu m'es révélée de l'ouest lt l'est !
Tu venais de Catalogne
Balancelle si gorgée,
Et je t'ai parlé du port
Que tu quittas lt la rame
Un soir d'aout lt bout de brises.
J'étais avec toi, navire
Aux triples ponts étagés.
Remontant l'Adriatique,
Faisant escale a Beyrouth,
Lorque tes propulseurs
Battaient l'eau pendant des jours,

t

HOMMES AU SOLEIL

Je vous connais cités, rivages, races,
Vous tout désir et seve de roa vie ;
Je vous possede et devant moi je pousse
Le souvenir du jour plein de richesses
Ou je pourrai _:_

Nouveau périple Vous aborder !

GABRIEL AUDISIO.

Eta is-je soutier ou mousse?
Mon visage aduste garde
Le reflet que les soleils
Et la chauffe luí donnerent.
Et l'afflux c~isant du sang.'
Viens avec moi, matelot!
Je te dirai plus d'un chant
Qui t'a bercé au pays
Et don t tu laissas les a irs
Dans les vents et les roulis.
Nous boirons, et je ferai
Passer du feu dans tes yeux
En te rappelant le gout
Qu'ont les femmes de chez toi.

6

7

�HENRY PETIOT

GANGRENE DE TOUT

GANGRENE DE TOUT

8. - Le professeur explique son idée. Les murs se déforment; les tables montent au
plafond. Le microscope se décompose, se pulvérise. Puis se reconstitue; les tables
reviennent en place,'les murs aussi. Suzanne fait signe qu'elle a compris.
9. - Le mot EUREKA passe cent fois de suite, en cent caracteres différents : entre
chaque apparition on voit la figure du professeur, de plus en plus joyeuse.

RÉCIT EN ALLURE DE FILM

II. -SUZANNEARHIER.EST MALADE: TUBER-,
CULOSE.
(Les passages en capitales seront projetés a l'écran, les personnages seront

tres longs quant a leurs oisages et trés saccadés quant aleurs mouvements, aucun

d'eux n'aura de sou,·ires, sauf l'agent 833, qui sera une grosse moustache sow;
uo grand nez).

l. - LE PROFESSEUR JORIS ARHIER CHERCHE
AVEC SA FILLE SUZANNE LA THÉORIE DES
MOLÉCULES.
1. Le cabinet du professeur J orís Arhier: les murs ne tiennent aucun comptt des
lois de la perspective : la lumiere tombe du plafond comme condensée par une loupe.

Le professeur Joris Arhier: grossissement progressif. Puis un microscope et un
carnet de notes. Arhier met l'reil au microscope.
2. -

3. - Un tourbillonnement: visiona J'ultra-mícroscope d'une goutte d'eau. Impression confuse.

4. - Sa filie Suzanne : mince jeune filie bléme aux pommettes trop rouges. Elle
apporte une petite plaque qu'elle remet a son pere.

1. Suzanne sort. A peine dehors elle s'appuie au mur. Elle tousse et porte son
mouchoir a ses levres.

2. Quand elle le retire. il est taché de sang. Grossissement de la tache. De plus en
plus. Vue au microscope. Danse effrénée des bacilles .

.3. - Trois fois la méme scene. Le mouchoir est rouge de sang. 11 n'a plus une seule
place blanche. Les yeux de Suzanne sont agrandis d'épouvante.
4. - Elle porte la main
les cavités qui les trouent.

a la poitrine. On voit les poumons (comme aux rayons X) et

5. - Suzanne regarde fixement devant elle; elle se voit elle-mérne. Son corps lentetement se décompose. Ce n'est plus qu'un squelette qui arrache des morceaux de
poumons.
6. - D'un geste elle chasse !a vision. On voit qu'elle pense : « Idée; découverte;
équilibre des forces ».

III. -

LE PICRATE ''S".

1. Joie intense sur le visage du professeur. Sorte d'hilarité convulsive. 11 agite une
éprouvette bizarre et lourde.
2. -

Suzanne entre. - Apparition aussitót du mot EUREKA cent fois répété

a toute

5. - Quittant le microscope Arhier parle a sa filie. On voit apparaitre en travers de
son front les mots «Equilibre des forces».

vitesse.

6. - Deux globes brillants; on sent une réciproque attention que contrebalancent
d'autres forces. Mouvements incessants.
7 • - Sur le front du professeur se trace cette phrase : «Si les molécules ne sont main« tenues en plape que par un équitibre des forces, ne pourrait-on point rompre cet
« équilibre? &gt;

4. - MOLÉCULES ACCRUES, DISSOCIÉES. PICRATE "S",
PICRATE "S". OU TROUVER UN RÉCIPIENT. S'IL SE SOLIDIFIE, ACCIDENT. MOLÉCULE GROSSIE ASSEZ POUR
CREUSER RÉCIPIENT.

8

9

3. - Suzanne et son pere s'embrassent.

�.

HENRY PETIOT

GANGRENE DE TOUT

5. - Le professeur verse un peu de ce picrate sur la table. On le voit se solidifier.
Et le bois de la table se gangrene. Décomposition su bite de la matiere. Une large ouverture béante dans la table. On voit que le savan t pense « MAITRE DE TOUT ! ::.
6. - Suzanne ; émotion. Quinte de toux et crachement de sang. Evanouissement.
Frayeur de son pere.

IV. -

AÍNSI NOUS TOUS.

V. -

LES HOMMES, N'EST-CE PAS"? HAINE.

Folie du savant. Haine, haine. Revoit le cimetiere dans ses yeux. Sa filie

1. -

mourante.
2. Apparition du fantóme de sa filie. 11 prend entre ses mains l'éprouvette du
Picrate "S".

J· -

Joris Arhier. Grossissement. Air féroce. Haine ! haine ! Pour se venger des

hommes.
1. Un cimetiere. Des fossoyeurs fi nissent de creuser une tombe. La mort leurfrappe
sur l'épaule et se réjouit avec eux.
2. Un grand enterrement. Des académiciens. Des officiels; beaucoup de monde.
Discours .
.3. - Joris Arhier. Air hé beté. Grossissement. Les larmes qui sortent de ses yeux.
Dans ses prunelles on voit ce qu'il voit: sa fille qui se déco mpose peu a peu et qui n'est
plus qu'un squelette jetant au loin des fragments de poumons.

-4. -

Les murs se déforment. La table se décompose. La maison semble etre éventrée .

5. - Sur le front du professeur apparaít le mot : &lt; VENGEANCE» et dans ses yeux
on voit l'image squelettique de sa fille.

VI. -

VENGEANCE SUR TOUS.

-

maitresse. Un

Dans le cabinet du professeur Arhier, cent récipients contienoent le Picrate "S''
11 est dans la salle et caresse, en souriant: son menton rasé. Grossissement. Daos ses
yeux on voit :
,..,

5. -J oris Arhier. Grossissement. Dans ses ye ux. on lit : « Jean Arhier, lieutenant au
d'artillerie de campagne, mort a Verdun, 1915 - M"' Michele Arhier, morte le 4 novembre 1918 - Suzanne .. . » et apparition de nouveau du corps qui se décompose.

2. París. Place de la Concorde. Cent récipíen.t s de Picrate " S" renversés. Le Picrate se solidifie. Tache; tache é cartée de plus en plus. Les arbres, les maisons, et les
hommes; une atroce destructioo.

4. - 11 regarde les assistants. L'un pressé de partir, l'autre pense
autre se gratte le nez. lndiffére nce soµs amitié fe inte.

a sa

2•

6. - Arhier dans son ca binet. Travail. U ne éprouvette se brise entre ses mains.
7. -

1. -

.3. - Vue d'ensemble. Les batiments s'écrouleot. La Tour Eiffel chancelle.
4. - La terre dans l'espace :· l'effrittement. La destruction : la terrea cessé d' exister.
les fragments fuient les uns vers le soleil, les autres ven; la lune.

Domestique fra ppe. Annonce :

MARCEL HAMO;,'-.;, DOCTEUR ES SCIENCES.
8. - Jeune homme ; air studieux. Parle au professeur. En meme temps qu'on assiste
lit les paroles sur l'écran :

a leur entretien, on

11

SACHANT ... AIDE ... NÉCESSAIRE ... PRÉCIEUSE ... Ml,'.: VOTRE FILLE... ESPÉRER.. . SUCCÉDER. .. REMPLACER SUZANNE 1
Nervosité du savant. Eprouvettes brisées. Renvoie l'homme.
9. - Quatr~ fois la meme scene se reproduit avec des acteurs différents.

10

5. - Sur un fragment plus considérable de la terre. Rapprochement. Le professeur
braque a travers une lunette astronomique les rayons du picrate "S" sur la planete Mars,
puis sur Vénus, etc.

q. -

De la lunette s'échappe une colonne grisatre que l'on voit traverser l'éther.

7. - Les mondes s'écrouleot. L'agonie du soleil. Une tache noire qui le gagne et le
dévore, entieremeot, entierement.

VII. - HUMAINS FOUS PARMI LES FOUS.
1. - Place de la Concorde. Le professeur Joris Arhier porte
récipient bizarre. Mais nul n'y fait attention.

11

a la main

une sorte de

/

�•

HENRY PETIOT

GANGRENE DE TOUT

2. -

Heurte voiture d'un camelot qui vend des verres noirs.

,3. -

Un crieur de journaux burle «La Presse».

IX. -

4. - N'OUBLIONS PAS QU'AUJOURD'HUI A TROIS HEUR ES QUARANTE-CINQ SE PRODUIRA UNE ÉCLIPSE ANNULAIRE DU SOLEIL.
5. - Arhier passe a cóté du crieur sans faire attention
dans ses yeux le spectacle des mondes qui s'écroulent.

AINSI FINI'_l' .. .

1. _

Un cabanon aux murs matelassés. Arh ier rit sans arret. et danse et saute et cric.

2 __

Sitot qu'il touche un objet la matiere se décompose et il en rit sans fi n.

J· _ Le squelette de sa filie appara it. 11 l'embrasse sur les _de~ts. Et ils se mettent
tous deux ¡¡ jouer avec la terre, le soleil et les planetes. lis dech1rent la terre en morceaux et 1a jettent dans 1'espace.

a lui. On revoit rapidement
·

6. - Des hommes nombreux sont stationnaires et leveñt vers le soleil un nez que
chargent des lorgnons noirs.

FILM MO U TON B LANC
METTEUR EN S Cb'NE :

7. - Arhier les remarque et on voit en meme te mps sur l'écran :

AURAIS-JE DÉJA PRODUIT DES HÉSULTATSf
HENRY PETIOT.
8. - Des lors tout prend un aspect extraordinaire. Les maisons semblent se pencher
pour regarder.
9. - Arhier pose son récipient a terre, en verse un peu; va plus loin, recommence.
ro. - L'agent 8JJ le regarde en semblant s'amuser beaucoup.

VIII. 1. Arhier revient
verse encore.

2. -

GANGRENE "? ! ·t !

a la premiere pla·q ue de Picrate " S''.. Rien

ne s'est produit. 11 ea

A la seconde, puis ·a la troisieme, etc.

J. - Regarde fixement de_v ant lui. Grossissement. Un point d'interrogation dans
ses yeux.
4. - La terre qui s'effrite ; le soleil qui disparait : l'éclipse se produit. Mélangér de
fafon intime le reve du professeur et la réalité astronomique.
5. - Un commissaire de police s'approche de l'agent 8JJ et lui montre Joris Arhier.
Mais lui recommande la douceur en lui expliquant qu'il a la rosette de la Légion d'honneur, que ce doit etre un personnage important. L'agent fait signe qu'il a compris.
6. - Touche Arhier a !'épaule etlui parle. Eclat de rire du savant. Jette du Picrate "S"
sur l'agent. Puis éclate en sanglots.

12

13

I

�JEAN HYTIER
LA DOCTRlNE DU MOUTON BLANC

IJa Doctrine du Mouton Blanc

Comment se nomme ce critique éclectique? - Arlequín.

L'impressionisme en critique est charmant. Je propose que les tribunaux jugenl désormais sur la mine.

CRITIQUE

-•.

La vérité est bon ne é. dire; el le est bon ne aussi 8 répéter.

Plus sévére vour les idées et les oouvres &lt;¡ue pour les hommes, ne prononee
le mot chef-d'ceuvre qu'1) bon esci»nt. Pénetre-toi de la formule :sub specie aeter·nitati$.

Sois exclusif; crois-tu pouvoir transiger avec l'erreur1 A ceux qui diront.
«Vous é~ trop systéma_tique... », réponds : « Votre co1·ps aussi me paratt bie~
systématiq~e; ~e pourr1ez-vous changer ce nez de place! Vos inlestins sont
!rop exclus1fs; 1ls refusent le cyanure de potassium ».

Pour dire une c~ose neuve, dis une cho::;e vraie: crois-tu que la vérité coure
les ru~T Et pourquo1 méme rougir de répéter une idée vraieT La vérité n'est pa!.
un, hab1t qu'on prend _e t qu'o_n laisse a volonté. 11 y faut souvent plus de courag;
qua~ paradoxe. Souv1ens-to1, é. ce propos, de faire briller la vérité plutót que ton
esprit.

Tu ~e dis que ce c1·itique est un bon hommeT Mais est-ce un bon critiqueT Je
te supphe de ne pas confondre le creur et !'esprit, ni d'autres choses diff'érentes.

Tu me dis encore : Un Tela tant d'espritl - L'a-t-il juste, _
nouveau 1 - On ne ronde ríen sur ce qui change.

CLASSICISM E
Le classicisme du XVll• siecle a peint l'homme en général, tel qu'il était con&lt;;u
il cette époque. ~ous a vons un nouveau classicisme u raire. Son objet, c'est essentiellement la vie rnodcrnc sous. ses deux a~µect.s : individue] et collectif. L'homme
el les groupes. Trop de gens ont méconnu le renouvellement de l'inspiration ; ils
raient d'un trait de plume l'apport énorme du 1·omantisme et des écoles qui l'ont
»utvi; mais cette waliére confu::;e mérite d'etre élabor-ée. Un Rophisme dangereux
consiste ti exiger l'ordre &lt;lans la maliér·e, dans l'objet, - ulors que c'est l'muvre
d'art qui doit le manifestel'. Ainsi l'on peut taire un portrait ordonné du désordre.
Tout ce qu'il y a d'impulsif, d'incohérent, d'anarchique dans certaines émes romantiques - cela meme e:-1t maticre a nne reuvre ordonnée : Flaubert l'a prouvé.
Qu'on le veuilleou non, la Renaissance du XIXe siécle, aussi bien dans le domaine
scientiflque qu'artistique, a contril&gt;ué u former l'homme moderne. Certains peu.T
ventledéplorer,maiscen'estpassurce terrain quesepose le probléme esthétique.
Le classicisme n'a pas u. refléte1· un ordre préalablement établi mais A imposer
le sien.

n est toujours
La vie modernc, l'homme moderne, psychologiquement et socialement: voila

14

15

�JEAN HYTIER
LA DOCTRINE DC iIOUTON BLANC
le domaine du nouveau classicisme. II s'agit d'une psychologie toute nouvelle, a
peine soup~onnée pat&gt; quelques rares écrivains; les poétes nous l'ont souvent révélée avant les romanciers; elle va plus avant dans les régions mystérieuses de
l'~me. Quant a l'art d'évoque1· la vie des groupes, il n'a pas quinze ans d'existence.
Sa fécondité est évidente.

cette envergul'e ni cette intensité. Commenl penser qu'il échapperait a l'ArU C'est
le mérile de Romains d'a\'oir compris et pr-oclamé qu'il n'y avait pas dans les
manifestations collectives matiere a esthélique sll·ictement personnelle, mais bien
commune. C'est en ce sens que le classicismc moderne sera unanimiste. - Il ne
sera peut..étre pas qu'unanirniste (il y a, on l'a vu, un individu nouveau qui ne se
confond pas avec l'homme coni;u a la rac;on du XVII• siécle); mais la notion d'unanimisme est centrale au mouvement moderne. On n'en saurait exagérer l'importance. Elle n'est pas la marque unique du nouveau Classicisme, mais la plus
caractérbtique, la plus rigomeusement Ol'iginale, - de méme que le fait social
n'est pas la seule marque de la vie moderne mais, quand méme sa marque essentielle. Si impor·tante est cette considération esthétique des groupesque, saos elle,
on etit pu douter de l'avénement du Classicisme nouveau. En prenant conscience
de la vie collective, on a conc1·étisé a son contact des tendances qui en étaienL
ditférentes.

Fond et forme. Cerlains écrivains ont préparé ou préparent un Age classique,
qui trop souvent ont manqué de plusicu1·:::; grandes verlus classiques ; ils ont surtout exploré les nouveaux domaines. Manc¡ue de maitrise du sujet, de mesure
tlans la puissance, d'équilibre. Te! M~rcel P'roust, dont l'muvrC' énormc et prodigieusement révélatrice, mais immodérée, est au classicisme moderne, bien
qu'avec plus de force, ce que fut a l'ancien l'&lt;-euvrc d'Honoré d'U1·fé. En proie f1 la joie
de découvrir, tousdeux se noient dan::; leurs trésors. D'autre!i, Lirn différentsdecet'l
précurseurs, sont tout équilibre, mais n'appliquent malhcu1·euS('ment un art
admirable qu'a une matiére connue. Extré me achévement d'un cla::-sicisme
ancien dont il constituent, par un miracle impossil&gt;le a répéter, une ,-urvivance
étrange. Te! !'admirable Paul Valéry, poéte unique, qui rejoint, pa1· Mallarmé,
Chénier, La Fontaine et Racine. Ho1·s do la com·!Jc de l'éYolulion, il fleurit excep.tionnellement. Mais les écrivains qui inaugurent vraiment l'Age, clRstiique, ce sont
ceux dont l'esprit domine les sujets qu'ils traitent. Ainsi l'indi\•idu moderno SOU1'
certains aspects nous est-il présenté fonciérement par Andr6 Gide. L'unité de son
oouvre n'échappe qu'a ceux que sa diversité déconcerte. O vous qui traitez Gide'
de démoniaque et de mauvais mattre, cessez de confondre l'art et la moral e. Mai5
cette question viendra en son temps ... Un écrivain qui a renouvelé de fond en
comble l'inspiration et la technique, c'est Jules Romains. San:; parler de l'apport
de ses romans a la psychologie de l'homme moderne, comment ne pas admirer la
révolution du donné littéraire par l'introduction, dans la poésie, le roman et le
théAtre, d'une maliére nouvelle 1 Mais ceci souléve la question de l'Unanimisme.

....
Les termes indioidu et gT'oupe n'excluent, bien entendu, aucune réalité, - ni
la nature, ni les créations lrnmaines de toute espéce. Il faut entendre par la
}'ensemble des choses, l'Univers total conc;u tantóL par l'ame individuelle, tantóL
par la collectivité. Ces deux tendances ~puisent, par nature, la matiére du Classicisme moderne.

JEAN HYTIER.

UNANIMISME
11 faut étre aveugle pourne pas reconnaltre que la notion originaleapportée par
les civilisations modernes, c'est la considération du fait social. Aucun autre n'a

16
17

•

�ERREURS

ERREURS
1. JRE

Verlaine d'ensemble, voila ce qu'on ne faisait guere, et c'est a
quoi l'on nous convie. Cette lecture, pour désobligeante qu'elle soit
la plupart du temps, un a mérite inconiparable, c'estque, dissipant toute
légende et tout malentendu, prévalant contre les gloriflcations ingénues
ou ironiques, elle remet les choses au point: je veux dire qu'elle faitapprécier l'égale platitude du personnage et de son reuvre. Aussi ne saurait-on
la trop recommander aux débutants de lettres qui, sur la foi de leurs arnés,
seraient tentés de croire au génie de Verlaine. Elle leur évitera d'etre a leur
tour victimes d'une sorte de plaisanterie énorme et dupes d' une insolente
mystification.
RENÉ DOU MIC.

µ

VÉRITÉS

veR1Tes .
L'art n:iit de contrainte, vit de lutte, meurt de liberté.
ANDRÉ GIDE.

•
L'Art est toujours le résultat d'une contrainte. Croire qu'il s'éleve
d'autant plus h:iut qu'il est plus libre, c'eit croire que ce qui retient le
cerf-volant de monter, c'est sa corde.
ANDRÉ GIDE.

•
••
Toutes les grandes époques d'altiere production artistique se sont appuyées sur une critique outrancierement dogmatique ...

Arthur Rimbaud ( 1856). Ce fantaisiste serait plus connu, s'il avait mieux
su concilier la ruine et la raison.
GUSTAVE MERLET.

••

•

Premier numéro de la" Muse Fraru;:aise" Mars 192'2. Les poetes de
la Muse Franr;aise font un erevue parce que, liés d'amitié et ayant en commun l'amour de la poésie, une revue ou la poésie sera honorée, étudiée et
défendue, leur a paru une ceuvre agréable et utile, digne de leur activité
et capable d'intéresser de nombreux lecteurs.
Signé par les seize foodateurs de LA MUSE FRANCAISE.

•
••
Les una ni mistes seuls se tiennent au vers blanc ..... .
L'étranger doit savoir qu'en dépit de leurs prétentions a dévoiler une
muse nouvelle, ·a instituer meme un cours de poésie (!), ils ne représentent pas plus notre art qu'une cabane en pierres brutes ne représente l'architecture.
ANDRÉ THÉRIVE

18

ANDRÉ GIDE.

•

••
Le bonheur de l'expression fait partie des dons du poete .
LÉON DAUDET.

•

••
Et qu' on ne s'imagine point avoir retrouvé les lois de l'équilibre clas-sique du seul fait qu' on saura parler décemment pour ne rien dire.
JULES ROMAINS.

....

~- Jules Romains pense d'ailleurs qu'il y aurait quelque sacrilege a inscnre sur ~e fronton d'un batiment : « Ecole de poésie... ~ MM. Romains et
Chennev1ere entendent se garder comme du feude touchera l'inspiration.
a l'esthétique, a ce q~i fait la mat\er~ meme de la poésie. I!s veulent seu:
lement essaye~ de degager les lo1s etemelles de la techmque poétique
estimant que la technique est ch ose impersonnelle...
'
EMILE HENRIOT.

19

�MARTHE ESQUERRÉ

André Glde &amp; le Probl~me du Style

b E qu'il
Vieux-Colombier, fi&lt;léle a l'reuvre de régénération du Théé.tre Frarn;ais
poursuit avec tant de bonne foi et de vraie compétence, vient de représenter ·' Saül" de M. André Gide.

'

Cette reuvre si int6ressante par les tendances qu'elle manifeste, par sa rupture
décisive avec l'hérésic naluraliste, r¡ui mnge notre arl &lt;lramatique depuis plus d'un
demi-siécle, va nous servir de préte-xte pour accorder la queslion ca pi tale du style.
C'est un probléme si essentiel qu'il est impossiblc de le poser sans étre amené a
consid~rer la véritable nature de l'art. Il ne s'agit pas &lt;l'éta.blir une théorie, car les
notions relatives a l'art sont complexes et ne se lai.ssent pas aisément mettre en
formules, mais d'exprimerquelques idéesgénérales suggérées par les ceuvres qui
nous élévent au sen liment de la beauté.
« L'art, dit M. André Gide est une chose tempérée. El certes, je ne veul: pas dire

par la que l'reuvre u·art la plus accomplie serait celle qui se tiendrait a la plus
« égale distance de l'idéalisme et Ju réalisme; non, certes! et l'artiste peut bien
« se rappocher autant qu'il osc1-a d'un des denx póles mais a lp. condition qu'il ne
« quittera pas du ta Ion le secontl; un sursaut de plus et i1 perd pied ! ».

«

ANDRf: GIDE ET LE PROBLEME DU STYLE

dités ; l'lmperfection &lt;le la forme s'est aggravée de jour en jour et la littérature
dramatique est tombée dans un relachement extréme. Art et beauté devraient
étre deux no\ions indissolublement liées. Heureusement le scission ne s'est pas
opérée dans tous les &lt;loinaines, et la oú nous ne sommes pas familiarisés avec elle
il suffltd'en envisager la possibilité pour que l'absurdilé nous devienne évidente
Con&lt;toit-on un art musical qui ne serait pas agréable a l'oreille et qui n'aurait pas
le souci de produire des sons plus harmonieux qne ceux que nous entendons
dans la vie quolidienne 1 Un seul coup &lt;l'ceil jeté sur 'les ceuvres du passé peut
nous convaincre qu'il n'est rien de durable sans la perfection de la forme. Racine
ne laissait rien au hasard; il attachait autant ~'imporlance u l'achévement de ses
vers qu'u ses sujets.
Quelle semit la ruison d'étre &lt;le l'art s'il faisait &lt;louble ernploi avec la réalité
familiére? Pour4uoi se 1·endre au spectacle et ne pas regar&lt;ler tout simplement
les gens défile1· dans les rues ou dans les salons~ Pourquoi faire de la peinture
plutót que de la phot,og1·aphie? ll serait bien puéril de courir aprés une illusion de
réalité quan&lt;l nous vivons au scin de la réalité elle-méme.
Un art réalh,te est une notion aussi contradictoire que celle d'un cercle carré.
11 y a des raisons profondes qui font a l'artíste une loi de ne pas se borner a une
imítation survile. L'auteur qui copie les apparences familiéres et qui fait parle1·
ses personnages sur la scéne exactement corume dans la vie, s'enferme dans la
convention et la relati~ité, il prend pour une vét-ité essent.ielle une attitude qui
nous est imposée par les nécessités de l'existence.

"Saül" répond exactement ü cette conception. Le ton en est prodigieusement
varié; l'auteur emploie tous le~ registres; il va de 1a famili~rité a la plus pure poésie en passant par de curieuses nuances d'emphase et d'affectation. Mais un mistérieux équilibre ne cesse pas d'exister entre les éléments opposés. La familiarité
est déja poésie ; la poésie se souvient de la vérité familiére. On dirait que des instruments dhrérents fondent leurs sonorités les unes dans les a u tres, et nous sentons que la beauté de l'reuvre réside précisément dans cet accord.

Vivre, c'est répondre a des circonstances extérieures déterminées par des réactions appropriécs. Nul etre ne peut se soustraire á cette nécessité. Celui qui n'en
voudrait pasten ir compte et qui refuserait de s'adapter périrait bientót. Cette loi,
applicable a n'~mporte quel vivant, conserve toute sa rigueur quand on la transporte dans le domaine social. Nous sommes, en général, condamnés a une vision
intéressée de nos semblables; nous les percevons sous un angle utilitaire; ce
que nous connaissons d'eux, c'est la relation qu'ils ont avec no5 besoins. Nous
restons ignorants de leur véritable individualité, de leur organisation absolument
unique et du rythme original de leur vie.

Pendant
toute la seconde moitié du x1xe siécle et au début xxe., le thMtre a
,
réalisé ce paradoxe de séparer l'art de la beauté; les grands genres ont été discré-

Le r0le de la conscience est de jeter sa lumiére sur les seule.s idées capables d'éelairer nos réactions et de laisser dans l'ombre tout ce qui est sans rapport avec

20

21

�MARTHE ESQUERRÉ

la situation actuelle. De plus, la discipline sociale ne nous permet pas de donner
libre cours a tous les sentiments qui na.issent en nous. Le plus souvent, i1 nous
est avantageux de ne pas percevoir clairement le lumulle de notre éme.
La connaissance que nous avons de nous-mémes est relative a notre intérét, et
le langa.ge refl.éte ce caractére tout pratique de la conscience. Pourtant, des individus privilégiés sont capables d'une connaissance désintéressée. A mesure que
notre culture se perfectionne, nous nous élevons plus aisément au-dessus du
besoin qui hypnotise la plus grande partie de l'humanité; notre conscience et
notre langage deviennent moins serviles; nous tendons vers la poésie. Le poete
est précisément celui qui atteint a la connaissance la plus parfaite de l'Ame gréce
a un désintéressement inué de sa faculté de perception.
11 va chercher la vérité profonde des étres; i1 fait abouti1· tout ce qui est resté
latent en eux; i1 pousse asa limite la tent!ance de leur langag-e. Il fail fleurir ce
qui s'épanouirait librement si les hommes pouvaient s'affranchir et cesser d'étre
rivés a leurs préoccupations utilitaires.
De méme le sculpteur porte a lenr perf'cction et a leur plcin achévement des
gestes qui dans la vie ordinaire, reslent gauches, empruntés, el ne vont pas jusqu'au bout de leur intention.
L'art est un approfondis~ement de conscience et ne fail qn'un avec le probléme
du style Il n'est pas de grand art sans une certaine t.ran:;position de la réalité
familiére.
Il y a plusieurs degrés de transposition. Pas une des cornédies ue Moliere n'cst
la copie servile de la réalité, mais i1 est cerlain que le ton est beaucoup moins
élevé dans le" Bourgeois gentilhomme" que dans le " Mysanthrope ". Un pas de
plus et nous atteindrions le ton de la tragédie.
En peinture, le degré de transposition. n'est pas aussi élevé dans un porlrait
que dans une fresque. S'il fait un portrait, le peintre se borne a dégager avec netteté les trait caractéristiques d'un visage, mais s'il exécute une fresque, i1 pousse
jusqu'a la limite des intentions qui n'existent chez le modele qu'A l'état d'indications légeres. Chaque genre a ses lois. L'reuvre d'art est un équilibre entre les
lois d'un genre et la réalité observée. Et c'est ce que M. Gide exprime en disant:
« L'artiste peut bien se rapprocher autant qu'il osera d'un des deux póles mais
« é. la condition qu'il ne quittera pas du talon le second ».

ANDRÉ GIDE ET LE PROBLEME DU STYLE

Racine ne sacrifie rien aux lois de la tragé&lt;lie. L'action, telle que nous l'observe.rious dan~ la vie en est peut-étre retardée; n'importe; le poéte ne supprime pa~
les vers qui sont nécessaires aux harmonieuses proportions de la scéne.
Bien entendu, toutes les J1arties de !'ensemble doivent subir la transposition,
mais elles doivent conserver en meme temps leu1'S nuances respectivas.
-·-1
Dnns "Saül " M. Gide éléve a une certaine hauteur le son général de la piéce ;
mais le langage d'un homme du peuple garde pourtant la &lt;l¡stance qui le sépare &lt;l(l
langage du roi ou de celui du gnmd-pretre.
l'C1
Quelques auteura ont compris la nécessité u'une styli::.ation mais leur errem·
1
a été de se substituercomplétementu lcurs ¡,eI'sonnages. Ces derniers se trouvent
alors arl&gt;itrairement transplantés dans un mil ieu étranger. Un pay:5an ~•exprime
o
comme un professeur de philosophie ou comme un brillant avoca t. 11 parle 'une . -t
langue suns aucnn rapport avecses habitudes, ses eondition3 particuliéres d'exi:;- ' • !Ti
tence et ses associations &lt;l'idées coutumiéres. 11 y a rupture avec la vérité de l'in- ·, ()
dividu. Ce n'est }-188 un arbre t¡ui po1·te naturelleinent ses t'l·uits, c'est un poteau ~;- :.,.,.
sur lequel on a accroché &lt;les fruits cneillis ailleurs. Peut-etre trouverait-on chez ·
Claudel ou chez d'Annunzio des cas oü le poele substitue son tempérament propre ,- O
A celui du personnage. Au contl'ail'e, r elisez « Cromedeyre-le-Vieil », de Jules
Romains. Vous sentirez que la beaulé de J'expres:sion est inséparable de la vérité
profonue. Le langage des paysans ue Cromedeyr·e e::;t justiflé par leurs hahitude..-;
de vie. Pas une idée, pas une image n'e."'.lt ar-tiflcielle. Si tous les habit.'-lnts d'un
village du Ploteau Central arrivaienL a la clni1·e conscience d'eux-rnémes et pos- !
sédaient le don d'exprimer ce qu'ils sentent, ils parleraient comme le poéte les ¡
fuitparle~
·
De meme que l'ivresse ne nous déforme pas, mais manifeste seuleruent ce qui ;____
est secret en nous, la poésie est une transfigur-ation des sentimrmLc:; humain:-;.
c·est une vérité plus profonde et plus belle. Le probleme pendant entre l'idéalisme et le réalisme n'a pas de sens. 11 ne &lt;levmit pas Y avoir de probleme. C'est
un symptó'me de déca&lt;lence.
_
Qu'est-ce que l'idéalisme ou le réalisrne &lt;le Sophocle? Mais chaque fois que l'art
traverse une période de dégénérescence, ou assi,,te a la dissociation des éléments qui étaient fondus ensemble a l'élat de purelé originelle.

d

¡

MARTHE ESQUERRÉ.

23
22

�JEAN HYTIER

J. PORTAIL ET ANDROLITE

Au aommet de la vllle,

d. Portall et "Androllte"

.. I E considere "Androlite" de J. Portail comme un début imporU
tant. A une époque oli les fantai8istes modulent de petites
chansons miévres, on est heurcux de consta ter un effort dont l'étendue, la puissance et l'unité peuvent etre rnédités avec fruit. Deux
volumes de ver;:;, six cents pages de poésie: un ouvrage d'enverg-ure. J'entends bien : les ceuvres le8 meilleures ne sont pas toujours les plus longues. Mais l'abondance de ce poéme n'est pas un
creux bavardage. C'e::.t, au cont1·aire, un livre riche, luxuriant,
qui vous révele mainte chose neuve.
Un rnont s'éléve, un village dort a ses pieds. Des hommes escaladent le mont, puis l'un d'eux y découvre un fllon de pierre. On
l'exploile. A cóté de la carriére qui l=&gt;e creusejusque dans le sol une
fois le mont nivelé par cette ext1·action intem-ive, une ville se constmit, s'étend, se gonne, palpite. Les médit6tions du poéte sur tous
ces spectacles, tel est le sujet « d'Androlite )). J. Portail a su le traiter
non sans grandeur. II a le sens des forces et des puissances, de la
Yie, de la mort. Surtout, il réussit a animer la matiére. II faut voir
comme il rend l'existence brutalc de la pie,-re. II sait la valeur poélique d'un spectacle comme l'exploitation d'une carriere, la construction d'une cité, et la prise de possession de la pierre par le fer.
Le poéme entier vit multiplement dans cette atmosphére industrielle et minérale, avec de brusques échappées sur la nature
rustique. La vie humaine s'y débat avec ses senliments; le poéte en
prend conscience, spécialement dans le beau "Nocturne »dela fin.
En voici le début; on y reconnattrait un poéte rien qu'a. l'opposition
de l'image qui s'annonce aux dixiéme vers :

A la plu■ haute fenétre d'une m:it~on,
Un homme est accoudt
et du balcon regar/le
Couler comme un fteuve
la desceote du ~olr
La chute du aolr sur la vllle II vol d'olseau
qui agontse,
Mals que farde encore a,·11nt 111 morl
aux couleurs de la vle
L'lncarnal rosé d'un t.endre ero!pu~,•uJe;
,1. la méme heure dan.s une tle alltiporlique
Une/emme se Ieee et re¡;oit paisil&gt;leme!lt

Sur ses épaules arrondiei, et nue11
Qui retomben.t ain.si qu'une O&lt;Uque
L 'aurore de Jeu comme un baptéme.

..
L'intérét d' «Androlite &gt;&gt; s'avére dans les images. Ce livre en est
~ic~ie a foison. L'auteur retourne l'oujetsous toutes ses faces, etcette
ms,stance, parfois un peu lente, impose une vision nette et comP_l~xe. Le~ procédés ~e construction de J. Portail sont la juxtapos1tion_ et l accumulat1~n. 11 ~n résulle une grande diversité, quelqu~ro1s n~én_ie de la d1&lt;;pers1on, comme dans un film cinématograph1~ue ou 1I y a tr?p de coupures. Portail ne cherche pas u
subJug_u er le Iecteu~ d un seul coup; il le trappe de coups successifs
et précrs. Cette mamére se révéle sur l'échelle de la simple phrase :
c·est encore aux cornlches du mont
Fa~onn.é, trt&amp;aé, gau,Jré, ruché,

Quelque nld see de béte ou d'hlronclelle....

Un autre exemple manifeste triplement ce procédé fonclamental :'
lme (la carrlére) regardail ~a jeune el tendre plerre
Qui, plus lard aux hatelnes de couleur des ltommes
Peu 4 peu daos rotmosph~re verte el bleue
Verdirai t, oieilllrait, bMmirait, bleuiNJ.it,
Mtriniée, par la maln des éléments
Et patinét par les pieds des morcheurs,

24

25

�JEAN HYTIER

Cor rodee par le feu des neiges,
Le still des pluies et des hrouillard1&lt;,
L'entaille oblique des avuses
Et le:i morsures du vent aboyeur.

Un poéte qui use, a ce point, de la juxtaposition use néces_sairement de la répétition. Le lecteur trouvera ainsi dans « Androhte&gt;1
maints thémes avec variatións. D'autres fois , l'ol&gt;jet repr-ésenté
devient un centre de vision ; il se fixe dans l'esprit du poéte et fait
rayonner plusieurs images:

J. PORTAIL ET ANDROLITE

Toute cette vigueur ne va pas sans gaucheries. 11 y a des scories
dans ce jaillissem.ent volcanique. On releve racilement des images
bizarres, déplaisantes, de mauvais gout. On sourit de lire que la
cloche de l'église « Cait l'amour avec Dieu ». II y a quelque naiveté a
écrire:
... Amdur. Flulde. Blectrolyge supreme
De deux corps qui ae dlssol\·enl run daus rautre...

L'aut.eurest malhabilea exprimeren ver~ le:5 pensées abstraites:
D'autres hommes

De hautes chem inéee de brique, •iole\tes
A quatr~ pans,
Couleur de sang caillé,
Elaient les obélisques terribles
De la cllé...
.•On dirait qu'elle souffie et respil'e
P~I' les gl'un&lt;ls fi.tts déhouchés
De ses cheminées...

..La ville e$l un chreur qui chante
P.. r les trompettes dressécs contre le eiel
De ;ies hautes chemlnees,
Elles sont les arbres de la ,·me, les tron1·~
Dont la sthe ardenle monte et s·exhale
A gros bouillons...

ll y a la, chez Portail, un étrange pouvoir qui le g·rise évidtmment. L'ivresse l'emporte méme quelquefois sur le gout :
Le rut du lravail de la villa en chaleur
Sans Lrhe a pro,·oqué
Toutes ces érec:tions de cheminées.

Ailleurs, par un phénoméne contraire, c'e~t l'image qui devient
centrale et insistan te; elle s'impose aux objets, s'épand sur eux :
La route est une courroie
Qui sangle et ralfermlt le village,
Dont les rues. rune apres rautre,
S"rimlncissent en lanléres percées de trou~,
S'etfllent en ruelles
Et piquent ca et la la chalr des maisons

Avec rardillon
Des raldlllons.

26

Et qui tous avaient
L'averslon du monde,
L'écteuremen t
De la vie en commun
Et la satiélé
De la sociél1t.

n est clair que l'auteur se donne tout entier. n est abondant
comme la carriére de son poéme; tous les matériaux n'y sont pas
d'égale valeur; c'est une richesse a JJrcndrn telle qu'elle est, sans
tri : je ne raís pas la petite bouche. Je sal ue en J . Portail plus un
créateur qu'un artiste. Plus puissant que délicat, on est cependant
heureusement surpris de le voir, de temps á autre, s'accorder ~u
milieu d'une ta.che rude et sévére une récréation gracieuse ; voyez
comme il peint une ronde de fllletles :
..•Elle s'élance,
Elle est échancrée, ajourée,
Ríen ne la relient
Et elle ne retient ríen,
Le vent y passe et repasse,
Et clapotante, écumante,
L'allégresse la traverse
Comme de l'eau dans un panie1· ..
-~-le rire la creuse au cent1·e
Comme un gretot,
Elle est uue corbeille légé re
Que la joie prend et souléve
Par ses naltes qui s'envolent,
Les tresses qui bon&lt;lissent,
Et l'anse souple et gracile
De ses dix paires de b1•as•..

27

�JEAN HYTIER

La ronde décrit des chiffres:
mte est un cercle qui s'allonge en zéro,
Puis un zéro qui s'étire comme un fruil,
Puis elle se hrl~e, se referme
El devienl la chatne sans fin
ll'un huit qui s'enlace 11utour d'un c hene.
Elle se coupe encore
Et s'elflle a ses bouls.
El de neu f _el de six
Enllse1·onne sa ns fin
Le ful d'un hélre neur.

•

« Androlite JI contribue, pour sa part, a la découverte de la matiére du nouveau classicisme. Portail posséde admirahlement le
sens de la vie moderne. n sait que l!i poé.sic se doit trouver dans les
choses ramiliéres, dans l'Univers qui nous touche directement, et
non pas dans la sphére abstraite, artificielle el creuse d'une inspiration poncive et exténuée. Aucun voile entre !'ame et le réel. Je
regrette de ne pouvoir citer tout ce que Portail dit s ur la ville, la
carriére, le reu, le mont, les cimetiéres... On ne songe plus a lui
reprocher ses i•ugosités, quand on pense aux élégances éca&gt;urantes
de tel poéte « distingué ». Portail ne prend pas des mines effarouchées pour peindre les réalités solides et brutales de la matiére. Il
s'r plonge avec la bel le ardeur d'un Verhaer:en.
« Androlite &gt;&gt; est un livre qui fait honneur u l'Unanimisme. Tels
passages expriment manifestement des sentiments et des mouvements collectifs :

J. PORTAIL ET ANDROLITE

• ••
Les seules réserves vraiment importaules que je rerai sur le
livre de Portail concernent la technique poétique. Trop peu souvent
on a l'impression d'un rylhme vigoureux et décisif. Quand l'auteur
y atteint, c'est qu'il se conforme, plus ou moins consciemment a la
technique moderne. Les effets d'opposition, entre métres longs et
brefs, pour lesquels Portail a manit'estement une prédilection, il les
retrouve,-a.it, avec plus de netteté, s'il adoptait le príncipe essentiel
de la mesure réguliére. J'ai bon espoir que Portail y arrive dans ses
ouvrages futurs (On attend impatiemment cette Océane qu'il annonce). I1 a trop le goút de l'arcllitectnre pour repousser une
~echnique organisée et organisalrice. Son vers parait, u chaque instant, s'approcher puis s'éloigner du nótre. 11 n'y a pas la quelque
ch ose de délilléi-é; l'inachévement de la forme, Portail ne l'a pas
v:oulu, mais subi. En en prenant conscience, il est probable qu'il
y rernédiera. 11 en retirera maints avantages, dont le moindre, et qui
ne s'obtient que par une discipline rigÓureuse, ne sera pas une certaine condensation qui manque a « Androlite »
Insisterai-je si longtemps sur un probléme de pure technique,
si celle--ci n 'étart trop généralement méconnue, et si l'ceuvre de
Portail ne me semblait si proche, par son esprit, par son ' souffle,
par son fond, de l'esthétique du nouveau Classicismet Installé au
cceur méme de la vie moderne, comme nous aimerions qu'un poéte
riche de tels dons ajoutíH a la plus vaste inspiration la forme qui
achéve et constitue, qui équilibre, et permet de durer.

JEAN HYTIER.

Comme au fond ct·une cave
La famille se reforme el caille chaque solr•..
!"ar

... Je Youdrais étre entralné
le courant soupfo et forl d'une route...

Mais le livre entier témoigne d'une maniere de voir collective. Et
merne quand l'auteur n'exprime que des réalités matérielles, il les
saisit, peut-on dire, globalement. C'est toute une partie de 1'Univer5
rnoderne qui nous est a insi rendue sensible.

28

29

�LE MOUTON BLANC

Noug serong lieureux d' affirmer ici
a partir du Nº 2

.

L'OPINION DU ''MOUTON BLANC"
--SUR - -

les livres
--&amp;SUR - -

les revues

QUI NOUS SERONT ENVOYÉS

30
La Cete-Saiat,André ( laére ). - Imp.

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oocrRINH DU MouroN 81.ANC ", NOrEs RlIDUI.IERES PAR

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L'OPINIOS DU Mou l'ON Bt.ANC SUR LES Ll\"RES .ET LES RE\"UES.

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L'aboiuienient d'un

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JeanHgtier,P·A. May, O. Mannoni, RenéMaublam·
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•
'Jean Meunier, Henl'(J Petlot, Franci11 P0n!Je
J. Portail, Claude -André Pttf¡et
Jules Romains

ADRESSER TOUTE LA. CORRESPONDA~CE :

LYON

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                <text>Subtitulado "órgano del clasicismo moderno", Le Mouton blanc imprimió siete números entre septiembre de 1922 y noviembre de 1924 (primera serie: septiembre de 1922 a enero de 1923; segunda serie: septiembre-octubre de 1923 a noviembre de 1924). Su título hace referencia al cabaret Le Mouton blanc (rue Saint-Denis en París) que alguna vez frecuentaron Racine, la Fontaine, Molière y Boileau. Esta publicación fue editada primero en Lyon por el crítico literario Pierre Favre, luego en Maupré, en Saône et Loire, por Marthe Esquerré. Pero esta revista de estilo clásico fue ante todo obra del escritor y crítico literario Jean Hytier (1899-1983)</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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