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                  <text>L'ILLUSTRATION,
IOUBRA.L URlVlllSBL.

Direction, Rédartion, Adminislralion :

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Toatn les eommunieatioos relatives au journal, réelamat,ons, demandes
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11. AUG. IIIARC, DIRECTEUR GÉRA~T.
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d'un mandat sur Paris ou sur la poste,
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!!e ANNÉE. VOL. XL\V. N• t 121.
a m e d i ~O A out 1 8 G

Ab3nn mtuls pour París et le~ Déparlemeuts :
, •

L'Nlli1i1tralit1 H ripnd pas d11 ■mmits ti ne s'engage ¡~mn a In :n1cm.
T• lt1 trsitét, la traducuoo et b rtproduchon l l'clranger soot 1,11lrJ,:..,.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60.

SleS11g-Holleiu, ma1s 11 paralt que les deux go11vcr11cSOMMAII\J::.
menls n'ont pu encore se meltre d'accord. D'aprcs □ ne
correspondance
de Berlín, le cabinet de Yienne n'aurait
a..., pohtiaue d~ la semainc. - Courri,r de París. - Couronuemcol
ilu ro1 de Camb wl~r. - Revue lilléraire. - Promcnade au Jardio du pas accueilli la proposition de M. Bismark tendanle a
11id1 (111). - C.hronique musicale. - M~urs et lypes d'aujourd'hui
réunir les Duchés sous un gouvernement provisoirc ex(Le direetcur de théltrc). - F.xcursioos sur les cótes de Normand,e clusivement composé d'un commi,;sairc prussien et d'un
,t de Brttagne 1deu1i~me article ). - La fuile du reo11d. - Corrcscommissaire aulrichien; mais M. de Bismark aurail
pondaoce de Slint-Sébastieo. - Oullclln b1bliograpbique. - Incendie
amendé cette propos1lion par un compromis qui, tout en
de Lunogeo. - Les pyramidn de Ri•leo.
la maiotenant en príncipe, c'est-a-dire en instituant un
Crnuru: F~le du 13 aoüt : Pi•ce principale du ru d'artifiee; - IJé.
eoratioo de la place de la Concorde. - Couronocmcul du roi de CAm- gouvernemeut commun pour les deux duchés, aurait
bodge: r.éromouie de la purification; - M. le command•ot [)es. simplement pour objet d'adjoindre un commissaire fémou io1 adressant son allocution au roi de Cambodge, - Promenade • déral au1 commissaires des dcux grandes puissances.
au Jardio du ••di (1 gruurl'S ). - Excursioo• sur les cótu de NorCette combinaison aurait1 comme on voit, l'avantagc
mudie et de Bretagne (8 gravure1). - Le rroard ro cbasse. - Les
pr,amides de Ritteo. Bébus.

HTilE POLITIQUE
Df. U SEYAINE.

JI scmble que le
Danemark n'existe
absolument plus aux
yeux du gouvernement allemanrl. A
Viennc, a Berlín, a
Francfort, il n'y a
plus de question danoise; il ne reste
qu'unc question allemande. C'est l'Allemagne seule qui
doit décidl)r du sort
des Duchés, sur lcsquels l'Autriche et la
Prusse o'avaient, on
se le rappelle, aucone prétention particulicre au débutde
la guerre. A quel régime seront-ils soumis, ces Duchés, en
attcndant la conclusion de la pait définiti,e" On annonce
l'issue prochaine des
pourparlers ouverts
entre la Prusse et
l'Autriche, en ,·uc
de réglcr la situalion provisoire du

Fi:TII 'or 15 AOrT: PIF.CE PRISCIPALE DIJ FBU D'ARTIFICE. -

-,

3 moi~ , 9 fr. ¡ - G mois, t 8 fr.¡ - un a11, 31 fr.¡ - le numéro, 15 c.
la collectioo meoauelle, 3 fr.¡ le volua:t semestriel, t~ fr.
ADO:.'WNEMENT8 POUR L'ÉTRA.1\/GER a

Mémos pnK ¡ plus les droíts de p01te, suivant les tarifs.
Les a!x&gt;nn. partent du ter o• de ebaque mois•

tres-grand pL111r la Prusse de ne ríen changer a l'état
actuel des cho~cs, en ce qui coocerne l'occupatioo militaire des Oucht:,.
L'armée auslro-prussienne continuerait d'occuper le
Slesvig, tandis que les qualre Etals chargés primitivement de \'exéculion fédérale, c'est-a-dire l'Autriche, la
Prusse, le Hanovre et la Saxc, cootinueronl d'oecuper le
llol~tcin. Oo voit que le sort des habitanls des Duchés,
s'il n'est pas réglé définitivement, est en bonne voie. Ce
ne sont pas l~s soldats libérateurs qui manqueront aces
malheureux. La Prusse et l' Aulriche, abusant de tout ce
que le droit du vainqueur a de plus rigoureux, tranchent souYcrainement, sans :rntre souci [que celui de
leur convenance et
de leur intérct, une
question .qui toucbe
ala eonslitution Iégale de l'Europe.
Elles disposeot, en
ne consultaot que
leur appétil, d'un
lerriloire purcmenl
danois ( le Slesvig),
qu'elles n'avaient.
disaient - elles, envahi et occupé que
pour obtenir des garanties en favcur
d'un territoire germanique. Ce Jarcio
du Slcsvig est une
porte ouverte a tous
les autres larcin~.
Bien loin d'assurer
la paix de l'Europr,
le reglcment de la
question danoise est
gro~, pour l'aver ir,
de spoliations et de
connits. Qui eropechera dérnrmais
l'empercur de Russic, qui a lrs yeux
lcujours lournésvers
Consta u tin o pI e,
d'exécuter contre
l'cmpire ottoman ses
projets de conqucte?
La Prusse et l'Autriche ne lui cnt-elles
pas montré comment
le fort_proccdc a!'~-

D'aprl!a les dessins de MV. Leluel{.el Galand, a.rcbileetts.

�'
114

1

1

L' I LLUSTRATION, JOURNAL ONIVERSEL.

gard du faible? Le principe du droit, inscrit dans le code
européen, n'a-t-il pas été effacé et remplacé par le
principe de la force? Attendons quelque temps encore,
et uous verrons tous les beaux effets qui vont découler
logiquement de ce principe nouveau!
Cependant les États secondaíres de l'Allemagne,. si
maltraités par la Prusse et l'Autriche, qui semblent ne
pas meme se douter qu'ils existent, viennent de faire un
acte vigoureux qui pourra avoir des conséquences graves. A·l'occupation de Rendsbourg par les troupes prussiennes, les États secondaires, chargés de l'exécution fédérale dans les Duchés, c'est-a-dire le Hanqvre et la
Saxe, ont répondu par l'occupation du Lauenbourg.
M. de Bismark proteste, bien entendu, mais l'opinion
publique, en Allemagne, n'hésite pas a reconnaitre que
le droit est du coté du Hanovre et de la Saxe, que ces
deux Etats ont agi dans la limite de la résolution fédérale, et que la Prusse est mal fondée dans les réclamations qu'elle éleve a ce mjet.
L'Autriche et la Prusse ont consentí, sur la demande
des plénipotentiaires danois, ~ retarder jusqu'au 20 de
ce mois l'ouverture des conférences pour la conclusion
du traité de paix définitif. Quels sont les motifs qui ont
déterminé Je gouvernement danois a solliciter cet ajournement? Le roi Christian aurait représenté que l'agitation des esprits, en Danemark, pouvaitinspirer de sérieuses inquiétudes, et que, dans cette situation, il était pru•dent d'attendre que l'irritation causée par le traité préliminaire de paix fut calmée. Du reste, toutes les correspondances s'accordent a dire que J'agitation des esprits
est excessive daus le Danemark, etsurtout a Copenhague.
Depuis les derniers événements, qui ont enlevé une si
grande partie de son ancien territoire a ce petit
royaume, l'opinion de l'union scandinave gagne chaque
jour du terrain et sape Je trone déja si ébranlé du roí
Christian.
Le résultat des élections belges a ,té favorable au
parti libéral et au ministere. Toutes compensations faites entre les voix qu'elle a gagnées et celles qu'elle a
perdues, l'opinion libérale, qui ne comptait que 58 voix
dans la chambre dissoute, en comptera 64 dans la chambre nouvelle, tandis que le parti qu'on nomme clérical
n'en comptera plus que 52 au lieu de 57. Le chiflre de
la majorité libérale, qui était réduite a une seule voix
dans l'ancienne cbambre, sera done de douze voix dáns
la nouvelle.
Ce qui est a considérer dans cette victoire incontestée
de l'opinion libérale, c'est encore plus le résultat moral
que le résultat matériel. La crise qui durait depuis plusieurs mois et qui mena~ait les institutions sur lesquelles
repo~e depuis trente années la prospérité de la Belgique,
est heureusement terminée. Pour qu'il ne restat dans
!'esprit des vainqueurs et des vaincus aucun malentendu,
le chef reconnu de la droite parlementaire, celui qui
marchait a la tete d11 partí, a été éliminé. Dans de tell.es
circonstances, l'exclusiorr d'un tel homme est caractéristique. Ainsi que le fait justement remarquer l'Indépendance belge, l'échec électoral de M. Deschamps, ce c'est
la condamnation par Je pays du programme du congres
de Malines. 1&gt; Et nous, libéraux de France, qui n'avons pas
,beaucoup a nous réjouir dans notre propre pays, nous
applaudis~ons de toutes nos forces a un résultat qui
assure le triomphe de la liberté chez nos voisins. C'est
une consolation pour tous les hommes dévoués a la
cause d'un príncipe, de voir ce pri!)Cipe s'affirmer, meme
lorsqu'il ne doit servir qu'au bonheur et a la dignité
des antres.
Le complot militaire dont la découverte a été signalée
par l'arrestation de quelques sous-ofOciers de la garnison de Madrid, semble avoir des proportions plus sérieuses qu'on ne lui en attribuait d'abord, s'il faut en
juger par les terreurs vraies ou simulées du ministere
espagnol et les mesures qu'il vient de prendre a l'égard
de certaines notabilités militaires: le général Prim a été
interné a Oviedo et tous ses amis t,nt été envoyés a des
points extremes de la péninsule ou aux lles Canaries.
Dans quelques jours, le conseil de guerre se réunira
pour juger les prévenus. La presse libérale continue a
etre l'objet des rigueurs ministérielles, et comme il s'agit de discipline militaire, les journaux dénoncés a l'occasion de leurs rétlexions sur l'incident, seront traduits
devant le conseil de guerre. Cela ne. suffit-il pas pour
donner une idée de la liberté dont la nouvelle loi a doté
la presse en Espagne?
Les fetes qui ont eu lieu a l'occasion du i5 aout ont
Mé favorisées par un tel)lps superbe. Un nombre im-

mense d'étrangers et d'habitants de la province étaient
accourus a París. Des décorations ont été données a l'armée, a la magistrature, a radministration, aux lettres et
aux beaux-arts. Rossini a été fait grand-officier, et Hector Berlioz officicr. Parmi les écrivains, nous avons rencontré avec plaisir, au nombre des nouveaux décorés, le
nom de M. Paul Féval, et le public a du etre bien
étonné d'apprendre que ce romancier, dont le succes a
été si grand depuis vingt années, n'avait pas encore
refU une distinction qu'il méritait depuis si longtemps.
Si quelque chose nous a étonné, ~·a été de voir que le
nom de M. Taine ne se trouvait pas au nombre des nouveaux légionnaires. M. Taine vient de publier, on le sait,
une ceuvre, I\Histoire de la littérature anglaise, qui restera comme l'honneur de notre temps. Ce que nous disons de M. Taine, ne pourrait-on pas le dire également
de MM. Prévost-Paradol, Weiss et de tant d'au-tres jeunes
talents qui ne pourraient qu'honorer la décoration?
Une dépeche télégraphique annonce qu'un vaste incendie vient d'éc1ater a Limoges. i 50 maisons ont été
détruites. On peut juger par la du nombre des habitants
restés saos asile.
On n'a pas perdu de temps pour réunir les premiers
secours nécessaires aux victimes d'un si grand désastre;
il a fallu songer tout d'abord a la nourriture et au logement de tant de malheureux, et on est parvenu a y pourvoir pour les premiers moments; mais il fallait quelque
chose de plus efficace, et une souscription a été ouverte.
M. le général M0rin a lo, a la séance annuelle des cinq
académies, un rapport en faveur de l'instruction primaire obligatoire; l'instruction primaire est un des cótés
faibles de la France. En Allemagne, la proportion des
conscrits ne sachant ni lire ni écrire est &lt;le 4 0/0, - en
France, de 27 0/0. Ce parallele n'est pas seulement humiliant, il comprometnotreascendantmoral, notre développement économique et industriel. Il constitue un réel danger.
EDMOND TEXIER',
= ., B&gt;

c..J!!t::::,

&lt;a a

COIJBBIEB DE PABl8.

Fetes a Paris. - Fetes a Versailles. - Franeois d'Assise,
hóte de la France. - Ce qui manquera aux fetes de Versailles. - La statue de Mm• de Sévigné. - Le monument
de Dante. - Palinodie. - Un Fran{:3.is prosateur et
poete italien. - Sens nouveau d'un vieux mot - Ascensions au Mont-Blanc. - Contre coup de la révolution de
18i-8 a Cham~nix. -Le Grand prix de l'Empereur.
Nous avons eu nos jolites sur l'eau, nos deux feax
d'arti6ce, nos quatre théatres de pantomime, nos
spectacles gratis, nos mats de cocagne, nos lanternes de
couleur, nos ifs, nos girandoles, nos géants, nos hercules et nos acrobates, et, sur la place de la Concorde,
comme nouveauté, quelque chose qui avait l'intention
de représenter un palais mexicain, avec l'obélisque de
Louqsor pour tuyau de cheminée.
Certes, nous n'avons pas a nous plaindre i •
'Mais en6n, tout cela est bon pour !e petit bourgeois et
l'ouvrier; il faut a une majesté des divertissements un peu
plus choisis, un peu plus délicaL~, un peu plus nobles.
Apres la grosse fete populaire du it: aout, la fete
royale de Versailles, donnée au roi d'Espagne.
Versailles, a la bonne heure, voila un lieu digne d'un
prince ! Le palais et les jardins sont pleins encore du
fanlome du grand roi; sur le parquet des salons, sur le
sol des allées ont passé toutes les gloires, toutes les élégances et toutes les servitudes du grand regne; Versailles,
c'est encore le séjour du noble. L'architecture y est noble, et noble la peinture; nobles y sont les statues :
rien que des dieux et des déesses, des demi-dieux ou
des héros pou,r le moins; nobles les terras&amp;es aux larges
escaliers, nobles lesbassins aux groupes superbes, nobles
les parterres, nobles les gazons, nobles les charmilles,
nobles les arbustes taillés en boules et en pyramides.
Aujourd'hui, peuple et bourgeois pénetrent jusque
daos les appartements intimes du roi Soleil, touchent ses
majestueux fauteuils et contemplent son auguste lit. Aujourd'hui, l'art démocratique y coudoie saos fafOD l'art
des Lebrun, des Mignard et des Van der Meolen; aujourd'h11i, le pare ou les seigneurs et les grandes dames
étaient seuls admis a respirer le bon air, est ouvert li•brement a. touset a toutes; eh bien! n'importe, Versailles est toujours auguste, Versailles est toujours grandiose, et nous avons beau y passei:, nous autres roturiers, nous ne parvenons pas a le désaristocratiser.
Comme jadis, c'est done a Versailles qu'il convient de
f~ter les rois qui daignent etre nos hótei-.

On traitera magnifüp1ement Fran~ois d'Assise. Déjeu.
ner en plein air dans le bosquet d'Apollon, grand diner
dans la galerie des Glaces, spectacle, illumination du
pare, grandes eaux, feu d'artifice ·sur le canal, ha! sur
le tapis vert, souper.
,
Et pour mieux rappeler au royal· invité les fetes du
grand siecle, c'est la tragi-comédie de Psyché qu'on re.
présentera devant lui, avec les adorables contresens 11P.
~
costume du xvn• siecle.
Une journée et une nuit de Louis XIV!
Cependant une chose manquera a la ressemblance, et
ponr une bonne raison, c'est que cette chose-la ~st
morte, bien morte, saos chance de résurrection : une
cour. Oui, n'en déplaise ade respectables illusions, il y
a encore, en {864, des chambellans, des écuyers, des
dames d'honneur, mais de cour il n'y en a pas, et il n'y
en aura plus : le mot seul est resté. Certains journaux
et certaines gens aiment a le répéter, afin de se donner
bon air, mais cela ne suffit pas pour que ce qui n'est
plus qu'une apparence redevienne une réalité. Le gou.
vernement constitutionnel a tué la cour; il n'esl guere
probable que le suffrage universel songe jamais a lui
rendre la vie. Quand on disait autrefois &lt;e la cour et /a
ville, i&gt; tout le monde compronait a merveille, ,meme
les simples et les ignorants,. et ces deux expressionR
éveillaient dans les esprits deux idées tres-nettes
et tres-différentes : avisez-vous done, aujourd'hui,
d'employer cette locution ! Si l'on ne vous éc1ate pas de
rire au nez, fussiez-vous rédacteur en chef de jouraal
officieux ou officiel, vous aurez du bonheur. II n'y a
plus· que la ville, a présent : c'est-a-dire des hommes
portant habituellement le paletot, le pantalon gris, le
chapeau rond, ou !'uniforme; des manufacturiers, d-es
avocats, des ~anquiers, des agriculteurs et des soldats,
des femmes qui ont toutes la meme crinoline et des
droits égaux a la soie, au satín et au velours; seulement,
quelques-uns de ces bommes et quelques-unes de ces
femmes, simples bourgeois et simples bourgeoises peutetre, vivent plus pres des souverains que ne fait le reste
d~ la ville. JI n'est point invraisemblable que d'autres
.
simples
bourgeois et simples bourgeoises aussi, les rem-'
placent, qui seront obligés, comme leurs Jevanciers
et leurs devancieres, de se mettre en toute hate dans la
tete, avant ¡l'entrer en fonctions, les premiers éléments
de l'étiquette, ou d'apprendre a faire la révérence avec
une robe a queue, sans se laisser choir.
Héla~! c'en est fait, il n'y a plus ay revenir, notre temps
est d'émocratique; ce qui aété a cessé d'etre etne sera plus.
Quelles charmantes choses écrirait la-dessus Mm• de
.Sévigné, si elle était encore de ce monde et voulait bien
descendre a s'occuper de gens qui ne sonl pas tous
princes, ducs, marquis et comtes ! Quelle jolie lettre elle
ne manquerait pas d'adresser aux bons bourgeois de
Vichy, qui se sont imaginé de lui dresser une statue. Comme elle les remercierait ironiquement, la
spirituelle femrue, de l'aimable intention qu'ils ont de
tailler en marbre ou de couler en bronze sa gracieuse
personne et de la camper sur un piédestal, en plein air,
au beau mi\ieu de leur ville... et qu'elle aurait bien
raison, bon Dieu, de refuser un pareil honneur ! La fine,
la mordante, l'éblouissante marquise a la plome vive,
rapide, ailée, traitée en académicien, en philosophe, en
législateur, en jurisconsulte ou en maréchal de France!
Est-il possible qu'on ail songé a luí rendre u.n si mauvais strvice? Ah ! ne me parlez pas des amis et des admirateurs. Mais le jour ou Mm• de Sévigné aura une statue.• ses lettres, ses adorables lettres, perdront la moitié
de leur prix; car elle ne sera plus une femme du monde
laissant courir sa fantaisie sur le papier, elle sera un
bas-bleu, songez-y bien, un auteur, et la statue écrasera
la femme. Peut-etre en est-il temps encore, repentezvous, gens de Vichy, repentez-vous, et Mm• de Sévigné,
qui est la meilleure marquise du monde, aura la bonté
de vous pardonner.
L'année prochaine, on inaugurera, a Florence, le monument élevé a la gloire de Dante. A la bonne heure, un
monument a Dante, cela entre dans !'esprit de tout le
monde. Parmi les morts illustres, nul ne semble plus naturellement devoir se dresser, immobile image, sur une
base de Paros ou Ca.rrare; parfois meme, quand l'imagination l'évoque vivantet qu'il apparaitle front baissé, le
geste pensif, avec son profil sérieux, doux et puissant, il
-semble qCle les yeux de l'esvrit le voient slatue presque
qu'al!lant qu'nomme,

L' ILL USTRATION. JOURNAL lJNIVERSEL.
Le murnc1pe de Florence commence déja, dit-on, a
s'occuper de la grande solennité, afin qu'elle soit digne
du pocte, et digne de la glorieuse ville qui fut sa pa••
trie. Certe~, voila une ildministration qui comprend ses
devoirs : préparer des le mois d'aoút i864 une fete qui
aura lieu en i 865, que de zele ! 11 parait, du reste, qu'll
ne s'agit de ríen moins que de batir tout exprcs une
salle plus vaste que ne r est aucon des théatres actuels,
afiu qu'un public plus nombreux puisse entendre les
~antates et les symphonies composées pour la circoustance.
11 y a quelqi1eg semaines, je m'étonnais de notre dédaiu pour les langues étrangeres, et du petit nombre de
Francais qui se donne'nt la peine d'étudier assez sérieuseme~t l'anglais, l'allemand, ou l'italien, tandis que
nous voyons des étrangers s'approprier si bien notre
langue, qu'ils écrivent en fran~ais des ouvrages, modeles de gout et d'élégance, qlle nous étudions non$• meroes avec un grand profit, que nou,s lisons avec un
charme extreme.
J'avais été un peu trop sévere pour mes compatriotes,
et j'en démande surtout pardon a M. Delatre, qui évidemment a plus que. personne le drc,it de se plaindre de
la témérité de mon assertion.
On m'apprend, en effet, que M. Delatre, un nom
bien fran~ais, a coup sur, a été le collaborateur assidu
de cinq journaux a Florence : du Moniteur toscan, du
Spettatore, de l'Indicatore, de !'Eco d'Europa et du Co•·riere del/' Arno, ou il a publié plus de trois cents articles
de philologie, de critique artistique et de critique littéraire. L'Italie lui doit une traduction du théatre de
Poushkine, le poete russe, et comme pour mieux montrer encore qu'il sait l'italien sur le bout du doigt, il arédigé sur la gram1I1aire un traité didactique, ou les Italiens se familiarisent avec les difficultés de leur langue.
Enfin (vraiment, M. Delatre n'en use pas discretemeut
aver. moi, et me contraint a une palinodie par trop humiliante) la prose n'étant pour lui qu'un badinage, il
s'avise d'écrire en vers italiens, et j'ai la entre les mains
un petit volume de Canti e Pianti, de sa fa~on, imprimé
en l858.
J'espere que M. Delatre ne manquera pas d'apporter
l'otfrande de la France aujubilé de Dante: un mélodieux
sonnet en l'honneur du divin poete ou de sa chaste
Béatrix.
Deptlis trois jours que le chemin de fer qui unit Paris
et MadriJ a été inauguré, je ne sais pas au juste combien de fois, dans les journaux de grand ou de petit format, ou a répété la fameuse phrase : Il n'y a plus de
Pyrénées; je me garderai bien de compter, la besogne
serait trop longue; mais, certes, le mot est bien plus
juste dans le sens que lui donnent les contemporains,
que daos le sens ou l'entenda,it Louis XIV. Voulez-vous
supprimer les frontieres entre les États, fiez-vous a la
pioche plus qu'a la diplomatie, a la vapeur plus qu'aux
alliances naturelles, aux tunnels plus qu'aux liens de
famille : le grand-pere sur le trone de France, le petitfils sur le tróne d'Espagne, pauvre garantie ! Parlez-moi
d'un beau chemin de fer, a la bonne heure ! A ceux qui
me jetteront a la tete ce mot : e&lt; Matérialiste ! » je répondraí : e&lt; Lisez l'histoire ! &gt;1
Tandi~ que les uns traveraent les montagnes, les autres les escaladent. Ceux-la s'enfoncent dans la nuit
avec la locomotive qui siffle, qui rugit et qui tonne, et du
Nord passent au Midi, ou du Midi au Nord a toute vi ..
tesse; ceux-ci gravisse'llt e.n pleine lumiere, sous Je regard du ciel, le sentier abrupt qui grimpe a travers les
sapi11s; s'enivrant rle l'apre bise, ils cótoient la crevasse
vertigineuse, ils enfoncent leur baton ferré dans les neiges éternelles, s' accrochent des pieds et des mains aux
pointes des rochers; se taillant des degrés dans le mur
apie des glaciers, ils atteignent la cime qui les attire, et
de la contemp1ent les provinces et les royaumes prosternés devant eux : a chacun son gout ! a chacun ses plaisirs !
La Gazette des Étrangers nous apprenait l'autre jour
que dans la semaine précédente on avait fait huit fois
l'ascension du Mont-Blanc. Les voyagPurs qui avaient
mis le pied sur la tete du géant savoyard étaient au
nombre de douze : neuf Anglais, un Écossais, un Espagnol, un Suisse, pas un Frangais; nous dédaignons un
e1ploit si facile. Trois jeunes miss, les filles de M. Per-•
kins, le célebre brasseur de Londres, étaient allées jusqu'aux rochers des Grands-Mulets.
Ce fut en 1786 que le docteur Passard et Jacques Bal-

mat réussirent les premiers a gravir jusqu'au sommet du
Mont-Blanc.
De 1820 a {844, il n'y eut que onze ascensions. C'était
le bon temps; il y avait quelque gloire alors a tenter
l'entreprise, et l'on pouvait jusqu'a un certain point,
l'ayant accomplie, en tirer vanité. Mais maintenant, en
vérité, ce n'est plus la peine d'en parler.
Autrefois, le reglement des guides de Chamonix obli~eait le voyageur a prendre douze guides pour faire
l'ascension d11 Mont-Blanc. La révolution de {848, qui ·
bouleversa la France, l'Allemagne, la Hongrie, la Sicile,
eut son contrecoup a Chamonix; le reglement fut abolí,
et l'on n'en promulgua pas de nouveau; c'est une conséqucnce du 24 février ql,le les historiens ont j usqu'ici
négligé de constaler, et que M. Adolphe Joanne nous
révere dans son itinéraire de Paris a Geneve et a Cltamonix.
En i852, quand l'Empire proclamé remit la société snr
ses bases, ainsi q11e nous l'assurent presque tous les
orateurs officiels, et que commen~a une décadence générale des sciences et des lettres, sign alée par M. Duruy
dans s011 allocution aux lauréats du concours général,
en cette année fameuse daos l'histoire, l'ordre se fit de
nouveau ·a Chamonix enrome en France, et un nouveau
reglement fut édicté : au lieu de douze guides, c'est
quatre guides seulement que l'art. 37 de ce reglement
impose aux voyageurs; depuis lors, ·cet article a été modifié, et l'on monte au Mont-Blanc avec trois guides.
Il sera temps bienlot que le philanthrope a qui nous
devons les petites fleches bleues .¡¡ui nous enseignent
notre route dans la foret de Fontainebleau, songe a partir pour Chamonix, et a marquer de ses utiles indications le chemin du Mont-Blanc, afin de nous épargner
tout a fait les frais de guide.
Un décret institue, sous le nom· de lkanilpria; de l'Empereur, et sur les foods de la liste c1vile, un prix de
rno,ooo fr. qui sera décerné tous les cinq ans a l'auteur
d'une grande ceuvre de peinture, de sculpture, ou d'arcbitecture reconnu digne de cette récompense.
Une commission de trente membres, présidée par le
ministre de la Maison de l'Empereur, et qui sera renouvelée tous les cinq ans, se prononcera sur le mérite des
ouvrages soumis au concours.
Dix membres de l'Académie des Beaux-Arts feront partie de cette commission.
On n'y voit point de place réservée expressément aux
membres de l'lnstitut.
Le lkand prix de l'Empereur sera décerné pour la premiere fois en f869 .
Les arlistes arrivés au succes et a qui vont tout naturellement les grandes commandes, auront certainement
la discrét1on de ne point con'courir.
Un sujet pour le premier concours : La Fortune détournant un jeune homme du chemin de la Bourse et
tui montrant l'atclier de M. Picot.
X. FEVRKET.

COUllONNEMENT DU ROi DE CAMBODGE.

Nous publions, d'apres le Courrier de Saigon du 25
juin, le récit des cérémonies qui ont eu lieu a Udang le
3 du méme mois, a l'occasion du couronnement du roi
de Cambobge.
Le 3 juin, de bonne heure, la. mission frangaise se
rendit a Houdon: M. le chef d'état-major général, délégué par M. le gouverneur pour présider a la cérémonie
du couronnement, avait convoqué les capitaines et les
officiers des batiments présents dans le haut Cambodge.
Le roi leur avait cnvoyé des élépbants de choix et des
chars; une scctiou de marins fusiliers servait d'escorte.
Nous attendimes au camp des troupes fran~aises, a
Houdon, l'heure de la cérémonie. Vers huit heures et
demie, le roi fil prévenir M. le chef d'état-major commandant Desmoulins, que tout était pret; les ofliciers
franfais se rendirent alors au paiais, ou les Siamois
nous avaient devancés en tres-modeste appareil; le notre était tout guerrier; vingt marins et soixante soldats.
En fraochissant les portes de l'enceinte, nous remar•
qua.mes les premiers fr:iis de décoration : la grande
chaussée qui, des deux bassins formant !aes conduit a
J'enceinte intérieure, avait regu deux rangs de mats
a fleche, dans le style indien; parasols et clochetons de
couleurs variées; quelques élephants de tres-haute taille,
aux longues défenses, couvert,s de housses vertes, nous

115

regardaient passer dans la belle et majestueuse immobilité qui semble faite ponr ces colosses.
Nous pénétrames bientot dans la pagode disposée pour
la cérémonie; la musique du roi et las fanfares dominaient le murmure de la foule. Pendant que le roi
nous faisait le pl¡¡s cordial accueil et que l'envoyé siamois, S. E. Phya-Mantri-Surigwanse, saluait
les officiers avec une ais~nce remarquable, ·nos
soldats garnissaient la grande salle et donnaient, par
leur présence, un cachet plus franfais a la scené qui se
déroulait devant nous. La décoration de la p:igode avait
été rafraichie; áu milieu, le trc,ne sous des parasols en
étoITe lall)ée d'argent; en avant, un riche sopha, un
siége pour le roi, et la table portant les altributs de sa
souveraineté; a droite et agauche, des fauteuils .et des
chaises sur deux files parallele5; la mission f~anfaisf'
était a droite du roi, les Siamois a la gauche. Le roi
était vetu d'une étoffe souple et légerement mordorée,
tres-élégante; les of6.ciers fran~ais étaient en grande
tenue; l'envoyé siamois reluisait comme un louis d'or
tout neuf; cet éclat fut un peo voilé par une chemise de
dentelle a franges dorées qu'on luí plaga ~ur les épaules
comme un manteau de cérémonie. Tous les autres pzrsonnages étaient couverts de brillantes étoffes; l'aspect
était vraiment pittoresque et éclatant. Apres quelques
compliments, le roi se fit apporter sa montre; il constata
que l'heure était venue et nous avertit qu'il allait se
préparer pour la cérémonie de l'eau. A la porte principale de la pagode s'élevait un dais blanc, couleur de
circonstance, auquel on accédait par quelques gradins.
Le roi y parut bientcit, couvert ~eulementd'une ceinture
de fin lin qui laissait a nu tout le buste. Une urne d'argent plar.ée devant luí laissait échapper, par un tuyau
recourbé percé de trou~, un P. pluie d'eau lustral e; le premier des devins du palais tenait a coté de Sa Majesté Je
vase d'élection et une conque marine bordée d'un -fil
d'argent.
Le roi appela le chef d'état-majnr général pour commencer ies ablutions: le commandant Desmoulins recut
la coquille des mains du devin, et, a deux r~prises, ve;sa
sur la tete et les épaules de Sa Majesté les eaux de la purification; l'envoyé siamois, aoque! il céda la place, en fit
autant, et le roi disparut pour une derniere toilette au
milieu de la satisfacLion générale et de quelques sourires.
C'est sur le sopha que le roi se renditdes qu'il reparut
au milieu de nous. 11 était reretu d'une casaque d'un
tissu d'or raide, épais; le langouti rouge de soie dorée
qui couvrait ses reins el le milieu du corps laissait i nu,
comme a l'ordinaire, le has de la jambe; la tete était
nue aussi. Mais Sa Majesté portait aux oreilles quelques
feuilles vertes délioatement posées, dirigées en avant
vers le front, comme le rudiment d'une couronne de
distribution de prix ou de triomphateur.
Le roí re~ut du grand-pretre une eau nouvelle dont
il lava son visage, de uouvelles feuilles vertes qu'il posa
gracieusement et adroitement a son oreille, et une oraison t1rée d'un vieux parcbemin et débitée gravement.
La musique sauée, c'est-a-dire le rou-ho" des grosses
conques a l'embouchur.e d'argent et le tam-tam cadencé
d'ls tambourins servaient d'accompagnement.
Le roi, accroupi s11r le sopha, se tournait successivement vers les devins qui l'entouraient, et chacun d'eux,
a son tour, lui adressait les paroles sacramentelles.
L'envoyé siamoi~ prit ensuite la couronne sur la table
et la remita l'envoyé frangais; le commandant Desmouhns la pla~a daos les mains du roi, qui s'en couvrit le
chef. Mais la couronne étant lrop lourde, le chef d'étatmajor dut aider le roí a la drcsser sur sa tete et a la
fixer par des oreillettes de métal qui prennent comme
des croes sous le lobe inférieur de l'oreille.
La forme de la couronne est en demi-sphere, creuse,
assez épaisse, saos découpure; le métal est l'or jaune,
rehaussé de pierreries et de quelques niellures d'argent bruni; le dessus, pyramide en une suite de boules
et de clochetons, se termine en paratonnerre.
Des que son embleme fut assujetti, le roi parut rayonnant et nous prévint qu'il allait faire annoncer la ~onvelle a son peuple. Bientot, en effet, les détonations de
l'artillerie saluaient le roi et éveillaient sans doute un
redoublement d'allégresse daos le cceur de ses sujets.
Le chef d'état-major pronon~a alors un diSC'rnrs qui
fut suivi rl'une allocution adressée au roi par le mandarin siamois, et S. M. Norodon (c'est un des nomhreux
nouveaux noms du roi) dit alors au chef d'état-major
que le moment était venu pour lui de saluer son puissant protecteur l'empereur Napoléon, et lui deman.

�H6
da de le conduire
clans la direction
de nolre pays, et
de lui montrcr
commcnt il &lt;levait
salucr l'Em pereur.
Le conimandant
DesmoulinsfiLquelques pas vcrs l'Orci&lt;lent, a l'opposé
du solcil, en s'inclin:.rnt
légcremen t, et fil fairc
au roí quelques
inclinaisons pro. fondes; comme i\
avait vn le commandant retirer
son chapean, il
porl:ut l,L main a
sL'couronnc par un
mouvement analoguc.
Aprcs l'hommagc iJ. la France vint
l'hommage il.Siam,
qui fut salué a la
méthode du_pays,
en joignant les
mai ns et en les
portant de la tcrre
vers le fron t.
Une derniere
consécratiou mar.quait, mais cellcci étai t toute personuellc a Sa Majesté. Le roi se
pla~a sur le sopha
qui p1'écédait le
trone , le grandpretre lui apporta
deux statuettes sacrées qu'il posa un
instant sur ses gcnoux; ensuite on
présenta au roi des
armes, entre autras deux magnifiques fourreaux de
sabre, les boites,
les vases qui soot
a son usage personnel; a cbacun
de ces objets, -le
roi imposait les
mains; il les. touchait, les consacrait, les appropriaot ainsi a sa
nouvelle position
de roi couronoé.
Les pantouflesd'or,
en forme · antique
de galoches, tcrminaient la série
de~ attouchements; le roí les
chaussa et monta
sur le trone recotvert du parasol,
qui depuis si longtemps attendait la
conclusion de ce
couronnement
cambodgien, dont
les premieres cérémouies remontaient au mois de
février.
Nous fumes introduits ensuite
daos l'appartement
des femmes: toutes
ces dames étaient
s01Js les armes

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
comme pour une
inspection, daos la
position respectueuse que com.
mande la présence
royale. Au bout
d'une vaste galerie se tc:na it, assise
sur des coussins
une trcs-vieille da-'
me, la grand'mere
du roi, presque
centcoaire, souvent malade, et
trcs-reconnaissantc pour les médecines &lt;lÜ &lt;locteur
Hennecart; elle aime beaucoup les ,
·Fra_n~ais, mais son
crédit déclinc avec
les ans. 'Qans !'une
drs moitiés de l'a]&gt;parlement, une
mullilude &lt;le femmes &lt;le tout age,
ayant des parentés, des chargcs ou
d'anéiennes amitiés au palais. Cette
fou le intéressait
rr.oins que le bataillon des heantés
ca;n bod giennes qui
s'al ignait sur quatrc rangs daos
toutc la longueur
de la salle ; elles
étaient la 60 ou 80
dans la position
des sphinx d'Égypte, rclevant le
buste et la tete ti'un
air plns e.baste que
les contours et le~
formes accusécs en
arrierc.
Les deux prcmicrs rangs, emiron quarante da• ,
mes,
appartrnaient au harelll
proprement dit; ~I
la premicre file,
armée de sabresan
fourreau doré, naivcment posés sur
I'épaule, semblait
en défendre les approches, mais d'un
air fort indolcnt.
Les deux long~
rangs, symétriqucment paralleles a
ceux de ces prir.•
cesses, ne comptaient que des
bayaderes, femmes de théatre el
de ballet; ch acune
d'elles portait une
lleur a ' la main.
S. M., sans nous
faire précisémcnt
les houneurs de la
présentation, ne
semblait pas trouLlée par notrc inlrusion au milieu
de cette phalange
plus aimable encore aux yeux
des Cambodgiens
qu'aux notres.

Pour extrait :
P. P.AG.E'f,

117

•

.

-

··..:.~~.~:s__¿f:__

-~:COUllONNEME~T UU l\Ol DE G.\:IIBODGli: CÉRÉ:IIONIE DE LA PURlFlf A.TION.

,/✓•.,..,, ·' / )':. J'f
••

•/.

J/ :

¡-;'

_-=..;...

rcsAliT
M. LF. r.OMMANllA NT DESMOULlNS
, AºR ,..,

so~·

ALLOCUTlON Ali JlOI DE CAMBODG F, -

D'aprés les croquis communiqués par le Minislere de la Marine,

I ,

�118

L'ILLUSTRATION, JOU RNAL UN IVERSEL.

•

1

•

1

II. s'en faut bien que le livre de M. de Lescure, les
Amours de Henri IV, soit une réhabilitation; mais on y
REVUE LITTÉRAIRE.
trouve le complément d'une figure historique, et, a ce
CUIIIOS!TÉS ET RllHAlllLITATIONS IllSTORJQUES.
titre seul, il serait digne d'étre lu. L·auteur ajoute a
l'intérét de ses révélations le mérite d'un style peut-etre
Une foule d'ouvrages amis et ennemis ont depuis long- trop raffiné, trop melé, parfois emphatique, et, le plus
temps établi la part qui re.vient, dans les malheurs de souvent, familier, mais qui, malgré un certain nombre
Alarie-Antoinette, a la malignité populaire et a la vio- de défauts, cherche a ¡ílaire et y réussit. La légcreté du
lence démagogique, part bien grande, et qui dépasse ton n'exclut pas la sureté des informations et la valeur
toute mesure, si l'on compare aux erreurs naturelles historique de l'ouvrage.
d'une reine accoulumée a la domination les supplices
&lt;&lt; II e~t un homme, fort estimable d'ailleurs, que je ne
atroces et multiples qu'elle endura dans sa personne et nommerai point pour lt punir d'avoir puécrire une bistoirt:
dans celles des siens. Mais on peut dire que ces iniquités de Henri lV en quatre volumes, saos prononcer,jecrois,
n'ont pas nui asa mémoire; elles ont iunocenté, purifié, le nom de Gabrielle d'Estrées. Cett~ pudeur exagérée a
transfiguré une femme assez ordinaire, belle et spiri- porté son fruit. L'Académie l'a couronné, non sans soutuelle, sans doute, comme tant d'autres, mais d'une in~ rire peut-etre. » C'est que M. Poirson a peint l'endroit
telligence politique, d'une légereté d'esprit, par trop in- de Henri IV; M~de Lescure ne regarde que l'envers de
dignes de sa haute fortune. Il semblerait que les régions cette vie glorieuse. Nous pensons avec Iui et avec un
privilégiécs ou naissent et se meuvent les rois et les prin- maltre, M. Michelet, que l'histoire offi~ielle ne do1t jacesses dussent étendre et éclairer Ieur horizon; le plus mais néglige1' l'bistoire intime, quand elle y trouve en
souvent, il n'en est rien. Notre siecle, qui ne se laisse germe les actions et les événements. Toutefois, nous
pas éblouir a de vaines splendeurs et ne voit, entre les n'enfourchons qu'a demi le dada de notre auteur. Bispuissants et les obscurs, qu'une différence accidentelle, torien minutiste,il dirait volont1ers a tout propos, comme
s'est plu a dégager les fronts princiers des rayo ns que un président de cour d'assises : &lt;&lt; Oo est la femme? »
leur pretent I'adulation et la crainte; nous avons tou- ~Jais le béros meme qu'il a choisi, et qui semhlerait Iui
cbé du doigt bien des era.aes 'Vulgaires. La majesté de devoir donner toute raison, déconcerte sa méthode. En
Louis XIV résidait dans sa perruqtie; sa gloire dans les effet, s'il est vrai que des cir,quante-si.x aventures, ni
· grands hommes qu'il traitait en baladins agréables, dans plus ni moins, prétées a Henri IV, trois environ aient eu
les généraux qui gagnaient pour lui desbataiiles; en fin, sur quelques jonrs de sa vie une influence heureuse ou
dans le pcuple dont la sueur d'or coulait a flots funeste, s'il est vrai méme que les folies de sa maturité
vers ses coffres sans fond. La chute deMarie-Antoinette, n'aient pas été étrangeres a sa mo:rt déplorablc, il reste
la disproportion du chatiment avec la faute, ont fait encore a sa finesse, a sa persévérance, a sa puissante
toute sa grandeur. Son piédestal est son échafaud.
capacité politique, une part prépondérante daos l'hisCeci dit, i.10us abordons avec une bonne volonté com- toire de son regne.
plete le Proces du Collier (t), dont M. Émile Campardon,
La femme n'est qu'une des circonstances qui influent
archiviste aux Archives de l'Empire, nous a récemment sur les grands hommes; mais c'est, a coup stir, la plus
fourni toutes les pieces. Le jeune historien est plein intéressante. On parcourt avec curiosité la galerie de
d'entbousiasme pour son héro1ne, et sa conviction fait M. de Lescure, comme une serre ou l'éclataute corrnple charme de son livre. L'impartialité est, d'ordinaire, tion s'épanouit en tout sens dans une atmosphere trop
le pire des défauts chez un écrivain ; tout au plus, sied- chargée des parfums qui étiolerent la race des Valois.
elle a la critique, autant gu'elle ne supprime pas la per- Henri IV seul, trempé qu'il était daos les froides eaux
sonnalité du juge. Ici, sans partager les vives sympat des gaves, garda son énergie native. Margueritc de Va1
thies de M. Campardon, nous adopterons volontiers ses Iois, sa femme, belle, spirituelle, ardente, la baronne de
conclusions qui nous paraissent peu attaquables.
·
Sauves, inst~·ument voluptueux de Cath~rine de Médicis,
&lt;&lt; L'examen de la procédure instruite par le parlement
la Grecque Dayelle, et Tignonville, et Fosseuse, la belle
de Paris dans cette malbeureuse affaire, » démontre Corisande, sorte d'Agnes Sorel qui couchait sur des
sans réplique « que le collier de diamaots, ¡i.cbelé au drapeaux, Gabrielle d'Estrées, !'un des sept péchés mortels
nom et a l'insu de Marie-Antoinette par le cardinal de (on appelait ainsi le&amp; G_ramont, ses sreurs et frere), mais
Roban, a été vohí, dépecé et veodu par le comte et la un beau pécbé, solide et allegre, filie insouciante et facomtesse de Lamotte--Valois, » aidés du faussaire Rétaux miliere, mere féconde 'et large nourrice, en fin la subtile
de Villette.
Henriette d'Entragues et la sédllisante Condé, sans
L'i11trigue entiere et la marche du proces sont l'objet compter Marie de Médicis, toutes ces affections simultad'un récit clair et simple, qui ne laisse aucune place au nées ou successives n'oterent rien a Henri IV de sa force
doute. On y voit la betise indigne d'un prince de l'E- d'esprit et de sa gloire. Louis Xlll en souffrit peutglise, trompé par une filie debas étage et dupe de signa- etre.
tures d'U1Je fausseté éclatante; 1~ perversité d'une sonElle était aussi du quinzieme siecle, de cette époque
ple intrigante et la bassesse de ses complices; la par- voluptueusé et orageuse, cette Marie Stuart, dont la
tialité du juge et du public pour les accusés, l'indigna- figure est restée poétique et dont _la vertu fut toujours
tion de Louis XVI et la douleur profonde de la reine, si discutée. Reine de France et d'Ecosse, son enfance et
quand l'acquittement du cardinal de Roban laissa planer sa jeunesse lui promettaient toutes sortes de prospérités.
sur elle un doute scandaleux. Nous recommandons la On connait les adieux, pleins de pressentiments sans
Iettre qu'elle 'écrivit a sa e&lt; chere Polignac, » et doute, qn'elle adres3ait a la France, lorsque, veuve du
dont le fac-simile accompagne le texle de M. Campar- roitelet Fran~ois II, elle. retournait dans sa patrie saudon.
vage. Son mariage amoureux ou politique avec un
Le livre doit beaucour, de son intéret a la transcrip- brouillon incapable, Rizzio assassiné sous ses yeux, la
tion Iittérale des divers interrogatoires; Iious y avons fin terrible de Darnley, lacourte puissance de Bothwell,
surtout remarqué ce qui a trait au fameux comte de Ca- Loch-Leven, la captivité anglaise et l'atroce proces conglioslro et a sa femme, Lorenza Feliciani.
duit par Elisabeth, enfin, l'échafaud ou roula, blanchie
Cagliostro, compromis on ne sait trop pourquoi dans par la douleur, la plus belle tete d'une époque féconde
!'affaire du collier, dépouille devant les juges ses alia- en beautés; toutes ces péripéties ont tenté les romanres de charlatan. Sans doute, il voile ou arrange les ciers, les poétes, les historiens.
circonstances de sa vie aventureuse; mais il Jaisse conM. Mignet conclut a la culpabilité de Marie dans les
jecturer que, né de parents inconnus, longtemps -errant affaires de Rizzio, de Darnley et de Bothwell; et son opide pays en pays, un heureux exercice de la médecine J'a nion, il fa!lt l'avouer, bien que fondée sur des documents
élevé jusqu'a.Ia fortune et alafaveur de plusieurs cours. hostiles, ne contrarie ni la vraisemlllance, ni la tradi- .
Nul doute qu'il se soit appelé Joseph Balsamo, et qu'il tion, plutot faite d'mdulgence que de respect. Amante
ait fait, sous ce nom, en 1773, emprisonner sa femme deRizzio, qu'elle l'ait vengé, meme sur un époux, puis
pour cause d'adultere. Cagliostro est done un aventurier qu'elle se soit réfugiée dans les hras vigoureux de Bothitalien, parti de rien, si l'on en juge par son mariage well : quoi de plus logique au seizieme siecle, et de
avec une belle filie qui ne savait ni Jire ni écrire. Voila plus ordinaire? Le vice et l'assassinat sont ch oses, a cette
un magicien de moins; et sa mémoire devrait nous ga- époque, inséparables des grandes existences; quelques
rantir de eeux qui, aujourd'bui encore, exercent avec taches'de sang n'otent ni l'intéret ni le cbarme a toas
succcs sa douteuse iIJdustfie, jusqu'a en faire une sorte ces verlugadins princiers, qui seraient aujourd'hui des
de religion.
gibiers de cours d'assises. Pow•quoi Marie Stua¡t eut-elle
{t ) Marte-Antoinette ti le. procu, etc., par M. l!m1le Campardou.
1'1011, 1R63.

menti a l'exemple de ses amis les Médiciset de ses enne.
mis, les nobles d'Écosse? Notez qu'elle n'était pas de
la religion puritaine. Au reste, que nous fait tout
cela?
M. Wiesenar (1) n'accepte pas cette indifférence. Son
coite pour Marie Stuart ne peut se concilier avec l'opinion générale. Il veut que tout datJs son héroine ait été
pur, irréprochable; que, fautive assurément en polit¡.
que, Marie ait possédé toutes les vertus discretes de la
chrétienne denos jours. II se constitue l'avocat de sachas.
teté, nie le faible qu'on lui attribue pour Rizzio, la spontanéité de son affection pour Bothwell, et, encore plus,
toute coopération au meurtre de Darnley : car c'est la le
seul grief sérieu:x.
"
Il suit pied a pied M. Mignet pour le combattre; il
montre Marie, apres la mort de Rizzio, réellement réconWiée avec Darnley, et plus tard poursuivant avec
zele les assassins de son mari. Nous ne demandons q11'a
croire a son innocence; nous concédons a M. Wiesener
que la conjuration des seigneurs écossais, dominés par
le détestable Murray, frere batard de la reine, explique
suffisamment le meurtre de Darnl~y. II nous parait surtout prouvé que Bothwell enleva Marie, et n'obtint que
par la violence le titre et les droits d'un époux. Mais le
role du secrétaire Rizzio pres d'une femme jeune et malheureuse, nous en est-il renda compte? Darnley ne peut
avoir tué que par jalousie celui qui avait aidé a son mariage. Celte jalousie était-elle fondée? La est toute la
question: Faut-il absoudre aussi bien Marie des pécbés
que des crimes?
Rizzio, dit-on, était laid. Mais !'esprit et le talent sont
la beauté des hommes. ll était excellent musicien ; et
quelles ne sont pas aujourd'hui les bonnes fortunes des
musiciens de salon? Ils u'ont besoin pour plaire ni de
savoir, ni d'éloquence; chanter suffit. Leur ame vi1&gt;rea
l'unisson de celles qui les écoutent ! Cet abas déplorable, si énervant, si crispant, dans la société moderne,
n'était-il pas alors, comme de nos jours, chéri des beautés nerveuses? Ce doute nous reste. Puisse-t-il etre léger
a l'auteur! Nous ne quitterons pas M. Wiesener ~ans le
féliciter de son gros volume chevaleresque et de l'ér11dition convaincue dont il étaie son plaidoyer. Peut-etre
ses ana!yses isolées et min utieuses de chaque fait, ne
vont-elles pas sans un peu de confusion.Mais c'est la un
reproche vague et qui retombe en partie sur la rapidité
nécessaire de notre examen.
La cause est entendue. Appelez celle de Richard II, roi
d'Angleterre, qui attend son¡tour.
Richard de Bordeaux, fils du Prince Noir, du vainqut:ur de Poitiers, n'avait que dix ans lorsque son a'ieul
Édouard Ill Iui Iégua le fardeé!.u d'une autorité com¡,romise par de longs revers, par I'ambition d'une famille
nombreuse, par le double réveil d'un parlement las de
subsides et d'un peuple exténué de dimes et d'oppression cléricale. La minorité du nouveau roi était faite
pour encourager toutes les rébellions. Ses premieres
années furent tour a tour remplies par les sourdes intrigues de son oncle Lancastre et, les empiétements du
parlement; puis· ébranlécs par les prédications de Wicl~f
et la terrible insurrection des Lollards (138i). Une tentative de gouvernemcnt royal_régulier n'aboutit qu'a. la
mise en accusation du premier ministre Suffolk et des
amis personnelsdu roi (i386-87).Deuxans apres, Rich:i.rd
échappe a la tutelle de son oncle Glocester, gouverne
a son tour, recherche l'alliance franfaise, augmente les
prérogatives de la couronne; mais fier d'avoir déjoué et
vaincu par les supplices une révolution préparée par
Glocester, et ajourné par I'exil les€spérances du duc de
Hereford, fils de son oncle Lancastre (i397-ü9), il s·aliene la na:tion par un despotisme saos frein. Une expédition inopportune en Irlande et le retour triomphant
du duc de Hereford amenent bientot l'abdication, la déposition et la mort de Richard,
Tel est le regne malbeureux dont M. Wallon nous
donneunehistoire méthodique,impartiale et définitive(2).
11 aime son héros, mais non contre la vérité; il veut juger le roi sur ses actes et ses historiens sur Ieur langage.
Or, tout ce qui a été écrit sur Richard a subi l'iníl.uence
victorieuse de Lancastre. Le beau drame de Shakespeare
est involontairement partía! ; le sage Hallam lui-meme
manque ici dejustice. Deux chroniqueurs fran~ais, notre
Froissart et Creton, seront, avec les roles du parlement,

,s.~.(I}
(1) Lu·Amours de 1/tnn IV, par M. &lt;le ·Lescure. Faure, 1864.

1.19

L•ILLUSTllATlON, JOUR.NAL UNIVERSEL.

Marie Sluarl el te

comtt de

Bolhwell, par M. Wiesener. Bachette

(!J Richard 11, par M. Walloa, de l'lnstitut. B~chelte, 1864,

1

1 uuides de M. Wallon. Trois circonstances l'ont
les seu _s ? . !'esprit d'initiative que Richard a montré en
détermme ·
·
~ ¡• 11 ·
deUX occas1·ons décisives, son
. .attachement " a 1ance
. e et l'inimitié de l'h1sto1re.
franca1s
·11
: f t qui a quatorze ans, va seul trouver cent m1 e
Len an
,
·¡ f
·
.
• devant Londres et, par son babi e ermete,
rnsurges
' .
.
.
ouronne et sa fam1lle; le Jeu11e homme qui,
sauve sa C
.
1
.
tutelle par un oncle astuc1eux et croe , reconrem1s en
· ¡
.
rt
liberté
d'un mot,. et, frappé dans
. , ses amis es
.
qu,e sa
qm eut comprom1s
S, renonce a une vengeance
h
lus
c
er
.
.
,
.
P
son gouvernement·, enfin le ro1 qm, devan~ant,I avemr,
.
. d ronder sur l'alliance fran~aise lasupremat,e et
essa1e e 1'
•
,
é
. de l'occident
la pa1x
~
·. celm-la. n est pas un bomme ro diocre.
d t ·1
Mais lorsque, rivalisa~t de bontes avec ceu:x on _1 a
. he,· il fait assassmer son oncle rebelle
et
tr1omp
,
J ensan'
!ante la ju~tíce avilie du parlement, ce n es~ P u~ q~ u~
:omme du moyen a.ge emporté par s~s pass10ns. Emvre
de vengeance et de pouvoir, la t~t_e lm to?.1'n~, et sa m~ladresse croit avec la haine publique. L mteret. se deÍourne de Iui et ne lui revient qu'aux: heures terribles de
la déposition, de l'agonie et de la mort. Encore ~e faudrait-il pas, comme a fait M: Wallon, comparer 1mp~u ·
d ment la résignation de Richard avec celle du Chr1st.
L~:Oe était forcée, et l'Autre volontaire. On peut seulement lui accorder cette louange, qu'il fut d~ tout temps
moins odieu:x que le reste de son peuple et d_e ses parents.
L taches qui ont rejailli sur cette figure un pen effa~s ne sont rien que de faibles éclaboussures de cette
::ge sanglante ou roulerent tour a tonr _les tetes les
lus nobles et les plus fideles. Son mauva1s parlement
!e i397 n'égale pas en horreur les dévastations de WatTyler en i~8i et les abomiuatiom du parleme~t _de Glocester, en {387, encore moins J'atroce hypocr1s1e et la
froide cruauté du duc de Hereford, connu sous le nom
de Henri IV.
.
&lt;&lt; Le meurtre la violence, telle est la 101 commune l&gt;
' époque néfaste qu'une certame
.
du pouvoir a cette
press_e
malfaisante ra¡,pelle de ses vreux ridicules. Mieux vala1t
vivre sous Sylla et Marius : au moins _les assassios n'étaient-ils pas juges, et tout se donna1t a la fureur du
premier moment. Ici, c'est le parlement. d'A~gleter.re
qui condamne et dicte les détails de ~upp)ices ms~nses:
Les éveques et les abbés n'y sont m moms sernles n1
moins cruels que les laiques.
,
Voici un des ~upplices ordinaires a ces bourreaux raffinés.
Le patient, préalablement trainé sur la claie, cst pendu
légerement; dépendu vivant et assis devant ~n grand
" feu il a le ventre fendu et voit brtiler ses entra11les. Parfoi; on luí offre a manger et a boire. L'un d'eux répond :
• Ou voulez-vous que je le mette? » Apres cet intermede
funebre, la tragédie reprend. Le bourreau haise !~ malheureux et Iui coupe la tete; on l' écartele ensmte, ~t
&amp;es morceaux,sont jetés dans une chaudiere, ou envoyes
aux villes fideles.
L'homme ce résumé de la création vivante et qui,
dans le sei; de sa mere parcourt toutes les formes animales, tour a tour zo~phyte, mollusque et vertébré,
garde surtout deux instincts, deux tendances propres
aux especes supérieures. 11 esta la fois cárnassier et herbivore. Comme le !ion, le loup, le tigre, entrainé, ..
par
toutes les soifs morales et physiques, il se prec1p1te
sur ce qui le gene ou l'attire; comme le mouton et le
boouf il marche en tro~peaux. et se livre aux vertus pastoral;s · il ~amine des pensécs et broute les biens de la
terre; ajoutez !'esprit de'la fourmi, de l'abei_Ile et du castor et vous ave2. !'ensemble de nos quahtés et de nos
'
.
défauts. Les époques de trouble surexcitent les pass10.ns
carnivores · la paix et la sécurité favorisent les gouts
agricoles :t économiques. De nos jours, l'équilibre se
fait entre les deux natur..is : l'homme n'est ni cannibale
ni pythagoricien; il est omnivore.
Exploiter sagement la terre et ne néglige~ aucu~e
ressources des trois regnes, telle est la conclus,on tac1te
d'un excellent petit livre de M. Félix Hément, ou les
Premieresnotiora d'histofre naturelle (1) sont exposées dans
un ordre nouveau. Tout en restant fidele aux classifications établies, M. Hément range les animaux, ~es p!an_tes,
les minéraux selon leur degré d'utilité.L'ahmentat10n,
le travail et' les transports, le commerce, !'industrie!
sont les titres d'autant de chapitres intéressants, ou
sont rassemblés les membres d'une meme famille. Des
appendices sont consacrés a ce qui ne rentre pas dans
ll) llesobry-Tllldon. Un volume cartonue. Nouvelle edit1un.

le systeme de l'auteur; on y voit que l'homme obtient
peu de chose, et du mal bien souvent, de la plupart des
étres qui l'entourent.
Le texte, clair et attrayant, est accompagné de. gr~vures sur bois tres-nombreuses, et enrichi de c1tattons
empruntées a Buffon et aux meilleurs peintres de la nature. C'est une lect11re qui repose du spectacle de nos
sombres anuales. A de certaines heures, en présence
des écarts ou nous emportent nos passions libres, on 's?
p-rend a envier la coordination passive de la nature ou
nous régnons.
ANDRll LEFllVRE.
~

PRIME

DE

L'ILLUSTRATION.

L'lllustration met en vente sous peu de jours la série
complete des sonates de Mozart, 5• et 6• vol. de la _collec:
tion des reuvres spéciales pour piano a deux marns des
maitres classiques, annotées et doigtées par 1. Mo~c~ele~. ·
Ces volumes paraissent a.des intervalles ~sse_z elo1gnes
les uns des autres · mais cette lenteur est md1spensable
pour la bonne exé~ution de l'impression et du tirage. .
Nous rappelons a nos abon~és que t?us ?~ux qu_1
souscriront d'avance a la collect1on complete n auront a
payer que 50 fr. au lieu de 87 fr.
Celte Collection allemande, annotée et d..igtée par le célebre professeur
MOSC!ll!LES, formera u volumes de tff pages cbaeun, en moyenne.
BEBTBOVB■ ,

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les I
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Prix de

volumes, 24 fr. au l_ieu de II
volnmes, 11 fr. au hea de 11
volumes, 11 fr. au licu de 16
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la CoLLEctm11

ENTIRRE

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des H volumes :

60 francs au Jieu de 81, et 50 franetJ SEtJLEMEN1'
pour ceux de nos abonnés qui souscriront d'avan~ a ~a cellection complete. Cette deroiere faveur ne sera ngo~reusement
accordée que sur l'envoi de 50 francs en un mandat sur la
poste, ou en une valeur sur Paris.
. .

Les prix indiqués ci-dessus s'appliquent /lux volumes retires
dans nos bureaux; les frais de pos(e (00 cent. par volume en•
•
iaolément) n'y sont pas compras.
~

PROMENADE, AU JARDIN DU MIDI.

Lll.
11 serait diffi.cile de passer par Cannes et d'y rester
quelques jours sans aller faire une visit~ aux iles }e
Lérins, composées de l'ile Sai~te-Marguer1te et de 11Ie
Saiut-Honorat. Celui qui n'aime pas les longues promenades en mer suit la greve jusqu'a la pointe de la Cro~sette. la ¡¡ s'embarque dans un canot, et apres tro1s
quarts d'heurtl de trave~ée il est ~u pied du fort de
Sainte-Mar"uerite un b.\t1ment mass1f et sombre, le se1-1l
qui existe dans l'iÍe. II y a ~e ~íza!ne. d'a~nées, j~. vis
ce fort au moment ou il serva1t d hab1tat1on a une soixantaine de fils du Prophcte qui soupiraient, en face des
oranuers et des cítronniers de la Provence, apres lés
pal;.niers de la Patrie. Le plus curieux de ce~ Ara~~s
captifs était un marabout qui, dep~is des _annees deJa,
se tenait accroupi a la meme place, 1mmob1le et les yeux
tournés vers l'Orient. Ses traits, immobiles comme son
corps, semblaient pétrifi.és. 1I étai~ im~ossible de ~ai!r
l'ombre d'une pensée ou d une emot10n sur ce v1sa0 e
marmoréen. Ce saint homme avait des ongles d'un demipied de Iongueur et une barbe don~ il ~nr~ít pu se servir pour balayer le parquet. On eut d1t d un héros enchanté des l\'iebelungen.
.
.
On montre,'a l'étage supérieur, la chambre hum~de o~
languit, pendant dix-s~pt ~nnées, ~e yersonn~g~ mysterieux, cette énigme h1storique qui s appelle . 1Homm~
au masque de fer. L'inspection de , c~tte chamb:e, qm
recoit le jour par une ouverture'herissée de tro1s b_arre;ux de fer et pratiquée a travers des murs de cmq
de
mc"tres d'épaisseur, m'a démontré que l'bistoire
.
. l'as, .
siette d'argcnt, lancée par le prisonni_er qu~ aura1t ecr1t
son nom sm cette assiette avec la pomte d un c_outeau,
est tout simp!en.cnt une fable. J'ai essayé de fa1re passer a travers h, barreaux de cette ouverture non une
assictte mais une mince brochure, et je n'ai ~u y par.venir. Ce n'est done point a l'épisode de l'ass1ette qu'1l
faut attribuer, comme on l'a dit, la translation du Masque de for a la Bastille.
.
Je ne me crois pas toreé de parler de ce que Je ne
connais pas. Aussi ne dirai·j~ rien l'ile ~aint-Honorat,
que j'ai négligé de visiter, bien, qu e!le smt, assure-t-on,
la plus intéressante des deux 1les, a cause d~s monuments ou plutot des vestiges de monuments qu elle renferme. Cette ile Saint-Honorat fut célebre ~ar son monastere, par les ravages des pirates sarrasms, par les
1

?e

attaques des Espagnols, des Génois et des Aut.ricbiem,
qui s'en emparerent tour a tour. Apres la revolution
francaise elle devint la propriété d'une actrice, M11 • de
Sain~al, ~ui y fi.xa sa résidence. Quand le mon~s~ere fut
sécularisé, ¡¡ n'y restait plus que quatre _rehg1eux, ~t
encore furent-ils indemnisés moyennant qumze cents hvres de pension.
De l'ile Sainte-Marguerite, le paysage est charmant et
vaut a lui seul la traversée. On aper~oit un triple _r~ng
de montagnes, les unes boisées, les autres ~bauves JUSqu'au sommet les autres couronnées de ne1ge. Une vapeur grisatre ~oveloppe la cime de l'Estérel_ et ses flanes
battus par une mer ou se reflete !'azur du ~,el. A dro_1te,
Cannes s'étend en ampbitbéatre avec ses v11las, ses Jardins ses bois d'oranuers,
son cours ou se pr.omenent les
0
'
misses
Janguissantes, la jetée et le port ou' dorment,
balancées par la brise, les barques, les tartanes et les
bateaux des pecbeurs.
De Cannes ¡¡ ne faut pas plus de deux heures pour
aller par l; plus adorable route' a Grasse, la vi lle
des p;rfums, d&amp;; senteurs, des éli_xirs, des ~hamps de
roses et de jasmins. 11 ne faut guere plus _d une_J.ie~e
pour aller a Anti bes, et si j'e:xcepte. la Cormche, il n est
pas au monde de plus Jl!erveilleus~ promen_ade . qu~ ~a
route de Cannes ~ Nice. c·est un immense Jard1_n d ohviers et de citronniers, bordé d'un coté par les v1_llas, de
l'autre par la Méditerranée, qui se découpe en ~1m~bles
golfes dont le plus célebre est le golfe Jouan, ou debarqua Napoléon au retour de l'ile d'Elhe. Une colonne portant cette inscription : J er mars 4.815, se dresse sur le
rivage et perpétue le souvenir de ce déba~quement fabuleu:x. Un aubergiste qui cumule les fonctlons de m~rchand de vin avec les fonctions de cicerone, montr? ~ olivier ou bivouaqua l'Empereur. Supprimez cet ol1V1er,
l'aubergiste est ruiné, car on ne me! pie~ aterre devant
son auberge que pour voir l'arbre h1stor1que.
.
Depuís que lord Brougham adécouvertCanncs, bien des
gens sont accourusde partout pours'yétablir. Labourgade
de pecheil.rs, devenue une ville ou se rencontre_nt tout~s
les aristocratíes de l'Europo, n'a plus de terrams a ce.
der; l'omnibus est complet, et c'~st alor~ ~ue les ta:d··
venus, dont je parlais dans l'article. ~recedent' resolurent de fonder une coloníe tout a cote de Can~es~ dans
une situation superbe, dans ce golfe ~ouan qm depend
de la commune de Vallauris. La prem1er~ 4111 _se_ lan~a
fut une Parisienne, une femme non moms
, dd1stJnguee
par l'attrait de son esprit que par les graces e sa personne, Mm• Juliette Lamber, l'auteur du Voyag~ autour
d Grand-Pin et des Rlicits d'une paysanne dont l l llustra~ a publié deux frauments.
Elle fit batir ami-cote
tion
o
.
,une
jolie villa et bravement elle s'y installa, certame que11e
serait suivie.
. ,
.
Cette villa Bruyére, admirablement s1tuee, appela,t,
en eflet, d'autres villas. Les voisins accou_rure~t. _on
acheta des terrains autour de Bruyére, et auJourd hm la
villa pousse dans le golfe Jouan comme \'oranger
~e
citronnier. Plusieurs sont déja baties, d'autres vont 1_ etre : la villa du Grand- Pin, a M. Edmond Adam,_an~1en
conseiller d'État, secrétaire général du Compto1r d es~
compte Terrapia' a. M. Séchan' la Bigarade' a
M. Édo~ard Charton ; Belvéde,- a. Mm• Jean Re~?a~d ;
Brimborion, dont je ne nommerai pas _l~ propr1etaire,
quoiqu'il soit le plus intime de mes amis;_ les Glayeuls~
a M. le docteur Clavel, la Villa des peurs, a M. _Ber_nard,
la villa Bellf:t, la villa Hugues, le pavillon ~1ar~1tz, et
bien d'autres. On voit qu'a la nouvelle colome rien n~
manque, pas méme le médecin. _Le~ honnétes, gens qw
fonderent Rome n'étaient pas s1 bien partages, quand
ils jeterent les bases de la vi lle éternelle.
Ce n'est pas tout (car d'ici a peu d'années, le golfe
Jouan sera ·encore plus peuplé que Cannes), une com. a' la tete de laquelle
est le comte, de dFersen,
¡Jagme,
.
batit de son coté vers Ant1bes, et parle m?me . e construire des hótels et un casino. Les Juana1s pretendent
que leur climat est préférable celui de C~nnes. Je ne
me prononcerai pas dans unes, grave quesl10?· Le golfo
Jouan étant séparé par uue dem!-liCJie a, pemc ~e la
ville de Cannes,je croís que Je chmat de I un est, a peu
de chose pres' le clímat de l'autre. Au g~lfe Jouan,
comme a Cannes, les plantes tropicales pr~sperent, et 1,e
dattier frileux Jui-meme, poussant en pleme terre, demontre suffisamment aux valétudinaires qu'ils ne tro~veront nulle part ailleurs un ciel plus doux, une temperature plus clémente. La vue des eaux bleues de ce
grand golfe, si capricieusement dessiné! est un~ ~erpétuelle invitation a se baigner. La na1ade med1terra~

et,

.ª

�t20

' L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

?.-

~- ArU R !._. // !: ,~-~
.

-

-

/

ANTIBE~.
!LE SAINTE MAllGUEl\lTE•

. néennc vous allire, couchéc sur un délicieux fond
de sable fin.
Le golfc est dominé par
le joli village de Vallauris
(la va.llée d'or), et ses v,illas, chaque année plus
nombre uses, ses jardins,
ses bo3quets d'orangers,
!'admirable panorama qui
se • déroule aux regards
du haut des riches collines,
en font pour l'artiste un
site plein de charmes. Au&lt;lessous des terrasses qui
supportent les maisons de
campagne et les massifs de
verdure, ou voit s'éotendre
la nappe arrondie du golfe Jouan, la pointe allongée de la Garoupe, les cotes de la Ligurie italienne
et les grandes Alpes du
Tende. A la beauté de ces
paysages vient se joindre,
pour cette jolie petite ville
de Vallauris, •me température des plus favorables.
Comme le golfe Jouan,
comme Cannes, Vallauris

est abritée conlre le mistral par le rempart de l'Estérel.
Du reste, tout ce coin de
terre cst vraiment enchanteur. Tout y vieot,
tout y na lt, tout y prospe1 e, - les plantes et lea
hommes. - Je me rappelle la vive impression
que j'éprouvai, la premiere fois qu'arrivant de
París au golfe Jouan, ~o
plein biver, je vis toole
celte campagne en ft\te,
étalant ses ileurs, ses feuillages, et jetant le parfpm
de ses orangers qui se m~
lait a la fortifiante odcur
de l'algue marine. Sur le
hord de ce rivage, le speetacle éclate comme une
picce d'artifice. Les iles de
Lérins s'étcndent vers 11'
droile, montrant a travcn
les arbrcs les bl:mcs rcmparts du fort de Saiote-:Marguerile. De l'autre
coté, Anti bes et ses phares semés sur la greve.

=

Les Alpes-Maritimes profilent en
aretes aigues leurs clmes neigeuses sous un ciel aux tons
d'ocre; Nice apparail, ·couchée
au fond de son golfe, et le mont
Alban se dessine vigoureusement dans le fond, au dela
du sillon jaunatre que trace le
Var, au milieu des ondes bienes
de la Méditerranée.
Nous ne terminerons pas au
golfe Jouan · notre promenade
a travers le Jardiu du Midi; si
le lecteur veut bien nous suivre, nous le conduirons ju8qu'il
Nice, qui se met en frais d'unc
nou velle toilette et qui sera
certainement l:i. ville, si non la
plus favorablement situéc, du
moins la plus brillante du Jittoral.
Nice fran~aise veut une parure fran~-aise, et les brillanls
hótels qui s'élcvent sur la promcnade des Anglais nous font
bien augurer des embellisscmentR qu'elle annonce et qui fe.
ront de cette ville une station
incomparabl~.
PUITS ET!JARRES,

EDYOND TEXIER,

- ·--~.-. . :

-=-=g~~~-----==-

- --· ~
- - ---..:--

LES ALPES MARITIMES.
LE CAP D'ANTIBES, VU DE LA VILLA BRUYlll\K.

·-,
.,,,

-

.

""··- ,
... , ....

:1

•

....:ii;:::

f,.

OLIVIl!RS OU NAPOLRON 1" S'EST REPOSÉ, 1,E I" bl.!.RS 1815.

�i 22

L'ILLUSTRATION , JO URNA L UN IVERSEL.

©llfflll@fi.'l:IO®íl/J1% li)l]íl/JIO@&amp;l!.IE.

Jamais, je crois, la musique, a París, n'avait pris de
tellea vacances. Le ThMtre-Lyrique est fermé: c'est son
habitude en cet.te saison, et il n'y a ríen a dirc. L'OpéraComique est fermé .... Quand rouvrira-t-il? Probablementau mois de seplembre. Deux moisenliers de silen ce
e~ peut-étre plus. C'est beaucoup. Mais il y avait la,'
d1t-on, une question de salut public. La solidité de l'édifice avait paru douteu.qe. On a jugé de grosses réparaLions nécessaires, et l'on y procede avec la sage lenteur
recommandée par Boileau. Ce n'est ¡,as moi qui songe
a m'en plaindre. La salle Favart, iucendiée en 1838, ne
date, en réalité que de t840, et déjdson gros reuyre inspire !les inquiétudes ! 11 faut bien croire qu'on l'avait reconstruite avec trop de précipitation.
Done, la seule musique qu'on entende maintenant, a
l'Opéra-Comique, est celle des coups de marteau. Aux
Bouffes parisiens, c'est pis encore : on n'y entend qu~
des discussions d'actionnaires. M. Varney, le successeur
de M. Otfenbach, n'ayant pas eu autant de soeces qu'il
avait déployé de zele, a donné. sa démission, et borne
désormais son ambition a reprendre le Mton de chef
d'orchestre. A qui la direction est-elle destinée? La rendra-t-on a M. Otfenbach? La donnera-t-on a M. Mestépes, que recommande le plus grand soeces des Bouffes
parisiens, la tres-origindle farce des Deux aveugles? S'1dressera-t.-on a quelque autre, littérateur, musicien, ou
siqiplement bomme d'affaircs et administrateur? Persévérera-t-on dans le gen re adopté daos !'origine et cultivé jusqu'a présent, qui est la charge musicale? ou cbercbera-t-on a « varier agréablement » le répertoire, en
mélant aux farces des ouvrages moins exceutriques, et
aux pieces a femmes de petits opéras-&lt;:omiques vertucux?
Ou bien, mettra-t-on résolument la musique a la porte,
comme trop dépensiere, et remplacera-t-on l'harmonie
par un dialogue vif et animé? Telles sont les questions
qui s'agitent en ce moment au passage Choiseul, et nul
ne sait en que! sens elles seront résolues. Et l'on profite,
en attcndant, de la liberté décrétée des tbéatres, qui est
!e droit, pour chacun, de faire ou de ne pas faire, de
JOuer ou de ne pas jouer, selon son intéret ou son caprice, a ses risques et péril~, sauf le respect tlu, en tout
état de cause, aux engagements contractés.
Un bruit assez étrange est ,enujusqu'amoi.

L'administration du Théatre-ltalien se proposcrait, dit-on,
de joindre le ballet a l'opéra, - le ballet italien, apparemment. On représente, en llalie, sur tous les grands
théatres, de tort beaux ballets, con~us dans un tout
autre systeme que les nótres. 11 ne serait pas saos inté
ret pour nous de connaitre la danse italienne, comme
nous connaissons déja le chaut italien. 11 reste a savoir
si, en augmentant ainsi ses frais, l'administration augmenterait sens1blement ses rccettes. QuestJon grave,
dont elle est seule juge.
Quant a ce projet d'un théalre italien exclusivement
boutfe, dont j'ai parlé précédemment, parce qu'on en
parlait, il parait abandonné pour le moment, et le local
dont il était question deviendrait, selon les bruits qui
courent aujourd'hui, une vaste salle de concert, oú seraient exécutés, l'hiver prochain, les chefs-d'reuvre de la
sympbonie classique, sous la direction de M. Félicien
David. Le droit d'entrée y serait d'un franc par per•
sonne. 11 y a la de quoi inspirer a M. Pasdeloup bien des
réllexions. Mais qui sait si les concerts populaires de
M. Félicien David n'iront pas rejoindre l'opéra-bouffe de
M. Caimi, et si l'on ne continuera pas a vendre, rue
Ricber, comme par le passé, des lits en fer, des matelas
et des CQuvertures?
La Porte Saint-Martín a reuoncé a la musiquc, et protite de la liberté des théatrcs pour jouer la Tour de
Nesle. On revient toujours a sea premicrs amours. Mais
la Porte Saint-Martín pafait d'humeur un peu volage :
avec elle, il ne faut jurer de rien. L'Athénée musical a
plus de persévérance, et nous annouce, pour le mois de
septembre, l'ouverture d'un nouveau théatre lyrique.
Les engagements sont faits. Les premieres partitions
sont écrites. C'est M. Frédéric Barbier qui doit ouvrir la
marche ... Que d'etforts ont été déja tentés, a diverses
époques, pour aeclimater la musique au faubourg SaintGermain ! Toutes les tentatives, jusqu'a present, ont
échoué. Espérons que celle-ci sera plus heureuse.

L'Opéra, qui est le plus impérial de tous les théatres
impériaux, tient tete bravement a la canicule : noblesse
oblige. Bien lui en prend. Lorsqu'il n'y a plus persoone
a Paris1 Paris est plein de provinciaux, qui peut-étre ne
savent pas encore par creur les Huauenots et Robcrt-leDiable. La province cst si arriérée ! L'Opéra n'a done
qu'a ouvrir ses portes trois fois par semaine : un torrent de dilettanti accourus de tous les points de rhorizon s'y eogouffre aussitót, envahit le parterre et l'amphithéatre, bondit jusqu'aux troisiemes loges - spectateurs précieux, qui, u'étant bla és sur ríen, admirent
avec candeur et applaudissent avec transport. Jugez de
leur éhahissemeut, quand rüpéra déploie a leurs yeux
les pompes gréco-hongroises de Ncméo.! Et pourtant
l'Opéra ne s'endort pas sur ce lit de roses. Au moment
méme oú j'écris ces lignes, on y répete Roland á Roncevaux avee un courage digne de ce glorieux paladio.
Roland n'attendra pas la fin du présent mois d'aout
pour livrer sa derniere bataille et s' ensevelir daus celle
défaite supreme qui, la poésie aidant, est devenue son
plus beau triomphe.
Voila toutes mes nouvelles.,Et je n'aurai plus ríen a
dire quand j'aurai signalé a l'aimable légion des p1a-nisfes la derniere publication de Mm• la baronne du
Verger.
J'ai loué comme il convenait, - il y a déja quelques
annóes, - les Étudcs mélodiques de cette adorable lirtuose qui ful jadis M110 Virginie More), et a qui la Cortune n'a óté ni son talent, ni sa passion pour l'art.
Mm• du Verger vient d'ajouter une nouvelle piece asa
collection, une nouvelle fleur a son bouqnet.
C'est une « valse brillante » intitulée Virginia, que
l'éditeur Richault s'est chargé de mettre a la disposition
des dilettanti. Valse brillante eet le mot propre. ll faut,
pour en tirer parti, pour lui conserver son caractere;
des doigts fort déliés, une main tout a la fois agile et vi ..
goureuse, l'intelligencc et le sentiment des plus fines
nuances, de la chaleur, de la verve, et en méme temps
une extreme délicatesse. 11 y a la de charmames mélo dies, des harmonies d'une distinction rare, une rentrée
amenée par une série de modulations du plus grand
etiet... Mais quelle idée peot donner la parole écrite de
toutes ces finesses, de to utes ces hardiesses de l'art? JI
n'y a qu'un moyen de connaitre ce morceau ravissant,
c'est de l'entendre, etje vous souhaite, ó lecteur! de
l'entendre exé~ater sur un bon instrument, par l'artiste
elle-meme qui l'a composé, et qui brille également consilio manuque, comme Fig-aro.
La ville de Dijon, qui a donné le jour a Rameau, et
qui en est fiere, a décoré une d°e ses principales roes du
nom de ce grand com¡:;ositeur. C'est ainsi qu'il y a maintenant a Rouen le cours Boieldieu. Mais on voít aussi
a Rouen la statu.e de Boieldieu. Dij¡in tient a ne pas
ctre distancée, et l'on s'y occupe de la stat.ue de Rameau.
Une souscription est ouverte a cet effet, en tete de laquelle se sont inscriL~ déja la plupart des musiciens favoris de la fortune, - Meyerbeer, peu de temps avant
sa mort, - Rossini, Auber, G. Kastner, etc. Tous les
autres suivront sans doute cet exemple, chacun selon
ses moyens, et les amateurs feront comme les artisles
aussitot qu'une suffisante publicité sera donnée a cette
oouvre pie. Rameau - Rameau, notre Orphée, comme
disait Voltaire - est le seul compositeur frangais qui
ait eu de grands et durables soeces a l'Opéra avant
M. Auber et Fr. Halévy. Rameau, qui était en outre un
tres-haLile organiste, a laissé quantité de pieces de
cla,·ecin, qui sont autant dechefs-d'reuvre. Rameau est,
de plus, le premier tbéoricien qui ait essayé, soit en
France, soit ailleurs, de porter la lumiere dans les obscurités de l'harmonie, d'y substitucr le raisonnement a
l'empirisme et d'en faire une science. Quand on ne fui
devrait pas tant de belles oouvres, aujourd'hui presque
inconnues (et c'est pour nous, en vérité, une honte),
la découverte de la basse fondame11tale snffira1t pour
rendre son nom immortel. Réparons done nos torts, il
en est temps.
On souscrit, a Pari~, chez M. Ch. Poisot, ruede la Rochefüucauld, ti; chez MM. Retté et Comp., rue Richelieu,
i 03; et iJ. Dijon, chez M. Bry-Darcy, trésorier général de
l're!1vre, rue Chahot-Cbarny, 26. - Le conseil général
de la Cóte-d'Or a déja voté une somme de i,000 fr. pour
ce monument, qui sera l'honneur du département comme
de la ville.
G. litQUET.

U3

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

- U n'importe. Qui ne se reconnait dans lUl nom fa- ~on, non, je vous assure. Je vois la un arbre qui
~ p p e l a n t aucun nom, il finit
briqué? Décidément, Monsieur, vous le voyez ... Veuillez
me parait merveilleusement achevé. Ces deux fleurs sur• uveoll'S•
.
re.cevoir tous mes regreiq, mais je ne puis accepter votre
·0ar me demander le mien.
. .
tout... Comment appelez-vous cela 'I Un plaiane?
MCEURS ET TYPES D'AUIOURD'KUI.
P
·t alors soulever une tap1sserie.
1
- Mille pardons! C'est un arbre du Mexique : un ca- reuvre.
~~:t inutile, lui dis-je; M. de Ferrand ne me con- Je le vois, en effet, Monsieur, dis-je en me levant;
LE DlllECTEt:R DE TllÉ..l.TllE. FRAGME.'iT.
talpa des savanes.
et ces bonnes raisons ...
- Cbarmant. Vous avez vu le Mexique?
oait pas-. -erie demi-levée, retomba subitement.
. . . . . . . . .
- Croyei, Monsieur, a mon sincere déplaisir .
- Oui, Monsieur; et c'est précisément.. ..
l,:l u;~m se'ras5it. Seulement il prit le siége le plus
JI était onze heures du malin, je sonnai a ~e- •
- JI y a surtout ces trois actes, n'est-ce pas?
.
- Beau pays. Je suis sur que vous de vez le regretter.
Le g d la porte afin saos donte de parer a tout
porte basse. Un groom vint m'ouvrir.
- Oh! oui, ces trois acles... C'est la un obstacle mChétive nation, mais nature magnifique. Terre peu
procbe e
'
- Monsieur de Ferrand? demandai-je.
surmontable.
événement.
•
· ·¡ M d connue....
Le ~room, ayant aper~u un manuscrit sous moa ~
-Si "M. de Ferrand ne.vous conna1t pas, d1t-1, . e
- Peut-etre auriez-vous la bonté de me dire, Monsiel\1',
- C.'est pour cette raison, Monsieur, que je me sois
me to1sa avec le plus profond dédain.
si les trois actes que vous avez représentés, il y a deux
and ne vous recevra pas.
- Que lui voulez-vous? me dit-il.
Monsieur, dis-je, a bout d~ p~tien~e, et me ~our- permis de vous présenter ....
mois, ne sont pas de M. Lefort, dont vous parliez tout a
- Vous devriez uliliser votre passé. Bien peu de Francoté du Recrétaire, est-11 bien reellement necesSon regard me prouvait qu'il savait aussi bien
naot du
·
h f d l d' . . de ~ais voyagent. Une spécialité, voyez-vous, c'est le salut. l'heure~
moi l'objet de ma visite.
- Certainement, Monsieur, et je les reprendrai cet
~aire d'etre ministre d'Etat ou c e b' e ; iv1s1on s
Combien de temps etes-vous demeuré au Mexique?
biver.
Le public de M. Lefort, ce n'est ni vous ni moi,
- Mon am_i, l~i .~ép_on_dis-je, je vous demande llllt tbéatres pour etre adruis dans ce ca met
- Pres de dix ans.
J&gt;ardons; ma1s s1 e eta1t a vous que j'eusse affaire
_ )loosieur...
- Mais c'est superbe ! Mais vous devez avoir vu et en- Monsieur, c'est le monde.
n'aurais pas demandé M. de Ferraod. Permet~
-Aoquel cas, ces deiu places ne se trouvant pas va- Monsieur, j'ai bien l'honneur de vous saluer.
. me verrai obli"é de renoncer a cet honneur. tendu tant de choses ... Vous pourriez rouler sur l'or.
done de ne pas vous confier ce que je désire lui e~
- Monsieur, je sms)e vótre.
caoies, Je
º
, .
L'Amérique c'est la qu'est !'avenir. Des forets vierges,
quera lui-meme.
ll reprit le Constitutionnel, et je quittai la chambre a
_ Vovons, Baptiste, fit le secreta1re...
.
'
Ah'
oom et le commis causerent longuemcnt a VOII des savanes, des placers, voire meme des sauvages. •. • coucher.
Le groom ouvrit une bouche d'un quart de lieue, 11
Le ~e temps a autre ils jetaient sur moi de5 regards .Monsieur, je voudrais etre a votre place.
De retour chez moi, je ne pus résister a la folle
regarda encore quelques instants, comme ébahi, Plllí.
- Moi a la vótre, Monsieur..., car j'acceplerais imméb~·
refermant ses levres, il grommela quelques syllabes. 11, e!Iarés, se demandan~ pe~t-c~r~ s1··Je n•·et~1s
pas I' un d.es
idée d'envoyer au directeur un billet ainsi con~u :
diatement le drame que j'ai composé précisément sur un
résultat fut qu'il me conduis1t dans une sorte d'aall ambassadeurs japonais, degu1se et blanch1 pour la c1rsujet qui parait.....
.
chambre oú, pres d'un grand bureau, était assis un~ constance.
.
. .
11 Monsieur,
- Monsieur, quand on dessine avec cette perfect1on,
1
sieur qui fumait. (t)
Enfin, Baptiste souleva une seconde fo1s a tap1sser1e
et
qu'on
revient
d'Amérique,
on
a
des
trésors
sous
sa
- Monsieur... lui dis-je.
«Je crains que M. Lefort ne se pende, et que vous
et disparut.
, , , main. Je suis sur que vous avez du rapporter mille esApres une grande demi-beure d'attente, sa tete bebetee
ne pleuriez un peu. 11 y avait dans ma piece un ballet
Comme le groom ne se retirait pas, je le regardai.
.
. de femmes sans maillot, ornées de vers luisants sur la tete.
11 par~t plus inquiet et plus ébahi que jamais; Poi, se fit jour daos un entreb~illement, et sa bouche parla. q uisses ra vissantes.
- Pas une, Monsieur. Je vo1.1s répele que Je ne sms
«- J'emporte dans l'exil le secret de cette danse
ayant fa1t quelques pas vers la porte, tomb1 tout de•
_ Si Monsieur veut vemr...
. point artiste. Je dessine pour mon plaisir. J'ai l'honneur
La demande était loin d'etre indiscrete, et pouva1t
long dans un fauteuil.
de vous faire remarquer que vous tenez en ce moment un étrange. »
« G1mn-noY. 1&gt; •
- Peut-etre, me dis-je,c'est ici lacoutumc que les W plutiit passer pour inutile. Je m~ levai e_t le suivis.
Et je signai :
Apres avoir franchi deux coulo1rs paría1tement obscurs, drame de moi ...
mestiques prennent part aux cooversations de leur maltre,
- De vous? C'est possible. Oui. J'ai vu. Eh hien ! réCette plaisanterie ne pla~ait pas mon d.l'ame. Je ne
rt tels que devait etre le lit de l'Achéron, fleuve des en:
J'étais assez ignorant des usages du théatre, je ne m'•
llexions faites, vous devriez sui vre mon conseil. Les arts.. - veux pas pousser plus loin le récit de mes pérégrinations.
tonnai pas trop.
rers, je me trouvai en fin dan~ une sort_e ?e chambre a - Encore une fois, Monsieur, il nes'agit pas des arts,
Depuis, les faiseurs se sont emparés de l'Amérique et
ci,ucber grossierement meublee, enlummee de tableaux
- Monsieur le directeur? ... dis-je en m'asseyanl
mais des lettres. Veuillez me dire si je dois laisser ce
crou.~tillants, et parée de damas rouge, j1J.Squ'a en é~la_ont exploité la veine.
-. Monsi~ur, fit !'homme en m'envoyant une
On appelle faiseurs certains bommes tenant l'emploi de
ter. A gauche était un lit sans rideaux; un homme eta1t manuscrit entre vos mains.
au v1sage, Je ne suis pas le directeur.
- Certainement. Ah! non; tenez, c;est inutile. Tout pourvoyeurs d'un théatre, place un peu plus lucrative,
. Je me tourna! de nouveau vers le groom. Le ~ dani; ce lit, qui dit au groom : laissez-nous.
a lait inutile, en \érité.
mais, d'ailleurs, aussi solide que les positions de baimperturbable ccoutait.
•
Le groom sortit.
,
.
. .
- Cependant, Monsieur, vous n'avcz pas encore lu... layeur ou d'ouvreuse. Nulle scene aujourd'hui sans un
J'étai3
devant
le
directeur
du
theatre.
M
1eux
devra1s,
Je
- Je ~uis son secrétaire, reprit l'homme; et, man•
- Cet examen me suffit. C'est trois actes, je crois. de ces bommes, destinés a la fournir de pieces, cornme
dire:ll ses cótés; car je ne voyais de sa face que la moivrant son siége avec une vivacité singulicre, il éllla,:
Est-ce
bien réellement eu trois actes?
le lampiste l'entretient de gaz. Ces gens-la savent tout
ses jambes sur son bureau; et de tou~ sa personne, ~ tié d'uo bonnet tte coton, le quart d'un reil et le sixieme
Bien
réellement, Monsieur. Je n'aurais cu auclJ.D ce qui concerne leur état, voire méme, et dans les granapeine d'une bouche ensevelie dans la barbe. Le tout
ne vis plus qu'une aigrette de cheveux jaunes, crepés
intéret a l'écrire, si ...
des occasions, écrire trois scenes de leur drame. J'en
sur son occiput.
me parut jeune encore.
- Trois actes... Eh bien! Monsieur, qu'est-ce que connais jusqu'a deQX qui possedent une plume, et pour
Les directions de tbéatre, en temps de privilége, ne
Je me levai.
qui l'encre ou le papier ne sont point des matieres tout
sont, comme vous pourriez le croire, ni les récompenses vous voulez que je fasse de trois actes?
- Mon Dieu, monsieur, repris-je, je suis désolé •
- Mais... que vous en preniez connaissance; puis,
du mériw ni les canonicats des écrivains de talent. L'ina fait inconnues.
VQUS avoir causé quelque dérangement, mais...
s'ils vous plaisent, que vous les représetitiez. .
.
'
.
Comme peu de gens se résolvent a cette pénible extrémi- Vous ne me dérangez pas du tout, dit-il saos• ' capacité notoire d'écrire une ligne en bon fran~a1s J,a- Trois actes a mon théatre: c'est de toute 1mposs1- té, d'écrire saos signer, ou de signer saos écrire toutes les
raissait autrefois un titre exigible. On prétenll que les
regarder, je ne faisais rien.
bilité. Qu'est-ce que c'est?Y a-t-il des décors la-dedans? platitudes exigées par autrui, les faiseurs sont tres-rares.
chefs-d'reuvre n'ont pas'demeilleurs juges que les igno- Cependant. ..
- De tres-beaux. Leur originalité ne saurait meme JI faut, d'ailleurs, je ne le conteste pas, un talent parti- Diles votre affaire.
rants. Peut-étre a-t-on raison.
étre contestée ... par vous du moins, Monsieur, qui venez culier pour exercer ce genre d'industrie. Littérairement
Tous les iournaux du matin étaient étalés sur le lit.
Cette fois, il me regarda.
de me dire que le Mexique, pays peu connu, était une parlant, l'Opéra-Comique e~t un genre batard; tout le
M. de Ferrand lisait le Constitutionnel. JI me fit signe de
- Nous sommes la pour ~a, n'est-ce pas? Dites votn
source destinée a longtemps alimenter la curiosité fran- monde cependant ne saurait composer un livret. 11 en est
affaire.
m'a.•seoir.
de meme des mélodrames en vogue. Je respecte done infi- Le temps, dit-il, d'achever un fait divers qui m'in- caise.
- Monsieur, répliquai-je, je vous demande m11lepu• - Certainemerít, Monsieur, mais ... Est-ce que !'aven- nimeut la puissance d'extension des faiseurs. Ce sont de
dons; mais, si c'était a vous que j'eusse affaire, je n'aotéresse.
ces bailes de caoutchouc qui rebondissent a toute pres11 est certain que le fait divers l'intéressait.11 parais- ture se passe au Mexique ?
rais pas demandé M. le directeur. Permettez..moi done
- Le titre a du vous l'indiquer.
sion,
et s'allongent indéfiniment selon les exigences, les
sait
en
cootempler
béatement
le
caractere
minuscule,
se
de ne pas vous confier ce que je désire lui expliquer i
- En vérité? Je n'en doute pas; mais le Mexique est désirs et les c1prices. Hommes précieux pour les théamirer dans chaqu(' pbrase, étudier le contour de chaque
lui-mcme.
lettre, comme si elle eut renfermé quelque précieuse dé- vieilh ... 11 s'use au théatre ... Tenez; je vois la un ran- tres, ils ne les ont pas absorbés, ils se sont laissé ab- Mais, monsieur, reprit l'homme trcs-surpris, croyeacho daos une foret; qui est-ce qui n'a pas vu sur la scene sorber par eux; le public, oublieuJ¡ du passé, est dope
couverte. Peut-etre y reconnaissait-il le style du drame
vous qu'un directeur de tbéatre soit ainsi au service de
un rancho dans une forét?
de leurs grands mots, volés a de grands hommes; il
de la veille. Un instant je crus qu'il s'endormait.
quiconque vient le demander'I
Ni
vous,
ni
moi,
je
pense.
.
leur fait meme une renommée sur la vue d'un ballet,
- J'en étais sur, éclata-t-il soudainement. Je vois le
- Oui, Monsieur. Une direction ne me semble pasen_ C'cst petit. Puis ... un rancho... personne .~e sa1t ~ tres-bon pour ceut pieces différentes; quant aux direccoin do papier bors de votre poche. Vous venez m'apportraioer seulement des droits, mais des devoirs. Or, le
que cela ve11t dire. C'est une tangue a ¡,art, qu 11 faudra1t teurs, certains de l'eflet d'un décor, a peine ont-ils lu le
ter un manuscrit.
premier devoir d'un homme qui jouit d'une c.ertaine inensei.,.ner au public. Ah! si Lefort, mon pourvoyeur, se drame qu'ils représentent. lis savent ce qu'il faut en saJ'avouai le fait, et j'ajoutai que je n'y voyais point de
fluence, c'est d'écouter les gens au sujet desquels s'exerce
char:eait de la chose, peut-etre ... Votre intrigue est- voir, qu'il y a danse au troisieme acle, coups de poignard
quoi rougir.
cette influence. Saint Loui5s Yonsieur, rendait la
elle ~u moins tres-nouée, tres-embrouillée 't Mon puiilic au quatrieme, apothéose au dernier; tous les sens sont
- Certainement, dit-il; qu'est-ce que c'est?
justice sous un chéne de Vincennes. Je ne crois pas qu'il
est fou des tissus inextricables. Y a+il des coups de récréés, l'oreille par la musique, les yeux par les tableaux,
Je loi présentai le drame. JI en considéra attentivesoit déshonorarit de recevoir; daos ce cas, votre emplei
poignard? Saos doute ... Mais c'eRt de l'imagination. Mon les désirs physiques par les nudités; et, quant a l'intelment la couverture blanche, puis le retourna vivement
serait done peu honorable?
. .
ligence, ces mes5ieurs n'ignorent pas comment se comsur l'autre face, comme s'il eut craiot d'y découvrir public préíere les s_cene_s historiq~es. ,
Cet argument parut toucber l'honnete commis.
_ Le sujet est h1stor1que,Mous1eur. Cest une h1sto1re pose un peuple. Trois cerveaux sur quatre-vingts tetes;
quelque insecte, ou qu'il eut voulu s'assurer de sa par11 se radoucit.
la majorité est pour eux.
íaite propreté. A part moi, je remercir.i le ciel d'avoir réelle, que ...
- Monsieur, dit-il, un directeur n'a pas de temps l
_ Une liistoire réelle, Monsieur? Un fait qui a vrailci, comme en librairie, je ne sais trop ce qu'il faut
recouvert ma prose d'un papier neuf. Peut•elre était-ce
perdre, et...
ment
eu
lieu?
blamer.
~ous suivons une pente qui mene a un abime;
la le cntérium ou les d1recteurs cherchent le talent.
-Aussi, Monsieur, n'ai-je pas l'intention de profaner
- J'ai élé témoin d'une partie de ce drame, et. ..
toul
le
monde
en convient. Mais a quoi bon dire : rel.e jugement n'~tait cependant pas défi~itíf. Apres ce
celui de M. le directeur, en lui contant des bali,ernes.
Le directeur roula précipitamment le roanuscrit.
montez?
Dit-on
au malheureux qui se noie : nagcz? 11
premier
examen,
M.
de
Ferrand
ouvrit
le
cabier.
11
lutle
Je viens l'entretenir de son tbéatre, et c'est un sujel
_ Comment, Monsieur? Et vous m·apportez la rela- pourrait vous répondre : Je ne puis, ou je ne sais.
titre,
regarda
soigneosement
si
la
page
10
se
trouvait
a
la
auquel, je crois, il doit tout son temps.
tion d'une aventure véritablc? Voulez-vous done perdre
Quant a se jetcr au secours du noyé, c'est risquer de
suite immédiate de la page 9 ; p11is, rassuré sur ce point,
- Baptiste, dit le secrétaire, demandez a M. de Fermon théatre, m'occasionner des µroces, donner prise
se
perdre soi-meme. Qui le veut? Qui l'ose?
il
examina
la
courbe
des
figures,
quej'avais
capricieuserantl s'il est visible. Dites-lui que Monsieur insiste, que
la calomnie, au scandale? Grand Dieu I je sois sur que
Et
voila comment les théatres sont anx faiseurs, les
ment
ajou(ées
au
dernier
mot
du
drame.
c'c:.l une affaire personnelle.
votre
Romero
existe
encore.
faiseurs
sont aux t,béatres, l'humanité a la sottise et notre
11 parut alors enseveli dans un difficile probleme de
Le groom s'inciina profondément devant moi en pa&amp;Le
drame
exige
sa
murt.
patrie au progres.
géométrie, d'ou il sortit au bout de quelques minutes, en
~aul. Xul tluute qu'il ne me crut un myetérieux potentat
- Si ce n'est lui, quelqu'un des siens.
. . .
. . . . .
lllediaant:
de la littérature. L'audace est rare chez un débutanl ll
- Croyez, Monsieur, que les noms sont supposéi;
- Vous savez des.iner?
me considéra longtemps, comme s'il eut interrogé ses
que le fail seu\...
- Oh I fis--je, comme toul le monde.

fe:

booltl

.ª

.

(1 ¡ La ..ceue Ue&gt;t pas.e pu au tbeitre, m&amp;isebez le directeur.

.

.

..

�U4

V ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVEtlSEL.

125

L' 1LLUSTRATI0N, ,lOURN AL UNIVERSEL.
..............

=~"""='------=-~:::,-: ---

---=--: ~.

.

.
~~- .,-;

-¡ .

CHATEA.U DU MESNIL-GUILLAUAIE,

CATHÉDRALB DE BAYBUX,

ABBA.YE AUX DAMES, A CAEN.

CHEI\BOURG.

NOTllE-OAil!E OB SAINT-LO.
1

rinage pour les marins, k
vuo s'étend sur la rade i
llavre, sur l'embouchurei
la. ~cine et sur la cote i
Calvados, inconnue hier,i
aussi connue aujourd1i
que l'est l'asphalte du boalt
vard des Italiens. Villerole,
eher aux artistes; Trotni
surtout, ville de plaisir,toa
neuve, pimpante et lt
quette, qu'atfectionne •
monde élégant et meme eitravagant, oú la vie est DI
fete et le costume une malt
rade; Villers, Houlgate, Jlet
zeval et Cabourg, qui a!fÍ'
rent au meme role, s't
chelonnent jusqu'a la rimll
d'Orne, le long de la plaf

EXCURSIONS

COTES DE NORMANDIE
ET DE BRETAGNE,

Deuxiéme article.

Honfleur, vieille ville de
peéhcurs, qui devient Je
port de la hasse Normandie,
graee au chemin de fer, est
hientót vu. Son église
Saint-Léonard oflre une jolie
fa~adc du quinzieme sicclc,
mais c'esl la cóte de Grace
&lt;¡ui attire les touristes. A
l'ombre des belles futaiesqui
la dominent et qui entourcnt sa chapelle, lieu de pele-

EGUSE SAINT-GEllMAIN, A ARGtNTAN.

GRANVILLB.

W.pres les croquis de M. lleruy pére.

CATHIÍDRA LB ffliYREUX.

LE RllNARD l!N CHASSE,

- .- . .... .

. . . = - - ~ _ ; --

---·- - .

�126

L'ILLUSTRATION, JOURN~L UNIVERSEL.

admirable qui s'é!end de Honfleur li Port-en-Bessin. faire des pointes le long de la route. A Lison, c'est celui
Nous retrouverons plus ),,in les autres stations de de Saint-Lo; a Mózidon, c'est celui de Falaise.
CORRESPONDAN CE.
cette cote privilégiée. De Trouville oú de Honfleur, re
Saint-Lo nous entrainerait bien loin, a Coutances, a
cbemin de fer nous mene a Lisieux et a Caen.
Granville... et en Brefagne, suivant le troisieme itinéraire
Saint-Sébastien, 15 IOit.
Caen, c'est la ville académique et marchande, grave dont nous ne nous occupons point aujourd'hui.
au milieu de ses vieille&amp; maisons et au pied de ses vieilImpossibl~ de ~ien_ vou~ écrire d'ici aujourd'hJJi.
A Falaise, ou Guillaume le Conquérant estné, il existe
les églises, qui datent de la conquete d'Angleterre.
aube~ge,
m cafe, m pap1er; l'eucre est inconn11e.
les ruines importantes du chatean des ducs de NormanL'église Saint-Étienne, aussi appelée l'Abbaye aux die. On montre, dans le donjon, le réduit qui aurait été voula,s coucher ici, c'est impossible; le cbemiu de rer.
Hommes, et l'église de la Trinité ou l'Abbaye aux Dames, témoin des amours d'Arlette et de Robert. Les arcbéolo - va, a M~drid que pour c_ette seule fois, comme
09
sont les spécimens les plus considérables de l'architec- gues prétendent q11e ce donjon n'était point encore batí aI Amb1gu, et la nouvelle hgne ne fonctionneraqu'a ~
ture normande du onzieme siecle. L'église Saint-Pierre de ce temps-la. N'ímporte, les ruines sont grandioses et d~ 20. ~pres le banquet, qui se passc en effigie et
baigne dans un cours d'eau son chevet délicatement dominent un site des plus pittoresques.
nen fimt pas, le train de Madrid nous enleve.
ti
sculpté a la renaissance, et marque le centre de la ville
Sa.chez seulement, pour aujourd'bui, que S.M.~
Sur la route, l'église de Saint-Pierre ..sur-Dives est
. avec son élégante fleche en pierre. En face, s'éleve un célebre dans les annales normandes, qui ont conservé líqu,e ~ été haranguée par M. Isaac Pcreire, que le~
élégant logis de la renaissance, alfecté aujourd'bui a un le récit de sa construction, faite, au milieu des prieres et a bem la fete au son d'une musiquP. qui jouait les.r..,
service public. Enfin le musée, l'un des plus importants des chants, par des corvées de pelerins, qui y appor- ciers. J'ai vu la des massiers dignes d'escorter Brid'~
de la proivnce, mérite mieux qu'une visite distraite.
taient en procession, la pierre, le bois, le sable et la des corrégidors en uniforme de colonel, en un ~
Au lieu de reprendre le chemin de fer et de gagner chaux, et les vivres nécessaires a une si grande réunion féte du 15 aout dans un village.
Bayeux directement, montons en voiture, et faisons un d'bommes.
O~ remarque avec surprise, au milieu des band~
crochet en visitant les autres stations de bains qui se
~e
tou~es couleurs qui fiottent a la brise marine et.._
Plus loin est Argentan, ville ouverte et paisible ausuccedent sur la cote, a l'abri des rochers dn Calvados. jourd'hui, ville batailleuse et fartifiée jadis, lorsque les t'.llent Joy,eu~e_ment sur le bleu plafond du ciel, )'e~
C'estd'abord Lion, puis Luc, Langrune, Saint-Aubin, Ber- ducs de Normandie et les rois de France, les Anglais et s1on systemattque du drapean franfais. - La sal)~
nieres et Courseulles. Toutes n'ont pas la meme impor- les· Fran~ais, les catholiques et les huguenots, les fron- banquet est un immense fer a cheval, dont la _..
tance, et ce sont pour la plupart les refuges des gens pai- deurs et les royalistes se la disputaient. Elle possede en- royal e fait le fond; derriere Sa Majesté, on joue, peodaii
sibles qui_cherchent Join de Paris autre cbose que París. core son chatean du,quinzieme siecle, quelques tours et tout le temps du repas, l'air des Lampions sur un 1A Co11rseulles, petit port de mer auquel le commerce deux belles églises. Urie surtout, celle de Saint-Germain, bour de basque. - Vóici le repas fini, les dames¡
des buitres donne une certaine importance, vous pouvez est un des rnonuments les plus complets de )'extreme Saint-Sébastien se précipitent sur les reliefs de
11
assister a l'éducation de ces mollusques intéressants. fin du quinzierne siecle; comme ja'clis a Bayeux, de~ friandises, d'apri&gt;s nn usage espagnol que vous ne Slfl
Car il faut q*'une buitre sache vivre pour se présenter domes la couronnent. Retournons sur nos pas.
pas. - Le canon gronde, les eloches sonnent; l'beat
honnetement sur la t_able. Les hultres qu'on apporte a
Lisieux est encore une vieille ville, avec une foule de presse,je me sauve. Je vo11s écrirai ce soir de Vittoria,
Courseulles de la baíe de 'Cancale, ou on les a pecbées, maisons en bois, dont les étages en surplomb étranglent
On remarque, parmi les invités franfais, MM. TM.
sont des rustaudes d'un gout saumátre, et des mal ap- les rues. Une imposante catbédrale les domine, spéci- phile Gautier, Jules Simon, Osear de Vallée, d e ~
príses qui.ne savent garder lcur eau. Savoír garder son men de l'arehitecture normande du douzieme siecle, ar- Desmarets, Bixio, Hetzel, Víctor Lefranc, le duc de Gr¡;
eau, voila l'important et le difficile. A Courseulles, ou on chitecture plutot de constructeurs que d'artistes, car la mont-Caderousse, la duchesse de Persigny, M. Léo)IOli
les parque en ea11 claire, elles se nettoient; puis, expo- statuaire y est rare.
Java!, et heaucoup d'autres personnes que je n'ai pas~
sées sur Jes bords de l'étang, elles s'habituent peu a
Parisiens, découvrez-vous! la vallée que vous traver- temps de vous nommer.
peu a vivre en, dehors de leur élément. Enfin, lors- sez engraisse les breufs colosses que vous admirez chaVotre serviteur,
X. Y. z.
~
qu'elles sont a point, on· les emballe, on les ficelle, et que année avec le méme enthousiasme. Ici, la terre vaut
en route pour París, Lyon, Marseille ou Naples meme, 8,000 francs l'hectare, et ce n'est point pour y batir. Sur
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
suivant le degré de l'éducation qu'on leur a donnée.
cette terre généreuse,les chateaux poussaieht aussi dru que
Mais nou~ ne sqmmes point venu a Courseulles pour l'herbe. Il n'est point de paroisse qui n'ait eu au moins
Le Ch.evalier du silence, par M. Alexandre de Lavergne
bayer aux buitres qui ne baillcnt point.-L'église moderne le ~ien. Avec les cbáteaux normands on ferait l'histoire
de la Délivra:Íde et son important pelerinage, les égliscs de l'architecture d'année en année, depuis que la suC'est un tout petit volume, une simple no'uvelle, ce
anciennes de Langrune et de Bern íeres ont pu nous arreter reté des carnpagnes permit les constructions ouvertes. qu'il y a au monde de moins tapageur, de plus modestt,
un moment sur la route, ou la marquer de leurs clocbers Mais, par un ce~tain respect pour la tradition, que les de plus éloígoé de toute prétention. Pas d'événemenll_
comme avec des jalons gígantesque8. Le chatea u si pit- querelles religieu~es du seizieme siecle et les querelles extraordinaires, pas de passions violentes; pas de catoresque d~·Fontaine-le-Henry, l'antique église de Trun politiques du dix-septiéme justifierent, ces . résidences racteres excentriques. Des hommes de cbair et d'ot
ont pn servir de but d'excursions. La vallée de la Seulle, affecterent toujours une certaine appareuce fortifiée, ou comme nous en avons tous connu, corñme nous en coaavec son antique chatean de Creully, manoir du trei- cbercherent la sécurité derriere les douves de leurs doyons tous les jours. - ~n vieux soldat, devenu géoézieme siecle, et plus loin la cbapelle romane de Saint- fossés. Te! est le cliáteau de Mesnil-Guillaume, voisin de ral, grognon, bourru, impatient de la contradictioa,
Gabriel, nous meneront a Bayeux. II y aurait aussi Arro- Lisieux, dont nous montrons ici l'originale physionomie. prenant les bornes de son intelligence pour ceHesde
man ches a visiter, avec ses hautes falaises, d'ou les flots
Avant d·arriver a Évreux, Conches, si pittoresque- r esprit humain, et convaincn que ses épaulettes le disont détaché deux aiguilles gigantesque3, mesdemoiselles ment groupé sur un coteau, offrira aux curieux les ma- pensent de la politesse; - un jeune officier, bra,e et
de Fontenaille~, qui se tiennent debout au milieu des gnifiques vitraux de sa cbarmante église a la fleche de galant, aimahle étourdi, fidele en tout point aux tradt
blos amoncelés, jusqu'au jour ou, ren versées elles-roemes plomb. Quant a Évreux, il s'étale coquettement au fond tíous de la cavalerie légere, et dont l'amour, quoiqut
et brisées, sans cesse mordués et roulées par la vague, desa vallée calmé et paisible, au milieu des arbres et de sincere, est sujet aux distractions. - Deux jeunes fiUes.
elles se réduiront en ces sahles que la marée traine sur la verdure. La !leche de plomb et les to11rs de sa éatbé- cbarmantes, cela va de soi, mais de complexions, d'ins,
la plage, et en ces bones qu'elle chasse dans les fleuves. drale, l'aiguille de son beffroi relevent le profil de ses tincts, de caracteres diamétralement opposés, une aoBayeux possede une magnifique cathédrale, ou le go- mai~ons, largement étalées parmi les jardins.
tithese vivante ! C'est ce qui prorluit le~ distractions. thique s'est soudé au roman le plus heureusement du
De Bueil, un omnibus vous conduira au chatean d'A- Deux homrnes d'esprit qui sont aussi deux honm!tes
monde. Le dix-septieme siecle meme avait arrondi un net, la résidence favorite de Diane de Poitiers, et l'un gens, et dont l'un, le silencieux, pousse l'abnégation
dome, au-dessu$ de la tour centrale qui datait du quin- des plus élégants vestiges de l'arcqitecture de la renais- jusqu'a l'héroisme. - Ajoutez a cela les beautés de la
zieme siecle, et ce dome s'barmonisait le mieux du sance. Bientot le chemin de fer vous ra~énera a.Mantes, nature décrites simplement, mais avec gráce, le lac da
monde avec les deux fleches aigues de la fagade. Il a de la a Paris.
Bourget, les grandes montagnes couronnées de neige,
fallu repr~ndre en sous-amvre les piliers de support, et
Avouez, en rentrant au logis, que si tout ce que nous un tablean intéressant dans un cadre enchanteur... Ea
le dome, que cette opération devait sauvei;, a tout d'abord vous avons montré était ailleurs qu'en France, on en vérité, c'est plus qu'il n'en faut pour une lecture de
été supprimé. Quand le rebatira-t-on~ A Bayeux aussi, dirait des merveilles et on l'exalterait a l'envi. Mais cela quelque~ heures.
une rareté insigne nous attepd. C'est cette immense est cbez nous et nous appartient, et l'on est bien pres de
G. liÉQUET.
(11 Parts, Hacbeite et e•.
piece de toile, brodée de laine, que l'on appelle impro- le mépriser.
'
prement «la tapisserie de la reine Matbilde. » Une main
.Al.FREO DAl1CEL.
contemporaine y a figuré l'histoire de la conquéte d'Angleterre par Guillaume le Batard.
DE PARIS A CONSTANTINOPLE.
Cherbourg, cette sentinelle qui surveille la cote anLA FUITE DU REijARD.
glaise, montre tout ce que peut accomplir le génie huLa compagnie des chemins de fer de l'Est a organisé,
depuis
quelques années un servi:e a grande vitesse en•
main. Au fond d'une ~ade ouverte, au milieu des roA•Jx gloussements effarés des poules, aux couans
chers, la persévérante volonté de plusieurs regnes a couans désespérés des canards, Gros-Jean est entré daos tre París, Munich, Vienne, les escales du Bas-Dannbe,
crée un port militaire a l'abri de cette digue, refuge de le clos, le báton levé. Tuop tard, hélas ! trop tard ! Le Odessa et Constantinople. Le prix du trajet en t" et
r,n 2• classe vient d'etre considérablement abaissé.
la marine marchande $Urprise par les tempetes sur ces bandit en est au dessert, et le repas a été copieux. GrosOn peut done, a peu de frais et dans un délai de cinlJ
cotes dangereuses. C'est beau et c'est grand.
Jean se précipite sur luí; maitre Renard détale; en moins jours et demi, visiter Stuttgardt, Munich, Salzbourg et
Maintenant que nous sommes parvenu au bout de de rien, il cst au bout du clos : la nature trop bonne a Vienne, descendre le Danube de Bazias a l:l. mer ~oire,
notre course, i1 nous faut revenir sur nos pas, et traver- donné des jambes 'de cerf a ces Attilas de basse-cour. et, apres une courte traversée sur cette mer, arriver i
ser de nouveau ces riehes herbages du Cotentin, et ce Déjale mi~érable est tout pres du mur : un élan, et le Constantinople, une des villes du monde qui sollicitent
fertile pays qui nourrit un peu Paris et Londres, qui ne voila sur le faite : tout tranquillement íl se retouroe, et le plus la cnriosité du .voyageur.
Que de sites, de tab,leaux, de souvenirs, enfermés
pourrait déjeuner saos le beurre et les reufs frais qu'on d'un air narquois regarde Gros-Jean qui court toujours.
dans ces quelques lignes, et qu'il faut savoir gré aux
qu'on lui expédie d'Isigny.
Pas le moindre remords
cheruins de fer de nous permettre de les admirer et de
Quelques petits embrancbements nous sollicitent a
x. FEYRNET.
les évoquer, en combinant la rapidité et le bas prix !

¡

-On

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

l1·t daos l'Jndépendance beige :

• d N'
scription de la Compagme
e ice s' annonce
.
_
1 s meilleurs ausp1ces.
sous e apitaux aoglo-fran~ais se réunissent dans une
« Les \rdiale pour l'amélioration et la prospéfilé du
e~ten!e;ent des Al pes-Maritimes et de Nice en particu~eparo:os le sein du comité d'administration figurent
her,
bres influents du Parlement, de la Banque et
des mfi eanmces dans le Royaume-Uni. Ce sont MM. H. Gladsdese nw.Cargill,R
·
1
\"
.
.. Ban_ey
"ªde, F. Harri~son.,.
10
º« Al'importa~ce P?lillque de ces noms v,ent ~ a~outer
onsidérat1on si heureuse pour les dest1nees de
cettet cpri·se c'est qu'une partie considérable du capital
l'en ,re uscrite
- ' a Londres. Pour la France, 1·1 su ffi t de
a•- éte so
des' ooms comme ceux de ·M. Ferct·inan d Barrot,
c1ter
. .
de 1,.mtér1eur,
· . "•·
u Lr b
. tenr ancien mm1stre
eie vresena
,
·
·
·
t
d
· lle' sénateur anc1en m1ms re u commerce ""t des
Duru,,,,' publics · )Massena,
'
duc de R.1vo1·,, d'eputé des
tt~=
'
.
-Maritimes.
C'est
assez
d1re
que 1e gouvernement
A1peS
d ,
. ~
t
.
f ~is ne peut manquer e s assoc1er .,. une en repr1se.
ra_n sans parler des nuances politiques évidentes, a un
:;~ctere si éminemmen~ nationa,l.
,.
, ,
« L\,bjet de l'entrepr1s~ est d acquer1r, a_menager et
revendre des terrains a N1ce et sur tout le httoral de la
Médíterranée.
« La direction générale d~ la ~o~pagnie est co~fiée a
M. Droosart, ancien, secré~a1:e gener!I du Bas-Rhrn. Le
capital social est fixe prov1so1rem~nt ~ 6,250,~00 fran~s.
La sou5eription sera ouverte le 1eud1 i8 aout, a Par1s,
26, rue de la Chaussée-d'Antin; a Londres, 9, KingleArm-Yard. &gt;1

« La sou

Un vaste passage s'étend derriere les tribunes; il est
ento•iré de stalles et de boxes en quantité suffisante pour
que tous les propriétaires puissent y trouver pour les
cheva•1x un abri sur et commode.
L'hippodrome de Porchefontaine veut olfrir au public
le curieux spectacle de courses pi ates, de steeple-chases et
de courses au trot sur le meme terrain. Une piste gazonnée et élastique, d'une étendue de l ,800 metres, est
préparée pour les premieres. Elle est doublée d'une
1·oute rnacadamisée pour les i;ourses au trot; quant aux
steeple--chases, ils trouveront dans la vaste étendue du
pare de Porchefontaine toutes les facilités de tracer un
parcours accidenté, semé d'obsta:cles naturels, exempts
d'nne dimension exagérée, et des proportions trop exigues
qui nuisent également a l'intéret du spectacle.
Le nouveau terrain se trouve placé dan.s des condi •
tions de succes p~u ordinaires. Le cbcmin de fer de lR
rive gauche et celui de la rive droite y conduisent également, et la route par terre offre aux voilures et aux
cavaliers l'occasíon d'une charmante promenade.
Le succes d'une semblable entreprise semble assuré
d'avance. Elle olfre, au point de vue sérieux, un intéret
positif et réel, et ne le cede a aucune autre sous le rapport du spectacle.
C'est probablement le 8 octobre prochain qu'aura lieu
l'inauguration de l'hippodrome de Porchefontaine. Ce
début ne peut manquer d'y attirer tout le monde spécial,
et le programme de cette premiere· journée sera combiné de maniere a donner un spécimen du but que se
propase la Société et du róle qn'elle est appelée a prendre sur le turf franfais.

MACHINES A COUDRE POUR FAMILLES.
3OCIÉTÉ INTERNATIONALE

DES COURSES DE POkCHEFONTAINE.

Un !rrand mouvement s'est produit en France dans la
questi~o cbevaline pen?ant le co•~ de_ ces dernier~s
aooées. Bien des pre1uges sont tombes, b1eu des doctrines se sont étrangement modifiées. Au milieu de toutes
ces opinions diverses, un revirement sensible s'est opéré
dans les idées sur les courses. Apres avoir été violemment combattu, ce systeme a fini par prévaloír, et nous
avons vu toutes les localités importantes rivaliser entre
elles pour contribuer par la fondation d'un h:ppodrome
a cette grande muvre, a laquelle travaillent depuis de
lonl{ues années la Société d'encouragement et l'administration des haras.
On ·a rencontré ici, comme partout, des opinions díffér'entes et des points de départ opposés; telle localité
réservait tous ses enl!ouragements pour une branche
particuliere de ('industrie chevaline, négligeant ou attaquaot violemment l'utilité des autres. Au milieu de ce
coollit la vérité se trouvait partout et n'était cependant
aulle part. Un ensemble se compose de différentes parties
et tontes concourent simultanément a l'reuvre principale.
Une idée grande et féconde devait naitre de.tous ces
éléments contraires. Il était donné a une société fondée
sur de larges bases de réaliser ce qu'il était impossible a
cbacune de faire en particulier. 11 s'agissait de trouver
un terrain ou ces différentes branches d'une meme indu~trie, divisées entre elle~, mais concourant au meme
but, pussent se rencontrer sans rivalité et apporter chacune des preuves de la part qu'elles ont a l'amélioration générale.
Te! est le but que se propose la Société de Porchefontaine. Ne voulant pas borner uniquement son action a
la comparaison des produits indigenes entre eux, elle
veuiencore leur otfrir la comparais&lt;1n et la conci1rrence
étrangere. Une semblable entreprise semble, au premier abord, facile a réaliser, et les fondateurs de cette
reuvre ont voulu, pour l'asseoir sur des bases solides, y
appeler les capitaux étrangers. La Société s'est done
fondee sous le titre de Sociéte intern.ationale des courses.
Elle a réuni un capital suffisant et au dela pour reodre
leterrain qu'elle a choisi digne du but qu'elle se propose.
C'esta Porchefontaine, pare situé a proximité de Versailles, touchant le haras de Pont-•Colbert, qu'est situé
1~ _nouvel hippodrome. Le local a re~u toutes les dispo•
sit1ons néces~aires pour etre approprié a sa nouvelle
destioatioa. Des tribunes vastes, commodes et élégantes,
pouvant conten~r plus de cinq mille spectateurs, tous
pl~cés dans une positiou commode qui leur permet de
s~ivre, sans les perdre de vue un instant, toutes les péripéties de la course ont été construites et sont aujourd'bm presque termi¿ées. Rien n'y a été négligé pour
donner au public des courses des facililés qu'il ne ren~nti:e sur aucun autre terrain; les parieurs, dont la
renn1on est toujours difficile et peu commode, y trouve~nt ~o~ salle réservée, et, par une heureuse innovation,
11nchna1son de la piste est calculée de telle sorte qu'aucnn des spectateurs ne peut perdre les coureurs de vue
un seo) iqstan t.
•

Ces machines sont aujourd'hui en usage dans tous les
tentres civilisés: en Angleterre, en France, en Amérique,
en Allemagne, partout, elles ont été íntroduites, et leur
emploi se répand tous les jours. La vulgarisation de ces
appareils ne pouvait etre retardée que par la question de
leur prix, relativement élevé. Cette difficulté vient d'etre
vaincue par MM. E. BruoN et frere~, l 7, rue Simon-Ie-Franc,
qui, apportant au mécanisme déja connu des simplifications intelligentes et des perfectionnements babiles, sont
parvenus a pouvoir livrer au commerce des MACHINES DE
FAMILLE au prix, extraordinairement has et accessible
pour tous, de iOO a 125 FRANcs.
Ce bon marché extreme a val u, et cela devait etre, un
énorme succes a J'invention. Les machines de famille se
vendent maintenant dans une proportion considérable,
et se vendront bien plus encore quand elles seront plus
connues.
.
Ce qui distingue les nouvelles machines a coudre pou1'
familles, c'est leur structure, spécialement destinée it
répondre aux besoins de la famille. Elles peuvent rendre
des services immenses: elles se pretent également bien,
et avec une perfection invariable, au point de piqtlre,
au point de couture et au point de broderie.
Élégamment rnontées sur une table légere, elles font
partie d11 mobilier d'un boudoir ou d'un salon, saos
faire un contraste choquant avec le reste de l'ameublement. La forme du support étant complétement indépendante de l'appareil proprement dit, on peut la varier
a l'infini et adopter tous les modeles imagin,ables.
Le service de la machiue est si simple que toute personne peut la faire marcher. Au reste, une instruction
trP.s-explicite et tres-claire e~t envoyée avec l'appareil,
et il n'est personne _qui ne puisse, en quelques instant8,
faire ao-ir avec la plus grande facilité cette petite aiguillef'ée qui excite toujours une surprise extreme par la précision et la rapidité prestigieuse de sa marche.

HYGJ.ENE ET MÉDECINE.

On est quelquefois bien heureux, en voyage, de
trouver sous sa main, en cas d'indisposition subite, une
bouteille d'Eau de mélisse des Carmes; n'oubliez done
pas de faire une visite a M. Boyer, +4, rue Taranne.
Vous trouverez chez luí cette eau miraculeuse.
C'est d'nn des derniers moines de l'ordre des Carmes,
décédé en 1831, que M. Boyer, propriétaire actuel de
l'Eau de mélisse, tient la mystérieuse recette de ce cordial tout-puissant.
L'E¡¡u de mélisse rend, daos une multitude d'affections,
des services dont la médecioe elle-meme a reconnu et
consacré l'efficacité. L'usage babituel de cette bienfaisante liqueur préserve et guérit des vapeurs, des vertiges, de I'apoplexie meme, facilite la digestion, soulage
les rualadies des voie~respiratoires ;:en un mot, elle a des
droits incontestables autitredebienfaitricede l'humanité.

..::__L'Eau vwifi,que' de Binet est excellente pour netloyer
la tete; on peut la meler a l'eau de fontaine, pour la

127

toilette; rien n'est meilleur rour donner du ton et de
l'éclat a la pean. Nous recommandons aussi le coldcream Binet. Le soleil du printemps altere la peau du
vísage et dP.s mains, et si on veut leur conserver leur
blancheur et leur finesse, i1 faut employer le coldcream vivifique, composé de plantes spéciales.-Il se vend,
ainsi que l'eau et la pomrnade vivifiques, chez Binet,
rue de Richelieu. 29, dépot général, et le seul a Paris.
- L'une des condítions les plus importantes, parmi
toutes celles qui concourent a reculer les limites de la
jeuoesse, c'est la beauté des dents : ne sait-on pas que
· rien ne dépare un vi~age comme la perte ou l'insanité
de ces précieux organes? L'eau de M. DEJARDIN 61s, pro•
fesseur de protbese et de chirurgie dentaire (37, boule-•
vard de Sébastopol), est done un précieux spécifique,
puisqu'elle possede la propriéié d'entretenir et de conserver dans tout le11r éclat ces freles et gracieux ornements de la bouche.

INCENDIE

DE

LIMOGES.

Nous recevons la lettre suivante:
AU DlRECTEUR.

Limog•,, 16 aout 1864.

Un de ces incendies désastreux, qui laissent une
page lugubre dans l'histoire d'une cité, vient d'éclater
a Limoges, daos la nuit du 15 au 16 de ce mois. Toute
une surface de terrain comprenant iO rues couvertes
par des bátiment.~ et formant plus de 150 maisons, a
été, dans l'espace d'une nuit, la proie des.flammes.'Rien
n'est resté debout des habitations incendiées; construites en pans de bois, et pour la plupart composées de logements étroits et sombres, a trois et' quatre étages,
beaucoup de ces locaux, habités en grande partie par
de modestes rnénages, et entrecoupés fª et la par des
magasins d'épicerie ou de matieres combustibles, ont
fourni matiere au feu; aussi le fléau s'est-il propagé
avec une rapidité telle que toute la population craignait
a chaque instant de voir s'étendre davantage cet horrible
sinistre. Plus d'un millier d'individus sont frappés dans
cette nuit funeste.
Jusque vers neuf heures du soir, la journéa du i5
s· était passée en fete; é'était pour Limoges double joie :
fete religieuse et fete d11 souverain. Celle-ci avait surtout mis en gaielé les dragons de la garnison. Un brillant feu d'artifice venait de se terminer a la satisfaction
de la foule, quand, tout a coup, s'éleva dans le ciel une
rouge clarté lan~ant des milliers d'étinceiles; c'était la
maison d'un chapelier qui, du sol ou le feu avait pris,
brulait jusqu'an faite de la toiture. Bientot les alentours
sont envahis par la flamme, et les maisons des rues
étroites et tortueuses de cette partie de la ville sont dévorées avec une promptitude telle que !'alarme devínt
générale et les secouis impuissants. Commencé vers
neuf heures du soir, le feu, avant. le jour, avait dévoré
plus des trois quarts des babitations et cbassé de leurs
demeures les malheureux incendiés.
. D'ordinaire, les incendies sont assez fréquents a Limoges; mais gra.ce a l'activité et au zele de l'autorité,
gráce aussi au dévouement du corps des pompiers
de la cité, au concours de la garnison et d'une
partie de la population, on a eu souvent raison de sinistres qui mena~aient d'etre des plus séríeux. Cette
fois, par malheur, le feu a été plus prompt et pl11s fort
que l'énergie de tous; sa part a été effroyable, et
pourtant, il faut le dire, chacun a fait admirablement
son devoir !
•
Déja de nombreuses sympathies entourent ceux que
le malheur vient d'atteindre si cruellement et d'une
maniere si imprévue. Citons tout d'abord deux noms
illustres ceux de LL. MM. l'Ecnpereur et l'lmpératrice,
'
qui, provisoirement,
et dans l'élan de leur creur généreux, ont donné 15,000 francs pour ¡,ecourir les plus
malheureux. Ce bel exemple sera suivi, n'en doutons
pas.
Le jouroal l'Illustmtion, moosieur le directeur, tQujour~ pret a coosigner les faits heureu~ ou malheu~eux
qui surgissent daos le pays, ne peut la1sser passer maperyu le terrible incendie de la nuit du 15 ~u 16, d~.º~
Limoges est victime. C'est dans cette pensee que J ~1
l'bonneur de vous adresser cette lettre, accompagoee
d'un croquis rappelant l'aspect du désastre sur un point
spécial, car il en est de nombrelll, en vous priant de le

�128

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

LES PY~ilUDBS DB RITTEN. - D'apres un croquis de M. de Reinisch.

publier, si vous l'en jugez digne, dans un de vos procbains numéros (l ).
Pui.sse-t-il exciter les sympathies générales, en pré••
sence du malheur qui frappe a la fois une si grande
quantité de victimes. Une souscription est ouverte dans
les bureaux du,Journal du Centre, aLimoges; les offrandes, quelle qu'en soit l'importance, y seront re~ues avec
gratitude, et recueillies avec joie.
Agréez, monsieur le directeur, l'assurance de ma considération tres-distinguée,
l'un de vos plus anciens abonnés,
J.-J. MAQUART.

Thianges, Amours curieux, fleuron; - Vue de París,
tete de chapitre; Portrait de Mm• Roland, palmes et couronne, fleuron; - Vue du Louvre, tete de chapitre; Portrait de Catherine de Médicis; - Fleur de lis, fleuroo ; - Croix pectoral e de mónomaque; - Masse d'armes, encrier, djérid , arquebuse, pertuisane, casque;
- Ancieune voiture de -tzar; - Voiture de patriarche ;
- Costumes de boyard et de filie de boyard au dixeeptieme siccle; - Costume de tzar et de tzarine au dix:
'\

septieme siccle; Je trhue d'argent'; - Flacon en pon:elaine du tzarevit~h Jean Ivanovitch; - Assiette do tm
Alexis Mikbaelovitch; - Lampe grecque, fleuron;Vue du chatean de Pétrowitch, tete de chapitre; - Cllf.
mios vicinaux; - Fiacre d'hiver; - Cathédrale de la
Vierge.
Cet avis est donné a nos abonoés souscripteurs acetlf
publication, et particulieremeot a ceux qni ne le SOII
pas encore.
~

-~~

LES PYRAMlDES DE RITTEN,
RÉBUS.
AU DIRECTEUR.

luspruck.

Les souscriptions en faveur des incendiés de

Non loin de Bozen, ville commergaote, située •
centre de notre beau Tyrol, s'éleve, vers le nord,
la montagne de Ritten, dont les mcrveilles piUO._.
resques attirent ohaque année .de nombreux tot
~
ristcs. Les pyramidcs de Ritten ne sont pas une
des curiosités les moins intércssantes de cette cooLE PARTHÉNON DE L'Hl$TOIRE.
trée: ce s~nt d'immenses colonnes de terre, dont k
faite porte d'énormes pierres, et qui ont été íorméeS
Saos aucune interruption, LE PARTHÉNON DE
par un jeu bizarre des orages. Lors9u'a IJ ~uile
L'HISTOIRE poursuit la publication de ses six vo,, .(
des pluies abondantes le torrent se précipite dlll
lumes.
' · ..
la vallée, il enlcve la terrc détrempée que ne proléL'avan~e coosidérable de planches gravées que posgent
pas des débris de rochers. Les parties reCOUsédaient les édileurs de cette vaste entreprise avant de
vertes
de
pierrc résistent, au contraire, aux flots du !Ofmettre eii vente la premiere livra1son, leur a permis de
&amp;XPLICJ.TION
DO
DERNIBR
RtBUS.
rent,
et,
dégagées de ce qui les environne, íormelll
continuer leurs travaux sans aucune précipitation préainsi
les
colonnes
de terre connues sous.le nom de r1'
judiciable a la beauté de l'reuvre; de telle sorte que les
Le sbrt de l'homme est semblable a celui du tableau ; pour
ramides
de
Ritten,
et qui· clrcssent lcur svelte élégaJl(t
livraisons qui se succedent sont aussi paríaites que les réussir, i1 faut étre ¡,lacé dans le bon jour.
vers le ciel, jusqu'a ce qu'uo nouvel orage viennc les
premieres.
·
saper par la base, les abattre et en élever d'au~
C'est ainsi, du reste, que dcvraient toujours se traiter
lmage frappante eles choscs d'ici has! Ces pyramulfll
les ouvrages publiés par fascicules.
Au&amp;. M,1nc, directeur-gerant.
sont. placées des deux cólés d'une étroite vallée, etl
Les livraisons n°• 4l et 42, qui viennent de p:iraitre,
EoM. TEXJER, rédacteur en chef.
travers elles, le Finsterbach roule ses eaux torrd"
témoigneot de la vérité de notre observation.
tueuses. A l'horizon se détachent les crctes éle1·ées 11t
...._.,.
Ces deux livraisons renferment :
la Seiseralpe et du Schlern, clont les formes gracieusll
Le cheoe, tete de chapitre; - Portrait de Mm• de
Imp. de L' ILLUSTRATION, A. Marc,
complétent le tahleau.
(IJ LA temps nou1 manquait pour (aire exécuter cctte gra,ure ; noua
FRJNCE,
Agréez, etc.
. en ren,oyoos la publication a notre pro.:bain numéro.
!U, 1·11e de Verneuil.

la ville de Limoges sont également re«tucs dans
les bureaux de l'Illustmti?n, 60, rue Richelicu.

._. . e

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111, ,

-~-~ ______

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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1121, Agosto 20</text>
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              <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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