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L'ILLUSTRATION,
DIVEBSEL.
IOUBR.A.L

- -=-==--E&amp;
~~~-- ·-:· _. ·. -·
--

- --

Ue ANNÉE. VOL. ILIV.

Direction, Rédartion , Administralion :
T~utu les communitations relatives au joumal , réclamations, demaodt11
de changement,; d'adresse , doivent etre adressées franco i
11. AUG. JIIARC. DIRECTEUR-GÉRA.~T.
Les demandes d'abonnemeot doivent étre accompagné~•
d'uo mandat •ur Paris ou sur la 9oste,

~

N•

S'.a n, e di ~a .Jui llet

f 117 .
1 8 a.&amp;.

~'auwnnliat II n,ea pu 4a ■u11cri11 et ae l'ugagt ¡am1i1 i I• i11ir•.
fa la lniWt, la traductioa 1I la r•productioo i l'jlr&amp;nger ~•I ialtr4ilo&amp;.

BUREAUX : RUB RICHELIEU, 60,

!bonnements pour París et les Déparlt.ments :
6 moia, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - le numéio 1&amp; o.
!a collection mensuelle, 3 fr. ¡ le ,·olume semestriel, 18 fr. 1

3 mois 9 tr. ¡ -

ABO,NNEMENT8 POUR L'ÉTRA.NGBR 1
Mémes pnx; plus les droits de poste, suivant les tari!t.
Le• abono. parteol du ter o• de cbaquo moi1,

Gravuru : Arrivée de LL. Mlt. l'Emperenr •I l'lmperatrice dn Me1ique a

SOlUJAIR E.

;n

.ne.
. scrar"4,
é¡;ére~
1miniua.
,acune
et de

A•rivée de 1.1. MM. l'Empereur el l'lmpératrice du Mcxique. - Revue
politique de la ,cmaine - r,ourrier de Paris. - Célébratioo de la ftlte
ele Saiut-Pierre l la cbap,llc Saiut-Louis de Tuuis, - forrespoudaocc
d'Al~érie, - Autobiograpb,c d'un poete (suite), - E1pédi1io11 daos
l'mtóricur du Meuque. - G,uli, (nourelle ), fin. - La c!é des champs.
- Pete ,lu f,onrban-Dairam, a Brousse. - Orage dans l'Oberland, r,a,ette du Pala.is. - L'appareil Remkorff eí la scicnce.

Vcra-C.ruz. - Messe célébréc j¡ la chapclle Saint-Louis ( Tunis) pour
la !~te ~•trnnale des matelr ts ~nbiers ('!1 JUin). - In,urrect,on d'Algérie: r.ombat d'Aio-KI-Sueta; - Les chef, des Flittas rerenLI du
~énéral Deliguy la coofirmation de l'amao, au bi,ouac de Has-OuedEI-Anur. - Etpédibon daos l'ir.lérieur du Metique ( 4 gravure&amp;),
- Hte du Courbau-Dairam daos la mosquée de Zeseb1l lmare1, •
Brousse. - Un ora,e daos l'Oberland. - Tbéalre Robiu; - Bloc de
verre de ucuf ccnhmctres, traversé par l'étincclle de l'appareil Rumko, IT.
- Rébus,

-- ~ ~~------

ARRIV8~ DE LL. lUI. L'KllPERKUR ET L'IMP&amp;P.ATRICK DU ll&amp;XIQUK.
AU DIRECTEUR.
V, ra-Crut, 30 mai.

Apres un vo~age accompli heureusement, et dont le
terme a devaneé l'attentc publique, LL. MM. l'Empereur

.

Lºll»PEII.EUR ET L'IMPÉRATRICB DU MEXIQUE A VERA-CRUZ: Pmage du cortrge ious 1'1rc ~e tri•mphc de la place d'Armea. - O'aprét une phot. com'llumquée par la UgÍtioo du lleiique.

�L'IL1USTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

50

.Marimilien et l'Impératrice Cbarlotte sont arrivés, le
28 de ce mois, a la Vera-Cruz.
Le 20 au matin, Leurs Majestés descendaieot sur. le
sol du Mexique, oü elles étaient re~ues par les capitaioes
et les états-majors de la marine frao~aise, la députatjon
de !'ayuntamiento, le général Almonte, le préfet de VeraCruz, le commandant supérieur, M. Maréchal, et le di•
recteur de la marine, M. Peyron. Les marios franfais
faisaient la haie d'Wl coté et la garde nationale mexi-caine de l'autre. A la porte splendide qu¡ sépare la ville
du mole, l'Empereur re~ut les clefs de Vera-Cruz, sur
lesquelles il posa la main, et entendit une adresse de
l'ayuntamiento, a.laquelle il répondit, daos le plus pur
castillan (( que top.tes les puiss~oces de sa volonté et de
son intelligeoce seraient mises au service du Mexique,
et gu'il ferait tout pour rendre.heurelll ceux qui l'avaien t
choisi. »
Ce fut en voiture que Leurs Majestés firent le trajet de
la porte ·de la ville au wagon impérial, au milieu des
cris iocessants de : Vi ve l'Empereur ! vive l'lrnpératrice !
au milieu des pétards, des bouquets de fleurs, d'une pluie
de fegilles de roses, en passant souS-Un magnifique are de
triompbe élevé sur la place .d' Armes et a tra vers les rues
élégamment décorées. A six heures et demie du matin,
le convoi impérial se mit en marche pour Mexico.
Agréez, etc.
Pour extrait: P. PA.GET.
~

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Le-s hostilités soot de oouveau suspeudues entre les
11nissaoces allemandes et le Danemark jusqu'au 3l juillet. A l'erpiration de ce•délai, !aguerre recommencera,a
m'oins que le cabinet de Copeohague n'ait présenté
d'ici la des confüioos de paix qui paraisseot acceptables a )'Autriche et a la Prusse. Le baroo Bredon a été
chargé' par Christian IX de négocier pour le Danemark.
·
11 reste asavoir quelle~ propositions la Prusse et l'Au. triche daigneront trouver accéptables, et' l¡Js journaux
allemands ne nous dooneot -sur ce point áucim renseignement pos1tif.
En attendaot, des proclamations du genéral Vazal de
Folk.enstein, datées de Randers daus le Jntland, portent,
entre autres cheses, que les rassemblements de plusieu.i,,
persannés sont défendus ; que personne, a partir de dix
heures du soir, ne pourra sortir de la ville ; que les
fonctioonaires qui quitteront leur poste ou qui se montreront récalcitrants, seroot jugés par un conseil de
guerre, et que leur fortune sera confisquée.
Le général ne menace encore personne du fouet ou
dQi verges.
Le l4 juillet, les nouveaux ministres du Danemark se
sout rendas au Rigsraa.d, et le ministre de l'intérieur a
donoé lecture, au nom du président du conseil, d'un
messa-ge daos lequel les membres du cabinet appelé a
prendre la direction des affaires daos de si graves conj1mctures, exposent qu'ilsne peuvent tracer le programme
de leur politique, et qu'ils doivent se borner a déclarer
(( qu'ils se tiendront inébranlablement sur le terrain de
la légalité, qu'ils ne se permettront jamais de rlonner
a Sa Majesté UD conseil qui ue soit en harmonié parfaittl
avec ce principe,conseil que le roi d'ailleurs,-le peuple
doit en, etre convaincu,-serait le premjer a condamner,
et que le salut, l'honneur et l'indépendance du Danemark. seront l'étoile qui guidl!ra tous lenrs acte~, le but
précieux auquel tendront tous leurs etTorts. »
Le roi de Wurtemberg a ouvert les chambres du
royaume. 11 a bien voulu assurer les (( nobles et honorés
m~ssieurs, amis et féaux » auxquels il s'adressait, que ce
ne serait pas une faible satisfaction pour lui de pouvoir
prouver, au début meme de son regne, « que les vrais IJesoiris du pays sont reconous et que tout intéret légitimc,
soit moral, ~oit matériel, trouve la protection qui lui est
due. »
L'avenir nous apprendra ce que le nouveau roi de
Wurtemberg entend par les vrais liesoins et les intérets
légitimes du pays. Sa Majesté a fait allusion a un nouveau code de procédure mis a l'étude et fondé sur la publicité des déhats. Si le Wurtemberg en est encore a d,;_
sirer des débats publies et oraux, on peot bardimeot supposer que le nombre des vrais besoins du pays, tels que
nous les comprendrions, nous autres fils de 89, est assez considérable pour donoer quelque besogne a un
prince trien intentionné.

.

L'auguste orateur ne s'cst pas dissimulé que le temps
était grave et plein d'agitation.
M Toutefois, a-t-il aj0uté, ce qui est de nature a oous
rassurer beaucoup, c'est qu'un afcord ait été obtcnu entre les deux grandes puis~aoces allemandes, doot les
vaillautes troupes out versé leur sang daos un meme buL
pour l'honneur et le droit de l'Allemagne, accord qui
auwrise a espérer que laquestion des duchés de SlesvigHolsteío, qui agite l'Allemagne tout en tiere, trou ver:1
sa solutíon daos un seos conforme a !'esprit national et
au droit national. »
La conquete du Jutland serait-elle, dans la pensée du
roi Charles, un des (( vrais besoios )) de l'Allemagoe en
général et du Wurtemlierg en particulier?
Le géoéral Wilson, apres avoir détruit le chemin de
fer de Oanville, sur un parr.ours de 20 milles, a été attaqué par les confédérés, le27 juin,sur le chemin de fer de
Weldon a Pétersburgh. Le combata duré toute la nuit, et
les fédéraux se soot vus contraiots de suspendre leur
marche en avaot. Le général Meade a envoyé, le lendemaio 28, des renforts a Wilson. ·
Le méme jour, les coofédérés ont opéré un mouvement
sur la gauche pe Grant.
Des dépéches plus récentes rlonoent la nouvelle grave
d'une invl!.sion partielle dn territoire du Nord par l'armée confédérée : un corps, évalué a 30,000 hommes,
sous les ordres du général Ewell, se portant vers l'ouest,
aur.:i.it débouché daos le Maryland, presque aux portes
de Washington, a travers la va:llée de Shenandoah, et
occupé Harper's Ferry et Hagersto"'n, saus avoir, selon
to~te apparence, rencontré d'obstacle au passage du Po1.0mac, non plus que dans le has Maryland.
V~tat de Maryland avait voté récemment l'abolition de
l'esclavage.
Une dépecbe du général Oeligny annonce que la soumission des Flittas est complete, et que l'ordre est rétabli
dans la partie de la province d'Oran ou la paix avait été
troublée par le soulevement de cette tribu. Le général a
recommaodé qu'on évitat avec grand soin tout mauvais
propos, toute menace, toute provo~atioo a l'adresse
des indigenes. Voila une sage et bumaine recommaodation a laquelle on ne saurait tro¡, applaudir.
Le marabout Abd-el-Aziz, qui s'était mis a la tete de
l'insurrection apres la mort de Si-Azereng, traqué depnis
plusieurs jours par les Fli\tas eux-mémes et par les tribus limitrophes de lasubdivision de Mascara, s'est reodu,
le 9 juillet, au lieutenant Monier, chef de l'annexe de
Zammorah.
Deuxjours auparavant1 les Harar-Cheraga avaieot remis au commandant sapérieur de Tiaret les chevaux,
les mulets et les armes enlevés par eux au début de
l'insurrectioo, et notamment les chevaux du colonel
Beaupretre et du sous-lieutenaot Marsot.
Les dernieres dépecbes du MexiqÚe oous oot apporté
des détails sur la prise d'Acapulco. La garuison s'est
rendue sans coup férir et s'est retirée a Providencia, oü.
se trouve le quartier général d' Alvarez, chef des bandes
juaristes de l'Etat de Guerrero. Le contre-amiral Bouet
a pris posse.sion de la ville et du port.
Une partie des bandes d'Alvarez, campées a PuebloNuevo, village situé a trois lieues d'Acapulco, a été mis
en déroute par nos troupes, sous les ordres du capitaioc
Bézard, des tirailleurs algérieus. L'ennemi a perdu cinquaote ou soixante hommes, un drapean et deux pieces .
de campagoe.
Une curresp0ndaoce adressée dn Mexique au Times
contient des détails tres-intéressants ~ur l'accueil entbou~iaste que les lndiens ont fait a l'Empereur Maximilien. Ceux de Naranjal ont remis a Sa Majesté une
adresse oü ils la comparent a (( un arc-en-ciel qui dispersera les nuages qui semblaient pour toujours amoncelés sur le pays. &gt;&gt; Franchement, il ne doit pas etre tresfacile, pour un prioce tout nouvellemeot débarqué d'Eu-rope, de rendre politesse pour politesse a des sujets qui
vous harangueot dans ce style-la !
Le bruit courait, d'apres la méme correspoudance,
que la coaronne des rois Azteqoes, religieusement conservée par une tribu d'lndiens d~puis la chute de l'antique dynastie, devait étre offerte au nouvcl empereur,
comrne au prioce qui, d'apres une vieille pruphétie, était
destiné a la porter.
L'avénement d'un archiduc autrichien prédit par les
oracles azteques ! Qui s'en serait douté?
Une nouvelle loi sur la presse vient d'etre votée par
le.; Cortes; les articles 6 et 7 de cette loi ¡,oo t ainsi con~us :
Allt. O. 11 ne sera publié aucun écrit snr le dogme de

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

notre sainte religioo, sur l'Écriture sainte, ni sur
morale chrétienne, saos l'approbation des diocésai
Art. 7. Le gouvernement est autorisé a prohiher l'i
portation sur le territoire espagnol de tout écrit qu
conq,ue qui sera imprimé ou puhlié en pays étrang~
ll parait qa'aux yeux rlu gouvernement espagnol, ce
compression de la pensée est l'an des vrais besoins n
l'Espagne.
Le bruit a couru, dans ces derniers jours, a Milan,d'
départ de garibaldiens du port de Genes. De la destma
tion du batiment qui portait les volontaires, rien.
. Le comité central franco-polonais, présidé par M.
duc Eugene d'Harcourt, ancien ambassadeur de Fran
a Rome, adresse un appel aux sympa1hies frao~aises e
faveur des Polonais qm ar,rivent tous les jours dénu ·
de tout, épuisés et malades des blessnresre~ues en co
battant pour l'indépendance de leur patrie.
En méme temps, la misere et les 'Souffraoces des Cir
cassiens qui ont préféré l'exil a l'esclavage exciten
daos l'Europe libérale, une pitié qui ne sera pas stéril
Deux peuples chassés de leur pays, mutilés, moura
de faim, demaodant au méme moment asile a la Tu
quie et a la France et imploraot un morceau de pain
la compassion des natioos étrangeres! Voila de qiloi
faite la grandeur de la Russie.
Le l6 juillet, a H heures du-soir, S. A. l. la prince
Clotilde a donné le ;our a un 61s.
Proces-verbal a été dressé sur les registres de la C
mili e impériale de la naissance du prince, qui a re~u 1
noms de Napoléon-Louis-Joseph-Jéróme. '
Le roi d'Espagne sera, dans quelque~ semaines, l'h
de la France. Sa Majesté catholique arrivera a. Paris
l Oau 20 aotit; elle sera accompagnée de sa maison mi ·
taire et habitera le palais de Saint-Cloud.·
S. M. le Roi des Belges est arrivé mercredi soir
Paris.
EoMoNo TEXIER.
~

t;UIJIUUEll bl!

P.&amp;.llllll,

Le rlub des Bébés. - Statuts apocryphes. - Un arrété d
Premier Préfet du palais en l'an XIII. - L'bymen et 1
tableaux vivanls. - La stalue de Relioul. - U11 accesso·
1-&gt;roposé. - Une statue á Greuze. - Autre idée. - La ré
bilitalion et M. Mr.quillet. - Un ver• du Misnnthrope. Est-ce Turtufe? Est-ce Tartuffe~ - Transforma1ion
Nafa jaune.

On discute encore sur la véritable portée des instructions que le comte de Glücksbourg, en voyé en Alle,ma150
pour traiter de la paix, tient de son auguste frere
Christian IX, roi de Oanemark, et les intentions des
puissances allemandes sont toujours un mystere, au
moins pon:- les simples mortels qui ne soot point miti'
aux desseins des dieux; mais il est hors de doute qu'ua
club nous est né, qui s'appelle le Club des Béblis.
Les journaux, qui oous anooocent cette importan
nouvelle, ometteot de publier les statuts de l'associatioo,
et vraiment ils ont le plus grand tort; il serait bon de n
pas laisser les esprits en suspeos lorsqu'il s'agit de m
tieres aussi gr4ves.
J'ai recu bier sous eoveloppé une piece manuscri
qui ne se~ait autre chose, si j'en crois le titre, que le d
cument dont la presse a jusqu'ici négligé d'entretenir le
public. Cette piece, je me bate de le dire, m'a tout ra·
d'etre apocryphe; j'en cite quelques extraits, et je peo
qu'apres les avoir lus tout le monde sera de mon avis:
Art. 2. Les deux sexes sont ad mis a fa!re partie du club.
• A1't. 4. Tout membre du club doit etre sevré.
Art. 5. Tout membre du club cesse d'eo fair~ parti
aussitot qu'il a percé sa premiere dent de sept aus.
Art. 7. L'admission est proooncée a la majorité d
dcux tiers des votaots. Le vote a lieu pl!.r assis et levé,
tout membre qui n'est point encore capable de se
nir sur ses jambes vote ou.i en disaot papa, et non en disant mama,,.
Art. 9. Toutmeml1reduclub doit avoirlesjambeset
col nus, a l'aoglaise; le costume de rigueur est la ja·
quette blanche et le pantalon blanc festonné couvrant 1
genou. Le baveron et le liourrelet sont obligatoires po
les membres agés de moins de trois aos. Le présiden
peut autoriser l'usag'e des lisieres et des hor.hets.
At't. l 3. Les seuls jeux permis daos. le club sont 1
main chaude, le pied de breuf, la marellc, la baile, 1
billes, le colin-maillard et le jeu de cache-cache. 11
expressément détendu de jouer au sable dans les..salons.
Art. i5. Les seuls eojeux autorisés sont les suc
d'or¡re et les booshommes de pain d'épice.

'

5t

une figure noble, saos défaut rlans les yeux, dans'les jam- l'histoire naturelie, l'astrooomie, la chimie étaient du
d'orge ou q11atre bonshommes de pain d'épice. est tenu bes, et généralemeot aucunes difformités naturelles. i, grec,et meme de l'hébreu pour tous ceux qui n'étaient
pas des savants a di¡ilóme. Un homme du monde aurait
de se retirer do jeu.
Nimes
va
élever
une
statue
a
Rehoul,
son
boulangermeme
eu assez inauvaise gr.lee a s'occuperde ceschoses;
Art. 20. Des bonoes sont attacbées au club.
11 suffit de lire ces quelques articles pour etre bien poete; qu'oo dise a pres cela que la province est in grate, aujourd'bui, noussommes en train de changer cela, peu
-d·e gens rougiraiem encore de ne plus etre des ignorants
convaincu il me semble, que la piece a laquelle ils sont et que nul n'est prophcte dans son département !
'
.
Or, Nimes est une ville romaine, toute éprise de l'an- et l'on ne croit plus qu'il y ait la moindre honte a savoir
empruntés est dépourvue de tout caractere d'authent1-cité • il faut évidemment n'y voir autre cbose qu'unc tiquité; et vous verrez que le Reboul de la statue sera comment on respire, comment on digere et quelles lois
plai~anterie, et d'ici a quelques jours la publication offi- vetu d'une toge et chaussé de sandales, de sorte que régissent la nature 011 les nombres; la vulgarisation de
cielle des statuts du club des Bébés dissipera toute mcer- rien n'empéchera les Nimois de l'an 3,000 de le prendre la science est done devenue une nécessité, et les vulgaripour un consul, voire méme pour un César, si l'enthou- sateurs sont tres-estimés, tres-rechercbés, tres-los, trestitude sur ce point.
siasme des coutemporairts ne recule pas devant la cou- écoutés. Les .11ondes de M. Guillemia, la Bou~hée de pain
En attendant que nous sachions au juste quelles sont ronoe de laurier, ce qui ne serait pas impossible : on de M. Macé, les ouvrages de M. Louis Figuier vulgarisent l"astrooomie, l'histoire naturelle el les sciences
es qualités requisespour faire partie du club des Bébés, sait ce dont les méridionaux sont capables.
Va
done
pour
le
costuine
romain;
seu'.emeot,
je
supphysiques, et le succes de ces livres charmants et sérieux
peut-ctre vous sera--t-il ag,:éable d'apprendre a quelles
conditioos on entrait, il y a soixante .:i.ns, daos la troupe plie rartiste qui sera cbargé rlu marhre ou du bronze, balance celui des romans en vogue. Ce que M. Figuier
d'ajouter asa statuc un petit accessoire que la statuaire fait une fois paran daos sonAnnéescientifique, ~f. l'abbé
chantante de l'Opél'a.
Moigno va le faire une fois par mois daos des entretiens
Les archives du théiÚre conservent un arreté sign1; antique ne lui fournirait peut-etre pas.
Soyons de bonne foi, il e~t évident qne si Jean Re- qu'il a inaugurés il y a huit jours. thaque legon sera le
Lugay, Premier Préfet du palais, et tlaté du 5 veotosc
bo11l n'avait été que poete, on n'.aurait pas songé a lui résumé des découvertes et des applications scientifiques
an XIII, ou je lis ceci :
Le Premier Préfet du palais, cbargé de la surveillance et dresser une statue; mais, en méme temps que poete, i, récentes, des dernieres conquetes de !'industrie, des derdirection priocipale de l'Académie impériale de musique: était boulanger, et cette circonstance doublait le prix de 'niers travaux sur les grandes questions a l'ordre du
Voulant assurer le service de cet établissement, fait ses vers; eh bien! puisque la boulangerie est pour jour. Dans la séance d'ouverture, le savant abbé a touappel aux jeunes gens des départements possédant une moitié daos sa gloire, que le sculpteui le représente ché, parmi beaucoup d'autres sujets, a l'antiquité de
voix décidée de haute-contre, ténol' et basse-taille1 et les avec une lyre daos la main droite et une miche daos la l'homme, aux générations spontanées, a la pluralité des
main gauche.
mondes et aux liallons.Ccrtes, voila d'asc;ez intéressantes
qualités ci-apres :
(&lt; Le sujet présenté doit savoir la n:lusique au point de
questions. Les entretiens de la salle de 13. Société d'enLes coocitoyens de Greuze se sont, eux a115si, sentis pris,
solfier tres-couramment.
conragement auront, avant peu, la faveur du puhlic,
dans ces derniers temps, de l'irrésistible besoin d'élever
« Il ne doit pas avoir plus de vingt-cinq aos, ni moins
corume les entretiens de la rue de la Paix.
une
statue au peintre de la Cruche cassée et de l'Accordée
de dix-huit.
de village. Ce n'est qu'au bout de soixante ans, que cette
Si nous ne sommes pas, daos quelques années d'ici,
« Sa taille ne doit point etre au-dessous de 5 pieds
pensée s'est tout a coup imposée aleur esprit; mais c'est des gens pleins de savoir et d'érudition; ce sera bien no3 pouces, ni au-dessus (le 5 pieds 5 pouces, a moins qu'il
qu'on n·a pas, a Tournus, l'admiration aussi impétueuse tre faute; certes, les moyens de nous instruire ne nous
n'ait une superk vJix.
qu'a.Ntmes.
.
manqucnt poiot.
'
··
(( n faut qu'il ait une figure agréabTe, ou du moins une
Eh
bien!
l'avouerai-je,
il
y
a
comme
cela
des
impres11
y
a
quelques
mois,
je
vous
annoo~ais
le premier nufigure noble, saos défau.,t daos.les yeux, daos les jambes,
sions _singulieres, je ne puis ru'accoutumer a cette idée méro d'un journal dédié aux chercheurs et curieux, et
et généralement aucunes diflormités' naturelles.
(( Le sujet qui remplira toutes ces conditions se fera de .voir l'ima~e de Greuze se dressant majestueuse sur qui s'appelle l'Intermédiafré. .Une difficulté littéraire,
inscrire a la préfecture de son département; sur !'avis un piédestal, comme celle d'un maréchalde France, d'un historique ouarchéologique, vous préoccupe-t-elle? vous
faites partde vos doules a l'Interméaiaire. L'Interméaiaire
que le préfet du département est prié d'en donoer au ministre, ou d'un magistral.
Si j'avais été tourme~té de l'envie de rendre a Greuze en informe ses lecteurs, et c'est bien du malheur si
Premier Préfet du palais, il sera pris des mesures pour
faire subir a l'aspirant un premier examen sur les les honneurs posthumes, je luí aurais bati une petite quelqu'un d'eotr7eux ne trouve pas la bonne répon~e et
chapelle a l'omhre des tilleuls et des acacias, au milieu ne s'empresse pas de l'adresseraujournal, ou v&lt;¡us la troulieux. . . . . . . • • •
(( Ceux qui auront été jugés réuoir les conditions de- de parterres de myrtes et de roses. Sur un petit autel de vez, un mois ou deux mois plus tard, tout au vif imprimée.
Un vers du Misanthrope a donoé lieu, daos les derniers
mandées seront admis a l'Académie, et il leur sera de marbre blanc, j'aurais placé- son portrait au pastel, et
chaquc
année,
au
printemps,
des
jeunes
filies
vetues
de
numéros,
a des interprétatioos tres-diverses; c'est le vers
suite assuré un traitement suffisaot pour les mettre dans
blanc, de jeunes villageois portant des habits hleus, des ad,ressé par Alceste a l'homme au sonnet :
le cas de ne s'occuper que de leurs talcnts. »
Cet arreté a été mis sous verre et encadré; franche- culottes jaunes et des has chinés, des vieillards d'un viFranchement, il est bon a mettre au cabinet.
sage noble, avec de longs cheveux blaocs leur tombant
ment, ce n'est que juste.
sur les épaules et un gilet a ramages,:seraient allés proDaos quelle acceptioo faut-il prendre le mot cabinet't
La Gazette aes Étrangers annongait, dans un de ses cessionnellement déposer sur l'autel des fleurs, des reufs Est-ce la chambre de travail? Est-ce le meuble intime
derniers numéros, que les tableaux vivants de société frais·et des colombes avec des rubans bleus ;.u col ; un ou nos peres serraient leurs papiers et leurs bijoux?
faisaient fureur a Londrés, et que ces most attractive centeoaire aurait Ju une page du doux Gessner ou de l'ai- Est-ce autre chose? En lisant cette intéressante polémiexhibitions avaient décidé plusieurs mariages dans ces mable Florian, jeunes gens et vieillards auraient chanté que, j'ai rougi quelque peu d'avoir attribué trop facileensemhle : Tfrcis en vain aimait Colette, ou bienAnnette
derniers temps.
.
soupirait
pour Blaise, et apres avoir répandu quelques- ment a cabinet le seos le plus grossier.'Cepeodant, en y
Oh! que j'aime le tablean vivant devenu négociateur
réfléchi5sant bien, il me semble qu'il y a bien des chanen mal'i.ages; que cela va bien avec la pudeur anglaise ! unes de ces !armes que les creurs sensibles ont toujours e-es pour que ce seos grossier soit ie bon. Certes, il n'éEt vraiment M. de Foy doit regretter de n'avoir pas eu a leur service, on serait rentré au hameau en se faisant tait point fait pour eflrayer Moliere ; en outre, Oronte
encore cette idée si simple et ~i heureuse du tableau vi- une fete de recommencer l'année prochaine.
Ois-moi, tendre et vénérable Greuze,mon idée ne vaut- avait assez échauffé la hile d'Alceste, pour que celui-ci
vant ! Mais je me fie a luí, s'il ne !'a point trouvée, il
se laissat échapper a quelque réponse un peu vive, et Je
elle pas mieux que celle de tes concitoyens?
l'appliquera.
« franchement &gt;J qui précede, indique clairem1::nt qu'il
Pretons - nous a cette admirable innovation, proSi jamais la réhah•.itation postbume devient une vé- ne va pas méoager le petit moreeau qu'on vient de lui
fitons en Fraoce du bon exemple que nous dono.e l'An- rité légale, comme elle est déja une vérité philosopbi- lire avec tant de complaisance.
gleterre : plus de bals, plus de soir¿es ~e musiqne : des que et une nécessité morale, la gloire en revieodra a un
tableaux vivants, rien que des table:,ux vivaots, l'hiver homme qui a coosacré sa longue vie a la justificatidn
u·y a une autre controverse littéraire sur laquelle il
prochain.
serait
fort opportun que Moliere put dire son mot : eUe
d'un innocent mort sur l'échafaud, et aujourd'hui en-•
Qu'il sera touchant d'entendre une mere dire asa filie: core légalement coupable. Si l'ou ne sooge pas a élever est née de la liberté des théatres; e'est, vous le voyez,
- Ma chere enfant, te voila dans ta viogtieme aonée, une statue a M. Méquillet, le subrogé-tuteur des petits- une actualité.
l est temps de trouver un mari; allons commander un enfaots de Lesurques, assez de creurs béniront sa méTartuf•.. (pour le moment, permettez-moi d'en rester
maillot.
moire pour qu'elle se passe d'un plus solennel hommage. la) Tartuf... est joué depuis trois semaines sur trois
Et qu'il sera charmant de voir un roman commencer
On sait que, s'il n'a pas encore obtenu un succes dé- théatres de Paris ou ¼foliere est du fruit nouv·eau; c'est
ainsi :
cisif, M. Méquillet a du moins eu, cette aonée, la cooso- assez dire que tous trois sont d'accord sur ce, point que
(&lt; Henri Y ... iítait un jeúne homme accompli; Blanche
lation de voir un grand mouvemeot d'opinion se faire Tartuf..• est un cbef-d'ceuvre; ils s'1mteodent moins sur
Z... était une ravissante jeune filie, belle, modeste, dé- en faveur de la nobl\l entreprise qu'il poursuit. 11 vient l'orthographe du uom assez étrange que le comir¡ue a
cente, et remplie de toutes lesvertus qui fo11t une femme d'adresser, dans les termes les plus touchants, un re- donné a son irupost':lur. L'un d'eux écrit Tartuffe, un
modele ... i,
merciement public aux orateurs qul ont plaidé devaut autre Tartufe, le troisieme, tantot d'une f~on, tantót de
« J'ai écrit (( femme modéle ,i saos peoser a mal, qu'on le Corps législatif, et aux journalistes qui ont soutenu l'autre.
en soit bien persuadé.
Qµelle est ta bonne? , •
de leur plume une cause a laquelle taut d'avocats se
&lt;( Le jeune Y... était deveu u éperdtiment amoureux sont déja dévuués.
L'autre jour, un critiqll~ tranchaít la qdestion sans
d'elle en la voyant poser daos le saloo de la princesse
Acceptons ses remerciements, mais _songeons que rien héshation aucune : c'est Tartufe qu'il fa)lt écrire, disaitde X..., ou elle représentait Judith séduisant Holopherne n'est fait, puisqu'il reste encore quelque chose a faire.
il, ¡,arce que ce nom vieut ,q.e l'allemand dtr ieu/el1 qui
avant de lui couper la tete... ,i
signifie le diable.
Les personnes qui auront l'excellente pensée d'orgaTandis que les idées philosophiques font tout douceMais voila que dan~ l'Intermédiaire, M. Hippolyte
niser des tableaux vivants dans leur salon, ne pourront ment leur chemin, les ootions scientifiquesse répandent Lucll$ écrit Ta,:t11ffe, et qo'il se déclar~ tres-disposé a
mieux faire que de s'iospirer de l'arreté du Premier d.:i.ns le public et se vulgarisent. Vulgarisation, voila un partager l'opinion d'apres laquelle Moliere aurait eu
Préfet du palais, et de décréier·qu'aucun suj.et ne sera au-. mot toutil faitmoderne, et la chose ne l'estguere moins l'idée de donner au personilage de sa comédie le nom
torisé A poser s'il n'a &lt;( une figure agréable, ou du moins .que le mot. Autrefois, la pbysique, les mathématiques, qu'il lui a donné, en voyaot s'épanouir le visage de cerArt. 16. Tout membre qui a gagné cinq sucres

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L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNl VERSEL.

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IIIESSE CÉLÉBIIÉE
A LA CHAPKLLB SAlNT-LOUIS (Tuais) POUR LA FtTE PATllONALE DES M.\TELOTS GADll!I\S ('U juin). ;

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D'apres un croquis d~ M. N. de 1·escadre ,d'év~lutions.

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CÉLÉBRA.TION

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Au nombre des collaborateurs nouveaux, on cite
tains chanoines devan.t un plat de truffes ou tartuffes
M. · Granier de Cassagnac, M. Veuillot; M. Pro·udhon,
que leur avait envoyées le .nonce du pape.
ºª u .
J'attends avec grande impatience le prochain numéro M. Barbey d'Aurevilly.
.
Ce n'est pas par la monotonie que,péchera la nouyellé F8TK DK SAIHT.PIERRK A LA CHAPKLLK SAIRT-LOUIS DK TUMIS.
de l'Intermédiaire, qui ne peut manqµer de contenir une
rédaction,
et SQUS ces noms je vois miroiter tant de cou•
réponse a M. Hippolyte Lucas; car il est évident que la
¡\U DIIIECTEUR,
leurs
différentes,
que ce litre de Nain jaune me parail
question n'est point épuisée.
Rade de Tuni1, I" juillit.
manque¡ désorn1ais d'a propos; il y en a un autre
Le vice•amiral, comte Bouet-Willaumeí, corrimandaot
Le Nain jaune vient décidément de se métamorphoser qui viendra certainement sur toutes les levres et qui
en chef l'escadre d'évolutions mouillée en ce~momeot
ferait bien mieux l'affaire.
X. FEYRNET.
en journal politique.

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INSURRliCT!O:i O'ALGÉRIH: COllBAT O'Allí-EL-SllETA. -

O'aprcs un dessin de M. Lefebvre,
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L'ILLUSTRA TION , . JOURNAL UNIVERSEL.

deTant Tunis, vient de décider, par un ordre du jour,
qu'a !'avenir, les matelots gabiers prendraient pour fete
la Saint-Pierre. Cette déeision a été re~ue avec enthousiasme par cette parlie des équipages de la flotte provenant de nos populations maritimes, si profondément
religieuses; jusqu'~ présent, il était d'usage que les gabiers fétassent un jour de l'année quelconque, jour qui
était déterminé parla convenance duservice, etquelquefois,l'année se passaítsans que cejour arrivilt, faute d'indication précise; a l'avenír, le jour de la Saint-Pierre sera
cons.acré spécialement a\.1~ gauirrs. Pour donner plus d'éclat a l'inauguration de cette féte, le vice-alnifül a voulu
que la mess'e fut célébrée dans la chaphtlé élevée, iI y a
quelques années, sur l'emplacement de I'Aeropole de Cartharge, la méme óu l\l ro¡ S¡iint-Louis était venu expirer, a la suite de la croisade entreprise en l 270. Aussí
cette chapelle, souvenir pieux, sentinelle avancée rle la
catholicité au mílieu de la population mabométaue,
avait pris un air de fete: les pavillons de1; na vires de l'escadre, arrangés ¡,.ve14art, agrandissaient l'intérieur dP.
cette chapelle en profungeant sa nef. L'amiral a bien
voulu assister a cette cérémonie, accompagné de tout son
état-major. L'aumonier de la Ville d.e Paris a prononcé
quelques paroles appropríées a. la circonstance, et la musique de ramiral a fait ente,ndre ses plus beaux morceaux. Toute la population fran~ise de la Goulette ou
de Tuni~ était accourue pour témoigner de sa reconnais~ance f!Dvers l'escadre chargée de la prgtéger.
Agréez, etc.
Pour e:etrait: H. CAsTELlllANS.
~

CORRESPONDANC E

D'ALGÉRIE.

INSCRRECTION DES FIJTIAS.

On se rappelle l'insurrection qui éclatait, le t3 mai
dernier, pres de l'un de nos grands centres de colonisation de l'Algérie. Les Flittas, travaíllés p9.r les émissaires
de Si-Mohamed-Ould-Hamza, qui avait déjil soulevé le
sud ,de la province d'Oran, fanatisés en outre par leurs
marabouts, se levaient en ma~se, venaient insulter le
poste de Zemmourab, dont ils pillaient les établissemenls
européens, s'em-paraient du caravansérail de la Rahouia
et en égorgeaient les défenseurs. Enfin, les 27, 28,
29 mai, ils investissaienL Ammi-Moussa, qu'íls ne quittaient que le 30, pour venir le 3l mai etle i •~ juinenvahir
la plaioe de Relizane. Pl11sieurs fermes de cette plaine si
ricbe, si féconde, furent pillée~, et quelques-uns de leurs
habitants, re~tés bravement a leur poste, succomberent
devant un ennemi qui assouvit sur eux les instincts
d'une sauvage cruauté.
Une panique générale, que les événements récents
• étaient certes de nature a expliquer, exislait daos la
oontrée. Les fermes isolées étaient abandonnés; !'incendie avait commencé a entamer les magnifiques blés et
orges de la colonie, et la culture du coton, sur laquelle
se fondaient tant d'espérances, mena~ait, faute d'irrigation, d'etre a jamais coUtpromise.
Telle était la situation, lorsque M. le général Rose
arriva le t •• juin a Relizane, pour y prendre le commandement d'une brigade formée des -t2• et 821 de
ligne, déharqués de France en toute hale. Malgré l'excessive fatigue de ses troupes, le général se dirige des
Je 2 juin sur Zemmourah, et le lendemain, 3, il pénetre
dans les montagnes des Flittas.
Le col de Had-el-Atech, qu·il a a fraochir, est bordé
de fourrés impénétrables. L'ennemi veut en défendre
les approches; mais apres trois heures d'un combat opiniatre, il doit se retirer, laissant sur le terraio de nombreux cadavres.
La colonne atteint ensuite, saos autre incidenl, son
bivouac de Dar-Ben-Abdallab , ou elle commence, le
i au matin, la construction d'un retranchement destiné
a abritflr. ses approvisionnemenl~, ses malingres et ses
autres imredimenta, pendant qu'elle irait ultérieurement
rayonner daos le pays. A peine a-t-elle entrepris l'exé~
cution de cet ouvrag::, qu'elle se voit attaquée par de
forts contiogenls qui sont repoussés avec des perles sensibles pour l'ennemi.
Le len&lt;lemain matin, 5 juin, le camp de Dar-BenAbdallah est de nouveau assaílli; mais cetle fois les Flittas se présentent en plus grand nombre et avec un
ensemhle inaccoutumé. El-Azereng-Bel-Hadj, qui veut
ten ter un effort supréme, est en tete; il a réuni tous ses
adhérents; les tribus des cercles d'Ammi-Moussa et de
Ma~r~ra lui ont fourni de~ fantassins, et des quantités

de femmes venua~ asa suite garnissaient les hauteurs
environnantés pour exciter de leurs cris l'ardeur des
comb?.'. t:rnts musulmans. L'ennemi, qu'on laisse appror.her a une tres-faible distance, est re~IJ par la mitraille
et des feux d'ínfanterie bien nourris. Au bout de trois
heures, pendant lesquelles il a combattu avec beaucoup
d'énergie, il est forcé de se retirer, laissant aux abords
du camp un grand nombre de morts. Le sultan El -Azereng-Bel-Hadj et son premier l&lt;alife a·vaient été mortellement frappés, et cet événement, rapidement connu de
tous, était pour nous un succes des plus signalés. L'insurrection, privée dt: chef, ne tardait ¡,as a se désunir;
les tribus compromises du cercle d'Ammi-Moussa accouraient faire leur soumissíon. Bien d'autres de la subdivision de Mascara, disposées A s'associer au mouvernent, étaient contenues. Les Flittas se trouvaient isolés,
réduits a leurs propres forces, et ils ne devaient pas se
momrer longtemps agressifs. Le combat du i t juin,
qu'ils•livrerent ª· la colonne du général Rose en ravitaillement a Zemmourah, fut le dernier de la campagne.
Apres ce combat, qui couta beaucoup de monde a l'en•
nemi, et a nous deux morts et dix-neuf blessés, on ne
rencontrc plus une résistance sérieuse. Les populations,
revenues an sentiment de notre force, alarmées en outre
par la marche des trois autres colonnes qui mena~aient
de les étreindre, se· pressaient autour des représentants
de l'autorité pour demander l'oubli du passé. Le 27 juin,,
la majeure partí e du pays était soum1se; il ne restait
plus que quatre tribus a réduire: c'étaient celles chez
lesquelles le marabout Ahd-el-Azis, qui s'était levé pour
succéder au sultan El-Azereng-Bel-Hadj, avait trouvé le
plus d'appui. Le 28, on marchait contre ces tribus, et
leurs représentants avaient ha.te de venir implorer leur
pardon. Trois d'entre elles, surprises par la colonne
du général Rose, ~e livraient a notre merci avec leurs
remmes, leurs enfants et leurs biens.
Des le 29 juin, l'action militaire étaít terminée chez
les Flittas. L'action administrative allait commencer,.
ioaugurée par une allocution tenue le 2 juillet, au camp
c\P l'Oued-el-Anzar, par le général de division Deligny,
commandant la division d'Oran, au.x Djemmaa des
Flittas.
Cet Abd-el-Azis, dont l'arrestation a été en quelque
sorte imposé,: aux Flittas, ne fut tout d'ahord qu'un
liandit. Poursuhi pour de nombreux méfaits, il se réfugia daos les groltes difficiles des Ouled-Sidi-Yahia, sa
tribu natale. Dan~ cette retraite, il sut attirer a lui uo
crrtain nombre d'individus dont il exalta )'esprit par le
l'PCit de visions gro~sieres; bienlot méme il insinua qu'il
avait re~u la mission divine de défendre l'islam, et ses
lmpm;teurs ne tarderent pas a lui' gagner des adhérents
dans presque toutes les tribus environnantes.
A l'abri du r,restige religieux qu'il exerce, il parcourt
,ouveot le pays et y jctte des éléments d'intrigues et de
désordres, saos q•úl ait été possible jusqu'ici de le saisir. Abd-el-Aziz, agé de quarante ans environ, marche
mystérieu&lt;ement; sa figure est presque constamm€Dt
voilée, el il ne ia découvre qu'en pr¿sence de quelques
111arabo11ts initiés a ses projets.
P. P.

lUT0BIOGRAPHIE D'UN POETE.
(Suilt.)

Nous étions partís pour le bois quelques camarades et
moi, et tout le loug du chemin nos jeunes imaginatíons
s'étaient montées par le récit d'aventures attribuées a la
folle, aventures ou le merveilleux et le terrible jouaient
le principal role. Chacun cependañt af6cbait uu air de
bravoure, et ce ful a qui déclarerait, du ton le pi us vaillant, qu'il ne lacherait point pie&lt;l devant la folle. Nous
arrivames en face de sa cabane, et nous aper~ümes sa
tele a travers la lucarne de la guérite. Elle ne tarda pas
a sortir, armée d'une beche, ce qui nous lit bien un peu
hattre le creur; mais elle ne fit pas attenlíon a nou~, et
alla retourn"r la terre daos son jarrlin. L'un de nous
lan~a un caillou contre sa porte, qui résonua fortement.
La folle se retourna soudain el JIOUS apostropha comme
nous le méritions. Nos réponses ne furent pas de nature
a l'apaiser, et, frémissante de colere, les cheverrx épars,
la beche levée, elle accourut vers nous. C'était le moment de montrer notre héroisme. J'éprouvai une violente envíe de fuir, et mes camarades firent plus que
d'en éprouver l'envie : ils prirent leurs jambes a leur
cou. D'oú vint qne je ne les imitai pas? Je n'ose vrai-

ment pas rattribuer amon courage : la terreur m'avait
peut-étre changé en statue. La folle arriv'a sur moj
comme une furie. - &lt;&lt; Incorrigibles polissons ! cria-t-elle
en me saisissant au collet, il est temps que je fasse un
exemple '. « J'avaís pris d'une main le manche de la
beche, dont je redoutais les coups, et de l'a11tre, f étreignais convulsivement le haut de la robe et les cheveux
flottants de mon adversaire. Ce que je redoutais le plus
en ce moment critique, c'était que mon visage, daos la
lutte, ne touchat le sien. Nous semblions ainsi rivés l'un
al'autre. Un brusque mouvement que je fis pour me
dégager délogea son pied de son sabot; elle perdit l'équilibre et nous roulames sur le cbemin, mais saos
lacher prise. A ce moment mes camarades arriverent;
chacun d'eux tui saisit 'ln bras et une jambe, et je parvins ainsi a recouvrcr ma liberté. Nous étions déja loio,
,¡ue la pauvre folle n'avait pas encore pu se remettre
rl'aplomb sur ses pieds. A partil" de ce jour je passai
presque pour un héros; mais, daos mon for intérieur,
je n'ai jamais cru l'avoir été.
Trente ans plus tard, j'ai voulu revoir ce village, oú
.it· n'étais plus revenu depuis ma sortie du collége. Une
~orle de nostalgie s'était emparée de moi. Une voi1
~rerete me disait qu'il fallait me hater. Je partís. Par une
f'antaisie du souvenir, je résolus d'arriver par Menin, et
, de ne p;is entrer dans Halluin par la grande route, mais
par un sentier qui longe le village et vient aboutir au1
I prairies pres de la porte de l'ancien jardín de mon pere.
A Menin, ríen n'était changé, excepté l'enceinte de la
vi lle, dont on abat~it de nouveau les fortificat10ns,
comme je l'avais vu faire apres la révolution beige de
H!3 l. Toutes les maisons de la grande place avaient
conservé leur physionomie et leur couleur : la jauoe
rtait encore jaune, la rouge encore rouge, la violette
toujours violette. Au coude de la longue rue que nous
avions si souvent descendue en courant au retour de
l'école, je reconnus la petite boutique oü nous acbetions
pour deux cen.~ (menue monnaie hollandaíse), ces délicieuses agglutinatioos de sirop et de farine_désignées
daos le pays sous le nom de babélars. En francbissant
le seuil, je retrouvai spontanément daos roa mémoire les
traits et le costume de la bonne vieille femme qui nous
les vendait alors. La femme plu, jeune qui la rempla~ait, avait exactement les memes traits et le meme accoutrement. C'était la filie de la vieille Lisbeth. Nous
rausames longuement de Lisheth avec la nouvelle marchande, qui s'était assise en meme temps que moi sur
les bancs de l'école de Menin. Quelle évocation de souvenirs; Tous ces noms, que je croyais avoir oubliés pour
toujours, me revenaient en ce moment avec une l:lcidité merveilleuse. Je voulus m'assurer si les babé/11n
avaient encore le méme goüt exquis. Mon palais n'éprouva plus lajouissance d'autrefois; ma,sc'était la faute,
de mon palais et non des babélars. Je devais rencontrer
des déceptions plus cruelles. Je me dirigeai vers la maison ou se tenait jad1s notre école. Son aspect intérieur
était resté intact. On entraítencore par les trois marches
de pierre que j'avais franchies si souvent. La maison
d'en face était toujours le magasín de ferraille, d·outils,
et de plomb de cbasse, ou nous allions nous procurer
nos hame~ons de peche et notre poudre a tirer. Je pénélrai jusqu'au fond dú corridor. Un menuisier éta1t
établi dans la cour el rabotait ses planches. Afaís la
cour n'avait plus son grand p•Jits ni son grand noyer.
Le noyer surtout me tenait au creur, etje crus que j'allaís pleurer. Je m'informai d'une jeune filie qu'avait
beaucoup aiméll un de nos plus chers camarades, et •~ui
avaiL été fort belle. Elle étaít de-venue presque vieille et
laide. Je n'eus pas le courage de lui parler du passé. Je
traversai le pont sur la Lys : l'eau était trouble, cette
eau si transparente, autrefois, qu'on apercevait a travers
le~ poissons endormis sur le sable : les décombres des
rempart.5 s·y écroulaiPnt maintenant de tous cótés. Je
pas~ai. J'étais parvenu a la cbaussée qui domine les
prairíes, et qui est bordée de fortes murailles et de
sapins entrelacés, bariolés jadis des couleurs néerlandaises. Je me rappelai qn'un jour, un ami de ma famille
m'avait surpris courant 1mprudemment sur ce dange•
reux garde-fou, et fait punir en allant le raconter amon
pere. J'arrivai a la borne séparatrice des deux territoires, théatre de nos combats enfantins. Je tournai les
yeux du coté oü devait se voir le clocher de l'église. Je
chercbai en vain le clocber. J'appris bientot que depuis
deux ans la vieille église était démolie et qu'on en construisait une autre. J'étais a l'entrée du village, et mes
regards po11vaient plonger au loin daos la longue rue

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
qui 11' traverse. Cette rue me sembla complétement mé- que son lit eüt toute la netteté désirable. Mon attente y resta buit jours, pendant lesquel~ le général ~tPjia ~e
tamorphosée. Je pris le sen\ier qui longe les jardíns de ne fut d'ailleurs pa~ longue, et la jeune filie vint me portait a il!atehuala, observant les mouvements contioroite. Les jardíns existaient presque tous encore; mais cherchn avec un sourire affable.
nuels et incertains des généraux Doblado et Nerc11u,jadis si claire, du ruisseau qui les borde, exbalait
J'essayerais en vain d'exprimer les sentimeqts qui grete, qui tantot se rapprochaient des aYant-postes de
une affreuse odeur chimique , témoignant de l'usage in- m'assaillirent a la vue de cette sereine et vénéff.ble fi- l'armée alliée, tantót s'en éloignaient, puis re'ven.-it sur
dustrie! auquel on l'avait réduite : mon vieux ruisseau gure. - « Entrez, monsieur, me dit-elle d'une voix an- leurs pas, mena~aient la vil le de Catorce, célebre par ses
]impide n'était plus qu'un ruisseau d'eau rle Javel !
gélique, et pardonnez moi de vous recevoir ~si; par- mines d'argent. Par suite de ces mouvements de l'enJe vis enfin luire les tui les du toit qui uous avait si donnez-moi aussi de vous demander qui me fa~ l'honneur nemi, le colonel Aymard se décíde a quitter Venado et a
longtemps abrités. La maison avait fait le contraire de de me visiter? 11
•
J
marcber en avant, afirÍ d'étre plus a portée de seconrir,
rooi : elle était sensiblement rajeunie, embellie; mais
Je luí dis mon nom, '\pres quelques préliminaires s'il en élait besoin, le général Thoma~ Méjia.
Je mur du jardín était resté le meme; seulement, il n'é- destinés a lui éviter toute brusque secousse. -Comment !
Le {3 mai, la colonne fran~aise campe a )'hacienda
tait plus surmonté du cerisier qui s'y dressait daos notre vous etes monsieur Nicolas, s'écria-t-elle en me tendant de Charcos, et le i4, a celle de la Laguna secca, oü 61.le se
temps, et dans les branches duque! je grimpais d'un uile mam qui tenait une rustique sculpture de Jésus sur trouve a cheval sur deu.x routes, prete a tout événepied si leste. La porte du voisin, le charron, était ou- la croix! Ah! que je vous remercie, mon Oieu, de me ment.
verte. J'entrai, la poitrine palpitante. Des rouesoa moi- donner cette joie avant d~ mourir ! Mais cette joie ne
De Venado a Charcos, il y a cinq lieues, a travers u:ne
tié ébauchées, des planches et des madriers de toutc sera pas enliere, ajouta+elle en soupirant, car mes plaine ou l'on aper~oit, de loin en loin, quelques rangrandeur, placés ~a et la daos la cour, annon~aient que yeux sont éteints, et je ne vous verrai poinf.
chos dont les misérables habitan~ cultivent a peine
Je voisin était encore un cbarron ; mais était-ce bien
J'appuyai pieusement mes levres sur sa main que je quelques portions de ce vaste terrain rnns eau. L'hatoujours le meme, celui qui me prétait avec tant de retins pressée daos les miennes.
cienda de Charcos est peu importante et tombP. en ruine~.
complai~ance rles scíes et des rabots? Un homme d'une
- Oui, c'est l'espiegle d'il y a trente ans, qui a voulu Six lieues a travers un pays en tout s~mblable an préquarantaine d'années se tenait au milieu de tout ce vous remercier une fois encore des honnes instruct1ons cédent, séparent Charcos de la Laguna seccn : cette derbois. C'était le fils de l'ancien charron, un autre compa- que vous luí a vez faites; il épronvait depuis longtemps niere hacienda, qui n'a pas moins dP. quarante lieues de
gnon de mes jeux. Son pere était mort, sa mere était le vif désir de vous revoir et de vous demander votre terrains, offre quelques ressour,:es en grams et en besruorte. 11 voulait me retenir. J'avais une idée fixe, et je bénédiction, car il sait que vous etes aimée de Dieu.
tiaux dont les nombreux troupeaux parcourent en liberté
lui demandai une échelle.J'allai l'appuyer contre le mur
- Ah ! je ne vous ai jamais oublié daos mes• prieres, ces solitudes.
du jardín paternel, et je montai d'un pas que l'émotion depuis ce jour de votre punition daos l'église par notre
Le i5 mai au soir, une dépecbe pressante du généfaisait chanceler. Mes yeux avaient ha.te de plonger vieux curé a qui, je !'espere, vous a vez pardonné depuís ral Méjia, dépécbe annon~ant que Doblado conéentre
daos ce jardin plein des scenes du passé. Hélas ! je ne longtemps. C'était no saint homme; et on en a eu la 7,000 hommes au Cédral, il. cinq lieues de Matehuala,
reconnus plus ríen : ji avait été bouleversé de fond en preuve lors de la t"ranslation 4es tombes daos le nou- force le colonel Aymard a se mettre subitement en
comble. Deax chaudes 1armes glisserent le long de mes veau cimetiere: savez-vous que son corps a été retrouvé route.
joues. - « O maison paternelle ! maison qui me fus intact, tel qu'il avait été mis daos la biere ! Oui, j'ai
La colonne quitte la Laguna secca a huit beures du
longtemps si accueilla'nte et si douce , maison pour qui prié tous les jours pour vous et pour votre bonne fa- soir, et arrive a onze heures et demie a rbacienda de
je ne sois plus qu'un étranger, un étranger qui n'ose mille. Parlez-moi de votre excellente mere, je vous Sob's, d'oü. elle repart, a quatre heures du matin, pour
plus franchir ton seuil et qui te regarde furtivement du pr¡e; j'espere qu'elle est encore de ce monde pour le venir a la Preza, a éinq lienes de Matehuala : elle a fait
haut de tes murs comme un voleur . Sois bénie, ó cbere bonhenr de ses enrants. J'ai toujours, voyez vous, la ainsi, d'une seule traite, une vingtaine de lieuPs a tramaison! Sois ajamais bénie, toi et tous ceux qui t'habi- robe de soie noire dont elle me fit cadeau ~pres votre vers des plaines et des montagues incultes, ne rencontent ou qui leur succéderont ! 11
premiere c0mmunion. Je l'ai conservée mieux q1ie la trant qu'un assez grand village appelé Villa de GuaJe m'avan~ai vers les prairies. Ce n'étaient plus des prun.elle de mes yeux, et je me la fais quelquefois ap- dalupe.
prairies : des ma1sons, d'affreuses maisons de tisserands porter sur mon lit pour la touc~er avec mes doi¡,rts;
Le 17, jour anniversaire de la reddition de Puebla, au
avaient pris la place de l'herbe. Je suffoquais. Je m'in- il me semble alors que je toucbe la main de votre digne moment ou la colonne frangaise arrivait devant Matefurmai de mon vieil ami, le patre idiot. JI était mort de- mere.
huala, l'armée ennemie descendait des montagnes qui
puis bien des année~, mort sans avoir vu se réaliser ses
J'abrége cette scene dont les détails intimes veulent couvrent la ville a une lieue et demie, a l'est, prenait
deux revcs, sans avoir fait sa premiere communion, ni etre conservés dans le sancluaire du creur. Je partis position au Cei'1'1:to blanco, oü Doblado établissait son
possédé, enfin, cette montre d'argent si ardemment dé- l'ame en quelque sorte embaumée par le parfom d"es- quartier général, et déployait bientót, dans la plaine,
sirée ! Je continuai courageusement ma route. Chaque pérance et de vertus qui s'exbalait de cette longue exis- sa nombreuse artillerie, ses 8/10 cavaliers commandés
pas que je faisais complétait la destruction de la fralche tence, dont la pu reté, la suave blancheur, me rappelaient par le général Carvajal, et ses 5,000 fantassins.
idylle, si longtemps, si doucement caressée dans mon le lis des champs. J'avais eu raison de ne plus vouloir
Le général Méjia avait, depuis quelques jours, sa divisouvenir.
différer ce voyage, car quelques jours plus tard la sion forte de 3,000 hommes, campée aux portes de la
Je revenais par le haut du Tillage, descendant cette bonne demoiselle de Lannoy allait rejoindre dans le ville; il n'avait done plus qu'a la porter en :ivant de
fois le long de la grande rue. Je m'arrétai devaut une nouveau cimetiere son guide spirituel et son ami, le l'ennemi, qui marchait a grands pas, protégé par son
modeste maison que le temps avait respectée. C'était la vieux curé.
artillerie. Pendantce temps-la, la petite colonne fran~aise,
maison de la bonne demoiselle de Lannoy. Vivait-elle
J'arrivai done a onze ans au collége, vierge de toute forte de ! ,200 hommes, prenait quelques instants d'.un
encore? Je n'osais interroger les pa~sants, et je restai notion de latin, mais plus ferré a glace ~ur mon fran~ais repos dont elle avait grand besoin ; mais impatiente,
longtemps plongé dans maréverie. Enfin,je fis un grand que beaucoup de bacheliers es lettres &lt;l'alors, et l'ima- comme toujours, lorsqu'il s'agit de combattre, on la vit
etfort sur moi-meme, etje questionnai une vieille femmP. gination déja ébranlée par certaines lectures qui lui bientot s'élancer d:ms la plaine, a la vorx du colon!'I
doot l'air sympathique m'avait atti1é. - &lt;&lt; C'est ici, ma avaient ouvert une portevers les merveilleuses perspec- Aymard.
bonne mere, que demeurait autrefois M11 • de Lannoy ? &gt;i tives de l'inconnu. Les contes allemands que ma mere
Doblado avait mis en ligne sept batteries de grosse
- « Elle y deme1Jre encore, monsieur; mais elle est nous avait si souvent repétés, et que je devais retrouver artillerie servie, dit-on, par quelques aventuriers amébien vieille, plus vieille encore que moi, et ses infirrnités plus tard avec bonheur en traduisant le recueil des ricains; le feu était bien nourri, et, sous cette protecne lui per111Lltent point de quitter son lit. »
frercs Grimm, avaient surtout laissé en moi comme de tion, les nombreux tirailleurs d'une partie de son infanJe frappai douceme,nt a la porte. - Ah ! mon creur vagues écbos de cor enchanté. La compression de ces terie s'avant:aient a grands pas, ayanl sur leurs flanes
frappait plus fortement au fond de moi ! Une jeune filie, jeunes élar.s, de ces jeunes bourgeons de )'esprit, par toute la cavalerie1 Le colonel Aymard, d'accord avec
vetue avec un·e propreté presque coquette, vinl m'ou- l'apprentissagfl du rudiment latín, me fut d'abord une le général Méjia, avait fait déployer sur la droite, qui
vrir. - « Comment se porte M11• de Lannoy?ii - &lt;(Ah! amere souffrance. 11 me fallut a~i rnrmonter la nostal- était l'aile gauche de l'ennemi, d'abord la compagnie
monsieur, elle est bien faible ! Elle s'affaiblit d'une ma- gie de mes prairíes et de mon village. Mais ces douleurs franche {officiers : Prax, Moulis), puis les TOltig~urs
niere visible de jour en jour. Mais le creur, chez elle, sont communes a tous les enfants, et, corome tous les (ofñciers : Bellefroid, Pampéani, Turlin), puis enfin, les
est de plus en plusgai, de plus en plus ferme. Elle a une cnfants, je réussis par degrés a m'y habituer et a m'en- grenadiers (officiers: de Bailloux, Crist), pour teuir tete
si gr-ande religion! Elle a une si grande &lt;iOnfiance dans durcir. Ma robuste santé el l'amour-propre aidant, je re- a cette atta.que, tandis que sur la gauche l'artillerie de
la bonne Vierge ~tarie! Et la bonne Vierge menera tout gagnai bientot le temps perdu,et a dix-sept ans, je reve- Méjia 1Jtait fortement engagée depuis pres d'une heure.
droit cetle sainte a.me au paradis ! ii - • Je le pense nais, avec un diplome universitaire en regle, dans ma Mais l'ennemi, se senta.nt en force et croyant sane
comme vous, mademoiselle. Mais croyez-vous qu'un ami, famille qui habitaít alors Dunkerque.
doute n'avoir affaire qu'a l'armée de Méjia, avan~ait raqu'elle n'a pas vu depuis bien des années, puisse lui
pidement.
N. MARTIN.
fa1re visite, sans craiute de lui occasionner une émotion
(La suite prochainement.)
C'est alors que le colonel Aymard donna l'ordre a
dangereuse dans l'etat oü elle se trouve? » - &lt;(Oh!
l'escadron de chasseurs d'Afrique de déblayer le terrain
non, monsieur; elle vit trop daos la pensée de Dieu,
(textuel) et d'arréter non-seulement la cavalerie, mais
pour que vous deviez craindre cela. Elle vous recevra
l'infanterie. Les braves cavaliers qui n'attendaient
avec joie. Je vous prie seulement de me laisser le teqips
EXPÉDlTI0N DANS L~: N0RD DU M.EXIQUE.
que. ce moment, pousserent un cri de joie, auquel réde la prévenir. 11
pondit le 62• de ligne en entier, et l'on vit bondir dans
(mu.)
1111trai dans la petite chambre sur laquelle s'ouvrait
la plaine, sur l-'extréíne droite,. les deu.x premiers pelola porte de la rue. J'en connaissais tous les coins, et les
tons (officiers :Rapp, Faivre), qui bousculerent, en un clin
Comba\ de 1111&amp;\ebula (17 - • 1116).
'lieux meubles ne m'étaient pas non plus étrangers.
d'reil, les 800 cavaliers de Can;ajal. En méme temps,
C'était dans cette chambre que je venais prendre mes
les deux autres pelotons de l'escadron (officiers : LaiAU DIRECTEUk.
l~ns de catéchisme. J'entendis et reconnus la voix de
Malehuala, 19 mai 1864.
gneau,
Cibot), prompts comme l'éclair, fon~aient sur
1111• de Lannoy. Elle recommandait a la jeune tille de
l'infanterie, laquelle, cachée derriere un ruur en pier-res
tout disposer dans la chambre ou elle était pour me reLe colonel Aymatd, arrivé le 4 mai Venado, ainsi · et de hautes broussailles; faisait déja beaucoup de mal a
t!evoir convenablement. Elle insistait 'surtout pour que je vous le disais dans roa derniere correspondance, la compagníe franche et aux voltigeurs. En quelques

a

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
minutes, cette infanterie, bousculée, surprise, ques pertes a regretter: dans l'armée de Méjia, iO blessés, un commandant, un capitaine
taillée en pieccs, mettait bas les armes.
Pendant que les chasseurs d'Afrique . déga- tués; dans l'armée fran~aise, 8 morts et 43
geaieot l'aile droite, l'infanterie de Méjia et les blcssés.
De toute cetle- armée de 7:000 hommes de
300 ,cav¡liers s'avan~aient agauche; l'eoncmi,
se croyant envcloppé, lachait pied de toutes Doblado, il ne reste plus, dit-on, que les cavaparts, abondonnant son artilleric, ses muoi- liers de Carvajal, l'infaoterie ayant fui de
toutes parts ou
tions eL ses armes.
ayant été prise,
Pendant ·-quatre
ainsi que l'artilgrandes lieues, les
lerie. Le .role du
chasseurs d'Afrigénéral Méjia qui,
que poursuivirent,
dureste, s'estmonpar une chaleur
tré
digne de sa réaccablante, cette
putation
de vaarmée débandée,
leur
et
de
capa•
espérant s'empacité,
est
done
facirer de Doblado et
le
:
a
l'heure
qu'il
de Negrete. Mais
est, il tient dans
ces deux chef, ont
ses
mains la clef
pu
s'échapper. '
de
Monterey,
derQuant a Carvajal,
nicr
refuge
de
J
uale soir meme, il
rcs.
élait a Tula, ayant
Le coloncl Ayabandonné sur 1e
mard rentre aSanchamp de balaille,
Luis Potosi, laisafin de n'etre pas
sant
sur sa route
réconnu, sa 1este
une
.
force sufüdans laq uelle on a
LE COLO~EL DAII0:'1' AYAIAI\U.
santc
pour maintrouYé des papiers
tenir
ses
cou¡mumportants.
nications
avec
l'arméc
alliée.
Quelques
mots
Ainsi finit, en peu de temps, cclte aclion qui
adressés
a
la
colonne
expéclitionnaire
résument
,
avait pris, des le principe, les proportrcJns ct'unc
!'affaire
de
Matehuala:
hataille rangée. Les résultats sont: 1.200 pri- :
sonnicrs, i 9 pieces d'artillerie ainlii qu'une grande quantité d'armes et 190,000 ear'lollChes.
« Soldats,
Malheureusement, malgré la promptitude et'
« Vous venez de remportcr un succes éclale peu de durée de l'action, nous avons quel-

'. ,.

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-~~/~r
/'. -::.. .
.o,( I V ~ l.

t::7 ·--:

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

57

tant sur les troupes de Doblado, comman- Sortons... en prenant cette porte, nous
dées par ce général en personne. Voui, avez trouverons une rue ou nous pourrons causer
été d'un élan remarquable dans le combat, plus convenablément qu'ici.
tout le monde a fait dignement son devoir.
Puis elle se signa dévotement, apres a voir
Je suis heureux de vous adresser ici mes félici- indiqué a Louis fa porte, par ou celui-ci sorLit
tations et d'avoir eu l'honneur facile de diriger le premier. Elle le suivit aussitot.
des troupes comme vous,»
B:i.ron AYM~RD.
- Aviez-vous pensé, dit Louis, dont les levres tremblaient,
Je vous envoie
que ce j our était
une vue de Maune date importehuala, petite vi lle
tante daos ma vie,
assez intéressante,
qu'il m'offrit , le
située au milieu
plus beau spectad'une {plaine ¡fercle qu'aient admitile, aux pieds
ré mes yeux, qu'il
d'une séric de
fit de moi un autre
montagnes richcs
homme?
en minerai de
- Vous parlez
cuivre et d'or, dont
bcaucoup trop vite
les plus remarpour moi, qui ne
quables sont nomcomprends qu'immées los Fra'iles
parfaitement votre
(les moines), plus
langue, dit (,iulia
un dessin clu comavec une politesse
bat dont je viens
de reine. On a
de vous faire le
remarqué ancienrécit.
nement déja que
c'est un privilége
Acn. Crnor,
LE GE~ÉIIAL 1tlli.JIA.
spécial auí tilles
LielitenaDt aux cbasseurs d'Aírique
d'Italie, de ne point
ttrer lcur air de grandcur d'une naissance illustre ni d'un rang élevé, mais simplement de
la nature, qi1i leur a dcnné a toutes cette maGIULIA,
jesté inconsciente, et de la passion, e'est•a~
NOUVELLK. (PIN,)
dire de la puissancc de soulfrir, cette pre•
L'Italiennc cut un charmant sourire, se leva micre des grandeur, morales.
et dit:

- Je vais répéter, dit Louis.

�· L'JLLOSTR/1T !ON, .JO UR1'AL Ul'llVERSEL.•

58

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- Non pas, fit vivement l'Italienne, dont le pale visage se colora soudain.
- 11 serait fou d'espérer que vous ayez jamais pensé a
mói, si~nora. Vous m·aveza peine vu durant cette courte
visite chez votre pere, et il y ~ cinq ans de cela. A nos
ages, Giulia, cinq ans, c'est comme un abime jeté
entre dlíux espaces tout différents de la meme vie. Chez
moi, cet abime fut jour par jour comblé. D'enfant, je
suis devenu un homme.
- Brave et bon, je le sais.
- Et de petite filie, vous etes devenue une dame, et
la plus belle quej'aie vue.
Giulia abaissa aussitót sur sa figure un voile épais.
Louis, intimidé, consterné, ne sut ríen dire pour l'empecher de lui soustraire sitót le bienfait d'une vue si ar·demment souhaitée. Heureusement cette action ne montrait pas, chez Giulia, le désir de metlre un terme aleur
entretien, car elle reprit la premiere :
- Je mentirais si je disais que je vous ai a peine vu
chez mon pere. Un peu de curiosité est naturel cbez une
petite filie, et j'étais d'ailleurs bien excusable en vous
regardant, vous, le premier étranger que j'eusse vu a la
maison, ou il venait cependant beaucoup de visiteurs,
mais non a titre d'amis, comme vo•1s, ce jour-la. Cette
exception 'Occupa mon esprit d'enfant, et apres cinq aus,
en croyant vous reconnaltre, il m'a été doux de compter,
dans ma douleur, sur votre sympathie.
- Elle est toute a vous, Giulia; mon ame vous comprend et vous appartient, depuis ce beau jour dont le
souvenir est melé de si amers regrets. S'il ne vous plait
pas de me laisser admirer, dans un respect religieux, la
pure splendeur de votre visage, du moins, ne me refusez pas votre oreille.
Ecoutez-moi, Giulia. Je crois fermement (et si j'étais poete, ce serait le constant sujet de mon unique poeme), je crois fermement que nous ne naissons
pas pour la premiere fois, le jour ou notre mere nous
met au monde : je crois que la meilleure part de nous
e~t éternelle, celle avec laquelle il me semble. queje vous
ai toujours aimée. J"ai vu, specta.teur froid, les richesses
·et le génie de la plG.s belle des trois grandes villes du
monde. J'ai été melé, acteur docile, a des événements
que l'histoire conserve. J'ai fait mon devoir, non sans
tristesse, et non sans honte parfois. La grande fievre de
la guerre, uúe fois calmée, me laissait en proie a un
noir accablement, et je me disais : ce n·est que cela!
Mais lorsqu'on m'eut d[t que vous étiez 1ci, j'ai sentí
mon creur bondir, d'un vol impétueux, des profondeurs
de votre souvenir, jusqu'aux hauteurs qt.'habite votre
grace. Qu'importe la fa~on dontje vous le uirai, puisque
je vous aime. Je n'aurai jama is le nom des grands poetes
de votre patrie, mais que ce qu'ils ont écrit de meilleur
sur l'amour me semble incomplet, inlltile, indigne de
1eur gloire, aupres du sentimeut qui m'anime polli' vous
et devant vous, Giulia... et cependant, je rcnoncerais
plutót a vous voir encore qu'a abréger d'une ligne !'es-pace qui nous sépare, si vous ne l'ordonniez vous-meme,
qu'a toucher votre maiu, si elle ne se tendait la premiere vers la mienne.
Louis était assei grand, blond, hardi, frémissant, et
paraissait plus jeUlle encore que son age. Sa tenue de
eampagne lui seyait a merveille; sans parler des mérites
de sori creur, on pouvait l'aimer tout d'un coup, et l'on
a pu· voir, d'apres la chaleur de ses paroles, qu'il avait
le mérite de n'y pas trop compter.
- Oh! monsieur, dit Giulia, ce n'eet pas moi a qui
vous parlcz ainsi, ou tout au moins c'est une épreuve de
Totre part, et vous ne pouvez croire que je me sois rendllc vers vous avcc la pensée, meme la plus éloignée,
d'entendrt un tel langage.
- Giulia, bien loin que je puisse jamais séparer mon
respect de mon amour, apprenez que l'un est nécessaire
a l'autre,. que celui-ci ne serait pas sans celui-la. Si toutefois il vous est plus agréable que je me taise tout a
fait, ordonnez.
- 1e n'ai a relever ríen d'inconvenant dans vos paroles; je leur reproché seulement de nous avoir fait perdre de vue l'objet princiral de notre réunion, qui était
de nous eniretcnir ~e Thomaseo, mon pere, et de ses
derniers jours:·Que de fois il m'a dit: Ah! du moins, si je
connaissais J'ádresse de M. Louis, je lui écrirais tout de
suite pour lui apprendre, !ID peu tard, il est vrai, que
~ n'a pas été du tout ma faute si je me suis abstenu
d'aller lui dire adieu a son collége. Le prochain départ
du bateau me laissait a peine le temps d"achever des
préparatifs indispensables, et, d'ailleurs, ma démarche

eut pu etre mal interprétée; cela) aussi m'aurait, retenu. ,
Un regret, une !arme, ríen qu'un soupir, s'il est sin cere, de l'amitié absente ou morte, a sur !'ame la plus
pa~sionnée, la plus 'orageuse, des droits vainqueurs.
Louis sentit des pleurs monter a ses yeux.
- J'ai éprouvé aussi vivement que Thomaseo, chere
Giulia, la douleur de cette brusque séparation. Pardon,
si je vous interromps, je !Jl'Y vois forcé par mon dévouernent meme a la mémoire de celui que nous pleurons.
Quellc a été votre vie depuis qu'il n'est plus? Je crains
que sa mort ne vous ait laissée seule dans le monde.
- Daos ,a jeunesse, mon pere, qui est natif des environs de cette ville, était, sinon tres-riche, du moins maltre d'une fortune suffisante pour vivre. 11 épousa m4
mere, qui était un peu plus agée que lui, malgré l'opposition ardente de deux familles ... et c'est trois ans
apres ce mariage qu'a la suite d'indignes persécution~,
de dénonciations, il ~e vit d'abord dépossédé, puis, dans
l'intéret de sa liberté et de ses jours peut-etre, forcé de
s'expatrier. Permette1.-moi de passer rapidement sur
cette phase de notre histoire. Vous savez déja que dix
années de notre exil s'écoulercnt a Londre-s; mon pere
s· en est amérement repenti depuis, a cause du sóup~on
,¡ui lui est venu, que le climat d'Angleterre avait du
abréger la vie de sa femme. Pour ce qui est de luimeme, il était tellement insouciant des choses matériel1es, tellement heureux de ses re ves, qu'il ne chercha pas
it triompher de ses épreuves autrement que par l'indifférence. Sur la nouvelle, un peu prématurée, que son
ancienne aisance allait lui étre rendue au sein de son
pays natal, il se ha.ta de m'emmener ici; vous savez
quand et comment. Notre bonheur promis dépendait de
la décision des tribunaux ; il en dépend encore.
- Mais vous, Giulia?
- Je n'ai plus ríen a vous dire sur ce qui nous concerne, répondit la belle jeune filie, sur le front de la11uelle la fin de ce récit avait répandu une teime sombre.
J'avais a m'acquiler envers vous d'un message sacré ...
.1'ai rempli ce devoir. Vous recevrez bientót, par 'mes
~oins, le petit souvenir que l'intention de mon pere vous
destmait. Maintenant, je n'ai plus ríen a vous dire, quitlons-nous. Seulemeot, jurez-nioi de ne pasme suivre, de
ue plus vous occuper de moi.
·
- Giulia, songez done que ce que vous me demandez
la est impossible, répondit Louis hors de lui. Eh quoi !
je ne vivais que par l'espoir de cette heure ... et vous l'alirégez a de,sein ... et vous; qui _n'ignorez pas qu'un mot
peut me tuer, vous dites froidement ce mot : Adieu. 11
n'en peut etre ainsi ... vous-meme ne pouvez le vouloir...
et je ne saurais m'y résigner.
- Vous autre~, Fran~ais, dit Giulia, simulant avec
Leaucoup d'efforts un calme empire sur elle -méme...
vo,us vou~ croyez toujours a París, toujours vous croyez
avoir affaire a ce que vou~ nommz1. la coquette, c'est-aJire,· si je ne.me trompe, une femme qui joue avec le
creur d'un homme, se plalt a le voir s'élever tres..haut
dans l'air, puis retomber en mille morceaux sur le sol;
une femme qui transforme toute une conversation d'amour en une joule saos noblesse, d.ont la '&lt;ictoire revient, non pas au plus tendre, mais au plus habite. Nous
autres, lorsqu'apres avoir entendu nous feignons de
n'avoir pas écouté, c'est qu'une dure loi nous oppritne.
- Parlons franc; si vous refusez de me révéler le capricieux obstacle qui, apres nous avoir permis de nous
réunir une fois, nous séparerait maintenant pour toujours... je croirai que vous ne faites qu'obéir a votre antipathie, et que ma vue vous déplalt.
Giulia r.é¡Íondit avec la simplicité d'un enfant.
- Ne le cro_yez pas, votre vue ne saurait me déplaire.
- Alors, ce n'est pas sérieusement que vous m'avez
dit : Adieu, partez; car, ou bien vous n'etes pas votre
maltresse, mais je ne.veux pas m'arreter a cette épou-vantable idée... ou bien) vous n'etes pas libre de m'ai-·
mer si votre creur s'y tr,ouve un jour poussé, et le prix
me parait digne qu'on l'attende !
'
Giulia répondit seul~ment a cette exclamation par un
soupir qui donna une grace souveraine au rapide soulevement de ces formes suaves dont le modele, a la fois
humain et céleste, a immortalisé de si beaux peintres.
- Je ne vous comprends pas, Louis, lui dit-elle avec
une adorable naiveté, qui prouvait qu'elle était peu habiluée a de tels entretiens, et qu'ils lui inspiraient a la
fois du malaise et de la curiosité. Sans doute, mon
creur est libre, et j'espere qu'il le sera toujours. Caro,
pQurquoi me 'demandez-vous de vous aimer, puisque

vous avez vu que je vous· regarde comme mon ami, et
qu'il m'est presque }mpossible de jamais penser a mon
pere saos penser a vous en_meme temps?
'
- Alors, chere Giulia, si je vous ai bien comprise,
dit-il, vous n'étes pas la femme de ce ... vous etes lihre,
en un mot, et les seules entravc~ qui s'opposent a notre
réunion, viennent toutes du fait de votre creur, qni n·y
est pas encore préparé, mais don,t le temps peut vaincre
l'irrésolution?
- Je vous ai prié rle vous taire désormais et de me
laisser.
Louis obéit. .. mais ce n'était plus cette fois le timide
amoureux d'hier, content d'un souffle, c'était un homme
qui voulait savoir, un homme jaloux, et dont lepa~ avait
acquis cette certitudP. que donne la pleine connaissance
de la route ou il s'engage; et n'ayaut pu ríen aP.prendre
de la bouche de Giulia, il voulut s'instruire par luimeme, et alta reprendre son poste non loin de la maison
de l'ltalien. 11 y resta jusqu'a 1me heure tres-avancée de
la soirée, mais sans profit. JI vit s'anumer et s'éteindre
les lampes derriére toutes les jalousies, et, a bout de patience, il reprit la route de son logement, tellemrnt absorbé en de confuses pensées, qu'il resta ~ourd au hruit
d'un pas qui suivaitavec précision la trace du sien. Aussi,
quoique brave, ne put-il se défendre d'un geste de
frayenr, en sentant soudain une main se poser sur son
épaule. En wurnant la tete, il reconnut le petit ltalien,
dont les yeux moqueurs brillaiént dans cette ob~curité.
· - Monsieur, dit ce dernier, je ne viens pas a vous en
cnnemi; done, a bas la méfiance. Depuis trois heures,
vous vous tenez la, debout sur le pavé, nos soirées sont
fralches, et.vous avez bien gagné l'hospitalité d'un salou
chaudement éclairé, d'un verre de vin au coin du feu;
tout cela est a votre service.
- Une réponse que vous m'avez faite, monsieur, va
dicter la mienne, répondit Louis dont la surprisé grandissait. Je ne sais pas r,e que vous voulez de moi.
- Comment! vous avez tout {ait daos le but d'entrevoir seulement Giulia... Je vous ollre maintenant de la
venir voir honorablemeot, mais a votre aise, de lui causer un agréable étonnement, et vous reculez.
- Treve de fourberie. La premiere fois que je pro11on~ai ce nom devant vous,. vous n'avez pu cacher votre
colere; vous a vez juré que vous ne connaissiez pas Giulia, et vous voule1. que votre proposition de ce soir ne
me paraisse pas la derniere des moqueries?
· - C'est que l'aspect des choses a bien changé pour
moi depuis notre prem1ere· rencontre. J'ai questionné
Giulia, et ses réponses m'ont satisfait. Puisque vous savez qu'elle n'est pas libre...
- Elle est mariée?
- Pas enc?re, monsieur.
- Lache!
- Sachez, monsieur, que je ne relcverai aucune de
vos iujures. Vous ne pourriez done persister a m'en
poursuivre sans encourir votre propre riíésestime.
- Qu'est-elle done? Qu'etes-vous, enfin?
.
- Je ne suis pas, comme vous, un brillant officicr,
mais un simple adorateur de la musique, professcur,
pour mon plaisir bien entendu, de chant, de contrepoint, et compositeur moi-meme. D'honnetes revern:s
me permettent de consacrer mes soins et mon expérience
aux sujets qui m'en paraissent dignes. Je connaissais
Thomaseo avant que vous fussiez né, mais notre amitió
date seulement de son dernier retour en Italie. Je reconnus dans Giulia une voix si merveilleuse, el un si
rare instinct musical, que ne pas en favoriser la culture
m'eut paru une véritable ingratitude envers le ciet, auteur de si beaux dons, et une noire trahison envcrs celle
a qui de semblables dispositions promettaient la richesse
et la gloire. J'ai fait mes preuves, monsieur; c'est a moi
que le baryton Pasellini et la celebre Lé:nora, de votre
Théatre-Italien, doivent en partie leurs succes. Ils ne le
vient pas. J'ai de chacun d'eux vingt lettres qui en témoignent. Thomaseo, avant de mourir, me confia sa
filie, qui n'avait d'autre tolt que le míen ...
- Et !'infame a abusé de ce religieux dépót!
- Monsieur, l'on a bien. mauvaise gr.lee, je vous jure,
a répondre a de bonnes raisons par des grossieretés. 11
vou.~ eut paru plus noble de livrer Gmlia aux hasards de
la so!itude, aux gouffres de la pau vreté ! Heureust:ment,
sa tendre reconnaissance me dédommage de vos mauvaises paroles. Je n'ai point forcé son inclination. Elle
reste chez moi de son plein ¡;ré; et c'est d'un co_mrnun
accord qu'il a été d.écidé qu"elle deviendrait ma femme
aussitót que, son éducation musicale terminée, un bel

ogagement a Vi_enne, a Londres, ici meme, sera venu un haiser indéfinissable ... le seul baiser de cette sorte
qu'un poete donne dans toute sa vie.
·ironner mes soms.
Et Giulia lui répétant : « A vous, cbere ame!)) s'affai-Est-ce vous injurier, mohsieur, que de vous dire que
blit
et mourut, tandis que Louis la croyait seulement
toutes les spéculations ignobles dont j'ai oui parler,
recueillie.
e-ci me parait la plus vile?
Fou de terreur, en reconnaissant la vérité , il se
_ Monsieur! ... vous m'échaufl'ez bien malgré moi.
,urquoi done ne me seraít-il pa• per~i~, autant qu'a dressa ... il crut a un odieux caucl.lemar. La porte s'ou-us, d'etre sensible aux charmes de Gmlia, et, en ou- vrit, l'Italien parut suivi de la garde-malade.
- Comment, déja morte ! fit-il en s'adressant a Louis
1 de tenir a mon bien? Je suis trop bon, en somme,
. 'chercher a vous persuader. Depuis deux ans, Giulia d'un air d'intelligence, et.comme s'il venait seulement
ele le quitter. Je n'ai pas de chance; ne vous a-t-elle ríen
L moi ne nous sommtls pas quittés, et vous l'avez vue.
dit
pour moi?
ne fois. Elle m'aime beaucoup; elle me l'a dit cent fois,
La.
garde-malade dut trouver plus bizarre cet officier
nous vivions tres-heureux ensemble, lorsque votre
fran~ais,
qui ne répondait pas aux questions de son
ue, 'ayant réveillé en elle des souvenirs ancien~, il lui a
hóte
...
,et
s'enfuyait saos que ce dernier cherchat a le
aoqué de pouvoir causer avec vous de son p~rc Thoretenir.
aseo. •Ah! si ce dernier revenait au monde, je vous
Louis regagna machinalement son quartier ... U était
rie de croire que, malgré son estime pour vous, entre
foudroyé,
anéanti, muet. Un de ses amis lui dit :
ous et moi il n'hésiterait guere.
-·Ah ~a, tu reviens done de cbez les morts?
_ Assez; monsieur, reprit Lo11is, affectaot un graud
11 répondit simplement :
lme. Je vous dis adíen; ne craignez pas de me revoir
- C'est vrai.
amais.a cette place, et ne parlez jamais de moi avotre
A la meurtriere journée de Solferino, il re~ut au
iulia, que j'aurai oubliée daos cinq minutes.
La vanterie fran~aise cberchait en vain a traverser de c.reur une baile autrichienne, qui ~chancra en passant
tes piquantes le tremblement de ~a voix. Louis avait le ~rtráit en émail d'une petite filie de sept ans.
J'ai vu l'an dernier ce portrait daos la collection du
peine laissé l'Italien qu'il fondit en !armes, et que,
vénérable
M'. L. C., rue Notre-Dame-de-Grace.
otré cbez luí, il s'abandonna a la plus c111sante douur, celle de pleurer un vivant mort. Je ne sais quel
Loms füPRET.
pport l'ltalien fit a Giulia, mais en meme temps que
· · - - ~ !t tnis pleurait, la je une filie terrifiait, par la violence de
o désespoir, le maitre de chant, et son beau corps,
LA CLÉ DES CHAMPS.
ulevé par des sanglots, se tortlait sur un fauteuil dans
es angoisses d'un mal inconnu. Elle répétait : heureuseent, je vais mourir,· je ne cbanterai jamais dana . La grande préoccupation des agriculteurs aujourd'hui,
n théatre I Le lendemain, 1:ne fievre intense la ~ai- c'est la récolte. - Quand je di¡; les agriculteurs, je de-·
lit, et raccablement qui suivit la retint plusieurs vrais ajouter les marchands de grains, les meunier~ et
ours au lit. L'Italien n'osait plus luí adresser la pa- les boulaogers. - Mais cctle préoccupation est purement
ole. .. Mais rl ne croyait pas payer trop cher le bon- commerciale, et c'est pou.r cela qu'elle est l'apanage ex1eur de n'etre plus au cunement jaloux, d'autant plus clusif de ceux qui produisent le blé et de ceux qui le ven¡u'il venait d'apprendre te prochain départ du régiment den t. Depuis l'in.,.ention des cheminsde fer, des bateaux
a vapeur et des télégraphes électriques, et surtout dele Louis.
En effet, le jour du départ était fixé. La veille de ce puis l'abolition de L'échelle mobile, on n'en est plus,
!our historique, Louis,' quelque résolu qu'il fut aneja- Dieu merci, a considérer une mauvaise récolte comme
r¡ais revoir Giulia, a ne plus prononcer son nom, ne se une menace de disette.
Les disettes sont désormais impossibles.
1eotit point le courage de ne pas arpenter une derniere
Voi)a un souci dont est débarrassé l'oreiller sur le~is la rue droite, silencieuse et solitaire, mai~ peu¡Mt&gt;
jour pour lui des visions du plus bel amour. Ce pro- quel le citoyen fran9ais repese sa tete ohaque soir,
1 lui vint d'en haut sur les ailes d'une pitié altcndrie quand la fortune l'a condamoé a ce meuble aussi malsaín qu'in utile.
[ d'un pardon qui ne pouvait pas etre l'oubli. Un bon
Nous pouvdns parler li brement de la récolte proleil éclairait ce miséricordieux pelerinage.
chaine,
saos nous exposer a jeter la terreur parmi les
Ce matin-la, Giulia, se sentant moins faible, quitta
populations
paisibles, ou a les en dormir dans 110e per,on lit, approcba son fauleuil de la cro1sée ouverte... et
fide
sécurité.
Si la réco:te est mauvaise, on payera le
""~ardait
tour a tÓur .le ciel et le pavé, et asp1rait la
••o
pain
un
pet1
plus
cher, et les cultivateurs vendront un
+:Jialeur de ce généreux soleil.
peu
moins
bon
marché.
11 y aura Rn peu plus de gene
Sa blancbeur, encore accrue par de profondes so~fdan&amp;
le
pays,
mais,
grace
a Dieu, personne ne souffrira
lfrances, qui attiraient tout le sang au creur, ennobhsde
la
faiQ.1.
iait sa beauté de tout le prestige du paradis con¡:ruis par
Quand on porte ses regards en arriere, - et sans al-·
la mort.
Elle était toute seule dan~ la maison; l'Jtalien était ler bien .)oin, - on est frappé de l'importance de ce réalié daos un couvent des faubourgs lui cborc,b.er une sultat. Pendant des siecles &lt;l'ignoraoce et de misere la
famine a décimé la France. On pratiquait acette époque,
garde pour la nuit.
Son adorable figure, auréolée d'un doux rayon, fut la et sur une vaste échelle, la devise de M. le procureur
-emiere, la seule chose que vit Louis. Elle l'avait éga- général Dupin : « Chacun chez soi, chacun pour soi ! ,1
La circulation des grains était iuterdite de commune a
1 menl vu tout de suite. Elle se pencha pour le sa]uer...
commune, de province a province, de royaume a
1
1 pleura... en relevant la tete il ne vit plus ríen, et
royaume,
et on mourait de faim (&lt; chacun chez soi . 11
¡.ette crainte le saisit, qµe, vu son état de faiblesse, elle
C'était
bien
une consolatioo que de souffrir la faim a derenait sans doute de perdre connaissance.
micile;
cependant
j'ose préférer ce qui se passe aujourDivine clémencc ! ta porte, mal fermée, ne résista
d'hui.
Les
traités
de commerce, aidés des moyens de
a.~ au premier choc. Louis, poussé par d'instinctives
communication
rapide,
ont établi une complete solidarité
armes, gagna, en moins d'une seconde, un salon au
mier étage; il y trouva Giulia renversée sur son fau- entre ~a plupart des nations du continent européen.
nil, non évanouie, ·mais inexprimablement blan•• Quand le blé hausse de quelques francs a París, les
blés et Les farines d'Angleterre affluent dans nos entrehe.
póts, et réciproquement , quand les prix s'élevent a Lon11 s·agenouilla aupres d'elle.
dres,
nos produits encombrent ses marchés.
- Je vous attendais, tui dit-elle, soyez sur que je vous
En
cas
de mauvaise récolte, - comme nous l'avons vu
~ndais. Nous ne pouvions pas nous dire ad1eu pour
en
1861,
-l'Angleterre,
au moyen de ses innomurablP.s
~njours sans que je vous eusse remis moi-merne le movaisseaux,
de
ses
immens~s
relations commerciales, cone présent de mon pcre. ,Je vous ai dit que j'avais le
centre,
au
mei!leur
marché
possible, d'énorrnes quanoix. J'ai choisi ce petit portrait émaillé, fait d'aprcs
tités
de
céréales.
Or,
nous
profitons nalurellement,
i,quandj'avais sept ans. Et... et... moi aussi, je vous
· e, ajouta-elle plus bas, tandis que des !armes cou- grace au libre jeu de l'offre et de la demande, des ri. nt le long de ses joues. Louis n'appartenait plus a chesses de nos voisios, comme ils profitent eux-memes
des nótres a un moment donné.
terre.
C'est la liberté qui nous a assuré ces bienfaits.
- Avant de partir, ne me donnerez-vous pas un baiser
L'utopie du libre échange s'est róalisée. Les fous de la
le front et sur lesyeux?
veille
sont devenus les bienfaiteurs du lendemain. Ne
Le jeu11e homme, sans cesser d'etre a gen·oux, mit,
disons
plus : « A bas les fous! ,1
e on le tui demandait, sur ce front doUl'. et pale,
1

59

Le Jibre-échange, cette loi naturelle de solidarité
internatlOnale, devait aussi, on le sait, nous ruiner au profit de nos voisins. L'expérience de 1862 a
prouvé, au point de vue de l'alimentation, ce qu'il fallait
eu croire. Avec un déficit énorme de seize millions
d'hectolitres, grace a la liberté du commerce, le blé n'a
manqué nulle part, et il n'a jamaisatteint,- a beaucoup
pres, - les prix des manvaises années précédentes, ou
le déficit était moindre. JI manquait i 6 millions d'hectolitFes, ·et il est entré, en farines ou en blés, un peu plus
de i6 millions d'hectolitres de blé !
· Un documcnt officiet récent, le Résumé comparatif
des marchandises importées et expartées pendaut les cinq
premiers mois des années 1861, 1862. 1863, 1864, nous
montre que la liberté, si elle nous met a l'abri des effets
désastreux de la Camine, ne nous livre pas sans défense,
comme on le prétendait, a la concurrence de nos voisins. Au lien de ruiner notre industrie, le · libreéchange L'a vivifiée. En voulez-vous une preuve, et une
preuve irréfutable?
Prenons d'abord les tissus de lin et de chanvre; voici
quelle progression ont suivie nos exportations pendant le~
cinq premicrs mois des quatre dernieres années. 1861,
G,711,000 fr.; i862, 5,795,000 fr.; i863, 7,175,000 fr.;
1864, 8,457,000 fr.
Voici maintenant ponr les tissus de ~oie: 1861,
14t,877,000 fr.; 1862, l40,24=i,OOO fr.; l 863, 162,412,000 f.;
l 864, l!l0,680,000 fr. On dira peut-etre que cet accroissement de fabrication et d'exportation est' dti a la diminution de la maladie du ver a soie; malheureusP.ment,
l'intensité de la maladie s'est peu modifiée, et ce n'est
pasa la disparition de ce fléau qu'il faut attribuer cerapide accroissement de production et d'exportation. Le
meme phénomene ~·est présenté pour les lins et chanvres;
il se représente encore, bien plus accentué, pour les
tissus de laine; que mon lecteur daigne affro?ter eilcore
ces quatre chiffres, ils sont pleins •i'utiles enseignements.
D'ailleurs, c'est la réhal,ilitation d'uoe école honnie,
hafouée, pourchassée pendant de longues añnées, au nom
des intérets matériels. On va voir que ces intérets matériels n'ont pas été tout a fait sacrifiés par l'usage de la
liberté.
~
.
L'exportation des tissus de laine as · la progression
suivante, toujours daos les cinq premie mois des quatre dern ieres années : i861, 70,408,o-OO fr.; 1862,
i7,904,000 fr.; l863, i02,246,000 fr.; enfin 1864,
135,547,000 fr.
Voulez-vous que nous prenions les fils de !in ou de
cbanvre? lis vont de jlOO,OUO fr. a 1J millions; les peaux
préparées vont de t ... a23 millions; iesouvragesen peau
ou cuir de 24 a 35 millions; en fin la bimbelotterie, les
articles-Paris ont été de 35 a 61 millions ; les vins ont été
de 88 a H4 millions; les reufs, de 7 a !! millions; les
chevaux, de 2 a 8 millions.
U faudra bien que l'oo reconnaisse un jour unanimement que la hberté a du hon, a tous les points de vue.
Pour la liberté de conscience, c'est a peu pres démontré,
clu moins je !'espere. Pour la liberté économique, la
démonstration vient d'etre faite sans contestation possihle. 11 ne restf!ra hientót plus qile le courmmement de
l'édifice. Ce n'est qu'une question d'arcbitecte.
En atlendaut, les choses vont le11r train ; les· amis de. ,
h réglemMitatíon s'agitent et contrarientde toutes leurs
force~ le¡¡ tendaoces de l'administration des haras, qui
"eut aussi se montrer libérale. On cherche a supprimer
pcu a peu l'intervention de l'Etat dans la production de
J'cspece.chevaline; tout le ban et l'arr1ere-ban des protéaés
réclame l'intervention de l'Etat, de ses écus et de
o
ses chevaux. En vain, le directeur général des haras
chercbc-t-il, par de sages mesures de transition, a rassurer les esprits et a démontrer avec une sage abnégation que tout serait au mieux si le directeur général des
haras n'avait plus rien a désirer ¡ la peur ne raisonne
pas, surtout quand elle a un intéret a déraisonner. On
fait tout ce qu'on peut pour nous faire retourner au
comn,unisme de l'État, fournisseur d'étalons. On n'y
réussira pa.s, Dieu merci !
Mais comme nous sommes logiques en France ! La
meme administration qui veut laisser la producti:1n chevaline a l'initiative individuelle, au moyen des primes
accordées aux étalons, oublie ses príncipes aussitót qu'il
s·aait de notre race percheronne. Les meilleures lames
d'a~ier peuvent renfermer une paillc. C'est la paille qui
me console. Figurez -vous que l'administration des haras,
- quoiqu'il n'y ait plus de haras, - a pris en gri~pe _la
robe grise de nos percherons. Qu'est-ce que cela lm fa1t~

�60

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

si d'aílleurs !'animal est irréprochable ? C'est la paille. tent mutuellernenl. M. Barrault fait mouvoir son pétris- du combustible, afio de conserverla machihe en pression.
Or, comme il est encore nécessairc cl'encouragcr indi- seur avec le gaz qui éclaire sa boutique. La machine Quand il ne travaille pas, il ne consomme pas.
rectement la produétion chevalinc, on donne aux.étalons ne tient pas plus de place qu'un buffet, et ne produit ni
Voila pourtant ou nous conduit la liberté de la bou.
percherons une prime de 400 franca. 11 y avait i8 éta- bruit, ni odeur. Point de fourneau:r, point• de charbon, langerie. Est-ce que, avec la limitation, la réglementa.
lons de cette race daos le Cher et dans la Nicvre, tous point de feu; une pile électrique de dcux éléments et le · tion, la taxe et tout ce qui s'ensuit, on aurait pu songet
les 18 primés l'année derniere. Cette année, C\n a ~up- moteur.
sérieusement a perfectionner la fabrication du pain? O.
primé 4 primes sur f8; les 14 proscrits avaient la robe
Une pile électrique chez un boulangcr! Et pourquoi n'apercenit que quelques tentatives isolées qui dispa.
grise, c'est-a-dire la
raissaient bientot
robe distinctive de la
sous la pression
race.
pneumatique . de la
M. legénéral Fleu -·
machine administra.
ry préfere les robes
tive.
sombres; est-cc une
On verra peut-etre
raison pour faire vio-'
un jour que décidélence, sans nécessiment la liberté a do
té, aux goüts des éle-·
bon.
veurs? Pour ceux-ci;
Vieron Bomt.
la robe grise .est le
signe de pureté de
~
• la race; ils ont ~ien
quelques
b~nnes
FETE
raisons pour avoi~
DU
cette préférencc. El
d'aillcurs, les gens
COURBAN-BAÍRAM
qui ont couduit la race pcrchcronne á11
Dm la" mosquée
point de perfection
de Zeschil-lmaret. ABrousa
ou elle est arrivée
ont, amonavis, 'plus
AU DIRKCTEUR,
de chances d'avoir
rnison que les jennes
D•uuase, 18 mai 186'.
théoriciens qui n'ont
pcut-étre vu de per:
Quelques mois a
cherons que ceux
peine sont écouléti,
qu'on atlelle aux
et ils ont surti pour
omnibus. Laisse~
faire passer de l'état
done faire ! ; :
de projet a la réaS'il ne s'agisrnit
lilé l'muvrede la rééque d'un caprite, a
dification de la ville
propos des robes
de Brousse, -entresombres ou des roprise 'par le commii.bes grises, onpo.ursairc impérialAmedrait esµérer que ce
Véfik effendi.
caprice s'évanouira
Dans chaque quar•
prochainement de,tier, les principales
vant une plus arorues ont été élar"ies,
. ple
information.
alignées et réparées;
Mais, au fond de
de Balouk Bazar a
cette mesure, il y a
l'ancien
cháteau
la maladie d'outre1l'Ouloun-Djami au
mer, l'anglomanie,
Sérail, du Sérail i
le croisement avec
la routc de Geumle cbeval de Norfolk.
Jek, tout cela forme
C'est la qu'est levéen quelque sorlc
ritáble danter 'pour
une suite de boulenotre bclle race pervards dont le dercheronne. Le cbeval
nie1· est en ligne
de Norfolk est ch¡irfiroite, hordé d'argé de fournir la 'robe
bres superbcs; et
sombre. Que nos élécl'un parcourssi étenYeurs y prennent
du, que l'reil du progarde, le Norfolk tuemencur n'apcr~oit
rait le percheron.
pas l'horizon. Son
Nous aurions quelpercement a été exéque chose de no4cul~ en 22jours, sous
vcau, un hatard bqn
l'acli ve survei llanr.e
ou mauvais; mais le
du commissaire imperchcron auraitdispérial. Ici, c'est un
paru; nos éleveurs
immensc et magnifivetllent-ils suppri-que Kau que 1'011
JihE Dd COtJllB.\~-BAIRAM, llANS LA MOSQUÍ!E DI! ZKSCHIL-IMARET, A BROl'SSR, - D'a~es un dc,sin de 11. Léon Pa"."iilée,
mer le percheron?
reconslruit; ia, c'cst
C'est la toutc la
la réinstallation
qucstion.
pas? ~i. Barrault n'a pas eu besoin d'engager un pby- d'une corporatíon· ouvriere, plus loin s'éleve un hu-La liberté du commerce cst encore eu train de faire sicien, ni un mécanicien pour entretenir la p_ile et ré•• pita!. Les cours d'eaux, les ponts, les routes, les habides sienncs a Pa)•is et mcme aillcurs. La liberté de la gler la marche de la machine. C'est un ouvrier boulan- tations particulieres, les marchés, les monuments historiboulangeric, si eÚe n'a pas cncore fait baisser suffisam- ger qui fait tout cela, et il s'en acr¡uittc a mcrveillc. Que ques, enfin tout se rétablit comme par enchantement.
ment 1c prix du pain, a du moins ouvcrt la porte aux ne m'a-t-•on pas dit quand j'ai parlé pour la premicre Encore quelques mois, et fa ville de Broussc, tant par sa
pcrfectionnement~mtcaniques. On voit, depuis quelques fois du moteur Lenoir, il y a quatre ou cinq ans! On voit splendeur que par sa prospérité industrielle et commerjours, ruc de l'Université, !:i2, chez M. Barrault, boulanger, combien ce systeme est pratique aujourd'hui. Chez ciale, aura reconquis sa véritable place de troisieme vi lle
dans UD atelier entouré de glaces saos tain, comme la M. Barranlt un ouvrier boulanger le dirige; daos une de l'empire ottoman.
maison de verre du philo'sophe antique, un pétrisseur maison en construction de la ruc d'Enfer, c'csl un ouLundi dernier, 16 mai, a eu lieu l'inauguration de
mécaniquc de M. Drouot, mis en mouvcmcnt par un mo- vrier magon. Il ne faut jamais douter de l'intelligence Zeschil - Djami; la restauration de cette bclle mostcur LeDoir. Je suis un des premiers qui aient parlé, il des ouvriers fran ~ais.
quée complera daos l'histoire du regnc du sult:1n
y a quelques années, du pétrisseur Drouot et du moteur
Pour la boulangerie, dont le travail est toujours in- Abd-ul-Aziz, et fera suite a l'muv,e du fondatcur MoLenoir, ne songeant pas qu'ils s'uDiraient un jour en termittent,le moteur Lenoir est excellent, parce qu'il n'est hammed re•, qui, a l'exemple de ses prédécesseurs
légitime mariage. Bien leur en a pris, car ils se complé- pas nécessaire, avec luí, de consommer inutilement Mourad et Béyazid, a pendant son regne embelli de mos-

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
~es les deux capitales de l'empire, Brousse et Andrinoplc.
,
.
,
C'est a luí que Ion do1t cette superbe mosquee de
zeschil-Imaret (la· fondation verte et, bie~faisante), ce
chef-d'reuvre de la décoratton et de I arch1tecture ottomane.
Cet édifice, d'une richcsse presque sans égale, était
abandonné depuis
de longues années; ·
les tremblements de
terre, le manque
d'entretien, et surtout le manque de
gotitpour lesarts, l'cvaient laissé tombcr"
dans UD oubli corr:plet. Mais le commissaire impérial
Amed-Vefik effendi
a fail restaurcr complétement cctte bel le
mosquée, et le t fl
mai la ft\tedu Courban-Bairam y a élé
célébrée. Cettc inauguration, faite par
le commissaire impérial, a été des plus
imposantes; ph:sieurs milliers de
musulmans, en téte
desquels figuraient
les hauts dignitaires, y assistaicnt.
Les travaux importants de cetle
restauration. ont été
dirigé~ par AmedVéfik effendi fu personne; il n·a négligé
aucun détail et en
a dessin~ plusieurs
de sa propre main.
Aujourd'hui, ce monument est décoré
d'une variété considérable d'arabesques sculptées sur le
marbre blanc de sa
fa~ade. Les orncments de la grande
porte et des croisées
sont d'une beauté
supérieure a tout ce
que l'on connaitdans
ce genre d'architeclure. Al'intérieur, le
reYetement des murs
jusqu'a trois n:ctres
de hauteur, le Mirah, sont couvertsde
faiences, formant un
des pi us beaux spécimens de l'art céramiq•J~. Enfin, ce monumeat tout enticr
est redevcnu digne,
a cette heure, de
l'admiration de tous
les artistes.
Agréez, etc.
L~ON PARVILLtE.

ORAGE

DANS

L'OBERLA.ND,

AU DlRECTEUR.

Genéve, !3 j uin.

Voici un dessin représentaDt la destruction d'un village bernois par un des nombreux orages qui ont dévasté une grande partie de la Suisse, et principalement
l'Oberland, au commencement de ce mois. Je ne vous
doonerai pas lo détail de tous ces désastres ~ on a eu a
déplorer des victimes en assez grand nombre et les
pertes sont immenses.

61

leur fait l'exil, a raconter les actions des grands hommes qui ne sont plus; en Franca, S.M. Napoléon JII
écrit l'histoire de Cé$3r; en Angleterre, S. A. le duc
d'Aumale écrit l'histoire des princes de la maison de
Condé anx seizieme et dix-septieme siecl~s.
Une saisie a été pratiquée par M. le préfet de policc
sur les feuilles et exempl~ircs ilc l'ouvrage .de M. le duc
d'Aumale; espérons
qu'un pareil danger
ne menace pas l'Ht'stoire de César de
S. M. Napoléun Ill,
et qu'au dernicr
moment M. le préfct
de police ne mctrra
pas son veto a la ¡iblication des augustes volumcs.
Mais, grands
dieux ! qui cut cru
qu'nnc histoire des
princcs de la maison
de Condé r,üt ctrc u11
livre plus dangereux
que Cespetitesdames,
les Ti·eize nu.its de
Jane ou les Cyt111Jrcs
pariste/lnes. Voyez
pourtant le danger
de juger les livres
sur lcur litre.
M. le duc d'Aumale et M. Michel
· Lévy, son éditeur,
ont cru devoir demander a M. le préfet de police la restitution de ce qu'il
avait saisi; ce fonctionnairc s'est laissé
assigner, et devant
le Tribunal il a soutenu que, ayaut agi
en .vertu d'une instruction
ministérielle, il .ne pouvai t
etre poursuivi saos
autorisation du Conseil d'Etat, que cettc
~utorisation n'avait
point été demand.ée,
que des lors les jugel\ devaient repousser la demande.
Le Tribunal, accueillant les raisons
de M. le préfct de
policc, rnrsit a statucr pendant trois
mois.
, M. le duc cl'Aumale et M. Michcl Lévy
unt appclé du jugemcnt; la Cour l'a
confirmé.
Je lis dans les
journaux judiciaires
qúc M. Dufaure a
plaidé pour M. Michel Lévy, M. HéUN ORAGB DANS L'OBERLANO. - D'aprés un de1sia de 111. !. Cbampod.
bert pour M. le duc
d'Áumale, M. Busfilie a la aare da Montbéliard. Le voleur n'a pas voulu, son-Billault pour M. le. préfet de. po}ice, et que M. le
parait-il, "compar¡¡Jtre devant le grand juge avcc.cette procureur général de Ma{nas a donné ses couclumauvaise action sur la conscience, et s'est empressé de sions; mais des plaidoiries des avocats, mais des
conclusions de M. le procureur général qui avait
restituer le fruit du larcin.
trouvé !'affaire assez importante pour se mélcr de sa
A. CnAMPon.
Agréez, etc.
personne au débat, pas UD mot; ce n'était ponrtant
point, que je sache, matiere interdite a la presse; pourquoi done ce silence? Mais les journa?x judiciaires ont
eu probablement leurs motifs. Gro$jean était un sot qu
G.lZETfE DU PALUS.
voulait en remontrer a son curé, et ma foi,je fais comme
I Nous vivons daos un siecle privilégié, et nous assis- la Gazette des Tribuna11x et comme le Droit, je me tais.
&lt;&lt; Le prince Fran~ois-Claude-Auguste ~e Crouy-Chanel
tons a des spectacles qui' ne se sont guere vus dans les
temps passés; les empereurs régnants occupent les loi- de Hongrie, contre l'archiduc Fran~ois ~'Autriche d'Este,
sirs que leur laisse le tróne, les princes'bannis ceux que ex-duc de Modene l »

Ces événements avaient été prévus, en quclque sorte,
etl'absurde croyance de la fin d11 monde circulail dans les
populations catholiques. Elle a eu au moins cela de bon
que quelques pécheurs ont sérieusement réfléchi sur
leurs méfaits. C'est ainsi que le curé d'Alle (dislrict de
Porrentruy) a re~u un paquet renfermant des montres
qui av.\icnt été '1Qlécs1 un a.n au¡1arava11t1 a pne jeune

�62

Voila qui sonne bien dans la bouche d'un huissier. 1 commence par la seconde piece. Jusque-la, ríen n'est
Cette ~~osse cause é~it tout Técemment appelée de- perdu, mais la piéce s'acheve, le rideat1 · tombe, et
vant le tr1liunal de Modene.
Mil• Neveux n'a point paru; on prolooge l'eotr'acte fort
De grandes affiches roses, si je m'en souviens bien, ..u dela du uécessaire, Mil• Ncvem. n'arrive pas.
oous ont appris depuis longtemps que M. le prince de
Le public recommence a se fa.cher ; nouvelle allocuCrouy-Chanel est un descendant d' Arpad, et qu'a ce titre tion du régisseur; cette fois, d'une voix plus émue encore
il a des droits a la couronue de Hongrie.
i il pr,1p )Se respectueusement un changement dans 1~
Or, comme il est sage, en prévision des événements, menu : on remplacera Sous les toits par une piece qui
d'éclaircir autal1t que possible les situations a !'avance. o'est point sur !'affiche. Magnanime comme une majesté
M. de Crouy-,Chanel assignait l'ex-duc de Modime devant qu'il est, le public accepte la'substitution.
les juges deModene, et conclua.it il. ce qu'il plüt au Tribu- ; Cependant le médecin du théa.tre court chez Mil• Nenál, (( Déclarer qu'audemandeur, prince Fran~ois--Claude,- ! veux, le commissaire de poli ce l'accompagne ; Mil• NeAuguste Cróuy-Chanel de Hongrie, appartient la double veux est daos son lit : le _public atttnd, lui dit~on elle
qualité : t º de descendaot en ligne directe masculine de va faire maoquer la représeotatioo : (( Je Eluís souffr~nte,
Félix Arpad de-Crouy-Cbanel, fils d'André III, arriere- répood-elle; il m'est impossible de me lever. » Et le
p;tit-fils d'Aodré ll, aocien roi de Hongrie; 2° de des- proces-verbal,·qui. n'est pas galaot, constate'que ~1 11• Nec~~dant de Béa~ix d'Est~'- filie d'Aldobrand J•r d'Es!~, veux a l'air souriant, et que le médecin ·ne découvre pas
rem1:1 de Bongne, par Et1enne le Postbume, marqms chez elle la plus petite trace de maladie. On presse cette
d'Este, son fils, et par ledit André lll, marquis d'Este, jolie personne de faire un effort qúi sauvera la recette ·
petit· fils de ladite Béatrix; luí attribuer, en conséqueoce, elle répond par un non possumus inflexible, et un mon~
le droit de porter le titre de marquis d'Este) comme il fut sieur, qui se trouve par hasard dans la chambre injadis porté par ses ancetres. &gt;&gt;
tervient et supplie les -visiteurs de ne point fatigu;r la
A cette demande, l'ex-duc de Modene opposait une malade.
exception d'incompétence fondée sur deux motifs : le
Le médecin et le commissaire de police se retirent,
premier, que le prince de Crouy..Chanel réclamait des rapportent a l'administration du théa.tre le refus de
droits féodaux aboli,s par les lois frao~aises et par la lé- M11e Neveux, et le régisseur parait une troisieme fois
gislation italienne; le second, que l'árchiduc Fraµfois devaot le public pour annoocer qu'on va rendre !'argent.
d'Autriche d'E~te, n'étant ni citoyen italieu ni domicilié
Cette triste opération dure deux heures, le temps de
dans le royaume, ne poovait etre soumis a la juridic- jouer une tragédie.
tion des tribunaux italiens.
Le théatre a eu la cruauté de traioer sa pensionnaire
· Ainsi voila un prince qui n'a cessé de protester con- devant les tribonaur. M• Carraby n'a pas craint de tr;i.itre les changements que la révolution a introduits en ter la maladie d'uoe si charmaote personoe avec toute
Italie, et qui invoque les décrets promulgués par la ré- l'irrévérence imaginable, au risque des plus grands malvolution; voila un prince qui persiste a se dire de droit heurs, et les juges barbares ont condamoé Mue Neveux
souverain d'un duché &lt;l'Jtalie, et qui rejette la qualité a payer quatre cents francs d'indemnité et le montant
d'ltalien ! Étrange embrouiUement des choses humai- d'une recette, salle comble, en dépit de la spirituelle et
nes!
-vive plaidoirie de M• Cresson.
Les júges ont repoussé le premier motií de l'archiduc
Si jamais il y eut un homme qui aima la vie du baret accueilli le second. Fran~ois &lt;l'Autriahe a gagné son reau avec une ardeur vébémente et presquc jalouse, et
proces, et il est judiciairement déclaré étranger'a l'ltalie, aux yeux de qui le titl'e d'avocat fut le plus beau de tous,
suivant son désir.
ce fut a c&lt;¡up sur M. Liouville. ll ést resté, au Palais, daos
• Le prince de Crouy-Chanel a interjeté appel devant la la mémqire de tous ses contemporaius; il sera, pour tous
Cour royale de Milan.
ceux qui le suivront dans cette liell-e et larue
o carriere'
S.M. \'empereur d'Autriche fera bien de suivre les comme le type du dévouemeot infatigable et passionné
débats de pres; une fois marquis d'Este, si la Cour de il. ~a professioo.
Milan lui reconnalt ce titre, M. le prince de Crouy-Cha.
Daos les dernieres années de sa laboriéuse existence
nel esl bien homme a réclamer par exploit la couronne alors que la dignité de ba.tonoier &lt;lont il était revétu t;
de Hongrie.
mettait plus directement en présence de ses jeunes conDes priuces, passons aux ingénues, qui parfois se per- freres, M. Li~uville s'était ptu"a retracer les devoirs a cémettent des fantaisies de princesses.
lébrer l'honoeur de cet!e chere profession dans
disM11• Deribeaucourt, jeune actricé du Palais-Royal, est cours pleios de force, de raison, de bon sens, d'élévamodeste encore en ses caprices. Elle a conclu, en 1862, tion, et empreints de celte originalité familiere qui lui
un engagemeiit avec les directeurs du Palais-Royal, et cet élait propre et qui donnait il. ses paroles un acces plus
t:ngagement, elle le veut rompre aujourd'hui, pas da•- facile et plus intime dans les esprits.
-vantage.
Un de ses fils, qui a recueilli dans son héritao-e l'amour
Le motif de W1• Deribeancourl, c'cst qu'elle est mi- d'un des plus libres et des plus nobles états ;ui soient
neure,et qu'elle a contracté sans l'autorisation de mon- vient de réu?ir avec un soio piem., en un seul volume:
sieur son pere. On ne saurait se 'ngurer avec quelle fa- ces quatre d1scours, auxquels il a ajouté la liste des discilité les jeunes personncs se passent' de l'autorisation cours de rentrée prononcés ·a l'ouverture des conférenpaternelle pour monter sur les planches; c'est a croire ces, le texte des lois, des ordonnances et des arretés élu
qu'elles le font tout expres pour se donner o.n moyen de conseil de l'Ordre de París qui composent le code du barmanquera leur sign.i.ture; mais non, !'esprit d'une in- reau. C'est un livre complet, .ou la regle écrite et ta tragénue est tncapable d'un calcul si pervers.
ditioo sont commentées avec une pleine et douce· a:itoMll• Deribeaucourt était mineure en i862, Le fait esl rité: ce sera le livre par excellence de l'avocat.
eertain; son pere ne l'a point autorisée expres$ément a
HENRYS.
traiter avec MM. Plunkett et Contat-Desfontaines, la
~
· chose est constante; mais M. Deribeaucourt a-t-il pu
ignorer que sa filie, dont la personnalité ne s'est jamais
La Cotrespondance de Napoléon Jer, dont le XV• volmne
déguisée sous un pseudonyme, jouait la comédie? Ce 'vient de. paraitre, est le monumeot historique qui supn'est guere probable. S'il ne l'a point ignoré, n'a-t-il plée le mieux a toutes le.i histoires: Daos ces lettres inpas, par son silence, rati.fié l'engagement de la mi- nombrables, ou, au jour le jour, l'Empereur dicte ses
neure? Évidemment, oui.
Ol'dres, résume ses actes, fait marcher ses armles, crée
Et le Tribunal de commerce, raisonnant ainsi, a cond«!s rois et regle tout son empire avec la vigilance d'un
damné M11• Deribeaucourt il. payer am. directeurs du per&amp; de famille, il y a quelque chose de merveilleux et
théatre du Palais-Royal un dédit de 6,000 francs.
qui ne cesse d'étonner meme ceux qui ne s'étonnent
Mlle Neveux, une autre ingénue, a mis le théa.tre Dé- plus de ríen. Ce xve volume embrasse presque toute
jazet dans un bien grand embarras.
l'_année i807, l'une des plus splendides de l'ere impéLe t •• juin, elle devait jouer daos une piece mono- r1a~e. La question d'Orient est soulevée et traitée; on
logue •qui s'appe.le Sous les toits et dan~ le Dégel.
ass,ste il. la grande bataille de Friedland, et l'Empereur,
L'heure du spectacle tst arrivée; l'orcbestre joue une courant, de victoire en victoire, rédige en poste ou sous
ouverture, deux ouvertures, trois ouvertures, et le rideau la tente toute 1·ette correspondaoce si rnultipliée et si
se leve ... sur le régisseur. Celui-ci, avec l'acceot ému diverse, qui s'attache a tout, qui explique tout et or(1qui appartient a cette institution, » annonce 11ue M11 eNe- donne tout dans une mesure parfaite. - l beau vol.
-veu:i:: n'est point arrivée et les prie de permettre qu'on in-8º; prix : 6 francs; B. Pion, éditeur. Eovoi franco .
intervertisse l'ordre de la rsprésentation. Les spectateurs
daignent oetroyer la grace qui leur est demandée. On

d:.~

63

L'ILLUSTRATJON, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLU::;TRATlON . .IOURNAL UNJVERSEL.
PRIME

DI.&lt;;

L'ILLU$.TRATION .

L'Illustration meten vente le prem'íer' volume des se.
nates de Mozart, le cinr¡uieme de la collection comp~
des ce.uvres spéciales pour piano a deux maios des maf.
tres elassiques, annotées et doigtées par J. Moscheles.
Ces volumes paraisseot ades iotervalles assez éloigllit
les uns des autres; mais cette lenteur est indispensabiJ
pour la bonne exécutio11 de l'impression et rlu tirage.
Nous rappelons il. nos abonnés que tous · cem. q11
souscriroot d'avance a la coilection complete n'auronti
payerqri.e 50 fr. au lieu de 87 fr.
,:ene Collection allemande, annotee el d,i¡rtee par le célebre professtw
MO$CHELES, formera U voluo1es de 160 pages cbacun, en moyenne.
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pnur ceux de nos abonnés qui souscriront d'avance a la celleotion complete. Cette derniere raveur ne sera rigoureusemem
accordée que sur l'envoi de 50 írancs eu un mandat sur la
pos~, ou en une valeur sur Paris.

Les prix indiqués ci •dessus s'uppliquent aux volumes re~
dans nos bureaux; les frais de poste (DO cent. par volume e11,
voyé isolémetit) n'y son/ pas compris. _

.

La Direction générale des Don.anes•et des Contributioos
indirectes vient de pubher une no~velle édition du T•
bleuu des droits, en vigueur d'epuis le i5 j uin dernier,
avec des observations sur le régime spécial auquel sont
admis, en France, les produitsides puissances a,vec lesquelles il a été conclu des traités de commerce.
Ce document est en vente a l'Imprimer1e lmpériale,
au prix-de 3 fr. 50 c. Yexemplaire.
•
M. Larousse vient de mettre en vente le 7e fascicule de son GRAND Drcrro:w·.uae. Ce fascicule sera peu,telre un des plus favorisés de tout l'ouvrage; il renferrue
quatre des mots les plus ricbf's de -notre tangue : AME
AMI, AM1TIB, AMooR, AMtRIQU.E, si gros d'actualité. Le éa~
ractere indépendant, élevé, libéral de cette colossale publication se dessine chaque jour ..de plus en plus, et
nous appelons pa,rticuliilremeot l'attention de nos lecteurs sur deux artic\es importants de -ce 7e fascicule:
L'Ami du peuple, de Marat, et La G~rre de l'Amérique~
vnnt la co11,sience de la France. Prix de chaque fascicule :
1 fr.- Sept fascicules sont en vente. L'reuvre complete
renfermera au moios cent cinquante fascicules. Ce
magnifique travail, qui sera le plus v'aste monument
élevé par notre siecle il. la Jaogue, aux lettres, aux
sciences et aux arts, a droit aux encouragements de toas
les bommes éclairés.

Di manche prochain, 24 juillet, M. Leprévost, organiste
il. Saint-Roch , fera exécuter en l'église Sainte-Marguerite, a 1:occasion de la féte patronale de cette paroisse,
sa nouvelle messe .~olennelle a grand orchestre. L'office
commencera il. dix heures précises.
L'orehestre et les chreurs seront dirigés 'J)ar M. Leprévost.
~

P~ CATELAN. - Dimanche 24 juillet, grande et magnifique solennité musicale : l'orchestre dirigé par
M. Forestier, et musique du 2• cbasseurs a cheval. Bal d'enfants sous les tilleuls du quiocooce, - Kiosko
et Sabra dans leur royaume diabolique et fantastique.
Incessamment, inauguration dans ce féerique jardín
du Palais des Colibrís, merveille uniq ue en Europe.

- ----==-~------BIBLIOGRAPHIE.

Réunir en no seul volume le ph1s grand nombre possible de renseignements utiles ou ~urieux sur tontes les
cornmunes et sur· les princ1paux villages de la France,
tel est le but du Dictionnaire des Communes de la France,
que M, Ad. Joanoe vient de publier il. la librairie Hachette (1 voltJme grand io-8° contenant 2,400 pages;
brocbé, 20 fr.; relié en percaline, 22 fr. 50 c.).
Le Dictio1,11uire des Communes de la Frunce est un cata·
logue aussi cornplet et aussi exact que possible de la
France actuelle, au point de vue géographique, o-éologique,_ hydrographique, administratif, statistiqu~, in-

dustriel, co:mereial, agricole, monumental, archéologique, etc.
ce "'rand travail a, de plus, le rare mérite d'etre entiere;ent nouveau. Résumé fidele de tous les ouvrages
publiés duraot ces vingt deroieres aonées sur les quatreviogt-neuf dép1rtements fran~ais, il cootient, en outre,
un grand nombre de documents complétement inédits.
La rédaction en a été coofiée a M. Adolphe Joaone, qui
a su, p'&gt;ur ce Dictionnaire comme pour ses ltinéraires,
s'entourer de collaborateurs dont les noms offrent une
oouve\le (!araotie au puhlic.
Le Dictionnaire des Communes, qui renferme daos ses
~uatre mille buit cents colonnes plus d'un mil/ion de
renseigoeroents, est l'ouvrage de ce genr~ le plus r.xact
et le plus complet '}Ui ait paru jus'}u'a ce jour sur la
France; c'est le vad1-mecum indispensable de tous les
gens d'afiaires ou d'étude. de tous les fopctionnaires, de
tons les géographes, de tous les archéologues.

REVUE DES MODES ET DE L'INDUSTRJE,

La mode est dans tout' pour unP. femme / rlans sa toilette comme daos ses parfums., Ceci explique la mode de
portf\r sur soi, en voyage, l'Eau de mélisse des Carmes
dans quelque flacon richerneot ciselé. Munie de ce remede souveraio, une femme peut se dire invulnérable
et porter bravement le litre de lionne. La chaleur, la
fatigue, les courses a cheval, elle brave tout, car avec
de l'eau de mélisse oo ne connalt ni les syncopes ni la
migraine, ni les maux de oerfs et l'on•se moque 'meme
un peu, a l'occasion, de « ce' bon docteur » dont on
oublie les conseils.
Toutefois, mesdames, je vous dois une importante recommandation a ce sujet : n'oublie1. pas que i'Eau de
mélisse authentique, la seule vraie, est signée Boyer, l 4,
1 ue Taranne, ca~ cette liqueur a ses contrefa~ons,
comme tout ce qm est bon et consacré par la vo"'ue.
L'iodiscrétion des cheveux gris est grande "sur une
tete encore jeune, et l'on ne saurait trop s'en défier.
C'est pourquoi M. Guislain fait couler, au numéro H2
de la rue de Richelieu, une des plus vi vifiantes· sources
d'eau de Jouvence qui existent.
L'Eau de /,, Flrvride nr teiot pas !, s cheveux, elle leur
rend leur ~év1•, et, par suite, leur couleur. 11 n'y a 'done
ancun artífice a s'Pn servir, et l'on peut etre parfaitemeot fier de sa chevelure, redevenue brune ou blonde
grace a ce bienfaisant remede.
'
L'Eau de ta Ploride n'opére pas sa révolution en un
jour. Elle s'agit &lt;( sagement et lent,:meot, comme la nature. » Son emploi étaot des plus simples aussi bien
que des plus efficaces, je la recommaode il. toutes celles
de mes lectrices doot la chevelure est sillonnée des premiers 1( fils d'argent. »
Nous atteignons la saison oü. la vie de chateau et de
campagne devient aussi brillante dans son genre que
les plus splendides soirées de l'biver.
Les maitres de maison rivalisent d'émulation pour
recevoir dignement leurs hótes. O'est l'occasion de se
d_istioguer par l'?riginalité, le gout, le pittoresque d'une
fete. Pour Y arr1ver, on ne sa,irait mieux faire que de
s'adresser a la_ maison Ale.1 is Goditlot, a Paris-Passy, i2,
avenue Dauph1ne.
Rien n'e,t plus imprévu que ses créations magiques:
ici eile éleve un petit théa.tre comme par eochantement,
- la, c'est un pare si royalément illuminé que l'oo croirait Y voir htire toutes,les étuiles du ciel, - ou encore
c'est une vallée suisse qui sen.ble improvisée par la ba:.:114\tte d'uoe fée. L'art et la oature sont ernployés par la
iuaison Gúdi//ot avec un gout et un bonheur toujours
souteous, et les heureux du jour ne sauraient mieux attend.re du génie de l'inv__en·ti~on
et de )'industrie.
--~
.
1

A cette heure, la mode est fantaisiste, et o'imagine plus
que des toilettes dont la commodité et la légcreté puissent
braver les chaleurs. C'est ainsi qu'on remplace les corsages de robe par la chemise Garibaldi en foulard de
Shaoga'i-blanc, ou fond blanc avec semis r!e pois.
Comme étotie a la fois brillante et Jégr.re, le foulard
a:du reste, Ja vogue du jour. Ríen n'est plus charmant
qu'uoe toilette - robe et vetement - en foulard uní,
ouance mais ou bieue, du Comptoir des fo.les (128, boulevard de Sébastopol, rive droite).
Nos lectrices peuvent se donner une plus juste idée
des charrnaotes nouvea11tés du Comptoir des Jndes en faisant a cette maison la demande de ses échaotilloos si
variés; celle-ci les leur expédiera franco dans le plus
bref délai.
Plus que jamais on affecte de porter les tailles du premier Empire, mode peu avantageJJse si, pour y remédier,
oous n'avions la Ceinture-régente.
11 ne s'agit que de la demander aux inventeurs memes : Mm•• de Vertus (31, Chaussée-d'Antin). De loiu
comme de pres, on peut commaoder ce mignon corset
qui, tout en ménageaot les organes essentiels,donne a¡~
taille une souplesse et des proportions irréprochables. 11
ne s'agit que d'envoyer a Mmea de Vertus tes mesures
suivantes : tour de taille a la ceio,ture ; largeur de pmtrine; t9ur des han ches, longueur du busc . lono-ueur
de la taílle sous le bras. Ces mesures se predneot ºétant
tout habillée.
On me demande quelques détails au sujet des mou:.
choirs de la Compagnie irlandaise (97, boulevard de SéLastopol). Ces mouchoirs sont, pour la plupart, de véri- ·
tables petits tableaux miniatures. On y voit des oiseaux
aquatiqnes sur des fll¡urs rares; on y trou ve égalemeot
de char,naots et léger.s dessins convenaot aux femmes
d'une élégance aussi modeste que vraie. Tout e~t d'un
choix exquis il. la Compagnie irlandaise, depuis le plus
riche jusqu'au plus modeste mouchoir.
Les chaleurs nous font une nécessité de la parfumerie
et je rappelle, a cet égard, qu'une femme qui veut re/
t~r fraiche. et jeune ne sa.urait trop employer la glycérme de Rimmel (17, boulevard des Italiens), surtout en
• cette saison qui voit le public abonder aux bains de
111er. Les bains de mer ont l'inconvénienl de réndre les
rheveux secs et cru,sants. Pour combattre cet effet nui~ible, il u'y a ríen de meílleur que-l'extrait de jus de ¡¡_
11100s et de glycérioe de Rimmel, qui neutralise le sel
marin et laisse la chevelure souplc et brillante.
., Rimmel, on le sait, jouit d'une grande vogue a Paris, et
J engage mes lectrices a demander a Rimmu tous ses
secrets de beauté.
Une cbose fort importante aussi pour la conservation
de la jeuoesse, c'est la beauté des dents. Rien ne dé ..
forme un visage comme la perte de ces précieux oro-anes; ri~n ne fait tant souffrir. sous lé double rapportd,.
la santé et de l'amour-propre. Nous nous faisions ces
rell_exi~ns ces jours derniers, en lisant un tout pctit, ·
ma1s h1e~_précieilx opuscule sur l'liygiene des dents,
¡iar M. De¡ardrn fils, professeur de prothese et de chirurgie deotaire.
. A.coté de conseils d'une utilité remarquable, M. DéJ~rdm a placé fort a propos le double masque d'un mernc
visa¡:e, le premier édenté, et l'autre avec ses dents. Le
~eme visage p,eut avoir, de cette fa~on, tantót vingtcmq ans et tantót quarante. Ce changr.ment est aussi
surprenant qu'affreux, sans compter que le manque de
de~ts doooe une voix cassée, vieillie, etc. Ces considérations seules décideraienl quand méme pour le parti
tes.denl~ a_rti_fi~ielles, surtout quand elles sont merveildeoseme~t 1~1tees et posees sans douleur par les mains
b~ M. ~e¡ar~m. C est dans un quartier central que l'ha1e ch1rurg1en a étabh ses salons, t le meilleur conseil
~oe ~~us puissions dooner a nos lecteurs, c'est d'aller
es v1s1ter, boulevard Sébastopol, 37 (rive droite).
1

0

~'APPAREIL RUIIOlff KT LA SCIIKCK AU TIIIATRI ROBII.

Tous les journam. ont anooncé que le prix de 50,000 fr.
destiné par l'Empereur a récompenser l'application la
plus utile de l'électricité, vient d'etre décerné récemment a M. Rumkorff, inventeur de la nouvelle bobine a
induction. La nouvelle assurément a fait le tóur de la
France et de l'Europe. Mais que de lecteurs, en parcourant ce bulletin de victoire, se so~t dit silencieusement
a em.--memes :
.
- Qu'est-ce done que cette bobine Rumkorft qui
remporte si vaillamment une récompense de 50,000 fr.?
A tous ceux qui se sont fait cette question, il est hon
d'apprendre qu'il n'y a guere, dans to~t Paris, qu'un
seul établissement qui puisse les édifier complétement
sur les merveilleuses propriétés de l'appareil Rum)c,orfl.
Et ce n'est, sachez-le, ni le Collége de France,ni la Sorbonne, ni 1'Académie des sciences, ni le Conservátoire
des arts et métiers; cet établisseruent, unique en son
genre, est le Théatre Robín.
Et en effet, M. Robín, qui serait tout aussi bien a sa
place dans une chaire de professeur que sur son théatre,
a produit toute ~ne révolution daI1s ces spectacles d'enchantements et de prestiges que la magie nous a· transmis
de siécle en siccle. Pina de devins '. Plus d'enchantéurs 1
PIns de mysteres ! Les ªl!.tre; de Trophonius sont 011,verts:
et les dieux de la grande et de la petite rnagie s'en ,voot!
Gra.ce a M. Robín, ces secrets sont aujourd'hui, pour
tout le mónde, le secret de la comédie; cette vieille histoire est percée a jour; le sac a mal ices est épuisé. M. Robin no·us fait assister il. toul ce défilé d'ensorcellements
qui commence il. l'escamotage pour finir a cette armée
de spectres qui l'étreignent, tons les soirs_, daos leurs
bras impalpables. Mais en renouvelant ces prodiges,
M. Robin nous fait toucher du doigt le ressort qui fait
tout mouvoir. Nous nous apercevons alors qµe depuis le
trépied de la pythonisse j_nsqu'a la table du médium, il
o'y a, dans la magie, qu'un dupeur et un dupé; et
M. Ro~in peut se vanter de contribuer pmssammeot a
éclairer !'un et a démasquer l'autre.
Aujourd'hui, le prix de !íO,oon fr. créé par l'Empereur,
met a l'ordre du jour l'appareil Rumkorff. Eh bien! entrez dans la salle de M. Robín, et vous allez bien vil.e
comprendre la place importante qu'occupe la puissante
bobine de l'iµventeur dans l'histoire de l'électricité.
Et tout d'abord, voyez tour a tour, sous vos yeux, les
plus curieux phénomenes ele ce fluide prodigieux, qui,
HYGitNE ET MÉDECINE.
demaio, fera courir votre _pensée, en une seconde; auOn introduit chaque jour en thérapeutiquc des ~uccédaoés de l'buile de foie de morue, dont la ¡;lupart o'ont tour du globe. En q1Jelques mots, M. Robin vous prépas la moindre valeur. Le sirop de Raifort iodé, preparé sente un. exposé clair et 'rapide des propriétés de l'élecafroid, de M. Grimault, 7, rue de la Feuillade, réumt tricité, et immédiatement toute une série de phénome.
seul tous les avantages médicaux; ainsi, le docteur Gui- nes fautasliques se déroule a vos regards.
Attention ! la,salle, éblouissante de clartés, vient d'etre
bout, médecin des hópitaux de París, en parle en ces
termes : 1( Le Siror, de Raifort iodé a tous les avantaues plongée dans les téoebres. D'un mot, M. Robín a éteint
de l'huile de foie de morue, sans en avoir tous les incgn- toutes les lumieres. Obscurité complete! Mais si d'un
vénients : il stimule l'appétit et releve les forces de l'or- rnot, il fait l'ombre, d'un mot aussi, il fait la lumiei:e, et
ganisme; par la quantité d'iode qu'il contient, il exerce toutes les bougies se rallument asa voi:i::. C'est le Pial lt1.:i:
la plus heureuse influence sur les fonctions respiratoires. '
11 est utile spécialement au début de la phthisie pulmo- avec l'iostantanéité de l'éclair !
C'est 1~ une vieille expérience. Il y a virigt ans que
naire; son action n'est pas moins efficace dans les affecM.. Robin la produisit, pour 19. premiere fois, au Kurlstions scroíuleuses et rachitiques. »
Theatre de Vienne. Au moyen de l'électricité vitrée 1rois
' bougies s'allumaient et s'éteignaient tour a' tour,
cents
au
cornmandement de :&amp;f. Rohin. On l'a reproduite
FONDS MEXICAINS
aussi,
cette année, il. la premiere séance d'uuverture
RAPPORTANT 4 FRANCS PAR AN, sorr 8 0/0
des soirée~ scientifiques de la Sorbonne. Étendez l'ap_pliPayables le 1•r juillet ~e chaque année.
. caticn .du procédé, et vous allumez d'un seul coup tous
Remboursables par anouités al 00 francs.
les becs de gaz de París.
Ces; certi!icats, érnis a 45 francs par la Caisse mobiliere
Passons. Prenez ce joli coffret; M. Robín le remplit
société anon_yme de crédit provincial et communal, A
d'or,
le dépose sur un tabouret, et vous permet avec
París, rue Drouot, 24, représentent daos ces conditions
d'émission et de remboursement un intéret de 10 0/0. un sourire de l'emporter. La tentation est forte, mais hélas ! la p11issance de l'électro-aimaut c.st plus forte en~
core, et ce r,offret de nabab, que vous souleviez tout a
Quel plus joli voyage pouvez-vous' faire pour i05 fr. l'beure comme un fétu de paille, reste cloué au tabou40 c. que le voyage en Hollande, BP.lgique et Prusse ret qui le porte. Hercule ne !'en arracherait pas!
,,1,mane, organisé par la compagnie du Nord, surtout
Voulez-vous que l'électricité écrive? Elle r.st prete a
avec le nouveau guide circulaire de M. Henry A. de vous obéir. Commandez, et a la voix 'de M. Robin, elle
Conty?
va vous présenter les caracteres que vous désignerez
Ce guide, divisé par jouroée et vendo aux gnichets
et avec la couleur désirée par vous. Jci le télégraphe
de la Compagoie, indique, jour par jour et beure par
heure, tout ce qui peut intéresser le voyageur, depuis le électrique appelle a son aide la chimie et la prestidigiprix des hotels jusqu'aux itinéraires et excursions a faire tation. Chez M. Robín, la science et l'art se donnent contin11ellement la main.
dans chaque ville.
Un phénomene plus surprenant encore. Vous avez
- La cité Malesherbes, ou M. Bercoet a transporté sa
Maison d'éitncation de la rue Pépioiere, s'ouvre d'un tous vu des tours de force, et l'hercule Damourette vous
cóté rue de Lavc1I. 20, et de l'autre, rue des I Martyrs offre encore en ce momeot, a l'Hippodrome, une ma.vis-a-vis l'avenue de Trudaine.
' choire assez remarquable. Eh bien! M. Robin les sur-

�04

L'ILLUSTRATIO N, JOURNAL Ul'\ IVEn s r:L .

,,

1

Tcu

IAS

di

m

passe tou!t en tenant un emant suspendu daos
l'air par un seul de ses cheveux. Miraclc, ditcsvous; mais M. Robin s'empres~e, en souriant,
de vous démontrer que c'est un miracle ... de
l'électro-ai m:mt !
Écoutez! c'est le tambour magique d'un
zouave tombé a Inkermann. Ce tambour est
seul, isolé, saos liaguette~, et pourtant, ala voix
de M. Robin, le ra, le fil, le roulemcot, la retraite et la générale se foot successivement
1:ntendre. Encore et tonjours l'électricité ~
Et pourtant, la rcpréseotation ne vous
a encore qooné la que les bagatelles de la
porte. Voici la bobine Rumkorff, et avec • BLOC llE VEl\116 llE 9 CENT., TRAVERSÉ PAR L'ÉTINCELLE DE L'A.PPAllRIL
elle, c'est la foudre avec ses terreurs, qui
vient agrandir le spectacle et le rendre p!us émouRÉBUS.
vant. Cette bobine formidable a je ne sais quoi de ~inistre et d'imposant qui commande le respect. 11 n'y a
#
qu'un instant, M. Robin se promenait dans la salle et
.,
vous faii,ait rire avec les commotions de sa torpille; mais
en ce moment, il reste seul avec le monstre qui porte le
tonnerre. Un seul attouchcment, et vous seriez foudroyé
sur place!
,
Jngez de la puissance de la machine ! M. H.obin
luí arrache des étincelles qui déchirent l'air avec ·
une traioée de feu de i 5 centimctres de longueur; c'est
le zig-zag de la fouclre daos les nuages ! M. Robin soumet au choc de l'étincelle un bloc de verre de 9 centimetres d'épaisseur, et, en un clin d'reil, le bloc est tra••
versé d'outre en outre par des déchirures qui ressemblent a de fines dentelles. f AIT A LA SÉPIA
Pour le coup, M. Robín se transforme en Jupitcr assembleur de nuagcs. En voici un qui nous fait assister a
tout lé travail de la fou~re daus l'espace; en voici un
IUPUCATION nu Dl!RNIER REBUS,
autre qui fait passer sous nos yeux une aurore polaire,
L'abus émousse lous les plaisirs.
avec ces brillantes couronnes de feu que le fluide trace
daos l'atmosphere.
Ce n'est rien encore. Embrassez du regard toute cette
AuG, MARC, directeur-gth'ant.
série de tubcs c!e verre, contournés daos les formes posEm,. TIWKR, rédacteur en chtf.
sibles. L'air en a élé soutiré, et on l'a remplacé par certains gaz raréfiés. A un geste du maitre, l'étincelle élec.......-,__
trique s'élance daos tous ces tubes, et en illuminant les
Imp. de L' ILLUSTRAT ION, A. Marc,
douze metres de longueur qu'elle sillonne a la fois, elle
les fait rayonner des couleurs les plus variées, les plus
22, me de Vm1e11il.

féeriques. M. Robin peut ctre fier de celte splcndide expérience; on ne trouverait, ni a la Sorbonne ni a l'Académie des sciences, une col!ec•
tion de tu bes assez riche pour la reproduire.
Ponr remplir de tous points son programme,
M. Robin veut que la magie de l'art et fde la
science surpasse les vieux tours de la sorcellerie. Regarclez cet arbre de Noel, tant admiré
a Londres et a Paris. 11 secoue tristement ses
brancbes poudrées de givre; l'hiver le fait greloter. Mais quoi ! M. Robin fait un signe, et la
- métamorpbose est complete. L'arbre reverdi~
et le voila qui se, couvre de lumicrc, de fleu~,
de fruits et de jouets d'enfants. Diles cloóc,
RU)JKORFfl.
aprcs cela, que l'électricité n'est pas une fée!
Apres .l'agréable, l'utile: utile dtdci. M. Robin vous démontre que la puissante bobine doñne daos l'industrieles applications les plus intéressantes. Comme la lumiere
éleclrique brule daos l'eau, ainsi que le feu grégeois,
M. H.ouin vous donne le moyen de la faire servir a111
travaux hydrauliques. Elle peut aussi s'ü.tiliser dans le
travail des houillcres, que la lampe de Davy n'a qu'im•
parfaiternent préservé des redoutables explosions da
grisou. Elle permet enfin de faire sautcr, a de grandes
distanccs, les mines fortement chargécs.
N'avions-nous pas raison ele vous dire que la science,
cbez M. Robin, se pla~ait au-dessus de la magie, et que
les représentations de son théatre vulgarisent les grandes découvertes du siecle, autant et plus que les le~ons
de la Sorbonoe? Ajoutons que chez lui le savoir se pre•
sente dépouillé de ses formules algébriques et du pédao•
tisme de l'école. M. H.obin a su donner a la science tout
les attraits. Depuis vingt ans, ses clémonstralions ont une
réputalion européenne, et cette réputation, l'expérimen•
tateur l'a conquise par son habileté, son savoir et s~
manieres aussi distinguées que sympathiques. L'reuvre
de M. Robín mérite done les encouragements les plus
sinceres. Son théatre, sérieusement compris, est une
forme cbarmante de l'enseignement populaire, et- si d'un
coté nous y voyons les noms de Cagliostro, ele Mr.smer,
d'Albert et de Nicolas Flamel, ele l'autrc, nous y Yoyolll
fi 6urer triomphalement ceux d'Archimcde , de Ga•
lilée, de Franklin, de Cuvier, de Humboldt et d'Arago
H ENHI Coz1c.

~ =__:::ltitt~ "

-------,-~- ____

�</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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