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                  <text>L'ILLUSTRATION~
IOUBKAL UXIVEBSEL.

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!'.!e ANNÉE. VOL. lLIV. N• 1 i i 5.

Oirection, Rédartion, Administration :
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de chan•ements d'adresse • doivent etre adressées franco a
IIIARC, DIRECTEUR-GÉRANT.
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... AUG.

S01'1MAIHE.
Uevue polilique de la semaine. - Courrier de Paris. - Correspondance
d'Algérie. - Bal dooné par s. A. le vice-roi d'Égypte a la colonie
europóeone, daos le Palais de Ras-el-Tio. - Banquet oftert a Versailles, a la premiére batterie du
régiment d'artillerie de la Garde. - Tableaux reproduils par l'Illtutralio11. - Giulia (nouvelle),
suite, - Revue littéraire. - Renards el Perdrix.
- Salan de 1ss, (4' article). - La Régence de
Tunis. - Promenade au Jardín du Midi ( premi,r article). - M, Rouviere, maire de Maneille.

l!lame•i

9

.Juillet

L'auini1tnlit1 ne répond pll d11 mana1erits et ne 1'eng\ge J1D1ai1 i Je, iuérw.
fa i.. lnilél, la lraducUon el la reproduclion i l'élranger 1001 inlerclilol.
BUREAUX: RUE RICHELIEU, 60.

REVUE POLTTIQUE DE LA SEMAINE.

S. M, CHA IILKS, ROi DE WUIITEMllllllG. - O'apres une

Abonnements pour raris et 1~ Déparlemenls :
3 mois , 9 fr. ; - 6 mois, 18 fr.; - unan , 36 fr.; - le numéro , 15 e.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel, IS fr.
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Mémes pnx ; plus les droits de poste , suivant les tarife.

s

Les abono. partent du l •r n• de chaque mois.

pas exciter les susceptibilités du gouvernement fran~ais.
Les dépécbes publiées par le Morning-Post révelent
des faits de la plus .haute gravité, et nous parta•
geons complétement l'opinion du llloniteur du soir,
aux yeux duque! cette correspondance a
prouvé &lt;&lt; que les intérets communs de l'Au•
triche, de la .Prusse et de la llussie ont
inspiré a ces puissances l'intention de re•
nouveler la Sainte-Alliance. »
La Russie ne déclare-t-elle pas, en eflet,
qu'il importe de former une ligue eontre
certaines tendances et certaines prétentions?
Le czar n'a- t-il pas insisté sur la nécessité d'une entente complete entre les
trois puissances du Nord ? N'a-t-il pas dit
qu'il fallait rayer une fois pour toutes la
question polonaise du programme des
questions européennes? _
L'empereur d'Autricbe ne s'est-il pas
déclaré pret i.t. adhérer i.t. toute combinaíson
qui serait de nature a garantir les intérel8
réciproques des deux pays?
M. de Werther ne se demande-t-il pas
avec ioquiétude si une entente intime
entre l'Autriche, la Prusse et la Russie,
n'aurait point pour résultat un rapprochement de la France et de l'Angleterre?
.M. de Bismark ne se montre-t-il pas
préoccupé de l'impression que l'entrevue
des trois souverains a faite sur Je cabinet
des Tuileries? Ce sont autant de symptomes dontil faut tenir compte. Aujourd'hui,
grace a la publication des dépéches repoussées comme apocryphes par l'ambassadeur de Prusse, la meche de la SainteAlliance est éventée, ma1s la France et
l'Angleterre sont prévenues, et nous espérons qu'elles comprendront ce qu'elles
ont a faire en faee de la pensée hostile
des trois puissances du Nord. Qu'elles
abandonnent les vieilles querelles, qu'elles
comprennent que leur intéret est le meme, et qu'elles s'unissent fortement. L'union sincere de l'Angleterre et de la
France mettra bien vite en déroute le vieu.x
fantome de la coalition.
Les journaux anglais ont une toute autre
attitude que la semaine passée, a propo11
de !'affaire du Danemark. La prise de l'ile
d'Alsen, qui sera bientot suivie de l'occupation complete du Jutland, a produil-sUT
phot. de M. Dl1deri (,oir len• 111 4).
l'opinion publique, au dela du détroit, une

rnc¡uer une entente intime de l'Autriche, de la Prusse et
de la R•1ssie. L'empereqr Fran~ois-Joseph, tout en adbéraot aux idées du roi GuillaÚme, aurait ccpendant conseillé beaucoup de prudence et de réserve, afin de ne

Gi·avuru : S. M. Charle,, roi de Wurtemberg. ln&amp;urrection de l'Algérie : Redoute•RQse, conslruite.
a Daar-Sidi-Abdallab. - Bal dooué le 8 juio au
Pal1i1 de Ras-el-Tin, par S. A. le vice-roí d'Él(lple. - Banquet olfcrt a VersailleF, a la 1&gt;remiére.
batterie d'artillerie de la Garde, a son retour d,
llexique. - Salon de l86t : Le Tribunal des Eaux
de Valence, en 1800. - Un terrier de renards. L'insurrection de Tunis (t gravures). - Promen,de au Jardin du Midi (3 grnores). - E1po1ition des restes de M. nouvoér,, maire de Mar·
s,ille, d~ns la C!hapelle ardt nle de l'll&lt;itcl-1e-Ville.
- Rébus.

L'émotion a été vive, au début de la semaine, et cette émotion a été causée par
1a pu_blication de dépeches de M. Bismark
et du baron de Werther, insérées dans le
Morning-Post. Ces dépeches, nous ne les
analyserons pas: tout le monde les a lues.
Elles étaient a peine publiées que l'ainbassadeur de Prusse a París en déniait en
termes absolus l'authenticité. Tout mauvais cas est niable, et nous comprenons que
des plans destinés a· rester secrets soient
déclarés faux, aussitot qu'ils sont divulgués.
11 nous parait d'ailleurs impossi.ble que le
journal de lord Palmerston se soit preté a
une indigne supercherie. LaJecture de ces
dépeches n'apprend rien, en somme, a
eeux qui savent voir au deli.t. des déclarations officielles ; elles ne sont que la confirmalion des renseignements que nous
connaissons sur l'accord qui s'est établi, iL
Kissingen et aCarlsbad, entre les trois souverains dn Nord. Desdépéches partieulieres
de ces deux villes ajoutent que le roi de
Prusse s'est montré le plus ardent a pro-

t 881..

�i8

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

1mpression pénible. Le Morning-Post insiste pour qu'on
ne laisse 'pas périr un royaume auquel l'Europe doit
quelques belles pages de son histoire. D'autres feuiHes
anglaises constatent que I'Angleterre toute entiere sent
profondément la honte de sa politique, et que les .déclarations do comte Russell en faveur de la paix a tout prix,
succédant a des rodomontades, ont exposé l'Angleterre
aux railleries do monde entier.
A la chambre des Communes, le ministere et l'oppvsition sont aux prises. M. Disraeli a énergiquement stigmatisé la politique de lord Palmerston et constaté l'humiliation infligée a l'Angleterre par les tergiversations et
les avortements de la politique ministérielle. M. Richard
Cobden, l'apótre de la paix, n'a pas été, a un autre
point de vue, moins vif que M. Disraeli. Aux yeux de
&amp;1. Cobden, la conduite du gouvernement anglais a élé
marquée au coin de la plus profonde ignoranee de la
diplomatie étrangere; il l'a qualifiée de politique de
vieillards. La discussion en est la, mais elle va continuer.
On sait qu'en ce moment la candidature du grand-duc
d'Oldenbourg, suscitée par la Russie, se pose en face de
celle do duc d'Augustenbourg. On as~ure que le gouvernement fran~ais, daos des entretiens de vive voix
avec les ambassadeurs étrangers, comme daos ses dépeches anx agents fran~is a l'étranger, se montre treshostile aux prétentions' du grand-duc d'Oldenbourg. Le
cabinet des Tuileries verrait, dans ces prétentions, le résultat d'un accord secret entre la Prusse et la Russie, et
il espere li;s voir écho!ler devant la résistance des populations des Duchés. Le grand-duc d'Oldenbourg se serait
informé des intentions du gouvernement fran~is, et il
lui aurait été répondu que s'il était appelé par la libre
volonté des Slesvig-Holsteinois, la France respecterait
cette volonté, mais a cette condition seulement.
D'apres la Gazette de la Croix, le détroit qui sépare l'ile
d'Alseo du Sundwitta été franchi sur les deux points les
plus extremes de son parcours, l'un au nord, l'autre au
midi. Les epérations les plus importantes ont eu lieu sur
le premier point. Apres avoir frauchi l'eau sur des barques et des pontons, sous le feu des canons do vai!-Seau
le Rolf-Krake et des batteries danoises élevées sur la cóte,
nne division prussienne a pris pósition pres d'Arnkie.
Marchant vers le sud a la rencontre d'une autre divi8ion
prussienne qui devait forcer le passage pres de Sonderbourg, elle a du enlever de vive force chaque fossé,
chaque rideau de terrain, chaque ferme qui otlrait un
poínt li'appui aux troupes danoises. La résistance supréme a eu Ueu ¡;res d'Ulkbull et de Vollerup apres que
les deux divisions prussiennes eurentopéré leur joncfüm.
A la fin, apres une résistance acharnée, les Danois se
sont repliés dans la péninsule de Keknis, formée par le
golfe de Hoerup et lamer. lis ont pu y opérer, loin des
atteintes de l'ennemi, l'embarquement de la plus grande
partie de leurs troupes.
Les perles de part et d'autre ont du etre considérables, car le combat, commencé au point du jour, s'est
prolongé toute la joornée. Les troupes danoises ont fait
de nouveau preuve de leurs admirables qualités. Mais
leurs régiments, réduits aquelquescentaines d'hommes,
,eont trop faibles pour résister au choc de forces infiniment supérieures.
Les nouvelles d'Amérique nous annoncent les pertes
éprouvées par l'armée de Grant, par suite de l'assaut
infructueux de Pétersburg. Les pertes des fédéraux
sont considérables. Un seul corps d'armée, celui du général Hancok, aurait perdu 4,200 hommes, et le général Hancok lui-méme a été mis hors de combat. Sa division est maintenant commandée par le général Berney. Les défenses de Pétersburg étaient commandées
par le général Beauregard, sous la direction duque!
elles ont été construites. Beauregard était soutenu par
le général Ewel et par une partie de la division de
Longstreet. On dit qu'une concentration générale des
troupes confédérées menace l'armée de Grant, et on
suppose que toute l'armée de Lee se rend a Pétersburg,
renforcée elle-meme par les troupes du Mississipi; cependant, d'autres nouvelles venues de New-York annoncent que la position de Grant n'est pas aussi mauvaise, et qu'il s'est emparé des défenses eonstruites au
nord de la ville. Les généraux confédérés ont rappelé
en toute h.l.te les forces séparatistes campées devant Bermuda-Huodred. Le général Butler a profité de leur départ pour prendre possession des deux routes qui condoisent de Pétersburg a Richmond. D'un autre cóté, le
g, :,t' r:il ShPridan, dont on avail annonce il. tort la dé-

faite, a culbuté la cavalerie confédérée aquelques milles
de Gordonsville, et luí a fait de nombreux prisonniers.
On mande de Lima que le gouvernement péruvieo,
espérant que le cabinet de Madrid désapprouvera la
conduite de sts agents, est resté dans une attitude
complétement expectante. L'exaltation du pays, qui
s"impatieote de ces retards, s'est manifestée par des
plaintes contre le ministere. Celui-ci a essayé d.:i calmer
l'émotion publique en faisant espérer que le 1:,ouvernement espagnol remettrait les choses dans l'état antérieur
au différend.
Cependaot on prépare tous les moyens pour la défense des droits nationaux. On attend plusieurs batiments de guerre et des renforts de grosse artillerie
pour les fortifications de la cóte.
A Vera-Cruz, il y avait beaucoup de monde sur le
port, sur la place et daos les rues qui condnisent a la
station du chemin de fer pour recevoir l'ernpereur et
l'impératrice du Mexique. Toutes les autorités fran~aises
et méxicaines, civiles, militaires et maritimes s'étaient
groupées sur le móle. Leurs Majestés étaient accompagnées par le général Almoote. Toute l'arlillerie de la
flotte et des forts 8aluait le débarquement. Le préfet politique, les membres de !'ayuntamiento et beaucoup de
notables de la ville s'étaient placés en tete du cortége,
donnant le signa! des acclamations et des vivats. Au lieu
de fleurs, on jetait, de tous les l&gt;alcons garnis. de da mes,
des papiers de toutes les couleurs, qui contenaient, les
uns des épitres en vers a l'empereur, d'autres des bommages a l'impératrice, quelques autres des invocations
a la Paix, a la Concorde, a la Gloire, a la Prospérité.
Yais c'est surtoo.t a la gare que la foule stationnait
nombreuse. Les moins joyeux des assistants n'étaient
pas les quelques marins venue de la 1'hemis et auxquels
on venait d':mnoncer le don de 5,000 francs fait par
l'Empereur a l'équipage de la frégate.
Le train qui emporta l'empereur e\ l'impératrice s'ébranla au milieu de hourrahs prolongés. L'ingéoieur du
chemio de fer, M. Sansac, conduisait l'empereur. La
municipalité de Vera-Cruz l'accompagnait. On s'arréta
pour déjeuner a la Soledad. La garde nationale était
sous les;armcs. Différents mouvemeJ}ts de trains nécessités par le trausport des voitures impériales et des bagages retinrent a.~sez longtemps l'empereur et l'impératrice dans cette statioo.
L'accueil fait a l'empereur et al'impératrice n'a pas
été moins brillant a Orizaba. A peine arrivé, le cortége
impérial se reodit a la cathédrale, ou fut chanté un 1J
Deum. Voila un bel enthousiasme, et qui a du singulicrement flatter l'empc1eur Maximilien et l'impératrice;
mais ce n'est jl!-mais J'enthousiasme qui manque aux
premiers jours d'un regne.
.
Sur la proposition de M. le ministre de l'instruction
publique, l'Empereur vient de oommer les membres du
conseil impérial de l'instruction publique pour l'année
1864. Nous remarquons que le nom de M. Saint-Marc
Girardin brille par son absence sur cette liste ou il a vait
figuré jusqu'a ce jour. M. Saint-Marc Girardin parait
san~ doute trop libéral au libéral M. Duruy.
M. le comte de ~lontalivet vient de publier un volume
intitulé : Ríen, dix-huit années du gouvernement parlemenlaire.
On se rappelle en quels termes dédaigneux M. Rouher parla, au commencement de la session, do gouvernement de juillet. M. de Montalivet a entrepris d-e répondre a l'opinion énoncée par le ministre d'Etat, et il a
démontré qu'on ne pe\J.t accuser un gouvernement de
n'avoir rien fait quand il a forcé l'Europe de reconnaitre le droit qu'a toute nation de disposer d'elle-meme;
quand il a brisé les traités de l 8i5 dans la partie de
leur ·texte la plus bostile a la France, c'est-a-dire dans
l'établissement du royaume de Belgique; quand, a Ancóne, il a fait échec a la prépondérance de l'Aulriche en
Italie, quaod il a interdit aux puissances du Nord toute
intervention dans les Etats libres, etc.. etc... Ajoutez a
cela, la transformation de notre marine, les fortificatious
de Paris et tant d'autres faits importants, et l'on conviendra que M. le comte de Montalivet avait beau jeu
pour répondre a M. Rouher.
Ce livre de M. de Montalivet, écrit sans hostilité contre
le gouvernement impérial, est plein de faits et estun des
plus intéressants qui aieot été publiés dans ces derniers
temps.
EnMOND TKit.KR.

VI LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
COIJRRIEB DE P&amp;B18.

Le premier jour de la liberté des thélltres. - Les affiehes de
ce jour-Ia. - l\foliére au boulevard. - Esther et M11• Favart. - Dlondin.-Le fran~is de l'Hippodrome.- Romulus.
La Re,1ue des Provinces et le Pru11incial. - Une lettre de
M. Víctor Hugo en 1828. - Grand assorliment de dieux et
de demi-dieux. - Un philanthrope. - Mise en vente do
Café de Foy. - L'hirondelle de Carie VerneL

Enfin, le grand jour 011 plutót le grand soir s'est levé:
depuis le vendredi i •• juillet, les théatres sont libres.
Une liberté qui commence un vendredi ! Que le ciel
la préscrve de toute facheuse aventure !
En attendant qu'on nous ait octroyé le droit dºécrire
sur la politique tout ce qui nous passera par la tete,
meme des sottises, saos payer de timbre et saos déposer
de cautionnemeut; le droit de causer de nos affaires ou
de celles du pays en compagnie devingt personnes, sans
autorisation préalable; le droit de nous associer pour
fonder quelque chose saos la pern:iission de l'autorité;
le droit de parler littérature ou philosophie a ceux qui
voudront bien venir nous entendre, saos l'agrément de
M. le ministre de l'instruction publique; le droit de nommer oous-memes nos maires, qui sont chargés de nos
iritérets; le droit de proposer des lois; le droit de prouver
en justice que, si nons avoos critiqué les actesd'un fonctionnaire, ce n'était pas sans de bons motifs; le droit de
vendre du tabac et des cigares si bon nous semble, et
quelques autres menos · droits encore, auxquels nous
avons la faiblesse d'altacher quelque imporlance; en attendant que les dieux nous accordent ces faveurs, il est
permis a Guignol de jouer la tragédie,au Théatre-Fran~ais de représenter des pantomimes avec Pierrot, Cassandre, Arlequín et Colombine; au Cirque-Olympique,
de flanquer le Misanthrope de Léotard et de l'Écuyer
quadrumaoe; aux Var1étés, de donner le meme soir une
piece a jambes et Athalie avec Mll• Alphonsine.
Le matin de ce t•• juillet mémorahle,je regardai avec
une vive curio~ité les affiches de spectacle, et tout d'abord voici ce qui frappa rues regards : Opéra-Comique,
clóture pour réparations; Théátre--Italien, clóture annuelle; Thé&lt;itre-Lyrique, clóture annuelle; Palais-Royal,
relache; ThéatreduLuxembourg,clóture annuelle; Théátre-Beaumarchai~, clóture annuelle; Bouffes-Parisiens,
clóture annuelle.
Un reta.che et sept clótures ! Une réflexion amere me
vint a !'esprit :-Hélas ! me dis-je, est-ce ainsi que nous
usons de la liberté? Quel triomphe pour les réactionnaires ! Pourvu que cela ne dégoule pas le gouverne•
ment de nous faire des cadeaux.
Un relache et sept clótures ! et pas un spectacle nouveau, ne fut-ce qu'un spectacle de marionnettes !
Seuls, le théatre de laPorte-Saint-Marlin et le ThéatreDéjazet fetaient la grande &lt;late.
Le théatre de la Porte-Saint-Martín donoait le Barbier
de Rossini, avec M. Capoul, de l'Opéra-Comique, et des
lauréats du Conserv~toire. Le Théatre-Déjazet, le Dépil
amoureux et Tartuffe, avec des lauréats du Conservatoire et des acteurs de l'Odéon. Norma, l'Avare et Tartuffe étaient annoncés, a la Porte-Saint-Martiu, pour le
samedi, pour le dimancbe et pour le lundi snivants, avec
M. Montdidier dans le róle d'Harp~l{on, et M. Dumaine
daos le role de Tarlutle.
L1 liberté des tbéatres va-t-elle rendre Moliere populaire? Ce n'est point impossible. Messieurs de to1.1t en
haut lui ont fait un accucil des plus chauds; c'étaient
des applaudissemeots trcs-vifs et des éclats de rire trcsfrancs. Et, ce qu'il faut remarquer, c'est que ce public
neuf semblait trouver les pieces du grand homme tressnffisamment intriguées, et s'amuser beaucoup, non-seo•
lement des mots, mais des situations. O MM. d'Ennery,
Bouchardy, Anicet Bonrgeois, Ferdinand Dugué et Ci•,
vous seriez-vous done inutilement mis en si grands frais
de charpente, et tant de ressorts secrets, de rouages,
cl'engrenages et de ficelles si laborieusement disposé
dans cbacune de vo~ énormes machines, étaient-ils don
du superflu? Quoi ! vous auriez pu triompher sans pren
dre la moitié de la peine que vous avez prise, et fai
des économies d'imagination pour les drames de vos vie
jours, et vous ne vous en doutiez pas ! O découverte tar
dive ! ó regrets impuissaots !
- Comment ! il n'y avait qu'a faire comme MoliereT
- Mon Dieu, oui, messieurs, faire comme Moliere
et... etre Moliere, pas da.vaotage.
0

Au moment 'lu j'écris, la Coméd1e-Fran~aise répete Esther avec les chreurs. Mll• Favart jouera le role charmant et
touchant d'Esther. 11 me semble qu'on peut lui prédire
l.eaucoup de soeces. Je me figure tres-volontiers la dúuce
et be lle Juive étoonée de sa fortune, émue du danger de
son peuple et implorantAssuérus, sous les traits, avecla
voix, les yeux et le.~ !armes de M11• Favart.
Les cbreurs ne seront pas chantés par les sociétaires et
les pensionnaires du Théatre-Fran~is, et je ne pense
pas que personne s'en plaigne, soit dit sans offenser la
Comédie. M. Bressant a un tres-joli ténor, et rien qu'a
entenqre parler Mm• Madeleine Brohan, on devine qu'elle
doit chanter les ~ontraltos a 111erveille; mais delll vou:
pour des chreurs a quatre parties, avec la meilleure volonté du monde, c'est un peu court.

t9

M. Victor Rugo a Ch. Brugnot,1 qu'on ne lira pas saos le tiers de ce capital. Pour le moment il tait son nom
quelque plaisir:
' de fonds. S'il'
s,en~ageant a le révéler a ses bailleurs
..... « Je ne sa_urais tr~p applaudir, pour ma faible part, garde l'anonyme, dit-il, c'est pour imposer plus de cona tout _ce qm pourrait ranimer l'esprit des·départements. fiance; ceci est profond.
11 seraJt temps, en effet, que la province cessat de recevo~r de P_aris de_s opinions toutes faites, il serait temps . Je viens de tire sor une affiche ces mots : « Adjudica~ elle eut ses hvres et ses journaux, qu'elle se sentit taon, par suite de faillite, du café ae POIJ. Mise a prix :
vivre par elle-méme ... La centralisation produit a la fois 35,000 francs.
deux_ effets opposés, deux maladies contraires pour la
Le car~. de Fo! e~ faillite : Une triste nouvelle et qui
provmce et la capitale. La France est un pays défaillant
ª.
causé, J en srus sur, un véritable chagrín au1 vieu:r haet app1uvri, Paris est une ville pléthorique.
bitués de la vieille maison.
~ 11 faudrait, monsieur, qu'il s'élevat sur tous les
Hélas ! l'hirondelle de Carie Vernet, qui amena Jadis
pomts du royaume des feuilles comme la v~tre; ce serait
tant de gens dans ce café célebre, n·a pu le sauver réautant de sourees de circulation, autant de centres qui cemment de la ruine.
lutte~ai~nt contre le grand centre, le grand tourbillon.
Q~e(qu~s-uns de mes lecteurs ne connaissent peut-etre
La v1cto1re serait longue aremporter mais Dieu aidant pas I h1sto1re de cette hirondelle, la voici :
. a sa fin : les provinces ' relevées et París'
Du Théatre-Fran~ais a l'Hippodrome il y a un peu on arr1.vera1t
Un so~,. Car_le ~ernet entre dans le ca.fé pour y faire,
loin, et, d'une seule enjambée, passer de l'un a J'autre rentré dans son lit.
comme
a l ordma1re, sa partie de dominos. La salle vela chose est quelque peu hardie; mais bah! avec la ti~
&lt;&lt; J'attache done le plus grand intéret avoir réussir Je
nait d'etre remise a neuf.
berté des théatres, n'est-il pas possible que la maison de Pr~incial~ J'y contribuerai certainement pour le peu
.Carie Vernet demande une bonteille de hiere et la
Moliere et le cirq~e de .M. Arnault se rapprochent dans qm me sera possible.
debouche;
le bouchon saute, va frapper le plafond frall'universelle confusion des genres?
_« Si ,messieurs vos collaborateurs ont, comme vous·me
cbe1::')nt
repeint,
et y laisse une tache. La maitresse du
- Done Blondin a débuté a l'Hippodrome.
faites l honneur de me le dire, la bonté d'attacher quelc~fé
ne
se
permet
ni une réfleiion désobligeante
- Qui~, Blondin? le grand Blondin le seul Blon- que pri~ a_mon nom, transmettez-leur mes applaudissem &lt;&gt; un ges_te . d'~umeur; mais l'artiste a surpris u~
din, Blondin do Niagara, enfio?
'
ments smceres et la promesse de les aider de mon mieux
re0 ard qm s1gmfie : Oh! mon rauvre plafond ! que!
- ~elui-,t_a.. .._ou un aut.re_; en tous cas, un gaillard. daos les limites ou je dois me renfermer... &gt;&gt;
malheur!
On dit qu i1 lw en a coute de se manilester devant
Sans ~arler de !'a propos qu'ont encore les réflexions
- Consolez-vous, mapame, luí dit-il, j'ai 'fait une
Paris en détail et non devant París en gros • mais de M. V1ctor Hugo sur le vampiri"sme littéraire de París
'
maladresse,
mais je vais effacer cette vilaine tache.
. que voulez-vous?: ayant vainement sollicité ta fa- n'est-il pas piquant de voir le poete acceptant modeste~
Et
aussitót
il se leve, va prendre dans un coin les
veur d'accrocher son cabte par un bout au sommet de ment une coll~boration dans une revue &lt;Je province?
br?sses
et
_les
couleurs
des peintres décorateurs qui del'arc-de-triomphe de l'Étoile, par l'autre au sommet de
Charles Nod1er et David d'Angers avaient aussi donné
va1ent
vemr
le
leodemain
donner la derniere couche a
l'une des tours de Notre-Dame, il s'estrésigné a travailler au Pro~ncial des marques d·intfiret qui devaient, ce semla
coroiche,
installe
un
tabouret
sur la table monte
en ~~tit. D'ailleurs, le suffrage de quatre ou cinq mille ble, cOnJnrer la mauvaise fortune. Mais a cette époque les
dessus
et
se
met
a
l'reuvre.
'
Par1S1ens ne vaut-il pas le suffrage de tous les fédéraUI reuv~es mémes de David' d'Angers, de Charles Nodier,
Un quart ?'heure apres,.la tache n'y était plus et la
et de tous les confédérés ensemble? Et n'est-ce pas quel- ~e V1ct?r Hugo et de beaucoup d'autres, attiraient trop
que chose, pour un Fran~ais, que de se promener sur la 1atte~t1on du public pour la laisser se porter sur un cha:mante h1ron1lelle qui fit en ce temps-la courir tout
Par1s et que tous les étrangers veoaient voir planait
corde ra1de devant des Fran~ais?
re~ue1! publ!é a Dijon, et,sans le vouloir, les nobles par'
OLéotard! gymoaste-bachelier-es-lettres ¡¡ ne vous ra.ms ecrasa1ent le filleul. Trente-six ans out moissonné dans la blaocheur immaculle du pl~fond:
Pu_isse-t-e_lle porter encore bonheur au café lle Fo
reste plus qu'a aller faire du trapeze au-dessus de la trop de génies et n'en ont point, hélas! assez produit
y
grande chute du Niagara, ou a passer votre examen de pour. que le_s bel les. cboses de la province n'aient pas et fa1re monter les encheres:
baccalauréat es-sciences.
X. Fl!YRNET.
chao, e' au¡ourd hm' de ne point demeurer inaper. L'affiche_ ~e l'Hippodrome annonce que Blondin s'ar- ~ues.
··
rete au miheu de sa promenade aérienne et fait une
omelette sur la corde. Un second alinéa ajoute :
~h ! co~m_e notre temps a le génie commercial ! 11
CORRESPONDANCE D'ALGÉRIE.
« Les spe¡:tateurs sont autorisés a descendre daDs !'ae_11ste Birmmgham, - si vous avez le moindre doute,
rene pour s'assurer si elle est bonne. »
AU DlflECTEUR,
hse_z I Ind~pend~ce beige de vcndredi dernier, - une
« Si elle est bonne! » Est-ce !'arene l'omelette ou la
Redoute-Rose, 1! juin
ma1~on
qui
fabrique
et
qui
exporte
au1
lndes
....
Devinez
u
.
'
'
cord~ ~·. mons1eur
Arnault, ~e grace, eipliquez-vous.
Ah quo1 '. Des draps, des cotons, de la coutellerie, des néJe vous adresse un croquii de la redoute que le génédam. s1 nous voulons nous hvrer au genre littéraire il cessa~res de voyage, des manteaUI imperméahles, des
ral
commandant en chef l'expédition contre les Flºtt
faudra tacher de soigner un peu notre fran~ais.
'
puddmgs, do breuf salé, des sandwiches, des iostitutri- vient de faire construire par le i2• et le ~2• de lig: as;
c~s? - ~on, vraiment, vous n'yetes pas; la mairnn Z... et Par 1e 3•
· ·
du génie. Le i f juin, a quatre he.ures
ee
. reg1meut
Le Cir~e, lui, se pique de délicatesses de langa.ge. u Ce fabrique et exporte des D1eUI pour la consommatio11 du matm, la colonne se dirigeait sur Zemouna pour
n?lli conv1e tous les jours a alter admirer les tafonts de sa grande colooie. Les p:-oduits de la maison z... et Cíe chercher un convoi de vivres nécessaires laissant da y
ns
d un cheva1 présenté par .M. Loyal.
sont conf~ctionnés avec Je plus grand soin et tout a fait 1a redoute a. 1~quelle on a donné le nom de, Redoute-Rose,
A la bon~e heure, le public doit etre content. on en confortab1es. 11 y a des dieUI peints des dieui do ,
d d'
.
,
res, une compagme du f2• et une du 82• le corps du gt ·
..
d' .
'
me,
use fort po,liment a son égard, et les Anglais doiveot' es . ieux argentés;. pemture, dorure et argentare ga- deu~ p1eces
art11lerie, l'ambulance, les blessés et Ja t3•
trouver qu on commence a savoir vivre en France. Mais ranties. Pour les pet1tes bour~es qui ne peuvent se don- sect1on d'administratioo, le tout sous les ordres du comRomufus, le cheval de M. Loyal, n'est-il pas quelque peu ner que_d~s demi-~ieUI ou des dieux de seconde qualité, mandant Coulommieu d,u f 2• de ligue.
blesse dans so~ amour-propre de ce que son cavalier ne r,~tte ~rec1~use maJSon a « de petits demi-dieux et autres
Les Arabes~ bien qu'ils conuussent le peu d'hommes
songe pasa lw préunter le public?
d1eux 10fér1eurs daos le plus grand choix. » Le bl' que renferma1t la r~~oute, n'on_t pas osé nous attaquer.
t
é
•·¡ ,
pu IC
es pr venu qui n est pas fait crédit, mais que l'es~utour _de no~ s etend le desert que ríen ne vient
,L~ pr~~i..n~ avait la liberté d'avoir du talent, voire du compte est accordé a ceux qui paient comptant.
a~1mer,_ s1 ce, n est quelques vautours se chargeant de
Nous avo11s bien a París des fabricants et dei; mar- fa1re d1spara1tre les cadavres que les Flittas n'ont u
g~~e, ~ ~cr~e de boI1S livres de critique, de philosop
p '. d histol.J'e, de bons roma.ns et de bons peemes. il ~bands d_e petits Jésus et de petits saints Jeans en cire emporter.
ne lw ma.nquait qu'une voix pour entretenir le mo~de a tous pru, mais nous n'avons pas encóre de manufacLa Redoute-Rose nous servira de quartia- général
tur~s et de magasins d'idoles pour l'eiportation. ca_r on parle de 00011.Jreuses sorties que nous devon;
savant et 1~ monde lettré de ses travaUI.
Cette voix, aujourd'bui, De luí manque plus et elle s'ap- patience, cela viendra, il ne faut désespérer de rien ' fa1re dans les régions environnaotes. La redoute sera
pelle la Bevue des promnces,
·
dont M. Edouard
' Fournier
S~yez 8~ , ~'ailleurs, que les chefs de la maisoo
un ca~p fue dans lequel nous reviendrons prendre nos
eat le rédacteur en chef.
et c,_,, de Bu~mgbam, sont de parfaits anglicans, lisant quartiers apres chaque eipédition. c•~st la, du reste,
La r ·
. . IVrat.son. du ~ois dernier rappelle que ce qui la B1ble, prat1quant le culte de famille observant ri&lt;&gt;ou- que campe en ce moment le général commandant en
~ u.11S1t a me~vedle .ªºJourd'hui fut tenté, il y a treµte- re_us~ment la loi du dimanche' et s~ventionnan~ les chef.
:1.1 ans, et, 1;ette f~1s, en province, a Dijon. Une revue m1ss10ns chez les peuples pa'iens : commer~ants ils Agréez, etc.
Pour ~trait : P. PAGET.
e:t créee_ ~us ce títre: le hovincial, dont le rédacteur ;endent des idoles et font leur fortune; cbrétiens; ils
Be ibef etait Charles Brugnot, un poete auquel M. Sainte- lo~t le°:1' s_alut et travaillent a la destruction de l'idola~
. uve accorda une mention tlatteuse et qui ne chanta tr1~. Ams1 les affaires marchent, Dieu n'a point a se
p~ longte~ps, la mort, amante des poetes, lui ayant plamdre, et tout est pour le mieUI... aBirmingbam.
BA.L DOINi PAR 8. !. LI VICI-ROI . D'iGYPTI
llllS son doigt glacé sur les levres en !831.
Je ne sais si tout sera pour le mieux dans les princiLe premier numéro do Provincial avait paru le t"mai
t 828b. Cette jolie date printaniere ne lui porta pas p~utés allemandes, de l'avis des souverains de ces États
DANS LI! PilAIS DE RAS•l!L-TJN.
b011 eur et te n......~M-·~, ,
llllgnons, quand les banqnes qui leur donnent de si
'
cnfl/1- n eut que peu de matins
comme les flenrs du mois ou il était né.
' be~ux ., bénéfices, auront sauté une fois pour toutes.
Aleundrie, tll jllia.
ma1s
J
engage
leurs
Altesses
sérénissimes
a
prépare:
Po~t les heureuses prédictions, les vreUI fenents
Le _vice-roi d'Égypte, ven u du Caire pour passer quelD~ l!11 avaient point fait faute, et d'illustres amitiés s'é- leur_ Ame a ce grand évéaement. Les tapis verts sont
ques
Jours a Alexandrie, a visité dans r.e pol't le Peluse,
taient plu a sourire a son berceau
.
terr1blement menacés. Voici un philantbrope qui se fait
un
des
pi~ bea~ paquebots desMessageries impériales.
Voici quelques passages d'une. lettre adressée par fort de gagner le capital de toutes les banques. il monA_pres
~vo1r
témo1gné son admiration de ce paquebot le
trera son talent aussitot qu'0D aura versé entre ~~ mains
v1ce-r01 a chargé le :directeur des Messageries de 'tui
.

.

1

,ª

i...

�20

21

t•11LUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN lVERSEL.
faire construirc en
France deux baliments,
1lont l'un de grande dimcnsion et de 'la force
de GOO chevaux.
Avant de quitter le
fe/use, Isma'il-Pacha a
liicn voulu accepter une
collation qui lui était
offcrte, et, a son retour dans son palais,
il a envoyé de beaux
cadeaux aux officiers du
Peluse, ainsi qu'une
somme d'argent pour
l'équipage.
Le 8 juin,'le vice-roi
a donné a Alexandric,
dans le palais de Ras-elTin, un bal magnifique,
oü était invitée la colonic curopéenncrlu Cairc
et d'Alexandrie. Le palais de ·Ras-el-Tin est
admírahlement situé
sur un cap avancé, enserrant le,port d'Alexandrie daos une courbe
gracieuse.
Son Altesse, entourée
de ses principaux 10uc•tionnaires, se tenait dcbout, en costume de
ville, en haut de l'escalier d'honneur, pour
reccvoir chaqu.e dame
qui luí était présentée
par les ?ommissaires.
La r.ot¡mde occupant
le centre du pal&lt;!is servait de. salle . de bal.
Cctte salle ronde, entourée d'une riche galerie

cirwldire, ollrait l'as ·
pecl le plus splcndidc.
Des fcnctrcs de cctte galcrie, on a pu as~istcr
au l'cu d'artiílcc,donl Ir,
millc fuséc3 ont illuminé, pendant 1¡uclquc,
in,tanls, le pu1'l tout
e11tier et ·1es a~or'é!, de
la résidence royal c.
A une hcu rc tlu ma-·
tin, quatre gramlcs salles, oir quaral)lc-dcux
tables de six · couvettR
chacune avaíent éltl
dressées, ont ~te ou-vcrtcs anx in,·ités, qui
s•}·sont condu itslh aus,i
liravcmcnt que dan~ la
salle de danse.
La fete ne s'est tcrminée qu'a six heurc3
&lt;lu matin. Chacun s'cst
retiré. entho11siasmé de
tant de spleudcnrs el
touché du graciellx accneil de Son Altes,e.
Agréez, etc.
P. PAGET.
~

fANQUET
OFFERT A VERSAILI.ES

A la 1,e batterie du régimrnt
ó'artillerie moJte de la Gart' e.

1

llANQUIIT OFFERT A VERSAILLl!S, A LA PREMI.ERE BA'!'l'ERIB D'ARTILLl!RIB, A SON RETOU!l IJU MllXIQUt. - D'ap1e&amp;

UDS

pllot. de ll.

-~-=~--

E~~E~f.=~~~ ~
SALON DE 1861,: LF. 1111BUN.AL

=

,,.

A LA COLONLE EUIIOPIÍEN NE. JJAL 110NNJÍ, LF. 8 JlilN. AU PAI.AIS UE IIAS-1.1.-TJV. l'All ~ A. 1" 1' I('.F.-Rlll U'F.t:YPTF,
.

ll'apres un croqui&amp; de M E. de Gr•ndchamp.

La premiére ballrric
rlu régimrnt d';trtillcric monté &lt;le la Gartlc,
composéc de 2:0 homme~, ofílciers , sous-

ms EAIIX

DE YHF.~CF, E\' 1800, - Tableau de }1, U. Ferra11dii.

111111',

raro ,

�L'ILL USTRATlON . .JOUR NAL UJ'J IV ERSEL.
o('ficiers et soldats, et détaclrée a l'armée do Mexique
depuis le commencement de l'expédition, est revenue en
France depuis quelques semaines et vient de rejoinilre
son régiment en garnison aVersailles.
Elle a fait sa rentrée précédée par delll canons mexicains pris a San-Lorenzo, et devant lesqullls marchaient
un groupe de sous-officiers décorés portant un drapeau
et t~ois fanions enlevés a \'ennemi.
Venaient ensuite les six pieces fran~aises, dont trois·
portent les empreintes glorieuses des boulets ennemis.
A trois heures, un banquet offert par les canonniers
a leurs camarades, réunissait officiers et soldats dans
la.cour du quartier, et a sept heures, un granddiner, ou
étaient conviés tous les chefs de corps de la garnison, a
été offert par les officiers du régiment monté A leurs
camarades du Mexique, au mess de l'artillerie.
La salle auit été habilement décorée pour la circonstance, et un trophée composé des canons et des drapeaux pris au Mexicains en formait le principal ornement. •
P. PAG-ET.
~

TABLlilJI RIPRODUITS PAR L'ILLUSTftATIO!.
Les sept canaux qui distribuent les eaux du Turia aux
environs de Valence sont régis chacun par un syndic
et un éclusier. Tons les jeudis, de temps immémorial,
les syndics se réunissent a la porte de la 'cathédrale
pour juger les délits que leur dénoncent les éclusiers.
C'est une séance de ce tribunal qu'a reproduite M. B.
Ferrandiz daos le tablean qu'il a envoyé au Salon.
Il a traité son sujet avec une grande verve; les physionomies de ses personnages sont des plus beureuses
et la composition du tablean est bien entendue. A. M.

GIULIA,
NOUV E L L E,

(Suite.)

En s'arretant a cette seconde supposition, Louis, avec
sa honne foi naturelle, devait se reconnaitre coupable
d'une. puérile tén-acité aggravée d'une double méprise;
daos les deux cas, la situation deviendrait promptement ridicule et embarrassante, s'il n'en triomphait a
force de bon gout et d'heureuses inspirations. Pendant
qu'il bésita.it encore, le regard genant de l'Italien, dont la
main ne quittait pas la porte, l'interrogeait ironiquement:
- Avez-vous affaire avec moi, monsieur l'officier?
cela m'étonnerait.
D'un geste br~sque, il congédia la vieille femme au
bavardage intéressé de laquelle il n'avait pas preté la
moindre attention, et, sans fermer la porte, il désigna a
Louis le couloir, comme le seul endroit 011 il lui plut
d'accorder une audience, qu'il souhaitait courte, au plus
inattendu des visitenrs.
Louis se fit plus poli encore que de eoutume, et, avec
toutes sortes de protestations du vif regret qu'il éprou vait de déranger de ses Affaires un si respectable signore,
il raconta toute entiete a ce dernier l'histoire de Thomaseo, de fcu sa femme, et de Giulia sa filie, d'apres les
documente; qu'i\ possédait. ll insista beaucoup sur Thomaseo, afin d'arriver plus naturellement a Giulia, qu'il
croyait avoir recrmnue, une heure auparavant, et dont
l'hahit de deuil lui avait inspiré de grandes alarmes
concernant son pere.
Cet exposé, si sommaire que son auteur eut vou\11 le,
rendre, prit beaucoup de- temps a Louis; mais il fut récompensé de sa patience et de ses circonlocutions, en
devinant, avec des sentiments tres-tlatteurs, qu'il était
compris mot a mot, malgré l'irritation nerveuse que
l'Italien cherchait a dissimuler sous une affectation d'impassibilité, par 011 les gens du Mídi l'emportent sur ceux
du Nord, bien que ces derniers soient renommés pour
leur empire sur eux-memes.
- Monsieur, répondit l'Italien, qui réussissait de moins
en moins, surtout lorsqu'il parlait, a cacher i;on dépit, je
déplore de ne pouvoir vous etre d'aucun service. Votre
Thomaseo m'est totalement inconnu. J'ai pris beaucoup
d'intéret a votre petite historiette, intitulée &lt;&lt; Giulia; »
mais cette Giulia m'est également étrangere...
Au bout du couloir ou causaient les deux hommes, il
y avait un escalier. Cet escalier conduisait a des cbambres, dont on avait, sans doute négligé de fermer les
portes, car, dans ce moment meme, Louis entendit aussi

distinctement que possible écl:iter une fusée denotes séraphiques. Cetincident le clouasur place, mueJ d'admiration
et de stupeur. Une justice a rendre a l'ltalien, c'est qu'il
montra francbement la sensation désagréable que lui
causa cette voix enchanteresse. Louis, rendu a lui-meme,
ne douta plus un seul instant.
Non-seulement il venait de reconnaitre, bien que ne
lui ayant entendu prononcer que deux ou trois mots
cinq ans auparavant, la voix de 'Giulia, mais daos ce
chant inespéré, énergique et doux, il entendait un appel. « fa.i voulu, bravant toute mesure et au mépris de
mon repos, te faire savoir quP. je te vois... 11 n'y avait
pas f autre moyen, et peut-etre m'en coutera-t-il cher
pour l'avoir employé. N'importe ! sache que j'existe, et,
pour le moment, n'excite pas contre toi l'homme a qui
tu parles, ne lui résiste pas ... nous nous reverrons. »
Voila tout ce qu'i! y a dans une simple roulade, pour
qui sait l'y découuir.
Malgré cet appel a la prudence, et malgré ses propres
efforL~, Louis ne put s'empecher de dire a l'Italien, avec
les yeux, bien entendu : &lt;&lt; Vous mentez. l'
' A"(JUoi l'Italien répondit avec la langue:
- ~Ion temps ne m'appartient pas, souf{rez que notre
conversation en reste ia... » Se fut-il appelé don Giovanni,
Louis ne pouvait plus que battre en retraite, c'est ce
qu'il fit, mais son embar¡as n'en devenait pas moindrc.
Il luí restait a aff'ronter oe la part de ses camarades, de
plus en plus intrigués, un minutieux interrogatoire dont
la seule pensée le crispait. 11 crut s'en tirer a son avantage, en affectant Tis- a-vis d'eux un air mystérieux, destiné a leur insinuer que le résultat de son expédition
n'otfrait rien de plaisant; ils se le tinrent pour dit, et
penserent a autre chose.
Le lendemain; vers midi, Louis fut, a sa grande surprise, mandé chez son colonel, qui lui dit avec beaucoup
de sévérité :
- Monsieur, je vous tiens pour un brave officier, cela
est certain, mais cela aussi ne constitue point, parmi
ceux que j'ai l'honneur de commander, une' exception
suffisante pour vous soustraire a mon mécontentement,
si ce que je viens d'apprendre se renouvelle.
- Daignez vous expliquer, mon colonel, jusqu'a présent, je •,ous jure que je n'ai pas l'honneur de vous
comprendre.
- Cette feinte, lieutenant, ne sied ni a votre caractere, ni a votre rang. Qu'un simple soldat, qu'un novice
dans nos rangs, ait l'air de n'avoir ni la conscience, ni
le souvenir de sa faute, afin d'éviter la salle de police ...
~ se voit.
- Colonel, je n'ai jamais fui devant les suites de mes
acles ... parlez.
.
- N'avez-vous pas, bier meme, été l'instrument d'une
mystification, sans grand sel, je l'avoue, tranchons le
mot, d'une vraie farce de collégien... oui, monsieur,
pratiquée sur un honorable habitant de cette ville. On
s'en est plaint justement a l'autorité supérieure... et je
me compromettrais en n'agissant pas de maniere a préTenir le retonr de semblables faits. Pour aujourd'hui,
je me borne a l'expression d'un b!Ame absolu, mais a
la r~cidive, vous me tro-:nerez inflexible.
L'entretien engagé dans ces termes, la fierté de Louis
lui interdit dP. faire la moindre allusion a certains faits
qui faisaient plus qu'excuser sa démarche, et la légitimaient. 11 quitta son supérieur, non saos maugréer,
a part lui, contre les lois de la gent militaire, qui exposenl leur homme, si distingué qu'il soit, au chatiment
des ecoliérs, la ~11 le dernier bourgeois ne releve que
de sa fantaisie.
Cependant, malgré sa vive sensibilité, Louis n'était
pas porté au découragement, et en rentrant chez lui, i1
se disait : Allons, a tout prendre, je n'ai pas encore
payé trop cher la certitude que cet aflreux bonhomme
connait Giulia.
11 employa une heure a écrire a son pere, avec lequel
il entretenait la correspondance la plus affectueuse, et
qui était fier de tui; le bourgeois fran~is est toujours
pret a dire que s'i\ n'était pas filateur, il serait volontierli
Alexandre; le pere tle Louis lisait a son cercle, et méme
a la Bourse, les lettres du lieutenant, et remportait toujours, au nom de l'absent, un premier prix de style.
Oans la soirée, Louis reparut, porteur de l'air le plus
gai, parmi ses freres d'armes, qui ayant tous fait une
expérience plus ou moins approfondie des choses de
l'amour, et sachant qu'elles se composent essentiellement de brusques passages de la tristesse la plus sombre ala gaieté la plus folle, décréterent que Louis avait

trouvé son idéal, et qu'il fallait les laisser tous deux en
paix. - S'il ne fait pas de nous ses confidents aujourd'hui meme, penserent-ils a l'unanimité, l'indiscrétion
n'y perdra rien, et son silence actuel n'est qu'une
balte trompe11se, qui pré~are de grandes fatigues a nos
oreilles... Laissons-le venir a nous, et imitons sa résérve.
To11tefois Alfred, par pure amitié, avisa Louis de se
méfier des maris jaloux, et sur ce conseil, marqué au
coin d'une vaste généralité, ils laisserent Louis en
pleine possession de son roman ; pour une ame chaste,
vive et tendre, c' en éta it la un tout fait, bien préférable a ceux qu'on lit, et ayant la saveur d'un fruit
délicieux, aspiré sur le sol natal, aupres de la séve
meme de l'arbre nourricier.
Ce sont l~s conteurs qui ont imaginé toutes les subtilités que vous ~avez, toucliant \'origine et les causes vitales de l'amour, et leur création est contre nature, surtout lorsqu'il s'agit du premier amour. Louis aimait
parce qu'il aimait. Saos nul doute, les circonstances
particulieres au sein desquelles s'était produit cel
amour, devaient exercer leur influence sur sa marche
et son dénoument. Mais qui ne sera .tenté de plaindre,
d'envier et d'admirer ce jeune homme 6ouillant et reveur, pret a mourir pour un salut a la femme, dans la
personne séduisante d'une signora jeune et mystérieuse, aux beaux yeux éloquents et profonds, entrevue
pour la premiere fois a l'age 011 l'amour s'annonce par
de si délicieux troubles, perdue et revée a l'entrée de
la jeunesse, au seuil de la vie libre, miraculeusement
retrouvée dans sa patrie au lendemain d'une victoire
libératrice, et toujours revetue de l'ineffable prestige
de l'inconnu, du malheur peut-etre?
Cependant le colonel n'était pas un homme dont on
put méconnaitre impunément les ordres, et Louis avait
trop besoiu de l'entiere indépendance de son action, pour
la risquer par un inutile coup de tete. Aussi, malgré
l'immense envie qu'il en tut, il fut deux jours sans chercher le moyen de retrouver la rue et la maison du rancunier petit Italien, qui savait s'y prendre d'une maniere·si
habile pour fa1re savoir aux officiers fran~ais qu'ils n'avaient pas fait sa conquete du premier coup. Ce qui
compliquait la situation morale et matérielle de Louis,
c'est qu'il était loin de posséder dans sa tete le plan de
la ville... Et pourtant, comment revoir cette Giulia:, si
ardemment attendue, saos se hasarder daos le voisinage
de la maison ou elle demeurait? Le dilcmme était aigu.
En y rétléchissant davantage, Louis qualifia d'excellente
inspiration celle qui l'avait poussé ane pas dire un seul
mot, au colonel, qui otfrit son aventure a ce dernier
sous IID autrP. jour que celui de la plaisanterie. En
attendant, il fallait se faire des amis dans la place, sans
preter aux remarques, compter sur l'imprévu, saos négliger l'emploi actif et,. assidu des moyens proclamés
bons par le témoignage des siecles, compter sur la ProTidencef,~ans négliger le secours des bumains ... rester
chez soi et aller partout, flairant le bon moment, le bon
endroit... enfin tout ce qui constitue la tactique du
siége amoureux, déja difficile lorsqu'on a la citadelle
sou~ les yeux; hérissé d'assauts inutiles, d'escalades
dans le vide, de retraites parfois irréparables, lorsque
ladite citadelle vous parait tlotter dans la brume. Cependant, les amis de Louis menaient galante et joyeuse
-,.je a Milan, et.s'ils avaient, vis-a-vis de leur camarade,
l'infériorité résultant du manque d'une passion sincere,
discrete, pleine de souvenirs, de difflcultés et de périls,
i\s n'en avaient pas du tout l'air inconsolable, et rem- ·
pll~aient •volontiers les Madones par les Madeleines.
Louis, au contraire, avait beau s'en défendre. Depuis
trois jours, il paraissait tristP, et il l'était, je crois. C'est
un vieux préjugé d'affirmer q\J.e le premier amour est
gai. Il est vrai, au contraire, que chez les ames impétueuses, passionnées, mais contenues et studieuses,
nourries de la religion du serment, du dévotielll respect de la promesse faite, du nom engagé, l'envahissement du premier amour fait pénétrer avec lui je ne
sais quel souftle pénible, qui d':iilleurs n'attiédit pas sa
tlamme, et que je ne saurais nommer plus brievement
que par ces mole; ; La fascination du remords.
Les roués traitent cela de duperie. lis prétendent que
tout en ayant pour but le plaisir ou le bonheur, selon
les dialectes, l'amour est essentiellement un duel entre
la femme et \'hommt&gt;, armés chacun d'armes différentes,
et que rlans ce duel, chacun tour a tour attaque et se
défend pour son propre compte, emporte une haute
idée de son adversaire, lorsqu'il est vaincu par lui, et le
dédaigne dans le cas contraire. Je sais que l'événement

L'I LLUSTR ATION, JO URNAL UN IVE RS EL.
semble fréquemment appuyer c_et~. v~lgaire phi_lo~ophic,
· n'était point ce\le de Lou1s, J a1 quclque ¡01e a le
qm
' ·
h. t.
dire,
car sans cela je u'aurais pas ecr1t cette 1s 01re en
son honne11r.
.
.
Un heureux incident vint bientot rendre aLoms la hb rté d'esprit dont il avait tant besoin pour agir efficac:ment. A un diner d'officiers, auquel était présent le
olonel celui-ci s'adressa a notre héros, non-seulement
c
'
.
. e
san5 la moindre marque de ressenttment, ma1s ~ me
avec une faveur m~rqu_ée. Done, il avait t,out a ~~Jt ~~­
blié !'aventure de l ltahen, et la preuve, c est qu 11 p,a1santa fort agéablement quelqucs jeunes lieutenants sur
le~rs affaires d'arriour. Louis se dit: le moment est :ven u?
récapitulons nos chances : de la liste ~es_ en~ro1~ ou
j'aie quelque espoir fon dé,de retro~:er ?mita, Je~pms et
je dois supprimer_la cath: d~ale, ou '.' n e~t pas p.obable
que son énigmat1que geoher_la la1sse _retour~er_ apres
ma na'ive confession. Les hah1ts de deml de Gmha détruisent l'hypothcse du théatre et dei; promenades publiques; i\ ne me reste done qu'a établir un poste d'obvation daos sa rue, a sa porte; mais comment retroqver
cette rue, dont j'ai été assez fou pour négliger de prendre le nom ... C'cst ainsi qu'il se parlait en revenant de
ce joyeux diner. Comme il regagnait son logement, on
lui rc111il dans les mains une lettre dont l'aspect lui causa
une des plus profondes émotions qu'il eut ressenties de
sa vie. L'écriture était loin d'en elre, selon un mot
qu'affectionnent les romanciers, aristocrat1quement déhée; elle étail, au contraire, large, confuse, incorrecte,
mais elle trabissait, par de certains signes irrécusaLles,
la main d'une femme. Daos ce moment, i1 n'est rien que
Louis eut préféré au bonheur de lire tout de suite cette
lettre, pas meme peut-etre la vue de celle qu'au trouble
de son cre11r il devinait \'avoir écrite. lci le raisonnement appµyait le pressentiment. L'auteur de cette lettre
devait etre soit Giulia, soit la jeune dame en noir, soit
!'invisible possesseur de la voix délicieuse qui avait naguere éclaté comme un chant céleste daos l'escalier de
l'ltalien, parce qu'elle ne pouvait provenir d'un~ autr~
source; Louis ne connaissait personne dans la v11le. qui
eut lieu de luí écrire. D'ailleurs, la premiere lettre d'amour nou~ vint-elle de l'inconnu. ne se laisse pas mécon' .
.
naitre un seul instant; elle a un charme qµe ne saura1t
oublier le crear de celui qui a airoé. Parfois el1e nous
fail peur, lorsq•1'une pas.~ion inaltendue l'a dictée,
qu'elle est une violente réponse a nos aveux muets.
Mieux que toutes les paroles du monde, elle est un engagement, sinon rétléchi, du moins volontaire, et dans
la situation 011 se trouvait L')uis, il n'est pas surprenant
que la simple vue d'une Jettre l'ci1t ému a ce poinl.
Rien que pour la faire parvenir a son adresse, ne fallaitil pas que l'auteur de cette lettre eut épié toutes les dé·
marches de Louis, et se fut constamment informé de
de tui? Et, comble de joie et terme ile toutes les curiotés longtemps entlammées! elle allait se dévoiler enfin
a !'esprit jaloux de la connaitre, cette adorable Giulia,
cette beauté sans égale, cette chanteuse sans pareille !
Loms Dá&gt;RET.
(J..a ~uite prochainement.)

REVUE

LITTÉRAIRE.
LE ROMAN.

MM. V. Chanvin, J. Jonin, Cho&lt;hko , M•• Ch. Reybaud,
MM. Fénl, Serrel, l'abbé ... , Erckmann-Chatrian.

Des légendes, des contes, des nouvelles, des romans !
romans d'aventure, de mreurs, de caractere; romans
polémiques, utopiques, historiques et contemporains !Autant une année en verse aux étalages des quais, autant
l'autre en étale aux vitrines op i;ur les rayo ns des libraires
en neuf., On dirait une machi ne montée comme celle de
la Monnaie, qui vomit régulierement les pieces d'or,
d'argent et de hronze, les napoléons et les centimes. Et
tout cela s'écoule; le livre passe de main en main, retourné et froissé en tout sens par une Jiseuse qu'il endort, Amoins qu'un voyageur insoucieux ne le jette par
la portiere du wagon. La littérature courante convient
seule a un siccle affairé, 11ui ne prend guere le temps
de la rétle1ion et docne une heure par jour a la culture
de ~on esprit; il 'veut unP. histoire amusante, qu'il puisse
oublier comme la p1ece d'hier, uu spectacle dans son
fauteuil; souvent meme, il se contente de son feuilleton,
léger intermede au milieu de~ intrigues oiseuses de la
politique contemporaine.

prétend pasa l'Aréopa11;e, d'ou l'exclut son sexe; elle se
contente de plaire et de frapper l'imagination par le
foule? N'y-a-t-il pas des reuvres sérieuses, íruit d'nn choix de ses sujel~ et l'agencemenl de ses drames intilong travail, et que la critique seule aide a se produire? mes. Ici, c'est la filie d'un bourreau, filie charmante, qui
Saos donte, et si quelques livres remarquables, parmi les- aime et meurt pour ne pas entraver la vie de son ami;
quels no ou deux vivront, ne nous avaient forcé la la, c'est une coqu&amp;tte froide, dont les roueries amenent
main, nous aurions des aujourd'hui analysé l'Histoire de une catastrophe, un meurtre et un suicide; ailleurs, un
Richard II, par M. Wallon; les Réhabilitations de Marie · récit path'étique nous montre les Antilles fran~ises au
Stuart et de Marie Antoinette, ou les Aventures authen- temps de Louis XV, et la cruaulé du code noir, parfois
tiques d'Henri IV. Au reste, nous sommes loin de dédai-• corrigée par la pitié féminine et par un· dévouement pi us
gner le roman, et de le tenir pour genre inférieur a l'é- tendre. Une femme qui, par vengeance, fait épouser a
popée ou a la tragédie; e'est une des voies les plus inté- une ambitieuse un idiot sans fortune: voila bien une
ressantes de l'art; son domaine est vaste et tout entier histoire que Balzac eut placée dans la bouche de Bianouvert a l'irnagination; il y apparait des types 1mmortels, chon et de De Marsay. La méprise d'uue jeune filie amouClarisse, l'écuyer Western, Don Quicbotte et Gil Bias, Jane reuse d'un voleur termine dignement cette série d'étuEyre, Grandet et Goriot, Valentine et la Petite Fadette, des et de compositions, qui mériteraient un plus long
et tant d'autres etres imaginaires, doués d'une vie examen, s'il ne valait mieux en laisser la primeur au
plus puis~ante que :les banquiers et les rois. Lors meme public. (Le recueil est intitulé : Valdepei,·U$.)
De si rapides péripéties ne convienóent pas a M. Paul
que les héros de cette année ne ~eraient pas tous de
Féval.
11 lui faut aujourd'hui deux gros volumes pour
cette force, ils auront toujours ce mérite d'etre créés par
fondre
ensemble le Bossu et les lfysteres de Londre~, ses
l'bomme et a l'image de l'homme. Les réalistes prétendeux
reuvres
les plus populaires. Réellement, avec tant
dent bien ne rien créer; ils copient, disent-ils, san&amp;
d'imagination,
quel bes&lt;fin de s'\miter soi-meme? Saos
meme composer le tablean. Mais leur prétention est chidoute,
l'extraordinaire
enchevetrement des Habit.~ noirs,
mérique; notre esprit, plus encore que nos yeux, est
qui
renchérissent
sur
Jean Diable meme, renferme un
toujours un miroir infidele, qui change les conleurs et
les proportions de ce qui 's'y réfléchit. Le romancier est certain nombre d'heureuses inventions partielles, de
done créateur malgré lui, etje n'en -,.oudrais pour exem- scenes terribles et bien menées. Mais il n'en est pas
ple qne M. Champtleury, dont les reuvres, dites réalistes, moins vrai que Trois-Pattes et Lagardere, M. Bruneau et
ne se distinguent des autres romans que par le talent le Bossu, ne sont qu'un personnage en quatre noms. Coparticulier de l'auteur, et malheureusement aussi par cardasse et Passepoil, deux grotesques excellents, ont leur
quelques erreurs de langage qui lui appartiennent en inutile caricature daos Similor et Echalot. La preruicre
partie seule est digne des meilleurs jours de M. PaJJI
propre.
Féval,
et eíit suffi seule a un beau roman comme Bouche
Mais entrons dans le royaume de la fantaisie. Le.~ rode
fer.
L'idée
du hrassard ciselé est merveilleuse; qu'on en
manciers grecs et latins (qu'on ne nous accuse pas de rejnge.
Lecoq,
autrement dit Toulonnais-l'Amitié, a vendu
monter au déluge !) ont serví de theme a un travail a
la fois savant et agréable de M. Víctor Cbauvin. On sait a un banquier de Caen un coffre- fort a secret, qui vous
combien peu l'antiquité no11s a légué d'reuvres d'imagina- empoigne le bras des voleurs; or, ce meme Lecoq a
tion, a moins qu'on ne range sous ce litre la République vendu aussi jadi;,, au ciseleur Maynotte, un brassard que
de Platon et une bonne part de ses Dialogues. Deux sé- celui-ci a réparé et exposé da.ns sa 1vitrine; Lecoq vole
ries de peintures raffinées dues a Pétrone et Apulée, le brassard et force saos danger le coffre-fort. Quant a
les spirituelles folies de Lucien, enfin une perle pure qui Maynótte, il est condamné aux travaux forcés. Par bona nom : Daphnis e't Chloé, constituent l'appoint de dix heur, les malfaiteurs n'ont pas, en général, le talent ie
siecles. M. Víctor Cbauvin a fort habilemP.nt groupé et faire condamner a leur place un innocent. Le style de
raltacbé les diversesélucubrations d'Héliodoreet consorts, M. Féval esttoujours le meme, spirituel, brillanl, mais le
et avec assez de résnvc pour que son liue soit donné plus forcé du monde, et fait a J'image de ces imbroglios
terribles.
en prix aux jeunes faiseurs de vers latins.
Nous procédons par contraste. Si M. Féval est la com- ,
Les peuples, tres-raisonnablement nommés barbares,
qui renverserent l'édifice romain, ne connurent, en fail plication meme, M. Serret est le plus uni et le plus mode littérature, que la litanie, la chronique terre a terre. déré des écrivains. Son histoire de Neuf fi,lles et un garLe temps et les moyens leur manquaient pour cultiver 9on, une fois cette fécondité rare acceptée, marche d'une
leur esprit. Toutefois , ils ont laissé qnelques vestiges de allure calme et vraisemblable. L'irritation de la belleconipositions légendaires, aujourd'hui recueilli par les mere a la vue de tant de filies, sa joie ala naissance dn
polyglottes. Tels sont les charmants Contes Slaves qu'a gar~on et le raccommodement qui s'ensuit, !'honorable
choi~is et publiés M. L. Chod1.ko; ils sontpleins de poésie persévérance du pere et de la mere, forment un ensemet d'antiques réminiscences soigneusement notées par ble ou une cerlaine gaieté se mele a la plus saine mol'auteur. On ne peut les liM saos demeurer convaincu rale. C'est memela morale qui se charge de conclure et
de la commune origine des Pélasges, des Germains, des · de suppléer a l'absence de dénoument. M. Serret a
Celtes, des Slaves et dei- Indiens. L'Inde est au fond de voulu prouver que « les familles nombreuses se tirent
tout; c'est elle qui a donné au monde, avant la disper- mieux d'affaire que. les familles 011 il n'y a qu'un ou
sion des ¡aces, les Mi/le el une nuits, lesFables de La Fon- deux enfants. » Axiome bardi, mais contestable, et qui
taine et les Contes de Permult. La Be/le auro chel)eux d'or, ne résout pas les difficultés positives de la question. Le
l'Eau de beauté, le Petit Poucet et les fi,lles de l'Ogre, la sort des neuf fille5 n'est déja pas si enviable. Si deux se
Jeune fi,lle qui pleure des perles, l'Or fabriqué par le démon marient bien, si quatre autres fondent un pensionnat, il
sur les montagnes, sont de ces légendes qui appartiennent v en a deux qui meurent et une qui se fait religieuse.
a tous les peuples européens. On retrouve encore daos · La pauvre enfant! sans doute ellP. n'avait pas tu Je lile livre de M. Chodzko l'Enlevement d'Orythie par le vent vre de l'abbé Étoilé; elle y aurait vu les vices secrets de
et celui de Proserpine. L'Oiseau de feu, Ohnivak, qui joue de la spiritualité, et de ce mysticisme qui bébete ou anun grand role chez les Slaves, est l'épervier divin, le nulle tant de femmes destinée3 a d'autres devoirs. Que
symbole du Soleil, vénéré dans l'Inde, et dont la figure les amis du vulgaire et du convenu, r¡ue les petits journaux, voués, on ne sait pourquoi, atoute idée rétrogade,
est sculptée a Persépolis, a Nioive et Pn Égypte.
Les Oiseaum bleus, de J. Janin, n'ont qu'un rapport insultent aplaisir l'auteur anonyme de la Religie1i~e; ce
lointain avec l'oiseau Ohnivak, si ce n'est qu'ils sont livre, a. défaut d'art et d'intéret romanesque, se recomhrillants comme luí. C'est tout un essaim de nou.,.elles mande par sa. visible sincérité. Les meilleurs chrétiens
aimables. Rien d'amusant comme la Peíne du talion, de n'v trouveront aucune attaque contre le dogme. Des
piquant comme Théodora et les Fausses confi,dences, épi- abus criants, de funestes tendances, a la fois contraires au
sode inédit de la vie de Manon Lescaut. Les lnsomnies patriotisme et au bon sens, plusieurs poléruistes acerbes
transparentes d'Eutyphron nous initient aux tribulations qui portent avec eux les odeurs de la place Navone;
d'un Athénien qui voudrait représenter la littérature a voila les plastrons de l'abbé ...._ 11 avait ce*s le droit
l'Aréopage. 11 y a bien de l'ironie, et de la meilleure, de représailles, et la galerie est pour lui. Un exccllent
dans ce Mercure, permettant au candidat évincé de pas- cbapitre nous fait voir les changements insensibles apser ses soucis et ses espérances au premier venu. Le portés dans les prescriptions religieuses par ,m maitre
plus gros des Oiseaux bleus se nomme les Harpagons, souverain, le temps, l'usage; rien au monde n'échappe,
et .,.ollige du tragique au comique, de la tragédie a l'a- sous peine de mort, a la loi du renouve\le1:1ent. Peu s'en
mour; ses marraines, s'il plait a Eutypbron, sont Tha- faut que le dogme lui-meme n'éprouve une transformation radicale; croirait-on qu'UJJ petit livre pieux ose
lie, Melpomene, Erato !
Mm• ,Ch. Reybaud, )'auteur de M11 • de Malepeyre, ne émettre les opinions suivantes: &lt;&lt; Marie est une beauté
En commencant cette revue, un scrupule nous venait :

a quoi bon apprécier ce qui est connu et recherché de la

��r:r LLUSTRATION' .IOllR N.i\ L UNIVERSEL.
gel'!\ que leurs pareilles peuvent conrir ; un léger bruit,
tre~aneienne. Elle a existé de toute éternité. Marie fut noos mangeons 1P~ oiseau.'C avec le reste. Depuis le com- un froissement dans les feuille~ les a dénoncées: la rel'obj'et, de la part d'Adam et d'Eve, d'unr grande Mvo- meocemcnt, les choses ont été arrangées pour que nous narde a hondi; elles oot pris leur vol ; mais une paution? » Que! style, et quelles erreurs! C'est pourtaot ce mangions tout : nous avons trente2deux dents pour cela; vrette n'a pas assez vite déployé ses ailes, elle est tombée
les unes pointues, les autres tranchantes, et les autres,
qu'oo enseigoe a nos sreurs et a nos filies.
ce
qu'on appelle les grosses dents, pour écraser. Cela sous la patte de l'ennemie, et l'impitoyable chasscres.c;e
Nous ne croyons pas que de pareilles élucubrations
l'a férocement égorgée.
soient fort du gout d'Erckmaoo-Chatrian. Avec la noble prouve que nous sommes les rois de la terre. 1&gt; Maís un
Et triomphante, sa victime aux dents, la renarde resi
·bon
etre
ne
peut
toujours
admirer
seul
la
cave
de
ses
mere Catherine Lefev\e, l'oocle Jacob et l'excellent ami
vie11t
en courant au terrier.
Fritz, il ne peut etre question que d'honoeur, de loyauté, aocl\tres et philosophersur la puissance de ses mAchoires.
Le
succulent
repas que va fai~l:a /amille !
d'amour, et des véritables joies dela vie. La vive expres- A la grande stupéfaction de ses ámis de la taverne, il
Grande
chere
et liesse chez les ren'ards, deuil et dé
sioo du sentiment humain a fait d'Erckm:mn-Chatrian entonne des ditbyrlmbes en faveur de l'amour. 11 danse sespoir chez les perdrix. Ainsi va le monde!
le nom le plus brillant et déja le plus populaire qu'ait le Treieleins avec la filie de son fermier et s'évaoouit
X. FEYRNET.
produit la liltérature d'imagination durant ces dernieres lorsqu'il apprend le futur mariage de Suzel avec un
anabaptiste.
aonées.
Une figure excellente est encore ce bohémien Josef
Le Docteur Mathéus, les Contes fa11tastiques, etc., révéleIALOft DI Uf!.
rent tout d'abord un tourd'esprit original, une veine large Almani que Fritz a dérobé aux rigueurs de ta' police :
et facile, pareille a une eau qui court entre des rives « Grand, maigre, jaune, déguenillé comme toujours, le
(4• article.)
accidentées, tour a tour ruisseau, torrent et belle riúere menton allongé sur le violon avec sentiment, l'archet
frémissant
sur
les
cordes
avec
amour,
les
paupieres
baisau sein des prairies. ll se dégageait de ces histoires, plus•
Les tableaux de genre sont, pour l'art, ce que les rocaractérisée~ par l'allure que par le sujet, une boone sées, ses grands cheveux noirs laineux recouverts du mlns et les nouvelles sont pour la littérature; c'est danR
odeur de terroir, un parfum montagoard. Erckmann- large feutre en toques, retombantsur ses épaules comme, ces den,'C modes que se produisent, de nos jours, les
Chatrian ne vit pas daos le pays classique ou murissent la toison d'un mérinos, et ses narines aplaties sur sa reuvres les plus nombreuses et les plus v¡a.riées. D'année
les orangers, daos les plaines aux grandes ligne~, au grosse levre bleuatre retroussée. » C'est un tableau tout en anoée, nos expositions voieot se multiplier les peinmilieu d'on horizon noble, majestueux, mais monotone !ait. Que de choses sensées, que d'observations sérieuses, tures de genre dans une progression toujours croissante,
et ennuyeux. 11 vit en pleine réalité, daos une région dans ce livre entrainant ! Le voyage du percepteur Haan et s'il était pos!rible de ressusciter, a cóté d'une exµosiassez voisine, mais inconnue, la ou le costume et les et son discours aux paysans qui ornent l'idole de saint sition actuelle, un Salon d'il y a une trentaine d'années,
m~urs ont jusqu'a présent échappé au niveau de la ba- Maclof au lieu de pay~r l'impót, est un pur chef- le traille plus marqué de leur différence serail, sao~
nalité, e,ntre les Vosges et les forets uu Hartz. ll y a la d'reuvre.
contredit, la pénurie de ces sortes d'ouvrages, a cette
Erckmann-Chatrian, c'est Meissonier avec sa précision
d'anciennes synagogues abandonnées ou nichent les orépoque, opposée a leur extreme abondance aujourd'bui.
fraies, des etres antédiluviens tels que baillis de Schmet- et sa llrgeur, mais avec plus de rondeur et de mouve- Nos artistes ont acquis, daos celte voie féconde, une
tenbourg, bourgmestres, voire meme Lathoire Kirchen- ment. Pour tui, la beauté est un peo jouffiue; le bon- souplesse de talent, une facilité de pinceau et des quabaum, forestier du chatean; il y a la des 'Grédelé, des heur ne va pas sans trois gros plis circulaires autour des lités pittoresques to1Jt a fait inconnues aux peintres de
Katel, des Orchel, et la gentille Suzel «en train de battre joues rebondies; la joie est une kermesse. Fi de la ligne l'école de David et a ceux qui les ont suivis. Par suite de
le beurre daos la cuisine, le tablier blanc a L,avette pure et de la composition méthodique; ici, tous les en- l'intéret plus vif qu'a pris la peinture de genre et de sa
serré a la taille, agrafé sur la nuque, et remontant du fants et beaucoup de jeunes filies ont la tigna.~e ébouri- prédominance, les limites qui la circonscrivaient se sont
has de sa petite jope de laine bleue a son joli rnenton fée ! La correctioo du laogage souffre quelquefois un effacées; au lieu d'etre reléguée, comme autrefois, daos
rose. Des centaines de petites taches blanches moucbe- peo de ces procédés familiers, mais non la conceptioo une condition infNlieure par rapport a la grande peintaient ses bras dodus et ses joues; il y en avait jusque d'eosemble. 11 n'est guere de livre mieux fait, en somme, ture de style, il s'est opéré une sorte de fusion entre
daos ses cheveux, tant elle mettait d'ardeur a son ou- que M•,. Thére.e et \'Ami Pritz.. 11 y a la unité parfaite et elles, telle que la dénomination de GENRE, qui avait une
vrage .... , appétissaote comme une assiette de fromage a intéret toujours croissant.
signification précise autrefois, n'en ·a plus aujourd'hui;
Commeot croire que ce nom d'Erckmann-Chatrian est
la creme!» Les taveroe~ regorgent de cbopes a facettes.
il en est de méme dn terme de peinture d'histoire. Ce
On y sent le vin du Rhin, la saucisse, l'andouille dans une raison sociale, et qu'un écrivain partout si sembla- ~ont des expressions consacréec; par l'usage, dont oo
son jus et le jambon de Mayence. 11 y a la foule pour ble a lui-meme est double, comme Castor et Pollnx, cootinue par cela meme a se servir, mais qui sont deveYOir le Petit-Vigneron abattre le Grand-Charbouoier Oreste et Pylade, Pythia~ et Darnon? C'est pourtant la nues tres-éla~tiques; ce qui justifle le pele-mele des ou(deux coqs d'élite), et a certain Combat a'ours et de chiens, pure vérité, et les deux amis (r.ar l'amitié la plus pro- vrages que nous allons µasser ici en revue.
je crois que les planchers ont croulé sous les specta-. fonde de deux ames peut seule expliquer cette collaboraNe pourrait-on pas citer comme un des nombretll
teurs. Sur tout cela joue le soleil, entrechoquant les tion invisible) déclarent qu'une fois le livre achevé, ni ~ymptóme1- de l'envahissement de la peioture de genre,
ombres et les lumieres daos les recoins de la ville angu- \'un ni l'autré ne pourrait distioguer ce qui tui appar- \'exemple de M. GtRoiu:, qui y a laissé absorber un taleuse, les mariant dans le jour pur des campagnes pit- tient daos \'reuvre commune. Un crear en deux person- lent élevé et qui semblait• de~tiné a des reunes de baut
toresques. Heureux Erckmaon-Cbatrian, de pouvoir reo - nes, voila Erckmann-Chatriao.
Si le but de \'art est d'exprimer et de donner la vie, style? 11 y porte une science et une précision de dessin
contrer encore de vraies paysannes poétiques et qui
dPS plus remarquables. Cette année, il a peint la dause
chantent, en enfants de la vieille Allemagne, le vieux ces inséparables l'ont atteint pleinement. Tout s'anime voluptueuse d'une AlmPe, debout, se cambraot, se tor~011s leur main, et leurs créations restent daos la mélied :
moire. « Je vois encore l'oncle Jacob, élancé, le front dant, et juste a11SSi peu vetue et au~i nue qu'il le faut
'
Quand je pense a ma bien aimée!
haut, surmonté de sa chevelure blonde, dessinant ses pour exciter les brutales convoitises de quelques bachibouzouchs au costume pittoresque, assis daos une vaste
Ab ! salut au pays de la frauchise et de lajoie, a la terre larges tempes avec grace; le nez légerement aquilin, les ~alle qui semble leur servir de corps-de-garde. Les types
pai~ible qui sait de ses entrailles !aire jaillir ses défen- yeux bleus, le menton arrondi, les levres tendres et des physionomies sont saisis avec une vérité qui atteste
seurs ! En vain Yégof, le sinistre fou, le traitre(et voyez bonnes. » Comment oublier la belle figure longue de !'esprit d'observation de l'artiste. Les moindres détail~
quelle heureuse idée d'avoir joint la folie a la trahison !) Thérese, les jeux du bon petit Fritzel, tous les cr.efs de sont étudiés et rendas avec un soin extreme. 11 est imguide par les sentiers des montagnes les borde~ cosaques; paysans enrólés pn; Hullin et décrits comme des héros possible de pousser plus loin le fini de l'exécution ; mais
il suffira d'un ancien ~oldat et de deux femmes coura- d'Homere et de Virgile, et le sage horloger Goulden, dis- cette exécution trop égale communique a toutes choses,
geu~es pour organiser la défense et pour écraser l'enva- sertant sur la responsab1lité terrible du général qui ar• carnation, vetements, murailles, le poli et ~ luisant de
rache aux meres&lt;&lt; le crear et les en trailles?» Les auteurs
hisseur, sous les rochers des défilés.
vivront
longtemps en moi, grace a leurs héros, et leur l'iYoire. M. Gérome gagnerait amoins finir ses ouvrage,,
Erckmann-Ch-atrian n'est point un phi\osophe austere,
et a consentir a la nécessité des sacrifices, qui est aussi
mais ses reuvres n'en renfermcnt pas moins, d'ordinaire, nom n'est pas du genre éphémere.
une partie de l'art, puisqu'elle serta établir les valeu~
une le~on élevée. Le Fou Yégof enseignc le patriotisme;
relatives des objets sonmis aux regards. - Les peintres
Maaame TMrése chante l'enthousiasme de la liberté; le
de l'Orient continuent a nous donner leurs sinceres imConscrit de t8t3 pleure les guerres injustes. Quant a
pressions de voyages. M. 8ELLY, moins poétiquement
RENARDS E'!' PERDRIX.
\'Ami Pritz, la meilleure part tui est échue : ce gros
inspiré cctte année qu'a. J'exposition de 11163, ou son
bonrgeois, ce buveur émérite, grand próneur.du célibat,
tablean de~ Pemmes felfohs puisont dt l'eau dan~ le Nil a
Nous recommandons al'attention de nos lecteurs la
est convertí au dévouement et a l'amour par une petite
laissé de si heoreux souYenirs, a pris, sous le titre de
filie des champs qui excelle a. frire des beignelc;, a con- gravure a l'eau-forte de M. Bodmer que nous publions Pantasiah (Égypte), un sujet semblable a celui traité par
fectionner les noudels et les lm(l)pfels. Son exemple engage dans notre numéro d'aujourd'hui. L'artiste, a qui nous M. Gérome. Daos un autre tablean il a groupé avec un
a l'imiter. Que! bon creur ! quelle figure épanouie ! devons tant de dessins empreints d'une vérité si saisis- aspect d'une vérité saisissante des Pellahs hdlant une
Comme il aime, malgré son semblant d'égoisme, ses sante et d'un charme poétique si vif, n'a jamais mieux dahbiek, ou grande barque sur le Nil. Lei; figures des
camarades de chaque jour, le grand Schoulz et le ~ros montré, il nous semble, toute la souplesse, toute la hommes presque entierement nus qui la remorquent,
Haan, le vieux reble David et sa servan te Katel ! Au grace et toute la vigueur de son talent, en meme temps présentent de bonnl's études, largement peintes. Le ciel,
commencement, Fritz Kobus se formnlait ainsi la théorir. qu'il n'ajamais pins he¡¡reusement mis en scene un su- d'un bleu intense, offre tette coloration mate et éteinte
du parfait bonheur : &lt;&lt; Tu fumeras des pipes, tu videras jet emprunté a ce rlrame permanent de la vie des ani- qui déroute un peu nos impressions naturelles, mais que
des chopes, et tu seras l'homme le plus heureux du maux dont il a si souvent reproduit les épisodes.
Les petits reoards sont daos leur terrier, altendant les peintres de l'Orient reproduisent trop sc:uYent ¡;our
monde; tache d'avoir la tete froide, le ventre libre et les
qu'elle ne soit pas justifiée par la réalité. -M. 8ERCBtRZ,
pierls cbauds, c'est le précepte de la sagesse, et surtout avec impatience leur repas. Leur mere est allée en cbas.~e, dont Je talent progresse chaque année, et a qui une mé•
évite ces trois choses : de devenir trop gras, de prendre. car les dents sont venues a ses chers renardeaux; elle, daille a été déceroée, a exposé déux tableatll qui ont
des actions industrielles et de te marier. 1&gt; Ou bien il les a senés, et c'est une proie vivlnte et sa1gnante qu'il été également remarqués: le Crépwcule (Nubie infé ·
raisonnait ainsi philosophiquement : « Oui, voila com- leur faut dérnrmais.
Dans uneluzerne, une diiaine de perdrix déjeunaient: rieure), avec ses teintes qui colorent l'horizon, ses tro~
ment tout marche dans ce has-monde ! Les insectes dépea\ll accroupis, la petite colonne de fumée qui s'éle,e
vorent let plantes, le.~ oiseaux dé..-orent les insectes et elles étaieut saos défiance, ignorantes encore des dan-

L'ILLlJSTRATfON, JOURNAL TJNIVERSEL.
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droite a traYel'!I un ciel clair et serein, est une scene de
calme solennel a laquelle les sphinx gigantesques, immobiles sur leurs bases depuis des milliers d'années, ajoutent la majesté religieuse des souvenirs. Aprés le Simoun
est une scene d'un caractcre tóut a fait opposé, inspiré
a l'artiste pcndant son voyage au Sinai. Le redoutable
métécre a laissé des traces mortelles de son passage a
travers ce désert de sable; un voya geur y est a moitié
enseveli, et des vautours au vol sinistre s'abattent sur le
chameau qui le portait, tandis que des chacals apparaissant au loin, ~•appretent a venirprendre leur part de ces
rares épaves. - M. FRoMENTIN a peint un Coup de vent
aans les plaines &lt;fAlfa (Sabara); cinq Arlbes, surpris par
la tourmeute, ~e serrent les uns contre les autres pour
résister a la -riolence du ..-ent qui s'engoulTre daos leurs
l'Arabe en cho&amp;e. Cet artiste, dorrt nous avons applaudi
burnous; cette composition est d'un jet hardi, d'un ton
vigoureux, mais d'une exécution un peu lach·ée daos certaines parties. - 11 faut aussi compter, au nombre des
peintres de l'Orient, M. ScHREYER, pour son tableau de
les débuts a l'Exposition de t863, et qui a obten u cette
année une médaille, juste récornpense de son talPot, a
peint avec une vérité saisissante et avec une grande largeur de pinceau des Cheooux de cosaque8 irréguliers par
un temps de nlltge; ils se serrent l'un contrc l'autre a la
porte d'une cabane, ou leurs maitres s'abritent contre la
violence do vent dont les rafales balaient la neige; oo
se sent pris de pitié a la ,11e de ces pauvres animaux délaissés, chétifs, patients de la douleur, un des types de
la misere chevaline ici-bas, les plus éloigoés du cheval
du Parthénon. - M. MAGY semble s'etre attaché exclusivement, en Algérie, A étudier la ..-ie pastoral e et agricole.
11 a exposé un Convoi de moissonneurs dans un défilé de
l'Atlas et le Chei'f'ier de Ben-Acknoun. - M. Eugene Gi11Auo, loin de peindre les scenes orientales daos ce ton
décoloré adopté aujourd'hui par les peinlres les plus renommés du genre, les illumine de chaude couleur et de
plein soleil. Une Procession de la Circoncision au Caire
est une grande toile d'une exécution facile et ferme
mais a laquelle manque l'accent vrai qui s'impose. o~
le retrouve, au contraire, dans la bonne étude dujeunc
Pellah aux pige~ns.
Unernesu en mer (t793), de M. DUVEAu, est un sujet
dramatique et une composition pittoresque. Pendant la
Terreur, les églises étant fermées, les pecheurs des cotes
de Bretagne se réuoissaient en roer pour assister au service divin, officié par un pretre sur un autel improvisé
daos une barque; quelques-uns sont aux aauel~ de
'
D
'
peur d etre sorpris par les bleus. La scene est hahilemcnt disposée et bien étodiée; mais ce tablean remarquable ne fait pas l'irnpression qu'il devrait faire, a
cause du ton froid, éteint et inharmonieux de son coloris.- La quéte au loup; souvenir a'.Espagne, deM. BruoN,
:,t une boone peinture, doot la fermeté contraste avec
la mollesse et la couleur assourdie de la petite toile ou
l'artiste a peint l'arche de Noé, a la fin du déluge. - Lt
Bravo recevant sa récompense, de M. BECKER, de Berlín,
est largement pemt et ne manque pas de caractere. i-ne jeune Bohémienne chassant un papillon, par M. HoRNEYANN, de l'école de Munich, tableau placé trop haut a
l'rxpo~ition, est une peinture réaliste dans la bon ne ac..
ceplion du mot, et d'une bonne couleur. Cette figure
méritaitd'ctre plus remarquée. - M. Lm,urms a mis un
charme naif daos son tableau .: les Deux Gardien.~ et
répandu sur celui de la Récolte de varech la sombre t;istesse a travers laquelle M. Millet entrevoit souvent les
rudes travailleurs de la vie de3 champs. - Puisque
nous venons de nommer M. MILLET, nous dirons tout de
suite qu'il y a une grande unité de ton et une couleur
barmonieuse daos son tableau d'une Bergére avec son
tro11pe,1u. Cette unité se retrouve encore a un certain
degré daos les Paysansrapportanta leur habitation un tieau
n, dat1s les champs, mais si le ton estjuste, l'exécution et
le rendu sont par trop insuffisants. - L'interprete de la
paysannerie le plus gouté du public esUf. BRETON (JulesAdolphe). On a remarqué sa Gardeuse de dindons excellente étude et figure vraie. Son tablean des v:ndanges
aChdttau-Lagrange (Médoc) est une composition ou le
paysage a a peu pres autant d'importance que les
figures qui l'animent; celles-ci n'ont point toutes le caractere que l'ariiste sait d'oruinaire leur imprimer. JI v
a des intentions tres-marquées de soleil, mais d'un soleil
pile et attristé d'automne. Le vrai soleil est, depuis
Claude Lorrain, chose tres-rare daos notre école peu
col6riste,I
L'éco1e de Dusseldort était représentée a l'Exposition

par un certain nombM d'artistes. Si M. KNAus, qui a si coiffes blanches des íemmes est d'un effet singulier et
vite conqnis la faveur du public parisien, faisait défaut, déplaisant. - Les Lutteul's en bilsse Dretagne, peinture
il était remplacé par M. LAsCH, qui semble un imit~teur facile, mais d'une exécution monotone, par M. AooLPHE
de sa mani~re. A premiere vue, on aurait pris sop ta- LELEUX, - M. ARMANO LELF.ux a mis en scene avec natublean du Retour a',me kermesse en Souabe pour un ou- rel des Abbé.~ italiens jouant aux echecs. - L'Espagne a
vrage de M. Knaus. Meme aspect, memes costumes, aussi ses adbéfents : M. WoRMS a peint un Cabaret aans
meme couleur, meme entente de la composition, mais les Asturies et une Cuisine a Valence. - Le Marchand dt
moins de comique et de recherche spirituelle dans les fruits a Si!vi/le, par M. AcmLLE Zo, a un aspect original
physionomies. - On retrouve un peu de cette mim1que, et une éclatante couleur. - M. FFRRANOIZ, un Espagnol
avec toute la vulgarité qui appartient au sujet, daos le pur sang, a exposé une composition importante, les syntablean de M. UNKER, la Garde-robe du Cirque. - Notre dics du Tribunal des Eattx de Valence, en 1800, jugeant
célebre peintre de sujetsmilitaires,M. 8ELLANGt, a voulu, les délits et réglant les contestatious. 11 y a de l'énergie
101 aussi, prendre rang parmi les peiotres de Dusseldorf et du naturel dans ces figures d'uo caractere typique
pour traiter des sujets allemands. ll y a &lt;le la vérité et de tres-prononcé. Tout le monde la est bien occupé de
l'entrain daos ses Paysans badois allant passer le diman- ses affaires et ne pose pas pour le spectateur, défaut si
che a la ville. JI á eu tort seulement de placer daos 011 fréquent mcme daos les meilleurs ouvrages.
Apres la spécialité des natiooalités, on pourraít classer
coin un touriste anglais et sa femme, qui lorgoe ces
les
tahleaux suivant les spécialités de certains caracjoyeux pay!,3nS. Ces touristes, britanniques ou áutres,
teres,
de certaines professions : les abbés, les maitres
gatent la scene.
d'école,
les ouvrieres en liuge, les honnes d'enfant, les
Pour remonter a des ouvrages d'un caractere plus
lorettes,
les c11isinierr,, etc. - ll. fusor, qu'oo prendrait
élevé, nous ramcnerons notre attention sur le petit tapour
un
éleve
de M. Bonvin, taot il affectionne le noir
blean ou M. CoMTE a représenté Eléonore d'Este, veuve de
semble
se
rilserver
le type de la laideur. Rien de plus'
Praneois de Lorraine, duc de Guise, faisant jurera son
fils, Henry de Guise, S11rnomméplus tard leBrilafré, de ,¡enger laid, de plus sale, de plus commun que les pet1tes filie~,
son pere, as.~assiné dcv1mt Orléans le 24 fé1•rier i563. Mal- a faces rougeaudes, du tablean intitulé le Cha11t du cangré un peu de molles~e daos les tetes et uo mouvement tique (un joli oom pour une laide chose !). Les Rétapeu gracieux dans les jambe~ du jeuoe duc de Guise, meurs oot aussi des mains et des figures noires; mais,
cette scene bien con~ue intéresse pal' sa gravité et par out re les oéce~sités de leur profession, ils sont envelople ~ractere arcbaique de l'ameublement, traité avec pés d'une couleur noire si odieuse, qu'il fant bien, ne ·
fut-ce que pour l'harmonie, qu'ils y participent dans
habileté.
Les peintres italiens envoient rarement a nos exposi- une certaine mesure. Si cette peinture était décidément
tioos desreuvres de valeur. Cette année, on a beaucoup mauvaise, nous n'en parlerions point; mais loin de la, il
remarqué deux petites toiles spirituellement touchées y a daos les ouvrages de M. Ribot des qualités de moet d'un vif aspect, par un Romain, M. VA,~LL1, pa- delé et de fermeté d'exécution tr/ls-remarquab\:)s, et
raissant pour la premiere fois a une Exposition pari• nous ne lui reprochons seulement que de chercher a
sienne, et a qui a été décerné une médaille ; !'une est plaisir la laideur, et d'attri~ter volontairement sa peinintitulee : Com:er•ation au jardín; l'.autre : Une intrigue ture par l'abus de la couleur noire, si l'on peut donner
sous le portique du Palais Ducal aVenise; un grand nom- le nom de couleur a ce qui en est la négatiori.
Pour ne point terminer cet article sur ce triste sujet
bre de personnages, des bourgeois, des nobles, &lt;les
pasrons
a des sujets gracieu.x, et meme ultra-gracieu;
courtisanes, s'y pressent, vetus du costume élégant et
(dussent-ils
souffrir un peu du contraste). - M. HuGuES
pittoresque du commencement du seizieme siecle. Deux
~fERLF.
a
exposé,
sous le titre de Primavera, une jolie
femmes, le visage couvert d'un masque, y sont l'objet
scene
de
jeunesse
et d'amour, daos un mode amolli qui
d'noe attention particuliere de la part des galants; a
contraste
avec
la
dureté d'exécution de sa grande toile
qnelqur. distance, un membre du conseil des Dix, ou
de
l'assassinat
de
Henri m, de l'exposition de 1863. peut-etre un des inquisiteurs d'État, observe attentiveLe
Nid
a'Hirondelles,
par M. CoM1'TE-CAt1x, est une de
ment sous son masque tout ce qui se passe. Tout ce
petit monde e8t tres-bien agencé, et le type des tetes ces compositions élégaotes et fausses, dont la gentillesse
italiennes est saisi avcc vérité. - M. H.01MAN a moin~ a dé~a obtenu les bonneurs de la gravure; les Amies de
cherché l'aspect vrai que le cóté poétique daos le tableau pension est un drame bourgeois sentimental, a qui ne
du Doge, monté sur le Bucentaure, jetnnt son anneau dans manquent ni l'attrait ni la.fadeur du genre. - M. WILl'Adriatique. - Deux tableautins de M. BARON, Tir a LEYS continue a exécuter avec une grande perfection de
l'arc im Toscane, et une Marchande de pantins, sont des fini, mais en meme temps avec une grande froideur des
du
peíntures gaies, lumineuses, spirituelles, qui, a force de tableaux d'intérieur daos le style du seizieme
dix-septieme
siecle;
les
données
varient
un
peu
mais
gentillesse et d'élégance, se font pardooner leur coquetterie et leur caractere tout conventionnel. Le peiotre a les personnages et les costumes restent a peu p~es les
empruoté la disposition de sa scene de~ tireurs a l'arc memes. Le peintre affecbonne surlout uD'e blonde jeune
a une décoration du jardin de Boboli, a Florence; cir•• filie et un beau cavalier a chevelure noire. avec lesquels
constauce qui prouve que tout daos ses tableaux n'est il nous a déja fait faire connaissaoce depuis longtemps.
Nous a~ons assisté a la premiere visite, a la demande
pas exclusivement donné a la fantaisie.
Deux ou trois :Moliere dtnant a la table de Louis XIV en mar1age, a une course en ville chez un marchand
avaient plus qu'émoussé l'intéret du publica l'Exposition d'étoffes, etc. Aujourd'hui, nous les retrouvons au modP i863. Le merne sujet, traité cette ann~e par M. VrnEil, ment de leur sortie, puis allant visiter l'aooouchée. Nous
a trouvé l'attention d'autant plus distraite, que la bonne leur souhaitons le bonjour jusqu'a l'année prochaine.
11 est encore un certain nombre de tableaux de gPnre
dispositioo de ~a composition ne compensait pas la froidont
nous sommes obligés de renvoyer !'examen a un
deur de l'exécution. Les masques des personnages y
prochain
article, qui sera consacré au PAYSAGE.
sonttout a fait inexpressifs. - Ce public, si facile a surA.-J. Ou PAYS.
prPndre, si difflcile a retenir, se lasse si vite! L'année
dcrniere, il avait été surpris de la nouveauté d'aspect
des scene1- russes de M. SWERTC11Kow, de ces sombres foL'INSURRECTION DE TUNIS.
rel~ de sapios, traversées par des chasseurs a \'ours, et
Ce qui se passe actuellement a Tunis est digne en
offrant le contraste de la neige couvrant le sol et des
teintes empourprées du soleil couchant. Cette année, c·é- tous pomts de fixer l'attention; et l'on co:nprend sans
taieut les memes scenes et la meme habiletl!; mais ce peine le hruit qui s'est fait autour de cette insurrection
n'était déja plus la meme atteotion. - Les sujet~ alsa- ainsi que les susceptibilités qu'elle a fait naitre au sei~
.gouvernements frari~ais et 1talien. 1J ne s'agit pas
ciens conservent encore de l'attrait. M. MARC.HAL, qui y
reste fidele, avait envoyé un tableauqui a eu du soeces: 1c1 s~mplement d'une révolte comme il s'en produit tous
la Poire aux servantes a Bouxvi/ler. De lourds et épais les Jours; le soulevement des tribus arabes et kabyles
bourgeois offrent leur prix et font leur choix entre ces contre l'autorité des beys a des causes trop extraordiservantes alignées sur une place publique. M. Marcha! naircs pour qu'on ne s'y arrete point. Un gouvernement
s'est trop également appliqué a faire celles-ci toutes jeu- plu~ lihéral que la nation, ou une nation éprise de desnes et jolies; mais c'est un petit mensonge qu'on est pot1sme, est chose rare. Tel est cependant l'état du goutres-disposé a excuser. -Quelques peintres se consacrent vernement et du peu~le ~unisien: celui-ci voulant, par
encore aux sujets bretons. Nous citerons la Recolte du tous les moyens dont JI d1spose, faire monter le second
goemon (Pinistere), par M. Víctor Du11As ; une Noce a au ran~ des nations les plus civilisées de l'Europe; l'autre
Pontaven, par M. OTTo-WEBER; paysage d'un ton solide se reb1ffant contre ce louable désir en exigeant le mainet bien éclairé; nombreuses figures; le ton ble u des tien des plus vieilles et des plus absurdes traditions.

e¡

?~s

�L'ILL USTRAT IO N, JO URN.\L UNIVERSEL.

29

L' lLL USTRATION, JO URNA L UN lVERSEL.
r;.

RI (;E"ICll DE TUNIS : lliB DB LA VILLE OB BIZEIITE,

Personnc n'ignore la
situation géoguphiqul!
de la régence de Tunis;
on connait également
ce qu'elle produit, et
que! role intéressant
elle remplit sur Je petit
coin qu'elle occupe en
Afrique. Ce rule, elle le
doit tout entier a la dy~
nastie actuclle de ses
beys, qui, depuis· le
commenccinent de ce
siccle, n·011t pas manqu~
une occasion de rapprocher leurs peuples
des grandes nations européennes. Ils commencerent par I abolir
J'esclavage &lt;les cbrétiens et firent fermer
les marchés de noirs;
la liberté des cultes vint
ensuite; mesures hardies, si J'on considere
le fanatisme religieux
pes populations musulmanes du nord de
l'Afrique et Jeur haine
pour les chré'tiens. Ces
principes établis par des
lois, les beys appelerent
pres d'eux tous les Européens instruil'I qui
voulurent bien s'associer a leur noble entreprise : ingénieurs,
officiers, savants, lettrés. Sous la direction de
ces dernier~, qui étaient
presque tous Fran~ais,
la géographie du pays
ful connue, &lt;les routes
s'ouvrirent, des puits artésiens furent creusés,
des phares élevés ; les
restrictions douanieres
disparurent, enfin une
constitution d'un libéralisme plus avancé que
ce qu'on avait vu de
semblable jusqu'alors
daos toute l'Afrique, ful
proclamée dans la régencc.
Les libertés qu'étahlissait cette constitution, qui est dse a Sidy-~lohamed, n'étaient
que les prémisses de ce
que · &lt;lcvait · accorder

-=

ARRIYAE DfS EAUX A CANNES: CIÍREMO;'ilR Ll'INAl'.GUR.lTJON. -

D'apres un croquii de 11, Lieto,

VIIS GÉ:SF.RALE llE ~REJUS ET llFS Jl•~TF.S DE L'AQUEDUC ROllAIN.

son successeur, S. A,¡
Sicly-Mohamed- el - Sa
dal... Mal neureusemen
tous les p !up1es ne so~
pas aptes a ~e sen-ir ti•
cet instrument pui~sa111
et dangereux que l'oa:
nomme la liberté Jet¡
Arahes moins que 'to..¡
les autres; ans5i 11,'i,
voyonE-nous se soulen,¡
anjourd'hui contrc des
institnlions que beacconp béniraient.
11 Ferait injuste d,
orétendi;.e cepenrlan1 •
que la levée de honcliers iles Tuoi~iens ait
pour motif uniq•1e Jcur
horreu'r des idécs européennes. Les dépen.
ses auxquelles entr~inent généralement les
réformes ont en~agé le
bey a surélever les impots; la capitation, rntre autres, qui n'était
que de 36 piastres par
an (50 francs enviroo),
a été portée au donble.
C'est trop, et l'on con~oit que le penple se
soit serví de ce prétexte
pour renverser un goc•
vernement dont il n'aime point !'esprit; au~
est-ce sur le ~hasnadar,
ou ministre des flnances, que se dirige sa
colere.
Quant au déploiement de forces navales
auquel la France, l'llalie, la Turquie et l'An•
gleterre font assister en
ce moment les habitants
de Tunis, il a son¡ ex•
plication daos les inté•
rcts assez divers que res
quatre nations entrctiennent daos la ré.
gcnce.
Bien que la Tunisie
n'ait relevé de la Porte
que pendant une période assez coarte, la Turquie n'en conserve pas
moins l'espoir d'y réta•
blir sa moroe autorilé;
ce dont serait trcs-:úu
'Angletcrre; qui, a·SQII

·t la Tunisie sous son protectorat,
tour, mettra 1

et uous enleverait du mcme coup une des
rrrosses parts de l'intluence que nous
15
~x~r~ins dans la Mé_iliterr_anée depuis que nous
y avons détruit la p1rater1e.
.
C'est pour lutter contre ces m,al_ve1llan~ desscins que nolre escadre de la Med1terranee stationne en ce moment dans ~es eaux de 1~
Goulette. La mcme nécessite uous y ava1t
amcnés déja bien souYent. En1-18~8, AhmedBey rérrnant une expédiliou parllt de Consta11tioo;le so~s les ordres &lt;le Ta~ir-P~cba, et
se présenta devaot Tnnis pour y retabltr laldolllination turque. Les amiraux Gallo!s et Lalan~e
ne le permirent pas. Le meme fait se representa en t8~t, et toujours derriere la tlotte turque se trouva \'escadre angkise.
, .
Cette fois ce n'est pas seulemeut la martne
'
.
de la Grande-Bretagoe
qui appuie l«:,s tentat1ves
iosensées de la Turquie, c'est
&lt;liplomatie,
représentée par M. Wood, le , meme. con.sal
que nous avons cu it. comba:tre en Syr1e: Cest
tui qui a répandu dans la regence le brUJl ahsurde que la France avait l'intention de s'en empuer.On sait que nol!·e consul général s'est halé
de démenlir cette calomnie. &lt;1 Mais en meme
temps, ajoute M. de Beauval daos la cir~ulaire
qu'il a adressée ace sujet aux agents places sous
ses ordres, je vous engage adéctarer hautem.e~t
que les exigences de notrll position en AlgerJc
ne nous permcttraientjamais de fermer les ye~x
s'il se manifestait, de la part de qui que ce fut,
quelque tendance a modifier en Tunisie un état
&lt;le choses consacré par le terops, par l'assentiment général et par celui du Diyan en particulier. » De son cuté, en voyanl arriver la division
turque, ayant a!io~&lt;lHai&lt;ler-Elfendi, commissairc

·:

..

---

.~ª

de ta Porte, l'amiral fran~ais, M. le comte Booét•Willaumez, l'a prévenu que toute ihtervention
matérielle serait mal accueillie, et que. le gouYerneur de l'Algérie avait rc~u l'ordre d'envoyer
ses contingents disponibles dans la province de
Constantine, qui, on le sait, avoisine la régence.
Pendant ce temps, l'insurrection augmcnte.
A Gabcs, il. Djerhi, a Sfax, aMonestyr, il. Soussah, a Neble, partout les autorités sont en fuite
ou enfermécs daos les forts; le bey lui-mcme
n'est plus en sureté daos son palais. Les chrétiens et les représentants de t'rance et d'Italie
ne sont pas davantage a l'abri &lt;le la populace,
et ils ont du chercher un refoge a bord de l'e!cadre franco-italienne, taodis que les vice-consuls anglais occupent paisiblement leurs postes.
ll y a évidemment connivence entre ces éhargés
d'affaires et les rebelles, qui d'ailleurs ne dissimulent point la main qui les mene, en' réclamant hautement la suzeraineté de la Porte el la
protection de la Grande-Bretagne.
Mais si l'Angleterre et la Turquie se sont alliées pour le succes de cette intrigue, le consul
et l'amiral fran~ais ont trouvé pres de ·leurs
coile"UCS
italiens tout le concours propre a
la
0
• •
déjouer. L'ltalie ne saurait voir, on le con~o1t,
t'intluence anglaise dominer si pres d'ello ;
aussi ne cache-t-elle pas la part qu'elle prendrait daos nos intéréts, qui sont les sicns, si
par malheur ·un conllit se produisait entre les
diverses puissances qui surveillent en ce moment l'insurrection tunisienne.
L.

LA. PORTE OORlE, A. FRKJI S,

LA :iAPOULE H L1! GOLt'f. o•;l:ANN•.s.

fü::SARD.

La 1ille de Bue,te, doot nou1 donnou ici la 1ue, fl
íorlifiée· die est 1ituée a quin1e 1i,ue1 N.-"1.-0. de Tuni1
entre u¿ lac ti le g~lle de ce nom, qu, a quatre lituPI de

�30

large. L~ port 11e peut recevoir que des na•irea d'un raíble tonnage, La
ville coutieul eoviron 8,000 bab1tants. l!lle eat. uec Gabés, Ka,rouao et
Rl ,K.d, une des quatre ~laces importantes occupéea par les troup,'1
inaurgée,. L'armée tunisienoe M! compose de troupe• irrégnlieres et de
troupea réguliérea. Le nombre de cea derniert1 esl de 1!,000 bommes ¡
e nombre dea premieru eat plus cou,idérable. Ces troupes n'onl pas
ét~ payéea depuis longtemp1; c'est pour ce moti( qu'ell.. ool pri1 part
a l'¡nsurrectioo.

C'est le désir de paraitre, de triompher en plein so- de statues, parmi lesquelles une belle tete de Jupiter.
leil, qui enfante toutes ces extravagantes toilettes: roParmi les édifices postérieurs ala domination romaine
.
bes relevées par des agrafes e~ laissant voir une jupe il faut citer l'ég)ise Saint-Etienne,
du douzieme siecle,'
écarlate, corsages écarlatcs; baudriers avec clous d'a- classée parmi les monuments historiques.
cier; plumes tombant sur les épaules. Ainsi acco11trées et
Les environs de FréJUS sont charmants, soit qu'on se
posant fierement, les femmes apparaissent comme des diri~e vers l'Estérel, soit qu'on se promene sur les bords
actrices écbappécs de la se/me daos le costume de leur de l'Argens ou qu'on aille -yers la plage de Saint-Ra~
role. Les casinos des villes de bains, Trouville comme phael.
Dieppe, Vicby 1comme Nice, présentent l'aspect d'un
C'esl ASaint-Raphael que Bonaparte débarqua a son
PROMENADE AU JARDIN DU MIDJ.
grand carnaval - la deseente de la Courtille dt- la société retour d'Égypte, en i799; c'est la aussi qu'il s·embarqua
européenne.
pour l'ile d'Elbe, en t8!4. Sur ce rivage méditerranéen,
l.
Ceci dit en forme d'avant-propos, parcourons cejar~ on retrouve partout la trace des pas de Napoléon. De
din proven~al, ou les valétudinaires qe toutes les nations Saipt-Raphael a Cannes, le chemin de fer longe le bord
Les chemins de fer, en multipliant les voies de comviennent pendant l'biver s'abattre par volées.
de la roer, et offre a cbaque instant un aimable panornunication, ont fait dans les mceurs une révolution comMe voici done a Fréjus, a deux pas de ce gigantesque rama. Oo voit passer comme un éblouissement, a traplete. La locomotion est devenue le besoio le plus impéanneau détacbé de la cbaine des Basses-Alpes, et qu'on vers les pins et les arbousiers, cette grande nappe
rieux de cette France, naguP-re citée comme la plus canomme l'Estérel. Cet Estérel était, il y a quelques an- bleue inondée' de rayons et tachetée de voiles blanches.
saniere des nations. Tout le monde est par monts et par
nées avant l'établissement du chemin de fer, un des Bientot on aper~oit les deux tours carrées du vieux chavallées, sacrifiant les lares du foyer aux di vinités hasardes derniers refuges de la poésie de grand chemin. De teau· de la Napoule, dont le golfe, aux contours arrondis,
deuses de l'hótel garni, et l'intimité du repas domestemps en temps, les diligences et les cbaises de poste présente un des plus charmants aspects. Je ne sais ríen
tique a la promiscuité de la table d'hote.
avaient maille a partir avec certains chapean~ pointus de plus beau que la vue de ce golfe par une belle matiLa vie de chateau, dont on parle beaucoup dans les
de l'école dramatique de Fra-Diavolo. Du reste, ces née de printemps ou d'automne. Cette Méditerranée··est
romans, n'existe pour ainsi dire pas en France, taot
brigands étaient gens de gout. 11 leur eut été difficile de splendide, et meme sous ce soleil proven~al, - soleil
cette vie est le privilége du petit nombrú; en revanche,
cboisir pour tbéatre un coin de terre plus pittoresque : de plomb, - on reste des heures entieres a eonles stations thermales, les villes de plaisance, les bains
ravins, gouffres, précipices, moots hérissés d'épais tail-- templer ce spectacle sans cesse renouvelé des flots bleus.
de mer sont ?attus par des flots de populations. Telle
lis, routes taillées daos le roe, et qui se tortillent comme On $uit d'un rtgard inquiet ces vagues mystérieuses qui
commune pau,vre s'est réveillée riche a'pres avoir fait
un serpent en belle humeur; blocs énormes de granit chantent, selon l'beure du jour et l'aspect du ciel, une
savoir qu'elle avait une . plage. Te! pays, perdu dans
découµés en profils, et qui semblent regarder comme chanson joyeuse ou quelque plaintive romance. - Que
les montagnes, est devenu, par la vertu d'uoe source
des tetes humaines. Te! eilt, en résumé, ce pays sau- disent les flots, ce matin? demandait une femme q1Ji
plus vantée qu'efficace, le centre des élégances valévage et primitif, dont l'aspect développait chez les so- avait fait une savante étude des voix de la Méditerranée;
tudinaires. Pour partir, on ne demande qu'un prélitaires qui s'y réfugiaient une propension a la vie con- voix profondes, voix claires, vou tour a tour pleines de
texte, et l'on part. Allez au Nord ou au Midi, aux bords
templative et á l'arrestation des voyageurs.
joie et de sanglots, voix qui racontent a l'esprit tous les
du Rhin, aux Pyréuées, sur les cótes de l'Océan on les
Fréjus, cette vi lle qui ne fut pas sans célébrité, n'est reves de l'imagination. D'ou viennent-elles, ces vagues
bords de la Mé¡literranée, partout vous rencontrez la
plus qu'un chef-lieu de cantoo. Qui se douterait, a l'as- écumantes? Dans leur course, quels rivages ont-elles
foule, une foule avide de distractions, et venant cherpect de ses rues moroes et désertes, que Fréjus est l'an- baignés? Quels navires ont-eUes bercés ou engloutis?
cher le plaisir sous le prétexte de trouver la santé.
cienne cité des Césars? Son port, qui abritait les vais- Quels cris funebres ont-elles entendus? Elles berceot,
La vie des eaux,serait la plus agréable, la plus facile,
seaux du peuple-roi, a disparu, et la roer elle-méme s'é- en se jouant, ces corps souples et jeunes qui s'abansi la prétention n'y avait tant de parl On arrive, on
tant retirée, le vaste gol fe &lt;:_reusé par César s'est transformé donnent Aleurs caresses; mais combien de vies n'onts'installe_; le premier jour, on ne connait personne, et le
en un marais ou poussent les légumes et ou courent les ellei&gt; pas dévorées? Ah ! l'histoire de ces folles filies mélendemam on est connu de tout le monde. Une partie
nliviers. On peut sui vre les traces de la ville anti que, et diterranéennes, qui la racontera? histoire lamentable
s'organise, on s'y mele. Celui-ci est Russe, celui-lA Hondans quelques endroits juger de la hauteur des murs ou et charmante !
grois, cet autre est Espagool; cette dame, qui caracole
penden~ eocore les anneaux de fer qui servaient a !'aEt l'horizon, comme le regard, se précipite au dela de
sur son cheval montagnard, a va le jour aux Antilles.
mare des navires. Étrange spectacle ! qui fait rever, en ce cercle immense baigné par la vapeur des nuages, et
On dirait que toutes les ráces ont voulu envoyer a~
montrant combien les assises qui semblent les plus iné- cherche Apercer le rideau d'argent qui voile l'infini !
moins un de leúrS exemplaires a ce pique-nique interbranlables sont cependant broyées par l'impérissable Pendant que les troupeaux d'écume, fouettés par le vent,
national. On cause, et tout va bien; car la conversation
main du temps.
jettent leurs cris effarés, l'reil voit surgir du sein de la
ne roulant que sur les généralités, tout le monde est
Les vestiges rorr.ains soot répandus partout dans cette plaine liquide uu monde inconnu. Le mouvement des
d'accord. La journée passe comme une heure, et l'on reville. Voici l'Amphithéa.tre, monument de forme ellip- vagues fait de ces éternelles vagabondes autant d'etres
vient le soir, ravi de la.bonne grace de ces nouveaux
tique; les gradins sont en partie détruits. Dans ces vivants; néréides, sirencs, tritons, qui revetent tour a
~mis, dont, huit jours apres, on ne se souvieodra plus.
arenes ouvertes iÍ. to.us les vents, j'ai vu de jeuoes pro- tour ~es apparences gracieuses ou grotesques, et sP.mComme on se lie ón se delie, ét c'est la un des boas co ..
fanes établir une glissade au pied du Podium, ce gradin blent exécuter la plus désordonnée des contredanses.
~és de cett&amp;r'm51uéiantc vie, ou·l'on glisse sansapµuyer,
sacré réserxé a l'empereur. Des loques séchaient, éten- Puis tout change, et des chenux: gigantesques, poussés
'OU ltnn ne demande a chacun que la fa~ade de son perdues sur les gradins supérieurs, et les braves gens du les u.ns sur les autres, se précipitent avec furie dans une
'Sonnage, et ou l'on respire l'heure présente sans son&lt;&gt;er
pays avaient métamorpbosé en btlcher les arcades du course fantastique. Nul cri humain ne saurait rendre le
aux heures qui suivront.
t&gt;
rez-de-chaussée. Tout déshonoré qu'il est, ce vieil am- sauvage hennissement de ces cavales a la -eriniere blanLe revers de la médaille, c'est, comme je le disais
pbithéatre a encore un tres-grand air, et produit sur le che. Comme on comprend que l'imaginat~on de la Grece
tout a l'heure, la prétention, !'a.pre désir de briller le
,pectateur une vive émotion, tant l'homme se sent tou- ait peuplé de tant de chimeres, de tant de monstres diparti pris de faire de J'effet; et ceci s·a~resse surtout ~ux
¡ours vivement impressionoé par l'auguste majesté des vins, ce mystérieux royaume de la mer. Mais le vent a
femmes. Pas une d'elles qui n'arrive, - quelque malade
ruines.
· cessé avec les premieres heures du soir. Chevaux maqu'elle soit, - montée sur le cheval de bataille de la
Cet amphithéatre de Fréjus me rappela celui de Treves, rias, monstres charmants, tout a disparu; il ne reste
toilette. Celle-ci a vingt robes, celle-ci trente, celle-ci en
et je fus tout a coup transporté par le souvenir du ri vage qu'une nappe immobile, une nappe bleue sur Iaquelle
a quarante, et il faut que toutes ces robes défilent la
méditeri:anéen aux bord! de la Moselle. 11 me semblait, se détache, comme des points blancs, de distance en disparade. Robes du matin, toilette du jour toilette du
tant les deux m?numents se ressemblent, revoir ce tance, la voile endormie des pécheurs !
s.ir. Une rivale est vaincue quand, daos ~e combat df:
grand cirque de la superbe Augusta Trevisorum, aussi
HeureUI qui peut rever encore, en ce siecle ou l'on n'a
fanfreluches, elle a épuisé tout son répertoire. Alors elle
dégradé, aussi triste que celui de Fréjus, ce cirque otl plus le temps de rher!
part, P.t elle va ailleurs étaler ses robes et recommencer
le pieux Constantin, canonisé par l'Église, fit déchirer par
Me voici a Cannes, et je tombe, dans ce joli nid médila_ lutte. Les, batailles d'étofles et de ruhans ont les plus
des lions et des tig~es les prisonniers qu'il avait faits en terranéen, au beau milieu d'une fete. Cannes n'avait
tr1st~s co~seqaences. Une excursion préparée depuis
combattant contre les Francs. Plusieurs de ces infor.. pas d'eau, c'était son seul malbeur. Une ville de plaiplus1eurs JOUrs manque parce que cclles-ci ne veulent
tunés survécurent a cet horrible duel. lis égorgerent les sance ou il n'y a pas d'eau a boire ! Il fallait done replus se rencontrer avec celles-la. Et puis, ce sont des
beles féroces et resterent maitres du cbamp de bataille • médier a ce grave inconvénient. On a emprunté a la
gestes, des sourires aigre-doux, des regards féroces
rnais alors le peuple, se tournant vers César, demand; Siagne, - une des rares rivieres de la Provence, - une
accompagnés de médisances et meme de calomnies. Parque le combat continuat, et Coostantin ordonna anx partie de ses ondes pour l'irrigation des jard!ns et l'arrofoi.,, _les maris sont obligés d'intervenir et de prendre
prisonniers sunivants de combattre entre eux pour di- sage des rues de Cannes, et depuis qu'on Iui a fait cette
part,.
vertir les spectateurs. Les Francs lancerent un regard salutaire saignée, la Siagne ne s'en porte pas plus mal.
De toutes les toilettes, c'est aux eaux que se pavanent
de mépris sgr la foule et, plutot que de lutter les uns L'exécution des Lravaux, confiée A MM. Conte-Grandles plus extravagantes. U y a dix ans, on ne portait en
contre les autres, ils préférerent s'égorger mutuellement. champs, ingénieur en chef, Camerc,ingénieur des ponts
debors de la 'ville que le grand chapeau de paille • ce
Ce n'étaient déja plus ces gladiateurs des premiers jours, et chamsées, et Lagarde, conducte•ir, a été, on peut le
chapeau de bergere, qui garantissait le teint eles mo:.Sutombant avec grace et mourant en criant: Salut, César! dire, enlevée, en dépit de toutes les difficultés. Cannes,
rea clusoleil,
Puis ce chapeau, manié, taillé' coupé:, a pris
.
A Fréjus, comme a Treves, on marche au milieu de pour célébrer ce grand jour de l'inauguration, avaii
aucceasl\ement les formes les plus di verses. 11 s·e~t transl'bistoire. Apres la porte de César, c'est l'aqueduc su- pris ses hahits de fete: clergé, l'éveque de Cerame en
formé en cba~au Louis XJII, en chapeau Louis -XJV, en
perbe dont on peut suivre les arceaux sur une étendue tete, autorités, fonctionnaires, tout le monde officiel
cbapeau L~u1s XV., en toquet avec plume d'aigle, puis,
de ,quarante kilometres; c'est la Porte-d'Or arche était la; mais comme ce n'est pas l'habit brodé que je
comme touJours, la toilette s'est fa~nnée sur le cha.
'
tr1omphale conlitruite en assises superposées de pierres viens chercher en Provence, je passe légerement sur la
pe_au, et c'est ainsi qu'il ~emblerait que les eaux ne
et de briques. Plus loin, le Phare d'Auguste, puis des cérémonie et je vais examiner Cannes a son point de vue
so1ent plus fréquentées que par des princesses de
thermes
antiques; des fouilles faites Acette place ont mis pittoresque.
~ütre,
•
EnxoND TmER.
a découvert des colonnes de marbre et des fragmenta
(La suite procAain,ment.)

3i

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIYERSEL
PIA!08 DK LA IIAISO! l!URY KT DUIIAS, DK NIHS,
SYSTiME LEVlGRAVE.

París n'est pas la seule ville de France ou l'art de la
fabrication du piano soit arrivé asa perfectioo. Nous
pourrioos citer plusieurs maisons de province d'oü sor·
tent chaque aonée des milliers d'instruments qui, pour
la qualité de son et l'élégance de la for~e, sont loin
d'etre inférieurs a ceux provenant des atehers des Hen
ou des Pleyel. Si nous avions a passer en revue e ~ maisons de province, nous commencerions, sans : :siter,
par ta maison Maury et Du~as, de Nime~. Cett41 1aison,
fondée depuis trente ans, n a pas cesse. depu s cette
époque, de prendre une extension toujo rs croissante;
aussi les médailles et les récompenses oh nues par elle
aux expositions universelles et départe1 mtales sontelles fort norubreuses.
Le deroier sucees remporté par cette maison est du A
l'invention du systeme Levigrave. Ce systeme remédie
enfin a l'inconvénieot dont s'étaient plaints, jusqu'ici,
leli piaoistes; ils n'étaient jamais surs, en effet, du clavier sur lequel ils exécutaient: tantót ce clavier était
trup mou, tantót il était d'une dureté excessive. 11 fallait
trouver le moyen de lui donner le degré de résistance
voulu par l'artiste. Grace au systeme Levigrave, ce progres est réalisé.
Cet ingénieux mécanisme peut s'adapter a tous les
pianos, dont il ne gate en ríen l'aspect. 11 se compose
d'une barre transversale tournant sur elle-meme et s'abattant insensiblement sur une rangée de ressorts fixés
sur les touches. Cette barre est mise en mouvement a
l'aide d'une clef, pres de laquelle se trouve une piece
graduée fixant le degré de pres¡¡ion ou de légereté que
désire l'exécutant. Cette importante amélioration a de
plus l'avantage de donner aux éleves la vigueur et la légereté du doigté, en les habituant a jouer sur des pianos
plus ou moins durs : avantage que les inventeurs ont su
con'server meme pour les pianos d'un mutisme absolu,et
dont le clavier possede ainsi le meme, degré de résistance que lorsqu'il met en jeu la mécanique.
On ne saurait trop signaler ce progres importa.nt; il
est précieux pour les éleves, et, disons-le. en passant, il
doit etre fort goüté des parents, qui peuvent échapper,
par ce moyen, au supplice de l'exercice et de la garume
prolongé pendanl plusieurs heures de suite.
Cette invention oous a frappé, et nous avons cru de
notre devoir d'en dire ici quelques mots. D'autres juges
bien plus experts que nous et dont l'a(ipréciation, en fait
d'art musical, est tenue en haute estime, ont fb.it de la
nouvelle invention de MM. Maury et Dumas tont le cas
qu'elle mérite. Nous avons vu,les lettres q•1e les inven'teursont re~ues de MM. Auber, Ambroise Thomas, Gounod, Prudent, Marmontel, Lefébure-Wély, Ferdinand
Poize, Louis Lacombe, etc. Cbacuo s'y récrie a l'envi
sur le mérite du systeme Levigrave, et déclare qu'il est
d'une utilité immense et incontestable pour les exécutants distingués aussi bien que pour les éleves.

B. C.
COUBlllEB DES E..1.UX.

Parmi les villes de l'Allemagoe qui se sont fait une
réputation bruyante, Erru se distingue par une physionomie particuliere. C'est encore une ville de malades
sérieux. On rencontre la peu de ces touristes qui vieonent -voii: ou etre vus, et qui, par leur bruyante activité,
dérangent, daos Ieurs graves occupations, ceux qui sont
venus pour rétablir leur santé. A Ems, on ne , ient
point en curieux, mais en malade: on reste, et l'on se
soigoe. Ces eaux gazeuses, caractérisées par des carbonates alcalins, chlorurés, se rapprochent de celles de
Vichy par leur action, sur les aflectious des voies digestives. Les maladies nerveuses, celles de la poitrine, les
palpitations, en re~oivent aussi un remede elficace. Les
eaux qui sort.ent a une température variant de 27° a
52" centigrades, les halles fermées du kurh3.us avec ses
µromenoirs, ou regne toujours une meme chaleur, rendent possible le traitement de certaines maladies pendant les mois extremes de la saison, qui ouvre des le
ter mai. Aussi les gens qui redoutent la foule, les plaisirs et le bruit peuvent passer a Ems une saison hative
ou tardive, en laissant la saison moyenoe a ceUI pour
qui les distractions du Kursall ont de l'attrait. Des salons
Plagniftques, décorés pour le bal, le concert et la con-

versation ; nne salle de lecture, des galeries de fer pour
la promenade au son des orchestres, réunissent, le soir,
la société d'élite qui a choisi Ems pour son rendez-vous.
Dans le jour, les ombrages de la vallée de Lahn, les
courses a travers les collines boisées qui la dominent
permettent a chacuo de s'isoler, de vivre un peu en
dehors des murs d'une ville, de compléter eiifin l'action
satisfaisante des eaux par celle non moins eflicace du
grand air. La bonhomie allemande s'unit, a Ems, a l'élégance de París. D'ailleurs, quatorze beures seulement
séparent la grande ville de la petite, et le chemin du
Nord vous y conduit en vous faisaot toucher barre a Cologne.
Cette année, lesoleilet le beau temps sont venus, comme
toujours, faire leur saison d'Ems.
On promet aux visiteurs trois premieres représentations : Le soldat magicien, Jean qui pleure et Jeanne qui
rit, d'Offenbach, et ta Boite a surprises de Deffes. C'est le
hilan des reuvres. Quant aux interpretes, ce sont :
~IM. Désiré, Pelva, Jean Paul, Mi:e, Bouffar et Taffanel,
c'est-a-dire !'élite de la joyeuse t:,oupe des Bouffes parisiens; M. Guyot, M110 AlbrecJÍt et Estagel du TbéatreLyrique; M. et Mm• Duboucher, du Théatre royal de la
Monnaie, de Bruxelles. ll y a la de quoi faire fuir, au
moins jusqu'A Carlsbad, la tristesse la plus invétérée et
la lassitude la plus chronique.
On passera de l'opérette au concert. Vivier, Servais,
Batta, Alard, Joseph Wieniawsk.i, Vieuxtemps, Léo Lion,
Arbao, Meyer, etc. etc.; Mm• Escudier-Kastner; M11• Marimon, de l'Opéra-Comique, et Mm• Le:nmens . Sherrington, composeroot le personnel musical. Des sons, et non
du bruit. N'est-ce pas le repos le plus heureusement
occupé que l'on puisse désirer?
Les représentations théatrales au Kursaal ont com-·
meneé déja. - On a ouvert par le Chien du be'l'ger, opéracomique en un acte, paroles de MM. Lockroy et Cormon,
musique de M. Albert Grisar; et c,-oquivnolle, opérette en
un acte, paroles de M. de Forges, musique de M. Ernest
Lépine.

essentiellement de celui du café, mais auquel le cona proportions
n égales avec le café, 11 détruit en grande partíe son
n effet surexcitant sans e.n altérer le gotlt; - comLiné
&gt;J par moitié avec le tbé, le karouba produit un bren)) vage nouveau etagréable';- mélangé au lait, il forme
J) un déjeuner nourrissant et salubre, particulierement
)) recommandé aux femmes et aux enfants.- En un mot,
&gt;J le karouba a les á.vantages du café sans les inconvéJ) nients de la sureYcitation et de l'insomnie.
» Chaque consommateur peut done a son gré, et sui)) vaot son gotlt, ou employer le karouba a l'état pur
)) ou le cornbiner avec le café, le thé, le lait, le rhum et
)) l'eau-de-vie · dans les proportions qui convicnnent le
» mieux a ses habitudes et a son tempérament. i&gt;
ii

» sommateur s'habitue vite. Combiné

-Qui n'apprécic aujourd'hui 1'Eaude Mélissed-esCarmes,
ce remede souverain, dont !'origine remonte a une date
si ancienne, qu'~lle est presque devenue une légende?
Léguée par le dernier des Carmes de la rue de Vaugirard aM. Boyer, qui en possedc seul le secret, cette pré- ·
cieuse liqueur a acquis une popularité sans égale.
L'Eau de Mé/isse des Carmes compte autant de partisans qu'elle a opéré de guérisons merveilleuses, c'est
dire qu·elle est uoiversellement adoptée. Seulement, on
ne saurait trop se rappeler que la véritable Eau de Mélisse est signée BovER, et que, cornme toute chose excellente en soi, elle a donné lieu a des contrefa~ons.
L'Eau de Mélisse des Carmes, dont tous les pays du
monde possedent le dépot, - est fabriquée, 14, rue Taranne, a París.
. C0MPAGNU: &amp;ÉNÉRALE TRANSATLA.NTIQ0 E
Servlce poatal tr1n911S.

E~TRE LE D..I.VRE ET NEW-l'OBlí.
S.AN'S ISCi.LI

Par lu magniflquu paq!Uboll

a ri,ua

WASHINGTON, capitaine A. Duchesne, de 5,600 tonneaux de déplacement et 950 cbevaux de force.
LAFAYETIE, capitaine A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
LIBRAIRIE.
de déplacement et 950 chevaux de force.
Réunir daos un dictionnaire tous les renseignements
Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit
otiles, tel est le hut du Dictionnaire de la vie pratique a jours, tant du Havre que d'cl New-York.
la ville et a la campagne (i), que M. G. Beleze, ancien
' suit :
Les prochains départs auront liei.t comme
éleve de l'École normale, a publiéala librairie Hachette.
DO BAVRE:
On a souvent a rédiger des acles, a donner des quitSteamer Washington. Mercredi 27 juillet.
tances, Afaire constater des délits, a se faire délivrer un
Lafayette .. .. Mercredi 24 aout.
passe-port, un permis de chasse, a déclarer une naisWashington. Mercredi 21 septembre.
sance, un déces; mais on ignore la maniere de procéder
Lafayette.... Mercredi t9 octobre.
dans ces diverses circonstances.
Washington. Mercredi i6 novembre.
S'agit-il d'un mariage, d'un engagement militaire,
Lafayette..... Mercredi 14 décembre.
d'un placement de fonds? Nouvelles formalités. - Veuton-savoir quels sont les avantages, les inconvénients et
DE NEW-YORK :
les conditions d'une profession; que Is sont les soins a
Washington. ~~rcredi i 7 aoüt.
.
donner aux enfants; quels moyens peuvent rendre plus
Lafayette. .. Mercredi i4 septembre.
faciles l'ordre et l'économie dans un méoage; a quoi
Washington. .Mercredi 12 octobre.
obligent les devoirs religieux, les devoirs de société, les
Lafayette.... Mercredi 9 novembre.
regles du savoir-vivre ; comment on doit. diriger un
Washington. ?tfercredi 7 décembre .
faire-valoir, un jardín, une basse-cour; quels sont les
Lafayctte.... Mercredi 4 janvier 1865.
meilleurs procédés de chasse et de peche, les regles d'un
Pri1t des places :
"Jr'r
je11 de cartes, du trictrac, des échecs, du billard, etc. ?
Premieres. . . . . . iOO fr.
Pour trouver une réponse Aces questions et a taot d'auSecondes . . . . . . 400
tres semblables, il suffit d'ouvrir le Dictionnafre de lavie
S'adresser pour passage, fret des marchandises, des
pratique. Religion, droit, assurances, industri~, agriculespeces,
et pour tous autres renseignements :
ture, horticulture el syl viculture; rnédecine domestique,
A
París,
au bureau spécial de la Compagnie, f2, bouhygiene et art vétérinaire; économie domestique et rulevard
des
Capucines (Grand-Hotel) :
rale; cuisine et office; exercices du corps; j~ux de toute
Au
Havre,a
MM. William Iselin et ce, agents;
sorte, etc.; ces diverses matieres ont été traitées daos le'
A
New-York,
a M. Geo. Mackenzie, 7, Broadway.
Dictionnaire, au point de vue pratique, et de maniere
que le livre fut également utile Ala ville comme a la
~
campagne. Le Dictionnaire universel de la ,¡;e pratique
CAISSE GÉNÉRALE DES CHEMINS DE FER.
forme un beau volume de pres de quatre mille colonnes.
MM. les commissaires nommés par l'assemblée du
(1) Un ,ol gr&amp;11d in-8•, de plus d• t,i00 pages. Brocbé, ~t fr.
6 février dernier préviennent les actionnaires que, par
des ,-aisons de haute convenance, la réunion qu'ils ont
convoquée
pour le 30 juin est remise au samedi, i 6 juilHYGIENE.
let p,'Ochain, a deua: heu,-es de l'apres-midi, au Cirque de
Le directeur de la Société fran~aise d'alimentatioo, l'lmpératrice.
rue du Cygue, 4, a Paris, publie la note suivante, en réPour que les solutions de l'assemblée aient ph1s d'aupqnse aux nombreuses questions qui lui sont adressées torité, la commission prie instamment les actionnaires de
chaque jour sur la nature et l'emploi du nouveau pro- ne pas négliger d'assister a cette réunion ou de $'y faire
duit aíimentaire, le Karouba :
reprt!senter poui· toutes les actions qu'ils possooent.
&lt;( LE KAI&lt;0UBA NEsr PAS DU cAF~. Comme le café, il
On dépose les actions chez M. Mires, rue Neuve-des» se prépare par infusion daos les memes proportions Mathurins, 39.
» et sert aux memes usages. La s'arrete l'analogie; pris
Les cartes déja délivrées serviront pour l'assem.bléedu
)) a. l'état ·pur, le karouba contient un arome qui difiere t6 juillet.
1

.., ' J.t

~

�L'ILLUSTRATION, JOURNÁL UNlVERSEt.

32

T,

Le

EXPOSIT!ON DES RESTES DE M. ROUVIÉRE, MALRR DB .MARSEJLLE, DANS LA CliAPELLE ARURNTE DE L'HOTEL-DE-VJLLE. -

La Société impériale et centrale d'Horticulture ouvre
aujourd'hui, 9 juillet, sa troisieme exposition partielle,
AU DIRECTEU!i.
qui est spécialement consacrée aux roses, reillets,
Marmll•, ~O ;uio.
orchidées, etc.
Le public sera admis tous le,s jours a cette exposition
La villc de Marseille vient de perdre son premier majusqu'au i4 juillet inclus, de íO heures du matin a
gistrat. C'est la premiere fois qu'un maire y meurt dans
O heures du soir.
'eiercice de ses fonctions. M. Rouviere (BaltbazarLe prix d'entrée est fixé a i fr. par pcrsonnc.
Fran~ois-Xavier), d'une anciennc famille marseillaise,
était né le 2 décembre 1778. Jl avait fait ses études au
ycée ~e Marseille, ou il avait été le condisciple et le camarade de classes de plusieurs des hommes les plus
RÉBUS.
distingués de notre époque, de M. Thiers, entre ·autres.
Apres avoir fait son droit a Aix, il déhuta dans le barrean, aMarseille, en f8i8. En f826, il ful nommé avoué,
et, dans l'exercice de cette profession, il se distingua par
son intelligence, sa droiture, son intégrité.
M. Rouviere entra dans la vie publique a partir de
1860; nommé membre de la commission Il)Unicipale,
qui succéda au conseil municipal dissous au mois de
janvicr de cette année, il fut, le t•• juillet suivant,' appelé aux fonctions de premier adjoint. Lors des élections
qui survinrent peu aprcs, il fut maintenu au eonseil par
le choix de ses concitoyens; enfio, un décret impérial
du 22 février f862 lui conféra la dignité de maire, apres
la démission de son prédécesseur. 11 était, en outre,
eonseiller d'arrondissement et chevalier de la Légion
d'honncur. M. Rouviere a succomhé a une rap:de maladie, le 27 juin. Son corps a été exposé, pendant toute la
journée du 28, daos une ch¡;pelle ardente, a l'Hótel-deVille. Ses funéraillcs ont eu lieu le 29; la ,ille prcsque
tout entiere assistait a cette triste cérémonie. Trois discours ont été prononcés sur sa tombe : le premier par
M. de Maupas, sénateur, chargé de l'administration du
l!.XPLlCATION DO DERNIER RltBOS,
département; le deuxieme par M. Roussicr, pre~ier adLa pensée est tout dans un tableau.
oint; le troisieme par le président de la chambre des
avoués. M. Rou,iere est vivement regretté de toutes les
classes de la population. C'était un véritable bomme de
A~G, MARC, directeur-gérant.
liien; bon, doux, charitable, conciliant, plein de zele
pour ses fonctions.
Em,. TKXIER, rédacteur en chef.
Agrée1., etc.
B. L,1NoA1s.
M. ROUVIERE, MAIRE DE MARSEILLE.

-------.,..~..
--.,,_____
......

Tous les sam~dis, fete de nuit aMabille. Tous les mercredis, au Chatean.-des-Fleurs.

Imp. de L'ILLUSTHATION, A. Mar&lt;;,
22, rue dt Ver11tuil.

U'apres un croquis de M, B. Landais,

LE PARTHÉNON DE L'Hl$TOIRE.

Sans aucune interruptioo, LE PARTHÉNON DE L'HISTOIRE poursuit la publication de ses six volumes.
L'avance considérable de planches gravées que possédaient les éditeurs pe cette vaste entreprise avant de
mettre en vente la premiere livraison, leur a permis de
continner Ieurs travaux saos aucune précipitation préjudiciable a la beauté de l'reuvre; de telle sorte que les
liyraisons qui se succedent sont aussi parfaites ·que les
premicre~.
./
C'est ainsi, du reste, que· dcvraient toujours se traiter
les ouvrages publiés par fascicules.
Les livraisons n•• 39 et 40, qui viennent de paraitre,
témoignent de la vérité de notre observation.
Ces deux livraisons renferment :
Salon Lo,;,is XV, tete de chapitre. - Portrait de
Mm• de Longueville. - Brúle-parfums, cut-de-lampe. Chien et chat, tete de chapitre. - Portrait de Marion Delorme. - Bas-.relief antique, cul-de-lampe. - Vv,e de
Venise, tete de chapitre. - Portrait de Bianca Capello.
- Amour aux couronnes, cut-de-lampe. - Église de Notre-Dame de Géorgie. - Place Krassnay!}, - Monastere
de Deritschiye. - Polé. - Vue de la Porte rouge. - Grosse
cwche de Moscou, cul-de-lampe. - Panoplie d'armes, tete
de chapitre., - Image de Notre-Dame, dite du patriarche
Josaphat. - Mitl'e du premier patriarche de Russie,
Job. - Mitre du palriarche Nikor. - Mitre, dite bonnet
grec. - Paragia. - Ciboire du temps du grand-duc Jean
Vassilievitch. - Couronne en diamants du tzar Jean Ale•
xéiévitch. - Casques lithuaniens et livonie1is. - Sceptre
de céremonie. - Encen.1oir en or du tz&amp;r Theodore Ale·
xéi&amp;vitch. - Couronne du tzar Michel Feod.-Orovitch, dite:
bonnet d' Astrakan. - Couronne en diamants d11, tzar
Pierre 1". - Couronne en drap, dite bonnet de Sibérie.
Cet avis est donné anos abonnés souscripteurs acette
pub\ication, et particulierement a ceux q1ü ne le son\
pas encore.
~

Le renouvellement de juillet étant un des plus
considérables de l'année, et occasionnant dans les
burcaux un travail supplémentaire, nous prions nos
souscripteurs dont l'abonnement est expiré de vouloir bieri le renouveler au plus t6t, s'ils veulent
éviter tout retard dans la réception du journal.

G1

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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1115, Julio 9</text>
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              <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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