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                  <text>REVUE
HISPANIQUE
lœwil t'111saer, 41 rlllllÙ des ltv,p,s, des littéralures d
d,s /JtlJs œst,"lla,u, talala,u d J,orlupis

d, 11,Woir,

PUBLŒ PAR

R.

FOULCHÉ-DELBOSC

QUATRÏÈME AmffiE

Numéro 10. -

Mars 1897

SOMMAIRE
P. FABRA. - Ètude de phonologie cataJaoe (Catalan oricotal)
H. PEsEox-R1CtWto. - Qµelqucs remarques sur le Dfaûnrario
d, Golidsnu,s de Baralt . . . . • • • . • . . . • • • . . . • • • . . . . . . . . . • . .
CuPAJt ENs. - Pbtuuiuio-Craun,,;IIOS sitw Homo vilTau. Rcissucd, with A Nore on El Litnldado Yulriera, by James Fm-

s
31

A. G. V. -Joao de Deus ..•.•..•. ,......................
M. KATURUNG. - Quelques proverbes judœ-espaanols.......

◄S
71
82

R. FoUI.CIU!-Dm.BOSC.- L'Espagne dabs Les Orimtales de Victor
Hugo ••....•....................•.....•..... • •. ·. · • · .
CoJiP'llSS lll!NDUS •••••••.••••••••.•••• • • • • • • • • • • • • • • • • • •

83
93

MAURIŒ·Kl!l.:t.Y • • • • • • • • • •••••••••••••••••••••••• • • • •• •

PARIS
ALPHO SE PICARD ET FILS, ÉDITEURS
Libraires des Archives nationales et de la Soœtd de l'Éc:ole des Chanes
82, RUE BoNAPAaTE, 82

��/

■

Là

.l8VUE HISPAlUQOE /"'1imi

f.;. &amp;sr, profetse.... tl'Univmi
de ~-cn-Briagau.
Ji. Alhl BAUDIUUART.
te Dr P. ~ Coa.ao, pro.
fesseur, i l'Ëcoie ~ des
Lettm de Lisl,onne.
Ji. ColmGtŒaJ PaollOIO, pro(aleW' l fÉcole Supérieute des

Lettres de I.isbnnne.
M. J. C:O.Xu, professeur

A l'Uni•ersitê de Prague.
M. R. J. Cvnvo.
M. G. llEsnavmis DU l&gt;maT, professeur 4 l'Université do= aer-

moot.

M. P. PAIIA.
M. Arturo FAJtDœW.
M. Jules FDIO"r, ardüvistc . .

l'.Mpartement du i&gt;rd.
M. ]lllllel Fn-uutJ1t1a-K1!1.1.Y,
M. R. PolJI.CR!-Dauosc.
M. A. R. GoNÇALv VJAHNA.
M. Je Dr M. KAnm.occ.
M. William I. ICJün, pro(asew, i
l'Univ~ de Chicago.
M. le Dr J. LBITI! DB AIOONCELLOS,

conservateur 4 Ja Biblio-

tMpe atio.ule de Lisbonne.
M. Jean H. M.udJoL, profeneur 4
l'Universiti de Lyon.

M. J. Musc) Tou11NTS.

lo,u

1a Jrod,a,,J

....,,_ la llrlkks le:

l

BIBLIOTECA CENTRAL
U.A.N.L

M. Marceliao .llDŒN0111 Y Pauu.
pro&amp;a.. l l'Univ,rsité Omtale de Madrid.
M. B. MwldB, profasew, AfUnivenité de Toulouse.
M- Camüna MICHAius DB VasCONca.tos.

• Ernesto MoNAa, profaseur

rumversiœ c1e Rome.

à

A. Mour.-PAT10, clireaeur
adjoint 4 l'&amp;:oJe des Hautes

M.

erudes de Paris.
M. Fr. D'OvIDto, professeur 4 l'Université de aptes.

M,Am&amp;NeP4Gis.
M. H. PJ!nux-RtcaAaD, professea,.
à l'&amp;ole Colœiale de Paris.
. le comte de Ptrnwou.
M. Hu,o A. làNHBllT, JIIOCes,eùr à
l'Univmitl de PeansylftGie.
M. Johan STotu,, pn,fesseur à
l'Université de Christiania.
M. le Dr G. na V.ucoNCBU.Os
Aauu, ]'IOfaseur à l'&amp;:ole
Supérieure des Lettres de l.i$-

bonne.

M. Karl Otulc\u.aa, profesaeu,
à l'Université de Dn:sde.
M. Fredrik Wt1LPP, professear à
l'Université de Lund.

REVUE HISPANIQUE

1

�REVUE
HISPANIQUE
Recueil co11sacri d Tél11àe drs la11gues, dt.s littératures el de rJ,istoire
drs pap c.1stil/ans, catalat1S tt part11gais
PUBLIÉ PAR

R.

FOULCHÉ-DELBOSC

QUATRŒME
KA.CON, . .OTAT

,auu.

OIH.Dlf.Ull.

ANNtE

1897

PARIS
ALPHONSE PICARD ET FILS, ÉDITEURS
Libraires des Archives nationales et de la Société de !'École des Chartes

82, RuE

BONAPARTE,

82

�ÉTUDE
UF.

PHO OLOGIE CATALANE
(CATALAN ORIENTAL)

Les caractères employés dans la figuration de la prononciation sont les sui,·ants :
Pour les voyelles :
i-1

é

à

fJ

à

ô

u- ,i

Pour les consonnes :

,..

(

g

k
.{·

g

1

I
){

,i

p
d
s-

zd
Ir t
11

b

/V

t,
m

�7

ÉTUDE DE PIIO OLOGJE CATALANE

6

P. FABRA

Voici la valeur de ces caractères :
à
a ouvert, mo) en encre a du français patte et â de pâte; dans àl tiri: a moins ouvert, à peu près d de pâte.
(J
eu français très ouvert.
è,o e, o ouverts, à peu près e, odes mots français mer, or.
~,()
e, o fermés.
i ,u i, ou français.
i,ti semi-voyelles, à peu près i, tt des mots français m,m,

équation.
explosives po téro-palatales, sourde et sonore; c, g des
mots français coup, gorlt.
l ,d
explosives alvéolaires, sourde et sonore; à peu près t, d des
mots français tour, do11x.
p,b explosives hi-labiales, sourde et sonore; p, b français .
.g,â,fi fricariv s sonores se rapprochant beaucoup des explosives
sonores g, d, b.
x,j fricatives antéro-palatales, sourde et sonore, se rapprochant
des sons français ch, j. Les palatales catalanes sont prononcées un peu plus en arrière, sans arrondir les lèvres.
é,g consonnes composées, sourde et sonore; à peu près tch, dj.
s,:c ç, :c français prononcés sur un point des gencives plus
éloigné des dents.
f;u fricatives labio-dentales, sourde et sonore; f, v français.
l
ll mouillés
l
l gingival ou gutturalisé.
r,f
r prononcés du bout de la langue; le second est un r fortement roulé.
}{
n prononcé sur le même point que k, g.
n gn du français baigné.
n
n du français nouvea1t.
m
m du français mère.
Les voyelles à, è, ~. o, (1 ne se trouvent que dans les syllabes
toniques; (J, ne se trouve que dans les syllabes atones. On peut
établir la division suivante pour les voyelles catalanes :

k,g

o ,elles toniques :
Voyelles atones :

à

eç

f

&lt;J

i

b

v ,i
tt

Lorsqu'un radical perd son accent, sa voyelle tonique se
change en une des trois atones IJ, i, u. Le radical bràs devient
brqs dans les dérivés brtJ,Sèt, brtJ,Sàs, br&lt;J,sàt. Des mots gat, peii, b~,
Ml, pçl, k,ik, on forme les diminutifs gq.tèt, P&lt;Jtièt, brµèt, kulèt,
ptt!et, kukèt. La vo elle atone fJ répond aux trois voyelles toniques
à, e, ~; la oyelle atone u. répond aux trois voyelles toniques

o, ç, tL

n rencontre les alternances à-lJ,, è-(J, ~-(J, b-11, ç-11, i.i-u dans les
radicaux des erbes. Ainsi, dan la conjugaison a, il y a trois
catégories de verbes dont la préconique est g,, et trois catégories
de verbes dont la prétonique est u.

pqrlà
Infinitif :
Indicatif présent : parlu
pàrlqs
pàrlQpq.rlèm
pqrlèti
parl(Jll
Infinitif:
Indicatif présent :

pur/a
porw
pbrtq.s
port(J
purtèm
purtet1.
portq.n

PfJ11SCl

pénsu
pèmq.s
pèns(J,
pq.11sèm
pt111sèzi.
pènsq.n
du11à
dçmt

dçm&lt;J,s
dçn&lt;J,
dunèm
d1mè1l
dç1UJ11

lll(J1ij/J.
mçt'iju

m(1ijqs
m~njq.
ttU]njem
mg,1ijèli

m~lijq.11
lrttkà
triiku
triik(Js
trûk{J.
tmkèm
trukêzi
tnikq.n

Quelques verbes hésitent entre a et e dans leurs formes fortes.
Ce sont des verbes dont la prétonique est originairement a :
11{1ilà= nadar (de 11atare); inJicatif pré ent nçâu à côté de nàâu.
L'a est régulier; toutefois les formes avec e sont les plus usitées
(Barcelone). La présence de l'e dans les formes fortes peut être

�8

9

P. FABRA

ÉTUDE DE PHONOLOGIE CATALANE

expliquée par la confusion des prétoniques a, e dans les formes
faibles; l'alternance
a été remplacée par l'alternance [J-e.
Le système vocalique du catalan oriental est bien différent de
celui du castillan . L'a castillan est un a légèrement assourdi,
moyen entre a de patte et â de pâte. Le catalan admet deux a :
son a moyen est plus ouvert qhe l'a castillan; l'autre est un a
légèrement labialisé, â de pâte. L'e castillan est moyen entre è et f;
l'o castillan est moyen entre b et ç. En castillan il n'y a pas la
voyelle fJ, et ses cinq voyelles peuvent se trouver dans les syllabes
atones aussi bien que dans les syllabes accentuées.

de la seconde ligne se trouvent dans les syllabes atones. Mais
cette règle, qui a des exceptions en portugais, n'en a pas en
catalan . Le portugais admet 1J dans les syllabes accentuées (montanha, .ovelha, janeiro) et les voyelles pleines dans les syllabes
atones Ualta-r, armar, credor); ainsi, quand une voyelle perd
son accent, elle ne se change pas toujours en une reduite. En
•
outre, en catalan fJ répond aux trois voyelles accentuées à, è, ç;
en portugais IJ ne répond qu'à la voyelle accentu'ée
è, r:
deviennent~ en perdant l'accent; conditionnellement è, ç peuvent
devenir i, et i, ~- En catalan, il serait indifférent pour la prononciation d'écrire o ou u, a ou e dans les syllabes atones. En portugais il le serait aussi d'écrire o ou u, il ne le serait pas d'écrire
a ou e; mais, dans quelques syllabes, il le serait d'écrire e ou i.

ç-a

a;

i
~

eca!t.

Diphtongues :

é

a

Subjonctive i

Subjonctive ii
acast.

ii

iü

lJ,

alabialise

i;u
à

r:i
li

èit
Ocast.

tJ.u
ati,

Q

u

Par son système de voyelles, le catalan oriental se rapproche
plus du portugais que du castillan. Les voyelles pleines portugaises sont identiques aux voyelles toniques du catalan. Le portugais a aussi la voyelle q,; mais il admet une autre voyelle sourde
parfaitement distincte de fJ.
Voyelles orales du pôrtugais :
aèç

aee.
fJ,

i

tJ,i

bi

àtt
{)LI,
U1/,

ui

Diphtongues accentuées. cul-eau, caure; èu-creu, peu; çü-neu,
meu; bü-bou, ou; 9t°t-pou, tau; itl-viu, vime; ûu-duu, lli.m; ài-mai,
aire; èi-servei, rernei; ç!-rei, !lei; bl-noi, boira; ûi-jruit, avui. mi
ne se trouve que dans duu, lluu, qui sont aussi prononcés du, Ïû.
Diphtongues atones. çü-cauré, bettrè, par/aveu. Cette diph tongue répond aux trois diphtongues accentuées àù, èû, çu :
kà1i.r1J,-ktJ,ttri;, beui-ç-bçuri;, Dcu-DtJ,uèt. iti.-viuré, portessÙL Ull est
toujours prétonique et répond à la diphtongue accentuée b1"t, ;

Voyelles catalanes :

b9û
u

ài

b9û
u

•

Dans les deu){ langues, les voyelles de la première ligne sont
celles qui se trouvent dans les syllabes accentuées; les voyelles

,

�II

P. FABRA

ÉTUDE DE PHONOLOGIE CATALANE

des infinitifs kl,MmJ, kourq,, mbûrq,, pwûrq,, on forme les futurs
klt11irà, kuûrà, muùrà, pluûrà. Cependant, dans ces futurs, la prépositive u se change souvent en q.; ainsi on prononce klcpira,
mq.1ira; plgûrà, !u;pirà de plcnir(J., kintr(J, (pleuvoir, cuire) malgré
pl1J,tira, kq,ura de plaiir(J, kâ1irq (plaire, tomber). u1t, de oit (àzt
ou 91i), devient u devant une voyelle : des mots bt''t, ppû, on
forme les diminutifs uet, puet (pour u1tèt, putiet). Pourtant il
existe tJ,z°tet . r/1-flairar, meilat. Cette diphtongue répond aux trois
diphtongues accentuées ai, a, d : âlrq,-çiret, feinq.-J(J'tn~, ti;l-tqJet.
ui-cui1uir, boirôs. Certe diphtongue répond aux deux diphtongues
accentuées tiï, bi: kriïnq,-kulna, bblr(J-bttlros. ii. Cette diphtongue
se produit quand on affixe l'adverbe hi (= y français) à une

sûu, sâi. Dans un nombre très restreint de noms, u n'est pas
non plus une subjonctive : kaus (chaos).
fJ + i atone, fJ + u atone. Ces combinaisons sont aussi monosyllabiques : ce sont les diphtongues (JÏ, qiL Elles sont dissyllabiques lorsque fJ, appartient à un préfixe atone et lorsqu'elles
répondent aux com binajsons accentuées q,i, rpi, q,6 : tçintg,grà,
f(Junî, prqukupa; g.grrJ,f-tJ,grqire, PrJûk-pq,ukèt, fq,9-qni'CJ-tma. Cependant on prononce bq.inat, trq,ïdç, etc., malgré bqi, tr(}f. L'u représenté par o n'est jamais une subjonctive: ttJurf(J.
B) - i ou u atones+ voyelle tonique ou fJ . Ces combinaisons
sont dissyllabiques: biàx, diem, riçn, ku,,riblrJ, tir, suà, suem, su~,
qtribuim, s11-9; JirJrff, su(Jrç, qndig.bblat. Exceptions : A. gu ou qu
+ a ou e: g1"tal, S(J/ltfn; quatre, frequent, pron. leùàtrq,,frq,k1içn;
mais cueta (diminutif de cua), pron. leuétq. B. Le suffixe io (ione)
précédé de s, z : q,ksï9, tJkspluzlç; mais uniç. C. itJ,, uq, posttoniq ues : savlq,,k1mtinûq.
C) - i atone+ u atone. Cette combinaison peut être prononcée iu, iû, fo. Elle est prononcée iû lorsque u est représenté
paru (viuré, pron. bit°m;); elle se prononce iu lorsque u est représenté par o et qu'elle ne répond pas à la combinaison 19 (embrionari,
pron. qmbriunâri); elle se prononce 711 lorsqu'elle répond à la
combinaison ï9 (nqslç-nqslunal).
u atone+ i atone. Cette combinaison est généralement dissyllabique : pruitJi, uirbn, tr{Jâuirem. Elle se prononce ut lorsqu'elle
répond aux diphtongues bl, uï : bàlrg.-buïrps, kul.nq,-kuïnà.
u atone+ u atone (rare). C'est une combinaison dissyllabique
(kuupqra). Qu:md elle répond à ou, elle se prononce
ou qiî.
Quocient, quotidiâ sont prononcés kusiçn, kutidià.
D) - Deux voyelles dont aucune n'est ni i ni u atones. Ces combinaisons sont toujours dissyllabiques : pr,Jèx, trq,i, pqûli,
iâèq,, tqmiq,, lttt(J. On intercale souvent un l entre fJ, et e. D'abord,
les anciennes formes verbales cahent, cahem, caheu, trahent, vehent,
etc., sont de\'enues k{Jïçn, kr;Jùn, kgïéû, tr(Jlçn, bglçn, etc. Dans
les formes inchoatives des verbes dont le radiçal est terminé par

IO

forme verbale terminée pari: baji, allez; bajil, allez-y.
Outre ces diphtongues, le catalan admet des combinaisons
monosyllabiques formées par un i ou par un u atones suivis
d'une voyelle tonique ou atone (ïtJ,, tt(J, iç). Quelques-unes de
ces combinaisons ne se trouvent que dans des mots empruntés
au castillan. Cette langue se prête beaucoup plus que le catalan
à ces combinaisons ou diphtongues croissantes; par contre,
elle admet peu de diphtongues décroissantes. On a vu l'abondance de ces diphtongues en catalan.
Catalan

CUt

Castillan
Catalan
Castillan

aï

qu ùi

(fÛ

iu

M

ati

eù

q,ï

eï ql (il)

bl

al

eî

{J!t

uti

uï
ol

Dans le corps d'un mot, deux voyelles en contact peuvent
appartenir à la même syllabe ou à des syllabes différentes. Voici
toutes les combinaisons possibles :
A)- Voyelle tonique+ i ou u atones. Ces combinaisons sont
monosyllabiques : ce sont les diphtongues aû, éü, çù, etc., ai, èl,
qï, etc . Elles sont dissyllabiques lorsque la première voyelle est
la finale d'un radical verbal : kréu, kréi, Jiu, fii, q,studiu, f]Studii,

uu

�r3

P. FABRA

ÉTUDE DE PHONOLOGIE CATALANE

un q, (pfJi), l'intercalation de l'i est un fait très fréquent : beaucoup prononcent pqiex, qgrq,,éx, pmôgJéx au lieu de PtJeX, {Jgrr,1if,
pru.'fjq.ex, Les mots grfJ4tJ, pq,eÎ(J sont souvent prononcés grqJr,la,
PCJit;ÏrJ. L'intercalation d'un i dans d'autres combinaisons (ga,
{J{J, eq,) est très commune dans le peuple : trqJ.atu (teatro, mot
castillan), tq.iqtret, iâeiq,. Les gens instruits prononcent t~àtru,
teq.trèt, idèq : e atone+ a est prononcé çq, ou ça afin d'éviter les
hiatus qq, qa. Quelquefois l'hiatus est évité par l'intercalation
d'un g: dugs-dûgqs, icJLît-Ïqgût.
Dans le corps d'un mot une combinaison de trois voyelles
n'est jamais monosyllabique; il faut excepter la combinaison
gu + diphtongue dans gû.g,ità, etc. Les combinaisons voyelle+ i
ou u atones + voyelle sont assez fréquentes : sèig,, duiq, nbl(,I,,
sèûqn, dilu;n, kbûq.n. Dans ces combinaisons l, ü ont bien moins
le caractère de consonnes que l'i et l' 11 intervocaliques du castillan,
lesquels peuvent être regardés comme de vraies consonnes.
Les hiatus d'une finale et d'une initiale peuvent être évités par
l'élision de l'une des deux voyelles ou par la formation d'une
diphtongue : ara entren, no enraonis, hi arriba, pron . àrçntrqn,
nçmfqçnis, iq,riÔ{J; mais on dit aussi (Jr(J~ntrq,n, nççnf(J(lnis, ÙJfiôq..
En général, le traitement de ces hiatus est assez capricieux. A. Lorsque la seconde voyelle est i ou u atones, l'hiatus ne persiste que rarement; en règle générale il est supprimé par la
formation d'une diphtongue décroissante: va obeir, pla i montanya
pron. bàuôqi, plalmuntàn(J. Dans l'intérieur de la phrase on rencontre les deux diphtongues ()Ï, iï, qui ne se trouvent jamais dans
le corps d'un mot : no imitem, qui hi ve, pron. nçïmitèm, kiiôç.
Dans les diphtongues syntactiques, la subjonctive peut être o
aussi bien que u. - B. L'élision de tJ. final est très fréquente, surtout dans les monosyllabes atones : on ne dit jamais tq,bôrq. mais
toôrq. (t'obre). L'q final des monosyllabes atones ne saurait persister que devant i, u atones formant une diphtongue avec eux :
t1J,imqjinq.s, üJttôriq. à côté de timqjinq,s, tuôri(J (t'imagines, t'obria) .
On dit gkèstq,lstbrfq, et (Jkèstistoriq., sèdz.qz'tôqrtûrgs et sèdz.uôr;.rtÛrtJ.s

( aquesta historia, setze obertures). Lorsque I'q final est le signe du
féminin (aquesta historia), il offre une résistance plus grande à
la chute; ainsi I' q: du mot l(J peut persister non seulement devant
i, u atones, mais devant d'autres voyelles, ce qui n'a pas lieu
pour l'q des autres monosyllabes atones. Les hiatus qu'on évite
le plus sont WJ, qà, aè, a~. - C. La chute d'une voyelle tonique
est un phénomène très rare : kès (que és).
C'est par le traitement des voyelles finales latines que le
catalan s'éloigne I.e plus du castillan et du portugais. L'a latin
persiste dans les trois langues (q. ou tJ); mais pour les autres
voyelles finales, tandis qu'en castillan et en portugais la chute est
l'exception et la persistance est la règle, on trouve l'inverse en
catalan; en général, toutes les voyelles finales, l'a excepté,
tombent dans cette langue :

I2

Cast. siete poco mayo vaho cojo brazo ajo aiw oro romo sabio
Port. sete pouco maio bafo coxo braço alho amw aura como sabio
Cat. sèt pok màé baf kçx bras ài à/1. br kom sàôi
Quand les voyelles labiales ou palatales persistent, elles passent
à e, qui est prononcé actuellement tJ.
Castillan
Portugais
Catalan

cuatro libro
quatro livro
kuàtrq Üôrq

templo centra
negro exacto
negro exacto
templo centra
negrq, qgz.àkt(J t,mplq, sçntrq.

Le changement des labiales latines en e a produit une classe
assez nombreuse d'adjectifs flexibles qui se terminent pare au
masculin et par a au féminin. Ce sont actuellement de vrais
adjectifs non flexibles, a et e atones se prononçant tous les deux (J :
apte-apta, pron. àptq,; negre-negra, digne-digna.
La finale o ( = u) n'est pas étrangère au catalan. Elle est la
désinence de la première personne de l'indicatif présent. Il y a
aussi beaucoup de noms terminés par a; mais la plupart de ces
noms sont des emprunts faits au castillan.
La chute de la voyelle latine a souvent causé une modification
de la consonne précédant cette voyelle. b, v, d, c palatal, sont

�ÉTUDE DE l'HONOLOGIE CATALANE

P. FABRA

devenus u, qui a formé une diphtongue avec la voyelle precedente: scribi-qslirlû; nive-n,;ù; pede-peiî; pace-pàu. Ces diphtongues
finales terminées par tt provenant des finales romanes b, v, d, c,
sont étrangères au castillan et au portugais. L'existence de ces
diphtongues est un des traits les plus caractérisés du catalan. Les
nombreuses diphtongues du catalan proviennent en général de
la vocalisation d'une consonne latine ou de hiatus; le catalan
ne diphtongue jamais les voyelles toniques latines. On sait
que ë., o latins sont diphtongués dans la plupart des langues
latines et que c'est précisément en castillan que cette diphtongaison a le plus d'extension. Les diphtongues iîe, ie pour a, ë,
si fréquentes en castillan, sont étrangères au catalan.
n final est tombé après une voyelle : manu-mà, bonu-bb, caminukqmi, homine-ômq. Plus tard l'r final est aussi tombé après une
voyelle : claru-clar &gt; klà, fior &gt; flb, primer&gt; primç. La chute
de l'n dans les paroxytons latins et celle di l'r dans les oxytons
catalans, a produit un nombre considérable de mots se terminant
par une voyelle tonique. Leurs frères castillans et portugais sont
des paroxytons ou des oxytons terminés par une consonne ou
par une voyelle nasale.

ma

Catalan
urnà
Castillan humano mano
Portugais humano mào

b,;
ft
bien fin
bern fim

b(!,i
bô
q,ksi9
vecino
bueno accion
viz.inho bom âcçtîo

q.be dunni S{JrIÇI
kla
dâ
Catalan
JCJ,nlf,
Castillan claro enero haber dormir seiïor duro
Portugais claro janeiro haver dormir senhor duro

L'r final persiste quelquefois (br, kàr, p1tr); mais il est tombé
dans tous les infinitifs: pq,rià, sq,be, durmi, tçmq. Devant les pronoms affixés, on prononce l'r des infinitifs oxytons, on ne prononce pas l'r des infinitifs paroxytons : p(Jrlàrli, sqNrl(J, durmiri,
mais tçmglq,, bèns4lq,.
Le castillan et le portugais n'admettent qu'un petit nombre

15

de consonnes finales; en catalan toutes les consonnes peuvent
être finales; il ne faut excepter que .g, ô, â. Toutefois un mot
suivi d'un repos ne se termine jamais par nne explosive sonore
ou par une fricative sonore (g, d, b, g,j, z., v) .
Castillan
Portugais
Catalan

fuego
fogo
fbk

pasado sabe virtud
passado sabe virtu.de
pqsat sàp birt11t

Les dérivés defok ont .g au lieu de k (fug9,fugàfruJ,jugeriJ,); le
féminin de pq.sàt est pq,saâg; sap est une forme du verbe SQÔè. Il
existe en catalan un nombre considérable de radicaux se terminant tantôt par une sonore, tantôt par une sourde. Tous les
radicaux qui présentent une sonore devant la voyelle des suffixes
ou des terminaisons, changent la sonore en une sourde lorsqu,ils
ne sont pas accompagnés d'un suffixe ou d'une terminaison.
Les alternances sont : g_-k, d-t, b-p, z-s, fé, j-é; j ne devient pas :é,
mais é.

grbgq,, gru.g9, çz..gru_gq.it
frèâ{J,, frq,t!(), ftJJrq,âàt
pçjèz.q,, pqjq,z.èt' pq.jqz.[q,
migq,, migà, migr
Pbjq,, fuj(), fujçn
sr/lie, SrJÔen, sq.ôbn, saôq,n
puâè, put!en, pudem, pàt!q,n
kuz.i, kuz.in, kuz.im, kûz.qn
fuji, jujin, fujim, frtjr;.n

grbk
fret

pq,jes
mié

fbé
sàp

pbt
kus
filé

Les noms terminés par k, t, p, s se divisent en deux catégories : les uns conservent la sourde devant la voyelle des suffixes
et des terminaisons; les autres changent k, t, p, sen .g, il, ô, z.:
pbk-pbk{J, grdk-grog_q,; nt!t-netq,, fret-frèt!q,. Les noms terminés paré
se divisent en trois catégories : quelques-uns conservent é,
d'autres changent é en g, la plupart changent é en j : dq,spàé-

�P. FA.BRA

dtJ,spqéa, mié-migq,, rbé-rôj(J. Les noms terminés par i ne changent
jamais i en j.
Les sourdes finales deviennent sonores devant une consonne,
pourvu que celle-ci ne soit pas une sourde; k, t, p, é, i, s, f
(rare) devie11nent g, d, b,g, j, z, v: kàp, kap lu;Mi, kàp xikôt, kap

sàôi -kàb gàt, kab jrôrJ,, kàb z.eru, kàb nôl; lgs pèr(J,S - lgz. 'ûàïrq.s, l&lt;P:._
nb-lq,s. Dans l'intérieur des mots : qtkiri-gdmirà, ttpsq.rôa-ubjfktq,
qlltiû-dfgng, g,sjuià-q:zt}(Jrlà, naftCJ-(JVgrJ,nistà.n. Devant une voyelle,
les fricatives sourdes deviennent aussi sonores, et les explosives
sourdes persistent : mfs, 1n(z q,kqôat; grçx, grçj qskqlfat; kap, kap
ôrnq. Les formes atones i, u (écrits hi, ho) ne sont pas regardées
comme des voyelles initiales, mais comme des terminaisons :
çplquâêi, gplqiiâij qiô, mais q,plq,uâei-u, comme dans qpltJ,ûâèxgs,
gplq,uâêig.n; rep, rep qib, mais rèô-i, comme dans rèvqn, reôin.
En catalan il existe des mots terminés par un groupe de deux
et même de trois consonnes, ce qui l'éloigne considérablement
du castillan et du portugais. Ces groupes proviennent tantôt de
la chute de la voyelle finale après deux ou trois consonnes qui
persistent (jb-m, fçrn, fàls, kçrp, bosk, g'1ht, bàlp, trkst), tantôt de
l'addition de la désinence s aux radicaux terminés par une
consonne (fbk-foks, pqsàts, kaps, kg.Mis, ans, kars, noms; ferms,
f&lt;&gt;rns, kçrps). Il existe aussi les groupes gz., dz.., bz, iz._, lz, etc., qui
sont des modifications des groupes ks, ts, ps, is, 1s, etc. (sales,

saks plens, sàgz vûits, sagz.. q,rnats).
t final est tombé après l, n; p final après m; k final après 'n :
a lt &lt; altu, cant &lt; cantu, camp&lt; campu, jonc &lt;juncu sont prononcés àl, kan, kam, j()n. t final peut être supprimé après r, s :
on dit for, kur, tris, gus aussi bien quefàrt, kurt, trist, gust. En
revanche, r final est quelquefois prononcé rt : kort à côte de
kàr (cœur).
Les groupes lts, nts, mps, 'nks, ont été remplacés par ls, ns, ms,
'nS : les pluriels alts, cants, camps, joncs sont prononcés als,
kàns, kams, jp&gt;ns ; temps &lt; tempus est prononcé tçms. Le groupe rt
perd son t devant la désinence s: le pluriel de fàrt est fors. On

ETUDE DE PHONOLOGIE CATALANE

17

intercale la voyelle u entre les groupes st, sk et la désinence s :
trist-tristus, bàs!t-bàskus. Les radicaux no.m inaux terminés par x,
s-z, é-g--j, prennent aussi la disjonctive u devant s ; bax-bàius,
gras-grasus, pg,jes-pq.jez..u.s, dq,spàé-dqspaéus, mié-migus, rôé-rojus.
Les radicaux verbaux terminés pari, s-z, j-é prennent la disjonc·
tive CJ devant la désinence s.

kuli (modèle)
tusi
kuz..i
krexq
lqji
Juji
sqnti
fçmprq
surti
pèrârç
muri

kuiu, kuls, kttl
tu.su, tusqs, ttts
kûz..u, kâz(JS, kus
lir~u, krçfcqs, krrx
lqjeiu, igjèxqs, lçjei
fuju, fujqs, fûé
sentu, sçns, sr:n
rompu, rçms, rom
sûrtu, sûrs, surt ou sûr
pèrâu, pers, pèrf ou per
moru, mors, mor ou màrt

Nous avons vu qu'il y a des mots qui présentent une finale
labiale en castillan et en portugais et une finale palatale en
catalan; nous trouvons 1 inverse dans un grand nombre des
pluriels qui reçoivent la disjonctive u :
Catalan
pçius, dçlsus, fransez.us, intqrèsus, tristus, boskus
Castillan peces du/ces f ranceses interests tristes bosques
Portugais pexes doces francezes interesses tristes basques
Le nom féminin pàst n'admet pas la disjonctive u; son pluriel
est pàts au lieu de pàsts : st s = ts. L'ancien pluriel aquests
devient q,kets, d'où l'on a tiré le singulier qlût. A Barcelone on
n'emploie 1J,kest que devant une voyelle : g.kèst omq, mais qket
kqôài, q,ked bàû. Au pluriel on dit indifféremment qkets et qkestus.
Quelques noms en é n'admettent pas la disjonctive u (ptié) et la
plupart admettent un pluriel en s à côte du pluriel en us; é s
=zts; de bàé, pué, on forme les pluriels boits (à côté de bojus),

+

+

pûïts.
1fM111e hispaniqite.

�P. FABRA

ÉTUDE DE PHONOLOGIE CATALANE

En catalan n n'est pas tombé devant s final : bonu&gt; bo,
hornine &gt; home, mais bonos&gt; bo11s, bomines homens. Le groupe
ns persiste dans les oxytons; ainsi ce groupe est la terminaison
du pluriel non seulement des noms terminés par n, mais ~ussi
d'un grand nombre de noms terminés par une voyelle tomque
( oxytons où n final est tombé) : ma-mans, ple-plens, kc;,rni-kr;mins,
kq,rôç-krJ,rôçns. Les oxytons où r final est tombé forment une autre
catéoorie de noms terminés par une voyelle tonique. On forme
le pluriel de ces noms en ajoutant s au singulier, l'r n'ayant pas
persisté devants final : fià-flàs, klà.-klàs, primç-primçs. On a introduit ns dans quelques noms de cette catégorie : qlta-qltàns, pilàpilans. Dans ces noms on a substitué ns à s. Par contre, les
pluriels homens, asens, margens, etc., ont été remplacés par les
pluriels analogig ues àmq.s, azçs, marjqs, etc. (Barcelone). Dans
ces paroxytons, on a substitué s à ns.
Au commencement d' une syllabe sont possibles toutes les
consonnes, à l'exception de v (Barcelone) et de n; sont aussi
possibles les groupes suivants :

groupes, qui ont aussi été palatalisés en portugais, subsistent en
catalan :

18

&gt;

kr gr gr
kl gl gl

tr dr âr

fr

fi

pr br Ôr
pl bl ôl

k1Jrô9; bçt, un bçt, kab bçt- ql ô9t, q,lz û9ts.
. ...
é, g, r ne se trouvent jamais comme initiales de mots. l 1mt1al,
si rare en portugais, est très fréquent en catal~n, beaucoup plus
qu'en castillan. Il a une origine différente de l'l castillan; il provient de la palatalisation de l' l initial latin, qui persiste en
castillan aussi bien qu'en portugais :

lçôrq, lfJ9 li lçp lunq.
liebre le6n lino loba luna
lebre leao linho loba lua

L'I initial du castillan provient des groupes

Dans l'intérieur d'un mot les groupes bl, gl précédés d'une
voyelle sont prononcés bbl, ggl : qdmirabblq, pàbblq, t ~ggl{J,. Les
exceptions sont très rares. L'I du groupe roman tl (spatla &lt;spatula)
a été palatalisé en catalan comme l' l initial; la prononciation la
plus commune de ti est li : qspàilq,. Le catalan admet aussi Il,
mm, nn, étrangers au portugais; le castillan n'admet que nn.
Dans les trois langues on rencontre des consonnes doubles d'un
mot à l'autre; mais le catalan en admet beaucoup plus que le
castillan et le portugais : kàp pàrq., kab bartJ, bçx xik, bpj joôq, très
sàtïs, trez zerus, etc.
Les fricatives doubles différant peµ des fricatives simples, elles
sont quelquefois remplacées par celles-ci ( élision de la linale du
premier mot) : trè sous, trè z.erus; le pluriel de ql sàôi est ql sàôis.
L'élision des final peut aussi avoir lieu devant f , x' ;' : al reis
. ' si
fais, q,l jq,rdins, il xikots (union très étroite). Il y a des cas où
la consonne finale ne saurait être élidée; elle persiste souvent
même dans les cas d'une union très étroite entre les deux mots.
Nous connaissons l'influence régressive des initiales sur les
finales sourdes. L'influence des initiales donne lieu aux phénomènes suivants : A. Changements de degré : les finales sourdes
deviennent sonores devant telle ou telle initiale (p&gt;b,ps&gt;bz.,
ns&gt;nz, etc.). Nous avons déjà parlé de ces changements. - B.
Absorptions totales ou élisions : l'élision des devants'"-',
'T f
x';·,
de
devant
j. - C. Absorptions partielles : é s = ~,
é
dz., é x = ti: = é, é j = âj = g (t~ à représentent
les éléments explosifs des phonèmes composés é, g) : rnàé
sek mafsek, mié xàï miéal. - D. Intercalation d'une
consonne. - E. Changements de place : l en l, n en 'R,
m. On
,)

On trouve g, d, b, après un repos, une explosive ou une
nasale; g, d:, ô, dans les autres cas : bçt, kambi, qdbers-sèôç, rJz..be:rlq,

iànq,
Catalan
Castillan /ana
Portugais là

llano llorar lla·ve llama
chào chorar chave chamma
pla
plura klaiï fiamq.

Castillan
Portugais
Catalan

pl,

cl, fi. Ces

x

+ z.=
+ &gt;

x,

+

+

+

&gt;

+
n,

�21

ETUDE DE PHO.'OLOGlE CATALA'SE

P. FABRA

20

sait que le phénomène B peut ne pas se produire; il en est de
même du phénomène E.
Dans l'intérieur des mots, on rencontre ~ d van t k, g; n
devant x, j, l; m devant p, b, m; n devant les autres consonne :
blq.N.kV, Jq.,iga; p111ixà, pg1ijà, tpiiàs; 11mplf, tumbà, immèns; l..'l}1tlà,
k,p1sà, et..:. Toutefois m est aussi possible devant t, s, t1, f :
kçmtq, pr~msq, dq,nwàt, kàmfurq. On trouve m devant r dans
sumH1ir(J. Les quarre nasales sont possibles devant s final. Sous
l'influence d•une consonne initiale, 11 final peut deœnir &gt;i., 11, m,
les autres nasales persistent. n final peut se changer en &gt;l devant
k, g, en ,i deYant le palatal s, en m devant les hi-labiales : u1Mt-».

gàl, mi lrp, um bôé; tlw-tlui /~, tàm ho; sa11-sal1 luk, sam mark,
à côté de son l11k, slm màrk. Devant une voy Ile, &gt;l final

st profinal est quelquefois prononcé 1i/ : sà-n.-sa:n.kq.sµsq;
sàn-sànlilàri. L'intercalation de I peut avoir lieu dans les monosyllabes tan, k1it'ln, sa11, (J{Jn; mais elle a surtout lieu entre le
gérondif ou la troisième personne du pluriel de l'impératif et les
formes atones i, 11 ( crits hi, bo): q,,um-q.nànti (allant, y allant),
kumprq,11(11-kumprq.111:ntu, baji11-bajinti, Jasin-Jàsintu. On écrit le t
dans les gérondifs, on ne l'écrit pas dans les impératifs; il y a
même des personnes qui prononcent bàjini, Jasinu; mais la prononciation bàjillti, fàsintu, est de beaucoup la plus commune.
L'intercalation du t permet de distinguer portin-hi, pron. portinti
(portez-y, sujet pluriel), de porti-n'hi, pron. portini (portez.-y-m,
sujet singulier). La phrase stéréotypée passin-bo be est prononcée
communément pasinuûe. La préposition (Jin (avec) devient généralement q.mb devant une voyelle: q.m tzi, (Jmb d. La préposition fJ
(à) se change généralement en gn devant ~. gkèst, qkèl, gkèx,
qxà, r;lo, r;lgû, q,/glin. Les contractious q.l, q.ls (au, aux) sont
auvent remplacées par q.n-gl, q.1i-rJls.
lest gutturalisé lorsqu'il est précédé d'une voyelle appartenant
à la même syllabe : mal, mfl, falkq., j(JlkQ. Cet l gutturalise la
voy lle précédente; à précédant / gutturalisé a le même son que
dans la diphtongue àû. L'l final peut se changer en l devant/
none 'N.k,

11

initial : q./ /vp, q.Î làpis, m/JÎ f~ (union très étroite), sàl Îàrk à
côté de sa/ lark. l est fréquent en catalan. L'i médial portugais
(écrit lh) provient des groupes romans cl, li; l'i médial castillan
( crit Il) provient de li : portugais, olbo, palba, mais cavallo,
prou. kquàltl; castillan, cabal/o, mais ojo, paja. En catalan, c, lr,
li pass nt à i: 111, pàlg, kq.Ml. Pour I initial,\:. ci-dessus.
Par son système de consonnes le catalan se rapproche plus
du portugais que du castillan. Toutefois le portugais (Lisbonne)
distingue v de b, û, possèdes, z français et n'admet pas é, g.
Mais le castillan a perdu les deux palatales sourde et sonore .f,j;
il a perdu également la sonore et la sourdes n'est pas identique
à l's du catalan, étant encore plus éloigné que celui-ci de l's
français ou portugais; é castillan n'est pas non plus identique
à é catalan, dans lequel on aperçoit plus distinctement les deux
éléments composants, et la sonore g n'existe plus. A la place des
sons perdus, il s'est produit en castillan deux sons étrangers au
catalan et au portugais : le c de cielo et le j de juven.
Voici la valeur des lettres employées dans l'orthographe catalane pour la représentation des consonnes :

z,

Det:a11l la voyelle

b
C

ç

d

Apris la voyelle

- &amp;, b ou bb . .... ... ... .. ... ..... .
- k; s devant e, i. Ex. : ce/, forces, cim,
pron. sèl, fàrsg.s, slm.. . . . . ...... .
- s. Ex . dolçor, plaça, vençut, pron.
dulsp, plasq, bgnst'it . ............. .
Ballot remplace ç par s ou ss :
dolsor, plassa, vensut (malgré vencer)

pou b

-d,d ..... . .................... .

t ou d
f Oll V

J -J........ ................... .
- g, g ou gg; j devant e, i. Ex. : gendre,
verge, vegi, pron. jèndrq., bèrj(J, bèji . .
gu. - .gtt ou gu; g ou g devant e, i. Ex. :
guant, digmm, digtû, pron. g1iàn, di-

k ou g
sou

z

g

k ou g

�22

.gùn, di.gi. gu ou .gu est écrit gü devant
e, i : segiient, pron. s4.gz"1çn.
ig

g après une
voyelle ; ié ou ig
après une consonne. Ex. : maig, veig, boig,
fuig, mig, pron. maé ou rnag, beé, bàé, fiié,
mié. On écrit communément mitg ou mitj
au lieu de mig.
est toujours muet.
é ou

h

-

J
l
ll

-;.
-

l gingival. ......... : ........... .

l gutturalisé.

- i.

Ex. : vermell, llop, ella, pron. b4rmei, Îçp, çlq,. Quelquefois Il. Ex. :
collegi, carmello, pron . kulliji, karmèllu
On écrit aussi col-legi, colegi, car-

m

-m ............................ .

m

n

- n ... . ... .. ................... .

p

-p . . .......................... .

n, ~, n, m
pou b

qu - ku; k devant e, i. Ex. : quan, que, qui,
pron. kûàn, k4, ki . ku est écrit qü
devant e, i : freqüent pron. frgkuçn.

rr
s

ss
t

-

r; f au commencement du mot et
après une consonne appartenant à la
syllabe antérieure. Ex. : cara, cabra,
rave, conreu, pron. kàrr;, kaÔrlJ,, fàÔ(J,

kunfèû ...... .................. .
- f. Ex. : terra, pron. tefq,.
- s; z. entre deux voyelles . Ex. : sabi,
pensar, casa, pron. saôi, PrJnsà, kàz.rJ.
Transacci6, intransigent, etc., sont
prononcés trq,nwksi9, intr(Jnz.ijçn.
- s. Ex. : grassa, pron . gràs(J .
- t ..........•.. . ...... . ........•

tg ,tj - g. Ex. : viatge, nJitja, pron. biagtJ, mJgq,
tx - é. Ex. despatxa, pron . tÙ}spaéq, .. ... .
v
- li ou b
x

--

é oug

ç ou g

x au commencement du mot et après
une consonne. Ex. : xai, gronxa,
pron. xài, grçni(J.
ks après a, e, o, u. Ex. : paradoxa,
pron. pq,rgdàksq, .. ....... . ....... .
Exacte, exhibir, etc. , sont prononcés tJgz.akt1J,, q,gz.iôi

ix

-

ks ou gz.

x après une voyelle, ix après une consonne. Ex. : caixa, coixa, gruixut,
pixar, pron . kàxq,, k9iq,, gruiût,pixa.

x ouf

Quelques écrivains suppriment l'i
devant x palatal : caxa, conex, pex.

metlo.

r

23

ÉTUDE DE PHONOLOGIE CATALANE

P. FABRA

r

sou z.

t ou d

z. -z.
Les écrivains catalans ne sont pas d'accord sur l'orthographe
de bien des consonnes : on trouve plaça et plassa, arc et arch,
mig et mitg, peix et pex; et aussi sap et sab, dubte et dupte, Jred
et fret, quatre et cuatre, etc. Ils ne sont pas non plus d'accord sur
l'emploi de l'h et de l'y : cauen, cauhen; traduir, traduhir; mai,
111ay; boira, boyra. Mais ce qui augmente considérablement le
nombre de mots à deux graphies, c'est l'orthographe variable de
la plupart des terminaisons contenant la voyelle q,. Cette voyelle
peut ètre représentée par e aussi bien que par a : clauet, peuet
sont prononcés klq,üèt, pq,üet. On écrit a dans klq:ûèt dérivé de
klau; e dans pq,ûet dérivé de peiï. En général a de l'ancien catalan
provient de a latin; e, de e ou de i : maturu
madur, securu
segur, vitellu vedel. Actuellement on prononce mqàu, sq,.gt't,
bq,dd, mais on écrit madur, segur, vedell. a latin est changé en e
(anc. cat.) lorsqu'il se trouve à la dernière syllabe et qu'il n'est
pas final : on a casa, plaça mais cases, places; canta, mais cantes,
canten; cantava, mais cantaves, cantavem, cantaveu, cantaven. Le

&gt;

&gt;

&gt;

�25

P. FABRA

ÉTUDE DE PHONOL0GlE CATALANE

grammairien Ballot remplaça e par a dans tous ces mots; mais
quelques écrivains n'acceptèrent pas ces changements dans le
nom, tout en l'acceptant dans le verbe; on eut donc deux formes
graphiques pour les pluriels des noms en a : casa-cases ou casas.
Récemment quelques écrivains ont réintroduit e dans les terminaisons verbales. La graphie a est encore la plus commune,
mais les partisans de la graphie e deviennent de plus en plus
nombreux.

Les déplacements d'acœnt sont rares en catalan. - A. On en
trouve un à la première et à la deuxième personnes du pluriel
de l'indicatif imparfait : -annts
-q.m, -lz.tis -gü. Ex. : kgntaôg,

Dans l'orthographe usuelle a représente à dans les syllabes
accentuées, q dans les syllabes atones;
e
- eou e dans les syllabes accentuées; fJ dans les syllabes
atones;
o - à ou ç dans les syllabes accentuees; u dans les syllabes
atones;
i(y) - i ou l; quelques écrivains n'emploient plus y;
u
- u ou u.

&gt;

Dans quelques verbes de la conjugaison e (deuxième), dont le
radical finit par une voyelle, celle-ci attire l'accent tonique; l'i
de la terminaison devient i. Ex . : sediba&gt; se-i-a
selq,. Les
imparfaits en i(J sont : credeba &gt; kreiç, sedeba.&gt; selij,, videba
beia,
rideba&gt; tel(J, diceba&gt; del(!,, cadeba&gt; kèfq, jaceba &gt; jelq.,facieba&gt;
fè1g, traheba&gt; treïq, duceba d1Ffq,. - C. Dans les formes fortes,
c'est toujours a derni~re syllabe du radical qui reçoit l'accent
tonique : suplik-à, supliktJ, qstudi-à, {J,stuâîq . En portugais on dit
aussi estudia; en c·astillan on dit estudia.
En général, chaque mot a un accent tonique; quelques mots
ont deux accents; un petit nombre de monosyllabes sont atones.
- A. Les mots possédant deux accents sont les adverbes en ment
et les mots composés : bonament, camacurt, renta.mans, pron.
bànqmr;n, kamq.kûrt, fçntq,màns. Il y a quelques exceptions :
tothom, potser, etc., sont prononcés tutàm, putsi;. Les préfixes sont
toujours atones; il ne faut excepter que contra., entre, sobre :
preexistir, contrabaix, entreclaror, sobrepujar, pron. pr(J,(Jgz_istl, kàntrq,ôai, entrq,klq.rç, s(}Ôrq,puja. - B. Monosyllabes atones : l'article,
les adjectifs possessifs mon, ton, son, les pronoms me, te, etc. ( compléments sans préposition), que, les prépositions a, am, de, en,
per. Dans les combinaisons d'un verbe et d'un ou de plusieurs
pronoms atones, on trouve quelquefois plus de deux syllabes
atones après la syllabe accentuée : sapigas-me, porta-me-la, sapigame-la, pron. sàpigq,z.mr;,, jx}rtr;,mqlq, sàpig(J.17UJ!q,.
On prononce quelquefois cambia, estûdia (accentuation castillane) au lieu de cambia, estudia; cambia, estii.dia permettent
câmblaré, estudiaré ( rythme castill-an) au lieu de cambfari,
istudiaré. L'influence du castillan produit une hésitation entre la
prononciation dissyllabique (catalane) et la prononciation mono-

&gt;

&gt;

•

Quelquefois on met un accent graphique sur les voyelles
accentuées; on emploie généralement l'accent grave sur
tl,
l'aigu sure, CJ, i, 11; sur a on emploie communémend'aigu, mais
quelques écrivains emploient le grave.
Les syllabes latines accentuées sont restées telles en catalan,
de même qu'en castillan et qu'en portugais. Mais la plupart des
mots s'étant raccourcis, on trouve en catalan un nombre
considérable d'oxytons et très peu de proparoxytons. Par suite
de la chute de la voyelle finale, beaucoup de paroxytons
deviennent des oxytons ( campu camp, caminu&gt;cami), beaucoup
de proparoxytons deviennent des paroxytons (manicu
truinec,
m6bile&gt; môbil. D'autres proparoxytons deviennent aussi des
paroxytons par suite de la suppression de la médiale posttonique
( véndere véndre, camera&gt; cambra). Enfin il existe des oxytons
provenant de proparoxytons dans lesquels les deux voyelles
posttoniques, médiale et finale, ont été supprimées (frigidu&gt;fred,

e,

&gt;

&gt;

kq.ntaôqs, k{Jntaôq, kq,ntaôtJ,m &lt; cantabamus, kq,ntaôg.ù &lt; cantabatis,
kq,ntàôtpt; durmiq,, durmlq.m, durmftJ,ti; erq,, ertJ,m, ~rq,u. - B.

&gt;

&gt;

6culu &gt; ull).

,

&gt;

�26

27

P. FABRA

ETUDE DE PHONOLOGIE CATALANE

syllabique (castillane) dans beaucoup de combinaisons vocaliques
croissantes. Le peuple introduit un i dans beaucoup d'hiatus
(t"âéiq,); l'influence castillane s'oppose seule à la généralisation
de cette prononciation populaire. On doit aussi regarder comme
un castellanisme l'introduction de s à la place de &lt; dans des mots
tels que entusiasme, explosiu, etc., qu'on prononce (Jntusiazm(J,
iksplwH't au lieu de (Jntuziaz..mfJ, fJ,kspluz_fii, et que beaucoup de
catalanistes écrivent entussiasme, explossiu ! En outre : illuz..iç
iluziç, kçmtq, &gt; kçntq,, kq,lç &gt; kq,lçr, etc.
En revanche, les nombreux mots castillans introduits dans le
catalan actuel sont tous catalanisés dans leur prononciation, souvent aussi dans leur forme : aparato, telégrafo, mechero sont prononcés (JP4ratu, tq,legrq,fu, trl{Jl~u; cuidado-kulâaâu, pararayosparqH1ius, ateneo-q,ttJ,neu et qt(Jnelu (popul.); l initial devient souvent i; z castillan, s ou z; j castillan, J etc. : lancero-l(Jnsçru,
hidrôgeno-iâràjqnu. Dans les verbes, la désinence ar est prononcée
a; l'infinitif a donc une forme catalane; les autres temps prennent
les désinences catalanes : derramar-dq,rq,ma, derrama-dq.ramq.,
derrame-dgtami; derramanoo-dq:rq,man; derramamos-dq,rq,mém, etc.
La plupart des noms en a ont déjà une forme catalane (llagalagq,); les noms en o, au contraire, n'ont pas une forme catalane
à moins qu'ils ne perdent cette désinence. Ce moyen de catalanisation n'est guère employé dans la langue parlée; mais les
écrivains catalans l'emploient souvent, tantôt en supprimant
simplement l'o (polo&gt; pot) tantôt en le remplaçant par e ou paru
(centro&gt;centre, ateneo&gt;ateneu, pron. t;1,!1Jneu).
Quelquefois la catalanisation du mot castillan donne un mot
catalan, l'ancien mot (faro&gt; far) ou le mot tel qu'il aurait été
sans l'influence castillane (temu5metro &gt; termometre ). Seulement
dans ce cas la catatanisaciô du mot castillan est déjà une descastellanisacio, ce que beaucoup de catalanistes semblent ignorer. Il y
a deux problèmes dans la descastellanisacio du vocabulaire
catalan : 1° donner une forme catalane aux mots savants
modernes que le catalan a pris tout faits du castillan; 2° rem-

placer les mots castillans par les mots catalans préexistants ou
coexistants.
Dans la langue écrite on admet bien des mots castillans catalanisés et même non catalanisés; mais dans la langue parlée le
nombre des mots castillans qu'on emploie est bien plus considérable. Quelques-uns n'ont pas été tout à fait catalanisés dans leur
prononciation : ainsi on y trouve des e dans les syllabes atones,
des diphtongues étrangères au catalan, le son de j castillan. On
trouve aussi de nombreux proparoxytons terminés par o.
Dans ces proparoxytons, o posttonique médial est changé en q:
atomo, método, polîgono, etc., sont prononcés atq,mu, mètc;âu, puli.gg,nu. Nous trouvons une dissimilation analogue dans les futurs
mouré, couré, etc.; dans xq.kulatç, pçrâk, mq,rââx, etc., et dans la
prononciation populaire des mots tels que dowment, procurador,
etc. tJ est de beaucoup la voyelle la plus fréquente du catalan
oriental : l'a atone latin donne a ou e, pron. t;J,; ë, ë, l, quelquefois ï-, atones, donnent e, pron. g,; les voyelles labiales finales
donnent aussi e lorsqu'elles ne tombent pas; la terminaison
verbale unt est remplacée par ent, qui donne en, pron. q,n. Le
nombre d'ç du catalan actuel serait encore plus grand sans
l'introduction des su bj·onctifs présents en i à la place des anciens
subjonctifs présents en e ou en a. Ane. catalan : parle, parles,
parlen; dorma, dormes, dormen; diga, digues, diguen. - Catalan
oriental : parti, parlis, parlin; dàrmi, dormis, dàrmin; dlgi, di.gis,
digin. Quelques verbes conservent l'ancien subjonctif à côté du
subjonctif en i; ce sont les verbes dont le subjonctif possède un
radical différent de celui du gérondif : dir-digq,, digq,s, digçn, à
côté de di.gi, etc. Toutefois le subjonctif en q, est beaucoup
moins usité que le subjonctif en i dans tous les verbes, à
l'exception de saber, cabre (Barcelone). L'i s'est aussi introduit à
la place de l'e dans les terminaisons du subjonctif imparfait.
Ane. catalan : dormisses, dilrmissem, dormisseu, dormissen - barcelonais : durmisis, durmisim, durmisiü, durmisin. On trouve
u à la .place d'e ancien à la première personne du singulier ,de

&gt;

•

�P. FABRA

l'indicatif présent et dans le pluriel des noms terminés par s, x.
Ce qui réduit aussi le nombre d'g; du catalan oriental, c'est
l'élision de l'g; final ou initial en contact avec la voyelle d'un
autre mot, phénomène dont nous avons déjà parlé. Dans l'intérieur d'un mot, (J.rlJ devient quelquefois g;r : kr/r(Jgàl &gt; klJ,rgàl,
&lt;J-Skr/rr/ôat&gt; qskg;rMt. Après la préposition per pron. ptJr, on
élide communément l'q initial de quelques mots (les démonstratifs, les verbes anar, haver) : per aquest pont, passa pcr aqui,
per haver-ho dit, pron. pg;r ket pàn, pas{J, PrJ.r ki, pq,r ôeru dit.
Le dialecte de Barcelone confond les deux prépositions per et
pera (ptJ,r, pçrç). Dans quelques mots on trouver à la place de çr
(verema, veritat, etc., pron. bremq, britàt); en revanche, on prononce q,r au lieu de r dans les futurs des verbes en Ire : PIJrm{J,tçrç, fut{J,rç. On prononce aussi fumpq,rç, pq,râçrç, et même ffJ,Ô(Jri;,
SfJ,Ô(J,ri; à côté de fçôre, sq,ôr,;.
Les suppressions et les additions d'ç sont siirtout fréquentes
dans les compléments atones. En catalan, les compléments atones
suivant des mots à finale vocalique, ont été traités comme les
syllabes finales des polysyllabes : me, lo ont perdu leur voyelle;
la a conservé la sienne; los est devenu ls; vos, üs, etc.
Formes pleines
Formes réduites

me nos te vos se lo los la les li ne hi ho
mns tus slls
n y u

Plus tard il y a eu une tendance à substituer les formes
réduites aux formes pleines; d'où les formations no"uvelles r;m,
IJ,ns, etc. En général, les formes pleines ont persisté immédiatement après le verbe et ont été remplacées par {J,m, q;ns, etc., dans
les autres cas. Le catalan actuel possède donc :
Formes pleines
mlJ nus tç bus stJ lu lus ltJ, lgs li n(J, i u
n i û
Formes réduites
m ns t ûs s l ls
Formes renforcées tJ,m r;ns çt (JUS &lt;JS çl çls
çn çiçû'
1.

On emploie communément us, i, u au lieu de q,ûs, q,i, q,ü.

ÉTUDE DE PHONOLOGIE CATALANE

29

Les formes q;m, çns, etc., rtUJ, nus, etc., se trouvent après un
repos, une consonne, uni ou un û; les formes m, ns, etc., après
une voyelle, i et zj, exceptés : q,l pàrtq,, küan q;l pàrtq., mai q;l pàrt(J,
purtèm-lu, purteü-lu, -nç l pàrtq;, pàrti-l; qls lq'f'l..kett, pq;rke ls tçpn,kezi,,
t(J,nketl-lus, çlz uôriu, no lz uôriil, uôriil-luz arr;. 11 faut remarquer
que me, te, se, lo, ne, non précédés du verbe, s'attachent au mot
suivant toutes les fois que celui-ci commence par une voyelle :
lo escoltes&gt; l-g.skçlttJ,S, et l'on dit l-tJ,Skçltçs après les consonnes
aussi bien qu'après les voyelles : kuàn l-1J,skoltçs, tzç 1-tJ,Skçltg.s.
Quand deux compléments atones sont en contact, on prononce
toujours un IJ, entre la dernière consonne du premier et la première consonne du second. On ne dit jamais nç rn- l{J pàrtis,
kuàn qm-l(J, partis, mais 119 m-g-lq µ,rtis, kû.an m-ÇJ-lq, partis; r;,nz.-q;-1
pàrtg, pàrtç-nz.-ç-l, purteü-nuz-ç-1; q.ls-ç-lq,z cfontJ, don(J-lz-ç-lr;.s.
Lorsque le premier complément est me, te, se, il s'attache à l'IJ,
disjonctif, et la finale .du mot précédent n'exerce pas d'influence
sur la forme de la combinaison, qui peut être regardée comme
la combinaison d'une forme pleine ( m{J,, tq, sg) et d'une forme
réduite (l, ls, etc.), irréductible (lç, lçs, li) ou pleine appuyée
sur une voyelle suivante (l' n', etc.) : me l dona, me la dona, me
l'ha donat. Lorsque le premier complément est nos, vos, ](ls, précédant une forme réduite, l'q; disjonctif peut être regardé comme
l' &lt;f d'appui de cette forme ; on a alors une forme en z. ( nuz, nz
ou tJnz, etc.) suivie d'une force renforcée (tJl, çls, etc.) : ens en
dona, dona-ns-en, us els dona. Dans ces deux cas e représentant fJ
disjonctif est attaché à un des compléments; mais lorsque nos,
vos, los précèdent une forme pleine (q.nz-g-l&lt;J), l'e ne saurait être
attaché à aucun des deux compléments à moins qu'on n'accepte
de nouvelles formes graphiques; dans ce cas la suppression de l' q.
disjonctif ne rend pas inintelligible la combinaison, et en général
on ne l'écrit pas : ens la porta, els les dones, pron. r;,nz-ç-lrJ, pàrtç,
q,lz-tJ,-lq,z c!ontJ,S.
La prononciation d'un tJ, après les pronoms terminés par z n'a
pas lieu seulement devant d'autres compléments atones. On inter -

�P. FABRA

cale souvent fJ entre les pronoms terminés par z. et les verbes
commençant pars, x, j : no us sent, ens xiula, pron. n{)-iiz.-q. sçn,
qnz.-q. xiülq,. Après les infinitifs oxytons, on peut employer les
formes réduites ns, 1,s, ls, pour nos, vos, los, à la suite de l'élision
de l'r final de l'infinitif; la combinaison perd alors une syllàbe,
et cette perte est compensée par l'addition d'un q,: fer-nos, portarlos, pron.fçr-nus, purtàr-lus; mais on dit aussi/e-nz.-q,, purta-lz.-tJ.
Après l'impératif des verbes réfléchis ou réciproques, nos, vos
peuvent être réduits à s; on prononce communément q après
cet s ( = z) : entenem-1ws, renteu-vos, pron. q,ntqnem-nus, ftJntèu-ôus;
mais on dit aussi qntqnèm-z.-q, fqntè/1,-z.-q .
Les prépositions an, amb, am, suivies d'un fJ, initial, donnent
les combinaisons {J,tttJ, qmbt:J,, q,mq,; on trouve ces combinaisons
devant quelques mots commençant par une consonne : l'J1UJ,
devant la, les, l', mi, tu, què, qui; qmbq, çmg,, devant què, qui:
am qui parlaves? pron. t:J,m ki pq,rlaôq,s, et aussi gmbq ki ptJrlàôg,s.
On rencontre aussi gnqki, q.ng,Ïi, qnqlà, à côté de gki, qli, r;ià. En
reYanche, on supprime communément l'q: initial de quelques mots
après la préposition en, pron. qn : en aquest moment, en havent
acahat, pron. qn kèd mumen, qn ben tJ,kq,Mt. L'q initial des verbes
anar, haver est généralement supprimé après les compléments
atones : m'havia conegut, pron. gm big, kunggut; no t'havia vist, no
t big ôist; ens haguessis cregut, qnz. gi;sis krqgût; l' anem a veure, ql
nèm fJ ôèitrtJ; me n' aniré, mq n nire.

P.

FABRA.

QUELQUES REMARQUES
SUR

LE DICCIONARIO DE GALICISMOS
DE BARALT

A toute époque de son histoire, chaque peuple emprunte à la
langue des nations avec lesquelles il est en rapport, les mots et
les expressions dont il croit, à tort ou à raison, avoir besoin
pour enrichir la sienne. Nous en avons un exemple frappant et
déplorable dans la tendance du français d'aujourd'hui à recevoir
de l'anglais une foule de termes, la plupart superflus et disgracieux. Mais si, d'un côté, notre langue a emprunté, on peut dire
aussi qu'elle a prêté sans compter et à pleines mains aux autres
langues et en particulier à l'espagnol. Depuis tantôt deux siècles,
en effet, le gallicisme infeste l'idiome d'un peuple qui s'est toujours montré aussi jaloux de son indépendance nationale que peu
soucieux de son intégrité littéraire. Inutile de s'étendre longuement sur les ravages que l'influence française, propagée surtout
par la cour, par les hautes classes de la nation et par une
légion de traducteurs ignorants ou maladroits, a fait subir à
l'originalité des écrivains espagnols dans la façon de sentir et de
s'exprimer. Qu'il suffise de dire que ceux-là mêmes qui se sont
rendu nettement compte de la gravité du mal et qui ont voulu
y remédier, soit en l'attaquant de front dans de solennelles dissertations, soit en employant contre lui les armes ordinairement
plus redoutables du ridicule et de la satire, n'ont pas réussi plus
que les autres à s'en affranchir. Pour ne citer que les plus connus, Cadalso qui, dans la lettre XXXV des Cartas marruecas et
dans une lettre récemment publiée ici même par M. Foulché-

�32

H. PESEUX-RICHARD

Delbosc 1 , se moque spirituellement du langage afrancesado,
n'échappe pas toujours à la mode qu'il condamne et se révèle à
nous, parmi tous les écrivains espagnols, comme celui dont la
tournure d'esprit est la plus française. Le Père Isla, consacrant à
la réforme du même abus un chapitre de son Fray Gemndio 2 et
soulignant d'une fanfaronnade le titre de sa traduction de Gil
Blas, écrit une langue qui n'est pas toujours celle d'un espaiiol
celoso, et il ne faut pas être bien grand clerc pour siapercevoir que,
s'il a voulu restituer à l'Espagne un des meilleurs romans picaresques, il n'a pas toujours su purger les discours du héros de
Lesage de mots et de phrases appris pendant son exil sur la terre
de France. Mesonero Romanos dans son article El extranjero en
su patria, Fernan Caballero dans plusieurs de ses romans,
tournent en dérision une habitude condamnable à laquelle ils
n'ont pu se soustraire, et il n'est pas jusqu'aux écrivains réputés
comme les plus castiz.os et passant pour avoir parlé une langue
presque archaïque, tels qu'Estébanez Calderon, qui ne se soient
laissé aller parfois au courant irrésistible de l'imitation française.
C'est sans doute pour s'opposer à cette contagion universelle
qu'un écrivain vénézuélien, D. Rafael Maria Baralt, publia, vers
le milieu de notre siècle, son Diccionario de galicisrnos.
Cet ouvrage, devenu classique, et qui représente une somme
considérable de travail, est surtout remarquable par une grande
force de persuasion et par l'ardeur qui anime !'écrivain dans sa
lutte acharnée contre les galiparlistas J. Malheureusement sa
science ne répond pas toujours à sa bonne volonté et il suffit de
jeter un coup d'œil sur le livre pour voir qu'il est fort au-dessous
de sa renommée.
Obras iniaitas de don José Cadalso (Revue hispanique, l, pp. 302-303).
Cbap. VIII, livre IV.
3. Citons un passage : « No digo nada de alterado por sédimto, porque éste
es delito que yo sujetar!a a pena de azotes y picota, con buen sol y :l mediodia. »
I.

2.

REMARQUES SUR LE DICCIONARIO DE BARALT

33

Tout d'abord le plan adopté se justifie difficilement.
Baralt dispose l'un après l'autre, par ordre alphabétique, tous
les mots qui lui semblent entachés de gallicisme soit dans leur
forme même, soit dans le sens qu'on leur prêtait de son temps,
soit par la place occupée par eux dans la phrase. Il mélange ainsi
des choses tr s différentes et qu'on aimerait à trouver nettement
séparées. Il y a plus : sous la rubrique furor, par exemple,
nous voyons bien figurer les acceptions fautives du mot furor;
or si nous prenons la rubrique adjetivo, il ne s'agit plus d'observations relatives au terme lui-même d'adjetivo, mais à la partie
du discours qui porte ce nom en grammaire . La même inconséquence se retrouve à propos d'une foule d'autres mots.
D'autre part, un assez grand nombre de chapitres, d'ailleurs
intéressants au point de vue espagnol, n'ont absolument rien à
faire dans un dictionnaire de gallicismes, attendu qu'ils ne mentionnent pas un seul emploi francisé du terme purement castillan dont il est question. Citons au hasard : al, ante, compas, hablista, etc.
On pourrait aussi regretter que Baralt n'ait pas cru devoir
indiquer les noms des auteurs des phrases citees comme
exemples de gallicismes. C'eût été là sans doute éveiller de nombreuses susceptibilités, mais aussi assurer une portée plus grande
à la critique.
L'ouvrage déjà assez volumineux, surtout à cause des horsd'œuvre qu'il contient, est cependant loin d'être complet; une
foule de termes et d'expressions créés ou modifiés par l'influence
française, et employés par des écrivains contemporains, ont été
omis, chose peu répréhensible d'ailleurs, étant donnée l'absence
d'un criterium sûr en ces matières. Il est probable que l'auteur
a voulu se borner aux gallicismes les plus caractérisés et l'on
remarquera, qu'en thèse générale, il n'est pas aussi intransigeant
qu'on pourrait s'y attendre, à considérer ses fréquentes invectives
contre les corrupteurs du langage. C'est ainsi qu'il admet très
bién l'iutroduction dans la langue de mots tels que : circunstancial, clausura, transigible, pour ne citer que ceux-là. Mais le plus
Revwe hispaniqu,.

J

�34

H. PESEUX-RICHARD

piquant c'est que lui, le puriste par excellence, qui veut ramener
la langue du x1x• siècle à celle du siècle d'or, tombe parfois dans
le vice qu'il flagelle si vigoureusement. En effet, à côté de termes
archaïques et d'expressions vieillies, telles que puesto que dans le
sens de quoique', et en puridad, Baralt, qui va chercher des autorités jusque dans les Siete Partidas, écrit, à propos de cette
phrase du Don Quichotte : « Sabla hacer una jaula de pajaros, que
solamente a hacerlas pudiera ga11ar la vida ..... en &lt;licha frase, repito, vera alguno calcada la locucion francesa a les faire ». Or,
le verbe calcar, sur la foi du Diccionario de Autoridades, n'a eu, à
l'époque classique, que le sens étymologique de fouler aux pieds.
L'acception de calquer qui lui est attribuée ici est donc purement française et nous nous trouvons en présence d'un gallicisme de l'espèce la plus dangereuse, puisqu'il existe en espagnol
un mot estarâr qui rend l'idée exprimée par le verbe calquer 2 •
Comme équivalent au mot anglais fashionable qui est entré en
espagnol en passant par le français, ainsi que presque tous les
mots anglais admis dans le castillan de nos jours, Baralt donne :
« Una joven petimetra 6 a la moda », c'est-à -dire deux gallicismes
évidents . Il est vrai qu'à l'article petirnetre, il déplore l'adoption
de ce vocable completamente ex6tico et se félicite de l'avoir vu
tomber en désuétude. Mais alors pourquoi le donner comme
correct et pourquoi ne pas rappeler le joli terme bien espagnol
de lindo qui, à la bonne époque, était employé pour signifier
exactement ce qu'on appela successivement lucido, pisaverde,
curru.taco, petimetre, lechuguino et enfin, de nos jours, gomoso, en
attendant que les Français inventent un nouveau mot pour le
céd eraux Espagnols.
Au lieu de l'ex.pression francisée a la orJen del dia dans cette
x. « Lo que sl es francés puro, puesto que comunlsimo boy, es ... » (au
mot bajo).
2. Témoin ce passage de Larra : « ... bien como no dibuja quien estarce y
pasa el dibujo ajeno a otro pape! al trasluz de un cristal. " (1re lettre a Andrés
Niporesas.)

REMARQUES SUR LE DICCJON.A.RlO DE BARALT

35

phrase : ,, Hoy estan, digamoslo asi, los telégrafos eléctricos a la
orden del dia 1 », il vaut mieux, déclare l'auteur, dire comme on
a toujours dit en castillan : ,c Estan hoy en baga 6 muy en baga
los telégrafos eléctricos » . Il est fort douteux que en boga ait été
en vogue de tous temps en espagnol, car il faut arriver à une
période assez récente pour en trouver des traces.
On pourrait relever beaucoup d'autres gallicismes dans le
style de Baralt; mais toutes ces légères imperfections s'effacent
devant un vice capital qui porte la plus grave atteinte à son
autorité. Il est bien évident que pour pouvoir démêler la part
d'influence qu'une langue a exercée sur une autre, il est de toute
nécessité de les connaître toutes deux à fond. Or, Baralt ne
savait pas assez le français pour mener à bien une œuvre de
ce genre. Sur ce point, l'examen impartial des quelques extraits
suÏ\ants ne laisse subsister aucun doute.
Ne parlons pas des innombrables fautes d'orthographe qui
déparent les mots français au point de les rendre parfois méconnaissables; on peut toujours à cette occasion invoquer des erreurs
typographiques, et il serait puéril d'y attacher trop d'importance.
Nous relevons d'abord quelques mots, tels que agresser, boursal, ému.latoire, insensitif, sans compter quelques expressions,
telles que se croire soi-même, qui n'ont rien de français.
D'autre part, dans les exemples suivants, les propositions
regardées par l'auteur comme afrancesadas ne le sont pas le moins
du monde, alors que les corrections proposées, tout en étant
purement espagnoles, ressemblent à s'y méprendre à leurs correspondantes françaises.
No veo aqui a caser• est remplacé par no veo aqui para caser, en
français je n'y vois pas pour coudre.
Entrar en parte i, gallicisme d'après Baralt, serait, dit-il, mieux
rendu par ser c6mplice de.
Au mot Dia.
Art. A.
3. Au mot Apart,.

1.

2.

�REMARQUES SUR LE DICCIONARIO DE BARAL T

37

H. PESEUX-RICHARD

Lo que en francés es fabricar de primera • intencion, entre
n?s~tr~s no se puede en tender sino diciendo de primera ma 1w i&gt;,
dit~il ailleurs; or, aucune de ces deux expressions n'est française;
mais la seconde serait beaucoup plus claire aussi bien en français
qu'en espagnol.
. D'autres preuves aussi graves d'incompétence nous sont fourmes par les quelques citations que nous nous bornerons à transcrire.
. D'après lui,_ ridiculo 2 est toujours adjectif en espagnol et toujours substantif en français : c'est là une erreur qui atteste bien
peu de commerce avec le francais.
« A la que tû vas a tardar
bien tendré tiempo para corner. &gt;&gt;
Peu de gallicismes sont plus évidents, dit Baralt, c'est mot pour
mot « A ce que tu vas tarder, j'aurai bien le temps de diner. »
« Fuerza e~ que seais los mas abandonados 4 calumniadores para
sostener con Juramento tan palpable falsedad - Se da los aires
de ser sabio_ 5 - Consignar 6 sus creencias - Ofrecer a alguno
sus defet·encias 7 - Hombre ductil 8 - Dificil es aventajar nadie 9
a Lope de Vega en facilidad para versificar - Hombre de mano' 0
( ~ans le sens de valiente, diestro) - No sé que haya mas " remed10 (dans le sens de autre remède). &gt;&gt; Autant de traductions littérales du français, d'après Baralt~ alors que la locution suivante:
« A las mujeres se las toma por la vanidad », ne serait ni française ni espagnole. C'est tout juste le contraire; cette dernière
«

3:

Au mot Intencion.
Au mot Ridiculo.
3. A l'article A.
4. Au mot Abandonado.
5. Au mot Aire.
6. Au rnotConsignar.
7. Au mot Diferencia.
8. Au mot Dûctil.
9. A l'article lnft11itivo.
10. Au mot Matw.
11. Au mot Mds,
I.

2.

phrase, traduite presque mot à mot, est correcte~ et les autres ne
l'ont jamais été.
Il serait fastidieux d'accumuler d'autres exemples, inutiles,
croyons-nous, pour établir une charge très grave contre un
auteur à qui la connaissance étendue des deux langues était
indispensable. Sachant si peu le français, on ne doit pas s'étonner qu'il l'apprécie mal, et les jugements qu'il porte sur ce point
perdent de ce fait toute autorité. Nous passerons donc sur ces
perpétuels parallèles entre les deux idiomes, où la richesse de
l'un est exaltée en regard de la pauvreté de l'autre; il serait trop
long de relever toutes les bévues écrites à ce sujet; mais nous
ne pouvons cependant résister à l'envie d'en donner un échantigon :
« De todo tiene culpa confectionner, que vale para los franceses lo que para nosotros valen Hacer, Fabricar, Trazar, Pergeii.ar, Hilvanar, etc., tanto en el estilo grave como en el jocoso 6
familiar. Asi en Espaiia un sastre hace vestidos, un arquitecto
traz.a planas, un arbitrista discurre planes, un màestro de obras
Jabrica casas, un gacetillero hilvana noticias, un periodista escribe
6 pergeiia un Diario : casas todas que los franceses, por mas que
quieran, no pueden hacer fabricando, traz.ando, discurriendo, hilvanando, pergeiiando, escribiendo, etc., sino precisa y forzosamente

confeccionando. i&gt;
Au reste, pour être en mesure de discerner judicieusement les
emprunts de l'espagnol au français, il ne suffit pas de bien posséder ces deux langues : il est de toute nécessité de connaître l'italien. Ce n'est pas ici le lieu d'étudier ce que l'Espagne doit à
l'Italie : qu'il suffise de rappeler que l'action que cette dernière a
exercée sur la langue et la littérature castillanes a été très vive et
s'est produite entre les deux grandes périodes où s'est ma~ifestée
l'influence française, jamais complètement éteinte, mais surtout
remarquable, d'une part, aux premiers âges de la langue, d'autre
part, à l'époque contemporaine. Or, quiconque perd de vue ce
point d'histoire littéraire sera tenté d'attribuer au français des
termes et des expressions entrés dans l'espagnol par l'italien.

�39

H. PESEUX-RICHARD

REMARQUES SUR LE DICCIONARIO DE BARAL T

C'est ce que Baralt n'a pas manqué de faire, comme nous allons
1~ voir. « Aujourd'hui, dit-il, on regarderait comme un gallic1s1;1e cett_e ph:ase de Cervantes : Cardenio, como aquel que ya
sab1a la historia del mozo, pregunt6 ..... » Il est vrai que cette
tournure est fréquente dans nos vieux auteurs 1 • mais il est à
croire qu'elle a passé en espagnol, non du français qui l'a abandonnée depuis longtemps, mais de l'italien où elle a été beaucoup plus florissante.
Le dicton « Todo el mundo es pais 2 » s'emploierait dans une
signification galicana. Il n'y a li rien de français; c'est une version exacte du proverbe italien « Tutto il mondo è paese. »
Autre locution qui aurait, à n'en pas douter, sabor y carte galicano « A los veintid6s de Marzo al hacer del dia 3 se present6 ( el
principe) a la puerta nueva, » (Coloma, Guerr. de Flandes.) Là
en~ore, le français n'est pas en cause, et l'italien explique à merveille al hacer del dia par sui far del giorno.
Il résulte de tout cela que le seul intérêt véritable de l'œuvre
de Baralt réside dans les exemples tirés des bons auteurs, qui sont
généralement bien choisis et accompagnent en assez grand
nombre c~acun des mots du dictionnaire. A ce point de vue, on
peut en tirer grand profit pour une étude approfondie de la
langue espagnole classique.
Pour tout le reste, c'est-à-dire pour ce qui concerne les
e~prunts de l'espagnol au français, le dictionnaire des gallicismes est encore à faire, surtout si l'on songe que, depuis
Baral_t, ces emprunts, bien loin de diminuer, ont suivi une progress10n effrayante. La pureté et l'originalité du castillan sont de
plus en. plus menacées par l'influence néfaste de la presse qui
rép_and iusqu'a~ fond des campagnes des milliers de journaux
écnts dans un iargon ridicule, par l'impuissance et l'incapacité

de l'Académie, gangrenée elle aussi, et, comme le remarque avec
raison Baralt 1 , par la complicité inconsciente du gouvernement.
Il serait donc urgent qu'un savant reprit et complétât cette
œuvre, mais en en bouleversant de fond en comble l'économie et
en adoptant une classification plus rationnelle.
Qu'on nous permette de préciser notre pensée par une légère
esquisse des divisions qui nous semblent le plus logiques :

I. Tém~in ce passage de Commines (Vil, 2) : « Et se jeta à deux genoux
devant 11101 comme celui qui se cuidoit déjà estre mort. »
2. Au mot Pais.
3. Au mot Hacer.

l.

GALLICISMES DE FORME.

1° Néologismes formés régulièrement d'après l'analogie et qui,
à la rigueur, pourraient ne pas être considérés comme un
emprunt, mais qui semblent pourtant se rattacher aux néologismes français correspondants et avoir été créés à leur image .
Ex. : agresivo, impresionable, actualidad, etc.
2° Mots français passés tels quels en espagnol ou dont la prononciation seule a été défigurée, tels que : complot, frac, soirée,
ambigu, tkbut, etc.; ces gallicismes sont les moins redoutables de
tous, n'étant pas voilés et apparaissant comme tels au premier
abord.
3° Mots empruntés au français, mais dont la terminaison et
l'aspect ont été modifiés conformément aux caractères généraux .
de la langue; on peut en distinguer trois variétés :
a) - Mots qui manquaient, tels que : acaparar, traicionar, et
dont l'introduction n'a rien de trop choquant.
b) - Mots qui font double emploi avec d'autres de forme
purement castillane et qui n'ont que faire dans la langue; ex. :
avalancha pour alud, revancha pour desquite, etiqueta pour r6tulo.

1 . « El Gobiemo y las Cortes son entre nosotros los corruptores mas desaforados del idioma ». Au mot Contabilidad.

�REMARQUES

H. PE EUX-RICHARD

c) - Mots qui ont fini par chasser définitivement les termes
nationaux, par exemple n:treta au lieu du vieux mot queda. Ici
on_ se trouve en face du fait accompli et toute récrimination serait
vame.

.J

GALLICISMES DE SENS.

r 0 Mots de forme analogue à certains mots français, mais
ayant à l'origine un sens tout différent et qui ont fini, par suite
de l'influence française, par prendre le sens français tout en gardant encore le sens primitif; par exemple : abonar autrefois signifiait rarantir, se porter caution; aujourd'hui il a pris de plus le
sens d'abonner. - Corage (dépit, fitreur) est devenu l'équivalent
de courage, tout en gardant ses anciennes acceptions. - Bravo,
qui veut dire proprement sauvage, farouche, s'emploie déjà couramment dans le sens de brave.
Dans certains de ces mots, le sens ancien est même en train de
disparaître pour faire place au sens français, tel apercibir que
l'on n'emploie plus guère dans le sens correct de préparer et qui
tend de plus en plus à signifier apercevoir, surtout sous la forme
pronominale apercibirse.
2° Expressions formées de deux ou plusieurs mots purement
castillans, mais dont la réunion a pris un sens inconnu à la langue
classique et semblable à celui de l'expression française correspondante; par exemple : bum tono, bello esplritu, en baga, en

cfota.
3° Gallicismes par extension de sens, à l'imitation du français : ainsi l'adjectif flaco Uaible) s'emploie aujourd'hui couramment dans des phrases comme la suivante : (&lt; Fulano tiene un
flaco por la pintura holandesa ))' ce qui est un sens purement
français.
De même le verbe venir, dans cette expression : &lt;&lt; Viwe de
salir mi hermano. »
Cette catégorie de galücismes, de même que la suivante, est

41

la plus humiliante de toutes; elle indique un vasselage littéraire
indiscutable et devrait être combattue avec la plus grande énergie par les bons écrivains espagnols.

fil.
Il.

UR LE DJCC/OX.dR.10 DE BARALT

GALLICISMES DE SYNTAXE.

Il y a gallicisme de syntaxe toutes les fois que la syntaxe espagnole est modifiée:\ l'imitation du français, par exemple : « Don
Fulano de Tal es embajador de . M. C. 1 cerca de la corte de
lnglaterra. )&gt;
&lt;&lt;
o oh·iden 2 aque/los de nuestros colegas cuyo lenguaje
pueda prestarse aun ainjuriosas tergiversaciones. »
« Es de 1 los poetas como de los niiios ... »
« o sé cua11do vendra. &gt;&gt;
« Lo que dijo Descartes de bueno, de Bac6n lo sac6. » (Feijoo,
Mapa i11tr/ectual y cotejo de naciones.)
(&lt; l Qué es /o que usted quierc decir, tia bruja? » (Antonio
de Trueba, La Felicidad doméstica.)

IV.

GALLIC1S~1es n'1MAG1:.S •

Cette division embrasse toutes les métaphores, comparaisons
usuelles, dictons, locutions proverbiales qui ont passe du français à l'espagnol.
Ex. : « Dio carrera 4 a su imaginaci6n. »
cc Esta a cubierto s de la adversa fortuna. )&gt;
«.... Ausioso de maogonear en todo y por todo, se arroj6 a
cuerpo perdido 6 en la devoci6n y el absolutismo . »
1.

2.

3.
4.
5.
6.

Cité
Cité
Cité
Cité
Cité
Cité

par Baralt au mot Cerca.
par B:iralt au mot Co11sig11ar.
par 8J.ralt au mot Ser.
par Baralt au mot Carrera
par Baralt au mot Cubierlo
par Baralt au mot Cuerpo.

•

�42

H. PESEUX-RICHARD

golpe de teatro que después del
anterior produjo una impresion maravillosa. »
« Aunque en todos tiempos reino la rnoda, esta sobre mu.y distinto pié en éste que en los pasados su imperio. » (Feijoo, Las
« Fué aquello µn verdadero

golpe de azar

1

Modas.)
c&lt; En Espaiïa ... la critica debe tener la manga tan ancha, tan
ancha que puedan pasar por ella los cstravios que para nuestro
particular solaz nos pennitimos los autores. » (Antonio de
Trueba, Cuentos campesinos.)

En adoptant cette classification ou toute autre analogue, il
serait plus facile de se retrouver dans le labyrinthe des gallicismes; mais de toutes façons l'entreprise serait hérissée de difficultés. Doit-on recueillir comme afrancesada toute expre:;sion
entachée de gallicisme que l'on trouve dans un texte quelconque?
Faut-il ne relever que celles qui sont employées par les bons
auteurs, ou même se borner à celles qui ont passé dans la langue
populaire? Tous ces points sont discutables et embarrassants;
mais ce qui rend la tâche encore plus ardue, c'est la communauté d'origine, l'étroite parenté des deux idiomes qui ne sont
que des rameaux d'une même souche. Comment décider dogmatiquement que, dans telle locution, une langue s'est modelée sur
l'autre, alors que le changement de sens ou le néologisme remarqué a été peut-être produit par le libre jeu d'un développement
parallèle?
De plus, comme nous l'avons vu, le français a agi une première fois sur le castillan presque au début de la littérature, et y
a laissé un premier fond dont il faut tenir compte.
Ainsi le mot reproche est purement français, bien que son âge
vénérable ne permette plus au lexicographe le plus sévère de lui
tenir rigueur de son exotisme. D'ailleurs, comme le remarque très
justement Baralt, il n'y a peut-être pas un seul gallicisme que
1.

Cité par Baralt au mot Golpe.

REMARQUES SUR LE DICCIONARIO DE BARALT

43

l'on ne retrouve dans les anciens auteurs '. Les nombreux
exemples qu'il donne ne laissent aucun doute à cet égard.
Mais si explicite qu'il soit en cette matière il reste encore en deçà
de la vérité. Citons un exemple : c&lt; Mercurio ( el comercio, la
Bolsa) se ha vuelto muy crédulo para los tiempos que corren. &gt;&gt;
Baralt propose ici de corriger le gallicisme en disant : para como
estdn los tiempos. Et pourtant l'expression incriminée est bien
espagnole; elle a été employée à l'époque classique et on la
trouve notamment dans un prosateur du commencement du
xvne siècle, Lifian y Verdugo, dont la langue est très châtiée ~.
Il y a plus : les gallicismes d'image onttoujours été et sont encore
les plus rares en castillan; malgré cela, certaines comparaisons
et métaphores, exprimées aujourd'hui d'une manière différente,
étaient en usage autrefois sous une forme toute française : le coq
du village se disait anciennement el gallo del pueblo 3 • Cela coûte
les yeux de la tête s'exprimerait actuellement par Esto cuesta un
sentido, mais Quevedo disait fort bien :
Ciego eres, Amor, y no
Porque los ojos te faltan,
Sino porque a todos cuestas
Hoy los ojos de la cara.

Une autre difficulté, comme nous l'avons dit, s'élève à propos
de l'influence italienne; il faut ajouter encore à tous ces écueils
l'action possible des langues de la péninsule. Tel mot semblable
à un mot français peut passer du galicien ou du catalan en castillan et être enregistré à tort comme gallicisme par le savant le
plus consciencieux. Nous en avons un exemple dans le mot
I. « Bueno es tener en eu enta que apenas hay galicismo que no lo esté
igualmente en los antiguos libros espafioles. » (Au mot sufrir.)
2. « Y demas de eso no os puedo negar que deja de haber apariencias
engaiiosas y mas en los rniserables tiernpos que ahora corren &gt;&gt;. (Guia y avisos
de forasteros.)
3. « Soy uno de los que llaman el gallo del pueblo. » (Lifian y Verdugo,
op. cil.)

�44

H. PESEUX-RICHARD

ju,tez.a, que Baralc emploie comme étant très correct '. Ce qu'il y
a de certain c'est que ce mot est tout récent; les étymologistes
espagnols le font venir de fitlil, ce qui est absurde, ::mendu que
futi/ ne pourrait donner que fûtilez.a •, comme su/il a donné
sutilez_a. Si l'on n'admet pas que l'on ait affaire ici à un dérivé
d'un mot français de bas étnge, qui a d'ailleurs exactement le
même sens, il faut bien convenir qu 'il a été pris au catalan où il
a des racines dans un radical très vivace.
Tels sont les obstacles qu'on aurait à surmonter pour compléter ou refaire l'œuvre de Baralt. Le résultat dédommagerait-il
de ses peines le savant qui entreprendrait cette lourde tâche?
Hélas l tout porte à croire que ses efforts seraient stériles. Ce qu'il
faudrait, pour refouler l'invasion menaçante, ce n'est ni un
grammairien ni un scholiaste, ce sont plutôt les bons offices du
curé et du barbier de Don Quichotte revenant au monde sous la
plume d'un écrivain de génie; ils auraient à faire un escrutinio
plus malaisé peut-être, mais plus utile encore que le premier, et
la gouvernante ne chômerait guère dans ses fonctions d'exécuteur des hautes œuvres.

H.

1.
2.

dad.

PESEUX-RICHARD.

u Gusta de alarmarse por futezas. » (Au mot Alarmar.)
Sans parler de ftttilidaà, à l'exemple de /lUil, faûlidad -

ritil, 11tili-

PHANTASIO-CRATUMINOS
SIVE

HOMO VITREUS

A NoTE

ON

El Licenciado Vidriera.

The twelve Novelas Exemplares appeared at Madrid in 1613,
the fifth in order being El Licenciado Vidriera. Published by the
King's booksdler, Francisco de Robles, they were printed by Juan
de la Cuesta. What seemed to be a Madrid Reprint was put on
the market in 1614. Like most seventeenth-century Reprints, it
differs from its predecessor; tbere are substitutions, expansio ns,
omissions. lts title-page vaunts the narnes of Cervantes, Robles
and Cuesta; but, odd to tell, nobody pretends that the variants
are the author's. Tbat assertion is made concernîng the Third
Madrid Edition of the Quixote dated 1608, and concerning no
other work by Cervantes. And you marvel wby. What holds
good of one holds good of the other, and there is as much
reason for assuming that the writer « corrected » the r 614
Reprint of the Nove/as Exemplares as for assuming that he « corrected » the 1608 Reprint of Don Quixote . Nay, there is more.
Like enough, he had no band in either; he had sold his rights
for cash clown and must perforce sit mum. Salva holds this 16 r 4
Edition of the Novelas Exemplares for a forgery, done under the
nases of Author, Publisher and Priuter, by that rollicking filibuster Antonio Alvarez, who set his name to the Lisbon Edition

.

�CASPAR ENS

of the Nove/as in 1617 '. And Salv:i is probably right. In 1614,
too, Nicolas de Assiayn presented the Nove.las Exemplares at
Pamplona; and, in the same year, Roger Vulpio and Huberto
Antonio produced a Brussels Edition. Assiayn made a hit, and
in 1615 he reprinted. Agaia, in 1615, Juan Baptista Bidelo dedicated a Milanese Edition co bis Illustrious Lord and Most
Worshipful Patron, Luigi Trotci. It is not known that any other
Edition of the Novelas Exemplares was struck off during Cervantes'
lifetime. All the foregoing contaio, as of course, El Licenciad-0
Vid~iera. None contains La Tia fingida, first published (in a
muulated shape) at Madrid in 1814 by Agusdn Garda Arrieta.
Cervantes might be justly proud of this bantling, and ro believe
it the child of another goes against the grain. But questions of
attribution are right ticklish; :md, when such a scholar and
critic as Andrês Bello inclines to ascribe the story to Fernandez
de Avellaneda, it is plain chat dogmatism would be out of place 2 •
1. Ca:tdloga de la blblioleca de Salvd, escrito por D. Pedro Salva y Malien, y
enriquecido con la descripcion de otras muchas obras, de sus ediciones, etc.
(Valencia, 1872), Vol. II, p. 126, no 1744:
« A pesar de decirse en la portada y final que es de Madrid y de Juan de la
Cuesta, y de llevar en el fréntis un escudo mui parecido al grande usado por este
librero, no me cabe duda en no ser suya la edicion ni en que esté hecha fuera
de Espaîia; la tengo por de Lisboa, y aun me atrevo :i atribulrsela a Antonio
Alvarez. Me inclina a formar esta opinion el haber empleado dicho impresor
una marca mui semejante :i de la del tipégrafo matritense en las Comedias de
Ferreira y Saa de Miranda; y aunque el de las Nove/as de r6r4 no es exactamente el mismo, se aproxima mas al del portugues que al del de Madrid: ademas,
despues veremos que Antonio Alvarez publicé en r617 una edicion de esta
obra de Ce_rvantes, y le pnso el mismo signo en ln portada aunque no he podido
cornparar s1 el grabado era el de Fem:ira 6 el de las N(fllelas "·
2. This point is discussed in a letter (undated) from Bello to D. Pascual de
Ga!angos print:d on
s75-6 of the Vida de Don Andres Bello por Mituel
Luis Amundtegui (Santiago de Chile, 1882).
« Respetado Seii.or mio :
« Animado por nuestro comun amigo don Diego Bârros Arana, a emablar.:orr~s~ondencia con Usted, de loque he estado tiempo hace deseos/simo, doi princ1p10 a dia por una cuestion ventilada por varios literatos. l Es verdaderamente
de Cerv:intes la novela que con el tltulo de La Tia Finjida se le atribuye vul-

rP·

PHANTASIO-CRATUMINOS SIVE HOMO VITREUS

47

A detailed, impartial study of La Tia fingida is needed; and
there is reason to hope th:it we may shonly expect one from
M . Foulché-Delbosc.
·
Our immediate interest, however, is El Licenciado Vidriera.,
and it behoves us to mention its translations. In bis aprobacion to
the Second Part of the Quixote, Mârquez Torres records the
writer's vogue among the Gentlemen of France. True chat, in
16 r 2, the Man.;hegan knight reacbed London and was introduced to the modish folk in town by Master Thomas Sbelron.
garrneute; i coma de su propiedad, figura entre las obras de aquel esclarecido
injenio, i ha sido reimpresa en Ja Bibliotaa de Autores Espaiioles? Parece haber
prevalecido la afirmativa, i se me acusar.i de temerario en poner este asunto
otra vez en tela de juicio, mayormente despues de lo que ha escrito, del
modo iocisivo i perentorio que acostumbra, don Bartolomé José Gallardo en el
numero 1° de El Ctitico11. Pero, despues de haber letdo cuanto sobre esta
materia me ha vcuido a las rnanos, que a la verdad no es mucho, no acabo de
asegurarme. El motivo principal de mis dadas es la palpable diferencia que creo
percfüir entre el lenguaje i estilo de La Tia Fitijida, i el de las obras de Cerv:intes que indudablemente le pertenecen &gt;&gt;.
At this point Bello's Leuer, or rather the copy of it, breaks off. And, as the
Vida de Don Andres Bello may not be within reacb of eveiy reader, it were best
to continue the quotation from Sefior Amun:itegui's book.
« Por desgracia, e.l borrador solo llega hasta aqu!.
« Yo oi hablar a Bello acerca de este punto en algunas ocasiones.
" Don Andres se inclinaba a suponer que La Tia Finjida, habia salido de la
misma pluma que el Do11 Quijote de Ferruindez de Avellaneda, ateodieudo a
ciertas expresiones peculiares que son comunes a una i otta obra J.
Sorne of these peculiar expressions « comimes a 1111,a i ot.-a obra ,, are noted by
D. Adolfo de Castro in the postcript to an article in La Espaiia Moderna (April,
1889), pp. 183-185. Thus he notes the occurrence of timda with a special sense
in both La ria fi11gida an!'.! the sham Quixote : and observes that, in La 1ïa
fingida, Claudia is stated to be the widow of D. Juan de Bracamoote, a name
used by Avellaneda, He funher indicates that where Avellaneda writes « en
w,a escalera con 1ma coroz.a ", La Tia ftnf!ida prints « en una escalera con u11a
jaula y coro'{a », and thal while the latter gives u las habia vendidopor doncellas
muchas veces a diferentes personas &gt;) the former states that « sabia bravamente
vendec doocellas destrozadas por enteras ». But it seems unlikely tliat Bello's
opinion was based on these and other examples cited.

�CASPAR ENS

True that, in r 6 r 3, at the lyric feasts presided over by Ben
Jonson, Fletcher made him free of the Company of Wits foregathered at cc the Sun, the Dog, the Triple Tun &gt;&gt; '. Howbeit, Don
Quixote crossed the Channel in r614 to be presented to His
Majesty Louis XIII by César Oudin, lnterpreter to the King and
Secretary in Ordinary to Monseigneur le Prince de Condé. But
Cervantes had visited France (by deputy) some years earlier. The
history of El Curioso Impertinente was given in Spanish by Oudin
in r6o8 at the end of Julio Ifiiguez de Medrano's Silva Curiosa 2 ;
and in the selfsame year Baudouin did the tale into French,.
Further, it seems that an anonymous adaptation of the Marcela
episode was published at Paris in r609. Nor is this ail. Oudin
travelled in the Peninsula in 16 ro, and returned home from

1. The r6r 3 folio of Tbe Ktti[hl of tbe Burning Pestle contains a dedicaùon
(absent from other editions) by W. B. « to bis many ways endeared friend,
Master Robert Keysar ». W. B. (i. e. W. Burre), speaking of the play as
« this unfortunatc child » manifestly girds at Shelton, as in this passage:
« Perhaps it will be thought to be of the race of Don Quixote : we both may
confidently swear it is bis eider abovc a year; and therefore may (by virtue of
his birthright) challenge the wall of him ». The plain inference is tbat Tbe
Knigbt of the Burning- Pest le dates from 161 r.
2. In the Correo de, los Cieios for november 3, 1787, one Estala declared
that Cervantes took El C11rioso Impertinente from liiiguez de Medrano's Si/11a
Curiosa : « no creyendo habia inconveniente, o persuadido a que no se descubriria el hurto, si asi puede llamarse )&gt;. Sanchez, in certain Notas apologéticas
fabricadas a expensas de tm deuoto which are, says Gallardo in the first number
of El Criticon (p. 4), « llenas de picante jocosidad y donafre », easily exposed Estala's blundering malice. Don Quixote was published in 1605 : the Curioso Impertinente is not in the first edition of the Silva Curiosa ( r 58 3), but appears in the
second ( 1608). Like many other tbeorists, Estala neglected his dates.
3. Julius Scbwering, Zur Gescbicbte des ttiederlândischett und spaniscben Dramas
in De11tscbland. (Münster, 1895), p. 83 and n. I would observe in passing that
Dr Schwering quite misrepresents what I have said in The Life of Miguel de
Ceruantes Saavedra, concerning a French translation of El curioso impertinente.
It is a good general rule to try and understand what has bcen written, before
proceeding to contradictions.

49

PH.JNTASIO-CRATUMINOS SIVE HOMO VITREUS

Evora _with a copy of the Galatea - the Lisbon Eàition of r590
- which he reprinted at Paris in r6 r r. And it amuses to note
that, in his preliminary address A los est·vdiosos y amadores de. las
lenguas estrangeras, Oudin commends the Galatea c( por ser del
author que inuento y escriuio, aquel libro, no sin razon, intitulado,

El ingenioso hidalgo don Quixote de la Mancha ».
So much for Cervantes' fame abroad : clearly the No-velascould
not escape the translators. If England were earliest with a complete version of the Qnixote' s first part, France took the !~ad
with the Novelas Exemplares. François de Rosset and Vital d'Audiguier published their translation in r6r8, and herein El Lt"cenciado Vidriera is rendered by Rosset. The book was clone into
Italian by Guglielmo Alessandro de Novilieri Clavelli who in the
Preface to the Reader, proclaims his author to be cc ;timato
esser' uno de' più leggiadri Scrittori c' habbia la Spagna ». Printed by Barezzi at Venice in r626, with a dedication to Henrico
Raiis Terzo, the ltalian version gives El Licenciado Vidriera as
the fourth in order of the tales. Six among the Novelas Exemplares were Englished by James Mabbe in 1640; but El Licencia1o Vidriera is not one of them. Nor is it in the scurvy volume
ent1_tled The Troubtesome and Hard Adventures in Love. A Work very

Deltghtfull and Acceptable ta Alt. Written in Spanish by that Excellent and Fanwus Gentleman, Michael Cervantes; and exact/y translaled _into English, by R. C. Gent. (London, 1652). The coy,
blushmg cc R. C. Gent. » is discerned as one Codrington; and
M' Quaritch, the Piccadilly bookseller, goes bail for it that
Codrington's cc is the earliest English version of Cervantes'
N~elas Exemplares ». It is charitable - but not precisely flattenng - to suppose that this statement was made without
knowledge of the book described r. Mark now, how a plain tale
I.

Bibliotbeca Hispana (London, 1895), p. 43. M•. Quaritch's words are :

« Thi~ is the earliest English version of Cer11antes' Novelas Exemplares, some

of wh1ch were written before Don Quixote, and al/ al separa/e times •&gt;. Has
Rtvut bùpattiqw.

4

�CASPAR ENS

shall put you down. The facts are these : Codrington's is not
« the earliest English version of Cervantes'Novelas Exempla_res_":
it is twelve years younger than Mabbe's : ~nd (for a fi?1shmg
touch) it contains nota syllable of Cervantes work. Nor md~ed,
save on a title-page as lying as an epitaph, does the egreg10us
Codrino-ton pretend any of these things. His part is to muddle
mattert by asserting in the Epistle Dedicatory that &lt;&lt; the àuthor
was by birth a Spaniard, the same Gentleman that composed
Guzman de Alfarache, and the second part of Don Quixot ».
'Tis well beknown ( to the idolaters) tbat Cervantes was an exp~rt
in geography, seamanship, medicine and law : s~, too, certam
choice spirits intuitively know tint the plays ascnbed to Shakespeare were written, not by him, but byanothe_rman of thesame
name. Fatuous triflers maintain these theses m pamphlets and
broadsheets innumerable : thus genius becomes the sport of oafs
proud in the possession of their p~rmane,nt majo_rity. Two conclusions may be drawn from Codnngton s assert10n : and both
are Iudicrous. Either Cervantes wrote Guz.man de Alfarache, or
Avellaneda's true name was Mateo Aleman. The suggestion is so
absurd that not the veriest mare's-nester of our day has been
seduced into accepting it. It follows from what precedes that El
Licenciado Vidriera is absent from the pages of cc R. C. Gent. J&gt;
Harsdôrffer is said to give a German version of the story
in Der grosse Schauplatz. jéimmerlicher Mord-Geschicbte (Francfort,

anyone anywhere ever alleged that Cervantes wrote his N!elve tales simul~? lt is charitable to hope that it was intended to say that the stones
neous 1y
h •
· h
were written at considerable intervals of time : and perhaps tl:at. t es1s m1g. t
be maintained in a special study. It is, however, a sound pnnc_1ple to avo1d
ropositions of this kind in a sale catalogue. For the rest, the m1staken as~er~on as to « the earliest English version » &amp;c &amp;c is now ancient. :'1r. Qu~ntch
has been making it for at least ten years, and continues to repeat 1t m sp1te of
all corrections.

PHANTASIO-CRATUMINOS SIP'E HOMO V/TREUS

51

1652) ' . Six navels by Cervantes, joined to one referred to
Petrarch, were Englished by the astronomer, William Pope
(London, 1694) : a personage confounded by many with
the poet 2 • Here El Licenciado Vidriera struts the scene in
a dress so uninviting as to be clean forgotten even by the
amateurs of curiosities. Omitted by those responsible for the
anonymous French translations issued at Amsterdam ( 1705)
and Rouen ( 172 3), El Licenciado Vidriera is also ignored by
Pierre Hessein (Paris, 1707 ), by Charles-Pierre Coste d' Arnob:tt (Paris, 1775), by Jean-Pierre Claris de Florian (Paris,
1787 and 1806), and by Henri Bouchon-Dubournial (Paris,
1825). Its French translators are Charles Cotolendi (Paris,
1678), the abbé Saint-Martin de Chassonville (Paris 1759),
Jean-Baptiste Lefebvre de Villebrune (Paris, 1775-78),
1. Thus Edmund Dorer, Cervantes 1111d seine TVerke 11acb deutscben Urtbeilen.
Mitei11mA11bange: Die Cervantès Bibliographie (Leipzig, 1881). See p. 15 of
bibliographical section. H.arsdôrffer's selection would seem to be based on Jean
Pierre Camus' L'Ampbitbédlre sanglant où sont représentées plusieurs actions tragiques de 11ostre temps (Paris, 1630). The French original by the Bishop of Belley and of Arras does not contain any story resembling El Lice11ciado Vid1'ie1·a
and Harsdôrffer's version must (if it exists at ail) be the briefest of condensations.
2. It may be well to mention that Walter Pope was uterine brother to Dr
John Wilkins, Bishop of Chester. Sorne details concerning him are given by
Anthony à Wood, Atbeuae Oxo11ie11ses, IV, col. 724, (London, 1820). « He
entred upon the physic line but did not take any degree in physic regularly ...
He spent much time in observing the motions and appearances of the heavens ... This person who leads an epicurean and heathenish lite, rnuch like
to that of Dr John Donn the son, hath written several frivolous things, which
must according to the method that I have hitherto observed be put down,
tho' rather fit to be buried in oblivion with the author than remembred ».
With this pleasant prelude, Anthony à Wood (IV, col. 726) denotes Pope's
Select Novels. Tbe ftrst six written by Miguel Cervantes ... tbe otber by Francis
Pe.trarcb .. . (London, 1694).
The selection « made English by Harry Bridges, Esq. » (Bristol, 1728) does
not include El Licenciado Vidriei·a.

�PH.WT.lSTO-CR.-ITVMJXOS Sll'E HOMO VITREUS

53

CASPAR ENS

Claude-Bernard Petitot (Paris, 1809), Louis v iardot (Paris,
1858), and Charles Romey (Paris, 1862). Last of ail, the tale
has been admirably presented in our own day by M. FoulchéDelbosc (Paris, 1892). The record of England - so honourable
for Don Quixote - is vastly more meagre for the Nove/as Exm1plares. Reprints of James Mabbe's fragmentary version are stcadily referred to Thomas helton by the publishers of 1742, 1747
and 1752; and, as of course, El Licmciado Vidriera is exduded
therefrom. Innoœnt of Spanish, the English (&lt; general reader »
- one would like to see a specimen - contents himself perforce with a translation of che O'Uelas Exemplares by my namesake Walter Kcating Kelly (London, 1846, 1855, 1881) : an
undistingui hed piece of work wherein El Licencia.do Vidriera
cuts a precious figure.

lt would seem that Rodaja's ad ventures lack the Batavian grace
which the Dutch expect. They are disdaine&lt;l in th Vcrmaakrlyke
Minneryen set out by B. V. D. M. at Amsterdam in 17 31, as
also in the Reprint of some cwenty years lacer. They are said to
appear in the L ~ rerige Fortaellinger af Miguel de Ccrvarites
published by Charlotte Dorothea Biehl at Copenhagen in 17808 1 : and this seems certain to be the case, if i ndeed the Hague
Edition of 1739 be the basis - as it is alleged to be - of the
Danish translation. FoUowing at a distance upon Harsdorffer's
alleged first attern pt in 165 2 corne the translations of other Germans, in brave array : as th ose of Julius H . von Soden (Leipzig,
1779), by Dietrich Wilhelm Soltau (Koojgsberg, 1800), by L.
G. Forster (Leipzig, 1825), by Müller (Zwickau, 1825), by Duttenhoffer (Pforzheim, r840), by otter and Keller (Stuttgart,
1840), and by Reinhold Baumstark (Regensburg, 1868). In all
these El Licenciado Vidriera is translated with its feUo, s. lt is
not reported to exist among the selections from the Nove/as
Exemplares done into other modem tangues.

A ,·ague legenJ, towhich Fern:indez de avarrete gives voice,
asserts tbat Ccrvante p:iinted his portrait of the bemused Licentiate from a living mode! : Caspar Barth, the Latin translator of the Celesthur (Frankfort, 1624) and of Gil Polo's Diana
Enamorada (Haoovcr, 1625), this last under the style of Erotodidascaltts, sh.•e Ntmoralium libri r··. It bas been the ill face of CerYantes to be une a ingly exposed to unproved assertions of all
kinds : and many simple-hearted readers are too indulgent (or
too idle) to ask for e\'idence. Th y have « the wish to believe »,
as that inept faculty has been called; and tbey believe easil y.
Thus Rawdon Browne declares that Fern:indez de Avellaneda
was Gaspar Schôppe, and he proceeds to argue his case witb a
perverse ingenuity whicb imposes upon some dull people.
Browne, likc so many subtle ad,•ocates, is laid low with weapons
of bis own armoury : he is brought up short by tbat awkward
thing, a date. Scbôppe this is the gospel according to
Browne - reached Madrid in Marcb, I 614. It is not alleged
chat be brought the sbam Quixote witb bim, nor that he had
ever heard of Cervantes' name at any date earlier than March,
1614. ow, it belongs to the harmless, necessary pedant to
call attention to a small but relevant fact. Avellancda's aprobacion was granted on April 18, 16q. It is not within reasonable
probability - to say no more - to suppose that, between March
and the middle of April, Schoppe could have written Avellaneda's 282 folios and could have pushed matters with such urgency
as to obtain the Tarragona aprobacio11 without more ado. And as
with Schôppe and the sham Qttixote, so with Barth and El Licmciado Vidriera. In the latter case there is a fourfold assertion :
(1) that Barth was insane; (2) that be fancied himsclf to be
made of glass; (3) that he travellcd in Spain before July 9,
16 r 2, when the Nove/as Exe1J1p!arts received their first aprobacion;
a_nd (4) tbat Cervantes met him previously and bad opportunit1es of observing the gifted lun:itic's little w:iys. Upon thesc four
statements - none of them intriasically probable - the Barth

�55

CASPAR ENS

PHANT.4S1O-CRATUMLNOS SIVE HOMO fllTREUS

hypothesis depends. No attempt is made to show that, in r 612,
Barth - being then in his twenty-sixth year - was madder
than his neighbours; nor that his specific delusion was anywise
concerned with glass; nor that he reached Spain earlier than
J uly 9, 1612; nor (if he did reach it) that Cervantes ever clapped eyes on him. It is an indispensable preliminary to any discussion of the Barth theory that these four points should be irrefragably esmblished. When (if ever) tbey are established, it will
still remain to prove that Cervantes was so beggarly in invention as to be incapable of conceiving the situation for himself,
unaided by direct suggestion from without.
It is odd that writers, seeking to bring their author into relation with German scholars of the seventeenth century, should
plunge into speculative guesses of this kind. Between Cervantes
on the one hand, and Barth and Schappe on the other, no
connexion can, on the evidence as yet disclosed, be made out.
Barth's name would naturally suggest itself to any tolerable
guesser : but not more naturally than the name of Caspar Ens.
And in the case of Ens a connexion actually exists. Not many
details are available concerning this industrious personage. You
turn to Jocher, to Hübner's Biblioteca Genealogica; you seek him
in the Allgemeine Deutsche Biographie : but the quest is vain. His
absence from the latter work is accounted for by his Dutch origin. What can be gathered about him can be shortly told. Born
at Lorch at a date unknown, Caspar Ens subscribed to the
Lutheran Confession in r 580. He studied law and is thought to
have travelled far : later he settled in Koln and worked assiduously for such publishers and printers as Peter Fischer, William Lutzenkirchen, Conrad Butgenius, Forster, Gerard Greuenbruch, Petrus Brachel and Constantine Munich. There was
never, ü may be, a more prodigious polygraph : as who should
say, in the vernacular, a harder-working back . After twentyfive years spent in Koln, Ens departed and went east of the sun,
west of the moon, no man knows whither. The date of bis death

is uncertain; he is thought to have survived till 163 6~ but twenty
odd years later books continued to be issued with his name attached. A tentative list of bis chief works follows.

54

[ r] Rerum Danicarum Friderico II inèlitae memoriae, rerum
potiente, terra mariq ue gestarum historia : bella Ditmarsicum et
Suecicum ... complectens ... accesserunt ... Epigrammata J. Lauterbachii 1. Francofurti, 1593-92, fol.
[ 2J Rerum Hungaricarum Historia, ... in qua praeter regionis
situm ... res gestae ad annum 1604 novem libris comprehensa ...
Coloniae Aggripinae, 1604, 8vo.
[3] Tragoedia Anglicana, sive de nuperae Anglorum quorundam contra regem et regnum coniurationis initio, progressu &amp;
fine, deque supplicio a coniuratis sumto narratio ... Koln (?),
1606, 8vo.
[ 4] Magiae omnifariae, vel potius, universae naturae theatrum
. .. auctore D. Strozzio ... ex Italico Latinitate donatum . .. Coloniae, 1606, 8vo.
[5] Deliciae Galliae sive itinerarium per universam Galliam.
Coloniae, 1608, 8vo.
[ 6] Deliciae Italiae, et index viatorius ab urbe Roma ad omnes
in Italia . .. civitates et oppida. Coloniae, 1609, 8vo.
[7] Deliciae apodemicae et index viatorius Hispaniae, indicans
itinera ab urbe Toleto ad omnes in Hispania civitates et oppida
quorum indicantur deliciae ... Coloniae, 1609, 8vo.
[8] Belli civilis in Belgio per quadraginta fere continuos annos
gesti historia, ad praesens usque tempus deducta ... opus novum
e Belgicis Immanuelis Meterani et aliorum commentarijs concinnatum ... [Coloniae ?] I 6 ro, fol.
[9] Deliciae Transmarinae, id est, insignium aliquot maris
Mediterranei insularum, portuum ac maritimorum oppidorum
descriptio ... Coloniae Agrippinae, 1610, 8vo.
1.

The Epigranmzata have a separate title-page dated 1592.

f

�PHANTASJO-CRATUMJNOS SIVE HOMO YITREUS

GASPAR ENS

[ I o] Thesauri politici pars tertia : relationes, instructiones,
dissertationes, aliosque de rebus ad plenam imperiorum, regnorum, provinciarum, omniumque quae ab ijs dependent cognitionem peninentibus tracta tus compleccens .. . Coloniae, r6 r r ,8vo.
[ r 1] Epidorpidum libri Il in q uibus nonnulla sapienter ... acute
... lepide ... ridicule denique dicta et facta ... continentur uber-iori apparatui conviviali praemissi. Coloniae, r6 r 2, r2mo •.
[ I 2] Indiae occidentalis historia : in qua prima regionum istarum detectio, situs incolarum mores, aliaque ... explicantur.
Coloniae, 1612, 8vo.
[ I 3] Elogium funebre Henrico IV magno illi 'Heu! quondam
Franciae &amp; Navarrae Regi dictum. [Hanoviae, r6 I 3, 8vo
[r4] Mag!}ae Britanniae deliciae seu insularum et regnorum
quae Magnae Britanniae nomine &amp; Sereniss. Regis Iacobi &amp;c
imperio hodie comprehenduntur, descriptio : ex variis auctoribus collecta et reliquarum Europae nationum jam ante editis deliciis addita. Coloniae, r6 I3, 8vo.
[ r 5] 'Pw1,1.cn~-~:xGtÀi:dç l:,ii1p:vo;, id est, summarium in qua
principua iura, ritus aliaque circa electionem novi Romanorum
regis ... illustrantur. [Francofurti, 1614, fol. i].
[ I 6] Apparatus convivialis iucundis narrationibus, salubribus
monitis, admirandis historiis, praeclaris exemplis instructus ...
Coloniaé Agrippinae, r615, 12mo 4 •
2].

1. A later duodecimo edition appeared at Kain in 1619.
2. This occupies pp. 498-5 15 of the Orationes funebres in morte Po,itificmn,
lmperatornm, Regum, Princ-ipimn, etc. Hanoviae, 1613, 8vo.
3. This occupies folios 62-86 (Part 1) of Melchior Goldast's Politica impe1·ialia : si:ve discursus politici, acta pnblica et tractatus generales de ... I111pe1·atoris et
Regis Romanomm, Pontificis Romani, Electornm, Prinripum el Com11u111imn ...
Roma,w-Germani Imperii O,·din11m, juribus, privilegiis ... aliisque rebllS ... ad
statum publicum ... imperii pertinentibus ... jttxta ordinem rerum ac materiarum ...
dige,sti, atque e.diti ... Francofurti, 1614, fol.
4. This consists of two books and is· supplementary to the Epid01pidum
ibri Il [II] published at Koln in 161?, and again in 1619.

57

[ 17J Epidorpismatum Reliquiae : sive Epidorpidurn libros IV
appendix ... Coloniae, 1616, 12mo.
[ r8] West-unud Ost Indischer Lustgart : das ist, eygentliche
Erzehluog wann und von wem die Newe Welt erfunden ... aus
glaubwûrdigen Schriften zusamen gezogen. Collen, 1618, 4to.
[ 19] MwpoGO&lt;rL:X : id est, stulta sapientia, itemque sapiens stultitia; regina mundi, populorum gubernatrix, omnium voluptatem mater, vitae condimentum, opusculam ex variis auctoribus
maxime vero Italico Antonii Mariae Speltae scripto concinnatum,
&amp; in duos libros tributum ... Coioniae, 1620, 12mo.
[ 20] Mantissa Apophchegmatum : id est) urbane, scite, acute,
argute, salse atque etiam ridicule dictorum. Priori bus Epidorpidum similisque materiae libellis addita ... Coloniae, 1620, 12mo.
[ 21] L' hore di recreatione di M. Lodovico Guicciardini Patritio
Florentino. Durch Casparum Ens verteutscht... Colin, 1624,
long 8vo.
[22] Epidorpidum lib. IV. de novo recensiti, castigati et cum
reliquis et appendicibus aucti in quibus multa sapienter, graviter,
argute, false, jocose, atque etiam ridende dicta et facta continentur. Coloniae, 1648, 12mo.
[ 2 3] N ucle_
us historico-politicus, e probatissimorum auctorum
scriptis excerptus, et in sex tractatulos ( quorum catalogum
ultima exhibet pagina) divisus ... Trenshinij, 1649, 8vo.
[ 24] Thaumaturgus mathematicus, id est, admirabilium effectorum e mathematicarum disciplinarum fontibus profluentium
sylloge ... nunc denuo ... auctior. Coloniae, 1651, 8vo.
[ 25] Vitae humauae proscenium sub persona Gusmanni Alfarachii et vicia ... representantur. Dantisci, I 6 52, r 2mo '.

1. The edition before me, published « sumptibus Georgii Forst,,·i », is in
three parts. The first contains eight unnumbered and 269 numbered pages;
the second, three unnumbered 'and 266 numbered pages; the third, two
unnumbered and 82 m1mbered pages. At the end of the third part are four

�CASPAR ENS

PHANT,1SIO-CRATUMINOS SIVE HOMO P'ITREUS

[ 26] Epidorpidum lib. V. PausiHpus s.ive tnstmni. cogitationum et molestiarum spongia variis incredibilibus ac iucundis his•
toriis, narrationibus, factis, di&lt;:tis tam seriis quam iocosis referta
et taro recreandis q uam erudiendis animis accomodata. Coloniae,
1659, I2rno.

Yet it may very well be that Navarrete's indication is right. The
fact that Ens translated Guz.man de Alfarache into Latin suffi.ces
to draw attention to him as a possible author of the missing
Latin Quixote. In the hope of tracing it, the present writer searched such of Ens' publications as he could find : a search that
failed as regards its immediate object. In Epùlorpidum lib. V [26 ],
there is a section entitled Phantasio-Cratu1ninos sive Homo Vitreus
which proves to be a condensed version of El Licenciad,0 Vidriera.
It is right to say that this find had been anticipated by Professor
Hahn of the University of Baltimore. So M. Foulché•Delbosc
infonns me on the authority of Sr. Menendez y Pelayo, and
therefore Professor Hahn's priority is absolutely unquestioned
and unquestionable '. But since this Latin rendering of El
Licenciado Vidriera is thought to be unknown to mauy readers of
Cervantes, and since it is given in a work not easily accessible, it
hasseemedconvenient to reprintit. And for this purpose M. Foulché-Delbosc has granted it the hospitality of the Revue Hispanique.
One last word upon Ens' performance as it stands below. The
German or Dutch idioms shine through the Latin repeatedly. To
the worthy Ens, Cervantes' ample manner seems verbose as, in
truth, it tends to be at whiles, when the Master nods. The southern resonance and emphasis are mortal offences in the eyes of
the northerner whose own style is that ofDryasdust at his worst.
It may be admitted that Cervantes falls short of the aridity of an
almanac (if that be the ideal); and herein lies the justification
of Ens' cc emendations ». To follow him in detail were tedious.
But one or two examples, taken at random from his first para·
graphs, will serve as well as a hundred. &lt;&lt; Al bajar de la cuesta de
Zambra &gt;i, writes Cervantes : and Ens, thinking the detàil a
picturesque superfluity, expels it from his ausrere page. cc Puso las

This list of titles probably con tains but a part of Ens' sum of
work : work most of it, to quote Christopher North's judgrnent
of Gilman' s Coleridge, cc as dead as a door-nail )&gt; . Here and now for us - the important point is his. knowledge of, or at Jeast bis
interest in Spanish Literature. Nearly eighty years ago Fernàndez
de Navarrete vaguely signalled the report of a Latin version o
Don .Quixote 1 • The existence of a fragmentary Latin verse translation is certain; but that performance is a thing of yesterday •.
unnumbered pages containing a Precatio adversus mu111ii scan.dala and a Petitio
pacis. It may be convenient to poiut out that this volume contains a Latin
translation o( Lazarillo de Tonnes. See Part I, pp. 74 et seqq, Caput VU : Lar_arill11s adolescentùe sua! 11arrat histor iam.
1. Martin Fern.iodez de Navarrete, Vida de Miguel de Cer·vantes Saavedra
(Madrid, 1819), pp. 529•&gt;30. « Algunos curiosos nos han dada noticia de una .
traduccion latioa del Quijote hecha par un literato aleman; de otra en lengua
dauesa por una dama de Copenhague, y aun de algunas en sueco y rusa; pero
no constândonos estas hechos por noticias tan positivas coma las que hemos
dado anteriormente, nos parece propio manifestarlo asi con franqueza de los
lectores. J&gt;
2. " Parva poëmata lati-na, seu Ludicra litteraria. Auctore Presbytero Raymundo del Busto Valdés, in utroque jure licentiato, ac almâ in Ecclesiâ Cathedrali Legionensi Decano. Editio Il amplificata et mendis expurgata. Cum Ordinarii licentiâ. Palentiae : Tipg. et Lib. Abundii Z. Menendez, 1895 ». This
version which, under the title Nuptiae Camachii occupies pp. 329·344 of Sr. Valdés' book, is dedicated « amplissimo viro, Marchioni de Pidal ». A specimen
may be given :
Vix sierat fulgens Aurora, ut in rethere Phœbus
Mitteret ardentes radios, quibus ipse comarum
Gemmas siccaret liquidas, nitidasque sua:rum,
Cum generosus Eques, relevans s ua membra pigror~,
Stans, vocat et famulum somao q,ui stertit in imQ•

59

I. While correcting the proofs ot this article, I have met with another
reference to Ens' Latin version. It is given by M. Arturo hrinelli in the
Revista critica for November, 18?6·

�CASPAR ENS

alabanz.as en el cielo de la vida libre del soldado, y de la libertad de
Italia », says the Old Soldier, adding a reminiscent touch in the
ensuing words : - cc pero no le dijo nada del /rio de las centinelas,
del peligro de los asaltos, del espanto de las batallas, de la hambre de
los cercos, de la ·rtûna de las minas, con otras cosas deste jaez_, que
algunos las toman y tienen por anadiduras del peso de la soldadesca,
y son la carga principal della &gt;&gt;. To Ens this seems a vain fl.ourish
and the whole is thus drily transformed : (c tum vitae militaris
encamia ita explicaret. » Nor is this ail : Ens will interject a
detail of his own wit. Rodaja leaves his patrons at Malaga, cc çomo
le fatigasen los deseos de volver a sus estudios y â Salamanca &gt;&gt;, as
Cervantes has set it clown a few lines earlier. Ens passes this by
with disdainfuf haste in the text as it stands; but soon afterwards
he is driven to restore it and to insert in this fonn : cc Salmanticam rediturus iter init n. The rearrangement is not justified by the
result. Again, Ens takes it upon him to add certain fiorituri of his
sole composition. Cervantes describes Diego de Valdivia as
« vestido biz.arramente de camino ». In the Latin the four words are
thus arabesgued : cc Miratttr Thomas versicolorem homini et dis-

sectum habitum, pileum plumis onustum, gladium et calcaria auro
lncentia. » It is not clear tl1at Ens always understood his original.
If he did, his rendering of cc a pocas lances &gt;&gt; by « ubi ventum in
taberna est i&gt; would be inexplicable : the probability is that Ens
was at fault with the Spanish and stippled the fl.aming patch in
triumph.And when he reads cc que él le ofrecia su mesa y aun si fuese
necesario su bandera », the pedant boils over and swaggeringly
writes clown cc ac propterea rnensarn &amp;:rûfJ.ôo),oy et cont11-bernium gra-

tuitum ojferens

».

And so the achievement developes consistently throughout. It
only remains to say that Ens' text has been reprinted without
any impertinence in the way of« emendati:ons &gt;&gt;. The ampersands and other typographical abbreviations are expanded. And
with this, I leave Caspar Ens to the curiosity and indulgence of
the reader.
James FITZMAVRICE-KELLY.

Plf.J.VTASIO-CR.ffUMINOS SIVE HOMO VITREUS

61

PHANTASIO-CRATUMINOS SlVE HOMO VtTREOS

Adulto iam vere, nobiles duo iuvenes, ad capieadurn iagenij cultum a parentibusSalmanticam missi, animi recreandi causa urbe prodierant : dumque ita in
amœnissima Tormis ripa obambulant, vident adolescentem, circiter undecim,
ut corporis modulus prre se ferebat, annos natum, rusticano habitu indutum,
sub arboris umbra iacentem et suaviter. Mittunt pedisequum : qui hominem
excitat. Adeunt dein ipsi : rogant cuius sit, unde veniat, quonam iter habeat.
Ait ille, nomen patrire sibi e memoria excidisse, ceterum Salmanticam se perere, herum ibi qmesiturus qui serviat, eiusque sirnul liberalitate quod temporis reliquum est, litterarum studijs impendat. Rogant, num sciret legere.
Etiam scribere, inquit ille. Tum unus ex iUis : Ergo quod patrire ture nomen
oblitus es, non memorire vitio accidit. Quidquid sit, ait ille, mihi quidem consilium est nec patriœ nec parentum meorum nomen proferre donec utrisque
honori esse passim. Quomodo honori? inquit alter. Meis studijs, mea scientia, et mei oominis celebritate, ait adolescens. Audivi enim non semel, Ex
homi11ilms fa,·i Episcopos. Hoc responso moti duo illi Nobiles, si ita, inquiunt,
est ut dicis, tuque herum quœris, ecce invenisti. Accepta conditione, gratias
agit adolescens, sedulam operam et obsequium pollicetur. Sic in urbem et hospitium adductus, diligentiam, alacritatem et fidem suam heris ita probavit, ut
illo non tanquam servo, sed quasi contuberoali uterentur. Tempus vero ita
dispensabat, ut studendi assiduitas nihil famulandi industria:! detraheret. Octo
fere annis in tam exoptato contubernio exactis Thomas Rotarius (hoc enim
nomen sibi esse voluit, quod pater ipsius forte Arator esset) eos in litterarum
studijs progressus fecit, nt ab omnibus, etiam ipsis Doctoribus, magni restimaretur. Legum seu Iuris studio prrecipue erat deditus : ad quod tamen non
prius accessit quam perfectam et Latinre lingua:!, et humanarum, quas vocant,
disciplinarum cognitionem esset assequutus. Iam tempus appetebat, quo Nobiles illi absoluto studiorum cursu, domum redire constituerant. Facile impetrant a Thoma, ut eos non tanquam famulus, sed tanquam socius comitaretur. Quamvis autem honorifice ac laute haberetur, impetrare tamen ab animo
suo non potuit quin unice ad alrnarn illam bonarum et ingenuarurn artium
officinam adspiraret. Venia ergo à patronis impetrata, et euro munere centenûm aliquot scutatorum, prreter vestes aliaque necessaria dimissus Malaca (ibi
enim patroni degebant) Salrnanticam reditnrus iter init : in quo non procul ab
Antiquera eqnes, duobus farnulis stipatus, ei occurit. Miratur Thomas versicolorem horninis et dissectum habitum, pileum plumis onustum, gladium et calcaria auro lucentià : sed multo màgis mores et sermones nihil vulgare spirantes, sed plane stratioticos. Ubi ventum in tabernam est, colloquuntur, hic ur-

�PH.ülTASIO-CR..ffUMlNOS SIJTE HOMO ~7TREUS

CASPAR ENS

bani~atis, ille in?enij et do.:trinre sure specimen ostendit. Ait Valdivia, (id enim
al~en nomen) tr'.bunum se esse, a Rege militum cohorti, qure iam in Italiam
m'.ttatur, propoSttum. Iam olim stipendia sub primarijs ducibus in Italia mermsse: Tu1:1 vitre ~ilit~ris encomia ita explicat, ut tam ingenium quam eloquenuam, m homme litterarum tantum non rudi Rotarius satis mirari non
posset. Italicarum vero urbium, imprimis Neapolis, amœnitates et delicias ita
describit, ut eidem earum videndarum non parvum desiderium iniecerit. Quid
m~lta? Facile persuadet homini Valdivia, eius ingenium sibi aliqua in re
utile fore putans, ac proptcrea mensam èfo~µ6oÀoy et contubernium gratuitum offerens, ut conditionem acciperet, sic tamcn ut suum nomen inter militu~ no?1ina no_n r~ferretur. Nihil enim libertate sibi charius : quam nec cum
umvers1s Crœs1 op1bus permutare velit.
Quid tu tricaris, inquit Valdivia, aut nodum in scirpo qureris? Libenas tibi
apud me constabit semper (en dextram fidemque) melius tamen utrique erit
ut tuum nomen ceteris adscribi patiaris. Sic enim e stipendio lautius te trac'.and'. facultas dabitu~, nec tamen ad ulla militaria munia adstringeris . Egone,
mqmt Thomas, Reg1s accipiam stipendia, sine onere, sine labore militari? Qui
hoc illresa conscientia et tu et ego possimus facere? Quid tu mihi conscientiam
hic allegas? ai~ Valdivia. An ru nescis eam a militibus in Monasteria et scrupul~sorum hommum cœtus ablegatam? Nobis quidem si ex consci~ntire lege
v1vere necesse essct, profecto pauci sint qui militire nomina sua dare
velint.
Hrec ~ua~wis Thomre displicerent, tanto tamen peregrinationis amore tenebatur, ut 1~st1t~tum pcrsequi omnino decreverit . Sub haec Carthagenam ventum : _ub1 miles recensitus. Notavit ibi Thomas regiorum Commissariorum
auctontatem, Prrefectorum quorundam seu Capitaneorum incommoda eorum
qui_hospitia designan~ sollicitudinem, industriam in distribuenda pecuni~ Rationanonum, quenmomas populi, insolentiam militum, sumrna nihilominus cum
miseria coniunctam . Mutato habitu, cum Capitaneo navem conscendit : tumque demum qualis vita in maritimis illis redibus aaeretur didicit · ubi scilicet a
pulicibus et _pediculis omnia infesta sunt, ubi vix ;uidquam quod vectorem sit,
rapaces rem1g~1:1 man~s. potes~ ~ffugere, ubi cum sordibus perpetua quasi est
pugna. Sed mhil homm1 mans msueto molestius fuit nausea : quam continure fere tempestates et ~rocellre, quibus navis hue illuc iactabatu.:, plurimum
augebant. 0 quam srepe _ilium tum consilij pœnituit I Verissimum illud expertus_ quod ant~a sa~pe au?1erat e_t leg~rat, Navigantes a morte vix palmum abesse,
e~ ~ll~d ~esc10 cu1us Ph1losophi, qm rogatus, Ut,·i plures essent, vivi an morlui,
v1c1ss1m i_nterrogante'.11 ro~avit, Navigantes i1t quorum 1mmero poneret? Tandem fœd1~ te~pestatibus 1actati Genuam appellunt : ubi Capitaneus Tbomam
euro cetens suis contubernalibus in hospitium duxit, in quo exquisito victu et
multo mero exantlatos labores omnes diluerunt. Inde perlustrata urbe, facile

intellexit omnia ibi fama maiora esse. Paucos post dies miles omnis in terra
exponitur, inde in Pedemontium ducendus. Sed Thomas noster facile a Capi taneo impetrat, ut reliquias Italire urbes sibi visere liceret. Genua ergo digressus, quinque dierum itinere Florentiam venit : ubi quatriduum moratus, vix
quidquam quod nomini suo magis responderet se vidisse, ultro deinde srepe
testatus est. Romam inde Mundi caput petit : ex cuius ruderibus et miraculosis, licet semidirutis, operil&gt;us, veteris Urbis incredibilem magnificentiam coguovit. Neapolim hinc profectus, quidquid antea viderat facile ex animo delevit; summa et civitatis et vicinorum locorum amœnitate captus. Anconam
inde, ac mox Venetias navigans, Sannazarij illud vcrissimum elogium sua quoque sententia comprobavit, quo ille ceteras urbes ab hominibus, hanc ab ipsis
dijs quasi in medio mari positam dicit. Facto inde per Patavium, Ferrariam
aliasque celebres civitates itinere, Mediolanum venit, ultro fassus verum esse
quod nescio quis dixit, Totius orbis destructas officinas omnes ex una urbe
Mediolanensi restitui posse. Astam inde profectus, commodum eo tempore
venit quod Valdivia cum Hispanicis copijs in Belgium properabat; a quo benevole exceptus, et a latere eius nunquam discedens, tandem Antuerpiam venit,
urbem vix ullis ltalicis inferiorem. Gandavum quoque, Bruxellas, Brugas aliasque civitates perlustravit : quarum singularum adspectum itineris sui oper:e
precium sibi sufficicns aiebat. Appetente vere, quum in procinctu Hispanicus
iam staret exercitus, quamvis œgre, impetrat a Capitaneo Thomas, ut in Hispaniam redire sibi liceret. Sic per Franciam tum quoque iatestinis hello ardentem, et Pyrenreos m:mtes in Hispaniam n.versus, Salmanticam se contulit, ab
amicis et hilariter exceptus, et non multo post variis editis ingenij et doctrin::e
speciminil&gt;us, Legum Licentiatus, ut vocant, renunciatus. Venerat non multo
post Salmanticam mulier, forma non ineleganti, sed singulari morum venus~
tare prredita : qure quod in Capitanei cuiusdam contuberaio et Italiam et
Belgium perlustrasset, amatoribus et curiosis sturnatim convolitantibus multa
de ijs regionibus narrabat, utriusque liogure, atque etiam Teutoaicre, non
ignara. Eius rei fama quum ad Thomam quoque pervenisset, libido ipsum
incessit, prœsertim quum ab amicis insuper valde rogarctur, ipsam quoque
visendi, non aliam ob causam quam ut veterem illam regionum sîbi obitarum
notitiam quasi renovaret; simulque ut de amicis quos in Belgio reliquerat,
aliquid forte cogoosceret. Varijs ultro citroque, sermonibus habitis, cum ami•
cis a quibus eo deductus fuerat, digreditur Thomas, idem, qui erat domo egres•
sus. !ta enim cogitationes eius omnes in stuclijs litterarum erant defixa:, ut
vanre et luxorios:c locum omnino nullum in eius animo haberent : quum inte•
rea roulier gravi cura saucia (ut cum Poët;irum Principe loquamur) c:eco igni
carperetur, idque unice ageret, ut Thomre amoribus potiretur. Captata ergo
occasione, vulnus suum Thomre detegit, et remedium petit : quo ille sermone
non aliter perculsus fuit quam si lovis ignibus fuisset ictus. Id quum sensisset

�CASPAR ENS

roulier animi impotens, ad alias artes conversa, Maur:e cuiusdam opera bolum
amatorium parat, et misera Thom:e inscienti porrigi curat. Vix eurn sumpserat Thomas : ecce tibi longe alium effectum quam malefica illa sibi promiserat. Statim enim tremere toto corpore Thomas, pede terram ferire, capur,
man us iactare, sicque haras aliquot elinguis et semimortuus perstare ! Tandem
quum ad sese pallulum redijsset, rogatus quidnam mali pateretur, nihil aliud
quam in bolo Morteru se comedisse : simul unde is esset, indicavit. Percrebrescente huius rei farua, Prœtor urbanus ministros mittit qui mulierem comprehenderent. Sed frustra. 1am cnim illa de sinistro edocta succcssu, fuga sibi
consuluerat. Quum totos sex met1Ses cubiculo Thomas delituisset, medi.corum
opera corporis qtüdem sanitatem recuperavit, sed non mentis : quam tali stultitia corruptam habebat ut nesciam an maior vel cogitatione fiogi possit. Imaginabatur enim sibi infelix, vitreum sibi totum esse corpus : coque si quos
appropinquantes sibi videbat, miserabiliter exclam.abat, non vocibus solurn sed
et ingf:-niose excogitatis rationibus rogans atque obtestans, ne quis se contingeret, ut qui nequaquaru ut alij homines, sed totus a capite usque ad cakem
esset vitreus. Hanc tarnen ab omni ratione alienam imaginatione1u ut ei ei-i•
merent cordatiores quidam, arctissimo nexu corpori eius sede alligantcs, rniserum parum abest quin morti dedissent : siquidem ille post horribilem ululatum, in taiuum aoimi deliquium incidebat ut in extrema agone constitutus
videretur, et vix post quatuor boras ad sese rediret; reversus vero, per omnia
facta obtestaretur, ne postea unquam sic ipsu1n contrecterent, et forsan plane
confringerent. Non vetare interim, immo rogare, ut eminus colloquantur.
Vitreum quidem se esse hominem, non tamen ratione destitutum : qua tanto
puriore ac subtiliore uteretur quanta vitrum carne esset lirnpidius. Eius rei ut
periculum facerent quotidie multi noti et ignoti ad eum ventitabant. Quid
multar Tantam etiam doctissimi Philosophire ac Medicinre Professores in dictis
eius et responsis deprehenderunt ingeoij acrimoniam et dexteritatem, ut unde
extrema illa dementia, qua miser vitreum se esse imaginab:i.tur, provenirt:t,
nemo satis mirari posset. e vero aspero nimis aut angusto vestitu tam tener □ m ac fragile, ut aiebat corpusculum frangeœtur, rogavit ut ex mollissima
quam 6.eri potest materia interior tunica sibi fieret: qure ei ex gossypio facta. Calceos vero nunquam induerc voluit. In sumendo cibo haucrationem observari volebat. Vasi vitreo fructuum aliquid (a carnium enim et piscium esu abhorrebat)
ex ijs quos qu:eque temporis pars maturos olferebat, imponebatur, idque perû cre alligatum eminus ei porrigebatur. Potu alio non utebatur nisi aqua, eaque
vel e fonte vel flumioe mana hausta. Per urbem incedens, platearum medium
inter domos utrimque stant-cs tenebat, ne tegulœ alicuius casu lrederetur. Ternpore resûvo sub dio cubabat; hybemo, horreum aliquod qurerebat, ubi stramit1i quo nihil vitreo homioi commodius, capite tenus immersus iacebat. Crelo

PH,1,NTzlSJO-CRdTUMINOS SIVE HOMO VlTREUS

tonaate, totus trcmebat, et i_n campum se proripiens, nonnisi serenata iam
tempestate rcdibat.
Quum amicos, qui hactenus, quantum fieri poterat, eum observaveranr,
diuturore custodire pigeret; ipseque omnibus precibus id rogaret : liberum tandem quocunque vcllet ire permiscrunt. Sic illc per urbem circumiens, omnibus, pueris maxime, risum prrebebat, quos enixe orabat ut a propriore congressu abstinerant, baculo etiarn propius accedere ausos arcebat : ut illis ludibrium, ita amicis et quicumque eum ante noverant dolorem prœbens. Quamvis autem non dcesseut tam viri quam fcminre, adeoque modestiores nonnulli
juvenum, qui pueras miserum inscquentes i □creparent, effici tamen non poterat quin magis illi insisterent, adeoque ctiam quidquid ad manum venerat, in
infelicem conijicerent. Quodaru die a perversissimis veherneoter exagitatus,
graviter exclamans, 0 vos, inquit, male natos, male cducatos 1 0 bestiolas
muscis impudentiores, fetidiores cimicibus, pulicibns molestiores I Quid? an
alterum momem Testaceum ad instar eius qui Romre est, ex me facere vultis 1
Si furcam ita petatis, scopum forte auracturi sitis. Hrec et talia audiences
modestiores quidam, ab eiusmodi iniurijs postea abstinucrunt.
Tabernas atiquando vestiarias seu forum scrutarium pretereunti roulier nota
occurrit, et altum suspirans, 0, inquit, mi Thoma, quam doleo casu tuo 1
Certe a lachrymis te.mperare mihi vix possum. Ad quam illc sedata voce, Filia
Hierusalem, ait, pwrate super vos el rnper fi/ios vestros. Id quum quidam audiens,
dixisset, Tu nebulo mihi magis quam stultus videris, Cert~, inquit Thomas,
nec ego nebulo mm, Ile(; tu sapiens.
Videns pueras pedisequos suas et satellites frequenti oumero in fora stantes,
Ecce, ait, Sat/Janici exercilus calo11cs et lixas, qui recta ad J,iferni hospitia co11/eudu11t.
Venerat ad eum nescio quis, cuius uxor cum alio aufugerat, rogans qui faciundum sibi censeret. T11, inquit, Deo age gratias, qui tanto malo te liberavit, et
ini111it11m eode,11 ,mua·vit. Replicanre altero, Eri o eam 1w11 quttram? Nor,, si sapi.s. Si e11im eam immiias, 11i1Jil alfod quam crucem et infamiam tria111 sis ,·eperturus.
Rogatus a quodam, quibus rationibus pacem uxore sartam rectam facile servare posset; Da ei, inquit, neœssaria : permitte ea111 dome.slicis 011mibus imperare :
sed 110/i ferre 1tl tibi quitlquam imperet .
Puera dicenti, sibi in animo esse a parentibus aufugere, ut a quibus frequentibus plagis exciperetur, Cave, inquit,Jacias : illud potius 111~.mineris, plagas parw/um 1,o,wri, al lictor1111t, ig11ominia esse.
ln fores templi stans, viderat duos recto gressu in templum contendentes,
quorum prior ex eorum genere erat qui in Hispania Veteres Christiani dicuntur, alter vero ex ijs, qui quamvis Christianos se profiteanrnr, Iudaismi tamcn
R~·llt lûspa,,iqu, .

�66

CASPAR ENS

PHA.NT.tJ.SIO-CRATUMINOS SIVE HOMO VITREUS

Cura Ducum fuerant olitn Regumque Poëtd!
Prtl!miaque antiqui magna tulere chori
Sa·nctaque Maiestas et erat venerabile ,iornen
Vatibus et larga sdJpe dabantur opes.

seu Maranismi susp1c1one adhuc Jaborant. Tum priorem magna voce inclamans Thomas, Exspectet, inquit, dies Dominicus dum Sabbat/mm prdJterie-

rit.
Hrec aliaque multa, taro acute quam prudenter dicta quum ad aures cuiusdam e Magnatibus aulicis pervenissent, non prius sibi quiescendum putavit
hominis videndi, alloquendi, atque etiam secum retinendi potestas sibi fieret.
Id ergo negocij dat Equiti cuidam civi Salmanticensi : qui Thomre mandatum
exponit, et propositis multis utilitatibus, ut conditionem acci-piat persuadere
nititur. Causabatur in hoc unum, quod me adulari didicisset, nec frontem omnem adhuc perfricuisset : quas duas res aiebat in ada utramque facere paginam.
Tandem tamen assentitur. Sed non levis difficultas restabat, qua ratione scilicet homo vitreus et quasi vas Samium ad locum longinquum deferretur. Placuit fasciculis stramineis hominem involvi, non aliter ut vitra soient : quorum
etiam nonnulla eadem materia involuta eidem currui sunt imposita. Vallisolitum auriga de nocte ingressus, onus in Magnatis redibus deponit : qui confestim advolans, hominem stramioeis vinculis expeditum amanter salutat, rogat
ecquid valerat, quomodo iter successisset? Nullum iter, inquit Thomas, praesertim ubi iam confect11m fuerit, pro malo aut infelici habe.nd11m est, nisi quo ad
furcam iter. Ad valetudinem quod attinet eo in dubio est : siq11idem in me arteriarum pulsus cum ce,•ebro digladietur. Paullum inde progressus, quum magnum
numerum falconum, accipitrum, tum canum etiam et molossorum vidisset,
Atqui hi, inquit, si vel singulis aut a/ternis diebus bO'lJem ceperiiit, vix tamen impensarum constabit 1·atio. Leporum tamen veoationem non improbabat, prresertim qure mutuo sumptis fieri canibus.
His alijsque multis qure passim ille iacebat delectatus patronus, liberam ei
fecit per totam urbem obambulandi potestatem, adiuncto custode, qui eum a
maleferiatorum hominum, puerorum imprimis vi defenderet. lnfinitum prene
sit qure ille omnis ordinis, sexus et retatis hominibus, a quibus obvius passim
sistebatur et rogabatur, responderit, referre : pauca tantum attingere satis
erit.
Rogatus a litteratore quodam Poëtastro, oum et ipse Poëta esset, Tam propitias, ait, Musas non habui ut bonus fierem Poeta; nec tam aversas, ut malus.
Subiungenti, quanti faceret Poëtas, Scimtiarn, ait, plurimi, Poetas 11ihili. Cur
ita, rogatus, Quia, ait, boni Poetre tam pauci suot ut fere pro nullis haberi debeant. At ipsam scientiam quis non magni faciat ac revereatur, ut qure omnes
alias scieotias, quarum opera scilicet necessario utitur, e quibus omnem suum
ornatum, lucem ac perfectionem desumit (modo utile dulci miscere velit) corn_
plexa sit. Meminisse se adhuc quid de hoc hominum genere Ovidius cecinerit.
Mox recitabat istos versus :

Unde et aiebat deorum dictos fuisse interpretes immo deo plenos, secun~m ill~:
'

Est Deus in 1wbis, agitante calescimus illo.
Necoon illud :

At sacrivates, et divum cura vocamur.
.. At~ue hrec aiebat, non de Poëtarum vel potius versificatorum vulgo, sed de
IJS qm ad ha~c artem tam a _
Natura quam Arte facti sunt, intelligeoda. Rogatus, cur plenque omnes Poetre pauperes essent, respondit, paupertatem banc
'.:5Se spo~t31:eam, ut quibus ingeotes ad manum opes sint, modo occasiooem
us utend1 sc'.r~ot, dotes sc'.licet amicarum quascelebrandas sibi sumpserunt, ut
qu~rum cap_1ll1 essent aure1, froos argentea; oculi, smaragdi; dentes, eburioe;
lab1a, coralli; e_t guttur, crys~lus transparens : tum quas plorarent Jachrymre,
me~o: esse u~10nes; terram m qua plantam figereot, quantumcunque antea
st~ril1s et hornda, rosas et violas statim producere; earundem halitum nectar
s~irare et ambrosiam; nihil denique esse quod non ingentium divitiarum esset
s1goum seu argumentum .
. Quum in templo S. Francisci inscite pietas vidisset figuras, bonos pictores,
a1ebat, Naturre; malos moostrorum esse 1m1tatores : nec minus eis omoia Jicere quam Poëtis: et illos quidem oculorum, hos aurium esse carnifices seu
tortores.
Acclamanti cuida~ ex pedisequorum oatione (onme siquidem hominum
genus sem~er euro ci:cumstabat). In nos quidem, domine Ampulla, nihil habes quod d1cas,.~t qui plane ad Rempublicam et Magnatum inprirnis servitia
s~mus ?ec~an1 : Famuli, ait, existimatio heri honore metienda est. Quocirca
vide_ cu1 serv1as et videbis quam sis hooestus. Ad iogenia vestra quod attinet
s~~tlnam ego credo omnium vitiorum. Heros placides ac mites deprredamioi;
ng,_dos a~ ~~vero~ detesta_mini. In summa, sub eadem Regula et iisdem fere
!~gibus v1v1t1s qmbus aungae, muliones, oautre et cetera Ambubai·a rum collegta : quorum omnium vitam graphice admodum, non pro more hominis insaoi
sed prudentissimi, magna cum audientium admiratione describebat.
'
De_Medicis rogatus qu_id s~ntiret, aiebat, Nullum ess'e hominum genus cui
plu~ h~eret. Ab Advocatis clientes emungi argenta; a Iudice circumduci et
exp1J31:1; a M~rcatoribus attonderi; ab Institoribus decipi; sed a Medicis impune mterfici. Eorum ioterim cooditionem meliorem esse quam pictorum.

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PHAN T.4S10-CRATUMINOS SIVE HOMO VITREUS

CASPAR ENS

Horumenim errmes a Juce aperiri; illorum, tenebris abscondi. Bonos interim
et peritos Medicos summopere commendabat, e fœcundissi':1-a memoria depr~mens illud quod apud Ecclesiasticum legerat : Honora Med1cum propter 11ec~s~-

tatem, etei.im c,-eavit eum Altissimus. A D..w est omnnis tnedtla, et a Rege accipiet
donationem. Disripli11a Medici exaltabit caput illius, et in conspec/14 Magnatum 14~dahitttr. Altissimus de terra creavit Mediciltam, et vir pnulem uoii ob/Jorrebtt
il/am.
Occurrerat ei homo iam olim notus, cuius de doctrina nescio quîbus artibus
parta magna erat hominum existimatio. Hune monstranti~us,_ Ecce, ioqu'.t,
Tantalum in medijs scientiarum undis : quarum neque ad alntudmern exsurg1t,
neque ad profunditatem pertingit.
.
_
Sartorem manibus decussatis in officina sedentem consp1catus, Tu qu1dern,
inquit, iam in via salutis es . Roganti, quibus indicijs id animadver~er~~ :
Quamdiu, ait, sic sedebis, nihil subleges ex vestium concinnandarum reliqu1Js,
nec diem festurn opus facieudo violabis, nec mentieris.Sed ô infelicem sartorem
qui nec diebus festis aliquando opus facit, nec mentitur I Illud vero miru~ est,
in tota sartorum natione vix ullum reperiri a quo iustum fieri queat vestm1entum, quum tot faciant a quibus ipsi fiunt peccatores.
.
Rogatus, quis omnium esset felicissimus, Nemo, respondit. Nemo t1:'vrt
patrem. Nemo sine crimille viuil. Nemo sua sorte conterdum esl. Nenw ascemhl in
cœlmn.
Qua:renti, quam de omoi hominum genere, quid in uno quoque repreh~~dum sit, tam libere pronunciet, cur non et de Scribis, Advocatis, No~an~s,
Procuratoribus, aliisque quibus penna non tam in u3u quam abusu est, ahqu1d
&lt;li"ëeret, Equidem, ait; etsi vitreus sum, non sum tamen tan fragilis ut eo~em
torrente quo vulgus abripi me patiat: quod postulare sapere, est cum rauone
insanire. Mihi vero sic videtur, prima obtrectatorum seu maledicorum Grammaticre Rudimenta esse voculas illas qure de Scribis passim circumsonant.
Nam ut ad alias scientias pervenire non possumus nisi per portam Grammatica:, et Musicus prius murrnurat quam canat : si.: o.btrectatrices lingure virus
suuro omnium primo 'in Scribas, Prretores, Iuridicundo prrefectos., aliosque
qui Iustitire administrandre sunt prrepositi, evomunt; non tarnen igna'.i !nterea ea sublata, Solem quasi ipsum de Munda sublatum esse. Honorauss1ma,
aiebat, esse id genus munia nec cuiquam nisi a Natura bene et Doctrina melius
instructo, committenda. Proinde falsum sibi videri illud Hispanorum dicterium, quo aiunt, Ex viginti millium quos Hispania habet, messe, plus quam
decirnas deberi diabolo, tanquam e suis novalibus.
De Iudicibus, et Prretoribus aiebat, non mirum debere cuiquam videri quo
apud plerosque; omnes fere laborant odium : quam eorum muneris sit,- hos
apprehendere, ab illis pignera capere; hos carceri includere, illos capitis damnare.

De Cortesanis (feminis Veneri militantibus) dicebat, eas magis Cortesas(elegantes, amicabiles) esse quam sanas.
Punctus a vespa iu colla, abigere eam non ausus, ne scilicet, collum conquassaret, lamentabiliter exclamavit : Quum vero prresentes ei illuderent, dicentes : Quum vitreum haberet corpus, quomod0 vespre morsum sentire possitf respondit, Credere se vespam illam ex obrrectatorum seu calumniatorum
esse genere, quorum aculei non vitrea tantum, sed rerea quoque corpora penetrare queant.
Eorumdem liuguas aiebat similes esse aquilarurn pennis, qure omnes alias
quibuscum coniunguntur, consumant et quasi in nihilum redigunt.
Infinita sunt qure toto biennio, et quod excurrit (tantum enim temporis
mirabilis hic animi morbus eum tenuit) ab ipso non minus acute quam sapientes dicta sunt. Tandem misericordia motus Religiosus quidam Hieronymiani
ordinis, curam eius suscepit, qure et fi&lt;leliter successit, ira uti intra paucos
menses Thomas noster quasi e sonmo experrectus, aù sese redierit, ac integris
deinde sensibus tam in ternis q uam ex ternis usus sit. Decenti ergo virum litteratum habitu vestitum amici monuerunt, ut ad Curiam rediret, et caussis
agendis vacaret. Fecit id Thomas; non tamen Rorarium posthac, sed Rotam
vocari se voluit. Novum ilium vestitum, novas gestus et mores, adeoque
plane omnia immutata in eo conspicati pueri platearum obsessores, primo
inclamare eum, ut antea, non audebant, sed alter alterum rogabat, Quid tibi
hoc horninis videtur? Thomasne noster est, Vitreus ille Licentiatus, an alius?
Eum ipsum esse omnibus dictaotibus, quidam : Cur non eum adgredirnur ut
ante, aiunt? Sub hoc enim tam honorabili vestitu reque latere potest stultitia
ac sub illo quo prius usus fuit. Crescebat interim accurrenùum numerus, ita
ut plusquam ducentorurn hominum corona stiparetur Thomas priusquam ad
Curiam perveniret. Ubi vero ad Curiarn tanquam Doctor Cathedralis magna
auditorum comitante frequentia pervenit, ad circumstantes conversas, magna
voce sic loqui cœpit : Ego, ego sum, ô boni, Vitreus ille Licentiatus; non
tamen ille, qui quond:am fui. Dei perrnissu, non sine magna malo meo, aliquamdiu iudicio et recta ratione fui privatus : sed eiusdern misericordia mens
mea ad se redijt, ita ut ex verbis meis et operibus iudicare potestis. Pauper admodum, et famulatu vitam sustentans, Salrnanticre litteris operam dedi, ac
per Dei gratiam ita profeci, ut non sine laude ad Licentiatus gradurn provectus fuerim : sed ut nihil in humanis est diuturnum, ita haoc gloriam fortuna
mihi momento eripuit. Sed nec adhuc mihi rationes desunt, quibus tarn rem
quam gloriam mihi comparem. Rogo vero per Deum immortalem, ut persequi me, et tanquam improbre muscre tandem circumvolitare desistatis. Qure
ex me in plateis ante qurerebatis, qurerite ex me domi. Faxa sane, ut si quid
antea subito respoodi quod vobis placuit, rneditatus iam multo melius respondeam. Quamvis autem iusta hrec petitio plerisque videretur, non minor tamen

�70

CASPAR ENS

quotidie euntem et redeuntem comitanlium erat numerus. Cuius ille molestiœ
pertœsus, Ergo, ait, alia mihi patria qurereoda est, ubi si non ingenio, saltem
armis victum mihi sine exprobratione quœrcre licea.t. Sic curia relicta Vale
inquit, asylum effrontium, scopule verecundorum. Tu, inquam, qua/ fatuo;
delicare alis; sapientes fame enecas, statimque iler in Belgium suscepit, ibique
magna eum fortitudinis et prudentire laude anoos aliquot militavit, ac tandem
in cclebris illo ad 'eoportum Flaodriœ prœlio pulchram oppetijt per vulnera
mortem.

-

JOAO

DE DEUS

Realizou-se no domingo 17 de janeiro a solemnidade commemorativa do primeiro anniversario da morte do notavel poeta
português, cujo nome serve de epigraphe a êste artigo, e quasi
dois annos decorreram j:i desde a sua apotbeose em vida. Sem
podermo dizer que o aparato dêste anno correspondesse em
tudo ao dos dois annos anteriores, é licito afirmar que ainda foi
imponente : muita gente, sobretudo da popular, se viu, formando
o cortejo; houve flores, soffrivel concurso de povo, discursos no
formoso templo dos Jeronimos, recentemente considerado
como pantheon n:1cional; muitos :1rtigos laudatorios em quasi
todos os periodicos do dia; elogios ao vivo, saudades pelo
morto, que ja agora fi.carâ sendo mna gloria portuguesa, o nosso
maior poeta dêste século, o segundo poeta nacional, sendo
Camôes, por emquanto, ainda o primeiro.
Paremos aqui, e examinemos se tudo iste é sincero, se é
sensato, e mormente se d ste excesso de louvores nào haverào
a critica imparcial e a sâ razâo de descontar no futuro alguma
cousa, ou muito; e acautelemo-nos de que o desconto nâo seja
tamanho, que para compensar o encarecimento de hoje, venha
a annullar esta avaliaçâo precipitada do merito indiscutivel de
um vulto simpathico, eminente como poeta, apreciavel como
pedagogo, em demasia exalçado porém, nâo por culpa sua, que
hem modesto era, mas por lisonja alheia : pois é forçoso que se
diga que até para os mortos ha lisonjas e homenagens sôbre
posse neste seculo de surpresas, quando isso convem aos
VlVOS.

Quem sâo todavia agora os lisonjeiros? A mocidade enthu-

�A. G. V.

JOAO DE DEUS

siastica e inexperiente das escolas, e a imprensa periodica que
lhe serve de guia, ou que cede a pressâo exercida pelos clamores
dessa mocidade, que pouco sabe de litt raturas, além da rnodec
nissima francesa, que a bem dizer ignora completamente a
portuguesa, mesmo a quasi actual, a dos dois primeiros quartéis
dêste seculo.
No dizer da maioria dos estudantes dos nossos lyceus, de
muitos outros dos nossos cursos superiores, de alguos que de
estudantes s6 teem o fradesco, quasi grotesco fardamento que
pavoneiam; na opiniào de jornalistas imberbes; no parecer,
cremos n6s, até das crianciras que adornaram o prestito, a
custa da estafa de mais de uma legua a pé, constrangidas,
alinhadas e em passo de procissâo; no dos operarios de todas
as qualidades e profissôes que se encorporaram no seqmto, ou
pelo menas no de quem promoveu e organizou a solemnidade,
os convocou e os persuadiu a que fossem; no conceito de todas
estas pessoas competentissimas ha dois poetas maiores que todos
numa litteratura que começou ha seis seculos, que fulgiu no xv1,
que acompanhou quasi sempre a das naçôes cultas, que teve uma
revivescencia notabilissima ha sessenta annos, continuada par
largo tempo, e que esta, coma quasi todas as litteraturas, num
periodo de decadencia na actualidade, se abstrahirmos dos
prodigiosos trabalhos de erudiçào, investigaçâo e estudo em
campo scientifico, que as aviventam, e as hâo de substituir
atinal. Esses · dois poetas sào CAMÔES e JoAo DE DEIJS;
os mais, todos os outras dêsse longo periodo, e nào sào poucos,
raras sâo as naçôes que tantos c6ntem, teem de formar atrâs
dêstes, de ser em Portugal satellites dêstes dois astros de primeira
grandeza, nesse estellario intellectual, affectivo e inspirado da
arte mais sublime, a poesia.
Parecerào poucos; mas receio bero que o frio e minucioso
estrangeiro dos dois apenas nos conceda o primeiro, sôbre cuja
valia transcendente ha muito ja se pronunciou, e se nâo desdisse
até agora.

Pois sera assim? Gil Vicente e Garrett valem menos que Joâo
de Deus? E ja nâo quero referir-me a vivos, nem neste summario
juizo mencionarei mortos, ha muito ou ha pouco, cujas obras
meditadas dariam ainda muitos emulos a Joào de Deus, supposto
que nenhum a Camôes, o qual continuara por muito tempo a
simbolizar a litteratura patria, na mais alta expressâo della.
0 applauso de tanta gente sensata, e sem du vida competentissima, a exageraçào evidente, que a aproximaçâo dos nomes de
Camôes e de Joâo de Deus implica, provém, a meu ver, de se
compararem mais as faculdades poeticas dos dois, do que as obras
em que ellas se manifestam. Basta, corn effeito, Ier corn attençâo
algumas das melhores producçôes do poeta moderno, para se adquirir a convicçâo de que taes faculdades eram nelle excepcionaes, de
que possuia indole immensamente sensivel, affectiva, espontanea,
facil na expressâo do pensamento, ao quai quasi sempre corresponde locuçâo adequada; dicçâo vivida, original, a mais propria
para communicar o sentimento aos outros, se bem que
umas vezes trivialem demasia, como, par exemplo, na pittoresca
versâo do Cantico dos Canticos e na de dois Psalmos de David,
outras pobre, mas sempre colorida, é de justiça dizê-lo.
Dessas faculdades eminentes, todavia, as manifestaçôes que
nos deixou dellas ha largo caminho, que nenhum encomio
exagerado pode transpor de um s:ilto, e a imparcialidade exige
que digamos ser pequeno o legado, para avaliarmos na justa
proporçâo as passes do testador.
Se pusermos de parte um poema quasi philosophico, e cujo
intuito e assumpto principal, cujo argumenta emfim nâo transparecem claramente do fragmenta que veiu a publico, mas que
é uma das suas mais inspiradas composiçôes e a de maior fôlgo;
desviando tambem algumas versôes, nâo muito felizes, de Dante,
de Victor Hugo, de poetas espanhoes, da insipida comedia
de Ponsard, Horacio e Lydia, cheia de francesismos e impropr.iedades de linguagem; varios sonetos; a paraphrase do Padrenosso, e uma ou outra poesia faceta; o que temos do mavioso

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A. G. V.

JOÂO DE DEUS

poeta limita-se a poesias lyricas, dedicadas, como diz o povo, ao
seu bem, ou melhor aos seus muitos bens, quasi todos mulheres
louras : a preferencia é evidente, como no maior mimera dos
poetas portugueses. Algumas dessas poesias sao encantadoras,
ingenuas, delicadissimas, poucas, porém, verdadeiramente
sentidas; das melhores citaremos Desdetn, Dedicaçào, Ciûme,
Carta, Marina, Heresta, Ultimo Adeus, Olhar, onde encontramos esta carinhosa estrophe :

Explicar-se hâ o culto, a apotheose, porque Joào de Deus fosse
um verdadeira poeta nacional, coma o foi Camôes, como o quis
ser Garrett, e talvez Thomas Ribeiro?
Aresposta tem de ser negativa, pois as poesias de Joào de Deus
nào nos autorizam a colloci-lo em meio dos poetas patrioticos.
0 amor da sua terra, das tradiçôes della, das suas usanças,
das suas crenças, das suas glorias, das suas esperanças e anseios,
achou-o mudo, e a corda da devoçâo civica, da extremosa affeiçâo
pela patria falta a sua lira, ou entâo, nâo soube, ou nào quis
desferi-la. Bastaria ji por si esta circumstancia para que o simile
entre elle e Camôes fosse quasi uma blasphemia, para nâo
dizermos que seja uma necedade.
E' entâo o saber que compendia o do seu tempo, e que absortos
contemplamos no principe dos poetas portugueses? Tambem
nâo : Joào de Deus nas suas poesias revela-se-nos pouco sabedor.
Seri talvez pelo conhecimento prafundo da lingua patria e da
sua capacidade de expressâo? Tampouco : se a dicçao de Joâo de
Deus é quasi sempre espontanea e se apraxima por vezes do
pittoresco expressivo da de Garrett, nem sempre é correcta, nem
sempre é portuguesa, porém; e o seu vocabulario, comquanto
bem escolhido, porque o conceito e a representaçào verbal delle
sào no nosso poeta a bem dizer inseparaveis, é, ainda assim,
pobre, e a rima ou demasiadamente dialectal, algarvia como
elle, ou entào, o que é peor, indisculpavelmente falsa.
Daremos exemplos de am bas : teme ... queime; prega ... negra;

74

A miro nem outra bussola me guia,
Nem tambem outra estrêlla me alumia,
Nem eu tenho outro mundo, nem contemplo
Os mysterios de Deus num outro templo 1
Sim tudo se reduz
Para mim, neste mundo, a essa luz 1

e ainda em outro Olhar ...
Suavissimo, puro, !ntimo, terno
Corno o ultimo olhar da mae ... que embora
Dure um momento, é um momento eterno ...

Mencionaremos ainda entre as mais graciosas a que se intitula

Boas Noites. No espolio deparam-se-nos igualmente algumas
composiçôes do genero das de Nicolau Tolentino, e que elle
nâo repudiaria; taes sao : Caturras, Versos de Annos, Avarento, Dinheiro, todas conceituosas, bem contadas, natural
mente satyricas ou ironicas, mas sem plebeismos de phrase ou
de conceito. i Mas tudo isto que é, comparado, nâo direi jâ a
Camôes, a Gil Vicente, a Garrett (que é uma litteratura
inteira), a essas três verdadeiras e maiores glorias de Portugal no
dom.inio da litteratura poetica; mas ainda a Guerra Junqueiro,
a Thomas Ribeiro, a Anthero do Quental, para s6mente fazennos
mençào de três contemporaneos, dos de maior valor, que se fossemos pacientemente pracurar muitos nomes, quantose quantas nào
encontrariamos que lhe nâo sao inferiores, se é que em muito se
lhe nào avantajam.

coraçôes. . . s6es ; fructo ... mitito; sonsa. . . moça ; poes. . . pois :possuo .. .
tu; diz.ei ... o qul; traçou ... v&amp;J; primavera ... cheira; reino .. .
Naz.areno.
Fallimos em erras de linguagem, e para que se nào julgue
temeraria a affirmaçào, apontaremos alguns
Tambem, anjo meu saudoso !
Te hei de emfim
Ah I dar quanto de precioso
Sinto em mim.

�JOÀO DE DEUS

A. G. V.
Mas vejo â sombra d'altos edificios
Miudissimas flores
De tam subtis e delicadas côres,
Que,sc o sol lhes chegasse,
Talvcz que nem rcsquicios
Lhes jiœsse.

. . ..... ······ ............. .

Que ha em ti, que a dor mitiga,
Que ha em ti, lampada antiga,
De meigo e consolador?

........ -··· ................ .

Andam ja os tafues na \'Ïa Appia11a
ào \'Cr a minba tunica assyria,ra.

Quis dizer Via Appia, timica

assyria, e copiou o francês

Voie Appienne, tunique assyrienne.
A impropriedade da expressao por vezes toca os limites
derradeiros, especialmente nas traducçoes, ou se converte em
plebeismos, quasi em phrases cbulas. Sejam exemplos os seguintes
versos ;
Nâo, da câ ; entào prefiro eu Ier-vos,
Versos meus, lidos mal, dxxa-11u os nt/"IJOS.

(Horacio e Lydia.)

E na rubrica: «A' esquerda porta do quarto de toilette(!)»,
isto em Roma, no tempo de Augusto !
a infelicissima versao do episodio de Fraocisca de Rimini, da
Divina Comedia, vemos as extraordinarias expressoes que subliohamos:
Foi quando, em summa o terno amante apa11ha
0 doœ beijo, porque eslava ardtndo.

Apanha, como se se tratasse de colhêr azeitooas, ou de levar
uma carga de pau !
Neste degrêdo nosso
Que tanta gente estima
E eu s6 porque nào posso
Nâo largoe vou là c,ma

Èsre

77

la cima nâo quere diz r ao telhtUio,ao sotân, mas sim ao cétt !
o remoinho
Foi quando vciu o outro
Crrando como um boi;
Oh I que horroroso cncontro 1
Entâo é que ella foi .

Ella quem? Ella quê?
E é entâo Joâo de Deus o unico emulo de Luis de Camoes? Mas
Garrett, mas Anthero do Quental, mas Thomas Ribeiro, mas
Guerra J unqueiro fizcram alguma vez em poesia seria estes desconcertos?
1io iremos mais longe em apontar defeitos, que foram
devidos principalmcnte :i notoria indolencia do poeta e ao modo
de publicaçâo dos seus versos, dispersos por periodicos, e s6 ao
depois colligidos, ao seu pequeno conbecimento de outras litteraturas, e ao exiguo estudo de outros poetas, mesmo portu·
gueses.
E' dever porém confessar que taes defeitos prejudicam, deslustram, e que portanto forçoso é que sejam levados em conta no
juizo que das suas obras tero de fazer a critica seria e imparcial,
mormente quaodo se estabelecem parallelos, e se engenham
jerarquias.
A facilidade em poetar era, digamo-lo assim, inoata em Joâo
de Deus : nenhum metro, com excepçâo do alexandrino, a que
na verdade é av ssa a pro odia portuguesa e a castel ban a; oenhuma
combinaçâo, nenhum enlace de rimas, nenhum artificio estrophico, parece que lhe foram difficeis. 0 proprio soneto, que ao
grande Garrett repugnou sempre, que a escola romantica proscreveu e os poetas franceses resuscitaram e teem moderoamente
aperfeiçoado, êsse mesmo genero de poemeto, que outrora tivera
entre n6s cultores eximios, Joâo de Deus nâo o desdenhou, e a
poesia portuguesa deve-lhe uro dos mais formosos que se
conhecem, e cujos tercetos se diriam ditados por Dante. âo
esistimos ao de ejo de o transcrever :

�A. G. V.
Foi-se-me pouco a pouco amortecendo
A luz que nesta vida me guiava,
Olhos fitos na quai até contava
Ir os degraus do tumulo descendo.
Emme ella fugindo, em a nao vendo,

Ja se me a luz de tudo anuveava;
Despontava ella apenas, desponrava
Logo em minha alma a luz que ia perdendo.
Alma gemea da minha, e ingenua e pura
Corno os anjos do céu (se o nao sonharam ... )
Quis mostrar-me que o bem, bem pouco dura.
Nào sei se me voou, se m'a levaram,
Nem saiba eu nunca a minha desventura
Contar aos que inda ern vida niio choraram.

As bdlezas que em algumas das s □ as melhores poesias se
encontrarn sao, como nesta, decerto consideraveis; e se o pensarnento poucas vezes é profundo, e muitas vago e indeciso,
como no segundo verso do primeiro terceto do soneto que
transcrevemos, em compensaçâo revela ta! sensibilidade, tanta
delicadeza, que bastam porvent □ ra estes predicados para explicarem suflicientemente o culto apaixonado e irreflectido que a
gente nova lhe tributou, e do quai as consagraçôes de agora sâo
ainda um eco recrudescido.
Daremos alguns exemples, colhidos a esmo nas melhores
poesias.
No Fragmento a que alludimos, encontram-se estas soberbas
estrophes, as quaes nâo falta nem vehemeocia, nem ternura,
nem doutrina, e cujo ultimo verso contém, sem que o poeta
provavelmente o soubesse, o formosissimo conceito corn que
Bulwer Lytton remata o Zanoni : The Jatherless are the care of
Gad, que é na essencia um pensamento biblico : eius, patris orphanorum

(Psahno 67, v. 5) :

JOAO DE DEUS

Irmàs da Caridade ! A Caridade
Tem s6 duas irmâs-a Fée a Esperança :
Nâo traja as côres s6 d'uma irmandade,
Traja as côres do Arco-da-Alliança :
Leva s6zinha o piio da piedade,
Tira da roda essa infeliz criança. -.
Roda da vida, que anda de tal sorte
Que, em se Lhe dando, é ja contar corn a morte_
Bemdita sejas tu, victima triste
Deum peito amante, e de um amante ingrato 1
Que ounca a mesma loba lançar viste
Inda ma.rnando o cachorrinho ao mato ;
Bemdita sejas tu, que o que pariste,
Teu fructo, tua imagcm e teu retrato,
Conservas como espelho onde te vejas ;
Bemdita sejas tu, bemdita sejas.
Pârasuspensa a pomba no seu vôo
Ao ver-te contemplando-o ajoelhada;
E dizendo-te, a pomba : eu te abençôo
Da parte do pae nosso, irmà amada 1
Abriste o seio ao dia e fecundou-o
Aque!la luz que o mundo fez de nada,
E deu ao campo a A.or, â flor semente
Corn que a mae os filhinhos seus sustente.
Bemdita sejas tu. Quando se esconde
Debaixo da tua asa o que criaste,
Abraça e beija os anjos Deus la onde
A jarra esta da Il.or de que és a haste;
E um dia que niio tenhas pao avonde
Ou do céu te nao chova agua que baste,
Lança-lhe a Luz do dia a mâo direita,
Mostra-lh'o, Deus os filhos nâo enjeita.
Pae nâo tinha o filho de Maria
E ella o bercinho lhe arma de mil flores,
Deixando entrar em casa a luz do dia
Que em perfume as derreta ern seus amores;

79

�80

A. G. V.
E inda abrindo os olhinhos mal lhe via,

Ja os pincéis preparam os pin tores;
Que o pae dêsse menino ... Oh maravilha 1
Os que nâo teem pae Deus os perfilha.

E êstes versos do Olhar, que ja citimos, e que s6 por si
sao um poema, que hem comprehenderi quem houver tido a
fortuna ou o infortunio de receber o derradeiro olhar de sua
mae:
Suavissimo, puro, lntimo, terno
Como o ultimo olhar da mâe, que embora
Dure um momento, é um momento eterno ...

E êstes do Desdem :
Quantas vezes ungi os meus pesares,
E aliviei o coraçâo magoado
Nessas caras memorias, recordando
As circumstancias minimas de quando
Este ou aquelle olhar me foi lançado !

JOAO DE DEUS

tal modo sente, e tam hem sabe exprimir o sentimento é um
grande poeta, e nao seria inferior a Camôes, se mais fecundo
fosse e se o seu estro tam longe o levasse». Confundiu-se o que
Joao de Deus poderia fazer corn o que na realidade fez;
as faculdades com o exercicio dellas, e vê-se nelle um emulo
de Camôes. Mas a differença entre um e o outro, entre
Joao de Deus e Gil Vicente ou Garrett tambem, é enorme :
estes três, e outros mais, tiveram assombrosas faculdades creado:as, e essas faculdades foram operosas, que o digam as obras
1mmortaes que nos legaram. Joâo de Deus possuiu-as tambem,
em men or grau, a meu ver; s6 deixaram todavia de si testemunhos
escassos, se hem que probantes. Aquelles foram os tres maiores
poetas da patria portuguesa; êste podia ser talvez como elles,
mas nào o foi.

A. G. V.

E estas estrophes :
Amas, pobre animal I e tens tu pena? ...
Sim, pode na tua alma entrar piedade?
Se pode entrar, eu sci. Negar quem ha-de
Amor ao tigre, coraçâo a hyena !.
Tudo no mundo sente: o odio é premio
Dos condcmnados s6, que esconde o infemo.
Tudo no mundo sente : a mâo do Eterno
A tudo deu irmao, deu par, deu gemeo.
A mim deu-me esta gata, a mim deu-me isto ...
Esta fera, que as unhas encolhendo
Pelos hombros me trepa e vem, correndo,
Beijar-me ... S6 nao vivo I amado existo 1

E tantas outras, tantas !
Foi sem duvida enlevados nessas bellezas a offuscarem os de,
'
.
feitos, que, deslumbrados, tantos criticos competentes se apatxonaram pelo poeta, e chegaram a esta conclu~âo : &lt;&lt; Quem por

81

RttJue hispanique.

�QUELQUES PROVERBES

L'ESPAGNE
DANS

J U D ÉO -ESPAGNOLS

LE S ORIENTALES
DE VICTOR HUGO

Les proverbes suivants ne figurent p:tS dans la collection publiée réce~ment par
M. Foulché-Delbosc (Revlle Hi,pan.iq 11r, LI, pp. 312-352); c'est à cette collect10n que se
réfèrent les renvois.

A mi vezino

M.

iu.YSERLL"IG,

le naci6, à mi me se apeg6.
Abate la tierra, abate el corazon.
3. Comimos macarrones, alambricamos corazones.
4. Cual es el médico? El que le pas6 por la cabeza.
5. Cuchilladas en carnes agenas non degüelen.
6. El perro ladra, ladra, hasta que se acalla.
7 . El sabio se avie de loque vee, y el loco de ~o que piense.
8. En este mundo, ni bien complido, ni mal atimado .
9. Ensuciad mis vezinas, que al baiio me voy.
10 _ Esperar; non venir, echar y non dormir, hazer y non agradecer, son mâs
hurte de morir. Cf. 1223.
11. Hija y puerta, en la vezina.
12. Mal asi, peor asl.
13 . Ni cena de carne, ni estar con tu madre .
14. No te mato, te apreto.
15. Onde no lo sembran, ail! lo topan. Cf. 819.
16. Onde va la gallina, va con su pepita. Cf. 1284.
17. Orejas en la oreja.
.
1 8. Que muelga el molino, sea cebada, sea tngo.
19. Quien mira la gente, non vive contente. _
2o. Quien quere ser servido, cale que seya sufndo. ~f. 105 I.
., pastlnue)
debajo de un
2 I. Qui en q uera llevar dos carpuses ( turc ; j Y..,;
"'1
sovaco, no lleva ni uno.
·
22. Quien quere ser amo, cale que seya mozo.
.
23 • Tanto dure mi sefi.or cuanto dura el calzado en el ca1on.
1.

2.

« ... L'Orient, soit comme image, soit comme pensée, est
devenu, pour les intelligences autant que pour les imaginations,
une sorte de préoccupation générale à laquelle l'auteur de ce
livre a obé'i peut-être à son insu. Les couleurs orientales sont
venues comme d'elles-mêmes empreindre toutes ses pensées,
toutes ses rêveries; et ses r~veries et ses pensées se sont trouvées
tour à tour, et presque sans l'avoir voulu, hébraïques, turques,
grecques, persanes, arabes, espagnoles même, car 1'.Espagne c'est
encore l'Orient; l'Espagne est à demi africaine, l' Afrigue est à
demi asiatique. » Ainsi s'exprime Victor Hugo dans la préface de
ses Orientales (janvier 1829).
Sur les quarante et une pièces dont se compose le recueil,
sept ont des épigraphes espagnoles '

VI.

CRI DE GUERRE DU MUFTI.
Hierro, despierta te 1

Cri de guerre des Almogavares .

Fer, réveille-toi 1

XX.

ATTENTE.
Esperaba, desperada.

x. On trouve aussi des épigraphes espagnoles dans les Odes et Ballades et
dans Les feuilles d'automne.

�R. FOULCHE-DELBOSC

XXVII. NOURMAHAL LA ROUSSE.
No es bestia que non fus hy trobada.
JOAN LORENZO SEGURA DE ASTORGA.

Pas de bête fauve qui ne s'y trouvât.
XXX.

ROMANCE MAURESQUE.
Dixo Je : - Dime, buen hombre,
Lo que preguntarte queria.

XXXI.

Romancero general.
GRENADE.
Quien no ha visto a Sevilla
No ha visto a maravilla.

L'ESPAGNE DANS LES ORIENTALES DE VICTOR HUGO

de fon vieil espagnol. Si nous n'avions craint d'enlever sa physionomie au
vieux Joan (et non pas Juan), il aurait fallu écrire : Si es verdad ô no yo no le
be aqui de ver, pero no le quiero en olvido paner. Hy, dans le passage ci-dessus,
est pour aqui, comme il est pour alli dans un autre passage du même poëte
qui sert d'épigraphe à Nourmahal la Rousse :
No es bestia que non fus by uobada.

Non fus pour 110 fuese.

On ne s'attendait guère à ce que l'auteur prit le soin d'expliquer en quoi le vieil espagnol de Joan ( et non pas Juan) Lorenzo
Segura de Astorga diffère de la langue contemporaine, et peutêtre est-il permis de trouver la remarque superflue.

XXXII. LES BLEUETS.
Si es verdad o non, yo no lo he hy de ver,
Pero non lo quiero en olvido poner.
JOAN LORENZO SEGURA DE ASTORGA.

Si cela est vrai ou non, je n'ai pas à le voir
ici, mais je ne le veux pas mettre en oubli.
XXXIII. FANTOMES.
Luenga es su noche, y cerrados
Estan sus ojos pesades.
Ides, ides en paz, vientos alados.
Longue est sa nuit et fermés sont ses
yeux lourds. Allez, allez en paix, vents
ailés 1

Il n'y aurait pas lieu de s'arrêter à ces épigraphes si l'une
d'elles, celle des Bleuets (XXXII) ne faisait, dans les Notes
placées à la fin du volume, l'objet de la remarque suivante:
Nous avons cru devoir scrupuleusement observer l'onhographe des vers
placés comme épigraphe en tête de cette pièce :
Si es verdad 6 non, yo no lo be hy de ver,
Pero non lo quiero en olvido poner.

Ces vers empruntés à un poète curieux et inconnu, Segura de Astorga, sont

*
**
Laissons les épigraphes et voyons dans quelles pièces les rêveries et les pensées du poète, pour employer ses propres expressions, se sont trouvées espagnoles.
La bataille perdue (XVI) a été inspirée par un romance, ainsi
que Victor H_ugo prend soin de nous l'apprendre dans une note :
Cette pièce est une inspiration de l'admirable romance espagnole Rodrigo en
el camPQ de batalla, que nous reproduisons ici, traduit littéralement comme elle
a paru en 1821 dans u1:1 extrait du Romancero general, publié pour la première
fois en français par Abel Hugo,frère de l'auteur de ce livre.
RoDRrGUE

SUR LI! CHAMP DE BATAILLE

C'était Je huitième jour de la bataille; l'armée de Rodrigue découragée fuyait devant
les ennemis vainqueurs.
Rodrigue quitte son camp, sort de sa tente royale, seul, sans personne qui l'accompagne.
Son cheval fatigué pouvait à peine marcher. Il s'avance au hasard sans suivre aucune
route.
Presque évauoui de fatigue, dévoré par la faim et par la soff, le malheureux roi allait,
si couvert de sang, qu'il en paraissait rouge comme un charbon ardent.
Ses armes sont faussées par les pierres qui les ont frappées; le tranchant de son épée
est dentelé comme une scie; sou casque déformé s'enfonce sur sa tête enflée par la d.o ulcur.
Il monte sur la plus haute colline, et de là il voit son armée détruite et débandée, ses

�86

L'ESPAGNE DANS LES ORIENTALES DE VICTOR 1IUGO
R. FOULCHE-DELBOSC

étenchirds jetès sur la poussière; aucun chef ne se montre au loin; la terre est couverte du
sang qui coule pa.r ruisseaux; il pleure et dit :
u Hier j'ét-ùs roi de toute l'Espagne, aujourd'hui je ne le suis pas d'une seule 'l'ille.
Hier j'avais des villes et des châteaux, je n'en ai aucun aujourd'hui. Hier j'a.vais des
courtisans ét des serviteurs; aujourd'hui je suis seul, je ne possède même pas une tour à
créneaux. Malheureuse l'heure, malheureux le jour où je suis né, et ou f'hériui de ce
grand empiré que je devais perdre en un jour! •

On voit du reste que les emprunts de l'auteur de ce recueil, et c'est un tort
sans doute, se bornent à quelques détails reproduits dans cette strophe :
Hier j'avais des châteaux, j'avais de belles villes;
Des grecques par milliers à vendre aux juifs serviles.;
J'avais de g·rands harems et de grands arsenaux.
Aujourd'hui, dépouillé, vaincu, proscrit, funeste,
Je fuis ... De mon empire, hélas I rien ne me reste;
Allah l je n'ai plus même une tour à creneaux l

L'extrait du Romancero general publié par Abel Hugo parut en
I 822 et non en I 82 I, comme le dit par erreur la note précédente 1 •
Le poète a reproduit en entier la traduction d'un romance
;tuquel, de son propre aveu, une de ses strophes seule a emprunté
quelques détails. Pour la p1ece intitulée Romance mauresque
(XXX), il s'est borné à la note suivante :
Il y a deux romances, l'une arabe, l'autre espagnole, sur la vengeance que
le bâtard Mudarra tira de son oncle Rodrigue de Lara, assassin de ses frères. La
romance espagnole a été publiée e.n français dans la traduction que nous avons
déjà citée (note 7). Elle est belle, mais l'auteur de ce livre a souvenir d'avoir
lu quelque part la romance mauresque, traduite en espagnol, et il lui semble
qu'elle est plus belle encore. C'est à cette dernière version, plutôt qu'au poëme
espagnol, que se rapporte la sienne, si elle se rapporte à l'une des deux. La
romance castillane est un peu sèche, on y sent que c'est un maure qui a le
beau rôle.

Les souvenirs de l'auteur le servent mal: ce qu'il a « souvenir
1. Romances historiques, traduites de l'espagnol par A. Hugo. A Paris, chez.
Ptilicier, libraire, Place du Palais-Royal, 11° 243, M.DCCC.XXII, in-12, Lv-303 pp.
Le livre porte la dédicace suivante : (&lt; A ma mère, morte le 27 juin 1821. &gt;&gt;

d'avoir lu quelque part&gt;&gt; n'est autre chose que le romance morisco
purement espagnol, traduit en français par son frère Abel, car
« la romance mauresque,traduite en espagnol l&gt;, n'a jamais existé.
Quant à dire que cc c'est à cette dernière version, plutôt qu'au
poème espagnol, que se rapporte la sienne, si elle se rapporte à
l'une des deux)&gt;, cela ne peut que sembler étrange, puisque le
poète vient de dire qu'il ne conserve, de cette version, que le
souvenir de l'avoir lue quelque part, souvenir assez vague, en
somme. Mais la comparaison des trois textes prouvera aisément
que la piècè française cc se rapporte » exclusivement à la traduction française du romance espagnol:
ROMANCE

îRAllUCTION

ESPAGNOL

D'ABEL HUGO

A cazar va Don Rodr.igo,
y aun Don Rodrigo de Lara :

Un don Rodrig11e va à la
chasse, c'est don Rodrigue de
Lara; au milieu du tumulte
qu'elle cause, il s'appuie contre
un hètre.
Il maudit le }eune Mudarni,
fils de la renégate; il se dit à
lui-même que s'il l'avait entre
les mains, il lui arracherait
l'Aroe.
En ce moment arrive un
homme à cheval.
« Dieu te garde1 chevalier
qui reposes sous ce hêtre.

con la gnJ..n si-esta gue hace
arrim8dose ba i una haya,

ro~Jideoda A M.udarrillo,
hijo de la renegada,
que si

a las

manas le hubiese,

jura de sa.cade el alma .

El seiior estando en esto

Mudarrillo que asomaba :
- Dios te salve, caballero;
debajo la verde baya.

- Asi haga a ti. escudero;
buena sea tu ltegada.
-

Digasme tll, el caballero,

! Como era. 1a tu gracia?
- A mi dicen Don Rodrigo,
y aun Don Rodrigo de Lara,
cuiiado de Gonzalo Gustos,
hermano de Doùa Sancha ;
por sobrinos me los b1.1be
los siete infantes de Lau.
Espero &gt;\qui a Mudordllo
hijo de b renegad.a ;
si delantc lo tuviese
yo le sa&lt;aria el alma.

Djeu te garde aussi,
écuyer, heureuse soit ton arrivée!
- Dis-moi, ,hevalier, qui
es-tu?

- On m'appelle don Rodrigue, je suis don Rodrigue de
Lara, frère de dona Sane.ha,
beau-frère do Gonçalo Gt1stos.
Les infants âe Lara étaient mes
neveux; j'attends ici le jeune
Mudura, le fils de la renegatc.
S'il ëtait devant rooi je lui arr.acherais la vie.

ORIENTALE

XXX
Don Rodrigue est à la chasse

················· ··· ·······

Un jour d'été, vers midi.. .
Sous l• feuillée et s11T l'herbe
U s'assied, .......... .... . . .

La haine en feu le dévore.
Sombre, il pense au bâtard
[maure,

A son neve11 Mudarr..a., . ..
En ce moment sur la route
Il passe un homme à cheval.
-Chevalier, chTëtîen ou maure,
Qni dors soui le sycomore,
Dieu te gnide par la main 1
- Que Dieu répande ses grâces
Sur toi, l'Ccuyer qui passes,
Qtti passes par le chemin!
- Chevalier .•.. .
Dis ton nom .. .
On m'appelle dou Rodrigue ,
Don Rodriga.e de Lara;
Daii.a Sanche est ma sœnr
[mëme ;, .••
j'attends. sous ce sycomore;

j'ai cherche d'Albe à Zamore
Ce M11darra le bâtard,
Le fils de la renégate, .....

�88

R. FOULCHÉ-DELBOSC
ROMANCE
ESPAGNOL

Si a ti dicen Don Rodrigo,
y aun Don Rodrigo de Lara,
a mi Mudarra Gonzalez,
hijo de la renegada,
de Gonzalo Gustos hijo,
y alnado de Doiia Sancha :
par bermanos me Jos hube
los siete infantes de Lara :tû los vendiste, traidor,
en cl va 1 de Arabiana;
mas si Dias a mi me ayuda
aqui dejaras el alma.
- Espéramc, Don Gonzalo,
iré a tomar las mis armas.
-

- EL espera que tü diste
â los infantes de Lara :
aqui morirAs, traidor,
enemigo de Doûa Sancha .

TRADUCTION
D'ABEL

HUGO

- On t'appelle don Rodrigue, tu es don Rodrigue de
Lara. Eh bien, moi, je suis
llfodarra Gonçalès, fils de la
renégate et de don Gonçalo
G-ustos, beau,Jils de dona Sancha. Je suis le frère des Iafants
de Lara.; ta es Je traître qui les
a vendus au Maure dans la vallée
de Arravia. Mais si Dieu m'est
en aide, tu vas laisser ici une

L'ESPAGNE DANS LES ORIENTA.LES DE VICTOR HUGO
ORIENTALE

Eh bien! seigneur, le jeune

[homme
Qui te p.:a..rle et qui te nomme,
C'est Mudarra le bâta.rd .....
Moi, fils de la renégate ... .•
. ... ..... ... . .rends, infâme,
A moi ta vje, et ton ime
A ton ange, s'il en veut!

TÎe infâme.

- Donne-moi un instant,
don Gonçalès, j'irai prendre
mes armes .
- Le délai que tu as donne
aux lofants de Lara, c'est celui
que tu auras, traitre, ennemi
de dona Sancha. Meurs!

*
**

XXX
On t'appelle don Rodrig ue,
Don Rodrigue de Lara ?

Peu de chose à dire de la célèbre pièce Les Bleuets 1 (XXXII) :
Entre les villes andalouses,
Il n'en est pas qui sous Je ciel
S'étende mieux que Penafiel
Sur les gerbes et les pelouses ...

Peiiafîel est en Vieille-Castille, et cc le doux vallon du Xarama »,
qui fut complice du c&lt; doux péché » de &lt;&lt; la perle de l'Andalousie », est en Nouvelle-Castille.

- Mon bon neveu Mndarra,
Un moment! Attends que j'aille

*

**

Chercher mon fer de bataille.
- Tu n'auras d'autres dClais
Que celui qu'ont eu mes fréres;

« La romance castillane, dit Victor Hugo, est un peu sèche, on

y sent que c'est un maure qui a le beau rôle. » Il eût mieux valu
ne pas faire cette remarque, car elle ne fait que prouver combien
le poète - en 1829 tout au moins - ignorait l'époque de composition des romances espagnols. Sa croyance en une série de
romances en langue arabe est, du reste, si forte, qu ïl juge nécessaire d'ajouter: « Il serait bien temps que l'on songeât à republier, en texte et traduit sur les rares exemplaires qui en restent,
le Romancero general, mauresque et espagnol; trésors enfouis et
tout près d'être perdus. L'auteur le répète ici, ce sont deux
Iliades, l'une gothique, l'autre arabe. » Une Jliade arabe, cela ne
suffirait-il pas à montrer combien l'Espagne était alors peu
connue de Victor Hugo ? Et en comparant les romances à une
Iliade, il ne fait que répéter, en le défigurant, un mot célèbre de
Lope de Vega qu'il a lu dans le livre de son frère Abel 1 •
r. « ... Cette autre expression de Lope de Vega, en parlant de ces romances,
expression exagérée sans doute, mais du moins excusable : c'est une fliade qui
n'a pas d'Homère. » Romances historiques, p. 32. - La croyance du grand poète

L'orientale intitulée Grenade (XXXI) chante les louanges de
trente-deux villes espagnoles' qui
S'épandent dans la campagne
Ou hérissent la sierra.

Nous ne songerons pas à nous demander s1 ce que le poète
-à une Iliade arabe s'explique par la lecture de la notice consacrée par son frère
aux Romances mauresques (op. cit., pp. li-lv) où les auteurs de ces pièces sont
plusieurs fois appelés des poètes arabes.
1 . A rapprocher de Ligende de la Nonne., dans les Odes et Ballades (ballade
13, 1828).
2. A rapprocher de ces vers des Odes et Ballades :
L'Espagne m'accueillit, livrée à la conquête.
Je franchis le Bergare, où mugit la tempête;
De loin, pour un tombeau je pris l'Escurial;
Et le triple aqueduc vit s'incliner ma tête
Devant son front impérial.
L'Espagne me montrait ses couvents, ses basùlles;
Burgos, sa cathédrale aux gothiques aiguilles;
Iron, ;es toits de bois; Vittoria ses tours;
Et toi, Valladolid, tes palais de familles ,
Fiers de laisser rouiller des chaînes dans leurs cours.

(Livre V,ode 9, 1823.)

�L'ESPAG."E DA.'

R. FOULCHÉ-DELBOSC

dit de chacune d'elles repose sur une réalité : peu importe que
l'aqueduc qui porte à Ségo-çie t&lt; un torrent pris au sommet d'un
mont 1 » n'ait pas trois rangs d'arches~ et que alamanque
s'asseye en riant sur plus de trois collines. Des strophes de
cette pièce, il ne faut rete1ùr que l'admirable mouvement, les
« magiques syllabes », et ne chercher à élucider que ce qui peut
sembh:r obscur. Certains pas , ges, certains mots tout au moins,
risquent fort d'être inintelligibles à quiconque n'est pas familiarisé avec la topographie de Grenade arabe. Ce sont d'abord ces
deux vers:
Soit qu'à Vivataubin Vivaconlud rép0nde,
Avec son clair tambour de clochettes orné;

Vivaconlud, n revanche, est moins aisément reconnaissable :
ce n'est pas sans difficulté que l'on retrouve Bdb al-bonoud
() ~l y4) la porte des étendards 1 •
On p ut s'étonner que le pocte n'ait pas remplacé an de ces
deux noms par celui de Bibarrarnbla que l'on trouve dans maint
romance.
Quant au &lt;t clair tambour de clochettes orné &gt;&gt; qui, dans lapersonnification des quartiers de Grenade, permet à une porte de la
ville de « répondre » à une autre porte, il y faut voir un pendant
aux &lt;t clairons des Tours-Vermeilles», aux cloches et aux« dulcaynes » dont il est question plus loin.
Enfin les vers suivants appellent, eux aussi, quelques
observations :

Vivataubin est un mot peu défiguré : il s'agit de Bdb 3 at-

Jawwdbîii (~1_;1}1 y.) la porte des briquetiers

LES ORII:. "fALES DE VICTOR Ht;GO

4•

1. Ceci, du moins, est rigoureusement exact : il s'agit de la montagne de
Fuenfria, située à dix-sept kilom~tres de Ségovie.
2. Une pièce des Odes et Ballades citée ci-dessus parle, elle aussi, du« triple
aqueduc», et une des notes placées à la fin dece recueil donne l'explication que
voici : • Le célébre aqueduc romain de Ségovie, ou l'on admire trois rangs
superp0sés d'arcades de granit. »
3. On sait qu'en arabe grenadin Mb se prononçait l&gt;ib.
4. Le nom de cette porte de Grenade a été de tout temps assez inexactement
transcrit : l'ambassad ur vénitien Andrea , 'avagiero la nomme 81baJu11t,·n;
Pedraza l'appelle Bib A/aubin et Bibalaubin; Marmol écrit Bib Ta11b111.
Les historiens de Grenade ne s'accordent pas sur .Je nom de cette porte.
Pedraza l'appetle « Puerta de los ermitaiios » (-:.,r-:-':"7, Lli
/,Jf, at-t.iil&gt;i11,
la p0rte des convertis) « p0r haber fuera della algunas erm!tas _de mo_rab!tos :
una en San Sebastian el Viejo y otra en San Anton. » (Htslor1a tclmast,ca de
Granada, fol. 32), et c'est cette traduction qu'adopte Covarrubias : « BlBATAVBrN, la puerta de los convertidos, 6 arrepeotidos. ,, D'autres auteurs prétendent, avec peu de fondement, croyons-nous, qu'elle aurait porté succe:,sivement les deuic noms. Depuis Marmol jusqu'aux écrivains contemporains, les
Espagnols ont toujours traduit &amp;ib al-tau.wdbi11 ~ ~uerta_ dt los curtidores, P_Orte
des tanneurs, sens qu'on ne trouve dans aucun dict1onna1re i at-tawu·,tbdés1gne

._,4

Alcacava pour les fêtes
A des cloches toujours prêtes
A bourdonner dans son sein,
Qui dans leurs tours africaines
Vont éveiller les dukaynes
Du sonore Albaycin.

Ce n'est pas Alcacava qu'il aurait fallu écrire, mais bien
Alcazaba (~I), la forteresse •, ou plus exactement l' Alcazaba,
le fabricant de briques cuites (Kazymirski) ou encore celui qui fait Je torchis
nommé ~ U. ou tapia (Dozy, Supplémmt).
Bâb at-tawwâbîn était sous la juridiction des gouverneurs de l'Alhambra.
Diego de la Iota donne au comte de Tendilla, don Yiiigo Lopez de Mendoça,
le titre de « capitan y tiniente del Alhambra y Biuataobin » (Libro del principio
de la ordeti de la Ca11a/leria de S. Tiago, Valencia 1599, p. 1~). En dernier lieu,
dans les années qui précèdent sa démolition, en 1802, on l'appelait l'Arco del

Campillo.
1. Plus tard Puerla de la Magdalena.
2. Il y avait jadis à Grtoade deux a/caz_alvzs : l'une nommée al-qasbal, alqadfmah(Y. ..ûll ~I) ou l'ancienn;! forteresse, l'autre nommée al-qasba/1
al-djtdidal, i ~ ~\ ~ ) ou la nouvelle forteresse. L'ancienne était située
sur les hauteurs qui s'étendent de la paroisse actuelle de San Miguel à la p0rte
d'Elvire ou un peu au-dessus; la nouvelle allait de la p0rte d'Elvire au Darro.

�92

R.

FOULCHE-DELBOSC

de même que l'on ditl' Alcazar, l'Alhambra. Un an après la publication des Orientales, ce mot, avec la conquête d'Alger, allait
prendre droit de cité en France sous la forme Casbah. Il est écrit
par les anciens auteurs espagnols, notamment par Pedraza,
Alcazaua et Alcaçaua. C'est de cette dernière orthographe qu'est
venu l' A lcacava du poète, par suite de la suppression malencontreuse
de la cédille. L'absence de cet appendice défigure quatre vers plus
loin le mot dulcaynes; c'est le dulçayna ou dulzaina espagnol qui,
bien transcrit, aurait moins richement rimé avec africaines '.
***

Il serait miuste, avant de terminer ces simples remarques, de
ne pas louer la strophe célèbre :
L' Alhambra I l' Alhambra I palais que les Génies
Ont doré comme un rêve et rempli d'harmonies,
Forteresse aux créneaux festonnés et croulants,
Où l'on entend la nuit de magiques syllabes,
Quand la lune, à travers les mille arceaux arabes,
Sème les murs de trèfles blancs !

Jamais l'incomparable demeure des rois de Grenade n'inspira
si heureusement un poète .
R . FouLCHE-DELBOSC.
1. Dulcaine pour d11lz.ay11a et Alcacava pour Alcaz.aba ne sont qu'erreurs peu
graves chez un poète étranger : un fait analogue s'est produit en Espagne, et,
coïncidence bizarre, à Grenade même; là aussi un grand poète a placé à la rime
d' un de ses vers un mot antérieurement défiguré par la tradition. Plus haut que
le Généralife, à l'endroit nommé aujourd'hui la Silla del Moro , s'~levait jadis un
palais appelé par les Arabes Dar al-'arousa ( ~ _, ,JI I b), la maison de l'épousée.
Andrea Navagiero transcrit ce mot assez exactem~nt Daralharoz.a, tandis que
Marmol l'abrège en Da1·l,1rosa; le peuple à son tour a fait inconsciemment ce
que Victor Hugo a fait pour dulz.ayna, il a prononcé Darlaroca, et c'est cette dernière transcription qu'a adoptée Zorrilla :

Mas allà sobre pilares
de alabastro, Darlaroca
con su frente al cielo toca
que la sufre su altivez.

COMPTES RENDUS

An Iconography of Don Quixote r6o5-r895. By H. S. Ashbee, F. S. A. London :
Printedfor the a11tbor al tbe University Press, Aberdem, 1895, in-4, 202 pp. [with 23
engravings by Alejandro Blanco in a final appeudix).

To those interested in bibliograpbical work Mr Henry Spencer Asbbee's nam~
is already familiar. He no longer writes A Ride to Peking (London, 1881), nor
discourses on The Metropolis of lhe Ma11chus (London, 1882). It is his distinction
to bave compiled a Bibliog-rapby of Tunisia (London, 1889) whicb, if it corne
short of perfection, is at least an excellent piece of work, as yet without a rival.
Moreover, he is honourably known by bis Maral en Angleterre (Paris, 1890)
and by several papers in the Extrait del' Annuaire de la Société des Amis des Livns.
Nor should I omit to mention his Iconography of Don Quixote, a brief sketch or
twenty-two quarto pages issued in 1893 and reprinted from the Transactions
of the London Bibliographical Society.
The record is creditable and predisposes in the writer's favour. The first
thiog that strikes the reader as he turos the pages of this latest work is its
excellent material equipment; the second, the great amount of labour spent
upon it ; the third, the ambition of the undertaking. It cannot be supposed the costly form of the book forbids the notion - that Mr Ashbee expects to
find many readers among the general public; and further it is certain thar-only
experts are capable of deliveriog judgment upon the volume. The field is not
indeed virgin; but predecessors are less numerous than migbt be imagined.
Leaviog out of sight, M• Ashbee's first design of 1893, the main authority on
the subject is the Jconografia de Don Quijote published at Barcelona in 1879
with its apparatus of 101 plates taken from sixty editions. This Iconog-rajia
forms, in fact, the fouodation of M• Ashbee's achievement which must be
regarded as supplementary to the Barcelona work. Unlike many other Cervantists, the writer speaks with due respect of his forerunners. « The task I
have undertaken is neither new nor original. An Iconography of Don Quixote
already exists. But the present work is on an entirely differeot plan from the
Icon.ografia published at Barcelona in 1879 (p. 172), and in no way interferes
with, or pretends to supplant, th~t useful publication ».
The« plan» of Mr Ashbee's handsome book is, indeed, its chief weakness .
It is already too much to subdivide the matter into six different classes;

•

�94

95

COMPTES RENDUS

COMPTES RENDUS

(1) the engravings in the editions of the text ; (2) the spurious continuations;
(3) the works derived from Do11 Quixote; (4) the portraits of Cervantes; (5)
engravings concerning incidents in his life and reproduction of autographs ;
(6) pictures, tapestries and statues. Mr Ashbee throws his net very wide, and
he is himself conscious of the effect. « In other respects my plan may appear
to savour of topsyturvydom. I pass from ordinary impr!:'ssions of engravings
and etchings (eaux-fortes), from engravings to original drawings or paintings,
from illustrations to the books for which they were done. This could not be
otherwise ». That may be : one can only regret it, for it mars a very sound
piece of work. Mr Ashbee, it is no paradox to say, would have done more had
he attempted less.
For the rest, it is pleasant to be able to praise him with butfewreservcs. He
has not discovcred, as in truth he could not hope to discover, much of importance; but he has rearranged and co-ordinated with skilful patience information
that Lay scattered in obscure corners. His four hundred and sixty-eight articles
make excellent reading and his views are always worthy of respect and consideration. The three hundred and thirty-seventh article is of special interest
inasmuch as it indicates the existence of seven German plates based on Don
Quixote. These contain the following figures: (1)El Ena11omounted, blowing
a horn; (2) El Cüra, on foot, carrying a windmill ; (3) El Barbiera, walkiog,
bearing a tub; (4) La sinvor Dtilc-inea dtl Tobosa on foot; (5) Elingenioso Hidalgo
Don Quixote de ln, Ma11cba, Cavallero de la triste figura, on horseback, richly
attired, with flowing plumes on his helmet, and bearing a long lance and shield;
(6) Sancho Panz.a Scüdiern, on his ass, and armed with lance and shield;
(7) La Linda Maritornes, on foot, with a large ruff round ber neck. The illustrations, with a letter-press occupying pp. 25-40 of a volume « gedruckt zu
Leipzig, durch Justum Jansonium Danum. Jm. Jahr : M.DC.XIII » testify to
a popularity dating considerably earlier thao the first German version of Pahsch
Basteln von dtr Sohle. The engravings commemorate a baptismal festival held
at Dessau on October 27 and 28, 1613; the earliest German translation is
dated 1621.
Mr Ashbee's judgments are usually sane and moderate. « It must be ow11ed,
I fear, that no work of art emanating from Spain's most famous literary production can be placed in the very foremost rank ». But might not the same
remark be made of Shakespeare or Dante or Molière? Art of « the very foremost rank " is scarcely likely to be concemed with mere illustration; but a
writer whose illustrators include Hogarth can scarce be deemed unfortunate.
One biographer ol Cervantes proves himself uncommonly exacting in this
question. Thus we read that « these embeUishments, which herald the long
line of vile attempts to make Don Quixole a picture-book, are remarkable, even
among the Don Quixote illustrations for their ugliness and ioappropriateness to

the text »; others, « by the most famous Spacish artists of the day », escape
more cheaply with the sentence that they are « absurdly false, affected and
inappropriate i&gt;; or we are told that « the nuevas estampas promised are by
~avarro, - of a hideousness equal to any of the old l) ; or the seveoty-four
delightful illustrations by Robert Smirke are kicked out as beiog « strikiugly
unlike anything in the text »; or the distinguished work of Rivelles is jeered as
« not quite so bad as those in preceding editions, though still bad enough ».
It so happens that Don Quixote has inspired Natoire, Coypel, Watteau, Fragonard, Stothard, Goya, Bonington, Tony Johannot, George Cruikshank, Liverseege, Smirke, Decamps. Leslie, Sir John Gilbert, Sir Edwin Landseer, Doré,
La lauze, Atalaya and Daniel Vierge. A goodly company of diverse talents : but
their « vile attempts » are properly appreciated (as above) by a difficult critic.
Mr Ashbee redresses the balance by drily dcclaring tbat Mr Watts makes
« remarks » which are of« some asperity ». That is so.
In a work so extensive and so crowded with minutire as the present, there
must naturally be a certain proportion of errors : the seven columns of errata
prcfixed to the volume show that Mr Ashbee bas not spared pains (a little late
in the day,maybe) in revision. On one point, it seems likely that he has gone
astray, and that with some deliberation. There is in Shelton's second edition
(1620) an engraving which represents D@n Quixote armed and mounted, witb
Saocho, whip in hand, following on Dapple. It is usual to say that this served as
mode! to the engraving in Rosset's translation (1618), and the mistake is conceivable so long as it is assumed that Shelton's first edition (1612) contains the
same engraviog. Mr Ashbee knows better, for he particularly notes (p. 2)
that the 1612 edition has cc a printed title-page only » . The larceny, if aoy,
must be on Shelton's (or, rather, on Blount-'s) side; and it is a pity that the
fact is not clearly brought out. But on the whole, thanks are due to the iconographer for his achievemeot. To ail collectors of Cervantist literature it may be
of use : and to ail book-lovers at large it makes a strong appeal on the ground
ofits own beautyand, one may even say, splendour.
James FITZMAURICE-KELLY.
Georges Lecomte. Espagne. Paris : Bibliolhèqut-Cbarpetttier,
E. FasqutZk, 1896, in-12, 340 pp.

G.

Charpentier et

Voici enfin un livre sur l'Espagne qui attire l'attention et mérite l'exartle!l
après tant d'autres, frivoles, extravagants ou insipides, que nos conrpatriotes
ont le privilège de produire avec une fâcheuse fécondité, nous montrant l'Espagne et ses habitants sous des couleurs tantôt riantes, tantôt sombres, mais
donnant toujours aux Espagnols qui s'avisent de les lire une triste idée de nous.
M. Georges Lecomte a ..iécidément rompu avec la tradition; il s'est appliqué

�COMPTES RENDUS

à écarter t0utes les légendes, toutes les préventions, toutes les visions fantas-

magoriques que des générations d'écrivains ont accueil1ies sans exame? et
reproduites avec candeur. 11 a voulu voir et juger ce pays, un des plus vieux
de l'Europe, comme une terre vierge, et il ~t parvenu à oublier les opinions
des autres pour nous donner la sienne dans toute sa force et toute sa
sincérité.
Peut-être ne serait-il pas téméraire d'affirmer, -pour quiconque a étudié un
peu sérieusement l'Espagne, qu'il n'a pas même cru devoir s'embarrasse: .des
connaissances préalables sur l'histoire, la langue et la littérature de nos voisins,
et que, sur ce point-là du moins, il ne fausse pas compagnie aux classiques
voyageurs qui, depuis Théophile GJutier, s'obstinent à désigner l'Esp~Ene so~s
l'appellaùon sonore de Tra (sic) los montes. Mais il n~ faut pas en savoir mauvais
ITT:é à l'auteur : si les élémen.ts lui manquent pour faire une étude approfondie,
du moins n'est-il pas gêné dans les vues d'ensemble qu'il nous présente, et qui
sont admirables de netteté, par la foule des détails et des restrictions dont se
trouble et se fatigue l'œil d'un observateur plus préparé et plus minutieux. Et
pourtant, à lire le chapitre si saisissant et si vrai où il retrouve, dans la peinture espagnole, les caractéres immuables du génie de la nation, on se pr_end à
regretter vivement qu'il n'ait pas envisagé ce génie dans une autre mamfestation plus indiscutable encore et qu'il se soit tu sur une des littératures les plus
originales du monde.
Les divisions du livre sont judicieuses et jettent une grande clarté sur la
matière. D'abord une sorte d'avant-propos intitulé : Guitares d'anta,f, qui est
un modèle et qui, désormais, devra être consulté par quiconque voudra visiter
l'Espagne à bon escient et sans s'exposer à de douloureuses surprises ; puis,
deux chapitres où sont opposées les deux civilisations qui se sont heurtées
d'abord fondues ensuite sur le sol de la Péninsule, et enfin, après une étude
sur l'a;t, deux chapitres consacrés, l'un à ce qui reste de couleur locale, et
l'autre à la situation de l'Espagne. en présence de l'activité et des exigences
de la vie moderne .
Du ch1pitre intitulé « L'Espagne catholique " il n'y a rien à retrancher.
Nous y trouvons enfin une saine critique de l'.irchitecture qui a produit la plupart des cathédrales espagnoles et nous y relevons, pour la première fois appréciée comme elle le mérite, cette monstroeuse barbarie du ohœur occupant les
deux tiers de l'église, entouré de murailles massives qui interceptent aux
fidèles la vue dfrecte de l'autel et rompent cette perspeqive mystérieuse et
grandiose, principal charme de l'art gothique.
Tout ce qui a trait à la décoration fastueuse mais rococo des chapelles, aux
enfantillages du culte, aux démonstrations païennes des processions, à l'absence
d'une foi profonde et éclairée, et au côté lugubre du catholicisme espagnol, est
frappant de vérité et d'expression; mais on pourrait demander à l'auteur corn-

COMPTES RENDUS

97

ment il se fait qu'une nation qui a un tel culte pou r la mort en ait si peu
pour les morts, et on voudrait lui voir expliquer la contradiction entre cet
appareil funèbre que revêt, à son dire, toute manifestation de la vie publique,
et le caractère si heureux et si vivant de l'ensemble de la race.
L'Espagne arabe est encore mieux comprise et plus exactement appréciée, et
nous croyons qu'il faut adopter sans résistance les idées si personnelles de
M. L. Il a su délimiter brillamment l'influence des musulmans dans le Midi
de l'Espagne, influence attestée non seulement par ce qui attire les regatds,
comme les vestiges, hélas I bien malmenés de l'architecture mauresque, mais
par mille détails de subtile observation, les danses, les attitudes, et surtout les
chants et le timbre des voix. Quoi de ph,is singulier que d'entendre, en dehors
des chansons populaires andalouses qui portent toutes un cachet oriental si
marqué, des complaintes sur le Christ aux processions, et même des chants
liturgiques et le plain-chant dans les êglises, chantés d'une voix aigre et nasillarde, avec les modulations bizarres et les rythmes plaintifs des Arabes ? La fin
du chapitre, où l'auteur a résumé si nettement les raisous d'être particulieres de
l'art arabe, les qualités et les défauts qui lui sont propres, est, croyons-nous,
ce que l'on a écrit de mieux sur la matière. Il faut en convenir d'autant plus
volontiers que l'auteur y atténue sensiblement ce qui aurait pu paraître un peu
egcessif dans les pages précédentes.
Les beaux-arts, eux aussi, sont traités d'une façon peut-être moins originale, mais tout aussi lumineuse et attachante. C'est là d'ailleurs, quand il s'agit
d'un pays étranger que l'on n'a pas étudié particulièrement, un suiet plus
accessible que tout autre à quiconque possède, comme M. L., une bonne éducation artistique et une faculté très vive d'observation. La partie la plus nouvelle et la plus intéressante de cette étude est, sans contredit, celle qui fait voir
l'influence de la peinture espagnole sur certaines écoles françaises modernes.
On pourrait regretter de n'y rien trouver sur la peinture espagnole depuis
Goya; quant à la sculpture, si l'auteur a vu, sur les places publiques, la plupart
des statues des grands hommes, qui semblent avoir été faites par leurs plus
cruels ennemis, nous comprenons très bien le sentiment qui l'a poussé à n'en
pas souffler mot .
Sous le titre de (( L'Espagne flamenco ", que porte un long chapitre et qui
serait très heureux s'il n'était trop compréhensif, nous voyons les quelques particularités de mœurs, de costumes et de danses que l'Espàgne a conservées
jusqu'à aujourd'hui. Ici l'étude devient extrémement difficile et ce n'est pas au
bout d'un séjour de quelques mois dans le pays que l'on p~ut se former des
opinions indiscutables. Nous croyons qu'en général M. L. a étendu un peu
légèrement il toute l'Espagne ce qui est spécial à l'Andalousie, et même quelquefois ce qui n'appartient en propre qu'aux gitanos qui ne sont pas Espagnols.

�COMPTES RENDUS

COMPTES RENDUS

Il est vrai que le genre fta11izflCO tend à se répandre dans les classes populaires
de toute la nation; mais dans le ord, l'Est et le Centre, c'est toujours un
article d'importation. L1. description classique des courses de taureaux, dont
l'auteur n'a p:is cru devoir s'affranchir, ne présente rien de nouveau, ce qui a
tout lieu d'étonner si l'on considère la quantité d'aperçus inédits et de remarques
personnelles qui remplissent Je livre. Quant aux danses populaires, il aurait
fallu fairt: une distinction entre celles qui sout purement espagnoles, comme la
jota, le boltro et la sevillana, et celles qui, nées peut-C!tre, elles aussi, dans la
Péni11sule ou hérit.!es des Arabl!S, ne sont plus dansées aujourd'hui que par les
gila11as de Triana ou du Sacro Monte de Grenade. 11 est probable què M. L. _n'a
assisté qu'à ces dernières et qu'il en a vu seulement ce qu'un officieux impresario,
dans un cadre de convention, montre aux étrangers depuis un temps immémorial. Autrement il est à présumer qu'étant donné le sens artistique dont son
livre fait foi, il ne saurait comparer les pirouettes savantes et désordonnées de
nos b.tllerines à la grâce naturelle et inimitable des Andalouses. Quoi qu'il en
soit et malgré une digression qui n'a que faire, ce chapitre est remarquable
par plus d'un côté et donne une image très exacte de ce qui reste de l'Espagne
rèvée par les romantiques.
Vient enfin La question la plus épineuse: un jugement sor l'Espagne considérée en tant que nation européenne en face des autres pays où la civilisation
est incontestablement plus avancée. Là encore, M. L. a vu juste. L'intuition a
suppléé cbez lui les donni:es positives, et ses conclusions peuvent être adoptées
presque sans co~trôle, si toutefois il n'est pas téméraire de vouloir juger un
peuple et surtout un peuple aussi déconcertant que le peuple espagnol. il est
pourtant une idée si chère à M. L. qu'il y revient /1 chaque instant au risque de
compromettre la forme, pourtant correcte, de son ouvrage : c'est que seuls les
montagnards du Nord, travailleurs acharnés, rougissent de voir leur pays
arriéré, p:iuvre et misérable; que les Méridionaux au contraire, paresseux
fieffés, se trouvent parfaitement heureux et ne demandent pas à changer d'état.
Cela est vrai en cc qui touche les qualités naturelles des populations du Nord
et du Midi; mais c'est aller un peu loin que de dire que l'Andalousie est un
obstacle au relèvement de l'E~pagne. Ne serait-ce pas plutôt par l'Andalousie
républicaine, et non par le ord carliste, que les idées de progrès pénètrent le
plus souvent en Espagne? D'ailleurs la question est beaucoup plus complexe
qu'elle n'en a l'air. Il faudrait peut-être tenir compte principalement de la
constitution de Ja propriété foncière pour expliquer bien des anomalies.
Nous nous somn1es un p~u attardé dans l'examen du livre de M. L., mais
nous ne le regrettons pas, car de longtemps nous n'avions eu l'occasion de
nous occuper d'un ouHage aussi bien pen~ et aussi clairement écrit.
H.

PESEUX-RICHARD.

99

Uo Rouanet. Chansons populaires de l'Espagne traduites en regard du texte original
Paris: .1.. Chari#, i896, in-J2, Xvt-27J pp.

M. Rouanet a rendu un véritable service au public français en mettant à la
portée de tous les pièces les plus caractéristiques du folk-lore espagnol. Personne, avant lui, ne nous en avait offert des extraits aussi nombreux•, et,
cependant, on a souvent, en France, manifesté un goût très vif pour cette poésie
intime, qui exprime, avec tant de grâce ct de charme, un des côtés les plus
curieux des mœurs espagnoles..
Le texte qu'il publie, emprunté, en grande partie, au recueil de M. Rodriguez Marin•, est accompagné d'une traduction française qui permettra aux
lecteurs peu familiarisés avec la langue espagnole d'apprècier toute la sa,·eur
de ces petits couplets qui valent souvent de longs poèmes .
M. R. a écarté systématiquement de son anthologie tous les chaotS
héroïques, auxquels il propose de réserver le nom de roma,ices, et n'y a admis
que les chants vraiment populaires, ceux qui expriment les sentiments communs
à tous les Espagnols et traduisent, avec Je plus de simplicité, leurs joies, leurs
douleurs et leurs passions. On ne peut que louer M. R. d'avoir limité ses
extraits, et, notamment, d'en avoir eic.clu les romances, déjà connus en France
par de nombreuses publications i.
La chanson populaire, telle qu'il l'entend, comprend des genres assez nombreux : elle est tantôt religieuse, talltôt morale, parfois patriotique, mais le plus
souvent érotique. M. R. n'a pas adopté cette division par genres : il a mieux
aimé publier Jes couplets sans ordre, tels qu'ils se sont présentés à lui, dans le
caprice de ses lectures. Il en résulte que, dans son recueil, un couplet moral
est souvent suivi de strophes amoureuses et que les poésies religieuses y sont
comme enchlssées dans des pièces 11n lanto picanle.s. Cette disposition, loin de
nous choquer, nous offre une image très exacte de la physionomie coutumière
du peuple espagnol A la fois mystique et sensuel.
Le livre de M. R. comprend quatre parties principales : la première contient

1. L'étude de M . Achille Fouquier, parue d'oborJ dans 1~ &amp;vue Brila11niq11t Ganvier
i88r), puis tirée à part sous ce titre : Chants populaius tspagnols. Quatrain, tl Sèg11idillts,
par A. Pouquier, Paris, 1882, in-8• , ac contient qu'un nombre restreint de chansons.
2. Ca11tos pop11lares espa,ioks rw,gidos, ortknad,,s é ilustratlos por Francisco Rodrigtlez
Marin, Sevilb, 188~-83, 5 vol.
3. Abel Hugo, Ro,na,rces bùJDriq11rs traduîtes de l'espagnol, Paris, 1822 ; Damas
Hinard, Romancero ~spagnol, Paris, 1844, 2 vol.; - M. le comte de Puymaigre. Ptlit
roma11ctro, cboi.t de 1•it11x cba,1/s espagnols, Paris, 1878.

�100

COMPTES RENDUS

CO.!PTES R ·. DUS

les soltares•, l::1 seconde les ccplas, 1::1 troisiême les Stg1lidillas, la quatrième les
trobos. Les spécimens d~-s copias sont de beaucoup k plus nombrcu:!; mais les
autres genres de campo ilions pOétiqucs, et en particulier les trobos, a ez rares
eo Espagne, sont largement repn:sentés. On trouve même, dans la dernière
partie, huit rondes ou ca11tares de corro d'une grâce et d'une o:nvcté incomparables.
Le dialecte de la plupart de ces ch:msons est andalou et présente de nombreuses panicularit6 que M. R. a soigneusement respectées. Ell&lt;.-s ont, il est
vrai, l'ioconv~icnt d'en rendre la lecture un peu pénibk. Peut-être eût-il
mieux valu ne pas tenir compte, dans un recueil de ce genre, de la prononciation et de l'orthographe locales et publier un texte uniforme, moin di:concertant pour des lecteurs français .
Td qu'il est, ce livre nous démontre, par d~ exemples abondants et bien
choisis, combien est riche et originale la poésie populaire de l'Espagne. M ·me
:l. travers la traduction, d'ailleurs très fidèle et même scrupuleuse, ces couplets
conservent je ne sais quel parfum pénétrant qu'on ne se lasser.iit pas derespin:r.
Amédée PAG~.

J. Masso Torrents. Croquis Pirinencs. 1Jar«/011a : tipogmfa•
2

physiques, il observe aussi les mœurS des montagnards p)~nécns. Il a vu et
bien vu leurs physionomies vivantes et leurs dispositions morales, et il est rentré à Barcelone avec cette conviction que les Catalan~ du Roussillon et ceux de
l'Espagne fomleot une seule famille.
Il croit que ces pays de langue catalane, aujourd'hui séparés, constitueront
dans l'avenir une sorte de république fédérative, la nation catalane. Ce n'est
qu'un r.::vc - l'auteur bien soin de le dire dans son dernier croquis - mais
un rêve obsédant, auquel semblent se complaire les catal:mistes contemporains .
Le Ji,..TC de ~1. , l. T. est utile à lire en deçà comme au delà des Pyrénéc . A
tous ,eu~ qu'intéressent les queslions de linguistique et d'ethnologie, il prouvera qu'il y a une langue catalane également éloignl!e du castillan et du français
- c'est celle que parle l'auteur - et que les catalans forment un genre ethnologique dont les montagnards pyrénéens sont les représentants les plus c~mplets. Quant aux lettres, ils admireront le talent avec lequel un des pren11ers
écrivains de la C:italogne contemporaine sait dépeindre les paysages et les scènes
qui lui sont le plus familiers.
Amédée PAGts.
Rkordi di Sp:ign1 e dell' America Sp;ignuola di Paolo Mantcgazu. Mila1w : Fraie/li

Treua, 1894, in-16, 216 pp .
•

L'Àf!tll( ••

189'&gt;, in-16,

09 PP·

Des dol.lle nouvelles que renferme cet élégant pctil volume, six ont déjil
paru dans la revue L'Avmç, de 1890 à 1892, sous le titre de Croquis pirmaics.
Elles n'ont rien perdu de leur fraîcheur et je les ai relues a,•ec un vif plaisir.
Les autres nouvelles que M. Masso Torrents publie aujourd'hui pour la première
fois sont, comme les premières, des morceaux exquis de naturel et de gr.icc.
En voici les titres : Vaga11t per la r,wnta11ya ; - El cornu de CamproJ011; L'Anyorame11t; - En Valmti; - Interior; - La 11it al ras.
M. M. T. possède une connaissance minutieuse et approfondie des deu:&lt;
,•ersams des Pyrénées Orientales, et nous le suivons avec profit dans chacune des excursions qu'il nous fait faire. Mais il ne se contente pas de décrire
les sites admirables qu'il a parcourus et de résumer ses impressions purement

=

1. M. Rouane1 croit que cette expression est • une corruption • do mot sakdad
solitude. Le mot solear n'est-il pas plutôt un verbe d~rivé de l'adjectif soi,, et pris substantivement (cf. canlar, plur. ca,,tares) pour dêsigner les chants élégiaques par lesquels le
poète exprime, dans L,. solitude, loin de la foule importune, ses sentiments les plus
intimes? Qliant à rattacher saùdad, comme le v~ut M. Antonio Machado y Ah•arez, au
prënom ponè par une cantatrice ~élcbre dans le genre des soltdades, c'est une (~ntaisie

qui ne peut guère étrc prise au sérieux.

101

Il n'est pas besoin de feuilleter longtemps le volume de M. Mantegazza pour
voir que l'on a affaire à un des rares livres sérieux que l'on ait écrits sur
l'Espagne. Son premier mérite est de ne pas nous avoir resservi ces éternelles
descriptions de monuments que les générations successi,·es ne se lassent ~as de
copier sur des guides plus ou moins exacts et qui sont aussi lourds à d1?ércr
que faciles à écrire. li est vrai, d'ailleurs, que le peu d'ête?due de la parti~
l'œuvre de M. M. qui concerne l'Espagne proprement dite ne permettait m
développen1ents ni hors-d'œuvre, et même à ce point de vue ?n pourrait
trouver un peu long le plaidoyer contre les courses de taureaux qul en occupe
une bonne moitié, plaidoyer éloquent, tout rempli d'une sincère indignation,
mais qui n'ajoute aucun argument nouveau à ceux des adversaires des corridas_.
Li seconde partie, au contraire, consacrée à l'étude du caractère espagnol, fait
le plus grand honneur au célèbre psychologue italien, qu'un séjour assez prolongé dans l'Amérique du Sud a mis, plus que personne, en mesure d'aborder
la question . On ne saurait en vérité rien trouver à redire à cette analyse de
l'àme d'une race qui, malgré le relief que donne à ses qualités et à ses défauts
une franchise peu commune, a été presque toujours si mal comprise. Peut-être
y a-t-il un peu d'optimisme dans l'appréci.ation de l'auteur'. mais cela ~t bien
explicable chez un tempérament aussi eml,ousiaste que le sien, et maigre celte
Jcgère tache on peut mettre cette étude du caractère es~gnol à cô~é de cell~
de M. Edmondo de Amicis et d'Elisée Reclus, c'est-à-d1re des meilleures qui
aient été écrites par des étrangers.
H. PEsEux-Ric1tARO,

d:

�I02

COMPTES RENDUS

René Bazin. Terre d' Espagne.Paris: Cal111ann-Léuy, 1895, in-18, 336 pp.

Le récit du voyage en Espagne de M. René Bazin est tel qu'on pouvait
rattendre d'un écrivain élégant et goûté, d'un homme de la bonne société
muni des plus hautes recommandations et à qui sa qualité ouvre toutes les
portes. Il ne faut donc pas s'étonner de l'optimisme qui perce à chaque page,
car l'auteur a vu surtout ce qu'on a voulu lui faire voir et, en galant homme,
il s'est efforcé de payer, p:ir la bienveillai;ice de ses jugements et de ses appréciations, l'accueil c.les ciuroni du grand monde qui lui ont montré l'Espagne
officielle. Mais, chose étrange I dans un pays où tout est violent et tranché, où
les nuances n'existent pas plus dans la nature que dans le caractère d'une race
exempte de toute dissimulation et de toute duplicité, l'apparence est peut-être
encore plus éloignée de la réalite que chez d'autres peuples au naturel plus
complexe et plus souple. C'est pourquoi le livre de M. B. ne nous apporte
aucun document inédit et aucune vue nouvelle, exception faite pour le chapitre
intitulé « Un domaine seigneurial en royaume de Léon », où nous voyons
une contrée presque ignorée et des détails curieux sur la vie des champs en
Espagne. Au reste, le livre est d'une lecture facile et attrayante; le ton général
rappelle, allégé pourtant des fastidieuses digressions piétistes, le voyage de
Mme de Gasparin, et il est juste de dire que M. B. s'est brillamment acquitté de
la tâche qu'il s'était assignée et qui n'était autre, selon toute vraisemblance, que
d'écrire, pour cc que l'on est convenu d'appelcrle grand public,une œuvre spi·
rituelle et intéressante.
H. PEsEux-RlcHARD.

C. B. Dumaine. Essai sur la vie et les œuvres de Cervantes d'après un travail inédit
de D. Luis Carreras. Paris : Alphonse Lemerre, M DCCC XCVII, in-18, 322 pp.

The appearance of any new book on Cervantes is a pleasing event, siQce it
goes to prove that a generation, spoon-fed on novdties, returns with pleasure
to the work of an older, saner, and more virile master. One views with
satisfaction the resurrection of a writer, snatched from the maw of Time that
cruncbes the bleached bones of his younger rivais. Cervantçs enjoys a vogue
as permanent as any in ail literature. There need be no concem for those
preposterous ones who « cannot read Don Quixote »; and a fleet parliamentary
tear sufficès fo r their brethren wbo profess to « see nothing in it ». Of ail
exquisite types of absurdity, none is more monumental than the egregious
oaf who passes judgment on a masterpiece whicb he bas left unread. For
such asses,Don Quixote is a predestined trap. It is not brief; it is in an unknown
tangue; its full comprebensi&lt;;m involves a course of reading that might well
ocGupy the best years of a long, laborious life. Lastly, it is of humour ail

COMPTES RENDUS

compact. ln a word, it affords the dullard an unique opportunity for playing
the an tic. And - as you l'llOW to your cost - he takes it : early and often .
Cervantes bas been fortunate in detractors who, though not witty themselves, have been the cause of wit in others. lt remains to see if be be equally
happy in his latest biographer. M. Dumaine's text is avowedly based_ on au
unpublished work by the late Luis Carreras ; and it must be frankly sa1d th~t
it contains notbing new in fact, or original in temperament. Sorne resthet1c
deliverances are, indeed, of the greatest novelty. Thus we are informed
(p. 242) that « peu àe perso11nes so11t maintenant capables de lit e le Tom Jon:s de
Fielding ». Nor does it appear that Sir Walter is in any better case. u A~1ourd'bui, ses livres tombent des mains; ils sont diffus et mal écrits » (p. 243). ThlS eau
scarcely be Carreras' view of Fielding and of Scott; for in other works he bas
pronounced a very differeot judgment. The credit belongs entirely to M.
Dumaine who makes up by cool assurance what be lacks in competence. But
to possess any grand quality in abundance is an enviable distinction ; and so
one hastens to offer M. Dumaine one's heartiest congratulations, and passes
from his comic literary criticism to examine his pretensions to accuracy .
These, indeed, are somewhat modest. The date of Cervantes' birth is given
positively (p. 16) as occurring on October 7, 1547. Now, it is certain that be
was b:iptized on October 9, 1547; beyond that,'. nothing was known until
M. Dumaine's recent dis:overy. By a curious oversigbt, the proofs of this new
find are omitted . ln the same way, it is laid down that Cervantes had two
brothers (Andrés and Rodrigo), and three sisters (Andrea, Luisa and Magdalena .) The bald fact is that we know no more of Andrés (whom Navarrete
identifies, very reasouably, with Rodrigo) than of Magdalena - who appears
only in the Valladolid pleadings. Wben you know nothing of the facts, it is no
bad plan - and I make a present of tl1e suggestion to M. Dumaine - . to say
nothing. At first sigbt the thing looks easy : but not for a Ccrvanust. Ego
autem, in A1·cadiâ vixi ! The wordy sketch of Cervantes his youth might well
be omitted : but who ever knew the professional Cervantist to omit anything?
Why call Cervantes (p. 19) a cc latilliste consommé»? It seems that the fact
is evident to every reader of the Ga/atea and Persiles. This fills me with selfpity and even shame. I have read the Galatea and Persiles (oftener than I have
read M. Dumaine's book), and see no trace of the cc latiniste cansommé » in the
one or the other. But certain great truths are only plain to men of genius. And
so the performance marchés on. One is informed of Cervantes' literary tastes
and it is interesting to know(p. 19)that cc la Célestine, la Diane de Montemayor ,
celle de Gil Polo, le 1.Az.arille, Guz.man de Alfaracbe, qui ont charmé son
enfance, sont ses livres de prédilection. » This is distinctly curious. Guz.111a11 de
A.Zjaracbe was first published in 1599 when Cervantes was in bis fifties : and

�COMPTES RENDUS

104

105

COMPTES RENDUS

the word II enfance», applied to a man of that age, is a thought uokind. Once
again (p. 23), our :\utbor refers to the story that û:rvantes fled to ltaly because
of an edict issued agaiost bim for brawling in the Court precincts. This is vcry
doubtful; and, io aoy case, there is no sufficient evidencc to pro\"e it. But the
compiler remarks in bis lordly way: u il 11e ptut y avoir tl'enwr sur et poillt. »
You await the demonstration: and it cornes with the disclosure tbat Cerv:mtes
in El Gallarào Espa1ïol speaks of one Saavt:dra cscaping to ltaly aftcr taking
part in a duel. You know your M. Dumainc by this time, and you expect
yery littlc. But you get Jess. Ex:1mine the thesis a moment. Cervantes flcd
from justice because of a sentence condemning him to lose his right hand;
and it is stated (p. 24) that he lcft for Italy in the spring of 1569. Good I But
the sentence is dated Septcmber 15, 1569. 1 humbly submit chat thcn: is no
reason for assurning that Cervantcs ran away seven or eight months before
his coodemnation and (it may vcry wcll be) some mooths beforc the occurrence
of a squabble in which be may have had no part. The story of Cervantcs'
life - of which vcry little is known - is overburdened with senseless
legend, and absurd conjecture. There is no great sin in speculation, as such ;
but, when one is asked to believc that the conjecture amounts to ccrtainty, rr il nt peul y avoir rftrrt11r s11r u poitil » - it grows trying. The first duty of
every lover of Cervantcs' masterpiece is to clear his author's memory of the
mass of rubbish which attaches thercunto : it is exceedingly unlucky that
M. Dumaine should go on repcating myths as fact.One r.:grcts to say it : but
tbat is pretty Fanny's way.
This tendency to loose talk confronts the reader :u every tum. He is given
to understand (p.29) that Cervantcs found Hurtado de Mendoza in high esteem
as a writer among the Italians in 15 69-70. Doubtless, the thing is cooceivable
and it is, moreover creditable to Italian taste. One would like to believe it :
but - is it true? 1s it possible? Was anything of Mcndoza's in print at the
time? The maouscript vogue of a foreign work can scarcely be great. It would
be a short solution to assume that the reference was to IA{11rillo tk Tormu;
but M. Dumaioe's views, as to the authorship of that celebrated little book,
are decidedly hazy. For exarople (p. 241), in his text, Mendoza is meotioned
as the writcr of IA:rarillo : in a note (there are predous few of them) at the
foot of the same page follows the information (which soroe of us had before)
that M. Mord-Fatio « a contesté que Hurtado de Mendoza fût l'auteur du
l.a{arilù ». This is emincntly safe : but is it fair to the gener:tl reader? Was
Mendoza the author of Lat,arillo, or was he not? It may be said that M.
Dumaine's opinion on this (or any other) point is unimportant. That is true.
But he must pronouoce between two opposed vicws, and not play off one
against the other. Again: is there aoy evidence that Cervantes greatly esteemed
the verses - reslail allachd letulrement aux sta11ees, - of Jorge Manrique? One

would like to know it for certain, and undoubtedly he quotl!S two words from
them allu ively in the Second Part of Do11 Quixolr. But is that a proof? Would
you hang a dog on such tcstimony?
At whiles one's gravity is sorely tried. You read with stupefaction (p. 35)
that perhaps Cervantes rclaxcù his rigid Catholicism : pmt-itrr ft11it-il par se
dtpartir un ptu de sa rigu,,ur dt ca//x,/ique. And the proof of this astounding
statement is tb:n, under a feigncd name in his GaiJltea, be appears figurativcly
at an unorthodox funeral. « Dans la cérémonie funèbre des bergers de la
Galatie, il participe A une sorte de culte qui n'est pas absolument orthodoxe ».
The jest is ail the fincr since one is assured (p. 48) that « son séjour prolongé
en Italie n'avait pas altén! ses priocip.:s religieux*· Thus one absurdity treads
upon its fellow's bcels.
Others to some faint mcaning make prctence,
But Sba.d"·cU ncvcr dc,•iates into sense ...

A change of a single word in Drydcn's famous couplet would fit it to the
present occ:a ion. lt may be worth while to show that this is no fancy, but
sad truth. On p. 51 Cervantes is stylcd «Saavedra», and the refcrence is clearly
to 1575, after the Algerine captivity. Turn we now to p. 136 where it is set
out that the name was assumcd ten years later. « A la mort de son père, en
1585, Cervantes avait pris le nom de Saai•edra, pour se distinguer de deux de
ses parents&gt;&gt;. Tow, tl1crc are 1'vo or thrcc rcm:uks to be made. If Cervantes
was alrl!:ldy know as Saavedra (which he was not) in 1575, it is clearly wrong
to say that be took the name in 1 585. On the othcr haod, if hl! firsl took the
namc in 1585, it is obviously impossible that he can have becn known by it in
1575. Upon wlùch sidc of the fence is M. Dumaine coming down? Furthcr :
it is said that Cervantes took up with this oame « after his father's death in
I 585 ». But, in the first place, it is by no means sure lhat Ccrvantcs' father
died in 158;. What is quite ccnain is that Cervantes' mo1ber is described as a
widow, in an official document ofJuly JI, 1579. The natural inference (and it
seems fair enough) is that her husband was alrcady dead. As a mattcr of fact,
tbere is no good reason to believe that Cervantes assumcd the ,, Saavedra » in
t 585. If there be any such reason, why not produce it? I am content to
rt!mark that, in the Galalea of 1585, the author signs himself plain « Miguel de
Cervantes ». In the same bumptious manner it is said that Dali Mami of Algiers
« accabla Cervantes d'injures et de coups de b:l.ton ». But did be? So far as I
know, Cervantes gives no C.'i aCt information conceming Dali Mamî. The one
direct piece of evidencc cooceming his second master - the Dey Hassan is dead against M. Dumaine's assertion. « Jam:ls le di6 palo, ni se lo mand6
dar », writcs Cervantes of himself in the Captive's story (Chapter xi.) interpolated in the First Part of Do11 Qllixote.

�106

COMPTES 'RE."lDUS

Wherevcrthere is a concei\'ablcopportunity for error, the biographcr takes it.
There is a sugg~-stion (p. 59) chat Cervaotes had a hand in concocting Haedo'~
Topograpbia e Historia de Argtl. c li a étl! publié peut-être sous ks yeux dt':
Ccrvantes qui résidait à Valbdolid en 1612 ». H re, once more, thcre is room
for criticism. Firstly, Ha-:do's book, though not print-:d till 1612, was writtcn
long before. One of its m3oy aprobacic1i.:s is dated 16o4. Sccondly, tberc is no
testimony that Haedo knew Cerva.ntes. Thirdly, it is quite certain that Cervantes was not in Vall3dolid in 1612. And, on this last point, I call a witncss
forwhom my author has the greatest estecm. M. Dumaine himself (p. 224)
states that « en 16o6 la Cour quitta Valladolid pour s'établir à Madrid, Cer,·antes la .sui"it ». lt is not at ail sure that Cervantes left Valladolid in 16o6; it
is quite sure that hc never rcturned to that city, afte~ 1609, when he is
discovered in Madrid. The notion, so common to those who talk :tnd write of
Cen·antes, that a man of ov1:r sisty, very il!, very poor, and very busy with
his pen, wcnt c::ipering, and prancing, and carreering about the country, like a
modem tourist, is absolutely untenable.
ln this happy-go-lucky fasbion, M. Dumaine apparently inclines to accept the
theory (p. 74) that Pacheco's picture in Sevi lie rcprescnts Cen·antes as a sailor.
Ccl'\·antes must have been middk-aged before he ever set eyes on Pacheco ; and
there is no eanhly reason why Pacheco should bave rcpresented his elderly
sitter as a youokcr well under thiny (for such the S3ilor is). Like most Ccrvantist legcnds, the whole story is a simple mare's-nest. On the authority of
Sr. de Gayangos, it i said (p. 131) that Ccrvantes applied for, and obtained,
some post in Extremadura in 1 ~84, or earlier. M. Dumainc should know that
Sr. de Gayangos' statement was challenged some time back, and that the
challenge remains uoaccepted to this day - five years later. I feel justified, ,n
least, in saying that wben (if C\'er) the matter be fougbt out, it will be found
that Sr. de Gayangos has rather overstated his case. But M. Dumaine is nothing if
not uocriticaL He flatly declares (p. I 34) that the Galatea was published in
I 584 at Madrid, Lisbon and A Ica là de Henares. This is a triple error. No human
being has ever clapped eyes on a Galatea dated 1584 : and for a sufficient
reason. No such tbing exists. The first edition appeared at Alcal:i de Henares
in 1585, aod no reprints of that date were issued at Madrid or Li«bon. The
earliest Lisbonian issue did not appear tiU I 590. M. Dumaine mentions a
Paris edition of 1591 ; and, in the case of a careful writter, the statement
would be conclusive. But is it correct? ls there any French edition earlicr titan
tbat given out at P::iris by Gilles Robinet in 161 I ? This b koown to be
reprinted from the Lisbon copy found at Evora by Oudir. a year previous. And,
as for Madrid reprints of the Galatta, none is to be found earlier than Zwïiga's
of 1736: about a century and a half latcr. lo bibliogr.ipbical dctails our author
is alw,tys sadly to SCl!k. He assigns the Ti4 fi11gida to t 589 aod r.:cords (p. 168)

CO. !!'TES RENDUS

107

tbat it was found in the library of a Seville canon. Anothcr mistake. Every one,
with any knowledge of the matter, knows that Francisco Porras de la C:imara 's.
copy of the Tia fingida was discoverc&lt;l in the library of the Jesuit College of
an Hermenegildo at Seville; an&lt;l knows further that, whcn the Society ot
Jesus WJS cxpdled from Spain, the Tia ji,,,,;J,; was transferred to the SanIsidro collection at fadrid. Even whcn M. Dumaine grazes a half-truth, he
dcstroys his case by cxagger1tion. Undoubtedly Do,1 Q11ixo/1 was ,·ery popular; but it is tao much to say that « le succès fut si rapide, si brupnt, que
depuis le Rola11d F11rimx ou la j,!rt1salm1 diliurét, rien de pareil ne s'était vu en
Europe.,,, Tbere is rea50n to think thJ.t DJti Qrtixolt (1605) fell short of the
succcss of Guz.1111m dt Aljaraclit (1599), of whkh twcnty-six cditions, amounting to some fifty thousand copies, appear to ba\'e becn printcd within six
ycar.; of its fmt publication. If you be curious as to the date of the Ncn:,las
Exm,plaru, you have but to choose: on p. 226 they are alleged to have
appeared in 1614; on p. 236 is the alternative of 1613. lt is said (1&gt;, 256) that
Mérimée thought it possible that ~Urquez Torres' notice, prefixed to the
Second Part of Do11 Q11ixole, is the work of Ccrvantcs himself. It secms
unlikt:ly that Ccr\'antes would choose this style of sdf-glorification ; but, in
any case, the idca ù1at h1: did so was aired long bcfore Mérimée's time by
Mayans y Siscar. A curious passage (p. 246) describes the Dtcamtrone as a
picture of ltalian life in the sixtcemh century; and one suspects a printer's
error. As Boccacio &lt;lied in 1 ,75, there is plainly a mistakc somewhere; and
one guesses its source wheo one finds the Decamuo,~ cl.1ssi1ied as « la fable des
Arabes réduite à ses termes élémentaires». But why continue?
Evcry writer makes mistakes, and an occasional slip is pardonablc enough.
M. Dumaine makes tao many. He has (I see no reason for doubting it)
cnthusiasm for his subject : but his equipment is defectivc. His inaccuracy is
not compensatcd by brilliance of style or originality of treatment. So that one says it with genuiue rductance - there is no reason for the existence of
bis work. Scores of us bave written books, more or Jess bad, on Cervantes :
it is a sin to which youth is prone. But thcre are degrees I Thcre \\'as no
urgent need for a fresh volume, jejunc in criticism, ,,;ndy in rhetoric, misleading in det.-tils innumcrable. Not to write aoother bad book : it seems such an
easy thing to do I And, frankly, M. Dumaine bas wriuen to no purpose. I am
oot sore that he has read Cervantes: I an1 sure tbat he has not undcrstood
him. l have shown, 1isque ad 11mueam, that M. Dumaine koows nothiog to the
point ; that he his entirely uotrustworthy in matters of fact ; and a vast deal tao
fond of circulating unfounded staries. ln this respect, he rc:;embles many men,
many womeu and many cbildrcn. His punishment, like theirs, is to be
çontemptuously laughcd at. One trust:; ù1at be may Jay the lesson of thi,;

�rn8

COMPTF..6 RENDUS
COMPTES RENDUS

scorner to heart and, though his temperament be incurable, one hopes to
persuaae him to refrain in future. Whence it appears that I also have my litt!e
ambitions of a negative kiod .
James FITZMAURICE-KELLY.
R, Foulché-Delbosc. Bibliographie des voyages en Espagne et en Portugal . (Rt uue

bispa11iqu:e, 1896.)

Je remercie tout d'abord les personnes qui, dans des comptes rendus ou des
correspondances privées, m'ont indiqué des omissions : ainsi que je le disais dans
ma préface, je n'avais nullement la prétention de publier un ouvrage absolument complet, pareille chose étant impossible dans un travail de ce genre et
de cette étendue, et je m'estime heureux que l'on ne m'ait signale aucune
erreur dans les notices détaillées qui accompagnent nombre d'articles. Mon
recueil sera complété par un important Supplément que je compte publier plus
tard et dans lequel j'utiliserai à la fois les indications dont je viens de parler et
le résultat de nouvelles recherches et de nouveaux dépouillements. Je ne voudrais pas terminer ce simple [l0St-scriptum sans dire quelques mots des quatre
pages que M. Joaquin Maldonado Macanaz a cru devoir consacrer à ma B-i/Jliograpbit dans le numéro de novembre 1896 du Bolet/n de la Real Academia de la
Historia : je me bornerai à faire observer à mon honorable critique :
10 Que la Revue que je dirige se nomme Revue hispa11ique;
2° Que ladite Revue n'est pas trimestrielle;
30 Que je n'ai pas « principalement u consulté les collections de livres de
voyages du British Museum;
40 Que ma Bibliograpbie ne contient pas seulement !mit voyages relatifs au
Portugal, mais un nombre de beaucoup supérieur;
50 Que si de nombreux voyages contemporains sont insignifiants et sans
originalité, la faute ne m'en est pas imputable ;
60 Que si l'œuvre de Parcerisa intitulée Recuerdos y Bellez.as de Espaiia et
l'œuvre de l'abbé de Vayrac intitulée État présent de rEspagne ne figurent pas
dans ma Bibliographie, c'est que ces deux ouvrages ne sont pas des voyages mais
bien des descriptions .gfoérales.
Au lieu de citer soixante ouvrages figurant dans ma Bibliographie, M . M. M.
aurait mieux fait de m'en signaler soixante n'y figurant pas; il ne m'en indique
qu'un seul: celui de Humboldt. Ce n'est malheureusement pas le seul qui m'ait
échappé. Mon recueil aura, du moins, cela de bon, suivant lui, qu'il pourra
« animar i algun escritor espaôol i completarlo y perfeccionarlo » . Est-il interdit de s'occuper de l'Espagne à quiconque n'est pas le compatriote de M . M. M.?
Je ne Je pense pas, et je me chargerai bien moi-même de t&lt; compléter et perfectionner » ma Bibliograpbie. Mais ce qui précéde est évidemment peu de
chose auprés du fait suivant: d'après M. M. M. « el autor tiene el pensamiento
de publicar una Bibliografia general de los viajes vcrijicados en la Peninsula». Je

risquerni une timide remarque: j'ai eu, en effet, cette pensée, et je crois même
l'avoir mise à exécution ; que M. M. M. veuille bien regarder le titre de l'ouvrage dont il parle, il s'apercevra peut-être que cette Bibliographie que j'ai, selon
lui, l'intention de publier, est précisément celle dont il rend compte. Q11andoqtte
bo11us dormitat Homerus...
R. FouLCHÉ-DELnosc.

J. Fraaquesa y Gomis.

io,,a, diumenge 1

Don Juan Tenorio. (La Re11aixensa, diari de Catalunya, Barcede Novembre de 1896, pp. 6466-6470.)

On sait avec quelle ponctualité sont suivies les représentations du Don Juan
Tenorio de Zorrilla que donnent, le r•r novembre de chaque année, la plupart
des théâtres des grandes villes d' Espagne. Un écrivain. catalan, M. Franquesa y
Garnis, vient d'expliquer cet engouement du public d'une maniére à coup sûr
ingénieuse et qu'il nous semble intéressant de signaler, bien que nous ne
puissions l'apprécier ici . Suivant cet exégète, .:e ne serait pas à. ses propres
beautés que la pièce devrait son succés: « Lo drama d'en Zorrilla es fill de la
inexperiencia de la joventut; una foguerada d'entussiasme irreflexiu anima lo
conj1mt de la obra a falta de solits fonamems y correcdo de plan, glopadas de
versos en!luhemadors cubreixen molt sovint la pobresa del concepte 6 la
falsetat de las imatges y una excessiva complicaci6 d' incidents petits clisfressa
la lleugerissima trama que en realitat te 'l drama y que en rigor se reduheix al
rapte de D• Inés del convent, al celebérrim cpissodi del convit ab la Esta.tua y
a la conversi6 final de D. Juan. » Ce n'est ni dans des raisons d'ordre littéraire
ou artistique, ni dans des considérations esthétiques d'un got'it plus ou moins
raffiné, ni dans la puissance de la mode ou de la routine qu'il faudrait rechercher l'explication de la curiosité jamais lasse des spectateurs. Le peuple aurait
instinctivement compris le sens - doit-on dire le symbole? - du drame
célèbre, et se serait dit : &lt;c Don Jua11 Tenorio es Espanya; jo he destinat un
dia de cada any per poguerla veure tal corn es. » Ce serait donc au plaisir
qu'éprouveraient les Espagnols de voir une personnification de leur patrie que
l'on devrait attribuer leur empressement à remplir les salles de théâtre le
1•rnovembre de chaque année. Et comme cette identification de Don Juan et
de l'Espagne peut ne pas sembler trés frappante aux yeux de certains, je tiens à
reproduire les arguments de M.F. y G.
Si; no hi ha perque dubtarho. Don ]11a11 es Espanya. No aquella Esoanya de l' Edat
Mitjana en que cada regi6 valia per un regne y cada Estat creixia a I' ombra d' hermosas
llibertats conquistadas per lo poble apoch apoch emancipantse de tiraa!as senyorials,
sino l' Espanya del Renaixement, la Espanya cess:lrea, absolutista, ahsorvent, enemiga
de particularismes y de furs y de exempcioas y refractaria d tota idea de llibertat de deb6,
la invasora de cent pobles sobre 'ls quais no tenia cap dret, desoladora de comarcas avans
espléndidas, la que brandava per tota tah6 la flamejant espasa é instituhia per tota lley
los tribanals de sanch.

�ICO

COMPTES RENDUS
COMPTES RENDUS

La c:.read6 de Tirso de Molin.a es la siatesis maravellosa de tota uua época, y millor dit
encara, de tota I' Espanya moderaa, esperit que anima a aqnell jove ardent, superbi6s,
IJ611cbjllador etem, per qui ni la familia te cap ll:is ni la amistat cap valor, que no te cap
temor â la justicia ni cap respecte :i la dona, que passa la vida seduhiut casadas y donzellas $1:nse aitre fi que'l de satisCer sos baiKos desitjos y enganyarlas, y :1 tnt aix6 (_y aquf
estâ la gloria del autor) simpârich en mitj de sos cri ms, perque sou fills d' una mala
educaci6, valent fins 11 desafiar la mort, ferm eu sa esbojarrada manera de pensar fins i
rebre'l terrible clsticb en que mor impe □ ireut , es lo mateix es~rit desenfrenat y avassallatlor que aninuva :l la E;paaya de Carlos V y dels Felips yques'ha anat perpetuant fins
ara, sease corretjirse ni en los m~meuts de mise.ria de nostre esut actaal.
A aquesta Espanya be li corresponea també '1s fomosos \'ersos d' en Zorrilla
Por donde quiera qne fui
la n1zou atropellé 1
la virtud c-scarne ·i,
â la justicia hurlé
y &amp;. las mufen:s vendi.
Y \!n todas partes dejê
memorià amarga de mi.

Volen saberlo ') nom real de las douas conquistadas per lo Don Juan de h historia,
polirica moderna? Nâpols, Sicilia, Mautua, 'l Milauesat, Fhndes, Portugal, Méxich, la
Rlata, Chile, l' Ecuador . .. â que anomeaarne més si la llista fora tan llarga com la, del
Leporello de Mozart I Preguntéulashi corn )as tra~tava 'l seu enamorat y quia bon recort
ne guardatl de sas requesras amorosas ..•
Cara l' ha pagada nostre Don Juan la set de possehrr, de domi.nar, de gaudirse en la
couternplaci6 de moitas terras sevas, no pas ab mira egoista, puig may n' ha sapigut
treure cap profit, sino pel sol gust de crêures superior :\ tothom , . Cara l' h• pagada q □an
las nadons que 'J servian han trobat ocasi6 per recobrar sa vida propia y han vist la
falsedat de sas caricias y bescantantli. sa couducta l' han deixat sol en mitj del mon,
abandon;it de sos vehias, aislat per l' aborriment de tothom que l' h, conegut, y,
malaventurat y pobre, tan pobre com aqu: ll cavalier de la tr-ista figura al retirarse ,i la
Manxa després d' haverse maravellat â si mateix .:tb tot aqnell repenori de valeutissimas
extravagaucias. L' ilustre Lainartiae ho digue ab unn fr:15e molt encertada: • Don Juan
Tenorio es I' hereu de Don Quijote. •
Lo clstich de Don Jrtan es iuev'table. Lo bon Zorrilla, prenentho sensdubte d' Alexapdre
Damas, cerca per medi d' una dona la conversi6 del he roe, donant aixis al drama un
linal més mel6s, pero desvirtaant per complert Lo carâcter del personatje y desfent en
bona part ]a impresi6 fonda que ha de deixar. Lo publich pren per bo aquei,t deseoll:Ls,
comavans prenfa loque Tir,;o y Zamora li donavau y com pendra'! d' ahre Tenorlo,de
demâ que sia transportat al mateix infern. Lo que li interessa es que surti l' héroe; ni 'l
condempna, ni ') ilefensa; lo va à veure.
Pero la conversl6 de .Do,i Juan ta! corn la veyém es altament impropi;1, si no 's volen
excusaraixis totas las iniquitats. Quiru lal bi{O que tal pag11,:. L' esperit de Don Jum, ha
de ser lo mateix que era en temps de Tirso, perqne I' esperit d' Espanya no ha cambiat
gens desde 'Js temps de la casa d' Austria: igua1 y pitjor absolutisme disfressat ab aitres
noms, igual car:kter guerrer, brav11c611, ingrat, absorvent y plé d' orgull y de rniserin, En

nr

lo tristissim estat actual en que duas guerras amenassan sustréureli 'ls ültims rosegalls
de sas passada, coaqaistas y en que la faro esci :i punt de trucar :i totas las portas, no es
la veu de Do11 Juan Tenorio la que parla per boca de la prempsa espanyolo quan demana
passarho tot it foch y sanch y batallas y més batallas en que es impossible trobarhi cap
gloria y si sols nu" font de desveaturas per 300 ooo mares que ploran y :i las que ai per
humanitat al meaos ccrca niugu la ruanera d' anunciarlas que es bora ja d' acabar son
plor ?No podria dir la Espanya d'ara com lo Don Juan de Molière al morir : « Non, il ne
sera pas dit, quoi qu'il arrive, que jê suis capable de me repentir 1 •···
Probablement serân molt p:&gt;cbs los que 's fixariu en si realmeut es b no 'l Do11 Juan fa
representaci6 d' Espanya, pero si 'l tribunal de la Historia uu di:t confirmés aquei-xa apreciaci6 y cridés :i comptes â cada □ n dels actors que hauran intervingut eu lo tristissim
drama, Caralunya podrà contestar ben serena .. . que no h.i ha volgut de$empenyar cap
paper princip;1l, ni tan sols Lo de criat 6 complice, pero que si n' hi hagués tingut de
pendre, jaque com a part integrant de la naci6 li toca, n' hi corresponia més que â cap
aitre no més que un : lo de la Esta.tua acusadora.

J'ai dit que je ne pouvais donner id une appréciation de la thèse soutenue
par !'écrivain catalan.
H. GABRil!LLI.
Tbe history of D.ln Q~ixote of the Mancha, trauslatd from the Spanisb. of Miguel
de Cervaates by Thomag Sh.ehon, annis 16,12, 1620. With Introductions by James
Fitzmaurice-Kelly. Londo11 : D,vid. Nutt , 1896, t. lH et IV, pët. i11-4, L-27I et xr-

278 pp. (The T11dor tra,ulatio,u, edited by W. E . Henley, XV-XVI.)

Le compte rendu que f'ai fait l'année dernière (R. H., llI, pp. 35 3-35 s) des
deux premiers volumes de la réimpression que M. James Fitzmaurice-Kelly a
eu l'excellente pensée de publier de la première traduction anglaise du Doii
Quicbotte, celle de Thomas Shelton, me dispensera de parler longuement des
tomes III et IV rc!cemrnent parus, J'ai dit quel. intérêt s'attachait à cette œuvre,
avec quel soin et avec quel luxe elle était entreprise; je n'y reviens donc pas.
Le tome 111 est précédé d'une étude consciencieuse d'une cinquantaine de
pages qui sert d'introduction à la seconde partie. Elle est digne des plus
grands éloges : d'une part, la documentation indispensable à une saine compréhension de la dernière moitié de l'œuvre de Cervantes est donnée d'une
manière presque complètement irréprochable'; d'autre part, le caractère des
deux héros du roman, maître et écuyer, est très judicieusement étudié dans un
cbaphre (IV) dont on ne saurait trop conseiller la lecture. Il y a là une demi1. La Tia fi11gida ne fut pas publiée pour la première fois eu r8r8 à Berlin par Francèson et Wolf, mais bien en 181.4 à .Madrid par Garcia de Arrieta, d'uoe manière incoru•
piète, il est vrai . Je sais que c'est là un simple lapsus.
J'adresserai aussi un léger reproche à M. F.-R. Pourquoi accentuer l'esp.ignol du
xvn• siècle avec le système académique actuel? Samim, rslacid!t, vale11ton, Gu,pnan, congregacilm, p,;rificacion, licion, aprobaciô11, Alarc61t seraient mieu~ é-crits sans l'accent dont
jadis ils n'étaient pàS s-unnontés.

�I 12

CO.\IPTES RF.\DUS

douzaine de pages dont devraient bien se p~nètrer ceu:it qui nous resservent,
sans jamais se lasser, les même lieux communs sur Don Quichotte et Sanche.
M. F.-K. a naturellement parlé d'Avellaneda : faire autrement n'était pas
possibh:. Je ne s.1is trop sil Cf,nvenait de discuter les raisons mises en avant
par des chercheurS ingénieu:c - souvent trop ingénieux - pour voir tel ou
tel écrivain sous ce pseudonyme cèlcbre. j'incline à penser qu'il eût mil.'Ux
valu citer les noms proposés et se borner à dire qu'aucun n'était appuyé de
motifs assez plausibles pour lui accorder la moindre pr~férence. La « question »
Avellaneda est en effet fort étendue : c'est le propre de CL-S petits mystère.~ de
l'histoire littéraire d'exciter 1:\ sagacit~ de certains chercheurs et d'éveiller la
curiosité de tous. Moins on appro.:he de Li solution du problème, plus l'on
accumule les attributions et'IL&gt;s hypothèses, vraisemblables ou inattendues. On
a échafaud!! t:mt de systèmes à propos de l'auteur inconnu du volume imprimt!
:i Tarragone en 1614, qu'il s rait grand temps de remettre les choses au point
et de démontrer, par une discussion enfin sensée et s'appuyaut sur des bases
plus sérieuses que la fanuisie des uns ou l'irréflexion des autres, qu'aucun des
arguments dont on s'est servi jusqu'ici n'est Haiment probant. M. F.-K. n'a
- et avec raison - de préférence pour aucun des personnages auxquels il
consacre une courte notice: Aliaga, Lope de Vega, Blanco de Paz, Andrés Perez,
Juan Ruiz de Alarcon. Il y a un nom que je m'étonne de ne pas voir citer par
lui - non que j'y attache en ce moment une importance quekonque, mais parce
qu'il aurait pu figurer dans cette liste au même titre et avec autant de raison
que les autres - c'est celui de Bartolomé Leonardo de Argensola suggéré par
Germond de Lavigne. Mais, je le répète, l'étude critique relative à Avellaneda
est très vaste et dépasse certainement les bornes d'une lmroduction dont je
me plais, en terminant, a proclamer une fois de plus les ml:ritcs de toute sorte.
P. S. - Je ne veu:it pas quitter Cervantes sans annoncer la publication pro•
chaine d'une édition du Dou Q1,ichollt faite p,1r M. Fitzmaurice-Kelly c!t feu
M. Ormsby •. L'A ngleterre s'est toujours fait remarquer par son enthousiasme
éclairè pour l'œuvre cdèbre, et la réimpression ùu texte espagnol ne peut manquer d'être accueillie avec faveur par les hi~panisants de tous pays. Dès que les
deux volumes seront terminés, nous en parlerons en détail.
R. FouLCHB-Danosc.

ù Gir,111l : Aug. PICARO,
Ar&lt;hit•iiù•P,1/i"g"'pbt
1. El ingenioso hidalgo Don O;iixote Je b ~L,ncha, compoe:,to por , ligucl de Cer•
vantes Saa,•cdra. Primer~ Eclici6n del textu restituido Con Nous y una Introducd6n,
par Jaime Fitzmaurice•ltelly .. y l •n Ormsby. Edimburgo : imprcso por T. y A.. Cons•
table, impresores de clnur:i de Su ~hgesud. David Nutt: editor. Londres, 189ï, l vol.

MACON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEUllS

BIBLIOGRAPHIE
Romance and Other tuJies. By Geor ~ C. Kcidcl, Ph. D.,
Assistant in Romance Languagc in the Johns Hopkins University. umber two: Manual of ..-Esopic fable literature. A First
Book of Refereoce for the Period Ending A. D. 1500. Fir t
Fascicule. (with Thrce facsimile .) &amp;ltinwre: Tix F,itdmwald
Company, 1896, in-8, xx1v-76 pp.
·· ber Plan und Einrichtung d Romanischcn Jahr berichtes.
on Karl Vollmôllcr. Erlangm: Fr. Junge, 1896, in-8, 108 pp.

-

3 Mark.
Dic:sc Schrift bilJet gleichsam die Einleitung z.u dem Romanisehen

Jahreaberloht,

ciner grossanig angclegtcn Rundschau über Sprache,
litteratur und Kultur Jer romanischen \'é&gt;lker, wie sie bishcr in der neuspradl·
lichen Fachlitteratur noch ganzlich fehlte.
•
Sic bcrichtet über die Organisation des ntcrnehmcns, übèr seine innet"e
Einrichtung, wobci auch die Unterriehts-lltteratur ln der franztsalachen Spra.ohe besonJcre Berücksichtigung findet, giebt ein Vcrzeichnis
der 114 im ln• und Ausland lcbcnden Mlt:irbeitcr, welche sich mit dem
Hcuusgeber zur Abfassung des Werkcs verbunden habcn u. s. w.

Der Kampf um den Romanischcn Jahresbericht. Von Karl
Vollmoller. Erlangen: Fr. Junge, 1896, in-8, 70 pp. - 2

Mark.

Legajo Je varios. (Cairnsco de Figueroa y el cmpleo del verbo
esdrujulo en cl siglo v1; La lcngua, la AcaJemia y los Académicos ; Usurpaciones de Ioglatcrra en la Guayana vcnezolana ;
Ensayos literario ; Cuentos y otras casas) por Elias Zcrolo.
Paris: Garnier IJCrmanc,s, 1897, in- 18, x-420 pp.
La République Cubaine. La Rcpûblica Cubana. Rldaction et

ildtninistration: Paris:
ments: Paris,

20

20,

rm Saillt-Vinrtnl-de-Patd. Abonne-

francs par an; France,

22

francs; Étranger,

�sen. (Publi,:ado en los c&lt; Anales de la Universidad » ). Santiago
de Chili: Impre11ta Cerrvantes, 1896, in-8, 2r pp.
Estudios sobre la conjug.icion leonesa, por Federico Hanssen,
(Publicado en los cc Anales de la Unh·ersidad ll). Santiago de
Chile: lmprmta Cervantes, 1896, in-8. 57 pp.
Alexandre de Riqucr. Quan io era noy. Barcelona: «L'Avenç)),
1897, in-r2, 191 pp. - 5 pes.
.
J. Mass6 Torrents. La fada. drama lirîc en un acte, musica
Je Emie Morera. Text catal:i. i traduccio francesa literai. Segona
e-diciô. Barcelona: Tip. « L'A-vmç », 1897, pet. in-8, 71 pp. 1 peceta.
Jose M. Matheu. El Santo Patrono. Madrid : La Espaiia editorial, in-16, 323 pp. - 3 pes. 50.
José M. Matheu. Marrod:l.n primera. Madrid: Establecimiento
tipogrâfico de Felipe Marquis, 1897, in-r6, 425 pp. - 3 pes.

25

francs. Paraît tous les jeudis (huit pages in-fol. ; exceptionnellement, le n° 58 a eu seize pages in-fol.) Un numéro o fr. 2 5.
Les soixante premiers numéros ont paru. Presque tous contiennent des illustrations.
Eveli Doria y Bonaplata. Musica vella. Ab un prolech de
Nards Oller. Barcelona: Tip. c&lt; L'Avmç 11, 1896, in-8, 200 pp.
Estudios sobre la historia del art-e escénico en Espa.ùa. Maria
Ladvenant y Quirante) primera dama de los teatros de la carte,
por Emilio Cot:.1.rdo y Mori. Madrid : S11cesores de Rh.•adeneyra,
(Librerfa de Victorian Suarez), 1896, in-8, 205 pp. -, 2 pes.
Don Enrique de Villen!l, su vida y obras, por Emilio Cotarelo
y Mori. Madrid: Sucesores de Ri·vadeneyra (Librerla Je Victoriano
Suârez), 1896, in-8, 178 pp. - 2 pes.
Alfredo CalJer6n. Nonadas. Bilbao: lmp. Artlstica de Müller y
Zavaleta, r896, in-8, 322 pp., portr. de l'auteur. - 5 pes.
Sobre la formacion del imperfecto de la segunda i tercera
conjugacion castellana en laS- poesias de Gonzalo de Berceo, por
Federico Hanssen (Publicado en los c&lt; Anales de la Universidad &gt;) ).
Sa11tiago de Cbile: Imprenta Cervantes, 1894, in-8, 42 pp.
Sobre la conjugacion de Gonzalo de Berceo, por Federico
Hanssen. (Publicado en los« Anales de la Universidad &gt;) ). Santiago de Chile: Imprenta Cervantes, 1895, in-8, 50 pp.
Suplemento a la conjugacion de Berceo, por Federico Haussen. (Publicado en los« Anales de la Universidad ,i ). Santiago de
Chi le: lmprenta Cervantes, 1895, in-8, rr pp.
Sobre la pronunciacion del diptongo ie en la época de Gonzalo
de Berceo, por Federico Hanssen. (Publicado en lo.; &lt;c Anales de
la Universidad )) ) . Santiago de Chile: lmprenta Cervanles, 1895,
in-8, 7 pp.
.
Estudios ortograficos sobre la Astronom.ia del rei D. Alfonso X,
por Federico Hanssen. (Publicado en los &lt;c Anales de la Universidad )&gt; ) , Santiago de Chile,: lt11prenta Cervantes, 1895, in-8,

34 PP·
Sobre la conjugacion del Libre de Apolonio, por Federico
Hanssen. (Publicado en los « Anales de la Universidad &gt;&gt; ). Santiago de Chile: bnprenta Cervantes, 1896, in-8, 3 c pp.
Estudios sobre la conjugacion aragonesa, por Federico Hans-

REVUE H ISP ANIQU E

1894) 358 pages : V ingt francs.
DEUXIÈME ANNÉE (189 5) 370 pages : V ingt francs.
TR01s1ÈMEANNÉE(1896) 375 pages: V ingt francs.
Abonnement a la QuATRlÈME année ( 1897) : Quinze
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�ALPHONSE PICARD &amp;

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La correspondanda, al director, !)- Rafael Altamira, librerfa de Victo1iano
Suarez Prcciados, 48, Madnd.
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.
. .
P,mtru IÙ si.stripcid11 : En l:t Admiuistrad6n de la Revista, porterfa del A_rcl11vo ~!sto,
rico Nacional, P:tseo de Recolctos, 18, y en las librerias de Murillo, Akala, ï, Y 1cto•
riano Suarez. Prccîados, 48, :\1.i.drid.
Les abonnements pour la France sont reçus à la librairie H. \Ve!ter, rue l3onapane,

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59 !,~~pondencia al Sr. Jefo del Archivo H1st6rico Nacional, Pasco de Rc-.:oletos, t8;
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d"archives inédites ont été ses principales· sources. L'importance des .r:ipports Je la maison
de Fofx avec la Catalogne, ou moyen âge, est considérable. Gr:ice â !'habilité de ses chefs,
elle posséda des terres nombreuses sur le versant méridional des Pyrénées et dut soutenir
contre les rois d'Angon des lattes fréquentes. Les rois de Fr.ince y furent parfois mêlés,
et plus tard, devenus héritiers des comtes de Foix. ils revendiquèrent à r,Iusîeurs reprises
les droits qa'avait confér~s :\ ceux-ci leur domination en Catalogne. L histoire ~éoérale
peut faire son profit de cette étude et consulter avec profit les pii:ces justificatives qui
comprennent le tome li entier; une table détaillée rend aisé ce tr:ivail.

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Jean 1er, comte de foix, vicomte souverain de Béarn, lieutenant du roi en
· Languedoc. Étude historique sur le Sud-Ouest de la France pendant le premier
tiers du xv• siècle, par Léon Flourac. Paris, r 884, in-80, vu-314 pp., au lieu
de 7 francs so........................................ . Net 5 fr.
Monuments historiques par M. Jules Tardif (Cartons des rois). Paris, in-4•,
CXIV•XIX-711 pp. et atlas m-folio (fac-simile de chartes et diplômes mérovin
giens et carlovingiens), au lieu de so francs................ Net 15 fr.

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                <text>Editada en París, fue fundada en 1894 por Raymond Foulché-Delbosc, quien sería su primer director.  En ella colaboraron firmas como las del propio Foulché-Delbosc, Gonçalves Viana, Ernest Mérimée,  Marcelino Menéndez Pelayo, Louis Barrau-Dihigo, Léo Rouanet, Georges Desdevises du Dézert, Adolphe Coster, James Fitzmaurice-Kelly, Arturo Farinelli o Alexander Haggerty Krappe, entre otros muchos. Fue rival del Bulletin Hispanique editado en Burdeos. Cesó su publicación en 1933. La revista estadounidense Hispanic Review es considerada una continuación de la Revue hispanique. </text>
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              <text>Revue Hispanique, recueil consacré à l'étude des langues, des littératures et de l'histoire des pays castillans, catalans et portugais, 1897, Año 4, No 10</text>
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              <text>Editada en París, fue fundada en 1894 por Raymond Foulché-Delbosc, quien sería su primer director.  En ella colaboraron firmas como las del propio Foulché-Delbosc, Gonçalves Viana, Ernest Mérimée,  Marcelino Menéndez Pelayo, Louis Barrau-Dihigo, Léo Rouanet, Georges Desdevises du Dézert, Adolphe Coster, James Fitzmaurice-Kelly, Arturo Farinelli o Alexander Haggerty Krappe, entre otros muchos. Fue rival del Bulletin Hispanique editado en Burdeos. Cesó su publicación en 1933. La revista estadounidense Hispanic Review es considerada una continuación de la Revue hispanique. </text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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