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L'ILLUSTRATION,
UKIVBBSEL.
lOUBRAL

Direction, Rédartioo, Administration :
,outes les communications relatives au journal , réclamations, demandes
de changements d'adresse , doivent etre adressées franco •
11. AUG. IH ARC, DIRE CTEUR GÉRANT.
Les demandes d'abonnement doivent elre accompagnées
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.
0

!!8

ANNÉE.

VOL. .lLll No . tt 22 •.

Samedi . , A.out

188 .A .

L'lllministration ne ripoud pas dea manumill et ne l'engage ¡amai1 i lea iuerer,
Vu !u lraitól , ta lraducbon •I 4 reproduchon l r etranger 10nl illlerdiMI.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60.

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3 mois, 9 fr. ; - 6 mois , 18 fr.; - un an, 36 fr.; - le numéro , i5 c.
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Mémes pri:r ; plus les droits de poste , suivant les tarifa,
Les abonn. parlent du I er no de chaque mois.

------;---..······-·--------------------------------- - - - - - - - - - - - -- - - - - -- - - - - - - - - -S0 .l'r1MAIHE.
Re.ue pohlique de la semaine. - Courrier de París. - Fcle de Versailles
en l'honueur du roi d'Espagne. - Incendie de Limog••· - Les iuduslties ineonnues de Londre;. - Gazelte du palais. - les colonies fran~u~ s : l.e ro,aume rle Porl~•Novo (deuxieme arllcle ). - Le chem10
de fer de Par,s a Madrid. - Obseques de la princcsse C.zartor¡-ski. ,:,us,rie dramatiq ue. - rorrespnndance italiennc. - Le cofTre á quatrc
curues. - N. IJesir.amt. - llulletin biDliograpbique.
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RJNCE,

a Varsovie : Le gou•erneur passaut sur la place de
Saxc. - Fétc dnnnée á Ycl'sailtes, en l'booneur de S M. le roi d'8spa~ne. - Jnc•nd,e de t.imo~u ( 4 gravures). - Les colonies fran~alses:
Le royaumc de Porto-]fovo ( rleuxicmo article ), 1! gravures - S. S. le
Pape visitan! la ca~erue récen¡mcnt construíte au Macao (Home). - Le
c(lfTrc a ouatre cor11cs, drau-grandeur natureilP. - M~ u~sm,rest. bAlou1&gt;ícr de l'orJre dos a1·oc•ts. - llégales de Touton ( 14 &amp;out). - Le
m ,,s tl'ao,it. - Échecs . - Rébus.

Gravures : Fctes

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAIN~.
Les rctards qu'ont éprouvés les négociationsont donné
naissance a une foule de suppositions défavorables au
maintien de la paix ; mais il parait que la cause uníque de ces délais est la solution de la question finan-

'

�130

.....

l) 1LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

ciere. - Voir,i l'heure de la carte , a payer. Si les stipulations de Vicnne ont établi le mode de répartition de
la dette commune entre 1e'Danemark etles Duchés, elles
n'ont pas fait mention des répétitions que les Duchés
ont a faire a charge du trésor danois. Les Duchés firétendent qu'en paJ:'.lageant le passif de la monarchie, ils
ont droit aussi a leur part dans l'aclif, dont le capital du
rachat lles péages du Sund forme le plus fort contingent,
et qu'en conséquence ce boni doit veniren déduction de
leur quote-part daos les charges commuues. En outre,
les Duchés font valoir une foule d"autres revendications plos ou moins discutables, dont le reglemeut
exigera nécessairement un examen sérieux et approfondi.
11 est un bruit dont il faut faire mention, parce qu'il
est assez accrédité daos certaines parties de l'Allemagne. On as~ure q11'il se forme,en Danemark, un partí en
· faveur d'une combina:ison destinée a sauver l'intégrité
de la monarchie. Ce partí travaillerait a suhstituer, aprcs
la paix et l'installation du duc Frédéric, ce dernier
prince au rorChristian.
On prétend, il est vrai, que pour 'prévenir cette éventualité, les deux grandes puissances germaniques exigeraient du prétendant des engagements formels et des
garanties sérieuses contre la réalisation de ce projet, et
que c'est pour celte raison qu'elles tardent tanta le
mettre en possession des Duchés.
En attendant que la cooférenée qui doit régler définitivement les conditions de Ja paix avec le Danemark se
rassemble, le roi de .RrQ.S3e, suivi de, M. de Bismark, va
jouir a Vienne de sa gloire et de son triomphe. Le télégrapbe, a qui les acclamations·ne coutent pas beaucoup,
n ius apprend que Guillaume l•' a fait son entrée a coté
de Fran~ois-Jo~eph dan¡¡ l¡t capi~ale de l'Autriche, au
milieu des vivats de la population.
Cependant, si l'on exaepte la Gazette de Vienne, les
journaux de cette capitale semblent beaucoup plus
froids: ils ne parlent µas de vivats, et quelques-uns disent meme que l'accueil fait par la population viennoise
au roí de Prusse a été trés-réservé.
·JI a été beaucoup question.d'une note de remontrances
áií gouvernement fran~ais,' a l'occasion des préliminaires
d{Vienne: Oa'ns cette note, M. le ministre des aflaires
étrangeres, apres avoir constaté l'insucces des efforts
ten tés par la France pour faire accepter une transaction,
aurail signalé l'excessive rigueur des conditions imposées
au Danemark par les cours alliées, et exprimerait le regret de voir la conciliation, qui était daos les vreux de
tons, faire place a- la rdrce. L'envoyé de Frauce aurait
été chargé de faire connaltre saos détour l'opinion du
cabi'net de Vienne, et de rappeler ce dernier a la modération.
•
Le' dernier numér_o du Mémorial diplomatique est terne,
au moins daos la partie qui concerne le Mexique. Ce
, journal annonce seulement un décret destiné a régler les
attribÚtions, titres et émolumcnts des divers représentants,du nouvel empire a l'étranger. Les agents du Mexi1¡ue a Paris, a Vienne, a Brnxelles, a Londres, a Rome,
a Madrid, a Li~bonne et a Turin, auront le titre d'envoyés extraordinaires, ministres plénipotentiaires. Les
trois premiers recevront un salaire annuel de i 2,000 piastras (60,000 fr.), plus rn,ooo piastres (50,000 fr.) pour
frais de déplacement. Les bonoraires des autres seront
de 8,000 piastres, plus 5,000 piastres pour frais. On voit
que le principe des appointements ne fléchit pas plus au
Mexique qu'ailleurs.
Une autre mesure qui ne contribuera pas peu a augmenter, si cela est possible, dit le Memorial diplomatiqµe, la popularité du nouvel emper~ur, c'est le soin
qu'il prend a m~ttre un terme aux plaintes soulevées par
la cherté subite des vivres au Mexique. L'Empereur a
nommé une commission qui, daos le plus bref délai possible, devra ]Ui rendre un compte exact du véritable état
des choses, et proposer en meme temps les moyens les
plus-efflcaces poor faciliter l'approvisionnement de la
capitale et faire disparaitre les causes réelles ou fictives
- qui ont contribué au renchérissement des denrées et au
malaise des classes ouvrieres.
Le no.uve! empereur et la commission ent assumé une
rude taehe. L'économie politique n'admet guere les miracles, et, daos un empire comme daos une répuhlique,
au Mexique co,nme partout, il faut subir !'inexorable loi
de l'oflre et de la demande.
Au milieu de ses graves préoccupations, l'Erupereur
Maximilien trouve encore le temps de signer de nombreuses promotions daos l'ordre de Notre-Dame de Gua-

dalupe; deux sreurs de charité viennent d'etre nommées,
l'une chevalier, l'autre officier.
On sait que des désordres ont éclaté a Belfast (Irlande),
un vrai combat entre les orangistes et les catholiques.
Les premiers ont brulé O'Connell en effigie, les seconds
ont tiré des coups de fusil sur le convoi d'un protestant
tué daos uo·e premicre bagarre. De Belfast, les troubles
semblent vouloir se répandre daos le reste de l'frlande.
Cork a eu des manifestations, et il a méme fallu consigner les troupes a Dublin, afin d'empecher le départ des
orangistes et des catholiques' aux dillérentcs slations de
chemins de fer. Un noyau de 400 individus a marché a
travers les ºrues, au milieu d'une foule considéralile
poussant des vociférations. Cette bande, bientot grossie,
s'est fort heureusement dispersée sur une décharge a
poudre, en passant devant un poste occupé par la poi ice
en armes.
Le prince Gortschakoff, grand-chancelier de Russie,
est accusé d'avpir tenu un propos qu'il n'a pas encore
pris la peine de démentir. Le chef du ministere mo~co-:
vite, tatant le pouls a la Pologne et le trouvant considérablement affaibli, aurait dit : &lt;&lt; JI n'y a plus de question
polonaise, il n'en reste qu'une désormais a résoudre,
c'est la quesLion révolutionnaire. l&gt; Un journal prétend
meme que le prince ne se serait pas serví du mot révolulionnaire, et qu'il aurait dit qu'il ne restail a tésoudre
désormais que la question napoléonienne.
Nous ne faisons pas une grande attention a tous ces
bruits. Que le prince Gortscbakoff ait ou n'ait pas prononcé cette parole, peu importe; la nussie, Corte de six
cent mille soldats, a pu, avec beaucoup de peine, avoir
raison de quelques ·bandes polonaises qui oot tenu pendant plus d'un an l'empire en écbec; mais les idées résistent au sabre et au canon, et l'idée moderne fera son
chemin, eu · dépit des fanfaronnades du prince Gortschakoff.
Du reste, s'il faut s'en rapporter aux feuilles russes,
la Potogne est tranquille. Le gouverneur de Varsovie se
promene au milieu de la ville, suivi de 50D état-major;
mais, ce que ne disent pas les feuilles russes, c'est le silen.ce qui entoure les autorités civiles et militaires, c'est
Je désespoir de la population, ce sont les manifestations
qui éclatent chaque fois qu'un convoi de prisonniers est
dirigé vers la Sibérie. La statistique porte a 35,000 le
nombre des Polonais tués daos les combats de la derniere insurrection, et a quatre-vingt-di.x-mille le nombre
de ceux qui ont été envoyés en Sibérie. On comprend
que l'ordre soit rétabli a Varsovie et en Pologne.
Des événements graves viennent d'ensanglanter la
ville de Geneve, a la suite de l'annulation de l'élection
daos laquelle le candidat conservateur l'avait emporté
sur M. James Fazy. M. James Fazy, qui a joué, en ces
dernieres années; un grand role daos le can ton de Geneve, est le chef du partí radical, et il est appuyé par les
catholiques, auxquels, pendant son administration, ji a
Jaissé pleine liberté. A la suite de l'annulation de l'élection dont nous venons de parlcr, des barricades ont été
élevées; il y a eu quelques personnes tuées. Le pouvoir
cantonnal, daos l'impuissance de rétablir l'ordre, a requis une intervention fédérale; en conséquence, le conseil fédéral a envoyé, en qualíté de commissaire,
M. Fornerod, ·lequel est entré a Geneve avec un bataillon de la milice.
Le roí d'Espagne a quitté Saint-Cloud dimanche soir.
Pendant i,on séjour, il avait fait une visite au comte d'Aquila, son oncle. Le comte d'Aquila est, comme on sait,
l'oncle du roi de Na¡,les. On assure que l'entrevue a été
tres-cordiale et pleine de ~ympathie, de la part du roi
d'Espagne, pour les infortunes de la maison royale des
Deux-Siciles. Le roí d'Espagne a également visité sa
belle-mere, la reine Marie-Christine, avec laquelle il a
eu un long entretien.
.
C'est le 20 aout que doit s'ouvrir le congres de Malines. On sait le retentissement qu'eut, l'année derniere,
ce premier c·ongres catho\ique, 011 la ~arole de M. de
Montalembert, jugée trop libérale, ne fut pas a l'abri
des censures de Rome. Parmi les Frangais qui doivent
se rendre au congres de cette année, on cite .m1. de
Riancey Auo-uslin Cochin, le vicomle Lemercier, le
'
0
~
.
vicomte de ~elun, Léopold de Ga1llarcl. On assure qoe
M. de Montalembert ne brillera que par son absence.
Le prince Humbert, prince royal d'llalie, qui voyage
en ce moment en Allemagne, est prochainement attendu
aParís.
EDMOND TEmR.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
1;¡;.;anité; Elle ne µeut done se douter de la gravité

co:unRIER DE P.\.B18.

A Sa Majesté l)ersane. - . OMI Lambert I - Le Sport nauti.

que. - La Sociétt! internationale d~s courses de Porchefiw,.
tai11e. - La fievre du plaisir: autrefois et aujourd'hui. _
Ferville. - Les ér,onomies de mesdames de la Halle._
Les Guides pratiques de M. de _Conty.
« A Sa J!ajesté tres-auguste le Schah de Perse,
« Sire,

L'événement qui m'a inspiré la pensée de cette lett,e
date de douze jours,c'est-a-dire que la France, l'Europe
et l'Amérique en sont instruites; c'est done a Votre Majesté seule que je vais le raconter. Peut-etre le bruit en
esl-il arrivé j usque dans vos Etats, mais en fin cela n'est
pas bien sur, et comme il importe qu'un grand prioce
comme vuus l'etes n'igoore ríen de ce qui -se passe aUII
ce monde, je n'bésite p_as a répéter ce qu'ont dit avant
moi deux ou trois mille journaux.
« D'ailleurs, Votre Majesté est un des fideles abonoé3
de l'Illustratio11, et fJue penscrait-elle si je me taisais?
&lt;( Apprenez done, Sjre, que pendant quelqoes jours
tout París a été fou, et soyez certain que toule la province
est folle a l'heure qu'il est.
« Quand Auguste avait bu, la Pologne était ivre.

&lt;&lt; 11 ne serait pas convenable que la provini:e füt sensée, quand París a perdu !'esprit.
&lt;( C'est le t5 aout, jour de l'Assomption de la Vierge
Marie et ele la féte de S. M. Napoléon· III, que cette
grande folie parisienne s'est déclarée.
Elle n'avait qu'un symptome, qu'un cri : le matio; a
la méme heure, quelques personnes, dans des quartiers
différents, ont jeté cet appel incomprébensible a un 11ersonnage imaginaire: « Lambert! ohé! Lambert! » Une
ceutaine de voix ont répondu: « Lambert! ohé ! Lambert! )&gt;
&lt;( Le soir, la contagion avait gagné les multitudes qllÍ
couvraient les boulevards, les quais, le Champ de Man,
les Champs-Elysées, les Tuileries, l'Esplanade des Invalides, celles qui remplissaient les rues, celles que ler
chemins de· fer ramenaient de la campagne, et dans
toute la ville on n'entendait que ces mots : « Lambert,
ohé! Lambert! &gt;) JI semblait que ce füt quelque messie,
objet d'une attente fiévreuse, que tout un peuple fanatisé appelait, et qui ne daignait pas paraitre.
« Ce cri avait déja franchi les limites du département
de la Seine, dont París est le chef-lieu, comme le sait a
cóup sur Votre Majesté.
« Je revenais de Saint-Prix, un charmant petit village
de la vallée de Montmorency; a la station d'Argenteuil,
un monsieur et une dame, un couple tres-saín d'esprit
en apparence, monte dans le wagon 011 j'étais assis. La
dame se pencbe a la portiere, et tres-sérieusement críe:
&lt;( Hé ! Lambert ! 1, C'était la premiere fois que j'entendaiJ
ces mots, ils ne me causent aucun étonnement.
Le train part.11 marchait depuis cinq minutes, lorsque
la dame se penche de nouveau a la portiere et de nou•
veau crie : « Hé ! Lambert! 1)
- « Voila qui est étrange, pensai-je; nous sommes l
deux ou trois kilometres de la station; cette dame
appelle Lambert comme s'il était la; si ce Lambert a
suivi Je train, il faut qu'il ait de fameltlles jambes.
' &lt;( A Bois-de-Colombe, les cris forcehés des gens de
l'impériale m'apprirent la vérité. 11 Les Parisiens seront devenus fous, me dis-je, pendant que j'étais a la
campagne. Pourvu quºil ne m'en arrive pas au•
tant ! ))
« Ai-je échappé a la maladie de mes concitoyens, je
n'oserais l'affirmer; les fous, Votre Majesté ne !'ignore
pas, n'ont pas conscience de leur folie, et il se peut q~
tandis que j'écris cette lettre au plus grand schah qw
soit jamais monté sur le trone de la Perse, je pousse de
temps en temps, sans m'en douter, un:&lt;&lt; Ohé ! Lambert!
retentissant.
.
(&lt; Oh! la contagion de la folie, c'est horrible! Ce so_ll'la dans la rue de Rivoli, un sergent de ville·voulut in·
te~peller un cocher afio de l'empecher d'entrer dans_un~
rue 011 la circulation élait interdite : Croyant cr1e~ ·
(( Ohé ! cocher ! l) ce fut : ·« Ohé ! Lambert ! )) qu'il cna.
« Votre Majesté ne sait pas que la police est légalement réputée, chez nous, impeccable, infaillible, et placée
au-dessus de$ faiblesses, des infirmités et des ridicuJes de

d'un pareil fait. D'autre part, comme !'esprit de malice
et d'opposition est extraordinairement développé chez
nous, et que nous avons un pllisir extreme a voir la perfection se démentir, s11rtout,1a perfection de l'autorité,
ce fait si grave devait nécessairement exciter dans la
foule une allégresse immense et un entbousiasme frénétiqae. Aussi la preuve de folie que venait de donner le
sergent de ville, fut-elle accueillie par des hurrahs, des
applaudissements, des trépignements de joie; et soudain des llras vigoureux enleverent de terre J'autorité
déchue et la porterent en triomphe.
,e Le lendemain, quand la démence fut un peu calmée,
quelques aliénés guéris rechercherent l'origine de ces
syllabes fatales qui avaient détraqué la cervelle de tout
París. •
« Cbacun publia sa version :
« C'était un ouvrier, qui, voyant un monsieur s'habiller a sa fenetre, luí avait crié : « Ohé ! Lambert ! n
comme il aurait crié : « Ohé ! Bastien ! &gt;)
e&lt; C'était un tres-baut personnage pres de qui une
dame rencontrant un de ses amis, nommé Lambert,
avait dit : (&lt; Eh! voila Lambert ! n Le tres-haut personnage avait cru entendre autre chose, s'était retourné
gracieusement vers la dame et avait salué.
« t.:'étüt une dame Lambert, qui, séparée de son
mari, au moment de monter en chemin de fer, passait
devant cbaque wagon en appelant : &lt;&lt; Lambert ! Hé !
Lamberl! »
« Enfin, le Journal -&lt;fa Havre prétend nous donner le
vrai mot de l'é111gme et condamne de tres-haut toutes
les autres explications.
&lt;&lt; Lambert, · affirme la feuille ha vraise, était un
garde "ational de París qui vint avec les camarades de
sa compagnie voir le Havre en i848 ou en 1849. Nos
soldats citoyens se plaisaient alors a aller voir la roer
en uniforme, sac au dos et schako en tete : une autre
folie de ce temps-la. Du Havre, on alla en bateau a Honfleur. Lorsqu'au moment de repartir les officiers firent
l'appel de leurs hommes, Lambert ne répondit point;
on appela vainement Lambert; il fallut revenir saos lui
a París. Depuisce jour-la, il n'y a point de train de plaisir de París au Havre saos que : « Obé ! Lambert ! &gt;, ne se
mele au sifflement de la vapeur et au fracas des roues :
c'est une tradition.
« Je vous livre ces diverses solutions, sire ; Votre Maesté choisira celle qui Jui plaira dc,vantage, et quand
elle aura choisi, elle po11rra se dire : JI est tres-probable
que la bon ne n·est ni celle-la ni les autres.
« Ceci fait naltre en moi un doute qui me tourmente
beaucoup et que j'ose soumettre a Votra MaJesté : Voila
nn événement qui remonte a quelques jour~ seulement,
et qu'on explique déja de quatre manieres différentes :
que penser de la certitnde historique? Quelle confiance
accorder aux écrivains qui assignent telle ou telle cause
a des événements qui se passerent au temps des Grecs
et des Romains, ou sous le regne de Darius ou de
Xerxes, vos angostes prédécesseurs? Nous ne savons pas
pourquoi nous crions: &lt;( Obé! Lambert ! » Sommesnous surs de savoir pourquoi, il y a trois mille ans, les
Grecs firent le siége de Troie, pourquoi les Romains
abolirent la royauté, pourquoi nous avons fait la guerre
du Mexique?
&lt;&lt; Votre Majesté, qui travaille pour l'histoirc en sa
qualité de souverain, ne tremble-t-elle pas a l'idée de
toutes les fables que daos quelque cent ans les historiens auront accr~ditées, touchant les mo~ifs de ses plus
importantes actions?
~ J"allais clore roa lettre par ces tristes réflexions, mais
je m'avise a temps qu'apres avoir entretenu un des
plus puissants monarques de l'Asie, il ne serait pas convenable de m'adresser tout simplement au public; que
Votre Majesté daigne done souffrir queje lui dise ce que
j'allais dire a tout le· monde ~
• Les plaisirs du sport continuent a nous tourner la
tete; nos peres ne connaissaient guere que la chasse,
que notre anglomanie appellera quelqne jour, saos
doute, le sport cynégétique; nons avons ajouté a la chasse
le canotage, les courses, le steeple-chase, Je cricket, autant de genres de sport différents.
« En ce moment, la Société de spo1i nautique de la
Seine se couvre de gloire; elle a battu, a Calais, les
Dunkerquois, les Calaisiens, lea Boulonnais, et les AnglaL~ par dessus IQ marché; a!'lamur, le• Liégeoia et les

Anversois; dimanohe dernier, dans la h•ie dll Saint-Va-.

lery-sur-Somme, elle a lutté cinq fois et remporté cinq
premiers prix.
&lt;&lt; Nous avions, dans les environs de París, les courses
de Longchamps, les courses de Vincennes, les courses
de La Marche, les courses de Satory, les courses de
Chantilly, cela me"suffisait; il parait que ce n'était point
assez, au gré de nos horsemen; nous allons avoir les courses de Potchefontaine. Grand bien nous fasse !
« Je ne connaissais pas Porchefontaine; l'endroit est,
me dit-on, pres de Versailles.
«La société qui s'apprete a inaugurerle nouvel hippodrome prend le titre de Société internationale des courses
de /&gt;orchefontaine! Bravo, cela remplit joliment la bouche !
« Un célebre empereur romain avait pour devise ce
mot : travaillons. Depuis qnelque temps, nous semblons
avoir adopté celui-ci: amusons-nous, et j'affirme a Votre
Majesté que nous le _prenons joliment au sérieux.
« Quant je songe a la prodigieuse consommation de
plaisirs que nous faisons saos pouvoir nous rassasier, je
suis épouvanté de ce qu'il en faudra pour amuser l'appétit de nos enfants. Un espoir me reste, c'est que la génération qui uous suivra, en nous voyant ainsi haletant,
suant, peinant pour nous divertir, éprouvera un im-•
mense besoin de ne point s'amuser.
« Quel fatal démon de dissipation fiévreuse nous possede ! Combien nous vivions plus heureux, pluij joyeux,
plus contents, quand il n'était pas encore entré en nous,
le misérable, et combien nous nous amusions davantage,
quand nous nous amosions moins.
« En hiver, deux ou trois bals, le spectacle une fois
par mois : Feydeau, le Gymnase et Francom; en été,
un diner sur l'herbe, a Meurlon ou a Viroflay, une soirée au bal de Sce:mx 011 a Tivoli, nous n'en demandions
pas davantage.
Le bal de Sceaux, Tivoli, Feydeau; est-il bien vrai
que nous avons connu ces choses, et n'y a-t-il pas mille
ans qu'elles sont mortes? Non, non, nous avons vécu de
leur temps, cela est certain. En ce temps-la, le petit t~éatre
de M. Scribe nous satisfaisait pleinement; c'était peutetre que nous avions les grandes scimes de la Cbambre
des Pairs et de la Chambre des Dépulés. Je ne basarde
cette explication que tim.idement.
-

131

« A qoelque temps de la, on le retrouve a Charlevi lle,
jouañt du violon daos les bals, et fort misérable, mais
scngeant toujours ajouer la comédie. 11 trouva enfin a
s'engager dans la troupe de Picard, le frere de rauteur
dramatique : le premier role qu'il y remplit fut celui de
Petit-Pierre, dans le drame de Misanthropie et füpentir,
dont je prends la liberté de recommander la lecture a
Votre Majesté, quanct la fantaisie lui viendra de verser
quelques ]armes d'attendrissement.
« Un peu plus tard, Ferville débutait pour tout de
bon devant le public parisien, sur le théatre de la
Cité, dans le Mal'iage du Capucin, de Pelletier de Volmeranges, - de Volmeranges, un de ces noms inventés
chez nous du temps ou ron portait des has chinés, deux
montres, des habits dont la queuc descendait jusqu'aux
talons, et des cravates daos lesquelles on s'enfouissait
jusqu'au nez.
« Bientot Ferville faisait les délices de Bordeaux dans
les premiers amoureux.
&lt;( Son pere vit bien alors qu'il ne fallait plus songer a
contrarier une si heureuse vocation; il prit son p:.irti en
brave, et il engagea l'amoureux de Bordeaux dans la
troupe qu'il dirigeait a Nantes, comme premier sujet de
la comédie, du drame, du vaudeville et de 1'opéra : il
triompha dans tous les genres.
« 11 avait au plus haut point le don des transformations : tour a tour amoureux, pere noble, comique, · financier, il était vrai toujours.
« La mort de Perlet lui fit une place au Gymnase.
C'est la que París l'applaudit daos l'Héritiere, le Plus
beau joul' de la 11ie, le Mariage de raison, M11lvina, la
Chanoinesse, les Malheurs d'un amant heureux, Moiroud et
C•, et Je Gamin de París. •
(( Il joua plus tard, a l'Odéon, les Deu:JJ Anglais, les dewi:
ltendres, l'École des Vieillards; il alla ensuite au Vaudeville; mais le Gymnase était vraiment sa maison, il y
revint pour ne plus le quitter, jusqu'au jonr 011 ses forces
l'éloignerent saos retour du théatre.
(( L'année derniere, il représentait un vieux duc pres- ·
que centenaire dans les Ganaches, une piece que Votre
Majesté trouverait sans doute détestable, car je sois persuadée qu'elle a du gout : ce vieux duc vivait dans une
sorte de demi-sommeil, dont il ne sortait, de temps en
temps, que pour dire une parole enfantine : il me semblait que Ferville ne jouait pas un role, et j'avais peur
que, le rideau tombé, on ne retrouvat le pauvre vieil acteur mort daos son fauteuil.
« Peut-etre. cette idée luí eut-elle souri; iJ aimait tant
le théatre !

&lt;( Votre :Majesté, a coup sur, a entendu parler de
M. Scribe; peut-étre méme a-t-elle fait jouer ses vaudevilles sur son théatre particulier. II a été roí pendant
trente ans, en meme temps que Charles X et que LouisPbilippe. Trente ans, e'est un long regne. -Je parle de
chez nous, sire, et non de la Perse. - Aussi, comme
nous faisons payer cher a la mémoire de M. Scribe la
(( Notre époque est vraiment une époque de progres.
gloire et la fortune de sa vie !
Que de fois n'avons-nous pas écrit cette phrase? &amp;fais
c'est qu'il n'est point de jour 011 nous n'ayons sojet de
« Tandis que nos critiques montent, la plume a la l'écrire. En voici encore une occasion nouvelle.
main, a l'assaut de ses ingénieuses et faciles improvisa« Quand Votre Majesté daigne accorder la décoration
tions, et brulent de n'en pas laisser scene sur scene; a un de se~ sajets (je me plais a croire que la Perse a
tandis que ce joli théatre s'écroule sous leurs feuilletons, son ordre de chevalerie comme tous les pays civili&amp;és),je
la mort frappe ceux qui dévouerent ases destinées leur ne sais s'il est d'usage que des march.mdes de poisson,
talent, leur verve et lenr boune bumeur.
de fruits et de légumes apportent un bouquet au nou&lt;&lt; Un des plus vaillants, des plus aimés, des plus ap- veau décoré. Autrefois, cela se faisait ainsi chez nous, et
plaudis, fut assurément Ferville, qui vient de succomber celui qui était l'objet de cette attention délicate ne manplus qu'octogénaire.
quait pas d'offrirun petit présenten argent aux délégués
« Son pere, directeur d'une troupe de province, con- de mesdames de la halle, qui se présentaient au nom de
naissant bien 1~ métier d'acteur, s'était bien promis de la corporation.
ne jamais soufTrir qu'il le prit : il eRcouragea le gout
« Cette année, mesdames de la baile ont eu l'heureuse
qu'il avait pour la musique, et a douze ans, le petit Fer- idée d'économiser les députations. Un chevalier du
ville jouait, aux applaudissements de toute la salle, un i 5 aout a refu son bouquet par un commissionnaire,
concerto de violon au théatre Louvois.
chargé de recevoir le petit présent au nom de qui de
« Ce fut justement le violon qui, par un chemin dé- droit : voila qui est pratique, ou je ne m'y connais pas.
tourné, le jeta dans cette terrible carriere, dont les J'engage ces dames a supprimer, l'année prochaine, le
frayeurs paternelles avaient voúlu l'écarter. Ferville était bouquet, et a se con ten ter d'envoyer un commissionnaire
entré daos l'orcbestre du Théatre-Fran~ais. Tous lessoirs il avec une quittance comprenant le prix de la course.
voyait jouer, tout a son aise, Dazincourt, &amp;folé, Fleury,
Grandmesnil, Saint-Fa], Mil• Contat, Mil• Joly, Mil• De« Pratique, c'est le mot du temps. 11 a du bon parfois.
vienne. Quel danger pour un jeune homme qui n'a M. de Conty édite toute une collection de Guides pratiqu'un désir, celui de monter sur la scene !
ques a l'usage des voyageurs. Le nouveau venu daos un
&lt;( La tentation était trop Corte, il y succomba, et un pays chercbera ailleurs les détails bistoriques, artistisoir il débuta, daos le role de l'amoureux du Désespoir ques, littéraire~, mais qu'il demande a ces petits livres
de Joc,-isse, au théatre de la rue du Bac.
des renseignements qui lui permettent de voir beaucoup
« 11 ful impitoyablement sifflé.
en peu de temps, de se loger et de vivre fastueusement
« Le pere avait garni la salle de ses amis, pour faire ou modestement, a son gré, de ne point faire un pas
une chúte a son fils; l'amour paternel est vraiment hé- inutile, qui luí évitent toutes sortea d'ennuis et de fausroique !
ses démarches et le dlspensent d'avoir recours a un in« Malheureusement, Qu heureuaement, Ferville apprit ~upportable cicerone~ ils lea loi donneront, avec une préla ,~rit.é, et sachant pourquoi il anit 6ié slftlé, pe s'ill• cision admirable 11t @ll Qblige411ee eit.reme, saos reculer
qulet,. gue~ des Jifflet.t.
devant les détails familiers,,qui $0Dt le plua souventiles

�L'ILLUSTRATION, JOURN AL UN IVERSEL.

J33

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

ARRl\'ÉE DES POllPIEIIS DE PKIIIGUiliX DEV.UT LA MAISO)I llEV01"0N.

plus précieux de tous en p!Lys étranger.
&lt;&lt; M. de Conty a déja publié le Guide
pour Paris, le Guide pour Londres, le
Guide poar la Belgiqu.,e et la Hollande, le
Guide pour les bords du Rhin; il ne compte
pas s'arreter en si beau chemin. C'est un
homme a rever le -Guide du voyageur en
Perse, et le prince éclairé qui gouverne
ce beau pays ne manquera pas sans doute
de donnr.r les ordres nécessaires pour
que M. de Conty y trouve des documents
eucts qui le mettent a mcme de réaliser
son projet au retour.
«Si Votre Majesté était tentéc de venir
en France incogníto,je lui recommanderais
le Paris en poche, ou l'auteur établit avec
un soin minutieux le budget des grandes, des moyennes et des petites bourses.
Certes, un schah de.Perse n'a_pas d'économies i.L faire , maís un prince peut
éprouver cette curiosité de vívre pendant
quelques jours de la vie d'un employé _a
douze cents francs.

r.roquis de .11.

z. Payenneville.

AIUIJVÉB DES POMPJERS DE CHATEAUROUX SUR LA PJ;ACE DU TRIBUNAL.

e, Et maintenant qu·e je n'ai plus rie.n
sons la plome,

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« Je

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is, ave e le plus profond reRpect,
de Votre Majesté,

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PLAN DBS QUARTIEI\S lNSBNDlÉS A LlMOGhS.

/NCE.\'D/li: DE LIJIOG!i:S, ,ISl'ECT DE LA PLAC:11 DE LA MOTU~, LK 16 .rnL'r.

- D'aprés

L noNNEull[lou

ROI

n 'EsP,\Gl\'E,

l

La féte de Versailles, en l'honneur du
roí d'Espagne, a eu li~u samedi soir, 20
du courant. On avait fait une toilette toute
neuve a la ville de Louis XIV. L'berbe
poussait dans les rues, mais elle avait
été arrachée en un clin d'reil, et elle
aura tout le temps de repousser jus-

un croquis de M. J. J. Maquarl.

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UN IV ERSEL.

L' lLLU~TRAT10N, JOURNAL UNIVERSEL.
qu'a la célébration d'une nouvelle fete. On avail done évoqué les ombres de ce royal domaine. Le pare, les bosquets, les carrefours, les fontaines, tout avait élé envahi
par une armée de travailleurs; du sable fin dans les
allées, du gazon frais sur les pelouses, de l'eau dans les
bassins et des fleurs a foison. Le roí d'Espagne, qui était
arrivé a:vec la cour a cinq heures du soir, a été conduit au bosquet de l'Étoile, au bassin d'Apollon, a la
colonnade, au bassin de Latone, de Neptune, et a ce gracieux bassin de Flore, creusé au milieu d'un carrtJfour,
ou fut représentée pour la premrere fois la princesse d'Fr
ltáe. Vo1ci le bosquet de la Reine, tout rempli des souvenirs de Marie-Antoinette; c'est la que Mm• de Lamothe
donna rendez-vous au cardinal-duc de Rohan, et entama cette célebre affaire du collier, qui conduisit a la
Bastille un prince de l'Église.
A huit heures, avail lieu la représentalioo au théatre
du cbateau. Le spectacle choisi était P,y,hé, comédieballet de Corneille et de Mohere, avec la musique de
M. J. Coheo. On avait intercalé, au troisieme acte, un
pas de Giselle, et fe di vertissement des Saisons des Vepres siciliennes; les choours étaient exécuté; pa~ les éleves du Conservatoire.
Apres le spectacle commen~a la fete de nuit. Tout
était illuminé : les bassin§, les gazons, les charmilles;
les dieux et les déesses en marbre et en bronze resplendissaient, des feux de Bengale teignaient en pourpre ou en vert clair cet Olympe innombrable. Les eaux
despieces principales jouaient, teintes de toutes nuances
par la lumiere électrique. Au bout de la piece cl'eau, le
feµ d'artilice lan~ait au cíe\ ses gerbes d'étoiles variées.
Le public avait été ad mis daos les jardins.
A minuit, un grand souper, serví dans la salle des
Glaces, termioait cette fete, et a une heure du matin,
l'Empereur, l'lmpératrice et le roi d'Espagne quittaient
Versailles et retournaient a Saint-Cloud.
Cette fete, répétons-le, a été tres-belle, tres---réussie,
splendide dans toute l'acception du mót. Le lendemain,
le palais, le jardín, les déesses et les dieux, Versailles,
en un mot, était retombé daos le silence, daos le repos,
daos l'immobilité. Tout ce que l'on peut faire, c'est de
galvaniser ce grand cadavre pendant vingt-quatre heures.
PIERRE PAGET.

INCENDIE

DE

LIMOGES.

On connait maíntenant toute l'étendue du sínistre
qui, dans la nuit du i5 aout, a détruit une partie de la
ville de Limoges. On peut calcuier sur deux mille personnes atteintes par le 0éau et sur quatre a cinq millions environ .de pertes. Les assureurs sont aux ahois;
ou porte a cent neuf le chiffre des maisons incendiées.
Les pompiers de Périgueux ont peut-étre sauvé la ville;
ceux de Cbateauroux et d'Argenton, arrivés plus tard,
ont été employés activement aux déolais, et ce n'est pas
petite besogne.
.
Les premieres personnes qui arriverent sur- le tbéatre
de !'incendie, dit une lettre d'un habitant de Ümoges,
publiée par le MonitP.ur, purent voir les flammes sortir
en abondance du rez-de-chaussée et du grenier de la
. maison habitée par le sieur Canee, chapelier. On ignore
comment !P. feu avaít pu se communiquer a ces deux
parties opposées de la maiaol'I, et si la cage de l'escalier,
située sur le derriere, avait serví a conduire les flammes
sous la toiture. Une enquete est ouverte a ce sujet, et
on espere que la vérité finira par en surgir.
, Tous ceux qui,• A quatre heures du matin, ont assisté
a ce spectacle émouvant, ceux surtout qui se trouvaient
a l'angle de la rue Pennevayre, devant le marché Dupuytren, ceux-la vivraient-ils des milliers d'années, n'oublieront jamaís ce qu'ils ont vu. Qu'on se figure, sur un
espace bien pius grand que la place de la Concorde, une
véritable mer de feu roulant ses vagues rouges, au bruit
des maisons qui s'écroulaient, des pompes qui luttaient
contr.e l'élément, des voix des travailleurs qui cherchaient
mutuellement a s'animer, au bruit surtout des cris des
milliers de victimes....
Un asile a été offert aussitot aux victimes daos
les rlivers batiments de la murncipalité. Des distríbutions
d'argent ont été faites a plusieurs reprises. Les souscrip•
tions ouvertes de toutes parts atteignent déja un chillre
important. L'Empereur, l'Impératrice et le Prince impérial ont envoyé 4.0,000 íraucs.

Malgré les dangers de toute nature qu'offraít un aussi veaux combattants, et le Capitaine, dont la verve intavaste incendie, on n'a pas eu, heureusement, de morts rissable anime les entr'actes, stimule ceux qui hésitent
a enregistrer. 11 y a eu quelques contusionnés daos le a commeltre leurs chiens; car ceux qui sont timides ou
nombre des travailleurs, mais aucun n'a re~u de bles- peu expérimentés courent le risque d'etre honteusement
sure .grave.
battus par les rats, a la risée du public et a la confusion
de leur maitre. Quand l'ardeur commence a se ralentir
le patroa de l'établissement leve la séance, et ajourne'
les assistants a une prochaine réunion.
.
LES INDUSTRIES INCONNUES DE LONDRES.
Outre ces combats du soir, il y a des gens qui vien.
nent dans la journée pour exercer leurs chiens, en parLES ATTRAPEURS DE RATS.
ticulier, et les aguerrir, afin qu'ils leur .fassent honneur quand ils les produiront en public.
Pour se rendre bien compte de l'importance du comJimmy Shaw n'estime pasa moins de 300 a 700 rats
merce dont les rats vivants sont l'objet, pour le has par semaine la consomniation qui se fait dans son seul
peuple de Londres, il faut savoír qu'au nombre des di- établissement; en prenant la moyenne de 500, cela fait
vertissements fa voris des Anglais, apres les courses de par an 26,000 rats. Que l'on juge par la de l'importance
chevaux et les combats de coqs, se placent les combats du commerce qui se fait sur ces animaux ! Le prix ordide rats. 11 existe dans la métropole un certain nombre de naire des rats est de 3 d. (31 centimes) par tete. Jimmy
public-houses bien connus, ou, a certains jours de la Shaw &lt;lit avoir payé au meme individu jusqu'a 5 guisemaine, une arene est disposée ,pour ces combats, qui nées (l25 fr.) a la fois; ce qui fait 35 douzaines de rats
attirent de nombreux spectatenrs. Tout le monde, du a 3 d. par tete. 11 a ainsi jusqu'a 2,000 rats a la fois.
reste, est invité aprendre parta l'action, et les proprié - q1Ji luí consomment un bon sac de farine d'orge, sans
taires dechiens de chasse, tlésireux de mettre a l'épreuve compter que si on ne les nourrit pas bien~ ils se dévoles qualités de leurs bctes, leur payent une douzaine ou rent entre eux, et c'e~t autant de perdu.
une demi-douzaine de rats pour les aguerrir, ce qui proCe sont de pauvres gens, les plus ignorants et les
longe et anime la représentation . Des matchs (parís) plus misérables, qui sont les pourvoyeurs ordinaires des
s'engag~nt entre les assistants et les propriétaires de rut-killings (littéralement, tueries de rats). 11 fut un
chiens, et il est de ces animaux qui ne gagnent pas moins temps ou les fermiers de la campagne qui avoisine Londe réputation a ces exerc.1ces que les chevaux de race, dres donnaient 2 d. (20 centimes) par rat tué sur leur
domaine dont on leur rapportait le corps; mais mainte- ·
vainqneurs du Oerby.
Si nos lecteurs veulent bien nous accompagner, nous nant que les attrapeurs de rats peuvent en avoir facileallons les conduire ·chez Jimmy Shaw, le propriétaire ment 3 d. (30 centimes) en les rapportant vivants a la
d'un des principaux, établissements réputés pour leurs vi lle, tout ce que font les fermiers, l:'est de leur permetcombats de rats. Nous entrons d'abord dans une salle tre de dresser leurs trappes chez eux. Beaucoup de rats
fumeuse, ou de nombreux buveurs, attablés, attendent soñt tirés des entrepots de Ja Cité, ou ils s'ébattent an
avec impatience que l'on oune la piece spéciale ou est se.in d'une abondance qui les fait gras et confiants. Les
dressée !'arene. Ces gens offrent un mélange de toutes hommes qui se livrent a leur destruction sont payés par
· tes c.:asses de la société, et on s'aper~oit sans peine qu'ils l'administration des entrepots, et, en revendant encore
ne sont pas venus la uniquemimt pour boire et pour leurs prises, ils arrivent a se faire de jolis gains, sans
fumer. La plupart ont avec eux leur bete favorite, et on compter le plaisir qu'ils trouvent a cette chasse.
Nous avons vu les chasseurs d'égouts, c¡ui .explorent
pourrait se croire a une véritable exposition de chieos.
Les uns sont covchés sous la table, les autres dorment ces voies souterraines ala recherche des ohjets de toute
dans les bras de leurs ma1lres, ainsi que des enfants valeur qui s'y égarent; il y en a d'autres qui tenteat
sur le 3ein de leur nonrrice; les petits terriers anglais, les memes aventures rour y chercher des rats. C'est
noirs et rageurs, tenus en laisae, grognent et s'agitent, surtout au-dessous des boucheries qu'ils font de bonnes
comme ~•ils sentaient les rats daos la piece voisine, et prises; ils trouvent la quelquefois jusqu'a vingt ou trente
~•ils úaient.impatients d'entamer la bagarre. Les con- rats réunis a se gorger. lis n'emportent avec eux ni canaisseurs circulent autour des tables et examinent les ges, ni trappes, parce que cet attiraíl serait trop em1·hiens, leur palpant les membres comme pour voir s'íls barrassant et trop lourd; mais ils ont des sacs avcc lesn'ont pas de fractures, et leur ouvrant les levres comme quels, en les jetant comme des éperviers, ils savent
fait un dentiste qui scrute des macboires. Des discussions envelopper habilement les rats, et c'est dans un sac
s'engagent sur les mérites de ces animaux. Celui-la dit aussi qu'ils les mettent pour les emporter. Mais ce n'est
que son chien est l'image exacte de Billy, le fameux pas tout prolit de prendre ainsi des rats vivants; si on
tueur de rats, dont le portrait est peint sur la muraille ne les vend pas tout de suite, il faut encore les nourrir,
de la saÍle, qui a accompli ce merveilleux exploit detuer et ils ont bientot consomil'té plus qu'ils ne valent. Du
reste, les rats ont beaucoup diminué, a Londres, depuis
cínq cents rats en cinq minutes et demie.
Un homme que l'on appelle le Capitaine parait, et qu'ils sont ainsi pourchassés, et le placement de celle
annonce que le spectacle va bientot commencer; il faut marchandise est facile.
11 n'est personne, a Londres, qui ne connaisse Jack
voir comme tout le mon::le s'empresse de s; lever a la
fois, et, abandonnant le c!l.baret, se presse dans la piece Black, l'allrapeur de rats de la reine. C'est une célévoisine, dont on vient d'¡mvrir les portes. Í:arene con- brité qui égale au moins celle de notre Mangin. 11 parsiste dans un petit cercle d'environsix pieds de.diametre. court les rues de la capitale dans une riche voiture, sur
Au milieu, se tient le Capitaine, avec de grandes cages les panneaux de laquelle sont peints des rats; et du
remplies de rats, dans lesquelles il plonge la main pour haut de son équipage, il débite son boniment daos les
en retirer les victimes, 'sans crainte des morsures qui carrefours, entouré de cages ou sont renfermés des
sont cependant fort venimeusr.s. Un petit terrier, habi- rats vivants, et de paquets contenant sa mo1·t au(I) ,·ats,
tué a de pareils combats, ouvre la lutte. Les rats, dont il expérimente devant tous les effets foudroyants,
a mesure qu'ils sont retirés de leur cage el dépo·· en appliquant une de ses pilules sur les levres d'un de
sés dans !'arene, prennent d'abord la fuite, espérant ces animaux vivants, qui expire aussitot a ce contact.
trouver une is~ue daos les coi ns ou ils s'entassent les uns Jack Black est un vrai dom pteur de rats, et il doit sursur les autres, abandonnant les retardataires aux dents tout sa réputation a la familiarilé avec laquelle il joue
du chien qui les poursuit et que le Capitaine excite de la avec ces animaux, dont la méchanceté sauvage est cevoix et du geste. Mais l'extrémité meme du pétil leur pendant bien connue. 11 les manie, suívant une cxpresrend du courage, et acculés, sans espo1r de s'échapper, sion pop11laire, comme il ferait de petils chats aveugles.
ils se retournent et font face a l'ennemi, qui n'est pas Dans ses parades publiques, pour attirer la foule auto11r
toujours vainqueur, et qui souvent fuit a son tour, en de lui, il plonge sa main dans les cages et harcele san~
poussant des hurlr.ments de rage et de douleur, saisi au crainte les rats qui y sont enfermés; puis il en retire
museau par un rat qui le mord et ne le lache pas, et successivement dix ou douze, qu'il introduit dans sa
harcelé par les autres. Iusqu'a cinquante rats quelque- chemiEe, sur sa peau nue, et il les garde ainsi peodant
fois sont ainsi engagés contre un seul chien, et des paris plusieurs minutes. 11 y a des gens qui supposent que
animéss'ouvrent parmi les assistants.L'enjeu n'est l}uel- ces animaux, pour se prcter a ces fclmíliarités, doivent
quefois qu'une simple bouteille de limonade; mais sou- etre privés; mai~ ceux qui connalssent mieux Jack
vent aussi, il prend une importance qui s'accrolt avec Black savent bien que ses rats sont au~si sauvages
l'excitation du combat, dont parfois se prolongent les qu'aucuns de ceux qui courent daos les égouls de Londres.
alternatives dramatiques.
M. Mayhew, dans ses curieuses études sur Londres miL'exercice se poursuit tant que se présentent de nou1

a moustaches

135
M. Charpentier a des idées a lui sur les droits des édi-

--b; raconte une visite qu'il fit a Jack Black dans
.
,.
teurs; certain proces qu'il perdit l'année derniere conséra e,micile a Battersea. La porte de 1a ma1son
qu 11 trouvés sur le lit de M. Bugad de Lassalle et que les téUn peigne

et un petit crayon blanc

son do
,
d .
.
tre M. Ulbach l'a bien prouvé... Et il tienta ses idées.
·t est surmontée d'une plaque e zmc, ou sont moins dédarent avoir vus entre les maínsde facques LaLe Tribunal ne 1es partage pas; et jugeant qu'il avait
hab1 e
,
•ts ces mots, en.gros caracteres.: Jack Black, destructeur tour, telles sont les charges matérielles qui pesent sur
changé
la pensée et !'esprit de l'article de M. Delprat, ce
écrt
· · · 1es : cet accusé.
s rats de Sa Mojestfl. Au- dessus, avec 1es 1111t1a
qui
ne
lui
était pas permis, il l'a condamné a l'insertion,
La nouvel\e du crime donnée par Audouy, alors que
de R est crravée l'image d'un rat blanc.
que
l'auteur
réclamait.
V.J .k, Bl;ck ne fait pas seukment sa spécialité des le crime était encore inconnu, et des vetements ensanM.
Charpentier
croira-t-il maintenant que l'infailliac
,
d
. son lo«is est rempli de cage ou se troavent es glantés remis par lui a une blanchisseuse quinze jours
bilité
et
l'omnipoteuce
n'appartiennent pas aux édit
ras,
º
·r
.d
de toutes •orte ;,enfin ,1\ ourn1t u apres l'assassinat de M. Bugad de Lassalle et de ses doeh.,enset des oi•eaux
~
teun?
·
.
pour les viviers. 11 consacre a la peche presque mestiques, avec la recommandation de les laver tout de
Les
vacances
sont
ven11es,
adieu
Paris; c'est bien le
~~00
tes ses matinées, de quatre heures a hu1t heures, el suite; voila les présomptions qni accusent l'Hercule.
cas de recommander a mes lecteurs le volume que
Jacques
Latour
a
voulu
faire
croire
a
des
aventures
~Iu revient' jamais sans un ample butin. Comme il
1 ne
. .
. fil
.
.
romanesques dont il aurait été le héros, et, pendant sa M. Víctor Emion, avocat au barreau de Paris, vieot rle
n'ernporte, avec lui DI hgne~,.m ets, rn. a~c.uns eng~ns
faire paraitre sous ce t1tre : Manuel pratique, ou Traité
de peche, perso?ne n~ s~1t ~ue~ procede,_iJ emplote; détention préventive, il adressait a M. le procureur gé- de l'exploitation des chemin5 de fer.
questions qu on lm fa,t, 11 repond qu 11 preud les néral une lettre qui renferme les passages suivants;
L'auteur prend le voyageur avecson bagage chez luí, le
« C'est la Providence qui vous envoie au secours d'un
ª~ssons avec les mains, ce qui naturellement provoque
poi. •
. .
.
, malheureux ... Vous etes le digne représentan(de l'Em- mene a la gare, le conduit au guichet et au hureau des
des sourires 1ncredules. Il affirma la meme chose a
colis, monte avec lui en wagon, voyage a ses cótés, desM. Mayhew, qui ne put s'empecher d,'abord qe parta- pereur, qui, comme vous le savez, a peu de gotit pour cend de voiture en meme temps que lui et le suit a sa
.
ger l'iacrédulité des habitants de Battersea ~ur ce d?mp- l'emprisonnemenl cellulaire.
«
Daignez
suivre
le
récít
sincere
de me~ campagnes destination, en le re111eignant de la fa~on la plus claire
1
teur de rats, qui prétendait prendre auss1 e po1sson
sµr ses droits et ses obligations. Pas une difficulté qu'il
avec ta main. Mais Jack Black, sous le sceau du secret, dans la Cafrerie et daos la Mandchourie ... &gt;&gt;
ne
tranche, pas un doute qu'il ne résolve, pas nne quesM. le procureur général a préft\ré suivre le récit des
¡0 ¡ révéla son procédé; et M. Mayhew nous dit que
tion
qu ·¡¡ ne prévoie. Les trois cents pages de cet excel.seulement il fot parfaitement convaincu, mais que compagaes de Latour dans les maisons centrales d'Eysses lent manuel sont merveilleusement pleines et instruc000
méme ¡¡ s'étonneque l'onn'ait pas songé a une méthode et d'Embrun.
(&lt; On me nommait Boabad, contiuuaít Latour. J'ai été ti ves: enregistrement des bagages, factage, perle de
aussi simple.
rendu
a la liberté par mon maitre, apres avoir combattu col is ou d'etfets, pertes de billets, contraventions, acci Jack Black, devenu fori communicatif, raconta toute
dents, recours ouverts aux voyageurs, responsabilité des
1
son histoire a·:&amp;1. Mayhew; comment s'était développée contre les buffles a la Louisiane. Maís, bles~é par m compagnies, ríen de ce qui touche a ces points imporsa vocation, qui s'{;tait manifestée des l'age de neuf ans; buflle, j'ai dti renoncer a la chasse, et je me suis em- tanls n'est laissé, par M. Emion, dans l'obscurité. L'aucomment il avait en la folie d'ouvrir un grand café, au barqué sur le Goeland, qui m'a ramené en Europe, ou teur ne prend parti, systématiquement, ni pour les
comploir duque! il ,avaít placé sa filie, richement ha- je suis débarqué a Lisbonne ... 1,
voyageurs ni pour les compagnies, mais seulement pour
Et en post-scriptum :
billée en filie du dompteur de mts; comment il avait
le
droit. Quand il n'approuve pas ce qui est, il indique
&lt;&lt; Si vous désirez me faire transporter en Louisiane, je
commencé a travail\er pour le gouvernement, et avi'.it
une
innovation ou signale une réforme.
ne demande pas mieux que d'y aller, pour convaincre
obtenu le diplome qui lui donnait le droit de s'intituUn seul mot fera, míeux que tout ce que je pourrais
ler destructeur des rats de la reine; eníin, il lui avoua la j ustice. 11
M. le procure1Jr général n'a pas cru devoir p1ofiler de dire, l'éloge de son livre: M. Jules Favre en a voulu
que souvent, a l'insu de sa femme, il avait mangé des
écrire l'éloquente préface.
·
rats, Pt que leur chair était aussi succulente et presque la bonne volonté de Latour.
Daos une seconde partie qui paraitra dans quelquei,
A l'audience, l'attitude des deux accusés est toute difaussi délicat!l que celle du Lapin.
férénte. Chez Jacque·s Latour, c'est le sang-froid imper- mois, M. Emion traitera du transport des marchanJack Black n'esl pas le seul original de son espece, et•
turbable, l'aplomb que ríen ne déconcerte, une fécondité díses.
nous ferons prochaínement faire a nos lectcurs la conVoila un livre qui sera bientot le classique par excel-·
de ressources, une souplesse d'argumentalion, une vonaissance du tueur des puces de S. l'tI. la reine Victoria.
lence
de ceux qui voyagcnt en chemin de fer et de ceul'.
lubilité de langage étonnantes; il interroge las témoins,
qui
sont
chargés de faire voyager les autres, c' est-a-dire
A. VERMOREL.
les discute, les raille, fait de !'esprit, críe, gesticule, ne
de
tout
le
monde.
HENRYs.
se \aisse jamais intimider, le prend de haut avec M. le
!it.Af-=.'.:ll
procureur général, ef déclare qu'on aura beau chercher
a l'embarrasser, tous les efforts qu'on tentera viendront
G.IZETTE DU P&amp;L.IIS,
se briser contre la vérité. Il se proclame l'ami de la véLES COLONIES FRANQAISES.
« Daos la be lle vallée de l'Arize, atrois cents metres rité quand meme; malheureuscment pour lui, on n'a
e environ en aval du village de la Babtide de Bes¡ilas, pas trop J'air de le croire. Audouy, luí, est calme, point
Li ROYAUME DE PORTO-NOVO.
« dont elle est sép~rée par des jardins clos de haíes vi- agressif, point bavard, meme un peu endormi; un Her(Deuxiéme article.)
• ns, s'éleve, au ruilieu d'un massif d'arbres séculaires, cule qui a l'air tont dérouté de n'avoir plus sa massue.
A
l'heure
ou
j'écris,
les
débats
continuent.
• une habitation considérable mais délabrée, connue
m.
Et maintenant, passons, s'il vous plait, du grave au
« ijQUS le nom de chatean de Baillard. &gt;&gt;
doux,
du
crimine!
au
civil.
Ce n'est pas un roman qui commence par ce gracieux
Nous avons dit, dans notre précédent article, toute l'horVoici un petit proces qui n'évoque pas de sanglants
ettranquille tablean; c'est un acle rl'accusation.
reur des a·ociennes coutumes de Porto-Novo, coutumes
Daos la matinée du 26 février dernier, daos ce paisible souvenirs : il y est bien question aussi de violences et de sanglantes que n'ont encore pu faire disparaitre du DachAteau rle Baíllard, 011 trouvait quatre cadavres cou- mutilations, mais la victime est un article de revue, et homey le zele des missionnaires et des agents européens,
,erts d'effroyables blessures: M. Bugad de Lassalle, un le cas est moins tragique.
et que, heureusement, nous avous trouvécs abandonM. Delprat, un spirituel avocat, journaliste a la plume
,ieux célibataire agé de soixante-quatorze ans, son donées dans notre nouvelle possession. Ce qu'il serait égamestiqne et deux femmes de service avaient été 11ssas- vive et fine, par-dessus le marché, rédigeait dans ces lement impossible de revoir dans cette derniere, ce sont
ainés pendant la nuit. La sanglante besogne achevée, les derniers temps la chronique politique de la Revue Na- les scenes assez sombres dont la lagune étaít jadis le
assassins, avant de sortir de la maison, avaient bu et tionale, dont M. Charpentier tient le sceptre.
théatre, car elle aussi asa légende d'horreur et sessouLe 9 juillet parut un articJ.e signé de lui.
mangé.
,enírs de cruauté. Comme le Bosphore aConstantinople,
M. Delprat eut quelque peine a reconnaltre son oouLe chateau de Bail\ard s'appelait aussi daos le pays la
vre. Plein de confiance, il l'avait laissée la veille aux et le lac d'El-Baheira, dans la régence de Tllftis, elle a
Jraúon d'o,:. 11 y avaít de bonnes raisons pour cela:
souvent serví de linceo\ aux remmes adultere! et a leurs
ll. Bugad de Lassalle, qui VIvait avec beaucoup d'éco- mains de M. le directeur; vingt•quatre heures apres, íl complices, et vengé ainsí \'insulte faite au roi ou a de
Ja retrouvait prodigieusement éhangée, et point a son
nomíe, y entassait les revenus de ses terres, qui lui rapgrands cabéceres. Ces .rigueul'll ont cessé, et les habiporlaient de douze a quinze mille francs, et y accumu- avantage, s'il faut l'en croire. lnlaginez-vouf un enfant tanls de Porto -Novo se contentent maintenant de faire
que son pere retrouverait, apres une courte absence,
lait un trésor dontil était le gardien plutot que le ma1tre,
payer une amende au séducteur, et de renvoyer a sa
horgne, bolteux ou manchot; certes, la s11rprise ne sesuivant l'beureuse expression de M. le procureur général.
famille la femme coupable, doot ils s'adjngent naturelM. Bugad de Lassalle était l'oncle de M. Latour Saint- rait pas des plus agréables.
lement la dot. Au reste, a Porto-Novo, les liens du maL'écrivain se facha, pria M. Charpentier d'agréer sa
Ybars, l'auteur de Virginie,
riage sont généralement respectés. Les moours, si reladémission et d'insérer dans le plus prochain numéro
0n a retrouvé, apres le ·crirne, soixante-quinze mili e
chées sur plusieurs points de la cóte, sont meme assez
de la Rev~e une lettre ou il expliquerait les motifs de sa
francs en écus et deux mille trancs en or; les grosses
bonnes ici.
IOlllmea étaient placées dan8 delJ placards et daos une retraite.
Comme tous les noirs, les Porto-Noviens sont fous de
M. Charpentier accepta la démission et refusa l'inserarmoire ou il était facile de les découvrir; mais on supmusique. Leurs musiciens sont, ainsi que chez tous le.s
poae que les assa~!inll avaient mis tout d'abord la main tion de la lettre.
peuples barbares, également poetes. On les nomme
De la proces. .
1111' une proie ássez riche pour Jeur óter meme l'envie de
griots. Les chefs en ont toujours quelques--uns a,ec eux,
Devant le Tribunal, M. Charpentier s'étonnait fort
po1198er plus avant léur8 recherches. Peut-etre aussi
qui sont chargés de chanter leurs hauts faits et de met"8ient.il&amp; trop chargés d'argent pour en emporter da- qu'on songeat a !ni contester le droit de couper, .ta(lle.r tre en musique leurs nrtus. Les instruments avec leset modifier des articles llestinés a une revue dont ti eta1t
quels les griots procedent a cet exercice artistique sont
•antage.
Deux bommes ont ét,é arrété11 et traduíts devant la le directeur, alors qu'il le jugeait absolument nécessaire. peu variés; ce sont des tam-tam sur lesquels on frap~e
CGar ~'wiselJ de l'Ariége: l'un est un boulaoger, vo- (( D'ailleurs, ajoutait•·il, quelques-uns de ces change- avec fureur. Mais c'est moins par ce tapage que le gr1ot
lear en rupture de ban, nommé Jatques Latour, l'autre ments, quelques-unes de ces coupüres n'avaienr pas la Conde sa réputation, que par la finesse et la variété de
moindre importance. ll
•
1111 bereule de foire oommé Audouy.
ses improvisations, qui sont partout assez remarqua- « C'est.votre avis, soit, ré;iondait )(. Delprat, ma1s
II Le ptemier a quarante-sept ans; le second, quaranteble11. ( Voir la ,aote ti la~ de l'artitlc, fHIQC i38 ).
ce n'est pas le mien. ll
huit ans.
'

�136

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN lVERSEL.

Ces habitudes annoncent suffisamment un peuple doru:.
« 11 est si paisible, nous écrit-on, que son gouvernement n'a
meme pas d'agents de police. )) ·
11 existe cependant a Porto-Novo, comme en Belgique, en Espa' gne, et comme ailleurs, des gardiens de nuit {Ambétos), qui sont
chargés de la surveillance. Ces hommes, enve!Óppés dans de grands

~

L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

manteaux de paille, poussent des cris lugubres en se promenant
daos les ditférents quartiers de la capitale. Parfaitement tarmés
et marchant presque toujours par groupes de trois, ils exécutent
'rigoureusement leur consigne. C'est a leur énergie, a leur active
surveillance, que l'on doit l'avorternent d'un petit complot qui, en
juin i863, devait révolutionner le pays. Grace aux Ambétos, plu-

qui luí sert d'abri; les pretres l'y suivent et, a huis-elos, choisissent la peine qui doit etre pronoucée, laquelle consiste ordinairement en une amende proporlionnée aux ressources clu condamné. Pendant ce temps, un tam-tam bat a rompre les oreilles, afin de
produire uqe impression plus terrible sur le public qui écoute en
silence, mais qui, la sentence rendue, se dédommage de son atten-

137

tion respectueuse par les hurlements les plus frénétiques et les injures les plus grossieres a l'adresse du coupable.
IV.

La capitale de Porto-Novo est située sur l'une des petites pres-

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B C0:.,011 SV!ff TO//
CHOEUR !Jll ~'li.Udl~S.

sieurs des conspirateurs disparurent saos laisser
la moindre trace,
et tout rentra daos
le repos.
Cette innocence
n'est pas si complete pourtant, aPorto - Novo, qu'elle
permette de sepasser ele j uges; mais
il n·y a pas de tribunaux : comme
chez nos afoux
gaulois, la j ustice
se rend sous les
arbres, sous les
yeux memes de la
Divinité, le magis-

Lll COUSIN DU ROi.

~ =2 ::.::__~~~

~~-=·
-~-

- ~_':,&gt;•

1

MAHOlllÍTAN.

ment coupahles, car il clcvient évidcnt alors, pour le
fétiche et po•1r les pretrcs,
qu'il n'y a pas eu mauvaise
intention. Aussi, arrive-t-il
quelquefois que l'ou puisse
voler son YOisin et battre
~a fcmmc saos cncourir la.
sévérité des lois ... Mais il
en coute.
La j•1stice est rcndue
nvcc les formalités suivantes : un pretre s'assied sur
les talons et l'on póse sur
sa tete le fétiche, espece

rer en sa faveur
les foudres du
die u de la j ustice, en luí fais:mt une oflrande préalable, et
i1 y a des coquins qui savent
user de ce moyen
avec tant de générosité et de discernement qu'ils
sont renvoyés
sans punition ,•
quoique notoire-

,' 1

TÉTE D'.ESCLA Vil.

CllOBUII DI! GUllRRIRRS,

trat tles Porto-Novieus. Par suite, ce sont naturellement
les féticheurs qui servent d'iutcrpretes entre le coupable et
leur juge invisible, dont le juge!Dent a ceci de supérieur
sur ceux que prononcent les magistr'ats européens, qu'il
cst infaillible, et '
qu'il permet de se
passer de ces cours
d'appel et de cassation que l'Europe s'est fait un
scrupule d'établir.
Cependant, comme il est avec Ir.
ciel des accommodements, il n'est
pas défendu a l'accusé, si nous en
croyons l'un de nos
corresponclants, de
chercher a modé-

qu'iles de la lagune; on y parvient, de la mer, lorsqu'on
a traversé ·1a bande de terre qui sépare l'Océan des
eaux douces de la lagune. La navigation du vastc lac
que cette deroiere constitue est, dit-on, d'un parcours
assez difficile; en
simple canot, elle
est meme tres-dangere use, car la lagunc sert de séjour a quelques
hippopotames et a
de nombreux caimans. On arrive
cnfin a la plage de
Porto--Novo. Ríen
de plus curieux
que le spectacle '
dont on jouit en
débarquant, lorsque c'est jour de

1

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---

VlliUX Nlit;I\K.

rie grand cylindre en bois
reconvcrt de morceaux cl'étoffe, d'orocments ele Loutc
sorte, et rr.nfcrmant !'esprit
de la Divinité; le prévenu
se mct a genoux devant hii
et écoutc avcc le plus profond respect les. impi'écations et les malédiclions
qui retomberaient sur luí
et sur sa postéritéj s'il clé-guisait la vérité; il cst ensuite interrogé et avoue
son crime; le fétiche est
alors rentré daos la case

Tf:Tll D'HOmrn.

?:.,.._
...:~{il:1.;~
... •r.....:.:::.;. 7~.
~ ,•

:.:..-- -:..

•

.

prince du Dahomey, et vit
sur les terres de ce mulatrc, qui, en se rctirant au
Dahomcy, a généreusement
abandonné a ses anciens
serviteurs le produit ele ses
immenses propriétés. ll
Porto-~ovo cst moralement diviséc en deux circonscriptions : la villc hante, presque cxclusivcmcnt
habitée par les Gégés, et l:t
vi lle bassc, ou les petits
traitants étrangers, noirs du
Brésil e~ de Sierra-Leone,

GO-CO:iG, LE SONNl!UR,

les produits de la
terre, qu'ils cultirent avec beaucoup de soin. Ce
sont eux aussi
qui transportent
a la ville le sel
fabriqué a la
plage de PortoNovo. « Sur ce
point de la presqu'ile, dit M. Gellé, chacun est ou
a été esclave cl'un
Saint - Domingo,

foire. On se trouve
aussitot littéralement pcrdu daos
une flotte Je pirogues, conduites
avec une adresse
merveilleuse par
des noirs, d'aillenrs célebres dans
le pays, les piroguicrs d' Aboupa,
qui apportent au
grand marché de
Porto-Novo les belles • poteries et le
bois de chauffage
·des districts voisins; ou bien, si
c'est la saison,
l'huile de palme et

TlTE DE Fl!M.ME.

~ont melés iI. la parl.ic commer~ante de la population
indigcnc et des noirs Ayunos. Administraiivemen t,
la capitalc cstsubdiviséc en
un ccrtain nombre de quarticrs, ou salams, inrga.1a de
grandeur, et commandé~,
s,uivant letJr importancc,
p;u· des cabécercs. Le pri•mier aspect en cst :is•cz
séduisant, car les quartiers
sont séparés les uns des autres par de larges rucs
ou de grandes places de

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.
L' 1LLUSTRATlON, .IOURNAL UNIVERSEL.

espérances, avant qu'il en ait vu' se réafüer une seule.
L'exposition ajoote a cet heureux effet du titre: le riDestiné a toujours semer 'eta ne récolter jamais, il n'a•1ra
deau se leve, et vous voyez un patissier qui, profitant de
toute fa~on, les cieux lui sont rudes. De Ui., tout l'ina;.
pas plutot formé un chanteur ou une danseuse, qu'on les
forme circulaire; celles-ci, ombragées par des arbres paratoire coofiée, en i 856, a M. le capitaine de frégate tendu du paysage. La rapidité du trajet en chemin de fer
la liberté des théatres...
lui prendra a sa barbe. Cette chasse aux acteurs, qui
magnifique~, servent, a l'occasion, de lieux de vente ou A. V¡tlloo, et remplie par r.et officier avec beaucoup de n'atténue pas, comme bien' vous pensez, la hrutalité des
-Allons, vous dites-vous a vous-meme avec un sou- travcrse l'action daos toute sa longueur, est une idée
de points de réunion dans les jours de réjouissances pu- tact et d'habilcté, un trailé d'amitié et de commerce a été transitions : celle vue a vol d'oiseau les acceotue et les
pir, le titre ne m'a pas trompé; comme Je m'en étais noo-seulement comique, mais encore d'une observation
bliques. Les maisons qui les entourent, couvertes en signé récemment entre l'Empcreur des Frao~ais et le condense. La ligne du Nord-Espagne a deux chaines a
Oatté en sccret, c'est bien de la liberté des théatres qu'oo
tres-juste et surl" ut tres-actuelle. A elle seule, elle pouchaume et d'une forme aussi bizarre qu'irré"uliere roi Ghézo, traité qui nous ouvre une contrée que oous franchir, une a chaquc bout : les Pyrénées au Nord, le
va m'assommer toute la soirée.
'
o
'
ne
saurions
plus
se
laisser
refermer
a
notre
reli~ion,
a
vait défraycr to1, ne picce; mais les auteurs auront
n ont généralement qu'un rez-de-cbaussée divisé en pluEh bien! voila justemeot ou reside la grande habileté
Guadarrama auSud. Celle-ci sépare la Vieille-Castille des
ootre
commerce
et
a
notre
influence.
craint sans doutc dt ,aire concurren ce au Direcleur dans
sieurs chambres; elles son t (dilférentes en cela de celle~ de
des auteurs : les trois points suspensifs que vous venez l'emban·as, aussi l'oot-ils etracée sous une multitude
plaincs ou ~fadrid est assise. Mais la plus méridiooale
L.
Il&amp;NARJ).
la presqu'ile, qui nesontqu'en bamboas) toujours baties
de compter plus haut, marquent daos la piece le poiot
des deux n'est point celle qu'oo pourrait croire. Comme
d'iocidents, d'ou oous ne chercherous plus désormais a
en belle terre rouge qui prend une grande dureté a•1
meme ou il commence a o'etre pas plus questioo de la
. Nous doooons ici. a litre de •pécimen de la simplicité de la mu- tous les versants des hautes chaioes tournés vers le so•
démeler.
soleil.
,ique de ,.,. cootróes, un air, - eat-ce bito un air? - que les femmes. leil, les Pyrénées espagnoles sont riches de verdure
liberté des théiltres que de la liberté de la boulaogerie, la Au
précédent bleau succede un foyer de comédiens,
Malheureusemeot, toute médaille a son revers. Le re- repetenl eJl cb&lt;l!ur peodant oes heuros enllere,.
de
la
boucherie,
de
la
presse,
des
ncgres,
ou
de
toutaupleioes de promesse~, que la plaine ne tiendra pas. A~
ou
se
répete un opéra du ma¡;stro Cahocini, lequel est
vers de Porto-Novo est celui de la plupart des villes de
---ca:--X. Y. Z.
tre couronnemeot de n'importe quel édifice.
cootraire, pour figurer la Sierra castillaoe, évoquez les _,odeT
en
perpétuelle
dispute avec son librett\ste. Bcureuscmcnt
J'Orient, d'ailleurs : la malproprelé. Ainsi, on ne peut
Or, naturellement, vous ne pouvez vous croire si heu- arrivc Mou~seline, disons M11' Vernet, une debutante
tableaux les plus apres, les plus mélaocoliques des réparcourir la ville sans y rencontrer de nombreuses exOBSIQUES DE Jme LA PRINCKSSE CURTORYSU
reux. Comment supposer que MM. Clairville et Cogniard d'uo talent et d'une gentillcsse hors ligne, qui avec un
gions alpestres les moios clémentes : cette mont~e de
cavatioos, cloaques impurs, ou se ca.:hent les immondiaient si bien deviné votre éloignemeot pour des quesSplügen, par exemple, et son funebre paysage. C'est la
·
1,e24 aotitont eu lieu,a Saint-Louis-en-\'lle,les obseques tions si abstraites, si eonuyeuses, meme discutées avec joli couplet, chanté a merveille,
ces du voisinage, et qui empestent l'air de miasmes pumeme dévastatiou qui pese a l'Ame, le meme désert a
la
princesse
Czartoryska,
filie
de
la
reine
Cbristine.
trirles et déléteres. La nature, heureuscment poar les
pei:e de vue, le meme aspect granitique et solitaire,
enjouement !
Met les laideurs d'accord en charmant l'un et l'autre.
Hne nombreuse assistauce, composée de !'élite de
Européens, a mis le remede a. coté du mal, c'est-a-dire
Eh bien! c'est comme cela, pourtant; cette répuet Jusqu'aux moraines grises, roulées, usées et mises en
igration polonaise et de la haute société espagnole, gnance, ils ne l'ont pas seulemeot devinée, ils la partaune multitude de petits vautours noirs et puaot3, qui, a
las par les cataclysmes séculaires.
itempressée de venir s'associer par sa présence a la gent, ces Roger-Bontemps; aussi a chaque nouvelle
Grace a elle, sans doute, l'opéra aononcé va-enfio
rexemple &lt;le leurs frcres emplumés des villes hispanoLa plaioe tieot de la montagne, et de plateau en plaeur des deux familles. La jeune prrncesse Ladislas, scene, a cbar¡ue nouveau talilcau, nouvelle craiote de éclore au grand jour de la rampe. Nous ne sommes
américaines, se chargeot ici de la propreté de la ville.
teau inse[\siblement la continue. Les villages sont rares,
LE CREM.lN DE FER DE PARJS A MADRID.
ée a Paris le i 9 aout i 864, daos sa vingt-oeuvieme votre parl et nouvelle surprise agr&amp;able, et ainsi de suite plus au fo)·er des acteurs, mais bien au théalre. Le
Seuls moyens et instruments d'hygiene, ces aniinaux
les maisoos semées a loogues distances, les ruisseaux plus
ée, était la sreur de la princesse del Drago, aujour- en crescendo, jusqu'a la fin. Et ce o'est pas un médiocre maestro vient se placer au pupitre. L'orchestrc joue pour
s'acquitleot en conscience de leurs fonctioos, que la loi
AU DIRECTEUR.
rares que les maisons. On peut compter les chenes raui filie uoique, issue du mariage de la reine Chris- tour d'adresse que de faire faire aiosi au spectateur ouverture une charge tres-réussie de la musique ita"'•drid, U 1001,
protége en punissaot d'amende trcs-lourde la mort de
bougris ou les píos de mince venue qui coupent de
et du duc de Rianzares. Elle ne laissse qu'un fils, tous les frais d'iotéret d'une comédie, que de fonder lienne, ou plutot une cacophonie a mourir de rire. Onreces intéressants oiseaux.
loin en loin l'horizoo plat et moootonc. Le sol cst jaune
Moosieur,
cela
s'appelait
rever
autrefois;
aujourd'hui,
sur son humeur l'unité tl'un ouvrage, fort spirituel, as- commence l'ouverture dont le maestro a corrigé, il deprince Auguste Czartoryski.
C'est le panorama de cette ville singuliere que repréet desséché, le passant peut croire que la culture en 1st
cela
se
nomme
voyager.
Le
magicicn
qui
nous
condoit
L'egli!ci
de
Saint-Louis
était
entierement
teodue
de
surément, ruais qui, sans ce líen, pourrait sembler un vrait dire txagéré les fautc,, aprcs quoi la toile se leve,
sente le des5in que nous avons donné dans le n• i i20.
baonie. Mais ce1te terre, pour etre bclle, n'a besoio ni
se
plait
aux
choses
irupossibles;
il
en
a
l'audace,
la
puispeu décousu.
et nous assistons a une parade de la sérénade du Bar·
avec
draperies
lamées
d'argent,
et
chargées
du
chiíA gauche, soot les factoreries européenoes, en
de l'homme, ni des arhres, ni des eaux. Un ciel d'un
saoce,
et,
ce
qui
est
bien
heureux
pour
les
curieux
de
et
des
armes
de
la
maison
de
Czartoryski
et
d'
Amtele desquelles se trouve la factoreri~ de la maiJe. sais hien qu'en révélant ainsi, des Je début, un biel'.
bleu profond se déploie sur ce désert, le soleil lui sert
de Rianzares. Le corps de la priocesse avait été dé- procédé qui o'est pas ce que la piece a de moins neuf,
Cctte pararle, qui n'est qu'un cadre a toutes sortes de
son Régi ·, de Marseille; daos le fond apparaisseot notre sorte, la coquetteric. Le voyage est remplacé par de manteau. Une lumiere chaude et transparente envele
tourbillon
:
on
s'endort
a
Orléans,
on
se
réveille
de.
snr
un
magnifique
catafalque
placé
au
milieu
de
je
prive
l'aoalyse
que
feo
vais
faire
d'une
grande
partie
folies,
d'encbantemeots et de tr•Jcs des mieux imagioés
les forets de palmiers, source do la fortune du pays.
loppe, colore, transfigure toutes choses. Les cootours
oef de l'église, eotonré d'ifs enllammés.
de son intérel; mais, saos cette indiscrélion, l'on aurait et exécutés, a pour principal agrément
une sorlc de
Entre les factoreries et la vilie indigene, se trouve vant l'Escurial. Quaodj'étais petit, j'accrochais au nuage sont plus fins, les aretes plus vives, le roi Soleil est ici
11
Le deuil était coodmt par le prince Ladislas, mari de pu s'en prendre a moi si, par hasardt l'exposé de ladite Chérubin, qui o·est autre que M • Silly, autant du
un beau plateau assaini par la brise, et que le gouver- qoi passait mes songe~ eníaotins, et je m'eo al\ais sur chez lui. C'est lui qui doooe aux moutagnes lointaines
nement fran~ais s'est réservé pour y construire les éta- les ailes du veot vers les terres incoooues. Mais quelles ces profils de marbre rose, aux premiers plans leurs tone 11 pnncesse défunte, par son frere Witold, et leur cou- piece n'avait pas tonl a fait répondu a ce que j'ai dit de moins qu'il est pernii, de l'affirmer, daos la confusion oü
légendes, bon Dieu: resteroot a nos eofaots? L'bippotin le prince Constantin, accompagnés de LL. AA. RR. son prodigieux succes&gt; et je ne me suis pas sentí de vous jclte le nombre infini d'acteurs et d'actrices qui
blissements qui luí sont nécessaires.
griffe est en retrait.d'emploi, la sorciere a brisé de dépit dorés, a la plaine sablonneuse la majesté d'uo paysage lt comte et la comtes.~e d'Ar¡uila et leurs eofants. La force a courir ce dauger, par pur dé"oucment pour un fígurent daos la picce, et y changent a t-0ut momeot de
Un autre dessin donne une
idée
de
l'activité
qui
reane
.
o
oriental. Ríen ne trouble le silence des plateaux endordans une fa~torerie. Les iodigenes apportent l'huile daos ~a fo:le et classiquc mooture. Nous avons mieux que cela. mis sous les feux du jour. De temps en temps une tenla comtesse Dzialynska, née Czartoryski, belle-sceur de la ouvrage que ses auteurs, aussi spirituels que modestes, costunw, de voix, d'age et meme de sexe.
•
L'air de violon, joué avec quel rncces,je l'ai déja dit,
de grands pots de terre ; on en verse le contenu daos On n'entend plus passcr daos les nuits obscures la ronde avec un peu d'ombrage, un puits, quelques vachcs pais- défuote, et la priocesse Marceline assista:ent aux obse- appellent eux-memes un salrnigoodis.
iufernale
des
chasseurs
noirs:
pour
aller
plus
vite,
la
bal~es
daos
une
des
chapelles
latérales
de
l'église.
Je
disais
done
que,
fort
de
la
nouvelle
liberté
des
l'opéra
semble n'avoir plus qu'a suivre son cours, et la
des mesures spéciales, placées sur un pet1t échafaudage,
sant l'herbe rare. Assis sur un a.ne de grande taille, un
lade
a
pris
t1lace
daos
les
bagages
du
train
rupide.
De
..
Le
corps
de
la
déíunte
est
resté
exposé
daos
l'église,
théatres,
un
patissier
s'est
mis
en
tele
de
comblcr
ses
perspecfüc,
fraochcmcnt, n'est pas trop ra.~suraote;
d'ou elle coule daos des futailles que l'on emmagasine
Castillan en vclours noir se voit de loin sur le sentier ~·ou il sera porté daos le caveau funebre de la tamille praliques, en leur donnaot la comédie en meme temps mais tout commence et commence bien,dans cette piece,
¡mis
loogtemps
déja
il
n'y
avai~
plus
de
fleuves;
aujourjusqu'a leur embarquement. Cctle partie d'uoe factoresans ombre. Daos uu pli de terrain, des ten tes blanches
que des petits patés. Or, a peine a-t-il fait d'exccllents et ricn ne finit. Quoi de plus charmaot! toujours des déH. C.
rie, que l'oo appelle le mesurage, est le point de réu- d'hui, ni Alpes ni Pyrénées n'y tiennent; le serpeot de sont dressées; on dirait d'un douar arabe. Au milieu, les ~artoryski ou en Espagoe.
reu
gravit
lescimes
les
plus
hautes;
ilrampea.800
metres
artistcs de Fortenquille, son chef de fourneaux, et de buts, des prémices !
oion des désreuués, qui viennent savoir des porleurs
booufs aux longues cornes, attelés deux a deux, fouleot
Cydalise, sa jolie caissicre, qu'un diahle de voisin lui enCette fois, c'est le régisseur venant annoncer que le
d'huile quelles sont les nouvellcs des en~irons; on y fait daos les Pyrénée&amp;, a i ,400 metrcs daus le Guadarrama; lentemcnt les gerbes amassées; un bouvier, l'aiguillon
il
se
joue
des
courbcs
et
des
peo
tes.
De
SaintSébastien
leve
toute
sa
troupe,
en
vue
d'ouvrir
lui-meme
un
resténor,
ayaot étourdiment contracté a Grenelle un engade la politique; on y discute les prix de !'huile; c'est
CAUURUI DRli■ATUQUI.
a la maio, est deboul sur la planche que l'attelage ena
Madrid,
ce
sout
des
merveilles,
des
audaces,
des
vertauraot-dramatique
ou
un
théatre-restaurant.
gement
a heure fixc et avcc dedil, il ne saurait conlinuer
une bourse indigeoe. ·
traine. Sur cette terre primitive, oo bat encore le grain
Lascene change sur ce rapt odieux, ct,en avant d'uoe de chaQter son rule. Quclqu·uo pourrait hien le lire a
Les plus courtcs folies sont les meilleures, dit le proA l'époque ou M. l'amiral Didelot vinta Porto-No,o., il tiges : ce cbemio-ci fait des folies. J'ai compté, daos un comme daos la Bible; mais le travail n'est ici CJU'un ac~
s'y faisait, iodépeodammeot du commerce de l'huile, un espace de 50 kilometres, dix-huit poots et viogt-sept cident du paysage; la Vieille-Castille est surtout guer- terbe, el la sagesse des natiohs n'a.jamais mieux parlé, toile de food, qui est tout simplement un chef-d'amvre sa place, mais on a pensé que le public aimPrait mieux
trafic non moins important de cauris. Ces &lt;lerniers sont tunoels, qui se melent et s'entrclacent; on passe inces- riere. Pour une fcrme, on y compte d1x chateaux-f!)rts. i moa avis; mais il manquait a cette regle une excep- de clair-oliscur, elle nons mootre la devanture et les passer tout de suite au ballet, et aussitót les décors dP
de petits coquillages tirés de Zanzibar. Jres-répaodus sammeot du souterrain au précipice, et du précipice au Les tours sarrazines, aux créneaux pointus, soot la rn,ie tioo qui la confirmat. Celte preuve, si souvent et si vai- abords d'un simple restaur1nt-café, rendez-vous babi- changcr, la place publique de Séville de fairc place a
des jardins dignes d'Armidc ou d'Alcine, et le ballet, un
entre les montagnes et la ron, et jusque daos le bassio souterrain. Entrevue de la sorte par échappées, inter- parure de la terre du Cid. Voici Burgos, Medina del aement tentée a nos dépens, cette preuve que nous re- · tuel des comédiens et comédiennes saos ouvrage.
La,
a
l'esquisse
des
éternels
ridicules
de
la
profes,ion
charmaot
ballet, de commenccr. Mais, sn~•ez tranquille
rompue
parles
ténebres,
accompagnée
du
bruit
formidable
doutions presque de voir se produire en été, le théatre
&lt;lu Níger, les cauris, qui représcnteot un millieme de
Campo, Avila, lieu1 héroiques, cent fois pris et repris,
ridiculisanle,
s'ajoute
ce
détail
particulier
et
tres-actuel,
le
ballet
lui-meme
ne Onit pas. A un elfct de jour spleoqui
remplit
les
voutes
sonores,
l'impressioo
de
l'abime
des
Varietés
vient
de
la
donner
aussi
éclataote,
aussi
franc, coostituent la seule monnaie des noirs, et óot
qu'aucun alliage moderne ne deshonore. Ici la folie du
que
la
plupart
de
ces
acteurs
se
soot,
faute
d'emploi,
dide
~ucccde
un
effet
de nuit plus splendidc encore,
est
a
son
comble.
Nous
franchissions
les
premiers
ces
décoocluanté
que
possible,
avec
la
Liberté
des
thédtres,
salcours sur les bords du lac Tchad, au Bornou, et mé!lle
cbevalier de la Manche apparait comme la chose la plus
improvisés
directeurs
de
théatre.
De
la,
naturcllcment,
avcc
un
jet
d'eau
dont
chaque
fusée, dont chaque goutte
filés
faits
de
maio
d'homme;
un
clair
de
lune
incompalligondis
en
six
actes
et
quatorze
tableaux,
de
MM.
Théoa Tómbouctou. Les navires européeos en apportcot done
oaturelle du monde. Avila,ou le cbemio de fer fait une
hausse
de
moitié
pour
le
moins
sur
la
valeur
des
camareflele
les·
cou)eurs
les
plus
variées,
les plus magiques.
rable
éclairait
la
scene
:
M.
Pereire
n'avait
rico
oublié.
autanl qu'ils peuvent en trouver. Toutefois, le rhum du
.pause, a neuf portes, et Je ne sais combico de tours. Pas dore Cogniard et Clairville.
rades
qui
sont
restés
de
simples
comédiens.
On
se
les
lmpossible
de
rendre
l'impression
de
ce tablcau sur le
Ce
n'est
point
l'astre
blafard'
de
no~
ouits
grises
du
Nord,
Quelle
soirée
!
jamais,
en
se
pamant
de
rire,
on
ne
s'éBrésil, cono u sous le oom de caha~a, et le tabac en rollos,
un créneau ne manque asa glorieuse enceiole, qui serdispute,
on
se
les
arrache;
ils
ne,saveot
auquel
coten••
public.
A
lui
seul,
daos
un
pays
de
sourds,
il assurerait
mais
la
vraie
Phrebé,
sreur
du
Jo1Jr,
aupres
de
laquelle
tait
laissé
tomber
avec
lant
d'abaodon
sur
l'épaule
de
sont, apres les cauris, les deux articles d'importatioo
pente sur le flanc d'un ravio profond, parmi de~ masses
le
soleil
de
londres
n'est
qu'une
lanternc
bumide
et
aon
voisio,
saos
distinction
d'age
ni
de
scxe.
Jamais
dre;
bref,
oo
Onit
par
les
mettre
aux
enchcres,
sur
la
a.
la
piece
u11
soeces
saos
bornes.
contre lesquels l'huile est traitée de la maniere la plus
Les aveugles, du reste, auraient leur rcvanche au tapale, la vraie )une des balcons et des sérénades, qui n'ef- de verdure. Sa catbédrale est un chateau:fort, un grand mouchoirs de pocbe n'avaient étaoché a la fois taot de motion d'uoe mere de danseuse.
avantageuse et le plus facilemeot.
couvent
couvre
l'approche
du
cbemin
de
ronde.
Det
lnv1tés
a
faire
Jeurs
preuves
séance
tenante,
ai-je
bebleau
suivant, ou la foutaioe enchantée est remplacée
Soit souveoir du passé, soit par un gofit riaturel (qu'on face pas les contours, mais les accuse, et qui laisse a carcpagnards, dont le coslume n'a pas chaógé depuil larmes de joie et de perles de sueur confondues. Jamais
soin
de
dire
que
p33
un
ne
se
fait
prier?
Loin
de
la:
chapar
les
Pupad de Ncuville. Ces marionoettes représeuretrourn cbez tous les noirs), les habitant.s de P0rto- chaque chose sa couleur. Nous passions, comme l'oura- cinq siecles, entrent et sortentsous la haute portl! maure. on n'a-vait ri de si bon cccur et si longtemps, daos une
que
sujet
débitc,
qui un couplet de vaudeville, qui un tées, - car ce sont a. présent les hommes qui se font a
gan,
au
travers
de
cette
visioo.
Sous
nos
piP.ds
défilaient,
étuve,
en
plei(l
mois
d'aout!
Jugez
done
par
la
de
ce
que
Novo, bien que doués d'un caractere doux et pacifique,
Le monde moderne n'a ríen afaire de cette baetille dan•
grand air d'opéra, qui une tirade de mélodrame. Une l'image des mar10onet1es, - ces marionnettes, dis-je,
aimeot beaucoup rodeur de la poudre, et oot un gout comme un mirage, les vallées ombreuses du pays basque, un désert, et comme il n'y a plus de chevaliers, ATila ce sera cet hi ver, car la Liberté des thédt,res vivra j ussoubretle
récitc une scene de Moliere, et, par paren- qui ne soot autres que Dupuis, Guyoo, Al. Michel et
les
villages
perchés
au
bord
de
l'eau,
avec
leurs
toits
que -la et bien au dela.
tres-vií pour les orncmeots guerriers et les armes de
se laisse mourir.
these, elle la récite etsurtout la rita ravir; et, lorsqu'oo Ando(, imiteot a s'y tromper la déclamation et les tics
Ainsi,
¡,ar
Jupiter
!
o
Athénie.ns
!
vous
l'avez
retrouvé,
plats
et
leurs
vieilles
églises,
les
torreots
bondissants,
luxe. Aussi, la poudn trouve-t-elle chez eux un débit
Mais je m·attarde, moosieur, et l'on va me laisser en
passe aux eocheres, la salle entiere applaudit aux prix de Frédéric Lemaitre, de Beauvallet, de Laurent, de Dutres-avaotageux, et l'on peut estimer a plus de quatre ou blancs d'écume, ao pied des graods rocbers bleuatres. route. Trois invités de la Compagnie vieoneot d'avoir l'i11extioguible rire des dieux d'Homere. Gardez-le bien,
ce
oaií
et
¡irécieux
rire,
qui
seul
,ous
manqua1t
encore
fabuleu1 ou elles montent sur la sccne.
maine, de Mélingue, cte., etc.
Celle
montagne
est
un
jardín.
Le
chatHignier
descend
11
cinq mille le nombre de, fusils, escopettes ou espingoles,
ce triste sort. C'était devant Medina del Campo. Cette pour égaler les immortels; et nou~, tachons de rexpliCepeodant, le rest:mrateur-dramatique, qui ne veut
Quant a M11 • Silly, elle contrefait M • Thérésa, la Cases
peotes
en
cascarles;
jusque
sur
les
sommets
les
pomexistant actuellemeot dans le seul district de Porto-Novo.
mésaventure, qui noOll vaudra un beau deEsin, puisque
pas perdre de temps, fait commencer tant bien que mal meuse étoile de !'Alcazar, de fa~on a se reodre, elles
Cepeodant, le tond du commerce sera peodaot long- miers plient sous les fruits. Cependant, la route s'éleve. B... est au nombre des victime~, fait le sujet des con- quer, sinon de le communiquer aux futurs spectateurs
la représentation de Don Quichotte, tragédie a la der- charmaote, pourtaot, presque aussi odicuse que son
temps encore l'buile de palme. Cette industrie est au- Elle ne jouait d'abord qu'avec la riviere, qu'elle franchit versations de cet e981im de Fran~ais bourdonmrnt que de la Liberté des thédtres.
jourd'hui entre les mains des Anglais de Lagos ; mais comme a plaisir. Apres les ponts snr l'eau et les viadac., le traio emporte. Qui a tortT le ,oyageur ou le cbemiD • Uche ingrate que d'expliquer ce qui fait rire, tache niere mode, dit-il. La scene, changée a vue, représcnte modele.
le fameux restaurant-théAtre, avec ~es spectateurs-conAu reste, bien d'autres caprices de la mode sont eoapres le traité passé entre l'amiral Didelot et le roi de sur les hautes vallées, les cimes désolées apparaissent, de ferT Grue question, mon11ieur, presque un ca,ua bella. daos laquelle IJOUS échoueroos, puiequ'Homere, luisommateurs
et
ses
ar.teurs
qui,
non•
seulemeot
ne
concore
mis en sccnc daos ce tableau, qui r.st d'un mouvememe,
n'a
jamais
pu
faire
comprendre
a
persoone
comPorto-Novo, il est vraisemblable que nos compatriotes les escarpements devienneot immenses, c'est le désert : M. B... était-il a,ertíT Anit-on aononcé le départ" &amp;
sommeot
pas,
mai~
encore
o'ont
rico
pris
de
toute
la
ment,
d'une variété, J'une habileté iocro~·ahles; c'est la
ment
la
seule
vue
d'uo
dieu
boiteux
avait
si
íort
égayé
sauront disputer ce monopole a nos concurrents. La noug sommes au col.
chacun de dire son mot mr celte FA¡,agne inhospitali~re, loutl'Olympe; mais d'autre part, que\ 11upplice pour des journée. Les pauvres diables, mourant de faim, s·ioter- perfcction du gcnre Revue. 11 témoigne meme, par exC'est la vraiment que l'Espagne commeoce. Cootl'aste
maison Régis, de Marseille, qui représente si brillamsur cette ~pagoe im~íble, 1ar cette Espagne qui a
rompent pour demauder a leur pulilic une part des \ ceplion, &lt;l'une intention dem1-satirique, el corumc d'une
ment ootre commerce sur toute la cote d'Afrique, a étraoge! Entre tous les pays du soleil, celui-ci est uoique le tort de ne pas Be déranger tout eotíere pour ,oír pal- gens gais, que d'entendre d'autres gens riant aux éclat5, mets sucruleoL, et des vins de prix rlont il se régale a certaine vclléité de justifier le litre de la picce dont il
en
son
genre.
Ou
plutot,
il
y
a
detu
Espagoes
:
celle
de
et
d'ignorer
ce
qui
les
flit
rire
!
déja fondé une factorerie qui prospere. Faisons des vreux
ser deux ccnts Fran~ais. J'entends oue ,011 forte qti
Done, a nos risques et péril~, essayoos au moins de leur barbe, et la représentatio~ de Don Quicholtn ~~il par \ cst le prin~ipal_ ornemcot. On pouvait d~ moins le c~ainpour que d'autres maisons de Bordeaux et de Nantes l'imt- Séville et de Grenade, qui est l'Espagne africaine, et l'Es- s'écrie : « Heureusement il y a des journalistes dan, lt
D&amp;rrer l'ioénarrable revue, car, au fond, c'estune revue, des noccs de Gamache, a la smtc dcsquelles le pat1s-icr, dre ... ou 1esper&lt;'r, en vo~·:mt un certam ballet ou les
pagoe
du
Nord,
qui
est
la
vraie;
la
premiere,
qui
n'a
tent, et ponr que la factorerie marseillaise devieooe bientram; la presse íera son de,oir ! 11 Je reconn1i11 une ,ots
reveoant sur l'eao, rarocne triomphalemeot sa troupe type~ du Théatrc-Fran~ais se confondent avcc ceux du
tot le foyer de nos idées et di! notre industrie, sur un jamclis su que chanter et jouir; l'autre, qui seule a com- connue, familiere aus habituét da Pal1~Bourbon, at de 1111. Théouore Cogniard et Clairville.
mélodrame des boulc~ards; mais ce n'a été qu'un éclair,
Et d'abord, disons que le titre e,t a luí seul un cbef- repentante et pac;sahlement... gaie.
poinl ou l'influence anglaise, nous l'avons &lt;lit, domine battu, pensé, vécu, mené le monde. Celle-ci réunit tous elle ne dit poiot d'ordioaire a la pre,ee tan\ de doucemt.
Mais
le
pauvre
homme
n'esí.
pas
au
bout
de
ses
tribu1
et cette ti mide allusion a1u essais classiqucs des théatres
d'e211.,re, un prodige d'habileté, en ce qu'il vous dispose,
déja d'uoe fa~oo inr¡uiét1nte. L'entrcpri~ renconltera les extremes; sous la latitude de Naples, elle est juchée Oh! monsieur, les Fran9118 ea ,oyagel on en pourral&amp;
lations
:
le
rideau
tombera
sur
luí,
coupant
en
deux
ses
Déj11:1et et de la Porte SainHlartin oat -rite fait place
et
je
dirai
meme
vous
force,
a
,ous
amuser
de
n'im
·
d'autaot moios de difficultés,que des lieos d'amitié nous plus haut que le mont d'Or. Du midi, elle ne connaitque faire un livre. Quelle pbilosopltie! 1¡uel sen11 ~111ml
rapptocbenl aujourd'hui du puissant voism de Porto- les ardeurs implacables. Le soleil la brule, il ne la ca- quelle biennillance pour l'étranger! On traite les b6- 110rte quoi.
No,o, du roí de Dahomey. A la suite d'une mission pré- resse pas. Elle grille en été, elle a froid en hi,er. De

138

~ en ,ille prise d'assaut et l'oo s'étonne de ,oír enses extravagr.nces portées sur la cartc ! Une ehose
ut inspire a nos compatriotes une indignation proe et bien sentie. L'Espagoe est une tcrre primitive
&amp;ere, ou la poli ce ne se monlre pas. On ne vous raoge
en troupeau dans les gares, on vous laisse, a vos
ues et périls, passer sur la voie; on ne vous dejaiide ni ou vous allez, ni d'ou vous venez; on vous
'te en bommes, poiot en enfants. Quelle misere,
nsieur, quelle sauvagerie si pres de nous ! quelle inieoce ! Un pays aussi dépourvu de sergeots de
¡lle n'est-il pas nécessairement le deroier pays du

~U-tf-l±t-4BiW

~*

I

�140

I

aux Pupazii, dont
le succes a été bien
plus général.
Ou voit ensuite
un nouveau tableau d'intérieur
dramatique, ou un
feuilletoniste éminent et un dramaturge hors ligne engagent un duel de
paroles, qui bientót se change en
une melée générale, ou ils sont a•
peu pres assommés tous deux, a
la grande joie du
,public, La Fontaine dirait du troi-•
sieme larron.
Puis vient une
nouvclle représentation d'un théatre, ou, ponr le
coup, ce n'csl plus
l'opéra, mais le
drame militaire
qui sert de ciblc
aux ltabiles 'tireurs
des Variétés. Nous
avon~ la, comme
au Cirque, ou
mieux encore, a
l'Hippodro r1e, la
prise d'nn fort de
Trich iribownowski,
ou quelque chose
d'aussi opulent en
consonnes. Naturellement, les Prussiens qui attaquent
ce fort sont battus
a plate couture par
les Frrrances; mais, apropos, ces
Prussiens bjlttus
par des Fran~ais,
ce choix d'un nom
polonais pour la
forteressc
altaquée... N'y auraitil pas la quelque
allusion politique
a des circonstances
qui, rapprochées
d11 couronnement
du roí de Camhodge et de la
haussc des fonds
nigritiens... Ah!
hien, oui ! ou ai-je
la téte? Tout cela
n'est a autre fin
que d'amener l'exhibition d'un tamb1ur-major.
.Mais aussi quel
tambour - major !
et quel ·soeces,
que! triomphc,
quelle apothéose
il a rem portée ,
ce tambour - major !
« Un grenadier,
c'est une rose, &gt;)
dit la chanson de
corps de gardc qui
eut, en i 807, tant
de vogue clans les
salons; maís nn
tamhour-major de
cette taille, de cettc
force, c'est un
bouquet, tout un

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION., JOURNAL UNIVERSEL.

i régiment de ligne (indigene);
bataillon de ch~seurs
(ídem);
i bataillon de zouavcs
(étrangcr);
batai\lon de carabiniers (idem);
2 escadrons de drago ns;
6 batteries d'artillerie
(avec des canons pour
i 2 batteries);
Et la gendarmerie.

mplete d'argent; les minis-

bouquet, le boa.
quet du splendide
feu d'artifice tiré
par ~lM. Cogniard
et Clairville. AlJ81i
ne m'en demande¡
pas davantage ¡·e
n '~n peux plus,' je
su1s éhloui, fasei,.
né, je vois des soleils, des cbandelles, des étoiles.
j'entends le ri~
cbarmant de 1111,
Silly; écrasé d'é.
motions' a peine
me reste-t-il la
force de répéter
que la Liberte des
théatres est, saos
comparaison ao.
cune, le grand, Je
·vrai, l'immense,
l'unique succes de
la saison.

A.

DE BEuor.

CORRESPONDANCE

italienna
Aü DIRECTEUR,

Rome , 15 aoilt.

11 y a quelque
temps, le pape a
été, vcrs six heures du soir, visiter
la caserne récemment construite au
Macao pour les
troupes pontificales. Sa Sainteté
paraissait complétemellt remise de
sa dernicre indisposition, et plaisantait gaiement
( ce qui est assez
dansses habitudes)
a vec les pcrsonnes
qui l'entouraient.
Le sourirc d'UD
souverai n est toujours, pour.la foulc,
l'indir.c de quelquc
bon ne nouvelle;
moi, je n'ai vu la
qu'un saint vieillard heureu1 d'avoir recouvré la
santé et de se retrouver au milieu
des siens.
La ,nouvelle ca. serne, qui peut
conten ir un millier
d'hommes, sera
payéeavec les sommes envoyécs par
le comité catholi-,
quede París. Quant
au terrain, i1 avait
été acheté précédcmment par Mgr
de Mérode, tt offert par iui au
Saint-Pcre. 11 cst
probable que !'on
doublera plus tard
les constructions
actuelles; mais aujourd'hui cela n'est
gucre possible, car ,
il y a une diseUe

Ut

co du reste, ~e s'en ca·u-es,

bent point, et a tous ceux
e ¡ tcur parlcnt de la situa11
~ ils répoñdcnt franchebo0'
.
roent : Eh bien! nous v1ro05 de dettes : J« Campe-.
' ..,,
r....0 di debiti l&gt;. e conna1s.
plus d'un gouvernement qm
vil eiactement de la mcme
msniere, et qui n'a pas le
couragc de l'avouer.
La petitc arruée pontificale
n'ofíre pas, a coup sur, un
LE COFFRE A. QUA.'l'RE CORNES: DEMI-GRANDEUR NA.TURELLE.
Les corps dans lesquels il
bien grand intéret au point
entre
des éléments étrangers,
de ,ue militaire; elle ne
néral,
quijugeait
assez
mal
la
situation
au
milieu
de
cette
comme
l'artillerie
et
les
dragons,
ou qui sont entierepossede ni frégates cuirassées, ni armes monstrueuses;
réorganisation,
et
en
quelques
heures
toutes
ces
peines,
ment
fran~ais,
helges
et
suisses,
comme
les zouaves et
¡ cbaloupes canonnieres, et pourtant, depuis quelques
toutes
ces
espérances,
tous
ces
millions
furent
perdus.
les
carabiniers,
posscdent
quelques
officiers
d'un vrai
années, on s'en occupe un peu parlout. Ceux qui en
mérite.
L'artillerie
a
pour
chef
un
homme
d'un
parlent s'échauffent memc a son sujet, comrne s'il
savoir
reconnu,
le
colonel
Blu-me11til,
et
le
minisétait qucstion de forces impQSantes; les soldats du
tre de la guerre a s11 placer pres de lui, comme
pape, condamnés par les uns, cxaltés' par les auaide de camp, un des meilleurs officiers de l'armée,
tres, sont devenus tour 11 tour des mercenaires sans
le colonel de Mortillet.
patrie ou des héros doublés de marlyrs.
11 serait tres-facile, avec un peu plus de disci-Ce n'cst point ici le lieu de discuter qui a tort
pline
et d'énergie, dP. rcndre excellentes les trou011 qui 1 raison, et de se prononcer sur une quespes
indigenes,
sur lesquelles les autres ont aujour~on qui fera probablement encore la fortune de
d'hui une supériorilé incontestable. Les soldats itaplus d'un libraire.
licns sont intelligents et deviennent ce .qu'on sait
L'l/lustl'ation ne béatifie personne, et laisse a
les faire. Malhcureusement, leurs officiers n'ont
d'a~trcs le triste so~ri d'injurier; mais il ne sera
pas les qualités nécessaircs pour le commandepeut-clrc pas saos intéret pour ses lecteurs Je
ment
: un langage trop familier avec leurs homconnaitre la situation militaire actuclle de ce petit
mes,
une
démarche paresseuse et endormie, leurs
pays, et le caractere de ses troupes.
.
longs
cheveux,
qu'ils divisent symélriqucmcnt du
Lorsq11e le général Lamoriciere vint a Rome, en
front
a
la
nuquc,
tout concourt a lcur oler celtc
1860, il trouva les choses daus un triste état. JI tui
apparence
martiale
qui plait au soldat; et puis on
rallut toute l'énergie et le talent d'organisation
les laissc se marier avec une si déplorable facilité,
qu'il ¡,~ssede pour épurer les administrations, éloique les affcctions de la famille l'emportent l,iengner les officiers incapables, rendre un peu d'actitót sur l'amour du métier.
vité aux employés de toute sorte, et trouver en six
En toutes circonstinces, a propos d'un ehangemois les chevaux, les canons, les éq uipements nément
de garnison, et plus encore en face du dancessaircs a une armée de vingt millc hommes. A
ger,
la
pebsée qu'ils laissent dcrriere eux ce qu'ils
force de volonté, i1 obtenait en quelques jours ce
ont
de
plus
chcr au monde, refroidit l'ardeur qu'il
qu'il fallait, avant lui, des années pour obtenir. Les
serait
nécessaire
de montrer.
ministeres, les administrations murmurerent bien
Qn'un
ordre
de
départ arrive, ce ne sont qÚe
de tous ces cltangements et de toutes ces nouveauM.
DESMARF.ST,
batonnier
de
l'Ordre
des
avocatt.D'aprés
un•
phot.
de
M.
Nadar,
plaintes
et
gémissements.
tés; c'était autant d'ennemis implacables que l'on
Si l'cnnemi passe la frontiere: Hélas! hélas! ma
se créait; mais le soldat, mieux nourri, mieux équipé, mieux commandé, prenait confiance en son chef, et I Aujourd'hui, l'effectif de l'armée, qui est a peu pres pauvre femme ! entend-on de toutes parls.
Et quand l'heu~e du combata sonné: Hélas! hélas!
ne se reconnaissait plus lui-méme de ce qu'il était aupa- \ ce qu'il était avant 1860, s'éleve a.8,000 hommes, et se
mes pauvres cnfants! - C'est a fendre !'ame.
ravant. La bataille de Casteludardo vint surprendre le gé- compose de :

I

\

�.

.
L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.
Plus que partout ailleurs, on pourrait citer ici ce (Jndes Orientale~)- Puisse un homme de l'art y trouver
vicux proverbe que j'ai souvent entendu répéter en des éléments propres a concourir a la solution du diffi.cile probleme qui est pendant : quel est le meilleur type
Belgique:
a adopter pour les navires cufrass~s et blindés? La natore
Bon soldat, maut•ais papa; mauvais papa, bon soldat.
Cependant, si les officiers indigenes manquent essen- a été, est et sera toujours notre grand maitre en toutes
tiellement de qualités militaires, ils ont un coté original choses. ·
Le coffre a quatre cornes (ostracion cornutus, ou ostraqu'il est curieux de signaler, et qui ne peut leur etre
disputé par aucune armée d'Europe; c'est une aptitude cion quadrangularis ac11leis), est le modele le plus parfait
extraordinaire pour les choses d'art. 11 y a parmi eux que présente la nature des batimeots cuirassés et bllndes peintres, des sculpteurs, des poetes, des musiciens dés mus par !'hélice et la va peor. 11 peut également devenir un modele pour des batiments de g11erre sous-marins.
d'un vrai talent.
Le coffre est un habitant des mers intertropicales. U
J'ai vu un projet de monument, le travail d'un simple
a
peu
de chair, mais elle est bonne. 11 est carnivore. 11
lieutenant du génie, qui est bien plutót l'reuvre d'un ary
a
plusieurs
especes de coffres; les uns n'ont qu'une
tiste que celle d'un solfat.
Un capitaine_d'artillerie, M. Muratori, un, nom céle- corne, d'autres en ont deux ou ~uatre, quelques-uns,
bre, écrit pour le théatre de charmantes comédies, dont enfln, en sont to11t a fait privés. L'espece a quatre cornes
est la plus intéressante, parce qu'elle est plus la complete.
quelques-unes seraient applaudies en France.
ll scrait, comme vous le voyez, plus facile peut-etre C'est, en effet, le poisson le mieux pourvu pour l'attaque
d'écrire l'histoire artisti~ue de cette petite armée que comme pour la défense.
Ce poisson est, peu connu en Euro pe, bien qu'il ait été
d'en publier les annales militaires. En sornme, tout cela
a fort bon air sous les armes, tout cela marche, ma- décrit par Marc Eliéser Blocb, dans son lchtbyologie
nceuvre, fonctionne régulierement sous la direction (Prem. part., page H3_. pi. CXXXIV). Le savant prossupreme de Mgr de Mérode, toujours inspiré, dit-on, par sien parait, du reste, avoir décrit ce singuli11r poisson
(c'est l'expres&amp;ion qu'il emploie), plutót d'apres un desle général Lamoriciere.
sin
qu'en ayant un sujet ~ous les yeux. Notre savant
Ce n'est pas sans peine que le ministre de la guerre a
pu conserver intacte l'armée dont il est le chef. De tous ichthyologiste, l'excellent M. Duméril, a bien voulu me
les cótés on l'attaque saos pitié, et ses adversaires sont communiquer les coffres que le Muséum de Paris possede
nombreux daos le sacré collége; ils l'accusent de de- dans ses riches collections. J'en ai vu de fort heaux,dans les
penser mal a propos les deniers de l'Etat, quand les especes autres que celle a quatre cornes. Dans cette esrevenos soot loin d'égaler les dépenses; mais lui, certain pece, les deux plus grands sujets du Muséum n'ont, a
d'étre soutenu par le Saint-Pcre.) que son esprit amuse peu pres, que les dimen.sions de celui que j'ai rapporté:
et distrait, passe sans crainte au milieu de ses ennemis, longueur totale, om 278, savoir: cornes frontales omo21,
et déjoue en souriaot toutes les intrigues. 11 a pour se corps, om¡ 30, queue et nageoire, om i2L Le coflre dédéfendre m1eux que l'épée la plus acérée, car il possede crit par Marc Eliéser Bloch a {5 pouces, la longueur de
la queue comprise. Cette dimension me parait considé..
une tangue a deux tranchants.
Cependant, ceux qui condamnent le ministre, sunt rabie pour cette espece.
bien forcés de respecter sa personne. Mgr de Mérode est . Le corps de ce poisson est complétement recouvert
un homme de bonne foi, integre et de mceurs irrépro• d'une armure formée de boucliers polygonaux, encadrés
chables, vertns q11i, a Rome, se font bien vite remar- par des bordures de tres-petites perles qui les unissent
quer. 11 n'a ni brillaots équipages ni laquais dorés, et · entre eux. ll est armé de quatre cornes droites et sail•·
si, par hasard, on se trouve invité a sa table, on risque !antes, deux a la tete et deux pres du rectum. U a, a
' Cort de faire rnaigre ch ere. J'avoue quo j'ai un faible peu pres, la forme d'un bateau triangulaire et ponté, a
pour les ministres chez lesquels on din e aussi mal; s'ils varangue pi ate et aux formes fortement rentrées au-desposse,deut personnellement une grande fortune, cela sus de la ligne de flottaison. 11 rappelle l'aspect de cerprouve qu'ils emploient leurs revenus a quelque ceuvre tai~s vaisseaux de l'époque de Louis XIV.
Les parties tendres, ou les organes génitaux et les
plus utile et plus sér1euse; et s'ils sont pauvres, c'est
yeux, sont particulierement défendues par les cornes.
une preuve sans réplique de leur honoéteté.
Mais il existe un revers a ce caractere fortement Les nageoires, ou les moyens d'action, sont protégées en
se repliant et en s'appliquant le long du corps, déprimé
trern pé; daos cet esprit d'un dévouemeot saos bornes
1
a.ux intérets de son maitre, regne un¡¡ funesle ten dance a cet effet aux; endroits nécessaires. La boucbe, égalea l'arbitraire; point d'obstacles a sa volonté, nul retard ment défendue par les cornes frontales et par sa posia ses ordres,'et lorsqu'on met sous les yeux de Mgr de. tion basse, est armée de quatorze dents a sa machoire
Mérode un article de reglement contraire a ses projets supérieure, et de do1,1ze a sa machoire inférieure.
Les deux coffres du Muséum ne présentent pas sufou a ses propres appréciations, il serait parfois tenté de
lancer le livre au plafond, et de répondre comme fisamment la forme fortem~nt rcntrée qu'offre le corps
de mon sujet. Cette dépression était tres-saillante lorsLouis XIV : t&lt; Le reglement, c'est moi!..• ».
qu'il était frais: le dcsséchement l'a rendue plus considéLwo.
Agréez, etc.
rable encore. Ce trait de sa structure est tres-intéressant,
au point de vue spécial auquel j'eovisage ce poisson.
ll a cinq nageoires; elles · sont garnies dQ rayo ns a
LE COFFRE A QUATRE CORNES.
plusieurs branches. Il en a deux a la poitrine, placées
'au-dessous des ouies; elles sont courtes, a dix rayons,
Le brillant succes de nos batteries flottan tes devant
et luí servent a se tenir en équilibre et a se mettre sur
Kinburn 1 révélé tout a coup une marine nouvelle,
le dos. Elles semblent les auxiliaires attentifs ·des yeux
formidable pour l'attaque comme pour la défense. Touet des ouies. Une forte uageoire est placée a la queue;
tes les pt1issances, p!:&gt;ur ne pas étre en état d'infériorité, ont du construire a grands frais des na vires cuiras- elle a six rayons, et sert a avancer, a reculer ou a tourner. Elle opere comme propulseur, a la fa~on d'un avisés. Chaque jour elles en augmentent le nombre. Elles
ron de queue dans une embarcation ou en godillant. Le
transforment leurs anciens navires et les recouvrent
coflre a,, enfin, deux courtes nageoires qui lui ~ervent
d'armures.
de gouvernails in,férieur et supérieur, pour exécuter
L'artillerie, comme conséquerrce inévitable, s'est
ses
évol utions. L'une est sur le dos; elle a dix rayo ns,
transformée également. Ses engins ds destruction proet est placée du cóté de la queue, aux deux tiers environ
duisent des efiets eflrayants, qu'il eut semblé impos,ible
de la longueur du corps. L'autre a huit rayons, et est
d'atteindre il y a quelques :mnées. lis sont capables,
placée entre l'anus et la queue, et défendue par les
aujourd'hui, de percer les boucliers de fer les plus récornes.
sistants (l ).
La couleur fonciere du coffre aquatre cornes est brune,
La question de notre flotte cnirassée préoccupe l'attir:mt
sur le rougeatre ou chocolat; mais elle présente des
tention publique. La presse, , pour répondre a r'íntéret
taches
brunes de formes variables, qui se détachent sur
qui s'attache a cctte grave question, enregistre sans cesse
les
boucliers
en écailles. Les nageoires et la queue sont
tout ce qui s'y rapportc. 11 me parait · 1lonc intéressant
jaunes.
La
queue
e&amp;t parsemée de taches noiratres. End'attirer l'attcntion sur la structure d'un petit poisson,
fin,
l'ceil
présente
une prunelle bleu foncé, entourée
le CoFFRE A QUATR.E coRNEs, que j'ai rapporté de Karikal
d'un bel iris jau ne.
1
La gucrre d'Amérique a donné un puissant élan a la
' (t) Lo canon Sommcrs•t de 100, a ame lisse, peut percer une double
armure •n fer de O• t 5 d'épaisseur avec un proj•Glile cr,ux en aciPr marine cuirassée, en fournissant des faits d'apres lesrle o• 18. r., canon pese ,ix lonneaux L'armement du vaisseau anglais,
11 Belltropllon, se coa,posera de du: eanona de 300 et de deux ca.non&amp; quels on a pu discuter et formule!' les progres réalisés par
les divers types de navires qui r,'y SQnt trouvés engagés.
de 1001...

Les combats du Monitor et du Merrimae, de !'Al--.
et du Sassacus, du Kearsarge et de l'Alabama,onten11are.
tentissement immense. Tous Jés journaux les ont
tés, et plusieurs ont accomp~gné leurs narrations d'ial6.
ressan ts commentaires. Les Etats du Nord' et les Étata ..
Sud rivalisent pour la construction des grands et ..
petits na vires cuirassés, aux types variés et excentriciue.,
mais tous formidables. Les arsenaux de France et d'Aa.
gleterre poursuivl!nt sans relache, de leur coté, la so.
lution du probleme de la meilleure construction Data(e
Un vaste champ ~st ouvert au génie et a l'imagio~
des ingénieurs. La Russie profite, ave:: ,son intelligence
ordinaire, des faits qui se produiseot en Occident
et sa flotte cuirassée se range immédiatement ap~
celles de l'Angleterre et de la France.
La frégate la Gloil'e, r,hef-d'ceuvre d~ notre habiJe
coostructeur, M. Dupuy de Lóme, parait etre jusqn'ici le
type le plus heureux et le pl~s parfait des batim~ota
cuirassés, bien qu'il se rapproche le plus des anciet11
types en bois. 11 unit, en grande partie, les qualités coa.
traires que doivent remplir les nouveaux navires.
Que! est le poisson dont les organes de propulsion
soient relativement plus puissants et mieux abrités, doat
les défenses soient plus fortes et le corps plus défeoda,
que ceux du coffre a quatre cornes? Les meiUean
types des navires cuirassés sont ceux également ou Je
gouvernail est le mieux abrité, les murailles plus al'Qri
des projectiles, les éperons plus forts, la force de Pllpulsion plus puissante.
11 était acquis que nos frégates en bois étaieot le
meilleur type de guerre. La frégate de 60 canona,l
murailles droites (type de la Belle-Poule), était l'ancienne
reine de la mer. 11 parait acquis, également, que la
deuxieme batterie des batiments cuirassés donne noe
supériorité réelle au double point de vue du combat et
du hien-étre des équipages; or, la structure do cofrre
démontre que la bauteur du chargement, loin de diminuer les qualités nautiques, les augmente.
De meme que ce coffre possede toutes les qualilf.&amp;
nautiques des autres poissons, de meme il est acquis
que les navires cuirassés sont aussi bons .navires de mtr
que nos anciens batiments en bois a vapeur ou a voile.
La navigation d'expérimentation qu'a faite, a la fin de
l'année deruiere, l'escadre des batiments cuirassés sous
le commandement de M. l'amiral Pénaud, a démootré
que nous possédons une puissante flotte cuirassée, sur
laquelle, le cas échéant, la France pourrait compter. i:e
grand résultat, si rapidement obtenu, sera une des
gloires de l'actif ministere de M. le comte de Chweloup-Laubat.
TEXTOR DE RAVIS!.

r-.,

Anci:n officier ,upérieur d"tníanterie de la marint.

M. DESMAREST.

L'avocat célebre appelé il y a quelques jours, par les
suffrages de ses collegues, a l'honneur du batonna~
M. Desmarest (Ernest-Léon-Joseph), est né a Paris, le
{7 mai {8{5, Inscrit a.u tableau le H novembre i837,
son talent le pla~a- rapidement a l'un des premiers rangs
de son ordre : ses belles plaidoiries dans les aflaires
Crombac, Lejeune, Chaudron, Tibaldi, Grellet (l'associé
de Carpentier, dans le vol d'actions a la caisse du Nortl),
assurerent sa réputation.
M. Desmarest est membre du conseil depuis une quiozaine d'années. Son ·nom fut prononcé la premiere fois
~n i 848; il eut alors pour compétiteur heureux M. Plocque; il s'agissait de remplacer M. Pinard, nommé avocat général. La meme année, Je·Comité départemental des
élections de la Seine l'inscrivait d'offiée sur la liste de ses
candidats a la coostituante. En ce temps de renoúvellement, de mutation et de promotion, décrié maintenanl
par plusieurs qui y trouverent leur profit, il remplit les
fonctions enviées de chef de cabinet de M. Crémielll,
ministre de lajustice. Adjoint au maire du m• arron·
dissement, il occupa ce poste jusqu:en i850; une révocation vint le lui enlever ( l4 mai ). Elle avait été précédée par une démission librement et volontairement adretsée au Préfet de la Seine. Lieutenant en premier, ala
premiere compagnie du 2• bataillon de la Garde nationale, il re~ut, le 23 aout 1848, la croix de la Légion
d'honneur pour sa conduite pendant les journées de
prix.
La filie unique de M. Desmarest a épousé iM. Calll·
penon, avocat, le dernier des cinq fils de l'iugénieUJ

143

~ e n , soccesseur de Delille et traducteur de ·taisie, tels que bronzes et cristaux, nous donnerons ter fraicb~ et jeune, ne saurait trop employer la glycél'adresse de la premiere maison de Paris, c'est~a-dire de· rine de Rimmel (47, boulevard des ltaliens), surtout en
Robert~on.
,
Littérairem~nt, l~ nom de M. Des°!arest ap~arait p~1~
emiere fo1s, en i846, au has d une not1ce publiee
1ª prle Moniteur sur un ami· d'en fanee, un camarau~
,1,.. d
u
¡~e Saint-Louis, le marquis Alfred de Massa. M. Des;.
y:rest a été le rédacteur en chef du Progres, feuille pa~ ieone asa naissance, orléaoaise aux derniers instants
~•.:ne vie passablement troublée; il a fondé le recueil
tres-vivantappclé la Critique (ranqaise, revue littéraire ou
sont insérés la plupart des travaux littéraires du jeune
barreau. M. Oesmarest a publié, en l837, une Étude sur
constantine et la colonis1Jtion (1'Jngaise en Afrique , en
collaboration avec M. H. Rodrigues, et en l 840, les Prín-

cipes et les Hommes, ésquisses réti·ospectives.
La constance et la fermeté des opinions de M. Desmarest lni valurent, dans le parti radical, une juste autorilé; l'originalité de M. Desmarest, considéré a part
eomme homme politir¡ue, c'est ll pré~ccupation continuelle, le so11ci ingénieux des réformes sociales. Si cette
préoccupation, ce souci étaient de fraiche date, il n'y
aurait pa.~ lieu de s'étonner: pressés par les événements,
instruits par nos fautes, convaincus par l'évidence, nous
avons parcouru bien du cbemin .sur cette · route du socialisme, nagucre défendue avec tant de sollicitude par
le rameux spectre rouge. Que M. Desmarest, avec l'ardeur élégante, la passion distinguée de sa parole et de
sa plome, se fit le champion ou l'initiateur de~ idées
nouvelles aux congrcs de la science sociale, a Bruxelles
00 aGand, et bientót a Amsterdam, cela, vu le moment,
était simple; mais ces problemes enivrants et terribles,
ces solutions de l'avenirdevant lesquels hésite et tremble
le présent, ont séduit de longue date M. · Desmarest.'
Nons n'eo voulons pour preuve que les paroles prononcées
par tui, alors modeste avocat stagiaire, a l'ouverture de
la conférence des avocats, le 26 novembre 1842. Désigné
par le conseil, M. Desmare~t devait étudier Domat.
Ayant a caractériser les idées réformatrices du fameux jurisconsulte, - a cette époque, les maitres du
drJit ne craignaient pas d'etre philosophes ét meme libéraux; nous avons changé tout cela, - M. Desmarest
s'eiprimait ainsi: &lt;&lt; • • • • L'ere politique s'en va, !'ere
sociale grandit et s'approche.
« Depuis tantót vingt_ans que le concours est ouvert,
cbaque jour voit éclore de nouveaux systemes écoñomiques, de nouveaux plans d'organisation indnstrielle. A
aucune époque, peut-étre, l'immobfüté du droft ne fut
moins désirable et moins possible. Partout les codes
sont débordés par les !oís, partout les lois sont devancées
par le mouvement des faits et par le progres des sciences;
le travail et l'industrie attendent.un législateur. Le moment est done bien choisi pour exhumer, dans les écrits
des siecles passés, les formules sociales qui s'y rencontrent de loin en loin, afin de renouer la chaine des temps
et de perpétuer la tradition du progres. )&gt;
A ce programme, hardi, vu l'époque, le lieu, l'air inlellectnel ambiant, M. Desmarest est demeuré fidele; voila le trait caractéristiqtie de cette attachante et particuliere physionomie.
D'ORNANT.

REVUE DES MODES ET DE L'INDUSTRIE.

. C'est a la beauté de sa lingerie, plus encore qn'au
ncbe ensemble de sa mise, qu'on reconnait la femme
dn monde, parce que le gout se laisse surtout deviner
daos les petites choses, daos les riens, et que plus on y
~pporte de soin, de recherche, plus on fait preuve d'ap~tnde a cette science, plus difficile qu'on ne croit, qui
8 appelle la toilette. Malheureusement, il n'est pas donné
atontes de passer docteur en cette matiere, et le plus
grand nombre commet des erreurs. Avec un peu de
bonoe volonté et de prévoyance, il est pourtant facile
de soppléer au manque de tact. TI ne s'agit que de s'adr~sser a des maisons ou tous les articles sont de preDller choix et d'un gout parfait. Citons, en tete de toutes,
la Grande Maison de Blanc du boulevard des Capucines.
Son succes a été si spontané, si européen, que déja les
cours étraogeres, imitant la háute aristocratie de France,
ne demandeot plus qu'a la Grande-Maison leur linge de
table et les diverses fantaisies de la lingerie.
Oo ne saurait plus étre élégante saos cette condition :
la mode a prononcé, et la mode est une majesté autocratique,
A ceux qui voudraient des objets de hne et de fan-

l'Europe enticre, pour ces sortes d'article~ : c'est la maison de l'Escalier de cristal; les salons de M3f. Lahoche et
Pannier renferment des trésors artistiques de toutes les
époques, de toutes les écoles. La maniere de chaque
grand maltre s'y trouve représentée, et le musée le plus
riche ne saurait montrer collection plusvariée, plus rare.
La maison de l' Escalier de cristal a cet avantage, qu' elle
n'est point, comme les 'musées, avare de ses ricbesses,
et qu'elle en fait part aux amaleurs.
- Quelles sont, mesdames, vos fleurs préférées? Vous
pouvez ici en composer un bouquet, car elles y sont
toutes, tantót éparses sur différentes robes, tantót gronpées sur une seule. Le bouton de rose s'y épanomt a
cóté de la violette; la pensée, la scabieuse, le myosotis,
ces trois emblemes du souvenir, fleurissent a cóté des
grappes du muguet et des guiri andes du volubilis, images
de la légereté, du bavardage. A cóté de ces rohes fleuries, il faut placer, p_our compléter la nomenclature, les
robes ornées de petits eoquillages, de baguette~, d'étoiles, et d'une foule de jolis petits dessins, dont la variété'
n'est pas 'le moindre charme. De tomes ces robes, le
Comptoir des Indes tient toujours des échantillons a la
disposition des personnes qui en font la demande,
l20, boulevard Sébastopol (rive droite).
Plusieurs maisons de modes font effort en ce moment
pour signaler la fin de la saison d'été par de~ chupeaux
de forme nouvelle. De ce nombre est la maison de
Mm• Léootine, propriétaire actuelle de l'établissement de
Mm• Stéphanie Boivin, 64, roe Neuve-des-Petits-Cbamps.
Les modeles si distingués quisont sort1s de cette maison
jusqu'ici, nous dispensent de la recommander a nos lecteurs, mais il est bon de leur dire que sous l'irnpulsion
d'une direction jeune et intelligente, elle a donné a ses
modes des allures plus en rapport avec l'élégance actuelle. Son titre de Fournisseul' breveté de l'lmpératrice
lui impose l'obligation d'etre saus cesse en mesure de
satisfaire une clientele d'élite; et il y a quelques jours,
l'exposition de ses envois pour Arcachon et pour Biarritz,
a fait comprendre que Mm• Léontine est a la hauteur de
sa tache.
L'Eau de la Floride de Guislain, rue dP. Richelieu, t 12,
a pour but de réparer des avaries fuoestes, - celles
du temps, - les cheveux blancs !
A vi□ gtans,on ne doute de rien. Le miroir,le monde,
vous répetent que vous étes jolie, et vous ne prenez aucun soin pour vous conserver telle.
Retarder le plus possible l'horloge de la je11nesse est
d'une sagesse prudente. On n'arrive que trop tót a cette
période brusquement tranchée qui nous condarnne a
jouer le róle de spectatrice daos les fetes du mónde,
dans les triomphes de l'élégance et de la beauté.
Les premieres marques d'un~ jeunesse en fuite
étant les cbeveux blancs et les rides, on ne saurait employer trop de moyens, trop de soins, pour les combattre
et les détruire.
De son cóté, le corset su bit chaque jour des métamor..
phoses, en ce sens que "Sous prétexte d'en faire désormais une ceinture, on luí retranche, a chaque nouvelle
édition, quelque peu de sa hauteur. Si cela continue, je
ne sais pas de quel!e utilité pourra etre désormais son
usage. En toute chose, il serait bon pourtant de rester
daos de justes limites. Ou le bon goút s'arrete, le ridicule
commence. Je dis cela pour la toilette en général, et le
sujet qui nous préoccupe en particulier. Le seul de tous
les corsets, désignés ceintures, qui m'ait paru réunir les
conditions voulues d'hygiene et d'élégance, c'est la Cein••
ture-régente de Mm•• de Vertus, Chaussée-d'Antin, 3l.
En matiere de toilette, certaines inventions qu'on voit
surgir tout a coup, peuvent peut-étre paraitre puériles,
mais il en, est aussi qui ont une incontestable utilité.
Celle que voici rcmplit de tout point le but qu'elle s'est
proposé. On sait qu'une atmosphere brulante qui se prolonge pendant plusieurs journ~es de suite, a sur la peau
du visage, et notamment sur les levres, la méme action
que !'apreté humide du vent : dans cette saison de
brusques variations barométriques, l'une et l'autre
gercent 1'épiderme et produisent une cuisson désagréable.
- Le cosmétique au raisin, pour les levres, inventé par
M. J. Pierlot, pharmacien, 40, roe ~fazarine, est un précieux spécifique contre les ger~ures, et nous le recommandons comrne un remeae efficace. Exiger le cachet et
la signature de l'inventeur.
•
Les chaleurs nous font une nécessité de la parfumerie,
et je rappelle, a cet égard, qu'une femme qui veut res.

,

1

cclle saison, qui voit le public abonder aux bains de
mar. Les bains de mer ont l'inconvénient de rendre les
cheveux secs et cassants. Pour combattre cet effet,nuisible,
il n'y a ríen de meilleur que l'extrait de jus de limons et
de glycérine de Rimmel, qui neutralise le sel marin et
laisse la chevelure souple et brillante.
Et si, [Jlalgré touteg les prescriptions de l'hygiene, vous
avez subi la perle irréparable de quelques-uns de ces
précieux organes, saos lesquels il n'est pas de bouche
jolie, n'hésitez pas : il faut recourir aux dents et aux
dentiers artificiels. - Dans cecas, M. G. Fattet, l'auteur
du Traité complet de prothése dentaire, 255, roe SaintHonoré, saura obvier a ces tristes inconvénients. ll emploie, a cet effet, une nouvelle matiere qui peut etre
surnommée &lt;&lt; la rivale de la nature, » taot elle imite la
teinte et la transparence des dents naturelles. ·H. B.

Le Qupu •LARocn&amp;, a base de vio d'Espagne, tient
en dissolution, sous un petit volume, la réunion complete
des nombreux principes du quinquina; c'est assez dire
sa supériorité sur lesvins et sirops de quinquina, meme
les mieux préparés, qui ne contienneot jamais que !JUelques-uns de ces príncipes, et dans une faible proportion
- il est agréable au gout pour les plus délicats,. ni trop
sucré ni trop vineux, et d'une limpidité constanie.
Expérimenté avec plein soeces dans les bópitaux, il
convicnt aux vieillards, a•n femrnes, aux enfants déli••
cats, et réussit surtout daos les cas de gastralgie, dys--

pepsie, nhralgie, maigreu.r, épuisement, dégout sans cause
apparénte, con,;alescence paresscuse, suites de cotiches, chlorose, scrofules; c'est le spécifique des maladies fébriles.
(Extrait de la Gazette des Hópitaum).
Dépót principal a París, i5, rue Drouot, et dans tputes
les pharmacies.

CRÉDIT FONCIER DE FRANCE,

Le 22 septembre prochain, 4• tirage des ,obligations
foncieres nouvelles 4 0/0 (i863).
1 lot de .. . l00,000 fr., ci. . . l00,-000 fr.
1 lot de .. . 30,000 fr., ci. .. . 30,000
5,000 fr., Cl. • • 40,000
8 lots de .. .
{,000 fr.. ci. . . _....:._
30,000
30 iots de ..

___

Total. . . 200,0üO fr.

L'obligation de 500 fr. donne droit au lot entier.
Le meme jonr, 47•
3 et 4 0/0 (1863).
{ lol de.
i lot de.
l lot de.

tirage des obligations foncieres
. . . . l00,000 fr.
. .
50,000
. .
20,000

Total. .

i70,000 fr.

Le meme jour, 8• tirage semestriel des obligations
communales 3 0/0.
{ lot de.. . l00,000 tr., ci. •.. l00,000 fr.
4 lots de ... .
l0,000 fr., ci.. . 41),000
{,000 fr., ci.. . l0,000
lO lots de .. .
Total. .. {50,000 fr.
L'obligation de 500 fr. donne droit au lot entier, et
les titres de lO0 fr. au cinquieme.

M. E. Martín et Cie,' banquiers. Escompte de tontes
les valeurs commerciales, vente et achat de toutes les
valeurs industrielles. Avances sur rentes, actions et obligations, l O, rue Lafayette prolongée , pres la rue
Laffitte.
- La vente de la galerie Pou'rtales, !'une des plus riches de l'Europe en antiquités, objetg du moyen age et
tableaux, aura lieu en février et mars 1865. Les catalogues, qui ne comprendront pas moins de 2,500 numé·ros, paraitront au mois de décemhre et se trouveront
chez M• Charles Pillct, rue de Choiseul, nº i l; M• Eugene Escribe, roe Saint-Honoré, 217, commissaires-priseurs, et chez MM. Roussel, rue de la Victoire, 20;
Mannheim, ruede la Paix, !O·; F. Laneuville, rue·.Neundes-Mathurins, 73, et Rollin, rue Vivienne, i2, experts.

�144

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

BUW,TIKBIBLIOGRAPHIQUK.

.

Etude SU1' la significalio11 des
r,oms de lieux en Fra11ce, par
M. A. Houzé (1).

M. Houzé fut longtemps lihrairc. Jadis, il exploitait
!'esprit des autrcs. 11 exploilc
aujourd'hui le sien, et comme il en a beaucoup, je ne
doute pas qu'il ne fasse d'excellcntes aífaires. 11 dit, p. 25,
Cflmment il fut poussé i cette
étude des noms ele lieux,qui
touchc dr. si pres celle des
noms d'hommes, et qui jette
de si vives lueurs , sur les
transformations successivcs
qu'a snbies, depuis la con-qucte romaine, le langage
que nous pal'ions. « 11 y a
quelque cbosceomme dix ans,
j'étais tellement humilié de
certaines affaires que j'aurais
voulu fuir a mille licues de
Paris. lmpossible ! Je m'exilai
alors a mi lle ans dans le passé, et je vinschercher le calme daos le pa.ys des chal'les
et de~ diplomes. l&gt; Ce je vins
prouve qu'il e5t encore dans
ce pays-la. 11 s'y trouve bien,
apparemment. 11 y a fait de
trop précieuses découvertcs
pour qu'on tui conseillc d'cn
revenir.
Les Romains, vainquei;rs
de nos ancetrcs et maitrcs
de la Gaule, donncrent fª et
la, a quelques ,·illcs impor-tan_tcs, le nom d'un général
ou d'un empercur, Partoul
ailleurs, ils se eontcnterent
d'ajouter leurs terminaisons
aux noms celtiques ou kimriques, afin de les pouvoir
déeliuer. Puis l'Empire s'écroula, et de ces élémeóts diver~, le latín, le !udesque et
les idiomes que l'on parlait
dans les Gaules avant la conquete, se forma la langue romane r¡ui devint, daos la
suite des siecles, notre langue d'aujonrd'hui. Les noms
de lieux cbangerent de forme
tout naturellement, amesure

~~ -

11¡ I

.,e -

n\
1~

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~

que la popnlalion changea¡t
de lnngage.Qucl noma Porte
au moyen a?e, telle ville, teÍ
bourg,_te! village? Que! llOat
sous les Romains? Que! 0011
avant les Romains, et qlJel
était le sens de ce nom Primitif? Car il n'y a pasde noia
qui, daos !'origine, n'ait signifié quelque cbose. Tel est
le probleme subie pose com.
me de lui-meme devant 0~
trente-sept mille cinq cent dix
communes, et dont la '°111tien peut élucider plus d'une
question hislorique. Pour y
arriver, il faut s'aider du.
vieux fran~ais, du latin, et de
que! latin ! du gaulois 80?tout, grace a ces obstines
Bas-Bretons, qui nous ont
conservé la rude langue de
nos peres. 11 faut lire les historiens, romaociers et poetes
du moyen age et de la basse
lalinité. 11 faut compulser les
actes publics et privés, concessions, donations, contra1s
de vente, écritssurparchemin
par des tabellions ou des mo~
nes. Que! travail ! Quel courage est nécessaire pour l'eotr(;prendre ! Et quelle persévérance pour le menerabieo!
Voila ce qu'a fait M. Houzé, upres tant d'autrcs pionniers infatigables qui,depuis
plus de deux cents ans, défrichent ce vaste ehamp des
antiquilés fran~aiscs. llena
labouré un petit coin, et il a
le droit de dire, en retournant le mot de cet empereur
romain : Je n'ai pas 1&gt;erdo
ma jo'll'née. 11 y a fait mainte
découvcrte. 11 a redressé plus
d'une erreur. Il a tout ce qu'il
faut pour ces recherches,
beaucoup d'instruction, dela
patience, un sens droit, une
sagacité pénétrante. 11 yjoint
un style facile et clair, un
tour d'esprit tres-original, et
de la gaieté, si bien qu'il a
su rendre awusant, méme
pour les gens du moude, un
ouvrage qui ne semblait destiné qu'aux savants de profession. - Utile dulci. Q11e
peut-on désirer de plus?
G. HÉQUET,

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! 1) Pari,, V• Héuaux, quai Vol11,re, 1Y.
LK ll!OlS D'AOUT.

~

ÉCHECS.
PnonL~MF.

N° l 73,

PAR

M.

~

SOLUTION DU J•ROBLÉME Nº { 72.
ENGLEnAHDT.

RÉBUS.

R f&gt;• F R (a)

Échec el mat.
(a)

F 7• D
D 8• T R

P 5• F R
P 4' F R

Échec et mat.

D• Revel, Émile Fran, Cercle de l'Union, aSaint-Georgessur-Loire, Cercle des Échecs d'Angers, nombaut, .T. Beckcr,
Café Obozinski, :i Maubeuge, E. Dubedout, J. Planche, Stiennon de l\feurs, G. Baudet, Ce,cle des Échecs, a Liége, Lea
Ricardo, Thionville, le capitaine Gharousset, Cercle industrie! de Douai, E. Wallet, Ed. de Vaucelle. Café de la Perle,
a Lons-le-Saulnier, Colonna Leca, Café de Paris, aMens (lsére), Café Brezin (Petit-Montrouge), _J. Beckers, Henry Frau,
Me!Tre, a Nimes, L. Lefrancq,

·I

,~ ~
-~
- ==-·

AuG. MARc, directeur-gérant.
TEIIK1t .rédacteur en chef.

;

En1,1.

EXPLICATJON DU DERNIER RÉBUS,

JJllp, de L' ILLUSTRATlON, A. Marcl
~~, n,~ ~~ v,r~i,u¡¡.

Aux jours de dan,er, l'on ju¡e le ~oura~e de

1, valpur,

l'l¡omm, M

"

�</text>
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            <text>https://www.codice.uanl.mx/RegistroBibliografico/InformacionBibliografica?from=BusquedaAvanzada&amp;bibId=212635&amp;biblioteca=0&amp;fb=20000&amp;fm=&amp;isbn=</text>
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              <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1122, Agosto 27</text>
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              <text>Publicación periódica</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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