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!!6 ANNÉB. VOL. lLlV.

Direction , Rédaction, Administratioa :
Tlalll les communications relatives au jou,nal, réclamations, demande1
de changements d'adresse , doivent etre adressées franco á
· • AUG. IIIARC• DIRECTEUR-GERA.NT.
Lot demandes d'abonnement doivent etre accompagnéea
d'un mandat sur Paris ou sur la po,te,

ti 23.

fu la lnilel, la t.nduction ti la reproducbo• l l'étranger sonl iDlenlilll.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60,

SOMMAIRE.
filita de Sa Maje,té l'Empereur i. -Montlu9Jn. - Revue politique de la

lllllliae. - Courrier de París. - Inauguration du Palais de l'Indus-

CD a

blt, i Am,terdam. - Une nuit du docteur Rémus ( nouvelle ). - In1u-

tila

lllneille. - La j ournée du 2i aolil,

lourireur
1erdu

No

Samedi 3 Septemhre 188&amp;.
L'úioillralita u ripond p11 des manmrils ti ne 1'1ngage ¡am1i1 i la inseNr,

a

pntioD de la statue de Larrey, á Tarbe,, et de la rue Impériale.
a Geoéve. - Chronique musicale.

- Encyclopédie militaire et maritime. - Le, sept pécbés capitaux. La ft!te dea bergers, a Markgróningen. - Une íermc iofeslée par le
gibier ( nouvelle ). - La Caisse générale des avances sur titres. - Le
commandeur Negri, - Le cbateau de la Bastide-Besplu.

Gravure, : Visite de Sa Majesté l'Empereur a Montlugon : passage sous
!'are de tricmphe de l'avenue Napoléon IlI; are de tr1omphe des usl••

Abonnements ponr Paris et les Départements :
3 mois 9 fr.;;- 6 mois, 18 fr.¡ - unan, 36 fr. ¡ - le numéro, 75 c.
collection mensuelle, 3 fr. ¡ le volume semestriel, U ír.
ABOMWEMENTS POUR L•ÉTRA.NGER 1
:Mémea pnx ¡ plus les droits de poste, suivant les tariía,

la

Les abono. partent do ter no de chaque mois.

ne&amp;. - Palais de !'Industrie, a Amsterdsm. - Cérémooie d'ioa■gura­
tion du Palais de l'lndustrie d' Amsterdam. - lnauguration de la &amp;tatue
de Larrey, á Tarbea. - Ioaugurallon de la rue Impérilhl, a Maraeille.
- La journée du ti aotit1 a Genéve l 3 gra.ures ). - Les sept pécbh
capitaux. - La ft!te des bergers, a Markgrooingen ( t gravures ). - Le
commandeur Negri. - Le cbatesu de la B1Stide-Berplas (2 gravures)
- Rébus.

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ET,

VISITE DR S, M, L'BMPEREUR ! MONTLJJCON: PASSAGE SOJJS L'!RC DE TRIO!!PRE Dl! J:,'4V~lJE!N4l'Ol,llON

m,

�•
L'I LLUSTRATION, .10 URNAL UNIVE R~F.L.

L'ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

il a été beaucoup parlé a coté. Ce qui ne peut se dire a tures dans le sens d'une action commune, de nature da
midi, on le dit a six heures du soir, non plus autour . moins a entraver les entreprises des envahisseurs deg
TISITE DE S. 11. L:EMPEREUR A II0NTLUl;0N.
d'un tapis vert, mais devant une table entourée de con- Duchés.
vives. C'est ce qu'a fait M. le duc de Persigny, c'est égaLe Morning-Berald insiste sur la nécessité d'une alAU DIRECTEUR.
lement ce qu'a fait M. Rouher, et si M. Latour-Dumou- liance intime de l'Angleterre.etde la France. Ce jo1ll'nal
MontluQOn, aout t 864.
lin, qui vient de réinventer le juste-milieu, n'a pas pré- demande que les deux grandes puissances occidenta1eg
L'Empereur, il y a trois années, avait manifesté l'in- cisément parlé dans un banquet, c'est qu'il avait le opposent aux tendaoces despotiques des souverains do
tention de visiterMontlu~on, ville presque ignorée jusqu'a bonheur d'avoir a point, sous la main, une société d'a- Nord, a la force et a l'arbitraire, le droit et la justice._
ce jour, mais dont il connaissait l'accroissement rapide. griculture au milieu de la(luelle il pouvait s'épancher. Les journaux anglais se préoccupent beaucoup des coa.
Pourvu aujourd'hui d'un canal et de quatre chemins de Nous avons retrouvé daos le discours de M. de Persigny ventions qui peuvent avoir été arretées entre le roi de
fer, entouré de riches et nombreuses houilleres, Mont- la théorie historique qui lui est si cbere. M. de Persigny Prusse et l'empereur d'Autriche. Leur rivalité laissaita
lu~on est en effet devenu, en peu d'années, un des cen- proclame, et c'est son droit, la supériorité des instili- la nation allemande quelque espoir d'indépendance,
tres industriels les plus actifs et les plus importants de tions actuelles sur celles qui oot régi la France pendant mais aujourd'bui Guillaume Je•, qui déteste, comme 08
· la France. De grandes et nombreuses usines y existent la période qu'elle a traversée entre le premier et le se- le sait, le régime parlementaire, doit plus que jamais
cond empire. D'apres l'orate11r, c'est la Constitution ac- incliner vers le régime despotique. De son coté, Fran.
déja, et il s'y en établit chaque année de nouvelles.
A son retour de Vichy, Sa Majesté s'y est arretée pen- tuelle qui a fondé la liberté en France. M. Tbiers ne ~ois-1oseph, ne pouvant plus espérer la soumission ,o.
dant quelques heures. Elle a été re~ue a la gare par le partage pas l'opinion de M. de Persigny, lorsqu'il de- lontaire de la Hongrie et de la Vénétie, ne tiendra pas
maire et le corps municipal, qui l'ont conduite a l'Hótel- mande a la tribune ce minimum de liberté que l'on re- davantage a développer le systeme représentatif. Ces
de-Ville, ou a eu lieu la présentation des députés du dé- trouve cbez tous les peuples libres, et qui u'existe peut- cousidérations conduisent les feuilles anglaises a suppo.
etre pas en France a l'h; ure ou nous écrivons. Tandis ser que les deux souverains allemands ont pu se concerpartement et de tous les fonctionnaires.
En quittant la gare, Sa ~tajesté a inauguré la nou- que M. Rouher proclame le grand principe de la déceo- ter pour l'adoption d'une politique rétrograde.
En Allemagne, il est toujours question d'une triade
velle avenue, portant aujourd'hui, avec son assentiment, tralisation administrative, M. de Persigny pousse, au
contraire,
a
l'exagération
de
la
centralisation.
Son
idéal,
germauique.
Ce serait le cabinet de Stuttgart qui diri- ·
le nom d'Avenue Napoléon lll.
1est l'organisation actuelle du pays, c'est ce régime
gerait
le
mouvement.
11 s'agirait d'organiser une as.~c
A l'extrémité de cette voie, de 40 metres de largeur,
était placé un are de triomphe dans le style moyen age, « ou regne !'esprit de centralisation, 011 · ,a société tout ciation entre les Étalg du centre de l'Allemagne, et d'en
se racoordant a merveille avec le vieux chateau sur le- entiere se meut depuis des siecles daos les cadres d'uné former une troisieme puissance. M. de Hugel, ministre
biérarcbie savante, qui protége tous les intérets et pré- de Wurtemberg, se serait enteodu a ce sujet avecM. de
quel il se détachait.
La haie était formée par les députations des commu- side a toutes les opérations de la vie, 011 enfin tous les Beust, ministre de Saxe, et M. de Roygenbach, ministre
'
nes, des mines et des u.~ines, dont les riches bannieres instruments de t·autorité sont dans les mains d'une vaste de Bade.
Le voyage du roi d'Espagne n'aurait pas été, au dire
s'inclinaient pour saluer l'auguste visiteur. Partout~ sur administration, chargée seule d'assurer l'ordre et la transon passage, la population manifestait Je pluS'vif enthou- quillité publique. i&gt; Entre ces deux théories, fort dispa- de certaines correspondances espagnoles, un simplt
siasme; partout les maisons étaient pavoisées,et se dres- rates, comme on le voit, il est inutile de dire que notre voyage d'agrément. Don Fran~ois d'Assise voudrait
saient des ares de triomphe élevés par les habitants, .les choix est fait; nous ne sommes pas pour celle de M. le avoir une part plus grande daos le gimvernemeot de
l'Espagne ; il voudrait etre autre chose que simple
duc de Persigny.
sapeurs-pompiers et la 8ociété de secours mutuels.
époux de la reine, et il serait venu a París pour s'enM.
Latour-Dumoulin
a,
comme
nous
le
disions
plus
A l'entrée de la nouvelle ville, un grand are, élevé par
tendre
a ce sujet avec la reine-mere Christine, qui a
haut,
repeché
daos
l'étang
du
passé
le
juste-milieu.
Mais
les usines réunies,était un véritable monument placé a11
point de rencontre de quatre rues. Ses quatre colonnes, le mot de juste-milieu sonne mal en France. Qu'il cboi- une grande influence sur sa filie, et qui pourrait décider
formées avec des rails, n'avaient pas moins de i2 me- sisse un autre titre. L'honorable orateur veut fonder Isa;helle a partager le pouvoir avec le roi. Les actea
tres de hauteur. Cet are de triomphe, magnifiquement une opinion « assez .forte pour n'avoir pas besoin de souverains porteraient la double sanction de la reine et
orné, avait un caractere spécialement industrie! ; il était transaction capable d'absorber les anciens partis, mais du roí. Les memes correspondants ajoutent qu'on aurait
construit tout entier avec les produits courants des usi- ne se fusionnant jamais, meme momentanément, avec tout intéret, a la cour des Tuileries, a voir diminuer et
nes; rien n'avait été fabriqué pour la circonstance.
eux. &gt;&gt; Si cette opinion, dont M. Latour-Dumoulin reve s'amoindrir l'influence de lareiue Isabelle, dont les tenEn arrivant sous ce vaste portique, l'Empereur a vu l'existence et le triomphe, absorbait les anciens partís, il dances politiques seraient parfo[s en contradiction avee
se dérouler devant lui la longue et spacieuse rue de est évident qu'elle n'aurait pas besoin de fusionner avec celles de l'Empereur, et qui, malgré l'atmosphere du
Tours, au milieu de laquelle les ouvriers des usines eux. Mais ce~ partís absorbés, que devient le juste-milieu gouvernement constitutionnel daos lcquel elle vit, ser!it
restée imprégnée de préjugés antiques. 11 est bien enavaient élevé, a leurs frais, une pyramide de 7 metres de de M. Latour..Dumoulin?
tendu
que nous laissons au.x correspondants espagnols
hauteur.
Ce qui vaut mieu.x que la recherche d'un juste-milieu
la
pleine
responsabilité de ces révélations.
chimérique,
c'est
l'opinion
nettement
formulée
par
l'oSa Majesté a visité les hauts-fourneaux et la fonderie
Depuis
quelques jours, les nouvelles de New-York sirateur
au
sujet
de
la
présence
des
ministres
devant
les
de la société Boignes, Rarnbourg et Cie, les verreries, la
gnalent
une
série de succes importants, bien qu'ils ne
chambres,
pour
défendre
individuellementleurs
actes,
et
manufacture de glaces et les hauts-fourneaux et forges
soient
pas
déc1sifs,
pour les armes fédérales. Le deuxieme
de
la
répression
des
délits
de
presse
par
le
droit
comSaint-Jacques, de la société de Cbatillon et Commeutry.
Elle a paru frappée du caractere imposant de ces vastes mun. En se pronon~ant, contrairement a M. de Persigny, corps de l'armée de Grant s'est a-vaneé s,ur la riviere
usines, largement installées, en pleine activité, et a suivi pour ces deux modifications importantes daos l'organi- James, et il a mis en déroute un corps confédéré, qui a
avec intéret les détails des diverses fabricatio~s. Au mi- sation actuelle de l'administration, M. Latour-Dumoulin laissé 500 prisonniers, 7 canons et la position qu'il oolieu des applaudissements, ell~ a décerné des récompen- a pris place daos les rangs du parti, ou de l'opinion, cupait au pouvoir des vainqueurs.
Une ,récente dépéche annon~ait, d'apres une commuses justement méritées au.x directeurs de ces grands éta- comme il voudra l'appeler, qui pousse a un retour vers
les idées parlementaires, - ces idées tant décriées 'dans nication officielle, que l'escarlre fédérale , commandée ,
blissements.
Tous les ouvriers étaient a leurs postes de travail. un certain monde, et qui sont, quoi qu'on puisse dire par l'amiral Ferragut, avait occupé la place de Mobile,
qui est le principal port du Sud daos l'État d'Alabama.
Leurs camarades de Commentry;et des autres usines qui et faire, les idées de !'avenir.
Quoi qu'il en soit, il ressort de ces discours une cer- Des dépeches postérieures ne confirment pas cette imentourent Montlu~on, étaient venus se joindre a eux;
taine moralité qu'il nous est impossible de passer sous portante nouvelle et semblent memc la démentir, pui!let plus de t0,000 ouvriers,étaient ainsi réunis.
L'Empereur a été impressiri¡¡né par la vue de ces mas- silence. Pendant que la pratique administrative et la ju- qu'elles nous apprennent ·que Ferragut cootinue a bomses imposantes, par leur bonne tenue et la forme res- risprudencc rendent de plus en plus illusoire l'exe11cice barder Mobile. Mais elles confirment les avantages obte·
pectueuse qu'elles ont su donner, comme toute la po- du droit de réunion politique, soumis par les loie a l'a-• nus par la flotte fédérale, c'est-a-dire la capitulation do
'grément de l'administration, les présidents des conseils fort Gaines et l'évacuation du fort Powel, dont la garnipulation, a la manifestation de leur enthousiasme.
Apres un séjour de q1ielques heures, Sa Majesté a généraux, et en particulier ceux qui occupent dans l'État son s'est échappée en abandonnant t 8 canons en bon
quitté la ville, remerciant le maire de l'accueil qui Jui de hautes fonctions, ont toute liberté de prononcer état. Le fort Gaines était défendu par une garnison de
avait été fait, e('qui, du reste, avait été des plus chaleu- des monologues politiques devant un certain nombre 800 hommes et il était approvisionné pour un an.
Le grand conseil de Geneve a pris une résolution léreu.x.
d'auditeurs réunis apres-diner dans la salle d'un hotel.
Ce~te j_ournée d? fete ~'est terminée par un magnifique Ce qui n'est pas permis a celui-ci, on le tolere a celui-la. gislative, motivée daos lestermes les plus séveres pour la
Le prince Humbert, fils ainé du roí d'ltalie, est arrivé majorité du bureau qui a cassé l'élection du candidat
feu d art1fice de Ruggier1 et par de brillantes et générales
illuminations.
a Paris. Les journaux assignent au voyage de ce prince conservateur, M. Cheneviere. Le grand conseil établit
L'ordre admirable remarqué pendantle passao-e de Sa un motif que nous signalons d'apres le récit des feuilles t• que M. Cheneviere, ayant obtenu la majorité absolue
Majesté n'apas cessé de régner jusqu'au momeo~ avancé étrangeres. II s'agirait d'un mariage entre le prince Hum- des suffrages; était régulierement élu conseiller d'État;
de la soirée 011 chacun se séparait aux cris répétés de : bert de Savoie et la princesse Anna Murat. Le Times 2º qu'il n'appartenait pas a la majorité du bureau d'indonne, a ce sujet, ·plusieurs détails intéressanL~, et croit valider cette élection, et de substituer ainsi arhitraireVive fEmpereur !
Pour extrait: P. PAGET.
notamment savoir que si ce mariage se fait, la conclu- ment sa volonté a la volonté du peuple légalement ma•
sion aura été en grande partie due a l'intervention per- nifestée et constatée. Le Grand conseil charge son bureau de recourir a l'autorité du Conseil fédéral, pour qu'il
sonnelle dtl l'lmpératrice des Fran~ais.
Les documents diplomatiques communiqués au parle- assure la complete exécution du vote, en mettant au be·
REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
ment danois ont révélé ce qu'il y avait de personnel soin a néant toute déclaration contraire. Cette résolution
Il avait été dit que les présidents des conseils o-éné- dans la conduite tenue par l'Angleterre envers le Dane- du Grand conseil de Geneve a été votée a l'unanimité,
raux ~vajll.\\t été ~V\t~ ~ s'\\l\s-t@l\Íf, dans leurs réU::ions mark. Les journaux tories s'emparent de ce nouveau
Voici une nouvelle brochure, l'Europe en 1864, qui est
de tout discours poln_iqqe. L'in,itation a produit so~ ' grief contre le ministere Palmerston-Rus.~ell, dont ils appelée a faire sensation. Ces lettres politiques, qu'on dit
etlet. Aucune allocution ayant une couleur quelconque font ressortir la politique équivoque a l'é¡{ard de la émanees d'un écrivain ami du gouvernement russe, con»'i!- é~ _prononcée dans le sein méme des conseils, tUais France, qui avait fait au cabinet de Londres des ouver- cluent nettement a un cbangement de politique exté·

•eure. L'auteur invite le cabinet de Saint-Pétersbourg (&lt; cabarets des charretiers. ,i Et mon correspondant ne la presse contemporaine ! Cette !acune' est comblée : la
~ se recueillir et a voir s'il ne serait pas temps de sortir peut pas se figurer que je puisse jamais m'y résoudre. Gautte de la Poupée existe. L'autre jour, l'administra-

t46

de la vieille voie suivie depuis le regnc de Nicolas ¡e,.
est pour le príncipe des nationalités, et il se déclare
11
ouverteroent pour la Pologne libre,_ non plus dans la
Russie libre, selou la formule de M. Emile de Girardin,
rnais acoté de la Russie lil : e. L'auteur, en un mot, croit
que le moment est venu d,, rendre la Pologne a ellemeroe: la Pologne indépendante, c'estle point de départ
d'one politique nouvelle en Europe.
'.'ious sommes tout a fait de !'avis de l'auteur de la
brocbure nouvelle, et nous voudrions que le cabinet
rnsse comprit aussi bien que lui tout le bénéfice qu'il
retirerait a abandonner la politique a outrance et a
aider, par la reconn:1.i3sa.ncc du príncipe des nationalités,
3 la constitution d'un orJre définitif en Europe.
EoMOND TEXIER.

COIJBRIBB DB PA.818,

L'Fs 1gue telle qu'elle est. - Illusions perdues. - Une coq~ille, - Gautte de la Poupée. - L'école de dessin de la
roe des Tournelles. - Mort de M. Chevé. - Histoire de

coco.

Daos un de mes derniers courriers, je me réjouissais
de l'inauguration prochaioe du chemin de fer qui réunit
depuis quelques jours la France et l'Espagne, et j'écrinis ceci ou 11,peu pres : Enfin nous verrons des posadas
et des muletiers, nous mangerons des olla podridas,
nous applaudirons a des fandangos et a des cachur,has,
dansées daos la patrie de la cachucha et du fandango, et
oos femmes pourront apprendre, au Pt·ado, a manier l'éventail.
Ufaut renoncer a cet espoir. Une lettre qn'un gentilbomme espagnol me fait l'honneur de m'écrire me l'apprend sans ménagement.
Je remercie M. de Cienfllegos de sa lettre, et je le
supplie de croire que je n'entendais en aucune fa~on
railler l'Espagne, en supposant qu'elle avait encore des
111reurs originales. Moi, confondre l'originalité et la barbarie! Non, vraiment; etje ne pense pas qu'un peuple
poisse n'aspirer au titre de peuple civilisé qu'autant qu'il
aura modelé sa physionomie, ses gouts, ses habitudes
sur les nótres; on peut, a mon avis, nepoint manger, ne
point s'habiller, ne point s'amuser a notre fa~on, et
o'étre point une nation de sauvages.
Saos compter que ces différences sont autant de plaisirs pour le voyageur. Ah! M. de Cienfuegos a bien
811Uellement détruit toutes mes ill usions !
-A Madrid, a Valence, a Barcelone, a Valladolid, a
Burgos, a Cordoue, a Séville, on ne connait le fandango
et la r,achucha qu'au théatre, me dit M. de Cien fuegos, et
eocore le public s'en va-t-il, d'ordinaire, quand les danseors s'appretent a entrer en scene.
Hélas !
- Le Pra.do, me dit encore mon correspondant, a été
le lieu de la réunion de la bonne société de Madrid,
mais altjourd'hui vous y trouveriez a peine une douzaine
de vieillards et de philosophes.
Hélas !
- Les dames ne portent plus la jupe courte...
Hélas !
- Ni les bas a coins b;rodés...
Hélas!

- Ni de peignes hauts, parce que le chapean des
Fran~aises est tres a la: mode.
Hélas! hélas!
•
- Et pour las mantillas, elles se servent du pet1t peigne genre anglais.
Hélas ! hélas ! hélas !
Au moins y a-t-il encore des mantilles en Espagne.
l. de Cienfuegos en convient lui-meme, sans y prendre
garde.

M. de Cienfuegos m'écrit encore :
« La note de la dépense d'un jour en Espagne, que

«tous prenez a Desbarolles, peut avoir été vraie il y a
«des années, mais aujourd'hui, comme nous avons des
«hotel&amp;, on vous fait payer tO, rn ou 20 francs ...
«comme chez vous. »

Voila un trait de ressemblance entre l'Espagoe et la
France, auquel, voyageant en Espagne, je ne tiendrais
pas le moins du monde.
11. de t.:ienfuegos m'apprend aussi qu'il n'y a plus de
J)08adas que dans les petits villages. « Ainsi, ajoute-t-il,
• si ,ous aimez la olla podrida, il vous faudra aller aux

147

Eh! monsieur, vous ctes un voyageur, car votre lettre tion du journal offrait a ses abonnées une fete au Jarest datée de Berne, ne savez-vous pas de quelles coura- din-des-Fleurs.
geuses déterminations un voyageur curieux est capable?
Quoi ! au Jardin-des-Fleurs?
Oui; mais rassurez-vous, on n'y a vu que des poupées
En parcoúrant un des journaux les plus élégants et les du meilleur monde.
plus spirituels de Paris, je tombe sur cet alinéa d'un arEntre nous, je vous avouerai que la Gazette de la
ticle sur les modes du jour :
Poi,pée s'adresse bien un peu au.x petites dcmoiselles, et
« B... n':i. pas hésité a apporter une attention toute que les nouvelles, les poésies, les couseils et les instrucparticuliere aux larmes des dames auxquelles il apporte, tions qu'elle contient peuvent servir aux mamans des
comme dans tous ses produiL~, un soin et un luxe tout poupées autant qu'au.x poupées elles-memes, mais il
particulier. i&gt;
faudrait avoir !'esprit bien mal fait pour s'en plaindre.
Suit l'adresse du .magasin de B...
Eh quoi! vraiment, en sommes-nous venus a ce
11 y a quelques jours, avait lieu une fete un peu plus
point? Les femmes, ces charmantes menteuses de beauté, sérieuse qu'une fete de poupées et de petites filies; la
avaient inventé depuis des milliers d'années les fausses distribution des prix de l'école communale de dessin et
dents) les faux chev.eux, le faux embonpoint, la fausse de modelage, dirigée avec un dévouement infatigable
blancheur, le faux incarnat, et je né sais combien d'au- par M. Eugene Trouvé, un paysagiste qui envoie trop
tres faussetés, afin de nous mie11x séduire; ce n'était rarement au Salon ses amvres si fines, si bien observées,
point assez encore, et voila qu'elles viennent d'imaginer, si heureusement empreintes d'un charme intime et doux.
ou qu'on vient d'imaginer pour elles les fausses !armes.
Leur laborieuse journée de travail finie, cent cinquante
Depuis que le monde est monde, elles en versaient ou deux cents ouvriers sculptenrs sur bois, menuisiers
qui n'étaient pas bien sinceres, et ou le camr n'était en fauteuils, tourneurs, dessinateurs sur papier peint,
pour rien; mais enfin c'étaient de .vraies )armes, des peintres sur porcelaine ou sur étoffes, viennent dessiner
)armes qui s'élaboraient daos leurs yeu.x pour parler le soir, sous les yeux de leur habile maitre, pour deveen _style de chimiste, des !armes qui venaient d'elles et nir des hommes de talent darts leur métier, qui touche
qui étaient a elles; maintenant, voila qu'elles en ache- a l'art de si pres.
tent de toutes fabriquées, suivant la formule; elles les
Le peuple a soif d'instruction, il se presse aux cours
paient au gramme, comme l'éther, l'opium ou l'eau de du Conservatoire des Arts et Métiers, aux écoles commufleur d'oranger. Ah! pour le coup, c'est trop fort ! passe nales, et pendant l'hiver aux lectures et aux entretiens
pour les fau.x cbignons, les faux lis et les fausses roses; qui luí sont spécialement consacrés.
mais pour les fausses !armes, halte-la, mesdame$!
11 a besoin aussi d'honnetes plaisirs. Un homme qui
avait consacré sa_ vie aux ouv'riers, et donné une
J'en suis pour mon indignation. Hier, apres avoir lu puissante impulsion a l'éducation musicale dans les
ce malencontreux alinéa, j'avais interrogé avec quel- masses, M. Émile Chevé, vient de mourir.
que dureté, au sujet d'une si horrible invention qui
JI laisse des successeurs qui ne manqueront pas a. la
s'affichait si impudemment, une femme tres au courant tache qu'ils ont acceptée. C'est une tache vraiment
des choses de la mode. Elle m'avait répondu de l'air le grande, et qui vaut bien qu'on s'y donne tout entier.
plus ingénu :
Comptez ce que les orphéons ont enlevé d'ouvriers
« Des !armes artificielles ! qu'est-ce que cela? En vé- au cabaret, combien d'ames elles ont onvertes a11 sentirité, je n'en ai point entendu parler; une si importante ment du beau, et vous encouragerez de tous vos vceux,
nouveauté, etje l'ignorais encore; il faudra que je ques- vous aiderez peut-etre de vos travaux et de votre zele,
tionne mon parfumeur. i,
les efforts persévérants qui continueront et développeCandéur jouée ! fausse innocence, pensais-je ! J'étais ront ce qui a été si heureusement commencé.
décidé a aller faire une scene épouvantable a M. B... et
a le menacer de la colere de tous les honnetes gens, s'il
J'ai nommé le Journal des Cochers. Voici une histoire
continuait a fabriquer et a mettre en vente un produit dont il pourra faire son profit.
.
aussi scandaleux.
L'autre jour, un de nos amis et deux de ses parentes
Oh! bonheur, c'était une coquille ! En voulant relire étaient en quete d'une voiture. Un cabriolet de régie
les lignes qui m'avaient épouvanté, je suis tombé sur vienta passer; on était pressé; faute de mieux, on prend
l'alinéa précédent; il n'y avait point a en douter, ce le cabriolet : les dames installées, mon ami monte sur
n'était pas !armes, c'était connes que l'auteur avait vuulu siége acóté du cocher.
écrire. Est-il possible de donner a la composition de la
Le cocher était un vieux bonhomme de soixante-dix
copie assez mauvaise pour autoriser de pareilles mépri- ans, qui avait une bonne et honnete figure.
ses : cannes au lieu de larmes !
Laconversation s'engage :
11 reste que B... fabrique des cannes pour les dames,
- Vous avez la une bete vigoureuse, dit mon ami.
et que les femmes en portent, apparemment; c'est bien
- Ah! dam oui, monsieur, il n'y en a pas beaucoup
assez, vraiment.
de meilleure daos lá grande remise; et pu.is j'y tiens
L'auteur de l'article se réjouit de ce que cette mode parce qu'elle me vient de braves gens.
nouvelle permettra aux hommes de ne point donner le
- Comment cela-?
bras aux femmes a la promenade, et de fumer tranquil- · - Ah! c'est toute une histoire.
lement leur cigare saos se gener.
- Une histoire ! contez, mon brave.
Oh! chevaliers fran~ais, ou etes-vous?
- Eh bien! monsieur, voila comment c'est arrivé. 11
y a trois ans, je menai un matin un marchand de faToutes les opinions, toutes les professions, toutes les rine. Quand il eut quitté ma voiture, je m'3.per~us qu'il
classes de la société ont aujourd1 hui leur journal, leur y avait lais~é un portefeuille : j'ouvre le portefeuille, il
organe, comme dirait M. Prudhomme. J'ai vu lejournal y avait dedans quarante-quatre billets de mille francs. Le
des coiffeurs, et l'on parle beaucoup, depuis quelque lendemain, je cherchai mon homme a la halle an blé et
temps, du journal des cocbers.
daos les environs, impossible de le retrouver. Quelques
11 y avait encore, jusqu'a ces deroiers temps, une joursapres, il entre dans un café de la ruede Viarmes,
classc de la société dont l'importance s'accroit tous les déjeune, et raconte, d'un air désolé, a deux de ses amis,
jours, et pour laquelle on n'avait point songé encore a qui font leur partie de domino a la table voisine, le malfonder un journal : c'est la classe des poupées.
heur qui lui est arrivé.
Autrefois, les poupées étaient des personnes vivant
Le maitre du café, a quij'avais fait part de la chose
(res-modestement; les plus belles, les plus nobles, les du portefeuille, entend cela.
plus ricbes étaient simplement logées, simplement ve- Ne vous désespérez pas, mousieur, dit•il au martues, simplement meublées. Quel changement, aujour- chand de farine. Vos quarante-quatre mille francs sont
d'hui ! Appartements somptucux, meubles de palissandre en bonnes mains.
ou de bois de rose, satin, v~ours, dentelles, perles et
Et il lui donna mon adresse.
diamants, voila ce que toutes revent et ce que possedent
L'autre, vous pensez bien, ne perd pas de temps; il
quelques-unes; on leur donne des équipages, des che- saute dans un cabriolet, - il n·y avait pas d~ danger,
vaux, des grooms nains, des chasseurs géants; on se cette fois, qu'il y laisse son portefeuille, - et il arrive
ruine pour elles.
a 1~ maison. Jetravaillais a cette heure-la, et ma remme
Et l'on n'avait point songé encore a leur dédier un éta1t seule.
journal. Quel oubli invraisen:blable ! Quelle )acune dans
~ Votre mari a trouvé un porteíeuille t ~•il lui dit,

�,
148
- C'est possible, qu'ellej lui
répond, mais je n'en sais rien;
revenez a midi; Pothy y sera,
vous vous e:xp.liqucrez.
Pothy, c'est mon nom.
Elle ne lui disait pas tout de
suite que j'avais sori portefeuille,
parce que je lui avais bien recommandé d'etre prudente;
quand le bruit court que quarante-quatre mille francs ont
été trouvés, il ne manque pas de
gens pour les avoir perdus, et je
voulais elre sur de mon affaire.
- C'est bien, dit le marchand,
je reviendrai a midi.
A onzc heures et demie il
frappait a la porte; j'étais rentré dcpuis un quart d'heure et
j'étais au courant. Ma femme
alla ouvrir.
~ - Votre mari est-il rentré?
dit le bourgeois lout ému.
11 y avait de quoi, vous comprenez.
- Oui, monsieur, il est rentré. Et elle ne put s'empecher
de dire cela d'un air qui fit bien
deviner tout de suite au bourgeois qu'il allait revoir ses billets.
En effet, deux minutes aprcs,
comme il m'avait donné un signalement ou il n'y avait pas a
se tromper, je lui remettais son
portefeuille.
11 l'ouvrit sans compter les billets, en prit un et me le tendit.
Naturellement je refusai, puisque j'avais ma prime a la préfecture. ll m'invita a diner pour
le soir, j'acceptai.
A six heures j'arrivai au restaurant; il me prit par la main,
et, s'adressant a trois de ses
amis qu'il avait invilés aussi:
Messieurs, je vous pré-

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
sente un hrave homme, lellf
dit-il.
Ca m'embarrassa un peu, maia
tout de meme ga me fit plaisir,
On dina tres-bien. Au dessert,
Eh bien! que me dit le bour~
gcois, c'est done bien décid~
vous ne voulez rien accepter?
Je lui répétai la chose de la
prime.
- Allons, c'est bien, q11'il ré.
pondit, et il ne m'en parla plus,
Le leudemain, il partit; c'é.
tait un homme de la pro.
vince.
Pour lors, voila• t-il pas que
huit jours aprcs, arril'c a la
maison un payrnn qui condui.
sait un chcval a la main et por.
tait une lettre. ll fait appeler
ma femme. Celtc fois-lil cncore
je n'y étais pas; ma femme
vient.
- Vous eles bien Mm• Potby?
- Oui, répond ma femme¡
qu'est-ce qu'il y a?
- 11 y a que voila un cheval
et une lettre pour vous.
- Un cbexal? dit ma femme
toute interdite.
Et elle prend la lettre, md
ses lunettes, parce qu'ellc o'est
pas jeune non plus, ma femme,
et lit tout has. 11 n'y en avait
pas bien long, el nous l'avoos
lue tant de fois depuis, ceue
letlre, que je la sais par crear:
voila ce qu'elle disait :

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

« Madame,

« Votre mari est un honnele
homme qui nous a rendo un
11 grand service dont nous ne
« perdrons jamais le souvenir¡
11 nous venons lui demander de
&lt;&lt; nous en rendre un second.
&lt;&lt;

VISITE DE S. M. L'l!MPEREUR A MONTLU~O:i: ARC DE TRIOllPHE DES USINES.

P4L41S DJ¡ L'JNDUSTRlR D'Al\lSTEJiDAM, - D'aprea 4ue pbolOgrapbie 4e MM, Waguer et l\jollij,
CERÉMONIE D'INAUGUR.\TION DU PJLAIS DE L'l1illUSTRIF, A A~lSTERllAM. - ffaprcs un cruqu1s de M. Gerardt et Van Es.

i49

�151

t:I LLUSTRATION, JO URNAL UNIVERSEL.
150

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNlVERSEL.

« Nous avons dans notre éeurie un petit e}leval qui est

rait de sa présence. Discours, orchestre monstre, illuminations, feux d'artifice, ríen n'a manqué, et tout s'est
&lt;( pour lui : il nous faudrait done le vendre, mais nous
passé. dans le meilleur ordre. Dix mille personnes avaient
(&lt; l'aimons beaueoup, il a été le eompagnon de nos en- trouvé place dans l'intérieur, et une foule innombrable
« fants, et nous voudrions etre surs qu'il sera bien animait les abords du palais.
P. A. M.
« soigné et b¡en traité. Mais qui nous répondra que l'a« ebeteur de Coco ne sera ni brutal ni négligent? L'idée
« nous est done venue de vous prier de l'aeeepter; de
UNE NUIT DU DOCTEUR RÉMUS.
« eette fa~on-la, nous serons tranquilles, saehant qu'il ne
(Nou,elle).
« pourrait etre mieux que ehez de bonnes gens eomme
&lt;( vous l'etes. Je vous envoie don·e Coco par un messager,
C'était un grand sceptique que le vénérable et savant
« Caites-lui bon aeeueil et ne refusez pas de nous tirer
docteur
Rémus, de la petite ville de Stemberg, en Ba« d'embarras.
viere
.
.
« Mille amitiés de mon mari et de mes enfants,
11 niait carrément l'exístence de !'ame, ne l'ayant ja« Croyez aux sentiments de gratítude les plus affeemais
rencontrée au bout de sa lancette, et quand on lui
tneux de votre toute dévouée ... ))
parlait
de Dieu, il prenait brusquement son cbapeau,
Et puís le nom.
saluait
froidement
et allait voir ses malades. Cependant,
No~ avons gardé Coco. Apres eette lettre-lii., il n'y
comme
nous
sommes
destinés a croire a quelque chose,
avaít pas moyen de le renvoyer. Je vous réponds, du
le
docteur
croyait
a
la
saignée... mais c'était tout.
reste, qu'il ne lui manque rien et qu'il n'a pas á se
Voici
d'ailleurs
un
faít
qui le peint a merveille :
plaindre de nous. Vous pouvez voir d'ailleurs qu'il se
Un
jour,
M.
le
bourgmestre
lui ayant avoué qu'il
porte assez bien, et qu'il n'a pas l'air malheurem.
croyait aux esprits, Rémus jugea qu'il était fou, l'attira
N'est-ee pas, Coco?
Coco redressa la tete et allongea le pas comme pour ,sournoisement daos une maison de santé et luí fit administrer une forte doucbe, malgré les menaces, les prieres
mieux montrer sa vígueur.
X. FEYRNET.
et les cris de l'infortuné magistrat.
M. le bourgmestre, auquel ce zele intempestif valut
un catarrhe, prit fort mal la chose. Cité en justice, convaincu d'avoir violentéson ami et abusé de sa profession,
IIUUGUR!TIOH DU PALAIS DK L'IKDUSTRIK, A!lsrERDAI.
Rémns fut condamué a cent florins ele dommages-intéLe palais ~e !'industrie d'AmsterJam, qui s'éleve sur les rets et a trois j ours de prison !
Un jour, il fut appelé aupres clu baron de Witersbach,
bords de l'Amstel, vient d'etre inauguré.
C'est le 7 septembre t858 qu'apres de longs pourpar- · qui se trouvait gravement malade a son chateau de Mülers entre les fondateurs uu palais de \'Industrie et la dendorff.
De Müdendorff a Stemherg, il y a dix lieues.
municipalité cl'Amsterdam, le premier des deux mille
Apres avoir mis quelques médicaments daos sa valise,
pilotis sur lesquels repose le palais put enfin etre enfoncé. Des circonstances imprévues retarderent la mar- Rémus alluma sa vénérable pipe de bruyere, monta a
che des travau1 jusqu'en ávril t860, et la premiere cbeval, et partit en lisant le fameux traité de Malsacher
colonne en fer fut érigée en présence de S. M, le roi des sur la folie.
Au b0ut de huit beures de lecture et de voyage, le saPays-Bas et' de S. A. le prince d'Orange. En novembre
t86f. on commenga la toiture du batiment; en octobre vant s'aper~ut de trois choses : il s'était égaré., la nuit
l862 s'élangait dans les airs la gracieuse coupole qui approchait, et il mourait de faim. Heureusement qu·nn
le surmonte; en fin, en septembre i863, la gigantesque village lui apparut au mérue moment a travers les peupliers, un joli petit village que la Providence mettait
statue de la Víctoire dominait le palai~.
Comme a Sydenham, le fer et le verre sont les seuls sur sa route et qui semblait attendre le voyageur.
Rémus plonge~ le fameux traité dans la pocbe de sa
matériaux dont on se soit serví pour cette construction.
La longueur totale est de f26 metres. Sa largeur de lévite, enfon~a son chapeau sur sa tite et gratifia sa
80. La coupole, qui est de forme elliptíque, longue de montured'un vigoureux coup d'éperon.
En moins de dix minutes, il se trouvait ii. l'entrée du
2i metres et large de t3 metres, est ii. 57 metres audessus du sol et supporte une secoude coupole plus pe- village, et son regard s'arretait avec joie sur une maioon
d'un aspect confortable. Elle tendait sur la route une·
tite, longue de 6 meires et large de 4 metres.
Aux quatre points cardinaux du palais et a la base de branche de pin et sa porte était illustrée d'une cloche
la coupole sont d'élégantes tourelles, qui rehaussent les d'argent. C'était une auberge.
formes déja si gracieuses du palais, sans le cbarger en
Rémus résolut d'y passer la nuit.
,
- J'espere, dit-il en lui-meme, que le baron voudra
aucune fa~on.
Ce monument est un chef-d'reuvre d'architecture, bien m'attendre et qu'il ne commettra pas la faute de
plein de grace et de majesté, dtl au talent de M. C. mourir sans moi; s'il trépasse, au contraire, eh bien !
Oulsboorn, architecte rl'Amsterdam, et si notre ville a je ferai son autopsie, et j'aurai toujours la consolation
le droit d'etre fiere de posséder un palais de ['Industrie de savoir de quoi il sera mort.
En faisant ces rétlexions, le docteur venait d'arriver a
qui rivalise avec avantige avec ceux des autres pays,
l'honneur doit en revenir a M. Sarphati, le fondateur, l'écurie; il remit son cheval a l'aubergiste, prit sa valise
qui, malgré des :difficultés inouies, a su, par sa persé- sous le bras, et entra dans l'auberge.
vérance et son activité, faire aboutir heureusement
So; premier soin fut de commander une forte tranche
l'entreprise.
de jambon, escÓrtée d'Ulle bouteille d'Affenthal et d'un
Le palais de \'Industrie d'Amoterdam a été construit cruchon de hiere.
dans le but de provoquer, par des expositions permaQuand il eut apaisé sa soif et sa faim, Rémus alluma
nentes des procluits de !'industrie et des beaux-arts na- sa pipe et promena son regard autour de la salle. Mais
tíonaux et étrangers, l'émulation des fabricants, ar- alors, un étrange spectacle s'offre ii. sa vue, et d'étonnetistes, agriculteurs, ouvriers, etc., émulation dont notre ment, il pose sur la table la chope écumeuse qu'il est
pays a fort besoín, et qui ne peut manquer d'exercer en train de porter ii. ses levrcs.
uhe heureuse influence. Ce batimentservira, en outre, a 1 Ici, un nain poilu, bossu, crochu, joue au bésigue avec
des retes, ii. des ccncerts, a.&lt;ies expositions de fleurs, etc. un géant borgne et cciffé d'un chapeau de général. La,
La division intéríeure est parfaitement adaptée a tous une femme, barbue comme un sapeur, le cigare a la
ces usages et ne laísse, sous ce rapport, rien a désirer. bouche et la main sur la hanche, boit du kirsch avec un
Nous citerons en passant la grande salle, qui me&amp;ure albinos. Plus loin, debout, levant la queue, dressant J'oi i4 metres de largeur sur 3f metres de lougueur, la reille et tirant la langue, une douzaine de chiens dangalerie principale, large de 6 metres, qui en fait le tour, sent autour du poele une ronde fantastique.
·
les quatre salles adjacentes qui ont chacune 45 metres
- Bizarre ! inconcevable ! murmure le docteur en pro-\e longueur sur tO metres de largeur, enfin les deux menant sa main sur son large front chauve comme pour
salles de rafraichissements, longues de 26 metres et rassembler ses esprit~.
Mais voici que l'hotelier ayant réclamé a un monsieur
larges de 8 metres.
La fete du t6 aotlt a été plutOt une féte d'inaugura- d'une maigreur Cabuleuse le prix de sa consommation,
tion qu'une ouverture de l'Exposition, car les objets ex- celui-ci se met á tousser, pre.nd une assiette et crache un
florín qu'il offre a l'aubergiste émerveillé.
posés sont encore fort peu nombreux.
Rémus releve ses lunettes et, se frottant les yeux comme
Nous ne parlerons pas de la fete proprement dite:
ellell se rP.i;semhlent toutes ; le prince Frédéric l'hono- un homme qui Tient de faire un reve :

« en a.ge de travailler, et nous n'avons pas d'ouvrage

- L'ardeur du soleil, dit-il, et la lecture trop prolon. '
gée de ce livre m'auront fatigué le cerveau. J'éprou,e
une hallucination de la vue.
Mais, a1_1 meme instant, l'attention du docteur est au¡.
rée par un nouveau personnage. C'est un homme a la
chevelure absalonienne, au col de taureau, aux bras de
gorille. 11 porte des bottes molles et un turban. Trou.
vant qu'on ne l11i sert pas assez vite la choucroute qu'it .
a demandée, d'une main il saisit l'aubergiste, l'enleve
comme une plume, le fait tournoyer au-dessus de sa tete
et le· pose sur la table comme un paquet d'allumettes.
- Voila qui est trop fort, soupire le docteur, monto111
nous coucher. Le sommeil dissipera ces fantomes.
11 prend sa valise et se dirige vers sa chambre, précédé
de l'aubergiste, remis de sa secousse.
Rémus n'était pas encore tres-convaincu de son hallucinatíon, puisqu'il interrogea l'hotelier sur la singularilé
de ses clients et l'excentricité de son établissement.
Mais l'aubergiste lui tourna les talons et garda le 8¡.
lence.
Rémus l'appelle ... l'aubergiste ne répond pas. 11 l'appelle encore ... l'aubergiste, toujours muet, prend un escalier .obscur, leve une trap pe et disparait !. . Tout a
coup le docteur ébahi sent quelque chose remuer entre
ses jarabes... 11 se baisse, il regarde et voit le nain ases
píeds, derriere luí, le géant. Tous les deux passent en
tui adressant un salut ironique, levent la trappe et s'évanouissent dans l'obscurité. Soudain, au fÓnd du corridor, parait la femme a barbe, tenant un énorme ophicléide sous le bras, et !'Albinos se dirige droit sur le
docteur.... . .
Rémus se précipite dans sa chambre et ferme la porte
a double tour.
Il allait se mettre au lit lorsqu'un concert de voix mystérieuses et bizarres retentít dans le voisinage. A ces
voix faibles ou vibrantes, douloureuses ou gaies, succede
bientot une série de bruits extraordinaires.
Ce sont des sifflements aigus, des bourdonnements
insupportables, des ricanements infernaux, des soupin
d'agonisants, des battements d'ailes. Puis les voix se
mettent ii. fredonner ou imitent les grincements d'un
violon campagnard.
Sa bougie d'une miin, sa canne ·de l'autre, Rémns
fouille et refouille tous les recoins de la chambre... Ríen!
absolument rien qu'une grosse araignée qui file tranquillement sa toile. ll écoute... le bruit continue ... il
vient de la chambre voisine, c'est certain; plus intrig•1é
qu'ému, Rémus ouvre sa porte, traverse doucement le
corridor et colle vaillammentson reil alaserrure, maisil
ne voit dans la cbambre qu'un seul individu.
Il est revétu d'une longue robe lamée d'or, coiffé d'une
mltre d'éveque et se livre a une foule de gestes cabalistiques, commé un sorcier qui évoque les esprits.
Les voix augmentent et le bruit redo•1ble.
- Je m'y attendais, dit le docteur, j'éprouve maintenant une hallucination de l'ouie; elle suit toujours
l'autre.
Mais au meme instant une la.rge main s'appesantit sur
son épaule et une voix de trombone lui dit:
- Que faites-vous la?.. ..
C'est l'aubergiste qui passe, un fusil sur l'épaule, un
sabre a la main.
- Voici le moment d'éclaicir la situation, dit en lui•
meme le docteur, et il appelle l'aubergiste; mais celui·
ci, impassible et muet, continue son chemin, ouvre une
seconde trappe et disparalt de nouveau.
Rémus le suit d'un reil inquiet, pousse un soupir et
rentre dans sa chambre.
- C'en est fait, murmura-t-il en se laissant tomber
sur une chaise; ma raison s'égare. L'hallucination est
presque toujours le précurseur de la folie. Je deviens
fou, a moins que ... Mais non! ce sont la des billevesées
bonnes pour M. le bourgmestre et les sabotiers de la

Fotét ~oire.
Un savant comme moi ne peut croire au merveilleUI,
La dessus, Bémus prend sa carafe et se verse de l'eau
snr l'occiput. - Le bruit cesse. - « C'est bizarre, dit-il,
je n'entends plus ríen. Je vais mieux. Ouvrons la fe,,
netre. L'eau! L'air! voila de bonsremedes! 1)
Les croisées de la chambre donnaient sur la place do
village.
A peine Rémus a-t-il mis le nez a la fenetre qu'il recule d'un pas en laíssant échapper un cri d'étonm:111enL
A travers le brouillard, il aper~oit vaguemeut une
longue file d'édifices étranges dont les contours ondn•
lent comme les voiles d'un navire. Tout autour de ed

édifices voltigent une multitude de lumieres pareilles a
. feux follets et éclairant des visages pales.
d~
. entendr~
rout a coup un sorn:d gro~nement se f ~1t
les arbres, et Rémus vo1t deux ours enormes qm
~~
' aux sons d'un ms
. trument
dansent
une sorte de bourree
barbare.
_ Des ours en Baviere! s'écrie le malheureux docteur;
d ours qui dansent la bourrée comme de vrais Auverdu soír, en plein village !
gnesats, et cela a onze heures
,
roa tete ! ma pauvre teteL.
0
uquitte la fenétre, prend la carafe et s'inonde dePecbef. Mais bientot une force irrésistible l'entraine a l_a
croisée- Alors il voit surgir de la brume un chameau g1gantesque, suivi d'une girafe et d'un tapir. Ces animaux
passent comme des ombres et s'évanouissent dans le
brouillard.
-Triste, mais curieux phénomene! observe le docteur,
je suis bien ici au ~illage d~-Bartheneim, ii. quinze_lieues
de Munich, en pleme Bav1ere; le pays ne prodmt que
des Jievres et des écureuils, et je vois défiler a mes pieds
l'ours d'Espagne, le tapir de l'Inde, la girafe d'Asie etle
cbaroeau d'Afrique !
soudainun nouveau spectacle l'arrache acesréflexions.
C'est une multitude de petits chevaux qui courent dans
)'espace. 11 y en a cent, il y en a mille, dix mille, un
nombre infini !. .. Queue, tete, jambes, oreilles, criniere,
tout est immobile. Ces quadrupedes étranges ne marchent
pas; ils semblent portés dans l'espace, entrainés par le
,ent. Tout a coup une voix formidable s'écrie : « Plus
vite! » et les petits chevaux mystérieux s'élancent avec
une telle rapidité que tetes et queues venant a se confondre ne forment plus qu'un sombre nuage.
Rémus alors sent comme un vertige et croit éprouver
la tentation de se jeter par la fenetre.
- C'est bien cela, dit-il avec tristesse; l'hallucination
r,onduit ala folie et la folie pousse au suicide.
Fort heureusement, ajouta-t-il, que je suis en parfait
état de veille et de lucidité, et que je puis, comme l'a
fait Burdach, analyser mes hallucinations. Qu'au moins
mon infortune profite a la science !
Rémus aussitot ouvre son secrétaire et .écrit cette
lettre a son illustre ami Cornélius Dudenoeffer, grandmaitre de la savante université de Munich :
Illustre collegue et cher ami,
Voila trois heures que je suis en train de devenir fou.
Cet accident m'arrive au village de Bartheneim, pres de
Reimbach.
Je suis deseendu a l'auberge ·de la Cloche-d'Argent
avec un esprit tres-calme et un exceUent appétit. Mais
tout a coup la salle de l'auberge s·est peuplée de géants, •
de nains crochus, d'albinos, de femmes a barbe buvant du !kirseh et autres personnages non moins
singuliers. L'un d'eux s·est mis a faire le moulinet
avec l'aubergíste comme avec un ha.ton, un autre
s'est amusé a cracher des florins. Je me mis alors réfugié dans ma chambre, et pendant une heure mes pauvres oreilles ont été en butte a un vacarme étrange,
inoui, infernal. Enfin, de ma fenetre, j'ai aper~u des
chameaux, des tapirs, des girafes, des ours dansant la
baa.11Tée, et une nuée de petits chevau.x volant dans l'espace.
Rémus entrait ensuite dans de longs détails scientifiques, analysait sa folie avec la passion d'un artiste et
l'amour d'un savant.
En terminant sa lettre, il priait l'illustre Dudenoeffer
de venir le chercher immédiatement et de le faire conduire a l'hospice de Friédestal.
• Je connais le directeur, ajoutait Rémus, et je trou,erai dans son établissement tous les soins néces-

saires. J11.
Rémus cachete ce chef-d'reuvre épistolaire et scienti-

fique; met l'adrtsse et se dirige instinctivement vers la
fenetre.
Tout a disparu dans l'épaisseur du brouillard, tout,
excepté un objet nouveau et assez inquiétant.
C'est un monstre horrible ·et colossal qui se dessine
immobile dans l'espace.
Rémus ote lses lunettes, en essuie soigneusement le
,erre avec le pan de sa lévite et regarde attentivement
le monstre. A ses pattes contournées; a son corps verd!tre, a son museau allongé et meublé de dents terribles,
le docteur reconnait un crocodile de la plus belle es-

pece.

• Bon! dit--il, me voila maintenant sur les bords du
'

1

Nil ou du Gange! Je savais bien que le crocodile, animal
ampbibie, vit également sur terre et dans l'ea11, mais
j'ignorais qu'il ptlt se soutenir en l'air, a l'instar de
l'alouette. J)
Tout a coup, un atfreux petit animal, tombant je ne
sais d'ou, saute sur l'épaule du docteur et lui . cause une
telle frayeur, que le malheureux Rémus est sur le pointde
s'évanouir. Mais bientot asa peur succedent la colere et
l'indignation. La méchante bete, grimagante, sautillante; insaisissable, se met a lui donner des tapes sur
les joues et tire, en rieanant, les quelques meches de
cheveux gris qui restent au pauvre savant.
C'était un singe. D'un tour de main rapide comme la
pensée, l'affreux sagouin enleve au docteur sa calotte et
ses lunettes, et disparalt en faisant force gestes irrévéreucieux et grimaces diaboliques.
« Ceci, dit gravement le docteur, s'appelle J' hallucination du toucher.
11 prend sa lettre, et la décacbetant pour instruire Dudenoeffer de ce nouvel accident, il écrit :
« )fon hallucination vient de prendre un caractere
aussi singulier qu'alarmant: il m'a semblé, tout al'heure,
qu'un singe me sautait sur l'épaule et qu'il me tirait les
cbeveux. Bien plus, il s'est enfui en emportant ma calotte et mes lunettes. Je- jurerais que j'ai froid a la tete,
que j'y vois trouble et que j'écris tout de travers.
De grace, cher et illustre ami, partez sur le champ,
et arrivez avant que je ne fasse quelque malheur. »
L'infortuné Rémus cachete sa lettre , met quelques
gouttes de chloroforme daos un verre d'eau, avale, s'endort, et reve toute la nuit qu'il est dans la maison des
fous de Friédestal, qu'il re~oit force douches etqu'on lui
passe la camisole de force parce qu'il a étranglé son
gardien! ....

................

Le lendemain, vers huit heures du matin, Rémus est
réveillé en sursaut par uli vacarme épouvantable. C'est
un gigantesque et effroyable charivari, un concert infernal, atroce, de trombones, de clarinettes, de trompettes, de fifres, de tambours. L'air retentit de mille cris
assourdissants et barbares. C'est le chien qui aboie, le
cheval qui hennit, J'ane qui brait, la voiture qui roule,
la foule qui murmure ; des chants, des disputes, des
éclats de rirei ...
Rémus se leve précipitamment et court a la fenetre.
Le long du village s'étend une longuc file de baraques
et de tréteaux pavoisés. Ici, un hercule en maillot rose
leve des poids qu'il fait pirouettcr avec une aisance merveilleuse. La, un personnage en costume de sorcier,
avale des sabres, des parapluies et erache des florins.
Plus loin, une toile énorme offre au public émerve1llé,
la double image d'une femme a barbe et d'un albinos.
A droíte, des chevaux de bois tournent avec une rapidité vertigineuse. Agauche, s'éleve une ménagerie, dont
l'enseigne représente des chiens, des ours, des chameaux,
des tapirs et des girafes.
Sur le faite de la baraque, se balance dans l'espace
un énorme crocodile empaillé.
En face, sur la devanture d'une baraque, on lit :
Au ventrilogue sans pareil.

Et daos le personnage en robe lamée,d'or, qui se tienta
la porte, une baguette ii. la main, Rémus reconnait son
voisin de la veille, le mystérieux locataire de la chambre
d'ou partaient les soupirs, les battements d'ailes et les
grincements de dents.
Enfin, devant une autre baraque, un affreux petit
singe exécute ses cabrioles et fait d'épouvant3.bles grimaces.
A la grande admiration des badauds, il se coiffe
d'une calotte, la fait sauter en l'air et l'attrape, tout en
essayant de placer et de replacer sur son nez une vieille
paire de lunettes.
Rémus, exaspéré, reconnait ses lunettes et sa calotte.
Du reste, la situation était claire et l'énigme expliquée:
C'était la rete du village, la foire de Bartheneim.
Rémus avait logé avec les saltimbanques, et_.de sa
fenetre il avait assisté aux préparatifs de _lelll'8 représentations.
- Ah! pourquoi, s'écria le docteur, confus et humilié,
en se voyant forcé de reconnaitre q1_1'il n'avait pas été
fou, pourquoi cet imbécile d'aubergiste n'a-t-il pas répondu hier soir aux renseignements que je lui demandais?

Au meme mstant celui-ci entra, et apres un court entretien, Rémus s'aper~ut que l'aubergiste était sourd
comrue un pot, ce qui expliquait suffisamment son
~ilence obstiné de la veille.
Apres avoir soldé sa dépense, le docteur se rendit sur
la place du village, ou il parvint, non sans peine, a se
faire rendre sa calotte et ses lunettes, et quitta Barthe ·
neim.
- Quand il arriva au chatean de Müdendorff, le baron
venait de rendre l'ame. Réruus fit l'autopsie du défunt,
et comme il l'avait dit, il eut la consolation de savoii; de
quoi il était mort.
Quant a la fameuse lettre, sur le point de la déchirer,
le docteur lui lan~a un regard de regret affectueux et
s'écria :
- Quel dommage! Que! récit palpitant et curieux!
Quelles considérations ingénieuses et savantes !
__,__ Au fait, reprit-íl tout a coup en se croisant les bras,
qui me dit que cette fete n'est pas imaginaire, et le résultat d'uue nouvelle hallucination?

L'hallucination est tantót acceptée par le malade comme
une réalité et tantót reconnue pout upe fausse perception.
Muller, Fouberg, Riber, Hermano, Kauffmann sont d'accord la-dessus.
- Le spectacle de ce matin semble expliquer celui de
cette nuit. C'est vrai. Miis qu'est-ce que cela prouve?
Apres avoir reconnu la fausseté de l'un, j'ai admis un
instant la réalité de l'autre.
C'est la un caractere nouveau et assez fréquent de
l'hallucination. Voila tout.
- 11 est également faux qu'un siuge m'ait pris mes
lunettes cette n uit et q u'il me les ait rendues ce matin.
La-dessus, Rémus, enchanté de son idée, jette a la
poste sa lettre a Dudenoeffer. Seulement il ajoute en

post-scriptum :
&lt;( Ne venez pas me chercher; l'hallucination est passée ;je rentre a Stemberg. &gt;l
Quelques jours apres ces événements, le bienheureux
docteur voyait sa lettre imprimée, commentée, analysée,
discutée, admirée, reproduite par une foule de gazettes,
et répandue dans toute l'Allemagne.
Un beau matin il re~ut une députation des médecins
de la vil le de Munich, et fut nommé memlJre de onze
sociétés savantes. Pour comble d'honneur, l'illustre
Cornélius Dudenoeffer lui adressa, le meme jour, une
longue épltre daos laq_uelle il félicitait le docteur Rémus
au nom de la science et de l'humanité.

FULBERT-DUKOm'Kll.ll.

lllAUGUR!TIOJ DK LA STATUK DK L!WY, A T!RBKS
et de
U

ROE IMPÉRIALE, A MARSEILLE.

Le département des Haútes-Pyrénées a célébré la fete
nationale du t5 aotlt en inaugurant la statue érigée,
dans la ville de Tarbes, a la mémoire de Larrey, chirurgien en chef des armées du premier Empire.
Vers quatre heure., le cortége, qui s'était formé dani
la cour de l'hotel de ville, pour conduire, au lieu de 1~
cérémonie, M. le baron Larrey, fils de l'illustre chirurgien, se mil en marche. Ce cortége se composait de toutes les autorités, des membres de la commission mooicipale, du comité de souscription pour l'érection de la
statue, et d'un grand nombre de n11tabilités de la ville
de Tarbes et du département.
· M. Jules Cloquet, de l'lnstitut, membre de l'Académie
de médecine, M. Cazalas, inspecteur du service de santé
militaire, M. Joly, professeur a la Faculté des sciences de
Toulouse, accompagnaient M. le baron Larrey.
Quand l'assistance eut pris place, le voile qui couvrait
la statue tomba; et l'image de Larrey, pleine de noblesse et d'animation, et exprimant, avcc une vérité saisissante, les sentiments dont le pénetre le testament de
Sainte-Hélene, qu'il tient sur son creur, apparut aux
yeux de la foule qui remplissait la vaste promenade et
ses abords.
Le meme jour, a M.arseille, on inaugurait la rue Impériale, qui, depuis lors, est définitivement ouverte au
public. Pendant toute la journée, la foule n'a cessé de
circuler sur cette nouvelle voie, destinée a relier les
deux ports, et au commencement de laquelle avait été
dressé un are de triomphe, qui, le soir, a été brillamment
illuminé.
H. C.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
LA JOURNÉE DU 22 J.OUT
A GENEVE,

Tout le monde sait que la
,ille de Geneve est baignéq
par le Rhóne, qui la coupc
en deux parties presque égales, Les deux rives du grand
neuve sont reliées entre elles
par plusieurs ponts, dont les
principaux sont le pont des
Bergues et le pont du MontBlanc. La ville proprement
dite, ou la Cité, occupe la
rive gauche. C'est la que s'élevent, sur une colline semblable al'acrnpole d'Athenes,
'hotel - de - Ville, !'arsenal
central, la cathédrale, vastc
édifice gothique dédié asaint
Pierre. C'est la que demeu-

EVENEME~TS DE GENHVE: TÉTE llU PONTjDU MONT-BLANC DANS LA JOURNEE DU U AOUT.

i53
rent les familles aristocratiques, fes gros banquiers,
les gros négociants, dont
les hótels, quelques-uns surtout, comme, par exemple,
la maison de Saussure et le
palais Eynard, se font remarqucr par une architecture
grasdiose ou élégante. Sur
la rive droite, s'étendent les
anciens faubourgs et plusieuts grandes rues nouvelles, qui datent de i 846.
Avant {846, Geneve était
entourée de fossés et debastions q~í empechaient son
développement. Le partí radical, allié aux cléricaux,
demandait, par l'organe de
son chef, M. James Fazy, la
tlémoiition des fortifications.
Le partí conservateur et calviniste, qui était en majorité

INAUGURA.TION DE LA STATUE DE LARREY, A TARBES,

daos le gouvernement, se
rcrusait a cette demande,
parce qu'il y voyait la ruine
de la nationalité 'genevoise.
11 íallut une révolution ¡:iour
airJ ttiompher l'idée de
lames Fazy. Depuis lors, Geneve s'est agrandic dans tous
les sens, mais surtout sur la
rive droite, que l'on pourrait appeler la ville de James Fazy, tandis que la rive
g~uche pourrait s'appeler la
villc de Calvin. Ceci me remct en mémoire cette porte
d'Atbenes, ou on lit d'un
.
'
cote : C'EST ICI LA VILLE DE
TatstE (ou la vieille ville), et
de l'autre : C'Esr 1cr u VILLE
n'AnRIEN (ou la ville nou.
Velle).
De f846 a i 853, James Fazy fut comme le dictateur de
larépublique de Geneve.
Les démocrates purs souf-

.

PRISE DE L'ARSBNAL. -

D'apres lea croquis de M. L. B.

fraient de voir une partie de
leurs concitoyens s'inféoder
a un seul homme et faire
de cet homme une espece de
pape politique, dont chaque parole était un oracle et
chaque volonté une loi. lis
s'appliquerent a comb1ttre
le ty1·an (c'est ainsi, en effet,
que l'eussent nommé les
Grecs ), et malheureusemen t
pour lui son administration
ne prétait que tror le flanc
a leurs attaques. Chaque a11néc, le budget se soldait p: r
un déficit &lt;le 700,000 fr. Pou t·
combler ces déficits et pour
donner du pain aux prolétaires sans ouvrage (¡ianem el
cil'censes), on avait recours a.
des emprunts, qui se sont
élevés peu apeu ala somme
de vingt millions, sommc
énorme pour un pays qui ne
compte guere que 85,000 ha-

�L' lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

.,

bitants. Enfin, on ne pouvait pardonner A M. Fazy d'avoir loué le premier étage de son palais Aun établissement de jeu, ou bon nombre d'honnetes gens ont vu
s'engloutir le plus clair de leur avoir. Tels sont _les griefs
que formulait et que formule encore contre l'autocrate
des radicau:c, le partí conservateur, qui s'intitule parti
des indépendants, parce qu'il prétend ne dépendre de
personne et n'obéir Aaucun chef ostensible.
C'est en t 853 que ce parti remporta sa preniiere victoire contre James Fazy, daos l'élection d'un conseiller
d'Etat. Depuis lors, la fortune a été tour a tour favorable ou contraire aux deux opinions; les amis de James
Fazy ont été nommés conseillers d'État, mais tui, jamais
plus.
Daos ·ce moment, le Grand conseil, ou pouvoir législatif, est composé presque exclusivement de députél!
conservateurs ou indépendants; en revanche, les sept
membres du Conseil d'État qui représentent le pouvoir
exécutif étaient tous, il y a un mois a peine, des radicaux. L'un d'eux, M. Challet-Venel, ayant été appelé A
.,d'autres fonctions, il s'agissait de luí trouver un rempla~ant. C'est l'élection de ce rempla~nt qui a donné lieu
aux se/mes déplorables que nous avons Araconter.
Les radicaux portaient M. lames Fazy; les indépendants, M. Arthur Cheneviere, le fils de !'un des plus
éloquents prédicateurs de l'église protestante.
Le vote s'effectua le 2t aout, daos le plus grand ordre,
et au milieu d'une tranquillité parfaite.
Le lendemain, on procéda au dépouillement des votes,
qui s'opéra sans soulever la moindre réclamation. Sur
t t ,045 bulletins déclarés valables, il s'en trouva 5,368 pour
M. Fazy et 5,677 pour M. Cheneviere; majorité en faveur
de ce dernier, 337.
Des que ce résultat fut connu, les radicaux présents
daos la salle du scrutin,' dirent qu'il s'était glissé des
erreurs daos les listes électorales, et demanderent l'annulation de l'élection.
La commission chargée du dépouillement des votes se
eomposait de vingt- sept membres dont dix-sept rad4caux et dix indépendants. L'annulation fut prononcée
par dix-~ept voix contre dix. Le président du bureau,
M. Amberny, un radical, apres avoir proclamé l'arrét
de la commission, le déclara abusif et inconstitutionnel.
Les indépendants crierent: Au Molara! auMolard! Le
Molard est une place, un marché, ou, de temps immémorial, se tiennent les assemblées populaires. Elle conserve encore des tours du moyen age qui luí donnentun
aspect assez pittoresque, et une porte surbaissée ou, autrefois, on amarrait les harques, car le lac arrivait jusque-la. Le Molard esl l'A9ora, le Forum de Geneve.
Apres avoir entendu plusieurs orateurs, les indépendants résolurent de moµter a l'Hótel-de-Ville pour protester contre l'acte arbitraire de la commission, et pour
engager le Conseil d'État A faire annoncer daos la ville
le nombre de voix obtenues par les deux candidats.
Le Conseil, apres une longue hésitation, obtempéra A
ce désir, qui n'avait ríen de contraire aux us et coutumes
du pays en pareil cas. Sur ses ordres, un commissaire
de poi ice partil, précédé d'un tambour et escorté de deux
huissiersrevetus d'un manteau aux couleurs cantonales,
jaune et rouge. Une troupe assez nombreuse d'indépendants suivit, banniere en tete, mais saos armes, les
agents de l'autorité. Ce cortége, qui grossissait Achaque
pas, traversa, tambour battant, plusieurs rues de la vieille
ville, puis passa le pont des Bergues et prit la direction
du quartier Saint-Gervais, qui est le quartier radical par
e1cellente. A la hauteur de la rue du Cendrier, un coup
de feu, venu on ne sait d'ou, blessa un eitoyen A la
jambe. Une trentaine d'autres, considérant cet atlentat
comme le prélude d'une attaque plus sérieuse, rebrousserent chemin avec l'inlention d'aller se procurer des
armes A!'arsenal de l'Hotel-de-Ville. lis se présentent
aux gendarmes qui gardaient !'arsenal et les somment
de leur en ouvrir la porte. Les gendarmes refusent. Alors,
on prend des échelles, on les applique contre les fenetres, on pénetre daos l'intérieur de l'édifice, on s'empare des armes et on les distribue a la foule. Puis, on
dépave une partie de la rue et on dre~se deux énormes
barricades, !'une en aval, l'autre en amontde l'Hotel-deVille.
Cependant, la colonne qui accompagnait les huissiers,
continuait sa marche. Parvenue au coin de la rue de
Chanlepoulet, elle se trouva en présence d'une bande
d'environ soixante hommes, armés de fusils et munis
4'une piece de c10on qui, comme on l'a su depuis, était
ehargée A mitraille. Un radical tres-estimé dans son

partí, M. Delenderrier, veut user de son influence pour
calmer les esprits. JI s'élance au milieu de la melée en
criant aux insurgés d'épargner le sang de leurs frcres et
de respecter l'autorité. Mais une baile l'atteint en pleine
poitrine et il tombe sansvie, victime de son dévouement.
Presque au meme instant, une autre baile frappait un
jeune homme de dix-sept ans, qui ntourut deux heures
apres. Cinq ou six autres individus étaient tombés avec
ceux-lA, mais ils n'étaient que blessés. Les indépendants,
ne poovant riposter Aleurs agresseurs faute d'armes,
se rejetcrent en désordre sur la rive gauche etcoururent
Al'Hotel-de-Ville.
De leur coté, les radicaux, mailres de la rive droite,
songerent As'y fortifier. lis occuperent les tetes de pont.~,
y firent des barricades, y mirent des sentinelles et y
braquerent des canoas. Ces canoas, aimi que les fusils,
provenaient de !'arsenal du Grand-Pré, qu'ils avaient
euvabi et pillé des qu'ils avai,mt appris le résult:tt de
l'éleclion. Cet arsenal était le seul qui renfermat des
pieces de gros calibre, qu'on y avait déposées depuis
longtemps, et pour cause.
11 était alors quatre heures et quart de l'apres-midi.
Un conseiller d'État est conduit comme parlementaire
au camp des rebelles. On obtient un armistice, pendant
lequel on releve les morts et les blessés.
Quelques coups de feu partent encore, et une baile
perdue vient atteindre au front, a deux pas de moi, un
homme qui rzgardait tranquillement ces scenes sauvages. 11 tombe Aterre comme un sac, saos pousser un
cri. Sa cervelle, broyée et melée a son sang, macule le
pavé; les éclaboussures en rejaillissent jusque sur mes
babtts.
Une nouvelle importante circule daos les groupes. Le
Conseil d'État a écrit a Berne, par le télégraphe, pour
informer l'autorité fédérale de tout ce qui se passe.
L'autorité fédérale a répondu qu'elle envoie a Geneve
le colonel Fornerod avec pleins pouvoirs pour lever des
troupes daos les cantons de Vaud et de Neuchatel.
Vers les sept heures du soir, les barricades étaient
abando~nées; la circulation était rétabhe; la sécurité
renaissaiL Ainsi finit la journée néfaste du 22 aout.
La journée du 23 s'est passée saos autres incidents
qu'une assemblée populaire au Molard, ou fut votée une
adresse au colonel Fornerod, pour réclamer qu'une enquéte judiciaire soit faite con-tre les promoteurs des
troubles de la veille.
Le soir du méme jour, vers les huit heures, le convoi
de Lausanne amene deux bataillons de troupes fédérales, auxquels la population de Geneve fait l'accueil le
plus cordial et le plus enthousiaste.
Le 24 et le 25 sont des jours de deuil. On enterre les
victimes du guet-apens du 22. Plus de dil ruille citoyens
accompagnent les cercueils.
En revenant du cimet1ere, on s'assemble sur la place
du Molard pour voter une adresse a)'autorité fédérale,
tendante a demander l'arrestation et le jugeruent des
assassins.
Mais, daos les républiques, la justice procede lentement: pede claudo. Voici six jours que l'attentat a été
commis, et aucune arrestation n'a encore été faite.
Sauf peut-étre quelque erreur de détail, le récit qui
précede est un exposé fidele des faits.
Espérons que le souvenir de ces tristes événements
n'ótera rien Al'éclat des fétes que Geneve prépare pour
les tO, H et t2 se¡,terubre prochains,encommémoration
du cinquanLieme anniversaire de son entrée daos la
Confédération helvétique.
LolllS DKUrRE.

C~lll@IIIUQUI

■IUSDCALL

Calme plat, commeon diten roer. L'Achille du moyen
age, le brave Roland, Roland l'invincible, qui n'est pas
Roland l'expéditif, n'a pas encore empoigné Durandal,
ni sonné de son Oliphant. Qui le retarde ainsi? Qui l'arréte au seuil du succes et de la gloire, qu'il touche et
qu'il n'ose franchir? En vérité, je !'ignore. Hélas ! je ne
puis dire, moi chétif, comme un orateur bien
connu:
« Nourri da.ns le sérail, j'en connais tous les détours.,
L'Opéra-Comique va rouvrir saos bruit, le i" septembre, avec la Dame blanche et le Tableau parlant. On
ne saurait etre plus modeste. Quandl'Opéra-Comique, en

t829, s'iristalla daos la salle Ventadour, qui avait été
construite a son intention, ce fut de meme la n..,
blanche q¿i servil de piece d'inauguration. La no,.,
bl,mche évidemment ne vieilliL pas. Et pourtant, afllis
Bo"ieldieu, Auber est venu, et avec Auber ou apres hu,
Hérold, Halévy, Adolphe Adam, Meyerbeer. La mode 1
changé plus d'une fois. Les manches plates ont SUCCédé
aux gigots, la crinoline aux jupes étroites, les gilets trop
courts aux gilets trop longs, la mélodie tourmentée ata
mélodie facile, l'harmonie recbercbée a l'harmonie naturelle : la Dame blanche a échappé atoutes ces révolutions, comme ce préfet du département de la Mame,
nommé erí i800, lorsque le premier consul inslitua lea
préfets, et qui mourut plein de jours vers la fin do
regne de Louis-Philippe, toujours préfet du départemeot
de la Marne.
L'Opéra-Comique annonce, pour les jours suivants, le
Postillon de Lonjumew1,, !Ara, 1'Éclair, et je ne sais qooi
encore, mais de nouveautés, point.
Le Théatre-Lyrique a mieux employé ses vacances.
11 donnera, il est vrai, le t •• septembre, la Reine Topaze,
Mais on y jouera, le lendemain, Don Pasquale, traduiten
fran~ais, et un opéra-comique en un acte, intitulé l'Alcade et inédit. On y verra, peu de jours apres, un opéra
nouveau en deux actes, d'un compositeur qui n'est pas
moins nouveau,M. Chérouvrier.
Oepuis ~ue Rossini a quitté l'ltalie, son nom, presque
oublié pendant vingt ans, y a re¡,ris faveur. On s'est re.
mis arendre justice Ace génie longtemps méconnu ou déprécié, - il n'était plus Alamode ! - Sa gloire rajeunie
hrille aujourd'hui d'un éclat plu&amp; vif qu'il yaquaranteans.
Ce que les grands artistes n'obtiennent guere que de la
mort, l'apaisement des passions rivales, le silence de l'eovie, le Jugement impartía! du public et son admiration ·
saos réserve, Rossini l'a obtenu de l'éloignement, et l'on
fait maintenant pour lui, ATorio, aFloren ce, aBologne,
a Pesaro, ce qu'on n'a pas songé a faire quand il était li.
C'est a Pesaro qu'il est né, le 29 février t792. Les en•
trepreneurs du chemin de fer de l'Italie centrale, MM. $a.
!amanea et Delahante, ont eu l'hem·euse idée d'offrir i
la ville de Pesaro la statue de son plus illustre enfanL
C'est la ce qui a tout mis en branle. Mais on est fondé 1
croire que la voix fran~aise de M. Delahante et la voiI
espagnole de M. S¿damanca auraíent éveillé peu d'échos
il y a dix ans, lorsque l'Italie toute entiere, depuis Genes
jusqu'a Palerme, n'avait d'oreillesque pour M. Verdi.La
statue, reuvre de M. MarochetLi, a été inaugurée le
21 aout dernier, avec autant de solennité que le fut i
Bono, en t845, celle de Beethoven, et probablement,
avec un plus ardent enthousiasme. Artistes et dilettanti
s'y étaient rendus en foule, de tous les points de l'Italie.
Denx membres du cabinet italien, MM. Peruzzi et Manna,
leur en avaient donué l'e&gt;.emple. Florence ava1t envoyé
une médaille d'or, el une députation chargée de la présenter. Le savant directeur du conservatoire de Naples,
Mercadante, qui ful jadis le seul rival sérieux de Rossini,
avait, quoique aveugle Aprésent,arrangé pour la circonstance une hymne dont M. Mercantini avait fait les paroles,
et dont tous les motifs vena1ent de la Donna del IAgo et
de Zelmira. De son coté, M. Pacini, l'auteur d~ Sa,To et de
Niobe, avait écrit une cantate.
Cette petite ville de Pesaro n'avait Jamais vu pareille
fete, et s'est tróuvée trop étroite pour héberger convenablement la multitude de visiteurs qui l'avait envahie.En
pareil cas, on accueille de son mieux tout le monde, ~
l'on s'arrange comme on peut. Toutes les maisons, pavo1sées le jour, furent illuminées le soir. Les chevaux des
carrosscs, et méme les chevaux de fiacre avaient Ala
tete des plumets rouges et blancs.
Je glisse, pour abréger, sur les détails de la cérémonie.
Tout s'est passé la comme ailleurs. Grand festival,
chreur de 250 voix, orchestre immeMe, hymne, symphonies discours, etc. L'allocution improvisée deM. Peruui,
ministre de l'intérieur, a fait éclater des transports'd'eothousiasme, surtout lorsqu'il a annoncé que le roi d'ltalie s'associant au sentiment qui animait l'assemblée,
' de décorer du grand cordon des saints Maunce
.
venait
et Lazare l'homme illustre auquel on rendait tous ces
honneurs. - On sait que le gouvernement fran~ais n'esl
pas resté en arriere, et que,Rossini vient d'etre nollllllé
grand-officier de la Légion d'honneur.
Pendant la cérémonie, M. le comte Pepoli, mai~e de
Bologne, le meme qui a écrit chez nous pour Bellini, en
t 83í, le libretto des Puritains, annon~a que la ville de
Bologne, en ce moment méme, inaugurait, de son c6lé.
un monument a la gloire du grand compositeur. C'elt

L'lLLUSTRATlON, .IOURNAL UNIVERSEL.

155

a tout ce qui s'y rattache; et pnis, il faut l'avouer, mal1 e de marbre encastrée au-dessus de la porte tres-important, qui aurait pu remplir un chapitre, lequel gré les réüexions qui précedent, nous somm~s enco~
1111e P aq:vatoire ou École de musique (Liceo di musica), chapitre n'aura1t pas été d'une médiocre utilité pour les
trop de l'ancien monde, pour ne pas º ?us emouvorr
dU eonse
' . .
.
. ude t d . .
rtant cette inscr1pt1on : Qui entro st _n e, • ~u_i chanteurs d'A présent, qui ne savent guere ce que c'est a J'exposition des grandes choses accomphes par les aret~ . cipe del/e scienze musicali Gioacchmo Rossmi. que la chose, et combien elle peut donner au chant de
mées. Qui ne suit, avec une sollicitude pleine d'atten. . ,
tllC' pnn.,,.,. documento perenne di onore al figlio adottivo, ¡!race et d'expression.
JJo/ogna, r·
•
·
11
d
au11 n'ouhlie pas le grupetto, ma1s 11 nen présente tion les premiers essais d'art militair~ des Grecs, ces
¡,intoló di suo nome la cmostante pta~~- p y a onc ·t
qu'une
forme. 11 y en a plusieurs. ce Cet ornement,. gra~ds artistes en tout genre; quel~e imagination r~ste
. ord'bui a Bologne, Ja place Ross101. esaro en ava1
dil-il
se
forme en ajoutant A la note sur laquelle froide devant la narration de ces 1mmenses excurs1ons
¡o
depuis qm~lques années, el la rue ou est né
une aus5
R .. O
on
v:ut
le
faire
une seconde naturelle; on revient ensuite d'Alexandre, ou tout concourt .il. grandir les hommes et
u Barbier de Seville s'appelle rue oss1n1. n y
d
les faits; quelles jouissances indescriptibles de c~ur et
rauteur
. .
.
h
• ¡ maison qu'hab1ta1t sa famtlle. Elle porte, e ose a ta note principale, puis l'on prend une septieme dimi- d'esprit ne provoque pas le récit des campagnes ~ I_tal~e
,01t a
d ¡
bizarre ! les numéros 333, 334 et 335, et la date e a nuée, et J'on retourne a la base du grupetto. •&gt; Voila une du jeune Bonaparte? Le livre d'or des grandes celebri• nce de Rossini, gravée sur une tablette en marbre. étrange défimtion ! Qu'est-ce.qu'une seconde na~urelle? tés est presque entierement occupé par des hommes
~ai;ªbon de rappeler ici que Paris avait depuis lon_g~ Et quel seos peut offrir A !'esprit celte express1on de d'épée; la guerre développe tellement les c~ract~res, exLa statue de Rossm1 septiéme diminuee employée de cette fa~on ! M. de la M~- cite a un si haut degré l'intelligence, fa1t na1tre tant
donné l'exemple A' l'Italie.
temps
,
. t 8'6
, t
d. re le vestibule de I Opera depms
.. ' et ces
en deleine a voulu dire, je pense, que le grupetto comme 11 de dévouements héroiques, de résolutions sublimes, que
: que ta rue qui longe l'Opéra, de la rue Laffitte ~ l_a J'entend se compose d'une seconde supérieure diatoni- J'épée glorieu§e, celle qui délivre, ~r?ttige ou éman1
de la Grange-Bateiiere, a pris le nom de rue Rossm1. que et d'une seconde inférieure chromatique que l'on cipe, estencore le symbole le plus veneré de la presque
ru~a leLtre ou M. le comte Peruzzi a notifié au gran~ ajoute Ala note réelle, mais il a dit tout ~utre ~hose.
·
Quant aux arpéges, aux sons filés par 10üe110ns, a~x universalité des peuples.
compositeur l'honneur qui lui était décerné par le ro1
L'Encyclopédie
militaire
et
maritime
est 1aussi ~mplet~
sons répétés, aux sons piqués, Al'actiaccatura'. aux. did'ltalie contient ce passage remarquable :
que possible; elle contient une foule de nouons qui
• La rete par laquelle Pesaro célebre votre nom a pu verses sortes de mordants, au trillo molle et aux mflex1ons indiquent chez son auteur, le colonel de Chesnel, un
variées
dont
un
chanteur
habile
sait
orner
sa
vocalisaette, sous le re~ne de Victor-Em_manuel, ~e fé~e. nation ces théories si nombreuses et si completes gardent rare esprit d'investigation. Nous y trouvons tous l_es dé.bona,
le parce que les barrieres qm les tena1ent dmsées
· d sur ~oos ces points le plus profond silence. En revanche, tails qui intéressent le guerrier isolé, ou les armees entieres de terre ou de roer, chez tous fes peuples, daos
e•tanl détruites, les populations de toutes lesf part1es
. e
J'ltalie sont accourues pour y prendre part, raterntsan t, 00 y trouve, presque a chaque pag~, une plai~anterie
tous les temps.
on-seulement en esprit et en intention, mais par leur obstinée sur les &lt;&lt; professeurs de clarmette, » qm se perDes dessins exécutés par un éleve de Charlet, M. Dumettent d'ense1gner le chant. 11 faut bien croire que
:resence, dans le culte d'un sublime génie_. i&gt;
•
vaux
avec un soin et une délicatesse extremes, reproM. Stéphen de la Madeleine vient de fa1re pa~a1tre l_a l'auteu; en a vu au moins un qui prenait cette licence, duis:nt soit les hommes, soit les engins militair~s ?u
seconde édition d'un livre pnblié pour la prem1ere fo1s elje compreftds qu'une telle rencontre a du le su~pre?~ maritimes, d'apres des copies de bas-reliefs, de meda1len !852 : Théories completes de l'art du chant. M. de la dre et l'égayer prodigieusement. Pour ma part, Je n a1 les, de pierres gravées, de monuments te_ls que les colladeleine est aujourd'hui professeur de ch~nt. 11_ fut jamais eu ce bonheur.
Je pourrais multiplier ces rem~rques,, et, ~ar ex~mple, lonnes Trajane et Antonine, des collect1ons amassées
longtemps un chanteur ha~ile, e~. fort en, r~putation,
daos les musées ou chez des particuliers.
quoiqu'il n'ait jamais ahord~ le _theatr_e. 11 etait, sous la faire observer A M. de la Madeleme qu apres avo1r souS'agit-il de vétements, nous trouvons le candys, la
tenu
contre
M.
Garcia
et
bien
d'autres,
qu'il
n'y
a
qu'un
Restauration, récitant, c'est-a-d1re sohste,_ la chapelle
chlamyde,
le pallium, la sago-chlamyde,. l'aboll~, la
de Charles X. La chapelle ayant été suppr1mee, - chose, timb~e il consacre un hmg chapitre A démontrer l'im-- calliga, la femoralia, les cnémid~s des anc1ens, pm~ le
a mon sens, tres-regrettable, - par la royauté de mense'danger de se servir toujours et sysLématiquement hoq ueton et autres pieces de costume plus modernes, ¡usjuilleL, M. de la Madeleine se borna il. fair~ entendr~ sa du timbre sombre, A l'exclusion du timbre clair. Mais je qu'A la chachia et auxjambieres de nos zouave~. Les babelle voix de basse daos les concerts ¡,ubl1cs et part1cu- ne prends pas plus de plaisira faire ces critiquesqueM: de listes, scorpions, corbeaux, et cent autres machmes nous
liers. 11 parle done e:c professo d'un art qu'il a pratiqué Ja Madeleine lui-méme n'en trouverasans doute ales hre. font arriver aux canoas rayés, aux canoas revolvers. To 11Arretons-nous done, et ajoutons seulement qu'Acóté de
toute sa vie.
tes les armes connuessont décrites: le col)tus, l'aclide, la
une s'est pas contenté de chanter et de rélléchir su~ maint passage défectueux, de mainte ~ertion q~e l'on cotue, ta scamasaxe, tout aussi bien que la baionnette.
le cbant. 11 a voulu savoir le comment et le pourquo1 peut combattre, il y a dans ce livre des 1dées tres-Justes, Toutes les parties des navires anciens ou modernessont dédes cboses, connaitre la forme de son_ instrument, . sa d'excellentes pages, et que les artistes comme les ama- nommées et expliquées, qu'il soit question des dromons,
conslitution intime, et, autlnt que poss1ble, sa mamere teurs y trouveront, sur la pose et la pureté du so~,.sur des hémioles, des liburnes des anciens, des drakars du
de fonctionner. 11 a doné étudié l'anaLomie, la physiolo- tesmoyens curatifs du grasseyement, sur la nécess1te de Nord, des navires cuirassés des pirates normands, de_tous
gie, tout au moins en ce q~i concer~e. l~s or~ane~ de_ la chanter :ivec la voix qu'on a re~ue de la nature et les ces batiments quise sontappelés galées, galéaces, gahons,
respiration et de la phonat1on. Je o a1 ¡ama1s ou'. d1re inconvénients auxquels on s'expose quand on veut s'en galiottes ou enfin du primitif monoxyle et de nos belles
que M'"' Malibran ni Rubini eussent fait ce ~ra~a1I. On faire une autre, sur le régime asuivre et les précautions frégates 'blindées. Une foule de portr~its représentenl
peut se servir de son larynx avec une hab1leté souve- a prendre pour conserver la force et l'éclat de son or · les notabilités guerrieres de toutes les epoques. Les colraine et en imorer la structure, et je suis bien sur que gane, enfin sur tout ce que M. le docteur S~gond a si liers les couronnes, les bannieres d'autrefois, peuvent
11. de l!ériot ;t M'"" Taglioni n'ont jamais disséqué ni bien nommé l'Hygiene des ch'.J.nteu.rs, les conse1ls les plus elre 'comparés aux croix, aux médailles, au_x drapeaux
pieds ni mams. Mais un professeur est tenu d'e~ savoi_r judicieux du monde. C'est done ~n ou~ra~e q~'il faut d'aujourd'hui. Les combattants de tous les s1ecles a~pasur ce point beaucoup plus qu'un exécutant, et I on do1t avoir et méditer. Mais il ne saura1t temr heu m d une raissent a leur rang saos aucune omission. Le cormcen
savoir gré A M. de la Madeleine, comme M. .Manu~l méthode, ni d'un professeur.
ancien a pour pendant le clairon de Puebla, l'excubitor r~
G. litQUiT.
Garcia d'avoir obéi a l'instinct curieux qm les poussa1t
main asa place, comme lajeune femme de_lagar~e du~o•
'
aces reclierches.
,
de Dahomey et le cent-garde fran~is. Pms le chbana1re
Je ne suis pas aussi certain que M. Stéphen de la :&amp;la·
deDarius, le mélophore de Cyrus, le lourd cataphracte, le
deleine ait eu raison d'intituler son ouvrage: Théories comUCYCLOP&amp;llll lILJTW iT IARITlll
plise plus légn, l'hippotoxote, l'hoplite, et tant d'autr~s
p!Mes, etc. Pourquoi ce plurielY M. de la M~delei~e a-texculcatores, ferentari'i, funditores, triaires, hastats, pms
i! plusieurs théories différentes? Je ~e m_en_ su'.s . p~s
D!CTIO:ffl.AIRE DES ARlffiES DE TERRE ET DE ll!R ( f ).
encore cottereaux, routiers, braban~ons, lansquenets,
ape~u. Si j'avais mal vu et que son tttre fut ¡ust1fie, ¡e
cranequiniers, coulevriniers, se melent au:c soldats dont
lui dirais: De ces di verses théories, quelle est la bonne?
La guerre désole encore péri~di_queme~t .une partie les noms modernes sont plus connus. Tous ces gens ont
Quelle est ta meilleure? Donnez-nous celle-la. On n'a du globe, malgré le courant d idees qm, 1I ~ a une l,:ur cri de guerre, l'alalagmos grec, le barritus rom~in.
que faire des autres.
vingtame d'années, faisait espérer qu'~ntre n~t10ns_poDe longs articles sont consacrés, en ra1son des é~eneThéories completes, dit l'auteur. Est-il bien sur de n'a- licées il ne se produirait plus A l'aven1r de d1scuss:o~s ments actuels a la Chine, a la Cochincbine, au Meuque,
,oir rien omis111 établit (cbap, 3) la distinction des re- armées. Ce ne sont pas seulement les peuples dont ~ b1s- aux États-Uni;, etc. ; le territoire de ces pays fait l'objet
gistre8 de poitrine et de fausset. Mais sur qoelle note toire passée compte de nombreuses guerres qui re- de cartes géographiques jointes Al'ou~age. Enfin_, nous
convient-il de quitter le premier et de prendre 1~ se- prennent aujourd'hui les armes apres un long repos, avons remarqué des notes fort mstruct1ves, au suJet des
coud! Que! procédé faut-il employer pour les ré~mr? 11 mais de jerJDes nations, dont les gouverne~ents se~- mots: axiomes, guerre, qualités militaires, rapprothe•
n'en parle pas. Toutes les méthodes qui out précédé blaient les plus sages, se livrent Aune lutte s1 acha~nee
ments historiques, tactique, traités.
les Théories completes, Acommencer par la vieille mé- qu'elles paraissent répudier leur sagesse consacre_e ~t
L'Encyclo~die rectifie bien des idées erro~ées; en
lhode du Conservatoire, contiennent des formules d'exer- vouloir réparer le temps perdu. 11 n'est done pas leme- voici un exemple. Que! rhétoricien omet de d1re, daos
cice~ qui ont pour but d'accoutumer l'organe a ce pas- raire de croire que pendant bien longtemps encore des une amplification ou il s'agit d'un v~inq?eur q~elconsage assez · difficile, parfois, /i exécuter. M. de la hommes réunis en grande masse se rencontrero~t pour que, u que le héros revint couvert_de de~mlles op1me,sT »
lladeleine a négligé ce point important. 11 dit (p. 3-i) se détruire; et des lors, l'Encyclopédie militail'e _e! mari- Or cette expression de &lt;e dépou1lles Qp1mes, » ne s apque u les soprani, qui parcourent ordinairement deux time est une reuvre qui remplit toutes les cond1t1ons de pli~ue qu'aux armes et insignes d'un général en che~,
octaves, a partir du ré sous les lign_es de la cié ~e ce qu'on appelle un succes d'actualité. Mais la guerre tué de ta main propre du général en chef enuem1,
sol_, ne possedent que deux ou tro1s notes de ~01- cessat-elle tout d'un coup d'ensanglanter le monde, ce et l'histoire romaine tout entiere ne présente que trois
trine dont ils ne font aucun usage. » I1 prend I ex- livre n'en serait pas moins un des plus inslructifs et des circonstances ou il y ait eu de ces sortes de dépouilles.
ception pour la regle. Les voi:c dont il parle sont extre- plus intéres3ants qu'il soit possible de rencontrer.
Ouvrez le li\'re au hasard, et les premieres lignes parlllement rares. La plnpart des soprani, meme les plus
Les entreprises guerrieres out ten u tant de ~lace ~ans courucs ou vous instruiront, ou vous suggéreront les réaigu.~, out plusieurs notes de poitrine, s'en senent, et,.ª l'histoire de l'humanité, qu'on ne peut rester md1fferent flexions'tes plus diverses. Voici Blilcher, le général d'él'occasion en tirent de fort beaux e(fcts. Et les mezz,nergique mémoire; son nom rappelle toute l'épopée naIOprani? ;t les contralti? et les ténors? Ne leur faut-il
(l) t -,olu- grand iD-8' de t,3!0 pa¡ea, contuant t,100 ~•11re1 et poléonienne; immédiatement au-dessus de ~ général
pas achaque instant passer d'un registre a l'autre!
6 cartel et planchea, 3! rr. brocbel; 35 fr. earto•-· Par11, J. Le
vous trouvez Boadicée, une reine du Nord, qui osa sou'
L'auteur
ne dit pas' un mot de l'appogiature, ob'~et Chevalier, &amp;o, n&gt;e ••clltlleu.

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ª.

1

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�L'ILLUSTRÁTION, JOURNAL UNIVERSEL:

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L' l LLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEt~

tenir la révolte contre les
Romains. Aussitot vous
apparaissent les luttes des
' diverses nations contre
Rome; vous déplorez l'ignorance de ces époques
et surtout fégoisme des
vainqueurs, qui nous ont
caché tous les détails instruclifs de ces nombreuses
prises d'armes dans lesquelles le role des vaincus
n'a jamaisétéexposécomplétement, malgré l'intéret qui devait s'attacher
aleur grand nombre et a
leur excessive variété de
races, de coutumes, de
climats, etc. Au-dessous
de Boadicée, vous lisez le
nom Boholina, une héroine grecque de f825, qui
fait songer a tous les
prétextes des gu.erres modernes; questiond'Orient,
nationalités et autres.
11 en est de meme achaque fcuillet; aussi notre
appréciation peut-elle se
résumer ainsi: ce livre
apprend beaucoup a qui
s1it peu, il rappelle beaucoup a qui est assez heureux pour avoir peu a apprendre.
F. HUGONNET.
~

LES

la baine de caste ;
cette colere-la. L~ dogue
est quelque démocrate
grossier et brutal.
'
Toute entiere a son g¡.
got, la Gourmandise ne
songe guere, pour le mo.
ment, aux droits du peu.
ple.
Dans le coin, !'horrible
Envíe, maigre, l'échin
saillante, dévore de ~
yeux ardents Je gigot soc.
culent; un autre Je maoge, c'est elle qui en ere' vera peut-etre.
A l'autre extrémité do
tablean, languissante et
grasse, les yeux éteints
tout de son long étendue'
a l'endroit ou le gazon est
le plus doux et le plus
épais, la Paresse ne voit
rien, n'entend rien, n'éprouve rien, sinon qu'il
est bon de ne rien voir,
de ne rien entendre, de
ne rien éprouver.
Derriére elle, fuyant le
gro upe, marchant a pas
de lou~ de peur d'éveiller
l'attention, la queue serrée entre les jamhes, la
prunelle obligue, l'Avarice court enfouir un os
rongé.
X. FEYRNET.
~

S&amp;PT P8CUS CAPITAUX

LA FtTE DES BERGERS

Le spirituel et charmant tableau de M. Jadin,
dont DOUS donnons auj.&gt;urd'hui la gravure, ful
exposé au salon de {857;
il appartient a S. M. l'Impér:1.trice. Le peintre l'a
intitulé Les Sept pécliés capitaux, et jamais pensée
ne fut plus elairement et
plus énergiquement rendue. JI y a la mieux qu'une idée fine, il y a une
ceuvre d'art remarquable.
L'Org,1eil occupe le
centre de la composition;
cette levrette est une
grande dame, une duchesse tout au moins,
fiere de trente quartiers
de nol,lesse, alliée peutetre a des maisons souVtJraines.
Je sp.is meme fort étonné que M. Spitz, qui personnifie la Luxurc, se
permette de lui passer
aussi familicremcnt fo.
palle sur le dos; mais il
est probable que Mm• la
duchessc, absorbée dans
la contemplation d'cllememc, ne s'en apcr~oit
mñme pas... Peut-étre
aussi quclque incompréhensi ble caprice, quelque
faiblcsse étrange... Oh!
non, e'cst impossible ...
Eh! ch! cela s'est vu parfois.
A droitc, la Colcre,
1a:il cnflammé, le poi!
hérissé, gronde et s'apprele a mordre. Il y a de

A MARKGRONINGEN.

Au moyen agc, cbaque
corps de métifr avait ses
fétes. - Une fois paran,
les corporations se réunissaient a jour fixe, et
apres avoir discuté, daos
la matinée, les affaires
du métier, on pa.ssait le
reste de la journée en
réjouissances.
Mais les querelles étaient
fréquentes; souvent on
avait a déplorer la mort
d'un homme, et peu a
peu ces fétes furent in ter•
&lt;lites; de nos jours, il
n'en reste que le souvenir.
Seuls, les bergers, que .
leur état tient, pour ainsi
dire, séparés du reste du
monde, ont encore conservé les usages de.leurs
peres.
Le 23 aout, tous lesbergers de la Souabe se
rassemblent dans la petite ville de Markgroningen. lis préludent a la
solennité du lendemain
en donnant quelques sérénades aux autorités de
l'endroit; inutile de vous
dire que la musette est
l'instrumcnt dominaut.
Le jour suivant, fete de
la Saint-Barthélemy,toute
la ville est pavoisée.
Les bergers se rendent
en procession a l'église,
de la a l'llotel-de-Villc,
ou ils re~oivent leurs insignes, qui !e composent

de rubans de toutes couleurs, et ensuite sur le champ
UNE FER14E lNFESTÉE Ul\ LE (JllllER,
de fete.
Les anciens de la bergerie ouvrent la marche; apres
11 est rare de rencontrer, a l'époque oti nous sommes,
ox la musique; puis viennent les jeunes bergers por-uu pays trop giboyeux; cependant, nous connaissons
la boulette, et entourés de la milice de la ville.
Le cortége arrive aune vaste plaine ou doivent avoir une localité 1 que &lt;les r¡¡.isonsde convenance nous empeJieu les courses.
Ce sont d'abord les bergers qui ont a lutter
de vitesse; le premier arrivé au but est cou. ronné roi, et re~oit pour prix un mouton paré
de rubans. - Puis vient le toar des bergeres. A un signa! donné, elles s'élancent, et
,oilil les longaes nattes de cheveux qui flottent au gré du vent.
C'est un siugulier spectaele que celui de
ces jeunes filies, vetues de jupes bleues, vertes rouges, d'un corsage blanc garni de
rubans et coiffées d'une petite calotte brodée.
Plus d'une tombe avant d'atteindre le
bul, Enfin, l'heureuse reine d'un jour est
couronnée. Fiere d'avoir remporté la victoire,
elle donne la main au roi des bergers et
prend avec lui la tete du cortége. - Le soir;
toUS les bergers se réunissent daos une salle
d'auberge, et leur roi et leur reine ouvrent
le bal. lis dansent toute la nuit, et le lendemain ils retournent vers leurs moutons, pensant au jour qui vient de s'écouler, et se promettant le meme plaisir pour l'année suivante. Quoique cette fete ait gardé beaucoup de sa nature primitive, elle a pourtant
subi quelques modifications.
Ainsi, au commencement de notre siecle,
celui qui s'était melé aux bergers sans appartenir a leur corporation, était impitoyablement plongé dans un tonneau plein d'eau.
Aojourd'hui, on se contente de renvoyer les
intrus.
Maintenant que j'en ai fini avec la fete,
il serait temps de vous dire quelques mots
FIITE DllS BllRGERS, A ~IARKGRON!NGEN : U SÉRÉNAD!l,
sur Markgroningen.
Markgroningen est situé dans une magnifique vallée du Wurtemberg, a quelques lieues de chent d'indiquer au juste, ou l'on trouve cet Eldorado des
Stuttgart. La ville n'offre ríen de bien remarquable: chasseurs. Au reste, le lecteur peut choisir entre le pays
des maisons basses n'ayant pour la plupart qu'un rez'- de Caux, le Vexin-Norrcand, le pays de Bray, et parier
de-cbaussée, des rues étroites dans lesquelles les oies et acoup sur que c'est dans l'une de ces contrées qu'est siles canards se promenent en liberlé, et sur
le senil des portes, de
bons paysans avec leurs
culoltes de peau jaunc
et leurs gilets rouges
au1 boutons d'argent.
Cependant c'est une
des plus vieilles villes
do Wurtemberg; il y
a quelques années, elle
élait entourée d'une
muraille circulaire de
trois metres d'épaisseur; mais le nombre
des babitants augmentant, on a reculé les
barrieres comme a París, et démoli le mur
d'eneeinte de Markgroningen. A l'angle d'uue
maison, j'ai remarqué
une tete de monstre
anciennement sculptée
daos le mur. Cette tete,
corieuse par son originalité, avait attiré J'atlention d'un peintre
qui en faisait le ero- . ~ --=
~~ ~":_,
qois; le propriétaire
"" =..:===~
= ---=~,_...,
LE BAL DES BEI\GERS.
s'imagin~ posséder un
trésor, et veut vendre
tuée la ferme de la Cornou'illiere, qui no11s intéresse ici.
sa maison le double de sa valeur.
Cette ferme, appartient a m1. Adolphe et Henry de
Ceci vous prouve que les bons paysans de MarkgroLa
Fougere, c'est une propriété qui n'est pas ~ortie de
ningen ne Je cedcnt en ríen a ceux des environs de
leur
famille depuis un temps immémorial. Voici plus de
Paris,
cent
ans que les Duhordel, leurs fermiers de pere en
G. L\!iDA[Jf;R.
fils, cultivcnt ce bien. Ces braves gens ont, en outre, le
privilége d'élever toqs l~s nouYeaux nés de leurs pro~

~0;

f57

priétaires; ils en sont fiers; et, pour le eonserver, ils ont
toujours eu le soin de choisir leur compagne robuste,
bien portante et de sang riche. C'est la derniere M•• Duhordel, encore vivante aujourd'hui, qui disait au médecin, s'inquiétant de savoir si elle aurait assez de Jait pour
nourrir en meme temps son enfant et celui de M..• de
La Fougere:
- Soyez tranquille, monsieur le médecin,
mes nourrissons ne patiront pas; ils en boiront tant qu'ils voudront, du lait, et puis
apres, il m'en restera encore assez pour fairc
du beurre !
11 semblerait qu'il y a allianec intime et
perpétuelle entre les deux familles, on pe11t
dire meme qu'elles se tiennent par les lien~
du sang. Dans tous les cas, les Duhordel ¡rodiguent, a ceux qu'ils appellent leurs maures,
tous les sucs nourriciers. Graee a Jeurs soins,
i!s ont toujours maintenu la parfaite constitution, la vigueurde tempérament et l'exeeJ,. '
lente position de fortuna des MM. de La
Fougere.
Jean Duhordel, 'le fermier aetuel de la
Cornouilliere, est un homme encore tres-vert,
quoiqu'il ait dépassé le mauvais coté de la
cinquantaine.1 A la premiere inspection, on
comprend que ce robuste paysan est né pour
vivre et travailler dans les champs; ses grandes jambes, ses larges pieds sont faits pour
mareher dans la terre labourée; ses longs
bras, ses mains énormes, ealleuses, crevassées, cordées de nerfs gros comme des cordes de eontreb'asse, doivent servir a manier
la faux et a diriger la charrue. Jean Du,.. hordel est un spécimen, un type du cultivateur noi:mand. Quoique sa taille se soit courbée, que ses membres se soient arqués, par
suite des longues fatig~es qu'il a subies, son
corps conserve les plus·.belles et les plus vigou.reuses proportions.
Son visage, balé par le soleil et l'air vif, a
acquis un grand caraclerc de calme et d'énergie résignée. Si -son regard semble que).
quefois embarrassé, inquiet, quand il se trouve en
présenee de ses semblables, ce n'est pas parce qu'il
doute de lui meme, mais bien plutot des autres. Comme
tous les paysans, j)_a une méfianee instinctive de son
prochain, surtout quand
celui-ci est un bourgeois, un monsieur de
la ville; il Je redoute,
le craint, comme le soldat eraint M. le commissaire de police. Jean Duhordel esl bonnete homme et marguillier de sa paroisse
malgré cela, il ne se
fera aucun scrupule de
jouer au fin avec un
bourgeois, de le tromper, de le mettre dedans, si l'occasion s'en
présente. Les seuls
messieur~ qu'il respecte,
qu'il vénere, sont les
messieurs de La Fougere, ses maitres, pour
lesquels son dévouement est saos bornes ;
il les aime, il en cst
ficr, presqu'autant qu'il
l'est de ses bestiaux, les
plus beaux du pays.
Jean Dubordel sait
Jire, écrire, et faire ses
quatre regles ; la se
borne toute sa science;
jamais il n'a sentí le
besoin d'en apprendre davantage, jamais il n'a ouvert
d'autres livres que son Jivre de comptes et son livre de
messe.
Son peu d'instruetion lui a suffi, jusqu'ici, pour faire
parfaitement les affaires de ses maitres et le11 siennes
propres, car il est presque aussi riche que les MM. de
la Fouger¡i; wus les ans1 il Mllele upe pitc;ii &lt;\e ~erre, el

�t58

L'lLLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

il a si bien arrondi sa part d'héritage, qu'aujourd'hui, vant soi, et l'on tache de /les faire le plus ressemblants
il ne fait plus rien, dit-il, que surveiller et diriger la possible.
Nous demanderons la permission de citer un dernier
culture des deux propriétés. Il s'en acquitte aYec tant
d'expérience pratique, qu'on serait tenté de l•1i accorder trait de Jean Duhordel, pour achever de peindre l'homune intelligence supérieure. - 11 n'en est ríen cepen- me dont la ferme est aujourd'hui infestée par le gibier.
11 y a deux ans environ, Jean Duhordel étant encore
dant; Jean D11hordel est bete comme u.ne charrue sans
attelage, aussitót q11'il n'est plus s11r son terrain, dans adjoint de sa commune, le garde champetre vint un
l'enclos de sa ferme ou sur la place du marché du bourg. matin le chercher de la part de M. le maire. S'étant
On ne pe11t se figurer ses embarras, ses craintes, ses hé- rendu a l'invitation de son supérieur, il tronva celui-ci
sitations, des qu'il lui arrive q11elque chose en dehors d;,; fort occupé d'une circulaire qu'il venait de recevoir de
ses bábitudes, - il perd la tete, n'entend plus a hue ni M. le sous-préfet; il s'agissait de concourir a l'établissea dia, fai_t gaucherie sur gailcherie, sottise sur sottise, ment de la statistique générale de l'Empire.-Le tablean
avec ·1·aplomb ridicule ·d'un Jocrisse, car il se croit a remplir était étalé sur une table devant les deux fonctionnaire s;-ils comprenaient tres-bien qu'il leur serait
l'homme le plus rusé du monde.
Dernierement, il re~ut une lettre timbrée de Rouen; facile d'indiquer le nombre des gens mariés, des veufs,
l'écriture de l'adresse lui est inconnue; cela suffit pour des filies, des gar~ons existant~ présentement dans la
Jui rhettre marte! en tete, la méfiance le gagne, il commune de ..... Mais arrivés a la colonne ou ils deexamine la lettre, la tourne, la retourne entre ses vaient inscrire le nombre des aliénés, M. le maire et son
adjoint resterent courts et se regarderent l'un et l'autre
mains ·:
- "Mais, mon Dieu! dit-il, ce n'eat pas l'écriture de avec embarras :
- Mon cher Jean Duhordel, dit enfin M. le Maire, je
M. Adolphe, ni celle de M. Henry, qui done a pu m'évous
ai fait venir pour vous prier de m'aider un peu
crire? je ne connais personne a Rouen. - Je n'ouvrirai
certai'nement pas cette lettre avant de sá.voir qui me l'a dans ce travail; tenez, chargez-vous de relever le nombre d'aliénés de notre commune.
adressée.
- Des aliénés? diable, des aliénés ! Mais savez-vous,
- Ponrtant, le meilleur moyen de le savoir serait de
la décacheter, tui dit aussitót sa femme, qui ne manque monsieur le !!faire, que ce n'est pas une petite affaire cela?
- Bah! bah! mon cber, ce n'est pas la mer a boire,
pas de bon seos.
- Ticns, c'e~t roa foi vrai ! s'écrie-t-il tout surpris, je et avec un pen de bonne volonté, il vous suffira d'une
matinée pour faire ce travail.
n'y peu~ais pas.
- Vous croyez, monsie11r le Maire?
La lettre était de M. Henry de la Fougere, l'adresse
- J'en suis convaincu; vous ferez cela en vous proseule avait été mise par une personne
, étrangere : ce fut
un nouveau sujet de réllexions pour Jean Duhordel, tout menant, rien n'est plus facile.
- Eh! bien, entre nous, monsieur le :&amp;faire, j'aímerais
un champ de conjectures a travers lequel trottait son
iinagination vagabonde; en résumé, son maitre lui man- autant que vous alliez vous promener vous-meme.
- Que voulez-vous dire, Jean Duhordel? interrompit
dait de lui apporter ou de luí envoyer immédiatement
l'
officier
public avec sévérité.
par la poste une somme de 500 fr.
- Je veux dire que ... enfin, fnonsieur le Maire, je ne
Jean Duhordel ne peut quitter la ferme ce jour-la ni
demanderais pas mieux que de ...
les jours suivants : on est en pleine récolte de colza, - Achevez, monsieur l'adjoint, achevez.
que\ facheux contre-temps! Cependant, M. Henry est
- Que de relever le nombre des aliénés de notre
pressé de recevoir son argent, comment done faire pour
sortir d'embarras? Envoyer un expres? c'est impossible, commune, mais je ne sais pas ce que vo!ls entendez par
tout son monde est occupé. - Envoyer un mandat sur la la, des aliénés! je vous l'avoue.
- Ma foi, ni moi non plus, dit M. le Maire, nous voici
poste? Non, cela couterait 2 du cent, il n'y faut pas ¡¡onger. - Mettre tout simplement les billets de banque bien avancés, a présent. Comment ferons-nous pour ·
daos la l~ltre, sans rien déclarer ni dire a personne1 Oh! compléter ce tablean estatistique !
- Oui, estatistique, reprit Jean Duhordel en se gratnon, on connait trop bien son écriture, on se douterait
qu'il écrit a son ma1tre, précisément pour lui envoyer tant le f'ront; pourtant il faudra l'envoyer, il n'y a ¡:,as
de !'argent, on volerait la lettre, mauvaise affaire! Que! a. dire; mais aussi pourquoi veulent-ils connaitre le
ruoyen prendre alors? car il faut en finir, ce bon nombre des aliénés, a. quoi cela pourra-t-il leur servir?
- C'est ce que je me suis demandé, ajouta le maire,
M. Henry attend apres son argent. - Ah! le voici. Mettre l'adresse en dedans de la lettre ! comme cela, tout mais ces gens-la ont toujours des idées ... des idées...
On voit bien qu'ils n'ont pas autre chose a faire.
le monde sera attrapé.
- Ah! monsieur le Maire, en voici une... une idée,
La chose fut aussi Yite exécutée que con~ue, et Jean
Duhordel, apres avoir jeté lui-meme sa lettre dans la et une fameuse.
- Laquelle? dites vite, Jean Duhordel.
bbite, revint cbez lui répétant avec conviction : Oh!
- Je vais a\ler tout simplement demander au maitre
avec l'adresse en dedans, il n'y a pas de risque, tout le
d'école ce qne c'est q11e des aliénés; il sait cela bien
monde sera attrapé 1
Deux jours plus tard, M. Henry de la Fougere arrivait sur, 1ui qui a étudié pour etre pretre:
a sa ferme, fort mécontent de l'inexactitude de son fer- - Bravo! Jean, mon ami, allez tout de suite trouver
mier. - Celui-ci ne revenaít pas de sa surprise; il l'institute11r, demandez-lui la chose adroitement, pour
croyait avoir si bien pris ses mesures, qu'il ne compre- qu'il ne se moque pas de nous; vous savez qu'il aime a
nait pas comment M. Henry n'avait point encore re~u rire.
- Soyez tranquille, monsieur le Maire, je. suis aussi
son argent. On en vint aux_explications, et puis, comme
on n'avait pas le temps de rire, on partit en toute bate fin que lui, je vous réponds qu'il nous otera notre'épine
potlr París ou, par bonheur, la fameusc lettre a l'adresse du pied saos se douter qu'il nous rend service.
Jean Duhordel alla sur-le-champ trouver l'instituteur
immaculée fut retrouvée intacte au bureau des rebuts.
Le fermier normand en fut quitte polll' nne centaine de de la commune; malheureusement, celui-ci avait quelfrancs de voyage; mais il eut le plaisir de voir París, et ques griefs contre M. le Maire et son adjoint; il fut bien
celui non moins grand de rendre son nom populaire aise de saisir l'occasion qui se présentait de faire rire
un peu les gens du pays a leurs dépens , aussi donnadans les bmeaux de la rue I. J. Rousseau.
- C'est M. Jean Duhordel, disait-on de toutes parts, t-il au mot aliéné une signification absurde.
- Les aliénés, dit-il a notre homme, ce sont les honcelui qui a trouvé le moyen infaillible de ménager le senetes gens de la commune, ceux qui remplissent leurs
cret des lettres.
- Oui, riez tant qu'il vous plaira, disait tout bas no- · devoirs envers Dieu et la société ; principalement ceux
tre homme, cela n'empeche pas que si on avait remis qui pratiquent la religion, qui vont a la messe les dima lettre a M. Henry de la Fougere, tout le monde eut manches et fetes.
Jean D11hordel prit cela pour argent comptant, et reété attrapé.
Il mourra avec cette opinion, car lorsque Jean Du- vint en toute bate rendre compte a M. le Maire de l'heuhordel s'est logé une idée dans la tete, rien au monde reux résultat de sa négociation. Le dimanche suivant,
ces deux messieurs arriverent les premiers ala porte de
ne peut l'en faire sortir.
Le (ait qu'on vientdelire n'est pas sorti de notre cer- l'église ~t, saos faire semblant de rien, compterent un
veau, nous prions le lecteur d'en etre persuadé; on a un les. fideles a mesure qu'ils entraient pour entendre
n'invente pas a plaisir de pareilles histoires; - on n'in- la messe.
Le compte fait, vérifié, pointé bien exactement, les
vente pas non plus des personnages comm~ Jean Dubordel; on rencontre ces originaux-la dans toute la France deux fonctionnaires, de retour a la mairie, écrivirent
aussi bien qu.'a la Cornouilliere, on les voit poser de- sur le tahleau statistique :

207 aliénés ! sans compter M. le Maire et ~on adjoiflt;
Quelques jours plus tard, le tableau en qnestion fot
envoyé a la préfecture et mis sous les yeux de M. le
préfet. - Ce baut fonctionnaire;comprenant qu'il de.
vait y avoir plus d'ignorants que d'aliénés daos la C0&amp;1.
mune de""' ordonna une enquete qui commen~a par 11ll
éelat de rire et se termina par la destitution du maire,
de l'adjoint et de l'instituteur, cause premiere du sean.
dale qui eut líen daos cette ~jrconstance. Peu de teDl)II
apres, M. le préfet, qui aimait les gens d'esprit, repl~
ce meme instituteur dans 11ne commune beaucoup plus
importante que celle qu'il venait de quitter; -'- nul n'a
songé a blamer son avancement ; les rieurs sont re5tés
de son coté, et le petit pays qu'il a quitté est connu 111•
jourd'hui daos tout l'arrondissement sous le nom de la
commune des Aliénés !
A partir du jour de ~a destitution, Jean D11bordel
offensé des plaisanteries et de l'ingratitude de ses con:
citoyens, devint une espece de misanthrope rustique
tres-difficile a vivre, un mauvais coucheur, comme dk
le vulgaire.
Gros fermier et riche propriétaire~ l'ancien adjoint se
montra q'autant plus jaloux de maintenír et de faire res.
pecter son droit, que tout le monde paraissait disposé ¡
en faire bon marché. Les maraudeurs-, voleurs, fureteurs,
cbasseurs de jour ou de nuit, agissant trop saos facon
sur ses terres llt dans ses bois, Jean Duhordel prit des
mesures conservatrices et organisa une défense formidable de ses propriétés, en mettant en pratique sa
m~ime favorite : Bien payer pour étre bien serví.
11 réveilla d'abord le garde-champetre de son lache
engf urdissement, en lui donnant, pour son compte, une
haute paie convenable. U excita aussí le zele des bons
gendarmes, au moyen de légers cadeaux d'amitié, tels
que beurre, reufs, volailles, otferts a propos a leurslpouses; puis il augmenta de i;ent francs par an le traitement du garde des messieurs de la Fougere. Puis enfin, a ces mesures excellentes, ¡; en joignit une autre
plus hardie, plus radicale, en prenant pour son garde
particulier un mauvais gars, braconnier incorrigible,
redouté de chacun daos le pays. Charger l'ex-zouue
Rigaud, dit Tape-a-l'reil, du soin de protéger les propriétés qu'il avait déva¡¡tées jusqu'alors, parut a tous les
habitants de la commune un acte de folie; on s'aper~ut
bientót que c'était, au contraire, un acte de bon sens;
en effet, Tape-a-1' IEil, le braconnier, ayant sa commission en poche, et s'étant revetu de ses insignes, devint
un conservateur féroce. Jean Duhordel ne s'étonna pas
de ce changement, lui ; il se contenta de dire : Tape-11l'ceil a changé son fusil d'épaule, je l'avais prévu.
Aussitót qu'il eut le garde-champetre, le gendarme et
deu.x gardes a ses ordres, l'ancien adjoint de la commune des Aliénés put savourer sa vengeance tout a son
aise; chaque jour, les voleurs de bois, les voleurs de
champs, les chasseurs honnetes ou malhonnetes venaienl
le trouver pour le ,prier de ne pas donner suite aux proces-verbaux qu'on leur avait déclarés; mais JeanDuhordel se montrait dur, intraitable envers tout le monde, la
présence des délinquants l'exaspéraít, le mettait dans
des coleres bleues :
I
- Ah! ah! vous ne riez plus, 11:!ur disait-il, maintenant
que je veu.x faire respecter mon bien et celui de mes
maitres; roa foi, tant pis pour vous, je ne ferai grace a
personne; ah! vous n'etes pas au bout de vos peines,
allez, je vous en ferai des proces ! et p11is en~ore, - et
puis encore; - il faudra que la langue des avocals en
pele et que la barbe des juges en fume!
Peu a peu, le nombre des proces diminua d'une ma•
niere sensible; au bout d'un mois ou deux, on n'en fit
plus un seul, faute de délinquants, personne n'osant
plus s'aventurer sur les propriétés_de Jean Duhordel. 0n
vit alors le garde, les militaires aux jaunes haudriers,
Tape-a-l'ooil et son collegue, se promener mélancoli·
quement au milieu de la solitude. qu'ils avaient faite.
Pendant ce temps, les !apios, les lievres, les perdreaux
de toute la cootrée, s'étant communiqué sans doute les
mesures prises en leur faveur sur les terres de la Cornouilliere, vinrents'y établir en·grand nombre et y vivre
tranquilles, dans l'ahondance de toutes choses; bientót
apres, ils s'y multiplierent tellement, que Jean Dubordel s'aper~ut, aux dégats qu'ils faisaient dans ses récoltes,
de l'inconvénient qu'il y a de trop protéger le gibier. 11 comprit qu'il fallait apporter un remede énergiqu.e au
mal destructeur dont il était mcnacé; et c'est a cette
occasion qu'il écrivit la lettre suivante aux MM. de la

Fougere:

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L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

159

de crédit une création doublement avantageuse, car elle
profitera et au crédit public et au crédit privé :
Mes chers maitres,
Au crédit privé, parce que désormais tout porteur de
titres mobiliers pourra ~e dire qn'en toute circonstance,
Je me bate de vous informer que vous aurez beau·i] est certaiu de tr.ouver une avance sur ses valeurs, et
a vec des conditions de crédit égales a celles que le Crép d'agrément, cette année, a chasser sur v.otre procou de la co~nou1·11·~
priété
11,re;.1e g1·b·ier n'~ man q~-er a pas,·
dit foncier peut offrir dans ses opérations a long terme.
¡e n'en ai jama1s tant vu, Je trouve meme qu 11y en a
Au crédit public, parce que toute valeur n'étant, en
réalité, suivant la langue économique, que du tr¡lvail
accumulé, la Caisse générale des avances sur titres, tout
U'Oi'~utre jour, en marchant dans une piece de lhzerne
en complétant le cadre de nos institutions 6.nancieres, va
d quatre arpen!$, j'ai compté jusqu'a. i7 lievres qui sont
fairé entrer daos la circulation de nouveaux capitaux et
ertis devant moi; - jugez, par la, de la quantité qu'il
féconder puissamment les sources du travail.
:Oit y avoir sur toute la propriété. - Ces gueux-la. ont
C'est done la une idée juste, en meme temps qu'une
dévo~é toutes mes p6pinieres de colza; il faudra que
bonne affaire, et cette créátion ne peut manquer d'etre
••achetc du plant chez mes voisins, pour en faire a l'auhien accueillie du public el du monde financier. Ajoutons
~mne. - Les lapins ne m'ont pas plus ménagé; ils ont
qu'a notre avis, les conditions de l'organisation sont de
mangé plus de la moitié de la marchandise (les paysans
nature a montrer l'entreprise sous le jour le plus favo•normands désignent ainsi toutes les récoltes sur pied) a
rable.
Quelles objections peut--on faire a cette nouvelle ínstil'entour-du petit bois du Coudray; ils ont fouillé, miné,
tution de crédít? Aucune. L'emprunteur présente a la
et mis seos dessus des!ous toute la jeune vente; ils ont
Caisse générale des avances sur titres une propriété aussi
maogé cet hiver les jeunes pousses de la Bouleautiere,
solide, aussi importante, aussi tangible que toutes les
si bien qu'a présent, ils peuvent y sauter partout a cloautres valeurs sociales. Les porteurs de titres qui out
cbepied.
contribué a fonder nos chemins de fer, nos usínes, nos
Quant a de la pédria:, j'en connais plus de cinquante
manufacture.,,¡, nos mines, nos forges, nos. fonderies, nos
compagnies: les petits sont drns comme pere et mere, et
hoúilleres, ont aussi biep. mérité du pays que le commerpas farouches du tout, - ils partent daos les jambes; ~ant qui présente son bordereau a la Banque de France,
il y en a meme qui sont nés autour de la ferme et qui
et que le propriétaire qui emprunte au Crédit Foncier
vieooent jusque daos notre cour, se meler aux pigeons
pour drainer ses terres.
Dira-t-on que ces milliards de valeurs qui sommeillent
et aux poules.
daos la pénombre des opérations de la Bourse, ne repréC'est sur vous, Monsieur Adolphe et Monsieur Henry,
sentent qu'•Jne propriété saos valeur nettement appréque j'ai compté pour me débarrasser d'une bonne partie
ciable, puisque la plupart du temps elles n'ont pas de
de tout ce bétail, a l'ouverture de la chasse, car je n'y
conrs sur la cote officielle?
peux rien, moi; vous savez bien que pour tout l'or du
L'objection n'aurait aucune force. Le banq11ier peut-il
monde je ne voudrais pas tuer le gibier de mes maitres.
fixer, d'une maniere absolue, la valeur commerciale du
Ce faisant, vous obligerez sensiblement votre tresnégociant qui luí demande une ouverture de crédit? Le
bumble serviteur et fermier,
Crédit foncier connait-il mathématiquement le prix
-4EAN 0UHORDEL.
qu'ohtiendrait l'immeuble qui sert de gage a !'avance
qui lui est demandée? Non, saos aiicun doute; mais le
Les messieurs de la Fougere, accompagnés de quelhanquier peut apprécier facilement la surface que préques-uns de leurs amis, ont chassé cette année a la Corsente le commerce de son client, et le Crédit foncier peut
oouilliere ; mais, malgré les belles chasses qu'ils y out
estimer approximativem_ent le prix des immeubles s11r
faites, il y reste encore une telle quantité de gibier, que
le~quels on emprunte. La Caisse générale des avances sur
Jean Duhordel, pour sauver sa prochaine récolte, en est
titres peut également, par les conseils dont la gérance
ne manquera pas de s'entourer, donner une valeur
réduit a prier ses voisins de ch~ser un peu sur ses. tercertaiue aux ,titres que l'ernpr·unteur viendra lui offrir.
res. C'est dur pour un homme comme lui de laisser enNous allons plus loin, et nous disons que la masse des
trer ainsi les loups daos la bergerie. - Mais ce qui le
titres
tnconnus, dépréciés, saos valeur, que !'industrie
contrarie, ce qui excite le plus sa colere et sa rage, c'est
pent trainer apres elle, ne peut influeren rien ni sur la
de preter encore a.rire aux habitants de la commune
marche des opérations sociales, ni sur les résultats rémudes Aliénés: ils prétendent que Jean Duhordel n'ose
. nérateurs qu'elles doivent obtenir. Nous pourrions, en
plus sortir de chez lui, par peur des lapins et des lievres
effet, répondre que les billets protestés n'empecbent pas
qui veulent le dévorer.
les banques de poursuivre le cours de leurs affaires. Mais
CHARLES JoBEY.
nous trouvons meme, en faveur de la Caisse générale des
~
avances sur titres, un argu~ent plus décisif encore. Et,
en etfet, la société fondée par M. Hippolyte Destrem
LA CAJSSK G&amp;K&amp;RALK DES AV!líCKS SUR TITRES
n'aura jamais les non-valeurs qui pesent quelquefois
lourdement sur les banques. Comme Je Crédit foncier,
Pour faire sentir l'action immense que le crédit exerce
dont elle ne fait que reproduire le fonctionnement pour
sur les finances des États, le b:i.ron Louis avait coutume
la ricbesse mobiliere, elle est toujours nantie d'un gage
de d1re que le crédit est l'artillerie des ~nances. lmage
ahsolument certain, et, a cet égard, l'institution présente
aussijuste que saisissante, et dont la vérité se manifeste
un caractere de sécurité absolue.
anou~ aujourd'hui, non-seulement dans l'histoire des
Le capital de la Caisse générale des avances sur ti tres est
gouvernements, mais enctire daos toutes les branches
tout d'abord fixé a vingt millions, dont on ne réalisera que
de l'activité sociale.
la moitié par la premiere émission des titres. Mais il est
S'agit-il du commerce et de !'industrie? La Banque et
clair
que cette création participe de la nature du crédít
RÉBUS.
ses succimales, le Comptoir d'Escompte et les banques
foncier, dont le chitfre d'affaires grandit avec le cbiffre
privées, en se ramifiant sur le pays tout entier, mobilides emprunts. Ce premier capital s'accroitra done
sent par l'escompte un capital que la statistique fait
bien certainement, au fur et a mesure du développement
monter annue\lement a plus de dix milliards.
des opérations 3ociales.
S'agit-il de la propriété territoriale? Le Crédit foncier,
La forme de la société est la forme commanditaire, et
qui n'est encore qu'a l'enfance de ses opérations, préM. Hippolyte Destrem a eu raison d'adopter ce premier
seote aux immeubles, par l'émission de ses obligations,
moda d'établissement. La destinée d'une commandite est
un crédit saos limites, qui dote la propriété ímmobiliere
essenliellement liée a la gérance, et la gérance d'1me
des avantages de la propriété mobiliere.
entreprise nouve\le inspire toute confiance, quand on la
S'agit-il de la création de graods travaux d'utilité pu-prend, comme 11. Hippolyte Destrem, ave~ une considéblique? Le Crédit Mobilier est la pour ouvrir les voies
ration justement méritée, avec une expér1ence consomnouvelles, et son intervention a largement contribué a. la
mée des atlaires, et enfin avec une fortune qui va devemultiplication incessanle de ces travaux et de ces titres
nir le premier londement de l'reuvre.
~ni font monter, ele~ aujourd'hui, a plus de trente milPlus tard, quand a l'étendue_ des opérations répondra
hards le chitlre de la fortuue mobiliere de la France.
la puissance des moyens, M. H1ppolyte Destrem pourra
Certes, ces grands ínstruments de crédit et de circusonaer
a donner a. son institution une sanctionnouvelle
O
lation financiere sont encore loin, en dépit de leur puispar la forme anonyme. Mais l'urgence de la création
KXPLICATION nu DERNIER RÉBUS.
sanee, d'etre arrivés a une organisation parfaite, et sur
étant démontrée, le fondateur a eu raison de choisir la
l! vaste échiquier de leurs opérations, nous pourrions
La rareté des locaux motive l'élévation des loyers dans la commandite, parce qu'elle est plus expéditive et qu'el!e
s1gnaler plus d'une !acune. Mais, en définítive, considé- capitale.
donne a la Caisse générale des avances sur titres une serés daos leur ensemble, ils ont répondu aux premieres
rieuse aarantie, par la présentation immédiate d'nne
0éeessités du temps, et leurs forces combinécs ont donné
géranc: considérable et considérée. La constitution d'une
Au&amp;. MARc, directeur-gérant.
au crédit une incalculable portée.
société anonyme eut d'ailleurs entra1né des lenteurs iné'
EoM.
TEXIER
,
rédacteur
en
chef
.
. Ces trois institutions nous font bien voír, par une disvitables, et, comme le pbilosophe qui prouvait le moulinetion nette et tranchée, la marche que suit a notre
vement en marchant, M. Hippolyte Deslrem a prouvé
époque la ditfusion du capital créditeur. Le crédit, pour
l'excellence de son opél'ation, en la réalisant lui-meme.
Imp.
de
L'ILLUSTRATlON,
A.
Marc,
~~lli~e atous les besoins créés par l'ímpulsion extraor-•
li&amp;mlI· Cozlc.
fl!i, roe de Vernauil,
maire donnée a la production en toutes choses, tend
de plus en plus a concentrer ses forces et a spécialiser ses
ressources, pour les appliquer, dans des établissements
séparés, a chacune des grandes opérations du siecle.
En un mot, la division du travail appelle la division du
crédit. Une ~eule banque serait aussi insuffisante pour satisfaire a11X exigences du crédit en général, qu'une seule
imprimerie pour réaliser les innombrables travaux de
la presse et de la librairie. A des opérations différentes
et d'•me grande étendue, il faut ·done que les capitaux
répondent par des institutions distinctes. C'est ainsi que
le crédit arrive a. féconder successivement toutes les régions µlacées jusqu'a ¡.,résent en dehors de son action salutaire. Qu'une évidente nécessité apparaisse, qu'une !acune considérable soit signalée, et aussitót les capitaux se
groupent pour accomplir une nouvelle reuvre d'utilité
générale.
Eh bien! 11 est évident, a premierc vue, qu'un vide
manifeste se montre clairement a tous les yeux, daos
l'organisation actuelle de nos établissements de crédit.
Avec un produit fabriqué, avec un produit agricole, avec
u~e ferme, avec une maison, avec un projet de chemin
de fer, avec une entreprise en cours d'exécution, vous
,pouvez frap-per aujourd'hui a la porte d'une institution
spéciale, et le crédit s'oune devant vous.
Mais, chose étrange ! Votre portefeuille est rempli de
ces valeurs et de ces titres qui constituent le mouvement perpétuel de la Bourse; vous voulez, saos les réaliser, trouver une avance sur le dépót de ces titres de
rente, de ces actions, de ces obligations et de ces valeurs
industrielles; il est clair que c'est la une opération courante, de chaque jour, de chaque instant; c'est la un besoin tout aussi nécessaire que la négociat1on d'une
traite, d'un billet a ordre et d'une lettre de change.Eh
bien! cherchez, et vous vous apercevrez quepas une banque, pas-une caisse, pas une institution spéciale de crédit
ne se présente a vous pour réaliser votre emprunt.
Nous savons qu'on peut nous répondre par l'exemple des
avances faites par la Banque de France et par 1~ Comptoir d'Escompte. Mais la réponse est loin d'etre satisfaisante; car ces étabiissements ne pretent que sur le dépót de certaines 1Jaleurs spéciales, et leurs conditions de
crédit sont telles, qu'e\les ne présentent a l'empmnteur
aucune regle fixe pour la coniluite de son opération.
Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, !'industrie miniere
et métallurgique , est représentée, en France, par deux
milliards de valeurs, actions et obligations. Présentezvous avec un million de ces titres au guichet de la Banque et du Comploir d'Escompte, et le guichet se fermera
saos vous ríen preter.
On peut done affirmer qu'en these générale, !'avance
sur dépót de titres n'existe pas. Cette !acune est d'autant
plus regrettable et d'autant plus frappante, qu'il s'agit
de venir en aide au courant le mieux caractérisé des opérations de notre époque. La fortune mobiliere de la
France n'est-elle pas, en etlet, l'é,lément de la richesse
publique qui s'est le plus rapidement développé? Les
trente milliard~ qui le représentent ne s'accroissent-ils
pas, chaque année, d'un milliard environ de nouvelles
valeurs? La Bourse, par le va-et-vient des transactions
de chaque jo_ur, ne fait• elle pas de ce capital é1:1orme la
portion la plus vivante de la richesse du pays?
C'est en vue de parer a cette nécessité impérieuse que
M. Rippolyte Destrem, ancien banquier a París, vient de
londer la Caisse générale des avances sur titres, et il est
ímpossible de ne pas voir daos cette nouvelle ouverture

------r---..,..,~

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�f60

L'ILLUSTRATION; JOURNAL UNIVERSEL.

On nous écrit de Bade :
• La Comtesse Éva, un charmant opéra de }fm• la
vicomtesse de Grandval, vient d'etre joué ici et a
obtenu un tres-grand succes. Le public a accueilli
avec une faveur toute particuliere la premiere romance, morceau d'un sentiment exquis, que Jourdan a chantée a ravir, le duo chanté par Crosli et
Mm• 1ames, et le trio final, d'une gaieté et d'une
mélodie parfaites. Ce trio est un vrai modele du
genre bouffe.
Les artistes ont en, biei;i entendu, les honneurs du rappel a plusieurs reprises, et les applaudissements les plus vifs et les plus sinceres
ont éclaté quand le nom de l'auteur a été proclamé. Mm• de Grandval a fait ses preuves, il ne lui
reste plus qu'a continuer; on peut lui prédire a
!'avance autant de succes que de partitions. Deux
des morceaux de la Comtesse Éva vont etre exécutés aUI" concerts des Champs-Élysées; c'est une nouvelle consécralion du mérite de cette rouvre. Nous
avons entend u aussi, dans la salle des eoncerts de
Bade, leChasseur, ballade du prince J. Poniatowski
. '
Gil:la, valse chantée de Théodore Rilter qui, bien
qu'agé de vingt-deUI" ans seulement, compte parmi les compositeurs les plus éminents, et auquel
on doit déja deux compositions remarquables: le Paradis
perdu et Méphistophéles. Les paroles de ces divers morceaux sont de M. Ed. Bouscatel; elles sont pleincs de
verve et de sentiment a la fois. »

alors par Gioberti, et il y devint chef de la divisioQ
des consulats et du commerce, poste que M. Negr¡
a gardé depuis f849 et dans lequel il n'a ceSsé de
rendre tes plus grands services. Déja, a plusieiu,
reprises, M. Negri a été chargé par le gouverne.
ment de S. M. Victor-Emmanuel de missions i111portantes. Tout récemment encore, il en a rempli
une en Portugal. Ajoutons que M. Negri est me111bre de plusieurs sociétés savantes, et entr'autrea,
de la Société royale de géographie de Londres.
H. C.
~

LE CHATEAU DE LA BASTIDE·BESiLAS.

Le proces dont la Cour d'assises de \'Ariége était
saisie, et dont notre dernierc Gazette du palais
entretenait les lecteurs de l'Illustration, n'a pu
duré moins de dix audiences. Le jury a déclaré les
deux accusés coupables. Des circonstances atté.
nuantes ont été reconnues en faveur d'Audouy;
en conséquence, la Coor a prononcé la peine de
mort contre Jacques Latour, et celle des travaUI
forcés a perpétuité contre son coaccusé.
LE COMMANDl!UR NHGRI,
Nous donnons deux vues du chatean de La
Bastide-Besplas; un pa¡;sage de !'acle d'accnsation
fense qui s'organisa dans celte ville pendant les événe- en sera la meil\eure explication :
&lt;&lt; Les batiments, divisés en plusieurs corps, dit ce
ments dont la Vénétie fut le theatre en i848, ~l. Negri
y fut nommé par le gouvernement provisoire de Venise document, forment une cour intérieure sur laquelle
directeur de l'École de droit, et apres la prise de Vicence s'ouvrent les portes du vestibule, de la cuisine et de
par les Antrichiens, il dut chercher un refuge a l'étran- J'écurie, A soixante-quinze metres de distance, les maitres-valets occupent un autre
batiment dont les écnries
u:
seules s'ouvrent au nord,
vers le chateau, et dont la
COMIIAKDEUR NEGRI.
partie habitée n'a de portes
Le drapean de la marine
et de fenetres qu'au midi,
royale d'Italie va enfin pavers la route de Daumazan
raitre sur les grands océans
a Montesqnieu, a laqnelle
Indo-Chinois et Pacifique, a
l'édifice se rattache, comme
cjté de ceux de France et
le chAteau lui-méme, par
d'Angleterre. Apres de lonune avenue plantee, d'envignes hésitations, le gouverron deux cents metres de
nement italien a décidé que
longueur. »
la frégate Magenta appareilAu rez-de-chaussée, dans
lcrait pour un voyage de cirl'écurie, gisait 1~ cadavre de
cumnavigation, au mois d'ocP~lagie Bicheyre , une des
tobre prochain, et qu'une
servantes, et dans ie bücbcr
m1ss10n diplomatique et
contigu, celui de Jean Lacascientifique prendrait passage
nal, le domestique. Jean LaAson bord, afin de se rendre
canal avait été frappé le prt·
en Chine et au Japon, pour
mier daos l'écurie; Pélagic
négocier des traités de comBicheyre était survenue el
merce avec ces empires et
avait succcombé a son tour.
établir avec eux des rapports
Le corps de M. de Lassalle,
qui permettent a l'ltalie de
renversé sur le dos, était
faire sur ces inépuisables
étendu au pied d'un lit, dans
marchés, de larges provisions
la chambre ou couchaient
de graine de vers Asoie.
les deux servantes, au pre•
Ce résultat, dont il y a
mier étage. Sur le lit, dont
LE CRAT&amp;AU DE LA BASTIDE-BHSPLAS, - D'aprés les croquis de M. Jacoubet.
lieu de féliciter le cabinet de
les rideaux coupés avaient
Turin, est du en grande partie al'initiative et al'opinia- ger. Mais bientót le gouvernement du roi de Piémont été ramenés vers les pieds, on découvrit le cadavre de
treté patriotique de M. le commandeur Negri, fonction- l'appela a présider l'université de Tnrin, d'ou il ne !arda Raymonde Bergé, la seconde servante. Attaquée la dernaire et savant des plusdistingués, qui,de l'autrecóté des pas a passer au ministere des atfaires étrangeres, dirigé niere, Raymonde s'élait probablement longtemps dé·
Alpes, jouit d'une grande et légitime réputation,
fendue, en s'enveloppant dans les rideaux et en
et maintes fois déja s'est fait remarquer par ses
se rejetant dans la ruelle, ou sa tete, a demi déécrits dans le monde savant.
tachée du tronc, et son corps presque entier,
En meme temps que la presse italicnnc et
étaient engagés. Le lit gardait des empreintes
fran~aise porte le j ugement le plus favorable sur
boueuses, celles des pieds de l'assassin. C'est
un volume qui vient de paraitre a Turin, sous le
sur ce lit que furent trouvés le peigne A mouslitre : La grandeur italienne, et qui réunit une
lachcs et le petit crayon blanc qui ont _désigné
série des plus intéressantes publications faites deJacques Latour a la justice.
puis quinze mois, par M. Negri, dans les meilleors
Une correspondance adressée a un journal pajournaux de la Péninsule, nous apprenons que
risien rapporte que plusieurs personnes auraient
l'auteur doit assumer lui-méme la direction de la
cntendu Audouy, alors qu'il remontait en sanmission italienne dans !'extreme Orient.
glotant dans l'omnibus qui devait le rameuer ala
M. Christoforo Negri est né en i809, a Milan.
prison, apres l'arret de la Cour, prononcer ces
Apres .avoir étudié l'économie politique et le droit
paroles : « Et les autres? » Si elles sont exactes,
daos les principales universités de l'empire d'Auvoila peut-etre le point de' départ d'une instruction
triche, il se voua des sa premiere jeunesse, avec
nouvelle.
PIERRE PAGET,
~
une prédilection particuliere, aux études géographiques et statistiques, et fut nommé, en f840, ala
MM. les souscripteurs dont l'abonnement est
suite d'un excellent travail sur le différent degré
expiré le 31 aout, sont priés d~ le reuouveler il!l·
cocn INT~RJ1!UJIE D11 (;HATllAU.
d'importance del Jttats mod,rne,, professeur a l'umédiatement, s'íls veulent n'éprouver aucun re•
ninrsiié de Padoue. Présideni du comité de dé..
Cuiline,
• Éourie,
tard dans la réception du journal,

to

Dil

�</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1123, Septiembre 3</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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