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                  <text>�REVUE HI PANIQUE

•

�BlBL.10

E CA CENTRAL
U. /A. N. '-

•

REVUE
HISPANIQUE
Rm1til am.sacré d fttud~ du la,1guts, du lilliralu.-es ,t de fhistc,îre

des pays ,,islilla11s, calala1u el port11gais
DlRIGÉ

R.

PAR

FOULCH É -DELBOSC

TOME XXIX

MACON, PROTAT FRÈR.ES, IMPRIMl!URS

EW YORK
THE Hl PA lC SOCIETY OF AMERICA

Auo uaos-

PAtlK, \\'~T

156 th

STREET

PARI
LIRR.AlRIE C. KLI JCK.SlECK,

1913

l I

RUE l)E LILL!-:

-

�LE TURC DA1 S LE JUDÉO-ESPAG OL'

La langue castillane importée en Turquie par les Israélites
d'Espagne en 1492 s'est laissée pénétrer de bonne heure par
maint élément étranger, surtout par des éléments provenant du
turc, dont un Glossaire (sous le titre Essai sur les vocables turcs
dans le judéo-espagnol) a été publié par moi, avec son historique
et sa linguistique, dans la Keleti-sz.wûe (Revue Orientale) de Budapest (1904).
Au Congrès des Orientalistes d'Athènes je me suis proposé
d'en explorer le domaine phonétique, morphologique et sémantique, avec quelques remarques sur sa syntaxe, sa lexicologie
et sa rhétorique.

I.

PHONETIQUE.

Dans un pareil amalgame d'éléments si disparates, il faut
toujours s'attendre à des irrégularités et à des incorrections de
toute sorte. Le voisinage de vocables turcs et de termes d'autre
provenance dans des bouches vulgaires, devait fatalement altérer
l'articulation des premiers. Dans cette perversion phonétique,
c'est l'influence de la langue espagnole qui se fait le plus seotir.
On verra plus loin que la rudesse de certaines lettres aspirées
est constamment adoucie et que la prononciation de certaines
autres ne s'est point conservée; les sons ont été souvent confondus, allongés, doublés, abrégés, remplacés par d'autres. Ou
1. Résumé' d'une communication faite au Congrès des Orientalistes d' Athèues,lXVI• session, i:1 avril 1912.

�6

remarquera aisément que, pour la plupart de ces transmutations,
on ne peut donner d'autre explication qu'une raison d'euphorue,
exigée par une oreille habituée à l'espagnol.

- Djambaz.=djan . . . (=maqui-

M

gnon).
'T'
't
-1.emeun

A'

N

tt"•'
= .....

(= béné_ -

fice ).

- Menk-tachy =

H

A . Consonnes.
Permutations. - Les prin'cipales substitutions d'une consonne douce à une consonne dure, et im·ersement, sont les suivantes :
B remplace parfois V. Exemple :Chadirban= ... van(=jetd'eau).
'C (= tch) 'G (= dj)- Tcheyzliq = Dj ... (= dot) .
ô (grec)
p
- Radar = . . . dar (= autant).
D
T
-Dangii.a = Tarn .. . (- empreinte, cachet).
F
- Meqrouf = .. ouh (détestable).
H
- Métaftchiliq = . .dah. . (raH (-)
L
contar comique).
p
- Tefsin = Tep .. (= disque,
plat) .
V
- Fesfesé= vesvesé ( soupçon).
G (y)
- Djiyer =. . guer ( poumon).
G
V
- Saragüel = Sera vil (- caleçon).
H
A'(O - Matah = . .ta'(= objet, marchandise) .
G (')
- Yahma = yag .. (= butin).
-Ihtiza = Iq . . . (= besoin).
Ch
- Ahtchy = Ach . . . ( = cuisinier).
Le
G
- Sal-salem = Sag. . . (=sain et
sauf).
- Dolanma = Don. . (- illunùN
nation).
- Belyuzar = ben. . . (- souveR
ru r, présent).

7

LE TURC DANS LE JUDEO-ESPAGNOL

A. DA.NON

M

=

p

B

R

H ( ·)

K

t

M
N'
R

L

(S) Ch

Teh

s

s

s

T

D

V

B

con).
- Ververé = .'.. lé ( tapage).
-Jch-d1mtt = Itçh (= caleçon).
- Mechlich = ... lis (- conseil,
séance).

G
G

- Eskendje = es .. . (=torture).
-Térégê = Der ... (
degré);
Mezat = ...zad (- enchère).
-Paz_vant = ... ban (= gardien).
- Tu,gla = tug ... ( brique).
- Yuvetcb = ... guelch (= marme-

R

- Kavguir

lade).

Qt

Mehk. . . (=

pierre de touche).
- Tépéné = ... mé ( = ruade).
-Garip
rib (étranger); Chahpaz= ... baz_( tapageur).
- Masqaraliq = . .. ha (= risée).
- Bureqa = .. rek (=gâteau).
-Muchqola = ... mo .. ( 'nèfle) .
__,_ Cha.ynichiq = ... chin (- bal-

=

Kar (= bâtisse en

pierre).
Absorption. - La lettre n est absorbée par k (T1ifek = fusil),
par g (Raskélé = Rast-gelé = par-hasard).
Métathèse: ex. Intam = lmtihan ( - examen), Nalet= lamet
(= malédiction. maudit), Tevz.irat )evzirat (=calomnies).
Épenthèse. - Les lettres parasites qui affectent le plus certains mots, sont : I (q1mduriagy = cordonnier), N (anfirun =

i

�A. DANON

bravo !) R (Varchaq = fourrure de lynx) T (mastraf =frais:
Machtrapatasse et D (Ijdra =exécution).
Paragoge. - Sont ajoutées comme telles les lettres
(pervan = egard), Q (Ramgyq = fouet), R (Mujder = bonne
nouvelle) et la syllabe gy dans les noms d'agent (Batchav4ngy=
jardinier).
Apocope. - A l'inverse du phénomène précédent, le N est
parfois retranché à la fin d'un mot (yasimy= jasmin).

B. Voyelles.
En dehors de la fluctuation inhérente à la prononciation du
vulgaire, ce qui foie d'un côté confondre ·o avec u, e avec i, et
d'un autre côté modifier un son voyelle bref en un son long et
réciproquement, voici d'autres particularités relevées au sujet des
voyelles turques dans le judeo-espagnol :
Perte des aspirées- A' (dava = procès), H (Agy= pèlerin,
San= assiettes), G (da'= montagne).
Inversion - Ex. : Antiry (au lieu de Entary = veste), Pisman (= Peschiman = repentant), Zirnen (= z.emin = terrain).
Aphérèse et élision. - Lidja (
bain minéral), dolandrigy
(= escroc).
Contraction de deux sons pour former une diphtongue :
Djoap = (réponse).

=

II. LE

NOM.

Formation du pluriel. - Bien que, généralement, ce soit la
désinence espagnole qui serve à pluraliser les mots d'emprunt,
l'attraction du pluriel d'un vocable hébreu fait affecter de la
même terminaison un mot turc qui l'avoisine dans une phrase
hybride, telle que : De Aliold y de Aftirod que nos guadre el

Dio.
Distinction des genres. -

La mise au féminin des substantifs

LE TURC DANS LE JUDEO-ESPAGNOL

9

turcs se fait, comme en espagnol, par l'attraction d'un a qui,
dans certains mots, y reste constamment et intimement lié. Ex.
Bttréqa = (tourte), tchanaka (= terrine), maymona = (singe),
qisraqa (jument).

III.

ADJECTIFS.

Degrés de comparaison. - Les mots turcs : YilJi et Beter
servent, concurremment avec leurs correspondants espagnols :
Como et Mas, à exprimer le comparatif.
Pour le superlatif simple, on emploie le mot Gayet comme
succédané de l' espagnol Mny.
Des adjectifs numéraux, les cardinaux turcs n'entrent dans le
jargon espagnol qu'enchâssés dans la locution turque, empruntée
telle quelle, tandis qu'un ordinal, le mot Biringy, y est employé
comme terme d'excellence.

IV.

PRONOMS.

Dans mon Glossaire susindiqué, on trouvera des exemples
des pronoms personnels, possessifs, démonstratifs, interrogatifs,
indéfinis, suffixes turcs, d'emprunt, inséparables des phrases
qui l s contiennent et qui ont été admises en bloc par le judéoespagnol.
..
Une particularité que l'on remarque dans les propos1uon~
turques, rapponées par les ouvrages rabbiniques (v. m~n Essai
dans le Kéliti.-sz.emle, p. 2), c'est que les pronoms re1at1fs tur~s
Ki et Any (- lequel) y sont fréquemment employés pour éviter l'inversion turque (avec ses gérondifs) qui répugne à la syn •
taxe espagnole.
V. LE

VERBE.

L'infinitif, comme poin1 de départ de la conjugaison judeoespagnole, est souvent formée : 1° par la simple postposition de

�IO

A. DANON

la particule ar ou ear au radical verbal, pris soir c.lirectement à
l'infinitif turc ( ex. qan-ear = se convaincre; qarisbr-ear =mêler),
ou indirectement au prétérit (ex. agid-ear = plaindre)· 2° par
1 incorporation d'an substantif entre le préfixe em ou en et le
suffixe ar (ex. En-tchul-ar = salir; Em-balaq-ar = barbouiller).

VI.

MOTS lNVARlABLES BT SYNTAXE.

Prépositions. - Le judéo-espagnol n'en .i pas emprunté de
simples : il en compo. e d'hybrides, telle que por sebep de (=à
cause de ... ), al dolayi de (= autour de).
Conjonctions. -Voici les principales qui ont été empruntées:
ama, anjaq (mais), féqual (= cependant), yà, yaot, ( ou),
yiby (- comme), laki11, vélakùi (= néanmoins).
Tnterjcctions. - Celles-ci, entrées dans le judéo-espagnol, suffiront comme exemples: Adjaip! ouAdjaba (= c'e t étonnant!),
Aris (- en avant!), Anfirun ! (bravo!), Sus! (chut!), Tdmam?
(= est-ce possible?).
Adverbes. - Voici la liste des principaux :
r" de circonstance : por Zorlan (- par force) maqsus ( =
expressément), barabar (= ensemble);
2° de lieu : alt-usl ( = sens dessus dessous);
3° de quamité : az_-tchoq ( plus ou moins), itch (
pas,
point), tekmil (- entièrement);
4° d'affirmation: elbel (= certes), t!:vet (= oui);
5° de négation: haïr (= non, nullement);
6° de temps: dâyma (toujours) sabdlayùi (de bonne heure),
ni/Jayet (enfin), atcha11 (lorsque), d'un emploi fréquent dans l'entretien familier en turc des éfardim qui, jadis connaissant imparfaitement le turc évitaient par là la metathèse incompatible,
avec la syntaxe espagnole à laquelle ils étaient habitués. D'ailleurs, ce jargon se sert du même adverbe, pour former des
phrases hybrides dont il est coutumier, telle que : atcbat, maz.al
( mot hébreu) yoq , veutura ( espagnol) ne arar ( = quand il n'y
a pas de chance, où trouver le bonheur?) .

LE TURC DANS LE JUDÉO-ESPAGNOL

- - -- - -- -

VIL

LEXICOLOGIE ET RHETORIQUE.

L'emploi d mots turcs au os propr , ~ans le judéo-~sp~ol
a lieu : 1° pour les noms des véaétaux, animaux, ust nsiles, mstruments etc. dont les correspondants espagnols ont dû être
oubliés de bonne heure dan le ghett ; 2 n par voie de métonymie ou synecdoche, ex. Geivez ( dans le sens spécial de bois de
noyer); 3° par euphémisme : kJ,11nr (pour ne pas p:ononce~ le
mot malsonnant carbo11 =eh arb n) · 4° pour les fm rs et obJet
des non-israélites, les succédanés espagnols et hébraïques en étc111t
réservés à leurs correspondants juifs, ex. Bayram ( fête musulmane, tandis que la fête mo ·aïque se dit Moid); ya hmaq ( voile
des femmes turques; celui des dames juiv,es s'appelle dimalo ou
1-0ttmnr) · ,wmar (Téfilah), Tabout (= Aron, Mitzva), etc.; 5°
pour les imprécalÎon et le protestations en vue de leur donner
plus d'intensité, et le rendre plus én rgiques, ex. Af-edér~in !
arla-qalasi11 ! balt-etsiu, qamà (gir) sin I C'est probablement pour
la même raison que le turc est usité en s'adressant aux enfant
(11 ! ! pour les faire uriner) et, surtout aux an~maux: ~cbits !
(Halte!), yel yel ! (= Viens !) Ost ! (silenc I spécial aux chiens).
Pist ! (pour rèpous er un chat), qutchu qutclm ! (pour appeler ou
excit r un chien), etc.
Il y en a qui ne s' mploi nt qu'au fio-uré, en réservant leurs
remplaçams espagnols pour le sen propre · ex. Barut (poudre à
canon, pour dire pérulant), Tc/Jarsy (Bazar, pour dire A~air~,
ainsi : es otro Tc/Jarsy : c'est différent), Domuz. (Cochon! sale 111J1vidu !). Méché-11d1m11 (bois de cb ' oe= idiot! homme entêté!),
Cbalspaz (faucon : ironiquement BraYache), Cbaïn (
id.),
Vez_ué(balanc = fin, subtil). De ce genre ont aussi les vocabl s,
complètement ou partiellement détournés de leurs significations
primitive, tels que: Espendja (= impôt en turc, mais = tache
sur la peau, en judéo-espagnol).
Les mots et les locutions turcs sont pris de pr~férence quand

�A.. DANO.

il s'agit de choisir une exprc sion sarcastique~ x. llort1111r
(= trompe, pour dire glouton), Kirt)'q (= entaille, susceptible,
ira. cible), q11ara quich qapiya yeldy ( = l'hiver noir est à nos
portes ! pour e moquer des frileux).
C'est également avec une pointe d'ironie que e font 1es travestissements uivants:
Cbatimr (- boue), employé par plaisanterie pour Sa11mr (=
zibeline).
Yeni-dmguil (= nouvel essieu) employe pour G. Zenguin
(= parvenu). Yéri{ (= bourbier), employé pour Reys(= président) Kénef (= latrines) employé pour Kief (bonne humeur).
L'esprit du judéo-espagnol se fait voi,r aussi : 1° En prenant
un mot turc comm calembour. Ex. Andalavizo (v. notre Glossaire) z.e11bil (= corbeille) que l'on sépare par fantaisie, en Senbil (c.-à-d. qui cache ce qu'il contient à des •enx indiscrets).
2° En forgeanc des composés factices pour se jouer d enfant ,
ou se débarrasser de leur présence importune et obséquieuse (".
notre Glossaire s. v. Aliq,1-beny, durda-baq, soran-eleq).
Il arrive parfois qu~ l'on fasse précéder ou suivre le mot turc
de sa traduction espagnole, grecque, e,c. ce qui produit un pléonasme. Ex.. edjat nuevo demaôana, Sabalaïn, Ttch nada, mas
beller nuavo djedit, wxz1 yeni..
Voilà comment l'admirable souples e de l'espagnol a amolli la
langue turque et quelle a été l'a tion exercée sur les vocables annexé .

A. DA.No .

EL MAESTRO
ELIO A TO IO DE LEBRlXA
II

OTAS BIBUOGRAFICAS
Abreviaturas

=

B. , .
Biblioteca 'acional.
B. F. L.
Biblioceca de Filosofia y Letras.
B.F. D. = Bibliotec.:i.de la F:i.cultad deDerccho.
Bibl. de la R. cad. de !a Hist.
Biblioteca de la Real

=

=

cademia de la

Hbtoria.
Perg. o pergamo
encuadernacion en pergamino .
Ho!.
encuadernaciôn 4 la bolandcsa .
Ptl.
eucuadcrnado 4 la espafiola.

=

=

=

APOLOGIA
S. A:.

Antonij nebrissei't gdi.matici Apologia earum rerum q illi
obijciuntur : q3 iu quosda sacrç scripturç locos commèrariones
grâmatices edidit .
. l-s. i-s. ae. En 411 let. got. sin red. ni fol : sign. a-bij.
(B.

.-

R: 14z17.)

S. E .

Antonij nebrissefl grâmatici

I

Apologia cü quibusda Sacrae

�PEDRO LEMUS Y RUlHO
1 Scripturae locis
non vulgarit.
alius excudat. 1
S. 1-s. i- s. a. En 4° perg.

1

expositis.

(B. N , -

15

EUO ANTONIO DE LEBRQ{A

1

Cü pvilegio ne

R : 2212.) · ·

1535

il.lfi.n: Apvd inclytam Granatam Anno M.D.L111 (sine typ).
En 4° con fol• A-C. VI.
En el mismo volumen se hallan tambien: Contemptns mundi.
Doctrina mensae Io. Sup. Verulami Carmen. Floretus libellus.
Quinque claves. Aesopus fabulae. Hymnorum recognitio (Granada I'j67).

AElii I Antonii Nebriss I Ex grammatico rhetoris in conplutësi I Gymnasio : atq3 proinde Historici I Regij Apologia I earum
rerum quae illi obijciuntur. 1 Eiusdem I in Quinquaginta Sacrae
Scripturae locos non vulgariter enarratqs I Tertia Quinquagena.
·I Eivsdem ... 1 .. dedigitarum compvtatione. Apud Inclitam Gàrnatam (M)DXXXV. En 4° pcrgamino. s. i.

COSMOGRAPHIA

(B. N. -R : 1357 ; R : 9507; R: 142; U: 1332 ; l : 60770 ; 2: 26996 y 2:
30255 .)

Aelij Antonij nebrissensis ... in cosm9graphiae ... Venetiae,
1485.

(B.F. L 105-9, no 35.799.)

t485

(Bibl. Colombina, citado por Gallardo, □ 0 2648.)

BREVISSIMA COMMENDATIO
t.493

Brevissima commendario s. lectio. Salamaoca, segundo grupo
g6tico, 1493, 4 de noviembre. En 4° 42 hojas no fols. - sign:
a-d8 ~ • 0 a linea tirada, 30-34 lineas en cada plana, letra g6tica.
(Ejemplar de la Biblioteca Colombina, citado por Haebler, no 466, pag.
de su Bibliognifia lbirica del sif lo X V.)

219

CATONIS DISTICHA

S. A.

Idem ... Cosmographiae libros introductorium s. 1-s. ae

1•

(Bibl. Colombina.)

i498

Aelij Antonij nebrissensis... in cosmograpbiae libros ( of
Pomponius Mela) introductotiü incipirur, etc., 1498, en 4° •.
(Museo Britinico, c. J 2, b. J '.)

t553

Catonis I Disticha moralia I Annotationibus guibusjdam Antonii Nelbrissensis il!usltrata. 1 Dicta Sapiemum I Mimi Publiani. 1 Isocrati Parenaesis. 1 Christiani Militis institutum. j
Per Erasmo Roterodamum . 1 Anno M.D.L.III. Imperiali cum
privilegio. 1

1. Gracias al Ilmo Sr. D. Joaquin Hazaùas he podido tener nota de las
obras del Mtro. Lebrixa, existeotes en las bibliotecas de Sevilla. Si rvanle estas
Hneas de testimonio de mi agradecimiento.
2. Esta edici6n debe ser la misma de Salamanca 1498, citada por Haebler
en su Bibliograjia lbérica del siglo XV, y por Mayans Spe.imm Bibliot/Jecae,
p:ig. u.

�[6

EUO ANTONIO DE U:8RlXA

PEDRO LEMUS Y ROBIO

t533

. Ael~i Anjtonii _Nebrissensis I Grammatici in cosmographiaelibros mtroductonum, multo q antea castigatius. 1 Paris.üs. 1
Ex officina Simoni Colinaei I I 533.
En 8° encuadernado con otras obras.
(B.N . -

t : 30741, ea Julio de 1908.)

CHRONICA
t565

Chronica de los muy altos y esclarecidos reyes Catholicos don
Fernando y doüa Isabel de gloriosa memoria cornpuesta par el
Maestro Antonio de ebrixa, chronista de los Reyes Cat6licos.
- Valladolid, en casa de Sebastian Martinez. M.DLXV.
Dos volumenes en folio pasta, con 2 hojas de preliminares,
mas 3-13 fol.+ 5 de tabla.
(B. N. -

R: 10790-91.)

Este ejemplar, que perteneci6 a la biblioteca de D. Pascual de
Gayangos, lleva intercaladas bojas en bJanco en las que hay
manuscritas numerosas notas y enmiendas, preparadas para la
impresi6n. Segun Gayangos este ejemplar perteneci6 a Llaguno.
En la misma B. N. hay otros dos ejemp.lares de ese mismo
afio, R : 5595 y R : 6478, este ultimo con là portada y dos
bojas manuscritas.
t567

Al piéde un escudoirnperial: Chronica de los mvy I altos y esda-

recidos Reyes Catbolicos don I Fernando y dofia Isabel de glol
riosa memoria. 1 Dirigida i la catholica Real Magestad del Rey
don I Philipe~:nuestro sefior. 1 Compvesta por el Maestro An-

ronio de Nebrixa, 1 Chronista que fue de los dichos Reyes Catholicos. 1 lmpressa en Çaragoça. Por Miguel de Suelues al'as
Çapila Infanlçon mercader de libros. 1 Afio M.D.LXVII .
Al rromo la sûplica del niéto de Nehrija pidiendo acoja el Rey la
obra bajo su protucion, y al final de la rnisma dice : « No procede
esta Chronica mas de hasta la toma de Granada : 1 porque prevenido el maestro mi abuelo de la muerte, no pndo escrîuir el 1
descubrimiento de lndias ni la recuperacion del reyno de Napoles, ni l otras casas que despues sucedieron en tiempo destos
muy altos y poderolsos reyes. ! Antonio de Nebrixa. 1
Al folio II: Breve y compendio-lsa Adicion, hecha por el
maestro Valles I a la Chronièa de los Catholicos, y esclarecidos
Reyes, don I Hernado, y don.a Isabel de felice memoria, que fue
1por Hernimdo del Pulgàr recopilada. : y 'I compuesta en latin
por el Maestro I Antonio de Nebrissa : y 'ago =Ira en Romance
tradu=lzida por su nieto. 1 Capitula primera. El qual breuememe I rrara la causa, que rnouio hazer estas Adiciones. j Parqué esta Chronica que el diligente y I sabio escriptor de sus
tiempos Hernando del Pulgar escriaio en romace, y el docto
maestro Antonio de Nebrixa compuso en latin, j se remata, y
concluye en la nombrada presa de Granada : despues I de la
quai sucedieron en tiempo destos muy altos y poderosos I Reyes
el descubrimiento de lndias, la recuperaciôn del reyno de I Napoles, y otros grandes y varios acaecimientos, que los dichos
Chron istas de I sus magestades ( como se cree) si no fueran por
la muerte preuenidos, escriuieran cô I su elegante estilo : parescio, por darle encero cumplimiento, enxerirlos aqui por bre =
lues capitulas, cogiendo solamente de diuersos libros ya estampados la substancia I dellos. El que dessea ver y leer los mas
particula.res, y estendidos, lea las obras ya I dellos impressas, de
donde los cogimos, y quedara su animo contenta .....
En folio, 6 hojas + 248 fol.
4 de tabla, con grabados,
encuadernado en pergamino, letra gotica a !inea teodida.

+

(B. P. D, 143-z-56.)
lU!VUJ;: Hl$PAN1Q,t:rl!. D,

�18

ELIO \

PEDRO LE.MUS Y ROBIO

ro

10 DE LEBRI.

( dos columnas. En la siguiente la ttascripci6n latina.)
Al fin: Adij Antonij Nebri sen. 0 rammatici dictio=-1 num hispanarum in latinum sermooem cran = lla.tio explicita st : :1tq3
impre sa Salmantic~ (s. i-s.ae.). E11folio, letra gétiw.

DlCTIO ARIA
i492

Esta cassado este vocabulario ..... Al fin : Aleii Antonii nebriss nsis grammatici Ltxico11 ex ermon latino in hispa1ùen1sem
impressum lmantic~ Anno ana ltali christiano M.CC CXCI].
En fol. let. got. a 2 col., pasta pergamino.
(B.

. -1; 1269. )

t.492

Esta rassado este vocabulario por los muy altos I ë: muy poderosos principes el Rey z la Reyna I nuestros sefiores z por los
del su muy alto con I sejo en dozientos , diez marauedi .
Folio ai. A dos colu11mas. En la c• : Ad magnificenri simum
a perinde illulstrero O. Ioannem stunicam magistruz I militiae
dalcâtara ordiniscisterciensis. 1 Aelii Antonii ebrissensis grammatici I praefatio in i.nterpret'ltioncm dictionum I ex sermone
lacino in hispaniensem. 1 Lege foelicicer. 1
En la segu,uia columna la traduccion. castellana.
Al fi11 de la obra : Aelii Antonii nebrissensis grammàtici 1
Lexicon ex sermoue latino in hispanîen I m împressum Salmantic Anno a na l~ali chri tiano. M.CCCC.XC.IJ.
En el miswo vol,imerr d conlinuacion se balla el '/J()(abulario
espanol latino, qui comien,,,a : Esta ta sado este vocabu1ario por los
muy altos 1 , muy poderoso principes el Rey i la Reyna 1
nuestros sefiores &lt;" por los del su muy alto con I sejo en cinco
reales de placa. 1
Falio a.ij: Al muy ilustre sefior Don I Juan de stufiioa maestre
de l:i caualleria I de :ilcantara de la orden de cister. Cornien-lça
el prologo d I maestro acooio . de Lebri/xa fràmatico n la
ioterpr cacion de las pallabras castellanas en lengua latina. 1
L elo en buen hora. 1

(B.

. -

l: 1281 .)

t.495

Interpretaciôn de las palabras castellanas en latin.
alamanca, sl!Q'undo arupo g6tico, ca, 1495, lol. 106, hj . no
fols. sign : a10 b-0 8 •
(Citada por Haebler, n° 469.)

Esta obra debe ser la misma .iltimamente,. citada, y respecta â
la fecha de la edici6n . era solamente una coojetura, dado lo que
brija &lt;lice en el pr6logo.
!503

Vocabularium .. .
Poloaum et J. K.

e\"illa, r 503 . Impressum per Scanislaum
(Bibl. Colombina. Se,·illn.)

i506

ocabularius Anthonii ebrissensis (Al fin : Aefü Ancooii
ebrisseosis grammatici lex:icon, ex ermone latino in bispaniensem. Hupali impre sum per Iacobum Kromberger alemanum, anoo M.D.VI, Seuil/a, r506. ln-folio, car. aoth. sign.
a-o. aa-tt, 2 col.
(Bibliothèque

atiooale. Paris. Rés. g. X, rJ .)

Vocabularîus ebrissensis. Aelii
ebrisseosis gramatici
Lexicon i dictionariü nuprime ex hispaniëse in °allicü craduccil

�20

PEDRO LE.MO

Y RVBlO

ELIO ANTONJO DE LEBRtxA

eloquiü : cu3 qm plurimis additioibus a papa c: hugone excepris
G. L. Lugdtmi, 15 II, fol.
(Museo Britâoico, 62 f, b. 1.)

i5t2

Con tinta roja : Dictionariü aelij Antonij ebrisl = sensis nüc
demü auctü c: recognijtü : in quo adiecta sum pluqs d lcê mille
vocabula : z ex supiori I editione plusq, sexcente di/ctioes in
verom idioma I hispanü côuerse. Ex I priuilegio princi=- /pû oe
qs alius I escudat aut veodat.
Al reverso el epigrama de Arias Barbosa, que comimz.a : Cur
opus Antoni clarum at93 insigne recondis.
Al folio siguienlt! : Ad splendidissimü equestris atq3 senatorij
ordinis ·i1rum Michaelé almazanû a libellis, ab aure, a secretis 1
Ferdinandi Târraconensis z Ytriusq3 Sicilie atq3 injsularu maris
nostri regis clarissimi : atq3 proinde toti' 1 orbis hispani moderacoris aelij Antonij nebrissêsis relgîj historiographi prefatio in
secunda editionem lexi = Jci sui incipitur foeliciter. 1 .....
Al reverso del folio : Ad magnîficentissimum ac perinde illustrera uirum D . Ioaonem stunicam ..... Al fin de la obrn, fol.
CXXXVIII: Aelij. Antonij. ebrissensis. Histolriograph.i. Regii.
Lexicon Finis. 1 Fabianus Antonii nebrisseosis, F. Ad lector m
(sigue la composici611 de 16 disticos) ... En el mismo vol1îmen al folio
siguiente. Fo. I. comienz.a el Oppidorum, ciufratum monrium~
fontium, et ., y al fin de la obra, dice : Absolutü est hoc opus
in inclyta vrbe Burgensi per experturn impressorem I M. Fred ricu alemanü. impensis vero Amaldi guillermi de brocario ...
Anno dni. M.CCCCC. XII. tertio Kls. Decebris. En folio, letra
got.
Esta edici6n debe ser la citada por Gallardo, en el 11° 2640.
B. N. - R : 7693. Otro ejemplar existe en el Archivo Hisrorico . :icional.
T

y otro en l:1 Biblioteca Colombina.)

2I

Habes bic iuvenis optia lingue latine chesaurum amplissimum
ab... elio Antonio ebrissensi ... adiücto etia de nouo comentariolo Arualdi auedelii de sonis nüq impsso cü ad&lt;litioib'
nouiter p ipm additis ..... Cû tractatulo d' diptôg3 tx macinello
nouissimesup addir3 ( ig. r. vij. Donatigramatici ... barbarismus
incipicur. ig. t. ii . Diffcrëtie excerpte ex Lauretio valla ab Antonio ebrissensi.) G. L. Impensi Joaunis de Clauso per Ioan nem de pl:ttea: Luduni.1512, 4°.
(Museo'Britânico, 129J],gg. 11.)

i5t.3

Sm portada. Al fin de la obra : Aelij Antonij Nebrissensis gramatici dictionum hispaniaru3 1 in latinum ~ermonem translatio
explicita est : atq3 1 impressa Salmanticç. Anno a natali christia = 1uo 1illesimo quingetesimo decimo terltio absoluta in
dom.i domini Lauirentij hon de deis. 1
ignaturas a-a iiü-iiiii
kiii. En folio. pasra. encuademado
..:on el Dictionarium Burgos. I 5r 2.

+

(Archivo Histôrico Nacioaal. Biblioteca, 886.)

ocabularium. alamanca, I 513.
(Bibliocbeca Colom bina .)

:l.5t4

Dicrionarium Aelii An tonii ebrissensis n.1;1nc demum auctum et recognitum in quo adjecta sunt plus quam decem mille
vocabula ex superiori editione, plusquam syxcente dictiones in
verum i&lt;liomata hyspanum conversa, etc. Caesaraugusta,
excussa cura G. Coci. 15 14 . In folio, letra g6tica, ~246 folios a
2 col.
(Bibl. de la Real Acad. Espaùola y Bibl. Nationale de Paris, Rés. X,
2;8 .)

�22

t5t6

Dictionariü Aelij Antojnij 1ebrissefi. nüc dmü I auctù i recognitü. 1 in quo adiecta sunt plusq decè I mille vocabula : z ex
superi =lori edictione plusq3 sex= /cente dictiones inve lrum
idioma hys= '. panum con =1uerse re. 1 (Tod-0 lo anterior con
tinta roja, sigue una +). Ex puilegio princi = /pum ne quis alius
1 excudat aut vèdat (Roto el pie de la portada).
Al fin de la obra : a b cd e f g h i k l I m n op q r s t u x.
1 omnes sunt quaterni preter x qui est I sexternus. 1 Al re:uerso
del folio : Aelij Antonij nebrissensis regij bisto= lriographi dictionarium lecturis Christophorus nufi.es I christi iesu indignus
sacerdos plurimam sa lute exoptat ... loque finaliza al folio siguiente

=

con unos disticos del mismo Cristobal N1inez. y a continuacion se
halla el vocabularia geografico al que sigtte el Vocabulario de 1·0111atu:e
en latin, nue:vamente corregido y au111entado, )' al final de este :
Hispali. Anno a natali christiano Millesimo quinl = gtesimo
decimo sexto tertio kalendas mais abjsoluta in domo Ioannis
Varele sallmanticencis 1 . En 4° pasta perg0 •
(B. N. -R : 2219.)

Vocabulario de Romace en latin hecho por. .. A. d' ebrissa
nuevamëte corregido .:: augmetado . mas de diez mill vocablos de
los que antes solia tener. G. L.-J. Varele. Hispali, 1516, 4°.
(Museo Britanico, 1,1941, bbb.)

Vocabularius ... G. L. Parisii.

I 516,

23

BLIO ANTONIO DE LEBKIXA

PEDRO LEMUS Y. RUBIO

a papa et Hugone excerptis ... Venundantur Lugduni a Philippe
Guarin, prope Sauccum Anthonium et Valentie prope anctum Apollioarem (Al fin) : Impr ssus Lugduni, anno mi\lesimo
quingeotesimo decimo septimo, die vero mensis octobris decimo quinto. Lyon, 1517. In-8, car. goth, sign, a-z &amp; A-C.

•

(Biblioth. Nationale, Paris, Rés . X-1852.)

Dictionarium latinum : item Vocabulario de romance en latin
corregido y aumentado.
Sin portàda (1517 ?) En 4° pta.
(B. F.L. 86-5, no 27959 .)

Dictiot1arium (con pr6logo de Cristobal Nunez).

i5t7

Vocabularius ebrissensis. Aelii Anthoni Nebrissensis ararnmatici lexicon i. dictionarium , nuperrime ex bispaniense in
gallicum traductum eloquium, cum quam plurimis additionibus

5 r7.

(Citado por Suana, p-ig. 36.)

Lexicô (fttlto de portada) : s. 1- ni àe . (Salàmanca 151 7 ?) A
continuacion Voçabulario de Romace en latin (portada impresa

con tinta roja). En 8°.
(B. N. - R:

2700

y B.F. D.

14 1-2- 11.)

1.5{9

Dictionarium Nebrisense (publicado par Escobar con la correspondeucia enitaliano). Sicilia, 1515-1519.
(V• Suaiia, pag. 27, nota.)

4°.

(Museo Britânico, 625, f. 3.)

I

Idem trilingüe. Veneçia, 1519.
(V• Suaiia, pàg. 37, nota 2.)

V ocabularius Nebrisseusis. Parisiis, 1 5 I 9.
(V. Spt!cimen Bibliotb. Hispano Maians, p:ig. to.)

�PtOKO LEMU

!:.LIO AXTONI

Y RUBIO

!528

!520

ocabulariurn ebrissense ex latino sermone in icilem em et
hispaniensem denuo traductum, adiuncti insuper L. Cbristophoris Scobarî., viri eruditi imi reçonditissimis additionibus.
Venetiis per Bernardinum Benalium. anno 0ni M.O.X , die
XXV Marçii.
(Citado por uaôa,

DE LEBRIXA

pag. 40,

, por el Ms. &amp;.no.)

Diccionarium, cum privilegio imperiali. Compluti 1528, decimo exto k.11. novembris.
(CitaJo n el M . 84ïo de la B. ; . )

!530

Oictionarium ... Compluti, r530.
(Citado por Su.iôa, pag. 40,

Dictionarium per eundë n.:cognitum atq3 exactissime correctum. CompJuti. fn officina Arnaldi Guillelmi de Brocario.
r 520. In-folio.
(B. N. -

R: 7701.)

i522

Vocabularium, çum privilegio elij Anronü ebri ensis Dictionarium nunc demum recognitum, in quo adjecta sum editione plusquam decem mille voca.bula. Ex lmperatoris privilegio ... .Al fin : Reco!ffiitum, summaque diligentia castigatum,
atque Francisci Trincberi t Raphaelis Dauderi ec Francisci
Romeî, mercatorum ciuiumq3 impensis pulchro Charoli Arnorosi exactissimi arcificis. Barchinone impressum anno r 522 die
mensis decembris 22.
(Ciiado por D. Bartolom~
2642.)

J.

G.i.llardo

èl1

ll01.a

1.)

1532

Dictionarium elij ntonij ebrissef1. per
eund rn recognitü
\
atq3 exaccissime correctum. - Copluti. . i-M.D.XXXIJ.
En folio. - lc:t. gor. a 2 col. pasta pergamino.
(B. '. - R: z 05.)

Dictiouaria ·cilicet tria Lacino Hispanicum, Geo,•raphicum et
Hi::.pano latinum. - Curupluci, 1532 . Eu folio pasta.
(B. ·. -

1 :

50177.)

1533

Dictionariu ... Vai-ti1:, 1533. [n fol., let. got. p. p rgamino.
(B. N. -

su Biblioteca con el nùmero

R : 7691.)

1538

Dictionariü ... (&lt; I 522 ?). En folio,jalto de portada · de i:arias
hojas. Encuadernaci6n becerro obre tabla.
(B. ' . -

1 :

50177 .)

t523

Vocabularius ... G. L. Parisii, 1523, 4°.
(Museo Brit:aaico, 625, f. 4.)

\"ocabv!larivs nebri en - h,is I elüAntonii nebrisl ensisGrammacici luculentissimi de lingua laLina benc:lmeriti [t,..v:icv11, id
est, D.ictionarium, nunc deniq3 1 ..... JJ,1risîi . 1 Apud Ioannem
Maci sub imersignio scutî I Britanniae. In clauso Brunello com1il0rante. 1 15 3 1 .
En 8° pasta, letra gotic.1 :i. 2 columnas.
(B. N. en .:atalogacioo.)

�26

PEDRO LE {U

Y R UBlO

Vocabvlarivs..... Lexicon, aut Dictionurium diligent. impr.
cast. et a mendis vindicatum, nuperrime auct. permult. diction.
tam latin . quam gall . . . Parisiis . J. Savetier. 1538. In-8°.
(B. N. -

27

ELlO ANTONIO DE LEBRlXA

35184 .)

1 :

num Aelio Antonio Nebrissensi interprete ... pnstmo nitori ...
Ioannis Belleri ope ac studio restitutum. Ad haec dictionarium
propriorum nominum ... Antverpiae in aedibus ]. Steehii, 155 3.
In-4° .
(Bibl.

:t.545

Ejus interptetatio dictionum ex Sermone Latina in Hispaniensem. Granatae, 1545. En folio perg. falto de portada.

ationale. Paris, X 2201 .)

:t.555

Dictionarium ... Lugduni, 1555.

(B. N. - 3 : 2976.)

(Citado por Suaiia, pâg. 37, nota 2~.)

S . ..t:.

Antonii Nebrissensis dictionarium oppidorum, cm1tatum
montium, fontium, fluviorum 1 lacuum, promontoriorum, portuum, sinuum, insularum et locorum memorabilium, in ordinerµ alphabeti digestorum. Venundatur Parrhisiis a Reginaldo
Chaudiere, in vico sancti Iacobi, sub imersignio Hominis silvestri (sic) commorante. Paris(s. d.). ln-8°. sign. A-BB, 2 col.
(Bibl. Natiouale, Paris, Rls. p.

Dictionarium ... cvm ex alijs eiusdem comrnëtarijs : tum ex
Lexico latino nondum edito [ex Hispanie.Qsi in latioum secn10nem . Dictionarivm propriorrn1 nominvm oppidorvrn, ciuitarü ... J
Nunc denuo correctum .. . Apvd inclytam Granatam M.D.LV.
3 partes en un vol. folio pasta.
(B .

N. -

ü : 6625.)

:t.560

z, 20;.)

Dictionarivm latino-hispanicvm, et vice versa Hispanico lati-

:t.548

nvm, ... nvnc denvo ingenti vocvm accessione locuplet.).tum,

Dictionarium ex hispaniensi in latinum sermonem. s. 1.
r 548, 1 vol. in folio, retrato del autor.
(Bibl. dt: la Real Acad . de la Historia, 4-10-7.)

:t.552

pristinoque nitori sublata mendarum collume restimtui:n. Ad
haec Dictionarivm propio.rnm nominvm, ex ... Graecœ &amp; latiuae linguae autoribus, addita ... neoterica locurum appellatione
concinnatum. Antverpiae. aedibus Io. Steelsii (Typis Io. Latii).

M.D.L.X.

Dicrionarium hispano-latinum et latino-hispanicum. Granatae,
s. i. r 5p. En folio, pasta.
(B.

.-

2:

46618.)

:t.553

Dictiouarium latino-hispanicum, et vice versa hispanico lati-

obras en un volumen 4°. m 11 " pergamino. El diccionario de
nombres pTOpios es de r S53.
2

(B. N. -

2:

38233.)

Lexicon latino Catalanvm , seu Dictionarium ... ipsius auctoris
opera ... auctnm : nunc vero ... cura, ac vigilantia doctiss. virorum locupletatü: &amp; ideiu ex-catalano in latinü sermonem versum.

�ELIO ANTONIO DE LEBRIXA

PEDRO LEMUS Y RUBlO

Onomasticon etiam ... Medicum Dictionarium ... emeodatum , &amp;
adiecrum ... Barcinone. C. Bomatius. 1560.
3 obras en un volumen, fol. p. pergamino.
(B. N. -2 : J72 .)

i56i

t578

Dictionarium. Imo quadruplex eiusdem antiqui Dictionarij
supplementum. Nunc de nouo epotis sui diligentia ex:cussum
atq3 correctum et mulriplici vocum additione locupletatulh ...
Antiquariae: ln aedibus Aelij Antonij
ebrissensis. M. D.

XXVIII.
Dictionarium ... Curn ex aüjs eiusdem autoris commentarijs :
tum e-x lexico Latino nodum aedito. Nunc denuo correctum
impressumq3 ... Apud inclytam Granata111, 1561 fol.
(Museo Britânico 65 5, i-14.)

i570

Dictionarium Latina Hispanicum, et vice versa Hispanico
Latinum ... Aelio A. ebrissensi interprete, nunc denuo ... locupletatum, pristinoq : nitori .. restitutum, etc. (Edited by L. Nonnius). Antverpiae, r 570, 4°.
(Museo Brit:inico 12943, e. 7.)

t572

Dictionarium quadruplex cum ejusdem commentariis, nunc
denuo locupletatum. Granatae: irnperiali cum privilegio, r 572.
En folio perg. (portada grabada. Deteriorado).
(B. F. L. - 83-4, n• 26743 .)

i574

Aelii Antonii Nebrissensi ... Dictionarium. Imo quadruplex
ejusdem antiqui dictionarii supplementum. 1 une de novo nepotis .sui diligentia excussum .... Antiquaria:e, in aedibus Aelii Antonii Nebrisse,zsis, 1574. 3 partes en r vol. in-4°.
(Bibl. Nationale. Paris. Rés. X. 874.)

Eu folio pasta.
( B. N. -

U : 10535.)

1581

Dictionarium ... immo quadruplex ejusdem antiqui Dictiouarii supplementurn ... Nunc de novo epoti$ sui diligeutia e,-cussum atque correctun, et multiplici vocum additione locupletatum ... Aotiquariae : in aedibus Aelii Ant. ebrissensis r 581.
Grabado. En 4° p. pergammo.
( B.

·-

3 : 3747.)

t585

Lexicon seu Dictionarium ... Ipsius auctore opèra primum
concinatum et posrea multis accessionibus auctum : nunc vero
jam denuo post omnia alia innumeris dictionibus cura ac vigilantia doctissimorum virorum locupletatum, et ex Latina ser mone in Cathalanum et Castelh111um ad omnium studiosorum
vtilitatem conversum.
Item etiam ex Carbalana et Castellaoa Lingua in latinam versum ... Barcinone: Apud Ant. Oliver, r585. En folio menor
pergamino.

Diccionario
de romance en latin por [ el Maestro Elio
Antonio de I Nebrissa Grammatico Cronista de I los Reyes

�F

PEDRO LEMUS Y RUBIO

ELIO ANTONIO DE LEBRIXA

Catholicos,
van anadidas en esta vltima impression I pocos
vocablos porque en el primero del L·ttin se aiiadieron mu 1
chos. Y alli se han de aueriguar si es de Ciceron el vo I cablo, 6
no. Y tambien su Accento. 1 (?) 1 Pvso se ahora nvevamente en
el fin &lt;leste I vocabulario vn compendio de los vocablos Arabigos corruptos, de que corn I munmente vfamos en nueftra lengua Cafrellana 1 (Retrato del antor). 1 Con privilegio real. 1 En
Granada I casa de Antonio de Nebrissa. 1 Ano de I M.DLXXXV 1 (:)
A la vuelta los disticos de Fabian, Antonio y Sebastian de
Lebrixa al retrato de su padre.
En folio pasta, sign. A5 - li7
K3.

tria Ioan Lapez errani... nunc tandem innurneris vocibus ex
Cicerone et aliis Clasicis Auctoribus petitis auctum et lo~upletatum ... Graoatae: in aedibus Antonii Nebrissensis Xanti. F. Antonnii n. 1585.
En folio menor. p. pergamino.

+

{589

Dictionarium. lmo quadruplex ... r 589. Granatae M. R. Mercadtr. 3 partes en r vol. in-fol.
(Bibl. Nationale. Paris. X. 844.)

(Biblioteca de S. M. el Rey.)

Lexicon sev Dictionarivm Aelii Antonii Nebrissensis, 1ps1vs
avctoris opera primvm concinnatvm, et postea mvltis accessionibvs auctvm : nunc vero denuo post omnia alia innumeris dictionibvs cura ... cornpletatvm &amp; ex Latino sermone in Cathalanvm &amp; Castellanvm. conversvm ... Idem etiam ex Cathalana et
Castellana lingva in Latinam versum.
Onomasticon praeterea nominvm propriorvm mvlto locvpletivs ... Huic subiun.x.imus rei Geographiae ... lexicon, in quo
locorvm neotericas ac vulgares appellationes tum Cathalanas
tum Castellanas inuenies. Accessit eivsdem auctoris medicvm
Dictionarivm in sexcentis pene locis nunc denuo suae integritate restitutum. Adiecimus in fine Valerii Probi ... de litteris
antiquis opuscvlvm... Barcinone. Apud Ant. Oliver M. D.
LXXXV.
3 tomos en I vol. pergamino.
(B. N. -

2:

56893.)

Dictionarium imo recens accessio facta ad quadruplex eiusdern antiqui Dictionarii suplementum ... Opera vero et indus-

Diccio~ario de romance en latin, van afiad,dos en esta ultima
impresi6n pocos bocablos : ahora uuevamente eu el fin un
compendio de los.vocablos arabigos corruptos &amp; recopilados por
Franc0 Lopez Tamarid. Granada: en casa de Aot 0 de Nebrissa
1589.
En folio pasta. Prou.de-nti de la Bibl. del d11que de Osuna.
(B. F. L. -

I 18-4, o0

39648.)

i595

Dictionarivm Aelij Antonij Nebrissensis, imo recens accessio
facta ad quadruplex eiusJem antlqui Dictionarij suplementum.
Quorvm primvm continet dictiones Latinas in sermonem Hispanum versas. ecundvm aurem voces Hispaoas latinitate dooaras. TerriYm vero nomina propria Regionvm, Vrbivm, montivm,
etc ... Quartvm &amp; vltimvm neotericas ac ,·ulgares regionvm &amp;
urbivcn appellationes viceversa complectitur.. . Opera vero et industria Magistri Ioannis Lopez Serrani, nunc tandem innumeris vocibus ex Cicerone, &amp; aliis Classicis Auctoribus petitis auctum &amp; locupletatvm. Antiqvariae: in aedibus Domini Augustini Antonii Nebrissen, M.DXCV.

�PEDRO LEMUS Y RUBJO

ELTO ANTONIO DE LEBRIXA

En folio, pasta. Esta faltCI del Di.ccitmario arabigo, y desde la sign .
Hhh 2 hasta el fi11.

emendataque quotidiani sermonis barbaries, opera M. Joannis
Alvarez Sagredo, Burgensis ... Omnia ... non paucis erroribus
vindicata ... opera R. P. M.F. Petri Ortiz de Luiando ... Matriti,
imp. G. a Lean, r638-r640, 3 parties en r vol. in-fol.

i6i2

33

(Bibl. Nationale. Paris. X. JJo.)

Dictionarium Latine hispanicum geographicum et Hispano
Larinum ... Hispali . Alph. Rodriguez Gamarra, 1612.
( Citado por Escudero en la Tipografia Hispalense.)

Vocabularium... Antequera r6r2 por Augustin Ant
Lebrija.

0

de

{638

(Sin portada) Por la licencia del Rey, para hacer la impresion, se
infiere quien fué el impresor,. Dice asi: u Por cuaotp por parte de
vos Matheo Hernan .. (lo demas esta roto) y continûa : impresor de
libros desta nuestra c6rte .... : . » En Madrid aiio I 638.

(Citado por el Ms. L. Ve apéndice G.)

(Biblioteca del Seminario de C6rdoba.)

'

i6t5

t655

Dictionarium ... imo recens accessio facta ad quadruplex ejusdem antiqui dictionarium supplementum; opera et industria
Joannis Lopez Serrani auctum et locupletatum ... Ultima editione
a mendis purgati. Matriti. apud Joannem de la Cuesta 1615.
En folio. perg.

Dictionarium latino-hispanum &amp; hispano-latinum. Lvgdvni,
1655.
En folio pasta.

(B. F. L. - 83-1, n° 2674r.)

i622

Dictionarium ... Al fin: En Madrid. Por Juan de la Cuesta,
de consentimiento de D. Agustin Antonio de Nebrissa y sus
herederos. Aiio MDC. XXII.
(Perez Pastor,

11°

1867 de su BibliOfrafia mndrile1it1. Madrid , 1901-1907,

3 tomos.)

(B. N. -

4326.)

Dictionarimn .. (sin p01tnd1t). La tasa : Madrid, r655. En fol.
pergamino.
i656

Dictionarium .. . Praeter J. Lopez Serrani labores, ex Ciceronis lexicis ... multa ... addita. Index ... opera J. Alvarez Sagredo ...
vocabula a P. Ortiz de Luiando ... insuper sex millia pene vocabula ... per G. Ocahasa. Ex typographia Regia Matriri 1656. fol.

i638

Dictionarium Aelii Antonii Nebrissensis ... praeter Ioannis Lopez Serrani Malacitani labores ex Ciceronis lexicis .. .- buic ultimae_editioni ... mulra ... addita. Index insuper ... in quo opposita

1 :

(Museo Brit:inico, 625 i, 16.)

{674

Dictionarivm Aelii Antonii Nebrissensis grammatici ... Accessio
J\EVUI! HISPANIQUE, D.

J •

�PEDRO !.EMUS Y RUBlO

34

EL!O ANTONIO DE LEBRIXA

facta quadruplex eiusdem aotiqui dictionarii supplementum ...
Praeter Ioanois Lopez Serrani, ex C1ceronis Lexicis &amp; bis lectoricis multa, quae desiderabantur... Accesserunt permvltae dictiones ... Matriti, Typ. Regia, 1674.
8 hoj. + 958 pag. a 2 col. En fol. rn• perg. Ponada a dos
tintas.
(B. N. -

2 :

64524.)

Dictionarivm . .. imo recens accessio facta quadruplex eiusdem
antiqui dictidnarij supplementum. Quorum ... Quarrum, &amp; ultimum voces Hispaoas Latinitate donatas ... Insuper sex millia
pene vocabula addita per M. D. Guilielmum de Ocahasa. Tandem hac vltima editione prodeuot plusquam quatuor mi Ilia vocabnla studio, &amp; diligeutia L. D. Joannis Gonzalez Manrique.
Matriti: Ex Typ. Regia 1674.
4 partes en 1 vol. fol. con el retrato del amor en la portada,
pasta.

t729

Dictioaarium ... imo quadruplex ejusdem anriqui dictionarii
supplemeotum ... ornnia recognita ... a P. M. Petra Ortiz de
Luiando, èt addita per Guill. de Ocahasa, et Joan. Gonzalez Maorique... Ultirna editione revisa, recognita et correcta. Matriti.
Offic. regia apud Josephum Rodriguez de Escobar, 1729. In-folio
perg0 •

Dictionarium .. . imo quadruplex ejusdem antiqui dictionarii
supplementum: quorum prirnum continet dictiones latinas in
hispanas versas . Secundum nomina propria region. et urb .. .
Tert. neotericas a vulg. region. et urb. appellatiooes: Quart. voc.
hisp. latinitate donatas ... ultima edit. rev. et corr. Matriti. Ex.
officina Regia, 1729.
3 partes en I vol. fol. perg.
(B. N. -

i683

Dictionarium Aelii Antonii Nebrissensis... accesserunt per
multe dictiones ... Matriti. Typogr. Regia. 1683.
5 hojas
835 pâg. fol. m• perg.

+

(B. N. -

(B. N.-

I:

36239.)

t724

Idem, 1724 Matriti mmpt. F. Lasso et
folio.

J. Lasso -{ilio. In-

(Bibl. Nationale de Paris X. J J 1.)

I:

36962.)

i735

Dictionarium ... Sevilla 1735.
(Bibl. Colombina.)

3 : 26074, ex-libris de Gayangos.)

Dictionarium Latino hifpanum et Hispano latinum auctum a
J. Lapez Serrano, a Fr. Petro Ortiz de Luiando &amp; in hac ultima
edit. studio et diligentia L. D. Joannis Gonzalez Manrique.
Matiiti. Ex Typographia Regia 1683. In folio, pasta.

35

i75t.
I

Idem ... Madrid 175 r.

(Bibl. de la Universidad de Sevilla.)

i754

Dictionarium redivivum sive novissime emendatum, auctum
locupletatum et restitutum: accesserunt notae hispanice et latine
••· editio recognita, illustra ta ac locupletata per Ildefonsum

�\

PEDRO LEMUS Y RUBIO

ELJO ANTONIO DE LEBlllXA

Lopez de Rubiàos, pars prima. pars altera complectens Dictionarium hispanicum emendatum'. Matriti, apud Ant. Martinum,

i76i

1 754·
2

vols. fol. pasta .
(B.F. L.- 87-3, n° 28385-86 .)

Dictionarium.,. redivivum sive noviss. emendatum, auctum
et in rneliorem formam restitutum, euro not. antiquorum hac
postr. ed. et ind. locuplet. urb. oppid .. . a Ildephonso Lopez
de Rubino. Matriti 1754. 2 vols. in-fol. perg0 •
(B. N . -

r:

36963-4.)

1754

Dictionarîum ... Madrid 1754.
(Bibl. de la Uaiversidad de Sevilla.)

1756

37

Dictionarium emendatum, auctum, locupletatum Matriti Josephus de Urrutia, 1761.
2 vols. 4° perg.

1764

Idem. Madrid, 1764.
(Bibl. Colombina.)

t77i

Dictionarium ... imo quadruplex: ejusdem antiqui dictionarü
supplementum, omnia revisa... aucta, càstigata, illustrataque
prodeunt opera, studio, diligentia P. Eugenii Zeballos. Matriti.
apud Joachim Ibarra, 1778.
En folio, pasta
(B.F. L. - 87-3, n° 28394.)

V.

Antonii Nebrissensi~.
Cl. Grammatici et Regii Chronographi Dictionarium novissime emendatum, ac novis sub inde
accessionibus auctum, locupletatum. Pars secunda. Matriti. Apud
Josephum de Urrutia. Typographum. Anno MDCCLVI.
(Biblioteca del Seminario de Badaj6z.)

1758

Dictionarium ... imo quadruplex ejusdem antiqui dictÎonarii
supplementum... omnia recognita a P. M. Petro Luiando, et
addita per Guill. de Ocahasa et Io. Gonzalez Manrique ... ultima
editiooe revisa, recognita et correcta. Madrid : offic. de Manuel
Martin. 1758.
En fol. perg.

t778

Antonii Nebrissensis... Dictionarivm redivivum nov1ss1me
emeudatvm ac novis subinde accessionibus auctum ... ( cum Dictionarium proprium nominum, civitatum, oppidorum ... ab
Antonio ebrissensi compositum ex editione Granatensi anni
1555 translamm). Postrema editione ... opera et studio R. P.
Frat. Ildephonsi Lopez de Rubino ... Matriti. Michel Escribaous,
1778.
2 vol. folio, perg.
(B . N. - 5: 7617 (falta el tomo 1.)

1780

Dictionarium .... imo quadruplex ejusdem antiqui dictio oarii

�PEDRO LEMUS Y RUBlO

EUO ANTONlO DE LEBRIXA

supplementum ... Matriti. Apud Michaelem Escribano Typographum. MDCCLXXX.

!5t8

(Biblioteca del Seminario de Cordoba.)

Dictiouario medico, r5r8(impr. por Brocario).
(Nicolas Antouio, y Suafia, pag. 45, nota z.)

t.789

Dictionarium ... imo quadrnplex ejusdem antiqui Dictionarii
supplementum .. . Accesserunt permultae dictiones tum ex sacris
Bibliis, tum ex utrisque juris volutninibus . .. primum aR . P. M.
Fr. Eugenio Zeballos accuratius revissum atque locupletatum.
Postea pluri.Jnis mendis, ac vocibus purae latinitatis suspectis
expurgatum a D. Enrico de la Cruz Herrera ... Matriti: Apud
Petrum Marin, 1789.
En folio perg.
(B. N. - 2: 6182,.)

t790

Dictionarium .. . Omnia opera per J. Lopez de Rubiiios
recognita ... demum mendis expurgata et in melioretn statum
restituta a D. Enrico de la Cruz Herrera. 2 partes Matriti, 1790.
En folio .
(Museo Britanico, 625, i, 17.)

i 792

Dictionarium ... revissum a R. P. M. Eugenio Zeballos.
... Compluti. M. DCCXCil.
(Bibl. de S. M. cl Rey.)

Dictionarium .. . Madrid, 1792.
(Bibl. Universidad de Sevilla.)

Dictionarium ... Madrid. Ibarra Ualta el t-roz.o de ho;a que contenia la fecha . Arreglado por D. Eugenio Zeballos.)
. (Bibl. Colombina.)

t837

Diccionario I Espaiiol-Latino I por I el P. Juan Cayetano
Losada I de la Virgen del Carmen, 1 del Orden de las Escuelas
Pias en su Colegio de San Fernando de Madrid, 1 é individuo
de la Real Academia Greco-Latina. 1 Madrid I Imprenta de la
Compaiiia general de Impresoçes y Libreros ] 1837.
En 4°, 2 fols. de ponada y pr6logo + 719 pâginas.
En el pr6logo expresa el autor que su obr:J- es una nueva edici6n del Diccionario de Nebrija corregido y aumentado por
Lapez de Rubinos y de la Cruz Herrera, con adiciones.
DIFFERENTIAE
t498

Nebrisswsis Ael. Anton. Differentiae excerptae ex Laurentio
Valla, Nonio Marcello et Servio Honorato. Salamanca-segundo
grupo romano, ca. 1498-4°.-22 hojas foliadas-sign . AB 8C6.
(C. Haebler, n° 474, pag . 224.)

Differentiç excerpte ex laurêtio ualla onio marcello &amp; Seruio honorato ab Antonio nebrissensi (s. 1. -s. t, s. a). In-4°22 fol• con la salutatio ad patriam impresa a continuaci6n.
( Encuadernada con el Compendium Grammaticae de 1. Pastrana.)
(B. N . -1: q9.)

Differentiae ex Laurentio Valla Nonio Marcello et Servie

�PEDRO LEMUS Y RUBJO

Honorato excerptae ab Antonio Nebrissensis. (Veoetiis, apud
Christophorum de Cremona, s. d.). Io-4°.
(Bibl. Nationale de Paris, Rés. X 812 .J

ELEGANCIAS ROMANZADAS
t.5t7

Elegancias romanzadas. -

Alcalâ de Henares. 1517.
(Bibl. Colom bina.)

t.526

Elegancias romanzadas. Alcala de Henares. 1526.
(Bibl. Colom bina.)

i576

ELIO A. ' TONLO DE LEBRlXA

En 4° letra romaniila sin reclamos ni foliacion (10 hojas)
contieoe también los poemas :
Salutatio ad Patriam.
De patriae antiquitate, fertilitateq ue ejus et parentibus auctoris.
Salutatio ominalis ad Ferdinandum regem in die calendarum
Januarii, in persona pueri cujusdam ...
Ad eundem epiphania Domini

sign. a'

0,

De Emerita re:.tituta
Ferdinandi ac Helisabethae, hispaniae Regum clarissimorum
Profectio ad D. Jacobum ...
Epitaphium in sepulcrum Ducis Albani.
(Citado por Gallardo, n° 2652, y por Haebler,

•

{534

Idem. Granada. 1534, en-4°, impreso con otros opusculos.

Eleganc1as ro!mançadas por el maes1tro Antonio de nebrixa

mvyl necessarias para introduction de la lengua latina I nuevamente corregidas y en I mendadas : ntiqvariae. 1 In aedibus
Aelij A. Nebrissensis. Anno I dni. M.D.LXXVI.
108

folios. En 4° pergamino.
(B. N. - R :942, R.. 2207, R. 2728 y R5336 .)

EPITHALAMIUM
U9t

Epitbalamium in nuptiis Clarissimoru1n lusiltaniae principum
Alphonsi ac helisabetha I lunioris ; quod Antonius uebrisefl.
poeta in ipsa I dierum festorum celebritate preesens lusit. (Al
fin). Impressa uero sunt Salmanticae Anno A natali I christiano
M.CCCC.XCI. Idibus Iuliis. Finis. Deo g-ratias . (B. R.)

n° 471.)

(B. N . -

R: 2763.)

GRAMATICA
t492

Comienza la gramatica que nuevamente hizo el maestro
Antonio de lebriu sobre la lengua castellana ... (Al fin: Acabôse este tratado de grammatica ... en el aiio... de mil e
CCCCXCIJ a XVII de Agosto . Empresso en .. . Salamanca.
En 4° m. 66 hojas sin foliar, sign. aii-i-ii, letra g6tica. Se
duda si la fecha del colof6n es de la composici6n ô de la impresi6o. Floraues refiere una edici6n de Sevilla 1492, citada por
N. Antonio.
(B. . -1 : rn70, I : 1749, y los ap6crifos U : 402, R : 2 14 1, R: 2123 , I:
1985 y 2: 56259 de las ediciooes de 1765 y 1770 . )

�42

PEDRO LEMUS Y RUlllO

t.9i0

43

EUO ANTONIO DE LEBR1XA

{5i0

Cramâ.tica Castellana I por I Antonio de Nebrija I Libro II 1
en que trata de la prosodia e silaba I Capitula primero I de los
accidentes de la silaba.

Idem ... Caesaraugustae. r j IO.
Q. M. Sanchez, Bibliogr. '{aragoz.ana.)

(Tomo V, pàg. 48, de la A11tologiaâepoetas liricos castella,ws por D. Marcclioo
Menéndez y Pelayo.)

-t5H

EXPOSITIO HYMNORUM

Aurea expositio hymnorum ... de nov-0 et de verbo ad verbü
magna cü diligentia castigata et emëdata.

t.498

(Citada por Ms. 8470.)

Aurea exposiùo I hyiior vna cültextu : ab Antoni l uebrissefi,
castigaltione fideliter trâlscripta, I
En 4° sin indics. tip. 1498 pr6ximameute, 62 hojas no foliadas, letra g6tica de 3 tamanos. Apostillado. Grabados en maclera.

Q. M.

t5t6

Idem ... Caesaraugustae. 1516.
(J. M. Sanchez, obracitada.)

Sanchez en su Bibliografta :raragoz.a11a.)

t.520

- Idem. Caesaraugustae. 1498. Pablo Horus, sin indic.
Q. M. Saochez. ld .)
t.499

- Idem. Caesaraugustae (27 Octubre 1499). Pablo Hurus.

(J.

M. Sanchez. Id.)

- Idem ... Caesaraugustae ( r 499 pr6ximamenre). Pablo Hu rus,
sin indic. tipogra:ficas.

Avrea expositô I hynor7 vna cü I textu : ab Antonij I nebrissefl castigajtione fideliter tralscripta (lmpreso en Caesaraugustae.
tipis]. Coci. M.DXX). Ejemplar apostillado de 62 hojas sin fols.
ni reclamos : grab . en madera, letra got. En 4° piel de zapa cantos con cortes dorados. En la hoja ultima tiene el escudo tipografico de Jorge Coci y debajo nueve versos latinos en los que
consta el lugar, impresor y ano. Esta edici6n es citada por
Mayans (Specimen Bibliothecae, pag. 26). Ejemplar procedente
de la biblioteca de Barbieri.
(B. N. - R: 14508.)

0- M. Sanchez, Bibliogr. z.araioz.a11a.)
S.

A:.

Expositio bymnorum ... In 8° perg. (sin notas ni portada).
(B. F. L. - 97-7, 0°39.004.)

1524

Aurea hymnorum expositio ... Compluti, r 524. En 4° perg.
(B. N. -

R : 3178.)

�44

PEDRO LEMUS Y RUBIO

ELIO ANTONIO DE LEBRlXA

45

- Idem ... Lucronii. r 524. En 8° bol.
(B. N. -

2:

{542

26558.)

Idem ... Caesaraugustae. 1542.

{526

en 4° .

(Citada por el Ms. 8470.)

Aurea hymnoram expositio : 1vna cum tt:.xtu per Antoniü
ne I brissensem rejcognita.!Cum privilegio imperiali.l (Al fin:
Compluti. AnnoM.D.XXVI. En 4° letra gotica.
(B. N. -R : 3203.)

J. Coci,

{553

Idem ... Stellae. I 553.
(Mayans, Specimen Bibl., pâg. 26.)

t527
{560

-Idem ... Compluti 1527.
(Citada por Suaôa, pâg. 69, nota 3a.)

t.528

-

Idem ... Compluti, I 528 ... En 4° let. got.
(B. N. -

1 :

48772.)

Al pil de u~ grabado representando al Salvador.
Aurea expositio hymnorvm vna euro textu, ab Antonij ebrissensis castigatione fideliter transcripta. excudebat Agustinus Millan,! Anno 1560. 1 Al fin: Caesaraugusta.
En 8° pergarnino. La portada encuadrada por una orla. Al
reversa retrato orlado del autor. umerosos grabados en maclera,
letra g6tica. Apostillado.

- Idem ... Lucronii 1528 (edic. desconocida por Salva).

(B. F. L. - 97-7, no 30024.}

(B. N. - R : 14282.)

t529

. ~Portada cou orla de figuras, grabada en madera.) Aurea expo =1
s1t10 hymnorum vna I cum textu : ab Antolnii ebrissensis I castigatione fi ~ 1 de liter tran = 1 scri pta. l 15 2 9 1 + 1
60 hojas en 4° .(Al fin : Caesaraugusta idibus Novembris
anno a nato Messia 15 29.)
(Bibl. de S. M. el Rey.)

t563

Aurea expositio hymnorum, una euro textu ... Caesaraugusta .
1563 .
Q. M. Sanchez, Bibliogr. zarago{ana.)

Aurea expositio ... Stellae, excudebatur expensis Michaelis de
Suelbes. Caesaraugustani bibliopolae, per Adrianum de Anvers.
1563. ln-4• '·
(Bibl.

!529

ationale de Paris, Ris. p. Yc. If2J y B. N.-1: 45847.)

Idem ... Lucronii. 1529.
(Mayans, obra citada, pâg. 26.)

J.

Mayans, obra citad&lt;1, dice posela un ejemplar.

�PEDRO LEMUS Y RUBIO

ELTO ANTONIO DE LEBRIXA

{584

1634

Aurea expositio hymoorum, una cum textu, ooviter correctum et emendatum. Caesaraugusta, offic. Dominici a Portonariis
a costa de Franc0 • Simon y Pedro Ibarra. 1584. En 12. perg.

Hymnolrum recogruuo per I Antonium Ne!brissen. 1cvm
avrea illorvm I expositione. l Adiecimus etiam nônullos proprios
sanctorum I hymnos: a Petra Nünio Delgado I Presbytero. B. M.
dilucildatos. 1 Quos omnes I ab vltima opelris pagilna : 1 quae
proxima est : aperte ] demonstrat. 1 Cum Principum Priuilegio.
Apv&lt;l inclytam Garnatam. 1 Mense Decembri. j DXXXIlII. En
40 ho!.

(B.F. L- 145-u, n° 51446.)

{598

Aurea expositio hyrnnorvm vna cum textu, ab Antonij Nebrissensis castigatione fideliter transcripta. Nouiter correctum et
emendatum. Caesaraugusta. Apud Laurentius Robles. r598. En
8°. pergamino.

47

•

. - R. : 961-, R: 3176, y R. 9400.)

(B.

t54t.

Hytnnorum recognitio. Apud Garnatam. 1541. In-8°.
(Museo Britinico 3436, K. 5 y Bibl. Universidad Sevilla.)

HYMNORUM RECOGNITIO

Hi ni ab eo recogniti curn expositione. Granatae 1541. ln-4°
(falto de portada).

t.5ot

Recognitio hymnorum ... Salmantice. Joannes Gysser. 1501.
(B.F. D. -

!549

109b-1-8.)

Hymnorum recognitio cvm avrea illorvm expositione. Granatam. 1549.

{508

Idem ... Zaragoza. 1508
(Bibl. de Barcelona.)

(B. N. -

2:

4u 30 y Bibl. Universidad Sevîlla.)

1553

t5t.4

Idem . .. Granatam. 15 53.

Idem ... Zaragoza'.. 1514.
(Bibl. de la R. A. E.)

(B. N. -

1 :

60506y

2 :

36794 y Universidad Sevilla.)

t.557

{520

Idem. Granatam. 1557.

Idem ... Zaragoza. 1520.
(J. M. S. obra cil.)

�PEDRO LEMUS y RUlno

•

ELIO ANl'ONIO DE LEBRIXA

49

,

{582

t534

Idem. Granatam. T562. En 8°.

Homeliae .. . in Evangelia, &amp;c. Graoada. 1534.

(B.F. L. - 91-7, n° 3ocH3.)

(Bibl. Universidad Se.villa.)

t587

i545

Idem ... Granatam. 1567.

Idem ... Granada. 1545.
(B. F. L. - 105--9, no 35799,)

(Bibl. Universidad Se.villa.)

Idem ... et orationes. Granatam. r 567.

1549

(Bibl. Universidad Se.villa.)

Homeliae ... Granada. r 549.

{569

(Cit. por Suaiia, pag. 69, uota 1•.)

Idem ... Granatam. 1569.

t558
(Cit. por Suafia, pâg. 69, nota 3•.)

Homeliae Tres ... (Basileae. 1588, in-8°).

t573

(Bibl. Nationale, Paris C. 2592.)

Idem ... Anteq1:1era. 15 73.

{569
(Bibl. Colombina.)

{584

Homeliae tres See Grynaeus (]. J.). Monumenta ... Patrum
Orthodoxographa, etc., vol. ~ (1569) fol.

Idem ... Zaragoza. 1584.

(Museo Britânico 1013, e, 19.)
(Cit. por Suaiia, pâg. 69, nota 3•. J

.,

INTRODUCTIONES LATINAE

HOMELIAE
t526

Homeliae diversorum doctorum ... Compluti. 1526.
(Mayans, Speci111m Bibliolhtcae, pag. 30.)

t48t

Comienz.a la obra: Aelius Antonins lebrixefl. Petro Menldozae
S. R. E. Cardinali hispano. DIO P. Salutê : Credo ego Pater
claemëjtissime atqu3 optime non defuturus qui 1 •..y al fin dice :
Aelii antonii Nebrissensis grâmatice I introductiones latinae ex pliRE.V UE_ lllSP ANIQUE. D.

4

�P.EDRO LEMUS Y ROBIO

ELlO ANTONIO DE LEBRIXA

citae. sallmâticae. anno a natali christiano. M.ICCCC.LXXXJ.
ad XVII. k. februarij. 1 Deo grâs. \ En folio, letra gotica à

t495

2

(Al fol. ai vuello :) Ad artem suam auctor 1 0 mihi per multos ... Uol. aii : Aelius. Antonius nebrissensis : Isabelae principi
suae. S. D. 1 Cum introductiones meas pdarissimo tuo noie recognitas arque iterpretatas edere 1 ... Uol. aiii. Hacia la 1a cuarta

cols.
(B. N. - 1: 1599.)

i482

Introductiones latinae. Salamanca, grupo g6tico primera,
r 482, 13 de Octubre. Fol. 52 hjs. no tols.-sign: a-d ri e4 ::1 dos
columnas-letra g6tka.

parle de la pagina termina la dedicatoria que como los comentarios
rodean el prologo. Este tiene el siguiente encabez.arniento ùnpreso con
tinta roja: Ad optima eandem q3 maximam Augustnm I Isabelâ
huius nominis tertiam hispaniae ac I insulariï maris nostri reginam clarissima. 1 Aelii Antonii nebrissefi. grâmatici in reco ::..1
gnitione cômetariosq3 introductionü suar I quas ' de sermone
latino bis ediderat : Prolo =·gus incipitur faelicitet j (En blancoel
lugar de la letra capital : Hales ille rnilesius qui fuit vn' 1 idëq3
primus illorü septë quos l graecia iactat sapientiae studiô=lsos :
interrogatus aliqua.do quis 1 ... (Al folio sexto vuelto en el penultimo
renglon comienz.an los comentarios : De prima declinatione. Gràmaticae artis inchoâdae ratio uaria fuit apud auctores : 1 ..• (En el
folio siguiente rodeada por los comentarios : Prima declinatio nais. 1
Ominatiuo haec musa. Gtô musae I En el folio I a dos columnas :
Dictiones quae per artè spargunt : 1 io ordinë alphabeta.rum
redactae ... (Al final: Impressum salmaticae anno. MCCCC.XCV.
absolutum pridie calen=ldas octobres. Laus deo 1 ..• (Al reversv
del folio dos composiciones latinns de Arias Barbosa una dedicada
al autor y otra al lector.
En folio, letra romana, sign. aiiii-yiii-i-iiü. Ejemplar muy
bien conservado.

(Haebler, Bi/Jliogr. ibérica, pag. 216, n° 460.)

t485
Introductiones latinae. Salamanca, primer grupo g6tico, ca.
1485, 4°•.
(Haebler, id. id., n° 461, pag. 217 .)

t49t
Aelii Anthonii Nebrissensis grammatica, seu -introductiones
latioae. Secunda editio (Venetiis) per C/1ristofolw11, de Cremona.

r491. ln-40.
(Bibl. Nationale. Paris, Res. X

812

(1).)

t493
Nebrissensis. Ael. Ant. Introductionum latinarum seconda
editio. Burgos. Fadrique de Basilea 149 3 6 de Julio. 4°, I r8 hojas
no fols.-sign. : a-i.1 k4. l-n 8 a 8b' 0 parte a Unea tirada, 28 lîneas

plana.
« Libro rarisimo. El tinico ejemplar que se conoce se encontr6 en el comercio hace algunos a.nos y fué adquirido por el

e1J

(B.F. D. -

U9

463, pag.

u2-Z-37. Otro hay en la Co[ombiua.)

S. JE.

Brit. Mus. de Londres a un precio elevado ... La « secunda, editio » se im pri mi6 primero en Venecia par Cristoforo de Cremona
y se concluyo en 5 de Marzo de 1491. »
(C. Haebler, ohrn tit.,

51

. Introductionum latinarum ultirna recognitio cvm glossulis
mterlioearibus ... Lugruiiii S. A. let. goc.
En 4° perg. Ejemplar procedente de la B. de Osuna.

218.)

(B. N. - 2: 17036.)

•

�52

PEDRO LEMOS Y RUBIO

EL!O ANTONIO DE LEBRlXA

1497

Introducriones ... Burgi. ·. apud Fredericum de Basileae Mdii.
Ka!. XI marti i.
(Citada por el ms. 847?-)

Grammatica. Barcelona por Juan Rosenbach 1497. 5 de
noviembre, fol.
(Citado por Haebler.)

i50i

Arte _de Nebrija. Hispali, 1501.
(Citado por Escudero . Tipogr. l1ispaleme.)

t.502

Portada en slt mayor parte deterivrada, observandose en el resto que
al pie del escudo de los RR. CC. con el lema &lt;&lt; Ta~to monta » en_ la
parte inferior, se lee : Rabes in hoc vo ... Al folw VI: De pnma
declinatioue (comenlarios a.lretledor del texto). Al fol. CV vuelto :
De pvnctis clavsvlarvm 1--- Fol. CVI: De ~~ct'.onum pere~ri~az q_tiarundam I aliarum acceotu opus vt1hss1mum 1 .. . D1ct10rum
l .
1
nes hebraicas latine declinatas I accentum hab~re atmum
.. . omina hebraica ex. greco traducta accen ltum latmum habere. l
.. . Fol. C VI vuelto: De no minibus possessiuis in inus, a, u?1: 1
termioatis. 1... De nominibus ex forma greca in tes masculi~1.:
o-eneris z tis femenini desinentibus. 1 .. •Fol. CVII: De nomm1bus hebraicis i barbaris vnilus syllabe 'adiectione declinatis. 1
... De nominibus vocales lougas siue bre =lues in penulti_ma syllaba babentibus. 1 .. .Fol. CVII vuelto :-los disticos de Anas Barbosa... Fiol . CVIII : vocabvlarium .. . Fol. CXV : Figvrae ... Al
final fol. CXX vuelto : Anno salutis christiana. M: D.~- kal. uero
X septembris ... I. pegnicer de nuremberga (Hispal1). _
En folio, letra romana y g6tica . Ejemplar algo aposullado,
enc. pergam.
(B. N. - R: 8538.)

53

t503

Al pié de cuatro grabados en madera representando amntos religiosos
y encuadrados por ttna orla : Habeo in hoc volumiue câdidissime
lector Aelii Antonii Nebr.issefi I artem lirerariam cum eiusdé
exactissima expositione ex hispalensi exélplaci per eüdem Antonium novissime correcto sumprnm. Est preterea I' opusculum
compendiosum de prosodia siue accentu quod de dictioni::. Jbus
hebraicis barbaris ac peregrinis idem auctor nuper edidit. Addi!te
sunt etiam pro adolescemum vtil itate Aotonii mac.inelli figure
comlpendiosissime vbi non modo que Donatus verum que Fabius
Qui ni tilianus ec alii de figuris disseruerüt ille dulci quodam stilo
discerpsit. 1Al reversa de la misma : Auctor ad artem 1 0 mihi.
Alloquitur artê sua Antonius ... alrededor de : « Ad artem suam
auctor &gt;&gt; ... Fol. aii : Prologus ... Fol. aiii. Los comentariosrodearido
al texto : Ad optima eandëq3 maxima Augusta lsabelâjhui'
nominis renia hispaniae ac i-nsularü marislnostri Regina clarissima . Aelii Antonii Nebris!sefi. Grâmatici in recogoitionê comentariosq3 in .=:itroductionü suarum : quas de serrnone latino bisl
ediderat : Prologus incipit foeliciter. 1 Thales (la T capital de
ad.orna) ille milesius qui 1 ... Fol. V vuelto : suppositü de auctoribus gramatice latine: in quo doctissimus quisq3 c(&gt;sentit. 1 Sed
quia nostri seculi scriptoribus eatenus ... Fol. VI : De prima
decliuatiôe ... (siguen los comentarios rodeaudoal texto ... Fol. CIX:
De puhctis clausularum. 1 Quemadmodum in sermonis ... (a dos
columnas) Fol. CXI : Los disticos de Arias Barbosa ... Fol. CXI
vuelto: vocabularium... Al folio CXIX si11 numerar : Figurae ...
hastael CXXIVy al final: Impressa in ciuitate Lugruiiij p malgistrum ArnaldumlGuillermum de Brocario. Anno ~salutis chris-

�55

PEDRO LEMUS Y RUBIO

ELIO ANTONIO DE LEBRIXA

tianae. M. quingëtesimo I tertio. Die vero quarta mensis Octobris.
En folio pasta tabla letra g6tica.

litteraria in hac nouissima impressione superaddita... Impësis
Dfü Michaelis Riera mercatoris Barchinone qua emédatissim~
ipssa Venetiis per Gregorium de Gre,goriis. Fœliciter finiutur.
Kalen. Julij. Anno salutis christiane M. quingentesirno ocrauo.
en folio. I 36 bojas, las 13 5 primeras en gotico. El Vocabularium y unos cuantos ejemplos tienen traducci6n catalana.

54

l3. F . D. -

109-5-14; B. N. -

R: 7688.)

Vocabulario. - Hispali, impressum per Stanislaum Polonum
et Jacobum Kronenberger, anno 1503.
(Bibl. Colombina.)

!505

lntroductiones ... reimpresas por Pedro Badia en Valencia apud
Nicolaum Spindeler, die xvm mensis octobris anno salutis
1505, poniendo en lengua lemosinâ las palabras que estaban en castellana (Mayans en la vida latina de L. Vives).

(Biblioteca del Sr. Foulché-Delbosc.)

Aelij Antonij Nebrissen, inrroductjones in latin:w.1 gramaticen
cum longioribus glossematis ... Al final : Que quide cum Arnaldus Guillelmus vir mire sagacitatis imprimere C\lravisset, ea.
Logronii cantabrorum uasconum:
1508. ln-folio, pasta.
Edicion rara de 136 fols. sin numerar, con lassignaturas A-O,
p-s y :x.
(B. N. -

(Citada por el Ms. 8470.)

f5!0

!508

( Orla niuy ancha grabada en madera ; a.bajo, escud,0 sostenjdo por
dos angelitos, tncima de MICHAEL RIERA. En el centra d.e laor!a,
armas de Espaiia cou el dguila; encima de las armas, el titttlo siguitnte, de tinta encarnadâ, con tipos g6ticos: Aelii Antonii Nebrissësis Gra Il maricae Introductiôes cû aliis \ eiusdë et aliorû de re
littera \ ria opusculis. Quae tibi l lector in ipso volumi \ ne
patebunc. - (a la vuelta d,e. là portada, en la parte superior
iz.guierda grabado : hombre sentado aiwa mesa, con la pl11,111a en la
matw). A ntonij nebrissensis salutatio ad parriâ suam multis
annis non visaln ... (fui. VI, recta léese :)Aelii Antonii ebrissensis gramaticis Hroductionum latinarum in secundâ edition.e3. at
praeclarü adolesceotero Gutterriü a Toleto Salmanticensis' academiae praesulê. B. M. Praefatio incipitur foeliciter. (al pié del
fol. CXXXV vuelto : Aelij Antonij Nebrissensis ars gramatica
çµm ~iusd(!m vberrimis çometarijs. Prarerea eiusdë opera de re

R : 4775 y R : 7962.)

Idem ... Logronii. 15ro.
(B. N. __;_ R : 498.)

f5i2

Idem ... euro commenta Christophori Scobari. Venecia r512.
(Bibl. Colombina.)

t5t3

lntroductiones in latinam grammaticen ... Logrofio I 513.
(Bibl. Colombina.)

i5f4

Introductiones in latinam grammaticen cum longioribus gios,sematis. fa privilegio regali ne quis alius in Hispania excudat

�PEDRO LEMUS Y RUBIO

ELIO ANTON10 DE LEBRIXA

aut vendat. Ex impressione ciitabrica. Logwnii caotabrorum.
Aroaldus Guillelmus. rs 14, a~ final en letra.
En folio, porrada con grabados, sign . A-X-a. Pasta ho!.

\ ([_ Eius in 9uioq3 Aelij Antonij ebrissensis libros expositionem. 1 De causis corrupte locutionis libros tres. \ De verbis
excepte actioois dialogum pervenustum. 1 De impersonalibus
verbis opus absolutissimum. \ De ficio : super Laureotij Vallensis capite. expositiouem. 1 Virgo cuius sit generis disenissimam
œsolutionem. \ Super gellium de capella home ri anootationes. 1
De digitorum gestu ex diuo Hierooymo. 1 De superlatiui oots
expositione pro prisciaoo contra vallam defensionem. [ Eiusdë
insu p. Anto. ad. L. christo. Scobarë epta in qua q_rte hui' qua3
nüc habetis / editiois meminit. Et cüctos a sui operis e_1rie11datioe
'l additionibus auerti iubet. 1 Lexicon vero illius quod fo lxvj.
incipit ad foliorü numerù quarnq 3 dicrionem pro I iuvenum
sublevamento remittit quod hucusg3 non erat factum . 1 ( [
M.CCCCC.XVI. Die. XXII]. Decembris. I ([ Sunt pter q
addita vltra historias suis locis adbibüas et in textu au toris inl
terlineamenta quatenus ad expositiones scribëdas sit inuenibus
via : singulis capiltibus epitomata brevibus tota rei sniam côplectëles : puello cuiq3 qb' tota rei patel bit series z sup hëc de syllabar- q' titate regule gfi.ales. z metro 'l prosa perstricte. \ Al fin
de la obra, hay un grabado representttndo la santa Faz. sosten:ida por
los ap6stoles San Pedro y San Pablo, y ,il pié: Simon Vincent. En
4° pergam

(B. N. - R: 6477 .)

i 5i6

AElij Antonij Nebrissêsis gra/matici in latina gramaticê introductiôes cù quarta eiusde Anltonij ab vltimo tpe impressas editione _eiusq3 castigatiôe i- relcognitiôe venustiores reddite. z hic
insertos tractat' côtinët. 1 Que in aliis habentur hec sunt . 1
Francisci ruizii in Antonij silva interpretatio. 1 Liber primus de
primi(grammatice rudimentis, 1 Secundus de noïm genere z
declioatione : _verborü q3 preteritis i- supinis . 1 Tercius de erotymatis partium orationis. 1 Quartt1s de earum constructione. 1
Liber quintus de syllabarü q' titate : metris : i- accentu (per
Andrea vaurentinum I Serranü virü hac tempestate eruditissimû
vbi necessum erat auctus i- ampliat') 1 Barbarismus donati cum
eiusdem Antonij -)nterpretatione I Differentiarü epitome ex elegatiis valle _(quod ex nonio marcello : z servio aliis adliunctis
decorauimus.) 1 De punctis clausularü : quod multum etiam
auximus. 1 Quêdam partes grammatice magis explicate. 1
Lexicon dictiooü que per totii sparguntur opus per numerum
foliorum. 1 De litteris z declinatione greca q' tom opus est
latinis. 1 Tractatus insuper Mancinelli. de diptbongis.([ Addite
sunt preterea XXIJ. addiciooes perutiles per Raimundum
Malasinum \ albigenam. Il ([ Addita autem sont quotquot
vng 3 fuere impressa. 1 ( [ Eiusdem Aelij Antonij Nebrissensis de dictionibus peregrinis accentu. 1 De vi atq3 potestate litterarum opus eximium. 1 De earum vocibus corruptis.
1 Partium orationis
structura siue ordo. 1 De ortographia
tractatus quidam . 1 Sapientum grecie dicta metro complexa.
1Nonullaq3 eius ad varios i- aliorum ad eum catrnina. 1 Il
Adit,mxit quoq3 i-. L. Christophorivs_:_Scobrar subsequemia,

57

0 •

(B.F. L. - 85-4, 0°27340.)
S. A:.

Ad artetn litterariam introductiones ... cum ejusdem expositione : additis commentariis Cbristophori Scobaris : adiectis insuper quam pluribus aliis opu~culis elegantissimis. Novissima
impresione maxima diligentia castigata ( Absque nota typogr. ) . In
fol. pergam0 falt0 al final.
(B. F. L. - 83-3, n° 26734.)

i522

Idem. Salmantica. r 5XXII.
(Citada por Gallardo, o0 2634.)

�PEDRO LEMUS Y RUBIO

ELJO ANTONlO DE LEBRIXA

!523

59

t526

. .. .. introductioes in latina gramaticen... Barcinone. I. Rosembach . .L523· En fol. let. got.

grammatica ebrissensis ... Lugduni.
En fol. letra got. perg

J.

Crespin r

I

526.

0

(B. N. -

(B. N. - R: 7681.)

R: 5679.)

t528

!524

Idem ... 1524.
(Cit. por Nicolas Antonio y Suaîi.a, pàg. 70.)

Introductiones m latinam... Compluti. r 528, Michalis de
Eguia.
(Bibl. Universidad de Sevi lia.)

!525
!530

Aelij Antonij Nebrisseii gramatici viri dissertissimi Comëtaria
introductionü suarü in gràmatica lalnina (sic) explicita: z nüc
demû per eundem recognita ..... adiecit prëterea repeltitionë de
accëtu cü suppleméto multorü vocabulorü qu~ nô erat in
lexico vel dictionario aliarû imlpressionû .. . Addidit pr'rterea 1
de litteris hebraicis : accentuq3 hebraicorum dictionû opuscula
duo. Impem,is vero Michaelis de I Eguia impressa Compluti
absoluta idib' Augusti. Anno a natali christiano Millesimo quinl
gentesimo XXV. ex priuilegio principum.
En folio letra tortis, notas manuscritas al margen, sin portada,
manchado, falto de folios.
(B. N. - U: 10529.)

Introductiones ... (empiez.a la portada : En opus tibi candidissime lector post quartam editionem auctius ... (Al fin : Aelii
Ant. Nebrissensis... introductiones quas ipse author latinas
apellavit, cum eiusdem huberrimis commentariis ... Lugduni.
Jac. Myt. 1525.
In 4° let. got. pasta antigua.
(Bibl. de la Real Acad. de la Historia, 4-12-2.)

Aelij Antonij Nebrissefi introductiolnes in latinam grammaticen per I eundem recognit'r atq3 exa 1ctissime correct~ glossemaltis cum antiqua exë)plari collatis. 1 Cum privilegio I impe·
riali (Alfi1i: Compluti. In Aedibus Michaelis de Eguia. 1530.
En folio. perg.
·
(B. N. -

2:

1356 y

2:

6&gt;77-)

i532

lntroductiones in latinam Grammaticam seu de Sermone Latino cum comentariis (Al fin) : Impressu.m Hispali. In aedibus
Ioannis Varela Salmanticën eiusdem ciuitatis tribunus. Anno
domini Millesimo Quingentesimo trigesimo secundo.
En foHo pasta labrada de la época, sin portada y muy deteriorado por la humedad en todo el libro I y pane del II.
(B. N. -

R: 1236 y Bibl. Uoiversi&lt;lad de Sevilla.)

i533

Aelij Aotonij Nebrisseii. introductiolnes in latinam grammaticem per l eundem recognit«r atg3 exa /ctissime correctlr glas-

�60

PEDRO LEMUS Y RUBIO

61

ELIO ANTONIO DE LEBRIXA

semaltis cum antiqua exemlplari collatis. 1 Cum privilegio 1
imperiali. (Al fin) : Compluti M.D.XXXIII. - Eu folio, let.
got. confirma del Dr. ebrija.

periali privilegio . 1- .... Apvd inclytam Garnatam.
M.D.XL (S. i. 149 fols . port. grab.).
(:B.F. D. 142-2:-47 y B. N. -

2:

1 Anno

69792 y 3: 3257.)

(B. N. - R: 501.)

i54t

Idem ... Caesaraugusta. J. Coci . 1533 .
(Cit. porD.

J.

M. Sanchez.)

i 534
Grammatica cum comentari~s. Lugduni 1534 (Al fin: 1533).
En 4° m 11 " let. got . perg 0 •
(B.'N.-2: 20331.)

i536

portada retrato del antor,
oi:.lado par los de Prisciano, Donato, Dio111ides, Lorenzo Vala, Perotti,
Aldo, Siuacre Pantano, Francisco _N iger y Despanterio). Al final
de la obra : Aelii Antonii Nebrissensis latinae linguae (apud
fotroductiones ... (gra.bados en la

Hispanos saltem) reparatoris acmissimi introductiones quas ipse
autor latinas apellavit cum ejusdem lmberrimis (sic) cornmen
tariis; nec non quam plurimis ultra alias impressiones nuperrime per Hilarium V~rtulphum Ledium additis : felicem sortitae sunt exitum : quas ( ut perlegenti in propatulo erit) summo
castigamus la bore. Anno vero Domini 15 36, die decimo quinto
mens1s Decembris. Lugduni Antonius Blanchard imprimebat .
(Gita de Suafia,

pag. 40,

nota.)

i540
AEl(ü) Antonii I Nebrissms-is. lntrodvctiones I in latinam
Çrammaticam, per euodem recognitç atq ~ exactissitme correctae glossematis cum antiqua exemplari collatis. / cvm im-

Antonins nebrissensis . 1 Orlado y con tinta raja : Grammatica
AElii Antonii I nebrissensis cvm I commentariis (Hay imgrabado
representàndo al Maestro )' sus discipulos en el aula ). AE. Antonii 1
Nebrissens.is hispani l Grammaticorum diLigentissimi ac doctis~
simi de ser= lmone latino lntroductiones nuper emendatae
cum
1
j luculentissimis commentarii.s nempe ipsius autoris, 1 atq3 L.
Christophori Schobaris, Francisci Ruisii, Rejmundi Palasini,
Andraeae Vaurentini, Hierooymi ! Saoguini : accesionibus q3
non paucis, maxime ex I Baptista Mantuano, aliorumqs primae
classis auroru. l Quibus etiam Hilarii Bertulphi scholia sunt
appesa. 1 M.D.XLI.
Alfin: Lugduni in aedibus ho□ esti viri JacobiJuncti. En 4°
m 1" 7 fols+ 176, let. got. Comentarios rodeando al texro.

I

(B. N. -

R : 2146.)

i.547

Grammaticà ... Cacsaraugusta 1547 por Diego Fernandez.
(Mayâ□ s .

Specimen Bibliothecae, p:ig. 19.)

S. 6. .

Grammatica Ant. Nebrissensis jam pridem solicite revisa,
arque ad utJguem, ut ajunt, diligenterque correcta Jacobi Exerici, Caspensis, Liberalium Artium Magistri ad studiosum Lectorem, Carmen.
(Citada as! en la Bibl. Nue11a de escrilores aragoneses, por Latassa, p:ig 462,
col. f'.)

•

�PEDRO LEM.US Y RUSIO

ELlO ANTONIO DE LEBRJXA

i548

Iotrodvctiones in Latinam Grammaticen per eundem recognitae, atq 3 exactissime correctae glossematis cum antiquo exemplari
collatis ... Apud Granatam. M.D.LVIIl. En f0 perg 0 •

Grammatica ... Al fin: Apud inclytam Granatam... Anno
M.D.XVIII (sic). En 4° pta.

Grammatica ... Nunc denvo per eius filium Xantum ... ad vetus
prototypum collata &amp; pristino candori restituta.
S.1. s. i. M.D.XLVIII. En 4° perg
0 •

(B. N. -

3 : 19281 .)

(B. N. - 2: 24299.)

Tntroductiones in Latinam Grammaticen per eundem recognitae atq3 exactissime correctae glossematis cum .antiquo exemplari collatis ... Apvd inclytam Granatam M.D.L.VIII. (Al final
MDLX). En fol. con retrato y port. con grabs.
(Bibl. Universidad Sevi lia, B.
quin Hazaiias y la Rua.)

. - R : 15241 y Bibl. del Ilmo Sr. D. Joa-

{560

i549

Idem ... Granata,

ldem ... Caesaraugusta, I 549 ·
tCit. por D.

J. M.

I

s60.

Sanchez.)

i565

Idem ... Lugduni, I 549·
(Bibl. Universidad de Sevilla.)

t552

Iotroductiones in latinam Grammaticen per eundem recognitae atque exactissime correctae glossematis cum antiquo
exem plari collatis ... Granara, M.D .L. II. En folio perg":
(B. F. D. 33, 8, 15 y Bibl. Universidad Sevilla.)

i558

Grammatica ... Introductionum latinarum ultirna recognitio ...
Caa;araugusta, P. Bernuz, 1558. En 4° let. got. perg".
(B.

1 • -

R: 2228.)

Grammatica I Antonij Nebrissensis, 1 iampridem foliciter
reuisa; atq3 ad lvnguem (vt aiunt) diligen = 1 ter correcta. tI
lntroductionü latinarum vltima recognitio cum I glosulis in
secundo &amp; ultimo libro, &amp; in Donati barlbarismo alijs quoq3
nonnullis adiectis : communicata I re cum amicis eiusdem anis
professoribus: ex impres = j sione Cornplutensi, cui autor ipse
interfuit, omnesq; / typos emendauit; emendatosq; excussoribu 5
tradidit. 1Potissirnum reperi s in ea parte in qua agitur de acl
centu, voculas omnes cum suis apicibus : quod quidê I in qui
busdam aeditionibus deest. (L Caesaraugustae in ae~ibus Petri
Bernuz. 1M.D.LXV.1 En 4° letr. got. perg0 •
(B. N. -

R:

198.)

i568

Grammatica. ( No puede leerseel titulo integro par estar maltratada

�"PEDRO LEMUS Y ROBIO

EUO ANTONIO DE LEBIUXA

la hoja; tambien el libro esta mtty apolillado.) Valeotiae. Ex offic.
I. Mey. 1568. En 8° perg&lt;&gt; .

1.588

(B. N. - R 3: 24249.)

Idem ... Granatae, I 588.
(Bibl. del Jima Sr. D . Joaquin Haza11:1s, catednitko de la Universidad hispalense.)

i572

Uem ... Hispali 1572, por Alfonso Escrivano.

i590

(Cit. por Suafia, pag. 40, nota 2.)

Grammatica ... Granatae, 1590, in aedibus Aelij Antonij Nebrissensis. En 8° pta.

1577

(B. N. -

Grammatica ... Antiquariae, in aedibus AE!ii Ant. Nebrissensis;

r577. In-12.

2 :

23'810.)

t.595
t.582

Grammatica ... Oscae, typ . Joan Perez a Valdiuielso, 1582. En
8° con el retrato del autor en la porta.da. Sign. a. u.
(B. F. L. 86,

12,

Grammatica ... per ejus nepote (Xanthum) nunc denuo m
pristinum exemplar restituta. Anriquarie, 1595.
En 8° perg.
(B. N. -

17119.)

1597

no 28276.)

AElii I Antonii nelbrissenjsis. 1 Grammatica I cvm privilegio 1
Granatensis. 1581. 1 Esta tassado por su M. y por los seiiores del
su mu y alto côsejo en Espalfia a dos reales, y en Indias a los precios côtenidos en la tercera hoja. 1 Al fin. : Granatae. In aedibus
Aelii Antonii Nebrissensis. M.D.L.XXXII.
En 8° pergam 0 •

2:

Grammatica ... nunc.denuo restituta .. . Antiquariae, in aedibus
Augustini Ant. ebrisseosis, 1597.
En 8° pta.
B.F. L.

= 85

l2.,

n° 27800, y B. N. -

2: 25254 y 2: 27480.)

1598

ldem .. . Madrid, r598.
1583

(Cit. por Suaiia, pag. 40, nota 2•.)

Grammatica : quam summa potuit dilig. per ejus nepotem
nunc denuo in priscinum exemplar restituta ... Granatae, 1582
(al final: 1583). In 8° perg.
(B. N. -

I :

{599

ldan ... An tequei:a, r 599.
(Bibl. Universidad de Sevilla.)

24907.)
!\EVUI' IUSP4NIQUB. D.

�66

PEDRO LEMUS Y RUBIO

ELlO ANTONIO DE LEBRIXA

t770

Idem ... Cervera, sine ae.
(Bibl. Universidad de Sevilla.)
S. lE.

Gramatica latina de ... con la expücaci6n y notas del P. Agustin
de S. Juan Bautista. Reducidas a compendio por el P. Pedro de
Sta. Maria Magdalena. Valencia, 1770. In-8° pta.

Idem ... Valencia ... sine ae.

(B. N. -

2:

24258.)

(Bibl. Uoiversidad de Sevilla.)

t780
i624

Grammaticae introJuctione~ ... Valentiae, 1624. ln 8° perg.
(B.

Idem ... Mallorca. Salvador SeraU, 1780. In-8° perg

0 •

\

(B. N. -

. - R : 8847.)

I :

4264.)

i670

i8t7

Elementa gr.tmmaticae priora ordine constructionis et Hispanicis commentarijs illustrata per Antonium Cerezum Presbyterum, et nunc denuo concessa ... atque emendata a Jacoba Rufar
presbytero Liberalium Artium magistro illorum professore. Valentiae, r 670. In-8°.

Los cinco libros de ... de la enseiianza de la Gramâtica, aiiadida
la trad. al castellano, en verso y prosa de los Géneros, Pretéritos
y Supinos de los verbos, y de los libres cuarto y quinto por
D. Rodrigo de Oviedo. Matriti, MDCCCXVII. Sump. Regiae
Societatis. ln 8° pta.

(Bibl. de la R. Acad. de1a Hist. 6, 8, 5 .)

(B. N. -

U: 3610.)

i675

t835

Ejus elementa Grammaticae priora ordine, constructionis, et
Hispanicis commentariis illustrata per Antonium Cerezum et
mmc denuo concessa, atque emendata a Jacobo Rufar. Valentiae.
Typ. Benedicti Mase. 1675. In8° perg.

Gramatica latina de ... con la explicaci6n y notas del P. Agustin de S. Juan Bautista ... Reducidas acompendio por el P. Pedro
de Sta. Maria Magdalena. Valencia, SS. Malien. I. Ferrer. In-8°
ho!.

(B. N. -

3 : 21363.)

i676

(B. N. -

2:

,906.)

i844

Grammatica ... ab Ant. Cerezo iliustrata. V:tlentiae, I 676. ln80 perg.
(B. N. -

1 :

34904.)

Idem ... idem. Zaragoza. M. Gallifa, 1844. In 8° pta.
(B. N. - 2 : 2673-)

�68

PEDRO LEMU

Y RUBJO

ELIO A. TONIO DE LEBRlXA

1.86{

S. A:.

Idem ... idem. Valencia. 1861.

Aelii Antonii Nebrissensis. - Gramm,tticarum Institutionum
Iibri IV recens recogniti. Cervariae in Lacetanis: Pont ac Reg.
Unio. Apud Josephum Barber &amp; Soc. - (sine aetas.)

t87i

Idem ... idem. Valencia. 1871.

(Bibl. del Seminario de Badajoz.)

(Biblioteca de los P. P. Carmelitas de Hinojosa del Duque.)

t843

Idem ... idem ... Nueva edici6n corregida y aumenta&lt;la con las

S.E.

(lnstitutionum latinarum libri quinque.) -l; s-i; s-a. (Antequerra, I 554 ?) In-8°, sin portada.

observaciones dejlos modos &lt;le las oraciones latinas del Mtro. T.
Garcia de Olarte. Paris, 1843.

(B. F. D. 141, 7, 110.)

1.598

(Bibl. Nation. de Paris, X. 20459.)

1852

Idem ... idem ... idem. l~aris, 1852. Garnier frères.

Institutio grammatica ... Matriti. Typ. Regia (Apud Joan.
Flandrum). 1598. Tn-8°, 4 hojas
360 pags.

+

(B. F. L 85,

(Bibl. Nation. Paris, X, w460.)

o0 27.689.)

i599

1.858

lnstitutio gramrnatica ... Antiquariae. Balan, 15 99. In-8° perg.

Idem ... idem ... idem. Paris, 1858.
(Museo Britânico, 12912 b. 29.)

(B. N. -

1869

1 :

34376.)

t603

Idem ... idem ... idem. Paris, 1869.
(Bibl. Nation. Paris X-20462.)

De Institutione Grammatica Libri Quinque... Matriti, Ex
Typographia Regia, M.DCIII. ln-8°.
(Perez Pastor, n°
3 tomos.)

INSTITUTIONES
S.E.

2251

de su Bibliogmfta Madrilefia, Madrid, 1901-1907,

t608

Grammaticarum institutionum lib. III(en catalan]. Cervariae in
Lacetanis apud Josephum Barber et Soc. (S. A.) lo-12, perg.
(B. F. L.

II,

I 51,

9, 0° 53641.)

Institutio gr,1mmatica ... Matriti, ex Typographia Regia, 1608.
(Perez Pastor, o0

1011,

obra çilada.)

�PEDRO LEMUS Y RUBfO

ELIO ANTO 10 DE LEBRlXA

l6i3

t.625

Idem ... 1613 (citada enlos prefim.inares delaedici6nde 1724.)
l6i6

De Instimtione Gr:unmatica ... Matriti, ex Typographia Regia,
1625. 10-8°.
(Perez Pastor, n° 1189, obra cil.)

De institutione Grammaticae libri quinque ... Matriti, ex Typographia Regia M.DCXVI. In-8°.
(Perez Pastor, n° 1414, obra dt.)

t6.2t

De institvtione Grammatica, Libri
Typographia Regia M.DC.XXI.

I Quinque. .. Matriti. Ex

(Perez Pastor, n° 1758, obra ût.)

{633

AElii Antonii I nebrissensis de I institvtione I Grammaticae,
Libri I Quinque. i lussu Philippi III. Hispaoiarum Regis Cathollici nunc deouo recogniti . 1 Hay un escudo real I Cvm Priuilegio
Coronae Castellae, Aragonum 1 &amp; lndiarum. 1 rvJatriti. Ex Typographia Regia M.D.C.XXXIII. 1 A costa del Hospital general de
Madrid, y se vede en el. 1
4 hojs. de tasa y privilegio
208 pags
78, in-8°, ho!.

+

i622

Dedaraci6n I de las reglas l qve pertenecen a la I Sintaxis,
para el vso de los I nombres, y constrvccion de I los verbos, 1con
exposicion del libro qvinto, 1 para la quantitad de syllaba, y al
fin vn tratado curioso I para contar las Kalendas, !dus y onas 1
de los Meses ... compvesto par el Doctor Don I Pedro de Reyna
Maldonado Presbitero, Ministro de su Santitad Noltario y Secreta1-io de su Câmara Apost6lica, namral I de la ciudad de Lima, en
los Reynos del Piru. Afio ( Grabado en cabre : Sol radiante) I 622.
Con privilegio. En Madrid por la viudade Fernando Correa Montenegro. En 4° r 40 hojas fols. -t- de prelùm. y 6 al fin sin nnmerm·.
Privilegio al autor par diez aiios para imprimir la « Traducci6n
y explicaci6n del libro quarto y quinto de Antonio ».
(Perez Pastor, n° r896, obra cilada.)

(B. N. -

(Perez Pastor, n° 1973, obra cit.)

R: 18565.)

!640

Idem ... 1640.
(Citada en los preliminares de la edici6n de 1724.)

{649

Tablas I breves, 1 y compendio 1 de la grammatica, 1 segun

el Arte de Antonio I de Nebrixa y introdvccion a I a los Estudios.
Sub Inuocatiooe fmperatricis coe1lorum, B.S. V. Genitricis Dei 1
Mariae, D. N. del Amparo, Incolarnm Apydis Aureliae 1gloriae,
acPa!tronae (a loslados: Afio ... 1649.) 1 Escriuialo elLiz. Alonso
Gooçalez Demingo J Presbytero, natural de la villa de Colmenar
1 de Oreja, y Maestro de Latinidad en ella. 1 Con privilegio. 1
En Madrid. Par Gregorio Rodriguez. 1In-8°, 80 fols
76, hol.

+

t.623

De Instirutione Grammatica ... Matriti, Ex Typographia Regia,
1623. In-8°.

+

(B. N. -

1 :

49825.)

t65l
De institutione grammaticae lib. V ... jussu Philippi III, nunc

�PEDRO LEMUS Y RUBIO

ELIO ANTONIO DE LEBR IX A

deouo recogmt1. .. Matriti, Typ. Didaci Diaz a Carrera, 165 r.
ln-12 perg.

1670

(B.F. L. 85,

12,

n° 27799.)

t.652

Aelii Antonii Nebrissensis de iastiturione grammatica libri
quinque ... denuo recogniti (by]. L. de la Gerda). Ma.trio, 1652.

su.

(Museo Britinico I:l9J5, b. JO.)

73

Elementa Grammaticae ... 1670.
(Bibl. R. Academia dè la Historia.)

i674

De Institutione Grammaticae libri quinque. Matriti. Typ.
Regia. Anno 1674.
(Bibliotcca del Cabildo Catedral de Gôrdoba,)

i654
i676

Idem ... Matriti, 1654.

i.659

Aelii Antonii ebrissensis grammaticarum institutionurn libri
quinque ... Barcirwne, ex p-raelo A. Lacavalleria, 1659. In-8°.
(Bibl. NatioD. de Paris, X-20458.)

1667

Declaraci6n l de Jas reglas qve per-ltenecen a los cînco libros 1
de la institucioo de la Gramatica, coforme al Arte de Antonio de
e-lbrija; como se lee, y ensena en el Collegio seminario de
Senor S. Iu-llian de la ciudad de I Cuenca. 1 Hecha I por el
Licenciado O. Bernarldo Câtero, Retor y Maestro de Latinidad I y buenas Letras en el di-1cho Colegi.o. 1 Dedicado Al Sefior
S. Julian, Obispo y Patron de la clicha I Ciudad y Seminaiio. 1
Con licencia. 1 En Alcala de Henares, Por . Maria Femadez. 1
Aûo de 1667 1. En 8° perg. 538 pags.

Grammaticarum institutionom libri quatuor recogniti nec non
gothalauoicis explicationibus illustrati... ab noris... operae
Gerardi farcillo ... Barcinone. M. Gelabert, 1676. lo-8° perg.
(B. N. -

3: 5525.)

t.678

De institutione grammaticae, libri quinque; nunc denuo ab
erroribus vindicati, labore, studio et indagatione Petri de Mier.
Marriti. Typographia Regia r678. 8° pta.
(B.

F. L. 85, 8,

nu

27539.)

t700

Grammaticarum institutionum übri quatuor ... nunc denuo ad
publicam utilitatem diligentissime recogniti, nec non Gothalaunicis explauationibus ac notis illusmui, opera D. Gerardi Marcillo ... Barcinone. Ex Typ. Francisci Guarde. Anno 1700. In-8°
perg0 •
(B.

·-

3 : 4395.)

�PEDRO LE/dUS Y lWBlO

75

ELIO ANTONIO DE LEBlUXA

1709

t8t8

Grammaticarum institutionum lib. V noviter emendati et
editi ... Gerundae. Typ. Francisci Oliva, 1709. En 8° perg.
(B. F. L. 85,

12,

De fostitutione grammaticae libri duo ... Palma. Felipe Guasp.

1818. In-8° perg

0 •

(B. N. -

n° 27789.)

1 :

46og.)

t8t9

t7t5

De institutione grammaticae libri duo, olim emendati ab Antonio Cerezo, deouo m commodiorem ... Barcinonê, Typ. Ioan.
Piferrer, 17 r 5.

De institutione Grammaticae libri duo... Gerundae: sub
praelo Antonii Oliva Typ. M.D.CCCXIX. In-8° ho!.
(B. N. -

3 : ~6263.)

i738
t7i7

De institutiooe gramrnaticae Libri duo, olim emendati ab
Antonio Cerezo, denuo in commodiorem racionem redacti ...
Val en tiae. Benedicti Monfort, 1717. In-8° perg0 •

Aelii Antonii Nebrissensis grammaticarum institutionum
libri Ill ... Cervariae, per E . Ibarra, 1738. In-8°.
(Bibl. Nation. de Paris X-8482.)

t724
(B. N. -

2:

4085.)

i770

Idem ... Cervera, 1770. In-8°.
(B . . - 3 : 3962.)

t779

Idem ... Valentiae, 1779. In-8°.
(B.

.-

2:

4086.)

t784

Idem ... Valentîae. B. Monfort, 1784. In-8°, 166 pâgs; grab. en
la ponada.
(B. N. -

2 :

4087 y 3: zr342.)

De institutione grammaticae I Libri Quinque I Iussu Philippi III, Hispaniarum I Regis Catholici, 1A R. P. Joan. Ludovico de la Cercla, societatis I lesu viro eruditissimo, in Epitomeo redacti; 1 une vero ex regio senatus l Consulto ab innumeris, quae irrepserant; mendis repur = 1 gati, ad pristinam ferme
puritatem restituti 1 &amp; in posterurn vindicandi, 1 Opera, et studio R. P. Praefecci scholarum I Humaniorum Collegii Imperialis Matritensis I eiusdem Societatis I Anno 1724 (En medio 1m
grabndo qu.e representa ttn leon ). 1 Matriti : Ex Typog. Ioannis a
Serra. 1 In-8° perg. 303 pags.
16 de portada, privilegios, tasa,
etc.

+

(B. N. -

2:

50977.)

En la dedicatoria del P. Pedro Lozano al lector se expresan los
puntos del m~vo arreglammto, siendo el r 0 de dlos : c&lt; Que se

�PEDRO LEMUS Y lWBlO

ELIO ANTONIO DE LEBRlXA

baga la impresi6n conforme al exemplar que el P. Alcazar present6 enmendado y ajustado a uno de los impresos el ano de
1640, par ser el mas antiguo que huvo i las manas, ycomo mas
vecino al primer origen, y formaci6n suya, que hizo de orden
del Consejo Real el ano r 598 el padre Juau Luis de la Cercla de
1a Compafüa de Jesvs esta menos viciado que los de las impressiones modernas; pero con las excepciones, 6 advertencias que se
s1guen. »
Los demis puntos se refieren al modo coma debeo exponerse
las declinaciones y conjugaciones ; a que el Liber Quintus cc se
substituya por lo que &lt;lice en su Ane el P. Manuel Alvarez de
la Cornpafüa de Jesus )&gt; ; y en el 8° se regula c6mo debe titularse
la obra conservandose el nombre de Antonio de Nehrissa solo
pot decoro del mismo cc pues Antonio no tiene en él cosa
alguna )&gt;, y dice que en el privilegio concedido par Felipe III
cc prohibe su Magestad en las escuelas de Latinidad el vso de todos
los Artes anteriores, expresando y prohibiendo entre ellos el de
Antonio de Nebrixa ».

77

i763
De institutione Grammaticae libri quinque ... opera et studio

R. P. Praefecti Scholarum ... Matriti : Typ: Ioachim Ibarra.
M.DCCLXill. Io-8° perg

0 •

(B. N. - 2 : 56165.)

i804

De institutione Grammaticae libri quinque ... mendis expurgati in meliorem statum restituti a D. Enrico de la €ruz Hêrrera ...
Ex originali Matritense-Bar.cinone. F. Generas. M.DCCCIV.
ln-8° perg.

Idem .. : expurgati, pristinamque ferme ad puritatem restituti a
D. P. del Campo et Lago, etc. Matriti, 1804. In-8° (302 pags.).
(Museo Britao.ico, 12915, de. I8 y Bibl. del Seminario de Badajox.)

t.75i
Deiostîtutione grammaticae lib . V a P. Ioan. Lud. de la Cerda
in Epitomeu redacti, nunc vero a mendis purgati, opera et studio
P. Praefecti scholarum Coll. Imp. Matritensis. Matriti. Typ.
aqud haered. Vidua Ioan. Ga Infanzon. r75 r. In-r2.
(B. F. L. 85, 1 I' 11° 27716.)

i755

iSH

De institutione Grammaticae libri quinque ... Matriti, rS u.
ln-8° pta.
(B. N. -

24492.)

i8i2

Idem ... Mallorca, 1812: In-8° perg0 •

Idem ... 1755.
(B.F. L. 85,

2:

Il,

(B. N. -

n° 27715.)

1759

Idem ... (sin porlatia y cuya tasa es de Mad,id î 759). In-12.
(B.F. L. 85, 12, 0°27776.)

2:

3836.)

i8i3

Idem .•. Mallorca, 1813. In-8° perg

0 •

(B. N. -

2 :

62807.)

�PEDRO LEMUS Y RUBIO

ELIO ANTONIO D.E LEBRfXA

i8l6

t.850

Idem ... Matriti. 1716. In-8° pta.
(B . N. -

1: 4290y Bibl. del Seminariode Badajo1. . )

i827

Aelii Antonii Nebrissensis de insticutione grammaticae libri
quinque ... pristinam ferme ad puritatem restituti a D. Petro
del Campo el Lago ... Parisiis, ex donw Rosa, 1827. In-12.
(Bibl. Nationale de Paris, X. 20455 .)

:l.827-i883

26 réimpressions de l'ouvrage précédent: 1827-1883. In-8.
(Bibl. Nationale de Paris, X. 20456-20457, 8484-8502, X. 442, 7I6, 5799,
6273 y 6405 . )

t.839

79

De institutione grammaticae libri quinque ... mendis expurgati pristinamque ad puritatem restituti a D. Petra del Campo
et Lago ... Matriti. Typis Societaris La Publicidad. 1850. fo-r2,
m• bol.
(B. N. -

2 :

29923 y 2 : 44192 ·)

i85i

De institutione grammaticae libri quia.que hovissime quam
plurimus, quae aliis in editionibus irrepserant, mendis accurate
expurgati, pristinamque ferme ad puritatem restituti a D. Petro
del Campo et Lago .. _ Matriti. Sumpt. R. Societatis. 185 I.
ln-16. pta.
(B. N. -

4: 4088.)

i855

De institutione Grammaticae libri quinque ... Bonis Aurù,

ldi!.m ... idem. Parisiis. 1855. In-12.

1839. In-8° ho!.
(Musco Britânico 12914, b. 29 .)

Idem ... idem. Matriti. 1855. In-16 pta.

S.&amp;

(B . N.

Idem ... Matriti. s. a. ln-8° perg.
(B. N. -2: 4328.)

1840

Gramatica latina de Antonio de Nebrija. Aelii Antonii Nebrissensis de institutione grammaticae libri quinque, ad pnstLnam puritatem restituti a Petra del Campo y Lago ... Editio
novissima ... accurate a G. Hamooiere.
Parisiis ex typis Pillet nattt majoris. 1840. In-18, 264 pags.
(Bibl. Nationale de Paris, X. 848; .)

-2 :

4089.)

t.857

Idem ... idem. Parisiis, 1857. In-12.
(Museo Britânico r:1932,b,48.)

i859

Idem ... idem. In urbe Bogotana. 1859. In-8°.
(Musco Britânico 12932, naa. 39.)

�80

PEDRO LEMUS Y RUSIO

ELIO ANTONIO DE LEBR.IXA

!880

i63i

.Idem ... idem. Matriti MDCCCLXXX.
bibliopol. societatis.

Typis typogr. et

OBRAS DE LOS CO MENT ADORES

81

Explicacion i notas al Libre quinto, que el autor del Arte
intitula &lt;&lt; De syllabarum qvantitate &amp; versificandi ratione ». Granada. Manin Fernandez Zambrano. 1531 = 70 pag
1
boj.
1 lamina. In-8° (Atttor Fernando de Vera) encuad. con
otras obras.

+

+

1534
(B. N. -R: 18565,)

Scholia in quarcum librum Aelii Antonii Nebrissensis Grammarici (por A l/011So Garcia Matamoros). Valencia I 534 Y r 553•
(Citas de D. Justino Matute, Hijas iluslres de Sevi/la.)

1.539

Alfonso Garcia Matamoros. Scholia in quartum librum Aelii
Antonii Nebrissensis Grammatici. Valencia l539·
(Citada por Arana de Varflora, Hiics il11stres de Sevilla.)

t632

Constrvccion I y explica[cion de las reglas I del género, conforme al Arte de Anjtonio, muy uti! y provechosa para ! los que
comiençan a I estudiar. j Compvesra por Diego I LopfZ.J vezino
de Seuilla. 1 Aôo de (Hay un J H S) 1632. Por Pedro Gomez. j
de Pascrana, j umo (1 la Carcel Real.
48 hojas con no retrato de S. Ignacio de Loyola, fol. A-F5.
Ia-8°.

1.555

Antonii Poli Phocensis Grammaticae Annotationes in IV et V
Antonii Nebrissensis Introductionum libros nunc denuo recognitae et auctae ab .eodem.autore. Quib~s accesir ejusdem ~epetitio de pronunriatione quarundam li.terarum apud Latmos.
Caesaraugustae, in aedibus P. Bernuz I 5 55•
(Cit. por Gall.ardo, o 0 2635 . )

t633

Breve explicacion del libro qvarto de Antonio Nebrfaense, a
quien llaman Syntaxis ... Contiene ciertas addiciones, y vn breue
tratado de Kalendas, compuesro por el Licenciado Diego Lopez,
natural de la Villa de Alconchel y vezino de Seuilla. Sevilla.
Pedro Gon.1ez de Pastrana. 1633, 4 folios in-8° + 1 retrato de
S. Francisco Javier.

!627

(B. N. - R: r8565.)

Patris Francisci de Castro Granatensis, ex Societate Jesu. De
syllabarvm qvantitate de versificandi ratione._ Lib~r in h~c uhima
editione ab autore auctus, &amp; correctus. H1spalt-Franc1scus de
Lyra Barreto, 1627, 33 fol.
1 _hoja. In-8° hol.

+

1635

Comentarios breves sobre la Synt:ixis de Antonio de Nebrija
(r635)por el P, AgustindeHerrera.
,

(B. N. - R: 18565 .)

(Véase Ma1utc, obra citada.)
I\IVUI! IIISl'ANIQ.UE, O.

6

�82

ELIO ANTON[O DE LEBRTXA

PEDRO LElvlUS Y RUBLO

t687

i67t

Explicaciones del libro IV .. de Antonio de
Tomas de Aguilar ..

ebrija .. por Fr.

Explicacion del libro IV y V, del ai:te de Aot. de ebrixa,
segun el methodo del Colegio lmperial. Madrid. imp. de Juan
Garcia Infanzon. 1687. In-12, perg0 •

(Ciiado por D. Justino Matute, en su obra Hijosilustm de Sevi/la.)

(B. F . L. 85-12, n• 27798.)

t673

t708

Syncixis del Arte de A. Nebrissensis por Juan de la Pena
(1673).

Idem ... Madrid, por Francisco Sanz. 1708. Tn- 12 .

(Véase Matute, obra citada.)

(B. F . L. 85-12, n° 217806.)

i7to

t675

Explicacion breve del libro quarto del Arte de. . . llamado
Syntaxis ... Sevilla: Por Alonso Victor de Paredes. I 675.

Idem ... Madrid, por Juao Garcia Infanz6n 1710. In-12.
(B. F. L. 85-12, no 27805.)

(B. N. en nueva catalogaci6n.)

Breve explicacioo del libro quinto del Arte de . . . . . de la cantidad de las syllabas. Sevilla : Par Alonso Victor de Paredes.
1675 (En la portada 1674).
(B. N . en nueva catalogaci6n.)

i733

_Explicacion del libro IV y V de el Arte de Antonio de Nebnxa, se~~ se eosena en los Estudios del Colegio Imperia! de
la Compama de Jesus. - Madrid. Herederos de Juan Garda
Infaozon. 173 3.
ln-8° falto de las dos ûltimas hojas:

{675 (?J

(B. N. -

Explicatio brevis libri V Artis Antonii Nebrissensis... por
Fr. Tomas de Aguilar ...

(B. N. -

3 : +798.)

!766

Explicacion de las reglas de géneros y pretéritos, segun el
método con que seensenan en el Colegio Mayor de Santo Tomas
de Sevi.lia.. por Fr. Tomas de Agililar. ..
(Citado por D.

4090.)

Idem ... Madrid. s. i. s. a.

(Cita de D. Justino Matute, en su obra ya mencionada.)

t677

2 :

J. Matute, !oc. c.)

Explicacion del libro quarto y quinto de el arte de Ant Nebrii·a
seau
- en los estudios del Coleo-io Imperia!. Madrid '
. o n se rnsena
imprenta de Manuel Martin. 1766. In-12.l;&gt;
'
(B. F. L. 85-12 0027803 .)

�ELIO A, TONIO DE LEBRTXA

PEDRO LEMOS Y RUBIO

5

gôtico ca. q86, fol. 76 hjs. nofols. sign: a-h 8 Jn, a do columna dt: 46 \incas cada una, letta g6cica de un solo tamano.

i777

Idem ... Madrid. Manuel Martin. MDCCLX~'Vll. In- 80 ·
(B.

.-

t : 47968.)

i782

Idem ... Salamanca. Andres Garcia Rico, 1782 ·
(B.

1 .- 2

: 4091.)

1.787

,::_. li '60 de la Prosodia, qu en latin dispuso el p. Juan
c:.Ap caCI
d
b ··
Jo é
Luis de la Cerda, qu compendi6 el . rte e e nia: por... s
de Barrios .. 1787, Sevi lia, por Anton10 Carr ra In-8 .
(Véase Matut , obra citada.)

i793

. . de la yntaxis
segun las Reglas del arte de A. de
Exp11cac1on
·
.
ebrija por M. Galindo ... 1793 · In- 12 ·
( foseo Britànico I2')07-a-17.)
1.827

Explicacion del libro coarto y quinto del arte de... Madrid.
Julian iana Razola. M.DCCC.XXVIl. In-So bol.
(B.

&amp;TTRODUCClO

Hacblcr, p:ig.

(C

217,

no 462 .)

r• eùiciôn de la lotroduccion s en castellano egun el docto
Haeblcr, quien con idcra ln ediciôn de Zamora como posterior
1:11 razon â ser lo
tipos empleados por la de alamanca anteriores y de ft:cha aproximada a l:t de 1486.
cerca de las Introduc.:iones latina en castellaoo, impr as
por Anton de Centenera agrega Haebler « que pertenece i los
incunables porque no e coooce prodacci6n de est tip6grafo
posterior al arïo 1492. Para apoyo de esta afurnaci6n sirve el
pr6logo del Vocabulario hi pano latino del mismo autor escrito
en 1495 eu que menciona c mo obra suya impresa las lntroduccione en casteUano ». Y respecco a haberse hallado en el Caca.logo de la Biblioteca del marqué de la Romana una edici6n de
Zamora de 1482, di e : « Esto probablemente es uoa quivocaci6n n que se tom6 por fecha de la imprcsi6n una iodicaci6n
de afto anadid. de mano al libro, qu no la tiene. &gt;&gt;
i492 ?

Iocroducciones latin, .. , cotrapue to el romàce al latin ...
Çamora. Anton J cemenera. s. a. (1492 ?) Fol. l. g. vite/a.
sign. a~d (Con autografo d.el P. J. de Avila).
(B. N. -

1: 1009.)

1.773

. - 2: 5635.)

L Tl A

i486

. s,·s . Ael · Aulon. Las introducciones latinas.
rbnssen
in indicacionestipogrâficas pero en Salamaoca primergrupo

Introducciones I latinas, 1 contrapuesto el romance al latin, 1
para que con facilidad I puedan aprender todos, 1 y principalrnence I las religio as, yotras mujeres I dedicadas a Dios, 1 que
para este fin mand6 hacer . A. 11a Reyna Cacolica Dona Isabel 1
JI maestro l Antonio de ebrija / Madrid 1773 l En la irnprema
de D. Joachim de Ibarra 1- En 4° perg
0 •

(B.

.-

U: r66 y U : 6j48.)

�E-LIO ANTONLO DE LR13RIXA

86

PEDRO LEMUS Y RUBJO

t.537

JURIS

CIVILIS LEXICON

t.506?

Le.xicon luris civilis adversus. .. errores editum,.. Lugduni
r 537, apud Ioan et Franc. Frellacos. In-8, perg 0 •
(B. N . - 2: 63869.)

... mm, ciuilis lexicon ... (siti lttgar de impresion 11i fecha,). En
folio, perg".

t.549
Lexicon juris civilis Antonio Nebrissensi... au tore ... locupletatius factum Francisci Jametii diligentia ... Parisiis, apud A.
Parvum. 1549. In-8.

t.506

Idem ... Salmantice, s.

1.

1506.
(B.F. D. 58-8-21.)

(Biblioteca de S. M. el Réy y Bibl. Nation. de Paris. F. 242p5.)

f56t
t.517
Sanctissimi juris civilis lexicon ... ad versus insignes Accursii
Leguleii errures. Ant-verpiae, 1527. ln-8.

Vocabulariurn utriusque iuris ... nuperrime summa cur.a, erc...
Lugduni 1561.
(B. F. L. 119..:ro, n° 40208.)

(Museo Britaoico 877-c-14.)

t.535

t.57!

Idem ... Lugduni r571.
(Bibl. de la Universidad- de Sevilla.)

Idem ... Lo'Vanii, ex officina S. Zassmi, r 535. In-8.

t.594

(Bibl. Natioo. de Paris, E. 6J24.)
S.

Idem ... Paris. r 594·

A:.

(Citado por Suaiia, pag. 45, nota 2•.)

Lex.icon juris civilis ... (Editio 1 • gallica). Parisiis, apud Reginalum Calderium. s. a. In-4° perg 0 â 2 columnas, con muchas
. abreviamras.
(B . F. D . 112-7-8 .)

t.5t.2
Vocabularium utriusque iuris ... Venetia 1512.
(Bibl. de la Uoiversidad de Sevilla.)

t.597
Vocabvlarivm vtrivsque iuris, vua cvm Tractat(vs) admodvm
nili de Ratione studij. .. Accesit Lexicon Iuris civilis in quo
varii ét ... errores Accursij notantur, avctore Antonio Nebrissensi ... Venitiis. Paulus Ugolius. r597 (al fin 1596), 414 fols.
1 boja. In-8, perg.

+

�88

PEDRO LEMUS Y RUBIO

ELlO ANTONlO DE LEBRIXA

DE LIBERIS EDUCANDIS

t598

S.E.

Idem .. , Caesaraugustae,in aedibus loannes Perez a Valdjvielso. 15 98.
(Biblioteca de S. M. el Rey. 11. H. 7.)

i599

Lexicon juris civilis, in quo ,•arîi et insignes errores Accursii
notantur ... Venetiis 1596. In-8.
(Bibl. de S. M. elRey. - II.B. 6, yB. F. L,n°40235.)

t60i

Aelii Antonii, Nebrissensis Historiographi Regis, De libetis
eduçandis libellus ad Miçhaelem Almaç::mum, a libellis ab aure
a seçretis ·FerdinaoJi Regis Aragonum, atque utriusque Siçiliae, ac proinde Hispani orbis moderatoris foel.i'citer incipit.
M. S. en 4°. Copia moderna de D. Agust1n Valles, valenciano ( r7 hojas) sacado de un c6dice de Mayans. Principia :
« Cum superioribus diebus ad istam curiam, salutandi Principis nostri causa, venissem: simul etiam ut gratiam illi agerem
quod me utrumque meritum dignum duxit, cui res ab ipso gestas potissimurn describendas mandaverit ... ,,
,

Observationes in Accursium ... Voir ScoT (Alexander) Vocabularium utriusque juris. Lugdu,ni. 1601. In-8.
(Bibl. Nation. de Paris, F. 24299.)

i606

Vocabvlarium. utrique ivris ... Accessit Lexicon iuris civilis ...
Venetiis, apud Petrum Bertamuno MDCVI. In-8, a 2 cols.
perg".

i5O6

Aeni11mata iuris ciuilis ab Antonio Nebrissensi edita. Magistraatuu: Romanorum nomina a Pomponio laeto. Eiusdem
Antonj Nebrissensis obseruationes quedam ; Ciceronis Topica ad
ius ciuile accommodata (Al fin : Sa!mantice, idibus octobris,
anno M.D. VI). En fol. pta. sign. e. iiii. ed. 2• encuadernado con

otras obras.
(B. N. - R: 2103 y R: 14.059.)

TABLA

Cap. 1. - Ex quali faemina filii procreandi. Dividirque hominem in corpus et animum : et animum &lt;&lt; rursus in appetitum )&gt;
et rationem.
Cap. n. - Quomodô liberorum corpora evalent robustiora.
Cap. m. - Quod infans a matre potins quam ab alia nu.trice
ali debeat.
Cap. 1v. !ormandis.

Quae sît cura adhibenda puerorum corporibus

Cap. v. - Quiô. pueri intra quinquenniwn facere debenc.
Cap. VI. - Quo tempore pueris incipiendum est dare operarn
litteris et moribus.
Cap. VII. - Qualis esse debeat Paedagogus.
Cap. vm. - De moribus et offido Praeceptoris.
Cap. rx. - An Praeceptori optimo protinus tradendi pueri.
Cap. x. - In quo quisque valet ingenio.
Cap. xc. - De officis discipulorum erga Praeceptorem.
Cap. im. - Vtrum domi, vel in scholiserudiendi sint.
(Cita de Ga~ardo, a 0 2654.)

�PEDRO LITh1US Y RUBlO

EUO ANTO 10 DE LEBRIXA

i.903

t545

Aelij Antonij Nebrissensis I Historiographi regij de liberis educandi libellus ad Michaelem Almaçanum I a libellis, ab aure, a
secretis Ferdinandi regis aragonum I atque vtriusque siciliae ac
proinde hispani orbis moderatoris I foeliciter incipitut 1
Publicado por el Sr. D. Roque Chabas. Copia tomada del ~·
de D. Agustin Sales que form6 parte del tomo XXIX de vanos
de la biblioteca de Mayans.
(Revista deArchivos, pags. 56â66, t. IX,ano 1903.)

LIBRI MINORES

91

[dim .. = Granatam, 1545. In-4° perg°.
(B. F. L. 145, 4, n° 5II81.)

t553

Catonis I Disticha moralia I Annotationibus quibusldam Antonii Nelbrissensis illusltrata Dicta Sapientum I Mimi Publiani. 1
lsocratis Parenaesis. Cbriscianis Militis institutum. 1 Per Erttsmu
Roterodamum. 1 Anno M.D.Lill. Impetiali cum priuilegio. 1 Al
fin : Apvd inclytam Grana.tam. Anno M.D.LIII. (sine typ. ) In-4°
sign. A-C. VI.
(B. F • L. 105, 9, no 3&gt;799-)

15H?

Libri minores de novo correcti per Antonium Tebrîssensem ...
(Burgos 15 II ?). S. l.-s. i-s. a. E11 4-0 let. gotica. Grabado desputs
de la licencia. Falto de portada, sinfoliar.
(B.

. - R: 11048.)

DE LITTERIS GRAECIS ET HEBRAICIS
t563

De litteris Graecis ... Caesaraugustae : Apud Petrum Bernud.
M.DLXIlI. In-8° m• perg".

t527

(B. N. -

Idem ... Compluti, 1527. ln 4°, let. got. perg0 •
(B. F. L. 145, IO, 51408.)

t528

Jd.em ... Compluti, 1528. ln-4°, letr. got. perg.
(B. N. - R: 14282 y R: 73B-)

i.529

Idem ... Compluti, 1529. Michael de Eguia.
(Cita de Mayans, Speâmeri Bibliotbecae.)

2:

5ooo6.)

S. JE.

Aelij Antonij Nebrissefi. de litlteris bebra.icis cum qui!busdâ
annotationilbus in scriptul ram sacrâ. S.1-s. t-~.a.
(B. N. -

R: r754, R:

2212

y R:

8162 . )

ANTIGÜEDADES DE ESPANA
!499

Nebmsensis (Ael. Autou.) Muestra de las Antigüedades de
Espaiia. Sin inJicaciones tipogrdficas, pero en Burgos por Fadrique de

�92

PEDRO LEMUS Y RUBIO

EUO ANTONIO DE LEBRJXA

Basilea, ca. 1499-4°. 20 hjs. no fols. sign : ab8 c4 a linea tirada,
28-29 lineas en cada plana, letra romana de ttn solo tarnano, capitales de imprmta, algunas veces sustituidas por nûnusculas, fil : la mano y la estrella.
fo. a) : Muestra dela istoria que Maestro de lebrixa dio alal\

ulcima impressione de erroribvs quam pluribvs emendatum.
Hispali. Ex Typographia Petri Gomez de Pastrana. 16B
51 fol.
5 hoj. -t I retr. del Redentor, 8° bol.

Reina nuesrra seiiora ; quando pidio licencia a su alteza Il para
que pudiesse descubrir i sacar a luz las antigueda -=-0 lldes de espafia
que hasta. nuestros dias an estado encubillertas : i para que
pudiesse como dize Vergilio, Panderellres alta terra &amp; caligine
mersas. - Verso : Indice de los cinco libro que el Nebrisense
propuso escribir, fo . aij CIi Aurores delos quales se saco este primero libro delas Il antiguedades de espana ... - Verso : (I Com~ença la istoria ... acaba fo. (cï) recto linea 2 5 : ([ Acaba el primero libro delas aotiguedades de espafia. Il Fa ta el fin del capitula quarto, i el capitulo quinto de la Il bethica, i el sexto de la
lusitania, i el septimo de la tarraco""' ilnense - fo. ( c4 ) en blanco.
Haebler dice se encuentraenla Biblioteca Real de Copenhague,
y es como un programa y la muestra de uoa obra que quiso
escribir el Nebrisense, pero que no acabô nunca, y para la cual
antes de terminada pidi6 el privilegio ala Reina Cac6lica.

OPUSCULA

(C. Haebler, n° 48o, pag. 226.)

DE NOMINE ET VERBORUM CASIBUS
i599

De nomine et verborum casibus comm.entariolum ... Cordubae, ex officina Francisci Cea. 1599.
(B. Cat. Cord. cita de Gallardo, n° 2643 .)

i633
De nomine et verborum casibvs commenrariolvm. Recens in
ordioem redactvm, scholasticicorvm gratia. Correccvm, et hac

93

+

(B. N. - R: 18565.)

i525?

Opuscula quae in hoc volumine continentur sunt haec :
Passio domini hexametris versibus composita.
Eiusdem passionis threnique per Ph. beroaldum.
Vitae et martyrum coro.nae per anni circulum.
Vitae quorundam per divum Hieronymum scriptae.
·
Super addita est etiam priori excussioni passio sancte Quiterie.
Omnia vero cum scholiis Antonii Nebrissensis. - Cum priuilegio imperiali. S.1-ni a. (1525 ?). In-8 pta.
(Bibl. de la R. Acad. de la Historia, 6, q, i -)

i5f2

Opuscula in hoc uolumine cocenta.
Archilochus de téporum antiquitate.
Philonis breuiariürn de reporibus sacrae scripturae.
Berosus chaldeus d€ origine et succesione regnorü Manethon
egyptius subsecucus berosurn in historia.
Metasthines persa qui et ipse berosum in historia.
Antonius Nebrisseôsis chronographus regius dû Burgis I m
curia desidet ociosus dispunxir ~ interpunxit atq3 pro uirili I ex
inemendato exemplari castigauic &amp; imprimi curauit.
(Al fin : Explicita sunt haec opuscula anciquitatis plena l 'Burgis in officiua Frederici alemani pridie klas I mai Anno a salute
christiana M. D .XII.
.-2,5 hojas, 4°. Citado por Gallardo (n° 2651).
(Bibl. de la Real Acad. de la Historia, P. 115.)

�94

PEDRO LEMUS Y llUBIO

ELfO ANTONfO DE LEBRIXA

Opuscula: Sedulii paschale cum Ae. Ant. Nebrissensis interpretatione nuper ex.cussum ... Apud indytam Granatam. I 553.
In quinquaginta sacrae scripturae locos non vul&lt; ariter enarraros. Tertia quinquagena ... Compluti, 15 16.
Opuscula antiquitatis... Undecirn. Burgis. In officina Frederici alemani. I s12.
Relectio noua de accentu latino quam habuit Salmanticae. III
idus iunias M.d.xiij.
Carmen de figuris per Antonium Mancinellum. In civit. Burgen. Per magist. Fredericum de Basilea. r502.
Orthographia del castellano. Per Ant. de Lebrixa. Alcal:i de
Henares. Arnao guillen de brocar. 1517 (let. got.).
Tabla de la diversidad de los di.as y boras y partes de hora en
las ciudades, villas y lugares de Espaiia (let. got.).
Repetitio septima de ponderibus, quam recitavit in salmantic.
gymnasio. Anno I 5JI.
Razonamiento de los embaxadores de Espafui en la obediencia
que dieron al Papa ( que hizo Fernan Tdlez). - lm pressa Romae.
Kalendis Iulii, I 508.
Pauli Pompilii liber L. A. Seneçe vita, ed. Io Lopim. (let.
got.).
Quaedam Ciceronis orationes atque aliorum cum suis argumentis.
Angeli a Monte Policiano poetae atque orat. claris. sylvae.
Fesulano, 1486.
1 vol. in-4° perg°.
1

(Bibl. de la R. Acad. de la Historia, 7, 3, 3.)

95

S. lE.

Orationes ad plenu3 collecte summaq3 diligëtia emëdate : insuper i alique q defuerant addite : que per totû annù in sancta
ecdesia cantantur.
S. 1.-s. i-ni a. In-4 letra got. Escudo de los R. R. CC. (Exlibris de Gayangos) .
(B. N. - R : rro48.)

i52i

Orationes ex divino officia ad plenû collecte ... Compluti. Mich.
deeguia, r521. In-4° perg.
'
(B. N. -

R : 3178.)

i528

Idem ... Compluti, I 528.
(B. N. -

R: r4282.)

i.539

Idem ... Granada, 1539.
(Bibl. Universidad de Sevilla.)

ORTHOGRAF1A
t5t7

Reglas de Orthografia en la lengua castellana. . .. Alcalâ de
Henares. Arnao guillë de brocar, r 517: In-4° tafil.

ORATIONES
(B. N. - R : I 363 . )

t.5t.5
t527

Oratio in Senaru Aposrolico habita a Ferdinando Fellio, etc ...
Barcelona, I 5 I 5.
(Biblioteca Colombina.)

ldèm ... Al fin : Al loor y gloria de nuestrn sei'ior dios : y
I la gloriosa virgen Maria su madre : abogada J los pelcado-

de

�PEDRO LEMUS Y RUBIO

ELIO ANTONIO DE LEBRIXA

res. Fue imprimido el prefente tractado el I qnal hizo Antonio
de Lebrixa por proue =Jcho de rodas los escriptores: é la ciujdad
de Leon. Acabose a. XXX: 1&lt;lias del mes de Agosta I aûo de mil
i: quinilëtos. y. XXVII. an.os 1
In-4° letra got.-sign. av-biii.

Portada con orla aleg6rica. En el frontis una bandeleta con
inscripci6n p.oco 11:gîble. Caracteres con tinta roja meoos lo
subrayado que, como la orla, esta impreso con tinta negra .
En4°. s.1.-s.t. -s. ae. - sign. aiiii-ziiii+Aiiii
- Giiii. Faltan 3 folios. Encuad. hol.

+.

(Biblioteca de S. M. el Rey.)

(B.

i735
Reg!as de ortografia en la lengua casteUana ... Hizolas reimprimir, anadiendo algunas reflecciOJ1es Don Gregorio Mayans i Siscar ... Madrid por Juan de Zûfüga, 1735. In-8° pasta.
(B. N. - u: 2982, 1 : 379II,

1:

38596,

2:

17334, 2: 44699 y F: 3962 .)

97

-T: 4373.)

{524

P. Terentii Aphri .... Caesaraugustae. Georgii Coci. :.: anno nato
Messias XXIIII post millesimum quingentesimum sexto Ka!.
iunii. Ia-4°.
(Maians, Speâmen Bibliolhtcat.)

t765
Reglas de orrografia en_leogua castellana, compuestas por el
Maestro Antonio de Lebrija, chronista de los Reyes Cat6licos.
Hizolas reimprimir, aûadiendo algunas reflecciones Don Gregorio Mayans i Siscar. Valencia .. : Benito Monfort, 1765.
In-8°, 1 boja xxx
96 pag.

+

IN PASCHALE SEDULTI
{508

Commemaria in Pascbale Sedulii ... Caesaraugusta, 1508.

+

(B. N. -2: 51&gt;5,

2:

(Cita de D.

51405, 3: 16720, 3: 26555 Y F: 3977.)

P. TERENTil

t5t0

ldem. :. Salamaoca, I 5I o.
(Cita de Suafia, pag. 68, nota 4•.)

S . JE.

i5i2

P. T erétij aphri comi-lcorum eleganrissimç comedi~: a Gtti1 cü Ascensif
pr~notamétis z annotamëtis l suis I in locis adbibitis. Castigaty
nüc radé et sibi f restitutt; iuxta Politia11e Philologi corjrectîonê
A11toniiq3 Nebhss. recogni-ltione. Cû annotatione carminû inl
cuiuslibet s~n~ princîpio apposilta. seruati cûbis côuenientia 1
text' cü cômento: vt in eptalad lectorë lati' ostëditur. 1 Addita
insuf Philollcgi qda q necessa-1 ria visa sunt au- 1. notamëta de 1

done Jnuellale perq3 litterato familiariter explanat~:

gfiib' car- 1 minû. 1

t

J. M. Sanchez, ob. ind. )

Idem ... Lugduoi, 15 r2.
(Citada Bibl. hrli1111e. Io. Alb. Fa bricio, Padua, 1754, t. ITT.)

i5i4
Paschale cum Aelii Ant. Nebris. inrerpretatione: Compluti,

1514. In-4°.
(B.F. L. 145, 9,

1·
lll!VOE HISPANIQOE. D ,

0°

51391.)
7

�ELIO A TONIO DE L.l:BRJXA

PEDRO LEMUS Y ll.UBlO

99

Hi53

l5i5

Paraphrasis in Sedulii poema de Christi miraculis ... Granata,
Caelii sedulii presbyteri Paschale opus .. Al fi.11 : Caesaraugusta
industria et impensis Georgii Coci, VI No~as sept_embres anno
salutis christianae M.D.XV. post primam 1mpres~1onem ~ntonius
ebrissensis adjecitque Paraphrasim in locts obscunores

0k).

.

..

Citada por Majans Specw1en Bibltothecae, pag.

I 553·

(B. P. D-109b, 1-6.)

PASSIO DOMINI
!5i6

2 7-

(Bibl. de S. M. el Rey, Ill, D. 5.)

i524

Idem ... Compluti, r S24.
(Cita de N. Antonio.)

Passio domini hexametris versibus composita. Eiusdem passionis threnos per Philippum Beroaldum. Vitae &amp; martyrum
coronae per anni circulum. Vitae quorundam per divum Hieronymum scriptae. Punxit dispunxit &amp; scholia adiecit Ant. Nebrissensis. Compluti : opera et impensis Arnaldi Guill . Brocarii .
15 16. - In-4° perg.
(B. F. L., 145, 4, n° 51175.)

i 54i

t.51.8

Idèm.:. Basiler M.D.XLI por Westhemerus.
(Faustino de A.révalo, Proleg6menos

aSedulio, pal?;.

64.)

{545
Comment. Sed1tlius(Coelius). Opera poetarum christianorum
quorundam utilissima ... Basileae, r545. In-8.
(Bibl.

atiooale de Paris, Yc. 8830.)

In viras SS. Opuscula quae in hoc volumine continentur, sunt
haec : Passio dni hexametris versibus composita. Ejusdem passionis threni per Philippum Beroaldum. Vitae et martyrum corona
per anni circulum. Vitae quorundam per divum Hyeronymum
Scriptae. Super addita ei.t etiam (priori excussione) passio Sanctae Quitt:riae-Omnia vero cum scholiis Antonü Nebrissensis.
In Inclita Lucronio apud Micaelem Eguia. Idibus augusti .
Anno M.D.XVIII. In-8° perg.
(Bibl. del Palacio Episcopal. C6rdoba.)

S. A!.

t.524

(B4jo un escudo imperial : ~edulii paschale cum .c~m:jto. Aeli~
Antonij Nebrissensis nulper unpressum . 1 Cum pnmlebio unpe
riali.
S.1-s.t.-s.a. lo-40, let. got. perg.
(B. N.-R2228)

O puscuJa, quae in hoc volumine quod vulgo Saucturale nun ·
cupatur, continentur, sunt haec: Passio Domini hexametris.
&amp;•... II. Kal. lanuarü anno Dni. M.D.XXIITI.
(Mayans Spec.i111e11 Bibliolbecae.)

�100

ELIO ANTONIO DE LEBRlXA

PEDRO LEMUS Y Rl)'BIO

t.S2'1

Idem ... Compluti. Mich. de eguia. 1527.
(Mayans, Specimen Bibliothuae.)

roi

deprauata atq3 dtorta fuerunt per eüde recognita : et ad vngué
emëdata: ac nouiter imo pressa foeliciter incipitur. - Compluti opus Arnaldi clarü guillermi M.D.XIIU.
ln-4° portada con orla y esc. tip. let. got. 48 hoj. sig. A-F
sin fol.
(B. N. - R.: 10929.)

IN A. PERSIUM
S. lE .

i503

lu A. Persium Flaccum Poetam satyricum interpretatio ...
Sevilla 1503.

In A. Persii Flacci satyras. ln-4° letr, got. falto d portada.
(Bibl. R. Acad. de la Historia.)

(Bibliotec.a Coiombina.)

t.506

i5t'l

Idem ... Complutî r517. ln-4° let. got.
(Bibl. , ation. de Pari~. Rù. p. Yc. 1601 .)

A. Persii Flacci Satyrarum liber unicus, cum perlucida indagatione. Lugrunii. I 506.
(B. F. D.,

142, 2,

t52t

»-)

Idem ... Compluti 152r.
t5t2

(Citada por Gallardo, n• 2647.)

In A. Persii Flacci satyras perlucida indagatio fau.sto omine
est explicita ac insuper annotationes cum eiusdem poetae et vita
et satyrae expositione. Anno christ. salutis duodecimo post
M.CCCCC pridie Kalendas Aprilis.
I vol. 4° perg. let. got. sin portada.

t522

Commentaria Aelii Antonii Nebrissensis grammat1c1 m sex
A. Persii satyras. Parisii. Ex officina Roberti Stephani. M.D.XXII.
In-8° pasta.
(B. N. - U.: 866oy R.: 1833.)

(Bibl. R. Acad. de la Historia, 5, 3, .,.)

t.523

Aelii Anthonii ... in A. Persium ftaccuz ... interpretatio ... etc ..
1512. In-4°.

Idem ... Parisiis. 1523. In-fol.

(Museo Britanico 78, a, 26.)

t5i4

Aelii antonü nebrissensis gramatici in A. persiun1 flaccum
poëtam satyricü interpretatio: cû quibusda qua~ a librariis

(Bibl. Nationale de Paris. Rés. g. Yc. 459.)

Aelii Anthonii. .. in A. Persium (~ interpretatione ?.. ). 1523.

In-fol.
(Museo Britânico, 655, d. 14.)

�102

PEDRO Lll.WS Y RUBIO

ELIO A, TONlO DE LEBRIXA

i527

IN PSYCHOMACHIAM PRUDE TII

Commentatia Aelii Antonii Nebrissensis ... in sex A. Persii
satyras ... Parisiis, ex offici oa R. Stephani, r 527. ln-8°.
(Bibl.

103

ationa.le de Paris Yc. 694J y Ré.s. p. Yc. 769.)

i527

i500

Nebrissensis. Ael. Anton. Enarrationes in pi;ychomachiam Prudentii - sin indicacioncs til)Ogrltficas, pero en Salamanca, segut1do
grupo g6tico, ca. 1500. fol. 14 bjs. no fols. sign . : a8 b6 •

Comrneutaria Aelij Antonij Nebrissensis Grammatici in sex
A. Persii Satyras. Parisii. - Ex Officina Roberti tephani, e
Regione Schola decrerorurn. MDXXVII.
(Biblioteca del Palacio Episcopal de Cordoba.)

(Citada por Hacblcr.)

i510

Aurelii Prudentü ... Brocarius.

1510.

(Cit. por N. Anto11io, y por Suafia, pâg. 67, nota 2•.)

i529

Persius Flaccus ( Aul.) Satyrae. . . Lucronii Cantabricae.
1 529.
(B. F. L.: 91-10, n° 30088 y B. de S. M. el Rey.)

i5i2

Aurelii Prudentii Clementis, viri consularis libelli cum commenta ... Lucronii. 1512.

t55:I.

(B. F. D., 141-Z-65 y Bib. de S. M. el Rey.)

In Persium ... breves explicationes ... See JuvENALIS (D. J.)
Persii Flacci Satyrae ... 15 51 . ln-fol.

t536

J. Juvenalis et A.

(Museo Britanico 655, tl. 10.)

Prudeotii opera ... etc. (Cum cômento Antonii
1 536.

ebrissensis).

In-8°.
(Museo Britanico 1068, h, 1.)

IN PROLATIO E
t5t8

i540

In prolatione quaruodam litterarum errare graecos &amp; latinos
facile potest demonstrari ex definioibus &amp; principüs, quae ab
omnibus grammaticis tam graecis q3 latinis : tam antiquis quam
iuniodbus admittuotur. - Compluti carpetaniae. Arn. Guil.
Brocarius. M.DXVIII.
' In-4° con notas manuscritas. Perg°.
(B. N. - R.: 135.)

Idem ...

1540.

ln-8°.
(Museo Britaoico 10.02, b, 22.)

i546

Idem . . . An tverpiae.

1 546.

In-8° .

(Bibl. Nationale de Paris. C. 4288.)

�PEDRO LEMUS Y Rt:BlO

ELIO ANTONIO DE LP.BR)Xh

i6t.3

t660

Idem ... 1613. In-8°.

Idem .. . en Critici sacri, tomo 8° (1660).
(Museo Britànico 1002. i. 16.)

TERTIA QUI QUAGE 1A

(B. F. L.)

i 698

t 5t6

Aelij Antonij Nebrisseii.l ex grammatici rhetoris in complutensi 1gymnasio l atq3 proinde historici Relgii in quioquaginta
sacrae scriplturae locos non vulgalriter enarratos. Tertia qvmqvagena. Compluti I M.CCCCCXVI.

(Museo Britanico, 4, f. 10.)

REPETITIO ES
i 486 ?

(B . N. - R.: 1347, R.: 2212 y R.: 2699.)

Repetitio secunda quam fecit anno M.CCCC.LXXX sexto :
t.520

Aelii Antonii Nehrissensis. In quinquaginta Sacrae Scripturae

locos non vulgariter enarratos tertia quinquagena. Parisiis, apud
R. Chaudiere. 1520 . In-4°.
(Bibl. Nationale de Paris A. 5320.)

t.535

Idem ... l535 (cit . par Gallardô, n° 2653 .)
t.543

ln aliquot Sacrae Scripturae locos annotationes. Voir GEORGES
DE lREBJZONDA . ln Locum ilium Evangelii: « Si volo cum
manere donecveniarn )l opusculum. Basileac 1543. In-8°.
(Bibl. Nationale de Paris A. 7097.)

t.600

Quinquagena . .. en Caninius (Angelus). De lacis S. Scripturae, &amp; . Antverpiae. 1600.

De corruptis hispanorum ignorantia quarundam litterarum vocibus. In-4° ptrg. s. l. s: typ. s. a.
(B.F. L. 1,15-10, n° 51403 y B. N., r: 1727.)

i 490

Nebrissensis. Ael. Anton. Repetitio secunda sin indics . tipogr.
- Salamanca, primer grupo romano, ca. r490 . - 4° I 4 hjs. no
fols. sign. a8 b6 a linea tirada-letra romana.

(C. Haebler, no 473, pâg. 223.)

t.503
Devi ac pocesrate litterarum ... Salmautice . r503.
(B. F. L., 145-10, n° 51403 .)

i 506

Al reversa de la primera memhra11a : Arias lusitanus lectoril.
Publica non hic sunt non bic trhüalia lector. 1 Aure palaemonîa percipe quisqu.is ades. 1 Sit quamuis natus rumae nutritus

�I06

PEDRO LEMOS Y RUBLO

ELIO ANTONIO DE LEBRTXA

athenis : 1 Quod legat hic doctus persius inueniet. 1 Lingua palesrin.ie cum sit nunc mixta latina: 1 Non norat proprios indyta
roma sonos. 1 Reddidit &amp; .solymis proprios antonius .oris : 1 &amp;
graiis proprios : &amp; tibi roma suos. 1 En la siguiente : Aelii
Antotlii r ebrissensis de I peregrinaril dictionü accentu. 1 Curn
priuilegio principil ... Al fin de la obra: De peregrinarum dictionum accentu I Aelii Antonii ebrissensis repetitio te.nia I Explicita Anno Christianre Salutis I M.D. VI.PR.KL.TVLII. 1
A continuaâ6n el siguienle atttôgrafo del Maestro :
Idem Antonius· nebrissefi. casrigauit ex. autographo: 1 arque
apices apposuit ad usus perquam Reueren. 1 domini Do. Francisci Ximenez Archiepiscopi I Toletani ac hispaniarum protomiste. 1 Firnw{io: Antonins I Nebrissenj.
In-4°. 22 membranas vitela, letra g6ci:ca.

Aelii Antonii nebrissefi. grammatici atq 3 regii historio I graphi repetitio septima de pondcri ibus quâ recitauit in Salman lticensi gynmasio in idusj !muas. Anno M.D.Xl.
S. l. s. i-s. a. - In-4° perg 0 •

(B. F. L. Incunables. A-1 , tabla 6a

n°

15.)

De esta misma obra hay en la B: N., los ejemplares

I :

46679

(H.

1• -

R.: 135 , R.: 142 y R : 2701.)

i52t

Repetitio ocrava de numeris ... qua recitavJt in Salmaticense
gymnasio HI. idus Îunias, anno r 5 12 ... Complu ci Carpetaniae.
Arn. Guilielmus de Bro..::ario. M.D.XXI In-4° per&lt;• 0 •
(B. F. D., 70-5-24.)

Aelij Antonij Nebfr,sensis re I lectio de numeris in qua I numerorum rrores I côplures ostendit I qui apud ancto I res leguntur. l Compluti Carpetaniae. Arn. G. de Brocario. M.D.XXI.
In-4° 8 fol.-A-A 4.
(B. N.

y R: 8573.

107

~

R.: 2701 y R. : 7346.)

S. A:.

i507

Relectio nona: de accentu latino ... ln-4°. S. 1. s. 1-s. a.

Repetitio V, ... die IL Iunii. 1507.
(Cita del Ms. 8478delaB . N.)

(B. N. -

R.: 142 y R.: 2701.)

t5i3

S. A:.

Repetitio sexta, de mensuris ...
Sin indics. tipogr. La prime·ra boja 111a11uscrita. Io-4° perg0 •
(B.F. L.,

Aelij Antonii Nebrissen. Relejctio nana de accentu latioo /
aut larinit:tte donaro quam habuil. Sal)mâtice. iij, id' 1 iunias
anno. J.xiij. - Hispali, s. i. M.D.XIII. - ln-4° perg.

= 145-4, n° 51182.)

Repetitio sexta, de mensuris. Sine l. ni a. (Al final dice que la
explico Lebrixa en 15 IO ).
(Biblioteca Colombina.)

(B.

. -

R: 135.)

i5i4

Relectio nona de accentu latino aut latinitate donato 9 uam
habuit Salmanticae. üj idus iunias anno M.d.xiij. Cum Marti-

�•

108

PED.RO LEMUS Y RU.BIO

ELIO ANTONIO DE LEBRIXA

nus Juarra cantabricus 9.3 castigatissime imprimendam cura vit ..
1514. Barcinone.

t563

(B. N. -

3: 3305.)

t527
Repetitioes tres, scilicet de Poderibus, et mensuris, et numeris ... Copluti. M. Eguia. 1 527. In-8° pta.

I09

Rerum a Ferdinando V, et Elisabe hispaniarum regibus gestarum Decades II; item De hello Nauarieosi, lib. Il ... (Véase eo
Scriptores rerum hispaniarum aliquot. &amp;•. Francofurti r563;
t.

Il).
:t.579

(B. N. -1: 34592.)

Idem ... (ideni. Pranco-furti: 1579, pag. 1073).
RERUM A FERNANDO ET ELISABE

(B.F. L., 73-1, n° 22689.)

t545

i603

Al pié de un g1'an escudo de armas, y todo rodeado de una orla
and1a grabada en ma.dera : Habeo in hoc volumine amice lec-

Idem... (Véase Hispaniae illustratae. Francofurti : 1603 .
Torno I, pâg. 307 .)

tor I Aelii Antonii ] Nebrissensis rervm a Fernando 1 &amp; Elisabe
Hispaniarü foelicissimis Regibus gesta~ decades duas. 1 ecnô
belli Nauariensis libros duos. Annexa insuper Archiepi. 1 Roderici Chronica, alijsq3 historijs antehac non excussis. t cvm imperiali privilegio I e quis alius excudat aut vendat I Anno
M.D.XLV .I Al fin: Apud inclytam Granatam: Anno a virgineo
partu millesimo quingentesimo quadragesimo quinto.
In-folio 7 hojs.
86 fols.

+

(B. N. -

R: 10786 y U: 66o2); B. F. D. 142-2-8.)

Idem ... Granatae. Xant. Nebriss. 1545.
B.

. R: 406, R: 413, R:

(B. F. L., 73, r, n° 22673 .)

RHEfORICA

t5i5
Artis rbetoricae compëdiosa coaptatio I ex Aristotele Cicerone

&amp; Quintilliaoo, Antonio Nebrisseii I concinnatore. Arnaldo
Guillelmo \ M.D.XV. -

In-4°.

En el mismo voltttnen se balla encuadernada: Qvaedam Ciceronis orationes I atqve aliorvm cvm svis I argvmentis. Lege
liciter ].

I foe-

(B. N. -R.: 1775.)

12ss-, R: 6053, R: 10247 y R: 15764.)
t529

t550

Artis Rhetoricae .. Compluti. (Al fin:) Michaelem de Eguia.

Idem ... Granatam. 15 50 s. i. In-8°.
(B. N. - · R.: IS939, R.: 16015 y 2: 24276; R., 4719.)

1529. In-8°.
(B. F. L., 90,

IO,

n° 29736.)

�IIO

PEDRO LEMUS Y RUBTO

ELIO ANTO~IO DE LEBRJXA.

t583

adiecit grammatica quaedam scholia non contemnenda. (Compluti ?) Michael de Eguia. 1525. - Iu-4°.
(B. F. D., 72-9-8.)

Artis Rhetoricae... Granatam. Io. Lapez Serrano. 1583.
ln-8°.
(B. F. L., 90,

10,

n° 29727.)

t'174

Organum Rhetoricum et oratorium, concinnarum ex arte
rhetorica Aelii ... curn notis Gregorii Maiansii ... et ex lnstitutionibus oratoriis Petri Ioann1s Nunnesii ... Accedunt, ipsiusmet
Nunnesü Qu,aestio de componendis epistolis ... Tabulae Rhetoricae .. Valentîae Edetanorum; apud Franciscum Burguete. r774.

Ill

t535

Segmenta ex epistolis Pauli, Petri, Iacobi et Ioannis, necnon
ex prophetis quae in re divina legun.mr per anni circulum :
cum grammaticis scboliis. - Garnata. r 535. In-4°.
(B. F. l., 17-8, n° 415Q.)

1545

Idem... Granada. I 545.
(Bibl. de la Universidad. Se villa.)

In-40.
(B. N.-

2:

15458,

-2.:

t650

258ro y 2: 49422.)

SANCTORUM ACTA

In ~lii Antonii super syUabis canones accessiones aliquot.
Salmanticae (1650). In-4°.

t527

(Museo Britanico T.

Sanctorum Acta, seu vitas quasdam olim descriptas. Omnia
vero cum scholi.is ... Compluti. Michael Eguia. 1527. - In-4°
let. got.

:12*

(1).)

t5i6

Schollia grammatica in epistolas propheticas ... Alcali de
Henares. 1516 ...

(B. N. 3: 8412.)

(Biblioteca Colombiaa.)

SEGMENTA EX EPISTOLIS

TABLA DE LA DJVERSIDAD DE DIAS Y HORAS

t5t6

S. A:.

Segmenta ex epistolis Pauli, Petri, Iacobi et Ioannis ... Compluti. r516.

Tabla de la diuersidad de los dias y boras y partes I de hora
en las ciudades villas y lugares de Espaùa I y otros de europa :
q les respôden por sus paralelos. 1 Compuesta par el Maestro
Antonio de Nebrissa.
4 hojs. sin foliar in-4°.

(Cita de Suafia, pâg. 68, nota 2~.)

t525

Segmenta ex epistolis Pauli, Petri, Iacobi et Ioannis. Quibus

(B. N. -

R.: 7346, y B.F. L., o0 19360, reproducida.)

�Il3

ELIO ANTONTO DE LEBRJXA

PEDRO LEMUS Y RU.BIO

112

y AFRE DICTA PHILOSOPHORUM

t534

S. If,.

ln vafre dicta Philosophorum. Eiusdem epithalamiü Lusitaniae principum. Eiusdem patria:e suae Antiquitas &amp; origo. Eiusdem peregrinatio Regis &amp; Reginae ad sancmm Iacobum. Petri
martyris ad eundem de Barbaria fogata. Eiusdem Antonii ad
Petrum martyrem Responsio. Autor ad sua Grâmatices artem
cii in luce ederet. Fabiani Nebriss. cü ipsa Patris arte côfabulatio. Fabian' ide. in fabula de duorû amatiü crepidine. (Al fin:
Apud inclytam Garoatam: DXXXIDI. - In-4°).

Aelîi Aoronu nebrîssensis gramatici &amp; poetae 1_ua~r: dicta
bilosopbos I ex Dîogene Laertîo potissimü collect~ mc1prnntur.
P
· sap1ent1
· ·bus. - S· l· s· t · s · a · - InLiber
primus I de undec1m
4° sin portada.
·
(B . N . -I.:1691,yR: 1357.)

i498

(B. N. - R.: 2763 .)

Nebrissemis Ael. Anton. -

Vafre dicta philosophorum sin indics. tip~graficas. 40, r2 hojas no fols, si?n. A'.2 terra g6t.
Haebler cree es impresa en Burgos 1498, y d1ce existe otra de
149 6 en la Biblioteca de Valencia.
(C. Haebler, obra cil., n° 476.)

'

i577

Sapientum dicta vafre et acutissime cum glosemate... Antiquariae. In aedibus .IE!ü Ant. ebrissensis. 1577. - In-12 perg°.
(B. F. L., 152, 8, n° 53985.)

Idem ... Salamanca. 1498.
(C. Haebler id .. n° 477.)

S. A!.

i500

Idem ... Antequera s. i. s. ae. ln-8°.
Idem ... Salamanca.

1500.

(B. F. D., 143,

(C. Haebler, id.., n° 4ï8,)

2,

8z.)

VERGILII COMMEl..JTARIUM
Aelii Antonii nebrissefi gramatici &amp; historia I g~apl~i Regii ~n
vaframenta philosop 11orü ·m versus ab illo redacta 111 prefatio
incipitur. (S. \. s. i. s. a.)
(B. N. - R. : 17&gt;4-)

i5i4

In vafre dicta Philosophorum... Apud lndytam Garnata m.
(M)D.XTI1I. S. t. ln-4°.

i545

Pvb, Vergi \ lii Maronis Partheniae \ Mantuani Aeneis diuinum opus ad Aelio Anto I nio Nebrissensi ex Grammatico, &amp;
Rheto=lre Regis historiographo familiari cô=mentario &amp; nunc
recens excus -lsa elucidata in lucem \ prodit. \ Cum priuilegio \ ... Granatam I Anno domino M.DXLV. In-8.
(B. N. - R.: 13812 .)

(B. N. - R.: 142.)

REVIJ K IU~PA"N IQ.IJK, D,

8

�J

14

PEDRO LEMU S Y RUBIO

'ELIO ANTONIO DE LEBRLU

i546

i530

Aeneis diviuuro opus ab Aelio Antonio Nebrissense familiari
commeotario elucidata ... Granata s. i. 1546.
Oper.a, post omnes omnium editiones nunc demum revi~a
Aelii Antonii Jebrisseosis in eadem Ecpbrases ad modum fam1liares .. Granata s. i. I S45•
2

obras

ttt

II5

Anto1iio de Lebrixa, the Eider. See Ang1erhts (P. M.). De orbe
nova decades (8). Prefatio Aelii Antonii Nebrissensis. r 530. -

Fol.
(Museo Britinico. 600 l. 26.)

i522

r vol.
(B. F. D. rn9, 2, 1.)

Ed.

GOMEZ

(Alvaro). Thali Chrisria: .. Compluti,
(Bibl. Nationale de Paris, Ris .

OTRAS OBRAS REFERENTES A LEBRIXA
S. JE.

Aelii Antonii ebrissensis Regii Historiaphi in Ascalaphi
Malleoli, cisterciensis ordinis Commodatorii Vitam. Prologus
M. S. en 4°. Copia moderna de D. Agustin Valles, valenciano
(10 bojas). Este pr6logo ocupa dos hojas y media, y después:
comienza: Malieoli Ascalaphi, Cisterciensis On.iinis Commendatori is Vira, per Antonium Nebrissensem edita.

Bible (Polyglott ). Vetus Testamentu multiplici lingua nûc
primo impressum, etc. (Edited by A. de Lebrixa, Demetrio
Ducas, etc.), 1514, etc. fol.
(Museo Britânico 1277 e. b-IJ.)

l5i6

Ed. ANGmERA (Pietro Martire d'). De orbe novo decades ...
Alcala de Henares. I 516. In-fol.
(Bibl. N ationale de P aris, Rtis. C. i 57, 2-3 .)

In-4°.

Yi;, 149J.)

i525

Alvari I Gomez Thali christia l ad beatissimvm paltrem Hadrianvm sextvm ponri lficem maxi -=., 1 mvm, ex secvnda im!pressilone
complvtensi,I.,: Al fi11: Copluti carlpetanie in edib' Michaelis de 1
Eguia: 1 Atio a na = ltali christiano. M.D.XXV, absolutum vero.
In-40:
En el revmo de la portada: Aelivs Antonivs Nejbrissefi, historiographus regius I ad lectorem:
(B. N. -R: 18o.)

(Bib. Fernandez Guerra, Cita de Gallardo, n° 265 5.)

i5i4

p.

1522.

!573

Harangues d'Antoine Nebrisse: .. recueillies des deux decades
de son (or rather of H. de Pulgar's) histoire d'Espagne. Harangues
d'Elie Antoine de Nebrisse recueillies des livres de la guerre
Navarroise ... See BELLEFOREST (F. de). Harmgues militaires, etc.
1573, fol.
(Musco Brit:inico C. 47, K.)

t582

See Th., M. P. BE: IV: Declaration du droit de legitime succession sur le royaume de Portugal. .. Ensemble la deffen~e contre

�l'EDRO LEMUS Y RUB10

ELIO ANTONIO DE LEBRIXA

les impostures, ~ calomnies de A11thoine Nebrisse, pour l'usurpation du royaume de Navarre, etc. 1582, 8°.

t.903

u6

(Museo Britânice, 1195, a.

2

(1).)

t579

Muy illustre Seîior: Informacion de derecho que la compaiiia
de Jesus pretende tener en el pleyto que A. de Nebrixa la tiene
puesto, sobre la Arte de Grammatica, que ha compuesto ...
E. Alvarez, etc .. : (A defence of E. Ah-arez from the charge of
plagiarism and infringement of copyright.) ( r S79 ). Fol.
(Museo Britanico, 1322, 1. J (28).)

Epistola del maestro de Lebrija :11 Cardenal I quando aviso,
gue en la interpretacio □ de las Dicciones de la Biblia no mandasse I seguir al Remigio sin que primero viessen su Obra. 1
Copia publicada por D. Rogue Chab.î.s de otra hecba por el
can6nigo Mayans sin indicar la procedencia.
(Revista de Archives, pàgs. 493-496, 1903.)

Bibliografia hispano latina .. : por Excmo. Sr. Don Marcelino
Meoéndez Pelayo.
(En public:1ci6n en la [(eu. de AtdJivos.)

1580?

MANUSCRITOS

Memorial. ·. que la compafüa de Jesùs tieue presentado con el
processo: En que se trataq la Grammatica de!PadreE. Alvarez ...
no es la mesma qua (sic) la del A. de Nebrixa, etc: ( 1580 ?).

Algunas noricias hist6ricas de ... por D. José Luis Vetazguez,
marqués de Valdeflores : Torno 54 de su colecci6n.

Fol.
(Museo Britimico, rJ22, 1. J (29).)

i63i

A briefe introduction to Syutax. ~ompendiously shewing the
true use .. : and reason of Latin construction. CoHected for the
most part out of Nebrissa bis Spauish copie. With the concordance supplyed by J(ohn) H(awkius), etc., pp. IIO. G. Emon-

dron : London, 163 I, 8°:
(Museo Brit:inico, 12'JJ5 aaa, 48.)

1752

Arte de lengua rotocana '. conforme a el arte de Antonio
Nebrija, etc. par Zambrano Bonilla (J.), 1752, 4°.
(Musco Britanico, 12907 b/J. ,4 .)

(Bibl. de la R. Academia de la Historia. Est. 22., gr. 5, no 93.)

Repulsa gue llev6 eu Salamanca el a11.o r 5 r 3 en la oposici6n
que hizo con . Castillo a la Catedra de Gramatica que se habia
de leer por su arte.
(B. N. Ms. H. 96, pag. 34.)
Gra.matica latina primera, bien diferente de la que ahora se
cstudia : en la pag. r6 da razon de su patria y padres:
Sobre este manuscrito versa el precîoso trabajo del Sr. Pa.z y
Melia en la Rt:vista de Archivos Je 1898:
(B. N. Ms. T . 209.)

Breves elemenros de gramatica castellana de... puesta en
romancepor P. A. S. - r vol. en 4° pasta, rotulado « papeles
varias »:
(Bibl. de la R. _Acad. de la Hist. Estaute, 2.7, gr. 3•, l. a.o 61 .)

�n8

Aelii Antonii ebrissensis I Instimtiones Grammaticae I in faciliorem, commodioremque I Methodum redacrae ad usum I Juventu tis Hispanae I opera et studio J. F. P. A· et M· l
Ms. en 4° encuadernado en pergamino, sin foliar.
(B.

. -Q. 190, no 6022.)

Explicaciones del Arte de Nebrija. Un
pape\, y encuadernado en pergainino.

II9

ELIO ANTONIO DE LEllR!XA

PEDRO LEMUS y 1.nJBrO

ro1110

en 8° escrito en

Apuntes va rios.: In-8°, pasta,
(B. N. -no 8470.)

Proceso de p&lt;!tici6n de prueba de hidalguia a favor de Andrés
Moreno de Castro, etc.
En folio, pergamino. 20 fo.ls. de indice
160,
60 del proceso de prueba
2 en blanco:

+

+

+

(Archivo de la panoquia de Santa Maria de Lebrija.)

(Bibl. de la R. Acad. de la Historia. Estante :26, gr. Sa. D. no 2co.)

Sucesos de los Reyes Catolicos .. . escritos por A. de N.
Coleccion Velasquez, toma 17:

ÎNDICE

(Bibl. de la R. Acad. de la Hist., 12, 4 1 56.)

Aqui comiença la quarta parte Dela coronica Delas I Muy
altos y muy poderusos Dô fernado y Dona Ysabel \ catholicos
Rey e Reyna DecastiUa e de aragô e ! De secilia en la ql serrecueta: la côquista que fizierô contra el Reyna Degr:mada. Côuas
1Algunas cosas q yntervinierô. 1 II Capit° Coma Los Maros
roman) lavilla de zahara.
A la cabeza de este folio (ccxciii) hay una nota que dice :
(&lt; Ant 0 de Nebrixa en la impresa j ano 1 565 en valladolid al fol.
148 v. 1 comienza y pareze no concuerda con este original. &gt;)
Ms. en folio de ccxcrn-ocxm, pasta pergamiuo.
(B. N. -

V. 182, n° 8172.)

Dos ejemplares de la Cronica castellana de los Reyes Cat6\icos,
el segundo incompleto. Ms.
(B. N. -V. 17, 18.)

Vocabulario botanico médico.
(B. N. Trasladado

a impresos.)

P:ig.

Apologia ...................... .
Brevissima commendatio. . .
· ···········
Catonis disticha. .
····· ······ ········ ·····
Cosmographia ... : : : : : : : : : : : : · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
Cbronica (obra apocrifa) ... .,.:::::::::: .... · · · · · · ·
Dictionaria . . . . . . .
· ·· ··· ··· ··
Differentiae ..... : . : : : : : : : : : : : : : : : : : · · · · · · · · · · · · · ·
Elegancias romanzadas. .
· · · · · · · · · ··· · ·
Epithalamium .... _. . . . . . · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
Gramatica... . . ... ..
. . . .................. . .. .
Expositio hymnoru 1~ ·. ·• •. ·. ·• •. •. •. : : ·• · · · • • • · • • · · · · · · · · · ·
Hymnorum -recognitio ...... ... .. ·. · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
H
............ .
omeliae . . .. .. ...
·····
Introduction.es latina~·- ·. ·. ·. ·. ·. ·. ·. · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
Institutiones (ap6crifa) ... . .. . .·.. ·.·.·.·.·.·.·.·.·.·.·.·.·.·.· ·.· · ..
( Ob ras de los comentadores) ...... . ............... ·.. ·. ·. ·.

13
14
14

15
16

r8
39

40
40
41

42
46

48
49

68
80

�IZO

PEDRO LEMUS Y RUBlO

[ntroducciones latinas .. ... . ....................... .

84

Juris civilis Jexicon ............................... .

86
89

De

liberis educandis .............................. .
Libri minores ................................... .
De Litteris graecis et hebraicis .... . ........ .. ....... .
Antigüedades de Espaùa ........................... .
De nomine et verborum casibus (?) ................. .
Opuscula . ............................ . ......... .
Orationes ..................... . ................. .
Orthografîa ............ .................. ....... . .
P. Terentii .. .. .......... ................ .. . .... . .
In Paschale Sedulii. . . ......... . ........... .. ..... .
Passio Domini .................................. .
In A. Persium ................................... .
In prolatione ........ ... . ......... . .............. .
Io Psycomachiarn Prudentii .......... , ............. .
Tertia Quinquagena. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Repetitiones ......................... . ........... .
Rerum a Fernando et Elisabe ....................... .
Rhetorica ....................................... .
Sanctorum Acta ................................. .
Segmenta ex Epistolis ... ........... ........... ... . .
Tabla de la diversidad dedias y horas ................. .
Vafre dicta philosophorum.. . . . . . . . . . ............. .
Vergilii cornmentarium ............. . . ..... ..... .. .
Otras obras referentes a Lebrixa .... . ............... .

1r4

Manuscritos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

I

Pedro LEArns

Y RUB10.

ROMA CERO DE BARCELONA

90
91

91
92

93
94
95
96
97
99
100
102
103

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105

108

109
no
I IO
III

Mila y Fontanals a décrit, au tome III du]ahrbnch für romanische
tmdengliscbe Literatur (pp. r 6 3- 176) un manuscrit in-4° de 192 ff.
qui se trouve à la Bibliothèque ( aujourd'hui Universitaire) de
Barcelone sous la cote X. 9. 25 (Nachricht von einem handschriftlichenRomanceroder BibliothekvonBarceùma). Cette notj.ce de l'illustre
érudit me dispense d'un plus loi1g préambule. Je publie ici les
pièces de ce recueil, sauf celles qui figurent déjà dans des livres
aisér,nent accessibles. J'ai cru devoir corriger un petit nombre de
particularités orthographiques dues au · scribe catalan qui copja ce
Romancero : la confusion est const,mte entre s, ss, c, ç, se, entre
i et j, jet y, let Il, ch et x, a et e atones, o et u atones. Il m'eût
semblé barbare de conser,er ces graphies catalanes, et d'imprimer, par ex-emple, ensalada. au lieu de en cela da ( romance 51);
j'ai donc rétabli partout l'orthographe en usage au début du
xvu• siècle~ sauf bien entendu quand il était manifeste qu'il fallait déroger à cette règle pour uoe raison ou pour une autre.
J'ai aussi ajouté la. ponctuation et employé des capitales.

z.,

1I2

R. FouLCHÉ-D ELBosc.

113

r7

i
Alaraues y Romanos
tocan en Cartago al arma,
batiendo sus fnertes muros,
arrimando mil escalas :
aqui fixan va pendon,
alli por el muro saltan,
vnos alli se defienden,

y otros buelucn las espaldas.
El gallardo Masimisa,
cuya ciudad desdîchada
vn tiempo seruio de templo
al idolo de su alma,
viendose presentc aora
a la postrera jornada
de la trajedia cruel
de l:l noble7.a afticana,

�ROMA!l:CERO DE BARCELO 'A

r22

al son de vna ronca trompa
que a los ;mimosos llama,
a los orgullosos tientll,
y los teruidos cspanta.
Rcfrenando ;1penas quantos
rcspctos Je amor le lbman,
al ruas dichoso Iugar
cndcrezo estas pahlcras :
et Cartago, que fuiste vu tiempo
deposit0 de mi alma
inutil maquioa aora
de confusion, guerra, y armas,
si qua! me viste me viera
o qualyo te vi te allara,
ni Romanos te offeudieran
ni Alar:rnes tl! humilh1rao.
Entregaste a estraüas gentes
tu deidad idolatrada,
hazicndo te bendcrisa
despues de reooudliada.
Pcrmitan por ti los dioses
que quedcs t:m assola.da,
que no S\:pao los naddos
adoode fuistc fondada. »
Con esto el soueruio mozo.
oodicioso de su fama,
,t l,1 ciudad :irremete,
toaindo su gente al arm.1.

2
Sale de î oledo el fucrte
armado de todas armas,
qucs menesta que las lieue,
segun dt:r.a de contrarias.
Partese, que les forçoso,
que avn que se parte no parta,
quel q uc parte a su pesar,
impossible tis que se pana.
Partido va, avnquc t!nterQ
qucda adonde esta su dama,

123

llOMA!{Cf.RO Dl'. DARCELO};,\

quel quedar le es tan forçoso
como partirse en bataUa.
Sobre va cauallo bl:mco,
y en su mano gruesa lança :
bien es menester ser gr uesa,
por el tcmor de qucbralla.
De los trabajos que llcua
muestra es la gruesa lança,
para arrimarlos a clla
por temor de la mudança ;
que avnq ue su aruor lo rccusa,
cl ausente ta en balanç:i,
opuesto siempre a Fortuoa,
que a los oobles es contraria.
Coofia, quel confiar
todo lo dudoso alc:mç:1,
hazc fadl lo impossible,
y al leon mas fiero am:insa.
No ay tom! por mas subida
quel amor oo le cche escala,
ni coraçon tan cruel
que no le oprima su malfa ;
todo lo rinde a pacicncia,
y en fucgo de Amor se abraza,
sujetandole a su lcy,
y a su baodt:ra lo allana.
Y put!s, Albencayde, en valor
oy ninguno se te iguala,
no temas que ru pastora
st::ra tao ingrata o mala ,
que oluide la flor aust:nte
que Je t:mtos fue prcciadJ,
por abrazarse en prescncia
,on la :1.ruargosa retama.

3
Toledo, ,iudad famosa,
corona illustre de Espana,
torreada, betla, y fuertc,
dicbosa en terras y en armas,

uoa de las altas torres
de tu bien labraJo alcaçur,
en duke prisioo me tiene
sin remedio de espcrança.
Destcrrome d Rey sin culpa
de ru bista y de mi patria,
quenbidia y falsos amigos
sirucn bien y despues matan.
Agua, mis ojos, agua
piedad, picdad, que se rue abra1.a cl
[alrm,
, o solamente me quexo
dt: que biuo en su desgracia,
pero Je aquella que adoro
y su, cnemigo me !lama.
0 piedra mas que las piedras
que ymitas y que te guardas,
con que al renùiJo castig:is
por scr en cstremo ingrata,
por que hermosura del ciclo
distes vna sei'ial tan bax,1,
pues es tao noble el perdort
quanto iofamc la vengança?
Agua, mis ojo.~. agua,
piedad, pit:dad, que se me abral11 cl
[alma .
Aqui tengo prendas tu_ra. ,
que por momc11t0s me e·1g.uiJn.
y quien tales cosas hizo
a si mismo esta obligada.
Pero tu, como mugi.:r,
a todo bue lues la cara,
porque son, quJndo aborrcœn,
mas locas que quaodo aman.
Pues a venccr tanta fe
tantos agrabio no bastan,
gr.inde amor es este mio,
y poderosa la causa.
Agua, mis ojos, agua,

picdad, pied.id. que se mc abrna el
[alma.

4
Al camino de Tolt.!do

5
Mue trai.eme el cielo Jmigo,
y bcninas l:is estrcllas,

los clementos concordes,
fauorablcs los plant:ras;
gozo del dia y su lm:,
y de la noche las tiniebl:tS,
que a su tiempo cada cosa
qui ta penas, y da penas .
Pero Fortuna, Fortuna
con mil d~-confi:rnças me iuportuna.
r\llanan,erue los montes,

y los llanos se me humilbn.
,. los cn1ricado, bo~que~
penetro solo y sio gui:1 ;
los bondos y raudos rios
,·adeo de orilla a orill:i,
y en pri111auera apacible
go1.o de apacible bida.
Pero Fortona, Fortuna
,on mil descoofian,;a me ioporrona.
Mas mi memorîa enemiga
ùc mis bieues haze .tlarde,
al ticmpo quel passatiempo,
parti.:ndomc yo, se parte ;
por que acabe el tiempo bueno
y el malo que no se acabe;
quien lo passasc durmiendo
en sueno profondo y graue 1
Pero rortuna, Fonuo.i.
,oc mil dcs.:oofia11.;as me inportuna.

�ROMANCERO DE BARCELONA

ROMANCERO DE BARCELONA

124

Esta dezia Rasania 1
del rio Turia en la orilla 1
los ojos bueltos al dclo,
y el coraçon en su Siluia ;
y contemplanda en su pastorn,
y Jlarando vaa partitla
que le parte d coraçon,
y le acabara la biâa.
Pero Fortuoa, Farnma
con mil desconfianças me inportuna.

6
En el caudaloso rio
7
Ardiendo se estaua Troya,
torres, cimientos, y almcnas,
quel fuego de Amor a uezes
abraza tan bien las piedras.
Todos huyen, todos corrèn :
vnos ~alen y otros entran ;
al cielo van los suspiros,
las lagrimas a la tierra.
Fucgo dan bozes, fuego suena,
y solo Paris dize : " Abraza, Elena.,,
Ya el rio no les socorre,
que por agua.s sangre lleua,
ni la que bierten sus ojos,
porque es t..rde y no aprouecha.
Si al cielo pideo socorro,
encubre el liumo las estrellas;
solo es fuego vengança,
de solo el fuega se quexàn.
Fuego dan bozes, fuega suena,
y solo PafÏs dize: « Abraza, Elena. »
Exemplo a quedado en Troya
d~ que uo ay tan alta empresa

que no acabe vna porfia
y desaga la pasciencia.
Diez anas cercada estuuo:
rendiose y perdio la fuerça,
que de vna onrada conquist:1
no menos gloria se cspera.
Fuego dan bozes, fuego suena,
y solo Paris dize : « Abraza, Elena. »
Quan dichosa fueras, Troya,
si aq uella diuil)a Griega
del robo de su hermosura
no huuiera onrado tu tierra 1
Obre deleyte humano,
que largos trabajos cuestas,
pues que todo vn reyna llora
loque solo vn hombre peca !
Fuego dan bozes, fuego suena,
y solo Paris dize : u Abraza, Eleoa. »
8
Ques de vos, sosiego mio,
escarmimta de mis daôos?
dan de estais ? quien os detiene,
quando en mi sosi go os llamo ?
Sacame (uera de mi,
valedme co11tra vn cuydado
:1 quien siguen mis desseos,
que si de venc.ellas tarda,
entre los ojos traygo
que tengo de morir en:1morado.
Ya dio mi cansada bida

al templo del desengano
los romprdos gallardete!'
de su querer y mis agrauios;
reposauan en mi pecbo
los que nunca reposaron,
memorias y pensamientos ;
y avu que mas su sueiio gua.rdo,

entre los ojos traygo
que tengo de morir enamorado.
Siento en mi no se que fuego ;
rebientan cou triste llanto
de mi alma grandes penas
entre fieras sobresaltos ;
sueùo !orçosos pe1igros,
veo miserables casos
que amenazan mi fortuoa;
y al fin entre agiieros tantos,
entre los ojos traygo
que tengo de morir enamorado.
Desesperarme Belisa
cuyos pensamientos hallo
en otra memoria escritos,
y en mi valuntad borrados.
Esto cantaua Riselo,
humilde pastor del Tajo :
la boz conuertio en suspiros
y ansi repitio Jlorando :
Entre los ojos n·aygo
que tengo de morir euamorado.

9
Que olas de congoxa

to
En el ondo mar de Espa:àa,
doode las hinchadas olas,
encaramadas al çielo,
fustas y naues asotao,
segujdo y desbaratado
de vna tormeota espantosa,
les dize a sus marineras
el generaJ de la flota :
Ola, Ola, que se trastorna,
echa el ancora, ferra si:i boga.

125

Soplan los contrarias bientos,
y con tanta furia soplan,
que armncan de los pefiascos
perlas, .corales, y couchas;
las aguas pareçen montes,
los l)l0Dtes llanos se tornan,
y el eco de sus acentos
responden Jas guecas rocas :
Ola, Ola, que se trastorna,
t!cha el ancora, ferr-a sia boga.
Braman las aguas soberuias
par la region procelosa,
y bueltas del toruelino
los peces muestran las colas ;
Los marineros se turban,
los maestros se alborotan,
toda la gente da gritos,
y el general les emona :
Ola, Ola., que se trastorna,
echa el aocora, ferra sia boga.
El ayre rompe las velas
y la.s mastiles destroza ;
entra el agua enbrauecida
por media la naue rota :
quai tablas calafatea,
quai prepara pez y estopa,
quai desmaya, quai se anima,
y quai dize con bozronca :
Ola, Ola, que se trastorna,
echa el al)cora, ferra sia baga.

H
De la maestra al trinquete.
tendidas todas las velas,
y del ancho mar dexando
las arenosas riberas,
perdiendo ya la esperanç.t
con la vista de la tierra,

�ROMANCERO DE BARCELO A

ROMANCERO DE .BARCELO 1 A

126

se va alexaudo vn baxel
de la p\aya de Valencia,
donde vn hidalgo cspanol
va amarrado a vna cadena,
que con scr pesada y fuerte
le parece qucs de cera.
Y luego quel sentimicnto
abrio algun tanto las puertas
para publicar sus males,
por si acaballe pùdicrao
dize a las olas : « Mirad
mi sentimiento do llega ;
dad las uueuas de mi muerte,
pues podeis ser mens:ijeras,
y direis que los contet1tos
soa retrams de trajedias,
y que los gustos del .ilma
paran en perpetuas quejas. &gt;&gt;
Y queriemlo rem.itnr
en fin que su gusto eacienda,
vio a la p.irte de la cuena
descubrirse muchas velas.
uspende la muerte en quando
ver si de cristiano~ eran ;
mas en el furioso mar
se le.uanto gran tonnenta.

:1.2
Hocbalî re sale huyendo
por la playa de los Velez,
con vnas cristianas nobles
que le dieron en rehenes.
Soberuio y de.svanecido,
coa los mal avidos bienes,
echo comirre y patron,
los furiosos mares hiende.
Pero su fortuua corta
cansada de complazclle
a su benturosa bida

ordeno vna triste muerte.
Descubrian de la popa
quatto naues de ocideote
que le vienen dando e:tza
cou la prc ·tcza que uelen.
Prime.ro qniere ale:urse,
despu~ duda y se dctiene,
que entre pocos enemigos
lo acometidos vencen.
ucna alla temeroso fuego
quel cielo y ayre enciend,m :
la vela y arbol se abraça,
brama el mar, y el biento crece.
El moro desesperado
de conseruaJlo. . . pierde,
al cielo tiende Jas manos
que al mar ofendio mil vezes;
y abraçando vna cristiana
que en cl alma ingrata tieoe,
cuya beldad en t:al pumo
pudo earlquecer su muerte,
coruo nauegante triste
que al mar ofreçe sus bienes
a los fieros dioses del
de aquesta suerte se offrece :
« Recebid, marinos dioses,
~ta vitima innoœate,
a quien mis culpas passadas
traeo al tormento preseote.
Oy haze justos dos anos
que, donde esto me sucede,
mate a su padre a ttaycion,
por su aficion solamente.
No quiso mi suerte corta
que pata amalla biuiese,
y asi el descaoso que l\ei;o
es darme con ella muene.. »
Eu esto se arrojo al m:ir,
que como vencido teme,
oyendo entre bozes y armas :
u muera, Jucha, prendeUe ! »

t3
Pedazos de hfolo y nieue

t4
Miraado esta de aguo10

r27

y entre desengaiios muerto.
Qualquiera amador preseote
a los ojos de su cielo
tiene por gusto cl agrauio
y la pcna por coosuelo;
mas ay del preso
quentte memorias tristes pierde el
[sesso 1

t5
Entre las penas de amor
alguoos dizen que çelos
es la pension de su gu~to
que al alma pagan por censo.
Al auseocia llam~n otros
martirio de sufri1uiento,
a los desdenes porfia,
y a los desenganos fuego,
a los impossibles rauia,
y a los temores esfuerço,
tristeia a la ingrntitud,
y los desseos infic.roo.
Todos los males, al fin,
ya que no tengan remedio,
suelen teuer esperança
en la mudaoça del tiempo,
mas ay del preso
quentre memorias tristes pierde el
[sesso 1
No ay mal como la. memoria
para el alma y para el cuerpo.
ques cnemiga que biue
asida al eutendimiento.
En el caben desengaiios,
impossibles, y desseos,
de.sdenes, ingratitudes,
o!uidos, ause □ cia, y çclos.
Todo lo lloro, cuytado,
en la prision que padezco,
çeloso, oluidado, auscnce,

T odo el mundo desao para
al que biue en cautiuerio,
y como a parte vencida
la cuentan entre los muertos,
oluidaose los amigos
y descuydan.se los deudos,
y de todos estas males
soys vos, seô.orà, el exemplo:
vos sofa me aveis dexado,
que soys el alma que teogo,
que nada me hi.ziera falia
si biuiera en v □ estro pecho.
Ay de qualquiera que arna,
pues Il fe de mayof peso
s-on lagrimas y suspiros
que se an de pedir al viento;
mas ay del preso
qucutre memorias tristes pierde cl
[sesso !
Dichosa vos-que pudistes
con ligero mouimiento,
siendo amor prision tao graue,
sacar de su jugo el cuello,
y ramper firma.s tao firmes
y de r:mto fuodamento,
que avnque ei:an papeles, erao
obligaciones de fuego.
Y dichosa vos, que sacastes
inspiracione.s de fuego .
Los menguantcs de la lunn
que menguarou mis sosicgos,

�r28

ROMA 'CERO DE BARCELONA

y dichosa vos que echastes
siu fuerça de ajeno hlerro,
vo grande amigo del alma
y vn esdauo solo vuestro;
mas ay del preso
quenrre memorias tTistes pierde el
[sesso !

t.6
En la !uerça de Galera
estaua preso Albayaldos,
gran capit..m granadiuo,
de Xerez ginete brauo,
cl que robaua las fiestas,
los ojos y los cuydados
de todas las damas moras
por la gala y por las ma.nos ;
el que al Alhambra venia,
dex.aodo siguro cl campo,
que del amor a las armas
buelo parecen sus passos.
En la prision vna noche
quando del bullicio vario
dando descanso a los cuerpos,
las fieras y los humanos,
tanto im.ita.u a su dueèio,
y presumicndo Afbayaldos
que respoodelle podrfa,
ansi dize susplrando :
« Ay, libertad, que en vano
al parecer me escucha y te llamo 1 »
A Granada parte el moro
sus ceatinelas burfaodo,
que no ay estrechos desseos
que consieatan largos plaças;
Sus a\as presm Amor,
la noche su escuro manto,
la ocasion le dio ventura
y el tien1po seguro espada.

Françdiua Je recibe
en su pecho y en sus braços :
las voluotades se ace!rcan,
los desseos se ajumaron.
La muette imbidia de aquesto,
como el uyo estorba a tantos,
contole a Muley Ametc
la solrurn de Albayaldos.
Ern Muley vn morillo
a baxezas inclinado
epbidioso por mal quisto,
çeloso por despreciado ;
y de su infame costumhte
los enbustes aumentnndo,
a Cegries y Gomeles
reuelo el secreto agrabio .
Ay, libertad, quen vano
al parecer me escucha y te llamo 1

Al ruido de la trompa
y cou mouiendo los lauios,
huyo el preso que tenia
Francelioa en bellos laios ;
y dex.ando el alma eu ellos,
el cuerpo se passo en salua,
que amor, ocasion y tiempo
cegnran a cieo mil argos.
Ln ronda del rey le busca
mas no parece Albayaldos,
que ya se boluio a Gakra
a su reyno y a su banco.
En la prision esta el moro,
y Amor esta a su lado,
la benda sobre los ojos,
debaxo del braço el arco.
Albayaldos Je dezia :
" Lleuame, nino, va recado
a Françelioa, pues tienes
tao buena ventura en dallas.
Dile, Amor, que mis passiones
grandes pcligros contrariês

ROMA CERO DE BARCELO 'A

penaria el :urcuimiento
quen mis esperanças hallo.
A tus alas y a tus flcchas
mis sentimientos enc.1rgo. ,,
Amor se fue a France]ina
y ansi repitc Albayaldos:
« Ay, libcrtad, que en vano
al parecer me escud1a y te llamo.

que quien lo tieoe tan grnnde
ser otro sera impossible.
Ay, oras tristes
quan difereme estoy del que me
vistes 1

r

t8
11

t7

Ay, amargas soledades
de mi bellissima Filis,
desuerro bienenpleado
del agrauio que la hize,
en rajes can.se mis aiios
entre estos montes que biue,
que quiea sufre como picdra
bien es que en piadras abite.
Ay, oras tristes,
quaa diferentc esto)' Jel que me
[bistcs !
Con quantas razones Uoro,
peosamientos juueniles
que al principio de mis aiios
cerca del fin me pusistes 1
Retrato de mal.a m:mo
ruudable tiempo que hizisrcs,
cica ombres no me conosçcn
avn que de espacio me miren.
Ay, oras tristes,
quan difereme estoy del que me
[ vistes f
Letra a sido sospechosa,

que. clara y escura siruc,
pues porno borrarla toda
encima se sobre escriu .
Pienso aver que soy yo orro
asta quel dolor me dize,
llEVUli HISPANIQUE. D.

129

Enlazados los cabellos
que a tantos an enlazado,
con vna encamada cinta
y el vestido de: encamado,
del alvergue de su aldea
por gozar del ayre manso.
al campo ,•a Fabia bella,
enriqueciendo va el c.amp~No es del vando del amor,
ni fauorece a su vando,
que en las aras de Diana
juro de bazer lo contrario.
Tiene de Siluia su amiga
fresco en la memoria el caso,
q_ue a cien agrauios ajenos
ha escarmeotado su agrauio.
Hazia la agradable sombra
de vna enzina tiende cl passo,
en cuyos antiguos senos
oyo cantar vn reclamo.
Mil lazos ve al rededor,
y e1 engaiiador ufano
con las pintadas perdiies
que cngaiio para su :11110.
Suelta Fabia las camiuas,
hazelas el cielo franco :
buelan, y huyeodo agmdecen
la libertad con su canto;
tras deso los lazos rompe,
que no es amiga de lazos,
y boluieodo el rostro, dize
al perdigon enjaulado :
te Tu y d Amor, aue aleuc,

9

�ROMANCERO DE BARCELONA

ltOMANCERO DE BARCELONA

I JO

Jeveis de ir orros entr:u1e1bos :
de aruor son est:is sèmejas,
suyos son estas resabios.
Hasta en las aves seozillas
hazes, Amor, rus ensayos :
pones en el campo escuela
don de se apreodàn tus dai:ios;
como perdigoo te escondes
en la flor de verdes aôos
a pregonar libertades,
y es seruidumbre ru trato.
Das reclamos de esperança,
y rompes con ellas vano;
suenas blando y eres duro
mas que esta enzioa y peô.asco.
Fuego del delo te abraze,
mas deso estas bien goardado,
pues a vn arbol te recojes
que nunca le abrazo rayo. &gt;l
Esta dixo Fabia, isuelta
el paxaro aprisionado.

t9
Al dulc.e y suaue canto
de las aves placenteras,
al recordar de la aurora
la oscura ooche destîerra,
quando vn pastor desdicbado
de nîng.tn suefio despierta,
porque quieo cuydados tiene,
coma es possible que duerma?
I par hazer compafüa
a las aves que se quexan
de algun engaùo de Amor,
ansi tanbien se lamenta '.
c, Ingrato A._mor, Gera ingrata,
fiero Amor , hennosa fiera ,
ruas que 1os montes doblada,
y mas que las seluas bell~,
quien te dio de selua el nombre

bien acerto, pues bs seluas
dentro de sus verdes senos
osas y tigres albergan. »
Asi se quexaua Tirse,
quando vida de la selua
baxaua c.,ntando Siluia
a quicn escuchando espera.

20
Que inportâ que mis wspiros
los ayres mas altos bieran,
y que mis lagrimas rieguen
lo mas baxo de la tierra ?
Que inporta questaS seô.ales
nascîdas de mis querellas
tan cerca te hallen, seiiora,
que las oyas y las veas,
si .al fin esfuerça
que pues que no te m&lt;!resco, que te
[pierda .
Que inporta que yo te diga
y que tu escuches atenta
los cuydados de mi pecbo,
cfectos de tu belleza ?
Y que inparta que piadosa,
de tantas verdades cierta,
condolid:t de mis males,
me. respoodas que te pesa ,
si al fin es fo erça
que pues no te meresco, que te pier[da.
Dizes que me remediaras
como en tu mano estuuiera ;
si para hcrir 1a tienes,
para curarme qoes de ella?
Pues mal me sanan las burlas,
si me estao matando veras;
mal se curan m,ales ciertos
con e.speranças incint.as,

si al fin es fuerça
que pues no te meresco que te pierfda.

13 1

a los dias de fuc ya :
'Piedad, piedad,
que quien enojo os da
ya c::nbuelLo en aguas con nosotras va.

2t
22
Vosotras que al mar dEspafia,
aguas del Taxo caudal,
lleuais sin sordo jemido
su gran nombre a sepultar 1
pues besais los fuertes muro~
de la ciudad inperial
y la putinte de aquel santo
que fue con Dios liberal,
eo el alto de la pueote
j:mto a la casa rcal
que colgada de cadenas
nos m,uestra su antiguedad,
los d.ireis, ondas, bramando,
aquel angel de beldad,
todas juntas)n mi nombre
cou ini boz y boluotad :
Piedad, piedad,
que quien enojo os da
ya enbuelto en aguas con nosotras va.

Eo aquellos barrios biue
de tendir y cautiuar,
y es donde el oro campea
mieotras'.reyna su beldad.
Direisle que es su belleza
cocuo el curso que llenais,
que si pasais vna vez,
no podeis boluer atras ;
que vn abnl_vemos cada ano,
mas si lo dexais passar,
avnque le rueguen de nueuo
ounca florece ya mas.
I direis le antes que vaya
a los reynos del pesar,
al tiempo que ya passa

No puede fingir passiones
el que es aman te de veras,
ni puede el que no la~ siente
echar de ver que son peuas.
Puedese llamar dichoso,
sefi9ra, el que par ti esperà
la muerte ques mas figura
que la bida ques incierta.
De su sujeto apartado ,
con el tuyo se sustenta,
que biue en ajeoo cuerpo
quien en alma ajena piensa.
Humildes Jas volui:1tades
de las aimas que sujetas
a tu deidad se consagren
y al fueço de Amor sentregan.
Las tres potencîas del alma
te presento por ofücnda,
que lo mas que pudo darte
para que en ti permanescan.
Con mas· te siruo que puedo
do lo alcançan m is fuerças,
esperaudo el gualatdon
que los que siruen csperan.
Siempre pieuso que me quieres,
y es pensar lo que no piensa~,
sino que por verme muerro,
te quedaras hecha piedra.
De tu hermosura me anparo
porque me digan si quieta
que acobixa buena sonbra
quien a buen arbol se allega .
Si el amor no te vençiere
el interes uo te verrça,

�ROMA 'CF.RO l}E BARCEl.O'NA

porque por li no !&gt;C dig11 :
dadiuas qucbrantan pdias.
Y si en ca tidad const;11ne
qoieres biuir, ten firm1:ç.1,
que la onr.1 ès como el vidrio,
que al primer golpe s quiebrn.
23

~lir:mdo d corriemc rio
que bafi:1 los muros de Alua,
a quieo sus famosos ducnos
para siempre dieron fama,
de pechos sobre \'113 peii.i,
a pedaços verde y parda,
a riempos all!gl'e y triste.
el pastor Albanio estaua.
Y \'Îendo con la prest.:ça
qucl agua corre y no para,
dt: su desdicba se acuerda,
y asi les dize a las aguas :
i :msi l&lt;b tiempos pa.ss:111,
ni el mal puedc dur:.ir, y d bien se
!tarda.
Adios, ;1dios, c!;1ro rio.
buen u.&gt;stigo de mis an,ias,
que au!&gt;ente lsmenia me dicron
çclos, que so~pcchits b:isum.
Ya put:do p:irtir ;1 vella.
y de ma prision tan la.rga
ofrecelh: la:; 1.:uk1us,
como a templo de mi alma.
0 claras agi,as Je Torrue ,
qu:m firmt:s y sin mudança
camjn.1is e emamente
al sagrndo mar de Espafü1 1
Si ansi los til:rupo~ passai,,
ni d m.11 put:de dur:1r, y d l&gt;i n ~e
[tarda.

ROM !\CERO

\'a mi memoria a vcnido,
• en las almcn:is mas altas
a pucsto mi vcnsamiemo,
para :.en.:is mi e.5per:1nça.
Esper,tdme, claro ojos,
que boy a ver si me falta
del pas.ado :icogimiento
alguna preoda o pal:tbr.t.
Dcxo a Tormcs embidioso,
parto a En:ire~ que me ILlma
la corricnte de u rio
quel pcnsamiento no alcança
i ansi los tit:mpos passan,
ni el mal put&gt;dc durar, y cl bien se

lloro mi q ucrida espos.'1,
que muerta. si no me engJrian:
lo ojos de mi de. ~eo
qm: bi&lt;!llcn de visitall.t,
y el mar 1anbien ml! lo dize,
put•s que no crezen su· aguas
que eran [;1s crecientes suyas,
mis crecientL'S y sus cartJ"5.
Adios, ruinas, adios,
querida y :imada Esp,uïa,
que me aguard:m mis dl!lidich.i
dondel:1 mucrtc ml! aguarda.
Pues no se Jude el cido de mi rauill.,
lloren mis ojos y padezca el alnu 1

rrard.i.

25

24
~1irando, desde nu roc.-i
que combate d mar dEsp.1iia,
las asoladŒS ruinas
de otro tiempo torres airas,
en la isla que las chien,
olas soberuias y altas
dd a.ntiguo y fuerte cali1.
donde la tierrn se acaba,
Jonde el cautiuo plaiiia
:tntiguamentc $US ansias,
orro retrato del mismo
sus de.Sl'Cmuras lloraua :
y vicndo que de hierros
esta cargado, y su ansins
se crccicnt:to en que dit.l!ù
con boz &lt;le llorar cansada :
Pues no se &lt;luele cl delode mi rabia,
Uoren mis ojos v padezca el alma 1
0 Uoro mi cautiu&lt;!rio,
oi la tierra qu1: me aguJrda,
ni ver el cuerpo en pri ion,
cst;UJdo en pri. ion el alma ·
1

c• &lt;.:icgo liru;e, ni.üo bicjo,
de que sirue que a mjs çicnc~
cii'ic el amoroso lauro
corona de amantes fieles'
De que iruc, cruel Fonuna,
sobre tu rucda poncrme,
afinuando cmrc mis pi
la incoostancin de ru cxe?
De que siruc, tiempo largo,
darme de tus ratos breues
voo que cuenu mis m.tlcs
a quien dize que los sieote?
i mi :imoraece y mi eoemigo ducào
oyc mi mal y huye como sueiio.

De que sirue, que en su alma
cmrad.i ,1 la mia dicse,
.ifirmando que en mi fucgo
pudo dcrrct:irsu nieuc t
De que sirul!, que .1moroso
su bello rostro me mucstrl!,
y que su ojos ahivo
con mis humildc SI! en.::uentren?
De que sirue averme dado

r&gt;t

I 33

BA RCELO~ A

tant.ts glorias .,parentes,
tantas proml"S;I~ fi.ogidas,
1..-u11as espcrança verdcs )
:.i mi amor 1.'Tl!Ce y mi cnemigo dul.'.iio
oyc mi mal · huye como ucno.
Ay, bdlu eoemig:i mia,
no a!'uardas quel tiempo buelue,
ni que 1u amor me consumJ,
ni que la Fortuna ruede.
Goza, amig:t, l.:1 oc:isioo
y el tiempo que agora p1erde ,
que si :iguardas largos plazo ,
gozaras conos pl:.12eres.
Dudete, ingrata, de mi,
pues ya se Juelcn las gante:.
en ..-er quemi corta ,-ida
c:.imio:i a priesa a 13 muertc,
si mi amor crece, y mi enl!migo dueiio
oye mi m:11 y huye como suefio. »

Esto dezia Abenaroar
a bs dicbosas parede.5
qui! a su ermOS;l. Salidax:i
le encubreo y guardan siempre.
P:ircdes son sus restigos
que oyeo y ablar no pucden,
y los lcsùgos de amor
:m de ser de aquesta suertc.
, 0 murallas de mi alma,
sc.:cretari.is de mis_biencs,
les dizc, doleos de mi,
pues Sl'rll mi bida breue,
:.i mi amor crece, y mi enemigo dueiio
oye mi mal y huve como sueôo. »

26
El segundo rey Don Ju:rn,
tri te :i su dolor escucha
Lt mi.scrablc caid:i

�134

ROMA~CERO D

de don Aluaro de Luna ;

y del graue seotimiento
verticndo lagrimo.s muchas,
t:1les razonës formando
pesar amistad injurias:
« ucstras amistades, condc,
como siempre fueron voa;
a offcaderme y perdonam:
las dos se acauaroa juatas,
y tu lcuantada luna
dcrribada de vn golpe de Fortuna.

De donzd de mis secretos
te lcuantaste en l.i pluma
de mis pen~11miontos altos
al c:ielo de ru veotura.
Mas como los pensamientos
a aida paso se mudan,
al mejor tierupo fo.ltaron
en d passo dl! tus culpas ;
y oluidado de tu ser
y trocado en mi figura,
soueruio de vene tal,
c11iste a la que cra tuya ;
y ru lcuantada llllll
derribada de vn golpe de Fonuna.

'opudo tu nueua cstrella
leuantarte avuque te cncubra,
que en l3 fe de las priuanzas
ninguna estrella ay sigura.
Durarate mi antistad,
si el baicr ,osas iojustas
11m mal camado a los rcyes
no fucra de quien los ju1~a:
que injurias piden vengnnça,
:woquc amist:td las cscusa;
con pesar Uoro de ver
tu caida tan profunda,

•

BARChLO.' A

RO)U"ICERO OH BARCELO.'A

y tu lcuantad3 luna
d erribada dl! vn golpe de Fon una.

27
A los pics Je Jon Enrriquc

28
El hello color rosado
buelto en mon.1I ceniza,
escurescidos los soles
que al del oriente cscurcçiau,
desOorada la madexa
del luziente oro de tihar,
derramando finoaljofar,
dize la çclosa Elisa :
(&lt; Llora.d, ojos, a prisa
que ya se passo I tiempo Je Li ris.,.

Ya cl ùcmpo que mi esperança
su fruto alegre cogia,
quando Rorecio en prescncia
tanto auscncia o marchiu,
pues son noches de tinieblas
lo · que fueron claros dias,
no cesse vuestro corrieme
a!ita que pierda la bi5ta.
Llorad, ojos, :1 prisa
que ya se passo cl ticmpo dl! la ris:i.

y glorias, que soy~ infiemo~,
ay, imaginada cifra,
que solo os emiendc el tri. te
para quieo fuistc.~ cscritas 1
Ojos, i es10 conoceis,
pues que del contento O) priuan,
recebid el cor.içon
elsangriento amor qui: enbia.
Llorad ojos a pris,l
que ya se p,t•SO el ciempo de la ris;!. »

Vk·ndose EliSJ oluidada,

y que auscncia ·ea. bida,
d ingrato queo su alma
nucbos JCiJentcs criJ,
tomo vn arpa en las manos,
que en tiempo fuc su akgriJ,
caota y llora junro
al 1000 que dixo arriba :
« Liorad ojos a prisa
quc y;i se passocl tiempo de la rba. »

29
Quien huye dt.l dcsenga1îos,
no ~spera bien con que acicne,
porque 110 ay mayorcs males
q uc los hil!nt:S Jpariente.s.
Guste et ciego enamorado
de d1sgusros J desdenes,
que a cosw de ~u sospechJS
goz.1ra sus gustos brcues.
Es cngaùoso cl amor,
car:tdor de todas suertes;
tiene recl:uno de hurlas.
y de ver:11, mata y prendc.
Esta frio en el v rano,
y tm el inbiemo calicnt",
«

porque es sobreaatural

qu:mto quicrc y quando quiere. »
Esto camau.1 vn pastor
:il pic de rn ,tlamo verJe,
al ~ir la blanca Aurora
por tas pufrtas dd Orii:mc.
Dd rocio Je IJ noche,
ahofar las ramas ,·iem:11,
y de su:; ojos derrama
lagrim.u; que otr;i vcz bcuc.
Y assi sustent: al amor
con qml esta llorando icmpre,
por quel fucgo le consume

que dentro del pccbo ticne.
Viole vn pastor for:istero,
y dixo sin .:anocerlc :
l&lt; Por cl Uanto y por las qut:xa:.,
l.:iuro sin vemura es este. ~

30
D • ~arcÏ!\a y Belbarda.
por orden del hado ïnjusto,
Ar:.iodio y &amp;:lardo ausemcs
llorauan su muene junros,
y dexan las aimas tristes
a c te c:i.L-iuoLo oscuro,
porque les siruao los qierpo~
para sustenta de hrutos
Abrete, tierra,
y danos ya :;epulcro.
Dc que nos siruco agora
imagines ni dibuxos,
pues son memorias del :ilma
y de mayor mal anuncios
el comar los dias por oras
y l.!S oras por mioutos ;
qu,mto mas se alarga d tiempo,
la muerte abreuia su curso.
Abrete, rierra,
y d.mos ya scpukro.

Lo poco nos cspantaua,
ya nos amansa. lo mucho ;
pues nos fuistcs duros biuos,
blaodos no. sereis difumos.
Esto dizéa, y los ojos
llenos de pcsado jugo,
el vno y rcspoade d otro
.:ou mil suspirDli profundos;
Abrete, tierra,
y danos y-1 ·sepulcro .

•

�136
3f

Preso

ROMA:SCERO DE BARCELONA

ROMANCERO DE BARCELONA

cil

la Torre del Oro

32
Despucs que la luz del sol
se aparta de nuestro suelo,
y la oscura nocbe triste
tlespliega sus rayas negros,
se parten de Argel dos fustas,
guarnidas de tiras gruesos.
àkhando lueF;o las belas,
con el fauorable vieoto
llegaron en b.,reue espacio
a tom11r seguro puerto,
adonde desenbarcaroo
con gran quietud y silencio.
Dexan a todos los barios
y vieneo con grande acuerdo
drechos a mi casaria
doode estaua yo encubierto.
Rodearonme la cabana,
y eo breue tiempo la vndieron,
y coo el gran poluo y tierra
me sacaron casi muerto.
Quitaronme mi regalo,
mi querida y mi comento ;
trocaronse los plazeres
e,o penas y llaoto eterno.
Luego me ataron los braços,
y se fueron muy contentas
adonde los dos vaxeles
espumauan junte al pueno.
Y quitando las cadenas
que colgauan de vno~ fresnos,
nos engolfamos en alto
j ugando a prisa los remos.
Donde de repente vina
de poniente vn ayre fresco,
y luego nos sobrevino

ta! borrasca y tantos trueoos,
y vna tempesta, que echaua
el mar alaridos fieras,
y tal perdida y ruina
que tembla.uan nuestros cuerpos,
Asta ver en que paraua
nuestro infelicc suceso,
quando luego de inprouiso
con vn remolino orrendo
se soruio el mar vn vaxel,
de los dos el mas perfeto.
Y ya que rayaba el alba,
en Argel tomamos puerto,
&lt;lande quedo triste y solo
en perpetuo cautiuerio,
en rrianos de los cosarios
fuera de mi patria y rèyoo.

33
La niêia se duerme

34
La beJla serrana,
que en lo rostre tiene
los hierros y flechas
con que el Amor hiere,
de cuyos cabèl\os
el baze las redes,
en que libres aimas
se enlaçan y prenden,
cuyos belles ojos
al sol escurecen,
libertades roban
y pechos encicnden.
Pagandome firme
La fe que me dèue,
que me a de querer
jurado me tiene:
mas ay, si me miente !

I37

Palabras me dixo
afablcs y alegres,
seêiales me a dada
que rne fauorece.
Atenta me mira,
alegrase en verrue,
tratando mis casas
al tiempo entretiene.
Quando de mi ablan,
publica mil bienes;
el crelo permita
que los diga ausentc :
mas ay, si me miente I

en tus libertades:
es nii'io pequefio,
desm1do y en cames,
que aUana los mootei.,
yende los ayres
bendados los ojos,
humano d semblantt:
cargado de ilechas
para quitar paces.
Ya te doy las seôas,
mira no re eugane.
I-luye, niria, huyc
lmye, no le aguard~.

Tiempo es que otros pechos
libres, Amor, dexes,
v solo el que adora
cautiuas y fleches,
que en el solo abitas,
pues ser solo puedes
onra de tu nombre,
guarda de tus leyes.
Que veras le digo,
diras si la vieres,
que se Je prometo
si fe me promete,
mas ay, si me mientc 1

Es hijo de Venus,
Bulca.no es su padre,
y coma es herœro, '
el las flechas haze;
bien se veen los hecho
ser r.ijo de madre :
si eUa es atreuida,
el no fue couarde.
No te cuento nada
de sus crueldades,
ques muy larga historia
tragedia de males;
mas buye ligera ,
que sale alcanzarte.
Huye, nina, huye,
huye, no le aguardes.

35
Sobre las blaocas espumas

37

36
Si aquel de la benda ucaso topares,
huye nifia, huye,
huye, no le aguardes.
Si no le conoces,
yo te dire el traje,
porque no se entregue

La niiia hermosa
de ~olortrigueôo,
duetio de mil aimas
y sala de vn dueiio,
al suyo esperaua
a vn balcon de pechos,
y por no dormirse
cantaua estas versos:

�ROMANCERO DE BARCELONA

« Esta noche me cupa la veb :
plcga a Dios que no me Juerma 1 1)
Corno ,·io la niù:1
la nochi: en silencio,
y la lun;1 tlcna
en mcdio del cido,
,1 su amor rogaua
que viuiesc presto,
y a sus bdlos ojos
que oluideu el suciio.
Pero por si a caso
no admiteo sus ruegos,
por enrretenerse
repitc a st1 acento :
,, Esta nocbe me cupo la vela :
plega a Dios que no me duerma 1 "

Y armaua caotando
dos mil passatiempos:
ya le desculpaua,
ya form,m:i çelos;
de ver su tardanza
se quexa a los ciclos,
y a su dicha aplica
cl confuso micdo .
Puesta su esperança
en maoos del cie!o,
hasrn cl alua bella
aguarda diziendo:
« Esta aoche me euro l.t vda:
rucgo a Dios que no me duerma 1 »

38

se negaodoles su bista
de copiossas aguas lleuos,
andar haziendo quimcras
tras tus locos ùe,•ancos ;
hasta quando, rui senora,
a dedur;ir este tiempo?
Mira questas enganada:
ni te t:ntiendes, ni te entiendo,
que en ti veo mas mudanças
quen la veleta del vicoto.
Seiiora, ahlemos claro :
s.aldrc de lo que sospecho,
que ya tus seiias me cansan,
y p. a tus ojos oocreo ·
la esperança que me diste,
ya ves como oo la ri go :
por mo1nemos se nlllrcbita,
perdiendo su color fresco.
Si no me engatio, seüora,
cvidentes muestras tengo
que quieres y no te atreucs,
o par vcrgucnça, o por miedo.

39
0 gu~tos de amor traydorcs,

sucnos ligeros y va.nos,
gozados, siempre pequenos,
y grandes imaginados l
o memorias invenciblcs,
que en la mia podeis tanto,
que estais agora mas nucbas
que al priocipio de seys aiios.
Entre los ojos traygo
que tengo de rnorir t:namorado.

Martirizar la memoria,
peaarcon el pensamiento,
cansar la imagin:i.cion,
subir de pmito al desseo,
no dar vado a lo pestaôas,
ui a los daros ojos sueiio,

1 39

ROMANCl'.RO DE RI\RCEl,O. li

Quise bien y fuy qut:rido ;
y despuL'S que me oluidaron,
ta.nto m,1s la causa quîero
quanto mas son los agrauios
E proua&lt;lo mil remedios,

pcro todos son co vano,
que lo que el tiempo no cura
locura sera curallo.
Entre los ojos trnygo
que tcngo &lt;le morir enamorJ.do.
Hemc lingido valiente
para no torcer mi braço,
mas &lt;lcspues que c ·toy rcndido,
confieso que a sido engano.
Ay Dios, y a qunnros am.igos
t:Sta verdad he ncgado !
pero ya lo digo al mundo
porque remedio no hallo:
Emre los ojos troygo
que œago de morir enamorado.

Seys a1\os a que pJdczco
para mcmori.tS de quatro:
mirad si rengo razon
de rendinne a tantos danos.
Piedad, piedad, bella Filis,
si pueden lagrimas tanto,
sed muger vaa orn sala,
pues fuistespiedra seysaiios.
Entre los ojos tr:iygo
que tcngo ùe morir cnamorado.

40
Por entre vna vmbrosa m;ua
de olorosa ma&lt;lre~dua,
rccostndo estaua Albanio
.:ontcmplando a su Alisea,
que al pie de vn laure! ~ombrio
alegrc passa la sieMa :
con cl estaua Leonida,
su querida compaàera.
De jazmit,cs olorosos,
de mirtos y violeras.
guima!das cntretex.ian

entre difercntcs perlas.
Aqui tcx.:11 el clauel,
aqui rosa, alli a1.uce11a,
y de rro:bo a trccbo ponen
razimos de gruesas perlas.
Dexa11 cl dulce cxerciçio
porque vieroa que despierla
\"D pequeüo çagalcxo
de 8orid.1 hedad muy tierna,
que yaz.ia en el rcgaio
de la candida Alises.
Mil abraços le esta dando
y cl tierno rostro le bcsa.
El apassionado Albauio,
que aqucllo mira y contempla:
« Quien se boluiera, &lt;lezia,
al estado de innocencia,
y ruera aquel çagalexo,
:1vnque el bien oo le sentier;1 !
Quisa que con lo que cl llora
yo c.uyrado me ricra ! n
Mas lucgo buelue a dezir :
" Ques t:st.J, Fortuna fiera,
eu niàet dessco yo gloria
passando en vejei la peua ! "

4t
Fue~c mi ~agala
a olgar a 1a ald~a,
,. quando boluio,
dt! mi se desdeôa.
Agole mil motes,
mil jucgos y fiestas,

y quanto mas &gt;1go,
m:is de mi se alei-:1.
Si a ech;ido Cupido
por cil.as sus flechas,

quc esta en aldcas
arroja œntclla,.

0 niiio ioquit'.to,

�ROMANCERO DE SARCELO,'A

padre de sospcchru;,
rapaz inportuoo,
y quamo me cuestas l
Que quondo mas libre
pie11. o e t.1r ddLi!.,
entonces me :1cudcn
mai. por darme guerru.
No cstaS ya cansado
de rcl-ltar cueotas
y c.lezirmc nueb,ts
y contar querdl.is ?
De passer el tiempo
en tu libre aldea
vienes muy gowsa,
alegre y cont nia.
o se que~ la causa :
quicra Dios que mi1mta
mi .:oraçon triste,
que aqui me atorment.1.
Ay, celos rabiosos,
no rue deis mas gucrra
ni me pcrsigay:.
de aquesta mancrn 1
Y tu, mi zagala,
tan discreta y bella,
oyc mis razooes
y c~uch. mis quexa!&gt;.
•olo y desdichado,

junto : 1 l.i ribcra,
,li por ver tu carn
mas de quatro bucltas,
y mas de scys aôos
segui tu \'3.lldera,
y creo si ruas fuerou
ma - me persiguil!MS.
o me afliges mas,
ai me des mas pena,
pues son por tu causa
todas rois querell.ts.

ROMA.'CERO DE BARGE.LO, A

42
Cofr.1d~ c.lc amor,
los que del invicmo
sufns la inclemcncia
segun vucsrro fucgo,
los que aceler:idos
camioais al tc:mplo
de :ùgun desengano
a colgar los bierros,
cn\'idiadme todos,
y conozca d suelo
de mi Madalen.
los merecimicntos.
Hermo ura y gracia,
que la da.do el cielo
\'.O roso-o que cclipsa
:tl del ruvio:Fcbo.
Cubre su cabcça
vn cabello 11egro,
que prende mil alma:;
y enlaça al arquero.
fa su bella frcntc
con d blando ped10,
del Poto i phua,
de los Alpes hido.
Los hermosos ojos
de abalorio espcjo~,
donde d nino Amor
mira sus effectos.
Eucimn esm:iltados
con c.los arcos negros,
armas del rapaz
que~ hijo de \'enus.
Tiiiea sus mcxillas
no color diuerso
de la alegre fruta
del rnejor ccreço.
Son coral los labios,
lo demas e m:.mo ;
no cristal los dientcs,

porque son mas belle.
Dichosa scôor.1,
yo lo soy put.&gt;&lt;: tCllf:tCI
en fe d-.: su gu to
pue 10 el pensamiemo.
43
A mi coraçon
tu pusistcs guimlas,
y fuertes prisiones
a mi cuerpo y :ilma.
Mi dulce alvedrio
parti tu bonança,
y mi voluntad
fue :i ti sujetada.
Tuoe confiaoça
siempre en tuS palabras,
}' en ru noblt pecho
pusc mi e5perança.
~fa~ corna muger
seguiste tu raça,
en ser quai 1:1 lun::1
Il na d mue.lanças.
0 ingram Laur:1,
fin y principio de mis quexas y an~ias !

~li firme querer
v aficion mal pagas ;
pero no me olfoo.tas,

que a ti misma agrauias.
Detu propri:J. mnno
tengo escriw eartas,
las quales eocierran
mil lisonjas fulsas.
Quisete v.n tiempo,
y tu me adorauas;
ya en pcrseguirmc
dizes que descansas.
Bucoa cue.nta da
d rnuodo tu fanu,

y con esto hecho
bien tu nombre ensi1l1.as.
0 ingrau L1ura,
fin y principio de mis quex::1. y ansias 1

44
Esteril si=. vestid.J
de xaras y robres se.:os,
c:eùida de abrojos libres,
vcnas d eu pa.rdo cuerpo,
pues d aquel "aile caca.D1ado.
sepukro de biuos muerto~,
a tu so!edad sigura
deseng:tiios me truxeron,
Abre tu ccotro,
que quiere mi espernnça entrorse
[dentro.
No me niegucs los yacics
c.londe ·c fonn:m rus ecos :
tendr.m respuesta mis m:iles,
agrauiadas del silencio.
En tu oicue me scpulta,
y escondeme entre tu hielo ;
seras mi mortal templança.
y sere tu mortal fucgo.
Abre tu ceotro,
que quicrc mi cs1&gt;erança entrarse
(dentro.
De hazaiias impossibles
prometi possibles bechos,
mas los errad.os discu.rsos
:.on curiosos devaneos,
por ser de anbicion altiua
bullicio confuso y ciego,
locura al fin, como bayle
que se mira desde lexos.
Abre tu centro,
que quiere 1ni esperaoça entrarsc
(deotro.

�ROMANCERO DE BARCELONA

ROMANCERO DE BARCELONA

Roto el baxel atreuido
que sin ra1.on mis dcsscos
dieron al mar de fonuoa
do estan los bancos del tiempè&gt;,
ya de calma offeudido,
ya del bendaual despicrto,
quicro escapar con la vida,
abraçado a qualquier remo.
Abre tu centro,
que quierc mi espernuça entrarse
(dentro.

45

La lança arrimada a vn fresno,
sobre el arçon el adarga,
el coraçon en Toledo
y los ojos en su alcaçar,
sobre vnos redumbaderos
de peiias oegras y pardas,
pardo el quebrantado Taxo
desciende a la vega ]Jana,
lloraodo peoas presentes,
hijas de glorias passadas,
triste, imaginatiuo,
dize, el gallardo Abenamar :
« Ay, que me matan
rabiosos çelos y monales ansias ! ».
A quien quiere mas que hala,
a quien quiere mas que al alma,
dei-a por cosas preciosas
de obligaciones hidalgas ;
y a su despecho se parte,
quel rey le manda que parta
a guarnecer los castiJlos
de Hitn y Guadalajara.
Y cotno vna ausencia triste
es madre de mil desrracias,
dize al son que le atormenta
las sospechas y las armas :

143

- - - - - - - - - - - - - -- - -- - - ----

« Ay,que me matan
rabiosos çelos y mortnles ansias 1 &gt;)

To siente tanto el partirse
como cl ver que le amenaza
Amor, que siempre da escusas
muere en boluer las espaldas;
que tiene competidores,
y con hembras y palabras
bolueran atras los rios
y seal!anan las montafias.
Y ansi en el mar de sus penas,
zoçobrando en las borrascas
de lagrimas y suspiros,
repite tales palabras :
u y, que rue matan
ra biosos celos y mortales ausias 1 &gt;l

46
En tanto que la tonneota

47
Que aprouechan mis quartilfas,
mis octauas y sonetos,
mis redoodillas y copias ?
de que me siruen mis versos ?
Quaotas letras hice y baga
son todas por vn sujeto,
y tiran todas a vn blanco
y oinguna acierta al media.
Huye el blanco de la flecha,
y ansi yo jamas lo ac icrto,
porque es quai vna beleta
que se muda a t0do viento.
Ay, graue y pl!Sado sueiio,
que ha diez afios que vela y siempre
[duermo !
A vo ange l quiero y adoro,
cnbiado de alla del cielo

para mucrtc de los ombres
y cuchilk, de los cuerpos :
Mata solo con la vista,
y da heridas sin remedio,
porque: es quai hala de plomo
que traspassa hasta los huesos.
i dizen que es graue el d:u'io
quaodo nace de vnos çelos,
que sera el de vn desdichado
que avn no ha alcanzado va con[reoto?
Ay, largo y pesade sueûo,
que ha diez :1110s que vclo y siempre
(duermo !
Si dizen taobien que cura
todos los males el tiempo,
como se oluiden los mios
que ha diez anos que padezco .
Diez anas ha que te siruo,
y apeoas tengo vn consuelo :
como quieres que resista
agrauios de ranto peso ?
Acabame de vna vez,
pues de mi vida eres duefio ;
y pues solo en ti consiste,
solo en tus manas lo dexo.
Ay, largo y pesauo sueûo,
que ha diez aiios que velo y siempre
tduermo !

48
Los maninetes al sesgo
sobre vna luna menguante,
con el nombrt: de Belisa
que junta los dos remates,
para enpezar vna ausencia
saco Fideno voa tarde,
como tanbien de su pecho
sufrimiento a sus pesares.

En vna tord illa yegua
por ser hcmbra tan mudabl..:
queo sus dudosos meneos
es menos lerda que el ayre,
passo de su ingrata bella
a media rienda la calle,
y viendola en vn bakou,
,iixo llorando a sus males :
« Regala, dulce enemign,
prendas que te satisfacen,
que por ser liuianas prendas,
mertcen que las regales ;
liuianas dixe, mal digo,
pues con rus ojos las hazes
iguales a tu hermosura,
por mirar ojos igu;les .
Signe coostante sus gustos,
pero si seras constante
pues a ser con otras firme
te enseôasre con dexarme.
ïo me voy adoode lleuo
tu memoria a que me acabe,
para ver si prendas tuy~s
pudiessen alimentarme.
Partio con esto la yegua
forçosa, que en los hijares
sentio el desden de Belisa
que le seruio de acicates.

49
Ya es tiempo de recoger,
soldados de mi memoria,
escapados y vencidos
de vna batalla tan Jaca.
A rrecoger, pensamientos,
capitanes de congoxa !
que ya el alferez del tiempo
sus verdcs vanderas dobla .
arjentos de mis cuydados
qui: sin buscarlos me sobran,

�ROMANCERO DE BARCbLONA

ROMA~CERO DE BARCELONA

144

al contrario que me vençe
dexare el campo y la gloria.
Toca a rrecoger, toca,
que !llarclia el tiempo y la jomada
[es cona.

Las t&gt;Spias de mis- çelos
ya es tiempo que se recojan,
que si çelos son sospechas,
que seran verdades y obras ?
del sueldo que me lleuastes
ya siento la falta aora
que del sueldo hizistes paga,
moneda sin peso y paca.
0 çentitielai. perdidas
por esperanças ociosas,
vn general de desdichas
perdidas os lleua a todas.
Toca a tTecoger, toca,
que marçha el tiempo y la jomada
[escorta.

50
Temlido esta el fuerte Turno

5i
Buela cl sol en alto
y no bto al mi amore
que mal penado yaçe
el mi coraçone.
Rubio carretero,
si es verdad que pones
en las tus coyuntas
ligeros trotones,
quai para do tiendas
porque no los carres r
quai monta.fia inpide
su curso veloçe?
Arrima la espuela,

sacudc el açote,
coosumase el dia,
que brame la noche.
Garrida sefiora
del cuerpo sensore,
quien de tus cabellos
fiziese vn cordone !
Bananse mis ojos,
pues en mis passiones
luçe mas tu sombra
que tus arreboles.
Tramenle tus manas
con tantos primores,
que no Je destramen
los tus disfauores.
Permita cl tu grado
que con el se abroche
la sangrienta llaga
par do entre el tu ardore.
Fablame en celada,
90 lo sepa el conde,
porque no le plaçell
las fablas de amores.
Dize Gerineldos
las tales razones,
tullido par verse
de mortal pasione.
Canta su albardané (?),
por no buscar homes
que sus puridades
fablen en canciones.

52
SESTILLAS

Noche penosa y dura,
de triste sombra y de afügido
[manto,
que tnpides la luz pura
del bdlisimo sol que estimo tanto,

aprcsura tu buelo
y dexa libre mi dorado cielo.
Lunaque resplandeces

eternamente triste,
ausente de su luz hermosa y pura,
biua mi alma asida
al cuerpa triste de quien es su vida.

en el collado, belo tenebroso,

si de amor te emerneces
Vil tiempo Elldimion te lue
[gustoso,
muestrate en tu carrera
mas veloz que otra vez y mas
[ligera.

y

A mucbos amadores
es la noche agradable y deleytosa :
yo solo en mis amores
la tellgo por contraria y penosa,
que amor ha ordenado
que goze con la luz de mi cuydado.

Y tu, sefiora mia,
aliuio de mis m1les y tormento,
del desseado dia
es mi gloria, mi bien y mi comeoto;
aplaca mis querellas,
porque abreuian su curso las es[trellas.

53

Aqui para cuydado
tan desigual la ruuerte me reserua,
que falta a mi ganado
de Tonnes agua y de su prado
(hierua,
que auseute el dueiio mio
ni hiewa Ueua el prado, ni agua
[el rio.
Quaodo, sefior,i mia,
vera mi alma ausellte lastimada
de tu sereno dia
el alua destos montes corollada ?
mas quien abra que aguarde
Vil bien que huye y que se alcauza
[tarde l

54
OTRAS SESTILLAS

En vn campo florido,
cuya esmaltada margeu

Tormes

[laua,
OTRAS SESTILLAS

En esta larga ausencia,
donde tu desengano y tu memoria
acaua mi paciencia,
comienza mi dolor la triste historia,
discurso de voa bida
bien empleada, pero mal perdida.
Aqui dondè se biste
de dos aluas el sol en noche
[oscura
!UlVUE HlSl'ANIQ.UE. D.

de vn ganado perdido
estrangero pastor Belardo estaua ;
sobre vna pefia fria
ansi lloraua, auuque cantar queria :
~ Duke destierro mio,
querido agrauio sin razon dichosa,
agradable desvio
nacido de vna causa tan hermosa,
en soledades tales
vuestras sois mis bienes y mis
lmales.
10

�ROMANCERO DE BARCELONA

146
t:1

~adie pien$e que lloro
Jaii.o que padezco

eJl

tierra
[ageoa,

que si la causa adoro
SllS afectos son tormento y
[pena,
la pena es bien que adore,
quando afligido 1nîs desdichas Bore.

y

Lo escrito y mal hablado
uo es bien, discreta Filis, que te
[asombre,
pues corno condenado
alguna vez blasfemo de tu nombre
llorando el alma mia
diez aiios tristes y vu alegre dia.
Corno, diuinos ojos,
auicndo usado tal piedad comigo.
os pude dar euojos
sin temer de los cielos el castigo ?
mas ya de vuestros cielos
baxaron rayas abrazarme en celos.
La pena del iufieruo,
porque del cielo priuo

offende
ftaolO,

y ansi es mi mal etemo,
mayor mi pena, y sin cesar mi
[llanto,
trayendo a la meruoria
que me priua mi ctùpa de rui gloria.

55
OTR.~S SESTlLLAS

Po,r peiias desconformes,
con lluuias y crecienres del inviemo
se despe.iiaua Tormes,
y a la furia del agua el pecho tierno
de vn pastorcillo :mseme,

ROMANCERO DE BA.RCELONA

que aosi se quexa. llora, diie, y
[.siente:

• Si en el agua del rio
rois lagrimas se sierobrau derrama(das,
que fruto sera el mio,
tan mal perdidas y tan mal co[bradas?
mas vaya el agua al centra,
no mate el coraçon, si queda den(tro.
El alma que me queda
bien fuera, Filis, tuya de derecho,
mas no abra doude pueda
caber agora en tu ocupado pecbo,
y ansi mi pena ordeoa,
pues ando viuo, que ande muerto
[en pena.
f

.

Ayre , agua, fuego y t1erra,
que tengo por nacer passare Juego
al fin de tanta guerra,
agua Uorando doysuspirando fuego,
tierra en morir contenta,
y espèr.anças del viento al mismo
Lviento.

En ve.r que restituyo
lo que porque naci deuo a mi
[duefio,
mi cierta muerte arguyo,
y que mi jout::n.tud fue sombra
[ysuefio:
pagar mis deudas quiero
antes del dia del biuir postrero.

de tu famoso dueiio, ay, bosque solo
adonde apenas Uega
por fuerça Y voluntad la luz de
[Apolo,
quanta tu alegre 6empo diferencio
&lt;leste triste silencio
donde el llorar mayores fuerças co[bra,
que adonde Albanie falta el llanro
[sabra.

0 Tormes, que solias
los campos florecer con ru presen[cia,
en los alegres dias
dt! ques aora noche tanta ausencia
ay' yenias, que yo soy vuestro r;._
[cio,
quen vez del claro rio
el agua de mis ojos os esmalta,
que todo es Uamo donde Albanio
[falta.
Ay, vegas celebradas
del Tajo v5urpador del pastor nues[tro,
que yeruas t:ncaotadas
piso su planta por el prado vuestro,
pues con su oluido en esta arena
[seca,
su curso y ordeu trueca
quando naturalez-a en todos obra
que adonde Albanio falta el lla~to
[sabra.
Amor bien empleado

56
OTRI\S SESTlLLAS

c, Ay, despreciada vega

mas no coma deuiera a·gradeci&lt;lo,
a sustentar cuyJado
que ha de acabar mi bida y mi s.en(tido. »

147

Ansi se que:,.a Alsioa junto a Tor.
[mes,
Y l.1s aves conformes
y el rio le ayudaua con boz alta
que todo t:s llaoto adonde Alba:iio
[falta.

57
De su querida Amanlis
Brasildo llora el ausencia
soledades de su alma
'
que adond,e va se las lleua .
Y como muere la vida
'
quando falta el alma della,
ta! en su cuerpo parece
que sin el alma le dexa.
Ninguna casa le agrada,
Y todo le causa pena,
Y n el gusto se entristece
Y en la tristeza se al~gra.
Ecbado orîlla del Tajo,
sobre el arena desierta
ail-si les dize a las agua~,
arboles, montes, y seluas :
&lt;( Amor rue de paciencia,
que no ay sigura fe donde ay auseo[cia.
Cristaies c1aros y pures,
por este tiempo sîquîera
que os a dexado Amarilis
corred tutbios y sin fuerç;,
Y no lleueis desde aora
de oro puro las arenas
pues lagriinas os falta;on
que las hizieron de perlas ;
0 bolue-d el curso atras,
pues aquella i.ograta bella
me dixo que le veria
en vuestras y no en ellas.

�ROMA~CERO DE BARCBLONA

ROMANCERO DE BARCELONA

Bien podeis, corrientes daras,
mudar la naturaleça,
pues las aimas inmortales
la fe que juraron tucrzan .
Amor me de paciencia,
que no ay sigura fe doode ay ausen[cia.

Y tu, perjura pastora,
que tan segura passeas
los campos de Mam;aoares.
de mis lagrimas y endechas
no pienses que no se sabe
por enganos te gouieroas,
quel amor pjntan con alas,
µ.or cueruo de matas nueuas.
'iJ he sabido tu mudança,
que el bien tarda y el mal buela,
re□ dir mucbo al amor
es victoria con verguença.
Mas yo llorare por todos,
que son propias estas sierras
para llorar sin testigos
las palabras que me quiebras.
Amor me de paciencia,
que no ay sigura fe donde ay auseo-

[cia.

58
Amor, de mi alma fuego,
profundo mar de mis ojos,
de mi gloria esteril 1ie.rra,
de mis quexas ayres sordos,
el rigor de mis desdichas
destos elementos todos
alterais las inclemeocias
avnque vuestras aras onro.
Amor loco,
yo por vo!. y \'OS por otro.

Yo como a niüo os regalo,
yo como a Dios os adoro,
como a ciego os doy la mano,
como desnudo os compoogo.
Pagaysme d regalo en çelos
la guia en cegar mis ojos,
la adoracioo en infierno,
la gala eu fauores rotos.
Amor loco,
yo por vos y vos por otro.
De aquella mudable altiua,
de mis gustos graue estoruo,
ques de la fe mal segura
los juramentos adora.
Entera gaze su alma,
repartiola no se cotQO,
el cuerpo tiene la culpa
facil presa de mil labos.
Amor loco,
yo por ,·os y vos por otro.

59
Puesto en Tormes los ojos,
y en Tajo los peosamientos.
el coraçon en su masia
y sobre vna pefia el cuerpo,
tendido de largo a largo
sobre sus braços el cuello,
por momentos suspirando
y llorando par rnomentos,
triste con passadas glorias,
alegre con su contente,
de su cuydado cuydoso,
contente con verse preso,
vino para sus cuydados
para sus descansos muerto,
cou vista para sus males
y para sus bienes ciego,
tardo para su alegria,

para sus pesares presto,
muy sana para dolores
y para gustos enferma
libre para ninerias,
captiuo en casas de seso,
para veras siempre torpe
y para las hurlas diestro,
proprio en sufrir desvcnturas,
en desecharlas ageno,
Jiscipulo en ser querido,
eo amor siempre maestro,
para impeninencias sabio
y para importa□cias necio,
mal en recebir fauores
y para darlos muy bueno,
todas estas calidades
alla rebuelue en su pecho,
tendido orilla de Tormes,
el sin veotura de Arselio.

60
Lloraodo mira Rodrigo

6i
Temores de mi partida,
omiddas de mi aima,
que dexays, si agora muera,
para quando triste parta?
Porque le usurpays la gloria
de mi muerte desdichada,
aJ preciso amargo punto
de la despedida amarga?
Tanta os cansa mi vida, o 1anto tarda
el verdugo cruel que me amenaça.
Desterraos de mi, teruores,
con violencia inumana :
quereis triumfar de mi muerte,
siendo otra della causa,

149

inspiraciooes cobardes,
agueros de mi espe.rança,
historia del desengaiio
que a dulce muerte me Uama.
Tamo os cansa mi vida, o tanto tarda
el verdugo cruel que me amenaça.
Sacrificios funerales,
anuncios de mi desgracia,
seiiales del fin açiago,
que deseays que yo baga ?
dexadmë )legar primera
a que mi fe satisfaga,
y luego vuestro rigor
dara fin a mi jornàda.
Tante os cansa mi vida, o tanto tarda
cl verdugo cruel que me amenaça.
Contradicio.n de mi gloria,
prisiones que me acompanau,
esperad al fin postrero,
que la sentencia esta dada;
que despues de aver lugar
de executar vuestra sa.fia
en este triste rendido
la Fortuna y su mudança.
Tanta os ca.nsa mi vida, o tanto tarda
el verdugo cruel que me amenaça.

62
Entre monales suspiros
que impiden al ayre el passo,
cuenta Filida sus quexas
a las corrientes del Taxo;
lloraua la pastorcilla
la mudança de Siluano,
y lo poco que a su mal
an echo tan largos aüos.
Ay, que en el mar de mis ojos
el alma se va anegando.

�ROMANCERO DE BARCELO:-!A

ROMA CERO DE l3AllCEL0NA

Di.7.e : « Si vivo engaftada
ya me sustentan engai'ios,
que a quien enganos dan vida
acaban los desengaiios.
Aqui vereis lo que puede
vn amoroso cuydado,
y lo que a vn amante offende
otco halle su descargo.
Ay, que en el mar de nùs ojos
el alma se va anegando.
Acuerdorue yo que vo dia
con fa!so pecho Si luano
pinto por imagen suya
el doler que agora passe.
Diûendo que sus enojos
de principio pueden darlo
tan a mi costa, que el mal
dize que murieodo acabo.
Ay, que en el mar de mis ojos
el alma se va anegando.
Acuerdate, mi pastor,
si ya no estas oluidado,
que mis Jagrimas continuas
an enriquecido el Taxo.
I si por ser proprias mias
no me-reccm otro tanto,
hazles buen acogimiento
que en tu nombre las derramo.
Ay, que en el mar de mis ojos
el alma se va anegando. "

63
Muerte., si te das ta! prie.sa

64
Mil çelosas fantasia$

65
Las reliquias de la noche
huyan del sol dorado,
hacia en las altas cumbres
rayauan los muros altos.
Ya dexa el caliente nido
el paxaro solitario,
y la biuda tortolilla
desaopara el seco ramo.
Ya relumbrauan los rios,
ya se mostrauan los campos
y las formas de las casas
distintas a los humanos,
quando Albanio
ni ve sol ni luz ni dia:
que son nocbe del alma los cuydados.
Al sol se buelue y le dize :
« Padre que alumbras a tantos,
que hizo a tu sol tni noche
que no rnei:ecen tus rayos?
Si eres padre de la vida,
de la tierra y de los anos,
haz cueuta que yo soy tierra
si en tierra vn destierro largo.
Mas ya que a mi no amenaces
alumbre los ojos claros
de aque\la que es luz del dia;
y ya mas vco mis agrauios
quando Albanio
oi ve sol ni luz ni dia:
que son noche del alma los cuydados.
I quando a sus ojos fueras
por el resplaudorprestado,
veras quel mundo y td cielo
ardiente, sereno, y claro
ya se mezclauan los humos
de. los techos comarcanos.
El tardo buey gime al yugo

y el labrador al tnl.bajo
Jas armadas requeria ;
d cazador fatigado
que e11tre las espesas matas
recosto los mien bros flacos,
quaodo Albanie
ni ve sol ni Luz ni dia:
que son nocbedel almalos cuydados."

en noie, eu frognimls :
Mas dixera, mas no pudo,
quel s91, tendiendo sus rayos,
hizo yguales cou las cumbres
montaiias, puertos, y llanos ...
Ya resonaua la bonda
entre lentiscos amargos
y en la cumbre de los montes
parecian los ganados ...

Virtiendo cristal y arena,
aquestas frutas combidan
a quien no tuuiera el alma
de fuego como la mia;
cou las lagrimas del alma
de al jofar y perlas fiaas,
amaoaçen esmaltadas
las ieruas de tus orillas,
y e1;1 vn mismo ponta secas
de ponçona de las mias;
que llorar preso y auseote,
sin razooes y desdichas.
Toda florece aora, Siluia mia 1
y sola mi csperança se marchita. ,,

66

El sol, que al dorado Toro
con rayos de oro encendia
para que esmalt.ase el campo,
daua Abri! fuerças diuinas.
En cuya saçon Albanie
los fertiles ca~pos mira
que las sierras de Sigura
Corona la nieue fria.
Mira los verdes almeudros
que diuioo olor inspiran,
con flores de verde y nacar
ya por el suelo esparçidas,
i todo el campo cubierto
dè mil retamas pagizas;
entre floridos espiaos
ansi lloraua y dezia :
" Todo florece aora, Siluia mia,
y sola mi esperança se march1ta.
I sobre los verdes campos,

las parleras aueçillas
de la pdmauera alegres
las esperanças publican;
ya de las difantas ojas
la blanca csca rcba sè q uita,
cuyo humor decieode al tronco
para que las ojas viuao.
I las antiguas raize.s
que el ielo quemado avia,
apenas el sol las toca
por la espesura de encima.
Ay, Siluia, que ya dos vezes
be vistas verdes espigas 1
y apeoas seiial de amor
en mi esperança se cria.
•Todo florece aora, Siluia mia,
y sola mi esperança se marchità.

67

&gt;&gt;

Entre ftores y jazmines
que el famoso Genil baîia,
estaua Lisandro auseote
en la vega de Granada.
Con los cuydados de ausencia
los presentes oltùdaua,

�ROMANCERO DE !IARGEL('NA.

biuiendo con su memnria,
que da vida a su tardança.
Suspirando alço los ojos
y a quien rige el carro abla
v dize : « Al fü1 en el cie\o
haie tu corso mudança.
Los arboles en fa tierra
mudan su fruto y sus rar:1as,
y nunca Amarilis muda
el rigor con que me trata.
Pero no es suceso 11ueuo
oluidar al que mas ama,
que nunca fe verdadera
hallo de su valor paga.
Hizt: ausencia de Amari!is
para pensar si la oluidara
y quaoto mas vino auseote,
tanto mas cre:c mi llama.
Boluer me quiero a sus ojos,
queo verlos mi amor se plaça;
pues no bàllo algun· remedio
que auseote me satisfaga.
Asta que buelue a mirar
la quen auseccia me acaba,
en presencia me da vida
con solo el bien de mirarla. »

68
Ques esto, pensamiento?
quien te defi.ende y guarda
que nunca te consuma
ausencia ni mudança?
0 tiempo, que de todo
victoria alegre alcanças 1
a ser vencido enseiias
y de tu triumfo escapas.
Sin duda que tu asiento
lo tienes eu el alma,
y della ques eterna,
aprendes a imitalla.

Acabarne o te acaba,
ques rnala de sufrir vida tan la.rga.
Que hechiços fueron estos,
que hierua de Tesalia,
que iudignacion de estrellas,
que encanto de palabras r
Nouedades que suelen
mouer passiooes !argas,
quai roca firme al viento,
te dexan y te hallao .
0 loco pensamiento 1
de quien esperas paga,
si esta lexos Ja mano
quen tu fauor aguardas?
Acabame o te acaba,
ques mata de sufrir vida tan Jarga.
o quieras acercane
de suette al sol Jas alas,
que bueluen por las ayres
segunda vez quemadas.
Mas anda el sol muy alto,
y es mucha la distancia
de tu merecimiento
al que nioguno iguala.
No quiero vida alegre
que sin ti no me agrada :
que acabas presto quie.ro
al que de espacio acaba.
Acabame o 1e acaba,
ques maJa de sufrir vida tan larga.
Devieras acordarte
que quando œrca estauas,
te di nombre de loco
Ja que tu dueôo causa.
I ser cuerdo pudien1s
por la pena que passas,
mas ay, quen ti el prouerbio
por ser rcmedio fait~.

KO~IANCl:'RO DE BARCELONA

Que contrario eleme11to
te abiua si te causas:
sobraua ya el fuego,
bastaua ya el agua.
Acabame o te acaba,
ques mala de sufrir bida tan Jarga.
No bas los impossibles,
las sit:rras y monta1ias,
el mar de inconuenientes
que al passa te amenaçan?
Porque sin darrne treguas
renueuas la batalla ?
sosiegue si te plaze
las abolladas armas.
De que te sirben prendas
de glorias alabadas ?
discursos mal logrados,
perdidas confütnças,
no quieres acercarte?
Acabame o te acaba,
ques mala de su frir vida tau larga.

69
Vicndo que de su cuydado,
tanto el remedio se apart11
quaudo se acerca el torme1Jto
que por momentos le acaba ,
la pastora cuyo nombre
se perdio con su esperança,
tnirando al Betis, ~e quexa
a las corrientes del agua :
,, A.y lagrimas caosad~s,
en vano por mis ojos derramadas !
En vano es llornr la pena
quando cl remedio le falta,
mas si sabra la razon
quien de:rnra de llorarla ?
Salid, lagrimas, a prisa,

1 53

hazed crecer estas aguas :
que avnque salgays sin sccar,
para mi fuegono abasta.
Ay 13.gdrnas caosadas,
en vano por mis ojos derramada, !
No lloro fingidos rnales,
ni temort's ni mudanças,
ni esse amor q_ues ma conmn
que quien lo quiere lo balla.
Mas \o que lloro, es deziros
que vosotras, ondas clai:as,
que mas q uè cubris arenas
tengo para llo.rar causas.
Ay lagrimas cansaqas,
en vano por mis ojos derramadas 1

70
Quexandose estaua Dido
de su desdicha y de Eaeas
al viento, que de piadoso
lleua a las naues sus quexas.
Qµando el hut:sped fugitiuo
tanto amor y tantas: prendas
le paga con vna espada,
que oluidada se le queda.
Mirnndo dizc a los filos :
« Gentil espejo me dexa
t:I enemigo troyano
para que mire mi afrenta ,
Ay dukes pn:odas,
quel dolor y la Yid,1 acabe en eHas 1
Piadoso femeotido
bnelue a Cartago velas,
no ya para q ut: mt: uffendas
mas porqu&lt;:: morir me veas.
Mas yo are con mi sangre
borrar tu luz de manera
que pueda salir el aJma

1,

�sin que afrentada me vea.
1 pue demi culpa y tuya
las vivas est:1mpas ruuestras,
bastante veneuo ticnen ;
bit:u puedes matar con elh1s.
Ay dukes pœndas,
que dolor y la vida acaba t:u ella~ !

vere de mi dolor la antigua causa?

)&gt;

7i
Ardiente, rauiosa furia,
cruel verdugo del alma,
polilla del coraçoo
que mata y qut: nuoca acaba :
dime, maranero Amor,
los embelecos que fraguas,
si son para mas tormeoto,
porque mi muerte dilatas?
Quando, rortuna avara,
vere de llli dolor la an ti9ua causa ?
Poderoso eres, rapaz,
soberuias son tus hazanas:
onor, patria, ausencia, tiempo,
todo lo rinde tu aljaua.
:\usencÎ.:I me da la mucrte,
d tiempo me Jescngaôa,
onor proseguir la empres,1,
aumento de amor la patria.
Quando, Fortuna avara,
vere de mi dolor la antigua cat1sa?
Desnudo paxaro ciego,
ansi perfume tus aras
el ambar de Mossambique,
çinamomo de Malaca.
Que quai en nii estes constante
en aquella bella ingrata,
de quien como amante temo
el bien que agora me falta.
Quando, Fortuna avara,

155

ROMANCERO DE BAR.CELON .\

ROMA 'CERO UE BARCELO.'A

lmagino la presente,
cumplidas mis esperanças,
por dar vado a los suspiros
y allar el fondo a mis ansias
y fin como todo es sueiio ;
quel bien aparente engana :
buelue el alma a su tormento,
y el coraçon a su fragua.
Quando, Fortuna avara,
rvere de mi dolor la antigua causa ?

72
Asomaos, humano engano,
a las ve tanas del alma ;
abrid las bien, quel entierro
del gran Saladioo passa.
I por gran creencia os deKa
lo que en vida alegre y larga,
despues de abella sumado,
montaron victorias tantas.
Del Rojo Mar en cadena,
del roto orgullode Francia,
de la saqueada Egipro,
de tanta empresa y haza.àa,
esta pobre mortaja
sola del mundo Saladino saca.

Ay, avarientos desseos
que sub:iys dudosas aguas !
hazia donde os enterrais
buscando el oro y la plata ?
Potencia y gloria del mundo,
sueno y no de ora pesada,
reyes que en Il tierra hazeis
el rnejordicho en su farsa.
Resplandeciente hermosura,
pared por de fuera blanca,
pabos que inchays vanas plumas

ha7.Ïendo rued~ incbadas ;
esta pobre rnortaja
sola del rirnndo Saladino saca.
Pues tiene la breue vida
limite la vida humana,
y el marque amenaça el cido
arena la tiene a rraya .
Voa pequeiiuela piedra
quando del monte se arranca,
si el barro toca, deshaze
de Babilooia la estatua.
Por las venturosas calles
de Hierusalem lasanta,
el que lo prouo lo dize,
vu lienço puesto en la lança :
esta pobre mortaja,
:;ola del mundo Saladino saca.

73
Los souetuios pt:nsamientos
que m1: dieron gloria etern:t
me causan pesar y llanto,
angustias, tonncnto , y pena,
ques ord-inario Je amantes,
quando menos ;e re~elan,
sobre venir vo bayben
que les quita quanto esperan.
Mi querer me dio esperança
porque el tiempo la cumplkra,
y el que cumplir la tenia
es quien de mi la destierra.
El ayre me fuc contrario,
el agua, el fuego, y la tierra,
desden, oluido , y mudança,
me causaron cmda gut:rra.
Puse mi alma y cuydado
en vaa hermos:1 dea :
muger en loque es mudança
y mas que diosa enser bella.

Hize ausencia de mi diosa,
que nuoca ta l cosa biziera,
pues fue causa de mi dano
y de mi congoxa fiera.
Mas juzgando por mi pecho
y por sus palabras til!rnas,
persoadime que cumpliera
sus offertas y pro mesas,
que ya que te hirio Cupido
el me dara vida nueua,
pues de ordinario a vn lugar
ya mas apu.nta sus flechas.
Pero temo que la suerte
me quitara la que queda
para que pueda derir :
Guien espera, desespera.

74
Muger, te llamo homici&lt;l.1,
que no te agrauies te ruego;
que si de olfendido hablo,
quanto mas menos offeudo.
Faba, ligera, inconstante,
mas que Circ.e azogue çierço :
ingrata, altiua, -inpacieate,
palma, cipres, rnuia, fuego,
i gustabas scr Medea,
porque te fingiste Hcro ?
mas en muicr naçea juntos
promesa, rrepentimiento :
yo no me quexo ;
d que tu p;ozas, cura.ra mis çelos.
Quaudo parti de tus ojos,
sus niiias me promctieron,
que avnque tales no sujt:tas
a la,m11daoça del tiempo;
perdime de confiado,
ganastete a lo se.:reto.
Guarda, no llores tus gustos,

�quiça por orden del cielo
ternas disgustos por gustos,
males par bieues ageoos,
resultand.o mi veng.mça
t;le tus çometidos hierros :
yo uo me quexo;
el que tu gozas, curara mis çelos.
Si por veogarte de mi
te mudaste, yo sospecho
que nioguno te la hara
que no te la pague luego;
ques en ti mas oatural
la mudauça que en el viento,
y ansi no es mucha que veogucs
agrauios propios y agenos.
Holgararne de ser roble
o Merlin el hechiçero,
par suftir sus vendabales
y entender tus embe\ecos.
Yo no me quexo;
el que tu gozas, curara mis çelos.

75
Arboles de humor preôados,
perdida-fuerça de iouieruo,
flor brota d alto laure!,
llora el fiudoso sarmie □ to,
trepan la lisa pared
cl jazmin y rayan tierno,
crece el dotado aleli,
apunta el verde mastuerço,
quando el gallardo Menalta,
cansado~de ir tras vn cieruo
por los toledaoos montes,
descamia al pie dr vn enebro.
Salen·ardientes çentellas
del abismo de su pecho,
del cora~on exaladas

y por humo aquestos versos :
Si el çiego Amor no amayna mi tor[meoto,
abretc tierra y tragame en tu centra.
Adiuioa y pronostica,
las çet1izas de sus guesos
materia para ôtro fenis,
pues lo a sida en sentimiento ;
frequemaodo el respirar,
recoge el vital aliento,
fuelle de su ardiente fragua
y pauilo de 5U fuego.
Ve que se abrasa y coosume
sin rener algun remedio :
que al infeliz siempre falta
quando esta eo mayor aprieto ;
sintiendo las llamaradas
del fiera y horrible inçendio,
con triste llanto se quexa,
nl.Ïrando a la tierra y cielo :
Si el ciego Amor no amayna mi tor[mento,
abrete tierra y tragame en tu centro.

Si a Jas ninas dt:: los ojos
por cuyo dcsdeo p;idczèo,
ni lastima ni amedrenta
la boz horrida de vn mut::rto;
si aquellos neuados parpados,
jusras puertas de dos cielos,
mi calor no las derrite
haziendo eo cristal effeto;
y si al juzgar de mi caus.1
tan bien fondada en derecho,
iaploraado su clemeacia
no dieren por mio el pleyto;
descubren vn lançe fa!so,
hijo de su eatendimiento,
mayorazgo, pues hereda
la renta de sus intentas :

157

ROMANCERO DE llARCEI.ONA

ROMA. CERO DE BARCELO A

amayna mi tor[ meoto,
abrete tierra y tragame en tu centro.

r tu,

Fui tu aluergue deleytoso,
pero ya mal grado al tiempo,
biues como saJamandra
en las llamas de mi pecho ;
enbarcaste tus promesas
tin el baxel de reçelos,
soplo reçio d vendabal,
mudaste vela al momento.
Es la naue de vn papd
delgada veleta al vieato,
si es el mastil vna fuma
del ll.oxo y femineo sexo.
Aoegase mi esperança
y si no la trac. a puerto,
la tabla de desengaiios
morira en el mar de duelos:
Si cl ciego Amor no amayna mi tor!mento,
abrete tierra y tragame en tu centro.

Llamarse puede dichoso
el c;uerpo a quieo no le passa,
dd ciego que: llaman lince
d arco, fü:cha o aljaua.
Quise vn tiempo a mi enemiga,
que el amor no tiene paga,
que es igual al valor
de la cosa que le ama.
Mas como es la priuadon
de mil apetitos causa,
renacen nueuos desseos
mil impossibles del alma ;
llorare tu ingratitud
asta que enjugue mi cara,
el mas pesa.do elemento
guanlaudome en sus emraiias.
Y tu, vengatiua Laura,
da de mano a este gusto,
amansa, amansa.

76

77

Si el ciego Amor

□o

En las guertas de aquel rio
que tiene en Cuenca su casa,
rebuelue memorias tristes
el ortelano de Launi.
Acµerdase de aquel tiempo
que florecio su csperança,
siendo jardinera Amor
en el jardin de su alma.
Marchitola a su despecho
la mu.tança de vna ingrata,
que se1)1ejantes baybenes
secan verde$ esperanças.
Ay, dize, gloria del cuerpo
y como □ os cuestas cara,
pues por !eues ni.iierias
atormentas siempre el alma 1

vengatiua Laura,
da de mano a esse gusto,
amansa, amans:i.

El ver4e campo y el cielo
en los montes de Castilla,
cubienos de blanca nieue
t!rau vna cosa misma ;
los arroyos no baxauan
del puerto como solian,
y en su misina fuerça el agua
por el hielo detenida ;
quaodo Albaoio por Silbana
en fuego amoroso ardia.
Debaxo de bJ.ancos techo~
el rio Tormes biuia,
sus pecf's en el areoa,
piedras, piçarras, y gui;i,:as ;
erau de cristal las fuemes

�ROMANCERO DE BARCELO. A

ROMANCERO DE BARCELONA

y de plata las en.zinas,
por donde el ayre a las peiias
rrocaua la nieue fria ;
quando Albanio por Silbana
en fuego amoroso ardia.
En las pagizas cauanas
de robles y de sauinas
los perezosos pastores
airas hogueras hMian ;
de cuyas ram:is las ojas
por el suelo sac.udidas,
las ovejuelas barnbrientas
c.asi el fuego paçian ;
quando Albao.io por Silbana
en fuego amoroso ardia.

sobre las sierras altiuas,
el camino y el poblado
que sin c.amino seguian ;
las naues en lo seguro
de los puertos acogidas,
los bramidos del amor
oian y no temian ;
quando Albanio por Silbana
en fuego amoroso ardia.

78

Las soberuias torres mira
79
El enferma rey Enrique

Morianse entre sus braços
l;is rezien nacidas crias,
dando a los duefios pobreza
y a los pastores comida ;
con qucxas los animales
el nublado cielo herian,
Jamiendo los tieroos hielos
que de los- riscos pendian ;
quando Albanio por Silbana
en fuego amoroso ardia.
En vu toldado aposento
cubierto de martas finas,
eucerrado y sobre fuego
el abaricnto comia ;
lloraua el misero pobre
entre la ceni.za fria,
con sus hijos y rnuger
y la desuuda farnilia ;
quando Albanio por Silbana
en fuego amoroso ardia.
Buscauan los canûnantes

80
Tristeza me piden versos
y esfuerçao mi boz a.! canto,
y doyle lagrimas yo
como c.antare llorando ?
Avnque mis males espaotc,
que boz sacaran mis daiios
de vn pecho aflegido adonde
dau bozes tantos agrauios ?
Que no ay tan dulce c.anto
en vn estado triste como el llaoto.
Quien nace para desdichas
no canse a la muerte eu vano,
que esto tiene de muger :
huir del que va busc.audo.
Por esso, lagrimas mias,
desdel Oriente al Ocaso,
ya mas el sol os enxugue
basta la fin de mis anos.
Que no ay tan dulce canto

en vu estado triste coruo el llanto.

assi misma s~ dezia :
« quien tal ha1.e, que tal pague. »

De ver con alas nacido
nacen las penas que paso,
porque me abraça la tierra
quando al cielo me leuanto.
Esparze, bella enemiga,
de tu sol los fieros rayos
y abra.za mi atreuimiento,
aqui donde estoy lloraudo.
Que no ay tau dulce canto
en Vil estado triste coma el llanto.

Hazenme desde11es guerrJ,
guerra desdeues hazen,
mate Abelardo con çelos,
çelos es bien que me maten.
No atendî siendo Hamada ;
agora no me oye nadie,
con justa razon me afflige:
quien ta! haze, que ta! pague.

82

Ay, diuinos pensamientos,
indinos de pecbo humaoo,
sufrid el justo castigo
pues quereis bolar tan alto !
Que empresa como la vuestra
basta a vella iotentado,
que no lloro por vosotras,
sino porque ansi descanso.
Que no ay tan dulce canto
en vu estado triste ~01110 el llauto.

Grande rumor se leuanta

83

8i
Al pie de vn olmo escarchado
donde Belardo, su am:inte,
desbarato vn tosco nido
que avian teûdo las aues ;
de breues passadas glorias,
de ~resentes largos males,
esta la triste diziendo:
&lt;( quien tal haze, que talpaguc.
La bella Filis vn dia,
al tiempo quel sol esparze
sus rayos por rodo el suelo,
doraua montes y, valles;
i viendo que el coraçon
se le diuidio eo mil p:irtes,

1 59

&gt;)

« Penas dd Tajo deshechas
del curso eterno del agua,
coma el de los ojos mios,
vn tieroo pecho no ablandan.
Bit:n parece que nacio
entre vosotras la ingrata
que me a desterrado el cuerpo,
y me a perseguido el alma.
Alegre Filis se goza
con que me destruye y mata,
como si ven.çer vn nmerto
fueron victorias tan altas,.
Humilde sufriendo estoy
el cuchillo a la garganta,
y con ser seoteocia injusta
no le replico palabra.
Mis agrauios me dan bozes
para que tome vengança,
y engaiio le.s con de1.ir
que poca bida me falta.
Acopsegeles que sufran
y respondenme que osaran,
si como ella tiene el pecho,
tuuiera yo Jas entraiias.

�ROMANCERO DE BARCELONA

ROMANCERO DE BARCELO A

160

A quien se humilia al leon,
con ser fiera no le agrauia,
y a mi me mata rendido
vna muger enojada.
Derrite por altas sierras
su nieue el sol Guadarram:1.
y su pecho belado y frio
todo mi fuego no basta ;
quedara furiosa entooœs
.ù tiempo que libre parta,
viendo quel cuerpo no siente
los azeros de su lança ;
i que los ecos del nombre,
que a pesar suyo se cantao,
le trayeran corrida y triste
por los sotos de Xarama."
Asi se q uexa de nueuo
de su pena autigua y larga,
vu pastor que iguales tuuo
embidia, destierro, y fama.

84
Las rres de la noche an dado,
coraçon, y no dormys ;
mis memorias os desvelan,
que desvelar es su fia.
Mal reposa vn agrauiado,
mal po_dra ya mas dormir ;
si amastes como discreto
y como ourado sentis,
o verdades de mi alma,
quien os podra encubrir
por no coofesar que muero
en los hierros qu~ biui 1
Venga la muerte, venga contra mi,
que no es para desdichados el biuir.
Ay de ,·os, coraçon mio,
que al Amor quereis seguir,
que esperais en la Fortuna

que el Ticmpo libre seguis !
Mira quaodo la esperaoça
naçe en dichoso jardin,
da por fruto desengaiios,
seco Agosto de su Abri! 1
Mira que el Amor y el Tiempo
son tao malos de sufrir :
vno por andar ingrata,
otro por rapaz y vil !
V enga la muerte, veoga contra mi,
que no es para desdicruidos el biuir.
Mis ojos y mis desseos
que ounca saben huyr
del peligro que promete
la belleza mas gemil,
esto al yugo amoroso
reodieron nuestra ceruiz,
y a mi pensamiento dieron
a las ciento penas mil;
o mi libertad cautiua,
que de carcel me seruis,
que de quexas, que dengafios,
me prendeis por que os prendi !
Venga la muerte, venga contra mi,
que no es para desdichados el biuir.

85
Dada dormideras
a vna vieja ducnde,
vna niiia ange1
del coro de va çetre ;
qu:mdo las campanas
de maytines mueben
abades maduros
y abadesas verdes,
y como las seiias
del sacristan siente,
cantando con rauia
dize desta sucrte :

Duerme madre, duerme,
a Jas doze estaua en sus
[treçe.

Y la vieja

Quien fuera sirena,
lisoogera pece,
para que lleuara
de encantos tus sienes;
vengueme el candado
del tiçc.n ardieote
del astuto Vlises,
que tus ojos cierre.
Si en ellos ay ninas,
avnque vieja eres,
desta niiia amante
como no se duelen ?
Duerme madre, duerme,
la vieja a las doze ·estaua en sus
[treçe.
Ya cantan los gallos,
y mi peniteote
de su gran caudillo
podra ser se acuerde ;
no le des materia
para que me dexe,
que entre su corona
ay brios de reyes ;
son sus opalandas
de las que se mueben
a qualquier trastomo
del mener leueche :
Ouenne madre, duerme,
Y la vieja ·a las doze estaua eu sus
[treçe.
Esto dize y baze
y ella se arrepiente,
que contra mal hado
no ay yeruas qne presten;
que las viejas son
REVUE HfSPANtqUE, D,

161

al quitar plazeres :
grullas en el suelo,
perras eo los dicntes ;
de sus dos oydos
haze dos paueses,
de la boz que dize
quando en ello hiere :
Duerme madre, duerme,
y la vieja a las doze estaua en sus
[rreçe.

86
Quando creçe mi alegria
y mi firmeça mas cres;e,
ru sin razon me condena,
ingra1a Leonida, a muerte.
Porque, fais.a, prometiste
lo que promèter no puedes ?
si son tus promesas falsas,
fa Isa seras, pues prometes.
A puerto de mar te vas :
alla veras hechas fuente
las lagrimas destos ojos
que vn pecho noble te offreçe.
Bien s(que te alegraras
porque sus corrientes creçen,
pero diles tu mudança,
veras como atras se bueluen.
Porque bas querido burlar
a quien hurlas no mereçe,
pues en las veras te a sido
tan bumilde esclauo siemprc ?
o eres tu la que me amauas
como agor-a me aborreçes ?
si a quererrne te atreuiste,
quaotos fauores me diste
llorando fingidamente,
ya que mientes con la boca,
porque con los ojos mieores ?
Dichosa tu que te casas,
Il

�ROl1AKCERO DE BARCELONA

ROMANCERO DE BARCELONA

que .11 fin biuiras alegre ; ·
desdichado de Riselo,
que dos contraries le offeudeu.
Tu ingratitud se coooçe,
mi fe biua resplandece,
padezca mi pensamieoto
pues mi esperança perece.

87
Amor, si puede el cuydado
con que sigo tus vaoderas
obligarte a que me escuc.bes,
oye vn poco mis querellas;
i de aquella bella iograta
que por mi mal e5 tan bella,
escucha Jas sin razones,
justa ocasion de mis quexas .
Que a la muerte me acercan
entre esperaoças que me Jesesperan .
Subieronme sus lisonjas
asta la postrera esfera
y abraçandome las alas
me arrojo dizieodo : muera.
1sin saber si el mari r
Je\ todo llamo a mis puertas,
juntamentecon mis males
oy celebra mis osequias.
Que a la muerte me acercan
entre esperanças que me dcsesperan.
Ausentose de mis ojos,
poniendole nueua benda
con que de nueuo bendo
el alma que va rras ella.
Paso el mar de mis enojos
en la barca de mis quexas,
dexandome la espcrança
enterrada a las riberas.
Que a la muerte me acercan

entre csperanças que me descsperan.
Amer, si lagrimas mias
tus entraiias no penetran,
abrasare tu retra 10
en cl fuego que me quema.
Entrare a fuego y sangre
por tus murallas y almenas,
y sepultare tu nombre
entre las cenizas muertas.
Que a la muerte me acercan
entre esperanças que me desesperan.

88
El yclmo lleno de plumas,
y de sangrecilla y greôas,
en vn cauallo espatiol
con las cubiertas de tela,
ablando esta don Gayferos
desdel mure de Sansucôa
a su muger oluidada
no mas de porque lo era :
« Frances, dixo, soy, seôora,
y hazia Paris doy la buelta
de Las gut:rras de Aliarde,
que no de juegos ni fiestas .
Qµando yo llegue a Paris,
yo le dire que es afrenta
de Carlos de Françia y soya
queJ este libre, y vos presa.
Que nunca el hombre sabio
su muger gran tiempo dexa,
que si presente se engaôao
que no aran en auseocia ?
I direle que entre tante
en Paris las tablas juegan,
juegan caôas por ser vuestros
los mores desta frontera.
Direle que buelue en si
para que uo se arrepienta,

que juegos aca y aJla
podran ser parar en veras.
Quelles dexaran las canas
P_0 r gruesas lanças ginetas,
s1 ven reluzir acaso
vna flor de lis franœsa . »
Melisendra que le escucha,
entemecida y atenta,
conocio que era su esposo
Y ablole desta manera :
« AJçad la celada vn poco,
soldado, por vida vuestra
que me aveis trocado el ~lma
con nueuas que estais en ella ·
si vos no soys el ingrato
·
que a Melisendra desprecia,
con el mismo tiempo el alma
10 que imagine contempla. »
Gayferos enternecido ,
se descubre a Melisendra
quedando en aquesto pu~to
llello de Jagrimas tiernas.

89
Dczidme, sospechas tristes
dezid, celas infernales l
'
P_0 rque me perseguis tante,
Siendome Amer fauorable ?
No terne vuestro rigor
que todo es vn poco de ayre,
que adonde el amor preçede
no ay contrariedad que baste.
Persigame la Fortuna
sigame el rigor de M~rte,
y el Amer de mi se oluide
Florisa, si teoluidare 1
'
Ay Dies, dexadme 1
sospechas, çelos, no querais de~arme 1
0 rigurosos contrario~,

~ue P;ocurays sujetarme,
sm mirar que estoy sujeto
aJ Amor ya su estitndarte 1
Al fin sigo la milicia
que sigue qualquier amante
sujeto al hijo de Venus
'
de quien Bulcano es su padre.
No ay coraçon de azero
que para amor poco vale,
pues de amer el belle Adonis
sujeto a su hermosa madre.
Ay Dies, dexadme 1
sospechas, çelos, no querais dexarmc 1
Corno me podra librar
de dos contraries ta11 grandes ?
Florisa, vuestra firrneça
me asegura destos maJes.
Mas como te quiero tante
haze el pensamieoto aJarde,
imbidiaodo mil sospechas
para que al alma me maten.
AY Dios, si no me socorres
sera impossible librarme 1
pues al fin eres ruuger,
no es mucho que me acobardes.
Ay Dios, dexadme 1
sospechas, çelos, no querais dexarme J

90
Del estrago que dexaua

el rey de Argel en el pueblo,
corre por la gran Paris
sangre biua de hombresmuertos.
Sobre el arnes del gigante
que edifico contra el cielo
el mismo cielo lluuia
'
mil edificios desechos.
Vienc sobre Rodamonte
de tantas terres el peso

�ROMANCERO DE BARCELONA
ROMANCERO

que a mil otros enterrarn,
y en el sirue de cimientos.
Para ensciiar su valor
siruen Jas hachas y el fuego,
y el poluo de que no barre
su reziente -azaiia el tiempo.
Quaodo llego vna espia
de sus amores ligero,
porque a la muerte y al dano
ya mas le faltan correos.
Supo como Doralisa
dio a Mandricardo el pecho,
la acogida que era suya
por mas galan y mas nueuo.
Allole con pie! de drago,
de los çelos el veneoo,
y arrojando desu boca
dixo al lugar y a los çelos :
" Ruinas de rui valor,
quedad en pie, pues es. cierto
que ya en mi sera locura
loque hasta agora fue esfuerço.
Infi.emo soy, y Paris
no podra contra el infiemo ;
que con celos no es haiafia
dcstruirtodo vn imperio.
Seamos de oy mas los dos
de dos cuydados xemplo :
yo por nueuas assolado,
-vosotras por valor nueuo. i•
No dixo mas, que a sus males
vioque agrauiaua, midiendo
con ruinas de cuydados,
ruinas de pensamientos.

9t.
No huyas, fiera enemiga,
aguarda, ingrata, aguarda,
oo huyas de quien te adora
y sigas a quien te mata.

Mira que, quando me oftendes,
te offendes a ti y te agrauias
y que si me matas mueres,
pues que te tengo eo el alma.
Mira quel Amor ~ quexa
de que sus leyes quebrantas,
y que ami.stras sus banderas
y que su retrato abraças.
Y mira que mis desseos
contra ti tocan al arma,
jurande a sangre y fuego
tomaran de ti vengança.
Acuerdate que en la orilla
del celebrado Xarama,
estando yo temeroso
de tus fingidas palabras ,
dixiste : &lt;&lt; Primero al cielo
le faltara st: luz clara,
que faites de mi mt:moria. »
Corno me mentiste, falsa 1
mira que tu ingratitud
es de mi bondad madrastra,
y que tus vanos antojos
son verdugos que te matan.
Y mira que el justo cielo
me dara de ti vcngança,
ya que la rierra cruel
fue para mi tan contraria.

92
Quando el regalado lecho
descansa tus mienbros lasos,
los cuydados de tu alma
tiencn el propio descanso.
El eotendimieoto baze
al suefio dulce embaraço ;
importuna la memoria
con causas del bien passade.
La voluntad date guerra,
tocan las tres a rrebato;

ho, duermes, sefiora mia,
en mis enemigos braços ?
Que en essa ora dd mayor regalo
lucho con çelos, lloro mis agrauios.
Llega la imagînacioo

alJi con campo formado,
que de çelos tiene tantes
que puede form!J! vn campo.
El temor de mi lirmeza
date corto o largo plaço,
dudas de la fe que 1engo
reçelaste de vn cogaiio.
Figurasme por constante
o sospechas lo contrario?
ho, duermes, sefiora mia,
en mis enemigos braços ?
Que en essa ora del mayor regalo
lucho con çelos, lloro mis agrauios.
Si duermes, iograta mia,

y despertares acaso,
si no me offende tu gllSto,
no me olfeudas con tu braço.
Masay, que pido impossible
y que este impossible callo
Justa quel tiempo me muestra
como puede v11 desengano 1
En la ora questo escribo
acuerdome de mis dafios ;
ho, duermes, sefiora mia,
en mis enemigo} braços?
Que en cssa ora del mayor regalo
lucho con çelos, lloro mis agrauios.

93
1

o es razon, dulce enemiga

94
A las temerosas bozes
que daua la gente çiega

m:

BA.RCELONA

de la miserable Troya
que se abraça y que se quema,
aquel juez de las diosas
y querido de princesas
a quieo todo el nmndo imbidia,
y aborrecc sola Greda,
acudio a saber la causa
del alboroto que sueoa ;
.:iue ve arderse su ciudad
y no sabe quien lo ordeoa.
Y aosi confuse y turbado,
lleno de congoxa y pena,
aqui carre y alli para
y ardiendo en yra, bozea:
Quien me destruye, si me ampara
[Elena ?
mas ay, que sudefensa mecondena 1
Pero la parlera Fama
le hirio presto en laorexa,
y eo media de tantos dafios,
la causa dellos le ense.fia.
Alço los ayrados ojos,
y vio t}ue entre dos almenas
de la torre de su "alcaçar
con fuego haze Elena sefias.
A los dos Atridos llama
con)oda su arma griega,
"li. quien eucubrio
eptuno,
participe en la cautela.
Quisiera al punto el Troyaoo
que le tragara la tierra,
para quitar de las manas
tal ocasion a su lengua.
Quien me destruye si me ampara
[Elena?
mas ay, que su defensa me coodena 1

95
Anegado en mar de çelos
y abrasado en el de amor,

�ROMANCERO DE BARCELONA

ROMANCERO DE BARCELONA

166

el alma de- sus .:uydados
cucnta a Belisa vn pastor :
c&lt; Avnquc mudos, estos montes
testigos; Belisa, son
de mi fe de tus promesas,
de mi engaôo y tu traycion.
Seys aûos a, belta in grata,
queres el norte y faro!
de mis amorosos passas
que baldios hazes oy.
No allo remedio que pueda
çegar al competidor;
de la suerte que mis ojos,
tu natura1 arrebol
mirastele por mi mal,
por su bien el te miro ;
nueuas cuentas ya recibes,
mal pagas lo que resto.
Apenas el alba rie
quando lloro su passion,
el alma ques inmortal,
puesresiste tu rigor;
de las nubes de mis ojos,
en ausencia de tu sol,
ya mas escampan las lluuias
a instancia de mi dolor.
Descuydos son que yo tuue
quando començaste el son
de vna gal!arda mudança
que toco tu coraçon.

96
Campo inutil de pizarras,
ribera agostada y seca,
que por la falta del rio
des.:u bres islas de arena,
pues te exceden mis desdichas,
y a vezes mis ojos prueuan
a suplir con llanto triste
la corriente que desseas,

oye del hombre mas triste
que tiene el mundo las quexas;
que pues las paredes oyea,
bien pueden air las piedras.
0 claro Tormes, mi dolor te mueua
y pues vas a mi bien, mi mal le lleua !
Para tu curso, en llegando
a la antigua y noble cèrca
de la ciudad que en Espai'ia
es la mas insigne en letras ;
i pues oo \as lleuas mias
sino lagrimas por ellas,
letras de fuego te doy
que con el agua se muestran.
l pues centellas parecen,
bien puede ser que las veas,
coma en el agua de noche
se sue\en ver las estrellas.
0 claro Tormes, mi dolor te mueua
y pues vas a mi bien, mi mal le lleua 1
Hennosissima Amarilis,
gloria y ooor dcstas seluas,
para quieo te mira, diosa,
y quieo te escucha, sirena,
diuiao impossible mio,
escucha esta boz postrera,
que loque pide el que muere,
obliga con mucha fuerça.
I si tus hermosos ojos
pied ad tan j usta desprecian,
las piedras salas me escuchan,
quiça que me oiras entre ellas.
0 claro Termes, mi dolor te mueua
y pues vas a mi bien, mi mal le lleua 1

91
A veros llegue, seiiora,
9or la fama que os alaba,

mas ya se par la esperiencia
que soys mayor que la fama.
Suele11 pareeer menores
las casas muy alabadas,
pero en vos la verdad vence
las mayore. alabanças.
Solo halle difereocia :
que de muger nombre os dauan,
siendo vn ange!, sieodo vn fuego
con que se me abrasa el alma.
Quien, sefiora, pensara
que luegoqueos mire, tantoos amara !
mas quieo no lo creyera,
que siendovos tan bella, no os quisieral
Si Amor, para hazerme vuestro
comigo se acoosejara,
mi bomildad le pidiera
el adoraros por causa.
Mas alleme sin consejo
y a vuestros ojos eon armas,
salteado el aluedrio
y del alma las tres guardas.
El desseo satisfecho,
la liuertad castigada,
obligados los seutidos
y la razon libre. esclaua.
Quien, sefiora, pensara
que lu ego que os mire, tanto os am ara l
mas quien no lo .:reyera,
que siendo vos tan bella, no os quisiera!
Si amor es tan poderoso,
mayore:;; milagros baga;
que solo vencerme a mi
era muy facil hazaiia.
Traygau vn barbaro fiero
de los desiertos de Arabia,
quel os llamara su sola
en vieudos la hermosa cara.
Aquesta verdad coofiessan

asta los mudos sin abla,
porque solo el ser agena
teneis, sefiora, de humai.1a.
Quien, sei'iora, pensara
que luego que os mire, tanto os amllra !
mas quien no lo creyera,
que sien do vos tan bella, no os quisieral

98
Entre azul pizarra
y pei'iasco roxo,
leuantaudo entre ellas
arenillas de oro,
murmuraua el Torrqes
los asientos solos
de las tristes quexas
de vn pastor çeloSQ.
Quexase de au~encia,
que su mal no es poco
siendo oluidoscienos
y çelos forçosos.
Ay, cruelês çelos, çelos temerosos,
que aunque Amor es niiio, mira con
[antojos 1
Ay vna sireoa
morena de rostro,
junto a Maoçanares
en vn verde soto ;
labrados de oegro
sus herm or,os oj os,
coma la carnisa
sobre lienço tosco.
Pudieran sus labios
a vn nifto dichoso
seruir de corales
y de cielo a vn moço.
Ay, crueles çelos, çelos temerosos,
que avoque Amor es nifio, mira con
(antojosl

�168

ROMA}4CERO DE 13ARCELONA

Media leogua tiene
su pico gracioso,
que a la otra media
no se aponeo pocos.
Siempre aquesta falta,
se la supleo otros,
mas es como el aspid
que los mata a todos.
Del amor y oluido
es vo equiooitio,
que los tiene yguales
que mudables ojos.
Ay, crneles çelos, çelos temerosos,
que avnque Amor es uino, mira con
[antojos!
Por estos suspira
va coraçoo quexoso,
que en estar mas cuerdo
parecera loco.
Siempre busca el agua
coma herido toro,
porque al fin se tcmpla
vn estremo en otro.
Que apartar no puede
los aullidos roncos
de las tortolillas,
tan lexos del olmo.
Ay, .:rueles çclos, çelos temerosos,
que avnque Amor e::s nino, mira con
[antojos !

ROMANCERO DE ~ARCELONA

engaiiador y engaîiado.
Hijo del burto primera
y padre del desengaiio,
dura al Jançe de la fama,
verdugo dellos y manos.
Ay tiempo vario, ay tierupo varia,
de Filis bella sin razon contrario !
Tu con tu aurso remedias
los coraçones cuytados,
yguales soberuios montes
con los mas altos collados.
Secas campos de belleza,
panes nube al sol mas claro,
t:n plata buelues el oro
y las piedras en topacios.
Hazes guerra a la hermosura
armandote con los afios,
y a vezes con accidente
sales del campo triumfaudo.
Ay tiempo vario, ay ticmpo vario,
de Filis beUa sin razon contrario 1

1.00
Sacome de la prision

tot

Dexo, adonde el Tajo corre
entre pefulscos soberuios,
vna ald-ea.na que pudo
ser de vu principe sujeto.
1 o se vina por su gusto,
que le traxo el de su dueôo,
que hasta las casas del alma
la fuerça pierde el derecbo.
Lo que no pudo la inbidia
de algun traydor lisonjero,
hi1,0 el ticmpo con su gusto,
que entre amantes llega presto.
Y ansi peasando el pastor
en los ojos y cabellos
a su prenda amada, dize
,1 su fe y amor eterno :
Qge no ay fuerça en los tiempos
para mudar mis firmes pensamientos .

Llorando siete cabeças

i02
99

Ya con sas aguas Otubre
Quieo es ·aquel que camiaa
coma si fuese bolando?
muy_mas quel vientoligero
y mas quel plomo pesado?
Moço y viejo en vn instantt:,
sereno el rostro y turbado,
verdadero y mentiroso,

·Ya passauan Los pastores
el flaco ganado a estremo,
par los montes de Castilla
eo valles y vegas secos,
qn:mdo el ausente Brasildos
por Amari!is murieudo,
ribera del Tormes dize
a su amor y a sus desseos :
Que no ay fuerça en los tiempos
para mudar mis firmes pensamientos.

ameoa.zaua al invierno,
y las aves fabricanan
defensa contra los hielos.
I los arboles desaudos
bramauan los fieras vientos,
defendiendose las ramas
loque las ojas no hizieron,

Esta segura, serrana,
de la fe que te prometo,
que no te a dexado el alma,
avnque biue ausente el cuerpo ;
que avnque el dorado sol
mil buelus diesc corriendo,
tan iirme como sus polos
an de estar mis pensamientos.
~o escuchcs consejos vanos,
ni cause oluido en tu pecho
la ausencia, porque no digan

ques en las mugeres cierto.
No se quexe deste 'agrnuio
la esperança que en ti tengo,
y pues palabra me &lt;liste,
parezcamonos en esto.
Que no ay fucrça en los tiempos
para mudar mis firmes peosamieu10s.

t03
Otras vezes me aveys bisto,
altas y pintadas pefias,
u.aher masalegre aJ Tajo
mis pobres cabras y ovejas.
De los altos destos montes '
descubrian las riberas
que a su alabaoça obligauao
manos, boz, versos, y cuerdas.
Emooces, querida patria,
ya por mi mal estranjera,
cantaua alegres caociones
y agora tristes endechas.
M.is coma canura con tan ta pena,
el que tienc su bien en tierra agena ?
De donde libre naci,
tanta embidia me destierr:1
que soy como d esdauo,
que al son del hierro se quexa.
Soy desdichado en la mia
y soy dichoso enla agena,
que a vezès sirue en el templo
la masdesdichada piedra.
Dexo vo tesoro escondido
cubierto con ci.oco letras,
adonde descansa el Tormes
de aversequebrado en peiias.
Mas como cantara con tanta pena,
el &lt;] ue tiene su bien en tierra ageoa ?
Si el nacer importa mu.:ho,

�ROMANCERO DE BARCELOKA

170

son tan grandes las estrellas
quel mismo efeto alcança
en propias y estraiias tierras.
Pero al fin quedo llorando,
quiero de mi bien la auseocia ;
arnor propio y tierra propria
a lo contrario me esfuerçan.
Mas como cantara con tanta pena,
el que tiene su bien en tierra agena?

½04
La madre Primauera
sacude el cabello y canas,
por las lluuias imponunas
de la ni eue y de la escarclia.
Ya passa el Hebrero loco,
ya las tempestades passan
y ya se quitanlos tiempos;
ya se renueuan la:; plantas,
ya los campos ~e aseguran
de las lluuias y borrascas;
ya se retiran las nu bes,
ya muestra el cielosu cara.
Tan sola mi esperança al agua de mis
[ojos
pro1m:te-fl.ores y produzt abrojos.
Ya van trocando los rios
en cristal las turbias aguas,
con que se gozen y miren
de los frutales las ramas.
Ya los alamos de Alcides
de nueuas hiedras se enlazan,
ya tn los braços del olmo
renacen las verdes parras.
Ya son rosas las espinas,
ramos de flores los cardos,
las marchitas ojas lirios
v las escobas retarnas.

17 I

ROMANCERO Dë BARCELONA

Tan sola mi esperança al agua de mis
[ojos
promete flores y produze abrojos.
Ya gozan en flor los campos
el dulce fruto que aguardan
y al fin lo que se promete
no se mengua, avnque tarda.
Ya la nocbe renebrosa
corre la luz ya del alua
y al alua nublosa y triste
la tarde sereoa y clara.
El dia mas inportu.no
espera en el de mafiaoa,
la esperança mas esreril
florece al fin ose acaba.
Tan sola mi esperança al agua de mis
[ojos
promete flores y produze abrojos.

i05
Si tanta gloria se eoderra
en vn bien tan impossible,
la que tiene quieo la goza,
todo el mundo se le inbidie.
Quieo dira questoy contcnto
con ver agena Amarilis,
porque solo el bien de verla
es paga de quieo la sirne?
Pero no puedo negar
que los desseos me affigeu,
por ruas que ruegue a mis ojos
que sin el alrua la miren.
A y prendas mias humildes,
fuego merece quienal viento sigue !
Pues con alas de cera
quise tan alto subirme,
bien es que al mar de mi llanto
tu claro sol me derrite.

I puesto que con mira lia
a mis ojos satisfüe,
bien me queda que llorar
mil desseos y impossibles.
Contar quise las estrellas
y quitar la espada a Aquiles ;
sembrar quise en el arena
i coger el vieoto quise.
Ay prendas tnias humildes,
fucg-o merece quien al viento sigue !
Mas ay, pena gloriosa,
quien abra que no te estime,
siendo Amarilis la causa
del alma de vna Çirce ?
Ya bendigo quieo te goza
y la embidia lo permite
a mi, que a mis ojos se oponc
como a la tierra el enclise.
Pero no puede quitarme
que quanta puedo la mire,
avnque el alma lo padezca,
que sin esperanc;:a biue.
Ay prendas mias humildes,
fuego rnerece quien al \'iento sigue 1

i06
A las reliquias dichosas
que de los labios sobraron
de la pastora Amari1îs,
Bclardo pone l9s labios.
I los ojos de los suyos
dulcemeote .irrebatados
bcuio su hermosura misma
en los cristales de vaso .
La imagioacion del rostro
mas quel sol hermoso y claro,
enbuelto en agua de nieue
al pecho correabrasado.

J apenas dixo : « ay Dios, que gran
[regalo l »
quando boluio a dezir : « ay que rue
[abraso ! ,i
Corno la irnaginacion
suele a vezes huer lazo,
avoque era de nieue el agua
era de fuego el retrato;
y a.vaque en el alma tenia
de aquella primera mano,
la imaginacion en yenda (sic)~
que fuemayot quel piotado;
fue possible a los seotidos
gozar oyendo y mirando,
y el gusto que cra impossible
gozallo para su daùo.
1 apenas dixo: « ay Dios, que gran
[regalo ! »
quando boluio a &lt;lezir: « ay que me
abraso ! &gt;&gt;

r

i07
A los hierros de voa rexa
la turbada maoo asida,
sobre el cauallo Abenamar
de Zayda el retrato mira;
de noche viene a su calle,
que no se atreue de dia;
que si vn desden es destierro,
juntos le acaban la vida.
I totre los hierros mirando,
trnsformudo en su euemiga,
bablando Ll.s entemece
y con esta boz suspira :
0 larga pena mia, .
ya no ercs culpa, no, sino dcsdicha 1
·si es culpa ser desdichada,
no ay culpa como la mia,

�ROMA CERO DE BARCELONA
ROMANCERO DE BARCELONA

pero sino tanta:, penas
seran por taatas desdichas ;
ques pemar que Troya o Roma
hazen mi causa perdida,
que Caua engendra que Elena.
para que ausi me persiga.
Voa muger ofendi
de otros muchos ofencfüla;
si e mentido en mis palabras,
sus nùsmas obras lo digao.
0 larga pena mia,
ya no eres culpa no, sino desdicha !
Si Zayda culpa oo tiene,
que inporran vanas mentiras?
que coma el sol por el agua,
quedan las verdades limpias ;
quantas be dicho Jo son,
sus enemigos lo afirm:in;
mudable la llaman todos,
y yo la mudauça misma.
Querer moros a vn tiempo
y escriuirles en vn dia ;
darles vna nocbe a todos,
no ay muger de quien sescriua.
0 larga pena mia,
ya no eres culpa no, sino desdicha 1

t08
De nueuo llora Abenamar
en la vega de Toledo,
sus desveoturas passadas
y sus preseotes tormeotos.
Las reliquia.s de su Troya
esta ruirando en el suelo,
imaginando la causa,
llora :vn rato y dize luego:
Si toda el alma es fuego,
suspiro en vano, y en llorar me anego.

Ay diuina Abindaraje,
que fuiste mi gloria vn tiempo l
que fuegoinmonal es este
cou que me abrasa el pecho ?
Bien parece en el milagro
raya de tu hennoso ruego,
pues abraçandome el alma
jamas me consume el cuerpo.
Si toda el alma es fuego,
suspiro en vano, yen llorar meauego.
Llor:wdo pienso acabarle
y llorando le sustenta,
en las memorias le guardo,
en los suspiros le enciendo.
Coo peosamieoto le guio,
con desseos le entretengo,
que estao mas secos tus ojos
para que lleuan remedios.
Si toda el alma es fuego,
suspiro en vano, y en llorar me aoego.
Tu, para todos piadosa,
cres de piedra a mis ruegos,
como la mar a mi llanto
c.o mbatida de los vientos;
saberuia a mis humildades,
eneruiga a mi prouecho,
tirana de mi aluedrio,
y voa muger en efeto.
Si toda el alma es fuego,
suspiro en ,·ano, ~• en Uorar meaoego.

t09
Pensamieoto bien oacido
en lo mejor de mi pecho,
que para famoso lioce
naces d.e mis ojos ciego ;
hidalgo de limpia sangre
avnque de abraçado aguelo,

si no es de amor como fenix
que tieue por onra el fuego ;
sigue tu cielo diuino
y no te desmaye el suelo,
pues te ati:eues a llegar
al mismo sol quando menas.
Arriba sube, peosamiento,
que bien te pierdes si te lleua el
[viento.
Quando te vieres tan alto,
no me mires donde quedo,
porque si al cielo te subes,

parecerete pequeôo.
Que toda la tierra es puoto
respecta del sol que temo,
en otros hermosos ojos
que an hecho la tierra cielo.
Mira bien lo que te esthno,
pues con saber que me acuerdo,
toda el alma te confia
y que la abrase.s te ruego.
Arriba sube, pensamiemo,
que bien te pierdes si te lleua el
[viento.

No soy yo de los cobardes
que bumildes merecimientos
dexaron sin esperança
por la altura del sujeto.
Y para lo ques el alma,
dexando a vna parte el cuerpo,
yo se que igualo mi sol
y que sus rayas ruerezco.
Y no pre~endo, Amarilis,
casas que desaze el tiempo;
lo que no eotieodo me aguarda,
y lo que no se ve desseo.
Arriba sube, pensamieo~o,.
qae bien te pierdes si te lleua el
[viento.

HO
No salgays, seùora Luna,
cubrid la serena faz,
que pues angele-s se esconden,
conviene que oo salgays.
Tinieblas sigan mis ojos
desdichados en mirar,
enturbien nubcs de quexas
vuestros ojos de cristal ;
y que las siete cabrillas
no pazcan la claridad,
que los oteros del cielo
a media nocbe les days.
Las estrellas mas luzientes
con veros se enmrbian mas,
que pues angeles se esconden,
cooviene que no salgays.
Quando el pastor Adamastes,
si par dicba os acordays,
que por ser hembrn mudable
sabeis mucbo de oluidar,
siendo diosa bien 1rnmana,
vos sintieron los de alla
llorar sus dcscuydos libres
y su ausencia suspirar.
Yo por vos suspiro y lloro,
triste y solo me dexad,
que pues angeles se esconden,
convienè que no salgays.
Vn angel tengo· en el mundo
a quieo ruereci .adorar,
en noches que por ser mias,
perdidas tan presto estan.
Asta que salgan sus rayos,
oortes qu.e pueden guiar
mis esperaoças perdida.s
al puerte de su piedad ;

�ROMANCERO DE BARCELONA

ROMANCERO DE BARCELONA

1 74

dure.a las desdichas mias.
dure vuestra escuridad.,
que pues ange.les se csconden,
conviene que no salgays l

Ht
Sin Leda y sin esperança

H2
Donde vais, mi pensamiento,
tan ligero como soys ?
mirad bien que vuestro dueiio
se desvela, y no por vos.
Agradable cogimieoto
peosareis que teneis hoy
al lugar ado solia
descansar mi coraçoo.
Teneos, oo taoto rigor,
que arnor que os.regulaua 1 ya os falto.
Detened el mouimiento
y refrenad la passion,
no deys al ayre las plumas
que peasays que os presto Amor,
que como de ayre se paga,
d ayre que os fas dexo,
Jas presto que no deuiera
a quieu de mano os gano.
Teneos, oo taa.to rigor,
que amor que os regalaua, ya os falto.
Amaynad la inchada vela
pues el viento se troco,
y no penseys tamar puerto
sino en vuestra perdicion.
De la perdida no os pese,
queu este juego de amor,
el que de sus dados fia
pierde lo que no gano.

Tt:neos, no tanto rigor,
que amor que regalaua, ya os falto.
Adonde que.reis subir,
si quai el moço Faeton,
del çeleste carro a tierra
otro rayo os arrojo ?
De ti, falsa, me quexara
mas sera contra razoo,
que muger dize mudança
y tu nombre me aviso.
Teoeos, no tanto rigor,
que amor que os regalaua, ya os falto.

H3
De su dama se despide
vn capitao espafiol ,
con palabras en los ojos
y lagrimas en la boz.
« A pedir, dize, seiiora,
veugo licencia y perdon,
para partirme ma.iiana
y de tener vida oy.
A Espaûa me lleua triste
voa onrada pretension,
que por vn aiio an quitado
las saetas al Amor.
Los muros dexo de Oran
mas no dexo la afiçion,
mar y tierra dexare,
pero la voluotad no.
Solo te rue.go, seûora,
que mientras que paralla estoy,
al pedernal de tu oluido
mi cuydado sea eslauon.
Que yo fio de sus golpes,
avoque seau mas de dos,
que abraçarao tus emraiias
en biuas Hamas de amor. &gt;)
Oye la bella Africana,

atenta al tiemo arnador,
llorando esta, suspendida,
si puede l lorar el sol.

H4
Con suspiros que encendia
el fulgifero elemeato,
porque quando son del alma
tienen mas fuerças quel fuego,
y lagrimas que hazen nido
los pequefios arroyuelo~,
porque quando el alma l\ora
son inclemencias del cielo.
Sobre vn cuerpo ya sin bida
que se llegaua su entierro,
vna pastora dezia
con boz baxa y roaco acento :
« Ay hello cuerpo, ay bello cuerpo,
si dando vida os vi, como estays
[muerto ?
Si os vi dar vida a mis ojos
mediaote los vuestros bellos,
como agora oo me miran,
pues fueron siempre mi espejo ?
Si el respirar dessa boca
daua a mi biuir alieoto,
como agora el nectar dulce
de vuestros labios no beuo ?
Si quando yo menla,iaua
eu aquese hermoso cuello,
aoimauades wis braços,
como, fiera, os considero ?
Ay hello cuerpo, ay bel\o cuerpo,
si dando os vida os vi, como estays
[muerto !

1 75

con tan eterno silencio ? )&gt;
Aquino pudo aguardar,
y entregàndo los cabellos
a las manos de su ira
al sol claro enriquecieron.
Enterraroo el difunto
y ella sobre el monumento,
cama por osequias tristes
el tema de sus desseos :
« Ay beUo cuerpo, ay hello cuerpo,
si dando os vida os- vi, como estays
[muerto? &gt;)

us
1

Contra el mar ayrndo y fiero,
emre
olas crue.les,
Hamas de amor y osadia
el pecho Leandro encieode.
Y par go1.a~ de su gloria,
passar el estrecho quiere,
que la esperança del premio
haze los peligros breues .
Mas que le sirue al fuerte,
si la Fortuna le condena a muerte ?

las

Aqui entrega el cuerpo ;il agua
y el biento que brama crece,
aqui le sube a los cielos
y alli en el centra le mete ;
aqui se acouarda el triste,
aqui tiembla y alli terne,
aqui Se esfuerça y anima
y vencer el mar pretende .
Mas que le skut: al fuerre,
si la Fortuna le condena a muerte ?

Mas como las preteosiones
Si !'ne dauades la vida
abriendome vuestro ped10,
como agora todo cafü

de los humanos perecen

si aspirao a lo impossible,
par ruas quel amor lo esfuerça,

�prosigue adelante, y viendo
que camioaua a su muerte,
al cielo, mar, hero, y tierra
pide ayuda y ensordece.
Mas que le sirue al fuerte,
si la Fortuna le condeoa a muerte 7

H6
Mandadero es el arquera

H7
En la luz del alba hermosa
y en la del alma los braços,
del sueno que no a dormido,
despierta Florida Albanio.
&lt;t Regalado esposo, dize,
mirad del alba los rayos,
escureciendo la mia
para destierro tan largo .
Con alba me aoochecio
nuestro peregrino caso,
y sin ella me amanece
el dia de mis trabajos .
Anochecio para mi bien,
amanescio para mi da.no,
halle la luz en la noche
y en el sol tinieblas hallo.
Ay, correo, precursot
de los trabajos que passo,
con la seotencia de muerte
a que me condenan tantos 1
Corno si estos gustos fuesen
hurtados y no casados,
de ooche vienes por ellos
y los gozes sobre falso .
Que la espemnça enemiga,
nascida de inteotos vaoos,
a mi possesion se atreue,
confirmada por mis braços.

177

ROMANCERO DE BARCELONA

ROMA CERO DE BARCELONA

Ayer vienes, oy te vas,
partido quando llegado,
por la posta en el camino
y en los contentos bolando.
Si fuera con mala fe
buuiera pleyto ordioario,
mas siendo mi fe tan bueoa,
seguro dueûo me llamo. »
A las demandas y quexas
de Florida suspirando,
tierna la boz como el alma
ansi le respondia Albanio.

que amigos que no se hablan,
o van ciegos o cnojados.
Bien me Uamays alba a mi
pues arnanecio lloraudo ;
rocio que saca en Bor
la vcrdura de mis a.nos.
Estimad la possesion,
victoria que viene al cabo,
pues soys legitimo dueiio
a quien me fuerça tirano.
Que algun dia el alba triste
saldra del Oriente claro,
con sol que abrasa las fuerças
de tantas penas y agrauios.
Con esto y abraços tiemos
de Florida parte Albaoio
a la prision donde biue1
en la ribera del Tajo.

U.8
Cesse, estrellas del cielo,
mi tormeoto y vuesno llanto,
no cubrao tanto rocio
,
las rosas de vuestros la bios.
Si con gusto aoocheciste,
amanece y con regalo,
que quien preso vino a veros,
mal podra libre oluidaros.
No por regalos ageoos
dexo yo vuestros regalos,
sino por !argas prisiones,
asperezas, y trabajos.
Si me partiera de vos
a buscar gustos passades,
justas fueran vuestras quexas
y mis disculpas engaiio.
Desde a vn muro, a voa rel\'.a,
esran mis ojos miraodo,
al campo si los humillo
y al cielo quando los al1,o.
Por el camino que veo
mis pensamieotos alargo,
van y vienen asta vos
como las flechas al blanco.
No se si encuentran los vuestros,
porque tienen mas espacio ;

H9
Las lobregas nubes tristes,
melancolicas se rasgan
del cielo, cubriendo todas
las dos lumbreras mas claras.
Su negra sombra en el suclo
estiendeu quai negra capa
cou trueoos, rayos, y piedra,
remolinos, vientos, y agua.
Huye el ganado medroso,
que ya en ningun campo para ;
huye el mas brauo y fuerte,
la mas fiera y la mas fiaca
solo Albanio queda solo
al alta de voa monta.fia,
con fortuoa su pensamieoto
que a lo muy alto le llama.
No tieoe miedo al tiempo,
que ya fortuna contraria
le tiene becho a sufrir
trueoos~ rayos, piedra, y agua.
REVUB lilSl'ANlQUE. O •

•

No le espantao truenos de ayre,
que dentro de sus entra.fias
le atruena amor con tal furia
quel coraçon le quebranta ;
ni ser herido de rayos
tan poco le espanta nada,
pues rayos le an de curar
del rostro de Felisarda.
La piedra tan conocida
tiene ya q_ue no le daiia,
que la que solo le ofende
es ser piedra la que ama ;
los remolinos del tiempo
en muy poco le agrauian,
que amor solo le rebuelue
las passiones del alma.
Qoexoso estaua el pastor
de la fortuna voltaria,
pues le boluio de querido,
desdichado y en desgracia ;
çelosos suspiros echa,
çelosas bozes arranca,
que quien sirue mucho amor
este gualardon aguarda.
Atajole sus razones
d ver que descarriadas
por montes, riscos, y brefias,
esparcidas van sus cabras ;
y ya que va recogieodo,
dixo en fin : c&lt; Felisarda,
eres muger y ansi
hizistes ingrata mudança. »

t20
A Jas bozes de vo pastor
acuden fieras muy brauas,
medrosas de los suspiros
que por los montes sonauau.
Acercarse no an osado
adoode el triste penaua,
12

�ROMANCERO DE BARCELONA
ROMANCERO DE BARCELONA

q_ue del otra boz no entienden
mas dcste que fuerte Hama :
Sola vna esperança es mi sustento
y temo no se me resuma en viento .
El eco dcntro las breôas
confuso y medroso calla ,
sin tener que respooder
al grito de su esperaoça.
Pero viendo que con lloros
eu llamarla porfiaua,
el eco taobien repite
todas las mismas palabras :
Sola voa esperança es mi sustente
y temo no se me resuma eo viento.
Los delos ya se enteroeceo

i ya las nubes se rasgan,
y el mar ondo, tiero, y brauo,
de compasioo fuerte brama.
No por descuydo fue Eolo
a soltar de su morada
a los vieotos, que rompie_odo
al ayre tanbien le llaman :
Sola voa esperança es mi susrento
y temo no se me resuma en viento .

Y viendo d triste pastor
que los elememos dauan
en ayudarle a su llamo,
les daua iofioitas gracias,
diziendo : « insensibles soys,
y os do leycs de mi alma
y la que todo lo sieotc
huelga, simi alma Hama :
Sola vna esperaoça es mi sustente
y temo no se me resuma eo viento.

t2t
En las orillas del mar,

teodido sobre la areoa,
para coorar de Belisa
con c:ida grano mil quexas ;
donde compiten fo s olas
Juchando por tom:ir tierra,
estaua Fideno vn dia
en la playa de Valencia ;
escriuiendo voas memorias
que a cada passo se anegan
el agua que las borraua ;
dixo, lloranJo sobre ell:is :
« Mi fin acf'rcan
memurias tristes de csperanças muer[tas.
T eatro doodc mi ingrata
sus memorias representa,
de ti me quiero quexar
pues en ti miro las della.
Tus mudanças me enbarcarou
solo a prouar rus tormentas,
que a los biuos que recojes
luego en matar los echas.
Vientos de manses faucres
inoharon todas mis velas,
vime :il fin de mis naufragios,
mas ya chocando en ms peiias.
Mi fio acercan
memorias tristes de esperanças muer[tas. »

pues tanto os preciais de altiuos,
basta lo averme oluidado,
que no lo digays os pido.
No mas, hermosos ojos mios,
llUes de couardes perseguir rendidos.
Paciencia hallaran mis males,
Cella, para vuestro oluido,
no para que a vuestro dociio
le digays mil desatinos.
Mirad que pues es discrcto
tendra miedo a vuestros tiros,
que por vna hora de gracias
dexais aûos de seruicios.
Si vuestro amor tuuo fin
para que al fin tuuo principio,
no dexa de ser amor,
oegar que lo aveys tenido.
No mas, herrnosos ojos mios,
ques de couardes perseguir rendidos .

Despertad, hermosa Celia

i24

»

[ven,

•

Quando vere de Lucinda
aquellos ojos dibinos,
que siendo en el cielo estrellas
son eu la tierra safiros ;
ausenteme de sus ojos
sobre ciertos eoemigos,
que lo fueroa de mi alma
sino quedara comigo ;
y pues assiste en tu pecho
hazlo de mi bien tcstigo,
de que I\O me le an escoodido,
avoque me le an quitado.
Quando, hermosos ojos mios, 1
vere los ojos con que verao los
[mios?

{25

Quando el sol hermoso

Al humilde Maoçanares
que adornao juncos y lirios,
y al celebrado Xarama
por sus famosos nouillos,
doade los juota vna selua
cuyos arboles sombrios
ha.zen las aguas j ueces,
compartiendo con los riscos,
vn pastor eaamorado
y mas difunto que bino,
que basta dezir ausente,
miraodo Jas aguas dixo :
Quaudo, hérmosos los ojos con que

Si ay mayor mal quel morir,
sin duda alguna qnes el mio,
porque pienso qu~ la muerte
oo sabe si soy nacido .
Prueuo morir y no puedo,
quiero biuir y no biuo,
y para que alguoo vença
coucierto mis enemigos.
Teoed picdad, dulces ojos,

vere los ojos con que ven los mios?

Maôanicas Roridas
del mes d~ Mayo,
despertad a mi nifia,
ao duerma tanto.

i23

t22

r79

y sus claros rayos
matizan las flores
de colores varias,
y las avezillas
con sus dulces cantos
alegran los ecos
de mi triste llanto,
ella sola duenne,
libre de cuydado ;
alegran los mios
por ser en mi dai'io.
Mananitas floridas
del mes de Mayo,
despertad a mi nifia,
no duerma tanto.

�Vientos apacibles
que entre verdes ramos
mouiendo las ojas,
recreays los cam!}OS,
y a vuestras fuentes
de corrientes claros,
que rompieodo montes
refrescays los llanos ;
despertad\a todos,
porque en breue rato
mis querellas oyga
y oyga que la llamo.
Maiianitas lloridas
del mes de Mayo,
despertad a roi niüa,
no duerma tanto.

que avuque fortuna las obras des[ mienta,
los nobles desseos no podran fa! tar ;
lleua mi alma sobre tuS alas,
vete a mis ojos y passa la mar.

1.26
Pensamiento, pues dizen que igualas
a mi desseo en sufriry bolar,
lleua mi alma sobre tus alas,
vete a inis ojos y passa la mar.

La tierra es mi pena estable y pesada,
mis muches suspiros son dados al
[viento,
mis ojos al mar profunda ayrada
y el alma que lleua el quarto ele[ mento;
guarda tus alas del fuego violento,
pues si las quemas no podras bolar,
lleua mi alma sobre tus a.las,
vete a mis ojos y passa la mar.
Vete aquel aoge1 que vn tiempo fue
[mio,
cargado de penas, naufragios y tor(mento,
y deaquel presente que agora le embio,
los males que passo seran :i su cuenta;

18r

ROMANCERO DE BARCELONA

ROMANCERO DE BARCELONA

180

Aquesta distancia se buele o se ande
con anirno grande y fuerça inmortal,
avnque eres fuerte, es el animo grande
pues lleuas vn alma de sangre reaL
Mi dicha te siguc, fortuna te mande,
dale el preseme y buelue a bolar ;
lleua mi alma sobre tus alas,
vete a mis ojos y passa la mar.

t27
Irme quiero, madrc,
a la galera nueua
con el marinero a ser marinera.
Pues de azules mares
Fileno es pilote,
cumplire mi voto
sulcando pesares,
tropellando azares;
sigo la vandera
con el marinero a ser marinera.

La fe sin despojos,
muerta la esperança,
dexo en vna mudaoça
sin agua mis ojos ;
celosos enojos
me ecban en galera
con el marinera a ser mariuera.

Mi mal siento tanto
que mi corta suerte,
quai cisne -en la muerte,
celebro sin llanto;

mis desdichas canto,
pues me ha.zen guerm,
con eJ marinera a ser marinera.

!28
Po1xarillo que vas a la fuente,
beue y vente.
Paxarito del amor,
que a mi pensamieoto ygualas
en tena ligeras alas,
y en la sed de algun fauor,
pues para templar tu ardor
vas a la fuentc :
beue y vente.
Avnque a los ojos tau pura
sea fresca esta fuente bella,
moja el pico y bebe della,
qucs de acibar su dulçura;
el que mas beuer procura,
mas sed y mas fuego siente:
beue y vente.
No busques cosa de asiento
ni con aguas tengas fe,
quel variar siempre fue
ciena ocasion de contente ;
y avnque de unicornios sicnto,
este bendita la fuente :
beue y vente.

llega con passos de plomo ;
ui pregunta quiennicomo
vino al que la regalare;
de el fa uor y no repare
si es poco o mucho el regalo ;
mas vale paxaro en mano
que buytre bolando.

En el libro de fianças
bereys si mirays, partidas,
mas promesas mal complidas
que complidas confianças ;
allareys mil esperanças,
mustias y seca l.a flor
del ques mayor passador ;
seiioras, o yo me eogafio,
mas vale paxaro en mana
que buytre bolando.
!30
Melecioaorina, que declioa
que estaua Marina moina de ver el
[cura,
modorro de calentura.

Y el dotor con la misma locura
mirando la orina,
y el Amor en la cocina con la mele[cina
para ecbarsela al padre cura:
el cura, Marina, ei cura,
el diablo entiendra esta cura.

t29
Mas vale paxaro en mano
que buytre bolando.
A la dama de mas tomo
el tomar vo no se que,
le alegre porque el &lt;lare

Estaua Marina puesta,
dispuesta y arrebolada
para recebir la entrada,
moza de golpe y repuesta ;
disparo Amor su ballesta
y fuela dara Marina,
que estaua moina de ver el cura,

�ROMANCERO DB BA"RCELONA

ROMANCERO DE BARCELONA

r82

modorro de calentura.
Truxo Marina a t:nseii.ar
al dotor su propria orina,
y el dotor viendo a Marina,
diole gana de orinar;
y para mejor obrar,
cl pulso toco a Marina,
questaua moina de ver el cura,
modorro de calentura.
Para hazer loque Arnor manda,
hable Marina al dotor ,
des pues suieto al amer
le quise poner demanda ;
mas vine la zarabru,:1da
a hazer baylar a Marina,
que estaua moina de ver el cura,
modorro de caleotura.

i3i
V n castillo arman en chozas,
alzan la cara arriba las mozas.
Quiso hazer Cupido
vna fortaleza
y a traer enpieza,
en niii.o atrebido,
mozas que a cogido
darauaca y abr ojas :
alzan la cara arriba las mozas.
Porqueel edeficio
raya en mas aumeoto
al pie del cimiento,
usan de su officie
y cou artificio
desagarran las chozas;
y alzan la cara arriba las mozas.

Corno esta el trabajo
en sufrir mas peso
el agua y el yeso,
subeo desde abairo
todas a destajo
traian en choza ;
y alzan la cara arriba las rl.lozas.

t32
Ya no soy quien ser solia

!33
Atreuiosc a no se que el abad
por ne.;esidad.

Entra el marido al instante
quando deziao verdades,
quando las dos voluntades
eran vna voluatad
por necesidad.

Sin tener miedo al juez,
se dhian dulces motes,
quaudo redomas y botes
dan sobre elles de vna vez ;
es pa tu las y al mi rez
fue tras dellos, y el mrbado,
recogiendose i:u sagrado,
huyendo de tempestad
por necesidad.

:1.34
V na enfermedad le dio
tan fudosa y repentina,
.que buscaodo medecioa
a la betica se entre ;
y a la boticaria halle
sola, y diole tal con.tente
que antes de darle tormenw,
confesaua la verdad
por necesidad.
Ella, viendole morml,
a darle bida se aplica
y e(reciole su botica
per remedio de su i1rnl.
El dixo : (( Seîiora, es 1al
que casi oo tiene cura,
sino es que vuestra hermosurn
que cure esta enfermedad
por necesidad. "

La muger, que no es diamante,
al pumo se eoternecio,
y en sus entranas seutio
vna herida 11enetrante.

CANClON

No me pregunte mi mal
la que no se duele del,
quen mi mal ay tante mal,
que no eStoy para burlar del.
Para que quiere sa belle
la que no de remedialle,
si despues de pregumallo
ha de har.cr donayre delle?
dexcme passar ):l1Ï mal,
pues no la doy eu enta del,
quen mi mal ay tante mal
que no estoy para burlar del.
Si rrata de remediarme
bien sabe del mal que muero,
como loque fue primera,
primero para matarme.
l sino dexe mi rnal
que yo me entiendo con el,
quen n1i mal ay tante mal

que no estoy para burlar del.
Basta ya tante rigor
que dudo de mi paciencia,
per questa graue dolencia
efeto es de mi dolor ;
no quiera aumentar mi mal,
mostraodose tan cruel,
quen mi mal ay tamo mal
que no estoy para burlar del.

t35
De los alamos venge, madre,
de ver coma los menea el ayre.
Que fumeça, madre mia,
comi.go el amor rendra,
si vn arbol se viene y va
donde el viento Je guia?
Si mil vezes en vn dia
ojas y ramas se mudan,
las mismas temen y dudan
su esperauça y mis verdades ;
de los alamos vengo, madre,
de ver como los meoea el ayre.

Sus ejas sou para mi
lenguas que me estan bablando,
con el viento murmurando
de que por el me perdi ;
todo qua1,1to veo alli
l'S exemple de mi peaa ;
aqui matan, alli suena,
Jesus, que aguero tan grande !
de los alamos venge, madre,
de vtr como los menea el ayre.
Qoe lealtad o juramento
:ibra que su fe confirme,
si vna cosa questa firme

�ROMANCERO DE BARCELONA
tan presto la lleua el viento ?
ya no ay fe con jurameoto,
los mudos lo dizen ya,
t0do es viento y todo es~a
sujeto a sus vendauales;
de los alamos vengo, madre,
de ver como los meuea el ayre.
Escribio por la corteza

destos alamos su fe,
y avnque crecida se ve,
es mudauça y no firmeza.
De que sirue la beUeza
a quien ventura le falta?
que a la esperança mas alla
mayor viento le combate;
de los alamos venge, niadre,
de ver como los menea cl ayre .

i36
Catalina. y Juana y su veûua
sou la vezina y Juana y Catalina.
Cada vna es vna
y juntas son tres,
puestas al traues
seran dos y vm1 ;
cueuta castellana
si el curioso atina,
la vezina y Juaoa y Catalina.
Nunca estao seotadas
quando estan en pic,
ni nadie las ve
si no son miradas ;
dizen ques cristana
la que s'e persina,
Catalina y Juana y su vezina,

ROMANCERO DE BARCELONA

i37
Yo no se coma bailan aqui,
que en mi tierra no baylan ansi.
Las moças de mi lugar
cou el son de su contente,
bazeoselo vu mouimiento
con bueltas para mudar-;
las de aqui todo es jugar,
y todo con ligereça
bazen de los pies cabeça,
es tan do y no estando aosi;
yo no se como baylan agui,
qucn mi tierra no baylan ansi.
H:uen aqui las mentiras
con que alla verdades ha.zen,
falsos eagaïios aplazen,
desengaïios causan iras;
los tratos todos son tiros,
los tiras, tratos tan dobles
que los viles y los nobles
dizen no, por dezir si ;
yo no se como baylan a.qui,
que en mi tierra no baylan ansi.

t38
Ventecillo murmurador
que lo aodas y goias to1lo,
ha.zme el sou con las ojas del olrno,
mieotras duerme mi liudo Amer.
Donde ay ramas y ojas tantas
no busques dondc te meias,
que al leuaatar mis faldetas
testimonios me leuantas.
o me descubras, traydor,
lo que ay del botin al codo;
hazme el son con las ojas dei olmo,

mientras duerme mi !indu Amor.
Tu, que entre las verdes ojas
andas a.legre y murmuras,
si mis pas-sadas venturns
de mis presentes cong:oxas ;
fresco, tuanso, y bullidor,
que lo andas y gozas todo :
bazme el son con las ojllS del olmo,
mientras duerme mi lindo Amor.
Estatc quedito, necio,
que corne aqueste bullicio
la gloria me haze vicie,
la saya aprieta mas recio.
No pieosas ques fuego amor
que se apaga de esse modo :
hazme eJ son con las ojas del olmo,
mientras Juerme mi lindo Amor.
Si como suenas abrases.
todo el mundo te qui.siera,
que yo fuera la primera
porque mi fuego apagar.es.
Mas en mi alma el amor
lo abrasa y consume todo :
ha~me èl son confas ojas delolmo,
mientras duerme mi lin do Amor.

i39
1lorcnica me Uaman, madrc,
desdcl dia que yo naci ;
al galan que me ronda la pucrta
rubia y blanca le pareci.
Penso quel ~olor moreao
era destar abrasada,
y viéndo la tan helada
le dixe de temor lleuo :

esso por el blanco es bueno,
que en morena nunca lo vi.
Al galan que me ronda la puerta,
rnbia y blanca le pareci.
Es ciego, madre, el Amor-

y juzga mal de colores,
a todos mata de amores
con blaodura y con dgot ;
no me a faltado amador
desdel dia que uaci :
y al galan que me ronda la puerta
rubia y blanca le pareci.
El color de nieue y oro
ninguna mengua me hizo,
mi moreoo ha sido hechiço
y lunar que enamorn,
siuo digalo el que adora
cuya libcrtad rendi.
galan que me ronda la puerta
rubia y blaoca le pareci.

al

Es amor encantamiento,
es todo gusto y antojos,
es la Circe que a los ojos
engaiia con fingimiento:
a su fauor Ji contento,
y al moreno desmeuti.
Al g:alau que me ronda la pui:::na
rubia y blanca le pareci.
Qualquiera colo1· es œntdla
para poder abrasar,
y ~i tardasc en haUar
correspondcncia dt: estrella :
que lo que vn gusto atropella
otro quiera par:i si ;
y al galt1n que me ronda la puerta
rnbia y blap._ca 1~ pareci,

�ROMANCERO DE BARCELONA

ROMA- CERO DE BARCELONA

186
i40

Hiw calor vna 11od1t::

14:1.
Seô.ora, la mi seôora,
no se por Dios de que siruc
el amor que me mostrays
y los halages que finge;
pues mil aôos a que sabe
que soy mas negro que vn tizne
y no tengo mas de blanco
que tiene de negro va cisne.
Sepa si vine a sus ruegos,
sepalo que 50]0 vine
a descubrir, quai Colon,
tierra, avnque no tlerra firme.
Biert acabo dentendcr
que fuesolo el escriuirme,
para que viniesse a ver
los galanes que le siruen ;
bien acabo de enteoder
la 1iber1ad en que biue,
y que tiene mas mudanças
(!Uel mes que los gatos riôeu.
Si piensa v. md.
que tenia de suffrille
su libertad engai'iosa,
porque yo tau bien say libre;
i la que bien me quisiere,
no ha de faltar vn tilde
de rui gusto y gusmrc
quen lo proprio me limite.
Dit.e que se va a bolgar
alla con su don Philipe:
va a las trcs de la maiiana
i buelue a casa a las quinze ;
y despues de ser venida,
me dize con cara humilde,
que en no a\·erme bisto alla

se penso roorîr de triste.
Mejor mala bofetada
le de a su cara vn tigre,
que yo lapienso creer
nada de quanta me dize.
Soy ciego quando yo quiero
y quando quiero soy lince,
bouo qoa□ do es n1enester
y vellaco lo possible ;
heme criaùo en Toledo,
entre sasn-es y a1baôiles,
y entieodo toda costura
avnque sea mas dificil.
Bien se que diran algunos
que fue mal juego el que hize,
pero va hombre picado
procura quien le despique.
Y como soy tan vellaco,
en viendo tl primer embite
eche fuera la trauiesa,
prouechaodo m.i desquite.
No se yo quien la encontro,
seiiora. doiia terrible,
nobuscaua ella agui,
no buscaua sino vn simple.
Si yo le hablare mas,
si trllci.eotos afios biue,
me de otros motos açotes
vn ingles que me cantine !
Y si le escriuiere cartas,
si ttecientas mil me escriue,
que sirua yo de escriuano
en galerasde vn xarife 1
Si la viere a la veutaoa,
como vn sesto me astorize,
y si rondare su calle
qoiero que me crucilique !
I si yo hiziere cama
donde dla precipite,
en la que duenno agora
me coma □ pulgas y chinches !

Y si yo domare mas
yegua que tan mal se tige,
me salga □ a mi los pottos
de dos eo dos eo las ing!es 1

t42
Seotado orillas del rio
par oo sentarse en el agua,
mirandola con los ojos
por no ver con las espaldas,
estaua el pastor Mocarro
sobre el pescueço la cara,
porque no tenerla alli
fuera muy grande desgracia.
o le agradao desdichas,
porque desdichas no agradan;
miraua el agua cCirrer
porque no estaua parada.
Vido venir vn oouillo
quera hijo de vna vaca,
con dos cuernos en la freutc,
vna boca y quatro patas.
Vicne el nouillo brarnando,
p.orque los oouillos brama □,
la cola traya colgando
no de clauo ni akayata.
Vieodole d pastor venir,
por entonces le miraua,
conocio que era nourno
porque no es oiro alitnaàa .
Dixo : 1&lt; Este nouillo huye
de alguna vaca quien ama,
la qual en (JUC mas h: siga
porno Llegar, uo la alcança. ,,
Y trayendo a la memoria,
que tenia memoria el alma,
la cara de su pas tora,
qui:s mugcr y ticne cara,
dill.o rabiando de çelos,
porque los celo~ sou rnbia :

« 0 cruda y dura pastora,
pues no eres bla.nda ni assada,
quando esroy de ti mas lexos
estas tu mas apartada;
y quando te veo en pie
es porque no estas sentada,
y qu:mdo estoy de ti cerca
estas tu de mi cercana ;
y si no me quieres bien
sera porque no me amas .
Tu herida y mi herida
son dos heridaseotrambas,
y eu tus manos y Jas mias
me dizeu que ay quatro pahn:is.
Y echo de vi:r que te como,
pastora, quando te rascas,
y que el agua y vino beues
que agua y vino no se masca. )&gt;
Con esta buelto al nouillo
k dize, porque le habla :
« Mas qui$iera yo tèner diez
que como tu vna cabra.
Yo soy hombre y tu animal,
si yo se hablar y tu callas ;
si Dias fuera seruido
ambos no fueramos nada.
Tu te dexas hazia atras
todo èl camioo que aadas,
yo me dexo adelaate
Jo que por andar me falta.
Tu no lloras y yo Uoro,
yo como came y tu paja,
tu eres gordo y yo soy Aaco,
tu tieoes cola y yo barbas .
Y parecemonos ambos
como vn gueuo a vna cast:i1'i:.1 :
:i ti 1:i vaca te sigue
y de mi lrnye Mocarra.
Do se ve que ay diferencia
de voa muger a vna vaca :
que la muger va en dos pies

�188

ROMANCERO DE BARCELONA.

y la vaca en quatre anda. »
Dixera mas el pastor
soletusaodo sus ansias,
si no se fuera el oouillo
sin responderle palabr.i..

143

ROMA CERO DE BARCELONA

1.44
De las afric:mas playas

U5
Fuera de los altos mures

i46
Recostado esta Siluero
al pie de vna fuente clara,
quando le traxo Amarilis
de su Bel.isa vna carta.
Abriola y vio que dczia :
« Ya se pierde la esperança ;
busca, SiLuero, y escoge
lo que mas te satisfaga.
La palabra que me pides,
nunca yo di tal palabra,
y si la di, no me acuerdo
y si me acuerdo, no es nada.
Despidete de pensar,
que podcan ya rus palabras
ablandar mi pecho duro,
ageno de ta! muda::.ça ·
deziste de ru querelfa
y no juzgas por contrn.tia
tu $Uerte, pues que ce dio
tante bien con ma·no franca. &gt;&gt;
No pudo leer mas Siluero
por vn viento ques leuanta
y la carta que leya
Je entre las manos le saca.
Mirola y dixo Siluero
con vmt riseta falsa,
y desfogando su pecho,
con boz doleras(canta :
« Ùè sucrte que a vos, pape1,
el viento esparœ y derrama,
las esperanças de amor
el viento las me arrebata. »

En el mas soberuio monte

1.47
Riguro~a y cruel ausencia,
fiero verdugo del alma,
que la sacas de su centra
itdonde biue y descansa,
porque quebrantas las leyes
con tan estraii.a mudanç:t,
si es verdadque adonde biues
esta meuos adonde ama ?
Corno biuo estando ausente
si falta alguna rne guarda,
para e.-:emplo verdadero
y prueua de tus.hazaôas?
Porque se puede dezir,
que contra el tiempo y su safia
huuo va amante que pudo
amar auseate a S\.l dama.
Yo solobueluo por ti
y no es la defeasa mala,
pues que se funda tu abono
en mis penas y mis ansias.
I p.ara mas oma mya,
a los pies de la costancia
hare qu1::sten lc,s veocidos
manifest,todo la infamia.
Las sospechas y los çèlos,
el ùesden y la mudança,
no liabra deoy mas quien los teog a

por effecto dèsta causa.
El escudo de mi fe
pondre por ere::rna fama,
que pues yo hago el edificio,
bien puedo poner mis artnas.
Sieodo el toma esta letra
en lengua materna y cl.ara:
« Causa te llaU1a11 de oluido,
mas ya de amar eres causa. »
Mas que mucha auscncia, amiga,
que se conserue en el agua
,te tu oluido caudaloso
biua el fuego que me ,ibraSs"t.
Esro esta diziendo Orlando,
mientrasque tenga sus braços
al claro y sagrado rio
de quien toma nombre Espaûa.

t48
Ya sale de Mootaluan
de su doler perseguida,

la famosa Bradamante,
flor de la caualleria.
De arma~ azules hui,a armada
contres bandas amarillas,
muchas plumas en el yclm.o,
su senal lleua tendida :
que era vn dios de amor 1)Întada,
y en el escudo traya
vn more y letra que dite:
« Vayan a perder la vida. »
Vasé al campo de Agramante
do Rugero residia,
\'D valiente cauallero
a quien ella tanto queria.
Çelos la Ueuan a vello
que deUoses perseguida,
porque Rugero es su gloria
y Rugero su alma y vida.
Y con esta l)resupqesto

y çelosa fantasia,
va tan furiosa que lança
fuego por el yelma y vista.

{49
A la burladora Filis
ya mas de Tirsi burlada,
mas cruel que burladara
y mas que cmel ingrata ;
pastora del blaado Turia,
de quiea aprenden sus a_guas
de carrer, por quel caner
es genero de mud.mça ;
desde la esteril ribera
,.
del fragoso Guadarrama
te escriue aquestas razones
Tirsi, offendido sin causa :
Recibe aqueste papel,
Filis, que te inbia vna alma
presa entre tristes memarias
de alegres horas passadas.
No respondo a canas tuyas
que aca !10 allegan tus cartas;
mas como pueden llegar
si no salen de tu qsa ?
Prometistes de cscriuir
dos vezes cada semana,
y enbiarme siempre llenas
del pliego las quatre llanas.
Si aca me quisieres bien
alla jamas me. oluidaras :
no Uames, Filis, amor
el amor que el riempo acaba.
De ti no, de mi me quexo,
que avnque te juzgue culpada,
mayor culpa ha hauido en mi
dar credito a tus palabras.
Mas yo beo tu descuydo
y cienas promesas falsas,
y coma ausente me oluidas,

�•

ROMANCERO DE BAR CELON A

ROMANCERO DE BARCELONA

190

en presencia me cngaiias.
Si Jo que he dicbo te enoja,
emienda en algo tus faltas,
que adonde Uora tus cnlpas
cantare tus alabanzlS.

t50
Sei'iora nuestraama,
pues estoy con ella
tan lexo~ de cuerpo
quanto el alma cerca ;
pues son sus verdades
sus hurlas inciertas,
mi fe su esperaoça,
mi sol sus tinieblas.
Pues quiero de baldc
sufrir aspereças,
verdes igualdades
y cscuchar ofensas,
porque no me mira,
porque me desprecia,
malgrado mis clichas
y que poco medran 1
Si no lo ha sabido
tiempo es que lo sepa :
boca que no habla
su mal acrecienta ;
mas de tres suspiros
su merced me cuesta,
mas de diei cuydados,
quexas mas de treynta .
Ya se me coooce
que el alma se quema,
Uanto dan los ojos,
la boca centellas,
dcsseos me abrasan,
respetos me hielan,
malgrado mis clichas

y que poco medran !
Humildades justas
conquistao la fuerça
del cielo terrible ,
que ofendio la tierm.
El temor se hizo
para la soberuia,
donde no ay peligro
no hade aver ofeosa.
Por los olmos altos
baxas vides trepao,
y al fin sus razimos
corooan su alteza.
A la su seiiora
cantaua aquesta letra
Pedro, el de Juana,
llorando de eudechas ;
y a Fortuna dixo,
teniendo su rueda :
Malgrado mis dich:is
y que poco medran !

t5t
Si sus mercedes me escuchao

t52
Qual mas, qua! menos,
toda la lana es pelos.
Despues que de Talanquera,
çiego Amor, los toros veo
q_ue se corren en tu plaça,
mansos avnque tienen cuernos.
Corno estoy subido en alto,
mil cosas veo y cootemplo :
vnas que. me causan risa
y otras que me ponen miedo.
o ay lego que. no sea fraylc
ni frayle que no sea Jego ;

todos son hombres al fin,
avnque el vestido es diuerso .
Quai mas, quai menos,
toda la lana es pelos.
Tambieu he visto donzellas
que ya dos vezes parierou,
y en possesion virginal
se casaron despues desto ;
otras que lo son sin duda,
en que esta duda uo asueluo :
porque en Uegando a lo quinto,
no ay quien no sepa Jo sexto.
A1 fin vnas y otras passan
por iudustria o por enredo :
vnas donzellas scUadas,
otras que lo son sin sello.
Quai mas, quai menos,
toda la laoa es pclos.
Tanbien he visto viudas,
quen son de vn grau mongil negro,
es eocarnado el color
del aforro que traen deotro ;
otras muy contemplatiuas,
vn largo rosario al cuello
cuyas cuentas de perdooes
se passan contando cu~ptos :
de vnas rnurmuran lagala,
de otras murmuran al onesto,
y para de1.ir verdades
de mugeres en efeto.
Quai mas, quai menos,
toda la lana es pelos.
Tanbien he visto solteras
sueltas sin rienda ni freno :
vnas de gesto hermoso,
otras de gestos inyestos.
Vnas visten tiritaiia,
otras tela y terçiopelo,

r9r

vnas son de qu atro y ocho,
otras de cinquema y ciento ;
de aquestos precios al fin
al mas barato me atengo,
que de tada esta mercançia
por mas o por pequeiio precio,
qua! mas, quai n:enos,
toda la Jana es pelos.

t53
Sonc de qucrer
a vna hermosa dama,
que con su belle1.a
asombra y espanta ;
y al mas atreuido
que mira su cara,
le buelue y le prende,
le rinde y le mata.
Tiene blanca freme,
que a la no hollada
ni pisada nieue
parea y iguala.
Vnos ojos negros,
las cejas rasgadas,
cuello alabastrino,
boquilla de ambar ;
su hermoso cabelfo
vna toca atapa,
que no estar tapada,
quieo no se enlazara ?
P!uguiera a los cielos
no se me antojara
aquel dulce suefio
que soàado estaua !
Mas vi vna vision
y cara tan mata,
que dixe entre mi
que negro de Arabia.
Al fin el contenta
que mi sueiio causa.

�ROMANCERO DE BARCELO A
con voa vision
se quita y apaga
No quiero de oy mas
poner mi esperança
en cosas de suefio
' que cou sueô.o passan.
El hijo bastardo
de la que se akança,
cou el ver del ojo
v vna humilde habla.
Nadie sea bouo,
trate cou criança,
que al discreto quier n
las seûoras damas.

i54
No dizc a mi el sobre escrito

t55
Mira Tarfc que Adara.i:a

t56
Aquel paxarillo que buela, madre,
ayer le vi preso, oy trepa el ayre ;
por penas que tenga,
no muera, madre.
Yole vi entre rexas
destrec ha carcel,
cantando passiones
manana y tarde :
y agora ques libre
a!egrias haze ;
por penas que tenga,
no muera, madre.
Combidaua a todos
que con el llorasen,
yo le acomp:uie

ROMANCERO DE BARCELONA

con tristes canrares ;
ta! es el amor
de queias suaues,
por penas que tenga,
no muera, madre.

INDEX
A
A
A
A
A
A
A

Sabe Amor quel tierupo
milagros haze,
aJegra los tristes
y da libertades ;
esperar podra
que su mal se acabe ;
por peaas que tenga,
no muera, madre.
Amor y Fortuna
le dan combate,
nadie le responde
por mas que llame ;
las puertas quebrante
y no se !as abren;
por penas que tenga
no muera, madre.

1 93

I

Pense que sus penas
eran mortales,
mas ya al paxaril lo
le vi alegrarse;
y pues el se alegra,
quiero yo alegrarmc ;
por penas que tenga,
no muera, madre.

i57
0yd, seûor don Gayferos

i58
Ciego que apuotas y aciertas

la burladosa Filis, • 149.
las bozes de vn pastor 120.
las reliquias dicbosas, 106.
las temerosas bozes, 94.
los hierrosde vna rexa, 107.
los pies de don Enrique, 27.
mi coraçon, 43.
A veros llegue seàora, 97.
Al camino de Toledo, 4.
Al dulce y suaue canto, 19.
Al humilde Manzanares, 124 .
Al pie de vn olmo escarchado, 81.
Alaraues y Romanos, 1.
Amor de mi alma fuego, 58.
Amor si puede el cuydado, 87.
Anegado en mar de çelos 95.
Aquel paxarilloque buela, madre, 156.
Arboles de humor preiiados, 75.
Ardiendo se estaua Troya, 7.
Ard!ente rauiosa furia, 71.
Asomaos humano engafio, 72.
Atreuiose a no se el abad, 133.
Ay amargas soledades, 17.
Ay despreciada vega, 56.
Buela el sol en alto, 51 .
Campo inutil de pizarras, 96.
Catalina y Juana y su vezina, 136.
Cesse, estrellas del cielo, 118.
Ciego lince ~no biejo, 25.
Ciego que puntas aciertas, 1 ,8.
Cofrades de amor, 42.
Con suspiros que ensendia, r 14.
Contra el mar ayrado y fiero, r 15 .
Daba dormideras, 85 .
De la maestra aJ trinquete, 1 I.
De las african:is playas, 144De los alamos vengo madre, 13 s.
De Narcisa y Belizarda, 30.
De eueuo llora Abenamar, 108.
REVUI! HISl'ANfQOE, D,

De su dama se despide, 113.
De su querida Amarilis, 57.
Del estrago que dexaua, 90.
Despertad hermosa Celia, 123.
Despues que la luz del sol, 32.
Dezldme sospechas tristes, 89.
Donde vais mi pensamieoto, 112.
El bel)o color rosado, 28.
El enferma rey Enrique, 79.
El segundo rey Don Juan, 26.
El sol que al dorado Toro, 66 .
El verde campo y el cielo, 77.
El yelmo lleno de plumas, 88.
En el caudaloso rio, 6.
En el mas soberuio monte, 146.
Ba el ondo mar de Espaii.a, 10.
En esta larga auseocia, 5! ·
En la fuerça de Galera, 16.
En la laz del alba hermosa, 117.
En las guenas de aquel rio, 76.
En las orillas del mar, 121.
En tanto que la tormenta, 46.
En vo campo Bori{!o, 54.
Enlazados los cabellos, 18.
Entre azul pizarra, 98 .
Entre flores _y jazmines, 67.
Entre las penas de amor, 15.
Entre iv.ortales suspiros, 62.
Esteril sierra vestida, 44.
Fuera de los altos muros, 145.
Fuese mi çagala, 41.
Granderumor se leua.ma, 82.
Hizo calor vna noche, 140.
Hochali se sale buyendo, 12.
Irme quiero rnadre, 127.
La bella serrana, 34.
La lança. arrimada a vn fresno, 45.
La madre primauera, 104.
La niiia hermosa, 37.

�194

ROMANCERO DE BARCELONA

La nina se duerme, 33.
Las lobregas nubes tristes, 119.
La~ rdiquias de l:1 noche, 65.
Las sobcruias torres mira, 78.
Las trcs de la nochc an dado, 84.
Los martinetes al sesgo, 48.
Los soucruios pensamientos, 73.
Uor.i.ndo mira Rodrigo, 60.
Llomodo siete cabcças, 10L.
.Mmdadero es el arquero, 1 r6.
Mananicas iloridas, 125.
Martirizar la memoria, 38.
Mas ba,le paxaro en mano, 129.
Mel~ioa orina que declina, 1 30.
Mil çelosas fantasias, 64.
Mira Tarfe que Adera.xa, r5 5.
Mirando desde vna roca, 24.
Mirando cl corriente rio, 23.
Miraodo est;i de Sagu!Jto, 14.
Morenic.i me llaman madre, 139.
Moerte si te das tal priesa, 63.
Muestr:tserne el cielo amigo, 5.
Muger te llamo homicida, 74.
No dizc a mi el sobre escrito, l54No es rai:on dukc enemiga, 93.
No buyas fiera enemiga, 91.
o me pregunte mi mal, 1 34.
No puede fingir passiones, 22.
o salgays seiior:i luna, 110.
Noche penosa y dura, 52.
0 gustos de nmor traydores, 39.
Oid seôor don Gayfcros, 157.
ütras \'ezes me aveys bisto, 103.
Paxarillo que vas a la fucnte, !28.
Pedazos de ielo y ni.eue, 13.
Pensamiento bien oasido, ?09.
Peosamiento pues dizen que iguala~,

126.
PeiI:is del Tajo desbeèhas, 83.
Por entre voa vmbrosa mata, 40.
Por penas descouformes, s5.

Preso en la Torre del Oro, 31.
Puesto co Tonnes los ojos, 59Qual mas qual meoos, 1p.
Quando m~cc mi :ùegria, 86.
Quando d regalndo lecho, 92.
Que aprouechan misquarrillas, 47.
Que import! que mis suspiros, 20.
Que olas de .:ongoxa, 9,
Ques de \•Os sossicgo mio, 8.
Ques esto pensamiento, 68 .
Quexandose estaua Dido, 70.
Quiea es aquel que caroina, 99.
Quicn huye de de~gaiios, 29.
Recoscado est:1 ilucro, 143.
Rigurosa y cruel ausencia 1 147.
Sacome de la prisioo, 100.
Sale de Toledo el fuerte, 2.
Sentado orillas del rio, 142.
Sdiora la mi senora, q 1.
Se.iiorn aucstra ama, I 50.
Si aquel de la bend:i, 36.
Si ay mayor mnl quel morir, IZ2.
i sus merccdes me escochan, l 51.
i tan ta gloria se encierra, 105.
Sin Leda y sin t!spcrança, 1 l l.
Sobre las blancas cspuina,, 3 5.
Sofie de querer, 15 3.
Temores de mi partida, 6J.
Tendido esta el fuerce Turno, 50.
Toledo ciudad famosn, 3.
Tristeza me piden verso , 80.
Vn castillo arma a i.:n cbozas, J 31.
Veatecillo murmurador, 138.
Vicodo que de su cuydado, 69.
Vosotrns que ni mar d.Espttàa, 2 r.
Ya con sus aguas Otubre, 102.
Ya es tiempo de recoger, 49.
Ya no soy qui en scr so!ia, 1 J2.
Ya sale de Montaluan, 148.
Yo nosccomo bailan aqui, 137.

TROYA ABRASADA
DE

PEDRO CALDERON DE LA BARCA
Y JUAN DE ZABALETA •

AUTHORSHlP

This play appears co be the joint producc of two auchors writing in collaboration. They were Calderon de la Barca and Juan
de Zabaleta i_ The last two acrs, which in the original MS. are
wholly in Calderon's band should be ascribed to that author.
There can be no doubt that the hand is really Calderou's even
though the cuscomary signarure ac the end is missing. The two
last folios of Act III are lost so that it is impossible co say whether Calderon ever formaily acknowledge&lt;l tbis play as bis own
or whetber be preferred chat bis collaborator alone sbould b;
crediced with its auchorship. Idiosyncrasies of style likewise

1. I wish in p.lrticular to thaok Serior Paz y Melia ef tlle Biblioteca Nacional, Madrid, for his kiod interest and assistance. J am also indcbted to Prof

M. A. Buchanan for investigating certain points for me in Enropeaa libraries:
Prof. H. A. Rennerc also kind.ly favored me witll advance proof--sheets of bis
book and Prof. P. L. Critchlow has aided me in various ways.
z. I basteo to correct a different opinion espressed in my edition La selva
con/ma, Re-vue hispanique, vol. XXI, p. 169. Funher study and the discovery
of the namc Zabaleta on a second examioatioo of the MS. bave caused me to
change my views.

�TROYA. A.BRASADA

betrny Caldeton's authorship of these acts. Moreover Acts Il and
Ill begin witb tbewords Jhs. Maria. Joseph., a formula frequently
used by Calderon'. This formula does not stand before Act I.
The authorship of this act is indicated by the name Jvo
Zaualeta which appears on the cover O • This we\1-known and
meritorious writer collaborated with Calderon in ac least one
other play : La mar~arita preciosa. Toward this play Zabaleta
also contributed the first act, Jeronimo Câncer wrote the second,
Calderon the third. Ace I of Troya a,brasaila is written iu rwo
hands, neither of them Calderon's nor Zabaleta's.
Whether Calderon took part in the writing of Act I is diffic□ lt
to determine. Certain passages have something of the Calderonian ring. I might instance Cassandra's invective, Priam's comparison of a ship ta a bird, Helen's lament, etc. In the footnotes
to the text, I have indicated parallels co these and other passages.
Yet wherè two wltistas are concerned, it is dangerous to ~tttach
too nrnch importance to such parallels. Zabaleta, a tyro at the
art, may have been frankly iroitating the mast,er's style. On the
other band, there are in this act certain passages wbich certainly
were not written by Calderon. The act contains much gross
obscenity such as is rarely if ever to be met with in bis writings. Al\ this is significantly lacking in Acts II and m. The char~

1. Cf. the fac-si mile reproduced by Morel-Fatio in bis edition of El majicQ
prodigiosa. The autograph MS. of the YeffOS de 1iaturale~a (Paz y Melia, Cat~logo, No. 3542) offers a parallel. Act 1, written by Antonio Coello Jacks th1s

characteristic formula. Act Il, wrineo entirely by Calderon, has it. Act Ill,
the work of both itigmios but begun by Coello, does not have it. Although this
is sigoificaot, too much importauce must not be attached to the use of this formula. lt was coromonly used by other wrîters, and Calderon did oot himself
invariably make use of it.
z. Paz yMelia assures me that this name is not Zabaleta's signature. There
can, however, be oo doubt as to the readiog. Neither does Zabaleta's band
appear anywhere in coooectiou with the MS. The ftrst act appears to be the
work of copyists.

1 97

acter of the gracioso undergoes a marked change. In Act I he is
obscene and satirical; in Acts II and III he bas become the con~enti01~al gracioso_ of Calderon, garmlous, gluttonous, cowardly,
1mpertmenc, :t fatnt sbadow of Sancho Panza, far less amusing
but much. more decent than the gracioso of Act I . One may
safely atmbute these obscene passages to Zabaleta. One detects
in them something of the sati rie touch of the author of El dia
de la fi,QSta. Furthermore, Calderon does not continue the plot as
Zabaleta started it. The author of Act I makes much of Hector's
love for Helen and his firm friendship ior Paris, triumphant over
love . This important femm: in the ploc is unnoticed in Acts II
and m. All things considered, it seems more probable that Àct I
was written in its entirety by Zabaleta io spite of certain bombastic_ passages whicli snggest Calderon's manner. Calderon may
have mtervened as a corrector. It is also unlikely chat a third
ingenio participated in the writing of this play. The fact that Act I
is in two bands is probably witbout significance since the new
band begins with verse 872 w hicb is scarcely the point where a
new author would have ta.ken up his task.
The fact that rhis play was written in collaboration may explain
why Calderon did not mention it in the list of his plays prepared for the Duke of Veragua 1 • lt is well known that be attached
such slight importance ro these plays that not one of them is
mentîoned in the list. They were not ail written, as Schaeffer

1. Cf. Scbatdfor, Geschü;ble des .1paitischeu Natio11aldra11tas (Leipzig, 1890),
vol. II, p. &gt;5. The fact tbat La sBlva co,ifma also is not mentiooed in that list
might suggest that Calderon wrotc that play too in collaboration . But aside
from the fact that the whole play is in Calderoo's hand, it wou!d have beeo
!mpossible for two or more writers to have cooperated successfully io constructmg such an elabor:ite plot as that play has. lt (l)Ust have been carefully worked
~ut i~ i:s sma!lest . detail~ before pen was set to paper. Nadie fie su s«reto
likewisc 1s not menttoned Ill the list although that play appears 10 be whoUy
Calderon's.

�CA LDERON-ZA.BALET A

TROYA ARKA,SADA

seems to thiok, in the period when the poet was making his
début 1 • After he had ceased to be the protégé of more fa mous
playwrights, he kindly consented to actas protector of the younger generation of dramatists. This be did when he wrote io partnership with Zabaleta who, according to Barrera, began to wrire
in r644 •. I shaU latershow tbat the Troyaabrasada must have been
written srill eadier; nevertheless, he probably wrore little prior
to 1640. At the date when this play was written, Calderon was
a dramatise of established repucation while Zabaleca was a beginner.

leta. At the bottom of the page are the words: Pluma j' mano Re.
The verso is bla11k. The oext folio contains the 1·eparto written
iu Calderon's hanù. The verso is blank. The text begins 011 the
next folio. The second band begins with 20 recro and continues
throuah the ace. Calderon's hand begins with 26 recto and continues through the play. 68 recto and verso and 69 recto and verso
are two sbeets of modem paper inserted to replace cwo whicb
have been Lost. These lost pages containcd the conclusion of
the play (92 verses), possibly Calderon's signature, and, without
rnuch doubt, the first censura.. 70 recto and verso concai.ns bter
cemuras. lt is of the original paper.
The second MS. in the Biblioteca acional, likewise from the
Osuna collection is much lacer, probably dating from the eighteenth century. Its catalogue number is 16870. It consists ' of
47 ~alios and coorains neither reparto nor censuras nor anything
wbich would reveal die authorship. 1 have used it to supply the
portion missing in the ocher MS. It is evidently a direct descend~t of the earlier MS. but is much shorcer. Ail the passages of
th.e original which have been marked for omission have been Left
out bere and many others besicles.
Two eighteenth century MSS. are io the Biblioceca Municipal. Madrid. The first bears oo the cover of the first jornada the
date 1779, on tbat of the second, 1792; on that of tbe third, it
says: Teatro de la Cruz. Aprobada. Madrid, 27 agosto 181r.
Santa fé.
The second MS., likewise wricten in an eigbceemb century
hand, bears the date Abril 26 de 1779. The reparto of this MS. is
given lacer.
The first rndta edition to which I have referred dates from the
year 179 r. The ritle reads : TROY A ABRASADA. Tragi-comedia en tres actas. Representada por la compafüa de fübera en este
presente anode 179r. Then follows rbe re.parto which I shall
SUldy in another connectioo. The pamphlet consists of 32 pages
and bears the names of neither authors nor printer. A more vil-

MANUSCRTPTS AND PRINTS

The Troya abrasada, although probably never publisbed in
any collected edition of plays, is preserved io no less than four
MSS. and was twice published in the fonn of a rnelta.
The present edition is based upon the aurograph MS., that
numbered 16869 and 3371 in the Catâlogo of Paz y Melia. This
MS., now in the Bihlioteca Nacional, Madrid, formerly belonged
to the Osuna family. It is richly bound in a beautiful brown
leatber modern binding which is protected by a canvas cover.
The whole consists of 72 pages· but as Calderon began his num~
beriog with the text, not counting the first two fly-leaves, 1 have
followed his example. The first folio accordiog to the num bering
in this text is therefore the tbird page if the fly-leaves be counted. The pages measure 217 X 128 millimecers. The original
parchrnent binding, inside the modern cover, bears the title:
TROY A ABRASADA paintcd near the top in large letters. Undcr
this, accompanied with mauy flourishes, is the name Jvo ZauaCf. Schaeffer, ibid., vol. Il, p. 286.
Cf. Barrera, Catdlo:-0, p. 501. Zabaleta's play Laho11ra vi'C!e en ws muertas was wnuea a year eadier than any of rhosc Barrera has dted. Cf. Paz y
Melia, Catdlogo, p. boo.
1.

2.

1 99

�200

CALDERO~-ZABALBTA

laiuously printed work would be hard to discover. The errors
are the result of a ccntury and a half of transmission. The play
has been greatly eut and mangled. The rnelta editions correspond
more closely to the late MSS. than they do to the earlier ones in
the Biblioteca Nacional. The correspondence however, is not exact.
There are numerous verbal differeoces.
The Biblioreca Municipal also possesses a suelta dated 181 I.
This is a copy of the melta just mentioned. As the play was
produced at the Tearro de la Cruz on the fifth of November 18u,
this was probably prinred to provide the acrors with copies of
the play. These sueltas are solely interesting on account of the
evidence which they offer of the piece's long continued vogue.
The MS. of the T raya abrasada like thar of the Selva confusais
a bor-rador. The latter MS. , as I have elsewhere stated' does not
appear to have been corrected by the censor. It rherefore offers
an opportunity co study Calderon's me_thod of composition . The
present MS., on the other hand, shows what sort of writing met
with the censor's disapproval, although the authors too, have.,
made nurnerous corrections.
A passage from Calderon's No hay cosa amio callar 2 undoubredly describes bis own metbod _of writing a play. Don Juan in
describing the lady of bis love says :
Todas cuantas hermosuras,

0 nuestra vista. celebra,
0 nuestro gusto apetece,
Fueron borradores desta ;
Porque as{ como un ingenio
Cuidadoso se desvela,
Cuando a public.as censuras
Dar algun estudio piensa,

J.
2.

'fROYA ABRASADA

Que hecho fiscal de si mismo,
Un pliego rasca, otro quema,
Y mal contenta de todo,
Esto borra, aqueUo enmienda,
Rasta que ya sarisfecho
Del cnidado que le cuesta,
Da el borrador al traslado
Y da el traslado a la imp~nta ;
La naturaleza asi
Viendo las varias bellezas
Que hasta entonces hizo rodas
Las enmend6 sabia y di:stra,
Borrando d.esta el defccto,
Y la imperfecciou de aquella,
H:ista que eu limpio sac6
Uua hermosura tan bella,
Que m:1s que rodas divina,.
Y mas que rodas perfectas,
Fué una impresion sin errata,
Y un. traslado siu emîendo.

Here we have the evolution of a play clearly outlined. The
autbor correc_cs and recorrects bis first sketch, blotting out Jong
passages, te.irmg up or burning wbole pages. When satisfied with
the result, a fair ~opy was made and delivered to the primer.
Th~ r~ason for tlu;_ca_re was the_ ever present fear of the mosquetero s d1sappi:oval. Ihis rnay be rnferred from a passage in Para
vencer a amor , qu.erer vencerle '. Maroarita tears up several letters
not being able to write one that will satisfy ber. Flora reruarks'.
lmagioo
Que haces alguoa comedia,
Y vas, de miedo del silbo
Descartando borradores . '

Cf. &amp;wehispa11ique, Vol. XXI, No. 59, p. 181.
Cf. Vol. I, p. 549 ab. Ail references to plays are to theRivadeneyra edi-

tioos unless otherwise state4.

201

l.

CT. Vol. ill,p . 176a.

�203

CALDE.R ON·ZABALETA

TR.OYA ABRASADA

CalJeron, like many anocher author, must have reread his
work with mingled emotions. Cf. No siempre lo peor es ciei-to •.
Dona Beatriz, while readiog a letter, betrays first joy then displeasure. Inbs observes :

unenlightened judgment of the niosquetero. That arbiter of an
author's fortunes was quick to voice his disapproval of a faulty
rhyme, a halting verse, an uninteresting plot; but more important
considerations escaped bim. The obvions rhyme, what Fitzmaurice terms &lt;( the threadbare ph.rase, accepted without and repeated
witho:1t heed », the absurd conceir, the hackneyed situation,
all these aud man y other manifestations of bad taste passed without rebuke.
The present borrador shows the corrections of the two authors,
of nt lear.t rwo censors, and probably the managers imo whose
possession it later came made additional alterations. 1 therefore
feel unable to indicate with auy accuracy or assurance by whom
the revisions were made. I have beeo able to disüngui~h two
kinds of ink but this aids little, for obviously more than two
correctors were involved and the corrections were made on more
than two occasions. I shall indicate the corrections among the
variant readings without attempting to say who is responsible for
the change.
Acts TI and Ill contain numerous small verbal corrections,
made for the most part at the moment of composition and which
undoubtedly are Calderon's owo. Changes of this sort are so
frequent in these :icts that 1 regard it as probable rbat we have
to do witb the original MS. and not a copy. Corrections of this
sort are less commou in Act I, which, coupled with the foct
that it is written in two hands, makes it seem probable that the
MS. of this act Îl&gt; a traslado.
Otbers are so like chose wbich one would expect a censor to
make that it may not be unsafe co hazard the guess that they
are bis, although, as bâore stated, I cannot speak with perfect
confidence. For example, opposite the passage in Act I where
Heleu relates the experiences ot her weddmg night appear the
words: Este se cmeste lo mas que se pueda. This is apparently a censor's remark. The hand is not Ca]deroo's and the ink which is
brown is not of the sort that Calderon used in writing tbe text

202

l De qu~ nace
Ya elagradoy ya el furor?
Sin duda que es borrador
De aigu na comedia que bace.

Sometimes, if the result were bad bc:yond all correction, the
borrador was utterly destroyed. Cf. El acaso y el error ~ :
Pendencias y borradores
Tienen una semejaoza,
Eo que la pomcra vista
Se mejoran, 6 se rasgan.

a

Similar passages are to be found in the works of other dramatic authors l,
Such allusions, together with the evidence of the bon-adores
themselves, seem to me to prove tbat Spain's dramatic authors
exercised somewbat more care in composition than bas commonly been supposed. Even Lope de Vega, prince of improvisers, says: Luegoen lo borrado se conoce loque se piensa, que quien
no piensa no barra 4. Calderon's autographs ail show careful revision. If to a modern reader his works do not bear evidence of
careful filing, the fault must not be ascribed to the author's carelessness so much as to the unexacting criticàl standards of his
time and country. The playwright was forced to cater to the

Cf. Vol. II, p. 464a.
Cf. Vol. Il, p. 14b.
3. Cf. Lope, La 111&lt;1yor virJrid de 1m rey, vol. Il{, p. $4c; Tirso, No hny peo,·
sordo ... , 268a, and Amui por itrte mayor, p. 464a.
4. Cf. Dorotea, vol. II, p. S1a.
1.

2.

�CALDERON-ZABALETA

204

or making bis changes. A severer censor later insisted that this
en tire passage be omitted. The sentence quoted was crossed out
in black ink and the whole condemned. Most of the indecent
passages in. Act I are marked for omission in brown ink; bue
even the Holy Office sometimes nods so that other objectionable
passages remained which were condemned by the later censor
who used black ink.
Was this second corrector Calderon himself? lt seems improbable even though I have- been unable to distinguish between
the ink used by him and that of Calderon. My reason for thinkioa
that there was a second censor using black ink will appear
0
from what follows . ln one place Priam is made tO say that certain soldiers will fight well because they have all been pai.d. As
is well knowo, the kings of Spain were chronically in debt to
their troops. Such a remark would evoke applause from any soldiers present in the audience. But the censor was wary. He
drew a line around twelve verses, the usual way of indicating an
omission, and then heavily scored the two words todos pagados
as if to indicate that they were especially objecrionable. In another place the words : Dicen ser jtte{ sin tener letras como algmzos
were scored in the same way-a gratuitous insult to the beoch
which censorship was prompt in forestalling. Again, he displays
bis prudery by changing goças to the less shocking e!igai"ia_s. !bis
correction is accompanied with a Greek cross, as 1f to md1cate
chat the change in que5tion was made by the Churcb and must
not be disregarded. These are ail made in black ink and are not
of the sort that Calderon himself would make. The correcror who
used brown ink was probably the original censor whose approbation was lostwith the two missing pages. The second censor,
Juan Navarro de Espinosa, is probably the one who made use
of the black ink . This same Juan Navarro de Espinosa also licensed La. desdicha de la voz '. Subsequent censors merely approved
1.

Cf. the fac-simile in Morel-Fatio's edition of El majico prodigioso. This

TROY A ABMSA DA

Espinosa's work withour troubling themselves to make a thorough examination. This would seem to be indicated by the censttras published at the end of the play.
The licensing of a play wa~ no empty form. Espinosa threateos
with severe penalties manager, actor, or prompter who shall disregard the official corrections. This warning was probably heeded,
as the expurgared passages do not appear in later MSS. Occasionally the censor's decision was reversed. Where he wrote No
in tbe margin a lacer band has substituted Si. Whether this was
donè by the manager or a later censor is di9.icult to determine.
lt is interesting to note just what passages aroused the censor's
disapproval. Like similar jacks-in-office lie was oftenmeddlesome
and officious, Cutting out perfectly harmless lines; but the inany
obscene passages can well be spared and it must be admitted tbat
on the whole th.e play gains by lus intervention .
DATE AND ACTORS

As will be seen on consultation of the cenrnras printed at the
end of the play, permission to act this comedia. was granted on
the second of February, 1644. But this was evidently not the first
production as is shown by the words: füta comedia se pue.de bolber a representar. The original censura is lost. Fornmately a study
of the actors named in the reparto is of assistance in detennining
an earlier date.
The original reparto was in Calderon's band . The actors
narned represent the first troupe or, at all evenrs, one of the
fust that acted the play. Later tbese uarnes were stricken out and
those of another company substitnted in a different hand . The
following is the reparto as originally writteu by Calderon, the
full na mes of the actors bt!ing indicated in brackets:
piec~ was approved June, 1637. La desdiclia Je la
later by Rueda's company.

110:{

was played two years

�206

CALDERO,-ZABA!.ETA

TROYA ABRA'ADA

Paris ... Po (PedroJManuel [de Cas Lilla] '.

H ctor ... Da [Doôa or Dorotea?] eatriz '.
Prîamo, rrey de Troya, varba ... Juo [Juou] Marias
Casandra ... Ma [Manuela] Maçana ~.
Elena . . . a [ fiora] Autora

y~~enia, criada ·:· a

l

eôora JJusepa [Ma.ça na or

~dlJ]es •· · [Tomas de?] Najara
1•

1•

1. This acter, nicknamed Mudarra, played e~onJ g,1ld11 in the compan ·
of Alonso de Olmedo in 1631 and 1635, and firstgald11 in that of Antonio de
Rueda in t6;8, 1639, snd 1640. He died in aples in 1642. Cf. Sancbe1.rjona, Nolicias rtfermles d los nrwltJ del tealt-o m Stvilu, (Sevilla, 1898), pp.
298,299,301,337; Rennert, The Sp,ariisbShlgt 'ew York, 1909), p. 447.
This actor w.ts closdy associatcJ witb Antonio de Ruetla in a business way.
The two arc oamed as 1oim au/ores in a document publisbed by P~rez PastorHistrionis1110 npaiic/(.~aùrid, 1901), p. 316. This was July 6, 1ô39.
2. This reading seems unroisro.kable yet l am unable LO idemify the acttcss.
Il secm~ Mrange that a woman shou.ld have actcd the part ol ga/ti11.
3. In 1636-1638 Ma1las hdongcd to the company of Tonus Fernfodez. ln
1640 be played ug1m (11 barb,1 in the company of Antonio de Rueda. Cf. Sâncbez-Arion:i, ibid., p. 337 ; Rcnoen, îM,I., p. 520.
4. In r64oshe wasîn Manuel Va1lejo'scomp.tn). Cf. Rennen, lfnJ., p. 521;
5.inchet-Arjona, Ibid., pp. 339, 342,357, 46o; Përez 1,astor, Doawm1/os para
la biogrnflu dt D. P~dro Culdeni11 de u1 Barca (Madrid, 1905), pp. 324, 341.
s The ,IuJor,I is probably Catalina Je Acosu, wif..- of Rueda, but possibly
Maria de Riquelme, wift of lanucl Vallejo "lherc i no record 1ha1 Pedro
Maoucl · · wif.: acted in his con1pany. The abbrevi.uioo b fore lhis name and
the next may possibly be C:i iostead of Sa. lt is diflicult 10 detcrmine. Catalina
de Acosta.1cted in her husb:md's company Crom 1638-44 and prob:ibly bcfore
and afo:nhcse dates. Cf. Rcnncrt, ibid., p. 411 ; S:i.nchcz-Arjona, ilrid., p. 370;
Pérez Pastor, Hislrio111.s1110, pp. 293, 295, 3 32. I might add th.at Calderon
alludes to this acuess in his Cas,1 co11 dos p11Utas mal is f1,1i1rdar (,•ol. l,
p. i 39c) :
1 Vh·e dio!&gt;
Qui! con los deruonios habla 1
l i es Catalina de Acost.a
Que anda busc.ando su c:statua?
Th,;. date. of this piece rs 1629. 1 cannot explam tht: allusion. For Maria de
Riquelme, cf. Reonert, ibid., p. &gt;74.

207

ecti

?J '.

2•

mon ·· · Franco [FranciscoJ Alba rez (de Victoria] 1.
~enelao, rrey de Esparra ... [Antonio?] Mexia •.
gam~non, rrey de Arenas .. . Juo Anto LJuon Antonio] r.
Vn cnado de ctor .. .
S~l~ado ... (Larer crossed out and chaoged by another hand
to Lrn10 y Ascanio).
Viznaga ••• [ ntonio j Marin 6.
Musicos ...
Th~ mention of the actor Pedro Manuel eoabl1:s us co dace the
play ac_ least rwo 't::ars earlier. He j~ knO\ n to have died at
aples m the ear r 64-2 '. When hc wenc to Naples and how

1. TI1is JustpJ. may possibly be identilicd as Jusepa .\façana sister of the
:a~ue~:i ~açnn'.1 who :ippcars in the cas1. he was in thecompa~v of Amonio
e ra o in &amp;\'Ille at ~orne time du ring J 639 This does no1 prev;nt her h .
been a membcr of the con
h" -h
avmg
A_
•
.
ipany w 11. produc\!d Tro)'ll 11brns,1d11, inasmuch as
Juan m,lomo
ol the cast also l:&gt;elonged to PmJo•~ tr
.
1
S 'Il h •
.
. .
.., oupe ID t 1e samc yc.,r.
Il t e rdcnnfica ,on rs uncer1aù1. Cf. &amp;inch z-A .
'bi-'
•
oth po- ·b·1· . • 1
l'}Ona, ' "·• p ,25. Anlr ss, , ity rs t iat she mav be ideotified as Josc'a •..,..· ·1: f F
.
i\l ,
( 1
'
" ~~,,, wne o rancrsco
• \,1re1. 0 t le cast. cr. Rennen, ibid .. pp. 4 '6, 536.
2. Probabh· the s:im as the To •- d ,r
1
T :1s F ·
· .
m..,, e, ")t'r3 \\· 10 acted in 1he company of
. om_ erufodcz durmR th yrors 1636-39. Other members of our cast were
idcnrrlied wi1h Ferm\ndez's companv. CC. Reoncrt ibil
• Th·
h"
'
· 1 ·• p. n-1T &gt;· as Fis actor was i'.n elf J ma.nager. He h.iJ been il mcmbcr of the troup of
d oGm . ernâo dcz and in i 639 was :bsociated as manager with Francisco Vélez
e ucvara and Pedro de Cobalcda fü·idence se,
h th
·
.:ms to s ow at a oumberof
F :\ J ,
cm. u e7.5 actors left him in 16•19 Cf Pérez l'·•~to H" 1 , .
·
•
..., r, 1s. no111.11110 pp 307
308,3 I0,3J r, 313; Reonert, roid., p. ,116.
'
·
'
4- For an actor o( tbis name, cf. Rennert, ihùl., p. 533 _
5. A member of Antonio de Prado's company io 16•9. Cf Ren
'bï
p. 422.
,
•
DCrt, f r, .,

6. A _fu.mo~s_gracioso and a member of Vnllejo's company in 1640. Cf. S:lnclrez-Arjona, ibid., pp. 339,341; Rennen, ibid., p. sr 7 .
7• CT. Sdnchez-Arjom, ihid., p. 337 .

�CAL0EJtO, ·ZABALETA

TROYA ABRASADA

long he lived there before bis death is unknown; but it follows that the Troya nbmsnda could not have been written lattr
chan 1642 and in ail probability was written some lîttle time
before chat date.
lt must now be inquired to what company or companies these
actors bclongeJ. Pedro Manuel de Castilla in a Jocument signed
July 6, 1639 i himselfmentioned asa11 au/or and partner of the
well-known manager Anronio de Rueda. Hl! seems to have been
constantly associated wicb Rueda du ring the years 16 38- c640.
After chat date there is oo further record of him except that of
his death. Saochez-Arjona g1ves a list of the members of Rueda's
company as it exi ted in Seville in the year r640. lt doubtless
represents with tolerable accuracy the constitution of the troupe
wirh which Rucda toured the Yicinity of Madrid during 16381639. In this lise occur the names of Pedro Manuel, Joan Marias
and Catalina de Acosra. The la.ucr is probably cbe ÀttJora of the
case. Thus, during the years in question, two and probably three
of the :ictors were identified with Rueda's company.
During the year 16-10 and probably previous to chat, rwo
others, the gracioso Antonio Marin :tnd his wifc, were members
of the troupe of Manuel VaUejo. ow, Rueda and Vallejo were
business parmers. Documentary evidencc shows tbat they frequently pooled the resources of rbcir two companies hcn
important theatrical representations were uoder way. They jointly sigoed theatrical contrac '. These two cornpanies combined
could have furnished four and probably five or more of the
actors in -the cast.
Ocher comparues may have conrributed memb rs. Severn!
from the troupes of Tomas Fernandez and Antonio de Prado may
have been lent for the occasion. It was the custom for managers
chus ro help each other ouc. Furtbermore, the capit..tl frequencly

robbed the provinces of good actors when rhey were needed in
the cast of a new play. The cast that first acred Troya abrasada
may correspond to the modern c&lt; al! star&gt;&gt; case, a body of actors
a~1d acrresses especially gathered together to produce this new
p1ece.
Although most of chese actors were present in eville in 1640,
it is not likely chat 1he play was first produced in that city. The
reparto and two acts are in Callcron's band. As Calderon at this
cime, lived not in eville but Madrid, the play was probably
first proùuced ac that place. The documents collected by Pérez
Pastor show that Calderon resided in Madrid during the years
when the play was probably produced •. This does not prove
thac be could not have taken a shore trip to evillc or elsewhere
du ring the year in question ; but as the records show that du ring
that tirne the compmies of bath Rueda and Vallejo were in and
around Madrid, it is most probable: chat be came in contact with
these actors at the capital. Furthermore, the r644 ceumra of Juan
Navarro de Espinosa was sigocd in Madrid. The MS. probably
did not leave the vicinity of Madrid until that year.
ntonio de Rueda appears tO bave beenin Madrid and its environ almosr cootinuously from April 1638 till the first ofNovember 1639 when he arrain appeared in eville 1 • He was first associatcd with PedroAscaoio, but, on the 13th of June, 1639,he conrracted wirh Manuel de Vallejo to produce the Corpus Christi
autos at Madrid. Vallejo's troupe acted La carcel del mu11do by
Cocllo, and the Hercules of Francisco de Rojas; Rueda's company
played two ofC.1lderon's ilUto Sauta Maria egipciaca and El meior
hucspea de Espana 1 • This sarne year che latter played C.1lderon's

208

1.

Cf. Péret Pastor, Histrionismo, p.

~16

209

1.

Cf. Pérer. Pastor, .Doeu.mmtos.

2.

Cf. Pérei Pastor, Histrio11is1110, pp. 289, 290, 291, 292, 29J 294, 295,

,oo, 304, 307,309,311, 314, PS, 316, 317.
3 . Cf. P~re.1. P~stor, DITTmm1IPs, pp. 12a, 121 .
Rl!VUE IIISPANIQt!E, D.

�CI\LDERON-ZABALETA

210

DesdiclJrt de la

wz •.

Vallejo'~ troupe apparently a.::compani:ed
Rueda's to Seville or followed soon after, as in 1640 both cornpanies were performing in that city.
Another actor in the casr, Francisco A.Id.rez de Victoria was
a member of neither Rueda's nor Vallejo's company so far as is
known. Yet we find him, ;rn independent manager bimself, .it
Madrid during precisely rhat part of the yenr when Vallejo and
Rueda were there ~- Th.is fact makes it appear strongly probable
rhat the play ,vas produced füst at Madrid rather tban ar ~eville
and tbat it must tberefore be dated prior to the aumrnn ot 1639
when Rueda's troupe went soutb. The Jusepa of the cast may be
Josefa Necti, wife of Alvarez.
Of the remaining actors and accresses, 1 bave been unable to
identify Veatriz . Next to nothiog is kuown of Me11..îa. No actor
named Najara is known. Rennert identifies him as the Tomas de
Najera, wbo belonge&lt;l to the company of Tomas ~ernaodez
during the years 1636- 1639 ; but this is very uncertarn 3 - _Juan
Antonio was playing in Seville in the company of Antomo de
Prado in 1639. Jusepa Maçana, sister of Manuela Maçaua, and who
may pos.5ibly be theJusepa of thecast, was in the s.1me compan?' ~t
the same rime. This fact may exdude the date 1639, but 1t 1s
impossible to be positive. lt is a question of days an~ wee~ rather
chan of year. The make-up of the various compames vaned from
day co day. Actors are proverbially ever cbanging thei.r abode.
The data on whicb to b;,ise conclusions are meager. Pedro Manuel

Cf. Rennert, ibid., p. 586.
2. Cf. Pérez Pastor, Histrio1ûsmo, pp. 107, 308, 310, 3-11, 313 · A wntract
signed March 30, 16 ;9 by Alvarez and his two parmers states that the engage1.

ment is to Iast one year from Shrovetide of 1639 until that of 1640. Alvarez
tben, may have been free to aet in Rueda's company d_uring the early part o!
16, 9 . He certainly did nol accompany Rueda to Se~11le as he contrncted to
begin an engagement at the Corral del Principe to begin September 1, 1639 .
Berween March and September he visited Segovia, Avila, and Salamanca.
3. Ct. Rennert, ibid., p. 534-

TROY A ABRASA DA

2II

de Castilla &lt;lied in 1642. The years 1640 and I 641 seem roo late,
as maoy of tbose in the cast appear to have been permaneotly
settle&lt;l in Sevi lie du ring that time, and, fer reasons w.hicb I have
stated, it is unlikely that the play was first produced in tlm city.
If we assume that 1639 was the year, we shall have to explain
how it was chat Francisco Alvarez de Victoria, who had important business interests in the north was in Seville ,· or ' on the
orher band, bow Juan Antonio, a member of Antonio de Prado's company bappened to be playing in Madrid. ln the year
1638 most of the actors were playing in the north, but Juan
Matîas appears to have been in Sevi lia with the àutor Tomas
Fernaode-t. Sorne of theseapparent contradictions could doubtless
be reconciled if we had more detailed information concerning
the actors' movements. The distance between Madrid and Seville
is not excessive. But in view of this apparemly con:fücting evidence, I can hazard nothing more definite than the opinion that
the play was probably firstproduced ar Madrid atsome rime prior
to the departure of Rueda's troupe for Seville wbere he began to
act in the MonterJa the first of November, 1639. On the sixth
of July, 1639 Rodrigo Jiménez G6mez was empowe.red by tbe
managers of that theatre to contract with the company of Antonio de Rueda and Pedro Manuel for the long engagement in
Seville wbicb they afterwards filled. The company must have
Ieft Madrid sooll after the signing of the agreement.
Before leaving the question of date, it is necessary to inquire
what connection. if any, there is between this play and the Troya
abrasada alluded to by Vélez de Guevara in his Diablo Cojttelo.
Most srodents of Spaoish literature are familiar with the episode
of the playwright at the inn, narrated in Tranco IV . lt has frequently been cited •.
1 . Cf. Restori. Pie{as de tit11los de. wmedias (Messina, 1903), p. 9 f; Schack,
Gtscbiclitt dei- drama.tischen Literatm· u11d K1111sl in Spanien (Berlin; 1845),
vol. Il, pp. 470 :ff.

�2I2

CALDERON-ZABALETA

The event takes place within the well-known Mes6n de la
Sevillana, now called the Posada de la sangre Cristo, and made
famous by Cervantes in bis Ilustre frego11a. When ail the guests
have retired for the night they are suddenly awakened by shouts
of Fuego ! Fuero ! . The la.ndlord reassures those in the house,
tellino-o them chat the sounds emanate from the room of a poetaster, a. student from Madrid, who bas been with him two or three
n;ionrhs. He is engaged in writing a play calle&lt;l Troya abrasada,
and, having reached the part where the burningofllion is described is so carried away with the reaiity of the situation that he
crfes out Fuego ! Landlord and guests visit the playwrighc
whereupon an amusing conversation follows '.
Now, is Vélez de Guevara sacirizing our play and ridiculing
either Calderon or Zabaleta ?
The first edition of El diablo cojuelo was printed in r64r. The
approbation was signed September 15, I640. In his first edi1ion
of this navel, Bonilla y San Martin stated his belief that it was
begun about 16 30 and completed after February 163 7 and before
April 1639. Felipe Périz y Gon.zalez disputed this conclusion,
maintaining that the work was written between February 1638
and May 1639 •. Furrher study has caused Bonilla to change bis
views radically. ln bis latest edition he says: cc Velez began to
write tbe nove! after February, 1637, and finished it around

TROYA ABRASADA

213

July, 1640' &gt;1. This result may be taken_ as sabstanti~lly accurate.
The conclusion is ba.sed upon so many mternal allusions that we
are here on firm ground. Further research cannot change this result
more than a few days or weeks at JD.ost.
Now, it will be observed that rheDiablo Coju.elo was still unfinished at the time when I have shown tbat the Troya abrasada was
probably first produced. The agrt!emcn: is _very striki~g. I admit at
the outset chat this may be merely a cotnc1dence but 1t seeJD.s possible that Vélez was satiriziog a play produced at the time of writing. The passage gains greatly in point if we suppose tbat be was
burlesquing an actual piece. Bonilla takes another vie:-7 2 • ~le d~es
not believe that Vélez referred to Calderon's play, bas1ng h1s opinion on the fact tbat Calderon and Vélez are known to have been
good triends. But Bonilla was unaware of the fact _chat Zabaleta
collaborated in writing the Troya abrasada and poss1bly was credited with its sole authorship. Furthermore, as regards date, he
only knew · that the play was licensed for r644 and had previously been acted.
.
Whether an earlier work named Troya abrasa.da ex.ISted, Jeannot say. Severa! plays based u pon the history of Troy were written, and the phrase Troya abrasada itself is to be found in poetry;
but there is no record of aoother play of tbat uame 3• Calderon

1 . Luîs Vélez de Guevara, El diablo cojuelo (ed. Bonilla y San Martin,
Madrid, 1910), p. xxviii.

Moreto seems to have had this same episode in miod io writing a passage in bis dntfoco y Sèleuco, p. 54bc. There can be little doubt as 10 Morem's
indebtedness to Vélez. Queen Estrat6nica ioveigl1s against her lover Antloco
whom she accuses of having committed rn\'ages in her hean like those which
the perfidioos Greek wrooght in the city of Troy. In her frenzy she imagines
the burning of Troy and shouts i F111go ! J Fttef{O ! At tb.is point the graâoso
enters witb water.
2. Cf. Felipe Pérez y Gonzalez, El diahlo coj11elo, Notas y come11/a1'ios
(Madrid, 1903), pp. 107-132.
J•

Ibid., p. 236.
3. Cf. Tirso, Ptil.abrns y plumas, p. 17c:

2.

Alto pues, ya que los dos
A las reliquias volvemos
De ouest.ra abrasada Troya.
This was written in 1623. Cf. A secreto tiffravio secreta ve11g-anz.a, p. 6o8b:
Desde la noche triste
Que eu tantas confusiones abrasada
Troya â mi casa viste, etc.
This play was already printed in 1637. Many more such examples migbt

�CALDERON-ZA BA LETA

frequently reworked comedias without troubling himself to
change the title. It was chus tbat he appropriated Lope's Médico
dem Jxmra, Tirso's Fingida Arcadia, and Vélez de Guevara's Nina
de G6mez. Arias. Stiefel bas shown tl1at bis Da.ma d1,e11de is a
reworking of an earlier piece of the same name 1 • Vélez, lhen,
may be alluding to another comedùi of the same titlc now lost.
Buc I repeal that it is more likely chat he was alluding to some
play chat occupied public attention at the moment when he wrote.
Certain it is chat the one by Calderon and Zabaleta is the most
important play on the subject of Troy in Spanisb Literature. Its
success was continuous. Few of Calderon's dramas have held the
boards longer. les vogue lasted well into the nineteenth century.
A comedia d-e rnido of this description with its noise and ranting, its beating of drums and flourishing of trumpets, its swordplay and invecti1Je, would easily lend itself to satire. Vélez, a
playwright of the old school, seizes the opportunicy to ridicule
the new demand for elaborate scenic effect. Thus, when the poet
announces chat his play begins with the entrance of the horse
oi Troy (here as usually in Spaoish literatore called the Paladion)
fi.Llt:d with 4.000 Greeks, we bave the exageration of burlesque
while the fact chat the ensuiug description does not tally in al!
respects with our play does not necessarily prove that another
one is alluded to. lt would be absurdly pedantic to expect accuracy in such matrers of a humourist like Vélez ùe Guevara.
The sub-titles given are : Tragedia troyana, astucias de Sinon,
cq.balw griego, 11mantes adtilterosy reyes ende111011iados. This isa very
excellent burlesque description of the contents of our play. Vélez
be dted. Troya tlurasada was clc~rly a stereotyptd phrase but this does not
prove that a play of that oame h.1d been written. One thinks of Lope's Roma
abi-asatla io this coooection .
r. Cf. Stiefel, Caldero11s L11.stspid ◄&lt; lti dama dtitfl(Ù » 1md sei11e Q11elld, Zeil,
f. rom. Phil., vol. XlX, pp. 262 ff,

TROYA

ABRASADA

215

is of course ridiculiog the growing fashion for long bombastic
titles '. In several othcr particulars the play of the poetaster is
&lt;lifferent from the one we are considering. Polixena, Hecub.1, and
Andromache are mentioned as characcers. They nowhere appear
in Calderon's piece. Hecuoa is represented as dead when the
action begins. The poet of the inn follows classic tradition in
making 1eneL-ius take Helen back with biru to Greece. The
Menelao of Calderon murders Helen after the fashion of tbe
outrageJ and jealous panish busband. It must be admitteJ that
if Vélez is satirizing Calderon be shows little familiaricy witb the
play ht: is attackiog. Pcrhaps ic had merely been announced and
had not yet been produced. Perhaps Vélez mingled memotjes of
the classics with his recollection of Troya abrarada. Perbaps he
bad in mind another play. The question is not easy to decide.
DiJ Vélez have Calderon in mind as the original of the halfcrazy dramatist? I follow Bonilla in thinking that such was not
the .:ase. The tWo men were friends and cJosely associated at
court. Calderon was at the time a man in the "prime of life with
an established reputation. The only allusion wlùch migbt seem
to point to Calderon is where the ambitious youngster .is urged
to give up tbe writing of comcdias a~ rnido (Véleù own forte)
and stick to the composition of doak and sword plays, in whlch
genre Calderon especially excelled.
If indeed the poet at the inn is nota type rather than an individual, Zabaleta rather than Calderon is more likely to have been
Velez's mode!. The youth is mentioned as being a native of
Madrid. Botl1 Zabaleta aud Calderon were of thar city. He is called a young student, a lice11ciada. So little is known of Zabaleta's
biography chat it îs impossible to say whether or not be went to
a university. Barrera estimates chat he was bom ar the beginning
of the second decade of the century. At the rime when tbe

D.

Cf. what Restori has to say oo this ma.tter. Loc. cit.

�TROY A ABRASADA

CA.LDERON-ZA:BALETA

216

Diablo cojuelo was written be may well have been a str_ugg\ing
young author. Barrera thinks ~is literary. career began 10 1644
but that is too late. The playwnght of the mn had had two plays
hissed off the stage. Zabaleta's theatrical début was likewise unfortunate. His Ami vive la bonra e11 los m11erlos was hissed off th_e
stage and it was à propos of that fiasco that Cancer wrote h'.s
famous epigrarn at Zabaleta's expense. Zabaleta was noted ~or h1s
ill-farnred countenance as well as for at least one consp1cuous
drarnatic failure.
Al suceder la tragedia
Del silvo, si se repara,
Ver su comedia era cara,
Ver su cara era comedia.

The National Library possesses the autograph MS. oi Atm vive
la bonra en Ios muertos. It contains the staremerrt that the play
was written in 1643 for Pedro Ascanio. This was, of course, two
years after the publication of the Diablo cojuelo and merely shows
that Zabaleta was not successful at the qutset of bis career •
The poet at the ion is represented as having written tbree
other comedias de ruido: El Marqués de Mantua, El saco de Roma,
and Las tinieblas de Pale.stina. If an author could be found who
had written the four plays ascribed to the poet of the inn, be
could safely be set clown as the original of the ~ortrait._ None of
the three last named pieces can be connected e1ther wuh Zabaleta or Calderon. Lope de Vega wrote a Marquis de Mantua, and
Juan de la Cueva wrote : El .raco de Roma y muerte de Borb6n, Y
cori:macion ' de Carlos V. I can find no record of Las tinieblas de
Pales li na. Bonilla points out that in La vida y "!uerte de udas,
the veil of the Temple is rent just as it was said to be m the
former play •. It seems improbable that any one author wrote

f

i.

Bonilla, ibid ., p. i30.

217

four dramatic productions with the above titles. Vélez probably
took tbem as rypical comeilias de mido and is ridiculing the genre
rather than any particular author. Yet it isstranoe that be should
ridicule a genre to which he was himself especi:lly devoted and
in which be excelled. The whole incident of the adventure at the
inn seems to have been suggesred by a passage in Quevedo •. Ir
appears to me, on the whole, that the uusuccessful writer of
plays is satirized as a class and that Vélez had no particular author
in mind when be sketched the portrait. It is most unlikely rhat
the original of the portrait was Calderon. In certain respects,
the d_escription undoubtedly suggests Zabaleta as a possibility. The
allus10n to Troya abrasada, on the ocher band, I considet' to be
very probably due to the writing or production of the play by
Calderon and Zabaleta at the rime when Vélez was composino
bis nove!.
t&gt;
A second list of actors appears in the reparlo of the autograph
MS. The names were written in another hand between the dramatis personae and the original list of actors in Calderon's handwriting. lt is as follows:
Paris ... Manuel Fra[ ncis Jco
Hector ... [Francisco] Gutierrez ; .
Pri:uno ... [Blas de] Nabarete ~2•

Ibid., p. 178 .
With Francisco Gutiérrez in 1668. Cf. S:iucht:z-Arjoaa, ibid., p, 461 ;
Rennert, op. cit., p. 476.
3• Tbis actor w,1s probably the 1111/or of the troupe in question. He bad ,1
company in Sevilk iu 1661, 1668, and 1669. ln 1672 Escat11illu was manager
of tbe troupe and after that Matias de Castro, son-in-law of Gutiérrez, assumed
the managership. After n::tiring as manager. Guriirrez playcd seg111ulo
barba: The_ company given in the rrp111·/o nuy repn.:sent the troupe as
const1tuted 111 1668, 1669, alrhough that of Matla&amp;. de C:1stro in 1673 was little
di~erent. For a list of tbe company in 1668, cf. Sanchei:-Arjona, ibid., p. 447;
Perez Past0r, Docmnmfos, p. 329; Renuert, ibid ., p. 489.
4. Cf._Rennen,Jbid., p. 535.
1.

2.

�218

CALDERON-ZA11ALETA

Casandra ... Jua(na] Gut[ierre} •.
Elena ... Luisa [Antonia] Lopez 2 •
Ysmenia ... Jusepa i.
Achiles ... [Juan] Mi raies ➔•
Sinon ... [Pc:dro] Balles s.
Menelao ... [Diego] Caballero 6 •
Agamenon ... Nicolas Cipriano 7.
Vn criado de Ector ... [Nicanor de Pedro de?) Fonseca 8 •
Viznaga ... Mati as [ de Castro y Salazar] , .
This company coincides very closely with the troupe which

1. Daughter of Francisco Gutiérrez and wife of Matias de Castro. Cf. Sanchez-Arjooa, ibtif., p. 460; Rennert, ibid., p. 489.
2. The oame of tbis acrress does nor appear in the list of members of
Gutiérrez's company but does appear in that of M.ttlas de Castro's. Tl1is rnay
or may not aid in deterrnining thecompany. Cf. S:inchet-Arjona, ibid., p. 46o;
Rennert, ibid., p. 509 and p. 5IJ. Reanert erroneously supposes Luisa Antonia
and Luisa L6pez to be two distinct actresses.
3. This actress is probably Josefa L6pez: who belonged to Gutiérre1.'s company. Perhaps she is Jusepa Maçana wbo may have played the samc rôle in
the earlier producûon of the play. The sister, Manuela Maçana, had married
Diego Caballero and belonged to Gutiérrez's troupe during the timc in question. Cf. Sanchcz-Arjona, ibid., pp. 447,460; Renncrt, ibid., pp. ,09, 521.
4. Miralles is probably the correct spelling. Cf. Rennert, ibid., p. 525.
5. Cf. Rennert, ibid., p. 618.
6. A barba in tbe company of Gutiérrez in 1668. With Fl!lix Pascual in r671
and Marias de Castro in 1673. Cf. Reonert, ibid., p. 439.
7. This is probably the Cipriano de Cordoba who was with ?.fatias de Castro in 1673. Cf. Saochez-Arjona, ibid., p. 46r.
8. Nicanor de Fonseca was with Gutiérrez in 1668 as was also Pedro de
Fuenseca or Fonseca. The latter was also with Matlas io 1673. Cf. SànthezArjooa, ibid. , pp. 44 7, 46o.
9. A fa mous graâoso and manager. The fact that be took his company of
1673 to Madrid may il)dicate that we have to do with that company; rat ber
than that of Gutiérrez. Calderon's autograph may, however, have been taken
to Seville. We know that ît was taken to Valencia and other places. Cf. Rennert, ibid., p. 450.

'l'ROYA ABJlASADA

219

Francisco Gutiérrez managed at Seville in the year 1668. 1t
remained nearly intact for several years. ln I 6j 3 we fiod Matîas
de Castro y Salazar assuming acti,·e management of the same
company. It is therefore impossible to say which of the two
autores had charge of the troupe ac the time this play was acted.
Gutiérrez was Matias's fatber-in-law and the two were probably
in partnership. The date ma.y have been either a few years hefore
or after 1668.
Two censuras at tbe end show that the play was presented at
Valencia in 1644 and in Carrngena in 1645, by whac company
it is impossible to say tbough probably by the same which acted
it in Madrid in 1644. The first censurais daced Madrid,.February 2, 1644, and, as Rueda was playing in Seville till the nintb
of February of chat year, his company could not haYe produced it on that occasion '.
The second MS. in the Biblioteca Municipal of Madrid contains the following reparto:
MP.nelao ... o. I.
Paris ... Robles 1 ••• No. 2.
Sinon ... Navarro ... Rafl.
Ector ... Thadeo ... Curro.
Aquiles ... Galbez ... Ma Ili.
Priamo ... L6pez ... Campos.
Viznaga ... Soriano ... Pepe.
Eleoa ... Dama ra.
Casandra ... 2• .... 2•.
Ismenia ... Gva ... Cole ta.
Ansiona ... 4" .... Carlota.

Cf. Sanchez-Arjona, ibid., p. 369.
Facts about nearly ail th~se later actors may be obtained by cousulting
Corarelo y Morî's valuable Hisloria del arte ,•scinlet1 e11 Espa.1ia (Madrid, 189l1902, 3 vols.). The Jast volum~ has a very complete
t1
actors,
1.

2.

�TROY A ABRASAOA

221

CALO.ERON-ZABALETA

220

Agamenon ... Ruano ... Paz.
Criado ... Cujas.
Voces ... Soriano y Almendaris.
The actors named in the first column seem to represent the
company of Ju.in Ponce as it existed in 1779 '. The MS. issigned
April 26, 1779. The second list represents the company whîch
acted the play in t8 r r. The two suelta editions contain the following list:
Paris ... Vicente Merino •.
Hector ... M.aouel Garcia.
Priamo ... Joaquin de Luna.
Casaodra ... Ùt Sra. Andrea Luna.
Elena . . . La Sra . J uana Garda.
Ismenia ... La Sra. Polooja Roch el.
Sinon ... Rafael Ramos.
Aquiles ... Féliz de Cubas.
Meoelao ... Manuel de la Torre.
Sombra ... La Sra. Joaquina Artega.
Agamenon ... Josef Valles.
Viznaga . . . Mariano Querol .
Un criado, Soldados griegos, Soldados troyanos, Musica.
This represents the company of the famous manager Eusebio
Ribera as it existed in the year 1791. They played for the most
part in the Teatro de la Cruz. The list of plays produced in

1.

Madrid betwee11 the years r793 and r819 reveals the fact chat
Troya abrasada was again produced, Noverober 5, 18r r 1 • This
was probably the play's last revival, It had held the boards for
up_wards of 170 years but it had now reached tbc end of its long
existence 011 the stage. To the afrancesados of the period it must
have appeared barbarous in the extreme.
THE QUESTION OF SOURCE

Whatever rnay have been the sources from which Calderon
and Zabaleta drew in writing Fraya ahrasada, it is certain chat
tbey must have treated tbeir material very freeJy. The greater
part of the plot seems to be de su cosecha and 1 have been unahle
to fi?d parall_els for most of tbese innovations in any of t1,eTroy
verswns wh1ch I have read, ancient, mediaeval, or modern.
Here are a few of the more striking peculiaricies.
Most peculiar, perha.ps, is the rôle of Cassandra. She is a
Greek_(!) and ~he Jaughter of Telamon, King of Macedonia (not
Salanus ). She 1s not the halkrazy prophetess of classic tradition
but a woman scorned whose jealousy is one of the main causes of
Troy's fall. The shade of Ansiona is the prophetess of evil her,e.
Cassandra was broaghc to Troy by Hector and would have been
Pa.ri~'s wife ex.c~pt for the war resulting from the repudiation of
Ans10na. She 1s alsù niece of Agamemnon and Menelaus who
are represented as beiog brothers of Telamon. Paris's early
attachment to Cassandr&lt;l may have been suggested by the Oenone
legend. Oenone generally appears as Irene in Spanish versions.

For Ponce's compauy as it was constituted the following year, cf. Cota-

relo y Mori, il,id., p. 26 f.
2 . Vicente Merioo the fi.rst galdn was famous in such parts. Juana Gard,\
wa~ one of the most ootcd actrcsses of her day. Shortly afterw·ard .she was
eclipsed by the more popular Rita Luna, sister of the Andrea Luna of this
cast. Polonia Roche! was a fomous grnciosa and Marino Querol wasao equally
fa mous actor of comic parts. For the composition of Ribera's company in
1791, cf. ibid., vol. II, p. 232. The tbeatrical yearbegan the 24th of April 1791
and lasted till Fcbruary 21, 1792. Cf. p. 236.

1. Troya abrasad,t was produced in the Coliseo de la Cruz, the fi.fth of
• ovembcr 1811 togetber with thesainete, Lo q11e puule la /}(1111/;re. Cf. Cotarelo
Y_ Mori, ~b~d., p. 7H· For tht! company which acred the piece oo that occas100, cf.1~., v_ol.111, p. 5~8. It will be seen that thcse actors correspond ro
th_e second h~t g1veu abovc m the reparla taken from the MS. io the Muoicipal
Library.

�222

CALDERON-ZABALETA

Another romantic novelty is Hector's \o,e for Helen. H~ bas
seen her while on his first mission to Greece and immediately
falls in love. Later, ou learning his brotber's attachment to ber,
be nobly effaces himself. Fntternal affection is stronger than love.
As previously stated, this feacure of the plot, introduced by
Zabaleta, is not continued by Calderon. Helen is sister of Castor
and Po lux. She is gi ven to Menelau5 to bind a peace treary. ln
classic tradition, tbere is no question of a. war between Menelaus
on the one band and Castor and Polux on the other. On the contrary, Menelaus was chosen from a large number of suitors.
According to this play, the marriage between Menelaus and
Helen was never consumated - this evidently to palliate the
crime of the adulterous lovers. According to Greek legend,
Helen had by Menelaus a daughter, Hermione '.
Helen's violent death at the bands of ber outraged husband is
another innovation. Menclaus is the typical jealous husband of
the Spanisb stage. Althougb more violent and less treacherous
than the protagonists of El médico de m bonra~nd El pintorde su
honra he is of their flesh and blood and desen•es to be classed
with ~hose otber Spanisb Othellos as among the most successful
delinearions of jealous rage which the drama of Spain has produced. At rimes his jealousy verges upon iosanity, as when,

r. This pan of the plot is probably not pure Ïn\'ention on the part of
the authors. I have found something Jike it in aoother version. Cf. Monroy Y
Silva, Epilome de la historia de Troya (Sevilla, 1641 ), folio 7 recto : « Dos
vezes fue robad.a Elena, porque antes de Paris, la rob6 (siendo donzella, a su
padrc Tiodaro Rey de Lacoa.ia) Theseo Rey de Atbens, el primero que en las
Republicas de el mundo hizo division de nobles y plebeyos: y Castor y Polux
herrnauos de Elena, ofendidos de Theseo, fueron a Athens, y abrasa~do en
guerra rodo el Reyno, cobraron a su herma~a i.macta, porqu~ se opuso stemp:e
valerosa a los halagos del amante Griego. » No such story is to be found m
any authentic text of Dares or Dictys whom Monroy y Silva mentions as his
sources. Zabaleta appears 10 have had a confused remembrancc of some such
narrative.

TROY A ABRASADA

223

sword in band, he attacks Heleu's portrait. In murdering Paris
and Helen, he merely complies with the Spanish code of honor.
He, r:nher tban Agamemnon, is commanJer of the Greek forces.
At the outset he is friendly to the Trojans because Priam had
aided bim ¾,o-ainst bis brorhers Agamemnon and 'I elamon, when
the latter were seeking to dethrone him. (Did the poet here
have in mind the aid given by Tyndarus to the youthful Menela □s and Agamemnon when they sought refuge with bim in
Sparta ?)
Agamemnon and Achilles are not important characters in our
version. The latter is apparently a vassal of Menelaus. In verse
1481 there is an allusion to tht: ruse by which Ulysses induced
the rductant hero to participate in the Trojan war, ::m incident
which constitutes the main theme of El 11w11struo de los jardines
but out of place and contradictory here.
The Ansiona of this play is the Hesione of classic legend. I
find the s~me ~rthography employed in Delgado's Cr()nica troyana
and also m Cnst6bal Monroy y Silva's Troy plays. In La mançana de la discordia y roba de Elena by Guillén de Castro and
Mira de Amescua, I find the name spelled Alciona. Ansiona,
how~ver, is not, like Hesi~ne, Priam's sister but bis daugbter.
ln this play the Greeks are mcensed because ber husband Telamon had repudiated her. ln most versions she is represented as
!elamon:s slave, having been captured by Hercules duriog the
tirst Tro1an
war. The appearance of Ansiona's bahost and ber
.
warmngs to Hector constitute another novelty.
Calderon's Sinon difièrs from the Sinon of classic tradition to
a marked degree. Instead of a Greek, he is a Trojan who has
taken service w.ith Menelaus and whom he ai&lt;ls against his couutrymen. He it is who supplies brains for the whole Grecian
host. Every stratagem is of bis devising. He is the inventor of
the wooden horse. He seems to have fallen heir to the craft of
Ulysses and Calchas who do noc here appear as characters. At
the fall of Troy he receives a traitor's reward. Menelaus kills

�CALDERON-ZilALETA
TROYA ABRASADA

bim, fearful lest Sinon's tread1ery may some day be directed
agai.nst himself.
'd
h w that this version of the
Enough has now been sat to s o .
Corn arison with
fall of Troy is ~ntirely o~t of t~e o;:a;ints
similarity. I
classic and med1aeval versions
to find a direct and satis-

i. t

of

must at the ou;s~::~n::;:1 :~a:i~ ~:econoect the Troya abrasada
factory source.
'
1
lays but the subject was so popuwith aoy of the extant roy P_ki 'of some play lost or unknown
lar that it may well be a rewot ng
to Bme.
. 1s
. WèIl to inquire whether this
r
eeding further Lt
e1ore proc
'
.
is due to ionorance
radical departure from thebaccedptebde vtel1;1~:: of a series bof rctlldd ·
If toe Tro, a a rasa a
·
r
or. es1gn.
•
•
. f I Troy .1matenal,
tt wou ld have been natural ror
n1emen'ts o t ie
d more distorted as the process went
tbestory ta become mor~-i: authors' dramatic instinct may have
on. On the otherhand,J'b .
'th tbeir subject in order to
induced them to take t erttes w1
A in both of these
suit better the requirements ?f the stage. ga '
1

forces may have been operat1ve.
b
_.bed most of
To Zabaleta rJther than to Cal~eron mubst edasc1~ author of
b"ch ch1s play a ouo s. s
l· ·
tbe absurd nove t1es Ill w t
·f . h liad tbe larger share in
fi
t
good part o 1t, e
the r~t _ac , hor alot His collaborator was forced to continue the
determmrng t e p .
W I
seen that in a few matters
story as it had been begun. e 1ave
.
1 . but this was
of detaif the plot was not conci;~ed a~~n:~~e:~ty ;o any desire to
due to madvertence on Cal~er~ ~ t Calderon too never felt
correct bis collaborat0r's mtsta es: u .
r' fidelity to his
pedanttc not10ns o
d b
bim.self fettere
Y anyh . '. I d n,as be exploited the vast
I 1. many mye o1ogica ra,. '
h
sources.
n
11s
.
,
mine of Ovid's Metamorphoses, but he ne ver besitatèd to alter t e
plot to suit his fane~.
T
b . da therefore, are probably
Certain episodes 1D the roya a rasa ·dent or ignorance . Such
to be attributed to a~t r.ather cha~ toh ac~ of her husband Meneao incident is Helen s death at t e an

225

laus. T11is tragic ending is not only more suitèd to the stage
than was the traditional dénouement but Jikewise suited the
seventeenth century code of honor. Helen's returo with Menela.us
to the court of Sparta would have been an impossible outcome to
a Spanish audience of the time. Similarly, the face of the traitor
Sinon suggests deliberate alteratioo on the part of Calderon. This
1nethod of disposing of a traitor is almost a convention in his
drama. Likewise, Hector's love for Helen, Menelaus's mad actions,
Ansiona's ghost and other minor matters appear to me to be
deliberate fiction.
On Lhe other band, there are other departures from the accepted versions which can hardly be accounted for in this way.
These changes add nothing to the dramacic strength of the piece
and seem to indicare that one at leasc of the authors possessed a
treacherous memory. For exampJe, no anistic purpose is served
by making Ansiona daughter rather tban sisrer of Priam. To
make Sinon a Trojan, and Cassandra a Greek and mistress of
Paris betrays crass ignorance. Tbe play would have lost notbing
if instead of Cassandra the slighred lover had been caHed Oenone
or Irene as _she is called in the plays of Monroy y Silva and Guillén de Castro. Many other similar errors seem to be mistakes of
the same kind.
Whether tbese errors are due to our authors or should be
attributed to some predecessor, it is, of course, impossible to
&lt;letennine. A subject so often treated might, as already hinted,
become gready distorted in the process of transmission, yet none
of the other Troy plays to wbicli I shall soon refer shows such
n1arked ab110rtnalities. It seems probable, too, that Zabaleta and
Calderon or some one of their predecessôrs must haverelied upon
memory instead of directly consulting the source.
While freely adnvrting my i□ability to indicate Calderon's
direct source, it may, notwithstanding, be possible to hazarâ a
few conjectures with regard to the ultimace source of the Troya
abrasttda. As might be expected, the influence of Homer is oil.
IIEVUE IUSPAloflQ.U E', D,

�CALDERON-~ABALETA

Viro-il's inftuenceis but little stronger. Calderon must have been
f.amiliar with the second book of the Aeneid but only an occasional trace of possible influence is noticeable. Sinon's manner of
passing over to the Trojan side and worming his way inm ~he
enemy's confidence is faintly reminiscent of Virgil. The allusion
to the escape of Aeneas, Anchises, and Julius Ascanius ( vs.
3291) seems to poi11t the satne way. But this is ail. 1 can detect
no verbal similarity which would furnish conclusive proof of
influence. Whi!e it is probable that Calderon was slightly
influenced by Virgil, he cannot be said to have taken anything
from the Ll.eneid which could not also have been derived from
some other source.
Ir is more probable chat tht: ultimate source was eitber Guido
delle Colonne, Bénoit de Sainte-More or some one of the man y
versions based upon the writings of Dares and Dictys. The
number of manuscripts and editions of Spanish translations
of tbese authors was very great in Spain throughout the
middle ages and the renaissance 1 • When Troya abrasada was
written, Delgado's translation was easily ;iccessible in several
editions 1 • The couotless allusions ro the story of Troy
in the works of contemporary writers shows how popular

1. Cf. Mussafia, Ueber die spanisdi~n Versione11 du Historia Troya11a, Silz.tmgsbericbte der ltaiserlicbe,i Akadmne der Wisse11scbafte11. Philosopl,iscb-bislorisrhe
Cl11Sse, vol. LXlX, Heft 1-Il, Jahrgang 1871, pp. 39-62. This is the most

scientific discussion of the subject although very incomplete. A vast amount
of work remains to be dom:. Cf. Amador de los Rios, Historia crlti'ca, vol. IV,
p. 344 ff; Menéndez y Pelayo, Orige11es rie la Noue/a, v_ol. I, pp. cxlv If.
2. Burgos, 1490; Sevilla, I 509; Toledo, r 512; Medina, r 587. The resemblance of Troya abrasada to Ddgado's work is very slight. La anligun, memorable y sa11grimta deslmicion de Troya by Pero L6pe1. de Haro (Toledo 1583)
has uot repaid the study 1 have devoted toit. I have uofortunately been un_ablc
to coosult Ginés Perez de Hita's Btlo troym10 which exists only in MS. Cnstobal Monroy y Silva's Epitome (already cited) bas also yielded very little. 1roya
gbrasad11 is distinctly sui gweris.

TROYA ABRASADA

227

the subject was. While it must be confessed that here tao the
resemblan~e is very sligbt, Calderon appears to bave' foll~wed
some mediaeval rather than any version of antiquity. Whether
that source Was Bénoit or Guido, or indeed some account directly based upon Dares and Dictys, I shall not undenake to determine. Bénoit foUows Dares and Dictys whlle Guido bases bis
account upon Bénoit, and in the case of a work which like the
Troya abrasad~ bears oo]y a very distant resemblaoce ro any of
these works; 1t would be idle ra attempt ro decide to which of
these very similar versions the poers owed their inspiration.
Another possibility is that they rnay have drawn from the popular romances ; but all tbose with whicb 1 am familiar are much
more learoed and faithful to tradition than the TMya abrasada.
1 have not found any which appears ro be a source.
T~e openi~g scenes of the play are vaguely reminiscent ot
Bénott or Guido. The council called by Priam to consider how
hesr_ to d~mand satisfaction of the Greeks for the wroog done
Hes_10ne 1s treated at some length by these a□ thors, Bénoit
h_aving ~reatly e~panded_ the shorter account ot Dares the Phryg1an . Pnam rece1ves adv1ce from man y of his sons and kindred.
In the play there is a similar scene but the council .consists
merely of Priam, Hector, and Paris. In ail other versions Hector is prudent and Paris rash. 1n the play it is the reverse. To
mak_e the rash yourh whose ill-advised action precipitated the
Troia_n war appear as the exponent of prudence or caution is to
conce1ve the character in a way different from tbat in wbich any
ot.her a_uthor, ancient or modern, so far as I know, bas ever conceived lt. Once again, an error like this seerns to indicate that
Zab_aleta (or the predecessor from whom he drew) must have had
a d1m remembrance of the story he had read in Delo-ado or some
such work, but his memory played him false.
b
Hector's first mission to Greece may be a reminisceuce of
Antenor's embassy as related by Dares and Guido. Priam's determination to send both Hector and Paris to Greece, the former ro

�CALDERON·ZABALETA

228

TROY A ABRASADA

Athens on a mission ot war, the latter to Sparta on a miss~on of
peace, appears to be peculiar to Troya abra!ada. In ~é~o1t and
Guido Paris and Deiphobus are charged w1th the m1Ss1on • As
alread; mentioned, the rape of Helen cakes place_ in ~pana and
not at Cytherea as in Bénoit and Guido. From thts point on the
plot is so di.tlerent that comparison of it witb any of the accept·
ed versions of the Troy legend is valueless.
.
It is now necessary to consider a few of the plays "'.lucb treat
ofTroy. This was a favorite subject with the playwrights, and
besicles the extant plays there must have been many others now
lost. Schevill has shown bow frequent are tbe al~usions to Troy
in Lope de Vega •. In other authors the allus1oos are probably equally frequeut. A subject so often alluded to must have
met with much favor at the bands of dramatists. Nevertheless,
the number of extant plays treating of the rape of Helen and the
siege of Troy is very small. Ione of t~em appears t~ have mue~
if any connection witb our play. ~1th the except10n ~f Tro;a
cibrasada, Restori bas listed the most important of these •
There is no evidence that Lope de Vega ever wrote a play on
this subject other than h.is trifling t11tnmés eotitled EL robo _de
Elena J. Gôngora also wrote an entremés entitled La destrucci6n

de Troya

4•

•

•

Theea.rliest important extant play on the sub1ect 1s La mançana de la discordia y robo de Elena de_ Don ~uilléo de ~aruo_ Y
Mira de Amescua s. The following 1s a bnef synopsis of 1ts
plot : Act I. At a rustic merry-making Delio is made king. The

x. Schevill, Stmlies iu Cerva11 tes. Persiles y Sigismwula III (Publications of
Yale University, New Haveo, 1908), p. 520 If.
2. Op. cit., p. 61 f.
3. Lope de Vega, Obras (Academy edition), vol. II, p. 22;.
4. Cf.Fitzm:iurice-Kelly, Spa11isl1 Litera/ure (New York, 1900), P· 28o.
5. The MS. is numbered 1996 in Paz y Melia's C,1tdlogo. It has also been
printed as a s1111Ja. a. also Barrera, Catdlogo, p. 82 f.

229

shepherd Paris baughtily disputes his daim, snatches off the Jau·
rel, and crowns himsdf. Next cornes the judgment of Patis after
which the lad learns lus identity and proceeds to Troy to regain
his birthright. Tbere he overcomes a famous wrestler in a bout,
and, having thrown bis brother Hector at the same sport,
excites the wonder and admiration of all. The aged Polinestro who
has reared Paris as lus own son considers this a fitting occasion
to reveal the latter's identity. Paris is received into the royal
tamily. Now cornes cbe news of Telamon's repudiation of his
wife Alciona, Priam's sister. A council .is called to discuss ways
and means of avenging tbis wrong. Paris tells tbem that Venus
bas promised him Helen as a wife and offers to steal ber away by
way of reprisai. Ail approve except Paris's sisrer Cass:rndra. and
the nymph Irene wich whom he bas formedy been io love. Irene
reproaches him with faithlessness. Paris replies tb.at he changed
bis love at the same time chat he changed bis rank. Irene
denounces tbis conduct. Cassandra predicts the ruin of Troy but
is unheeded.
Act II. Paris goes to Sparta and requests Menelaus to use his
influence with Telamon and attempt to persuade the latter to
take back Alciona. Menelaus assents, and, pending bis remrn,
makes Paris king in bis stead and gives bim the keys of the
city. Pallas tempts Achilles with a vision of Polixena. Irene states her wrongs to Priam, concealing only the culprit's name.
Priam pronouuces in ber favor; but, when he leams that the
guilty one is his own son Paris be retraces his sentence. Irene
calls upon Pallas for aid. Paris steals Helen from the temple of
Venus and carries ber off to Greece. Menelaus retucns, finds Helen
missing, and swears to wreak vengeance upon tbe Trojans.
Act Ill. The Greeks are camped before Troy. Ulysses says that
before Troy can fall, Achilles must kil! Hector. The duel ensues
in which this accomplished. Polixena !ures Achilles to the temple
of Apollo where he meets death at the hands of Paris. Sinon
suggests the construction of the wooden horse (here called the

�230

CALDERON-ZABALETA

Paladion), and, having induced the Trojans to break. down a
portion of their wall in order toadmit the horse into the city more
easily, the complete destruction of Troy follows.
Ir ii: barely possible that tbis play may be regarded as the
source of the Troya abrasada. The rôle of Irene in the one play
is very like that of Cassandra in the other. Other points of resemblance are : the mission of Paris to Sparta, his effort to persuade Menelaus to depart on a diplomatie mission, the hospita!ity of Menelaus in making Paris ruler of the city during bis
absence, aud finally the rape of Helen from Sparta rather than
from Cytherea. In other respects tbe two plays are very unlike .
It seems more probable that the two plays had a source in cornmon rather than that the one was the source of the other.
Themost ambitiousattempt to make dramatic use of the Troy
material was that of Crist6bal Monroy y Silva who wrote a
series of four plays on the subject: El roba de Eltna, El caballero
dama, Hector')' Aquiles, and 1A, destrnccion de Troya. He was also
the author of a more serions work entitled Epitome de la historia
de TrfJya '. This last work, the author daims is based directly
upon the narratives of Dares and Dictys whom he declares to bé
the only aurhentic h.istorians of Troy. Nevertheless, the book
contains much extraneous matter. The plays, too, curiously
enough, do not in ail respects agree wîth the Epitome and he
seems to have had otber sources for these ; yet, on tbe whole,
he seems to have followed tradition witb some degree of accuracy.
El robo de Elena treats the same matter as that contained in
the fust act of the play by Guillén de Castro and Mira de
Amescua. It begins with the judgment of Paris. The latter meets
Helen in the forest and is conducted to her palace where be

r. Sevilla, 164 r. The four plays in question have been printed as sueltas. The
copies I possess are dated respecrively: Valencia, 1768; ditto; Se\illa, por la
viuda de Francisco de Leefdael, no date; Valencia, 1768.

TROYA ABRASADA

231

becomes gardener. Menelaus is soon aware of the loves of Paris
and Helen and attempts to slay Paris but Helen saves him . Paris
returos to Priam's court, defeats Troilus and Hector in a wrestling bout, and is identi-fi.ed as the kin&lt;Y's son by bis aaed !!1.lard. L
b
b
b
ian a~onte . (In the Epitome Paris wrestles with Deiphobus
and Tro~us. The guardiao is oamed Archelao. The whole play is
very unlike the account in the Epftome.) Then follows the rape
of Hel~n from the temple of Venus on the island of Cyrherea.
There 1s no possible direct connection berween tbis play and the

Troya abrasada.
El cahallero dama has for its subject the loves of Achilles and
Deidamia and the stratagem by which Ulysses exposes the reluctan t_ -warrior's ~sg,uise and prevails upon him to take part in the
!ro1:in war. Tirso s Aquiles and Calderon's Mayor 111onstrno de los
!ardtnes treat ?f tbe sa.me theme. Schaeffer thioks Monroy was
mdebred to Tirso ' . The scenes wbere Achilles hetrays bis
sex by preferring weapons to finery are much the same in ail
three plays: But this resemblance is natural in works based upon
tl~e same them~, and in all other respects Monroy's play is very
diff~rent: Mention sbould also be made of L6pez de Oliveira's
Acbiles é Thetis, written in Portuguese and acted in r 578 2 •
Barrera aJso gives the title Galân )' dama Aquiles but does not
state the author's name. This may be identical with one of the
other plays just mentioned .
Héctor y Aquiles, the third play has to do with the loves of
Achilles and Polixena, the duel between Hector and Achilles and
the latter's death at the bands of Paris. Tirso's Aquiles was not
complete in i~self. The last lines of the play announce a sequel
for the foll~wmg day. What was the nature of th.is lost piece can
only be coniectured. It may have described the fall of Troy; but

r. Op. cit.,vol. II, p. r4r.
2.

Barrera,

op.

cil., p. 221.

�232

CALDERON-ZABALETA

more probable that Achilles continued to be the central
figure in the second as in the first play, and that inasmuch as
Polixena is inrroduced in the last scenes of the Aquiles, she was
probably a prominent cbaracter in the sequel. In that case, Monroy y Silva, in writing Héctor y Aquiles may have drawn from
this lost play. Yet he probably owed very little to Tirso if the
slight indebtedness shown in the Caballero dama may be taken
as a criterion. It is also a possibility thatthe Troya abrasada may
owe sourething to this lost sequel.
La- destruccion de Troya has for its principal theme the loves ot
Polixena and Phyrrus, the construction of the wooden horse, and
the general destruction of the city. Neither Helen nor Paris appear
in the play. Nothiog is made of the treachery of Sinon who is
here reduced to a mere gracioso. Ulysses supplies the wiles and
stratagems.
Nône of these four plays appears to have the sligbt.est connection with Calderon's piece. Monroy y Silva, more than any
other dramatist who treated the subject was well read in the literature of Troy. His principal sources were not dramatic. The
date when be brought out these plays is uncertain. His orhers
were licensed between the years 1640 and 1658 '. The four in
question have very slight literary merit.
1A comedia jocosa de el robo de Elena is probably a burlesque of
Monroy's Roho de ,Elena 1 • The plots of these two plays agree
"Perfectly. They either stand to each otber in the relationsbip
indicated or else go back to a common prototype.
The most curious of aU the Troy plays is the Roho de Elena y
destruccion de Troyà, an auto sacramenlal erroneously ascribed to

1t 1s

1. Cf. Barrera, ibid., p. 263.
2. Cf. Paz y Melia, ap. cil., p. 445. Acrostics at the e11d narne José Carrillo
and I)o6a Clara as the authors. See what Restori ha'S to say on this ma.tter,

()p. ât., p. 61.

TROY A ABRA SADA

233

Rojas Zorilla '. The rape of Helen represents the stru'ggle
between the powers of light and darkness for the possession of a
soul. Helen .is a lost sou I who is tarried off by the devil (Paris)
until Christ (Menelao), inspired by Divine Love (Sinon) succeeds in wresting her from ber captor and takes her back to his
bosom. Priam is Gad ; Hecuba, God's idea; Apo!Jo, Eternal Wisdom; Hector, tbe World, etc. The apple of discord is ingeniously
conoected with that of Eden. Peleus and Thetis represent Adam
and Eve. I am unable to coooect this auto with any of the above
meotioned plays, butdetect in it more of the influence of Virgil
thao in any of the others.
This cornpletes the lis.t of important extaut plays based upon
the subject of Troy. Several others, however, deserve mention.
In 1586 was published Hécuha triste (a translation from Euripides) by Fernân Pérez de Oliva. In 16 33 Goozalez de Salas
published Las troyanas (a translation from Seneca). In conoection with the MS. of El golfo de las sirenas, a play partly writteo
by Calderon, is preserved a fin de fiesta entitled Fâbu/a del juicio
de Paris •. I regret tbat I have been unable to consult this
MS. I omit mention of other works dating from a later period
and also such remotely related plays as ·tbose based upon tbe
story of Aeneas and Dido, the tragedies connected with the bouse
of Agamemnon, etc. Schevill has compiled a list of the ones concerning Aeneas and Dido 1.
To sum up my conclusions, the play most nearly resembling
Calderon's Troya abrasada is that written by Guillén de Castro
and Mira de Amescua; If Zabaleta and Calderon did draw from
it, they probably did not have it before them but relied upon
memory. It seems more probable that their play is based upon
J, To Restori beloogs the credit of showing that Zorilla could net possibly
have wcitteo this work. Op, cil., p. 62.
2. Cf. Pazy Melia, op. cit., p. 215.
3, Cf. Scbevill, op. cit., p. 487 f.

�235

CALDERON-ZABALETA

TROY A ABRASADA

some other now lost. Whatever the source, the authors probably
took great liberties wirh it and made the freest use of poetic
liceuse. The ultimate source must be sought in some one of the
many mediaeval versions of the Troy legend rather than in the
works of Homer and Virgil. The large number of inedited MSS.
and the rarity of the editions containing the many variants of
the story of Troy has made it impossible for me to prosecute
this search with the thoroughness which I should have liked to
have used.

expresses itself in the form of madness and violence. Cassandra,
on the other hand, althougb she gives vent to momentary fury,
sets outcoolLy and deliberately to work ber former lover's ruin.
She aids and abets the wiles of Sinon and becomes the nemesis of
Troy, nerving Menelaus to action wben even his mad jealousy
gives way to pity:
The other characters are subordinate in interest to tbese two.
Sinon also is an important personage; but he is far tao much the
conventional villain. In Viznaga we have the usual impertinent
graciaso, in Priam a typical rey barba. Helen fails to enlist the
reader's sympathy. Paris, Hector, and Achilles are the usual ga.lanes. lt goes without saying that they have nothing of the Homerie bero about them. A Grecian or a Trojan atmosphere is
totally lacking:
The first act begins badly with a long and metaphysically
subtle discussion on the subject of love. There is 110 action until
the act is well along~ This weak and slow beginning is, of course,
a cornmon fault in the Spanish drama. Priam appears and informs
bis two sons of the repudiation of Ansiona. Hector urges war,
Paris peace. Priam decides to adopt both plans. Paris is to proceed to Sparta to persuade Menelaus to go to Athens and induce
Agamemnon to take back Ansiona while Hector is to lurk around
Athens ready to exert force if diplomacy fails. Meanwhile, the
projected marriage of Paris and Cassandra must be postponed.
Parisis overwhelmed with grief. Hector envies his brother the
opportunity of visiting Sparta, for on a previous visit to Greece
he has caught a glimpse of Helen and has lost bis beart to ber.
Nevenheless, fraternal affection is stronger with him tban love·
Notuntil Cassandra appears does the action really hegin. On learning that her marriage must be postponed, site is passionate and
outspoken: But tbis mood is soon replaced by one of tenderness:
She sacrifices her own love for the sake of her lover's honor. The
lines :

234

ANALYSJS OF THE PLOT.

Traya abrasada is a play of very unequal merit. After reading
it, one is œmpted~ like Don Cleofas in the Diabla cajuelo, to urge
the autbors to give over writing plays of this description and
stick to camedias de capa y espada. Calderon's genius does not
seem to have been adapted to the writing of historical plays. He
rarely attempted the genre. The taste is constantly offended by
the striving after melodramatic effect. The stage battles like
those in ShaJœspeare's lüstorical dramas are ridiculous rather
than sublime. A modern reader, faroiliar with the classics, cannot pardon the strange libercies taken with the story of the fall
of Troy. There is far too much bombasc and declaroation. The
wit of the clown wben not obsceoe is apt to be fiat. Yet a play
utterly devoi.d of merit would not have held the boards for nearly
two centuries. Some of the situations are intensely dramatic and
the long &lt;leclamatory tirades undoubtedly ofl:ered the tragicactor a good opportunity.
It is as a drama of jealousy that Troya. abrasa.da should be studied ' alonoo with El médico de Stt Jxmra, El r·
nintor de sit desbonra,
A secreto agravio secreta venganz.a, El mayor monstruo los celos, etc.
Nowhere in Calderon's works is jealous passion better depicted.
The interest centres around Menelaus, the outraged husband,
and r..assandra, the woman spurned. With Menelaus, jealousy

�CALDERON-ZABALETA

-------------------- zn

Primero a de ser conmigo
:iquclla opinion que cobras

On learning of his betrayal, hc voices his jealous rage io a long
tirade which is the most declamarory and one of the most powerfui passages in the play. However, his insane attack upon Hclcn's
portrait is a bit of clap-trap which mighr well bave been spared.
Theo in rapid succession come the meeting of Paris and Cassandra when the latter returns to Troy, the t!ucounrer of the two
rivais Cassandra and Helen, the appearance of Sinon in Troy, the
unmaskiog of Helen. A succession of srrong, if sligbtly melodra~
ma.tic scenes. The act ends with the arrivai of the Greeks, the
first assault upon the cicy, and another declamatory outburst on
the part of MeneJaus followed by an exchange of insults between
the leaders of the rwo sicles. The bad taste of this last is conspicuous.
faen more action is crowded inro the tbird act. Hector rbakes
a sally by night and is wamed by the shade of Ansiona. ext in
order is the duel berween Achilles and Hector, resul6og in the
l~tter's deatb. Cassandra and Sinon pass over to the Greek camp.
Sinon suggests the construction of the wooden horse. The Trajans accept the insincere proffer of peace made by the Greeks.
The horse is introduced inro tbe city. Mucb skill is shown in the
handling of the catastrophe. Both Helen and Paris have beea
troubled by premonitions of impendiog eviJ but when the fatal
moment cornes, they are wichout suspicion, wholly given up to
their love. The rumult of war rudely awakens them from their
day-dream. Botb meet death at the hands of Meoelaus who,
whea he wavers, is mercilessly urged on by Cassandra. Sinon
meets a like face and al! Troy is given over to destruction.
Such in brief is the plot. Iorerrningled with much that is
admirable, is much rbar is weak and a great deal chat offends.
Calderon more chan most authors needs ro be read with discrimination. The wheat must be separared from the cbaff.

que mi amor, que él sera mâs,
siendo mayores tus obras,

remind one of Lovelace's of t-quored verses.
By conseming to a postponement of the wedding, she risks
her own honor. Her lover's fair fame is dearer ta ber than all
besides. The reader's sympathy goes out to her from the first nor
does she wholly forfeic it by reason of ber subsequeot cruelty.
Paris was a dastard in love and the provocation was great. CtSsandra is the real heroine of the play.
The scene soon changes to Sparta. The opening sang sung by
Helen is a delightfu! bit. Thisrepresent,; the pleasiog side of c11ltiranismo just as Priam's description of the ship represents a ridiculous phase of it. But the effect of the song was marred by tbe
remarks of ao obscene graciosa or racher wou!d have been but
for the kind offices of a discerning censor. Menelaus is now
inrroduced in the rôle of devoted husband. Then cornes Paris,
and soon afcer Mene!aus deparrs for Athens, leaving Paris as
king in bis stead. The act closes \VÎth the meeting of Paris and
Helen, their futile srruggles against the combined forces of lovë
and fate and rheic final yicldiog. This last scene is handled with
mucb art. It contains several strong dramaric situations and the
interest is sustained. The character of Parisis the least successful.
The authors, after having enlisted the reader's sympatby for
both Cassandra and Menelaus, do ooL censure the conduct of the
cwo guilty lovers. They füst sought to depict Paris as a typical
gallrn, the beau ideal of a prince; but this hero proves to be a
perfidious lover and a traitor ta the la ws of hospitality. In extenuation it may be urgcd rhat fare (ftter:z.a de tstrella) impelled
the lovers to their destruction and also tbat the doctrine cc Ail is
fair in love and war &gt;&gt; was firmly believed by rhe Spaniard of
the renaissance and partially if not wholly excused aoy crime.
The econd ace opens with the return of Menelaus to Sparta.

TROY A A.BRASA DA

�CALDERON~ZABALETA

THE PRESENT ED!TlON.

ln editing this play I bave pursued the same general plan adopted in ediring La selva confusa. I bave sought to reproduce tbe
borrador j1,1st as it stands. The passages marked for omission have
beeo printed in italics. The authors' corrections and my own
have been indicated in the textual notes at the end of each act.
I have been sparing in the use of accents, restricting the use of
them to homonyms . This system almost necessarily involves ·
some inconsistencies but it seems inadvisable to omit accents
altogether and still worse to employ the modern system.
The following meters are used in this play :
1-150(1-LIX) Romance ino oxytone.
1 51-3 54 (LX-CXV) Redondillas.
355-544 (CXVI-CLXVIII) Romance in o-a.
545-61 r Canci6n . A combioation of a silva de consonantes
with endechas.
612-613 (CLXIX-CCVIII). Silva de consonantes.
614-673 Quintillas.
674-1209 (CCIX-CCCLIII) Romance in e-o.
1210-1401 (CCCUV-CDLX) Romance in i-o.
1402-1421 Décimas.
1422-15 I 5 Romance in i-o.
1516-1527 (CD LXI-CD LXXII) Pareados.
1528-1701 (CDLXXIII-CDXC) Romance in i oxytone.
1702-1785 Redondillas.
1786-1795 Cancién. Redondillas con quebrados.
1796-1879 Redondillas.
1880-2181 (CDXCI-DII) Romance in o-o:
2182-2221 Décimas.
2222-2265 (Dill-DVIIl) Romance in o-o.
2266-2345 (DIX-DXVI) Silva de consonantes:
2346-2765 (DXVII-DLXXVIIl) Romance in e-a.

TROYA A.BRASA.DA,

2 39

2766-2844 (DLXXIX-DCIX) QuintilJas.
2845-3036 (DCX-DCXVIII) Romance in e-o.
30_17-3116 (DCXIX-DCXXVI) Redoodillas.
(DCXXVII-DCLIII) Caoci6o. The meter is irregular . Some
of the verses are of six, others of eighr syllables. Both are assonanced in e-a: Several versos suelros are interspersed.
(DCLIV-DCLXXXII) Silva de consonantes with a verso suelto
at the end.

3II 7-3 346 (DCLXXXIII-DCCX V) Romance in a-o.
George Tyler NoRTHUP.

�TROYA ABRASADA

CALDERON-ZABALETA

X

PERSONAS

rrey de Esparta.
AGAi.ŒNON, rrey de Atenas.

MENELAO,

PARIS.
HECTOR.

HECTOR.

1 Ay, Paris! 1 Y quièu tuvicra

VN CRIADO DE EcroR.

rrey de Troya, varba.

PJUAMO,

libre tânto el coraçon
que en tu amistad le Jograra
mâs que en mi ciega pasion l
25 Saue, Pans, que vencido
dd cicgo Amor ...

LWIO Y A,.scANlO.

CASAND,RA.

V1ZNAGA.

ELENA.

Mus1cos.

YsMENL\, criada.

[Fauwma de Ansiooa,l

ACH1L'ES.

que vna sa,rgre 110s yg11alt,
-po,·que 110s ,mmde v11 a111or.

SINON.
PARIS.

(zr.) (Hu.tory 1111 criado por vua palle
y por otra Paris )' Viz.naga.)
PARIS. [ Ap. â Viz.11aga.]
(t Mi padre te dijo à ti
que me llames ?)
VIZNAGA, [Ap. d Paris.]
(Si, seiior.)
HECTOR.

[Ap. al criaào.)

Si es Amor,
deja que el Amor te uença
sin resistir tu â su ardor ;
porque solamente es
JO cobarde a quien no vencio.
HECTOR .

Pero dime. a q11iit1 adoras
d mi que .... .. . .. . . .
que 1o que . .. y11-pos'fble

PARIS,

(, Mi padre rue llama ?)
CRIADO. [Ap. d Hector. )

15 Antes, no siendo mi ermano,

(SI.)
PARIS.

10

que es tanta la ynclinaci6n
que ay en ml para que te amc
que rue olgara i viue dios 1
que, no siendolo, se uiera,
en mi fe como en mi amor,
que el quererte es por estrclla,
y no por obligaci6n.

[Ap. d Viz.11aga.]

t11.s ••• •• • • • • •••• • ••

no consiguieramos oy
ser firmes amigos.

xv como . . .. . .. . .alaf()r

y los ojos lo 111tjor

tio mande para lqs ojos
amo para el ama11te.
é Mas no sabre yo cl sugeto
que amas?
HECTOR.

Auoque sea error

fiar los afectos mios

a los riesgos de la uoz,
35 ya te acuerdas que mi padre
abrà vn mes que me mandô
que fuese [a] Atenas, prouin[cia
de la Grecia.
PARI$.

&lt;Quien no vio
Ansiona, ouest.ra her[ mana,
40 lleuaste en esa ocasion (ar.)
y que con el rey de Atenas
que

a

(,: Saues lo que quière?)
VlZNAGA.

[Ap. d Paris.]

HECfOR.

(No.)

l C6mo?

PARIS.
PAR1S.

5 1 Mi Hector 1
HECTOR.

1Mi Paris!
PARIS.

i Mi amigo
y bermaoo 1
HECTOR.

Tu hermano soy
y l quiên serlo no quisiera ?

Nuoca vbo confrontacion
de ygual amistad donde
20 no vbo ygual sangre entre dos.

Quim 11u es yg,ial del que trala
110 es firm e all!igo e11 rrigor,
porque ,w es la q11e parese
a111istad si,w aJi&amp;1011.
v Dt los 1n11y yguales se base11
los 11my amigos. Pites yo
qzi.iero en esta cc111pete11cia, ( zv.)
co11lr,~ tu ermd11 opi11io11,

36. A possible confusion witb the story of Anteoor's mission to Greece as
narrated by Dares .
The Hesione of the classic wri ters, daugbter of Laomedon and sister of
Priam, not the latter's daughter as here.
41 • By the Kin~ of Athens, Agamemnon is meant. According to some
acc~unts he was King of Argos ; accordiog to others, of Mycenc. No ancieot
~ter cal~s ~im King
Athel)s. Atheos was, of course, an insignificant place
n H~menc tuu~. Hes1one was not married to Agamemnon oor repudiated
by hLm. Accordmg to Dares, she was captured by Hercules at the time of the
first destruction of Troy. Hercules gave her to Telamon as a reward of valor.
Telam~n ~Id her as a slave and by lùm she became mother of AjaJ- Telamon.
The m1ss10n of Antenor to Greece had as its object tbe securing of her return
to Troy. The refusai of the Greeks to do so led to the rape of Helen and the
T·
ro1an war. Cassandra was, of course, the daughter of Priam, oot of Telamon.
A worse confusion would be hard to imagine.

?9·

?f

REVVE fl.!SPANIQ.UB, D.

�CALDERON-ZA.BALETA
caso por tu yntervencion ?

TROY A ABRASADA

se jiara . . . ... .
vie11todB1 Setentrum
del aÇ11l Medilera11eo
las oudas sob1·esaltd.
En los peiiasws ile Sp11rla,
probincia de Grecia., di6
xxxv mi talera. A roto el buco
de la popa al espolo11.
Menelao, rty de Sparta, (.:i v.)
herma110 de Aga111e11011
rey de Atenas, y tambie11
xi de Telamonio, fio
dos caraveles al 111ai·,
c1»1 rnya disposi&amp;io11
d 1111 tit11po· libl'o Casa11dra
deste peligro . ..
xlv porque el . . .las mias
balle el . .. 111aior.
E11 su ti'o Me11elao
ermosa Casamlra.àllo
f elis puer to ; e,1 su or ili a
1 lormeutos de /11ego yo.
&lt;Esso dices ? No.
Vi una ermosura en la plaia
de Sparta ; mas I ay, temor 1
xxx

HECTOR.

Tanuièn saues que a Casandra,
su sobrll).a, betmoso sol
45 de Maceqonia, credera
àc. Telamonio, seiior
y grau rey de Macedouia,
por concierto de los dos,
a que se case contigo
&gt;o la truje a Troya.
PARIS.

[ap.]

(1 0 temor
cobarde !) [:.\. Hector.] , Y es la
[ que quieres
Casandra?
HECTOR.

, Eso disc.s ? o.
que ,11mque es erwosa Casandra,
~x w1110 sienpre la creyo
mi dewe1o c01110 tuya,
... .. .... ,ardar
para co11 • . •..• respeto
co11 que el alma la admira ;
xxv fué mds qlie amor conmigo
pudo ser . . .perfeccio11.
. PARIS.

, P11e~q11iét1 fué?

l'ARIS,

55 , Qué tieoes ?
HECTOR .

Él que esta ciego
consuekse con que vio.

HECTOR.

Al bolber ...
d Troya . ... .al !.lalor

PARlS.

Mas la memoria le afüxe.

Menehtus and Agamemnon were not brothers ofTelamon.
1.. I know of no other version in which Hector is mentioned ·as haviug
ormed a prior attachment to Helen.
XL.

BEC'rOR.

PARIS.

Darale alivio la uos
i quien a de enmudeser
6o de la misma quexa.

85 Pues no ac.iertas el consuelo
con ablar, yo te le doy
con desir.
Ei"ECTOR.

PARJS.

No.

, Qué es el cousuelo ?
PAlUS.

HECTOR.

El llanto sera consuelo
del mal quando esti peor
el que llora de la misma
continua destila.ciou.

Que tanbieo yo tengo amor.
HECTOR,

No padeseras el mal

90 que yo padesco.

PARIS.
PARIS.

65 Quie1J mas liera, m:is del Uanto

Mayor.

enferma.
HECTOR.

Pues, por qué doy
el llanto para el alivio,
si sirue para el dolor ?
, Por qué il mis vases confia
70 el consuelo, si es peor (J r.)
vna uoz que muere en queja
que vn mal que sana sin voz?
, Pot qué refiero que vi,
si ciegos mis ojos oy
75 m:is sentiran lo que fueron,
creyendo mas Lo que sou ?
Pues, ni Uorar, ni acordarm.c
que vi, ni ablar mi pasiou
soliè.ito, si mis voses
8o memoria y llanto veloz
seran, la memoria vn rieto,
las palabras vn baldon,
Jesconsuelo cl llanto, y todo
muerte, yra, r:1uia y dolor.

HECTOR.

No puede ser.
PARIS,

i.Â una dama
que tu recato call6
t10 adoras sin esperauça
de lograrla ?
HECTOR.

Y nfeliz soy.
PARIS.

95 Pues yo adore vna hermosura
que e conseguido.
HECTOR.

co1110 el tuio !

,!,

i Ay error
Eso es amar ?

�CALDERON-ZABALETA

244

TROYA ABRASADA.
PARIS.

PARIS.

i. Por qué aspiras â goçarla ?

Luego no ama el que goçô
menos que el que no a goçado
100 la dama que quiere. (J v.)
Hl'lCTO:R.

No.
PARIS.

HECTOR.

suerte ?

PARIS.

&lt;Quiéu cri6 la adoracion
que enpleaste en su ermosura ?

Pues, di por qué raçon,
si amaua por rnereser,
1 30 no a de amar quien m.ereçio.

Si. Puedes con condision
145 que me digas quiéo amas.

HECTOR.

HECTOR.

Aquel ynposible a mi (4 r.)
me ase amar con mas fervor.

Pues, si yo adoro vna dama,
que al verla me enamorô,
r 15 y consegi.ùda mas vella
fue que ymajinaua yo,
luego mas p;tdecera
que aquel que ama sin fauor,
el que, logrando el deseo,
120 ama porque consiguio.

Mi admiracion la cri6.

r o eres tu entonces quien am.a.

HECTOR.

Esse es
el deseo del que amô.

por ......... . . . . . .. . do
lv lit ... , ........... . amor
l .. ......... ,ado ci tienpo

PARIS.

La privacion.
HECTOR.

135 Quien no a alcançado es quien

[ama.

Esa. oph1ion

125

'Vfla po . ..... ... .go oeasi,m
q11ev .. .. . . ..... . nlato
confro11tado 111i àmor.
HECTOR.

Pues y.o amo ... (4 v.)

el apetito la lleoa
y la reprueua el amor.
Di. I! No ama por mereser
el que vna ,;ellesa aroô,
auiendola conseguido ?

PARIS.

Quien ama porque rucanç6
saue por qué ama.
HECTOR.

98. A frequeotsubject of debate during the renaissance. Cf. I Diporti di mess~r Girolamo (Milano par Giovanni Silvestd, 1814), p. 238. The follo..,,ing
question is propounded: Chi più felicemente vive, o coiui che gode la cosa
amata, o colui che con ferma speranza aspetta di goderla ? The same thoughts
occur ïa No bay cosa como callar, Vol. I, p. 560 :i; Tirso, No bay peor sordo ... ,
p. 271 a; Alarcon, El tejedor de Segovia (Segunda parte), p. 399 a.

Pues yo
quiero aCasandra, gdçando
laso ygual, segura vni6n.
IJSt .. . ... . ..•.•.. . ..•

Pues , quien es ?

PAl!.IS.

vista aqllella perfeccion,
desear conseguirla ?

Yo te 1o dire.

Quiso 1iuestro padre el rq

RECTOI{.

Qu.ien consigue ya no tiene
â quien arne.

ro5 l No se sigue al adorarla,

a

PARIS.
PARIS.

HECTOR.

HECTOR,

Tu ermano y tu amigo soy.
l No podre sauer quién es ?
PARIS.

PAJl.lS,

&lt;Quieres 1o uer ?

&lt;De qué

sr.

HECTOR,

uo Es porque ago apreension
que sera aquella ermosura,
si la consigo, mejor.

HECTOR.

HECTOR.

Mas quiere
quien no saue por qué amo,
quien no se entiuia gozando.
PARIS.
140

Si el sujeto que goz6
escomo elmio, ninguno.

\IIZNAGA.

Tu padre.
CRIA.DO.

El rrey.
HECTOR,

150 1A qué mal tiempo llegô 1
mas luego vepcer confi.o
tu proposicion primera. (Pria[mo y acompmiamienlo.)

�TROYA

CALDERON-ZABALETA
PRIAMO.

Quedaos todos alla fuera.
l Aqui estabas, Hectormio?
15; Dame los braços.
HllCTOR.

Mcjor
sera arrojarmea tus pies.

1Pues digan si. 110 es uien uisto
de mi rrey110 1 Si em berdad

Ixx ;o S(jJ ney e,1 la z.iudad,
aim 110 soi yo ta11 11ien- quisto.
Ta.les pa1·tes en el mundo
siu ver/as no las creyera.
Hijo, gran ltlstima fmra
lxxv que no nacieras Sfflmdo.)
HECTOR.

[Ap.]

PRIAMO.

(A Hector quiero mâs, aunque

Mi bern1J1no te quiere hablar.
160 [Ap.] (Avn mirarle no a que-

[es

[rido.)

Ecuba en esa. oçasion
en ml so.fi6 que ospedaba.
un yncindio que abrasaba
todo el troyano Ylion ;
1 75 pero el sueiio por quien Lloras
ver tu patria destruida
&lt;lS vu ladron de la uida
que (los vsurpa las oras.
Del suefio no as de crcertc.
180 l No es cierto que a de pintar
la muerte aquel que a de estar
rrepreseutaado la mucrte?

De nuis q11e el sueiio y11leuta
cegar m1estra Ja11tasia
la ses ...... . . oia

PRIAMO.

Paris.

[Ap.]

HECTOR.

(No hab{a mi padre
ti Paris.)

[Ap.]

PARIS .

l'R.W.lO.

[Ap.]

y co11 ser bombre saco

la hermosu.ra de su madre.)
PARIS . [Ap.]

Mds le quitre y yo cimjieso
lxv que mi awisJad lo con;iente.
PRIAMO.

[Ap.]

(Pues l el Hèctor no e; valienJi!?
1 vayan d Grecia etm eso !

s ........... . wta

PARIS.

A verte e beoido
como me ynuiaste a llamar,
mas si no vengo a ocasion .. .
[(5r.)

(A1m 110 111e hablô.)

Ya saveys en la ocasion

PARIS.

de dos hijos el mayor.)

lx / Qtd talle I

lxxx p ............. io
q11ed ..•.••...•. er
aqttel . . . . . qu . . . er
si s·1teiia por loque ~•io.
HECTOR..

PRIAMO.

Hijo, no sé qué es q_ue al uerte
165 èStoy lloraudo mi muerte,
mi rruin.a y perdicion.

Luego tl1 te coutradkes
en lo que piensas también.
185 Paris a dicho muy uicn.

Dijo uien si

Mal con cuidados tan grabcs
mi justa obediencia uieoe.

Tu.madre, que cl cielo tiene,
r70 sofié ... pero ya losabes.

tu lo clices.

Deja, pues, los sentùnientos
y â qué me Umn,-,ste, di.

PRJAMO,

..

a

HECTO.R.

195 Casada quedé cou él.
Laça fuc el suyo clichoso.
PRIAMO.

Pues sabe que cl rrey, su es(poso,
tirano como cruel,
buestra hermana a Mepudiado,
200 y mi bija, y por mas afrc'm a
voluerla a mi rreyoo yutcnta
despues de abcrla goçado.
Ella me la escribe y tanto
de esta desdicha me alcanza
205 que al cielo pide vengança
la justicia de mi Uanto.
Hector, hijo, dime luego,
que todo el dolor lo yerra,
, qué emos de hazer?
flECTOR.

Tu, l qué dices ?
.PAR1S.

, HECTOR.

·y io, , a que e uenido aqui ?
[(r v.)
158 . Instead of mayor, menor was first written. Cf. also the rejected verse
xxv. According to legend, Hector was the eider of the two, bt1t the change
makes the passage absurd.

que llcbaste tu en persona
que 5e case Ansioua
con el rrey Agamenon ...

Hacer guerra
210 :1 Grecia a sangre y â fuego.

PRlAMQ .
PARIS.

2 47

ABRASADA

Mas se -gana
en que sepas qué ocasion
a tenido Agamenon
de rrepudiar â mi hermana.

l'JUA.MO.

190 Estadme los dos atentos.

215 El te rrespouda primero ;
la guerra entra uieu despues.

�TROY A ABRASADA

CALDERON-ZABALETA
PRlAMO.

No dices mal.
230
HECTOR.

Mejor es
que lo pregunte el azero. (6r.)
PARIS.

PARIS,

Vien puede aber ocasion
para que esté disculpado.

Euitarla con efecto.

Rl!CTOR.

PRlAMO,

é Qué ynporta, si te a agrabia-

fdo,
que aya tenido rraçon ?
Pidc el agrabio castigo ;
no pide satisfaciones.
PAlUS.
22 5

No en todas las ocasiones
rromper con el cnemigo
es oordura.

[Ap.]

Éstè habla como discreto
y éste habla ,mmo valieute.
235 A loque ui me propanes,
y a lo que a ri se te -0frece
rrespondo que me pareie
seguir las dos opiniones.
PARJS.

1Paz y guera ! ,: Corno fuera
240 posible lograrlo ? Di.

HECTOR.

La templanza,
é quândo :i la vengança ayuda?

HEC'J'OR.

é Toda :!. un mismo tiempo?

233. Paris, who is usuaJ!y represented as a rash and thoughtless youth, is,
straogely enough, here described as a prudent couaselor. The rcason appears
vers~ ccxcix, "'.'bere it is stated that Priam, fearing to allow Paris to engage
m waclike pursuus after the prophesy of Pallas, educated him for the council. Similarly, in Tirso's Ve,l{[anz.a de Tmnar. of two brothers, Saloman is prudent, and Absalom rash. In Calderoo's Exaltacion de la cruz., there are two
brothers Siroes and Menardes, the former of whom is prudent, the latteuash.
Their dialogue is \'ery similar to that of Paris and Hector hem. Cf. Vol . II,

!n

p. 363 b.

l'ARIS.

Dicomo.
PRIAMO.

HECTOR.

Darle guerra es conveniente.

220

Si.

Y dime sobre la duda,
&lt;qu.lndo cay bien la vengan[za?

donde Menelao, hermano
de el rrey de Athenas, es
[rrey
y aquél, si con yndignacion
contar:is que Agamenon,
contra la amistad y ley
275 que se le devc à mi amor,
rrepudiarla yntenta en vano,
que procure con su hermano
ser vn cuerdo mediador (7 r.)
antes que ynfeste sus mares
280 Hector y antes que en Athenas
arrufoe sus alruenas
y prophane sus altare,s.
Ésta es la rresolucion
por dondc lograr confio
285 la paz. A cada uno guio
conforme su ynclinacion.
Ygualmente a entrambos prc[cia
mi cariiio, i uiue dios !
y ansi rrepano a los dos
290 a dos provincias de Grecia.
Qu.ando Heolor /11 g-11erra yntmle

270

PRIA.MO.

l'ARlS.

249

De esta manera :
surtas ay qu:uenta nabes
de nuestro mar en la orilla,
24 5 que de la gabia a la quilla
de las mas lijeras abes E6 v.)
una metafora son
que mi fantasia a hecho ;
proa, el pico; quiUa, el pecho;
2 50 la cola, facil timon ;
las alas, velas despues
para correr y volar
y ta1nbien para aferrar ;
ancoras fijas, los pies.
2 5S Pu y guerra de una vez
yntento en esta ocasion.
Las treynta para Ector son
y para Paris las diez.
A ti, Ector, mando que apenas
260 yntentes desembarcar,
prospero si ayuda el mar,
en las orillas de Athenas,
quando la guerra pregona
con valor [y] yodignacion,
265 si ya no es que Agamenon
buelbe i admitir i Ansiona,
de cobarde m:is huma.no.
A Paris mando que parta
:i la probincia ae Espa.rta,

a Athen.as, osado y ~iego,
podra dl Paris 11l Hl'tgo
mediar Me11elao pn,dcnte
tlesde Espar ta y si primero
ves l[llt de srt parte esta,
xc Hector ento11us pondra
la yndignacion y el acero;
peto si Marle cn1el
tanto a. perseg11irme apreste
que Ector 110 venciere aeste,

XXXV

246. The bird and boat simile is very common in Calderon. Cf. La mayor
amor, Vol. I, p. 402 a and El castill6 tû Li11dabridis, Vol. II, p. 259 b.
268. The voyage of Paris to Sparta remotely suggests the account of Dares.
Paris, in commaud of a fleet, sets sail to take vengeance upon Telamon but
first goes to Sparta for aid. Menelaus, on his wa y to visit Nestor, meets Paris
on the island of Cytberea.
t11ca11to

�TROY A A.BRASADA

CALDERON-ZABALETA

XCV

Paris 111edit am llljltel.
De suerte que en los dos dejo
mi sarisfacîon librada.
Si no valiere 'tu espada,
a de baler tu consejo.

cv q,ze esta victoria te deu.
y O sé que peleartin uien,

porq,u van toàos pagados ;
y tli des mill /lebards,

bastantes para verizer,
pero, sie11do mmester,
atu herma110 ayudarâs
corz tus nabes y lti jente.
y atmque )'O lo se11tire,
IJijos, Li enbarcar, porqui
cxv partir lutgo es co11v111ie11te • •
ex

HECTOR.

Ynjusto premio me das.

295

PARIS.

Tu elecdon pienso que yerra.
lil!CTOR.

, No m.\s de para la gucrra?
PARIS.

Mal quien pierde una ocas1on
podra cl triunpho prometerse;
que suele \,-'1) rreyno perderse
310 por solo unadilacion. (8 r.)
De los dos oinguno ose
rreplicarme porquehare. •· (Ha-

l Para el consejo no mas? (7v.)
HECTOR.

, Al que te ymita obediente?
PARIS.

300 l Al que en todo te a seruido?
PRIAMO.

&lt;. Tau poco es ser entendido ?»

&lt;Es tan poco ser valiente ?
Paris, tu no ,,ze t11tendiste.
,Â Marte en valor ygualas;

c

pero te persigtte Palas,
porque a Venus elijiste ;
pu·o d ti Pallas, es liane
que yntenta faborez.erte
solamente po1• hacerte
,,uts dicbo_so que atu ber111a110.
1Ea, hijos, a surcar
los pielagos de Neptuno !

, 05 i Ea, tome cada uno
su derrota por el mar !

Tti llebas di" mill soldados

aquella ynjurià ci.ue a sido
mi amor.

[a que seva.)
PARIS.

l y e de envarcarme antes que
con Casandra me dcspose ?
PRIAMO.

31 5 1 Corno una dega pasion
os para! l Por4ué os ync1.ma.'
,! 00 es de Menelao sobrina
y de el rrey Agamenon ?
, de Telamonio no es
po hija, hem1ano de los dos?
PARJS.

Un tibio y facil deseo
a un agrabio.
Vos con Casandra estays ciego,
siendo de vuestro enemigo.
Beotor.

350 auteponeys
PRIAMO.

No tcner amor,

325 decid, Paris, , no es mejor
que scpan que emos sentido

HECTOR.

tante la ynjuria y baldon
que satisfacer podemos,
que par Casandra qu.eremos
330 que cmpiece la yndignacion?
Mâs adelante no pase
vuestra yntencion, esto os pi[do. (Hace que se va.)

Seôor.

Pflris.,

PARIS.

Corno es despucs

Ven_conmigo.
cnvarcaros luego.
1

[(Vtmsse los dos.)
PARIS.

355 1!Ja, -politica cruel
de los nobles! l quantas cosas
haces sin que ynportc alguna,

PRIAMO.

1Uien por mi uida I
, Y a de ser porque os agrnda,
Ansiona la rrepudiada
y Casandra la adroitida ? ( 8v.)
Con vos no se a de casar,
340 siendo con el gusto roio,
sin que Agamenon, su rio,
el nudo buelba [a] ajustar
que disat6 6 1uiue dios ... 1

36o

365

PARIS.

370

PRIAMO.

Pues &lt;. c6mo vos
yntentays ...

a

PARIS.

Como a Troya la as traydo,
para que conm.igo case,
HS me yncliné.

Yo la amé en tie.npo de paz
345 y ansi te pido ...

SI, sefior.

y el modcsto? No lo creo.

PRIAMO.

Rapaz,
1nora mata pnra bos I
&lt;. Vos soys el prudente y sa(bio

375

porque pareze ,que ynportan 1
Rrompe Ag:uuenon las leyes
de Ia paz y la concordia
por no permitir vn lazo
que le afl.ije y no le ahoga
y Priamo, el rrey, mi padre,
sin que éste a aquél correspon[da,
quiere que io no le anude
sôlo porque aquéllecona. (9 r)
Dexa aquél de aborrezer.
Porque yo no ame, se dora
el desonor de uoa dama,
haciendo un agrabio :i otta.
, Quién quiere con un agrabio
sanar otro ? l Cômo ygnora
que, porque aquél no la tenga,
no sanô ya mi desonrra ?
El accro satisfaga
a una ofensa mas no â otra,
que las venganças se hicieron

�TROYA ABRASADA

CALDERON-ZABALETA
para las ofensas solas. ·
Pues sepa de mi Casandra., •

É oqui que el agosto agrabia
las flores que eran Us011ja
del prado, pues c011 el sol
las marehita y descoloro.
cxx &lt;. Con que se putde vengar
la tierra, que es q11ie11 las brota ?
Con qrré bapor allo, lebe
se levanta bas/a q1ie Jo1j11
111m Jacil 11ube q11e
ex x v al sol las lue es rongoja
y porque no l11z.ca el sol
la tierra qi~ haze y que estorba
que él 110 !11z.ça. Mas la tierra
yerra en ynvenlnr las s0111bras:
cxxx que 110 porque aquil 11-0 alumbre
ella queda mds btrmosa.
5i quiere ru;ertar la titrra,
dexe que llegne la aurora.
que la vmgue de losrrayos, (9v.)
cxxxv creando el memulo aljofar,
taino jlor y tanto arroyo,
hacienda tamûen que con-a,
ay11dadc del rrocio,
que ella pagaba y el C-Obra.
citl Co11 la vengm1z.a mi padre
satisfaga, pues le ynporta,
im agragfo y tto cott otro
pie,1se que el suio se b°":a. .
Juz.ca r!l que ms co11veme11c1as
citlv es fncil qi~ se anlepoi1ia11
d mi amor. No es el primera
que los cdros y coro11as. ••
pues sepa de ml Casandra .. •
(Va d entra,· y sale Cnsai1d1·11.)
CASANDRA.

380 Sefior.

a rrepudiado a Ansiona,
mi hermana.

PARJS.

Casandra.

CASANORA.

CAS,'\NDRA.

CASANDRA.

A mf de ese agra-

l Tu agora
de palacio en esta sala
hablando contigo a solas?

Lbio
el sentimiento me toca.

PARIS.

1 Ay, mal lograda crmosura,
primero dulce lisonja
de los ojos y oy de el alma
ymajen que el llanto borra !

Hector parte

a la venganza.

CASANDRA.

400

A mi,

Paris, é que me ynpor[ta

CASA"NDRA.

que Hector trayga de la Greûa
uuo y orro rey a Troya ?

Paris, esposo, i/. que dices ?
PARIS.

PARIS.

1 A, plubiera a mi congoj:i
que te dijeran mis ojos
390 lo que mi llanto te ynforma 1

Yo voy al rreyno de Espana
y es porque mi padre ...
CASANDRA.

C.~SANDRA.

Si siemes que sepa el mal,
no es grande el mal que tu llo-

(ras,
pues quando sientes decirle,
es decirme que me adoras.
PARlS.

Porque te adoro, losiento. (zo r.)
CASANDR:A.

cl pues de aq ue[ij la, po11ço,ia
apure el baso y io veba
dt u11a bez. la 111uerte toda.
39 , Dime el mal.
PARIS.

Ag:uuenon

Agora
que es mayor la desdicha
que preuino la congoja,
pues, coruo ay ojos, ay llanto.
-, Es justo que te dispongas
a vn tienpo a arriesgar dos ui[das
410 por una obcdiencia sola
sin averte desposado
conmigo ? é Corno te arrojas
con dexam1e a que mi ofensa
confie de tu 111emoria ?
405

253

s(

PARIS.

415 No a pcrmitido mi padre
que contigo por aora
me despose porque yntenta ...

Troyano yngrato, ya sobran
tus palabras quando veo
420 que son hijas de tus obras,
Si porque yo (1 o no ese yn[fame
conplice de mi desonrra;
tarde por mi mal conozco
la cautela de tus sombras 1)
425 crei, mal aya quien oye
quando cre tus lisonjas,
que aya quien de s{ se fie .
(10 v.)
Amando agora se ynforma
mi oydo de aquell~s voces
430 que me parccieron otras.
Ntp!u110, dios de los mares,
baz, q11ando tus playas wrra,
clv co11 e1 tride11te, q1re choqum
w !11.s peiiascos sus proas.
Palas, tu que de las lides
arbitro efes y eres diosa.,
haz q111i de su Silflf1"6 el 11,ar
clx tina las espumai sordas.
0 Jupiter, c 110 ay u11 rrayô
de qfümtos tus nubes [orja11
para 1ma y1ifel,iz. ? l Po,· fuerça
0/1 de morir las die/Josas ?
Llanto me das. &lt;! Eso es darmc
const1elo?
PARIS.

Casandra, esposa ...
CASANDRA.

l Y a la que morir desea
no es el alibio lisonja ?
PARIS.

435 Ojos que tu llanto ciega,

�CALDERON-ZABALETA
velleça que aun

el no borra . ..

CASANDRA.

l Me dejas?
PARIS.

Ya no te dexo.

Mas tus qucjas me &lt;;&gt;casionau
â obedecertc que puede

TlWYA ABRASADA

quando lé tiene y le goça
no le ama par él, que sôla
mira a canveniencias propias.
Yo que mi onor abenturo,
470 yo que arriesgo la uitaria
:\. uista del triuufo, soy
tan firme,como animosa.
Parte a Grecia, mares surca
y quando asares las olas

440 vn plldre que Jas ygnora.

47 5 del Mediterraneo, obligue

No me voy. Por ti abenturo
uida y fama y aun la honrra
del bulgo bario tambien
pongo â la opinion dudosa.
445 No me ènbarcaré, aunquc èl
[rrey ...

solo el Poniente tus papas ;
que en Esparta ô en Athenas
constante coma yo sala,
amante firme y confiada
480 coma si yo fuera hcrmosa,
c de esperar que otra bez,
vencida Q triunfante oyga,
rrepitiendo eptre suspiras,
lac;os gue el ausencia calma.
488 Y agora por si las sientes,
estas la.grimas pcrdona i
que aun esta ausencia tirana
que me aflije y me congoja,
la admito coma deuida,
490 la siento como forc;asa.

CASANDRA.

Eso no, Paris, que agora
que veo que no ay alguoa
dificultad que no rrompas
par mi amor, yo tanbien &lt;J.uie[ro
4)0 mirar por ti, que me ynportas.
El vulgo, tu hennano y quan[tos
son hijQs desta corona,
es prcciso, si ven que oy
te quedas porque me adoras,

[(n L)

455 que murmuren que

tu amor

antepones a tu hourra.
No es uien en tienpo de lides,
siendo principe de Troya,
que esté tu espada en la bayua
46o quanda se desnud.an otras.
Prime.ra a de ser.comnigo
aquella opinion que cobras
que mi amor, que él sera mâs,
siendo mayores tus obras.
465 Qui.e n sôla quiere a su amante

PARIS.

pero agradezeme agora
la confianza.

Sôlo pueda
pagarla con la ruemaria. (1 I v.)

(Sak Ector.)

CASANDRA.

495 Hermana, dame los braças,
que para nucstra derrata
ya por el mar cristalina
faborable viento sopla.
A Esparta bas. 1Quién couti[go ...
500 pcro mis pasioncs Jocas
entre mis obligaciones
no es juste que se ymcrpon(gan.

-i Ay, crmano, quanta sienta
no

yr contigo 1

Vos, scfiora,

El criool qne perficioua
las fiueças.
CASANDRA.

Pues, csposo,

PARIS.

Màs vella diosa
de qua:ntas Jupiter pudo
520 darme para que 'yo escoja,
buelbarue el cielo a tus b.raços.
CASANDRA.

i Qué tarde sera !
CASi\.NDRA.

y sou las lagrimas muchas.

Pues, Casandrà ...
PARIS.

Haz que el dolor las rrecoja
dios te
[queda,

l'AR!S.

PARIS.

Es ella poca

A

5151Ay,Ectorl lquéesunaau[sencia?

:i enbarcar. (Musf ica.D

para el llanta.

CASANDRA.

Paris te adora

y cou la desconfiança
t0do el credito rnalogras.

505 os bii.led de la cordura

PARIS.

HE::TOR.

HECTOR.

HECTOR..

Los que a11 d,: lidiar cou lxmna
no an de llebttr las m11jtres
d las acdo1u:.s croycas.

1Ay, Paris mio I i que temo
que en Grec.ia ...

PARIS.

cli.v Si til uinierès ,om11igo...
CASANDRA.

CA SAND.RA.

y pues viertes las que bastan;
510 no malogres las que sobran.

HECTOR.

Adios, gloria
de Dardania, Pallas griega
y Venus de Macedonia.
CASANDRA.

525 Adios, Paris.

�TROY A

CALDERON-ZABALETA

esa Letra ajustad al ynstrumeo(to,
150 que escriuiô mi tristeza para el
[uicnto.

PARIS,

. PARIS.

Déte el cielo

dad propicios, ...

(12 r,)
CASt,.NDRA,

la fortuna mas dichosa
que La mia.

dad piado
[sas, ...

MUSlCOS.

Si los claros cielos,

HECTOR.

la Aurora rrisuena, (12 v.)

PA.RIS.

Trocaremos,
si Jupiter la mejora.

pues mandays en Jas cstrellas,
540 :i mi la misma.

PARIS.
CA SANDRA.

Dame Los vraços. (Abraçanse
[P11ris y Hector.)

a mi otra.

PARIS,

Pues, dioses, si Amor La ado[ra, ...
CASANDRA,

Deydades, pues si oy le pier[do, ...

si el sol que huye de ella,
todos me afüjen,
560 aunque lisonjean,
,: para qué los cielos,
la Aurora rrisucna,
para qué es el uiento,
para qué la ticrra,
565 para qué las Rorcs
y las abes vellas,
para qué la nochc
y el sol que huye de ella? (To[àos.)

1 Que uien decis 1 1Qué yguales an uenido
vuestras suabes voces con mi oydo 1
que si el cielo se precia de piedades
y no logro cl fabor de sus dt:ydades,
antes aumento mis mis desconsuclos,
decidme todos ...

i Quién con Paris fuera :i Estparta 1
PARIS,

PARTS.

Si con la que ynfluye, ermosa,
535 te pierdo, otra estrella pido.

2 57

ELENA.

Los dioses
530 que sobre esos astros moran
de otra estrclla nos mejoren.

CASANDRA,

si el uiento que corre,
si la hermosa dcr;a,
&gt;55 si las flores verdes,
si las abes bellas,
si la noc11e fria,

HECTOR.

CASANDRA.

Si con La que goço agora
(Abraça Parîs â Casa11dra.)
te amo, no quiero otra estreLLa.

ABRASADA

1Quién no saliera de Troya
CASA.NORA.

.MUSlCOS.

Los cielos den :1 Los dos
&lt;licha :l. ti y ati uitoria. [Va11se.J
(Mttsicos. Elma c01! vu lienço im los
ojos, llora11do. Ys111e11ia criada.)
ELENA,

545

En esta playa fria,
que el ni.ar Mediterraneo cada

,: Para qué los cielos ?
ELENA.

m

Si la Aurora con liquida rrocio
en vcz de yr enjugando el llanto mio,
mi dolor ace m:is quanto mas Llora,
digarnc cl llamo ...

[dia
MUSlCOS,

con cristalinos aunque açules
L1aços
dos ueces la da Liquidos abra[ços,

541 . Heleri'S lament very strongly suggests that of Diana in La miora y la
criada. Vol. Il, p. 30 c.

,: Para qué la Aurnra ?
ELENA.

Si los suspiros rodos que despido
el uiento me las buelbe acia el oydo
por dar a otro sentido el sentimiemo,
podcys decirme ...
l\~'VU~ UISPANIQ.U S. D.

l7

�258

CALDERON-ZA.BALE7A

TROYA ABRASADA

MUSICOS.

MOSJCOS.

, Para qué es el uiento ?

585

59

l Para qué la noche ?
ELENA.

ELENA.

Y si aguarda 1a tierra, prebenida, ( I J r.)
a ser foliz sepukro de una uida
adonde la desdicha nunca ycrra,
pregunto al cielo ...

2

6oo

Pues todos juntos rrepetid agora
que si el cielo, si el uiento y el Aurora,
si la noche, la tierra, si las flores,
si las abes que al sol cant.tn ainores,
me aflijen quant.la mas me lisoojean,

M1Jsrcos.
TODOS Y ELLA.

, Para qué la tierra?
ELENA .

590

Flores que significan csperanza,
si un exemple me an sido de mudanza,
variando sus ojas y colores
digame el prado . . .

6o5

610

, para qué los cielos,
la Aurora rrisueiia,
-para qué es el uiento,
para qué la tierra,
para qué las flores
y las abes vellas
para qué la nochc
y el sol que uye della? (rJ v.)

MUSICOS.
[YSMENlA.]

l Para qué las flores ?
ELENA.

Quando cl alibio busco a dolor ta.nto,
si las abes se quejan cou el canto
de sus voces suabes,
digame el uiento ...

clxx

dxxv

MUSJCOS.

l Para que las abes?
clxxx
ELENA.

595

Si al lucir sus estrellas noche fria
para a6ijirme me enscù6 la mia,
quando cl cielo desata el azul broche,
digame el dia ...

CLXXvm.

Ek11a sobera11a,
luz. por qnien se mejora la ,nmïana,
de Mer1ellU! rrey de Esparta esposa,
la mas feliz. co,, ser la 111ds hermosa,
i de qué esttis triste? , qué. le a sucedido
co11 tu marido? 1. no ès para rn.arido ?
rrespo11de, Elena vel/a,
que te -mirn co11 jesto de do11z.ella.
Si Mwelao, el 1-rey, tu p1•opio esposo
e11 estradm, por ser pleylo forçoso,
ci litigur contigo se apa~,a
como 111arîdo y 110 j1111ta perso11a,
ilescasate, si acaso te conuime ;
pmeba la juerça lû, si 110 la time.

A play upon the two meanings of estrados.

•.

�260

CALDBRON-ZABALET A

TROYA ABRASADA

[ELBNA,]

ELENA.

Siempre, Ysmenia, as de estar de

1111a

111anera.

[YSMENlA,]

dxxxv

CXC

Que tû estes de otra es lo que yo q11isitra,
seiii&gt;ra, por[que] i ay I diz.e la je11le
qui al rrey lo quieres 1/lal adredemenle.
Pero saver espero
si acasm le avorredes Jodo e11ttro,
que yo al que mns 111111 quiero por m modo
a/go dél qitiero, amzque le olvide !aclo ;
pras algo es lo que IÎ ti te desespera.
I Mas què Su Allez.a lieue cavellera I
1 Mas qué le ves ti salba I
E11 cavellos menores, digo, ,mcalba.

Si por 110 ver al que aborrez.co tanto
mis ojos se cegaran de mi lla11to,
t o q111illto le deuiera al Jla11to f rio l
I dioses, piedad! (Sale Me11elao por las espnldfJs.)
MENELA0.

Elena.
ELENA.

Esposo mio.
(Sale Mmelao por las espaldus.)

YSMENIA.

Grande tristeza tiene.
[ELENA.]
CXCV

cc

Es Ysme11ia la causa cle mis penas
el saber que mi esposo parle â. Alhenas.
Llamale el rrey, Agame11on, su ber111a110.
Smtas g11arda tres 11abts el mar cano
para partirse 11tego y mis euojos
guian acia mis ojos
todo mi sentimiento.
Mas l para qui, si 110 es el mal que si,mto,
û qtze pro11u11cio co11 mi '!10{ co11uiem?

(De11tro,)

[ME~EI..A0.]

À la or il/a llegad .
[YSMEN1A.]

Tu csposo bie11e. (14 r.)

cxcvt. Most accounts represent Menelaus as absent in Crete at the rime of
the rape of Helen. Nowhere else is there question of a journey to Athens.

261

MJlNELAO.

630

A la orilla llegad.
YSMENIA.

Tu esposo biene.

63 5

M"ENELAO.

1 0 Elena, todo llorar,
615 todo sienpre malograr
tu hermosura entre desvelo 1
Voyte :l mirar coma cielo
y pagaste de ser mar.
El yris con magestad,
620 de el ayre en la rraridad,
varios colores ostenta
y despues de la tormenta
&lt;lice la serenidad.
Pues &lt;por qué, dueiio ado[ rado,
62 5 a mi amor y a mi cuydado
sobre dos cielos les dejas

640

645

650

los dos yris de tus ojos,
si la llubia no a cesado ?
Tambien es seftaeuidente
la noche que en Occidente
entre purpureo arrebol,
se acostare rrubio el sol,
que saldra claro el siguiente.
Pues , para qué, Elena mia,
al llegar la noche fria
esos tus 'hennosos soles
se acuestan entre arreboles,
si an de llober otro dia ?
1Todo, Elena, suspirar,
sentir y disimular 1 (14 v.)
, Quândo cl dia a de venir
en que yo no acierte â oyr
lo que tu sabes ablar ?
Rrespondeme, al rrepetir
los laços, .: qué as de admitir ?
Di qu:indo el dia a de ser
en que yo llegue a entender
lo que no sepas dezir.
No con desdenes ni enojos
l ay, ojos 1 deys por despojos
un silencio que abla sabio.

�TROYA ABRASADA

Lloradme algo por el Jabio
y no me ableys por los ojos.
ELENA.

Pues, segun eso, seîior,
65 5 , supones llanto mayor
en las palabras bcloces ?
MENELAO.

Lagrimas seran las voces,
si las pronuncia el dolor.
ELENA.

Y di, éstas que lloro yo,

66o &lt;. no seran lagrimas ?
MEN.BLAC.

No,
que, aunque no entcndida tan[to,
palabra es tanbien el llanto
que la pena pronuncio.

todo el lenguaje no entiendo.
De mi oydo procuraba
aprobechanne, creyendo
680 rremediar con vn sentido
lo que con ot;o padezco ;
pero los rrespetos mios,
aunque culparte quisicron
ven que no ba en ti tu odio,
685 en mi, si, que le merer.co.
A Athenas voy, que mi her[mano,
su rrey, me Uama y yo quiero
que estos d iez &lt;lias descanses
que e de estar fuera y en ellos
690 tus dos soles y mis ojos
an de pasar a otro estremo.
No lloraran con los que ardes,
lloraràn con los que ciego;
ésos porque no me ben,
695 y éstos porque no los veo.

Cerca estd Atbmas de Esparta
ccx y en 1/ega11do d Athe11as creo
que de Albwas a de estai·
Esparta 11111cho mas lejos. (Cla[rfo.)

ELENA.

Pues, seiior, si es euidente
665 que ya en liqtûdo corriente
6 ya en timidos enojos
a un tiempo el lauio y los ojos
lloran y ablan junramente,
dejamc agora goçar
670 que al verter 6 pronunciar
palabra 6 llanto vcloz (rf r.)
que llore toda la voz
por donde pueda ablar.
MENELAO.

No me llores. Tente, Elena,
675 que no soy tan estra.njero
que de el pays de rus ojos

(Toquen clari11.)
y agora . . . mas é qué clarin,
herido de el soplo, a ecbo
lebantar azul espuma
de las ondas del mar gricgo ?

[(If '11.)
700 é Qué es esto, Aquiles? (Sale

[Aq11ilrs.)
AQUILES.

Seîior,
que an Uegado a nuestro pucrto
diez nabes y se presumc
que en él cntran con yntento
de abrasar las que en el muelle

705 sin vso, sin marineras
y sin soldados al ocio
Jas dejô la paz y el tienpo.
MENELAO.

é Sabes de qué rreyno son?
AQUILES.

Yr a saberlo deseo
710 y dame en tanto licencia
que en los valuartes nuestros
en sen.al de guerra Achilcs
arbole el pendon primero.
MëNELAO.

SINON.

AchHes, tente.
MENELAO.

&lt;qué

aunque cllas son hijas dellos-.
Naturaliçado estoy
en Esparta. Tu me as echo
lado de tu monarchia
735 y es tanto lo que te devo
que parece que yo soy
todo el braço de tu cetro.
Aunque de paz a tus muros
lleguen, no creas cl rruego
740 de sus palabras; que acaso,
traydores y lisonjeros,
vendrau a que pagues tu
lo que Agaruenon a ecbo.
&lt;Quicres que, fiujiendo que

(huyo

Parte, pues. (Sale Sitlon.)

715 Si.non, arnigo,

730 enternecidas las pcnas,

745 de tu ciudad, salga a berlos
y que desde esas faluas
les ponga a sus nabcs fuego?

l Quieres que d la majia mia
rebuelba los mares gritgos
ccxv para que al1og,1tti ?
MENELAO.

es esto?

SL'ION.

Seîior, las nabes que miras
dar las ancoras al suelo
y dar por seô.a de paz
blancas vanderas al biento
720 troyanos son ô a memido
6 en la uista 6 en el miedo
la rredondez de sus basos,
la proporcioo de sus lcîios.
En Troya naci; mi patria
725 fue Dardania. En algun tienpo
Priamo, su rrey, logrô
de mi esperieucia precepto.

[(16 r.)
De su ciudad desterrado
sin causa alguna, me oyeron

No, Sinon, saber me ynporta
que es Jo que quieren primero
750 que rronpa la paz.
YSMJ:NIA,

Y agora
orilla seys rremeros
traen lijera una falua.

a la

ELENA..

Y un soldado uienc dentro,
que desde ella aze seiial
755 de paz â los muros nucstros.
SINON,

Llega, solda&lt;lo, que el rrcy
Menelao te llama.

�TROYA ABRASADA

CALDERON-ZAllALETA
SINON.

ELENA.

Pienso
qlle Uega â tll boz.

Estando su madre en ciota,

l Quién son los Ui1.nagas?
So11 los Ui1.0agas tan linpios

76 5 que por li1;1piar quedao puercos.
AQ.UILES.
MENELAO.

, Qué aguar[das?

Dinos quién te cnbia.
VTZNAGA.

SINON.

Paris.

, C6mo no Uegas? (Sale Viz.-

[11ag11.) (16 v.)

BLBKA.

, Y quién es Paris ?

[(17 r.)
soii6 que tenia adcntro
de sus entratîas u11 Etna
que yba abrasando su rreyno;
780 mas yo digo que es muger
que, quando estabadurmiendo,
qu&lt;inta â todos que tenia
alla dentro el fuego. Fucgo
nacio Paris y le echaron
785 a una aldea desde luego,
diciendo su madre sea
caçador, que es darle â perros.

VIZNAGA.

Laus deo.

VIZNAGA.

Sabrcyslo
MENl!LAO.

con condicion.

76o , Quién ercs ?

ELENA.

Di qua] es.

VI1.NAGA.

Soy un Troyano.

Di à lo que uienes.
MENELAO.
VIZNAGA.

Direlo.

Habla, pues.

Ml,Nl!LAO.

l C6mo te Uamas ?
V!ZNAGA.

Uiznaga.

me at1 olido la mançana
de oro, aunque no me la uie[ron. (17 v.)

Dicen que

SO)'

como

,w aro

i::cxxv y d 110 ser yo tan 011esto,

and11bie,-a entre /as/l'es :
esta q1tiero, ista tro q11iero.
800 Dar de las tres â la una
esta mançana deseo,
mas por mi consagracion
que no me an tomado' un dedo.
Yo no se quâl de las tres
l\05 es mâs bcrm,osa en efeto,
que, aunque soy dios y no
[bobo,
no entiendo uieo sus adentros.
Dascla tu, dijo cl ·dios.
Y él en fin se la dio a Venus.

VIZNAGA.

Que me escucheys tauto tienpo
770 como el que a que prcguntays.

.M]~NELAO.

Fueron y 1iiuieron dias;
c,,-eâo el t1i1io tc111/o de ello
que biÇ-O ,osas co11 t1111jeres
que fuero bergt1e11ça d be,·lo.
ccxx: Dicen ser j11ez. sit1 /mer /etras
c01110 alg1111os y ett efeto
tanlo dio en no salier 11ada
que uino d salir c011 serlo.

y esa n:apaça de Benus

Estadme atcntos.
De Ecuba y Priamo es hijo
Paris, segun dice el pueblo ;
de ella, yo lo juraré;
77 5 de él, ella sabe lo cierto.

Jupiter, dios de los rrayos,
mirando desde su cielo
790 que en este mundillo bajo
vale mâs quien sabe rn~nos,
Muchacho, le dijo un dia
Jupiter, yo te prometo
que traygo un plcyto entre
[manos
79'5 que me a quitado mil sueùos.
Doiia Juno y Doiia Pallas

Y Paris q11e oyo el pn.ceplo
d todas las diosas les
ccxxx biÇ-O este rraçonamienlo :

Seiiora Pallas, vos soys
her111osa, mas me dijeron
que, como soys varo11il,
soys muger di pelo en pecbo ;
ccxxxv y Marte que es v11estro ermairo
oy me dijo, abla11do en esto,
que wmo diosa os poneys

ccxxvm. Compare with tbi~ the roma11ce eotitled El juicio de Paris Duran
~01:1a.11cero gtnei·al (Bib. de aut. esp., vol. X), p. 314. The spirit is ther: eotirel;

764. Out of tbe plant biz.naga were made toothpicks. The joke cootains an
allusion to that custom and also involves a double meaning in the phrase por

limpiar.

d1fferent. More akin to the version in our text, although more refined, is the
Romance hurlesco of the same title, written a century later by Ignacio de Lùzâo.
Cf. Bib. dt au/. esp., vol. LXI, p. 120.

�TROYA ABRASADA

CALDERON·ZABALETA

266

posa de loscielos.
Se11ora Vmm, Adonis

wia

ces! 111è dijo tm dùi par ct11mto
q11t soys comba por lo 111ds

ô esteb.:ula por lo 111mos.
Se1iora ]11110, ta11bit11
por cumlo esrncbt! e11 mi pueblo
ccxlv que d.iz: q11c te11eys las carnes
[(18 r.)
blaw:as coma iw terciopelo,
par quento lo dice Adonis,
par quento Mm·te soberbio.
Pues seiioras, rropa afam1
ccl y quitemonos de q11ento.
Des1111dose Doiia ]11110
111uy apriesa y lo primera
,lesmbrio 11110s ftta11etillos
e11tre algu11os callos uiejos
cclv que de a11dar tras la matlf(JIW
dtibiero11 ile aber.se/e ecbo.
Las piemas e1w1 111uy tortas
pero delgadas; nias esto
110 y11portaba, que los nwslos
cclx erà11 comodos rrodez:nos.
Dos varrigas de rmicbadJo
de aldea traya por pecbos
y dos guellos de abestruz.
para PefOnes en el/os.
cclxv Mini qui almendritas, dijo,

lraygo por peço11es liemos.
Y al ver/a Pal'is mejor
ln dijo : No, s{no g11ebos.
,11,rropese Vstea q11e s11da,
cclxx la ma11à6. Llegose en esto
Pallas, rrasga11do polluas.
Des,mdase y en rro11pimdo
t()(/ns las ojas al libro,
quedd el pergami110 seco.
cclxxv , As sido Fa1ma? la dixo
Paris)' ûla dixo ·: Necio,
l mds 1,ûlo c1ierpo de 111oça
le a 11islo dl, si acier/a d berlo ?
, A.y 111ds vello pit 11i ay
cclxxx mds vella piema ? l ci1ier011
los tlioses mds vello talle ?
Y tll la dijo: To,1-0 es vello. (18 i,.)
Demibrio Vt11us sus pies
j• al se11te11ciar este pleyto
cdxxxv eii gllfltro pu11tos 110 mds
ftmtl.d todo su dereclJO.
Bmno e1·a el pie, buerio el talle,
bumo el olor y ami crto
que tcdos q1,a11tos lit amaba11.
ccxc la q11eria11 por lo bueno.
Dicln Paris la 111at1ça11u
y esolras diosas se f11ero11,
la 11na d espulgar u11 galgo,
lii otra d esp11lga1· su bello.

ccxx.xvm. Tbe posa, de los cielos is the passing bell. We here have to do
with a coarse pun involving another meaoiug of posa.
ccxxxVIU. Cf. Tirso, La celosa de si misma, p. 144 ab :
l Cuaodo dira : Ropa fuera
El ciego amor que os eomaota
0 rasgara por leeros
La cubierta desa carta ?
This whole burlesque is very much in the vein of Tirso.
cctxxxu. An obvious pun ou vello and bello.

ccxcv Para eslo le dijo Pallas :

Rrapaz:, que si acaso os vco
m q11al que batalla, que
os e de dar pan de pm·o.
El rrey Pria11u1, su, padre,
ccc esta amenaça satl'imdo,
le g11i6 desde tama,io
para la paz: )' el cmzsejo.
810 Hagora qu~ Agamenon,
tu t?rmano y rrey, a dispuesto
quedarSe sin su mujer
y darnos con ella, luègo
la vengança dispone
que vaya su hijo Ector
y que Paris venga a Esparta,
para que tù como cucrdo
procures que de Ansiona
haga el laço mas estrecho
6 le aran juntar con ella,
aunque no esté para ello.
Venus pues, agradecida,
como diosa no sabiendo
con qué pagarlc, le dijo :
HijoParis,yonotengo, (19r.)
si no es que te dé mujeres,
que dar, si son de probccho.
Diosa soy de los amores;
yo te are felice en cllos.
Yo me contenta, la dijo
y desde eutonces cayeron

a

8I 5

820

825

830

hembras de a dos mill ducados
a mcnos de a real y mcdio.
Andan tras él ansi, ansi,

635 mujcres de muche pclo
y si él no fue.ra tan facil,
estubiera muy bien puesto.
Uua le da dos mil rrcales
cada mes sin los probechos
840 de rropa blanca y vestidos
y sus rnanos libres luego.

Las gardas sudan por él
y rma coja le a11da bacieudo
cccv par las wlles y las plaças
rrebt1-encias por 1110111~11/os
y versos tanbie11 le ace

,le pie q11-ebrado. Pues luego,
l no se an hecbo corcobadas
cccx mill mujeres e11 el 1-rey110 7
porque lo mucbo que le iima11
a1111 no les cabe e11 el pedio.
'La que le Jxzga la casa
se biço Rr0111a, quirien.do
CCCXV solo mm bc'Z_ que le cupo
abrasarle co11 aprieto.
Es uie11 quisto, es -::aleroso,
es prudente y e11 efeto
sabe dar sin q11e le pidat,
cccxx )' no se alaba de ncerlo.
C0111epocc,noabla m11cbo(19v.)
y sobre Ioda mcarez.co ·

840. It was a very common custom for ladies to makè their galants presents
ofropa blanca. Cf. Ma.1ia11a sera otro dia, Vol. I, p. 546 b; Elenc;wto sifl encanto,
Vol. Ill, p. 129 b; Lope, El an,uelo de Fe,iisa, Vol. lll, p. 37r c; Tirso, La
alora desi misma, p. 142 b; Tirso, La lealtad co11/ra la envidia ( ed. Cotarelo y
Mori), Vol. Il, p. 592 a.
cccxv. An allusion to the burning of Rome. There is probably a pun on the
other meaniag of the word as wcll.

�268

TROYA ABRASA.DA

CALDERON-ZA.BALET A

que es mui cortes, que est/1. parte
bace amable d un caballero.
Éste es Paris, éstc cl juido
fue de las diosas, :1. esto
viene a Esparta, éste es un[bîen
845 de Venus, su dfosa el premio.
Rrey cres, tu fabor pide.
Picdad tiencs, oye el rruego,
para que Troya y Esparta,
uniendo Eorona y cetro,
850 vnl.l sea luz de los astr-0s
y otra aplauso de los tienpos.
MBNELAO,

1 Ea, a rrèceuir, salgamos,
Griegos mios, cl mas nuebo
joben, que en Grecia y Esparta
8H estan alabando a un tienpo
en boces toda la fama
y mdo ese monte.en ecos 1
VlZNAGA.

El que ya a dcsenbarcado
en tus orillas primera

86o quicre llegar

a tus braços.

MENEI.AO.

Vete, Elena, que no quicro
que en tu semblante ninguno
lea tu aborrecimiento.
Y por si agora me fuerc,
865 dame tus braços. (Abraçala.)

ELENA .

[Ap.)

jEn ellos,
quepoco alibio a de allar
mi dolor l(A MenûtUJ.] Guar[dete el ciclo. (Va.se.)
MENl!LAO.

Voy

a rreéeuir

â Paris. (Va ti

885 y Telemonio quisieron,
mucrto mi padre, quitarme
por fucrça de armas el rreyno,
tu padre me ayud6 entonces.
PARIS.

Luego querrcis, segun eso,
890 lucir vucstrn obligacion
con vuestro agradecimiento.

[salir y sait Paris.)
Ml?NELAO.

PA1!.(S.

Paris, el amigo vu.estro,
870 Menelao, con estas laças
los quierc -acer rnâs estrechos.
[(20 r.)
MENELA0.

Paris, ya -sé

a lo que vienes

a Esparta; y assi, primero
que intente lograr mi hoydo
87 s la vanidad de tu rruego
quiero que conozcas tù
que esta ovedicnzia que enpleo
en mi obligacion sera
muche antes que tu preceto.
880 Tu padre el rrcy es mi amigo.
PARIS.

Goct;: coronas y cetros
quien en la ocasion se acucrda
de vn amigo verdadero.
MENELA0.

Quando Agamenon,., mi her-

[mano,

884. I know of no other ,·ersion in which this attempt to deprive Menelaus
of his crown is mentioned.

Yo me yva â enbarcar aora,
que mi hermano con yntento,
rrepudiado ya à Ansiona,
895 de voluerla a Troya luego,
para que yo la lleuase,
me enui6 â llamar y quiero
sin dilatar la jomada
yr â trocar los afectos
900 de. vn rr1:.y mal aconsejado
en los de vn monarca atento.
Yo are que buelba a admitir
tu hermana y aunque para
[azerlo

915 1Hea, Sinon, â ti te dejo
para que, ospedando a Paris,
agas que en mi ausencia a vn
[tiempo
su hoido, vistn y olfato
y gusto gocen sin rriesgo.
920 De esa amenidad, la vista;
de unto aroma sabeo,
d olfato; goce el gusto
de tantos manjares nueuos ;
y cl oydo de las voces
925 que concierta el ynstrumento,
Franqueale mis tbesocos;
los altos muras soberuios
que la vijilança aze
mas firmes si no nuts bcllos
930 sus hordenes obedezcan
en humilde sentimiento.
cccuv Mi11ota1tro, el mur sediento,
medio CWJrpo dt cristal
y ile la espuma otro 111edio,
mds crezca d vesar la arma
que JJal/6 su pre aquel Ybltc
cccxxx que a becbo Abril que parq_ca
'/Jerde seiia del pri111ero.

avcnturase pcrder

905 patria y vida, farna y rrcyno.
((zo v.)
Y aora, Paris, mi amigo,
en tanto què a Esparta vueluo,
quiero en los palacios mios
sosti tuirte mi cetro
910 y que otro corna yo pidas,
mi monarquia cediendo
a tu aduitrio aquellas leyes
que mis Griegos ynpusicron.
1 Hea, Aquiles, a enbarcamos l

V tiles fragrancias siruao
para el ocio y aora yntento

[(21 r.)
darme a la vela antes que
93 5 6 la mudança del tiempo
6 la yncostancia del ado
agan, si éste no aprouecho,
que no cunplamos tu y yo,
los dos estando en mi r.reyuo,
940 ni tt\ con lo que me ordcnas
ni yo con lo que te deuo.

cccxxx. This ,,erse perhaps contains an allusion similar ro that in line cvn.

�T.ROYA. ABRASADA

CALDERO~-ZABALETA
PARIS,

PAR.15,

SINON.

Mucha deuo

Aduicrte, sefior ...

a tu amor.

MENEI.AO,

Ninguno

1Todos los dioses te anpareu
y déte felicc puerto
la tîerrn !

MENELAO.

rp.e .rreplique.
AQU1LES.

PARIS,

que ay gran nies[go ...

9 5s De ser tu amigo me prezio.
Amigo y agradecido

me all:mis.

SrNON.

en dejar [agora] â Paris.

i Dente esas oudas
cristalino monumento ! (B11elbe

[la cara Paris y ve d Elena.)
PARIS.

970 è Qujén contra ...

MENELAO.

(Vasse. Sale Eld1za por detras de
Paris, tnira11do al vistuario por las
espaldas de Paris, mirando Par-is al
vistuario.)

945 Ya estais cansado.
SINON.

Obedezco.

Quién en

[fauor ...

MENELAO .

el rrey ...
Ya el rrcy se eobarca.

1Hea, Paris, aqui me aguarda !

Mene)ao, aqui te espero.

Yyo Elena.

ELENA.

de mi esposso ...

MENELAO.

hermaoa

1Cielosl

, Qué e visto ?

De aqui

las naues la espuma, burlan
cl mar que las tiene eu pesso.

i Netuno, aplaca ms mares 1

PARIS.

é. Qué c uisto,
[dioses?
que voy a ablar y no acicrto.
PARIS.

PARIS,

del Rrey Priamo con quicn
tratado esta el casamiento
de Casandra, hija del rrey
995 Telamonio?

o lo niego.
, Tu no eres de Menelao
espossa?

llLllNA.

Ya n:ompiendo

Aun mâs preûo
950 que mi propia conuenencia
la verdad de tu deseo.
Voy te [a] acompai'iai;.

as de pasar.

PARIS.

ELENA.

PARIS.

110

Ya el rrey,
dando las velas al vieoto,(21 v .)
96o aze que viren sus proas
aci,i Ateru.1s.

990 Yo soy Paris.

è Tu no eres el hcredero

PARIS.
PARIS,

l'ARIS ,

PARIS,

ELENA.

a tu

, Quién eres tû que, ygnorando
tu propio merecimiento,
antes que Venus lograra
985 de Adonis abrazos tiemos
no adclantaste â sus ojos
tu mcrito en su rrcspeto ?
que Venus no amara Adonis,
si ella te vieta prituero. (22 r.)

ELENA,

Quieralo el zielo.

l,IENELAO.

Aré que admita
Agame non.

y â scr quicn lleuara el prc[mio?
980 que si yo te buui.eta visto,
nuuca yo clijiera a Venus.
ELENA.

ELENA,

Sabras pagarle.

271

, Quién eres,

tu,

Tarde lo siento.
l'ARlS.

mejor diosa

ELENA.

97&gt; de quantas Csos luceros
huellan? , Coma no vajaste
a competir en cl duclo

965 1 Heolo, yrrita tus vientos !

de Venus, Palas y Juno

Pues yo me voy, que no es
0usto,
siendo él â quien tante deuo,
rooo que lleguen los ojos mies,
atreui&lt;lamontl! cicgos,

�CALDERON-ZABALETA
adondc no es permit1do
que lleguen los peosamientos.

ELENA.
1020

ELENA.

Pues voyme, que no es rrazon,
1005 sicndo Casaodra tu dueiio,
y sicndo del rrey espossa,
ni su amigo y él tu afecto,
que oo pudieodo ser tuya
-por vno y otto rrespeto,
1010 ame yo como mujer
de las que en sauiendo d
[rriesgo,
acen del mismo ynposible
mas faciles los deseos.

TRO"\'.A ABRASA.DA

amjgo a quien yo le fie
tu secreto.

quicres que, prospero el mar,
los guie a fclicc puerto.

ELENA.

PARIS.

Peor es eso,
que es sedalque tiene muchas,
el que no tiene vno estrccho.

Es gr.i.nde mi obligacion.
ELENA,

Pues mi passion... mas no
[quicro
que le pierda la vo2 mia
1025 :i. mi dalot el rrcspeto,
que el coraçon y los ojos
querran ymitarle luego.

PAR[S.

1040

ELENA.

&lt;Tu palabra ?
Eres hombre, no la cr o.

PARIS,
PARIS .

PARIS.

Pues hago pleyto omenaje
i tus ojos ...

, No-merezco que me fics
tu cuydado?

Pues guardete el cielo, Ele11a.

ELENA,

ELENA.

1015 Guardcte, Patis, el ciclo. (Hace
[q-ue se 11a y buelba.)

1030

PARIS.

PARlS.

Pues si a ellos
la deues cumplir, escucha.
PARIS.
1045

Di qué.

El.RNA.

Pero espera.

Ya sabra eso.

guardarme vn secrcto.

PARIS.

Pues cmpieza, hermosa Griega.

PARIS.

Dime por gué ...

Soy noble.

ELENA,

a que cfcto ...

PAlllS .

ELENA.

El.ENA.

103 5

"No es buena seàa
de guardarle.

qui~res que cl Miditerranco

[(22 v.)
le dé sepukro sangriento.

6 ayrados ...
ELENA.

ELE&gt;'IA.

PARIS.

Di

ELENA.

Para hazerlo
me fa!ta saucr si tienes
valor t.mto y tanto pecho
que sep~s si te le fio ...

Pero aguarda.

Mi palabra.

PARIS,

Yo no tcngo

1050

Galan Troyano, oye atento.
Ya abris oydo decir
que Castor y Polus fueron
mis hermanos. Ya sabras
que porque tenia derecho
Menelao a Ja gran ysla
Citera, donde esta el temple
REVUE RISPANIQ.UE. D.

2 73

que fabricaron los dioses
J0)5

a honor y aplauso de Venus,

que era de mi bermano Polux,
c:n dos nauales encuentros
de Griegos suyos se uio
el cstrago tan sangriento
1060 que al vario creciente solo
logr6 en cristales enbueltos
mas cadaueres que espum.'ls
la playa del mar Tirreno.
Los principes de la Grecia,
1065 como poderosos, viendo
que era mas siempre La yra,
no siendo d estrago mènos,
entre mis hermanos dos
y Menelao propusieron
1070 vna paz siempre segura,
dificil con s6lo vn media.
Que yo me casse, disponen,
con Meoelao. Quando llego
a ver que principes tantos
!071 del Africa y Assia an hecho
conveniencias de arrojar
los ynfantes de sus rreynos,
quando veo que en. las !ides
ajustan paces y medios
1080 en salas sus conveneneias
sin mirare!gustoajeno,(2;v.)
y quando veo que somos
myntiendo amor y rrespeto
lo mas en lo que e!los diceo
rn85 y en loque estiman lo menas,
no quisiera de dos rreyes
ser hennana porque veo
que vale mas :i. mis ojos
vn ahredrio que vn cetro.
1090 Vino Menelao a venue .
Pareiile bien, que luego
huuicron de conuenirse
sus ojos con sus deseos.

Az.er prelemle ji11ez.a
18

�2 74

CALDERON-ZABALETA

TROYA ABRASADA

quierc pm•ez.er 111ariào;

de ln brttmlnd, q11.irie11do
Jacilitar con ms laços
cccxxxv lo que sus ojos te111ieron.
Ago del odio rrecato,

cccxlv y tal vez. por m rrespeto
quiere arriesgane â mi mojo,

porque 110 le culpen lueg-o

109 5 y valiendome del rrucgo
con ):!grimas dat procuro

mas plaços .\. m.i tormento.
Rruega amante ; yo le escucho
por ver si mi oydo mento
1100 alla mis en sus palabras
que allar mis ojos pud.ieron.
Que me adoraua le escucho
y yo crey sus t'requiebros ;
luego, si yo le quisitira,
110s salicran tau verdaderos.
Cassome con él mi padrc
y, avnquc mi mano le dieron
como lazo tan prcciso 1
me la trat6 como premio.
1 rro Llegô ynfelize la nocbe
en que el nudo de Einineo

e1U1nrlo la citriosidad
vaya d exami1lflr el l~clJO.
ceci Yo me rrtsisto, li se enoja,
pero me diswlpa il 111es1110,

pmsa11do que oquel rretiro
es cuydado y 110 despego.
(Muda rrepresmtaciou co,niJ que se
des111aya.)
1 Valga.me el cielo I i: qué
(siento?
Tard6 cl coraçon. Parezc
1125 no que pulsa ... 1 Todo el cielo
sin luz !
PARIS.

J Elena, seôora 1
(24 v.)
fil.ENA.

le afiançlt con el lecho.
Desnudanme mis criadas
r 1 r 5 con afuîo desconpucsto
y quanta ellas dcs111.1dauan
otra ve?. vva vistiendo.
Todas al;uan mi èsposso
al ver q.ie suspiro y temo,
1120 mas uo me siruio de alibio
el vsso &lt;le. los consuelos.
Llega el alba el rrey se uiste ...

y no que biue aUâ dentro.
PARIS.

&lt;Que siente

?

PARIS.

1 130

SI, eso dijistc primero.
El-ENA.

Pues ya prosigo.

Eso aguardo.

Bien dices.
ELENA.

Pero&lt; que es esto?
l cuâl fantassia por ciega
borr6 con delirios necios
1140 las verdades que en la ydea
escriuio mi pensarniento ?

Pues aticndc.
PARJS,

Ya ouede,zco. (zJr.)
ELE 'A.

Trujome

Turuô vn dcsmayo tus Iuces.
ELENA.

Mentiria, segun eso,
el lauio, criando las voces
1145 que no eran de mi silencio.
PARIS.

Rresbal6 tu misma voz
por tu lengua.

ELENA.

Dejame, Paris,
traydor T royano, tu as hecho ...

PAQ.IS.

PAlllS.

PARIS.

PARIS.

(24-1·.)

Llega al tala.ma. Aqul si
vieras lue/Jar su. desseo
coti mis rretiros. Aqit-i
co1wcie1ulo mis despegos,
cccxl parez.er 1w quiso am1111te,
par 110 pareur grosero.
Tal vez. c.b11 blandas violenâas
y tal COii ayrados rrnegos

madre de Amor, no es bien
fhecho
que su violencia no deje
r 13 S lograr tu merecimiento.
Yo no he de amarte por
[fuerza.

ELENA.

Si, fuc eso.
l Eu que estabamos ?
PARIS.

Sefiora.

Dedas
que el rrey se vistio.

a su

corte el rrey

1155 y en mi s ~ienes p1,1s0 luego
rreal la corona de Esparta,
quitandosela el, mas creo
que no fue grande fineza,
que avnquc coma amante
[tierno
r 16o me la pusso como gala,
se la quiti'I como pesso ;
y viendo que Jas fineças
110 me obligan, a propuesto
yr con el trato, ablandando
1165 loque no pudo amer ciega.
Al tiempo libra csperanças,
pero como le aborrezco
sin mas ocasion que auer
enpeçado a aborrczcrlo
I 170 la messa, el lecho, la caza,
musica ...

ELENA.

que vcua yo
por los ojos el veneno.
Si es Veuus la que te aupara.

.EUNA,

y a tiempo
u 50 que sin aver conseguido ...

PARIS.

i Aqui de los cielos
socorro, deidades vellas 1

�•

CALDERON-ZABALETA
PARIS.

que vna Gricga es quien me a
(muerto.
Vete, Elena, de mis ojos,
1175 &lt;quê quiercs de ml, yman
[vello ?
que como yerros del alma
me atraes los pensamicntos.
Ya la amenaça de Palas
se a curoplido, porque dentro
1180 de mi. coraçon batalla
con mi muerte mi rrespeto.

ELENA.

PARIS.

ser traydor .. .

sera cierto ...

ELENA.

i Qué confusion 1
PARIS.

a mi estado.

i Qué dcsdicha 1

sera sin duda . ..
PARIS.

ELENA.

a

mi rrespcto.

PARIS.

i Qué pena
que el trato ...

ELENA.

Pues adios.
ELENA.

u8s

277

TROYA ABRASADA

PARIS.

1Qué senti.miento 1

PARIS.

De Venus ya la promessa,
i ay de mi I cumplida vèo,
pues en vano doy agora
mas rresistencia a mis fuego.
Dexame, Troyano ... (.25v.)

1

que la asistencia. . . mas esta
el tienpo lo a de decir.

Adios.
ELENA.

PARIS.

&lt;. Quê aguardas?

1205

Pues dejen,osselo al tienpo.

ELENA,

Mucho te temo. 1 Ay, Amor !
PARIS.

1 Ay, Amor I Mucho te temo,

PARIS.

PARIS.

Ya,
bermosa Griega, te dcjo ...

1195

El.ENA.

En el camino no acierto.
Mi muerte aguardo. Mas tu,
&lt;. qué esperas ?
ELENA.

que es primeromiconstancia, ...

Mi muerte espero .
PARIS.

PARIS.

1 190

que es la obligaciou primera
que debo a vn rrey y â Vll
[amigo, ...

&lt;. Por qué, si

a

la prime,
[vista ...

ELENA.
ELENA.

, por qué, si al lance primero ...

que no es rraçon ...
PARIS.

PARIS.

1200

la vida postras ...

que no dcbo .. .
ELENA.
ELENA,

ser dt:sleal...

d alma
arrebatas .. .

Variant readings and textual notes, Act. 1.
After the names of the characters, I have omitted the two !ists of actors,
having previously given them in the introduction. The names Liuio y Ascanio
arc not written in the same hand as the rest but replace the word Soldados
which the author had written. - 1 r. sieodolo, a correction for siendolos. 2n. After this verse, two verses bave been crossed out. The first line and a
half, now uttetly iUegible was given ta Hector. Then Viznaga speaks the
words : Tu padre. It was the poet's original intention to make Priamo enter
at this point. The long dialogue which follows was an afterthought. - x1.
In this and many other rejected passages in the first act, the author, censor,
or mana~er has not beea content with an ordinary erasure, but has smeared
the ink in such a way that the reading cannot be determined without the aid
of chemicals. The later MSS. throw no light upon tbese passages, as none of
the 1ines marked for omission in the autograph MS. was retained in the Jater
MSS. The erasure was here made in black ink. - 3t . First written : è No me
diras el sujeto ? The first three words were then stricken out and in their
stead was written : &lt; Mas no sabre yo ? These corrections were ruade in
black ink. The original text of Act I is in a light brown i.nk. - 52. To the
right of these lines was written : PARIS. Pues , quién fue? fuc was changed to
es ; thcn the whole was srricken out and there was writtcn instcad : que yo

��TROY A ABRASA.DA

CALDERON-ZABALETA

280

TROYA ABRASADA.
SEGUNDA JORNADA.

SINON.

(Toc,m cajas. Salet1 Me.11elao, Sfoo11 y
AquUtsyaccmpmiamit.1110.)

[Ap.]

(1 Triste de ti quando sepas
el mal que te a sucedido 1)
(Va.se.)

M.ENBLAO

Gracias les doy i los cielos
de que ya la tierra piso
de mi patria, de mi carte,
y de mi palacio mismo
en donde podn: albergar
1215 à mi hermano y a mi amigo
Agamenon, rrey de Atenas,
que hasta mi rrcyno a querido
acompariarme y a quien
yo, oficioso, no permito
1220 que de los vajeles salga
haSta que esté aperceuido
el mayor rreceuimiento
que los mortales an visto.
Gracias les doy otra vez
122 5 de que :\. mis dulces aliuios
(26'!•.)
de los rriesgos me an sacado
del bago ymperio de vidro;
del mar digo, de ese mundo
de aguas en cuyos avismos
1230 tan dudosa esta la vida
que no se da mas distrito
entre la vida y la muerte
que las tablas de vn nauio.
Feliz yo que salgo dél
12 35 al apacible dominio

1260 son tantos como las olas,

de mis leales vasallos
y de mi esposa al cariiio.

JHESD&amp;, MARIA, JOSEPH-. (26 I' .)

1210

AQUILI!S.

1240

[Ap.1

(1 Ha infeliz alma, que aguardas
de tan gran golpe los filas.)
( Vanse todos.)
MENELA0.

A los ojos de

mi Elena
donde el sol y yo vivitnos,
yo como esposo y amante,
1245 él como adorno y aliiio,
&lt;no me direis c6rno tarda ?
è pero qué es esto que miro ?
Solo me an dejado y va
cierro temor mal nacido
1250 entr:mdoseme en cl pecho.
Tiranameote adiuino
de alguna grau desventura.

(27r.)
dios ! qué de
(yndicios
alimentan este 111iedo
1255 porque crezca à ser martirio !
l No rreceuirme mi rreyno
con aplauso y rregocijo
el dia que del mar salgo,
golfo donde los peligros
1 Valgame

1237 . Throughout this passage Menelao refers to Elena as i~ she were a
Joving wife. This straogely contradicts the cbaracter o'. Elen~ as It was drawn
in Act I and is aoother instance of the awkward way m wh1ch Calderon continued the work of the first author.

quando el contenta preciso
pareda en mis vasallos !
pues basta oy no an sauido,
todo eJ tienpo que e surcado
1265 esos campos de zafiro,
si me avian de contar
con los muertos 6 los vibos.
Los pocos que a mi palacio
me acompaftaron se au ydo
r 270 y rreparo con que estuvieron,
quando estuvieron conmigo,
muy sin gusto los semblames,
el ademan muy sin brio,
muy sin palabras la voz
1275 y muy sin pompa cl alino.
l Cielos 1 , Qué puede scr
[esto ?

Si les causara Jastidio
ccclv mi goviemo . . pero 110,
que r! ellos les baga testigos(27v.)
que sienpn procuré hm:er

1a obligaâo11 de 1111: oficio.
Arbol es el ney ti q11ien
ccclx sirbe11 de cop11 los picos
de la. coro11a, planttUJo
en mcdio del cmcbo sitio
de su rrey1io y yo, atmdiendo
aqueste arbol significo,
ccclxv e procur11do hacer sombra
d rni:ivasallos. (Mal digo,
ri: mis bijos, porque el rrey
es padre con 11111cbos hijos.)
Simpre a sido mi desye1o
ccclxx producir frutos opimos
que cl ellos les aprobuba sen,
mtregandome al olbùlo
de e11rriq1,ecer yo de ojas
y flores los rramos 111ios.
ccc!xxv No la entiendo y le q11e mâs
e11 este s11ceso ailm iro . .•

Pero lo que mils me admiro
es que, aviendo yo pisado
deste palacio que avito
1280 las quadras, â rreceuim1c
no aya mi esposa salido;
pues aqui no admito dudas
de si pueden 111.is desvios
aver.Ia desaçonado,
1285 contrato duro y esquibo, (28r.)
que avnque aya sida mal rrey
e sido buen marido.
Si sera tnuerta ... mas no,
porque el luto era preciso
1290 en todos, que no pudiera
hacerles algun designid
faltar ;\ vna obligacion
tan guardada de los siglos.
Tanpoco a mi guesped Paris
r295 t!ll esta ocasion c visto.
Mfontras m:is discurro, menas
aciertos debo al juytio.
Mas lo que me da 1111is pe11a
es mi esposa. l E11 qui 111c

[yllpido
que por ella 110 pre~;nto ?
ccdxxxv i Ola 1 111as yo solicito
averigMr v11a duda
que esta mas àcia el pcligro
q11e algu,ia desdicba gnmde ...
111a.s tanvie,i es dewar-io
cccb:xxv no bacerlo, porque es qui,m
[sieutc
el inalsin que aya vmido
desdicbado antes de serlo
11~ 111c1s de porque él lo guiso.
Salgamos de confusiones
de vua vez, coraçon mio ;
1300 vivamos la vida toda
sin dar a los parasismos (2811.)
deste temor tanta parte ;
6 muramos atreuidos

�TROYA ABRASADA

CALDERON-ZABALETA
quanto ay que morir, si es
[cierta

1305 la desdicha que ymajino.
1 Dia, criados 1&lt;'. 110 ay 11adie?
cccxc i Dia, vasallos, a111igos 1
Nadie respo11de. 0 Ili, e.sposn,
vén ti dar li mis servicios
en aquestas co11/11sio11es
la quietud de.stos delirios.
cccxcv I Ta11pocoviene. i Ay demi 1
Qrlé de pe.sar, ay, reprimo !
AmigoParis, pues 11adie
111e acude, arnde hi, a111ig-o,
porque 1!ea.s de mis a1111os
cd
el vltimo parasismo.
Sordo todo e.stti ti mis voces.
Ya co,1 mi 111is1110 me irito.
1 Ola ! &lt;no ay quien me rrcs[ponda? (Sale Si11011.)
SINO ••

Si, seiior. [Ap.] (1 Ouro con(8ito !)
MENELAO.

[Ap.]

(, Donde cstà ?

A ninguna voz me aplico
para enpeçar.

SINON.

Ya te ovedczco.
1 Qué ynfeliz fue tu destina !
MTh""ELAO.

Volbed aca. Yo estoy loco.
Decid c6mo no a salido
a rreceuirme la rreyna.

6 m los celos con qu~ vibo.
1 Mujer que me dio la rnano,

1340 Dilo otra ve1., porque yo
no lo entendi, diuertido,
6 no se atreue â creerlo
cl alma por no sentirlo.

(Ap.]

MENELAO.

SINON.

(Ya se turba.)
, De vn aspid quieres dos
[veces
IJ4 5 escuchar, seôor los silbos ?

SINON.

Paris, sei'ior ...
MENELAO.

MENELAO.

[Ap.]

&lt;Qué ynpona, si en vn cada-

(!Mal principio 1

[ ver

rpo I Por Paris enpieçal Estoy,

esta el veneoo baldio ?

1 vive d cielo ! por no oyrlo.)

SINON.

SINON,

Paris, el troyano guesped
que rreceviste festibo,
que ospedaste con grandeza
1325 y agasajaste venigno,
violando del ospedaje
el sienpre sagrado rrito,
cautelosamente alebe,
yndigno rrey, falso amigo,

&lt;pero

qué
[yntento?
1 Vive dios I que estoy corrido
1 po de teoer tanto valor,
que es Je poco amor yndicio.)
[ti Si11011.J Déjame.

1 31 5

SINON.

(29r.)
1330 rrob6 â tu csposa y quebr6
aq11esos salados vidros
con las quillas de su armada,
peces de madcra y lino.
Si fue, senor, con su gusto,
133 5 ni Jo niego ni lo afirmo ;
p1iro de su rresistencia
no dcj6 el menos yndicio.

[Haa que se va.]
MENELAO.

Sinon, Sillon, no me dejes.

&lt;Qué me as dicho ? , Qué me
[as dicho?

Pues si tû atenderme puedes,
yo no puedo rrepetirlo. (Vase.)
MENELAO.

t 350

Mal que para die ho es grande,

&lt;quai sera para sentido ?
&lt;Qué es csto, cielos, qué

es
(esto?
&lt;Qué fracaso, gué prodijio
es, 1 ay de mi I el que en mi
[onrra
tH5 y en mi amor a succdido ?
El alma de ambas pasiones
es cl decticado sitio. (29V.)

Mi a111or 110 pttede dt1darse
que sera gra11de, si es mio.
cdv Mi ,mwr, por ser el objeto
tan hmnoso, es y1ifinito
)' asi, oy erida el a/ma
«m dos ta11 fteros wchillos,
dltdo e11 q11til de /0$ dos çolpes
cdx sea 1111is fuerte el 111artirio,
6 e11 la pif,1111ia cou qur 11111e1·0

con quien yo parti el ynvicto
r 36o diadema de mi cabeza
y mi sacro solio altibo,
pudo (aqui la voz me falta)
dejar con desden esquibo
ln mitad de mi corona
136 5 y de mi lecho vacios !

Pero si dije mujer,
l como lo d11do y udmiro ?
cdxv I A11imal ta11 y1ico11stanft,
tan jlaco y rresbdladiço
que noay e,i sru piesjirmeça
ni onor m sus ma11os fijo I
Yaestoy sin onrra. Yd 11/ean
cdxx manchos sw cris/ales limpios.
l A, ley lmmatta, ymm1a11a,
laqu~, sa11grie11ta,preui11o(Jor.)
que la desimrra sigtiîe.se
mds que al aulor del delito !
cdxxv Si onrrado 1/oro mis males,
ama11le ta11vien me aftijo
con ta,i desi•sada pma,
cim dolor ta11 escesibo
que e cuydo que estoy n111erlo.
cdxxx Y con m1ç~11 lo e creydo ;
porque el amor y la muerte
dexan efetos disti11tos.
Amor hace Je dos 11/UJ
y, por el contrario estilo,
cdxxxv la ,,merle de 11110 hace d-0s,
pues e111111trie,ulo es preciso
que quede qru1lq11iera m alma
y e11 cada11er rrepartido.
De Ele11a I a fiera I y de mi
cdxl 1111estro amor e11 su principw
hiço 1J11 sujelo ta11 v110
que e11 v11 coraço11 'IJivimos.
L11tgo ya 1/qô la nmerte,
pues 111t e,u;ueutrô di'Vidido

�CALDERON-ZABALETA
cdxlv m v,~ alma que hu,ye, yngrata,
y ei~ '1,m cadai•er ya /rio.
1Qu~ decir umstancias tiene

cdl

es/e desmati enemigo,
que m mi jietarne11te logran
los otros executibos ! (J ov.)

El que a mi esposa me lleba
(1. como este nombre rrepito ?)
es el mismo d·e quien yo
la fie, poco advertido.
r370 i Ha, mal aya, amén, el
(hombre
que aun de su mayor amigo
fia vn animal que es
bermoso y antojadiço.
i. Pero c6mo yo me atrebo
1575 creer que aya podido
ser Elena deslea.1 ?
Miente el lauio que lo dijo
y miento yo si lo creo.
Sin duda que en los rretiros
1380 dcste rretrete meaguarda
y a buscarla determino.
Elena, mi vien, esposa.
No te escondas 6 el rrejistro
de mis ansias a de ballarte.

a

Dame, sei'iora, los braços.
Mas é. qué es esto ? Yo deliro,
pues es lo que abraço vn
[lieuço
y vna sombralo que sigo.
1400 1 Ha, qué de lijero creyen,
valgmnè dios, los sentidos !
é. Cd11uJ ccmimtm los hombres

este arte qi1e tnaldigo
de la pintum, siFViet1do
no
su dulce artifaio
cdlv qia de mq_da.r, ynjenioso,
lo cierto c01i lofi1ijido,
la verdad con el engmio,
lo b1ti1tano am lo diuin-0,
y de bacer burla de vu alma
cdlx con ms hermosos ecbiços?

mas

1405

1410

(E11tra por v11a puer/a, sale por otra,
enqumtra el rretrato y corre la
cortilla.)
1385 Toda 11 de quedar movido
de mi cuydado hasta que
cncuentre el vien a que aspira.
Vien deciayo, dueiio hermoso,
y vien mi amor contradijo
1 390 i las yr.ttames rraçones
que fon:n6 lauio atreuido.
Claro esta que era yuposible
que hubieses ttl cometido
(J Tr.)
vn delito tan ynorme.
1395 1 Dichoso yo, que tee visto !

TROYA A:BRASADA

141 5

r420

Mas ttl, simufachro errado
de aquella enemiga vella,
no te pareces â ella,
pues tanvieu no me as dcjado.
Tu pince! poco acertado
y valiente Iue en la accion
de ymitar su perfeccion,
pues no p11do su altivez
rretratarle de vua vez
la cara y la condicion. (J rv.)
No espere gloriosa palma
tu artifice. En la pintura,
pues, no ynfundio en tu her[ mosura
las fealdades de tu alma.
Mas ya, yrnajen, vibo en calma
y no pretendo al pince!
acusar de poco -fiel
por la rraçon que me muebe;
que quiça, siay quien te llebe,
te yr:ls gustosa con él.
Pero po.rque asi no sea
aqueste acero que auimo
te a de hacer dos mill pedaços.

( Vale à dar con la daga y salen dete11imdole Agame11011, Si11011 y Aquiles.)

1425 i. Qué es esta, hcm1auo?
SINON.

1Vamos sobi;e Troya, vamos,
y la sangre de sus hijos
1450 rrebose por las almenas
y arrastre los ed ificios 1
Ten valor, rrey ynfe.liz,
y no desmaye tu brio,
que tanbien ynl a tu lado
1455 el cielo, que es conpasibo.

El castigo,
seûor, no a de ser asi.
AQOJLES,

En vn rretrato es baldio.
MENELAO.

Pues en mi vien enp\eado
cstara, porque e uacidq.
AGAMENON.

1430 Deten el eroyco braço,
grande Menelao yuvicto,
que para mayor enpresa
le a me11ester el destina.
Dentro de tu capitana,
143 5 quando aguardaba festibos
rrecevimientos, rue hallo
la novedad, el prodijio
que en tu rreyno desdicbado
y en tu onor a sucedido.(J.2r.)
1440 Lleno de onor y tristeza
dejo el mar, tu akaçar piso,
mucha nuis que a consolarte
adeci rte sin al ino
que eres rrey, que soy tu her[mano
1445 y rrey tanvien. l Los avismos
destc nuestro enojo ygualen
ejercitos vengatibos !

SINON,

Seiior~ ~vnque s.oy Troyano,
me tiene tan ofendido
mi patria, y tu braço eroyco
tan lleno de '/'epefioios,
146o que por ambas causas debo
obrar mucha en tu seruicio.
Yo me tengo de yr â Troya_
y con desvelos actibos
sere, cautelosameme,
1465 cspia de sus designios,
Mi yndustria ya la conoccs ;
mi amor no se te a escondido ;
pues fia de mi tu vengança,

(J2v.)
que yo de vno y otro fio
1470 que tienc Troya ·de verse
e.o ceniças por mi arvitrio.

AQOILES.

Aquiles soy, Mcndao,
y quando tantos motibos
no hubiera para ayudarte
1475 en este dura conflito,
cl ansia de ver si Ector
es tan brabo coma au dicbo
a esta gucrra me llebara
con orgullo y regocijo ;
1480 pues para sala est.t enpresa

�286

CALDERON-ZA.BALETA
pienso que Ulises previoo
sacarmc de donde Tetis
rreparaba mis dt:stinos.

TROYA ABRASADA
AGAMENON.

[çosas
culebras so,i del ayre 'b11lliciosas.

SINON.

SINON .

.Agamcnon, dulce hermano,
1485 Sinon, berdadero amigo,
Aquiles, joben valiente
cou quien mi sangre diuido,
l o qué dulces esperanças
les dais a los yncentibos
1490 del enojo en que me abraso,
de la ynjuria en que me yrrito !
Mi vida esta ya en vosotros ;
,·uestro es mi onor, ya no es
[mio.
Tratadinele como vuestro,
1495 porque cou cso yo afiro10
que tiene de verme Troya
m.ts veugado que ofendido.

Las jlam1ilas yuquietas y go-

i El fuego no nos caliente l

i Salgan los cuchillos nobles l

.MENELAO.

CASANDRA.

AQUll.ES.

1 Buelbanse arena los rrios !

1 Rrelumbreel ames brufüdo 1

PRIAMO.
AQUILES.

M.ENELAO.

l Rrelinche, armado, el cab[allo 1
AGAMENON.

1505 1 Pucblesc

cl mar de nauios !

l Vien ayan, améo, las voces
c5 que asi alegran mis oydos 1
(Vo11se.)
( Toqtttll clarilles y salgan por Vtlll parie
Casa11àra y por oll'a Priatno, 111ira11do
al vestuario.)

Los vie11tos e,i las velàs desi[guales
tit"os de las carroças so11 11abales.
(Toca11.)

1j

CASANDRA.

cdlxv

ll!ENlll.AO.

1 Contra Paris !

CASANDRA.

Albricias, alma, que con go[ço cierto
la anuada de mi esposo entra
[en el pueno.

AGAMENON.

1Contra Elena 1

(JJr.)

Pll!AMO.

Los arbolts mayores y tri11[quetes
parece qtu fl-Orecen gallardetes.

AQUILES.

AGAMENON.

j

Pues, hermano, i â la ven[gança 1

i Y si tihios
en esto nos viere el cielo,

Pues, seûor, 1 al sacrificio l

él nos nicge su rrocio 1
CASANDRA.

AQUILES.

Pues

j

al desagrauio apriesa !
MENELAO.

jBriUl.!n los aceros linpios l

Albricias, coraçon, del rrego[ cijo,
que va entrando en el µuerto
[ya mi hijo, (JJ v.)

MENELAO.

SINON.

1500

PRIAMO.

Contra Ector 1

SINON.

15 10

1 El sol esconda sus rrayos l
AGAM.llNON.

i La ticrra el fn1to preciso !

I 520

Los ynstrumentos con alter[no goço
tntecan vnos con otros su zjbo[roço.
PRIAMO.

148 r. Au allusion to the ruse of Achilles when he disguised himself as a
woman.

Cabal/os los bajeles, por 111/M
'
[loas,
cou pretales de espuma tram las
[proas.

CASANDRA .

Oy a de ver el tala.me dicho(so

1525

a Paris de Casandra ser esposo.
Pll.IAM;O.

Oy descanso en mi hijo mi
[corona

y tendre dnkes nuebas de A'l1[ siona:
CASANDRA.

Al son de las tronpetas y

Ya previene la hija de la espu-

(clarines
dançando entran delante los
[ddfincs. (El clai-in.)

cdlxx d vasallos de amor campo de plu[1110.

[ ma

�TROYA ABRASADA

CALDERON-ZABALETA

288

Ya tremulos previe11e11 estos
[braços,
dulcisimos, d Paris los abraços.
(Tocan y salm Paris. Viz.nag-a y aC-0111pa1ïamie11to . )
PARIS.

[Ap. il Vftuaga.]

CASANDRA.

(Mtiy alefre.) Se~is, esposo,

(Toca1i clarin.)
mientras al rrey hablo.)

1565

[ vien venido.
PARIS.

1545 (Muy triste.) Casandra hermo-

(Ya saves lo que as de haccr

[ sa i ay de mi !
[Ap.] (i Qué mal quien saue
[adorar
agora sabra fiagir !)

[Ap. d Paris.]

VIZNAGA.

· con su hermano haciendo mil\

l Venturoso yo que os ,·i !

PRIAMO.

l 570

1575

CASA NORA.

(Si.)
PARIS.

[Ap. d Viz.nagn.]

1 5 }O (Pues no lo dil~tcs. Ésta

es la llaue del jardin
què cay de mi quarto al mar.)
v1zNAGA.

(Voy

[Ap. d Paris.]

(Di
este ynstantc

(J4 1·.)

[Viz.t1aga.)

(Â Priamo.] Padre y seiior,
[vuestra mano
que ,·ese me permitid,
si digno de tanta dicha
esta vez os pareci.
PRIAMO.
1 540

1585

CASANDRA.

vivir sin ella es morir.) ( Vase

•

PARIS.

Aun no me mirara, 1Ay, au[sencia,
vien tus efetos terni 1)

[finjir

Guardete el cielo, Casandra.

[Ap. d Vi:t11aga.]

a Elena que avn

15 8o

(J5 r.)

fineças de amigo tuyo.
[Ap.] (Mal se las âgradeci;
mas disculpeme el amor.)
Mi armada en el puerto en fin
sus n:espuestas esperabii.
quando esa playa turqui,
altcrada de los vientos,
montafia fue que suvir
yntento al cielo â apagade
la luz de su azul viril.
Mal seguro yo en el muelle,
porque envistiendome alli
los golpes del mar, dos naves
miré en las pefias abrir.
Saliendo al campo del mar
por escaparlas asi
me dejé correr fortuna ;
mas fortuna tan feliz
que al serenar la tormenta
las costas rreconoci
de Troya, donde tus pies
tomo puerto. [Ap.] (Est0 es

a

a obedecerte.)

PA.RIS.

A vnque no me dcis los braços,
(mal que no me prometi)
t 5 50 os quiero abraçar yo a vosy mi contento aplaudir,
porque es la de los desdenes
correspondencia civil. (Abraça[la co11 despego .)

Scais, hijo, vien vcnido
que ya os sale a rreceuir
en cstos braços d alma.

la-tausa que me a traydo.
A1nor, duelete de mi.)

[Ap.]

1555 (Y â tî te guarde de mf,
falso amante, si no saves
con tu obligacion cumplir.)

0

PRIAMO.

Vén, Paris, donde descanses ...

(El clari11:)
1595 ,: mas qué sonoro clario
es cl que uompc los vientos ?

(Sale Heator.)
HECTOR.

Seiia de que estoy yo aqui.
PRIAMO.

Ector, hijo de mis ojos,
enlaçad este olmo, vid
1600 duldsima de mis braços,
decidme como venis.
HECTOR.

Muy bueno i vuestro seruicio.
PARIS.

a

PRIAMO.

Vengas tu con viea, que todo
se enmienda con el vivir.

Ya os s:ùen rreceuir
mis braços, Ector valiente.
HECTOR.

PRIAMO.

&lt;! Qué ay de Menclao

que en. su senblante adverti ?

(14 v.)

?

CASANDRA.

[Ap.]

1590 (,: Qué mudança es ésta, cielos,

16o5 Y yo â vuestros piès rrendir
la boca.

l'ARIS.

Partio
;\ Ateaas, setior, de ml
156o ynformado en rus yntcntos,
con animo de ympedir
cl rrepudio de Ansioiu,

1572. A very comnion hyperbole&gt;vith Calderon. CL La gran Cd11,obia
Vol.I, p, 199 b:
,
Que parece que sus ondas
Van apagar las estrellas. ,

a

111."VUE lliSl'ANl(lUli. D.

�CALDERON-2ABALETA
CASANDRA.

Heru1ano y senor.
HECTOR.

Esclabo podeis decir.
CASA.NDRA. [ Ap.]

1610

(1 Agrado para su hermano
y estraneça para ml 1
i Ay amor, qu.lnto tencmos
que llorar y que sentir !)

TROYA ABRASADA

Valeos oy de vos mismo.
1625 Vos c.on vos os rreprimid,
que el entendimiento ensena
a seruir y no sentit.
PRlAMO.

Deds vien pero .: qué ynporta
conocer que lo deds ?
1630 Dejadme.

.: Qué ay de Aosiona ?
Seiior.

HECTOR.

1620

i La nueba mas ynfeliz (?J v.)
es que yo pude tener l
Las lâgrimas rreprimir
no puedo, que era mi hija.
·PAR1S.

No os deis al dolor asl.

CASA.NDRA.

A\'o sin mirarme se ba.

Sefior.

PRIAMO.

[Ap.]

t Cielos, esto permitis? (J6 r.)
è Hados, esta disp_oncis ?

PRIAMO.

Ya murio.
Con que tienen triste fin
las disco rd ias. A esta causa
1615 dejé ese campo turqul
en -que fueron montes vagos
los vajeles que rrejl,
viendo ynutil la vengança.

PARIS.

(De mi no, porque no puedo
ninguna casa sentir
si no es la ausencia de Elena.
1645 1Si esta.ra ya en el jardin!)
(Vase.)

PRIAMO.

i O qué avarienta, ay de ml,
es la condicion humaua,
pues eu el dia que Yi
c~rados dos hijos no
r63 5 me vastan a rresistir
la perdida de voa hija !
Venid conmigo, venid,
Ec:tor y Paris, que quiero
mis cuydados rrepartir
1640 c.on los dos. (Vase.)
HECTOR.

Para sentirlos
puedesôarlos de mi. (Vase.)

1631·. ln]udas.M,µ;abeo, Vol. I,p. _312 a,Matiassays;
No borren tres hijos vivos
El dolor de un lùjo muerto.
, The same sentiment is expressed by David io Les cabellos ik Absalom.

&lt;. Desdichas, esta sufris ?
1650 i Ay, ausencia, qué vien dijo,
quien dijo, que eras civil
muene de amor I è C6mo, ay
(cielos,
quien se despidio de ml
tan rrendido, tan amante,
16 SS buelbe (1 a fortuoa ynfeliz 1)
tan estraojero à mis bryiços
que en correspondencia vil
le obliga la cortesla
a abraçar y oo sentir ?

/ Mal aya mi amor, 111al aya
mi af~to v11a vez )' mil,
cdlxxv pues él te dio la ocasion
para que me tr4te a.si !
/ q11t no aya hombre que 110
[quiera
su.s deseos co11seg11ir
miticipados y luego
cdhcxx no aya hombre (o trato rrnyn)
que tto le pese de verlos
tonseguidas I porqitt asi
qrtier~n que lo erremos todo
para poderse salir
cdlxxxv fuera ile la obligacion
nues/ra, pttes si lo advertis,
coraço11,fu11da11 m queja
ygualmmte c01i deûr : (]6 v.)

si na as n·ei1dis, que no amais;
cdxc que sois facil, si os 1-re11dis.
166o è Mas de qué me quejo yo
dé que a.fable no le vi
coamigo ? .: No pudo ser
que, estando su padre aqul,
no quisiese hacer estremos
1665 por no -darle :i presumir
que no siente las ofensas
que Je hizo mi sangre ? S(,
vien puede, vien puede ser,
y puesto que no sea asl
1670 hasta matarme mi ofdo,
è por qué tengo de morir
yo a manas de vr:rn. sospecha
que apenas la conocl ?
Llaue tengo de su quarto
1675 por la puerta del jardin
que c.ay al mio y pues foc
del dafio que cometi
el ynsu;umento, a de serlo
del desengaiio feliz
1680 que aguardo con ellà, pues
mientras le veo asistir
a su padÎ:e, yrc a esperarle,
para que hallandome alli
6 mi desdicha 6 mi dicha

(n r.)
1685 pnedan â vn tiempo advenir
si me obliga 6 si me ofende.
Celos, comnigo venid;
sospechas, no me dejeis.
Temor1 espera. t Qué huys ?
1690 venid todos, venid todos,
que si es verdad que de ml
se venga su olvido, vien
os e menester alli
parà testigos de que
1695 mi vcngança varooil
estos campos de esmeralda
buelbe en golfos de rrubi,

�corriendo humanos arroyos
de purpura y de carmin
1700 pues si Paris es traydor,
l ay de ti Troya, ay de ti !
(Vase y sale Ele11a de camino. Ysn1e11ia
y Viz11aga.)
Vt7.NAGA.

Por esta puerta que al mar
sale del jardin mand6
Paris que te rrayga yo
1705 à su quarto por lograr
secrcto y rrecato asi,
pues, entrando desta suerte,
nadie pudo conocerte
ni avo verte pudo.
ELENA.

1Ay de mil
YSMENIA.

1710 ,

Aora la.grimas, senora ?
ELENA.

Pues , qué te pucde admirar ?
YSMENIA,

Ser tarde para llorar.
ELENA.

i. c6mo agora cst:l.s tan triste ?
ELENA.

Rresponda por ml vn ejemplo.
El que rrecibc voa 1:riêla
luego, Ysmeoia, no la siente,
1720 porque el dolor se desmiente
con el calor de la vida.
Yo asi, erida del arpon
de amor, tan fuera de ml
quedé que no lo sentl
1725 hasta que mi confusion
me ensena el dafto quai es.
Con que en penas semejantes,
no sintiendo el dolor antes,
le veogo :1 llorar despues.
1730 Viencrecras, quando confieso
que agora el rriesgo e sentido,
que es averme arrepentido,
pues no, Ysmcnia, pues no es
[eso
que scr onor, alma y vida
I 735 :1 Paris sacrificada ;
si Uoro, es de enamorada
pero no de arrepenrida.
Con Meoelao mi hermano
por su gusto me cas6.
1740 No fuy su esposa, pues yo
forçada le di la mana.
Esta rraçon me disculpa

(38 r.)

(37 v.)

y si ésta parecc error,
acojeréme al amor
1745 que es màs sigura disculpa
y m:l.s quando el muodo vea

Si el alegria contemplo

que coamigo se cas6
Paris, pues no dudo yo
que rreyna de Trova sea.

1715 con que de Esparta saliste,

Para llorar sienprc es ora.

YSMENIA,

2 93

TROY A ABRASA DA.

CALDERON-ZABALETA

VIZNAGA.

l Ay desverguença ni esceso
como el que escucha mi amor
quando me engaûas, traydor ?
c No me puedes ver ?

1750 Que te lo a ofrecido asi
VIZNAGA,

testigo es, senorà, el cielo.

Por eso.
ELENA..

Bolbiendo yo â ese consuelo,
buelbe tu a buscarle y di
que ya en su jardin estoy,
175 5 que en él, amante, le espero
y que de su auseocia macro.
VIZNAGA,

Al punto â seruirte voy.
ELENA.

Yo en tanto, sobre estas flo[res,
vere si puedo aliuiar
1760 las fatigas que del mar
an sacado mis terrores.
(Rrmiestase y habLm aparte los des.)

YSMENIA.

1770 ·, Es posible que

mi fee
(J8v.)
no te ocasiona â desvelos ?
VIZNAGA.

No.
YSMENIA.

Pues yo te dare celas.
VIZNAGA.

Entom:es te adoraré.
YSMEN!A.

Pues l para gué fue enpeüartc
1775 en rrobarme â mi pesar?

YSMENIA.
VIZNAGA.

, Oyes, Viznaga?
VIZNAGA.

&lt;Ay mujer
de trato tan cnfadoso ?
YSMENIA.

&lt;Por gué estàs tan desdeûoso?

1698. Hr1ma110s arroyos is a common phrase with Calderon. Cf. La p11e11le de
Ma11tible, Vol l, p. 298 b.

YSMENIA.

VIZNAGA.
1 765

Porque no te puedo ver.

Yo lo hice por rrobar
mucha m:1s que por rrobarte.
YSMllNlA.

l Vüas, aquesto sufris?
VIZNAGA.

Viias dijo I Huyendo 1
YSMENIA.

Espcra.

�TROYA ABRASADA

CA'LDERON ·'ZABALETA

294
VIZNAGA,

a Paris me fuera
pero me fuera a Paris. (Vase.)

17 80 No s6lo

YSMENIA.

Pues yo tras ti, picarou,

e de yr11asra Verberia. (Vase.)
ELENA.

1Qué vien por mi se dirfa
agora aquella ca.nci6n,:
Si no le hubiera mirado,
no penara
mas tanpoco le mirara.
Gran dicha para mi fuera
1790 no aver visto este omicida;
no quedara tan pcrdida
pero mucbo mas perdiera,
que viera. Si no le viera,
ygual quedara .
1795 1 Ay dios, si no le mirara !

(Esto rreprestt1/a como qued,mdose dormida y sale Casandra.)

del alma este celestial
objeto? No e visto cosa
1810 en mi vida tau hermosa
que me parezca tan mal.
1De P.aris en el jardin
y en su mismo quarto, cielos,
tan vella mujer, a celos l
1 8t 5 Presto \egastis al fin.
Avnque en parte convenci[da
me dejais y asegurada
que no estara enamorada,
supuesto que esta dormida.
1 g20 Mas l para qué estoy dudando
lo mismQ, ay dios, que estoy
[viendo?
Ella es la que esta durmiendo
y yo fa que esta soiiando.

(Despierta/a.)
Pues no a de sei. Deja el
[suefio,
1 3 25 vella estranjera mujer,
porqµe tengo de _saver ...
ELENA.

CASANDRA.

l Para qué, desconfianças,
tan aprisa me matais
que, atropelladas, no dais
lugar :i las esperanças ?
1800 Presto saldran mis rrecelos
de duda. i Ay, hennosas -flo[res, (J9 r.)
quien ayer os dijo amores '(Ve

[d· Elena.)
oy viene a pediros celos
y ya con mâs ocasion
i8o5 qe la que yo presumi.
,: Qué es lo que miro? 1Ay
(de m! !
,: Es fantasma, es ylusion

Mi -vien, mi senor, mi duefto,
dame los braços.
CASANDRA.

BLtNA.

[Ap.]

(J Cou qué de temores lucbo !)

lÂ Casandra:]
t

Quién sois, quién, seiiora,
·
[1 ay diosl
y qué baceis aqui querria
sauer.

l!LIDIA.

[Ap.]
(Confusa muera.)

CASANDRA,

daros la rtespuesta quiero
:i lo que aveis preguntado.
Yo soy Casandra y aqui
es la causa porque estoy,
que esposa de Paris soy.
t' Aveisme entendido?

[Ap.]
ID.ENA.

[Ap.]

CASANDRA.

Si. (Hace [ta 1·rebere11cia.)
CASANDRA.

(Mas i ay, ynfeliz ! ,: que vco ?)

Pues ,d.ecidme agora vos
quién sois y vuestra fortuna.

[Ap.]

r8 3o (J Con qué de dud.as peleo 1)

(}9 v.)

CASANDRA.

No,

y si a este jardin acaso
por esa puerta del mar

a

os. entrastis espaciar,
volved, bolbed ella el paso;

r8 35 de preguntaros yo

(, Que es[cucho ?)
ELENA.

las rrespuestas seran dos.
Pues con otro estilo yo
digo que no se de ml
ni quién soy ni qué bago agui.
185 5 , Aveis~e entendido?

CASANDRA,

'Eso es lo· que avia
a vos,
pues mds rraçon, dama vella,
sera quien os llega d ver
en su càsa a vos saver
qùién sois y que haceis en ella.
1840 Pero ya que avéîs ganado
de mano, ...

ELENA.

1850 Auuque la prcgunta es vna,

2 95

a

(40 r.)
r 860

y agradecedme que os doy
disculpa que vos me deis
y ved que si os d~teoeis
tan loca, tan ciega estoy
que podra ser que mi vaoa
186 5 altivez su yra os advierta
y si no acertais la puerta,
salgais por vna ventana.
ELENA.

Gran veutaja me llebais
en esta lid de las dos,
1870 pu·es sé con quien bablo y vos
no saveis con quien hablais;
y avnque desayrada quedo
de no rresponderos gusto,
que como .â quien sois no es
Qusto (Yendose.)
pues
como
quien
soy no pue1875
[ do
y asi, cumpliendo las dos
obligaciones, yo al fin
m'e yrc. mas no del jardin
ni del ·quarto. Guardeos dios.
(Vast. Sale11 Paris y Vii,Mga.)
CASANDRA.

1880 Esperad, oyd.

�CALDERON-ZABALETA

TROYA ABRASADA
~ VIZNAGA.

pt1es ttl.lo as sauido solo. (Ba tras

VlZNAGA.

[e'1.)

Aqui

97

CASAND.lL._,

(j Que ayan de olgarse los a111os
y-de Patarlo los 111oços I)

M11erte tee àe dar.

la dejé.

[Ap.]

2

i. Qué e de-saver?
PA.RIS.

VIZNAGA.

PAltIS.

Y aqui esta. , C6mo
(40 v.)
te sientes fuera del mar
mi vien y mi dueiio hermoso?
(/Jega d ella por las espaldas y al bolber

PARIS.

Seiiora,
mi vida en tus n1a1ws pimgo

VlZNAGA.

C,,_SANDRA.

PARIS.

VIZNAGA.

Avnque no soy vien ni dueiio,
1885 como dueiio y vien rrespondo
que muy mal, porque eo la
[tierra
mayores tom'leatas corro
de quantas pudiera darme
el menos seguro golfo.

[(Ella ta,witn.)

y d b11en sagrado me arojo.
PARIS.

No te entiendo por quien di[ces
en sentidos mistcriosos
aqueso de las deydades.

1890 (i Qué es esto, Viznaga ?)

Casandra, , tû aqul ?
CASANDRA.

Saviendo
que estos jardines vistosos
deydades alvergan, quise
, 1895 ver y admi(ar sus adornos
PARIS,

Vive dios q11,e tû lo as dicbo

[Ap.]

i A traydor 1
CASANDRA.

1: Cômo es posi[ble
lo que vco ser dudoso ?

1910

·
El enojo
suspende, Casandra, en tanto
que de esa dama te ynformo.
Sabras quién es y sabras •..
(Sale Elena al pa1io,)
ELENA.

[Ap. l

(Pues la voz de Paris oygo,
oyr quiero .)

PARIS .

Corno lo que ven los celos
son chismes que traenlos ojos,
192-0 l quieres ver quinto S!! enga[fian ?
Mira esc celeste globo
que en el color significa
1,
estos mortales enojos,
l desde aqul no te. parece

CASANDRA.

d Paris.] •

PARIS.

a Vitnata,]
[A Casandra .]

ELENA.

(No sé si sabre.

Muy l111enos vos 11(mtbres lengo

[Ap. d Vi{IIOg'IT.]

(Esto
es dar al traste con todo.)

1: Que
[hare ?)

[Ap. d Paris.]

(Ap.

191 5 Que no te ofendo y te adoro.

a Elena !

(Desenojarla es forçoso,
para que no lo publique.)

Galla, ynft1111e alcagtitle,
que tû eres causa de todo.

CASANDRA.

VIZNAGA. [ Ap.

vio

(J Ella

cdxcv yo.

se turba.)

PARIS.

[Ap. d Vitnaga.]

, NÔ me entiendes, engaiioso,

traydor, falso, alebe, yngrato?
, Tan poco devcs tan poco
(41 r.)
â mis fineças que traygas
à, mi casa y a mis ojos
vna estranjera hermosura
1905 que yo en tus jardines topo ?

1900

VIZNAGA.

[Ap. d Paris.]

(Si ella la top6, l qui wlpa
d ay contra mi ?
PA.RIS,

[Ap.]
(Estoy-drldoso.)

192r. Calderon uses the same argument to prove that appearances deceive
in Ma,ïana sera otro dia, Vol. I, p. 538 c:
, Qué habra que no nos engaii.e,
Si engaiia la luz del dia ?
Nada se deja ver mas
l Que ese azul cielo que ves,
Siendo asl que cielo no es,
Sino un objeto no màs
De la vista, à quien jamâs
Su color hall6 el desvelo :
Pues si aese claro azul velo
No hay verdad que le acompaiie,
1: Qué habcl que no nos engaïie, .
Enganandonos el cielo ?

�CALDERON·ZABALETA
1925 que vn çafiro luminoso (41 '11.)
le rrodea ? pues, si acercas
a la esperiencia el antojo,
verâs que. alli no ay çafiro
ni otro cuefl&gt;O que baga es[torbo
r930 y que este açul que miraste
vn poco de ayrc que s6lo
por tener color de celas
es \'110 y parece otro.
Esa dama es de mi hermano
1935 Ector. Yo por él la ,escondo.

de que yo â Paris no ynpono
me ausentaré agora que
sus satisfaciones oygo.
PàlUS.

1950 ~so no, espera.
VIZNAGA.

ELENA.

ELENA.

Y si la satisfaciou
a menester en su abono
por ventura el boto ntlo,
yo desële aqui se le otorgo.
VIZ~AGA.

, Qué me dctienes ? Si soy

(42r.)

.195 1 de Ector, no me hagas estor[bo.
Dej;1me buscar mi dueôo.

[Ap. d Paris.]
CASANDRA.

1940 (Emo$ écho buena hacienda.)
PARIS.

[Ap.)

(1 0 qué rrato
para vn miron tan gustoso !
avnquc como son princesas
no abrâ aquello de los monos.)

(Sale Elena.)

Si e de creer lo que oygo,
no la tengas.

[Ap. d Viz11aga..]

l .Qué e de bacer ? l Qué estas
[absorto ?)

PARTS.

No es posible.
VIZNAGA.

[Ap. d Paris.)

(Dar aora con vn engaiio,
Dejame.

despues con vn descnojo,
que a ml mas de dos rnill ve[ces
1945 me a sucedido lo propio.)

P.~RIS.

[Ap.]

(Es dificultoso

1960 que amor vien puede en auBLF.llA.

Y para mas desengafio

299

TROY A ABRASA DA

[sencia
con vn daôo cnmendar otro;

mas cara

a caTa

no puede ;

y avnque se aventure todo,
no a di;: quedar el amor
196s mal desayrado del odio.)
[A Casondra.] Perdona este
fdescngaiio
Casandra, porque estoy loco
de amor y asi. ..

l Qué es esta ? i En jemidos
[rroucos
1990 el viento rresponde l
ELENA.

,,

J Cielos,
suspended vuestros euojos 1

fil.ENA.
VIZNAGA.

No prosigas,
que avnque abablar vas en mi
(abono
1970 no a de ser, que mâs te quiero
cortcsano que amoroso;
porque es necia la que fonda
aplausos vanagloriosos
en los desayrcs de otra ;
1975 y vendra a servirme s6lo
de que aprendas el camino
de hacer conmigo lo propio.

La primer vez es que vl
rresponder los dioses prootos.

(Sale Priamo al~otado.)
PRIAMO.

, Que es esto ? l No ay quien
[me diga
1995 la causa deste alboroto ?
Ector, Paris, hijos m[os,
&lt;ad6nde estais ?
PARIS.

CASANDRA.

(La voz oygo

Que el desengafio me ofrez.

de mi padre.)

[cas,
Paris, yo te lo perdono,

ELENA.

1980 pero el averlo yntentado
tan necio, tan rriguroso,
delante de otra no puedo ;
y asi i los cielos yuboco
en mi fabor. , C6mo, dloses,
(42 v.)
1985 si sois justos y piadosos,
no arrojais rrayos que den
vengança al muudo y asom[bro? (Dmtro las cnjas.)

[Ap. d Elena.]

[Ap. d Paris.]

(Por si viene
acia esta parte, me escondo.)
[(Esconàese Elena.)
CASA~DRA.

2000

[Ap.]

(i. De qué seruira, si yo
dire tu traycion a todos ?)
PARIS.

Sefior, i. qué és esto?
TOOOS.

1953. Cf. Cefûo y Pocris, Vol. fil, p.. 502 b.

Arma, arma

i Guerra,

[guerra 1

No sé,

�CALOERON-ZABALETA

300

mas,

a lo que rreconozco,

las atalayas del mar
con mill fuegos luminosos
an hecho se.fias de guerra.
(Sale Ect&lt;&gt;r y Sinc11 con v,1a banda.)

2005

TROYA ABRASADA
SINON.

2-030

PRIAMO,

Pues agora dire quiéa soy.

[(Deswbrese.)
PRIAMO.

1 Sinon 1

HECTOR.

que an sustentado en sus hom.
[bros
2010 los ynperios de Neptuno,
poblada ciudad de escollos,
vaga montaiia de eotenas,
(4J r.)

es la que oy en uuestros gol[fos
tan feliz nabega que,
201 sin que nadie la baga estorbo,
cubre tus _tanpos de jentes
que son de su vieutre abortos.
•
A correr sali la playa
en cuyas orillas topo
2020 este soldado que dice
que, sin descubrirte el rrostro,
a tu presencia le trayga ;
que él te 'ynformara de todo.

s

PliL-\MO.

PARIS.

SINON.

Yo os podre ynformar de todo.

La mas poderosa armada

Segunda vez pongo
la boca, ynvicto senor,
oy â. tus pies jenerosos
y, porque veas que sienpre
203 5 e conserbado, animoso,
en mi pecho aquel amor
que a su patria' debeo todos,
salgo con secreta fuga
de Grecia, no con tan pocos
2040 rriesgos que el llegar aqui
(4J v.)
no parezca milagroso,
para avisarte, sen.or,
de que Menelao, quejoso,
ofendiâo y agrauiado
· 2045 deaquel detestable rrobo
que de su esposa hiço Paris ...
PRIAMO,

Espéra, l qué es lo que oygo ?
è. Qué dices r

Dime, soldado, quién eres.
PARIS.
SlNON.

2025

Primera, seiior eroyco,
me ·as de pagar la fineza
con que â_tus plantas me pos[tro,
asegur..mdo mi vida.
PRIAMO.

Prosigue, que yo la otorgo.

[Ap.]

\

(1 Balgame el
[cielo !
1 En qué de dudas me haogo 1)
ELENA.

No te entiendo. è. Que es
[aquesto,
Paris?

[Ap.]

2050 (Lleg6 el fin de misdesdicbas.)
CASANDRA.

[Ap.]

· (De mis venganças el logro.)

301

- i Ay. mal entendido moço 1
1Ay, mal rrejida hermosura !
w75 1Quitaos, quitaos de mis ojos i
LOS DOS.

J Senor 1

1. • '

La rraçon ygnoro
de Menclao.

No me digais nada.
CASANDRA.

HECTOR.

Yo no,

2055 y asi yo por él rrespondo.
Esta, senor, es Elena. (Desc11[brela.)
ELENA.

Turbada à tus pies me arroio
dondc ...

Seiior, los pechos eroycos
a11tes de ,,euir el daiio
procuran pouerle ~storbos,
208b despues de vcnido medios.
Mi bermano lo err6 es notorio ;
pero , porque êl lo aya errado,
emos de errarlo nosotros?
Prosigu~, prosigue tû.

PRIAMO.
SINON.

i Ay, infeliz de ml !

208, Mcnelao eµ Ji.o quejoso1
ELENA.

Si los suspiros que formo,
2o6o si las acciones que muebo,
Si las ~grimas que lloro,
an de mcrt-cer contigo
algun afecto piadoso,
s6lo sea. suplicarte
2o6&gt;" me entregues al rriguroso
cuchillo de mi enemigo,
para que en ml quiebren todos
sus "rrigores, sus venganças,
sus ytas y sus enojos. (44 r .)
2070 Muera yo, pues rnv la causa.
PRIAMO.

và.liendose de su em1ano
Agamenou, que ya propio
este baldon yntintla, y del grande Telamonio,
20&lt;)0 hermano de ambos y quien
tubo los avisos proutos,
juntando jeutes diuersas
y ejercitos numerosos
por tierra y mar vienen ya
2095 à des.agrauiar su solio;
tres hermanos y tres rreyes
â Troya amagan. destroços
y todos tres agrau~al:los
y todos tre_s poderosos. (44 -u.)
disposicion que trayn
es, fiados en el ocio
que Troya goça, enbestir

2100 L1

Cayeron sobre mis hombros
montes de dificultades.

�TROYA ABRASADA

CALDERON-ZABALETA

302

y entrar en ella de abordo (La

[caja.)
primero que se prebenga.

HECTOR.

Con los braços te rrcspondo.
PARIS.

VIZNAGA.

2 105

j

Ay, tau gran Berna ! l Estais

[sordos?
l No eseucha.is ya mas vecinos
esos ynstrumentos rroncos ?

[(Vase.)
PRIAMO.

Ea, hijos, pues no es tienpo
de consejos ni de enojos,
211q juntos al muro acudamos.
Muramos, muramos todos;
que rreprchenderos es vno
y desampa.raros otro. (Vase.)
HECTOR.

Defen&lt;ial_Ilonos agora
de aqueste primero arrojo,
qlle puertas â Troya quedau
por donde salga animoso
vo con jentes que destruyan
la osadia de esos locos.
2120 è. Viene Aquiles?
2115

es de mi ynjenio. A sa.ver
vengo designios y modos
2150 de Troya, para que asl
oy me110s dificultoso
sea, su ca.stigo.

Ay, Elena de mi vida,
por ti siento estos enojos 1

H.EC'IOR.

Agora cstoy mas gustoso.
Paris, tu hermano y tu amigo
soy. Tu vcr;ls como pongo
mi vida en defensa tuya,
2125 y de ese diuino asombro.
llLENA.

Ector, por muier me ampara.

y entremos en Troya todos 1
AQUlLES.

CASANDRA.

i Al foso !

Agora
ELIDIA.

si que los braços te otorgo.

21 30 Pues no los sientas por mi,

[(45 r.)
que â tu la.do sere a.sombro
de valor. (Vanse los tres. Al

1 Al murol
MBNBI.AO.

SINON.

[yrse Sillon le detieue Casa11dra.)
CASANDRA.

AGAMENON.

Pa.ris, ese traydor guesped,
215 5 mi amor y mi onor quejosos
tiene.

,1Al asalto 1

Mi patria ofeudida
me tiene a mi.

[Ap.]

(Yo de vengança,
y en ti eupeça.rla dispongo.)
[Â Sinon.] Flllso Troyano,
&lt;. a.si pagas
2135 â Menefao, rrey piadoso
las tiuei:as que Je deves?
Quando de tu centro propio
desterrado él te rrecibe
y con titulos- onrrosos
2140 se sirbe de ti, l le vendes?
Pero sois Troyanos todos.

Casa11dra, mucho te estimo
esos baldoues y enojos,
pues ni con verdad los dices
2145 y yo sin culpa los oygo.
&lt;. Podre l1ablar claro ?

Pues, furiosos ...

Vienpue[des.
SINON.

Pues esto ardîd cauteloso

1Suvid, que todos sois pocos 1
[(La caja.)
CASANDP.A.

SINON.

Ya envisten los Griegos.

Pues, osados ...

1

SINON,

CASANDRA.

los dos demos ...
SINON.

causemos los dos ...

a.sombros, ...

Ya
los de dentro, valerosos,
se defienden.
CASANDRA.

V~n conmigo.
No ,nos haga sospechosos
2170 el faltar de la ocasion.

SINON.

216o

SINON.

cscandalos, ...

Dices 11icn. (Vatise. Al entrarse,
CASANDRA.

CASANDR.A.

HECTOR:

2165

CASANDRA.

CASANDRA.

SI, senor.

1Ea, Griegos valcrosos,
arrimad esas escalas

j

SlNON.

SINON.

.MENELAO.

yras.
SINON.

·muenes. (45v.)

[(,Dmlro giierra.)

dice dentro Menelao y sak erido
[como cayeudo.)
MENtLAO,

1Cielos p\adosos,
valedmc, ay de mi ynfelice 1

�3_04

2175

218o

2185

2

r&lt;Jo

CALDERON-ZABALETA
Parece que nado vn golfo
de sangre griega y la mia
corre en liquidos arroyos.
Ya,_rrechaçada, mi jente
se rretira y yo en el rrostro
erido sa!go. , No basta,
fieros astros ynjuriosos,
desperdiciarme el onor
sin verter mi sangre y todo ?
Mas ehpeçar yo esta guerra,
a que e venidô agrauiado,
celoso y desesperado,
dando mi sangre a la tierra,
algun gran misterio encierra ;
y es sin duda en mi fabor
que el cielo mi baledor
quiere que aqui me desangre
y i este campo dé mi sangre,

con mi sangre derra111ada,
que, en estos campos senbrada,
2215 mies de llama ad~ scr.
Con ellas Troya a de arder
y alli el mundo en mi desvelo
ver:i en comun -0esconsuelo
dos soles con pesadumbrc,
2.220 voo que acia el sueJo alumbre
. y orro que alumbre acia el
[ciclo. (46 v.)

2195

2200

2205

22 10

AQOILES.

(d Menelao.]
(,:Qué es
[esto ?)

AGAMENON. ( ap.

d Menelao.]

ELENA.

A Menelao le decid,
Griegos, que Elena es escollo
en la muralla que rrayos
2245 vibra en el acero hermoso.

(!Vos, erido !)
MENELAO.

PARIS.

[ap. d los Troyanos.]

Menclao es quien lo escucha.
Ynjusta, c6mo no arrojo
el coraçon alla dentro,
porque los abrase a todos ?

(Corno absortos
andan por alli los Griegos.)

DENTRO.

Aqui, MeneJao.
MEN1ll4O.

Alli mi nombre
vn acento lastimoso
da los ayres.

a

(46 r.)
para que me cobre amor.
i Ha, qué piadoso y atento
mi vien en mi mal previene J
pues quien de ml sangre tiene,
tendra de ml sentimiento.
Enpiecen, pues, al momento
del castigo los ensayos,
enjendrando sin desmayos,
porque_estos falsos perezcan
vapores que â.nubes crezcan
p~a dilubios de rrayos.
Mas si, engaiiado, me arguyo
con el dictamen que sigo,
y acaso fuere castigo
lo que a fabor atribuyo.
Yo por eso no me escluyo
de esperar, avnque no luego,
de mi vengança el sosiego;
pues ve ~i pena, gustosa,
que es verter sangre celosa
lo· mismo que sembrar fuego.
Ya adquiero nuebo placer

TROYA ABRASADA

AGAMENON.

Menelao.
MENELAO.

2225

Ya en otra parte le oygo.
Esto es andarme buscando
misvasallos cuydadosos. (Ector

y todos en ÙJ 111uralla. Aquilt.S
[y Agame1w11 por dos puertas.)

MENELA0.

(Erido mas t:tn brioso
que quiero bolber del muro
223, al asalto y al destroc;o.)

[ap. d Menelao.]

(Hermano.)

AQUILl!S.

Avu esta el hado dudoso.
PARIS.

2255

[a.p. d los Gri.tgos.]

(De la muralla nos hablan.)
HECTOR.

[Ap. a los Griegos.J

2240 (Con baldones nos ynjnrian.)

[ap. d Aquiles.]

que Ector le a de dar la muerte

Griegos, para estar celosos.

MENELAO.

MENELAO.

HECTOR.

PARIS.

[ap. d Menelao.J

(Seiior .)

Tanvien le direis i Aquiles ...

Yo soy, di, que ya te oygo.

Muy poco os dura cl valor,

Dad otro asalto, vison.os.

2230

2250

(Herma11.c, aqut.Sta ocasio11
la a perdido 1o fogoso
dv del valor de 11ut.Stros ptchos.
No apure1110s mds el odio
de las t.Strellas, que el sitio
nos a de liacer vitoriosos.)

Por aquesta parte buelben.
Acudamos al socorro.
t\QUILES.

HECTOR.

AQOILES.
AGAMENON.

MENEL.~O.
HECTOR.

[ap. d '.Aga111e1101t.]

VlZNAGA.

Butna la aveis hecho, vobos.
llEVUE BlSl'ANlQ.UE. D,

Y a Agamenon le direis
que no haga el agrauio propio,
que es ajeno, 6 que su sangre
sera tanvien mi despojo.
AGA~ŒNON.

Yo se lo dire, Troyano.
MENELAO.

Rrauiando estoy del enojo.
AGAMESON.

2260 Vamos, seiior, â tu tienda.
20

�TROYA ABRASADA

GALDERON·ZABALETA
l&gt;ŒNELAO.

Pl\RIS.

Bolbed, bolbed â Esparta.
V amos pues, que ya es forçoso.
Mis troyanos enemigos,
yo triunfaré de vosotros.

MENELAO.

2265 .... .. .. . ... locos Troyanos.

Variant readings and textual notes, Act IL
Calderon's band begins here and continues througbout the rest of the play.
-cccuv. Marked for omission in brown ink. The word No in the left margin.
- 1277. This verse writteu in after the passage above had been omitted. Black
ink. - 1282-1287. Tbesc verses are panially endosed by a line. Perhaps they
should be omitted. No remark in the margin. - 1292. â vna written and
crossed out, tbeo writteo again. - cccuxvn. Marked out in brown ink. The
word No in the left margio. - CCCLXXXIX. This passage was an insertion
written in the upper left hand corner of the page in a very fine haod. lt was
strickcn out in the same ink with which it was written. - 1340. An illegible
lettcr stricken out before yo. - CDIII, Marked out in brown ink. The word
No in left margin. - coxm. Marked out in bro,vn ink. The word No twice
written in left margin. - CDLI. Marked out in browo ink. - 1412. This
décima was marked for omission with brown ink but later the word Sl was
writteo three times in the left margin. - 1 507. Y s. t. crossed out, then
rewritten. - CDLlU. Marked out with brown ink. - CDLXIX. Marked out
with brown ink. - 1578. Saliendo replaces Me sali. The following verse was
crossed out and erroueously added to this. - 1s8 s. finjir a correction for
mentir. - 1586. conque crossed out after causa. - a t. a correction for e
buelto. - 1592. This verse replaces an original : aun no me buelbe â mirar.
- 1593. This verse replaces an original : Ausencfa, vien te terni. - 1624Valeos a correction for Valedos. - 1625. os crossed out after vos ... rrepartid
a correction for rreprimid. - 1630. The first Seiior a correction for Padre. 1645. El a correction for mi. - The stage direction Vase a correction for
V,111se los tres. - 1648. The top of the page is torn. The first word is uncertain except for the last two letters. - CDLXXlll, Marked out in browo ink.
No twice written in left fllargin. - 1670. mi oido a correction for su olbido.
- 1710-1713. Tbese verses marked for omission .but later the word Si was
written to right and to left. - 1726. el da.no a correction for la pena. - 1731.
rriesgo a correction for da.no. - 1749. After que the letter d is crossed out. 1752. An illegible word is crossed out at the beginning of this verse. - 1768.
engafias a correction for goças. The change was made in browo ink and a cross
drawn beside the word, possibly to show that the change was made by the

Holy Office. Both cross and correction were again written in the margin. _
1783. e de yr a correction for yre. - 1848. agora was fust written where it
~ow ~t~ds ; th~~ crossed out and written at the end ; and then restored to
LtS original posmon. - 185r. no crossed out at beginning of verse. - 18561859. These ve~ses replace deven which have been so cffectually blottcd out
that
: ni me canso ......
/
,,~ de savrpus
c/ e
. only occas1onal words are leaiblc
.,
nur~d corne a de ser/que yo cobarde de decir. / CASANDRA. Pudiera ser . . ,/
cas~ar .. -~era agora (Sale Ysmetiia) / de otra suerte otra y ... / CASA.NORA.
é _Qmén s0_1s? fil.RNA.. . dama mia. / CASANDRA. , Dama vuestra c6mo parcClll / • • • vtba ? llL'RNA. , Porque no / si en él taovicn vibo yo? - cnxct. This
passage c~o~cd out in brown iok. No written in the left margin. - cnxcvu.
ln the ongma!, a verse stood here which bas been so completely crossed out
that_ only the final word, cama, is legible. - 1897. At this point, the followmg verse was crossed out : CASANDRA , No me entiendes? Aleboso eres.
- 1904. vna a correction for esa. - coxcrx. top6 a correction fol\ encontro.
- 196o. vn crossed out after puede. - 1963. por crossed out after aventure:
- 1~68. After _asi, desde was written and crossed out and in its place was
substJtuted ya v1, which too obviously should have been erased. - 197o, 19 7 1.
~hese verses r~place two others which origioally read : No se lo e de consentir / Y e de saline al estorbo. Consentir is a correction for an original perdonar. - 1973. sus crossed out at beginning of verse. - amorosos crossed out
after aplausos. -:--- 198~. t. n. t. replaces an illegible word followed by tan a.
-:- 1988. Followmg this verse is the stage direction : Ca..-.:as i clarines. It is not
10 Calde~on's band. 1990. This verse replaces an original : el viento la a
rrespondido. - 1991. This verse replaces au original : ELEN A. , De gué sera
este al~roto? - 1992. vi a correction for e visto. - 1998. de mi padre a
c~rrectton f~r .' adonde estais? - si a correction for vi. - 1999. acia a correction_ for aqu1 a. - 2001. todos a correction for Jos dos. - 2996. senas a correc~ion for seûa de que ..--:- 2016. de jentes crossed out after onbre. - 2030.
This verse replaces an ongmal : Pues yo soy quien a tu preso. - 2054. A q
was crossed out at beginning of verse. - 2059. forme a correction for arrojo.
- 2o64. te crosscd out after s6lo. - 2065. me entregues a correction for
: g : : e . - 2o66. the hi ~f cuchi!-10 has been gone over with black ink. ·
rossed out after mgores. - 2o69. Ans crossed out after yras. 2o75._ An entirely illegible verse bas been crossed out at this point. - In the
stand the following lines : Llebadme de aqui a los dos. / LOS nos.
Seù~r. PlUAMo. No me digais nada. The la.St line is repeated. Seôor is a correct1on• for au
·
• origu'ia.l ·• PARlS. i A padre I Th ese !mes
were crossed out in the
same mk w1th whicb t11ey werewntten.
·
. for mas. - 208 2.peroa correcuon
2 o83 · no crossed out at begmmng
· · of verse. - 2097. a Troya a correction for

'™:gm

�308

CALDERON-ZABALETA

TROYA ABRASADA

agrauian. - .2101. e:; a correcùon for en. - 2104. The following verse bas
been crossed out at this point : vien lo dicen estas cajas. The stage direction
caxas, not in Calderon's band, appears in the le(t margin. - 2110. juntos
writtell' over an illegible word. - 2127. This speech was first given to Paris.
- 2r40. se a. correction for le. - 2149. tra crossed out after vengo. - d
crossed out atter designios. - 2157. r written over ans in furiosos. - 2183.
e venido a correction for vengo. - 2220. suelo a correction for cielo. - 2221.
acia a correction for hasta. - nm. crossed out in brown ink. No written in
Jeft margin. - 2248. Beginning with this verse, the rest of the act is written
vertically in the margin to save space. It is very bard to read. - 2257. In the
original : sera de mi tanvico mi despojo. Two syllables- too long. - 2265.
The first part of this verse is illegiblc.

todo lo oyeran y lo vieran
(todo,
la milicia esmbiera de otro
[modo;
y asi pues que partidas

dll mtre los dos las lides; las salidas
d titi cargo e tQmado
y la ciudad sé que qtieda d tu
[cuydado.
y adios hasta que bue!ba
por la jence.

mill dias que pelea l'IO merece
2295 tanto como vn ynstante que
[obedece.
PARls.

Oyeme pues.
HECTOR.

l Qué quieres ?
PARtS.

PARIS.

1Que en eso se

(47 r.)
JRESUS, MARIA, JOSEPH.

de Uebar por a,sedio su ven[gança
descuydados los tiene.

Si.

PARIS,

JORNADA TERCERA.

Mira.

de nadie mi valor fiar y atenta
las noticias de como
su campo esta, y asi a mi
[cargo tomo
v.:r si viben en bela
2275 la rronda, el validor, la centi[nela,
6 si la con-fiança.

HECTOR.

l Qué graue

HECTOR.

ley la de la obediencia, pues no

HECTOR.

2270 de co-rrer por mi quenta

Avi[sarte
que tanpoco no es 11ien que en
[qualquicr parte
vu soldado no tengas
con quien de los avisos me
(prevengas.

PARIS.

l Qué e de mirar i'
Nadie salga conmigo
hasta q_ue rreconozca al ene[migo;
yo mismo de m! mismo espia
[perdida,
que aviendo la faction desta
[salida

[suelba

2-290 tu valor !
Hl!CTOR.

TROYA ABRASADA.

(Abrese la puerta del muro, y sale
Ector, armado con rrodela, rrecatandose
y Patis detenienàole y Viz.11aga.)

ue-

PARIS.

Que no
[convie[ne)
228o yr tu, que no es cordura
la de aquél jeneral que se aven-

[tura

[cabe
en mi amistad que, avieodome
[fiado
la ciudad, te acompafie 1

2300 As dicho vien. Viznaga, vén
[counùgo.
VIZNAGA.

l Con quién hablas ?

HECTOR.

El buen
(soldado

HECTOR.

Contigo.

sin gran necesidad.
HECTOR.

El ver no es
[poca(4p,.)
sin lo de si me toca 6 no me

[toc..;
que si los jenerales
2285 y cabos principales

2293. Much the same words are. put into the mouth of G6nzalo de C6,rdoba
ln Elsitioik Bredli, Vol. I, p. 124 a:
La obediencia
Es la que en la guerra pone
Mayor prîsion un soldado;
Mas alabanza y mas nombre
Que conquistar animoso,
Le da el resistirse d6cil.

a

�Troya que Grecia venga a ha[cernos guerra
y que estemos seguros
en el rrecinto s6lo de los mu[ros.
,! Vienes, Viznaga?

VJZNAGA.

,: No hallastc otro peor 7
HECTOR.

No.
VlZNAGA,

Dios
(te guarde,
que no siempre me onrras.
HECTOR.

Y con tan
[grande miedo
2315 que ser Viznaga oy J11 tltroq,u
(puedo.

El co-

VIZNAGA.

Pues yo voy

Aguarda esta sur(ryda.
De la ciudad es principal salida
y no ay postas en ella.

Pues, seiior,si ao ay postas, no
[corrella.
2330 Echa por otro lado.

,La vida?
HECTOR.

No ay d11dallo.
vfZN:AGA.

l Y es lo 111ismo, seiior, sello
[que estallo ?
HECTOR.

2j 35

Aquella es centinela
que cuydadosa vela.
Si à prenderla llega~a,
la vitoria con ellà asegurarn.
VIZNAGA.

,l Tanto te ynportaria 7

HECTOR.

a avisar

de lo
[que hace.

HECT.OR.

l Ves alli va bulto ?

sr.

VlZNAGA.
HECTOR.

2320

&lt;Ad6nde

&lt;. El nombre?

Amor. Jamas quedé tan triste? (Vase Paris.)

dxv

HECTOR.

VJZNAGA.

En el silen:cio de la noche fria,
tumba funesta de laluz del dia,
el enemigo campo quieto yace.

Si â aqueso voy, lioda eleccion
(hiciste.

' PARI$.

Pues la ovediencia
[mia
buelbe a avisar, corr.iendo,
2325 que no hagan rruydo, porque
[esta dunniendo
el enemigo.

HECTOR.

Vn]'lAGA.

HECTOR.

VIZNAGA.

VIZNAGA.

VIZNAGA.

[barde
s6lo para esto es bueno,
2305 pues de temores lleno,
vendra con él el orden mis
[seguro, (48 r.)
aviendo el orden de venir al
[muro.

3II

TROYA AllRASADA

CALDERON-ZABALETA

vas? Detente.

VlZNAGA.

l Tu no dijiste que ran sola[mente (Mus[ica.J)
para avisar venia
de todo?

HECTOR.

2310 Afreota es del valor que den[tro encierra

IŒCTOR.

Si.

VJZNAGA.

Y grande
[ mi cuyd:tdo.
Lo que oy te a de seruir no
(dificulto.

HECTOR.

215

&lt;. C6mo as de traclla ?

HECTOR.

,: D6nde vas?
VIZN:AGA.
VIZNAGA.

A avisar de que
[ay va bulto (48 v.)

Avisando que baya otro por
[ella.
HECTOR.

HECTOR.

2309. Likewise in Lap11ente de Ma11tiblr, Vol. I, p.
is Amot.

Pues oy as de ver mi valentia.
2340 Yo e de traella.

a, the watchword

Detmte y 110 hagas ,·mydc,
que la vida te ba en 110 ser se11[tido.

&lt;No es

mejor, pues ya esta[mos
empeftados los dos, que los
[dos vamos?

�312

CALDERON-ZABALETA
VIZNAGA.

TROY A ABRASADA

lo que quiere que acontezca.)

No, ni avn tan bueno.

2345

236o Tan

(i Mal aya el autor ynfame
2365 de la \'OZ, el tono y letra 1)
vrzNAGA.

Ardiendose cstaba Troya,
terres, cimientos y almenas,
que el fuego de amor :1 veces
abrasa taobién las piedras.

(Pasw.11dose.)
2370

â Viznaga.]

(i Muerto Éctor ! , Qué e escu[chado ?)

se pasea. Abraçase con tlla.)
VlZN'AGA.

(1 Vien que de mi no se
aquerda.1)

aHector.]

BECTOR.

(49 r.)

se abrasa!)
2375

(Dos veces, dos veces ya
me ynporta yr ...)

[Ap. tl Heclor.]

(A

ml dos cieotas.)

'l'anto q11e 1,i habl4 11i alie11ta,
VTZNAGA.

aHector.]

dxx

Pues 110 la sueltei e1i tanlo
que voy â deârlo.
HECTOR.

Espera,
11uis mi conjruiaw
.(Sueltala.)
ahnirar qudn sin defe11sa
se deja rm1dir. , Qui es eJ/o ?
dxxv c No basla11 las som/Jras negrns
de la t:oclie sùi que otras
cubierto el rrosti-o te"tengan?
Vere quiê,i eres I Ay, cielos 1
[(Desciùwela y vue v11a m1urte.)
qne ya es

VIZNAGA.

E11ws echo buena hacio11da.

[Ap. d. Vi.znaga.]

VIZNAGA.

[Ap.

2~90 (Yo no, que no abraço vien
sin cariiio.)

[Ap. li. Viznaga.]

(Sienpre el poera
c·o mo acontecido pinta

[Ap. d Vi'znago.]

(Quita, cobarde, que yo,
que me sienta 6 no me sienta,
que toque 6 no toque el arma,
e de abraçarme con ella.)
(Vase llegando coti rrecato y el/a

[Ap.]

VIZNAGA. [ Ap.]

Vim rl"tll(1ida ?

HECTOR.

[Ap. à Hector.]

(Condicion sfoe que 11011
fue que contigo viniera (49 v.)
para que a posta avisara,
no para que â posta prenda.)
HECTOR.

sea rruyna de sl mesma,
muerto el valeroso Ector
que fué su mayor defensa ?
HECTOR.

(Si1 1 pero decir que Troya

HECTOR.

[Ap. d Hector.]

2385

posibles y asi cantaudo
no es mucha que se diuierta.)

[Ap.

t

que te rreconoce pueda
2380 yo por detras destas rramas
yrla ganando la buelta.)

Pero , qué mucha que Troya

(La$ postas tienen licencia
de valerse contra el suefio
de todas las dilijencias

VJZNAGA.

VIZNAGA.

lanto]

ANSIONA.

23 50 (c Oyes aquello, seôor '?)

2:3 »

Si.

rAp. ci Viznaga.)

HECTOR .

VJZNAGA..

ANS!ONA.

HECTOR. [ Ap.

HECTOR.

(Yo digo que :1 no prenderln.)

(Voy [:1) avisar que ésta es
grandisima desverguença.)

[Ap. 4 Héctor.]

[Ap. d Heclor.]

[Ap. a liiz11aga.]

BI!CTOR.

(Al yr d hablar, canta dentro

VIZNAGA.

t R,wdida?

(Tti as de Uegar, porque en

qué suerte

Ansiona y va salienao vutida ile neg[r]o con somùrem y
banda en cl ,·rostro y ellos se
susprnden.)

VIZNAGA.

que conpiten sus pauesas,
en el numero y las sombras,
con la noche y las estrellas.

VIZNAGA.

Di de

altas subcn las llamas

(Paseamlose.)

Adviertc
de qué suerte a de ser.

VJZNAGA.

(:1 prender, digo, esta posta.)

ANSIONA,

HECTOR .

[Ap. a Viz11ago.]

HECTOR.

2395

Vaz funesta,
que, oraculo de mi muerte,
me pronuucias la sentencia,
oy as de morir. l Qué es esta ?
Desv;mcciosc en la esfera

Rre11dida la tengo. Llega..

HECTOR.

dxxx. , Quiln eres, quiè11, sombra
[mwia?
vrZN.l).GA.

No es si. ne acto vocing/ero.

�CALDERON-ZABALETA
HECTOR.

ANSIONA.

, No me as conocido?
HECTOR,

No,
porque tus palidas seiurs (50 r.)
y las srnnôras de la nocbe
dxxxv me an borrado las ydeas.

TROYA .AllRASADA

No te acobardes ni temas,
que antes d mi mas valor
me a dado, pues quien yntenta
valerse de los encantos
poco fia de las fuerças.
2410 Vén conmigo.

dxlv

&lt;Quién ha?
HECTOR.

Amigos·
Pues adios.

(Sale Paris.)

PARIS.

PARIS.

HECTOR.

Adios.

Haga alto y el nombre venga.

Al muro.

HECTOR,

HECTOR.
VIZNAGA.

Amor.

Eso hare yo de muy buena
(fo v.)

PARIS.

gana.
2425
KECTOR.

Eso hare yo de muy mala.

.

HECTOR.

2415
HECTOR.

Todas aquéstas
son majicas de los Griegos.
2420

HECTOR.

A desmentir las sospechas

VIZNAGA.

de que puedo yo temer
fantasticas apariencias
y porque no entre pabor
en algunos, coosidera
que as de callar lo que as
[visto.

Mâs parecen de las Griegas,

Tauto que sus centinelas,
avnque cantan como vibas,
no sirben mas que vnas muer[tas.
HECTOR.

[Ap.

a Vi;piaga.]

(Calla, villano.) [ A

VlZNAGA.

No hablaré mas que vna ves-

[tia.

Vasallos, (J'I r.)
escuchad de qué manera
aveis de portaros. Liuio.
LIOIO.

Seiior.
HECTOR.

Ay
que no parece que cerca
ciudad adonde Ector lidia
ni adonde Paris goviema
2430 segun esta descuydado.

VIZNAGA..

&lt;. Para qué quieres que buelba ?
Dejala yr, que arta merced
nos hace.

2440

Pase, Ector, hennano.
con vien a mis braços buelbas.
t Qué ay del enemigo ?

Para que me entregue
la jente Paris y buelba.

VlZNAGA.

que quando yo era chiquillo
solia contarme mi aguela
porque no~pidiera pan.

Aqul
dispuesta.

(Va11 salit11do los que pudiere11 con rrodela.s y entre ellos
Sinon y Casamlra y Liuio.)

PARIS.

l D6nde?

Yo soy Amiona, lu bermana,
que como causa primera
tÙ la destruydot1 de Troya
sobre Troya se lamenta.
Buelbe, lmelbe ala ciudad
y di que il Sinon no crean
11i tû Jalles àe. ms muros,
porq11e yo ailtcir 1w buelba
que elfiugo de amor a vu:e.s
abrasa tanbim las piedras
( Desaparece lo 11,ejor q11e ptul ie.re.)

VIZNAGA.

prevenida est:\. y

HECTOR.

del viento. Detente. f\guarda.

2400

1 A del muro l

VJZNAGA.

ANSIONA.

dxl

PARTS.

Hl:!CTOR.

2405

Paris.J
[Y asi.

243 S la jente, Paris, me entrega
que me a de seguir.

Cajas y tronpetas
te sigan por esa parte
y â mlla jente por ésta.
En llegando a descubrir
2445 Jas primeras centinelas,
el anna toca tan viba
que obligue â acudir a ella
con todo el grueso al contrario,
de suerte que entonces pueda
2450 yo que enboscado e de estar
en esta ynculta maleza,
cargarle en la rretaguardia.
LIUIO.

Tu verâs mi dilijencia. (Vase
co11 algunos moços que abr1111

salido con cajas.)

�CALDERON--ZABALETA
HJiCTOR.

AQUILES.

Vosotros agui coomigo
245 5 esperad todos alerta.
SrNON.

CASANDRA.

[Ap. aSinon.]

[Ap. d Menelao.]

Dl!NTRO.

Arma,

arma I J Guerra,
[guerra 1

AQUILES,

Siendo Aquilcs (52 r.)
Ml!NELAO.

2495 quien te sale a la defensa,

[Ap. ti Aquiles.]

(Pues a socorrerla
248o al punto el rreten acuda ;
y en t;into que voy yo â ella,
tû, Aquiles, cubre este puesto
con la jente que goviernas.
No sea falsa aquella arma
2485 y por otra parte vengan.)
[(Vase.)

(A ser rrayo voy dispuesta
de Troya, pues no me toca
12465 menor parte de la ofensa
de Paris, traydor dos ueces
Ur v.)
â mi sangre, porque vea
en mi el mundo que con ce(los
no ay mujer que no coovierta
2470 en rrencores los carinos
y en venganças las finezas,
i vibe Jupiter I que tengo.)

abrasada rruyna vuestra,
os embiste?

(De aquella
parte que es de Agamenon
quarte!.)

[Ap. aCasandra.]

(Pues as querido, Casandra,
disfraçada y eocubierta,
dejando â Troya esta noche,
pasarte al campo de Grecia,
246o en tocando el arma, sigue
mis pasos, que yo a la tienda
de Meu~lao te guiaré.)

TROYA ABRASADA

AQ1JILES.

r

[Ap.

HECTOR.

Mucho me guelgo que tû
cabo deste puesto seas.
AQUlLES.

Y yo de que tû me enbistas.
HECTOR.

a Memlao.]

('/a alJa se ban enpefiando.)

DENTRO.

Troyanos .i rretirar,
porque cou toda su fuerça
carga el enemigo. (Salm Aq11iles y otros, rretirandose Hector
qu$ vieue uido y cayendo.)

VNOS.

2-JOO J Viba Grecia 1

DENTRO.

Arma, arma

i Guerra,
[gucrral

OTROS.

HECTOR.

1 Viba Troya 1 (Danseootallti.)

Ynîames,

[Ap.]

HECTOR.

2490 (Agora es tienpo.) [A

los

Troya11os.]

SINON.

' qué es :1. rretirar ?

[Ap, d Casa11dra.]

(Casandra, no te detengas.
Vén conmigo.)
CA.SANDRA.

VNOS.

[Ap. â Sitlo11.]

AQlJILF.S.

2520

l Qµé yntentas,
si vcs que toda tu jente
solo y erido te deja '/ (52 v .)

(Ya te sigo.) (Va,ise los dos.

i Viba Troya 1

Enlra11Se pelearido todos si 110
OTROS.

es Viznaga.)
i Viba Grecia 1

[Ap. â Aquiles.]

(l De d6nde, Aquiles, el arma
viene tocada ?)

[(Vase.)

Pues, , quê espéras ?

[Ap.]

RECJ'OR.

MENELAO.

[(Lacaja sienpre.)
Miren quàl anda la fiesta.
Noche, tu sombra me anpare,
que en esta dilijencia
de huyr 6 quedanne escon[dido
2-515 podra scr que algo merezca.

AQ.UU.ES,

1Ea., Troyanos 1
Ya el arma tocan. Ninguno
2475 envista hasta que orden tenga.
(Salenpor laotraparteMetiel(U)
y Aquiles y jente.)

i: Ay tan grande boberiu
como, sin dios ni conciencia,
matarsè los hombres solo
por la honrra como si foera
la onrra alaja que se ve.
Ni el tenerla 6 no tenerla
2510 sirbiera de algo en el mundo.

2505

Pues, l qué aguardas?

(Ve seguro, que este paso
conmigo, seùor, lo qucda.)
HECTOR.

VIZNAGA.

VNOS.

HECTOR.

( C6mo a de vibir si Ector,

Arma,

arma 1 1 Guerra,
(guerra 1

.HECTOR.

Daros la mucrte yo solo.
Mas, l ay de ml, que las
[fuerças
al coraçon no obedecen 1

(Cay.)

�CALDERON-ZABALETA

2525

pues él sobra y faltan ellas.

'îROY A ABR,ASADA
M'ENELAO.

, Que mucho si sale s6lo

AQUlLES.

a ver lastima y

penas ? (H r.)

Rrindeme las armas.
!,GAMENON,

Ii.ECTOR.

Yo (Lebantase.)
morir puedo à la violencia
del hado mas no rrendirlas.
Llegad, llegad, porque muera
2530 matando, pues tendre s6lo
por consuelo en mi traiedia
•que la falta de mi sangre
c suplido con la vuestra,
veviendo màs par la boca
que por las eridasvierto. (Cay.)
Mas i ay I mas I ay I que es
[forçoso
que ya al decreto ovedeç:a
de los dioses I i Ay de ti,
Troya, pues ya no te quedan
2540 esperanças de no vert.e
en tus ceniças eubuelta !
AQUILJIS.

Ya murio. J Balgame el cielo 1

l De qué Jloras ?
AQUfLES.

2545

De que sca
tan ynfeliz que me faite
contrario de tantas prendas.

(Sa/en Aga111e11011y Meuûao.)
AGAMENON.

i Con quanto pabor el alba
esta maiiana despicrta 1

UJ v.)

2550 Gran dafio an hecho en los
[nuestros
los T royanos.

2580

AQUlLES.

2555

Y avn no quedan
ventajosos ; pues en sola
vna vida que les questa
la salida, pierden mas
que nosotros en la ynmensa
multitud de los eridos
y muertos.
MENfilAO.

l De qué manera ?

al pie de los altos muras
de Troya le arrastrad. Vean
los Troyanos que mi sana
avn en los muertos se vcnga.
(Salm Sitto11 y _Ca.sa11dra.)

CAS.A NDRA.

2595

SINON,

Dame, gra.n senor, tus pies.

26oo

MENELAO.

2585

0 Sinon amigo, vengas
con vien, que tù solo ei;es
escepcion de aquest;t rregla
general de los Troyanos. (Cla-

M.ENELAO.

Jas dos pasiones me cercan
mas podcrosas. Par vna
parte el coraçon me quiebra
ver tan Yaleroso joben,
2 56 5 rrotas las armas sangrientas ;
par otra el ver que es su san[gre
la de mi enemigo mcsma
me da gana de arrojarme
coma ydropico :i veberla.
2 570 Y es entre estas dos afectos
tan poderosa la fuerça
de Ja yra que es ereciso

Calla,
que al oyr su nombre rre[uieota
el coraçon en el pecho
vien coma le quedè la fiera
rrauia erido esta, que siempte
que oye algun latido tiembla.
Prosiguc, pues, sin nom[bratle.
CASANDRA.

AQUILES.

Muriendo Ector a mis manas
que fue su mayor defensa.

A las plantas vuestras
Casandra ynfelice yace,
para que la eroyca enpresa
de la destruydon de Troya
tome otro onor por su queotà.
A casar con Paris ...
MENfil.AO.

[rin.)

256o De la lastima y la yra
VNO.

que en ml a la lâstima vença..
Llebalde y sobre vn paves,
257 5 poniendo en el vnas querdas
,tl compas de destempladas
cajas y rroncas tronpetas

SINON,

26o5

De nuestras bodas las fiestas
ya preveuidas estab;m
quando vina aquella nuc:ba

Mas lo sere quando sepas

a quién de Troya e traydo.

de que tù i ay de mi !

.MENELAO.

l Â quién?
2610

SINON.

A Casandra vclla.

(54 r.)
a Au-

[siona
rrepudiabas con que cesa
cl casamicnto, y, tratando
qué medio el rrepudio benga,
el media fue que bolbio
quien fue ;1, tratarle (no temas

(S1.spira Me11elao.)
que te le nombre) trayendo
a Elena rrobada.

MENELAO.

2590 l Qué es lo que miro? Casan[dra.
AGAMENON.

Sabrina.

MENBLAO,

l Y ésa
es atencion? i Ay, Casandra !
261 5 no me nombres a esa fiera,

�T.ROYA ABRASADA

CALDERON-ZABALETA

320

pues, por

quitarme

de vn
[rriesgo,
me pones de otro mâs cerca.

263 5

CASANDRA.

Mucho me pesa que quanto
pronuncie pesares sean
2620 y as! â callar me rresuelbo
por no decir los que rrestan.

2640

MENllLAO,

i Luego, &lt;ay màs ?

2645

CASANDRA.

SI.
MENELAO.

2650

Pues, prosigue .
Apuremos dônde llegan.
C."SANDRA .

Troya que de tu vengança
262 5 es asunto, de manera
defendida estâ en si misma
que es ynposible que puedas
rrendirla si no es que el trato
la postre sin que la vença.
2630 L, multitud de sus jentes
es tau grande, es tan ynmen[sa,
que parecc que sus calles
hombres armados enjendran.
(54 v.)

2655

266o

El hambre que es quien po( dra
aflijirlos, los alienta
â hacer esfuerços tan grandes
que con suma providcncia
en muros, rrondas y plaças
aran, cultiban y sienbran,
cojiendo frutos de que
todo el ;ûio se sustentan ;
las armas, las municiones
y los pertrechos de guerra,
dentro los Libran de suerte
que no ay cosaque no tengan.
Fuera desto, prisioneros
an dicho que ya de Grecia
bastimentos y socorros
no vienen con la asistencia
que solian, porque el tienpo
va enfiaqueciendo las fuerças
y ejercitos numerosos
que en pais contrario canpeao
y que no a[n] de corner màs
que loque trayn de su tierra,
no es posible sustentarse.
Con cuyas rraçones piensan
que presto el sitio lebantes
y rroto y desecho buelbas ;
y asi con esta espcrança
todos se animan y alieotan
(5J r.)
â no rrendirse.

2665

Casandra, que todas esas
rraçones verdades son 1
y no siento que lo sean
tanto porque sean vcrdadcs
como porque ellos las sepan.
1 Ay de mi otra vc1. 1 Oy picr[do
la csperança.
SINON.

SINON,

Pues el primer paso sea
que avna fabrica que yo
268 5 traça ré asistan y atiendan
los artifices que pida
luego i avnque amotinar vcas
tu ejercito contra ti (5 J v.)
ni te rreceles ni temas ;
269&lt;&gt; ni tu, avnque veas llamarte
su rrey, no te desvanezcas.

o la pierdas
2670 sino fia de la yndustria
lo que Je falta a la foerça.
Yo &lt;lare medio ... l mas qué

MBNll.LAO,

Toma este anillo y por él
di que todos te obedescan.

(Cajas deste11pladas y tro11petas.)
cajas y trompas son éstas ?

SINON.

2695
MENl!LAO.

Las que quiero que celcbren
267 5 oy de Ector las esequias,
arrastrandole a la vista
de Troya.

No sé si en fi.arte tanto ...

SJNON.

CASANDRA.

Seiior, de 1•n Troyano acicr[tas.

De esa sentencia,
si es que de ml as de fiarte,
cnpeçaran mis quimeras
268o â ocasionar sus motibos.
MENEt.AO.

1 Ay deml,

2 624. Cassandra's account of the difficulties attending the capture of Troy is
strongly suggestive of the speech of el Principe de Polooia y Espioola extolling the strength of Breda. Cf. El sitio de Breda, Vol. I, p. I2 t c.

Para todo doy licencia
en orden a mi vengança.

Pues por aqui an de enpeçar
los engaùos y cautclas
de la astucia de Sinon
aser en el mundo etemas.
(ITasey b11elb1m las _cajas.)
AGAMENON.

MENELAO.

2700
MENm.AO.

321

Ya como pcrdidas obran
mis esperanças.
CASANDRA.

Cubiertas

2696. One of the sub-titles given to the Troy,i abr,tsada mentioned in El

àiablo cojuelo is Las astucias de Sino11.
1\1.VOE IIISP,\l,IQUE. O.

21

�CALDERON-ZAB ALET A

322

de varias jentes se ben

de Troya terres y almenas,
atendiendo al rronco son
2705 de cajas y de tronpctas.
MENELAO-

Lkgad conmigo, que quiero
hablarles desde mâs cerca.
A de los muros 1 (E11 lo

alto Pricww, Parts, Elma y
olros.)

TR:OYA ABRASADA

2720 l c6mo de cruel blason::is
y en vn cadaber te vengas?

que à los dos en vn dia pier(da.

M.F.NELAO.

PARIS.

Como cadaber que tubo
tu saogi:e, desta roanera
se a de -tratar.

Elena, seiior, dejadme ...

PARIS.

Poco debo
2725 a nü valor si no me hecha
del muro â vengar su muerte.

PRIAMO.

Yo sabre rrompcr sus piedras
2740 con las inanos, cou los dientes,
quando Otras annas no teuga.

que me arroje, porque el mun(do ...

EL.ENA,

i Pa ris, seîior l
CASAND'RA.

MllNELAO,

No le tcngas,
yngrata, que e.~os abraços
me an rrepetido mi afrenta
2730 y me obligaràs a que
antes que él aqui descienda
ynteote subir yo al muro.

dxlv Vi~1 puedes dejarle, Elena,
porque para que tl 110 baje
(5611.)
110 ynporta que le deleng-as.
AGAMENON.

Obligaras que por fuerça
te rretiremos.

AGAMENON .

Seiior, mira.

PRIAMO.

Llcbalde.

MENELAO.
PARIS.

l Qué es lo que miro ?
ELENA,

1 Qué pena ! (56 -r.)

2745

i A traydor, que no me dcjan !

(Vam~ los tm lleba1ulole.)

Dejadme los dos.
-PARIS.
AQUlLES.

No es vien
2735 llegar del muro mas cerca.

PRIAMO.

Barbaro, fiero tirano,
si de balieute te prccias,

MENELAO.

Considera.

1 Ay, bijo del alma mla !

PRIAMO.

Hijo, tente. No permitas

PARIS.

dl

l De m·i esto se dice? i P~ia 1

De mujer aborrecida
de quien es anna Ja !eogua,
l gué ynporta, y• mas quando
[vemos
275 5 que fujitiba te vengas?
CASANDRA.

Si yo, Elena, me e pasado
al ejercito de Grecia,

a mi patria me e venido.
No me e venido a la ajena
276o en los braços de otro duefio.
ELENA.

AQUfLES,

PJUA.MO.

Llrbalde de aq11i. Llebalde. (Lle[ba11le oti-os.)

ELENA.
PARIS.

M'ENELAO.

Qµien avisaros ynten~a (Las
cajas y saca11 6 Ector sobre
tm pabes. Dan b11elta al lablaào y bame.)
2710 con voa accion que oinguno
~spere que buena guer:ra
le e de hacer. Aquéste es Ec[tor,
vuestro principe. Avn la ticrra
no a de scrbirle de mas
271 5 que de arrastrarle por ella.

2750 se qued6 de la ciudad,
no es meuestcr dili jencia.

MENELAO,

PARIS.

./. Quién Hama ?

323

f A cruel, que me detienen !

Esa accion de que te precias,
aborrecida, la as hecho.
No savemos lo que hicieras,
querida. (Vase.)
C.&gt;.SANDRA,

Yo lo dire
2765 alguna ver. de mas cerca.
(Vase.)
PRIAMO.

CASANDRA,

Vien puedes dejarle, Elena,
porque para que no salga
oy, quien anoche a las puertas

1 Ay, y11feliu de ml 1

que m ta/il as dudas y peuos
(57 r.)

soy el centro i10111le todos

�CALDERON-ZABALETA

324
div

dlx

TROYA A.BRASADA

tira11sus li 11eas d6t'e&amp;bas. ,
Pudi d Ector y perdi
la mitad del alma mesma,
arrastrândo1e d mis ojos
por Ioda el mura le lltba11.
t Come es posibleq11e el cielo
aquesta muldad consie11 ta?
Oy mill rrepetidos ecos
el vimto pron11[n]cia.

111111,a me an e-cho meruà.
La. cfoco ...

, T,i //aras?
VIZNAGA .

de

YSM:ENIA,

VNO.

, Y es êsa buena rraçon ?

1 Qué necio estas
decir todas mill y11te11tas 1
porque ci la lengua me b,is,
que faUan ya11obe cietttos
y 110benta y seis no mâs.
(Sale Im1enia y Viz.naga.)

VllNAGA.

No es rnuy mala si me vale.
YSMENlA.

Es engaiio y es traycion.

YSM:ENIA.

Deja locuras y hablemos
en nuestros paniculares.
, Merecensc mis estrcmos

YSMENIA.

Agame,ion (La caja.)

i Qmiles?

viba.

(;8 r.)
que me des tantos pesares ?

PRI.UIO.

VIZNAGA.

l Que voa.s SO/t éslas
y qui ts /o q11e veo? Parece
qtu, mbt1elto en cibiles g11erras,
el ejercito munigo
se amoti11a ; y acia aquellù
parte del basque ta,wien
dlxx parece que alguna y11111ensa
Jabrica se labra. j Cie/os 1
1 Si fortiftcarse y11tet1/au
vnos co11tra otros 1 1 DioseJ
soberanos, abrid senda
dlxxv para lapaz. que deseo l
porque de q11a11/as miserias
padec, vt~ rreyno 11i11gu11a
ta11 grande como ltl guerm.
(Vase.) (57 v.) (Sale11 Viz.11aga y Ysmeriia.)

Lai 11a es ver
que,u, te quiero tmer
y 110 me. quieres dejar.
La dos ver que lnuque el bado
dlx;o;xv la. Stltrte de Ector ayraàa.;
puer, sienilo en ta11 triste estaào
lu, Ysmmia, la emwwrada
es ll otro el que a,·rastrado.
La tres que al paso te ofrez.cas
dxc
simpre doyte ci Berseba
y que, aV11que vision parez.cas
se me aparez.co otra y tû
110 te me iles.i parez.cas.
La quatro es auer ,wcido
dKcv t,111 1•1tfeliz. (cie-los ved
qua~ grande esta causa a sido)
que aviM1dc yo preteudido,

dlxv

YSA!BNJA.

VJZNAGA,

Si.
OTRO.

quicro que me sufra â ml

2790 lo que yo :i esotras sufriere.

YSMENIA.

, No a de llorar
dlxxx con 111ill causas 111i pesar ?

, Mill?

Muera

325

YSM:ENL...

DLXXXI. Cf. También hay due/a en las damas, Vol. II, p.
cios1t starts to count from one to one thousand.

1

14r

c, whereagra-

VlZNAGA.

CaU:1, porque Paris sale

2795

a aumentar mi confusion.
(Sale Paris y Elena àetenieiidole y Il J,u)'tlldo sfo vella.)

VIZNAGA.

Ysmenia, en quentas entre[n10s.
Yo con toda aquesta gala
nuebe 6 diez moças sospecbo
que amé, quai buena, quai
[mala ~
y lo mas que por mi an becho
2775 es embiarme noramala.
Quiso dios y mi ventura
que, rrobada con Elena,
veniste de afutdidura,
para que en algo mi pena
2780 mejorase tu herrnosura.
Dijete mi pensamiento ;
tu palabra me dijiste;
llego la obra y al momento
muchlsimo me quisiste
2785 y muchisimo lo sicnto ;
y assi de rodas en ti
es bien que vengannc esperc,
porque la que me quisiere
2770

PARIS.

No me sigas, sombra fria.
(J8v.)
ELENA.

f Mi vien 1
PARIS.

Palido trofeo.
ELENA.

Seifor.
PARIS.

Ciega fantasia.
ELENA.

Paris, yo ...
PARIS.

loco devaneo.

�326
.ELENA.

2800

TROYA ABRASADA

CA.LDERON-ZAB.\L.E TA

puedan mis alagos mas

r Ay, Elena de nfü ojos 1

Mi dueûo ...
2810

Noche del dia.

que vna aprehension.

1 A)', Elena de mi vida l

t

PARIS.

tu eras quien

1 Ay, amada
Elena 1 &lt; qué no podras ? (Vn

[clarin.)

&lt;Pero qué es esto?

(Sale Si11on.)

VI.ZNAGA.

è Que 1ne quiercs ?

2815

Peer fuera, Elena bermosa
verte yo, yo estar en ml.

YSMENIA.

SINON.

Llamada
del enemigo es.

2835

PA.RIS.

, Qué a sido esto ?

P.~15.

Sin duda
ay alguna nobedad.

PARIS.

i Estraiio rrigor 1

No sé. Luego
que del mure me quitaron,
triste, colerico y cîego,
mis sentidos ocuparon

VIZNAGA.

è Que tienes ?
2820

PA:RJS.

ELENA.

c! Qué sera ? Cobarde y muda
estoy.

rnill fantasias . Vn fuego

fil.ENA.

2825

tan voraz que en él ardia
toda la ciudad y en el (J9 r.)
juzgara, pena cruel,
que el cadauer de Ector via.

Ya de la ciudad

( Otro clarin.)
rres:ponden.
PARIS.

Mi vien, mi dueôo, seiior,

Ya sé que mi aruor
fue la causa por quien mueres.
Dejame, Ector. No, tefiida
co11

si de tau justa tristeia
tiene la culpa mi amo,,
no la tiene mi fineia.

ella.)

en sangre la faz, enojos
me des.
ELENA,

Yo soy tu omlcida.

dcv

Yo sie11to vu~strodolor
mtis que M lWllqtie te consuûo ;
y es porq11e 110 pr,ede aqui
bacer por ti mi dewelo
mas qut ofreurte t1 consuelo
q11e a mwester para si.

PRIAMO.

Sinon, t que venida es ésta ?

YSMENIA.

me parec:io que sentia

Ya sé quién eres.

Dame, gran seiior, tus plantas,
a tu vista Uego
coma enbajador y op
coma vasallo, no quiero
goçar de la ynmunidad,
pues mi mayor lucimiento
2855 es ser par sangre Troyano,
avnque poroostumbres Griego.

2850 que a"nquc oy

ELENA.

, Què es esto ?

(Abraçase

Que entre
como emT;,ajador, supuesto
que cl oyr al enemigo
fue sienpre prudeore aquerdo.

PARIS.

PARTS.

2805

2845 è Qué as rrespoudido ?

PARIS.

Si, mi vien y arto dudosa
de verte fuera de ti.

è Con quién hablas?

PARIS .

PRIAMO.

cstaba aqui ?

ELENA.

ELENA.

Â tus pies estoy postrada;

2830

PARlS.

2840

a

Fuerça es que acuda
ver desto la ocasioo. (Sale

[Priamo.)
PRIAMO.

Yo la dire. Agamenon
ya rrey de Grecia este dia
vna enbajada me enbia
y es quien 111e la tray Sinon.
(59 v.)

SINON.

Quedé auoche prisionero
de Grecia y Agamenon
286o oy su enibajador me a· hecho.
Ésta de creen,cia es
la carta. Escucha aora a.tenta
y sabras las oobedades
mayores que a visto el cielo.
2865 Menelao con el dolor
de su agrauio y de sus celas
(vien que el dolor no disculpa
crueldades fuera de tienpo:)
oy por vcugarse en tu sangre
2870 mand6 que arrastrasen aEctor
a la vista dê tus muras.
(Perdona si te ent~mezco,

�328

CALDERON·ZABALETA

que es forçoso repetirlo,
pues no es facil no saverlo.)
(60 r.)
287 5 El ejercito que ya
con obediencia y despecbo
cansado est:I de sufrir
la guerra de canto tiempo,
tomando por ocasion
288o cspectaculo tan ciego,
coctra Menelao su rrey

dcx

rrcrresentandole todos
que se ha\lan pobres y enfer[mos,
desterrados de su patria
2900 y arrancados de su centro ;

(6ov.).

st a at11olit1ado.
2905
l'RIAMO.

AJgo d.e eso
oy yo desde la tmwalla.
SINON.

2910

Oy vards qu.e yo 110 mimto.
todo se amotin6 y luego
de 1as armas entregô

a Agamenon el govicmo.
2885 ÉI, avnque escusarse quiso,
no pudo, que fuera nedo
quien a vn veloz monstruo,
[que
tiene ya vencido el freno
de la lealtad, con las rriendas
2890 le llamara del consejo ;
pues fuera yrritarle a mas
y que no parara en esta.
Acetô el cargo y apenas
se vio en é1 quando al mo[ mento
2895 cargaron sobre sus hombros
sus quejas, sus descoosudos,

2915

2920

292 5

329

TROYA ABRASADA

que diese fin a b guerra
de vna vez, que avnque rresuel[tos
estaban a no bolber
sin onor, sentirlan menos
morir escalando el muro
que no sustentando el cerco.
Dejemos en es12 parte
su rrason y su ardimiento
y vamos a Menelao,
que, ofendido del suceso,
dejando el baston, les hiço
vn publico parlamento.
Asento en t':l que jama.s
fue Elena su esposa, pucsto
que forçada de su hermano
por couveneucias del rreyno
de Citara vella, que es
ysla cousagrada â Venus;
casô con él y que as(
no pudo el sacro Ymeneo
s111 boluntad eolaçar
el yugo de.! casamiento;
que si auia preteodido
vengarse con taoto estruendo,
sôlo auia sido por dar
de tan publico desprecio
publica satisfacioo ;
pero que ya cooociendo

2882. The rnutiny in tne Greek camp is bere represented as feigned. The
pretended revoit is ooly one of Sinon's tricks. 1n the more authentic versions, it is a bon a fide uprising.

para con el sospechosos (61 r.)
~930 sus soldados, hacia el cielo
protesta. que desistia

de su vengança, atendicndo
Agamenon que su herm.1110
se daba por satisfecho
293 5 de que Elena como dama
pudo ofender su rrespeto
pero com.o esposa no
y que ya todos los medios
de aquesta guerra pendian
2940 de solo su arvitrio. Aténto
a la l:îstima de todos
y de todos.al rremed.io,
me mandô venir a darte
aviso, y dice en efeto
2945 que quiere de los Troyanos
atender a los lamentos
y de loS' Griegos tanbien
quierc atender al destierro,
sicndo el fin la jeoeral
2950 paz de Troyanos y Griegos ;
que él de su pane pondria
boluntad y rrendimiento,
en eu ya fee d;lra a Palas
por su fiadora, ofreciendo
2955 al Ylion de si1s muros,
doude esta su altibo tenplo,
vn fabriqdo caballo
que estaba su jente haciendo
(6J '1./.)
para consagrarle :1. Marte
296o jeroglifico perfeto

de la guerra ; y asl a Palas
le ofrecieran, adquirieudo
nombre de Paladion
por su nombre en efeto;
2965 que te juracl en sus aras
etema ru.ia.oça y feudo
para que con esto cesen
tantos rrigores sangrientos,
tantas rrepctidas sanas,
2970 tantes monales enquenrros,
ambres, pestes, morta.ndades,
omicidios, adlùterios,
rrobos y delitos coma
tray la guerra; monsm10 fiero,
2975 que vidas de hombr,es y bru-

[tos
son su mejor alimenta.
l'RJAMO.

Si ')'O pwlitra, Sitlo11,
mostrnr 111i qgi-adt&amp;imimto
dcxv con palabras, 110 dejara
que rrespor1diera el si lenGio.
PRIAMO.

Dile â Agamenon que yo,
estimando sus deseos,
vna y mill veces adrnito
2980 de su rraçon los preceptos.
Que al tenplo de Palas venga;
que trayga el don opulente
de ese caballo que labra

296'3. The mistake of confusing the Palladium with the borse of Troy was a
very general one. Cf. my note on the subject in Mod. Lang. Nous, Vol. XXV,
June 1910, p. 184. Sioce then l have discovered a fifteenth century ex.ample ot
the mistake. Cf. El Caucionero d.e Baena (ed. by Michel, Leipzig, 1860), Vol. l,
p. 72.

�330

CALDERON-ZABALETA

donde los dos nos veremos
(62 r.)
2985 conprometicndo en su altar
con sokmne juramcnto
la paz y que en tante aya
suspension de armas, haiiendo
vanquetas, fiestas, olguras,
2990 entre Troyanos y Griegos.
SINON.

1Con esa rrespuesta. a, quânto
vfanoy gustoso buelbo !(Vase.)
PRIAMO.

Guardete el ciclo.
PARIS.

No sé
si haces vien encrer tan presto
2995 la embajada de Sinon.
PRIAMO.

Pues, l por qué ?
PARIS.

Porque !o tengo
por poco seguro.
ELENA.

Quando
lo fuera él, , pudiera scrlo
Agamcnon?

TROY A ABRASADA

Y!ZNAGA.

PA.RIS.

TODOS.

Se entiende.
dcxvii eso co11 los 1nyes griegos

3020

j

Viba Priamo, rrey nuestro !
PRIAMO.

cowo con esol ros.

i Ay, Ecror del alma mia.
si llegaras tù à ver esto 1

P~!S.

(Vase.)

Yo.

SINON.

Ysmenia, adios.

Nilo dudo no lo àpruebo;
mas miralo màs despaclo.

SI,
y con tan grande alegria

YSMENIA.
ELh'NA.

l 06nde vas?
VlZNAGA.

302 5
PRIAMO.

A ver si entre estas festejos
no te vco y puedo ver
vn poco de vino greco.
(Vâl11Jse.)

Tu &lt;lices vien. Hijos mios,
vasallos, amigos, deudos,
ya cesa la guerra ; ya
3010 de paz se trata; muy presto

fil.ENA.

l De qué tan triste as quedado ?

(6.2 v.)
saldreis de la esclauitud
en que os a tenido el cerce.
Dl!NTRO.

PARIS.

TODOS.

J Viba 1

3015 la paz abraçan I No ya
con belicos ynstrumentos
afüjais el ayre. Sean
dulces boces, blandos ecos,
los que en los muras se oygan.

que avnque Priamo quisicra
tercer sus design ios, ya
presumo que no podra, ( 6J r.)
porque queda de manera
3045 a las paces persuadido
el 'pueblo que si yntcntara
no hacellas, se amotinara.
MENELAO.

Vien hasta aqui a sucedido.
AGAMENON,

No sé.
ELENA.

1 Viba nuestro gran rrey 1

toda la ciudad se via

3040 quando por dia sali ,

Poco ay que mirar en este ;
300s que tambien como :i nosotros
les est/1 la paz a ellos.

1 Qué goçosos, qué contentes

3000 Porque es rey y no savemos
los rreyes mentir.

MENELA.O.

, Eso a rrespondido ?

PARIS.

PRIAMO.

(Vanse los dos. Sal~n Me11elao, A'gatnenon y Sinon.)

VfZNAGA.

[PARIS.]

Mira quan contentes
vnos à otros se abraçan
3030 y, por las caties corriendo,
previcnen vnos y otros
musicas, bayles y fuegos.

PRIAMO.

l Por qué no?

No sé la rraçon
pero vien sé que la tengo.

P~IS.

, Ves toda aquesa alegria?
pues para mi es sentimicnto.
ELENA.

Y agora, l qué emos de
[haccr?
SINON .

3050 Lo primero es conveniente
que tanvien dé nuestra jente
:\ los de Troya emender
su gusto y, sobre el seguro
de la trcgi.1a deste dia,
3055 con musica y alegria
saludcn à los dèl muro.
Lo segundo es abreuiar
la fabrica del caballo,
pues solo en el tiempo hallo

a

�33 2

TROYA ABRASAD.\

èALDERON-ZABALETA

306o peligro, .que el dilatar
èstas cosas suele ser
su mayor ynconbeniente.

AQOlLES.

AGAMENON.

Ya no ay para qué.

t Qué voces aquéll.is son ?

MENELAO.

MENELAO.
MENELAO.

En él labra tanta jente
y con ta! ansia de ver
3o65 su grau fabrica acabada
que, si estâ el efeto en esto,
pienso que podra muy presto
hacerse en Troya la entrada.

Y yo, pries

1m e de hallar
dcxx m las fiestas de ese dia
porque la persona 111ia
dep11esta andr ymagiliar, (63 v.)
te11go de ser el primera
que uz m vimtre a de esco11der
dcxxv ese mmistruo que a de ser
pre,iido 111011/e de (J(tro.
1W

Yo con la jente estarc
3070 en la campaiia advertido,
para

que

eo

sintiendo el
[-rruydo,
socorro â tus armas dé.
SINON.

Facil te sera el entrar,
pues eucima de la puerta
3075 dejan\ vna brecha avierta
su estatura singular.

Casandra.)

AQOILES.

3105

CASANDRA.

La jeilte que persuadida
:i que la paz se trata,
ninguna yntencion rrecata
alegre y entretcnida
3085 con musicas y con fiestas
tanto al muro se a acercado
que del muro an escuchado
dulces festibas rrespuestas.
(Olm vez las vous.)
M.ENELAO.

piadosos,
[quién,
3090 creyera que su alegria
en niugun tienpo podia
sonar â mi agrauio vien ?
A mi tienda, hermano, voy,
porque ninguuo mevea (64 r,)
3095 hablando contigo y crea
que doble contigo estoy.
AGAMENON.

Dices vien y yo à entender
dare à sus fiestas atento
que como es ése mi yntento
3100 me alegro de su placer.

M.El\'llLAO,

Quiera cl cielo que el suceso
rresponda a la prebencion.
( DenJro voces de fiesta y sale

Cômo , valeroso Aquiles ?

[eso?

l Quién, dioses

AGAMENON.

,!_

3o80 Casandra hermosa, l qué es

Como ta! el celo a sido
con que la estatua an labrado
que antes de averla empeçado
acab:u:la a parecido.
MENELAO.

Pues, si ya no ay que espe(rar,
3r I o Sinon, parte â preueuir ;
Agamenon a fiujir;
Aquiles a sefialar
la jente ; :i vengar tu suertc,
Casandra, y yo mi crueldad.
; n 5 Celcbrad, pues celebrad
esequias de vuestra muene.

(Va11se.)
(I.as voœs olra vez. y .rolen ca11ta11do 'lin coro y m alto est1i
otro.)
COjl.O PRIMERO.

/ A de los muros dt Troya !
CORO SEGUNDO.

f A de los campos dt GreciJ I
CORO PIUMERO.

Albricias os pi@.

333
CORO SEGUNDO.

dcxxx A/bricias os pitùJ.
CORO PRll,{EJIO

Que mpitça la paz..
CORO SEGUNDO.

Que acaba la guena.
CORO PRlMERO.

Albricias.
CORO SEGU DO.

Albri&amp;ias. '
CORO PRIMERO.

Suctd&lt;w ...
CORO SEGUNDO.

Sucedan ...
CORO PRJMERO.

dcxxxv la hra la caja.
CORO SEGmmo.

la 'Vil:{ la tro,ipeta.
VNA VO:Z SOLA, 1.UYSA..

Yo pido co11 mtis rraço11
las a7britias, pues es ftierça
(64 ·t1.)
qtte quim cle cautibo sale
dcxl la liuertad agradez.ca.

SINON.

Yo asistiendo
artifices les dare

a los sutiles

prisa. (Salt Aqttilts.)

ocx.xxv1.

Luysa and Josepha are the names of the actresses who sang th&lt;·

pans. Cf. introduction.

�TROY A ABRASADA

CALDERO.•-zABALETA

334

AGAMENON .

OTRA VOZ SOLA, JUSEPA.

y COil 11111s CIIIISQ ta,m!Ïtll,
Jnus es preciso que tenga
mayor gmto con la paz.
quim va ci su patria à la b11elta.

Dame, se/Î(&gt;r, los braços
que de lttrna amistad au de ser
[laços.
PRIAMO.

VOZ PRJMl::RA,

dcxlv l C611w las damas de Tro)'a

lo 011 posada 7
VOZ SEGUNDA.

Coma aquellas
damas de hija de t'eci110,
cerradasy de hambre 11111ertas.
Las que de Grecia a11 ue11ido,
del l cômo se bal/an 7
VOZ PRIMERA.

M1,y co11te11tas,
parque 1mnca esttin e11 casa
y se a11dan de tienda m t-ie11da.

dclx Y con 1111do tan J11erte

que

110

los puede desatar la
[11111erle.

dclxxv dS11 ymnmsadeydad m sacrificio

los dos al lemplo vamos.
Las cere111011ias de aliatifa baga[mas.
PRIAMO.

Decid en voz altiba
q11e viba Aga111t11011.
AGAMENON.

AGA!tŒNON.

Vos, Paris valeroso,
los '1111estros 110 11cg11eis.

Pri&lt;111w viba,
dclxxx decid en

voz sonora.

PARIS.
PARIS.

(, Aques/o apoya

Yo soy dicboso
quim en el/os te a hagora e11
[merecellos.
AGAMêNON.

[Ap.]

[Ap.]

dclxv (/ Q11ii11 le pll/liera dcsqctr m
[el/os /)

mi podre ?)
TODOS.

Vihan j1mtas Grecia y
[Troya.
Albri.cias, al/Jricias.
(Sa/en Ysmmia y Elena.)

CORO PRJ.MERO.

Albricias.
CORO SECUNDO.

Albricias.
(A11tes de aca/Jar sue11a11 las cbirimias
y cajas. Salm c01i los aco111paiia111ie11tos
que pwlierm À(amenon, por tma parle,
Prianw, Paris y Viz.110fa por otra.)
YSMENIA.

l Qué 't'OUS son las que anega11
dclv 1111es'1'11 dulce mspe11sio11 ?
LUYSA.

P-riamo y Aga111mo11
qut ,i verse y û bab/11rse 17-tgan.

PRIAMO,

Aquel templo eminmte (65 r.)
que lleba al sol la coro111Jda
[jrmte,
sirbieniloli- m 111is111a a111bicio11
[de alas,
es el ltmplo de Palas
dcl.xx m cuyas aras etnos
cle jurar la amistad que elema
[harmws.

ELENA.

No quise, Ysmcnia, salir
destos jardines en tanto
que las ceremonias duran
3120 y los festejos y aplausos
de este dia, que uo fucra
justo que, avicndo causado
yo la guerra, cmbaraçara
la paz, si al verrue mi hermano

335

3125 rrenobara con mi vista
la memoria de su agrauio ;
y asi quiero, rretirnda,
pasar la tarde goçando
la lisonja &lt;lestas fuentes,
31 30 la hermosura de estos quadros.

(65 v.)
lo poco que rresla al dia,
pues ya el sol m el oca.so
dclxxxv le da liceucia ti la 11oclie
para que estienda m ma11to.
YSMENIA.

Yo por estarmc contigo
tanvien de ver e dejado,
la fiesta y saue mi dios
si lo siento. Porque, quando
313 S considero como estâ,
sefiora, todo esc campo
de varias jentes cubicrto,
Yaylando aqui, alli cantando,
aqui jucgos, alli luchas,
3140 carreras aqui, alli saltos,
aqui voces, alli grita,
y aqui y alli mercndando,
pierdo aqui el entendimiento
de ver que alli no me hallo.
ELENA.

314 5 La pintura te agradezco

y, avnquc le tehia mandado

a Viznaga que viniera,
en viendolo él

;\ contarlo,

(Sale Viz.11aga.)

AG,\MENON.

Pues e,i ta11to q11e vime
elgra11 Paladi011 que ya se pre[bie11e
de mi fu por )1tdicio

31 38. An almost identical passage is to be found in F11ego de Dios eti el querer bim, Vol. III, p. 307 b. Compare thevery similar description otthe fishing
community ofZabara, given by Cervantes in La ilust,·e Jregtma : Aqul se canta,
alll se reniega, acullà se rifie, acâ. se juega, y por todo se hurta.

�CALDERON-ZAflALETA

336

ya me às quitado el deseo,
31 ;o de sauerlo.
VlZNAGA.

Pues el paso
torcere, si a tan mal tienpa
oygo mi nombre en tus labios.
ELENA.

No te vayas, que de ti
sauerlo taruvien aguardo.

TRO\'i\ ABRASADA

wya mligesta.d cartsaba
ta11ta aà111irdcio11 y espa11to
c01110 si mober se viera
deste â aquel morfle v,1 peii.asco.
Lie.go a la puerta y 110 cupo
de suerte que derribaron
para que hubiese de entrar
3180 de la muralla vn pedazo
con que queda encaredda
su estamra cuyo espacio (66 v.)
capaz fuera ...
ELENA.

"\'lZNAGA.

31.15 Hacesme mucha mercèd,
que rrebe:ntara, callando.
Priamo y Agamenon,
despues de darse los braços
aJ templo fucron adondc
3160 sobre las aras juraron
eterna amistad. Dejen10s
aqui a los rreyes y vamos
(66 r.)
i la ofrenda que. a la diosa
los Griegos an consagrado.
316 5 i: Viste, seôora, ta) vcz
sobre los espejos claros
del mar vn bajel rrompiendo
sus espu mas de alabastro ?
Pues tal engolfo de flores
; 170 sobre las ondas dd campo
parccia nabegar
la emincncia de vn cabaUo,
vien que ~;n viento porque,
en calma el none y el austro,
3175 solamente se mouia
al rremolque de los braços.
tcm perfecto y tari vien liecbo,
la11 vibo, que â caila paso
que daba la jente, el
dcxc juzgm·as que vmi11c a11da.ndo;

Calla, calla.
No me le encarezcas ta.nto,
318&gt; que de ymajinarle solo
me da orror. Dioses sagrados,
no rreviente, no rreviente
el bolcan que amenaçando
mi vida esta; que ya sabra
3190 su fuego, pues yo me abraso.
vtZNAGA.

[Ap. ti Ysmettia.]

dcxcv ( Ysmenià.)
YSM'ENIA,

dcc an bui!l/o a casa borr11chos
y el/a parec( qu, tient

EL~A.

F.LENA.

i Qui me abraso !
YSMENIA.

Se,iorn.
ELENA.

Va delirio, vn
[pasmo.
Entre estas rramas jurara
que avià visto â Menelao,
3195 tciiido el desnudo acero
en sangre mia.

Dejadme todos. (Sale
[Pa1'is.)

PARJ S.

PARIS.

/ Mi Elena/
ELENA,

3200

/ Rl"igor estrmio /
PARIS.

dcct· l QuJ Iie11is 7

Pues quando
de aver el efeto visto ,
de la paz, asegurado
de mi sobresalto estoy,
{ estas tû con sobresalto ?
(67 r.)
No temas, y pues yo vengo
gustoso, pue.des cstarlo
ni, Elena.
ELENA.

ELENA.

/ Palida so1T1bra !
PAR!S.

(,! Qué quiem ?)

PARIS.

Elena, senora mia,
{ qué es esto ?

algo desto.)

[Ap. 4 Viz11aga.J

337

Estando contigo,
(Mmica.)
mayor ventura no aguardo.

Pues&lt; como?
VIZNAGA.

[Ap. ci Ys111et1ia.]
(Dime.

l A eslado Biwa e11 el campo r)
YSMENIA.

/ Sa11griento e11ca11/o J
l q11d me quieres 7 l qui 11i,
[q1iim1r?

[Ap. â Vi.l'1uzga.]

(No. Mns 1. pqr qué lo preg1w[tas?)
VIZNAGA.

PARJS.

ELENA.

[Ap. 1i Ysmmitt.J

(Porque quantos a11 estaà-0
allâ co11 el viuo gruo

PARIS.

Te11e1·te, Elena 1en 111is lin1ç-0s.
E'LENA.

Paris, setior, dmiio t11io.
(Sale Paris.)
REVUE HISPAN!QIJE, D.

3205 Vizoaga, pues que la noche
tan :ipadble a mostrado
su tranquilidad y el viento
yere en estas flores mauso,
di que en aqucl cenador
3210 las mesas pongan. Y en tanto,
(Vase Viz,mga.)
porque Elena se diuierta
de aquel susto ymaginado,
llama los musicos ul (Vau
[Ys111i11ia.)
22

�338

CALDERON-ZABALETA

y diuierrenbs cantando.
dccx ,: Como le sùutes, Elena ?

TROY A

[ mento (Toquètr ystrutnentds.)
3230 suene l Tono yletra oygamos.

~ŒNEI.AO.

Muy bien con las alegrins
de tu anror y lus finez.as. (Sien[ /anse los dos.)

i\lUSICOS.

Corno el defenderme a ml

, Qué es esto ?

PARIS.

No saJgo
de ella por esto.

PARIS.

Entrt-estasjlons v11 rrato
dcav te sierita .; que en ellas quiero
aliuiarme tkl cansa11cio.

Ei.ENA.

es tu obligacioo.

PARIS.

En el rregaço de Venus
yace Adonis descansando
de las fatigas del vasque
en las délicias del prado.

339

[Dmlro.J

32 50 i Mueran todos los Troyanos !
ELENA.

ABRA.SADA

1 Ayde miynfelice !

PARIS.

32 35 l Quê a proposïto la letra
viene I pues ,yo te ydolatro
cooio ami Venus.

DENTRO.

PRIAMO.
J lnfeliz
de ml! Matôme mi engaiio.

J Trnycion, traycion 1

ELENA.

32 1 5 &lt;En fin que vienes seguro

PARIS.

E.LDIA.

.ELENA.

y yo

de la paz?

como â mi Adonis te amo.

1 Cielos santos l
&lt;! qué confusion es aquésta ?

3265 Voz de mi padre es aquélla.

&lt;C6mo

PARIS.

Estoylo tamo
que nueb:imente la vida
a tu hermosura consagro
como prenda que oy adquiero,
3220 porque hasta aqui mi cuydado
como agena te tenia
ya como ~topia.
ELENA.

Eso es falso,
porque nadie propiedad (67i•.)
adquiere en ajenos braços
3225 sino solamente quien
vibe en ellos ; que el tirano
no es dueiio. &lt; Viste :i Casan(dra r
PARIS.

Porque no hables de ella, 1 o
(quanta
nie guelgo que este ynsttu-

en socorrerle tarda ?
ELENA.

AIUSICOS.

Quando Marre, que celoso

3240 estaba, viendo ·su agrauio,

en las entrafias de vo bruto
puso el fuego de sus TTayos.
PAR!S.

Ya no \'Ïene bien la letrn
pues ya no ay Marte agrauindo.
ELENA.

3245 Ni bruto cuyas entranas

PARIS.

Espera, que â verlo salgo. (End
·
of 67 v.)
(I supply the missing ·end from Ms.
16870, Biblioteca Nacional.)
ELENA.

32i5 Esso no. No as de ir sin ml.
(47 r.)

TODbS.

i Arn,a, am1a i I Guerra, guer[ra l

1 Ay, Elena de mi vida!

3270 sïernpre he de estar â

De mis brazos
no as de faltar.

Arma, arma

lado.

I Guerra,

[guerra l
PARIS.

Mal hare, si â esro no salgo.
PRIAMO.

Hijo.

PARIS.

&lt;. C6mo no,
si aquese griego cauallo
que metio Sinon en Troia
326o es bolcan de ombres armadas ?

tu

DENTRO.

Suelta, Elena.
llLENA.

Al anna tocansus celos,
diciendo"ei1 suspiros altos ...

PARIS.

PARJS.

puedan tener fuego tanto.
MUSICOS.

En fin, Paris, l qué me dexas
en poder de mis contrarias ?

PARIS.

l Corno alti no boy ?
ELENA.

Paris.

*

��TROYA ABRASADA

C~LDERON·ZABALETA

34 2
MENELAO.

1 Ay, Elena,
con qu:\mo dolor te mato 1
fMatala.] (Toq11e11 y sale A1;a11IeI1011 .)

veràs dcsde su erninencia
cl mas sangriento teatro ...
MENELAO.

l A traidor que por ti solo

oy an perezido tantos l (48 v.)
[Dale.]

AGAMENON.

SrNON.

Menelao.

3335 l Esse pago à mis linei.as
das?

MENELAO.

Agamenon.
MENELAO ,
AGAMENON.

Sf, que aquéste es el pago
de vn traidor, porque coomigo
no agas despues otro tamo.

&lt;. Y Paris y Elena ?
MENELAO.

Entrambos
3325 est:\n ia

a mis manos muenos.

AGAMEJ:,;ON.

Yo en la ciudad no he dexado
parte alguna que no abrasse
mi furia.
AQUILES.

Ya los mâs altos
edifizios ruinas son.

CA.SANDRA.

Buel ve los oxos ,\ ver
3340 aquessa ruina.
MEllELAO,

i O tÙ raro
padron de fuego, à los cielos
les quenta mi desagravio,
para que Troia Abrasada
con esto acaue, esperando
3,45 el que ésta escriuio perdones,
ia que no mcrezca aplausos.

SINON.

33 30

A la

campaôa salgamos.

Fin de la terzera jornada.

33 35. This is the com·eotional way of rewa(ding a traitor in Sp~ish literature. Compare the proverb quoted by Cen·antes, Da11 Q1111otr , pt. 11,
chap. xxx1x : Aunque la traicion aplace, el traidor se aborrece. Cf. Lope, ùu
paus de los rryes, (Academy edition), Vol. VIII, p. 53 S a :
La traicion te pago bien,
Ser traidor te pago mal.
The traitor's reward is the s;me in the last act of Calderoo's Ni1ia de Gcimt{
Arias. Cf. also La gran Cew/Jia, Vol. I, p. 203 a.

343

(Retuming to theautogi;aph MS, folios 68 r, v and 69 r, v are blank. Theo
corne the following censuras.)
(70 r.) Esta comedia se puede bol ber:.\ represeotar con apercibimiento que,
si algo de lo que en ella est:.\ borado (sic) 6 reparado se dice, se castiganl. con
grabes penas a\·autor, al que dijere los bersos y al apuntador, si no adbirtiere
lo notado en dia. En Madrid a 2 de febrero de 1644.
Juan Nauarro de Espinossa. (Rubrica.)
Por ordeo de V. S. eJ senor vicario general he visto esta comedia y en ella
no ay cossa colltraria ànra. sta. fee catb6lica y bueoas costumbres y assi podr.i
V. S. seruirse en dar la licencia que se pide para que se represeote, con talque
se guarde el orde•1 que Juan auarro de Espioosa tiene dado. Fecho en
Valencia ~n el conuento de nra. sa. del remedio, ordandola SSma Trinidad :\
3 de agosto 1644. El Mro. Sr. Juan Be. Palacio, qualificador delsto. officio
(sic). (R11brlca.)
(70 v.) Por coruis5i6n del S. Vic. General be visto 1al como escrita com~dia,
yntirnlada Troya abrasada y, quardaodo los rreparos y orden que tiene dado
Juan Navarro de Espioosa, se podra represeotaren Caraga (Cartagena?) à siete
de henero. 164 5. Juan Gaspar de Perisanz.
Variant readings and textual notes, Act III.
2279. Ne of convieue eut off in the binding. - 2283. lo de a correction for
mir.u. - 2284. The two couplets beginning with this verse were marked for
omission with theresr. Later Si was written opposite them in the left ~rgin
and No opposite the following two couplets. The correction was made in brown
ink. - 2294. mill diasa correction for el dla . - 2303. The s of onrras written over an r. - 2309. PARlS a correction for VtZNAG .\. - 2318. yas crossed
out after quieto. - 2341. O1ro a correction !or alguieu . - 2384. dVisara a
correction for tomar:1. - 2394. V1ZNAGA crossed out after morir. - 2395.
This verse writu.:11 in the margin after the following excision bad been made ...
nxvn. Crossed out in black ink . .. DXXJ. q. v. :\. d. a correction for que la tloy
cou jlgo. - 2396. HECTOR crossed out at beginning of verse ... del viento a
,orrectioo for Espera . - 2398-2405. Marked for omission but later Si was
twice written in left margin. - 242 4 . Amor written over an illegible word ...
VIZNAG.~ la crossed out aftcr Amor ... herm:mo a correction for amigo. 2428. lidia a correction for vi be. - 2458. pasart cro,scd out at beginning of
verse. -2506. I ha\'eomitted puedcn at end of\·erse. - 2514-2515. Marked
for omis~ion but later Si was written in the left margin . - 2540. tener ? crosscd out after de. - 2578. This v.crse repla,es an original : alrrededor de los
rnuros. - 2590. This verse rcplaœs an original : ~ Qué miro? Casaodra hermosa. - 2599. Aq crossed out after vien. - 2606. t. a. d . m. a correction for
mi padre. - 2672. ln the left margin, stand~ tht: stage direction C,,xas i clari11,
not in Calderon's band ... de q crossed out aftt:r media. - 2686. This verse

�344

CA.LDERO '-ZABALETA

replaces an original : los soldados que vo pida. - 2694. P. p. a. a correction
lor : Que es por donde. - 2701. aqm crossed out after esperanç:is. - 272.7.
Paris, ~ciior a corr«tion for 1o le tcngas. - 2744. todo~ cro~~ed oul afu:r
rretiremo~. - 2751 This verse rcpl:1c1.-s an original : no ynpona que h: deteng:as ... la cros cd out after mencsier. - DXLLX. These lines were fmt gi\'en 10
Sinon. ln th,night margiri, the stage: direction Y lu. cajrJ de gtterrll was writtcn
and crossed out. Caldtèron furthermore repeatcd thii. verse and the ne.,t by
mistake, - m x1. Oy croS5ed omat begi:oning of line ... rrepetidos ccos a correction for confo:sa.s 'l"OCC5.-0LXU. vieo cros.st.-d out afterd ... e. v. p. a correction for por ml hablando los vientos. - DL.XXX "nt. otro crossed out in the
original, plainly by mistake.. - ox.cn·. quatTO a correction for quinto. - oxcvu oxcvu1. repbce: pues aviendo .moche huydo/oy no me an hecho merced. ln
the left rnargin, siit short lines have bcen crossed out. They are utterly illegible except the firsr few words which read : o me digan. - OCIJ. falt:1n a
correction for faltando. - 2782.. ThiS\·er.si: crfüsedout aad then rcsmred ... mi
.substitutcd for tu, then crosseJ out ... e:scuchas writtcn for dijistc and crossed
out. - 2783. This verse croSlicJ out and y quiso mi subsrituted for 1. 1. o.
Thea i was rcstored as first wriui:n. - 278-1. Fi.rst written : 1:1.nto dello me
quisiste ; tbcn : tan much,simo rue :imasu:; then as iL oow .stands.. - 2785.
First wrinen : ,-o :i los desayres atcn10; then : que muchisimo lo iemo ; then
as it now st:inds. - 2786. First written : de las obras en ti; then toda was
substituted for de las; thtn the whole was .stricken out and Lhe vcrse \\tinen
as iL no,..- stands. - 2.790. esotras a correction for la otra. - 2793. y es traycion cro~ed out :t.nd rewritu:n - 2794-2795. Fir1,1 written: 'o allijas mi
coraçon. / C11Uo porque Paris sale. This whole page of the Ms. is so illCAiblc
that 2786-2795 h.tve h.!en repeatcd iu priated characrers ia the right margio.
- 2797 Mi viea a correction for Senor. - 2798. &amp;nor a correction for mi
v1cn 1 - 2802. Ysmenia's speech li.rst givcn to EL'E~A .•• es csto a correction
for ,·es .... lo crosscù out bcfore cstr:iiio - 28:&gt;J. Viznag:i's speech IÎr..t given
10 Eh:na ... q. t. a correction for adv1erte. - 2804. Mira a correction for Con·
sidcra ... Y crossed oul bdore ya. - 2815. This \'t!rso: replaces :m original :
n1irondo1e ~tar ~·n mi. - 2.818. ·n1is verse repfaces an original : t.an colerico
triste y citgo senti. - 1823. first wrillt!ll . 1od.1. la ciudad y entre ël crud;
thcn : 10Ja la ciuJad y &lt;lentro dé! ; theu, as it 110w stands. - 2.82-4. First writu:n : me parecio qu.: el cruel allsia cruel - 281;, ,\f1er this \'erse, H3nds a
partially crnsed linc. The first two words pero dè.fr:içado alone arc kgible. ocm. , o writh!D in left ruargin ... After this verse. is writtcn: cruel crec que
siento yo dolor. eu was substitutcd for yo, then tfoi who)I! was stricko:n out.
- 2 33. In the lei1 margia, the stigc direction Clari11, wrltten in another
haad. - 2834. Vizoaga's speech origioally given 10 Elena. - 2.838. Ysmeniù
spe1:ch originally given 10 Paris. - 2882. This wrse wntteo in priared char•

TROY A ABRASA DA

345

aciers after the ezcision hod beeo made. - 2885, escus.'lrse quiso a correction
for quisiera escu:;arlo. - 2910. suct!SO a correction for aquerdo. - 292c.
sacra a correction for d dio:; ... de omiued bt:fort! Y. - 295 j. puena cro:;sed
out after sus. - 29)8,
crosseJ out alter que. - 2.959. Marte a correction
for an illegible word wh.ich may be Minerba. - 2.961. y asi a Palas a ,om:ction
for : coruo a dios., ... :i t:lla h:id been sub timred for diosa and crossed out. 1962. Originally : de la gucrra y en d1:10. TI1t&gt; cwo following verses represent
.1 corrt:ction. 2.983. dkes cros~ed out altt&gt;r que. - 2984. que los crossed out
at bcginniag of \"CTSe. - 3oq. Priamo'sspeech first givcn to Elena. - ocxrx.
!\o writtèn in left margin. - 3o84. ,T crossed out at beginning of Vl:J&gt;&lt;:!. 3111. Tru~ ,·erse first gh-en to inon ... Tû cros~ed out a.t beginning of verse.
- 3112. This ,•erse li.rst gtveo tQ Agameoon. Il read : Menelao i abras.1r. Tu
cros. ed out at bcginning of vers..:. - 3113. This verse was given ro Menelao,
aad Cas:mdra stood in place of la jente. - ; 114. This verse, first given 10
Ca~audra, read : A.qui les, ya ml' conoces. - 31 r 5. This verse and the pe:u,
fin.t gh·en to .Ml!llclao, ù1en tO Luysa, read: e.so si cantad, cantad. - ocxxx1.
enpieça a correction for tiene. - ocxux. y crossed out at beginning of verse ...
que cross1:d out and restor.:d ... an uenido a correction for como vibcn. DCXLX. Corno se hallan a correction for en ampaôa. ocu. porque a correction for pues ... estân a correction for esraban. - DCLll. se andan a correction for andaban. - DCI.Jll. Aqu.iles, Sinon crossed out after Agamenoo. OCLXlll. Yo soy dichoso a correction for estoy dudoso. DCLXV. te crossed
out before pu•liera ... des:icer a correction for dar la muene. .. The whole
versc replaces an original : nudos de amor enlacen nucstros cuellos. ocu; vn. la corooada II correction for elebl la dorada ... Ueba insertcd aft1:1-wards.
- DCtxxn. Yicne a correction for Uega. - DCLXlll don crossed out after el ... se
prebiene a correction for nabega. - DCLKltTV mi fee por a correction for le.iltad en. - ocucxv a este crossed out :u beginning of verse. - ocuxx. First
writteu : decid ea altas voces ; then : decid en :ilta voi ; then as it now
stands. TODOS. stricken out. ln it~ place wa~ wrilten PRIAMO which is
ob\'iously wrong. - 3121. este dia a correction for la paz por. - 3124. si
al venne a corre~uon for \'iendome. - 31 32. \'er a correction for hallarme.
- 31 H· en crossed out at beginning of vei;e. - 3140-3143. 'fhese four
,·erses replace two rejected ooes, the first of which read : aqui brindis alli
precrros : the second is illegible. - 3143. aqui crossed out :it beginning of
verse. - 31,16. del rcgocijo crossed out at beginning of verse. - 3r65.
(alguna vez) crossed out 3fter viste. - 3173. This verse rt!places an original :
que porque..no el'll po ible. - 317 5. se mouia a correction for Je mouian. Dctxxxnn. tan vibo a correction for rwo words of which the firSt is iUegible,
lhe 5t!cond is ba. - ocxct. This verse replaces an illegible lioe. - ocxcm.
que cros~e,J out at b~inning of \'erse. - 3189. qne y:1 sobra replaces que

,-a

�CALDERON-ZABALET A

me abrase. - ocxcv. Elena crossed out at beginning of verse. - occrv.
Rrigor esrrafio a correction for terrible espanro.' - nccv. &lt;Qué tienes ? a
correction for Mi vien. - DCCVJ. Pues l coma a correction for &lt; Qa.é es
esto ?... Sangriento a correction for funesto. - 3205. V-iznaga a correction
for Ysmenia. - DCCXlll. This verse ismuch too long in the original. Itreads-:
Y mas entre estas flores y racimos. Y mas replaces an original ya mas and
y racimos was a correction for \ ' 11 rrato. Tbe latter change destroyed the
assonance wbicb is also lackiog in verse DCCXI. - 322 5-3248. Marked for erasure
but later Si was twice written in the left margin. - 3227. no a correction for
nunca ... l Viste a Casandra ? a correction for 'PARIS. El yostrumento.... The
stage direction Dimtro el a1-p11 bas beeo crossed out. Also the verse : No la vi
y antes o quanta. - 3230. suene a correction for suen:1. - 3248. en suspiros altos a correction for a voces ... (last two words illegible.) - 3251. i Ay
de ml ynfelice I a correction for : i Ayudame el cielo l - 3252. This speech
was fust given to Paris. - 68 r, v, and 69 r, v, are blank and of modem
paper. They doubtless replace t\vo missing pages.

L4 Gérant : M.-A.
MACON, PROTAT FRÈRES, [Ml'RlM.JlURS

DESBOIS.

��GOYA

�GO\'A

��GOYA

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��GOYA

�GOYA

�7

•
j5f'tj-e

��GOYA

��GOYA

��GOYA

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��GOYA

��GRACIA
1-165&amp;

li,•re. bien que je ne m1 ,i· 'I) les lacunes, et je souhaite dt .,ù
de fairè mieux qut: moi.
11(! d'utilise1 sont peu nombreux :
. Karl Ilorin ski sur Baitasar Gr"'Jt.'utstl1!and (1894) ; ~ l'article de
tlatisri italittni del &lt;1 amce.tJÎS1t10 » e:
.rndi:: critique de M. Arturo farim de El ll!rœ ( :idrid. 900);
H 1 • 1 iu
rrltasdr Grdcidti.
oreJ-Fatio pt1bliés dans le Bulletin

articles de . t

77,
illier &lt;Ut'

f:m

201,

r

M. Ricardo det Arco sur

330 et
(1

20.:1) ;
celui
p ~ 16) ; et

1t

in n· · J

Je

:mx
Je Lastn-

en &amp;pagne, un séjour à Londres, m'ont permis
r des documents inédits ou d'examiner d éditions
JgCS

à remercier tous ceux qui m'ont aidé de leur amical
concours : M. Morel-Fatio, Professeur au Col~e, M. 1 rolesstur Arturo Farinelli, M. Juan
·d,l, .he
s Archives nationales J'Espagu½
famos y Cobos, Bibliothécaire de l'Université d
Ricardo del Atco, Archiviste de Hue ca, le per n ·
hothèqoe Tation:tl de Madrid, dont le ch f 'mirl0ucz I\u ,n a f; 't tout ce qu'il a pu pow· m'être
reçoi,
ression d ma reconn isçance.
d lphe Cos-ru:.
nt

BALTASAR GRACIAN

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                  <text>BALTASAR GRACIAN
1601-1658

Je crois utile de publier ce livre, bien que je ne m'en dissimule ni les imperfections, ni les lacunes, et je souhaite de bon
cœur à ceux qui le critiqueront de faire mieux que moi.
Les travaux qu'il m'a été donné d'utiliser sont peu nombreux:
ils se bornent à une étude de M. Karl Borinski sur Baltasar Gra.cian und die Hoflittenttu,r in Deutschland ( 1894) ; à l'article de
M. Benedetto Croce sur I TrMlafisti italittni del c, concettismc &gt;&gt; e
Baltasar Grac.ian ( r899) ; à l'étude critique de M. Arturo Farinelli, qui accompagoe l'édition de El Héroe (Madrid, 1900);
à l'opuscule de M. N. J. Linan y Heredia intitulé Balttisdr Grdcidn
(1902); aux articles de M. Morel-Fatio publiés dans le Bulletin
Hispanique (19rn, p. 577, 201, 330 et 204) ; à celui de
M. V. Bouillier dans la même revue (19ui p. 316); et aux
travaux de M. Ricardo del Arco sur Vincencio Juan de Lastanosa.
Deux voyages en Espagne, un séjour à Loodres, m'ont permis
de recueillir des documents inédits ou d'examiner des éditions
rares.
Il me reste à remercier tous ceux qui m' ont aidé de leur amical
ou bienveillant concours: M. Morel-Fatio~ Professeur au Collêge de France, M. le Professeur Arturo Farinelli, M. Juan
Menendez Pida!, Chef des Archives nationales d'Espagne,
M. Manuel Ramas y Cobos, Bibliothécaire de l'Université de
Barcelone, M. Ricardo dd Arco, Archiviste de Huesca, le personnel de la Bibliothèque Nationale de Madrid, dont le chef éminent, M. Rodrib'llez Marin, a fait tout ce qu'il a pu pour m'être
utile : que tous reçoivent ici l'expression de ma reconnaissance .
Adolphe COSTER.

BALTASAR GRACIA

�ADOLPHE COSTER

Principales abréviations.
Ac. Rist. = Academia de la Historia.
Agudeza = Agudeza y Ane de ingenio ( I 648).
Apuntes = R. del Arca. Don Vincencio ]ttlln de Lastdnosa.
Ap1mtes bio-bibliograficos. Huesca, 191 r.
A. H. N. = Archivo hist6rico nacional.
Ane= Arte de ingenio, Tratado de la Agudeza ( 1642).
B. E. V. = Escritores del reyno de Valencia de Ximeno.
B. N. E. A. = Bibliuteca oueva de Escritores aragoneses de
Latassa.
B. N. M. = Biblioreca acional de Madrid.
B. N. P =Bibliothèque ationale de Paris.
&lt;
Comulgatorio = El Comulgatorio (1655).
Cdtica = Cdtica de Reflecciôn de Matheu y Sanz.
Critic6n,I=. Critic6n, primera part~ (1658).
Critic6n, 11= Critic6n, seguoda parte(1653).
Critic6n, Ill= Critic6n, tercera parte (1657).
Héroe = El Héroe, édi tian de Chartres, r 91r.
Mas datos = R. del Arca. Mas datas sobre D. Vincencio Judn
de LastJnosa. Huesca, 1912.
Memorias= Memorias literarias de Latassa (Biblioteca provin·
cial de Huesca).
Oraculo = Oraculo manual (1653).
Discreto = El Discreto (1646) .
Politico = El Politico Fernando(1646).

BALTASAR GRACIAN

3-!9

CHA.PITRE I

Naissance de Gracian. - Sa famille. Ses premières années. la Compagnie de J~us.

Son entrée dans

C'est un aimable spectacle que celui de !a petite ville aragonaise de Calatayud. Etendue au bord du Jal6n, dont les eaux
rapides er peu profondes reçoivent en cet endr&lt;;&gt;it celles ùu Jiloca ,
elle apparaît au milieu d'une plaine fertile, célèbre par ses vergers, irriguée, comme au temps des Maures, par les ruisselets,
qui dévalent en bondissant des Sierras prochaines de la Virgen
ou de Vicor. Sur une haute colline, le Cerro del Reloj, se profilant fièrement dans le ciel, un chftteau fort en ruines semble
veiller encore sur la paisible cité qui, derrière un rideau de
feuillage, du milieu de ses rues étroites ou de ses places minuscules; élève dans l'air, comme des minarets, les tours de briques
de ses églises.
A quelques kilomètres, sur les premières pentes de la Sierra
de Vicor, se trouve l'emplacement de l'antique Bilbilis, patrie de
Martial, dont l'âpre verve semble s'être adoucie au souvenir du
municipe natal : lorsqu'il revoyait en esprit les maisons escaladant les pentes de la montagne, les flots sombres du Jalon roulant des paillettes d'or et fournissant leur trempe à des armes
fameuses, il songeait avec émotion à la gloire qu'il avait donnée
à la petite cité celtibérienne et donc elle lui serait un jour reconnaissante :
Nec me tacebit Bilbilis

1•

1 • Maniai, I, 62. - Il a souvent parlé de sa ville natale : « Ducit ad auriferas quod me Salo Celtiber oras, - Pendula quod patriae visere tecta libet;
&amp;c. » (X, 20. Ad Juveoalem .)-« Videbis altam, Liciniane, Bilbilirn-armis et

�35o

ADOLPHE COSTER

Répondant au vœu du poète, la viUe de Calarayud, héritière
de Bilbilis, a donné le 110m de Martial à l'une_ de ses rues.
Peut-être un jour accordera+elle le même honneur au &lt;, Martial chrétien » qui sera J' objet de cette étude, Baltasar Graci!tn.
C'est en effet dans la banlieue de Calatayud, à Belmonre, qui
en est éloigné de deux lieues, sur les bords du Miedes, affiuem
du JaJ6n, que naquit Baltasar Gracia□• Ce détail est donné par
l'inscription qu'on peut lire au pied du portrait de !'écrivain qui
ornait le cloître du Collège des Jésuites de Calatayud '.
equis nobilem-... remissum corpus astringas brevi-Salone, qui fernun gelat. »
(I, 50). Le souvenir du mordant satirique n'a pas éte sans influence sur Graciân, qui cite et imite Martial avec complaisance, et qui dut, plus d'une fois,
eu cprnpagnie de ses confrères, aUer explorer les ruines de Bilbilis dans l'espoir
d'y ttouver quelques-unes de ces pôteries ou de ces monnaies antiques avec
lesquelles les Jésuites· enrichissaient le Musée qu'ils avaient formé dans leur Collège de Calatàyud.
1. Ce portrait, qui est fort loin d'être un chef-d'œuvre, après avoir longtemps orné le cloître en quèstion, disparut à la suppression de !'Ordre; retrouvé
dans une auberge par le Doctoral D. Josê Sanz de .Larrea, qui le racheta, il se
ti:ouve :mjourd'hui entre les mains de D. Félix Sanz de Larrea, soo neveu, qui
a bien voultJ m 'autoriser à Ie reproduire en tête de ma réimjll'ession de ël
Hiroe (19rr). De grandeur natureUe, vêtu du costu1TJe de son ordre, et coiffé
du bonnet carré, Graciâo est a~sis sur un fauteuil rouge, devant une table
chargée de livres et couverte d'un tapis jauue. li lève .la main droite, qui tient
une plume, et étend la gauche, comme s'il était en train de relire rout ha.ut le
pass.ige qu'il vient d'écrire. Une draperie bleue forme Je fond du tableau,:dont
le bas porte l 'inscri prion : «P. Balthasar Gracian, ut iam ab ortu eminerer, in
Bello-monte natus est prope BiJbilim, confiais Marriali Patria, pro:ûmus Ingenio, ut profunderet adhuc Christfanas argutias BilbiJis, que pene exhausta
videbatur in aethnicis. Ergo augens natale lngenium innato acumine, Scripsit
Artem fogewi, et arte fecit Scibile quod Scibiles facit anes. Scripsit item Anem
Prudentiae1 et a Seipso artern didicit. Sc1ipsit Oraculum, et voces Suas prorulir. Scripsit Disertum ut Seipsum describeret, et ut Scriberet Heroeru,
heroica patravit. Bac (sic), et alia ejus scripta Mec;ienatt:s Reges habuerunt,
Iudkem admir.ationem, Lectoretn Mundum, Typographum aerernitatem.
Philippus 4' saepc illius- argutias inter prandium Versabat, ne de6cerent sales
rngijs dapibus, sed qui plausus excita verat calamo, deditus Mission,ibus ei.cita vit
plancrus vcrbo, excitaturns desideiium in morte qua raptus est 6 Decembris
165 8, sed aliquand,o extinctus aetemum lucebit. »

35 1

BALTASAR GRACIAN

Latassa confirme qu'il naquit à Belmonte, et ajoute q_ne ce ~ut
le 8 janvier r 60 r' mais sans indiquer à quelle source il a pmsé
ces renseignement" '·

.

d

baptêmes de la paroisse de
1601, on peut

D'autre part, dalns le rc,g;:t~eatee~u 8 janvier

San Miguel de Be mo~te, a
lire le procès-verbal suivant :

••
)ldo alacian \' aogela morales coyuges, fue
~ Baltasar gal11cian h110 de el
g
- al dnn· os moss martin car.
'
baptiiado en 8 de p.nero
por moss, Domo pascu pa
rascon y maria fabian '· »

.
rait faire hésiter à considérer cet acte
Le nom de Galaofo pour . d Graciân si des raisons sérieuses
de baptême comme éta~t celui e
,
ne démontraient naeomé des _deux n~ms.familles ponent indif- ,
·ourd'hui certames
En effet.&gt; encore aui .
,
d Galaciin ou celui de
d
I région 1e nom e
féremment, ans . a
. ,
. te la forme vraiment aragoGraciau, le premier paraissant et
naise.
.
courant des ch oses d'Aragon, connaissait vraiLatassa, s1 au
.
1 · de Graciân, et
cet acte et le ceoa1t pour ce ut
b!
sembla ement _
,. . d né a Baltasar le nom de Grac'est ce qui explique qu il alt on
1.

Biblioleca de e.scr i!ores arago11es1s .

r • 1Il' p. 267 «...

de-una Casa y Fami-

lia lnfanzona. •1
•
D Ramôo Ortega, de Calatayud, fut
2. Cet acte de baptême, retrou~~e. par H.
di dans son opuscule intitulé :
·
J
é de Linao y
ere a '
publié par D. Narciso os.
mais sous une forme inex;icte. 11 se
Graâan. 1601-1658. Madnd, 190~, p.. 97,0b
, V dit D. ~amén Ortega,
.
I du remsrre &lt;&lt;
servara . ,
trouve .iu foho 17, tome
.. &lt;;&gt;
•
..
osa
pensando en que son hoy
• •.
Gr:tlac1an Me el(p1iço 1a c
• ·
que se lee Grac,.a,i
y no
.
G l .:~, al distinguido prop1etano y
e llaman Sr. &lt;I avu. i
'da
1, b
muchas los ana ,a etos qu
.
r6oi cscribiera la parti ,
.- .
verosimil que quien eu
.'
L
amigo de Sav111an, y es
.
1
'd s el Galacidn y no Gtacian. a
·'f: b
tuv1era eu os o1 o
b 1
auoque no fuese an,u a eto,
or exacta, la prueban los ca a .
h nombres que tengo p
•
ô
equivalenc1:t entt'e am os
.
d .
n indistimamente con uno
.
d S , â quienes se esigoa
't
leros del apelfüio e esse, .
ll na que aqut!lla. &gt;) (Liii:io, op• ti ·,
a
·
con otro; esta parcce Sl:r forma mas caste
. é .
f équents : Niçolas Anton10
8) C s chanuements de noms ta1ent r .
,
p. 9 . que
e G·rac'.?â. n de Aldt:rete s'appelait eu réal Garcia.
remarque

ne

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

cidn y Morales, puisque sa mère aurait été Angela Morales. Or,
précisément, en faisant paraitre la première partie de son Critic.ôn
(1651), Graciâa, qui sentait le danger de cette pnblication,
renonça au pseudonyme de Lorenzo Gracian qu'il avait adopté
pour ses précédents ouvrages, et prit celui de Garcia de M:irlones, simple anagramme des mots Gracian et Morales.
Enfin, dans son Agtuiez.a, Gracian parle de sa sœur Madalen.1;
or, à la date du 20 juillet 1599, on lit sur le registre des baptêmes de San Miguel de Belmonte, l'acte suivant :
« madaleoa galacià morales hija del lido galacian y Angela morales fue
baptizada por el bacbiller mos, Anthonio moros vio en 20 de jullio padrinos
moss, juan gil y bcmarda benedid. »

Il semble donc certain que l'acte de baptême de Baltasar Gala-

ciao est bien celui de Baltasar Graciân

1•

Tous ses ouvrages, à l'exception du Comulgatorio et de la première partie du Criticôn, furent publiés sous le pseudonyme de
Lorenzo Gracilm bifanz.,Jn, et ses biographes ont en général
admis sans hésitation ce titre de noblesse d'un frère de Baltasar
sous le nom duquel il aurait dissimulé son caractère ecclésiastique. Si la famille de Gracian avait eu droit à l'infanz..onia, l'existence d'un Lorenzo, resté dans le monde pour assurer la perpétuité du titre, alors que tous ses autres frères étaient entrés dans
des cloîtres, deviendrait fort vraisemblable; toutefois, dans aucun
de ses ouvrages, même dans son Com11lgatorio, publié cependant
t . Le n:gistrè des baptêmes de San Migud de Bel monte commence en 15 85,
mais ne devient régulier qu'à partir de 1599. J'y ai relevé l'acte de baptême
d'un frère de Gracian dont i1 o·a jamais parlé: « Francisco galacian hijo del lido
Galaciao y Angela Morales conyuges fue baptizado por moss, Anthonio
moros vi0 en 3 dt:: abri! padrinos moss, juan vllana y maria guilocha. )1 (t. l,
fol. 18, recto, annee 1602). - Le liceocié fut même parrain d'une certiine
Isabelle, t:n 16o1, comme le prouve l'acte suivant. « Isabel parejo hija de martin parejo y maria beroal con (sic) conyuges fue baptizada por moss, ju:in gil
en 17 de octubre padrioo~ el IJdo galacian y maria perez. » (f. l, fol. 17,
verso; année 16ox).
0

353

sous son véritable nom, Baltasar n'en a fait menti~n : c'_eût _été
Cl:pendant fort opportun, au moment où ses supéneur~, mq~~ets
du caractère mondain des écrits dont ils le soupçonna!ent d ~tr~
l'auteur, le persécutaient, comme on le verra plus lom. Mats il
résulte de l'acte de baptême précité que le père de Balt~~ar
n'était pas infanz.on, c.ir il l'eût fait mentionner da~s ~ette ~1cce
officielle : par suite, l'existence de Lorenzo ne saurait etre qu une
fable 1 •
Le père de Gracia.ri était sans doute un judste, comme
semble l'indiquer le titre de licencié qui lui est donné; ~t
peut-être sa présence à Belmonte s'e~plique+elle par le fait
qu'il aurait été l'administrateur des biens de quelque grande
famille, comme celle de Luna, par exemple, qui y possédait un
palais.
.
Quoi qu'il en soit, il est probable qu'il n'était pas nche, et ~e
fut tout naturellement que les enfants de ce modeste bourgeois
entrèrent successivement dans la vie religieuse.
Ce Francisco Graci:i.n était, au dire de son fils, « un homme
de profond bon sens et plein d'expérience.»~ mais q~i a~ait un_e
idée peu avantageuse de l'intelligence fémmrne, car 11 pretenda1t
que &lt;&lt; la capacité de la femme la plus sage ne dépasse pas celle de
n'importe quel homme sensé de l'âge de quatorze ans 2 ». Bal1. C'était l'avis d' Amelot de la Houssaie, qui dit dans la note 11i de sa Préface à Ja iraduction de l'Ho11w,e de cour ( Orac11lo 111a1111al) : « Gracian n'avoit
point de frere de ce nom. Dans son Agudl{a, où il parle dt: ses frè~es, il en
nomme trois tous reli1,rieux, Pierre, Trinitaire; Philippe, Clerc Mineur; &amp;
Remond, Carme déchaussé&gt;) (3• Mition, Paris, 1685). En revanche, d~s son
an1cle sur Lorenzo Matheu y Sanz, X.imeno, reproduisant une assertion de
Rodriguez (Biblioteca Vale1iti11&lt;1, p. 293), dit de sa Critica de rtj/eccio1i qu'il
l'ecrivit (&lt; contra un Crilicon, que se avia publicado eo nombre de Lorenzo
Gracian herma110 de su verdadero autor; cuyo nombre callaré por la
Religion que professava. "Biblioleca de em·itores Valmciai1os, t. li, p. 85.
2. « Oile ponderar muchas vezes a Francisco Gracian nù padre, hombre ~e
profundo juizio, y muy noricioso; que la mayor capazidad de la mas sa~1a
mugèr I no passa de la que tiene qualquier hombre cuerdo a los catorze anos

de su edad.

&gt;1

Agudez;a, Discurso XXIII, p. 154.

��356

ADOLPHE COSTER

sur les syllabes des mots : témoins les vers suivants, adressés à
la reine, Isabelle de Bourbon, dans lesquels, l'espag110! ne lui
suffisant pas, il recourt aux mots français lis et bel, et transforme
Philippe IV (quarto) en plate-baude(quadro).
0 Belisa bella flor,
por lo lindo Lis al fin,
que en el Espanol jardin
logras el:Quadro mejor :
si la bclleza, y valor
te competen Amazona,
no fue fin, sino Corona
el Bel, que tu nonibre ·sella;
primera te llamb Bella,
ya te defllle Belona '·

Un troisième frère de Baltasar, défunt lui aussi lors de la publication de l'Agudq_a, eb 1648, Fray Reymando, était Carme
déchaussé; il n'eut sans doute pas le temps de verser dans le
bel esprit, car le fragment de sermon, qui nous est resté de lui,
est ingénieux, sans aller jusqu'au ridicule•.
Enfin, Baltasar avait uhe sœur, la Mère Ma:dalena de la Presentaci6n, morte également avaut 1648, et qui avait été Prieure
des Car.mélites déchaussées de Sau Alberto. Elle ne manquait
pas non pllJ.s d'esprit, semble-t-il i.
Un cousin ·de Baltasar, Fray Reymundo Gracian, q!l'il ne
faut pàs confondre avec le Carme cité plus haut, était Dominicain et déja mort en 1648. Il nous reste de lui le plan d'un sermon sur saint Dominique qui dénote le même gollt de subtilité
1. Agud~z.a, XXXI, p. 21 r. Pedro Gr.a.ci.in est ~ncore cité, XIII, p. 83 ;
X,',.Xll, p. 221 ; XL VII, p. 294; XLtX, p. 300; LIII, p. 3-20.
2. Arudéz..1, XX, p. 133.
3. "Ponderaua ... que no puede auer santo que sea simple, porque Ja santitad es muy prudente, y discreta, y sabia, y todo la es en eminencia, como
Dios." Agudez.p, XXIX, p. 203. Voir plus haut l'acte de naissance de cette

sœur de Gracian.

. BALTASAR GRACTAN

357

que chez ses parents, mais qui semble n'avoir pas été jusqu'à la
bouffonnerie '.
Si cette nombreuse famille paraît avoir été heureusement douée
sous le rapport de l'esprit, rien n'indique que l'affection ait t'&gt;té
très vive entre ses membres. D'ailleurs la nécessité, et la profession qu'ils embrassèrent, les dispersèrent promptement. Tout
jeune, Baltasar fut envoyé à Tolède, auprès de son oncle le licencié Amoaio, qui se chargea de son éducation : on peut être
surpris de la façon un peu sèche dont il parle de ce parent et
bienfaiteur, peut-être plus spirituel que tendre. Cependant il
avait gardé un bon souvenir de son séjour à Tolède. Il rap·
pelle avec plaisir un sermon du Père Jésuite Pedro Sanz qu'il
avait entendu le jour de 1'Invenrion de la Croix d:ws la
magnifique cathédrale de Tolède &lt;C centre de la sci.ence ecclésiastique, de la discrétion séculière et de Ia gravité religieuse •. »
Plus tard, en. écrivant son Critic611 il revoyait encore la ville
s'élevant en pyramide au-dessus du Tage, Ja machine élévàtoire
de Juanelo, une des merveilles de l'époque, amt!nant l'eau d 1 1
fleuve jusque dans !'Alcazar, et la terrasse de Buena-Vista qui
avait émerveillé ses yeux d'enfant i. L'esprit, la counoisie, le
l.

Aguàeza, XXXI, p. 210.
Prueue esta verdad, este perfecto discurso del Padrc Pedro Saoz, gran

2. «

Religioso dela Compafüa de Iesus, aquel.Apostolico Orador, que tan bien supo
juntar lo ingeniôso, con lo desengaftado, el alifi.o eo el dezir con la eficazia eo
el conuencer ; oisele el dia de la festiuidad de là Santa Cruz, entre aquellos
dos Magestuosos Coros de la Santa Iglesia de Toledo, que es Jeûren su centra,
pues lo es de la sabiduria Edesiastica, de la discrecion scglar, y de la gram·
dad Religiosa, etc ... &gt;) Àl[llàl!'{_a, LI, p. 311. 11 est probable que c'est du même
sermon que Graci:I.D écrit : " Aludiendo a vn comun adagio, començô su sermon en el dia de la Inuencion de la Crut vn Predicador diziendo : « algo se ha
hallado 1a Iglesia Santa, quando es.ta tan couten1a el dia dè oy, tlln lestiua y
tan regozijada, etc ... » Ibidem, XLIX, p. 303.
3. ,,Que Ciudad es aquella, que tan en punta parece que amenaza. al Cielo?
- Ser.à Toledo, que a fianças de sus discreciones, aspira a taladrar las Estrellas, si bien aora 110 la tit!:ne. - Que edificio tan raro es aquel, que desde el

�ADOLPHE COSTER

raffioement des Tolédans, l'avaient profondément charmé :
aussi, lorque la sage Artemia, la déesse de la culture intellectuelle, obligée de fuir devant le soulèvement des rustres et des
jgnorants, passe en n:vue les différentes villes dans lesque!Jes
elle pourrair aller fixer sa Cour, elle se décide pour !'Impériale
Tolède, (c fabrique d~honnêtes gens, école du bien dire ... centre
moins matériel que formel de FEspagne '. »
Tolède, en effet, bien qu'elle eùt perdu, depuis 1650, son rang
de capitale, était restée la ville aristocratique par excellence, â
côté de ,Madrid qui gardait encore, comme dit Gracian, un
arrière-goût de village •. Siège du Primat d'Espagne, elle ne se
contentait pas de s'enorgueillir de glorieux souvenirs, elle donnait encore asile aux arts, aux lettres, à l'éloquence. Parmi les
hommes illustre~ qu'on avait alors occasion d'y rencontrer, il
Tajo sube escalando su alcaçar, eucaramando cristales? - Esse es el tan celt.~
brado arrificîo de luanelo; vna de las Marauillas modernas. - No sè yo porquè, replicè, Andrenio, si al vso de las rosas mui artificiosas tuuo mas de
gasto que de prouecho ... » Critic611, II, 2 1 p. H· « ... casas todas dercçreacion, porque alli campcaua la Tapada de Portugal'., Buena vista de Toledo, la
Troya de Valencia, Comares de Granada, Fontanable de Francia, el Aranjuc7,,
de Espafia, el Pusicio (sic) de Napoles, Belueder de Roma, » Critic611 1 Ill, 8,
p. 207.
J. « .. .Al fin fue preferida la Imperia! Toledo, a voto de la Catolica Reyna,
quando dezia, que nunca se haJlaua uecia, sino en esta oficina de personas,
tnller de la discrecion, escuela del bien hablar toda Corte Ciudad toda y mas
despues que la esponja de Madrid le ha ch~pado las h~zes, dondc, 1aunque
entre, pero no duennc la villania : en otras partes tienen el ingenio en las
rnanos, aqui en el pico ; si bien censuraron algunos que sin fonda, y qm: se
conocen pocos ingenios Toledanos de ptofundidad, y de sustaocla : con todo
estuuo firme Artcmia, dizieodo : "ea, que mas dize aqui vna muger en vna
palàbra, que en Arenas vn Filosofo en todo vn libro : vamos a este centra,
no tanto material. quanta formai de Espaiia. » Criticon, I, 10, p. 200-201.
2. ,, Tirauala despues la coronada Madrid, centro de la Monarquia, donde
concum: todo lo bueoo en emioencias : pero desagradauala otro 1anto malo,
causandola asco, no la inmundici:t de sus calles, sioo de los coraçones, aquel
nunca auer podido perder los resabios de \·illa y el ser vna Babylonia de
Naciones, no bien alojadas. » Criticdti, I, ro, p. 198-199.

BALTASAR GRACIAN

359

en est deux qui, par leurs théories, leurs tendances et leur répumtioo, semblent avoir dù jouer un rôle important dans la formation intellectuelle du jeune Baltasar : ce sont le peintre
Domenico Theotocopuli, dit Le Greco, et le prédicateur Hortensio Paravicino.
Greco était alors à l'apogée de sa réputation 1 • D avait depuis
longtemps fixé sa résidence à Tolède, ou les couvents et les particuliers se disputaient les œuvres que cet artiste singulier, ne
pouvant se résoudre à les vendre, donnait à loyer à ses admirateurs. C'était un honneur d'avoir son portrait de la main de ce
peintre insigne, dont la bizarrerie voulue semblait si bien
répondre à l'idéal mystique des Castillans de son temps; car cette
recherche de l'originalité, qu'il atteignait au détriment de la
vérité, n'était que l'expression d'un goût général dont le conceptisme devait être la forme littérrure.
Parmi les ecclésiastiques qui fréquentaient son atelier se trouvait précisément l'un des champions, l'on peut même dire l'un
des pères du conceptisme, le Trinitaire Fray Hortensio Félix Paravicino y Arteaga : jeune encore, puisqu'il était né en r580, ce
moine, dont les succès de prédicateur de la Cour ne se comptaient
plus, semble avoir eu pour le grand peintre, malgré la différence
d'âge, une réelle affection. Greco lui fit l'honneur d'un magnifique portrait dont nous connaissons la date exacte (1609). Le
modèle avait alors vingt-neuf ans. Figure énergique, aux cheveux bien plantés, à l'œil vif et spirituel, tel nous apparaît le
prédicateur à la mode dans cette toile qui est un chef-d'œuvre du
vieux maître. En remerciement, Paravicino lui adressa un curieux
sonnet dont nous aurons l'occasion de parler plus loin; et lorsqu'un jourla foudre pénétra dans l'atelier de l'artiste, sans endommager les toiles qui s'y trouvaient, lorsqu'on éleva dans l'église
cathédrale, sur les plans de Theotocopuli, un catafalque en l'honneur de la reine défunte Marguerite d'Autriche, morte le 30 OcI. Greco mourut à Tolède le 7 avril r614.

�360

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

tobre I 6 II, et dont Paravicino prononça l'oraison funèbre, le
moine chanta 1~ gloire du peintre en vers subtils et savants qui
peuvent compter parmi les plus caractéristiques de l'école conceptiste.
Il est toutefois singulier que Graciàn, qui se piquait d'admirer les œuvres d'art, n'ait jamais fait mention de Greco, alors
qu'il a parlé de Bosch, de Vebzquez, de Michel-Ange, de
Rubens : ses souvenirs artistiques semblent surcout, il est vrai,
se rapporter aux tableaux qu'il eut occasion de voir au BueuRetiro, lors de son séjour à Madrid. Mais peut-on supposer que
le licencié Antonio Gracian, en admettant rnême que 1a modestie de son rang ne le mît pas eu rapports directs avec le célèbre
artiste, n'ait jamais conduit son neveu comemp1er à Santo
Tomé l'Entmwzent du tomte d'Orga'{,_? Le style de Greco aurait dû
cependant pla'ire à Gracian. Constatons ce silence sans l'expliquer.
En revanche, Paravicino esr un des personnages pour lesquels
son admiration ne se lasse pas. Il l'a cité avec prodigalité dans
son Agude;z..a, et toujours dans les termes les plus élogieux.
Mais s'il a rappelé qu'il avait entendu le Jésuite Pedro Sanz dans
la cathédrale de Tolède, il ne dit nulle part avoir vu le Trinitaire. Son silence à cet égard me semble concluant : Gracian ne
connut pas pers0nnellement Paravicino, pas plus que Greco :
s'il avait eu l'occasion de les rencontrer ou de les voir, nul doute
qu'il n'eût noté ce détail, dont il aurait tiré vanité, comme il l'a
fait d.e ses rapports avec le poète Antonio Huttado de Mendoza,
ou avec Bartolomé Leonardo de Argensola '. Sans doute sa jeunesse lui interdit-elle l'approche de ces illustres persmrnages, ou
la vie qu'il menait dans la demeure de sou oncle était-elle parti•
culièrement austère et retirée.
Cependant, l'écho des événements qui intéressaient la Monarchie espagnole ne pouvait manquer d'arriver rapidement jusqu'à

lui, en raison de la proximité de Madrid. L'immense empire de
Charles-Quint et de Philippe lI était tombé aux mains débiles de
Philippe III ( 13 septembre 1598) et de son avide favori Francisco de Sandoval y Rojas, marquis de Denia, puis duc de Lerma.
Bien qu'en pleine décadence, comme en témoignaient le malaise
économique et les mesures d'altération des monnaies auxquelles
recourait le premier ministre, l'Espagne faisait encore grande
figure ; en paix. avec les Pays-Bas et l:i. France, elle avait pu procéder à l'ex-pulsion des Mores en 1609, et cet événement, qui
con1blait les vœux du clergé, avait dû avoir dans l'Église métropolitaine un profond retentissement. Le double mariage de !'Infant Philippe avec Isabelle de Bourbon, et de L'infante Anne avec
Louis Xlll, semblait assurer à l'Espagne la . tranquille possession
de ses immenses domaines; le turbulent Emmanuel de Savoie
venait d'être réduit à l'impuissance par la paix de Pavie, en r617,
et les armées espagnoles étaient intervenues en Valteline poor y
défendre, au nom d'une politique traditionnelle, les intérêts
catholiques. C'est dans cette atmosphère de gloire et de sécurité,
au milieu des émouvants som·enirs qu'évoquent à chaque pas
les monuments de Tolède, que s'était élevé le jeune Graci:in,
lorsque la chute soudaine du duc de Lerma, remplacé en 16 I 8
par son fils le comte, depuis duc d'Uceda, vint attirer son attention sur l'inconstance de la faveur des rois et sur l'ingratitude
humaine.
Son éducation terminée, il revint sans doute en Aragon, et
entra dans la Compagnie de Jésus le 14 mai r619, probablement
à Tarragone où se trouvait le noviciat de la Province. Il devait
y faire profession solennelle des quatre vœux le 25 juillet 163 5 '.

I.

Ag114eza, XXII, p. r4 5. Bartolomé mourut en 16 31 .

J. Le mss. 566 B, corne il, de l'A. H. N., contient différents documents
relatifs à la Province d'Aragon de la Compagnie de Jêsus. On y trouve quatre
catalogues, malheureusement sa11s date, donnant quelques renseignements sur
la composition de la Compagnie à cette époque. Le premier est intitulé :
~ Catalogo de la Provincia de Aragon : Catalogo de los Padres Profcssos &gt;&gt;.

�ADOLPHE COSTE"R
BALTASAR GRACIAN

On Y lit la mention suivante : (&lt; A. P . Baltasar Gracian 2 5 Jul 163 5. ,, Dans
ce catalogue, les lettres A, C, M, N, V, qui précèdent les noms des Pères
sont les initiales des mots Ar.igon, Cataluna, Mallorca, Neutrales, Valencia'.
Puis vi~~t le catalogue des « Professos de tres votos » ; celui des « Coadjutores Espmtuales l&gt; ;_ enfin le&lt;&lt; Catalogo de los Padres que no estan incorporados, Y la edad y uempo , en que entraron en la Compaiiia ». A la deuxième
page de. ce d~roie_r, ~11 lit ,: &lt;&lt; A. P. Balthasar Gracian. 18. Mayo 14 16r9 »
(le premier c~ffre md1q_ue 1âge auquel Gracian est entré dans la Compagnie).
Cette annotation fut biffée, sans doute lorsque Graciân eut fait profession des
quatre vœux. Dans ce dernier Catalogue apparait le nom d'un fidèle ami de
Graci:ln, sous la forme suivante: « A. P. Emanuel Ortigas 14. Abril 11 1624. »

CHAPITRE Il

Gracian au Collège de Calatayud. Juan Vincêndo de Lastanos.1. Gracian.

Séjour à Huesca. - Se:; rapports avec
Académie de Huesca. - Portrait de

La Compagnie ne comptait pas encore un siècle d'existence, et
sa prospérité s'affirmait par les fondations incessantes aux:quelles
elle avait peine à suffire, dans toute l'Europe, et particulièrement en Espagne. Peut-ètre fut-ce l'attrait du mccès qui décida
Graciân à s'y enrôler; peut-être fut-ce simplement l'influence du,
Père Pedro Sanz, donc il parle avec tant de sympathie. Ce qui
pourrait le faire penser, c'est que le provincial d'Aragon, en 1619,
était un certain Juan Sanz 1 : si, comme on peut le supposer, ce
dernier était parent du Père Pedro, on s'expliquerait pourquoi,
au lieu d'entrer dans la Compagnie à Tolède, Gracian serait
revenu en Aragon, où il savait trouver un protecteur, grâce à la
recommandation de Pedro Saoz.
Sur cette période de la vie de Gracian nous n'avons presque
aucun document; mais il n'est pas douteux qu'après les ex:er1. Dans Je ms. déjà cité de l'An;/iivo l1istorico 11acio11al, i66 B, tome II, se
trouve un « Catalogo do los Provinciales de la provincia de Aragon de la
Compafüa de Jesus 1). J'y ai relevé les noms de ceux qui avaient pu connaître
Gracian, ce sont : XVlll, P. Juan Sanz, 24 juin 1616-28 juillet 1619; le P.
Pedro Gil, 28 juillet 1619-août 1622; XX, le P. Pedro Coatinente, août 1622septembre l625; XXI, le P. Diego Escrivà, 14 septembre 1625-t4 novembre
1628 ; XXU, le P. Crespin Lapez, 14 novembre 1628-21 octobre 1631; ce
Père mourut un fonctions lt:: u octobre 1631, laissant comme vice-provincial Je
P. Pedro Continente : XX.,"{Ill, le JJ. Pedro Continente, 1 •r février 163 r
7 mars 1635; XXIV, le P. Luis de Ribas, 7 mars 163&gt;-... XXV, le P.
Pedro Fons .. . (lei s'arrête le caialogue).
11,KVUE HlSl'ANtQUI!. D.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

cices du noviciat proprement dit, il fut astreint à refaire et à
compléter son éducation en enseignant dans un des Collèges de
la Compagnje, conformément à l'usage. On aimerait assez à
prendre pour un souvenir de sa vie de professeur le bon dewir
qu'il cite dans son Agt1dez_a. Les Jésuites avaient l'habitude de
faire tenir par leurs élèves chaque dimanche des réunions académiques, dans lesquelles chacun pouvait faire briller son esprit
sur un sujet donné. Un jour, le président propos3 pour un distique le thème suivant : un bélier ayant tué un enfant, la mère
l'égorge; le mari revient des champs et poignarde sa femme; la
justice le saisit et le pend : cette quadruple tragédie s'était passée Jans l'espace de vingt-quatre heures. &lt;&lt; Le diable souffla les
vers suivants à l'un des élèves :

naires de la Compagnie est le plus beau titre dont puisse se
réclamer un latinfate 1 •
Où Gracian passa-t-il ces annéesde professorat? Un document,
malheureusement de seconde main, nous moncre qu'il était
en r 628 au collège de Cab tayod i . Le Père Continente, dont
il devait éditer plus ta.rd les œuvres posthumes, en était alors
recteur.
Plus J'u □ e fois, en effet, Gracian a parlé de Calatayud avec
une évidente sympathie. C'est ainsi qu'il rappelle dans son Criticon -i l'écho de Bilbilis, qui redisait cinq fois les syllabes, plus
ou moins plaisantes, qu'on lui confiait, et, dans son Agudez.a,
les chiens, menaçants pour les étrangers, dont se servaient les
employés d'octroi de Calatayud, et qui avaient inspiré à Bartolomé Leonardo un sonnet plein de bonne humeur 4 • Surtout la

Vervex cum puero, puer unus, sponsa, maritus,
1mpete, cultello, fuoe, dolore perit •. »

Ne semble-t-il pas, en lisant ce petit récit, voir le maître, à
la fois surpris et ravi de la dextérité de son élève, répétant à ses
confrères, dans le clo1tre du collège de Calatayud ou de Huesca,
le distique infernal?
Les Jésuites étaient d'ailleurs justement fiers de l'enseignement de la latinité dans leurs colJèges; on peut leur reprocher
d'avoir trop aimé les élégances, et recherché les expressions rares
des écrivains précieux, plutôt que le langage sobre et ferme de
César ou de Cicérou : on ne saurait contester leur incomparable
maîtrise dans le maniement du latin. Gracifo lui-même, a la fin
de sa vie, dans une lettre au chanoine Salinas, rappelle avec
orgueil que le fait d'avoir enseigné cette langue dans les sémi1 • « Ajustanse en este distico quatro muertes variamente sucedidas en
veinte y quatro boras. Mato a va nino vn camero, la 111adre degollb a este,
vino el ma.rida del campa, y dio de puiialadas a la muger ; co.giole a el la
justkia, y ahorcàle. Seiialb el Maestro de la Academia este assuma para va
distico, y a vuo de los discipulos le dio el demouio este. Ver/Je:x, etc ... ,, (Av,dr~a, LX, p. 36o).

Voir Appendice I, lettre 2 5.
Al luir un cens~) de los que habla dejado S?ntangel (fondateur du
Collège des Jésuites de Calatayud) aparece (en 29 de Febrero de 1628) que
la Comunidad se compooia dt: catorce individuos, entre los que figura como
Rcctor el P. Continente, y entre los nueve padres que suscribeo, consta el
nombre del P. Baltasar Graci:in, total diez sacerdotes y cuatro hermanos. »
Vicente de la Fuentè. Historia deCalatayuà, tome 11, c. L"JCXXITI, p. 285.
3. "Estas vozes las repetia vn prodigioso eco, que excedia con rnucho a
aque! tan celebre, que estâ junto a nnestra eternaBilbfüs, pues este su nombre
no Latioo, esrà diziendo que fue mucho antes que los Romanos, y oy dura, y
dorarà siempre. Rcpetia aquel eco, no cioco vezes las vozl:S, como este, sino
cieo mil, respondiendose de siglo en siglo, y de Prouincia en Prouincia, d'esde
la elada Estocolmo, hasta la abrasada Ormuz, y no resonaua frialdades, c.omo
suelcn otros ecos, sino heroicas hazaiias, dichos sabios y prudentes sentencias,
y a todo lo que no era digno de fama, enmudecia. » Criticé11, llI, 12, p. 339.
Dans le Critic6n, Il, IO, p. •223, il est encore parlé d'un écho, qui répond aux
questions d' Aodreoio.
4. " En las ponderaciones fuo: estremado, fue vnico Bartolome Leonardo,
entre muchas graues, y de grande ensefiança, imitador en esto del Antigua
Horacio : oye esta dooosa a nuestra Bilbilis, que todos los famosos Poecas la
celebran de amena, y deliciosa con mucha razon, centra sin duda de Flora, y
de Amaltea. - Bilbilis, aunque el Dios que nacio en Delas I te conseruc fruc1.

2. •

�366

ADOLPHE COSTER

mordacité des habitants le ravissait. C'est sur la place de Calatayud, sous les éventaires où s'entassent les pastèques et les
pêches exquises de Campiel, qu'il dut eu tendre ce piquant dialogue
eutre un étranger et l'indigèn€ qui l'avait berné : cc Voilà donc
pourquoi l'on dit que le plus sor de Calarayud en sait plus que
le plus sage de chez nous ? N'est-il pas vrai ? - Pas du tout. Et pourquoi.?- Parce qu'il n'y a pas de sot dans Calatayud, ni
de sage dans votre ville 1 • »
Aussi donnait-il:\ cette place la préférence entre les rendez-vous
des esprits les plus subtils, comme la Bourse de Venise ou
!'Hôtel-de-Ville de Cordoue, et rangeait-il parmi les prodiges
invraisemblables la découverte d'un ciroyen de Calatayud dans
les limbes•.
Ces souvenirs vivants, joints au fait que son portrait, après
sa mort, orna le cloître du Collège de Calacayud, portent à
croire qu'il séjourna longtemps dans cette ville. Mais, bien
qu'aucun documenç ne le prouve, des raisons très fortes me
font penser qu'il dut également professer au Collège de Huesca.
tifera sin daôo, 1 y quando sobre ti decieode el aiio, 1 sus guirnaldns te dt:-□
todos los cielos. 1Y aunquehagan tus preciosos arroyuelos I fuertes las am1as
con el noble bano, 1 y :moque eres patria del Cortès tacario, 1 que en todas sus
palabras puso ançuelos. j I Si no encadenas los infieles canes I que tu Aduana a
los viaodantes suelta, 1 ni tu muro vcrè, ni tu camino. 11Que pnra dar bast&lt;1
Madrid la b11elta I em1arcar111e en Coh11re deter111i110, l amlljtte la di ma_,or, que

Magal/a,res." Agudeta, XXII, p. r4s.
1. « Dudà Critilo, y auo le pregunto (à l'homme au nez fin) si acaso cstauan en la lonja de Venecia, o en el Ayuntamiento de Cordoua, à en la plaça
de Calatayud, que ~s mas que 10do, donde dixo vn forastero, hablando con vn
oatural,y coafessaodose vendido, à vencido : c, Sefior mio, por eso dizea que
sabe mas cl mayor necio de Calatayud, que el mas cuerdo de mi parria : no
dito bien ? - No por cierto, le respondià. - Pues porque no? - Porque no
ay ningun necio en Calatayud, ni cuerdo en vuestra ciudad. » Crituâ11, III, 6,
p.150-151.
2. Parmi les prodiges que montre Salasrano (ou Lastanosa) dans son
Musée, se trouve en effet « vno de Calatayud en el Limbo. &gt;&gt; Critit:é11, Il, 6,

p.. 5r.

BALTI\SAR GRAOAN

En effet, la plupart des personnages qui ont pu avoir quelque
action sur sa carrière, semblent avoir été groupés autour du
célèbre collectionneur de Huesca, Vincencio Juan de Lastanosa.
Quoique, dans la suite, en 1646-1648, Gracian ait séjourné
dans cette ville, ce n'est p:is à cette époque tardive qu'il a pu se
créer les amitiés fidèles, et déjà si actives et si officieuses, que
nous allons voir, au lendemain de sa profession solennelle,
s'exercer à son profit. Comment, s'il n'a pas séjourné plusieurs
années à Huesca, s'expliquerait la liaison si intime et si familière de Gracian avec Lastanosa, la réelle tendresse avec laquelle
il parle toujours de cette ville et de son Université, et dont
têmoigne ce fait qu'il donna lui-même au Collège des Jésuites
un exemplaire de son Agude~a 1 ? Comment, de Calatayud,
aurait-il eu l'occasion devisiter le Musée de Bartolome Leonardo ,
de Argensola, qui devait se trouver Jans la demeure de ce dernier à Barbastro, s'il n'avait pas habite dans le voisinage, c'est-àdire à Huesca 2 ? Nocons en passant, que, Barto1omé Leonardo
étant mort en 16 3 I, c'est avant cette date qu'il faut placer le
séjour de Graciân à Huesca.
Lastanosa tient une place si prépondérante dans sa vie, il a
tellement agi sur lui, soit en stimulant ses productionsi soit en
lui fournissant les livres dom il avait besoin, soit en censurant
ses écrits, peut-être même en y collaborant, qu'il mérite une place
d'honneur dans cette étude.
Vincencio Juan de Lastanosa y Baraiz de Vera naquit à Huesca,
le 25 février r 607, dans le magnifique palais qu'y avait fait éle1. Cet eKemplaire de l'édition de 1649, actuellement à la Biblioteca PrUlJÏllcia1 de Huesca, porte ranootation suivante ; ,1 Del Collegio de la Compa de
Iesus de Huesca eK dono P . Graciani. »

2. &lt;&lt; Era gran ponderador este üvstre Poeta, y assi son tan preôadas sus
palabras; pues oirselas a èl era otra tanta fruicion porque les daua m1,1cha alma.
Frequcntè su Museo, y cada ve~ admiraua mas su profuudidad, su seriedad; èl
era vn Oraculo en verso. "Agudez.a, XXII, p. t45. Il s'ae;it de Bartolomé
Ll'Onardo.

�368

ADOLPHE COSTER

ver Juan Luis de Lastanosa II. Il était fils de Juan Agustin IV de
Lastanosa de Arnedo y Vargas et d'Esperanza Baraiz de Vera
Navarro de Azpilcueta. Sa famille, originaire de Calavera sur les
bords du Cinca, à la frontière de Catalogne, avait habité 'a~abord
~~nz~n, avant de fixer sa résidence à Huesca; elle avait joué dans
1hmo1re du pays un rôle important. Orphelin de bonne heure
Vincenc_io dut renoncer prématurément aux études vers lesquelle;
le portaient ses goûts, pour prendre la direction de sa maison et
Fadrninistrati~n de ses biens. Le 23 décembre r625, il épousait à
Huesca Catalina Gaston y Guzmân, née à Séville Je 9 janvier
1612, morte des suites de couches le 20 avril 1644, après avoir
donné à son mari quatorze enfants, dont sept vivaient encore à
cette date.
Cette mort semble lui avoir laissé de profonds regrets et bien
.
' ' l'auque Jeune
encore, .iJ ne songea pas à se remarier, comme
raient souhaité ses amis.
Vincencio ne se laissa point séduire par l'exemple de ses
~ncêtres, dont quelques-uns avaient joué un r-0le politique
important, comme son trisaïeul Juan de Lastanosa, ambassadeur
d.e Charles-Quint à Paris, ou son arrière grand-oncle, Pedro de
I:astanosa, a;11bassadeur à Constantinople. La gloire qu'il am'bit.J.onna fut d une narure toute différente : profondément attaché à
sa peti~e pa_trie, il borna ses ~ésirs à devenir le premier citoyen
et l~ b1enfatteur de Huesca, à faire, de la demeure qu'il avait
héritée de ses pères, 110 musée, on pourrait dire un établissement
scientifique incomparable. L'artiste inconnu, qui sculpt~ les
belles statues d'albâtre de Vincencio et de son frère le chanoine
dan~ la chapelle funéraire que Lastanosa construisit pour s;
falllllie dans la cathédrale de Huesca, a su exprimer heureusement 1a noblesse, la bonté, la sérénité qui se peignaient sur son
visage. Ce fut d'ailleurs une belle vie que celle de ce grand seigneur; il remplit avec un 2èle touchant les charges municipales
que ses concitoyens voulurent bien lui coniier, sachant faire
preuve d'abnégation et d'énergie lorsque, par exemple, au moment

BALTASAn GRACIA '

où les Français s'emparaient de Monzon, en mai 1640, il courut

au seco11rs de la place avec des hommes levés par la ville de Huesca
et défendit avec succès le passage du Cinca, ou, lorsqu'en r652,
la peste ayant éclaté à Huesca, il sut, comme administrateur ~e
l'hôpital, déployer un réel dévouement. Qu~nt au reste, ~a vie
s'écoulait paisible, soit dans son château de F1gueruelas , soit d~as
son palais de Huesca où habitait également son frère, le cbaoorne
Orc:ncio 1 , pour lequel il semble avoir éprou'iJé une très vive
affection, au milieu de sa famille, entouré du respect et de la
sympathie de tous, servi même par des domesti~ues prom~ts ~
exécuter ses ordres, et disant du bien de leur maitre, ce qu1, s1
l'on en croit Graciân,· ne constituait pas alors une moindre merveille que de nos jours z.
.
Accueillant pour tout le monde, prêt à obliger de son appm,
de son argent, ceux qui eu avaient besoin, il était assez généreux pour ne pas garder jalousement pour lui seul les trésors
que son habileté de collectionnew- lui avait fait acquérir. J?ans
ses magnifiques jardins se trouvaient réu_ni~ toutes l~s ~art~t:s
de plantes ou c.le fleurs les plus rares : maJs 11 en fourmssa1t liberalement des haraines aux fleuristes du roi d'Espagne, ou même
aux simples amateurs, qui n'avaient, dit-il, qu'à se donner la
peine de lui en demander i, et qui ne se gênaient pas pour le
faire 1.
1.

Orencio de Lastanosa, né à Huesca le 5 mai 1609, mourut en 1665

après avoir été M=tresrne/a. et chanoine de la Cathédrale, rec1eur de l'U11iversité(r631), déouté du Royaume d'Aragon (r651). li était ~oète.
.
. .
2. « Estancia en esta diuertida fruicion Je grandezas, v1eron venu azia si,
cierta marauiHa corrieute; era vn criado pronto, y loque masles. admiro, foe,
que deûa bien de su amo. » Cri-tic611. Il, 2, p. 36.
3. 11 Las tendran (il s'agit des graines de fleurs) los curiosos con sole el
coste de pidirlas ». B. . M. Ms. 18727•,. J'ai publié ce manuscrit dans le
tome XXVI de la Rewœ Hispanique., pp. 566-610.
4. Juan de Garriz écdvait à Andrés de Uztarroz, de Pampelune, le 3 mai
1645 : « A nui:stro amigo y senor dou Vinceniio no escriuo este camino
porque no tengo ti'empo. Vm. se sirua de decirselo en ~u carta y que el seôor

�3iO

ADOLPHE COSTER

Sa collection de tableaux était fort riche; nous savons par un
court inventaire qu'il en a laissé, qu'elle renfermait une L11m!ce
de Titien, un Bacchus d'Annibal Carrache, des Joueurs de
Michel-Ange Caravage, un Cupidon de Lucas Cambiaso, des
Fleurs de Camilo, deux Enfants du Tintoret, la Fortu11e par
Spadarino, deux tableaux de Mario dei Fiori, des Paysages
d'autres maitres ilaliens, des copies de l'Histoire de Joseph el de
Putiphar, de la Suzanne et les Vieil1ards de Rubens, un Bain de
Diane de Bartolomé Spranger, une L11crece d'Albert Durer, un
Paj1sage de Lucas de Leyde, quatre autres de Paul Bril, un croquis du Roi de France par Chapron, et nombre de paysages de
peintres français, les Vierges sages, un Da,vid et un saint Christophe de Ribalta, une Descente de cnrix ' et un saint Barthélemy,
grandeur naturelle, de Ribera, un Jupiter avec une Nymphe, des
Enfants de Micer Pablo, peintre aragonais, des Paysages de
Crist6bal de Vargas, peintre sévillan, de Collantes, de Pedro
Orrente, de Pedro de Urzauqui, peintre aragonais, de Miguel de
San Juan, sans compter les toiles ou panneaux anonymes qui
remplissaient les galeries ou les cabinets de sa fastueuse
demeure.
Il en permettait cependant facilement l'accès, se constituant
Je cicerone aimable et savant des visiteurs, venus, parfois de
Virrey me esta baziendo memoria todos los dias de aquellas simientes de
flores que me offrecio. &gt;&gt; Miguel Jer6nimo de Val écrit /J Andrés de Uztarroz,
de Madrid, le 29 avril 1651 : « ... Mi ama suplica a Vm. muy encarezidameote
que le ayude a conscrvar vo jardinillo que tiene en casa con algunas flores dt!
!as estravagantes y curiosas que en su grande Pensil sustenta el Seùor Don
Vincencio Lastanosa, embiando a su tiempo algunas ,semillas y rayzes ... &gt;&gt;
B. N. M. ms. 8390 (ancien V, 170), fol. 289,
1. Lastanosa déposa plus tard ce tableau, répétition d'une toile de la C11artreuse de Naph:s, dans la chapelle de los Da/ores de Santo Domingo, d'où il
fut emporté en 1878 par un peintre étranger, qui lui subsritua une copie grossière , Voir Ricardo del Arco. Mds da/os sobr~ D. Vinc,mcio ]11aii de Las/n11osa.
Huesca, 1912, p. 76-78. Je dois l'identification de Spadarino et de Spranger a
l'obli~eance de M. Henri Focillon.

BALTASAR GRACIAN

37 1

loin, pour contempler ces chcfs-d'œuvre de l'art, ou les curiosités naturelles, pierres, animaux, vestiges de l'antiquité, qu'il
avait réunies à grands frais.
Sa bibliothèque était composée d'une façon particulièrement
remarquable. Le connétabl,;: de Castille y avait fair de si longues
séances~ lors d'une visite de quin1.e jours chez Lastanosa, qu'il
n'avait pas eu le temps de voir convenablement les autres merveilles du palais Lastanosa nous en a laissé un court aperçu
dans une des notices qu'il a consacrées lui-même à sa demeure.
Théologie, philologie, politique, histoire, géographie, science,
tout y avait trouvé place : des manuscrits précieux, de riches
médailliers, complétaient cette magnifique collection, mise par
le propriétaire à b. disposition de ses amis, avec moins de facilité peut-être que les autres curiosités de son palais, car il avait
sans doute reconnu que les livres prêtés sont trop souvent des
livres perdus : il tenait donc les siens sous clé c&lt; pour les protéger de la poussière, et de certains amateurs qui les posséderaient
volontiers, dit-il, sans dépenser les sommes qu'ils m'ont coûté•».
Mais on pouvait les consulter sur place, car il ne semble pas que
Lastanosa ait connu ce défaut des bibliomanes qui veulent bien
montrer leurs trésors, mais défendent qu'on y touche. Il était le
premier d'ailleurs à faire usage de ses collections, et l'ouvrage
qu'il publia sur les Médailles ituomwes d'Espagne, fut accueilli
favorablement par les antiquaires.
Les plus grands personnages du temps lui firent l'honneur de
venir visiter son musée. Philippe IV, à son retour de Catalogne,
y vint deux fois, de Saragosst! ; le duc de Fernire, Jean de
Médicis, le comte de la Mirandole, le prince d'Esquilache,
Jean Borron1ée, le marquis de Pescar.1, le connétable &lt;le Cas1•

1. «... Doy mi palabra de boh•er a ver esos portentos con el animo de estar
dos m.:ses,. . ., di~ait-il. B. N. M. ms. 18727H.
2. JI. ••• porque esten los libros guarda&lt;los del polvo, y de algunos curiosos
que los quieren siD gastar las Sumas que me llan Costado ... &gt;1 lbid,m1.

�37 2

ADOLPHE C0S1'f:R

tille, les ducs de Med.ina-Celi 1 d'Arcos, de l'Iofantado, de Béjar,
de Medina de las Torres, de Villahermosa, de Lerma, les marquis d'Aytona et de Carnarasa, l'avaient visité avant 1639.
Gaston d'Orléans qui, déjà en 163 r, demandait à Lastanosa le
dessin de quelques-unes de ses statues, avait séjourné cbez lui
un mois et demi incognito, se plaisant à causer avec les jardiniers français de son hôre, et déclarait que C( le roi de France
n'avait rien de pareil à ses jardins ni à sa bibliothèque 1 1&gt; ;
il l'emmena même avec lui à Paris, ou il lui fit voir les palais
royaux.
Ces illustres visiteurs ne faisaient que passer, non sans profit
pour leur hôte, dont ils reconnaissaient l'accueil généreux par de
riches présents d'objets d'art, d'antiquitès ou de curiosités~Mais, si Lastanosa se faisait gloire de ces hautes relations, la
communauté de goûts lui rendait plus chers, sans doute, les
rapports constants qu'il pouvait entretenir avec les érudits ou
les antiquaires d'Aragon, si nombreux à cette époque, et qui,
résidant à Huesca ou dans le voisînage, avaient souvent l'occasion de le voir, ou restaient en correspondance régulière
avec lui : par exemple le comte de Guimera, grand collecrionneur lui ausû, le comte d'Aranda et la comtesse, qui se piquait
de bel esprit, les chroniqueurs d'Aragon, que leurs fonctions
amenaient souvent à Huesca pour chercher les documents dont
ils avaient besoin, comme Francisco Ximénez de Urrea; parent
du comte d'Aranda, et Francisco Andrés de Uzrarroz 1 quelques
ecclésiastiques instruits de Huesca, tels que le chanoine Salinas,
que des liens de parenté rattachaient à Lasranosa, et qui cultivait la poésie dans ses moments de loisir. Deux de ces persounages méritent une mention spéciale pour avoir été en rapports
panicuhèremem étroits avec Gracian; ce sont le chanoine Salinas et Andrés de Uztarroz.
1.

2.

Ibidem.
Ibidem, voir lettres de Charles-Quint et du connétable de Castille.

'BALTASAR GRACIAN

373

Manuel de Salinas y Liz.i,na, né à la fin du xv1• siècle à
Huesca, prévôt et chanoine de la Cathédrale, professeur de droit
à l'Uuiversité, appartenait à une famille influente ; un de ses
oncles, Jorge de Salinas y Azpilcueta, docteur en droit, avait été
professeur, puis recteur de l'Université et prévôt de la Cahédtale; un autre, Vicente de Salinas, fut Justicia de Huesca en
1648. Manuel se rattachait donc aux Lastanosa par les Azpilcueta.
Il cultivait la poésie, et dédia en 1651 àla reine Marianne d'Autriche un poème intitulé La chaste Suzatme. Il avait traduit les
Epigrammes de Martial qui furent en partie publiées dans la
deuxième édition de l' Agudez._a de Gracian.
Francisco Andrés de Uztarroz était fils de Mi.cer Baltasar
Andres de Uztarroz (1572-1631), jurisconsulte qui occupa des
charges administratives importantes à Sar:1gosse '. Un de ses
frères, Fr. Jeronimo Andrés, docteur en théologie, bénédictin du
monastère de San Juan de la Pena, où il eut le titre de Prior de
Estella, est l'auteur d'œuvr,es mystiques, comme le Jardin Espirilual, qui restèrent inédites 1 . Francisco naquit à Saragosse vers
1606. Après avoir étudié dans sa vllle natale, il y prit le grade
de doctem en droit, le 28 février 1638. Son ardeur pour les
recherches historiques determina Francisco Ximénez de Urrea à
le désigner, en 1645, pour être son successeur éventuel d_,ms la
charge de chroniqueur J' Aragon. Accepté par la Députation en
1647, il devint chroniqueur en titre à la mort d'Urrea. ~ès
lors il fit preuYe d'une étonnante activité, parvint à se faire
ouvrir les archives publiq~es ou privées du royaume d'Aragon
d'abord, puis du royaullle tom entier. On lui refusait encore
l'acd:s du dépè&gt;t de Simanc:1s lorsqu'il mourut de la fièvre, le
18 août 165 3, à Madrid, oü il était venu solliciter l'ordonnance
royale qui lui aurait donné satisfaction. La liste des ouvrages
qu'il a publiés montre quelle perte pour l'érudition fut sa mort
I.

Gradin le cite : Ag111ieza, XXIX, p. 206.
l'Agudqa, LIV, P· p4 .

2. Célébré dans

�374

ADOLPHE COSTER

375

BALTASAR GRACIAN

prématurée. Il était en relations avec tous les savants d'Aragon
dont il conservait précieusement les lettres, et c'est grâce à lui
~ue nous pouvons aujourd'hui nous faire une idée de l'activité
m~~llectuelle si !ntense qui marqua, dans cette province, le
milieu du xv11~ siècle. Les rapports qu'il eut avec Graciân furent
étroits, sans que l'on puisse trouver toutefois dans leur correspondance la trace d'une véritable affection.
La magnifique demeure de Lastanosa, étant donnés les ooûts
du maître, sembl_air tout indiquée pour devenir Je siège d'une
de ces ~cadém1es, comme il en existait un peu partout en
Espagne a cette époque. Celle des· Nocturnos à Valence est
fameuse . A Madrid, l'Académie Salvaje s'honorait de 1a présence
de G6n°ora, de Lope de Vega, du comte de Salinas, et se
tenait dans la maison de Francisco de Silva •.
A pen près à la même ëpoque existait à Saragosse une autre
A~adém~e, celle des Anhdanles: nous savons qu'Andrés en faisait partie sous le pseudonyme de El Solitario 2 •
r._ ~e ms. 939r de la B. N. M. (ancien Cc 77) contient le « borrador de
la Btbliotheca de los :85critores_ del Reyna de Aragon que escribia el dr. Juan
Franco Andres chromstadel nusmo Rey oo " · li porte l'ex-libris de Lastanosa
et des annotations de Nicolas Antonio. On y lit p. ,4 « Geronimo de Mora,
natural de Çaragoça excelente en la Poesia y en la Pintara, hallose en Jos
co~1cursos nurnerosos de mas lustre de su tiempo ea Valencia, en Ja Academ1a de los Nocturnos'. donde act'.dian el conde de Buàol, el canonigo Tarrega, don Gaspar Agu1lar Y_otros mgeaios de aquella amenissima ciudad, y en
otra q.ue se celebro en Madnd en casa de don Francisco de Silva, que se Uaruo
S~Iva1e segun refiere Pedro soto Je rojas en el Dese11g01io de Amor, porque se
h1+~ m casa de don Franw de Silv,i aquel lucido Îtifmio, aquel a,iimo gmr,roso,
ralùùtd de la casa de Pa.str,ma, l11Slre de las 1\111sas, mn)'or trofe-0 de Marte; que
parece movio toda aq11û/a guerra para co11trasiar aquel valor. Hallaronse en esta
docta junta el Conde de Salinas, don luys de Gongora, lope de Ve&lt;&gt;a carpio
y otros ingenios floridos, etc. .. »
&lt;&gt;
C'e~t dé ce pseudonyme qu'il a signé l'opuscule suivant: « Descripcion
de las a1111g111dade~ _y fardines &lt;k D. /li11ce11cio lua11 de Lastanosa, hijo y ciudada110 de Huesca C111dad e-,, el rei,w de Aragon. Escribiala ,, El Solitario », diio
r647. Al Doctor D. Franciscc Filhol lustre omamento y elogio de /a ciudad de
Tolosa &gt;&gt;.
2.

Un manuscrit, qui fut sans doute entre les mains de Lastanosa, nous donne précisément les procès-verbaux d'une Académie fondée à Huesca, en 1610 1 par quelques étudiants et
quelques seigneurs de la ville 1 •
1. Latassa (B . N. E. A. , t. II, p. 99; art. LXXIX : Anonirnos de 1610)
&amp;rit: « El sabio Cosmografo, Juan Bautista Lab:uia, en su ltinerariode Aragon,
Ml;. al fin del Tratado de la Ciudad de Huesca dice; « que en el aiio de 1610,
varios estudiantes, y Cavalleros curiosos instituyeron en &lt;licha Ciudad una
Academia de Poesia, y otros asuntos literario , de que era presidente en el
meocionado aiio Vicencio Clemente, y que el dia 13 de Dicierobre del referido
ano fue combidado y asistio Labaiia a la citada Academia, que se teJlla por la
noche, don.ie se leyeron algimos Versos y Discursos lnunos, y se eligio por presidente a Don Geronimo de Heredia, hermano del gobernador Don Juan de
Heredia, como lo hacian todos los meses, y que tambiea eligieron Fiscal y
Secretario en la misma noche. « Esta es la unica noticia que tenemos de estos
Literatos. » Il semble donc que Latassa n'a pas connu le ms. 3672 (ancien
M 35) de 1a B . N. M. qui contient les " Certm11e11es de la Academia de Huesca. "
Les procès-verbaux s'étendent de 1610 à 1612. On lit au folio 341 : « A 14 de
Agosta de 1.610 se a j1,1nto la academia de la Ciudad de Huesca y se ballaron
en el primer ayuotamiento los Sres Don J nsto de Torres - d ausente; El Doctor Mompahon - el callado ; Vicencio Climente - el olvidado ; El Doctor Ram el Solitario; Martin de Luna-el humilde; Juan Miguel de Luna -el melancolico;
George Salinas mcnor - el Tardio; Martin Burgueda menor- el Desdichado ;
Diego Anthonio fimat - el c45to ; Sebastian de Caoales - el presto. Nombrose
Presidente hauiendose botado por los arrib~ no1nbrados a dbo Sr Don Justo
de Torres - Fiscal al dho doctor Mompahon, Secretario a Sebastian de
Canales. Dererminose luego que los nombres de los q se admitieren en la acadcmia sean atributos, y assi se pusicron luego... » Ces pseudonymes sont
expliqués dans le ms. par des annotations d'une main ~trangère ; ce sont : el
aconsobdo
Lupercio Torralba; el afügido = ?; cl agradecido _ Tomas de
Oôa; el aldè3Jlo
Vinceocio Ram ; el alegre
Fr. Juan Luis Coscon; el
ausente
Justo de Torres; el callado
doctor Momp:thon; el casto = Diego Antonio Fimat; el desdichado
Martin de Burgueda; el desfavorecido =
Esteban Lapez de Silves : el disuadido
doctor Jeronimo de Heredia ; el
ecclesiastico = mosen Girooza; el encogido = Bartolome Santolaria; el imaginativo =Domingo Lumbierre; el humilde = Martin de Luna; elmelancolico Juan Miguel de Luna; el modesto = Juan Agustin de Lastanosa; el
olvidado
Vincencio Climente ; el peligroso = ? ; el presto
Sebastian de

=

=

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=

=

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=

=

=

=

�ADOLPHE COSTER

On y voit que Juan Agustin de Lastanosa, le père de Vincencio, en faisait parrie sous le nom de el Modesto; cette académie tenait séance à tour de rôle dans la maison de chaque
président ' : elle siégeait donc dans le palais des Làstanosa
lorsque, le 19 mai 16rr, El Modesto fut nommé président, et
prit, pour fiscal, el Solitàrïo, et, pour secrétaire, el Aconsolado ;_
Jua.n Agustin semble avoir été un académicien modèle, car il
s'acquittait avec une parfaite régularité des tkbes qui lui étaient
assignées, comme en témoigne le registre de l'Académie. Il n'en
étair sans doute pas d'ailleurs à son coup d'essai en pareille
matière, car dans son Aganipe d.e los Cisnes Aragoneses, Juan
Andrés mentionne une autre Académie qui se serait réunie à
Huesca en 1595, et dans laquelle on retrouve le nom de Juan
Agusrin, entouré d'autres personnages, tout à fait distincts de
ceux que l'on rencontre dans la précédente, entre autres de
Francisco Antonio Fuser 3, docteur en théologie et précepteur de

=
=

377

BALTASAR GRACIAN

=

Canales ; el l'eligioso
moseo Sada; el retîrado
Marco Antonio Esporrin ;
el !11do = ?; el rustico = Lorenzo Xi mener.; el sincero
? ; el solitario
Jaime Rarn; el suftido
Francisco Gomez; el tardio
Jorge de Saliiws; el
temeroso = ?; el universal= ?.

=

=

=

1. « En. r6. de Enero de 16n. Se nombra por presideme el Sr. Solitario y
nombra por fiscal al Cal!ado y por Secretario al modcsto. Sena!ose por dia de
la academia luues a 24 del dho en Su casa J) . B. N. M. ms. 3672, fol. 352.
Au folio 360, verso, se trouve l'indication de la dernière séance : /) Seîialose
Academia para 8 de m~yo 161 2 y en ella se nombro por Sr. presidente al
Solitatjo y su rud. nombra por fiscal al melancolico y Secretario al modesto,
Seiialaudo academia para el miercoles a 16 de mayo ... »
2. Ibidem, fol. 359,
3. « Â[!atiipe de los Cimes Aragonms ce/e/,radcs eu el clariti de la Fama. Es,,,,i~

bia/,1 eldodorJuan Fra.11.cisco Andrescoronista dûReytiodeArago11, A,icMDCLII."
B. N. M. ms. 366o, ancien M 50. Au fol 83. verso, Andrés parle des poètes
de Huesca : « Aqui resplandecio la Academia I que copia heroica y grata cornponia I de celebres Barones I Aqui Caluo, Ferrer, y Claueria. / Fuser, Roque
de Ext?a I Çanoguera, Agustin de Lastaaosa I Alurnoos claros de la luzFebea 1
ron embidia gloriosa I en una y otra graue competencia I de la Apolinea
cienc.ia I sutiles se admiraron los primores I de tan nobles y doctos conten-

Juan Agustin, et plus tard sans doute de Vincentio Juan, mort
en 1638. Il devait être alors le Benjamin de la réunion. Comment supposer que son fils n'ait p.'\S hérité de son goôt pour les
réunions littéraires, alors surtout qu'il avait pour l'y inviter le
chanoine Fuser dom il parle avec tant d'affection et de reconnaissance', alors que ses amis, comme le comte de Guimera,
prisaient si fort ce genre de distraction, qu'ils tondaient à la
campagne des Académies temporaires ? Nous en avons la preuve
pour le comte de Guimera, qui tint pendant l'été de 1608, avec
quelques amis, dans une de ses terres, l'Ac,1,démie de la Pitima,
dont les curieux statuts nous ont été conservés Ils nous permettent de nous faire une idée de l'organjsation de ces réunions. Un bureau était formé du président, du fiscal et du secrétaire; le président indiquait !'ordre du jour de la prochaine
séance, puis on procedait à la lecture des travaux des Académiciens ; quelquefois des concours étaient institués et dotés de
2 •

dores I y eatonces ya de Huesca el docto suelo I fue de las Musas el mayor
desuelo, 1 porque sus ingl!Iliosos Moradores j lo lleoaron de acemos, y de
Flores. 11 En marge, d'une autre main: « Ano 1595 ; Pedro Caluo, Bautista
Ferrer canonigo de Lerida, .. . Claveria, Francisco Antonio Fuser canonigo de
Barbastro, Juan Roque d·e Exea, Don Geronimo de Çanoguera, Juan Ag_ustin de Lastanosa». Il existe deux éditions de l'Aganipe, l'une d'Amsterdam, 178 r,
l'autre de Zar-agoza, 1890. Dans la Di:dicace de son Moimmento de los Sa11tos Marlires Iusto y Paslor(Hucsca 1644). Andrés dit en s'adressant au chanoine Orencio
de Lastanosa: (&lt; lu.an Agustin de Lastl.l.Dosa IIII. en el nombre, Padre de v.
m. entre las obligaciones de su Estado, no olvido las deli.cias estudiosas de las
Acadi:mias que se celebrarou en su tiempo en la Ciudad de Huesca ... » R. del
Arco. Mds da.los, &amp;c., p. 28. Dans l'Agwli!{4, LI, p. 312, Graci.lrl cite u11 sonnet de Fuser, qu'il dit avoir tiré de ses manuscrits.
1. Dans le catalogue de sa bibliothèque Lastanosa cite : « de Poesias modernas cinco tomos en 8. que las junto la curiosidad del Dr. Francisco Fuser,
Canonigo y Vicario geueral de la Seo de Barbastro, mi amamissimo Maestro
y amigo ,, . Nan·acion de lo que le paso d. do1i fi ù:ceuâo La~lancsa d 1 j di Octubre
dû li.no 1662CQ11 un Rûigio10 docto y grnbt. Ms. de la B. N. M. 187:2711, fol. 172:
2. Ils se trouvent dans le ms. 9396 ( ancien Cc &gt;7) de la B. N. M. Je les a1
publiés Jans la revue de Huesca intitulée Li,mjes de Ar11g611 ( 15, X, 1912).

U

�ADOLPHE co~n.R

prix, et les pièces couronnées étaient soigneusement recopiées
dans les registres officiels ; l'égalité régnait entre les membres
de l'Académie, favorisée par ce fait qu'ils avaient tous pris un
pseu_dooyrue. Cependant, lorsqu'un étranger distingué était
admis à une séance, par courtoisie on lui déférait la présidence
et même le droit de vote dans les délibérations.
On aime à se représenter les Académiciens réunis dans une
des cinq salles de la Bibliothèque, au deuxième étage de la maison de LasLanosa, ayant ainsi sous la main tous les éléments
(livres, médailles ou estampes) de la discussion qui suivait toujours la lecture des travaux. Parfois d'illustres hôtes venaient
les honorer de leur présence : et c'est ainsi que défilèrent sans
doute dans le palais du Coso, les personnages éminents gui
fure1~t en ~elations av~c L,sranosa : vice-rois d'Aragon, qui
vena1_ent facilement de aragosse, généraux, fonctionnaires, qui,
en_ faisant route pour 1a Catalogne, ou le Roussillon, se détournaient un peu pour aller voir la merveille de Huesca. Les cirer
c'est nommer les protecteurs ou les amis de Graciân, qui les
connut dans ces réunions académiques et qui leur a fait une
place d'honneur dans ses écrits.
. AtLx joies de la lecture, de l'archéologie, de la curiosité, s'ajoutaient celles de la conversation, cc la douce conversation, le
meilleur viatique du chemin de la vie 1 11, entre trois ou quatre
amis intelligents, et non davantage, parce qu'en dépassant ce
nombre, on tombe dans le désordre et la confusion. Gracian
parle de la conversation ur un mode vraiment lyrique et n'hésite pas à déclarer qu'elle esr « la fonction supérieure de
l'homme 2 • n 11 devait être en effet un causeur admirable ; ses

l

L

lic011,

I

z.

"

La duke conuersacion, el mejor viatico del carnino de la vida. « Cri-

I, 1 r, p .

220.

No ay rato oy mas entretenido, ni mas aprouecbado, que el de vn brl
parlar entre ires o q uatro. Recrease el oido con ln suaue musica, los ojos con
las cosas bermosas, el olfato con las flores, el gust0 en vo combire ; pcro el
1(

379

l3ALTASAR GRACIAN

œuvres en sont la meilleure preuve : elles ne prennent toute
leur valeur que prononcées tout haut, accompagnées d'une
mimique expressive qui souligne les intentions, éclaire les jeux
de mots et fait entendre ce qui n'est pas exprimé. Non seulement il les a lues à ses deux grands amis Lastanosa et Pablo de
Parada, mais on peut dire qu'il les a composées en leur présence,
qu'il les y a fait collaborer, recueillant au vol les ripostes spirituellt!s qui leur échappaient dans ces réunions intimes, et dont
il parait ses écrits. Ainsi seulement peut s'expliquer la prodigieuse quantité de jeux de mots, de plaisanteries, de traits acé1rés, et parfois peu ecclésiastiques, dont il a formé son Critiain
et qui semble vraiment dépasser la fécondité d'un seul cerveau.
D'ailleurs son intelligence toujours en éveil, nourrie des
connaissances les plus variées, lui permettait de tenir tête aux
hommes distingués qui paraissaient chez Lastanosa. Peut-être
ces connaissances étaient-elles plus étendues que profondes. Le
grec semble lui avoir été peu familier; bien qu'il préconis~ à
plusieurs reprises l'étude des langues modernes, il paraît qu'il
n'en connaissait d'autres que l'italien ; encore le savait-il très
superficiellement si l'on en juge par la demande qu'il fait, dans
une de ses lettres, à Andrés, de lui procurer le Pa.star Fido en
espagnol plutôt qu'en italien 1 •
La musique même n'était pas proscrire de ces réunions, mais
Gracian se contentait d'écouter et d'applaudir, car il interdit,
dans son Critia5n, à tous ceux qui passent de l'adolescence à
l'âge mûr, de jouer d'un instrument ou de chanter.
cntendimiento con la erudita y discreta conuersacion entre tres o quatro amigos entendidos, y no mas, porque en passando de al, es bulla, y confusion :
• • ~ de modo que es la dulce c-0nuersacion banquete del entendioùeoto, manjar
del alma, desahogo del corac;on, lo6 ro del saber, vida de la amistad, y empleo
mayor del hombre ». Critiç611, Ill, n, p. 321-322. Quelques années plus
tôt, il limitait à trois le nombre des interlocuteurs. « La conuersacion, dit Artemia, es de entendidos, y ha de tener mucho de gracia, y de las gracias, ni
mas, ni menos de tres. 11 Ibidem, I, 8, p. 155.
r. Voir Appendice l, lettre 17.
Rl!VUI! HISPANl(lUE. D,

lj

�380

ADOLPHE COSTER

.BA-l.TASAR G'.RACIAN

Si Graciân appréciait la causerie entre un petit nombre d'amis

~ ne faut pas oublier que le nombre des siens était considérable;
il_ ne leur ménageait ni les compliments, ni les offres de service,
m les promesses, qu'Q_ ne tenait peut-être pas toujours. C'est ainsi
que Fr. DomingoEscribano, moine dtÎmonastère de Piedra avait
eu l'occasion de le rencontrer à Pedrola, probableme~t en
r649 '; se fiant à ses protestations d'amitié, il lui avait demandé
quel_ques vers pour l'épitaphe d'un comte de Luna ; à plusieurs
, reprises on le voit se plaindre de n'avoir pas sicrne de vie de
1
Gracian, et finalement, en r65 r, il est obligé d':voir recours à
un autre.
O_n aimerait à se représenter l'extérieur physique du spirituel
!ésun_e au moment où, tout plein de vie, de projets et diespoirs,
il allait commencer sa brillante can-ière d'écrivain. Malheureusement le seul portrait que nous possédions de lui, celui de Calatayud, fut sans doute exécuté après sa mort, et nous le montre
par conséquent au terme de son existence lorsque, déjà fatigué,
et peut-être accablé de désillusions, il portait sur son visage les
marques d'une fin prochaine. De là cette tristesse qui surprend ,
au premier abord dans cette image du caustique Aragonais.
1. Fr. Domingo Escrivaoo était à Pedrola le 20 octobre 1649 comme Je
prouve une de ses lettres â Andrés (B. N. M. ms. 8391, fol. 2o). Ibidem,
fol. 24, verso, dans une lettre à Andrés, de V cruela, 14 août 1650: «.. . Dentro
del_ pliego en que embie a Vm. la vltima rerniti ocro para nuestro Padre y
am1go Baltasar Gracian de la compafila de Jesus, y creo que auieudo dado
Mosseo Juan ferraodo, beneficiado de San felipe a V. M. el suio, aura &lt;larlo el
que iua para aquel reuerendo Padre, y me adnùro que no àya recebido respue~ta, no dudandola de la merced que me hiço en Pedrola. Suplico a V. M.
~e sirba mandar hacerselo a 1a memoria, pues cada dia me dixo estaua en su
casa de V. M ... » Ibidem, fol. 26, du même au même, Veruela, 16 janvier
1651: « Siempre hago meruoria del Padre Baltasar Gradan .. , &gt;&gt; Ibid., fol. 48,
du même au même, Veruela, 16 juin r651 : ... \&lt; el Dotor Miguel Carüieua
medico de Oluega en Castilla, sobrino del Seiior Obispo de Jaen se me ha
ooncedido de hacerme los versoi, que no he podido alcançar del Padre Baltasar Gracian (no creiera ta! accion de quien tan amigo se me mostro en
Pedrola)... n
0

Dans un pamphlet violent contre le Critic6n, publié en 16_58
à Valence et dont nous aurons l'occasion de parler plus lom,
l'auteur, ~ui l'avait cernünement connu, lui appliquait presque

mot pour mot le portrait que Gracian avait tracé de Momus, le
type de la méJisance ; si l'on re_marque qu'un certain n~mbre
de caractéristiques ont été suppnm.ées dans le pam?,hlet, ~ autr~s
ajoutées, on peut, je crois, en conclure que Grac~~n ét~n petit
(hombrecillo), frt:le, voltté (de espalda_ doble)_; qu il avait la vue
basse, et portait des lunettes; ce dern~er dét;1l ne s~ trouve que
dans le pamphlet, et cette myopie exphque l expression de douceur et de rêverie du portrait; il était pâle ( robado de color) et
d'estomac délicat ( aliento insufrible, seôal de entraiias gastadas);
enfin sa voix était sourde et sa parole précipitée ( su hablar es
zumbir de moscon ').
r. ccEra vn hombrecillo, tan nonada, que aun de ruin jamas se veia
harto, tenia cara de pocos amigos, Y
a todos la torcia, mal gesto, y peor
parecer ; los ojos mas asquerosos q_ue
los de vn Medico y ·sea de la Camara,
braços de acriuador, que se queda con
la vasura, carrillos de Catalan, y aun
mas chupados, que no solo no corne
a dos pero a nioguno ; de puro fiaco
consumido, auoq_ue todo lo mordia;
robado de color y quitaodola a todo
lo bucno ; su hablar era zumbir de
moscon, que en las mas lindas manas,
despreciando el nacar, y la ni eue, se
assieuta en el venino; nariz de satiro,
y aun mas fisgona, espalda doble,
aliento insufrible, seiial de entraüas
gastadas; tomaua de ojo todo lo bueno
y hincaua el diente en todo lo malo;
el mismo se jactaua de tener mala
vista, y dezia ; maldito lo que vco, y
rniraua a t0dos. Este, pues, que par
no tener cosa buena en si, todo lo hal~

laua malo en los otros, auia tomado
por gusto el dar disgusto. &gt;&gt; C1'iticon,

11,

p. 239-240.
Es vu hombredllo tan nonada,

ll,
(&lt;

que aun de ruio jamas se ve arto;
tiene la cara de pocos amigos, y a
todos la tuerce ; mal gesto, y peor
parecer ; los ojos ( aunq ue los trae
con viriles) mas asquerosos que los
de vn Medico, y sea de Camara. Braços de acrivador, que se queda con la
basura ; de puro 6aco cousumido,
aunque todo lo muerde; robado de
color auoquelequita a todo lo bueno;
su hablar es zumbir de moscon; narii:
de Satiro, y aun mas fisgona; espalda
doble, aliento insuTribie, seôal de
entrafias gastadas ; toma de ojo todo
lo bueno, y hinca el diente en todo lo
rualo; tiene pervcrsa vis~a, y con no
teuer cosa buena en si, todo lo halla
malo en los otros. l&gt; l,ritica de rejkcci6n
etc., p. 17.

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

CHAPITRE llI

Débuts littéraires. - El Heroe (r637). - Graci:ln à Madrid et à Saragosse. El Politico (1640). - El Arte cle I11gettio (1642).

Jusqu'à l'époque où il fit profession des quatre vœux (25 juillet 1635), sa vie s'était écoulée dans une obscurité relative,
mais dans une activité féconde; il avait amassé les idées, les connaissances dont il allait faire dorénavant un usage plus éclatant.
Il avait atteint l'âge où le caractère s'est définitivement formé,
où l'homme i:;rend une notion claire de ses forces, et de leur
direction, et peut dès lors marcher d'un pas ferme vers le but
qu'il s'est assigné. Déjà ses idées sur la vie, sur la politique,
sur la littérature, avaient pris leur forme définitive, et, dans
ses moments de loisir, il avait jeté sur le papier le plan des
ouvrages qu'il projetait, et dont quelques-uns avaient atteint un
développement tel qu'il ne leur manquait plus que peu de
chose pour pouvoir être publiés.
Vincencio Antonio, fils de Lastanosa, dans la rapide description qu'il nous a laissée de la demeure de son père, sous le
titre d'Habitâcion de las }!usas, déclare que ce dernier eut l'adresse
de tirer des mains de Gracian plusieurs de ses œuvres, et,
contre la volonté de l'auteur, publia la première d'entre elles,
El Héroe '·
1. t&lt; ••• al Padre Baltha~ar Gracian, bilbilitano, de la Compaiîia de 1esus,
hombre virtuosisimo, docto y gran predicador, le saco con destreza de sus
manos varios escritos que le habia dictado 1a lozania de su profundo discurso
en lo mas florido de su mocedad, y juzgaudolos assuntos dignos de sus
mayores primores, contra su voluntad dio a la estampa el Heroe, y lo imprimio en Huesca y lo ofrecio por rica primacia al Rey Nuestro. Sr. el afio
1637. » Habitacilm de las Musas, Rtcreo tk los Doctos, Asilo IÙ los Virtuosos,
_publiée dans laRevisla deArchi'Uos, 1877, pp. 29 et suiv.

Il ne faudrait pas prendre cette assertion au pied de la lettre ;
nous voyons par ailleurs Gracian s'occuper très activement de
l'impression de ses ouvrages, et chercher même à en tirer de
l'argent. Au moment où se préparait la publication de la
seconde partie du Criticon, il écrivait à Lastanosa qu'il entendait bien être payé par le libraire et tirer quelque bénéfice de la
dédicace ; il rappelait même que la première partie lui avait
rapporté cent écus nets, dont quatre-vingt étaient dus à la libéralité de Pablo de Parada à qui il l'avait dédiée 1 • L'état dans
lequel se trouve le manuscrit du Héros, que j'ai publié 2 , me
paraît donner la clef de l'assertion de Vincencio Antonio. Gracian communiqua sans doute son manuscrit à Lastanosa, avant
d'y avoir mis la dernière main, et ce dernier, séduit par l'originalité de l'ouvrage, voulut le publier immédiatement : craignant de voir son protecteur passer outre à son refus, Gracian
prit le parti de collaborer personnellement à la publication.
Ainsi s'expliquerait que le manuscrit, qui fut très vraisemblablement entre les mains de Lastanosa, soit incomplet, qu'il
présente des phrases inachevées et ne soit par conséquent pas
celui qui servit à l'impression.
A quelle époque eut lieu cette publication? Latassa, et après
lui Ticknor, donne la date de 1630. Mais c'est une erreur évidente : dans le manuscrit précédemment cité, et qui est nécessairement antérieur à la première édition, il est question de la
bataille de Nordlingen, gagnée par l'Int-ant Ferdinand en 1634 ;
et le passage n'a pas été ajouté après coup car il se trouve dans
le corps même du texte. D'ailleurs le fils de Lastanosa, comme
on l'a vu, assigne à cette édition la date de 1637 : elle a malheureusement disparu, mais nous savons qu'elle existait antérieurement au 2 septembre 1637, puisque, ce jour-là, Francisco
1. Voyez Appendice, 1, lettre 22.

Baltasar Graâân. El Héroe. Reimpresion de la edicivn de 1639, publicada
con las varia11us delcodice iné.dito de Madrid y el retraJo del autor, 19II.
2.

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

Andrés de Uztarroz écrivait de Saragosse à Lastanosa qu'il
venait de recevoir de leur ami commun, Juan de Garriz, le
Héros de Lorenzo Gracian 1 •
Il résulte des termes de la lettre qu' Andrés, à cette époque,
ne connaissait pas encore Gracian ; le pseudonyme de Lorenzo
lui paraît le véritable nom de l'auteur; j'ai déjà expliqué qu'il
est purement fantaisiste, aussi bien que le titre d'Infimz..6n. Il
souligne enfin que le livre est publié par Lastanosa, ce qui est
conforme au témoignage de Vincencio Antonio. Ce dernier
avait ajouté que le Héros était dédié au roi Philippe IV. Dans
le manuscrit de Madrid on trouve en effet une dédicace à Philippe IV 2 • Mais, sur ce point, une singulière difficulté se présente:
dans le Tralado de. la mo11eda ;aque.sa 3, composé par Lastanosa, et
1. Saragosse, 2 septenlbre 16;7 : « Los dias passados me dio ... el amigo
Juan de Garriz eJ Héroe de Lorenzo Graciau, publicado por V. m., y en el bay
macho que adrnlrar, ver la concîsi6u de su estilo y lôs misterios que en el se
comprenden. Obra es de poeo volumen, pero de mucha comprehensi6n. Al
fin es obra &lt;ligna... Principe y digna tambien de que todos los curiosos la
lean atentlsimamente por el peligro de huirseles el sentido ; porque sieruprc
el estllo Jac6nico suele tener algunos celajes de oscuridad, como lo advi.rtio
Horacio en su Arte poélica. Dum brevis esse laboro, obscurus fio. Pero en el
volumea que V. ru. public a no corre el riesgo de obscuro, sino el de algo
refie.'&lt;ivo, y alguoas veces por vulgares pudieran haberse negado a tan sublime
asuoto, porque como las clausulas y periodos est.an con tantes matices, cua!quiera sombra obscurece sus lumiaosos resplandores ; pero no por eso deja de
ser el todo ilustre. 1&gt; Apimtes, p. 63.
2. Que cette dédicace soit réellement celle de l'édition de 1637, il n'est pas
audacieux de le penser. On peut remarquer qu'elle commence par les mots
« Sefior este j uguete de prudencia » et que le mot attribué à Philippe IV au
sujet du Héros : (&lt; Es muy douoso este brinquiiio &gt;) semble bien faire allusion au mot de jug11elc, le brinqrtiiio étant une petite pendeloque que les
dames fixaient à leur coiffure et que l'Académie définit encore aujourd'hui
&lt;&lt; jL1guete mujeril ».

3. Tratado I de la 111011eda iaq·vesa, 1y I de otras de oro, y pl~ta I del Rey110 de
Aragon. 1 Por D. Vi11ceucio Ivan de Lasta11om, Gentilhombre de la Casa I de s11
Magestaâ. 1 Y lo dedica I ri I los I111slr#si111os Serii;res Dipulados. J (Écri d'Arago1i). 1 En Zaragota, A110 1681:. In-4 de 50 feuille, ; sign. typ. A-H ; plus
11 feuilles de gravures sur cuivre pnr Francisco Artiga (f. Oscae, 1681 )

publié en r681, le docteur Diego Vicencio de Vidania passe en
revue les éloges qui ont été faits de l'auteur, et, arrivant à ceux
de Lorenzo Gracian, qu'il prend pour le frère de Baltasar,
il ajoute que &lt;&lt; dans la dédicace du Héros que l'on voit dans
l'édition de 1637 l&gt; Gracian s'adresse à Lastanosa en faisant
l'éloge de son talent et de sa famille; les trois paragraphes que
copie Vidanfa sontdatés de &lt;&lt; Calatayud, aollt 1637 &gt;&gt;.
Ces lignes furent imprimées sous les yeux et aux fous de Lastanosa, qui ne mourut qu'en r 684, et il est vraiment singulier
qu'il les ait laissé publier si elles sont fausses.
Ce qui n'est. pas moins étrange, c'est qu'un des fils de Lastanosa, Hermenegildo, qui mourut, en I 680., chartreux, au
monastère d' Auladei, à Saragosse, avait formé un résumé des
éloges qui avaient été faits de son père, et qu'il cite précisément
cette dédicace de l'édition du Héros de I 637 '.
Cependant le témoignage de Lastanosa semble confirmer
l'existence de la dédicace à. Philippe IV. En effet, en offrant à
Luis Méndez de Haro l'Oraculo maniial, Lastanosa lui fait remarquer qu'il n'a dédié jusqu'alors les œuvres de Gracian qu'au roi
et à ]'Infant Baltasar Carlos •. Or le Discreto, publié en I 646 par
Titre encadré. Lettre du Roy:,iume d'Aragon. Dédicace signée de l'auteur :

Huesca, 14 février 1681. Censure du Dr. D. Migt1el Maria Gomez- de Mendoza: Saragosse, 2 mai 1681. Censure du Dr. Diego José Donner: 6 ruai
1681. Eloges de l'auteur, du Dr. Diego Viacencio de Vidania. Al que leyere.
Errata. Texte. Planches. V•
~cil. - - V:. .
1. Après avoir eu successivement quatre filles, Lastanosa eut un Jils, Francisco, lez avril 1635, puis un autre, Hermenegildo, le 13 avril 1636. Dans
ses Meworias literarias déjà citées, Latassa a recopié (tome U, p. 207) le « Rem1net1 de los A11lores impresos, y mauuscriptos que /,ab/an de Don Vitice1u;io luar1 de
Laslllhosa. Ru:ogidos por mi Ermenegildo de Lasta11os,i, su hijo. ,, On y lit : c.. el
P. Baltasar Gracian en su Heroeque se imprimio en Huesca elai'io 1637, en
la Dedicatoria a dicho doa Vincencio luan de Lastanosa. l&gt;
2. « Seame excusa, que estas Obras à nadie las he consagrado, sino al Rey
ouestro Sciior, al Principe, y à V. E. à quien depreco con propiedad el Catolico. ,, Dédicace de l'Ora.;11/0 mam1al, édition de 1653. La première êdition a

°1

disparu.

�386

ADOLPHE COSTER

Lastanosa, fut dédié à !'Infant ainsi que l' Agudez.a ; El Politi.,o
fut dédié au duc de Nocera, mais par l'auteur lui-même. Il ne
reste donc pour avoir été dédié au roi que El Héroe. Ce témoignage de Lastanosa est décisif: le Héros fut effectivement dédié
au roi; mais faut-il supposer que la même édition renfermait
une dédicace de l'auteur à Lastanosa? Ce serait invraisemblable.
S'agirait-il seulement d'une lettre adressée par l'auteur à son protecteur et que celui-ci aurait fait soigneusement relier en tête de
son exemplaire ? Mais alors comment Vidania, qui semble
n'avoir pas consulté Lastanosa, étant donnée l'erreur signalée
plus haut sur la personnalité de Lorenzo Graciao, en aurait-il eu
connaissance ? La seule hypothèse qui semble admissible, c'est
qu'il y eut, la même année, deux éditions du Héros, l'une
dédiée au roi, l'autre à Lastanosa. En effet, dans son Muse.o de
las rnedallas J.esconoçidas, publié en I 645, Lastanosa parle incidemment de Gracian et dit que son Héros « fut imprimé six fois
dans différents royaumes 1 ». De cette période nous ne connaissons, comme on le verra plus loin, que deux édhions de 1639,
et une de 1640. L'exemple des deux éditions de 1639 autorise
à supposer que, parmi celles qui ont disparu, se trouvent deux
éditions de I 6 37. Mais la question restera insoluble, tant que
l'on n'aura pas trouvé l'édition princeps.
En tout cas le livre fut certainement présenté à Philippe IV,
qui daigna déclarer que ce &lt;c petit bijou était plein de grâce »,
Mvsto I de I Las meàallas des,onocidas I Espaiiolas, 1pvblicalo I Don Viiiceiicio Ivan De Lastanosa, 1 Se1ior de Figaruelas, 1 Bijo, i Ci11dada110 de H11tsca. 1
I I Lo dedica I Al Excelenlissimo Se1ior I Don Berna,·dino Ferna11dez. 1De Velasco, i Tobar, 1 Co11destablede Castilla, i Leon. 1 flvst1·ado I Co11 tres DisctffSOS,
del Padre Paulo de Rajas, 1 d.e l,1 Compania de ltsw, del Doclor Don Fra11cisro
Ximenez. de Vrrea, Capilla11 de sr, Mages I lad, i Chro11ista del Rey110 de Arat011,
i del 1 Doctor Juan Francisco Andres I cù Vz.tarroz.. 1 Co11 lice,u:ia. j lmpresso m
Hvesca,por lva11 Nf!gues. 1 A1ïo MDC.XLV. Oo y lit, p. 77. « El Padre Bal1.

thasar Gracian... celebrado por sus anili..:iosos Escriros como lo publican
el Heroe impresso seis vezes en diferentes Reinos, el Politico Fernando,
etc ... ».

BALTASAR GRACTAN

et « qu'il renfermait de grandes choses • ». Cette haute approbation ne pouvait que contribuer à la vogue de l'ouvrage ; Lastanosa, nous l'avons vu, en signale six éditions en sept ans, et
nous en possédons deux d'une même année.
Ce succès dut attirer l'attention de ses confrères sur Graciân,
car son pseudonyme n'était pas difficile à percer, et peut-être
fut-ce la. cause pour laquelle il fut envoyé à Madrid, où la Compagnie se préparait à célébrer son premier centenaire.
Au mois d'août 1637, si fon en croit la dédicace du Héros
copiée par Vidaoia, Gracian était à Calatayud. Une lettre de
Ximénez de Urrea semble indiquer qu'il était à Huesca au commencement de mai 1638 2 • Il se trouvait à Madrid le r4 avril
1640.
Ce dut être pour cet esprit curieux un vif plaisir de se rapprocher de cette Cour brillante, dont le luxe et la politesse faisaient oublier l'état misérable du reste du pays. A peine arrivé,
nous le voyons parcourir le Buen Retiro, ce palais féerique
achevé depuis huit ans, pour lequel Olivares avait épuisé les
ressources de l'État; il J admire les objets d'art, les meubles qui
le remplissent. Puis il est introduit dans la demeure de quelques
grands personnages, sans négliger toutefois de visiter les couvents dans lesquels il avait chance de rencontrer quelqu'un de
ses frères. Sa réputation lui attire des visites ; mais les domes1. (c .•• su verdadero aplauso, y auo su vida fucron estas Reales palabras,
que dixo avicodose dig□ ado de leerle el gran Filipo Quarto de las Espaiias: Es
muy donoso este brinquifio, asseguro os que contiene cosas grandes. » Discreto, A los Letores.
2. Francisco Ximé□ez de Urrea écrivait de Saragosse, le 6 mai 1638, à
Lastanosa qui se trouvait alors à Huesca : «... darà vm. à todos essos Sefiores
de mi parte muchos cumplimientos; al seiior Canonigo, al P. Retor, al P.
Gracian y al Sr. Visconde ... » (Me,norias, t. 1, p. 101). Dans une lettre
d'Andrés à Lastanosa (Saragosse, 7 juillet 1639): « Hace (dit Latassa) memoria del P. Garcia sobre vnas Antiguedades y tratando de vn soneto que
buscaua, lo hace del Canonigo do□ Martin Miguel Navarro, del P. Gracian.
de Bartolome Leonardo y del P. Martin de Lanaja. &gt;&gt; Memorias, t. I, p. 22.

•

�388

ADOLl'HE COSTER

tiques des grands, qui viennent le voir, ont bien vite fait de
blesser son amour propre par leur grossièreté ou leur suffisance ;
car il n'est, dit-il lui-même, « ni humble ni flatteur». Le mépris
de l'humanité, l'orgueil, la perfidie de ces subalternes le
mettent hors de lui, et il aspire à se retrouver dans la calme
bibliothèque de son ami Lastanosa pour y causer à cœur ouvert,
ou travailler à l'abri des fâcheux'. Quelques années plus tard,
il parlera encore avec amertume de « ces insolents de la porte
et de l'antichambre &gt;&gt; qui lui ont infligé leurs dédains~. Mais il
n'en éprouve que plus de plaisir à fréquenter les véritables grands
seigneurs, comme ce Juan de Espina dont la demeure était un
vrai musée, le duc de Veraguas, ou le duc de Feria. Il se tenait
aussi au courant des ouvrages qui paraissaient, et pouvait acquérir la preuve du succès des siens, lorsqu'en parcourant le palais
royal il reconnut, sur une étagère, son Héros i, qui, d'ailleurs,
était fort lu à Madrid et même en province, puisqu'une édition nouvelle en parut à Barcelone cette même année 1640.
Ce fut pendant ce séjour à Madrid qu'il put lier connaissance
avec le poète Antonio Hurtado de Mendoza, favori d'Oliva~es,
et remplissant auprès de Philippe IV, depuis 1623, les fonctions
de secrétaire intime. Il se plaît à rappeler dans son Aguda_a qu'il
l'avait rencontré dans les galeries du Palais Royal, où le poète
avait bien voulu lui réciter quelques-uns de ses vers. Il le cite
avec insistance, tout fier d'une pareille relation, et d'ailleurs en
sympatl:üe avec cet écrivain conceptiste, dont il vante surtout
les deux pièces de Querer por solo querer, et El marido bace

mujer.
Cependant il fallut quitter Madrid et revenir en Aragon. Nous
le retrouvons à Saragosse au mois de décembre 1640, assistant
Voir Appendice!, lettre 2.
Sobre todo Dios nos libre de la vil soberbia de remoços de Palacio,
insolentes de puerta, y de Saleta. » Discreto, p. 36.
3. Voir Appendice I, lettre 3.
I.

2. «

BALTASAR GRACIAN

dans sa maladie le Vice-roi, duc de Nocera '. Francisco Maria
Carrafa Castrioto y Gonzaga, duc de Nocera, était alors bien
près de sa fin; les déboires éprouvés par cet Italien n';ivaient
pas amoindri son dévouement à la monarchie espagnole, et il
ne se doutait guère qu'il terminerait bientôt ses jours en prison •.
Graciân semble avoir éprouvé pour lui une véritable sympathie,
et lui resta fidèle, même après sa mort : trait remarquable chez
\ cet homme, un peu trop habile par principe. Précisément cette
même année, le 6 novembre, le duc, qui avait reçu l'ordre de
marcher sur la Catalogne, avait éait au roi une lettre curieuse
dans laquelle il lui conseillait d'user de clémence et de ne pas
pousser les Catalans à chercher un appui à l'étranger ; il rappelait à cette occasion la fable du Cheval qui avait voulu se venger du Cerf. Gracian, quelques années plus tard, dans son Agu,de:za, devait rappeler cet apologue, à l'honneur du duc, dont il
vantait l'inexprimable mérite, l'affabilité, le charme irrésistible,
et dont il n'hésite pas à faire le type du Héros universel 3. Il
I. « En esta Carta con focha dè Zaragoza, y Deciembre de 1640, trata (il
s'agit d'Andrés qui écrivait a Lastaoosa) de que no pudo dar el Pliego al P.
Graciao porque estaba asistiendo en su enfermedad al Duque do Nochera. Lo
demas es de poca importancia, firma vt supra. » Memorias, tome I, p. 20,
Jeure 13.
2. Le duc mourut le 12 juillet 1642 dans la forteresse de Pinto, Oll il était
enfermé a la suite du procès instruit contre lui en raison de l'échec qu'il avait
éprouvé à Valls en août 1641. 11 fut assisté par un Père Jésuite à ses derniers
moments et enseveli dans le Collège Impérial de la Compagnie, à Madrid.
3. &lt;&lt; F.stremado fue aquel apologo, con que el Excelentissimo sefior don
Francisco Maria Carrafa, Duque de Nochera, Virrey que fue, y Capitan Generai ck Aragon, y Nauarra, plausible en entrambas naciones por sus grandes
prendas, de supcrior cntendimiento, inde?.ible agrado, humano trato, galanteria con que echizaua las geates, y en vna palabra, èl era vniuersal Heroe;
quando se Je dio orden de que fuesse al Exercito de Fraga, para entrar por
Lerida eo Catalwia, mientras el Marques de los Velez eotraua con el otro
exercito por Tortosa; representô los inconueoientes del romper la guerra con
Catalufia, espccialmente pooderaua, que llamarian los Catalanes a los Franceses en su auxilio, con la excelente fabula del cauallo, quando pidio fauor al

�39°

ADOLPHE COSTE&amp;
BALTASAR GRACIAN

rappelait plus tard dans son Criticôn le mot délicat de Nocera
disant qu'il ne demandait pas à savoir ce qu'il aurait, mais qui
aur~it à dîner '. Gracian tenait assez à sa protection pour lui
dédier son second ouvrage, qu'il déclarait modestement n'être
que le résumé des conversations du Vice-roi, El Politico Fer-

iÎ

nando.
Peut-être l'avait-il écrit avec l'intention secrète de secouer
l'apathie néfaste de Philippe rv et de le déterminer à se rendre
personnellement en Catalogne, où l'insurrection avait commencé
le ycr mai, à Santa Coloma de Famés, par le refus de loger les
troupes de Leonardo Moles, dont le fourrier Monred6n fut brûlé
vif dans la maison qu'il occupait. C'est ce que laisse supposer le
p~sage dans lequel il examine la question de savoir si le prince
doit prendre part en personne aux expéditions militaires ou rester immobile dans sa capitale. Ses préférences semblent bien aller
à_ la première solution ; mais il conclut par un tiers parti, en
disant que, sans s'exposer personnellement, le prince doit se

39 1

rapprocher de ses troupes pour les encourager '. Si telle fut l'intention de l'auteur, elle tarda longtemps à être réalisée, car
Philippe IV ne se rendit à Saragosse qu'en juillet 1642.
La preroière édition de El PoUtico ayant disparu, nous en
sommes réduits à reproduire l'assertion de Latassa, que cet
ouvrage parut en 1640, in-12, et fut publié par Lastanosa. Heureusement nous avons un témoignage plus probant : c'est celui
de Fr. Miguel Dicastillo, qui avait déjà lu le Fernando le
r8 décembre 1640 et regrettait la brièveté de cet ouvrage:.
Mais Gracian retourna bientôt à Madrid ; il y était en juillet 1641, et s'intéressait aux graves événements politiques qui
venaient de se produire : le début de la guerre contre le Portugal, la défaite de Châtillon et la mort du comte de Soissons à
la Marfée ( 6 juillet) , , mort qui avait produit d'autant plus
d'émotion que la princesse de Carignan, sœur du comte, se
trouvait alors à Madrid. Chaque jour arrivait du dehors quelque
mauvaise nouvelle, lorsque la chronique locale ne fournissait

1

~ombre contra el cieruo, y este le eosillb, y le enfreno, y despues le tuuo
s1empresugeto. » Ag?1dez.a, LV, p. 331. La lettre du duc au roi où se trouve
cet apologue (Saragosse, 6 novembre 1640) a été signalée par M. MorelFa~o ; elle est publiée dans le Mem. hist. tome XXI, p. 476, num. 370. On
Y ht, p. 478 .= « Un ca~allo pacia en vo prado muy verde y muy florecido,
quando vo c1ervo combtdado de la ameoidad de aquel sitio, fue a goçar de la
praderia en compafüa del caballo ; y babiendo · intentado varias modos el
caballo de echarlo de aquel contomo defendiêodose el ciervo con las armas
que le_ dio naturaleça, oo le fue possible conseguir su intenta, y se resolvio
de pedir al hombre que le socorriese. Vioo en ello el hombre, pero dîxo el
caba~o _que era meoester y forçoso el dex.arse poner el freoo y la silla, a qoe
consmtio el caballo, y subido en el, echo al ciervo de la pradcr!a, pero el
caballo se (JDedo con el freno y la silla sujeto al hombre. &gt;&gt; - Un autre éloge
du duc de Nocera se trouve dans le Realce XV du Discreto (tener buenos
repentes).
r. ~&lt; 0 que bien dezia aquel grande amigo de sus âmigos, y que tambien
lo sab1a ser, el Duque de Nocbera : « No me aueis de preguntar, que quiero
corner oi, sioo cou quien, que del conuiuir se llamà combite D. Critico11, Il, 3,

p. 6o.

1. • Celebre·question politica, si el Principe ha de assistir en vn centro por
presencia, y en todas p.utes por potencia, y por noticia, b si coma el Sol ha
de yr discurriendo por todo el Orizoote de su Imperia, ilustrando, inBuyendo,
y viuificando en todas partes. Hallanse eficaces argumentes, y acreditados
exemplos por el vuo, y otro dictamen. - Todos los hazafiosos Principes, y que
obraron casas grandes, assistieron en persona a las empressas, &amp;c ... &lt;&lt; Po/itico,
p. r 52-15 3. " Assi que ~ados los Principes Heroes, los que hizieroo cosas
hazatiosas acaudillaron personalmente sus· exerdtos... El ver sus soldados vo
Rey, es premiarlos, y su presencia vale por otro exercito. . . ~ Ibidem,
p. r6o.
&lt;&lt; Mas entre e$tos dos eirtremos, hallb el medio el Prudentissimo Fernando.
No todo· era caminar como Adriano, ni todo holgar coma Galieno. " Politico,

p. 168.
2. lettre de Fr. Miguel Dicastillo a Andrés (Saragosse, Chartreuse d'AulaDei, 18 décembre 1640) « ... Luego he leydo el Politico 1 y me he 1as6mado
que las acciones y ecbos de Fernando l.is aya reducido el autor, siendo tan
estudioso, a tan ta concision y cultura, dios le pague a v. m. el fauor ... »
B. N. M. ms. 8390 (ancien V, 170), fol. 613,
3. Voir Appendice, I, lettre 4.

�392

ADOLPHE COSTER

pas matière~ lamentations, comme, par exemple, quand le teu
prenait au Palais.
Sa vie d'ailleurs était fort occupée ; il prêchait à Madrid et
avec un succès prodigieux. : son fidèle compagnon le Père
Emmanuel Hortigas, écrivait en effet à Andrés que si Gracia.n
ne répondait pas à ses correspondants, c'est qu'il était surchargé
de besogne, qu'il prêchait plusieurs fois par jour au milieu d'un
concours de -fidèles tel que, parfois, 4.000 personnes restaient
\ hors de l'église 1 : supprimons un ou deux zéros, et concluons
que le prédicateur savait attirer la foule .
Puisque le· nom du Jésuite Hortigas se présente incidemment,
il n'est pas inutile de faire remarquer que cet ami de Graciân ne
l'était pas moins de Lastanosa et des illustres personnages qui
protégeaient son confrère, tels que le doyen de Sigüenza, Lorenzo
Francés de Urritigoyti et son frère Antonio, archiprêtre de
Daroca. li avait enseigné les lettres, la philosophie et la theologie. dans les collèges de Huesca et de Saragosse et devint prévôt
des Missions dans le royaume d'Aragon. Né le 29 décembre
1609, il était notablement plus jeune que Gracian qu'il avait
pu connaître au noviciat, car il était entré dans la compagnie de
Jésus le 11 avril 1624- Lastanosa publia son livre de la Llama

eterna.
Les fatigues de la prédication n'empêchaient pas toutefois
Graciân de trouver quelques instants de loisir pour mettre la
dernière main à un nouvel ouvrage, et l'on ne peut s'empêcher
d'admirer l'activité débordante et un peu fébrile dont il donnait
ainsi la preuve.
1. « .•. El p. Gracian es fidelissimo correspondiente en todo, i la ver.dad
es que las ocupaciones no son pocas pues no a pasado fie.Ma no aya predicado a.lgunas dos vezes, i ayer devia tener a 1;nas de la iglesia llena, fuera
nuIS de 4 mil persooas, etc., mejor se prueban trasplaotados [ ..... ]etc.
Nuestro Se.fiorme guarde av. m .. saludeme al caro don Vincencio, su fide•
lissimo e~ devotissirno Servidor. Madrid, 7° de 1641. Emanuel Ortigas. »
B. N. M. ms. 8390(V, 170), fol.655.

AR TF!

DE INGENIO,
T&amp;.AT ADO DË LA
AGVDEZA.•

En que fè cxplican todds los
niod'c?s, yd1ferencias de
Conceptos.

PO R

I.orenço Graèian.
DEDJC.,4r...4

..41 P,incipt N"eflro Stito,.

Con Privilegio en Ma:dr1d', Por luan
_
Sanche2:, J\6~ 16·41,;
·
ftcottadc Roberto Lortôio ,·Merca.!~r de Libres.
-

�394

II venait en effet d'achever une des œuvres qui devaient le
rendre le plus fameux, son Arte de Ingenio. Le 31 octobre I 641,
le P. Juan Bautista Davila, professeur d'hébreu, de chaldéen et
de syriaque au Collège de Madrid, approuvait ce nouveau
traité de Lorenço Gracian, et, le r8 novembre, le Maestro Gil
Gonzalez Davila donnait la licence d'imprimer 1 • Le livre parut,
sans doute, en février 1642, car, le II de ce mois, le Dr. Francisco Murcia de la Llana donnait l'attestation d'authenticité
d'une page d'errata. L' Arte était dédié à l'infant Baltasar Carlos.
Cristobal de Salasar Mardones l'avait déjà lu le 28 juin, et
passé à Martin de Angulo y Pulgar; il savait que l'auteur était le
Père Baltasar Gracian de la Cam pagaie de Jésus 2 • Il est i ntéressant de remarquer à ce propos combien le pseudonyme de
Lorenzo cachait peu la personnalité de l'auteur; ses confrères,
d'ailleurs, ne pouvaient l'ignorer et n'en faisaient pas mystère,
car le Père Felipe Alegambe, dans sa Bibliotheca scriptorum societatis Jesu (Anvers, 1643) Je cite en ces termes (p. 549 de l' Appendice) : « Balthasar Gracianus, natione Hispanus, scripsit Hispanice Artem ingenij. » Il est à noter qu'il ne parle ni de El Hénie.
ni de El Politico.
1.

BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

Gil Gonzilez Davila êcrivait à Andrés, de Madrid, le 26 février 1642.

..... y otra para el Sr. Coronista Don Francisco Ximenez de Vrrea que Sup-

plicole ofrecca de mi parte, y tambien al Padre Gracian los afectos y efetos
de mi buena voluotad, si valen algo para su gusto y seruicio •.. )J B, N. M.
ms. 8389 0/ 169).
2. Cristoval de Salasar Mardomis écrit à Andrés, de Madrid, le 28 juin
1642: « El Arte de ingenio le tieoe muy bueno, y luego que salio d.e la
estampa le remiri a Don Martin [de Angulo y Pulgar] para que se valiesse de
taotos passos doode çita a Don Luis de Gongora. Creya que su autor era el
de la fachada, mas huelgome de conocer que el verdadero es el Padre
Balthasar Gracian de la Compaiiia de Jesus, a quieo por via de esta me
offresco seruir en lo que me mandare por ser de los que imitan a Tacito no
siendolo. ,&gt; B. N. M. ms. 8391 (ancien V 171) fol. 426. D'unelettre d'Andrés
(SJ.ragosse, 27 mars 1644) il résulte que Salasar était « Oficial mayor de la
secrctaria del Reyoo de Sicilia. »

395

CHAPITRE [V

R.:tour à Saragosse ; Guerre de Catalogne. - Rectorat du Collège de Tarragone. - Gradin à Valence. - Causes de sou hostilité pour Jes Valenciens.
-Gracian aumônier de l'armée de Leganés. - El Discreto (1646). - El
Oratiûo M11111111l(1647). -Agudez.a y Artt dil11tenio (1648).

Gracian n'eut guère le temps de s'occuper du succès de son
livn:, car on le retrouve à Saragosse, d'au il écrit, probablement
à un confrère, le I 1 mars 1642, que dix-huit religieux de différents ordres, expulsés de Catalogne par le Maréchal de Brézé,
étaient arrivés '. Les Catalans venaient en effet de reconnaître
Louis XIII comme comte de Barcelone, avec un enthousiasme
qu'ils n'avaient jamais montré pour leur rois légitimes, comme
le remarque Gracian avec un étom1ement scandalisé.
Sans doute ces graves événements n'avaient pas encore modifié
la vie de notre Jésuite, qui s'absentait de Saragosse, probableblement pour aller prêcher dans les environs, mais qui y était de
retour le 24 juin et annonçait la marche triomphante des Français
vers !'Aragon, le siège etla prise de Monz6n par le Maréchal de
La Mothe, qui s'emparait ainsi de huit pièces de canon et d'une
quantité d'approvisionnements. Aussi murmurait-on contre le
gouverneur, Martin de Azlor, dont Gracian prend la défense.
Sa correspondance de cette époque est pleine de vie et d'in~érêt, écrite au courant de la plume, en toute hâte, en phrases
Incomplètes et incorrectes, mais saisissantes; les scènes pittoresques n'y manquent pas : ainsi Graciân nous montre, après la
prise de Monzon, les religieuses d'un couvent sortant du château
I. Voir Appendice I, lettre 5. 11 y etait sans doute dès le mois de fe,·rier,
comme l'indique la lettre de Salasar citée plus haut.
REVUE WSPAlUQ.llE, D,

��ADOLPHE COSTER

hommes et quelques gants brodés, ce qui faisait supposer que
des personnages d'importance avaient été blessés. Le lendemain,
Gracian et ses confrères se promenaient dans la campagne, le soir,
et observaient un bolide resplendissant qui traversait le ciel en se
dirigeant vers Barcelone et en projetant une lumière telle que les
moindres brins d'herbe devinrent visibles 1 •
Il continuait à recueillir et à envoyer quelques monnaies
antiques à Lastaaosa, qui les mentionne avec complaisance dans
ses Medallas desconocidas •.
Nous ne savons pourquoi Graciân ne passa pas à Tarragone les
trois années ordinaires de rectorat. Ce qui est sôr, c'est qu'en
1644, le 21 décembre, il était à Valence, où il remplissait des
fonctions que nous ignorons. Pour s'y rendre, il avait dû passer
par Murviedro, l'ancienne Sagonte, et avait pris un vif plaisir à contempler ces ruines célèbres. De Valence, il expédiait à Lastanosa les médailles qu'il pom•ait trouver, entre autres un cachet
-de cornaline avec la tête d'Ovide, auquel Vincencio consacre
quelques lignes enthousiastes 3 • Quelques-uns des envois de
1.

Voir Appendice I, lettre

z.

« No ilustra poco nuestra Libreria la Medalla treinta, 1 s,.etc, que me

12.

rernitio de Ta.rragonacon otras curiosidades, ouesrro amigo el Padre Balthasar
Graciao, de la Compafiia de lesvs ... ,, MtJSro, p. 82.
3. Dans son Museo, p. 77, n° XXXI, L:¼tanosa écrit: « El padre Balthasar
Graciao, de la Compafüa de Jesvs, Rector que fue del Colegio de Tarragona,
cdebrado por sus artificiosos Escritos, como lo publican el Heroe impresso seis
vezcs en diferentes reiaos, el Politicc Fer11a11tlo, el Arte dt lttgenio, i Agmitr_a,
i otros que tieoe preveoidos para dar a la prensa, me remitià de la Ciudad de
Valencia, el aiio mil seiscientos quarenta, i quatro la moneda treinu1, i uaa,
con otras Rom:10as, que se haUaron en Tarragona ; por cuya dilige.ncia se
aumentan cada dia nuestras Aotiguedades, pues quando escribirnos estas Advcrtencias llegan muchos Sellos anulares en piedras preciosas, i entre ellos en una
Comerina el retrato de Û\•idio, con cst3 inscripàon Ovldivs Naso, i por su
semblante se conoce, con quanta agudeza escribio Don luis de Gongora en la
Fabula de Piramo i Tisbe aqueUa ingeoiosissima copla, habLmdo deste !amoso
Poeta. - Piramo fueron i Tisbe l los que en verso hizo culto I el Licenciado

BALTASAR GRACIAN

399

Valence provenaient d'ailleurs de trouvailles faites à Tarragone.
La bibliothèque de l'Hôpital l'avait ravi et il écdvatt à son ami
Andrés qu'e11e valait à elle seule qu'il fü le voyage. II dut y passer des heures délicieuses, daos les moments que lui laissaient
libres ses occupations, qui devaient consister surtout en prédications. li préparait à ce moment plusieurs ouvrages et l'infatigable
amitié de Lastanosa permit encore à l'un d'eux de voir le jour.
En effet, en 1646, paraissait, aux frais de l'excellent Vincencio,
El Discreto de LormÇJ Gracia11, dédié à l'Infan t Baltasar Carlos, alors
idole des Espagnols, qui fondaient sur ce frêle rejeton de la dynastie les plus flatteuses espérances. L'approbation de Salinas est du
30 janvier 1646. Mais comme, dans son Avis au lecteur, Lastanosa
parle de la comtesse d'Aranda comme déjà morte, et que cette
mort eue lieu sans doute à la fin de juin ou dans les premiers jours
de juillet ', il est vraisemblable que l'ouvrage ne parut que dans
le second semestre de 1646. D'autre part la publicaùon est antéNason bien Rome, o bien Narigudo. 1- Tengo dos medallas del mismo
eu.do, que la refcrida, i una dellas bamiz:,.do de color verde. » - &lt;( ••• yo tengo
quatro con Dclfi.nes i couchas, que me embib el Padre Balthasar Gracian de
la Compaiiia de Iesus, halladas en la Ciudad de Tarragona ... » Mmui, p. 106.
- « l no solo se hnllan esculpidos los Caracteres Espaii.oles en marruoles, sino
en picdras preciosas : goz:amos un Nicle en auestra Dactylotbeca por el cuidado
erudito del Padre Balthasar Graciao de la Compniiia de lesus, hallado en Valencia; cuya ligura Equestre, no poco ilustra la Cavalleria Esp:uîola, i el uso de
los Sellos aoulares. 11 Museo, p. 116. L'onyx en question doit être celui dont il
est question dans la lc.ttre 13, (Appendice I).
t. C'est ce qui résulte de la lettre suivante adressëe à Andrés: « Muy bien
creo yo de la mcrced que Vmd. me baçe el, sentimieo10 con que rue da el
pcsame d-: la muene de la Condessa que dios aya, y es tal la pena con que me
a dejado este suçeso que no me es posible allaraJiuio e!l cosa desta vida, y solo
.lo espero de su diuioa M.agestad embiandome paciencia y fuerças para lleuar
trauajo tal. Suplico a Vmd. me las soliçite por su parte, que por la mi:t queda
el baçer siempre todo apr~io destos fauores y el desear merccerlos con muchos
empleos del seruicio de Vmd. a quien guarde Dios otros tantes aiios. -Epila
Y lulio a 7 de 1646. El q• de Aranda. » B. N. M. ms. 8390 (ancien V 170)
fol. 558.
J

�400

ADOLPHE COSTER

rieure à la mort de l'Infant (Saragosse, 9 octobre), et même au
8 septembre, puisque, ce jour-là, Rodrigo Mendez Silva priait
Andrés de lui acheter un exemplaire du Discreto '. On peut donc
_placer l'apparition de cet ouvrage au mois de juillet ou d'août
1646.
Lastanosa annonçait en même temps que l'auteur ne tarderait
pas à donner, comme suite au Discreto un Atento et un GalaJ1te,
promesse qui ne devait pas d'ailleurs se réaliser. Parmi les préliminaires du Discreto se trouvait un sonnet acrostiche du chanoine Salinas, dévoilant le nom véritable de l'auteur, qui croyait,
sa~s doute, n'avoir plus besoin de se cacher.
SONETO ACHROSTICO AL AU'I'OR, DEL DOCTOR DON MANUEL DE SALINAS, Y
LIZANA , CANONIGO DE LA SANTA IGLESlA DE HUllSCA.

Benjamin de Mincrba no ya en vano
Al mundo el nombre recarar intentes.
Lauro, el Laurel con que el Natibo mientes
Te corona y te ostenta mas vfano.
Hombre que humilde hazanas de su mano
A la noticia esconde de las gentes
Solicita con rayas mas lucientes
Ap!ausos del Apolo soberano.
Repetidos blasones, El Discrelo
Goze ya de la Fama, que ligera
Rompe el ayre tu nombre publicaodo.
Atento ya el Varon, Varan perfeto,
Corra en la Prensa con veloz carrera ;
Y bayanse hasta doze continuaodo,
Assi seras tu solo
Norte de Ingenios, y Laurel de Apolo.
1. Aptès s'être plaint que les livres con.fiés à l'estafette ne soient pas parvenus à Andrés, Rodrigo Méndez Silva ajoute : « y por el consiguiente no llego
a mi mano el libro del discreto, cosaque tanto deseaba ... Si v. md. pudiera
hacermela de comprarme ese discreto y el libro de las medallas desconocidas
imbiandomelos por persona segura, sera para mi gran fauor, porque deseo en
esttemo verlos ambos. » (Madrid, 8 septembre 1646.) B. N. M. ms. 8r91
(ancien V, 171), fol. 4u.

EL

DtSCRETO
D· E

LO R-.E ?·/."Z S GR..ACJ.,,01,

~e publica
D 0:N VINC.ENCIO 1P.AN
DÈ. L.AST.ANOS,.11.

y
DEDfCA.

AL
. · ·Strtnijfim~ Sen~,,
DON B,A LT.AS.Alt.'C..ARLOS

'Pri'ncipe de las EJpaita s.

y

Dt[Nut'11 Mundo,_

Con Iiccp~ia·.

--~..:.---------

1,npre!J~ tn. HU(Jêll, por

~oz.uês,.Ano 16.46.

Iu,n

�ADOLPHE COSTER

Comme on le voit, Salinas annonçait, outre l'Alento, sept
autres ouvrages en préparation.
ur le séjour de Graciân à Valence, les documents précis nous
manquent, ce qui est d'autant plus regrettable qu'il fut marqué
par un événement, qui eut pour lui les plus fâcheuses conséquences
~ans la suite, mais que nous ne connaissons que par des allusions.
li semble que, dé.5ireux d'attirer la foule à ses sermons, Gracian eut un jour l'idée malencontreuse de répandre le bruit qu'il
avait reçu une lettre des Enfers et qu ïl la décachèterait et la lirait
en chaire. Une pareille annonce devait piquer la curiosité; Gracian n'y voyait évidemment qu'un jeu d'esprit, auquel les plus
naïfs ne pouvaient se laisser prendre. Et cependant la foule accourut; mais les censeurs s'étaient émus et forcèrent Gracian à se
rétracter pu bHqucment '.
1. li est fait :illusion à ces évfnemt:nts dans le lh,.~ intitulé: CrilicD tk ,efùt·
cio11, y I ccnwra de las I CtnS'llras. 1 FantasiJ apologetica, 1J' moral. 1 escrilu po, el
,kilor I Sanche Ttqou y M11tla, pro/essor Je I Mutlumalicas m la villa de Altur.1
Obisptulo dt Segorbt. 1 Al Exale11I issimo I Se,ior Dtm Fm1a,1do dt Arago11, y 1
Mo11cada, Cm11k de Calt11nagt1a. 1 Ca- 1 vallero de la Ordende Mot1lrsa, Co- 1 mmdaior de las Ell(:omimdas dt Si-/llll, y Brnasal, Primogmilo del Ex-/ulmlissimo
Snior Prillc~ Du-lque de Jlo11tJ/Jo, y Bit'Ona. 1 Co11 l~nrcia, j E,1 Yalmâa,
por Bm111rdo Novds, 1j1mto ril molino J( Rouclla. A,io , 6J8. (4 If. prél. oon
cbif., 198 pp. et uo feuillet pour l'erratum. - Approbation de Fr. Luis Saru:
de Pro. ida, docteur en théologie et Qualifu:ateur du Saint-Office près les tribunaux de Cntalogm: et de Valence, datée« En el Carmen Observante de
Valencia, D 1 s de lunio, 1658. " In-16). Je ne connais pas d'autre exemplaire
de ce livre, si important pour l'étude dt: Graci:\n, que celui de la Acndmiia dt la
Hlstort'n (4-12-3). L'auteur, de son vrai nom. s'appelait Lorenzo Ma1heu y
Sanz; né :\ Valence le 12 juillet 1618, docteur en droit, il ex1:rça dans sa ville
natale la profession d'avocat jusqu'en 1646, puis des fonctions judiciaires importan1cs jusqu'en 1659, ou il fut appelé à Madrid comme AlcalJe ~ Casa y Gorle;
Régent du Coo.ceil suprême d'Aragon, eu 1671, il mourut à Madrid en 1680.
Ce personnage, qui avait pu connaître personuellement Gracià.n et qui se trouvait:\ Valence en 16.j t-1646, lui fait dire par un Valencien: « Culpasnos de
porjiadlJs en dos partes, y no se o.:ompaJeœ con avernos tratado de f.uiltJ y

BALTASAR GRACIAN

Après cette invention malheureuse, qui souleva les sarc:i-5mes
des uns et l'indignation des autres, il est probable que Gract:1.n se
vit imposer silence par ses supérieurs et que, rendant les habitan~
de Valence responsables de la situation ridicule dans laquelle il
s'était mis, il leur garda une rancune, qui perce en effet:\ chaque
ligne de son Criticé11. Bien que ses critiques n'épargnent personne,
il a réservé les plus piquantes pour lesValenciens, qu'il ace use d'être
crédules, sans mérite ou des « pas gra11d'chose » '. Cette hostilité,
qui n'eut lieu de se manifester que dans le Critic611, fut sans
doute cause des attaques perfides, mais tenaces, qui commen- \
cèrcnt à être dirigées contre lui dès ce moment et qui, finalement, amenèrent sa disgrâce et peut-être sa mort.
mdulos, que el que crec no disputa y el facil no porfia. Nuestra cTedulidad DO
es uma que los embustes nos cieguen, ni nuestra facilidad tao grande, que la
ipocresia nos engaàe. Tu mismo Jo has csperimentado, quando intentaste_ dar a
entender que tenias correspondi~utes en el Reino de Pluton, y que avias de
Jeer urui cana que te trajo la csweta de Aqueronte. Si porque lo snpieron los
Censores, y mandaroo que en el publico concursu confessasses el embeleco, re
persuades que somœ amigos de contradezir, buclva la verdad por nosotros,
y esplica tu el enigma, y veras con quanta razon se dispuso. cc Criti"l, p. c53.
Ximeno (B. E. V. Article Matheu y Sanz) dit de la Critim: » Escrivio e_sta
obra contra uo Crilinm que se a,·ia publicado en nombre de Loren1.o Grac1an
hèrrnano de su verdadero autor; cuyo nombre callaré por la Religion que protessava. Injuriava en el a todas las Naciones, sin perdonar la suya propia de
Aragon; pero con mayor enojo hincava el diente en la Valenciaoa : 11 Porque
antes que este autor ~scriviera estos libros (palabras son de D. Juan Bautista de
Valda en la defensa que sobre esto inrroduce en el de Jas Fitstas d Ta Co11ce~
cion) viDo a Valencia, quiso en cierta ocasion publica (por \'eoeracioo, dice
Valda, no lo dcclaro mas) ser aclamado, llamo ! dia con exageraciones ofreciendo romper la nema publicamente i una cina originn! del Infierno, y llnm6
al vulgo con eUas, que coD otro no passira la patarata; vicronle la cana, conocieronle el juego y perdio al primer envite el resto de su caudal ; con que sin
él huvo de rctirarse, y desde entouces por esta mal admitida partida del Infierno
se dib :i las furias siempre que se acordava de Valencia. 11
1. « De vn poca cos.a Valeoci:mo (atioaua la nacion). » Crilic611, m, 3, p. 65.
• :\gr.idauala muche la .i.Iegrc, florid.a, y noble Valencia, lleoa de todo lo que
no es sustaocia &gt;l. Ibid., I, 10, p. 199.

�ADOLPHE COSTER

f

Mais avant d'arriver à cette période lamentable de son existence
il lui était réservé de connaître des sensations plus fortes que'
celles qu'il avait éprouvées jusqu'alors, une gloire d'une nature
bien différente de celle qu'il ambitionnait.
Les Espagnols allaient tenter une action vigoureuse pour délivrer Lérida, que les Français avaient occupée, quoiqu'ils n'eussent
pu s'emparer de la forteresse qui la domine, et dans laquelle se
maintenait le gouverneur Brito. Le marquis de Leganés formait
une armée pour aller à sou secours; il avait besoin d'aumôniers
et dut s'adresser, pour en obtenir, au Patriarche de Valence. Le
prélat lui en envoya plusieurs, parmi lesquels se trouvait Gracian,
dont il n'était sans doute pas fâché de se débarrasser, après le
scandale dont il avait été le héros. Cette expédition, qni tourna
heureusement pour les Espagnols, nous est connue par une longue
et pittoresque relation dont Gracian est lui-même l'auteur•.
Après une série de maoœuvres sans résultat, le lundi 19 novembre 1646, au milieu de la nuit, on fixa l'attaque au lendemain; mais la pluie força d'attendre le 21 novembre. On se mit
en marche le 20, et lorsque le moment de l'attaque approcha,
toutes les troupes s'étant arrêtées, précédées de leurs drapeaux,
Gracian, resté seul de tous les aumôniers, malades ou prisonniers,
parcourut le front, en adressant à chaque division une courte
exhortation, tandis que tous, Mestres de camp ou grands seigneurs, s'agenouillaient en pleurant. Gracian leur donnait ensuite
l'absolution et tous se relevaient pleins de confiance, aux cris
de cc Vive le roi ! Vive la sainte foi catholique I i&gt; en jetant leurs
chapeaux en l'air. L'enthousiasme suscité par cet acte religieux était tel que les Mestres de camp se dispntaiem Gracian
pour qu'il vînt exhorter et absoudre leurs gens. Puis la marche
reprit par un vent glacé, si violent qu'il démontait les cavaliers,
mais qui cessa miraculeusement quand vint l'heure de combattre.
A la tête du régiment de la garde surnommé « de los Gua1.

Voir Appendice I, lettre 14.

BALTASAR GRA,CIAN

pos » Pablo de Parada, que Graciân accompagnait 1 , se charge '
d'atta~uer le fort Royal, occupé par le comte d'Harcourt. On
monte à l'assaut, en se disputant à qui passerait le prenùer. Un
soldauefuse de céder sa place à Pablo de Parada qu'il ne reconnaît pas: cc Traitre, lui dit son chef, tu :1e laisses pas moute_r ton
Mestre de camp ? - Pardon, répond l autre, montez, car Je ne
vous avais pas reconnu. &gt;&gt; Puis comme un autre seigneur prétendait passer également: cc Quant à ce1a, non, répond ce brave;
n,onrez derrière moi. &gt;&gt; Le comte d1Harcourt, surpris, résiste
avec une bravoure merveilleuse; neuf fois il revient à la charge
pour chasser ses adversaires: les trois dernières ses gens fléchissent
et force est au général de s'enfuir. Enfin, aprb quatre heures de
combat, les Espagnols sont victorieux, l'ennemi bat en retraite
sur Balaouer en détruisant le pont de bois, et en brûlant les
barques~ le jour paraît et Graci:in peut voir les t(anchées remplies
de cadavres et de blessés; quatre cents morts blancs comme neige,
avec leurs cheveux blonds, sont étendus au milieu des chevaux:;
1. « Assi tambien oî ponderar algunas vezes al ta~ juizioso, como valeroso
Cauallero Ponugues, Pablo de Parada, el Cid de nuestros tiempos, a quien
se deuen todas las vitorias grandes destas campaiias: Que si los Generales ordenaron las joroadas, èl las cxecutô. El defendio a Tarragona, quando la sitio el
mas obrador Frances de los que han venido a la guerra de Cat:tluiia, el Mariscal de 1a Mota. El en los campos de lecida, en aquella memorable batalla siendo
General don Felipe de Silua, fue el primera en el chocar, y en el vencer, goueroando el famoso Tercio del seôor Principe. El fue el que embistio con el Regimiento de la Guarda las insuperables triocheras del Conde de Ancurt, llatnado
el inuencible, ocupb el primero el fuerte Real y lo conseruô contra el parecer
de los mas; ydandole orden se retirasse, suplicô diziendo, que micntras aquellos bueoos Caualleros, honrados soldados, y èl tuuiessen vida, no ~e perderia
aquel puesto; y prosiguieodo en el vencer, hizo }mir al famoso Conde de
Ancurt, y descercb a lerida. Todo esto que refiero aora Jo vi entonces, yendo
a su lado, hasta la rnisma trincbera eoemiga. A este, pues, Marte Portugues,
que renucua los hechos de aquellos primeros Espafioles en !talla, y Flaodes,
digoo de aquel siglo del velicoso Carlos, le oi dezir, y ponderar. Que son tontes todos los que lo parecen, y la mitad de los que no lo parecen. » Agudez.a,
XXVIII, p. 189-190.

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

quelques Français, encore vivants, se confessent au Jésuite;
d'autres refusent son ministère en disant qu'ils sont de la 1&lt; Religion ii. Et bientôt, spectacle tragique, tous ces corps d'ennemis
ou d'atnis sont dépouillés par les vainqueurs, et laissés entiêrement nus sur le sol. Gracian reconnaît en cet état Carlos de Mendoza, percé de deux blessures; il voit le comte de Vagos, pillé par
ses compatriotes, et jeté dans un fossé.
Mais ces horribles scènes s'effacent dans son esprit au souvenir des résultats inespérés de cette victoire, qui ramène, pour
quel~ue t~mps, la confiance dans les cœurs espagnols, victoire
prov1_deut1elle sur les hérétiques qui insultaient tous les jours
le Samt-Sacrement, et célébraient leurs prêches à l'endroit même
ou ils furent battus.
_Avec une orgueilleuse modestie, Graciân déclare que, si la victoire est due surtout ~ Pablo de Parada, lui-même y eut cependant quelque part, et que soldats et officiers l'appellent depuis ce
jour le Père-la-Victoire.
Ces émotions violentes durent épuiser son tempérament fébrile:
deux. boulets étaient tombés au milieu de l'escadron ou il se
trouvait, et il av,\Ît entendu siffler autour de lui nombre de balles
de mousquet; toute la nuit il avait confessé soit en marchant
.
'
soit pendant les haltes. Sa relation d'autre part avait obtenu un
grand succès et le roi avait demandé qu'on lui en fît deux copies.
On est d'ailleurs agréablement surpris, en la lisant.; de constater,
avec le père Sebastian Gonzalez, qu'il a raconté les faits avec une
simplicité bien éloignée du style de ses autres ouvrages 1 •
Il alla prendre un repos bien gagné auprès de l'excelJent Lastanosa. Le 22 décembre 1646, il était en effet à Huesca 2 , où il
pouvait user à discrétion de la riche bibliothèque de son ami et
méditer de nouveaux ouvrages. On ne saurait trop admirer la

1.

i.

Voir AppeadiGe I, lehre 14, oote.
Voir Appendice I, lettre 15.

passion avec laquelle il se remettait à l'éru~e, au ~endemain
d'événements qui auraient pu en détourner si completement sa
pensée.11 invitait Andrés de Uztarroz à ve11ir l&lt;; rejoin~r~ dans l~
bibliothèque de Lastanosa, leur ami commun, et le pnalt de lm
apporter en même temps un exemplaire du poète portugais S~ de
Miranda qu'il supposait exister dans la bibliothèque de Francise?
X.iménez de Urrea: il est probable que ce poète, pour lequel il
éprouve d'autant plus d'admiration qu1il ne le co~naît pas, lui
avait été signalé par Pablo de Parada. Il cherchait en effet de
différents côtés les poésies propres à être citées dans la refonte
de son Arte Je ingenio qu'il s'apprêtait à faire paraître.
C'était un projet formé depuis longtemps sans doute, et dont
l'exécution remontait au temps de son séjour à Valence. Le chanoine Salinas, parent de Lastanosa, comme on l'a vu, avait fait
une traduction de Martial; il eut le désir d'en faire paraître une
partie sous le patronage de Graciim; l'occasion étaiftoute tro~vée: puisque dans son Arte, Gracian avait cité plusieurs épigrammes du satirique latin, sans les traduire, il suffisait à Salinas
d'introduire ses traductions dans une nouvelle édition. Il $Ut probablement gagner à ce projet Lastanosa, qui admirait ~a-~ilement \
ses amis. Gracian fut invité à préparer dans ces cond1t1ons une
nouvelle édition de l'Arte: pouvait~it s'y refuser? Non, car les '
désirs de son protecteur étaient des ordres pour lui; mais en son
for inrerieur il pestait contre ce Salinas, dont les traductions
médiocres ne lui paraissaient guère de nature à lui faire honneur.
Pour parer le coup il trouva une riposte habile et spirituelle:
au lieu de mettre Salinas en vedette, il allait le noyer au milieu
d'écrivains médiocres et transformer son petit traité en une
copieuse anthologie des poètes aragonais de son temps. L'idée
était doublement ingénieuse, car il jouait ainsi un bon tour à
Salinas, en même temps qu'il s'assurait la propagande intéress~e
ou la protection d.e tous ceux qu'il citait. Il se mit donc bien vite
en campagne, et nous le voyous solliciter d' A_ndrés un sonnet d_e
l'Infant Baltasar Carlos, un madrigal à Saint Etienne; il voudrait

l

•

�~1!:,AMAA&amp;#!,&amp;A~••&amp;i1A&amp;&amp;,

AGVDEZA

ADOLPHE COSTE R

obtenir de T omasina Francés ' qu elque chose « d'héroïque »;
Ana Francisca de Bolea, religieuse de l'ordre de Citeaux et
abbesse de Casbas, sœur du Marquis de Torres, va trouvet une
place dans le livre; Maria Nîeta de Arag6o aura un éloge« carillonné 2 • »
Ces mentions flatteuses étaient sans doute soit directement,
soit indirectement, soumises d'avance aux intéressés. C'est ainsi
que, bien avant l'apparition du livre, le 8 avril 1646, Fr. Jer6nimo &lt;le San Josef renvoje à Andrés l' Agudez.a y Arte de Ingenio,
où il a lu avec un certain plaisir les louanges que modestement
il déclare excessives, dont Graci:in avait assaisonné la citation de
ses vers sur le rossignol' .
Tout en s'occupant de mettre au point cette nouvelle édition,
il préparait l'impression d'un nouvel ouvrage, l'Oriu:ulo Man11al.
On voit clairement par ce qui reste de sa correspondance, qa'il
s'occupa lm- même de cette publication, à laquelle Lastanosa se
contentait de prêter son nom et sa bourse. Déjà, le 3 mars I 647, il
annonçait pour le lendemain l'achèvement de cet ouvrage que
retardait la lenteur de l'imprimeur Noguès et s'apprêtait à en
expédier deux cents exemplaires à Madrid où on les réclamait. Il
comptait en vendre autant à Huesca.
Mais, tandis qu'il se croyait au bout de ses peines, le Père
Lanaja lui communiqua un opuscule du Père Eusebio Nieremr. « Dans son Aga11ipe de los Cis11cs Aragoneses (B. N. M. ms. 366o) fol. 30 ,
Andrés célèbre en ces termes dofia Tomasina: » Ya Dona Thomasina I Frances
al sol las luces ilumina I que de sus ojos lumioosos rayos I todos los arreboles
son ensayos I y sus versos lucidos I dulce Reruora son de los sentidos I y en
su canoro acento la esbelteza I se ve de su ingeniosa sutileza. »
2. Voir Appendice I, lettre 18.
3. J er6nimo de San Josef à Andrés (Saragosse, 8 avril 1646): « Seiior mio
vuelvo a V. M. la Agudeza y Arte de Ingenio de Lorenço Gracian, cuyo
apellido foe harto necesario y se descubre en su Asunto ; en el cual solo hallo
que repreheoder lo que se alarga en honrarme, con que los elogios de otros
pueden parecer menos dignos : pero es muy loable culpa, derramar afabanzas, etc. » B. N. M. ms. 8 389, p. 288.

AR.TE D EYINGRNIO,
EN QYE SE E~PLICAN TODOSLOS MO DOS, Y DIFE•
rcncias de Concrtc,s ,.con cxe(!tpl&amp;res cfcog1dos de codo li,
· mas bien dldN, afü (â6fB1 tomo humano.

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tt)

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LOR.EN ÇO O RA C IAN.
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A Y'M EN 'r A L A
El nujm, .A.utor ,. ,fioftguw ;.,,~tJJio•, ,,,. 'titi 1r111Stlo ~e lo, · ·
E/Jîlos,fu p,op1tdttd, 1du,J deJ htttJ b11ll•r: "" tl J.ru de
Eri,d1'ien,J m,t!:, dt apl,carlAJ C,ijis de los duldrri,J mtti,ills d.t /i6ro1.
lLVSTRALA
EL DOCTOR DON MANVEL DB SALINAS, Y UZANA
Canonigo de la Cathedral d~ Hacfca. con {a~_onadas tradu.c.•
ciones de los Ep1grMD&amp;s de Marc1il.

'PVBL.lCALA

•

DON V INCENCiO IVAN DE LASTANOSA
Cav.illcro ,·YCiu9&amp;daao de Hacfc; ,co cl
Rcrao de Aragon.

CORONALA
Con fu .nobiiifsims p,;oteccio, el Excelentifiimo Seiior

DON ANTONIO XIMENEZ DE VRREA,
Conde de Aranda,&amp;c.Crande de Efpafia.

---------- oc..------------

Coa liceAcia~ Inaprdfo c11 }iucfca, por 1VAN NOG VES,al Cofo.
Aoo M.
XLVIII.

'ilt'il.,.'fl'i1i'W'WV"ilfl~W•'W'ii 'fi.

�BALTASAR GRACIAN

Af)OLl'liE ÇOSTEI\

4ro

berg, renfermant des maximes heureusement formulées, capables
de faire une fâcheuse concurrence à l'Oractûo. Il s'agissait sans
doute de la Centuria de dictamenes reales ajourés à la Corona virtuosa, etc., parue en 1643 et traitant des vertus des Princes de la
Maison d'Autriche. Mais, tout bien considéré, Gracian ne s'effraya pas de ce rival inattendu. L'Oraculo parut en.fin : nous en
ignorons la date exacte. l_,atassa déclare que ce fut en 1647; et
en effet il résulte d'une lettre de Gracian à Andrés que l'ouvrage
avait déjà paru avant le 21 juillet, puisque l'auteur écrivait ce
jour-là qu'il en avait donné deux exemplaires sur beau papier
au P. Jeronimo Andrés, qui retournait à San Juan de la Pefia '.
Cependant l'impression de l'Arte refondu était en voie d'achèvement en janvier 1648; le 12 de ce mois il y aYait en effet
trente-huit cahiers d'imprimés, sur cinquante que l'on prévoyait.
A ce moment on communiquait à l'auteur un éloge d;un grand
ami d'Andrés, l'amiral Porter y Casanate, composé par le Provincial de la Nouvelle Espagne; mais il décidait de s'en tenir à
celui qu'il avait fait de ce personnage au chapitre XXIX de son
livre 2 •
Celui-ci avait enfin paru avant le 30 mars 1648, sous le titre
d'Agudeza y Arte de lngenio. Le chanoine Salinas voulait bien se
charger d'en emporter cent exemplaires à Saragosse, pour les
remettre entre les mains d' Andrés, qui les ferait parvenir à
Madrid an dévoué libraire Roberto Lorenzo; en même temps,
l'auteur adressait directement à Andrés trois cents Oraettlos 3.
Nous perdons la trace de Gracian pendant les années sui vantes:
nous savons seulement qu'une seconde édition de l'Agttde{a fut
publiée à Huesca en 1649. L'exemplaire de la Biblioteca Provincial de cette ville porte une annotation manuscrite, disant que le
livre fut donné par l'auteur au Collège des Jésuites; on peut
donc conclure que ce dernier résidait encore à Huesca cette
année-là.
I.

Voir Appendice I, lettre 18.

2.

Voir Appendice l, lettre 19.

3. Voir Appendice I, lettre

20.

4II

CHAPITRE V

Hostilité contre Gracian. - Predicaâô,1 fruct11osa ( 16 p ). - Première partie
du Criticôn (r6p). -Querelle avec le chanoine Salinas (1652). - Gradin
professeur d'Écriture Sainte.

La publication de tous ces ouvrages, qui offraient un caractère
si peu ecclésiastique, sous un pseudonyme trop transparent et
percé à jour depuis longtemps, n'avait pas été sans soulever des
critiques et des médisances. Les maximes de l'Oracttlo pouvaient
être interprétées d'une façon fâcheuses poar l'Ordre, dont la
morale commençait à être vigoureusement battue en brèche : des
confrères à l'esprit trop sévère, jaloux, peut-être à leur insu, de
la réputation mondaine de Gracian, commencaient à faire courir sur lui des bruits défavorables. Ce n'est pas là une simple
hypothèse. Il faut bien croire que cette malveillance transpirait
dans le public, et que Gracian se sentait paralysé et méfiant,
lorsqu'il écrivait à ceux qui sollicitaient si ardemment ses lettres,
et commettaient, par vanité ou par naïveté, l'imprudence de les
communiquer à d'autres. Au mois de mai 1646, le Marquis de
Colares~ écrivant à Andrés au sujet de Graci.an,-supposait que la
répugnance de ce dernie;r à lui répondre, provenait surtout de
l'opposition sourde qu'il sentait dans son Ordre et qu'il attribuait
au caractère des écrits du Jésuite, bien que ceux-ci ne t&lt; détonassent pas avec son habit &gt;l.
1

r. Jer6oimo de Ataide, Marquis de Colares, Comte de Casraiieyra, présenté
dans le cinquième Realce du Discreto comme le modèle de la ,ioticiosa erudicio11,
était entré en rapports avec Grachl.n par l'int~rmédiaire d'Andrés, à qui il écrivait de Ma~rid le 20 avril 1646: (i Dudosso estaua Si auia llegado mi carta a
lll;lUOs de Vmd. por auella. auentu.rado a la estafeta de febrero, y por todos
REVUE HISPA"NIQO &amp; D.

�412

ADOLPHE COSTER

Quoi qu'il en soit, il est probable que duraut les années r64916 5I, Gracian continuait à prêcher dans différentes villes d' Aragon. Selon toute apparence, il était à Pe2rola en 1649, car c'est
à ce moment que Fr. Domingo Escribano se trouvait dans cette
localité, et demandait à Gracian le léger service, que celui-ci
oubliait de lui rendre lors de son retour à Saragosse. Gracian
résidait à Saragosse eo 165 I, puisque cette année-là Fr. Domingo
chargeait Andrés de lui rappeler sa promesse •.
Ses amis de Huesca étaient assurément satisfaits du succès de
l' Agt.tdez..a, dont Salinas essayait de pousser la vente à Madrid~
mais ils étaient impuissants à empêcher les mauvais propos de
se donner carrière dans l'intérieur des couvents. Faut-il attribuer
au désir de désarmer ces inimitiés secrètes la publication, entre!ados Veo que 1ne engafic porque hallo en el mejor correspondencia que
merezco en los fauores que me hace, y reconocido dellos me parecio escriair
al Padrc Balthasar garcian (sic) la catta que sera con esta. Si el sobre escripto
no fuere Vien puestq, hagame Vmd. merced de emendalle y de decirme la
profiçiou, del Autor deste lihro y si es natw·al de huesca y Viue ay, y qual es la
raço□ porque se llarna lorenço en los escriptos. " B. N. M. ms. 8391, fol. 272.
- Du même au même, Madrid, 7 mai 1646: &lt;t Quiero deuer a Vmd. el
ocasicinarme la correspondençia del Padre Balthasar Garcia.a (sio) como
pudiera couenne de que no lleguen hl$ noticias de comunicado a las que Vm.
le dia de mi por hacer merced. Sino es que lo causen los tiempos mepos fecundos de sugetos que otros que a falta dellos pudiese tener lugar lo que Vmd. le
diria con su poco de passion. luzgo de su carta que le cuesta mas que escriuir
el escriuir por la opusicion de su prouincia y no Veo que sus Llbros tengan cosa
que desdigan con el auito, sino es que desdoblada la hoja, (como Vmd. dice)
hallemos entre las paredes de la Religion Jo que tacbamos dellas afuera ; bien
se acordara Vmd. donde finje El Ariosto que hallo la discordia. » Ibid.,
fol. 173.
1. Voirlettre de Domingo Escrivano, citée plus haut.
2. Miguel Jer6nLmo de Val écrit de Madrid à Andrés le 19 juin 1649: « ... Su
Amigo de Vm . el Canonigo Salinas me escriuio, la estafeta passada hacien•
dome mil honrras y mandandome que solicitara el despacho del Libro de agudeça; barelo con mucbo gusto como lo he empeçado ... » B. N. M. ms. 8390,
fol. 233.

EL CRITICON
PRIMERA PAR TE

RN

LA PRIMA VERA
DE LA NIN EZ,
Y EN
EL EST l O DE, LA 1 V V B NT V O;

cAVTO~
GARCIA DE MARLôNES-:
TLO'DB"DICA

AL VALEROSO CAVALLERO
Don P A B L o D E P A R A o Ai
D B L A O RD EN D E C H R. I S T 0,

Gcncral de la Arrilleri.a , y Govcrna.•
dor de Tortofa.
C O N L l C E N C J A.

-------

En ZARAGOZA, par IV AN NOG VES,y a fo cofb
Afio M.DC,LI.

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

prise par Gracian, de l'œuvre posthume et pieuse du Père Jer6nimo Continente ? Ce Jésuite avait été, comme on l'a vu, Provincial et recteur du collège de Calatayud, à l'époque où s'y trouvait Gracian. Son traité d'édification, intitulé Predicacion Fructuosa ', renferme vingt-deux sermons sur la mort, la confession,
l'extrême-onction, etc ... Graciân le fit précéder d'w1e courte dédicace, signée de son véritable nom de Baltasar, et adressée à
l'évêque de Huesca, Esteban Esmir, grand protecteur de la compagnie, pour laquelle, nous le verrons, ses désirs étaient bien
près d'être des ordres. Cette preface, d'un style simple, ne fait
/ guère songer à l'auteur de l'Agudez.a. Le livre était muni de toutes
t1, v ,,!
les approbations nécessaires, à commencer par: celle du Provin.,h,v..•J..1,w cial Francisco Franco, du 7 mars I 65I : il ne parut toutefois
.l.i..r ~ • • qu'en 16 52.
~f("u •.n Mais en même temps qu'il donnait ce gage à ses adversaires,
-'ft'\......,,.....r.n tle
il faisait paraître à Saragosse la première partie de son Criticén,
son chef-d'œuvre, qui devait lui attirer tant de disgrâces : il se
rendait si bien compte d'ailleurs du danger de cette publication,
qu'il jugea prudent, cette fois, de renoncer au pseudonyme de
Lorenzo Gracian qui, depuis le sonnet acrostiche du Discreto, ne
répondait plus à rien, et d'adopter celui de Garcia de Marlones : ce
I.

Preditacion I Frottwsa.,

1 Sermo1z.es

al espirihJ. 1 Sobre I Los motivos, qi•e

1

Ay mas poderosos I Para rtil~ir les bombres I Al seruido de wcriadm·. 1 Va11 co11-

firmaiws ccn ra.ras Historills. J Compvcstos por el I P. Peiira Gero11imo I Cooti11enfe de la Compatiia de lfflls. 1 Dedicalos I Al Uvstrissimo Senor Don Esfeuan
Esmir, Obispo de Huesca, del Co11 1 sejo de su Magestad, &amp;c. 1 Co11Lice11âa. 1 En
Çarrrgoça. Por Diego Domur, A,io M.DC.Lll. - (In-4Q de 464 p.
6 feuillets. - Llceacia del muy R. P. Provincial de Aragon Francisco Franco. Zaragoça 7 de Março 16p. - Aprovacion del Padre Martin de la 1 aja de la Compafüa de Iesus. Zaragoça 16 de abril 1651. - Damas licencia para que se
imprima, en Zaragoça a r7. de Abril 1651. D. Sala. Offic. y Reg. el V.G.Aprovacion del muy R.P.F. Francisco de San lulian, Religioso Descalço de
la Saatissima Trinidad. Zaragoça Março ::!8. 1651. -Imprimatur. Marta Reg .
- Al llvstrissirno Seiior Don Estevan Esmir, etc. (Dédicace de Graciân). Voir Appendice II.

+

nouveau nom était d'ailleurs peu difficile à percer a 1our, puisqu'il n'était, comme on l'a vu, que l'anagramme du nom du
père et de la mère de l'auteur.
La dédicace etait adressée à on fidèle et généreux ami, que
des souvenirs de communs périls devaient mieux encore disposer à son égard, Pa~lo de Parada, qu'il avait suivi jusque dans
les tranchées de Lérida. Il est piquant de voir le même Sala,
vicaire général, qui autorisait, le 17 avril 165 1, la publication de
la Predicacion fructuosa, autoriser, le 18, la première partie du
Critic6n, et de remarquer que, si le premier de ces ouvrages ne
fut publié qu'en 1652, le second parut en r65 r, postérienremenr
au 6 juin .
C'était évidemment une publication un peu étrange de la part
du professeur d'Écriture de Saragosse : Gracian venait en effet
d'obtenir ce poste d'honneur, peut-être grâce à la protection de
révêque de Huesca. peut-être en récompense des services qu'il
avait rendùs à l'armée de Leganés : nous ignorons à quelle
époque fut faite cette nomination; ce qui est certain c'est qu'elle
est antérieure, d'au moins un mois ou deux, au 13 avril 16 52,
puisqu'il e11 est question dans une lettre envoyée de Rome à
cette date, par le Général des Jésuites, au Provincial d'Aragon 1 •
Ainsi installé à Saragosse, près de son ami Andrés, qui résidait dans le voisinage de la cathédrale, il pouvait communiquer
facilement avec ses amis de Huesca, et lire la correspondance
immense que le chroniqueur d'Aragon entrétenait avec les érudits de tout le royaume, et qu'il conservait avec un soin jaloux.
C'est ainsi qu'il racontait à Lastanosa comment les fêtes du
Carnaval de 1652 avaient été particulièrement brillantes et que
même des chanoines de la cathédrale avaient paru parmi les
masques, ce que le Jésuite rapporte avec indignation 2 •
La première pa1tie du Criticon avait été bien accueillie et fruc1.

2.

Voir Appendice III, lettre 9.
Voir Appendice I, lettre 21.

�ADOLPHE COSTER

tueuse pour l'auteur, qui en avait retiré cent écus bien nets,
dont son grand ami Pablo de Parada avait, pour sa part, donné
quatre-vingt ' : voilà qui était précieux pour acheter des livres
ou des médailles, ou pour .reconnaître par quelque léger présent
fin fatigable protection de Lastanosa. Sur 1.e point il imitait sans
doute nombre de ses confrères qui, contrairement
aux rèole.
b
ments, obtenaient la permission de garder dans leur cellule leurs
valises ou d'avoir un tiroir fermant à clé dans lequel ils conservaient certaines choses « qui étaient en contradiction avec la
sainte pauvreté » •. Car l'instinct de la propriété s'insurgeait à
chaque instant contre le vœu de pauvreté et la correspondance
du Général des Jésuites avec le Provincial d'Aragon est pleine de
rappels à l'ordre à ce sujet. Les livres surtout, et cela se comprend, tenaient au cœur de ceux qui, en ayant eu l'usage, s'imaginaient, avec le temps, en avoir la propriété. Aussi les Pères
qui passaient d'un collège à l'autre, emponaient parfois, sans
permission, les volumes qui appartenaient à la bibliothèque du
premier; d'autres, qui avaient reçu des aumônes pour leur couvent, s'en servaient pour acheter des livres, sur lesquels ils s'abstenaient de mettre le nom de leur collège, les marqnaient de
signes personnels et les gardaient dans leur cellule. L'impitoyable Général met le holà : il ordonne que les livres ne sortent
pas des collèges auxquels ils appartiennent, et que les autres
soient attribués, par les Pères mêmes qui les possèdent, à un
établissement dont ils écriront le nom, de leur propre main, sur
le cher volume l.
Il est probable que Graciân ne s'embarrassait pas outre mesure
des règlements. Aussi le voit-on charger le fidèle Vincencio de
s'entendre avec son imprimeur pour la publication de la seconde
partie du Criticon; mais il spécifiait qu'il entendait ne participer
Voir Appeudice I, lettre 22.
Voir Appendice III, lettre 8.
3. Voir Appendice Ill, lettre 9.
l.

2.

BALTASAR GRACIAN

en aucune mesure aux frais de l'édition, et se réserver les p~ofits
de la dédicace. Cette seconde partie devait être presque ennèrement achevée lorsque parut 1a première ; dans ~'Avis au ~ecteur,
il annonce en effet que la seconde est déjà c&lt; dessinée et pemte »,
qu'il n'y manque plus que quelques retouc~~s '.
, ,
A ce moment d'ailleurs, l'esprit de Grac1an eût peut-être_ ete
peu disposé au badinage ; de graves _préo~cupations d~:ruen~
}'assaillir. La peste, depuis 1651, avait fai~ son ap~a:1t1on a
Huesca, où elle n'avait pas tardé à faire pénr le J~stma et sa
famille 2 • Le fléau menaçait Saragosse; on entendait sonner la
fameuse cloche de Velilla, qui passait pour annoncer les catastrophes, et, moins ferme que Bartolomé. Argensola, qui avait
raillé cette superstition, Gracian s'effraya1_t de ce funeste ~ré- ,
\ sage i. La démoralisation, compagne habituelle ,de_ ces épidémies, le remplissait aussi de tristesse ; Sarago~e ~ta1t. le théâtre
d'assassinats et de vols à main armée, et la 1ust1ce indulgente
fermait les yeux sur certaines complicités. Si 1~ ~nq~siteur~ se
montraient plus énergiques que les magistrats c1v~s, ';s avai~nt
l'étonnement de voir, par exemple à Calatayud, sortu dune boite
qu'on leur avait apportée, une foule de petits danseurs automates, parmi lesquels trois moinillons appartenant à des Ordr:s
divers : preuve de l'irréligion secrète 4 • Tout cela se~ble avou
influé sur le caractère de Graci,\n que nous allons vorr, pour la
première fois peut-être, contrairement à ses principes d; sages~e \
mondaine, répondre avec aigreur à un personnage qu 11 aurait
dû ménager.
1. « Si esta primera (parte) te conteatare, te ofrezco luego la segunda, ya
dibujada, ya colorid,i; pero no retocada. i&gt; Criticon, A quienleyere.
2. « ..• A Josef Gracia!l tenemos fuera de Daroca que hace la quarentena por
aver salido qe Huesca, i en una Carta que el mismo a traido decir que a buelto
el contagio i muerto el Iust.icia i los de su Cassa, .. » (Lettre du docteur Gaspar
MartlnâA.odrés, Daroca, 18 oovembre 1652.)B.N.M., ms. 8390(ancien V,
170) fol. 409.
3. Voir Appendice I, lettre 2;.
4. Voir Appendice l, lettre 24.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

Le chanoine Salinas, dont les traductions de Martial avaient
été l'.occasion de la seconde édition de l'Arte, venait, en 1651, de
publier un poème, dédié à la reine Marianne d'Autriche et intitulé La casta Susana. En même temps il avait compost: un
romance en latin, qu'il faisait sans doute lire en manuscrit à ses
amis. Il voulut soumettre l'un et l'autre au jugement de Graciân.
Celui-ci envoya, par l'intermédiaire de son ami Andrés, les crit~ques qu'il. avait jugées nécessaires; il relevait certaines expressions vulgaires de la Susana, mais surtout reprochait au romance
d'être plein de solécismes, d'hispanismes et d'impropriétés.
Ces critiques surprirent Salinas, qui ne s'était sans doute
jamais douté que le Jésuite lui en voulût de lui avoir imposé ses
n:aductions de Martial. Peut-être y avait-il déjà quelque refroidissement entre les deux collaborateurs, car Salinas, prié de communiquer à Lastanosa la lettre qu'il recevait, et dans laquelle il
était question de la paix signée entre eux deux, avait hésiré
~'abord à se charger de la commission. Quoi qu'il en soit, les critiques touchèrent vivement son amour-propre d'auteur, et, le
17 mars 1652, il envoyait à Graàln une longue lettre dans
laquelle, reprenant aigrement les accusations lancées contre lui
il prétendait les réduire à néant ; il accompagnait d'ailleurs
réponse de protestations d'affection, et déclarait ·qu'il ne se
défendait que comme &lt;&lt; un humble disciple qui vénérerait touj~urs Gracian comme un maître, un véritable ami». Ces expresstons semblent touchantes lorsqu'on songe que le chanoine était
sensiblement du mê01e âge que son censeur, et qu'il avait par
conséquent au moins cinquante ans à cette époque 1 •
Gradan ne se laissa pas attendrir cependant, et riposta dans
une longue lettre que nous possédons, avec une acrimonie et un
mépris pour le pauvre chanoine, qui so!lt vraiment de nature à
surprendre. Il déclare que la Susana et le Romance dont il n'avait
tien dit, jusqu'à ce que l'auteur lui eôt demandé son avis, sont
des œuvres détestables; que la première est formée de vers

cett;

1.

Voir Appendice 1, lettre 2,5 A.

d'aveuo-les; que ce poème avait pris la rMfenre der traductions di
0
l'Arte, dont on avait peut-être accusé Sa li nas de n,.etre pas l'auteur; puis, après cette exécution, Gracian reprend le _malheu:
reux Romance latin et, avec l'assurance d'un maître qu1 parle a
son élève déclare au chanoine qu'il n'y entend rien, et que les
huit lati.L~stes du col\èoe de Saragosse auxquels il a montré la
pauvre poésie ont écla;é de rire en la lisant, et décidé qu'elle
méritait d'être biffée d'un seul trait de plume 1 •
7
Cette affaire faisait du bruit, car des lettres du Carmélite Jer6nimo de San Josef prouvent qu'on s'en occupait, ailleurs même
qu'à Saragosse et qu~à Huesca. Ce Père, que Graciân avait couvert d'éloges, dans son Agudeza, en avait été ~atté â. coup sûr;
mais la lettre dans laquelle il remercie Andrés, dénote peu de ,
sympathie pour Gracian et au contraire one vive affection pour
Salinas qu'il ne connaissait pas personnellement l. Peut-être le
Carmélite voyait-il le Jésuite d'un mauvais œil. Ce qui est sûr,
c'est que, de Daroca où il se trouvait de passage, il parlait d: la
réponse que Salinas avait faite à Graciân sur cinq doubles femlles
et demandait à la voir l.
1. Voir Appendice I, lettre 25 B.
2. Dans la lettre du 8 avril 1646, citée plus haut, le P. Jerouimo de Sa11
Josef écrivait, en parlant de l' Agudeza: « Es un general minera de muchas i
vaàos tesoros este libre, vu cielo sembrado de estrellas, un campo de flores,
una tienda de pedreria rica. Toda es mui rico, precioso, frondoso i brillante:
per-0, confessando a V. M. la verdad, lo que me a llebado el gusto i admiradon con rnayor lisonja, han sido las traducciones de nuestro amigo Salinas; i
digo nuestro aunque apenas le conosco, porque siendolo de V. m. lo juzgo
por mio i yo muche suyo. Digo cierto que tnl gala i facilidad i propiedad apeoas la he .,,isto en otro, i en tanta abundancia que me ha admirado. Doi la
enhorabuena al gremio de la erudidon, de que se nos aya rnaoifestado iogeoio
tau feliz i que osteata i promete tante : i a este Reina se la doi de que tenga taJ
hijo, etc ... » B.N .M. ms. 8389, p. 288.
3. « ... Diceme que el amigo canonigo (Salinas) ha escrito al Padre Gracian
cioco pliegos en respuesta del suyo. Muche holgaria verlos i que Vm., si los
tiene me los embiase, pues me hallara la respuesta por algu110s dîas ... &gt;&gt; Daroca, 20 avril 1652.. Lettre de Jerônimo de San Josef à Andrés. B.N.M.,
ms. 838g (ancien V. r69).

�420

ADOLPHE COSTER

Il semble que cette querelle ait ému les membres d'une académie, peut-être celle des Anhelantes ou celle que le comte
d'.\randa tenait dans son palais de Saragosse I et où brillaient
Juan Lorenzo Ibanez de Aoiz et Francisco de la Torre dont les
noms paraissent mêlés à cette histoire dans la correspondance du
Carmélite; chacun semble être intervenu, croyant apaiser les passions, mais au contraire les excitant davantage. Lui-même, tout
en prêchant la conciliation, le vénérable religieux, après avoir lu
la polémique de Salinas et de Graci:in, déclare que ce dernier
(qu'il ne nomme pas par discrétion) s'occupe de ce qui ne le
regarde pas, et qu'il aura beau riposter, il ne pourra se tirer d'af...
faire à son avantage ni avec la répunuion d'homme sensé 2 •
Voir latassa, B. N. E . A., article Jrmn Loren':{o Iba1iez. dt Aoiz.,
Fr. Jer6nimo de Sao Josef à Andrés, Daroca 27 avril 1652 : « Seiior
m10, mucha me pesa que la Academia aya parado en epidemia de voluatades
con tantos encuentros. El Padre dellos i de roda inqoietud, que es el demooio,
pesâadole de tan honesto exercicio, lo ha estragado con esas satiras . J lo que
parece peor es que, los que parecian amigos, se descubrc no serlo tan finos.
Pocos tienen la fidelidad i candidez de mi bueo Coronista j Canonigo Salinas.
En ambos veo fioissima la c;orrespondencia de verdadera amistad. En otr0
lo experimeuta como s~. No puedo persuadirme que Latorre con menos
hso corazon aya procedido; sino que avra querido atajar esros dimediretes,
para qut: de lo poco no llegue a mas. , i quisiera que Vm. rompiera con el
sino que blandamente le sioificara su sc:ntimienro, que eso basta para uo cora~
zoo honrado; i auo es la mayor reprehension i vengança. Pero Vm. con su
prudcncia lo pcsara i templara todo. 'o ganara el( . . , . . ) en esas replicas, ni
el( .. . ) lbaôez ; ni son esos medios a propasito para ganar nombre de erudit~s i _cuerdos. siuo ~ara dcsacreditarsc con los que lo son. Pero al fin ipsi
v1der111t ... Vere los pliegos de Salinas, quedeseo no pase adelante esta brega ... "
B. N .M., ms. 8389, fol. 381. - Du même au mëme, Daroca, 17 mai 16-,i:
cc ••• Los dos pliegos de V m. que vinieron por el carro, i con el Hennano
Do~ado; avemos r~cibido el Seiior Dean i yo ; i ambos quedamos bien agradec1dos coma admirados dr los papeles que Vm. nos remite : porque se respoode al papel contrario mui sazonadamente i adequad:nnentt:. I buena parte
de la ~~c'.on carga sobre el ocuparse aqucl perso011ge en casas tan escusadas, 1 ~ InJ~Stas : en que por mucbo que se esfuerçe i replique, no puede
quedar a1roso m con nombre de cuerdo .. . » Ibidem, fol. 382 .
1.

_2 .

:'m.

BALTASAR CRAC1AN

421

Lorsqu'on examine la date de cette querelle, dont les documents qui nous restent ne marquent évidemment que la fin, et
qui avait assurément commencé au début de mars 1652, on ne
saurait s'empêcher de constater qu'elle coïncide presque exactement avec l'époque où une dénonciation formelle contre Graciao
atteignit le Général des Jésuites à Rome. Il est peu vraisemblable
que Salinas, qui paraît avoir été d'un caractère doux et bienveillant, et qui d'ailleurs aurait toujours ménagé le familier de son
parent Lastanosa, ait eu la noirceur de dénoncer ainsi Graciin.
Mais il était entouré d'amis peut-être moins patients, et que les
mt:mes considérations ne pouvaient arrêter; est-ce parmi eux
qu'il faut chercher l'homme peu délicat qui allait attirer sur
l'auteur du Critic6n les foudres du tout-puissant Général?
L'occasion fournie par l'apparition du Critic6n aux ennemis de
Gracian était assurément favorable : ce livre était de oarare à lui
attirer beaucoup de lecteurs, mais aussi beaucoup d'ennemis: la
malignité publique devait se plaire à y voir une sorte de roman
à clé et à faire l'applicadon, a des individus déterminés, des
satires dont il était rempli. Jusqu'alors Gradin n'avait été sans
doute battu en brèche qu'auprès de ses supérieurs immédiats,
les Provinciaux d'Aragon ; mais il avait pu surmonter coutes les
attaques, fort qu'il étaie de l'appui des hauts personnages dont
il avait su gagner la faveur. Pour strict que fiit un homme comme
Jacinto Piquer, il avait trop d'intérêt à se ménager la neutralité
ou l'appui d'un évêque de Huesca, d'un Lastanosa, des vice-rois
d'Aragon, auxquels Gracian n'a cessé dans ses écrits de faire une
cour assidue, pour ne pas fermer les yeux sur les incartades de
leur protégé. Mais cette fois les dénonciations parvinrent directement au Général des Jésuites, qui était alors le Père Gos~ in
Nickel ; la partie de la correspondance de ce dernier avec les
Provinciaux d'Aragon, qui a miraculeusement échappé aux
innombrables causes de destruction qui la menaçaient, donne
une haute idée de l'énergie, de la décision, de la rigidité de cet
homme du .r ord qui venait de succéder à }'Italien Piccolomini.

�422

.a

ADOLPHE COSTÈR

Le 13 avril 1652, il avertissait le Provincial d'Aragon, Jacinto
Piquer,. qu'il avait appris que Gracian avait publié, sous un nom
supposé, et sans autorisation, quelques ouvrages peu sérieux,
et fort éloignés de sa profession, et qu'au lieu de l'en avoir puni
on l'avait récompensé par la chaire de professeur d'Écriture Saint;
au collège de Saragosse. Ordre était donné à Piquer de vérifier
le fait, et de sévir, si la chose était exacte 1 • Piquer venait justement de succéder au P. Francisco Franco comme Provincial.
TI semble que le Général ne fût pas exactement fixé sur la
nature des ouvrages qu'on reprochait à Graciin : fallait-il
entendré par c( ounages éloignés de sa profession » le Héros,
le Discreto, l'Ordculo, le Politico? Ces ouvrages politiques, fort
à la mode alors, devaient contribuer à tourner la tête des jeunes
novices et leur faire paraître bien modestes et bien secondaires
les humbles occupations auxquelles ils étaient astreints dans l'obscurité du cloître. Le Général précédent reprochait, en 1651, aux
novices de Catalogne de ne pas garder les habitudes de dévo( tî~n et de mortification de leurs devanciers, de s'occuper d'af.fores de gouvernement, c&lt; sujet bien étranger à leur état &gt;&gt; ; les
étudiants emportés par la chaleur des discussions, se laissaient
aller à boire un peu trop de vin L'exemple de personnages
posés comme Gracian n'était-il pour rien dans de pareils excès?
L'imputation semble donc avoir porté, non seulement sur le Criticon, mais sur toutes les œuvres de Graciin, exception faite,
naturellement, de la pieuse Predicaci{m Fructuosa. Le Père Jacinto
Piquer, nouveau venu, obtempéra bien à l'ordre reçu, mais sans
toutefois pousser les choses à l'extrême : il invita sans doute
Graciân à ne pas recommencer. Aussi, dès le 12 juin, ce dernier écri,•ait~il à Lastanosa qu'on l'empêchait d'imprimer, que
ses envieux le poursuivaient; mais il ajoutait qu'il supportait le
tout av~c patience et sans perdre l'appétit, ni Je sommeil': la
1

2•

Voir Appendice Ill, lettre 9.
2. Voir Appendice III, lettre 2.
3. Voir Appendice I, lettre 26.
I.

BALTASAR GRACIAN

semonce n'avait pas dû être bien terrible. D'ailleurs :iquer n'~tait
Provincial que par accident, car en 1652, le Pere Francisco
Franco était de nouveau Provincial.
Il semble bien que les supérieurs de Graciân se fissent un peu
tirer l'oreille pour le punir, soit qu'ils redoutassent un scandal~,
prudents, s01t
SOl·r que l'esprit de leur subordonné les rendît
.
enfin qu'ils craignissent de mécontenter les pmssants protecteurs
'égi'de de qui celui-ci chercherait à s'abriter. La corresponsous l
1•· ·
dance du Général contient plusieurs lettres sévères su~ 1~gerence de personnes 'étrangères à l'Ordre, d~ns les n~mrn~t1?ns
aux diverses fonctions, ce qui prouve combien cette 101~11Xt1on
était fréquente 1 ; et précisément, dans une lettre latme d~
· 1 652 il déclare coupables de péché mortel ceux qru
29 ·JUIO
,
·
1.
recherchent de semblables interventions pour obtemr un emp 01
ou une résidence à leur gmlt, ou pour empêcher qu'on ne les
en prive 2 •
1·
On chercha donc un prétexte hono:able pour. é 01gner
quelque temps Gracian de Saragosse. Il était en effet a Graus ~e
23 novembre 1 652 et annonçait à Lastanosa que la peste ~emut
d'y éclater. Comment se trouvait-il là? On ne peut q~e formu~
Ier une hypothèse à ce sujet. L'évêque d~ Huesca. avait donné a
la Compagnie de Jésus le terra~n néce_ssair: pour élever un collège à Graus, sa ville natale : il devait meme compléter. cette
libéralité- par le don de vingt mille écus et par une an?_u1té d_e
mille autres écus pour la construction ; . Il parait qu tl avait
désiré qu'on y envoyât de préférence tel ou tel sujet, et les
Jésuites s'étaient empressés de déférer à _ses désirs .. Sa~s ?o~te
se prêta-t-il à désigner Gracian, dont la 1:hsgrâce était arns1 ~ssimulée sous l'apparence d'une distincti~n flatte~se. En r~al~té
le collèae
de Graus n'avait rien de séduisant. S1 le Provincial
0
Voir Appendice III, lettre I 1.
Voir Appendice ID, lettre IO.
3. Voir Appendice III, lettre I 3 .

1.

2.

�ADOLPHE COSTER

Franco en avait trouvé l'emplacement parfait, tout le monde
n'était pas de son avis; d'autres, parmi lesquels peut-être Gracian, prétendaient qu'il était fort incommode, situé hors de la
ville, au pied d'une montagne, dépourvu d'eau: on y gèlerait
l'hiver et y grillerait l'été, et ces inconvénients en feraient le lieu
d'exil de toute la Province. Mais la mission de Gracian n'y
devait être que temporaire, et son retour à Saragosse semble
s'être effectué bientôt sans bruit.
Il pouvait croire la tempête calmée. Une circonstance heureuse
paraissait lui assurer la tranquillité : en effet,, aµ Père Francisco .
Franco venait de succéder, dans les fonctions de Provincial, le
Père Diego de Alastuey. Ce dernier était d'un caractère peu
énergique; il ne savait refuser à personne, ni à ses subordonnés,
ni aux étrangers, et se trouvait ainsi, parfois, engagé par des promesses qu'il lui était plus tard impossible de tenir; il acceptait
un peu trop facilement les invitations à dîner ou les promenades
qu'on lui offrait, et que, dans son désir d'être aimable, il ne
devait guère oser décliner, lorsqu'elles lui venaient de hauts et
puissants personnages l, Un pareil homme ne pouvait qu'être
utile à Gracia.a, bien loin de songer à lui être hostile. Il dut donc
être fort marri lorsqu'au mois de décembre, une seconde lettre
de Goswin Nickel vint le forcer de s'occuper de Graciân : les
ennemis de ce dernier, en effet, n'avaient pas désarmé et l'avaient
accusé, auprès du Général, de se montrer insuffisant comme professeur d'Écriture Sainte et de n'être pas l'homme désigné pour
la direction des étudiants. Nickel ordonnait donc à Alastuey de
faire une enquête et, si le résultat en était défavorable à Gra.cian,
de lui retirer sa chaire ~.
t. Voir Appendice Ill, lettre 14.
2.

Voir 'Appendice Ill, lettre 12.

EL CRlT_lCON
SE.GVNDA p·ARTE.
JVYZIOSA COR TÈSAN·A
}3 IL OSO F 1 A,

EN

ELOTONO DE LA
VA.RONIL ED·A.0.
POR
LORENZO GRA.Cl AN.

y
LO DEDlCA

AL SERENISSJMO SENOR

D. IV AN DE AV STRIA.

----""!-'- iuan---,---,------En Hu"e[ca:por
Nog~ès.Ano
CON L .1CENC1.fi.,

16&gt;1,

.,' tQfia de Franczfco Lamberto, Mtrc"dtr dt f.ibros,
- · Yendef~ c,1 l~ Ç1,rrer11 de S1tn Çergnitnt&gt;,
-

-

-- - -----.:::~----

�ADOLPHE COSTER

CHAPITRE VI

Seconde partie du Critic611 (1653). - El Ccmwlgatvrio (165&gt;). - Poesias Va,-ias
de Josef Alfay (t6ï4), - Graciàn persécuté. -Troisième partie du Critiw,z (1657). - Mission à Alag6n. - Exil à Tarazona et mort de Graciân
(1658).

Nous ignorons comment le Provincial se tira de ce mauvais
pas ; il ne semble pas que Gracian ait été encore dépossédé de
sa chaire : au contraire il résidait toujours à Saragosse et, avec la
complicité d' Andrés, par l'intermédiaire duquel il correspondait
avec ses amis, faisait paraître une deuxième édition de l'Orac11/o
(r653); mais en même temps il préparait la publication de la
seconde partie du Criticlm, qui paraissait à Huesca postérieurement au 20 mars, antérieurement au 17 juillet 165 3 '. Andrés
et Lastanosa n'étaient pas seuls complices de cette publication
clandestine. Diego de Sayas, futur chroniqueur d'Aragon, qui
se chargeait de fournir Gracian de livres achetés à Madrid, était
tenu au courant par Andrés 2 • Cette fois l'ouvrage paraissait sous
I. La Critica del Licmciado Josef Lo11go est du 20 mars 1653. -Le Contador
Juan de Garriz écrivait à Andrés, de Pampelune, 17 juillet 165 J : « Seiior mio.
Por Juan Andres Librero tengo casi todos los correos muy buenas nuebas de
su salud. De qoe me alegro mucho y en esta me ynbia la segunda Parte del
Criticon que nuestro amigo D. Vincencio me auisa lo remitia por maao de
V. M., que le estimo por tener la primera parte y ser tan curioso ... » B.N .M.,
ms. 7095 (ancien S 232.)
2. Dans ses Memorias, tome III, Latassa recopie deux lettres d'Andrês â
Francise&lt;:, Diego de Sayas. 10" ... El Padre Gracian buelve a Vm. sus recuerdos amorosos, y dice que no han llegado los Libros de Madrid; el que se
imprimia aqui va mui a.delante y en estar para ponerse en camino irà a besar
su mano de Vm ... » (Saragosse, 16 mai 1653); 20 « Su carta de Vm. se
remitio al Canonigo Don Manuel de Salinas anoche, y êsta mafiana antes de

'EL
COMVLGA TOR I o;
CONTIE NE

VAtUAS MEDlTACIOncs,paraquc los que fr~qucntaB
la fagrada·Comunion.,puedan
prcpara1Cc,comulgàr, y

dar sracias.
·o Jt
'J!.L P. BALTASAR~. GltA.~
c, ,n d.t Co,,,.pd111 de 1,fus,
Lttor tlt È[etit_11r,.
P

z,

DRDICAbO

A LA EXC::ELENTISSIma Sdfora D. Eluira Ponce de
Lean,Mdrquera de Valducza,y
Camarera mavôrdclaReyna_.
nuefüa Sefiora.
Con 1;,e,.,;,,, En z,ug01;a.: Por Juan de
Yba,r1ai}a C~1~tt~,A~o ~_6Ji!.

I\EVUb ill&gt;PANIQ.U~. D.

�ADOLPHE COSTER

le nom de Lorenzo Gracian : l'auteur le dédiait à Don Juan d'Autriche, espérant sans doute s'abriter sous ce haut patronage.
Pourquoi renonçait-il au pseudonyme de Garcia de Marlones
qu'il avait adopté pour la première partie ? Peut-être pensait-il
n'avoir plus rien à craindre, puisque l'orage, qui avait salué l'apparition du premier volume, s'était apaisé, et qu'il avait pu conserver sa chaire; peut-être aussi était-ce une question d'argent
qui le déterminait à reprendre le premier pseudonyme qui lui
avait acquis tant d'admirateurs et qui était devenu célèbre : la
vente de l'ouvrage ne pouvait qu'y gagner.
Mais, en même temps qu'il contrevenait ainsi audacieusement à J&gt;ordre de ses supérieurs, employant le procédé qui lui
avait déjà servi lors de l'apparition de la première partie, il soumettait à l'approbation du Provincial un ouvrage purement religieux et vraiment digne d'un professeur d'Êci:iture Sainte:
c'étaient des méditations pour prépar~r à la communion. Ce
traité intitulé El Comulgatorio, et ciérué à Elvira Ponce de Leon,
marquise de Valdueza et Camarera Mayor de la Reine', devait
obtenir un succès qui se prolonge jusqu'à nos jours.
Cette fois Gracian était bien en règle. Dans une lettre de
Rome du 3I octobre r653, Goswin Nickel autorisait Diego
de Alastuey à nommer des réviseurs pour cet ouvrage i ; le
13 octobre 1654, il en permettait l'impressioI), conformément à
l'avis favorable des réviseurs 1. A son tour Diego de Alastuey
donnait enfin sa licence, datée de Calatayud le 2 février 1655,
et le Coinulgatorio paraissait dans le courant de l'année. Tout
avait été fait avec une sage lenteur qui contraste singulièrement
las ocho fui :i su casa, y no le ballé en ella. L'l que vieoe para el Padre Balthasar Gracian se dara oy. El Marques de San Felices esta con salud y dice
que oo ay till lugar como Madrid ... ,, (Saragosse, 27 juin 165 3). Andrés mourut le r8 aot'.!t 1653, à Madrid.
1. Elle c:1t déjà louée dans Je Criticon, I, 6.
2. Voir Appendice Ill, lettre 13.
3. Voir Appendice Hl, lettre 17.

.BALTASAR GRACIAN

avec la rapidité de la publicatioh des deux premiers tomes du
Critic6n. Le livre avait paru sous le nom de Baltasar Graciân de
1a Compagnie de Jésus, Lecteur d'Écrititre Sainte.
Sans doute l'auteur avait trouvé là un bon moyen de rentrer
en grke auprès de ses supérieurs, puisqu'ils le laissaient en possession de sa chaire et paraissaient ignorer l'apparition de la
deuxième partie du Critic6n.
Son activité ne se démentait d'ailleurs pas : il est probable qu'il
fut le compilateur véritable du livre qu'avait publié Josef Alfa.y,
l'éditeur bien connu de Saragosse, sous le titre de Poesias varias ',
dédié à Francisco de La Torre; tout au moins cela semble+il
résulter d'une lettre que lui écrivait, en 1654, le marquis de
San Felices) pour le consulter sur le sens d'une des pièces de vers
citée dans le recueil, en ajourant que ce « bouquet de :fleurs précieuses » est dû au bon goût de Gracian •.
r. Poesias I Varias I de grandes In [ g-mios espmioles. 1 Reœgidos por Josef 1
Alfay, 1y dedicadas I A Don Francisco de J la Torre, Cavallero del abilo de Calatrava. 1 Co11 licencia. 1 En Zaragoça: Por Iumi de Ybar. À.110 16Y4. 1 A costa.
ile Josef Alfay, Mercader de librosll. In-4° de 160 pp.
4 feuillets prélimi-

+

naires. -Aprobaci6n del Doctor luao Francisco Giuobes : Zaragoza, 6 lunio
1654. - Les Poètes cités sont : Antoofo de Mendoza. -Quevedo. - G6ngora.
- P. Pineda. - Francisco de La Torre. - Gabriel Bocangel. - • Garcia de Porras. - Leonardo de Argensola. -Montai van. - Francisco de Sayas. - Lope
de Vega. -Diego de Morlanes. - Luis Vélez de Guevara. - Mira de Mescua.
- Gabriel Tellez. - Salas Barbadillo. -Fr . Juan Centeno. - Castillo Solorzano. - Alonso Pérez Maino. - Diego de Frias. - Gaspar Sotelo. - Villaisan. - Calderôn. - Jer6nim.o Cancer. - Juan Fernandez. - Baltasar del
Akaiar. - Jusepe de Zaporta. - Céspedes. - Alberto Diez. - Antonio
Coello. - Antonio Solis.
2. Lettre du Marquis de San FeHces, copiée par L1.tassa dans ses Memorias,
tome I, p. 33 : « Mi Paclre Gracian. Los desuelos de V. Pd. dan motivo à los
aficionados à buenas Letras para no tener ocioso el discurso, y aunque el Libro
que ha sac:ido Iusepe Alfay no sea hijo del discurso de V. Pd., pcro se le deve
mucho por el cuidado que ha tenido en hacerlo dar à la estampa y por haber
hecho un RamiUete de tan fragantes fi.ores, clignas de su buen gusto, y mejor
empleo , En este Libro fol. 30, en la fabula de Atalante de Cespcdes en la

�43°

ADOLPHE COSTER

Sa correspondance était toujours aussi active avec Lastauosa.
Le 24 décembre 1654, il lui donnait des nouvelles de Saragosse,
l'entretenant de la vente de la bibliothèque du marquis de
Torres; du jeu effréné qu'on jouait dans le palais du vice-roi,
sans doute à son insu ; du désordre qui régnait dans la ville où
des assassinats avaient lieu tous Jes soirs; il ne néglige même
pas les anecdotes, par exemple celle de ce curé qui, ayant laissé
mourir de faim quatre de ses paroissiens, mari, femme et enfants,
envoya quatre linceuls pour les ensevelir: après l'enterrement,
les quatre linceuls apparurent suspendus à la porte du prêtre
impitoyable, qui sortit, comme pour lire son bréviaire, et ne
reparut plus jamais'.
Mais, toujours incorrigible, il préparait sous main la publication de la troisième partie du Criticon. Le 18 février r 65s, il
envoyait à Lastanosa, pour les soumettre à sa critique, quelquesunes de ses Crisis; il ajoutait avec amertume que ses parâtres,
n'entendant rien au sujet ni à l'objet du livre, s'en tenaient au
titre de Criticon pour lequel ils montraient une hostilité farouche.
Cependant le roman se vendait en Castille_, comme ses autres
œuvres. Il cherchait en même temps à se procurer de l'argent
et demandait à cet effet au chanoine Lastanosa de lui fournir des
messes 2 • Il se préoccupait sans doute des moyens de faire imprimer son nouveau livre.
copia 71 dice assi: « es constelacion su rostro ] es tal que avra quien disculpe I bellas embidias de venus : 1 quando sus circuJos hurte. 1 » - La dudaque
se ofrece es en averiguar que circulos sean esros, y con esso dar verdadero sen•
lido à 1a copia : y aunque se han hecho varias discursos, ninguao me quadra
hasta tener el desengaiio de V. Pd., que siempre sera lo cierto, y lo mas
azendrado ; y assi le suplico me responda su parecer, à quien siempre tengo
de seguir, y. le guarde el Cielo. De est:i su Casa. Agosto 15. r654. - Del
marques de San Felizes. l&gt; (Lttassa avertit que, dans l'original, la signature
seule est de la main du Marquis).
I. Voir Appendice I, lettre! 28.
2. Voir Appendice J, lettre 29.

EL CRITICON,
T E R C E R A PA.R TE.
E N

~L 1NVIERNO DE LA VEjEZ.
P .O. .R

LORENZO GRACIAN.
Y Lô DEDICA

A L D O ·c T· 0 R D o ,-N
Lorenço Francés de Vrricigoyti,
Dean de la Sa.nta Iglefia
de Siguença.
CON

pRl

V I L li G l

o.

En Madrid. i'or Pablo de Val. Ana de 16~7._
.Il. Ç(Jjfa l,e Prandfto Lamberto, vemlefe erJfu çafa
·
en /11 Carrera de San G'1fJ1Ûmo,

�432

433

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAJ-t

~~ 30 juillet 1655, il envoie encore un des chapitres de son
Cnti_c6n à Lastanosa, en le priant, lorsqu'il l'aurait examiné, de

dut être dénoncée immédiatement au Général des Jésuites, qui
ordonna une enquête: les circonstances étaient alors bien défavorables pour Gracian : le Provincial d'Aragon n'était plus le
débonnaire Diego de Alastuey, mais Jacinto Piquer, qui semble
avoir été autrement ferme que son prédécesseur. Convaincu que
Gracian était bien l'auteur des trois parties du Critidm, Piquer
lui infligea une réprimande publique, un jeône au pain et à l'eau,
et l'exila de Saragosse à Graus, en lui supprimant cette fois sa
chaire d'Écricnre Sainte. Gracian avait en effet sérieusement failli
à son devoir religieux, puisqu'après la publication de la seconde
partie, on lui avait formellement défendu de rien imprimer.
Le cas parut grave, comme oo peut s'en rendre compte par
l'étendue de la lettre que Goswin Nickel consacre à cette affaire,
et dans laquelle, après avoir expressément approuvé la conduire
du Provincial, il ajoute que ce nouveau manquement de Gracian
exige que l'on prenne des précautions à son égard; il faut le surveiller de près, visiter sa cellule et ses papiers, ne lui laisser rien
mettre sous clé, et, si l'on découvre quelque papier de lui contre
la Compagnie ou ses supérieurs, il faudra l'enfermer jusqu'à ce
qu'il soit revenu à de meilleurs sentiments, en le privant de
papier, de plume et d'encre : « Cette réclusion, ajoute le Général, est un moyen nécessaire et une juste défense de notre Compagnie, a laquelle nous sommes tenus en conscience, nous qui
en sommes les supérieurs '. &gt;)
Cette dernière phrase jette un jour particulier sur les raisons
qui excitaient ainsi le Général contre Graciân. La Compagnie
était en ce moment l'objet d'attaques passionnées. Depuis longtemps ses ad"Versaires lui reprochaient sa morale relâchée; les
lettres latines destinées à l'Ordre tout entier, envoyées par Goswin Nickel aux Provinciaux d'Aragon, ne laissent aucun doute
à ce sujet. Déjà, le 4 juillet 165 r, il déplorait que, depuis plusieurs années déjà, il ne parôt pas un catalogue de l'Index sans

le lui. renvoyer p~ ~ne_ personne sftre 1 , ce qui prouve qu'il était
surveillé de près, a1ns1 peut-être que ses intermédiaires habituels; car les Jésuites ne se gênaient pas, semble-t-il, pour décacheter, lorsqu'elle tombait entre leurs mains, la correspondance
des personnes étrangères à leur Ordre, dont ils avaient lieu de
se. méfier. Déjâ, en 1643, le chanoine de Tarazona, Martin
Miguel Navarro, écrivait à Lasrauosa de ne pas lui adresser de
lettres par l'intermédiaire de la Compagnie, parce que, disait-il,
&lt;&lt; les Pères les ouvrent toutes depuis que· j'ai eu affaire à une
personne qui leur est contraire 1 ».
Le 19 aoflr, le r6 septembre, et le 2r octobre, il était encore
~ Saragosse, d'où il écrivait à Lastanosa que la vi!Je était muJours troubl~e par le~ meurtres qui s'y commettaient journelle~ent, et qu on venait de pendre encore un brigand coupable de
viol i.
~n 1656 _nous perdons de nouveau sa trace. Cependant, âu
m~ts de mat 1657, la troisième partie du Critic6n était achevée,
pmsque, le 6, le Père Esteban Sans donnait sa censure de
Mad_rid _; le 30 juillet, les errata étaient approuvés, et l'ou,;rage
paraissait sous le pseudonyme de Lorenzo Gracian, à Madrid
chez Pablo del Val. Il était dédié au doyen de Siguenza, le docteur Lorenzo Francés de Urritigoyti.
Cette dernière publication pouvait passer pour un défi: elle
r. Voir Appendice I, lettre 30.
Dans une nore de ses Memorias (tome I, p. r2) Latassa dit qu'au milieu
des :ettre_s d'A11drés à Lastanosa s'en trouve une adressée à ce dernier par
~farti_a Migu~l Navarro, cc bjjo y Canonigo de Tarazona, celebre literato )), où
iJ écnt : &lt;(. Quando Vm. se sirva de favorecerme con sus Cartas ô Papeles no
los eucamine par la Com~afüa, porque los Padres las abren q~antas Ueg~n :l.
sus ~1anos, desde que trate con una persona que les es contraria, y pues Vm.
escnb~ al Sei'ior Francisco de Gomez, b al doctor Andres, vendra □ seguras en
sus phegos ... Tarazona, 3 de Maya de 16.43. "
3. Voir Appendice l, lettres 31, 32 et 33.
2.

t. Voir

Appendice III, lettre 24.

�434

ADOLl'HE COSTER

qu'on y trouvât quelque livre d'un Jésuite; il ordonnait donc
aux reviseurs des ouvrages de se montrer très sévères et les rendait responsables, en cas de condamnation, par l'Index, du livre
qu'ils auraieot approuvé. Il menaçait même, si ce laisser-aller
persistait, de ne permettre la publication d'un livre en Europe
qu'après qu'il aurait été soumis à la censure du Général, ce qui
eût, en effet, rendu presque impossible l'impression d'une foule
d'ouvrages 1 • L'apparition des Provinciales ( 1656-1657) venait
d'ameuter contre les Jésuites une quantité d'adversaires : on en
retrouve l'écho dans une lettre du 12 mai 1657: le Général y
signale que la morale relâchée, que les Jansénistes reprochent
,J.ux Jésuites, met la Compagnie en fâcheuse posture; il rappelle
que Paul V, lors de la septième congrégation générale de !'Ordre,
leur avait recommandé de nepas tout ramener trop facilement à
fa doctrine de la probabilité, et que la crainte des innovations et
du rel~c:hement de la morale des Jésuites avait détourné les successeurs de ce pape de leur confier une Université; que leurs
ennemis les accusent, pour plaire à leurs pénitems, de leur repré•
senter comme probable et permis ce gu'on leur avait jusqu'alors
décfaré interdit, principalement en matière de duel, de meurtre,
de calomnie, d'usure, de simonie, et qu'ils leur jettent à la face
la parole d'Isaïe: « Erunt qui beatificant populum istum seducentes. )) Il recommande enfin, de nouveau, aux réviseurs de ne
rien laisser passer de suspect en ces matières ".
On comprend donc la colère que dut éprouver le Général en
apprenant qu'un Jésuite publiait, sous un pseudonyme, des
ouvrages du genre de ceux de Gracian, échappant ainsi :i 1a censure des reviseurs de la Compagnie, et l'exposant aux attaques
de ses adversaires, pui.sque le pseudonyme laissait deviner lapersonnalité de l'auteur. D'ailleurs, il est évident que le Général ne
parlait de ces œuvres que par oui-dire, et ne les connaissait pas
1.

2.

Voir Appendice ID, lettre 16.
Voir Appendice III, lettre 20.

:BALTASAR GRACIAN

435

directement. Le Ctiticô-n était pour lui une sat_ire .ou t~ut le
de était malmené où certains passages pouvaient être mtermon
'
d J, ·r
nar
rétés comme une attaque contre la mora 1e es esu1 es, r
:xemple ceux qui traitaient de la simonie, d~, la mol'.esse_ des
directeurs de conscience : en les écrivant, Grac1a_n témo1gna1t _de
l
orale la plus stricte, mais attirait l'attention sur certams
que ses supérieurs eussent préféré voir rester dans_ l'om~re;
ils fournissaient des armes aux ennemis de la Compa_gme qut, se
fondant sur ce que la qualité de Jésuite n'ac_compagn~tt pas_le nom
de l'auteur, prétendraiet}t voir dans ces lignes, qut auraient dû
la iustifier, une attaque perfide cont~e elle; . ,
.
Humilié du traitement qui lui avait été mfüg~, de cette_ réprimande publique alors qu'il _avait déjà près, de crnquante•stX ans,
inquiet du sort qui lui seratt dorénavant reservé d~ns son Ordre,
où la suspicion, la haine et J'envie ne l'épargneraient plus ~prè~
ce premier échec, Gracian écrivit directeme~t a~ Général : il lUJ
rappelait les serYices qu'il avait rendus, p~rtlcu~èr~ment con:ime
missionnaire, et concluait en demandant 1 auton~auon de_ quitter
son Ordre pour entrer dans une autre congrégatton ascétique ou

;oi:ts

mendiante.
éd
Nickel lui répondit dans une lettre que, no~s- n~ ~oss . ons
malheureusement pas, en lui reprochant d av~tr v10le le vœu
d'obéissance . mais il restait muet sur la quest10n du chan~ement d'Ord;e : on ne sortait pas aussi aisément de la C~mpa~me,
·
· passer· dans une Congrégation
nvale
et husser
un pare1·1 su1et
.
,
,.
n'était-ce pas s'exposer à de fâcheuses aventures ? .C e_st ce qu Il
faisait sentir au Pro'J'incial, le 10 juin r65 8, en lut réitérant ses
recommandations contre le coupable 1 • Cette fois encore, cependant, ses supérieurs immédiats usèrent _de ménagements avec
lui • 00 ne le laissa pas exilé dans le déplaISant collège de Graus,
on Îui confia des missions et il alla prêcher à Alag6n, tout près de
Saragosse et de ses amis. C'était un emploi honorable, et Gra1.

Voir Appendice III, lettres z7 et 28.

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

cian remporta là d'éclatants succès. Piquer signala le fait au Général; mais l'impitoyable Nickel répondait le r6 juillet 1658, qu'il
était heureux d'apprendre le succès des prédications de Gracian
à Alag6n, mais que, puisque ce dernier avait demandé à quitter
la Comp;ignie, connaissant le personnage, et conformément aux
Constitutions, il ne fallait pas le laisser prêcher '.
Fut-ce Jacinto Piquer qui exécuta cet arrêt ? Fut-ce son successeur le Père Gines Vidal? C'est la dernière supposition qui
paraît le plus vraisemblable. Le Père Vidal était un homme assez
dur pour que le Général, en lui annonçant qu'il était nommé
Provincial, lui recommandât de modérer son énergie, dans la
mesure où l'exigeraient la raison et la charité 2 • En tout cas, Gracian fut réduit au silence et envoyé à Tarazona. C'était une résidence peu appréciée des Pères, qui s'y considéraient comme en
exil, et qui semble bien avoir, en effet, servi de lieu de déportation pour les sujets inutiles ou gênants, si l'on en juge par les
récriminations dont on trouve l'écho dans la correspondance du
Général J.
Dans les rues étroites et escarpées de la petite ville, perchée
sur sa colline, abritée par les pentes austères du Moncayo, Gracian traîna péniblement son corps affaibli par l'âge, le travail et le
chagrin. Et c'est là que, dans l'obscurité, au milieu de la défiance
et de la malveillance de ses confrères, il devait bientôt terminer
une vie qui avait débuté sous de si brillants auspices. Vaincu,
en dépit de toute la science mondaine dont il avait prétendu
donner des leçons, le pauvre Père-la-Victoire mourut, le cœur
brisé, le 6 décembre 1658 "·
r. Voir Appendke lll, lettre 29.
2. Voir Appendice III, lettre 26.
3. Voir Appendice III, lettre 1 5.
4. Sur le séjour de Gracian à Tarazona, nous n'avons d'autres témoignages
que l'affirmation de Latassa et celle- de Sommervogel (Bibliotl1èque des écrivains de la Compagnie de Jésus). J'ai pu constater qu'au mois de décembre
1658, il n'était fait mention de Graciân ni dans le registre de décès d-=: la Cathe-

437

Cependant le Criticori continuait à iuquiéter les supérieurs de
Graciân, même après la .mort de rauteur. La Crftica de Refiecci611,
dont nous avons eu déjà l'occasion de parler, avait paru à Valence
en 1658, postérieurement au mois de juin. Les Valenciens y
prenaient sur Graciân encore vivant, une revanche éclatante.
L'ouvrage dut faire du bruit, car il excitait les pa"Ssions régionalistes, si violentes en Espagne ; il contenait en outre une attaque
ouverte contre le protecteur infatigable et l'ami fidèle de Gracian, Vinceocio Juan de Lastauosa: le critique reprochait, en
effet, ironiquement à Graciin d'être injuste envers son ami SaJastano (Lastanosa) en ne citant pas, parmi les prodiges de sa mai•
son « l'art d'exécuter des testaments pour élever des monuments
prodigieux, sans posséder un sou' &gt;&gt;. Cette imputation brutale
contre l'bonnêté de Lastanosa ne.pouvait passer inaperçue : nous
ne savons à quoi elle pouvait faire allusion, mais elle dut piquer
vivement celui qu'elle visait. Une plainte atteignit le Général, car
on soupçonnaitle Père Paulo de Rajas d'être l'auteur de la CrUica
de refieccifm: ce Père, prévôt de la maison de Valence, montrait,
en même temps qu'une partialité fâcheuse pour les Valenciens,
une mauvaise volonté manifeste pour les Aragonais ~. On l'accusa donc tout naturellement d'avoir attaqué cc une famille
infiuente de Huesca », et, le 26 juillet 1659, Nickel invitait le
Père Vidal à rechercher quel était le véritable auteur du pamphlet, afin de donner satisfaction à la personne qui s'était
plainte;_ Mais l'enquête établit que le Père Paulo de Rajas n'y
draie de Tarazoua {San Miguel), ni dans celu.i de l'église de la Madelena 1
ancienne cath(:drale. La maison des Jésuites, aujourd'hui transformée en hospice, ,e trouvait sur le territoire de San Miguel. La date de la mort de Gracian ne nous est connùe que par l'inscription du portrait de Calatayud.
1, « Y vltimameote injurias a tu mayor amigo Salastano, pues entre los
prodigios de su casa no cuentas la cueba de cristal, ni el arte de execurar testamentos para hazer fabricas prodigiosas, quien no tiene blanca ». Critica,

p. 176-177.
Voir Appendice fil, lettre 19.
3. Voir Appendice III, lettre p.

2.

�438

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

était pour rien, et que l'auteur responsable était bien Lorenzo
Matht:u y Sanz, et le calme se rétablit 1 •
Le silence s'était fait sur la fin malheureuse de Baltasar Graciân. La Compagnie de Jésus, n'ayant plus rien à craindre de
lui, pouvait tirer gloire d'avoir compté parmi ses membres un
hom?1e q?i avait joui un moment de la faveur royale; elle consacm,t à_ 1auteur ~u Hér~e, du Discreto et de l'Oraculo, au prédite~r enunent, à l aumômer de Leganés, un portrait qu'elle plaçait d:?s le_ cl?i.tre du _collège de Calatayud où il avait enseigné,
avec 1mscnpt1on élog:ieus_e que nous avons, précédemment rapportée. Cependant son titre de lecteur d'Ecriture Sainte et le
nom redoutable du Critic6n étaient passés sous silence, et chose
plus -~inguli~re, le_ Comulgatorio, le seul ouvrage religi;ux de
\ Grac1an, était oublié. A la victime de l'envie, du zèle inintelligent, l'inscription promettait une gloire éternelle.
1.

Voir Appendice III, lettre 33.

439

CHAPITRE VII

•

Liste des ouvrages de Gracian. - Ouvrages disparus. - Les Selvas del Aiio. Ouvrages religieux.

Les ouvrages de Gracian dont nous avons eu l'occasion de parler en racontant sa vie, sont au nombre de sept : el Héroe ( 1637),
El Politico Fernanoo ( 1640), El Arte de Ingenio ( 1642 ), réédité
en 1648 sous le titre de Agudez.a y Arte de Ingenio, El Discreto

(1646), El Oracu.w Manua.l (1647), El Criticôn (1651-16531657)1 El Comulgatorio (1655). Sont-ce les seuls que Gracian ait
composés? Laissa-t-il des manuscrits que les circonstances l'empêchèrent de publier? Telle est la question que soulève l'Avantpropos que Lastanosa mit en tête du Discreto. Il y dit en effet
que ce livre est le quatrième d'une série de douze ouvrages qui ,
paraîtront successivement '. Il revient sur cette affirmation dans
l' Avis au Lecteur de l' Oraculo manual, qu'il présente comme la
substance même des « douze Gracians i&gt; 1 • Quels sont donc les
huit ouvrages qui restaient à publier après le Discreto ?
Lastanosa eu cite deux, dont il annonce l'apparition prochaine :
un Atento et un Galante. L'Atento devait être fort avancé ; le chanoine Salinas, dans le Sonnet acrostiche du Discreto, en parle
comme si l'impression en était imminente :
Àtento ya el Va.ro11, Varon perfeto,
Corra en la Prensa con veloz carrera.
1. « El Quarto (que ~ calidad) de los trabajos de vn Amigo, doy al luci•
miento. Muchos faltan hasta doze, que aspiran à unta emul.acion ». A los
Letores. - 1&lt; Niaguno pues de los que le precedeu, juz.garia que le espanta :
si los que le siguen, especialmente va Atmto, y vu Gala11/e, que le vienen ya à
los alcançes, y le han de pasar à non plus vitra, » Ibidem.
2. 1&lt; Vua cosa me bas de perdonar y otra agradecer. El llamar Oraculo à
este Epitome de aciertos del vîuir .. El ofrec.erte de vn rasgo todos los doze
Gracianes ... 1) Ordculo, Al Letor .

•
•

�44°

•

ADOLPHE COSTER

Gracian lui-même en parle à trois reprises dans son Discreto •.
L'~u~rage n'était pas achevé, puisque l'auteur déclare qu'il y trava1llau encore. Quant au Galante, iL n'en est plus question nulle
part. On peut toutefois, en présence de l'affi.rmation si nette de
Lastanosa, en faire état. Les six premiers ouvrages seraient donc :

El Héroe, El Politico, El Arte de Iugtni(), El Discreto, El Atmto,
et El Galante. Connaissons-nous seulement le titre des six
autres ? Si l'on admet que l'Oraculo, les trois parties du Critic6n,
comptant chacune pour un ouvrage, et le Comulgaterio, sont du
nombre, et si l'on y ajoure le poème des Sèlvas del Aifo, publié
pour la première fois dans l'édition des Œuvres complètes de
Gracian en 1700, on arrive au toral cherché . Bien entendu on
ne saurait ranger, parmi les ouvrages annoncés par Lastanosa
l'Agudez.a y Arte de lngenio (1648), qui n'est qu'une refonte d~
l'Arte de 1642. Mais il est aisé de comprendre qu'on ne saurait
compter ainsi.
VOrdculo, comme on l'a vu, est présenté comme un Epitomé
des douze Gracians, et non comme- un traité particulier : il ne
saurait donc faire partie du total de Lastanosa.
Quant an Gritit:6,,,, représente-t-il trois ouvrages r Assurément
non, car il est manifeste, si l'on se reporte à la Préface • de la

'!

1. «
~on esto, vamos vno à su Historia, digo a la Zarlll[oça Antifita ... y
yo à m1 Filosofia del Vaiwi atcnto. )J Discreta, Vlll, p. 149. « Gran leccion
es esta del saberse hazer estimar, de saber vender vna eminencia, afectando el
encubrirla, paraconservarla, y aun·aumentarla con el desséo, que en los Avisos
al V,mm At1mlo se discurrirà con-enseiiança. "Ibidmi, XI, p. 199. - 11 Bien es
verdad, que el. varan sabio ba de yr detenien.dose, y mas d&lt;'mde no conoce ; en tra
con recato sondando los fondes, especialmente si presiente profundidad;
como lo encargaremos en nuestros Avisos al Varo11 Atmto. )&gt; Ibidem, Il, p. 33·

34.
2. « Be diuidido la obra en dos partes, treta de discurrir 1o penado, dexando

siempre picado el gusto, no molido. Si esta primera te contentare, te ofrezco
1uego la seguoda, ya dibujada, ya colorida · pero rro i:etocada, y r.mtO mas critica, quanta son mas juiziosas las otras dos edades de quienes se fiJosofa en
ella. » CritidJI/, A qvien leyere.

BALTASAR GRACIAN

44 1

première partie, que Gracian ne songeait nullement à donner à
son roman l'extension qu'il prit dans la suite : il n'avait l'intention de donner qu'une seconde partie, qui aurait contenu, sans
doute, les deux dernières saisons de la -Vie, pour faire pendant à
la première qui comprenait le Printemps et l'Eté. En admettant
donc que chaque tome pût compter pour une unité, le Critic6n
n'en représenterait que deux.
Le Comulgatario ne semble pas davantage pouvoir entrer dans
la liste. En effet Gracian déclare l'avoir composé en conséquence
d'un vœu, qu'il aurait fait dans un grand danger. Ce grand danger, selon toute ap.parence, n'est autre que celui qu'il courut à
l'armée de Leganés en 1646, c'est-à-dire postérieurement à l'apparition du Discreto. Le Cornrûgatorio viendrait donc s'ajouter aux
douze autres ouvrages, mais n'en ferait pas partie. Il soulèverait
d'ailleurs une 11ouvelle difficulté, car, à la fin de la Préface, l'au~
teur annonce que, si rouvrage plaît, il en fera bientôt paraître
un autre « sur la précieuse mort du Juste Y &gt;&gt;.
Quant aux Selvas del Ano, elles sont apocryphes, et fossentelles dues à la plume de Gracian, il ne les aurait pas comptées au
nombre de ses ouvrages, lui qui déclarait que l'honnête homme
peut bien savoir faire un vers, mais s'abstiendrà d'en faire deux•.
Il faut donc se résoudre à ne pas connaître le titre des œuvres
perdues de Graciân. Mais sont-elles bien perdues? Je n'en crojs
rien : elles n'-existaient qu'à l'état de simples projets et n'avaient
pas encore, selon route apparence, pris forme sous sa plume.
D'ailleurs ce nombre douze n'est-il pas aussi suspect ? N'est-il pas
indétermine, loin d'avoir une valeur précise ?
La preuve que ces ouvrages n'existèrent pas me paraît ressortir
1. « Hize voto en uo peligro de la vida, de sei;vir al Autor della con este
a,tomo. .. S,i este te accrtarc el gusto, te ofrèzco otro de oro pues de b preciosa muerte del justo con afectu0sos coloquios, prouechosas consideraciones Y
devotas oraciones para aquel ttance. ?&gt; Comulgatorio, Al Letor.
2. 1c Con todo esso ni fue tan ignorante, que no supiesse hazer vn verso,
ni tan inconsiderado, que hiûesse dos. » Discreto, XXV, p. 466.

.,..

�44 2

ADOLFHE COSTER

de la mention, que fait Lastanosa, des œuvres de Graciân qu'il
possède dans sa bibliothèque, en 1662. Il énumère celles que nous
connaissons et que nous possédons, mais il ne fait aucune allusion à des œuvres inédites de son auteur de prédilection' : oo peut
en conclure qu'-i.1 n'en lexistait pas. Comment supposer en effet
que Lastanosa, qui devait être le détenteur des manuscrits de
Graci:1.n, puisque ce dernier ne pouvait, comme on l'a vu, rien
consenrer dans sa cellule, où l'on faisait de fréquentes perquisitions, ne leur ait pas, après la mon de l'auteur, donné une place
d'honneur dans sa bibliotbèque ?
Il n'y a donc pas lieu, semble+il, d'espérer voir apparaître
quelque jour un écrit inédit de Gracian.
Avant d'entrer dans l'étude des ouvrages que nous possédons,
il nous faut examiner rapidement la question de l'authenticité de
ces Selvas del Ano dont il vient d'être parlé.
Sommervogel les signale en ces termes : &lt;( Selvas del À'Ïio. A
Don Diego de Sierra y Foncillas. En Barcelona; Por Antonio
I..a.cavalleria. Afio de 1668. Io-4° de huit feuillets ». Je ne connais pas cet imprimé. Mais, si la date est exacte, il aurait paru
dix ans après la mort de Gracian. Les Selvas furent imprimées
pour la première fois avec les autres œuvres de Graci.in dans
l'édition de Barcelone, 1700. Nicolas Antonio ne parle pas de ce
poème. Latassa le cite comme publié, pour la première fois, dans
l'édition des Œuvres complètes de Barcelone, 1734, chez Josef
Gailart, sous le titre de Selvas de todo el aiio en verso. Mais cette
indication est fausse, comme on vient de le voir, et prouve seulement que Latassa n'avait aucun renseignement précis sur cet
ouvrage. Dansson opuscule sur Gracian, Lifü\n dit qu'il existe
un ma1mscrit de ce poème à la Bibliothèque Nationale de
Madrid sous le titre de Selvas de los quatro tiempos del Aiio. Por
1 . « Las obras todas de la gloria de nuestro siglo, el mui docto Balthasar
Gracian, las quales soo el Heroe, el Politico, el Discreto, el Oraculo manual,
la Agudeza o acte de. ingenio, tres tomas del Criticoa, el Comulgador. )) M11S

dato,,

r, 113.

BALTASAR GRACIA:-!

441

uno d~ la Compaiîia. Ma.is je n'ai pu retrouver le volume qui le
renferme '. Quintana le mentionne, sans mettre en clou te qu'il
soit de Gracian, et traite, comme elles le méritent, les strophes
qu'il en cite •.
Le Diego de Foncillas auquel est dédié le poème semble avoir
été un juge, si l'on en croit les vers du début :
Treguas da pues al heretico bullicio
Del excelso Areopago
Y al seco y metafisico exercido
De esse augusto liceo
Que el ingeoio Divino
Igualmente lo eleva y lo contrasta
Pues quaoto mas le aguza, mas le gasta.

Quant à l'auteur lui-même, il semble avoir été poète tragique,
comme l'indiquent ses premiers vers :
Desnudo el pie de su coturoo de oro,
(Si lo alcaozo jamas) descieode agora,
Recoleta mi Musa, al vulgar sueco.
Veràs à mi Mèlpomene Salvaje,
1. Lifüln donne la référence suivante pour ce ms. « Varias Poesias, en-4°,
248 pp., p. 167-195 », sans indiquer la cote.
2. « Este mismo Gracian es el que compuso uo poema descriptivo sobre
las estaciooes con .el titulo de Selvas del afio; el primera, segu:0 creo, que se/
ha escrito en Europa sobre este asunto, y sin duda alguna el peor. Para muestra de su estilo, y de la risible degradaci6n a que habla llegado 1a poesfa, bastanin los versos siguientes sacados de la entrada del estio. « Despues que en el
celeste anfiteatro I El ginete del dia l Sobre Flegetonte toreo valiente I Al
luminoso toro I Vibrru:ido por rejoues rayos de oro I Aplaudido sus suertes 1
El bermoso espectaculo de estrellas, \ Turba de damas bellas I Que a gozar de
su talle alegre mora I Eocima los balcones de la Aurora : 1 Des pues que en tan
singular metamorfosi, 1 Con talones de plumas I Y con cresta de fuego, 1 A la
gran multitud de astros lucientes I Gallinas de los campos celestiales I Presidio gallo el boquirubio Febo, J Entre los polios del tindario huevo. Il No hay
mas que ver, ni mas que dccir: todo el poema esta escrito de este modo barbaro y rid!culo : y es una prueba ta.n evidente cotno triste de que ya no quedaban prin~os ninguu_os de ~itaci6n, ni vestigios de elocuencia. )) Quintana.

Poesias selectas castella,uu, t. I.
REVU E HISl'A.'&lt;IQUH. D.

1

/
~

•

~ r

'

1

29

�444

Serrana de tu Sierra•~
Menospreciar el tragico solare
De los cultos Teatros.

Tout cela ne semble guère convenir à Gracian, qui ne paraît
pas avoir jamais cultivé la Muse tragique. Le poème débute par
un court exorde que suivent quatre chants, dans lesquels, sous
une forme humoristique, l'auteur fait défiler les quatre saisous,
en commençant par !'Hiver et en terminant par !'Automne. Ces
vers insipides feraient peu d'honneur à Gracian, s'ils étaient de
lui. Ce ne serait pas, il est vrai, une raison pour lui en dénier la
paternité. Mais, si l'on songe qu'il était mort depuis dix ans, lorsqu'on les imprima, et que cette publication s'est faite en dehors
\ de ~stanosa, qui n'a nulle part fait allusion à ces vers, on ne
saurait conserver de doutes sur la fausseté de cette attribution.
Il est naturel de commencer l'étude critique de Graciio par
celles de ses œuvres qui sont le plus en rapport avec sa profes-

sion.
Nous avons eu l'occasion, en r.acontant sa vie, de signaler ses
triomphes oratoires, qui semblent avoir été ininterrompus. Déjà
en r640, si l'on en croit son compagnon, le Père Horrigas, les
églises ne pouvaient contenir la foule accourue pour l'entendre,
et l'inscription de Catalayud dit qu'il arracha des larmes à son auditoire, dans les Missions qui lui furent confiées. Aucun de ses sermons ne nous est cependant parvenu. Peut-être ne faut-il pas
trop le regretter: les exemples qu'il a donnés, dans son Agudez.a,
de sermons qu'il trouve admirables, font concevoir une juste
crainte du mauvais goût qui devait gâter les siens, comme ceux
qu'il propose en modèle. L'artifice un peu théâtral, qu'il avait
inventé pour attirer les Valenciens au pied de sa chaire, et qui eut
' un si ficheux résultat, nous en est une preuve. Et d'ailleurs il
lui eût fallu un génie supérieur pour résister à la corruption
universelle de l'éloquence sacrée. En 1657, le Général des Jésuites
I.

BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

Noter l'allusion au nom de Sierra y Poncillas.

445

juge opportun de recommander à Piquer de veiller à ce que les
novices, dans leurs exercices de prédication, ne se servent pas
d'un langage extraordinaire et vain, et déclare que cette recommandation s'applique également aux Pères Prédicateurs, car
quelques-uns ont besoin de se corriger sur ce chapitre 1 • Graciân
fit assurément comme les autres. Certes il devait déployer
toute:; les grâces de son esprit, mettre en œuvre tout l'arsenal de
ses agudez._as, non pas tant peut-être pour éblouir l'auditoire,
souvent modeste, devant lequel il devait parler, ~ue pour satisfaire son propre goût de la pointe. Mais, comme on l'a justement remarqué, ces subtilités qui nous paraissent insipides,
odieuses ou scanda!euses, c( faisaient souvent verser des torrents
de larmes sincères z &gt;&gt; • • L'orateur, qui parlait devant un auditoire
animé d'une foi absolue, n'éprouvait pas le besoin de discussions
théologiques;, qui auraient eu plutôt pour résultat de troubler
des consciences tranquilles, de faire naîtreda'ns les âmes le doute,
ou l'esprit d'examen qui le précède. Profondément croyant luimême, il offrait à Dieu l'hommage de ses tours de force de mauvais goût, et ses auditeurs lui en savaient gré : il leur semblait
'
\ que plus l'effort du prédicateur avait été grand, plus l'hommage
\ rendu à Dieu était méritoire, et ils en éprouvaient une satisfac1 tion
d'aut.·mt plus profonde qu'il leur paraissait moins corn' préhensible. On ne saurait donc juger cette éloquence avec les
mœurs et les idées actuelles, ni mettre en doute que Gracian prêcha selon la mode de son temps, mais en montrant toujours par
quelque eodroitl'originalité, la fécondité de son esprit, etl'é1endue de sa culture intellectuelle. D'ailleurs n'a-t-il pas dit quelque
part que c&lt; nul ne doit être sage tout seul ? » ce qui sous u'ne
t. Voir Appendice Ill, lettre 22.

Voir B. CToce. I Predicatori ilaliani del Seiunto e il gusto spa~mwlo,
1899, p. 8.
3. Daus son Heroe, p. :1.2, il écrit : " Lo suave de vn discurso plausible
recrea el alma, lisongea el oido, que lo seco de vn concepto metaiisko los
atormeota, y enfada. )l
2.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

forme plus familière revient à dire qu'il faut être de son temps.
Le seul ouvrage religieux de Gtacian, à part la Predicacian
Fructuosa dont il ne fut que l'éditeur, est le manuel de piété intitulé El Comulgatorio, composé, comme on l'a vu, avant le mois
d'octobre 1653. Le titre exact est le suivant:

tion •, il écrit : « se corne el juizio el que sin el come en esta
mesa ,, , prenant ainsi le mot juiz.io dans les deux sens différent:.
de condamnation et de discernement.
La XVIe Méditation est un parfi:i:it modèle de manque de goût.
L'auteur compare le banquet eucbaris.tique à un festin dans
lequel on donne aux conviés le menu, pour qu'ils puissent_ choisir; et, comme ce menu est désigné par le mot de rnl'mona, par
un procédé que n'eût p~s désavoué Fr. ~erundi~, il_ pré_t:nd s'appuyer sur le texte de l'Ecriture: Memona,n fecit mirabtlwm suorum, pour montrer que Dieu lui-même donne 1e menu de son
banquet:

El I Comvlgatorio, 1 Contiene I Varias Meditaciones, 1 para que los que
frequentan la I sagrada Comunion, puedan J prepararse, comulgar, 1 y dat gracias. 1 Por I El P. Baltasar Gracian I de la Compa.iiia de lesus, Letor I de
Escritura, 1 Dedicado I A la exceleutisima Sej.fiora D. Eluira Ponze de Leon,
1Marquesa de Valdueza, y I Cama Irera mayor de la Reyna nues Itra Senora.
1 Con licencia, En Zaragoça, Por Iuan de I Ybar, en la Cuchilleria, Aô.o

r6551 1 '·

L'ouvrage contient cinquante Méditatio.!}s, divisées chacune en
quatre points : le premier pour se préparer~ le second pour communier, le troisième pour tirer profit de la communion, le quatrième pour rendre grâces. Ces Méditations roulent sur des sujets
variés, empruntés à l'Êcriture Sainte, tant à l'Ancien qu'au Nou.veau Testament. Il n'y a rien à dire du fond même du livre, qui
dénote une piété sincère, sensée et pratique; le style seul peut
appeler quelques observations. Gracian se vante d'avoir employé
celui de son temps 2, et cette affirmation n'est que trop exacte.
Bien que moins contourné que celui de ses autres traités, on y
trouve de ces traces de mauvais goût qui rappellent le destinataire de la lettre infernale. J'en relèverai deux qui déparent un
ouvrage si estiroable.
Gracian, malgré la sévérité du sujet, ne peut s'empêcher de
faire des jeux de mors : c'est ainsi que dans la XXIVc Médita-

Liœnce de Diego de Alastuey, «· Prouincial de la Compailia de Iesus, en
2. del mes de Febrero de 1655. ,,
- « Dames licencia para que se imprima. En Zaragoça a 10 de Abri! de 1655.
D. Sala V.G. y Off. - E:xea. B.egent. J) - Dédicace. - A! Letor. - (petit
in-8° de 399 pages, une page d'errata et 8 feuillets.)
2. , El estilo es el que pide el tiempo. ,, Al Letor.
1.

la Prouincia de Aragon ... En Calatayud : -a

447

Ici l'on sert un Agneau nourri d'un lait virginal, assaisonné au feu de son
amour. Oh I quel plat délicat J La uo cœur enamouré des àmes : quel plat
savoureux! une langue qui distille le lait et le miel, mais rendue amère par du
fiel et du vinaigre : mais des mains et des pieds transpercés par des clous ne
sont pas à oégÙger. Ainsi exalte ce ·què tu mange~ et répartis ta dévotion •.

1. Punta 3.
2. &lt;&lt; Acostumbrase

en los combites, ir descubriendo los p!atos para que los
combidados vayanetigiendo conforme a su gusto, y comiendo al sabor de su
paladar ; pero qu:mdo es vn sumptuoso banquete, en que se siruen_ muchas, y
exquisitas viandas, dasele à cada vno de los combidados vna memona de todos,
para que sepan lo que han de corner, y guarden el apetito para el plato, que
llaman suyo, del que gustan mas, para que vayan rèpartieado las ganas, y se
!ogre rodo con sazon. •o tu, qué te sientas oy al lnfinit.o regalado banquete,
que œlebra el poder del Padre, que traza la sabiduria. del Hijo,_ que sazo_na el
fnego del Espiritu Santo : aduierte que estàn cubiertos los p~ec1osos maaiar~s,
entre accidemes de pan : llegue tu fee, y vayalos descubaendo, y tu reg1strando, para que sabiendo lo que has de corner, lo sepas mrjor lograr. Vn
memorial sete darà de las mîlagrosas viandas : Mim1aria111 fecil tniraltilillm.su-0rnm : Ieelo con. atencion, y hallaras que dite : aqui se sirue vn cordera de
leche virginal, saionado al fuego de su amor : 0 que regalado plato I Aqui vn
coraçon ena111orado de las aimas : 0 que comida tan gustosa I voa lengua, que
aunque de si mana leche, y miel ; pero fue aeleada con hie), y con vinagre :
mira que la comas de buen gusto, pues vnas manas, y vnos pies traspassados
con los clauos, no son de dexar: vè desta suerte ponderando !o que cames, Y
repartiendo la deuocion. ,1 P. r24--t26.

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

Cette piété gastronomique est écœurante; mais on ne saurait
o_ublier que ce qui 1~ous paraît fâcheux dans ces images trop matér1elles, ne ch:::iqua1t nullement les compatriotes de l'auteur
d_ont le tempérament ne s'acc~mmodait guère des pures abstrac~
t1ons ; le mot qui termine le passage que je viens de citer est
bien significatif à cet égard : répartis ta dwotwn, c'est-à-dire' ne
cherche pas à te séparer de la terre pour t'élever dans le doru'aine
de_s purs esp1its, mais fais desc~ndre l'esprit sur la terre, donnelm. une substance, u~e fo~me, un corps sensible et tangible ! Maigre ces taches, le petit traité de Graciao devait avoir une singulière fortune.

449

CHAPITRE VITI

Ouvrages politiques. -El Htroe. - Texte. Fortune. - Sources. - Objet de El Hérort.

Doctrine. - Théorie de ln

Le premier ouvrage politique de Gracian, qui était aussi son
premier livre, fut El Héroe, publié, comme on l'a vu, en 1637' :
cette première édition a disparu; peut-être ne fut-elle jamais
mise en vente; Lastanosa, qui la publia, semble en effet avoir
généreusement distribué les œuvres qu'il faisait imprimer : c'est
ainsi que la Relatiob qu'il avait faite de son Musée, bien que
tirée à deux mille exemplaires, fut épuisée de son vivant ; or il
est peu vraisemblable qu'elle l'ait été par des acheteurs.
La première édition qui nous soit accessible porte le titre suivant :
El Heroe

I de

1 nutuamente

l Lorenzo I Gracian I Infanzon. 1 En esta Segunda Impression
corregido. 1 Con licencia, l En Madrid, Por Diego Diaz, Aiio

M.Dc.xxx1x.II •.
Remarquons, en passant, que le titre donne cette édition
comme la seconde, ce qui confirme que celle de 1637 était bien
la première. Elle est adressée par Pedro de Quesada à Juan Bautista Brescia, Protonotaire apostolique. Je n'ai pu trouver de renseignements ni sur l'un ni sur l'autre de ces personnages ; il est
peu vraisemblable que le Carmélite canarien Pedro de Quesada,
qui fut, d'après Nicolas Antonio, maître de théologie et vécut
longtemps à Séville, où il mourut en 1661, soit le promoteur de
cette réimpression.
Elle nous est connue sous deux formes 3, dont l'une ·doit être
Voir chapitre Ill.
Je rai réimprimée sous le titre: &lt;&lt; Baltasar Graciât1. - El Héroe. R~impresion dt la edici6n de-r639, Pnblfcadn con las variantes àel câdice inédilo a~
Ma;/rid y el retrato del au/or, Chartres, 19rr. »
3. J'ai étudié ces deux formes du texte de 1639 dans la Revue hispanique
(19n, t. xxm, p. 594).
1.

2.

�45°

ADOLPIIE COSTER

une contrefaçon de l'autre, mais qui ne diffèrent que par des
détails typographiques. Si on la compare au manuscrit de
Madrid, on y remarque, à coup sûr, un grand nombre de leçons
différentes, mais n'intéressant généralement que le style. Elle
peut donc servir de base :\ une étude critique, avec l'aide du
manuscrit.
Qu'entend l'auteur par ce mot de Hiroe ? Ce n'est ni le demidieu des Anciens, ni le voyant de Carlyle, conducteur des
peuples qu'il ramène dans les voies de la vérité, ni le surhomme
de Nietzsche, devant qui disparaissent les intérêts ou les droits
des vulgaires humains, ni même l'homme qui se sacrifie noblement pour une grande cause: son Héros, c'est le grand homme,
mais le grand homme qui réussit, et qui, par ses écrits •, par sa
vertu, surtout par ses exploits ou par sa politique, s'est acquis
une renommée éternelle. Il peut être né sur le trône ; mais s'il
n'est roi que par son mérite, c'est une perfection de plus 1 •
L'auteur passe donc en revue successivement vingt qualités
qui forment le Héros; il leur donne le nom de Prinwres, qu'on
pourrait traduire par exceJ/mces. La première de tomes consiste
à ne pas laisser deviner les limites de sa capacité. « la moitié
vaut plus que le tout» a dit Pittac us. En ne faisant voir qu'une
partie de son mérite, on donnera lieu de croire qu'il est infini.
« Que tous ce connais.5ent, dit Graci:in à son disciple, que peronne ne te comprenne 1 ». Le silence peut servir à cer effet;

.,.

t.

Le P. Caussin, dont Graci;\n devait connaitre le livre De Eloqut11ti11 sacra

tl huma,,a (1619) donnait cc nom de Héros à des t'!cri\'ains . c, Non e:i mihi

mens ... beroas illos Senec.am, SalJu5tium, Plinium, Coroelium Tacitum, cr
c.ieteros ... incusare. • li, 14, p. 102, éd. de 1643.
2. • Emprendo formar con m libro enano, \'Il varoo gigante . .. SaC3r rn
varon maxiiuo • esto es rnilagro en pcrfeccion, y yn que no por nanm1lcza Rey,
por sus prendas es vemaja. • Hfroc, p. 3.
;. u Todos te cooozcan, oinguno te abarque. que con c·ta rret:i lo modcrado puecern mucha, y lo mucho infinito, y lo inlioito mas. • Ibid., Primor
I, p. 6

BALT SAR GRACIAN

mais il era surtout utile :i cacher les sentimemsqu'il ne suffit pas
dc réprimer. Savoir se taire est un science indispensable, et l'on
peut justement qualifier de sot, non pa celui qui a fait une sottise, majs celui qui l'ayant commise, ne sait pas l'étoufler dans le
silence 1 •
Le Héros doic avoir un jugement tir, servi par un esprit
prompt et subtil, donc la vivacité se manifestera non seule~ent
par des mots, mais par des actes spirituels•. 1l sera magnamme,
capable d'affronter sans pâlir les plus grands dangers_, ou de_ p3:donner sans effort à ses ennemis 3. on goût si1r lut fera d1Stnbuer la louange avec justesse et sans excès 1 • Comme il est impossible d'exceller en rom, il lui faut choisir parmi ses qualités celles
qui le mettront le mieux en lumi~e : mais il ~t !.n?tile, et
même nuisible, d'exceller dans les peates choses, quo1qu 1111nporte
de savoir bien s'en tirer; en effet, ajoute finement Gracian, u rester
dans le juste milieu en ces matières con.firme l'universalit~ ; y
devenir éminent discrédites ». Le Héros saura donc tout, mais ne
pratiquera pas tour.
Il est, de plus, de première importance, de rechercher un genre
d'ex:cellence dans lequel on n'ait point de devancier. Le successeur d'un prince guerrier n'aspirera pas à la gloire militaire. C'est
ainsi qu'au belliqueux Charles-Quint succéda le politique ~hilippe II; que Vélazquez, désespérant de surpasser la pe~ect1on
de Raphaël et de Titien, se mit à pejndre à grands traits 6 • Il
1. • No graduaua de necio cl Cardcn.tl M:idrucio al que abona vn3 neced:ad,
sino aJ que cometida, oo S3be ahogarla. Accessible es el primor a vn v:1ron callado, calificada indinncion, mejorada dd anc, prcnda de diuinidad, sioo por
n:ituralcza, por semejaoça. » Ibid., Il, p. 8.
2. Ibitl., IlI, p. 9.
;. Ib,d.,IV, p.11.
4. Ibid., V, p. q.
.
s. « Ser eminente en profession humilde, es ser grande en lo po,;o, e Sl:r
algo en nada. Quedarse en vna mediania, apoya la vniversnlidad : pasar à cmincncia, desluze el credito. ~ fl1id., VJ, p. 17.
6. lbM., \'Il, p. 19.

�452

ADOLPHE COSTER

n'importe pas moins de choisir les entreprises qui attirent l'applaudissement et non la haine : à ce titre, Je prince guerrier a plus
de chance de devenir fameux que le justicier '. Mais surtout le
Héros devra rechercher sa qualité maîtresse 2 et connaitre aussi
sa fortune : selon qu'il la sentira favorable ou hostile, il persévérera, ou se retirera; il évitera même le voisinage de ceux que le
sort persécute, pour se rapprocher de ceux qu'il favorise 1 ; mais
il se gardera d'abuser de sa chance, et, sans attendre qu'elle
tourne contre lui, imitera le joueur heureu·x, qui n'attend pas une
première perte pour se lever de table 4.
Il faut encore savoir se gagner les cœurs s et, pour cela,
assaisonner toutes ses aaions et tôn tes ses paroles de cette grâce
naturelle, que Gracian nomme despejo, et sur laquelle nous
reviendrons tout à l'heure 6 ; posséder l'autorité morale 7;
savoir s'acquérir la sympathie des grands hommes et se sentir
porté vers eux. De ces deux formes de la sympathie, la première
surtout esc le propre du Héros 8 •
Il faut débuter par des coups d'éclat, mais savoir les surpasser
dans la suite 9 ; ne jamais montrer d'affectation, l'art suprême ne
se laissant pas découvrir 10 • Il est nécessaire encore de se proposer
un modèle que l'on essaie de surpasser; et Gracian déclare, à
cette occasion, que le type du Héros n'est autre que Philippe IV n.
1. Ibid., VIII, p. 20.
:z.. Ibid., IX, p. 22.

3. " Peganse de ordinario la prospera, y aduersa fortuna a los del lado.
Atienda pues el discreto a ladearse, y en el juego deste triunfo sepa encartarse,
y descartarse con ganancia. » Ibid., X, p. 26.
4. « Sutileza de tahur saberse dexar con ganancia. » Ibid., XI, p. 27.
5. Ibid., XU, p. 29.
6. Ibid., XIII, p. 31.
7. Ibid., XIV, p. 33.
8. Ibid., XV, p. 36 : « Gran realce es la simpatia actiua, si es sublime, y
mayor la passiua si es heroica. »
9. Ibid., XVI, p. 37.
10. Ibid., XVII, p. 39.
li. lb-id., XVIII, p ..p.

BALTASAR GRACIAN

153

Puis vient ·une qualité paradoxale, qui consiste à affecter
quelque légère imperfection ; c'est une satisfaction don~ée ~ux
envieux. Mais, ajoute spirituellement l'auteur, ce conseil n est
guère. oécessai.re, et point n'est besoin d'art, là où suffit _la
nature : le plus parfait offre toujours, même sans le voul01r,
quelque prise à la critique'.
Enfin, n'oubliant pas qu'il est prêtre, Gracian rappelle _au
Héros que l'excellence, qui prime toutes les autres, est la samteté ~C'est à ces quelques conseils, exprimés sous une for_m~ concise ~t
volontairement obscure, dans une langue extraordinaire, pétrie
de néolooismes et de constructions anormales, que se ramène la
doctrine du Héros .. Mais peut-on appeler conseils c~ qu! n'est e~
somme qu'une série dt; constatations ? Le Héros doit bien avoir
en effet les qualités qu'énumère Gracian ; peut-il les acquérir ?
Assurément non. Ainsi le charme personnel est un don, la
chance en est un autre; on en peat dire autant de toutes les qualités présentées comme essentielles au succès du Héros : et
cependant il en est d'autres, dont Gracian n'a pas parlé'. sans lesquelles il n'y a pas de véritable grand homme, et 9u1 peuvent
s'appreudre : ce sont la volonté et la persévérance:. . .
En revanche l'idée que la fortune, la chance, 1etoile, JOUe un /
rôle prépondérant dans le succès, reparait à çhaque instant sous
la plume de Graciin, qui emprunte, d'ailleurs, une foule d'ex~ressions au vocabulaire des joueurs;, et qui formule cet aphonsme
que « tout Héros eut pour parrains la valeur et la fortune 4 ».

1

1 . &lt;&lt;

Quien es- el sol sin eclipses ... No es menester artè donde basta la.natu-

realeza. Sobm la afectacion, donde bas.ta el descuido. &gt;) Ibid . 1 XIX, p. 45 .
2. Ibid. l'rimor vltimo y corona, p. 45.
3. « Pero a quien deslumbro ... fue ... despues a los Taures del Pa~acio ... 11
Ibid., p. 6. - (( Hasta el ciego jugador consulta la suerte al arro1arse ... •
Ibia., p. 2s. - " Atieoda pues el discreto a ladearsè, y eu e1 juego d~fe triunfo
sepa encartarse, y descartarse con garumcia. « Ibid., p. 26. Le Pnmor XI a
pour titre : « Que el Heroe sepa dexarse, ganaodo con la fortuna. »
4. « Lo cierto es que a todo Heroe Je apadrinaron el valor y la fortuna. &gt;)
Tbi&lt;l., p. 25. La Rochefoucauld a dit : « Quelques grauds avantages que la

�454

AD01.PHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

. Cette théorie de la fortune est peut-être la partie la plus origi~ale du Héros. Elle semble bien inspirée du chapitre JL'CV du
Prmce, où Machiavel examine « ce que peut la fortune sur les
choses humaines, et dans quelle mesure on peut lui faire obsta~le 1 ». Mac~iavel n'admet pas que la fortune règne en souveraine;_ ce se:a1t a~ouer que les préceptes politiques qu'il donne
sont 1llus0Lres; il ne peut, toutefois, en nier la puissance, car
son héros, Cêsar Borgia, en a été, dit-il la victime i. Il admet •
donc que, si la fortune est maîtresse d'une moitié de nos actions ·
r~te lLbre; par conséqu_ent l'homme conserve la possibi~'
lite d agir sur son propre destm 3 • Il ne voit d'ailleurs en eUeJ

:qu'un péril dont il faut cbercher à se défendre, et ne compte pas

~a~t1·7

nature donne, ce n'est pas elle, mais la fortune, qui fait les héros. » Sous cette
f~rme(n° 62 de l'édition de r655), la maxime se rapproche moins de celle deGra•
c1an que la seconde rédaction : « ... Ce n'est pas elle seule mais la fortuue
avec elle, qui etc. »
'
. 1. « Faltarle (il s'~giJ de la~rt'.me) de constante loque le sobra de muger,
s1eoten algunos escoz1dos. Y anad10 el Marques de Mariiiano para coosuelo del
E1,11_perador sobre Metz, que no solo tiene instabilidad de rnuger, sino liuiandad
de JOu~n en hazer cara a los mancebos. ,1 Ibid., XI, p. 27. - Ces, paroles du
marq,,ns sont empruntées presque textuellement à Machiavel : « Perché la for.
tuna è donna, ed è neccssario, voleodola tener sotto, hatteria ed urtarla . e si
vede che la si lascia phi viocere da quesri che da quelli che freddamenr: procedon~ . . E ~-ero se~pre corne donna, ë a mica de' giovani, perche sono meno
respetttv1, p1u ferOCI e con più audacia la comaodano. » (fl Principe, XXV.
Qu~to possa celle umane case la fortuna, e in cbe modo se gli possa ostare.
In /me) .. ~n réalité G~ac~n a emprunté cette anecdote à Gio. Botero (Detti
111$1nOrabilz, p. 92. qui fatt dire à Gio. Giacomo de' Medici, marquis de Marignan: t&lt;· Perche s'affügge tanto Vostra Maest.½ ? non sà ella che la tonuna è vna
cattiua donna cbe non vâ dietro, e non s'accosta, se uon â ;iouani ... ? &gt;)
2. t'. Io non saprei quali precetti mi dar migliori a un principe nuovo che lo
e~emp10 delle aziooi sue (il s'agit de Cisai· Borgia): ese gli ordini s:uoi con gli
giovarono, non fu sua colpa, percbè nacque da una strasordinaria ed estrema
m;llignità di lorfona ,i. Pri1lcipe, ch. VII.
3- « Nondinianco, perchè il nostro libero arbitrio non sia spento, giudico
potere esser vero cbe la fortuna sia arbitra &lt;lella metà delle aziooi nostte ma
che ancore ella ne lasci gouernare l'altra metà, o poco meno, a noi. »

cipe, XXV.

Pritl-

455

sur sa faveur pour arriver au succès.
Tout autre est la pensée de Gracian : part:mt, comme il était
assez naturel, de cette idée que la fortune n'est autre chose que
la Providence 1 , il compte essentiellement sur son secours et ne
suppose même pas qu'on puisse réussir sans elle . Il faut que le
Héros tâte sa fortune, avant de s'engager, qu'il sache profiter de
cette faveur gratuite (regalo) et ne s'obstine pas, s'il la sent hostile 2 • Mais, s'il en est ainsi, on peut se demander de quelle
utilité sont 1es préceptes donnés par Gracia□, puisqu'avec tout son
mérite un homme n'arrive à rien, si la fortune ne le soutient.
~e~e?dant cette ~~rt faite à la fortune dis~ngue Gra~iân ~e 1~ 1
ma1onte des théoriciens de sou temps, qm se sont mgémés a
tracer le portrait du Roi ou du Favori parfait, recueillant infailliblement le fruit de sa bonne conduite.
Si le traité de Gra..:ifm ne dénote pas une originalité puissante,
c'est l'œuvr'e d'un esprit ouvert et clairvoyant, plutôt que profond; d'ailleurs l'âge auquel il l'écrivit, sa profession, quL.f!~le
m~laj_t _guère au monde politique de son temps, ne pouvaient
,,faire attendre de lui des réflexions vraiment personnelles; c'est "4
len somme le ré5umé d'abondantes lectures : au début du Héros,
Gracian se réclame lui-même de Sénèque, d'Ésope, d'Homère,
d'Arist0ce et de Castiglione, et déclare qu'il se contente de copier
ces maitres 3 • Il leur a moins emprunté qu'il ne le dit : il en

I

1. « La fortuna tan nombrada, qu.ao poco conocida, nos es otra, hablaodo
a lo cnerdo, y aun catolico, que aquella gran madre de cootiogencias, y gran
bija de la suprema prouidencia, assistente siempre a sus causas, ya queriendo,
ya pei:_rni_tiendo. &gt;l Héroe, X, p. 24.
2. u. Reg)a es muy de maestros en la discredoo politica, tener obseruada su
fonuna, y la de sus adhercntes. El que la experimento madre, !ogre el regalo.
empeiiese cou bizarria, que coma amante se dexa lisongear de la con fiança .. ,
Pero quien de ordinario probô agrios de madrastra, amayne en los ernpcôos,
no terquee, que suele ser de plomo en el disfauor. » Ibid., X, p. 24-25.
3. « Formaronle prudente Seneca, sagaz Esopo, belicoso Homero, Aristoteles Filosofo Tacito politico y cortesano el Conde. Yo copiaodo algunos primores de tan grandes Maestros intenta bosquejarle . .. » Ibid., p. 3.

�ADOLPHE COSTER

est d'autres qu'il ne nomme pas, auxquels il doit davantage.
La plupart des exemples qu'il donne dans son Héros sont tirés
des Apophtegmes de Plutarque, des Adagia d1 Erasme, mais surtout
du livre de Giovanni Botero intitulé Detti memorabili di personnaggi illnstri, publié à Turin, en 1608 '.
Botero raconte qu'il en conçut l'idée un jour où, dans une
prometiade qu'il fü dans les jardins d'Aranjuez, en compagnie
du comte de Lemos, il entendit rapporter toutes sortes de bons
mots d'un gentilhomme qui, peut-être, était le célèbre Juan

Rufo.
Graciân connaissait.à fond ce recueil, qu'il a mis à contribution,
non seulement dans le Héros, mais dans El PoUtù:o, l'Agudeza,
l'Ordc11lo et le CriticQ!l. La plupart de ces emprunts se trouvent
cependant dans le Héros. C'est ainsi que le mot célèbre de
Louis XIl : &lt;c Un roi de France ne venge pas les injures du duc
d'Orléans 2 )), l'histoire du marchand portugais et de Philippe Il 1,
celles d' Abul prisonnier de son frère Mahomet 4, de Diego Pérez
de Vargas et d'Alphonse de Castille•, et uue infinité d'autres
r. Detti I memora,bili I di ] personaggi illustri I Del Siriwr I Gioua1mi Bafero
di Sa11 Midiele della C/Jiusa, etc . .. ] À I sermissimo Carlo E1111muel 1
Diua di Savoia, etc. Principe di Pitwumte, etc. 1 It, 1orino I Per Gio. Domenico
Tari110, MDCVIII. 1 Con Uoenz.a. de' Superiori, 11Ou trouve dans ce recueil
des anecdotes bien. connues telles que l'œuf de Colomb, p. r;B, et le mot de
Bayard mouraot au Connétable de Bourbon. le livre de Botero est divisé en
deux parties; la seconde est réservée à des exemples édi6ants dont Gracian n'a
guère fai_t usage.
2. Hirae, p. 13; Dali, p. 53.
3. Héroe, p. 14-15; Detti, p. 118.
4. Héroe0 p. 28 ;Delti, p. 81.
5. Hirne, p. 18; Delti, p. w6. Peut-être connut-il Commines par l'inter, médiaire de la traduction de Juan Vitriao y Pujadas, intitulée : Las Munorias
de Felipe. de Comilles sefior dt Arg-e11/01t, de los hechos y empressas de Luis 1mdai1flo
y Carlos octava Reyes de Francia, traducidas drl F,·anus am Escolics propios. »
Elle ne fut imprimée à Anvers qu'en 1643 ; mais Vitrian ayant pà5Sé sa vie à
1 Abbate

f.w

Calatayuù, Graciâa put a\·oir coonaÎ5sance du manuscrit.

BALTASAR GRACIAN

457

sont tirés du livre de Botero. Graciân s'est a peine soucié de les
modifier, et les a copiés d'abord mot pour mot. Ainsi Botero
avait écrit : « Mattia Coruino, Rè d'Vngaria, riputaua, che il
proprio vfficio della grande:,:za reale fosse·vincere i nimici, far case
degne d'essr:re scritte, &amp; allargar la mano a'virtuosi. &gt;&gt; (P. ~).
Graci:in, dans sa première rédaction du manuscrit de Madrid,
copie : « Deçia Corvino que la grandeça consistia en dos cosas ...
en baçer casas clignas de ser escritas y en alargar b mano con los
historiadores porque ellos la alarguen &gt;,. (P. 3 r, note r). La leçon
de 1639 s'éloigne un peu plus du texte primitif: (c ••• solia dezir,
y platicar mejor: Que la grandeza de vn Heroe consistia en dos
cosas, en alargar la mano a las hazaiias, y a las plumas, porque
çaracteres de oro vinculan erernidad n. (P. 30-3 I ).
Lorsqu'il rapportait le mot du duc d'Albe, ex.primant son
regret de n'avoir jamais eu l'occasion de se mesurer avec une
armée turque, Botero avait dit : « Nondimeno non gli pareua
d'hauer fatto nulla ; poiche non si haueua mai visto innanzi vn
essercito Turchesco. Perche haueua sino all'hora combattuto con
forze superiori, ô vguali, ô di poco inferiori à quelle . de'
nimici ... » (P. 94). Graciao dans le manuscrit de Madrid :
« Pues nunca havia visto vn exercito de Turcos delante, que lo
[que(?)] havia vencido havia sido o a iguales en poder, o a inferiores o a superiores poco mas ... » (P. 15, note 16). Dans le
texte imprimé, la dernière partie de la phrase, après le mot de/ante,
a été supprimée.
/ Les exemples qui précèdent donnent une idée du sans-gêne
avec lequel Gracia.a utilisait le livre de Botero. Il s'est egalement
inspiré d'4!ilQ_~o Pérez, dont il n'a prononcé le nom que_dans
son Agudez.a ', mais qu'il a clairement désigné dans le Discreto
1. &lt;1 Esta eminencia ha hecho tan cstimadas las cartas de aquel tan fauorecido de la fama, quan perseguido de la fortuna, Antonio Perez, como se
admira en esta, que merecio ser la primera a Madama Caterina, hermana de
Henrico IV, Rey de Francia, etc. . . » Agudeta, LXII, p. 367. - &lt;( Este le vali6

�ADOU'HE COSTER

sous le nom d'Amphion aragonais, ce qui prouve son admiration
pour le subt~l écrivain. Le Primor XVI, Renouacion de grandez.a,
semble bien procéder d'une lettre, où Pérez rappelle un mot de
Charles-Quint, conseillant aux princes de tenir incessamment en
éveil l'admiration de leurs sujets '. On peut en dire autant du Prim.or XII dont le titre, Gracia de las Gentes, semble tiré de la lettre
A v11 gran Privado •.
Une curieuse rencontre est la suivante. A la fin du Primor Vll
Graciin cite un peintre qui, se voyant devancé par Titien et'
Raphaël, essaya de peindre à larges traits pour se distinguer d'eux.
M. Forel-Fatio a remarqué qu'il s'agit là de Vélazquez et de sa
première manière de banibochadas, comme l'indique un passage de
Palomino 3 • Antonio Pérez rapporte une anecdote analogue à
propos de Titien qui aurait uu jour declarê devant lui à Venise,
que, s'il s'était mis à peindre à larges traits, c'était afin d'éviter
de passer pour l'imitateur de Michel-Ange, de Raphaël, de Cor-

d aquel nuestro Anfion aragones, cuando perseguido de los propios, hall6
amparo y auo aplauso, en los coronados Delfines extraùos. » Discreto, Vm,
p. 65.
I. Charles-Quint disait : 1, Que devian procurar los Principes Soberanos
exerçitar siempre alguna v:irtud grande de su offiçio, en cuya admiraçion tengan entretenidos y ocupados los animos de sus subditos. Porque de ou-a
manera correra11 peligro que no se les plerda con facilidad el respecto. » Las

Obl'as )' Rtl/J,/)iones de A11to11io Per~, sccretario de estndo que fve del Rey de Espaiïa
Don Phelif1peII dute nombre. -Itlvstrat Dvm Vexat. - Por Iuan de lii Planche.

MDCXXXI. P. 555. Pérez explique que le Prince doit manifester d'abord sa
vaillance, et, s'il n'y a pas de guerres, sa piété et sa libéralité~ mais qu'il doi·t
en tout cas entretéair !'attention, ne fût-ce qu'en réformant le calendrier.
2. "Poresso, Seifor, con essagraçia de esse Priaçipe estime en macho V ...
essa graçia de las gentes, conseruela cou esse noble natural, con essos medios
que van en el Aduertimiento. Porque la graçia de las gentes hazemasdurable
y firme la graçia de los Prinçipes: à lo menos obrar à respitcto quando llegue
fa. horade la mudança, tan çiena como la bora de la muerte. » Obras y Relacio11es, lettre du i,4 juin I 594, iti fine.
3. Voir B11/letiii Mspaniq~, 1910, p. 204-.

459

:BALTASAR GRACIAN

rège et du Parmesan 1 • Il semble bien qu'ici encore Graciàn doive
quelque chose à Pérez.
Un écrivain italien, Matteo Peregrini, dont nous aurons foccasion de parler à propos de l'Agudez.a, lui fournit probablement
aussi quelques idées pour son Héros. Le rapprochement n'est pas
certain, mais il est très vuisem blable.
Matteo Peregrini était né vers r 598 à Liano dans les environs
de Bologne ; docteur en philosophie ( 1620) et en théologie
( I 622 ), il se fit ordonner prêtre et devint le protégé du cardia al
Antonio Barberini qu'il accompagna à Palestrina, Fermo et
Viterbe. En 1637, ii alla à Gênes comme Consulteur de la République et, douze ans plus tard, revint à Bologne où il obtint, au
concours, le poste de premier secrétaire du Sénat. En 1650, grâce
aSforza Pallavicino, il fut appelé à Rome comme bibliothécaire
du Vatican, et y mourut le ro decembre r 652 2 ,
1. « Via el otro galante piator que le auian cogido la delantera, el Ticiaao,
Rafael y otros. Estaua mas viua la fama quando muettes ellos : valiose de
su inuencible iouentiua. Dio en pint.ar a lo vaienton, objctaronle algunos
el no pintar a lo suaue, y pulido en que podia emu!ar al Ticiano, y
satisfizo galantemente que queria ruas ser primero en aquella grosseria,
que segundo en la delicadeza. » HJroe, p. 20. (( T:ù me paresc;e lo que
oy vn dia en Veaeçia a Tiçiano rnisme, aquel gran Pintor. Preguntauale
vn dia el Embaxador Francisco dé Vargas ... parque auia dado en aquella
manera de pintar tan sabida suya de golpes de pinçel grosseros, casi como borrones al descuydo ... y no con la dulzura del pinçel de los raros de su tiempo.
Respondio el Tiçiano : Seiior yo desconfiè de llegar à la delicadeza, y primor
del piru:cl de Michael Angelo, Vrbina, Corregio, y Pa.rmesaao, y que quaado
bien Uegasse seria estimado tras ellos, o tenido por irnitador dellos, y la Ambicion natural, no menos a mi Arte que à las otras, me hizo echar por camino
nueuo, que me hiziesse celebre en algo, como los otros lo fueron por el que
siguie!'on. ,1 Obras y Relacio11es, p. 874. - Dans ses E11trelitt1s d'At"iste cl
d'E11gè11e, 1671, IV, p. 196-197, Bouhours cite cette réponse de Velazquez,
· d'apri:s Graciàn qu'il ne nom.me pas.
2, Voir Fantuzzi, Notiz_i.e degli scritlori bologuesi. Bologna, 1778, vol. VI,
p. H 1-33 3. Son dernier livre est intitulé : « I Ponti I Dell' fogegno I t"idotti ad
ar/e, 1 Et alf fllustrissimo I Stttato I di Bolog-1U1 1 dedicat·i [ da Matteo Pellegrini 1
IIINUE ll.lSPANIQ.UE. D.

30

�ADOLPHE COSTER

C'était un esprit fort actif: il a laissé une série d'ouvrages sur
la politique ou la vie de cour, dont l'un, paru en 1624 sous le
titre : Al Sattio è can11eneuole il Corteggiare, a pu inspirer Gra-

cian 1 •
J'ai signalé que, dans le manuscrit du Héros, le Prinwr XV De
la Simpatia füblime, n'existe pas. Or dans le livre de Peregrini, le
chapitre XXV du Livre I, est précisément intitulé Della Simpatia.
Bien qu'il n'y ait pas imitation au sens strict du mot, il est
facile de rapprocher des idées de Peregrini celles de Gracian.
Comme ce dernier, :Peregrini s'extasie sur la puissance de la sympathie, dans laquelle il veut voir « une marque du lien de
Bolognese, 1 Di/la Sau:a Téologia e de1l'v11a, t l' altra I legg~ Dotton, t ntl publia,
patrio I Stvdiodi Filosofia I natllraleProfessore I Ordfoario. 1 InBolog,ia, MDCL.
1 Per Carlo Zenero. Con licwz.a de' S11periori. Il Dans la préface de ce dernier
ouvrage, il donne la liste de ses œuvres et de curieuses explications sur les
différents styles qu'il y avait employés. &lt;( Scrissi il Sauio in Corte nel primo bollore della gioventu, intenta a prender saggio della locut:iooe di Se11eca in Tos~
caoo, se bene perauueotura non l'imitai (corne souente pUie auuiene a chi
vuole fare la Sirnia degli huomini grandi) saluoche ne' difetti. La Pratica
comune a' Pre11cipi, e Ser1iidori, con la Difesa dû Sar.io furooo poi scritte da me
dieci anoi dopo, e cosi comc frutti di stagione più temperata, rimase in essi
altresi quella prima souerchia vehemeoza molto rimessa: e quello veramente ë
lo stile, che al natural mio talento, è più confacente. Le Awtezz..e poi, che sono
Arte non voleano altro stile. Nella Politica 111assi111a finalmeote où sforzai di
conditionare la Iocutione seconde che giudicai conuenirsi a quelle Declarationi
portate tutte sù la nota vehemente ». La Difesa parut à Viterbe en 1634, ainsi
que la Pratica.
1. Al Savio I è..ccmvenevole il corteggiare I Libri III I I Di Matteo Pmgrini 1
Bolognese nell'Ac. della Notte j l'Errante. j .All'Illm 0 , et Eccm 0 • Sig. 1 Fra Don
A11ton.io I Barberini I Caure, della Re/ne. Gierosoln• di 1 5. Gio. Prior del BaU,ig-

gio di I Bol• Com1°, di Milano Nipole I di N. S. Papa Vrbatw I VIII I Con
lict11z.a dt Supericn-i I In Bolo.ir11fl far Nicclà Tebalditii Ad Imtanz.a di Pellegrit~
Golfarfai. 1624. 1J In-40 de 16 ff. 4&gt;4 pp. Cet ouvrage fut traduit en français
par Marcassus : « 4 Sage en Cm,, de Matteo Peregriiii par Pierre de Marcass1,is.
A Mo11Seigne1ir Messire Pierre Segvier Chancelier de Frame. A Paris, chez. Fiera
Rocokt. MDC.XXXVIII. Auec Priullege du Roy. » Il existe une autre édition
de Paris, 1639.

+

BALTASAR GRACIAl-1

l'univers ». &lt;c C'est un don du ciel, il est au-dessus des forces de
de notre raisonnement, c'est une pure fortune 1 • » Gracian dit
exactement la même chose, quoique sous une forme beaucoup
plus obscure et plus prétentieuse.
Mais voici une source plus certaine du Héros. Dans sa préface
à l'Homme de cour traduction de l'Oraeitlo, Amelot de la Houssaie
écrivait: cc L'avi~ au lecteur, qui est à la tête de I'Oraettlo
Manual2, porte que le Discret a été traduit en François; mais
c'est une erreur de quelques gens qui ont cru que l'HonnéteHomme de Faret était une traduction du Discret de Gracian ».
Nicolas Faret, mon en 1646, secrétaire du comte d'Harcourt, et
l'un des premiers membres de l'Académie française, publia en
effet, en 1630, son Honneste-HommeJ, qui parut de nouveau en
r. 1,Frale maraviglie, che per ignote cagionl sospendono il giudilio_ di que:ll,
che sanno : quella beneuolenza che senza palese allettamento, 1mprou1sa
s'apprende, a null'altra é seconda. lo la credo vn saggi~ del _v_inco~o di_ questo
vniuerso. Si vede fra le piante, fra gli aniroali, &amp; anco ne corpunanunati, etc .. :
Chi all' aruicitia reale bà questo mezano, tosto, e di leggiero, passa al da gli
altri con tanti trauagli, in vano desiderato fine. Non ha bisogno d'ossequio, o
d'altro sensale. La fortuna gli è'l tutto ... Ma quanto è piu ageuole e piano questo
seotiero tanto più è fuori dello studio umano. E vn dono del Cielo ; è sopra
le for 7.e del nostro consiglio ; -è pura fortuna ; Auuenturato chi l'affronta. Non
sarà ne sauio, ne sciocco, chi con questa fidanza s'accosti a la Corte. » Al
Sabio è conve,ievole, etc., p. 39.
2. Dans l' Avis au lecteur de l'Ordculc, Lastanosa disait : « El ofrecerte de vn
rasgo todos los doze Gracianes, tan estimado cada vno, que el discreto, apeoas
se vio en Espaiia, quando se logrô en Frances, traduzido en sv leogua, Y
impresso en su Corte. »
.
.

3. L'Hot1tieste-Homme, ov, l'art de plaire a la ccvr/. Par le s·1evr Fant. A Paris,
MDC.XXX. ~vec
Privilege dv Roy. - L'Ho1111este-Eom111e av, l'art de plaire a la C(11)r/._ Par le s,evr
Faret. Traduit en Espagnol, par Dom Ambl'osio de. Salazar, secrélawe !nterprete
du Roy e11 la langue espagll()le. A Paris, chez. To1~sai11ct-Qviltet, au Palais, dans la
petite Salle, sous la mo11tk de la Cour des Aydes. MDC.XXXIV. A11aPr~11ilegedu
Roy. Faret est aussi l'auteur du traité : Des Vertus 11ecessaires a vn Pniice pour
bien gouvmitr ses sujets. Paris, 1623 (dédiè au comte d'Harcourt).

chez. To,maincts d11 Bray, ruë Sainct-]acques, aii.x Epics 111turs.

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

1633, avec une traduction espagnole d'Ambrosio de Salazar. Il est
donc évÎdent qu'll n'a pu connaître le Discreto, paru en 1646,
non plus d'ailleurs qµe El Héroe, publié en 1637. En revanche
la position de Gracian est moins solide.
li a connu l'ouvrage de Faret. Dans son Ordculo, il parle des
1
paroles de soie dont il faut user pour parler aux rois. Cette expression vient, par fa voie des écrivains français, d'un des Apophtegmes de Plutarque, reproduit dans ceux d'Erasme : Ilo:puacm,;,
~ Ki&gt;pou xo:l 1Aptoi~Jp;ou µ,f,t11p 1 hD,euaE t?iv ~oicrtÀû p.DJ,ovto: ii,di

-,,;app'l)a(oiç; ôtoiÎ,É)'Ea03:t, ~uaafvotç; xpriaOoit ~'I\ µ.:xcn '. »
Ce mot de ~tbaoç;, qui désignait un lin très fin, n'ayant pas

d'équivalent en français, les traducteurs ont été amenés à faire un
contresens. Rabelais, qui rappelle cette anecdote, dit, dans son
Pantagruel : « S'il parloit, c'estoir gros bureau d'Auvergne, tant
s'en falloit que fust soye cramoisie, de laquelle vouloit Parisatis
estre les paroles tissues de ceux qui parloient à son filz Cyrus,
roi des Perses 2 ». Plus tard Amyot traduisit: « Que celuy qui
voulait faire quelque remonstrance à un roy, devait user de paroles
de soye, c'est-à-dire les plus doulces qu'il pourrait choisirJ &gt;&gt;.
Et Faret, s'inspirant d' Amyot, écrit dans l'Honneste-Homme:
« Qui pourroit, ne deuroit iamais apporter en ce trafic (il s'agit
de la complaisance parmy les Femmes) que de ces paroles de soye
dont on entretient les Roys » (p. 240). Dans la traduction d' Ambrosio de Salazar4, les paroles de soye deviennent les palabras de
seda dont parle Gracian. Ce rapprochement montre qu'il a connu
-. ; le livre de Faret, tout au moins par 1a traduction de Sala~ar,
y,.,.._tv bien qu'il ne prouve pas qu I l'aitcônnu avant cIT"écrire le Hér~
Mais on trouve chez Faret un chapitre intitulé &lt;&lt; De la Grace
naturelle &gt;&gt; (p. 32), qui semble bien avoir donné naissance aux
Regwnet Imperator11111 Apophthegmata, Édition Didot, t. I, p. 206.
Edition Burgaud des Marets et Rathery. 3• éd., t. Il, p. 177.
3. Œuvres momles, édition Janet, 1819, t. ID, p. 270.
4. « Quien podcia no deuria nunca traer en este tràfago sino &lt;lestas palabras
de seda con que los Reyes se entretienen. Hon11este Homme, 1634, p. 2,4.
1.

trois Prinwres du Héros : Gracia de las gentes, Del despejo et Tuda

prenda sin afe.ctation.
Toutes les bonnes parties que nous auons alleguées, sont tres-considerables
en vn Gentilhomme, dit Faret; mais le comble de ces choses consiste en vne
certaine grace naturelle, qui en tous ses exercices et iusques à ses moindres
actions doit reluire comme vn petit rayon de Diuinité 1 , qui se voiten tous ct'ux
qui sont nays pour plaire dans le monde. Ce point est si haut qu'il est audessus des preceptes de l'Art et ne se sçauroit bonnement enseigner. Tout le
conseil qui se peut donner en cela c'est que ceux qui ont vo bon iugement
pour rcigle de leur conduite, s'il~ ne se sentent doüez de ce sublime don de
nature, taschent du moins à reparer ce manquement par l'imitation des plus
parfaits exemples, et de ceux qui auront l'approbation geoerale. La bonne education y sen encore beaucoup ... Mais que ceux-là sont heureux qui n'ont que
faire d'enseignements pour plaire ; et qui ont esté comme arrousez du Ciel, de
cette grace qui rauit les yeux et les cœurs de tout le monde I Cependant pour
rendre vn peu plus claire vne chose de si grande importance, il me semble
qu'on peut dire que comme cette grace dont nous parlons, s'estend vniuersellement sur toutes les actions et se mesle iusques dans les moindres discours; il y
a de mesme vne reigle generale qui sen sinon à l'acquerir, du moins à ne s'en
esloigner iamais; c'est de fuyr comme vn precipice mortel cette malheureuse et
importune Affectation, qui ternit et soüille les plus belles choses; et d'vser pa:r
tout d'vne certaine negligence qui cache l'artifice et tesmoigne que l'on ne fait
rien que commè sans y penser et sans aucune sorte de peine. C'est icy à mon
auis la plus pure source de la bonne grace 2 •

L'analogie avec Graci:l.n est frappante; mais ce dernier a prétendu renchérir sur Faret et définir trois perfections distinctes, là
où son devancier n'en avait aperçu qu'une. En réalité, il se borne
, à envisager la même qualité dans trois séries d'actes différents,
1 et les distinctions artificielles qu'il essaie d'établir sont tellement
subtiles qu'il ne peut les maintenir lui-même rigoureusement.
Le rapprochement que je viens de faire permet peut-être de
traduire avec exactitude le titre du Primor XIII, Del Despejo. Le
premier traducteur français, Gervaise, a employé le terme entre-

2.

1.

Dans le Primor Il du Héros, p. 8, Graciàn emploie l'expression preuda de

diuinidad.
2.

Hom1este-Ho111111e, p. 32-35.

�BALTASAR GRACI~

ADOLPHE COSTER

gent qui est un contresens formel. Amelot de la Houssaie, et
après lui le P. Courbeville, ont adopté celui de je ne sais quoi,
expression fort à la mode au xvu• siècle. Mais rend-il bieh cette
« perfection de la perfection même&gt;&gt; qui &lt;&lt; défie l'explication? 1 »
Si l'on se rappelle que Faret dut être l'inspirateur de ce chapitre,
on trouvera que les mots grdce naturelle, dont il fit usage, sans
avoir rien de mystérieux ni de rare, expriment assez bien, quoique
incomplètement, cette idét:: de despejo. Graàan a prétendu raffiner sur cette grâce natureUe et en a distingué deux formes, selon
qu'elle a pour objet d'acquérir les bonnes grâces des autres, ou
de donner à toutes les actions ce cachet de perfection qui les
achève. D'ailleurs ses efforts pour la définir d'une manière précise sont vains : il reconnaît qu'elle porte différents noms qui la
désignent dans ses diverses applications, selon qu'on y considère
de préférence qu'elle est imperceptible, alentada, galante ou facil;
mais il ajoute immédiatement qu'on lui fait tort en la confondant
avec la facilité• dont il vient de parler à la ligne précédente;
en sorte que, loin de se faire entendre, il ajoute encore à l'incertitude qu'il veut dissiper . Cet exemple _peut faire comirendre que
l'originalité du Héros consiste surtout dans le style et dans une
te~ve de raffiner sur l'expression d'idées qui ne sont_pas nouvelles.
Toutefois pour l'étude de Graciio, ce petit ouvrage présente
une importance considérable : un examen attentif révèle qu'au
momen où il 1'écrivit, l'auteur était en possession de toutes les
idées qu'il devait développer plus tard; et ceci (soit dit en passant) rend très vraisemblable sinon l'existence, du moins l'inten-1
tion d'écrire les douze ouvrages dont parle Lastanosa. La sub- .
1. « Es perfeccion de la misma perfcccion » Héroe, Xlll, p. 31. « Estrana
laexplicacion. )&gt; Ibid.
2. « Por robador del gusto le llamaron garabato : por lo imperceptible,
dooayre : por Jo alentado, brio, por lo galan, despejo : por lo facil, desenfado ... Agrauio se le haze en confundirle con la facilidad. \l Ibid., XIII, p. 31-

32.

stance de chacun de ceux que nous possédons se retrouve en
\ effet dans le Héros. Le Comulgatorioseulfait exception, mais nous
avons vu qu'il était dt'l à une circonstance fortuite. L' Atento et le
Galante, que nous avons perdus,s'y trouvent déjà esquissés en plusieurs endroits. L' Agudez..a est en germe dans le Primor II, où
1 Gracian déclare que, s'il est un don de la nature, l'esprit d'à\ propos peut cependant être développé par l'étude'.
Mais une question se pose au sujet du Héros : quel fut le but
de l'auteur en l'écrivant'? En 1645, Cerizierspubliaitun ouvrage
intitulé Le Heros François", dans lequel il faisait l'éloge de Henri
de Lorraine, duc d'Harcourt, alors gouverneur de la Catalogne
au nom de Louis XIII. Ce livre, dont le but était politique, fat
traduit par l'Augustin catalan Gaspar Salà, abbé de San Cugat
de Valls;, et répandu dans les provinces soulevées, pour leur présenter leur nouveau gouverneur. L'auteur s'était directement
inspiré de l'opuscule de Graciân qu'il nornme dès le début de sa
préface:
Gratian, dit-il, croit faire le Heros, à peine fait-il son phantosme; mais quand
il auroit atteint son dessein, il seroit fort loin de son Comte (il y lt là une
équivoque voulue); Olivarez n'a pas ruiné tant de monstres qu'il doive passer
pour un Prodige de force : toute sa Nation ne fournirait pas la matière de cc
grand ouvrage; l'Espagne a trop de Sages, peu de Vaillans. Quelque relief que
l'hyperbole donne à ce Colosse, il se cache tout dans l'esprit de son Autheur;
aussi n'est-il gros que de vent et ne subsiste que par la pensée.

Ainsi El Hiroe serait un panégyrique du Comte-Duc tout puissant à cette date : que faut-il penser de cette assertion?
1. « Hasta aqui faucres de la naturaleza, desde ~qui realces del arte. Aquella
engendra la agudeza ; esta la alimenta ya de ·agenas sales, ya de ln preuenida
aduertencia. - Son Ios dichos y hechos ageuos en voa fertil,capacidad semi.lias
de agudeza de las quales fecundado el ingenio multiplica cosecha de promptitudes y abuodaociade agudezas. » Héroe, p. 11.
2. Le \ Heros François 1 (llJ I r Idee dv grand I capitaine I Par le Sieur de Ceriziers, 1 Arimosnier I de Monseigneur le duc d'Orlea11s. 1 A Paris, 1 Chez. la. Veuue
Jean Camvsat, jet I Pierre Le Petit, ntê Saiut Jacq11es, 1 A la Toysou, d'Or. 1
M.DC.XLV. 1 Auec Pri11ilege dv Roy. 1 1
3. L'Heroefrances. Batcelone, 1646, in-4.

(n

fO

ll

�ADOLPHE COSTER

Dans le Héros que nous connaissons par l'édition de 1639, il
n'est question nulle part d'Olivares; tout au moins le favori n'estil pas nommé; un seul passage pourrait, à la rigueur, s'appliquer
à lui : c'est la phrase dans laquelle Gracian oppose à la sympathie active, qui désignerait l'affection de Philippe IV pour son
ministre, la sympathie passive, qui ferait allusion à Olivares
objet de l'affection de son souverain. Il est d'aiUeurs à noter qu~
la seconde forme est considérée comme supérieure à la première,
ce qui constituerait une flatterie raffinée pour le favori~. Mais
c'est là un indice bien léger, si l'on considère surtout que, dans
le manuscrit de Madrid, le chapitre de la simpatt"a sttblùne n'existe
pas. Toutefois, dans ce même manuscrit, Olivares est mentionné
à deux reprises, A la fin du Primor XIII, Graci:1.n avait placé un
éloge enflammé de Philippe IV•, qu'il déclarait être le Héros par
excellence; il ajoutait qu'on hésitait sur le surnom qu'on devait
lui donner, et disait qu'il méritait, entre autres, celui de Fortuné
(afortunado) pour l'avoir été en tout, c&lt; en parents, en épouse, en
héritiers, en frères et en favori». Il faut remarquer que le favori
occupe peu de place dans cette énumération. De même, le
manuscrit se termine par un éloge inachevé du roi et de son
favori, dont l'auteur vante particulièrement la piété. Gracian va
jusqu'à féliciter l'Espagne perdue par le fameux comre Rodrigo,
d'être restaurée par le Comte-Duc 1. Cet éloge a disparu de l'édition de 1639; mais on peut être assuré qu'il n'existait pas dans
celle de 1637, car Olivare~, encore en pleine faveur en 1639,
aurait pu, à juste titre, se formaliser de cette suppression. Un
examen attentif du Héros ne permet donc pas de conclure avec
Ceriziers que le livre fut écrit à la gloire du favori.
On pourrait à juste titre se demander s'il n'y a pas là simpleGran realce es la simpatia actiua, si es sublime, y mayor la passiua si
es heroica. ù Héroe, p. 36.
2. Ibid., p. 33, note.
3· On pourrait encore arguer en faveur d'Olivares du paragraphe de l'Avi.r
an lecteur &lt;1 y ya que no por naturaleza Rey, por sus prendas es ventaja. ll
1. •

.BALTASAR GRACIAN

, ment une basse flatterie pour Philippe IV. Le souverain est en
effet loué comme le Héros par excellence, non seolement dans la
dédicace du manuscrit, ou Graciàn déclare que son livre « aspire
à la protection de celui à qui il doit l'être, et qu'il veut ~e reconnaître tout entier redevable à Sa Majesté, comme à son 1dée et à
son centre I mais encore dans le passage du Prim.or XIII, précédemment ci~é à propos d'Olivares. Il y a là dix-huit lignes, particulièrement travaillées par Graciân, et dans lesquelles il s'efforce
de mettre au point un éloge amphigourique du roi, lui attribue
toutes les vertns et fait de lai un prodige (milagro) inimitable 2 •
Après de nouvelles corrections, cet éloge a été transporté à la fin
du Prim.or XVIII: Philippe y est qualifié de Monarque des Héros,
la première des merveilles vivantes du ~1onde 3 •
•,
•
II serait donc plus naturel d~ so_utent.r qu~ _Grac1an pensa1_t à
\1 Philippe IV en écrivant son petit lme; et ~-atlleurs, la pr~~ère
des qualités qu'il requiert de son Héros, 111!com~réhens1b_1hté,
ne convient-elle pas parfaitement au souveram qui sut tou1ours
cacher sous une apparence digne et majestueuse le vi~e de ses ~e~sées et l'impuissance de sa volonté? La seconde,_ 1 art de _d1ss1muler ses sentiments (cifrar su voluntad) ne lui convenait pas
moins : Gracian déclare, non sans ironie, que si cette qualité
n'est pas véritablement divine, elle le paraît tout au moins~Mais, en réalité, il ne faut voir dans ces l~uanges qu'un de ces
éloges banaux par lesquels les auteurs croyaient convenable de
ma nifester leur loyalisme.
Une autre hypothèse a été suggérée par une phrase du chanoine Manuel de Salinas, dont le témoignage est d'un grand
poids, en raison de ses relations intimes avec Gracian et Lastap. r, note, lignes 8-9.
Ibid., p. 333. Ibid.~ p. 42. - Voir également p. 47 la leçon du manuscrit où Philippe
est loue à c6té d'Olivares.
4. « Accessible es el primor a vn varon callado, calificada inc~acion me~orada del arte, pre□da de diuinidad, sino par natutaleza, por semepnça. » Ibid.,
p. 8.
I. Ibid.,

2.

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COS'l'ER

nosa. Dans son approbation du Discreto, il dit que l'auteur
« consacra les prémices de son esprit à l'enseignement d'un prince
dans le Héros et le Politique' ». On a voulu voir dans ces
paroles l'affirmation que le Héros fut composé en vue de l'éducation du prince Baltasar Carlos, héritier présomptif de la couronne, né en octobre r 629, et, par conséquent, alors âgé de huit
ans. Mais cette interprétation me paraît inexacte : je ne pense
pas que le mot Prince désigne ici un personnage déterminé; pas
un mot dans le Héros ne rappelle le souvenir du jeune Infant, à
part le passage du manuscrit cité plus haut• et qui, précisément,
fut supprimé dans le texte de 1639. Aucune allusion n'y est faite,
par exemple, au profit que l'enfant pourrait tirer des leçons 'de
son père, type achevé de l'héroïsme, ni même aux vertus qu'un
sujet enthousiaste ou flatteur n'aurait pas manqué de décomm
en lui. Quel intérêt d'ailleurs Graciân aurait-il eu à cela? Aspirait-il à devenir le précepteur du jeune prince ? Non, sans doute;
car il était encore un trop petit personnage ; et, de plus, on ne
saurait oublier qu'à cette date, Philippe IV n'ayant encore que
trente-deux ans, on ne pouvait prévoir de si loin l'avènement de
son héritier, tandis qu'il y avait tout intérêt à flatter un sou\·erain qui paraissait devoir rester encore si longtemps sur le trône.
L'ambition de Gracian fut, à mon avis, plus ,ague et moins
modeste : il a voulu « faire la leçon aux princes », aux souverains déjà sur le trône et non à ceux qu'une longue période
d'années en séparait encore. Ce n'est là qu'un exercice de rhétorique, peut-être pris au sérieux, peut-être simple passe-temps.
L'engouement était alors extrême pour les ouvrages politiques,
ou tout au moins pour cette littérature de cour qui donnait le
modèle du courtisan, du favori, du souverain parfait. Depuis la
1. « Dio las primeras luzes de su idea a la ea.senança de un Principe, eo el
Heroe y Politico, que es muy propio de Sol dorar en sus primeros rayos las

cumbres . .,,
2. Hir~, p. H·

fin du xvr• siècle, ce genre d'ouvrages se multipliait sans trêve, les '4.
uns suivant la trace de Macniavel, les autres tournant à la littérature d'édification. Pour n'en citer qu'un exemple, Faret, en
France, écrivait son Hon11éte Homme (1630), Peregrini son Sabio
in Cortt ( 1624) en Italie, et Saavedra Fajardo, en. Espagne, s~~
Jdea de un Principe polilico cbrisliano (1640). Faut-il rappeler 1c1
les écrits politiques de Quevedo? Le chanoine de Toulouse
François Filhol 1, répondait en 1646 au chroniqueur d'Aragon
Francisco Ximénez de ürrea, qui lui avait écrit « pour avoir une
connaissance particu\iere de plusieurs Autbeurs qui ont escript de
la Politique », qu'il avait dans sa bibliothèque plus de de~ cents
volumes de cette espèce. Graciao ne faisait donc que sU1vre la
mode en écrivant son Héros ou son PoUtiœ Fernando; peut-ètre
aussi cédait-il au désir, qui semble avoir possédé ses confrères,
de combattre et de réfuter le Pri~.9e Machiavel,_en montrant
cee&lt; les lois du succè; ~ont pas en op osition avec celles 4._e l,ë
morale. Il s'élèvera dans son Criticôn avec force contre ce manuel
~ralité contre « ces raisons non d'état, mais d'étable 2 • »
'
.
Un an avant l'apparition du Héros, le Jésuite franc-comto1s
-, Oaude Clé!J)ent, professeur au collége Impérial de Madrid, avait

\

If,

,-.o1t
I-

Sur Filhol voir mon article : A11tiq1i.iirts ifautrtjois, dans la Revue dis

Pyrb1t&lt;JS, XX!Il, 1911.

~- ~ Este es vn falso politico, Llamado cl Maquiabelo, que quiere dar à
SllS falsos aforismos a los ignorantes : no vès como ellos se los tragan,
parecic:ndoles muy plausibles y verdaderos ; y bien ei.aminados, no son otro
que vna confitada inmundicia de vicios, y de pecados, razones, no de estado,
sino de establo : parece que tiene candidez en sus labios, pureza en su leogw,
y arroja fuego infernal, que abrasa las costumbres, y quema las republicas,
etc ... &gt;&gt; Crilicé11, I, 7, p. 140-141. - « Vieron otras dos (Politi&amp;as), auoque
de oro, pero muy descompuestas, y de tan ma.! arte, aunque buena apariencia
que al punto las arrojô en el suelo, y las piso dii.iendo : Este Principe del
M.1quiabelo, y esta Republica del Bodino, no pueden parecer entre gentes, no
se llamen de razon, pues son tao contrarias a ella : y aduc:rtid quanto denotao
ambas politicas la ruindad dcstos tiempos, la malignid;td destos siglos, Y quan
acab.1do està el rnundo. » Criticor1, II, 4, p. 105.

bebcr

-

�470

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

publié un livre portant le titre retentissant de Machiavelismus iugulatus ', le Machiavélisme égorgé! Gracian ne put ionorer cet
ouvrage) qui fut réédité en 1637 et traduit, la mêm/ année, en
espagnol,_ p~r Antonio Vazquez, d'autant plus qu'il se trouvait
dans la bibliothèque de son ami Lastanosa ; il y puisa peut-être
l'idée de composer le Héros.

CHAPITRE IX

Je n'~i pu voir ln première édition dédiée à Philippe IV. La seconde porte
un tl~e diffé_rent : 7:1achi~v~llist11'1Js ivgvlaws a Cbristiana Sapimti.a Hispanica &amp;
J..

A11struua. D1ssertnt10 Cbmt1a110-Politica Ad Pbilippvm Qvartu11, Regem CatholiC'IJm .•~ucll'.re P. Clavdi~_Clemmte è Socielate lesv Omaca1si in Colltgio Imperioli
Madni.etisi. Altera Edlllo Priore auctior ûngularimn et nouarum rennn hi.liiis
temporis accessùme. AmwM.DC.XXXVII. L'ouvrage est dédié à D. Diego
Lopez Pacheco Acuàa Cabrera y Bobadilla, Vil• marquis de Villena. La tra•
d~ctioo ~e v:izqoe1. est Intitulée : « El Macbiavelismo degollado Por la Chris/1ana Sa./nd1t1•111 de Esp.111a y de Àmtria. Diswrso C!Jrirtiauo-Politico a /a caiholica Magestad de Philippa IV. Rey de las Espaiïas. Porel Padre Clar1dio Ckmmte
de la Co11:/JO: ,;ia de lesvs, nalural de Ornans en û Co,ulado de Borgo1ia, Calhtdratico
dt ~rudt:~ m los Esludios Reales de Maàrid. Tradvçido de la segvnd,1 edicicm
l11t1r1a, a11adida con wsns mziy parliculares, y del tiempo. Con Li,;mcia. E11 Alcald
por A11to,1io Vazq,rez.. Arw z617. - Elle est dédiée à Luis de Moncada Aragon
Y Cerda, "Principe de Paterno, Duque de Montalto Alcalà y Bibona, etc ... Ce
même_ ~:izquez av.ait traduit, selon Nicolas Antonio, Las dos cmturias, )' m)isos pol1tuos de Tra1a110 /3o(;cali11i. (Madrid, 40.)

El Polltico Fer11at1do. -

47 1

Analyse. - Conditions dans lesquelles il parut. -

Son importance.

Le second ouvrage politique de Gracian fut, comme on l'a vu,
El PaHtico, publié, en 1640, à Saragosse, chez Diego Dormer, et
dédié au vice-roi d'Aragon, duc de Nocera. Cette première édition semble avoir disparu; mais une lettre de Fr. Miguel Dicastillo, du 18 decembre 1640, prouve qu'elle a existé. La première
que nous connaissions est intitulée :
El Politico I D. Fernando El I Catholico. J De Lorenzo Gracian. 1 Que
publica Don Vioceocio Iuan de Lastanosa. 1 Con Licencia en Huesca : Por
IuanNogues. Afio 1646. J Vendese en casa de FraociscoLamberto, enla Carrera de San Geronimo. Il (In-8 de 222 pp.)

Bien qu 1adressé au duc de Nocera, dont il est inutile de rappeler les relations avec Gracian, le livre, tel que nous le connaissons,
n'a pas de dédicace ; il commence par l'exposé du sujet qui est
de donner à tous les souverains un modèle en la personne de
Ferdinand le Catholique, &lt;c Oracle suprême de la raison d'état )).
En exposant les maximes politiques de Ferdinand, l'auteur prétend
qu'il se borne à résumer les propos tenus par le duc de Nocera 1
1. « Opongo vo Rey a todos los passados, propongo vn Rey a todos los
venideros. D. Fernando el Catolico, aquel gran Maestro del Arte de Reynar,
el Oraculo Mayor de la razon de Estado. Serà este (6 Excelentissimo Duque,
Meceoas, y Maestro mio juntameote) oo tanto cuerpo de su historia, quaoto
alma de su Politica, no narracion de sus bazaôas, discurso si de sus aciertos.
Crysis de muchos Reyes, que no Paoegeris de vno solo, deuida à [a magistral
conuersacioo de V. Exceleocia, lograda de rui obseruacion. Comeotare aigunos de sus Reales aforismos, los mas faciles, los accessibles, que ]os primorosos, los reconditos, essos cederloshe à quieo presumiere alcançarlos. Apreciarè
reglas ciertas, oo paradoxas politicas, peligrosos ~nsanches de la razoo, estirnando rnas la seguridad que la oouedad. ,, Polltico, p. 1-3.

�ADOLPHE COSTER

RALTASAR GRACIAN

et déclare que, s'il ose aborder ce sujet, c'est qu'il a entre les
mains des papiers autographes du roi catholique, « caractères
informes, maisformés de beaucoup de pensées 1 &gt;i.
Ferdinand, dit-il, fonda un empire; et les qualités requises
pour réussir dans une telle entreprise sont plutôt des faveurs du
destin que des mérites propres 2 ; ici reparah la théorie de la
clrance précéâemment exposée dans le Héros.
La première de ces qualités c'est la valeur, la seconde la prudence; il ne suffit pas en effet d'avoir créé un empire, il faut lui
donner une forme définitive. Gracian expose avec vivacité la différence qu'il y a entre un empire homogène et une monarchie
formée de diverses provinces et de diverses nations : la force que
la France tirait alors de son unité rend plus frappantes les divisions intérieures de l'Espagne l. Cette idée, nettement présentée,
n'est p;is originale: les événements se chargeaient de faire cruellement ressentir l'antagonisme des diverses parties de l'Espagne, et
les hommes politiques du temps, Olivares le premier, cherchaient
un remède à ce mal qui paralysait leur action""·
-

Ferdinand eut le bonheur de sortir d'une illustre maison, celle
d'Aragon, et la sagesse de consacrer sa jeunesse aux expéditions
guerrières qui demandent un peu de témérité, son âge mùr aux
soins du gouvernement. TI eut la chance d'hériter d'une monarchie puissante 1 , d'appartenir à un pays où la royauré n'avait
pas, comme partout ailleurs, subi des alternatives de prospérité
et de décadence, mais où les souverains s'étaient surpassés l'un
l'autre en mérite i, et enfin de commander un peuple énergique 3.
Il a réuni en lui toutes les qualités du grand homme, et toutes
celles du grand roi. Et pourtant on ne lui rend pas justice : ses
ennemis lui reprochent ses fautes, ses compatriotes lni dénient
ses succès 4.
Le caractère des souverains change selon les siècles ; mais à
une même époque il est le même chez des peuples différents. On
voit des périodes de rois guerriers, justes, voluptueux : Ferdinand
appartient à une ère de rois politiques: ses contemporains,
Louis XI, Maximilien Jer, Alexandre VI, Ludovic le More, se

47 2

.1),.

I. « Escusa si mi osadia y aun la solicita mi suerte, de hallarme, digo, con
muchas noticias, eternizadas por su propia Real Catholica maoo ; deformes
caracteres, pero infonnados de mucho espiritu, Oraculo dos vezes, par lo
arcano de la inscripcion, y mas por lo profundo del pensamiento. &gt;&gt; [bid.
p. 4.
2. « Las principales &lt;lestas heroycas preodas, son antes fauores del cclestial
destino, que meritos del proprio desvelo. "Ibid., p. 8-9.
3. « Ay tambien grande distancia de fundar vn Reyoo especial, y homogeneo den~o de vna Prouiocia, al componer vo Imperio vniuersal de diuersas Prouincias, y Naciones. Alli la vniformidad de leyes, semejança de
costumbres, voa lengua y vn Clima, al passo que lo vnen en si, lo separao de
los estraiios. Los mismos mares, los montes, y los rios, le sou à Francia termino conoatural, y muralla para su conseruacion. Pero eo la Monarquia de
Espaiia, donde las Prouincias son muchas, las naciones difereotes, las lenguas
varias, las indinaciones opuestas, los climas encontrados, assi como es menester gran capacidad para cooseruar, assi mucha para ,'Ilir. » Ibid., p. r 3-14.
4. Voir Canovas del Castillo. Estudios del reinaào de Ftlipe FV.

473

J. ~ Sorteo Fernando Mooarquia Augustc,/reciproca felicidad de parte del
Principe casar con Monarquia igual a su capacidad, y valor, de parte de la
Mooarquia alcançar esposo igual a su grandeza y poder. &gt;&gt; Ibid., p. 47-48.
2. « Solo en Aragon falto esta depeodeucia del estado de la Monarquia,
porque fueron extrauagantes sus Reyes, todos a vna mauo esclarecidos ... , y al
contrario de otras Monarquias, ,el vltimo fue el mejor ; crecio la virtud con
impulso natural en sus Reyes, que es mayor en el fin, que en el principio. »
lbid., p. 65-66.
3. « Cada vno de los Ricos Hombres de Aragon, era espejo de su Rey, era
vn ayo exemplar de su Principe. Nacion al fin propria para oficina de beroycos
Reyes. » I'bià., p. 68.
4. " Exageraroo en Fernando ~nos ligeros achaques, los Esttangeros,
como interessados, y como si en èl fueran culpables, porque preualecio, los
que en sus Principes escusables, porque le cedieron. Si falto, no fue por faltar,
sino por contemporizar, efectos de la ocasion, no del vicio; lleuaualos el
tiempo. Arguye contradicion, que los Estrangeros le atribuyan todolo malo, y
los fapaiioles le nieguen todo lo bueno ; aquellos le acumulan culpas ; estos
le vsurpan los aciertos. » Ibid., p. 80-81.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

signalaient par leur astuce ou leur sagacité. Il fut leur maître en
cet art; mais, ajoute Gracian, pour effacer ce que cet éloge peut
avoir de fâcheux, il fut « politique prudent, non politique astucieux 1 ». Cette observation sert de prétexte à l'auteur pour s'élever avec force contre la politique perfide d'un Louis XI ou d'un
Tibère, politique inefficace, prétend-il, et dont la réputation est
due tout entière aux deux historiens qui ront mise en lumière,
Tacite et Commines. Dans un élan d'enthousiasme un peu excessif, Gracian affirme que Ferdinand donna l'exemple de la vraie
politique, sûre, ferme et non chimérique, utile, et enfin honnête
puisqu'il lui dut le surnom de Catholique 1 •
La capacité et la valeur font le roi parfait : la première, d'ailleurs, l'emporte sur la seconde; elle consiste à être entendu, prudent, sage, pénétrant, vif, attentif, comme Philippe II, qui se
comparait à un tisserand, perpétuellement occupé à renouer les
fils de son tissu qui se rompcntl, enfin sensible aux revers.
le grand roi doit encore être économe et savoir faire la guerre
avec la poudre sourde, c'est-à-dire sans avertir ses adversaires de
ses intentions. Qu'il n'expose pas sa personne, mais qu'il suive de
près les opérations militaires; qu'il se choisisse et se forme de
bons ministres : s'il ne dépend pas de lui de faire qu'ils soient

heureux, il doit découvrir s'ils le sont 1 • Et c'est là pour Gracjân
l'occasion de déclarer que Philippe IV, roi parfait, a trouvé un
ministre parfait, ou plutôt un archiministre, en la personne d'Olivares, que le Ciel tenait en réserve pour parer aux plus grands
dangers qu'eût jamais courus la Monarchie Catholique 2 •
Le souverain pourra également, mais avec prudence, utiliser
pour le soulager dans l'exercice de ses devoirs de roi, les femmes
de sa famille qu'il en reconnaîtra capables.
Enfin Ferdinand arriva au fin du fin de la politique en faisant
sentir à la monarchie qu'elle avait besoin de lui, mais qu'il n'avait
pas besoin d'elle 3• Aussi est-ce à juste titre que Philippe II son
petit-fils, disait, en saluant son portrait : c&lt; C'est à lui que nous
devons tout 4_ )&gt;
Mais le mérite suprême de Ferdinand est d'avoir exécuté les
desseins de la Providence en s'unissant à la Maison d'Autriche ,

474

1. « Concurriô Fernando con Principes de su genio, sagazes, atentos, Y
politicos. Son Eras de Reyes ... , Contemporizo Fernando con la politica de vn
Luis Vndezimo, con la prudencia de yo primer Maximiliano, con la sagacidad
de vn Alexandra Sexto, con la astucia de vo Ludouico Moro; dioles por su
comer a cada vno, y .alçose al cabo con la gauancia. Fue Era de Politicos, Y
Feroand,o el Catedratico de Prima. Digo, politico prudente, no politico aStuto,
que es grande la diterencia. Vulgar agrauio es de la politica el con!undirla con
laastucia ... &gt;1 Ibid., p. 100-104.
--i:- « La verdadera, y magistral politica, fue la de Fernando, segura, Y firme,
que no se resoluia en iantastica.c; quimeras; vtil, pues le rindio Reynô por
aiio. Hooesta, pues le merecio el blason de Catolico. Conquisto Reynos para
Dios ; Coronas, para trouos de su CrUL ; Prouincias para campos de la Fè; Y
al fin èl fue el que supo juntar la tierra con el cielo. » Ibid., p. no .
3. Cette comparaison est tirée de Botero, Detti, p. 36.

475

· 1. c&lt; No solo los escoge buenos vn Rey sabio, sino que los haze, los forma,
los amaestra. EL que ellos sean assortados, no es del Principe, el conocei; si lo
son, si ... " Ibid., p. 182.
2. « El Gran Filipo Qvarto de las Espaùas, porque lo es todo(polilico, etc ... )
ha tenido vn Ministro, digo, vu Archiministro, el Excelentissimo seùor Don
Gaspar de Guzman, Conde Duquc de Oliuares, eminente en todo, Ministro
Grande del Monarca Grande, Verdaderameote gigante de den braços, de cien
entendimientos, de den prudendas. Que sin duda preuinô el Cielo para los
mayores riesgos de esta Catolica Monarquia los mayores hombres. Y el coojurarseel mundo todo contra ella, no ha sido sino para que las Reales, y Duales
prendas satiesscn à la luz uniuersal de todo el Orbe, y de todos los siglos. ,,
Ibid., p. 185-186.

3· • Llegà Fernando a doode pocos llegaron, al extre.tno de la politica, a
ha~er de su gouierno &lt;lependec.cia, a que conociesse
Monarquia que ellit le
awa de menester â èl, y no ;11 contrario; los mismos que le ahuyentaroo con
su. ingr1titud, le instaron con sus ruego;; buscaronle agrauiado pero prudente,
Y JULgaron por mayor mal carecer de sus acertados dictamenes, que sujetarse
a su indiguada prudencia. » Ibid., p. 196-197.
4, « De suerte que con mucha razon el Prudentissimo Filipo su nieto
hazîendo cortesia a Sus retratos, afiadia, a este lo deuemos fodo. » Ibid.,

la

p.

204.
REVUE HISl'A.NlQOE, D,

Jl

�ADOLPHE COSTER

dont Gracian fait un éloge sans mesure, en souhaitant que le Ciel
rende universel le pouvoir de ses descendants.
Ce résumé du Polltico montre combien peu originales sont les
idées de Graciao. On pourrait prétendre qu'il a tenté une philosophie de l'histoire d'Espagne et cherché à mettre en lumière les
principes directeurs qui doivent inspirer les successeurs de Ferdinand; mais, comme je l'ai signalé en passant, tous les hommes
intelligents de l'époque étaient frappés du morcellement du territoire, de la différence de climats 1 de mœurs, de caractères qui
rendaient impossible de tirer parti des ressources du pays. Ces
idées étaient agitées par les conseillers de Philippe IV, par Olivares surtout, qui essaya vainement d'unifier le royaume, et il
est tout naturel que Gracian ait recueilli les échos de ces discussions et de ces regrets de la bouche du duc de Nocera. La brièveté sous laquelle il les a présentées leur retire tout intérêt.
Il célèbre l'établissement de !'Inquisition et l'expulsion des Juifs
et des Morisques1 mais il n'y voit qu'un triomphe de la religion,
une preuve de piété de son héros, sans s'inquiéter des résultats
de ces mesures si importantes, ni paraitre soupçonner les profondes raisons politiques qui les avaient dictées'.
Plus neuve était peut-être la remarque qu'il existe des ères de
rois qu'à une mêtne époque les souverains offrent presque tous
des traits communs, qu'ils sont tous guerriers, ou tous pacifiques.
2,

1, &lt;&lt; El la hizo (la Monarchie) Religiosa con purgarla de vnos, y otros
infieles, y con ensalçar el Tribunal Sacra, y vigilante de la Ioquis.icioo. "ll1id.,
p. 2o3. - « Mas celebre biwa Fernando el auer fundado el Integerrimo, el
zelador, el Sacro Tribunal de la Inquisicion, que por auer establecido su
Monarquia. n Ibid., p. 139-140.
2. « Son Eras de ~yes, acootece en vn tic.mpo ser todos Marciales, Y
ouerreros
compitiendose el valor, emulandose la fama. Coinciclieron
desta
0
~
~
.
suerte en vn tiempo el inuicto Carlos Quinto en Espafia, el belicoso FrancJSco
en Francia, y el brauo Soliman en Turqma. Todos tres grandes C~udillos.
Huuierase apodcrado cada vno dellos del mundo todo, a no auer terndo tales
Antagooistas: quebrantaronse reciprocamente el poder, y enfrenaroose el
esfuerc;o. » lbià, p. IOO·I02.

BALTASAR GRACIAN

477

Mais Gracian se contente de constater le fait sans tenter de l'expliquer. Il remarque avec justesse que l'on vit simultanémént
sur le trône trois rois guetri.ers: Charles-Quint, François I•• et
Soliman; qu'ils auraient voulu chacun conquérir le monde et
qu'ils y seratent parvenus s'ils n'avaient pas rencontré de tels
. adversaires; mais il ne découvre pas la raison de cette concomitance, simple manifestation de la loi d'adaptation au milieu.
Pour développer son sujet, il a choisi un moyen singulier et
peu scientifique: c'est d'énumérer, à côté de chacun des mérites
de Ferdinand, tous les e'Xemples de vertus semblables ou de vices
contraires qu'il emprunte à l'histoire des souverains de tous les
temps et de tous les pays, y compris la Perse, la Turquie et la
Chine. On est quelque peu déconcerté par cet étalage d'érudition
alexandrine où les noms propres remplacent le raisonnement, et
surtout par l'absence de détails relatifs à Ferdinand, que l'on
escomptait après le solennel début dans lequel Gracian se vantait d'avoir eu connaissance de documents inédits de la main
même de son héros. On s'étonne que, voulant donner des leçons
sur l'art de gouverner, il n'ait examiné ni fait comprendre aucune
des machines dont usa ce prince si profondément politique et que
plus encore qu'un panégyrique, l'ouvrage ne soit qu'un long
dithyrambe qui se termine par un Amen I 1 , comme s'il s'agissait d'un sermon. Le grand défaut de ce portrait d'apparat, qui
aurait dû nous montrer à l'œuvre le Héro~ idéal dô11t Gradin
a · pr ce emmenttracé l'image, c'e;t d; manquer d~ vie, \
d'anecdotes qui auraiënt permis de pénétrer .dans l'âme du personnage, c'est l'analyse pénétrante au moins de l'un des actes du
subtil monarque: Machiavel en avait donné l'exemple ; mais
peut-être Gracian, qui se porte garant de la vertu de son Héros,
eût-il été bien embarrassé de justifier son astucieuse conduite par
I. « Esta (la Maison d'Autriche) pues, escogiô el Catholico, y sabio Rey,
para successora Augusta de su Catholico zelo, paraheredera de su gran potencia, pJra conseru.adora de su prudente gouieroo, para dilatadota desu felicissiroa
Monarquia, que el Cielo haga vniuersal. Amen. &gt;&gt; Ibid., p. 222.

�ADOLPHE COSTER

des exemples précis. Aussi cet éloge sans nuances mérite+il la critique que lui adresse le P. Dicastillo, qui regrettait de voir la vie
du grand politique racontée avec tant de concision et tant d'omissions '.
N'était la longueur de l'ouvrage, je serais tenté de croire que
ce morceau d'éloquence un peu creuse, d'un style toutefois un
peu moins obscur que celui du Héros, était destiné à être lu dans
une Académie, comme celles qui se tenaient à Saragosse et dont
nous avons eu l'occasion de parler; il est tout à fait du type
voulu pour les lectures publiques; on se le représente très bien
prononcé devant le duc de Nocera, ce qui expliquerait le fait que
la dédicace sert d'exorde au traité, ainsi que les allusions à Baltasar Carlos, dont le nom présage la souveraineté universelle
sur l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique 2, l'éloge sans mesure
d'Olivares, alors tout-puissant, et cette conclusion inattendue,
cette béatification de la Maison d'Autriche, interprète et mandataire de Dieu sur la terre, s'achevant par un Amen! qui ne pou•
vait manquer de soulever les applaudissements enthousiastes de
cette loyale assemblée 3 •
D'ailleurs, à l'époque ou parut lePolitico, la révolution deCatalogne avait commencé; l'avenir s'annonçait sous de sombres cour. Voir chapitre III, fo fine.
Sea Oraculo su Real nombre Baltasar Rey, compuesto de 1as quatro
vocales, que dan principio à todas las quatro partes del muodo, en preSllgÎO, de
que su Monarquia, y su fama han de ocuparlas todas. » Polftico, p. 23.
3. « Cuyo mayor acierto ... fue auer escogido, digo auer executado la ya
superior diuioa eleccioo de la Catolicissima Casa de Austria. Casa, que la
eosalço Dios, para eosalçar con ella su Iglesia, acabandose las discordias tan
antiguas, como crueles, entre los Federicos Emperadores, y los Sagrados Pontifices, comeoçando la paz en el Emperador Rodolfo de Austria. Casa, quedespues que ella Reyna no sabe 1a Iglesia del Se.ôor que son scismas, ni los coaoce.
Casa, que boluio los Sumos Poutifices de Auüion a su Trono de Roma, Y
mantieoe su autoridad suprema. Casa que la leuanto Dios para muralla de la
Christiaodad, contra la Poteocia Othomana. Casa, que la fortalecio Dias para
ser martillo de los Hereges en Bohemia, Vogria, A.lemania, Flandes, y aun en
Francia, etc ... &gt;1 Ibid.,p. 219-221.
2. «

BALTASAR GRACIAN

1

479

leurs pour la monarchie espagnole; on sent dans ce panégy- , Q..
rique comme un regret de ne pas voir à Ja tête de l'Etat un nou- ~
veau Ferdinand, seul capable de sauver l'Espagne', en même .P
temps que l'amer plaisir d'oublier les inquiétudes présentes en :,
évoquant la mémoire de ce roi qui ne perdit jamais de province et
acquit tant de royaumes.
Quoi qu'il en soit, Graciân prisait fort ce petit ouvrage. Dans
son Critidm, à côté des traités fameux de politique, comme le
Prince de Machiavel, la République de Bodin, la Raison d'Etat de
Botero, et d'autres, la ymphe en montre un auquel il ne manque,
pour êtrelldmiré, que d'avoir été composé par uu auteur fameux•.
Ce passage ne fait nullement allusion à la Politica de Quevedo,
comme on l'a dit par erreur 1. Quevedo était assez connu pour
lancer un ouvrage. Il s'agit simplement d'un éloge que Graciio
se décerne à lui-même. Et c'est ainsi que l'ont entendu ses ennemis. Dans sa Critica, Matheu y Sanz dit en toutes lettres que
cette politique anonyme a pour sujet El Politico 4 , et désigne
ainsi clairement l'opuscule du Jésuite.
Cet éloge inattendu, que Gracian n'a donné à aucun de ses
autres écrits, pourrait surprendre, si l'on ne savait combien les
gens les plus spirituels sont sujets à se tromper sur la valeur de
leurs propres ouvrages.
1. « Llego el entarecimiento de vn grau Politico a dezir, que el remedio de
esta Monarquia, si acaso declinasse, no era otro, sino que resucitasse :et Rey
Catolico, y boluiesse a restaurarla. ,, Ihid., p. r99.
2. « Esta otra, :moque pequeôa, si que es preciosa, dixo la sagaz Ninfa, no
tiene otra falta esta Politica, sioo de vn Autor autorizado. o Critico11, II. 4,

p. !06.
3. Voir E. Mérimée, Essai sur Quevedo, 1886, p. 217, note 2.
4. « En las otras que nombras, discurres sin tino, condenando Jade Bovadilla, que a todas luzes es admirable, y eosa1çando vna otra pequeôa, no hallaodole otra falta que la de Auio-r autoriçado, y es que aunque sea el Politico, la
mareria, y capaz de discurrir prodigiosamente, quien enpreodio el assunto, no
sabe leer, ni escriuir, pues no se acuerda de las de Santo Tomas, Sigonio,
Lipsio, Pedro Gregorio, Menochio, Velazquez, Saauedra, Solorçano, Kotzen,
Cokier, Timpio, Besoldo, y otras infinitas ... &gt;&gt; Grilica dt 1'efleccio11, p. 179.

J.,J

�El Discreto. -

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

CHAPITRE X

homme universel, mais un homme accompli pour le Monde, un homme sage
et d'un esprit omé, un flirtucso et tout ce qu'il nous plaira. Il est vrai, néanmoins qu'un homme aussi rare que celui qui est depeiot dans ce livre pourrait être regardé par la plupart comme un homme vraimenruniversel•.

Composition de l'ouvrage.

Les éloges du Disçreto. -

Analyse.

Les deux opuscules que ,nous venons d'étudier appartiennent
à la politique générale; le Discreto s'en distingue: il ne s'agit plus
de former le grand homme, l'homme d'État, le Capitaine ou le
Souverain; le but de l'auteur est cette fois plus modeste : comme
l'avaient fait Castiglione, Graci.in Dantisco, ou Faret il s'adresse
au simple particulier, ou plus exactement à l'homme du monde.
Il est difficile d~ trouver un mot français qui rende avec précision celui de Discreto. Amelot de la Houssaie, traducteur consciencieux et instruit de l'Oraculo. s'est contenté du mot disent.
Le Père Courbeville a inventé le titre, sous lequel ce traité s'est
répandu en France, d' Homme universel.
Il c&lt; rassemble en luy, dit-il du Discreto, toutes les grandes et toutes les
belles quafüe;;: qu'on peut acquerir, auec. le plus heureux fonds que la nature
pllisse donner. A ce portrait, on ne sçaurait reconnoistre que l'bomme ç(msommt
e1i tout, l'homme parfait, le Jag-e, l'homme it,iive sel. Tous ces termes sont
employez tour à tour pour marquer le Heros qu'on prétend former, et Je mot
El Discreto ~ trouve toujours synonime de compagnie avec eux•.

Mais le critique du Jou.rnal des Savants avait rais.on de faire des
réserves sur cette traduction.
« L'homme universel, disait-il, est proprement celui qui sait tout, ou qui
est propre à tout sans exception. Or ce n'est point là tout à fait le sujet du
liure de Gtatien, mais seulement un peu du dernier chapitre où il veut que
son sage apprenne le latin, le Grec, le Ftançois, l'italien et les langues orientales, et pour toutes les sciences profondes, il en dispense son homme; d'où
!'ou pourrait conclure peut-être que Gracien n'a point prétendu peindre un

En effet, le titre de Courbeville est trop ambitieux. L'honnlte
homme au sens du xvue siècle, ou le galant homme, tel que Vaugelas a renté de le définir•, correspondraient mieux au sens. de
Discreto. Mais on peut répéter de cette perfection tout humaine
ce que disait Vaugelas à propos du mot galant: tt Il n'est pas si
aisé à definir; car cela presuppose beaucoup d'excellentes qualitez qu'on auroit bien de la peine à nommer toutes, et dont une
seule venant à manquer suffiroit--à faire qu'il neseroit plus galant 3 • )&gt;
Avec cette restriction, on peut considérer le terme de Di$creto
-comme suffisamment représenté par celui d'honnête homme,
qui c:1ractérise au xvn• siècle celui qui joint à un fonds séri~ux
de connaissances et de qualités acquises c&lt; de la bonne grâce, de
l'air de la Cour, de l'esprit, du jugement, de la civilité, de la
courtoisie et de lagayeté, le tout sans contrainte, sans affectation
et sans vice &gt;).
Pour l'étude du Discreto, nous sommes plus favorisés que pour
les deux. œuvres précédentes, puisque nous en possédons la première édition, intitulée :
El Discreto I de I Lorenzo Gracian, 1 Que publica I Don Vincenciolvan I de
Lastanosa. 1 Y I Lo Dedka I Al I Serenissimo Sefior, ! Don Baltasar Carlos 1
Principe de las Espafias. \ Y I Del Nuevo Munda. 1 Con licenci:t, 1 Impresso
en Huesca, por Juan Nogues, Aiio 1646. 11 •
1. Année 1724, p. 40-43.
2. Vaugelas (Rem., JI, 208-2u), cité par Brunot (Histoire d~ la la11gue Jra11raise, t. III, p. 240.)
,. Voir Branot, op. cil., p. 236-240.
4, Dédicace de Lastanosa. - Aproaacion Del Doctor Don Manuel de Salinas, y Li.ta na ... En Huesca à 30. de Eoero de r646. - Licencia de « El

D. Geronimo Arasques, Oficial,y Vicario General.
t. Courbeville. L'hommeimiversel, t723. Préface.

tor luan Francisco Andres. -

» - Aprovacion Del DocImprimatur, Marta Regens. - A los letores.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

Elle avait paru, comme on l'a vu, antérieurement au 8 septembre 1646, et par suite avant la mort du prince Baltasar'.
Nous possédons également une seconde édition intittdée :

hie et à Perpignan'. Ces passages étaient en effet de nature à
choquer les Catalans, alors révoltés contre Philippe IV, adversaires impitoyables des Espagnols, et qui venaient de voir tomber
sous leurs co□ ps, au siège de Barcelone, Carlo Caracciolo, marquis deTorrecusa, et son fils, duc de San Giorgio (1642). Il est
donc évident que cette édition fut faite en Catalogne et ceci
montre le succès de Gracian, puisqu'en pleine lune, les Catalans
golÎtaient assez les œuvres d'un de leurs adversaire5 pour les
imprimer chez eux.
Outre la DMicace à l'Infant, la première édition comprend
une Approbation enthousiaste d!l Man!!.el de Salinas, qui prétend
que, dans le Discreto, la poncsua..900 mtJne contient des mystères, une autre Apprôbation de Francisco Andrés, et une préce de Lastanosa, dont nous avons eu déjà l'occasion de parler.
Lastanosa y consacre un paragraphe à défendre le style de Gracian ~ que l'on accusait d'obscurité. If déclare qu'il ne faut pas
écrire pour tout le monde, mais qu'une ombre discrète rend les
choses plus respectables : vieille théorie qu'avait déjà formulée
1 Herrera. Cette défense était d'ailleurs moins nécessaire pour le

El I Discreto Ide I Lor~o Gracian. 1 QuepublicaDon Vincencio j luande
Lastanosa. 1 Con licencia, ea Huesca, Por I Juan Nogues, 1 Arro 1646. 1 Vendese en casa de Francisco Lamberto, en la Carrera I de S. Geronimo, Il •

En dépit du titre, cette édition est de 1647, comme le prouve
l'approbation de Fr. Tomas Ros, datée de Barcelone, 6 juin 1647,
et a été faite sans doute en Catalogne. Elle est intéressante
d'abord en ce qu'elle est l'origine d'un certain nombre de fautes
qui ont été considérablement accrues, au point de défigurer le
texte, dans les éditions suivantes, dont elle est restée le prototype; surtout par la suppression de quatre passages qui avaient
trait à Philippe IV et à Madrid 3, au caractère grave et dominateùr des Espagnols 4, à la façon dont Juan II d'Aragon dompta la
révolte de Barcelone et se montra généreux envers les vaincus 5,
enfin au marquis de Torrecusa et à sa belle conduite à Fon taraD. Vincencio luan de Lastanosa. -

Soneto Achrostico al autor del Doctor
Don Manuel de Salinas, y Lizana. - Epigrama Del Doctor luan Francisto
Andres A Don Vincencio Juan de Lastauosa. - Indice de los realçes. Errata. - In-16 de 480 pp.
15 feuillets préliminaires.
1. Voir la lettre de Rodrigo Meodez Silva (chapitre IV).
2. In-16 de 314 pp.
3- ... destierro, y aun la gran r,fadrid, por ser Madre del Mundo, desde el
Oriente, hasta el Ocaso, en fè del Gran Filipo en su Quarta Esfora. « DiscreJo,
1, p. 14.
4. « ... extremo. Ay naciones enteras magestuosas, assi como otrassagazes,
y despiertas. La Espaiïola es por naturaleza senoril ; parece sobervia, Jo que no
es sino vn seiiorio conatural. Nace en los Espanoles la grauedad del Genio, no
de la afectacion : y assi como otras Naciones se aplican al obsequio, esta no sino
1I maodo. » Discrelo, II, pp. 37- 38.
5. « ... Por averse maleado entre los hombres. Soy Politica tambien, y aun
a gala de la mayor razon de estado, que esta, y yo hizimos irumortal al Rey
Don Juan el Segucdo; el de Aragon digo; el dia que en aquel celebre teatro
de su fama, Cataluiia : troc6 la mas irritada veogança, en las mas inaudita de-

+

mend~. En viendose veucedor del Catalan, passo à serlo de si mismo. 0 nuevo,
y raro modo de entrar triuafando en (la tan cara) Barcelona en carras de miseric:ordia I Que fue entrada en los coraçones, con vitores de Padre Espano!, y
deseagafios dd estrangero Padrastro. " Discreto, IV, p. 69-71 .
1. (&lt; • • • ocasiones y qualquiera nifieria, que se les ofrezca, la celebran, y
meten mas maquina en vaa aatojada aventura, que el bclicoso, y afortunado
Matques de Torrecusa, en vn rornper las Trincheras de Fuent~-Rabia, en vo
socorrer à Perpinan, y desvaratar campalmente tantas vèzes las bravos y numerosos Exercitos de Francia. &gt;J Disoreto, XX, p. 38 5-386.
2. « Digo pues, que no se escribe para todos, y por eso es de modo que la
arcanidad del estiloaurnente veneracioa a la sublimidad de la materia: haziendo
mas veneradas las cosas el rnisterloso modo de dezirlas. Q,ie no ècharon à
perder Aristoteles, ni Seneca las dos lc:aguas, Griega y Latina cou su escr:ibir
recondito. Afectaronle, por no vulgarizar entrambas füosofias, la Natural
aquel, y la Moral este; por mas que cl Momo inutil, los apode à entrambos de
Xibia al \'no, y de Aretla sin cal al otro. » Discreto, A los Letores.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

Discreto que pour El Hl:roe, car la uarure même des sujets trai-

éloges pompeux qui sont amenés, en général, &lt;l'une manière tout
artificielle , à la fin de chaque Rea,1ce, me paraissent avoir été
ajoutés après coup, pour honorer le grand personnage, qui, le
jour de la lecture, prenait part comme invité à la séance de l' Académie. Il suffirait donc de rechercher à quelle époque Graciâo
put se trouver en face de ces illustres hôtes, pour fixer la date de
la plupart de ces Realces lorsqu'elle n'est pas indiquée par des
allusions à des événements contemporains. C'est ce que nous
essaierons de faire en examinant les différentes parties du Discreto.
I. Il est difficile de donner une traduction satisfaisante du premier Realce : Genio y iugenio. Dans ses Entretiens If.Ariste et d'Eutem 1 , le P. Bouhours, suivi par Amelot et Courbeville, avait
employé les mots génie et esprit qui, en effet, rendaient avec exactitude au xvn• siècle le sens de l'espagnol ; aujourd'hui, ils r~teraient obscurs, car ils ont changé de valeur. Gracian prétend
établir ici une distinction entre l'intelligence (jugement, raison,
etc.), et les dispositions naturelles. Mais ses efforts infructueux
justifient la pensée du même Bouhours :

tés dans le premier rend la pensée plus facilement intelligible.
Il serait malaisé de donner une idée d'ensemble de cet ouvrage:
Courbeville, qui a trom·é au Politico un plan, qu'on peut d'ailleurs n'accueillir qu'avec sceptkisme, n'a pas osé en proposer un
pour celui-ci; en effet, les vingt-cinq chapitres qu'on y trouve,
représentant chacun, à l'exception du dernier, une des qualités
du Discreto, classées sous le ·nom de Realces (rehattts ou reliefs),
auraient aussi bien pu n'être que vingt, ou s'élever à trente . De
composition, il n'en faut pas chercher; ces realces se succèdent
sans qu'il soit possible de distinguer pourquoi l'un vient avant
l'autre; je ne ferai d'exception que pour le premier qui, naturellement, devait être celui qui s'adressait à Baltasar Carlos et pour
le dernier, qui donne un résumé de la vie du Discreto. Enfin ils
affectent les formes les plus diverses: ce sont des dialogues dans
lesquels l'auteur se met lui-même en scène avec ses amis, des
lettres, des allégories, des dissertations.
Je serais porté à croire, comme pour El Politico, mais avec
plus d'assurance, que nous avons là des morceaux composés,
pour la plupart, pour être lus dans une de ces Académies dont
nous avons parlé .plus haut: quelques chapitres portent d'aiHeuxs
les sous-titres de Discu.rso académico, Raz_vnamiento acadtmico,
Elogio, Panegirico '. Il est manifeste qu'ils appartiennent à des
époques diverses, comme en témoignent certains des éloges
qu'ils renferment. Il était d'usage dans ces Académies d'admettre
à leurs séances quelques hôtes illustres: le règlement même prévoyait les conditions dans lesquelles ils seraient introduits; on
leur donnait la place d'honneur et même le droit de votez. Les
r. Voir les Real,es, Il; V; I ; XIV.
On peut voir à ce propos les statuts de l'Académie fondée en 1608 par
le comte de Guimerâ, que j'ai publiés dans la revue Linajes tu Aragon (15-X,
1912), sous le titre: Una Academia aragonesa. - La Pitima contra la ociosidad
2.

(1608). L'article ro dit: « Es condici6n que nioguoo pueda tener asieoto en

On sent des choses-qui sont au dess:us de nos expressions; car.les sentiments
du cœur sont quelquefois si meslez ou si délicats, qu'on oe peut les expliquer
qu'imparfaitemeot ... Mais les termes manquent peu pour faire entendre les
conceptions de l'esprit, à moins qu'elles oe soient obscures et embrouillées
d'elles-mêmes, et une marque certaine qu'elles le sont, c'est quand on ne trouve
point de paroles qui en donnent l'intelligence •.

la Academia que oo sea de ella, sino que sea el que quisiere entrar tltulo, 6
caballero muy notable, 6 de particular respeto y obligacion ; cuya deliberacion
ha de set de conseotimicoto de 1a mayor parte de los que concurrieren eo la
junta, y cuando sucediere entrarse sin licencia, e1 promovcdor se levante y cese
Ja Academia. » Article 62 : &lt;1 Item, es coodicion que a los que se diere silla en
la Academia se les dé la mas preminente y voto. &gt;1
1. E11trelie11s cr Ariste et d'Eugène, 1671, IV, Le bel esprit, p. 220.
2. Manière de bie1i penser, 1667, IV, p. 356. C'est la pensée de Boileau:
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement
fa les mots, pour le dire, arrivent aisément.

�ADOLPHE COSTER

En effet, tout ce chapitre se trouve déjà en germe dans le Primor Ill du Héros', où Gracian oppose l'un à l'autre le j11iz_io et
l'ingenio, la sinderesis et !1agiuieza. Mais si, dans le Héros, le mot
ù,genio désignait les facultés intellectuelles, surtout le jugement,
en opposition à l'agudez.a, la finesse native, il désigne ici, non
seulement le jugement et La raison, mais même l'aptitude aux
sciences, tandis que gmio représente les goûts, le caractère. On
voit combien vagues restent œs termes auxquels l'auteur prétend
donner une signification précise. C'est une critique que l'on
peut faire constamment au vocabulaire de Graciân.
En réalité, ce chapitre doit son existence au jeu de mots entre
genio et ingenio, qui ne diffèrent que par une syUabe. Quant au
reste l'auteur s'embrouille et se contredit lui-même. On croit
qu'il oppose l'intelligence à la sensibilité, lorsqu'il dit que l'entendement (lo entendido) est inutile s'il n'est pas accompagné d'un
aimable caractère (agradable genial inclinacion i). Mais ailleurs il
semble considérer genio et ingenio comme deux formes de l'intelligence, puisqu'il déclare que l'art peut les perfectionner; _
Il. Del Seii.,rio en el dezir, y en el bazer 4 • Amelot traduit à tort
le mot de Sewrio par ascendant; l'ascendant est une des qualités
du Héros s, mais ici Gracian distingue nettement, de cette&lt;&lt; supériorité naturelle », celle qui provient de la pratique des affaires,
de la science, de l'expérience, ou des années, et que l'on peut
rendre par le mot assurance 6. Cette assurance se rencontre chez
1.

Héroe, p. 9 .

« Plausible fue siempre lo enteodido, pero infeliz sin el realçe de vna
agradable genial inclinacion: y al contrario, la misma especiosidad del Genio,
hàze mas œnsurable la falta del Ingenio. » Discreto, p. z-3.
3. « Puede mejorarlos la indu.stria, y realçarlos el arte. 1&gt; Ibid., p. r9. Ce
Rtalcr correspond au Primor IX du Héros, aux Maximes 2, 34, r43 et 146 de
2.

l'Ortitt1lo.
4. Voir Ordmlo, Maximes 42 et 182.
5. frimor XIV.
6. « No hablo a.q ui de aquella natunl superioridad, que seiialamos por sin·
gular realçe al Heroe : sino de vna cuerda intrepidez contraria al deslucido

BALTASAR GRACIAN

les sots sous forme d'impudence; elle se trouve aussi chez les
riches, et il est curieux de voir que Gracian ne s'en indigne pas.
Il déclare bien qu'on applaudit les sottises d'un riche et qu'on
n'écoute pas les propos sensés d'un pauvre, mais il estime que \
cette autorité qui vient des richesses est en somme un bien 1 •
m. HomlJre de espera; l'homme qui sait attendre. Cette allégorie nous montre sous une forme pittoresque l' Attente, s'avançant sur son char, entourée de ses conseillers, parmi lesqu_els se
trouvent les plus fameux politiques, comme Auguste, Ferdmand
le Catholique, qui rappelle le dicton catalan : Dtu 1w pega d.e bastô
si110 de Saô ; Charles-Quint, répétant son mot favori : &lt;&lt; Le temps
et moi nous en valons deux autres ... ,, Elle vient à bout, en temporisant, de cous les défauts per.sonnüiés qui l'ont attaquée sur
sa route.
N. De la ga/anteria. Graciân prétend avoir découvert Jà un
mérite nouveau, et c'est pour cela qu'il fait de ce chapitre une
requête de la Galanterie à la Discrétion pour être admise à sa
cour. Mais cette qualité a déjà été étudiée dans le Héros 1 - C'est
la générosité, ou grandeur d'âme, qui y est présentée comme
une des manifestations d'un cœur de roi, et commentée par le
mot fameux de Louis XII. Cependant, ici, Gracian joint â. la
faculté de pardonner celle de ne pas se raidir dans sa dignité, de
savoir s'humaniser avec les autres. C'est le contraire de la bassesse.
Ce Realce. mérite le même reproche que le premier: Gracian,
prenant le mot galante, veut en faire le nom d'une qualité déterencogûniento ; fundada, b en la comprehension de las materias, o en la autoridad de los aiios, b en la calificac:ion de las dignidades, que eo. fè de qualquiera dcllas puede vno h:11.er, y dczir con seiiorio. li Ditcrdo, p. 26-27. .
1 • « Hasta las riquezas dàu amoridad. Dora las mas vezes e.l oro las nec,as
razones de sus dueiios: comunica la plata su argentado sonido à las palabras,
Je modo que son aplaudidas las necedades de vn rico, quando las senlencias de
\ll pobre no son escuchadas. Ibid., p. 27-28. Ce passage fait songer au Giton
et au Phédon de L:t Bruyère.
z. « El Tiempo, y yo à otros dos. li lbid., p. 63. Voit la Maxime 55 de

l'Orcu;ulo.
3. PrimorIY.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

minée; mais son analyse est impuissante à la séparer de la bi{arrla ou de la hidalguia, par exemple.
. Il est curieux: de \·oir, à peu près à la même. époque, les efforts
infructueux de Vaugelas pour préciser le seus du mot galant,
en français. C'est qu'il est en effet bien difficile de définir exactement ces termes, dont la valeur s'étend sans cesse au gré de ceux
qui les emploient.
Le modèle de la galanterla est le comte d'Aranda.
V. Hombre de plausibles noticias •. Ce chapitre est consacré à la
d~~nition de l'érudition mondaine, que Graciân oppose à l'érud1t1on pédantesque. Amelot a traduit le titre par l'JJomme de mise
.
.
'
ce qu1 est mexact, et semblerait établir une confusion avec le
Realce VII qui traite de l'omniwn horarum homo. Il débute par une
allusion à l'éloquence d'Hercule retenant les peuples par les
chaînes d'or parties de sa bouche, image empruntée sans doute
à l'un desernblèmesd' Alciat. Comme il l'avait fait dans le Héros,,
Gracian préconise, comme un moyen de plaire, d'emmagasiner
dans sa mémoire les bons mots ou les anecdotes concernant les
grands hommes, et de s'attacher surtout à ceux des temps
modernes plutôt qu'aux anciens qui donnent, lorsqu'on les cite,
une allure pédante 4 • Le modèle de cette science aimable n'est
autre que le marquis de Colares, Comte de Castaneyra, Jer6nimo
de Ataide, qui était entré eu rapports avec l'auteur précisément
au mois d'avril 1646 s.

VI. No sea desigual '. Il s'agit de l'égalité d'humeur que Gracian recommande aux grands, tout en indiquant, en passant, que
leurs caprices ne sauraient déconcerter l'homme avisé. Le modèle
de cette qualité est le duc Francisco de Borja ainsi que la
duchesse Artemisia Doria y Colonna.
VII. El IJombre de todas haras (Lettre à Lastauosa), est inspiré
d'un passage, dans lequel Quintilien qualifie Asinius Pollion
d'omnium horarum JJonw ... Ce Realce est présenté sous forme de
lettre adressée à Vincencio Juan de Lastanosa dont il prétend
être le portrait: èest bien de lui à coup sûr qu'il est question,
lorsque Graciân célèbre les go-ats variés du Discreto, qui doit
aimer les jardins, la peinture, les pierres précieuses, l'archéologie, l'histoire et la philosophie, et qui se garde soigneusement
de s'attacher à un objet unique 3 • Le morceau finit, il est -vrai,
par un éloge du comte de Lemos cc véritable Héros universel ».
Mais, comme on l'a vu, ces éloges n'étaient que des passe-partout.
VIII. El buen entendedor 4 • Ce dialogue, assez bizarre, entre le
docteur Juan Francisco Andrés et l'auteur~ ne contient guère
d'autre idée que celle qu'il faut entendre les gens à demi-mot,
ou même avant qu'ils aient parlé: deux des inventions développées dans le Criticon, le Zahori ou devin s, et la « Réforme des
proverbes » 6 s'y trouvent en germe.
Voir Oraculo, Maxime 186.
Quintilien, Vl, 3, 110. Ce chapitre de Quintilien traite de furb,mitas.
3. v Platico gustar es el de jardines, mejor el de edificios, calificado el des
pinturas; singular el de piedras preciosas; la observacion de la antiguedad, la
erudicion, y la plausible historia, mayor que todas la Filosofia de los cuerdos ;
pero todas ellas son eminencias parciales, que vna perfecta universalidad ha de
adequarlas todas. " Discreto, p. 124-12. 5.
4. Voir Orâculo, Maximes, 25, 210, 225.
5. « Han de tener (los principes) mucho de Adivinos de verdades, y de
Zaories de desengaüos &gt;&gt;. Ibùl . , p. 1 38.
6. • El necio mas sabe de la casa agena, que de la suya, que ya hasta los
refranes aodan al reves. » Ibid., p. 145-146.
1.

2.

I. Vaugelas a fait cet essai (Rem. , II,
langue fra,zçaiu, t. Ill, p. 237-240.
2. Voir Orowlo, Maximes 4 et 22.
3. Héroe, lll, p. r 1.

208-211).

Voir Brunot, Histoire de la

4. « ~bre todo tieue vna, tan sazonada, como curiosa copia de todos 1o
buenos dicbos, Y galantes bechos, assi heroycos, como dooosos : las seotencias de los prudentes, las malicias de los Criticos, los chlstes de los aulicos; las
sales de Al~nquer, los picantes del Toledo: las donosidades del Zapata ; y aun
las galanter~as del grau Capitan ; dulcissima municion toda para co.nquistar el
gusto. &gt;&gt; D1screto, p. 9r-92.
5. Voir p. 65 , noter.

�49°

ADOLPHE COSTER

Il renferme une curieuse allusion à Antonio Pérez cet « Amphion aragonais &gt;&gt; recueilli par les « Dauphins couronnés &gt;&gt; 1,
mise d'ailleurs prudemment dans la bouche du Docteur.
IX. No esla,· siempre de hurlas•. Il ne faut pas toujours plaisanter, encore moins le faire de propos délibéré. Il est odieux d'être
perpétuellement sévère, comtne Caton, mais au moins cette gravité fait-elle respecter, tandis qu'un Carvajal 1, qui meurt en plaisantant, inspire le dégoût.
X, Hombre de buena eleccion +. Savoir choisir et bien choisir est
indispensable au bonheur et au succès: telle est la pensée que
développe l'auteur, longuement, mais vaguement.
XI. No ser malilla •. Dès la deuxième édition, ce mot de
malilla a été corrompu en maravilla, ce qui rendait le texte inintelligible. La mali/la ou manille est une carte privilégiée qui sert
à tous les coups: Gracian recommande de ne pas jouer ce rôle,
de ne pas se prodiguer, car ce qui est commun est bien vite
méprisé: c'est une grande habileté de savoir cc vendre une supériorité 6, en affectant de la cacher. &gt;&gt; Peut-être faut-il voir dans
cette expression de c&lt; vendre une supériorité&gt;l un souvenir de François Bacon, qui recommande presque dans les mêmes termes,
comme un moyen de parvenir, de se faire valoir sans délicatesse~
« Audacter te vendita. &gt;&gt; 1
r. « Eso Je valià à aquel nuestro An fion Aragoues, quando perseguido de
los proprios, hall6 amparo, y aun aplauso, en los coronados Delfinès estràiios.
Ibid. p. 135-136.
2. Voir Ordcnlo, Maximes 76,241,275.
3. Francisco de Carva'jal contribua au succès du gouverneur du Pérou,
Vacade Castro, sur Almagro., embrassa le parti de Pizarre, fut pris avec lui en
1548, et pendu comme traître à Cuzco.
4. Voir Ordculo, Maximes 5r et 67.
5. Voir Ordc11lo, Maxime 85.
6. « Grau lecdou es esta del saberse bazer estimar, d.e saber veoder voa eminencia, afe:ctando el eocubrida, para conservarla, y aun aumenta.rla con el
désseo ... » Discreto, p. 199.
7. « Sicut enim dici solet de calmnnia Audncte,,· calmnniari, seinper a1iquùl
baeret: sic dici possit de jactantia (nisi plane deformis et ridicula) Audacter le

BALTASAR GRACIAN

49 1

XIT. Hombre de buen dexo '. C'est Fhomme qui sait bien finir~
et se retirer à temps. Ce chapitre comprend plusieurs idées qui

serout reprises dans le Criticon: c'est ainsi qu'il débute par la
comparaison de la fortune avec une maison à deux portes, celle
du bonheur et celle du malheur: on ne peut sortir par celle par
laquelle on est entré i . On y trouve aussi l'idée du voyage de
la vie i, qui forme le fond du Criticon. Ce Realre est sous forme
de lettre adressée au chanoine Orencio de Lastanosà, frère de
Vincencio Juan, et &lt;&lt; singulier ami de l'auteur ,&gt;. Il semble faire
allusion à la fin malheureuse de quelqu'un de leur connaissance,
peut-être des deux filles de Lastanosa, Gracia et Catalina, nêes
le 24 mars 1642, et mortes deux heures plus tard 4 •
Xill. Hombre de ostentacion s. Il faut savoir faire montre de son
mérite, mais sans affectation, et surtout ne pas vouloir montrer
un mérite qu'on ne possède pas. C'est ce que fait voir l'apologue du Paon, cité avec éloge par Schopenhauer dans ses Parerga.
w11dita, semper aliquid baeret. Haerebit certe apud populum, licet prudentiores
subrideaot ... )&gt; Bacon. De dignitate et ar1gmmtis sâentiarnm, VIII, p. 228 (Edition de Francfort, 1665).
Amelot a fait un contresens en traduisant un des passages de ce Realce :
« C'est, dit-il, la rente des plus excellentes peintures et des plus riches tapisseries d'être mises en vùe à toutes les grandes fêtes. Mais à force d'avoir des
spectateurs elles rencontreat beaucoup de juges qui en remarquent les défauts;
d'où il arrive bientôt qu'elles passent pour des pièces communes (p. 300). l&gt;
« Como todo lo andan, avait dit Graciao, reciben muchos encueotros con que
presto vienen à ser inutiles, à comunes, que es peor » (p. 190). C'est,à-dire que,
comme elles vont panout, elles subissent -beaucoup de heurts et finisseot bientôt par n'être plus bonnes à rien.
1. Voir Ord&amp;ttla, Maxime S-9.
!I.. Disoreto, p, 204-.205.
3. « Alli asiste al governalle en el viage de la vida. » Ibià., p. 21 3.
4. cc 0, qu.antos Soles avemos visto entrambos, nazer, con risa del Aurora,
y tambien nuestra: y sepultarse déspues coa llanto del ocaso. Saludaronlos al
amanecer las lisongeras aves, con sus ;cantos, al fin quiebros, y despidieroolos,
al ponerse, nocturnos pajaros con sus ahuUos. ,. Ibid., p. 207-208.
5. Voir Orcicu}o, Maxime z77.
Rl,.-VIJE HlSPANIQOE, lJ,

I

�492

ADOLPHE COSTER

Graci.in l'a développé avec le plus grand soin et n'a pas craint,
en terminant, de demander une place pour cette fable à côté de
celles d'Esope '.
XIV. No rendirse al h1mtor 1 • Ne pas céder à l'humeur, ne pas
contredire par principe, ne pas se montrer agressif, défauts qui
enlèvent tout charme à la conversation; il est d'ailleurs plaisant,
lorsqu'on peut rester simple spectateur, d'assister à la rencontre
de deux. esprits de cette nature et de contempler, suivant l'expression piquante de Grachin, de la barrière de sa sagesse, les taureaux de la sottise d'autrui•.
XV. Tener buenos repentes;_ C'est trouver sans préparation, les
mots ou les actes les mieux en situation; mais il s'agit surtout
des bons mots. Gracian oppose ce don du Ciel, auguel l'art n'a
rien à voir+, à la réflexion, et, parodiant le mot de CharlesQuint, qu'il avait cité dans l'Agudez.a et dans le Discreto, il prétend que c'est trop peu que de dire: &lt;( Le temps et moi nous en
en valons deux autres &gt;&gt;; mais qu'il faut pouvoir dire : &lt;&lt; Le
manque de temps et moi, nous valons n'importe qui 1• » Il donne
comme modèle de ce genre de mérite Francisco Maria Carrafa,
duc de Nocera, son ancien protecteur, mort en disgrâce en 1642,
et dont il fait un pompeux éloge. On peut supposer que ce morceau fut composé peu après la mort du malheureux vice-roi
d'Aragon.
XVI. Contra la figureria (SatyricJn) 6 • C'est une diatribe contre
r. Voir Ordculo, Maxime 69.
Mire desde la talanquera de su cordura los toros de la necedad agena. »
Discreto, p. 268 .
3. Voir Orilculo, Maxime 56.
4. « A quien noreconoze deuda este realçe de Heroes es al arte; rodo 1o
:\gradeze à la naturaleza, y à la dicha. » Discreto, p. 277.
5. « No dezia mucha, aunque bien, el que dezia ; el tiempo, y yo à otros
dos. El sin tiempo, y yo a qua!quiera, esto si que es dezir, y mas hazer. &gt;&gt;
Ibid .. p. 275.
6. Voir Oriiculo, Maxime 223.
2. ((

BALTASAR GRACIAN

493

la grimace, le &lt;&lt; snobisme » et la fausse gloire. Gracian raille la
singularité dans les goôts, dans les vêtements, qui fait prendre le
contre-pied des mœurs, s'habiller à l'espagnole en France, et à
la française en Espagne, affecter un sot orgueil, comme il arrive
à des nations entières, dit-il, en songeant peut-être à ses compatriotes 1 • C'est une série de portraits piquants où le style de l'auteur reste clair, tout en étant pittoresque. Le type de la qualité
contraire était le comte d' Aguilar, marquis de la Hinojosa, que
Gracian appelle son second Mécène, mort à l'époque ou l'auteur
écrivait et qu'il avait connu à Tarragone en 1643.
XVlI. El hombre en- m punto ' , est un dialogue entre le chanoine Salinas et Gracian. L'homme est comme le vin qui ne
devient exquis qu'après avoir vieilli; mais hélas, il est impossible
de rester à son point de perfection; croitre ou décroître est une
loi de nature, et pour croître il faut de longues années : avant
d'être un roi digne de ce nom il faut une longue expérience, et
« le médecin, dit plaisamment le chanoine, pour faire lever un
malade de son lit, en a couché cent dans la tombe. 4 &gt;&gt; C'est là
le premier trait que Gracian lance contre les disciples d'Esculape,
à qui, dans le Criticon, il réservera quelques-uns de ses mots les
plus mordants.
XVIII. De la cultura y aliiio. Sous ce titre Graciàn comprend
la culture intellectuelle et la propreté des ajustements; il les croit
2

r. 1, Otros ay, que en Espaiia visten à lo Fr~nces, y en Francia à lo Espano!:
y no falta quien en la campaiia sale con golilla, y en la Corte cou va.lona;
haziendo desta suerte celebrados matachines. 1, Discreto, p. 300-301.
« Ponen otros su capricho en vna vanissima inchazoo, nacida de vna loca
fantasia.; y forrada de necedad : con esro afectan vna eofadosa gra.vedad en
todo, y con rodos, que parece que honran con mirar, y que hablan de merced. Ay naciones enteras tocadas deste h umor. " Discnlo, p. 303-304.
2. Discrelo, p. 299.
3. Voir Oraculo, Maidme 6.
4. &lt;t Hazese vn General à costa de su saogre, y de la agena : vn Orador despues de mucha estudio, y exercicio. Hasta vn Medico, que para levantar à vno
de vna cama, echà ciento en la sepultara. » Discreto, p. 323-324.

�"BALTASAR GRACIAN

494

•

495

ADOLPHE COSTER

indispensables pour faire valoir le mérite naturel, et déclare
qu'elles peuvent s'allier parfaitement à la sainteté, comme le
prouve l'exemple de Juan de Ribera, fondateur du fameux collège
du Patriarche à Valence, de son successeur Alonso Pérez de Guzman, dont il ne néglige pas de faire aussi l'éloge, et de Juan de
Palafox, évêque de la Puebla de los Angeles. Ce dernier n'a'°ait
pas encore entamé contre les Jésuites la lutte qui devait le rendre
fameux en France, et susciter contre lui la rancune tenace de la
Compagnie. Cette querelle commença en r 64 5, et se prolongea
jusqu'après la mort du prélat, dont ses adversaires parvinrent à
empêcher la béatification.
Après un court aperçu de l'histoire de la civilisation en Grèce
et à Rome, Gracian introduit un pompeux éloge de Lastanosa et
de son livre sur les Médailles inammees. Il déclare que l'Italie est au
plus haut point de civilisation, que l'Espagne ne connaît encore
que le raffinement personnel, mais que ses villes laissent à désirer
sous ce rapport, et qu'en France la noblesse, à l'exclusion du
peuple qu'il méprise"' donne l'exemple de la culture la plus avancée. Il en donne pour type le chanoine de Toulouse François
Filhol i . Le modèle achevé de la Cultttra y a1ino est Doarte Fernandez Alvarez de Toledo, comte d'Oropesa.
XIX. Hombre juiz.ioso y 1rotante •. Ce Realce est soi-disant le
résumé d'une conversation de l'auteur avec le duc de Hi jar, qui
devait, en 1648, être impliqué dans une conspiration contre
Philippe IV. Il faut savoir pénétrer le secret des cœurs et, par
de subtiles rerparques, découvrir la vérité. Quelle joie de rencontrer un de ces hommes qui sondent les cœurs, d'en voir deux se
mesurer l'un contre l'autre, ou de les entendre se confier mutuellement leur science! On retrouve dans ce Realce plusieurs éléments qui seront mis en œuvre dans le Criticon: l'idée de la
fenêtre, que Momus aurait voulu qu'on ouvrît dans la poitrine de
r. Sur François Filhol, voir chapitre VIII, fa fine.
2. Voir Ordc11lo, Maximes 43 et 49.

l'homme, afin de voir ses pensées, celle du Zahori dont il a été
question plus haut, et d'autres '.
XX. Contra la haz.a1ieria 2 • Gracian établit une opposition entre
les haz.anosos et les haz.aneros; les premiers font de grandes choses,
les seconds feignent d'être affairés : une série de types de ces
faux glorieux est esquissée par l'auteur, d'une plume alene et
spirituelle qui rappelle les portraits de Célimène. On trouve dans
ce chapitre une des deux seules allusions que Graciân ait faites à
Cervantes 1, qu'il avait cependant dtl lire avec plaisir.
11 est probable que ce Realce fut écrit avant 1641. En effet,
dans la première édition du Discreto on lit un passage, supprimé
dans les réimpressions suivantes, où il est question du « belliqueux et fortuné marquis de Torrecusa » et des succès qu'il avait
remportés à Fontarabie et à Perpignan. Or, Je marquis fut tué
sous les murs de Barcelone, ainsi que son fils, en 1641 4 • En se
rendant en Catalogne, il avait passé pa-r Saragosse, où il avait pu
être connu de Gracian: peut-être ce dernier lut-il devant lui ce
Realce, dans lequel il glissa, comme d'ordinaire, un éloge de circonstance.
XXI. Diligente y inteligente. Il faut savoir concevoir et exécuter; mais la réflexion empêche parfois d'agir, et trop souvent la
rapidité d'exécution provient de l'absence de réflexion. Il faut
sans doute voir une allusion à Olivares, disgracié en 1643, et
devenu le bouc émissaire des malheurs de l'Espagne, dans le pas1. « Son grandes desçifradores de intenciooes y de fines, que llevan siempre
coasigo la juyziosa cootraçifra. » « Desta suerte van haziendo aootomia del
anima. » Discreto, p. 359 et 362.
« Muy a lo vulgar discurrib Momo, quando desseb la veotaoilla en el pecho
humano : ... deviera advertir, que los Zaories de coraçones, que realmeote los
ay, oo necessitan, ni aun de resquicios, para penetrar al mas reservado interior. » Discreto, p. 354-355.
2. Voir Orticulo, Maxime 29~.
3. « No todos los ridicules andantes salieron de la Mancha ». Discreto,

p. 383-384.
4. Voir Melo, Guerru de Cata/111ia, 1. III, § 68.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

sage où Gracian cite ce « ministre &gt;J plus diligent qu'intelligent'.
Ce chapitre contient également un curieux parallèle entre la prudence espagnole et la rapidité française qui se contrebalancent
mutuellement 2 •
XXII. Del modo y agrado 1. Dans cette lettre, adressée au docteur Bartolome de Morlanes, Gradin célèbre la manière d'être et
le charme, qui sont indispensables pour faire valoir le mérite,
mais qu'il avoue ne pouvoir définir•. Il prétend toutefois, ce
qui paraît assez peu logique1 que cette qualité peut s'acquérir 1•
Ce chm·me souverain et irrésistible se trouvait1 dit-il, chez Isabelle de Bourbon ; il est donc probable que cet éloge dut être
écrit peù après la mort de la Reine q_ui avait conquis le cœur
des Espagnols (6 octobre 1644) .
XXIII. Arte para ser dichoso. Cette fable montre l'âne qui se
plaint à Jupiter de la Fortune: celui-ci la fait venir; elle se justifie en disant avec un sourire : &lt;&lt; Si c'est un âne, de qui se
plaint-il? » Et Jupiter lui donne raison, en déclarant qu'en effet,
il n'y a pas d'autre bonheur ou d'autre malheur que la prudence
ou fimprudence '· C'est une des idées les plus chères à Graciao 1
que les sots n'ont pas à se plaindre de leur sort.

XXN. Corona de la discrecion. Dans ce Panégyrique, la Vérité
déclare que ce qui achève la Discrétion c'est la vertu. Le modè1e
de la vertu n'est autre que Luis Mendez de Haro 1 , dont la faveur
commençait alors. Ce Realce. donne incidemment l'énumération
de vingt-neuf qualités de l'homme parfait•, parmi lesquelles la
retentiva, qui ne semble correspondre à aucune de celles qui sont
étudiées dans le Discreto ou le Héros : elle ne consiste pas en
effet à savoir attendre, car elle est distincte de la espe1·a. D'ailleu'rs
l"auteur a soin d'ajouter qu'il existe encore bien d'autres mérites
qui contribuent à la perfection.
XXV. Cuita repartidon de la vida de un discreto i. Ce chapitre
comporte tout un programme d'éducation, puis un plan de vie,
et1 on peut le dire1 la substance même du Critic6n. La vie de
l'homme est divisée en quatre âges: le printemps c'est l'enfance,
l'été la jeunesse, fautomne fécond est l'âge mûr, et l'hiver la vieillesse. Rappelant une fable du Valencien Falc6n4, Gracian donne à

1. « Vimos ya hombres muy diligentes, obradores de grand.!s casas, executivos, eficazes ; pero nada intelligentes: y de voo dellos dixo vn Critico frescamente, alabando otros su diligencia: que si el ta! fuera tan inteligente, como
era diligente, fucra sin duda vn gran Ministro del Monarca Grande. » Discreto,
p. 397-398.
2. u Este es aquel cxced.ido excesso, que entre si maotienen los valerosos
Espafioles y los bo:licosos Franceses, ygualando el Cielo la competencia, contrapesando la prudencia Espaiiola a la presteza Francesa. Opuso la deteocion
de aquellos, à la calera destos, etc.» Ibid., p. 406-407.
3. Voir Onimlo, Maximes 14 et 267.
4. &lt;l Lo bueno es, que no se puede definir, porque no se sabe en que consiste.» Discrelo, p. 423.
5. « Puedese adquirir y por esso la falta della es inescusable. » Ibid.,
p. 412. Il est vrai qu'il ne parle ici que du Modo.
6. Voir Botcro, De/li, p. 14: « Ciappi Vitelli capitano di malte accortezza,
diceua, ché nelle cose della guerra, non che nell'altre, la fortuna e'l caso non
haueua parte alcuna : mà che tutto era prudenza, ô imprudema. »

497

1. Daas le ms. Esp . 302 de la B. N. P. ou lit la note suivante sur Luis
Méndez de Haro: « Sobrioo y heredero no solo de la casa y estados, sino tam,
bien de la pribanza, que, por mirarle con cariiio el Rey y eutender la sofisteria
de la casa real, le llamaban el Discreto de palacio. » Cité par M. Morel-Fatio
dans son édition de la Caduta del C,mte d'Olivares, d'lppolito Camillo Guidi,
p. 44, note r.
2, « Conteodian la alteza de anime, la Magestad de espiritu, la Autoridad,
la Estimacioa, la Reputacion, 1a V.niv_ersalidad, la Ostentacion, la Galanteria, et Despejo, la Plausibilidad, el buen Gusto, la Cultura, Gracia de
las gentes, la Retentiva, lo noticioso, lo juyzioso, la inapassionable1 lo
desafectado, la Seriedad, el Seiiorio, la Espera, lo agudo, el bueo Modo,
la Platico, [o Executivo, Io Ateoto, la Sympatia sublime, la Iocompreheosibilidad, la lndefinibilidad, cou otras muchas deste porte, y graudeza. »
Discreto, p. 446-447. Courbeville a maltrait&lt;: et écourté ce Realce d'une façon
incroyable.
3. Voir Ordc11lo, Maxime 2.29. « Saber repartir su vida a Jo discreto, etc. &gt;)
4. « Donosamente discurrio vno, y dulcemente lo canto otro, cl Falcon, que
se convirtio en Cisne : dieronle al hombre treinta aiios suyos, para gozarse,
y gozar : veinte despues prestados del jumento para trabajar ; 0tros tantos del
Perro para ladrar; y \'einte vltimos de la Mona para caducar. » Discreto-,

p. 460-461.

�ADOLPHE COSTER

•

l'homme trente ans pour jouir, vingt pour travailler comme l'âne,
vingt pour aboyer comme le chien et vingt pour radoter comme
la guenon. Il convie l'homme à di viser le voyage de la vie en
trois journées, comme les comédies. La première sera employée
à parler avec les morts, la seconde à s'entretenir avec les vivants,
la troisième avec soi-même. C'est-à-dire que la première période
sera consacrée à l'étude des livres et des langues : on apprendra
d'aborJ les deux langues universelles, le latin et l'espagnol, puis
le grec, l'italien, le français, l'anglais et l'allemand. On passera
ensuite à l'étude de l'histoire; on fera une promenade dans les
délicieux jardins de la poésie, « non tant pour en user que pour
en jouir; sans être assez ignorant pour ne savoir pas faire un
vers, ni assez inconsidéré pour en faire deux 1 • ,&gt; Puis on passera
à la philosophie naturelle, à la philosophie morale, à la cosmographie, à la géographie·, l'astrologie ou astronomie et à la lecture
de la Bible.
La seconde période sera consacrée à voyager. La troisième, correspondant à l'âge mtlr, sera employée à méditer sur ce que l'on
aura appris ou vu, à en tirer des conclusions, à philosopher pour
apprendre à mourir, &lt;c car il faut y avoir réfléchi bien des fois
auparavant, pour réussir à le bien faire une seule » 1 • C'est le
programme du Criticôn.
Tel est ce singulier recueil, où Gracian se montre moins tendu
Jaime Falcon, qui vivait à la fin du xvi• siècle, était mathématicien; il écrivit un traité sur la quadrature du cercle et des poèmes latins. Gradin le cite
sept fois dans son Agudeza: XIX, XXI, XXIX, XXXIX, LIV, LVI, LIX.
J'ignore de qui parle Graci:ln comme premier inventeur de cette fable, que Voltaire conte également sous une forme différente, (Voir à l'appendice IV la fable
de Falcon et celle de Voltaire.)
r. « Con todo esso ni fue tan ignorante, que no supiesse hazer vn verso, ni
tan inconsiderado que hiziesse dos. » Discreto, p. 466.
2. « La misma Filosofia no es otro, que meditacion de la muerte, que es
menester meditar!a muchas vezes antes para acertar la hazer bien vna sola despues.« Discreto, p. 480.

BALTASAR GRACIAN

499

que dans ses autres œuvres, et qui dénote un bon sens avisé, un
esprit toujours en éveil, un sentiment très vif du ridicule. Ce
n'est pas un livre à parcourir de bout en bout; mais en lire un
chapitre isolé procure un plaisir délicat et fait goûter sans fatigue
l'esprit et la subtilité de l'auteur.

�500

ADOl.PHE COSTER

CH,APITRE XI

El Ordc11/o Ma11ual. - Sources de cet -ouvrage. - Doctrine de POrdculo. Examen d.c quelques Maximes.

De tous les ouvrages de Gracian, il n'en est pas qui ait eu
plus d'influence hors d'Espagne que l'Ordculo Manual; traduit et
réédité, comme on le verra, dans plusieurs langues, il exerça sur
les écrivains et les penseurs de l'Europe une action, qui ne saurait encore être clairement dégagée, mais qui fut infiniment plus
étendue qu'on ne le croit généralement.
Nous avons dit que l'Oraculo parut en 1647; Latassa ajoute
que ce fut à Huesca chez Juan Nogués. Cette édition semble
avoir disparu. La première que nous connaissions est celle de
Madrid, r 653 ; elle porte le titre suivant :
Oracvlo I Manval, y arte I de pn1dencia. 1 Sacad,.i de los A I forismos que
se discurren en I las obras de Loreoço I Gracian. Pvbticala D. Vi I cencio
lua.n de Lastanosa. 1 Y la dedica I Al exceleotissimo I Sen.or D. Luis Meodez I de Haro I Con licencia, en Madrid, por I Maria de Quii'iones, 1 afio de
165 3. 1 Vendese en casa de Francisco I Lamberto, en la Carrera I de San Geronimo. 1 •.

Cette édition n'est sans doute pas la seconde, car le signataire
de la Tassa dit de l'ouvrage : cc que otras vezes ha sido impreso J1.
Mais rien ne nous permet de vérifier cette assertion, la correspondance de Graciân restant muette à cet égard. Elle n'offre
d'ailleurs que peu de différences avec celles qui ont suivi erdont
on se sert habituellement.
1. Licencia de Francisco Espadaiia, Madrid 18 septembre r653. - Tassa, du
même, Madrid, 25 septembre 1653. - Errata de Carlos Murcia de la Llana,
Mztdrid, 23 septembre 16u. -Approbation du P. Alonso Muiioz de Otalora,
14 mai 1653. - Al Letor. - Dédicace de Vincencio Juan de Lastanosa. In-16
de 16o ff.

BALTASAR GRACIAN

501

Une question préalable se pose à propos de l'Ordculo, c'est de
savoir quelle est la part de collaboration de Lastanosa dans cette
publication. Cha ppuzeau, dans l' Eiirope. vivante., p:étend attribuer à
Lascanosa la paternité de l'Ordculo. Lastanosa lm-même dans son
Av:is au lecteur, semble prendre la responsabilité de la publica~
tion et déclarer que les Maximes que l'on va lire ont été tiré~s
par lui des œuvres inédites de Gracian. De fait, .chacune.des tr01s
cents Maximes de l'Ordcùlo est précédée d'un titre que l'on
pourrait croire choisi par L'éditeur et· non par l'auteur. Mais
peut-on supposer qu'un écrivain aussi origi~al que Gracia~, _pour
une publication faite d'accord avec lui ·et sous ses yeux, n au pas
composé lui-même ces petits résumés qui, -par leur caractère
mystérieux, parla forme alambiquée qu'ils affectent, conviennent
parfaitement à ses habitudes d,.esprit, et dont plus d'un, d'ailleurs,
n'est que la reproduction d'un titre ou d'une phrase du J!éra_e ou
du Discreta? C'est ainsi que parmi eux on retrouve Gento y ingenio, Hombre de platisibles naticiàs, Ptûahras de seda et bien d'autres.
Je ne suis donc nullement disposé à croire à une intervention
directe de Lastanosa dans la forme même de l'ouvrage : est-ce à
dire qu'il n'y ait eu aucune part? Nous avons vu que Gracian
lui communiquait ses écrits avant l'impression; nous en avons 1a
preuve pour le Criticon •. li est clair que Lastanosa, non seul~meot émettait ses critiques, mais suggérait des idées; ses amis
en faisaient autant. Aussi, selon toute vraisemblance, chacune de
ces phrases précieuses était examinée de près, et sans doute perfectionnée d'accord avec le petit tribunal auquelle était-soumise.
C'est ce qui devait se passer plus tard en France pour les
Maximes de La Rochefoucauld, qui doivent beaucoup, par
exemple, à Mme de Sablé. Je vois donc là, comme d'ailleurs dans
la plupart des autres œuvres de Gracian, une collaboration bénévole, que l'auteur voulait bien priser assez pour la. rendre
effective' tout en 0oardant l'indépendance de sou choix, et sa responsabilité.
1.

Voir appeudice I, lettres z9 et 30.

�502

ADOLPHE COSTER
BALTASAR GRA.ClAN

Ce titre solennel d'Orâcûlo put être inspiré à Graciân par celui
que François Filhol ', dont nous avons eu l'occasion de parler
plus haut, avait donné à son Oracle Poétique. Filho1, en effet
était, depuis quelques années, en rapports avec Lastanosa. En
1644, une plaquette z de Francisco Andrés avait justement
fourni, des collections du chanoine de Toulouse, une description
dont Gracifo eut connaissance et qui donnait le titre de cette
œuvre, aujourd'hui perdue.
Les traducteurs ont été généralement embarrassés par le titre
de cet ouvrage. Amelot l'a rendu par l'homme de Coi1,ri, et c'est
sous ce nom que le livre a été connu à l'étranger. Un. second
traducteur, Courbeville, critique Amelot à ce sujet, et prétend
que l'homme d'Etat eût été plus exact. Disons tout de suite, à
l'encontre de Courbeville que les trois cents Maximes de l'Ordcùlo Manûal ne s'adressent pas à l'homme d'État en particulier, car
elles traitent principalement des rapports entre égaux. Il ne s'agit
pas non plus, comme le ferait croire le titre d' Amelot, de
maxitnes particulières aux courtisans, ces préceptes s'adressant à
tous les hommes, et il eût été préférable de laisser à ce recueil le
le titre d' Oracle [Jortatif et Art de la Prudence qu'avait adopté l'auteur.
On n'invente pas en morale, et il est presque superflu de dire
que ces maximes, originales dans leur forme, n'offrent rien de
nouveau dans leur substance. Il serait donc vain de rechercher la
r. Sur Filhol, voir dans la Revue des Pyrénées (XXIll, 191 t) : Antiquaires
d' autrefcis.
2. Diwio dt la i1isig11e, i copiosa bibliotbeca de Fra,icisco Filbol Presbitero, i
Hebdomadarfo m la santa Iglesi'a Metropolita11a dû Proto111artyr San Esteva11, de
la civdad de Tolosa. Publicalo El Doctor Ivan Francisco Andres . I lo dedica al
Excelentissimo Seiior Don A11lDnio Ximenez. de Vrre11 i Enriquez, Marques de
Almonnz.ir, i Co11de de Pavias, del conse;o de su Magestad, Virrey, i Capitan gweral, que fiie del Reitl.o de Cerrktia. Co11 _licencia . En H11tsca : por Ivan Francisco de
Larumbe, Impr-e-ssor de la V11iversidad. Aiia 1644.
3. Voir, chapitre XX.

5o3

source exacte à laquelle Gracian les a puisées. Un critique du
xvn• siècle prétend que sur ces trois cents maximes,
Plus de c:ent sont tirées de Salomon ; quarante ou cinquante, si l'on veut,
ont leur source dans l'/Jomme 1mi'llt'rsel et dans le Hc'ros ;, les cent cinquante
autres qui restent sont comme des extraits de toutes les autres œunes de
Gracien 1 •

Mais en réalité le critique fait encore la part trop belle à l'invention de Gracian : celui-ci ne s'est pas inspiré seulement de
Salomon. li a puisé au fleuve de la sagesse universelle, à laquelle
Salomon lui-même avait recouru, au trésor de l'expérience
humaine; mais si, comme il en convenait lui-même, il n'a rien
inventé, il a eu le mérite de présenter des pensées anciennes sous
une forme nouvelle, et ce fut là, qu'on en soit persuadé, sa véritable ambition.
Il est toutefois intéressant de rechercher quelques-uns des éléments qu'il a mis en œuvre : c'est ce qu'a tenté M. V. Bouilliet dans un intéressant article l . Parmi les ecrivains anciens,
Sénèque, qu'il admirait tant, aurait droit à une mention particulière, ainsi que Pline le Jeune. Antonio Pérez, que ne cite pas
M. Bouillier, et dont Graciân a fait plusieurs fois l'éloge J, l'a
aussi manifestement inspiré. Une source plus inattendue et plus
intéressante, c'est François Bacon; dont les éditions latines
parurent de 1617 à 1638.
Bacon. avait précisément exprimé le regret qu'aucun livre
digne de l'importance du sujet, ne traitât de la prudence dans
les affaires 4 • Gracian aurait-il prétendu combler cette lacune ?
Mémoires de Trévoux, 1733; Vill• article du premier trimestre, p. 160G Toutes ces maximes, ajoute-t-il ne sodt do11c point des redites de
l'homme universel et du Héros, comme l'a publié le censeur. » Ce censeur est
Guyot-Desfontaines.
1.

164.

Bulletin bispattique, 19rr, p. &gt;16-336.
3. Dans le Discrito, VlII, p. 133-136, et l'Agudez.a, LXll.

2.

4. K De prudentia autem negotiandi .. . in qua vita humana plurimum versatur, nulli omnino Jibri conscripti habentur : praeter pauca quaedam tnonita

�ADOLPHE COSTER

BALTASA.R GRACtA.N

On serait tenté de le croire, lorsqu'on relève des rencontres
curieuses entre les deux écrivains, comme la recommandation
faite aux princes d'avoir un bouc émissaire, que l'on retrouve
dans deux Maximes de l' Oracûlo 1 , ou le conseil de se faire
valoir~. Est-ce par hasard, que Gracian invite son disciple :\ vender stis casas alors que Bacon disait au sien : « Audacter te vendita »?
Mais ces rapprochements, comme a raison de le dire M. Bouillier, pourraient être poussés à l'infini, sans qu'il en résultât
d'autre conclusion que celle-ci, c'est que tout auteur de maximes
est forcément un compilateur. Graciân lui-même le reconnait
implicitement au début du recueil, lorsqu'il déclare que « tout
est déjà parvenu à sa perfection; », et il ne semble pas qu'il
ait donné sans intention la première place à cette pensée.
Ceci nous amène à rechercher si les trois cents M.n..'"Îmes de
l'Oraculo ont été réparties par l'auteur d'après un plan méthodique. Quelques efforts que l'on fasse, je crois qu'il est impossible d'en découvrir un; le Père Courbeville, si ardent à scruter
les intentions de Gracian et assez subtil pour avoir mis sur pied

un plan du Polltico, y a renoncé pour l'Ordculo. Il n'y a là efi
effet qu'une série de préceptes qui se succèdent au hasard : un
seul lien les unit, c'est le bue, qui est de rendre l'homme qui les
pratiquera supérieur à tous les autres. On ne saurait donc
donner une analyse de cet ouvrage, mais on peut essayer de
tirer de ces conseils, exprimés souvent sous deux ou trois formes
différentes, le petit nombre de vérités fort simples qu'ils renferment.
Il fa.ut d'abord se connaître soi-même,. prl!ndre une notion
exacte de son fort et de son faible, de ses mérites et de ses défauts
pour utiliser et faire valoir les uns, dissimuler ou faire oubüer
les autres ; se faire honneur des apparences, ou s'abriter derrière
elles.
Mais, comme ou doit supposer que ceux, à qui l'on a affaire,
emploieront des moyens identiques, il faut avant tout les connaitre, les pénétrer, dissiper ce nuage derrière lequel ils se
dissimulent et tentent de vous tromper, être z.aborl en un mot,
c'est-à-dire devin ou sorcier. Et le dernier mot de la prudence sera de n'exagérer rien, ni en bien ni en mal. ni même
en défiance, car on est souvent dupé au moyen de la vérité
même.
En définitive l'art suprême est d'être fin : celui qui l'est se
tirera toujours d'affaire dans les circonstances les plus ci;itiques,
ne fût-ce que par un simple bon mot. A vrai dire il ne courra
jamais de grands risques, et sera toujours le maitre dans le commerce de la vie, car il aura toujours affaire à un nombre infini
de sots, tandis qu'il n'aura pas souvent l'occasion de se mesurer
avec l'homme fin, son. égal.
L'habituel emploi de la finesse a quelque chose qui choque les
â~es vigoureuses. Elle est, a dit justement La Bruyère &lt;&lt; l'occasion prochaine de la fourberie : de l'une.à l'autre le pas est glis•
saut : le mensonge seul en fait la différence; si on l'ajoute à la
finesse c'est la fourberie' &gt;). C'est l'impression un peu pénible que

civilia in fascicu1um unum aut alterum collecta quae amplitudini hujus subjecti
nullo modo respondent. Etenim silibri aliqui extarent de hoc argumeoto, sicut
de caeteris, minime dubitaverim quin viri eruditi aliqui experientiae rrumipulo
instructi, ioeruditos, licet diutina experieo~ ed'octos, longe superarent et proprio illorum ( quod dicitur) arco usi magis e looginquo ferirent. )) De Augmwtis
scitntiaru111, VIII-Il, p. 208 de l'édition de Francfort, 1665.
1. « Qui ~t alter usus Ambitiosorum est, ut umbellae loco Principibus
sint, contra invidiam et periculum. » Sem1011es jideles, XXXV, de A111bitio11e,
p. 1201 (édit. 1665). Voir les maximes 149 (Saber declio.ar a otro los males), et
..187 (Todo lo fauorable obrarlo por si, todo lo odioso par terceras). D'ailleurs,
comme l'indique Amelot, cette pensée a pu être empruntée à Pline le Jeune
ou au Jésuite Strada.
2. Voir ce passage de Bacon, plus haut, chapitre X, et la maxime I 50 (Saber
vender sus cosas). Il est remarquable que la maxime 149 semb1e aussi empruntée à Bacon.
3. " Toda està ya en su punto, y el ser _persona en el mayor. » Maxime 1 •

I.

La Bruyère, VlII, De la cour.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

l'on éprouve à lire ces trois cents Maximes, où jamais, pour .ainsi
dire, n'apparaît l'idée religieuse, ce qui semble étrange lorsqu'on
songe à la profession de l'auteur, ni même la pitié pour les sots:
ceux-ci ne sont jamais à plaindre, comme le montrait déjà l'apologue du Discreto.
Ce qui est plus grave, c'est que quelques-unes d'entre elles
paraissent suspectes au point de vue moral ; nous en allons examiner plusieurs qui, mal comprises, pourraient sembler répréhensibles et faire ace.user Graci.ln de prêcher l'hypocrisie, le
mensonge, l'insensibilité ou l'égoïsme.
C'est a-i.nsi qu'il recommande d'être &lt;&lt; plutôt fou avec tout le
monde que sage tout seul ' &gt;&gt;. La Bruyère semble faire allusion à
cette sentence lorsqu'il écrit : « Il faut faire comme les autres &gt;&gt; ;
maxime suspecte, qui signifie presque toujours : &lt;&lt; Il faut mal
faire », dès qu'on l'étend au delà de ces choses purement extérieures, qui n'ont point de suite, qui dépendent de l'usage, de la
mode ou des bienséances ~. &gt;) Et c'est bien avec la restriction de
La Bruyère que l'entend Graciân, qui a pris soin de corriger luimême son aphorisme en ajoutant : « Plutôt sage avec les autres
que fou tout seu!J &gt;&gt;. Çar, s'il recommande de se soumettre à la
mode, aussi bien pour les choses de l'esprit que pour celles du
corps, il prend soin de spécifier « qu'il n'y a que dans le bien
que ne vaut plus cette règle de vie, car il faut toujours pratiquer
la ve1tu 4. ii
Le conseil de &lt;&lt; penser comme le petit nombre et parler comme
le grand nombre &gt;1 semblerait au premier abord autoriser le

mensonge, si la façon dont il est commenté n'en excluait absolument l'emploi. Il s'agit simplement de démontrer que c&lt; toute
vérité n'est pas bonne à dire iJ. «Lesage évite autant d'être contredit que de contredire ». Sa critique est prompte, mais il se
garde de la rendre publique ; il ne la confie qu'à ses amis les
plus sflrs '.
De prime abord les maximes sur l'amitié ne sont pas moins
choquantes. RU ne faut pas aimer ni haïr pour toujours 1 ,&gt;, dit
Gracian. les amis qui se détournent, deviennent souvent vos
pires ennemis : il faut donc prévoir la possibilité de ce change~
ment. La Bruyère s'est élevé violemment contre cettepeosée.

506

1.

Ma.xime 133 :

2.

Des jugements.

&lt;.&lt;

« Vivre avec ses ennemis, dit-il, comme s'ils devaient un jour être nos :imis,
et vivre avec nos amis comme s'ils pouvoieot devenir nos ennemis, n'est
ni selon la nature de la haine, ni selon les règles de l'amitié. Ce n'est point
une maxime morale, mais politique;. »

La Bruyère n'a que trop raison si l'on considère cette maxime
comme une règle de morale : il y aurait là, soit une indigne
sécheresse de cœur, soit une insigne lâcheté; et d'ailleurs, comme
l'a bien remarqué le moraliste français, ni l'affection, ni la haine
ne som capables de se dominer de la sorte. Mais c'est qu'il n'y a
là qu'une maxime politique, qu'il ne s'agit que des amis ou des
ennemis politiques, et que Gracian n'a fait en somme que reproduire le conseil de Bacon qui dit :
« Le septième précepte (de l'art de s'avancer dans le monde) est cette antique
maxime de Bias, pourvu toutefois qu'on n'y voie pas uo encouragement à la
perfidie, mais seulement uue raison d'être circonspect et de modérer ses pas-

Antes loco con todos que cuerdo a solas ».

3. Maxime t 33 : &lt;&lt; Mas yo moderaria el aforismo, diziendo : antes cuerdo
con los demas, queloco a solas. »
4. Maxime 120 : &lt;&lt; Vivir a lo platico. A.comodese el cuerdo a lo presente,
aunque le parezca mejor lo passade, assi en los arreos del alma, como del
cuerpo. Solo en la bondad no vale esta regla de vivir : que siempre se ha de
platicar la virtud ... Viua el discreto como puede, si no coma querria. »

r. Maxime 43: « Sentir con los menos, y hablar wo los mas ... Tanto huye
de ser coutradicho el cuerdo, como de contradezir : lo que es pronto à la censura es detenido à la publicidad dell.a. El sentir es libre, no se puede ni deue
violentar; retirase al sagrado de su sileucio, y si ta! vez se permite, es à sombra
de pocos, y cuerdos. ,,
2. « No se ha de querer, ni aborrecer para siempre. » Maxime 217.
3. Du cœur.
REVUE HISPANIQUE. tl'.

H

�508

ADOLPHE COSTER

sions. « Aime too ami, dit-il, comme pouvant devenir ton ennemi, et hais ton
ennemicomme pouvant devenir ton ami'· ,i

Toutes les Maximes de l'Or/Jculo qui roulent sur l'amitié
doivent être entendues de la même façon, même lorsqu'au premier abord elles semblent dénoter de la tendresse.
Il faut avoir des amis : (&lt; c'est une seconde existence 1 » dit
Gracian ; mais en quoi? En ce que l'ami double votre force ou
votre sécurité par ses éloges ou par ses bons offices : il ne s'agit
donc pas d'amis intimes, ni même de confidents, bien que
quelques-uns puissent le devenir dans la suite, mais d'amis
utiles.
Il faut gagner l'affection, mais comme un excellent moyen de
gamier l'esprit, et, une fois acquise, il faut s'en servir 3•
D'ailleurs ce qu'il faut rechercher dans l'amitié, c'est le plaisir
ou le profit. Ne souhaitons pas trop de bonheur à nos amis si
nous ne voulons pas les perdre 4, et ne les multiplions pas de
crainte de nous tromper sur leur compte : il faut que l'ami ait
les trois qualités de l'être : un, bon et vrai ; .
Même avec cet unique ami on se tiendra toujours sur la défensive. On ne se donnera pâs à lui tout entier.

r. D~ dignitatc et tlllfmentis scie11tiarn111, VIU, 2. Publius Syrus exprime la
même idée : « ha amicum habeas, posse inimicum fieri ut putes. »
2. Maxime lI 1 : « Tener amigos. Es el segundo ~er... Cada dia se ba de
diligenciar vno, aunque no para intima, para aficionado, que algunos se
quedan despues par,1 confidentes, passando por el acierto del delecto. »
3., Maxime 1 i2 : (&lt; Ganar 1a pia aficion ... Entrase por cl afedo al concepto. •,
puedese diligenciar, y saberse valer della. &gt;&gt;
4. Maxime 156 : &lt;' Amigos de eleccion ... Ay amistades legitimas, y otras
adulterinas; estas para la delectacion, aquellas para la fecundidad de aciertos :
ballanse pocos de la persona y muchos de la forttma ... Ni desearles mucha
fortuna si no los quiere perder. &gt;&gt;
5. Maxime 158 : « Saber vsar de los amigos ... No solo se ha de procurar
en dlo conseguir el gusto, sino la vtilidad, que h.a de tener las tres calidades
del bien, otros dizen las del ente, vno, bueno y vero:ladeto. &gt;&gt;

BALTASAR GRACIAN

Il ne suffit, en effet, 11i du sang, ni de l'amitié, ni de l'obligation la plus
stricte ; car il y a grande différence entre livrer son cœur ou sa volonté : la
plus grande union admet une e)lception, sans que s'en offensent les lois de la
délican:sse; l'ami se réserve toujours quelque secret, et le fils même sur
quelque point garde son quant-à-soi vis-à-vis de son père : il est des choses
dont on se cache avec les uns, et que l'on communique aux autres et inversement, en sorte qu'on en vient à accorder ou à refuser toute chose en distinguant ceux à qui il convient '·

J'ai traduit cette dernière Maxime en entier parce qu'elle
donne une idée de la finesse psychologique dont Gracian fait
preuve à l'occasion. Elle ne contient certes rien de formellement
contraire à l'amitié; et cependant ne se sent~on pas bien éloigné,
en la lisant', de la belle définition qui dit que « l'ami est un
autre soi-même? ,&gt; Dans son Critiron, il a peint l'amitié sous des
couleurs plus séduisantes. Le serviteur de Salastano, chargé
de lui chercher pour son Musée un ami véritable, arrive aux confins de la Catalogne où il trouve un être fantastique, un et triple
à la fois, qui lui dit que l'amitié (( n'est qu'une âme en plusieurs
corps ». Et pourtant, dans cet éloge si enthou~iaste, où Gérion
déclare qu'il est « cet autre moi, le type idéal de l'amitié• »
la défiance de Gracian se manifeste encore, car il note que les
miroirs de l'hospitalière demeure sont d'acier ou d'argent, mais
non de cristal, pour qu'ils ne se cassent pas.
Force est de confesser que l'on ne voit pas que Gracian ait
noué avec des hommes de sa condition, ou de sa profession,
une de ces amitiés profondes et naïves comme en forment les
cœurs généreux, et que son ituimité avec Lastanosa, ou Pablo
de Parada, les deux personnes qui semblent avoir tenu le plus de
place dans ses affections, peut, elle-même, être entachée du
soupçon d'intérêt.
A ces deux protecteurs, d'un rang supérieur au sien, il a pu
1.
2.

Maxime 260 : , ni serà, ni te11drà à ninguno todo por suyo. »
(j Yo soi ... e1 de tres vno; aquel otro yo, idea de la amistad. » Crilicon,

II, ), P· 59.

�5IO

pt

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACJAN

consacrer une véritable sympathie, mais il a su trop bien profiter
de la leur pour que le triste conseil de savoir user de l'amitié 1
ne vienne pas rendre la sienne un peu suspecte.
Parfois ces préceptes utilitaires prennent une forme encore
plus choquante. « Il faut s'éviter les chagrins » dit Gracian, et si
l'on doit choisir entre la peine d'autrui et la sienne propre, ue
pas hésiter à préférer celle d'autrui a. Il est donc naturel de
détourner sur les autres les désagréments qui nous menacent,,
et, à supposer que l'on éprouve de la comp:ission pour les malheureux, il faut bien se garder d'en faire montre, si l'on doir,
pour cela, se brouiller avec les gens heureux : il est même d'une
conduite habile de s'écarter des infortunés +.
Tous ces conseils, pris au pied de la lettre, pourraient justifier
une conduite abominable; eu réalité Graci:in sous-entend toujours
que la vertu ne perd jamais ses droits, mais juge que, dans les
affaires de peu d'importance, dans les relations mondaines, par
exemple, il est permis d'économiser un héroïsme qui ne servirait
qu'à vous attirer des désagréments.
Remarquons, en terminant, ces maximes sur la chance, sur la
fortune, quj semblent un peu étranges dans la bouche d'un
religieux. Graciin, comme je l'ai déjà signalé, a une croyance
presque superstitieuse dans la fortune : entouré de joueurs,

comme il l'était', peut-être a-t-il cédé plus qu'il n'aurait fallu,
à l'influence qu'exerce leur folie, bien qu'il déclare par ailleurs qu'il n'existe d'autre fortune que la prudence ou l'imprudence z_
Il est évident que la lecture de l'Oraculo ne donne pas l'impression d'un oovrage écrit par un religieux : mais, si l'auteur
avait pour objet de donner les règles de la prudence mondaine,
peut-on s'étonner qu'il ait omis de les fonder sur la vertu ? Il
leur a donné comme base l'intérêt : aussi semblent-elles égoïstes,
sèches, d'un âpre pessimisme, si l'on admet que l'humanité se
compose d'un nombre iniini d'imbéciles exploités par quelques
malins. Ainsi les entendront un Schopenhauer ou un Nietzsche,
parce qu'ils prendront comme règles de morale ces préceptes de
sagesse mondaine. Mais on ne saurait oublier que derrière l'auteur de l'Oraaûo se cache l'bomme qui a embrassé la vie religieuse, et qui l'a supportée, semble-t-il, sans peine et sans
regrets, qui a su faire son devoir de prêtre et de patriote lorsque
l'occasion s'en est présentée, qui a consacré la meilleure partie de
son existence à prêcher, à confesser, à enseigner, et dont les
écrits n'ont été vraiment qu'un délassement, qu'un jeu dans ses
heures de loisir. L'assurance même de sa foi, de sa soumission
àla loi morale religieuse, l'a dispensé de recourir à ces principes
pour corriger ou atténuer ce que les maximes de l'Oràculo peuvent
avoir de choquant pour un incrédule.
Qu'il n'ait pas eu un cœur chaud, comme il arrive d'ordinaire à ceux dont l'esprit est particulièrement avisé ou aigu, cela
semble probable; qu'il ait été insensible, rien ne l'indique.
Gracian n'est pas une âme forte; l'horreur sacrée qu'il éprouve
pour la solitude en est 1a preuve. li dirait volontiers avec Pascal
&lt;1 que le plaisir de la solitude est une chose incompréhensible 1. »

Maxime 1 12 : &lt;&lt; Ganar la pia aficion. »
Maxime 64 : « Saberse escusar pcsares... Nunca se ha de pecar contra
la dicha propia, por complazer al que acooseja, y se queda fuera : y en todo
acootecimiento, siempre que se eocootraren el haier pl:uer a otro, coo el
bazerse à si pesar, es )icion de conueniencia, que vale mas que el otro se disguste aora, que no tu despues, y sin remedio. »
3. Maxime r49: 1&lt; Saber declinar a otro los males : tener escudos contra la
maleuoleocia ... Aya pues vn testa de yerros, terrera de infelicidades, a costa
de su misma ambicion. ))
4. Maxime 163 : !&lt; Nunca por la compassion del infeliz se ha d,e incurrir en
la desgracia del afortonado ... Ay alguuos, que nunca 'i'an sine con fos desd!chados y ladeao oy por infeliz, al que huycron ayer por afortunado; arguye
tal vez nobleza del natural, pero no sagacidad. »
I.

2.

Voir appendice 1, lettre 28.
Voir Maxime 21 : ij No hay mas dicha 1 ni mas desdicha que pru~encia,
o imprudcncia. » Cet aphorisme se retrouve dans Botero (Detti, p. 91).
3. Pensées, article IV, édition Ravet.
1.

2.

�512

ADOLPHE CO.STER

(&lt; Pour vivre seul. dit-il lui-même, il faut tenir beaucoup de
Dieu, ou tout de la bête 1 • »
Or, fébrile comme je l'ai montré, vivant et pensant en parlant, il avait un impérieux besoin de la société, de l'estime, de
l'applaudissement d'autrui : il est naturel que, pour vivre dans
le monde, il ait avisé aux moyens de se protéger dans la mesure
du possible confre des heurts inévitables : de là cette recherche
des petites habiletés qui peuvent, sans dommage pour la conscience, permettre de continuer à fréquenter les hommes.
Et puis, n'y a-t-il pas chez lui ce goût naïf qu'éprouvent
beaucoup de très braves gens pôur un innocent machiavélisme ?
Ils ressentent un secret plaisir à se .figurer qu'ils pourraient aussi
bien que les coquins mettre en action les astucieuses machines
dont ils pâtissent trop souvent : ils se donnent ainsi l'illusion
qu'ils sont des victimes volontaires et non des dupes. Il y a sans
doute un peu de cela chez Gracian : comme bien d'autres il se
plaît à soupeser ces armes dangereuses, dont son honnêteté lui
interdit l'usage, mais dont il ne peut s'empêcher d'admirer la
trempe et le tranchant.

t. Maxime 133 : « Antes loco con todos que c~erdo a sofas ... Pata viuir a
solas ha de teoer ô mucho de Dios, ô todo de bestia. » Pascal a dit : « L'homme
n'est ni ange ni bête et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête. »
PttlSées, article vn, n° 13, édition Havet.

BALTASAR GRACJ.A~

CHAPITRE XII

El Critit:611. - Analyse, - Sources. - Signification de cet ouvrage.

Dans la série des ouvrages moraux de Gracian, le Critic6n
occupe une place à part : c'est le livre qu'il a le plus travaillé,
celui qui lui attira la disgrâce qui dev~it le tuer, celui qu'il a
mis une ténacjté tout aragonaise à publier, et qui contient l'expérience de ses cmquante années . C'est en lisant ce roman philosophique que l'on peut vraiment con.naître Gracia.a, faire son
cc anatomie morale », selon sa propre ex-pression. Dans ses autres
écrits, son état, la responsabilité qu'il était obligé de prendre des
idées qu'il formulait, l'ont assurément contraint à dénaturer sa
pensée, surtout par omission. Dans le romarl, par l'intermédiaire
de ses personnages, il a pu se risquer à lancer des critiques audacieuses, à êmettre des jugements sincères, qu'il pouvai~ d'ailleurs
refuser d'endosser. C'est véritablement son chef-d'œuvre : s'il ne
jouit pas de la réputation qu'il mérite, c'est qu'il est intraduisible,
par suite inaccessible à ceux qui n'entendent pas l'espagnol, et
difficile même pour des Espagnols, en raison de l'usage d'une
langue prodigieusement subtile et des innombrables allusions à
des événements ou à des personnages contemporains, dont nous
avons aujourd'hui perdq la dé : en sorte que la partie purement
morale du livre peut seule intéresser un lecteur de nos jours, tandis qu'au temps où il parut, chacun de ses chapitres devait avoir
toute la saveur d'un pamphlet ou d'un article de journal r.
Gradin paraît avoir conçu longtemps d'avance cet ouvrage.
Le dernier chapitre du Discreto en indique vaguement quelques
1. Le livre eut uo grand succès dès son apparition, comme Je mootre cette
phras.e de la Crilim rfe rejlaci6ii (p. 81-82) : (t lbien se conoce el acierto,
pues el mundo todo lo celebra ; y el pape! corre sin paraT en las tieodas de
libres. &gt;&gt;

�données essentielles. Quant à l'élaboration, elle fut lente et
compliquée. J'aime à me figurer que le Criticon est l'œuvre
non seulement de Gracian, mais encore de Lastanosa et de ses
amis.
Nous avons le témoignage formel de cette intervention de
Lasranosa dans la correspondance de Gracian : nous y voyons
que ce dernier communiquait, à mesure qu'il les composait, les
chapitres du Criticon à son ami, et que celui--ci les renvoyait
corrigés, ou annotés. C'étaient sans doute des heures exquises
que passait don Vincendo, lorsqu'au reçu d'une de ces Cnsis il
s'enfermait dans sa bibliothèque pour en donner lecture à ses
familiers, à son frère le chanoine, au comte de Guimera, à
Salinas par exemple. Les rires et les applaudissements devaient
saluer au passage ces allusions piquantes, ces phrases, qui
paraissent obscures lorsqu'on les lit tout bas, mais qui prononcées tout haut, avec le geste,, avec les pauses nécessaires, s'éclairent
soudain, tiennent perpétuellement l'auditeur en suspens et le
surprennent sans relâche. Puis, la dernière page une fois tournée,
chacun proposait le calembour, le trait mordant que lui avait
suggéré la lecture et qui ornait bientôt les marges du manuscrit
que l'on renvoyait à l'auteur : et Gracian choisissait, dans ces
matériaux nouveaux, ceux qui lui convenaient, et les insérait
da~s ses Crisis pour le plus grand plaisir des amis qu'il intéressait
ainsi au succès de son livre. Ainsi s'explique à mon avis le nombre
J?rodigieux de jeux de mots, de traits .satiriques, d'idées bouffonnes dont fourmille le Gritic6n, et qu'on se résigne diffi~ilement
( à attribuer à l'imagination d'un seul homme, pour féconde
qu'elle ait été. Pour en donner un exemple concret, l'invention
si plaisante de la réforme des proverbes 1 , qui consiste à leur
donner un sens complètement opposé à celui qu'ils ont d'ordinaire,
se trouvait déjà, comme on l'a vu, dans le Discreto, où elle est

1.

BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

514

Critiwn, III, 6.

attribuée à Andrés• : elle n'a pu évidemment être menée à bonne
fin que par une société de beaux esprits qui se sont un jour
divertis à prendre les proverbes un à un et à essayer de les retourner. En sorte que le Criticon incarne non seulement l'esprit de
Graciân, mais, en quelque sorte, celui même de l' Aragon.
Nous en possédons l'édition princeps : ·elte est extrêmement Qfl
rare, car, de la première partie, je ne connais d'autre exemplaire
que celui du British Museum, provenant de la bibliothèque de
Salva. Elle porte le titre suivant :

J&gt;~

El Criticon I Primera Parte I En I La Primavera I de la Niiiez, 1y eu I el
estiodelaivventvd. 1 Avtor I Garcia de Madones. 1 Y lodedica I Al Valeroso
Cavallero I Don Pablo de Parada, 1 De la orden de Christo, 1 General de la
Artilleria, y Governa- 1 dor de Tortosa. 1 Con licencia. 1 En Zaragoza, par
I"an Nogves, y a su costa I Aiio M.DC.LI '·

Nous avons déjà vu que le pseudonyme de Garcia de Marlones
n'était que l'anagramme des noms Gracian et Morales, et quelle
fut la raison qui le fit adopter par 1'auteur.
Une seconde édition de cette première partie parut en 1658,
sous le titre :
EL Criticon, 1Primera Pa~e. 1En I La Primavera I de la niiiez, 1 Y en I el
estio dela ivventvd. 1 Su Autor Lorenço Gracian. 1 Y lo dedica I Al Valeroso
Cavallero D. 1 Pablo de Parada, de )a orden de Christo, General I de la Artilleria : y Gouemador de Tortosa. 1 Con licencia. 1 En Madrid. Por Pablo de VaL
Aiio 1658. 1 Vendese en casa de la viuda de Francisco Lamberto, 1 en la carrera de San Geronimo , .
'
1. « Y el necio mas sabe de la casa agena, que de la suya, que ya hasta
los refranes andan al reues. &gt;1 Discreto, V1II, p. 146.
2. Licence du vicaire général Sala. - Censure du P. Antonio Liperi « en
Zaragoça 6. de Iunio de 16p. » - Imprimatur de Canales. - Dédicace de
Garcia de Marlones. - A qvien leyere. - Errata. - TCllte. - ln-8° de
288 pp.
3. Censure du P. Antonio Liperi. - Imprimatur de Canales. - Dédicace
de Lorenço Graciân. - A qvien leyere. - Licence à la veuve de Francisco
Lamberto« En Madrid a II de Abril de 1658 . &gt;l - Errata. - Légalisation des errata « Madrid 13. de Abri! de 1658. » du Lie. Carlos Murcia de la
Llaoa. Texte. In-80 de 288 pp.

1

�BALT.ASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

D'où vient _ce titre de Criticon, adopté par Graciân pour son
roman, et qm semble avoir été pour ses confrères un sujet de
scandale 1 ? Dans le Discreto, le Realce XVI portait le sous-titre
de ~foti~icon, évidemment emprunté au celèbre roman qu'on
f attnbua1.t alors à Pétrone, peut-être par l'intermédiaire de Barday,
dont le_ Satyricon avait paru en r603. Dans cet ouvrage, dont le
sou~e01r même devait être honni dans la Compagnie, Barclay
avait attaqué les Jésuites. On pourrait se demander si ce ne fut
pas la raison pour laquelle au mot de Satirifon Graciàn préféra
celui de Criticon. Mais la vérité c'est qu'ayant intitulé Cris.is ou
Critiqt1es, les différents chapitres de son ouvrage, il vo~lut
indiquer qu'il entendait faire, non une satire impitoyable mais
une analyse impartiale des mœurs humaines. Du mot Crisis
&lt;lérivait toutnaturellement celui de Critiçan.
Le plan du roman est très simple. Une tempête jette sur les
côtes de Sainte-Hélène, au temps de Philippe IV, un naufragé à
cheveux blancs du nom de Critilo, c'est-à-dire le Critique,
l'homme judicieux. li y est accueilli par un sauvao-e qui n'a
d'autre langage que le cri des fauyes et le chant
oiseaux :
c'est Andrenio, iv-i)p, l'homme de la nature. Critilo lui apprend
~ parler, et, lorsqu'il est en état de s'exprimer, lui demande qui
il est, comment il se trouve seul dans cette île déserte. Andrenio
raconte qu'il s'est éveillé un jour au fond d'une obscure caverne
au milieu de fauves dont l'un le nourrit de son lait et plus tard
des fruits qu'il rapportait à ses petits. Ainsi privé de la lumière
du jour, Andrenio, prisonnier, grandissait inconscient, lorsque
soudain la lumière de la raison dissipe les ténèbres de son esprit:
il se replie sur lui-même, s'examine : « Suis-je, ou ne suis-je
pas, dit-il. Mais si je suis, qui suis-je ? qui m'a donné l'être et
pourquoi me l'a-t-il donné 2 ? » Il commence donc à se corn-

ae:

Vair Appendice I, lettre 29.
Pero ilegando a cierto termino de crecer, y de viuir, me salteô de
repente vn tao ex.traordioario impetu de conocimiento, vn tan grande golpe
1.

2. "

parer à ses compagnons ; il remarque qu'il s'en distingue, non
seulement par son extérieur, mais encore, « en ce qu'il rit et
pleure, tandis qu'ils hurlent ». Dès lors il sent croître en lui le
désir de sortir de sa prison, il s'efforce de voir et de savoir. Mais,
comme les prisonniers de Platon dans leur caverne, il ne pouvait
se fairé une idée du monde extérieur, et le bruit des flots, de la
pluie, du tonnerre, quelquefois même le son de voix mystérieuses, qui étaient des voix humaines, venaient troubler et torturer son esprit avide de connaissance à en mourir.
Un jour, enfin, un tremblement de terre vient briser fes
parois de sa prison : épouvanté p:ir ce bruit surprenant, par le
fracas des rochers qui s'écroulent, Andrenio s'évanouit. Il est
rappelé à lui par l'apparition du jour naissant, « jour éclatant,
jour grand, jour infiniment heureux, le meilleur de toute sa vie. »
Il se lève et s'approche de la fissure par laquelle pénètre la
lumière. A ses regards ravis s'offre le spectacle du monde '. Son
de lut, y de aduertencia, que rcboluiendo sobre mi comence a recooocerme
haziendo vna, y-otra reflexion sobre mi proprio ser. « Que es esto, deûa, soy,
b no soy ? Pero pues viuo, pués conozco, y aduierto, ser tengo. Mas si soy,
quien soy yo ? Quien me ha dado este ser, y para que me lo ha dado ?»
Critièo11, I, 1, p. 10. Il est bon de rappeler ici que le Discours de la Milhocle
1 avait paru en 1637.
I. Milton, qui était .polyglotte, eut-il connaissance de ce remarquabl.e
passage du Critidm ? Ce fut vers 1655 qu'il commença son P.iradis
perdii, achevé vers I 665. Au VIIIe chant de ce poème, Adam raconte, lui
aussi, à !'Archange Raphaël ses impressions au moment où il s'éveilla à
la vie : « As new waked from soundest sleep, 1 Soft on the flowery
herb I fouod me laid j ln balmy sweat, which with his beam.s th.: sun l
Soon dried, and on the reeking moisture fed. \ Straight toward Heaven my
wondering eyes I turned I And gazed a while the ample sky; till, raised I By
quick instinctive motion, up 1 sprung, 1 As thitberward endeavouring, and
upright I Stood on my feet about me round I saw I Hill, &lt;laie, and shady
woods, and sunny plains, 1And liquid lapse of murmuring streams ; by these
1 Creatures that lived, and moved, and walked, or ft,:w I Birds on the
branches warbling ; ail things smiled ; 1 With fragrance and with joy my
heart o'erflowed. » (V. 252 et suivants.) Plus loin il s'examine lui-même;

1

~I

�518

l

•

BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

âme tout entière semble se concentrer dans ses yeux et, tout un
, jour, il reste immobilisé dans sa contempla'tion. Il voit se lever
le soleil, qu'il craint ensuite lorsqu'il le voit se rapprocher~ et
dont la disparition lui cause un moment de désespoir : mais il
se ranime au spectacle incomparable de la nuit étincelante
d'étoiles, et bientôt éclairée p.i.r la douce lumière de la lune.
Enfin le soleil reparaît ; mais Andrenio le salue avec moins
d'enthousiasme, « car, ajoute sentencieusement Critilo, le soleil
même la seconde fois n'effraie plus, et la troisième n'étonne
plus' &gt;&gt; .
Andrenio s'avance alors sur la terre et tous les objets qu'il
découvre le plongent tou.r à tour dans le ravissement : les fleurs
et les fruits par leur diversité, leur parfum, ou leur goftt; les
animaux par leurs formes, leurs cris ou leurs chants provoquent
son admiration . Et Gracian ne manque pas de faire remarquer
par Critilo que le mâle est toujours plus élégant et plus beau
que la femelle 2 •
« Myself I then peosed, and limb by limb J Surveyed, and sometimes went,
aud sometimes ran I With supple joints, as lively vigour led : J But wbo I
was, or where, or irom what cause, ! Knew not ; to speak J tried, and fonhwith spake; 1 My tangue obeyed, and readily could name J Whate'er I saw. »
(Ibid., v. 266 et s.) TI est remarquable que Gracidn, s'écartant de l'opinion
traditionnelle, reproduite par Milton, ne considère pas l'acquisition du langage
comme spontanée, puisqu'Andrenio a besoin des leçons de Critito pour
apprendre à parler. Plus loin s'adressant au soleil, aux créatures, Adam
s'écrie : &lt;&lt; ••• Tell J Tell if ye saw, bow came I rhus, how here? J Not of
myself; by some great Maker, then J In goodness and in power pre-emi.nent;
1 Tell me, how may I know bim, how adore, J From whom l have tbat thus
I move and live, 1 And feel that 1 am happier tban I know? » (Ibid., v. 274
et s.) Dans le chant IV (v. 449 et s.) : Ève dit: « That day I oft remember,
when from sleep I I first awaked, and found myself reposed J Uuder a shade
of flowers, much wondering when J And what I was, whcnche thither
\ brought and how. » Graciân n'a pas eu l'idée du miroir formé par la surface
J de l'eau dans lequel Ève découvre son image am; vers suivants.
r. « Que aun el Sol (dit Critilo), a la segunda ve:1: ya no espanta, ni a la
tercera admira. » Crilicon, I, 2, p. 27.
2. « Y entre todas (aliadio Critilo) assi aues, como fieras, notaràs sierupre
que es mas galao, y mas vistoso el macho que la hembra, apoyando lo mismo

519

Le spectacle grandiose de la mer en fureur, impuissante cependant à e·n vahir la terre, l'alternance des jours et des nuits, de la
sécheresse et des plaies, font concevoir à Andrenio l'harmonie
de l'univers et la nécessité d'un Créateur.
Ayant ainsi satisfait la curiosité de Critilo, Andreoio lui
demande à son tour de lui conter son histoire. Mais au moment
où le vieillard s'apprêtait à le satisfaire, ils aperçoivent des
vaisseaux : à cette vue Critilo se trouble et gémit et, dans un
accès de misanthropie farouche, met en garde le jeune Andrenio
contre les hommes qu'il ne connait pas encore, et avec lesquels
il lui faudra vivre désormai,s. Les hommes, lui dit-il, sont plus
féroces que les bêtes féroces ; et, pour lui eo donner l'idée, il
lui conte l'aventure de ce criminel, enfermé dans un caveau
avec toutes sortes de bêtes qui devaient le faire périr. Attiré par
ses gémissements, un passant charitable lève la pierre qui couvrait la fosse. Il voit aussitôt .sorti.r un tigre, un serpent, tous les
autres animaux malfaisants qui y éraient renfermés : loin de
nuire à l'imprudent qui leur rendait la liberté, ils le remercient
tour à tour de les avoir délivrés de la compagnie du criminel
et lui conseillent de fuir immédiatement, avant que l'homme ne
sorte. Ce dernier apparaît en effet, et son premier acte est de
tuer son bienfaiteur pour le dépouiller. Tels sont les hommes;
quant aux femmes, elles sont encore plus à craindre ' .
A ce moment la flotte aborde; on s'étonne de trouver ces
deux hommes dans l'île, et Critilo prétend que, s'étant endor•
mis, ils ont été abandonnés par une flotte précédente. On les
accueille avec joie et l'on fait voile vers l'Espagne. Pendant le
voyage, Critilo raconte à son ami ses aventures.

f

en el hombre por mas que lo desmienta la femenil inclioacion, y lo dissimule
la cortesia. &gt;) Criticlm, 1, 3, p. 36. Cette attaque contre les femmes fait songer
au mot de Bossuet: « Les femmes n'ont qu'à se souvenir de leur origine; et,
sans trop vanter leur délicatesse, songer après tout qu'elles viennent d'un os
surnuméraire où il n'y avait de beauté que celle que Dieu y voulut mettre. »
ÉlivatiJns s1tr les Mystères, V, 2, La créatio11 du seco11d sexe.

,. Critico11, I,4, p. 56-57.

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPH.E COSTER

II est né en pleine mer pendant une horrible tempête, sur la
flotte qui transportait ses parents· à Goa, où son père allait
?c°:per une charge Jucrat.ive. Fils unique, gâté par ses parents,
11 s abandonne à la débauche, puis devient amoureux d'une
jeune fille noble, mais pauvre, du nom de Felisinda •.
Ses parents s'opposent à leur union ; il s'obstine, et voit
mourir de chagrin son père, bientôt suivi par sa mère dans le
tombeau. Fils dénaturé, il se réjouit d'être enfin libre de satisfaire son caprice. Mais, le frère de Felisinda étant mon soudainement, la jeune fille devient un des plus riches partis de Goa: le fils
du vice-roi aspire à sa main, et, pour se débarrasser d'un rival,
suscite à Critilo des procès au sujet de son héritage. Les parents
de Felisinda l'accordent enfin au fils du vice-roi. Furieux, Critilo provoque son rival et le tue. Le scandale est grand, Cririlo
est arrêté; on pille cependant sa maison; il perd son procès et
toute sa fortune. Enfin les parents de Felisinda quittent Goa
pour retourner en Europe avec leur fille enceinte des œuvres de
Critilo.
Accablé d'abord par tant d'infortunes, Crîtilo se désespère
dans sa prison; mais il finit par r_éfléchir, par lire de bons livres.
Son âme s'éclaire et s'apaise. Pendant ce temps, les vice-rois se
succèdent, sans que ses ennemis désarment. Un jour enfin arrive
l'ordre, sollidté en sous-main par Felisinda, de le ramener en
Espagne où sa cause est évoquée. On l'embarque sur un navire
dont le capitaine devient son ami; mais il a eu l'imprudence de
lui la!sser voir des bijoux qu'il avait pu soustraire au pillage de
ses b1ens, et, un soir qu'ils se promenaient tous deux sur le
tillac, le perfide capitaine, poussé par la cupidité, jette Critilo
d'un coup d'épaule dans la mer, en appelant à l'aide comme si
c'eût été un accident fortuit : on jette à Critîlo des planches : il
en saisit une tandis que le navire s'éloigne. Une tempête s'élève
heureusement pour lui et jette le naufragé sur le rivage de
Sainte-Hélène.
\ \ 1.

Jeu de mots sur Felix l11da (?).

b

521

Cependant la flotte aborde en Espagne : nos deux héros
débarquent. Critilo met une dernière fois son compagnon en
garde contre la civilisation. « Tout est bien sortant des mains
de l' Auteur des choses, dira plus tard Rousseau ; tout dégénère
entre les mains de l'homme' n. cc T ~ qu'a fait l'artisan
suprême, dit Gracian, est si achevé qu'on ne saurait le perlectionner; mais tout ce que les hommes y ont ajouté est imparfait. Dieu a tout créé harmonieusement concerté ; l'homme a
tout confondu 2 &gt;&gt;.
Nos deux pèlerins, à peine débarqués, commencent à suivre
la route de la vie. A partir de ce moment les allégories les plus
étranges et les plus impnhrues marquent chacune des étapes
de leur voyage : le naïf Andrenio se laisse i11failliblement :iller
à ses instincts; Critilo, guidé par la raison, résiste aux siens,
sans parvenir toujours à arrêter son compagnon, qu'il voit courir à sa perte. Arrivé au carrefour du Vice et de la Vertu, auquel
avait hésité Hercule, il est fort étonné de trouver trois chemins:
il découvre que la bonne voie est ceUe du juste milieu, également éloignée du vice et de l'aspiration à une vertu trop haute :
il y entraîne Andrenio, et tout de suite les deux voyageurs se
sentent à l'aise ; mais le plus jeune s'étonne que le chemin
monte sans cesse : &lt;( Il semble nous conduire au ciel, dit-il. C'est vrai, n répond Critilo, donnant ai!1csila2!ef même ~J.¼!Otnan, \
« car c'est le sentier de l'éternité ,i- ;_
· ·
·
Ils arrivent enfin dans une grande ville, ou ils s'étonnent de
ne pas rencontrer un seul homme ; le centaure Chiron, qui
I.

Êmile, édition Hachette, II, p. 3, début du livre I.

Todo quanto obrà el supremo Artifice, est.à tàn acabado, que no se
puede mejorar : mas todo quaoto han aü,adido los hombres, es imperfecto :
crio!o Dios muy concertado, y cl hombrè lo ha confundido, digo lo que ha
p~ido alcaoçar, que aun doode no ha llegado con el poder, con la imagiaac10IJ ha pretendido trabucarlo. » Criti,6n, I, 5, p. 73-74.
3- « Este carnino mas parece que nos lleua al Cielo~ que al mundo. -Assi
es, le respolldib Critilo, porque son las sendas de la eternidad. &gt;&gt; Criticon, I,
2. «

5, p. 91.

1

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

522

a

a

s'offre eux pour les conduire, leur montre que toue va l'envers ; certains marchent sur la tête, d'autres à reculons; les
femmes commandent aux hommes.
Ils aperçoivent bientôt la fontaine des illusions à laq_uelle les
sots se précipitent pour y boire leurs propres chimères, et Critilo n'a pas le temps d'empêcher Andrenio d'y humecter ses
lèvres. Ils assistent sur la place publique aux boniments et aux
tours des charlatans politiques., que Falimundo, le Prince des
illusions, surveille derrière les jalousies de son palais. Andrenio
veut faire sa oour à ce prince invisible et Critilo, ne pouvant
l'arracher à sa chimère, continue seul sa route pour arriver à la
cour de la sage Artemia, déesse de la culture intellectuelle : il y
est accueilli à bras ouverts et supplie cette puissante divinité de
guérir Andrenio de sa folie : Artemia y consent : elle envoie un
sage qui fait voir à Andrenio dans le miroir de la Désillttsûm.
que Falimundo n'est qu'un monstre hideux et informe, et
ramène à sa cour le jeune hom.rpe repentant. Elle lui fait raconter ses aventures. Andrenio y ajoute la découverte qu'il fit de
1ui-même : cette anatomie morale, dans laquelle Ie corps
1pumain est envisagé dans sa valeur allégorique constitue un
tôur de force d'ingéniosité.
Mais cette docte conversation est interrompue par les clameurs
de la foule des imbéciles que )'Envie, soudoyée par Falimundo,
a soulevée contre Artemia. Celle-ci se tire momentanément
---..___ d'affaire en recourant au strat&lt;!gème de Colomb. Profitant de
l'approche d'uôé1ëlipse, elle annonce qu'eUe va faire disparattre le soleil et remplit ainsi ses ennemis de terreur. Mais,
sachant que la haine des sots pour ceux qui leur sont supérieurs
ne désarme jamais, elle se décideà porter ses pénates ailleurs, et
fait choix de la ville de Tolède. Andrenio et Critilo l'y accompagnent, puis prennent congé d'elle pour se rendre à Madrid, où
le vieillard espère retrouver Felisiuda.
En chemin, ils sont arrêtés par une bande d'aimables brigands,
commandés par Volusia ( volu.ptas), qui font prisonniers tous les
passants, mais ne les enchainent qu'avec les liens que chacun

523

d'eux choisit. Andrenio demande à être attaché avec des fleurs,
et Critilo avec des liyres. Ils arrivent enfin à Madrid ; mais à
peine entrés, Andrenio est accosté par un page qui se présente
de la part de Falsireoa, ·sa cousine, et le sollicite d'aller la voir.
Le naïf jeune homme, quoique surpris d'abord, va voir l'enchanteresse qui l"accueille à bras ouverts, prétend être nièce de
Felisinda et n'a pas de cesse qu'il n'accepte de venir loger chez
elle. Apprenant qu'Andrenio a un compagnon, elle veut déterminer Critilo lui-même à vèoir s'installer dans sa demeure, et le
vieillard, d'abord incrédule, finit par y consentir, dans l'espérance de revoir Felisinda dont Andrenio serait le fils, au dire de
Falsirena. Follement épris de sa belle cousine, Andrenio refuse
d'accompagner Cri.ùlo dans une excursion que celui-ci veut faire
à l'Escurial et à Aranjuez, avant de partir pour l'Allemagne ou
Falsirena dit que se trouve sa tante. A son retour, Critilo ne
retrouve plus le palais de l'enchanteresse : il ne voit qu'une
masure infecte et abandonnée : les voisins lui. apprennent que
Falsirena. n'est qu'une aventurière qui dupe successivement, dans
tous le.s quartiers de la ville, les riches étrangers . Inquiet du
sort d'Andrenio, il le cherche partout, aidé par Egtnio, l'homme
aux six sens. En effet, à chaque étape de la vie, les deux pèlerins trouvent le guide et le maître qui leur révélera la signification
Je ce qu'ils voîent: c'est le plus souvent une qualité personnifiée. Ici Egenio incarne la nécessité, qui e_g ~9 s i x i ~ s '. En vain, cependant, cherchent-ils Andrenio dans tous les lieux
suspects, et croient-ils le reconnaître sous les fOFm_es les plus grotesques. &lt;&lt; Est-il possible, dit son ami, avec une désolation plaisante, que nous ne puissions pas le trouver parmi tant de bêtes
que nous rencontrons ? &gt;&gt; • .
1. " Francesco Qu~ua, lioggi Arciprete de Daroca, parlando con lllolta
liberti sopra vn negotio fastidloso, con Clemente VIII. gli &lt;Usse, che i grandi
&amp; i ricchi haueuano cioque sentimenti, &amp; i poueri sei : perche il bisogno, e la
necessirà ne aggiungeua loro vno. • ~ ' Detti, p. 127.
2. « Que es possible... que no le podamos haUar entre tantos brutos como
vernos, entre tanta bestia como topamos? Ni arrastraoJo el coche de la
l\EVUE RJSPAJ&lt;lQUE. D,

�ADOLPHE COSTER

lis reviennetit enfin à la maison et, sous un tas de fumier
infect, découvrent l'orifice d'un caveau où ils. aperçoivent, à la
lueur d'une torche que soutient une main admirable ornée de
bagues et de bracelets, une foule de corps étendus : jeunes
gens, vieillards, savants, tous entièrement nus, sans même un
drap pour les ensevelir. Egenio écarte la torche et l'éteint :
aussitôt tous se réveillent et s'en vont tout confus et pestant
contre les femmes.
Où il y a des joncs, il y a de l'eau, où il y a de la fumée, il y a du feu ; où
il y a des femmes il y a des démous. - Quel mal plus graud qu'une femme,
disait un vieillard, sinon deux ? - Allons, conclut Critilo, ]a femme n'a d'es•
prit que pour le mal 1» Mais Andrenio: « Taisez-vous, lenr dit-il; car malgré
tout le mal qu'elles m'ont fait, je confesse ne pouvoir les haïr ni mi:me les
oublier, et je vous assure que de tout ce que j'ai vu dans Je monde, or,
argent, perles, parures, palais, édifices, jardins, fleurs, oiseaux, astres, y compris la lune et le soleil, ce qui m'a plu daYantage, c'est la femme !-Assez, dit
Egenio. Allons-nous en d'ici, car sa folie est incurable! » x.

Quittant donc la Cour, nos deux Pèlerins passent à la Foire du
monde où, au sortir du pays de ]a jeunesse, chacun fait ses provisions de vices ou de vertus pour le dur voyage~~ l'â~ viril :
ils en sortent munis d'une foule decli"oses uules, surtout de la
ramera, ni lleuaodo en aodas al que es mas grande que el, ni acuestas al mas
pesade, ni al que và deottQ la litera en mal Latin, y tan fuera della en buen
'Romance, ni acarreando inmundicia ne costumbres. » Criticon, 1, 12, p. 263-

264.

.

Donde ay ju.ncos, dezia vno, ay agua, donde humo fuego, y donde
mugeres demonios. - Quai es mayor mal que vna mnger, deria vn viejo, sino
dos, porque es doblado? -Basta, que no tiene ingenio sino para mal », dezia
Critilo ; pero Andrenio: « Callad, les dixo, que con todo el mal que me han
causado, coufiesso que no las puëdo aborrecer, ni aun oluidar : y os asseguro,
que de rodo quanta en el mundo he visto, oro, plata, perlas, piedras, palacios,
edificios, jardines, flores, aues, Astros, Luna, y el Sol mismo, lo que mas me
ha contentado es. la muger. - Alto, diw Egcuio, vamos de aqui, que esta es
locura sin cura, y el mal que yo teogo que dezir de la muger mala es
mucha. " Cdtîco11, 1, 12, p. 267.
1. cc

BALTASAR GRACIAN

possession d'eux-mêmes, et prennent la route de I' Aragon « car,
selon le mot de Ferdinand, comparant les nations &lt;l'Espagne aux
âges de la vie, les Aragonais sont les hommes faits I )) • Ici
s'arrête la prenùère partie du Cr.!!it:!.:ic::;6~n~-- - - - - - - - - - - - - - - - - - -i!}i,
t'a seconde parut en 1653 : elle devait primitivement terminer l'ouvrage. Gracian l'annonçait en effet da.ns son Avis ati
l.ecteur de la première partie l . Mais encouragé par le succès, il la
dédoubla et ne publia d'abord que l'âge mur, réservant la
vieillesse pour un troisième volume. Nous possédons l'édition
originale intitulée :
BI Criticoo I segvnda parte. ] Ivyziosa cortesana I Filoso.fia, 1 en I el oto.âo
de la I varonil edad. 1 Por ] Lorenzo Gracian. 1 Y I Lo dedica I al sereoissimo
seôor l D. Ivan de Austria. Con licencia, 1En Huesca por Iuao N'ogues. Aiio
16 j 3. 1 A costa de Francisco Lamberto, Mercader de Libros. 1 Vendese en la
Carrera de San Geronimo. \l l.

Les voyageurs commencent à s'élever sur les pentes montagneuses où la verdure et les fleurs sont remplacées par les fruits :
1. a Critilo y Andreoio se encaminaron a passar los puertos de la edad
v:rronil en Aragon, de quien de:zia aquel su famoso Rey l que en naciendo fue
asorta.do para dar tantos Santiagos, para ser conquistador de tantos Reyoos),
comparando las Naciones de Espaiia a Jas edades, que los Aragoneses cran los
varooes . » Cl'itieo11, I, 13, p. 288.
2. « He diuidido la obra en dos. partes, treta de discu.rrir lo penado, dexando
siempre picado el gusto, no molido. &gt;&gt; Al que leyere. Critico11, I.
3. Dédicace de Lorenço Gracian. - Licencia du Dr. Sala, Saragosse,
24 février 165 3. - Censure de Juan Francisco Andrés, Saragosse, 9 mars 1653 •
- Imprimatur du Régent Exea. - Censura Critica du Licencié Josef Longo,
Saragosse, 20 mars 1653. - Texte. - J'ai cru longtemps ~i:eJ.2.sef Lon_go
n'~utre que Graciao lui-:rnême; mais il n'en e~t nen__: ce p~onnage a bi~
existé. Dans son Arwiipe ile los Cisnes Aragoneses (f 52), déjà cité, Andrés lui
consacre la strophe suivante : Q Josef Longo en quien puede lo ingenioso 1
supli.r las consonancias I de Ja.s dulces ~tancias I pero aunque no es su Genio
Numeroso 1 !o primoroso de su cuita ldea l lo eosalça hasta la cumbre Pegasia1 1 Que no consiste solo la Poesia I en aquella acordada melodia. 1 sino en
las ( ... .. ) inuenciones I uestidas de elegantes locuciones I y assi por esta
parte ] en el Apolo su Laurel teparte »- Il B. N. M. ms. 3660 (an~ien M 50).
[C

1

�526

ADOLPHE COSTER

conduits maintenant par Argus, dont le corps et les membres
sont tout couverts d'yeu."'&lt;., ils arrivent à la douane de l'âge
viril et s'étonnent de la transformation que subissent ceux qui y
passent. Les rieurs en sortent pensifs, ceux qui arrivent en
sautant et en dansant, à la française, deviennent St?mbres et
graves comme des Espagnols. An remo se demande s'ils se sont
mariés, tant il les voit préoccupés 1 •
Ils arrivent enfin au sommet de la montagne d'où ils contemplent le chemin parcouru t:t le pays qui s'étend devant
eux : tout à coup ils voient arriver une « merveille qui courait : c'était un domestique prompt, et chose plus
étonnante encore, qui disait du bien de son maître :l. ll Il est
envoyé par Sa1astano (anagramme de Lastanosa) pour obtenir
d' Anrus un de ses yeux, que celui-ci accorde immédiatemen~. Mais Andrenio et Critilo, désireux de voir les merveilles rassemblées par Salastano, décident d'aller lui rendre
visite. Ils le trouvent occupé à faire les honneurs de sa maison à
des officiers portugais ou espagnols, avec lesquels il leur fuit
parcourir les galeries de son musfe : les curiosités qu'il y montre
sont présentées ici comme des symboles, dont le maître du
logis développe le sens caché. Cette description du palais de
Huesca devient particulièrement curieuse si l'on a sous les yeux\
1. « No es possible, sino que aqui al aigu.a eucanto, repitia Andrenio,
aqui algun mi.sterro ai. 0 essos hombres se han casado, segun salen pensaùuos. ,1 Criticô11, II, p. r 5. Cette Crisis renferme une aUusioa à Cervaotes : on
interdit sévèrement à t0us ceu)( qui ont atteint l':'tge mûr, la lecture des
romans de cbe\·alerie. « Replicaron algunos, que para passar el tiempo se les
diesse focultad de leer las obras de algunos otros Aut0res, que auian escrito
contra estos primeras, burlandose de su quimerico trabajo ; y res_pondioles ~
Cordura, que de ningun modo, porque era dar dd lodo en e1 c1eno, y au1a
bido querer sacar del mundo vna necedad con otra mayor. &gt;l C1·iticé11, II, 1,

1
Ç.

19.
« Estando en esta diuertida fr:uicion de grandezas, vieroa venir azia si

2.

cierta marauilla corriente; era vn criado proato, y lo que mas les admirb, foe,
que dezia bien de su amo. » Critic611, Il, 2, p. 36.

BALTASAR GRACIAN

527

celle que Lastanosa en a donnée lui-même r. Gracian a scrupuleusement cité les merveilles du jardin, de la ménagerie et surtout de la collection d'armes, en se bornant à les présenter sous
forme allégorique.
Tout à coup, survient un nouveau serviteur annonçant qu'il
vient de découvrir la merveille qu'il était chargé d'acquérir, et
qui surpasse toutes celles qui ornent. le musée de Salast~no,:
c'est c&lt; uu ami véritable •&gt;. Après bien des recherches, il 1a
trouvé à l'extrémité de la Catalogne : cet être prodigieux a trois
corps mais une seule âme. C'est une ingénieuse manière, sans
dout;, de faire allusion à l'amitié qui unissait Grachin à Lastanosa et à Pablo de Parada, alors gouverneur de Tortosa, à la
frontière de Catalogne. Ce monstre a remis au serviteur son
portrait : tous les assistants le regardent, et s'y reconnaissent,
dit spirituellement Gracian 2 •
Mais il faut se séparer; les soldats vont retrouver Jeurs cantonnements, et les deux pèlerins, continuant leur voyage, se
dirigent vers la France.
.
A peine arrivés ils recontrent un indigène qui veut les gmder
vers le palais de l'or et de l'avarice : c'est en effet so~s l'as_pect
de Q'Ueux: avides que Graciin présente les Français qui ne
f son/ pas nobles. Ils s'y laissent conduire, et, après avoir parcouru cette triste demeure et constaté la misère du maître
qui l'habite, ils ne peuvent en sortir que grâce à la nouvelle .
leçon de désillusion que leur donne être un être ailé, le
Cécrops : celui-ci leur propose de les conduire auprès de Sofisbella, la nymphe de la sagesse, chez laquelle il se rend, et où
1. Je l'ai publiée dan.s la Re:u1u Hisp~nique, t. XXV, 1913. Voir aussi mon
artide A11tiq11afres d'aldrefois dansl.t Rev1u des Pyrénér.s, XXIII, 1911.
2. « Entregome, al despedirme, esta lamina preciosa, con este su rerrato,
dedicado a la amigable fine,;a : mirawole todos cou admiradou, y aun repararon en que aquellos rostros eran sus verdaderos retratos, ocasion de qu_edar
declarada y confirmada laamistad entre todos, mui a la easeâaoza del Genon :
fdiz empleo de la varonil edad. » Criticôn, II, 3, p. 6r.

�528

ADOLPHE COSTER

ils trouveront la liberté parfaite. Mais, en chemin, ils rencontrent
un monstre étrange, suivi de la foule nombreuse et enthousiaste de ceux qui « sans avoir étudié passent pour érudits, sans
se fatiguer sont savants, sans s'être brillé les yeux portent une
barbe respectable, sans avoir secoué la poussière des livres, font
beaucoup de poussière I ii . Enchanté de cette méthode facile
pour devenir savant, sourd aux. objurgations de leur guide,
Andrenio se met à suivre le monstre, tandis que Critilo se
dirige vers la demeure de Sofisbella.
Il y trouve la Nymphe des arts et des lettres; ce qui donne à
Gracian l'occasion de passer en revue les principaux écrivains
espagnols, sur lesquels il porte des jugements très curieux, et de
glisser quelques compliments à ses amis 2 •
En sortant, il traverse la Grande Place où triomphe la populace, composée des sots de toute catégorie, que l'on trouve à tous
les degrés de la hiérarchie. Abandonné par le Cécrops,, Critilo
arrive enfin au palais de la Fortune ou mène un escalier glissant;
il n'aurait jamais pu le gravir s'il n'avait reconnu tout en haut
Andrenio, que sa vulgarité avait fait monter facilement, et qui~
lui tendant la main, l'amène devant la Fortune J : ils trouvent
la déesse fort différente du portrait qu'on "en Tait d'ordinaire, et
l'entendent se justifier spirituellement du reproche qu'on lui fait
d'être aveugle et de favoriser les malhonnêtes gens.
En la quittant, les voyageurs passent au couvent d'Hypocrinda
(l'hypocrisie)"": ce chapitre, un des plus audacieux du roman,, dut
scandaliser les esprits timorés et ne fut sans doute pas étranger
, à la disgrâce de l'auteur.

J

1.

2.

Criticon, 11, 4, p. 86.
Cn'lic611, II, 4, p. 88-108.

3. « Estaodo eo esta dlficultad, assomose acullà en lo mas alto Andrenio,
que por lo vulgar auia subido tao arriba, y estaua mui adelantado en el valer ;
conocio a Critilo, que uo fue poco desde tan alto ... diole luego fa mano y
leuantole . » Criticoii, Il, 6, p. 141.
4. Criticdn, Il, 7, El Hier/li() deRipocri111la, p. 154-r73.

BALTASAR GRACIAN

529

lis sortent dégoûtes de cette demeure scélérate et s'apprêtent à
quitter la France en passant par la Picardie : sur l~ur. r~ute ils
se munissent d'armes contre les dangers du chenun a l arsenal
de la Valeur'.
Ils y voient des armes célèbres, ce qui fournit à l'auteur l'occasion de juger les personnages qui les ont portées. Dans le
palais de la Vertu, ils reconnaissent le Pape Innocent X, qui
occupait alors la chaire pontificale.
Plus ils se dirigent vers la Cour d'Honoria, la déesse de la
Réputation ~. Pour y arriver, il faut traverser le pont des Peros :
pero désigne une sorte de poire et signifie aussi mais. Gracian
montre avec une verve étourdissante tous ceux qui s'engagent sur
le pont, glissant et trébuchant sur ces peros pour la plus grande
joie de la galerie; c'est une des inventions les plus plaisantes du
1Criticon. Les deux amis parviennent à franchir ce pas difficile en
fermant les yeux et en se bouchant les oreilles. En eotra~t dans
la ville, où toutes les maisons sont couvertes de verre, ils rencontrent le malicieux Momus, le type de la médisance, qui
' s'amuse à casser les vitres ; mais aussi l'antithèse de Momus,
le Bobo, le niais, qui approuve tout, qui trouve tout parfait,

1

1. C'est ainsi que dans le Pilgl'im's Progress, Christian s'arme av_ant de pénétrer dans la Vallée d'humiliation : cc The next day they took h1m, and had
him into the .Am1ory, where they sbewed him ail manner of Furoiture,
wbich their Lord bad provided for Pilgrims, as Sword, Shield, Helmet,
Breast-plate, Ali-Prayer, and Shoes th.nt would not wear out ... They also
sbewed him some of the Engines which some of his Servants had done wonderful thiogs. They shewed him Moses' Rod, the Hammer and Nail with
which Jael slew Sisera, the Pitchers, Trumpets and Lamps t-00, with which
Gideon put to Flight the Armies of Midian, etc .. . Now he bethought himself ofsetting forward. But first, said tbey, let us go again into the Armory:
So they did ; and wben be came there, they harnessed him from head ~o
foot, with what was of Proof, lest perhaps be should meet with Assaults m
the Way. » (Part the first.)
·
2. " Es la honra sombra de la virtud, que la sigue, y no se consigue;
huye del que la busca, y busca a quieo la huye ; es efeto del bien obrar, pero
oo afecto. » Critt'dm, Il, u, p. 234.

�ADOLPHE COSTER

mais qui dégot'lte par sa bêtise '. lis cherchent vainement
l'ambassadeur d'Espagne chez qui devait habiter Felisinda: on
leur apprend qu'il vient de quitter l'Allemagne, où se trouvent
alors nos voyageurs, pour se rendre à Rome : ils s'apprêtent
donc à l'y rejoindre. Mais auparavant ils passent à la Maison
des_ fous : l'humanité tout entière y est enfermée; chaque
nanan y loge pour une cause différente, m&lt;JÎS « les Francais
pour cent . raisons 2 )). Ils y voient même un homme qui
semble avoir échappé à tous les genres de folie : il mérite cependant d'être enfermé parce qu'il se croit seul sage;.
Cependant Je temps passe et les deux pèlerins, reprenant leur
route, se dirigent vers cc les Alpes chenues, où habite la Vieillesse
redoutée ».
[a troisième partie parnt en 1657, sous le titre suivant:
El Criticon I tercera parte. 1 En I el io1'Ïem0 de la vejez. J Por I Lorenzo
Gracian. 1 Y lo dedica I A1 Dottor Dou I Loreoço Frances de Vrritigoyti, j
Dean dt la S.inta lglesia j de Siguença. 1 Coo Privileglo. 1 En Madrid. Por
Pablo de Val. Arro de 165 7. 1 A costl de Francisco Lamberto, veodese eo su
casa I en la Carrera de San Geronimo. Il 4

Criticlm, II, 11, p. 251-253:
11 Toparoo los lngleses metidos en voa mui alegrc jaula. « Qpe alegramente se condeoan estos? 1, dixo Andrenio; y respondieronle estauan alli por
vanos; es achaque de la belleza ; vieron los Espaiioles eo otra por maliciosos,
l~s ltalianos por inuencioneros, los Alemanes par furiosos, los Franceses por
c1eo cosas, y los Polacos a la otra vanda. 11 Critico,i, II, 13, p. 279-280.
3. ,r Engauienle, gritaba el Regidor mayor ; y ê1 : « Porque? - Porque èl
solo se tiene po.r cuerdo, y auoque no sea loco, puede ser tenido par tal, como
acontece cada dia. Y entiendan todos, que por cuerdos que sean, si dan los
Qtros en dezirles u Al loco I al Joco ! " ô le han de sacar de tioo, 6 de cre•
dito. » Critic6n, II, IJ, p. 285.
4. D,!:dicace à Lorenzo Francés. - Censure de Fr. Esteban Sans, Madrid,
6 mai 1657. - Licence du Dr. Pedro Fernaodez deParga y Gayoso, Madrid,
5 mai 1657. -Approbation du P. Alo,nsoMunoz deOtalora, 10juin 1657. Privilège. -Errata du Lie. Carlos Murcia de la Llana, Madrid, 30 juillet 1657.
- Al que ley~r.:. - Indice Je las Cri,is. - Texte. - Io-8 de 350 pp.
1.

2.

BALTASAR GRACIAN

"Elle semble témoigner d'un peu de fatigue chez l'auteur, qui
montre moins de fécondité dans ses inventions, bien que
quelques-unes d'entre · el1es soient encore excellentes. Elle ne
contient que douze Cn'sis, tandis que chacune des deux autres
parties en avait treize .
Andrenio et Critilo sont parvenus à la vieillesse : le premier se
lamente, tandis que le second est résigné. Ils arrivept au palais
de la Vieillesse où donnent accès deux portes, celle des Honneurs et celle des Horreurs. Andrenio passe par celle-ci, mais
Critilo par la première. Tous deux sont introduits simultanément devant la déesse qui leur fait connaître les privilèges
de la vieillesse honorée et les peines imposées à la vieillesse sans
honneur qu'ils \'Ont passer l'un et l'autre.
Reprenant leur route, les deux compagnons arrivent d'abord
au palais de l'I vresse, ou le malheureux And renio reste naturellement. Accompagné d'un nouveau guide, l' Acertad.or, l'homme
pénétrant, qui s'est offert à lui, Critilo tire son ami de la triste
demeure, et tous trois se promènent dans les rues de la Cité de
la Vérité où ils découvrent avec étonnement l'Homme fidèle à
sa parole, l'Homme véridique et bien d'autres du même genre,
qu'on ne rencontre nulle part ailleurs'. Tis auraient désiré
séjourner en si bonne compagnie lorsqu'un cri général, suivi de
la fuite précipitée de tous ceux qui sont là, s'élève, annonçant
que la Vérité vient d'accoucher d'un enfant abominable: la
Haine. En dépit des conseils de l' Acertador, Critilo lui-même
prend la fuite.
1. « Aqui hallaron el si, si, y el no oo, qùe aunque tau vie.jas, nunca los
auian topa do : aqui el bom bre de su palabra, que casi uo le conocian; viendolô
estauan, y no lo crelau, como ni al hombre de verdad y de entereza : el de,
rtndemos cl11ros; va111os con wen.la., y n1zo11 : el de, la verdad por vn Moro, que
todos eran personages -prodigiosos . « Y auo por esso no los hemos encontrado en otras partes, deûa Critilo, porque estàn a4ui juntes. » Aqui hallaron
los hombres sin artific.io, las mugeres, sin enredo, gente sin tramoya. u Que
bombre3 son estas, dezia Critilo, y de doode hao salido, tao opuestos con los
que por alla corren?" Crilic1fo, Ill, 3, p. 84.

�BALTASAF GRACIAN

Ils trouvent bientôt un nouveau guide, le De.scijrador, celui
qui sait déchiffrer l'énigme du monde : il fait voir aux. deux
amis les êttes diphtongues, composés de qualites contradictoires,
par exemple un homme qui a une voix. de femme, une femme
portant les culottes 1 , un Français greffé sur un Espagnol, ce
qui est le pire de tous les mélanges 2 ; les êtres parentheses, inutiles dans le monde, comme ceux c&lt; qui ont le numéro de JV•
Comte ou de V• Duc dans leurs illustres maisons )), mais qui
sont des non-valeurs. Il leur révèle le sens mystérieux de « &amp;c. &gt;) 1,
instrument de toutes les médisances, et c'est l'occasion pour
Gracian d'écrire une page pleine de verve, où il reproduit les
phrases usuelles dans lesquelles on emploie cette parole mystérieuse, pour se faire entendre, sans s'exprimer. Il leur explique
ce qu'est un qutildeque 4 , un altemtrum, deux inventions qui
sentent le pédant ec que l'auteur n'a. pas très heureusement
développées. Sur la grande place ils voient le charlatan qui dupe
audacieusement son public de badauds, en lui présentant un
âne comme un aigle, avec une telle impudence que les plus
sages n'osent le contredire.
Cependant Critilo et Andrenio perdent leur guide dans la
foule et s'aperçoivent qu'il n'était autre que la Désillusion, le

Deswgafio. Mais ils trouvent pour le remplacer le Zahori,

1. « La muger con calçones. » Criticén, m, 4, p. 91.
Diphtongo es vn Frantes inseno en Espafiol, que es la peor mezcla de
quantasay. » lbid.,.Ill, 4, p. 91.
3. No aueis visto estar hablando dos, y passar o tr0,: « Quien es aquel ?
- Quien ? Fuhtno. - No lo entiendo. - 0 ! valgarue Dios (d.ize el otro)
aquel que &amp;c .•. - 0, si, si, ya lo entiendo. ,1 Pues esso es el &amp;c n. Critic6n,
2: «

,

533

ADOLPHE COSTER

Ill, 4, P· 93·
4. Qutildeque est évidemment la transcription de l'abréviation qque. J'ai
vainement cherché quel en était le sens. Mon docte ami D. Francisco Rodri-

1

guez Marin, m'a suggéré le mot quisque, qui s'emploie quelquefois da.os le sens
méprisant de quidam. fa.voue que cette explication n&lt;! me satisfait pas enti~
rement. Gracian définir ainsi le Qutildeq11.e : « Incluye muchas, y muy enfadosas impertinencias, y se descifra por ella la necia afectacion. » Criticén, III,
4, p. 95.

l'homme qui pénètre tout ce qui est caché. Arrivés près d'un palais
sans portes, ils y voient tout d'un coup disparaitre Andreoio.
Critilo et son guide finissent par trouver le moyen d'y entrer à
leur tour et contemplent à l'imérieur des scènes étranges : des
gens vivent, mangent, boivent, s'habillent comme des princes,
sans posséder un réal. Assis devant □ ne table somptueuse, ils
dégustent des mets exquis que déposent devant eux des mains
mystérieuses chargées de diamants et de bagues. Cette allégorie
des aventuriers, qui entourent les grands et vivent de leur
déshonneur, ne manquait pas d'une certaine audace.
Ce spectacle fantastique ne leur fait pas oublier Andrenio
qu'ils cherchent inutilement, car il est devenu invisible comme
la plupart des habitants de cette demeure enchantée : ils l'entendent cependant faire des roulades. Enfin la ltJmière de la
Désillusion se glisse dans le palais, qui s'écroule sur-le-champ :
Andrenio tombe dans les bras de Cririlo et tous deux reprennent
leur marche vers Rome, 01'.1 ils doivent retrouver enfin Felisinda.
lis passent à la Cour du Savoir Couronné, après avoir croisé
tous les types de caractère rusé, défiant ou perfide dont l'Italie
est la patrie d'élection, et traversé le pays des &lt;( braves gens »
ou plus exactement des benêts '. Ceux-ci vivent heureux, sans
se creuser la cervelle, mangeant bien, dormant encore mieux, en
·sorte qu'il ne vieillissent pas et semblent éternels. La verve de
Gracian s'excite à peindre ces imbéciles dont le bonheur méprisable dégoûte même l'honnête Critilo. Ils assistent enfin dans la
Cour du Savoir Couronné à la proclamation d'un édit par lequel
sont bannis un certain nombre de proverbes qui sont déclarés
faux et remplacés par leurs contraires 1 • Cette idée, précédemment esquissée dans le Discreto, est ici développée avec ampleur
et d'une façon fort originale : cette séri~ de maximes retournées
1.

2.

Critiai11, ru, 6, p. 151-155.
Critic611, JI, 6, p. 165-174.

�6ALTASAR GRACIAN

534

l

ADOLPHE COSTER

est de l'effet le plus comique. Sortis de la Cour du Savoir, ils
aperçoivent deux guerriers qui se battent avec acharnement 1 :
l'un est l'Honroso, le présompcueu.x:, qui aspire à la gloire naie
ou fausse, l'autre l'Orioso, qui prêche le repos et l'oisiveté :
naturellement Critilo penche pour le premier et Andrenio pour
le second. Cependant ils se mettent d'accord pour suivre d':1bord
l'Honroso. Celui·ci les conduit au palais de !'Orgueil, dans les
greniers duquel ils découvrent toutes sortes d'originaux, entre
lesquels les femmes et les pédants oe sont pas oubliés. li est
intéressant de remarquer que parmi ces derniers, Grnciân range
tes conceptistes et les culcistes recherchées .1. Mais, rebutés par la
vaint: gloire, ils abandonnent l'Honroso pour suivre à son tour
l'Ocioso. Dans une scène qui rappelle la Comédie italienne, ils
entendent un personnage ventru, nonchalamment étendu dans
un fauteuil, donner en un italien incorrect des leçons de bien
vivre. On vient le consulter et lui demander sa recette : le bel
Pol/r&lt;me répond :
« Ora ,,a cli regola, atteniione. No pigllilr fastidio di nimti. .. De rien,
messire / - Di nienri. - Même si je perds une fille, une sœur t - Di
nienti. - Ni ma femme? - Encore moins . - Une rnnte dont j'hérite? O che cosa aquesta I Qu:ind il vous mourrait t0utc une famille entière de
marllres et de bell~-mêres, faites les insensibles, et dites que c'est par magnanimité.,»

Et il conclut par l'adage à la mode en Italie, :
«

«

CeDJ1 poco, vsa el foco, in uma capclo, e poqoi pcnsieri en el cerbdlo. •

Toute cette science, dit Critilo avec mépris, se résume en
ne penser à rien, ne rien faire et ne rien valoir 4 ».
Ils sortent donc des plaines de l'oisiveté pour arriver à l'entréé
1•

Il semble bien que ce soit un souvenir de Don Quichotte e1 de San-

cho.

l

Los conceptistas, las cult!ls res.1bidas. • Criticd11,
3. Cn"tic-011, Ill, 8, p. 209.
4. Crit,con, Ill, 8, p. 2c3.

2, •

rn,

7, p. 195.

535

du croutfre du néant où ils voient s'engloutir une foule immense
de ienc, qui auraient pu faire quelque chose, et que leur inertie
a perdus : un être surhumain y précipitait aussi des édifices inutiles, des livres de toute espèce, romans insipides, comédies
sifflées, histoires mensongt!rcs, la Pi!!.~~a _1111iversale de Garzoni,
les œuvres. innombrables et stériles des théologiens, des scolastiques, des moralistes et des commentateurs, dont Graci.in a,·ait pu
goûter lorsqu'il professait )'Écriture-Sainte. Mais il réserve soi•
gneusement les comédies de Moreto, le Térence espagnol ',
dont la première partie avait paru en 1654. Dans un coin de cet
abîme on aperçoit des gens qui sont encore moins que rien,
moins qut: 11nda : 11011adillas, cosillas, fig11rillas, ruinâllos, êtres
dom la nullité s'accompagne de ridicule.
Cependant le gouffre exerce une irrésistible attraction : Andrenio est sur le point d'y glisser; Critilo lui•même est en danger,
mais l'Honroso le retient a temps, en lui remplissant la tête de
vanité. Ayant ainsi échappé au péril de tomber daus le néant,
les deux amis sedirigenr vers Rome, et à peine arrivés, trouvent
no guide plus subtil encore que l'Argus, le Zahori, ou le Dl!S·
cifrador, en la personne d'un deux courtisan ét.1bli depui&amp; long·
temps dans la Ville Éternelle, 11 Espagnol grdfé sur uo italien u,.
ce qui est tout dire•. Il leur demande ce qu'ils viennent chercher à Rome, et, apprenant que Felisinda doit être chez l'amba.ssadeur d'Espagne l, s'offre :i les y condmre, car il a.liait précisément y assister à une séance académique. On y trouve
réunis Barclay, Boccalini, Catarini, Siri, Virago, Achillini {1 le

l

1. Apano vnas (comedi.as), }' dixo : &lt;&lt; Estas, no ; reseruensc para inmor•
tab, por su mucha propicdad, y dono. o gracejo , . Mir6 el Lituln Critilo,
cre,·endo fuessen las de Terencio, y leyo, Parte primera de Moreto. • Este as,
le dixo, el Terertcio de Esp:ufa. n Ciitic611, m, 8, p. 22 5-226.
2. • Era vn Cortesa~o vicjo de. n~uchos c_u~s de Roma, Esp,11101 îosert~
1
en It.1lLino, que es de.ur, vn prod1g10 . ~ Cr1/rcd11, Ill, 9, p. 23 5•
W
j. li s'agit sans doute du comte de Siruda : « , 0 SC lu visto otro Emb:axa
\ dor en Roma, como cl Conde de Siruela., Criticon, ID, 12, p. ;18.

r

1

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

Gongora de l'Italie », Mascardo: Marino fait fonctions de secrétaire et lit un sonnet sur les misères de l'homme, qui doit servir de base à un essai de défirution de la félicité humaine. Chacun expose son opinion, jusqu'à ce que le fou de l'ambassadeur
s'écrie que tous ces doctes personnages parlent comme des sots, car
ils cherchent lafélicitésur la terre, alors qu'elle n'existe qu'au ciel.
Les académiciens s'avouent vaincus et le courtisan résume la
discussion, et le roman lui-même, en disant que cette Felisinda
(image de la Félicité) que les deux pèlerins se fatiguent à chercher du berceau à la tombe, ils ne la retrouveront qu'au ciel, s'ils
' ont su la mériter sur la terre '.
La séance levée, le courtisan mène ses amis voir les merveilles de Rome, qui est le résumé de tout ce qu'il y a de
'mieux dans l'univers. Puis, les conduisant sur une colline de
la capitale du monde chrétien, il leur montre la roue du Temps
qui élève, puis sbaisse toute chose, tour à tour, ramenant le
passé qui devient le présent. C'est ainsi qu'ils voient Ja succession ridicule des modes au cours des âges; par exemple les chapeau.'!: sont successivement immenses et bas, puis, tout petits et
pointus, variant de bords, de formes., de dimensions, et toujours
grotesques pourceux qui n'y sont pas accoutumés•. Les femmes
surtout se distinguent par leur manque de bon sens en cette
matière. Tout change, la langue même, la manière même de
prêcher J. Ils contemplent enfin les révolutions politiques, la
fondation et la chute des empires.
Mais le courtisan attire leur attention sur des fils innombrables qui se croisent dans le ciel et qui sont les :fils de la vie

humaine. Critilo désillusionné, Andrenio mélancolique, s'aperçoivent que les leurs sont presque entièrement dévidés ; jls
reprennent le chemin de leur auberge. En traversant la place
Navona, ils voient un danseur de corde dont l'audace les fait
frémir, et leur compagnon leur explique que leur vie n'est pas
plus assurée que celle de cet homme 1 • Il les laisse à leur porte :
l'hôtesse les accueille aimablement en leur rappelant que « s'il
ne faut pas vivre pour manger, il faut manger pour vivre » 2 • Ils
allaient se coucher lorsqu'un des voyageurs vient les avenir de
se méfier;· il leur fait remar:quer que la maison est suspecte, car
leurs compagnons de passage disparaissent chaque jour sans
laisser de trace. Il leur montre enfin une dalle cachée sous
son lit: il la soulève et tous trois descendent dans un immense
caveau où ils reconnaissent ceux qu'ils avaient vus les jours précédents, étendus morts sur le sol. Épouvantés par ce spectacle,
ils entendent bientôt sonner des cloches : c'est le conège de la
Mort qui s'avance ; mais ils sont stu))éfaits de voir les mines
réjouies de ses ministres : gras, le teint fleuri, aimables et
guillerets, chantant et dansant, ils s'appellent en effet Indigestion, Dîner, Souper, et portent les noms de tous les excès. La
Mort paraît enfin : Andrenio la voit horrible et vêtue de noir ;
Critilo la trouve souriante sous des vêtements verts. Elle donne
des ordres à ses suppôts, examine leur conduite, puis apercevant
les deux pèlerins ordonne à une Décrépitude de les supprimer,
car leur long voyage finit par ennuyer tout le monde i.
1.

2.

r. r1 En vauo, o peregrinos del mundo, passageros de la vida, os cansais en
buscar desde fa. cuua a la tumba esta vuestra imaginada Fclisinda, que el vno
!lama esposa, el otro madre: yâ muriô para el mundo, y viue para el Cielo,
hallarla heis allà, si la supieredes merecer en la tierra. » Critico11; III, 9,
p. 248.

2. Criticén, III, w, p. 267.
'l· Ibid., p. 276.

537

Criticô11, III, 11, p. 283 .
Ibid., p. 285.

3. «.Al punto que la vieron, dixo Andrenio; « Que cosa tan fea! » -Y Critilo : « Que cosa tan bella ! - Que monstruo l - Que prodigio 1 - De
negro viene vesrida. - Ko, sino de verde. - Ella parece madrastra. - No,
sino esposa. - Que desapacible l - Que agradablc l - Que pobre ! - Que
rica ! - Que triste l - Que risueiia 1 - Es, dixo el ministro, que estaua en
medio de ambos, que fa mirais por diferentes efectos y afectos. » Criticôn,
ID, 11, p. 294,29,. « Ceno la Muette a vna decrcpitud, y la dixo: « Llega-

N- ,
~

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

\

Mais leur ITTiide les rassure et leur déclare qu'~l va leur donner le moye~ de se sauver : en effet il les conduit sur u~e mer
à 1··1e de l'Immortalité • dont ils voient refuser I entrée
d,
encre
1
l
.
, ïs sont
.
t'té d'hommes célèbres pendant eur vie, et ou i
a quan 1
•
l'
·
. En termmant ' auteur . mv1·re é'ceux
enfin heureusement adnus.
. désirent savoir ce que devinrent dans le glorieux s 1our
Â:drenio et Critilo, à prendre la route de la vertu et de la valeur
pour y pénétrer à leur tour•
•
Telle est l'analyse de ce singulier ouvrage. Quelles ont pu en
être les sources ?
d
té
Pour composer son Critic6n, Gracian eut recours à es ma .
naux
van'és dont i'l n'a cherché d'ailleurs,. à aucun ·moment,
· d'-à
dissimuler la provenance, bien qu'il ne l'ait pas touiours m 1
quée.
•
du roman est-il de lui ;i. On pourrait
Le plan meme
. . être tenté
d
d'en chercher l'idée première dans le Don Omc~otte ; ces eu;
compaunons qui cheminent sur la route de la v1eÎ l u~ repr e;
sentan~ la nature inculte et sensuelle, l'autre a cudcure
1
pas .des gens ed'prol'idéalisme, et qui rencontrent a• c1aque
fessions diverses avec lesquelles ils ~•entretiennent, é.tu iant
. . l'h me dans les différentes conditions de son existence'.
ams1 11 om
bien les deux héros de Cervantes. Graciân qut
rappe ent assez
d ·
et qui
arle qu'une seule fois clairement de ce ermer,
.
ne p
l'
sans le nommer a certa1l'attaque ailleurs, comme on a vu,
M . ' eut-être
nement fait son profit du célèbre roman.
ais p
.
doit-il davantage à la Piazza u11iversale ~ de Tommaso .Garzon1,
.
ue o acometo cara a cara a los viejos,
te ài y emprende de buen an1mo, q
y
d
os de la vida y
,
.
b ya con essos os passager
•
si a traicion a los 1ouenes : y aca a.
f d do y cansado a todo el
.
.
l" que uenen ya en a a
•
su peregnnac1on tan pro lJa, b
d la felicidad y auràn encontrado la
mundo. Vinieron a Roma en usca e
,
desdicha. » C1'ilfofo, Ill, li, p. ; I2,
.
dressait sur l'îlot situé
r. Idée inspirée sans doute par le monument qui se
.
/
..
,
· · · d Lastanosa.
au milieu de I ét~n~ d~ 1ardi~s e . La I Pian:a \ Vniuenale I ili l·vlte le pro2. J'en connais I ed.1t1on smvame.
. .
a \ T/10111aso GarJè5sio11i I del mo11do, 1 N1w1u1111c11lc m/a111palc1 &amp; posta Ill lu.ce J

539

dont il a d'ailleurs dit que c'était une bonne idée mal utilisée 1 •
La Piazza est un gros volume dans lequel l'auteur passe en
revue toutes les professions, y compris celles d'imprimeur, de
critique, de boucher, de croque-tnort, de rufien et d'entremetteuse. Chacun des chapitres constitue l'examen d'un métier,
dont les avantages et les inconvénients sont successivement
exposés ; mais il n'existe aucune liaison entre eux; Graciân a
pris à Garzoni son titre pour la Crisis V de la deuxième partie
du Ctiticon : Plaz.a del Populacho, y Corral dél Vulgo, ainsi que,
probablement, l'idée de passer en revue les différentes conditions
humaines.
Celle de répartir la vie de l'homme en quatre saisons lui est
peut-être venue des Sa@lades...de...Gémg.o.ra, qui devaient être au
nombre de quatre, symbolisant les quatre âges•. Gracian a pu )
également emprunter à ce poème le début de son roman, car le
héros de G6ngora vient d'être jeté par la tempête sur une ile
lorsque le poète nous le montre pleurant sur le rivage:
zo11i da I Ba~acauallo. 1 Co11 l' Agf!ÏVllla d't1lct111e bel/issime A1111otatio11i a I Discorso per Discorso. 1 Al Serenissmo et lllvittissmo I Alfonso secondo da Este 1
Dt•ca di Ferrara. 1 Con Privilegio. 1 fo Venetia I Appresso Gio. Baltisla S011asco.
1587. Il La dédicace est de Trévise, 5 décembre 1585, date de la premiêre

édition.

1. « Muchas destosltalianos, debaxo derumbosos titulos, no meten realidad,
ni sustancia: los mas pecan de Rojos, no tienen pimienta en Jo que escriben, ni
han hecho otro mucbos de ellos, que echar a perder buenos ritulos, como el
Autor de la plaça vniuersal : prometen mucho, y dexan bur1ado al Letor, y
mas si es Espaùol. » Criticon, III, 8, p. 226.

2. C'est ce que dit Pellicer: &lt;&lt; Aqui fènecio D. Lvis de Gongora la Soledad
primera, en que dexa pintada la Iuuentud, a que moral mente atendio, pues su
principal intencion fue en quatro Soledades descriuir las quatro &amp;lades del
hombre. En la primera la Iuuentud, con amores, prados, juegos, bodas y
alegrias. En la segunda la Adolescencia, con pescas, cetreria, nauegaciones.
En la tercera la Virilidad, con monterias, caças, prudencia y oeconomica : En
la quarta la senectud, y alli Politica y Gouierno. Sacà a luz las dos solamente. "Leccio11es Sole,mies, col. 523 (édition de 1631).
1\EVUE ITTSPANIQ,UR. D,

H

�ADOLPHE COSTER

De el Occeano pues antes sorbido,
Y luego vomitado,
No lexos de vn escollo, corooado
De secos juncos, de calientes plumas
(Alga todo, y espumas,)
Hallà hospitalidad, doode l1allà nido,
De Jupiter el aue
Besa la arena, etc ... (Soledad, I. v. 5f66.)

Gracian dut également s'inspirer de Raymond Lulle, peutêtre de son Blanqu,erna, roman biographique mêlé d'apologues et
de réflexions morales; à coup sûr du curieux Libre appellat
Felix de les 11iaravelles del mon '. Ce Felix qui parcourt le monde,
en s'étonnant de coutes les choses qu'il rencontre en chemin, et
qui en tire des raisons de louer Dieu, ressemble bien à Andre□ io
et Critilo fondus en un même personnage. Il est évident que
Gracian a connu ce livre: il fait allusion dans son Agude{a 1
à l'un des contes qu'il contient, celui de l'aveugle à qui l'on
vole son trésor, et qui trouve le moyen de le faire remettre dans
la cachette par le voleur lui-même. Dans le Criticén, il introduit
l'apoloaue
de l'homme imrrat
et des bêtes reconnaissantes qui
0
0
se rencontre également d~ns le Libre apellat Felix.
Il a aussi emprunté à Boccalini l'idée de 1a Foire 3 où se
vendent le bien et le mal.
Mais il est uu rapprochement plus singulier, et vrairnent
inexplicable si l'on veut l'attribuer au hasard. ~.,At:abe__Ibn
T2.fuil. qui mourut en r 185, a ~crit un roma~ _phtlosoph1que
intitulé Hayy ben Yaqzhan (le vivant fils du vigilant) dont le
point de départ présente une ressemblance surprenante avec
l'idée fondameutale du Criticôn.
1.

Voir Menendez y Pelayo, Origenes de la Nt111ela, t. I, p. LXXVIII et

suiv.

z. Agudez.a, XXXVIII.
.
.
,. Criticôn, I, 4, p. 56-57. Il est curieux de retrouver dans le Vamty Fair
du Pilfritn's Progress cette mtme idée.

BALTASAR GRACJAN

c&lt; Hayy n'a pas de parents; il naît par une sorte de oéoération
s~ontanée; il ouvre les yeux à la. vie dans une île déserte de
l'Equateur; il est allaité et élevé par une gazelle; il commence à
parl_er en imita_nt les cris des animaux; il reconnaît son imperfection et sa faiblesse physique par rapport à ceux-ci, mais commence à y remédier à l'aide de ses mains. A la mort de la
gazelle qui lui avait servi de nourrice, Hayy se trouve en face
du :or1:11idab~e problème de la vie. L'anatomie qu'il fait du corps
de I a~1mal l amène à conjecturer l'existence d'un principe vital
supérieur au _corps. Il soupçonne que ce principe est analogue
au feu, dont 11 découvre alors les propriétés en voyant brûler un
bois et qu'il applique bientôt à sa propre utilité. A vin2t-et-un
ans il a,·ait appris à préparer 1a chair, à se vêtir et à. se cliausser
avec les peaux, des animau~ ou les plantes textiles; à fabriquer
d~s cout:aux d ar~tes de poissons, et de roseaux aiguisés sut la
pierre; a élever une cabane de roseaux en se euidant sur ce
qu'il avait vu faire aux hirondelles ; à convertir 0 ies cornes des
buffles en fers de lances, à apprivoiser et à domestiquer le che\"al et l'âne sauvages. Son triomphe sur les animaux_ était compl~t; la pratique habile et continuelle de la vivisection élaraiss;it le ce~cle de ses idées physiologiques, et lui faisait eutre:oir
l anatomie comparée. Il était arrivé à comprendre et affirmer
l'unité de l'esprit vital et la multiplicité de ses opérations selon
les organes corporels dont il se sen. »
. Il s'élève enfin à concevoir l'unité de la matière sous la diversité des formes ; la contemplation des astres lui révèle l'unité et
l'~ar~onie de l'univers et la nécessité d'un Créateur, être parfait, mcorporel, à la nature duquel participe l'esprit humain.
Rayy, alors âgé de trente-cinq ans, abandonnant l'étude de la
n~~re, aborde celle de l'âme, dont il conçoit que la fin dernte:e est la contemplation et la jouissance de l'essence divine.
M~lS cett~ union avec Dieu n'est possible que si l'âme parvient
à s abstraire des objets extérieurs, et même de sa conscience
p~opre. C'est par le procédé mécanique du mouvement circula1r_e que Hayys'élève ainsi jusqu'à l'extase.

�54 2

BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

Le solitaire était donc parvenu à la perfection 1 lorsque
débarque dans son île un vénérable ascète musulman du nom
d' Asal, qui voulait se consacrer à la méditation dans la solitude.
Mis en présence de Hayy, il lui enseigne le langage humain'
et les dogmes musulmans. Hayy lui expose à son tour ses
découvertes et les deux hommes reconnaissent avec stupeur que,
l'un par la raison, l'autre par la foi, sont arrivés au même
résulta~.
Cependant Hayy veut divulguer sa doctrine et détermine
Asal à retourner avec lui parmi les hommes : mais sa prédication ne rencontre que l'hostilité ou l'indifférence, et, convaincu
de l'impuissance de la foule à comprendre autre chose que la
partie extérieure et matérielle de la religion, il retourne avec
Asa! dans la solitude où tous deux, dans l'exercice de la contemplation, attendent paisiblement la mort~.
Il y a, certainement, entre le roman métaphysique d'Ibn
Tofaïl et le roman moral de Gracian une différence profonde.
Mais aussi combien de rencontres surprenantes entre les deux
œuvres? Ce qui les rend plus étonnantes c'est que la première
parüe du Criticon fut publiée en 165 r, et que le livre d'lbn
Tofaïl ne fut imprimé en arabe, avec une traduction latine,
t. Andrenio, non plus qu'Hayy, malgré son intelligence, n'a pu arriver a
parler : Critilo lui enseigne sa langue Ce rapprochement est encore ,frappant,
car la théorie traditionnelle voulait que le premier homme eût nolJllllé SlUlS
\ hésitation les choses : c'est celle qu'adopte Milton comme on l'a vu plus haut

( chapitre x1r).
2. Voir Meoéndei y Pelayo, Orige11~ de 1a Novela, t. 1, p. XLVU-XLIX.
L'ouvrage d'Ibn Tofaïl a étë publié en 1671 sous le titre : Philosoplms A.1da-

didactm sive Epistola Abi Jnafar, Ebn Topbail de Bai Elm Jokd/Ja11, in q11d Ostel/•
ditur quamodo ex lnf1!1'iorwn amtemplatione ad SiperiMtllll notitiam Ratio
ln1111ana asceudere possit. Ex Arabicd i11 Litzgua11i Lati1mm '1.'tr!a ab Ed-uardo
Pocockio A. M ... Oxo11ii, exc11debat H. Hall Acad.11mi.:e Typographus. 1671. li
existe une traduction espagnole moderne : El .ftlosojo autodidacto de Abe11tofai!
novela psicologica, tradu&amp;iàa directammte dû drabe par D. Fra11cisco P1J11S Boig1tes,
co11 un prologo de Meni!t1dez. y Pelayo, Zaragoz.a, r900.

543

qu'en 1671. ~ seule explication vraisemblable est que Graci.in
en eut connaissance par un de ses confrères, professeur de
lan~ue hébraïque ; car le roman d'Ibn Tofaïl, qui ne paraît pas
a;ou été très répandu parmi les Arabes, eut au contraire un
vif succès parmi les Juifs et fut traduit et commenté eu hébreu
par Moïse ~e N~rbon~e. C'est sous cette forme qu'il fut connu
des ~col~st1ques_ chréuens, en particulier d'Albert le Grand.
Qum ~u il en soit, il paraît peu contestable que Gracian connut
au moms le plan de cet ouvrage.
~n dehors de ces sources d'inspiration, il a mis à contribut10n une multitude d'auteurs telle, qu'il faudrait infiniment
plu~ _de notes que le texte du Criticon ne contient de lignes pour
les s1?11~er tous. Il a fait usage de tous les souvenirs que lui
fourmssa,~ sa fertile m~moire, sans même démarquer ce qu'il
en~pruntalt. A chaque msrant, en lisant le Crititon, on reconnait au passage une phrase de B~ni, de Botero, de Barclay
ou ?e Q~ev_edo, sans compter les dépouilles d'aiïtêurs latins.
C est atns1 que le début : « Ya èriîram15'o n11in&lt;lôs auian adorado _el pie a su vnivers~l Monarca 1 )&gt; est un souvenir de la
première phrase de l'Argénis de Barclay : t&lt; Nondum Orbis ado•
raverat ~mam n. cc ~andasme renouar vn dolor, que es mas
para senndo ~u~ para d1cho • ))' n'est qu'une adaptation du vers
fameux de V1rg1le : t&lt; Infandum, regina, jubes renMare dolorem ».
&lt;( ~uego erraclo"avemos el camino t &gt;&gt;, &lt;&lt; Los pasteleros ha.zian
valientes empana_das de perro, ni faltauan. aqui camas moscas
como allà dmosqmtos 4 » sont des souvenirs du Sue1ïo del I ri;,erno
,t:
\ d n.
e '&lt;-ueve o.
Matheu y Sanz reproche à Graciân ces larcins et bien d'autres.

I

l

d r. Critidm, I, ~• P· 1. B_~rclay, auteur de l'Argà1is et du Satyrium, est un
· au 1ecteur
desl auteurs"favoris .de Gractan ' qui se réclame de Jw' d~u □ S t'AVIS
e a pr~°:11~re partie du Criticô11, ainsi d'ailleur&amp; que de Boccalini.
2. Cntuon, I. 4, p . 5 r.

3- Criticon, I, u, p.

2 30.

4• Critico11, Il, 5, p. 119 .

�544

ADOLPHE COSTER

Mais il ne signale pas Descartes, à qui est emprunté le raisonnement d' Andrenio: (( "Si je vis, si je connais, si j'observe,
j'existe' », ni PJ.i_ne l'Anc~o dont la fameuse tirade sur l'homme.
inspira les invectives de Critilo, lorsqu.e les deux Pèlerins font
leur entrée dans le monde•, ni une infinité d'autres. Faut-il
s'indigner avec lui de ce que Graciân n'ait pas signalé les auteurs
qu'il pillait ? On ne saurait le faire sans injustice, car Gracian
n'a nullement essayé de donner le cbange et il lui eüt été bien
\ impossible, à moins de transformer son livre en un répertoire
insupportable, de rendre à chacun son bien i.
Cette multitude d'emprunts de toute espèce noos avertit qu'il
ne faut pas chercher dans ce livre des vues nouvelles ou profondes sur l'homme, la sociéte ou la politique: c'est la remarque
•que nous avons eu déjà l'occasion de faire précédemment, à
propos des écrits de morale pratique de Graciân. Peut-on espérer
y découvrir un sens caché, comme le laisserait entendre une
lettre dans laquelle l'auteur se plaint que ses confrères c&lt; n'en-

I.

Criticon, r, 1, p' IO.
Critico11, I, 51 p. 71-73. - Pline, VU,

1, 1 et suiv.
3 . .Matheu y Sanz reproche à son adversaire les larcins suivants : (&lt; Los
la1ros taras i•e;;:es .o,i sabios. Boctiliui lo explica Raguallo 74, auoque con
mas profundidad. Ltrs atalayas en almcionts avisarou à los J11egos de SIi z:elo, es
de Gongora, en el romance del Espano! de Orau. Que v11ie1con caiia1110, y ctra,
del mismo en el Polifemo. El dote jiado, y la suegra de (J()ntado, de Benavente
en cl bayle de Martinico metele dentro. Hombres, sin co1tcie11cia, enbras sfa ver1[1tc11ça, parte de la defiuicion de Genova. Ayer marrtvilfos, y o_y sombras esta
dos lineas mas abaxo de ,1pprended flores de mi. Acomodabuotur, del
entremes de Palomo. Mas para que me canso si toda la obra se compone de
semejautes h1mos, cosa facilissima de provar con las deposiciones de Barclayo, y Bocalini. - Esso es lo qtic mas me ilustra, respondio el Peregrino
(G1·acid11), pues comprueva la erudicion cou que escrivo, sacandolo de tales
Autores. -Si tu lo manifestaras, replico don Luis, apoyaudo tus discursos con
su autoridad, foera exornacion, pero prohijarse agenos coaceptos sin reconocerle .1 su duefio la gloria de :werlo dicho,, es contrectar la sabiduria. ». Cd, tica, p. 147-r48.
2.

BALTASAR GRACIAN

/

7

tendent ni le sujet; ni l'objet 1 &gt;) de son Critic6n ? Sans doute il
y a une intention autre que celle d'amuser, dans cette allégorie
. de la vie humaine, mais elle u'a rien de bien original. L'homme,
au sortir du sein maternel 2 , en s'avançant sur le chemin de la
vie, rencontre embusqués sur sa ronre, selbn l'âge auquel il parvient, les différents péchés capitaux, que Gracian personnifie
sous les traits de monstres hideux: l'auteur cherche à mettre en
garde contre eux, et invir.e le pèlerin à viser de loin au but de la
vie, qui est la mort, cet acte auquel, comme il le dit dans son
Discreto, « il faut penser bien des fois pour arriver à le bien faite
une seule. &gt;&gt; l Prêtre, il rappelle sans cesse à l'homme qu'il est
immortel et que ses efforts sur la terre auront pour récompense
l'éternelle félicité : tel est le sens du Criticon.
Cependant, par une singulière contradiction, dans tout le
cours de 1a vie des deux pèlerins&gt; il n'a fait nulle part allusion à
la religion. L'auteur de la Crltica reproèfie à- Crac1an- dë n'avoir
pàSÏaÏt connaître à son Andrenio les dogmes de la foi, et de t
n'avoir pas mis sur sa route, dans le long trajet qu'il accomplit,
un seul temple où il ait pu les apprendre 4. Cette omission est
Voir Appendice I, lettre 29.
« Previertes el cu rso de las edades, sacando a los dos Peregriuos en el
principio de su vida, de vna isla Oriental, que si no me eugano, significa las
entranas maternas, y les conduzes al mundo por las regiones Occidentales . »
1.

2.

Critica, p. 65-66.
3. Discreto, p. 480.
4. « Es falta que no adroite enmieoda el a ver sacado de vna Isla inculta, y -1,
despoblada, a un moço, criado entre fieras, educado entre brutos, y tanto,
que aun no sabia formar la menos voz humana, ypassandole por toda Europa,
ol'l'idar la diligencia mayor, y mas devida, que era instruirle en la fe, ensefiarle los divinos preceptos, y da rie noticia de la Religion Catolica. Este es ...•
el error mas iotolerable &lt;lesta obra. - No parece averlo olvidado, dL~o el Peregrino, pues difèreotes vezes exclamè, reconodendo al supremo hazedor beoeficios recibidos de su mano, ordenaciones admirables de su divina providencia, y obras raras de su sacrosanta sabiduria. - Nose te baze cargo (ai'iadio
Don Bernardo) de no auer reconocido a Dios~ ni de no auerle enseùado esta

�ADOLPHE COSTER

en effet étrange: Andrenio s'élève à la seule lumière de 1a r-aison,
et Critilo n'invoque pas d'autres arguments que ceux du sens
commun pour asseoir les fondeménts de la morale. Asal était venu
révéler à Hayy les dogmes de la foi musulmane; c'était un prêtre.
Critilo n'est qu'un philosophe. Enfin la conclusion du Critic6n,
qui semblait devoir être mystique, et montrer le bonheur éternel
\ conquis par la vertu, n'est pas moins païenne: les deux pèlerins,
\ au terme de leur voyage, abordent bien à l'île de !'Immortalité;
mais cette immortalité n'a rien de commun avec celle que promettent, je ne dirai pas le christianisme, mais même les religions ou le simple déisme : c'est en effet la survivance dans la
mémoire des hommes, ce n'est pas la vie éternelle, qui fait
oublier la terre. En fait, l'île de l'Immortalité n'est qu'une sorte
\ de Panthéon des héros. On pourrait donc soupçonner Gracian
1 d'avoir voulu faire une œuvre irréligieuse, si l'on n'avait la certitude, par sa correspondance et par ce que nous savons de sa
vie, qu'il était un fervent catholique. Comment alors expliquer
/
cette absence de l'élément religieux:, non seulement dans le
Criticon, mais encore dans ses autres écrits, exception faite,
naturellement, du Comulgatorio?
Cette explication réside précisément dans la profondeur de sa
foi. Lorsque l'hôte conseille à Don Q~ichotte de se pourvoir,
dans ses futures expéditions, d'argent et de chemises de rechange,
il lui explique que, si les auteurs de romans de chevalerie n'ont
pas fait mention de ces vulgaires détails, c'est qu'il leur a semblé
qu'ils étaient naturellement sous-entendus 1 • Il en est de même

-

verdad al inculto jouen, que esta fuera desatino de mayor quilate... Lo que te
acuso es, no auer instruido su rudeza en los misterios de la verdadera religion, ni auer destinado en la carrera de la vida, puesto donde se enseiie, ni
temple donde se aprenda; y es tanto mayor el delito, quanta en ti mas precisa la obligacion de enseôar la dotrina Christian a. » Critica, p. 189-190.
1 • « A esta dijo el ventero que se engaôaba : que puesto caso que en las
historias no se escribia, por baberles parecido ,\ los autores dellas que no era

BALTASAR GRACIAN

547

de Graciân: s'il n'a pas parlé de religion, c'est qu'il suppose que
le catholicisme est, pour son lecteur corn me pour lui, à la hase
de toute chose, et qu'il n'est pas besoin de proclamer à tout
propos des vérités que l'on juge incontestables, devant des gens
qui ne les contestent pas.
menester escribir una cosa tan clara y tan necesaria de traerse como eran
dinera y camisas limpias, no por eso se habla de creer que no los trujeron. »
Doit Qll,ijole, I, 31 p. 97 de l'édition de Rodrfguez Marin.

.À .

�ADOLPHE COSTER

CHAPITRE lUJI

El Criticon (suite). - Idées politiques. - Les Nationalités. -La Société. Les Professions. - Les Hypocrites. __: Les Femmes. - Les Sots. - La .désillusion.

Si les idêes'de Gracian ne lai sont pas absolument personnelles,
il est néanmoins intéressant d,examioer quelq_ues-u.nes d celles
qu'il adopta, et qui contribuent à nous faire mieux pénétrer son
\ jdéal politique et moral.
A l'époque où fut écrit le Critic6n, les résultats néfastes de
l'occupation de l'Amérique par les Espagn;ls commençaient à se
faire sentir cruellement ; les bénéfices de ces conquêtes fabuleuses,
dont la monarchie tirait tant de splendeur apparente, servaient
plus aux étrangers qu'aux Espagnols; cet or, facilement gagné,
développait Je gotlt de la paresse et de la jouissance immédiate,
en même temps qu'il détournait de la vie modeste et laborieuse.
Graciàn est frappé, comme ses conteD?porains, de voir ces trésors,
si avidement arrachés aux. Indiens, passer aux mai.os des Génois
ou des Français. 11 montre spirituellement ces derniers qui se
plaignent à la Fortune de ne pas leur avoir donné les Iodes. Et
la déesse leur répond qu'ils se trompent, puisqu'elle leur a livré
l'Espagne dont ils tirent sans danger l'or, que les Espagnols se
donnent la peine de leur apporter d'Amérique' . En effet, dès

l

l

1. « Corno que no os he .dado fnd.ias, esso podeis negar con verdad ? lndia~
os he dado, y bien varatas, y aun de mogollon, como dizen, pues sin costaros nada. Y sino dezidrne : Que Indias para Francia, como la misma Espaôa?
Venld acà : lo que los Espafioles executan con los fodios, no lo desquitais
vosotros con los Espaîioles ? Si ellos los engafiàn con los espegillos, cascabeles,
v alfileres, sacandoles con cuentas los tesoros, sin cuepto : vosostros con lo
ruismo, con peines, con estuchitos, y con trompas de Paris, no les bolueis a
chupar a los Espafioles ioda la plata, y todo el oro ; y esto sin gastos de f10tas,
sin disparar vna bala, $in derran1at vna gota de sangre, sin l.ibrar minas, sin

BALTASAR GRACIAN

549

que Cririlo et Andrenio mettent le pied en France, le premier
Français qu'ils rencontrent .leur demande si la flotte des Iodes
est a.rrivéei et, comme ils restent surpris de le voir se réjouir de
ce qu'elle soit au port, il leur déclare qu'une année où la flotte
n'avait pu atteindre l'Europe, les ennemis du Roi Catholique
forent dans l'impossibilité de lui faire la guerre, tant leurs ressources s'etaient trouvées diminuées par ce contretemps'.
,
Cette vue était juste, mais elle n'est pas particulière à Gracian {i ~
qui ne lui a donné que la forme satirique qui la rend plus frap- ~
1
pante.
().. - 4 ~ · ~
L'idée de tenter l'analyse du caractère des différents peuples ·i. .A.L. P.
n'est pas plus originale que 1a précédente : Gracian l'a emprunl
tée à la quatrième partie du Satyricon de Barclay, qui consacre
sept chapitres à l'étude du génie des Français, des Anglais, des
Allemands, des Italiens, des Espagnols, des Turcs et des Juifs.
Mais il n'a pas dégagé l'idée, que Barclay avait esqrnssée, de

penetrar abismos, sin despoblar vuestros Reinos, sin atrauesar mares ? And:t y
acabà de cooocer esta certissima verdad, y estimadme este fuuor : crecdme,
que los Espaiioles son vuestros Indios, y aun mas desatentos, pues con rus
llotas os traen a vuestras casas la plata, yà aceudrada, y yà acufiada, quedandose ellos con d bellon, quando mas trasquilados. " Criliwn, Il, 3, p. 54.
1. " La primera pregunta que el Francès les hizo, aun antes de saludarlos,
viendo que ibao de Espaiia, fue : si auia llegado la ftota. Respondieronle
que si, y mui rica ; y quando creyeron se auia de desazonar mucho ·con
la nueua, fue tan al contnrrio, que començb a dar saltos de p¼!cer, haûendose son a si mismo. Admirado Andreoio, le preguntb : « Pues de esse
te alegras tu, siendo Francès? » Y èl : ·« Porque no, quando las mas remotas Naciones la festejan? - Pues de que prouecho )e es a Francia, que
enriquezca Espaiia, y se le aumente su potencia? - 0, que bueuo està esso 1
qixo el :Mosiur. No sabeis vosotros, que vn aiio que no vino la flota por
cieno incidente, uo le pudieron bazer guerra al Rt:i Catolico ningano de sus
enernigos : y aora frescamente, quando se ha alterado algo Ja plata del Pirù,
no se han turbado todos los Principes de la Europa, y todos sus Reinos cou
ellos? Creedme, que los Espaiioles brindan !Iota~ de oro, y plata a la sed de
todo el rnundo. » Critiw11, II, ,, p. 65.

../-

Î

�550

ADOLPHE COSTER

' l'influence du climat et du pays sur le caractère des habitants'. Il
montre donc tour à tour l'aspect de la contrée et le peuple qui l'habite, sans se préoccuper d'établir un lien bien solide en ces deux
éléments. A côté de remarques justes ou fines, on rencontre, dans
ces portraits, bien des traits légendaires que l'auteur n'a pas songé
à contrôler.
Les Espagnols ont pour principal défaut l'orgueil. Gracian nous
les peint « tous, du plus noble au dernier plébéien &gt;), graves,
dédaigneux, indociles, fastueux, parlant très haut et d'une
voix de basse, et méprisant les autres peuples •. cc Qui donc
chez vous garde le bétail? demande un Italien à un soldat espagnol. - Voyons, répond l'autre, en Espagne il n'y a pas de bêtes,
ni de vulgaire, comme chez les autres nations! 3 »
A part cela, ils sont nobles, généreux, sobres, attachés à leur
religion, bien que Gracian remarque qu'ils ne sont pas très dévots:
en un mot, c'est le premier peuple du monde. Quant au pays
m~me, ce qui démontre ce qu'il vaut, c'est que les étrangers s'en
disputent les produits; il n'y a que trois choses dom ils doivent

r. Le ch. Il de l'lcon animorum est intitulé : « Sœcula pœne singula suum
g.enium habere diversumque a caeteris. Esse praeterea cuilibet regioni proprium spiritum, qui animos incerta studia et mores quodammodo adigat. Hos
Spiritus inuestigari operre pretium esse. &gt;&gt;
2. « La soberuia. como primera en todo lo malo, cogiô 1a delantera , t0pb
con Espana, primera Prouincia de Europa: paredola tan de su genio, que se
perpetuô en ella ; alli viue, y alli reyna con t0dos sus aliados, la estimacion
propria, el desprecio ageno, el querer mandarlo todo, y seruir a na die; hazer
del Don Diego, y(&lt; vengo de los Godos »; ellucir, el campear, el alabarse,
el hablar mucho, alto, y hueco ; la grauedad, el fausto, el brio, con todo genero
de presuncion, y todo esto desde el (llas noble al rnas pleucyo. » Critidm, 1,
13, p. 269.
3. cc No faltaua en Italia soldado Espano! que no fuesse luego Don Diego, y
Don Alonso : y dezia vn Italiano : Signo ri, e11 Espa,ia quim guarda la pecora ?
- Anda, le respondio vno, que en Espafia no ay bestias, ni ay vulgo como eo
las demasnaciooes. &gt;&gt; Criticén,IIl, 7, p. 198-199.

BALTASAR GRACIAN

551

s'y garder : « Ses vins qui font perdre le sens, ses soleils qui
brûlent, et ses lunes féminines qui affolent'. »
Dès que les deux pèlerins mettent le pied sur 1a terre de France,
ils s'aperçoivent qu'elle est tout juste l'antithèse de l'Espagne.
C'est la cupidité qui en a pris possession, de la Gascogne à la
Picardie 1 . Graciân nous décrit les Français d'après ceux qui
1. « Pues dime (dit Andreoio), que concepto bas becbo de Espaôa? - No
malo (répond Critilo)-Luego bueno? -Tampoco. - Segun esso, ni bueno
ni malo? - No digo esso. - Pues que? - Agridulce. - No te parece
mui seca, y que de ai les viene a las Espaîioles aquella su s.equedad de condicion
y melancolica grauedad? - Si, pero ta:mbien es sazonada en sus fru1os, y
rodas sus casas son mui substaodales. De tres cosas, dizen, se han de guardar
muche en ella, y mas los estrangeros. - De tres solas? Y que son? - D~
sus vines que Jementau ; de sus soles que abrasan ; y de sus fomeailes Junas
que eoloquezen. - No te parece que es mui montuosa, y aun par esso poco
fertil? - Assi es : pero mui sana. y templada; que si fuera llana, los veraaos
fuera inhabitable. - Esta muy despoblada. - T:imbieo vale vno de ella, por
cieoto de otras naciones. - Es poco amena. - No la faltan vegas mui delidosas. - Està aislada entre ambos mares. - Tambien està defendida, y coronada de capazes poertos, y roui regalada de pescados. - Pru-ece que estâ mui
:1partada del comercio de las demas prouincias, y al cabo del mundo. Aun auia de estarlo mas, pues todos la buscan, y la chupan lo mejor que
tiene : sus generosos vines Iugfaterra, sus finas !anas. Olanda, su vidrio Venecia, su açafran Alemania, sus sedas Napoles, sus azucares Genoua, sus cauallos
Francia, y sus patacones todo el mudo. - Dime: y de sus naturales, que iuizio bas heçho ? - Ai ay mas que dezir, que tienen tales virtudes, corne! si no
tuuiessen vicies, y tienen tales vicios como si no tuuiesst:.n tan releuantes virtudes. - No me puedesnegar que son los Espanoles mui vizarros? -Sj. Peco
de at les nace el ser altiuos. -Son mui juiziosos. - No tan ingeoiosos. - Son
valieates. - Pero tardes. - Son leones. - Mas con quartana. - Mui generosos. - Y aun perdidos. - Parcos eti el corner y sobrios en el beuer. - Pero
super8uos en el vestir. - Abraçan todos los estrangeros. - Pero no estiman
los propios. - No son mui crecidos de cuerpo. - Pero de grande anime. Son poco apassiouados por su patria. - Y trasplaotados son mejores. - Son
mui allegados a la razon. - Pero arrimados a su dictamen. - No son mui
deuotos. - Pero tenazes de su religion, y absolutamente es la primer nation
de Europa, oJiada porque embidiada. ij Critiahl, II, 3, p. 62-64.
2. 1&lt; La codicia, ... hallaodo desocupada la Francia, se apoderô de toda ella,
desde la Gascuiia basta la Picardia ; distribuyô su bumilde familia par todas

�552

ADOLPHE COSTER

venaient chercher ortune de l'autre côté des Pyrénées : ils s'appliquent aux plus vils métiers~ mal vêtus, portant par économie
leurs souliers sous leur bras, prêts à n'importe quoi pour de
l'argent. Tels sont du moins les roturiers, car en revanche, la
noblesse française est galante, polie, instruite et brave : les
femmes n'y acceptent pour époux que ceux qui onr pris part à
quelque campagne. Gracian faisait ainsi sans doute un reproche
indirect aux nobles Espagno1s de son temps, qui, suivant
l'exemple du souverain, restaient éloignés des camps, où leur
présence eût été cependant particulièrement précieuse'.
L'ingéniosité, l'esprit laborieux, le courage des Français sont
contrebalancés par leur avidité, leur légèreté, leur manque de persévérance et leur déloyauté; leur turbulence en fait les cc lutins
de l'Europe ». Gradin ne se lasse pas de railler la gaîté légère
des cc Monsiures &gt;&gt; qui se démènent à danser et ne peuvent rien
faire sérieusement. Ainsi, au moment où le Jugement préside
avec solennité à. l'examen de ..:eux qui ont atteint l'âge mûr,
l'assistance indignée entend soudain quelqu'un siffier : après
enquête, on découvre que c'est un Français, qui est condamné à
n'être jamais mis au rang des personnes de mérite. Gracian

partes, la miseria, el abatimiento de animo, Ill poquedad, el ser esclauos de
todas las demas naciones, aplicandose a los mas vjles oficios, el alquilarse por
vn vi.l interes, la men:ancia laboriosa, el andar desnudos, y descalços, con los
çapatos ba.xo el braço, el ir todo barato con taota mulcitud : finalmeote el
cometer .qua.lquier baxcza por el dinera : si bien dize.u que la Fortuoa, compadecida, para realçar tanta vileza, introduxo su nobleza, pero tan vizarra que
hazen dos estremos sin medio. &gt;l C-ritic6n, I, 13, p. 269-270.
r. « He reparado, dixo Cdtilo, que no se topa vn Cauallero Frances sepultado en vida, auieodo tantes de onas oaciones. - Essa, dixo el Honroso, es
vna siogular prerogatiua de la nacion Francesa, que lo bueno s.e deue aplaudir.
Sabed que en aqucl belicoso Reino, ninguna damisela adnùrirà para esposo al
que no huuiere ~;istido en algunas campafias, que no los sacan para el talamo
del tumulo del ocio : desprecian los Adonis de la Corte por los Martes de la
campafia.- Oque bueu gusto de Madamas! 1, Cri#câ11, Ill, 8, p. 215.

BALTASAR GR.ACrAN

553

accuse encore les Français de minauder ; llliltS le plus grave
reproche qu'il leur adresse est celui d'être de mauvaise foi 1 •
1. « Saldreis ... con cari.fia de la. Francia? - No por cierto ... quando sus mismos naturales la dexan, y los estrangeros no là buscan. - Gran Prouincia ...
- Si respondio Critilo, si se contentasse con si misma. - Que poblada de
gentes! - Pero no de hombres. - Que fertil 1 - Mas no de cosas substanciales. - Que llana y que agradable 1 - Pero combatida de los vientos, de
donde se les origina a sus naturales la ligerew. - Que industriosal - Pero
mecanica. - Que laboriosa 1 - Pero vuJgar : la Prouincia mas popular que se
conoce. - Que belicosos y gallardos sus naturàles 1 - Pero inquietos; los
duendes de la Europa en mar y tierra. - Son vn rayo en los primeras acoruetimientos. - Y yn desmayo en los segundos. - Son dociles. - Si, pero
faciles. - Oficiosos. - Pero dcspreciables y esclauos de las otras Naciones. Emprenden mucha. - Y executan poco y couseruan na.da: todo lo emptenden
y todo lo pierden. - Que ingeniosos, que viuos y que promptos 1 - Pero '
sin fonde. - No se conocen tontos entre elles. - Ni doctes, que nunca
passaa de vna mediania. - Es gente de grau cortesia. - Mas de poca fe,
que hasta sns mismos Enricos no viuen essemos de sus aleuosos cuchiUos. Sou l:tboriosos. - Assi es, al passo que codiciosos. - No me podeis negar
que han umido grandes Reyes? - Pero los mas de poquissirno prouecho.
- Tienen vizarras entradas para hazt'rse sen.ores del mundo. - Pero que
desairadas salidas ! Que si entran a Laudes, salen a Vjsperas. - Acuden con
sus Armas a amp&lt;1rar quantas se socorren de ellas. - Es que son los rufianes
de las Prouiucias Adulteras. - Son aprouechados. - Si, y tante que estiman
mas vna onça de plata que vn quintal de honra. El primer dia son esclauos,
pero el segundo amos, el tercero tiranos insufribles : passan de estremo a
estremo, sin media, de bumanos a insolentissimos. - Tienen grandes virtudes.
- Y tan grandes vicios que no se puede facilmente averiguar qual sea el Rei;
y al fin elles son antipodas de los Espaiioles. » Crilicdn, II, ·8, p. 176-178.
" Alli vieroo los bailetes Fra11ceses, hazie,ndose pieças los mismos monsiures,
bailando y siluando. &gt;l Critic/Ju, Ill, 8, p. 208.
« En media desta suspension y sileocio) se le oyà siluar a vno, cosa que
escandalizâ muche a todos los circuustantes, y mas a los Espaiioles; y averiguada la dcsatencioo, hallaron auia sido vn Francès, y condenaronle ,a nunca
estar entre personas. » Criticon, II, r, p. 20.
« Assi es, di:.o vno con vna voz muy afeminada, que parecia Fraoces, y no
em sin.o vn melindroso. l&gt; Critùon, I, 7, p. 130.
« Bien dudas, le respondià el hombre de su palabru (a quien se holgà
muche de ver como cosa rara, y no era Frat1ces). "J./,id., III, 6, p. 152.

�554

ADOLPHE COS'l'ER

BALTASAR GRACIAN

Si les Français sont déloyaux, les Italiens sont les maîtres de
l'astuce : tous les genres de tromperie sont en honneur chez eux
sous Le nom de politique, et considérés comme la marque &lt;l'une
bonne tête Mais ils sont aussi voluptueux et amis du farniente,
comme le Bel Poltrone, qu'on a vu plus haut donner ses fameux
préceptes de longue vie, et qui, confortablement enfoncé dans son
fauteuil, recommande de ne pas se fatiguer la cervelle, si l'on veut
arriver à prolonger ses jours 2 •

Les Allemands sont flegmatiques, patients, adroits, curieux de
voir le monde, mais surtout adonnés à la boisson. li y en a bien
quelques-uns qui ne s'enivrent qu'une seule fois, mais cette fois-là
dure toute leur vie. Quand on rencontre un Allemand sobre, on
peut le mettre au noml,re des prodiges. Mais ce que Gracianleur
reproche surtout c'est d'avoir donné naissance au protestantisme 1 •

1•

1. " El engai'io trascendio toda la Italia, echando bondas rayzes en los ltalianos pechos; en Napoles hablando, y en Geooua tratando, eo toda aquella
Prouincia està muy valida, con todasu parentela la mentira, el embuste, y el
enredo, las inuencio □ es, trazas, trarnoyas ; y todo ello dizen que es politica, y
tener braua testa. » Cri1~011, I, 13, p. 270.
r.r Desde aqui asseguran que a los Franceses, que beuieroo mas que todos,
y les bri □ daron los Italianos, les q uedo el no hablar como escriuen, ni el obrar
lo que dizeo; de modo que es menester atenderles mucha a lo que pronuncian y escriuen, enteodiendolo todo al rebès. » C1'it[cén, I, 7, p. I 3 h
2. "Toparon vna grau muela de gentes y oo personas : tenian rodeado vn
monstruo de gordura que uo se le veian los ojos, pero s,i vna gran pança colgada al cuello de vn:'l vanda... Estaua actualmente dizie,ndo : « E yo 'IIO/o 'l!etùn
q11anto tempo polrà ça,.,ripare v11 bel poltrçmi. ,, Y repantigàse en vna silla poltrona.
Llegô vno que platicaua en pachorra, y dbwle : « Messere, que remedio para
tener buenos dias, y mejores aii.os? » Aqui èl abriendo vn geme de boca de los
del giga □ te Galia~, auieodo hecho la salua a carcajadas, le respondio : « Bono,
bono; s~ntaos, que mientras pudiereis estar sentado, nunca aueis de estllr en
pie ... Ora và de ,·egola, atendii&lt;mt. No pillar jastfrlio ik ttie1i-H. - De nada, messere? - Di nim.ti. - Aunque se me muera vna hija, vna hermaua ? - Di
1tienti. - Ni la muger r - Menas. - Una tia de quien herede ? - 0 que cosa
aq11esta I Aup.que se os muera todo vn linage entero de madrastras, cufüdas, y suegras, hazed los insensibles, y dezid que es magnanimidad » ... !base
ya muy desconsolado este, quando le llamo el bel poltrooi, y ledixo: « Hora,
mire V. sefioria, que no querria que st fuesse triste de mi jouial presencia: yo
le d:11'è vna recetil.la de conseruar el indiuiduo, ·que· es oy la mas valida eu ltalia,
y la mas corriente en todo el mundo, y es esta : u Ce-na pocc, vsa el focc, itl
testa capelo, è poqui pensieri en el cerbelo. 0 la be/a cosa 1- De modo que me
dÎ1.e V. sefioria, que pocos cuidados? - Poquisimi. - Segun esso, no me
conuiene a mi ser hombre de negocios, ni assistir al despacho ? - P-or ningun

555

casa. - Ni miniMro? - Menas. - Ni tmtar de auios, llcvar cuentas, ser
Asse~sta, mayordomo? - De ningun modo. - Ni estudiar mucho, ni pleitea.r, lll pretender? - Nata, 11.alrt de todo .:sso, imnca tl'abajar de e4beça; y en voa
palabra, 1ui11 curare de 11iente. » Desta suerte acudian vnos y otros a coll.$ulrar!e
• de tue,ula v,1./etudine, y a todos respondia muy al caso, a este : Polgueta; a
aque! : (&lt; Vila bona ! » Y a todos : ,c A11diamo alegremmJ.e / » Y a vo cierto pcrsonage bien g.raue, le encargo mucho aquello de las sesenta oJJas al mes. &gt;•

Criticchi, ID, 8, p.

209-213.

« No os querais sisar los buenos dias : placJie,-i, placheri, y mas plac/ieri J
dezia vn ltaliano. » Criticén, III, 8, p. 208.
l. « Coma quedais con los Alemaoes? - Yo muy bien (dixo And.renia);
banme parecido muy lindamente, son de. mi genio; engaûaose las demas
naciones en liamar a los Alema.nes los anima.les; y me atreuo a dezir que son
los mas grandes hombres de la Europa. - Si (dixo Critilo), pero no los
may~r.es. - Tiene dos cuerpos de vn Espai'iol cada Aleman. - Si, pero no
media coraçon. - Que corpulentos 1 - Pero sin a.!rna. - Que frescos 1 - y
aun frios. - Que brauos J - Y aun ferozes. - Que hermosos ! - Nada
vizarros. -Que altos 1- Nada altiuos. - Que rubios l - Hast., en Ja bôca. Que fuerças las suyas ! - Mas sin brios. - Sou de cuerpos gigantescos. - Y
de almas en.mas. - Son moderados en el vestir. - No assi en el corner._
Son parcos en el regalo de sus camas y menage de sus casas. - Pero destemplados en cl beber. - Hè que esse en ellos no es vicia, sino necessidad.
Que auia de hazer vn corpacho de vn Aleman sin vino i' Fuera vn cuerpo sin
alma : èl les dà alma y vula. Hablan la lengua mas anti.gua de todas. - y la
mas barbara tambien. - Son curiosos de ver mundo. - Y sino 110 serian dèl.
-Ay grandes artifices. - Pero no grandes doctos. - Hasta en los dedos
tienea la sutiJeza. - Mas va.liera en el celebro. - No pueden passar sin ellos
los e.-:ercitos. - Assî coma ni el cuerpo sin el vientre. - Resplandece su
nobleza. - Oxala su piedad. Pero su iofelicidad es que, assi como otras
Prouincias de Europa han sida ilustres madres de insignes Patriarcas, de Fundadores de las Sagradas Ordenes., esta al contrario de, &amp;c ... &gt;&gt; Criticén, III, 3,
B.llVIIE H!SPANIQO.H. a.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

Andrenio et Critilo n'ont pas eu l'occasion de passer en Angleterre; mais Graciân parle à plusieurs reprises des Anglais, dont
l'attitude préoccupait alors si justement l'Espagne : Ascharn,
l'ambassadeur de Cromwell, venait d'être assassiné à Madrid le 10
juin r650, tandis que Cottington, envoyé du prétendant, séjournait toujours dans la capitale. Leur qualité d'hérétiques les rend
peu sympathiques à Graciân qui ne leur accorde d'autre mérite
que celui de la beauté 1 •
Il ne parle guère des autres nations ; mais il est curieux
de voir la façon particulièrement honorable dont il traite les Japonais : leur principale qualité c'est la valeur, quelquefois téméraire : ce sont en somme les « Espagnols de l'Orient• &gt;i.
A maintes reprises, Gracian a eu l'occasion de caractériser les
habitants des différentes parties de l'Espagne. Les Portugais, qu'il
regardait comme faisant partie de la famille espagnole, sont généralement présentés sous un aspect sympathique. D'ailleurs son
amitié pour Pablo de Parada devait le bien disposer à l'égard des
compatriotes de son protecteur : il ne leur reproche guère que
l'outrance de leurs sentiments, l'exagération de leurs expressions
et la naïveté de leur orgueil. C'est un plaisant portrait que celui
qu'il en fait_, lorsqu'il les montre dans les &lt;&lt; greniers du monde »

se vantant de leur noblesse qui remonte plus loin qu'Adam, et
célébrant leur mérite par les hyperboles les plus ridicules. Quant
au reste, ils ont une qualité qui lui est chère: on n'en trouve
point qui soit sot ni lâche '.
Les Arngonais sont naturellement bien traités par lui ~ ce sont
les véritables hommes de l'Espagne 2 • Ils sont sans malice, mais
manquent de grandeur d'âme , .

p. 69-70. - &lt;1 La Gula con su hermana la embriaguez ... se sorbîô toda la Alemania alta y baxa, gustando, y gast:ando en banquetes los dias, y Jas noc.hes,
Ja.s haziendas y Jas conciencias ; y auoque algunos no se han emborrachado sino
vna sola vez, pero les ha durado toda la vida. Deboran en la guerra las Prquincias, abastecen los campos ; y aun. por esso formaua el Emperador Carlos Quinto
de los Alemanes el vieotre de su exercito. &gt;&gt; Crifico11, 1, 13, p. 270.
Parmi lès prodiges du Musée de Salastaoo, il cite « vn Aleman aguado, Y
jurà Balboa era el Varon deSabac. » C1,ificén, Il, 2, p. 51.
Ailleurs (III, 8, p. 208) il parle des ,&lt; borracheras septentrionales ».
1. « Los logleses tan feos en el alma quan hermosos en el cuerpo. (I, 7,
p. n8.) Il leur reconnaît aussi du goût : « les cupo ..• a los lngleses el
gusto. » (II, 3, p. 55 .) Il o'îgnore pas qu'ils aiment les combats de coqs:
« Alli vieron . . . los gallos Ingleses. » (Ill, 8, p. 208).
2. « La temeridad (aport-0) al lapon. » Ibid., I, I,, p. 271. - La valeur
lègue o. el coraçon a los lapone,, que son los Espaiioles del Asi1. &gt;&gt; Ibid., Il,
8. p. 175.

557

I. « Ora, dexaos (dixo Andrenio) de &lt;:aprichosas questiooes, y dezidnos
que desvan fuesse aquel vltimoytan estrema'do? - Aquel, respoodio el Fantastico, es e.l de los primeros hombres del mundo, de los que oc.upan J.a coronilla de Europa, y aun la coronan; y por rsso tan altiuos, que realmeute tienen valor, pero se lo prcsumen ; saben, pero se escucha.n; obran, pero bJasonan. - 0 que capaz me· parecià, deiia CrirUo. - Si el mas hueco, porque es
vn agregado de todos lo~ otros. Razed cuenta, que esrunisreis a las mismas
puerras de la plausible Lisboa. - Si, si, exolamaron, el desvan de los Fidalgos Portugueses. - Cierto q11e serian famosos, si no fuesscn fumosos. Pero
responden ellos que no puede dexar de auer mucho humo donde ay mucho
fuego. L1amanles ~euosos vulgarmente, pero èllos echaulo a crueles en sus
memorables batallas. Tomaron mucha de su fundador VHses, con que no sè
topa jamas Ponugues, ni bobo, ni cobarde. - Pesame, que no entrassedes alla,
dixo el Holgoo, porque huuierades visto estremados passages de fantasia ; que
como en otras partes se fixo el 1w11 plus vitra del valor, agui el de la presuocion : alli huuieradeis topado hidalguias de a par de Deus, solares de antes de
Ad.au, enamorados pcrena!es, Poetas atronados, aunque ninguno aturdido,
musicos de quita allà, Angeles, ingenios prodigiosos, sin rastro de juirio; y ~
vna palabra, quando las demas naciones de Espafia, aun los mismos Castella~os, alaban sus casas con algun rezelo, por excelentes que seau, yendo cou
tteoto en celebrarlas : « Esto va1e algo? - Es assi, assi. - Parece bueno » ;
los Portugueses alabao sus cosas a todo hiperbole, a superlatiua satisfacion :
"Cosa famosa, cosa gran,de, la primera del mundo ! No se hallarà otra como
ella en todo el Orbe, que esso de Castela es poca cosa. • Critic6n, III, 8,

p.205-2o6.
2. « Critito y Andrenio se encamill;lroo a passar los puertos de la edad
varonil en Aragon, de quien dezia aquel su famoso Rey (que en nadendo fue
assortado para dar tantes Santiagos, para ser conquistador de tantos Reynos),
comparando las Naciones de Espaiia a las edades, que Ios Ar:igoneses eran
los varones. » Critic&lt;ln, I, 13, p. 2.88.
3• « La abun.dante Zaragoça, cabeça de Aragon, madre de insignes Reyes,
vasa de la mayor Columna, y Columna de. la Fe, Cato1ica en Santuarios, y

�ADOLPHE COSTER

Les Andalous parlent beaucoup et agi.sent peu '.
Les Valenciens ont une place d'honneu parmi les \·ictimes de
Gracian : il les accuse de manquer de fmd, d'être incapables de
garder un secret, d'être crédules et en isumé des (' pas grand'
chose &gt;i. Son adversaire Matheu y Sanz t relevé aYec amertume
les principaux passages où Gracian mSit de Valence, et qui
semblent bien dénoter une rancune secrèe ~.
Une chose vraiment singulière, c'est la sympathie manifeste
hermosa en edificios, poblada de bucnos, assi com&gt; todo Aragon de gente sine
embeleco, pareciale muy bien ; pero echaua muoo menos la grandez_a,de los
coraçones y espantauala aquel proseguir en la onnera necedad. » Crz1tc611, I,

10,p. 199.
.
1. « De Seuilla no auia que tratar, por e.star apderada de ella la vil ganan:
cia, su gran contraria, estomago indigesto de h plata, · cuyos moradores, m
bien son blancos, ni bien negros, donde se h:bla mucho y se obra poco,
achaque de toda Andaluzia. &gt;&gt; 0-itietfo, I, 10, P· .99.
.
2. « Que causii mucha risa v,w qua llego ca11 111 ramo en la mano, y autri-

guado qWJ no era J\iledito, 11i Val,mciano, si11Q piauerde, le atropelld la Ate:1ciot1, bas escrito (II, 2, p. 21] Jibando de las Bons no el nectar como la abeJa,
sino la ponçoùa coma el aspid. Que Valencia go:a este don B.orido de la matlo
de Dios, no ignoras ... si bien no se ha de emetder esta materialmcnte, que
Ueuar flores en las manos los de \'a\enda, signifia lo florido de su ~rudicioo. »
(Oritica, p. 151.) - « Que entraii pc,q11issi111os Vale11cia11os 1111 la tienda del
secreto refur-es [1, 13, p. 282], injuria que no tene mas fundamento que tu
antojo; sino es q_ue sea porque no contratan cm el, y le guardan con surna
fidelidad. &gt;l (Ibid., p. 152.) - « Culpasnos de poiiados en dos partes, y no se
compadece con avemos tratado de faciles y crdulos [II, 5, p. 129], q~e el
que cree no disputa, y el fadl no porfia. &gt;&gt; (Ibid.,p. r 5.4.) - Que Vlll~1uaesltt
llena de todo lo que ,w es subslancia [I, 1o, p. I 99]10s d1zcs, y que eu v1endo '11 11
poca cosa se iliffore q11e es Vale11cia110 [III, 3, p. 6,]. Larga satisfacio~ pide esta
calumnia, mas yo procurarè cenirme. Omito los azonados y sustanctales frutos
que produce mi Patria, con que abastecc 1,nuclas Provincias de seda, vioo,
arroz, miel, azeite, azucar y barrilla, dando mat:ria a los artifices de G:noua.
Veoecîa, y casi toda Enropa, todo perfectissimo en su genero. No escnvo _su
rara amenidad por ootoria, efeto de :faltarle 1a ,ulpa que le acusas a Espa~a,
diziendo que las mmpa,ias se esta11 paramos si11 aversacado pam su ,iego las az.e,quias
etc ... &gt;) (Ibid. 1 p. 155-156.)

BALTASAR GRACIAN

559

que ce sujet loyal de Philippe IV témoigne pour les Catala □ s, au
moment même de leur rébellion. Il trouve que Barcelone a été
régie par des sages', et c'est en Catalogne qu'il place l'anù véritable que Salastano a envoyé chercher: il est vrai qu'il s'agit de
Pablo de Parada, comme on l'a vu; mais Gracian saisit l'occasion
de louer la fidélité des Catalans à leurs amitiés et même à leurs
haines, car, dit-il,« celui qui n'a pas d'ennemis n'a pas d'amis•&gt;&gt;.
Cette sympathie est d'autant plus étrange qu'il ne semble pas que
Gracian ait compté des Catalans parmi ses amis; tout au moins,
prodigue d'éloges comme il l'était, n'a-t-il fait mention d'aucun
ami catalan dans son Criticém, et sa correspondaqce n'en contientelle pas la moindre trace. Il y a là un petit problème que les données que nous possédons ne nous permettent pas de résoudre.
Quant à la foule, 'dans toutes les provinces d'Espagne~ elle se
distingue toujours par quelque défaut: Gracian n'épargne même
pas celle de Saragosse 1.
I. « Barcelona aunque rica, quando Dios queria, escala de Italia, paradera
del oro, regida de sabios, entre taota barbaridad, no la juzgo por segura,
porque siempre se ha de caminar por ella con la barba sobre el ombro. )&gt; (I,
10, p. 200 de l'êditioo de 1657 et : de celle de 1658.) Dans les éditions suivantes ce passage a été remplacé comme il Suit : (&lt; Barcelona Centro de Sabios,
Madelo de hooestidad, Camera de Reyes, que los dià a Aragon y de aqui a
Castilla, aunque considerà seocillo el trato de sus vecinos, no le parecià bjeo,
porque las celosias que erigio el recato de sus Matronas, le causaron :i:elos
sus divertimientos. )l
!!. cr Los Catalanes saben ser amigos de sus a1nigos : taro.bien son males para
enemigos : bien se vé, piensanlo macho antes de començar vna amistad, pero
vna vez confirmada, hasta las aras. - « Como' puede ser esso, insto vn forastero, si alli se hereda la enemistad, y llega mas allà del caducar la veogauça,
sieudo fruto ·de la tierra la vandolina? - Y auo por esso, respondio; que quien
no tiene enemi_gos, tampoco suele tener amigos. &gt;) Crititoii, II, 3, p. 57-58.
3. " Ës tau ordinario como facil alborntarse vn vulgo, y mas si es tan credulo como el de Valencia, tan barbaro como el de Barcelooa, tao necio coma
el de Valladolid, tan libre coma el de Zaragoça, tao nouelero como .el de
Toledo, tan insolente corno el de Lisboa, ta·n hablador corno el de Seuilla, tan
s□cio coma el de :Madrid, tan vo1,inglero como el de Safamanca, tan embustero
coma el de Cordoua, y tan vil coma el de Granada. )&gt; Criticdn, II, 51 p. 129.

a

�ADOLPH.E COSTER

»ALTASAR GRACIAN

En somme, nulle part on ne trouve une tentative sérieuse de
définir le caractère des habitants des différentes provinces) qui
sont généralement exécutés d'un seul mot.
Ce qui frappe toujours Gradin, c'est le côté extérieur des
choses, bien qu'il affecte de ne se jamais laisser duper par les
apparences ; aussi les professions ont-elles largement excité sa
verve.
Les domestiques, dont il avait pu voir tant de spécimens dans
Jes grandes maisons qu'il fréquenrait, sont lestement jugés :
ce sont des ènoemis dont on se passerait bien, et l'on n'en trouve
de bons que chez Lastanosa: c'est une merveille qu'un serviteur
prompt et qui dit du bien de son maitre •.
Les soldats fanfarons, que les guerres malheureuses de l'époque
lui avaient fait connaître, sont l'objet de ses attaques répétées.
Il stigmatise ces militaires à la mode, qui, vivant de la guerre,
s'arrangent pour qu'elle ne prenne jamais fin, qui sont lâches
et se cachent le jour de la bataille, pour se montrer le jour de la
pait, ces généraux de deuxième ordre qu'on est obligé de chaugér tous les ans •.

Mais il est surtout deux professions contre lesquelles il ne se
lasse point de lancer les traits les plus piquants.
La première est celle des tailleurs. Que lui avaient fait ces
utiles artisans pour qu'il ait éprouvé à leur endroit une hostilité
si vive, qu'il partage d'ailleurs avec Quevedo ? Nous l'ignorons,
mais force est bien de le constater. Il montre quelque pan les
forgerons qui, s'étant pris de querelle avec les tailleurs, leur
reprochent d'être la seule corpo,ation dont aucun dieu n'a voulu
assumer la protection. En effet ce sont des ennemis jurés de la
vérité, des menteurs par profession. Jamais ils ne tiennent leur
parole; ils répètent toujours : « Demain ! Demain! )&gt; Aussi,
après leur mort, sont-ils transformés en corbeaux qui redisent
sans cesse : &lt;( Cras! Cras! Demain ! ' 1&gt;

r. « Estando en esta diuertida fruicion de grandezas, ,ritron venir âzia si
cierta marauilla corrieote ; era vu criado promo, y lo que mas les admira, fue,
que dezia bien Je su amo. » Crifiafo, Il, 2, p. 36.
2. « Començà a lleuarse los ojos y los aplausos vn valiente hombre, que pudiera competir con el mismo Pablo d.e Parada; venia anuado de \'ll temido
peto, conjugado por todos tiempos, numeros y personas : traia do3 pistolas,
pero muy dormidas en sus fondas, a lo descansado; cauallo desorejado, y no
por cul pas suyas; dorado espadinen solo el nombre, hembra en los hechos, nunca
desuuda, por lo reCJtada. Coronauase de plumas, auec;hucho de la viz:trria, que
no del valor... » Crilkén, I, 6, p. 111. - " Estos que auian de acabar las
guerras las alarg:10 ; su empleo es pelear, que no tienen otros juros, ni otra
renta; y como ac.ibada la guerra, quedarian sio oficio, ni beneficio, tllos popan
al eneniigo, porque papan dèl. Para que han de matar Jas centiod3s al Marques
de ~escarJ, si viuen dèl? Que hast:t el atambor sabe estos primores; y assi
vereis que la guerra que a lo mas tirar estas nuestras barras, pudiera durar vn
aôo,dura doze, y fuera eterna si la felicidad y el valor to se huuieran juntado

oy en vn Marques de Mortara. Il Crilicé11, I, 6, p. 112. &lt;&lt; Tambien ay soldados cofadres de la apariencia? preguntà Andrenio. - Y son tos mcjores, respondio el Hermitaiio, tan buenos Christianos que aun al enemigo no le qu.icren hazer mala cara, COD que DO le querrian ver. No vès aquel, pues en dando
vn Santiago se mete a peregrino; ee su vida se sabe que aya hecho mal a
nadie, no tengan miedo que él beua de la sangre de su contrario ; aquellas plumas que tremo1a, yo juraria que son mas de Santo Domingo de la Calçada,
que de Santiago : el dia de la muestra es soldado, y el de la bataUa Hermitaèio ; mas haze èl coD vn lançon que mros con vnn pica; sus armas siempre
fueron dobles, desde que tomb capa de valiente, es vn Rui Diaz atildado. Es
de tao sano coraçon que siempre le hallara.n en el quartel de la salud; DO es•
nada vanaglorioso y assi suele dezir que mas quicre escudos que annas ; en
dando vn espaldar al eoemigo acude al consejo con vn peto, y assi es tenido
por vn buen soldado, mui aplaudido, y en competencia de dos Bemardos està
consultado en VD Generalato, y di1.en que èl seci el hombre, y los otros se lo
jugaràn; que aqui mas importa el parecer que el ser. » Critic611, II, 7, p. 166167. " S:ùe vna vez vn gran Capitan, y bullen despues cien Capitanejos, con
que se ha de mudar c.ada aiio de Gcfe. &gt;) Criticdn,
10, p. 277.
1. &lt;1 Los Herreros Ueuauan braua herreria, y aun todos parecian Caldcreros.
Enfudad.os Ios Sastres, les dixeron que callassen, y dexassen oir, sino enteDder.
Sobre esto armaron vca pendencia, aunque no nueua en tales pnestos; trataronse mui mal, pero no se malttataron, y dixeronles los Herreros a los Sastres
despues de encomios so1eruues : ~ Quità de ai, que sois gente sin Dias. -

m,

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRAClAN

L'autre corporation est celle des médecins, qu'une longue tradition avait désignés aux traits des satiriques. Martial avait donné
l'exemple par ses épigrammes contre Le médecin Diaulus, qui n'a
pas changé de fonction en devenant croque-mort, ou Hermocrates
dont la vue seule, en songe, suffit à donner la mort. On ne saur~t
dire des médecins ni bien ni mal, prétend Gracian; avant, parce
qu'on ne les a pas encore éprouvés, après parce qu'on est mort.
Ce sont les médecins qui ouvrent le cortège de la Mort; ils sont
comparables aux abbés, car ces derniers enterrent ceux que les

premiers ont tués, et l'on était bien heureux au temps où il
n'existait ni avocats, ni alguazils, ni médecins 1 '
Mais ces plaisanteries, dont Molière eût pu faire son profit, sont
de cous les temps. Un sujet, plus original, et que l'on ne s'attendrait guère à voir exciter la verv'! de Graciao, si l'on songe a sa
profession et à l'époque où il écrivait, c'est le monde religieux.
Quelques-uns de ses traits semblent bien dirigés contre ses confrères qu'il accusait, comme on l'a vu, de ne rien comprendre
à son Crilidm. C'est à eux, sans doute, qu'il pense, lorsqu'il fait
dire au Sage que, si raffinée que soit une &lt;&lt;Communauté», on y
trouve toujours des ignorants qui veulent parler de tout sans
discernement. Quel effet dut produite sur ses supérieurs ce portrait du cbaooineDoucutr, accompagné du religieux Miel et d'une
série de niais qui semblent éternels, tant l'absence de pensée leur
permet de vivre longtemps ! c&lt; Voilà, dit Gracian, les gens que

Corno sin Dias ? replicaron cllos cofurecidos. Si dixerades sia conciencia,
passe ; pero sin Dias, que quiere dezir esso ?- Si, repitieron los Herreros, que
no tienen vo Dias Sastre, como nosotros vo Herrera; y quando totos Je tienen, los Taberoeros a Baco, aunque aoda ea zelos con Tetis, los Mercaderes a
Mercurio, de quien tomaron us tram pas con el nombre; los Panaderos a Cen:s,
los Soldados a Mane, los Boticarios a Esculapio; mirà que tales sois vosotros que niogun Dies os quiere. - Andâ de al, respondieron los Sastres, que
sois vnos gentiles. - Vosotros si lo sois, que a todos quereis bazer geotiles
hombres. » Llegô eo esto el Sabio, y metio paz, consolando a los Sastres, con
que ya que no tenian Dias, todos los ùauan al diablo. » Critic611, Il, 5, p. 120121. Lorsqu'on veut faire revenir la Vérité sur la terre, tout le monde
refuse de la mi:n:re dans sa bouche : « Conuidaron a los oficiales, menas ;
antes dixeron que moririan de hambre en quatro dias, si en la boca la tomasse□, especialrnente los sastres. » Criticlm, Ul, 3, p. 8o. Si les humains
vivaient jadis si longtemps, c'est que : ,, No mentian los oliciales, ni aun los
sasrres. » Criticlm, ID, 8, p. 212.
1&lt; Vieroo cruzar de vna parte a otra muchos cueruos muy domesticos y
muy hallados con sus amas : estraiiôlo Andrenio, y aun lo tuuo por m:tl
agucro : mas dixole el Proteo : « No te espantes, que destas malas aues dixo
vua muy aguda necedad Pitagoras, prosiguieodo aquel su opinado disparate de
que Dies castigaua los ma.los en muerte, trasladando sus aimas a los cuerpo~
de aq_uellos brutos a quienes auian simbolizado en vida. L,s de los crueles
metia a tigres, las de los soberuios a Leones, las de los deshonestos a jaualies,
y assi de todos: dilto pues que las almas de los oliciales, especialmente aquellos
que nos dexan en cueros quando nos visteo, las daaa a cueruos; y, como
siempre auian mentido, cfuiendo : u Maùana, seôor, estarà acabado; pàra
maiiana sin faim 1 » aora ?rosiguiendo en su mis ma cancion, van repiriendo
por ca.stigo, y por costumbre aquel su Cras, Cras, que nunca Uega. » Crilicon,
I, 7, p. 134-135.

J. « Vn Medico en viendo vn enferma no le mata? Que vene.oo camo el
de su tinta en vn recipe? Que Basilisco mas criminal, y pagado, que vn Hermocrates, que aun soi'iaodo mata a Andragoras ? Digoos, que dexan atras a los
ruismos Basiliscos, pues aquellos poniendoles vn cristal detante, eUos se ma tan
a si mismos; y estos pooieodoles vn vidcio que traxeron de va enfermo, con
solo m.irarle, le ecban en la sepultura, estando cien le,guas distante. » Critic611,
Il, 2, p. 42. Voir sur Hermocrates et Diaulus, Martial, VI, 53 et I, 48.
"Es de aduertir, que donde ay mas Doctores, ay mas dolores. Esta dize
de elles La ojeri1.a comun; pero engaiiase en la veogança vulgar, porque yo
rengo por cierto, que del medico nadie paedc dezir ni bien, ni mal ; .no ames
de ponerse en sus manas, porque auo no tieoe experiencia ; no despues,
porque no tiene ya vida. Pero aduenid, ajoure malicieusement Gracian, que
no hab!o del ruedico material, sino de los morales, de los de la Republica, y
costumbres. » Crilicôii, 1, 6, p. r 13.
« Pero atended, que entra ya ella misma (ln Mort), si no en persona, en
sombra y en buessos. - En que 1o conoces, - En que coruiençan a entrar ya
los Medicos, que son lQs inmediatos a eUa1 los mas ciertos ministros, los que
la traea infaliblemente. » Critiœri, UI, 11, p. 294.
u Que todos los anillos se enttegassen a los Medicos y Abades 1 a estos
porque emierran los que aquellos destiemm. » Criticv11, ll, ,, p. "23. - Voir
aus.,i le passage du Discreto cité it propos du Realce XV ll.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

recherchent les supérieurs, parce qu'ils peuvent les mener par le
bout du nez &gt;). Ne faisait~il pas, en écrivant ces mots, un amer
retour sur lai-même?
Au grand scandale de l'auteur de la Crltica dt. refltai6n, Gracian
ne se gêne pas pour stigmatiser l'avidité de certains prélats,
l'impertinence de certains ecclésiastiques'. Mais cc qui est plus
hardi, c'est la manière dont il s'attaque à l'hypocrisie. C'est un
des vices de l'âge mûr, qui guette Andrenio et Critilo sur leur
route: ils se dirigeaient vers la demeure de Virtelia, la Vertu sincère, lorsqu'ils rencontrent un ermite, qui leur enseigne qu'il
existe une vertu, fucile et lucrative, personnifiée par Hipo&lt;rit1da.
Hipocrinda est abbesse d'uh couvent où, sous le couvert de la
vertu, triomphent tous les vices. On y trouve le soldat fanfaron
dom nous avons parlé tout à l'heure, lâche devant l'ennemi,
mais avide; l'officier de justice qui se montre impitoyable pour

les voleurs, afio d'être seul à voler 1 ; le juge qui, sous prétexte
dl! sévérité, satisfait ses instincts sanguinaires; l'avare qui jeûne
par ècooomie, et non par piété; lé voluptueux qui va au sermon
Olt à l'église pour satisfaire sa passion•.
Mais ces critiques n'atteignaient que des laïques : voici le
simoniaque qui veod les choses saintes, sous prétexte de reconnaissance 3 ; le moine débauché qui s'introduit dans les maisons
pour y assouvir sa luxure et son avidité, et qui laisse en larmes
celles dont il s'éloigne -1. Gracian, dans la troisième parue du Cri-

1. « Nunca pcnsè ver, poDderaua ADdrenio, taDt0 Ntci,discreto jumo, y
aqui veo de todos estados, y generos, hasta lcgos. - 0, si, dixo el Sabio,
que en todas panes ai ,·ulgo, y por atildada que se:&gt;. vn.a comunidad, ai ignor:llltes en ella, que quiereD hablar de todo, y se metcn. a juzga.r de las cosas,
sin tener punto de juirio. 11 Cnlicon, H, S, p. 117.
ct Aquel otto es el C:monigo Blandura, que todo lo h:u:e but:no. 11 Vicroo
vno todo comido de moscas : " Aquel es la bucoa miel. » Que buena gente
toda Cl&gt;ta para superiores, que ya assi los buscan, c3beças de cera, que las puedao boluer, y reboluer doude quisiereD y retorccrles las narices a vo lado, y 3
otro . .,, Criliai11, Ill, 6, p. 152. (( El seglar pondemndo las oblig:iciones del
Eclesi2stico ,. el Eclcsiasûco las desnteuciones del seglar. « Crilic611, Il, S,
p. r 1
« El Prdado que atesora los cinqucnta roil pesos de rentn, por
bien que lo hable, no sccl cl boca de oro, sino cl boisa de oro. » C,-i/it,111, 1,
13, p. 273. - Matheu cite ce pa~sage, en ajoutant : et Bien sabido devieras
teucr el respc:10 con que ~ han de rrntar la:. cos.1s sagracfas, Ll vcnc:rncion con
que se ha de h.1blar de los Eclesiasticos, la culpa que se incurre de mezclar lo
sacro con pa. Jtîempos profanas ; advicrte, pues que lo sabes, CD estas proposicion~-:, eotTL-sacadas de tu libro. El prtlado etc ... ; si en el pulpito DO es licito
bablar destos sugctos coD individuacion, sino con sumo respcto, apuntando
muy en sombra, par no empanar las luzes dd cstado, que setil en lo que se
' estamp.1? T"'lo I11bilw se arrima a bwma UtJltÎlla (Crilic/tn, 11, 1, p. 8) ; Y
aunquc hables dd ceduloo matcrial que le public.a, dexa de :er irrebercnte
modo Je hablar de las Indulgi:ncias? li (p. 193-194.)

5-1t/ :_

1. u Reparà en :iquel Ministro de 1usticia, que zeloso, que justiciero se muestr3 1 No ai Alcaldc Ronquillo rancio, ni lresco Quiüones, que le llegue, con
nadie se thorra, y con todos se vil&gt;te, a todos 16 va quit2ndo las ocasiooesdcl
n1.1I, para qucdarse con ellas; siemprc \'à en busca de ruindades, y con esse
titulo entra en rodas las casas ruines librcmente; desarma los valientcs, y haze
en su c.isa \'Da :mneria; destierra los !Jdrones por quedar è1 solo; siempre \'i
repitieDdo justkia, mas DO por su c.asa, y todo esto con bucn titulo, y ilUll colorado. » Crilico11, li, p. 167-168.
z. « Con capa de justicia, es el juez. VD SJnguinario; con capa de zclo todo
lo malea el embidioso; con capa de galantcriaanda la otra lib&lt;-'l'tada ... - Quien
5erà aqud que toma la cap.i, o d man10 para ir al Sermon, a \'isÎt3r el Santuilrio? Y parece el festejo ? - El mismo. - 0 mal dito s:icrilego 1- Con capa
de Jyuoo ahorra la a,'3ricia; COD capl de grauedad no:. quiere desmencir la groi,.seri.1; aquel que entra ruli, parece que lleua capa de amigo, y realmente lo es;
y aun con la de pariente se introducc el adulterio. , Critiw11, Il, 7, p. 163.
3. « Quil:n es aquclla que p:issa cou capa de agradecimiento? - Quien lu
de ser, sino la Simonia ?» Criticm1, H, 7, p. 163.
4. e&lt; 'o vds :iqucl bt:ndi10, que fuera del mundo anda, que metido và, pues
no piensa eu cosa suya, sino en las :1genas, que no ùene cosa propi:1 ; no se le
vè b c:tra, no es lo mejor lo de=.1do ; a oadie mira a la can, y a todos qui1a
cl sombrero; anda descal ço por no ser sentido, um cncruigo es de buscar ruido.
- Quien es d tal, preguoto Andrcnio, es professa? - Si, con que cada dia
toma d habito, y es mui bien diciplinado: dizen que es ,·D arrapa .-\lurcs, por
1ener mucho de Dio~. Haie vna vida extrnuagame, toda la noche vela, nunca
reposa; no tic:De cosa, ni c:tSl suya, y as. i es dueiio de iodas fas ageDas: y sin
saber como, ni por donde, se entra en todas, y se b:ize luego dueno dcllas; es
ran caritatiuo, que a todos ayud3 :1 lleuar la ropa, y a quamos topa las cap~s, y
assi le quieren de modo que qu.mdo se parte de alguna, todO&gt; qu~d.m Uoraodo,

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

ticon, reviendra sur le même sujet. Lorsqu'il montre les proverbes réformés par le Sarnir, il déclare que celui qui prétend

reprocbe violemment à Gracian d'avoir, pour peindre l'hypocrisie,
employé des métaphores toutes prisesà la vie religieuse et d'avoir
abusé d'expressions propres au vocabulaire monastique. Il lui fait
un crime d'avoir écrit une satire qui, mal interprétée par les
ignorants, leur donne une idée scandaleuse de ce qui se passe
dans les couvents 1 • Cependant aucune des critiques de Gracian
ne s'éloigne de la plus stricte orthodoxi'e.
Il courait moins de risques en attaquant les femmes dont il se
montre l'adversaire déterminé, obéissant ainsi, non seuleinent à
son tempérament, mais encore à l'esprit qui avait animé la Compagnie de Jésus à l'origine, bien qu'il commençât à se modifier.
C'est en vain qu'il assaisonne ses attaques, de temps en temps,
de compliments à l'adresse de quelques grandes dames; en réalité,
il reprend à son compte les amères paroles de Salomon : « Melior
est iniquitas viri quam mulier benefaciens 1 • » La femme est
l'ennemie de l'homme, elle lui tend des pièges à tout âge; rien
ne met à l'abri de ses attaques, ni les années, ni la sagesse, ni
même la sainteté. Elle est farcie de malice des pieds à la tête, et
si le ciel n'avait pris soin que la beauté fût d'ordinaire le trône de
la bêtise, il ne resterait pas un homme en vie ; .

qu'on doit souhaiter dans toute maison la présence d'une tonsure,
est complètement faux, car c'est une cause de ruine pour la fortune la mieux assise'. Voilà dans la bouche d'un Jésuite à
pareille époque, des paroles audacieuses, d'autant plus qu'elles
visent les ecclésiastiques mêmes. Lorsqu'on songe au scandale que
souleva Tartufe quelques années plus tard, on conçoit quel parti
l'on put tirer contre Gracian de ces lignes qui font songer plus
d'une fois au type immortel de Molière. Cet ermite du couvent
d'Hipocrinda porte une discipline qui fait plus mal aux yeux de
ceux qui la voient qu'aux épaules de celui qui la porte 2 • Il baisse
aussi les yeux pour ne pas voir les femmes dont les costumes le
choquent 3. Aussi n'est-il pas étonnant que Matheu y Sanz
y nunc,a se oluidan del. - Este, db:o Andrenio, cou taotas preodas agenas,
mas me huele a ladron que a Monge. - Ai veràs el milagro de nuestra Hipocrinda, que sieodo lo que tu dizes, le haze parecer vn Bendito, tanto que està
yà consultado en vn gran cargo, en competencia de otro de casa de Virtelia, y
se tieoe por cierto que le ha de hurtar la bendicion, y quaodo no, trata de irse
a Aragon, doode muera de viejo. &gt;&gt; Criticô,i, Il, 7, p. 164-165. - • Ce trait
rappelle le Conte de Juan de Arguijo (Paz y Melia, S11/es Espa,iolm, t. Il,
p. 128).
I. cc Extioguese de todo punto aquel que dize : « Mal Le ,,à a la casa donde
no ay corona rasa»; antes muy bien, y muy mal donde la ay, porque la
hazienda de la Iglesia pierde toda la otra, y arrasa la mejor casa. » Criti,cin,
III, 6, p. I 70.
2. « Se les hizo encontradiio vn hombre venerable por su aspecto, mui
autorizado de barba, el rostro ya passado, y todas sus faccioues destetradas,
hundidos los ojos, la color robad:i, chupadas las mexillas, la boca despoblada,
ahiladas las uarizes, la alegria cntredicba, el cuello de azucena laugu.ido, la
frente encapotada, su vesûdo por lo pio remendado, colgando de la cinm vnas
d.iciplinas, lastimando mas los ojos del que las mira, que las espaldas del que
las afe~ta, zapatos doblados a remiendos, de mas comodidad que gala; al fin i!l
parecia semilla de hermitanos. Saludàles roui a lo del Cielo para gaoar mas
tierra. )) Criticon, II, 7, p. 158.
3. « Vieron vno, que estaua escupieodo y haziendo grnndes ascos. « Que
tiene este? preguotà Andrenio. - Acercate y le oiràs dezir mucho mal de las

mugeres y de sus trages: cerraua los ojos por oo verlas. Este si, dixo el Hermitaùo que es cauto. - Mas valiera casto, replico Critilo, que desta suerte
abrasan muchos el mundo en fuego de secreta luxuria ; introducense en las
casascomo golondrinas, que entrao dos y salen seis. &gt;&gt; Criticcfo, II, 7, p. 170.
1. « La hipocresia la pintas en metafora de vida monastica pues vsas de las
vozes Hermitafio, sikncio, 1zc1ticios, professa, yen110, celda 1 Monge benililo, claustro,
y otras deste jaez. Luego tratas de desacreditar la vida, que cl ignorante no
alcançarà la metafisica que puede salvar el error. » Criliai, p. 194.
2. Ecclcsiastici1S XLII, 14. - &lt;&lt; Et inveoi amariorem morte mulierem quae
laqueus venatorum est, et sagena cor ejus, viucula sunt mauus illius ; qui placet Deo effugiet iUam; qui autem peccaror est capietur ab illa ... Virum de mille
uoum reperi, mulierem ex omnibus non inveni. ,, Ecclesfasle$ VII, 27-28.
;. « Corno la muger fue la primera con quien embisûeroo los males, todos
bizieron presa en ella, quedaudo rebutida de malicia de pies a cabeça. ,, Criticon,
I, 13, p. 271. Et Critilo s'adressant à Vénus: (( ' Tu ercs al fin la aoiquiladora
comun de sabios, Santos y valerosos. » Criticô11, III, 8, p. 224. - « Pue Salo-

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIA..'11

Dans le couvent d'Hipocrinda, les femmes ne sont pas oubliées,
et tiennent une place d'honneur•. Gracifo, pour finir, 1eur conmon el mas Sabio de los homt-res, y fue cl hombre a quieo mas engaôaron
las mug&lt;!rcs; y con auèr sido el que mas las amô, fue el que mas mal dixo
deltas ; argumento de quan grao mal es el del hombre la muger mala, y su
mayor eoemigo: mas fuerte es que el vino, mas poderosa que el Rey, y que
compile con la verdad, sicndo toda mentira. Mas vale la maldad del ,•aron
que el bien de L, muger, dixo quicn mas bil!ll dixo, porque menos mal te hari
vn hombre que te persiga, que vna muger que te siga. Mas no es vn enemigo
solo, sino todos en vno, que todos han hecho plaça de armas en ella ; ... de
aqui sin duda procedio el apellidarse todos los males hembras, la furias, las
parcas, las sirenas y las arpias; que todo lo es vna muger mala. Hazenle
guerra al hombre diferentes tentaciones en sus edades diferentes, vnas en la
mocedad, y otras en la vejez; pero la muger en todas. Nunca està seguro de
ellas, ni moço, ni varon, ni viejo, ni sabio, ni valieute, ni aun santo : siempre
està tocando al ttrma este coemigo comun, y tan casera que los mismos criados del alma la ayudan : Ios ojos franquean la entrada a su belleza, los oydos
escucbao su dulçura, Jas manos la atraen, los l.abios la proouncian, la Jeogua
la voua, los pies la buscan, el pecho la suspira, y d coraçon la abraça : si es
bermosa es buscada ; si fea, ella busca : y si el Cielo no huuiera preuenido
que la hermosura de ordinario fuer:i trooo de la necedad, no quedàra hombre a
vida, quti lalibertad lo es. 11 Criti,011, I, IZ, p. 246-247.
r. 11 Mas aora que hemos nornbrado mugeres, dime, no ai cl::msura para
cllas? Pues de Yerdad que pueden professai- de enredo. - Si le ai, dixo el Hermita.no: Conuento ai, y bien malignante. Dios nos de6enda de su multitud :
aqui estàn de parte - y assomoles a vna veotat1a, para que viessen de passo, no
de proposito, su procedcr. Vieron yà vnas mui deuow aunque no de San Lino,
ni de San Hilario, que no gustan de deuocioues al vso, si de San Alexos, de
toda romeria. « Aquella. que alli se parecc, dixo el Hermitafio, es la Yiuda
recatada, que cierra su puerta al Aue .Maria. Mira la doni;ella, que puesta en
pretian, no sea en dota. Aquella otra es vna bella cas.ida, ticnela su maritlo po1
vna santa, y elln le haze fiestas, quando menos de guardar : a esta otra nunca
le faltao joyas, porque ella lo es buena: a aquella la .adora su marido; scrà
porque Io dorA; no gusta de galas, por no gastar la bazicnda, y gastale la
honra. De aquella dizesu marido, que meteria las manas co vo foego por ella;
mas valiera qnc las pusiera en ella y apagàra el de su Iuxuria. » Estaua voa
riiiendo vnas criadas pequciias, porque brujuleô no sè que cenos ; y elh con
mayor dezia : « En esta casa no se coosiente ni aun el pensamieato. » Y repetia entre dientcs la criada el eco. Dcsta otra anJa siempre predic.ando su

r

teste, comme on l'a vu, jusqu'à la beauté et prétend que ,,est par
pure politesse que les hommes la leur attribuent.
· Mais ce qui fait, on peut bien le dire, le fond même du Criticoii, c'est la satire des sots. Gracifo aurait pu donner à son livre,
pour épigraphe, la parole de Salomon : « Stultorum infinitus est
numerus » (Ecclesiastes, I, 15). Il n'est pour ainsi dire pas une
page de son roman où l'on ne voie reparaître le sot, sous les
vocables divers de necio, de tonto ou de bobo. Les sots sont légion :
ils forment la majorité, ou plut6t, encadrés entre un petit nombre
de coquins et d'honnêtes gens, ils constituent vraiment l'espèce
toute entière. Le scélérat est en somme assez rare. Mais peut-il
passer pour vraiment intelligent ? Gracia.a le nierait, car la perversité n'est qu'une sottise à ses yeux de chrétien, puisqu'en supposant même qu'elle réussisse sur la terre, elle doit être inf~illiblement punie dans l'autre monde. Aussi faut-il ranger parmt les
sots non seulement tous ceux qui le paraissent, mais la moitié de
ceux qui ne le paraissent pas'. La bonhomie même ne saurait
d'ailleurs faire pardonner la sottise et Gracian flagelle avec une
verve écourdissante ces « braves gens 11 qui sont de l'avis de
tout le monde, qui approuvent mu jours et ne s'émeuvent jamais,
adoptent toujours l'opinion du dernier entendu et ont le cœur sur
la main. &lt;( Ils sont déjà morts, s'écrie-t-il, ce ne sont plus des
hommes, puisqu'ils ont renoncé aux nobles préoccupations qui
tourmentent, mais ennoblissent l'bum.anité 2 &gt;&gt;.
madre lo que ella no se coofiessa. Dezia otra buena madre de su hija : « Es
vna bienauenturada. » Y era assi, que siempre quisiera cstar ·e n gloria. Como estàn descoloridas aquellas? reparb ,t\.ndrenio. Y el Hermitaiio : « Pues
no es de malas, sino de puro bul!nas ; sou tan morti6c.adas que echnn tierra
en Io que comen, oo se.1 varro. Mira que zelosas se muestran estas 1 - Mas
Yaliera zeladas. » Critic611, .II, 7, p. 170-r71.
1. Voir Ag11de{a, XXVIII, p. 190.
2. « Hallauase en el pais de los buenos hombres, y que diferentes de aquellos otros 1 Parec.ian de otra especie, gente toda pacifica, por quienes nunc.a se
reboluio el mundo, ni se alborotb la feria. Encontrô de los primeras con luan
de Buco alma, a mcdio sailtdar que se le oluidauan las palabras ; con todo

l'"",,
"" I

.

�570

1·

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

En face d'eux il dresse son idéal, l'homme vraiment digne de ce
nom, instruit, viril et maître de lui-même, celui qu'il qualifie de
persona. Un tel homme est rare, et sur la Place de la Populace
où fourmillent tant de gens, on n'en découvre pas un 1 • D'ailleurs
la satisfaction que l'on éprouve à atteindre cet idéal, à être
« quelqu'un », n'est pas sans corn porter une douloureuse contrepartie, car c'est le meilleur moyen de ne pas réussir dans le
monde et de s'attirer la haine des sots 2 •

Cependant, de cette âpre satire de l'humanité, ne se dégagera
pas une leçon de pessimisme. En vain citera-t-on, pour affirmer
le contraire, les exclamations, pleines d'une sombre misanthropie,
de Critilo, lorsqu'il va toucher terre, lorsqu'il voit apparaitre la
flotte, ou qu'il entre avec Andrenio dans le chemin de la vie r
ou peut-être l'apologue du criminel plus malfaisant que les bêtes'
féroces avec lesquelles il fut enfermé 1 • Ce sont là des imitations
littéraires où l'outrance du sentiment est accompagnée d'un sou•
rire à peine dissimulé.
Le premier traducteur du Criticlm a bien mis en lumière la
pensée véritable du livre en lui donnant le titre de « l'homme
détrompé». A chaque instant, Andrenio, l'homme de la nature,
l'homme sans expérience, rencontre un vice auquel il cède, mais,
chaque fois aussi, un guide providentiel finit par le tirer d'affaire :
c'est le Desengaiio, la Désill1uion qui lui montre le néant des plaisirs, de la volupté, de l'intelligence même et lui indique le chemin du bonheur qu'il atteindra au delà de la vie. Certes ce commentaire du Vanité des vanités de Salomon peut être pris comme
une manifestation du plus sombre pessimfame, si l'on n'y joint

esso cootraxeroo estrecha amistad : allegàseles vo otro, que tambieo dixo llamarse luan, que aqui los mas lo eran, y buenos ... -Quien es aquel que passa
riendose ? - Aquel es de quien di zen que de puro bueno se pierde, y es vu perdido ; aquel otro el bueno, bueno, y el que de puro bueno vale para nada, gente
toda amigable. - Que poca ceremonia gasta11, ponderb Andrenio, aua cortesia 110 hazen. - Es que no saben engafiar ... " Con todo esso se llegb y les
saludb bon ccmpaiio que veoia con tal sea mi vida y 11ii alma ccn la SttJa. No se
ola vn si n1 vn no entre ellos, en nada se contradezian, aunque dixeran la
mayor paradoxa, ni porfiauan, y era ta! su paz y sossiego que dudb Andrenîo
si eranhombres de came y saogre. - &lt;&lt; Bien dudas le respondio el hombre de
su palabra (a quien se holgo mucho de ver como cosa rara, y no era Frances)
que los mas de ellos son de pasta, y buerus pastas; y, en confirmaciou dello,
repara co aquel, todo bocadeado, don fulano de maçapan, que cada vno le dà
vn pellizco; aquel otro es el Canonigo Blandura, que todo lo haze bueuo :
« Vieron vno todo comido de moscas : « Aquel es la buena miel... » Vio a
don fulaoo de todos, y para nadie, y para nada, acompafiado de vn grao
éaruarada. Aquel de la maoo derecba es el primero que llega. y el de la izqui•
erda el vltimo se le lleua ; al de mas allà, el que le pierde le gana etc... »
Aadrenio s'étonne de voir tous ces gens vivre éternellement et son guide lui
répond: « No muereo, que ya lo estàu. » Critic611, llI, 6, p. 151-153.
1. &lt;&lt; Pero v~mos, dit le Sesutlo, que oy os he de conducir a las mismas oficinas dor:de se forjao y se Jabran los buenos juiiios, los valientes entendimientos, a las escuelas de ser persooas. » Cnïic611, III, 6, p. 157-158 .
cc Entraron yà en la plaça mayor del vniuerso, pero nada capaz, lleru de
gentes, pero sin persona, a dicho de vn sabio que cou la antorcba en la mano
al medio dia iba buscando vu hombre que lo fuesse, y no auia podido haJlar
vno entera. &gt;&gt; Critiafa, 11, 5, p. 1 IO.
2. Lorsque les aspirants au bonheur arrivent devant la fortune « suplico el .
primero le hiziesse dh:;hoso cotre personas, que le diesse cabid:1 con los varooes
sabios, y prudentes : miraroase vnos a otros los curiales y dixeron : &lt;&lt; Este se

571

/ alÇarà con el mu~do. &gt;&gt; M~s la Fortuoa con semblante mesurado, y aun triste,
1~ ~torgo la gracia preteod1da : « . . . Sabed que fue un necio; no supo lo que
ptdio; nada vaJdrâ en el mundo. » Criliccfa, Il, 5, p. 109-no.
r. u O vida no auias de començar ; pero ya que començaste, no auias de
acabar!.. . Madrastra se n::.ostrô la Naturaleza con el hombre, pues lo que le
quito de conocirniento al nacer, le restituye al morir. » Critic61i, I, t, p. 2 •
« Aduierte Aadrenio que ya estamos entre enemigos : ya es tiempo de abrir
l~s ojos, ya es menester viuir alerta : procura de ir con cautela en el ver, en el
01r, y mucho mas en el hablar ; oye a todos y de ninguao te fies ; tendrâs à
todos por amigos, pero guardartehas de todos, como de enemigos ... Si los
hombres no son fieras, es porque son mas fieras, que de su crueldad aprendieron muchas vezes cllas.)&gt; Critk611, 1, 4, p. 52-53.
« Quienno te conoœ, ô viuir, te estime; pero vn desengafiado tomàra antes
auer sido trasladado de la cuoa a la vrna, del talamo al tumulo. » Critico11, I,
5, p. 73.
2. Voir chapitre XII.
REVUE IIISPAN!Qllf:. D.

l7

�57 2

ADOLPHE COSTER

pas, comme le fait Gracian, la conception chrétienne d'une autre
vie, ou le complément païen de l'immortalité dans la mémoire
, des hommes. C'est là ce qui empêche le Criticôn d'être une leçon
de décourat&gt;o-ement, ce qui en fait au contraire une lecon
. d'éneraie
t&gt; '
de persévérance et de vertu.
Mais dégager cette philosophie, c'est peut-être trop demander
au Critiain. Ce livre, comme tout roman à tiroirs, n'est pas fait
pour être lu d'un bout à l'autre : il faut en prendre une crisis
séparée, et sans se soucier d'en tirer une conclusion, se laisser
aller au plaisir de voir mettre à nu le cœur humain et les secrets
mobiles des actions des hommes, s'égayer sans méchanceté au
spectacle de leurs travers et tâcher de ne laisser échapper aucun
de ces traits d'esprit que Gracian sème à chaque lign·e, un peu au
hasard, sans autre prétention que de provoquer le rire par les
rapprochements les plus inattendus d'idées, de mots ou de syl•
labes, savourer enfin la façon dont il jongle avec le vocabulaire,
dont il forge des néologismes, dont il allonge ses énumérations,
e;Jll!Üm&gt;-l?elle celle de Ra~, avec cette différence que chez
lui, la pensée ne se dissimule pas, mais se montre avec une
parfaite ingénuité. Ce plaisir out lifleraue n'empêchera pas le
lecteur sérieux, après avoir goûté le pittoresque des descriptions
ou des portraits, le savoureux comique des dialogues et la fécondité des inventions, d'en tirer quelques sujets de méditation profitable.
·
En somme le Critic6n est un chef-d'œuvre, d'un genre un peu
spécial, dont 1a gloire restera forcément limitée à la patrie de
Gracian, car il est intraduisible, mais qui mérite une place d'honneur dans l'histoire de la prose espagnole du xvn• siècle.

BALTASI\R GRA.Cl4N

573

CHAPITRE XIV

L'Arte de Ingmio. -

Conceptisme et Cultisme. - Euphuisme. - Préciosité. - Marinisme. - Origines du Conceptisme et du Cultisme eu
Espagne.

C'est, il faut ravouer, à son Arte de lngenio, ou plus exactement à la refonte qu'il publia de cet ouvrage sous le titre de Agude{a y Arte de lngenio en 1648, que Gracian doit la plus grande,
sinon la meilleure part de sa réputation actuelle : théoricien du
conceptisme pour les uns, du cultisme pour les autres, telle est
la fâcheuse étiquette sous laquelle il est généralement classé. En
' vain sou Orâculo, traduit et réimprimé à maintes reprises, a-t-il
été le livre de chevet de Schopenhauer; en vain dans son Critic6tz a-t-il semé à profusion les trouvailles de mots les plus
piquantes, les observatioru les plus fines, l'esprit le plus étourdissant ; en vain la fortune de son Comulgatorio se prolonge-t-elle
encore de nos jours, la critique ne voit et, longtemps encore
sans doute, ne voudra voir en lui que l'initiateur, le maître du
mauvais goût. C'est cr~llement expi.:EJ!-ne.Ja~_de jeunesse, et
l'auteur qui, dans la préfacë de son Critic6n, en 1651, jetant un
regard en arrière sur les œuvres qu'il avait déjà publiées, quali\
fiait son Arte de « plus subtil qu'utile' » eût été fort marri de
prévoir que c'était là précisément l'ouvr:\ge destiné à faire vivre
son nom.
Avant d'examiner la valeur de ce jugement défavorable, il est
nécessaire de rappeler les circonstances dans lesquelles fut conçu
et publié l'Arte, de définir le conceptisme et le cultisme, et de
rechercher les causes de leur développement en Espagne.
Des mots amceptisrne et conceptiste, cultisme et cultiste, les deux
1. &lt;&lt; ••• Por mas que el rigido Gracian lo ceosure, juguete de la traça eo su
mas sutil, que prouechosa Arte de Ingeuio. ,, Criticôn, I, Al que leycre.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

premiers seuls sont empruntés à l'espagnol (conceptismo et conceptista) ; les deux. autres sont de simples formations analogiques
qui ne sauraient s'autoriser des mots c11lleranis1110 et culto par
lesquels les Espagnols désignent les mêmes idées. Je les conserverai cependant, car ils sont généralement admis. Aucun de ces
quatre mots ne se trouve cependant jusqu'à présent dans le dictionnaire de l'Académie française.
Certains genres littéraires finissent par s'épuiser : l'histoire, le
roman, le drame se renouvellent toujours sinon dans leur fonds,
du moins dans leur décor ; mais la morale ou le lyrisme ont
vite fait d'exprimer sous une forme définiùve les idées abstraites,
peu nombreuses d'ailleurs, qui leur servent de matière. Heureux. les écrivains qui, arrivés les premiers, ont pu moissonner
ces terres sans maîtres ! Ils ne laissent à leurs successeurs que de
rares épis à glaner.
Gracia.a, Pascal, La Bruyère, Schopenhauer, ont entendu tour
à tour retentir dans leur mémoire 1a parole de Salomon, consolante au point de vue moral, désolante au point dt: vue litté·
raire: 11 Rien de nouveau sous le soleil ' ». u Horace ou Despréaux l'on dit avant vous, objecte+on à La Bruyère. Je le crois
sur votre parole, répond-il, mais je l'ai dit comme mien&gt;&gt;. Faible
satisfaction pour un public qui réclame du nouveau.

C'est alors que les écrivains s'ingénient pour sortir de la banalité. Les uns cherchent dans la subtilité de la pensée un regain
de nouveauté: les paradoxes les plus surprenants, les problèmes
moraux les plus rares, les nuances les plus imperceptibles du sentiment, font l'unique objet de leur anxieuse recherche. Mais
cette ressource n'est accessible qu'à des esprits vraiment exceptionnels, qui auraient d'ailleurs cédé à ce goôt de la difficulté
quelle que fût l'époque à laquelle ils auraient vécu. Et, en
somme, ces abstracteurs de quintessence, malgré toue leur
mérite, resteront toujours pour le commun des hommes un
objet d'étonnement, parfois de répulsion, jamais d'admiration '.
D'autres, moins doués, essaient de masquer, par la richesse de
la forme, l'indigence de leur pensée : les tropes extraordinaires,
les métaphores les plus étranges, les rapprochements les plus
inattendus, qu'ils soient fondés eu raison, ou qu'ils reposent sur
de simples jeux de mots, leur sont des moyens familiers de piquer
la curiosité, où de réveiller l'attention : ce sont proprement
ceux-là que l'on dénomme co11ceptistes:
D'autres enfin, tout en adoptant la méthode des conceptistes,
cherchent en outre, dans l'étalage d'une érndition pédantesque,
un nouveau moyen de succès: l'emploi des archaïsmes les plus
oubliés, des néologismes les plus audacieux par lesquels ils prétendent donner l'illusion d'idées nouvelles, les constructions les

574

r. « Nihil sub sole novum, nec ,•;ùet quisquam dicerc : Ecce hoc reccns est:
jam enim praeccssit in sacculis qune fuerunt ante nos. " (Ecclesiastes, '.o).
u Todo esrà ya en su pm1to, y el ser persona en el mayor : mas se requ1ere
, oy para vn sabio, que antiguamemc para sicte, etc ... n (Ordculo, 1). « Qµ'on
ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau; la disposition des matières est
nouvelle, etc ... ij (Pascal, VII, 9, éd. Havct). « Tout est dit : et l'on viè.Dt
trop tard depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes, et qui pensent.
Sur cc qui concerne lt.:s mœurs le plus beau et le meilleur est en1c"è : 1100 ne
fait que glaner après les anciens et les habiles d'entre les modernes. » _(La
Bruyère, I, 1). « lm Allgememcn freilicb. habe~ ~ic Wei.se~ aller ~e1tc~1
immer das Sclbc gesagt, und die Thoren, d. h. die uuermt$zl1che Ma1orltat
aller Zeiten haben immer das Sclbe, niimlich das Gegentheil, gethan. •• (Schopenhauer, Apl10risme11, Eitileihmg. Ed. Grisebach).

1.

575

a L'extrême esprit est accusé de folh_., comme l'extrême défaut. Rien

n'est bon que la médiocrité. C'est la pluralité qui a établi cela, et qui mord
quiconque s'en échappe• par quelque bout que ce soit. Je ne m'y obstinerai pas,
je consens bien qu'on m'y mette, et me refuse d'être au bas bour, non pas
parce qu ..tl est bas, nuis parce qu'il est bout; c:ar je refuserais de même qu'on
me mit au haut. C'est sortir de l'bumanitt'.! que de sortir ùtl milieu : la
grandeur de l'âme humaine consiste à savoir s'y tenir ; er tant S'en faut que
sa grarufour soit :\ en sortir, qu'elle est à n'en point sortir. » (Pascal, VI, 14).
Ccnc doctrine du juste milieu Clit celle de Gradin, voir Criticort, I, 5. - Les
casuites espagnols, que des esprits 1i.aifs considèrent comme des destructcu rs
\"O)ontaire:; de ln morale, ont simplement cédé a ce goût de la nouveauté cr
Ji: la subtilité que nous \"llnons de signaler.

1

\

�ADOLPHE COSTER

plus contraires au génie de la langue, parfois même empruntées
à des idiomes étrangers, sont leurs procédés essentiels pour
réveiller le palais blasé de leurs lecteurs. A ces derniers est réservé
le nom de cultistes.
Le succès~mpense généralement de pareils efforts; non pas
ce succès définitif et incontesté qui traduit la communion de la
masse de la nation avec l'écrivain resté à sa portée: celui des
écrivains raffinés est d'une tout autre nature : il repose sur ce
plaisir inconscient, ou· inavoué, que l'on éprouve à se croire, ou à
se faite passer pour supérieur à la foule. En proposant des
énigmes à ses lecteurs, on est bien sûr d'en charmer quelquesuns, qui croiront pouvoir les déchiffrer, et d'obtenir l'applaudissement d'un plus grand nombre, qui, n'y comprenant rien,
auront la faiblesse de n'en point convenir. « Allons, dit le charlatan du Critù:on, en montrant aux badauds un âne qu'il affirme
être un aigle, ayez la bonté de vous retirer si vous n'êtes pas des·
aigles d'intelligence ... Mais quoi? Personne ne s'en va ? Personne ne bouge ? &gt;&gt; Et en effet personne ne bouge, dans la
crainte de paraître moins intelligent que son voisin, et les sages
eux-mêmes, tout assurés qu'ils soient de se trouver en présence
d'un âne et non d'un aigle, n'osent souffler mot'·
Mais, loin de dominer et de guider leur public, de pareils
écrivains sont au contraire esclaves du leur : bientôt entraînés à
amplifier leurs détestables procédés, ils ne tardent guère à tomber dans de monstrueux excès.
Le germe de ces maladies littéraires existe toujours ; tantôt
elles se développent à l'état sporadique, attaquant des indi'7idus
isolés ou une partie seulement du domaine littéraire, selon le
degré de santé intellectuelle d'une époque, où le bon sens de la
{

r. « Ea (dezia cl Charlatan) tomense la honra los que no fueren Aguilas
en cl cmcndcr, que no tienen que ateudcr. Que es esto? ninguno se vil? nadiè
se mueuc? » El caso fue que ninguno se dio por entcndido, de desentendido,
antes todos por muy entendedores, tcYdos n'lostrru:on estimarse mucho, y conccbir altamente de si. » Criticon, III, 4, p. 10,.

"'

BALTASAR GRACIA..'l"

577

masse trouve assez de force pour côtoyer ces excès sans y tomber: c'est ce qui est arrivé en Grèce au temps de l'alexandrinisme, à Rome sous l'empire, en Italie au xvme siècle, avec les
disciples de Marini, en France à l'époque des Précieuses ; tantôt,
ce qui ne se produit qu'aux époques de lassitude -intellectuelle et
de décadence morale, elles se manifestent sous la forme épidémique et peuvent contaminer intégralement la production littéraire d'un pays: ce fut le phénomène qui se produisit en Espagne
au xvne siècle, et qui valut à ce pays la fâcheuse gloire de personnifier ces manifestations pathologiques:
Il ne sera pas hors de prnpos de dire ici quelques mots du rap) prochement que l'on établit généralement entre le conceptism$
et l' euphuiwie anglais qui marque la fin du xv1• siècle, et qui
doit son nom aux deux fameux ouvrages de John Lyly : Euphues.
The Anatornyof wit (1578); et Euplmes anà bisEngland (1580).
Ce rapport est complètement inexact. On est aujourd'hui à
même
caractéri er ffës nettement quels furent les procédés de
Lyly~ dont son dernier éditeur dit avec raison « qu'il fut le premier Anglais qui donnât à ses compatriotes l'idée d'une prose
savante' ». Lyly subordonne délibérément la matière à la forme
et recourt pour cela aux moyens suiv;i.nts: le parallélisme ou l'antithèse, aussi bien entre les mots qu'entre les membres de phrases
et les idées, d-üt-il parfois obtenir ce parallélisme au détriment
du sens; les interrogations rhétoriques; les répétitions; l'allitération simple ou transversale; la consonance de syllabes ou de
mots ; la paronomase; la rime ; les jeux de mots.
Le plus caractéristique de ces procédés, l'allitération transver- \
sale (b cd - b c d) dont Lyly fait un usage systématique 2 , est

ae

r. T/,e complete works of Jolm Lyly ... by R. Warwick .Bond M. A. (Oxford,
MDCCCCil), t. I, p. vr : 1, These volumes deal in the first place with the
earliest Euglish writer witb an acute sense of fonn, or if Pcttie his modcl must
\ be excepted at least with the first who made Englishmen fcel that prose was
anan. »
2 . Voir aussi ]olm Lyly and E11phuis111 by Clarence Griffin Child (r894).
Child compte dans Euphues 241 allitérations trans\'ersales et 112 dans Eupbues

�ADOLPHE COSTER

l inconnu

des conceptistes et des cultistes espagnols; quant au..,
autres, il est bien vrai qu'il les ont employés, mais ils n'en ont
pas fait comme Lyly le fond même de leur art. L'obscurité,
l'étrangeté de la pensée sont, comme nous le verrons, deux éléments essentiels du conceptisme : rien de plus simple que les
pensées de Lyly qui se distingue aussi des cubistes par la pureté
de sa langue, l'absence de néologismes et de latinismes ' . En
somme, qu'il ait puisé les éléments de son a11 dans la traduction
de Guevara, qu'avait donnée North en 1557, ou dans le Petite
Pallace de Pettie ( I 576), il ne faisait que transporter dans sa
langue maternelle les procédés harmoniques des rhéteurs latins,
dont il avait pu d'ailleurs _prendre connaissance directement lorsqu'il étudiait à Oxford 2 •
and bis E11glat1d (Op. cil., p. 62). Exemple d'allitération transversale: Although
hetherto, Euphues, I have shrined thee in my heur fort a trnstie ftieude, I
will shunue thee heerafter as a troth.les foe. (Bo11d, I, p. 233).

1. « Finally, we find his English comparatively pure. Considering the la.rge
infusion of foreign terms, the free coinage of Latinisms which the .language
was undergoing at this pericd, Lyly deserves the praise of conservatism. He
hasplaccd to his credit the aclmowledgement that " English men desire to
heare finer spcach then the language will allow », p. 8r, L 17; and while
himself striving to gratify tbis taste for fineness, does so v.ithout debasing the
currency. It is remarkable how few of his words have passed out of use, how
. much more modern his diction seems than that of most of his contemporaries.
The explauation is, no doubt, panly that suggested by Mr. Child, that works
so famous a-s Eupmus, Arcadw, and the Bible exercise a very important
influence on the destiny of the words which tbey contain. A very few Latinisms not confined to bim, bave passed out of use. » (Bond, op. etl., I,

p. 128).
-2. Tbe Diall of Princes, C&lt;&gt;mpiled by tbe reueremle father i11 God, Don
A11t/Jo11y of G11euara, Bysshop of Guadix. Preacher a11d Cronicler &lt;&gt;f Charles lbe
fyft Emperour of Rome. E11glyssbed oule of tbe Frenelle, by Thomas North, seamde
sonne of t1.•e Lorde North. Rygbt ,iawary and pleas1w11t, to all ge11tylm~11 ami
others wbiche are louers of·11ert11e. A11n&lt;&gt; 1557. Imprinted at L"11dc,11 by [o!,11 TVaylande. Cum priuiltgio, ad impri111elld11m solum per septennlutn. - Le livre d'Antonio de Guevara, le Refoj ,le Prfocipes, a\'ait paru à Valladolid en 1529 et avait
été traduit en français par Rcn~ Berthaut sous le titre de l'Horlo~e des Princes,

BALTASAR GRACIAN

579

On rapproche aussi d'ordinaire du con$filisme ce qu'on a
no. mmé la préciosité en France. Cela est admissible si l'on n ·en- \
tend parler que de la préciosité ridicule dont les romans de des
Escuteaux er de Nervèze passent pour les modèles les plus achevés: l'abus des métaphores, l'emploi des périphrases inutiles, les
rapprochent en effet des conœptisres. Lorsque du Souhait écrit:
« Mellonimphevoile sa flamme d'un crespe de discretion &gt;&gt; (1599),
ou que l'auteur du Breviaire des Amoureux (1604) dit: « Je trouvay ce propos fort tneur pour un homme verd, mais extremement corrosif à mon goust et difficile à ma digestion ' » ils parlent
comme aurait pu faire Alonso de Ledesma. Mais on ne saurait
oublier que cette ridicule afféterî"e est restée localisée dans le
roman sentimental, et même dans cenaines parties seulement de
ce genre littéraire, tan.dis qu'à c;ôté de ces maladroits écrivains,
d'autres précieux contribuaient à épurer la langue, et affiner les
esprits; leurs excès ont duré quelques années, et ont provoqué
une réaction qui n'a pas attendu Malherbe pour commencer. A
cette mode éphémère et partielle, comment comparer le triomphe
en 153 1. - L'ouvrage de Pettie est intitulé : A Petite Pallau of Pettie bis pleamre : C&lt;&gt;nlaining- many pretie Hist&lt;&gt;riés, by 1Ji,m set Joorth fo wmiiy cofours, and
111ost delygbifu1ly disC01med (s. d.). - On y trouve exactement les mêmes procédés techniques que chez Lyly, quoique moins systématiquement appliqués;
par e,:emplc l'allitfration transversale : cc Though you for gayne jleé no fù.thynesse, tbat I for glory folowe no faythfulnesse. » (Bond, p. 13).
, . ]'emprunte ces citatiollS à l'étude de G. Reynier sur le Ro111a11 si.mlimmtal
trvant l'Astrée (1908); ch. xm, Le StJla prideux, p. 331 &amp; 333. M. Reynier
n'attribue aucune influence sur le développement du style précieux a Antonio
Pérez dont il ne parle pas. Cependant Pérez arrivé en France en I 59r, et bien
reçu par Henri IV, puis envoye en Angleterre pendant trois ans, semble avoir
pu y contribuer, par ses lettres latines en particulier, qui donnent des exemples
de subtilité remarquables. Elles ne furent, il est vrai, publiées qu'en 1631.
Mais il n'est pas douteux qu'elles couraient manuscrites et qu'on se les disputait comme, plus tard, celles de Madame de Sévigné, aussitht qu'elles étaient
parvenues à leur destinataire. Pérez dit lui-méme 1 qu'un de ses secrétaires
était assez peu délicat pour en fournir des copies à des tiers. (Voir M. de
Genève, 1631, lettre LXXXI, p. 892.)

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

général et définitif du mauvais goût en Espagne au XVIIe siècle?
On en peut dire autant du Marinisme qui s'épanouit également au début du siècle, mais rencontra toujours une vive opposition dans une partie des écrivains italiens, et qui d'ailleurs
n'offre que les caractéristiques du conceptisme et non du cul\ tisme : personnellement Marino respecta toujours la langue. Il
semble en outre bien établi que Marino, le protagoniste des concelfi en Italie, bien qu'il ait été contemporain de G6ngora, n'a pu
exercer sur ce dernier aucune influence '.
On ne saurait donc chercher dans les littératures étrangères
l'élément qui fü cristalliser en Espagne des dispositions et des
tendances universelles encore amorphes. Mais il reste à se demander quelles causes internes ont fait que l'Espagne s'est montrée
sans rivale dans cette lutte de mauvais go-Ot.
- L'élément musical jouait un rôle si considérable dans les
langues anciennes que la prose et la poésie, pour y prendre toute
leur valeur, devaient être lues à haute voix. L'éloquence des
anciens parlait donc aux sens autant qu'à l'esprit, et ce fut en
partant de ce principe que les sophistes fondèrent les procédés de
la prose savante qui se sont perpétués jusque dans les temps
modernes•.
L'habitude qu,avaient les anciens de lire à haute voix, même
lorsqu'ils étaient seuls, est une preuve de l'importance prépondérante de cet élément musical. Elle nous est révélée par un passage des Confessions de saint Augustin où ce Père témoigne de
la surprise qu'il éprouva un jour à trouver saint Ambroise en
train de liœ sans parler : il en est si étonné qu'il cherche à en

donner une explication 1 • Qu'on ajoute à cette harmonie intrinsèque des phrases l'action expressive de l'orateur et le caractère
de mélopée• que revêtait son, d~bit,. on compre~dra_ q:1e l'a;·
tion physique de l'éloquence fût s1 ~mssante sur I aud1~oue qu _11
en oubliât parfois les idées pour se ~a1sser absorber par 1h,armorue
\ des mots. Le même saint Augustin avoue que, lorsqu avant sa
conversion il écoutait saint Ambroise, il éta-it suspendu à ses
lèvres, mais qu'indifférent au sujet traité, il s'abandonnait tout
entier a11 charme de l'expression i. Ainsi s'explique qne l'on allât
écouter avec la même curiosité et Je mème scepticisme saint Paul
annoncant le christianisme, ou plus tard Lucien faisant l'éloge
de la ~outre_, et qu'on se précipitât aux lectures publiques.
Pm~r satisfaire à ces exigences, les sophistes avaient adopté des
procédés en quelque sorte mécaniques, qui se réduisent ess_entiellement à trois: l'emploi des figures ou tropes, du colons poétique et d'une prose rythmée. Les principaux tropes étaient
l'antithèse, àv,Weu, le parallélisme, -:c&amp;piaGt, la consonance,
otJ,~1o·dÀEuta, et la paronoroase ou jeu de mots, foov, ou r.o:povo-

l

1el

1. C'est ce qu'a bien montré M. L.-P. Thomas dans son étude sur G,fogora
le G&lt;mgorisme dans leurs rapports aver, le Marinisme (1911).
2. L'histoire de la prose savante a été faite avec exactitude pour l'antiquité,
moins heureusement pour les temps modernes, par Eduard Norden : Die
A11tike Kmistprosa vom Vl Jahrhzmdert V. Chr. lm in die Zeit der Re11aissance,
1898.

p.rxa(o:.

.

La paronomase devait naturellement donner naissance au
Voir Norden, op. cit., I, p. 5; le passage de saint Augustiu se trouve
dans les Conjessio,is, VI, 3.
2 . C. Gracchus, lorsqu'il parlait en public, se faisait donner le tou par uu
joueur de flûte dissimulé derrière lui. Voir Norden, ibid., V· 57· . .
.
3. « Studiose audiebrun di$putantem in populo, tum rhetor, non 10tent10ne
qua debui, sed quasi exploraos eius facundiam, utrum con~en!ret famae suae
.1n maior minorve proflueret quam praedicabatur, et vcrb1s ems suspendebar
intemus rerum autem incuriosus et contemptor astabam et delectabar suavitate ser~o1tls. » Norden cite encore (I, p. 5-6) un passage où Michel Psellos
déclare qu'en lisant les Sermons de saint Grégoire de Nazianze il était ravi par
l'expression au point de ne plus faire atte~tion au" sens, er_ (II~ p. ~68~ ce
jugement poné par Psellos sur le même Pere : « war.,p r:?o, À11p4 v &lt;XfitJ-oa«ç
• 0p.éji rccxv,a
• r:ffHAcxp.,avEt
' I':' 1 ou• t~•~ o:T.o
• ) '"t ,r
o:e;:,;; ,ix rcot~p.'1,cx (ses sermons) pu
,aa ':' ~,
1.

r:oÀ)..o!

1'1.Î'I pl\,6?WV

È:(p~o-4'/to, &amp;nà. tf:i aw&lt;ppovsatGLt&lt;f o.lo½

ir:~~t! 't0v ).6yov IXYri1t:iuatv~ !XÀ1?t Oi~r.ot~(ÀÀ~t tà.~ ~o:-r2.À:1j;u;. »

.t,

fLOVOEtÔ'Îj

J

�ADOLPHE COSTER

calembour, et le parallélisme amenait à faire des membres de
phras s courts. Le coloris poétique, obtenu par l'emploi de l'hyperbac~,
la, métaphore, de la comparaison, des mots archaïques,
condu1s:m à I étrangeté, :\ l'obscurité, à la puériüté ou à l'enflure.
Quant au rythme, quoique distinct de la métrique, il rendait
fatalement à confondre la prose avec les vers.
;1'71s furent .les procédés stylistiques qui s'imposèrent à J'antiqu1te t~ut ent1~re, et qui, créés pour la prose, agirent même sur
la .poésie. Mamés par des hommes de goût, ils pouvaient prod~ir~ d:s œuvrcs d'un art exquis et seduisant; carre les mains
d écrivains médiocres ils devaient conduire aux pires excès.
No~ons, en passant, que quelques-uns des représentants les plus
typt~ues et l~s plus illustres Je cette école, les deux Sénèq ues,
Lucain, Marnai étaient Espagnol et ne cessèrent jamais d'être
populaires en Espagne.
Plus tard les Chrétiens, nourris 11 l'école des rhéteurs, adoptèrent les ~êmes pro~édés; d'ailleurs quelques-uns d'entre eux,
comme samr Ambroise ou saint Augustin, avaient été rhéteurs
eux-mêmes. ainr Jérôme, pénétré de cet enseionemenr bien
q~'il dénonce l'enflure et l'affectation de ses coo~emporains se
laisse aller à écrire des phrases, comme celle-ci, que n'aurait 'pas
désavouée le plus pur conceptisre :

?e

Nihil illius scueritate iacundius, nihil iucundfoue seuerius nihil'
•
• •
·1 · • • •
.
,
su:iuitate
tnsuus, ru 111 tnstma suau1us. ita paUor in facie est, ut cum continentiam indicet, n?~ r1.-Jo_leat ostentationcm. sc:nuo silen.s et silentium Loquens, neglc.:t.1
mund1t1cs et m cuita veste cultus ipse sine cuJtu •.

. Cce ~ernier trait aurait obtenu un vif succès en Espagne au
xvu s1ecle. Fénelon, sans oser se montrer sévère, constate que
5.1.int Ambroise suit quelquefois l:i mode de son rem.,, Il donne ::i son discours lt:S o_rne~ens qu'on csrimoit :tlors. Peut-être même que ces grands
homm~ qui avaient des vûl!s plus hautes que les rtlgles communes de l'Eoqul!llcc se c~nfonnoient au goût du rems, pour faire ècoutcr avec plaisir la
parole de Dieu, et pour insinuer les vcritcz de la Religion•.
1.

2.

Cité parNorde.n, op.cit.,II,p. 651.
Dial11[[11essu, fÈloquma, 1718, p. 224, C.

BALTASAR GRACIAN

Gracian, qui désormais nous servira de gujde dans cette revue
des grands conceptistes, va nous fournir un exemple de ce P re :
il s'agit du martyre de sainte Agnès:
« Fuitnc in îllo corpusculo vulnc.ri lo.:us? et quac non habuit quo fcrrum
rccipcrct, lubuit quo fcrrum vinceret. ondum idona pocnac et iam 1n.1tura
\Ïctoriae ; ccrtari difficilis, focilis coronari. ,,

En· citant ce sermon, rappelé plus d'une fois dans l'Ag111:lt,a,
Graciaa loue saint .\n1broisc d'a,·oir été toujours cc conceptiste
en plus d'éloquent 1 ,,.
aine .\ugustin, élève de saint Ambroise, cède au~i à la mode
de son temps; le parallélisme de la phrase, l'honwiotéleuton, sont
,. Saint Ambroise est cit~ souvent dans l'Agud~n. « Esta ,·rgcncia de lo
con,cptuoso es igual a la prosa, y :tl ,·crso. Que fuera Agustina sin sus sutileus, y Ambrosio sin sus ponderaciom:s? ». r, p. 3. - « Scalo este (concepto) del suauissimo de lo~ Doctorcs ~ La Cordera de las Virgincs, Fue (dize
Ambr~io) su fcruor :;obr~ su c.dad : muchas mas sus virtudes, que sus :rnos;
y diria yo, que su nombre de Cordcra (que csto significa Ines) no fue nombre
de mugi!!', sino orac'üro de Manir ; jirofcc li u sacrîficio : Fuit dei,otio sup,11

~/atem; virlus supra naluram : 1•/ mibi vi.ùatur 11011 IJü111Ïttis habuisst t1or1~11 ;
st.t ora,11lum Martyris, IJ"od i1wic.1uif, quid esse/ futuru .. li II, p. 3-4. cc Carcô
san Ambrosio en el Bautisla su nacimicruo, y su mucrte, hal1b que aquel fue
por profccia, y l!Sta por la verdad : cxprimib lul!go la corrclacion, y dixo: no
sê Je qui. me admire mas, si de ~u proJigioso nacimiento, b si ùc su prodigiosa muerte? Con razon murib por la verdad, cl que 11acib por profccia.

l't, um qUOll mir.ibililtr na tus sil • u11 quod mirabilitts sil ouisu.s i NatUJ e1,i111
tsl in prophetiu; fo verilale pue111pt11s tst. » IV, p. 13. - El Gran Ambrosio,
cuyo nombre bautizb mist,.;rioso sus escritos, siempre conccptuo~ sobre eloqucnte, pero en el discurso de sama lncs apassionado, contr.1puso con grande
artificio la pequcnez de su .;uerpo, a la grandcz.i de su espiritu, la delicade1.a
\'iri:inal cou la crueldad tirana. Huuo (dizc) lugar en aquel tierno cuerpcci10
para t:intaS, y un grandes h.:ridas ? y lo que no tc1ùa Jond1: rccibir los golpl!s
dd hicrro, ruuo donde conscguir la:. coron.as . .-\un no saçoooda para la pcoa,
madura para la \'Ïtori:1: Fuit11e, etc ... » V, p. 22;
p. 81 j XLVlll,
p. 296. cc .'otcse la difercucia que ay de ,·n scrmon de S. Agustio, y del
clcgante Ambrosio, a vna cansada alegori.i de OrigcncS, y sus semejantes. »
LI, p. 311; LXII, p. 374.

)' ya

xrn,

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

ses procédés habituels ; les jeux de mots abondent chez lui. Des
exemples comme&lt;&lt; distalit securim, dedit securitatem » (72, § 2);
habens in deo sanctos amores et ideo bonos mores (78, § 3) ;
cetera onerant non honorant (85, § 5); die « habeo » sed cc ab
eo » (94, § 14); quid strepis, o munde imrnunde (105, § 6);
est enim severitas quasi saeva veritas (171, § 5) ll, justifient le
mot de Fénelon: cc Saint Augustin, n'est-ce pas l'Ecriva.in du
monde le plus accoûtumé à se joüer des paroles ' ? ,, Les métaphores les plus audacieuses se rencontrenc chez lui à chaque
ligne; par exemple: « o si possent inspicere agrum cordis sui, profecto lugerent, dum ibi non invenireot quod in os mentis mitterent (8, § 7); aurum pallorem terrae; argentum, livorem terrae; honorem temporis fumum (19, § 5) ». L'antithèse est son
domaine. Dans un sermon il oppose la perfection du Créateur à
la perversité du monde : c&lt; Malus est mundus et bonus est a quo
factus est mundus &gt;l et prenant prétexte des applaudissements
qui saluent ce début piquant, il continue : « Quomodo potero
absolvere et explicare quod dixi ? adiuvet deus. quid enim dixi?
quid laudastis ? ecce quaestio est et tamen iam laudastis : quomodo malus est mundus, si bonus est a quo factus est mundus? etc ... (serm. 96, 4) •.
Gracian, bon juge en ces matières, célèbre les subtilités de
saint Augustin. « Que serait-il sans ses pointes ? » dit le théoricien de l'Agude{a 1 ?. C'est le « roi des beaux esprits ». On
trouve en effet chez ce Père de véritables concepts. Par exemple,
opposant les dates de la naissance de saint Jean-Baptiste et
de celle du Christ, saint Augustin avait dit : « Jean naît lorsque
les jours commencent à décroitre: Jésus naît lorsque les jours
commencent à croître ; afin de figurer ce que dit ce même saint

Jean: cc Il faut qu'il croisse et que je diminue 1 ». Et plus loin,
voulant montrer que le Sauveur est venu au monde lorsque la
perversité humaine était au comble, il s'écrie :

r. Dialogues sur l'Eloquence,

1718, 219

B. Voir A. Régnier. La latinité

dans les sermons de saint Augwtin, r886.
2. Cité par Norde,,, op. cit., p. 623.
,. «

Que fuera Agustina sin sus sutilczas ? » Ag. I, p. 3.

« Ce n'est pas sans raison que, le jour ayant augmenté aujourd'hui, la
lumière a commencé à croitre, puisque c'est en ce jour que la vraie lumièré
est venue pour le geme humain. En effet le jour éternel naissant, le jour temporel a dû augmenter; les œuvres de ténèbres subissent une éclipse •. »
1. (&lt; La incomplexa (agude7.a) es vn acto solo, pero co.u pluralidad de formalidadcs, y de extremos, que tenninan el artificio, que fuodan la correlaçion,
como se muestra en esta ponderacioo de aquel gran Padre, cuyo augusto
nombre le corooa por Rey de los ingenios. Nace Juan (dize Agustino) quando
Ios d.ias comie.nçan a menguar : nace Christo, quando con.ùcnçan a crccer, para
que se cumpla lo que el mismo Iuan dixo ; el conuieue que crezca, y que yo
mengue. Nasdtur loamres Cllm dies inciperent 111inrii: tutl11s esJ ipse cum dies
i11ci~rent ,rescere; vt prae.ftg1irarelur, qMd ait idem loanms, illw11 oporte.t crescere, 111e aute,11 mi,,ui. » Agudq_a, III, p. 11-12.
2. 11 Ponderà S. Agustin el crecer del clia, al nacer del Sol de lusticia, y
dixo. Crezca el dia temporal, quaodo □ace el dia eterno : acerquesenos el Sol
material, pues el Diuino nace en la tierra : menguen los horrores de las tinieblas, al amanccer h vcrdadera luz : Nec immerito a1u;t1&gt; iam abbinc die, /Jodie 1u:x
incrnne11t11m cepit ; c1m1 humano ge111:ri fa bac vtiq11e die vent lux vmit. Die
enim aelenw nascente, augmmtum debuit dies temporalis accipere : defutio11em
stntiunt opera tenebrarum. 11 Ibid., IV, p. r7. - Saint Augusùn est encore cite
dans l'Agudez.a: rv, p. 14: « Hizo Agustina ccntro de su agudeza a aquella
Seiiora, que lo fue de la sabidurfa infinita, y dixo : « Dignôse el Verbo
Etemo de trocar el seno del Padre por el sagrado virginal vientre de su
Madre, y passo esta Seiiora de Esposa de VD pobre Carpintero, a serlo del
Arquitecta del cielo. Ex sinu PaJris in vteru.m dignatur descl't1dere Ma/ris,
quae, du11i desponsaretur f ribro, cceli nupsit Architeclo. Puso la correspondencia
pri.mero entre el seno del Padre, y el de la Vrrgeo Madre : y lue,go entre
aquellos dos extremos de vn Carpintcro al Arquitccto Criador. " V, p. 27 : il
commente le mot de saint Augustin sur saint Étienne : Qualis ibat ad amicos
qlli sicdiligebat inimiccs b, XXXI, p. 212: il ajoute quelques ornements :l son
modèle : « El vitorioso nombre de Esteuau que significa corona, lo esmaltb
Augustino de los diamantes de las piedras, que le hirieroo, y de los rubies de
la sangre que le sacaron. Lapidatus à füdaeis coronam mtruit, ta11quam suo sibi
nonfi;,e positam, S1epba11u.s e11im Gra.ece, Latine corona appellatur. Ia111 coro11e
nomen babebat, &amp; ideo palmam 111artirij suo 1t0111i1ie praeferebat. » XXXlll, p. 22 5 ;

�586

BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

Il est remarquable que lorsque, quelque vingt années après
l'apparition de l'Agudez.a, le conceptisme eut triomphé sans conteste, en Italie Emmanuele Tesauro reprenait précisément cet
exemple de saint Augustin pour donner une idée de ce qu'est un

concetto predicabile ' .
Les Pères de l'Église grecque n'avaient pas subi moins que
ceuxclêl'~latinn'eriiprêiiite de l'enseignement sophistique:
pour ne prendre que les plus grands, saint Basile et saint Grégoire de Nazianze avaient été les disciples d'Himerios, et saint Jean
Chrysostome celui de de Libanius, qui disait de lui à son lit de
mort qu'il eût été digue de lui succéder si les Chrétiens ne le
lui avaient pas volé . Mais ces modèles ne sauraient avoir qu'une
faible importance pour l'histoire du conceptisme, car ils n'étaient
réellement connus en &amp;pagne que par des traductions, dans lesquelles disparaissaient forcément 1a majorité des grâces affectées
du texte primitif, &lt;:t si les_ magnifique~ images. d'un saint Jean
/ Chrysostome pouvaient résister à cette epreuve, il n'en était pas
, de même des procédés pleinement sophistiques d'un Grégoire de
Nazianze. La preuve en est dans ce fait que Gracian n'a cite
qu'un passage de ce Père, d'après une traduction latine:

l

Vt Phoenix moriens primos revirescit ad aonos,

ln medijs ffammis post plurima lustra Tenascens,
Atque nouum veteri surgit de corpore corpus,
Haud secus egregia rcddunrur morte perennes,

XXXVI, p. 244: « Gran conccpto el de San Agustin, ponderando la turbacion de Herodes, y de toda Ieru'falen con la oueua del Rey verdadero. Que
hacl, dize, el Tribunal del juizio, si assi atierra a los malos el pescbre ? Qujd

erit Tribu11al fodicantis, quando superbos Reges cuna terreoat lnfantis? ,, LI,
p. 31 1 ; LXII, p. 374.
r. Il Cannoccbiale Aristolelico O sia., ldea Delf,trgvta et i11gmiosa ElOCt1icue
cbe serue a lutta l' Arle oraloria, lapidariii, et simbolic.1, Esamfoat,1 Co' Prùtcipii
del divi,w Aristotele dal Conte D. Emamule Tesawo Cavalier Gran Croce De'
Sa11ti Mavritio, Et IAz.aro. Quarta bnpressio11e, Accrescill/a dall' A1itore di due
mumi Traltati, cioè, De' Concetti Predicabili, Et Derli Emblemi, etc. J,i Roma,
à SJ&gt;e!e di Gu,flielnw Hal/è Libraro n~la Piaz.z.a di Pasq11i1w M.DC.LXIV.

Dam pia diuinis ardcscunt pectora flammis,
Corpore in affiicto sita vis, roburque pionllll est.
Haec quisquis bene perspiciet, cum corpore foedus
Non ferict, postquam meliori eimrserit igue'·

De saint Jean Chrysostome, il ne cite qu'une maxime paradoxale: Nemo laediltir nisi a seipso. ous ne recevons de blessures que de nous-mêmes 1 •
•
Il est curieux de constater en passant quelques analogies
frappantes entre ces prédicateurs du rv• siècle et les orateurs
conceptistes : les uns et les autres obéissaient au désir de leurs
auditeurs qui, peu curieux de dissertations théologique~ ou d:enseianements moraux, venaient à l'église chercher une d1stracnon.
Saint Jean Chrysostome s'en plaint dans une de ses homélies·:

On allait en effet, au ,ve siècle, à l'église comme à l'école du
sophiste, et, comme chez le sopbjste, on applaudissâit aux bons
endroits, sans respect pour le lieu saint. Nous en avons la pre~ve
également dans le discours précédemment cité de saint Ambroise.
Au xvne siècle, en &amp;pagne non plus, il n'y avait pas de bonne
\ fête sans sermon, et en outre sans course de taureaux : les deux
distractions étaient aussi indispensables l'une que l'autre, et l'on
applaudissait dans l'église même les tours de force du prédica1. « Vnicamente el Poeta Teologo San Gregorio Nazianzeno, omameoto
de la [glesia Cat0lica en su Poema de la virginidad, baze argumeoto de la
Fenix, à la inmortalidad de la purcza : Vt Pliœnix, etc. ~ Agud~a, Xll,

p. 73.

Agudq_a, XXIII, p. 152.
3. Cite: par Norden, op. cil., p. 551 (Flom. 3, in ep.
485 Migne).
2.

IIEVU E HTSPi\NlQ,Uli.

-».

2

ad Thcssal., c., 4, 62,

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

teur, comme on allait acclamer sur la place l'agilité des toreros.
Le Père Isla nous en donne la preuve dans son fameux roman :
lorsque Fray Gerundio va prêcher dans son pays natal de Campazas, et qu'il a terminé la salutation, dans laquelle il annonce
le sujet du sermon « 6 hay Sacramento en Campazas, 6 no hay
en la Iglesia fé ,1, l'auditoire fait d'abord entendre un murmure
d'étonnement et de plaisir, qui finît par des acclamations et des
vivats j quelques-uns même jettent au plafond leurs casquettes et
leurs chapeaux '.
L'exemple de ces écrivains entourés de la vénération uoiverselli::, considérés comme infaillibles en matière de doo-me ce
.
. 1
l:,
'
qut amenait à es regarder comme infaillibles aussi en matière
de goftt, était de narure, dans un pays aussi enthousiaste de
sa religion, à exercer une profonde influence littéraire : et,
comme les défauts sont généralement plus faciles à imiter que
les vertus, ce so~t le~ proc~dés f~cheux des sophistes, recueillis
1 par les Pères de 1É&amp;:!tse, qa1 devaient séduire tous les esprits. A
'\ cette i~fluence religieuse,. il f~u: joindre. celle qu'exercèrent !es
humanistes espagnols 9u1 st11va1ent docilement, eux au1,si,
enseignements des sophistes. C'est ainsi que Luis Vives ( 1 4 9215 40) recommandait de former un tableau synoptique des figures
d~ gramm:üre et de le pendre au mur &lt;( afin que, lorsque l'etu~1ant marcherait de long en large, les figures frapp.i.sseot ses
regards et se gravassent pour ainsi dire dans ses yeux•. »
Nous avons vu que le coloris poétique, c'est-à-dire l'emploi

1

1ës

r. « En '.11cdio de esso, no pudo cootenerse el auditorio siu prorumpir de
.:ontado, pnm~ro en un alegn: y bullicioso murmurio, muy parecido a] que
hacco las abe1as al rededor de la colmena ; despues en aclamaciones y en
v!tores descubiertos, arrojando hasta la b6veda 6 artesonado de 1a Iglcsia no
s~lo las monteras y sombreros, sino que no falta quien diga se vieroo urobien revolotear alguoos bonetes. J) Fray Gp-1mdio, IV, 4, p. 43 (édition Lidforss, 188 5).
2. " Ut deambulanti studioso occutrant figurae et quasi ingcrant se oculis.
De lradt·11dis disciplinis, I, p. 476, édit. de Bâle, 15 55.

»

des images hardies et des métaphores audacieuses, étaie ùn des
éléments constitutifs de l'art des rhéteurs. Une circonstance particulière, en plus de celles que nous avons citées, devait en favoriser le développement en Espagne. Les études bibliq:-1es furent
poussées fort loin dans cette région
1~urope où les Juifs
jouirent longtemps d'une véritable faveur; elles ne contribuèrent \
pas médiocrement à y développer legoôt de la poésie la plus
luxuriante : les images grandioses et surprenantes pour les Occidentaux, que l'oh trouve dans la Bible à toutes les lignes, devaient
torcément devenir familières à ces lecteurs assidus des livres saints.
Et d'ailleurs on ne saurait oublier dans quelle proportion la longue
cohabitation des Juifs et des Maures avec les chrétiens avait infusé
dans les veines de ces derniers du sang sémitique. Peu d'Espagnols
pouvaient se vanter légitimement de la pureté de leur race. Quel
que soit l'auteur du célèbre pamphlet attribué au cardinal Francisco de Mendoza y Bobadilla sous le titre de Tizon de la Noblez..a
Espaiwla ô Maculas y Sanb1mitos de sus linajes, le fait seul qu'il a
pu produire de telles imputations prçmve que bien rares étaient
les familles qui pouvaient fournir ces preuves de limpieza exigées
pour certaines fonctions ou certaines dignités. Et si l'on veut un
document plus probant, n'a-t-on pas ce fameux Livre Vert formé
par l'inquisition d'Aragon, objet de terreur pour tant de respectables personnages qui savaient y trouver consignée la preuve de
leur filiation étrangère? Cette situation, qui donnait à craindre, \
à tout instant, de voir la nation, formée si péniblement par les
cois catholiques, cédet à de puissantes influences ataviques et
s'orienter vers le judaïsme ou le mahométisme, explique l'appui
infatigable que le gouvernement espagnol donna toujours à l'foquisition dans la Péninsule et les rigut:urs que celle-ci déploya'. 1

ae

1. Les rois d'Espagne ne se montraient pas aussi bien disposés pour l'In- )
quisition en dehors de la Péninsule. C'est ainsi que Cristobal Suarez de Figueroa put engager contre !'Inquisition de Naples une lutte dans Laquelle il fut
soutenu par Philippe IL L'aventure d' Antonio Pérez prouve que le gouvernem~nt se servait de ce trilmnal comme d'un instrument politique .

�BALT/1.SAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

Mais un peuple :nns1 composé devait, sans bien s'en rendre
compte, éprouver à la lecture de la Bible une jouissance incon; nue des autres occidentaux. Cette influence ethnique me paraît
de nature à expliquer l'abus des métaphores que firent les conceptistes, inconscients héritiers des prophètes hébreux.
Mais les études scripturaires devaient développer un autre travers qui est le fondement même du conceptisme : la recherche
excessive de la subtilité. On ne saurait oublier en effet que, dans
'
l'Église catholique, la lecture de la Bible est envisagée à un double
point de vue : d'abord, toutes les paroles du texte sacré ont un
sens littéral et exact; d'où la nécessité de les examiner de très
près; elles ont encore un sens figuré, défini par les exégètes
appuyés sur la tradition : il en résulte que le texte biblique n'est
à ce point de vue qu'une longue métaphore, et c'est là, sans
)
doute, une des sources les plus fécondes du conceptisme espagnol.
Depuis que saint Isidore avait, au vu• siècle, écrit son opuscule intitulé Allegoriae quae.dam. Sacrae Scripturae, où il étudiait
la signification allégorique &lt;les personnages les plus importants
de l'Ancien Testament, et qu'il compléta par son Liber numerornm q11i in Sa11ctis scripturis occ1trru11t, dans lequel il déclare que
ces nombres habent quamdam scientia.e doctrinam plilrimaque mysticn. sacramenta 1, l'étude allégorique de l'l:criture sainte s'était
continuée sans interruption, passant des écrivains scripturaires
1 dans les sermons et même dans la poésie. Cette habitude d'interpréter allégoriquement les textes sacrés donna même plus
d'une fois matière à de scandaleuses facéties; eUe permit de
détourner d'une manière sacrilège le sens des paroles de l'Écriture
ou de parodier la liturgie ecclésiastique comme l'Arcbiprtlrt dt
Hita. dans son récit de l'entrée de Don Amor et Don Carnal à
Tolède. Elle explique également la naissance de l' Auto Sacra•
mental dont l'origine est lointaine a s'il n'atteignit son déve-

I

Voir Menêndez y Pelàyo, Hilt.oria dt la. ideas 6/eticas, I, 2, p. 44, n.
Le premier conDu se trouve dans un \'olume imprimé en r po, et a été
publi~ par E. Cotarclo (Rroista de Archh!()s, octobre 1902.)
1.

/.

2.

59 1

loppemenc qu'avec Lope de Vega et Calder6n : c'est une com-

J

pensation.
Les causes précédemment énumérées me semblent expliquer
le développement extraordinaire du conceptisme en Espagne.
Quant au cultisme, outre le besoin de nouveauté, on peut l'attribuer aussi à l'action des humanistes : sans remonter à Juan de
Mena, dont les tentatives d'innovation sont comparables à l'invasion du latinisme en France aux xm• et x1v• siècles, mais
n'eurent pas de suite, il est à remarquer que cette tendance
pédante était justifiée par la théorie, universellement reçue en
Espagne., que le Castillan n'est que du Latin corrompu, qu'il est
par suite légitime de remonter à sa source première, et de
reprendre les mots sous leur (orme primitive : que si le mot
manque totalement en espagnol, on est autorisé à l'emprunter à
la langue italienne, qui a gardé plus complet qu'aucune autre le
vocabulaire latin. Il est en effet remarquable que le cultiste ne
va pas chercher ses emprunts dans d'autre!&gt; langues, ce qui s'explique en partie par les rappor:ts étroits existant alors entre l'Espagne et l'Italie, dont la langue était devenue farniliêre à la plupart des Espagnols cultivés. Les humanistes avaient propagé cette
idee, et l'on voit Luis Vives en 15 JI, recommander aux langues
romanes de recourir au latin pour devenir à la fois pins pures et
plus riches '.
Si à cette croyance des savants on ajoute le désir de se singulariser par une affectation d'érudition, on trouve assez de raisons du développement du cultisme.
1. Vives dit des langues romanes « quas maxime expecfuet latino sem1oni
assuescere, tum ut eum ipsum et pt:r ipsum cum a:rtes omnes probe intelligerent, tum ut sermoncm suum patrium ex illo vclut aqua copiosius ex fonte
derivata puriorem atque opulentiorem redderél. li De traienàis disciplitiis, Mit.
de Bàle, 155&gt;, p. 463. Cite par Norden, op. cit., p. 78o.

�592

ADOLPHE COSTIIB.

CHAPITRE XV

11: Conceprisme et le Cuhisme espagnols avam Grncian.

1:

distinction théorique que nous avons établie entre le concepusme et le _cultisme e~t assez_di:ficile à mainrenfr si l'on passe
da~s le domaine des faits, et s1 J on essaie de ranger les écrivams sou; l'~ne ou l'autre de ces étiquettes. En réalité, ces deux
t!éf:iuts s unissent merveilleusemenr, et l'on glisse de l'un à
l autre toue naturellement. Le conceptiste et le cultiste cherchent
à_ se distinguer de la foule par la pensée et par le style ; Je cult1ste veut en outre se créer une langue particulière et faire
mo~tre de son érudition : le conceptiste peur être ignorant, le
c_ulttsce _Préten? être savant. li en résulte qu'il n'est pas de culnste qui ne sou conceptiste.
Le conceptisme
on l'a ,7.1, a des origines anciennes ;
on le trom·e en putSSance chez un poète comme Herrera qui
en donne déjà la théorie :
'

:omm~

''. La oscuridad, dit-il, que procede de las cosas i de la dotrina es ::ùab:ida i
tcmda
entre los que s.1bea en mucho 1 • , 1 Et ailleur .• " n,..0 eimen
· d
.
co que
mngun~ puede mcrerer la e5timacion de noble poeta, que fuesc facil a todos i
no tmucssc t:ncubierta mucha 11rudicion i conocimicnto dL casas,_ »

Il reproche à ses ennemis d'être vuloaires. Ses théories sur
l'érudi~ion, sur l'existence d'une langue ;oétique~ sur le droit au
néolog1s_me ou à l'archaïsme en font aussi bien un précurseur
des cultJstes i : seul son goût naturel l'empêcha de tomber dans
de regrettables excès.
1.

A110Jacione1 a Garcilaso, p.

2.

Rëpoasc i Prcte Jacopin, p. 86. -

taa, 1908, p. 298, oote.

3. Ibidem, p. 299.

127 •

Voir Ad. Coster, Fernando ile f/er-

BALTASAR GRACIAN

593

D'ailleurs j'ai montré que son influence fut négligeable et
qu'elle n'aurait pu s'exercer qu'au moment ou Pacbeco publia
l'édition de ses œuvres en 1619. Or Je conceptisme était déjà
né, et commençait à triompher :\ cette date. Gracian ne tient
d'ailleurs aucun compte de Herrera : il ne le cite que dans la
seconde rédaction de son Arte et sous une forme assez dédaigneuse:
" Ni rodo ha de ser jocoso, oi todo amoroso, que tamos sonetos à vn
,t5unto liuiano, mas ~cntidos que cntcndidos, en cl mismo Pc.:tr.ma, en d
mismo Herrera empalagan ,. »

Le premier adepte systématique du conceptisme fut, semble+
il, un certain Juan de Horozco, sur qui malheureusement nous
manquons totalement de renseignements~.
Graci:i.n ne le connaissait pas encore lors de la première rédaction de son Arte. Aa moment de faire paraître la deuxième, il
écrit à son ami Andrés, le ro mars 1647: 11 On dit qu'il y a un
certain Orozco, si admirable par ses équivoques, quïl a surpassé Le&lt;lesma. &gt;&gt; En fait il cite dans son Agudez..a, sans donner le nom de l'auteur, une épigramme d'Horozco mise dans la
bouche d'une menine :
1.

Ap~a, LXIII,

p. 375.

1. Nicol.as Antonio cite deu:x personnages de ce nom: l'un, Juan Horoz:co,

l'autre Juan de Horozco y CovorrU\'ias. il ne saurail s'agir du prem.ier,•doctc
professeur de droit a SJlamanque dans la première moiLié du xvi• si&amp;le. Le
second, après a\"oir ét&lt;. chanoine de Sc.!govie• et archidiacre de Cucllar devint
l'\·~uc d'.\grigente; tr.iduit à Rome à la suite de démêlés :w1:c son clergé,
puis acquitté, il obtint Je Clément Vil et de Philippe Ill de ne pas retourner
à Girgerui, et devint eu 16o5 l-vèquc de Guacli., oil il mourut trois ans plus
tard. Il e~t l'auteur d'Emblemas 111or11les, prose et vers, publiés à Ségovie en
1589 (réimprimés eu 1591 et cn 16o.1) et réédité:. à Girgcnti en 16o1 avec
unr: tr.lduction latine sous le titre de Symbcla s,u:ra ad Clt111r11/ttn VIII P. ,\I.
[) ne semble guère pouvoir être identifie avec le protagoniste du conceptisme. - a. Alonso de LeJesma dont nous p,1rlerons plus Joio é~it aussi de
Scgovic.

�594

ADOLPHE COSTER

« El galan que me quisicre,
Siemrre me regalarà,
Porque dèl se me darà.
Lo mb"mo que se me dien~ , .

BALTASAR GRACIAN

)&gt;

Dans son Templ.o de la fama, Fr. Andrés Ferrer de Valdecebro
dit _que le premier qui donna corps aux équivoques fut Horozco
mais que le p~emier ~~i leur donna l'âme fut Jer6nimo de Cancer~ V~lasco . Grac1au connut ce dernier sans doute par la
publicatton de ses œuvres en 1651, car il le cite dans la seconde
partie de son Criti~on, parue en 1653 : « Oyeron vna mui gustosa çampoiia, mas por tener Cancer la Musa que la tocaua a
cada concento se le eq uiuocaban Jas \'Ozes i. »
'
Mais avant lui se place le fameux Alonso de Ledesma (1552(
16~3) qui passe ~énéralement pour le représentant le plus caractérisé du concephsme. On reste étonné, lorsqu'on a'lu les œuvres
de ce :ersi.ficateur'. de !~approbation universelle qui accompagna
ses écrits. Un espnt séneux et cultivé comme Nicolas Antonio

I

. 1. &lt;c Deste ~enero son los equiuocos ; muy celebrado este que por mote Jo
~ixo vna mcnma de la Reyna, ea aquella vsada, i11geoiosa recreacion de Palacio. El gala,i, etc ... » Atudt{a, III, p. 9. Castro, dans la B.A.E. t. XLII,
p. LXX-LXXI donne cette épigramme, ainsi qu,une autre et un portrait, comme
étant d'H?rozco:, sans indiquer où il a puisé ces renseignements. C'est égaleme~t à lm que J emprunte le jugement de Fr. Andrés Ferrer de Valdeccbro

(Ibidem).

.

. ~- Nico'.as Antonio dit de lui : " D. Hieronymus Cancer, aetate nostra in
JOc1s canm~è pangeodis atque fundendis, reliquaque poeticae facultatis lande
pares babu1t paucos, Matriti in curia degens, praecipue ejus, qui ante 1100 multO$ ano~s placer~ ~œpit hodieque ludicra maxime in re su.mma cum volup~ate aunbus exc1plt~r,. a~quivocorum, ut appellant, vocabulorum usus: quo
10 g~nere c_um pauc,ssmus conteodere; rcliquos omoes superare visus fuit.
Mem_ca hu1us opera urbanitate et facetiis plena viderunt lucem Matciti sub
hoc ntulo: Obras -~e D: Gero11imo Ca"cer . .d.11110 J6fr, in-4. Comoedias quasda~ uoa cum alns Hieronymus actibll$ inter se, ut in morem ivit ultimi
huius temporis, distributis laudabiliter scripsit. Matriti obiit Septembri mense
MDCLV. »
3. CriticM, II, 4, p. 92.

595

fait de lui le plus grand éloge. Ses œuvres parurent en trois par•
ties sous Je titre de Co-nceptos espiritnales en r6oo, r6o6, et 1616
à Madrid. Il publia encore les Jeux de Noël ( I 6 II), le Monstre
imaginé (1615), des Epigrammes et des Hiéroglyphes (r625), et
un Epi tome de la vie du Christ en métaphores ( I 629) '.
1. Je cite d'après les éditions suivantes. Conceptos I Espiritvales I de
Alo11So de I Ldesma, 11alural dt I Segouia. 1 Dirigidos a 1iuestra Se1îora de I la
Fumaisla. 1 con licmcia y pritliletio. 1 En Madrid, Il E11 la lmprenla Real. A,îo
1609. 1 Veudere en cas1i de Pedro ile la Torre. [1-Segv11da I Parte de l lo; uinceplos I füpirituales, y Morales. J Comp,r:esta por .d.louso I de ùdmna, 11alriral de
Segoiiia. 1 Dirigida a 11011 Pedro I de Castro, C011de de Lemos, Marq11es dt I Sarria, Prtsidtnlt de lndias. 1 il.fia 1607, 1 En Barcûm1a, 1 E11 la In1Jnwta de làyme
Ce,tdrat, 1À ces/a dt Juan Simon. li ln-8° de 383 pp. - Tercera I Parte de 1
Conceptos I espiritvales. 1 Con las obras liechas I à la Beatijicacion del glorioso
Patriarca Ignacio I de Loyola, fundador de la Co111pa1iia de lems., 1 para el Colegio de la Citldad I de Segouio. 1 Dirigido a la 111is111a sagrada, y doctissi111a I Rtligicm. 1 Comp11esto por Alo11s0 de Ltdesma, 11alural de Sego1lia, 1 Atio 1612. 1 Co11
liu11cia dt/ Ordinario, ! En Ltrida, por Lnys Ma11escal 111rrcader I de Libros. \l
ln-8 de 15 4 ff. - Roma11tero I y Monstro I imaginado. 1 Compvesto., par A lomo 1
de Ltdesma. 1 Dirigido a Pedro de Tapia I del Comejo Real, y de la general, l·y
mprtma Inquisicio11. 1 Aiio 1616. 1 Con licencia del ordinario, 1 Impresso w
Lerida, jKJr Luys Ma11escal I mercadcr de libros. JI ln-8. Je n'ai pu voir les
Epigramas y Geroglifiros a la Vidn de Christo, festividadts de mmtra Se1îorn.,
Excele11â11.s de Sa11&amp;tos y gra,uiez_as de Segobia, Madrid, 1625, non plus que l'Epitome de la Vida de Christo en discursos 11retaforicos, Segobiae 1629, que signale
Nicolas Antonio qui cite pour la première partie des Co11ceptos, des éditions
de Madrid, 1600, 1625, 1629, i.o-8; de Barcelone 16o5, in-8 et 1612; r,our

la seconde, une édition de Madrid r6o6; pour la troisiéme une édition' des
Madrid, 1616. Pour les Juegos de Noc.he b11ena, il signale une édition de Barcelone 161 I et une autre de Madrid 1613, et pour le Monstro imagfoado une
édition de Madrid 1615. Voici comment il parle de Ledesma: " Poeta elegans
et argutu-s, res, praesertim sacras, Hispanis versibus brevioribus luculenter et
ingeoiose admodum pertractavit, meritus in re metrica, quod vix uni aut
alteri ex nostris contigit, Divioi cogooolentum. Metaphoricis inventionibus
genio quodam singularique fclicitate mancipavit animum ; docilis ubique, et
accinctus quo&lt;lcumque argumenturn per verba non unius significationis, quo
genere Hispanus sermo plurimum viget (Homonyma Graeci dicunt) acute ac
suaviter mirifica legentium delectatione et lubentia describere, singularem fore
idiomatis nostri gratiam affectatione ipsa frequentis perpetuaeque usurpationis,
quae fclicissime jarn et aliis ccssit, inculcans pariti!r et commendans. »

�597

ADOLPHÉ COSTER

'BALTASAR GRACIAN

f Ce gentilhomme ségovien avait été l'élève des Jésuites. En
dédiant la troisième partie de ses Conceptos à la &lt;&lt; docte et sainte
compagnie de Jésus » il rappelle, « plus par reconnaissance que

l'é ui voque de Led.esma. Puis le Chr\st fait son testament, ~ar
de~ant Jean le notaire qui est institué exécuteur resra~entaire
(ce mot sert à rappeler celui de Nouveau-!estament).; 11 l_ègue
ses biens à son Epouse l'Église, y compns les ac_quets (b1enes
gananciales), etc. Gracian cite encore avec enth?us1asme le Sonnet : « A la Co,wersùm que hiz_o el B. Padre Ignacio m la lagmia am

par vanité ', » qu'il a été instruit par elle.
Son dévouement pour la Compagnie suffisait à le recommander à ses membres : Gracian le tient en haute estime. « Les
œuvres du Divin Ledesma, dit-il, sont une éqmvoq.ue perpétuelle. Il fut admirable dans ce genre d'invention et préféra y
être le premier, que le second en d'autres 2 &gt;&gt;. Et il cite le passage suivant, début d'un romance intitulé Testament de Notre-

vn pecador deslxmesto. En Metafwa de 1.ma fragua '·
Vulcano cojo, herrero Vi.r.cayno,
si quicres ablandar vo hierro elado
de vn pecador proteruo, y obstinado,
saca tu fragua al media del camino:
Los fuelles de oracion sopla contioo,
hasta que eocie.ndas vn carbon tiznado,
que en fuego de luxuria se ha quemado,
y es para fragua qual carbon de pino.
El hierro y el carbon (que es culpa, y hombre)
trayràs con las tenazas de paciencia
a tu amorosa, y cocendida fragua :
Pide a lESVS el fuego de su nombre,
la yunque, y el m:u:tillo a su coocicncia,
y tu scràs ysopo puesto en agua.

Stigneur.
En vna cama de campo
estaua Cristo a la muerte,
que en cama de campo oace,
y en cama de campo muere.

Graciân arrête ici la citation de ces vers, qu'il trouve admirables, en ajoutant « etc... », ce qui prouve que les strophes
suivantes ne lui paraissaient pas inférieures à la première ; eu
effet la seconde ne mérite pas moins d'honneur.
Es la cama tan angosta
que reboluerse oo puede,
pues para caber en ella,
vn pie sobre cl otro tieoe ,.

Mais surtout le poème à saint Laurent le transporte. Il en
extrait ces redondillas :
Essas encendidas barras
que abrasan vuestras costillas,
para todos son parrillas
y para vos frescas parras.
Sereys sabroso bocado
para la mesa de Dios,
pues soys crudo para vos
y para todos assado ... •

Il n'est peut-être pas inutile d'expliquer que le lit de camp
sur lequel repose le Christ n'est autre que la croix, et que,
d'après une tradition respectée par les peintres et les sculpteurs,
Jésus a les pieds croisés l'un sur l'autre 4 , ce qui donne lieu à
x. " Mas a reconocimiento de dicipulo que a osteotacion de Autor. »
Son las obras del diuino Ledesma vo equiuoco cootiuuado. Fue plausible eo este genio, y quiso mas ser primera eu êl, que segundo eo ouos.
Estremado fue este : &lt;c En v,za cama de Campo, etc ... » Agude{a, XX.XIIl.
p. 223.
3. Con~ptos espiritvales, Madrid, 1609, p. 83.
4. Velazquez en peignant son grand Christ n'a pas ·respecté cette tradition.
2. «

1&lt;

1.

C'en est assez, dit Gracian, pour couronner de laurier (ici
Cm1uptos, troisième partie, Lérida, I 612., f. I 37, rect.

2, Conceptos, première partie, Madrid, 1609, P· 248-z52 •

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

nouveau jeu de mots sur làurier et Laurent) sa Muse fleurie 1 ».
Le système de Ledesmâ est fort simple : il commence par une
comparaison que lui suggère tel ou tel accident du sujet: ainsi
saint Ignace est boiteux, Vulcain l'était aussi; mais Vulcain est
forgeron, l'allégorie d'une forge est tout indiquée ; il ne s'agit
plus que de rechercher toutes les circonstances qui&gt; dans le travail du forgeron, pourront devenir des représentations allégoriques des acres de saint Ignace : le fer est dur comme le pécheur
endurci (et le mot hierro qui l'exprime fait calembour avec le
mot yerro faute) ; le pêcheur noirci par sa faute est comparé au
charbon éteint que rallumera le feu de l'amour divin ; ce feu,
c'est celui de la forge, soufflé par le saint; enfin celui-ci, à demi
plongé dans l'étang, est comparable au rameau d' hysope plongé
dans l'eau bénite. Cette dernière image jure un peu avec le reste
de l'allégorie, mais ce n'est pas celJe dont Ledesma dut être le
moins fier.
Ces métaphores constituent précisément le concept; elles sont
parfois expliquées en marge, de même que les paroles de !'Écriture sont notées en face des vers qui y font allusion. fen donnerai un exemple tiré de la seconde partie des Conceptos :
A S. Ioan Evangelista ante portam latinam '·
En Metafora de freyr peces.
Concepto.
A pescar se puso Dios
en el mar de Galilea,
y quantos peces dessea
Apostoles
los saca de dos en dos.
Vno grande fuystes vos,
Excelencias
y dixo Pedro esta vez :
del Euangelista
que se llll- de hazer deste pez
que me parece el mayor? Sic volo eum
t. « Pero entre todos el Poi:ma al Laurel de la vencedora Huesca su
dkbosa patria, basto a laurear su florida Musa. » Agiulez.a, XXXIll, pl. 223224.

2. C011ceptos, troisième partie, Urida, r612, p. f. 69, verso.

Rcspondiole el pcscador,
quierole para guardar,
y pues tanto ha de durar,
frito quedarà mejor.

599
mancrc

Martyrio.

On a peine à croire que de pareilles chansons d'aveugles aient
fait les délices d\m esprit aussi avisé que Gracian ; et cependant
le fait est là: Gracian a lu, et retenu son Ledesma, comme le
prouvent les emprunts qu'il lui a faits. C'est _peut-être Ledesma
qui lui a fait trouver le nom de son Àtzdrem?. En effet dans la
troisième partie des Conceptos se rencontrent six roman~es sur. la
DésillttSion où l'on voit un amant devenir amoureux, puis oublier
sur les conseils de l'Entendemeot et de la Raison. Dans le premier, le poète nous montre dans l'Enfer d'amour« el ena~orado
Ardenio &gt;&gt;. La formation des deux noms est analogue. Ailleurs
on voit le Deseugaîio faisant fonction d'alcade visiter l'auberge
d'Engaiio (Tromperie) et de sa femme Mentira (Mensonge).

1

Esta es la venta del mundo,
0 por dezirlo mas claro,
Cucua propria de ladroncs,
Pues viuen todos robando •.

Cette auberge du Monde rappelle l'avant-dernier chapitre du
Critic~n ~. Enfin la plus absurde des œuvres de Ledesma, ce
Monstro imaginado, composé, comme le déclare l'auteur, daus la
gaité du Carnaval, cette insipide série de calembours, dont l'iuRonumuroy Monstroi111agi1uulo, Lérida, 1616, p. 372.
Criticon, II, 10, p. 142 . Je donne comme exemple du Monstro le Prologo ,J~ Bvrlas.: « Este librillo de triperas (~oso Letor_ de artes) te ~co. a luz
1.

2.

de !internas, cuenta sus ojas de espada, mira sus cap1tulos de Prownc1a, lee
sus escritos de melon, nota sus cotas de malla, passa su tabla de manteles'. Y
aceta este don de la Cartuja. Vale ... Lo que tu quisieres. » - Je relevc
cependant cette idée poétique dans le Romancero qui précède. S'adressant à la
Mort qui a fait périr la Reine Maria de Austria il dit : (&lt; Pue paxaro q~e en el
suelo I Estimo en carcel estrecba, 1 Pero rompio vuestra flecba I Su Jau.la, Y
bolose al ciclo 11 . )&gt; ,

'f,

r

�600

ADOLPHE COSTF.R

teur lui-même a cru bon d'expliquer que ce n'était qu'une bouffonnerie, a manifestement inspiré Gracian. On y trouve par
exemple une poésie dans laquelle l'Écho répond aux questions
qu'on lui pose par une des lettres de l'alphabet. Graciao a fait
lui aussi parler Écho, il est vrai d'une façon plus spirituelle. D'ailleurs l'admiration pour Ledesma était universellè. Il avait même
des imitateurs, comme cet Alonso de Bonilla, dont Graciau n'a
pas parlé, mais à qui Lope de Vega, dans ses Approbations, ne
menage pas les éloges.
Bonilla emploie quelques-uns des procédés de iedesma, mais
montre beaucoup moins de virtuosité dans l'invention des concepts ; comn1e lui, il emploie surtout les rythmes indigènes;
il n'a même pas dédaigné de composer des chants pour les enfants
des écoles. Le sonnet suivant montre comment Bonilla se sert
des recettes conceptistes :

signifie oiseau, ne dénote pas moins d'absurde ingéniosité. Qu'on
en juge par la chansonnette suivante du même Bonilla:
Chaoçooeta.
Vn Açor que el Cielo embia
en la tierra se cebè
porque en la tierra hallè,
came de vn Aue Maria.
Si el Açor hello y ligero
con ta! aue no encontra.ra,
tan ayuno se quedara
como .se estaua primera.
Pero la hambre este dia
à la tierra le abatià,
porque en la tierra hallà
came de vn Aue Maria.
Quando el Açor es de Raça
no se mueue ni se abate,
si al val.or de su quilate
no corresponde la caça :
Mas abatiose este dia
par los quilates que vio,
en la. presa en quien balla
came de vn Aue Maria'·

A Christo desco-yiintado eu la Crnt
Sooeto.

El tirador de barra, que es prudente
Haze à la postre el tiro mas famoso ;
Y esto se vio en el braço poderoso
Quando tirè la de su amor ardiente ;
Formar à el hombre: tiro fue vàliente,
Bal(ar it repar.u:le prodigioso,
Mas no fue el decender el mas costoso,
Que al fin fue cuesta abaxo aunque excelente.
Al postrero mostro fuerça exœssiu:t,
Tirando à el hombre de .la tierra al Cielo,
Rompiendo de la muerte el yugo, y lazo.
Y como fue este tira cuesta arrlba,
Tanto à Dios le cost6 por darle buclo
que le quedo descoyuntado cl braço "·

Le Christ se déboîtant le bras en lançant la barre n'est pas
une trouvaille banale; comparer Dieu à un faucon qui se saisit
d'un Ave Maria, en jouant sur le sens du mot espagnol aiie, qui
1.

Peregrinos pe11samimtos, fol.

2

verso.

601

BALTASAR GRACTA}î

Ce déplorable jeu de mots sur Ave Maria sera repris, quelques
années plus tard, dans un de ses panégyriques, par le fameux
Hortensia Paravicino, ce qui prouve que les traits d'esprit de
Booilla ne paraissaient pas ridicules 2 •
•
Ibidem, fol. 1o, verso.
2. J'ai vu de Bonilla les ouvrages suivants: Peregrinos I Pensa111ùn I tos, de
Mysterios Di l uiiws, e,1 varies Venos, y GI-Osas I diji&amp;ultosas. 1 Ccnnpvèstos (!&lt;&gt;r
Alonso I de Bot1illa, 1ial11ral de la Ci1fdad I de B,uça. 1 Dirigi'dos a la Perso 1 'lla
de lesu Chdsto Redenwr, 1 Dios ,westro. 1 Coll Previlegio. 1 Impresso m Baeça,
{!Or Pedro de la Cuesta I tsle. presmle Atio, 1 1614 li , Approbation de Juan de
Dicastillo du Collège des Jésuites de Madrid, 5 septembre 1612. - Privilège
du Roi, Aranjuez, 4 mai, 1613. -Io-8, de m
227
XT ff. - H,1evo Jardin I De Flores Di I vi11as, e11 qve se balla I rd variedad ile pensa111ie11tos I pertgd1.

+

+

\

�602

ADQLl'}IE COSTER

Ledesma, ainsi d'ailleurs que Bonilla, n'était pas tombé dans
les excès des cultistes : il était toujours resté respectueux de la
langue ; mais au point de vue conceptiste son action fut considérable et néfaste.
En présentant au lecteur la première partje des Conceptos Espiritvales~ Fr. Juan de Arenas, prieur des Augustins de Ségovie,
recommandait aux prédicateurs de chercher des sujets de sermons dans les poésies de Ledesma 1 •
Cette invitation ne devait être que trop écoutée. L'un des sernos, l Compvesto por Alonso I de Bonilla, vez.ino de la Ciudad I de Baeça. A Don
Ped1'0 Ferna11dez. 1de Castro, Conde de Lemos, Andrade, y Villalua, 1 Marques
de Sarria; del C,msejo de Estado1 1 Presidet1tede ltalia, 6-c. 1 A,io (Bert) 1617. 1
Co11 Priviletio: 1 En BQlÇ/1, por Peyiro de la Cuesta, li Petit in-8 dt vm +
431 + v If. - Approbation de Lope de Vega Carpio, Madrid, 6 novembre
1616. -Tassa du r8 juillet 1617. - Prologue-Dans les Advertencias qui
suivent, Bonilla dit : « Repare el Lector en vu Romance que està à 140. fojas,
( que en componerlo, y consultarlo, gastè vn aiio de tiempo ; tiene ciento y
treze copias. (Ce romance traite de la façon la plus abstraite de la Trinité.)

Nombres I Y Atribvtos I de la impecable I Se1io,-a Nuestra. E11 Oclauas, 1Crut
otra.s rimas a diuersos Asswnptos, y Gl1mas dificiles. 1 Por A/011s0 de Bo11illa. 1
Dirigido I Al Exalentissimo Setior Don Gaspar de Gvzman,C011de de Olfaares. 1
AtTo (Ecu) 1624. 1 Co11 Privilegio. l lt11presso en B~.ça, por Pedro de la C11ts/a, II
A la p. 203, cet ouvrage prend fin; puis vient un autre recueil avec un Avis
au Lectmr et le titre : Sig'11tt1Se Algvnas obras q11e ti-ala11 de la Inmacolada Concepcion de /11 sie111pre Virgm Maria, Madre de Dios Hombre, y Reyna de Cielos, y
lierra, avec une pagination spéci:ùe. L'exemplaire de la B.N.M. finit au feuillet 128, mais il manque des pages. - Lope de Vega a signé l'Appro!:&gt;atioo et,
en plus, écrit un Prowgo de Lope de Vega Carpio al lector des plus élogieux
pour l'auteur.
1. t&lt; Assi aurn servido esta diligencia de advertir a los Predicadores que le
leyi.mm, oo passen de passo, sino que n:pareo y tanteen todos sus dichos, y
hallaran muchos conceptos no predicados, como los que agora se escrivcn
(pues el Autor no es predicador), si no para predicar, que cayendo en hombres
versados en la Escritura, los sabran acompanar con tales lug.1res, y tan a proposito, que sean muy agradables al auditorio, con cuyos saynetes al;,riran la
gana tan pcrdida, y apetito tan postrado a las cosas Diviuas,""'m'igolosinandole
con las curiosidades que cl Hbro a cada passo tiene. }&gt; Co11ceptos, première partie, Madrid, 16o9.

.BALTASAR GRACI,\N

mounaires les plus célèbres de l'époque, le Père Jer6nimo del
Florencia (1565-r633), fut le prédicateur attitl'é de" la Cour pendant plus de trente ans 1 • On trouve cbe7. lui déjà des traces de
conceptisme. Par exemple, dans son sermon pour la mort de Philippe Ill, prononcé devant Philippe IV, le 4 mai 162 r, il ne peut,
malgré le ton assez raisonnable de son discours, s'abstenir d'un
froid calembour sur le mot abrojos qui, signifiant tout à la fois
une discipline particulièrement cruelle, dont usaient certains
pénitents, et les chausse-trappes dont on jonche le sol pour arrèter la cavalerie ennemie, se prêtait à une pitoyable équivoque •.
Gracian le comble d'éloges. Il l'appelle cc l' Ambroise de son
siècle », « le Prédicateur des Rois et le Roi des Prédicateurs, &gt;&gt; et
s'extasie dewnt ce concept quelque peu audacieux, par lequel le
P. Jer6nimo fait de la Sainte Vierge un complément de la '
Sainte-Trinité'·
r. , é à Alcal:i en I 565, il fut admis au noviciat eu I 582. Après avoir enseigné la philosophie et la théologie, il s'adonna au nùnisthc de la prédication ;
son nilent li: fit appeler !t la Cour de Madrid, ou il prêcha pendant plus de
trente ans. Tl mounll le 12 mars 1633. (Sommervogel.)
2. « Lo primera tomava muchas vezes diciplina, y la Quaresma fa tomava
tres dias en la scmana; y la de Vicmcs era de abrojos, remedando aquel estratagcma belico de que han usado grandes Capitancs, de scmbrar el campe de
abrojos, para m:mcar los ca\'al!os dè su enemigo, mancando su Magestad con
los abrojos de las diciplinas Jos apetitos de su carne. &gt;&gt; Sermon q11e predico a.la
Magestad Catolica del Rey Drui Felipe Quarto Nuestra Se1i01· tl Padre Guoui1110

de Flore11cia, Religioso de la Compmiia de It.svs 1 Prtdicador de su Magestad, y
Corifessor de ms A1tez.as los Serwissimos Infa,ites don Carlos, y den Fen1J11do Ca,·denal, y Arçobispo de Toledo e11 las Horl1"as qw si. Mages/ad hiz.o al &amp;y Felipe III,
Sil padre )' Nuestra Sei1or, que Dios lieue, en S1111 Geronimo el Real de JtJadrid a.
qrmtro dt Mayo dt 162I. Dirig-ido al Rey Nuestra Seii.or. Con lice,ma. - Eu
Madrül, por Luis Sa11cbez., Impressor del Rey N. S.-f. 16, verso.
3. « Merece ser idea aquel tan aplaudido pcnsamiento del Padre Geronimo
de Florencia, llamado el Predicador de los Reyes y Rey de los Predicado1es.
Ponderb, que la Madre de Dios foc corno vu compkmento de la Santissima
Trinidad: fundandose en que tcniendo el Padre a quien comt'ulicarse, y tambitn d Hijo, Maria fue a quien se coinunicà cl Espiritu Santo, en quien
REV\11. H1Sl'.UHQ1JE. [).

J9

�605

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

Le Jésuite Florencia, comme Ledesma, s'était contenté d'être
conceptiste; il avait respecté le vocabulaire et la syntaxe de la
langue castillane ' : un autre prédicateur de la Cour joignit à
cette qualité celle de cultiste : c'est Fray Hortensia Félix Paravicino y Arteaga., Trinitaire déchaussé. Né à Madrid en 1580, il
devint en 1611 prédicateur du Roi, charge qu'il occupa pendant
vi.Bfil-sept ans, jusqu'à sa mort, survenue le 12 decembre 1633.
Gënie précoce, Paravicioo avait été poète de bonne neure,;

ses \·ers nous ont été conservés et furent publiés après sa mort 1 ,
en 1641. On y voit que, de tout temps, il avait sacrifié au conceptisme: c'est ainsi qu'on trouve dans ce recueil deux pièces
sur le Martyre· de saint Étienne, l'une composée par l'auteur
dans sa jeunesse, l'autre écrite plus tard, parce qu'on l'accusait
de n'être pas l'auteur de la première : celle-ci est déjà un feu
roulant de calembours sur le mot pierre, qui s'offrait tout naturellement à l'esprit, puisque saint Êtienne frit lapidé . La strophe
suivante donnera une idée de cette si11gulière composition :

pari:ce que se desahogo esta Diuina tercera Persona, refuodiendo todos sus
dones, y gracias : de modo, que aquella circunstanda tan espccial de no tener
el Espiritu Santo quarta persona a quien comunicarse, dà pie al concepto, y
hazc que participe de sutilcza. &gt;lAgude.z.a, XXIII, p. 147.
1. Jeronimo de Florencia est cité plusieurs fois dans !'Ag11dl'{11: « Notô el
Padre Geronimo de Florencia que espirà el Autor de la vida, hablando con su
santissima Madre para L·udulzar (dize) su amarg,t muerte; pero si Maria es
amargura, y no como quiera, sino la del mar, que csso significa su nomhre:
como puede açucarar cosa. tan amarga como l.u mucrte ? Si, que esta Sciiora
es triaca del cousuelo, que atrayendo para si las penas, y sinsabores, dexa para
sus hijos el coutemo . ,, VIII, p. 5r. - (( Tal fue aquel del docte, y gr.1Ue
Padre Geronimo de Flon:ucia, eu lali cxequias del Heroe de l.emos: hixo
csposa a la muerte, y Jiola en dote Jas tres propiedades del bien, probando
que es noble, hermosa, y rica, disfraçando en la iugeniosa metafora los tres
quicios de la voluntad, sobre quicncs se 1mwue, lo bouroso, lo vtil, y 1o delcitable, a que se rcduze todo cl anificio rctorico, y toda la c6cacia persuasiua. &gt;&gt; LIII, p. 3 21. &lt;&lt; Deste modo de inuenciones, y tra1.as us6 mucho el
Padre Geronimo d.i Florencia, y C:!11 cl Real Discurso a la muerte de la Margarita de las Reynas introduze los quatre doctores de la Iglesia, cantando quatre lamentacioues. » - « Desta suerte comparo cl Ambrosio dcstc sigle, cl
Pàdre Geronimo de Florencia el Nacimicnto de la Madre de Dios al de la
Aurora, discurricudo con mucha propiedad, y atribuyendolc todos los efectos,
el :tlcgrar los campos, el luzir, y hermose:tr las flores, el fecundar Jas plantas,
y sobre todo annnciar el Sol. &gt;1 UV, p. 322.
2. cc Vix quinqlleunis perfectc legere (dit de lui
icolas Antonio), notas
formarc, computarc numeris, latinas Litteras paulo post avidissime arripere
-atque ad unguen'I percipere. Sa.lmancicae vero eam curam utriusque juris studio impendit ut anno aetatis duodevicesimo id a$Sequutus vii.ieretur quod
multum temporis spatium vix alils conc.:dit. Attamen e via bac revocatus ins-

Lino sois maniriçado
de que Dios vestir se suèlc,
y pooe viendoos mojado
piedras porque 110 se buele
vn lienço tan bien lnuado.

La dernière des quarante-huit strophes conclut dignement :
A otro rnundo aueis llegado ;
del Peri:!, rico en las venas
otra piedra aueis hallado,
y yo, con las que he tirado,
aUll tengo fas manos llenas.

Et ea effet il avait encore en réserve, nous pouvons l'en croire,
une bonne provision de ces jeux de mots détestables, ou, pour
parler comme lui, il lui restait plus d'une pierre dans son sac . •
tÎtlltumque sodaJium Sanctissi.mac Trinitatis in eadetn urbe amplexus doctrina omni, cum philosophica tum theologica, brcvissimc omavit atque instruxit animum ita ut viginti et uno a.nuis natus gymnasticam doctoris Sal01antini lauream rcponaverit. 11
,. Obru.s Postbvmas, Divi11as, y l,umanas de Do11 Felix de Arteaga. Al Exctlentissimo Stiior don Diqro Lopez. de Haro y Soto Mayor, Ca11aller/J del Orden de
A.lca11tara, Marques del Carpio, Sriior de la Casa de Haro y del Estado de Serlllls,
Caiialleri{_O Mayor perpet110 de las Rcales Caualluiz.as de Cordoun, .A.lcaide perprtuo d! los Realu Alcaçares y Ton·ds de1la y de la Ciudml dt Mojaca.1·, Gmtilhombre de la Camara de su Magestaa, y Capitan de s11s Guardas Espa-fiolas. Fe11ix 5i Felix. - Co,1 Priuil~gio. E11 Madrùl. Por Carlos Sa11cbez.. Aria 1641.
A rosta de luai, Bautisla Tauaiw, Mercader de libro.~ en la ca/le. de A tacha.

�606

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

Ce poète exubérant était lié d'amitié, comme on l'a vu, a\'ec
le célèbre Greco qui avait passé du coloris le plus riche à l'indi •
gence Ja plus grande et de l'ampleur des formes à la sécheresse
et à la raideur. Paravicino lui adressa trois sonnets que nous
possédons et dans lesquels règne le plus pur et le plus obscur
conceptisme. Le plus curieux est celui qu'il écrivit pour remercier Greco du magnifique portrait que le peinrre avait fait de lui.
Il offre le grand intérêt d'être daté, puisque Paraviciao déclare
qu'il avait alors vingt-neuf ans: ces vers datent donc de 1609.
Les voici:

La date de ce sonnet offre un intérêt considérable. Ainsi, en
1609, on trouve déjà réuni tout ce qui caractérise, non seulement le conceptisme, mais encore le cultisme: obscurité, érudition, syntaxe anormale, hyperbates, néologismes. L'emploi de
admira, au sens neutre, la construction empe,iarle m/J'e, sont des
procédés éntièrement cultistes. On retrouve les mêmes défauts
dans le sonnet que Paravicino adresse à Greco à propos du mausolée qu'il avait fait à Tolède pour la cérémonie funèbre célébrée en l'honneur de la Reine Marguerite d'Autriche, morte le
3 octobre 161 I. Le jeu de mots entre Margarita et Piedra fina,
le même emploi du verbe admirar signalé plus haut, méritent
d'y être notés 1 •

.tll... Grilgo en Vil rtlrato qut biz.o del Àutor.
S011uQ.
Diuino Gticgo, de ru ohmr, no admira
que en la imagea exc~da al :;er el :1r1e,
sino que della cl cielo, por templan&lt;;.
h vidaJdeuda 3 tu pinzel retira.
No eJ Sol sus rayos por su esfera gira,
como en tus lienços, basta el ~mpeiiarte,
en amagos de Dios, entre :1 la parte
naturaleza que vencer se mira.
Emulo de Promctheo en un rctrato,
no afect&lt;:s lumbrc, cl hurto ,·ital dexa,
que basta mi alma a tamo ser ayuda.
Y contra veinte y nueue aùos de trnto,
entre tu mnno y la de Dios, perpleja,
qual es el cuerpo en que ha de v1uir duda

r. .4.Z !111,m/o 91u hi'{O cl Griego rii Toled&lt;J para las bo11ras de la Rey11a Mtirgaritn., que fae de pitdra. Som/o. - Huesped curioso, a quien la pompa admira, 1
deste aparato Real milagro Griego, 1 no lugubres exequias juzgues clego, 1 ni
marmol fieJ en vencrable pira. El Sol que Margarita cstable mira, l le arrancb
del fatal des:assosiego, 1 desta vana region, y en puro foego, ! vibrantes luzcs
a su rostro aspira. 1AI nacar que visrio candido, ponc I Toledo agradccido,

1•

1. Obras Postlm11as ... f. 63. Je donne, noo pas une traduction, ce qui serait
impossible, mais une intcrpn:tation de ce curièux sonnet : « Grec divin, dans
ton œm'l"C ci: qui étonne n'est pas que l'art surpasse l'objet dans son image,
mais que le ciel pour modérer too orgueil retire de cette image la vie due /1
ton pinceau. - Le soleil ne fait pas, dans sa sphère, tourner ses rayons comme
dans tes toiles: il te suffit de t'1opliqucr, il l' instar d'un Dieu, à cc que la
nature qui se regarde vaincre se mette de la partie. - Émule de Promctbce
dans un portrait ne recherche pas le fou, laisse le larcin de la \'ÎC, car mon
âme elle-même t'aider-a à être si grand, - et en dépit de vingt-neuf :mnées de
commerce, entre ta main et celle de Dieu perpkxe, elle se demande qud est
le corps dans lequel elle doit vivre. "

por valientc I Ma.no de Creta caxa peregrina, 11 Tosca piedra la maquin:i compone ! que ya su grande Margarita auscotc, 1 no le ha qucdado a Espaôa picdra fina, 11 (Paravicino a fait une Oraison funi:bre de Marguerite d'Autriche).
-A v11 rayo, que miro m el aposmlo de t•11 Pilllor. S01œlo. - Ya fucsse Griego
ofensa, o ya cuidado, - que emulo tu pinzeJ de mayor ,,ida, l lc diesse a
lobe, nieue vi cncendida, 1 el taller de tus timas ilustrado, 11Ya sea que el
laure[ horror sagrndo, j guardo la lumbre, ya que reprimida, : la safta fue de
imagen parecida, 1 desvanecio el estrucndo, vcncio el hado. [I No por tus lien 7
ços perdonb a Toledo I d triunfador del Asia, antes mas dueno, 1 gouemaste
del cielo los cnojos.11 Embidia los mostto, templ6los micdo, 1 y el triunfo tuyo
su castigo o ceiio, 1hizistc insignias, quando no despojos. Il Al lmmùo tkste
111ismo Pin/or, q,u ~ra tl Griego de Tolûo. S011tlo. - Del Griego aqui lo que
encerrarSe pudo I yaze, piedad lo esconde, fee lo selln, 1 blando le oprimc,
blando miemras huella I çafir, la parte que se hurtà dd nudo 1 . Su foma cl
Orbe no rcsema mudo, 1 humano clima, bien que à obscurecclL1, j se arma
vna emhidin, y otra tanta estrclla, 1 nieblas no a1iende de Orizonte ntdo.11
Obrà a siglo mayor, mayor Apeles, 1 ao el aplauso veoal, y su e5traiieza 1
admira.ràn, no imitarân cdades. [I Creta le dio la vida, y los pinceles I Tqledo,
mejor patrîa donde empicça I a lograr con la muerte ete.rnidndes. lJ --Greco
monrut le 7 avril 1614. - Ces trois sonnets se trou,·cnt aux ff. 62 v., 7 3 ,..
et 74 r. dts Obra1Postin~m1s.

�608

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

Para\ icino introduisit ce style dans la prédication, peut-être
parce que, la faiblesse de sa voix lui interdisant les grands effets
oratoires, il lui sembla plus commode, et moins fatigant, de
captiver son auditoire par des jeux de mots subtils ou des énigmes' .
Il ne cédait pas toujours à ce besoin et l'on peut citer, par
exemple, son panégyrique de Fray Simon de Roxas, confesseur
de la Reine et Provincial des Trinitaires, qu'il prononça le
n octobre 1624, comme à peu près indemne de ces défauts.
Cependant on y trouve un çoncepto bien ridicule. Le prédicateur
rappone que imon, à sa naissance, était muet; plus tard, à la
vue d'un incendi qui avait éclaté dans sa chambre, il se mit à
parler, et ses premiers mots furent Ave Maria. Paravicino se
donne carrière sur ce mot ave qu'il interprète à la façon d' Alonso
de Bonilla:

sermon de Paravicioo sur la Visitation, où quelques vers de Manilius sont transposés à lo divino. Le poète latin rappelle l'aventure
de l'archer Alcon, père d'un des Argonautes, qui, ayant vu son
fils endormi enlacé par un serpent, eut le courage et l'adresse de
ruer le reptile sans effieurer le jeune homme.
Ars erat esse patrem: vicit natura periclum.
Er paritcr juvenem sonmoque ac morte levavit, •

ajoute M:milius. Paravicino compare le Baptiste, endormi dans le
sein de sa mère et lié par le péché originel, au fils d Alcon, enlacé
par le serpeot. Poussée par l'amour maternel Marie vient et tue
le reptile, image du péché: l'enfant s évei1le au bruit: Exultavil
ù1fans in gaudio in u.tero s110 i.
Astronomica, V, v. 302-303.
(&lt; En la prosa fue igual suyo el agradable Honensio ; juntô lo ingenioso
del pensar con lo biza.rro del dezir : es mas admirable gue imitable: con todo
sea para pocos, y singulares, te rroço de oro en el Senuon de la Visitacion.
« Celebre es n la antiguedad la desrreza de .Âlcon (assi -se Uamaua vn tira.dor
grande de aqucllos siglos) ; durmiose en el campo vn hijuelo suyo, y coma
suele ser la yerua dulce, si enganosa ce\ada de las culebras, "na que acreditaua,
entre otras, aquella verde t:raicion llegà al muchacbo, y abraçandole enganosnmente con vn orbe, y otro, con na y otra boelta hallo quietud a su enojo,
y preuenia la muerte al mucbacJ10 : vinole a buscar el padre, pasmè a la primera vista, y oeutn1.l al ardor, y al yelo, entre el temor de la muerte del bijo,
y cl deseo de librarle della, qucdà perplC&gt;.o ; pero à quanta lisonja le siruio ~
susto I cogc l arco, ajusta la flecha, bibra la cuerda, pane la mira, sale la
pluma del arco, rompiendo con tanto silencio, como velocidad el ayre ; claua
ln culebra con ticnto tal, que para, que obediente taot.o al amor coma a la destreza, midio la distancia que auia del estruendo a la lesion, y en las cntraiias
de la sierpc, abraçadn con el moço, logrando el tiro a la sierpc quitb la vida
y al moço no ofendio la pie!; antes despcrtando al golpe, llegô (como deûmos vulgarm me) hasta saJtar de placer. Feliz golpe, estra.iia destreza, rara
ane I la acte, dize Manilio, era cl ser padre, la naturaleza vencio al peligro, y
a vu mismo tiempo apano del moço la mucrte, )' el sueiio, la imagen, y la
\'Crdad. Ârs eral esse patrem : vieil 11ahtra per1cl11111. - Et pariter iu11ene111 somnoqut
&amp; lllOrie /wauit. Durmiendo cstaua en la ignorancia de Jas cntraiias, luan, de
su madre, cogido le tenia la primer culebra bueltas dadas tan apretadamentc
1.

Ya de la bora de Platon mientea, de la de Ambrosio (con mas razon divino)
cucntan que entravan a ella à labrar Ja abia del cielo las auejas. Pero de la
de Simon saleu Aues, y essas Marias: nueuo panai de miel, nunca con mas
rigor virgcn, porque Aues Marias solo salcn de .la boca de Gabriel (si dixessemos) en su virilidad, pero de la de Simon en su înfancia '·

Graciàn le considère comme un modèle, qu'il place sur le
même rang que G6ngora : &lt;&lt; Il réunit, dit-il, l'ingéniosité de la
pensée à l'originalité de l'expression: il est plus admirable qu'imitable. Ce qui motive cet enthousiasme c'est un passage d'un
&gt;}

1. (&lt; Gracilis enim vox :1c demissa ni! sublime ad circumstantium aures
dcferre potcrat. Mire tamen dclectabatur flos hominum, qui non cum plebe
sapiunt, bominis exquisite urbano atque diserto, vereque masculo dicendi
genere, quo vel in familiaribus coUoquiis mebatur, mimque subtilissimi ingenii
ubcnate etamoenitate. » icolas Antonio, B. H. .
2. Oracion ftmebre del 1mteslrC1 Jray Hortmsio Parnvicitto. E11 Madrid por Luis
Sa11cht:{, l111prmor del Rey nriestro Se,1or, A1io 1624. ln-4 ; f. IO, v. Cirons
encore cette métaphore du même sermon : « Casto y puro cl campo, hechos
los traços, o mucstras del rasguiio, se-ofrcce lucgo al meter colores lo grossero
del ocre o del açarcon, humildes y baxas tintas con que entraremos a celebrar su pobreza. J&gt; F. 15.

2.

�6ro

ADOLPHE COSTER

Ce morceau permet de se faire une juste idée du style de Paravicino, modèle achevé de conceptisme et de cultisme. Gracian,
qui goftte ses vers presque autant que sa prose' ne cesse de l'appeler conceptiste et cultiste, ingenioso y culto; mais c'est surtout
l'épithète de culto qu'il lui applique de préférence, et c'est le travail du style qu'il admire surtout chez lui.
Cette nouvelle manière de prêcher n'alla pas .sans soulever de
vives protestations dont Paravicino lui-même nous a conservé
l'écho. Dans la Dédicace au Cardinal Infant du Panégyrique de
Marguerite d'Autriche, il se vante d'avoir découvert un nouveau
style et se compare à Colomb découvreur d'un nouveau monde;
mais il se plaint de ses critiques, qui l'accusent de créer une
angue nouvelle qui n'a rien à voir avec l'espagnol 2 •
al pecho, q11e beuia el veneno la alma, achaqnes de la primera yerua del
Paraiso : desde su casa le dà el animo a Maria ; era Madre de Dios, y nuestra;
vieue al lugar del peligro, reconoce en Iuan la sierpe, bibra el.arnor, no los
braços de traydora, JaS entrnfüis si de Madre, arroja la flecha que escogio el
Padre por ta!, como a vozes lo dixo Isaias. Posuit me quasi sagitlam electam.
Penetrb las entranas de Isabel, atrauesb la culebra ; solo el estruendo sintio
Juan, y en èl el beneficîo de verse libre; saltà gozoso. Exultauit i,ifans in ga11dio fo vtero meo : estraiia destreza, rara Ane I Ars erat esse Malrem. La Arte
era ser Madre de Dios. » Agudez.a LXI1, p. 373-374.
1. " Assi dixo el cuJto y aliàado Hortensia : " Al fin con menguadas luz(iS
1 mu-à de Alfonso la cara, 1 Al, dixo, y callo con duda I si fablo Aljo11so, b
Alma." Ag11dez.a, XLIV, p. 283. « Assi dixo cl eminente Horrensio, atento
siempre a la perfecion d 1 estilo, assi en el verso, como en la prosa : « Mano, y faz ayuntar quiso ; 1 mas la muerte al ayuntarlas, 1 a entrambos
tollo 'el cèmorte I el/a jina, y èl desmaJ•a. " Ibid. L, p. 305. &lt;&lt; El c1.1lto Horteusio: « Ay Angel de aquesta guisa) te ha par,ado mi amistança, 1 que lajerm"O-st1ra es culpa, 1 q11a11do abonda la desgratitJ. » Ibid. U, p. 308. « El cultamente
eloqueme Hortensio Paravicino ». Ibid. LI, p. 309-310. - El ingenioso y cuitamente eloquente Hortensio, en el Sermon de la Vioa, lorrnà cl discurso del
sugeto, y de sus partes, corr-espondiendo à cada vna dellas vna agradal:le moralidad, y propuso assi : Oy en la Viiia tenemos I acra Real Magesrad, 1 oy tenemos en la Vina, 1 vbas, pampanos, y agraz. » lbid. LIV, p. 325.
2. « Confiesso que sin cuidado y casi sin libertad, no sin eleccion, he desseado
con esta (tal quai) pluma leuantari:ne de tierra. Mas no las presumpciones de

BALTASAR GRACIAN

6JI

Ces critiques I n'empêchèrent d'ailleurs nullement son succès
définitif, et, pendant un siècle, les procédés dont il donna
l'exemple, feront loi dans la chaire espagnole. De son vivant, les
adversaires même de Googora le couvrirent de fleurs. C'est ainsi
Aguila, al Cielo vèrdaderas, las templanças de Dedalo, que fingen en Jo peligroso del buelo, si sublime del ayre, dessee imitar. No corren. las ruinas de los
Icaros por mi cuenta; si bien el que va arrastrando, mas seguro esta de caer.
No fue temeridad y soberuia, sino curiosidad, y animo el de Colon, ni inuento
nueuos climas : hallolos. Auer hallado, despues de tantos, algo nueuo, en esta
Jengua (sea estrecho, nueuo mar es) à confession de los que viuen, y murieron con amor de ella, no es formar otro Idioma, sino venerar tanto el vulgar
Castellano nuestro, que nos prometaroos del, la sublimidad clasica de los
otros ». Oraciones evangelicas y PrJnegiricos Frmemles que a diversos itztentos dixo el
reveretulissimo Padre Maestro Fr. Hormisio Pelis Paravicino, Preàicador de las

Magestalks de Filipo Teruro y Quarto; 1ma y otra vez Prwincial y Vicario generale11 la Provincia de Castil/a: otras dos Visit11dor Apastolico en la de A11daluzia,
del Orden de Rede11lores de la Santissima Trinidad. Sacadas a luz. Por el Padre
Frai Christwal N11iiez. Predicador general de la 111isma Ordm. Dirigidas a don
biigo Lopez_ de Me11doz.a, co11de de Tendilla, se,ior de la Prwincia de Almog,iera.,
hijo primogmito del Excelentissimo se1ïor Mdrq11ts de Mondejar, .Alcaide y Capitan
Gmeral del Alhambra de Gra11ada y de su tierra. Con licencia. En Madrid, Por
Maria de Quiiio11es. A costa de Pedro Coello Mercader de libros. 1641. (f. 43, v.).
r. Dans le ms. 3661 de la B. N. M., f. u7, on lit les deux sonnets satiriq_ues suivants: Al Padre Hortensia. - Mi Padre, su pensar iluminado I adomado

de esoorços y de lejos, 1 bien podra lexos ser, pero tan lexos I ninguno fue que
no bolvio caosado. Il No ay bocado sin huesso, y lo mondado I todo para eo
reflexos y reflexos ; 1 manjar de moços es porque los viexos I buscan lo vh·9
y cuelgan lo pintado. 11Qµiere perder los medios cou que labra I la palabra
forma, vos y concepto; ) orcjas le davan pero no oydo. 11 Predicar vozes no
es dezir palabra; 1 de excessos a querido hazer defecro, ] y sin darse a entender
ser emendido : Il o le respondera ningun gemido, 1 bostezos si, que es cosa
averiguada I que abren oomo el la boca, y dicen nada. &gt;) 1
1-Al 111is1110: De aq~el
leuguage crespo e intricado, 1 escuro y con cuidado oscurecido, 1 entre transposiciones escondido, 1 goçe bora y media de un silencio gallardo. Il Traspies de
lengua es todo lo inventado I y pasages de boca lo pulido; 1 eccos de luces ay,
quede perdido ) en lugar de bolver edificado, Il despues de auerme dado garatussa I y quedar como dicen zapatero, 1 tela no vide toda esta maraiia. jJ Huyo
de ti, pedemalina mussa, 1 orlen tus estriuillos y el empexo l locucioncs de
heriços sin castana. »

�613

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

que Lope de Vega le célèbre dans son Laurel de ApolQ' et lui
consacra une longue élégie lorsqu'il mourut. Peut-être faut-il
même ajouter à cette gloire fâcheuse celle d'avoir été non seulement le rival, mars encore l'inspirateur de G6ngora. L'éloge que
Gracian fait de la prose de Paravicino semblerait autoriser cette
hypothèse 2 • Mais, comme je l'ai précédemment indiqué, il est
oiseux de rech.ercher qui fut le premier, à quelques années près,

à cultiver cette forme nouvelle, et l'on ne doit voir, dans cette

612

1. « Pero ya de mi amor las justas quejas 1 (Fama, si tu las alabanzas dejas 1
Por infinita sum.a, 1 Que no querràs 6arlas de otra pluma) 1 Al padre Honensio Fefüc me propoDen ; 1 Los laureles perdonen I De Grecia y Roma en ocasion tan justà; 1 Que el cerco de oro de su frente augusta I Juzgo a pequeûo
premio, y le consagi:o IEstos versos po:r unico milagro ; 1 Porque como él lo es,
tambien lo fuera I Si amor, y no la pluma, los b.iciera.- 1 Si Dios no hiciera
-flores, primavera I Puera tu ingenio cclestial Àorido ; 1 Y si frutos no hubiera
producido, 1 Tu ingenio frutos celestiales diera. JI Si el sol de nuestro polo se
escondiera, 1 Tu ingenio sol de Espaiia hubiera sido, 1 Y donde Dios no fuera
conocido, 1 Por tu ingenio sutil se conocicra 11El ingcnio del :i.ngel reservado,
1 Porque al ange! bast6 que le inùtaras, 1 En lo mortal ninguoo te ha igualado; 11Que si en ideas pu.ra mente claras I Dios te mostrara cuantos ha criado 1
Solo el ingenio que te di6 tomaras. - Il La11nl de Apolo, Silva VII, ~- A. E.
2. J'ignore d'où M. L.-P. Thomas a tiré le passage suivant qui ne se trouve
pas, comme il l'indique, dans les Lecciones sole11111es ile l'tllicer, mais qui serait
·cooduan~: « Pues el docto y rev. P. M. F. Hortensio Felix Paravicino (seame
licito citar aqui ra gos pocticos de mi grande amigo y mayor maestro ...)
Este pues grao varon en su Hymno al arnanecer, que dedic6 a D. Luis, amigo
grande suyo, y tanto que le escuché de su boca decir que el estilo nueuo de
cscriuir D. L. tan fuera de lo comun en verso, y tan superior a todos los que
oi poetizan, se le deuio a la singular eloquencia del M. Hortensio, en que
auentaja a los de nuestro siglo, y que a imitacion suya en la oratoria determm6 D. L. tomar rumbo distinto de todos en la poetica, que consiguio con
felicidad tanta. » (Le lyrisme et la préci-Ositi cultistes en Espag11e, r909, p. 93,
n. I. Voir aussi les Obras de .Anastasio Pantaleon de Ribera, ilvstradas ... por Don
Joseph Pellicer de Tovar seiior de la casa de Pellicer, cronista de Castilla, de Leon ...
E,i Madrid, por Francisco Ma,·ti,iez., Aiio de M.DC.XXXIV. A costa de Ptdro
CoeUo mercoder de libros. P. 10 non numérotée du Pr6logo, Pellicer écrit:
« Frequcnto algunos tiempos la celda ... del mas grave, i mas docto Varon que
ya ilustrb nuestra Nacion siendo el primero que introdujo a las tinieblas de la
Eloquencia espaîi.ola Las Juzes Griegas, i Latioas. ,,)

éclosion du style cultiste, que l'aboutissement de forces latentes
qui se manifestèrent simultanément en plusieurs endroits. Les
rapports entre les deux novateurs fureut d'ailleurs ass~z _étroits:
Paravicino dédia à G6ngora un Himno al amanecer, a10s1 que le
sonnet suivant :
Ya que obediente, 6 a interior respecto,
o, entera admiracion venera mudo,
Cordoua, quanto atenta a vsurpar pudo,
sed mia estudiosa a tu mayor sugeto.
Recibe para et tan !eue efeto,
de gratitud, corno este acento rudo.
de quien a.zeros ya colgà, y escudo,
sieruo, slno del ozio, del secreto.
De cisnes jamas vistos, genio oculto
las plumas parecio, si bien menores
estas, qual breue arroyo a largo rio.
Rinda pues al mayor, el menor culto,
y en grata niebla, en -pompa igual de olores
tus aras cubra ofrecimiento mio •.

O n ne saurait conclure de ces vers que Paravicino reconnaisse
en G6ngora soit un disciple, soit un initiateur; il le traite plutôt
comme un rival heureux.
Faut-il en revanche considérer, comme l'inspirateur de G6ngora, Luis Carrillo y Sotomayor ( 1583-1610), jeune poète, roof!
à trente-trois ans, qui a laissé cinquante sonnets publiés après sa
mort 1 ? Ce serait.interpréter d'une façon abusive le jugement que
Graciân porte sur lui dans son Agudez.a: il l'appelle en effet le
Obras postlmmas, f. 69.
z. Ob-ras I de Don [ Lvys Carri.1ÙJ y Soto I mayor, cavallero I de la Ordeu de
Sa11tiagc&gt;, Co111en I dador àe la Fuente del Maestre, 1 Quatralno de las Caleras de l
Espa,ïa, 11atural de la Ciu I dad de Cordoua. 1 A Do11 Marmel Alon I so Perez. de
Guzmmt el Bue110, Conde I dt Niebla, Gentil hombre de la Camara I de SIi Mageslaà,y Capitan Gme I raldelaCostade A11 1 dal11zia. 1 Con Privilegio. JE ri Madtid,
Por Imu~ de la Cuesta. 1 A1io de M.DC.Xl.
1.

"'

l

�BALTASAR GRAClAN

ADOLPHE COSTER

premier cultiste d'Espagne, et c'est bien comme précurseur qu'il
le cite de nouveau, lorsqu'il parle de ce style orné qui tient plus de
l'ingéniosité que du jugement, et qui s'attache à la phrase relevée
à l'expression fleurie '. Il déclare que le maitre incontesté en c;
\ genre est G6ngora, mais qu'il a eu pour devanciers Apulée et
Carrillo. 0~ ne saurait mieux juger le talent de Carrillo que par
le sen net suwant, dont Graci:in déclare que c'est un chef-d' œuvre,
car on y trouve réunies l'élévation du style er la hauteur de la
pensée z.

, lui et G6ngora la différence est considérable : Carrillo emploie
une syntaxe contraire au génie de la langue, mais n'innove guère
dans le vocabulaire ; à-ce titre il se rapproche de Paravicino. Il
semble donc hasardeux de le rendre responsable des excès de
Gémgora, sur lequel son influence aurait eu bien peu de temps
pour s'exercer. Mais si l'on réfléchit que 1es œuvres de Carrillo
furent publiées en 1611, et sont par conséquent antérieures aux
· Soledades et au Polifemo, les deux poèmes vraiment cultistes de
· G6ogora, tandis que les œuvres de Paravicino ne furent publiées
qu'en 1641 on comprend que, pour Gracian, Carrillo ait la
i priorité '.
1

· Pues sentis a vn perdido, y tan perdidos
dexadme pensamientos desdichados,
basten los passos por mi mal andados,
basten los passos por mi mal perdidos .
Que ossados me quereis, a do atreuidos
montes altos poneis, de mis cuydados ?
mirad vuestros iguales fulminados,
mirad los robles de su pie! vestidos.
Dan vida a mi mediano pensamiento,
el ver vn pino, y vna fuente clara en esta soled_ad que el alma adora.
El arbol tiembla al proceloso vienro,
corrida el agua de humildad no p~
que el alto terne, y el humilde llora.

J

Assurément Carrillo est cultiste, mais cultiste incomplet; entre

. 1. &lt;~ Pero vengamos ya al estilo aliiiado, que tiene mas de ingenio que de juiz10, at1ende a la frase releuame, al modo de dezir florido : fue Fenix dèl, no
tant-0 por primero, pues ya en el Latin Apuleyo, y eo el Espaiiol Don Luis
Carrillo lo platicaron, quanto porque Jo remonta a su mayor punto Don Luis
de Gongora, especialmente en su Polifemo, y soledades. » Agudez.a, LXII,
p. 373· « Con esta misma sutile;ra concluye Don Luis Cauillo cl primer cnlto
de Espana este soneto al desengaiio : Quando me bueluo a mi y el dulcc
engafio ... " Ibid. Ill, p. 10.
2. « Son los conceptos vida del estilo, espifitu del dezir, y tanto tiene de
perfeccion, quanta de sutileza; mas quando se junta lo realçado del estilo, y lo
remontado del"'concepto, hazen la obra cabal, como lo fue este gran Soneto de
Don Luis Carrillo: Pues 1ernis etc. &gt;i Agudez.tt, LX, p. 357.

1. Carrillo est encore cité dans l'Ag-11dez.a: « •.• y sea este (s011eto) delingenioso
don Luis Carrillo. Mira el.amante palido, y rendido ... » Ill, p. 12. « ro menos
ingenioso, como de su misma patria (Cordoue), D. Luis Carrillo discurrio del
tiémpo, e.n este Soneto. Con que ligeros passas vas corriendo ... &gt;&gt; V, p. 29.
• Assi el profundo y culto Don Luis Carrillo d.io por razoD de la crueldad del
amor, y su terribilidad siendo tan niîio, el ser ciego, para ver el mal que causa;
es perfecto el Epigrama, como todos los deste autor. Amor, dexa111e amor, quedm perdidos. &gt;) VIII, p. 50. - « De vn acaso formo esre gran soneto don Luis
Carrillo. Viste de exemplo el tro11cn, y de fierez.a ... » (On y relève les mots Ce11ti111a110, Altil&lt;ma11te) IX, p. oo. « De don Luis Carrillo, a un cauallo, exemplo
de lo que fue, gran soneto. El imperi:oso braço, y due1ïo ayrado ... &gt;) XI, p. 69.
« Canto a vn holmo don Lµis Carrillo. Enojo v11 tiempo fue t11 cr1ello a1çado ... "
XllI, p. 80. « Por vna anificiosa correccioll conuirtio Don Luis Carrillo el
aliuio de su mal en mayor pena, y dixo. Llorad ojos, llorad, pues desatandt1 ... »,
XVII, p. 114. ,, En si m.ismo fingio don Luis Carrillo; el afecto del temor,
para mas exagerar el de Sil amor. Pongole gu(mia a mi pecbo ... » XXI, p. 142.
« Por otra paridad, arguyendo con el exemplo, formô vna valiente exageracion
don Luis Carrillo, cuya Musa fue siempre bizatra, y ingeniosa : habla con el
Betis: No liu;hes co,1 los remos, no arroga11te ... • XXII, p. 144. " Assi don Luis
Cartillo, en este valiente epigrama al varon mas valiente, digo a Sanson ; nota
dos i111proporciones, vna en el Iuez que le condena, y otra en el, que no vio
los engaiios d.e vna muger. Verse duda San.son y duda el la_ço ... » XXVII,
p. 181. « Por la semejança se arguye con ':o menor propriedad, y sutikza,
que por la paridad : ingeniosamente don Luis Carrillo : Y si es cierto 110 cot1m1ne•.. " XXXVII, p. 253. « El mismo dudar declara mucho, y aumenta laponderacion; don Luis Carrillo dixo Es la duda si e.s mi pena ... )) XLIV, p. 283.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

G6ngora représente enfin justement ce que le cultisme a de
plus caractéristique et de plus fâcheux. Latinismes, images extraordinaires, énigmes telles que ses poésies, de son vivant même,
ont besoin de commentateurs, voilà ce qui restera toujours lié
à sa mémoire, au préjudice des vers exquis de pittoresque ou
d'tsprit qu'il avait prodigués dans la première partie de sa carrière. C'est lui que Gracian prendra comme modèle inimitable
dans son Agudez._a. Il le cite soixante-quatorze fois toujours avec
lés plus grands éloges: « Ce poète culto, dit-il, fut un cygne pour
l'harmonie, un aigle pour les concepts, éminent en toute espèce
d'agudez..a '. » Cependant on peut remarquer que Gracian n'a pas

choisi les morceaux les plus gong&lt;&gt;riques de ce poète : il cite avec
une admiration particulière sa comédie intitulée lsabela, qui date
de 16-13, et cela à plusieurs reprises. Quant au Polyphème- et aux
Solitudes, ces modèles définitifs du style cultiste, il n'en parle que
deux fois, la première pour citer les vers suivants du Polifemo :

- " Aun la misma semejança la transformo en identidad, y la eiqiriruio por
encarecimiento don Luis Carrillo. De la Salama11dra diz.en ... » LIX, p. 352.
« Por argumenta y popdéracion, afiadiendo excesso de parte del sugeto ru
tenniuo aplicado, es primor elegante desta sutileza: vease en este culto Epigrama de don Luis Carrillo competido, pues fue primera, o imitado. Caistû
Si, si valeroso ossaste ... » LIX, p. 353.
1. " Fue este culto Poeta Cisne eu los concentos, Aguila en los conceptos ;
en toda especie de agudeza eminente : pero en esta de contraproporciones,
consistio el triunfo de su grande ingeoio : vense sus" obras entretexidas desta
sutileza. "Agudeza, V, p. 25. G6ngora est encore cité dans l'Agudeza: IV,
13-14; N, 15; N, 17; VI, 35; VI, 36; VI, 37; VI, 40; VI, 41; VIII, 52;
IX, 56; lx:, 59 ; IX, 60, IX, 61 ; X, 64 ; X, 66 ; X, 67 ; XI, 68; XJ, 70;
XII, 73-74: « Pinta D. Luis de Gongora el Palacio de la Primauera, apodando y celebrando cada flor en aquel florido romance, que comiença Espe,ia11do estan la roca ... Va descriuiendo con la cultura, y realces de estilo, que
acostumbra, y conduye con esta sentencia que fue el fruto de tanta flor Este
de la Primauera... ». XJI, 76; XII, 78: « Sea corona desta agudeza este precioso Soneto, compue_sto de las mismas arenas de oro de Hipocrene en vez de
silabas. Don luis de Gongora a la breuedad de la vida. Mmos solicito veloz. ca1·nra ... ». XIII, 81 ; XIV, 87; XIV, 89; XV, 96 ;XV, 98; XVII, 11 r ; XVII,
112; XVII, II4; XIX, 122; XIX, 123; XX, 130; XX, 131; XXI, 136; XXI,
141; XXI, 141; XXII, 144; XXIV, 158; XXV, r64; XXVI, 171; XXVI,
174; XXVI, r77; XXVIl, 187. ; XXIX, 201; XXXI, 2r6; XXXTI, 217;
XXXII, 2l8; _x.,~xn. 219; xx.xm, 222; XXXIII, 22 7 ; XXXIII, 228;
XXX.V, 2J6-237; XX.&gt;...'V, 24r; XXX.VI, 248; XXXVII, 2.n; Xlll, 274;
XLIV, 284; XLIV, 285 (3 citations); XLVUI, 297: « Assi don Luis de Gon-

Los bueyes a su aJuergue reduzia
pisando la dudosa luz del dia; 1

la seconde lorsqu'il passe la revue des écrivains qui ont méritê
d'attirer l'attention par leur subtilité.
Arrivons, dit-il, au style précieux (ali1iado), qui demande plus d'esprit que de
jugement et s'attache à la phrase recherchée (re/evante), à l'expression fleurie,
le Phénix (m ce genre), non tant pour avoir eté le premier (puisque déjà en
latin Apulée, et en espagnol D. Luis Carrillo l'ont pratiqué), que pour l'avoir
porté à son apogée, fut D. Luis de Gongora, spécialement dans son Polyphbne
(1612) et ses Solitudes (1612.)

D'ailleurs, dans ce même passage, il semble faire une réserve
gara en su aliiiado, eloquente, y recondito Poema del Polifemo, dixo. Los

bueyesa maluergue reduz:ia I püa11do ta dudosa luz del dia. - XLIX,

301 ;

XLIX,

XLIX, 303 ; L, 305 : « Destas (des chevilles) no tienen ni don Luis de
Gongera, ni los Leonardos, ni mucho menos el propio, y atento Garcilaso ;
escriuian con total perfeccion. 11 L, 3o6 ; L, 306 ; LI, 312 ; LIX, 352 ; LXII,
373. - Dans le Critic6n., ll, 4, p. 89, Gracian montre la déesse de la poésie fai-.
saut résonner les instruments des différents poètes : (( El primera que pulso
foe vna cuita citara, haziendo estremada armonia, aunque la percibian pocos,
que no era para muchos ; con todo notaron en ella vna. desproporcion harto
consid~rable, que aunque sus cuerdas eran de oro finissimo, y mui smiles, la
materia de que se componia, deuiendo ser de vu marfil terso, de vn euano
brunido, era de aya, y aun mas conrnn. Aduirtià el reparo la concentuosa
Ninfa, y con vn regalado suspiro, les di:;.o : «Sien este culto plectro Cordouès
f huuiera correspondido la moral ense.iianzaa la heroica composicion, los assuntos graues, a la cultura de su estilo, la materia a la vizarria del verso, a la suti1ez-a de sus conceptos, no digo yo de marfil, pero de vn finissimo diamante
mei:ecia fom1arse su concha. »
1. Agudeza, XLVIII, p. 297. - Polifemo, Estancia, IX, v. 7-8.
301;

�618

ADOLPHE COSTER

sur ces éloges; il accuse en effet les sots imitateurs de Gôngora
de se contenter de lui emprunter quelques mots sonores ou
quelques phrases extraordinaires, et de faire comme ces courtisans
qui, pour imiter certain roi de Naples, lui avaient emprunté un
tic familier. Il pourrait bien y avoir là une critique déguisée, à
laquelle il est toujours bon de s'attendr'e de la part d'un esprit
aussi subtil, aussi décevant que celui de Gracian 1 •
Le triomphe de la nouvelle école fut, on le sait, irrésistible;
les meilleurs esprits, qu\ s'étaient dressés contre les réformateurs,
1inirent, eux-mêmes, par céder au torrent, ce qui prouve combien peu ce succès tenait aux personnes. Quevedo et Lope de
Vega, qui se distinguèrent par leur ardeur dans cette lutte contre
le cultisme, ne furent peut-être pas aussi exempts qu'ils le prétendaient des erreurs qu'ils censuraient.
Quevedo reçoit dans l'Agudeza le fâcheux éloge d'avoir été le pre\ mier inventeur des équivoques continues; Gracianadmirebeaucoup
sa finesse et le classe entre les conceptistes, mais non entre les cultistes; la causticité de son esprit, sa verve inépuisable, le charment
et le ravissent, mais il compare ses œuvres aux feuilles du tabac
qui sont plus nuisibles qu'utiles. La verve endiablée de ses jacaras
le séduisait assez pour qu'il citât un long passage de la relacion
que hace 11n jaqi~ de si y de otros et qu'il fit allm,ion à celle de Marica
en el Hospital dans un paragraphe de son Criticôn l,
1. « Pero vengamos ya al estilo aliiiado, que tiene mas de ingenio que de
jufaio, atiende a la frasc releuame, al modo de dezir florido : fue Feoix dèl,
no tàuto por primero, pues ya en el latin Apuleyo, y en el Espano! don Luys
Carrillo lo platicaron, quanto porque lo remootô a su mayor puato don Luis
de Gongora, especialmente en su Polifemo, y soledades. Algunos Je han querido seguir, como Icaros a Dedalo, cogenle algunas palabras de las mas s0110ras, y aun frases de las mas sobresalientes (como el que imitb el defecto de
torcer la boca del Rey de Napoles) ; ioculcanlas muchas vezes, de modo que
a quatro o seis vo1.cs reduzen su cultura ; b que bien les nota el juiûoso Bartolome Leonardo. Co,i 111armoles ck 11obles illscdp&amp;io11es J (Teatro u1i tiempo, y
aras) eii Saguu/o J fabricaii oy tabemas, y mesones JJ .Agudez.a, LXIf, p. 373.
2. ,Por muchos equiuocos continuados don Francisco de Queuedo que fue
d primcro eu este modo de composicion, introduzc a vno, que va dcscriuicu-

BALTASAR GRACIA

619

Quant à Lope de Vega, il le cite fréquemment avec éloge et
le range sans la moindre hésitation parmi les conceptistes; il lui
reproche la simplicité ou la faiblesse de son style, « que supplée,
dit-il, la valeur du concept, qui est le principal '. »
do su iofeliz vida, etc. (il cite les vers 48-80 de la Jâcara VlU de l'édition
Janer, p. J06, avec une variante). » Agudez..a, XXXIII, p. 228-229. Quevedo
est encore cité dans l'Agiuleza: IV, p. 18; IV, 19-20; IX, p. s1-s8;IX,
p. 61 ; X, p. 63 ; XVIII, p. 11 5 ; XLIV, p. 282 ; XL VIU, p. 296. Il est egalement cite trois fois dans le Critic611 : « Pero entre tan graues plectros vieron
vnas tejuelas picariles, de que se escandalizaron mucho. « No las estraiieis,
les dixo (la Nymphe), que son mui douosas: con estas espamaua sus dolores
Marica en el Hospital. (C'est une allusion aux romances de la collection de
Duran no 175'1 et 1752: Toma11do estaba sudores, etc., et A Marica la Cl111po11a
etc. » ), II, 4, p. 91. cc Acertô a sacar vnas (hojas) de tal calidad, que al
mismo punto los circunstantes las apetecieron, y vnos las mascauan, otros las
moUan, y esta4au todo el dia sin parar, aplicando cl poluo a las narizes.
• Basta, diw, que estas hojas de Queuedo sou como las del tabaco, de mas
vicio que prouecho, mas para reir que aprouechar. » II, 4, p. J03. cc Pues
1 Horacio7Marcial, Ariosto, y Queuedo, en bebiendolo (le vin), hazian versos
1 superiores. )l III, 2, p. 41.
1. Lope de Vega est cité dan.s l'Agudeza, Ill, p. 8; IV, p. 20; V, p. 22; V,
p. 26; V, p. 32-33 ; VI, p. 34; VI, p. 35: « Desta sucrte glossa Lope de
Vega el morir Absalon en el ayre, en este graue, y cooceptuoso Soneto, S11spemo esta Absa1l,m e11l1'e las ramas .. . Notese la muchedumbre de correspondeocias entre el quedar en el ·ayre, y su vauidad, mejor entre su ambkion de,
ocupar la tierra, y quedarsc al ayre; mas recondita entre la ocasion calua, y
sus cabellos, que le fueron laço para tan desdichada mucrtc. 1&gt; VIT, p. 45 ;
Vlll, p. 47-48; XII, p. 75; XIV. p. 92: « Si el reparo en que se funda la
paridad, incluye coutradicioo, es el sumo primor desta sutileza. Admiralo en
este valieute soneto de Lope de Vega, l1las couceptuoso que bizarro. S1111grienta la qiûxada, que por cllas ... Co111iença aqui por vna excelente proporcion en los dos primeros versos: forma el careo, leuanta el reparo, y dale
salida sentenciosa. » XV, p. 95 : &lt;&lt; Dixo Lope de Vega Celebrrm w11mc, y
viejo testa111e11to ... Propane por question el careo, forma la artificiosa competeocia, y da la razon del excesso ·con la exageracion : y aunque no es muy \
rcalçado el estilo, suple cou la valeotia del concepto, que es la parte mas principal. &gt;&gt; XV, p. 97-98; XVI; p. 101; XVI, p. w7; XIX, p. 121 : « Galante
encarecimiento este de Lope de Vega, que en lo corn ico sin duda excedio a
40
llEVIJE lllSPANtQlJ E. n.

�620

DOLPHE COSTER

todos los Espanoles, sino en lo limado, en lo gustoso, y en 1o itmentiuo, en lo
copioso y en lo propio. » XX, p. 129 ; XX, p. 133 ; XXI, p. 1?9-140; XXV,
p. 163-164; XXVI, p. 172; XXVI, p. 175-176 et 177-178; XXVII, p. 18o181 ; XXVIII, p. 190; XXXVI, p. 244; XXXVII, p. 251 ; XLili, p. 280;
XLIV, p. 282; XLV, p. 287; XLV, p. 289-290 : "Sucedio Lope de Vega con
su fertilidad, y abundancia; huuiera sida mas perfccto, si no huuiera sida tan
copioso ; flaquea a vezes el estilo, y aun las traç.1;; : tiene grm1 propiedad en
los personages, especialmente en los plebeyos : en las Fabulas morales merecio
alabança &lt;.omo aq uella del Villano en surincon, Con su pan se lo coma, La dama
boua, los Melindres de Belisa, y fue excelente el Domine Lucas. » XLIX,
p. 30,2; L, p. 306, 307 et 308; LV, p. 33 3. Voici comment il est juge dans
le Critic6n : « Resonaua muche, y embaraçaua a muches vn instrumenta que
vnieron caiiamo, y cera ; parecia orgàno por lo desigual, y era compuesto de
las canas de Siringa, cogidas en la mas fertil vega; llenauanse de viento popular, mas con todo este aplauso, no les satisfüo, y dixo entonces la Poetica
belleza: " Pues sabed que este en aquel tiempo desaliii.ado fue bien oido, y
llenb por lo plausible, todos los teatros de Espaiia. » lI, 4, p. 90. Lope ètait
mort en 1635.

BALTASAR GRACIAN

62r

CHAPlTRE X.VI

Les deux rédactioru de 1'11.gudn._a. - Le traité Delle AOiltez.z.e de Pe1egrini
(1639). - La doctrine de Peregrini et celle de Graci.in.

La revue .rapide que, guidés par Gracian, nous venons de passer des fauteurs responsables du conceptisme et du cultisme, nous
permettra d'examiner avec une compréhension plus nette son
fameux traité sur l' Agudeza. Elle était jndispensable pour donner
une idée des circonstances dans lesquelles il parut. Les novateurs,
Ledesrua ( r 552-r62 3), Florenci&lt;!,(I 56 5-1633), Paravicino ( r 580r6B), Carrillo ( r 58 3-r6 ro ), G6ngora( I 56 r-1627), ainsi que leurs
\ grands adversaires, Lope de Vega (1562-1635), et Qnevedo
(1580-:i:645) avaient disparu sauf le dernier. Des exemples qu'avaient donnés les premiers et qui avaient conquis les nouvelles
générations, il était possible de tirer la doctrine qu'ils avaient
appliquée, inconsciemment peut-être. C'est ce qu'essaya de faire
( Gracian: il-E._e se p r é s ~ n ra hèts.,mais en légiste ; il se
contente de ~ n de légiférer.
Nous avons vu que son célèbre opuscule était apparu successivement sous deux formes. La première rédaction porte le titre
suivant:
Arte J de ingenio, 1 tratado de la I agvdeza. 1 En que se. ex.plican todos los 1
modos, y diferencias de I Conceptos. 1 Por \ Lorenço Gracian. [ Dedicala J Al
Principe uestro Seùor. 1 Con Privilegio en Madrid, Por Juan I Sanchez,
Aiio 1642. 1 A costa de Roberto Lore.nço, Merca- 1 der de Libres. 11 ' ·
I. Aprobacion del P. luan Bautista de Avila de 1a Compaiiia de le sus ...
Madrid y Octubre 31. 164r. - Licencia, id. - Imprimatur de Gil GonzaJez
Dadl.à. Madrid, Noviembre 18. 1641. - Privilcgi.o, Madrid 10 décembre
1641. - Tassa, Madrid, 12 février r642. - Fè de Erratas du Dr. Francisco
Murcia de la Llana, Madrid, II février 1642. ln-8 de 8 ff. non chiffrês
rp ff.

+

�622

BALTASAR GRACIAN

ADOLl'BE COSTER

La seconde parut en 1648, avec un titre différent:
Agvdeza I y I artedeingenio, 1 enqveseexplicantodoslosmodos, y dife-1
r~cias de Concetos, con exemplares escogidos de tado lo I mas bien dicho,
ass1 sa&lt;::ro, como humaoo. 1 Por I Lorenço Graciao. 1 Aumentala J El mesmo
Autor en esta segunda impression con vo tratado de los I Estilos, su propiedad,
Ideas del bien hablar : con el Arte de ! Erudicion, y modo de aplicarla ; Crisis
de los Au- 1 tores, y I ooticias de libros. l 111vstrala I el doctor donMaovelde
Salinas, y Lizana I Caoooigo de la Cathedra! de Huesca, con saçoaadas traduc- 1 ciones de los Epigramas de Marcial. 1 Pvblicala I don Viaceocio Ivan de
Lastanosa I Cavallero, y Ciudadano de Huesca, en el I Reyna de Aragoo. 1
Corooala I Con su nobilissima protecciô, el E-xcelentissimo Seiior I don Antonio Ximenez de Vrrea, 1 Conde de Aranda, &amp;c. Grande de Espaoa. 1 Con licencia: Impresso en Huesca, porlvan Nogves, alCoso, l" AôoM.DC.XLVIIl ll •.

La doctrine des deux ouvrages est la même; quelques chapitres
ont été déplacés ou dédoublés dans la seconde rédaction, qui en
compte soixante-trois au lieu de cinquante, et qui est divisée en
deux parties, l'une consacrée à l'Agiul-ez.a simple et l'autre à
l' Agùdez.a complexe. La véritable différence entre les deux éditions
consiste dans les citations, dont le nombre est considérablement
accru en I 648 . En r 64 2, Graciao s'était borné à citer des auteurs
latins, Martial en particulier, et parmi les modernes surtout
Camoëns, Montemayor, Carrillo et G6ngora; les sermonnaires,
auxquels il empruntait un nombre considérable de citations,
n'étaient pas toujours nommés : c'est ainsi que le nom des frères
de Gracian n'apparaît pas dans cette rédaction, bien qu'il y repro·
&lt;luise des fragments de leurs sermons.
Mâis la seconde rédaction fut, comme on l'a vu, déterminée
par le désir de publier les traductions que Salinas avait faites de
Martial, et amenèrent Gracian à transformer, pour les raisons que

1
~

1. Aprovacion de Fr. Gabriel Hernandez, Huesca 12 septembre 1647. Censure d'Andrés, Zaragoça, 7 janvier 1648. - Dédicace de Lastanosa. Errata. - Al !cctor. - In-4 de 4 ff. non chiffrés+ 384 pp. + 2ff. non chiffrés. - En 1649 parut une édition identique, avec Je titre seul réimprimé et
les mots tercera impressioll au lieu de se[!mda impressio11.

j'ai données plus haut, son petit in-octavo de trois cents pages
en un gros in-quarto de près de quatre cents pages, qui constituait une véritable anthologie des poètes conceptistes ou cultistes,
en particulier aragonais.
Avant d'exposer la doctrine de ces traités une première question se pose: l'Arte de ingenio est-il original, ou ne serait-il au /
contraire qu'un plagiat?
Dans sa préface du Discreto, en 1646, Lastanosa, après avoir
célébré avec enthousiasme cet Arte de ingeriio, prodigieux par sa
singularité, son érudition, son ingéniosité, ajoutait qu'un Génois /
s'en était trouvé si satisfait qu'il l'avait immédiatement trnduit
en italien et s'en était fait passer pour l'auteur 1 •
Cet audacieux plagiaire est connu: c'est un certain Matteo
Peregrini dont nous avons déjà parlé à propos de El Héroe.
L'ouvrage incriminé porte le titre suivant:
Delle I Acvtezze I che altrimenti, Spiriti, Vivezze, e Concetti I Volgarmente
si appcllano, 1 Trattato I Dd Sig. Matteo Peregrini Bolognese di Teologia, 1
Filosofia, e dell'vna, e l'altra Legge, 1 Dottore. 1 In questa seconda lmpressione dall' Autore I riuiste, e mjgliorate. 1 All'lllvstriss. Sig. 1 Galeazzo Poeti. 1
Jn Genoua, &amp; in Balogna. 1 Presso Clemente Ferroni, MOC.XXXIX. 1 Con
licenza de'Superiori. Il

Il s'agit bien de cet ouvrage car, dans la préface de ses Fonti
dell'Ingegno (1650), Peregrini déclare nettement que ses Acutez.z.e
ont été traduites en espagnol par un personnage assez indélicat
pour l'avoir accusé de n'être que le traducteur 1 • Il renvoyait
r. « Tampoco le retira la Crysis Real, aquella celebre Politica del Rey Don
Fernando el Catholico, que à votos de juyziosos, es lo mejor deste Autor, no
la prodigiosa Arte de Agudeza, por lo raro, emdito, y ingenioso, que antes
della se tenia por impossible halJarle Arte al Ingenio. Contentole tanro à vn
Genoves, que la tradux.o luego en ltaliano, y aun se la aproprio: que no se contentan Estos con traduzir el oro, y plata de Espaiia, sino que quieren chuparla
·hasra los Ingenios. " A los Letores.
2. « In ogni caso io havera obligo a chi vorra migliorarmi il mio trouato.
Se abbondassi di tiempo potrei migliorarlo forse ancor'io, ma le occupationi
publichc, le forze dcboli, e'l Sole, che gira v rso l'Occideatc; non mi danno

1

�ADOLPHE COSTER

donc l'accusation à Gracian, sans le nommer, mais clairement,
et, si l'on examine les dates, il paraît bien qu'il avaitraison . Nous
ne connaissons e? effet que la se~onde édition, citée plus -haut,
des Acutez__z.e; mats on peut dédmt-e que la première avait paru
également en 1639, du colophon qui porte la date du 2 avril,
et de la Dédicace qui est datée du 23 avril r639 1 • Il semble donc
probable que 1' opuscule eut assez de succès pour être édité deux
fois en neuf mois. Quoi qu'il en soit, l'Arte de Graciân n'ayant
paru qu'en 1642, il est manifestement impossible que Peregrini
l'ait copié: il faudrait supposer pour cela que l'Artecirculait manuscrit bien longtemps avant l'impression; mais alors, comment
Lastanosa n'a-t-il pas donné cette explication ?
En revancbeJ il semble peu vraisemblable que Gracian ait ignoré
le traité de Peregrini. Nous avons vu qu'il avait eu sans doute
connaissance des écrits politiques de ce dernièr, et qu'il lui devait
peut-être quelques idées du Héros. D'ailleurs, entre les deux
ouvrages les ressemblances sont frappantes_: le premier titre de
Graciân : Arte de lngenio, tratado de la Agudez.a, rappelle, plus
exactement ·que le second d'Agudez.a y Arte de ingenio, celui de

l

licenza di molto pensami. Replico pero che rui terro obligato a chi si dcgnasse
di farlo. on parlerè già cosi di chi mi trattasse, come vn certo, che tradotto
il m!o libretto delle Acutezze in Castigliano, se ne fece Autore, e di più si
glono che fosse stato da me trasportato in Toscano. Nel primo io non haurei
difficultà in darcene il perdono, e quasi dissi in compiacermene, perche non
potea quel bell'lugegno dar aitra maggior proua di farne stima grandissima.
11 seconda poi è bene stato vn tira, per non dir'altro, sfoggiatamente indiscreto. » 1 Fanti dell' .lngeg11c. L'Autore a 'Iettori, p. 21.
1. La dédicace à Filippo Adorno est datée de Eassuolo, du palais de Giovanni Andrea Doria, le Vendredi Saim 22 avril 1639, et à la p. 256, on lit:
tl Delle acutezze fatto dal sig. Matteo Peregrini principalrrieme per sua recreatione, mientre componea la gravissima Operctta della Politica massima in
Gcnoa ne! Palazzo di Fas~uolo del' Eccclentis. Prencipe Gio. Andrea Doria
suo signore, fini~o a gloria d'lddio,onnipoteme il giorno del glorioso s, Francesco di Paola r639. » La fête de ce saint tombi.: le 2 avril. L'édition décrite
plus l1aut est un ln-octal!o de 256 pp.

llALTASAR GRACIAN

Peregrini; les expressions employées par les deux auteurs sont souvent identiques, ainsi que leurs exemples: il y a là cettainement
plus qu'une simple coïncidence. On a voulu voir dans l'accusation de Lastanosa une habileté destinée à prévenir la protestation
que l'on redoutait de la part de Peregrini •. Mais pourquoi supposer Gracian et ~on ami capables de cette perfidie ? La chose
peut s'expliquer d'une manière beaucoup plus· simple, qui, certes,
n'est pas glorieuse pour Gracian, mais qui ne le déshonore nullement. Oui, Graci:in a connu le livre de Peregrini; il y a pris
l'idée première et le titre de son traité, mais il l'a complètement
transformé, puisqu'il prend en s,omme, comme on verra, le contrepied de l'auteur italien. A-t-il jugé utile, en communiquant son
travail à Lastanosa, de lui en indiquer l'origine ? Cela est peu
probable : en sorte que Lastanosa, sans défiance dans son enthousiasme pour son ami, fut surpris .lorsqu'il eut connaissance du
traité de Peregrini, à qui, sans hésitation, et sans consulter Gracia.a, il attribua le plagiat.
D'ailleurs, en dehors du titre, de quelques exemples,
quelques expressions et de quelques théories dont la source commune est Aristote, les deux ouvrages diffèrent profondément.
Dans sa préface, Peregrini déclare que son traité 2 a été sus~

l

de l

i. Voir Benedetto Croce. J

Gracia11, 1899.

trattatisti Italiani del

«

Concettismo )) e Baltasm;

Meno sicura potrebbe considerarsi la posizionc del Gracian,
non solo perchè egli fece·stampare akuni anni dope, ed era assai pratico della
coutemporanea letteratura italiana, ma -per aver messo le mani avanti col far
proclamare dal suo amico editore un plagia inesistente, per covrime forse- si direbbe-uno mei10 fantastico. )&gt; P. r3.
2. Peregrini al!ait en un de\,ancier dans cette étude. Dans son livre n cavalier Gi&lt;&gt;va11 Battis/a Mariua, 1569-1625 (Napoli, 1898), Angelo Borzelli reproduit (Appmdice, Ill, p. 325) un dialogue inédit de Camillo Pellegrino il Vecchio, primicier de Capoue, intitulé Del Concetto -poetico. Les interlocuteurs sont
le prince de Conca, descendu à Capoue ch1,7, le marquis de Campolattaro son
parent, son secrétaire Marino, et le chanoine Pompeo Garigliano. Le dialogue a pour sujet la distinction qu'on peut établir entre le Conœtto et lalo.:u«

�ADOLPHE COSTER

f cité

par la lettre d'ull Olivétain, le P. Vincenzo Renieri, qui lui
demandait ce qu'il pensait de ces pointes (Acutez.z.e ou Spiritt)
dont les écrivains conteinporains commençaient à abuser; le bon
Père s'indignait de ces sortes de feux d'artifice qui détournaient
l'esprit de toute réflexion, et se demandait si ceux qui les tiraient
n'étaient pas plutôt des possédés (spiritati) que des gens spirituels
(spiritosi) ; ici Renieri cédait lui-même à la mode et se permettait un de ces jeux de mots qu'il reprochait aux écrivains de son
temps. Cependant, par crainte de se tromper en les censurant
il priait Peregtini de lui expliquer ce qu'il fallait entendre pa;
ces spiriti ou vivez.z.e, et s'il lui semblait juste d'en user si abondamment. C'est pour répondre à ce désir que Peregrini aurait
écrit son traité.
Peregrini commence par passer en revue les auteurs qui one
parlé de l'acutez.za ; Aristote, Démétrius de Pbalère Cicéron
' qu'inci-'
Quintilien n'en ont qu'une idée vague et n'en parlent
demment. Le Père Caussin dans son Liher de Eloquentia Sacra',
a écrit un chapitre Laudatorum actttninum, mais sans en faire la
théorie. Agostino Mascardi n'en a pas fait davantage, et d'ailleurs les modernes n'ont même pas su, dans aucune lanQ'ue, donner un nom précis à ces jeux de l'esprit: c'est donc un terrain
( encore vierge que doit défricher le théoricien.
Peregrini commence par déclarer que l'actttezz.a n'est pas un
z.i&lt;me, la pensée et l'expression. Marino soutient que les deux choses sont distinctes-et reconnaît qu'en général le co11cetlo repose sur l'antithèse et Ja métaphore. Mais sa doctrine est bien loin de faire prévoir les excès du conceptisme.
1. L'ouvrage du P. Caussin parut en 1619; je cite d'après l'édition Nicolai
Cavssini Trece11si-s, ~et'lfféïisv. De Eloque11tia sacra et bu111a11a libri Xl'[
(Paris r64J). Au livre 11 se trouvent plusieurs chaeitres que Graciâ11 dut
mettre à profit t:t d'ou il tira phmeurs exempl~ 'lu'il introduis1
on rie:
ch. 1:IVDe aâtta sty'li br1witt1fe, .se11te11lii!q11e abruptis el sus tciosis. ïl111s orfus
et progresms ; ch. XI. Adjicilmtur quaeda,n la11dntoru111 acumin11111 exempla;
ch. XVI . De errorilnts abrupti siyli et frigide ac11fi.

BALTASAR GRACIAN

acte de la pensée et demande qu'on lui accorde les cinq axiomes
suivants:
r 0 l'aci,tle,tz.a ne consiste pas dans un raisonnement, mais dans
un mot (detto) qui peut comporter plusieurs parties, mais qui restera toujours un.
2° Ce mot sera nécessairement du genre beau et agréable.
3° Dans le champ Je l'éloquence~ grâce aux différences de plus
ou de moins, le beau et l'agréable s'étendent fort loin.
4° Entre ces limites du plus ou du moins, la beauté et l'agrément de l'ac-utezza vont bien au dela du peu et du médiocre.
5° L'ac1-1,tez.za ne dépend pas de la qualité de la matière ou de
l'objet signifié, mais de celle de l'artifice et de la forme de l'expression (favellare).
Pour mieux se faire entendre, il énumère deux par deux un
certain nombre de mots dont le premier est simplement beau et
le second spirituel (vibrato con l'acutezz.a). Puis il examine les
nwts qu'il qualifie de dignes d'applaudissement (plausibili) et
qu'il définit de la manière suivante: « Le mot plausible est celui
qui a une force particulière pour instruire, émouvoir, ou plaire
d'une façon très notable '. »
I. Plausibile è qualunque Detto habbia forza particolare da molto notabilmente insegnare o muouere o dilettare. - Detto plausibile graue è quello, chc
solo, o principalmente, per virtù della materia potentt:mente iosegna o
commuuoue. •- Detto plausibile diletteuolt: è quello, che solo, o principalmente per la virtü delle cose, potentemente diletta. - A-cutezza Graue
è rn Detto dall'ingegno del Dicitore artificiosamente figurato in maniera,
che riesce plausibile per l'effctto del molto insegnare, o muouere. - Acutezza
leggiadra è vn. Detto, che per vn'artificiosa dispositione di parole per tal guisa
collocate, che vn:a faccia notabilmente cont..-aposto all'altra, riesce plausibilmente
dilettoso. - Acutczza mirabile è vn Detto che perla vimi dell'ingegno nell'artificio d'esso marauigliosameme campeggiante, riesce molto plausibilrnente
diletteuole &gt;&gt;. ch. Il. Parmi ces plausibili gravi il cite la réponse des Corinthiens à Alexandre en lui donnant le droit de cité: « Nulli unquam Civitatem
dedimus nisi tibi et Herculi. » Ce mot est cité par Lastanosa dans la. dédicace /
de l'Ordc11l/1 à Luis Méudez de Haro.

�ADOLPHE COSTER

IL en est de cinq sortes :
1° Plausibili gravi: qui instruisent ou émeuvent puissamment,
uniquement ou principalement par la matière.
2° Plamibili diletle:voli: qui charment puissamment, üniquement ou principalement par la matière.
J0 Acutez.ze rravi: ce sont des rtwts présentés sous une forme
telle qu'ils enlèvent l'applaudissement, parce qu'ils instruisent ou
émeuvent beaucoup. Ce sont des acutez.:ze parce qu ils sont le produit de l'esprit qui, en les formant, montre heureusement sa
pénétration, et ils sont gravi parce que ce n'est pas leur aspect,
mais leur « moëlle pesante." qui 1€s fait applaudir.
4° Acutez_'{_e leggiadre : ce sont des mots qui, grâce à l'habile
disposition des paroles, qui s'opposent fortement l'une à l'autre,
deviennent assez agréables pour mériter l'applaudissement.
5° Enfin la cinquième classe est celle de l' Acutez.z.a mirabile.
C'est un mot dans lequel l'artifice fait si merveilleusement valoir
l'esprit (l'ingeniosita) qu'il en devient extrêmement agréable. C'est
la catégorie que Pellegrini prétend étudier.
L'objet du plaitsibile n'appartient pas à l'entendement qui
poursuit la vérité et la science, mais bien à l'esprit qui recherche
la beauté, et l'on peut définir la finesse de l'esprit : la faculté de
réunir avec une propriété admirable en un nwt, par un trope, des
choses opposées. D'ailleurs, n'est admirable que ce qui s'éloigne
du vulgaire 1 •
Notons en passant que ce mot de plausibile, si fréquemment
employé par Gracian, n'a pas été emprunté par lui à Peregrini,
car on le trouve déjà dans El Hiroe.
L'auteur examine différentes espèces d' Acutez.ze, sérieuses,
joyeuses, plaisantes, ridicules et mixtes; il essai.e même, chemin
faisant, d'ailleurs sans y réussir, de définir les causes du rire ( c. 5);

-

1. «
oi potrèmo diffinir l'accortezza dell'ingeguo al proposto nostro vn
felice rrouamento del mezzo per legar figuramente in vn Detto con mirnbile
acconcezza diuerse cose. - Si vede ancora .la radice del mirabile la quale è
qucsto esscr Jontano da! comunale. » Ch. TII .

BALTASAR GRACIAN

puis il énumère sept sources d'Acutez.za: Fincroyable ou inattendu,
la tromperie, l'accord 1 , l'imitation, l'enthymème, le sous-entencl'u et la dérision. Il étudie ensuite la métaphore, le noema, l'amphibologie et la fiction manifeste, en tant que sources de l' actttez.z.a, ainsi que les moyens d'unir les deux termes qui la composent, et conclut que l'acutez.za est un genre inférieur (c. 9) et
que c'est pour cette raison que les grands tbébriciens de l'antiquité n'en ont pas parlé.
Aux véritables, il oppose dix classes d'acutez.ze vicieuses et
signale, entre autres, comme tirées par les cheveux (stiraccbiate) des phrases comme celles-ci : « Les soupirs de Pâris
furent les soufflets qui allumèrent la flamme qui brtila Troie.
L'encre des poètes embaume les noms des Héros. )&gt; Cette dernière est curieuse à rapprocher de certaines métaphores du
Criticon et de l'allégorie de la mer d'encre qui entoure file de
l'immortalité. Enfin, après de nombreuses observations sur
l'emploi qu'on peut faire des acutezz.e, il donne comme modèles
·accomplis des acutez.z.e gravi Sénèque et Pline le Jeune, et prêche
encore une fois la modération dans l'emploi de ces ornements.
On ne saurait s'empêcher d'admirer le ferme bon sens avec
lequel Peregrini a traité son sujet: malheureusement les prémisses
sur lesquelles il s'appuie sont erronées. Il adopte en effet la doctrine, universellement admise de son temps, et reposant sur une
fausse interprétation de celle d'Aristote, sur la métaphore cc qui
charme en même temps qu'elle instruit 2 • » Pôur lui, la forme
) est indépendante de la matière, l'expression indépendante ae la
pensée.
J. « Di quà dunque naueremo vn terzo fonte d'Acutezza, che-.appelleremo
C11nurto : è consisterà nel raro entimematico legamento di due o più cose

vicendeuoln1ente se riguardanti. » Ch. V1, p. 95.
2 . To rœp f1&lt;XY02vm ~~ô[w; ~llù ~ua,! Jt«a1v È•m, '\'(L Si OVOfLG['\'&lt;1 a-tjp.&lt;1tV.l
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:li lfr &gt;:Opta la[l,E'I , • II ô~ fJ,Et&lt;1CPOpœ :to,.i TO'Jto iJ.l.lÀtG't'c:t . ôuv y?Lp tÎXl) 'tO -yijp,x;
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lfl, ro, .:i).

�ADOLPHE COSTER

. « La métaphore, pensait-on, est précieuse en soi, puisqu'elle
enseigne et qu'elle charme. Accumulons donc et compliquons.les
métaphores et nous aurons accru et rendu plus intenses le plaisir et l'instruction. C'est d'une manière analogue qu'on entendait
· et qu'on développait les théories de l'invention, de la composition, de ·l'élocution et du rythme. Si ce n'étaient pas de simples
moyens d'expression, mais des richesses, comment n'être pas
reconnaissant à !'écrivain qui s'en servait avec exubérance ou les
offrait avec le plus de profusion?' &gt;1
Comme Peregrini est homme de bon sens, il est ch-0qué des
conséquences très logiques que les contemporains tiraient de
cette doctrine, s'acharnant à embellir et à orner la pensée au
moyen de parures factices, comme on accroche un tableau à un
mur pour en cacher la nudité. Mais, bien qu'il reconnaisse luimême « qu'il peut arriver que la valeur de l'esprit se manifeste
notablement dans l'invention du moyen de lier l~s choses, sans
q~e néanmoins on lui accorde une attention ou une admiraùon
particulière, en raison de l'effet important et puissant qui par ailleurs prédomine dans le mot, le plaisir de l' acutezza, dit-il, ne
reste pas pour cela totalement oisif, mais sert, pour ainsi dire,
d'arc pour faire que la force du mot s'imptime plus facilement. »
M. Croce remarque avec raison que ces quelques lignes
indiquent déjà la théorie moderne de la forme littéraire considérée non plus comme ornement, mais comme véhicule de la pensée•. Mais Peregrini ne tire pas de cette fine observation les con( clusions qu'elle comporte. Il fallait encore attendre un demisiècle pour que La Bruyère écrivît: &lt;&lt; Entre toutes les différentes
expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n'y
,en a qu'une qui soit la bonne. » Aussi Peregrîni demeure-t-il
incapable de définfr l'essence même de l' acutezza et de tracer la
limite qui la sépare de la simple pensée.
I
1.

2.

Benedetto Croce,
Benedetto Croce,

op. cit.,
op. cil.,

p.
p.

2.
16.

BALTASAR GRACIAN

Peregrini marquait une réaction contre le conceptisme. Gracian est animé d'un tout autre esprit et se pose en défenseur,~
e_roR_hète de 1'agudeza. Le simple exposé de sa êiOctrine fera voir,
sans qu'il soit besoin de les souligner, les ressemblances et les
différences qui existent entre les deux traités.
Comme son devancier, Gracian commence par remarquer que
l'agiulez.a n'a été l'objet d'aucune tbéorie de la part des anciens,
qui cependant ne l'ont pas ignorée. Puis, dans un langage pompeuxet alambiqué, vraiment digne d'un cultist , il essaie de définir la nature de l'agudez.a. Il reconnaît d'a-illeurs immédiatement
que cela est malaisé, et qu'on sent 1'agudeza plus aisément qu'on
ne la définit : il recourt donc à une comparaison. « Le concept
est pour l'entendement ce que la beauté est pour la vue, ou
l'harmonie pour l'ouïe ». Notons en passant que, non plus que \
Peregrini, il n'est arrivé à trouver un mot unique pour exprimer
cet indéfinissable : il l'appelle indifféremment agudez.a ou concepto. Il existe un art du concepto ou de l'agudez.a : cet art, qui n'a
pas de noni jusqu'à présent, consiste à établir « une habile concordance, une harmonieuse corrélation entre deux ou trois termes
connaissables par un acre de l'entendement ' &gt;1, et le concepto
peut se définir: « un acte de l'entendement exprimant la correspondance qui existe entre les objets. L'expression de cette harmonie ou corrélation constitue l'agudez.a objective•&gt;&gt;. Cette défi- ' '
nition ne parut qt1e dans la rédaction de 1648. On reconnaît là
les idées de Peregrini, sous une forme plus prétentieuse.
1. « Lo que es p~a los ojos la hermosura, y para los oidos la consonancia,
csso es para el entendimicnto el concepto. » Ài[udez.a, II, p. 3. « Consiste
pues este artilicio conccl?tuoso en vna primorosa concordancia, en vna armooica correlacion entre los cognosciblcs extremos, expressa por vn acto del
entendimiento. » Arle, f. 4, r. - Agudez.a, Il, p. 6.
·2 . « De suerte que se puede definir el concepto. Es vu acto del cntendimiento, que exprime la correspondencia, que se halla entre los objetos. La
misma consonancia, o correlacion artificiosa exprimida es la sutileza objectiua. &gt;) Agudez.a, Il, p. 7.

�632

ADOLPHE COST}l,R
BALTASiR GRACIAN

Gracian distingue ensuite deux sortes d'agudetas, celle de pénétration ( perspicacia) et celle d'artifice ( artificio) ' ; la première
consiste à pénétrerles vérités ies plus difficiles; la seconde cherche
surtout la beauté subtile ; celle-là est plus utile, celle-ci plus
agréable: c'est de cette dernière que Gracian va donner la théorie. Cette distinction correspond à celle qu'avait établie Peregrini
entre les detti plausibili et l'acutezza mirabile.
L'aguàeza de artificio se divise à son tour:
r en agudeza de concepto qui consiste plus dans la subtilité de
la pensée que dans les paroles.
2° en agude{_a verbale qui consiste plus dans les paroles, de
sorte que, si l'on supprime les mots, il ne reste plus d'âme (alma).
Ce mot alma semble correspondre à ce que Peregrini appdle spirito. Ces agudezas ne peuvent pas se traduire dans une autre
langue.
0

,

3° en agudez.a tlaction. Cette troisième catégorie n'a pas d'ég_ui~ .•.\i
}valent chez Peregrini et constitue une innovation.
~ '-'~
Mais laissant de côté cette troisième division, qui ne rentre

1. « La primera distincion sea entre 1a Agudeza de perspicacia, y la de artificio; qtte es el objecta &lt;lesta Ane. Aquella atiende a dar alcance a las dificultosas v'erdades, descubriendo la_ nJas recondita : esta no cuydaodo de esso afecta
la hermosura suti) ; àquella es mas vtil, esta deleitable: aquella es todas Jru;
Artes, y Ciencias en sus actas, y sus babîtos ; esta como estrella errante, no
tiene casa fixa. - Pudiera diuidirse la Agudeza de artificio en Agudeza de Concepto, de palabras, y de accion, que las ay prontas, muy hijas del Ingcnio:
diuision de accidente en los sujetos, pero lo que merece por adequada, desmerece por vulgar (f. 5). Diuidese adequadamente eu Agudeza de artificio
menor, y de artificio rnayor, quiero dezir Tncomplexa, y Compuesta. La Incomplexa es vn acto solo, pero con pluralidad de formalidades, y de extremos,
qne terminan el artificio~ qu.: fonda la correlacion » (f. 6, r). - « La Agudeza
compuesta consta de muchas actas, si bien se vnen en la moral trabaçon de vn
discurso. Cada piedra de las preciosas, de·por si pudicra oponerse a estrclla ;
pero juntas en vn joyel, emulan cl firmamento. Composicion art ificiosa del
Ingenio, en que St: erige maquina sublime, no de colunmas, ni architrabes,
sii10 de assumptos, y de conœptos. » Arte, Ill, f. 6, v.

633

guère dans son sujet, Gracian divise de nom·~a~ l'agudez.a en
simple et complexe, de arti_ficio menor ou de artificio 1:1ayor, ~elon
qu'elle comporte un raisonnement unique ou un_e séne de raI.Sonnemems. Le traité est donc divisé en deux parties dans le te.Jl;te
de 1648 ; 1a première étudie en cinquante chapitres l'agudeza
simple, la seconde, en treize chapitres, l' ag'.1.deza con~plexe. Dans
l'Arte de 1642 les chapitres se suivent sans mterrupuon, les quarante-et-un premiers correspondant à la première division et les
neuf derniers à la seconde.
Il existe quatre for~es d'agudeza simple: 1° de corrélation et de
convenance d'un terme avec un autre; elle comporte les proportions, disproportions, similitudes, parites,_ ~llusions_, etc.; 2° de
j)ottderacùm juiz.iosa sutil comprenant les cnt.1ques, paradoxes, ex~gérations, sentences, solutions (desempeô~s) etc.; 3° de rac10°
cinacion, comprenant les mystères, observat10ns (repar~s), déductions, preuves, etc.; 4° d't'nvention, comprenant les fict1011s, stratagèmes inventions en acte ou eo paroles, etc. i .
Tant de précision dans le classement des diverses formes de
l'-agudëz.a semble faire prévoir une doctrine très nette sur les
moyens de la faire naître ; mais il faut malheureusement en
rabattre: dans l'expose dogmatique qui précède,_ nous avons
retrouvé une partie des idées et même des express10ns de Peregrini; dans les chapitres suivants nous ne trouvon_s, comme chez
l'auteur itaüen, qu'une impuissance manifeste à expliquer comment
se produit l'agudez_a. La méthode employée par Graciân est celle
des traités de rhétorique.
1. « Bueluese a diuidir la Agudeza b:1complexa en sus generos y mo~os ; Y
reducese a quatro raizes, y como fuente~ . La primera es d~ correlac101_1, Y
conueniencia de un .sujeto con otro ; y aqui entran las propo:c'.o_nes, se~e1anças, paridades, alusiones, etc. La segunda es de po11deracion 1_u1:10sa sutil, Y a
esta se reducen los desempeiios, crysis, paradoxas, eucarec1m1entos, sente~cias etc. La tercera es de raciocinaciou, y a esta perteuecen los reparos, tmster·1~5 ilacioocs prueuas etc. La quarta es de inuencion, y cômprehende las
'
'
'inuencioaes raras en accion y dtcho
· .. • » A1·te, III ,
ficcîones,
estratagemas,
f. 6, v. i, r.

�634

Le sujet dont on parle, dit-il, est comme un centre d'où
partent les rayons me11anc à ses accidents, causes, effets, a?rlbuts,
qualités, contingences, circonstances de temps, de heu, de
manière, etc.
L'écrivain les confronte un à un, d'abord avec le sujet, ensuite les uns avec
Les autres, et chaque fois qu il y découvre quelque conformité ou convenance,
soit avec le principal sujet, soit entre eux, il l'exprime, y insiste, et c'est là
qu'est la subtilité'.

Mais si ces rapports étaient simples, faciles à découvrir, ou
même naturels, quoique difficiles, ils ne dîfféreraient en rien ~es
tropes et des figures de rhétorique; Gracian s'en rend b1en
compte et voit à chaque instant le terrain se dérober sous_ ses
pas. Il essaie donc d'élever de frêles barrières entre la rhétorique
et l'agudez..a. Il prétend que « les tropes et les figures de rhétorique sont la matière, et comme le fondement sur lequel l'agudeza peut élever ses cbefs-d'œuvre: ce que la rhétorique a pour
forme (son) art le tient p·our la matière sur laquelle il jette
l'émail de la subtilité•. » Absurde raisonnement qui ferait de la

•

1. « Es el sujeto sobre quien se discurre, ya en conceptuosa p~negiri, ya e~
ingeniosa crysi, vno como centre, de quien reparte el discurso hneas de suuLeza a las entidades, que lo rodean ; a los adjuntos que lo coronan ; como so~
causas, efectos, atributos, contingencias, circunstancias, y qnalquiera otr:t entl·
dad correspondiente. Carealas con I sujeto, y vnas con otras entre si, y en
descubriendo alguua conformidad, o proporcion, que digan vnas con otras,
exprimela, con sutileza. ,, Arte, IV, f. 7 v. La traduction donnée plus baut est
celle du texte de 1648. A![u,dez.a, IV, p. q.
2 . oc Consiste su artificio en vn en.carecim:iento 1ngeuioso, deuido a la ocnsion, que en las extraotdinarias ha de ser el pensar. ext~ordinario, y auoque
no escrupulea en la verdad esta Agude-la, por cener ltcenc1a general de exagerar • con todo esso pide fundamento en que apoyarse, y que la mesma concur;encia de c!rcunstancias dè pie para la exageracion, porque sin este fundamel)tO 00 seria Agudeza, sioo vn hiperbole Retorico sin vida de Concepto.
Sou los tropos, y figuras Retodcas, materia, y corne f~ndamento para ~l real,ze
de la Agudeza, y lo que la Retorica tiene por formahdad, esta arte tLene por
materia sobre que echa el esmalte de sutileza. » Arte, XVII, f. 48, v. Â!f1tdqa,

}C{,

B·ALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

p.

127.

forme d'une matière la matière d'une autre forme. Aussi, conscient de l'inanité de cette distinction, Gracian a-t-il cherché up
autre moyen de discerner les conditions dans lesquelles peut se
manifester l' agudezâ: &lt;&lt; Il faut, dit-il, qu'il y ait toujours quelque
circonstance spéciale surlaquelle se fonde la conformité des termes
pour élever la comparaison conceptueuse, sans quoi, ce ne sera pas
une sutilez.â, mais une simple figure de rhétorique 1 • &gt;J
On ira donc chercher bien . loin les rapports entre les termes, \
et, dans ces conditions, ces rappmts ont toute chance d'être sim\ plement spécieux, faux ou absurdes : cette doctrine se manifeste
en toute naïveté au Discurso VI qui porte le titre plein de pro·
messes de Agudeza po,, ponderac-ion misteriosa.
Qui dit mystère dit grossesse, vérité cachée et abstruse ; or toute c0nnaissance qui coOte est d'autant plus estimée et agréable. Cet artifice consiste
à soulever un mystère dans la connexion des extrêmes ou termes corrélatifs
du sujet (je répète: ses causes, effets, accidents. circonstances, contingences) et
après avoir appuyé sur cette coïncidence et cette union, on donne une raison
subtile et convenable qui y satisfasse... •

L'exposé qu'on vient de lire de la doctrine de Graciao montre
I. oc Siempre ha de auèr alguna. eircunstancia especial, en que se funde la
confom1idad de los terminos, para leuautar la comparacion concepti.losa, que
sin esta no serà sutileza, sino una desnuda figura retoi;ica, sin viuez.. de inge010, como se dixo de la semejança y otras. Agudeza, XIV, p. 87. Arte, XIV,
f. 39, v. - « Las conceptuosas, y que sou rigurosamentc ·conceptos, son las que
se fuodan en alguna circunstancia especial, tomando pie della el discurso, para
conceptear, y entonces a mas del artiticio retorico, aiiaden el conceptuoso.
ÂJ!1uleza, XIII, p. 80. Arte, XII1, f. 33, v.
2. 1&lt; Mvcho promete el nombre, corresponde la realidad; quien dize Misterio, dize preùez, verdad escondida y recondita ; no!icias pleiteadas causan mas
gusto, que por pacifica cogniciou; son como vitorias del discurso, trofoos de la
curiosidad. - Consisteelartificio desta gran especie de Agudeza en leuantar misteriô entre la couexion de los extremos. Repito causas, efetos, adjuntos, circu1,1st-a11cias, contingencias, etc. Y despues de bien ponderada la difficultad,
dase vna razou sutü, y adeq uada que la satisfaga. " Arte, VI, f. 1 7, v. Agudez.,1,
vt, p. 33 .
~EVOE H!SPAN IQ.UB. D,

41

't

�ADOLPHE COS'l'ER

que l'auteur de l'Agudez.a n.iti.en inve,!_l.té et qu'il ne se distingue
de Peregrini que par son enthousiasme pour ces pointes et ces
traits d'esprit, que !'Italien regardait, · à juste titre, comme des
manifestations inférieures de l'intelligence.

BALTASAR GRACIAN

CHAPITRE

xvn

Préceptes sur le style. - L'Ag-uckza est-elle un ~raité de rhétorique cultiste?
- Jugements littéraires de G.raciân. - lnfluence de l'Agudez:4.

La doctrine que nous venons d'exposer n'intéresse que la composition et non le style. Les nombreux e.·emples qui foot de
l'Agudez..a une si curieuse anthologie montrent le degré de mauvais got"tt et d'exagération que Gracian était capable de supporter ou même 'd'admirer, mais semblent laisser incertaine l'école
dont il entend se réclamer : en d'autres termes l' Agudez:,a est-elle
un traité de rhétorique conceptiste ou cultiste ? Est-elle à la fois
l'un et l'autre, et l'auteur n'établit-il aucune distinction entre
ces d~ux éeoles 1 ? Nous a vans eu déj àl'occasion de répondre incidemment à cette question en faisant, avec l'aide de Gracian, l'histoire sommaire du conceptisme et du cultisme avant lui. Une
étude un peu attentive permet de la trancher.
Il est remarquable tout d'abord que, toutes les fois qu'il cite
et juge des écrivains, Gracian établit une distinction très nette
entre ceux qui sont simplement conceptuosôs, et ceux qui sont
cultos ou biz.arros selon son expression : jamais il ne donne au
1. « La Agudeza y arte de ingt!nio no es de ningun modo uua Ret6rica auJ_
terana : es precisamente el contrario · es una Retôrica couccptista, un tratado
de preceptiva literaria, cuyo errer consiste en haber reducido todas las cualidades del estilo a una sola; todas las faaultades que concurren a la produccion
dela obra artistica a una sola también. Es el codigo del intelectualismo poético. »
Menéndez y Pelayo, Historia de las ide(I$ estéticas, II, p. 522-523. M. Croce,
en citant ce passage, ajoute-: (&lt; Pur convenendo all'ingrosso in questa osservazione (ma molto all'ingrosso giacchè il Gracian era, in fine, anch'egli un
ammiratore del Gongora), non possiamo ammettere che l'w1a rettorica sia il
contrario dell'altra : sono piuttosto due gemelle. » l trattat,:su, etc., p. 28,
n. 2. « Il Gracian nella sua Agudez.a usa indifferentemente gli epiteti di.cultoe
wm:eptuoso ; chiamando ad esempio il Maru10 ora el t'lllt11 Mrt.ri110 (dise. V) ora
el co11cept110~0 Mai·ino ( dise. X). &gt;&gt; Id. lbid., p. 27, n. r.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIA

hasard ces qualifications, comme il est facile de s'en rendre
compte.
Quevedo, Lope de Vega ne sont jamais appelés que conceptuosos ou ingeniosos; Carrillo, G6ngora, Paravicino sont toujours
qualifiés de biz.arros ou_cultos. Graciao insiste même d'ordinaire,
et note comme un léger défaut !~absence de cultisme chez les
deux premiers. Tous)es autres écrivains qu'il a eu l'occasion de
nommer sont toujoms rangés avec précision dans l'une ou l'autre
catégorie. Je ne vois qu'un cas dans lequd il se soit trompé,
c'est celui de Marino : il lui donne la double qualification de conceptuoso et de culto ou aLiiiado; or Marino n'a pas droit, semble+
il, au titre de culto tel que nous avons eu l'occasion de ie définir
au début de cette étude. Peut-être la connaissance insuffisante
qu'avait Graci.in de la langue italieoae, et que nous avons signalée, l'a-t-elle empêché de bien juger ce poète. De plus il faut
reconnaître que le mot culto n'a pas pour lui un sens aussi précis
que celui que nous lui avons donné et qu'il distingue un bon et
mauvais cultisme.
n .existe selon lui deux genres de style 1 : le style naturel, uni, ,
coulant, sans affectation, mais propre, pur et poli, et le style
ani:ficiel, pomponné, limé avec effort: l'un clair, l'autre difficile
Le style naturel est celui dont usent c&lt; les personnes qui parlent
bien dans l'ordinaire de la vie, et sans étude » ; il peut être plus
ou moins relevé, selon le degré d'instruction ou d'esprit de la personne qui parle; il est comme le pain dont 011 ne se dégoûte
jamais 2, il suffit à exprimer les pensées les plus subtiles, les con1. « Dos generos de estilo ay celebres, muy altercados de los valiéntcs
gustos, y soo el natural y artificial, aquel liso, corriente, sin afectacion, pero
propio, casto, y tersa: este pulido, limado, con estudio, y atencion : aquel
claro, este dificultoso. " Agudez.a LXII, p. 366. « Ay vno coma media entre
los estilos natural, y culto, que 1;i del todo se descuida, ni del todo sé remonta,
de frase substancial, y llena. » Ag11dez.1t, LXII, p. 370.
2. « Es el estilo natural, como l!1 pan, que nunca enfada, gustase Il.las dèl
que del violento, por lo verdadero, y claro, ni repugna a la eloquencia; antes

ceptos. Mais lorsque l'artifice des .mots s'unit à la subtilité des

~~mm:

pensées, on a un c~ef~d'œ~vre. Le concept est en1 effet
le
fruit de l'arbre, qut n acqmert toute sa beauté qu au 1ruheu d un
opulent feuillage 1 •
11 faut d'ailleurs user de ce style artificiel avec sagess~ et non
pas hors de propos, et surtout se défier de ce style culto bâtard et
visible qui ne s'attache qu'à la disposition des mots, à leu_r parur:
matérielle, sans âme, abusao,t de ces concepts besac1ers qm
expriment la même chose, qu'ils aillent devant ou derrière 2·•
Mais cette question du style est secondaire aux yeux de Gracian; aussi le voit-on déclarer que les anciens, comme Alonso
de Cartagena ou Antonio Pérez, sont des modèles achevés de
conceptisme.
fluye con palabras cas tas, y propias ... En este mismo genero de estilo natural ay tambien su latitud ; vno mas _realçado que otro, è por mas erudicion,
b par mas prefiez de agudeza, y tambien por mas eloquencia natural. Que
aunque este lenguage es aquel que vsan los hombres bien hablados en su ordinario trato sin mas estudio ; con todo esso ay vnos naturalmente mas eloguet1tes que otros, y mas alinados. ,, Agudez.a, IXII, p. 368-369.
, • Dos casas hazen perfecto vn estilo, la matcrial de las palabras y la formal de los pensamientos, que de ambas emioencias se adegua su perfeccioi1.
Contentanse vnos con sola la alma de la agudeza, sin atender a la bizarria del
exprimirla, antes tienen. par felizidad la facilidad del dezir, aun en la Poesia. &gt;)
Ag-udez.a, LX, p. 356. - &lt;&lt; Son las vozes lo que las hojas en el arbol ; y la
conceptos el fruto ... Son los conceptos vida del estilo, espiritu del dezir, y
tanto tiene de perfecdon quanta de sutileza; mas quando se junta lo realçado
de1 estilo, y la remoutado del con(epto, hazen la obra cabal. ,, Ibid., LX,
p. 357.
.
2. « Pero cada vno en su saçon, y todo con cordura: y notese con toda
aduertencia que ay vn estilo culto, bastardo, y aparente, que pone la mira en
sola la colocacion de las palabras, en la pulideza material de ellas, sin alma de
agudeza, vsaodo de encontrados, y partidos, conceptos de .alforxa los apodaua
Bartolome Leonardo; porque lo mismo exprime el que và delante, como el
que viene detras. Esta es vna eafadosa, vana, ioutil afectacion, indigna de ser
escuchada ... Siempre insiste en que lo conceptuoso es el espiritu del estilo. "
Agudez.a, LXII, p. 367:

'

�6-10

BALT SAR GR CIA

ADOLPHE COSTER

« n y a, dit-il, cette différence entre les compositions anciennes et les modernes

que, dans les premi~rcs, tout est concept, ce qui les rend pleines d'd.me et de
vivacité ingéni •use, tandis que h:s autres metteot tout leur mérite dans les
feu~cs 1 des paroles, dans l'obscurité de 1, phrase, dans le cultisme du style:
nuss1 n ont-elles pas autant de fruit de finesse 1 »

•

•

On n saurait donc nier, après ces déclarations, que l'art de
Graci4n est es entiellement cooceptiste, qu'il admet un cultisme
di~ret, .~o~me c~mplémenr efficace de la b auté du concept,
mats qu 1l n '.1 fait pas un art à part. Qu si l'on objecte qu'il
semble de prime abord que son Agudr.a soit cons'llcrée à la
gloire de G6n°ora, cité ave profusion, il faut remarquer que les
poé ie du grand cultiste, qu'il donne en exemples, n'ont en général aucun rapport avec le cultisme du Polifemo ou des Soledades ·
si Gracian déclare que le modèle achevé du style alinado est bie~
G6ogora, surcout clans ces deux poèmes, il faut constater qu il
n'en cite que qeux vers dans son Agudiz.a (XL VIII, p. 297), et
qu'il se moque des sors imitateurs qui s'imaginent I égaler en lui
t:mpruntaot quelques mots ou quelques phrases sonores 2 • Ce
qu'il admire chez G6n°ora, c'esc la subtifüéde la pensé . Et quels
ont, outre G6ngorn, les auteurs qu'il prés me, à la fin de son
œ~vre, comme les mam s qu'il faut imiter? Ce sont énèque,
~!me le Je~ne dont le Panégyrique est l'abrégé de l'art concepr1ste, Marttal, Juan Rufo, Antonio de Mendoza. Aucun de ces
é rivains ae mérite le nom de cultiste, quelques-uns même diff~
rent totalement de cette école. Et le modèle définitif unique est
Pline, c t auteur correct entre tous, respectueux
la laarrue
0
imitateur docile des classîques
'

i:

d;

1. « Esta difcrencia ay entre las composiciones antiguas, y las mo&lt;lemas,
~ue a~ucllas todo lo echauan en concepto, y assi c r.\n llenas de alma y viueza
mg~1osa; esras toda su cmin ncia ponen en las ojas de las pafabras, en la
escundad de la (rase, en lo culto Jcl estilo, y assi no tiencn tanto fruto de

:tgudeza. )&gt; Ag11dez.,1, XXV. p. 168.
2. Ag11àez,a, LX.Il p. 373. Cité plus haut ch. XV.
;. « 0 tu qualquiera que aspiras a la inmortalidad ' con la arudei:i
v culn
, tura de rns obr:1s, procur:i de censur:ir como Tacito, ponderar como Valt!rio,

Mais ce serait mal connaitre Gracian que de se contenter des
jugements qu'il a pu porter ur les écrivains dans son Ag11d~a.
Il nous a livré ailleurs le ecret d
préférence littéraires, à un
1\ge où se goûts ne pouvaient plus gu re changer. Dans la
seconde partie du Criticôu en effet, Andrénio et Critilo pénètrent
sous la conduite de l'Esprit, que p rsonnifie l'Homme ailé, dans
l Palais de l'Entendement: dans l'une des salles j!s trouvent la
rmphe de la poésie qui touche de aot eux les instruments qui
ont appartenu aux Poètes fameux. Les deux Pèlerins s'étonnent
de voir que b citbare de Gongora soit simplement de bêtre, et la
ym phe leur dit :
« i dans cet archet culti te de Cordoue l'en eign ment moral avait rèpondu
à la composition héroïque, le sérieux du sujet à la culture du tyk, la matière
à l'élégance (bi{arria) du vers, à la subtilité des concepts, cc n'est pas d'ivoire
mais du plus fin diamant que méritait d'être faite sa cithare •. •

Ainsi G6ngora n'a pas atteint la perfection; la futilité de ses
sujets le condamn ; et voilà certes qui n' st pas le jugem nt d'un
culùste. Guarini, malgré l'harmonie de son style. est trop concepriste pour un poète pastoral 2 • Voilà une critique qu'on n'attendait pas d'un coocepti te. Lope de Vega t inégal, son instrument est une flôte de Pan. Graci.io constate sa gloire mais
semble attribuer son suce s à la grossièrecé du temps où il
vécut 3.
Pétrarque Dante et Bosc.in sont d'une froideur désespérante; \\
et bons à lai ser- dans leur cotn •. l)éjà, dans I' Agud-ez.a, Gracian
reparar como Floro, proporcionnr como Patcrculo, aludir como Tulio, senteociar como Seoeca, y todo como Plinio. » Agudtr_a, LXI, p. 366.
1. C-rilicô11, fi, 4-, p. 89. Citê plus haut, ch. XV.
2. li Torno à vn Italiano rebclejo, tan diùce, que al passar cl arco, parecio
uspender la misma annonia. de los Cielos, si bil!n p:tr:t ser pastoril, y tan Fido,
parecio obradamente conccptuo o. ,, Criticôn, II, 4, p. 89-90.
3. Criti,6n, li 4, p. 90. Cité plus haut, ch. ,· .
4. " Dcscolgô \'na vihuela, mn de niarfil, qu · afrcm:ma la misma oieu ,
dcro mn fria, que al punto se le claron los Jedos y huuo de dcxarla, dîzicndo:

�ADOLPHE COSTER

B LTASAR GRACIAN

avait jugé sévèrement Pétrarque' à qui il avait adjoint Herrera.
Il est curieu."l: de noter qu'il n'a pas cité ce dernier dans son Arte
et qu'après avoir dit de lui, dans son Agu.dC{a, que ses onnets
amoureux sont fastidieux, il lui a lancé en outre un trait assez
méchant, en parlant de ces écrivains divins dont « il a anatomisé
l'âme sans pouvoir la trouver 2 • ,&gt; Camoëns, par ses concepts,
emporte l'admiration de tous l. Marino, maigréson mérite, dégoûte
par ses obscénités -1. Dans un coin gisent pêle-mêle les instruments
des poètes épiques modernes, déjà tour couverts de poussi re, à
l'exception de celui du Tasse, qui est un Virgile chrétien. Mais
au milieu de toutes ces poésies sérieuses, ou travaillées, Graci:in
fait une place inespérée à la musede Quevedo. Parmi c s théorbes,
ces lyres ou ces cithares solennelles, on aperçoit des cliquettes
picar sques que la ymphe déclare fort plaisantes. « C'est avec
elles qu'à l'hôpital Marica oubliait ses douleurs. » On pourrait
être renté de voir là une allusion à 1a poésie populaire, que Gracian devait goûter pour sa spontanéité et sou pittoresque. Mais il
(( En estas rimas del Petrarca se ven Vllidos dos estremos que son, su mucha
frialdad con cl amoroso fuego. • Colgàla junto a otras dos, mui sus semejantes, de quiencs dixo: u Estas mas se suspecden que suspenden » y en secreto
confesscles, eran del Dante AJigero, y dcl Espaiiol Bo~cao. ,, Critùé,t Il, 4,
p. 9()-91.
1. « Ni todo ha de ser jocoso, ni todo amoroso, que tantos sonetos a vn
assunto liuiano, mas sentidos, que emendidos, en e1 mismo Petrarca, en cl
mismo Herrera, empalllgan. » Agudt{_a, LXIII, p. 37.5.
2. &lt;&lt; Otros se dexan (dfr-il des auteurs qu'il n'a pas cités) y aun de los celebrados por diuinos, porque confiesso que aunque les lie hecho anat0mia del
alma, jamas la pude hallar. » ibid. Th'lll, p. 376.

3. 11 Tano con indl!Ziblc melodia vnas folias a vna Lira conceptuosa, que
todos cclebraron mucho, y con razon : " Bast:ùe, dixo, .ser plectre Portugues,
tiemamentc reg:dado; que èl mismo se cstà di.ziendo, el que amo es (CamOls). »
Crilicôn, 11, 4, p. 91.
4. 11 Grande asco les causô ver una tiorba Italiana, Ucoa de suciedad y que
frescamcntc parecia aucr caido en algun cieno, y sin ossarla mcar, quanta
menos taô.er, la recatada infa dixo: ,, Lastima es, que este culto plectre del
~1arino, aya dado Cil tanta inmundida lasciua. " Critir611, Il, 4 p. 91.

n'en est rien: il s'agit de Quevedo qui a laissé deux romances sur
Marica parmi ces J:karas si vivantes dans lesquelles il mec en
scène, avec le langage approprié, les héros de la Vida ~i~ada '.
Il est piquant de voir Gracian, malgré sa soutane, cho1SLr pré•
cisémenr ces poésies scabreuses pour en faire le principal titre de
o-Joire de Quevèdo : c est une preuve remarquable de sa largeur
d'esprit. Il cite encore Quevedo dans fa liste de~ mor~stes, après
Sénèque, Platon, Lucien, Plutarque et Juste-L1pse: iJ montre la
nymphe de la Morale cueillant quelques feuilles qui donnent
aussitôt envje à tout Je monde; les uns les mâchent, les autres
les broient et tout le jour s'en mettent la poudre sous le nez.
Majs « ces feuilles de Quevedo sont comme celles du tabac, plus
vicieuses qu'utiles, plus agré 1bles que profitables » 2 • La Celestiua est comparée au persil destiné à faire passer sans dégoût la
grossièreté de la chair 1. Barclay est comme la moutarde qui, tout
en irritant les narines, plaît par sa saveur piquante+. L'Iofant
Don Manuel mérite une place d'honneur ; mais il faut le lire
\Sans faire attention à son style; singulier précepte si Graciâo eO.tréré vraiment culciste. Quant aux Ragg1iagli de Boccalini, ils sont
appétissants, mais semblables aux feuilles de 1anichaut dont on
ne mange que l'extrémité, au sel et au vinaigre 5•
oir plus haut, ch. XV.
Voir plus bau1, ch. XV.
.
3- (&lt; De la Cclestilla, y otros tales, auoquc ingeniosos, compara sus ho1as a •
las del percgil para poder passar sin asco la camai grosseria. » Critidm, Il, 4,
t.

1.

p.

103.

4. « Estas de Barclayo, y otros son como las de la mostaza que aunque
irritan Jas n:irizcs dân gusto con su picante. ,o Ibid. II, 4, p. 103.
5. « Ostentb mucho vn:1s bojas, aunque mal aliftadas, y tan fcas, que les
c:iu.-::lron horror, mas la prudeme infa dixo « : 1o se ha de at nder :il estilo
del infante Don Manuel, sino a la estremada moralidad, y al artificio COil que
ense,ia. » Por bueo tlcxo sacb voa akarchola, y con lindo gusto la fue desbojando y dixo : « Estos raguallos del Boquelino son mui apetitosos, pero de
toda vna hoja solo se corne cl cabo con su sal, y su vinagre. » lbid. Il, 4,

p.

103-104.

�ADOLPHE COSTER

Ces jugements marquent un esprit ouvert, et vraiment éclectique, et font grand honneur à Graciao. li en ressort cette conclusion que l'auteur de l'Agudeza a toujours donné le pas au fond
sur la forme, en dépit de la tradition tenace qui ne veut voir en
t lui qu'un artisan de mots, superficiciel et ridicule.
Malheureusement, si nous pouvons soupçonner que Gracian
n'attachait qu'une importance secondaire aux doctrines de son
Agudez.a, et, qu'en les exposant avec tant di:: solennité, il jouait
un peu le rôle d'un mystifi.:ateur, il trouva des lecteurs qui le
prirent au sérieux, et dont les cerveaux peu solides furent irrémédiablement troublés par cet enseignement. Graci1m a joué incontestablement le rôle de vulgarisateur du conceptisme et du cultisme et contribué puissamment au développement du mauvais
gmît, tant en Italie qu en Espagne.
Pour se rendre compte de ce qu'une telle doctrine, versée dans
des esprits médiocres, pouvait produire de scandaleuse sottise, il
suffit de se reporter au traité de Tesauro, dont nous avons déjà
parlé, il Cannocchiale Aristotelico: c'est un excellent commentaire
de l' .A.gudez.a '.
Publié en I 64 5, ce livre développe et complète les théories de
Graciân. Huit éditions de cet ouvrage, entre 1654 et 1682, une
traduction latine de Caspar Corber en 1698, puis r714, et les
attaques du P. Bouhours contre l'auteur, qu'il met sur le même
plan que Graciao, montrent quelle en fut l'importance, et le succès~. Partant toujours de la doctrine d'Aristote sur la métaphore
1. Voir le titre de l'ouvrage de Tesauro, plus haut, ch. XIV.
2. Muratori (1672-1750) dans son traité Della Pèrfetta Poesia, attaque a la
fois GradAn et Tesauro: « Poca obbligazione in verità ha la Spagna a Baltassar Graziano, che ne! suo trattatO delle Âcuter{_e ha posto in si grau riputazione questo meschinissimo stile (dei concetti). Pochissima ancor noi abbiamo
ad Emmanuèle Tesauro che n'abbia coi suai libri, e sopratutto col Ca,mocchiale
Àristotelico autenticato l'uso. Questi autori, ingegni per altro fe.licissimi, banno,
oltre il dovere, gtrasta e corrotta la natura delfa. vera eloquenza e della buona
poesia, quando più si vantarono d'auerla aiutata. Cité par Croce, op. ci1.,
p. 2J.

BALTASAR GRAC1AN

Tesauro la définit : una parola peregrina velocemente significante 1m
obietto per rnezz.o di un altro &gt;&gt; et croit qu'elle est le fondement du
c1.mcetto. Quant à ce dernier qu'il appelle aussi arg11z.ia ou acutezz.a,
c'est « 1m argornento 11rba11amente fallace '. 1&gt;
Il est inutile d'insister sur cette partie de la doctrine d'Emmanuele Tesauro qui n'est, en somme, que celle de Graciân un peu
plus précise et plus solidement agencée. Mais les chapitres qu'il
a consacrés à l'éloqoeJ).ce de la chaire méritent qu'on s'y arrête un
moment. Graciân s'est en général conterrté de rapporter des
exemples de sermons qui lui !iemblaieot dignes d'applaudissement, et d'expliquer en quelques mots quelle était la cause du
plaisir qµ'il y avait éprouvé. Tesauro prend une autre méthode,
entièrement dogmatique : puisque le concetto est indispensable
pour attirer ou retenir l attention, comment arriver, mécaniquement en quelque sorte, àle produire, ou tout au moins à en tirer
parti ? C'est le sujet des chapitres intitulés Concepts pour sermons
(Concetti predicabili) et Théorèmes pratiques pou.r fabriquer des
concepis subtils (Teoremi prattici per fabricar concetti arguti) 2 •
Après avoir, en huit chapitres, examiné les concepts de Proportion, d'Attribution, d'Équivoque, d'Hypotypose, d'Hyperbole, de Laconisme, d'Opposition et de Déception, il montre en
quelques pages le moyen de s'en servir.
On a vu qu'une partie du succès de Ledesma reposait sur ce
fait qu'il fournissait aux prédicateurs une foule de conceptos \
qu'il ne restait plus qu'à mettre en œuvre. Quelques années
plus tôt, un Cordelier italien, que Graciao cite par deux fois ;,
et que son frère Felipe avait dû lui signaler comme une des
Voir Benedetto Croce, I tr,ttlisti, etc., p. 7 et 2.
P. 586-634 et 644-685 de l'édition de 1664.
3. « Este modo de discnrrir con trabaçon, y ordeo estaua muy valido antes,
assi lo platicaron el muy agradable Paniguerola, etc... Y assi en Roma de tres
grandes Predicadores que concurrieron juoros dezian: Tolet us docet, Lupus tt1011et,
Panignrola delectat. Ensefiaua el doctissimo Toledo, mouia cl feruoroso lobo,
y del itaua el agradable P,migarola. » Agudez.a, U, p. 3 10, et LII, p. 317.
1.

2.

�BALTASAR GRACIA

ADOLPHE COSTER

gloires de son ordre, Francesco Panigarola, mort évêque d'Asti
en I 594, s'était préoccupé de donner à ses confrères le moyeu
de trouver les idées nécessaires pour faire un sermon : tel est le
sujet de son livre, 1l Predicatore.
n Le prédicateur, dit-il, doit tirer des livres qu'il possède
,1 comme un amas de toutes conceptions et bonnes similitudes' . n
Pour arriver à ce résultat il serait bon d'avoir une copieuse bibliothèque; mais si le prédicateur n'a que &lt;&lt; les deux liures ... qui
semblent contenir tous les autres en matie.re d'escriture saincte,
à sçauoir le Tostate ~, et Nicolas de Lira, on peut donner ... à
cestuy-là, le moyen et la forme de pouuoir auec peu de livres,
et peu de frais, assez abondamment escrire en tout genre de sermon, qu;il puisse faire. » « La concordance tres merueilleuse de
Jansenius et la chaisne d'or de S. Thomas n suffiront pour les
sermons sur !'Ecriture. Pour les sujets scolastiques on pourra se
contenter de la Somme de Saint Thomas c&lt; et s'il estoit possible,
ce beau Rosier de Pelbartus et surtout G. Pepin ». Pour prêcher
sur les Saints, l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, et ce qu'en dit
le Bréviaire, Bellarmin, si l'on parle contre les hérétiques, donneront tout Je•nécessaire.
« Je voudrois bien, continue Panigarola, que l'on eust après certains petits
liures de choses communes qui seruent infiniment, comme seroit Exemplavirtutum et viriorum, les E:({emples de Marc Manille; Si111ilit11dines sacrae scripturae; Sm11ma Co11ciliorum et semblables liures ... Et me seroient pareillement
agreables la Bibliotheque de Sixte et _le Decret, pour la variété des- choses qui
y sont conteouës ... entendant tousiours ce, sans quo y on ne sçauroit rien faire
à sçauoir vne concordance de la Bible mesme, laquelle Bible s'il est possible
ait là table des matières qui s'appelle Index BiblicUJ. »

Panigarola qui avait donné à ses sermons une certaine u grâce,
'
, .
et une certaine allure cavalière &gt;&gt;, au dire de Tesauro, n avait
aucune idée des subtilités ridicules auxquelles allaient donner
matière ses préceptes terre à terre '.
. .
.
Tesauro reprenant donc le plan de Panigarola, mais 111stru1t
par les exemples venus d'Espagne, commence par s occuper ùe
l'invention des concepts. Mais, dit-il :
li n'est guère utile aujourd'hui de chercher à les inventer soi-même, alors
qu'il y a tant de volumes espagnols qui en sont . remplis, que sur qu~lque
matière de sermon que cc soit, il suffit de recourir aux Index de cc:s livres
pour en trouver une infinité'·

Il existait en effet toute une littérature espagnole de Concepts
pour la prédication (Conceptos predicables?• qui, pass~nt d'Esp~gne
à aples y avait obtenu un tel succès q~ on nomma.tt en I:ahe ce
genre de concepts Concetti napoletani. 1colas Anton_10 en ate une
quarantaine de recueils, parmi lesquels le Promptuari~mconceptumn
de Raphael Sarmiento ( 1604), les Concepto~ predicables, et_ les
Miscelaneas predicables (16n-1612) de Melcluor Fuster; la Silva
Comparationum de Gonzâlez de Critana( 1611 ), l'Apparatu,s concionatoru,m de Francisco Labata (1614), les Con.ceptos extravagantes
qlll se ofrecenentre ano (1619) de ThomasRam6n, le~ Conceptos pr~dicables politicos y 11wrales a difermtes as un.los de Francisco de Hoat1veros (1663).Mais, si l'on ne veut pas se résigner au rôle de copiste,
il est facile de créer soi-même de nouveaux concepts en recourant ,

à la Catena Aurea que préconisait Paoigarola, ou à la Selva delle
Allegorie c&lt; qui est une vaste forêt de Concepts ,&gt;.
1,

Je cite d'après la traduction française: L'art de preseher et bien faire mi
sermon. Auec la Memoire Locale &amp; artificielle, f aict p,1r R. P. F. François Pmiigarole, Milleur Obser11anti11 &amp;- Evesqu,e d'Os/ie. Ensemble r Art de Memoire de Hierosme Marafiote Cc1labrois, Tbtologie11. A Paris, Chez. Reg11avld Cliavdiere, rué
S. Iac411es, à r Escu de Flormce. M.DC.XXITT. Atiec Priuilege d11 Roy. Ch. ill, p. 14. _
2. El Tostado, Alfonso de Madrigal, évêque d'Avila.
I.

p.

Voir B. Croce, I Predicatoriitaliani del seicentoe ilgusto spagm1olo. 1899,

12.

2 • " Ma à quegli che si spingono dalle mosse per correre quella sacra è
facticosa Carriera ; non saran forse inutili per cominciare a comprendere la
quiddità di questi Coucetti è la Metodo per maneggiarli : che è il principal di
quest'Arte. Pcroche il fabricarli_ di propio Marte: hog•gid1 non è troppo necessario: csscndone pieni tanti volumi Spagnuolt, cbe sopra qualunque Tema
pn:dicabile basta ricorrere agl'Indici di que' libri per trouame infiniti. » Ca111wc-

chiale, p. 631.

�ADOLPHE COSTER

Le concept sec et nu une fois trouvé, il faut « l'habiller et Fengraisser » ( da vestirsi e impinguarsi). Pour cela on cherche l'argornento ingegnoso, ou moyen terme, par lequel on démontrera la
vérité du concept. On le tire d'un passage de l'Écriture qui, à
première vue, paraît n difficile, absurde, inepte ou contradictoire
à un autre passage. » Alors vient la difficulté que l'on fait voir
dans le passage cité; puis la solution par laquelle on prouve&lt;&lt; que
le passage qui paraissait si difficile ou absurde est une Arg11tez.z.a
Divina, une finesse de Dieu, quand on l'entend bien. » C'est là
surtout que se montre l'esprit de l'orateur.
On fait ensuite l'application de la solution au passage de !'Écriture et du passage de !'Écriture au sujet, et l'on termine en invoquant l'autorité d'un Père ou d'un Commentateur à l'appui de
son opinion, pour montrer que ce n'est pas une pure fantaisie et
rassurer la conscience de l'auditoire
Ne retrouve+on pas dans ces préceptes la recette qui permettra de faire· des sermons détestables aussi bien que Fr. Felipe Gracian • ou plus tard Fray Gerundio? Le roman du P. Isla montre
1•

1. Dans son Paradis, XXIX, v. 94 et s. Dante stigmatisait déjà les prédicateurs de son temps : « Per apparer ciascun s'ingegna e face I Sue iuvenzioni,
c quelle son trascorse I Dai predicanti, e il Vangelio tace. 1 ... Si che le pecorelle, cbe non sanno I Tornan daJ pasco pasciute di viento I E non le scusa
non veder lor danno.11

2. Un excellent exemple de ces prédications ridicules 'nous est donné par
Je sermon suivant de Felipe Gracian dont Je sommaire se- trouve dans l'Agudtza (XXXIIT, p. 149). &lt;&lt; A vn reparo extrauagantc, se le deue vn desempeôo
iguaJ, pcro bien fundado, y quando la razon sutil lo a.fiança, aunquc se desmande en paradoxo, scrà plausible. Reparo el Padre Felipe Graciau, mi bermano en aquellas palabras del Psal. 110, : Escam deilit ti111e11tib11s se; otra lctm
lee: Praedam dûit lit11mtib11S se. Porque Uama comida hurtada y bocado
robado al cucrpo Sacramentado del Se1îor, que a este diuinissimo Sacramento,
aplica la Iglcsia estas misteriosas palabras? Tenia (dizc este ingenioso Padrc)
tcuia este ma.njar Eucaristico todos los gustos y delicias, que se podian dessear;
solo parcce que le faltaua aquel saynete, que lo es grande del scr burtado, que
aun :ùlà dixo cl Espiritu Santo: Aquoe /111 li11&lt;U1 dulcior.is. Pues para que se

BALTASAR GRACIAN

à quel degré de mauvaisgoôt et d'absurdité étaient arrivés en 1758

prédicateurs espagnols. Graciân n'est pas sans ayoir sa part de
l lesresponsabilité
dans cette lamentable décadence.
entienda, que nada de gusto y de regalo le falta le Uama manjar robado, d
pillage : Praedam dedit limwtibus se. Pero entra la mayor dificultad aora, y es
saber a quien se hurto ? Por ventura a los Angeles ? Pauem A11gelort1111 11umducabit bowo. Quitoseles el hombre de entre las manos? Poco dezir es esse. Pues
a quien lo robô? A quien ? Quitoselo de la boca al mismo Padre : Ero ex ore
A ltissimi prodiui ; y San luaa : Sic De,is dilexit mwu/11-111, 11t ftlium smm, v11iget1itum daret. 0 con que gusto, à con que hambre, à con que aprecio se ba de
corner 1 »

�ADOLPHE COSTER

CHAPITRE

xvm

Gradan écrivain.

Dans quelle mesure Ç-raciari a-t-il mis en pratique les théories exposées dans son AgudC(_a ? L'étude que nous venons de
faire de cet ouvrage nous permet de le d ~
En depit des traits qu'il a lancés contre les conceptistes ' ou
les èultistes
il a artient aux deux écoles. Pour s'en rendre
compte il n'est besoin que ouvrir ses livres au hasard : on y
retrouve au complet tous les procédés des sophistes recueillis,
comme on l'a vu, par les conceptistes.
2,

1. Il attaque vigoureusement les différentes formes du conceptisme dans le
p,lSSa.ge suivant : « Lo mismo que en Ill Catedra sucedia co el pulpito, con
notable varicdad, que en el breuc rato que se assomaroa a ver la rueda, notaron vna dozena de varios modos de orar. Dexaron la sustancial ponderacioo
del Sagrado Texto, y dieron en alegorias frias, metaforas cansadas, hazicodo
soles, y aguilas los Santos, mares las vinudes, teniendo toda una bora ocupado el auditodo, pensando eu vnn aue o voa flor. Oexaron esto, y dieron
en descripcioncs, y pinturilfas : Uegà a esta muy valida la humanidad, mezclando lo sagrado con lo profano : y comeuçaua el otro afectado su S i:mon
por vn lugar de Seneca, como $Î no huuicra San Pablo : ya con traças, y:I sin
ellas · ya discursos atados, ya desatados ; ya vniendo, ya postillando ; ya
cchaudalo todo en frasecillas, y modillos de dezir, rascando la picaçon de las
orejas de quatro impertinentillos bacbilleres, dexando la so!ida y sustaocial
doctrina, y aquel verdadero modo de prèdicar del boca de Oro, y de la Am, brosia dulcissima, y del nectar prouechoso del gran Prclado de Milan. » Crilicd11, Ill, JO, p. 276-177.
2. « Faltàles la pacicncia, y passaron al desvan de la .ciencia, que de verd.ad incha muche, y no ay peor locui:a, que enloquecer de entendido, ni
n,ayor nccedad, que la que se origina del suber. Toparon aqui raras sauandijas del aire; los preciados de discretos, los bachilleces de estomago, los
doctes !egos, los conceptistas, las cultas resabidas, los miceros, los sabiondos,
y dotorcctes. "Ibid.,Ill, 7, p. 191.

BALTASAR GRACIAN
1° L'antithèse dans les idées ou dans les mots et parfois dans
les deux à la fois. &lt;&lt; Las sabras de aJabança son menguas de la
.:apacidad. &gt;&gt; (Héroe, p. 15.)-&lt;1 Cosasay que valen poco porsu
ser, y se esrirnan por su modo. » (Discreto XXII, p. 416.) &lt;&lt; Sentir con los meoos, y hablâr con los mas. » (Orltculo, 43).
2° Le parallélisme : « Los mas valienres objetos le temen, y
las masseguras perfeccionesle tiemblan. &gt;&gt; (Héroe, p. 14.)- c&lt; No
gana la santidad por grossera, ni pierde tampoco por entendida. »
(Discreto, X III, p. 337.) - e1 ea el dezir con juyzio, el obrar
con decoro ; las costumbres graves, las acciones heroycas. &gt;&gt;
(Discreto, XV[, p. 304-305 .)- &gt;&gt; Acabada la dependencia, acaba
la correspondencia. &gt;&gt; ( Orticulo, 5.)
3° La consonance. c1 Ay defecros sin defecto. &gt;&gt; (Hiroe, p. 44.)
- « Vanse cada dia perficionando, al passo que en lo natural, en la
moral. » (Discreto, XVIJ, p. JI 1-312.) - c&lt; Campean al doble sus
bechos, y sus dicbos. &gt;&gt; (Discreto, II, p. 30.)- « No basta la substancia, requierese tambien la cîcunstancia. » ( Orfmûo, 14.)
4° Les jeux de macs. On n'en trouve naturellement qu'un
petit nombre dans les ouvrages autres que le Critiafo : mais ce
dernier en contient une si prodigieuse quantité de bons, de
médiocres, ou de détestables qu'il serait oiseux den aller choisir
quelques-uns comme exemples.
Les éléments du coloris poétique, se retrouvent également à
chaque ligne dans les ouvrages de Gracian.
r 0 L'hyperbate. « Tan indiscreta quan mal lograda es la porfia
de pretender. » (Héroe, p. 36.) - cc o atrae la calamita al hierro
fuera desu distrito. J&gt; (Ibid., p. 36.)- cç Gran superiorrdad de caudal arguye, prevenir su humor. » (Discreto, XIV, p. 263.) &lt;&lt; Trae vn empefio otro mayor. » (Orltculo, 47.) Ce procédé qui
consiste à tnettre le sujet après le verbe est constant chez Gracian
et devient par là même une manifestation de cultisme.
2° La métaphore. c&lt; Aquel Sol de Capitanes, y General de
Heroes » (Héroe., p. 37.) -&lt;c Comense mejor los bueuos bocados
de la suerte con el agridulce de vn açar. 11 (Ibid., p. 28.) - Hay
sugems de sala fachada ( Ordcu,lo, 48.)
RHVUI tllShNIQ.UB. D.

�652

ADOLPHE COSTER

3° La comparaison. « Formidable fue vn ,rio, hasta que se le
hallo vado, y venerado vo varon, hasta que se le conocio termino a la capacidad. n (Héroe, p. 5 .) - « Basta la presteza hazer
rey de las fieras al Leon, etc ... &gt;&gt; (Discreto, XXI, p. 405-406.) &lt;t Entran por las primeras cortesias, como cauallos Sicilianos. »

(Orticulo, 48).
Certes, l'emploi de tous ces tropes peut se retrouver chez les
écrivains les plus sévères; mais ce qui en fait des manifestations
de conceptisme c'est la persistance et la profusion avec lesquelles
ils sont èmployés.
Quant aux procédés cultistes, qui consistent, comme nous
l'avons dit; dans l'emploi de constructions rares, ou même étrangères à la langue, dans la modification du sens des mor~, dans
l'introduction de termes wmbés en désuétude ou de néologismes et en particulier de latinismes, on les retrouve tous chez
Gracian.
La suppression de l'article défini ou indéfini, à l'imitation du
latin, existait déjà en espagnol, par exemple dans les proverbes ;
l'emploi systématique qu'en fait Gracian lui donne le caractère
d'un procédé cultiste. Il se plaît à faire l'ellipse du verbe et .en
particulier du verbe itre, ce qui rend la phrase obscure. &lt;( Harto
presto, si bien; » (Orac1tlo~ 57.)
L'inversion, inspirée par le latin également, et que Fabsence
de désinences casuelles rend si facilement obscure en espagnol,
est aussi un de ses procédés favoris ... « Viuo el hombre, le haze
amable, y muerto memorable. » (Ordculo, 300.)
Les libertés qu'il prend avec le vocabulaire sont particulière1
ment nombreuses : aussi est-ce de ce côté que son adversaire
Matheu y Sanz a porté l'effort de sa critique.
On ne saurait manquer d'être frappé de l'effort constant de
Gracian pour s'éloigner de l'expression propre : ce n'est pas à
dire qu'il ait restreint son vocabulaire, ou qu'il en ait banni des
termes bas et choquants ; aucun mot de la langue n'est rejeté
par lui, et son critique lui reproche précisément de s'être servi

~ALTA.SAR GRACIAN

~e paroles c( sales, humbles, dures, barbares, obscènes et rustiques '. ,&gt; On ne trouve pas en effet chez Gracian ce sentiment
Je délicatesse qui guidait les precieux de France dans leur tentative de perfectionner leur langue. De tous ces mots Gracian use
sans scrupule, quand il eu a besoin, par exemple pour faire un
calembour. Mais il s'éloigne du terme propre pour donner à sa
pensée une_forme sinon plus majestueuse, plus mystérieuse.
. Il emploiera donc systématiquement l'expression abstraite au
heu du terme concret, par exemple l'adjectif substantivé à la
place du substantif ( el atento, el galante); le verbe au lieu du
substantif : (&lt; _Propio apreciar de un Principe. » ( Héroe~ p. 1 3 .)
~~ur ce qm est des archaïsmes, néologismes, provincialismes,
lat1msmes dont il a fait usage, nous sommes actuellement dans
l'impossibilité_ ~'en juge1: :ainem nt. li faudrait pour cela pos- \
séde~ des édmons défi01t1ves des grands écrivains de l'époque 1
précedente, _complétées par des lexiques méthodiques et sans \
lacunes. Mais nous pouvons accorder quelque crédit sur ce point
a~. critiques de ,Mat_he~ y Sanz, dont la culture littéraire paraît \
a,01r été plus qu ordmaire. Or il lui reproche :
......
1° l'emploi de mots inusités : entre autres de beneficencia
·
caramanchones, frusleria, intrepidez paneairi rezonaon saba~
11 T
. ' . b&gt;
b'
ru_ a 2 . ous ces termes sont admis auiourd'hui par le DictionnaLre de l'Académie, à l'exception de Panegiri;
2° l'usage de mots impropres : adobar, broma, cucaiia, dotor- '
cetes, manguitos, rnelsa, re11mas 1. Seul dolorcete n'est pas admis ?.
--_ l'Académie ,·
Par
r • « V sas de palabras soezes, humildes, asperas, barbara,S obscenas y a!rres-

tes ... ,noces, garga1os,
' L- '
'0
vwr~o, 1n1iladares son las soez s ... Fatiguillas,
albardas,
tro11clro_s, rebuz.110s.' pasma _smtples y Jajados, las humildes. Apegadiz.o, ruincillos,
11onn:11llas, r~ro10s, apa11ado, fofas las asperas, Salt•ajaz., des1j1tixarrado, cogin,
esqu1roles, amigada, pmicho,uros, desmaçalados, a,lf{arillas, miceros, atapadu Jas
barbaras. Oste puto, enpre1ia, y ojo airas, las obscenas. y vltimament~ Jas
agrestes, 1xiba11~b~m, reftlando, vejulad, villanon, 11ecidiscrelo, mentecalo y otras
muchas. » Crit1ca, p. 73 •74.
2. • Critica, p. 74.
3- « Son estremos de impropiedad. n (Jrllica, p. 73.

J

�ADOLPHE COSTER

c;•

3° enfin l'emploi de purs latinismes : antagonistas, asceticas,
balteo, bivio, cacoetes, candidados, crasicies, catastrofe, deliquio,
desmentan, escandecencia, Jachata, fanatico, fruicion, inedia, letifero, linfas, medula, morulas, piraustas, trineos vatrcmante,
vial, vicisitud. A part les mots en italiques, les autres ont passé
dans la langue ; fachala est un italianisme. En citant ces expressions Matheu demande à son adversaire d'être logique, et, s'il
condamne les latinismes chez les autres, de n'en pas user luimême. Gracian semble en effet condamner ce procédé chez le
poète Villamediana, qui se faisait entendre, dit-il, en latinisant 1 •
Matheu l'accuse encore d'abuser des dérivés tels qµe : alçaprimava, Q.{_inadas, bocadeado, brolladores, callegeando, centelleantes,
fatigitillas, huequedades, madronas, niqttilote, padrazos, perinquinosos, quilatador, rebutdas, satrapia, sabandijcm, vejedad, dont la
moitié ( ceux qui ne sont pas écrits en ita 1ques) ont passé dans la
langue où quelques-uns faisaient vraiment défaut.
D'autres critiques portent sur des changements de genre
contraires à l'usage. Quelques-unes sont injustes. Ainsi Matheu
reproche à Gracian d'avoir écrit : acabado vn fruto entra otro. U
prétend que Gradân, voulant désigner les . fruits des arbres,
devait employer le mot fruta. Mais il suffie de se reporter au
texte pour voir que Gracian voulait parler des productions de la
terre en général, ce qui justifiait parfaitement l'emploi de

fruto

2 •

1. 1, Corno pareciendote imperfeccion te vales de tantas vozes latinizadas ?
Deliquio ... i11edia y otros infinitos ? Sea la ley iguaJ ; si es vicio del hablar, o

escrivir, no lo vses en tus escritos : sino lo es, no lo coudenes con tan rigidll
censura ... » Critica, p. 85. « A Villamediana le pones pleito en lo grande
(que tambien los ay en el Parnaso) afiadiendo, que se dava a ente-nder latinifando ; y no seria milagro, que tu no entendiesses ni lo vno, ni lo otro ... »
Crltica, p. 53. Gracian avait dit en effet : « Haziase bien de sentir vna lira,
aunque mediana, mas en lo satirico, superior, y dauase a entender latinizando. »
Critiafo, Il, 4, p. 92.
2. « En la gramatica tropieças a cada passo. Acabado v,1 fmto entra otro,
dixiste, y es barbarismo Castellano, auiendo de dezir fruta, que fruto es

.BALTASAR GRACIA

De même, Gracian est-il coupable d'avoir fait le mot color du
féminin ? Les érudits hésitaient alors entre les deux genres, et si,
au xvn• siècle, le masculin commençait à l'emporter chez eux,
les archaïsants pouvaient évidemment arguer d'une tradition
constante pour se justifier 1 •
A-t-il vraiment écrit hjgadillas, qui serait un diminutif irrégulièrement formé du masculin higado, ou ne faut-il voir là qu'une
faute d'impression, bien compréhensible, pour higadillos? Je pencherais volontiers pour cette dernière hypothèse 2 •
Il a fait aussi iman du féminin, contrairement à l'usage; peutêtre cependant pourrait-on ie justifier sur ce point, en disant
qu'il a fait l'ellipse du mot piedra ; l'expression habituelle est
en effet piedra iman, et la phrase critiquée disait : « Esta es la
nombre gcncrico, y fruta cada qual de las que con ordcn successivo maduran
os rayos del Sol. » (Critica, p. 52. La phrase incriminée se trouve dans le
Critiœn, I, 3, p. 44. Il y est question, non des fruits des arbres, .qui sont
appelés /ru.tas quelques lignes plus haut, mais des produotions du sol. En
effet, immédiatement auparavant Graciiin parle des légumes : « Las hortafüas
frescas templan los ardorcs del Julio, y las calientes coufortau contra los
rigores del Diciembre ; de suerte que, acabado va fruto, etc ... &gt;) ) .
Il fait dire au Peregrino (Graciàn) qui essaie de se justifier : « Quantas
vezes me valg-0 de la derivada / r11icio11 ? Cuyas bre\•es silabas inc!uyen mucho
sentido. Quantas de brolladons ... )&gt; Critica, p. 6o.
r. Covarrubias emploie encore color comme féminiu à côté de r,elor masculin.
2. « Roba11do de color, y quita11do/a a toilo aiiades; afeminas los colores,
siendo de genero diverso. Presiden/ii de tormentos, bazcs a tu Vegecia, y te
olvidas de que en lengua Espafiola ay adjectivos del genero comun de trcs, y
como fuera mala locucion, clcmenta, 6 prudeuta, assi lo viene a ser presidenta, de que reiteradas vezes vsas... Higadillas de Li Fmix dizes que son cl
pasto de los Eroes, y ellos estan tan mal con lo afeminado, que no los comieran, si el Espaôol no dixera, higadillos del Feuix, que el vno es diminutivo de
masculino, con que lo ha de ser tarnbien; y el otro es ambiguo, por no saber
si es bembra, à macho, lo que no puedes negar, pues lo tienes escrito. » Critica, p. 50-5 r. Fenix est employé déjà comme féminin dans tl Héroe. Il est
difficile de s'expliquer pourquoi Graciàn fait régulièrement Fmix du féminin
alors que le masculin est seul c9rrcct.

�ADOLPHE COSTER

piedra de toque que examina el bien, y el mal, esta la iman. )&gt;
Enfin il a créé le mot Presidenta, qu-i semble incorrect à Matheu,
puisque les adjectifs en ente sont à la fois masculins et féminins.
En résumé aucun des vices conceptistes ou cultistes n'est
absent de l'œuvre de Gracian.
L'analyse que nous venons de faire nous a montré le résultat
auquel est arrivé !'écrivain; une circonstance heureuse nous permet de pénétrer plus complètement ses procédés : c'est la conservation du manuscrit de El Héroe. Là nous voyons l'auteur
devant sa table de travail, nous découvrons sous quelle forme la
pensée a jailli de son esprit, et commènt, suivant sa déplorable
théorie, il est parvenu à l' cc orner )) .

-

On le voit s'ingénier à trouver des mots rares, des éphithètes
surprenantes. Par exemple, il écrit d'abord : &lt;t Mas es la mitad
que el todo, porque vna mitad brindada, y otra eu ernpefio,
mas es que vn todo declarado. ,, (Héroe, p. 6.) Brindada formait déjà une métaphore qui ne le contente pas et qu'il remplace par celle de franqueada ; puis, songeant au parallélisme de
la phrase, il renonce au participe, et cherche une expression qui
puisse faire pendant à en ernpeno : il trouve celle de en alarde qui
satisfait à la symétrie, mais dénature la pensée primitive qu'·elle
exagère et qu'elle fausse: il ne s'agit pas en effet de faire parade
de la moitié de son mérite, mais simplement de la.laisser voir.
Ce travail est poussé fort loin. Ainsi Gracian écrit d'Isabelle
d,e Portugal : (( Quien assi menudeaua en tan escusables achaques
como que escrupulearia en los del animo. » (Héroe, p. 8 .) Cette
leçon offrait un sens bien vague. On n'y trouvait ni le parallélisme de la fin des phrases, ni le raffinement de la consonance.
Gracian porte d'abord son effort SlJ! le mot anima qu'jl remplace par real credito, donnant ainsi au mot achaque la valeur
d'une métaphore; puis il transporte real après credito, efface de
nouveau les deux mots qu'il finit par rétablir, sous la forme
credito real. Là s'arrêtent les corrections du manuscrit ; mais ce

BALTASAR GRACIAN

ne-furent pas les dernières, car, dans l'édition de r639, le mot

real ·est supprimé et les mots del recato ajoutés après achaques, ce
qui donne aux deux fins de p_hrases l~ mê~ nQ..mbre fil!
syllabes et une sortede consonance.
Ailleurs se trahira la recherche de l'emphase : une épithète
préten6euse viendra surcharger la leçon primitive. « Assi no
conocen varon entendido sin grandeza, &gt;&gt; (Héroe, p. 9), écrit-il
d'abord, pour ajouter ensuite excessiuammte entendido.
Presque toujours l'expression simple est remplacée par une \
autre plus concise, moins naturelle, et plus obscure. &lt;&lt; Es en todo
estado entre las demas prendas la malilla la agudeça » (Héroe,
p. ro ), écrit-il en premier lieu, en comparant simplement les
quafüés à des cartes dont l'une constitue la malilla ; une première modification donne : « Es en todo estado la malilla de
las prendas la agudeça J!, où l'image, plus resserrée, est moins
facile à saisir; enfin dans le texte de 1639: « Es en todo
porte .. . &gt;&gt;
Il est curieux à ce propos de comparer un des passages
empruntés à Botero avec la transcription qu'en a faite Gracia.il.
Botero, Detti, p . 81-82.
Albigualit, rè d'Arabia fece alcune
feste molto alla grande, nelle quali
voile, chè i grandi del suo regno
interuenissero. vn de' quali, fè presente d'un Alfang1;, e per l'eccel!enza
della materia, e degli omamenti, e
per la nobiltâ della fattura, merauiglioso, se non fosse stato vn poco
corto. Def che disgustato alquanto il
Rè, fece chiamar il Principe Iacob
Almanzor, suo figliuolo : accioahe lo
vedesse, e ne dicesse iJ suo parère :
comandando à quei Signori, che non
gli dicessero nulla di quel difetto
della cortezza. li Prencipe, visto l'alfange, disse subito cosi fatte parole,

Gracia.n, Héroe, p. 13.
Presentaronle al Rey de Arabia vn
alfange Damasquina, lisonja para vn
guerrero. Alabaronle los Grandes de
la assistencia aulica no por cercmonia,'
si ,on razol!- : ,y,atèntos a la fineza, y
artc, alargaranse à juzgarle por rayo
de azero, si no pecara algo e11 corto.
Manda llamar el Rey al Pr.incipe,
para que &lt;liesse su veto, y podia,
pues era el famoso lacob Almançor. •
Vino, ,examinàle, y dixo, que valia
vna Ciudad, propio apreciar de ,
Principe. lnstô el Rey, que si le
hallaua alguna falta. Respondio, que
todas cran sobras. Pues Prindpe,
estos Caualleros, todos le condanen

,rn

0

'

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE . COSTER

Questa pezza vale vna città. onde
por cono. El entonces echando mano
replicandogli il padre, che mirasse a su cimitarra, dixo.: Para vn Caua!bene, se vi cra aJcun difetto, rispose lero animoso nunca ay arma corta,
egli ; che non ce ne trouauanissuno : porque con bazerse èl vn passo ademà ch'era tanto compito, quanto si lame se alarga ella bastantemente, y
potesse desiderare. Soggiunse il loque le falta de azero, lo suple el
padre, e pur quesri Signori di,euano, coraçon de valor.
cb'era cono. All'bora il Prencipe, mettendo mano alla zimitarra, disse, il
cauallier anirnoso non troua arma corta : e facendosi innanzi vn passo col pie
dritto, soggiunse : perche con vn passo innanzi si fa piu lunga di quel, che si
puè&gt; desiderare.

On voit combien Graciân a resserré le texte primitif, et ce
qu'il y a ajouté : Propio aprecinr de vn Principe, apposition remplaçant une proposition, et contenant un infinitif substantivé.
(&lt; Que
todas eran sobras ; le condenan por corto &gt;&gt; : expressions
emphatiques et inexactes ; (( Con haz..erse el vn passo adelante, se
alarga ella bastantemente )), parallélisme et consonance. « Y fo
que le fa/ta de az..ero, lo suple el caraçon de vawr », expression
inexacte et parallélisme faux, si l'on donne au mot valor son seus
véritable.
Un des passages les plus travaillés du Héros, d'ailleurs
emprunté aussi à Botero (p. 94), est celui où Gracian parle du
duc d'Albe (p. I 5). On y voit par exemple l'expression primitive humillar el excessivo poder se transformer en la exœssiva potencia hm11illada, qui est un latinisme'.
Tout cela certes est mauvais et mérite de justes critiques, de
même que l'insuffisance des définitions que Gracian a tenté de
faire dans son Héroe, son Discreto, ou son Oraculo; ses distinctions étaient si subtiles, ou plutôt si vaines, qu'il était vraiment
. impossible de créer une langue spéciale capable de les exprimer.
On ne saurait davantage justifier les jeux de mots détestables qui
fourmillent dans son Criticon, ces calembours bilinfilles! comme
celui des tailleurs transformés en corbeaux et criant cras cras; ou
1.

Voir plus haut, ch. VIll.

celui de pernil et de nihil ; celui qui représente Camoëns par el
que arrw es, et bien d'autres. Mais il serait imprudent de prendre
tout cela au sérieux ; méfü;ms-nous de l'impitoyable railleur
qu'est Gracian; s'il nous entendait peser gravement la valeur de
ses calembours, ou disserter doctement sur l'audace de ses néologismes, est-il bien sûr qq'il ne nous rangerait pas dans le
peuple des sots? Il me semble le voir épiant sur le visage de ses
auditeurs l'effet du terme emphatique, du barbarisme impudent,
ou de l'équivoque inattendu~ qu'il souligne d'un cHgnement
d'œil, tour à tour ravi d'avoir provoqué la stupeur ou l'indignation des imbéciles ou le rire des honnêtes gens. D'ailleurs il faut
lui rendre cette justice qu'il \l'a jamais égalé les excès des
maîtres du conceptisme ou du çultisme, tandis que sa dextérité dans l'art de retourner les mots, d'en saisir les sens variés, 1
de les juxtaposer, de les opposer, d'en tirer les effets les plus
imprévus, est si prodigieuse qu'ellç, permet de dire avec M.
Menéndez y Pelayo que tt celui qui veut se rendre maître des
inépuisables richesses de la langue espagnole, a encore beaucoup à apprendre dans le Criticon, même après avoir lu Quevedo 1 • &gt;&gt; Abandonnons donc à ses détracteurs la.. .sole~é ~ \
eu mystificatrice de ses rerniers traités et saluonsdans l'auteur u Criticôn un des maîtres de la langue espagnole.
1.

Historia de las ideas estéticas, t. II, p. 521.

�660

ADOLPHE COSTER

CHAPlTRE XJX

Gracian en Espagne.

l

Gracian n'est pas un novateur : il s'est borné à codifier une
mode créée par d'autres, et déjà triomphante à l'époque où il
écrivait. Cependant sa responsabilité paraît considérable, comme
nous l'avons dit, dans les ravages qu'exercèrent le conceptisme
et le cultisme : il a joué le rôle de vulgarisateur et les Fray
Gerundio, qui pullulèrent bientôt en Espagne, étaient à n'en
pas douter des lecteurs assidus de ses œuvres : incapables d'ailleurs d'en goûter l'éclectisme, ils n'en retenaient que les exemples
détestables qui flattaient leur manie. Aussi serait-il impossible
de démêler l'influence personnelle de Gracian chez les écrivains qui l'ont suivi. Mais nous pouvons juger de sa popularité.
Dès 1~41 un Augustin, le Fr. Joseph Laynez, transportait
presque intégralement des pages entières de El Hlroe dans son
Pri~a':° C1:'istiano ', ~édi~ à Olivares. Lastaoosa signale ce procéde mdéhcat dans l Avis au lecteur du Discreto 2, car Laynez

1. El I Priva.do Christiano I Ded11cido de las Vidar j de I Iosepli y Daniel j
que fueron I Valrmz.as de los Validos I en el fiel Contraste d,l I piublo de Dias : 1
que escriuia I Al Extn° Sor Don Gaspar I De Gvz.maii I Conde Duque de Sa11
. Lu.ar ~ mayor I primer Miliistro j De j Do11 Pbtlip,t Quarto j El Gramû I Rey
Catbol1co I de I Las Espanas I y Emperador rie America I El Maestro I Fray
loseph_Lay':!z. 1 Predi~dor de 1 _w Magestad I de _Ta Orde11 de sa11 Ag11sli11 1 .. .m
Madrid Ano 1641. L approbation de Er. Franosco Boy) « Predicador de su
Magestad &gt;&gt; est datêe : &lt;r En este Conuento de la Merced de Madrid, a tres de
Otubre de mil y seiscientos y quarenta. »
2. « Vo Heroe, cuya mayor gloria, no es auerse visto impresso tantas
vezes .. • no av.erle h?nrado tanto algunos Escritores, que ioxirieron capitulos
enteros eo sus eruditas obras, como lo es el Privado Christiano. .. ,, Discreto,
A los Letores.
·

BALTASAR GRACIAN

661

s'abstenait soigneusement de prononcer le nom de celui qu'il
pillait sans vergogne 1 •
En 165 5 Je Français Antoine de Brunel, visitant l"Aragon,
s'arrêtait à Calatayud : on lui signalait que c'était la patrie de
Lorenço Graciao 2, ce qui prouve la réputation dont jouissait
alors !'écrivain.
« Le lendemain, dit-il, nous allâmes disner à Texa, qui n'a rien de remarquable
&amp; coucher à Catala!ld (sic) qui est voe des principales villes de tout le Royaume ;
aussi est-elle située au bout d'une vallée fort fertile ; je n'y ay rien veu de
coosiderable, si on ne compte pour quelque chose que j'y ay appris, que
c'était le lieu de la naissance &amp; de la demeure de Lorenzo Graciait l1ifa11z.on ;
c'est vo Escriuain de ce temps, fort renommé parmy les Espagnols. lJ a mis
au iour diuers petits Traitez de Politique &amp; de Morale, &amp; entre ses Ouurages
il y en a vn qu'il intitule le Critico11, dont il n'y a que deux parties imprimées,
où suiuant les âges des hommes, il fait vne espèce de Satyre de tout le monde 1
assez ingeoieuse, à l'imitation de Barclay en son Euphormio11. En cette piece
son style est bien different de celuy de ses petits Traitez, où il est si concis,
si rompu &amp; si estraogement coupé, qu'il semble qu'il ait pris l'obscurité â
tasche : aussi le lecteur a be.soin Q,'en deuiner le sens, &amp; souue.nt quand il
l'a compris, il trouue qu'il s'est estudié à faire vne Enigme d'vne chose fort
commune. Séneque &amp; Tacite n'ont rien entendu en cette façon d'écrire au
prix de Luy, &amp; si l'on dit du premier que son stile est du sable saJJS chaux1 &amp;
que celuy du second est si mysterieux, qu'il contient plus qu'il n'exprime, on
peut assurer que celui de Gracia11 a si peu de liaison en ses periodes, &amp; tant

1. Qu'on juge du sans-gêne de Laynez par cet extrait du c. XVI, S j, de
son Privado, qui reproduit mot pour mot le Héros (p. 29) « Executo los
medios felizmeote para esta comun gracia (aunque no assi para la de su Rey)
aquel infaustamcnte inclito Frances, a quien hizo Grande vn Rey, fauoreciendole, y mayor otro, emulandole; el tercero de los Franceses Enrique.
Fatal nombre para Principes en toda Mooarquia, que en tan alto sugeto hasta
los nombres parece que descifran Oraculos. Preguntô vn dia este Rey a sus
continuos, que haze Guisa, etc. » Le c. XX, S2 est aussi copié, mais le Benjamin 1k la Felicirlad y est cette fois le Comte-Duc et la bataille de Nordlingen est remplacée par le siège de Fontarabie. Citons encore comme de purs
plagiats les c. XXIJI, S7, et XXXIV, S2.
2. Voyage. 1 cf EspOfne I rorieux., historiqve, 1 et politiqve. 1 Fait en l'an11ée
r655 ... A Paris, chez. CbarlesdeSercy, M.DC.LXV, io-4.

�662

BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

de restriction en ses paroles, que sa pensée y est comme vn diamant mal
taillé &amp; mal enchass~ dont le feu &amp; le brillant ne paroist qu'à derny, &amp; fait
tort de plus de 1~ moitié du prix à vn si bel Ouvrage. » P. 277-278.

~runel_ juge Gracian en homme qui l'a lu; il est remarquable
qu il attribue la paternité de l'Ordculo manual à Lastanosa dont
la réputation est venue jusqu'à lui 1 •
M~is nous avon~ une preu,·e plus décisive de la popularité de
Grac1ân en Espagne dans le nombre des éditions de ses œuvres
qui furent publiées après sa mort: Il serait fastidieux et inutile
d'entreprendre ici une bibliographie complète de cet écrivain. Ce
travail a déjà été fait, quoique d'une façon trop souvent inexacte,
par Sommervogel dans la Biblt'othbjue des Écrivains de la Compagnie de ]ésl's. ous nous contenterons donc de donner ici
quelques brèves indications.
ous connaissons une édition posthume du Héros :
El Heroe I de I Lorenzo I Gracian I Infanzon. En esta Impression nuevameote I corregido. 1 A Amsterdam, 1 En casa de Iuan Blaeu. 1 M DCLIX. Il

Elle fut publiée en mbne temps que

lt PoUtico:

El Politico I O. Fernando I El Catholico, 1 de Lorenzo Gracian I que
publica I Don Vinceocio Ivan de Lastanosa. 1 Con licencia en Hues~a por
Ivan o I gues, Aiio 1646 1 A Amsterdam, 1 En casa de Juan Bla:v. 1
MDC ux. 11
, 1. Il ~ a vn ~utr~ Sçauaut _en ce ~esme Royaume, qui affecte comme tuy
d enchenr sur I ancien Laconisme; il se nomme Dom Vi11ce11cw J11a11 de Lasta~sa .! c'est par son moyen que la plûpart des Ouurages de Gracia,, sont
1mprunez_; aussi . y, a-il gr~ndc amitié entr'eux, &amp; l' on voit vu Liure publié
P~ Lastanosa _qui n est qu vn recueil des Sentences &amp; Aphorismes politiques
&amp; moraux., qui se trouuent dans les Ouurages de Graciai,. Ce Lasfaiïosa passe
P?ur vn des plus curieux de toute l'Espagne. ll se tient à Huesca, seconde
ville de l'A~rag~n,_ ~ù l'on dit qu'il a dressé vn Cabinet, qui est vn agreable
~eatre de ~ ant1qu1te Grecque &amp; Romaine, on y voit quantité de Statuës, de
pierres anciennes, de vases, d'vrnes, de lames, de camayeui., &amp; vn ramas de
mon~oyes du yieux temps, de medailles &amp; d'anneaux. Aussi s'est-il si fort
estud1é sur toutes ces antiquailles, qu'il en a tiré vn Liure des anciennes
mounoyes d'Espagne, qui passe pour exquis sur se sujet &amp; rare en ses
remarques. &gt;&gt; Ibid., p. 278-279 .

Le Discreto fut réimprimé en 1665:
El I Discreto I de I Lorenzo Gracian. 1Que publica Don Vincencio Juan 1
de Lastanosa 1 (Marque au sphinx) j En Amsterdam, 1 en casa de Pedro le
Grand, M.DC.LXV.

jl

El Ordcttlo, avec le même titre que l'édition de 1653, fut
publié à Amsterdam,« En casa de luan Blaeu » en 1659.
El Comulgatorio fut réédité un nombre de fois considérable :
de 1736 à 1860 Sommervogel en signale quatorze éditions.
Les œuvres complètes de Gracian parurent en deux volumes
sous le titre de Obras de Larenzo Gracian chez Pablo de Val, à
Madrid eu 1664. Le premier tome contenait El Critic6n, El
Orac.ulo et El Héroe ; le second La Agudez.a, El Discreto, El Politico Fernando et El Comulgatorio, sous le titre de Meditaciones

1

varias para antes, y despues de la Sagrada Comunion, que hasta,
amâ han corrido con titulo de Comulgador 1 ».
Sommervogel indique, comme date de la preœière édition des
Obras, l'année 1652 (Anvers). C'est une erreur manifeste puisqu'en 1652 Graciao, qui vivait encore, n'avait publié que la
première partie de son Criticon.
Des réimpressions des Obras furent données « En Amberes.
En Casa de Geronymo y Juan Baut. Verdussen, 1669. » &lt;c En
Madrid .... Afio de 1674. A costa de Santiago Martin Redondo,
Mercader de libros. » - « En Barcelona, por Antonio Lacavalleria, en la calle de los Libreros, Afio 1683. &gt;&gt;-«En Barcelona, . .'. en
casa de Jvan Jolis, Impressor, Aiio 1700. (Le tomeII sans date:
Barcelona: PorJayme Surià.) » - « EnAmberes En Casa deluan
Bautista Verdussen,Impressor y Mercader de Libros. Afio r702. »
- « Aîio de 1720. Con licencia: En Madrid. Por Antonio Gonçalez de Reyes.&gt;&gt; - cc En Amberes, En Casa de Juan Bautista Verdussen ... Aiio 1725. &gt;) -« Barcelona, Por Pedro Esci;idèr, y Pablo
1.

Cette répartition des œuvres de Graci.ln u'est pas la même dans toutes

les Mitions des Obras .

�ADOLPHE COSTER

Nadal... Aiio 1748. » (le second tome sans date est cc Por
Jayme Surià. ») - cc Barcelona: En la Imprenta de Maria Angela
Marti, y Gali Viuda ... Ana r757. J&gt; - cc Eu Madrid: en la Imprenta de Pedro Mario. Ana de r773. &gt;&gt; L'édition de 1700 est
/ ta première qui contienne à la fin du tome II les cc Selvas de el
Aiîo. »
Ainsi, pendant un siècle, Graciân trouva des lecteurs. Puis il
tomba dans l'ou b!i ; l'in:fluence des écrivains Erançais, qui rriomph:iit alors dans la Péninsule, devait faire en effet de ces écrits
alambiqués un objet de mépris etde dégoût.
Cependant Capmany, dans so11 Teatro (tome V) consacrait
queJques pages à Gracia.o : faisaot bon marché de ses autres
œuvres, il rendait un hommage très juste au Critiron qu'il qualifiait d'obra inmortal por el ingenio, el chiste y el jtûcio.
En 1835-36, l'érudit Gallardo donnait à une feuille éphémère
Je nom de Criticon en .souvenir du satirique Aragonais.
En 1873, Adolfo de Castro réservait une place à El Htroe,
El Discreto et El Orâculo dans les Obras Escogidas de Filosofos de
la B. A. E. En 1887, José Maria Sbarbi dans le volume IX de son
Rejranero generalespanol, insérait (p. 95) la Ctitica reforma de los
comimes refranes en un banda rnandado publicar (Jor el coronado saher
qu'il avait trouvée dans le Crüicon.
) M. Menéndez y Pelayo tira enfin Graciân de l'ombre, en lui
consacrant quelques pages très sympathiques dans son Historia
de las ùieas esléticas en Espaiza (Il, p. po et suiv.); il confessait
même qu'il relisait souvent son AgudezJi. Quelques années plus
tard, en 1900, l'éditeur Rodriguez Serra réimprimait, dans sa
Biblioteca de Filosofia y Sociologia, El Hëroe et El Discreto qu'il
faisait suivre dune ex.celleote étude critique de M. Arturo Farinelli. Le tome XVIII de la même collection (s. d.) renferme El
Oractûo et El Politico. En r902 paraissait un opuscuJe de . J.
Liôin y Heredia inrituJé Baltasar Gracian et donnant quelques
détails inédits sur la vie de ce dernier.
En 1911 je publiais une réimpression du texte du Héros avec
les leçons du manuscrit inédit de Madrid.

BALTASAR GRACIAN

6_65

En 19r3, M. Cejador donnait une nouvelle édition du Criticon dans la Biblioteca Renacimiento.
Un mouvement semble se dessiner en Espagne en faveur de
Gracian; on s'y intéresse, on en parle. Après une période de
dédain immérité il semble qu'il ne tardera pas à reprendre la
place qui lui est 'due, sinon auprès du grand public, du moins
auprès du public lettré, le seuJ dont il rechercha si ardemment
les applaudissements.

�666

ADOLPHE COSTER

CHAPITRE XX

Gracian hors d'Espagne : en France.

Si la fortune de Gracian fut honorable dans son propre pays,
elle fut peut-être plus brillante encore à l'étranger, comme le
prouve la multiplicité de tradµctions de ses œuvres qui furent
faites dans la plupart des langues de l'Europe.
Le premier de ses ouvrages qui eut le privilège d'être traduit
fut El Héroe. Nicolas Gervaise 1 , médecin de Ja garnison fran çaise de Perpignan, s'ennuyait dans ce pays nouvellement conquis K où la gravité des hommes et la retraite des femmes &gt;&gt;
lui rendaient c&lt; presque inaccessible la conuersation des viuans » .
l'ay esté contrainct, dit-il, de m'addresser aux morts pour y trouuer quelque
diuertissement, &amp; de faict entre le nombre des bons liures qui sont uenus à ma
connoissance, ce petit Reros a particulieremeut Hatté ma fantaisie &amp; m'a tellement satisfaict, qu'en reuanche du plaisir que m'a donné sa lecture, i'ay
resolu de luy faire voir la France, aux despens de mon trauail, &amp; fauoriser
cette inclination si ordinaire a tous les Heros, de voyager da.n1&gt; les pays
estrangers.

Il se mit donc à l'œuvre, et sa traduction parut sous le titre
suivant :
L'Heros ] de Lavre.ns Gracian I gentil-homme I arragonois. 1 Traduit nouuellement en François. 1 Par le Sr. Geruaise Medecin Ordi.naire du I Roy,
estably dans la ville &amp; Chasteau de Perpig.nan. 1 A Paris, 1 Chez la veufue
Pierre Cheualier. 1 ruë S. Jacques, à !'Image S. Pierre. 1 M.DC.XLV. J Auec
Priuilege du Roy,.

Elle est dédiée à cc Monsieur Le Roy Conseiller du Roy en
ses Conseils », qui remplissait de hautes fonctions en Roussillon .
Le Privilège du Roi, accordé à la veuve Che,;-alier pour cinq
r. Gervaise (Nicolas), né à Paris vers 1610, mourut après 1666.
In-80 de 8 ff.
128 pp.

·2 .

+

BALTASAR GRACIAN

années, est du r2 mars r645. Il y avait donc quelque temps que
le texte expagnol avait été publié; mais ce fut le hasard, ou la
fortune de la guerre, qui fit tomber cet opuscule entre les mains
de Gervaise : on voit en effet par sa Préface qu'il ne savait rien
de Gracian, car, non seulement il ne suspectait pas le pseudonyme de Lorenzo, mais il croyait même que l'auteur était déjà
mort.
De quelle édition se servit-il? De celle de 16 37 ou de celle {
de r639? Il est difficile de se prononcer. On ne trouve pas chez
Gervaise la Dédicace à Philippe IV que contenait liêdition princeps; mais cela ne prouve rien : des raisons politiques suffisent à
expli:quer que le traducteur l'ait supprimée, comme il a fait
pour les paragraphes IO et r I du Prinwr X, qui rappellent le
succès de l'Infant Ferdinand à Nordlingen, ainsi que pour les
cinq derniers du Primor XVIII qui renfermaient l'éloge de Philippe IV. A part cela sa traduction paraît conforme au texte J
espagnol :que nous possédons.
Gervaise n'avait qu'une connaissance médiocre de l'espagnol,
et son 11abileté dans le maniement du français laisse à désirer : il
s'excuse lui-même de sa lourdeur :
Que si tu me reproches, dit-il :'t san lecteur, que ic l'ay accompagné
d'vne rudesse. de langage qui n'a point de correspondance auec la Maiesté de
tant de belles pensées, ie te prie de considerer que ie suis environ'1é de l'aspreté des Pirenees, &amp; que ie vis dans vn pays, où les ouvrages de l'Academ,ie
sont aussi rares que les beaux iours y sont communs '.

li serre le texte d'aussi près qu'il le peut; mais il fait des contresens, ne s'interdit pas toujours d'allonger la phrase, est souvent plus obscur que le tex.te et reste toujours pesant. Il est
curieux de le voir se débattre contre les difficultés de l'intraduisible Prùnor XIII, dans lequel Gracian essaie de définir le Despejo : Gervaise qui a traduit à tort despejo par entregent, rend ainsi

le§ 5.
L

L'Autheur de la Traduction au Lecteur.
REVUS HISPANIQ.OS. D.

4l

�668

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

S'il emporte les volontés, c'est un attrait ; s' il est imperceptible, c'est un
air ; si le courage le pousse, c'est un (sic) ardeur ; s'il eclare en gentillesse,
c'est galanterie ; s'il agit auec facilité, c'est adresse : car le desir et la difficulté
de le bien déclarer, lui ont inuenté cette variété de noms.

chacun ep. admirait la trempe et l'ouvrage, mais personne ne le jugeait as_sez
long. Le Prince voulut a'lloir le sentiment. de son Fils. 11 le prit, il le mesura
dès yeux : non, non (dit-il) il l'est trop : vn homme de cœur n'a point d'arme
qui soit courte; faisant un seul pas eo avant son espee devient longue. Le courage supplee ce qui manque d'acier pouruu que celuy qui la tient marche
tousiours, pour peu qu'il avance, elle touche les deux bouts de 1a Terre.

Une seconde édition parut à •Amsterdam en 1695. Mais il ne
paraît pas que le travail de Gervaise ait obtenu un très grand
succès. Gervaise avait traduit le Héros; mais au même moment
cet ouvrage inspirait Ceriziers, tlont il a été question précédemment. Cetîziers avait pu connaître le Héros par l'intermédiaire du
duc d'Orléans qui était en rapports avec Lastanosa. Son Héros
français (1645) dont nous avons parlé plus haut', dédié aux
&lt;&lt; Estats de Catalogne » avait pour objet de leur _
présenter le
comte d'Harcourt, Henri de Lorraine, qui venait d'être mis à la
tête de l'armée par Louis XIII.
En cent quatre sections l'auteur expose ce qu'est le Héros, en
quoi le comte en est l' image parfaite, etconclut, comme Gracian,
par l'éloge de sa piété sincère. L'imitation qui se manifestait sans
ambages dès la Préface, comme on l'a vu, se continue dans le
reste du livre et même dans le style. Certains passages sont des
traductions libres ; d'autres copient Gracian.mot à mot. C'est ainsi
qu'on retrouve, légèrement modifiés, les titres mêmes des Pritnores. « Du bonheur et de ses causes (s. 6). La bonne suite
dépend d'un bon commencement (s. 56). Louable hypocrisie
(s. 49). On ne doit pas montrer toute la vertu qu'on a (s. 50).
Il y a plus a voir dans notre Héros qu'on n'y voit (s. 5I ). Merveilleux effet de cet artifice en general (s. 52). Il faudrait citer
presque tout le livre pour montrer comment Ceriziers a suivi
Graciân pas à pas, se bornant à mettre le nom du comte d'Harcourt à la place des noms espagnols. Il n'est pas jusqu'aux anecdotes qu' il ne traduise serviÎement.
Brave Almançor, je te veux ouïr, peut-estre que ta parole me dira la pensée de oostre illustre. On avait presenté un coutelas au roy d'Arabie son père,
l.

Voir Je titre complet, plus haut, ch. VTII.

(P. 553).

Ce passa~e se trouve presque mot pour mot dans le Hiroe,

P· r3.
Il est tout à la gloire de Gracian que ce livre n;ait pu être inspiré par la traduction de Gervaise, mais bien par la connaissance
directe du texte original. En effet l'approbation du Héros de
Gervaise est du 12 mars et le privilège de Ceriziers du 17 mars

1645.
Après la mort de Gracian ses œm·res continuaient à être connues en France. Si Chapelain, en 1659, semble l'ignorer, Lancelot le cite honorablement dans sa Nouvelle méthode poùr apprendre

la langue espagn!Jle ( r 660) 1 •
Il allait acquérir bientôt une_ renommée plus bruyante grâce
aux attaques du Jésuite Bouhours. Dans ses Etttretiens d'Ariste
et d'Eugène, parus en 1671, celui-ci s'est fortement inspiré de
Gracian qu'il avait évidemment pratiqué à fond, mais ne se
gêne pas pour le critiquer vertement. C'est en effet à lui qu'il
pense lorsqu'il attaque les écüvaios obscurs :
La pluspart de leurs peusées, ciit.-il, sont autant d'eoigmes et de mysteres ;
leur langage est vne espece de chiffre, on n'y comprend presque rien qu'â
force de deviner. Gracian est parmi les Espagnols modernes vn de ces génies
incomprehensibles ; il a beaucoup d'élevation, de subtilité, de force et mesme
de bon sens : mais on ne sçait pas le plus souvent ce qu'il veut dire, et il ne le
sçait pas peut-être luy-mesme; quelques-vos de ses oµvrages ne semblent estre
faits que pour n'estre point entendus "·

1

I. (&lt; L'Heros· de Gracien, &amp; ses autres petits ouvrages sont aussi fort estimez
en ce temps, quoy que cet Auteur soit vn peu enflé dans ses metaphores &amp;
forcé dans ses figures ». Nouvelle inithode, p. 11.
2. E11t,·etims ... , 1671, IV, Le Bel-Esprit, p. 203. Est-ce là l'origine du mot
de La Bruyérc : « On n'écrit que pour être entendu ? »

l

�I

ADOLPHE COSTER

Après 3:voir daubé sur le castillan « qui n'a presque pas vn
mot qui n'enfle la bouche et qui ne remplisse les oreilles »,. il
reproche à Gracian le début même de son Héros :
Que el Heroe platique incomprehensibilidadcs de caudal. » Cet intompre•
be11sibilidades sonne bien haut : cela signifie èn bon français, qu'vn sage Prince
doit se conduire de sorte que personne ne le penetrc (ceâ n'est pas tQ1,t à f-ait
le sem). L'auteur Espagnol poursuit sur le même ton ; et pour dire que c'est
une grande habileté de se faire connoistre sans se laisser comprendre, il s'exprime ainsi. Gran treta e11, el arle de entendidos ostentane al conoci111ù11/o, pero 110
a la comprehet1siori. Y a-t-il à vostre avis de Ja. grandeur et de la majésté à rout
cela? La noblesse d'vne langue dépend-elle précisément du nombre des syllahes et de l'enflure des paroles ? Est-on de plus belle taille pour être monté
sur des échasses? a-t-on meilleure mine quand on a le: visage bouffi '»? « Leurs
livres, dit-il ailleurs des Espagnols, sont pleins de ces metaphores hardies et de
ces hyperboles excessives. Un de leurs celebres auteurs appelle vn m-and cœur
'
0
vri camr geant, coraçon gigante. Et celuy d'Alexandre 1111 archüœu.r dans le coin
duquel le monde que nous habitons étoit si à l'aise, qu'il y restoit encore de la
plate pm.tr six a1-1tres. Ard1icoraço11, pu.es c11po en v,1 rinco11 del lodo esle mu11do

bnlgadamente, dexando lugar para otros siis,.

Au reste Bouhours utilise Graciâ.n sans se gêner. C'est à lui
plutôt qu'à Faret qu'il emprunte l'expression de « paroles de
soie 3 ,&gt;. li lui doit dts idées :
Le secret fait vne partie ~e leur autorité, et de leur grandeur, 1100 seulement parce qu'il contribuë à faire reüssir leurs entreprises, mais aussi parce
que c'est vne espèce de souveraineté, selon le mot d'vn Politique Espagnol,
que de tenir ·ses pensées et ses resolutions fort secrettes. Si todo excesso e11
sec-reto, lo es e1ica_udal ;sacrammtar vna '1JOl1intad sera sobern11ia. Et selon la penée du lllesme auteur, il n'appartient qu'à vn génie sublime et fait pour commander, de pe.iietrer les desseins des autres et de sçavoir cacher les siens.
Arguye emimncia decaudal peue/rar toda vol1mtad ag-ena : y concluye superioridad

saber celdr la propria•.
1.

2.

Entretiens ... , 1671, II, Lala11gt1efrn11çaise, p. 41.
E11tre/ie11s, Il, p. 48-49; Ht!roe, p. 12.

3. « Se~ paroles (de la langue française), dit Eugène, ne sont pas toutes de
soyc, comme celles dont vu sage politique vouloit qu'on se servist en parlant
aux Princes. " E11tretie11 lI, p, 67.
4. Hb·oe, p. 7. Ent1·ttim III, p. 16~-164.

BALTASAR GRACIAN

P.irlant dù secret de s'attacher les cœurs, il écrit
On peut dire de plus que c'est le peµchant et l'instinct du cœur ; que c'est
vn tres-exquis sentiment de l'ame pour vo objet qui la touche; vne sympathie
merveilleuse ; et comme vne parenté des cœurs, pour vser des termes d'vo bel
esprit Espagnol, vn parentesco de los coraço11es •.

Mais il lui doit davantage 1 et il semble que le cinquième Di-alogue intitulé le Je ne sais quoi, le meilleur du volume, ne soit
que le développement du P.rimor XIIT1 Del Des-pe,jo.
Les Espagnols ont aussi . leur 110 se que, dit-il, qu 'ils nrêlent à tout, et dont
ils usent à toute heure ; outre leur do11ayrc, leur /,ru; et leur despej.o que Gracian
appelle alma ile toda prenda, renlce de lt&gt;s mismos realces, perfecciou de la misma
pe,fecci011 ; et qui est. selon le mêrne auieur au-dessus de nos pensées et. de nos
paroles, liso11gea la Îflteligeticia, y estrmia la expJic11cio11.

L'importance de la fortune dans le succès, sur laquelle Graciân
insiste tant, n'est pas moins admise par Bouhours.
Ainsi, dit Ariste, c'est proprement la fortune qui fait jouër vn grapd rôle
· à vn bel esprit sur le theatre du monde, tandis qu'elle en laisse d'autres dans
l'obsa1r'ité et dans la poussière. Car assûrément il y a de beaux esprits qui som
incom1us et inutiles, faute d'un employ qui les fasse pa~oistrc et qui les oblige
à travailler. - Ce n'est pas assez, répond Eugène, pour y reüssîr d'estre fort
éclairé, et même fort sage ; il faut avoir '\'n talent propre pom gouverner les
autres esprits sous l'autorité du Prince, pour commander en obéissant. Ce qui
a fait dire à vn Politique Espagnol que le genie et l'esprit sont les deux causes
principales de l'élévation et de la gloire d'vn grand homme. Genia ·y ingenio los

dos'exes dû lucimieuto de prmdas, el 11110 sitHl otro felicide1d a medias; '.110 basta lo
e11t~11dido, desease lo g1mial •.

Cette pensée, à la différence des précédentes, tirées du Héros,
est empruntée à l'Oniculo (M. I 12). Bouhours connaissait donc
bien Gracian; il avait même songé à traduire l'Agudez._a, comme
il le déclare lui-même dans la Manù!re de bien penser ; mais la
difficulté de la dche l'avait fait reculer.
1:'

2.

E11tretie11 V, p. 239 ; Héroe, p. 35.
E11tretie11IV, p. 2r9-220.

�fq2

BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

Ces éloges et ces critiques avaient bien servi la réputation de
Gracian, puisqu'ils inspiraient au moins le désir de le connaitre.
Mais un nouveau traducteur allait assurer sa popularité : ce fut
Abraham Nicolas Amelot de la Houssaie.
Né à Orléans en 1634, Amelot débuta dans la diplomatie en
Portugal, fut en 1669 secrétaire du Président Saint-André à
Venise et mourut à Paris le 8 décembre 1706. Il avait une culture intellectuelle solide et vaste : ses goûts le portèrent vers la
politique, et il publia, en 1683, une traduction annotée du Prince
de Machiavel. En 1684 il donna une traduction de l'Oraculo
manu.al',
accompagnée de rapprochements avec les auteurs
J
anciens ou modernes, ou même avec les autres œuvres de Gracian
dont quelques Maximes ne sont que des extraits; c'est air.si qu'il
fut amené à traduire incidemment une grande partie de El
Héroe et de El Discreto. Cette traduction est la cause première de
la renommée de Graciao hors d'Espagne.
Une question préjudicielle se pose : la traduction d'Amelot estelle originale? Fit-il au contraire état d'une traduction italienne •
parue en 1679, et qui suit aussi exactement que possible le tour
de la phrase espagnole, en sorte qu'elle reste aussi obscure que
l'original ? Il ne le semble pas et, par conséquent, on peut faire
honneur à Amelot d'avoir débrouillé ce texte difficile, là où il
a réussi, sans lui reprocher trop amèrement les erreurs qu'il a
1. L'Homme de &amp;cn{r. Traduit de l' Espag11ol de Baltasar Gracia11. Par le sit11r
Amelot de la Houssaie. Avec des Notes. A Paris chez. la veuve Martùi, ér Jean
Boudot, riit Saint Jaques, ari Soleil d'or. M.DC.LXXXIV. Avec Privilege àii Roi.

In-4° de 33 ff. n. ch.-326 pp.-9 ff. n. ch.
2. Oracolo 111anuale, e Arte di prude11za, cauata dagl'Aforismi, che si discorrono
1111lI' Opre di Lore,iz.o Gratiane. Mandale fo l!lce D. Vicmzo Giovanni de Lastanosa. Diretto alla Nobiltà Vmetia11a, e ded-icato all'fllustriss. et Eccelmtiss. Sig.
Leonardo Pesaro, procuratore di S. Marco, eriformatore dtllo Studio di Padova. fo
Vmetia, MDCLXXIX. Presso Gio. GiJJ.comoHerlf. In-12 de r2 ff. prél. et 332 pp.
La maxime 97, Consqtûr y conservar la reputaâon, est omise et quelques
articles sont intervertis. Voir sur cette traduction Morel-Fatio, Bulletin Hispanique, 1910, p. 379- 380.

673

pu commettre et que- ses s_uccesseurs n'ont pas toujours su corriger.
Il semblerait que la traduction d' Amelot fut inspirée par le
désir de riposter aux attaques que Bouhours avait dirigées contre
Gracian dans les Entretiens d'Ariste et d'Eugène. Tout au moins,
bien que Bouhours fût cité avec éloges, à l'occasion, dans le cours
de l'ouvrage, la Préface reproduisait-elle les passages des Entretiens
les plus durs pour Gracian, en les faisant suivre d'une réplique
dans laquelle Amelot tente d'excuser l'obscurité de l'original. Il
signalait également que le véritable prénom de Gradin était
Baltasar et oon Lorenzo, et faisait l'historique de ses différents
ouvrages; il semble ignorer toutefois qu'il y eut une double
rédaction de l' Agudez.a; il fixe la mort de Gracian au 6 décembre,
1658, mais lui donne l'âge de. cinquante-quatre ans.
Bayle, dans ses Nouvelles de la République des lettres ' consacra
un article élogieux à cette traduction. Les Ac/a Ernditorum rendirent compte de la Préface d; Amelot en renvoyant au texte pour
le reste•.
L'Homme de cour avait été publié à la fois à Paris, in-4 °, et La
Haye, in-12, en 1684. A partir de ce mçment va paraître une
longue série de réimpressions . De 1685 à 1716, nous avons la
trace de quatorze d'entre elles, et même la traduction dt; Courbeville, Jont nous parlerons tout à l'heure, et qui parut en 1730,
ne parvint pas à supplanter celle d' Amelot qui, de r 732 à 1808; fut
encore imprîmée quatre fois. Elle méritait d'ailleurs ce succès par
l'exactitude et l'intelligence avec laquelle elle avait été faite.
r. Juillet 1684, Artick VII, p. 520-524.
89-91. Le criùque conclut

2. Février 1785, p.

« Axiomata trecenta, concisissimo stylo arctata, in compendio exhiberc, idem esset ac describere. Legi
possunt exiguo labore, sed nonnisi maguo &amp; repetito intelligi ; quamvis interpi:es operam dederit ut ad perspicuitatis GaUicae genium griphos illos
explicaret1 et ex autoris, quae supra indicavimus, scriptis, Heroe et Discreto
liquidiora annotationibus subjungeret, in quibus et ex alüs accuratissimis
rerum politicarum scriptoribus sententias selectas euro fructu reperire licet. &gt;J

�ADOLPHE COSTER

Dans sa Manière de bien penser ( r 687 ), Bouhours releva vertement les attaques d'Amelot, qu'il accuse d'avoir commis _der
contresens et de ne pas parler français 1 •
J'ai leû, dit Eudoxe, avec beaucoup de plaisir sou Epitre dédicatoire. 11 y
parle espagnol en français admirablement bien, et les titres qu'il donne à Louis
le Grand de Roy Roy, de Maistre Roy, de Grand Tout, de 110n plus outre de la
Royauté, m'ont fort réjoûï. - J'ai veô dans Homère, dit Philanthe, Roy plus
Roy que les autres; dans Marot Ray le plus Roy qui fut one couronne; et dans un
poète moderne, Roy vraiment Roy. Mais je n'avais jamais vu Roy R.oy; et Roy
Roy me paralt presque aussi plaisant que perroquet pe:rroquet.

Amelot avait en effet emprunté à Gracian un certain nombre
d'expressions bizarres, qui, d'ailleurs, ne l'étaient pas moins en
espagnol qu'en français.
La façon dont Bouhours juge les différentes œuvres de Graciàn
1. Voir Manière de bïé.11 penser, IV, p. 358-365. « Il n'a pas au reste trop
bien !,léçhifré certains endro.its dont je me souviens. L'Auteur dit, en parlant
de l'esprit _: Es este el atributo Rey · y assi q1wlquier crimw contra el, Jue de lesa
magestad. Le Traducteur déchifre aù1si ce passage: L'Espritest le Roy des attributs; el par c011siq11enl chaque offeuse qu'on luy fait est un crime ck ler_e-majeslé.
(p. 361 ). - L'Auteur dit sur le sujet de Ja dissimulation : Sauamenlar una voltmtad serà soberrmia. Le Traducteur tourne de la sorte : Qui de sa voioi,té sçait:
Jaire u11 Sa:cre111e1JI. est so,ment souverain de soy-mesme. - j'entends moins Ja
Tnduction_ fran~oise que l'Original espagnol, dit Philanthe, et je ne sçay ce
que veut due en nostre langue le Roy des attributs, de sa volonté Jaire 1m s11ere111mf. Je devinois par el atributo Rey que l'esprit estoit la perfection souver.iioe,
et celle qui tenoit le premier rang. Je m'imaginois que Satrarnmlar 1ma vol1m·iad, vouJait dire cacher les mo11ve1111ms de son camr et e11 Jaire un mystére aux
autres. Mais le Roy desattributs, de sa i•olonté faire un sacrement est un vra.i chifre
pour moi, et je gagerais que les Lecteurs ne l'entendent pas. - C'est à dire,
reprît Eudoxe qu'un Œdipe du caractére de ccluy-là est tout propre a obscurcir les én.igmes au lieu de les expliquer. Si j'avois le temps d'examiner la Traduction, ajoùta-t-il, et que cela en valust la peine, vous verriez bien que le
Traducteur, qui s'applaudit de son ouvrage, et qui se flatte d'avoir traduit
avec succès un livre inintelligible dans l'opinion commune, de son aveu
mesme, n'est pas si bon entendeur qu'il pense, pour me servir de ses termes.»
Ibid., IV, p. 3&lt;,1-362.

BALTASAR GRACIAN

est intéressante, en raison de l'autorité dont il jouissait et ·de
l'école qu'il rêprésentait.
Jl y a, dit-il, dans ses ouvrages quelque chose de si sombre, de si abstrait,
et de si opposé au caractere des Anciens, que je ne puis en faire mes délices ...
L'Homme de conr que Dom Lastanosa appelle une ,-aison d'Etat de soy-mesme et
une bo1mole a'!lec laquelle il est aise ck surgir au pqrl de l'excelloiu; le Trnducteur, une espèce de rudime11t de &lt;:::011r et de Code politique ... est un recueil de
maximes qui n'ont nulle Liaison naturelle, qui ne vont poi11t à un but, la pluspart quintessenciées et chimeriquès, presque toutes si obscures qu'on n'y
entend rien, -surtout dans la Traduction. I.e Livre qui a pour titre Agudez.a y
Arte de intmio est un beau projet mal ex.écuré à mon gré : j'en fus frappé la
premiè-re fois que. je le vis,_et il me prît d'abord envie de Je traduire ; mais'après que j'e'n eû leû quelque chose, je fus bien gueri de ma tentation. Car
quoyque j'y trouvasse de la. subtilité et de la raison en plusieurs endroits je
n'y trouvay point mon compte; ef je jugeay, en le parcourant, qu'un ouvrage ,
de cette espece serait un monstre en nostre .langue. L'Auteur prétend y enseigner l'art d'avoir de l'esprit, mais toute sa méthode est fondée sur des régies
si métaphysiques, et si peu claires, qu'on a peine-à les concevoir; d'ailleurs sï
peu seûrès qu'on pourrait bien quelquefois s'égarer en les suivant. Les autres
Livres de Gradan ont le mesme caractere, a son Politico Fenumdo pres, qui
est plus intelligible et plus raisonnable. Car sans parler de son Critidm où je ne
vojs goute·; son Dircreto est un peu visionnaire et son Heroe est tout à fait fanfaron ; l'incompréheosibilité est la première qualité et le premier avantage que
!'Auteur lui dom:le. Pri111or frrime:ro, que el Heroe platiq11~ incomprebemibilidadr.s
de cai1dal. En un mot, jamais peut-estre Ecrivain n'a eû de pensées si subtiles,
si guindées, ni si obscures '.

Ces critiques, loin d'arrêter le succès de l'Homme de cour ât-tirèrent l'attention sur Gracian, dont le seul ouvrage que semble
ignorer Bouhours, Je Comulgatorio, fut traduit en 1693 en français par Claude de la Grange, chanoine régulier de Saint-Vic1. Ma11ieredebimpe11ser, IV, p. 363-365.
Dans ses Pensées it1té11ier.tses des a11dms et des modernes ( 1689), il cite encore
de Gracian la phrase Iguala la palabra favorable de v,1 S11perior a la obra de rm
it11al y excede la, cc1·/esia de un Principe dl do11 de 1111 ci11dodano, qu 'il rapproche
dtune lettre- de B11ssy-Rabuti11 et d'une maxime de la Bruyère (p; 225 de.
l'édition de 1722).

�ADOLPHE COSTER

tor, sous le titre de 1',fodilt. d'une sainte. et parfaite communion 1 •
Trois ans plus tard le Criticân lui-même allait devenir accessible aux: Français. En 1696, un certain Maunory sur lequel
nous n'avons d'ailleurs aucun renseignement, dédiait au duc de
Noailles, gouverneur général du Roussillon, la traduction de la première partie du Critic611, sous le titre de l'Homme détrompé•. Dans
sa Préface, Maunory donne sur Graciao quelques renseignements
qui prouvent qu'il ne savait rien de l'auteur. Il avoue qu' cc il
n'est pas aisé de l'entendre ou il a voulu être obscur n. Il justifie
le titre qu'il a donné à son livre en disant que cc le seul motif de
Gracian dans cet ouvrage c'est de détromper les hommes des
vains attachemens du monde et des passions... Sa morale est ·
solide ,ajoute-t-il, ses maximes toujours véritables, ses préceptes
très utiles ». Conscient de la difficulté de son entreprise, il s'excuse d'avoir dû garder certaines expressions espagnoles « que
l'on ne peut mettre en notre Langue, sans leur ôter entièrement
1eur beauté», mais rappelant l'accueil favorable fait à l'Homme
de cour, il se flatte que sa traduction ne déplaira pas.
1. Modele / D'ut1e I Sainte et Parfaite ) Commwiion, 1 En 50. Meditations tirees de l' a11cie11 &amp; 1 du t1ou·veau Teslamnit , pour tous les / Dimanches &amp; les Festes
de l'an11ëe, ) Et traduites de l'Espacnol tk Baltazar Gracia11. / (Que chacun s'examim soi-mdme, / &amp;qu:'afosi il mange de ce pafo.1. Cor. II. 28.) 1 A Paris, 1
Chez. Jean Bmulot, rué S. ]fUjues; 1 au Soleil d'or. 1 M.DC.XCIJI. 1 Aille Priuilege &amp; Approbatio11. /I L'approbation &lt;t en Sorbonne, le 12 janvier 1693. Signé
Pirot. ·)&gt; - Dans le Privilège on lit : « Il est peonis au sieur C. D. L. G. de
faire imprimer en telle ville &amp; par tel libraire qu'il voudra choisir, la Traduction qu'il a faite des Meditations de Gracian sur la Corfununion, etc. », ce qui
prouve que la traduction n'est pas d' Amelot, comme l'indique à tort le catalogue de la Bibliothèque Nationale.
2. L'Ho11w1e / détrompé, 1 011 l le Criticori I de Baltazar Gracia11 1 Traduit de
l'Espagnol eii François , 1 A Paris, 1 Chez. facq11ts Collombat, rllë S. / ]acqrtes, prés
laF011taitiesaintSeverfo j auPelican. / M.DC.XCVI. 1 AvecPrivilegedvRoy. /1
Le privilège est du 24 septembre, l'enregistrement du syndic des Libraires du
1•r octobre ·1695, et !'achevé d'imprimer du 15 juin 1696. Maunory rappelle
dans sa dédicace qu'il a connu le Duc trente ans auparavant, alors q,u'il se
trouvait en Hollande dans l'armée de M. de Pradel, à titre de secrétaire.

BALTASAR GRACIAN

Probablement après la mort de Maunory, un libraire de La
Haye, Van Ellinckhuysen, fit continuer la traduction et publia
en trois volumes le Criticon tout entier'. Cette traduction fut
rééditée quatre fois jusqu'en 1734, L'impossibilité de faire passer
en français les jeux de mots du Criticon explique le peu d.e suc-1
cès qu'elle obtint.
En 1768, Juan Pablo de Aragon de Azlor présenta à l'Acadé~
mie française un résumé et une version française du Criticon •.
A partir de ce moment le romau de Gracian tomba dans l'oubli
le plus profond en France.
A l'exception de l'Agttdez..a, toutes les œuvres de Gracian
avaient donc passé dans notre langue, en tout ou en partie. Une
accalmie se produisit pendant quelques années, puis apparut un
nouveau champion de Ia gloire de Gracian, en la personne dù
Père Jésuite Joseph de Courbeville, fécond, sinon habile traducteur d'ouvrages italiens, anglais, ou espagnols 1•
En r723, il fit paraître sous le titre de !'Hamme universel4 une
traduction du Discreto. Elle était prête dès 1721. En effet, dans
les Mémoires de Trl:ooux (août 1721, p. 14 59-1475) un anonyme,
qui n'est autre que Courbeville lui-même, J'annonce en essayant
de justifier le titre d' Homme universel qu'il a choisi : &lt;&lt; Celui-ci,
dit-il, rassemble en soi toutes les bonnes qualitez qu'on peut
acquerir auec un fonds d'ailleurs le plus heureux qui se puisse
recevoir de la nature. ,&gt; 11 donne même comme spécimen de sa
1.

La Haye, 1709; 1723 ; Genève, 1725 ; La Haye, 1734.

z. Voir Latassa, B. N. E. A.
3. Né à Orléans le 12 novembre 1668, il entra dans la Compagnie Je
n septembre 1686. Après sa régence il fut adjoint aux rédacteurs des Mimoires
ik Trévoux et mourut à Paris au Collège Louis-le-Grand le 23 juin 1746. Il
ne faut pas le confondre avec un Jésuite missionnaire du prénom de François,
mon en 1715.
4. L'Homme U11iversel, traduit de !'Espagnol de Baltasar Gracie,i (sic) A
Paris chez NoeJ Pissot, 1723. In-12 de 312 pp. Réimpressions de La Haye,
1724; Rotterdam, 1729.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

traduction le Realce : &lt;i Del seiiorio en el hacer y en el decir ».
Chemin faisant il attaquait Amelot qui n'en pouvait mais, sur sa
traduction des mots Oraculo manual par Homme de cour, et de
Discreto par Discret; il annonce à ce propos qu'une traduction de
l'Oraculo est toute prête et qu'il n'en reste à choisir que le titre.
Il raille son confrère Bouhours qui attribue aux savantes
recherches d' Amelot la découverte du prénom véy;itable de
Graci:in, dévoilé depuis longtemps par le sonnet acrostiche de
Salinas.

titre du Hér.os '. L'ouvrage parut en 1725, à Paris, puis à Amster_
dam, et fut réédité en 1729 à Amsterdam, puis à Rotterdam.
Cette traduction fut signalée dans le Journal des Savants par
un rédacteur, qui n'était autre que l'abbé Guyot-Desfontaines.
Le critique, assez dur pour le traducteur, l'accusait surtout d'am~
plification 2 • U n'avait pas tort : qu'on en juge par le passage
suivant :

Le Journal des Savanls rendit compte de l'apparition de
l Homme universel en termes flatteurs tant pour Gracian que pour
Courbeville à quiJ'on reprochait toutefois l'abus du néologisme '.
Courbeville oe fut pas satisfait : il fit paraître une brochure intitulée (t Observations critiques sur le huitième article du Journal
des Savans », qui provoqua une riposte du rédacteur anonyme
où se manifestait clairement son ignorance des ouvrages de Gracian.
Courbeville est un pauvre traducteur ; il se permet avec le
texte les libertés les plus grandes, retra.nche, ajoute., change les
noms propres, fait des allusions de son crû et commet des .contresens; il avait même songé, il l1avdue dans sa Préface, à modifier la forme de certains des Realces pour (&lt; ramener au sens
propre quatre on cinq Chapitres allegoriez dans l'Original J&gt;;
mais jl changea d'avis par scrupule. Aucun commentaire n'accompagne cette traduction qui en aurait eu besoin, et qui fait
. vraiment peu d'honneur à son auteur. Elle a pourtant une importance capitale, car ce fut elle qui servit aux traducteurs-étrangers,
et c'est grâce à elle que se répandit en Italie, en Angleterre ou
en Allemagne cet ouvrage de Gracian. L'Homme universel fut
réédité en 1724 et 1729.
Courbeville s'attaqua ensuite à El Héroe qu'il traduisit sous lè
r. Journal des Sav.wts, r7a4, p. 40-43.
&lt;&lt; Cet

ouvrage est uu livre que nous connaissons trop tard )&gt; dit le critique.

Courbeville (p. 168-169).
Soliman sçavoit la necessité de ce
discernement : il en fit usage dans
une circonstance, où il sentit que
malgré tous ses succcs passez il bazardoit trop sa gloire auec le rival
heureux auquel il avoit affaire. Ce
rival estoit Charles-Quint : la fortune
alors fidelle a le servir donna de l'inquietude a Soliman qui fut plus frappé
du bonheur constant de son nouvel antagoniste, que de toutes les puissances
de l'Europe. Ainsi sans se soucier de
ce que diroient ceux qui ne pènsoient
pas comme luy en pareil risque : Soliman prit le sage parti de ne se
point commettre avec Charles-Quint.

0

679

Gradin (H. p. 26).
Preuino Soliman la gran felicidad
de nuestro Catolico Marte, quinto de
los Carlos, para que estuuiera el valor en su esfera. Temio mas a sola
ella, que a todos los tercios de Poniente, contemplacion de otros.

Guyot-Desfontaines reproche encore à Courbeville ~•a~oir traduit Despejo par Je ne sais quai, et prétend que ce mot signifie. « un
air gai et ouvert&gt;&gt;. En finissant, il annonce qu'un homme_de
lettres, qu'il ne nomme pas, promet de donner une traducnon
littérale du Héros « en moins de deux feuilles d'impression . Il
donnera ensuite une vraie traduction d' El Discreto, de l'Oraculo
~nual et d'El Politico Fernando et tout cela avec des Préfaces
1. Le Heros, 1 tradrtit I de /'Espagnol I de Baltaz_ar Gracùm. 1 Ave, des
Remarques. 1 Dédié à Monseig1lllur le Duc de I Bourboii, 1 A Paris, 1 Chez, Noel
Pissot ... , M.DCC.XXV, llln-12 de 368 pp. L'approbation est du 29 mars.

Réimpression, Rotterdam, 1729.
2. Octobre 1725, pp. 591-597 •

�680

ADOLPHE COS'ŒR

modestes et simples ». Cette promesse ne semble pas avoir été
\ réalisée; mais Guyot-Desfontaines ne méprisait pas tant la tra] duction de Courbeville qu'il ne l'envoyât à Voltaire, qui lui
répondait : « Je vous suis presque également obligé pour Marianne
et pour le Héros de Gratien ' . »
La traduction de l'Oraculo, qu'avait promise Courbeville, parut
en 1730 sous le titre de Maximes de Baltaz.ar Gracien ; dans la
Préface, l'auteur répondait aux critiques que Guyot-Desfontaines
avait dirigées contre ses traduccjons de El Discr,etoet de El Hé.roe,
et prétendait prouver qu'.1\melot avait commis des contresens
grossiers 2 • Cette nouvelle traduction était cependant loin de
valoir celle d'Amelot: elle n'eut d'ailleurs pas l'honneur d'être
rééditée.
Courbeville avait ramené l'attention sur Gracian. El P,J/itico
Fernando, qui n'avait pas encore tenté les traducteurs, parut bientôt en français, en 1730, sous le titre de Réflexi.ons politiques de

1

Baltasar Gracian sur les plus grands princes, et particulièrement sur
Ferdinand le Catholique. Ouvrage traduit de l'espagnol avec des Notes
historiques et critiques par M.D.~'#. M.DCC.XXX (In-4° de
120 pp.). Le traducteur était le jeune Étienne de Silhouette, le
futur contrôleur général des finances (1709-1767). Son anonymat était dévoilé dans un article fielleux des Nouvelles ecclésiastiques du 21 avril 1731 (p. 81-82).
Celui q1;1i passe pour en être l'auteur, y disait-on, se nomme Silhouette,
jeune homme d'environ vingt-deux ans, ami particulier et élève du P. TourEditionMoland,t. XXXlll, p. 155. Lettre du 13 novembre 1725. -Le
août 1767, Voltaire écrivait au marquis d'Aranda, Camérier major du•roi
d'Espagne (sous le nom d'up amtmann de Bâle) : &lt;&lt; Vous êtes né avec un
génie su_périeur; vous faites d'aussi jolis vers que Lope de Vega; vous écrivez
mieux en prose que Gracien. » Ibid., p. 345.

BALTASAR GRACIAN

681

nemine. Les connaisseurs qui liront ces deux ouvrages (le second était 1111 traité
sur la morale de Corifuciu.s) reconnaîtront sans peine dans le stile et dans les
Notes historiques la plume et l'érudition profane de ce fameux Jésuite. On y
voit d'ailleurs des recherches et des réflexions politiques, qui sont au dessus
de la portée du jeune homme dont il a emprunté le nom. ous ne nous proposons point de parler de BaJtasar Gracian. On sait l'empressement qu'ont eu
les Jésuites de traduire en françois tous les Ouvrages de ce bel esprit Espaguol
leur Confrere, tout occupé à traiter d:e la Politique dans le goût d'une morale
profane, et moins exa.cte que celle que les Jésuites eux-mêmes attribuent à
Confucius.

Mais le Journal des Savants renda-it compte de l'ouvrage avec
bienveillance pour le traducteur dont il vantait les notes historiques, bien qu'avec une certaine sévérité pour l'auteur' . La
traduction de Silhouette avait paru la même année sous deux
formats, in-4° et in-r2. Elle fut rééditée à Amst~rdam en r731.,
Le P. Courbeville s'était laissé gagner de vitesse. Ce ·ne fut
qu'en 1732 qu'il publia sa tr1duction sous le titre : Le. Politique

Dom Ferdinand le Catholique traduit de r Espagnol de BalJhaz.ar Gracien. Avec des Notes (Paris 1732, in-12).
Guyot-Desfontaines, qui était en .mauvais termes avec les
Jésuites, attaqua cet ouvrage et Graciân du même coup c1 dans
un livre périodique de peu de durée &gt;&gt;; il y qualifiait Gracian de
Lyéophron espagnol et les traductions de Courbeville de paraphrases.
Les Mémoires de Trévoux ripostèrent par une chaude apologie
de Courbeville et de violentes attaques contre Guyot-Desfontaioes, à qni l'on rappelait qu'il avait promis jadis de donner de

1.

10

2. Ma.ûmes de B:.iltaz_ar Gracim, Tr1ufaites de l'Espagiiol, avec les repo11ses O!lX
Critiques der Homme 1miversel &amp; du Heros, t1'aduits d11. 111è.111e Auteur. A Paris,
che{ Rollin fils 1 qllai tùs AU[USlins, à S. Athanase. M.DCC.XXX. Avec Approbation &amp; Privilege du Roy'.
Voir Mémoires d1, Tri-r.loitx 1 1730, p. 375 et 1000-1018.

1. Juin 1731, p. 361-364. Dans la Suitede la Clifou Journal historique
sur les matii:res du tems (janvier-juin 17 3I, p. 2 37-241) se trouve un compterendu de l'ouvrage qui avait paru simultanément in-12 de 350 pages sans la
Préface et la Table. C'est un court aperçu du livre avec des notes historiques,
une critique peu sympathique de Ferdinand, un mot malveillant pour Olivares
et un spécimen des notes historiques que le rédacteur déclare indispensables.
Il signale la suppression de certaines hardiesses de l'original. Voir aussi
Mémoi,-e.s de Trivoux, 1732, p. 621-657.

�682

1

ADOLPHE COSTER

Gracian &lt;1 une version littérale où il espérait bien se faire entendre »,
et où Fon justifiait l'auteur espagnol, que Guyot-Desfontaines
accusait de n avoir pas saivi de plan dans son Politico ' .
Le succès de ce dernier ouvrage paraît avoir été assez médiocre,
car il n'eut pas d'autre réédition g ue celle de Rotterdam, I 7 3 2.
Quoi qu'il en soit, la multiplicité de ces traductions démontre
clairement que Gracian eur en France une influence considérable,
à laquelle on n'a pas encore accordé l'attention qu 'elle mériterait. En déterminer les limites serait une entreprise actuellement impossible. On ne peut qu'émettre à ce sujet de prudentes
hypothèses, accompagnées de quelques faits précis.
La première question -qui se pose est de savoir si Gracian a
directement agi sur les moralistes français qui l'ont suivi'.
En effet les Maximes de la" Rochefoucauld furent publiées en
r665, soitdix-trnit ans après l' rdciûornarittal, qui ne devait être
traduit par Amelot qu'en r 684. IL est peu vraisemblable que La
Rochefoucauld ait été en état de lire dans le texte un ouvrage
aussi difficile que l'Ordcul,o. Mais la marquise de Sablé~ qui collabora si étroitement à l'élaboration des Maximes, savait l'espagnol
et connaissait l'Oraculo : on en a la preuve, car sur les quatrevingt-une maximes que l'abbé d' Ailly publia plus tard comme
étant de Mrn• de Sablé, seize sont traduites ou paraphrasées de
Gracian. Donc, sinon par lui-même, tout au moins par son amie,
La Rochefoucauid conuut Graciân, et plu~ieurs de ses réflexions
ont leur source dans l'Ordculo.
Ainsi Graciân avait dit : c1 Estima por mas valor eJ no empeiiarse que el vencer » (M. --1-7) et La Rochefoucauld traduit :
cc Le sage trouve mieux: son compte à ne point s'engager qu'à
vaincre.» (M. 549). L'imitation est Aagrante. Cette démonstration seule intéresse l'historien de Gracian. Quant à examiner
l'étendue de l'influence de ce dernier sur La Rochefoucauld, il
1 . Mt!mcires de Trévoux, 1734, premier trimestre, huitième article.
z. Cette question a été étudiée par M. V. Bouillier dans le Blllùtin Rispa-

I'1nique, 19u , p. 316-336.

BALTASAR GRACIAN

serait oiseux de le tenter ici, et l'on peut d'ailleurs se reponer
aux conclusions de M. Bouillier qui, peut-être avec une prudence
excessive, ne relève chez le moraliste français qu'une quinzaine
d'emprunts faits à l'Oractûo. M. Bouillier ajoute qu'aucun d'eux
« ne compte parmi les maximes fondamentales de La Rochefoucauld &gt;i ; il aurait pu voir là une preuve indirecte de leur
origine étrangère.
La Bru ère publia ses Caractéres en 1688, quatre ans après la
traduction d'Amelot. Il a donc pu connaitre facilement Graciân,
qu'il était d'ailleurs peut-être en état de lire dans le texte, et il
n'est pas douteux qu'il n'ait plus d'une fois songé à lui, soit pour
le critiquer, sans le nommer, soit pour s'en inspirer: nous l'avons
relevé en étudiantl'Ordculo; on trouverait chez lui une douzaine
de pareils passages.
Courbeville prétend que Sainr-Evremonr a purement et simplement copié Gracian dans ses'conseûs au. éomte de Saint-Alba11 • 1
mais ce morceau, qui est effectivement la paraphrase de quelque;
maximes de l'Oraculo et du Héroe, n'est pas en réalité de Saint- 1
Evremont. Dans les Maximes, sentences el réflexions morales du
ChC]:!IJJMr de Méré (1618-1685), on relève quatre maximes empruntées al'Ordculopar l'intermédiaire de la traduction d'Amelot
et l'on pourrait également découvrir chez Chamfort quelque;
emprunts faits à Graciân.
....._
Est-ce une simple C(!Ïncidence qui fait qu'en 1699, deux. ans
après l'apparition de l'Homme Détrompé de Maunory, Fénelon
publie les Aventures de Télémaque, où nous voyons unGirilo
harmonieux en 1a personne de Mentor ?
Un certain L~re de Claville, ancien doyen du bureau des
finances de Rouen pu6ha1t, en 1734, un Traité du vrai mérite dt

l'homme considéré dans tous les dges et dans toutes les conditions avec
des principes d'éducation propres à former ks jeunes gens à la v:rtu :
son _livre eut u~ très grand succès au xvnr• siècle, puisqu'il fut
réédité quatre fois de I 734 à 1742, et contrefait huit fois •. Parmi
1.

Voir Lanson, Manuel bibliog-raphique, xvm• sièc:le, p. 551.
REVlll! BISPANIQ.UB, D.

44

1

�ADOLPHE COSTER

B:ALTASAR GRACIAN

les auteurs qu':il cite, on trouveGracian, qu'il connaissait, comme
il appert de ses citations pat la traduction d'Amelot. &lt;&lt; Quand
vous trouverez, dit-il, sous votre main l'homme de cour d'Amelot
de la Houssaye, ou l'Homme Universel du P. Courbeville, deux
bons traducteurs de Balthazar Gratian... vite écrivez, faites de
longs extraits; toutest bon'. n Cette admiration deClavillen'est
pas sans intérêt pour notre histoire littéraire; en effet, ~
n'a peut-être pas lu Gracian ', mais il a connu Claville, qu'il met
en compagnie d'auteurs plus renommés dans le Verger des Charmettes.

à la mémoire lorsqu'il écrivait : &lt;&lt; Personne n'est sujet à plus de
fautes que ceux qui n'agissent que par réflexion 1&gt; (M. I 3 1), ou :
cc Lorsqu'on ne veut rien perdre ni rien cacher de son esprit, on
en diminue d'ordinaire la réputation. ,, (M. 261. Voir Orltculo,
94).
ous avons enfin signalé, chemin faisant, la preuve que Vol~iœ avait connu Graciân, auquel il attribt1e même dans son
dictionnaire philosophique une phrase détestable dont il e
moque ' .
Ces quelq L1es rapprochements montrent de quelle importance
serait pour l'étude de l'histoire de la littéramre française au xvn•
et au .xvm• siècles la connaissance de Graciân.

0 vous, tendre R:tcine, ô vous aimable Horace !
Dans mes loisirs aussi vous teniez votre place :
Claville, saint Aubin, Plutarque, Mézeray,
Desprbux, Cicê:ron, Pope Rollin, Barclay etc. 1

Enfin citons Vauvenargues dont les œuvres parurent en
17 46, et qui s e m b ~ eu le souvenir de Graci:in présent
1. 11 cite, tome 1, p. 256 de l'édition de 1742, un passage du Dis~reto :
« faime fort la plaisanterie des Espagnols : ils disent qu'il faut être sot pour
ne pas faire deux vers, et fou pour en faire quatre. » Amelot :wait traduit plus
strictement mais avec rn.bins de clarté : 1c Il ne fut pas pourtant si ignorant
qu'il oe stit pas faire un vers; ol si mal-avisé, que d'en faire deux. )&gt; (p. 249)
Voir dernier nalcr du Di.creto et M. 229 de l'Ordc11lo. - T. 1, p. 56
il cite la traduction d 'Amelot (Oriuulo, m. 44) : a Balthazar Gracian dit
excellement qu'il y a une parenté des cœurs et de génies, que cette sym-

pathie n'en demeure pas à !'Estime, quelle va jusqu'à la bienveill.anœ,
d'où elle arrive enfio à l'attachement, qu'clle persuade sans parler, et qu'elle
obtient sans recommandation. » Il cire également l'Homme Universel, t. II,
p. s, note; t. I, p. 892, et dit t. I, p. 11 : « Et voilà le virl1wsus des Allemands, voilà l'homme universel ou l'cl Discreto des Espagnols, voilà notre
modèle en un mot; voilà l'idée que Platon nous donne du philosophe, un
amateur de la sagesse universelle." Ces citations de Claville ainsi que la menlion faite de cet .aureur par Rousseau m'ont été fournies par M. Jean Morel.
:2. Voir cependant plus haut, ah. XII; le début du premier livre de l'É,m"le
sen'lhle inspiré d'une phrase du Critid111.
3~ Le V;Jrger des Clmrmettes, édition Hachette, YI, p. 6.

J. a Balthasar Gratian dit que « les pensêes parteot des vastes c6tes de la , ~
mêmoire, s'embarquent sur la mer de l'imagination, arrivent au port de l'es- ~~ •
prit, pour être enregistrées à la douane de l'entendement. » C'est précisément
le style d'Arlequin ... n Diaiom,aire philosophiq11e. Art. Fi1ure. Édit. Mol.and,
t. XIX, p. r32.

,,
1

�686

ADOLPHE COSTER

CHAPITRE XXI

Graciân hors d'Espagne : en Angleterre, en Italie, en Allemagne.

Les àutres pays d'Europe connurent Gracian par des traductions faites dans leurs langues respectives, mais la plupart du
temps sur les versions françaises.
-... En Angleterre nous avons connaissance d'une traduction de El
Héroe e 1 52, intitulée:
The Heroe of Lorenzo Gracian, or the way to eminence and perfection. A
piece of serious Spanish Wit, originally in that -language written, and in
English translated by ir J. Skeffington. London, 1652.

BALTASAR GRACIAN

\ son Robinson_Cmsoé et de son Vendr_e di? Il serait peut-être
bien liârdi de l'affirmer •. Quoi- qu'il en soit cette traduction est
la première du Criticén.
En 1694 paraissait sous le titre de The Courtier's Oracle 2 une
traduction de l'Ordculo faite sur celle d'Amelot de la Houssaie.
En 1702 elle était refondue par Savage sous le titre de The
Art of Prudence 1 et rééditée sous cette forme en 1705 et 1714.
En 1726, le Heros 4, d'après la traduction de Courbeville, et le
Discreto, sous le titre de The complet Gentleman s, paraissaient en
anglais. · Puis vient une longue périoc.!e d'oubli, avant que l'on
s'occupe de nouveau de Graciân en Angleterre. En 1875, le
Comulgawrio est traduit sous le titre de Sanctuary Meditations 6,
1

L'ouvrage est précédé d'une préface d'Izaak Walton. Cette
~r~duction n'a pu être faite que directement sur l'original, à
moins que ce ne soit sur celle de Gervaise, ce que je n'ai pu
vérifier.
En r 68 I, Rycaut faisait paraître u~e traduction du Criticôn 1
.
'
anténeure par conséquent à celle de Maunory. Rycaut connaissait l'espagnol et avait étudié à Alcali, où on lui avait recommandé le roman qui venait de paraître. Faut-il attribuer au livre
\ de Rycaut l'honneur d'avoir donné à Daniel de Foë l'idée de
1. The Critick. 1 Written I Originally in Spanish; j by I Lorenzo Gracian 1
One of the I Best Wits of Spain, 1 And translated into English I By Pau 1
Rycaut Esq; 1 London : j Printed by T . N. {or Henry Brown at the Gun I in
S1 Paul's Church-yard, 1681. IJ Le livre est dédié au Roi. - Dans sa préface
Rycaut donne quelques détails intéressants: « When l Was about the age of
tweutr .. 111y ~ood Father .. . thought fit to send me to the Court of Spain ...
I stud1ed a while at Alcala de Henares ... I there applied my self especially to
lear~ tl1e Spanish tongue ... and then this work or the Critic being newly
pubhshed and recommended to me ... I was easily persuaded to read it over...
when I had once read it, I was so pleased with the subject that I was willing
to try how it would run in English. »

l

1. M. JosephJacobs a lancé cette idée dans sa traduction de l'Ordculo(ln~duction, p. xxm, nme). l&lt; It is not impossible that the English translation of
the Critick by Ryc.aut, 1681, may have suggested the Friday incidents of
Robinson Crusoe, which was intended to be a more didactic book tha,n it
looks. » De Foë avait pu connaitre le Philosoplms autodùJactiis paru en 1671,
et l'histoire de ce Pines, teneur de Livres qui, jeté par un naufrage, en 1589,
dans une île déserte du Pacifique, y devint le père d'un peuple nombre·ux
grâce aux cinq femmes qui avaient abordé avec lui. Chappuzeau dans son
Europe vivante (Genève 1669), p. 17 et suiv. raconte cette aventure et dit
que la relation en fut publiée i Londres le 26 juillet 1668.
2. The I Courtitr's I Oracle ; 1 or the I Art of PnuJe1u;e 1 ... Written origi-

11ally in Spanish J And 11ow doue ittto E11glish. Lo1uùm, 1694.
3. The Art of Prudence; or a Compa11io1i /01· a Man of Sense. Made E,!glish ..•
a11d illu.strated wilb the Sieur Amelot IÙ la Houssaie's notes, by Mr. Savage. Londcn, 1702.
4. The Hero Jrom the Spanisb of Baltha'{_ar Gracia11 with remarks moral, polilical and historical of tbe learnd Father J. de Courbeville translated by a gentlw,an
of Oxfo,·d. Lo111ùm, 1726. -Réédité à Dublin la même année.
5. The complet ge11tlema11, or a description of the severaJ qualijicatiotts, both
11atural and aquired, {bat are 11eussary to forma grtat man~ Written origillally ÙI
spanisb and 1ww translated itilo E11glish by T. Saldkeld. C'est une seconde édition; nous ignorons la date de la première. Une réimpressiou parut à Dublin
eu 1760.

6. Sanctuary Meditatio11s }or Priests a11d Frrquent Commu11ica11ts. Servfog as
a preparalio11 fc•r, al the lime of, and lba11kgivi11g a/ter rectivi11g Holy Comunio11. Translated /rom the Origi11al Spanisb of Father Ba/lasar Gl'acia11. S. J.
1669. By Marùwa Monleiro, L&lt;111do11, Wasbbo11nie, 1875.

�688

ADOLPHE COSTER

et l'ouvrage obtient assez de suce s pour être réédité en 1876 et
1900.
Enfin en 1892 paraissait une nouvelle traduction de l'Ordculo
due à M. Joseph Jacobs : The Art of Wordly Wisdom '.
1
Ce succès d'un Jésuite en Angleterre n'est pas un des moindres
titres de gloire de Grncian .
En Italie, l'Ordc11w avait été traduit, comme on ra vu, en
167~ar un anonyme. Puis la traduction d'Amelot fut ellemême traduite en italien par l'abbé Francesco Tosques en 1698,
sous le titre de l'uomo di carte 1. Le livre de Tosques eut un
grand succès, car on en connaît des réimpressions de 1708, 1718,
1730, 1734 et 1761.
D'autre part le Critic6tz fut traduit en italien en 1685 par Pietro Cattaneo • dont le livre fut réédité en 1720, 1730 et 1745.
Sommervogel signale une traduction italienne anonyme du
Comulgatorw, de 1675 5•
En 1713, le Jésuite Francesco de Castro en publiait une paraphrase sous le titre de Meditaz.ioni.

BALT,ASAR GRACIA

En 1725, la traductioo du lJiscrelo de Courbeville p11$3Ït en
italien sous le titre de L'1101110 universale '.
En Allemagne le succès de _Gra~ian ne fut n~ ~oi?s ~rand, ni
~ moins prolongé. M. Karl Bonnsk1, en a tracé lh1sto1re .
.
Il ne semble pas que le Héros ni l'Ag11d~a aient été tradwts
en allemand.
El Polttico le fut en 1672 par Daniel Casper von Lohenstein.
Les uaductions de l'Or/Jc11lo furent particulièrement nombreuses.
La plus ancienne est cellede Job. Leonhard Sauter,_ 1687 3• Puis
viennent celles de Weissbach 4 sous le nom de Selintes, r7 II ;
de A. F. Müller 17r5-1717 rééditée en 1733 s. Freiesleben traduit celle de Tosques en 1723 6 • En 1786, une traduction anonyme 1, en 1804, une autre de H ydenreich 8, réimprimée en

/

1.

Tbe Ar/ of Wordly Wisdom by Baltbasar Gracia,, Translated /rom the spa-

by Joseph ]acofJs ... London, 1904.
2. Oraco/o ma11uale, e Arte di Prudmz.a I Cavala dagl'Aforismi, che si distorrono 11elFOpre di Lorenz.a Gralia110 1 Ma11dalo in L11te D. Tlittcmz.o Giuva,mi de
1Asta11osa. Diretto alla Nobiltd Vt11e.tia11a e dedicato all'Jllustr. &amp; Eccelle11liss.
Sig. lecnardo Pe.saro ... fo Vetutia MDCLXXIX. Réimpressions de 1708,
1718, 1790.
3. L'11omodi corte di Baldassar Graz.ia110, tradotto dalla spag11uclo nel fra11ce.se
ldioma àal Sig11cr Amelot de la Houssaie, 11uuva111e11te tradatto clal fra11cese 11tlf
ltalia110 dall'tibale Fr.11,cesco Tosq11ts. Roma slampa di L11ca Antonio Chiacas,
r698.
11isl,

4- n Criticon wero Rtgole della vita Politic,i Morale di l)cm Lormto Gracia11.
Tradolte dallo Spagmrolo in ltalia110 da Gio: Piet,o Catta11eo. Dfaisa fo trr
PcirU; L11 Prima La Prima,:era Della Fa11civl~z.a. La Stco11àa L'Estafe della
Giovttitv. Lu terza l' lm:m,o della JTecchie?Ja. TTtnetia MDCLXXXV. Appressô
Nicolo Ptzz.a11a.

5. Voir Sommervogel, op. cit. Supplément. Cette édition de r675 serait

même une réimpression.

-Ji

1 . L'1w1111J Universale o sia il caralttre dell'uomo perfrlto di Balàa.ssart Gra:{Îano Tradotto dalla Li11g11a Spag11uola 11el/a F~a,ice~e, E dalla_ Fra~u;e.se mll'
Jtaliana. A S. Ecu/1. il Sig. Pietro Grademgo Di S. E. Sig. Vicmz.o Procura/or. ln Venez.ia, Appresso A11gelo Gertmia, MDCC.XXV.
. .
2. Baltasar Gracian und die Hojlittuatur iii Deutschland vo11 Karl Bormskr.
Balle, 1894.
.
..
.
&gt;· L'Homme de cour Oderdtr heut1gepol1trsche Wtlt=m~ Staat=We',!efür_gemllt von Ballbasar Graeian, Hispaniert1, U11d wegen semer hohm Wurde 1t1
umre. bocbtmtsclie Sprache 1ibersetzet, a,iitto aus deni Original vermehnt, 111111 z.um
A,ulemmahl bera11sgt!gtbeu 'lion Job. Li¾mbard Sauler, ]. U. D. Fru11kft1rlb u11d
Leipzig, 1687.
4- Baltl,asar Gracian's Homme de Cour, oder: Klflger Bof und We.ltma,m,
,uicb Mr .Amelot de la Houssaie seitirr frat1z.ôsiscbe11 Version, in's Ttutscl,e übersetz.tet 11011 Selfotes (= C. Weissbacb.) Ntbsl Herm C. Thomasii j11dicio vom
Gracia11. À1tg'sp11rg, 1711.
.
.
5. Balthasar Graciaus Oracul; il. i. Regefo der Klugbeit. Aus dem Spmmclie11
vo11 A. F. M1iller. Leipzig, T7r 5-1717. Deus volumes.
6. B. Graûa11's Uomo di ,orle oder kluger Bof u11d Wdtma,111. Nacb
Fr. Tosques sei11er ltaliâ11ische11 Versio11 i11s D1mlsche 1ibel'Setzt vo11 Christoph
Heinrich Freitslebe,1 .Altenburg, 172J.
7. Die. Kunst {Il lebm. Vortrefjlicbe Regelu eine.s a/lm Wellmam1es Jürs mmsc/1liche Lebm. Leip-{ig, Weygaud, 1786 .
. .
8. Der Molmi 1!011 Weil, ei11geweil,t fo dii Gd1efoinisse der Lebemklugheit, mi
11ach .Baltbasar Gracia11 frei be.arbeiteles 11ollstà11dig '1i11terlassenes Ma,mskript tlOII
P. B. Heydmreicb, berausgegebe11 vou K. G. Schtlle. uipz.ig, Martini, r8oJ.

�ADOLPHE COSTE}{

1804, en I 826, une nouvelle traduction anonyme 1 1 puis une autre
de Kôlle i, en r838, enfin celle de Schoeenhauer ( 1862 rééditée
en 1871, 1877, 1890, et 1895, onnent une id e Haneuse de
l'estime en aquelre Graciao est tenu en Allemagne. En 1708, le
Critidm est traduit par Casp. Gottschling, et réédité en 17ro et
1721 3.

1

La première traduction allemande du Comulgat&lt;&gt;rio est de
1734; dautressuivirent en 1738, 175T, et I847 ...
M. Borinski a monté l'influence de Graciân sur la littérature
courtoise en Allemagne, au xvn• et an xvm• siècles et signalé
comme une copie du Criticé,i le roman de Christian Weise Die
drei Erz.narwi, avec ses deux suites Die drei klügsten Ltttte et
Der politise/Je Nàscher s.
Gœthe dans son Journal, à la date du 26 juin r8rn, note qu'il
a lu ce jour-là, l'Homme de cour.
Scliopeubauer qui a tant fait pour la gloire de Graci:in par a

Das scl11JJ1Jrt_e Bucb odcr Lehre,i der Lebe11St11ûsh,il Grada11's ... 1826.
2. Ma1111erschult w11 B. Graâ,m. A11s dem Spa11iscbei1 1ibt.rselzl w,i F,·. Kôllt.
Sllltlfart, r8J8.
1.

~. Der E1itdukte Sûbstbelrug odir Bt1llbasar Graciiws Criliam über dü Allgt111tme11 Laster iles Me1ucht11s, wtlcht tkm selben i,, da J11ge11d, fo dem 111ii1111liche11
u11d bolH11 Alùr a11klibeJ1 welche a1u der Fra11tzô!ischm Sprache, il, die TmtsdJi
iiberselz.et ,uordeti ist, u,id 11wmllhr {U/11 a11du11111/Jl liera11sgegtbe11 wird. Vou
M. Cospnr Got1schli11g, Siks. Neustadt-Bra11dtb. Recl. 1111d Bib/ü,thel. /. II. Ill.
Theil Hdlle u11d Leifr;(jg bey job. Friedr. Zeitlers. Erb,m, 1721. - La date dl-s
deux autres éditions est donnée par Sommervogel.
4-. BaltlJ11z_or G~acians Priultrs dtr Gestllschaft fem, 1111d lcbrtrs du heiligm
Schrift, Co111111umon-buch, utlhalte11d wrscbiedene &amp;trachtungen, for dujt11igt,
wtlclie die beilige Com,111mio1i begehm ,11olle11, z11r Vorbereitung wul Da11ksogung;
tez..oge,1 aus de111 alte11 und 11l11e11 Teslammt, ti11gtlbtilet auf t1lle Som,- u11d Fqertiig des ga11z.e11 Jabrs. Verle11tschtt aus dem spa11iscbe11 durci, dm Vrrstlzer des
Wtlt-Ec1"ls. Mit Gentlmil11tl11t11g- d1re11 Ober11. Wùrtzb11rg. Gtdriickt bey MtJrco
.1/.lttonio Engmam,, U11it1ersilats-Buclxlrudrer. z734. Fratufurlb, i,, Vulag
Andreil u11d Hort. Voir les autres titres dans Sommervogel.
5. Voir Bodnski op. &amp;il., p. 12r.

BALT.\SAR GRACIAN

traduction de l'OracrJlo ', avait pour cet écrivain un véritable
culte. Je ne parlerai pas ici de cette traduction à laquell il consacra uoe partie de sa vie. M. Morel-Fatio en a examiné la valeur
\ et relevé quelques-unes des erreurs bien e~cusables qu'~Ue cool tient •. Ce qui est certain c'est que Graetan eut une influence
\ indéniable sur le philosophe pessimiste qui l'interprétait à sa
, façon . Schopenhauer écrivait à Keil que Gracian étaie soo aUte~r
de prédilection, qu'il avait lu routes ses œuvres et que son Crttic&amp;i était un des li res qui lui plaisaient le plus au monde 1 •
li l'a cité maintes fois dans ses œuvres, et fait entre autres
un éloge enthousiaste de la fable d~ Paon cooté_c ~ar « so~
/ excellent Gracian » dans le Discre/o 4 • Evidemment 11 1entendait
à sa manière et voyait en lui un pessimiste complet ; nous
avons expliqué plus haut comment cette confusion était possible.
ietzsche a-t-il subi lui aussi l'influence de Gracian? On

f

1

1. Balthasar Gracilm's Hand=Orakel und Ku11st der I dtklugheit, aru dessen
Werlun gq_oge11 110n D. Jli11ctneio Jua11 de Lasta11osa, 1111d aus dem SJ&gt;a111'sche11
Origitlal treu mu/ sorffàltig ûberselzt voii Artl,11r Scbopmha1ur. - Ce texte a été
• ) publié dans l' Uniwrsal-Bibliolbt.k de Redam par Eduard Grisebach.

--t-

2. Dans le Bulhtfo Hispaniqut, 1910, p. 377-~07.
_
.
.
3. « Mein Lieblings-Sclniftsteller ist aber d1eser philosophische Grac1an :
ich h:tbe aile seine Werke gelcseu, und sein Crilico11 ist mir eines der licbsten
Bucher auf der Welt : ich wilrde es gem uberserzen, weon dazu ei,o Verleger
zu fioden wàre. i, (Scbope,umuus Britfe, édition Schemaon. Leipzig, 1893,

p. 171.)
4. Das Verhalten des eides gegen die Ausgezeichneten bat mein trcffücher
Balthazar Gra.cian in eiaer ausfùhdichen Fabel ilberaus schôn dargestellt : sic
steht in seioèm Discrtlo, unter der Ueberschrift bombrt da ortuilaciim. Da sind
siimmtlicbe ôgel aufgebracht und verschworea gegea den Pfau, mit seioem
Federrade. « Wenn wir nur erlangen », sagte die Elster, (( dass er die vermaledeite Parnde mit seinem Federscbweife ,,icht mehr machea kann ; da wird
seine Schôoheit bald ganz verfiostert seyn : denn was Keioer sieht ist ais ob es
nicht existierte » u. s. f. A'rtbur Scbope11hauers's sàmmtliche Werlrt in seebs .Biin-dm htrausg-igeben. wn Eduard Gristba&amp;/J, V, p. 4,89. VOÎT dans la même édition,

I, p. 320; JI, p. 87, 264,692; 111, p. 232; IV, p. 514, 534; V, 96, 502.

�BALTASAR GRACIA!'
A DOLPFŒ COSTER

l

pourrait Je croire. Le début de son Zaratbo,.,stra nous montre
un danse~r de c~r~e, au-dessus d'une foule passionnée, qui rappelle celru du CrtltaSn sur La Place avona •. Plus loin, la façon
-d~nt le olitaire ,voit les _hommes déformés, les uns privés d'un
œal, les autres d une oreille, les autres sans jambes, sans langue,
sans nez .ou sans tête, d'autres au contraire, infirmes à rebouRi
&lt;&lt; qui ne sont rien d'autre qu'un grand œil, ou une grande
bouche, ou u~ gros ventre, ou n'irnporre quoi de grand », rappelle tout à fan la manière de Graciin.
Et !?rsqu:en revcoant d~ ma solitude, dit l'anachorète, je p:issais pour la
pr _m1er~ fOls u~ ce pont, 1~ n'en crus pas mes yeux, je ne cessai de. regarder
et Je fin, par dire : 1c Ceci est une oreille.
ne oreille aus i grande qu'un
homme. ,, Je regardais de plus près, et en ,·érité derrière l'oreille se mouvait
qu~que c.hos e~core, quelque chose qui était petit i faire pitié, pau\'re et
débile._ Et ~o. ,·ér1t l'oreille énorme se trouvait sur une petite tige mince - et
cette uge etait un homme • !

Cette allégorie pourrait passer pour cirée du Critic6n.
Le français, l'anglais, l'italien, l'allemand ne furent pas les
seules langues dans lesquelles Graôan eut la gloire d'être traduit.
L Homme de cour. fut mis en~andais en 1696, et réédité
en 1700; en hoo rois en 1750, avec rééditions en 1770-1771,
p. 1, S 3-6.
Ibid., p. 197. - On pourrait faire d'autres rapprochements · ainsi dans
la IVe partie, p. 379 « Le plus laid des hommes,,, le quelque cho;c d'innommable dont la voix est un aargouillement de la vase rappelle I miam de la
C11t:1Ja dt la, ana, dont le nom mème apparait dans la Git,éa.logit de ln moral(
p. 284. : " Panout de la neige, la vie est muette ici les dernières corneilles
dont on entend la voi:t croassent: « A quoi bon?,, (( En v.tiD l ,, « 1ada ! ,,_
Et dans HumaÎtl lropbu11111i11, p. 316: cc Ln ml!me ,•ie qui aboutit à la ,,jeillcsse, aboutit aussi â la sage e, joie constante de l'esprit dans cene douce
lumière du solcil · l'une et l'autre, ,,ieilJessc t sagesse t'arrivent ur un même
~ersant ~~ 1~ vie · ainsi l'a voulu la nature. Alors il est temps, s.ans qu'il y ait
lieu de s mdigner, que le. brouillard de la mon s'approche. Vers la lumière ton dernier mouvement ; un hourra de connaissance - ton dernier cri. 11
t, Traduction Henri Alben,

2.

1772, 1790 et 18 7; en olonais en 1802; en ~ en 1742 '.
Le Discreto fut traduit en ho
· en 1762.
Enfin diverses œuvres de Gracian furent mises en~:
L'Oratttw, publié sous le titre d'Avlic11s en 1731, fut réimprimé en 1750 2 • Une autre traduction latine parut_eo 1734 1 · .
Le Comulgatorio, en 1750-1753, parut sous le titre de Praxis

communicandi ◄.

Assurément peu d'écrivains espagnols ont connu ?ors de leur
pays une aussi grande et aussi persistante réputaoon.
1.

Voir la description bibliographique dans l'édition de l'Oraktl du W tllklug-

hlil de Schopenhauer par Eduard Griscbach .
. . . _
_
.
2 • Bal/1,as. Gracia,ii, Hispani Aulicus sh:t dt pruimha cn.1111 el ma:nmt aul1&amp;11
liber sfog11laris olim bïspanice ,on.script11s, postea d Gallice, lta~ice, Gmnaniet

ditus,

11 1111, ex Amtloli versione Lati1u rtddiltu .• . Frant . Glar1a11us Meliùm1s,
Co115tanli..nsis, rm.ns11it, latine vertit ... et 11otis illustr()flit. Amssit ]oh. Golll.
Htfotaii J. C. praefatio. Fra11cofurti ad Viadrum MDCCXXXI.
3. Homi11is Aulici 11olt1111 Gracia11i orac11lum pr11tk11tiae, dtprompt1111i i,i se11•
teutiamm politicarum centitrias Ill ... LaJi,wnwi li11gm1, loqums per i11terpretem

P. À. Ulrich. 1714.4. Praxis cot1m1wticandi, u,11liriens va.rias 11uditatio1Jts t:c veln'e el nuoo TesliJmt11lo depromptas, queis Sacerdotes, aliique omnu q1ii Jrequtnla11t ~aeron: C011~,nunione11i possi,1/ se in primo P11t1cto pratparare, i,i secumlo comm1111uare'. in tt'l'ILO
dearpere umgr11os sacras Jructw, tl in quarto Jo,i.los g-raus agere. Co1"111nala, d
Hispaniu ;,, luter// edita, a Revernulo Paire Ballbasare Gracia110, ~ Soc_ietale ftsu,
tl S. Scriptrtra,i expla11awre, lati11t reddila a g11odam ejusdttti Stx;1~!s Saurd~te
D. D. Sodalfbu.s Maria11is Î1I slre11am oblata. A,mo MDCCL. Pm111rm S11perioru111. Mo11asterii Wtstplialiae, Typis Joa1111is JoacJ,imi Koird;ntk.
Pr.u:is commw1ica,.,Ji conli111.u1la, siw Parl tertio ... Anno MDCCLJIJ. lbidem.

�ADOLPHE COSTER

CONCLUSION

Arrivé au terme de cette étude plus d'un lecteur sans se
)
a~ouer peut-être, me saura mauvais gré d'avoir dissipé l'atmosphere _romanesque dont on se plaît à entourer Gracia.a. Quoi, ce
portrau, où Ja douceur des traits semble écaner toute idée de
malice, serait celui du mordant satirique ? Ces invectives contre
les femmes ne s'expliqueront point par un amour malheureux ni
ce p~ssi?1isme par les déceptions d'un légitime orgueil ? Ce' ne
seran 01 un révolté, ni un Machiavel, que couvrirait la soutane
du Jésuite ? Je crois avoir répondu à ces questions dans les différents chapitres qui précèdent.
Sans doute, en parcourant la faible panie de la correspondance
de Gracian que nous possédons, on ne peut s'empêcher de constater qu'elle ne contient, en somme, que des lettres d'affaires dans
lesquelles il n'a pas eu l'occasion de dévoiler le fond de son' âme .
Le co~aîtri~ns-nous mieux cependant si celles qu'il adressait à
sa famille étaient tombées entre nos mains ? Je ne puis le croire:
~ue ce soit pudeur, timidité ou prudence, Gracian n'a jamais dû
. hvrer toute sa pensée.

l'

Il fut, nous l'avons vu, bon prêtre, bon patriote, dévoué
lorsque le devoir l'exigeait ; il ne semble pas qu'il ait jamais
dépassé les limites de ce devoir.
Le seul trait essentiel de son caractère qui me paraît se déga) ger de cette longue enquête sur sa vie et sur ses œuvres, c'est son
h~rreu~ de 1~ s~lîtude : il faut, pour supporter l'isolement,
vivre d ~ne vie JOtérieure intense, posséder une pensée ferme,
des sentm;1enrs pr~fo~ds. Bien rares sont les hommes capables de
rester tou1ours sohtaues; mais ce qui frappe chez Gracian c'est
1 qu'il ne peut vivre seul un instant.
'
N'espérons donc trouver cbez lui ni profondes passions, ni
t mêmes pensées Haiment personnelles.

BALTASAR GR.ACIAN

De cette incapacité de vivre seul dérive naturellement le besoin
de société. Qu'on se rappelle avec quel lyrisme Graciân a célébré
les charmes de la conversation ! Mais, pour vjvre en société, il
faut connaître les hommes, savoir les ménager et, pour cela, posséder une exacte notion de leurs manies et de leurs travers, se
pénétrer de cette prudence mondaine dont il prétendit précisément donner des leçons. D'aHleurs le seul profit qu'il espère en
tirer, c' est simplement de rester, dans la mesure du possible, à
l'abri des heurts qui menacent quiconque vit en société.
Peut-on cependant vivre avec les hommes et chercher à les
pénétrer sans éprouver bientôt un profond pessimisme? Quel est
le moraliste qui n'est pas tenté de chercher tout d'abord un principe mauvais à toutes nos actions ? Il semble que l'étude du
cœur humain conduise presque à coup st1r à devenir pessimi!te :
Graciao n'a pas échappé à cette loi. Mais, comme j'ai essayé de le
montrer, son pessimisme est tout relatif, parce qu'il est tempéré
par ses croyances chrétiennes. Pour lui le mal n'est ni définitif ni
irrémédiable; il a sa contre-partie dans une autre vie qu'il est
loisible à l'homme vertueux de s'assurer éternellement heureuse.
Aussi , tout en relevant les faiblesses humaines, lui est-il permis
d'en sourire, loin de se laisser aller au désespoir .
Au point de vue littéraire nous avons ramené son mérite et
ses faiblesses à leurs justes limites. Né au moment où le conceptisme et le cultisme avaient définitivement triomphé, il a suivi
la mode, et codifié, peut-être sans trop y croire, les théories de
la nouvelle école; il les a même appliquées dans une certaine
mesure, mais avec infiniment plus de modération qu'on ne pouvait l'attendre de l'auteur de l'Agudez.a, et ce qui est bien caractéristique, c'est que cette concession qu'il fait au got'.\t du jour,
peut-être en vertu de 1axiome Hablar con los mas y sentir con los
111.enos, n'a pas obscurci son jugement, qu'il est resté capable de
reconnaître le mérite des écrivains qui n'appartenaient pas à ~on
école, qu'il garde assez de libené d'esprit pour gotiter la po4sie
d'un Argensola ou d'un Quevedo .i. côté de œlle d'un G6ngora,

�BALTASA-R GRACIA

ADOLPHE COSTER

qu'il n'est cultiste enfin que dans la mesure suffisante pour
paralrre de son temps.
Une qualité originale chez lui, c'est la persévérance avec
laquelle il travaille son style ; ces retouches incessantes qu'il
apporte à la phrase primiti,·e, eue poursuite acharn e d'un idéal
de perfection, peut-être faux, mais net, sont une rareté dans
l' histoire de la littérature espagnole et rapprochent Graciân d
ce Herrera qu'il dédaignait.
Doué d'une ardente imagination, d'une mémoire fi nile ,d'une
/ force comique dont il a laissé d'impérissables modèles dans tant
d,~ di~o~es du Critidm, Graciân e1it été un écrivain hor pair
s 1l n avait pas manqué de mesure. Tel quel, il mérite dans l'hiscoire littéraire de l'Espagne une place d'honneur, à côté de Quevedo, auquel il ressemble sous plus d'un rapport, avec cette différence que le poète est plus mordant, surtout plus amer que le
p_rosateur, P,lus respectueux aussi de la langue qu'il emploie. Gracian, nous 1avons vu, éprouvait pour Quevedo une secrèt tendresse, marque d'une inconsciente affinité.
Il a connu dans son propre pays une réputation enviable;
mais ce qui lui fait une place à part, c'est l'étendue et la durée de
so~ succè~ à l'étranger. ous n'avons pu qu'en esquisser l'histotre. Ma1S cette popularité entraîne une influence qui se révélera
sa~s doute peu à peu, et qui le met eu vedette parmi les écrivams de son pays, dont un si petit nombre ont connu la gloire
hors de leur patrie. i, en Espagne même, son influence a pu
être mauvaise, en raison des détestables doctrines qu'il a semées
da~s l'esprit des sots, ~t si, à ce titre, ses compatriotes ont pu lui·
temr quelque temps ngueur, comment ne seraient-ils pas Aattés
de l'action qu'il a exercée au dehors, par l' intermédiaire des traductions d'El Hfrot, ou de l'Oraculo ? Les esprits superficiels
l'exécuteront lestement en disant qu'il n'a rien trouvé de nouveau
dans le domaine de la pensée: qu'importe, s'il a fait penser ? L1
lecture de Gracidn est un excellent exerci e intellectuel : la peine
qu'il faut se donner pour arri,•er à le comprendre, et parfois pour

découvrir la banalité des idées qu'il exprime, force le lecteur à s'y
arrêter, et les fait pénétrer plus profondément dans l'esprit. Tout
n'était pas faux dans sa doctrioe littéraire, puisque ces m mes
idées, dont plus d'un se détournerait si elles étaient présentées
sous leur forme nue, beaucoup ont pris plaisir à les d~couvrir
sous le voile donc !'écrivain les enveloppe habilement. Peu de
gens ont assez de ressources dans l'esprit pour se contenter de la
vérité pure: les autres one besoin qu'on la leur pare; or il faut se
mettre au diapason de la majorité : telle est la doctrine de Gracian. Il ne semble pas que l'é\-énemeot lui ait donné tort.
Gracian ne saurait séduire ceux qui se complaisent aux phrases
creuses et sonores et qui, en dépit des années, resteront toujours
un peu béjaunes. Pour le goûter il faut avoir vécu, avoir éprouvé
la lâcheté humaine, la fragilité des amitiés, la haine spontanée
des imbéciles pour toute originalité, la vanité des pédants de toute
profession et des cuistres de tout étage : à moins de n'être pas
quelqu'un, une persona, comme aurait dit Gracian, on n'arrive
pas à l'âge mûr sans avoir fait cette expérience. Que l'on s'en
désole avec Alceste ou qu'on en rie comme Philinte, on est alors
prêt à lire Gracian, à goûter la finesse et la justesse de ses observations et la richesse de son expérience.
Souhaitons qu'en Espagne, et particulièrement en Aragon, ce
pays de l'âge mûr, au dire même de Gracian qui l'aimait tant, ses
admirateurs deviennent assez nombreux pour apposer un jour, aux
murs de l'ancien Collège des Jésuites de Catalayud, un' médaillon
discret rappelant le souvenir de l'auteur de l'Ortfctilo mamtiil et du

Critico11.

�ADOLPHE COSTER

APPENDICE I
CORRESPONDAl CE DE BALTASAR GRACIA'

ous ne possédons qu'une faible partie de la correspondance
de Gracian, comprenant :
1° Huit lettres autographes conservées à la Bibliotua Nacional de Madrid ainsi qu'une lerrre de alinas, accompagnée dt:
la copie de la réponse de Gr.1cian (ms. 8 39 r, ancien V I 7 1
pp. 462 et uivames). Ces dix lettres ont été publiées par
D. Manuel Company dans la Revista critica de hinoria y literatttra
(Febrero 1896), c. I, pp. 81-88.
2° S pt lemes insérées dans la correspondance des Jésuites,
qui remplit les tomes XIII-XIX du Me11wrial historico espa11ol. Ce
som des copies faites par le P. ebastian Gonzalez, et adressées
de Madrid au P. Rafael Pereyra, à Sé,...ille. Ces copies se trouvent
aujou.rd'hui à l'Académie de l'histoire à Madrid.
3° De extraies de quinze lettres signalées par Latassa dans sa
Biblioteca nueva di los escritt&gt;res arag®eses: ils se trouvent dans
le tome I, pp. 66 et suivantes des Me.marias literarias de cet érudit conservées à Ja Bibliotheca Provi.11.cial de Htusca. D. Ricardo del
A.rco les a publiés dans son opuscule intitulé: DON VINCE CIO JUAN DE LASTANOSA. Apuntes bia-bibliogrâjiccs. Huesca,
191 r, pp. 46-52.
4" Deux lettres signalées par La Barrera, mais dont nous ne
connaissons que la date'.
1. Les deux lettres en question sont décrites comme il suit par La Barrera
dans son Catdlogo del leat,o antiguo espanol, anicle Torre y Sevil: « Dos
canas auc6grafas del padre Baltasar Gr.ician, â don Francisco de La Torre ; sus
daw de Zaragoza: r9 de agosto y 16 de sctiembre de 1655. Versan especiaJmeote sobre novedades pollcicas y de aquella ciudad. » Il les avait vues daos
\m recueil de melanges appanenant à D. Antonio CavaniUes.

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�BALTASAR GRACIAN

J'ai publié les lettres mentionnées au § 1 d'après les manu•
scrits; quant aux autres, je reproduis les textes imprimés, après
les avoir toutefois collationnés avec les originauit, ce qui m'a
permis de rétablir certains passages altérés dans le Memorial
hist6rico. Cependant on n'a pu me fournir à l'Académie de l'his•
roire le Legajo smlto, numero r, folio 8JI, original de la lettre 5
du présent appendice.
Les quinze lettres citées au § 3 n'ont peut-être pas disparu
sans r&lt;:!tour. Voici ce qu'en dit O. Ricardo del Arco (Apuntes,
pp. 45-46) :
" Escribio el P. Gracian, entre otras, varias canas en n~mero de X.V, coma
afirma La tassa en el aniculo que le dedico en su füblioteca nue va de escritores
arogoneses, dirigidas a Lastanosa. Dichas cartas estaban en casa de este en
Julio de 1788, en cuyo dla ;o el Dr. D. José Saoz de Larrea, colegial del
Mayor de Santiago de Huesca, formo una cc Noticia de los papeles que he
cncontrado en casa de Lastanosa de Huesca '&gt; ; noticia que e11:amin6 d erudito
D. Vicente Lafuente, se~11 consta en una carta fecbada en Ca!atayud que
dirigi6 a D. Valentin Carderera ... En esa Noticia inclu!a el Dr. Larrea una
cita de Cartas del P. Baltasar Graciân: catorce (sic); comienzan en 28 de
Âbril de 1640 ; .acaban en_ 21 de Octubre del 55 ; y el citado Lafuente anadia
en La epistola : cc ... Por mis q_ue be revuelto todos los papeles de dicho Larrea
no he hallado canas, ni copias de las citadas, lo cual ine hace creer que no se
detuvo a copiarlas v. Aiiadia que buscaba inutilmeme desde hacia dos a1ios las
cartas de Graci.1.n, !o cual revela el aprecio en que se las tenia. No andu_vo
cierto en aquello Lafuente, puesto que las cartas salieron de casa Lastanosa en
rnanos de D. José de Larrea, quien se las presto al Prior de la Colegiata del
Sepulcro, de Calatayud, don Miguel Mo.nterde. Esté sac6, con no poca dificultad-por lo fatal de la Letra -, copia de ellas, de La cual tormé Latassa
unas Memorias en Zaragoza, y Marzo 22 de 1789, csto es, â poco de salir de
casa Lastaoosa las antedichas cpistolas. Obran estos extractos en la _pagina 66
y siguieotes, tomo I de uoas muy curiosas Memorias Literarias de Ar-agôn,
manuscritas por Latassa. »

Il semble évident que les lettres originales revinrent aux mains
de D. José Sanz de Larrea, déjà possesseur du portrait de Gracian dont elles ont probablement suivi la fortune.
!lEVUB lllSP.i.NlO,UI!. D,

45

��ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

al p. Cabrera, criollo, y i un P. valenciano de· nacion, llarnado Navarro. Estos
dicen, se hallaron en Barcelona cuando cntr6 el virey francés roariscal Brezé,,
y que le hicieroa tales fiestas, que no se han hecho jamis i ninguno de sus
buenos reyes y sus autoridades.
_
El Francés les eotreg6 al punto que 1ur6 el virty los rehenes que les tenta ;
con todo cst:in mal entre sl y en topando un catalan i solas Lo matan y raban
los franceses. D. Pedro de Atago!l cou el cjêrcito de aqui se junt6 ya con los
de Tarragona ; dicen que son entre todos 15,000 y va talando los lugares que
se Je resisten. Dlcese que atraviesa a Cataluiia y se va :i. juntar con los nuesrros
de Rosell6a, aunque bay para ello harta dificultad. o hay asomo de paces,
antes dicen baja i Tolosa el rey de Francia, que parti6 ya de Lean.= P. Bal-

pica. A este le culp;tn y hay varias dichos, unos en bien d.e él, otros car~ndole. Lo cierto es que es muy alectado y experimentado, y tambien lo es
tmta gente ioutil, cerca de mil mujeres y oüios que daban gran pena con la
sed que padecialï. Habia en el castillo mas de 3.ooo personas, y ese pobre
caballero de compasion no las quiso echar : un rigor que pudo li los principios
en los soldados hacicndo, pasando gran ttabajo los mas niiios hechos a su
regalo, aunque ottos hao pcleado bien, pues la primera sunida que hicieron
desalojaron al enemigo de San Juan, una de las fortificaciones. Aqu! est.iba
la Mota ; huycndo rod6 y dicec se descayunt6 un brazo 6 quebrô las costillas, de que es sangrado c.uatro veces, y algunos valones, que se han pasado â
nuestra parte, dicen que ha partido un mariscal con parte de clla por aqul por
Francia, por la Vnll de Aran à Iode Rosellon y de aill han ido otros a lo de
Picard/a.
Ha tomado ya el enemigo hasta 200 lugares, y casi todos los ba quemado
y saque~do ; todo lo talla ; ttes iglesias colegiales ha destruido y muchas con\'entos : el da.iio se aprccia en mas de un milion ; toda la ropa la han acarreado à Lérida. Ha.me dicbo un canonigo de alll de Monz6n, que saUa con las
rnonjas del castillo y rrala la abadcsa del bra:i:o, que lteg6 un mariscal de parte
de La Mota, y Je dijo li la abadesa se quedase en su convento, q_ue lo reedific.irian, harian buen pasaje, &amp;c. Esta con grande insistencia, y que viendo no
queria le dijo al canônigo : l Quo petitis? » El respoodi6 : cc Cauar,111g.1ulam »,
y dando un risada el mariscal, a1iadi6 : « Slatim ibi ibi111us "· Y su intento y
su lenguaje es este, si Dies no nos ayuda. Convidô a todos los de Momon con
sus casas y raices, &amp;c. ; pero que hablan de hacer ho.mena je al christianlsin10
Ellos en oyendo esto clarnaron que no, que mas querlan morir pidiendo
limosna, vasallos de su Rey y se:iior; con esta se han venido. Todos iban
pidiendo limosna. : personas ayer muy ricas de li mas de a 1 .ooo y :i 2.000 ducados de renta. El Reino trata de ampararlos a todos y las catcdrales ban escogido los clérigos y los sustentac. Todo es venir gente huyendo a Zaragoza,
que se ,,a Uenando. Hoy vine un convento de monjas bernardas de Casbas ;
ayer entrô otro de franciscas: es casa lastimosa. El Condescable y marqués de
Tabara, cl dia que se entregô cl castillo, fueron de Fraga con hasta 1.000 caballos y alguna infanterla y dieron una vista al enemigo, y viéndole tan superior
de caballeda, y que era ponerse en evidcnte riesgo, se retiraron. Aqul no hay
armas en el reino, :moque ya van \'iniendo: la artillerla parte hoy de Tudela
para aca, 32 piczas, que agui no hay una pieu ni en todo el reino, sino bien
pocas en Fraga. La gente del marquês de Leg:inês diceo cada dia viene, pero
nunca llega ; son 2..000 caballos y 3.000 infantes, soldados viejos. El enemigo,
dicen, ha enviado trompeta a Barbastro, q_ue pongan en cobro_ las iglesias,
porque pasado San Juan estara .alli ; 01ros dicen se l.'ncamina â sitiar a Fraga .
Todo es fortalecerla y Uevar \'iveres; hasta los t.ablones para los rastriilos los

702

tasar Graciano ' ».

VI
Saragosse, 24 juin 1642, sans adresse. (Ac. His. Tom. 90, fol. 504.) Mw1,

hist., XVI, 416.
« Estos d!as be estado fuera de Zaragoza, y por eso no be escrito agrade-

a

ciendo V. R. la caridad, las nuevas y noticias que nos ha enviado, que bien
ban sido menester para consuelo de tamos trabajos como aqui tenemos, si
puede ser consuelo un buen suceso ausente y tan lejos para caotos males presentes.
Ya V. R. sabri como se rindi6 el castillo de Mom;6n, que era inexpugnable,
y la Uave de este reine ; queda abora la puerta franca al enemig? si dios no_ lo
remedia ; rindiose lunes a &lt;liez y seis de Junie despues de ha vemte y dos dia.s
de sitio, no por falta de vi.veres ni municiones, pues le ban quedado al ~oemigo; dentro habla 150 quintates de p61vora, r.ooo de cuerda? ocho p1:zas
de artilleria, muchas bombas, que el no tenla ni.nguna, 100 cah1ces de banna,
mucho bizcocho: carnes saladas, 1 .ooo cahiccs de legumbres. Fué por falta de
agua, que perecieroa muchos de sed. No habla y:1. sino p~ dos dias_ cuando el
enemigo hizo llamada ofreciendo mucbo. Pl\sose a conse10; parec16 que era
mejor rendirlo, llamando él, que no dencro de dos d!as rendirs~ â discreciôn.
Hechos ya los tratos llovi6 aquella misma tarde., que era dommgo ~4, Y se
recogi6 agua para tres dias ; pero coma estaban ya hechos los cooc1ertos cl
Consejo de Guerra, aunque hubo diversos pareceres, rcsolvi6 se entregase.
Hizo tambieo el enemigo una grao mina; pero esto no fuera bastante ; antes
cuando se dijo queria pegarle fuego se coofesaron y pusieroo a punto para
defender la brecba, y el gobemador, D. Martln de Azlor el primero con su
1•

La copie du P, Percyra porte en effet Graciano ; mais il s'agit bien de

Gmian.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAll GRACIAN

llevaron solos cuatro dlas ha, adonde el enemigo envi6 un tambor diciendo se
rindiesen. Uoa pieza grande que hall6 en Monzon de las de Fueoterrabia la ha
retirado i Lerida.
La duquesade Cardona con sus dos hijos, D. Vicente y D. Pascual, lleg6 li
est:i. ciudad, de Huesca, antes de ayer domingo, por no hallnrse segura eH
Huesca; asl que todo es ponerse en cobco, y rctirarse a deotro de Espaiia, y
el enemigo caminar. Ha quitado el nombre :l loaz6n, y le Uama Villafranca
de la Mota, porque le ha costado tan poco; viene aqul entre ellos un cabo que
le Uaman el visconde de RoseUon y :l Espenan hao dado al Canet.
Esto es, mi padre, lo que hay, y cl nombrado Monzon, emporia de las
cortcs de Aragon, Valencia y Catalwia, oficina de tantas Jeyes y paces, en
poder del enemigo l Qui en se lo dijera al rey D. Jaime. de Aragon, o al rey
cat6lico D. Fernando? Z-an1goza y Juoio 24 de 1642.= Padre Ba.ltasar Gracian
de la Compaôia. »

primera del Conde-Duque, por cabo el de Graja.1, mu galao y gra,•e. En las
primeras bileras muchas titulos : el de Palacios, el de Cantilhl.oa, &amp;c., la
·seguoda era del de Veraguas; el iba bizarr(simo y muy donoso, su gente de
corazas con pistolas. Lli del Conde-Duque con espadas; la tercera del conde
de Oropesa : er m:ismo muy galan fucra de los anrojos. A esta seguia la del
duque de Ariscot, y asf las dernas. Las bileras eran de diez en diez. Acabadas
las compaiiias venia el juego de clarines que suspendian. Eran ocho de S. f.,
eminenres con tod.o extremo. Segulase eJ acompaiiamiento, que llamao de la
Ciudad, que se compooe de ciudadanos y caballeros, mucha cota de oegro en
cabaUos. Los ultimos los 1urados; ultimo Zalmedina, &amp;c. Tras estes' eurraban
car.o.za.s de sefiores; el cardenal de Esplnota, el embajador de Alemania, los
de la Câmara, y alll venia D. Enrique Felipei al estribo derecho de D. Jaime
de Ci\rdeoas. El mejor puesto llevaba D. Fernando de Borja, que debe de ser
el decaoo, Legaoes y Carpio.
Luego,venia una c:moza. de respeto, toda descubierta, riquisima por cierto,
y toda tachooada. de davazon de plata sobredorada, asieot0s âe brocada, cortinas de lama parda, preseote de este reine a S. M. Dicen vale 4,000 ducaâos
de plata. Tiran esta carro.za seis caballos rucios rodados, jaeces verdés muy vistosos. Ven1ao despues otros grandes a cabaUo y seis ti ocho caballos enjaezados
de respet0. Traianlos del diestro orros 1antos criados de $. M. con su librea .
Finahneote, venia S. M. (Dios le guarde) muy ga.lan y aplaudido ; p!ui;na
blaoca ; el conde .i su estribo izquierdo. Tiraban la carroza seis mulas ; el
pueblo : &lt;&lt; 1Viva èl Rey ! » por-todas part~s ; solo que aiiadlan : • 1y muera
la Mota 1 » y orros; que auo yo dije â los que teola :1 la espalda : « Callt, diablos, no digais eso aqul cerca; idos i otra parte. » fümediatos d la car.rôza
Real los archeros con su librea y cuchillas de camioo, que son como chivos,
muy diferentes de los de â pie. Iban en ala 6 en dos apifiados. Remataroo los
criados de S. M., Caballerizos y guardarneses, &amp;c., y hasta 24 pnjes con la
!ibrea de co!orado y amarillo . La iofinidad de coches de estado y de seiiores
no bubo paciencia para esperar, que eran sin oumero. Lo que sé decir e~ que
me &lt;.µjeron era el ultimo el obispo de M:Uaga, con una rica y magestuosa
librea y de grande oûmero de criados. Esta fué la eotrada por las principales
caUes de la ciudad hasta Palacio : gente înfinita.
Ayer lunes salici S. M. a la Virgen del Pilar. Estuvo cerca de uoa hora;
exceleme rnllsica ; los caballeros ya se cansabau de tanto rezar. Luego dio
vuelta por la ciudad, todo el Coso, mercado, riber.a, y puente,. _&amp;c., sin guarda,
y la gente con el mismo aplauso. El coode, tambieo solo, fué por la maîiana
al Pilar, y despues por la ciudad con la m.isma suerte.
Esto es lo que hay de hospedaje. De guèrras grande trabajo. Insta el
socorro de Perpi.iian : asl lo escribe Torrecusa de Tarragona ; para 1odo
Agosto y no mas tienea que corner. No se tira uua hala de una parte ni otra,

VII
Saragosse, 29 juillet 1~42, à un Jésuite de Madrid. (Ac. His., tom. 90,
fol. 494.) Mem. bist., t. XIX, 299.
« Pax Christi, &amp;c. Hoy remito :l V. R. copia de la carta que a un P. de este
colegio escribe desde Zarago.za el P. Ger6nimo Baltasar Graciao de nuestra
Cornpaiüa, su fecha en Zaragoza, 29 de Julio de 1642.
« Entr6 S. M. el domingo 27 de Julio en Zaragoza con mucha grandeza y
gusto reclproco, mostraodo mucho agrado en el rostre, y los aragooeses â
voces gritando : 1 1Viva eJ Rey oucstro Sefior l ,; que se bundfa el muodo.
hubo antes a.lgunas dificultades sobre que S. M. pedfa le alojasen 1 .ooo caballos y hasta 1. 500 infantes ; segundo que las guardas de las puertas un dia fueseo aragooeses, otro castellanos, &amp;c. La Ciudad suplico S. M. que era descredito suyo y alguna nota en la coofiao.za. Resolvi6se que en Las puertas no
haya guardas ni unas ni otras; solo en PaJacio en la una puerta la hay de castellanos. Lo de los a.lojamieotos se ajusto que fuese la iofanterla a los arrabales, digo .i Altabas, y la caballerla en n lugares los mas cercanos. Con esto
• fue la entrada célebre.
Venta lo primera la guarda del reine de Aragon de â pie con sus aspas y
pedreâalcs, valientes mozos que desde MoliM siguieron la carroza de S. M.
-corriendo siempre a.1 estribo, no pudiendo seguir lo caballos, &amp;c., y asi S. M.
1es mand6 adadir cuatro reales de paga mas cada dia. En segundo lugar venla
1a guarda de este reine de â cabaUo, de lam:as y pistolas, y su capitan
D. Alberto de Aranon muy galante, con un vestido de bordado de plata, su
pistola. en la mano ; la guarda toda baquerillos azules y galon de plata los
m_as. Serian otros ciento. Tras estes se segu!an las, compaiilas de a cabailo, la
.

a

a

�706

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

porque el Fraucés cree que si no es por hambre no se puede tomar. Es ine11puguable cl castillo, y no se engafia. El rey de Francia porfi6 en estar alll en
Rosell6n, y ha enferruado, con que se ha retirado, dicen que à uoos banos, y
que va con una calentura !enta ; nosotros luego los matiimos a todos, y RocheJiu resucit6. Ha mandado cl Fraocés que tod.os los caballeros de Lenguadoc y
Aquitaoia vengan al cerco de Pt:rpiàan con tres caballos cada uno, sustent.ados a su costa 40 dlas ; dcspues, que el los sustentarà ; porque crec que sera
el tiempo del socorro 6 de ln entrega.
Vase trazando el socorro, porque el camino de tierra, que es el mejor, esta
cortado de panes en partes ; t:stacadas de puota para mancar los caballos ; en
tres partes trincheras y anilleria. Todos diceu es casa muy dificultosa. El
otro que es por Urgel y Puigcerd.l. es malisimo. El de mar no lo esta menos,
porque el armada enenüga, aunque qued6 muy mal parada y peor que la
nuestra, esta en Barcdon.1 al paso. La nuestra en Mahon, puerto de Menorca,
reparândosc, harto mal tramda. Tambien han llegado ya 28 galeras de Italia.
El enemigo no tiene sino 16 ; las nuestras son cerca de 40, pero para la cabalJeria que es menester l!evar no bastan. Los galeones uo 1ienen viento cstos
meses; asi que milagrosa.mente ha de ser este socorro y ;\ puro valor y oraciooes. No hay sino misas y oraciones, que en esta nos va todo.
Hay tambien otra diferencia. Los capitanes dicen que es mejor vaya todo el
ejército junto â Rosell6n. El conde es de parecer que una parte del ejército
vaya â Lérida, y llamar al enemigo, y la otra parte al socorro. Ahora se altera
la d ificultad : el Sefior nos alumbre y favorezca, y guarde a V. R. »
Hasta aqul la carta. »
(Cette lettre, datée de Madrid, 6 août 1642, est adressée par le P. Sebastian
Gonzalez au P. Rafad Pereyra, :i. Séville.)

X

VIII
A Lastanosa.
« Tarragona, y Marzo â 6 de 164J.
En ella trata de los rebatos que el enemigo daba â dicha ciudad, &amp;c. n
(Aptmles, p. 48.)

JX
A Lastaoosa.
"Tarragona, y Marzo 23 de 1643.
Trata de lo mismo que lo aotecedente, y de varias monedas y cosas antiguas, y que ha rescatado algunas de aquellas para el P. Garûa.. » (Àp1111lrs,
p. 48.)

Tarragone, juin 1643, :i. un Jésuite de Madrid (Ac. His., tom. 101, fol. 34 3,)

Mem. hist., t. XVII, 119.
«. . . El P. Baltasar Gracian, rector de Tarragona, escribe :1 uno de casa lo
siguiente : (( Luego que en Barcelona se supo por via cierta la muerte del rey
de Francia, quitaron en Barcelona su estandarte y las salvaguardas. Esti
aqucllo muy revuelto ; hicieron exequias al dilunto rcy, segun dijeron los
prisioneros que cogieroo aqul de un grande navio que vina a surtir debajo del
baluarte de Sauta Qara; acometicronle las fragatas de Duoquerque que partian a Rosas, y le rindieron.
Importa mucho la vida del conde de Aguilar
los tratos en Barcclona,
que solo jur6 al de Francia por su vida, y que despues pudiesen bacer
libremente lo qoe bien les cstuvicse, de manera que hoy hay puerta abierta
para poderse ajustar honrosamentc con S. M. Dios lo cncamine. »
Aiiade despues el Padre en otro capitula « Hame dicho el coode de Aguilar
que tiene carta de D. Felipe de Silva, de como vicne rctirando al enemigo con
;.soo cabaUos y 10.000 infantes, y que confia en Dios llcgar por aci. Del
enemigo estos dlas no nos han dicho nada, sino que esta muy ocupado en las
exequias de su rey, y aun se dice han acudido muchas aBarcelona. » Hasta
aqul el P. Gracian.
(Extrait d'une lettre du P. Sebastian Goozalez au P. Rafael Pereyra, a
Séville. - Madrid, 16 juin 1643.)

rara

XI
Tarragone, 26 juillet 1643 1 sans adresse. (Ac. His. , tom. 101 , fol. 374.)
Mern. bist., XVII, 178.
« Pax Christi, &amp;c. Copia de una carta del P. Baltasar Gracian, rector del
colegio de Tarragona, su fecha :1 26 de Julio de 1643.
11 Aquf no estamos sitiados, pero en vigilia ; y segun dken y el aparejo
muy prôx.imo. El de La Mata se dice viene marchande à toda priesa y se
antes de :moche, v1gilla de Santiago, durmi6 en Monblanc. Ademas de esto se
sabc que pasaron a Tol6n 2 . 000 marineras para componer aquella 'armada.
Tres dias ha se hizo en Monjuig sena! de armada de galeones y galeras ; asf lo
ha contado un prisionero de los que cada dia se buyen y vienen aqui ; aunque
ahora diœn los han sacodo a los prisiooeros en Barcelona de las Atarazanas,
doode estaban mas de 1000, perecieodo de bambre. y hacienda 136 fortificaciones y los han llevado :i Francia.
Con estas nuevas y avisos todo es aqul prevencion ; h:lse pasado muestra
rigurosa de caballeria y infanterfa, y bay entre montados y desmontados màs
de 300 de la cabaUerfa sin los oficiales; de infanrerla blly 4000 de todos,

�ADOLl?RE COSTER

BALTASAR GRACIAN

aunque son los m:ls soldados buenos y viejos. Sin esto hoy ban llegado 1200
en tres galeones y saet!.as de los de la tierra ; con los que ban venido de Reus
se han fomudo cuatro compa.âw de à den cada uoa, dejados los inutiles ;
vivei::es hay muchos para cuatro aiios, de pan, vino, abadejo, tocino, arroz,
aceite, legumbre, &amp;c . , solo le.âa faltarà · pâpnlo las casas, que no hay 400 en
pie. Este es cl estado en que esumos ; sea el Seiior bendito que nos fa\'orezca
y ayude.
Hoy ha lleg2do uo tambot mayor nuestro, que fué 3 tomar lengu1 del eoemigo, con achaque de ir â trueque de unos prisioneros. Este dice que ha sabido
que el enemigo se iba retirando :i Barcelona, y que su artilleda la ha enviado
alla · que la armada que ha aparccido delantc de Barcelona se creees la nucstra
de ltalia, porque han descubi no mas de 30 galeras y no ha echado lancbas de
aviso a Barcelona. Elles est:ln con mucho cuidado ; sin esto dicen que ha dado
medio peste en el cjérdto francés, y que han metido 4000 cnfermos en Lérida
a la retirada.
Item : dicen que los nuestros de Rosas hacen grandes salidlls, y molestan
grandemente la comarca de Gtm&gt;na. No falta también quleo diga que el enemigo se retira por empeiiar nuestr0 ejército dentro de Cataluiia, y que perezca
como el del aiio p2sado con mal pasar. De Barcelona han ido :1 dar 1 pésamc
.i la Reina viuda .t. Paris , por la Diputaci6n D. Lois de Rocadell, y el comendador Miguel; por Ill ciudad D. Pedro de Aymaya y otro. Gobiema :iquella
Margarit. El unico inrimo de los designios de Mota, Mosiur de Argens6n,
saH6 de B:ucelona para la raya de Aragon y Lérida, echaodo ·voz què Arag6o
pactaba y que el iba a concenar aquello. Todas son me111ir.1.s y para todas

ria llevando en grupa alguna infanterfa, iba :1 picar en la retaguardia enemigo.
Dice mas, que en Barcelona va muy e2ro cl trigo y que 1 \'ulgo esti 3.lgo
inquieto, y que le ha obligado :i la Reina de Francia y i los demas del gobiemo :i escribir nul!l'as canas :i los Cllta.bn , animândolos para que no liamen li su rey n:J.tur31 ; y tas pan quierar al vulgo las ban dada à l.a estampa,
p2ra que todos las pucdan leer. Qµe los franceses se pasan a Tarragona,
muenos de hambre, y que la otra oocbe, esta.ode todos los PP. en la. huerta
de Tarragona, apared.6 una como estrella muy respl.3ndecieDte, con cuya luz
vieron en tierra hasta las menudas yerbecitas, y que despues corri6 hàcia Ba:rcelona; y esta la vieron tambien los soldados de (35 triocberas I ClJJiera Dios
.sen para bien I y V. R. me mande . . &amp;c. »
(Cette lettre est :.ignée du P . Luis de Tapia ·t datée de " Calamyud, y
Octubrc 7 de: 1643. »)

h.allan credito en Barcelona. »
Hasta aqui la cana del P. G.racian. Esta cana se escribi6 antes que en Ta.rragona ruviesen ooticia de la rota que los nuestros h:iblan dado a los franceses,
&amp;c ... v
(Lettre de Sebasti.\n Gonzalcz au P. Rafael Pereyra â Séville, M.idrid,
11

août 1643.)

XUI
Valence, 21 décembre 1644; à Andr~ de Uztarroz. (B. N. M. ms. 8391.)
Pax Christi, et•.
Ya v. M. estara en su Çaragoça de dos maoeras, viviendo y trabaxando. El
Monumemo es muy curioso ; dito al Vicario del Hospital que lo agradeçi y
estimo grandeml'llte : por solo ver esta libreria podria , •. m. dar vna vudta
por aca, y tambien Morviedro. Esa para el amigo Don Vincencio. Suplico a
V. M. la rcmita y la del Padre Garçia cl quai le remitira 100 monedas escogidas. Aora le tengo el scllo famoso de Ovidio y el nigle de letras incognitas,
tambien sello, excellente cosa, y otros muy curiosos. Remitirelos a V . M. con
li primera ocasion, que vaya alguno por alla. Tenga v. M. muy sa.nus y
felices Pascuas como yo se las deseo. Valencia y deciembre .21 de 1644, de
V. M. siervo
Balusu Gracian.
Sr. Dr. Fr®cisco Andres. "
et

=

XIV

XII

de Setiembre que el Fra.ncés di6 vista. :1 Tarragona y se :icerc6 à riro de
c;u'ion ; salud:lronte con t0da la aniller!a, y sali6 nuema caballerfa a escara-

Lérida, 24 novembre 1646, à un Jésuite de Madrid. (Ac. His. Tom. 1a9.
f6I. 1141.) Mem. bist., XVllI, 434.
(t Pax Christi, &amp;c.
Mi buen P. P ereyra : En la pasada promet! li V. R.
rn.andarle copia de la relacion de uno de los nucstros que se ball6 preseme al
desbarate que Ios franceses recibieron sob11: Lérida, y hoy IÔ cumplo, aunque
no me ba costado poco el trascribjrla, mediant.e a. mis muchas ocupacionl!s y
achaqucs. Dice asf •

muzar, con lo que le obligaron a rerlrarse con perdida de alguna gente, y que
a la Qlaiiana lç,s de la ciu~d hallarou algi,inos guautes bordados en el suelo ;
qtte ~ éreê ~ibi6 daiio alguna gente principal y que dcspu~ nuestra caballe-

1. Le début de la ~ettre a disparu du registre de l'Académie de !' Histoire :
seul ~ubs-isce le récit· de Gracian· qui commCtice par les" mots : 'Il , â'~e es-

'l'2rragooe, 12 septembre 1643, sans adresse. (Ac. His., tom. 101, fol. 490.)

Me111. bist., XVII i 295.
Ct •••

El P. Baltasar Gracian, vicerector del colegio de Tarragona, escribe de

12

�ADOLPHE COSTER

B.ll,TASAR GRACIAN

" No be escrito :i V. R. en toda esta campaiia porno haber cosa con.siderable ; pero ahora que el Seo.or ha sido servido de darnos una victoria tan
grande, aunque ha concurrido el especial favor de nucstro ·Senor y el valor de
nuestra gente, no puedo dejar de con.solar :1 V. R. y i toda -esa santa casa con
la verdadera noticia y por menudo, como quien se hal16 tan cerca. Digo pues
mi padre, que despucs de haberse procurado hacer la diversion, cortandole los
v{veres al enernigo para obligarle à Jevantar el sitio, y no haberse podido conseguir, ya porque los paismos no pensaron en otra cosa. sino donde y como
poder llevades vlvei:es, pasando grandes convoyes, ya por el teson del conde
de Ancourt, se determin6 volver a la linea y embestir las trincheras, y aun
dicen hubo carta de S. M. muy apretada para que as! se hiciese. Juntâmonos
todos enfrente de Urida, mas abajo de Castel de AJis. A este puesro llego el
duque del lnfantado con 1000 caballos y los tercios de Pablo de Prada, que es
el regimiento de la guarda, y el de don Alonso de Villamayor (que sea en
gloria), el de don Rodrigo Ni:fio, y el de Zaragoza y otros.
A la media noche, el lunes a 19 de Noviembre, y una bora después que
Ueg6 el marqués de Leganés, de Belpucbe, con otros 1000 cabaUos y los
demas tercios, el tren de la artillerta, puente y carros de la proveeduria :
orden de embestir para el otro dfa ; pero como una Uuvia, aunque rnenuda,
tao espesa, sin algun abrigo de fuego, que fué forzoso dilatar la faccion basta
otro dfa que fué a los 21 de Noviembre, dia de la Presentaci6n de Nuestra
Seiiora, marcb6se el mârtes a 20, â vista de Lërida, tomando el rumbo hacia
Plix, tanto que se desconsolô Brito, cuanto se descuidô el Francés, dindolo
ya por hecbo ; y estaba tan soberbio que decia, y aun escribia, que si no
era Dios del cielo no le podia echar otro, y asi fué que, el Seôor con
su favor infundiendo un extraordinario valor en nuestra gente, le ecbaron.
Cuando yo supe que ibamos à embestir, babieodo hecho alto todos los
escuadrones enfreote de banderas, me fui de uno en uno y les biœ brevc

exhortaci6n, arrodillandose todos y llorando los maeses de campo, titulos y
senores cuantos habia. Luego los absolvla y aplicaba el jubileo de las misiones
que habla publicado. Fué esto de taota importancia que se Jevantaban gritando : &lt;t Peleemos I Viva el Rey nuestro Sefior y la santa fe Ca.tolica I li Que
arrojaban eo alto los sombreros. Ven/an a porfla por mi los maeses de campo
para que les diese animo à su gente y absolverlos; y hubo cabo que dijo que
importa tanto esto como si se les hubieran anadido 4000 .hombres mis. Para
esto me dcj6 el Seiior solo de todos los religiosos que envi6 S. M. por el sefior
Patriarca, que 1odos enfermaron y otros hizo prisioneros el enemigo. Prosiguiendo el suceso, se detennin6 que se embistiese el miêrcoles, dia de la Pn:sentaci6n, y que fuese de noche par estas razoncs : primera, que no ofenderia
tanto la artillerla del enemigo que era mucha, pues se han hallado mas de
20 piezas, casi todos caiiones enteras y algnnos enraordinarios : segunda,
porque, dllndole arma por trcs 6 cuatro partes, ooacerrarla porcual se Je atacaba
con el grueso, y babia de dividir las fuerzas ; tercera, que con eso no veda
nuestra falta de gente, que se nos habla disminuido por mitad, pues no habla
de 4000 caballos sino 2000, y no llegaba la infanterfa a 5000 hombres: pero
la nata. Fué grande yerro no acometer cuando sa!imos, pero disimûlase con
la enmienda.

c.rito... » -Au folio I 139 du registre se lit la lettre suivante : tt Pax Clrristi.
Estos dos correos passa dos tengo escrito a V. R. ; no se en que pueda consistir
el no aver recibido V. R. mis cartas. En la ultima embiaba uoa copia de la
cana que esc-ribiô al Sr. D. Luis de Aro el Marques de Leganés despues del
succeso de lerida que a sido milagroso
Aora remito una copia de una relacion que se embio del exercito. Ay otra mas ajustada del Padre Gra.cian que
embia a un Padre Sardo de este Collegio para que la comunicase al Sr. D.
feroando de Borja. Esta se lleu6 â su Magestad y maod6 le sacasen dos copias
della : es grande.mente ver/dico el Padre y muy sencillo y dice el succeso con
grande verdad. Es la substancia la misma, 1Jla5 el modo y los succesos en raçon
del afecto mui diuerso de lo que en esta rela.cion va. El correo que viene la
embiare sin falta (Madrid, 6 noviembre 1646).

=

.

711

C~n esta re5?luci6n salimos del alojamiento al anochecer, dejando t ~ el
bagaJe y carrmJe en un valle donde se hizo mucha fagioa para los fosos ·
hicieronse fuegos para desmentir al enemigo . Corria un viento furioso y fri~
que nos derribaba de los caballos; tèmlase mi.choque nos impediria, ya porque
arrebatarla la pôlvora en desatapando los fogones y no se podna disparar, ya
porque da~a _â unos en los ojos y â otros de lado; pero conoci6se .el cspecial
favor del :&gt;enor y de su Santfsima Madre, que al punto que se comeru.6 a
pelear cesô y se sereno cl cielo. Ibamos callaodo, sin atamhores ni clarines,
por de~meatir al enem'.go ; y esto fuê otro y gran milagro que el enemigo
entend1endo que nos 1bamos, se habia descuidado de modo que habiendo
tenido todas -~ oocbes antes un grueso baraU6n decaballeria y de infameria,
esta noche d1Jeron: « Ya no es menester; descanst:Il Ios cabaUos y la gente,,, y
el conde de Ancurt se babla acostado, de modo que cua.ndo se erubistio, el
estaba en su cama. As[ lo dicen los mismos monsiures prisioneros de sil' cotte.
Con esto llegiunos sin que nos siotiesen.
providencb y _favor del cielo que habiendo determill3.do fuese el ataque
a ~ cinco de la manana, y dado el orden al baron de Burier que babia de
vemr de Fraga con la cabaUeria de Borgoiia y alguna i.nfanteria a embestir por
l~ otra parte d~ rio, se resolvi.6 fuese Juego, à las once de la noche, porque
dispar6 el enenugo dos cafionazos, y habla dado orden entrasen 500 honibres
eo el fuerte real que acometimos, y sl nos tardaramos uaa bora entrara esta
gente, con que fuera casi imposible el ganarle.

on:

�b,.DOLPHE COSTER

Con todos estos fovores del Sefior, se lleg6 al foerte Real m~s abajo de Villanoveta, donde el conde tenia su corte.
Embis1i6 Pablo de Prada por cl Jade de VillAnoveta con un rercio de la
guarda que llaman « de los Guapos »; y el es el hombre mas vnlieote y
dicba~o que !iene el Rey. Es portugués, bermaoo del corregidor de Lisboa â
quieo. los Portugueses, en sus relaciones, llaman (t el 1raidor Prada », y las
nuestras el mas leal y valeroso al Rey nutstro seôor. As( deben llamar a quien,
despues de Dios nuestro senor, se le debe esta victoria, y todos Jo dicen; y el
marqués de Leganés le dijo, cuaodo lo abraz6 : « Al Seiior Pablo se lo debemos
rodo ». Es como se verà.
Llevaba por reten don Rodrigo Niâo con su tercio que es de soldados
viejos muy buenos. Por la otra cortina que mira aJ Segre y sus riberas abajo
acometi6 don Alonso de Villamayor, gran soldndo por cierto y de la flor de
este ej~rcito. lb·abà por reten el tercio de Zaragoza . Estos Llevaban escalas,
faginas, muches instrumentes de garfios para asir Jas trincheras, y esros cou
unas granadas como nueces que, en asieo.do, pegan fuego y revientan arrojando cuadrados y balas, con que hicieron mucbo efecto . Arrimaroo las esca~
las al fuene Real, que era muy grande, con sus cuatro baluartes, fosos y escarpas. El primera que subi6 y entr6 d~ntro fue el capitào don Matias Cache,
del regimiemo de la guarda, hombre di1,'llo de todo premio. Un soldado
arrima otra escala y fué luego a subir por ella. Llegô el maese de Campo
Pablo de Prada :\ subir por ella, y el soldado le arroj6, que no le queria dejar
subir p.timero. Oijole: « 1 0 traidor ! la tu maese de Campo no dejas subir?Dijo él : &lt;1 Perdone vuesru. merced y suba, que no le habia cooocido " ; y
querlendo subir otro caballero camllrada del maese de Campo, lo rechaz6 cl
soldado y dijo « Eso no, suba V. M. despues de mi,,. Y as! fuê, de suerte que
Pablo de Prada con su tercio entr6 primera, y luego ViUamayor, los cuales
sin que les matann un hombre to gobernaron, haciendo cmel macanza en los
franceses. Luego abrieron brecha con las zapas para que entrase fa caballerltt
dentro del cordon, y as! entr6 en él el duque del Infanta.d.o con 800 caballos y
doblaron dentro. Mandô elmaesede campo, general Totavi.lla, que avanzase la
iofanterla abajo â la campnfia, grau yerro contra el orden del general, que era
por escrito, y yo lo he ltido, que se hiciesen fuertes en su fuerte Real y se detuviesen a!li ; pero con el ordeo de Totavilla bajaron el regimiento y con êl
todos los dem.\s terdos. Estaba el de Villalba, que es el del conde del Castrillo, .i un lado del regimiento, cuando lleg6 el coude de Aocurt, con todo su
grueso de caballerla, y iofaoter!a, y acometi6 como suelen en el primer
acometimieoto, mas que hombres ; coo todo le rechazaron, y peleô bien nuestra caballerla, y el duq ue del Infantado se port6 exceleatemeate; pero volvi®do â cargar el eoemigo, y lli!biendo berhio a don Diego de VillaJl,Q, su tercio di6 à huir . Con e,to el Fraoc~s, viendo qui: huyea avanza, y c_ou este los

a

BALTASAR GRACIAN

demas tercios volvieron las espaldas, y luego la caballerla sali6 toda fuera de
las triocheras. El maese de Campo general y muches se ecbaban por los fosos.
Aqul hubo grao matanza en los ouestros; muriô el conde de Ouasto portugués, don Carlos de Mendoza; fué herido el coude de Vagos; cl marqués de
Lorenuna, don Alonso de Villamayor muri6 atravesado de un arcabuzazo por
los rinones, y su sargento mayor don Joan Pacheco fué herido ; don Manuel
de Banuelos, don Diego Lujan. Murieron rres capitanes de caba!Jos ; muchos
heridos, y entre ellos el capitào don Miguel de Fuentes, bermano del P.
Fuentes, con otros muchos de la infonteria . También quedô herido don
Rodrigo Nino. Solo quedô de los maeses de Campo Pablo de Prada. Este
recogi6 la gente otra vez al fuerte Real, con el sargento mayor del tercio de
Zaragoza, Daza, gfande soldado que saliô herido por dos partes. Pablo de
Prada se hizo fuerte en el fuerte Real con 1000 hombres, y porque el mismo
Ancun en persona les acometia :i subir por aquella parte que cae adentro y
estaba sin foso ni triochera, sino exento para subir los carres de la artillerla y
sus caba~J~s, a~ui :~ada hizo calar l~ picas y disparô las bocas de fuego; que
a toda d1ligenc1a h1c1eron del pues10 a un soto pequeiio y de sus mismas barracas, una mala triochera con que se cubr!ao algo. Aqu! Ancurt puso toda su
fuerza en romper la gente y echarla del fuerte, con tal braveza, que se desconfi6 de poderle su~tentar, y as! avis6 Totavilla al marqués de Leganes, y di6
e.5te_orden se ret~rasen poco â poco y que la caballerla los abrigase, no los
s1gu1ese el enem1go y los degollase. Comunic6se con Prada. si estaba alla con
seguridad, dijo que no,babla que temer, que le diesen otros 1000 hombres rois,
que estaba con poc?s, y asJ emraron otros 1000 infantes, y el maese de Campo
de Navarra don Felipe de Agramonte que pele6 bien. Nueve vezes los acometiô
An~rt y todas le rechazaron, mat.indole lo mejor de su nobleza, y él en taoto
~I~gro quele matarao el caballo. Entonces dos caballecos suyos Je retiraron,
d.ic1endo que el lugar del geoeral no era donde le matasen, sine donde matase
ét. Estaba loco de rabia ; enviaba un batall6n de los suyos con iofanteria y
dabanle una valieote carga los nuestros, mat.indole mucbos, y luego daba 'l1L
vueluel batal1611. y venla otro. Nueve veces chocaroo, hasta que 3 desmayô
su gente y se reur6 Aocurt desesperado. Retir6se à su fuerte Real de Vlllanoveta, y consulto loque haclau. Resolvieroose que se hiciesen alll fuents, y que
esperasen à que los nuestros avanzasen, y que salidos del fuerte a la campaàa
volviesen â cerrar como la primera vez, y coo eso mezclados entrarlao en el
fueneReal y los ecbarlan de ail! â los ouestros, 6, si no, dar la batalla en el
campo y degollar nuestra gente.
- Esto estaba 1razado cuando lleg6 aviso que el bar6n de Butier con la caballeria de Borgo~a estaba deotro por la otra parte con 400 caballos y 400 infantes,
pero no cran s100 200 cab:illos y 150 infantes . El cual bar6n tenia orden de
venir de Fraga y acometer por la otra pane, a las cinco de la mafiana. Este

�ADOLPHE COSTER.

BALTASAR GRACIA?i

veula marchanda y a media legua sinti6 el ataque a las once· y admirado y
confuso dudô de loque habia de hacer, porque decla : Il Esta debe de ser arma
falsa, y si yo acometo, echo à perder la facciôo ; si acaso es el ataque, que los
nuestros estin rechazados ,,, porque sintiô la suspensi6n del pelear, hasta que
lleg6 Aocurt al socorro ; emoru:es, sinùendo las cargas tan valientes, se determin6 él de chocar tambien. Lleg6 â la llnea; dijeronle : « Qui va là? »
Entonces di6 su carga, y coma erao pocos los que guaroeciao, lue_g-0 buyeron, con que cntr6 en la Unca sin contradicci6n. Habia un batallon pequeiio y
tuego los puso eo huida. Con esta pasô las trincheras y contrntrincheras, y se
entrô en la pla,ia ~ pas6 la pueote de pied ra y dobl6 bacia Villanoveta. En esto
llegô el aviso à Ancun que los nuestros hab!an entrodo por la otra pane y que
los cortaban. Con esta dijo : « fato es perdido; retirar à .Balaguer )), y puso
su gente por la puente de palo que tcnia hacia Balaguer y pas6 todo su baga je.
Los nuestros estaban su.spensos sin poderle avisar; que si el bar6n de Butier
cuviera aviso d,: que el enemigo hui-a, hubicra ac:udido al puente y Je hubiera
degollado mucha gente y c:ogido cl bagaje, que es lo que mas siente se le
fuese.
Por otra parte, cre1a que los ouestros hab/an sida rechaz.ados y estaba en
notable cuidado. Al amaoecer se vi6 que el eoemigo habla huido y cortado 1:1
puente de palo; porque no le siguiesen quemaronles las barcas.
Durô cl pelear cuatro haras juntas dando siempre valientes cargas. Olvidâ.baseme decir que cuando Prada pidi6 mas gente, entr6 tambien el duque del
Infaotado coo 1000 caballos,y dieroo en el tercio de los catalanes que mas
abajo estaban en escuadrooes y algunos batallones de caballeria, y los hicieroo
huir luego. El cojo del Grogtel tocô arma por Villanoveta, al principio del
a taque, y los valones por el .:uartel de los catalanes para divertir Ane un. Llegô
este â la posta a Balaguer con solos 30 caballos. Lleva mas de 2000 heridos y
muertos, los mejores y toda la gente particular; vi6se bien despues ser asl,
porque todos los muertos que serian hasra 400, eran blancos como la nieve y
mas, melenas rubias, mezclados con los cabal\os, que eo mi vida vi espectkulo
tan horrendo. Confesé a algunos que aun estaban vivos; ottos no querlan
confesarse, que dedan ser de la religion, esta es berejes. En un instante los
desnudaron todos; basta don Carlos de Mendoza estaba en cueros con dos
heridas, uoa que le atravesaba del cuello al costado, y otra en la cabcza; el
conde de Vagos, los rnismos ouestros lo pillaron y echaron por el foso.
Son pocos nuestros muertos ; no llegan !i roo, los heridos basta 300 ; dejô el
enemigo toda la artiUeria, mas de ;o caâooes, los dos puentes, de barcas y de
palo, muchas viveres y mu.niciones. En el fuerte Real que ganaron los nuestros, habla tres piezas de artillerla que luego cargaron y les haclan grande
dano â los franc.eses. Brito no hlzo surtida porque no tenla gente; esto le
faltaba, que vlveres renia para cuat.ro meses mas. Antes se Je han muerto

muchos soldados de hambre, pudiendoles dar mas onzas, y asi perdiera la pla.za
por sobra de vlveres y falra de gente. Hay Itlgunos prisioneros, no muchas, y
atgunos de eu enta.

Esta es, mi padre, la relacion cierta de lo sucedido para que V. R. dé gracias
al Seiior y â su Madre Sautfsima, que en su dia se comenzô la pelea y el
juC\•es se gan6 la victoria, desagraviandose el Santlsimo de tamos agravios
coma aqul estas sacramenurios le hablao hec.ho publicamente, predicando la Preja eu el sitio y aun se dice que en la parte que fueron veocidos.
Al duque del Tnfantado se debe mucha por la grande instancia que hizo para
que se acometiesen las trincheras, y despues pele6 m.uy bien, poniéndose en el
mayor peligro. Di:bese la \'.Îctoria principalmente al valiente Pablo de Prada y
confieso_â V. R. que yo tuve alguna parte, de modo que ahora todos los soldados y auo senores, cuaodo me ven, me llamao el P. de la Victoria. Di6me
eJ Seiior su espiritu aquel dla para exhortarles y disponerlos y una voz de darin. Sea el Sen.or glorificado por rodo, que esto ha sida evidenre milagro,
porque el eoemigo renia 8ooo infantes y 2000 caballos, y esto es cieno, y Jo
confiesan rodas los prisioneros, y nosotros no ten!amos 5000 infantes y sobre
2000 caballos, y esto es -iambiéç cimo, y el!os fortificados de meses, que
admira el ver lo que han trabajado.
• V. R. mi padr~, se acuerde de es:e su siervo en sus santos sacrificios 'I oraaones, y comumque esta con el senor don Fernando aquien beso su mano, y
con el se~or don Prmcisco, y crea V. R. que esta es ciena y verdadera, y que
la m:is v1 yo porque estuve exhonando los tcrcios, asi como ibao entrando â
pelear; por sen.as que dieron dos balas de anillerla en el mismo escuadron doude
yo actualmeme estaba ent0nces y muchas halas de masque.te que pasaban zumbando. Toda la noche coufesé marchanda y cuando hacÙl.mos alto : en mi
vida be trabajado mas. Sea à gloria del Seiior, que me guarde â V. R. Urida y
Noviembre 24 de 1646.
En este mismo punto he hablado con los prisioneros franceses que estàu en
uuestras aulas, y con un capitan de caballos dellos, y me :i.segu.ra que los cogimos durrniendo i todos y que el de Ancurt estab3 en la cama, que pensaban
nos ibamos :i Flix. ,,

XV
Huesca, 22 décembre 1646 a Andr6l de Uztarroz. (.B. N. M. ms. 8391.)
« Pax Christi, et•.
Al P . Manines dexe encomendadas vnas braças que me haçian de lienço
encer4do, y le he escrito que v. M. ha de venir para aiio nuevo, y me las
podria traer y eu ellas puede v. M. meter mucha cosa y estrenall:.s y ensenarmelas -a buenas costumbres de hue.nos papeles. Tambieu le encomende vnos
Christales en vn joyelito : todo lo tiene a pvnto.

-,evttE

IUSl'AlHQ.Oti. D.

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

SupJico av. M. me baga merced de traerselo y venir luego, que la Jibreria
dcl amigo D. Vincencio mereçe q_uien tan bien la sepa lograr como v. M.
Tambicn suplico av. M. se sirva de traerse a vn tal Sâ. portugues poeta que
es tnn bueno que me dice lo tenia siempre avierto cl Conde Duque. TeoJralo io duda don Francisco de Horrea: es en portugue en quintillas, o
redondillas. Y todo lo b.ieoo y iogeoioso que V. M. allare, porque la agudeça
b:1 de salir muy augmentada. Gu11rdc nuesrro Sen.or a \'. M. y nos le trayg:1
con sllud. Y tenga v. M. (elicissimas Pascuas con todos esos seiiores; Y a
nuestro Padre y Senor Monge de San Juan de la Pena vn gran ~arabieo del
ciior Abad : todo le vie.ce a pidir de vOC:J., que quien se muda D10s le ayuila.
Huesca y decicmbre 22 de 1646. A mi Seûora Dofi:1 Thomasina las Pascu:is

con grandeça. Seiior mio, v. M. se esfuerçe y mande. Huesca y Março 3 de
1647. Doy av. M. 12 norabuena de la Illustrissima monja, y a todos esos
Seîiores veso las manos.
de V. M. Ba.ltaS11r Graçian.
Seiior y Amigo Dr. Andres. ,,

por todos.

de v. M. = Balta.s::u- Grnçi:in.

11

XVl
Huesca, 3 mars 1647, à Andrés de Uitarroz. (B. N. M. ms. 8391.)
« P:ix. Christi, l"-.
En este instante se despide cl enor Fr. Geronimo, que asiste a San Juan
de la Peôa, bueno y color;1do, etc. Fue muy açert:tdo el quedarse aqui, que
alla ya fuera mueno. - Pareçeme que su obra de v. M. yri. esta muy adelante, y como se podia esperar; la ouestra maiiana se acaba, que el buen
Nogues va tan a la larga coma v. M. sabe ; ya remitiremos alguoos libros
par.a que v. M. nos los haga despaclar en. los amigos li_breros, ~igo que nos
los venda comp el am.igo Roberto y algun ocra ; tamb1en env1.3remos p:ira
1adrid vnos dodenros aor:1 y otros 200 del oraculo, que los piden de alla ;
:iqui creo se despachar:in aor:i unos 200.
Lo que mas se me ofreçe suplicar a v. i. po~ esta es que _me ~ga favor _de
sabcrmc (vn tal lsidro vicentc, hijo de vo tal Vicente que vive 3C1.ll la cuchillcria. Su padre ya murio, era procurador) sabet:~e v .. M. y decir~e ~ue cosa
es su calidad, que haçiènda ticne, que empleo s1 platu:.a, que obhgac1ones, y
si \'DOS bast:1rdillos de su padre vivcn, y que obligaçion con ellos ; que es casa
que me importa y a vn3 perso0:1 que v. M. estima et y esto sea con brevedad, si puedc ser para la cstafcta. Tiene aqui vn hennano Fr. Bernardo.
.
Los amigos esun buenos aunquc don vincencio siempre de nul humor. S1
con estas bodas a que acude cada dia no se mexora sera incvrable_ ; por :ica
todo es casam.ientos · no haçe Otto eJ conde de Atores ; dos v1udas casa
abora ; tlllOChe se jur~ con la vna, Doûa Isabel Cahon par Don Francisco
Sans de Corses, y a doôa Monica de Torres tiene muy adelante con vn tal
Bellabuga de Monzon. Solo nuestro amigo no acaba de r~solve_rsc. El Canonigo Salinas contento y muy de Himeneo ; la cosa mas bien d.ispuesta : todo

XVII
Hu ca,

10 mars 1647, :\ .\ndr~ de ztarroz. (B. N. M. tn~. 8391.)
• Pax Christi, Ct".
Muy Caro es v. M.. de ver, y muy a costa de los amigos ha sido t!Stc cargo.
Pero al fin rcconpensé V. M. la tardança de la venida con una flota de curio-

sidades. Sobre todo v . M. haga imprimir el Indice de la libreri:1 de Don
Francisco que a mas de la vtilidad de que se scpan los libros y pam la codiçia
de los compradores sera de suma honrra que se admire el mundo de ver la
estudiosidad de nuestros Aragoneses. Solo hay vo inconvenicme para nosotros que nos encareçera el valor de los libros que deseamos; v. M. no deje
de recoger si alla el p:tstor fido del Guarini, y si esta en castelfono mexor.
(Yo le vi y le lei traduçido). Y si no, sea en italiano como se ri.llare. El Portugues Sa que yo digo es poeta porque acaba vn:i quintilla asi « noso cmendimento proprio no nos le quieren dexar », y es todo asi, muy sentcoçioso y
critico. El Conde Duque siempre le train consigo. El romançero portugues
Sera grao cosa. Al fin seôor, aqui se ha de ver su buen gus10 de v. M. y
buena voluntad con los amigos. De madrid me dicen me enviarao algunas
cosas curiosas; ,•n orosco dicen, que hay de los equivocos gran cosa; que
excedio a Ledesmn. i v. M. le alla, todo entrira en pro,·e.:ho. El Obelisco
del Prinçipe est3 muy bueno y lo selecto Je califica mucho; que en los otros
cenamenes salia mucha broça con desdoro de nuesrra patria. Este puede luçir
donde quiera.
Parcçeme que el Canonigo Lastanosa ira luego por all:t. Sea felis la venida.
V. M. se sirva darmuchos recados a nuestro Padre de San Juan de la Peiia,
al Seiior Baltasar y a todos. El otro dia nos espanto vu 1fürito del Padre Eusebio que me remitio- el Padre La Naja de dictarneoe buenos y bien declatados :
pero, bien mirado, no nos desmaya ello ; gànanos de mano en el asunro que
es arto. Guarde nuestro Seôor av. M. muchos aiios. Hliesc:i y MBrço 10 de
1647. - de v. M. siervo -fültasar Graçian. •

xvm
Huesca, 21 juillet 1647, à Andrés de Ui:tarroz. (B. N. M. ms. 8391 .)
11. Pax Christi, et a
Estimo la merced que V. M. me hiço de remitirme el soneto del Senor

•

�ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN
lt)fante y el madrigal a San Esteban. El 2° tomo de Matheo Aleman estimare
mucho, y si v. M. puede sacar alguna cosa buena y Heroyca de la prima
doiia Thomasina me olgaria de mostrar la estimaçion que tengo y debo.
Doûa Ana ya esta campanudamente; la de aqui y la de Casvas estara tambien. Doûa Maria Nieto ya va con repique, etc., V. M. saque loque le suplico .
A mi hermano me hara merced maodar dar esa carta. El Padre Seiior Geronimo ya llego con felicidad a San Juan, y creo le ira mexor por alla . Ya le
servi con vn par de oraculos de buen papel. Si hay algnn otro libro por
alla digno de su calificacion de v. M. 6 manuscrite algo que pueda aprovechar, no dexe V. M. passar la ocasion. Al Seiior Baltassar y a todos esos
seîi.ores veso las manos. Huesca y Julio 21 de x647. - de V. M. - B. Gracian.
Seiior Dr. Andrés. »

XIX
Huesca, 12 janvier 1648, à Andrés de Uztarro.z. (B. N. M. ms. 8391.)
« Pax Christi, et a
o escribo a V. M. taoto las Gracias de'la honra que v. M. me haçe en el
San Orençio, que reconosco por· suma, quaoto la norabuena del realçado y
eloquente estilo que aunque env. M. no es nuevo pero en este pareçe que se
exçede a si mismo ; no he visto mas que los dos pliegos 3 y 4 ; pero me han
satisfecho rnucho : sera sin duda la obra muy estimada por el asunto, y por
el modo ; y assi me diçe el amigo don Vincencio tiene V. M. otro aun mas
de su gusto que dar lnego a la estampa. Esto si que es correr y aun volàr, y no
como nosotros apaso de vn nogal que es menester siempre coger el fruto
con violencia. Vamos ya en el pliego 38: tendra la obra 50 segun tanteo,
y asi v. M. nos abra de remitir otra bala de papel que con eso abra recado ; y
sea tan blanco y bueno como el pasado. V. M. si que lo ha acertado en el
pape! de Françia, porque aun en la materialidad salga perfecto ; todo gnele a
riqueça de Crooistn real. El amigo Canonigo esta bueno : vase cada dia reroontando como v. M. habra visto en la Cleopatra que esta muy donosa. Nuestra
Santo Monge esta bonissimo, gracias al Seiior. V. M. se acuerde de Mandarme
y sca servido dar mis vesamanos al Senor Baltassar Andres, Seiiora Hermana
y a mi Seri,ora doiia Gracia Lastanosa con el Sen.or don Alexaodro. Guarde
Diosa v. M. como deseo. Huesca y Enero 12 de 1648. - de v. M. Baltassar Gracian. - Hoy nos han leydo un grau elogio de su Amigo de v. M.
el Almirante Porter en vu tomo que ha compuesto de las Missiones de Cînaloa el Padre Provincial de nueva Espana. Con todo eso me atengo al nuestro
en el Arte. »

XX
Huesca, 30 mars 1648, à Andrés de Uztarroz. (B.

. M. ms. 8391.)

« Pax Christi, eta .

Estima mucho el presente del San Orencio, que lo que todos haviamos de
pagar av. M. al contrario v. M. lo franquea. Esta muy de su pluma y disposiçion, todo açertado aun en lo material del pape! y de la inpression. No asi el nuestro, ·en_ tod~ maoco ; remedi~se lo del Antonio que· no se como se fue porque yo
lo hav1a m1rado en vna ded1catoria de Conclusiones y ha sido ierro con açierto,
porque se ha impreso aquel medio pliego en pape! Fraoçes, siquiera la entrada
eo~aîi.e. Hoy sele remiten av. M. para Madrid 100 Anes esas para el Amigo
Salmas, para que v. M. las avie a Madrid a Roberto Lorenço mucader de libros •
vive mns arriba de la Séledad. En vn naype puede ir este sobreescrito cosido'.
Tambien yo abusa del favor y merced de v. M. pues tomando ocasion desto le
rem_ito otro fardo, con 300 oraculos para el mismo Roberto ; Los portes de
aqm a Çaragoça yo los pago aqui a Jaymc del Rey ; de ay a Madrid alla
Roberto y remitodos reales para que se lleven a w casa de v. M. y della al ordinario de Madrid. Jayrne del Rey los dara. Perdooe v. M. que la comision es
atrevida. A todos esos seiiores veso las manos. Huesca y Macço 30 de 1648. dev. M. - Baltassar Gracian.
Am.igo y Seôor Juan Francisco Andres. l&gt;
Esa c,arta es para Roberto Lorenço. en Madrid para que la lleve el ordinario con los far~os. Ya yo le escribo otra por la estafeta.

XXI
A Lastanosa.
, Zaragoza, y Febrero 14 de 1652.
Habla en ella con honor del diputado del Reino el can6nigo Lastanosa.
Dice _tambien que ,n14rio el bum regmte Ortigas en Madrid en tres dlas, y que
tendnan luego por Zaragoza al P. Ortigas. Tra ta àslmismo de las fi.estas de
Carnestolendas de Zaragoza, que fueron rnuy varias y divertidas y de que
entre sus mascaras ibap hasta canonigos de la Seo, y vitupera esta J~a diversi&lt;)n . » (Apuntes, p. 48.)

XXII
A Lastanosa .
« Zaragoza, y Febrero 22 de 1652.
Lo particular de ella es: « Ya ,P.or mi cueota no ha d.~ ir cosa, sï~ç p~r_Jos .
mercaderes, y que me pague el orig_inal J sacar algo de là dedicatoria, gife ~ , ·
.•

.. .

'

�ADOLPHE COSTER

llALTASAR GRACIAN

pasado me ha valida en e5t0 100 escudos libres y horros. Solo Pablo de Prada
me ha dado en dinero y presentes 80 escudos y muchas. gracias ; verdad es que
es :mugo de primera clase. » (Àp11ntes, p . 48 .)

me atrebo a cansarle, tJUnque Je amo como antes, y Creo le merezco el mismo
afecto.
Cuanto a la SllSallil, ay opinion que no podia hallarse mas propia voz que
labia adonde se coloca. La voz balsas si se tie11e por bulgar, Lo sera tambien
Cielo y tierrn., y Sol y Lw1a pues uo tieoen estas casas orros nombres e.n ouestnt lengua, y me olgam mucbo sauer como los que componcn realzado dixeran para oombrar "bolsas sin nombradas.
En los Epitetos carre lo mismo : y al -fin no nos deteugamos En esto, que
~utrno y badajo esta dicho en su occ:isioo.
Con mucho realze, como yo, los he visto nombrados en vna de las mas
celebres obras de Bartholome LeoUJ1rdo que no i:sta impresa, y qua ndo yo se la
comunique a V. P. me lo ha de cstimar mucho.
Vamos al rom.anze Latina, en que me dizc V. P. ha ootado alguo solecismo, alguua romanzada, y alguna impropiedad. Cierto mi Padre que si no
cooociera a V. P., o si huuiera dadole alguna occasion de oluîdarse de mi
amistad, pudiera Crehcr que estas notas no son de Amigo sino de los que
Leen y cscudriiian las obras Cou ansia de Zaherirlas y de hallar tropiezos en
eUas. Respondere brebemente a cada vna y conocera el desapasionado, quien
tiene razon.
En la primera copia, nota debajo el tennino a natiiiilate. Yo Creo qlle aura
muchos que diran i!ue he puesto chapiues con esa palabra al Linaje de Mi
Meceaas y que el no esta descon1eoto de la copia.
En la Segu.nda, decir clara Pr0Ee11ies heromn, o ponermelo al pnn□ pio no
se que Sea mas que gaoas de borr-.ir. En la copla septima que t:iene mas Siue que
Seu ?Eo la Copia octauaquerrîa que me dixtse V. P. porque me coadeo.a Ja.frase:
pulwro impo1itus eq110, que la hallara V. P. en Famiano, Estrada y eu otros, v
me pone i,15idens eq,w vdoû, echandome a perder el verso. Ge,mit quem es1~
mas bien dicho que queni genuit ? Por esto se dîxo elegwlle habl1nteys numie. En
la Copia dec.ima, no es justo me qui te V. P. ipsius 1mlrilia por pooerme
11mtuis a111plexib11s, que no significa Lo que pretendo, que es mas que abrazos
de Minerba. Esta es La dedicatoria.
La primera copia del texto, totalmente me la hecha a perder V. P ~ assi en la
elegancia y sentido, como en el verso, que el tercero i es verso nî es nada:
diganlo Las copias.
Mia.
De V. P .
Gaude.bat EGdesia et Orbis
Gaudebat Vrbis et Orbis
Dici celebritate
Ecclesia celebritate
Quo Principes, Clauium vous
Oum Princeps clauiger vau$
Ensisque portitor alter
Eosisque portitor alter
La seguoda Copia tiene lo mismo que la segunda de arriba. Eri la tercera
quando halle V. P. quien tenga por mejor 11oclis elapsa mua que tm,pore

720

XXIlI
A Lastanosa.
« ?.arago;:a, y Febrero 29 de 16sz.
Dice : « Esta campana de Velilla ha ocho dias que ta.ô e poco 6 mucha cada
dia ; nos tiene e5paotados y vao muchos a veda. " (Apuntes, p. 49.)

XXIV
A Lastanosa,
« Eo Zaragoza, a 21 de 1\ilarzo de 1652.
1, ••• Aqui nos guarda milagrosameote la Virgen en la afüccî6n de la peste, y
no por falta de pecados. Todo es asesinos y ladrones, que ya del sexto no se
bace casa. - Han cogido los de la muerte de D. Josef de Contamina ...
Deotro de cinco dlas se le acaba el tiempo a Torrero, el que mat6 â doiia
Ursula y la echô en el pozo. Oicen tiene un cômplice de alta importancia,
pero, como digo : agua be,ulitaJ,ay para todos. Mejor aoda la lnquisicioo en la
visita de Calatayud donde estâ D. Antonio de Castro. El otro dia, dicen, le fué
llevada una arquilla 6 cofrecillo de llna grande hecbura; y que asl como la
abrieron en su presencia y a vista de muchos, cosa rara y la escriben hombres
veridicosJ saltaron encima un bufete muchas figurillas bailando, y entre ellas
tres frailecillos de tres religiones que no las nombran ; pero se sabrân, y de
estas cuentan granites casas. " (No reflexiona mâs sobre este caso) ». (A punies,
pp. 51-52 .)

a

XXV
Sarago55e, mars (?) 1652, au chanoine Salinas. (B.

. M. ms. 8391.)

A
Lettre du Chanoin.e Salinas à Graciàn, Huesca, 17 mars 1652.
« Antes de recibir su carta dt V. P. tube en el pliego de nuestro Amigo el
Coronista Andres mi romanze latino con las notas de V. P., y como su respuesta ha de ocupar lo mas, y esto me Coxe con dos sangrias, y la cabeza arto mal
tratada de vn Corrimiento, respondere a otros capimlos brebemente.
Luego que reçiui su carta de V. P. con las nue.bas, no aduerti que me decia
e.ra tambien para D. Vincencio, y despues rebusaba el inuiarsela por Jo que
V. P. decia de las paces de ambos; pero al cabo se la inuie. Ver&lt;ad es que be
visto dos cartas de las de V. P., pet'o ha sido por tercera persona ; que yo no

721

�722

BALTASAR GRAClAN

ADOLPHE COSTER

exacto, lo mudare y tambien elfacla crtpurcula por orta. En la copia quint.a, me
coodeoa V. P. upiml purpurimzre, y pooe intq1,ilare. Repare V. P. que es
frase de Apuleyo y Marzia!. Eo la Copia Septima, Dize V. P. que es brebe
La palabra aifati111; quien se lo niega? assi biene bien al verso y quando quisiera defender que es I.arga no me falta apoio en Peroto ; por ser compuesta
del adverbio faUm, el qu:tl se deriba del verbo For, Jaris, y pues, segun el
Nebrissense, fatum por deriuarse de fatus, a, 111, tiene La a Larga, Fatîm que
tiene la misma deriuacion la tendra tambieo Jarga y por el consiguiente su
compuesto ajfatim.
Lleguemos ya a la Copia doze donde d1jo: arrono Pbœbi lutnine y V. P.
nota a la margen sobre la palabra : Ana110 : impropio, 911.t ,u, es esconditùi sioo
patenle. Aqui Lo coxo liodamente a V. P. y verifico Lo que escribio Pico
Mirandu.lano Al bembo, hablando de imitntiont., que el nombre dcl Auctor
acredita tanto la escritura que si versos de Virgilio o clausulas de Ciceron, las
rcCerimos por nuestras, no faltara quieit las condene por malas. Esta frase, nù
Padre, es de Marzial, y en el La ha Celebrado V. P. mucha. Acuerdese V. P.
del Epigramma 36 del libro 8a que comienza: Rtgia pyra,niaum y V. P. Le
celebra en el Arre, y Yo le traduzgo.
En la Copl:i 21 en el 3° verso, y.i pudo conocer V. P. que fue yerro de la
pluma el dedr Sertit, y que auia de decir ; tmilibus Sertis, que es Crase de
Marcial, Libro 6°, èpigrama Bo. Verdad es que el verbo rqualltrt Significa propiameote estar sucio; pero deue acordarse V. P. de la elegancia con que Le
traeo a otro sentido los mejores Auctores. Lipsio Se lo acuerda a V. P. pues
denotando lo inacesible de la jurisprudencia por la multitud de teKtos, dixo
Squ.allenlam. Syluam Lt,gm,1. Vea V. P . si quiso decir sucia :::: En la Copla 22
el infinitiuo crulen me le haze V. P. fini 10, y echa a perder el verso y el sentido de la copla
En la copla 27 digo frimdi salicto y V. P. lo reprehende de
solecismo ; b.trbarismo bastara que fot:ra, y aun deste lo Librara algun docto
pues no tiene Otto da.no que hauer inuentado el bocablo porque el adjetiuo
frondens es impropio para el casa, y si los bocablos nuebos para hablar OJas
propiamen1e se condenan en los Auctores, muy conde[nable] estara Plauto,
Apuleyo y mas Horatio que en su Arte da Esta Licencia, La quai Se ha
tomado V. P. mas de voa vez sin ser menester, que eslo que condena Quintiliano, riendose de los tales inuentores de bocablos, pues en cosa de poco
momento Se.Exponen a mucha nota, Corno la experiencia lo ensefia.= En !a
copia 35 me condena V. P. el genitivo orium, y es verdad que Càlepioo a
quien Y. P. ha Seguido no le da; pero creo que tiene mas auctoridad Plinio
el mayor de quien dito Hermolao Barbaro (coma ha visto V. P. en la Episto!ica deste romaoze) que t11nderemus aqutl$ en la lengua latina. Si Plinio
Huuiera faltado, con ser assi que llego a aquel Siglo tao adulterado, Este
pues cita Despauterio para el caso coo estas palabras : Os quando renifl"vu.s es/

=

ÛRIS

non vererer

ORJeos dicert! : quia doctissitt1i ila 11011 multum raro
Vitia orium graue(Jlentia que Sa111Jre affir,nat Cato; y

ÜRIUM. et

ltgu11t. Plinius Lib.

20:

assi Parece que tengo bastàate arrimo para tapar Las bocas que se opongan a
En la Copia 16 sobre la palabra: factilio dice V. P. ; &lt;&lt; No
hay tal vocable n. 0 quanto me admira I Vea V.P. las Epistolas de Policiano, y hallara que Sea.la lo Unma Her&amp;ukimi faclitfom, y Estrada en la prolusion del esti!o poetico se vale del bocablo : dos testigos vastan para condenar a muerte.=En la copia 66 donde d.igo 01•bes eircumda, dice V. P. qui! él
verbo es impropio y me da que pensar si se esta V. P. aun en el error de !os
Filosophos que Creyeroo qué no era redondo el mundo, porque siendolo no
puede haber verbo mas propio en la Lengua Lnina; la Nabe Victoria lo diga,
que rode6 de Polo a Polo. En esta misma Copia, condena V. P . el verbo proltlel: no lo ha deuido de ver, coma yo, en Tenuliano. C/a11gens tambien me
condena quando me defiende Apuleyo
En la 67 dicc V. P. que es mala
Synwis obto dtcat1tare, queriendo decirme V. P. que auia de decir ad dtca111t111du111. Segun eso VirgiUo hizo mala Syntaxis en muchas partes ; en vna dicc :
tl çatllar~ pµres, et mpondue periti. El poner el infinitiuo por gerundio de
acusatiuo es en los Poetas latioos imitacion de los Griegos : vease a Escobar
Sobre el Nebrisense; que el escobarn La conciencin deste escrupulo.:::: En la
copl.a 71 me condena lo primero V. P. el ablatiuo de modo; roma,m eloqumtia : y se tienta V. P. a condenarlo Solecismo, quando de ningun modo puede
serlo; el caso fue. que no atendio V. P. al senrido, que es, que con el estilo y
eloquencia Jatina Sabe voir y paner in concreto la me!ifluidad de Ambrosio,
con la vibeza y acrimonia de Geronimo.= No condene V. P. el adjetiuo
ambrosiam que se enojaran Sawmia Regna y otros mil.= En la Copfo. 92
Dize V.P. que es impropia la fnse: gratias no1i sentit saltm1/es; pero Si la viera
V. P. en vo elogio de Juan Pico a vnos versos de Pedro de Medicis, no se
atreuiera a decir del Fenix de Italia, que hablo impropriamente. Ya no resta
para salir deste empeiio grande sino Satisfazer a La vltima nota en la copia
95 La qual pudo prima facie dexarme aturdido [ ... ] porque Sobre la oracion et
ignavie pestis i11ie1ûoru111fagimf Seiiala V. P. en los dos genitiuos dos Solecismos a la par: desdichada pareja [ ... ] para correrme si hubiera de ateoerme al
canto llano de las escuelas menores quanta al regimiento del verbo fugio ;
pero V. P. sio duda aura[ .. .] enseiiado muchas veces que no son Solecismos,
porque Los nombres con forma de Participios rigen caso de nombre y no de
verbo. Torrellas (si no me engaiio, que no quiero presumir de Brabo en la
defensa), Lo dijo eo aquellas palabritas de su Sintaxis : tl adiecli11am for111am
panicipiorum J,abmtia, etc. Sirbole a V. P. con dos parejas por la que me imputa
de Solecismos. CtUSar primo dt Bûla civili. Alea n-at tam /ardus BT FUGIENS
LABOIUs. Tacitus: bu!gus CUl'lENS VOLUPTATUM. T1:ren: Her11s {&gt;61' LiberalisET
FUGITANS unuM. Jubenalis: METOENs v1RG(ae] iam gru11dis Acbilles. Salust.

estas del genitiuo.

=

=

Sui profums,

Al.TBNI APPETENS.

�ADOLPHE COSTE-a

BALTASAR GRACIAN

E O ~ lo que en brebes horas, y sin poder causar mucbo 1:-2 ~abeu ?e
podido discimir, y ballar en mi defeosa. Suplico a V. P. me au1se Sl se Sany
faze, y si tiene nlguna duda mas, que mi deseo es de aprender y para conseguirlo apro1tecbarme mas de su grande erudicion y censura de V. P. He_ hecho
esta defensa, no como igual, sioo como dicipulo bumilde que ~•ener~ s'.empre
a v. p. como maestro y verdadero Amigo, offreciendo d:lr satisfac;c1~0 s,e_m~re
de que mi docilid.ad non solum potest rorrigi. Sut çorripi, como du10 L1ps10.
Guardeme Dios a V. P. muchos aiios Como deseo. Huesca 17 de ~rzo

bien diceu los que rrataD ese puoto, en cl Cnp. 9 del Libro zo don de Dispauterio lee orium habla en d Plinio de las arizes, y assi dixo: earum grabeolentiam sanare affirmai Caro. y en los Codic:es antiguos y Correctos assi dice no
orium; ni en toda la Latinidad Se hnllara auctor alguno que diga orium; y a
Dispauterio le 11:tma vn gr:tbe Auctor Corruptor Plinii. Y esto, Seiior mio, es
hablnr con fundameoto, y como quien ba le do retorica, y prosodia, y
mayores, y serninario en mi religioo; y aea V. m., que quicn a de dar a los
latinos de mi religion vn 1ap.1boc.a habm de tener mas abierto Los ojos.
El 2° Solecismo de quatro quartos, que yo le di-xe a V. m. es decir erar in
forma Theatri. Aq.ui ay soledsmo claro, ni escusable, vna romanzada, y vu.a
impropiedad ; el solecismo en decir in forma que auia de decir in formam i
La romanz.ada, decir cstaba ~ forma de Tl!atro erat in forma Theatri, que es
como aquel que decia dad ayre al verso, dato aera ; armado de punta eo
blanco, y decia annatus de cuspide in album, La impropiedad que ya que
dixera assi ha de decir in speciem Tbeatrî, no in formam, sed in speciem, \·el
ad modum.
El 3° Hortus squalet 8oribus no tiene salida, sino que es no entender la
propicdad y la Signifi.cacion del verbo Squaleo que significa estar sucio, y la
auctoridad que V. m. Cita de Lipsio es condenarse, porque alli Lipsio dize que
con tantos textos y Leyes han Uenado de basura y de broza el dfe)recb.o. Y assi
dize SqualeDtem Siluam legum, y de ay tomar occasion para decir voo Coelum
squaler, el dira vna impropiedad y no cntendera de latin.
Cantans in frondi Salicto: aqui ay dos solecismos inescusables porque in
pide ablatiuo alli, por ser quietud, y frondi esta en daribo, salicto es neutro:
Virgilio dite fronde salicta ; si saliao toma alli adjeùuado, sino sustantiuo por
salicetu sincopado, ha de cstar en genetiuo, y no se que inuenta V. M. aqui.
sino es que teog:i licencia de inuem.ir-solecismos, porque frons, dis, es Iariuo
versado Sa( ... J aunque no tanto, pc:ro lo es; y assi no se por donde V. m.
escusa este Solecismo prefütdo, que [casi] iempre van a pares. Lo de cantare
es bulgar solecismo porque los verbos de mouimient.o , piden supino, y esio,
ni eJ asilo de Dispauterio puede escusarlo ni vale aqui su a.cristia. La auctoridad que V. m. cita de V1J'8iliO es sino ad effesios ad troyanos: que tiene que
ha.zer esa auctoridad de la egloga 7 et cantare pares etc., para si los verbos de
mouimiento pirlen supioo o infinitiuo rDigo, senor, que non est ad rem y que
nace de no est.u en la propied.ad de la Lengua \atina.
Orbes circuodare impropiedad redonda, sino quadrada, porque, Seiior mio,
quien ignora que circnodo significa rodear, ligando como la ciudad, Losmuros
que la rode.an, mœnibus circundare urbem, zona corpus, etc. ; circ.umeo es
rodear con mouimiento, y assi el sol circumit orbem : de la 1 a.be Victoria se
dao : prior ego ve.libolis ambibi cursibC!s orbem ; no dixo : prior ego circumdedi, como V. m. dice ; corona, se dize, circundat Caput, porque ciiie

d di 1
•
scu panne·
dudo que entendera que esw son conrienda.s del mgemo, no de La volun-

165:2.

V. p. me perdone le suplico si eo algo excedo con _cl d~eo e

00

tad.

Mi Padce Baltasar GraciaD
siempre dicipulo y ... de V. P.

q. s. m. b.

J.

ian. Salinas- •
B

Réponse de Gracian.
. .
• Bien sauc V. M., que ni de la Susana, ni del romanze Yo n~ dec,:t ~' sentir hasta que V. M. me ha obligado y DO con io:ento de ser _Salinomasux, que
ya murio el ingeoioso Salba, Sino Corno Aro1go de Chnstob_al representar
algun tizne, que no deformidad dije vn atomo de lo que Sent1a ; ~rque no
dije de la Susana loque vu gran Ingenio, que parecian Versos de ~,ego! Y de
quien DO veya mucho, otro que essa Susana auia ~uelto_ por el ~est1mo~10 que
les auian Leuantado a las traducciones del Arte de mgeo,o Ya~t otros , Y~ ~o
.
·
e era Poema bumilde, Lo asonante bulgar, los ep1tetos pobnss1dire
smo qu
• T ·
mos, La a.gudew rara, La. proligidad summa, algu~as pahibras au, tsS1mas
que aunque no aya otras como Candi!, Cedazo, annal eca que no son para
El verso asl vas( .... J y mas para vna Reyna que tiene tantos ~tan~ucs et•.
Pero Lo que no puedo disimuhr es lo que V. M.' res~oode ~ las ob!ecaones del
Romanz.e, y dejando que 1odo el est:i. lleno de bispamsmos, tmprop'.ed~des, ~arbaridades, solo voy a lo de los Solecismos, y comeozando par ~a d1cc_ion onum
plural de os, oris, respande V. M. que Pl~o ~ Osa; ~te, senor m10, foc ,,n
error del puro gram2.tico y verda.dero A.sino Dispauteno que par l~er earum
puso orium ; asi le sacuden quantas humauisus ay y los buenos Lan nos Y fue
Wl ignorante en esto Dispauterio que aun a un auaor tan grabe y elegante
como Plinio, Le quiso atribuyr vna impropied:ld co~o esta, porque nunca
Plinio ni los C!assicos Auctores dicen las bocas sino la boca, La lengua.
La Cabeza, porque es vna; Los ojos si, Las narizes, Las orejas; a mas que, como

�BALTASAR GRACIAN

ADOLPHE COSTER

permanenter. Vuelbo a decir que es no entender La latinidad. Tubam
clangens, sole.cismo inremediable ; ni Apuleyo, ni el mas licencioso asta hoy
a vsado a Clango sino, o sin caso, aomo El Auctor ,:le Filomela : Aquile clanguot, o con ablatiuo de instrumento como Valerius libro, : tuba clang(it.]
Gratias non sentit Saltantes, buelbo a decir, y estoy eu ello que Sentio alli
esta impropio, porque a mas de que es hispanismo: no siento a Pedro: non
sentio Petrum, Sentio no se usa sino por El doler, o para enteuder; pero pase,
como dixo PJauto, Sentio Sonitum, no por elegancia.
Factitio, nis, digo que no ay ta! diccion latina como V. m. supone alli facticius, a, uro. Si le ay, cosa echiza, no natural, sino con arte. Alli V. m.
ponele factitio, onis, y si no es solecismo como alli esta, por eso le condene
yo, a que DO le ny, por DO admitir Solecismos. Aunque yo Creya que V. m.
lo inuentaba, como dize de otros, que cicrto es brabo aliento querer competir
con vn roman7,e eu tomar la licencia que tienen Vir_gilio en su Eneida, y
Horacio con sus obras. Y, 5eiior, eb el latin no se puede înuentar ahora, sino
en algun termino de cosa que no le auia entonces, como vombarda, Sclopetum, etc. En el ~astellano puedese inuentar ahora, porque estas Auctores van
haziendo La Lengua. ,
La Latina como no es vsual, ya se supone echa, ni ay salir de lo que se
balla, ni sé pued 'dar casas a los nombres que no le tieoen. Arcane Phœbi
Lu miné, Marzial lo dize, y bien en el Epigramma 36 del[ ..... .. ] porque
habla de la casa del Cesar en el monte mas alto de Roma donde estava un
Lebantada que _quando El Sol estaba auo alla en los antipodas ella ya le gozaba;
par eso d-ixo arcane para los demas; pero En vna cassa de Campo hundida
ella, y a mas de eso asombrada de los Arboles, decir lo que de la otra en lo
alto esenta etn ... , vea V. m. que bien co"nuendra, y como va la imitacion. Eso
mismo responde V. m. a lo de Susana, que imita a los Leonardos, y pareceme,
es como aqucl Cavallero, que Viendo al Rey Don Feroando, le cogio vngt:sto
feo que hazia vicio que le quedo de vna enfermedad.
·
A natiuitate es. idiotismo castellano; en latin 110 ay sino natalis, o natalium;
ningun Auctor Jo dixo, y Ciceron por el mas vasto no le vsa ; solo en una Ley
Lo vsa Ulpiano porno tener modo como decir con claridad Vn· punto. En
todo el Latin no se balla otro, y en la Sacristia de la Iglesia. Genuit quem y
clara progenies Heroum traspuse yo y dije : quèm g.enuit, èroum progenies
clata, porque en et latin es mas e1egante quern genuit, porque el caso tr~s
el Verbo es composicion de Nifros ; lo mèsmo clara progenies eroum; segu1dito, llanito, no caiga el niiio; y con todo eso da de ejos. Nutricio sin adjetiuo no esta bien porque no ay sustamiuo propio. Solo vna Vez Lo Vsa.Seneca,
y por eso le censura Quintilliano, Romana eloquentia ; y de ottos, c~mo no
tengo Et te;,.to, no puedo dar· la razon porque fueron condenados, assi Corno
Protelet que en el Sentido que ay esta no le tiene, que En su berdadero sen-

tido no solo Tertuliano, pero todos, o casi todos Los antiguos Lo vsan. El:
non avis Pestis ingeniorum fugiens, como cointiden alli tres genitiuos esta ·
dUro y Vicioso ; lo guai no cometen las auctoridades citadas; pero del modo
que yo le vi, parezeme era Solecismo de a dos como alguno de los pasados ;
ya digo, como oo tengo el texto, no puedo hazer la Censura absolutamente.
Seiior mio, el pape! para quien no saue latinidad es gran casa y espantosa ;
pero quien la Sabe y La ha Leydo como Son ocho Padres aqui, todos maestros de mayores, Los mejores latinos que Se hallan en gran parte y que han
Leydo Los Seminarios de la Compaiiia, que es lo mas que se puede decir,
todos Se an reydo, y dado la Sentencia de Martial, que solo vn borron desde
el priocipio hasta el fin puede ser enmienda : vna litura potest ; assi que no
trate V. m. de imprimirlo tao apriesa como la Susana que descubrira la Verdad y declarara testimonial. Siempre me tieue V. m. muy a sus ordenes.
Çâragoza. »

xxvr
A Lastanosa.
« Zaragoza, y Junio 12 de 16,12. -

Me impiden que imprima y no me fuitao envidiosos ; pero jO todo lo llevo con paciencia, y no pierdo la gana de
corner, cenar, dormir, etc. » (Apuntes, p. p.}

XXVII

A. lastanosa.
a Graus, y Noviembre 23 de 16,12. (Apuntes, p. p.)

Trata de la peste que coma. ,,

XXVIII
A Lastanosa.
&lt;&lt; Zaragoza y Diciembre 24 de r654. «Agui, dice, se vende la libreria del marqu~s de Torres : en ella hay de todo y aJgo muy curioso. En casa del Virrey
se 1uega muy alto : hay quien ha perdido siete mil de â ocho : otros â mil;
hay tres mesas. Yo creo que el Duque no sabe se juegue tan alto. Habla de
o~~a,de1 suceso de este aiio de ha:ber muerto de hambre marido, mujer y dos
h110s, y de la dureza del Cura en socorrerlos, y què cuando supo la muerte
envi6 cuatro mortajas ; que éstas, después de entertadas, aparecieron colgadas
i la puerta del Cura, que éste se sali6 coma i rezar y no ha parecido mâs. No
hace aJguna rcllexi6n sobre este caso que por tan euraordinario la merecfa,
como el apura d.e su verdad; antes bien, sin otras pruebas dice que lo cuenu
como caso reciente. etcéce.ra. Luego aiiade : &lt;e Aqui suceden muchas desgra-

�llALTASI..R GRACIA

ADOLPHE COSTER

cias; cada ooche matan; el iaey no se desc:uida en casùgar, pero libert6 en
· la visita de la c::i.rc:el à uoa mujer que, irritadl, maL6 su marido tir.indole no
~ qué ; lo c:ual glosaron muc:bos que no dcbe de tener el Duque mucha cariôo
:i la Duques-a. » (Ap,mt~, pp. 49-50.)

• XIX

A Lastanosa.
Zaragoza, y Febrero 18 de 1655. - Habb de su Critirô11, con10 en ot~s
cartas Je ~.is ohms que remitia par;:i \'&lt;!rias y c:ensm:arlas .\ Last:mos.,, Y J1cc:
que estas SS., sus PadrastrlV, como no entieudcn el asUn_to. oi el inrento, con
s6lo el nombre de Criliœ11 se quedan, y con brava 011m1.a contra él. " Al
contrario en Castilla, doodc se dc~pacba ~Stll. coma mis otras obras ... Yo sabro:
de Manin Navarro loque hay de aquellos libros y me hol~ré de verlos, con
que me tiene el Manin muy enfadado por unos li":°5 que ~1e han ~1echo faltll.
- P. O.: Al seüor Can6nigo le dig2 Vm. que s1 me qmi;re envui.r l buscar
50 misas, me harâ gran fa\'or, y que ahl le remito la cédula de las otras 100,
coma se han dicbo, y yo he anadido mlas algunas para mas seguridad.
Aqul sicmpre duran los pleitos; y asl dijo D. Miguel Colotna, pr:egun •
tando â quien hablan dejado sus estados los c:ondes de Aranda, de Sasra-go y
Guimer.\1 dijo qu.e :1. los abogados, notarios y prcx:uradores. •• (Apuntts, p. 50.)
11

XXX
A L,stanosa.
Zaragoza, y Julio 30 de 16s;. - Dice que le envia un.a de )3s Criûs de
la 3a parte del Crititdil, y que censurada. la vuelva con persona egura, DM
hlipt Ga{6 es1.\ inuy al cabo ... el agente de D. Francisco de la Torre no
quiere pag2r aqul los portes; asi se ha interrumpido su comunicaci6n ... ù
libreria de Juan de Garcés SI: va y.1. desmoron:mdo. " (Ap1mtrs, pp. 50-p.)
«

XXXI
A Don Fra1,cisco de fa Torte y Sebil; Sai:agosse rq août 1655. La Barrera
cite~ « Dos cartas aut6grafas del padrl! Baltasar Graciân l don Francisco Je
la Torre ; sus datas de Zaragoza, 19 de agosto y 19 de setiembre de 1655 •
Versan espeêt.almente sobre no'&gt;'cdades poUticas y de aquella ciudad. •

XXXII
A Don Francisco de La Torre, Saragosse, t6 septembre 1655. (J/oir plus

baut, lettre XXXI.)

xxxm
A Lasranosa.
« Zaragor.a, y Octubre 21

de 1655. - Aqui prosiguen las m:i.ldad~s. Ayer
ahorcaron un salteador y violador de mujeres. El otro dia degol16 un sogu1.:ro
del mercado .i. su mujer porqui: se habia ido con un criado d.el Virrey y otr0
~crero llamado Villela, y él fué muerto ,\ puàalada$. n
" El rey de Fmncia en Paris, prosigue 6 comienza los amores de madama
Monisci (Ma11cfoi), la sobriDa de Mazarino. Rcgâlala muchas veccs con merl ndas, cenas, b.,iles y la lleva en su trineo de un solo caballo tirado, y el rey
mismo es el cochera. Todos d.iceo pretende Mazarine ca.sarla con el rey,
siendo nieta de un sombrerero i abl si que revolverla la Frnncia. » (Apu11tes1

pp. 51-p.)

APPENDICE Il
Dédicace écrite par Graciàn pour l'ouvrage intitule!: PREDlCACION 1
FRVCTVO A, 1 Sermoaes al espiritv. 1 Sobre I Los motivas, qve I Aymas
poderosos I Para r&lt;!dvùr los hombres I Al servicio de sv criador. 1 Van confirmados con raras Historias. 1 Compvestos por el P. Pedro Geronimo I Conti•
nente de la Compaftia de lesvs. Dedicalos I Al llvstrissimo Seftor Don 1
Esteuan Esmir, Obispo de Hui:sca, dd Con- 1 sejo de su Magestad, &amp;c. 1 Con
licencia. l En Çaragoça. Por Diego Dormer, Aüo M.DC.LIL Il
(ln-4° de 6 ff.
464 pp. - Licencia del muy R. P. Provincial de Aragon,
Francisco Franco. Zaragoça, 7 de M.arço 165 I. - Aprovacion del Padre Martin de l.a aja de la Comp:uiia de Iesus. Zar:i.goça 16 de Abril J 65 1. - Damos
licencia para que se imprima., en Zaragoç.a a 17. de Abri! 16p. D. Saia,
Offic. y Reg. el V. G. -Aprovacion del muy R.P.F. Francisco de S.,nlulian,
Religioso Descalço del.a Santissima Trioidad. Zaragoça, M.arço 28, 1651. Imprimatur, )urta Reg. -Dédicace de Graciao.)
Al Ilvstrlssim.o Senor Don Estevan Esmir, obispo de Hvesca, del conseio de
s,• Magestad &amp; c.
El Apostolko zelo de saluar al.mas, que mouio :ù P. Geronimo Continente
de nuestra Compania de Iesus, a estampar estas Sermones tan llenos de
feruor, y espiritu, le obligb con igual acieno a dedicarlos a la Pastoral solicitud, que siemprc en V. S. I. ha resp!andecido, de la salud, y aproucchamieoto
de sa grey ; como se ha visto en Ueuar eo todas las visiw Predicadores Apostolicos, y doctos Coofessores de nuestra Comp-aüia, y dando V. S. l. par su
misnu IDll.DO en cad3 pueblo, cl Pan que bax6 del Cielo a sus ouejas, con gran
coosuelo, y edificacion de sus almas. Pero doade esta carid:td patecnal, y

+

�ADOLPHE COSTER

ardieate zelo mas se ha mostrado, ha sido en la ocasioa presente del lastimoso
contagio, que tanto atlige oy a la Ciudad de Huesca, y otros pueblos d: la
Diocesi; pues cogiendole a V. S. T. esta calamidad ausc:nte de su lgle~ia, Y
empleado en vna obra de tama gloria del Setior, como fundar_en la anl!gua,
noble, y populosa villa de Graus (mas dichosa, ya por ser patria de ~.' S. 1.)
vn Colegio de la CompaJiia de Iesus, para que sea plaça de armas e_spmtual en
Missiones, Doctrioas, Escuelas, y todo genero de eoseiianza _a la Rlbagorça, al
Reyna de Sobrarbe, y Mon tafias de Aragon : al primer au1s~, que V•. S. I.
tuuo, de que auia entrado la peste en Huesca, dexando a D10s p~r D 1~, se
partio para allâ, y meuendose .:le medio a medio en aquel cont:'gioso mcend . de doode todos buian cumple a la Jetra V. S. I. el ofic10 del Pastor
~
'
fu · ~
bucno ; aqui paternalmeote vigilante, sin descaosar vo pu~to de _, Y
noche, acude al n:medio espiritual, y temporal de esse trabaJ~do rebano co_n
los Sacramentos, Oraciones continuas, Processiones, gruessas limosnas, mediciaas y con todo genero de consuelo, asistiendo, y confortaodo a toJos los
Estados, a la Iglesia, a la Ciudad, a los Conuentos, y Hospital:s, reoouando
con gloriosa imitacioo la siempre celebrada caridad de los ~regonos, en Roma,
y de los Borromeos, en Milan ; que solo Dios puede prerma~, 1~ que nosotros
no ponderar. Reciba V. S. I. en tan buena sazon, esta Pred1cac1on fructuos~;
obra posthuma de su Autor, a quien antes de acabar de estamparla, pre~'.o
el Setier con su gloria ; merecedora es por su mucho espiritu ~el patroc1n10
de tan gran zelo, y guarde nuestro Sen.or, y premie tan exemplar vida, empleada
en darla a tantos.
Humilde Capellan de V. S. 1. que su mana besa
Baltasar Gracian, de la
Compafüa de Iesus.

APPENDICE ID
EXTRAITS DE LA CORRESl&gt;ONDANCE DES PÈRES FRANCESCO

BALTASAR GRACIAN

73 T

Après avoir parlé d'une affaire scandaleuse qu'il a réglée dans
des lettres du 6 septembre et du 9 novembre, qui se sont égarées, et dom il envoie un duplicata, il ajoute:
Seré breve porque casi todo loque dize V. R. es respuesta de lo que yo be
escrito dias ha. Quedo bien inforruado de las causas de sentimiento que tubo el
Sr. Conde de Oropesa contra los P. P . G.!ronimo Crespo y Geronimo Vilar.
Yocreo que todo avrâ quedado bien aju~udo por meJio de la buena industria
y zelo de V. R. y que los Nuestros estaran mas advertidos y no dar1n ocasion
de quexas â los Senores Virreyes, ni Arzobispos, particularmente si se observa,
como es justo, lo que prudentemente ha ordenado V. R. Conviene que luego
6 lo antes que se pueda, vaya el P. Vilar à ser Retorde Segorbe, y que no Jo
dilate hasta a,•er acabado las informaciones del Beato Francisco de Borja, porque si este termina se le da, se puede temer con fundamento, que no se acabaran tao pronto ; V. R. lo execute sin admitir nuevas dilaciones, dando
otro eJ of6cio que tcnia el P. Vilar, y de toda la priessa possible a las infom1aciones dichas, &amp;c ... Doy gracbs a N. S. qu&lt;:: llego a buen tiempo la patente de
Fundador para el Seiior Obispo de Huesca ; con esto avra conocido su lllustrissima quao verdadero es d desseo, que tengo de atender a su gusto, y servirle ; y yo quedo muy seguro de la atencion y efficazia de V. R. que dispoodci este negocio de la fandacion de Graus como conviene, ep la forma que [e
adverti eu aquella carta de setiembre; y que hara lo mismo en lo de las escaelas de Gramatica, que pide la Ciudad de Tarazona, a fin de que se buelva a
eucargar del las la compaûia ... »

a

li

Du même au P. Pedro Fons « Visitador de los Colegios &lt;le
la compaiiia en el Principado &lt;le Cataluiia &gt;&gt;, à Valence. - Rome,
27 février 1651.

16~ 1-166o.

« ... Di zen me que los Hennanos Novicios no se crian con la devocion y mortifü:acion que antes se criavan ; que bablan poco de Nuestro Seûor, que tratan de casas de gobierno, nmteria bien agcua de su estado; que se nota alguna
libertad en los Hcrmanos Estudiautes, y alguna demasia en bevtr viné&gt; ... »

(Archive Historico Nacional. Ms. 254 J)

1II

PICCOLOMINI ET GOSWTN NICK.EL, GÉNÉRAUX DES JÉSUI1:ES, AVEC
LES PROVlNClAOX D'AllAGON.

Francesco Piccolomini au Provincial Francisco Franco, à
Valence. - Rome, 30 mars 165 I.
Francesco Piccolomini au Père Francisco Franco, à Valence.
- Rome 15 janvier 1651.

« . • . Y assi digo que sea Prepo,ito de la casa Professa de Valencia el
P. Paulo de Rajas. . . El P. Martin de la Naja sea Retor del Colegio de
Cafatayud ... »
REVUE H1SPANU21JE. D.

47

�732

ADOl,PIIE

cosnrn

RAL'fASAR GRACIA,

IV

Du même :m même. - Rome, -t avril 165 I.
u ••• en los primeras \'Otos que

se h:11.cn &lt;l~,spue. dd bicnnio dd

10\'Ï-

cia&lt;lo ... "
\

Du même au même. - Rom , q mai 1651.
a ••• los motivos que a\, p:ira que t:I mismo rcciba los orJcne · 'i.1cro~ .mtt:s
que cumpla cinco a.110s de compaùia ... »

Vl

Du même au même. -

Rome, r4 mai 165 r.

u ... Esperoque se venccr.i. l:i difi.cultaJ que se ha offrecido en ln fundacion
del fumro colcgio de Graus, y qm: con lo mL'&lt;lios y 1:1 dilig,mci:t de V. R. se
ap.mara todo de manera que ~-stl! bilm â lJ Compafüa ... Muterfo es dc
consuelo qui! uos ,1van restituido las cscuelas de Gr:tmatic,1 de T:1r.12.ou:1 con
d ,1plauso y vcntaja~ que escri\'e \', R. a cuya :tteucion ) buen.:i induStria
se deven si du..t.1 las co,wcnï..:ncias que nos ha hccho l.1 Ciudad, &amp;c ... "

\'Il

Par une lettre de Rome, r7 JUtn I 65 r, Goswin • 1 ickel
annonce au Provincial Francisco Franco que Piccolomini est mon
le jour même à ncul heur s du matin, et qu'il est rempla é p-Jr
lui ickel. - Rome, 17 juin 165 r.
Vlll

de

Lcure du Général Goswin ickel au P. P dro Fons v1s1teur
l.1 Province à Gerona. - Rome, 1 I septembre 165 I.

u . . Dizen . . que alguno gu.,rdan en us aposentos l:ts M.ùc.:1.1s, 6 :daj:1~
de cnmino, .' que ay facilidad en concedcr li.ive p:tr:t cl C1xon de l.1 ~ksa
Jondc Sè poncn :1lgu11as cos:is, que contradiT.co :1 la s:im:i pobreza. d

IX

Le Général Go win ickel à Jacinto Piquer, Provincial J'Ara·
gon. - Rome, 13 avril I 652.

733

.- Pax Christi Avisanme que el P. Balthasar Gr:tcian h:i s.:1cado a hv. con
nombre ag...'llo, y sin licencin, alguno libros poco graves, y que desdi1.en
mucho de nu str.i profe ion ; y que en lugar de darle l:i J)l:lliteod:1 que por
cllo mere.:i.1, h:1 sido prèmi,1do cncomcndandole l.1 ca1rcda de EM:riturtl del
Colcgio Je Çar.igoça. Y. R. examine con diligencia, :.i csto es assi r traun•
Jolo ante · con sus Consultorc~. si ~e ,wengua c:; culpado, dcsde la peniccnci:i que se juzgan\. sea proporcionad.1 a su culpa ... De ningun.t manera permita \'. R. que quando voo ~ muJa J..: vn Colegio a otro, lleve consigo libros
sin e. pressa licencia, la quai no darâ el Provincial sino quando mucbo para
llcvJr uno o orro libro ; porque lo dem.is es contra d cstilo comun de nucstn1 Comp;11iia, y contr:i la snnta pohrcza. Lo mismo ad~icrto .1 \'. R. ClTCil ù.:
lo que algunos pr.tctic;111, que es tencr en sus J.po:,ento.,; los L1bros compr.1dos
con limosn.1s sin cs.:rivir cl nombre del colegio, ni aplic:irlos, com.:otanJose
con poncr \'!las lctn1s o cifr:15 .i. su modo. haga V. R. que con cl«to cesse
luego este 3buso, } que los que tubieren serncjantcs Libros los apliquen a
:ilgun Colegio y &amp;:S&lt;."TÏ\'an el nombre del, para que con H: cuy~ spn ... a

X

Le Général Goswin Nickel au Provincial d'Aragon Francisco
Fr.1nc0. - Rome, 29 juin 1652.
Dans cette lettr laùnc, le Général se plaint des recomman&lt;lati ns faice · par des personnes étmngères :i. la Compa&lt;..oie et rappelle la décision de la dernière Congrégation:
t&lt; ••• P,T;tccipitur in virtute sanctae obedientiae et sub pœna pec.:Jti morulis
ne quis ad obtincndum vel impedicndum quidpiam, tam circ:t locum quam
occup:uionem su.un, ..-d aliorum d11 socict.lte, procurct interc.:ssiom.'S aut patrocini., ext.:riorum, vel eorum op.:ra vllatenu, utatur .ipud Supcriores, exccptis
dumt;ixat ijs qui r:itionc VnivCllialis cume in Ecclcsi.1 auctoritatc111 habcnt in
Socictatem. ,, Cc dl!crct e t complété par l~s deux dispositions suiVllntes
u 20 i qnis invitus, alll etiam inscius talia fümirnorum pa1rocinia patiJ.tur,
tem:atur statim ac ad illorum notltiJm pervent-ru, non modo &lt;.'a onmia Supcrioribu.s dcnunciare, scd in§uper e.1dcm studiose impcdire : monstrc1quc re
ipsa dbplicc:re sibt plurimum ciusmoJi officia. - 3° Quicumqui: conscij ;1liqua
r;11ione crunt intercei;sionum huiusccmodi .:1.b cxta11is intentatJ.rum, apcri.1nt
s1:1rim fiJditer. upcriori quantum de illis sciant ... »

li œcommandc de lire une fois par an ces anicles :iu Réfectoire.

�BALTASAR GRACIAN
ADOLPHE COSTER

734

735

XIV

XI

Du même au même. - Rome, 26 septembre 1652.
« . . •Muy devido era al Seftor Obispo de Huesca darle gusto embiando al

nuevo Colegio de Graus los s.ugems que d~seava su ltlustrissima para dar
principio a aquella fundacion. Lo mucho buèno que della y de la bondad de
susitio y disposicion escrive V. R. como testigo de vista es matcria de go1-o;
si bien nos lo ha aguado en parte otra informacion diferente de la que da V. R.
porque dizen, que cl sitio es muy desacomodado, ruera de la Villa, sin agua,
&lt;lebaxo de vn Monte o Peiia muy alta, donde en Invierno se han de helar de
frio los Moradores, y en Verano abrasar de calor, con otros achaques; y coocluyen que ha de set el destierro de la Provincia, y que la eleccioo de tan mal
sitio se ba hccho porque era mas barato. Aunque yo no doy credito totalmente a esta relaéion, me haze reparar y me obliga a encargar a V. R. y a su
suces.sor (a quien entregarâ esta para que exccute lo que en ella se contiene),
que coosideren si lo dicho es coma se refit:re, y si cl sitio que se ha escogido
para fundar nuestro Colegio es tan malo y tiene las calidades que he significado ; procure V . R. hablar al seôor Obispo y persuadirlc, pues aun estamos
a tiempo, las conveniencias, que en mudarse
mejor sitio tendra la Compania. Encargo muy de veras a V. R. la cxccucion desto y que me avise de lo
que alli se avra resuelto despues de avcrlo tratado en consulta de Provinda .. . •

a

D u même au même. -

Rome, 31 octobre 1653.

« ... A V. R. le not:1.n (no se si tcndr.i bastante fundamento), que e~ facil en
prometcr loque le piden los Nuestros y los Seglarcs, y despues ao lo puede
cumplir ; pues admik fadlmeate combitcs y passe.os y se detiene mucho en
las visitas de los Colegios, auaque si es neccssario no se puede condenar. Tambien reparan que V. R. cedt con facilidad ca alguaas ocasioaes, llevado de su
natural suave. »

XV

Du même au même. - Rome,

20

juin 1654.

« . . . El colegio de Tarazona esta mal acomodado de Hcrmanos Coadjutores
porque, segun dizen, los que tieni: son "icjos y acbacosos ; y tras esto nt'iaden
que les han cmbiado al Herm:1110 Petlro Na,·arro enfermo e iuutil, que aunque
pag;t sus alimentas Çaragoza es Je grande cmbarazo en va colegio pequcno:
pideo tambien que les cmbien vn Hcrmano de buena salud. Considcre V. R. la
necessidad que rcpreseman y no dexc de consolarlos si es possible, porque
parece esta de su parte la razon ... n

XVI
XII

Le Général Goswin
Alastuey. -

ickel au Provincial d'Aragon Diego de
Rome, 8 décembre 1652.

Du même au même. - Rome, 4 juillet 1654.

l

« ... Del P. fü.ltasar Graciao se nos ha escrito que no satis[azc al officia de
Maestro de Escritura, ni es apropiado para la bueoa èducacion de nuestros Herrnanos Estudi:mtes. V. R. vea si esto tiene fundamemo, y cumpla con su obligacion, poniendo otro Maestro en su lugar, si se verifica lo que se me ha avisado ... »

Xlll

Du même au même. -

Rome, 31 octobre 1653 .

« . . . Mucho se deve estimar el afecto grande con que el seùor Obispo de
H uesc:1 ha dado veinte mil Ducados al cole.gio de Graus que nos ha fnndado, -y
mil mas cada afto para la Fabrica, con lo demas que. para en adelantc offreze
su lliustrissima. Doi licencia para que V. R . nombre Rcvisores como se: suelc
de la.~ Meditaciones espiritualcs que ha •compuesto el P. Balthasar Gr:1.cian ... Jl

« Cum saepe contigerit postcrioribus hisèe aonis, ut Nostrorum Libri
publice proscripti fuerint a S. Coogregatione Indicis vixque prodeat nunc Catalogus Librorum prohibitorum, in quo confixum non appareat opus alicuius ex
Sodetate cum non levi dedecore oostro, hinc magna me sollicitudo subijt de
remedio. Et habita deliberatione, cum P. P. Assistentibus aliud nunc praescntius aou occurrit, quam ut Provinciales singuli serio et graviter incukent omnibus Revisoribus in Provincijs suis ut libros quos censendos acceperiot, nooleviter aut perfunctorie expediant, sed attente atque accurate perlegaot, nihil
favori, aut amicitiae (quae intercedere forte posset) tribuant, sed bonum commune Societatis prae oculis babeant, et quibusvis privatis r:ttionibus anteferant,
nec uUas opiniones lax1'1S, exoticas, aut etiam novas, praesertim in materia
morali, absquc perdiligenti examine praetereant; alioqui, si libri postea prohibeantur, ipsi Ceosores suae oscitantiae pœnas dent. Nollem equidem cogi ad
atiud remcd"iu111 propositum ab ipso Sanctissimo Domino r ostro lnoocenti X
congregationi nostrae Generali octavae inter alia nimirum ; vt q11i Libros l!dtre

•

�ADOLPHE CŒTER

BALTASA R GRACIAN

c11pi1111/ in q11avis E11ropae parte tenea11t11r tos prius ad Geuera7em 111ilhn 11/ ille
judicet t11t ~pcdiaf eos prodire. Nollem, inquam, ad hoc compelli, quia satis prae\·id,;o dillicultates inde aascituras, et a dkta coagrt:gatione suae Sanc1itati

" Pax Christi. Reverende in Christo Pater. Querelae graves ex varijs partibus ad nos aUatae etia111 ab e111ernis de niniia laxiutte opiniooum qu:is subindc
docent et typis imprimunt aliqui ex nostris in rebus moralibus, impellunt nos,
uthas ad onmes Proviucias conscrib:imus, Narn etsi anno 1654. die 4 lulij,
monuerimus librorum Reuisores inter alia, ut diligenter attenderent ad sentcntias laxiores tamen quia undique hoc ex capite impetimur ab Adversarijs, qui
studiosé corradunr quidquid possunt buiuscr.modi e:&lt; nostrorum libris, et sirnul
collec1a protrudunt in publicum ad aspergendam nobis inde aliquam si possuot
maculam, ideo de consilio P. P. Assistentium uisum id est iterum et explicatius inculcandum.
Enirnuero uix ullum hodie argnmeotum est in quo licentius exultant Ianseuistae et alij obtrectatores nostri, putantes sibi amplarn bine suppeditari segetem carpcndi nos, et apud populum traducendi, ut proptcrea magna cum cautda et ciocumspccrione necesse sit, ut in hisce materijs nos geramus, ne
sdlicet demus occasionem ijs qui uolunt oa:-as:iooem, et ex hoc capite uituperetur ruinisterium nostrum. Certe deuitandum nobis summopere scopulum istum monuit olim Summus Ponrifex Paulus V• quando Patribus septimae
Congregationis Generalis ad pedes Suae Sanctitatis petendae benedictionis
causâ prouoluris, oominatim, et serio commendauit, prout refertur in Actis Congregationis hisce uerbis : vt ea. dilige11tia in libroru,n editume, et eorumdem recog1tilione adlti/1ert/ur, 11e plura facilt ad probabililatein retiocarentur ; id q1104 viilerellir i11co111modare posse EcclesiaeDei et bo110 pnblico. Idem ioculcaruutalij quoque
in eadem Sancta Sede successores, quos ne comminendam censerenr nobis solis
Acadcrniam aliquam, metus quidam a nouis et !axis opinio11ibus (quarum vulgo amantes credinrnr) non parum deterruit. Mitto dicere qonnullos nostrorum
libros multorum annorum vigilijs elaboratos, non sine dcdecore aostro proscriptos fuisse a Sacra Coogreg:uione Indicis quia omnibus id notissimum est.
Quocirca vebemeoter cupio atque adeo omues obsecro in Domino, ut quo
11ffectu fcrunmr singuli erga feticem progressum nostrae Socictatis, eodern complectantur etiam hoc a quo ille plurimum ùependet. Dicunt aduersarij Doctores nostros dum nimium tribuunt humanae speculationi, pon satis consulere
lîddium pietati; recedere nos mulrum a Laudata seueritate maiorum nostrorurn
in ·dirigendis conscieutijs; laxare uiam uitijs, corrumpere mores, dum studio
placendi poenitemibus rnulta facimus probabilia et licita, quae olim, ·ut illicita:,
audiebant, et nominatim io materijs de duello, de homicidio, de calumnia,
usura, si.mania, et id genus alijs. Iactant in nos illud Isaiae : Errmt qai beatifiamt pop11l1tm istllm sed11ce11tes, et qui bealifa;anlttr praecipitati, et bine non paucos aiunt timoratat:: conscientiae viros non audere coocredere suas conscientias
uobis, quos tanquam medicos mallent salubriter seueros, quam periculose
blandos.
Haec et eiusmodi plura illi : sed aue.rtat Deus ne unquam mala simul et

hunùliter expositas; scd si Revisores in Provinciis defuerint suis officijs cogar
ct:rte ad avertenda tam gravfa iacommoda, et vt menti suae Sanctimtis- melius
satisfiat, libres omnes m:.tioris momeoti, et quibus pcriculum vllum incsse
poterit ne proscribantur hue censendos evocar . Reverentia Vestra bacc communicet omnibus in Provincia sua, referatque in Librum Ordinationum maioris momeuti, et denique comrnc:udet me Deo suis sanctis sacrificijs. Romac 4
lulij 1654.
Reverentiae Vestrae Servus in Christo
Goswinus Nickel. »

XVII

Du même au même.

Rome, 13 octobre 1654.

« •.. Los Rcvisores de las meditaciom:s dd SantissinlO Sacramento que ha
compuesto et P. Balth:isar Graciao, las aprucban, y assi yo doy licencia para
que se puedan imprimir ... » Dans la même l.:ttrc il est question du P. Martin
de la aja, qui était arrivé à Rome porteur de plusieurs lettres. Ce Père devait
remplir les fonctions de Pénitencier espagnol à Lorette.

xvm
Du même au même. -

Rome,

12

mai 1655.

Ceue Lettre latine revient sur le danger des publications de Pères Jésuites
trop légèrement autorisées.

Goswin Nickel au Provincial d'Aragon Jacinto Piquer. Rome, 24 mars 1656.
c&lt; ••• Tambien rep:iran algnoos que el P. Prcposito es muy desigual .:on sus
suhditos, y favorece en demasia a los Valencianos y muestrn hazer poco caso
de los de Aragon, y destas cosas refie~en casos singulares ... »

XX
Du même au même. -

Rome,

12

mai 1657.

0

737

�ADOLPHE COSTER

BALTASA.R GRACIA.N

uera possiot de oobis spargerc. Cone:nur nihilominus, omnibus qui bus possumus n1odis, calumnijs hisceomnèm causam praecidere. Meminerinms qood suis
omni.bus praescribit S. P. N in Cèlnstitutionibus, p. 4 c. 5 4: scilicet: Seq111111,t11r in qum,is Jncriltatr sec11riora11 et 11wJ,riS 11pprob11tam doctrina111, et p. 8. c, r. K.
qui studiorum e11rmm ia111. pengit quoad eim jitwi ponit doclrinae Societafr co111i111111iori se accom111odet. Et cum scopus &lt;'.l.octrinaeomnium in Societate, uti mooct
idem S. P. N. initio cap. 5. p. 4. sitsrtis et proximorl!m ,111i111is Dei ja/lor,• aspirante prod11Sse. Sectemur in praxi sententias utiles potius quam iucundas, i::t in
dirigendis conscieotijs tam uoce, qi,1am scripto, studeamus prodesse proidmo
magis quam placere.
Denigue Censores librorum sui muneris iterum et saepius tanquam in re
grauissima commonemus, ut in recosno~cendis opcribus .sibi commissis diligentissime attendant ad sententias laxiores, considerentque non tam quid specukttiue dici aut defeodi qveat, quam quid io praxi usurpari conueniar, et si forte
dubhare eos de opinione :tliqua contigerit, prius ad 110s de illa reforaut, quam
librum suis cakulis comprobent. Gr:ttia Domini Nostri Iesv Christi sit am,
omnibus. Commendo me uicissim omnium ,anctis orationibus et Sacrificijs.
Romae, 12 Maij 1657. -Serul!s in Christo Reuerentiae Vestrne. - Goswinus

,, ... De los Hermanos, quando los hazen predicar en Refitorro, dizeo que les
auisan mucha antes, dandoles 111.ts tiempo del que S(:' acostumbra para aparcjar el Sermon, con dispendio de-los estudios. V. R. dé orden que no se ni tete
el estilo, que sierupre ha auido, conforme a la regla 54 del Retor; y ,ttienda a
que no vsen de lcnguage extraordimtrio y que buda a vanidad, 6 poco cspiritu ; y esro lo digo 1an1bieu por nuestros Predicadores y porqae ay quien auisa
que alguoos oeccssiran de ser auisados y corregidos en esta p,1rte ... &gt;)

S

i,,

Nickel. "

XXI

Du même au même. -

Rome,

20

mai 1657.

« ... No ignorarit V. R. los empeiios grandes del colegio de Zaragoza ni la
causa dt'.'Llos pues le ha visitndo; ruegole que le :lSsist,t efficazmente aplicaudo
los mcdios necessarios. En la visita aurà entendido V. R. quan poco fruto se
sarn de la licion de Escritura. y si loi culpa està en el Maestro ô en los Discipulos, y aurà procurado corregida.; y el gran descuido que ay en dicho colegio dé
acudir y seruir a los Enfermas del ; si lo que se escriue. fuesse verdad, cierto
que seria diguo de muy graue reprebensio □, y no dudo sinoque la aura dada
V. R. siha visto se han descuida_do en cos., t411 propria de h1 caridad de nuesm1
Compafüa. Quexanse que cl Ministro es negligente; si la quexa es fuodada
V. R. le auise, y que cuide que los Hermanos Estudiantts guarden la regla de
hablar en latin ... '&gt;

Il résulte d'autres lettres que la situation :fimmcière de cette
maison était fon difficile, en raison du nombre des étudiants
qu'elle recevait.
XXII

Du même au même. - Rome, 2omai r657 .

•

739

XXIII

Du même au même. - Romé, :i:5 juin 1657.
«- ••• Materia es de consuclo que en la visita del Colegio de Çaragoza, no aya
Jiallado Il. R. casa considcrablc que remediar, y que csten alli tan en su punto
la observancia, ministerios, estudios, y Missiones; V. R. agradezca de mi
parte al P. Manuel Hortigas las que ha becho, y le anime a &lt;]Ue prosjga a gloria de Nuestro Seiior: y lo mismo desseo haga V. R. con todos los que exerc:itan freqaentemente t;m santo minbterio. Pues los Macsrros de Gnunatica y
de Tbeologia cumplèn con s1.1 obligacion, uo ay que temer las ,nnenazas de
quitarnos las F.scuelas de Humaoldad; y si u Magestad no vienc en que se
fundeo. en Vnh•ersidad aquellas tres Catredas de Artcs que inte11ta fundar el
Seûor Obispo de Tervel para los Padrcs Dominicanos, coma espera V. R. sin
duda crecerà mas el credito de nucstras opi.niones, quîtando la contradîcion y
oposicion de los tres Catedraticos ... ,&gt;
1, De los Colegios de Huesca, Tara.zona y Graus poco ay que dezir, pero
mucha que agrade:,;er y alabar el cuidado de los qu~ los tienen à su cargo, la
observ:mcia, ministerios y excrticios Je or:1cion y devodon que se han
introduzido en el de Huesca y Graus, y las Missiones que sil J1azeu en dlos ... ,,

Il parle aussi de la situation défavorable du ,collège de Graus
et demande qu'on arrête les travaux jusqu'à ce qu'on ait pu aviser.
XXIV

Du mème au. même. -

Rome, 16 mars 1658.

" ... Harto manifiestos son los indicios, que ay pani creer siuejormidine que el,
Autor de aquellos Libros 1•, 2y 3 parte del Criticon es el P. Balthasar Gracian
y V. R. bizo lo que aevia, dandole aquella reprehension publica, y un ayuno a
Pan y Agua, y privandole de la Caredra de Escritura, y ordeoandole que

�74°

ADOLPHE COSTER

saliese de Çaragoza y fuesse a Graus. Si cl tiene juizio, y tcmor de Dios, no
ha menestcr otro freno para oo escrivir, ni sacar a luz semcjaatcs libros que el
que le ha puesto V. R. de precepto y ceasuTa : pues se sabe ya que no h:t
guardado el que se le puso, qu:mdo saco &lt;licha 2~ parte, conviene velar sobre
el, mirarle a las rnaoos, visitarte de quando en quando su Aposento y papdcs,
y no permitirlc cosa cerrnda en el; y si acaso se le ballasse algun papel o escriiur.i .:ontra laCompruiia, o contra su govicmo, compuesta por dicho P. Graci:m
V. P. Je e11cicrre y tengale encerrado hast,1 que este muy reconocido, y reduzido, y no se le permita mientros estuviere incluso tener Pape], Pluma, ni
Tinta; pcro antes de llegar a esto, assigurese bien V. R. que sea cierta la falta,
que be dicho, por la qoal se le ha de dar este castigo; para proccdl.!r con mayor
acierto serà muy coovenicnte que quando aytiempo, oiga V. R. el sentir de sus
Consoltores, y despues nos vaya avisando de lo que ha sucedido y de lo que
ha obr.ado : el valeroos del mcdio de la inclusion, ya que otros uo han sido de
provecho es medio necessario y justa ddfensa de nuestra Corupafii:I, a la quai
estaino:, obligados eu coocieocia los Superiores della ... »

XXV

Du même au même. - Rome, 13 mai 1658.
Cette lettre avertit Jacinto Piquer que son successeur sera le
P. Gines Vidal.

Mendicantes: no le respondo a lo del uansito, p~ro le digo quao merecidas
tenia las peuitencias, que se le ban impuesto, por aver ifllpr~so ~in licencia
aquellos Libros, y por avcr faltado al precepto de santa obediencia, que se le
avia puesto; y porque cl rcfiere loque ha trabajado en la Compruiia, y las.Missiones, que ha hecho, tambien se lo agradezco, y despues afiado lo que he
dicho. V. R. nos avise del estado y disposicion deste sugeto,y si li.1 avido aigu na
noved:1d, despues de lo que escrivi del en la 5 carra de Marzo, aprovando cl
justo rigor, con que avia sido tratado, y privado dc la Catn:da de Escrituta. n

xxvm
Du même au même.

« Solo quil!rO delirlc dos cosas La 1• que sin foltar â la obligacion de su
officio procure V. R. ruoderur 1a dlicazia de su natural, n.primiendo!ô eu
quanto lo dicta la razon y caridad, y tratando a sus subdit0s con el agrado y
suavidad que nos eoserla y ordena el Instituto de la Compaùia ... &gt;l

xx.vn
Gos,vin Nickel à Jacinto Piquer, Provincial d'Aragon. Rome, 10 juin 1658.
« ... El P. Balthasar Gracian ha sentido mucho la pcnitcncia que se. le ha
dado, y me pide licencia para passarse a otra Religion de las Monacales, 6

Rome, ro juin 1658.

« ... En otra ca.rta repite V. R. varias cosas que me ha cscrito, com.o la
ex~ulsion del Hermano Gaspar Penarosa ; el desorden escandaloso del Hermano
.Miguel Monge; la impression de los Libros dd P. Balthasar Gracian y pt:nitencia que se le dio ; las censuras de los Revisores del Libro Dt Fide etc.
cc Tambien aprobè el castigo que .se le a via dado al P. Gracian, y aà:1di, que
se vcldsse sobre el y no se le permitiesse cosa cerrada; que se le visitassè cl
Aposento, y papeles dt! qmodo 1:.11 quando, y que hallaodosell! alguna cosa contra l.t compai'iia 6 contra su modo &lt;le govierno, compuesto por dicho Pldre,
fucssc encerrado, y no se le concediess~ tener Pape!, Tinta, etc. »

XXVI

De Goswiu Nickel au Père Gines Vidal. - Rome, l 3 mat
1658.
Par cettt lettre Nickel avertit le P. Vidal qu'il est nommé Provincial d'Aragon, et il ajoute :

74 1

BALTASAR GRACIAN

XXIX

Du même an même. -

Rome, 16 juillet 1658.

(&lt; ••• Acerca de lo demas, que toca al colegio de Çaragoza, solo digo, que
mo:: lt..: consolado grandcrucnte con el fruto, que han hecho con sus Sermones el
P. Maoucl Ortigas en Monreal, y el P. Balthasar Gradan en Alagon ; solo
reparo en .:ste, que tratando de passarse a otra religion, y siendo de las calidade~, que no ignora\'. R., no es conveniente ocuparle en semejantcs ministerios, en conformidad de lo que se orJeoa eu el CaPo. 12. 1Jrdfo. G,p1er. de
,limifte11dfr. La peniteocia que se le dio la merecia por la parte del Criticc11
qu.e imprimio contra el precepto que se le avia puesto ... »

r

li résulte d'une lettre du 24 août, de Goswin Nickel à Jacinto
Piquer, que les lettres auxquelles il répond le r6 juillet, sont
datées de janvier, avril et 20 mai.

�74 2

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIAN

XXX

Lihro que se estampd contra aquel otro del Criticou; y que no se ha podido
escusar el permitir que se inlprimiesse con los demas sermones de las fiestas de
Santo Thomas de Villanueva, el que predico el P. Magino solo en Barcelona;
pero mejor huviera sido que se huvieraç observado nuestros ordenes .. . &gt;&gt;

Goswin Nickel au P. Gines Vidal, Provincial d'Aragon.
Rome, q février 1659.
Cette lettre répond à six autres datées du 6, du 21, du 24
octobre, du 26 et du 29 décembre précédents. On y lit: c&lt; ... El
nombramiento del Retor de Tarazona irà presto.:. &gt;&gt;

Du même au même. - Rome,

APPENDICE IV
DE PARTIBUS VJT,E. -

XXXI

Ad Petrum Borgiam, Montesianae mili-

tiae magistrum .
22 mars

1659.
SATYRA V

« .. . Han passado por Loreto y se llevan en su comp~nia al P. M~rtin de 1~

Naja, el qual por falta de salud, no l1a podido prosegu1r co cl oflic10 de Pemtencicro ... Con esta embio la Patente de Retor de Tarazona para el P. La
aja. V. R. se la darà à su tiempo y quando huvierc cumplido su triennio cl
P. Joseph F m1andez. »

xxxn
Du même au même. - Rome, 26 juillet 1659.
« ... Lo q_ue yo escrivi a V. R. cerca de la respucsta q_ue a via sali do al Criticon
del P. Graciao, lo avisaron diversas persooas, diziendo que el Autor era el
P. Paulo de Rajas, y no Don Lorenzo Mathev, Juez de la Audicncia civil de
Valencia, y Lo colegian, no solo del estilo, sido de otras circunstancias,. '( pri~cipios, que tcnian para dezirlo. V. R. no me d_iz:, qm: baya ~echo d1hg~n~1a
ninguna para averiguarlo, y se contenta con escnv1r que es pubhco èn Valencia,
que dicbo Don Lore1no es el Autor, y que puso su nombre_ ~u A11a~~ama,_ Y
que no lo niega. Supuesto, que yo encarguè a V. R. que 1_11Z1csse d1hgenc1~s
en orden a averiguarlo, las devia bazer, y avisarmc en particolar las que av1a
ht!cho, para que se pudiesse dar satisfacion, à quicn se hà quexado de lo mal
que tratan en dicha respuesta à vna Fa mi lia principal de Huesca; que_ por t:st_o
di yo orden a V. R. que lo averiguasse; no dexe de hazerlo, 01 de av1sarme .•. »

XXXIII

Du même au même. - Rome~ r 6 janvier 1660.
" .. . Esroy en lo que ~l\'isa V. R. del P. Paulo de Raja; que no fue autor de

743

Borgia, vive modo, melior dum lahitur aetas.
Postera non nostra est, si verum haec fabula m1rrat.
Iuppiter orbe novo terras lustravit ut uni Cuique daret leges aoimanti, et tempora vitae.
Ergo vocans asiuum: « Te nasci focimus, inquit,
Ne fatum ignores, ut dolia, ligna, farinas
Accipias facili tergo, atque in recta reportes.
Tot vives annos, quot sum in mense dies. - Tot ?
Ta111 iraviter ? Placeat viginti tollere. - Tollo. ) &gt;
Deinde canem aggressus sic inquit: « Tu vigil esto
Tectorum custos, hortos pecudesqut! tuere
Non t\hi; lustra manent te septem et semis. - Ad hoc me
Tot lustris oneras? Deme illinc quinque. - Libenter. »
Simiam item accersens: « Tu, dixit, vivito nulli
Apta ministLrio, fer semper grandia collo
Vincula, nunc pueris, nunc gesticulare puellis,
Nec moriare prius, quam imph:ris olympiades sex. Sed tam ridicule? Satis est pars tenia. - Sit sat. ,,
Denique compellans hominem Rex ille deorum
Sic ait : &lt;&lt; En terras, en aequora, quicquid ubique esr
Omne tuum est, 'ru larga manu tibi gaudia carpe,
Durn licet, aetemus non es, tantummodo cernes
Trigiota autumnos : hic vitae terminus esto. 0 Pater, hocne aequum est? Post tot data munera vitae
Hanc vitam tanrae plenam dulcedinis arctas?
Quod canis atque asinus, quod tempus simia non vult
Da mihi. - Do facilis, sed tali lege, dies ut
111orum vi\'ens, illorum fata sequaris. ,,

�744

ADOLPHE COSTER

BALTASAR GRACIA

Aine homo ter denos cum nondum venir ad annos
Cantat, amat, donat, semper gaudere paratum
Pectus habet, sequitur pompas, convivia, Judos,
Morborum ignarus, curarum fun di tus expets.
Nimirum vivit sua tempora. Cum tamen itur
Ulterius paulum atque asini jam vivitur aevum ,
Nil ooeris fugimus, oihil evitamus acerbi,
(Ut res hic, illic partas, censusque novos ad
Tecta reportem ?) memores natôm atque nepotum.
Quinquaginta annos cum vita attingit et ultra
Ptogreditur, caais est aetas atque ejus avarum
Vivimus ad morem, jam non augemus, ut ante,
Sed servamiui opes, et nobis parta negamus,
Extremum vitae est quod Simia spome reliquit.
Et misero transcriptum homini est. Bine ora manusque
Sulcatus rugis, aevoque ligatus et annis
Non facti esr dictive c11pax, non aptus ad ullum
Vel belli, vel pacis opus, tantummodo parvis
Neptibu$ indulget, gaudet mulcere nepotes,
lllorum irridit nugas, ridetur et illis.

ces six animaux dont tu es jalouK, à condition que tu au.ras successivement
leurs manières d' être. L'homme sera d'abord chenille, en se trainant comme
i!lledans sa première enfance. Il aura jusqu'à quinze ans la lègereté d'un p~pillon:
d.ins sa jeunesse l:i vanité •d'un paon. Il faudra dans l'âge viril qu'il subisse autant
de travaux que k cheval. Vers les cinquante ans il aura les ruses du renard·
et dans sa vieillesse il sera laid et ri dieu le com~e un singe. C'est asse1. l:i. e~
général le destin de l'l1omme. (Édition Moland. T. XJX, p. 373-374.)

(oPER\' M POIITICORVM JACOBI FI\LCONJS VALENTIN! Monte~ianae Militiaeequitis
eiusdcmque ordinis Praefecti loco, ac nomine. Philippi U Rcgis Ris. Poëtae, et
Geometrae clarissimi. Libri Quinque. Ab Emmanuele Sousa Coutigno Lusitano amici famae studioso collecti, in volumt&gt;nque redacti, arque eiusdem -cura,
&amp; impeosa typis mandati. Maotuae Carpetano1 uin. Apud Petrum Mndrigalem.
Anno M. DC. - Folio 60, verso.)

&lt;&lt;

Voltaire, dans son
Homme li, écrit :

Diclionnaire philosopbique, à l'article

C'est un bel apologue que ceue aocieuoe fable du premier homme, qui
était destiné d'abord à vivre vingt aus tout au plus : ce qui se réduisait h cinq
nos en évaluant une vie avec une autre.
L'homme était désespéré; il avait auprès de lui une chenille, uo papillon,
un paon, un cheval, ua renard et un singe. tt Prolonge ma ,·ie, dit-il à Jupiter;
je vaux mieux que tous ces :.inimaux-là : il est juste que, moi et mes enfants,
nous vivions très longtemps pour commander a toutes les bêtes. - Volontiers,
dit Jupiter; mais je n'ai qu'un certain nombre de jours à partager entre tous
les êtres à qui j'ai 3ccord(: la vie. Je ne pois te donner qu'en retranchant :1ux
autres ... Çà, je veux bien t'accorder quelques années de plus, en les ôtant a

745

APPENDICE V
Extrait de la dédicace de Vidania en tête du Tra!ado de la
moneda ia.qvesa ... ( r 68 r ).
c&lt; Lorenzo Gracian, hem1ano del P,, Balthasar Gracian. en el Discreto, en el
« hombre de todas horas ,1 y carta a Don Vincencio luan de Lastanosa, fol.
343, col. 2 del toma rI de sus obras, le Hama discretisimo ... Y en la dedicatoria del Heroe, que se ve en la ed icion de 16 37, le dice : « Sucedeme oy en este
primer pino del discurso, si110 brinco de la discrecion, loque a vn aprcndiz de
hombre que se arriesga a vnos brazos abicrtos. Yo aprendiz de iagenio acudo
al Maestro con este, no rasgo sino borron, para que cogiendole v. m. entre su
agudeza y juicio, lo ca:stigae y reforme, que despues ossara llamarse el correcto
Heroe, el &amp;screto cuita, el varan raro. Ea galan de la cultura, el amartelado de
b. _curiosidad, para cuyo gusto compitieron la naturaleza a prodigios y el ane a
m1lagros, en esse cuita camarin retrete de la curiosidad, dobde no entra sinô Jo
•~uy pè.rfecto, merezca vn riocon entre tantas curiosidades esta del ingenio,
digo despu~s que por muy emendada sea muy propria de v. m. - Anticipe
eutre los -pnmores el de la curiosidad para este puesto, porno sacarle de su Turquesa. Sea, sefior, espejo v. m. de tan brillante prend.a, y pudiera ser aquel del
maravilla. Es la curiosidad sainete del saber, acicate del
.fora .por moderna
.
mgemo, y sto ella vn varon carre equivocai:ion con los brutos. - Solian ser
l?s ilu_stres progenitores de v. m. Caocelleres de los Reyes de Aragon (sea testlmon)O coronado vna cana del Rey Don Pedro el Quarto.) Falta.rt&gt;n antes
Reyes de 1odo Aragon, que en su oobilissima Casa de Lastanosa meritos de
servi des. Desocupado v. m. de real empleo, no por faltii de caudal, si de matcria, ha transformado el ard1ivo de los Reyes en Panteon de Heroes, en efigies
enmone~as y en historias. Toda la Casa de v. m. es vn 11011 plus vllra delgusto'.
s~ cama rio alc~zar de la curiosidad, su libreria esfera de la agudeza, su jardin
ehseo de la pnmavera. Y sobre todo en Coosone y sucession echa el resto de
su favor cl Cielo, que guarde av. m ... De Calatayud y Agosta 1637. Il

�ADOLPHE COSTER

B~LTASAR. GRACT.AN

C

INDEX
DES PRINCIPAUX NOMS PROPRES

A
Académie de Huesca, 375, 377·
Achillini (Claudio), 535•
Aguibr, marquis de la Hinojosa
(comte d'), 397, 493·
Ailly (abbé d'), 682.
Alastuey (P. Diego de), 424, 4,28,
433,446.
Albe (duc d'), 457.
Alegambe (P. Felipe), 394·
Alfay Qosef), 429.
Alighieri (Dante). Voir Dante.
Ambroise (!raint), 580-S83, 587, 6o3.
Amelot de la Houssaie (Abraham
Nicolas), 353, 461, 464, 480, 502,
672-674, 678, 683.
Amyot Qacques), 462.
Andrés de Uztarroz (Baltasar), 373.
Andrés de Uztarroz (Fr. Jer6nimo),
373.
Andrés de Uztarroz (Dr. Juan Francisco), 369-374, 376,377,379, 38o,
384, 386, 389, 391-39.i, 400, 4o6408, 411,415, 417, 426, 481-483,
489, 502, 525.
Angulo y Pulgar (Martù1 de), 394•
Antonio( icolas), 594,595,604, 6o8.
Aragôn (Maria Niera de), 4o8.
Arag6n deAzlorQuan Pablo de), 677.
Aranda (comte d'), 372,399,420,488.
Aranda (comtesse d'), :172.
Arenas (Fr. Juan de), 6o2.
Argensola (Banolo1ué Leonardo de),
360, 365, 367, 387, 417, 617, 618,
639.

747

Aristote, 455, 629, 644.
Ascham (Antoine), 556.
Ataide Qer6nimo de), marquis de
Co lares, comte de Castai'ieyra, 411,
41'2, 488.
Augustin (saint), 580-586.

B
Bacon (François), 490, 491, 503,
504.
Baltasar Carlos (Infant), 385, 394, 399,
407,468, 478, 484.
Barclay Oean), p6, 53 5, 543, 549,
643.
Basile (saint), 586.
Benavente (Luis de), 544.
Boccalini (Trajano), 535, 540, 543,
643.
Bodin Qean), 469, 479·
Bolea(Ana Francisca de), 4o8.
Bonilla (Alonso), 600-602, 6o8.
Borja (Francisco de), 489.
Boscan Almogaver Qua.n), 641.
Bossuet (Jacques-Bénigne), 519.
Botero (Giovanni), 454, 456, 457,
479, 523, 543, 657, 65 3.
Bouhours (P. Dominique), 459, 485,
644, 669, 67 I, 673-675, 678.
Bouillier(V.), 503,504,682,683.
Brescia Quan-Bautista), 449•
Brézé (Urbain Maillé, maréchal de),
395.
Brunel (Antoine de), 66r, 662.
Bunyan (John), 529.

Camoëns (Luis de), 622, 642, 659.
C.incer y Velasco Qer6nimo de),
594.
Carrafa, Casrtioto y Gonzaga, duc de
Nocera (Francisco Maria), 389, 390,
47 1,478, 49 2 Carrillo y Sotomayor (Luis), 613615, 617,621, 622.
Cartagena (Alonso de), 6J9.
Castiglione (Baldassare), 455, 479,
480,
Caussin (P. Nicolas), 4 50, 626.
Celestiua (La), 643.
Ceri?.iers, 465, 668, 669.
Cervantes Saavedra (Miguel de), 49'&gt;,
526, S38.
Chamfort (Sébastien-Rocl1-Nicolas,
dit), 683.
Chappuzeau (S;unuel), 5-01.
Clément (P. Oaude), 469, 470.
Commines (Philippe de), 456, 474.
Continente (P. Pedro Jer6mino), 363,

365, 412-4q.
Cottington, 556.
Cuurbeville(P. Joseph de),464, 480,
481, 484, 502, 504, 673, 677-681,
684.
Croce (Benedetta), 445,630,637, 647.

D
Dante, 64 r, 648.
Dantisco (Gracian), 480.
Davi!a (P. Juan Baurista), 394.
Davila (Gil GormUez), 394.
Des Escureaux, 579.
Descanes (René), 544.
Dicastillo (Fr . .Miguel), 391, 471, 478.
Doria y Colonna (Artentisia), 489.

E
Erasme (Didier),456.
E-smir (Estebaa), 4 14.
Escribano (Fr. Domingo), 380, 4r2.
Espina Ouan de), 388.

F
Falcon Qaime), 497.
Faret (Nicolas), 461-463, 469.
Ferdinand (Cardinal Infant), 383.
Fénelon (François de Salignac de
Lamothe), 582, 683.
Fern:l.ndez Alvarez de Toledo, comte
d'Oropesa (Duarte), 494.
Ferrer de Valdecebro (Fr. Andrés),
594.
Filhol (François), 469, 494, 502.
Floreuc.ia (Fr. Jer6nimo de), 6o3604, 621.
Florus (Annaeus Julins), 641.
Fuente (Vicente de la), 365.
Fuser (Antonio), 376, 377.
Francés (Tomasina), 408.
Fr:mcêsde Urritigoyri (Antonio), 392.
Francés de Urritigoyti (Lorenzo), 392,
432,530.
franco (P. Francisco), 414, 422-424.

G
Galacian, voir Graci.in.
Garcia (P. Jer6nimo), 397.
Garriz (Juan de), 369, 384, 426.
Garzo □i (Tommaso), 53&gt;, 538, 539,
Gaston y Guzman (Catalina), 368.
Gervaise (Nicolas), 463, 666-669.
Goethe (Wolfgangvon), 690.
Gracian (Antonio), 354-357, 360.
Graci:in (Francisco), 351-354.

Ù.VllB HISPANJQUE. D.

48

�ADOLPHE COSTER

llALTASAR GRACIAN

749

•

Gradin (Josef), 417.
Gracitiu (Fr. Reymuodo, ... Dominicain), 356, 357•
Graci.in y Morales (Fr. Felipe), 3533Vi, 645,648.
Graciàn y Morales (Francisco), 352.
Gracifo y Morales (Madalena), 352.
Graciâo y Morales (Fr. Pedro). 353,

355 , 356.
Gracian y Morales (Fr. Reymuodo ... ,
Carme), 356.
Greco (Theotocopuli di.t Le). 359,
36o, 6o6, 607.
Guarini (Giovaoni Battista), 641.
Guevara (Antonio de), 518.
Guimerâ (comte de), 372, 377, 484.
Guyot-Dcsfontaiues (Pierre-François),
679-682.

H
Harcourt (Henri de Lorraine, comte
d'), 405, 461, 688.
Herrera (Fernando de), 4_83, 592,
593, 642.
Hijar (duc de), 194.
Himerios, 586.
Hita (archiprêtre de), 590.
Horozco Guan de), 594.
Honigas (P. êmmanuel), 362, 392.
Hurtado de Mendoza (Antonio), 36o,
388, 640 .

I
lbafiez y Aoiz CTuan Loreo1.0), 420.
lbo-Tofaïl, 540, 542, 543·
Isabelle de Bourbon, 496.
Isidore (saint), 5.90•
1sla (P. José Francisco de), 588.

J

LuUe (RayJnond), 54o.
Lyly (John), 577-579.

Jérôme (saint), 590.
Juan d'Autriche (infant), 428, 525.

L
Labruyère (Jean de), 487, 505, 507,
574, 669, 674,683.
Labatîa Uuan-Bautista), 375.
La Grange (Claude de), 675-676.
La Naja (P. Martin de), 387.
Lancelot (Claude), 669.
La Rochefoucauld (François, duc Je),
45 3, 501, 682-683.
Lastanosa (Catalina), 491.
Lasranosa (Gracia de), 491.
Lastanosa (Hermenegildo), 385.
1.astallosa Quan Luis de), 368.
LastaaosaQuan Orencio de),368,369.

Lastaoosa (Pedro de), 368.
Lastanosa (Vincencio Antonio de),
382.
Lasranosa (Vincencio Juan de), 380,
382-384, 386-389, 391, 392, 397400, 4o6, 407,415,416,421,426.
43o, 432, 437, 439,440, 442, 44&lt;1,
449,461,464, 467,471, 481-483.
489, 500, 501, 526, 527, 538, 622,
623,625, 627, 662, 663, 675.
Latassa{Félixde), 351,354, 375, 383,
391, 4 ro, 420, 426, 430, 436, 442,
677,
Laynez (Fr. Josef), 660, 661.
Lcdesma (Alonso de), 579, 594-602,
6o4, 621,645.
Le Maitre de Cl:wille, 683-684.

Libanius, 586.
Longo (Josef), 525.
Lucain, 582.
Lucien, 581, 643.

0

,s

Olivares ( comte-duc d'), 7, ,88, 46 5•
46 7,47 2 , m, 476, 49i, 497.
Orléa1Js (Gaston, duc d'), 372 , 4 65 .

M
M.tchiavel, 454, 469, 477,479.
~ialherbe (François Je), 579 .
Maailius (M.), 6o9 .
Manuel (infaar), 64 3.
Marino (Giovanni-Ba1Lis1a) 5•6 ·8o ~
6,8, 642.
~fartial (M. Valerius Martialis), 349 ,
350,407, 562,582,619, 640.
Martin (Dr. Gaspar), 41 7.
Méndcr. de Haro (Luis), 497 , 500 _
Mendoza y Bobadilla (Francisco Je),
I

'

)

J

)

589.
Menendez ~• Pdayo (Marcelino), 5~0 ~
542, 637, 659, 664.
.Mauaory, 676-677.
Matheu y Sanz (Lorenzo), 3 53 , 402,
4 38, 479, 54-3, 544 558, 566, 6 52,
6ï3, 654.
:'l!iltoo (John), 517, 51:,.
Molière, 563, 566.
Mort:to ..v Cavana
(A"ustin)
,,
.
0
' .:i} 5•
Morales (Angela), H 1, 352 .
Mothe-Houdancourt (Philippe, comte
de la), î95, 396, 397·
Murcia de la Llana (Francisco), 394 •

N
avarro (Miguel), 38 7, 432 .
Nervèze (Guillaume-Bernard

de'
)

579.
Nickel (P. Goswin), ,µ 1 , 424 , 42s,
433, 435, 436, 437.
Nietzsche (Friedrich), 51 r, 691 _692 _
North (Thomas), 578.

p

P.1lafox CTuan de), 494.
P;l!Jigarola (Francisco), 646, 64 7 .
Pam da (Pablo de.), 379,383,405, 106,
4 1 5,41 6, 515, 527, 560.
Par:wicino y Arteaga (Fr. Hortensia
Félix), 359, 360, 601' 6o4-6 '3,
613,621.
PJsc.tl (Blaise), 51 J' 574, 575.
Pcllegrini (Camillo), 6:?s.
Pcllicer de Salas y Tovar Uosé), 539 .
l?eregrini (Matteo), 459 , 4 6o, 469,
621, 623-626, 628, 6;o, 6n, 63 6 .
Pérez (Antonio), 457, 458, 490, 503,
&gt;79, 6:39.
Pérez de Guzmàn (Alonso), .494 .
Pétrarque, 641, 642.
Philippe lV, 371, 385,387,388,390,
39 1, 396, 397, 452, 466-468, 475,
476,482, 5 r6, 5 59, 603, 667.
Piccolomini (Francesco), .µ 1 •
Piquer(P. Jaciuto), 421-422, 43 ), 436.
Plim: le Jeune, 503,6 29 , 64o, 64 r.
Plutarque, 456, 46 2, 643 .
Ponce de Leon (Elvira), 4- 2 8, 44 6.
Porter y Casaoate (Pedro), 4 1-(),

Q
Quesada (Pedro de), 449 .

Quevedo (Francisco de), 479 , 543 ,
561, 6r8, 619, 62r, 6J8, 642 ,643 ,
659, 696.
Quintilien, 489, 6i6.

�ADOLPHE COSTER

75°
R

Rabelais (folllçois), 462.
Jfajas(P. Pa.ulode), 386, 437·
Rodriguez Qosef), 353.
Rodrigµez Marin (Frnadsco ), 532,

BAL,TASAR GRACIAN

Sierra y Foncillas (Die.go de), 442,
443.
Sîruela ( comte de), 53 J .

TABLE DES MATIÈRES

Sommervogel (Carlos), 436, 442,
66;2, 663.
Suarez de Figucroa (Cris.t.6bal), 629.

547.
Rousseau Qeaa-Jacques), 521, 684.
Rufo (Juan), 456, 640.

Rycaut (Paul), 686.

s

T

Sablé (Madame de), 501, 682.
S..1int-Evremont (Charles de), 683.
Sali (Fr. Gaspar), 465.
Salazar Matdones (Cris1obal de), 394.
Salaµr (Ambrosio de), 4b2.
Salinas y Lizana (Manuel de), 373,
400, 40-7, 4ro, 412, 418-421, 439,
467, 48r-483, 622.
Salomon, 567, 569, 571.
San Felices (Marquis de), ,µ8, 429.
San Josef (Fr. Jér6nimo de), 408,
419, 420.
Sanz (Pr. Juan), 363.
Sanz (Fr. Pedro), 357, ;6o, 363 .
Sanz de Larrea (Félrx), 3 50.
Sanz de Larrea Qosé), ; 50.
Sayas y Ortubîa(Fram:isco Diego de),
426.
Scbopenhauer(Arthur), 491, p 1, 573 ,
574, 690_
Sénèque, 454, ,□¼, 582, 6z9, 640,
643 .

Tacite, 474, 640.
T:isi;o (Torquato), 6,12.
Tesauro (En,manucle), 586, 644 , 645,

Torre (Francisco de la), 420, 4"29,
Torrecusa (marquis de), 482., 483,
495.
Torres (marquis de), 430.
V
Val (Miguel Jeronimo de), 370,
Vaugelas (Claude de), 481.
Vauvenargues (Luc de), 684.
Va7.quez (Antonio). 470.
Vega Carpio (Lope de), 602,
6r8-621, 638, 641.
Velazqucz y Silva (Diego), 45 r,
Vidania (Diego Viccncio de),

ÛIAPITRE

I. - (1601-1619). -NaissanctdeGracian.-Sa familk:.~s prcmièrns annecs. - Son entrée dans la Comp-agnic. de
Jèsus . ... . , . . . . . . . . . . . . . .. . ... . .. . , . .... . . , . . . . . . . . .

Pages

34 7
li. - (1619-1635). - Gracian au College de Calatayud. Séjour à Huesca. - Ses rapports avec Juan Vinccncio de Last:mosa. - Acadénùc de Huc~ca. - Portrait de Graciàn
347
CH.-\:PITRE m. -(t6J )-1642). - Débuts littéraires. -El Hl roe(1637).-~
Graci:.-'m it Madrid et :i Sarragosse. - El Politico ( 1640). - El
Arte de i11g-e11io (1642) ... , . . .. . ... , . , ... .. . . .. . , . . . . . . . 382
ÛlAPlTRE IV. - (1642-1648) Retour à Sarago/iSe. Guerre de Catalogne. - Rectoràt du Conègc de Tarragone. - Grit~ian
Valence. - Causes de son hostilité pour les ValendC!ns. Gracian aumônier de l'armée de Legam:s. - El Discrelo ( 1646).
- El Otdrnlo 111amwl (1647). - Ag11dez.11 y Arle ,le Ingmio
(1648)., . . , .. . .. .. ... .. .. . . . ... . .... , . . . . . . . . . . . .. . . 395
CirAPJTREV. - (1648-16i2). - Hostilité contre Gracian. Pretlicnûnn
Jrncluôsa (1652). - Première panie du Criti.-11!1(1651). Querelle avec le chanoi11c Salinas ( 165 2 ). - Graciân professeur
d'~criturc sai111e.
...
41r
CHAPlTR.!i

-647.
Sà de Mim1da (Francisco d1.:), 407.
Saavedra fajardo (Diego de), 469.
Sabac (Baron de), 556.

7P

414.

612,

â

CUAPITRE

596.
J8&gt;-

387.
Vid,11 (P. Ginés), 436.
Viilamediana (comte de), 654.
Vives (Luis), 588, 591.

X
Ximénez de Urrea (Francisco), 3T2,
373,386, 387, 394,407, 469.
Ximeno (Vicente), 3'i 3. 403.

vr. -

s~;;,~d~ -~a~;i~-d~

(1652-165°8°): c:;,:;tko;1· (;65°;)·. -~
EIC01111ilt,rtorw (165 5). -Poesias i'llriasdè JosefAlfa y (1654).
- Grru:iàn persécuté. - Troisième partie du Critico/i (1657).
- Mission à Alag6u. - Exil â Tarazona, et mort de Gra-

ci.in ...... . . . . ..... . ........... . ......... _... . ... .. . .
.J26
- Liste des ouvrages de Gradân. - Ouvrages- disparus .
les Seli•as del A1Ëo. - Ouvrages rcli,gieux . . _. . . .. . .. .. . . . .
439
Cl! . \PITl!l!. vm. - Ouvrages politiques. - El H êroe. - Texte. - Doctrine. - Théoriedcla Fortune. -Sources.-Objetde füHdroe ,
Ctt..1Prl'Rll IX. El P()litico Fmia,ulo. - A.1.1alysc:. - Cooditions da~s
lesquelles il parut. - Soo importaoce... . . . . . . . . . . . . . . . . .
471
CHAPITRE X. - El Discrlfo. - Composition de l'ouvrage. - Les Éloges
CHAPITRE Vil.

du Discr.elo. CHAPITRE

Analyse. . . . . . . . . . . . . . _... ... . ... .. ... .

XI. - El Oni.culo Ma,wal. - Sources de cet ouvrage. - Doc

trine d~ l'Oraculo. - Examen de quelques Maximes ........ _
500
XII. - El Crilfcô11. - Analyse. - Sources. - Signification
de tet ouvrage .. . ... . . . , .. _... .... .. ... ..... .. . . _.. _.. _
CHAPITRE XIII. - El Cr#icon (suite). - Idées politiques . - Les natioCliAl'ITRE

�752

ADOLPHE COSTER

nalitb. - La Société. - Les Professions. - Les Hypocrites.
- Les Femmes. - Les Sots. - La désillusion. ..... . . . . . . .
CHAPITRE XIV. - L'Arle de illgenio. - Conceptisme et Cultisme. Euphuisme. - Préciosité. - Marinisme. - Origines du Conceptisme et du Cultisme en Espagne . . ... .. . . . ... .. . . .. .. 1
CliAl' ITR.E X V. - Le Conct:ptismc et le Cultisme espagnols avant Graci.in.
CUAPlTRE XVI. - Les deux rédactions de l'Agudez.a. - Le traité Dtlle
ÀC'llle.{z.e de Percgrini (1639). - La doctrine de Peregrini et
celle de Gracian. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
CiuPJTRE XVII. - Préceptes sur le style. - L' Agude{a est-elle un traité
de rhi:toriquc cultiste ?- Jugements littéraires de Gracian. Influen.:e dt: l'Ag11deza . . .. . .. . . . . . . . . . .. . . . . . .. . . . . . . . . .
CHAPITRE xvrn. - Gracian écrivain . . . . . . . . . . . ... .. . , . . . . . . . . . .
CHAPITRE XIX. - Graciân en Espagne ... . ...... . ... . .... ... ......
CHAPITRE XX.. - Gracian hors d'Espagne: en France. . . . . . . . . . . . . . . .
C11APrl'RE XXI . - Graciin hors d'Espagne : en Angleterre, en Italie, en
Allemagne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . • . . . . . . . . . . . . . . . . .

548

NO.MS

PROPRES . . . . . . . . . . . . . , . .. , . . . . . . . . .

xxrx

DU TOME

592

621

6,7

I. TABLE PAR

650

NUMÉROS

66o
666

686
CoNcLus10),I. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . • . . . . . . . . . • . . . . • . • . . • . . . . 694
APl'h"NDICE T. - Correspondance de Graciio . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 698
APPÈNDICE Il. - Dédicace de la Pred_ia1;itm Fru~t 1wsa.... . . . . . . . . . . . 729
APPENDICE Ill. - Extraits de la correspondanœ des généraux des Jésuites
ave.: les Provinciaux d'Aragon . .. . .. - . . . . . . . . . . . . . . . . . . 730
A1&gt;PEND1CE IV. - Fable de Falcon ....... . ..... . ..... . - . . . . . . . . . . 743
A.PPE)IDICE V. - Prétendue dédicace de Gracian à El Héroe .... . . . . 745
lNDEX DES PR[NCIPAUX

TABLES

5ï;

746

NUMÉRO 75 -

SEPTEMBRE 19q

A. D.'\NON. - Le turc dans le judéo-espagnol. .
Pedro Luros Y Rusio. - El maestro Elio An·t~~i~.
Notas bibliograficas . . . .
• •

r ,

•

•

•

•

•

• • •

•

• •

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d~. L~b~i~~ ~.Il:

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TEXTES

Roma11ccro de Barcelona
.
Troya abrasada de Pedro c:~~~~~N·
·y· ·J·,:h· · · · · ~-. · · · · · · ·
.hd b G
.....n DE l.J\ll'UETA
bl 15
pu
e Y eorge Tyler Northup . .. ....... . . .. ... . .. .. : . ... _'

~~-~·BA. R.CA.·

11 l

195

BEAUX-ARTS

Dessins inédits de GoYA. 21 _30 _. . .. ...... ... . .. .. . .. . . . . ., . .'....

NUMÉRO 76 Adolphe COSTER. -

346

DÉCEMBRE 1913

Baltasar Gracian. 16o1-1658 . . .......

Dessins inédits de GovA. 31 _40 _.....•. . ..•..... ... . . .. ..

... . ..... .

347

......

754

�TABLES

754

JI. TABLE PAR NOMS D'AUTEURS

GOYA

Anonymes
Romaocero de Barcelona, publié par R. Foukhè-Delbosc............

121

Calderon de la Barca (Pedro)
[y

ZABALETA (Juan DE) ] Troya abrasada, published by George Tyler
Northup . . ....•............... . ..... . . .. ,......... .. ... . .... 195

Coster ( Adolphe)
Baltasar Gracian. 16or-1658,. . .... . ......... . .... .. ... . ..... . .. .

347

Danon (A.)
Le turc dans le judéo-espagnol. .... . . . .. . ...... .. ... . ..... . ..... .

Foulché-Delbosc (R. )
T. Romancero de Barcelona. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

121

Goya
Dessins .inedits. 21-40 .......... . .. . ... . ... . .......... . ..

346 et

754

Lemus y Rubio ( Pedro)
El maestro Elio Antonio de Lebrixa. II. Notas bibliogràficas .. . ... . ...

q

Northup (George Tyler)
T. Troya abrasàda de Pedro

C ALDERON Oil LA B ARCA

y Juan

DE ZABA-

LETA . • .. .. •.. ••. , .• . . . •• , . . ... , , ...... . •...•.•..•.. , • . . • • • •

195

Zabaleta (Juan de)

[y

(Pedro)l Troya abrasada, published by
George Tyler Northup. .. . ..... .. ... .... . ... ...... . ..... . ...
CALDERON DE LA BARCA

195

III. PLANCHES HORS TEXTE
Baltasar Graciao . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . • . 347
Autographe J e Baltasar Graci:m . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 698-699
3-42. Dessins inédits de Goya. 21-40 .. .. . . . . . ... ..... . . . .... 346 et 7&gt;4

I.

2.

L, Gérn11i : M.-A . D ES BOJ S.
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                <text>Editada en París, fue fundada en 1894 por Raymond Foulché-Delbosc, quien sería su primer director.  En ella colaboraron firmas como las del propio Foulché-Delbosc, Gonçalves Viana, Ernest Mérimée,  Marcelino Menéndez Pelayo, Louis Barrau-Dihigo, Léo Rouanet, Georges Desdevises du Dézert, Adolphe Coster, James Fitzmaurice-Kelly, Arturo Farinelli o Alexander Haggerty Krappe, entre otros muchos. Fue rival del Bulletin Hispanique editado en Burdeos. Cesó su publicación en 1933. La revista estadounidense Hispanic Review es considerada una continuación de la Revue hispanique. </text>
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              <text>Revue Hispanique, recueil consacré à l'étude des langues, des littératures et de l'histoire des pays castillans, catalans et portugais, 1913, Tomo 29, No 75-76</text>
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