<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="2612" public="1" featured="1" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://hemerotecadigital.uanl.mx/items/show/2612?output=omeka-xml" accessDate="2026-05-17T23:45:21-05:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="482">
      <src>https://hemerotecadigital.uanl.mx/files/original/136/2612/L_Illustration._1864._Vol._44_No._1119._Agosto._0002012544.ocr.pdf</src>
      <authentication>fa41c23c1f3d4e20a3671ce6aabf6afd</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="4">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="56">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="73775">
                  <text>L'ILLUSTRATION,

;-----,..

vient4e
r érige,

1·eg~

lOUDAL DIVEBSEL.

Béraa.
1 seco11-

Antier,
J. Co.

Leont.e
ourniei,
in, Acb,
acham.

,egou,i,
-Lespes,
Albéric
Tessier,
sous la
e haroa
t publilaus lei
es jourBollericr, 68,

-

Ue ANNÉE. VOL. XLIV.

DirPdion . nédarlinn' Administralion :
Toutes lei commun'cat;on• relat;,·es au journ, 1. rerlamation•, demandes
de c~•~~ements d'aMess, . doi,·ent étre adressées frnnro i,
... AUG. ll'ARC. or• ECTEUR-GÉRA:"'WT.

tripteun
t expire
és de le
nédiateo'éproudaos la
al.

ctement
irnal et
t libraique de

l'.4ula llusner par
ircclion
ne et de
ute l'ile
assant a
,re, D066, Vil-

Les demande• d'abonnement doivent etre accomparnees
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

Samedi

6

N•

A.out

t 119.
1884..

L'admi11i1lr3lion ne ripond pas des manuscrih el ue s'engage ¡am111 á lts insmr•
Vu les traité1 • la. lraduction et la reproduclion i l'étrangtr !Onl interdiles.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60.

SOMMAIRE.
Re,uc pohtiqce de la sr m• ioe. - f,1U rrier de
Paris. - Régalea du Havre. - Dislribulloo
des prix au colléve arabe-íran&lt;;a;s d'Al~er.
- Autobiograohie d'un pecte ((in ). - Les
baius d'Arcachon. - La litterature béarn111e. - Salon de 1864. - F.1c11rsion1 sur
les c61es de Normaodie. - f.hronique musical,. - L'a,guill, ur, paroles et mu~ique de
11. Gu1tave Nadaud.
CraL'llrtl: S. M. llar1e-Perdinand-Fran~i1

?,

d'A11i1t, roi d' Espagne. - Le marahout
Ahd-el-Azis, chcr de l'insurrcclion al~é •
rieune. - f.on•oi de prisooniers danoi1, amenes de l'i e d'Aben i RenosboufJ1. - Grandes regates du Hure ( U juil et ¡. - Arrivée
de 11. P. de Ltsseps au seuil d' El-Guisr, le
10 jmllet. - Les boios rl' Arcachun ( 1 gra•um ). - Saluu de t 864 : Q!,lipe et le
Spbi111 ¡ - Un d1mancbe au wu,ée du
gnod-duc. - Escursinn• sur les cciles de
:io,maodie (l ~ravures) - L'aigui l•ur, pa1olc1 ti musique de M. Gustave Nadaud. -

ndes et
·elatives
t etre
MARC.

R•bus.

REVUE POLITIQUE
DE LA SEllAI"NE.

s cha•

S'il fout en croire les journaux
de• Vienne, les négociations enaa.
0
gees entre le Danemark et les plénipotentiaire~ de l'Autriche et de
la. Prusse auraicnt abouli , dans la
seancc du 31 jui1let, a. la signature
des preliminaircs de la paix, dont les
bases seraient les suivantes:
Cession complete des Duchés, y
compris les enclaves j utlandaises,
a l'exception du dislrict de Ribe.
L'ile d'Alsen et les Hes de la roer
du Nord resteront au Slesvig, tandis
que l'ile d'.Arroe, daos la Baltique,
rcstera au Uanemark.
A partir du dislrict de Ribe, une
rectification de la fronticre aura
lieu.en vue de tracer une li"nestrategique,sans toutefois porte;atteinle
11 l'intégrité et il l'union des Duchés.
L'incident de llendsuour"'0 cst tou.
0
J urs la grave affaire du moment,

¡/
¡¡,

M. 11.lRIE-FERDINAND FRAN~OIS D'ASSISE, ROi O'iSP4'1(K.

AbonnPmrnh pour Paris et le.1 Diípartemcnls :
3 mois, 9 fr. ; - 6 mo's. 18 fr. ; - unan , 36 fr.· - le numéro : 5 c.
la collection menauelle, 3 fr.; le ,·olume se;.,estriel , 1~ fr. '
ADO:W1'1EIIIE~T8 POUR L'ÉTRA.~GER t

Memes prix ; plus les droits de poste , sui..ant les tarifs . •
Les abono. parten! du 1•• no de chaque mois.

en Allemagne. A la Dicte, le représcntant de la Prusse, en assignant
i1 l'occupalion de la villc . danoise
des motifs purcment militaires, el
en daignant reconnaltre que la protestalion du général Hake, qui n'avait -pas d'instructions pour ce cas
imprévu, était légitimc, a cru devoir
ajoutcr que les Prussiens, n'ayant
pas cu l'intention de chasser les
troupes fédérales, ils ne s'opposaielit
pasa•leur relour. Cettc plaisanterie
n'a pas été du gotit du représentant de la Saxc, 11ui a déclaré aus• lut qu'il renon~it a soumeltre it
la dicte aucune proposition, dans
cette conviction, Mterminéc par les
fails, que ce modc de pror.éder ne
saurait aboutir. Daos le cas ou un
évéuement pareil i1 celui sur lequ1 l
ón cliscutait mrvicndrail i1 !'avenir,
le gouvemement saxon, a-l-il 1lit
encore, n'aurait qu'unc chose a
fa ire : s'y opposPr par la force.
Le llanovre s'est horné a déclarer qu'il élait regrcttaule que l'entrée dr.s Prussiens it Rendsbourg
etit fnrcé les lrouprs fédéralcs i1 se
retirer.
La chambre des cléputés du Wmlemberga décidl! qu'une protesta ti&lt; n
serait rédigéc contre !'acle de violeuce commis par la Prusse. L'urgencc a été votéc a l'unanimité.
~¡,Des dépéches de New-York acuoncent qne la situation n'a pas
changé devant Pélcrshurgh. En
Georgie, Shermau a\'ait passé la
rivicre de Chattahooche et chcrchait
á couper les commuriicalions .pu
chemin de fer entre Atlanta et Augusta. Le général confécléré Forrest
marchait ala tete de dix mille hommes, afin de paralyser ce monvement. Des engagement.q ont cu licu
entre l'armée de Hunter et les confédérés opérant leur retraite; les
fédéraux avaient pris quatre canons
et une grande quantilé d'approvi-•
sionnements,
Des nouvelles vcnucs de Charle¡¡-

�L'ILLUSTRATION . .JOURNAL UNIVERSEL.

'

ton, porlenl qne les fédéraux on l ett; rcfnulés de Jameslsland vers l'ile Morris, el qne les balll'ries confl'flérées
ont rrpoussé les cano11nicres fécléra!Ps ju•riue rlans la
rivi rrr. !-tone.Un seul monitor auraitrprouvérles aval'ies.
D'arrcs des drpcches de Louisville, les confédcrés a11raient envahi le Kentucky sous les ordres rle !fornes. Le
corps d'armée d'invasion seraitde 5,0íl0 a 15,000 bommes.
11 y a de la marge entre ces deux chiffrcs.
Le5 corn111issaircs de la reine d'Anglrtcrre ont donné
lectur~ anx dímx chambres rl•1 mcssag-e royal qui prorogc
le Parlemcnt. ílans ce message, la reine r1•gr, tte que
les elfor:ts de l' Anglcterre, de la Fra nce, de la Russie et
dé la SUCfle, n'aicul pu amener une réconcilial1on entre
le roí de' ba11e111ark et les pui,sancr,s allemandes. IWe
espere qne la paix se réalisrra dans le nurd de l'Europe.
Sa )lajc,té déplore p1:olondément que la guerre d'Amériq11e n'ait pas atteint son terme, et elle verrail avec
joic une 1·ér.011ciliation amicale entre les dcux camps.
Voila d,•s reg:els et tics vooux bien chrétiens, qui honorent Ir gouvernemenf de l'Anglct~rre, et qui ne Je comproml'llrunt pas.
L'Emperenr Maximili1m a prononcé, a son entrée a
l\Iexico, une all1,c11tion dans laquclle il promet a son
peuple un gouv&lt;'rnemcnt fort, ayant la liberté pour base.
Sa Majeslé a parlé de l'ardent palrioti~me qui l'ania,c.
Devenir, en si peu de temps, de prince aulrirhien patriote mexicain, en véritr, voila qni est acln,iraLlc, et il
faut convenir qu'il y a, pour les archiducs appelés a l'imp~11 iHc a ccindre une co11ro.nne P.xotique, de5 graces
d'Etat li,ntcs particulicrcs.
Un soulrvcment a cu lieu a Haili pour forcer le p1·éside11t Gclhrd a porlcr sccours aux insurgés dominic,1ins.
Le l'o,m ietrlu /JimanchP.rés□ me en ces termes sa dernicrc cnrrespon,tance de Naples, rclativement aux réso.
lulions priscs récemmeat a Jschia et a ce qui les avait
précédées :
« A son rctour de Londres, Garibaldi avait recu a Caprera un envuyé de la cour de Torio, qui lui co;seillait
une rlou lile cxp,'d ilion vers les cótc:s de l'lstrie ou de ta
Dálmatie et en rneme temps vers la Hongrie, en passant
par la mer Noire et les Principautés danuhiennes. Vaisscaux, argent, tout élait mis a la disposilion du blcssé
d'A•promonlc.
&lt;1 Gar1haldi gouta.it ce projet et avait commencé les enróhiments en vue de son exécution; mais il a rencontré
une résistancc énergique chez tous les hommes du p~rti
d'action, dcpnis M. Mordini jusqu'au baron Nicotera. lis
alléguaieni les diflicultcs énonnes de l'enlreprisc,jointes
a la pres~ue certiludc d'un désaveu. E11fin, le mot r,iége
aurait été prononc&lt;\ par quelqucs-uns d'rnlre enx.
L'Empercur a écrit la lettre suivante au maréchal
Vaillant, minislre de sa maison et des bcaux arts:

n enonciation, par la compagnie, au trailé qui tui as~nrait uu certain nomlire ele travaillenrs i11digcncs, contre une indernnitc' clc · 38 millions, payahlc en six annuil és; rrtro, es0 inn de 611,rroo hectar&lt;'s rle tcrrain,
moycnnarrt 30 rnillions payahles en dix annuités.
R6t1 ocrssion clu canal d'c,111 doure, moyennant 10 millions pa_valJles dans l'annéc rle la livraison du canal;
ahandon des droit~ de navigation et autres rcdevanccs,
payaloles en dix annuités.
La jouissance cxclu;ivc de la partie du canal d'eau
douce, entre le Ouady, r¡n,sah el Suez, sera laissée a la
compa¡;nie jusqu'a l'entier achevement du canal 111arilime.
La Conr de París avait décirl&lt;\, rlans nn arrct renrlu
con Ir~ mt. de S.1 int Chéron et finance rlc Clcr bois, que
l'envoi d'une corresponrlance périod1que dcstin re a etre
inséréc dans &lt;les Jou1-miux auloris~s consli1ua1t par tuimemc la publical1on d'un jonrn d ou écril pél'iodique.
Cet arret vient d'etre cassé par la Cour de cassation.
Le Cou1'Tier du Dimanche publie la lctlre suivante,
adressée par M. le maire de Chantecorps (Deux -Sevres) a
M. le sous-préfet de Parthe1rny :
« J'apprends qu'une protestation, revetue de quelques

rares signatures, vous a été adrcssre conlre l'élection
de M. Lcboiteux, membre du Conseil général pour le
canlon.
« Je m'empresse de vous as•urcr qu'aur.un reproche
11c s:i.urait etre formulé contre les parlisans tl P- M. LPboiteux, qui n'ont exercé aucuue pres,ion snr les rlecleurs.
« Je 11P. pui5 donner le memc éloge aux parLisa11s de
la cand1dat11re &lt;le M. Proust. Pendant la se111aine qui a
précede l'élecliou, de, courriers, munis de lmlletin,, les
ont semés a pleines poigoées daos tous les villages de la
cornmune.
11 Les maisons ont ~té, a plu~ieurs reprises, individuellement visitées par eux.
« M. Dupont, de Vautebis, homme d'affaired de
M. Proust. se trouvait encore, la veil e de l'éleclioo,
daos les villages de la Chapeliere et de la Coudre, appos:rnt des affiches et laisant de la propagande.
&lt;( Une ruse nouvclle a été mise Pn usage, celle de
prendre des bullctins du candidat du gouvcrnement,
pour écrire dcssus le nom du caudidat de l'opposition.

. .

. . . . - ... . . .

Comprrnez--vous ces candidats de l'opposition, qui ont
l'and-ace de semer des bulletins de rnte a pleines poi-•
gnées, ele faire visiter les électeurs par lcurs agents,
d'apposcr leurs alfiches la veille méme de l'élection, et
ces élccteurs im¡wrtincnts qui ne craignent pas d'écrire le
nom du canditlat de l'opposition sur le hulletin qui porte
le nom du candidat gouveri:iemental ! Que de perversité!
S.M. Fran~ois d'Assise Marie-Ferdinaod, d9nt l'arrivée
a Paris est annoncée pour le 16 de ce mois, est née le
13 mai 1~22. Ce prince cst le cousin-germllin de la reine
lsahelle, qu'il épousa le 10 octobre 1846. On se rappelle
que cctle ques1ion du mariage tle la reine d'E pagne
rcmua l'Europe entiere. Les prétentlants étaient l'infant
Frang:iis d'Assicc, le cornte de Trapaoi, OIs du roi des
Oeux-Sicilc~, Ferdinand II, et le comle de Montemolin.
Lcroi d'E,pagne partira le 14 aoút, accompa)(nédesa
maison militaire, du duc de Medina-Cooli et du marquis
de Santa-Cruz. Le 15, il inaug11rer1 le chemin de fer qui
relie la Frauce a la Périinsule. Sa Majesté sera re~ue
a la fronticre par l'arnhassade d'E,pagne; elle passera
cinq jours eo france. De grandes fetes lui seront tlonnée~
a París, a Saint-Cloud, a Vers:i.illes et a Fontaincbleau.
ED.l!OND TEXIER.

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

¡ trc jour, le directour rl'un spectacle forain

offrait a la
curio,ité &lt;lu pul,lic un hdmme et une femme mangeant
de, rats vivants. La justi•e e~ intervenue, et les magistrats ont condamné l'impres11rio a trente jours d'emprj.
1 sonncment et a cinq liv1·es sterling d'amende.
Voila des 111al{imaL~ bien cruels, de troubler ainsi les
plaisirs de la lihre Angleterre !
Je ne c11n11ais pas de loi q11i drfonde chez nous de.
ma11gcr des ral; vivants l'll p11l.Jli1:; de plus, nous jouis.
sons de la lihcrlé des thralrcs; pourquoi les ratophagea
ne nous feraient-il5 pas l'honneur de se réfugier en
france, et de nou~ rr,onlrer lcurs pctits talents?
Autre divertis;cmcnl angla is: soir, e; chautantcs don.
nécs par l'A11thro¡11,r,/o,so,. L' rlnl/1ropo11 /wos cst une tete
en cire pourvue d'un mécaui~mc intfrieur qu'on monte
a l'aidc d'une clcf. Le tour de clef dunné, la tele, suspcutlue au plafond, chante six airs dilfrrcnts avec les
varules. N'cst-ce pas tout a fail joli? Ju~qu'a pré~cnt, il
1 n'existe a Londres qu'une seule tete dotec de cclle merveilleusc organisation; mais_l'invcnteur est en train d'en
fabriquer d'autrcs, e.t hientót il y aura des tetes poor
toutes les voix, qui exrcuterout des morceaux d'ensemble.
Qne je me rPjou1s done d'entendre le trio de Guillaum,
1 tll par trois tetes su~pcnclues au plafond ! l.es directeurs de th&lt;'atrcs lyriques sont dans la joie. QDand il1
anront besoin drsormais d'un tenor, d'un baryton ou
d'un ;oprano, ils l'acheleront tout fait, ou le commanderont il l'av 1uce suivant leur goul, co111me un habit, un
gilct ou une paire de hnttes. En y mcttant une viog-ta1ne
de francs de plus, ils :111ront un trnor a ut de poi trine:
ce sera tout honnement admiralolc. Et avec ces chanteurs.. ti,, pas de capricr.s a rerlouter; une égal,té d'humeur parfaile; jamais un mouvcment d'ur¡:uPil, jamais
de récriminations, jarnais d'exige11ccs déplacécs. Quand
un anthropng/ossos aura fait son tcmps, on le rnettra au
rancart; il ne se plaindra pas, il ne lera point de proces, il ne drmandera pas de drdit, il n'écrira pas de
lettres ridiculcs dans les jour11aux; seulernent, il lui
restera la chance &lt;l'etre acheté au rahais par un enlrepreneur de concert. en plem vcut, et rle chanter au caré
des Ami,assadeurs apres avpir chanté a l'Opéra. Tant pis
pour les gens qui fréquentent les cafés chantants !

¡

.

.

.

. . .

. . .

. . ..

On m'apporte une lettre timbrée de Londres. Permetlez-moi de m'interrompre un instant et de la lire .
Singuliere rencontre. On m'annooce justcment que
plusieurs mernbrcs de l'arislocratie anglaise, informél
de l'admiration enthousiaste que professe une parlie de
la noblesse fran~aise pour M11 • Thérésa, et des triomphes qu'obtient cette intéressante jeune filie daos quelques salons du faubonrg Saint-Germaiu, viennent de
charger l'invcnteur de l' Anthropoglossos de fabriq uer au
plus tót, pour leur usage, une tele geure Thérésa, chantan! le Petit blcu avec le, délicatesses d'intouation pro•
pres a la délicieuse cantatrice, qui balance a l'heure
q•1'il est le succes de Léotard, de Blondin et de l'écuyer
quadrurnane.

le 31 juillet 1864.
&lt;&lt; Mon cher maréchal, je vicns vous faire part d'une
« réllcxion qui m'est survenue pendant le re pos dont je
« jvuis ici. Deux grands établissemcnts doivent etrc re« construits a París, avt'C une dt&gt;,tination bien dilfo« rente : l'Opéra et 1'11,\tel-ílieu. Le premier est deja
« commencé; le seco11d ne l'est pas erw11rc. Q•Joique
Mardi dcrnier, 'a eu lieu la distribution des prix au
« exrcutés, l'Opéra au~ frais de l'¡;_tat, l'fü'itcl-Oreu aux
Cooservatoire.
Ocs élcves de M11• Augusline Brohan, de
1&lt; frais des hospiccs et de la vit:e de Paris, tous deux ne
M. Samson·, de M. Régnicr, ont oLtenu des prix ou des
« s !ront pas rnoins pour la capital e des monuments reacccssits de tragédic, et deux des lauréats rl.e la comédie
« marqualiles; mais comme ils répontleot a eles intérets
suivaient la classe de M. Bcauvallet.
« trcs-d,fférents, je ne voudrais pas que !'un surtout pa« rut plus protégé que l'autre.
Quoi ! Suzanne, Gro¡¡-René, Mascarille formant des
« .{,es dépcnscs de l'Académie impériale de musique
Phed res, des Agamemnons, des Orestes; Polyeuc1e faisant
(( dilpasseroul malhe•Jreusement les prévisions, el il faut
l'éducation de M. Jourdain ou de Sganarclle ! Eh! oui,
(( évitcr le reproche d'avoir employé des millions pour
san~ doute! Que faut-il pour enscigner un art? 011 gout,
(&lt; un théalre, qunnd la prcmiere picrre de l'hopilal le
de l'iutclligencc, et le talent de pcrsuader aux a11tres ce·
« plus populaire de París n'a pas encore éLt\ posée. Ene
'Pl.,r-&lt;;rQ: ;;;:
dont on est convaincu, de lenr faire sentir ce que soi« ga.gcz rlonc, je vous pric, le préfct de la Sei ue a fa1re
mcme on scnt.
« commencer bientót les travaux rlc rHótel-íheu, et
COUKIUEll BIB P.IRl8,
Or, comment comprendre Moliere et ne pas comprcn11 veuillez faire diriger ccnx de l'Opéra de maniere a ne
dre
Cor11e1lle et Racine? Com111ent avoir l'e~prit ouvert
« les terminer qu·en mcme temps. Celtc conrbinaison, je Comment s'amusrnt nos vilisins &lt;l'outre-)íanche. - les nait
Racine
et a Corneille, et l'avoir fermé a Moliere Y Le
(&lt; le rPcu1111a1s, n·a aucun avanla~c pratiq11c; mais, au
to¡,h ,ges. - L'Anlh,·opng/osso.i. - La11ré,1ls lragiq11es el rou purnl de xue moral, j'allache nn grand pr1x a ce que
miq11es. - M. Livi11g·ilo11P e11 E111op~. - Les ~e, npules de . reste n'est qu'affaire de discipline et besogne didaclique.
natl,·. - L'Af•·icaine. - La d,mse au Th&lt;\:l•rr llal en. - La
&lt;1 le n11111u111cnt consacré au plaisir ne s'eleve pas avant
Les soirées chantantes de l'Anthropoglossos lai~senl
l1q1wur d,•s UJ11iluid111s &lt;lf' Vé,·arnr, - Une Hi,1oire de la
« l'as.le ,fo la s,,ulrrance.
famillt\
0011.trarte.
Tra
los
monlrs.
Ce
rpoé
M.
Duencore
a nos vorsins le loisir de se réjouir du retour de
~ Rccev1•z, mon cher maréchal, \'ass11rancc ele ma
w, girr de 11.tnranne ¡,ense do l'.\lhamlJr,1. - Deux m·- M. Livingslone, le célebre missionnaire-voyagcur qui a
· « sinrcre ami lié.
« NAroLEON. &gt;1
tiiles e11 E$pay11e. - La dépen~e d'uu voyageur et d'un
fait de si importantes découverles géographiques daos
mulet.
L'Enrperenr Napoléon, choisi comme arbitre par S. A. le
l'Afl'io¡ue ccnlrale. On cruyait que M. Livin~slone avail
vicc-roi,d Égyple et ll. Fc,dinand de Lesse¡rs, pour staComment s'amuse-t-on en France, vous le savez, et peri dans une co11trée hahitéc par des peuplades anthro_tue! sur les d1fficultrs qui s'ctaient éle1•ées relative111cnt rnuvcnt cctle chronique vo11s a entretcnus de nos rli:-- popha¡.:1•~, lor,~u'on a¡)l'rit qu'il revenait saín el s:iur en
it l'entreprise du canal de Sucz, vieut de rcudrc sa scn- trartiuns; voult'z-vous savuir cumm,·11t on s'amuse cu A11gll'l1•rr&lt;'. L'i11trrpidc savant m• rlen1currraq•1e qualre
tcnce,
An¡{lcterrc, puur le 111om1·n1; je vai~ vuu5 le dirc.
muis a Londres, el il repart,ra pour l'Afrique avcc 1les
Les princip1ux chefs de cetle décision supreme peuNu~ _excellcnts vo:sins ont de l'orrginalilé da11s !'esprit; instructioo, nouvelles, al1n de puursuiv-rc la cuurageuse
vent se ré&lt;.nmer ainsi:
il ne leur faut pas les distractions de tout le monde. L'au- et belle tach(qu'il s'e&amp;t donnée.
Vicby,

0

~

Les -magistral.~ ang-lais veulent épargner au peuple
an"lais le &amp;pectacle d'hommes mangeant des rats vivants.
M. "sénazet, si j' en crois la Gazette des étr,¡ngers, prélend
, argner a la population cosmopolile ele Bade un specep
I r .
.
1
tacle plus · agréable aux ye11x que que,01s, ma,s pus
ffensanL pour la morale, celui de ccrtaines clames dévo;aut a belles dents des fils de famillc; en conséquencc,
l'eotrée des salons et des jardins de l'établisscment est
interdite aux femmes qui ne sont pas mariées.
Reste asavoir cotnment les préposés de M. Bénazet
rPconnaissent une fcmme mariée d'une femme qui ne
l'est pas. Exigent-ils l'exhi bition de l'acte de mariage?
ou bien toute lernme est-elle présumée u'nie en légilime
maria"e avec l'homme qui tui donne le bras? La précautio~ de l'acte de mariage est plus sure, mais la fiction tégale du bras est bien plus commode, et je suppose
que M. Bénazet tui a donué la préférence.
En pubhaut le rigoureux arret de proscription porté
contre les fem mes non mariées, la Gazette des éttangers
aunonce que l'effet P.:J sera suspendo a l'époque des
courses. Voila, je l'avoue,. ce que je ne comprend, pas
tres-bien; pourquoi ce qui n'est pas moral en temps ordinaire est-il moral en temps de courses? Je voudrais bien qu'on m'expliquat cette distinction, qui me parait je l'avoue, prodigieusement subtile. Ou bien auraiton {ugé a propos d'hooorer la morale en aout et de ne la
point bonorer en septemhre? Mfü que signifie celle
demi-vertu, s'il vous plait? Serait-ce, par h1sard, qu'on
craindrait d'écarter les horsemende l'hippodrome d'If{etiheim en ne permettant pasa certaines célibataires d'applaudir a lcurs victoires? Quclle supposition offensante
pour nos gentilshommes du turf !

écrits sur les murs en lettres colossales, frappent mes
yeux : L1QUEUR ))ES MOINES BÉNÉDICTINS DE L ABBAYE DE
FilCAl!P.
Eh quoi ! les Bénédictins aussi ! Certes, je n'en voulais pas aux moines de saint Bcnoit de prétendre travailler aussi a nous rendre la dig,·stion -douce et comrnode;
mais enfin je me souvenais que les Bénédictins d'autrefois avaient rcndu de tres-grands services aux lettres, a
l'histoire, aux sciences, et je ne pouvais me défendre
d'nn certain regret de voir les Bénédictins d.i {864 dans
la liqueur.
En y regardant de plus pres, je crois avoir trouvé de
bounes raisons de douLer que les doctes religieux aient
abandonoé !'esprit pour ne s'occuper plus que du corps;
sous ces mots, qui m'avaieni alarmé, j'ai lu un nom
propre, et le propriétaire de ce nom propre m'a tout
l'air d'avoir pris une enseigne allécl1ante, sachant que
la vogue est aux liqueurs pieuses, pou.r mettre une sainte
auréole a ses bouLeilles.
D'autant mieux qu'il y avait jadis a Fécamp, je me le
rappelle a merveille, une des plus Uorissantcs abbayes
de Bénédictins de France, mais que de cette abbaye il
ne reste que l'église, qui est tres-bclle. Or, s'il n'y a plus
d'abbaye, comment y aurait-il encore des moines?

pour les tonristes en E~p:tgne : le p11.ys, les mamrs, les
types y sont ohservés et dér.rits avec un ~oin extreme
et une recher'!he d'exactitude qui apparait partout et
daos cha&lt;Jue détail. ;\l. OesLarolles a éu plaisir a voir et
il a plaisir a montrer; c'est, en outre, un compagnon de
voyagP. plein d'esprit, de cordialité et de bonne humeur,
avec lequel on n'a garde de s'cnnuyer.
ll a parcouru l'Espagne penJant huit mois, a dos de
mulet, avec son ami Giraud, le peintre au talent élégant
et éoergique a la fois. A la derniere page de son livre,
il donne, pour l'instruction du voyageur, la dépense
moyenne d'une journée :

1

pe1ell0t. quartos.

1&lt; Uner.hambre sans lit 0e muletporte
le vótre) . . . . . .• . . . . . . . . ..
(&lt; La chambre avec le lit se paye une
pczette.
« La nourriture du mulet revient environ, avec l'avoine, plus ou moins chere
selon les localités, a une pezette; mettons,
pour un étranger . . . . . . . . . . . .
« Un poulet, sur la route, · pour un
étranger • . . . . • • . . . . . . . . . .
(( Un heau lapin, toujour&amp; pour un
étranger . . • . . . . . . . • . . .. . . .
« Accommodement des plats par l'hótesse, t réal (5 sois) avec l'huile ou la
1
sauce, deux plats . . . . . . . . . . . .
(&lt; Une soupe (i réal).
« Fruits, melons, concombres, tomates, etc., 2 réaux,. .. . . . . . . '..
&lt;1 Vio, euv1ron t réal. •..•... .

On parle d'une histoire de la famille Bonaparte que
nons donnerait S. A. l. le prince Napoléoo :
Une Histoire de C~ar, par S. M. l'Empereur Napoléon lll; une llistoil'e des prfaces de la maison de Condé,
par S. A. le duc d' Aumale; une Histoire de la famille
Bonaparte, par S. A. l. le prince Napoléon. Certes, on
ne dir&amp; pas que les princes et les souverains perdent
leurs loi.-irs.
On a publiquement annoncé que M. _Brandus était reVoila les trois illustrcs auteurs que je viens de nomvenn de Berlín avec la partition complete de l'Africai11e. mer concitoyens déja de la grande république des letL'opéra, ajoute-t-on, va etre immédiatement mis a l'é- tres; pourqnoi ne les verrions-nous pas Jn jour colletude. 'Le maestro, prévoyant tout, aurait écrit, pour plu- gues a l'Académie fran~aise?
sieurs parties de son reuvre, des variantes, parmi lesL'Espagne fait parler beaucoup d'elle en ce moquelles les artistes pourraient choisir celle qui couvien ment:
drait le mieux a leur voix ou a leur talent. Je souhaite
La piece de Don Quichotte, au Gymnase, nous donne
de tout mon creur q11'il en soit ainsi. Du J\leyerbeer por
envíe
de relire ce livre suhlime et charmant, qui est le
vaut mieux que du Meyerbeer arrangé par les mains les
livre
de
tous les a.ges comme de tous les siecles, un des
plus pieuses et les plus habiles.
premiers qu'on lit et un des derniers qu·on aime a tire.
Je ne sais pas si M. Bagier nous donnera des opéras Dans peu de jours, S. M. Fran~ois d'Assise, époux de la
oouveaux, mais le bruit court qu'il recrute des dan- reine Isabelle, sera l'hote de la Frauce, et des retes ma, seuses et un corps de ballet. La danse est une tres- gnili.:¡ues seronl données a Paris, a Saint-Cloud, a Veragréable chose, sans doute, et, soit dit entre nous, il n'y sa1lles, a FontaineLleau; daos quelqucs jours aussi le
anrait pas grand'mal d'égayer un peu les représenta- chemin de fer qui réunit Paris a Madrid sera solennellelions du Théatre-Italien, qui ne laisscnt pas d'etre un ment inauguré: il n'y aura plus de Pyrénées pour les
taotinet glaciales, en dépit de la chaleur étouflante des touristes espagnols et fran~ais.
couloirs; mais est-il bien néce,saire de rccourir a la
Jusqu'a préscnt, nous ne connaissions guere l'Espagne
danse pour cela? 11 me semhle ~ue du temps de RuLini, que par les romans, les opéras-comiques, la gravare, la
de Tamburini, de Lablache,de Mm• Sontag et de M11 • Grisi, photographie et les danseuses espagnoles; mais voici
on se passait tres-bien d'entrechats, de piroucttes et de 11u'elle va prendre rang, comme la Suisse, l'Allemagne,
poíntes; je crois qu'íl suffirait, pour voir renailre les l'ltalie et l'Algérie, parmi les pays qu'on visite; nous
beaux soirs du Théatre-Itali'cn, d'avoir de grands chan- parlerons bientot de l'Alhambra, du pont de Tolcde et
teurs et de grandes cantatrices... et de chauter en de la c3.thédrale de Burgos, comrue du Vatiean, do pont
de Kehl ou de la cathédrale de Cologne; du Guadalquifran~ais.
D'ailleurs, la danse est quelque peu prodiguée en ce vir comme du Tibre, et des sommets de la Sierra-Netemps-ci : on danse a l'Opéra, on danse a la Comédie- vada comme du Mont-lllaoc ou de la Jungfrau; nous
Fran~aise, quand on joue le Mariage de Piga.,o; on danse aurons mangé de't'ol/a podrir/a, fumé des cigarettes daos
au Gymnase,()Il danse a la eorte-Saint-Martin, on danse la s:i.lle d'une posada aux murs blancbis a la chaux, apau Théatrc-Uyrique, on danse au Cirque, on danse aux plaudi aux prouesses des toreros au cirque de Séville, vu
Variétés, on danse aux Boufles-Parisieus, on danse aux danser le fandango et la cachucha sur leur terre natal e;
Folies-Marigny: ou ne danse-t-on pas? IM-il bien né- les Parisiennes auront pris des le~ons d'é,entail au
cessaire qu'on danse encore au Théatre- ltalien?
Prado, et la mantille, la jope courte, les has a coins
brorlés, le peigne haut, ficrement planté daos le chiAimez-vons•la danse? On en met partout. Aimez-vous
goon, seront en train de conqu ~rir París.
les liqueurs douces? Partoul on en fabrique. Un jour, les
Le moment est ven u pour les gardiens des monuments
ChartrPux se dirent: Pourquoi ne faciliterions-nous pas
hisloriques de l'Espague de se munir d'un album ou
la digestion du pruchaiu?-(Les pauvres gens n'avaient
puisse s'épancher l'admiration des visiteurs saos comguere besoin ·de songer a faciliter la leur). - Et, mus mettre de di\gradations.
par cette bon ne pensée, ils inventerent la chartreuse, et
Daos ses Dell:t artistes en E~pogne, M. Desbarolles ras'en fire_nf une centaine de mil le francs de rente, sans conte qu'il a Vil un album de ce genre au pa!ais de
en ~tre plus riches pour cela. A leur tour, les Trap pistes ~e l'Alliamhra. Sur la premierc page du livre sont écrits
dirent : (".ourq noi no~ con freres les Chartreux méritP-- ces mots :
raient-ils seuls les bénédictions des estomacs fatigués?
« La plupart des voyagenrs qui visiten, ce palais,
Et lesTrappistes, tt □i ne mangent pas mieux que les Ch:i.r- ayant la rnalheurcuse habitude d'en salir les marailles
treux, inventerent la trappistme; et la trappistine com- de leurs noms et de leurs µensées, ce hvre a été laissé
mence a faire joliment son chemin dans le monde.
a l'Alhambra par le priuce Dolgorouki pour éviter a
N'est-il pas touchant, du reste, de voir de saints boml'avenir de semblables outrages. 1,
mes, voué, a la diete perpétuelle, saos cesse occupés a
Un voyageur a écrit ces mots daos l'album du prince
pré¡1arer un soul~gemeut efncace pour ceux qui, vivant Dolgorouki: « J'ai visité ce palais el j'en ai été satisfait. 11
de la vie du siecle, ne se rcfusent aucune &lt;lcsjouissances,
Ce voyageur est M. Duvergier de Hauranne.
un peu lourdes parfois, de l'abondance?
Or, ,oici qu'il y a quelques jours a peine, ces mots, Le li'vre de M. Desbarolles 1era un guide e:r.cellent

.

10

ll

10
))

))

&gt;I

10

1)

5

11

10
5

))

5

1

rn·

« Ce qui fait a peu pres 5 Crancs t5 sois, de notre
monnaie.
(&lt; A.insi, pour 5 fraocs i 5 sois, vous avez vécu avec
votre mulet; et cela, en supposanl que vous ayez mangé,
dans votre journée, un poulet et un lapin eutiers. Vous
pouvez done espérer une économie plus grande les
jours ou vous aurez moins d'appétit. ll
M. Desbarolles suppose, dans ce calcul, que le voyageur a un mulet a luí, qu'il aura acheté 300 ou 400 fr.
et qu'il revendra saos grande perle, peut-etre avec
bénéfice.
Ceci se passait en 1846.
Un triste jour que le t 5 aout prochain pour les Iilulets
et pour les mutes! ti:nfin, espérons que }t. dP- Salamanca
voudra bien ne pas mettrc des chemins de fer parlout.
Ah! encore un conseil de ij. Oesbarolles: Ayez soin
d'emporter, en Espagne, votre déjeuner et votre diner
avec vous; les auberges n'ont point accoutumé de fournir de·s vivres aux voyageurs.
X. FKYRNET.

- ----r-,- ~ -------R ÉGATES DU HA VRE.
AU DIRECTEUR.

Havre, !6 juillet.

Nos régates du 27 de ce mois ont été plus belles et
plus animées que jamais. La ville était littéralement encombrée de visiteurs, qui se sont tous portés sur les jetée, pour assistcr a nos courses nautique~.
C'e&amp;t a onze heures qu'a eu liéu la sortie des embarcations : on en a compté soixante-quinze, que quatre.
remorqueurs ont conduites hors de la jetée.
S. A. I. le prince Napotéon, sous le patronage duque!
est placP.e la Société des régates du Havre, assistait a
cette fete, qui s'cst composée de onze courses différentes. Celle des embarcations pontée• a voiles, dites yacbts
de plaisance. a principalement captivé l'attention. Cette
course était divi,ée en trois series. Les prix de la premiere
et rie la moyenne série ont été gagnés par deuxembarcations anglaises; celui de la troisi~me série par la :Uarir.Gat,rielle, appartenant a M. Gabriel- Benoit Champy, qui
a battu tous les Lateaux fraci~ais, et a gagné te prix du
ministcre de la marine.
Une conrse spéciale, qui a provoqué aussi beaucoup
d'inlt're t, e~t celle de l'Abeille et de la Mouche, chaloupes
a vapeur du yacht Móme-Nopolron. L'A.beil/e, patron
Esteve, a remporté le prix de 2,000 fr., offert par le prince
Napoléon.
Agréez, etc.
Pour e:i:trait: P. PAGl!T.

___

__

.____.,...,,.,__

�84

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
PKRCE!IKNT DE L'I~rHME DE sm.

.

TRAYAUX DU SEUIL D'EL GUISR

~'

~

-

:~~

~

ruon croquis vous verrez la pre.
miere locomotive ápportée ici par
M. Couvreux : c'est la premiert
aussi qu'ait entendu siftler llans le
désert le dromadaire, fatalement
condamné a mort par la vapeur.
Bientót quinze excavateurs et dir
locomotives seront montés et tra..
vailleront sans relache: des draguet
!fonctionneroot' en méme temfll
daos toutes les parties occupées par
l'eau. Telle est l'activité qui se
déploiera, dans quelques mois, sur
une li1?ne de 13 kilomctres.
·Agréez) etc.
Pour extrait : P. PAGET,

·==:==:::::. .

::s...-·•-::::::-:::::::
~
-

~

AU DIRECTEUR.
Suez, 15 juillet.

1
1

Je vous adresse un croquis de
l'arrivée rle M. de Les,eps au Seuil
d'EI Guisr, le iO juillet dernier. Le
Seuil, sitné daos la partie nord du
canal marilime déja navigahle, est
le poiot le plus éléi;é du tracé;
c'est la qu'ont été penrlant longtemps concentrés les efforls de la
compagnie, et qu'ont été réuois
jusqu'a 25,000 travaillcurs égyptiens.
Aujourd'hui, la compagnie ayant
renoncé ~ ce morle de travail, un
entrepreneur fran~ais, M. Couvreux, apporte a l'approfondissement et a l'élargissement du Seuil,
l'expérience qu'il a acquise daos
l'exécution de plusieurs lignes de
chemins de fer. 11 emploie no
systeme fort ingénieux, a peu pres
nouveau, et qui jusqu'ici parait rlevoir donncr des résultats excellents : ce sont des excavateurs a
sec qui lui servent a enlevcr toutes les tcrres au-,le,sus du niveau
qe l'eau, ou la drague n'a pas de
prise. Voici comment il procede :
sur le bord rlu talus une machme a
vapcur f 1it mouvoir, d'un cóté, des
gu,lcts scmulahles a ceux qui sont
employés p,iur les dragues, et qui
cléversent, de l'autre, rlans aes wagoos la terre qu'ils apportent. Ces
wagons lraosporteot eo,uite les déblais a l'aide d'une locomotive. 1Sur

L' ILLUSTRATION, JOU RNAL UNIVERSEL.

----~----DISTRlBLTION DES PRIX
au

COLLiGE ARAB&amp; -Vl\AN~AIS D'ALGER.
AU DlRECTEUft.

LE MARABOUT ABD-J!L-AZlS,chef de l'insurrection algérienne. - D'apres un croquis de M. J. Mareí. (voir le n• 11171.

--

-

~
~ -- -==

CONVO[ DE PRISONNIERS D4NOIS AMENJ!S DE L'ILE D'.USEN 4 IIENDSllO¡JRG, -

D'apl'h

UD

1roq~i1 d6 M. BILIII

Parmi les événements,, de· tout
genre qui se déroulent chaque semaine daos le monde, l'Illustratiora
peut et doit naturellement préférer
ceux qui se pretent avec complaisance aux crayons de ses dessinateurs,
aux rapides iodiscrétions de la pholographie; mais elle ne dédaigne pas
l~s aulres, et avouez que si vous pouviez dessiner la physionomie morale
tle chaque jour comme vous dessinez
la forme et les contours extéricurs
de chaque événement un peu ·saillant, avonez que vous ne seriez pas
mécontents de vou~ ; car vous tenez
a Aire complct, autant que possible.
et vous.avez ra13oo. t.;ela étant, permettcz-moi d'ajouter un petit post-

•

85

�86

L' lLLUSTRATlON, JOU RNAL UN IVERSEL.

L' 1LLUS'l'RAT101', .1 OURN AL UN IVERSEL.

scriptum a vos dessins algériens et de dire', moi aus~i, gnement qui figurent snr le programme. A la bonne
mon mot sur celle queslion algérienne qui redevi~nt a la heure! il n'y a rien d'inutile; tout servira un jour,
mode depuis quelques jours. Ce mot est un tont petit tout peut servir; le grain de senevé deviendra u11
document qui n'a l'air de rien, si l'o~ ne croit pas il la grand arbre : et, comme le dit forl bien M. Neyraud,
civilisation, et qui est, au contraire, gros de conséquences • rentrés daos leurs tribus, nos jeunes Arabes n'auront
pour quiconque a des yeux, les ouvre, et sait voir un peu qu'a laisser par!er leur creur; s'ils d1sent que la France
est la plus génereuse des meres, qu'elle veut faire de
au dela du présent.
Je ne veux pas commettre un exorde comme cela se l'Algérie une terre ricbe et prospere, de~ Arabes un
fait a l'Académie quanc! il faut annoncerau puhlicqu'on peuple éclairé et beureux, ils ne diront que la vérité. »
Sans doute, ce n'est pas la le langage de certains puévince tel livre que vous s.ivez, parce que son auteur
blicistes
qui disent que nous ne savons pas coloniser, qui,
n'est pas suffisamment éclectique et qu~ son orthodoxie
ne 8emble pas assez pure a tel pbilosophe converti; j'ar- s'ils rosaient, nous c•1nseilleraient de vendre l'Algérie a
rive done bien vite au fait que je veux vous gignaler, et l'Angleterre. lis oublient done que les fruits de la civipour lequcl je réclame de vous quelques lignes. Ce fait, lisation, par cela seul qu'ils sont si doux, ont besoin
qui me sem!,le si curieux, savt'z-vous ce que c'est Y C'est d'etre arrosés longtemps : avec les armes, nous avons
tout simplem1mt une dist,rihution de prix qui a eu lieu, occupé l'Algérie; c'est par la civilisat1on que nous la
le i8 juillet demier, au collége arabe-fran~ais d'Alger. coloniserons, c'est le collége arabe-fra,~is qui portera
D'ici aun mois, il va pleuvoir des cérémonies de ce genre, nos idées dans le dé~crt, en méme terops que nos soldats
daus nos 89 départements; il va pleuvoir aussi, hé)as ! y porteront notre verve et notre entrain; et saos vouloir
des discours et des flatteries a l'usage des jeunes Fran- ici finir par une phrase a elfet, j'ose dire que la civilisa~ais qui ue se lassenl pas d'entendre répéter, sur tous tion ira plus loin encore que nos bivouacs, et que
les tons, qu'ils sont le printemps de l'ávenir, tandis que nos idées, transplantées dans le désert par ·nos jeunes
lem·s puents et leurs maitres sont rautomne du di1- Arabes francises, marchcront plus vite encore que nos
neuvieme siecle. Si cela amuse les uns et les autres, il zouaves, et porteront plus loin que les fusils de nos tiLlsTER.
n'y a rien a dire, et il faut les abandonner a leur admi- railleurs algériens.
ration mutuelle.
~
Dieu merci ! au collége arabe-fran~ais, les cho8es se
passent un. peu autrement, et d'une _fa~on qui sent
AUTOBIOGRAPHlE D'UN POETE.
moins la vieillerie académique.
Figurez-vous ces jeunes fils du désert, qui out grandi
\Piu.)
sous la tente, dont ia premiere jeunesse s'est écoulée
dans la smala, et qui aujourd'hui, enfantés a la ciLe troisieme coup de la messe avait sonné. Un troivillsalion moderne, re~uivent d'elle ce qu'elle a de sieme préposé étail entré pour me preler main-forte,
plus saiu, de. ¡ilus fécondant; l'amour de l'action et au besoin, et le sous-brig:idier avait son ¡,istolet a la
du progres; ils vont l'e~porter avec eux dans la main.
tribu, et par cette généreuse semen ce faire Oeurir
- Ah! mon petit blanc-bec, vous vo11lez nous turlule désert et faire aimer la civilisaticn et la France. piner; nous allons voir, nons allons voir !
Le discours de l'orateur, M. Neyraud, est plein de bon
- Et vous, mes lapins, ajouta le capitaine matamore
sens et d'une rare con ven anee; il montre a ces jeunes en sortant du bureau et eu s'adressant a sa troupe : A
Arabes les remedes qu'ils doivent employer contre la c;beval! et obéissez au commandement de trois! On ne
maladie la plus daugereuse de toutes pour l'ame, contre veut pas que nous allions en Belgique, comme t,mt le
l'ignorance. Ce remede, c'est le courage avec lequel on monde, en payant les droits sur nos chevaux; eh bien!
renouvelle ses idées, avec lequelon accomplit le progres. nous boirons le montant des droits au nez duf\'ouverne11 n'y a pas un mot inutile dans celte petite allocution, ment, et nous irous en Belgique a meilleur marché: Je
ou l'orateur rappelle a son ..uditoire que si l'Afrique fut vous le rPpetc, mes lapins, en selle, et obéissez au comfiere d'étre rumaioe et d'o,,tenir le droit de cité, a plus mandement de trois ! Quant a vous, monsieur le petit
forte raison, au dix-neuvieme siecle, elle doit ambition- blondin pincé qui devez aller a la messe, priez bien le bon
ner un druitde cité plos noble et plus fraternel que ce- Oieu pour que vous n'ayez pas la moustacbe arrachée et
lni des Romains. Quelques mots.heureux a l'adresse du les reins cassés a l'une des prochaines kerir,esses !
maréchal Pélissier et a celle de son successeur, une menJ'allai me' poster sur le devant du bureau, apres
tion bien juste et bien cordiale de M. Cherbonneau, m'élre armé d'une énorme sonúe destinre aéventrer les
l'babile directeur du collége arabe, des remerciements voitures de foio, et je criai Súlennellement de ma plus
pour le ministre de la guerre, qui encourage et protége, forie voix : « Et vous, brigadier, sous-hrigauier et préle plus qu'il peut, cette maisun dunt il v~udrait faire po~és, altcntiun aussi, et ne mauquez pas d'e1érutcr ce
une pépiniere d'clevcs de Saint-Cyr, et 4ui y fait qtte je vais vous dire : Si ces chevaux dPpasseut la porte
donner l'instructiou qui duit meuer a ce but. Tels du IJUrcau pour se diriger vers la Belgique, dérhargcz
sont les d1vers sujcts dont s'est inspiré M. ~eyraud, sur eux vos p1stoleL5 en les visant au poilrail ! n J'a1·ais,
et qu'il a traites eu hom111e d'es¡iriL et qui comprcud du reste, cu soin d'expéclicr ,¡uelqu'un ponr lever le
a merve1lle le role de la Frauce eu Algérie.
pont. N'est w pas que c'ctait un rnome11L assez drama11 u·y a vas une hgne tle !ldtterie daus ce di5cour~: t14ue? Le capitaine des contreLandic1 s reprit :
.tout est vrai, tou.t est mesuré, et les Ar:ilies qui l'aurout . - Done, encore une fuis, et pour la bonne fois, mes
entenclu n'auroot pas le dru1l tic dire 4ue les orateurs lapins · une! deux !!
frao~ais savent graudir IPS ¡&gt;elites choses et rapetisser
J'ordonna1 qu'on armat les pistolets et que les cloigts
les grandes; ce qui est, comme cbacun le sait, le talent fusseut placés sur la gachPtte.
drs avocats attÍques et frao~ais.
- Truis! burla le géant, trois! et guides a ganche!
J'aurais voulu que l'un de vo~ dessinateurs ful la, et c·esl-a-dire que les lapins rctournaient vers l'intérieur.
qu'il etil pu vous envoyer le croquis de cette léte, uu la
- Br,gadicr, dlchargez votre pistolet en l'air, mais
ci\ilisat1on est vra1ment filie de Pallas, mais de Pdllas vous seul, pour leur faire les honneurs, et drpechez bien
portant l'égide d'u,n•; main, tandis que de l'autre, elle vite un de vos hommes au receveur du bureau voisin,
fait surtir l'oli\icr d'un sol gercé par le soleil.
pour l'averllr d'avoir a se tenir sur ses gardes, parce
Jli'est-ce pas un honueur et une JOic de voir le prix que la bande pourrait passer par la au galop, afio de
d'houneur accordé nun plus a cet exercice suranl]é du n'y pas étre arrétée comrne a Punt-Rouge. Tro1s jourg
d1scours latiu, ma1s a la narrat1un en lan¡;ue fra11~ai~c? plus tard, ces enragés repassaient la. Lys avcc leurs cheEl ce ¡irix douné ¡,ar le guuverut.ur giinéral, M. de Mar- vaux chargés de tabac, et 'nos pau vres pré¡1osés se fait1n1¡irey, et rernporte nuu pas par un Frau~:iis ué en Al- saieut blcssl'r affrcu3emPpl,tuur leur prendre leurs balgr1 ie, mai~ par un véritalile natil' du pays, par le jeu11e lots. Quant au petiL pincr', ti eul bien soin, a partir de
Ahrlallah Bt&gt;n Mecaoud de Guf\lma J'aurai- voulu que le cejour, dll n'aller aux kermesses qu'cscorté d'un acolyte
prix d'hunnenr d'arabe, do11ne par M. le general de div1- bien armé.
sion Yurnf, ful rrmp w1é par un Fran~ais. Avec un mailre
_Pour tcrrniner l'histoire, en ce qui concerne la figure
comme M. Lherbonneau, les Frau~ais peuveut liien renfrognée de mon hotPsse contemplant se~ caneLons
vaincre les Aralies méme sur ce terraiu-la. Le rran~a1s, morts, voici ce qui s'éta1t passé : mon chien, qu¡ ava1t
l'urthographe, l'histoire, la géographie, l'arithmetique, vagué tuute la nuit dans le préau de la fernie, avait fat1
l'algel,re, la géumctrie, le dessin liuéaire, la cunvcrsa- uue chasse aux pauvres vul:tlile~, et étranglé tuut ce qni
tion en l'ra11~a1s pour les .\ralles, et eu aralie muel puu1· n'ava1t ¡,as su s·e11fu1r ou se défendtc. Je 111a11geai les c,1les Fra11~a1s. le d1·ssm d'1mi1ation, la calligraphie, la nelons avec attcndri~scment, et je rus bien plus atlcnn,n,it¡uP, la ¡¡~111na1-1i1¡11e, voila les d1versolijetsd'eu&amp;ei- dri lo™jue, quelqoes jours apres, je dus w11 separer de

mon cher, de mon seul compagnon, qui avait :ijouté la
réc1dive a ses prPmiers crimes, et dont le bannissemeot
uvait été définitivement prononcé pour cause d'impénitence finale.
Mais je ne devais pas etre l'éveillé tous les matins par •
les contrehandiers, et je trouvai bientot le loisir de parcourir les Flandres en tous sens. Quelques vers extraits
d'une épitre écrite plus tard au poete Oamand llenri
Conqcience, conservent la trace de ces pérégrinations
enthousiastes :
Souvent j'ai parcouru ta fertile patrie :
Ypres. qui dort en paix dans sa verte prairie;
Poperingue, au milieu des verts houblons; Anvers.
Dont la iltlche el Rubens sollicitent mes vers;
Tournay, qui íait songer a f'onlenoy; lllalines,
Dont on paye a prix d'or les dentelles si fines;
Liége, ou l'on plane a pie sur la Meuse ¡ Serain,
Plein des bouillon11ement~ du fer el de l'airain ;
Gand, long, b1 u~·ant, grouillant, qui vit Charles-Quint naítre;
Oslende, 111ort l'hiver, que I élé Ídit renailre;
Louvain, vantant sa hiere autant que ses docteurs;
Bru~elle, encore en deuil de ses conlrefacteurs:
Bl'llge enlin, ou soul'ent mo11 révt: ailé s'e11rnle;
Br11ge, anlique cité, catholique, espagoole,
Ou femmes, toits, balcons, loul rédame un tableau,
Ou la vierge aux yeux noirs provoque un lllw-illo.
Viennent les di manches! et tout ce peuple coquettement paré, se presse aux églises pompeuses ou rustiques.
Ce sont ensuite de grands combals bruyants, mais pacifiques, livrés par les confréries rivales de l'arcet de l'arbalete : au-dessus de la porte des cabarets Oottent leurs
drapeaux, oti se détache, sur un fond soyeux d'azur ou
de pourpre, l'image en or des bons patrons Sébasticn et
Georges. Ce sont des lultes de village a village pour le
prix d'harmonie instrumentale, car le moindre bameau
possede sa mus1que dont il est fier. Gardons-nous d'oublier les tournois de coqs, les assauts de serios et antres
oiseaux cbanteurs. C'esl la qu'un vaillant coq vaut la
poule aux reufs d'or : que de riches paris ne fait-il pas
gagner a son heureux possessimr ! J'ai retrouvé l'art dramatique au maillot daos une grange de village, ou des
servantes et des valets de ferme représentaient gravement le mystere de la Passion. Pierre reniait son divin
maitre, et l'on entendait soudain retentir le chant du
coq. Un apótre, dans son zele, coupail l'oreille en papier
de Malchns avec un sabre de garde-champetre; mais
Jésus qui, par uue cu'incidence lres-pittoresque de couleur higtoríque, avait les cbeveux d'un hlond fort ardent, ramas,ait et recollait aussitót l'oreille, en disant
d'un to11 de rude mansuétude : « Remettez votre épre
dans le fourreau ! » Certain jonr, j'assistai daos une
commune, a une séance d'académie dile liethorica. Un
orateur puissant (il faisait craquer, sous son éloquence
charnue, la table de chene ou il était monté) démontra,
· 1'31' une improvisation de deux heures, que la langue
Oamande étail bien la plus melodicuse des langúes, et
qu'cvidemment la révélation avait du étre faite au premicr hornme dans cet idiorne privilégié.
Les superst1tions aho11clt&gt;nt dans ce coin du Nord. C'est
particul 1cremrnt aux fcmmc•s que l'on y attríl111e le don
de l'ench:111tcnwnt. l'ious qui av,.ns n,oins de té11ebr1•s,
uous sommcs aussi de cct al'is. Autrefois la fée rtait pelite et ~ieill,•; elle avait les yt&gt;ui en trou de vrille et lirillants, le meutou pnir:t11; elle s'appuyaii sur un haton, et
je crois meme qu'une bosse ne lui messeya1t pas : c'était
la Losse rle la pu ssance mystPrieuse. De nos jours, et
voila le vér1tab e progrcs, la fée est p1us ~ou,cut jeune;
on a raison alors de la désigner sous le nom de cha,···

meu~e.
La luite de l'homme contre les puissances occultes
a été, de tout temps, et sera toujours une rude épreuve.
Oemandez-le plutót aux paysans de Wuil~rbaate, l'olympe des diabler1es tlamandes. Wuitschaatc, le village
des sorcieres, e,t célclire co111me autrefois l'ile de Sayne
puur ses druides.;cs. Oemandez-le a 1'11npruclent qui est
revcnu, le so1r, sans se signer, par le croisemFrnt de deux
chcmins. 11 vous racontera avec ellr&lt;li commcnt il a vu
l'bomme ou la fcmme du mystere, tournoyer clans le
tJurbillon des bandcs inferna.lcs, commcnt il a entendu
les cris et les gr111ccme11ts de cct hornhle sahbat. G'est
la que le désorrefott,J;l't la charn,ewe anachcnl leurs pouvoirs. }lais c¡u'il leur fwtlongtemps et pé1111.Jlernenl tirer
le diable par la queue pour lu1 derober quelques bribes
de sa sciencc ! - De la saos doute ce dicton : 11 Tirer le
d1c1.l,IP par la queue ! i&gt;
Je du1s me tenir en garde contre ces souvenirs, qui
m'cntrai11era1ent trup loin. 11 cutrait daos mon programme d'indiquer les iulluences qui ont pu laisli6r dans

87

-~---~------,-:----:-:-~~==

- - - - - - - -- - - ~ - : - - ~ - - , - - - - - Décidément, vou~ ctes on maitre homme_, messi~e
clairéd'une lueur fantastique, celle lueur·qui est comme
- - tine empreinte de la vie flamande, d u paysage é
d lil
abbé et cette fois encore je m'aH1uc hall11. ~1a1s 1a tro_1mes vers
. .
l
un antre phM,11hore de la poésie. C'est par ce ou . e
'
.
t
oé•ie qui sa1l m1eux dunncr aux e rnses
gicme qucstiun n'est pa~ de cellcs d'u(t l'on P_ u1~se se •··
Oarnan d· I, a r " '
.
atlrait rlu merv,·illeux et ,Ju vrai, que certaines parties
leur reltef,achcvera cette esqu1sse .
de l'rouvre de 13ürgt'r sont prématurément entrre~ daos rcr avtc des si: qui vous soufflcra ce que Je pense en
la trad1t1on lé"e11daire. Sa ballade intitulée : l'Em11el'etu· ce moment, et commcnt pourrcz-l'ous me prou,vcr que
, er ois le canal, ligne droite que longe1:t
0
• • •
cette pensée e~l une erreur? Vous avea la paro e, mes11
et ¡• Abb•, si pleine de sagesse ironique, m'ava1t ele _ra~ .
b.
~,pliers tremblan1s do11t les oml&gt;1 es s y plo11¡¡c t
1
. J:ue la lermiére alJ.mt vendre au marché
conlre daos mon eofance par ma mere. Elle m'a la1~s_e s1re ªsi _e.
E ereur Votre MaJ·esté pense que je
Lá b rre eu blanc baril sur la croupe attaché;
·
·
·
· de oir la rappeler 1c1
- e1"neur rnp
,
Son eu
•
¡
une telle 1n1press1on, que Je crois_ v .
' ¡ . 1, t1b&gt; d Sa'nt-Gall
et elle se trompe, car je ne suis
. ·e vois ondoyer, va¡¡ues de plu,1eurs 11'ues,
1
en rt&gt;produisant antant que poss1hle, le ton doucemenl su•~ a · e
,
t!~Jbl~s aux tiges d'or, les lins aux ~retes lileu';S·
.
.'
411e son berwer.
S I t aux volets verts I des femmes JUSle o~ue1l,
ra1lleur du rác1t maternel.
. 0
,
•
· d · .\t
l'abbé de Saint
·t
"aint Gal' 11 apercoit
- Ma1s alors, e est to1 qui 01s i; re
.,,ª
~ . cu·ivres et &lt;rrés reluisent sur le seml,
Ch
1
(t
ar
emagne
passa1
par
~
·
·
•
.
d
·
ormais
1
·
r.ta111s,
"
·
· f 'l
1
1
11
Et la m ,ison qu'o11 lave et pare JUSqn_ a11 a1 e,
son :ibbaye Ga , et u es es
•
1'ab be· qui· se promena1·t au soJc'l1 dev nt
.
d
·
_ Je ne sais pas le latin sci"neur
Empereur; mais
Semble annoncer gaiment que d~~am sera féte.
0
I
'
bb
·
·t
les
trois
mentons
que
Boilcau
onne
au
·
'
Vois déja les fumPurs devant les cabarets, . .
. a e ava1
.
,
. ·t . Votre MaJ· esté veut:ibsolumcnt
m'accordcr une faveur,
tameux chanoine de son Lutrin. Charlcmagne a11na1 gi
,
Ou deux noyers branchus f?nt .un ornbrage ~,ns,
•· · · d ¡ t
J. e lui demande une autre grace.
. lequ~l bie11 souvenl s é,·hpse en un com sombre
les
bommes
aclifs
et
notre
abbe
etait
in
en
·
,,
:sous
·
.
· d
)' robre
.
' .
bb. 11
't que l'es soucis . - Tu n'as qn" par1er.
Ce bu\eur i¡ue Té11iers la1,,se lrop vou· ans o
.
. . . . . .. .
- BonJour, 01ess1re a e.
parai . .
, .
_ Je demande le pardon d'! mon bon maltre. ii
spiritucls vous font toujours autant maigm\ ª1da sou-•
N'cst ce pas que voila uuejolie l&lt;'g,~nde'I Charlemngne
· ~ dirais-je cÍe plu~?ito~tr~r;i,-je la hiere
•
Is bruns et moussem cr/1¡ ita·,t da s \e ve~.
meUre a vos lumicres truis questio_ns,_ don.t • a~ ra me s'y1 m~1:trE avcc cd air de bo11honüe , un péu, narquuise
1
'. bou rou"issanl Jans les lou, ds pl.,ts d',~tam.
donner la sol11tion d'ici a tro1s mo1s, Jl)Ur pour JOUr, en · .
.
h. d ,· r • ,
Le Jª"'
.
, 1 . .11. 1 . Je dPsire qui conv1ent aux er-is e epopce.
Les 11ar, se tr ~noussanl Ju .soir j, sqn'au
. matm.
..
solennPlle seance de n_otre consct . tmpe a ·
. .
Les halludcs d'Uhl,wd sont peul-clre plus compléteDaccl1a11alc qu·a tcmps la m11l d u ,·011. cou\le, ?
savoir d'abord ce que Je vaux, ma•~ ~ ufn~ ub,ole prcds , ment na'1\•es La 1ioi11le de l'iruuie y per~e muini-. Le
Et qui reviL sans frein ,lans un ílubens du Louvre.
·
u· d t
· ettra1s a aire e tour u
·
•
Cf\SUtle, com ten e emps Je m
d
poete y montre une ame pleine de loya.uté, de la ,·ieille
La Belgique confine a l'Al\emagne; mai~ q_ue_ de d_is- monde; enfln, i¡ucllesera ma pensée quan ,ous repa- loyauté al'emancle 11 est de ceux qui, de nos jours, out
qui rle1 ra e:re une erreur.
. ·
.
orales entre les deux pays t L uleal 1sme 1c1, ra1'trez devan t moi , pensée
.
. .
,·
le lus ahondamment prép3 ré, pour un nou vPI HorucrP
semblances m
.
· 1
•
,.
l'
L'Alle•11a"nc
reve
la
Belg1que
ag1t
ourTachcz ele trouver reponsc sal1sfa1sante a tout,_ mes_1re
\J
.
les éléments d'une nouvclle épopée dunt
le rea 1sme "·
' o
,
.
·
· d'etre abbé de S·unt Gall germamque, ·
sensuelltiment. L'Allr.m,gne a pourtant auss1 sa abhé, s11100
vous
aurez
_cesse
.
.
'
··
,
'
Ir.
moyen
a.ge
fournil'a le sujd, les moours, les croyanccs
I
demen,
r·d · r t Elle
sensualiLé, mais elle la ·transfigure en . • _ea isan .
et vous devrez quittc~· 1abhay~, m,rnte a rebonrs su1 un e~les couleurs. Parmi les léttendes herui,1u1 s, Uhland
·
e cu au1se de bnde entre vos ma111s.
.º
.
. ,
se.ule pou va1•i p•iéti · er ¡¡ un t.el po1nt •Meph1~to11hclcs, en ane,
sa queu '
º .
. '
.
11
. s'est particulieremenl occupe des trad11io11s rclatl\GS o.
le monlrant Mvoré par la soif ele l'incunnu. Puur _une
i1 Voila uotre p~uvre_ a_bhe fort en pe1~e.
. ~nvo1_e Siecrfried et aux principaux aclturs des Nicl,cltingen.
. te ima"ination en toute liberté, passer de la 1iclg1que clans tuutcs les umvemtc,, dans touteslesf~cultes, ma1s Plu~1turs de ses balladcs ¡iuurraie1,tctrc int.,.,rpo'éestlaus
J:~\llema;ue, c'était aller d'un póle a ~·autrc _: le lo~d_s les pl:1s lamcux ductenrs y perdcnt leur lallnCpers~nni° lcl :1ia11t de ce vieux poe uc' lt1s stl'Uplll'S s11iva11tcs,
. t tle la natu re Íl'an"':u,e
d~va1 1c1 servir de IJ..a1t ne truuvc ré¡ionse aux terr1hles quc~llons. epcnc an '
. ' mple qui semlJlcnt provoquer l'archet 11·1111 aul
d1)111111311
·
t et le te1•me fatal approchc II ne p,ir exe
'
d'union, et racililer parilc¡;rcs le mélang,•. S,rns ce ltege 1es Jour~
St' pass&lt;'n '
1•
trc Vulker a la cour somptue11semenl barliare d uu aut1e
atreste plns qu·un mois; il ne reste plus que que 411es se~
,
de FI a11t11·c e't de Fram:c, mon 1 spnt, trup v1vc111cnt
.
,
.
11e·11s.i I' alb
. a •ucre ,•• Hetzel:
I e, n g
tire par Cl't ucéan , de _la p~usé_e gerrn~111 ,u~, s y mainPs, 4ue qucl'lucs Jours.
LES TROIS CUANSONS,
serail euglouti. Nuvalis m aura1l llt'anmurn~ nu)e dans Ouri~~ant, n'est plus désormais qu·un s,1uelctte. Plus_ de
.
d
et
daos
•es
ontlcs
sédu1sa11tes
el
(alaleg
calme,
plus
de
sommeil;
partant,
plus
_d'e~l'.onpo111_t,
son l, ro111 1ar
,
« Sur les hauts degrés de son trone était assis le roi
comme l'attractiun de l'úntliue, si Grethe et Uhland u~ plus 1Ie joues ruliicundcs.11 va dan, le bo1s vo1stn runnSiegl'ried:
- (( Joucurs de harpe, qui de vous me chan. t, en mA
me tem¡i•· , muntré d'aulres hurizuns.
ner a l'on1bre son dése~poir. 11 anive, sans y prendre
m,ava1en
i;
.
tcra la plus !,elle cham,un? ~t un jeuue ho111~1e s'élan~a
Les Lietler et ~pígrammes de G,e1he'. ~:ir la dcdut:llon garcle, pies de son licrgcr.
•
.
suutlain hurs de la foule, la harpe daos la ma111, le gla1ve
11. Salut, mon seigueur ahbé. Mais que vous voila
lo&lt;&gt;ique des idées et la sa1llante prec1sron du conlour
0
a la ceinturc.
t'que élaient un précieux currcctif du vague réveur mai.,ri ! Vous étes done bien malade?
(( Je sais trois ch:insons. La premicrc, tu l'as saos
poe • '
. . 11
de
~ Hélas! oui, mon brave Vénix, je suis bien maet indetermiué. Mes premiercs études de poes1e a em~n
doute ou1 ltée depuis longtt•mps : Tu as assassiué ruon
avaient porté sur les plus courts de ces tourts ~?emes lade.
_ Laissez-moi voua chercher quclque herbe salu- friu·e ! - 0'.1! mais tu l'as assassine !
que, ¡,enclaol mes promenatles a~ l,ord de lamer,.ª U1_m11 L'autre chanson, je l'ai in,¡1ruvísée pendant une
k1!ri¡ue, j'ctais 1iarvenu a encha_sser d~ns_ma m~mo1re. taire mon seigneur ahbé.
nuit
de tenipctc et tl'édairs : Tu &lt;luis te liatllc a1cc mui
_' Ah! mon lirave V,·nix, ce n'esl point une herbe,
Dcux d'cntre cui surtoul m·ava1cnt la1sse une tropres¡¡ la vie a la 111u1 t ! -· 011 ! 111ais a la vic, il la 111ur1 ! n
siun prul'unclc et tlec1me. lis dé!tmsscnt le_ role. et ~a c'est la répuuse a mes trois qucstiuns qui puurrait seulo
'
.
.
Alors il posa sa harpe sur la t:ililc, el tls l1l'CI eut tous
puis.,Juce du p11He. \'oici tl'aLord puur le rol~, c cst-a• me gucrir.
·1
t,
t
·
t1
_ C'esl done du latin bien difficile, mon seigncur deui leurs épécs in1patient1·s, et 1s se a tiren uogd1rc le cunsc1I pla~t1q11e dunne ¡¡ar Grothe a tous les
temps avcc un bruil sourd; puis enfin le roi tomha sur
puet.es :
ah lié?
.
•
·
_ l'élas ! mon hrave Vénix, ce n'est point du lat111, les hauts dcgrés de son trone.
De3 imagcs, polite, et ras de phras~ vamc;
~
•
. d' ft .
i1 Maintenant, J·'entonne la troisieme, la plus belle
sans quoi le~ docleors auraicnl pu me_ t1rer a al_re.
Que 1011 ch,u,l ue soit qu u11e luleme.
1
.
_ Puisque ce n'est point du lat111, mon_ se1gneur di) mes chansons : Le roi Siegl'ried est étendu clans e~
Le dysli'{ue allemand, que ma ver~1on a. l'inconvé- abbé 1rnrdonnez-moi de 'vous prier de me d1re quelles fluts rouges ele son sang! - Oh!. mais dans les llots rounicnl d'amurtir el de prusaísllr, proscnt adm11-.1blcment sonl ~,,s truis questions. Ma mere n'était qu'une simple eres de son sang ! ii l
•
a déclamauun creu~c et le vc1 l'.idge. L'autre a¡ihur1~m_e bonne femme, mais elle avail toujours répon~c a tout._
" L'al'dtUr farour,he de ces races énergiques '}Ue Rome
du maitre se termine par une rn1age superbe symliuhi, Qnand l'ahbé de Sainl-Gall eut furmu_lc les tro1s ' appelait dédaigneuscment barbares, ~t qui devaient
sant la meme pcnsée :
questions, le berger lan~ajoyeusement en l'a1r ~on Lon- \'amere les conquéranls du monde, respire dans ces vers.
La méme corde a souvent résonné sur la lyre d'Uhland;
net de peau ele loup.
.
,. .
·11 a surtout cousa'cré a la bataille d'Hastings une série de
Aux flots troublés, grave el serein.
·- Si ce n'cst que cela, vous pouvez reng, '1sscr,
Le ¡ioete voguail 11~¡;uere.
mon bon maitre. je me charge de parler pour vous. \laís fra"ments ·qu'rul forl goulés Augustin Thicrry, et que
11 J1~a1t u11 mut, et ~oudJin
1
•
l'"' Chaºtterton n'aurait ¡ias moins admirés. ll a été égaleLes llots apaisaiem l~ur culere;
il raudra que vous me permettiez de metlre, ce ¡ourment simple et vrai avec candeur, quand il s'cst insll puisail l'ondll dans sa mam,
votre cape et votre manteau. 11
d •¡
- Et J'onJe rctombail en sphcre.
u Le juur ven u, le berger, transformé en abbé de piré des s,~ntiments qui font le lyri,me, quan I a
·•nt-Gall, est introduit dans la salle oú l'Empereur pré- cbanlé la femme, les fleurs, les espérauces el les regrets.
L'imperturbable sérénité du grand olympien, 1.ª faculté Sa
1¡
el doui enivrement J·e me dé
d
sidait le conseil impérial.
.
Aver que e iarmc, avec qu
11
·
1
1·euse
de
son
génie
obJeciií,
s_
o
n_
t
tout
e_nlters.
ans
1
·
•
tt
f
a'che
so11rce
Prod 0
_ Eh t,ien ! messire abbé, vous voila plus ma1grc sa téra1s a ce e r 1
, J·e le (lirais n¡al ,· mais
ces quelque lignes cadencées. Serait-il possilile d avoir
,.
,·
·
d · clepuis le "OUL et la ~aveur de ces
ucore qu'a I'ordinairc; il vous a done fallQ méu1ter j a1 ton¡ours gar e
o
~
.
.
une plus "oraude idée de la poésie, une plus savante el e
¡· ·t.1
J' ti ,11·ra1·s aussi dans Uhhnd et ¡e lm
biPn lon"ternps pour trouver le mot de l'énigme? Voyon~ eaux 1mp1 cs. a t,
•• ,
,
,
plus sage lheur1e de cet art d1viu? Comment ouhller un
º
..
t·on
appro¡mée a ce
1 .· Qu'est· ce que J. e vaux ' a cnviais une forme merveilleusement
.
• d, de cctte coupe
par,·11 precepte?
Comn1en t ne pass·effiurcer saus cessc. de. d'abord la pren,1cre
. ·? ques
ua'if breuvage : je veux parlcr du Lte
le prati,¡uer? O magic1en de la forme! vous avez ams1 1 une obole prrs .E
I F'ls de Dieu notre Sau- eutourée de v1;r"'iss-mein-nicht,
oti le poele nous verse
0
.
t le seul et véritalilc
- Sei"'neur
mpereur, e 1
,
•
•
d
\'" lb 1
0
révele magn1fiquement votre secre,
•
'té
d trerte deniers Votre ~la- le nectar enchanté. Je qmtta1 Uhlan pour ,, 1 i m
ser.ret: tout ce qui tombe de la main du poete doit al'oii' vcur Jésus~Cbris~, a e vefnd u_ , ' l denie~ seulement ~lt• ler a qui Walther de' ogelweide ~eml,le avoir légué
·
.\ et cette splendcur vi- J·esté vautJuste
vm"'t-neu
en1ers: m
·~eg• bouqnets
,
.
.
.
0
ce contuur spher1que,
cette gro.ce
.
d'aubépmes,
ses 01seaux
et scR prmtemps.
vantes.
.
.
de m0tns.
.
bb ' la répouse est babile , 11, l'ui~je passai tour a tour a Chamisso, le sensible rails
Uhland ful l'autre enchanteur qm me retmt, par u~e
-. Bravo~ ~e~ •~: ª as e~'en montrcr satisfail. ~laisje Icor;~ Ju,tm Kcrncr, le plaintif élég1aque; a Rückei:t,
:mere solide, sur les bords de ce vaste Oeuve de reverte, serais mal e~u d p . .
estion. il ne vous sera le Saadi de l'Occitlcnt, le pocte de la cuulcur et du sole1l,
qui aura,t pu tout entrainer a la dérive. Lors de mon I vous atteu ds ª ª ~u_fxiemle ~u tour~er la difficnlté IP piodi"UC'
de la rime, de l'image, et toujours des plus
0
.
•
·•
·
saos doute ras auss1 ac1 e ne
·
·
'd
0 té avec moi son
dernier voylge a Bunn, J ava1s rap¡&gt;_ r .
. C b' d t ps mettrais-je a faire le tour ¡ gr,1cieuses pensées. Commcnt, dans ces pagt'S ra¡11 es, et
s
naiírecueil de Léyendes et Ba/lacles, arn • que les reuvres Voyons · om ien e em
·
qu'il convcnait peut-etl'e de faire plus hri!l'eS encore,
I
de la plupart des poetes allemands modernes. Un ~e du rnon¿e?
ne pas citer quelques-uues de ces pensee~ de Ridi.ert,
¡ f
ép1
Se10, 0 eur Empereur si Votre Majesté ~e leve as-.
leurs prédécesseurs rlans _l'art d: don~er ª orme .
'elle uisse conalamment sLivre pas .i qm brillent, comme autant de blanches perles, sur le
que aux traditions popul11res, Burger, 1au~eur de Th1ore ' sez matm, .et qu
p
il lni suflira de vi, ttl-quatre tront de sa muse?
et du Féroce ch,meur, m'était connu depms longtemps. 1 pas le soleil dans AA course,
·
"
" AccneillP. avec joie Ir pelerin clans t:i mA.i•on; ru
faimais son talent simple et vrai, parfois étraniement hPnres.
.

i:

°

!

fn

I

t

'

�88

L'lLLUSTllATION, JOURNAL Ul\IVERSEL.

TIIBATIIH UES UUll."'TTINI IIT l'ANTU&lt;:t:INI.

c'est ainsi que, sans le s1vuir, plus d'un bommc avant
toi cut pour botes les anges.
« Le vérilable orpbelin n'est pas celui qui a perdu ses
parents; mais celui q11i n'a enricbi son cmur d'aucun
amour, son esprit d'aucune connaissance.
« Ne te plaios pas si la vie n'a pas courouné toutes
tes cspérances; son ge, pour t'apaiser, qu'elle n'a pas
non plus justifié toutes tes craiotes.
« La vérité est encore le j:m le plus sur. Monlre-toi
francbement ce que tu es, et tu n'encourras pas le dangcr d'oul.Jlier ton role.
« Mets ton amour daos le passé, si le présent ne t'of..
fre rien qui .en soit digne, et si le passé lui-meme n'a
rien qui t'attire, mets ton amour dans !'avenir : il est si
,•aste!
« Chaque soir nous apporte la sagcsse et la prudence
dont nous avons manqué pendant la journée; mais cette
sagcsse et cette prudence ne nous servent a rieo le jour
suivant.
« Ne te laisse pas prendre au prem1er sourire, ni a la

premiere )arme; le crocodile plcure comme un enfant, et
la hyene rit comme un homme. »
-Ces érndes sur les poctes modernes de l"Allemagne
occupcrent les quelques années de mon séjour dans les
Flandres. Arrivé aParis, j'eu publiai successivement les
rétiultats, sous la préoccupation fervente de contril.Juer
ttios1 a resserrer l'union intellectuelle de la France et de
l'Allemagne. 11 m'eüt particulicrement souri de ne point
rcster étrnnger a. une fusioo des éléments qui distinguent la poésie des deux 11ations. S1 je pouvais espérer
d'y avoir un peu réussi, je m'en réJouirais surtbut, parce
qu'en m'assimilant cettc e1pressive et réveuse pocsie de
' l'Allemagne, je croirais avoir mieux • retenu, mieux
cultivé en moi !'ame materoelle.
Que dirais-je de plus, et qu'importe ce qui advint eusuite? Une autobiograpbie, je viens d'eo faire l'épreuve,
' ne pcut que s'ébaucher tres-superflciellement, - et c'est
peut-étre déja trop. Tout au plus est-ce une expérieoce, un
essai de narraÜon na"ive et ironique qu'on fait sur soimeme. On est d'ailleurs privé de ses meilleures1es-

sources, puisque le plus intéressant de
ce qu'on pourrait avoir a dire, il faut le
t:lire: comment raconter la vie du coour,
lí! ·coour de la vie? Les poetcs ne doiveat confier de tels sccrets qu'a leurs
Yers.
N.

füRTIN.

LES BATNS D'ARCACIION.
LA VII.LE D'ÉTÉ. -

LA VILl,E o'HIVER.

Les chemins de fer ont fait dans les
habilurles de la vie une révolution si
complete, qu'un persormage de l'autre
siecle qui reviendrait dans le notre, se;
rait aussi émervcillé des moours nouvelles qu'un sauvage de l'Amérique du
Sud. La vie ~e campagne, si en honneur
autrefois, n'existc pour ainsi clire plus.
Le chateau s'en va. Bdtisse isolée sur le
sommet d"une colline ou sur les :bords
tl'une riviere, il e'st destiné a périr
conime tout ce qui vi( solitaire. Les
mrenrs américaincs s'infiltrent peu a
peu parmi nous. 11 nous faut la foule,
le mou vement, le bruit, les éclal3 retentissants; nous avons destitué la solitude.
Les maisons de campa¡,nc de l'immense
majorité sont aujuurd'hni les stalions
thcrmales, les Yillcs de 1,ains et de plaisance. On va retrouver en Savoie ou
aux Pyrénées ce q11'on est censé fuir en
quittant Paris: la toilette, le I.Jal, tout le
tapagc de la ,·ie. Qu'un rJyo11 de soleil
illumiue le boulevard, et tout le n~oócie
s'élance a la fois, - un sauvc-qui-peu(
universel. - Cctte vie de Paris est si
fatigante! et l'on va chercher une exis-•
tence plus fatigante encore. Le caractere

\"11.LA ELGIÍNIR.

.

-

~

-"'

~

-

.

U.S llAINS D'AllCACHOII. - VUK GIÍNRIULI .OS, - D'1pm les photograpbies de ll. A. Tcrperraut

Arcachon a aussi l'inappréciable a,·aotage d'etre bor~
dée de chaque coté, sauf du coté de la mer, par une forct de pins. Or, l'odeur balsamique et résineuse des pins
cst excellente dans le traitementd'un certafo nombre de
maladies. Ces émanations continuelles pénétraot sans
cesse, avec l'air, daos les voies respiratoires, remplacent avantageusement tous les procédés bal~amiques et
ré~ineux administrés si souve11t dans le traitement des
maladies bronchiques. L'odeur de l'algue marine venant se méler au parfum des sapins, on peut dire que
le malade rencontre sur celte plage les deux remedes
souverains pour le reconfort de sa poitrine.
Di\'ers rapports de médecins spécialistes ayant établi
que IP. climat d'Arcachon était un des plus favorables a
la guérison des maladies de poi trine et des voies respiratoires, M. Emite Péreirc, ~ollicilé d'ailleurs par le désir
d'étre utile ason pays natal, con~ut l'idée de fonder, a
c1ité de la ville d'été, une ville cl'hiver qui fer:iil d'Arcachon une station permanente. Aussil1'it fait que dit: les
ouvriers úmparent rle la forét, ou p-lutot de cette partie •

89

L' lLLUSTRAT ION, J Oll-RNAL UN IV ERSEL.

de la orét qui forme comme un bassin nature et qu est
abritée conlre tous les vents, et bientot la cité s'éleve,
cité de cottages et de chalets; - la, chaque villa rayonne,
celle-ci avec sa robe diaprée de pierres blauches, cellela &lt;le briqucs rouges, celle-lil recouverte de chaume,
celle-la d'artloises bleues. C;tte jolie vi lle est un ar,c-enciel; elle est enclavée dans une forét otl l'on a percé
trente-cinq kilometres de roules carrossables. - Un bois
&lt;le Boulogne iL douze heures de Paris, aune heure et demie de Bordeaux.
Pour que rien ne manque a ces charmantes hahitations, chaque nid joycux a 5a tcrrasse, sa marr¡nise ª""
frises tombantes, et tout autour un joli jardin oi1 les
íleurs de nos pays se marient aux plantes des tropiqucs,
- le mariage de l'été et du printemps.
Les deux villes ~ceurs sont reliées par le casino, qui se
dresse sur la colline et d'oü l'on découvre un des panoramas les plus grandioses. Ce casino cst un monumcnt.
C'est r¡uelque chose comme l'Alhambra reo\is a ncuf et
agrémenté,de coupoles plus orientales &lt;¡ue mauresque~.

VILLA MARl&gt;lJUtlTE,

distinctif du dix -neuvieme"siccle, c'e~ le
mouvement. Go altead!
De toutrs les stations de plaisance, la
derniere venue cst Arcachon. llieri solitudo, hodié vicus, eras civilus, telle e~t
la fiere devise de cclte aimablc colonie
improvi$Ce par la puissancc des millions,
et q•Ji íerait croire it la theorie, si débattue en ce moment, des générations
•~¡iontaoées. Arcachon, sitnée dans un
coin des Landes, a cinquantc-six kilomctres de 13ordr.aux, était, il y aquelques annres a peine, un modcs.te village
de pc'cheurs, déroulant ses paunes calianes devant ce magnifique 1Hl$Sin d'cau
salée, qui n'a pas moins de cc11t kilometres de tour, et qui communique avcc
l'Océan par · une large passe, comprisc
e11tre la pointe du Sud et le cap F'crrct.
Des hal.Jitanls de llordeaux llrent batir
en face riu hassin quelques maisons, et a
partir de ce moment le village de pcchcurs co111men~a a 1wrrlrc de sa rurle
physionomie. On sait qu'une maíscon en
appelle une autre, et les autres ,·inrent
si 1.Jien et si vite, qu'en peu de temps le
village était une petite vi lle élégantc,
dnnt les chalets et les villas s'éparpillaieot sur m,e étendne de plll!,icurs kilomctres. La vi lle d'été füit fondéc, et cctle
ville est assez avanta~cuscmcnt connue
pour que je n'iusiste pas. L'eau du Lassin, aussi salée que l'eau de la mcr, mais
moins fouettée par les vents maritimes,
offre aux malarles un bain plu$ tranquille et plus salutaire. S 11· cctte plage
unir¡ue, s'éhattent toute la juurnée des
lé¡.;ions de bamliins et de l,aml,ines, les
jambes nues sur le sable doux et lmmide.
Pas d'arcident a redouter. Aussi la plage
d'Arcachon ~•~elle été appelée la patrie
des enfants.

�90

l.'ILLUSTRATION

Les_ ~~lle~ •onl d'une ~rlrnilrnr encore inconnue. La viv~c1le1 el le •br1lla11l
d,•s lon~ rehans~és
..
.
· d'or, le 111rercs
rtr 't•s _1l1•m1-li'111tt-s ,1'11nc cloucenr extreme, o1Tr1•nt une
h,'.r1110111c ~ava11le. l.e ~uir, coupoles et minarel s'1llum ~l'nl,. et a11 mil1cu rlu jar&lt;lin un élégaot pavilloo
abr1te I nrchestre. Ce jardin, qni reproduit sur une
(plus' grande
· cchclle
. le jardin de M11nceaux , est auss1.
ra1s,
auss1
merve1lleu3ement
soiané
r.
.
o ' ma·,s· ·,1 a sur son
con_ rere de Pan~ l'avantage de possé,ler des cactus :les
alues, des arbousiers, des karoubicrs : toute la ía~ille
de la O_ore des trop1ques pousse la comme chez elle, je
v~ux d_,re en pleine terre, et ce n'esl pas un des traits
les
. moms caractéristiques de la cle'mence to ut cxcept•~nnelle de ce climat d'Arcachon. A cenx qui l'accuserat~nt de promettre plus qu·,1 ne peut tenir, il répondr~,t e'. : Regardez ces plantes et ce~ arbustes des climat~
afr1cams' etdites
• dans un sol refroidi
,
s•·1I s peuvent vivre
p~r la gelee. »
. Ro so~me, cette station d'Arcachon, qui réunit deux
v~lles, qm a le plus beau ca~ino et le plus adorable jar..
d'.º• avec une foret immense et la .ncr qni la liaignc,
n est p~s s~uL~ment p,:uplée, comme on le pPnse bien,
de valetudina,res. Tout le monde y va et tont le mo11ele
y reste. De ~etites Yoitur1:s a l'hcure slati11nnent a la
porte du cc1smo et empurtcul daos la íorct rle~ CPntaincs
,-de. promencurs·' - de·s barques pavo,~ees
.. invitent les
ba1gneurs aux _excursions maritimes, et les baleaux
a vapeur,_ charges de passagers, vont dou blcr le cap
Ferre~. C est en face de ce cap, au dela duquel s'étend
la_pl~me mer, qu'est situé le célebre chalet de M. Emile
P~re•~~' - une merveillc ! C'est toul sin1plement un pala1s. ~ est le plus vaste chalet qui e1iste, et c'est a11~si
ce~tarne_ment un de ceux 4ui sunt n,eublés avec le plus
gout; ~e Jardio qui l'eutoure est cumme u11e rcd11c1iu11 tlu
p~r_ad'.s ~errcstre: des fenet,es qui donuentsur la n,er, el
d ou I re1l embrasse le bassin dans toule son étenduc le
sp~ctacle_est s~perbe. On ne,pcut en vouloir a \1. E. Pére1re, qui a fa11 constru1re taut de chalets et de \'ÍIIIIS
pour les autres, d'a1oir songé a se cun~lruire un ni&lt;l
sur ce doux rivage.
liENRI C,1srEUUN5.

'

.I OIJRNAL UN I VER~F:t.

. Sagement répondu, bergere. Mais quoi ! tu accordtJs
~e ~ue tu refu_es, et te :oila de l'autre cóté du ruis;eau;
~ ten ~~peotrras. A perne quel4ue~ jours se sont éro11les et deJA ton berorrer te fail attendre• - Bo DJour,
.
mes
amours, la be lle Marguerite; a garder les arrneaui Yous
~ous serez morfondue? - Non, certes, mo; doui ami,
Je ne me suis pas moríondue : pourtant l'eau du ruis~
seau.,m'a
. un
. J)eu re fro,·d·,e. - Le coq n'avait pas chanté
que J a, fa1t d11 pare sorlir mes brebis, pour vous mes
am?nrett~s. -:- Et moi, j'ctaissnr le ga100 au pct/poinl
tu JO~r; il n ~ a que vous, petit ami, dont le retard me
acha,t. - Fa1sons tourner, lQurner le troupeau vers ce
~ouvert. Vous a vez du beurrc, moi du pain. uous nous
1crons quelques rvAt,es. - P:us~ez
.
.'
pa1ssez
pet'ts
1
arrnea
'
, broutez
º ux, p~1·ssez mes brebis; en m'attendanl
ces. Oeurs
·
' _ Et
. ' .Je v?us 1aisse
un momeut seuletles.
~01, pel1t Drru d amour qui voles dans les airs, aie soin
es .ªm~ureu~ et sn'.veille puur moi le lroupeau. t,d1cu, J~•IU il rlc111a1n, gartlez bien les ouailles · pour
heur~, Je ne 11uis m'arréter davantaae.
je serais trop
0
grundec
! - (Dt:spuur1111
.· ~)• Despo11rr1ns
. avait
'
.
lu The'o .
c1·1te
, ces vers qu'a traduits Antl .
, ~· qui ne recouna,t
Chen1er?
re

trouve déja ce ~ujel débattu par un homme de gé11ie, dont des fetes de Bacchus, sous la figure d'un je une gar~on,
on ne s'attendrait guere a trouver le nom ici; Jans une tenant une amphore sJJr une épaule, et de l'autré main,
letl1 e adrcssée par Gahlée au pcintre Lod. Carli da Ci-- teoant en l'air sa coupe avec l'entrain et la ga,eté d'un
goli, et qui a été publiée cette année a Pise, al'occasion homme ivre. C'est unP reuvrc réaliste qui n'avait pas
du 3001 anniversaire de l'illustre llalien. 11 étabht le dé- 1 hesoin pour parallre vraie, de la laidcur vulgaire, du
bat contradictoire: La sculpture réclame la su ériorité, type de gamin, que le sculpteur s'est oublié a luí donu parce que la nature fait les hommes de sculpture et ner. - M. MoREAU a représenlé la Premiére ivmse d'un
"du passé.
ANDRt LEFÉVRK.
non de peinturc. » A quoi la peinture répond, qu'elle jeune bomme qui commence a cbanceler et écarte les
aussi, 1&lt; elle les sr,ulpte, » c'est-a-dire elle clonne la sen- jamhes pour chercher son équilibre; cet écart, ce
s1tion du relief,et que de plns « elle les colore,&gt;&gt; comme manque d'aplomb, sont d'un effet anti-sculptural. JI y
fa1l la oature ; et elle se fon Je la-dess•1s pour établir sa a encore d'aulres i vrognes; nous les abandonnons au
116.6 .
supériorité sur sa rivale, supériorité que proclame Gali- Dieu qui les possede. - On revoyait, exécuté en bronze
t6' et dernier artiele. )
lée lui-méme. Compara1so0 futile entre deux mod s dif- et no peu éteint, le Saint Jean enfant de M. PAoL DuB01s,
L'examen sommaire et rapide que nous faisons ici férents des arts plastiques et, qui ne saurait aboulir ! donl le platre avait été remarqué a la derniere éxposi-•
Salon nous oblige Alais.~er de cóté, non-seulement Mais ces raisons, si puériles qu'elles soient, sont en réa- tion. - Un Jeune vainqueur au combt,t de coqs, statue en
grand nombre d'ouvrages, mais enr.ore a omettre lité la cause du peK d'intéret que le public moderne,en bronze de M. FuGoti!RE, est une assez bonne statue, a
Jques divisions tout entieres, telles que les PEIN- général, porte a la sculplure,comparativement a la peía- laquelle oous reprocherons une jambe étendue et un
~ o'JL"ilMAux, les NATUIIES MORTEs, les MJNIATURES, ture. L'~ne ne lui fait éprouver que lesenliment ab.strait bras levé en avant du méme coté, ce qui forme une
AOOARELL.Es, les oEssws. C'est la physionomie géné- du dessm et de la forme, tandis que l'autre récrée ses ligue trop longue et nuil au balancement. C'est une
e que nous nous sommes proposé de reprodoire daos yeux par la fete aoimée des couleurs, par le charme erreur qu'un Gree rr'eul pas commise. - Il y a de bons
traits les plus saillants; et, maintenanl surtout que mystérieux du clair-obscur et des dégr1dations de la morceaux d'étude dans le jeun·e Pan aga~ant ele retits
position est fermée et quenous ne pouvons plus nous perspective. D'ailleurs, les peuples du centre, et a plus ours, par M. Frém1et.- M. CoRDJER, qui exprime bien le
sser qu'aux souveuirs, s'eogager daos un examen forte raison du nord de l'Europe, ne connaissent point • caractere typique de certainesraces, a tellemenl enrichi
taillé et minutieux serait chuse fastidieuse et super· le nu, el ignorent les formes du corps humain et ses moo- de bronze, d'émaux, d'onyx, sa figure de Jeune muid. Mais, avant de terminer, nous arreterons un ins- vemenl~. Pour les peuplPs de l'antiquité, au contraire, tressr, que sa sr.ulplure polychróme passe de l'art a la.
1notre attention mr les PORTRAlTS.
les Ég_vptien~, les Grecs, les Romains, le nu était un cnriosité. -Le bronze a donné de la sécheresse au Faune
PoRTRAtrs. - Un assez grand nombre présentent un en- spectacle journalier; et les ~dmirables statues de leurs ch,¡sseur de M. L&amp;Pi!RE, ex posé en plAtre l'année derble de qualités moyennes suffisanles pour le butspé- artistes, partout exposées A leurs regards, entretenaieol 11icre. - Citons encore; U11e trouva,lle a Pompéi, brooze
aatteiodre. Dans quelques-uns, les peintres, sachant chez cux un sentiment esthétique élPvé.
de M. MouLIN; -un remarquable Christ en crJJix, st-ntue
sonstraire a des exigences banales, imposent leur senDeux Statues équestres de Francois Jer et deNapolcon :er, sculptée en l.lois, par M. R0B1NET; - la Juine filie a la
ot individue! ou leur fantaisie artisti11ue. Le plus sou- dre~~ées en avant de la porte d'entrtle du palais de l'lo- s011rce, de M. TRuPutME, etc.
t, c'est en dehors des conditions de l'arL que le pnblic dustrie, annon~aient extérieurement l'E,position. Ces
En terminant ce dt•rnier compte-rendu de SalC'D daos
teresse a ces sortes d'ouvrages. Iislaisseut des impres- statues colossale.•, daos une maniere décorative Oc1m- ce journal, nous ne pouvons nous empecher de jeter un
s si fugitives, que, n'ayant plus a évoquer aujourd'l¡11i boyante, sans origioalité, dépourvues de style et de ca- regard rélrospeclif sur la tache de critique que nous y
de lointains souvcnirs, nous nous bornons A citer ractcre, attestaient seulement la fecondité facile de remplissons depuis bientót vingt ans. Nnus l'avons ac •
lques noms seulement. M. AluURY-DUVAL avait ex- M. CLtslllG&amp;R, qui, par un privilége spécial, avait encori&gt; complie saos parti pris exclusif, ne clterchant point la
· un Portrait de femme, qui tenait convenablemPnt ~a exposé a l'intéricur &lt;lrux autres ouvrages : un C~sar, im- uotoriété et le retenfüsemenl en soutenant des opinions
ce a colé de sa jolie Étudecl'enfant. - M. BoNNEGRACE provi~é aussi ltlg/&gt;rement que le Fran~o,s ¡er, quant al'é- paradoxales, n'appartenant a aucun camp; allant de
it fait un portrait tres-ressemblant de M. L. Ha'Cin, tude du carictere, et ayant une cuirasse lourdement 1'un a l'autre pour louer ce qui nous .semblait bien, et
· uté au Corps législatif. Le joli Portrait de Mm• B... , 1 surchargée de figures en haut relief, d'un luxe inutile. critiquer ce qui oous semblail mal. Si ce travaif, ainsi
M. F1.0RE, d'un coloris frais, d'un ton léger et d'un'! On retrouvait plus directement les qualités particul1eres cou~u, laisse la conscieoce en repos quant aux intenure facile, a été remarqué a coté de l'Eve du meme du sculpteur daos un groupe de marhre représeutant un tious de siocérité, il nc.saurait, a moins d'une extreme
·ste. - Le porlrail en pied de Afme M. P..., par I Combat rle taureaux romai11s, groupe visant a la force, présomptioo, écartcr les doutes quaol A la justesse des
.GucoMoTTt, étail un des bons ouvrages du Salon. - Les mais manquaol de mouvement. - La grandeur esl une appréciations; et la différence des points de vue diamé01 portrail~ de femmes de M. litBl!RT attiraient moios qualité, l'e&gt;.cessif est un défaut. M. CAiN affiche lrop la tralemenl opposés, qui se manifesle ~i fréquemment chez
core par le caractere ,les tetes que par le systeme d'une prétention au grand style dans sa Liomie duSahara. Pour les critiques, opposition que nous sigoalions dans un
oration cberchée et d'une harmonie ráu,sie, malgré la faire grande, il ra faite énorme; et pour lui donner deroier article, esl une prenve de l'iocerl1lude inévitable
difficulté dC's ouanccs voulues par l'artisle. L'exécu- 1 du caractere, il a ex:igfré les li~nes de la tele en une desjugements daos une maticre dont les reglrs, intern esl parfondue et comme voilée. C'est en peinture ce géométrie anguleuse outre nalure. - ~ous nous récu- prétées par le goul f:t s'appuyant sur la tradition, ne
,·est un prélude de Chopin en musiquc. - C'est un joli sions, da.ns un dernier article, a l'occasion de certaines comportent pas la rigueur d'une formule absolue. Meme
rail que celui de M11 • de G... , pa1 M. JAr.ABRRT; mais peintures rl'une exécution trop h\chér, mais 9ui a de• en admettant que la critiqu1., ~oit fondée sur les saines
joli n'cst-il pas poussé jusqu'a la limite de la f.ideur~ aelmiratcurs; nou, de,·on~ le fairc aus~i a l'égarrl d'un notions de l'eslhétique, on peut ctre amené a se demany a, au contraire, un1! gr.inJe fermele de des,in, une des ;,rlistt&gt;s les plus cnnteslés de notrt&gt;lPmp,,M. PR€AUI.T. rlcr tle 4uel profiL elle est pour l'art.
cutioo fr:inche et solide dans le rortrait de M. l'u.bbé Si nnus ne ,connai,sion~-J)a; I&amp; beao -hufte tle l"!lrlliu•,
De nos jours, la cr1tiq11e arti,ti4ue a pris une granrle
bml, curé ele S1ti11t-.Uern, de ll. HEXRt Ltm\lANX. si v1vaot, si vrai, si fin, si atlmi1 ahlemenl eludir, qur exten~ion. Dan~ le nombre ele ceU\ qui s'y so11l liHe5, il
. LE1'v, auteur de la jolic id) lle dont uou, a1·v11s rendo nous a lé¡rné l'ant111uité, nous pourri:ins nous arrCll'I' no s'est lrouve q11Plqul S écrivains de talent, il la hauteur de
mpte, a pe1nl cl,1os un autre modt&gt;, a1ec un sent1me11t instant devant la méda1llc oú M. Prcault a chauche it lc•ur mi;~ioo par lrul's éturles prl'limi11ai1es et par la
-fin, 1rr.s-rnt1mc, une Tl'le de j,uw· fil/e, d'aspecl sé- lar~cs plans la figure 1le cel emprrrur, et reronnaitrc ~tln·té de le•Jr ¡:111i1. Si 1'011 cherche quelle a pu etre
tel't' et triste, n:iLUre nervru~e et malarl1ve, donl la vne 11ue, si ellt&gt; étail termirn•e, si la coi!Ture, au licu &lt;l'eLre l'attion C\ercc,• par cux, on rl'connait qu'ils onl contrilll~ressionllP et f,til rever. L'or&lt;lre alphabcllque dans le- un raqurtd'epongrs, éta1l rnrliquée, ce métla1ll1111, plan• hué. pour lcur part, a précipill·r la l'Ulllt' rle l'anc,en
'1el nous inJ,quons les n11111s nous amcne aun contraste a une certai111• cl,·•vation, aurait du rrlid et du carac- sy,tcme a1·ael1•111i4m•; qu'1ls ont in1t1c le puhhc aux qut'S1
. lenl drvaot un f1Ct1t 111rdaillo11 qui rcail ex posé dans tere ¡ mais le -ouve111r de ce hmte anl1,1ur cst trop p1 e· tions di' 1'1·,th,•tií] 1r; mai~ rn rtr h,,rs de c1's rt'Ht llal~
Salun d'honneur, et oü )l. llU5$AtlT a tcrit avec sa sent, et nous ne 11ou,ons 111111s empéclwr de denw11,lt!r (t)lli mrr1lént ,J'a11l1•11r~ ,J'étrc run1pt1•s), onl -ils ~pr1 i 1lisse comme avec un l,urin le prohl sculfilural de la pourq11oi l'arfote a cherche a n •ía1rr, d'unc fa~ 11 n si lii- reclemenl il l'art? Cela cst tlouteux. 11 'Ya;rl,111s le t·u111
r111cesse Baciocchi, - 1ot capitu, tot se11s11s; cet arla,rn 1.arre et si incumplétement, ce que rant1qu1té a, a,t faitsi ranl ,le 1'11p1111t111 et ,les 111re 1rs d'une nat1011, rl rns !a
pourrail, en allérant un peu le rens ordinaire, s'ap¡,li- bien.
11irc!'lion Je son gout, rlans les fuL1les sé,l11ctiu11s de la
•uer a la peinture de portraits. Chaque tele a son caLa grande médi.ille d'honneur a élé décernér a une mo1l1• clle-111en1r, d1•3 111ílurnces et une force d'entraincractere proprc, el il faut que la maniere de voir de 1'111- figure de Menwe, lc1i,~ee inachevée par fcu BRus, et mo1t, contrc lrsi¡11clle, l11ttt&gt;nl ,a111ement, a un moment
1
lerprele se mod1fie en ra,son de ct&gt;lle Yariéte. L1·s rlil'crs dont le trav~1I sobre el pur resp1r:1it le sentimcut an- rlon11P, IPs throri1•~ esth1•ti'1u1·s rl1•íend11P~ avec le plus
portrai~ que oous venon• de pas~er en revue svnt u·ai- 1 tique.
de talenl. Les plai11tes qui se ren11uvellent depnis quellé.-; daos de~ modes tout a f,11t di!fcrents el mémc oppoS1 l'cxpositinn de sculpture ne renfermail pas d'renne qu,•s années sur l'aha1s,1•mt11L du sc&gt;ntimcul ar1iFtique
sé~. Le portrai tres-re~seroltlanl de M. \ itet, par M. Rocx tra11~ce11dante, on y vo.v:iil un assc•z grand 11omhrc d'ou- en Frunce, sur la ,l,•s, rli11n de l'i1lt-al et la 1,rcdomioa11ce
1 di!Tere eocore de maniere avec les pré- vragcs qui, a défaul d'elt\vat100 et de grandeur de st~ le, rl'un réah~111P vnJ..(airc ou d u11 ma11iér1smé montlc1in
(Louis-Prosper),
ee~ents. C'est une p&lt;'inlure soliclc, d'une exécution large attcstaient du moi11s l'habilcté acqu1se el un ensemhle cffominé, empi'chent-elll's uu grand nomlm, de pe,ntres
et ~ure et d'un aspect sombre et harmon,eux; un eles de qualités satisfaisantes. Nous iodiquerons les pr111ci- de sr prrcipitcr ele plus en plus da11s 1·ettt' vo11•, oü ils
boas ouvrages de l'exposition, qu i n'a pas été assez re- pa.ux : le J,une Guu/01s, w1son111er des Romrnns, par espcrent rencontrPr le~ sympathies du puhlic et les fanblarquc. _ l\uus avons parle prccedemmenl de l'or1gi- M•• BERTAtX., a llhtenu une métlailll'. - Le hu,te de Laisies d1•s a&lt;"hl'lt'Ut",? ll'u11 autrc coté, les avertissenahté de maniere adoptée par un jeune artiste, ~l. T1ssor, la Puloml,ella, par M. CARP~-Aux, est un gracieux S0111:e- mt&gt;nl~ b1envrtllanL~ elonDl'S il 11ot1 e jeu11e tlcole tlu
11
dans ses portra ts. - C1tons encnre les portrails de mr de la S11bme.- U11 aulre busle, ccl'.11 de ,1J • n... , p,i_1,age, rnur la ¡1rém11111r contrc le dan¡;1•r d'•rne e~é1
.11•• A. B. u., par M. \ A.."' llo\'Ej de JI•• fo b11ro11ne de I par M. CA11K1E11-Bi-:1.1.ECSE, est un portra1t charmant tic rut111n lál'hér, 1111t-ils prévalu? On a eu bcan re¡irtcr
H,rsch, par M. DE WtN:-.t:, l'l 11:· flOrlrail de i1111• C. P... , 1 jeuncs~e el trcs-finc¡11cnt ex.1ru1c. - La ril'l1Jirf! rot,- 11u·uoP I hauche n'c,t fldS un t~bleau, pas plus qu·uoe
par M. YvoN, oü la vcrve fac1le tlu pinccau de l'artiste ro11111wt le tlru¡,euu f,anc1Hs, .~1.. tu•· de bro,,:.e, JJar ~l. CR.1c!i:, preface n'e$l un lhre; que ce mo,tc tic ¡wintnre, ,¡ue
s'a1he a l'clt'¡;a11ce el a l'[\¡(rement du 1110,lcle.
' étail peut-élre la 111e1lleurP slatue 1lc 1·cApo,111u11. qiwlqucs arti,tes, bien duués &lt;l'ailh t11s, ont ..te as,ez
ScuLPTURE.- On a agité de longues lhcses sur la com- L'ivrcsse et les all11rcs avinecs av:iu•nt, celte annre, adr111ts pour f&lt;.111·e acccptcr c111x a111att-urs, 11'a11ra
paraisun entr~ Ja staluaire et ia ¡&gt;e111ture, et ~iscuté les e1crcé la v,crvl' iu1ag~nal1ve de plus1eur~ arli,tes : t¡u'une tlurec de vogue passagcre, ils se cr111ent sulfirai&amp;ons d'infériurité de l'une par rappo1.'t a l aulre. On M. CUGNor, s est propuse de meltre en sceoe un Retour Samment autorises par ces exemples. J&gt;uurquoi ne s'eo

C'est ce que ne contest
l'h
0otre court travail n·est ni un mPmofre, comme il
era pas onorahle corrcspo
.
.
dant de Lihourne qui croit rlevoir défenrlre le p-ato~i:
J'aprelcr, 01 une attaque aux pato1s; tout au plus
contre
s1'
, .' e une dcíense de la lan°0 ue nationale, du franrais.
nous. "ou lui, u hien qu'en hutte a de rud
l'
ecousses, le i\lP~oquin, le Bazadai~, le Gascon, le Lanu:: ¡us seroble que la philologie doit etre un instrumeot
quet, le Chalo~sm, Je Bigourdan, le Béarnais et les au- progres, el que le progrcs n'est pas dans la résurrec-

tr~s sont cncorc pleins de vje. D'ailleurs, ajoute-t-il oo
sa,_t ~ue les patois vivent plus longtemps que les lan;úes
ofhc1elles. ,, lly aurait lit maticre adescli$cussionssausfin.
nous no~s borner~ns arépondre que notre correspon~
dant. qui n?us att~1bue des opinions eiagérées, est luin:1eme abuse par I amour exclusif des patois. J\ous pers,s!uns dans _notre prédilc.:t100 pour le fran~ais, et nous
re"retl?ns v1vcment, malgré tout le talent qui s'y est
dcploye, les tentatives récentes de restauration des d. lcctes
mé rr·d·10•~aDx. Tout en reconnaissant volontiers
..
'. importance h1storique des patois el lcur agrément local, nous pens?ns que leur période littéra,re est passée .
cela est si vra1 que les modernes écrivains du Lanau/
doc et_ ~e la Provenc_e n'emploienr pas une langu; viva11le' tls sont_ contra111ts de rccourir a un idiome épuré,
et po~r loul d1rc, architique. N'csl-i, pas A crainiire que
la gl~1re due it leur merite, gloire qu'une partie des
lettr~s leur accorde11t sur oui dire et d'aprcs des traduct1uns, ne soil p1·;.1111pte11,enl restreintc daos l'espace
-TRtsf Pt, cherC's brl'bi~, restet sons cet ombrage
e~
elans lc1 d•Jree? Aflaire el'oprnion, peut-on dire; aussi
11aissez '.,n pa1x,
· . a· celle q111. rn .engage
' ·
J- ,dlllt'aux.
.
n eng .g_erons-nous ~ur c.• point aucun debat: mieui
e ~a1s montrer les b1e11s qui lui sonl tle~tinés.
'
~a~t prcsenter dU lecteur plusieurs observations lresMais l'e?fant naivc a mal choisi celui qu'elle voulait rnteress~ntcs de la personne qui nous écrit.
Ce~~mes as¡,irations, dit nolre corresp1Jodant, n'oot
a1mer t~uJ?urs; c'est un fat, un fanfaron.
~ l'c-1,a"n
1
.
~ Cr1e a son de trompe tes exploits vaniteÜx I Fal pas
1 etc en,pl'lmtées par le bh,urdau
°
i1
~ o o , 111a1s
presomptueux
laisse• m0 •· seu1e... s,. tu m .avais vrairr1ent
·
' e l_es rt:moutent saus doute e, a l'épo4ue oü ia lan«u¿ rl
- .
.
'
o
es
armee
· reconnu a ton silcnce rlaos la vc1·11e·e lbcr•·
e:; s~ par1a1t scule, dt'puis la Garonue jusqu·au
. ' Je I'aura1s
ou tu as sen,e· 1e brmt· qui m'est revenu.
'
·
Tage.
»
Nous
le
voulons
bien;
toutcfuis,
!es
élc111enl~
La timide
caresse ne sai, trop ce qu't:lle veut, et trompette et lltite ~ous m~n4u1:11t p1Jur decider avcr, cert;lu&lt;lc. Quant a
to'.1lhla ble~~- Un s11uffle, un rayon, tout l'elfrayc. Plutü~ 1express10J1 cmp,w,tre; a l'e3puy//ol, nous la rctirons iom1c e mo1s1e avec l'ami vrai qui parle ;_ dem· .
. lout1ers; de méme, lorsquc nous rapprochons n,esclu et
. t d' •
"
1-'l'OIX, QUI
cram etre entendu, et sait gardcr du Croid son se:rct! '.71 ~c~/fJ~:e, no•J~ ue voulons pas dire que le héarnais ait
mute 1,tallen; tout le monde sait que la l'ormation des
Plu• léou miq11e e~louridR,
m?ts dan~ les d1:11ectes latin~ a cté simultanément souDJb bél am,s•o11srl
m1se a des 101s analog-ues.
Ou( pa, l_t! a mi,•ye halet,
Nous somn1cs- nous trompé sur le nombre des ,·ovelQui • ra111¡¡ l aouJitle
El ~ah g,,uartla Jé rct
lc&amp; fran~a_,se~, el n~us laut-il revenir Al'opinion c~mLou sou s~creL J
mune q,u, fa1l de 1,talien la plus harmonieu&amp;e des lan{LAMOLtRE).
LA LITTtRATU RE EtA RNAl SE.
gues'I Non pas; ou plutcil laissanl lltarn,onic al'1talicn
~ar~ons pour 11111.s la ,a1·i1•te; c·c~t apreE la lec,urc el~
Denuer article.)
hUn~ aut:e, plus prudente et plus froide, a p,1ssé son
1Ar1Mte' ce grand enchanteur' que D11us a1•011s été
~- emrn. Ecou~cz conrme il faut rl'pon&lt;lre aux prot.esta- lrappc ,le la mu1101011ie des u et des o demi muets a la
111.
1ons mcnsougrres :
fi11 d1•svcrs. i\ uu, avuns C1Jmptc en fran~aisduuzc ioyelJe ne n,c suis avisée ni de to, ni de ton amour . si tu lcs, en n,ettaut ,le cóle qucl,¡tH'S nuances c,,mme ti e o·
Nous avons vu ~ue l'amour et la beauté n'apparais sou res, prcuds-t'en a d'aulrcs que moi.
'
d~ •~c.11_1c 11uus avons c_ca1'lé pl11s1curs i11tooatiu11s ~u; I;
~ent pas sous un Jour particulier aux puetes béarnais ·
- Tes IJeauA )·eux, dure hergcrc, s11nt la cause de mes bea, na,s dou11c aux s,ennes. J\otre corrcsp1111danl nous
tls so?t. par eux traites avec cette affeterie musqucc qui
ma•n; el ton humcur si st•vcr1~ trouhlc tout mon repo~ !
pardom:cr,, de ne pas lui prouver que le fran~ais, au- .
refro1d1t le _sentim~nt; ,·e ~oulde l'a111ourct de la bcaute - Mon l111111c11r cst a nia rrui,e · il ne t', f· l
, •.
.
o
,
t 11 ,111 pa, IICCU •
t,111I que le JI luis' ahonde en diphthongucs et en triphde c11111 c11t11111. i\la,~ le uaturcl et la sponta11rite se rcpt r.Als,1 111a· IUC l 111co11111111d1•,
lii1•11 lll frn lll'll\ ~u
• ula;t'
( I'.
_
th1111g11'.·s. 11 111· ,·cut pas qm· le hramais t•t lc "ª~con
tr11uv1•11l rl 111s le., p'a1111t:s les hcr~•·rs; ta ,ti',t ilt-s lra1ts
- . ' . p1t11•, t1gre~,t•, pour l'cxt:C'S ,11• lllil l 11,"u1·t11·' l11- as~ p1·111•11l ' ¡.,1 .cle11,i:1t1 du \ et de l'F; el uuus Íui sahcurcux
,l,11111,·11l
it
la
11e1ite
sc,·uc
•111
"l'aucl1
'
1
-0
·
n
11,c 1111 IZllll ~1•n.;1J,le il la h•ndressc, a1111e-111oi, ,lu 11111111s, \,ir c.11111&lt;'l'lh1111s l'l' br11t'r1J,
, ,,,int·
e m,1111a,;111:s, ou f1111t v11ir au le, lt·ur la li"11 1·c a11::11.
.
, n1ais· ,1 n1'•1cc
, 11•·,Il'l'il qu •1·n rt1'ª~~1011. - Oc l11'.1t !:1011 creur, je te pl¡¡111s l,11•11' 111:11~ fusa11t le dr111t de c11t• a ikux lcttrcs en1ployécs par le
lcusc l'l le l"'1·1·t 111an·1111 tl11 p,1trc; tautüt ~1,·s rt·111,a1·,q11es plus g,•1u•1·;1l,•s, rcvetul's tl'u111• poc ,e facile, rnd1- t!'.'ª"'.I tu s1·ra1, a . la 1111:rt, poun11111i ieu,-tu que je h111gue m,•11•, lt·~ patois t•x,·lucot non de; ct,·ar,O'er~r
t a11111, ~1 tu lle pla1s pa, a 1111111 cre111'? 111;11s ,les 1'11:h1•,,es ¡)alr11nouiales. 11 dcfcnd en \~ID 1~
queut uue ve1·1tahlc cu1111:11,sa11cc du creur li11111a111 r. '
Le g,da11l 11·a •111·1111l' 1·1ss,,11r,·c: ch:111,:er d'iv1·cs•e· il 11,al, 1Jt•1111trcusc Yu~clle ou, qui usurpe la place de eleu1
élC"IC
·
01
l 11 1
· 1
·11
• .es
1
º. ~
~ '. " e m,·, _c d'u11c duublc 1er1t,·, liwale el va cha11ter a1•1·c ll1111 11 cc,11 c. 11 nu 1¡11 1.
. '
·
.
.
, 1UII 'fll ..I1V,t'Dlle!
sons, o et'", el de truis conso11nt•s, b, l et v. 11 lrouve
mora.le, . mcnll' qui bl'llle c«ali•1111•1
1l ela11•., eCI' tUIIII S 0
·r1
I"
ll VIII, Jll~'fU illl 111,tllU ! \'11i-i11, 1111 111'a &lt;lit 4111• lu te
'.&lt; pl1Js ele rapport entr11 bel et/,ert' qu'eutre betw et be/le
t _yllcs, eglugue~, c11tn:11t•11s pa,t,,1 aux ou le p11étc i·st
man, ·s ·· de te ji'· ·'UI~· ,..,ni.· s·1 1Ie 11,111 tu 111• te 111 efics je
Jumeau et 1111n lle, r/111mfa11 et cliam,·lle; n no!Js luí ferou~
b1,•11 force de laisser la parvlc au&gt;. ruh.rlocuteurs. lci le
ve•H le dvuuer cvuscil tl'an11 : ~urtuul, prcuds "ard~ A cr!ieflflnnt Qhscrver que ricn ne Justific l'inlrt•cluction du
l~1·gcr el la lw1·¡;-c1·~ se re11cu11tre11t par ha~ard;
lis
la culoltc; 1111r ta l'cmmc ne s'pn C'lllflart• pas ca~· si clic 1 linal da11s /,el, tan,lis que le son mt il ne pe t I""' se .~0111 chc1 dws; a1llc11rs' c'esl
- le 1ia,tuu1·
.., scu1qui pour-- te la 1n·e'
•1 &lt;l un scu 1Jour,
•
. .
'
tu u'y 1:cn1cllras pas' le p1ctl! " rer, est mt1111c111cnt
lié aux finales al
et el. E• 11o e11e
ll' t 1
• su11, et la fl L,t1111rcllc 4u1 se dervhe it un amaot impor. .
, e
l
1
pa
o1s
u1-111emc
fait-de
cherul
rt
de
se/
'h•'·uo
t
tun, en1111yc11x Jo~c111·. dc g,tloul,cl ou 1/onsieur ele la 1
,
·
,
,u
u
e
suou;
S:1s1011!. prPn ganll' ,¡ la c.1ouce,
' or, (l()tL o cst quc la prunonciation meridi,)Oa)e ric notre
!\ou IJ 1 .,ye l,l 111011111c,
Ytlle. 11 y a a11s.-,1 des u1lcrn1cdcs con11ques, des bals
C...ir ~ sou, cop
tlescao11ce,
son uu.
ehampetres, k1•r111esscs lllvi11s r1chcs ele ton
. 1
laot .
, mums
Ja1oey uou y tou, ues Juu pe !
~ -que nntre corr~spondant nou~ apprcnd sur les naP ure,uses que celle de Huhem, n1ais oü la ma1oreur
1sahtcs beama,scs : ua' ce• éP, úO • ui, t11'1, sur I'1J consonnc
~ouble I ag11J e eles d,ms,·urs. Au rc~le qucl Uls°c,ta
.
ltons vaudmnt ,1111:ux •111c de p' us lon"s ~4 t
Ma1s auprcs de la poésie crotiquc ou éJé«bqul'
f"II
·
o J111111e11 au·,•s.
autres "cur •s ~ i.
.
o,
, les ele ª"!!"' ang,· ( 1iro11uncez ti ,yhll')' el de co11ratve cou- , elle, pas,cz le ru1s,ca11; si.Ju, cct o1111Jra"1 a
o ' on asscz JWllte figure; si uuu~ l'ilons r:•1;i_· (p1·01101~1·1iz , 0111ut1¡1ti, ); eufin, sur l'e final de~ mol~
l'abri rlu solt-il, uous parlcruus d'a11111ur&gt;1 11 . 'º ·,
encurc qucl4ues otlcs hl'Ul'eus,·s tic J\a1arrut e11 1'11110
11 Y a 11as ucur ele la 1 1ti e t /J t
de
•
· fc11110,111s, q111 a, en _bcarna1s, la valeur de l'o (rau~e, propon, sur are1ic, ti u'y a pas de l,at,·au Qua 11 d '
.' '. " t e P1 u•t•, ele la t'ttll&lt;'e ,f011s•e unr n,:11ct:z c~u1,;o) ' merite une conflaucc ab~olue' cumme
rai,. par·,
JauS1· cha11so11
•, m1111tre le c1t ulin' aussi
s,c, q111· c~l. 1e 11:i..,t,·ur qui. ow sera1l· li,lelc? .•
. . .sat1n11ui•
. . . du n1c111e, ou· ••
v, na11t d un ho111me qui sait et parle le p,ttois. Ma1s
vous voulez a1111 fidcl,•, ra,~t·z, sans ra,rc la crnclle. e e•:•,pell, e aup, es ti ur~c pa~~a1111c q11'un ¡1,1_1san l'cst lU- 4ua11t aux ctymul11g1es ele /ogl'(i, oü nous vovons aussi
"?us atl11rcrd1 taul que Je vivrai. - Vvt1·e lla ', _J ~11, d u11e l,ourge111s1•, et ~es i·uuplits c11d1;1hlrs sur la l111•11 /uc11i!10·,1 411c lurwt11s, de chic, rappr11t'11e ;le )&gt;tqtti'n,
ba. e'º. 1Je•Jve, peut-ctrt: lit: ,lurcra1L-clle 11a,.-1 Mu1i11111c ' l~l fctc tlrnu
' 1H'lr,, ti e S&lt;1111 l - lla1·L hl'le111y, 111111s au1·011~ donné 1,rh"u,, /111'111, (pct1t, 1wt1ot), nou, re-1t•ro11s daus le doute
111
~111ccrr., toUJOIJl'S J•a1111era1
·
uue
1tlce
J Ja mu,c bearna1sc b •11, fill •
qui J·e el1111.11ai.
·, . ·• - 4 V1cns
.· u,s cla11ccl'
.
. a sulfi ''--1111e 'e
1m sonrnw, l't•:,;pacc n11u~ manquant pour rcproduir~
&lt;I
.
•
,
' e e , e
vnc 1e1, sur I hcrlictte; je le sna1 11,lcli·. croi~ en f'I
' u JUJ)on court, a la laDguc hicn pcu .'uc el toult's le~ 1·c111ar1J11cs plus ou muius cv11cvrtlan1cs aYec
lcllc, tes ycu1 si bca,1\, le, char111a11ts all;a,t~
J' ' . •1 u1, le~ t.leux 11v111g, sur la ha1ll'l11·, tl1•,cc11tl la 111v11l'l:ne
0
nus up11111111s' nous cu f'ai,ons nutre prvfit' et nons reme fi,e_ 1&gt;as a volre promc,,c; vous ious r1riez
• hi, e1ue
1, s,rns
1., tlenn"
. • o• •r I',·qui 111,re&lt;1t• 1a c11rlJ1'1llc rl1111t ~a tele' e~l n,~1·1·1u11s _,11cn11·11t no1re currcspu11&lt;la11L tle l'attcnt1on
ma ra1bl1:s~c ~ Vou3 n,c ¡,al'lcz d'am w·
e1 e e e ,.11·gee. Par u1all11:ur, la c1111ucttc aspire it l&lt;.1 e,· r
.
o pvur vous mu i·t &lt;les b ib •s d 1.
1110 me; 'JU ,1 .ª h1c1~ vuulu accurd1•r a nutre cxcu11-iun dans un
')Uer da woi.. - (!uonymc).
' c. e ra11~,us cu1-rv111peuL et &lt;lcnatu1·1:ut de do111a1111• qu il hah1tc t't qu'il CA piure avec scicuce. Avant
Jour en Jvur &amp;0n l.auif"ie a.cccnLué.
de prendre congé ~ lui, noui. t.enons a le convaincre
1

'ª

-;¡,

ta.'

'ººº

~¡·,

9t

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN l VERSEL.

I

I
I

¡

¡

1

¡

�02

L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

tiendraient-ils pas a un procédé abrégé qui
• ne cléplait pas au public qt qui dispense des
études laborieuses?
L'étude, l'étude sévere, consciencieuse, iocessante, tel est le seeret de la force des grands
maitres. lis ne se sont point bornés non plus
a n'ctre que des praliciens habites, ils avaient
l'art en trop haute estime pour n'y cbercher
que des qualités extérieures. lis y poursuivaient un idéal, et, pour élcver leur ,ime
jusq1ú\ cet idéal, ils la nourrissaieut de nobles pensées, ils cultivaient leur intelligence,
comme ils exerfaicnt lcurs mains. Si la
tradition n'était pas la pour nous dirc que les
artistes de l'antiqu1té s'inspiraicnt du géoie
des poctes et l'réquentaient les éeoles des
philo,ophes, qui pourrait, a la vue des belles
crédtions du ciseau grec, imaginer qu'elles
n'oot été l'reuvre que d'habiles pratieiens?
L'art n'e,t pas un métier; il doit étre un
cnlte, ¡¡· doit ctre un idéal. C'est la tondance
a l'iJéal, au culte élevé du beau, qui va .de
jour en jour s'affaiblissant daos l'école franflise. Est-ce un affaiblisseinent passager?
Est-ce une transíormation dcfrni ive en rapport avee.celle &lt;le la sociéLé ellc-méme? C'est
ce que !'avenir apprendra.
A.-J. Du PAvs.
Errata. - Dans le 5° article du Salon,
page 39, colvnne t••, lignc 47, au licu de:
accord ioil1viduel, lisez : accent individue!;
· ligne 77, au 1ieu ch: Mazon, liser.: Nazon;
colon ne 2, ligue 27, au lteu de: Bellot,
lise;.: Bellel.
~

EXCURSIONS SUR L~:s CO rt S DE NORMANDlE.
( j •r ARTICLE,)

Les ehemins de fel' font voya~er trop vite
aujourtl'hui, Pt les diligt!n,·e, avaient du bon.
E1:es suivaicnl les relids du pays, vous mettaient en communicalion i11 i11e avec lui, travcrsaient les villagc,, les b1111rg, et les villes
au lieu de les éviter, et souvent s'y arretaient
pour vou~ laisser pren&lt;lre de détestables repas
,¡1w l'on payait trc;-cher; 111ais 011 était dans
le crour de la place. AuJourd'hui, on n'a
~u·un liut, parveoir le 11lus tul pussible au
termc du voyage. On ar1 ive a une stalion
annonc~ comme élant celle de lelle ou
telle ville, placée a un ou dLUX kilomctrc,
de la, et dont on
aper~o1t il peine les
clochcr.•. On se hale
de manger au buffct,
puiq Ion rrpart, saos
a,·oir I ien vu, rcmettant de vis1ter des pays
_que l'on ne connait
pas et que l'on vourlrait connaitre a un
proehain voyage que
l'on ne fail jamais, ou
pendant lequel on se
comporte absolument
de la mcmc fa~on.
Les chcmins de for
nous offrent cepcndant une foule de facilités pour cela, mais
on ne sait pas encare s'e11 servir. Leurs
admioistrations, ellesmemes, n'ont pas tou jourq favorisé les arrets temporaires dans
lt!s villes de passage,
et, d'un autre coté,
elles sollieitent le pnblic a des e1cur~ions
sur un parcours réglé
d'avance.
Ainsi voici la eom-

i!,Oll 01&gt; IS 4.,- vt.ull'~ l&gt;T Lll :.~IUNl, ... faoletu «le M. G,

l,N l&gt;I\IANI llP. AU MUiEE Jll C:R"AND•DUC'. -

lllortau

1,uir le a• llll).

J1bje&amp;1, ,lf 61, J. Jundt.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVE RSEL.
pagnie des chemins de fer de l'Ouest
nous oflre de nous transportcr sur les ~
de Normandie, que toute famille q•Ji se~
pecte a visitées ou ll'isitera au moins unef4j
en sa vie, et daus des condi~ions auxquelij
il est bien diffrcile de résister.
Elle a le grand circuit et te:petit. Ce dernit
permet de visitcr Ro nen, Dieppe, Fécam~
le Havre, Hon0eur ou Tronville et Caen, d'ti
l'on revient a Paris, et coute 55 fr. en pre,
micre classe et 40 rr. en sccoode.
Le grand circuit vons conduit a Cherbou'I
et vous ramene ~ Paris; il coute 65 fr. fl
premiere elasse et 50 fr. en seconde.
11 y en a un troisieme qui conduit fl
• Bretagne, et méme aux iles anglaises, 11
con1binant les d1ligences et les batcaux uee
les chemins de fer de Normandie et de Bre,
tagne, lesquels prennent 00 et 70 fr., selGI
la classe, et font obtenir des prix réduits de
autres entreprises de transport.
Certes, il est impossible de faire un
beau voyage dans un pays plus fertile et
pittoresque en meme temps, et édifié de
numents plus célebres.
Que de s.t~ ravissants, que de merveil
archéologiques a voir, en commenfant
Mantes « la jolie, » et par son église,
affecte les formes souveraines de la
drale de Paris. Laissons Vernon et le
de Bizy; mais la station de Gaillon vous
tire, d'uo coté, vers les ruines du p
d'été des cardinaux d'Amboise, arcbeveq
de Rouen, de l'autre cóté, vcrs les Andetm
avec se~ deux églises, dont une posscde lit!
magnifique portail de la renaisssance, et i.,
ruines pittoresques du cbateau Gaillard, do.
minant les falaises au pied desquelles la Seiot
trace son cours sinueux.
Rouen ! Jad,s la vi lle au1 cent clocbers, qai
¡,erd chaque jour de son antique physionomie,
gr,lce aux percements et aux em bellissementJ,
mais qui en conserve encore assez, dans certains quart1ers, pourqu'on la puisse comparer
a Prague ou aFrancforl: la cathédrale el ses
magnifrqurs tombeaux; Saint-.\laclou et la
portes ou Jean Goujon a ccrtaluement travaillé; Saint-Oueu, un chef-d'reuvre des IJvt
et xv• siccles; Saint--Patrice, Saint-Godanl
et Saint-Vincent, avec leurs splendides ,¡.
traux; les gu,des les indiq11ent certainemenl,
aiosi que l'hotel ele Bour¡;theroulde, si délica.ement sculpté a la rcnaissanr:e. Le muséc de
peiature, uu des plus riches parmi ceu1 des
villes de ·provinee; la
bibliolhcque et son inévitablc manuscrit do
xvu• siccle, le musée
d'antiquités, enrichi
par une foule de découvertcs faites daos
le sol nc.rmand, doiTent retenir encore il
llouen le voyageur
qui s'intéresse am
arts. Celui que les
grands horizons séduisent peut monter
sur la cóte de Bonsecouni, donl la cha•
pelle, déja aper~ue
du chemin !le fer, est
célebre; ou micux, si
l'on r.n a le loisir, sur
celle de Bapaume. De
la premierc, il voit la
ville .a ses pieds; de
la seconde, il la voit
en arriere-plan. La
presqu'lle que la Seine
forme en venant baigner ses quais, les falaises crayeuses qui
bordent une de ses
rives, les iles, les maiFons de campagne,

donne son ace11nt a la ville.
De Dieppe, il faut allPr au
Tréport et a la ,·ille d"Eu.
L'église collégiale du xm•
siecle, est un beau monument, mcme dans un pays
qui en compte tant de cet~e
époque; le chateau, rés1_- ·
dence fayorile de Louis-Ph1lippe, est rcmarquahle ¡,~r
une colleetion de porlra1ts
que MIi• de Monlpcnsi~r Y
avlit réuuie dans son ex1I.
Pour alter de Oieppe a Fécamp, te chemin de fer ~lus
fait revenir sur vos pas JUSqu'a Malaunay, oi.l s'embranche le chemin de fer du Havrc. Les nllécs industriclles
que suit le prcmicr chemin

--;;iries et les hautes che1~oees
~ des fabriques dans
1111
. tain . le tout forme un
Je 101n
,
.
. •
tacle grand1ose, ou 1ac,~~.. humaine se perd dans
ll"'"' e de la nature.
le ca. lmpe cst toujours 1a v1·11 e
.
..
Diep
ri,ilégiée, ou la Par1s1enne
r.aune 1· venir étaler sur la
iage les costumes les pi ~s
P
coquets et les pl os exce11tr1ques. Ce spectacle peut amuser un iostant, on_ s' en lasse
el on en rit, ma,s oo pe~t
ae point se lasscr de vo1r.
:la ugue venir et revemr
sall reliche battrc les galets de la plage, aux pie~s
u qui,
de l'antiqoe chatea
. J
avec l'p'glise Samt- acqnc~,

ABÓAYE DE SAINT-VANORILLE,

SAINTE-ADRESSE.

et que ltraverse le second, sur de hardis ,iadocs sont féeondes en heureux
'
points de vue
: le pays plat que l'on
1raverse est riche et plantureux : les
rennes s'y cachent au milieu d'une
ceinture de f'utaies, comme daos une
redoute. Mais il est bien teotant de
snine les c&lt;ites et de visiter tous ces
petits ports abrités dans les déchirum faites par les eau1 intérieures a la
ceioture de falaises qui borde lamer.
11 y a d'abord Veules, pnis Saint-Valery-en-Caux, résidence paisih_le, qui
auire ehaque année les ba1gneurs
tranquilles. Cany et son chatea~ d1~
xvne sieele, (enveloppé} d'eaux qui lui
M!l'Yent d'ornement n'ayant plus a le
déíendre, y sont un but de promenade.
Pnis Tieht Fécamp, qui s'allonge, au
débouché sur la :Manche, d'uRe eharmante nl\ée au fond del laquelle ·on
rencontre Je chateau et l'abbaye de
Vll111Qr¡t, clont il ¡¡(reste gucre_qu'une

FGJ.ISF S,\l~T-Ü.O~AllO .\ l(Q:iFl.fl'R. -

n·~prés les mqu,s e

•

croy perJ,

chapelle de la renai~~ance, ahrilant la
tomloe de~ sires de Tancarville.
Quant lt li'écamp, il pos:cdc un~. magnifique église du douz1em.e s1~cl~,
qu'éleva la foi pour une samte rehque : le précieu~ sang! ven.u de Palestine en Neustrie, enferme dans le
Saint-Graal' oi.l l'avait refU Josrph
d'Arim:ithie et qui ful porté a travers
les mers dans un morceau de figuier
en 1,n1i~e d'esquif.
.
Que ceux qui viendront de D1e~pe a
Fécamp par Je chemin de fer veu1llent
bien s'arréter aYvetot, non pour Yvetot,
mais pour Caudebec et ~aint:Va~drille.
Caudcbec, vieille vlle s1 p1ttoresquement assise sur les bords d~ la
Seine et que domine le clocher AJ0ur
de son ég*e, couronnemen_t_~'un p~rtail, moitié gothique et mo1t1e rena1ssancc qui n'est qu'une dentelle de
pierrt Si le voyageur fait &amp;on exeursion en temps opportun pour as~

�94

•

1

L'ILLUSTRATION; JOURNAL · UNIVERSEL. .

L'ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVRRSF.L.

si~ter a une marée de vive eau, il jouira, du quai sée est si .courte, et ce mal est sitót passé des qu'on pose
n'avait bu que du vin de Tokai. é'est un Hong~
de Caudebec, de cct étrange et magnifique wectacl'! du le pied sur la terre ferme !
Hongrois du dix-septieme siccle, si j'en crois son•:
flot, qui la se déploie dans toute sa majesté, au grand
ALFRED DARCEL.
bit, un contemporain de Jean Sobiesk.i, l'imprévoy
dommage des l&gt;erges du fleuve.
(J,a s11ite prochainement.)
111
vainqueur des Turcs.De Caudebec a Saint-Vandrille la distance n'est pas
L'Amour,
ainsi
insulté,
jure
de
prendre
une
ven&lt;&gt;e
grande. La, il ex/ste les restesd'une m~gnifique abbaye: le
éclatan.te. 11 déploie ses ailes, il fend les airs, et le~
transept d'une église, un cloitre et nn réfoctoire,et dan~
(;l);JR@~DQ\\/Jli 1&gt;11\\/JIO~&amp;ll.ll, ·
chausse
du cothurne et vetu de la courte tunique ~
le pare une petit~ chapellt mérovingienne. Aujnurd'hui, 1
fectionnés par les cordonniers et les taill nurs de Cyth~
u~ A~~l.ais t~ansforme les ~a~iment.~ ~onventuels d_u , Un nouveau ballet vient de naitre a l'Opéra, Némé(!, ou
le voila sur les IJords un peu faogeux de la The·
d1x-hmt1eme s1ecle -en une res1dence q111 peut devemr t Amour venr,é.- Un ballet mythoJogique. A l'heure qu'il
au milieu des Maghiars bottés, éperonnés et culot:
~ussi bel!e _qu'~lle sera_certai~ementoriginale. Plus loiu est, le monde est plein de gens qui font fi de la mythoil Y aura1t a V( 1r les rumes ¡.Httor•Jsques de l'abbayc de logie, et ce dégotit ne dale pas d'hier. DF\Ja, vers f S30. la hussarde. Tout le monde sait que l'Amour n'a qu·~
Jumiéges. Mais il faut savoir se modérer, car d'encore en : Béranger, las de chanter les amours, et Vénus, et Bac- maniere de se venger. 11 entre chez son ennemi ~
encore, on irait au bout du monde, si le monde avait un i chus, et loute la bande olympienne, les malmcnait assez etre attendu, - les dieux n'ont pas besoin de parler •
portier, et c'est un de leurs plus en viables priviléges ~
bout.
ru&lt;lement, sur l'air: Ji.tpiter, un jour en fureur. 11 n'en
il
luí. p~ésente, au mili~u d'une orgie, la je une fill; ~
De l'autre cóté de Caudcbec, en descendant le cours avait pas l'étrenne.
plus Johe, la plus cand1de ou la plus friponne, une mo.
de la Seine, on pourrait encore visiter Lillebonne; l'anveille de beauté, de grace a la fois naive et provocanie,
tique Juliobonu et l~s ruines de son théalre romain; puis
Divioités des berger;es,
- l'Amour scul est capable d'opérer ces combmail!Olt
non loin de la, le chateau féodal de Tancarville, qui s·aNyrnphes de nos rives fleuries,
meurtrieres, - .et, par-dessus le _marché, un modele4t
Sa1yres qui dansez toujours,
vance en promontoire sur 111 Seine, élargie aux proporIégereté,
d'agilité pétulante l)t d'élégante souple51t
V1eux enfa11ts que l'on nomme amours.
tions d'une mer intérieure.
Qui
faites
naitre
en
nos
prair1es
L'irnprudent
Maghiar est bientót vaincu. Mais, le croirie¡:
Reveuant sur ses pas a Lillebonne, on remonte l'inDe
mauvais
vers
et
de
beaux
jours
,
vous?
A
peine
est-il touché, que l'Amour s'apaise, par.
dustrieuse vallée ouest assis Bolbec, d'ou l'on regagne, a
Allez remplir les hémistiches,
donn:,
et
~ait,
~ntre Né~éa et son amaut improvisé,ij
Nointot, ie chemin de fer dont un embranchement
De ces vers pillés et postiches,
foncttons
d
offic1er
de l'Etat civil. Elles sont douces, liii
mene a ~carup, ou nous vous avons déja conduits par le
DPs rimailleurs s11ivant les coll!'S 1
1 vengeances de l'Amour 1•• A moins que le Dieu maa
littoral de la Manche qu'il
n'ait quelque arriere-pea.
nous faut suivre encore.
sée, et que le maria.ge•
Yport, nouvelle station de
soit, pour le füs d' A"'-,
bains q11i bérite du trop
CHEMLNS DE FER DE L'OUEST
qu'uof: porte dorée de l'ei.
plem d'Étretat et qui sert
EXCU RS IONS
fer ... pardon ! du Tartare: •
de refuge a ceu.x ~u·e.m~•
SUR LES
rouche lasociété parfois ex-·
Cotes de Normanclieetdellretagne
centrir¡ue de la colonie pa. Lasciate ogni speranza, Wí
[ ch' intnte.
risienne a laquelle la presse··
a fait une trop bruyante •
Cette pantomime est enrér,utation. Étretat, qui a
tremelée de dans,es de· •
tronvé dans•M. l'abbé Covers caracteres, - le
chet un historien'qui la fait.
gage
des fteurs, le /'as
remonter aux Gaulois,' est
miroir,
les Lucio/es, laCfttl,
charmant avec ses chalets
son a boire, etc. Tout cela
étagés sur les deu1 versants
est agréable, et parfois assez
de la vallée qui l'enserrc.
piquant. M11 • Mouraw1el
L1 mer, bornée a droite et
court, sautille, pirouette,
.a gauche par les hautes
voltige comme si l'Amour
falaises creusées en arcades
lui avait preté ses ailes. t
par les flots, y est vue
vous aimez les tours de fon:e
comme a travers une immense fenetre, et ·un irré.
et de souplesse, le&amp; m~
vements de corps 'íoa
sistible hesoin vous prend
dus: presque impossiblet,
de gravir le~coteau pour
et néanmoins toujours facijouir sans obstaclc dé.1:iP-les en apparence, toujoun
vue de l'inflni.
,
élégants,
allez voir J111 1• MooO'Étrctat, on peut gagne1
ra wief an plus vite. Si
le l:lavre par MontiviUiers,
etes musicien, si vous ,
ou· il y a encore une église
le
sentiment du rhytb
romane, et Har.fleur, ou reallez
voir•encore M11 • Mooprendre le chemin de fer
rawief, car elle dame
sur !'une des slations__ de
comme chantent les graal'embranchement · de Fédes cantatrices, avec uae
camp. On passe également devant Harfleur et le cloCes vers aYaient précédé de tout un siecle la boufade régularité de mesure et une précisioo imperturbables.
cher,
de Béranger, et te! romantique que je pourrais nommP.r
La inusiq1Je, reuvre d'un compositeur russe qui a 110m
serait bien étonné si je lui disais qu'ils sont de Vol- M. Minkous, est facile, abondamment mélodiq'ue, élé« Debout pour nous apprendre
taire.
gamment écrite et habilement instrumentée. La coopéQue l'Anglais qui l'a fait n'a pas su le déíendre. »
Malgré Voltaire, Béranger, et tout ce qu'il reste a ration d'un compositeur russe n'anra plus rien qui vous
l'henre qu'il est de romantiques, j'ai peiue a croire que étonne qnand je vous aurai dit que Néméa nous arri,e
Le vers est chauvin, rnais le clocher est Fran~ais, et la m_ythologie disparaisse jamais de l'Opéra. Les costu- de Saint-Pétersbourg, ou l'ingénieux chorégraphe,
n'en était pas moins élégant pour cela avant qu·oo l'eut mes qu'elle autorise offrenl trop de ressourc1:s anx arts M. Saint-Léon, luí avait donné de plus vastes proportions
plastiques, et la chorégraphie en est ua, ce me &amp;emble, qu'elle n'en a aujourd'hui. MM. Meilhac et Lud. HaléyY
décapité so11s prétex te de restauration.
comme
la peinture et la sculpture. Ceux qui ont vu, ou l'ont fort réduite, et il parait meme qu'ils ont enseigoé
Le-Havre vous révélera ce qu'est une ville maritime
qui
verront,
dans Néméa, M11 • Fiocre en Cupidon, ~eront la charité chrétienne au fils &lt;le Vénus, lequel était bien
et commer~ante. A l'époque des grandes marées, vous
pourrez vous avancer sur la jelée, au milieu de l'Océan de mon opin!on saus aucun doute, et reconnaitront qu'il plus méchant, bien plus implacahle la-has qu'ici. Belle
majestueux, sans quitter la terre ferme, et assister au n'y a point d'étoffe de Lyon, point de falbala~, point de conver~ion, qui ferait honneur a un pere des missions
spectac1e émouvant de l'entrée ou de la sortie des na- paniers, point de11crinoline qui vaillent ce que la mytho.. étrangilres !
Ajoutez a cela de gracieux ta bleaux, de splendides dévires transatlantiques qui portent en Amérique, aux logie permet a M • Fiocre de leur laisser voir.
L'Amonr, le fils de Vénus, le plus puissant des dieux, cors et&lt;le brillants costumes hongrois, dont l'éclat, bélas!
lndes ou en Chine les modes de Paris, ou en rapportent
le coton, les bois de teinture, le sucre, le café et le pui,qu'il a vaincu Hcrcule, et qu'il mene Jupiter par le pa)it et s'efface aussitót qu'on aper~oit M11• F1ocre.
bout du nez, l'Amour en personne est done le héros de Tant il est vrai que l'art ne saurait lutter contre la. na·
reste.
l'reuvre dramatique dont j'ai, lecteur, deux mots a vous ture !
Apres avoir longé les bassins et visité l'intérieur de
dire. L'Amour a été outragé. - Par qui? - Par un
Le tht\atre Drjazf't, boulevart du Temple (c'était jsces paquebots, ~i bien amenages, qui en une dizaine de
je une étourdi qui, non conlent de négliger son culte, a dis le théatre des Folies-Nouvelles), a ten u ses prvme~ses,
ours peuvent vous transporter a N€w-York, montez a la
pnu,sé l'audace, a.pres boire, jusqu'a briser sa statue. et a donné, le !J juil let dernier, un opéra-coniique en trois
cote rl'Ingouville, a la ph_y~ionomie quelque peu ang,aise
Si c'était un étourdi grec ou romain, vre de l\1as,ique actes, paroles de MM. i\lestépes et Vauzanges, musique
avec ses nombreux pavillons, poussez jusqu'au phare d~
ou de vin de Chypre, le fait, quoique peo vraiscmblable, de M. Ventéjoul. L'euv, age a pour titre: la Filie rhl
la Heve; pms embarquez-vous pour Honlleur ou pour
ne ferait pas jeter les hauL~ cris. Mais ce qui vous rem- mailre de chapel/e. Je n'en puis parler que par úU'i dire,
Trouville.
plira de surprise et d'admiralio11, c'est que ce témé- l'administration n'ayant pasjugé a propos de meconvier.
Vous aurez ·peut-étr'e le mal de mer; mais la traver- raire contempteur du dieu a. qui personne ue résiste
Or, qu'ai-je ou'i dire? Q11e ni la piece ni la partition ne

I

+

•

'I

. . 1 par la nouveallté des idées, mais que la troupe
br1na1ent offra.it de bons éléments, que développeraient
chantan
e t le temps, le travail et I' expenence.
··
11 est
.
.
. ..
t
rap1deroen
, uhaiter que cette tentat1ve so1t serieusemer
doneª sgoée par les dilettanti, et c'est pour cela q1Je je
eocoura
.
.
se de la faire conna1tre, bien que ses auteurs
m'empres.
. . ,
bl cnt re&lt;lonter la puhlic1le.
seOI e nservatoire a deccrne
·
· ses pr1x.
· e.e1u1· de compo··
O
. ~e
sicalc _ on ~ait qqe ce n'cst plus rJ11st1t11t
s1t1on mu.
'
,
· · · d · ·
• . 1 donne et rJnstit ut me para1t avo1r ele cst11ue
qUI e
'
. ,
•
·
1
ronction la rl 11s clevee de sa nohle prcrogat1ve, - e
1
de a rix de composilwn
• • mu~1ca
· 1e a e·1·e rem¡, t e· r ar .
«ran,1r
.
1
r Si('" élcve de M. Amhro1&lt;P Tho111as. na11s les e asses
:1. ch;~t aucnn é cve, parmi les l¡;nor~ et le~ l~as~e~,
~ •t· ·,'1.,.é dir•ne
Cela e•t triste. 11
uaeeJ~
,. , d'un prcmier prix.
r
'f en a en un. &lt;lo mnins, dans les c1as~c~ d.e fcmme~, et
•. ,111. Dira111 éleve de M. IJag,·t, qui I a ol,tenu. eest .,
'
.
..
•
pr1x,
Dans 1e.,, cla•St'S
· rle piano ' 11. y a eu denx
. premwr~
...
,
arla"é entre MM. Su1ste et Martin, eleves, le pre1un P ,..
1Q
mier dr \l. Malhias, t't le second de .\ l. \larmonte_ . 11atre
. nrs filies onl ohtenu, ex requo, l'autre prem1er pr1x :
~1~.. Gayra.rd, Jungk, de Biéville et Noel, ayant eu pour
•e••eurs Mm• í.oche, M\f. Henri ller1. et Lecouppe_y
pro,, "'
• 1
M'"• Corhe en a eu cleux ponr sa part). Que J exce lenls
· · tes se. produisent , et CPmlticn peo
p1ams
. de chanteurs
. ,
.
, - Le conrours d'o1iéra-comquc a ele satispassª111,~5 .
.
fai~a 11t. Le premier prix a Né décerné a.M. Tr~y, f'.·ere
uiné du ch,111teur, qu'on applau,li~sa1t na¡mere a la
~alle Favart. Et si l~s élcves fcmmes n'nnt p:ls ohttnn tic
rmier 1,rix, on n'en croit pas moin~ p11uvoi1 funrler sur
rr Huze et Mauduit, qui ont eu le secoud, de lrcs· 1Jl'I·1•
M'""
!antes esµérauces.
G. füQUET.

Ceux de nos lecteurs qui, daos ces grandes chale11rs,
dans la lecture amusemenl et distraction sans
11 n'est plus question que de défie~ la c_haleur avrc le fatigue, 11005 sauront gró de leur signaler quelques bons
plus de coquetlerie pos~ible. Je conseillera1s, comm: efl'et roman, nonveaux que vient de puLlier l'éditeur Dentu,
d'originalité, un costume tout en foulard hlanc. lct nous \ Paluis-Royal.
rer,trons rlans le don,aine do Comptoir rles lndes,
129,
' . • myst',:res du dem1·-mo.nde, par
.
. LES GAN'PJNS,
boulevard de Sébastopol. Je crois que cette ma1son a trip . d T . vol
6 fr. »
on~on u P.1 r3 11, 2 . . . . . . . . . . . •
pié, cet lité, 1e chiffre de ses allaire~ l tant' la vogue du LES TRTBULATI0NS n'uN JOYEUI M0NARQOE, par Anfoulard cst rrrande. 11 faut d1r1! auss1 que e est une ma, •
,
.
'.' .
.
. . V
tony ,,1eray, , vo1... . . . . . . . • • • • · · 3 fr. n
g1c1ennc fJUI sa,t contcnlf'r vos mo1~rlres dcs1rs: eut-on LA f'EMM EDANGEREUsE, par J.ouis Desnoyers, i vol. 3 fr. ))
une roloe de fantaisie, un custume l~g~r t'lgraciPux, une LES Nmrs DE ttom:, par Ju:es de Saint-Félix, t vol. a rr. !íG
lingcriH soyeuse? Ou trace u_n mota 1~clresse rlu Co~1p- llANS roos LE3 p,1v~, par Rernard Oerosne, f vol. 3 fr. i&gt;
toir des. ln,lcs, et t1111t ans,1~~1, courner pa_r ~011rr1er, L,1 GuERIIE PES Gl: Eox, épisode de la guerre de
on r, r.111t franco un ¡ia,p1ct d cfha11tillo11s q111 ieufcrme
•·1 1
A I R l1ürt ' vol
.~
r l l H l'C, par ( . u e • l
•
lfs m1lle et unt! nuances (le, Indes. _
.
.
FLEURETii;:uBooQoETI~R'E,parF.ugeneScribe,i v. 3 fr. &gt;►
Bref, le fuular,l c,t h11n -~ tvut : '.I conv1ent )JOur lm- LA L1QNNE AMOUREUs~, pa1· Fortunio, f vol. . . . 3 fr. ,&gt;
gerie, rohe, veteme~t, et J en rev1rns a mon costume LE~ V1cnMES DE l'~n1s, par J. Claret1e, f vol. .. 3 fr. )►
tout blanc avec habit garde-f, miqa,~e.
_ L,1 PASSI0N DE M0N oscLE, par Ch. Maquet, i vol. 3 fr. ,&gt;
La 1a,llc empirc a donné une recrudescence dt! succes
.
.
-·
Pour recevo1r un ou plus1eu~s volumes, envoyer
11 la célchrc Ceinlure régenle. 11 parait que ce mignon
cor,el scconde adr_nirahlement la couluricre appelée a montaot en un mandut ou en timbres-poste, et on es
confectionnrr des rohes nouvPlles. 11 est vrai qut les rccevra franco.
tailles long1Jes exigeraient de méme la rrinture régente.
Di manche prochain·, 7 aout, la SocÍ'Pié chora/e du ConDe quelque fa~on que la mode se traduise, elle veut
unP, taillr- mince et flexible, des proportions irréprocha- rervutoi?'e ,m¡,érial de mus1que executera, a dix heures
bles, et tout cela existe pour les remmcs qui se servent tres-précises, rlans l'rgl ise Saint-Eustache, une mes~e
solf'nnrlle de 111. Lnurent de Hillé.
de l'heureuse créalion de M'"., de Vertus.
111. Huranrl, maitre de chJ¡,elle, dirigera l'exécutioe.
Gare aux contrcfacons, toutefoi~. EIIPS pullulent. Le
M. Pér1er chantcra le, soios.
moyen de les évill•r, :__ que mes lectrices le retien~cnt,
M. E!lnuar1I Bati,te, prulc~,eur au Conservatoirc, rli- est de ne s'arl1·esser qu·a M"'•' de Vertus ~Hes-memes, recteur de la Societé, tieud ra le grand orgue.
31, Chau•sé:e-d'Autin.
.
1'11isq11'on ne peut pas toujonrs avoir vingt ans, et
C0 MPAGNIE GE NÉRALE TRANSATLANTIQUE
qu'il faut ré°¡Jarer les outraged du tem¡,s, je dois rappe- ·
Servtce postal fran9al1
lcr a mes lectrices que l'eau de Jouvence se trouve
ENTRE LE D&amp;l'RE ET NEW TORK
ruede Richelien, H2.
L' E,m de lll Floride ne teint pas les cheveux, elle leur
U.NS ISCi.LI
rend leur séve, et, par suite, leur couleur. 11 o'y a done
far lu 111ag11iflq11e1 paq11ebot1 a rouu
LES BAINS D'EMS.
aucun artífice as'en servir, et l'on peut etre parfaitement
WASíllNGTON, capitaiue A. Uuchr,ne, de 5,600 tonfier de sa chevelure. re&lt;levenue lirune ou bloude, grace neaux rle dPplacerne11t et !150 chcv~ux de force.
Une lettre partieulicre, dont nous extrayons iri qnelLAFAYETTE, capitain'l A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
qor's passages, nous apporte des détails intrressants sur a ce l,icnfaisant remede.
L'E•m rJe 1,, Plori1le n'opcre pas sa révoluti nn en 110 de rlPplaccmcnt t&gt;t !150 cbeva11x de force. · .
.
la sai,on des bains, a Ems, qui présenleJ cette année,
jour. IWe s'agit (&lt; sagement et lentPment, com_m: la naLes dépa1·ts se feront le mercredi, tous les vmgt-hmt
un attrait inaccoutumé :
ture. n Son emploi-éta11t des plus ~impl,·s au~s1 b1rn que ·ours taut du Hane que de New-York.
« •.•• Jamais l'affluence des baigneurs n'a été aussi
J
'
des plus efficaces, je la recommande ~ tnut~s celle,; de
considérable a Ems qu'cu ce moment. 11 semlile que
Les prochllins départs auront liei.t comme suit :
mes lectrices dont la chevclure est s1llonnee des pretous les personnages marquants de t'aristocratie euro••
DO DAVRE ;
péenne se soient donné rendez-vous a. l'établissement miers &lt;&lt; fils d'ar¡.:cnt. 11
Steamer Washington. .&amp;frrcredi 27 juillet.
• Les chaleurs uous font une nécessité de la parfumethermal.
I,t,fayette.... Mercredi 24 aout.
rie, et je rappelle, a cet égard, qu'une femme qui _ve~t
« Ems est un bienheureux pays ! Que disait done
Washington. Mercredi 21 septembre.
rester fraiche et jrune ne saurait trop employer la glyceMéry, que c'était (&lt; la violette des villes thermales? ,i
Laf,,yette.. .. Macredi i9 octobre.
rine de Rimme/ (17, boulevard des ltaliens), surtout en
Son parfum l'a trahie, et aujourd'hui c'e,t Ems la BrilWashington. .-rcredi 16 novembre.
cette sai,on, qui voit le puhlic abonder aux bainsde mer.
lante, comme un lis en sa splendeur. Elle sait mener
Lufayelre.... Mercredi f4 décembre.
Les bains de mer ont l'inconvénient de ren1lre les chede front la médecine et les plaisirs. Le soir, elle est en
veux ,ecs et cassants. Po11r conibatlre cet effet nuisible,
DE NEW·Y0HK ;
fete; l'orchestre retentit dans la galerie du Kursaal. La
il n'y a rien de meillcur que l'extrail de jus de limo1_is
Wosh ,.11gton. Mercrf'di f7 aout.
foule parée remplit les salons ou le théatre. MaiE le
et de glycérine de Rimmel, qm neutralise le sel marm
Lafayette. .. Me_rcrccli 1~ se¡,tembre.
matin, les !iuveurs empressés se hatent dans les allées
et laisse la chevelure souple et brillante.
Wushmvton. Mercredi' 12 octol,re.
do pare; ils se rendent a la fontaine, puis chacun &lt;l'eux
Lafayette.
... Mercredi P novemltre.
se dirige, aprcs avoir pris sa part d-es eaux bienfaisantes,
Washington.
Merm•di 7 déccmhre
soit vers le salon de lecture, soit vers le salon de conLafuyette.... Merr,mli ,4 jauvier 1865.
RÉBUS
versation, ponr se mettre au courant des nouvelles du
Prix des ¡1/acrs :
jour et de la politique générale ou particuliere.
Premieres.
. . . . . i,10 fr.
• &lt;&lt; Et remarquez que, grace a l'excellente organisation
Secondes
.
.
. . . . 400
de l'élablissement d'Ems, sans contrcdit !'un des plus
beaux de l'Europe, cette affluence de baigneurs n'oc S'adresser, pour passage, fret des marchandises, des
casionne aucun des ill'convénients résultant d'ordinaire
especes, e~ pour tous autres !'enseignrmeuts _:
•
des ""randes aacr\omérations
de
visiteurs : le conforlable
A Paris, au bnreau ~pecial de la Compagnie, 12, bou01:&gt;
•
et l'élégance dont on est entouré ne vous laissenl jamais
levarrl de, Capuci1w~ (Gran:l-Hcitel);
aperceioir que vons etes daos un étahlissement public.
Au Havre, a M\I. William lsclin flt C•, agrnts;
On y jouit d'une liberté aussi complete qu'on peut Ta
A Ncw York., a ~l. Gco. Mack.enzie, i, Broa&lt;lway.
désirer.
~
• Aussi les dames du meilleur monde ont-elles accompagné a Ems lcurs maris, et les meres ont amené
D'apres ce que nous a~om_observé, on ª, l'a\'an_t~ge,
-=:..
en fai~aot u~age rfo ,1111nqurna L,u-orhe, d adm101strer
~~.=:=Q
avecclles leur~ grand1·s 11ll es. On tronverait &lt;lifficilement,
_.,
tous les principes do r¡uinquina; et. de plu~, on donn~
dans n'importe que! salon de Paris, une pareille réu-;_
~~ '
au malade un médicament commode a prendre. A_uss1
nion dejolies femmes et de femmes a la mode.
~
l'administrons-nous avec confiance dans les affect1o?s
« Les soirées et les fetes do Kurhaus sout magnifiques,
de l'estomac et des voies digestives, contre l~s maladies
EXPLICATION DO DERNIER RÉRUS.
et rien ailleurs ne pcut vous en donner une idée. En
de /anqv.ettr, l'épttisemwt, /u debi/itP. el l'atonie des orgahuit jours, le théatre du Kursaal a représenté deux opéDeux creurs sont bien pres l'un de l'autre, quand il n'y a nes, /a maivre11r, l'i1U1¡,péte11ce, les con,_ale~ce~ces lo~gues
l'aS-Comiques: - Le Soldat magicien, Jeanne gtti ple11re et' aucun vice entre eux.
et dif~riles, etc., etc. A_ l'action ton1que s1 mantfesle
Jeanne qui rit. M. Levassor et 111m• Teisserre ont joué
~-.-.-du quinquina 1'1ro~h6 s:aJ_oute natur:~11c~1ent sa grande
avec beaucoup de verve et d'entrain le Camp des Bourvertu ffhrifu~e, qui a ele souvent 1~cca:100 de_ ~011_staAOG. M.1.Rc, directeur-gérant.
tation, si heureu,es d,rns 11us hopitaux c1vils et m1l1~a1res.
Otoises, et le célehre corni,¡ue a chanté, en outre, deux
EDM. TEXIER rédacteur en chef.
C'(•~t. cl'aprcs nons, fairl' une reuvrc otile qu~ d·appedes mdlleures chansonnettes de son répertoire.
lcr
rattention sur un mo_ven tllf'rapent1que qm tourne
. • On nous l'!'0met d'autres plaisirs encore. Je vous
--~ ~
si utilemcnt au profiL de la ~anté grnérale. .
tíend1·ai au courant. 1i .
Ch.
Imp. de L' 1LL LST HA ·1 1L, .\, A..11.lrc,
(Extrail de la GU1.11lte des-Hóp,taw:).
Dépót, rue Drouot, t5, a París.
ff, ni, '4 Ver1u11il.
REVUE DES MODES ET DE L'INDUSTRJE.

1 cherr,hent

r

i"~

0

.

�-

p

Ail

-.,

v

V

y

'

.

-

~-

.

9

Celui qui compte les an. ne • es

A"~

V

f_ .,_ ,.

. .

♦

p

.

-

,~

Ce n'est plus Mi .nos ni

,. ...
V

.. .

p

p

"ª '
.que :
Aa

v

,. ..
V

A a

p

l

V

-:-•
p,tS

~

r

.....

..

V

~--.---..•'7"'+
:

,..,_. ..
.. -

7

1

~

1

'

-

1

•

•-...:....---•

-.---..

..

•=

7-...:_ ~-t

-

1

V

l

-

Ai.guilleur, en pla

•

11ft

•

~

...

r

'

r.

autre D.r
1eu conl.
u1t a bar

Un

,,.
1

'

.
•

.
4

.r

p

'

f

y

1

Voici le con.voi (garde a toi !)qui

-.,~.,-

V

..

1

1

f

p

+·

..

1

1
V V r ,
ce! Voici le con.voi,_

.'---'

•
'

. .. . .,. ·:• ..

y

y

1

1

1

·P

V

a toi; _ _

-.

•

f':

-

sec
j

. =

l-_..,r

"

V

fe!

l

1,..-... I

'~

~?.·---+-=

J
i

~

r

1

•

. sec

♦

~

Parque; Ce n'est plus le fier po.ten. tal, L.e mé. de • cin ni Je _sol.dat;

gatde

l·

*.
{j
'------.¡.

..,,¿-

Ai . guilleur,

i!rntrey sesdeurmainsl
r -Y.

l'

-

1"--rvr

•

-

~

V

- .,_ t;

1

1

1

r

f

~

"

'

,

V

.. r ~....,, ¡....:_,,•

1

~

'

- '-

-

Ce.Iuiqui tient nos des.ti • né • es

•

1......--

. r

,. ...

-- -

.

~

Des t'reles humains,

.

y

.

"'

. .
~

.

•

f

-

-;

...-:----.

1-1

.k
1

l

1

-~,

y

1

..

~

1

1

i
Celui Qui comote les anuécs

D,·~(, Clt'S hnmain,:;,
Celui,q11i 1ie11t ,,~s dealinees
Rnlre s,•s d•u1 tnains.
Ce n'Psl pl11s Minos, ni la Parque,
Ce o'c;t p ua le fü•r poleotat ;
Le medeci11, ni le solda! ;
Un aulre Uieu conduil la bsrque :
Ai~uillrur, garde a!ni ;
A•~uilleur, en place!
l oic, Je cou,oi , bis)
( G,rJea toi ! ) qui paase !

L'•iguilleur esl l'i•lelligcnce
Du s1ec1e

TICUIVf':\11 ;

11 con.maurie á la force immeLse
Du fer et de l'eau,
f.arriien sévcre de la ligue,
JI ía11l qu'il restr. en son cmploi,
loíailhble comme la loi
Ht grave comme ulJe consigne.
Ne ria pos! ~arde a toi;
A•guilleur, m ploce !
Y,,1ei le couvvi , bis )
(Ne ris pas !) qui passc

1

•:

1

..

-

• r

ff

v-

-

JjJ_t~

...,;;;:::::+

1

1

-

-

.

1.

1

1

-

1

-;,.__:_-;-

4

Yoyrz-le. qoatd le !rain accost•
lit quaud il s'euíuit,
Ex!lcl a l'heure et fixc au postr,
Le j11ur et la nuit.
Pour 101 le sommeil est un crimc;
Un scul , etard, un seul ouoli,
Uu scul¡¡. et tout est accompli:
!;u traio va somhrer daos l'abime.

a

~e dors p•s ! garde tni;
AhrnillPur, en JJ)Hce!
Yoic, le couv,i (bi.11
1Ne d&lt;&gt;rs pu) qui pase!

IIBUGEL 111' COIIP,, ÉDITRURi.

Si pa, r ,is de ses camaraJcs
l.e joyeux essaim
Va par d'aboudastes rasaries
Féler quelQuP ,aiut,
I.ui srul, de ces ooi~ous ioíltmcs,

Sail le danfer qu'il s'interdit;
11 ne boit pas, car il s°fsl d,t
Que l'a•guilleur a cbarge d a~1es.

Ne bois pos! gai;d• á toi;
Aiguilleur, en place!
Vo:c, le couvoi I bi.!J
(Ne bois pas! qui p•sse!

1

Vvi•ageur,, qpi courcz la Frauce,
.~ller et r,lour,
Sal ucz ce lle pr..vidcnce
A tro,s íraucs par jour,
Qui lienl le lil de vos cb,mére,,
Pe 'VOS e!iipoirs, de vos t1mrmc1.Jt11,
J.es !armes de tous les am,nls
Et le creur de to utes les meres,
A1¡;uilleur, iarde a toi;
Ai~u,lleur, en place!
Yoici le convoi (bis)
1
G1rde o toi !¡ qui pme !

-~

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="136">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="3065">
                <text>L'Illustration</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="3341">
                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="1">
    <name>Text</name>
    <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="102">
        <name>Título Uniforme</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="67131">
            <text>L’Illustration</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="97">
        <name>Año de publicación</name>
        <description>El año cuando se publico</description>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="67133">
            <text>1864</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="53">
        <name>Año</name>
        <description>Año de la revista (Año 1, Año 2) No es es año de publicación.</description>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="67134">
            <text>22</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="55">
        <name>Tomo</name>
        <description>Tomo al que pertenece</description>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="67135">
            <text>44</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="54">
        <name>Número</name>
        <description>Número de la revista</description>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="67136">
            <text>1119</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="98">
        <name>Mes de publicación</name>
        <description>Mes cuando se publicó</description>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="67137">
            <text> Agosto</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="101">
        <name>Día</name>
        <description>Día del mes de la publicación</description>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="67138">
            <text>6</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="103">
        <name>Relación OPAC</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="67155">
            <text>https://www.codice.uanl.mx/RegistroBibliografico/InformacionBibliografica?from=BusquedaAvanzada&amp;bibId=212635&amp;biblioteca=0&amp;fb=20000&amp;fm=&amp;isbn=</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67132">
              <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1119, Agosto 6</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="89">
          <name>Accrual Periodicity</name>
          <description>The frequency with which items are added to a collection.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67139">
              <text>Semanal</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67140">
              <text>Jean-Baptiste-Alexandre Paulin, (1800-1859)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="67141">
              <text>Charton, Édouard, (1807-1890)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67142">
              <text>París (Francia)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="67143">
              <text>Francia</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="67144">
              <text>Publicación periódica</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="67145">
              <text>Siglo XIX</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="67146">
              <text>Siglo XX</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67147">
              <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67148">
              <text>Ed. M. Aug Marc</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67149">
              <text>1864-10-06</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67150">
              <text>Revista</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67151">
              <text>text/pdf</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67152">
              <text>2012544</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67153">
              <text>Fondo Fernando Díaz Ramírez</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67154">
              <text>fre</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="38">
          <name>Coverage</name>
          <description>The spatial or temporal topic of the resource, the spatial applicability of the resource, or the jurisdiction under which the resource is relevant</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67156">
              <text>Paris, Francia</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="96">
          <name>Rights Holder</name>
          <description>A person or organization owning or managing rights over the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67157">
              <text>Universidad Autónoma de Nuevo León</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="68">
          <name>Access Rights</name>
          <description>Information about who can access the resource or an indication of its security status. Access Rights may include information regarding access or restrictions based on privacy, security, or other policies.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="67158">
              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="803">
      <name>Austria</name>
    </tag>
    <tag tagId="7442">
      <name>Dinamarca</name>
    </tag>
    <tag tagId="9867">
      <name>Francois d´Assise Marie-Ferdinand</name>
    </tag>
    <tag tagId="7297">
      <name>Normandía</name>
    </tag>
    <tag tagId="6143">
      <name>Regatas</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
