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                  <text>L'ILL.USTRATION,
lOUDAL UKIVBBSEL.

___

.:...--------------------;----:---- ----------- ---------;------------------------,Ue ANNÉE. VOL. XLlV.

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SOM MAIRE.
Lts ~oles ululrophu, - Re,ue polilique de la semaine. - Courrier
de Paris. - Corr,spondance de Val•chie. - Correspondooce d' Allemagne. - Aulobiograpbie d'uo poele ( suite/. - Causerie dramatique.

Nt

San1edi 80 .Juillet

t 11 8.

AbonnPmants pour raris et les Départcme11ts :

1886,

¡...,.,

~•uiJistraliN .. réptH pu 4ei ■amtrill ti DI 1'eagag1 JlDllÍI i lea
f• 1M tnlla, la tradueti• et la repr..iuctio• i l'étranrer ,onl ial&amp;NlllM.
BURE.lUX ! RUB RICHELI'SU, 60.

- l'resses mécaniques de ll , Alauzel, oou&lt;eaux sy&gt;téme. brevetes. - 1-'rcmenade au Jardín du Midi (11). - Lrs induslrics incoonu•s de L&lt;&gt;ndm.
Grav1m1: Accider,t arrivé sur la Sac\ne, a Lyou, le !Ojuillct, a bord du
bateau a v■ peur, la .lfouche. n• 4. - Le Sultan recev1nl S. A. J. le
prioce Alexandr,.. J,an !•' , dans soo palais de Dolma-Baqlché, á l:Onstaotinople. - Episode des inoodalions ~ Bucbarest: Le prinee Ale1ao-

6 mois, 18 fr.; - un an, 36 fr. ; - le numéro, 15 e.
la collection men,uelle, 3 fr.; le volume semestriel, •~ fr.
ABONNE111ENT8 POUR L'ÉTRA~GEDI 1
:Mcmes pnx; plus les droits de poste, suivant les brifs.
Lea abono. partent du fer no de chaquo mois.

3 mois, 9 fr. ; -

dre vi&amp;1tant le quartcer des T•bacbcs. - Calaslrophe arrivee sur le
grand Trunk Railway, au pont do Belreil ( Cao1da 1. - Lu v,climes de
la mode, ptr llel'lall (prc:niére P"' lit, t 6 grnure&amp; ). - Théalre du
G)'oµtue : Van Quicholle, 6• tableau. - Nouve.Ue prcsse oiécanique de M. Alauzet. - Promenade au Judio du llidi ( 3 gra,ures).
- Le mois de Juillet. - Échtc,. - Rébus.

spleoa Sorcol!ecuire.
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ACf.lOBNT ARRIVÉ SUR LA SAO'.'IE, A LYúX, LE 10 JIIILLET, A BORO DI' BATEAU

VAPElR LA MOUCIIE, fi• 4. - D'apres un croquis de 11. St,yerl.

�66

L'ILLUSTRAT lON, JOUR NAL UNIVERSEL.
LES RÉCENTES CATASTROPHES.

Nous avons, depuis quelque temps, de nombreuses et
terribles catastrophes, et cette année aura été marquée
par des dates ~inistres.
11 y a quelques jours, nous entretenions nos lecteurs
du sinistre qui a jete le deuil dans la ville de Lyon • aujourd'hni, nous avons arémmer les détails que no;s apportent les journaux aoglais et ceux que nous adresse
n_otre correspondant du Canada, sur un effroyable ace,dent dont la ligne du chemin de fer de Québec a Montréal a été le théatre.
Dang la nuil du 27 juin dernier, un traiu spécial parti
d~ Québec emmenait 500 émigrants allemauds, norvégiens, polonais. Apres avo ir dépassé la station de SaintHilaire, au pied de la montagne de Belreil , le convoi
s'enga~ea, i.t l heure J 5 minutes du matin, sur le pont de
fer qui traverse la riviere Richelieu et dont la derniere
pile est reliée au talus, du coté de Montréal, par un ponceau tournant, a 45 piecls environ au-rlessus du lit de la
riviere.
, 11 est
e de regle qu'en approchant du pont, les convois
s_arr tent et ne reprennent leur marche que lorsqu'un
s1gnal convenu a été fait. Au moment oú le train de
Québec-ar.rivait, dans la nuit du 28 juin, Je ponceau était
ouvert pour livrer passage a un bateau a vapeur remorquant des barques chargées de grains et ele bois scié.
Le convoi ne s'arreta pas, contrairement a la re()'le établie et quoiqu'un feu rouge dut avertir le méianicien
de ne pas aller plus avant.
Le gardien du·pont, voyant venir le train, prit une
lampe rouge et la fit tournoyer; le tt-ain continua sa
marche, avabfant toujours vers l'ab1me qui l'attendait.
Il Y- ar~iva au moment 011 passait la troisieme barque remorquee par le steamer.
La locomotive, le tender et les cinq voitures de ba. gages furent précipités daos le gouffre; les wagons de
voyageurs, entrainés a leur tour, accumulerent leurs
débris sur les débris des premiers wagons.
Le 30 juin, 85 cadavres avaient été retirés de la riviere. On avait transporté a Montréal 383 blessés· restaient 97 voyageurs qu'on n'avait point encore retri uvés.
Le conducteur et le garde-frein ont été tués. Le mécanicien n'a point péri; il est en prison, d'apres un ordre
du coroner.
Dans une voiture renversée sens dessus dessous, pas
un seul des voyageurs n'a été blessé. •
Uu petit en fa.nt a été retrouvé vivant dans les bras de
sa mere morte.
Le conducteur de la barque sur laquelle le train a été
précipité a eu le temps de se jeter de coté avec sa femme
et ses petits enfants.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.

~

Tandis que les conditions au prix desquelles la Prus~e
et l'Autriche consentiraient a ne pas écraser tont a fait
le Danemark étaient l'objet de toutes les préoccupations
en Europe, un de ces événements qui sont comme les
hasards de l'histoire est venu distraire les esprits de cette
grave question, et l'a reléguée un moment au second
pla11, en jetant ala curiositéun aliment imprévu auquel
le piquant ne manque pas.
La ville de Rendsbourg était occupée par des troupes
d'exécution hanovriennes et saxonnes; a la nouvelle de
la prise d'Alsen, quelques drapeaux autrichiens et prussiens furent arborés sur un corps de garde fédéral; l'officier banovrien qui commandait la place les fit enlever.
Cet incident fut l'occasion d'un véritable combat entre
les Prussiens et les Hanovriens, et plusieurs Prussiens
fnrent tués ou blessés. A la suite de ce sanc,Jant conflit
t,
'
le prince Frédéric-Charles, général en chef de l'armée
austro-prnssienne, informa le général Hake, commandant des troupes fédérales, qu'il avait refu du roi l'ordre
de se IDP,ttre en possession de la place, et qu'en coméquence le général major de Gueben arriverait a Rendsbourg á la tete de 6,000 hommes et de 2 batteries, et
occuperait les 11ostes.
• Le général Hake répondit qu'il ne pouvait consentir a
l'occupation de la ville par les troupes prussiennes, mais
qu'il pouvait « moins eocore renser a s'y opposer militairement, Rendsbourg n'étant occupé que par 4 compagnies, sans faire entrer en considération les autres rai-

sons gra-.es qui!l'en empéchaient.1&gt; Et il évacua la ville.
La lettre du prince et la réponse du général ont été
communiquées a la diete, qui a donné raison a ce dernier.
D'autre part, la Prvsse et l'Autdche entendent demander satisfactiou au gouvernement de Hanovre , et annoncent qu'elles proposeront procbainement a la diete
de retirer lés troupes d'exécution fédérale du Holstein,
la conquéte du Slesvig et du Jutland ayant mis le duché
hors de l'atteinte de:; Danois.
Les vainqueurs s'entre-tuant et s'entr'injuriant; voila
un petit sujet de consolation pour ce pauvre Danemark.
Il en a bien besoin, car, parmalheur, ceux qui tiennent
son sort entre leurs mains ne sont que trop d'accord pour
le traiter avec une dureté extreme : les gouvernements
&lt;le Prusse et d'At1triche sont conven us des poinl~ suivants:
1° Séparation complete des dochés de Slesvig, Holslein
et Lauenbourg du Danemark avec l'exclusion des enclaves jutlandaises, situées daos le nord du Sles.,ig. 2° Étabhssement d'un état particulier, sous la souveraineté du prince dont les droits seraient reconnus par un
tribunal fédéral. - 3° La Prusse rembourse a l'Autriche
les frais de guerre, qui s'élevent, pour cette puissance,
de 5 a 7 millions d'écus. te duché de Slesvig sera occupé par les troupes prussiennes, et les finances du duché seront gérées par des fonctionnaires prussiens jusqu'a ce que le superOu eles recettes soit monté a la
somme que la Prusse réclame pour le payement des
frais de guerre (20 millions pour la Prusse, et 7 millions
pour l'Autriche). - 4° La forteresse de Rendsbourg deviendra forteresse fédérale, mais elle sera occupée par des
troupes prussiennes. ~ 5° Le port de Kiel deviendra une
station pour la 0.otte prussienne, qui y établira ses
docks, etc.
_
La journée du 24 nous réservait des émotions singu.
lierement brusques et diverses. Il était arrivé en méme
temps des dépeches d'Amérique portant les dates des 12,
13 et 16 juillet. Dépeches du 12 et du 13: 40,000 fédéraux, commandés par le général Wallace, battus par les
confédérés; les troupes du général Wallace se retirent
en désordre sur Baltimore ; les ponts du Northern-Central détruits pour la plnpart; deux trains capturés; le
télégraphe coupé; un combat livré a 7 milles de Washington et le bruit courant que la capital e de l'Union a été
prise. C'en est fait du Nord ! Hurrah ! pour le Sud. Dépeches du J6 : Les confédérés ont abandonné les positions qu'ils occupaient devant Washington; ils repassent
le Potomac; les communications avec Washington sont
rétablies. L'invasion est t'erminée. Le Nord est sauvél
Hurrah ! pour le Nord.
Ce qui pourrait bien etre la vérité, c'est que les confédérés auraient essayé, par cette pointe dans le Nord,
d'obliger Grant a détacher une partie de son armée a
leur poursuite; ce qui est certain, c'est que Grant n'a
pas bougé, et que sa position est aussi fo~te qu'elle l'était
avant cette invasion, si vite terminée.
La Russie vient d'adhérer aux modifications apportées a la constitution des provinces unies par le prrnce
Couza; les difficultés se lrouvent done aplanies, et le
Moniteur du sofr affirme que la nouvelle constitution
pourra étre mise désormais,i.t exécution sans encombres.
Garibaldi a quitté Ischia; il est retourné a Caprera .
apres avoir assisté a un conseil tenu par une dizaine de
membres influents du partí d'action, et dans lequel il
avait été décidé que le mieux l tait de s'ahstenir de toute
tentative violente pour le moment.
Le Monite1ir a publié un décret impérial qui modifle
profontiément l'organisation administrative en Algérie et
donne une extension nouvelle aux attributions de l'autorité militaire. La direction générale des services civils
eEt supprimée ; l'administration générale du territoire civil et du territoíre militaire de chaque province est confiée au général commandant la division, qui prend letitre
de général commandantlaprovince.C'est lui qui estchargé
de la. haute direction et du controle du service civil de
la province; il propose l'avancement ou la révocation
des fonctionnaires ou agents civils dont la nomination
appartient a l'empereur ou au gouverneur général; la
police de la presse l11i est confiée; il don ne les autorisations de publier les journaux et révoque ces autorisations
en cas d'abus. Le nouveau décret augmente la représentation indigene dans les conseils généraul, ou les indigencs formeront désormais le quart des membres.
}l. le ministre de la guerre, daos son rapport a l'Empereur, attribue aux ¡&lt; clameur.; imprudentes d'une

L'ILLUSTRATIO N, JOURNAL UN IVEHSE L.

presse passionnée)) une partconsidérable daos les causes
qui ont provoqué la derniere insurrection des Arabes.
Décidément la presse a, de notre temps, plus de pon.
voir que beaucoup de gens ne sont disposés a le croire,
Le général Deligny a refUde l'EIIÍpereur la lettre sQj.
van\e, datée de Fontainebleau, le 5juillet :
« Mon cber général, je ne-veux pas tarder a vous t6.
liciter de l'heureuse campagne que vous venez de termj.
ner. J'avoue que j'ai été quelquefois inquiet de vous sa.
voir si loin dans le Sud, par une si grande chaleur
mais j'avais confiance dans les talents et l'énergie du gÍ_
ntlral qui commandait la colonne.
« Exprimez aux troupes sous vos ordres ma satisfaetion, et croyez, mon cher général, a mon amitié.
,

(&lt; NAPOL~ON. ll

M. de Gonet, chargé de l'instruction qui a été la suite
des perquisitions faites au domicile de trente-quatre p~rsonnes, parmi lesquelles se trouvaient r,lusieurs avocats
honorables du barreau de París, a rendu, le 21 juille~
une ordonnance qui renvoie devant Ir Tribunal de police
correctionnelle de la Seine MM. Garnier-Pages et Carno~
députés; Dréo, Clamageran, Floquet, Ferry, Durier, Jo.
zon, avocats a la Cour lmpériale de Paris: Hérold, Hérisson, avocats a la Cour de cassation; Corbon, ancien
représentant; Melsheim, avoué a Schelestadt; Bory, avocat a Marseille, so•Js l'inculpation d'association non a0•
torisée de plusdevingtpersonne~, délit prévu par les articles 291 et 292 du Code pénal et les articles t et 2 de
la loi du iO avril 1834.
La meme ordonnance a déclaré qu'il n'y avait lieu'a
suivre a l'égard de MM. André Pasquet, Gam betta, Du.
rand, Enocq, Bralleret, Charamaule, Magnin, Guérin,
Delise, Fougueron, Savatier-Laroche, Breton, Verrier,
Postel, Chanoine, de Wolfers, Girard, Léonard, Mura~
Millot, .Magniadas et Lacatte.
Les débats s'ouvriront vendredi prochain, 5 aoüt, devant la sixieme chamhre.
• M. Malher, substitut du procureur impérial, occupera
dit-on, le siége du ministere public.
M• Jules Favre plaidera pour M. Garn ier-Pages, Me Marie
pour M. Carnot, M" Berryer pour M. Ferry, Me Dufaure
pour M. Durier, M• Hébert pour M. Melsheim, M• Grevy,
pour M. Dréo, M• Ernest Pica!d pour M. Hérold.
EDMOND

TEXIER.

COURRIER DE PARl8.

Soirée astronomique. - Une nouvelle planete. - Les invalides polonais. - l.'histoire et le discours latin au concoUM
général. - Le boulet de Sa Majesté portugaise. - Bulletin de la liberlé des t héatre~. - Le Théátre des Famille,.
- Projet d'un théatre marseillais. - Les sénateurs de
l'orchestre. - Le Théátre Jnternational. - Un nouveau directeur. - Les Fousses possions. - Livres spiritistes. Une statue Béranger. - Les prophétes du temps.

a

Les soirées musicales, les soirées littéraires et les soirées dansantes ne sont plus de saison, et le bon moment
est venu Jes soirées astronomiques. Tout le monde ne
peut pas ollrir- un pareil régal a ses amis; mais :M. Le
Verrier est bien en situation de faire aux siens cette galanterie. II a re~u la semaine derniere daos les jardins
et dans les salons de l'Observatoire, et l'on assure que
la féte a été charmante.
La Lune, Jupiter, Mars, Pallas, Saturne et ses deux anneaux, Mercure et Vénus, - oui, Vénus, honni soit qui
mal y pense, - en ont fait les frais. Ces pauvres planetes et ces pauvres étoiles ont été, trois heures durant,
l'objet des plus indiscretes curiosités; le mystere de leur
vie privée a été audacieusement profané; vainement,
elles cherchaient a échapper au télescope; l'reil terrible
les poursuivait impitoyablement.
Quelques personnes ont du moins gardé le secret sur
ce qu'elles avaient vu, mais d'autres, moins réservées,
vont colportant partout les anecdotes les plus scandaleuses. La Lune et Saturne, - fiez-vous done aux vieillards, - sont affreusement r,ompr'.)mis, et l'on raconte
sur Pallas des cboses a faire frémir ! Quoi : sur Pallas, la
fiére Pallas? - Sur Pallas elle-méme. Remarquez, do
re&amp;te, que je n'affirme rien,etque je me garde soigneusement de répéter ce que j'ai entendu .
Cependant, un de mes amis a eu la bonne chance de
découvrir une plaJ!ete sur laquelle il n'y a que du bien
a dire: tout y est admirable ; le meilleur gouvernement,
les meillelil'es lois, les meilleures m~urs, et pas la moio-

6'l

pagne une idée qui est, chez nous, une nouveauté. 11s l'étalage de nos libraires, c·est un livre intitulé : Les
alienent des a présent, et a perpétuité, 300 fauteuils Faus~es passions, livre dr.licatement pensé et couramment
d'orchestre moyennant la somme de 1,000 francs paya- écrit, vraiment, dont l'auteur, M. Amédée Lancret, est
ble a deux échéances : 500 francs en ~ignant le marché, un jeune homme. Ainsi notre monde est plein de fansses
passions, et nos jeunes gens le savent, et ils l'écrivent.
500 francs dans la huitaine de l'ouverture du théatre.
lis
le savent, ils )'.écrivent; tant mieux, c'est rléja quelUn foyer spécial sera réservé aux propriétaires de ces
quc
chose.
300 fauteuils, qui seront comme les sooateurs du
Tbéatre-des-Arts. Que les dieux préservent Marseille de
La planete de moa ami était le pays du sens commun,
luttes sanglantes entre les sénateurs et les chevaliers... et les journaux de ce globe terrestre annoncent la mise
du lustre.
en vente de deux ouvrages destinés a un tres-grand
Les 300 fauteuils seront-ils héréditaires? MM. Gondois succes aupres des spirites. L'un, intitulé : Imitation de
et Foa ne le dise~t pas explicitement, et apres avoir lu l'É1•angilf- selon le spiritisme, et l'autre : Qu'est-r,e que le
leur manifeste, je serais assez disposé i.t croiré que oui, .~piritisme?
et assez d1sposé aussi a croire que non.
Je ne me serais jamais douté qu'il fall11t un volume
Ce point veut etre éclll.irci .
pour répondre a cette question : « Qu'est-ce que le spiLa provinee, vous voyez, ne va pas mal. ..
l'itisme? &gt;&gt; Visitez Chare~tou, Bicetre et les établ issements
Et Paris?
d'aliénés d'Angleterre, d'Allemagne et d'Amérique, et
Paris, alfamé de liberté, a ouvert la salle Saint-Pierre. la vraie réponse vóus viendra tout de suite sur les levres.
~lais il ne s'en tiendra pas la, et il a de magnifiques
&lt;( Le spiritisme est un des cbemins les plus court~ inprojets.
ventés par les charlatans pour mener leurs dupes de la
ti. Ruyn de Fyé s'appreterait a réaliser l'immense projet raison a la folie ou a l'imbécillité. i&gt;
dont il entretint le public il y a deux ou trois ans, et
Décidément, nous avons la fievre de la statue. J'ai lu
dont j'ai &lt;lit autrefois quelques moti; a rr,es lecteurs : un
théatre qui couvrira 5,066 metres de superficie, dont la quelque part qu'il était question de décerner a Béranger
scene aura 30 metres d'ouverture, dont le parterre con• · les honneurs du bronze ou du marbre.
Mootrons-nous reconnaissants pour les hommes qui
tiendra 2, 100 stalles. Voila ce qu'il reve, voila ce qu'il
ont
arcru la gloire et la fortune de la France, ,les écrifera peut-etre. Un parterre de 2, IOO stalles, a la bon ne
vains
et lés artistes qui nous ont émns et charmés, a la
heure ! M. Ruyn de Fyé n'a pas les nobles opinions de
honne
heure; mais tachons qué les marques de notre
M. Bagier; il croit a la démocratie en France.
reconnaissance,
de notre sympathie, denotre admiration
On annonfatt déja que le terrain sur lequel s'éleverait
le gigantesque théatre était acheté; c'était celui sur lequel soient de celles qui ne leur auraient été ni importunes
se pressent et s'étouffent aujourd' hui les maisons qui font ni incommodes.
L'année dernicre, au concours général, le sujet de la le coin des boulevards Bonne-Nouvelle et du faubourg
Béranger savait ce qu'il valait, et sa correspondance
-composition d'histoire était une page de l'Histoin de la Saint-Oenis; mais un communiqué de l'autorité a démenti intime montre qu'il valait heaucoup plus que ses reuyres;
Pologue; cette année, les concnrrents ont été invités il la no\1Velle.
mais je serais bien étonné qu'en regardant au dela de
tracer le tableau des lettres et des arts depuis le comEn attendant, lethéatre estbapti3é: son nom est Théatre 1a tomhe, il se fut jamais vu sur un piédestal. Non, le
mencement du siecle, et aes grandes applications de la International; c'est dire, je suppose, qu'il aura pour par- piédestal aurait gP.né, non pas sa modestie, si la mo-science a ]'industrie et a l'agriculture. Certes, la lnatiere rains Sophocle, Eschyle, Euripide, Moliere, Corneille, Ra- destie de Béranger vous est suspecte, mais son orgueil,
-est belle, mais elle ne donnera aucun ombrage a la e/ne, 'Vioto'I' Hugo, Calderon, Lope de Vega, Shakespeare, si vous l'aimez mieux. Tous les orgueils ne sont pas faits
:Prusse, a l'Autriche ni a la Russie.
Gretbe, Schiller, tons les génies du passé et tous les gé- de méme, et il en est que ne toucbenl aucuuement cette
Le suje.t du discours latín ne forcera pas non plus, je, nies de.l'avenir, saus acception de nationalité.
idée d'une image se dressant immobile sur une place
,crois, les ambassadenrs des puissances absolutistes a
En ce tl}mps-ci, l'on batit vite, a coup sür; pourtant la publique et en butte, pendant des siecle~, au vent, a la
1demander des explication~ au gouvernement fran~ais.
·pierre et le- marbre ne sortent pas du sol, ne se dressent neige, au soleil et aux soltes remarques des badauds.
Auguste demandant le triomphe pour son fils adsptif, pas en colonnes, ne s'arrondissent pas en voutes, ne se
D'ailleurs, économisons notre marbre et notre bronze:
•vainqueur des Pannoniens. 11 faudrait etre bien i-uscepti- dé'co(J.pent pasen chapiteaux et en bas-reliefs, aussi vite
bon nombre de nos poetes ont leur statue) nous sommes
lble pour s'effaroucher de ce sujet-la !
que le azon ponsse sur une terre bien préparée, et une en regle a vec la poésie; songeons que nous aurons peut9 construite a toujours un peu d'avance sur
J'en trouve un tres-heureux et d'un intéret plusactuel salle toote
etre, avant qu'il soit longtemps, a donner a des pro,dans les dernieres nouvelles qui nous arrivent de Portu- une salle a construire : le théatre du boulevard Sébastopbetes des témoignages de nos respects el de notre ad-·
gal; je le recommande au ministere de l'instruclion pu- pol (rivc gauche) nous ouvrira done ses portes avant le
miration.
blique de cet heureux pays; il se résume en ces'terme~ : · Théalre Jnternational.
Je veux parler des propbetes de la météorologie.
S. M. le roi de Portugal essayant, a Alfeite.) un boulet de
Le directeur est un charpentier tres-babile; non pas Chaque jour en voit surgir 1rn nouveau parmi nonR oa. a
son invention qui supprime le canon rayé.
un charpentier a la fa~on de MM. Bouchardy, Dennery, l'étranger : noas avions M. Mathieu (de la Drome) ,
Ah! qui done supprimera le canon et le boulet!
Anicet l3ourgeois, c'est-a-dire un cbarpentier eb drames, M. Coulvicr--Gravier, et voici M. Gall qui prophélise tous
La liberté absolue régnait dans la plancte de mon mais bien un cbarpentier en bois, ce qui est un métier les soirs dans le Pays, journal de l'Empire.
Je ne sais quel est le Dieu qui !'inspire, s'il lit, comme
ami ... Voici le buHetin de la liberté des théatres depuis qui a aussí ses petites difficultés.
JI avait ch arpen té la salle du boulevard Saint-Germain,- M. Mathieu (de la Drome), daos les I11ouvements des
qu'elle a daigné nous sourire :
On sait qu'a Bordeanx un nouveau théatre fait flores. 011 la musique n'a fait que passer , et on ne lui avait pas astres, ou hien, comme M. Coulvier-Gravier, dans les
Un théatre populaire a été tout récemment ou-.ert a payé sa charpente. Homme d'invention, il se &lt;lit un beau évolutions des étoiles filantes; mais il est certain que
jour: (( J'ai la une grosse créance, il ne faut pas qu'elle l'événement du lendemain a plus d'une fois justifié ses
Toulouse. La salle contient deux mi lle spectatenrs.
• A Lyon, un Thidtre des Variétlls fait bravement con- soit stérile; j'exploiterai la salle que j'ai construíte, et prédictions du jour.
Le prohleme du temps futur est posé, il faut qu'il soit
currence, depuis cjuelques jours, aux deux théatres sub- Je directeur de -théatre paiera le charpentier. 1&gt;
Et, comme il n'aime pas les choses qui trainent, le soir résolu; peut-etre verrons-nous l'époque fortuuée ou
ventionnés.
a.u moment de sortir de chez nous, nous n'hésiterons
Saint-Étienne vient d'inaugurer une salle de vaude- méme il débutait daas sa nouvelle profession.
Tous cenx qui ont affaire a lui se louent beaucoup de plus entre notre parapluie et notre canne.
ville sous le nom de Théatre des Familles. Nom oblige :
voila un théatre qui ne donnerasans doute que des vau- ses procédés : il exige des gens de l'ouvrage solide et
Franchement, l'homme qui nous affrancbira de toute
devilles de l'.lge d'or, qui ne chantera que des couplets proprement fait; mais il paiera bien et rubís sur l'ongle. incerti tude sur ce point aura bien mérité une statue.
Jai envie d'en demander une des a présent pour
irréprochables, qui ne se permettra que das plaisante- (( Pour avoir du bon, il faut donner le prix; i&gt; telle est sa
ries édifiantes, et dont les peres nobles seront des pa- maxime.
un tailleur révolutionnaire, qui vient d'inventer les b&lt;iu•
JI manque enco11: un peu de politique et ne sait pas tons carrés.
triarches; les jeunes premier$, des exemples a citer par
dissirnuler
ses impressions, meme quancl elles sont bonles peres a leurs fils; les grandes coquettes et les souDes b0utons carrés, quelle imagination !
.
nes.
On
lui
lit le ma.nuscrit d'une piece : pendant la lecbrettes, des parangons de vertu, et les ingénues, des
X. FEYRNET, •
modeles achevés de décence et de modestie. Si le Théa•• tnre il écoule d'un air ravi, et au dénoument :
'
(( Parbleu, dit-il a l'auteur, vous pouvez vous vanter
tre des Familles ne fournit pas des sainL~ ·et des salntes
au calendrier, il méritera de perdre son nom. Et avec de travailler joliment ! &gt;&gt;
CORRESPONDANCE DE VALACHIE.
Je suis sur que jamais une phrase pareil1e n'est tomcela, il a pris l'engagement rl'etre plus gai et plus comíbée
des
levres
de
M.
Édouard
Thierry,
de
M.
de
la
Rouque que pas un, car il se qualifie théatre boutfe. Oh ! oh!
AU DIRECTEUR.
Buchare,t, 1O juillel.
M. le directeur du Thétitre des Familles ne risque ríen nat, de M. Marc Fournier ou de M. Montigny.
Et pourtant, comme cela encouragerait les jeunes aud'etre uu homme d'esprit!
On sait que le prince Couza, partí de Bucharest le
Marseille se prépare a construire, a I'entrée du Prado, teurs !
5
juin,
est anivé le í it Con~tantinople. La brillante répres de la place C~tellane, un théatre qui s'appellera le
ception
qui lui a été faite par S. M. le sultan et par la
Avait-on
inventé
les
théatres
dans
la
planete
de
mon
Grand Théatre des Arts. La salle contiendra 3,000 places ;
plupart des amhassaclenrs rendait presque ccrtain, des
on y jouera des vaudevilles, des comédies, des pieces ami?
Je ne m'en souviens pas; mais je me rappelle fort bien le début le résultat de son voyage. Son Altesse dis¡lit,
bouffes, des opérettes, des opéras -comiques, et hientot,
- les directeurs se plaisent a l'espérer, - des grands qu'il ne s'y rencoutrait ni comrdiens, ni comédiennes daos une proclamation, qu'elle allait chercher auprés
d'amour, jouant la comédie a leur insu ou de propos de la cour souveraine une nouvelle reconnaissancc des
opéras.
MM. Gond.ois et Foa ont emprunté il. l'Jtalie et a l'Es- délibéré; or, le premier livre que je trouve ici' has a droits des· Principautés. En effet, au hout de tri~s-p,m

;re:mbre, pas la plus petite tache, la perfection part · une vraie planete de Cocagne. Aucun des astr.onou 'qui étaient lil. ne la connaissait, et quand on a
mes
. .
déterminer la s1tuation, afin de la 1etrouver au
VOU1ll en
.
.
·n elle avait disparo; et depms, on a varnement
. d .
,
beso1 ,
fonillé tous les coins et tous les recoms u c,e1, on n a pu
venir i.t bout de la retrouver.
_ .
Mon ami m'a raconté de cet astre extraord i: me ta11t
de belles choses, que pend_an_t ~ingt-quatre _he~ es, oobliant le monde d'ici bas, j'a1 vecu en 1magrnat1on daos
et autre monde 011 j'ai gouté le bonheur le plus pur et
les plaisirs les plus délicieux.
.
Hélas '. mon esprit est re ven u de cette merve,lleusc
1 nete ou plutót il est retombé sur la' notre ! Quelle
ch:te !Ét que je me suis désagréablement heurté a to,utes
nos miseres !
Apres l'éternelle paix et l'harmonie universelle, la
erre du Oauemark, la guerre d'Amérique, la guerre
~du Pérou la question des Principautés, les proscriptions
u Circass1ens,
' .
.
·des
la catastropbP. de la po1ogne.1 un imprimé se rencontre sous ma main; je lis, c'est un appel
aux artistes de tous les pays; _on demande a leur crayon,
aleur pinceau, une sympatb1que ~t honorable ofl:ande:
ne loterie s'organise, et le prodmt de cette loter1e sera
~e capital a l'aide duque! on fondera une maison d'invalides polonais eu Suisse.
Une maison d'invalides, voila a quoi auront abouti
deux années .d'une lutte héroique contre l'oppression,
sous les regards de l'Europe lihérale applaudissant aux
efforts de la sainte insurrection. Voila le monument de
la derniere guerre de l'indépendance polonaise !

�68
de jours, toutes les
résistances malveillantes étaient
vaincues, et le prince Alexandre obtenaitnon-seulement
la sanction de tous
les acles accomplis, mais encore
des modifications
tres-utiles et tresimportantes il. cer, tains articles de la
convention du i9
aotit i858. Un accord signé a cet
effet par le prince
et Já Porte a été
ratifié par les amb assad e urs des
puissances.
Je vous envoie
un croquis de la
premiere entrevue
du prince et du
Sultan. Aprcs une
conférehcé des pi u~
intimes, qui a duré
plus de trois quarL~
d'heure, Sa Majesté a accompagné Son Altesse
dans le salon d'attente et s'est fait
présenter un il. un
tous les membres
de la suite, qui rn
composait de M. N.
Roselti, ministre
des affaires étrangi!res; de M. C. Négri, agent des
Principautés a
Constantinople; de
M. Baligot de Beyne, chef du cabinct du prince; du
prince A. Cantacuzene et de plusieurs autres per-sonnages civils et
militaires.
Le souverain des
Principautés-Unies
a quitté Constantinople, le 20 j uin,
pour rentrer dans
sa capital e, ou l'accueil le plus enthousiaste lui a été
fait.
Le princeAlexandre, aprcs avoir
montré le plus
, grand zcle pour le
bien-etre et la vie
politique de son
pays, vient de donner, ces jours derniers, de nombreuses preuves de
son courage et de
l'affection qu'il
porte a ses sujets.
Une inond\ltion
formidable cou vrait une partie de
Bucharest. Son Altesse,accompagnée
du D' Davila et
d'un aide de camp,
a parcouru a cheval tous les quartiers inondés,en gagnant a la nage les
en~roits les pltlS

I

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

•

69

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNlVERSEL.

menacés. 11 a fait
organiser des se.
cours, distrihuei
&lt;lu pain et des ,¡.
vres. Les secours
en argent ne man
queront pas non
plus aux inondés:
des listes de sous'.
criplions ont éte
ouvcrtes,etdenombreuses personnes
s'y inscrivent, fie.
res de suivre
l'ex~mple de leur
sou vcrain et de
meltre leurs noms
ala suite du sien.
Agréez, etc.
Pour extrait
P.

PAGET.

~

COURRIER D"ALLEIAGIK
Premiére représentalion :i Ilade de
De pa,• /e lloi, opé.
ra-comique en un
acle, paroles de
M. Laurencin; m11•
sique de M. GUJtave Héquet.
Bade, ! 3 ju11let 186'.

L'lllustration de
París sera bien
aise d'apprendre
qu'elle vient d'obtenir un bea,1 succcs a ·Bade, en la
personne d'un de
ses meilleurs rédacleurs et de soo
critique musical si
j udicieux et si autorisé, Gustave Héquet. .
De par le Roi a
été représenté,
pour la premiere
fois, le lundi ¡s
j11illct, sur le brilJant théatre élevé
par la direction de
Bade, et confié par
elle a l'architecte
Couteau.

ÉPISUDE D~S INONDATIONS A BUCIIAREST: LE PRINCE AUXA.:'Wl\E VISITANT LE QUAI\TIEI\ DES TAllACHES. -

l&gt;'apres uu croquis,¡.. " · Am;•n.

Richard-Creui·-de-

Lion précédait l'opéra-comiq ue nouveau, et l'on sait
l'irrésistible effet
que produit ce ,
chef-d'reuvre, surtout quand il est
interprété comme
il vient de l'etre a
Bade, particulicrcment par llaJnal
et Warnotz. Ce dernier, qui faisait le
role de Richard,
est un Jeune ténor
non encore connu
aParís, mais d'un
grand mérite, nonseulement comme
chanteur,
mais
comme musicien
accomp!i et mcme
compositeur distingué. II est présentement attaché au
théatre de Strasbourg.

CATA.STROPUE AIIIHVKE Sll ll J,ls c;nANII Tlll/NK HAIL\YAY ! U PONT BELORII. (Gana la). -

D'apres un croquis de M. Vinceot, de Mootréal.

�70

L' ILLUS1'RA1'ION. JOURNAL UNIVEHSEL.

L'ILLU8TRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

C'était done un rude voisinage pour l'ouvrage nouve~u, et une dangereuse concurrence, que l'exécution
prealable d'une reuvre si émouvante et toujours jeune
et fra1che, car elle est immortelle. La muFir¡ue de Gustave Héquet a on ne peut mieux, je me hate de le dire
triomphé de cettc épreuve.
'
D_e pur lt Roi se passe dans le bourg trans-pyrénéen de
Sor1a, au temps de la guerre de la succession d'Espagne,
dan~ les comm~ncements du regne de Philippe v. Ou
p~la1s de Versa11les, Mm• de Maintenon, de plus en plus
devote et prude, tient les fils de cette monarchie décrépite avant d'avoir vécu et les manreuvre a son gré. Elle
apprend que MM. les mousquetaires d-u roí et autres
gentilshommes fran~ais, ayant sui vi tra los Montes
S. M. tres-catholique, pour servir d'appui a son tróne
encore _peu enraciné et mal solide, a peu pres comme
nous fa1sons présentement au Mexiquc pour l'empereur
t~ut_ frais éclos Maximilien, que ces gentilshommes,
dts-Je, font des ravages peu meurtriers, - au contraire
- daos la Vieille et la Nouvelle-Castille, en Arrago11, e~
,Catalogne, Andalousie, Murcie, Grenade et autres lieux.
Elle_ fait done ~endre au plile et faible pctit-fils de
Louts XIV un éd1t dans lequel il fait savoir que quiconque sera surpris en flagrant délit de ce qu·J vous savez,
ou seulement de rendez-vous clandestin, de déclaration
ou de toute démarche propre a compromettre une fem.
me, sera incontinent ten u de l'épouser -de par leRoi _
•
'
que 1s que s01ent
son rang et son age.'
L'un des plus contrariés de Cf:tle mesure est certes
le _chevalier d'Aubigny, capitaine des dits' mousque
ta1~es, brave comme son épée, un vrai lion qui cherche
touJours a dévorer précisément ce que la maudite veuve
Scarron n'tmtend pas qu'on croque. Le chevalier est
tellement amoureux par nature, qu'il est ca¡,able en ce
genre de tout, meme de ·sentiment, meme de roucoule~e~t, méme de platonisme. C'est ce dout il a fait l'c:tper,ence a Tolede, oü d'un co1ncnt parta1ent des acccnts
enchanteursqui l'ontétonnamment passionné et troulilé
b_ien qu'il n'_ait pu apercevoir l'objet charmant, la déli~
c1euse pens1onnaire (il en est sur du moins et ne se
tr~mpe pas, ,com_me on va le voir toµta l'heure) dont la
vo11 seule I a mis en cet état d'igoitioo iostantanée.
Par la meme raison qui fait qu'il n'a pu voir on ne
l'a pas v11 davantage; mais il a trouvé moyen de faire
passer par dessus les murs od par les grilles du couvent
e¡ arriver a leur adresse un ou deux billets incendiaires
auxquels on a répondu. O ivresse !
' , Malheureus~ment, il faut en rester la, car impossible
d aller ~lus l,om; ou. plutcit 0011, il faut aller beaucoup
pl~s lom, e est-a-d1re chaoger de garnison. Triste!
tmtel
Mais_ quoi ! o~ n'est pas mousquetaire et mousquetaire
fran~a1s pour r1en. On se consolera, il le faudra bien, et
pms, comme il est dit sagement dans le Philtre de
M. Auber:
Il faut r~gler le sentiment
Sur la marche du régiment.

Néanmoins, c'est en révant et en pensant toujours
avec regret asa helle et mélodieuse inconnue qu'il tombe
daos _le bourg de Soria chez le second alcade Malpico,
par b11let ~e l?gement, de la production duquel celui-ci
se passera1t h1en. Tant pis pour J'alcade ! 11 paiera pour
1~ mécon:ipte de Tolede, lui ef tous les siens, c'est-a~ll'e les s1ennes. - Oü est sa femme? - 11 n'en a point
1I est veuf. - Malédiction ! _ sa sreur? _ Elle est u~
peu plus vieille que les rues. - llorreur ! Et ses filies?
- Ses fi~les sont deux garfons. - Oamnation ! Heureuse_ment, il y a une fiancée du nom de Dolores, une certame ve~ve fort appétissante eocore, et qui doit épouse~ Malp1c~ par ordre, non pas du roi, mais d'uo testateur
qu_1 leur tmpose a tous deux cette obli,,,ation sous
peme' pour cel~i qui refusera, de perd;e sa ~uotepart ~e la success1on. Heureuse découverte, et sus a la
fiancee !
La veu_ve e~t une ~lace assez démantelée, a en juger
par 1~ tres-fa,ble resistauce qu'elle oppose a l'assaut
s~udatu du mousquetaire. Le rendez-vous est donné
seau:e tenante, et tout irait visiblement comme sur des
r?ulettes, j'en ai peur pour le second alcade de Soria
s1 _les garrous de celui ci, qui sont des filies, ne se j/
ta1ent - naturellement - a la traverse de ces galopantes amo_urs. Le malin ma~istrat municipal, qui sait
son Fran~a•s sur, le bout du doigt, les a obligées, a l'approche dn mousquetaire, !'une, Manuela, de revetir, l'u-

ni forme de guerillo' et l'autre An"ela de mettre le
raba~ e~ d'e?dosser, avec le m~nte:u, i•habit noir du
~lus JOh peltt ahbé. Mais les filies soot comme les nalto?s, apparemment, et n'aiment pas a étre sauvées plus
qu elles ile v~ulent. Celles de Mal pico' trouvant que la
"euve leur fa1t du tort, accourent done s'cntremettre
entre les soupirants improvisés, l'une avec son bréviaire
et s_on hymne_ : Su/tete, flol'es martyrv.m, que la charmantc
pettte lady T_artuffe dé bite, d'ailleurs, il en faut convenir,
des plus agreablement; l'amre avec son mousquet et demandant a fai~e la charge en douze tcmps; mais elle
prcnd mal le sien, comme aurait dit M. Scribc.
o:Aubigny est furienx, provoque Manuela, qui s'évanou,t, co~me ~e juste, et met l'abbé en déroute. Pa~do~nez-1~•, _Sc1goeur, car il ne sait pas ce qu'il fait ! Ce
pet,t abbe s1 coquet, aqui l'on serait tenté a tout moment ~e dire, c~mme Suzanne a Chérubin: « Voulezv?us ~•en, m~os,eur, n'étre pas aussi joli que cela! »
e est I ex-pens,onnaire bien chantan te de Tole'de et .,
. t
.
. '
,
J aJOu erai, ce qui n est pas indifférent c'est Mm• F
Lefebvre.
'
···
aure-

Je connais peu de couplets aussi J'olis q··e ce ', h
"
Ul
qu ec angent Angela et Manuela complotant par pu,e
bonté a'cime,

'

Vraiment, le bien d'autrui serait ce rui vous toucbe?

de bousculer le rendez-vous de d'Auhigny et de O 1
res. , ~t'Je ne sa1s
. .
r,en de plus finement hypocrite queooce
refram des deux couplets :
Sauvons notre pauvre cousine ·
e'est un acle de charité f '

L~ cowersat_ion interrompue des amoureux et l'interveot1on a la fo1s patelioe et turbulente de Manuela t
d:An~ela, donoe lieu a un quatuor tres-compliqué, tre:.
d1ffic1le~ mais d'nn effet charmant et d'une originaltté_vra1e et graorle. La piece périt-elle, ce que je ne
ero•~ pas' ~e ~uat110~ devrail rester daos les annales de la
mus,que, ~u ,1on sa1t combien peu de bot1s quatuors existent. ~e d1s quatuor pour voix, car quant a ceux écrits
P?Ur rnstruments ~ co_rdes, nous n'en maoquons poiot
d excellents, grace a 01eu. Pour ce qui est des premiers
~uaod on aura compté le quatuor de Lucile, celui d;
1!rato et deux ou trois autres' on aura a peu pres tout
dit. C~ u'est pas une mince chance, ni un petit mérite
qu? _d augmenter d'un le catalogue de ces morceaUI si
prec1eux, rareté a part.
• Un te?dre du:' entre Angela et d'Aubigny pr~cede ce
fi?~I~ developpe et tres-hahilement agencé, oü revient
de~1s1ve~e~t dans- la bouche d'Angela l'appel au chevaher qui s enllamme si fort :

' La dééouve~te se fait par Angela d'abord, en vertu
d une let~re d elle que luí remet, comme un dépót sacre
1_~ chevaher, croya_nt ~voi~ a se battre avec le faux gue~
ull?, Manuela. Ma1s l a{fa1re n'aura lieu que le lendem~m, et le rend~z-vous avec la veuve est .ponr le Eoir
~eme. Or, Malp1co, qui a flairé anguille sous roche, arr~vera a _l'he_ure du berger, entouré de nombreux voisrns et t~morns, pour constater te crime de conver5ation
clandestme sub umbrá et, de par le Roi, requérir mariage.
La veuve ne demandant pas mieux que cette issue il
·a grand péril en la demeure, et Angela, ou l'abbé, n!
C'est a Toléde
~anquera pas de venir au rendez-vous pour supplanter
Qu'est mon couvent.
s1 elle pent, cette présomptive belle-m/&gt;re qui lui veu~
Viens a mon aide,
prenrlre _l'o~je~ d~ ses conventuelles et mystique~
Mon jeune amant t
amour
. Ams1
.
, d1t, amsi fait: plus d'abbé , plus qu•une
p1quante et elégante manola, jupe de satín courte a six
La se~ond~ ~e¡,résentation de De par le Roi, donrrée fe
ra~gsde de~tellenoire,jambe et taille fine, port camhré, vendred1 22 JUtllet, n'a fait que eontinuer et accruitre le
vo1le de pomt noir impénétrable. mais elle n'est pas succes de l'reuvre.
seule a prendre ce partí, et Manuela, non tnl)ins qu'elle
Un mot des ~riocipa_ux interpretes. Jourdan, qui a
redevenue filie, se trouve non moins qu'elle aussi au
beau~up grand,,_ depu1s qu'a Bruxelles et a Bade il a
r~ndez-vo_us. L~ veu•~ _Y vient, comme de juste, et il
~rouv~ la pl~ce qui ue lui était faite qu'insuffisamment
o cst pas Jusqu a la vteille sreur de l'alcade affriand ,
d .
·11
'
ee a Par,s, a d,t avec infiaimeot d'entrain, de bQnne huei e~ous~t
d_ont on ne Cait que parler depuis l ordre
meur et de bonne voix le r&lt;ile chanté et parlé du chevadu roi, qui n arr1ve aussi tremblante, mais tremblante
lier d'Aubigny. Mm• Faure-Lefebvre est une vraie si rene
de la peur de_ n'etre pas compromise, en sorte que
dont_ on peut concevoir réellement que le chant si sym~
quand le M_alp,co survient, entouré de son monde de
guetteurs,
ti trouve quatre délinquantes au lieu dºune. Pª'.~'q,ue _s~ffiraa¡,assionner les officiers du roi, de meme
Les f . ,
qua s adJ_omdre les populations civiles. M. Guerrin, ac. ~,re epouser toutes les quatre au chevalier serait
teur p_rec,eux et presque universel du théatre de Bade
d1ffic1le.
JI faut done qu'il chois,·sse
,
· • A ce momeot r~mpltt avec heaucoup d'iotelligence et de plaisant 1:
s~prem~; ,Ange!a _fait entendre ce suave air de To- role du sous-alcade .Yalpico.
le~e qui s est s1 b1_en gra,·é dans l'ame, toute mobile
L'Ill~tration de B~ vous portera un de ces jours le
qu ell~ estÍ d~ bouillant cheval'er. A son tour, il la re-·
~ortr.a1t de ,Gustave Hequct, dessiné par Lallemand et
conn~1t, e le ole son voile, il la regardc et. .. vous ·u,,~ave p~~ L~vy, deux artistes dont vous connaissez l'hagez s1 son choix est faiL
J
htle_té. Sil n est pas frappant' je consens a l'aller dire a
Cette piece est bien faite, amusante, et on voit qu'ell Sor1a.
est due a une main habile.
e
M. Amable M11tée, l'hahile directeur du théatre de
La musique de Gustave Héquet est savante comme son
Strasbourg, a J~gé la piece et la montera des le commeoaute~r, et cepen~ant~ par' son allure coulante, aisée,
cement de la s1u~on prochaine en en confiant l ·¡
ne l~1sse ,pas sentir, s1 ce n est aux exéc1Jtants, les d,rn. •,,. 1•e·1·1te de ~.a troupe.
,
es ro es
~nltes qu elle .renferme. C'esl la le poiot, et il n'est daos
Je ne doute p1.s un instant que París ne suive cet
que ne gate le seutiment, la vue de
d1artI' aucun
IB
,resultat
.
~xemple.
L~ place oatnrelle de De par le Roi serait a
e e ort pemblement aecompli. Done la partition d
1,0péra-Com1~11e. Je flis des vreux cependant pour que
o, par le Roi ne sent aucunement l'huile et cependan~
1ºm~vrage, s01t monté au Théatre:Lyrique, parce que
elle est travaíllée con amore et avec le l\(qs grand .
J d ·
.
som.
Faure y est, et que, sans voulo,r ríen óter au mé. ne
sa. ep o,s ment1onner
,
. tout d'abord l'•uvertnre, - Je
r~te
des
auteur~, ce d~ot je suis bien éloigné, je garantís
is ourquo1 supprunée, depuis quelque trente ans par
cmqtlante representat10ns, rien que ¡,our la voir en abbé
beaucoup de compositeurs, en téte de plus grand; ouvrages,-et cetle ouverture est cxtrémement bien faite du . temps de )tm• des UI'!'ius, d'Alberoni et de M•• de
Mam_lenon! m'engageant a me eontenter, pour prix de ce
a~ec beauco~p de mélodie, et deux motifs principaux:
qu~ Je cro,s un bon conseil et un bon office de tout ce
d une. condu1te et d'une conclusioo élégante, qui s'en- qui excedera.
.
'
t~ecro1sent heureusement dans ce discourspréltminaire de
Fém MoRNAND.
1orchestre.
Pas. de tapa"e
. .
~
,
o , mais un emploi J'ud·c·
1 1eux,arns1
~~ une conna'.ssance parfaite, de toutes les ressources de
1mstrumentation moderne.
AUTOBIOGRAPHIE D'UN POETE.
' Un grand air du chevalier ouvre la partie vocale de
(Suite,)
l ~uvre. 11 _Y céle?re les plaisirs du changemeot de garmsoo, e~ ti a bien raison, puisque celui-ci l'a conduit
Pendant ces six années d'études les vacances m' _
.
'
.
'
:r
tout dro1t au bonheur. L'air est bon, tres-coupé de va1ent,
a mamte repri~e, rameoé a Bonn, sur les ri,es
chaogements de rhythmes (c'est le cas ou jamais) et n'a de ce beau flcuve, le Rhin, qui m'avait hercé tout enpas paru long, quoique étaot, montre en main' d'une (an_t, et dont les naives légendcs peuplaient ma méassez grande étendue.
'
mo1re comme
autant
de ni1.es et d'ondines. Je J'ai to ll_
,
. ,
.
~n boler~, chanté ensuite en duo par Angela et Do- ~ou~s.
a1~e, ce ~htn paternel, et plus je l'ai connu, plus
lores, a fait le plus grand plaisir. Cela est rapide et ~e I a1 a1m~ en l admirant. Le Rhin n'est-il pas une machaleurea comme les danses et le ,in doré de la volup- ¡estueuse 1mage de la vie h11maióe? Voyez-le, a sa
tueuse Espagne.
source, descendre du mont G&lt;'thar, pareil a l'enCant qui

?s

~!

71

demandent a consigner les droits de sortie--:0 ur leurs
Hélas l au milieu de ces fécond5 enivrements de la
donle de ses forces, et craint de quitter l'ahri natal, au
chevaux.
roent de parcourir une longue carriere. Cependant, pensée, l'intlexihle réalité, par la voix de mon pere, vint
- Eh bien ! je vais venir au bureau pour les satisfaire.
1110
me rappeler que le moment était arrivé pour moi de
il s'enhardit a chaque pas et prend gout a sa course
Faites sortir tous les préposés qui se trouvent a la caaventureuse. La séduction de l'inconnu l'attire; il gran- choisir une profession ! 11 fallait renoncer a ces nobles serne, et charger les pistolets de quelques-uns.
dit daos la lutle. Ce n'est déja plus l'enfant, c'est le ferveurs, a ces sublimes divagations du réve; ne plus
Je m'habillai ala bate, et descendis daos la salle d'au-jeune homme qui se précipite téte baissée dans les ha- entendre le~ ingénieoses théories de Schlégel sur l'es- berge, afio de recommander au fils de mes Mtes de ne
thétique et de Niebuhr sur l'histoire; il .fallait revenir
sards. Plus im¡,atient et plus fier que le coursier de Job,
faire aucune écriture pour les contrehandiers, ce dont il
il dévorc l'espace; de~ millions d'étincelles signalent en France, et ne considérer désormais la poésie que serait largement indemnisé. Je trouvai a ce gar~on la
,;oo passage, et les vallées s'emplissent d'une bouillon- comme un délassement agréablement dangereux de la figure bien longue, aiosi qu'a sa sreur, qui regardait ménante écume. En vain, le lac de Constance espere le re- vie pratique. Mon oncle, qui voyait ma blessure, m'en- laucoliquement plusieurs petits canards étendus morts
couragea de ses conseils, en invoquant la dignité de
tenir daos la molle étrei11te de ses eaux dormantes : 11
et tout froissés sur le comptoir. Mais je n'avais pas le
ne daigne pas mémes'ymeler, ni lui prendre une goutte cette poésie adorée, a laquelle il fallait savoir provisoi- temps de m'attendrir et de questionncr. A peine fu~-je
de son onde, qu'il franchit d'un bond superbe. Le jeune rement faire un grand sacrifice :
dans la rue, que j'aper~us devant le hureau sept hari- La poésie ne doit jamais étre un métier, me dit-il;
.ainqueur ne s·arrete pas encore : il a besoin de toute
delles, maigres comme les sept vaches dont Joseph ex¡.lisa fougue pour triompher des nouveaux obstacles que la et, pardonne cette franche image a ma bouche alle· qua si habilement le symhole; et leurs maitres, sept
mande, il serait sacrilége de transformer la muse en
nature tui réserve. Comme un adroit et robuste lutteur,
grand coquins fte chenapans, coiffés de bonnets en peau
vache
que l'on trait pour avoir le lait et le beurre de
iJ se replie un moment sur lui-meme, puis il reprend son
de chat, serrés de cordes nouées a la ceinture, et poradomptable élan. Les lleuves et les rivieres viennent chaque jour. Si,comme je mis heureux de le presentir, tant de gros batons ferrés a la maio. Les haridelles
s'unir a lui et centupler sa force du tribut de leurs eaux. tu es vraiment né pocte, respecte la pourpre et la étaient attachées par la bride a des arbres dont elles ronAlors il se gonlle de puissance et d'orgueil; il éteint les llamme qui sont en toi, et que ríen ne saurait empécher geaient l'écorce, a défaut de picotin. En me voyant enmootagnes volcaniques, qu'il divise et traverse de son d'éclater, de resplendir un jour. Choisis la profession trer daos le bureau, le chef de la troupe, géant aviné,
flot dominateur. Enfin, il a tout vaiocu, il est roi de qui laissera le plus de loisir et donnera le moins de qui m'eut certainement écrasé en se laissant tombcr sur
l'imrnense cmpire qu'il a conquis, etsa virilité glorieuse préoccupation aton esprit : qu'elle soil comrue un 1bois moi, emhoita mon pas, et me dit d'uoe voix de cyclope :
n'a plus qu'a jouir en paix du fruit de ses victoires. peu toutru, a travers lequel la poétique Égérie p 1isse
- Mon petit blondin , il nous faut des passeC'est surtout a Bono qu'il parait suspendre sa course et toujours facilement t'apparaitre.
ports pour nos chevaux que nous conduisons en BelQuelques mois plus tard, j'entrais comme surnumévouloir se repQser de tant de travaux. Il s'éloigne a reraire
a Dunkerque dans les bureaux de la direction des gique.
gret de ce beau pays, pour descendre toujours plus lenJe fis signe au sous-brigadier de faire' entrer un autre
tement vers lamer, e'est-a-dire vers la mort, oü vont douanes; et j'ai continué depuis, selon le mot de Sim- préposé, ce qui eut lieu immédiatement.
rock, a voir la douce Egérie me sourire dans cette cars'eogloutir les hommes, les fleuves et les choses.
- Je viens expres pour vous en délivrer, bien que ce
Ces voyages successifs avaient développé en moi les riere, qui avait été celle de mon pcre, oü les traditions de soit dimanche, jour oü je suis autorisé a laisser le bupremiers germes, et l'Al.emagne m'attirait de plus en l'honneur et de la bonne camaraderie sont également reau fermé'; mais je ne demande pas mieux que de vous
plus et me retenait par une chaine magique. Un séjour persistantes, et ou je suis fier de compter de nombreux obliger, pourvu que, comme l'exige la loi, vous me préplus prolongé, a ma rentrée du collége, acheva de me amis. J'y allais, d'ailleurs, rencontrer plus d'une occa.. sentiez, daos une déclaration écrite, le signalement de
fasciner. Le pocte Karl Simrock, alors a Bono, dan&amp; toute sion de m'initier aux chances hasardeuses de l'existence, chaque cheval, et que nous puissions finir avant le troiJ'ardeur de l'érudition créatrice, recueillait et renouait et de me familiariser avec les difficultés et les épreuvcs sieme coup tle la grand'messe, oü je dois aller, et dont
d'une main pieuse les fils épars de cette épopée ger- qui font les hommes. Pom en c1ter un excmple, je vai~ 11oue entendons le premier coup sonner a l'église de
ruaoique dont il (jevait étre le dernier rhapsode. C'est raconter ici un épisode de mes débtits comme fooction- l)eulemont. llatez-vous done de me donner votre décladans la vallée inférieure du Rhin qu'ont retenti ces naire fraiohement assermenté et commissionné.
J'avais vingt ans. Je venais d'etre nommé visiteur des ration.
chocs immenses d'hommes et de races ditlérentes, d'oü
- Ah bah ! vous me la ferez bien vous-meme, mon
sortirent, apres tant de dévastations, tant de miseres, douanes sur la frontiere de la Belgique. C'était vers la petit blondin, et apres cela, nous boirons tous a la santé
tant de sang versé, les premieres agrégations de peu- fin de l'automne, et cette fois l'automne éta,t une pluie des amis et des bons enfants!
ples, plus nettemeot dessinées, plus solidemeut as- saos fin. Le trou ou l'on m'envoyait avait nom : Pont- C'est ce qui m'esL tout a fait défendu ; je dois acsises avec le temps, et qui devaient devenir les nations Rouge. Ce n"était, eu effet, qu'un pont sur la Lys, et ce cepter votre déclaration si elle ei:t convenablement répont avait été peint en rouge le siecle précédent. Le bumoderues.
reau
était dans une masure, tlanquée d'une autre ma- digée, mais il ne m'appartient pas de la faire pour
La légende a fait son butin de ces événements, dont
vous.
les imaginations contemporaines furent profondément sure pompeusement appelée Caserne, oü se trouvaient
Le géant prenait une couleur violette.
ent~sés
les
ménages,
toujours
en
guerre,
de
huit
préébraolées et dont le contre-coup a résonné jusque daos
Ah ~al mon petit pincé, vous voulez done nous
les ages suivants. Chaquesiecle a grossi ce legs dn passé, posés de douane, commandés par un brigadier et un faire des miseres; attention '. C'est que la moutarde pourchaque siecle y a répandu un peu de cette brume mer- sous-brigadier. Le receveur était logé dans la premiere rait bien me monter au nez, et alors, voyez-vous, gare
veilleuse qui ~nit par transfigurer les faits et gestes d'au- masure, et le visiteur ne pouvait trouver abrí que dans de l'avantl
trefois en figures épiques et mythiques.Les bordsdu Rhin une ferme-auberge située a quelques pas. Pont-Rouge
- Vous oubliez que vous etes ici dans la maison du
sont peut-etrele pays du monde ou cette poétique tr,ms- ne comptait pas d'autres maisons. Lillc était a qnatre roi et que vo1Js parlez, sans le vouloir saos doute, comme
formation de la matiere historique et légendaire s'est lieues, Ypres a semblable distance. Inutile de chercher si vous meoaciez 1m representant de l'autorité dans
opérée u-ec le plus d'abondance et de séve. On peut dire plus pres des etres dotés d'un commencement de civih- l'exercice de ses fonctions. Prenez garde, si vous n'étes
que les divers éléments de 1~ poésie du moyen age sont sation quelconque. - De Lille a Pont-Rouge, il fallait pas plus convenahlc, je me verrai forcé de ,·ous faire
venus s'y souder. L'épopée germanique se rattache di- aller a pied. C'est dans cet équiP,age qu'un samedi soir, mettre dehors par les deux hommes que voila!
reclement aux vieilles cités rhénanes de Brisach, de par un temps de brume pénétrante, je m'achemiuais
ll sortit en grognant et se uirigea vers ma ferme•cavers ma résidence, a travers des routes effondrées oü je
Wonns et Xanten; le cycle de Charlemagne, également
baret,
pour dell)ander, comme je l'avais prévu, qu'on lioriginaire de ces rives, est lié par mainte aventure a m'enfon~ais a chaque pas. Je me comparais, en mar- bellaten son lieu et place la flmeuse déclaration. On se
lngelheim, a Rolandseck, aAix-la-Chapelle, cette Mee- cbant vers un tel but, au pauvre pocte Ovide, exilé chez conforma au mol d'ordre que j'avais donné. Force fut a
que occidentale oü de nombreux pelerins viennent en- les Scythes. Je fus bien accueilli par le receveur, qui mon Goliath de rédiger lui-méme. Je laisst apenser que!
core saluer, avec une vénération superstitieuse, l'ombre m'avait loué un~ chambre daos la .ferme-caharet.
- Vous serez ic:i libre et tres-beureux, me dit-il; a grimoire et dans quclle langue, ou plutOt dans quels cadu grand Empereur. Le cycle d'Artus et du Saiot-Graal
racteres graphiques ! Jamais on n'avait introduit dans
lui-meme est descendu jusqu'au Rhin, et aujourd'hui mon age, on est sédentairc; au vólre, on aime aavoir la l'écriture proprement dite autant de fantaisie et d'huencore la tour du Cygne, a Cleves, parle de Parcival et bride sur le con; vous pourrez parcourir les Flandres mour; ces lettres ressemblaient aux lettres de l'alphabet
tout a votre aise avec ce grand lévrier, qui me parait
de son fth1 Lohengrin.
comme leurs haridelles ressemblaient a des cheA. coté de ces traditions historiques, la vallée du Rhin vous aimer passionnément.
Juge1 si ma premiere nuit dans ma pauvre chambre, vaux.
possede mille légendes gracieuses de piété, d'amour,
- lropossil,le '. Tout a fait imp¡¡ssible ! On me destidontje
sens encore auJourd'hui l'odeur de fraiche peinlleurs délicates et naives, semblables au VergisS-f7Ulintuerait,
luí dis-je avec le plus grand calme, si j'acceptais
ture a la colle de poisson, m'apporta deneves dorés ! Je
nit1't, dont les blondes jeunes filies parfument en mai le
un pareil écrit pour base d'une opération réguliere;
lin qui eroit sur ces bords. La main la moins exercée dormís fort peu. Au petit jour on frappa a ma porte. qu'un autre d'entre vow,essaJe de fairecette déclaration
en tresse de jolies couronnes, et tout poete rhénau en fait C'était le sous-brigadier.
conformément a la loi; mais qu'il se bate, car voila le
- Qu'y a-t-il?
llll bouquet : quelques brins de muguet des bois s'y
second
coup de la ruesse qui sonne, et je vous rappelle
- Monsieur, c'est M. le reeeveur qui m'envoie vous
melent, et il se dégage du tout je ne sais que! arOme
qu'au
troisi~me
je ferai fermer le bureau.
prévenir qu'il part a l'instant pour Lille, et qu'il vous
1111,age qui agace et qui charme.
Goliath grommela plus fort que la premiere fois, mais
Tell étaient les trésora qu'amassaitKarl Simrock, et prie, par conséquent, de ne pas vous absenter aujour- s'il ne me mena~a plus en paroles, il se dédommagea
qn'il enchassait, comme autant de joyaux précieux, dans d'hui, bien que ce soit dimanche.
- Dites a M. le receveur que je ne m'absenterai par les foudrcs de ses yeux et la terrible expression de
Ita poemes et daos ses ballades ; tels étaient les sujets
son visage. Deux autres allerent successivement s'esde nos conversations daos ces poétiques promenades, oü pas.
Et j'enfon~ai ma tete dans mon dur oreiller pour sayer; mais, comme ils étaient moins lettrés encore que
l'oncle communiquait libéralement au neve11 l'essence
leur capitaine, j'eus heau jeu pour opposer d'autant plus
et le meilleur fruit de ses méditations et de ses travaux. méditer mieux sur roa destinée. Une heure plus tard, ma fin de non-recevoir.
~semblait sourire a la pensée d'en~emencer cette jeune nouveaux coups frappés a ma porte. C'était le méme
N. MARTJN.
unagination, pleine d'enthousiasme, de maniere a y faire mcssager galonné.
(La
suite
prochainement.)
- Ah! ruonsieur le visiteur, vous avez eu une bonne
pina tard éclore des fleurs qui, par leurs couleurs et
idée
de rester, car la bande des contrebandiers a cheleun parfuma partieuliers, témoigneraient de la prédo- - - - , . , - ~ .,._.....,___a__
val
vi1mt
d'arriver ponr aller a vide, en Belgique, et ils
llinance de la patrie alleaande.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
OAl!DIEROII

LES VICTIMES DE LA MODE, par BERTALL

l&gt;RAMATJQUE.

L'agitation de
la liberté · des
théatres commence ase calmer un
peu; c'est dire
r¡ue dans quinze
jours on n'en parlera plus dutout,
et &lt;¡ne peut-étre
alors la question
deviendra sérieuse.
En atteodant,
voici un projct
dont il est pcrmis
dr. parler ~aos
rire, un projet
qui se présente
d'un air posé, un
projct qui porte
luncttes, qui a du
ventre, et, si je
ne me trompe,
11 n trl!s-gros succcs daos ce vcntre.
11 s'agit done,
il s'agit tres-sérieusement d'uue
entrcprise dont
nous avions touch é quelques
mots il y a trois
011 quatre ans, et
qui, une fois étal,lie, sera certaine d'une looguc
durée , s'il est
vrai, comme on

L É GENDE

XIX'

(PREMIERE PARTIE ).

SIECLE.

TOll,F.TTB DE LA VICTIME.

F.11 ce leo,ps-la les maitrcs de forgc, gémissaient et l'onclu,1ri, do fer éta,t daos le monsme.

'\fais le-4,.IJJe ne l)l)uvait lunstempuc ufofaire d'uu parc1l lngement;.voyaut cela,
1\I ré1111il ~u cnníérence MM. les mdustriels malbeurcus, leur declaran! qu 11 a un moycu
-~,ir de quadruj,Jer leurs a~a•res ;, seul~meot, ~n échange, il dem1nde a rece•oir leu'.s
.Jn.rsen t 11,te proprieté, ahn des en íaire du b,eo. IIM. les marehar,ds de 11ou1eautes
•o•t. 0atks de la proposll1tn et acceptent avec reconrais~anre,

DU

73

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
!e dit, que le
temps ,, respecte
surtout ce &lt;¡u'il 1
cootribué a fonder. ~ h . , ,
Devcnu moins
na'ifqu'al'époquc
ou nous avons
détaillé lici meme le plan et les
attri butions
en perspective de ce nouveau
théatre, qui revi en dra it s u·r
l'eau s'il y était
jamais tombé,
. nous nous bornerons a quelqucs indications
principales. ·
' Premieremeor,
caren toutescho. ses il :faut bien
commencer par
la, premicre.
ment, ce thétttrc
s'élcvera ala placeque valuicéder
l'ignoble paté de
.masures qui fait
l'aogle du houle-vard Bonne-Nouvelle et dP, la ruc
Saint-Denis.
Secondement,
• ce tbéatre s'intitulera Théatrc
lnternational, ce
qui indique asm
clairement, j,:
suppose, qu'1I
commencera par

LES VICTIMES, DE LA MODE, par BERTALL.

Les marchands do nourcautés gémi&lt;saient encore mierx et logeaient le diable dans leur bourse.

luc1cdnlitu du Petil Saiut-Thon,a,, qui fü11t bieutól par
etre couuincu.

Tout d'abi,rd 011 fa,t une commaude de ceut milliuos
de cages aux ma,chands de fer Eans ouvrage.

1/

Puis un panier a, Henri Bmder pour coutenii· toul cela, puis, etc., etc.

Victime, ¡¡nales. _ Le II ari fio1t ,,ar deve?'' com_mc uu petit
. l J o peodant que MM. le&amp; marchand• • arrond!SM!DI el se
~:.:ft, n~•,~ maini. Le bon peht diable se írotte auu, les marns.

11 aura l'anw de ces mmieurs t Grand bien fui fme?

�75

L'ILLUSTRA1'10N, JOUB.NAL UNIVERSEL.

-----~~~~~~~~~~~~d~~I'.;~;.

L'lLLUS'fRATION, JO URN AL UN IVERSEL.
oner despieces étrangeres, et fin ira par n'en plus donner
que de fran~aises. C'est toujours ainsi que cela se passe.
Troisiemernent, enfin, ee soi-disant Tbéatre lnternational aura la forme d'une lyre, voila pour l'idéal; il
contiendra 6,400 places, voila pour la réalité; le prix
des places sel'a des ph1s modiques, voila pour l'égal!té,
la fraternité ... ou la mortl Car si ces places restaient
viaes, le Tbéatre International en mourrait... Mais elles
seront toujours occupées, surtout s'il a soin d'etre aussi
national et aussi peu international que possible.
·ces conditions, les dernieres surtout, - beaucoup de
places a bon marché, - me paraissent les plus pratiques
de toutes celles qui ont été émises jusqu'a ce jour. Au
prix ou sont aujourd'bui les terrains dans tous les
grands centres, plus les théatres seront vastes, moins les
places y seront eheres, et plus ils auront chance de réussir. Ainsi en ont jugé Lyon, Bordeaux, Marseille, Toulouse, ou s'élevent en ce moment de nouvelles salles
toutes conformes, ou du moins analogues au Théalre
Jnternatioaal, et comptei que ce systeme-la aura bientót
fait le tour du monde.
Maintenant que 1&lt; ces vasl~s cirques byzantins »,
comme les appelait hier, par anticipation, l'écrivain qui
a le moins bougé d'Atbenes, que ces ..-astes cirques en
forme de lyre ou de violon, non-seulement réalisent de
gros bén"éfices, mais encore propagent le gout du tbéatre
et de la mnsique; rien ne nous parait plus prolable.
Qu'ils deviennent, entre les mains du pouvoir que!
qu'il aoit, un pnissant moyen de conservalion, ce n'est
pas une probabilité, c'est une certitude, c'est l'éYidence,
aussi longtemps du moins que ce pouvoir s'en réservera
le controle préventif.
Enfin, et par une conséquence naturelle de ce qui
précede, q11'ils deviennent un jour, ces théatres, les seuls
historiens, les seuls journalistes, les seuls moralistes, en
un mot, les seuls éducateurs des masses, les seuls directeurs de !'esprit public; c'est encore la mieux qu'une
hypothese, a mon sens.
llais qu'il leur soit donné, par la meme raison, d'élever le niveau de l'art dramatique, j'avouerai franche •
ment que j'en doute un peu. Comparaison n'est pas raison, je le !ais bien; je sais du moins que c'est un vieux
dicton assez applicable aux choses passées et présentes;
mais comment, n'étant pas prophete, raisonner de !'avenir, s1 ce n'est par analogie? Or, que nous dit cette mé-thode appliquée a la présente question? Nous montret-elle aujourd'hui, daos les théatres populaires, des
talents supérieurs a ceux qui brillent sur les scenes d'nn
ordre plus élevéT Entre la Comédie-Fran~aise, en yjoignant les deux ou trois autres scenes qui marchent daos
la meme voie, et des tbéatres tels que l'Ambigu, le Cirque, les Délassements-Comiques, n'y a-t-il pas une
ligue de démarcation aussi tranchée qu'entre les classes
avant 178!1?
Si libéraux que soient MM. Ponsard, Émile Augier el
leurs émules du Théalre-Fran~ais, leur est-il jamais
venü a !'esprit d'écrire une piece pour la Gailé ou les
Funambules? Non; ils savent trop bien que leur véritable . auditoire est ce monde dans lequel ils sont nés,
cette société de bourgeois, de nobles, de cléricaux,
memc, qui comprend le sel de leur plaisanterie, la
finesse de leurs attaques, et dont l'improbalion, quand
par hasard elle se manifeste, est encore pour eux une
garantie de vogue. lis n'ignorent pas que les plus populaires de leurs créations, le Pill de Giboyer, par
exemple, n'auraient pas eu trente représentations a
l'Ambigu; que Got, lui-meme, dans le principal role de
cette piece, aurait paru llf'isto a Bobino. En un mot, ils
aiment le peuple, mais ils se méfient da gout des tilis.
Aussi ne comptez pas sur eux pour vos théatres populaires de six mille, de vingt mille places a six sous; ils
préféreront etre joués pour ríen devant cinquante belles
dames a la cour.
Qui done travaillera pour des tbéatres dix fois plus
vastes, et par conséquent dix fois moins aristocratiques
que ceux des anciens boulevards, pour des théatres ou
le dialogue de M. Anicet Bourgeois serait accusé de marivaudage, ou .M. d'Eunery serait trop fiu pour le public, oú ce qu'on appelle aujourd'hui des ficelles manquerait son ef.Iet, a moins de passer a l'état de cables,
pour des tbéatres, enfin, soumis a. de telles nécessités,
qu'elles nous menerout peut~tre (( jusqu'au masque,
au porte-voix et aux échas:1es du théatre a'ntique, et que
le sentiment délicat des cboses, le génie individue! de
l'acteur, sa grace ou son charme naturels deviendroot
nécessairement de, qualités inutiles?,

A ce pas.~age d'une préface toute nouvelle, j'en pour- titude et daos un lointain, devront renoncer aleurs vra¡
rais ajouter d';,.utres, empruntés a la méme source, et moyens individuels, pour recourir a des moyens d'em.
qui donneraient a mon sentiment 11De autorité saos appel; prunt d'une généralité banale ou d'un emploi funeste...
mais on me saura plus de gré d'y saisir au passage une
L'intéret dramatique de cette derniere quinzaine n'a
transition a l'annonce d'un nouveau livre intitulé : guere consisté que daos les débuts de Mil• Honorine IQ
Thédtre de Nohant.
Palais-Royal, daos l'attente du Don Quicholte de MM. Sar.
Ce vol ume, qui vient de paraitre a Ja, librairie de Mi- dou et Da!loz, pour lequel le Gymnase faisait relacbes
chel Lévy, en meme temps que le IX• tome du théatre sur rela.ches, et daos les concaurs du Conservatoire.
complet d'Alexandre Dumas, a toute la valeur et le
Ces derniers n'out pas été brillants. Le Conservatoire
charme d'une confidence venue de liaut et compléte- en arrive au procédé de ces écoles de village, qui, SOIJI
ment inespérée. Depuis longtemps on savait que la cba- peine de se voir retirer la plupart de leurs éleves, don.
telaine de Nohant avait chez elle un théatre qui, s'il nent autant de prix elt d'accessits qu'ils ont d'écoliers.
Sur huit concurrents engagés dans le steeple-chase
contenait beaucoup moins de six mille places et n'avait
pas la forme d'une lyre, jouissait, en revanche, du pri- tragique, six ont été couronnés, - dans le bon sens, vilége d'avoir pour impresario et pour auteur principal et cela sans qu'aucun d'eux eut dépassé d'un quart de
George Sand.
tete les derniers venus. Pourquoi ceux-ci ne portent-ils
On savait, en outre, que les pieces de ce théatre étaient ríen, tandis que les six autres portent quelque chose!
jouées par la famille et les plus intimes amis de l'hótesse C'est ce qu'on découvrira probablement le jour ou l'on
et de l'écrivain. On savait que ces pieces étaient d'au- saura pourqnoi le quatrieme écuyerdeMarlborough était
tant meilleures que, réservées a 11D public choisi et par si peu chargé a l'enterrement de son ma1tre.
De tous les concurrents, couronnés ou non, la coméconséquent peu nombreux, leur auteur avait pu s'y montrer daos le négligé, daos le n~turel d'un esprit qui se- die n'en inscrivait pas rnoins de vingt; ceux qui semrait saos égal au monde, s'il n'était jamais que lui- blent avoir le plus d'avenir sont, daos la tragédie:
M. Charpentier, premier accessit, et, daos la comédie,
meme.
Enfin, que dirai-je? On savait tout, du moins tout ce ?ti. Michel, deuxieme prix; M11• Angelo, premier acet~it
qui pouvait le mieux faire désirer de savoir le reste. Or tragique, et M11• Bloch, deuxieme prix cornique. Cette
ce reste, c'est justement le cadeau qu'on vient de nous derniere est une lres-joliti et toute gracieuse personne,
faire a l'improviste, au moment ou tous ces projets de et c'est la, évidemment, ce qui luí aura nui aupres de
grands théatres devaient le moins nous faire espérer ses juges. On aura craint, si on luí donnait le premier
d'avoir le Thédtre de Nohant.
prix, de céder au pouvoir de ses charmes. Ou je me
Ce petit théatre se compose de trois pieces dont une trompe fort, ou le public n'aura pas les memes scrupules,
seule, le Pll1Jé, a été représentée sur une scene publique. le jour ou Mil• Bloch en appellera a lui d'un de ces juOn n'a pas oublié que Lafont y trouva un de ses bons gements qu'il a tant de fois infirmés.
roles, et M11 • Delaporte une de ses plus heureuses créaC'est a ce tribunal supreme que M11 • Honorine a voulu
tions.
avoir affaire tout d'abord; et pourquoi non, puisqu'il
Malheureusement il arriva que le Gymnase était un faut toujours en arriver la? Aux mémes agréments que
cadre encore trop grand pour cette ravissante mini ature, M11• Bloch, agréments que, du reste, elle possede depuis
ou pour mieux dire, figurez-vous de la musique de un peu plus longtemps, la débutante du Palais-Royal
chambre exécutée au concert Pasdeloup. Voila sansdoute joint une expérience de la scene qui, eut-elle dix ans de
ce qui a décidé l'auteur a replacer ce petit acte dans le plus, semblera1t encore précoce.
recueil ou nous le trouvons aujourd'hui.
Nous avons peu de comédiennes, je dis de comédiennes,
Marielle est une piece de plus longue haleine, et de si sures d'elles-memes avecdes gestes si s)bres et si justes
portée, non pas plus juste, mais pi us haute; Marielle, et une voix si bien posée, dans la diction comme daos le
c'est l'idéal du c&lt;1médien, au temps ou un mélange de chant. Ce qui paraitjusqu'ici manquera M11• Honorine,
répulsion et d'attrait entourait sa profession d'un pres- c'est un cachet, une personnalité, sans pour cela qu'elle
tige évanoui depuis avec ce qui l'avait créé. Ce pres- rappelle une seule de nos étoiles . .Mais nous ne l'avons
tige, a force d"art et d'éloquence, l'auteur de Marielle le eacore vue que dans d,eux pieces, excellentes du reste,
fait renaitre; elle en entoure, elle en couroRDe son mais ou chaque geste, chaque inflexion de voix sont,
héros; mais ce n'est la, encore une fois, qu'un tour de en quelque sorte, notés. 11 faut done l'attendre a sa preforce : la grande valeur de l'ouvrage est plutot daos la miere création, dans une piece importante et nouvelle.
vérité et la váriété des caracteres, dans les échappées de
Au reste « quoi qu'il advien.ne ou qu'il arrive », suinature, daos les bouffées d'air pur et libre qui animent vant I'heureuse expression de M. Scribe, le succes de
a tout moment et rafraich1ssent l'action; dans ces pay- Mil• Honorine n'est plus, désormais, qu'une question cíe
sages créés d'uu mot, et surtout dans une peinlure de la plus ou de moins; l'llalie, ou elle s'est formée, et drnt
vie nomade, a faire mourir de nostalgie toul une civi- elle garde un léger accent marseíllais, l'ltalie paut
compter que nous ne la lui rendrons plus qúe daos
lisation.
Les trois autres pieces n'atteignent pas plus a la hau- l'état ou elle nous envoie ses tragédiennes.
teur de Marielle qu'elles n'ont, du reste, la prétention
A. DE BKILOY.
d'y atteindre. Elles n'en sont pas moins délicieuses en
P. S. - Lundi dernier, - tro¡i tard pour nouf, - a
elles-memes, et, de plus, intéressantes comme essai
été enfin représenté le Don Quiehotte dont notre i1ustradans un genre particulier.
Le Drac, dont le sujet est pris d'une superstition pro- teur avait déja pu dessiner une scene pendant a1e répéven~ale; la Nuit de Nool, vaguement imitée d'Hoffmann, tition. Nous reviendrons, au premier jour, sur ,ette coet enfin Plutm, imitation on ne peut plus libre d'Aristo- médie, pour laquelle le Gymnase s·est mis en ruatre, ce
phane, montrent quel parti peut tirer, méme un petit qui ne l'a pas renda plusvaste;mais lui a vah un tresA. DE B.
théAtre, de tous les genres de merveilleux. La derniere grand succes.
.,...~__,,,..._
de ces trois pieces fait voir, en outre, qu'a l'aide d'une
fable intéressante, d'une action en plein merveilleux,
des enseignements de la morale la plus pratique peuPRESSES MÉCAKIQUES
vent etre insinués a un public intelligent. Mais peut-etre
n'y a-t-il plus que l'auteur du second Plutus pour renNO lJ Vi A UX SYST É.lliS B K E ,•E Tt S
dre a l'allégorie une vie qui semblait s'étre a jamais
retirée d'elle.
PAR ■ . AUUlET
Quo1 qu'il en soit, saos blamer explicitement l'agrandissement présent et futur de nos scenes, l'auteur du
r.oiwuctaur-lécanmen, i Parí.
Théatre de Nohant tient au fond pour les petits théatre.s,
Depuis que Gutenberg, le bourgeois de Strasbourg,
et l'on n'accusera pas de ¡irecher pour son saint, celui qui
eréait,
en i445, l'art de l'imprimeri:, et que ses collaa remporté sur levaste champ de bataille de l'Odéon ces
deux victoires : Fl'an~ois le Champi et le Marq,1,is de Vil- borateurs Fust· et Schefler poursiivaient l'reuvre du
lemer. Ce qu'il voudra;t seulement, ce qu'il espere, et ce ruaitre en y apportant quelquei perfectionnements,
que je n'ose espérer, ce serait que les gr,,s théatres ne l'imprimerie a pris des dévelopiements auxquels ne
mangeassent pas les petits; car, dit-il, 1&lt; plus nous élar- peuvent etre comparés ceux d'aicune autre invention.
girons les scenes, plus nous reculerons les spectateurs, En est-il, il est Yl'Qi, d'aussi ioportante que celle de
et plus nous perdrons les effets que la vérité peut pro- l'imprimerie T
Que d'inventeura saos nomlre oot appliqué leurs faduire. Nous aurons de grands artífices; mais l'auteur,
cultés
a la perfectio11ner eta l'mener au point ou elle en
aUS&amp;i bien que les úaterpretes, foreés t'agir sur une mul-

_________

____

----~-o~n~e=t~d~e:vi~e:nt:---~le~p=erm::e~tt~r:e~,~le~m;a~ss~·a~c;re~d~~;sJiu:n~o~ce;nt~s-o;r~d~o~no~é¡-;p;ar
_
_
,,_...;él'
,
1
t~re•
les
d'une
grande
régularité
peo
anl
impress1
·ours. Les uns ont aot 10re es carac ., ~,
e
b de I H'erode Le so1·r vou~~ ver=z
'" le J·eu du guet, composé
est de nosJ .
t
l m·se
en moindre, pendant le foulage, pour un m me nom rCe' l , d'u11 r.and non1'bre de personnages tres-intéressants_:
I
'"'\S Je clichage; ceux-ci le_cornpos eur, a
es
g
ªª"'' u les rouleaux ceux-la, enfin, la presse elle- feuilles a l'heure, que daos les autres_ presse~. d I R mmée Jupiler Junon la dnchesse d'Urbarn,
aux m1press1ons ·11e a etnéo dc's •ne•
foule des faunes el des dryades,
Pages o appliquant ' la vapeur. Auss1. la presse a. .im- a une de ces machines, destinées
"-f Al zet doit la méda1 e mon s sur
" º'
Y
[lle[lle en
, '
d . d puiss·,nce inou"ie luxe et a vigaettes, que ª . au
..
.
A 11 et Diane Hérodiade et le reste. Les costumes
ression est-elle arrivee" un egre e
,
. '. d'honneur qui lui a été décernée a l'Expos1t1on umver-- po ont
t e·s 'rra·1s les ¡¡{¡eres sont pour la plupart
P
cornme etemple celle du Niw-York Sun, qui na
ne son pas r ,
.
prenon~ s de quarante pieds de longueur, se compose selle de Londres de i862.
t d' assez sales mais a la clarté des flambeaIU, ce cortége
pas room
1
, . r·me
l)isons aussi un I.OOt de ses presses a ~ouv~men
,roduira 1: plos magnifique effet.
' .
de buit cylindres_a presser, de tele ~orle _qu_ o~ imp i_
rect, ditcs Express. Ces presses sont mumes d un rece I L b e hon1me avait raison. Aux tlambeaux, e éta1t
buit eodroits a la fois, et qu'il se tire ams1 vmgt m1lle
. .
U homme et un adulte
e rav
·1
.
en
veur de feuilles mecamque. 0
1 d d Cette mascarade proven~ale1 dont I est 1mnuroéros a l'beure.
h'
t suffisent pour les faire maureuvrer, et elles se placent. sp e~bi : ressaisir le seos perdu depuis des siecles, ne
Seiie personnes sont employées sur cette mac me, e et se déplacent aussi facilement qu'u11e presse a bras. poss1 ebl e r1·en aux br·1Ílantes cavalcades des villes
lculé qu'en une heure, et avec le secours de ces
.
d. t
ce que la tahle est ressem e en
. .
P
on_ a ~a d. idus cette presse exécute un travail qui, avec
Elles sont a mouvement ,rec' par
.
é l la Flaudre fran~aise mais je sms sur que ces rose1zea•~1·en1vs pr;céués eut nécessité daos le méme espace commandée directement par une bi~lle, sa~1~ ~nterm - ~ e aui rois ou soldai;, nobles ou manants, s'amusent
les a i;
'
,
,
1 · d diaire ni de levier ni d'engrenage, mtermediaire dont ben~ ' 'plus que messieurs les Flamands. Ceux-ci
rops, pour arriver au meme resultat, 1emp 01 e
.
,
dé' t
eaucoup
,
.
de te
l'emplo1 est géneralement iec ueux.
'h b"ll nt mar,nifiquemeot pour br1ller aux yeux de 1a
six mille personnes.
.
.
d
b d'"mprimeurs en France ou s a 1 e
o
. n'est curieux comme de vo1r foact1onner cette
Déja un gran nom. re •
.'
'of- foule ceux-la se vetent de la premiere 1oque qui 1eur
Rien
.
t ' n a l'étranger, ont reconnu les avantages immenses qu
b'
la main. Pour s'amuseretrire, et pousser des
bine. Les feuilles eirculent, vont, v1enoen ' se h.
Al
t
tom e sous
. d. , d •1
mac
é 1 . L' . d s roues la frent les mac mes auze .
.
·1
,. as de poses théatrales, de gestes etu ie~, e ro es
t avec la rapidité de l' e 3.11'. aire e
'
b
¡ 11our ses br1 - c11s P
v
taSSCn
d
t'es de
M. Silbermann, de Stras ourg, emp me ,.
.
,
'.
"'Ur. 00 se Jaisse aller a l'inspiration du
.
des ailes les mouvements es mi11 e par 1
d
h nes " appr1s par c...,
v1tesse
'
d r· t lli
t !antes impressions en couleur trois e ses mac t .
t o·:u merci • l'on peut toujoors compter
ce colosse, luí donnent l' apparence e in e gence e mouvement direct. Deux de ses presses en blanc, a pum. mo~.~nt, . ea~ion• provencale.
de la vie.
tures, a mouvement varié' fonctionnent a l'Mtel des sur mMs_pd1: encore d'~utres qualités tres-estimables,
roues _de toutes
. . d t' b s poste Le Mago.Le i i a
L'appareil compte 6,200 écrous, i .,200 '00
des
et
un
Monnaies pour le serv1ce es im re .
,
. b
d la1sser-aller paríois un peu trop, une
l
1
·meos·
s,
20"
rouleaux,
400
pou
e.s,
"
_gm
d
s
presses
a
ret1eaucoup
e
,
1011
dl
"
s·in pittoresque s'imprime sur une e se
d tI b·l·te·. _ ony vit ponr ainsl dire, sur le pas
nombre incalculable de petites -~achmes, ~1de~, etc.
.
, .t le maculage. gran e a a • i '
'
bl
hme a bras de ration avec marge a decharge, pour ev1 ~r
' d I
t J'excepterai cependant Avignon. Cette an-I
d
Nous voila bien loin e a pa1s1 e mac
l'imprimerie impériale de Vienne possede une de ses ~ a por e:t I du comtat a des rues étroites et sombres,
. .
automate M Claye c1enne cap1 a e
d
Gutenber"o, "oerme puissMt qui de,vait enfanter ~ant ad_et presses a. ret1rat1on
avec margeur
· ·
. , s quasi-orientales qui tournent le os au
rveilles.
11
est
vrai
qu'a
cetle
epoque,
on
ne
voy
•
h'
d
d"flérentes
natures.
aux
ma1~on
'
tt
Ole
emploie douze de ses mac mes e 1
'
Et rore Avio-non tout eotier n'a pas ce e
uuere de J. ournaux qui, semblables au New--y:ork Sun,
.
d T s deux. M Pion passant.
en
'
o
.
,,
d
ler a M. Lah1Jre, cmq; ?ti. Mame, e our , . , ·,
'
.
. mooacale le mouvement et la v1e se re, achine _dont nous venons e par
•.
dt; J Jllm phys1onom1e
,
pour leq uel la m
900 000 trois; M. Haalberger, cinq, pour 1impr_e_ss1~n
" -.
vent daos le quartier marchand.
élé construite, depensassent en moyenne, parª°¿,. '
tratian et du Magasin pittMesque p~hhes, a Stuttgard' troMu .
. de plus charmant de plus poétique que cette
francs de papier, 50,000 francs de caracteres impre~- Paul iDupont, six, pour ses travaux illu~tres; eufin, saos
a1s qéu~1d_ le qui s'anp~lle la danse des Treilles !
.
t 450 OOOfrancspoúrlarédaction.Avecdetels ch1f.
'
.
. . c'est une de ces danse m r1 10na '
"
. . 1 1
~fr1oe~,' in eu( mis alors sur pied une armée tout entiere énumérer b1e~ d _autres 1mpr1me~•e;écharge qui impri- C'est un vrai ballet populaire, qui prodmra1t e pdus
machines a ret1rat1on avec marge ª
d f~ t , l'Opéra. le costume des danseurs et es
ou meme alimenté un royaume.
'
.
me l'Illustration, et nous espérons que nos lecteurs gdrau e e at de'licieu; Les treilles rappellent les diony
A. !'origine, les machines étaient a bras, c est-a-dire
,
.t
bonne habile de ses anseuses es
·
f·'
,
1 t bl
trouvent qu'elle s acqmt e en per
.
t ·¡ se pourrait bien que cette danse ut un
q•le l'imprimeur Jui-meme. posajt ~a 1orme .sur a a e?
,.
.
s1aques, e 1
.
b
1
a¡·ustait sa feuille de pap1er, pms encra1t la forme a dehcales fonct1on~.
P. Pu1r.
reste du culte romain íntrodu1t daos la Gaule Nar onconnaise. A un signa! donné, danseurs et danseosPs,
l'aide d'un rouleau.
.
..
.
,.
t
cadeoce
C'est en t i90 que fut faite la pre cm ere tent~t1ve d imduits par des coryphées, passent et repassen en
.
sous des gu;~landes en mousseline et des cerceaux or_nes.
I
8 no mmé
A
pression mécanique. L'invente°3:, un _ng ª! , .
u
1
~icholson se mita exécuter ses impress1oos a I a1de de
PROMENADE AU JARDIN DU MIDI.
de rnbans et de flenrs. C'est i~ Ion~ serpent bario e
~eux cyli~dres' su.r l'un desqueIs était appl!qué~- la
dont cbaque anneau étincelle. N ouhhons _pas danse
forme et dont l'autre était garai de drap. La femlle s im11.
du chevalet, qui arr1ve' celle-ci, en dro1te, hga~ du
1
oyen a·,.,e· un homme élégamment costume, ayant le
primait en passant entre ces deux rou eaux.
Le m1'd1' de la France est le portique de titalie, cela.ª m
º '
1 . f ·t f . l
En l804 un horloger de Saxe, Krenig, créala presse
N. corps passéa travers un cheval de carton, lll a1 a1rbe. e
atable bo~iiontale, et trouva ainsi le moyen d'imprimer déja été dit, je le répete. Quand on a visité Oran?e, . •- maaége a11 son des tambourins, des fifres, des haut o1s,
• .
mes, Arles, on est préparé a la vue des chefs-d ~uvre au milieu d'un cercle formé par une troupe de ~anseurs
une feuille des .deux cotes.
transalpins. Et puis le Midi a des mreurs et des h_ a_b1tudes
h t
de ru
wper
et
AppJea
ath,
en
Amérique,
reprirent
en
t8l5
"
en pantaloos blancs, en vesles blanc es e pares
Co
0
r
qu1· 1u·1 appartienoent en propre, des fétes or_1gma1e_s ?:
1
du cbapeau Un autre danD .A
bans qui s'enrou ent autonr
.. .
l,·1de'e eles formes cylindriques, et inventerent une iorme
étrange que les jeux de la Féte- ieu .ª n
d b
a la mam fa1t semblant
quoi de r,lus
,,
d
et seur, un tambour e asque
. ',. .
.
Ste·re'otypée pouvant s'appliquer sur u_ n cy_lindre.
1' .
cbeval qui s mclme pms
Un beau J·our, J''arrive a Aix ne me d_ou,tant, e r1en,
au
'
'
Les Presses atable horizontale ou a cyhndres dont on ·e vo·1s sur le courss des chevaliers coifles u.1 un ehapean de pré~enter de avome
d t ue les autres danseurs forse ~ert général¡;ment a présent, ne sont pas aulre ebos_e J
b t
lance des ruades, pen an q
.
. .
A
de
Kremoa
la
Heori
IV,
armés
de
toutes
pieces,
cheva~c
an
sur
maat
un
cercle
animé,
airitent, en signe de J01c, leurs
ITUe des perfcclionnements des deux syst.,,mes_ .
?
· · d d' bles qui tourrnenv
d 1
-i
qui des cbevaux de carton. Par ic1, es ia
.
étendards. Tout cela est tres-joyeux, tres-franc u co et de Cowper. Parmi les constructeurs mecamc1ens
' tent un brave bomme de roi qui a l'air de fort mauva1se
1 . t b. portant,
~a1 e . ien
.
de nos J·ours, se sont occupés avec succes de la co_nstruc- humeur ., par la, une reine donnanl le bra.s un bª Ia- lier, et tout cela indique un ·peur· e ben
Jom de Cannes
tion des machines a impression, nous devons c1ter au
Vous direz peul-~tre que Je su1s 1_
.
'
. d'1n qui porte dans la maio droite une epee n_u_e surL h ·n des écohers Salut a1mable
·er
rang
'l.
Alauzet,
dont
les
vastes_usines
sont
s1d
maisJ··y
arrive
par
e
e
en11
·
'
1
Preml
)]
monte'e d'un chatean de fer blanc. Puis, au mi ieu e
d ¡ G d Bretao-oe I Outue·es a París, rue Bréa, 7, et passage Stamslas, 4. PressPs
d t
colonie fondée par un fils e a ran eo .
toul cela, un concert de fifres, de tambonrs et e ,ªm~
'
ºd
ous y lirez que Cannes
mécaniques a double touche et a pQintures, pres~es en bour·10" A l'&gt;corcher les oreilles d'un sauvage du cafe de~ vrez le preniier gui e venu, v . d ;
s (c'est 1~
••"
d
dont !'origine se perd da.ns la nmt. ~~ e'.°p
.
blanc Sur lous formats, presses a retiration avec dechar- Aveugles.Je
demande a un babitant, qui semb~e P:en re
fill d la cmhsat100 romame
""" 11onr éviter le maculage, presses ª. journaux, p_resd
I bI en me pbrase consacrée), est une e e
.
"le plus grand intéret a ce spectacle, e vou oir
C
lle dont J·e m'occupe ne red
La vérité esl que aunes, ce
'
ses Stanhope' Presses a glacer le pap1er, presses a ro1
_asca~ª- e.
donae r l'explication de cette indéchiflrab e m
834 E0 ce temps-la' la France
.
gner, mate·r·iel pour la stéréotypie, etc., etc., pour chaque _ 'lonsieur, me répond-il, Réné d'Anjou, roi de siciIe, monte pas au dela de i, lé•
I choléra · le ro1 de
machi ne de ce gen re, M. Alauzet a décv_uv.ert quelque
ª
et rAogleterre étaient deso es par e
,
.
hypre, de Jéru&amp;alem, et comte de Provence p~r
t
ses Etats le contact du tleau,
. ·1nge·a·1euse ame·1·1oration qui les reo_ d 1r_reprochabl es_. de C
d
Sardaigne, craignan pour
. .
.
de-~sus le marché, voulut, daos son temps, reo brel_m_am- avait établi au pont du Gard un cordon -~au1ta1re . Qm.
1
·
1
n'est
pas
une
exposition,
so1t
umverselle'
so.1t
Aussl'
feste aux yeux de ses sujets le triompbe du cat o ic1s_m,e
. ·t . ·te· par les o-endarmes
I" t
conque venait de France eta1 mv1
.
o
.
de·partementale, ou· M. Alauzet n'ait obtenu une re_r
les
divinités
paiennes,
et
il
institua
cette
so
enm
e.
t
antame de tro1s ou
Su
1 e quar
.
le
J·ury
de
l'exposition
universel_le
de
Paris
t
d
s
piémontais
a
subir
une
pet
.
C.ompense
lupart de ces personnages que vous voyez_son e.
¡ { ontiere Un beau JOUr
de t8~5 lui
' décernait une médaille de prem1ere classe, La P
d
t quatre jours avaut de passer a r
.
'
8 ~ se·1gneurs de l'Olympe, qui disparaitront _ce so1_r evan
I
ersonne lord Brougham,
et celui de l'cxposition universelle de Londres de i 5:.,
d
t le chancelier d'Ang eterre en P . ~
les saints du paradis, comme l'erreur d_1spara1t evan se présente; le gendarme piémonta1s lm barre la route,
une médaille unique.
bl
l
pport de la vérité, la nuit devant le jour. Ces d1ables~a-~uatre et notre voyageur, revenant alors sur ses pas, est frappé
.
de
Ses machl·oes sont remarqua es sous e ra
. gambadent autour de nous on t pour m1s•10n
. d I' ·
de l'atmosphere emta solidité de la bonne confection et du fini apporte qui
de la beauté du site, e air pur,
.
.
daos l'exé'cution des détails. Nous y avons reconnu des faire enrager le roi Hérode, dont vous con~a,s_sez saos baumée de ce joli rivage. (( Voila qui vaut bien ~ice, ~e
· · doute l'histoire. A coté est l'armelto., ou la petite ª.me, r_e' ·¡ achete une villa s Y
.
'
Perfectionnemeots, tres-importants par leur simplic1te, résentée par un jeune homme qui de la. mam dro1t e dit-il, et aussitót fait ,qued .Pense, i
5t ,on ee.
P
sur le mode de donner la pression.
¡
¡
¡
et
établlt
et
Cannes
e
une croix que les démons veu ent u1 en ever,
'
h
. ·s poor Cannes d,un
bon t·ent
~ses
réun1
·ssent
tous
les
avantages
d'un
i
Et
en
effet
lord
Broug
am,
epr1
Ses Prequ•·11 de'fend victorieusement avec l'aide de so_n ange
'
t
I s amoureux ·
tirage tels que double touche, mouvement con··
O
véritable amour, fil comme presque ous e
..
'
M Al
t gard·1en. Yoici le veau d'or ou le jeu du chat. n Jette en
.
JI ava1·t decouvP.rt un com
. ·,
..
t·1ou et rapºide du cy11·odre de l'encrier. _C'est · ª.uze 'air un chat enveloppé dans un sac, et, comme ¡es mé- il tambourina sa pass10n.
• 11 • teté hab1tee
l
e e n ava1
.
qui. a eu 1··1oire·o1·euse idée de leur apphquer _une d1spo_- r·1d·1onaux ont beaucoup d'imagination, ce eh at Ieur re- ignoré, une plagc déserte, puisqu
. td
echeurs et il fit
sition semblahle a celle employée pour les pet1tes mach_11 J·usque-la que par des marins e es p .
' .
·sente le veau d'or adoré par les juifs et aussi par que 1
. prAs il amenalt de
nes arahoter ' retour accéléré. Le bouton de La mam- Pre
l b II tant et si bien que que ques mois ª .,
.
'"
d
ques cbre'tiens. ll y a enco_re l_a reine de Saba, .ª e e
, d
s compatr1otes. le
velle se de'place daos une rainure pratiquée_ ª.ºs un
1
t Londres a sa suite une nuee. e se .
'.
th
e
• l T l
qw fonda la -v1lla
Estelle' qui conduit les lro1s ro1s mages. a Be 1eem,_
·11ant
dont
l'extrémité
libre
est
art1culee
avec
b
"º
premier
en
date,
le
génera
ay
or,
rayon Oscl
les Téro.ssouns, lesquels re,,ésentent, s1 vous vou ez h,
la bielle qui c~nduit la table. De la sorte, la viteese est

1:

t:

!ª

V

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V

V

•

�76

L' ILLUSTRATION, JOURNAL UN I VE RSEL.

77

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

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LES GRANOS PINS Oll U PLAGE DK C&amp;.NNES,

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1

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~
~~

~

NOUlHLLP. PRESSR MÉCANIQUR DR 11. ALALZ6T (Voir page 74),

•

Saint-Georges, puis M. Leader, membre &lt;le
la chambre des¡Communes, puis sir Robinson
Wolfield, le grand batisseur de Canncs. c·est
alui qu'on doit le chateau de Sainte-Ursule,
construction gothique (style Tudor, comme
disent les Anglais) qui apparlient aujourd'hui alord Londerborough. Ce slyle Tudor
est en grande estime a Cannes; la villa Victoria et bien d'autres encore sont flanquées
de hautes tours a machicoulis. L'Angleterre a
posé son indélébile cachet sur ce riant littoral. Quand il quitte son ile pour aller a la
rechcrche du soleil, l'Anglais emporte son
pays avcc lui; il ne laissc en Angleterre que
le climat, et c'est pourquoi nous voyons a
Cannes tant de maisous gothiques, tant de
castels avee créneaux, tant de constrlfctions
du !Sord dépaysées sous le beau ciel proven~I, qui doit etre bien étouné de voir la brique usurper la place du marbre, et ie style
Cockne11 des comtés se substituer a l'arcbilecture des blanches villas d'llalie.
La comme partout, d11 reste, la plus grande
anarchie rcgne daos l'architecture : a coté
d'un burg en carlon-pierre, un palais mauresque. Le gothique, la Renaissance, le
chinois, tout ,cela va de compagnie. Voici,
parmi tant d'autres, la villa du Hocber, la
villa Alexandr:t, dont le stylc oriental attirc
l'attention. Je lui reprocherai le vastc turban
qui coifle le minaret : ce turban rouge me
íait toujours l'effet d'une de ces tetes de turc
qui se ciressent en s'échappant d'une boite a
surprise. Du reste, il serait trop loug de raire
l'énumération de ces jolis nids d'biver; la
place manque pour en construire de nou-

-

~.:-o·

,:'7~~---=.
;---

LA VILLA ALEXANDRA.

VUB DE CANNBS ET,DE LA PLAGB OE U rROISETTE,

!

,

veaux, et les tar&lt;l venus sout obligés &lt;l'aller
&lt;léboiser les rianls cóteaux du goHe voisin,
Je golfe Jouan, dont nous parleroos tout a
l'heure.
Et a travers ces allées bordées de maisons
de plaisance, de parterres fleuris, ou les
orangers, les myrtes, les cactus, les grenadiers, les palmiers poussent en pleine terrc,
et oil meme, au mois de janvier, on voit
les roses s'épanouir, c'est un perpétuel va et
vient d'élégantes caleches, de victorias, de
paoiers d'osier trainés par des poneys et
conduits par des Jadies ou des princesses
russes. Un Longcbamp hivernal Adeux cents
lieues de París.
Cannes, qui partage avec Je golíe Jouan,
Hyeres, Nice, Pau et Arcachon, le privilége
de recevoir la visite des poitrinaires de tous
les pays, est admirablement située sur le
rivage d'une mer d'azur, en face des iles
pittoresques de Lérins, et elle est égayée pendant l'hiver par le chaud solcil de la Provence. Daos ce coin de terre béni des dieux,
l'hiver ne dure guere que quatre ou cinq
jours, quand hiver il y a; la, les prétenlions
ne sont point excessives comme a Nice; les
trois toilettes par jour ne sont pas de rigueur, et la plus complete liberté regnf.
parmi les colons étrangers. On va, on vient,
a pied, a ane, a cheval, en carriole, en caleche, et personne n'a rien a y voir. Canncs
est un grand salon en plein air, ou cbacun se
case a sa guise. Le soir, on a le casino, et
daos le jour les visites et les excursioos, une
vie douce, racile, ou l'on égrene paisiblement
le chapelet &lt;les hcures. M11• Rache! a créé un

�1

78

L'ILLUSTRATION, JO URNAL UNIVERSEL.

pelerinage, le pelerinage au Cannet, aimable village perché a une lieue de la, sur une colline odoriférante. Garnier Pages vient d'y batir nne petite villa. Quand uue voiture fait son entrée triomphale au Cannet, les habitants
se füent : &lt;&lt; Voila des étrangers qui viennent visiter
la maison de la comédienne. ii II y a quelques années,
je trouvai a quelques pas de la villa Sardou un guide
décoré de la médaille de Sainte-Hélene, lequel me
conduisit, a travers un dédale de petites ruelles, j usqu'a
une maison percée d'étroites fenetres et d'uu aspect un
peu morose". Dans le jar&lt;lin, un joli bois d'orangers et
de citronniers, mais pas de vue. C'est la que Rache!
est venue mour1r au milieu des fleurs. Au moment ou
je prenais congé du gu1de, cet ancien soldat cueillit
une orange et me l'offrit comme une souvenir de mon
pelerinage. t&lt; J'ai choisi une orange amere, me dit-il,
cela se cons,,rve plus longtemps que les oranges doilces.
n Je mis l'orange daos ma poche, et quelques minutes
apres, ne songeant plus au don pieux du guide, j'écrasai la précieuse religue en m'asseyant daos la voiture.
Brave homme de guide ! C'était bien la peine de
cboisir une orange amere !
EDMOND TEXIER.

1.

LES INDUSl'.,_RIES INCONNUES DE LONDRES.

LES CRASSEURS D'tGOUTS.

J

11 y a quelques années, les vastes égon1.s de Londres,
qui out leur issue daos la Tam1se, étaient wmplétement
,ouverts, de sorte que toutes les personnes désireuses
d'explorer leurs sombres et peu engageantes profondeurs, avaient la faculté d'y pénétrer par la riviere, et
de s'engager en avant, daos toutes les directions, aussi
loin qu'elles le voulaient, a la condition, bien entendu,
de pouvoir supporter les affreuses puanteurs qui se clégageaient achaque pas autour d'elles.
A cette époque, il arrivait fréquemment, surtout par les
marées du printemps, que l'eau de la Tamise, refluant
daos les égouts avec la violence d'un torrent, s'échappait a travers les ouvertures grillées qui donnent daos
certaines rues, et inondait tous les has quartiers daos
le Toisinage de la riviere, qui, jusqu'aux rues de Shadwell et de Wapping, ressemblaient a une· ville hollandaise, entrecoupée de canaux fangeux. Pour remédier
a cet inconvénient, les commissaires préposés a la voirie
de la métropole ont fait construire, a l'issue daos la
Tamise des divers égouts, de fortes mnrailles en brique
avec une ouverture fermée par une solide porte en fer,
qui est disposée de telle fa~on que, quand la marée est
basse, le moindre effort venant de l'intérieur la fait ouvrir et permet aux immondices que charrient les égouts
de s'écouler daos le fleuve, tandis que, qua.rid la marée
monte, elle est si fortement pressée contre le mur par
le flot extérieur, que l'eau ne peut y pénétrer : ainsi les
riverains sont garantís des inondations qui étaient fréquentes aunaravant.
Si ce n'était un fait avéré, il paraitrait pent-etre invraisemblable que des hommes puissentse trouver qui,
pour un gain précaire et misérable, consentent, pendant
des jours et des années consécutifs, a explorer ces conduits souterrains, infects vomitoires des immondices de
la cité. Autrefois, cette professio·n avait une plus grande
extension que maintenant, l'acces dos égouts étant,
comme nous l'avons dit, entierement libre, et aucun
obstacle n'arretant ceux qui étaient désireux d'y pénétrer.
On raconte encore, parmi le peuple, plusieurs histoires émouvantes de gens égarés dans les égouts, leurs
flambeaux éteints par les vapeurs malsaines qui s'en exhalent, ayant erré daos ces catacombes fangeuses, jusqu'a
ce que, abattus, accablés, ils se soient laissés tomber au
lieu ou la mprt devait bientot venir les frapper. On raconte aussi des histoires de chasseurs d'égouts assaillis
par des myriades d'énormes rats, ayant livrt&gt; une lutte
désespéré.e contre ces auimaux pour défendre leur vie,
mais accablés par le nombre, et dont quelques jours apres
on avait trouvé les cadavres affreusement rongés. Depuis que des portes ont été placées a l'entrée des prinpaux égonts. défense a été faite d'y pénétrer a ('avenir,
et une ré~ompense de 5 livres a été promise a toute personne qui déuoocerait une contravention a cette ordonnance. Ce qui n'empeche pas cependant qu'il y ait encore aujourd'hui toute une classe d'industriels qui ga-

79,

L'ILLUSTRATION, JOURN AL UNIVE RSEL.

gneot leur vie a explorer ces voies souterraines, a la re- d'égouts sont toujours munis, dans leurs excursions,
J(ais comme tons ceux dont l'existence est précaire et
cherche de tous les objets de quelque valeur qu'ils peu- d'une lanterne sourde, ~u'ils tiennent de telle fa~o,
u~ise au hasard, les habitudes laborieuses, l'ordre·et
vent y découvrir.
r.écOnomie ne comptent pas parmi leurs vertus. Avec
11ue sa lumiere leur permette de distinguer a quelq11e
Ces gens, désignés sous le nompiltoresque deChasseurs distance devant eux. lis vont ordinairemPnt par grouPf-1
leurs gains, supérieurs au salaire des ouvriers les mieux
d'égant~, ont pour vetement ordinaire de longues blouses de trois ou quatre, moins encore par amour de la so.
yés de Londres, et qui dépassent l'appointement de
14
de velours, munies de vaste~ poches; des culottes de ciété que pour se preter secours en cas d'accident\ et
:eaucoup d'employés obligés a une certaine tenue, ils
toile gros$iere et des chaussures en lambeaux, boones pour se défendre contre les rats. Quand ils approchent
Pourraient, avec un peu de prévoyance, vivre bien, se
senlement pour marcber dans la boue, completent leur d'une desouvertures grillées qui d¡mnent sur lesrues,ih
loger convenablement et mcme arriver a mettre en réaccoutrrment. lis porteot 110 8ac sur le dos et tiennent a ferment leur lanterne, et ne négligent aucune précaa.
serve quelques épargnes pour leur vieillesse. Mais c'est
la main une perche long,1e tle sept a. huit pieds, armée tion pour échapper a l'attention des policemen. lis ne
le contraire qui a lieu. Ont-ils fait .quelque bon coup de
a l'extrémité d'une large houe en fer.lCet instrumenta conduiscnt jamais de chi~ns avec eux, parce que les filet, ils se donnent rendez-vous daos un des cabarets
bor!J1leS de Mint-street ou de Rosemary-lane, et y restent
pour eux des utili1és diverse~; ils s'en servent pour son- aboieroeots de ces animaux contre les rats les feraieot
der, avant de s'y aventurer, un terrain qui le1ir parait découvrir. lis avancent lentement, fonillant avcc leo,
3 boire jusqu'a ce que leurs poches soient vides; ils ne
retournent dans les égouts que pour se procurer les
peu sur, ou bien ils s'appuient sur ce baton comme sur houe la f:inge daos laquelle ils marchent, et visitant
moyens d'une nouvelle débauche, et c'est ainsi que, en
une canne pour affermir leur marche. S'ils viennent a avec soin les crevasses des murailles, ou se logent ord¡.
en dépit de leurs gains abondants, ils n'en sont pas
tomber daos quelque foodriere, et cela arrive souvent, nairement les pieces de monnaie et autres objets de
meme aux plus expérimentés, ils manreuvr&amp;nt avec cette quelque valeur que charrient les égouts. 11 existe ainli
moins les plus misérables habitants des plus misérables
perche et s'eflorcent de s'accrocher a quelque appui a de grands trous dans lesquels se sont amassés, depuis
quartiers de la métropole.
leur portée : ils ¡larviennent ainsi quelquefois a se tirer des années, des objets de toute sorte, tels que pieces de ' oo pourrait croire que, pa.~sant une grande partie de
eux-memes de ces mauvais pas; sans cela, tous leurs ef.. monnaie, clous, morce:i;.UX ele fer et d'autre métal, qui 1e
leur existence au milieu des vapeurs malsaines qui se
dé11agent des égouts et dont les seules exhalaisons a traforts pour s'arrachet de ces trous ne feraient que les y sont rouillés, amalgamés ensemble, et qui forment des
ve~ les grilles, daos les rues, sont redoutées co111me
enfoncer plus profondément; eucore, malgré leur per- masses compactes clont le poids est quelquefois de 50 i
pestileotielles, ces hommes portent, sur un pale visage,
che, sont-ils exposés a. y laisser leur vie, si personne ne 200 livres. Ces masi;es sont trop lourdes Jl0Ur etre cha,.
se trouve la pour leur porter secours. En fin, avec cet:e riées a bras d'hommes hors des égouts; nos iadustriels
les trafes certaines de leur insalubre métier. JI n'en est
houe, comme les chiffonniers avec leur crochet, ils doivent renoncer a se les approprier, s'ils ne ¡,arviea.
ríen.
c·est une chose assez singuliere, que les chasseurs
fouillent daos la fange des égoúts, et y cherchent le fer, nent pas a les briser, et chaque jour elles se grossissent
d'égouts soient généralemeut, ao contraire, forts, role cuivre, les cordes et les os, qui sont les principaux élé- de quelque nouvelle adjonction. Despieces de monnaie de
bustes, bien portants et ne connaissant la maladie que
ments de leur butin quotidien. lis d'éploient une sagacité toute valeur, depuis des pieces de six pence (60 c.) jusde 0001. JI y a parmi eux des vieillards de soixante et
tres-grande dans cette chasse a travers l'obscurité et qu'a des souverains (25 fr.), mais les premieres en plus
quatre-vingts ans, qui toute leur vie ont fait ce métier,
dans cette peche en eau trouble. Quoir¡u'ils n'aient plus 'grande ~uantité, des c11illers et des fourchettes d'1ret qui sont encore verts. Ces hommes paraíssent croire,
aujourd'hui les memes facilités ,qu'autrefois, les chas- gent, des couteaux a manche d'argent, et autres vaisau contraire, que l'odeur des égouts contribue a la conseurs d'égrJUts parvienoent encore a se proeurer ce selles précieuses, et des bijoux de toute sorte, composent
se"ation
de leurs forces et de leur sauté.
-qu'ils appelent une belle existe11ce, et ils traitent avec fréquemm,rnt le butin des chasseurs d'égouts. Mais alon
Nous
terminerons
en mentionnant la version singuune sorte de dédain aristocratique leurs freres moins for- meme qu'ils sont en veine, comme ils disent, ils ne ne,
liere qui circule parmi le bas peuple de Londres, de
tunés, les mud-larks (écumeurs rlu rivage), qui se livrent gligent pas de remplir leur sac de tous les menus ohJ'existeoce d'une race de cochons sauvages qui habitent
aux memes recherches daos les bas-fonds qu'en se reti- jets qui leur tombent sous la main, tels que mor.:eao1
les égouts dans le voisinage d'Hampstead. L'histoire prérant la marée laisse a dtlcouvert.
de fer, de plomb ou d'autre métal, os et débris de toute
teod qu'une truie grosse, tombée par quelque accident
Pénétrer daos les égouts et les explorer a une cer- nature. On trouve toujours une grande quantité de ces
atravers une grille daos les égouts, a mis bas sa portée
taine distauce, cela est considéré, meme par ceux aux- choses daos les égouts, parce qu'ils sont le déversoir naet l'a élevée, se nourrissant des débris qui y sont jourquels ces expéditions sont familieres, comme une aven- turel des fosses d'aisance et des eaux sales des maisons,
oellement jetés. On ajoute que ces animaux se sont
ture loin d'etre saos péril. Les dangers qu'il faut' affron- et c'est ce qui explique aussi la quantité d'objets pJi..
multipliés daos des proportions considérables, et qu'ils
ter sont aussi nombreux que divers. En beaucoup d'en. cieux, particulierement de vaisselle, qui s'y égareot
sont devenus aussi féroces que nombre•JX. Si aucun de
droits, principalement daos les vieux égouts, les murailles journellement. Quand les chasseurs estiment qu'ils ont
ces cochons n'a jamais quitté les égouts, c'est par l'exde briques ontété pourries par l'actioncontinuede l'humi- poursuivi leurs explorations assez longtemps, on quand
cel!rnte
raison qu'ils ne peuvent le faire qu'en remondité et des matieres putrides, des pans se sont écroulés, et leurs trouvailles ont suffisamment satisfait lenr attente,
tant
i.i
l'embouchure
de l'égout dans la Tamise; pour
le passage est obstrué par des amas de décombres. JI faut ils sortent de l'égout avec les memes précautions qu'ils
cela, il leur faudrait franehir un canal qui ne se tarit
apportu une grande précaution afranchir cesobstacles, ont prises pour y pénétrer, et SP. rendent a la demeure
jamais et qui se précipite vers le fleuve avec une grande
et se garder surfout de heurter le briquetage supérieur, de celui d'entre eux dont l'habitation est le plus procbe.
rapidité; or, c'est la nature obstinée des cochons de toucar le plus léger choc entrainerait une avalanche de La, on compte !'argent qu'on a pu trouver, on fait d~
jours nager contre le courant, si bien qu'ils se trouvent
pierres et de terre, et si l'on-n'était pas englouti sous lots des autres objets suivant leur nature, et on fait do
iovariablement ramenés a leur repaire; et c'est pour
r.et éboulement, on n'en sortirait certainement que con- tout une répartitíon égale entre tous. JI arrive fréquemcela qu'oo ne les a jamais vus. Nos lecteurs peuvent
tusionné et meurtri. Depuis la coostruction des égouts ment qu'au retour de ces excu,sions, quand la chasse a
croire ce qu'ils veulent de cette histoire; mais il est bon
neufs, les anciens sont généralement abandonnés par été heurense, chacun de ceux qui y ont pris part peut
de dire que les hahitants d'Hampstead n'ont jamais
nos chasseurs; mais dans beaucoup d'endroil~, les retirer de sa part de butin de 30 sh. a 2 l. st. {de 40 a
aper~u aucun de ces aoimaux a travers les grilles des
vieux con&lt;luits s'entrecroisent avec ceux de construction 50 fr.). Ce cas, du moins, n'était pas rare, il y a quel•
égouts, ni jamais n'ont été troublés par leurs grognerécente, rt dans ce dédale on est ll'es-exposé a s'égarer. ques années. Cela paraitra invraisemblable peut-etre,
ments. Les chasseurs d'égouts jamais non plus, du
ti est encore tres-dangereux de se risquer dans les petits mais, toutes compensations faites des bonnes et des mamoins
a notre connaissance, n'ont rencontré aucun des
lioyaux qui ahoutissent au collecteur principal; on ne les chances, il est avéré qu'un chasseur d'égout gagne
monstres
fahuleux des égouts d'Hampstead.
peut avancer dnns ces étroits passages que baissé ou 2 l. st. (50 fr.) par semaine, !'une dans l'autre, toute
meme a plat ventre, et souvent se trouveut accumu- l'année durant, - ce qui fait le fortjoli denier de 6 sh.
A. VERMOREJ..
lées des quantités considérables d'air vicié, qui occasion- (7 fr. 5ü) par jour. On peut estimer a deux cents environ
nent J'asphy:xie immédiate des imprudents. Ce ne sont le nombre des individus engagés régulierement daos
p~ non plus des Cables que les attaques de rat~; ces cette industrie, ce qui porte a 20,Q00 l. {500,000 fr.) le
SOCitTt IUIIOBILii:RE
animaux sont tres-nombreux et réelJement formidables reveuu tiré des égouts de Londres, chiffre qui donne lieo
daos l~s ég011.ts, et il n'est pas rare du tout qu'ils s'alta- a plus d'une réflexion 1
DE LIMOGES.
qnent aux hommes avec une furie telle que l'on ne parLes chasseurs d'égouts se plaignent tres-amerement
Capital: 1,250,000 Ir. divisé en !,500 actions de 500 fr.
vient qu'il grand'peine a leur écbapper. Ils sont parti- des entraves que les récentes mesures prises par 111 po·
comllt de pa1ronage :
culierement féroces et dangereux, quand ils se sentent lice municipale ont apportées aleur industrie, et se réacculés daos quelque coin d'oi.t ils ne peuvent pas s'é- pandent en iuvectives violentes contre les autoritéscoosPrtsititnt : M. Michel Cuc:vAurn, G.-O.
chapper; alors ils se précipitent sans hésiter snr quicon- t.mées. &lt;t On nous empeche, disent-ils, de travo.illtt
sénateur; - MM. Fran~ois ALLUAUD ainé,
que fait obstacle a leur passage. Eníln, sur certains dans les égouts, sous prétexte qu'il peut y avoir quelque
O.
ancien maire de Limoges, ancien
points, il existe des réservoirs profonds dans lesquels danger; on craint que nous ne soyons asphyxiés, ¡,ré·
vice-président du conseil général; l'eau cst retenue par des écluses qui se ferment a la tend-on, mais on n'a pas souci que le pauvre monde
D.&amp;LtSIIE,G.-O.
généra\ de division du
haute marée et ~e levent a la marée basse. L'eau se meure de faim; non, on ne s'inquiete pas de cela.•
génie (cadre de réserve); - LAPORrE,
précipite alors dans les principaux égouts avec la vio- Quoi qu'il en soit de ces mesures et de ces plaintes, il
membre du conseil municipal; - PtcoNlence d'un torrent, entrainant tout ce qui se rencontre n'en est pas moins certain que nos chasseurs rusés saNrr, maire de la ville de Limoges;-Émile
sar son passage, et les chasseurs qui sont surpris par vent fort bien trouver les moyens de déjouer la surveilPounr,
membre du conseil munir.iees trombes périssent infailliblement, s'ils ne sont pasa lance de la police, et qu'ils continuent, comme par le
pal;- Gérant de la société: C. BAILLEMoNr,
la portée de cbercher un refuge dans un emhranche- passé, a faire des gains considérables sur des objets qui,
O. ancien chef de bataillon du génie.
ment latéral. Autrefois, avant l'existence des portes en saos eela du reste, seraient a jamais perdus et salll
ObJet· de la 8oeltlt.
fer sur la riviere, le danger était beaucoup plus grand profit pour personne.
Les chasseurs d'égouts, on en peut juger d"apres ee
et se renouvelait a chaqu~ marée, dont les explorateurs
. D'apres des alignemenls arreté~ par la
TJlle, con~truire un quartier neuf pour la
d'égout.~ devaient parfaitement connaitre les époques, que nous VPDOns de dire, sont de vigoureux camarades,
populatioo manufacturil:re;
pour avoir soin de se mettre a l'abri de toute funeste bien supérieurs a tous les antres écumeurs de Londres,
a la fois par les gains qu'ils réalisent et par l'intelligenee
_Reveodre par lol~ une partie des i 20,000
surprise.
Outre la perche dont nous avons parlé, les chasseurs et le courage que nécessite leur dangereux métier,
tnetres de terrains achetés par la Société.

BIBLIO G RAPHIE.

FLORE LATINE des Dame~ et des gens du monde. Anthologie
htine. clef dPs citations latines que l'on rencontre fréquemment dans les ouvral(es des écrivains íran~is.

FLEURS HISTORIQUES des Dames el des gens du monde. Clef
des allusions a•J)[ faits et aux mots célebres que J'on renconlre fréquemment dans les ouvrages des éc' ivains íran•
cais. - Deux magnifiques volumes grand in-8º, 11apier extra, splendides photograpbies exécu1ées par Richebourg
et Pierre Petit, reprodi:ction des chefs-d'reuvre de Raph,1el,
Rubens, Le Poussin, Le Corrége, Gnérin, Prudhon, Reynolds, etc., etc. -Par PIERRE LAROUSSE, auteur du (;1•and
Dictionnoire universel du x1x• siecle.

Ces deux ouvrages sont deux mines inépuisables d"érudilion latine et d'érud:tion fran~aise. Rencontre-t-on
dans le journal, daos le roman, au théatre, dans la conversation, l'une de ces alluEions qu'il n'est permis a
personne de ne pas comprendre aujourcl'hui : Ab Jote
p1'incipium, Ab uno disce omnes: Alma parens Arcarles
ambo; Deus ex machina; Donec eris felix; Facit indignatio
v1wsum; lnvita Minerva; Just~m ac tenacem... ; Mens agitat
molem; Parturient montes; Pro aris et f0tis, etc., etc. l'Abíme de Pascal; le Bon billet qu'a laChdtre; le Nreud
gordien; l' Ane de Buridan; la Bichti de Sertorius; les Cail/oux de Dtmosthene; la ~qui/le de Si:cte-Quint; le Cha-•
peau de Gessler; le Chene d~ Vincennes ; la Queue dt, chien
d' Alcibinde; A pres moi, [P, diluge ! Ai-;e dit que/que Fi&gt;t•
tise? Apres vous, messieurs les Anglai~; .11on siége t11t fiJ.it;
Nous dansons sur un volean; l'Ordre rl!gne a Varsovie; Jl
est trop tard, etc., etc. - E p11r si muove! God save the
{)ueen; Lasciate ogni speranza; To be o,• not to be; That is
the qttestion; Time is money; .Euréka ! Anch' io son pittore;
Traduttore, traditore, etc., etc., ou consulte l'un de ces
tleux livres, et c'est le Sésame, ouvre-toi, devant lequel
s'écroulent, comme les murs de Jéricho, toutes les barrieres de l'ignorance.

Prix de chaque ouvrage :
Broché, avec une photographie.
Id. avec se¡,t photogr:i.phies.
Relié, avec une photographie. .
ld. avec sept photographies.

cieres sera complet, et il s'est écrié : « lis se beurtent
cependant á des sentiments plus fort qu'eu1; » et, pour
preuve, M. Mires donna lecture de la lettre suivante,
qu'il venait de recevoir de sa tille, Mm• la princesse de
Polignac:
« Cher pcre, voici encore une condanínation ! Le Tri« bunal de commerce te refu~e le temps de te défendrr,
« comme d'autres t'ont refusé une exrertise contradict&lt; toire ! Espere-t-on te lasser? 1.'expérience aurait du leur
« :i.pprendre que ton courage ne faihlit pas; ils t'ont
,&lt; ruiné, et ils e.~pcrent peut-etre que tes ressources épui« sées t'empecheront de continuer la lutte que to as
&lt;t entreprise pour faire triompher la. véi:ité et la ju,~tice.
« lis oublient que le malheur qui m'a frappée m'á
t&lt; rendue maitresse de la fortune que tu m'as donnée ¡
« elle sera conrncrée a ta 'défense; dut-elle disparaltre
&lt;t daos le gouffre, ton honneur n'y tombera pas!
« Soutien~ ta juste cause, appuyé sur ta filie pleine de
u respect, de dévouement et de tendresse !
« AlltLII!:. ))
&lt;t Le pere a pu achever la lecture de cette lettre saos
pleurer, mais l'immense auditoire a joint une !arme a
chaqoe phrase qu'il écoutait !
&lt;&lt; Je n'ai pas connu M. Mires dans ses jours de
prospérité; je ne pense pas cependant qu'il ait jama.is eu de motif d'etre sinon plus héureux, du moins
plus fier qu'il ne l'a été hier a la suite de l'assemblée
au sein de laquelle il venait de faire un si sincere aveu
de toutes ses infortunes, et ou le dévouement filial s'était révélé non-seulement daos son expression la plus
naturelle, et des lors la plus pathétique, mais encore
daos une le~on formulée avec une austere simphcité.
&lt;t G. )l
~

PLACEMENT HYPOTHÉCAIRE.

CLOTURF.

DE

lO fr.

3i JUILLET C0UIIANT.

DIS

BOULEVARDS DU TEMPLE.

i5

Emis~ion de huit mil/P. obligations de 500 franc~.

NOT•. - S'adre1ser· i la librairi• Larons1e •t Boy•r, 49, rue Saint-Andre-~es-Art1, a Paris.
~

Le journal l'Europe rend compte en ces termes de la
réunion des actionnaires de la Caisse des Chemim de fer,
qui a eu lieu daos la vaste salle du cirque de l'lmpératrice.
11 Seiie cenl~ actionnaires, représentant soixantecinq mi lle actii1ns, avaient répondu a l'appel de
M. Mires.
·
t&lt; Aprcs avoir passé en revue l'excellence des diverses entreprisesde sa maison, les désastres qui sont venus
un jour sur cette derniere, puis les efforts prodigieux de
courage et de persistance qu'il a tentés pour réparer un
malheur daos lequel il ne se trouvait pas seul enveloppé, M. Mires en est arrivé a dire qu~lques mots contre les adversaires qui ne se lassent pas de le poursuivre.
Alors, il a représenté ces adversaires tenaces comme des
hommes noun:issant l'espoir que luí, Mires, cessera de
lutter sitot que l'anéantissement de ses ressourcesfinan-

LA

LE

~OCIÉTÉ IMIIOBIUERE

i2
i2

TERRAIN oc

T,A SOUSCl\lPTION,

GaRANTIE : i •• hypotheque sur NEUF MILLE metres de
terrain et snr lfs immeubles a la construction desquela
seront employés les fonds de cette émission, savoir: trois
Théatres dont les baux sont signés, une Salle de concerts e{
sept Maisons bourgeoises. Le tout évalué nmr MJI.UoNs.
RrnsouRsEMENT : Outre l'intéret a 5 0/0 payable par
semestre, le remboursement s'effectuera en 31 annuités,
soit 258 obligations par an, avec béné/lce progressif de
25 fr. par an.
VERSEMENTS : 50 fr. en souscrivant, 75 fr. a la répartition, 75 fr. un mois apres, et 30 fr. par mois pendant les
dix mois suivants.
On souscrit a París, an siége social, boulevard du Temple, 36, et de la province, par l'envoi de billets de baoque ou de valeurs sur Paris, a l'ordre de M. AMm, direr.teur-gérant.
On souscrit aussi chez les banquiers correspondants de
la Compagnie.

-----..-.

COMPAGNIE

*,

*•

*•

Ces terrains out acquis aujourd'hui une
plus-value considérable;
Créer des docks,' entrepóts et ma,gasins
généraux;
Permettre aux locataires des immeubles
de la Compagnie de devenir propriétaires
(combinaison du CRl:'.mr FONCIER DE FRANCE).
Le conseil municipal de la ville de Limoges s'occupe en ce moment des subventions qui doi vent etre accordées a la
Compagnie pour l'établissement des places
ét rues du nouveau quartier.

Chaque action donne droit :

*,

*,

81

C,.Jt ftr

t • A 5 0/0 d'intéret{art. 33 des statuts);
2° A 90 0/0 dans les bénéfices (art. 3i
des statuts).
On souscrit 11. París, chez M. Ernest Huguet, banquier de la Société, 32, rue Notr'e Oame!..des-Victoires;
Et daos les départP.ment~, chez MM. les
notaires et les banquiers correspondants,
chez lesquels on distribue prospectus et
tous documents.

I

�80

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

Le JOURNAL DES PETITES
F1LLES (La Poupée modele,
meme administration que
le Journal des Demoisel/es,
boulevardaes Italiens, Nº t)
mérile toute notre sympathie.
C'est bien a de trcs-jeunes enfants que s'adresse ce
journal, et comme nous
ne sommes plus au temps
ou l'on parlait negre aux
enfants, ce journal s'exprimc en un style d'une compréhension aisée, saos nul
doute, mais dont la correction et l'élégance ne sont
poiot exclues.
Dans ce cbarmant petit
JOUl'Ilal, ou, naturellement,
la gravure coloriée et de
jolis dcssins de broderie
facile out leur place, c'est
surlout aux creurs des cnfants que l'on s'adresse;
c'est daos ces jeunes cceurs
que l'on s'efforce de répandre les bonnes semen.ces,
et l'on y parvient, nous
pouvons l'affirmer, sans
que ríen y sente le pédantisme ou le preche; la morale y regne, mais elle
y revét les plus gentils
atours.
Formar le creur est done,
certainement, le but· premier du Journal des Petites
Filies.
Ceci n'implique pas que
la culture de l'intelligence y soit négligée, témoin les excellentes causeríes historiques, que nous y
trouvons présentées de tell e
sorte qu'elles intéressent
vivement le je une esprit,auquel elles s'adressent et lui
font souhaiter de poursuivre.
Le Journal des Petites
Filies posscde, on le voit,
le fond et la forme. Ce sont
la les éléments qui font les
soeces 4urables, honorablement acquis, et, du reste, le succcs est venu, nous
:iimons a le constater.

Une commission vient4t
se c_onstituer pour ériger
unmonumentanotreg~
poete populaire, a Béraa.
ger.
Cette commission se co11,
pose de~
MM. Henjamin Antier
.
Hippolyte Oastille,
J. Co.'
hen, Paul Dalloz; Léonce
'Dupont, 1&lt;;douard Fourniet,
Ad. Guéroult, Havin, Ael
Jubinal, Pierre Lachaaibeaudie, Laffitte, Legou,é,
vice-présiden t, Léo-Lespes,
Victorien .Sardou, Albéric
Sccoud, Alphonse Tessier,
Frédéric Thomas, sous la
présidence de M. le haroa
Taylor.
Une souscription publique est ou verte dans les
bureaux de tous les jo11rnaux et chcz M. BolleLasalle, agenttrésorier, 68,
ruede Bondy.

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- M. Sabour¡n, liliraire, notre ·agcnt génóral; 66, Vil•
legas, a la Havane.
Toutes les demandes et
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ÉCHECS.
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M. W.-S.

RÉBUS.

SOLUTION DU PROBLE!IE JSº 1 70.
PAVITT.

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tu
S01.UTIONS EXACTES.

Henri Frau, D• Revel, le capitaine Charousset, Stiennon
de Meura, E. Frau, G. Naudet, le cercle des Échecs de
Liége, E. Dubedout, Ed de Vaucelle, le Cercle Laborie de
Perpignan, Henry Stielfel, A. Thionville, G. de V. Allevard,
L. Lefrancq, Café de l'Europe, il Phalsbourg, Café Bazin,
Obozinski, il Maubeuge, Léa Ricardo, Calé de la Perle, a
Lons-le Saulnier, J. Beckers.
J . .\. de R.

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.:;_i:-=---directeur-gérant.
EoM. , TExrER, rédactcur en chef.
Au&amp;.

M,1Rc ,

-----------~----------Imp. de L' ILLUSTRATION, A. Marc,
Les blanca font 111at en trois coup~.

22, rue de Verneuil.

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Les poitrinaires aiment l'Afrique; assez souvenl · ses cha•
leurs leur rend~nt la vie.

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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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