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                  <text>L'ILL USTRATION
TOME XLIV

.Juillet, &amp;.out, Septe111bre, Oetobre,
No'l'emhre, Déeembre

1864

PARIS
60, RUE RICHELIEU

�L'ILL-USTRATION,
lOUBRAL Ul'IVEBSEL.
------------

-~':'?-

-:;~~~-.

-=-~e,

-- - -

Direclion, Ré1lartion, Adminislralion :
Toutes les communications relat;\"e&lt;; 'au journ~l , réclamations, demandei
de chan~ements d'adresso . doiveot étre adressées franro a
:1:. AIUG. ~fARC, DlllECTEUR·GEP.~~T.
Les dem:irn1es d'ahonnemPnt rloh·ent etre accompagnees
ri'nn m:rn-1:.t en:- P:trii.

/

F.O N DO
FERNANDO OIAZ RAMl!lEZ

011 :-1ir

la nc,ste.

Ue ANNÉE. VOL. XLIV. Nº 11111.
8an1edi ·~ .Juil!e t
L'admiuillratioo ne ripond pas dc1 maouscrill el ne 1'engag1 ¡ama11 i le1 msirer.
fu let traités, la traduclion r.t la reproduction i l'etra.ngér sonl mteranas.

BUREAUX : RlTF. RrCHF.LIF.fl. GO.

Abonnrmrnls pour París el les Déparlemcnls :
3roois.9ír. ; - 6 mois, IS fr. ; - unan, 36ír.; - le numéro,~Sc.
la collection mensuelle, 3 fr. ; le volume semestriel, 1&amp; fr.
AilO~'NE:IIENTS POUR L'ÉTRANG6R 1
~1émes prix ; plus les droits de poste , suivant les tarifl.
Les abonn .. partent du I tr no de ch3~ue mois.

France. Le dix-huitien:e siecle a vu le partage de la Pologne,
et cette tache souillera éterne1icment sa mémoire.
REVUE PDLlTlQUE DE LA SEMAINE.
SO.\UIAlíl E.
Le dix-ueuvicme siecle est-il destiné a voir le partage
Le Monileur nous a aononcé, en termes tres-laconi- du Dancmark?
Re•ue polilique de la srmaii,e. - r.ourrier Je Pari;. - Tableaul
ques, une nouvelle a laquelle DQUS nous attendions :
Un écrivain, M. Léon Plée, fait remarquer que, jusreprodu,ls par l'lll11s11•ation. - Cormpoudnuco d'Algérie. - Giulia
« Une dépeche télégraphiq ue de Londres annonce que la qu'il. ce jour, nolre histoire ne nous avait pas habitués it
( nou.elle), suite. - Caus•ric dramaliqne - La Fiorata de Gcnconférence a tenu sa derniere séance. »
voir tomber les faibles sans que nous leur portions seiano. - Lea Courses de Printemps a Pékin. - Autobiograpbie
L'opinion publique n'a pas re~u celle nouvelle avec cours. « Au trait9 de Vervins, nous avons fait reconnaitre
d'un poete (suite ). - Consécration de la nouvclle église S3iutcautant de calme que le journal officiel. Le courage dont l'indépendance des Provinccs-nnies; it la paix de West•
Perpétue, a Ntme,. - Cbronique musical•. - Queslions p111iliques
le Danemark a fait preuve, la rési, tance de celte petile phalie, nous avons cÓnfirmé cetle indépendance et ,fait
et littéra1res (XIV) : Quelles sont les idécs de la nouvelle généraet hér.o'i que nation aux masses considérahles de la Prusse r,econnaitre celle de la Suisse; par le traité de París et
tion intellectuelle? - lclire de M. Yictor Hui,.
Statues de diet de l'Aulrichc, ont excité la sympalhie de toute la de Ycrsaillc.:;, en 1784, nons aYons fait reconnaitre l'in,inité1 et ohjets didépendance des
•en nposés au
Etats-Uñis d'AMusée de Mnico.
mériq ue; en
- Le général Dem1831,
nous n'abinski.
vons pas hésité .A
défendre la BelGravuru : lnsurrecgique et A forhon d' A l~érie : Aracer l'Europe a la
bes enlevant le corps
reconnaitre comdu sherií Si-Lazereg,
me indép1,ndanau combat de Dar-•
te; en 1853, nous
hen - Abdallab; n'avons pas
Comb,t l,ué le 5
jui1a coutrc l,s Flit.
craint de défendre l'indépentu a Dar-bon-Abdance de l'empidallah. - État acre ottoman et de
tual des trnaux du
Pal1i1 de · Jushce.
faire reconnaitre
celle de la HorL'/nfiorata a
Genzano : Pay,ans
manie; enfin, en
formant le tap11 de
1858, nous avons
fleur&amp; puur le pa,couru an secours
IIKe de la procesde l'Italie et nous
1ion ; - La procesavon.~ commeneé
1io11 de 1'111/lorata.
SOD unité. »
a r,euunn. - Les
Quoi qu'il en
f.ourses de Prinsoit, la conféreotemps i Pékin. ce k été rompue,
Conséeration de l'éet l'état de guer
glise Sainte-Perpére entre le Danetu-. i_Nimes. - Samark et les deux
l•n de 186+: fri,its
grandes puissancueillis. - Diviuitu
ces allemandes a
utique. - Statue&amp;
recommencé.
de , dieu1 azteqn,s
Dans cette derttposé•• au llnSPe
nicre séance de
de lle,ico. - Le
samedj, une 'd¿-'
claration, lue par
M. de Bernstorll
au nom de la
PrUS11e, a essayé
INSURRECTION D'ALGÉRIE: LES ARABES ENLEV.A.NT LE CORPS DU SHERlF Sl•LAZEREG, AU~COMBAT DE DAft-BEN-ABDALLAH, - D'apres uo croquis de M, de la Brilfe.
de~r sur le

�2

L'ILLUSTRATIO

L' lLL USTRATlO,. , JOU RNAL UNIVERS EL.

JOUR .\ L ll~IV ERSFL.

-

résu\tat de ce scrutin de ballotage a été favorable aux
Oanemark la responsabilité de la rupture des négociaAvez-vous vu, dans Bl rcelone,
1 •
COIJBlllft 81K P.&amp;BIM,
Une AndJlouse. . . . . .
tions. Le représentant do cabioet de Copenhague, M. de candidats de l'opposition.
S'il existe encorc de nombre•Jses dissidences d'opinion
.
.
Bille, a répondu a cette accnsation, puis il a ajouté que
au sujct de l'abolition de la peine de mort, tout le Un moins pour un m1t11J:. - t • le marq11is de Ferriere
Mais il eut des scrupulcs, et improvisa quatre strole Oanemark retirait son anhésion au projet de démarYaycr. - U"e amhassodef,·•tnf11ise en CMne. - t'::thange
monde est d'accord do m0i11s sur ce point, q~'il est bon
phcs
tout ei pres pour ~on hule.
cation proposé par l'Anglelerre, et qu'tl reprenait ses
roli·ess~s poétiques. -Lajo11r11ée d"uri elég,nl de Cakut
de refréner ce cruel mstioct de curiosité, qu i fa it du supEt
voila
comment il n'est point mal qu'un diplomate
druits sur toute la mooarchie, tels que les censacrait le
La Cou1 d11 !la, l.1y. - Le nouveau Palais de Jw.tice.plice un speclacle; en attendant que 11ar suite !les prosoit
un
lcttré,
voire meme un poclc, el comment le gou'l"Oilte de la salle des Pas-Perdus. - Le T1 ibunal de
traité de i s:,2.
gres de l'éducation publi11ue le peuple s'éloignc de lui,verncment
fera
sagement de pourvliir d'ambassldes
inerce et le Prado. - Clll'oniques et Ugendes des ruel
Immédiatemcnt, le prince Albert de Prusse, qui commcme de l'échafaud, partout les autorités chargées de
\JM.
Lecontc
de
Lisie,
Théodore de 8am illc, Chailes
Paris. - Joscph ll au calé de la Rign1ce. - Les rata
mande une divisiou de l'armée prussienne dans le
régler l'application de la peine de mort s'eíiorcent de
Reaudelaire,
Louis
Douilhct
et mai nt autrc, capable d'cn
.Pdfis.-Lcs
vente~
de
c,
:
s
dames
au
siecle
dernier.Sleswig, recevait de Carlsbad, par le télégraphe, l'ordre
restreind re la publicité de cette application autant qu'il
remootrer
sur
la
metaphorc
et
sur le rhythme atous lesacaques
statuls
du
Cricket-Club.
·
de se rendre le jour mcme ap. quartier géoéral.
est possible de le faire saos violer la loi. Aussi n'est-ce
,dcm1
c1ens
de
la
Perse
et
a
toas
les mandarios de la Cbine.
La lutte va done reprendre, et, cette fois, avec une
pas saos un triste étonncment que nous avons lo le récit
Qlle de fois j'ai regretté, depuis samedi dernier,
animosité plus grande. O'uo coté, le Oanemark s·y préde l'exécution d'un malheurcnx nommé Ouwez, dit le
M. ne Ferriere le Vaycr nous -lonne, daos son journal
l'li,~tration ne fut pas un journal quotictien !
pare en se faisant allouer par les Chambres les somme~
Petit sorcicr, et qui a cu lieu a Valencicnoes.
,de
voyagc, la journée d'u n élégar t de Calculla.
En laisant all usioR a la brochure de M: Émile Au
nécessaires pour les besoins de la guerre, et en rétahlisEn tete do cortége veoait un demi-escadron de dra((
A l'aube du jour, ou, comme on dit ici, au coup de
sur la question électorale, j'écri vais eett~ phrasc, ,
sant immédiatement le blol'U~ clevant les ports prussieo~
gons précédé de trompelles sonnant la marchP, puis trois y a huit jours : « 11 s'est trouvé que 16 brochur
canon ele la forteresse, il saute do lit et va, légcrement
de la Baltique et les pa.~ses des Ouchés. Cette ré~olution
membres de la confrérie de Miséricordc portaot le Christ
habillé, re,pirer l'air qni n'a pas eocore touché la llammc
M. Augicr n'était pas plus mau vaise, ¡iour le fond,
a été annoncée par une lellre du représentant danois a
voilé et deux laoternes, ct'cnfi n lacharrette rlu coodamoé,
du soleÍI. l)cs q,rn l'astre s'esl mnntré tout entier, il rensi elle était l'reuvre d'un sous-préfet, mell\e d'un pré
Londres, qui a informé le comte Russell qu'il sera accordé
entourée d' une soixantaine de coufreres de la Miséricorde
tre et se rccouche. A sept hcures, il prend un baio et
anx navires neutres un délai suffisaot pour sortir des ports
et "qn'elle valait mitt,x par la forme.,,
coonus sous le nom local ele beubeux ; apres le supplice,
fail sa to:lette. A huit he ures, il boit son tbé en lisant ses
Or, voila qu'a l'impression mon mieux est ·devenu
de l'eonemi. O'autre part, les Prussiens, dit-on , seraient
ces mcmcs beubeux ont suivi le cor ps jusqu'au cimetiere,
:ournaux et sa correspoodaoce. A ncuf heures, il se fait
résolus a recourir aux plus extremes moyens: il serait
ce qu i a valu a la foule 1.n double spectacle et deux pro- moins.
porler ou traioer a son bureau, et il y travaille jusqu'a
Le fran~ais de l'administration préféré au fr&amp;n~is
questioo de coofisquer, a titre de. représailles, la récolle
deux heures. A deux heure~, it ti/(f.11e, c'esl un repas subce55ion,.
•
entiere du Jutland. On dit aussi que la Prusse et l'AuM. Émile Augier, =1uelle hérésie !
Ne se croirait-on pasen plein moyen age? Dans ce
stantiel et qui se fait en famille. Ensuite il dort lasiestc
Si par hasard cette phrase maleocontreuse est to
triche espereot pré"enir l'interventioo maritime de l'Antemps-la, on con~oit que des bommes pieux se soienl·
ou
se repose en l_isant jusqu'a qnalre hcnres; quelques~
bée sous les yeux do poéte, il aura souri, devioant bi
gleterre en s'abstenant de porter la guerre sur le terriréunisen confrérie, ct aient mis au nombre de leurs bonnes
uns merne né qU1ltent leur 1.,urcau qu·a ce momcot et
ce qu'il en était. Ce n'est done pas pour &lt;looncr satisf
toire des iles danoises, et en se bornanl a employer les
reuvres \'enterrement des suppliciés qui, par suite des
s'y sont fait a¡,pon er un verre de sherry et un bis~uit
tion a M. Émile Aogier que j'étáis impatient d'effa
forces navales dont elles disposent pour empccher le
préjugés et de l'lucurie do temps, auraieo t pu rester saos ma dé¡,lorable coquille. Mais il n'était poiot impossi
en guise de tiffi.n. A cinq heures, oo 5'habille pour aller
blocus sur certains points de la cote d'Allemagne. Le·
sépulture. Mais aujo•Jrd'hui, pourquoi tout cet appareil? qu'un préfet ou nn sous-préfet eut pris ce moins au
en voiture ou a chcval manger rair du soir, seloo l'cxJ1Jtlaod continuera, bien entendu, a clre occupé, daos
Oans plusieurs pays de l'Allemagne, c'cst daos la
pre!\Sion pittoresque des Anglais de l'lnde. On fai t une
rieux, et qui sait, peut-elre les lettres allaieot-elles no
toas les cas, au moios comme titre de gage, jusqu'a la
cour de la prison, en préscnce d'uoe commission spénouvelle toilette pour le di ner, qui a ticu vers sepl heures
priver d'un Mounicr ou d'uo Rambuteau; c'est ce d~
cooclusion de la paix.
ciale, que se font les exécutions. C'est ce que nous vouet d~01ie. Les dames se retireot au dosscrt et les hommes
Les dépeches arrivées de Londres ne donnent pas a
ger-la que j'avais ha.te de conjurer.
drioos qu'on flt eo France. En attendant que la peine
foot circnler les carafoos de ,•írb pen&lt;lant une demipen~er que l'Aogleterre soit a la veille de preodre fait
de mort soit eilacée de nos co&lt;les, que la guillotine du
heure en fumant daos un bec d'argcnt, pms on renlre
et cause pour le Oaoemark. A la derniere heure, toutes
Les diplomates-écrivains ou les écrivains-diplom
moins se cache; que l'échall ud disparaisse de nos places
dlns le salon join the Jadies, ou l,1eJ1 1' on au club ou
les menaces de la semaine passée se soot envolées. Le
ne sont pas rares : ~rn. Joseph de Maistre, Cha.te
.au spcclacle. »
Times, le rude balailleur de ces derniers jou~, déclare publiques.
briaod, de Lamartine, soot assez célebres, et M. de M
Le doyen des souverains de l'Europe par l'Age (82 ans),
. Lne vie charmlnte~ n·est-ce-pas, et faite pcur teoter
que la nation est opposée a la guerre. J.ecabinet de Saintcel111s n'eut point dédaigné, chacun le sait, d'etre
le troisicme par la d-:i.te desoo accession au tróne (i8t 6},
úñ elégaol de Londres ou de Paris'? Un "rai paradis que
Jame~, apres avoir bieo et nument considéré la situati.:&gt;n
Guillaume )••, roi de Wurtembcrg, vient de mourir au l'Académie.
l'In~e,
n'étaient la chaleur, ~es tigres, les serpents, l'btde l'Angleterre, j~ge compati ble avee l'honneur oational
M. le marquis de Ferriere Le Vayer, qui représe
cbateau de Rosensteiu apres une longue maladie.
pal1le, la fievre, le choléra, les thugs et les ¡mees.
et avec sa propre politique de s'abstcuir de faire la
la Fraoce pres de _plusieurs cours allemandes, et ~
Né a Luben (Silésie), le 27 septemlire i781, do duc
guerre. Le gouvernement britannique veut bien advieot de monrir ministre pléuipoteotiaire a Bruxelles,~
Vous souvient-il qu'autrefois, daos des temps tres-an(depuis roí) Frédéric Jcr et d'une princcsse de Drunswick
mettre cepenelaul qu'il puisse elre créé une situation
littérateur avaot d'ctre diplomate, et ne crut pas qu'~ ciens, il y a cinq ou six ans pcut-étre, alors que \a ruc
Wolfeobuttcl, favorite et confidente de Catherioe de
-qui obligerait l'Anglelerrc a examiner ele nouveau les
époasaot la politique, il fut daos la nécessité de rom, LafaJetle n'avait pas encorc étc prolongéc, que le IJouRussie, et donl la fi n, restée mystérieuse, a longtcmps
résolutions a prendre, atteodu que l'existence de lamolevard ~Jalesherbes, le boulevard Haussmanu, le bouleexcité les conjecturPs, voire les soup~ons, le prioce Guil. avec la littérature.
r¡archie danoise importe a l'Europe et a l'Aoglelerre;
Sous le pseudonyme de Samuel Bach, il :ivait pu vard d!l Prince-Eugcne et cinq ou si, autres houlevards
laume eut a luttcr de bonnc heure contre le despotisme
mais tant que la guerre serait lim1lée aux possessipns
a.utrefois des p:iges spiriluclles. Plus tard, attacb n'.e.xistaient pas, q~e_M. le préfet de la Sl•ine ne ~oogea1t
de son prrc. Oevant la couroonc a la Francc, Frédéric 1er
continentales do Oanemark, il n'y aurait pas de raison
l'ambassade de M. de Lagrené, en Chine, il écrivit
mala rue AobPr m a larue Scribe, que les dcux théatres
obéissait anx moindres volootés de Napoléon : il doona
d'abandonner la polilique suivie jusqu·a pré~ent.
journal de voyage sous ce titre : U11e Amb~sade fran
du
Chatelet n'étairnt poiol sortis de terre, qne saint
une de ses filies au roi Jérome de Westphalie, et quaod
Au moment oú celte déclaration élait fai te, le Moniteur
en C/iine, et signa cette fois de son nom.
Augustin
et sainl Ambroise n'étaieot mcme pas dessioés
Napolcon jugea utile a sa politique le mariage de Gnilanooo~ait que les Prussiens avaient ouvert le fcu conSes talents lilléraires le servirenta merveille, a Ma a~ors qu"il _Y avait eucore des arbres a Chaillot et qw'iÍ
laume avec üne princesse de Bavierc, Frédéric ordonoa
tre les fortifi cltions d' Alsen, qui a été prise presque saos
Un jour, a pres la conclusion du traité, il avait dioé
n y en ava1t pas roe Montholo0, alors que le canal Saintcctte union. Comme les deux futurs nourrissaieot d'aucoup férir. L"Angleterre considérera-t-elle l'ile d'Alsen
le p'énipotcntiaire chinois Houang, un maodario
M
artin ne coulait pas sous des lleurs et que Paris ne
tres inclioalions, d'un comm uu accord ils arretereot un
comme une posscssion cootinentale du Oanemark?
montrait saos cesse, en parlant,son bras qu'il ava1t
comptait
guere que douze cent millti habitan l~ vous
L' Angleterre restera !'arme au pied. Le comte Russell arrangement secret, constatant ala fois la nullilé de leur fait. Pendant qu'on prenait le thé, son bóte lui
souvient-il
qu'il y avait derriere la place Oauphi; e une
conseotemcnt appareot et leur volonté formelle de ne
a la Chambre des lords, lord Palmerston a la Chambre
- « Nous allons nous séparer bientót ; c'est un
'"1c1l!e cour triangulaire, médiocrement gaie, qu'on ap-•
pas vivre en époux. Auss1, l'iapoléon tombé, ces lieos si
des communes, ont préseoté l'exposé historique de la
usage chez nous de doooer a nos amis, quand ils n pela1t la cour du Harlay '? Des bureaux, des greffes et la
peu serrés se déoouerent: Guillaume épousa la sreurde
t¡uestion daooise. A quoi bon ce cours d'histoire rétrosquittent, quelques lignes de notre écriture. 1&gt; - Et il buvette occupaient une des ailes ; les ma¡:istrats, les
la czarioe, et la princesse de ¡laviere devint irnpératrice
pective? Ce qu'oo attendait. du gouveroement anglais
mit au marquis des vers, oú entr'autres belles choses av?cats , les avoués, les clcrcs, les plaideurs qui ve1
c'était un acle. Or, de la déclaration de lord Palmerston d' Autricbe.
oa1ent &lt;
!ela place Dauphioe la traversaient pour eotrer
Guillaume avait, on le voit, pour détester Napoléoo, \isait ceci :
et do comte Russell, il ressort que \'Angleterre gardera
&lt;&lt; ll y avait a Paris un excelleot docteur, a l'as
au
Pala1s,
aoque!_ conduisait un escalier quelque peu
décidémeot la neutralité, « a moios que Co11eohague ne des raisoos de politique et de sentiincnt, auxquelles n brillant comme le ja~pe. Au dedaos, il était lumm so~bre; des cahr1olets et des coupés de remise y atten, soit attaqué, et le roi Christil n fail prisonnier de guerre. » s'ajouta encore la dure obligation de suivre jusqu'a fa &gt;l comme la lune d'automoe ; au debors, il était com d31ent commodément la pratique. La pioche a supprimé la
Si le Oanemark di~parait de la carte de l'Europe, ce se- Moskowa la grande armée. F.o !814-, il combattit vaillam- » le léopard qui chaoge en 8ecret sa robe magoifiq cour _d~ llarlay; mais apres la piocbe cst vcnuc la truelle
ra pour avoir ajoutP. foi aux promesscs de son alliée, la ment cootre nous, surtout a la Rothiere et a Montmi- ,, et comme l'aigle qui , daos son vol, est babi~ué
et ,·01c1 que sur le sol déblayé s'úlbe un hatiment tou~
rail, ou sa résistaoce acharnée empécba l'écrasement
n mouvemenls gracir.ux. S'il parlait d'armees, e llambant neuf, Mtirnent a colonnes, s'il vous plait, don t
puissante Anglcterre.
Le jour meme ou la treve prenait fin, le Rigsraad complct de~ alliés.
,, comme s'il avait ouve1 t un arsenal ; s'il suivait les la fu~~de rappelle celle de l'anc:ien pafais donl il est une
Pendant son long regoe, Guillaume ¡er se montra-un
s'ouvrait a Copenhague, et le principal ministre, M. Monn de l'harmonie, il dépassait les maitres du tympan
des dependa_n_ces. ~~ ~ mettra le grand cri mine), forl picrad, donoait lccture du messagc r.:&gt;yal, qui i:cspire les prince relati vement liberal.
» Ses habits d'or avaieot un éclat étincelant ; son ét tremPnt logc Jnsqu te,, et pcut-ctre Paris aura-t-il une
Le
oouveau
roi
(prioce
Charles)
e5t
né
le
6
mars
1823.
sentimenls les plus patriotiques, et dout nous extrayons
» d'argent avait une fnule de poinls lumineux, et des salle d'assises qui ne preter,a pasa rtrc aux départements.
11 a le rang de lieutcoant général wurtembergeois et le
le pas~age suivaol :
1&gt; roles admirables sortaient de sa bouchc comme
« Nous traversons une crise mena~ante pour !'avenir titre de chef d'un régiment de dragons russcs. 11 est ,&gt; morceaux de jade. Son maiotien le faisait resse
:"-ious supplions trcs-humblement messieurs les mado pays. La néces.&lt;ité de faire face aux dépenses qu'exige marié depuis le 13 juillet 18i6 a la grande-duchesse » a un rameau de pierres précieuses. »
~?ns, quaud ils auron t íini de ce coté- la, de vouloir
la continuation de la guerre a ameoé la convocation do Oiga, filie du czar Nicolas, de laquelle il n·a point d'en11 est bien colendo que l'excellentdocteur, qui re
bien pre.odre la peine d'eotrer nans la salle des Pas-rerRisgraad. Nous avons appris que les droi~ les plusclairs rants. Tenu a l'écart des affaires par son pcrc, le prince blait au dehors /J. la lune d'automne r.t au dedans dus et den raccommoder la volite. Messieurs les archi-Charles n'a eu aucune occasion de laisser presseotir
comptent peu en Europe. Nous sommes isolés.
léopard et a l'aigle, n'était autre que le convive du
~~tes, peosant qu'il serait dommagc qn'elle écrasat
1e~oqu~~ce . judici~ir~, ont donné l'ordre, un jour,
« l'\ous avions du consentir a un sacriíice péoible en quellcs seroot ses sympathies poli tiques. Elles seront darin. Certes, il est tres-agréable de s'enteodre lou
abaodonnant le territoire situé au dela de la Schlei. franchement rus~es, s'il faut tirer qnclq•Je ioduction lé- la sorte, mais il faut répoodre, la politesse l'exig ~u en 1ctayat. Les eta1s sont superbes, mais les pl us beaux
L'eonemi ayant demandé encore davautage, nous avons gitime de son éducation, des le~ons pateroelles (oo se Houang ne manqua pas de dire au marquis : - &lt;&lt;
ela1s. du monde ne sont poiot jolis a voir a la lon"ue
o ,
r.;pondu oégativement. Nous sommes convai ncu que le rappelle l'attitude provocante aoü-occidentale du cabi- tcoant, vous allez me faire aussi des vers sur moi. • et pm~' qu•on y songe : beancoup d'Anglais visitent
la
pays .!St d'accord avec nous. Que Oicu augmcnle les sym- net de Stuttgard pendant les guerres de Crimée et d'lta~l. de Fcrriere Le Vaycr raconte qu'il ful tenté d"é :!le des . Pas-Pe~dus, il serait bon de leur oler le prépathies pour nous chez cerlaine puissauce et la décide lic), et enfio &lt;les alliances de famil le et personnelles.
tout simplement de la prosc, et qu'il songea ensui b te de dtre : ,, T,ens, ces Fran~ais, qui font lant d'emL'Empcrcur et l'Impéralrice du Mexique ont dcbarqué
a nous accorder un secours actif. »
offrir au mandarín les quatre premiers vcrs du
1arras avec leurs nouvelles roes, leurs oouveaux bouA l'intéricur, rieo de bien iotéressaot, si ce n'est le a la Vera-Cruz, el se sout immélliatcment dirigés vers de la mort,d'llippolyte ou le premier couplet de '-e
e,ard~ et lcu_rs nouveaux édifices, ils dcvraient bien ré, résultat des scrutms de ballotage pour les conseils géné- Orizaba. Au départ do sleamer, Maximilien se disposait son d' Alfred de Musset :
,arer. leurs v1eu monuments. »
E»KOND Tm.ER.
'r~lll et les conseils d'arrondissement. Presque partout le a partir pour Mexieo.

"ª

- -- - - --

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-- -

-

Quand Joseph eu.t floi de boire son café, il se lt. 1 tv
s'approcha do comptoir et jet:i un douhle louis.
I/
- Ah ! la bellc piccc, dit la limonadicre, c'est la figure
de nolre bon roi Louis XVI.
-Oui, madame, ctquant acelle de l'Empcreur, la voici,
Et souriaot, il saina et sortit.

Je me demandais un jour pourquoi le palais que le
Tri bunal de commerce est en train de se l.,alir avait 110
aspcct si riant, sijoyeux,si íolatre. Je le sais aprésent, el
me hale de vous l'apprcnelrc. Voici la chose en dcu:t mots.
11 y avait jadis sur le ter1ain qu'il occnpc un hal pu
lilic d"hiver, qui s'appelait le Prado, et que fréqncolaient
Ce café de la Régence vil toas les grands joueurs d'éles étudiants. Le Pra lo cst tombé, mais le génie do l1eu
ne s'est pas envolé, el il a inspiré l'architecte do nou- chccs du dix-huilicme et do dix-oem·ieme siccle : le
veau palais; or, comme c'est un génie d'hu111eur .,aie et grand Philidor, Légal, Foubcrt, Mayot, Oeschapelle~,
d'imaginalion plaisanle, il est arrivé ce que vous"savez. La Dourdoonais, Saint-Amane\, Boncourt, Bois,y d'Anglas, de Jouy. Le jcu d'échecs est immortel, et le café de
Notre savant et spirituel ami, M. Édouard Fournier la Rúgencc n'a fait que changcr de place ; peul-ctre y a.
.
'
est, commc oo le rn1t, IP court1san de tout ce qui s'é- t-il encore des Philidor et des La Bourdonoais, mais la
cro_ulc et de toutce qui s'en vadans París; que d'aulres mode n'est pasen ce momcnt aux écher.s, et le 11ublic ne
cclcbreot les gloires vivantes, il célebre, lui, les gloires les conoail pas; il connait Pille de 1'11fr et Vermo11t, el
morles, ce qui est pro~cril et conrJamné l'allire mvinci- un de ces jours sans doule le Cricket aura son héros,
hle~ ent, et c'est de tui r¡u'on peut dire : 11 n'a jamais dont le nom ~era dans toules les bouches.
tlaltc que le malhcur. Son zclc pieux cst infatigable :
Le r a,·is Cricket-Club ne fait parler de lui que depuis
chaque fois q1J'il enlcnd quelque part une pierrc tom- quelques semaincs; mais il y a, aujourd'hui t" juillet,
bcr, vite, il court et lui fai t son oraison funcbre · et un an juste qu'il esl fondé.
Dicu ~ait s'tl en tombe des picrres en ce temps-ci ! '
Ll' 28 septembre i 8G3, il comptaitd{ja 127 membres.
M. Edouard Fournier vient d'ajouter un volume charLe rcglemcnt de la société se compose de 20 articles.
maut a ceux qu'il a déja écrits sur le Paris d'autrcfois ·
L'art. XV autorise l'admission de membres hoooraires.
celui-ci est intitulé : Chro11iq 11es et légendes des rues d; Membre ho noraire du Cricket-Club ! C'est granel domPuris. 11 nous mene au donjan de Jeun -sans-Peur, a l'hó- mage vraimcnt qne Jérome Paturot ne soit plus a la
tel Pimodan, a l"hólel Saint-Paul, a la Civctte, au Veau- recherche d'une position sociale.
qui-tettP, au chatean de Be ,·y, au chateau de Madrid
11 y a, du res(c, parmi les membres hoooraires do
au café de la I\égcoce, au te 1ple de la Guimard et dan; Cricket-Cluh, des hommes qui ne se conteolent pas de
v~n_gt autres lieux, qui vraimeut mérilent bien qu'on les cette dignité, et entre aulres, le comte Cowlcy, lord
v1s1le.
Gray, M. le préfet de la Seine, M. Oayton, ministre des
Etats-Unis, el M. le duc ele Morny, prés1dcnt du club.
Uo chapitre iotit1Jlé Archéologie du rat de Pari~, nous
Aux termes de l'art XVI des statuls, chaque mcmbre
apprc11d que le premier rat qui vial en Franre y vint doit, pendant les parties, obfüsance au capitaine.
avec les Vandalcs, ctM. Fournier a retrouvé daos Grégoire
L'art. XIX recnmmande aux joueurs le panlalon et la
de ~o_urs un passage ou ce pré,at racoole la surprise des chemise de llaoelle blanche, et porte que les couleurs du
Par1s1cns en apcrcev:int un jour des rats daos leur vi lle. club sont le bleu, le blanc et le rouge. Ne vouloir arlioLe ral des Vandales était le rat brun; il posséda Paris rer en France que le drapean fran~ais, voila qui est tout a
sans con~cste jusqu'en IC47, oú apparul le rat noir, que fait courtois. Mcs~ieurs nu Cricket sootde n ais gcotlemen.
nous ava1cnt prolrnblement apporté les lansquencts d'AlL'art. XX cst aiosi con~11 : « Aucuoe partie ne sera pcrlemagne. Yers li70, les hordes du surmulot le "ros ral mise le dimancltc sous aucun prélexte. n II es~impossid'Asic a potl roux, cnvahirent la France. E; n;5 a la blc que le Seigneur ne bénisse pas une société si jalouse
s11ile d'un épouvantable treml.,lcment de tcrre d;ns le de ne pas violer ses rninls commandements.
voi~inage de la mer Caspienne, ces barbare3 s'étaient
mis en route vers l'Europc; ils élaienl mon tés sur des
Lu neli dern ier, foule fügante au faubou(g Saint-.\ nvais,eaux rus,es qui les avaient déb:irqu¿s en An,,.lelerre toine. On se pres:,ait daos une pctitc maisoo, - tro I peen n:;o, et vingt ans apres. ils arri ~aient che~ nous tite comme toutes les maiions de la charilé, - dans l'etamassacraient les rals ooirs, el s'établissaient en maitre; blissement ou a tité installée fa Creche de Reuilll'. L'asa Par1s.
semblée était présidéc par M. le curé de Saint-Éloi. Le
président de la Crcche, M. Jean-Baptiste Desplaces, a
Vers cctte époque, de pelits aoimaux plus ª"réables a
prononcé un excellent discours, plein d'utiles conse1ls
voir, mais n'ayaot ni moios bon appétil ni m"oi ns bonaux ouvriel'l', et que ceux-&lt;.i ont chaleureuscment. acncs de_nts, rong_eaient a qui micux mieux sei~neurs et
cueilli. Mm• Hermanee Le~guillon a dit avec onction et
fi nanc1ers. M. Edouarel Fournier parle d'uoe certaioe
éloqueocn
de trcs-beaux Yers, et M. Marbeau, le fondaM11 º Bcauvoisin, ~ui fut Úne dévorante fameuse. Apres
teur des crcches, a lern,;né par quelqucs paroles part ics
sa mort, on vcnd1t sa garne-robe, ses hijoux et ses diado creur. C'élait une féte charman te. L'empressement eles
mants: les robes etaicnt au uomhre de quatre-vin"ls.
onvricrs et l'accueil fa il par eux aux persoooes qui
il y avait deo~ cents bagues plus bclles !'une que l~au~
étai.cnt accourues de toas les p,)iuts de París, prouvcnt
tr_p, et des d1amants sur papier comme chez les tapicombien \'iostilution des crcches est populaire dans l'esdaires.
prit des clasEes laborieuses.
V_iogt:cinq_ª ?s auparavant, la Deschamps, de l'O péra,
X. F EYRNET.
ava1t éte_ obltgee de veudre de son vivaot. Des billets
pour ass,ster a la vente furent eovoyés aux gens du
grand moude, et le jour venu, il se trouva daos les a¡,mmox RIPRODOITSPARL'ILLOSTRATION.
partemeots de la dan·euse plus de soixante femmes
tant de la premicrc qu:ilité que de rohe ou de finance'.
Les tahleaux de fleurs rt de fruits de M. Maisiat avaicnt
., Certes, pareille ~hose ne se verrait pas de nos jou~,
cté fort remarqués aux quatre ou cinq dcrn icres cxpoJ en ~1·~ nds a témotn toutes mes contemporaines. Oh!
sitions : nous reproduiEons la bel!c toile qui a valu cette
les v1!a10es mreurs qu'on avait au siccle dernier!
aonrc la médaille au pein' re.
~l. Mai,iat est L~·onn:üs, rnais il ne suit pas ser\'ileEnonard Fourmer a un fonds si riche d'aoecdotcs
mer.t
les traces des maitrrs de l'écolc de Lyon ; il sait a
qn 1,1 . m~ permettra bien de lui en prcndre une.
merveille
peindre un bouq•Jct daos un beau vcrre
~ eta,t e~ iii7._ Jo,eph 11 ' empercur d'Allcmagne,
éla1l venu_ tncogmto a Paris sous le nom de comte de émaillé ou dans une pot1chc du Japon , mais le plus
Fal k~nste1 n. Un matin, le liruit court qu'tl doit aller au modeste églautier au bord du chemin, la moindrc toutre
de glaieuls au dessus cl'un r uissean, une branchc de
Pala1s-Hoyal. . Tout
,
, . le monde y va., mais iu·,, qu,. sen
doute,. et qui n a1me pas la foule, au licu d'eolrer daos íruils sur un banc de mousse, font' bien micux son afle p~la1s, ~n tre au café de la Régence, que les habitués fai re : il pensc que ce qu'il y a de mieux pour encadrér
la nature, c'est la nature elle- meme.
A. M.
ava1ent deserté ce matio-la.
. - Ah ! m?osieur, lni dit la limonadiere' ,oyez le
b1cnvenu; s,_ v.ous n'éticz arrivé, l'on n'étrennait pas de
loute la n.atmce; ce mau&lt;lit empereur en est cause il
CORRE SPO NDANCE D'ALGÉRJE,
nous vole toutes nos pratiques.
'
- Avcz:~ous vu cct empcreur? dcmaoda Joseph II.
AU OIR.ECTEUR.
-M~ fot n_on, ctf~anchement jc voudrais Lieo le ,·oir,
Le général Rose a livré, le 5 juin, un combat trcs~épo,n~,t la hmonad1ere; mais, il se fait trop attendrc,
heureu.1 coutre le marabout Si-Lazereg, qui est venu l'at•
Je n ª1 pas de temps Aperdre.

~!-

�4
taquer daos son camp de
Dar-ben-Abdallah, a la
tclc ,le nombreux contingents.
Le combat a duré
deux heures. Re~u d'abonl par la mitraille et
des feux bien dirigés,
J'ennemi, qui s'étail avancé j11squ'a une demiportée de fusil, a été ensuite
vigoureusement
chargé it la ba"ionnette et
mis en pleine déroute.
Les insurgés ont la¡ssé sur le terrain plus de
200 morls; nous avons
pris 25 fusils, un drapeau, t I selles et 8 chevaux; nos perles ont été
insignifiantes : to hommes blessés, dont un cava\ier du goum.
L'agitateur, le schérif
Si-Lazereg-be\-Hadj, a ·
été tué daos ce combat.
Nous n'avons pas retrou vé son corps, car suivant l'usage ses cavalicrs l'ont enlcvé. Je vous
envoie un croquis du
eombat, pris au moment
oti l'énnemi bat en re•·
traite en emportant le
corps du schérif et un
autre croquis de ce dernier épisode.
Agréez., etc.
[Pvur extrait : P. P.

GIULIA ,
NOUVELLE,
(Suite.)

Le lendemain, lor5que
les deux amis se rctrouverent ensemble au bureau, a l'heure aocoutumée, Thomaseo parut si
fort vouloir éviter de faire
la moindre allusion a leur
rencontre de 1a veille,
que décidément Louis ne
put s'y méprendre, et en
fut choqué et attristé. 1l
en gardamemejusqu'ala
fin du jour une mélancolie telle (vous savez., cetie
mélancolie des lendemains de bal), que son
pere, habitué a des allures plus bruyantes de la
part de ce fils q!l'il chérissait tendrement, malgré
la ¡;lifférence absolue de
)eurs caracteres, nota le
ehangement et questionna Louis. L'enfant était
la sincérité meme, mais il
savait bien qu'il n'aurait
pas été compris, et, en
outre, il lui aurait été si
difficile d'expliquer net-·
tement son état moral,
qu'il jugea hon de faire
une réponse en l'air, se
terminant par \'assurance
que demain il p'y paraltrait plus. Le lenrlemain,
apres une nouvelle lcutJ.tive de libre cxpansion, il
fut im¡1ossible a Louis de
ne pas voir que Thoma •

__________________ ____________
L' ILLUSTRATION, JOURNAL
:.......__UNIVERSEL:

L'ILLUSTRAT10N, JOURNAL UNIVERSEL.
seo était d'une réserve et
meme d'une froideur qui
s'affirmerent chaque jour
davantage, pour ainsi parler, et l'approche duretour de Louis a son collége ne changea rien a
cet ordre de choses. Bien
entendu, il n'était nullement question d'aller faire
ses adieux aGiulia, corome il en avait caressé le
reve. Toutefoi5, dans la
poignée de main qu'ila
échangerent, Louis sentit
trembler la main de'Fhomaseo; il ne se trompait
pas : il y avait des \armes
dans les yeux de l'Italien.
Le chemin de fer n'attend
pas; ils tomberent dans
les hras !'un de l'autre, et
touis partit. 1l avait i
peine repris de¡mis húit
jours le cours de ses études (en buit jours, mille
destins s'accomplissent),
lorsqu'il re~ut de son pere
une lettre par laquelle le
ftlateur s'excusait sur un
surcroit de travail de ne
lui avoirpasécrit plus tót.
Il avait a dresser un nouveaucommis, attenduque
Thomaseo, rappelé par
une dépeche daos sa patrie, le surlendemain- du
clépart de Louis, venai
de quitter Lille et de s'e
barqucr pour l'Italie. C
que le filateur n'avouai
pas dans sa lettre, c'est l
satisfaction qu'il éprouvaiL, au fond, de se vo·
débarrassé, tout naturel
lement, sans secousse
d'un homme dont l
longs cheveux, la lon
gue barbe et les yeux tro
brillants 1ui déplaisaie
peuonnellement et
cadraient pas avec l
habitudes de la mai,o
Louis ne prit pas la cho
de rneme, et cette nou
ve\lc lui porta un cou
des plus sensibles. E
quoi ! l'avoir a peine en
trevue, assez toutefo
pour l'aimer de toute s
ame et saluer en elle
meilleur de la vie, ordo
ner en soi-meme l'empl
de tous ses jours, sel
la fantaisie revée d'u
chaste et jeune enchan
resse, et soudain appre
dre qu'on l'a perdue
jamais, qu'elle n'est
votre sreur ni votrc me
qu'elle ne vous estde ri
comme disent les
chants, enfin, qu'elle
subir les brutalités
basard et' les retours
la destinée !
Dans l'émotion de
regrets, il n'avait ga
d'oublier ce loyal et
dide Thomaseo, sobre,
sintéressé, composant
bonheur d'un rayon
d'une mélodie, et r
enfant quoique pi:
Louis ne pouvait sépa
Thomaseo de Giu\ia. D

son romanesque atten•
dris~ement, il etit alors
toilt donné pour les ~uivre et vivre avec eux.
Pourtant, il ehérissait son
pcre, dont il se savait
aimé, qui était un modele de probité et de délicatesse, et qui, en dehors
de leurs petites altercatións, avait toujours mis
au service des gotits et
des fantaisies du jeune
gar~on les facilités que
donne la fortune. Pour
Louis, la poésie n'était
point la; elle fuyait l'abondance, le million, le
rcpos, pour dorer de son
reflet la pauvreté errante
de Thomaseo, contcnt de
peu, de Giulia la divine,
au front pale, a la char-·
m¡mte sanvagerie. Le
soir, dans son lit, sentant son creur s'agr·andir
au dela des proportions
humaines, puis déborder
en chercs !armes, il
adr~ssait a la vierge disparue de sublimes invocations; il luí disait: &lt;tTu
finiras par m'aimer, Gi11lia, car, bien que nous
soyons tous deu1 encore
des enfants, je sens bien
que je n'aimerai jamais
que toi. »
11 aurait bien voulu
mettre dans la confidence
de son poeme, de son
aventure, swi voisin de
classes et ami Herbert,
mais celui-ci, malgré ses
dix-sept ans, était déja un
viveur, qui répondit par
de quasi-grossieretés a11
récit immatériel des aspirations de Louís, et ce
dernier ne renouvela plus
la tentative. Le travail et
le temps eurent heureu-•
sement sur notre jcune
amoureux leur action ordinaire. C'était sa ·der nicre année de collége, il
se préparait au baccalauréat es-sciences, etcomme
c'était une détermination
récente, il n'avait pas
trop de six moís_d'un labeur assidu pour ctrc en
mesure d'affronter a\'Cc
chance de succes cette
dernicre épreuve scolaiM. La trigonométrie
n'est pas si hostile qt:1'on
le croit généralement aux
reveries sentimentales,
car dans les intervalles
de loisir qu'il s'accordait
forcément, Louis voyait
passer et repasser devant
ses yeu1, fati~ués de lozanges et d'hypothénuses,
comme une fée, comme
une princesse, Giulia si
oin, hélas ! mais toujours
présente a son camr. Le
ba.ccalauréat est, probablement daos l'idée de ses
honorables fondateurs
. . .
'
une mslttut,on destinée a
modérer, acontenir, chaque année , daos chaque
collége ,de France, une

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vingtaine de jeunes cerveaux, qui sans ce frein
tutélaire éclateraient a
J'enthousiasme de la délivrance prochaine.
Louis sortit vainqueur
de la !ice redo11tée.:ct en
l'honneur de Giulia, il
n'escorta pas son triomphe des liesscs usitées; il
regagna tranquillement
la maison paternelle, et le
filateur,. curieux de pénétrer la cause mystérieusc
d'un si grand changement, se demandait ce
qu'étaitdevenu son volean.
Le pere de Louis était
jeune encore; la ¡vie d'affaires était la seule dont il
¡nit vivre, et i1 revait de
la mener longtemps encore. D'autre part, vu les
précédents, il n'avait jamais beaucou,p compté sur
la coopération de son fils
dans la direction de sa
maiEon. Aussi ne fut-il
guere dé~u en recevant
un jour de Louis la réponse qu'on valire, a une
question relative au choix
d'une carriere :
- Je veux entrer a
Saint-Cyr, dit nettement
Louis, j'cn ai le temps.
~ela t'étonne, pere, que
Je songe afaire de ton fils
un soldat. Cela t'étonnera
encore plus, quand je
t'aurai dit que ce n'est
aucunement l'ambition'de
revenir maréchal 'de
France qui dicte mon
choix, mais tout simplement l'ambition d'étre
maltre absolu de ma pen~ée, en ayant une profession et un passé d'études
qui me mettent a l'abri
du reproche de paresse,
tl'égo'isme et d'inutilité ·
un officier ne vit pas seul,'
et trouve la solitude
guand il lui plait. 11 voit
de grandes choses bumaines, et a le temp3 de
rcgarder le ciel. 11 peut
écrire, et c'est aussi mon
rcve. L'action et la pensée
· sont a ses orJres.
La these cst plus ou
moins discutarle; le filateur se garda bien de Ja
discuter. En l856, Louis
fut re~u a Saint-Cyr, oti
une discipline méthodique, la nécessité du travail et l'habitude de la
méditation, aiderent, avec
de délicieux souvenirs a
'
entretenir chez lui cette
fleur d'innocence qui est
la grace meme de la fougue juvénile.
Cependant, Louis ne
vivait pas en ermite. n
passait ses jours de congé
daos les allées méconnues de Rambouillet, a
Versailles, don t la royale
rnélancolie parlait un haut
langage a son esprit déclaigneux de toute vulgarité, et plus souventencore
au Louvre, oti frémit sur

�6

L'ILLUSTR!ITIO N, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURN AL UNIVE RS EL.

dans leur monnaie nationale, de . notre ·piece de 5 fr.
des toiles immortelles, daos des portraits qu'on n'oublie toute folie avec une si belle figure d'amoureux aimé.
Sur ces mots, l'aelorateur de Giulia accosta l'une- des
pas, l'ame des peintres italiens. Giulia, toujours Giulia! Toutefois, pressé de se rendre a l'évidence, il dirigea
vieilles: -Ma bon ne femmc, il me semble que je viens de
son
regard
dans
le
sens
qu',1n
lu
i
indiquait,
et
vit
~e
déElle aurait clu l'aimer pourlant, et Thomaseo fut bien
reconnaitre une parente perdu:) pour moi depuis long~
aveugle P.t IJicn cruel! C'était encore, avec un peu de tonrner, comme reculant devant la bontr d'é tre surprise
temps, daos la jeune dame vetue de noir q1:i priait
en
ílagrant
délit
d'indiscrétion,
une
femmc
dont
la
tourbarbe soyeuse sur les lcvrcs, le Llond adolesccnt de
tout a l'heure ici meme; ne pourriez-vou!\ me dire ou
nure
el
la
vivacité
trahissaient
la
jéunessc;
de
la
tele
rhéloriq11e, vif, mais pur, songcur, mais ardent. A le
elle deme ure?
aux
pieds,
l'inconnue
était
habillée
en
noir.
Moitiériant,
voir cmbr:isser, d'un rcgard plcin d'adoralion, une
Dans le trouble immense qui l'agitait, bien qu'il cut
femme du Titien, de Léonard ou de Raphael, on se sur-· moitié sérieux, Louis clit aux autres :
parlé de sang-froid, ,Louis ne pressentit pas la pertur-,
Pourquoi
toujours
la
meme
farce?
Vous
devriez
prenait a rever un imilatcur digne de ces grands modebation qu'il dE.vait ca11ser parmi les pauvresses, en s'ales, qui cut recopié lcur reuvre antique. En vai:1, ell ~ changer.
dressant a elles en fran~ais, dont elles ne comprenaient
Je
te
jure,
dit
un
autre
officier,
qu'Alfred
n'a
pas
était blonde sur la toile, la fcmme que semblait adorer
pas le moindre mot. Au second plan, les cinq officiers.
Louis, il la voyait avec des cheveux noirs; en vain elle été seul arcmarquer la sollicitude dont cctte jeune dame
avaient grand'peine a ne p:is éclater de r ire. Louis-ro1Jgit
paraissait avoir vingt-cinq ans, elle en avait dix--sept; a paru remplie a ton aimable vue, et, toute jalousie
de sa bévue, et répéta sa question daos un italien éléen vain elle étalait le luxe incc,mparable d'un velours mise de coté, je dépcse ,dans le meme sens.
men taire, appris dans les grammaire$, et qui ne luí fut
- S'il eo est ainsi, je vous crois,
et vous voila obli1rés
rouge, digue d'habiller la reine de l'Orieut, elle portait
•
•
0
pas tout d'aborcl ,run mcilleur secours que le fra!l~ais;
une robe noire d'étoffe légere, et sans doute usée ... ele me croire aussi lorsque je vous affirmerai ']Ue cette
il
aboulit seulement a faire se quereller entre elles les
Giulia, Giulia! rose a peine respirée! Fuite irréparablc gracieuse dévote se trompe fort, si elle s'imagine me rctrois vieillcs fcmmes.
.
connaitre
ou
m'avoir
vu
quelque
parl,
comme
il
est
dit
du temps ! tra~ison de l'éloignement!
Voyant qu'elles étaient d'humeur a se ,disputer longdaos
les
i·omans,
attendu
que
Je
n'aijamais
parlé
a
une
Cette phase d'idéalité, pour avoir une influence exceltcmps a qui avait le mieux compris la question de l'élente sur la jeune,se d'un homme, l'expose a des périls fcmme de ce pays.
ºtranger, Louis s'avi,a d'un moyen plus simple. Appuyant
Puis
cédant
a
l'exemple
de
Lonis,
qui
se
remiten
marcl'une sorte particulíere, que vient heureusement conjula main sur une chaise, qu'il supposa gratuiteme6t etre
rer une grande sccousse extérieure, un grand mouve- che, ils continuerent lcurs explnrations dans J"é,,lise
" ' celle abandonnée récemment par Giulia,.il se borna a
malgré
les
sollicitations
des
amís,
désireu~
soit
cl'assisment unanime parmi ccux qui nous entourent. Louis, a
force de se re'plier constamment sur lui-meme, de vivre ter au dénoument de !'aventure, soit d'en exploiter la dire : La signora? d'un air interrogatif. Deux des vieilles
femmes sel'i1blerent aussitot vouloir quitter la partie, la
exclusivement avec une image, de demander l'espéranee suite a leur profit, s·¡¡ le fallait. 1\ trente pas ele la chalrois!eme
(cela suffisait) répondit aussilot par un signe
a l'éternité, allait elre précipité daos la vallée sinistre pelle, Louis s'arreta tout d'un coup comme ébloui par
cl'entiere
intelligeuce-,
et, marchant devant Louis, le pria
des terreurs religieuses, quand une aventure, aujc,ur- une lum\erc trop vive, se frappa le fronl et parla aimi :
de
la
sui
vre.
- Mes amis, en vJus disant tout a l'heure que je n'ad"hui historique, vint le rendre a la vie agissante et
Cette petite scene avait légeremcnt impatienté notre
vais jamais parlé a une Italienne, en faisant presque un
l'animer d'une fievre nouvelle et intense.
héros, et en passant, précédé de son étrange guiele, defaux
serment,
je
reniais
tout
le
charrr.e
de
mon
passé.
La
. En 185\l, on afficlia sur tous les murs de Paris, a11
vant ses camarades, dont l'air intrigué garantissait la
profond et sympathique trcssaillement de toute la nation vérité est, au contraire, que j' ai passé une partic de ma
bonne foi, il eut le tort de s·exprimer ainsi : Nous som~
jeune3~e
dans
le
voisinage
de
la
plus
belle
des
llaliwnes.
fran~aise, - la seulr. nation du monde qui trcssaille de
mes tous bons amis, mais si vous vQus etes moqués de
Daos
le
fait,
main
tenant
que
mes
souvenirs
se
préciscnt,
bon~eur a l'idée de ,·ider sa·lJourse et ses veincs pour
moi,
je le saurai dans une demi--heure. ~omme j'a"l'.ai&amp;
j'avais
raison,
je
ne
lui
ai
gucre
parlé.
Elle
se
nomm:iit
défendre les opprimés, - le prochain départ de nos troudes motifs pour prendre la chose au s,érieux, vous me
Giulia;
son
pere,
Thomaseo,
une
vraie
nature
d'arti~te,
pes pour les plaines de la Lombardie.
Ce jour-lil. fut un des grands jonrs de la France mo- était cummis chez le mien. Croiriez-vous... je seos que je permettrez d'aller jusqu'au bout dans cette voie, et de
vous dcmander sérieusemeut raison.
derne, et ceux qui ont assisté de Paris a ce prodigieux deviens outrageusement bavard, mais, ma foi ! je n'y
- Comme tu viens de le dire, nous sommes t-0us bons
spectacle, n'en rcvcrront pas un aulre fait pour les tiens plus... croiriez-vous que je l'ai vue une seulc foi~,
amis,
répondit Alfred; a ce litre, nous nous connaissons
transportcr davantagc. Louis venait d'etre nommé licu- et que je pu's dire qu'elle a possédé toute mon ame penbien;
a ce litre, tu sais que nous ne sommes pas de
tenant dans un régiment désigné pour partir, et il em- dan t cinq ans, que, sans elle, je n'aurais sans doute pas
ceux
qu'nne
menace a jamais corrigés; et at.tendu que
bra~sa avec une chalcur extraordinaire la mission libé- l' honneur d'étre votre collcgue... Tout cela est done
j'
ai
parlé
le
premier,
ce sera a moi de te rendre to utes
écrit
la
haut.
Elle
avait
une
clélicicuse
fiaure
de
viero-e
0
0 J
ralrice ou il avait l'honneur d"etre engagé. Notre dessci11
11:s
raisons
que
tu
voudras,
hormis ce lle qu•it te pourrait
le
teint
tres-pale,
de
grands
yeux
brillants
d"t1ne
flamme
n•e~t aucunern ent de suivre pas it pas la marche victoprendre
fantaisie
de
perdre
quand tu ne seras plus aveq
surnaturelle,
et
les
plus
beaux
cheveux
elu
monde.
rieuse de notre armée daos la dcrniere campagne itanous.
Toutefois,
non
pas
a
Louis qui se fache, mais a
Que
tu
as
du
faire
de
mauvais
vers
sur
tant
de
lienno, d'abord parce que ce ne fut pas une marche.
Loui~,
mon
ami,
j'atteste
de
nouve.m qu',I n'y, a pas
beauté,
mon
cher
Louis
!
mais un vol, ensuite parce que nos lectcurs n'ont rien a
l'ombre
de
plaisanteri~ni
de
méprise daos nos affir-,
N"irnpor~e,
le
signalcment
est
exact,
interrompit
le
apprrndre de nous en cclte occasion, enfin, parce qu·un
mations
de
tantót.
Une
jeunc
dame
qui était la tout a
scul hornme, parmi ces millicrs d"hommes, intéresse premicr qui avait découvert la préoccupation inspirée
l'heure,
qui
n'y
est
plus
maintenant,
et répondant, si
directcmc?t notre récit. A sa premicre enlrée daos par la pré~ence de Louis a la Lelle inconnue. JI n'y a
ma
mémoire
est
fit.lele,
au
sigoalcment
donné par toir
Milan, le régiment de Louis fut, ainsi q•1c le reste de plus a revenir la-des3us; tu es certainemcnt le camaramcme,
t'a
honoré
pendant
dix
minutes
cnviron
de l'atf
l'arméc, accueilli avec un enthousiasme délirant, par un de d'enfance de la signor1 agenouillée. Une telle sitention
la
plus
marquée;
je
le
jure.
pcuple ivre d'espérance et de jo;e. Louis avait rencon- tuation confere- de grands droits, et, vu sa fa~on de te
Louis, désarmé r,ar cette frai.1chise, tcnait la main a
. tré, parmi quelqucs-uns de ses égaux par le ~rack, de regarder, je gagé que notre ch.1rmante alliée en juge
tous
ses amis, et sortit de la cathédrale. Apres une marsympalhiques et joyeux compagnons, avec lesquels il de meme. Revenons done sur nos pas, nous sommes
che
&lt;l'un
qua.rt ct·hcure, a travers un nombre ipfini de
s'Hait lié d'amitié, et dans les intervalles du service, nos trop bien élevés pour ne pas voir tout de suite quand il
petites
rues,
son cicérone, s'arretant devant une maison
jeuncs gens ne se quiltaient pas. Ils déjeunaicnt gaie- convicn~ra que nous nous retirions.
d'aspect
élégant
et révélant un intér;eur confortable,
Louis,
ne
trouvant
pas
d'ohjection
raisonnable
a
cette
mcnl ensemble dans quelque café, et allaicnt visiter en-·
l_
ui
fil
signe
avec
la main : C'est la. On arrivait a la
offre,
ne
résista
plus
a
ses
amis,
ei,
deux
minutes
plus
suite les n:uséeset les é;;lises de la ville. lis étaient ainsi
porte,
aprcs
avoir
monté trois marches. Daos le momeut
tard,
ils
se
trouvaient
devant
la
chape
lle;
mais_
la
place
unjour, cinq ou six frcres d'armes, tous pleins d'3 loyauté,
préseut,
nulle
autre
inquiétude que celle de ne ·pas ren. de galanterie et de courage, tous resplcndissants de occupée naguere par la jeune dame vetue de noir était
contrer
l'ohjet
de
sa
rechercbe ne possédait Louis;
cette vie radieuse que soufíle aux jcunes Fran{:ais le vide, et il ne restait plus autour de l'aulel que deux ou
quant
a
l'accueil
qui
lui
éta,it réservé, pour peu que
chevaleresque dessein d'arracher un pays, souvent et tro1s mendiantes cassées par l'age et absorbées daos un
cette
maison
fut
récllemenl
habitée par Thomaseo ou
justement comparé aune belle femme, aux fers qui en- apparent rccueillement.
par
que;qu·un
des
siens,
cet
accucil
serait au moins fra- C'est bien fait, &lt;lit le licutenant i\lfred. Loujs,' vosanglantaieot ses mains et meurtrissaicnt ses picds; il,
ternel.
La
personne
qui
vint
onvrir
ét:i.it un petil
étaient la, cinq ou six officiers, en train d'examiner avec tre conduite, en cctte occasion, n'a pas été digne de la
homme
gras,
a
barhe
noire,
au
frout
tres-dégarni&gt;
et
admiration l'intérieur de la célebre cathédrale de France. Messieurs, ai-je &lt;lit vrai_? Ne pas sentir qu'une
au
total,
d'une
physionomie
fort
peu
romanesque
dans
M1lan, dont chacun a pu voir, a la dernicre exposition femmc jeune, jolie et ¡,ieuse vous regarde, c'est la une
de Londres, une réd uctioa digne de grancls éloges et gra_nde faute; ~,ais se retourner trop tard pour en ac- sa robe de chambre. Sous 3es épais sourcils pétillait un
qui attirait beaucoup de regartls. lis tournaient a demi quérir la cerlitude (ma parole d'honneur, saint Thomas regard rapide, furtif, per~ant, empreint d'a~tuce et de
le -0os aux chapelles latérales, lorsqu'apres un quart eta_it un prodige de crédulité aupres de ce' gar~on-la), sensualité. 11 entendait un peu le fran~ais.
Plusieurs su ppositions pouvaient, avec un égal &lt;legré
d'heure environ de contemplation, un des olficiers, par-· pu1s proposer a ses amis de faire un petit tour; PI.lis, atde
vraisemblance, s'offrir a !'esprit de Loui~ : la prelant d'ailleurs assez haut pouí- ctre cntendu par tout le tci nt cl'un remords, revenir sur ses pas et ne plus rien
micre,
la plus obvious (comrne disent les Anglais), c'estgroupe, dit, en s'a,drcssant directcment a Louis : &lt;&lt; ~Ion trouver, voila une série d'actes qui sentcnt lcur décaa-dire
cclle
qui déco•1lait le plus directement du raisoncher, saos jamais avoir mis en doute vos avautages phy. dence ... et que je déplore tout en répélant : c'est bien
nemcnt,
un mot qui n'a pas d'équivalent dans nolre
si,iues jusqu,'aujourd'hui, je ne vous savais pas ctre un fait, avec ce post-scriptum : c'est humi!iant.
lan~ue,
par
la
bricveté, - e'cst que la filie de Thomaseo
- Ce qui est digne de la France, c·c~t d'inrnllcr· aux
fascinatcur a prcmiere vue : et je le sais maintenant;
éta1t
mariée,
'et
que, dans la personne a5sez grotesq ue
car dcpuis vingt minutes, il y a daos cette chapelle, vainéus, n'est-ce pas, mon cher Al(red? répondit Louis,
dn
petit
homme,
il conlemplait pour la premiere fois le
1
dcrricre nous, une magnifiq 1e signora, qui aprcs s'étre paraissant gai a la riposte, mais, daos le fond, tres-vexé.
maitre
de
tant
de
charmes. Avant de s'arretcr a cctte
D'ailleurs,
mcssic1..rs,
continua-t-il,
si.
vous
croyez
que
retournée une prcmiére fois au bruit que nous avons
douloureuse
concl•1sion,
il fallait ctre · sur que c'était
je
souffrc
daos
mes
sentimcnts
intimes,
ou
seulement
fait en cntrant, ne ,·ous a pas dcpuis quitté des yeux, el
vons examine avec une obstination bien 0.atteuse ou dans mon amour-proprc, votre erreur est graude, et bien Giulia ellc-meme qu'il veoait de retrouvcr, et des
vous allez la constatcr tout de suite par le sang-froid lors tout se trouvait rt'-mis en question.
bien mena~ante. i&gt;
Louis crut sur le champa une de ces ino(fonsives mys- qui va diriger mes investigations a la rccherche du vrai
Loms Dfil&gt;RET.
tifications dont l'on est prodigue entre jeunes hommcs daos cetle affaire. Je vois marmotter daos ce recoin ero(La
suite
prochainement.)
.
"
rlu meme métier, et auxquelles l'exposaient particuliere- th1que_trois bouches qui doivent répondre au moins a
:---~ - ~ - mITTJt son air de réserve, son éloignement reconnu de cent questions, et de toutes sortes, pour l'équivalent,

cil\DIIIIDI Dllli\\llfJ&amp;TDcaUIE.

Les théatres ont peu br:llé cetle quinzaine : la plus
~-nportante nouvelle que nous ayons a en donner, c'est
le départ des ambassadeurs japonais.
lis sont partis ! Lugete veneres, cupidi~es que! plcurez
amours, pleurez théatres, cirques, hippodromes, etc.!
lis sont partís! et avec eux un de vos plus puissant.s
moyens d'attraction. On ne lira plas dans vos réclames :
« Lcurs Excellences les ambassadeurs du Japon assisteront a cette représentation, en grand costume et dans
une tribune en vue. )l Comprenez-vous, l~cteurs, toute
la portée d'une telle annonce: en grand costume et daos
une tribune en vue? Le spectateur donné en spectacle,
et quel spectateur ! Ou allons-nous? ou allons-nous?
Caveant consules ! que nos consuls et autres diplomates
y prennent garde : ce n'cst pas la la moindre atteinte
qui ait été portée, daos notrP. sieele , a leur prestige.
Voila déja longtenips que les peuples se passent d'eux;
les souverains commencent a en faire autapt; on se demande s'il est besoin de diplomates pour faire des trai.
tés qui n'engagent personne, des alliances qui se décollent le lendemain, des treves pend:mt le3quelles on
s'assomme; partout les questions s'éternisent; partout
les protocoles résonnent daos le vide; les notes diplomatiques pre«bent dans le désert; les conférences avortent en congrcs qui ne congressent rMme pas; et voila
maintenant que l'ambasrndeur, l'hote par excellence,
paye a la fois en argent comptant et en monnaie de
singe l'hospitalité qu1il vient demander a nos jeux. O
Popilius ! o RPgulus! que diraient vos grandes ames, si
elles pouvaient voir de pareilles choses; et toi, que dirais-tu, pere trop oublié de la diplomatie moderne,
noble paysan du Danube !
·
Eh quoi ! n'était-ce pas assez l]Ue tout mélodrame tombé
a plat, que tout vaudeville sim~ a outrance, essayat de
se perpétuer, en faisant crier a son de trompe qu'a sa
seconde représentation « le prince ou la princesse une
telle a manifesté a plusieurs reprises sa vive satisf11.ction, en donnan.t elle-meme le signa! des. applaudissements, et que, la piece terminée, Son Excellence a fai t
venir le directcur et les principaux artistes, pour leur
ex primer de vi ve voix sa salisfaction? ,,
De pareilles réclames, du moins, n'ont jamais 'fait
avoir une seulereprésentation de ¡,lusa une piece sifflée ,
par _Sa Majesté le public; d'ailleurs l'exploitation, en
parell cas, ne porte que sur les noms des personuao-es
respectables qui la secondent a leur insu; mais, dan; te
fait des amhassadeurs japonais, c'est la personne meme
des représentants d'une nation jaune, mais amie, qui
sert d'appoint a l'exbibition d'un a.ne savant ou d'un
écuyer quadrumane. '
Encore une fois, ou allons-nous?
Si nous allions vite, du moins, je n'en demanderais
pas davantage, pour ma part. 11 y a uIJe jouissance
propre a ce seul fait d'aller vite : voyez plutot les montagnes russes: la, on ne va nulle part, cornme dans tes
Marionnettes del'Amour, la derniere chuteduVaucleville·
, . ~ .
'
on n arr1ve a rien,comme daos.les Mai'ionnettP.sde l'amour·
mais, du moins, on va vite daos les Marionnettes 1-usses'
tandis qu'on s'y traine, on y rampe, dans ces Montagne;
ele l'amour.
D'une certaine fa~on, cependant, elles ont passé assez
vite, ces Marionnettesde t'amour,011 il n'y avaitni amour
ni marionnettes; il n'en est déja plus question. Erreu;
de delll hommes d'esprit.
Au reste, il n'y a plus que les morts qui vbnt vite :
on vous parlait, cesjours derniers, de ce talent aimable,
de cette a1mable femme, enlevée coup sur coup a la
~médie-Fran~aise et au monde, dem scenes ou elle
laisse d'unanimes regrets, et voila maintenant que Je
paune Ribes de l'Odéon, l'excellent Marquis de Villemer, a suivi dans la tombe Mil• Fil'., a peine devenue
Mm• Salvadoi:.
Ribes, du moins, n'a surpris personne en mourant •
att~int d'un mal qui ne laissait pas plus d'espoir a se~
amis (¡u'a lui-meme, il s'est comme plu a bater sa fln
par l'étude et l'interprétation d'un role de malade qu'il
ne rendit que trop au naturel.
A chaque représentation, ceux qui n'ianoraient pas
son_ état réel se demandaient avec angoiss~ s'il reviendra1t ~e c~t évanouissement, joué par tui avec une
perfect10n s1 navrante. P~ut-etre en doutait-il lui-méme
pendant que la touchante Mil• Thuillier feignait de s'ef~
forcer de le rappeler 'ala 'fie.

Trop souvent condamné a réciter, sur cette meme
scene de l'Odéon, des vers d'écolier, des proses barbares,
il n'avait voulu a aucun prix renoncer a etre, ne
fut-ce qu'un jour, !'interprete applaudi de la plus
éloqnente, de la moins mortelle des muses passées et
présentes. Il voulait lai3ser cette trace.
On eut dit, d'ail'.eurs, que ce role si complétement
assimilable a son talent, a sa nat11re, a sa personne,
avait été expressément écrit pour tui, - ce qui, du
reste, n'est pas impossible; - aussi ne le lai,sa-t-il échapper que quand ses mai~s roidies ne purent meme p:us
rctenir la vie.
Le caractere général du talent de Rihes éta:it la disti~ction daos l'énergie, deux qualités qui, memc séparces, ne coureot pas précisément les rues. Aussi, bien
qu'il ne réalisat pas complétemént le type de l'omoureux
- il n'avait de heau que les yeux, - l'Odéon trouvera -t-il diffic:lement a le remplacer, meme daos cet
emploi, ou Alliaiza, avec un zele louable et souvent beureux, n'a pu faire que le doubler.
Cependant, qui vivra verra : Alhaiza est Jeune, il a de
l'ardeur, il n'est pas mal de sa personne, et si la distinction était chose qui se donnal... Maís c'est déja beau~
coup pour lui que rl'avoir été accepté du public comme
rem~la~ant d'nn comédi11n qne soutenaient tant de sympath1es de son vivant et qu·évoquaient tant de regrets
apres sa mort.
Au reste, jusqu'a la cloture de l'Odéon, telle a été la
vogne du marquis de Villemer, qu'on eut accueilli un
acteur tres-inférii,ur a Alhaiza, plutot ,que d'elre privé
de la piece. La derniere recette a été énorme et l'on
,
'
preteotl que, pour la réou'verture, la salle cst louée .
'
Je n ose pas ,lire pour combien de représentations. '
O'ou il ressort que l'Odéon rouvrira forÚment par le
marquis de Vil/emer; ce qui ne l'empechera pas, j'espere,
de nous éonner, daos le courant ele l'hi ver prochain,
cette fameuse Jeune.,se de Godh~ dont il est parlé sous
le mantean, et meme a11leurs, depuis si longten1ps.
La mort de Meyerbeer a rcmis plus que jamais sur le
tapis cette qucstion capitale, je veux dire ~ctte arande
affaire, car, de question il ne saurait,je m'imacrin°e s'en
élever : l"élernelle ab5encc du maestro, loin d~ r:culer
l'apparition attendue, est plutot faite pour la hater.
Mais j'oublie que tout le monde n'est peut-etre pas informé, comme moi; qu'il s'agit ici d'une piece moitié
opéra, moitié drame, dont les paroles sont de M. Blaze
de Bury et la musique de Meyerbeer, ni plus ni moins.
M. Blaze,de Ilury n'est pas seulement un de nos critiques et de nos romanciers les plus dislincrués si je
n'en dis pas davantage, c'est que pour ju~tifie~ mon
dire, il me faudrait trahir le secret d'une réputation
anonyme. Son livre Écl'ivains et poetes de l' Allemagne,
et surlout sa belle tradnction du Faust de Grethe accom,
'
pagnee de notes et de commentaires aussi ingénieux que
savants, l'auraient désigné a Meyerbeer_,a défaut méme
des relations intimes qui existaient entre eux depuis
longlemps. ~·reuvre due a leur collaboration cst, depuis
env1ron tro1s ans, authentiwement réservée au direc-t~ur du sec?nd ~héatre--Fran~ais, M. de La Rounat, q11i
s occupe auJourd hui avcc une-ardeur aisée a comprendre
de trouver les interpretes et surtout la-cantatrice l'ét~ile, lá Marguerite a laquelle sera confié le pr;mier
ro~e. de cette reune qui fera époque. Le sujet est aussi
or1grnal que poétique et la musique est, dit-on, !e bouquet du feu d'artifice de Meyerbeer.
U~ mot maintenant, pour en finir avee les morts,- je
d_1s pa~ cela pour Meyerbeer, qui, le pauvre homme !
na Jama1s t_ant et si bien vécu qu'aujourd'hui, - un mot
sur un art1ste qui ai1I1a trop le bruit de son vivant
pour que je refuse ici une pelletée de t:rre a sa fosse ~
peine fermée.
·
. Pierre Lerebours, jadis connu au théatre sous le nom
de Víctor, vient de terminer obscurément une vie la
plu_s tourrneotée du monde, etqni eut son beure· d'éclat.
Q':" s'en douterait, a présent? Tour a tour, et meme a la
fo1~,. auteur dramatique, historien littéraire, historien
polit1que, tragédien, publiciste, dessinateur et toutcela
non saos rnérité, l'ardeur qu'il mil a se f;ire un nom
avec des aptitudes si di verses,' n'eut d'égale que le peu
de succes de tant d' efforts.
~l,eve couronné du r.onservatoire, pensionnaire au
Tbeatre-Fran~ais, il débuta, e~ t 8i6, daos Oreste, d'Andromaque, fut tres-applaudi daos l'Hamlet de Ducis et
des l'année suivante, il se trouva, grace a l'absenc; d;
T~lm~, _en possession du premier emploi dans la tragéd1e ou il eut de grandssucces. En 1824,-déjatrop tard,

º;

1-

- il fit représenter a l'Odéon les Scandinave~, tragédie
de sa composition, daos laquelle il joua le principal
role. La picce et l'acteur réussirent. Rappelc au ThéatreFran~ais par la mort de Talma, qui semhlait devoir !'y .
aacrer, il n'y trouva plus qu'indifférence pour sa per-'.
sonne et pour le genre auquel il s'étaitconsacré. Sa: des-.
linée, do11t j'ahrége les singulieres et continuelles péripéties, fut toujours et en tout d'arriver trop tard...
meme.a la fin. Poor Yorick!
M'"º X... , elle aussi, est arrivée trop tard, bien qu'elle
eul pris le train express, a deux intentions inégalement
respectables. Son mari s'était logé daos le gosier une
monstrueuse arete d'esturgeon, que, seul, le fameux
ducteur G... , de Paris, était capable d'en e:xtraire. Elle
arrive done _en toute hate cbez ce docteur, au moment
ou il venait de part!r, comme tout Je monde, pour le
Cirqne des Champs-Elysées. Or, voyez la coincidence:
Mm• X•.• venait a Paris moins peut-etre pour y chercber
le docteur G... , que pour alter elle-meme au Cirque.
Naturellement, elle n'y va pas, elle y court, admirant
en son ame celle complaisance du ·sort, qui lui permet
de !aire d'une pierre deux coups, et de concilier són
devoir d'épouse avec sa passion pour un saltimbanque.
Car la pauvre dame, jusqu'a ce jour irréprochable, n'avait pu Jire saos en perdre la tete tout ce qui se publie
sur ce fameux gymnasiarque dont les exercices alternent avec les gentillesses du non moins fameux Papion,
autrement dit l'écuyer quadrumane.
Longternps elle avait résisté, roa.is cette maudite arete
d'esturgeon dansle gosier de son époux lui avait fourni
a l'improviste, une de ces occasiCJns perfides qui fon;
aussi bien la femme légere que le larron.
La voila done courant au Cirque; mais, la encore, elle
arrive trop tard: toutes les places sont prises; que faire?
Elle ne verra pas son gymnasiar1Jue, et son mari va. périr étranglé. D'une orcille, elle entend les bravos les
cris fréuétiques de ses rivales, daos le Cirque; de ,:autre, elle croit entendre le rale d'un rna1 i qui élouffe
daos son alcóve : ne la jugeons pas, plaignons-la!
Tandis que, partagée entre ces bruits divers mais
également im¡,ortuns, elle erre a1ix alentours d~ cette
s_plendiele rotoude, ou respirent, inabordables, son sal- ,
t1~banque _et son docteur, une jenne et jolie bouquet,ere se plamt amercmcnt, de son coté, de n'avoir pas
e11core élrenné. O fortune ! _Mm• X.•. offre ii la belle enfaot de lui pr, ndre tous ses bouquets, acondiiion qu'elle
les jettera en hommage au béros du Cirque. - Je ne
l'aurai pas vu, se dit-elle, mais j'aurai, du moins travaillé d~ns J'ombre asa gloire. Humble violette, Je Jui
cachera1 mofl amour, n.ais il respirera mon parfum.
Naturellcment la bouquetiere accepte le marché· elle
'
'
' la
napas
ses entrees
au Cirque, mais son fiancé fera
commission : - Et d'autant mieux, ajoute la friponne
que c'est luí qui est chargé de garder...
'
- On le garde ! interrompt 111me X... On est obligé de
le garder ! Je le crois bien, il doit etre l'objet de tant
de poursuiles, de tant d'entreprises désespérées ! .Mais
moi, je ne demande qu'a le voir, a l'apercevoir un ins~
tan t.
- Rien de plus aisé, dit la bouquetiere. mon fiancé
e_n le recon·duisant, pourra vous l'amene; ici ~pres l¡
représentation, qri, juslement, va finir.
Aussitot dit, aussitot fait. Le fian'cé amene furtivement l'objet. La timide Mm• X.•. n'a pas la force de luí
parler; elle avance dans l'om_bre une main tremblante ...
Mais, en meme tempi:, elle pousse un cri de désespo1ret
de dégout : cette main qui étreint ia sienue, c'est la
main du singe Papion !
Comme vous pouvez le croire, cette épreul'e suffit pour
ramener Mm• X... au sentiment de ses devoirs. Elle n'a
plus maintenant qu'une idée : retrouver le docteur
.
. ,
'
s~uver ~on mar1 qm etrangle.Mais non; un -télégramme
Vhlllt lm apprendre que !'arete est sortie d'elle-meme et
que le rideau va tomber. Elle salue lepublic et se retire
au,s1. applaudie que l'objet de sa passion. '
Te! est l'beureux penda_nt que les Folies-Marign1 viennent de donner a la Crise de M. Octave Feuillet. Cet
a-propos est intitulé Apres le Cirque. Mm• Delorme y est
excellen' ~ daos le role de &amp;im• X•••
La bourgeoisie n'a qu'a se bien tenir; les Variétés ne
la ménagent pas : je viens d'en voir a ce théatre une
.
caricature
dont l'unique défaut est 'de ne pas plus' ressernble_r a !'original, que les marquis d'a présent a)ll
marqu1s de Moliere. Singuliere manie que de s'attacher
a peindre des classes qui n'ont plus rien de caractérisé
et ~e confondent tous le~ jours davantage. A cela pre11~

•

�8

'
o

la piece de ~Uf. Clairville, Siraudin
et Blum est amusante; il n'y a qu'it
la supposer écrite depuis cinqua11te
ans. Prenons-la done comrne nne
reprise, et disons en trois mols ce
qu'elle dit en de•1x actes.
M. Dun;ioulin, venu a Paris en
sabots, - l'expre~sion est consacrée,, - et aujomd'hui deux ou
trois fois millionnaire, a conservé
des gouls plus modestes que sa
forlune, ce qui n'est pas déja un
si grand crime, et pourrait servir
de le~on a bien des lions et des
lionnes pauvres.
Tout cela change un beau matin:
Dumoulin jette \'argent par les fenetres. Dumoulin refOÍt, Dumoul•n
a. un mobilier et un train dignes
d'une . petite .dame. Dumoulin ne
vcut plus donner sa filie i1 un honncte gar~on, qu'elle , aime et dont
elle est aimée. 11 veut pour gendre un homme titré, un baron
apocryphe, et qui, en fin de
compte, se trouvera etre un aventurier, un escroc. Qucl coup de baguette a pu faire de Dumoulin une
si . plate coutref.lfon du Bourgeois
gcntilhomme? ·
Ce n'est pas un coup de baguetle,
c'est la crainle d'un coup de plume : Dumoulin a découvert que la
femme de chambre écrit ses mémoircs, et c'est pour J'honneur de
la bourgeoisie, appelée ajouer un
role daos ces mémoires, que ce
bourgeois comme il n'y en a. plus
se donne des airs de gentilhommc
comme il n'y en a jamais eu.
Heureusement, . la fcmme de
chambre a plus de Lon sens que
son maitre, · et, sous menace des
plus: drólatiques révélations, elle le
force ·a mettre le baron á la porte
et a•donoer la· jolie Agathe a son
fiancé ..
Et voila. le fond de cctte comédic,

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, . JOURNAL UNIVERSEL.
dont les détails valeut mieux que
le fond. Kopp, Couder et Hittemans, d'uoe part, et M11• L. Durand
de rautre, y mettent une vie' Ull
entrain, un talent qui ne font pas
de tort aux recettes.
Comme nous l'avions prédit dans
un de nos précédents comptesrendus, les Fourberies de 'Nmne, de
M. de Banville, n'ont pas tardé a
passer de la librairie Lévy au théa.
tre. Tout cbemin mene au Vaude,•illc. Graces a Saint-Germain et a
M11• Bianca, l'interprétation vaut la
piece.
A.

DE BELLOY.

"L'INFIORATA" DE GENZ~NO
AU DIRECTEUR.

ílome, 11 juin.

Voici deux croquis sur l'lnfiórata, ou fete des Fleurs, qui s'est
célébrée le 2 de ce mois /J. Genzano, petite ville située pres du lac
de Némi, dans une situation des
plus pittoresques. 11 y avait dix-sept
ans que cctte fétc n'avait eu lieu;
aussi a-t-on déployé cclte année un
luxe tout particulier.
Vous savez sans doute en quo
consiste princi palement cette féte.
Un tapis de fleurs naturelles est
formé dans la rue principale de la
ville et eonduit a l'église; puis la
procession arrive, et; en suivant ce
tapis daos toute sa longueur, elle
se rend a l'église. La procession
seule a le droit de marcher sur le
tapis.
Ce sont de simples paysans q11 .
forment ce tapis, une véritable merveille d'art et de gout. Guirlandes,
écussons, vases antiques, etc., y
sont représentés en grand nomL'/NFIORATA, A :;ENZA,0: PAYSANS FORillANT LE TAPIS DE FLEURS POUR LE PASSAGE DE LA PROCESSIO~.

• 1

LA PRO,:ESSION DK L'INFI0HA1'A, A \;h~ZAIIO. -

u·apres le, croquis dé ~l. A. Zwahlen.

9

�to

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

L'ILLUSTRATION. JOURN AL UNIVERS'EL.

bre; l1mr forme est irréprochable et l'assemblage
des couleurs aussi parfait que possible. Ces Italiens sont
tous de vrais artistes.
A. ZWAULEN.
Agréez, ele.

LES COURSES DE PRINTEMPS A PÉKIN.
AU DIRECTEUR.

Pélin. 10 avril 18o4.

Les plaisirs du sport sont de ceux qui font le tour du
monde a la suite des Européens. Pour la premiere fois,
le 'rn mars dernier, ils prenaient pied dans la capitale
me;ne du Céleste-Empire.
La colonie européenne de Pékin (1), bornée aune.centaine de personnes, complétement isolée au milieu d'une
population a peu pres hostile, et avec la~uelle tous rapports sociaux sont impossibles, est de celles qui doivent
se suffire a elles-memes, sous peine de succomber a
l'ennui, qui est pour elle un mal plus a craindre que
les effets d'un climat relativement as~ez sain. Aussi,
l'institution de courses bis-annuelles est-elle un événement·heureux qui fait treve ala monotonie de \'existence
habituelle.
La race des chevaux indigcoes du nord de la Chine
e~t assez médiocre, et, en genéral, les Européens font
venir leurs chevaux de Mongolie, ou se trouve une race
de petite taille, mais pleine de feu, et pouvant donner
des sujets assez disti11gués. Les chevaux destinés aux
courses sont pris parmi ccux de cinq a huit ans, et avec
deux ou trois mois d'entrainenient, fournissent une vitesse remarquable.
Un comité, formé de membres des quatre légationsde
France, d'Angleterre, de Russie et des É:tats-Unis, avait
pris la direction de la fete, dont une sou,cription géuérale faisait largement les frais. Le fO mars, toute la colonie européenne se réunissait sur un vaste terrain situé
a deux kilomelres environ de la vi lle; une foule immense de Chinois était accourue pour voir ce spectacle
si n·ouveau pour eux.
ºLes Chinois, lents et méthodiques par nature, ennemis
de toulP. fatigue, n'ont pas d'analogue de ces plaisirs;
les Tartares, plus guerriers, vivant beaucoup ·acheval,
comprennent un peu plus ces exercices; aussi, manifestaient-ils un étonnement mélé d'admiration devant les
résultats obtenus pour des chevaux auxquels ils ue
soup~onnaient pas de tclles qualités.
Le spectacle de cette plaine couverte de monde était
vérnablement curieux et intéressant; des gens de t0ut
age, des femmes parées de leurs plus beaux alours, le
demi-monde meme de Pékin, se groupaieot sur les collines ou grimpaient sur le sornmet des voitures; des cuisioe5 en plein veol, des marchaods de gateaux, s'étaienl
établis de colé et d'autre; c'était comme un champ de
foire. En un mot, pour la premiere fois, cette population, en général si hostile aux étraogers, se groupait
autour d'eux et preoait parta ses plaisirs.
Sur une estrade couverle et ornée avec gout avaient
pris ¡;lace les ministres étrangers, les dames du corps
diplomatique, et deux mandarins du Tsong-ly-Yamoun
(conseil des aífaires étrangercs) rcprésentaient ce corp~
auqnel des invitalions avaient été adressées. C'étaient
les mandarins Heng-ki et ·shong-Lueo; le premier,
vieux beau de cinquante ans, passe a Pékio pour le type
de l'élégance et donne le ton a la mode, car il y a des
modes, mrme daos ce pays de l'immuahilité ; aussi avaitil revetu ses plus belles fourrures et une sorte de robe
de dessous d'un rose teodre qui jurait avec sa figure
(1) La population européenne de Pékin éta,t ainsi répartie,
I" uril 1864.

Lé11ation de Fraoce . . .•.
!Jration hrllaunique. . . . .
U~ation de llussie. . . • . .
Légatiou des État1-Uuis••.
llis,;ion e11tlioliquc••••••
S.Zurs de charité. . • . . ..
Miuion ¡,rotestaulc anglaisc.
Miuiou protesta~tean~ricaine
Douaoes cbinu111e1. ... .
Cou,eul ruue. • • • . • . . •

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seche et janne. Tous les deux portent le.fbonton rouge
de deuxieme classe et les plumes de paon. Ces hauts
personnages avaient' amené une suite nombreuse de
maodarins inférieurs et de domestiques; ils s'étaient fait
prPcéder du hataillon désigné par eux sous le nom de
« Yang- Tsiang » (fusiliers étrangers).
Ce corps, entierement équipé el arméa l'européenne,
se trouve actuellement a Pekin pour instruire quelques
trouµes d'¡i.pres notre tactique .militaire. Son origine remonte a deux ans a peine ; instruit au fort anglais de
Takou, commandé d'abord par un officier de celle natioo, il a pris en i 863 une part active aladestructioo de
quelques bandes de rebelles, les « Nénuphars hlaocs, »
puis a tenu garnison a Tien .. TSin. Il est commaodé actuellemeot par un officier supérieur tartare, homme
assez intelligent, etqui cberchait, dans cette circonstaoce,
a faire valoir les connaissances de ses soldats.
En effet, ceux-ci, tlans l'espace d'une demi-heure,
ont exécuté, sous les yeux des résidents étranger,, toutes
les maoreuvres de l'école de peloton et de bataillon avec
une précisioo relativc; le déploiement eo·tirailleurs, qui
coovient mieux a leur genre spécial de combat, a surtout été parfaitement rendu.
Le costume du bataillon eEt entierement tartare et
consiste dans une sorte de veste large, de conleur jauoe
ou bleue, suivaot les compagnies, et bordée de rouge ou
de blanc; sur la poi trine est une lune b!anche au centre
de laquelle est écrit le mot &lt;&lt; courage ii en caracteres
maotchoux. Le paotaloo large reotre di:ns une bolle de
drap assez haute, et figur:ml a peu pres la molletiere de
nos chasseurs. Les grades se distioguent par le bouton
du ch:ipeau; qui est doré pour les sous-officiers, blanc
clair ou mat, suivant le grade, pour les officiers subalternes, bleu pour les officiers supérieurs; ceux-ci sont
montés, aiusi que cela se fait daos nos bataillons d'iofanlerie.
Ce qui nuit un peu a l'effct de ce petit corps, c'est
l'abseoce de clairons ou de tambours; les commaodemeots sont faits en anglai3, quoique certainement pas
un Chinois ne comprenne le seos exact des paroles,
mais il sait a quel mouvement enes se rapportent.
L'armemeot, essentiellcment européen et de provenance russe, consiste en un excellenl fusil rayé, armé
de sa baionnette; la giberne est soutenue par un cein..
turoo, le sabre par un baudrier de buffleteries blanches.
Apres avoir re~u, de la part des ministres, des félicitatioos qui ont paru vivement toucher les mandarins et
les officiers, le bataillon a défilé avec un ordrc parfait
et a été fQrmer les faisceaux pour pren:lre part en spectateur a la fete.
Les co11rses se sont succédé avec une régularité parfaite et dans l'ordre suivaot : Les reglements, entieremeot semblables a ceux des courses d'Europe, ont été
suivis ponctuellement; les prix seuls constituaient plutot une sorte de stimulant de la partie qu'uoe véritable
recompense.
{° CocRSE AU TROT. - Distai:ice, trois quarts de mille
anglais : Prix, 60 francs; 3 chevaux engagés. Gagoé par
Tarlarin, a. M. Petscbouroll, de la légation de Russie.
2° PtKJN-DERBV. - Distnnce trois quarts de mille:
1•r Prix, 240 fr.; 2• prix, GO fr.; !J chevaux engagés. Gagné par Kreschack, a M. de Bismark, attaché a la légation de Prusse, et par Tim Whiffler, a. M. Brett, des
douanes chiuoises.
3° CouRSE DES MINISTRES. - Pour chevaux anglo-indiens du golfe Arabique: distance, i mi lle, prix : 240 fr.;
5 r.bevaux eogagés.
Cette coui'Se, .la plus inléressante par la valeur des
chevaux engagés, a été brillamment eolevée par Joviat,
a M. Hubert, de la légatiou de France, arrivé premier,
quoique placé par le sort au dernier rang, au momeot
du départ. Kettle Drum, a M. Saiot-John, de la légation
d'Aogleterre, suivait second adeux loogueurs.
4° HANG-no-Lou StAKES. - Distance, demi-mille : Prix,
!JO fr.; i I chevaux eogagés. - Gagoé par My Grief, a
M. Hobson, des douanes chinoises.
'
5° LEG,\Tlmls PLATE. - Distance, trois quarts de
mi lle : {•• prix, i 20 fr.; 2° prix, GO fr.; 8 chevaux engagés.
Gagné par Tim w1qper, a. M. Brett, et Excelsior, a
M. Hohson, des douanes chiooises.
6° SruoENr's Pure. - Dislance, trois quarts de mille :
Prix, 120 fr'.; onze chevaux engagés.
Gagné par Pi~t ·l, a M. Denoys, de la légation d'Angleterre.

Distance, un demi-mille : i er prix,
90 francs; 2° prix. 60 fr.; 3° prix, 30 fr.; 9 chevaux eugagés.
G:igné par Kieselark, a M. de Bismark : My Grief, a
M. Hob~oo, et T im Whiffler, a M. Brett.
·
8° PR1x. DE CONSOLATJON. - Pour cbevaux n'ayaot pas
e11 de prix : distance, trois quarts de mili e; prix,
120 fr. ·
Gagné par lron Sides, a M. le docteur Pogogeff, de la
légation de Rus.~ie.
Comme on le voit, le comité avait cherché a multiplier les épreuves pour encourager les coureurs, et le succes a répondu a l'attente. Daps un pavillon voisin ·avait
été servi un lunch élég:rnt, auquel les Chinois faisaient
le plus grand honneur; enfin un joyeux banquet réunissait le soir tous les souscripteurs des courses.
En résumé, cette premicre journée, marquée d'uoe
grande origioalité, a laissé d'agréables souvenirs dans
!'esprit de tons les assistants, et l'institulion des courses,
en créant uoe occasion de rapprochement entre Eur.opéens et Chinois, ne sera pas sans influen,ce heureuse
sur leurs rapports mutuels a!'avenir.
Agréez, etc.
Pour extrait: P. PAGET.
iº Itu,'!l!CAP. -

AUTOBIOGRAPHIE D'UN POETE.
(Suite,)

Le lendemain, seloo l'usage, toute la troupe des
r·remiers communiant~, gar~ons et filies, dl?vait, sous la
conduite des deux boEsues, aller faire une promenade
en Belgique (Comines et Werwiq), pour en rapporter
des fig11es. Bientot le soleil devint fort ardent, et l'altératioo contracta plus d'un gosier. Quelques g:ir~ons,
doot j' étais, eurent \'idée d'eotrer dcux ou trois fois
dans des cabarets de la route pour s'y faire servir a
a boire. Les bossues ootcrent le fait; elles noterent, en
outrc, que nous fumes ensuite tres-exaltés, tres-pcu
remplis de \'esprit saiut pouruo lendemaio de premiere
communion, et qu'cofin, ce qui ne futjaruais démont~é,
nous poussames, au retour, plus d'une fillette daos les
fossés.
Ah! les sournoises bossues devaient en ourdir une
bien noire trame! Je o'a\lais plus a \'école depuis quelques jours, et je travaillais ci. la maison, oü mon pere
était provisoirement reten u par une blessure a la jambe,
lorsqu'uo beau malin le curé entra. C'était un véritable
apótre. Il avait de beaux cheveux blancs, des traits réguliers et un air d'ascétisme empreint sur le visage
comme dans toute sa per!onne. On le savait dur pour
lui-meme non moins que pour les autres, et nul n'aurait
jamais eu la pensée de douter de sa vertu. JI avait au
plus haut degré le zele du bien ; il avait peut..etre quelquefois lrop de zele. Grand et maigrc, il ne sortait jamais
sans un baton blanc, qu'il teoait comme un pasteur fait
de sa houlette; mais il ne s'appuyait pas. 11 aimait a se
promener daos les sentiers du village, et j'avais vu bien
souvent, avec je ne sais quelle impressioo de terreur
respectueuse, sa grave silhouette se détacher sur le fond
verdoyaot des prairies. En chaire, il montrait la roa.le
éloquence rustique qui convenait a ces hum bles esprits,
et comme le Christ, son maitre, il leur parhit de préféreoce daos un langage plein d'images et de comparaisons empruotées aux travaux des champs. Je me complais a ces développemeots sllr cet boro me qui me chatia
rudement, mais qui, je n'en ai jamais douté, me cbatia
par conviction et pour moa bien.
A ce1te eotrée du curé, je resseotis comme un choc
électrique. Le pressentiment d'un malheur m'eovahit.
Mon pere était assis devant une grande table.chargée de
papiers; sa jambe était éteodue sur une chaise; ma mere
se tenait pres de lui, occupée a quelque travail tl'aiguille;
moi, je burinais sur un cahier d'écolier, a une table de
dimensions plus modcstes. L'arrivée du pretre mit tout
le monde en émoi. Son visage avait une expression grave
et sév~re. Apres quclqnes questions prouvant l'iotéret
qu'il preuait a l'infüposition de mon pere, il ajouta :
« Je regrette beaucoup d'avoir, en de pareilles circons•
tances, avous révéler des choses qui vous seront péoibles.
Je crains bien que votre fils n'ait pas accompli ce grand
acte de la premiere communion dans les dispositions de
piété qu'il comporte. ii Et il exposa mes prétendus torts
avec toutes sortes de détails, hahilement groupés, qui
n'étaienl pas de nature a me valoir le bénéñce des circonstances atténuante5 : les infemale11 bossues1avaient

11

de mon pere. La situation allait devenir critique·
r~ide~meot d.istillé dans leur compte-rendn toute la m'ordonner de me taire. N'importe! mon amie savait
Par malheur, le café était excellent, et le gofit de la
mal ice et tout le fiel de leur bosse. - &lt;1 Cet enfaot est maiotenant que je n'étais point terrassé ! J'avais meme chicorée ne s'y faisait oullement sentir. Maladroile sertres-coupable, continua le curé, et je ne doute pas que, remporté une douhle victoire, puisque mes oppresseurs vante ! Ma planche de salut allait glisser entre mes
daos J'intéret de son ame, comme pour réparcr autant m'avaieot vu si vaillanl.
Avant le Credo, le pasteur monta en chaire, et j'eus doiats. Je lns ma condamnation sur le visage paternel,
que possible le scanclale de s~ _cond~it~, v~us ne m'au_tol'l~onneur
d'occupcr une large place daos son sermon. ou t'influence du moka faisait monter une inquiétaote
risiez a lui infliger une pun1t1on oecessa1re. ii Ma mere
JI
rappela
le
scandale qui avail eu licu et qui devait etre lueur de mansuétude. La cloche soooa pour la seconde
avait pali, mais elle resta muelle. Mon pere, qui était
expié.
Le
texte
prctail aux développements, et !e véné- fois, ce qui voulait dire : prenez vos chapeaux et vos
tres-ncrveux, entra contre moi daos une grande coli&gt;re, ·
11vres de priere ! Je ne bougeai point, et crus babile de
et accorda sans réscrve tous les pouvoirs qu'on lui de-- rable prelrt: ful entrainé fort loio par son zele. Comme
demaoder
a Jrton pcre, pour détouroer son attention,
mandait. - « Oui, il faut un exemple, dit en partant elles ·portaieot a faux, ses paroles, loin de me toucher, s'il me permellrait de l'accomp~gner chez M. le curé de
l'austere vieillard, et comme prelre de cette paroisse, il acheverent de me raidir par le sentimeot de l'injustice
Menin: Mon pere semblait étre devenu tout a coup la
est de mon devoir d'etre inflexible. ii Cela promettait, et auquel l'enfance est si naturcllement accessible. Je teproie d'un embarras qu'il cherchait a surmonter. Il mit
je o'avais plns qu'a attendre,avecune confiaoce aoxieuse, nais mes yeux fixés, iosoumis et presque mt'na~aots,
un
peu de cognac dans le restant de son café, ce qui
vers la chaire. Bref, la sainte éloquence du prédicateur
le chatiment :rnnoncé.
devait
achever de me perdre, et dit en allemand a ma
Apres le départ du curé, ma mere clut intervenir pour produisit sur moi un effet tout contr:iire a celui qu'il en
mere
{!Uelques
mots dont je compris f esprit, smoo le
empecher le courroux paternel de prendre de trop fortes attend::it.
sans
littéraL
Ma fermeté fiévreuse se détendit pourtant un r,eu
proportions. Elle avait compris qu'il y avait dans toul
_._ « Mon enfant, dit-il enfin, tout biPn pesé, il s'agit
cela a faire la parl des exagérations vindicatives des deux quand la messe approcha ele son terme. Je me pris aréici
de prendre une détermination fort grave. La sagesse
fléchir aux suites de ma mésaventure. Comment traverméchantes fées.
commande beaucoup de circonspectio~. Meme dans too
ser
la
place
ou
les
paysans
avaieot
coutume
de
s·attarLe reste de la semaine s'écoula paisible'Jlent, et je
intéret il convient, je crois, de ne pas s'arreter légecommen~ais a respirer. Le di manche, je partis pour la der longtemps en conversations? Commeot affronter
'
.
rement et sous l'impression d'uo mécontentement, s1
tous
ces
rcgards
curieux,
et
doot
la
pluparl
seraieot
saos
grand'messe avec mon pere; el je mesuissouvenu plus
motivé qu'il paraisse, a un parti sur lequel il o'y aurait
tard qu'au moment ou nous allioos uous mettre en doute moqueurs et malveillants? _c'était le plus amer
plus ensuite a revenir. Avant tout, il est d'ailleurs escalice
qu'il
me
restait
a
porter
a
mes
lcvres.
Je•me
deroute, ma mere vint m'embrasser d'un air ému : j'ai
sentiel
de savoir si M. le curé de Menin consentirait a
pensé depuis qu'elle savait alors, du moins en partie, ce maodai d'abord si je ne ferais pas mieux de traverser le.
t"accepter.
11 me vient la crainte qu'il ne 'juge peut etre
qui allait m'arriver. Quand le troisieme coup eut tinté, cin;eticre et de revenir a" travers champs en faisaot le
devoir
s'abstenir,
ne ful-ce que par égard pour son conquand chacun fut a sa place, le curé s'avan~a, seloo la tour du village, le seul chemin a prendre pour éviler la
frcre.
Tu
as
trop
de bon sens pour ne pas comprendre
couturr.e, pour distribuerl'eau bénite. En passant devant place. Mais il me sembla que ce serait une fuite, une
que,
dans
le
doute,
il importe que nous ne brulions pas
oous, il me lao~a un regard qui me terrifia. P111s 1i ren- lacheté. Je renon~ai a cet cxpédieot, et me résolus il
nos
vaisseaux.
11
faut
cependant bien qne l'accomplissetra daos la sacristie pour y déposer l'a,persoir. La messe attendre, pour sortir, que la foule eut quitté l'églis!l.
ment
de
tes
devoirs
religieux ne soit pas interrompu.
allait commencer. II sortit de nouvcau, mais sans avoir Moa camarade partil le prcmier. Je pris mo11 courage a
Oue
ferions-nous
si
l'on
ne voulait pas t'admettre au caencore revelu l'étole, et se dirigea de ootre colé précédé deux mains; j'essuyai de mon mieux la poussiere doot
téchisme
de
M
enin?
Je
te
promets de chercher sans reles
dalles
avaient
marqué
mon
pantalon
a
l'endroit
des
du bedeau. Je sen lis un frisson me courir de la t~te aux
tard
a
tout
concilier
pour
le
mieux. Mais, en atlendant,
genoux,
et
je
me
glissai
leotement,
mystérieusement
pieds. lis s'arreterent devant moi. Le curé me saisit par
je
dois
faire
appel
a
ta
raison,
aton courage, et te prier
vers
le
portail.
Des
groupes
nombreux
s'entreteoaient
l'oreille et m'enjoignit de le snivre saos résistance. Je le
de
prendre
sur
toi
de
retourner
aujourd'hui a l'instrucsur
la
place.
Je
me
dis
qu'il
ne
rue
siérait
pas,
apres
ce
suivis ainsi jus~u·au milicu du chreur, ou il me fil mettre
tion
de
n~tre
,église.
Je
suí$,
du
reste,
persuadé que tout
qni
v
,cnait
de
se
p.i.sscr,
de
la
lraverser
du
pas
calme
de
a genoux. Cette premiere exécution fa,te, le curé et le
le
mcode
verra
ta
conduile
avec
édification,
et que
quelqu'un
doot
la
réputation
est
saos
tache;
la
voix
~ebeilcau se d1rig-erent encore une fois vers le food de
l'église, et je vis hieotót arriver, comme j'avais fait moi- crete de l'amo11r-propre froissé me conseillait aussi M. le curé sera le premie!' a t'en tenir compte. &gt;l
Je r.onnaissais trop mon pere pour risquer une objec..
meme, c'est\il-dire tiré par l'oreille, le plus e~piegle de d'abréger autant que possible cetle dcrniere épreuve.
tion
: elle n'aurait eu d'aulre résultat que de me faire
nos camarades, le fils cl'un mus-brigadier de la douaoe, J'cnfou~ai mon cbapeau sur mes yeux, et, saos me déordonner,
d'uu ton séYere, ce qui m'était demandé
pauvre garfOD qui n'ét:iit pas non plus alié apprendre lourner une seule foi~, je pris ma course et volai comme
d'une
maniere
si bienveillante. Je partís.
son catéch1sme chez les bossue~, mais qui, en reva11che, une fleche jusqu'a la maison pateruclle.
D•1
courage,
me cría encore de la porte mon exMa mere se tenait derriere la porte pour me serrer
avait partagé mes détnrdcments a la promenade. A la
cellente
mere;
cette
soumission t'honore et t~ portera
dans
ses
bras.
Mon
pere,
qui
venait
d'eotrer,
lui
avait
maniere doot se contraclait son oreille, on voyait bien
bonheur.
tout
dit,
et
sans
doute
qu'elle
ne
s'attenclait
pas
il
une
que celui-lil n'avan~ait pas tout afail en victime résigoée.
Voici comment elle me porta booheur. Quand le ca11 me fil vis-a-vis, selon toutes les regle, de la symétrie, puoition aassi cruelle. Cette fois, je ne pleurais pornt.
téchisme
fut terminé E:t que la foule eut pris place pour
~Ion
reil
était
aride:
il
couvait
la
colere
et
la
fievre.
Le
de \'aulre coté du chreur.
Que se p~-.;sait-il au fond de moi? Cette blessure a creur des femmes devine tout; a plus forte raison le lts vepres et le salut, le curé, dans la meme forme et
l'amour-propre était si vive, que je crois la ressentir en- creur des meres, quand il s'agit de leurs enfants. La avec le meme accompagnemeot que le matio,. vint me
core. Qu'allait-on penser etdire? Ma honte était publique, mienne crut devoir ne faire allusion que par quelques chci'cher pour me mettre de nouveau a gcnoux daos le
mots a :ce qui s'était passé. - « Mon ami, je sou!fre chreur. Je vis également arriver mon pauvre camarade,.
011 n'oublierait jamais cela. Je ne me savais pas d'enoemis, mais il y avait bt!aucoup de famiLIP.s jalouses de la plus que toi de ce que tu as· sou!fert. 11 faut montrer dont la résistance se traduisa1t plus visiblemeot qu'a la
mienne, et cel~es-la ne maoqueraient pas de se réjouir que tu deviendras un homrne en supportant cela avec grand'messe. Le bedeau dut employer une certaine'viode mon humiliation el de me mootrer au doigl. Je rumi- fermeté. Qui u'a pas eu a subir daos sa vie quelque in- leoce pour le réduire a s'ageoouiller. Mais le bedeau et
nai d'abord amerement toutes ces pensées; puis, ayaot justice? Mais l'épreuve est traversée maiotcoant;:tache le curé curent a peine fait quelques pas, qu'il se leva
brusquement et s'enfoit de toule la vitesse de ses jamtourné les yeux vers mon camarade d'infortune, je lui de 11'y plus penser. i,
l\ous pas.•ames dans la salle a manger, oú mon pere bes. J'admirai son audace, mais je ne l'imitai pas.
trouvai un air de révolte et de moquerie froodeuse qui
Je m'arrele. Ce fut ma mere qui alla définitivement
nous
attendail ponr le diner. Il avait une agitation visime releva de mon abaltemenl. Lt:s réflcxions philosophiques prirent le dessus, et j' eovisagcai plus froide- ble, et je compris que ma mere, par ses observlltioos, régler ce compte avec l'impitoyable pasteur; et quelques
meot ma posit,on : j'étais a geooux daos le cbreur, ce. l'avait préparé a trouver maiotenant mon chaliment mois plus tard je quittai le. village pour le collége de
qui élait peu flalteur, a la vérité. mais ma conscience excessif. - &lt;&lt; M. le curé a été trop loin, dit-il tout a Lille.
JI y a un post-scriptum a cette aventnre. Mon pauvre
ne me reprochait ríen, et je sou!frais injustement. Une coup d'une voix qui ne pouvait vas dissimuler son irrifois sur cette pente .du raisonncment, moo jeuoe esprit tation émue. J"irai lui dire ce que j'en peose. On ne camarade rebelle re~ut plus tard le prix de sa vaillance
se ra!fermit bientot au point d'oscr laisser mes regareis flétrit pas aiosi l'ame d'uo enfant dans son amour--pro- Je l'avais perdu de vue clepuis vingt-cinq ans, lorsque
les hasards de la vie le replacerent sur moo chemin.
plonger résolument daos la foule des assistants. Hélas ! pre ! &gt;i
ce bean courage ne fut pas de loogue durée, car j'aperJe crus le moment opportuo pour iosinuer que j'étais Arres avoir été soldat, il étaitdevenu douaoier. Un jour,
~us coutre la colon ne, ou elle avait l'habi!ude de se pla- certainement victime de la r:mcune des de•Jx méchantes daos un port de mer, ou j'étais de passage, il enteod
cer, l'excellente dcmoiselle de Laonoy, qui fondait en bossues. - &lt;t Elles auront voulu se venger de ce que citer mon nom, et vient me rappeler le sien. 11 n'avait
!armes. J'eus ,le creur brisé. - 1&lt; Pauvre boooe iustitu .. vuu5 ne m'avez pas eovoyé chez elles pour le caléchisme. qu'un désir, etre placé a París dans son modeste emploi.
trice! pensai-je, la voila plus désolée que moi-meme, Elles •1oulaient surtout vous humilier en m'humiliant, et Je me trouvais en position de lui etre utile, et je le lis
parce qu'elle me croit tres-malheureux ! &gt;•
je les ai vues sourire en regardant les fabricaots, qu'el- avec bonheur. J'ai meme eu la joie de pouvoir, depuis,
Je sen lis alors de grosses !armes glisser sur mes joues.• les savent ne pas aimer les chefs de la douane (ce qui améliorer sensiblement son sort. N'avait-il pas partagé
Puis la certitude d'etre plaiot par une amie me devint était vrai). i&gt;
les plaisirs etle plus grand chagrin de moo eofance?
par degrés une consolation, une douceur, une force,
L'argument porta coup.
Derrie1e le jardín de mon perc s'élendaicot de vastes
et je ne songeai plus qu'a. tirer de son chagrio ce creur
- « Eh bien! cela ne se passcra pas ainsi, reprit moq prairies, ou de belles vache~ flamaodes avaient presque
compatissaot, en lui faisant comprendre que je preoais pere dont \'exaltatioo allait croissant. A partir de ce en tout temps de l'herbe jusqu'au poilrail, car la luxumon mal en patience. Que! moyeo employer pour cela? jour, je ne veux plus que tu ailles i"ci au catécbisme. A riance des rcgains égalail celle des premieres séves. J'ai- Je n'ai jamais su chanter juste, bien que mon oreille !'avenir, c'est a Meniu que tu iras. Des ce soir, je m'cn ma1s a les contempler, le soir, couchées dans cette
m'avertisse exactemeot d'une note fausse. Je m'étais entendrai avec M. le curé de Menin. i1
épaissc verdure, aux trois quarts enfouies, et ne laisdone toujours ab~teou de mcler ma voix a celles des
C'était parler d'or, du moins a moo avis; et je me sant voir que leurs corncs reluisaotes, ou leurs humifideles. Daos l'espoir de sécher les pleurs de la bonne sentís tout triomphaot quand soooa le premier coup de dt:s oaseaux, qui semblair.nt aspircr les rayons du soleil
derr.oiselle de Lannoy, je me seotis tout a coup l:i. force clocbe pour appeler les eníaots au catéchisme: Hé- couchant. Quand, chassées par le patre, elles quittaieot
de surmonter tous mes scrupules, et je fis éclater mon las ! au meme moment entra la servante apportant enfin r,e doux nonchaloir pour revenir vers l'étable,
timbre discordant de toute la sonorité de mes poumons. le café. J'avais eu plus d'une occasion de remarquer leurs pis gonflés avaieot peine a retenir leur lait, qui
L'effet fut tel que le bedeau vint, de la part du curé, que le café possédait la. propriété de détendre les oerfs jaillissait a chaque pas et marquait leur passage d'une

�L'ILLUSTRATION, JOLIRNAL UNIVEHSEL.'
t2

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

extraordinaire. Le maire avait d'abord voulu s'opposer a
trace d'argent : c'était comme une autre voie lactéc. derniers temps de mon srjour au village, une femme, une installation qui allait etre longtemps pour les popuLeur pfüe 'était un pauvre idiot, fort inoffensif d'ordi- jeune encore, et qu'une immense douleur avait saos Iations un sujet d'émotion et de trouble; mais l'acquisinaire, et qui avaitpris en grande affection mon frere, ma doute poussée a cette détermination étrange, était ve- tion de la Folle avait été soldée en beaux écus comptants;
sreur et moi. Chaque jour, quand approchait l'heurc de nue se construire une retraite a l'endroit le plus sombre la propriétaire était m:ijeure et non interdite; et bien
nos ébats dans les hautes herbes, il venait exactement, et le moins fréquenté de ce bois; le! bruit s'en répandit que ressemblant peu au:x acles de la sagesse commune,
avcc les deux batons qui lui servaient a rallicr ses va- bientot aux environs, et ce ful aqui irait voir la Folle. sa vie sauvage ne constituait pas, Jégalement, un titre
La panvre femme, en effet, ne fut jamais désignée sous
cbes, l.iattre une marche de rappel sur la porte de notrc
suffisant pour la
faire enfermer. Elle
ardin, et sa voix
ne fut &lt;lnnc pas inmonotone mclait nos
quiétée .si ce n'cst
ooms a celte champar la turiosité des
pétre musique. Le
paysans et des villapauvre idiot, qui
geois, qui venaient
alors déja était aratout moment l'exarivé a\'a.ge mur, n'aminer, l'épier, comvait que trois idées :
me une bete féroce
nous voir, parler.de
dans fa cage. Les
sa premierc commuenfa ts surtout la
nion, qu'il espérait
tourmentaient saos
bien faire aux processe, et, pour mon
ch:iines fétes de Pacompte, je faillis un
ques, et de la belle
jour payer cher une
montrc
d'argcnt
importunité semblaqu'on lui avait promise pour cette céble.
N. M.ARTIN.
rémonie. Hélas! bien
que trcs-assidu aux
( La ,uite prochaiiwnenl J•
catéchismes, il voyait
toujours rcmettre a
l'année suivante la
réalisation de ce
CONSÉCBATION
double désir. Je puis
dire qu'il était en•
lt&amp; U ?IOCffLLI
core plus heurcux
lGLISI SAI'KT&amp;-PKRPiTUK
que moi lorsqne, les
jours ou sifOait la
All'!mu.
hise,j 'accouraiR daos
la prairie avec mon
AU nIRECTEUR
gigantesq11e cerf-volant, et qu'il m'aiNimc1, 15 juin.
dait a lui faire prenNimes vient d'adre son essor au
voir
une cérémonie
plus haut des nues.
analogue a celle qui
Oc quel air étonné
attirait la foulP. a
et de quelle houche
Marseille, il y aquelbéante il regardait
ques jours; le 8juin,
monter, en frétillant
on consacrait la noule long de la corde
velle église Saintetcndue, les petits paPerpétue. Plusieurs
piers troués que
hauts dignitaircs de
j'envoyaisalors, sous
l'Église
étaientvenus
forme de mi~sive,
dans
notre
ville pour
au cerf-volant daos
a~sister
a
cette
solenles célestes espaces !
nité.
A
huil
hcures,
Si l'id1ot m'aimait, il
Mgr l'éveque de Niaimait pourtant enmes, accompagné de
core plus ses vaches.
tout le clergé de la
Un soir que, par un
vi lle, des archevé •
caprice d'enfant, j'aques de Genes et
vais taquiné tme de
d'Avignon et des
ces paisibles beles
évéques de Viviers,
au point de la faire
de Valence,d&lt; j,aintbondir au détriment
Jean-de:-Maurienne
de son lait répandu
et de Digne, s'est
sur l'herbe, il me
dirigé, escorté par
poursuivit comme
une fonle nombreuun furieux , lan~ant
se, vers la nouvelle
apres moi ses ha .
église.
tons, que j'entends
Les prélats.se sont
encore sifOer a mes
CU:,jSECRATIOS OE l}t,;GLISE SAISTE-PERPl;rLf., A -;1.uE$. - O'apres uuc phv!ograpbie de M. A. C.respo11.
p\acés sur une esoreilles, etqui étaient
trade qui leur étai~
bien de taille a me
de
la consécration a
pndre le era.ne.
destinée et aussitcit la cérémonie
Heureusement que mes jeunes Jambes m'arrachc- un autrc nóm. Son haLilatio11, qui est t eslél! gra~~é en commeneé.
rent au danger. Le lendem:iin, nous étions redeve- relief daos ma mémoire, se composait d'ubc )'otlte tnaPuis la proeession est allée chercher les reliques de
nus les meillcurs amis du monde, et rien ne me fit ~onoée et couverte de gazon, au-dessus de laque\le s'é- Sainte-Perpétue, qui étaient déposées au pensionnat de
croire qu'il se rappelat l'épi~ode de la veille. L'idiot ne Ievait une toute petite maisonnette en bois, qui ressem- l'Assomption, et est venue les placer sur le parvis de
disposait que de quatre a cinq mots au plus pour expri- blait a une grande guérite. Un étroit escalier mettait en l'église. Apres une allocntion de Mgr Dubreuil, archevémer sa pensée, ou ce que j'appe\lerai plus justemeot la communication cette cave et cette maisonnette, et un que d'Avignon, les reliques·ont été introduites dans le
jardín d'une centaioe de metres environ entoura1t le
pale et ,aci\lante lueur dr. son impression actuelle.
sanctuaire et la cérémonie de la consécralion a conCe péril, auquel un bizarre verti~e de l'idiot m'avait tout. On l'avait pris sur le bois dont il avait fallu abat- tinué.
ainsi tout a coup ex¡&gt;osé, me rapp;lle une autre aven- tre des arbres; et ce singulier domaine était enclos
Le tout s'est terminé par la célébration d'une messe
ture de cette mcme époque, et qui m'avait alors d'une haie vive. Quand la Folle n'était pas daos son ca- pendal'.Jt laquelle la musique de la ville et la société
tres-vivement impre~sionné. A deux licues environ veau ou dans sa guérite on l'aper~evait dans son jardín, chorale la Lyre d'or se sont fait entendre tour a tour. 11
d'Halluin, il y avait un grand bois oü la bande de qu'elle béchait elle-m~me, ou elle plantait des Iégumes, était pres d'une beure quand la cérérnoeie finissait.
gamins intrépides dont j'étais membre, faisait de nom- et ou l'on ne vit jamais qu'une fleur, le souci. Le maire
Agréez, etc.
Pour ea:trait: P. PAG!T •
breuses battues daos la saison des noisettes. Vers les P.t le curé connaissaient seuls le secret de cette e1istence

'

•

i3

Cié du Caveau. Le voila qui redevient entreprenant. 11 les_ pieccs _que l'on fai~ aujourd'hui sont si Iongues et
pré¡,are, pour commencer, un opéra-comique en trois fimssent s1 tard, que les habitants des quarliers entréCHROIIIQUI lill!DtmC~L!lt,
acles. J'en ni Ju le titre quelque part, et je pourrais mes n':m peuvent plus jouir. JI y a déja plus de six mois
Malgré toules les difficultés qui semblent devoir con- nommer l'auteur de la parlition. VoilaParis menacé d'un qu'une pétition chargée de huit cents signatures a réclamé l'éreetioo du théatrc de Montrouge.
trarier, a París, l'éreclion d'un nouveau théatre, la li- déluge de do ubles croches ... Que París se ¡,assure ! il ne
Je n'ai encore parlé que des entreprises en cours d'exésera
pas
noyé,
Le
Thé4tre-Lyrique
et
l'Opéra-Comique
berté, dont le regne commencera le i" juillel proohain,
cution.
Les thé.itres en projct sont plus nombreux. On
vont
fermer
la
fois
le
mois
prochain
et
les
provinciaux
1
&lt;1 la liberté, vierge féconde, » comme diiait Béranger1
en veut faire un•
ne tardera pas a faidit-on, dans la rue
re, si l'on en croit
Scribe, un daos la
les on dit, tout ceque
cité d'Antin, un sur
l'on attend d'elle, et
le square Monthopeut-ctre méme
lon, un sur le boulequelque cbose de
vard Malcsherbes,
plus. Un nouveau
un sur le boulevard
tbéalre italien, conBonne-Nouvelle, un
current redoutable
a Passy, un au bois
de celui dont M. Bade Boulogne (spec¡;ier est le directeur,
tacle de jour), un
surgira bientot rue
aux Champs-Élysées
fiicher, tout pres de
(Opéra
d'été ), etc.,
la rue de Trévise. 11
etc.
Qui
aurait jasera exclusivement
mais cru que la spéconsaeré au genre
culation, chez nous
bouffe, que son ainé,
• aussi hardie T '
f ut
depuis longtemps
Ce sera un curieux
déj a, négli geai t
spcctacle
que cct
beaucoup trop. L'oimmense remue-m 1 _
pera butfa est née en
nage, et il ne Eera
ltalie, et n'a jamais
pas saos intérct d'en
pu prospérer ailétudier
les résultats.
leurs, quelques tenEn
attendant,
I'Opétatives qu'on ait faira
prépare
son
noutes, a di verses époveau
ballet,
Néméo,
ques, pour l'acclimadont MM. Ludovic
ter au dela des AlHalévy et Meilhac
pes. A ce qu'il paont tracé le pro..
rait, il faut a cette
gramme, et dont
filie insouciante et
M. de Saint-Léon a
rieuse un soleil plus
écrit la chorégrachaud que le nótre,
phie. M11• Marie Sax
et le laisser-aller des
a
chanté derniercmreurs méridionament
les Vepres Siles. Pendaot plus
ciliennes
avec une
d'un siecle, !e drame
rewarquaLle
énerioyeu:x, dramma oiogie,
ce
qui.
n'a
coso, a tenu en Jtasurpris personne, lie le baut du pavé.
et en méme temps
Les plus habiles maiavec u9e agilité fa.
tres, les génies les
cite et eorrecle. On
mieux inspirés, des'y attendait beaupuisle Buranello ju¡coup moins. On a pu
qu'a Rossini, luí ont
constater cbezM.Wadu leurs soeces et
rot, qui remplissait
leur gloire. Que de
le role du ténor, de
cbefs-d'rouvre ils ont
grands
pro::;res ,
produits ! Quelle mine a exploiter pour
ll'heurcnx cha11gcune administration
ments. Ln timbre de
intelligente ! - C'est
sa voi~ s'est amélioré. d ne fait pln,q
M. Caimi qui dirigera le nouveau tbéad'efforts. 11 a du
tre bouffe, aidé de
calme, lle l'éléganM. de Filippi, diletce, de la ~rúcc, un
tante tres - expe1 •
exccllent SLJ le.
daos les affaires draM. David a dél,uté
matiques.
daos l!obert le DiaLe théatre de la
blc, role de Bc1 Porte Saint-Martín,
tram. 11 a du talent.
oil logea, de ii8l
Mais les notes graves
a f 7:JJ, le grand
lui manquent, et son
SALO:i DE 1864: FRUITS ClJBlLLIS. - Tableau de». J, Mais1at (voir la page 3).
Opéra, va redeveexécution n'a rien
nir, au moins dans
d'infernal. A coté de
1!°e.ce~ioe mesure, nn théatre musical. On y prépare qui pendant l'été visitent &lt;&lt; la capitale, " n'y trouve- luí,~'"• Pascal continuail ses debuts daos le role de la prin1exe~ut1on de Jliorma, tralluite en frangais, et celle du ro~t pas, tout comple fait, plus de musique qu'il. l'ordi- cesse Isabelle. Elle y a produit tout justement le mcme
Barbier de Séville, en attendant des reuvres nouvelles na1re.
effet que daos Guillaume Tell. M. Gueymard jouait RoL'entreprise est passablerutnt audacieuse.11 faut aNorma.
La salle de coneerts ouverte il y a quelques mois sur bert, M11 • Sax la « gentille Al ice; » et uu "éometre de
~omrue ~u Barbie~, des ehanteurs de prcmier ordre, e~ le boulevard Sai:it-Gcrmain, va se transformer en salle joviale humeur s'amusait, de l'orchestre, suppuler la
Je ~e sa1s trop o~ la Porte Saint-Martín a pris ceux de spectacle. On en construit d'autres encore - une au somme métrique ou pouvait monter l'addition de ces
. Montrouge, une aux Ternes, une daos ' l:i rue La- trois circonférences : M11 • Su, M. Gueymard et Mm• Pas~~ elle va nous fa1re entendre. Mais quel que soit Je suc- pet1t
ces -~e ce_tte aventure, ce théatre sera sorti de sa vieille fasctte, entre la gare du Nord et celle de I'Est, une en- cal.
ormcre, 11 aura fait une infidélilé a11 mélodrame hrutal fin_rue tle Lyon, entre la gare de Lyon et celle de
On a vu plus récemment le début de Mil• Camille de
et déelamatoire : ce sera toujour.; cela de gacrné.
Que'
la
Maescn
daos les Hugucnots. C'est la sreur cadette de la
Samt-Maur. Qu'on explique comme on voudra, - ou
0
musique lui soit légere!
com~e on pourra, - cette bizarre attraction que les cantatrice qui a eu, l'hiver dernier, tant de succcs au
1~ Y a plus loin, sur le boulevard du Temple un tout ch?mms de fer semblent exercer sur les entreprises Théatre-Lyrique, daos les 11écheurs de Perles et daos RiP~~1t tbé~_tr~, qui jadis cultiva l'opérette, et d;nt l'am- th_eatral_es ! Apres tout, ce qui est excentrique n'est pas goletto. Mil• Camille a les traits les plus distiorrués lea
bit1on s eta1t, depuis, restreinte aux ftons flons de la necessairement extravagant. Paris est devenu &amp;i grand, plus fins, et ll taille la plus élégante du mond/ Sa 'voix

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L'ILLUSTR.¡\TION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTR.\TION, JOURNAL UNIVERSEL.

est étendue, égale, facile, et le {tilllbre en est délicieux.
Elle vocalise avec assez . d'agilité, sinon tres-correctement, et prononce le moi9s qu'elle peut : mais elle a
laissé échapper quelques mots r¡uiont suffi pour pro•JVer
qu'elle parlait beige. Bref, elle a des déíauts qui peuvent se corriger,• et des qualités fort rares que le travail.
et l'exercice développeront infailliblement. C'est done
une acqnisition excellente.
Sa sreur ainée, au- Théatre-Lyrique, vient de jouer
Adalgise daos Non_ng, )l,coté d_e Mm• Andrieux-Charry,
qui débutait par le rol~ de la terrible druidesse. 11 est
fachem:: qu'on n'ait point ¡adopté la dimibution inverse.
C'est M11• de Maesen qui aurait dü chanter Norma, et
Mm• Charry Adalgise. D'ailleurs, on exécute la musique
de Bellini, au Théatre-Lyrique, avec l'ardeur, la violence et le formidalile bruit qui conviennent a celle de
M. Verdi. C'est un contre-sem perpétuel. Les compositeurs italiens se suivent et ne s~ ressembleot pas. Mais
on ne se doutait pas plus de cela daos la salle que sur
le théél.tre, car les applaudissements allaient toujours a
celle des deux cantatrices qui criait le plus.
G. 8EQUET.

temporains rendent hommage aux fondateurs de l'éclec- Celui-ci devait, d'inspiration, lui'rendre peu a pen son
tisme, mais n'acceptent point leur philosophie. Elle leur véritable caraclere. Mais il lui fallut des années, non
semble mam¡uer de caractere scientifi,r¡tte. Ce n'est pas saos doute pour créer des cbefs-a'ceuvre immortels,
1ju'1ls prennent parti pour le matériahsme: ils sont divi- mais pour avoir le secret de sa propre création, pour
sés sur cc'tte question ; les uns veulent maintenir le spi- ré;igir complétement contre ses prcmiers maitres, pour
ritualisme en le lransformant; le~ autres, et notamment saisir dans quel sens la formule de l'art pour l'art est
un jeune étudiant en rnédecine, esprit trcs-vigoureux, vraie et dans quel sens elle est fausse, pour arriver, enM. Blatin, acceµte la doctrine de MM. Auguste Comte et fin, a reconoaitre l'ideutité profonde. de la révolution litLittré, mais en la couronnant par celle d'Hégel, dont téraire dont il restera le représentant le plus illustre,
peut-etre il n'a pas péoétré la signiflcalioo intime. Le et de la révolution p_olitique ioaugurée dans la grande
rédacteur en chef, M. Charles Longuet, parait incliner déca&lt;le 080-1700. ll y a done, sous ce rapport, deux
vers les théories que M: .Yacherot a exposées d'une facon phases dfstincte~ daos la vie du poete; et, comme nous
si lumineuse daos son beau livre: f.Iétaphysiqu.e positive. l'avons déja dit, c'est a la scconde phase que se rattache
Voila bien desdivergences; mais elles n'empechent point le journal des étudjants. 11 se cléclare pour le romanque les, jeunes écrivains n'aient sur ces difficiles ques- tisme, mais non pour celui qui picore sans cesse au clair
tions une idée commune qu'ils expriment ainsi: «. Arra-· de lune, qui tombe en ,des pa.moisons héates au seul
« cher la philosophie aux vaines dissertations de l'école, nom d'og'ive, et se désintéress;:, 'Cl·ans un vague pan&lt;&lt; en lui ouvrant levaste champ des sci:mces naturelles
théisme ou dan~ une mélátlcoli-e fáde, du souci.liril, des
« et des sciences sociales. »
destinées humaines; il ie solnm'e d":i.joutcr asa lyre cette
Les vues historiques des Écoles de Prance sont tres- corde d'airain que Juvén.al avait drja connue, que Bar.ncttes, tres--décidées; ici, pas l'ombre d'une divergence bicr a rctrouvée, et qui Íl doooé aa poete du R.oi/a?iiuse
entre les rédacteurs, tl11 moins quant aux principes. lis ses notes les plus sures de traverser les siecles,. Ainsi
acceptent la doctrine du Prog1'es, mais ils se refusent a :n. P,erre Den is, en son propre nom et 1u nom sans doq¡.e
drfioir et a comprendre le Progrcs comme M'. Guizot et de ses collaborateurs, definit tres-énergiquement la poésie ,
ses disciples directs ou indirects, et, par conséquent, l'exallation de la conscilmct, e\ il ajoute en· termes·excel-comme les saiats-simoniens et les positivistes. lis se rat- lents : &lt;&lt; II faut que l'art sQit de son tcínps, qu'il en
tachent a la conception qui a été développée, il y a dix « parle le lan¡;age, qu'il en traduise les idées, qu'il en
ans, pal,' la Revue de Paris, par \'Avenir, par l'lllustra- &lt;&lt; exalte les aspirations; saos cela, ce n'est p,us de l'art,
tion (1), et qui a été exposée au moins'partiellement, vers &lt;&lt; c'est du dilettantisme. •&gt; C'est, du reste, ce que M. Aula méme épo~ue, avec une éloquence inci;&gt;mparable, par guste Vacquerie avait déja dit avecson relief habituel:
le maitre préféré de la gPnération nouvelle, M. Edgard &lt;&lt; Oo ne demande pas aux poetes d.'.etre les commis de
Quinet. En d'autres termes, ils déflnissent le n:ot de &lt;&lt; la politique : on leur demande de-u'etre pas lesdése~
progres, non par celui d'étolution, mais par celui de l'é- « tcurs de l'h11manité. »
volutio11. « L'idée de progres, dit le rédacteur e'n chef des
Telles &amp;ont, en résumt!, les diverses tbéories des gé•
« Écoles, introduite pour la premiere fois daos l'histoire nér:itions nouve Hes. 11 ne faudrait pas croire cependant
« par Herder, comme elle l'avait déja élé par Leilinitz que leur jouroal dogn1atise saos cesse, 011 mcme clog« daos la philosophie, n'a pas encore été analysée dan5 matise beaucoup; il a ses heures de doctrine, il a ses
« les divers éléments qui la composent. L'école histori- heuresdP. combat etde gaieté généreuse. ll aime prendre
« que de M. Guizot, comme les écoles saint-simonienne a partie M. Sainte-Beuve 'et tous ceux de cette école; il
&lt;&lt; et positivi~te, ne voit daos le progres que l'évolution
lance a droile ou a•gauche ses fines épigrammes, il dé&lt;&lt; incessante d'un certlin nombre de faits primitifs que
croche en passant, du bou.t de sa plume, les écriteaux
« l'iotelligence de l"homme ne peut jamais ni transfor- qui menterit et les étiqullttes hypocrites; il fait leur part
cc mer, ni détruire. Elle n'admet pas que la raison buau roman et a la poésie. Mais ji:squ~ dans ses bluetles
« maine puisse, a un moment donoé, créer de nouvelles les plus capricieQses on les plus azurées, il reste fidele
&lt;&lt; idées et modifier complétement et brusquement, en
a ce•seotimeot énergique de liberté, de ,4noV'dtion et
&lt;&lt; vertu de leurs conséquences, la sociélé oü elles se prode haute moralité qui · est ¡;on inspiration premicre. JI
&lt;&lt; duisent. C'est contre cctte théorie du Progres continu,
applaudit a ceux yui pratiquent le sur.~um corda; il
ce qui, logiquement emlJrassée, conduirait a condamner s'iodigne cootre ce qui esté9uivoque, ténébreux, servile,
ce toutes les rénovatioos médicales, a amnistier dans .le
et d0, haut de ses sentiments généreux, il prévolt, il de&lt;&lt; pays tous les crimes lleureux et persistants, c'est contfe
vine un élargissement des ,clutrines re~•Jes.
&lt;&lt; cette théorie, dis-je, qu'.il faut élever une nouvelle docVoila ce que l'observatellr atteotif constatera , en lie&lt; trine plus large, plus hardie, mieux en accord avec
sant les Étoles de Ftance. Nous pouvons done nous dire,
&lt;&lt; le!i principes éternels du droit et de la morale. ii
nous qui montions sur la breche,. •il y a dix ans, pour
Tcls sont les príncipes historiques du jóurnal, et il les lutter daos la mesure de nos forces contre les théories
a déjil. appliqués avec audace et avec 1Jonheur.1e recom- de fatalisme deveuues le prétexte de toutes les bassesses
111ande notamment a l'attention des puLlicistes une et de toutes les corruptions, nous . pouvoos nous , dire
longue et brillante étude sur La Boétie et son temps. Je avec une joie profonde que nos efiorts n'ont poiot été
recommande aussi divers articles sur certains person- stériles. Les prétendus habiles nou:, criaient: &lt;&lt; Stoicrens
nages de la Révolution, et notamment sur l'école héber- nouveaux, vous prechez cµ¡ns le désert! i&gt; Le déserta eu
tiste, articles oü les arguments pour et coutre ont eté des oreilles. Nous avons fait appel aux énergies sacrées
présentés tour a tour avec force, puis résumés avec un de la eonscience individuelle, et la. conscienc&amp;- indivisens critiljne des plus rares par le rédacteur en chef des duelle s'est réveillée; elle nons don ne déja une jéunesse
Écoles de Fra,¡ce.
sérieuse et vitile, qui sent avec for~e ce qui mangua a
Passoos mainten:mt au programme littéraire des étu- ses pcrcs pQur ·accomplir la tache · tlifflciie, mais oblidiants. Leur écrivain de prédilectiou, c'est Víctor Rugo, gatoire, de la liberté. Contiouons done notre reuvre: nous
mais le vrai Victor Rngo, le Víctor Rugo de la secoo&lt;lc décourager aurait été hier une lél.cheté, aujourd'hui ce
maniere, le poele souverain qui n'accomplit pas seule- serait une folie. L'avenir qui s'approche est déja visible
ment une rénovation littéraire mémorable, mais finit pour les yeux de la raison, et nous avons des indices
par la compren'dre dans toute sa portée sociale. Au fond, certains qu'il égalera nos plus hautes esperances (1 ).
le romantisme, s'il est permis de se servir encore Je
FRÉDÉRIC MoRIN.'
cette vieille .ixpression de bataille, n'a jamais été que
l'introduction de !'esprit révolutionnaire daos l'art et
(1) l,,s jQumanx s•nt commc les morts de la balhrle allem~ndP., ill
daos la poésie : c'est aiosi, du reste, qu'il se considérait 11011/ t'ice. llana l'inlerv•II• 0111 • separé l'•mrr,ssion de cet art,cle de ••
publication, le jQornal lt1 Écolu de France a ele supprimé pour avoir
lui- méme sous le Directoire, car il date vraiment de traite des quest,ous d'eco11u1111e social•
celte époque si calomuiée et si créatrice. Mais,~ous l'Empire et dans les premieres années de la Restauration, a la
--~
fois gené et dévié, il perc!it, par l'action indirecte des
Nous nous empressons de po;ter Ala connaissance de
pouvoirs publics, l'intelligence claire et réfléchie de
son véritable role : il se mela au mysticisme, il hanta les nos lccteurs la leltre suivante, que M. \'ictor Hugo vient
cathédrales du moyen él.ge; il se compromit pulilique- d'adresser a M. Pierre Larousse, l'auteur du Grand Dictio1maire univ~rsel du XlX• siede :
ment en compagnie de Joseph de Maistre. C'est ainsi
&lt;&lt; Hauteville-1Jouse, iO avril.
défiguré qu'il fut traosmis par Chatea1.1briand aM. Rugo.
MoNSIEUk,
~·

QUESTIONS PCLITIQUES 'ET LITT(Rl!RES.

XIV.
QUELLES SONT LES JD!l:ES DE LA NOUVfil.LE GllliÉRATION

INTELLECTUELLE?

Tous les hommes préoccupés de !'avenir en conviendront sans peine, il n'y a rien de plus important que
d'éludier avec soin les tendances, les aspirations, les
1 idées des générations nouvelles, de cette jeunesse active
qu'oo appelle aujourd'hui le pays Latin, et qui sera demain le pays de France. Or, cette étude est singulir.re-·
me,nt facile a l'heure actuelle. Le quartier Lati.n a un
journal; journal tout littéraire saos do'ute, mais tres-sérieui¡, et qui aborde avec tact et avcc vaillance toutes
les questions perrnises a une feuille aussi indépendante
que peu timbrée. Ce journál, intitulé les Écofos de Prance,
exprime tres-incontestablement la pensée iotimP. des étu••
diants, car la liote qn'il a proposée, daos de récentes
élections a l'École de MéLlecioe, a passé a une Corte majorité, et de plus, quoique fondé il y a cinq mois a peine,
il présente déja un ensemble varié d'articles trcs-nets,
tres· iotéressant~, quelques-uos tres-vigonreusemcnt défiois, qui permettent d'apprécier ce que pensent ses je1ines rédacteurs en matiere de littérature, d'histoire, de
pbilosophie, el meme ~e soup~onner ce qu'ils veulent en
matiere de morale puhlique.
11 suffit d'ouvrir le premier numéro des Écoles pour
s'apercevoir que les étudiaots contemporains ne sont ni
les admirateurs passionnés des choses présentes (je parle
des choses littéraires, bien entendu), ni les disciples
aveugles des grandes écoles qui ont commencé, il y a
' quarante ans, lcur regne intellectuel. lis leur rendent
justice, ils regrettent que leurs maitres illustres ne soient
plus entendus, mais ils les releguent daos le Panthéoo
du passé, et appellent ou préconisent des doctrines nouvelles, plus larges, plus viriles, plus radicales que les
eurs. Cette appréciation éleyée, a la fois tres-respectueuse et tres-libre, vaut la peine d'étre citée, car elle
est un peu le prograrnme du jeune journal. ·
« Combien de fois, s'écrieM. Charles Longuet, n'avon~&lt;&lt; nous pas déploré, aux heures mauvaises, de n'etre pa~
« nés au commencement de ce siecle ! Nous a urions eu
&lt;&lt; alors d'illustres maitres ! A peine sortis du collége,
« nous a•1rions pu nous éprendre avec Royer-Collard de
« cette -pbilosophie spiritualiste, si noble, mais si peu
« scieritifi(]ue, dont il commen~ait arestaurer le culte. &lt;&lt; Avec M. Villemain, nous aurions étudié ce grand dix&lt;&lt; huitieme siecle, alors méconn•1, dont il nous eut. fait
« l'éloquente peinture. Les le~oos de M. Guizot nous
« eussent appris a cbercher une loi daos les faits bisto« riques, et nous aurions embrassé cette doctrine du
« Progres qu'il fondait alors et que de plus jeunes mal« tres ont maioteoant dépassée. Nous aurions lu les pre« mieres reuvres des Lamai·tine, des Víctor Ilugo, des
« Lamenoais; oous aurions pu choi&amp;ir enfin nos maitres
&lt;&lt; daos cette illustre foule de philosophes, d'artistes, d'é« crivains que le dix-neuvieme siecie, monarque adoles« cent, traioait comme une escorte d'honneur sur ses
« pas. »
('!¡ En 1856, l'lllu1tration a publié sur cette question. a propos d'un
On voit par cette profession de foi, présentée avec un livre remarqu•ble de M. Pelletan, une elude assei lo, gue donl l'autcur
de ces lign•s ful chargé, et qui avait pour bul de mettre en lumiére lei
vrai talent et une rare précis1on, que les étudiants con- lacw.e,¡ dea theoriés ductruwrl!i.

•

,}

j

--

«J'ai re~u vos quatre premicres livraisons. Votre plan
est vaste, votre but est noble; quelques parties que j'ai
lues déja sont excellentes. C'est, ~n v~ai, monument que

'

vous élevez an dix-neuvieme siecle. Condenser daos un
]ivre les connaissances,bumaines au dix-neuvicme siccle,
c'est uoe belle et ~rande idée. Arres tant d'essais manqnés, tant d'ébauches malheureuses, tant de rrpertoires
empreiots de !'esprit rétrograde, donoer en fin a la ma-gniflque encyclopédie de Diderot im pendant plus complet et plus grandiose encore, voila. une reuvre qui,
achevée, sera pour l'éditenr la fortune, et pour l'auteur
la gloire. Pénétrez-vous rle plus en plus de !'esprit nouveau; éloignez ce vieux reste du passé, dont il est si
difficile, surtout dans un travail de ce genre, de se dégager entierement, et saos nul doute, Monsieur, vous
aurez cette fortune et cette gloirll. Presque tous les dictionnaires biographiques et encyclopédiques de notre
temps sont faits daos une pensée bostile au siecle; aussi
n'oot-ils que peu de succcs, el \'avenir les dédaignera.
Vous, vousvoulez servir le progres, Y0US voulez créer le répertoirc de la pensée humaine universelle, vous méritez
la réussite, vous l'aurez. Votre succes sera d'autant plus
grand que votre union avec le siecle ser:t plus-profonde.
·Courage !
ii Je suivrai votre travail avec un vif intéret. Je vous
envoie tous mes vreux et tous mes applaudissemeots.
n Croyez ama bien cordiale sympathie,
(( VrcroR HUGO. ))
~

CRÉDIT F0NCIER DE FRANCE.

46° Tirage des obligations fonciéres 3 et 4 0/0 (1854).
Le 46• tirage trimestriel des obligations foncieres 3 et
4 0/0 a eu lieu le 22 juin i854.
Lenº 64,644, sorti le i•', gagne l00,000 fr.
~ nº 83,616
2•
50,000
Le nº f86,489
3•
20,000
Total. .. 170,000 rr.
3• Tirage des obligations foncieres de 500 fr. 4 0/0 (1863).
Le 3• tirage trimestriel des obligations foncieres de
500 fr. 4 O/O a eu lieu le 22 juio t864-.
Numéro sorti : i,0t7.
Les 40 ohligations portant ce numéro gagnant, suivan't la série a laquelle elles appartiennent, les lots suivants.
6• sérlo. l00,000 fr., - 7° série, 30,000 fr.; - séries
33, 24, i2, '8,, 26, i, 30, 14, chacune 5,000 fr.; - et les
séries 21, 13, ~. Hi, 32, 4, 3 f, 36, 34, H, 27, 29, 3, 39,
9, i 9, lO, 23, 25, -28, 40·, 5, 35, 2ú, n, 22, i6, 38, 37, 2,
chacuoe t ,000 fr. - Total, 200,'l00 fr.
La liste des numéros"4,'obligations sortis aux tirages
précédents, et qui n·oot ~s encore été présentés au
remb,oucsemeot, est adressée --,.,,aneo a toute persoooe habitaot les départements qui en faiHa d&lt;Jman&lt;le par lellre
affranchie.

15

º!léf!ciaires, ,qu'elle oflre'auxJpersonnes qui recherchen t.
outre la sécurité du placement et le payement régulier
des intéret3, nn hénéfice certain par l'éventualité d'une
prime de remboursement.
SOCIÉTÉ l,l(MOIJIUERE
« Elle va émettre des obligations de 500 fr. rembour- ,
DBS
sahles
en 3t ans, et donnant droit. i 0 a 25 fr. d'intéret
BOULEVARDS DU TEMPLE.
annuel, et 2° a un nmboursement avec prime aussi avunÉm;ssio,1 jMqu'a co11cm·rence de huit rnille ohliga/iQns de tage,1x r¡u'-il e~t j11ste et ér¡,,üable.
500 f•·ancs (soit quati-e millions de fmncs) poi·tant inflfret a
ce A la différence des Compagnies qui offrent des pri5 o/o, paya ble par semesfre, et i•emboursables er, 31 annuitlfs, mes de rem boursemeot boones pour les quel ques perAVEC PRIME PROGRESSIVE.
,.5onnes que le sorl favorise, et presque illusoires pour
Garantie: 1re hypothéque sur 9,000 métres de terrain si- les autres, tous les porteurs d'obligatioos de la Societé
tués dans le quartier Je plus populeux et le plus commercant des Boulevards du Temple joniront de la prime, en raíde Paris, a q11elr¡,1es pas de l'emplacement des anciens théa- son dtrecte clu temps qn'elle se sera fait attendre.
tres du boule\'ard du Temple, et sur les immeubles :i la
construction desr¡uels serontexclusivement employés les fonds
&lt;&lt; Aiosi les 4,000,000 se diviseront en 8,000 obligade cette émission, savoir:
tions.
Tmis TMdti-es rlo11t les baux .font signlfs, une Salle de
« ll Y en aura 258 remboursables chaque année, penconcerts et sept Maisons bow·geoises, le tout !!valué a IIUIT d10t 3f ans. Or, ces obligatioos s'accro1troot ~ 25 fr.
MILLIONS.
par an et seront rernboursahles par conséquent: celles
, Remboursement. - Oulre l'intérét it 5 0/0 payable par de la premiere année a525 francs; celles de.la deuxi.cme
semestre, le rPmhoursem•nt s'ell'ectuera en 31 annuilés,.soit année a 550 francs; cel les de la dixicme année a 725 fr.;
258 obli:;atious par an, avec bénéfice pro:¡rcssif, savoir:
celles de la viogtieme a 975 francs et celles de 'la trente
1re année it 525 12• année a 775 2.1• année a 1,050 et unieme a l,250 francs.
2•
»
523 1B•
»
800 2i•
•
1.075
« L'accroissement de capital est, nous le répétons,.
3:
1
1
•
~
·
Bl_~~
2fi•
1
;100 tout a fait indépendant des it,téret,· a 5 o¡g qui seront
4
75 1
8
5•
:
600
16•
»
payés chaque semestre.
875 §~: :
11•
»
61:i 17º
900 2~•
•
1.175
i&gt; Comme on vient de le vrir, ce placement réunit une
7•
1
650 18•
,
9'25 29"
,
•1,200 sécurité parfaite et un bénéfice assuré, et il n'est point
8•
fi75 19'• ;
9.'&gt;0 30:· »
2"
9•
:
~ou;nis aux ris(]ues des spéculations iodustrielles, car Ja
700 20
975 01
10,
,
72.'l 22•
»
000
•
Société immobiliere des Boulevards du Temple borne
1
11•
,
750 23•
,
Ú25
1 son action au role de prorriétaire foncier, et trouve son
.
é
.
d'
des loyers, asLe t1rage
au sort tant rnter zt par la loi le rembourse- ¡ bénéflce
, exclusivement
d h
· dansd'la perception
,
ment aura ¡1·eu' a· r3 ·I50n de 2"°
,u bl. t'
d auo 1ga 1011s ' par anuée ,Slll-·. ' sures pard es ]' aux ex1stant
· avance d une part,et
·
vant l'ordre des demandes faites par les obligataires dans tre part fDS a~gme~tat1on de valeur des 1m~eubles.
les trois mois qui précederoní l'époque de rembonrsemPnt • &lt;&lt; Que Ion vemlle bien remarquer que la pNme qui
Versements: 50 fr. en souscrivant, 75 fr. á la réparti!io~. va ch:ique année s'ar~ondis~ant ~u profit des obligations
75 fr. un mois aprés, et 30 fr. par mois pendant les dix I non eocore remboursees, n accro1tra pas les charges de
mois suivants.
; la Snciété; elle en trouvera l'équivalent daos les intérets
Les actionnaires de la Comp3gnie auront le droit de ' qn'elle aura il payer en moius aux porteurs des obligapréférence dans la souscription a raison d'une obligation · t1ons remboursées.
pour une action.
&lt;&lt; Des que l'on annoncera l'émission, nous aurons soin
On souscrit il Paris, au siége social, boulevard du Tem- d'?º prévenir nos lecteurs, car il y a lieu de croire que,
ple, 3ti. et de la provi_nce: p.1r l'Pnvoi de billets de hanquP- faite dans de telles conditions, la souscriplioo sera inéou de valeurs sur Parzs, a I ordre de M. A.MIEL, directeur- vitablemeot couverte en tres-peu de jours.
gérant.
&gt;l LÉON JEANNIN. »
On souscrit aussi chez les har.quiers correspondants de Ja
Compagnie.
PLACEMENT HYP0THÉCAIRE.

t •

J:~~
b~

!

....._.,._..

A ~e sujet on lit dans le Glohe:
7'~:Depuis la seconde moitié du siccle dernier, les ma« Les grandes entreprises de notre époque ont absorbé ladcs atteinte de la goQtte ou d'affections,des reins,etc.,
un chiffre con3idérable de capitaux. Et si le pnhlic au- se rendent a Contrexéville et y sont notalJlement améqnel on a fait appel a eu lieu quelr¡uefois de se féliciter lioré~ ou radi_c~lement guéris. Sa Majesté l'Empereur, par
des placements qu'il a faits dans les opérations aléatoiun dccret spec1al en date el u 4 aout f 860, a déclaré d'inres, il en a été aussi souvent la victime.
téret
public la sou-rce du PAv11..LoN, doot l'eau se conserve
« Les affairessont rares qui peuventa la fois offrir une
~
~arfaitement et cst expédiée d:tus le monde entier. sécurilé
parfaite
et
un
produit
élevé,
üt
quand
nous
trouLA F1NANCE est le plus complet des journaux 6nanciers.
vons ces avantages réunis, nous nous empressons de les Ecrir_e a M.. P,1.sou&amp;r, a Contrexéville (Vosges), qui
Elle p~.rait le jeudi. Correspond. de toutes les places de sigoaler
a nos lecleurs.
cnv01e gratu1tement un ouvrage tres-détaillé sur ces
l'Europe. Rédacteur en chef: A. Cnu1PoN. J an, 20 tr.;
&lt;&lt; Oo peut se rappeler les articles qui ont été p11bliés
eaux célebres et actuellement si fréquentées.
6 mois, 10 fr.; rue Ri!!helieu, !08. .
lors de l'émission de~ actions de la Compagnie immobiliere des boulevards du Temple.
&lt;&lt; Les fonds provenant de cette émission ont servi a
REBUS.
acheter des lerr:tins dans une des plus belles situatioos
ECHECS.
de Paris, a l'eotrée d'un des graods boulevards, a quelPhUBLEME N° l69, PAR M. WM., ÁWORY.
ques pas de l'emplacement des anciens tbéél.tres démolis.
·
&lt;&lt; Ces terrains, d'un seul tenant, mesurent 8,900 metres, d'une valeur de 4 millions environ, et se déploient
en fa'.{ade sur deux boulevards et deux rues (les terrains
voisins se vendent 500 francs le metre ). lis doivent etre
mis en valeur par la construct:on de trois théél.tres, d'une
salle de. concert et de sept maisons hourgeoi.ses.
&lt;&lt; On s'occupe aujourd'hui de réaliser le plan concu
par les fon&lt;lateurs, c'est-a-dire d'édifier sur ces terrai~s
les constructions auxquelles ils sont destinés.
&lt;&lt; Ces construclioos rnüteront aulant ,yue les terrains
soit 4 millions. Ces 4 millions et les 4 millioos de ter~
rains présenteront done une valeur de 8 millions en immeubles de premier ordre.
« Pour remplir le buten vue duquel elle est fondée
la Société im'.°obilicre, d_es. Boulevards du Temple s;
lt:(~l,l(;A1'J()N 111' OKHNl!!H K~KI b,
• propose de fa1re une e mss1on de quatre millions d'OUn bon bailleur en fait bailler dix.
BLIC.ATIONS BYP0TilÉCAIRF.S' lesqnelles auront pour "ªªes
0
et garantie 8 millions d'immeubles des mieux 'situés de
Pari~, et dont la plus grande partie est louée d'avance et
a long bail (1).
VARIANTES.
(a) F pr. T
&lt;&lt; Ces obligations représenteront done un plaeement
T 4• D échec
T pr. T (b)
sur premicre hypotheque, c'est--a-dire avec la garantie
C 6• CD échec
Mat.
la
plus
solide
que
l'on
connaisse.
Les blancs font mat en quatre coups.
(b) F pr. T
« La Compagnie ofTre EN 0UTRE des avantaaes
qui méP 4• R échec
Mat.
0
ritent une sfrieuse considérati,,n.
C~rcle _de Del!ac (Haute-Vienne), L. Lefrancq. G. Baudet,
« Elle a,cboisi un mode enlierement nouveau d'obli- Cafe Dr~zrn (Peut-Montrnuge), Dégiron. E. Dubedout, Cercle
SOLUTION DU PROBLÉlfl! Nº 168.
gations, a la fois sérieusemeot hypotht!cafres et largement de l.e_z1¡¡;11an, Café dPs Arts (lla1Te), G. de V. Allevard,
TcCR
T pr. T (a)
C. Ca1llet, lJr fürnl, Planche . E. J?rau, Cercle Laborie,
C 7• ~• D échec
R 5• F D
de
Perpzgnan, 11. Frau, Cafi\ Charles Burger aParis Café du
(t) Les loyers des théatres déja loués •ssurenl á eux ae~ls, et·au dela,
TcFDécbec
Sénat,
J. Gharousset, A. Vcrdier. Calamier' Romba~t Léon
Mat.
le serv1ce dos intérels des oblirations et de l'amortiuema1.
Ferrut, Café de París,

a MP.ns

(Isere).

'

J.·A. d~ R.

�L'I LLl! ~TR i\TION .

16

.lOJIRN.A L

STATUES DE DIVINITÉS

Kt objets d1vers expos!s aú Kusée de
AU DIRECTEUR.

Je vous adresse une suile a mon premier envoi et la reproduction de quelques objets exposés au musée si curieux ,
de Mexico. Tous ces, objets o,nt rapport au culte sangui ..
naire que pratiquaient les Aztecs. Voici d'abord la statue
&lt;lu dieu si avide de victimes et auquel on en immolait chac¡ue aonée de~ milliers. Peut- on mieux représenter une
divinité qui ne pouvait se rassasier de sang et a laquelle
il fallait pour offrande des creurs humains encore· fumants?
Sa tete est celle d'un serpent monstrueux armé de dents et
de crochets, des tetes de serpents remplacent les mains, et
ses pieds sont des serres d'oiseau de proie aux griífes gigantcsq11es. La poitrine, d'ou rnrt une immense trle de

Oil'l~ITÉ AZT'EOlrR.

fJNIVRR~F,T,".
mort, esl couverte de mains coupées et de ereurs bumains.
Les vetements, la ceintnre, tout ce qui recouvre cette divinité monstrueuse est formé de tetes de serpents.
Celte statue a 2m55 &lt;le hauteur et im50 de largeur.
L'autre statue a été trouvée daos une de ces pyramides qui
existaient anlrefois a Mexico et qui ont disparu a la suite de
la conquete espagnole; elle représente un Indien assis; ses
&lt;leux mains rapprocbées forment un trou qui correspond A
un autre situé entre les pieds. On sup¡,ose que les deux trous
servaient a tenir la harnpe d'un drapeau. Cetle statue est connue so 11s le nom de l'lttdien triste.
Quant a cette petitc statue a la tete de mort, aux bras armés de grilfes aigucs, et portaut sur la poilrine deux puissantes mamelles, c'est la Mort, mais la M0rt comme se la figuraient les Azlecs, cruelle, féroce et impitoyable.
Au musée de Mexico figurent aussi plusieurs spécimens
- rl'une pierre circulairc dont je vais vous expliquer l'usage.
1
Quand les Aztecs avaient fait prisonnier UR chef eunemi d'une
certaine importance, ils lui offraicnt 1~ mcyen d'écbapper
au snpplicc el a la mn:·t. A rrt cffet, s'r1cvait sur la place

STATUES DE DIELX AZTEQUES FXPO!'Ü.S All Ml'Sf:J¡ PR )IEXlf.O. - o·arrc; :es croqu s de M. L. de llarqué.

par ses compatriote~, général en chef de7l'armée polonaise. En 1849, il otrrit son épée a la république bongroise. On sait les mervcilles accomplies par les Madgyares, alors que Dernbinski chassait les Autrichiens de
la Hongrie, et que Bem délivrait la Transylvanie. Vienne
était menacée a son tour quand les Russes passerent la
fronticrc. Dembinski baltit les Russes comme il avait
battu 1..~ Autrichiens, jusr:u'au jour ou la trahison de
Georgey livra Kossuth et la république qu'il avait fondée
il la rcaction européenne.
La Pologne, la Fr-ance, la Hongrie pleurent en Dembinski. un de leurs plus braves soldats et de leurs plus
grands citoyens. La démocratie universelle a pe~&lt;lu en
lui un de ses chefs.
Toute vie digne de ce nom cst un combat; celle de
Dcmbinski fut une longue bataille pour la patrie et pour
la :il..1crlé.
H. C.

publique une lplate--torme:creuse au m1liet(de laquelle
était fixée une pierre placée horizontalement. Un trou élait
creusé au milieu de cette pierre et par ce trou était passé
une corde qui retenait le prisonnier par un picd, puis on
donnaita ce malh.cureux un baton, etainsialtachéetarmé,
il fallait qu"il mit hors de cornbal un certain nombre de
gucrriers qui venaient l'attaqucr. S'il av:iit le bon heur de
réussir, la liberté et ses armes luí étaient rendues. S1
au contraire il était vaincu, on le portait sur la pierre a
sacrifice ou il était immolé. Chacune des pierres qui servaient a cct usage était sculptée, de fa~on il ce que le
picd du gur.rricr ne glissat pas dans le sang coulant de ·
ses blcssures. Je vous l'ai &lt;léja dit, le muséc de Mexico
est d'une richcsse inou'ie : les spécimens de l'art aztec
y abondent. Je vous adresscrai bicntot quelques nouveaux croquis.
Agréez, etc.
De M.

AoG. MARC,

LE GÉNÉRAL DEMBINSKl.

Eo.M.

Le général DemLinski vient de mourir a Paris. Ancien soldat dé Kosciusko et de Ponialowski, &lt;lécoré par
Napoléon 1er, il dérendit Paris en 1815 contre les armées
"Victorieuses de la Saiote-Alliance. En i 83!, il fut élu,

directeur-gérant.

TE.llER, rédacteur en chif.'

- - - - - - r - -..
.,..~-....--.,,______
Imp. de L'ILLUSTRATlON, A. ~!are,
LE GÉN.IÍRAL DEMBINSIU. - D'apres une pboi. de M. A. Franck.

22, rue de VerneuiL.

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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1114, Julio 2</text>
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              <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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