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101'BKAL 1111VBBSBL.
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------- ---------- - - - - -- -- ----------------- --------------Direction) Rédaction, Administratioa :
Toates let communications relatives au joumal, réclamatioDJ, demande,
de éangements d'adresse . doivent etre adressées franco i
· • AUG. MARC, DIRECTEUR•GÉRAIWT.
Les demandes d'abonnemcnt doivent etre accompagoéfS
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

SOMMAIRE,

!!e ANNÉE. VOL. XLIV. No t 124.
8amedi to Septenabre t 8&amp;,.

iuu•.

L'ai■illÍltnlit1 " ript1d pu ~ea ■micrits et u reagag1 Jamail i 111
Va la lllilol, la lraduebon 11 la reproduehoa l l'élrucer ,..1 ialtriilet.

BUREAUX: RUE RICHELIEU, 60,

a T1zi-Ouzou
( Algérie). - Les •oyageurs italieos dan, le kanat de Boukara (3 granrea¡ . - Arrivée de l'agba Eddin au camp de Cbaref (Al~érie). ProFper Eofantin. - Tbéatre de la Porte-Saint•Martin: Lu Flibu1tier1
dt la Sonort , acle 1v•, rcéne finale. - Une aource 1ous boia. - Réser,oir des eau1 de la Dbuia, i. l'.énilmontaot. - Le Line Cuori, ohan100 de 11. Gusta•e Nadaud. Le mascare! de Caudebec. - llot de
Sacrificios, pres de Vera-Cruz. - Échecs ••- Rébus.

Gravurt1 : Distributioo dea prix de l'Ecole arabe-frao~aisr,

Oiltribution dea prix de l'~le •rabe-fraugaise, a Tizi-Ouzou. - Revue
pohlique de la aemame. - Courrier de París. - Lea voyageura italie•• daos le kaoat de Boukara. - Arrivée de 1'1gba Eddiu du Ojebel.
.llloUr 1u camp de Cbarer. - Prosper Enfantin. - Cauaerie dramatitique. - Uoe aource soua boi~. - Voyage d'un Parisieo I la recberche
de la mature (oouvelle ). - Re,ue littéraire. - Lea e1u1 de la Dbuis. Le Line favori, cbansoo, parol~ et muaique de M, Guatue Nadaud. A propoa de l'inauguration du chemio de fer d'Espagne. - Publicatiooa
•u,dlra. - 1e ma!carct de f.audebrc. - Szcrificio1.

Abonnements ponr Paris el les Departemeut&amp; :
3 mols 1 9 fr. ¡ - 6 mois, 18 fr.¡ - un an, 36•fr. ¡ - le numero, 75 e.
la collection mensuelle, 3 fr.¡ le ~olumé semestriel , t ~ fr.
ADO!'WNEMENT8 POUR VÉTRAXGER 1

Mémea pnx; plus lea droita de poste, suivant les tarifa,
LN abono. parleot d¡¡ ter no de chaqut mois.

DISTRIBUTION DES PRIX

..

L'icOLB !RABK-fRAK~AISB A TIZI-OUZOU.
.lU DIRECTEUR.

Tizi-Ouzou, 5 aoitt 116,.

La distribulion des prix de l'école arabe-fran~aise de
Tizi-Ouzou vient d'avoir lieu.

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DISTRIBUTION Dl!i PRll' DK L'ÉCOLI! AJUBK-FllA11~1SB, A TIZl-01/ZOU ( Algérie), - P'aprh un croqui1 de 11, C., Haudt uarl,

...

�L'ILLUSTRATION, JOllhNAL UNIVERSEL.

t62

1

Toutes les autorités civiles et militaires ont assisté a
cette cérémonie, ainsi que Jes amins, représentant les
diflérentes tribus du cercle ; une estrade, cou verte de tapis arabes d'une grande beanté, était réservée aux
officiers du cercle et aux amins El Oummab; une colonnade de verdure, habilement élevée, abritait les enfants
de l'école et les spectateurs de cette fete.
Voici a peine deux: ans que l'école arabe-francaise a
été fondée, et elle a produit des résultats inespérés;
presque tous les enfants parlent le fran~ais, quelquesuns l'écrivent correctement, connaissent leurs quatre
regles et les premiers éléments d'histoire et de géog1·apbie.
Les aulorités surveillent chaque jour, avec une persévérance tres-louable, l'inslruction, le bien-etre et la
tenue des quatre-vingts éleves qui composent l'école
arabe-fran~aise de Tizi-Ouzou.
M. Léonce, directenr de cette école, rernplit ses fonctions ávec beaucoup de dévouement.
Quand on voit les résultats obtenus en si peu de temps
et avec des moyens aussi bornés, on peut dire qu'il y a
bea.ucoup a espérer de la nouvelle génération kabyle et
, arabe, surtout si ou parvient a faire rayonner partout,
comme a Tizi-Ouzou, l'instruction, ce puissant agent de
civilisation qui seul peut anéantir le fanatisme et la barbarie.
Veuillez agréer, etc.
C. HA.UDOU,U\T,
soua-heutenant au t" zouaves.

REVUE POUTIQUE DE LA SEMAINE.
La se~sion des conseils gét\éraux n'a pas duré plus de
trois jours. Nulle,-au point de vue des débats, cette session n'a pas été stérile au point de vue des vreux émis et
des résol utions votées.
Quelle est la raison de cette suppression presque complete des débats? Les conseils généraux qui, sur quelques points de la France, ~'étaient aventurés sur le terrain µolitique, ont été rappelés a une appréciation plns
modeste tle leurs droits, et ils ont exagéré la prohi-bition.
Cependant on a promis aux conseils généraux de
hautes destinées. Le ministre d'État et le ministre de la
justice ont annoncé le procbain avénement de la liberté
au profit de l'individualité dé¡,arlementale. Les réformes'
s'élaborent; la loi va etre rédigée ; elle sera votée, daos
le courant de la session, par le Corps législatif, et l'année
prochaine, au mQis d'aotit, les conseils généraux, transformés dans leurs attributions, pourront célébrer les bienfaits de cette loi.
'
Apres les grandes manreuvres du camp de Cbalons,
.l'Empereur esl revenu a Saint-Cloud,etc'est ainsi que le
projet de voyage dans les départements de l'Est, qu'on
pretait au chef de l'État, ne s'est point réalisé. Cependant on prétend que ce projet ne serait pas tout a fait
ahandonné : le roí de PruRse insisterait pour déterminer
l'Empereur a se rendre a Bade, et le voyage du ministre
de la guerre prussien, M. de Roon, qui est ven u a Cbalons et a París, aurait pour but de renouer un projet
d'entrevue entre les deux souverains.
Nous ne croyons -pas beaucoup a la réalisation de
cette entrevue; que signifierait- elle dans les circons••
tances présentes, c'est-a-dire quand le Danemark et
l'Allemagne négocient sans intermédiaires, quand l'Autricbe et la Prusse rlissimulent soigneusement )eurs projets sur les Duchés? 11 ne reste plus a la France, désormais, qu'a se croiser les bras et a attendre. Bornons-nous,
pour le quart d'heure, a constater les précédents que
paraissent vouloir poser la Prusse et I'Autricbe, et la responsabilité qu'assument ces deux puissances pour l'a.
venir.
Du reste, les journaux allemands sont pleins du récit
d'une conversation qui aurait eu lieu entre M. Drouyn
de Lbuys et M. de Goltz. M. Drouyn de Lbuys aurait
demandé au ministre prussien si la Prusse pensait a
l'annexion des nuchés, etcelui-ci aurait évité derépondre.
11. Drouyn de Lhuys aurait alors nettement déclaré que
la France u'avait rien areprendre actuellementdansces
projets d'annexion; qu'elle ne ferait pas la guerre pour
cette question, mais qu'elle inscrirait le fait sur le livre

noir.
Les négociations de Vienne marche~tlentement, mais
on semble pourtant convaincu que la paix sera signée
avant la fin de l'armistice. La Prusse et l'Autricbe sont
bien résolues a ne rien changer, en faveurJ :du!_Dane-

• ..

mark., aux: stipnlations territoriales c&lt;msignées dans les
préliminaires, mais on assure qu'elles serol}t moins in'traitables quant aux questions financieras. La Correspondance prooinciale, un organe officieux du gouvernement
prussien, constate que (( les coursa\lemandesauront soin
de ne pas imposer au Danemark, vaincu et affaibli par
la guerre et par ses conséquences, des conditions trop
dures et peu équitables, en meme temps qu'elles tacheront de ne pas surcharger, des le début, les Duchés d'une
dette trop lourde. » Néanmoins, d'apres la Gazette de la
Croix, l'Autriche songerait a réclamer le remboursement
des frais de la campagne de 1850, enlreprise, dit naivevement la feuille féodale, « dans l'intéret des Duchés. l&gt;
On n'a pas oublié ce que les Autricbiens sonl allés faire
da.ns les Duchésa cette ápoque, et que c'estde leur intervention que date une situation qui a amené la guerre
actuelle. Nous avons de la peine a croire que le cabinet
de Vienne, malgré ses embarras financiers, puisse soulever cetle prétention. Ce serait par trop grotesque.
La mission du Rigsraad danois est terminée. La ciótute a été prononcée par un message royal dans lequel
le roi se réserve, s'il est nécessaire, de convoquer les
cbambres en session extraordinaire. Le ministere avait
déja annoncé a l'assemhlée que le traité de paix s~rait
soumis a son approbation. Avant dese séparer, le folksting a voté les deux propositions qui ont été \'objet
de si vifs débats; la premiere, concernant \'enquete sur
les événements militaires et la responsabilité qui en revient aux chefs de l'armée; la seconde, demandant que
la population des territoires cédés soit: appelée a prononcer elle-meme sur ses destinées.
·
L'ordre regne a Geneve, mais les passions politiques
sont toujours tres-exaltées dans cette petite république,
et M. James Fazy a du se réfugier daos une ville frontiere, pour se mettre a l'abri des attaques dont il pouvait etre l'objet. 11 avait déja été insulté et menacé trois
fois, et il venait de r~cevoir avis d'un guet-apens ourdi
contre sa personne.
On est généralement persuadé, aTurin, que la question romaine est en ce moment l'objet de négociations
sérieuses entre le gouvernement italien et le goÚvernement t'ran~ais. Nous ne savons jusqu'a quel point cette
opinion est fondée, mais a titre de renseignement, nous
citerons le passage suivant d'une correspondance adressée de Turin, le 30 aotit, au Pungolo de Milan.
« Le plan proposé au gouvernement fran~ais par notre
gouvernement, a propos de Rome, a subi une premiere
modification.
ce On établirait les bases principales des négociations
pour \'évacuation de Rome par les Fran~ais dans un
temps donné. Les troupes italiennes occuperaient immédiatement le patrimoine de Saint-Pierre. Rome serait
garantie au pape et aurait une garnison pontificale quand
les Fran~ais l'auraient quittée. l&gt;
Nous ne prenons nullement sur nous la responsabilité de ces renseignements. Nous les reproduisons comme
un indice de l'opinion qui regne en ce moment a Turin.
Par décret, en date du t º' de ce mois, M. le maréchal
de Ma&lt;:-Mahon, duc de Magenta, est nommé gouverneur
général de l'Algérie.
Le Congres de Malines s'est terminé comme il avait
commencé, au milieu d'une assez grande inattention.
Les grands lutteurs manquaient, et sauf Mgr Dupanloup
q¡ri a prononcé un discours vigoureux, ou les libéraux
sont appelés des libératres, tous les autres oratenrs ont
parlé de fa~on a n'etre point entendus au dela de l'enceinte de la salle. La venue de M. l'éveque d'Orléans a
Malines avait fait, on le croira facilement, une sensation
proíonde. L'évéque d'Orléans, arrivé le soir, adiné chez
l'archeveque de Malines; le lendemain, il a re~u l'ovation
de la société générale, il a prononcé son discours et il
est aussitót repartí pour son diocese : un feu d'artitice
suivi d'une obscurité profonde. Nous ne savons plus ce
qui s'est passé daos ce Congres apres le déparL de M. Dupanloup, mais l'absence de M. de Montalembert, de
M. de Fa.lloux, de M. Augustin Cocbin, de M. Léopold de
Gaillard, de tous les militants du parti catholique prouve
que ce partí n'est pas plus que les autres a l'abri des
divisions ·et des querelles intestines.
Un autre Congres s'ouvrira a Amsterdam, le 27 du présent mois. C'est le Congres del' Association intemationale
pour le progres des sciences morales; et tout fait présager
qu'il aura un grand éclat. Une souscri;ition, ouverte pour
co11:vrir les frais_~es fetes brillantes qui seront célébrées,
a déja produit de t 2 a t 5,000 tlorins. Cent habitants notables de la ville se sont déclarés prets a héberger les

163

L'ILLUSTRATl ON. JOURN AL UN IV E RSEL.

1

1

principaux me¡nbres étran~ers du Con gres. ~
sion spéciale a retenu, en outre, un grand nombre d'ap.
partements. Les ctiverses sociétés des cbemins de fer d •
pays ünt accordé une réduction de 50 0/0 sur les prix~
transport aux membres vebant de l'étranger, daos
sen~ que tout coupon pris au prix ordinaire donne:
dro1t au retour gratuit. On pourra jouir de cet avantage
a partir du to septembre jusqu'au 3 octobre. Les assernblées plénieres du Congres se tiendront dans la salle d
bal du palais. On a meme l'espoir que les principao:
membres de la famille royale, ainsi que les ministres
viendront assister aux discussions. On a renoncé, po~
des motifs particuliers, a11, projet de faire recevoir 80•
lennellement les étrangers a rnotel-de-Vil!e par les ag.
torités communales. Cette réception aura done lien le
26 septembre, a la premiere assemblée générale, par le
président du comité d'Arr,sterdam. Le président du con.
seil d'administration portera la parole au nom des melQ..
bres étrangers. Si le programme du Congres est bien
fourni, celui des fetes qni seront données a cette oeea.
si?n ne l'est pas moins. Un brillant raout sera oflert, le
26 septembre, aux membres du Congres; il est probable
que les dames étrangeres y seront également conviées.
Le 27, une grande représenlation de gala réunira les
membres du Congres au Théatre-National. Le 28, une
magnifique soirée aura lieu au Palais de !'Industrie
qu'on vient d'inaueurer. La soirée du 27 sera consac~
a des réunions particulieres. Le banqur.t, cette clóture
inévitabJe de toute réunion de ce genre, aura lieu le
3l septembre. Bref, tout · fait prévoir que le Congres
d'Amsterdam ne sera inférieur, sous aucun rapport, a
ses de11x ainés de Bruxelles et de Gand.
Le Coun·ier du Dimanche, récemment suspendu pour
deux mois, avait, par une circulaire, anuoncé a ses abon.
nés q11'il leur ferait parvenir la fin d'un romanen cours
ele publication, mais le parquet du Tribunal de premiere
instance de la Seine s'empressa de déclarer au gérant
de ce ,iournal que, dans le but de 'luí épargner les inconvénients d'une poursuite judiciaire, il ne croyait pas devoir luí laisser ignorer qu'il considérerait comme un delit, l'envoi, meme a titre de prime, de la fin d'un roman dont la publication aurait été commencée dans les
colonnes du journal frappé de suppression.
EDMOND TEXIER.
~

COURBIEK DE P.1.BIS.

Mort du Pere Enfantin. - Vente de la collection Pourtalev.
- Une maison de París. - Un savant danois. - L'Amtr
de la planta/ion.

Au lendemain d'une. révolution, alors que tous les esprits s'ouvraient a des aspirations nouvelles et que l'activité bumaine cberchait de nouveaux sentiers, des bommes jeunes, intelligents, éloquents, essay.erent de réaliser
In reve d'un pbilosophe aventureux et hardi. C'étaient
des creurs vail\ants; ils ne firent pas les choses a demi:
dans un siecle railleµr et sceptique, ils durent, pour affirmer plus hauteroent.leur foi, prendre un costume singolier, qui les d,ésignait a to•JS les regards et a toutes les
moqueries. On les respecta, et la foule se contenta de les
regarder avec curiosité. Beaucoup se rappellent les avoir
VllS passer, graves et recueillis, vetus d'une tunique
bleue, ouverte sur une cbemisette hlanche, au milieu de
laqu~lle était cousu un creur en drap écarlate.
lis obéissaient a un homme qu'ils appelaient le Pere, et
dont le nom daos le monde était Enfantin.
LP. Pere av&amp;.it trente-cinq ans; c'était un ancien éleve
de l'École polytechnique; il avait fait sur !'industrie des
études approfoudies, et son autorité en était plus forte;
car, pour la premiere fois, une doctrine philosopbique
se fondait sur les bases de la science éconorr,ique.
Le saint-siroonisme n'a pas duré longtemps a l'étatd'école ou plutót d'église, mais beaucoup de ses plus fervents
adeptes luí survécurent, beaocuup luí survivent encore,
et l'on reconnaitra que ce sont rles bommes de quelque
mérite: Pierre Leroux, lean Reynaud, Lberminier, Goéroult, Michel Chevalier, les deux Péreire~, Duveyrier,
Emite Barrault, Olinde Rodrigues, Baud, Jules Leche·
lier, Talabot furent saint-simoniens.
M. Enfanlin resta jusqu'a sa mort le Pere pour les an·
ciens disciples de saint Simon : ils lui d:mnaient too·
jours ce titre respectueux. 11 n'aurait ten u qu'a lui d'acquérir une graride fortune; il se contenta d'un emploi
qui luí assurait une existence modeste.

•

------------- - -----L'intérieur
de sa maison n'étail pas somptueux, mais

race dont les cheveux sont tres - crépus, ils dirent :
(C Ceux qui se sont levés contre nous sonl des poltrons,
il aimait a y trouver ses aises, et avait des rechercbes de
et quand ils verront nos bannieres,certainement ils s'enconfortable singulieres.
Tous les appartements étaienl chauffés par des con- fuiront; » mais ils n'en firent rien.
&gt;&gt; Et il arriva que les deux puissantes armées s'avanduits d'air chaud, et daos cbaque chambre une petite
· niche, pratiquée sur le passage du tuyau, cachait un cerent pour combattre dans les plaines de Manassas.
&gt;&gt; Et les hommes de Simon, quoique vaillants et braves,
vase rempli d'eau toujours chaude. 11 avait fait percer,
furent
si terriblement frappés sur la banche et sur la
au-dessus de son lit, des ouvertures qui luí permettaient
cuisse,
qu'1ls revinrent brillamment sur leurs pas en
d'observer le ciel avec des lunettes, a toute beure de
toute
bate
pour se pencher sur le sein d' Abraham.
la nuil, sans qu'il e1H hesoin de se déranger. JI fumait
1&gt; Et beaucoup fllrent tués; mais un plus grand norubeaucoup, et de petiL~ meublcs, grace auxquels il pou vait satisfaire son goul sans salir le plancber, étaient bre encore fut blessé.
» 11 y eut alors une grande émotion dans le pays, et
disposés tout le long de la muraille, afin qu'il en eut
Abraham
fil appel aux sages et aux habiles pour sauver
toujours un a sa portée.
les malades et donner des forces nouvelles aux blessés.
Pendant
longtemps
il
laissa
soigneusement
a
terre
Tout le monde conuait, a Paris, l'hótel Pourtales; peu
» Et voyez, il surgit dans le Nord un homme appelé
de gens ont entend11 parle~ de la maison Matbiesen, tous les bouts de cigares qu'il avait fumés, de sorte
Drake, tres-habile dans la médecine, mais modeste a
qu'en
certains
endroits
il
s'en
trouvait
une
couche
u-es-peu surtout l'ont visitée.
l'exces.
Elle est située dans une rue perdue daos le quartier épaisse de plusieurs pouces.
ce Et lorsqu'Abrabam et le peuple virent !escures merPourquoi
ne
faites-vous
pas
balayer
cela?
luí
dedu panthéon, et dont sans doute vous entendez le nom
veilleuses
opérées par Drake, Abraban1 dit: &lt;( ll ne faut
manda un jour un visiteur.
pour la premiere _fois : 1~ rue d~s Poules. . ..
»
pas
que
mes enfants souífrent; donne-moi ton breu- Faire balaycr cela, non pas ! j'accumule ces bouts
A J'extérieur, rien qm la designe part1cuherement,
»
vage
a
boire,
et je luí donnerai un nom. l&gt;
cette maison, a l'attention, et un employé du bureau des de cigare a dessein : le taba.e préservc ma maison des
&lt;&lt; Et ainsi Abraham but, et dit qu'il n'y avait rien de
passeports, chargé de la qualifier, ne manquer~it pas in,ectes.
11 faisait avec son valet de cbambre un forfait pour le pareil, pas meme dans le comté de Somgamon, que c'était
d'écrire sur le signalement : &lt;&lt; maison ordinaire. »
Franchissez le seuil de la porte, suivez le couloir d'en- chauffage de ses appartements. Le calorifore élait amer aux levres, mais bon pour l'estomac; et parce qu'il
y avait des moments amers dans la guerre qu'ou faisait
trée, et vous vous trouverez dans un petit jardín bien allumé le ¡er octobre et éteint le l. •r mai; 'que l'été 011 l'hiaux maitres des plantations, il dit encore que cela s'apombragé ou se voient un jet d_ieau, une cascade et une ver fut en retard ou en avance, ces deux dates étaient
pellerait !'Ame,· ae la plantation; et il en futainsi.
invariables.
montagne.
.
» Et les ceuvres merveilleuses de ce breuvage furent
La
température
devait
etre
uniformémcnt
de
l.4'
deIci l'employé aux passeports ajouterait certainement
attestées
ce jour-la daos chaque ville, dans chaque pagrés
au-dessusde
zéro.
M.
Matbiesen
consultait
de
temps
ces mots, a titre d'observation: ce Cette maison appartient
roisse, dans chaque village, dans chaque hameau, ou les
en
temps
son
tbermomelre,
et
si
le
mercure
était
quel¡¡ un bourgeois. ll
n se tromperait : M. ~tathiesen était un type vraim_ent que peu au-dessus ou au-dessous du degré prescrit, le habitudes de la civilisation engeudrcnt la dyspepsie, ou
la guerre amene des malbeurs, uu le climat et le site
domestique encourait une amende.
orit&gt;inal et le moins bourl{eois des hommes.
détruisent la force et l'aµpétit.
" en Danemark, il avait fait de la France sa patrie Le pr1x du forfait était de trois cents francs paran.
Né
» Et Abraham dit.: Qu'il soit proclamé daos toute l'éCe qui donnait a la maisoó de M. Mathiesen un as·
d'adoption. Issu d'une farnille de bourgeois, il s'était
tendue
du pays, depuis les vallées jusqu'auuomruets des
voue tout e~tier a la science; la pbysique ravait parti- pect vraiment particulier, c'est la prodigieuse quantité
montagnes,
q1ie tous ceux qui souffrent de flevres, dysculierement attiré, et surtout l'étude de l'optique. 'JI de tiroirs dont elle était garnie : il y en avait, il y en a
pepsie,
faiblesse,
manque d'appétit, maux de tetes neréerivait sur cette matiere des mémoires remarqués a encore partout; daos l'entre- deux· des portes, daos les
veux
et
alfaissement
intellectuel, trouveront du soulagel'Académic, et se livrait a des expériences continuelles plintbes, dans les murs, dans les plafonds: ils étaient de
ment
daos
l'Amer
de
la plantation. Cette liqueur tonifie
toutes formes, de toutes bau.teurs, de tontes largeurs,
sur les propi:iétés du verre.
,
l'estomac
et
ajoute
du
brillant a l'iT1telligence, effet dont
de
toutes
profondenrs.
Dans
ces
tiroirs,
le
savant
classait
D'énormes fontes de fl,int sont enfoui~s dans son jaIje
suis
un
exemple
vivant,
opeuple !
·
d'innombrables
échantillonsdeverre,
hrutou
taillé,
blanc
din; il voulait se rendre compte de l'action qu'aurait
» Et Drake fit ce qui luí était commandé, et cela lui
ou
coloré,
qu'il
étiquetait
avec
un
soin
extreme;
pour
sur ces masses un séjour prolongé dans la terrc.
La cascade roula1t sut des blocs de cristal. 11 n'avait cbaque sorte. il avait un nom, et parfois un nom tres- valut une place dans la grande ville de New-York,' et
pas amené l'cau daus son jardín sans de grands travaux pittoresque. Asa mort, le poids dn verre trouvé cbez tous ceux qui allerent a luí furent guéris et retournerent •
daos leur voie en se réjouissaut. &gt;&gt;
et de grandes dépenses; aussi disait-il un jour a un de luí, était de quarante a cinquante kilogrammes.
La Bible introduite dans la réclame comme élé'ment de
Cet excentrique, comme auraient dit nos voisins, était
ses amis : &lt;( Vous voyez cette eau-la, eh bien! elle me
perfectionnement
! Apres cela, il faut tirer l'échelle.
un homme du sem le plus droit, d'un conseil sur, d'un
c01ite autant que du vin de Bordeaux. »
,
X. FEYRNET.
Le bain froid était un de ses plus cber-s plaisirs. 11 tres-agréable commerce, d'une conversation charmante,
~
airuait a grelotter sous l'eau de sa cascade, qui tombait et ses manieres avaienl cette grace et cetle aisance que
donne seule l'habitude du meilleur monde.
sur luí en a verse glacial e.
LES VOYAGKURS ITALIEHS DAJS LK KAUT DK BOUKARA
La maison de la rue des Ponles avait été babitée jadis
Apres le bain, il se promenait dans une sorte d~ grotte
a murs cyclopéens, a l'abri des regards indiscrets, et par Gay-Lussac. On voit encore daos le jardin une table A la suite de la maladie qni sévit, depuis plusieurs
libre de s'affranchir de la gene du vetement. Un souter- de pierre, devant laquelle l'illustre savant avaitcoutume
·années, sur les vers a soie en Lombardie, pays ou \'inrain est creusé sous cette grotte. Grotte et souterrain de s'asoeoir pour travailler. Cette table était sacrée pour
dustrie séricicole est si développée, plusieurs missions
ont englouti une somme de trois cent mille francs envi- M. Mathiesen; jamais il n'avait sou!Tert qu'on y servil le
scientiflques
avaient été envoyées dans r!talie centrale
café, ne voulant pas qu'elle füt prof,mée.
ron.
et
la
Sicile,
aiosi
que sur les cotes de !'Istrie, de la DalJe m'émerveillais des progres qu'avait faits chez nous la
M. Matbiesen pouvait se passer des caprices. Sa formatie
de
la
Grece
et de la Turquie, pour y recbercher
tunl! patrimoniale était considérable; il \'avait accrue réclame depuis quelques années: les prospectus des tail'
des
graines
de
vers
a soie.
par de tres-heureuses spéculations, car le savant était leurs, des botliers, des chapeliers et des marchands de
Une
de
ces
missions,
coroposée de MM. Meazza, Gaun trés-habile homme, et en mourant il laissa, dit-on, nouveautés me jetaient dans une admiration voisine de
vazzi
et
Litta,
se
décida
meme a pousser plus loin ses
la slupeur, et les appats étranges otferts a la curiosité
dix-huit ou vingt millions.
investigations
et
A
explorer
l'Asie centrale, le pays des
En 1848 ou en i849, il acheta l'Mtel Forbin-Janson des passants me semhlaient de, rafíinements auxquels
Kirahises
et
le
kanat
de
Boukara.
pour 450.000 fraucs. Une partie du mobilier et le plomb n'avaient pas encore atteint le~ peuples qui se sont fait
c~s voyageurs partirent ~ans se laisser arreter p_ar les
de la toiture firent rentrer dans sa caisse 200,0úO fr. la réputation la plus méritée dans l'art sublime de battre
rcnsei11nements
décourageants qu'on leur donna1t sur
la grosse caisse. Je me figurais que nous avions surpassé
Plus tard, il vendit !'hotel meme denx millions.
les co;trées qu'ils voulaient parcourir; ils étaient, du
lBs
Anglais
et
les
Américains,
et
je
m'en
réjonissais,
car
M. Math1esen tenait ses comptes avec une régularité
reste munis de recommandations du gouvernement
extreme, mais sa vie offrait d'assez étranges vicissitudes. lorsqu'on aime son pays on est beureux de pensrr qn'il
rus~:, et complaient sur l'effet que prodmsent géoéraleUn jour il avait duuze domestiques; le lendrmain, il n'en est supérieur atous les autres en toute espece de choses.
ment sur les di vers chefs de ces pays toute~ celles
avait plus un seul. 11 lui arrivait de prendre, pendant Hélas l je me trompais; nous ne sommes encore que des
qui
proviennent de cette source. Malheureusement,
des semaines entieres, ses repas daos des gargots d'ou- eofants, et la jeune Amérique l'emporte toujours sur
un
pont
mobile, construit sur la Guberla, ~'étant
vriers du quartier Saint-Marcean. 11 était velu aussi mi- nous autant que Mangin sur ses successeurs. Appreécroulé
sous
les pas des voyage1Jrs, la voiture qm consérablement que les plus pauvres commensaux de ces nons a etre modestes, en li!ant le chef-d'reuvre publié
tenait
une
partie
de leurs bagages disparut dans le
humbles tables.On me racontait meme qu'un soir qu'il était réc1!mroent par un journal de New-York, sous le titre
fleuve
avec
les
lettres
de recommandation sur lesquelles
entré daos un café élégant, le gar~on ne voulul pas le de Proclamation :
¡¡~
avaient
placé
bien
des
espérances.
« Et il arriva, est-il dit dans ce document, pendant le
servir, etle for~ d'aller s'asseoir a une des tables placees
lis
poursuivirent
cependant
leur voyage, et escortés par
regne d'Abraham, dont le surnom était Lincoln, dans la
sur le trottoir de la rue.
un parti de Kirghi~es, que le commandant russe de Kaquatre-vingl-sixieme
année
de
l'indépendance
des
États
Le savant millionnaire n'était d'a!lleurs point un avare;
sala :J.vait mis a leur disposition, il~ parvinrentjusqu'aux
il dépensait de tres-grosses sommes avec un lalsser-aller d' Auiérique, qn'une grande rébellion s'éleva dans le p&amp;.ys.
frontieres du kanat de Boukara, oú ils n'hésíterent pas
e( Et Abraham dit a Simon, de l'État de Keystone :
de grand seigneur. 11 avait autrefois. équipé a ses frais
a pénétrer.
un navire cbargé par luí d'explorer les cóleR de la mer et Sois mon écuyer. »
lis s'aper~urent bientót de la perte importante qu'ils
et
Et
Slmon
fit
ce
qui
lui
était
commandé,
et
appela
Caspienne dans un but scientifique; et cet homme qui
avaient
faite sur le poot de la Guberla; n'ayant plus avec
secontentaitd'un diner de quiniesols, nemanquaitguere, d'immenses armées de jeunes et vaillants guerriers de
eux
ui
les
titres ni les lettres qui devaient imposer le
chaque mois, de donner un fastueux repa~ daus un des l'Est, meme du Kennebec, et aussi de par dela le grand
respect
de
leurs persovnes, ils inspirerent bientót des
restaurants a la mode du Palais-Royal ou dti boulevard, fleuve M.ississipi et les montagnes Rocbeuses, et de chacraintes
a
\'autorité soup~onneuse du pays. Emprison-•
que État il en appela; et comme ils étaient de la
oti il se t'aisait mener daos sa voiture.

;..Ao mois de février prochain, la collection de !'hotel
p urtales sera mise en vente. Cette nouvelle fait battre le
0
ur et surexcite l'imagination de tous les amateurs d'art
CC:de curiosités. Le maitre des inestimables trésors rase mblés avec un gout rare et des soins iufinis daos le pa:is de la rue Tronc~et, ~vait ?rdonné ~ue cette magnifique collection ne fui d1spersee que cmq ans apres sa
mort. 11 semble qu'il n'avait pu se décider, meme en
rendant le dernier soupir, a se séparer bru~quement de
biens qui luí étaient si cbers. Peut-etre espérait-il qu'ii
serait permis a son ombre de revenir parfois les coniempler, et pensait-il se réserver ainsi des jouissances
dont l'idée lui adoucissait le trépas.

'

�i64

L' J LLUSTRATI ON . .JOURN AL UNIVE RSEL.

nés quelques jours apres leur arrivée, ils demeurerent
plusieurs mois dans les cachots. Mais le gouvernement
russe, attachant une grande importance A ce que la protection qu'il avait accordée a ces hardis voyageurs ne
fti.t pas infructueuse, ne tarda pas, des qu'il copnut leur
emprisonnement, a faire toutes les démarches nécessaires pour qu'ils fussent relachés. Ces efforts furent
couronnés de succes; les dernieres nouvelles annoncent que les prisonniers ont été mis en liberté, et qu'aussitót ils se sont disposés a accomplir la mission pour laquelle ils ont bravé déja. tant de périls.

Lea Voya,eura ltallena dana le kanat de Boukara.
D'.!PRii:3 [;ES PPOT001\Af'Ul83 1)1

P. P AGET.

», l)OROJU,

dans l'ordre un pays sans cesse agité par les fanatiques;
elle fut confiée au colonel Archinard, du t •• tirailleurs
algériens. D'abord transportée a Chellala, celte coloune
se rendit au mois d'aout a Charef, 011 par des moyena
facticeset la transplantation de quelquessapins sauvages,
elle transforma bientót son camp en une petite oasis.
L'agha Eddin de Djebel Amour, trahi tout derniere.
ment par les arabes, a Taguin, et dépouillé par le marabout du Sud, Si Mohammed ben Hamza, vint, le
l2 aout, demander aide et protection a la colonne de
Charef, pour se venger des actes dont il était victime.
C'est son arrivée au camp que représente mon ero.
quis.
. Agréez, etc.
ERN. DE PEJmJNEU,E,

!RRIV&amp;E DE L'AGHA KDDIN DU DI&amp;BEL - !MOUR
A U CAMP DE CHARE_F,

PROSPER

ENFANTIN.

AU íllRECTEUR.

Cbaref, 1~ aotit.

Apres une premiere expédition, envoyée cette année
dans le Sud et tcrminée au commencement &lt;lu mois de
;uin, une seconde fut jugée nécessaire, pour maintenir

M. LlTTA.

M. GAVAzz1.

aux autres par le droit de l'idée et de la persuasion. 11 a
exercé sur son temps une influence crmsidérable. Il avait
groupé autour de lui tous les esprits généreux, tous les jeunes gens·en quéte de l'idéal, et c'est ainsi que ces Jeunes
gens, guidés par un tel maitre, sunt tous, ou du moins -presque tous, devenus des hommes remarquables : Michel Che.,.
valier, Jeau Reynaud, Pierre Leroux, Émile et Isaac Péreire,
Olinde Rodrigues, Charles Duveyrier, Émile Barrault, Abel
Transon, Adolpbe Guéroult, LQuis Jourdan, Lemonnier, Alphonse d'Eichtal, Félicien David, et tant d'autres que j'oublie. Un des premiers, Enfantin avait été frappé par les
grandes vues de saint Simon; comme lui, il voyait le monde
féodal finissant pour faire place au monde pacifique des arts,
des lettres, des sciences et de !'industrie. C'est lui qui, dans un
prbgramme prophétique, tra~ait, aun moment 011 le seul véhicule connu était la diligence, ce magnifique réseau européen
aujourd'hui exécuté, et, par le percement des isthmes, mettait
en communicatiou des mondes inconnus !'un a 'autre.11 a été,
on peut le dire, le rénovateur de l'économie politique; et,
par ses vues hardies sur le prolétariat, sti'r la condition de la

f65

L'lLLUSTRATlON, JOU RNAL UNIVERSEL.

Un des hommes les plus éminénts de notre siecle vieut
de muurir, M. Prosper Enfantin, celui que ses diaciples
appelaient tout simplement le Pere. Enfantin n'était pas
seule!J!ent un homme éminent, il était surtont un initiateur, un guide, un de ces hommes qui commandent

mme par les princic '
,.,
pes nouveaux q~ i p~oclama sans se la1~s~r mtimider par les mJures
de ceux-ci ou les sareasmes de ceux-la,
, il fut
le créateur d un mouvement métaphysique
considérable' que le
Pcre Lacordaire ne
craiónit pas de dire eu
pleine chaire~ .a _Notre•·
Dame, que c eta1t, depuis Luther, le plus
grand mouvement de
l'intelligence humaine.
Ce qui, en dehors de
a grande intelligence
d'Eofantin, assura son
soeces, ce fut sa bonté,
et, qu'on me permette
'eipression, sa grace;
nul ne posssédait a un
si haut point que luí le
cbarme. 11 avait, avec
un esprit tres-vaste et
un cerveau immense,
toutes lesgraces enchanteres3es de la femme.
C'était un charmeur.Qui
l'avait vu une seule fois
subissait l'influence.
Tout de suite on l'aimait, et ce doux nom de
pe,·e venait aussitót sur
les levres du simple visiteur, transformé en
quelque sorte, a son
insu, en disciple.

CAUSERIE DRAMATIQUE.

PIERRE PAGET.
PROSPER ENFANTlN.

Les deux dernieres
semaines dramatiques
ont été des plus orageuses. Le drame a tonné sur quatre théatres
a la fois; mais, rassurez-vous, il n'est tombé
nulle part.
La comédie a fait aussi des siennes au Théatre-Fran~ais, il. J:Odéon,
au Vaudeville, au Palais-Royal, aux FoliesDramatiques.
Total : quatorze auteurs, onze pieces, vingtcinq actes, trente-sept
tableaux et un prologue.
Allons d'abord au
plus pressé, je veux dire
a cel ui de tous ces ouvrages que je craindrais le plus de ne pas
trouver en vie, si j'attendais quinze jours
pour l'exécuter.
ll s'agit des Mohicans
de Paris, mélodrame
tiré d'un roman de
M. Alexandre Dumas,
et qui n'a de ce prodigieux écrivain que le
nom dont il est signé.
Bien que le roman en
question soit en neuf
volumes, et ladite piece
en neuftableaux, celle-ci
ne nous offre qu'un seul
des mille et un épisodes
du livrc. D'apres cela,

11. M.liAZZA,

'fll.ÉATRE DI! LA PORTE SAINT-MARTIN: LES FLIBUSTIERS DE LA SONORE, ACTE IV•, :SCENE Pl:-IALE.

. 1

�..
166

L' lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

on ponvait cspérer de trouver au moins dans le mélodrame cette clarté que M. Dumas sait répandre dans ses
fables les plus compliquées; mais, malheureusement,
cette qnalité, la plus précieuse peut-elre de l'auteur des
Trois Mousquetaires, est celle qui manque le plus au
drame des 1llohicans de Paris.
Ce r¡ue j'en dis n'est pas pour m'épargner l'analyse
cl'une piccc que M. Dumas, longtemps avant de l'avoir
faite, a si bien racontée lui-mcme; c'est asscz dn manque d'espace pour m'excuser d'une concision qu'un peu
de moclestie aurait suffi a m'imposer. Mais, ou j'en veux
venir, c'est a rappeler aux metteurs dr. livres en pieces,
qu'ils se reposent un pcu trop sur la mémoire des lecteurs. Quiconque, en etfet, n'aura pas In tout récemment
le roman des Mohicans de Paris, je le défie de ,mivre
pend:mt vingt minutes l'action du drame tiré de ce roman.
Ces arrangeurs, qui sont quelquefois si habiles, quand
ils taillent en plein, - comme M. Dumas, - daos leur
propre drap, ils devraient rn rappeler que la plupart de
ces fameux livres que to11t le mo1,de a ltts, sont d!lS livres
qne personne ne sé rappelle apres les avoir dévorés.
An reste, il parait qu'oo peut s'amuser sans comprendre. 11 y a clu moins tel role et tel tableau, dans les Mohicani de Paris, qui feraient croire a ce paradoxe. La mise
en scenc et les comédiens y sont bien aussi pour quelque chosc, les comédiennes surto11t, comme, par exemple, Mm• Clarence, dans la gracieuse figure ele Rose-deNoel, et )tm• Raucourt sous les traits de !'abominable
Orsola; car cela est encore un dPs talents de M. Alexandre Duma~, que ses plus atroces scélérats font rire, et
que ses victimes les pl11s touchantes divertissent.
Rlen aussi de plus amusant que la désinvoltnre avec
laquelle il parle de tout et entre partout : le cabanon dl1
fou furieux, l'inviolable cellule de la recluse, le bo11doir
de la reine une telle, le cabinet de M. ele Metternich, car il ne craint pas de nommer les gens, - tout est de
plain-pied pour cet enchanteur ubiquiste; c'est le.faubourien de la chanson : 11 11 tape partout et ne connalt
rien. 1,
A ce point de vue, il y a dans la nouvelle piece un
certain pensionnat de jeunes personnes que je vous recommande tout particulierement: il serait choquant chez
tout autre, mais ríen ne e,hoque d'Alexandre Dumas.
N'oublions pas un petit mot a l'adresse ele P&lt;Jrrin, qui,
dans le meilleur role de la piece, celui d'un agent de
police pour rire, est d'un comique d'autant plus achevé,
qu'il a. l'airde ne lui couter ríen. Dnmaine n'est pas non
plus mrmaunis commissionnaire, gentilhomme et poete.
Enfin, M11e Colombier, une débutante, est parfaite dans
un personnage exigeant de son interprete du lalent, de
la grace, de la distinction et de la beauté.
Et on dit parfois que je suis méchant !
On a bean ,ouloir étre bref en parlant de M. Alexandre Dumas,Ia prolixité du sujet vous gagne malgré vous,
et, sans amuser comme luí, on s'étend, on s'allonge, on
n'en finit plus. Ne chercbons done pas une transition
qui nons allongerait encore, et passons tout de suite au
nouveau drame de l'Ambigu.
La, du moins, bien qu'en des conditions toutes
pareilles, nous trouverons la clarté qui manque a la
grande piece de la Galté; mais en serons-nous plus
avancé? Pourrons-nous faire entrer, dans un espace qui
va toujours se rétréeissant, le compte-rendu des neuf
tableaux, dont un prologue, que MM. Anicet Bourgeois,
Blum et (lonson du Terrail ont découpés daos un rl)man
de ce dernier! La question posée n'est-elle pas résolue
d'avance!
Disons au moins que cette adaptation des Drames de
Paris, un des romans les mieux réussis et les plus lus de
ces-derniers temps, est faite avec une habileté remarquable.
Le sojet tient a la íois du tragique et du picaresque,
et ces deux éléments se coníondent dans le personnage
qui donne son nom a la piece• .Rocambole, a qui appartient cet honneur, et c'est la seule chose qu'il n'ait pas
volée, lloeambol, est UDtl sorte de Lazarille coupe-jarret;
il fait partie, a ces deux tilrei1, d'une bande de scé'lérats,
qu'il domine par l'esprit, comme César-Andrta par le caractcre. La lulte qui ne tarde pas as.'établir entre ces deux
misérahles, íait le fond d'une intrigue dont le spectateur
ne perd pas un moment le fil, quelque enchevetrés les
uns daos les autres qu'en soient les innombrables incident,.
Taillade est vraiment excellent daos le personnage de
Rocambole. M•• Marie Laurent s'wimile avee beaucoup

d'art le typc, devenu populaire, de la Baccarat. Castellano, ~fétreme, Mm• Vigne, J\11 1• Leprovost sont justement
applaud is, tous les soirs, dans les princi paux roles de
la piece, qui est, du reste, jouée avec un ensemble parfait.
Ajoutez a tant de séductions un; mise en scene tressoignée, la ronde de rigueur, spirituellement cbantée
par Reynard, et je ne vois pas que vous p11issiez vous
dispenser d'aller applaudir Rocambole.
Avec les Flibustiers de la Sonorc, nous passons des
cryptes malsaines d'un monde veillissant au grand air
d'un monde no11veau, du monde auquel appartient l'avenir. Ainsi du moins le pensait cet aventureux, jeune
genlilbomme auquel un de ses amis disait un jour:
- Gaston, quand done screz-vous calme?
- Quand je serai mort, réponclit Gaston.
Uue autre fois, a la fin d'trn joyeux souper : - · A quoi
songez-vous? luí demanda un des convives.
...:... Je songe que nous sommes des malheureux, répondit-il, et que nous perdons uotre jeunesse en des sottises.
Qu'a de plu~ ce souper que celui d'hier? Qu'aura de
plus celui de demain? Oh! je voudrais faire quelque
ch ose de grand!
Peu de jours apres, le comte Gaston de RaoussetRo11lbon passait en Algérie, ou il se ruinait en essais de
colonisation trop grandioses. En lR48, il était a Paris, et
faisait dans la politique spéculative d'autres essais, qui,
pour la méme cause, ne l11i rliussissaient pas mieux. Ce
ful alors que, méditant de grands projets, il r,ourut demander le nerf de la guerre aux mines de laCahfornie, ou
l'attendaient de nouvclles déceptions; de la il passa au
Mexique, puis en Sonore, oti, daos une lutte héro'iq•1e,
et ponr une question toute fran~aise, il trouva une mort
qui reste a venger.
Cette vie de Descobridor du seizieme siecle avait été
racontée d'un style et d'un cmur dignes d'elles, par
M. Henri de la Madeleine, lorsque M. Gustave Aymar en
fit le sujet d'un roman qu'il vient d'adapter fort habilement a la sccne, avec le concours de M. Amédée Rolland. Ce drame intitulé les Flibmtiers de la Sonore, est
représenté, en ce moment, aver, 11n grand soeces au
théatre de la Porte Saint-Martín, qui l'a illustré de
clécors splenclides. Berton, dans le personnage d'Horace,
- no Raousset-Boulbon de fantaisie, - et M11• Rousseil
daos le double role de Don Luiz et ele Carmen, feraieot
a eux deux le succes de ce drame, a11quel ne nuisent
cepenclant pas des divertissemeuts, tels que la fete d11 soleil, avec M110 Mariq11ita pour coryphée.
Dire avec tout le monde que la musique et méme les
paroles du Devin du village ont un peu vieilli, sera~t-ce
aller sur les hrisées d'llD conl'rere, qui de sa vie n'a proféré une telle banalité? Personne ne le pensera, et
pourtant je me bornerai a cctte banale appréciation
d'un ouvrage que le Vaudeville ne nous a rendu, je
suppose, qu'a titre de curiosité. Peut-etre aussi a-t-il
voul11 établir, au moins de frais possible, les droits que
lui donne, en fait &lt;le musique, la nouvelle liberté des
théatres. De toute fa~on, la tentative lui a passablement
réussi.
Comme nous l'avions annoncé, lrois autres pieces en
un acle sont venues escorter, daos la meme soirée, cette
gracieuse opérette de l'auteur du Contrat social.
Le Florentin, comédie en vers de LaFontaine, est parti
premier rlans cette course, ou il a été bientot distancé
par le Vingt-quatre fturier, drame alezan, je veux dire
allemand, qni s'est dérobé au premier obstacle, tandis
que Pierrot posthume arrivait premier d'une infinité de
longucurs.
.
Pierrot posthume, arlequinade en vers splendides, est
1m des trop rares essais de notre brillant poete Théo-phile Gautier. Espérons que le grand s11cces de ce petit
acte, d'une fantaisie si originale, décidera l'auteur du
Cap1taine Fracasse a donner, ou plutot a rendre, le sujet
de ce beau roman a la sccne, qui le réclame et a tant de
droits sur lui.
En somme, les trois susdites pieces composent un spectac~e dont la diversité, comme on le voit, 1ist loi.n de
íaire le seul attrait. L'exécution, d'ailleurs, en est parfaite. Parade, dana le Vingt-quatre frorier, joue en comédien achevé un r&lt;ile tragico-bourgeois de parricide
involontaire, qui tournerait tout de suite a la charge,
s'il n'était renclu avec la derniere perfection. Quand elle
revet le costume moderne, au lieu de la tunique d'un
Atride, la fatalité n'est plus qu'une vieille machine dramatique, qui prete facilement a rire. Parade, en triomphant de cette difficulté, a enlevé le su~s d'une piece
1

qui, traduite et imitée mainte et mainte fois sur noe
st:enes, n'y avait jamais bien franchement réussi.
. Oans z~ Florentin, reprise moins scabreuse, mais ins¡.
gnifiante a mon avis, et qui n'ajo11tera rien a la gloire
du &lt;&lt; fablier, 1&gt; Saint-Gcrmain n'avait qu'a demi-réUSSi
mais il s'est relevé de cent piques dans Pierrotposthum:
doat il joue le principal role avec no mélange de nai~
veté et de finess~ parfaitement approprié au ¡,ersonnage,
Bache, daos ce meme role, lorsqu'il le jouait ace meme
théatre du Vaudeville en iR47, -comme le temps pasge
mon cher Gautier ! - Bache était pl11s posth11111e, mai;
moins Pierrot que Saint-Germain. Mais que Saint-Ger.
main se console : on devient toujours assez tot pos.
thume.
Que dirai-je des Ficelles de Montempoivre, sinon que
yoila une des pieces les plus poivrées qu'ait jamais montées le théatre du Palais-Royal, meme du temps 011 le
Palais-Royal tout entier n'était qu'llD théatre avec des
galeries de bois.
~lais do moins cette gaudriole en trois actes, signé.e
Vario et Delaporte, elle estsouvent tres-gaie et quelquefois assez spirituelle; elle a meme un troisieme acte
tres-bien fait, tres-comique et tres-bien joué, a telle enseigne que saos lui la piece, a peine née, aurait bien pu
etre posthume.
Mais la triste parade qui l'a suivie, mais cet afireUI
petit a propos dont tout le comique est daos le titre et
dont le litre est : Eh! Lamb~1·t ! quelle platitude ! que!
néant!
Et comme je voudrais pourtant la raconter, cette vilaine et sotte petite piece, allX lecteurs de l'Illustration.
lis verraient combien les plus spirituels auteurs drama.
tiques peuvent, sur nn meme sujet donné, se laisser écraser par un cbroniqueur tel que ... Mais on sait bien de
qui je vellX parler, saos que je porte ici ómbrage a la
moclestie d'un confrere.
·
Me voila done maintenant tout entier a deux nouveaotés aussi importantes par elles-memes que par les dem
théatres qui viennent de nous les clonner : La VolonU,
coruédie en quatre actes en vers de M. du Boys, représentée au Théatre-Fran~ais, et les Plumes du Paon comédie en quatre actes en prose, de M. Leroy, par laquelle
l'Odéon vient d'inaugurer sa réouverture.
Malheureusement, ces ouvrages, les premiers en dignittl, sont en meme temps les derniers en date, et le
terrain qu'il m'a fall11 déblayer pour aller a eux est devenu trop étroit pour leurs dimensions et leur importance.
Disons done seulement, quitte a y revenir prochainemént, q11e la Volonté a obtenu un succes d'estime daos
la meilleure et la plus haute acception du mot.
L'idée morale de la piece ressort de l'opposition de
eleuxjeunes gens dont !'un, trop confiant dans sa richesse, néglige de se faire une position, tandis que l'aotre fait son chemin par la seuJe force de la volonté.
Cette these, qui semble n'avoir rien de bien poétique,
a heureusement trouvé pour a.vocat un vrai poete. On
frémit en songeant a l'énorme somme d'ennui qu'en aoraient tirée ruessieurs tel 011 tel. Félicitons-nous que
M. Du Boys leur ait dérobé ce sujet, qui Je11r allait
C()mme de cire, et qu'on ne comprend pas qu'ils aient
laissé glisser de leurs mains entre celles d'IJD débn•
tant.
Tous nos bravos a mfm•• Ponsin et Royer, a Maubant, Coq11elin, Verdelet, etc., etc.
M. Louis Leroy n'est pas poete, au moins que je
sache, mais c'est un homme de diablement d'esprit; sa
premiere piece en avait meme un peu souffert. Le public de l'Odéon s'y fera, mais il n'était pas encore habitué a de tels feux roulants d'idées nenves et de bons
mots, et il l'avait un peu fait sentir a l'auteur des Relai.•.
I1 y a des gens incorrigibles, et M. Leroy est de ces gensla. Sa nouvelle piece est done aussi spirituelle que la
premiere, mais elle est construite sur une doonée un
peu moins neuve, aussi a-t-elle beaucoup mieux réoS6i,
Cette donnée, que le titre expose a demi, je suis forcé
de remettre a quinzaine le plaisir d'en acbever l'e:sposition en dí-tail. .M. Leroy est no de ces auteurs dramatiques qu'on peut quilter saos inquiétude poor qoiJl7.e
jours; on est sur de les retrouver a la meme place.
Ma1s comme il n'en est pas toujours ainsi des bons comédiens, nos meilleurs compliments aThiron, aPierron,
a R001anviJle et a M11• Mosé.
A. DE BEtLOY.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
ranger une existence parfaitement indépendante et parfaitement agréable dans cette pauvré Babylone moderne tant calomniée, la seule viHe pourtant qu'il est
TOT.AGI ll'OI PARl8IJI ALA RICHKRCHE DI LA UTIJU
impossib)e de quitter sans regret et de revoir sans plaiJDYLLE AUYERGNATE.
sjr. ,A.ussi haussait-il les épaules en lisant les déclamations ·stéréotypées qui défendent périodiq11ement aux
On sent bon d_éjá dll!IS la plaine
Parisiens
de rester a Paris, sous prétexte de villégiature
Deu~ i deux ~•111 qu'on s'y r'promeae;
ou de bains de mer, de Vichy cu de Bade. Pour lui, chaLes amours ont déjil repris,
L' rossignol chant' tout's)es mlits,
.q11e époque de la vie parisienne avait son charme partí..
· Dans les nids
culie.r, ses c11riosités, ses délices; et non-seulement il ne
Y .ª des p'tita...
luí arrivait jamais d'éprouver le besoin de cbanger
d'atmosphere ou de voisins, mais eocore il s'éloignait to11jours
aregret de son cher Paris, ne füt-ce que pour ~J· Cha.que année, le retow de la belle saison déchaine
~s le monde littéraire une véritable débauche de ly- ler dlner a Ville-d'Avray.
JI avait done fallu une bien grande excjtation l'),erveuse
' l'ÍIJllC· On dirajt qne la douce haleine du printemps a l.i
. :· p,o11riété d'enfiévrer Ja nombreuse armée dei: écrivains, pour lui faire prendre une résolution si en dehors de
depuis le général en chef jusqu'au dernier soldat. Le ses habitudes et de ses mm11rs.
•·pws mince cbroniqueur de la feuille la plus incolore se Quand il eut avalé sa tasse de café, Maurice jeta sa
croirait déshonoré, s'il n'altachait .alors un rameau vert robe de chambre avec précipitation et fit une toilette
'iMD eocrier, et s'il n'entonnait, de sa plus belle voix, printaniere : il choisit la plus tendre de ses cravates,
w dithyrambe en l'honneur du réveil de la natttre. Des passa son gilet le plus diapbane, mit a sa boutonniere
le uiilieu d'avril, d'april, et daos tout le courant du une rose fratche Pclose, et s'.élan~a légerement sur le trot,-til moi de may, il ,n'y a plus ni romantiques, ni clas- toir de larue d'Aumale, en fouettant l'air de sa badine a
tiCJues, ni éclectiques; il n'y a plus ni h11golatres, ni pomme d'or.
&lt;&lt; Ou aller? )) se demanda..t-il en gagnant machinalehlgophobes, ni cléricaux, ni anticléricaux; il n'y a plus
ment
le boulevard, 11 en quelles régions hyperboréemies
que des poetes, que des poetes bucoliques. Les journaux
&lt;&lt;
ne
plus
trouver ni fiacres, ni omnibus, ni marchands
de toute nuance et de tout format présentent a l'envi
Je meme coup 'll'cail consolant : aux Débats comme au « de parapluies, ni photographes, ru sergents de ville;
CAan11ari, au Tintamarre comme a la Presse, le renou- &lt;&lt; mais &lt;les gazons, de vrais gazons, autres que ces car« rés de verdure qu'on plaque tout poussés dans nos
tlB(IU prend la place de la politique, les prima vera chassent de colonne en colonne Po\onais et Russes, fédéraux &lt;&lt; ~quares, et des vraies feuiile!l vraiment vertes, et des
« tonfédérés; les senteurs parfttmées des boi~ se glissent « oiseallX qui ne viennent pas manger dans votre
·au bulletio des spiritueux et des huiles; les tendres bour- « main, comme ces impertinent~ moineaux des Tui]e ..
g~ éclosent aux déces et inb,umations, et les sy/phes 11 ,ríes? Qui pourrais-je bien consulter? On dit : menteur
légers voltigent ou se trainait la lourde prose du spiri- 11 comme un Guide; daos tous les Tours de France, daos
tnel critique X... de X... Ce ne sont que fe&amp;tons de pério- &lt;&lt; toutes les Impres~ions de 11oyage, je lirai les memes prodettchatoyantes, ce ne sont qu'astragales de flamboyan- 11 messes, les memes réclames: climat délicieux, magni1es épithetes; C:est un feu d'artifice de grands mots et de 11 fiqué végétation, ville de$ plus remarquables, apres le
grandes phrases, oti les tropes succedent aux trope&amp;, et &lt;&lt; nom de la ville la plus insipide ou celui du rtus miséles hyperboles allX byperboles. Les plus rassis de ces &lt;&lt; rabie village. 11 y a cinq cents pay~, dans cbaque MaTbéocrites a vingt-cinq centimes la ligne (les blancs non &lt;&lt; nttel du voyageur, qui sont le plus beau pays du monde,
comptés) voudraient, comme les blancbes géoisses, « comme aParís il y a cinq cenL~ femmes qui sont la pl~
faire leur nourriture exclusive de ces jeunes pousses si « jolie femme de París. Ce que j'ai peut-Mre de mieux a
délicates, si poétiques, qui commencent a courir sur les &lt;&lt; faire, si je vellX une campagne véritablement intéres&lt;t sante, des bois sans amoureux, des vallons sans toubrancbes.
M.a:is il y a des gens a cerveau mal organisé, qui ont &lt;&lt; ristes, des montagnes sans An¡dais, dP,S paysages sans
le mauvais gout de se lasser de cette fastidieuse poésie, ,1 paysagistes, c'est de choisir un pays qu'aucun Guide
et qui demanderaient 'VO!ontiers grace a ces implacables « ne recommande et qu'ancun voyageur n'a raconté., un
&lt;&lt; pays inexploré, un pays sauvage, s'il en est encore un
arrangeurs de phrases.
Un matin du mois de mai dernier, un de ces prosai- &lt;&lt; au monde. Ah! parbleu, j'ai mon affaire. Pourquoi
ques lec\eQrs, Parisien endurci, se mit a table d'assez &lt;&lt; n'irais-je pas demander l'hospitalité, pendant quelques
Diauvaise bumeur, déchlra vivement la bande de son &lt;e jours, amon vieil ami PhilippeNoirclair,auVernet, pres
journal, et tomba par hasard sur un long article, péni- ce d'Jssoire, au creur meme de l'Auvergne?L'Auvergne est
blement écrit, dont la &lt;&lt; riante saison des amours &gt;&gt; fai- &lt;&lt; peu connne encore, sauf peut-étre Royat et Clermont,
ait tous les frais. Impatienté, il jeta ia malencontreuse 11 le Mont-Dore et le Puy-de-Dome; c'est en Auvergne
feoille d'un coté, sa serviette de rautre, et s'adressa a 1&lt; qu'il me faut aller. Ce cher Philippe ! Voila bien longlui-meme ce court monologue d'une logique puis- « temps que je l'ai perdu de vue ! Et j'avais juré, pour1&lt; tant, par nos dix ans de Rollin et nos sept ans de
sante :
« Oh! les journaux ! Mais quand auront..ils tout dit? &lt;&lt; quartier Latín, d'aller cbaque année, a la belle saison,
« Quand cesseront-ils de me lancer leur verte campa- &lt;&lt; passer quelques semaines chez lui! Aujourd'hui il doit
« goe au nez a toot propos, comme une provocation, 11 etre tout a fait campagnard : médecin de village au
« comme un reproche? Je gagerais volontiers que ces &lt;' food de l'Auvergne, que!Je bonne vie de paradis il
«-amoureux transis de la nature ne pensent pas un mot 11 doit mener, cet homme sage ! 11
Moips de quarante-huit heures apres, notre Parisien
« de ce qu 'ils disent, et que e' est au coin de leur feu et
se
trouvait dans la salle a manger de l'hótel de la Poste,
« les pieds dabs leurs pantoutles, qu'ils célebrent les
a
Jssoire,
en face d'un succulent beefsteak parfaitement
« diarmes des bois et des champs. Pour en avoir le
incuit.
L'expédition
s'annon~ait bien : une servante po« creur net, j'ai envie d'aller une bo~rne fois a la caro« pagne, moi aossi, et de me baigner dans l'air, de me lie, un diner excellent, un lit meilleur encore, tout allait
« plonger daos la nature, de me gorger de printemps. amerveille. D'ailleurs la fatigue, l'appétit et la bonne
« C'est une expérience a faire, ne serait- ce que pour humeur coloraient toutes choses des nuances les plus flat.« avoir le droit de maudire tout haut et partout jour - leuses. L'heureux voyageur s'endormit done daus les
« nau:s et journalistes, et de leur renvoyer leurs plates meilleures dispositions.
Son premier mot, le lendemain matin, en sautant a
·« idylles. Voila qui est dit l J'irai me retremper au sein de
bas
de son lit, fut cP.lui-ci :
« ceUe renaissance générale, j'irai rever 80us les grands
&lt;&lt;
Je
vais done enfin savoir ce que c'est que la na« arbres, j'irai me pamer au bord des sourcesjaillissan&lt;&lt;
ture!
11
« tes,j'irai m'étendre sur les mousses veloutées au pied
11
déjeuna
lestement, rég1a la note avec une belle
• des vieux chénes, je déjeunerai de chataignes et de
dame
qui
trónait
derriere son comptoir de marbre
« cresson, et je... ferai des vers ! Anch'io son...
Beureusement sa domestique entra, et notre Parisien blanc, comme a París miss Caroline Humpfotber au
ae rassit paisiblement, pour ne pas faire attendre une café du Hundsrück, et monta daos l'omnibus d'Arlanc,
qu'on appelle plus généralement, daos le pays, la carriole
wse de pur moka.
•
iaurice Derivas n'avait' jamais quitté París, non pas du tere Antignac.
D'Issoire au Vernet, il n'y a guere plus de quatre
qu'il y ait été retenu, comme tant d'esprits délicats et
quelque peu jaloux de montrer leur érudition, 11ar un Jieues, mais les deux juments d11 pere Antignac ont
amour exagéré pour le ruisseau de Mm• de Stael; mais l'allure pacifique; d'ailleurs, la Belle est bien vieille, et
il a,a:it su, grace a un patrimoine assez respectahlc, s'ar- Barbttte i;st_bieu capricie~; i_U4Si ~¿~j.J.-~_Pt!&amp;Ae

ftl7

deux heures quand on aper~ut le petit clocher tout neuf
du Vernef.' · ·Un peu avant le Vernet, la route traverse le petit bois
de Larocherie, dont la fraiche verdure allécha vivement
Maurice; il fit arreter la carriole, santa bravement daos
la poussiere et sécoua ses jarrets éngourdis. Puis, aspirant a pl_eins po1unons le ,bon air frais du bois, il s'enfon~ daos un petit sentier qui serpentait sous les arbre~, s'en remettai;it au basard du soin de le g11ider,
,avec cette soif de l'imprévu qui ne quitte jamais le Parisien.
IJ arrjva b~entot a une charbonntere abandonnée depuis longtemps sans doute, car l'herbe avait parto11t repoussé et cacbait a demi les traces du feu; un sentier
étroit, tapissé d'un g;uon no et lustré, diapré de jolies
fleurettes bleJJes et blanches, la traversait daos sa plus
grande longueur1 et 8e continuait a perte de vue dans le
bois, en montant par une p_ente insensible.
Ma11rice s'assit daos l'llerbe contre un pe1it tertre qui
s'élevait a peu prel! au ce~e de la ctiarbourriere. Devaot lui se dér-0ulait le roban vert d11 &amp;entier, et de
chaq ue coté son regard se perdait dans·la profondeur du
bois, arreté foi par l'épai.5seur du feuillage, la, au contraire, apercevant a cent pas les u¡erles qui voletaient
derríere les troncs d'arbre¡¡.
Cette solitude, ce calme complet, ne laisserent pas
d.'impressionner Maurice : une exclamation tui vin\ aux
levres) mais 11 ne put ouvrir la bouche, vivement frappé
par le silence imposant qui renve!oppait; car d'abord il
n'entendit ríen. Peu a peu, cependant, il distingua les
mille bruits de::; bois, ce vaste et bi,iarre concert ou tout
fait sa partie, et le fr:émissement des longue:s brancbe11
agitées par le vent, et les craquements aes feuilles seches, vetement de l'arrjere-saison que le8 arbres ont
laissé tomber aleurs pieds, et les ruille gazouillements des
oiseaux, ce doux et suave orchestre qui accompagne si
bien les reveries du voyageur.
, Ce fut d'abord un gracieux oiseau qui vint se poser
au bord d'une haute branche, hasarda timidement une
note a demi-voilée, s'enhardit bientot, et fit retentir le
bois de son chant harmonieux; puis, apres la romance
vint le morceau d'ensemble : du baut de chaque arbre,
au fond de chaqtle tailliR, mi lle voix répondirent ensemble.
Puis tout se tut, et, apres un temps, le petit oiseau au gosier mélodieux lan~a de, nouveau versle ciel des notes éclatantes, qui monterent, monterent et finirent par se résondre en trilles retentissants, en· roulades infinies : comme
une fusée bien lancée qui file en dessinant un trait de feu
dans l'espace et s'épano11it resplendissante au milieu de
l'ohscurité; et le ehmur faisait silence, écoutant respectueusement le ténor dn bois.
Daos ce charmant spectacle, l'homme ne vcnait point
détoner avec sa personnalité bruyante et dévastatrice.
A peine apercevait-on au loin quelques ~ieilles paysannes
trav.ersant le sentier, le dos courbé sous un lourd fagot
qui trainait derriere elles avec un cliquetis de feuilles
seches.
Mais on l'ut dit qu'en l'absence de son roí la n:1ture
était en fete. Quand l'ho,mme ne se montre pas, en
effet, tout ce qui habite les forets va, vient, se croise, se
heur~~ saos craint.e et sans hésitation.
Des bandes nombrcuses de jeun.es lapi¡¡s accouraient
en se poussant les uns les autres, s'asseyaient gravement sur leur train de derriere, leurs longues
oreilles dressées, et disparaissaient par bonds disgracieux. Les écureuils a la robe fauve montraient tout a
coup au milieu du feuillage leur petite tete étonnée, et
gambadaient de branche en brancbe avec une agilité,
une souplesse, une grace, a désespérer tous les Léotards
présents, pllS,sés et a venir.
Cette vie, cette animation joyeuse de la solitude frappaient Maurice d'admiration : il s'étoonait de découvrir
incessamment de nouveaux. charmes a ce joli bo1s, et ne
pouvait surtout se lasser de contempler les mystérieuses
beautés des gra.nds arbres : ici, des branches merveilleusement attachées, des tronc~ qui descendaient en se
tordant comme de gigaatesques serpents, a coté de
jeunes arbtes droits comme des füts de colonne; la, des
bouquets de feuilles du vert le plus tend~e, qui se détachaient sur u.n tond de feuillage 011 toutes·les nuances
de la couleur verte étaient étalées comme sur la palette
d'un paysagiste, et les hautes branches qui ondulaient
gracieusement au moindre soufile d'air, couchant leurs
longs bras d'un arbre a l'autre, et se mélant,s'étreignant
amoureusement, de maniere a former un épais rideau
.'I.W -~V,ge_a~jlir, ~p&gt;ui dJ1 ~I bleu.

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L•ILLUSTRATION, .JOURNAL UNIVERSEL.

Du reste, pour se faire une idée des diverses sensations qui se partageaient l'ame de notre Parisien, il est
iadispensable de se rappeler qu'il avait été transporté
en rooins de deux jours, et l'on peut ajouter sans transition a1:1cune, de son entresol de la rue d'Aumale au
roilieu d'un petit bois situé tout au fond de l'Auvergne
et habité seulement par les « mille locataires du bon
Dieu. l)
Aussi l'influence irrésistible que les bois exercent sur
les organisations les moins poétiques agit-elle 5Ur Maurice d'une fa~on tot1te particuliere. lnsensiblement, ses
idées prirent une tournure unifoi:me : cette légere mnraille de feuilles et de verdure arretait net au passage
et sentiments égoistes et mauvaises pensées.
Au bois, en effe·t, au milieu de c~tte franche nature,
sous ce dome grandiose et riant a la fois, il est impossible de concevoír et de murir quelque méchant projet.
Au bois, on oulilie ses h;lines et l'on pardonne a ses ri.
vaux; au bois, Émile Augier et Veuillot se donneraient
la main, et M. lugres eut embrassé feu Delacroix. Au
bois, tout est joie, tout est amour; on est heureux de
-vivre, heureux de voir clair, heureux d'entendre et de
·sentir; on crierait volontiers au cíe!, corome l'acteur De,launay daos le Fils de Gibcyer : « Vive le bon Dieu ! &gt;)
- Au bois, on aime tout le monde ! 11 est prudent meme
-de se défier de cet aveugle besoin d'épanchement. Ces
jolis hois, avec \eurs voluptueux bancs de gazon, leurs
acres parfums,leur fraicheur excitante, etjusqu'a. ces légers souffles qui viennent 'VOUS caresser, cesjolis bois sont
plus traitres qu'on ne le croirait, surtout au printemps.
Maurice se sentit peu a peu entrainé dans un courant
d'idées fort tendres; une langueur énervante s'infiltra
dans tous ses membres, des souvenirs délicats lui arriverent en foule, comme des bouffées de jeunesse et
d'amour; son sang courut plus vite et ses joues &lt;levin••
rent brulantes...
« Qu'il y a longtemps, s'écria-t-il, que je n'ai pressé
&gt;) daos ma main une douce main de femme, et que je
)) n'ai senti sur mon épaule une tete blonde murmurant
)&gt; a mon oreille quelques paroles d'amour ! Qu'il y a
¡¡ longtemps que je n'ai dit ce vieux mot, si vieux et si
)) bon a dire, cevieux mot :jet'aime 1Ah! si, par miracle,
)l 1l me· tombait du ciel, en ce ruoment, une femme au
)l regard angélique, je sens que je l'aimerais comme
)) jamais créature ne fut aimée, que je l'envelopperais
)) d'un amour san.~ bornes et pur comme son ame, et
)) que je passerais ma vie a ses pieds, daos un coin, ignoré,
)) misérable, mais bien heureux ! Ah! si le ciel est juste,
ll pour le pe'u de bien que j'ai fait et pour tout le bien
)) que je me sens capable de faire, il m'enverra cette
)) femme ! »
Mais le ciel esttrop haut, comme disentles Polonais, il
ne l'entendit point. En vain fouilla-t-il du regard la
;profondeur des taiUis, l'ange évoqué ne se montra pas.
&lt;&lt; Peut-etre, pensa Maurice, les hautes branches, en
« se baissant sous le soufOe du vent, vont la Jéposer a
« mes pieds ! Peut-etre va-t-elle sortir de quelque arbre,
•« comme ces poétiques divinités qui peuplaient autrefois
« les forets ! &gt;)
11 y avait surtout, a l'entrée de la charbonniere, un
jeune hetre a l'écorce chatoyante, que ce1'lainement
la plus séd11isante dryade eut voulu jadis donner pour
prison a son beau corps. En e!l'et, il tendait son torse
lascif en avant, d'un air si provocant, il dressait si gracieusement ses bras chargés de feuillage, il figurait si
bien, enfin, l'image d'une jeune filie au bain, les bras
coquettement rejetés en arriere et tordant ses longs cheveux ruisselants, que Maurice ne pouvait en détacher
ses regards, et peut-etre allait-il tomber amoureux de
son arbre, quand tout a coup, en tournant la tete, il
aper~ut tout au loin, derriere lui, une jeune Auvergnate
qui descendait le sentier. Quelques minutes encore, et
elle était pres de lui ; mais le petit tertre, auquel Maurice était adossé, le eachait presque entierement.
Elle s'avangait lestement dans le sentier vert, toute
joyeuse et toute légere, bulinant au basard daos les taillis, se baissant sur l'herbe pour cueillir une tleurette,
ou s'arretant pour écouter les chants des oiseaux, puis
reprenant sa route en rattachant un ruban ~oulevé par
le vent, et s'admirant naivement marcher comme une
fillette heureuse de se savoir belle et confianteen la discrétion du bois.
Et, de chaque coté du sentier, pinsons et mésanges
d'entonner leurs plus douces chansons; et les grands arbres d'incliner leurs tetes feuillues, semblables a des
courtisans rangés sur le passage de leur souveraine. A

mesure qn'el\e s'avan~it, elle rattachait a elle cette vague harmonie, cette vie dispersée; toutes les mystérieuses fantaisies du bois semblaient se lever sous ses pas
pour lui faire cortége; et le charme de la solitude cédait au délicieux spectacle de cette jolie créature humaine, au milieu de la nature empressée a la saluer.
Maurice, croyant rever, se írottait les yeux ; mais, de
moment en moment, la 6.llette approchait, et déja. notre
heureux voyageur pouvait remarquer qu'elle était aussi
jolie que bien faite.
C'était une jeune fille, presque une jeune femme, aux
formes nettement et largement dessinées, aux traits
sculpturaux, a,u opulents cheveu¡ blonds. Sa démarche
avait rle la grace et de la légereté; ses moindres mouvemenl, étaient d'une jolie femme. Quant a son costume,
celui que toutes les jeunes paysannes portent aujourd'hui, qu'elles soient Auvergnates, Berrichonnes ou Normandes, il ne se distinguaitdu costume des ouvrieres élégantes de nos villes que par une plus grande profusion de
rubans et par les couleurs plus éclat:mtes des étoffes. Enfin, elle avait la coillure de Mimi Pinson, avec des violettes
et un bouquet de boutons de roses en plus. De I'Auvergne, cette gentille Auvergnate ne conservait que ce qu'il
n'était pasen són po11voir de modifier, cette vigoureuse
santé (!Ui est comme le cachet du terroir.
Elle élait done en parfaite harmonie avec la nature
luxuriante qui lui servait de cadre, et répondait précisément a. l'idéal que révait Maurice. 11 l'aurait choisie entre mili e, qu'elle n'eut c~rtainement pas mieux rempli
les conditions du programme qu'il caressait a. part lui.
« Oui ! s'écria-t-il, voila bien la femme que je dois
« airoer '. Voila bien la noble et franche créature a qui il
« faut un amour fort, entier et infini, comme a nos pou« pP.es de salon il faut des amours factices et creux ! Ah!
« le ciel m·a entendu! Que dis--je? N~est-ce pas pour me
« mettre sur le r.hemin de cet ange que le Dieu d'indul&lt;( gence et de bonté m'a conduit, C0IIJme par la main,
« jusqu'au fond de ce petit bois, moi qui jamais n'ai
&lt;&lt; quitté Paris? C'est ma destinée qui s'accomplit, et celte
&lt;&lt; femme queje reve, que j'appelle et qui vient a moi,
« c'est !'ame de mon ame~ Ovierge tant désirée, tu m'at« tendais aussi, tu m'appelais aussi, n'est-ce pas? Me
« voici I J&gt;
,
Et Maurice allait s'élancer aux pieds de la jeune filie,
qui n'était plus qu'a vingt ou vingt-cinq pas.
A ce moment} un jeune gars bien découplé sortit de
derriere un tailüs, a quelques metres en avant de la
charbonniere; il prit la main de la jolie Auvergnate, et
tous deux remonterent le vertsentier en se tenantenlacés.
Ce coup inattendu terrassa Maurice; il demeura pendant quelques instants commé abasourdi; puis, il voulut courir a l'audacieux qui lui volait son bonheur;
mais la réflexion vint l'arreter a temps. Il se rassit dé..
grisé, et suivit piteusement' des yeux le couple amoüreux, qui s'éloignait d'un pas tranquille et qui disparnt
bientot.
'
« Oh! mon pauvre amour ! 1i s'écria Maurice.
Au meme moment, une sensation d11 fraicheur que
l'état d'exaltation ou il se trouvait l'avait empeché de
percevoir jusque-la, le rendit a la réalité en l'éclairant
sur les inconvénienls d'une reverie trop prolongée sur un
canapé de gazon. U se leva, seco1 ant sa po~sie et son
humidité, et ne songea plus qu'a sortir au plus tol du
bois pour gagner le Vernet. Mais le sentier qu'ii prit le
mena droit a une fondriere; il s'engagea dans un autre
sans plus de succes, en prit un troisieme, revint sur ses
pas et acheva de se perdre.
11 s'arreta de fort méchante humeur, écouta, crut
distinguer dans le lointafn un roulementde voiture, et s'élanfa résolument dans cette direction atravers les taillis.
.Mais on eut dit que ce petit bois, qui tout a l'heure
semblait lui faire fete, voulait maintenant le traiter en
ennemi : les petites branches, minces et flexibles, le
fouetlaient au visage; les épines s'attachaient aux pans
de rnn hahit; a chaque pas qu'il faisait en avant,
les fouilles mortes, trempées d'humidité, s'enfongaient
sous SES pieds.
« Ah! doux cbarmes des bois !)¡ s'écria-t-il en recevant
en plein nez une branche de noisetier. « Ah! délicieuse
nature ! » fit-il encore en trébuchant assez hrutalement
contre une grosse racine.
Enfin il atteignit, non sans peine, la Jisiere dn bois et
sauta. sur la route. Quelques minutes apres, il avait réparé le désordre de sa toilette et faisait son entrée dans
la grande rue dn Vernet, en se consolant de sa mésaventure par la pensée du chaleuieux accueil qu'il allait re-

171

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL .

nroit. Le titre qu'il s'est donné lui-méme, de_ législateur
,
t d'une é o- le maitre on voit fumer un foie d'oie grasse, plus une ou « régent du Parnasse, )) demeure son vér1tahle nom.
cevoir et du bon diner qui devait bientót s;ensuivre... Jes défauts de l'homm_e en. génera\, e d' b d s · poularde et un sanglier qui eut rté digne d'etre percé
Bon j11ge, écrivain correct, peu suscepti.~le de _repr?ches,
La maison du docteur Noirclair, qu'il se fit indiquer, 0 parliculier. Cette de6.01tion écarte ª. or f ou par le biond Méléa&lt;&gt;re. Apres cela, on croque quelques
mais poete inr:olore, froid, dépourvu d mvent1on, il sera.
els
on
ne
pourra1t
re
user
D
•
a
l
M
.
·on
est la plus belle du bourg, et la vue de sa blanche fa- vrages en pr?se, auxqu
.
d V 1_ truffes. il Le reste comme dans Petrone ou a ais toujours appris liaos les colléges. C'est la sa place, et
gade et des jolies charmilles qui l'entouraient ne fit que it satirique, Dialogues de Lucie~, ,Romans ~ :
d'Or
car on n'y admet que . .d'honnetes
,
confirmer daos ses espérances l'affamé voy,ageur.
portraits de Labr_uyere e~ Maxime~ ~e L~
L'~nion conjugale était, a la fin de ce premier siecle uue grande Place, ·
"
capables
de
s'exprimer
en
termes
cho1S1s
et,mode1
. H
,
« Ce cher Philippe ! avec quel plaisir je vais le revoir! • :uld; elle met auss1 de cote ~ Comedie et/
e, de notre ere une arene de scandales; arene e5t l~ mot, 0ens,
rés, surtout lorsqu'ils écrivent en fran~a1s. orace, n_ y
se dit-il assez jésuitiquement en sonnant a la grille.
lqu·un Aristophane, un Mol_iere, u~ La ~; ªt:'
r des fem~es descendaient daos le cirque. Le ¡eu, la
est regu qu'en sa qualité d'ancien; on l'expurge d a1l- Monsieur le docteur Noirclair est chez lui? dit-il a nt fait autre chose que la-satire de 1 humam e e e ~!l ure la superstilion possedent la femme et en fo~t un1:.
t.
une bonne vieille Auvergnate qui parut sur le seuil.
contemporains.
::cch;nte ivre. L'infanticide et l'avortement ex_te_o~ent leurs.
Boileau n'a pas de nerf, mais il a du sens, e I1 se
- Y a personne. Y sont a Riom, toute la maison.
n'y a entre la satire au théatre et la satire propre- et rléciment la race romaine. Locuste ou ~es her1t1eres
propose un but élevé, qui est de ~xer la la~gue et .de
- Mais Philippe n'a done pas re~u roa lettre?
t dite qu'une différence fou damentale; cel:e-c, ~te regnent. « Cette dame donne a se.~ cousrne~, un peu
., urer. Il écrit si bien, qu'il amve parfo1s a, la grace
- Monsieur Philippe ! Ah! ma fiue, oui ! Y aura trois e p!ls l'auteur derriere des personnages; e poe, e novices encore, l'exemple de faire porter au bucher leurs l ep
. •1
.
' t
ar l'exactitude et la netteté de sa d'ict1on.
i, a1s c~ n es
ans a la Noel qu'il est a París, ous qu'il est, établi mé- ºen son nom et condamne lui-meme les travers
¡
d talent maris noirs de poison. l&gt;
~as de lui que jamais on dira : l_e poete est chose l~ge_r~:
decin.
dépeints. S'il a du génie ou seu ernent ~ , '
Les cr·1mes 1·mpun1·s sont aussi communs que les sta1
.
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•·1
'est soum1s a au11 est bomme de poids, solennel JUsque dans la mahgmte'
I
- A París, depms trois ans !
, -uvre dmt etre a,see, pmsqu n
.
tues sur les places publiques. Astrolog_ues, entremet.
.
•
.
·
une limite Ma1s prenons
ses distiques ressemblent au Louvre de Perr~ult: ~
- Ou1 da! a Par1s, dans l1 rue Taitbout !
et retenu par auc
·
.
teurs, Grecs infrigants, Juifs qui décons1deren_t 1es pre1 -eale
0
-oubassement et une colonnade ; un vers sert d ass1se a
.
•
· dé
·
te dé bit des acteurs m par
- Daos la rue Ta1tbout! a vmgt pas de la rue d'Au- qu'il n'est :11 m par
d m·iers chrétiens, dépositaires infideles, faussaires et_as~'autre. Cette ordonnance, plusieurs fois répétée, engen.
,
. .
· outient sur la scene tant e
t
male ! Et 'Jama1s nons ne nous sommes rencontres, en., •ret d'one mtr1gue, qm s
.
é slSsins pullulent. Pour comble, il y a ~es hypocrt es.
11
.·
trois ans! C'est particulier 1 - Oui, mais c'est bien désa- : ~s tombées a la lecture. De la, pour le sat : te, n_~ « Méfiez-vous de leur mine! Quel qnarller ne regorge dre l'bébétement du lecteur.
1
1
Boileau est un fort rhétoricien, pour qm tout_ ~st mast
gréable pour l'instant, car je mt:urs de faim. Ou dlner, ,¡té absolue d'esprit, de verve, de yle; ~ , e~t~ ,
de ces austeres po\issons? ))
1
tiere a mettre en vers fran~ais; et sa compos1t1on est
maintenant?
.: .
,
~ lance ne réunissen~ pa~_la ~~rc:1 l'~c::!;a ; ; e~ Devant ces infamies, Juvénal n'invoque p~s _la ven- toujours la premiere. Hors ?u ba~c d'honneur, hors ~u
- Dame! ben sur que vous ne trouverez pas cheux seront sur le public distrai · ~e . .
'r &lt;&gt;eance céleste. &lt;&lt; La vengeance, dit-il, est _la J_o1e de la.
collége, Boileau est dépayse; la ¡eunesse le_ con_spu~' ~
nous de biaux restauranls comme a Jssoire ou a Saint- s d'etre, plus que tout autre, un ec:ivam et un ~ ~ faiblesse, le fait d'une ame étroite et pusillamme. Retort saos doute, car il ne fut pas un ~a1ti:e mutile .
Germain !
.
consommés. C'est ce que sont, a d1ve~ t1tre~ e
de la femme : nul etre au monde n'est plus sensible
c'est ce qu'on sent tres~bien lorsque le lom~am se fa1t et
- Et quand repasse l'omnibus d'Arlanc?
degrés inégaµx, Régnier, Boileau, Voltaire, ¡1lber:, ~:r plaisir de se venger. ll C'est a la conscience qu'il P,n
- Dans une p'tite heure, monsieur!
é et Joseph Chénier, Hégésippe Moreau, ugus e appelle : « Le crime déplalt a qui le commet. Tel e~t que l'on juge mieux l'emploi de ses prem1eres a~né~s.
Daos le domaine de la Regle, Boileau est le. plus r_eguher
La petite heure dura deux grandes héures, pendant ier et Victor Rugo. .
,
pour les coupables le premier chatiment. Le souvemr
des modeles; on n'y trouverait que peu d excep~10ns ou .
lesquelles Maurice arperita la principale, l'unique r11e France est assez riche en bonnes ~atires, p~ur, JU- de leur crime les tient dans une stupeur douloureuse.
de \icences. Grammairien de la pensée, _aesis, _une
du bourg avec une exaspération . croissaute, allant du imparti1lement les Régnier et les Victo: Hugo d at~- S'armant d'un fouet que nul ne voit, que nul n'entend,
éq'uerre en main, sur le Pinde c~a~sique, il ensmgne
st
petit clocher a la fontaine en pierre de Volvic qui fait le is. En toute sincérité, Juvénal e le prmce des s~ti- leur pen&amp;ée les déchire et se fai~ leur ~ourreau! J&gt;
d'une voix toujours égale des véntes moyennes et d~s
plus bel ornement du Veruet, et de la fontaine au pe.tit es latins: non qu'il l'emporte sur ·~ora_ce en gern~
Puis le poet~ prend en dégout la vie et_se déto~ne.
préceptes qu'il faut suivre, lorsqu'~n_ne peu~ p~ les declocher, englobant daos sa malédiction sou ami Pb,ilippe, ndant et facile, en esprit, en ¡imagmallon, mais_ ou Que sert de désirer, puisque rien ne rass~ie la passio.n?
passer. 11 reslera l'idéal des gens ser1eux qm s attachenl
assez fou pour préférer au calme des champs le tumulte
e dessine a la plume avec un merveille~x caprice, Annibal a qui l'Afrique ne suf~t pas, qui se sent, a l é,
des villcs, et la fatale pensée qui le poussa tui-méme a 'oal burine et comme le graveur, il appme sur cha- troit entre l' Atlantique et le Nil, conquérant de I Espa- au genre didactique.
Nous avons rappelé qu'il irnitait ses maitres, ce_ ~ est
qnitter la rue d'Aumale pour se lancer daos cette ma- 1rait, pare; q~'il entailleun dur métal (l'ame de ~~s une, vainqueur des Pyrénées, des Alpes et d~ Ro~e
. 1) Chez Horace, le contour du, vers se- 0meme, s'assied a la porte d'un roite
.
1 d B1tb e pas pour !'en bla.mer; mais i~ n'imit~ p~s avec l'or1~~n~- .
lencontreuse expédition.
.·
mporarns.
et e
ym ; Jité d'un Racine ou d'un Moliere. V1rg1le et Hora.ce 1m11
L'omnibus d'Arlanc se montra en6n, mais 'les deu1 ppe • il se fait au contraire, sentir chez Juvena' avec Alexandre meurt a trente ans. Pesez leurs c~ndres •
taient aussi; mais, selon des vers charmants des Penrosses qui le trainaient, plus vieilles et plus capricieuses ri;ueu~
tout~ lyrique. L'un a moins d'appr_et, _l'au- Quel poids leur trouvez-vous a _ces, ~rands c~p1t~•~es?
0
nd
encore que la Belle et que Barbette, butaient a chaque
¡ s de solidité. Horace s'amuse et Juvénal s'~ ~gne; &lt;&lt; La vie, pour trouver la paix rnter1eure, na d autre sées d'aout :
d
orniere. Quant ·au conducteur, il était aussi taciturne :s~it et le dit: Dans le temps ou il vit, « l'm igna- route a suivre que celle de la vertu. Ji_
La muse des Latins c'est de la Grece enr.ore :
que le pere Antignac était jovial; et, pour áche~er Mauseule dicterait des vers. ))
,,
Ces deux satires de la Conscience et des Vreua: des~~
Son miel cst pris des fieurs que l'autre lit éclore...
rice, les autres voyageurs étaient de corpulence énorme Jamais société plus profondément cartee ne P?sa de- mes ~ont un sublime contraste a l'impitoyable réaht~
Cette muse, moins prompte et plus industrieuse,
.
t
La
de'lat1·on
et
la
bassesse
ouvra1ent
les
,,
'h
b
I
A
o1
et la carriole dure a plaisir.
l un pern re.
.
des eintures que Boileaµ a taxées d yper o e. qu
Travailla le nectar, dans sa fraude piense, , .
A lssoire, ce fut bien pis 1Évidemment, Je sorts'acharde la cour les chemins de la fortune et de la pms- bon ~uspecter la sincérité de Juvénal, soit daos l'expresLe scella dans l'amphore, et la, sans plus l ouvr1r,
nait sur l'infortuné Parisien ! Le beefsteak se trouva ;s L'bonnet: homme voyait au grand jour « une ca- sion ·des grandes vérités morales, soit dans les tableaux
Jusque sous neuf consuls lui permit de murir.
trop cuit; la servante ful maussade, et le lit, horl'endv.mf ·11 •d'Egypte un esclave de Canope, un Crispinus, en
u'i\ retrace avec un si minutieux acharnement: « MarLe nectar, condensant ses vertus enfermées,
A propos redoubla de douceurs consommées,
humide, et plein d'hotes malfaisants !
~ot ;ame~er 6.erement sur l'IOD épaule la p~urpre ~ial son contemporain, qui approuve ce que blame JuPrit une saveur propre, un gout délicieux,
Aussi, le lende.main m1tin, Mauricc eu.t égorgé tres- ·enn;. )&gt; 11 n'était louange si plate qu:on n~ pu.t f~ire
,'
st la pour constater Ja 6délité du pemtre. &gt;)
1' e
sénat
qui
J.
ad1s
avaü
regle
le
vena
L.
1
e
que
Digne en tout du festín des pontifes des dieux.
Le
proprement le malavisé qui serait ven u lui chanter les
rter aux grªIlds.
,
C'est le creur du poete qui parle, .1e~ P us encor
douceurs de la campagne.11 sauta, toujours furieux, daos rt d monde délibérait sur la sauce d'un turbot. La
·t C'est un souflle généreux qm gonfle, quelqueu
'
d.
· rs ¡
son espr1 .
.
.
un wagon qui, dix heures apres, le déposait, mal calmé ·ehesse était le vreu et le 1eu umve e ·
.,
f . .
'a l'enflure sa période retenttssante, mais
Boi\eau a surtout cultivé la satire littéraire; il a. imencore, sur le pavé de Paris.
, Cet homme que portent six esclaves dans sa liti~re ¡is JUS~llsa pensée ~n relief, une vie extraordinaire. molé d'une main su.re les Cotins de son temps, .ce dont ·
Depuis ce jour funeste, il n'y a plus qu'un endroit au qui s'y laisse voir, qui s'y étal~, en se don~ant des airs Nonne mmes dans la forge de Vu\cain. Le vice et la
nous 1m· savons euré. Quant aux questions morales effleu. ,
st
monde ou Maurice Derivas entende parler des bois et de nchés imités de Mécenes, c'est un fau~saire de t~ ª- d;;:d::ce des Romains sont en.lacés i.L jamais dans un
,
dans
ses
épltres
ce
sont
des
lieux
communs
traites.
rees
,
é,
.
la nature sans soubresauts ni hoquet$ ,· c'est un petit ments )) _ « Est-il riche 1 voila la premiere ch oseª saavec convenance. La satire sociale a te pour 1m UIL
.
d ·e dont on filet d'acier.
.
,
st
atelier situé a un quatrieme étage de la rue de Paradis- oir. ,1ant a son caractere, c'e la er~i re
.
L
&lt;&gt;rands foyers Jancent parfo1s le plus de fumee, écueil; il y a échoué la seule fois qu'il l'ait abordee : sa
1 D
p01ssonn1ere,
.
.
,. ' ~'tcra. i&gt; - . « D'ou vient que Césenma
pus
•
Juvénal ,a ses
et sur la porte duque! on peut Jire en groi:- smqme
. ., C'est tla meil'elle et leesmétal
en fusion est chargé de scories.
diatribe contre les femmes n'est qu'une étude 'ma~q~ée·
ses lettres tracées a la craie ce seul mot: CoROT.
lture des femmes, si l'on en croit son man· es q~ .
ombres et ses aspérités. Mais le plus so~vent les def~uts d'apres Juvénal. Sans doute, les vers y sont d º,rdma1re·
AnoLPRE BADIN.
lui a apporté im million en dot : il lui tr_ouve un m1llwn qu'on \ui reproche tiennent uniquement ~ des a\lus1on_s bien faits et les transitions heureusement menagées}
~
'1 vertus. &gt;J « Achete des marchand1ses ~our le~bre)
.
s embarrassent. Son langage plem, sonore, v1- mais les griefs articulés sont presque _to°:' communs ~u_x
1dre moitié plus cher, transporte (au dela du T1 re ~~;/;~r des images perpétuelles, unit d'ordinaire la hommes et aux femmes; rien ne les JUSt1fie que le desn·
J
UNE SOURCE SOUS BOIS.
lf ,tes les denrées possibles,' sans t~ rebuter ~e leur clarté a la force. Qu'on ne s'y tro_mp~ pas: Horace est de rimer. S'il y a des femmes sensuelles, gourma~des,
Tout est calme sous la feuillée. Bien que les feúilles s' ·ur. Méts-toi bien dans l'esprit qu'1l ne faut faire .~u- d'une intelliaence beaucoup plus d1ffic1le.
.
avares, joueuses, reveches, fausses malades, alt1eres,
p
u ~ontraire se complait daos l'obscur1té et la Alcippe a parfaitement raison de répondre en assei mauaient déja jauni et commencent a tomber, le bois est en- '!I ue différence entre les cuirs et les parf~ms : qu ,m, :rse, a. il n'y a ~ue des angles dans son style; ses
core touffu et ne laisse pénétrer que quelques rayon~ , irte la marchandise? L'argent qu'on en tire sent_ touvais vers :
. du soleil brulant qui dore la cime des arbres. Tout le onrs bon. Aie toujours a la bouche ~ett~ pense~ d~ ~~~e:rs:s;: de vrais squelettes, qui to~ben~ ~i l'on, en néjour, le chevreuil et ses compagnes ont conduit leu)'8 poete : Comment vous vous etes enrich1: c e_sl _ce º.º
lige un selll os. Il a dépassé le pomt dehcat ou la ~eJe ne dirai qu'un mot. La íemme qui m'enchante
jeunes faons a travers les méandres de la foret, pour nol ne s'inquiete; l'essentiel, c'e~t de s enr1ch1r_- Vo1l~ ~herche et l'affectation cessent de plaire. Une t~aduct10~
Noble, sage, modeste, humble, honnete, ~ouc~ante,
b' fa't pour lui comme pour le lecteur' elle de
leur montrer les endroits ou l'herbe est drue et tendre: ce que nos vieilles nourrices ense1gnent aux ~et1ts gar
N'a pas un des défauts que vous m'avez fa1t voll'.
tt
la ce que est un ien ,
.
,
b ll , .
on rentre au gite et l'on se désaltere, avant la couchée, ~ons qui se trainent encore a quatre pa es; vo1
. a e la saveur saine et distinguee de ~ette_ e e ame'
g
. devient acrréable et de fac1le d1gestwn. Les
a la source qui roule ses tlots sur un lit de mousse tou- savent toutes les petites 6.lles avant d'apprendre leurs gPerse,
compr1s,
.0
Juvénal, au contraire de Boileau, n'a jamai~ mieux
jours verte. Hotes charmants de la foret, c'est votre der- lettres ! ))
•
vers sublimes comme le fameux
réussi que dans la satire des femmes. Pourquo1? Parce
« Vit-on jamais plus riche collection de vice~, de ~unier jour de repos ! Demain, le cor et les cris des chasqu'il s'escrime contre des réa\ités et non contre _un plaspidités plus vastes et plus dévorante~, ¡~ _mame du ~eu
seurs troubleront de nouveau ces lieux si calme~. PauVirtutem videant intabescantque relictl !
tron; parce que les Romaines de,. son te.mps ava1ent. tous
, . ·t
plus llflrénée? Non, les siecles a ve~1r n a¡outer~nt rie_n
vre chevreuil ! il te faudra fuir, comme l'an dernier, de\es vices et lous les ridicules qu il flagelle. Ce qw, eta1
i nos dépravations; en fait de pass10ns et de VJces,. Je
vant la meute. Puisses-tu lui échapper encore une fois !
(qu'ils voient la vertu et secbtnt du r~gr~t de l'avoir
vrai de son temps, et meme durant tout le m?yen a~e et
défie nos descendants de trouver du nouveau. )) (C est
P. P.
laissée !) font passer les tirades ala~biquee~ et con[us, . la Renaissance, avait cessé de l'etre au d1x-sept1eme
~
loujours Juvénal qui parle.)
. ,
Comment ne pas parler ici de Bo1leau, qui a tant vecu
La mendicité effrontée, le parasitisme et c~s obscé01tes d'Horáce, de Juvénal et de Ferse? Qu~1! tout le monde sieg;~ devrait étre une satire des _femmes aujourd'.hui!
REVUE LITTÉRAIRE.
siconnues de l'ancien peup\e de Dieu, coura1ent les rues.
aura lancé son mot sur le Yieux Despre1mx,
Faudrait-il tout rejeter et daos Bmleau ~t daos J~venal.
Le, Satiri&lt;p1es latirls, traduction nouvelle, par E. Despois.
La goiu[rerie immonde, cause encore de tant de gas. .
. '
Nous ne le pensons pas. Seulement les vices sera1ent reHachette, 1864.
trites, était en grand honneur, el ruisselait meme ~n
Et je serai le seul qni ne pourra1 r1en d1re.
légués sur le sPcond plan, et le fort de l'attaque port~L'ardeur de se montrer et non pas de médire
ftots de Falerne sur les levres des grandes &lt;lames. &lt;&lt; ~1.1'e définir son rait sur cette futilité de pensées qui nous pro~~t des ~eArma la vérité du vers de la satire.
?on man&lt;&gt;e d'un surmulet qu'on a fait venir pour lu1 de
L'occasion se présente, toute naturelle, d
l ·1
érations indécises et saos foi sociale ou poht1que, ..ur
Corse o; des rochers de Tauroménium; d'une murene talent, l'influence qu'il a exercée, le rang auque l a n
La satire, en tant que genre littéraire, est done un
monstrueuse, péchée dans le goufire de Sicile. Devant
poeme qui a pour objet l'expression de la vérité sur les

t

;\r
t

ª

!:-

1

�L' lLLUSTRATION, JO URN AL UN IVERSEL.
celle contradiclion
,ourde qui, animant les meilleures
femmcs contre l'infl 11ence légitime de
leurs peres ou de
leurs maris, les jette entre les bras,
aux pieds de directeurs étrangers et
hostiles a la famille. Mais il ne faudrait pas se contenterde la discrétion de Boilcau; il
ne faudrait pas
cbercher a faire
sourire. La situation cst terrible.
Dans le ménage,
l'un nie avec sa
raison ce que l'autre croit avcc sa
faiblesse; le charrne de la femrne
abaisse le mari a
une foule de concessions, de capitulations de conscience. L'enfant,
livré a une instruction rétrograde
qui pesera toujours
sur luí, soit qu'il
en conserve !'esprit, soit qu'il le
rejette, ne comprend plus rien ala
destinée de l'homme; tout se résume pour lui crans
cette double formule : &lt;&lt; L'argent
et les convenances. l&gt; Et cependant
le mariage est la
loi naturelle I fixée
par la sagesse sociale; mais, en_'terminant, comme les
vaudcvilles, par le
mariage, je m'aper~ois queM.Despois altend toujours un traitre
mol sur sa belle et
bonne traduction.
Les passages que
nous en avons cités pcuvent faire
pressentir notre
opinion, qui est
enticrement favorable. La premiere
qualité, pour traduire un auteur,
c'est de l'aimer; la
seconde est de le
comprendre, et la
troisieme est de le
rendre. Aucune ne
peut etre contestée
a M. Despois.
Nous avons com-•
paré pi usicurs passages de sa version
avec celle de
M. Courlaud- Diverneressc. Cellcci, fort estimable,
et d'une exactitude
littérale, frise quelquefois la sécheresse a force de
chercher l'éhergie;
elle ne nous fami••

liarise pas-;;-¡
, l. M. Deapo¡."
vena
a voulu, sans 11_
longe~ son modele,
en fa1re valoir la
rondeur et l'ea.
train; partout il ~
rend accessible
soit par le tour na'.
turel qu'il lui doo.
ne, soit par r,1•
pression populaire
et j ustc. Je ne Cl'ois
pas que JuvénaJse
fut traduit autrc.
ment lui-meme.
En naturalisaot
Juvénal chez nons
AL Despois no~
meta meme dejuger quelle distance nous sépare du
bourbier romain.
Nous n'y sommes
plus, mais nom
pourrions y reto111] , her. Prenonsgarde
que si le nombre
:a eles crimes a dimi.
1mé, les vices plos
"' que jamais se cachent sous le mautca11 de l'hypocrisic, attendant l'occasion de se mootrer sans crainre
au grandjour. Versatilités politiqoes,
mauvaises plaisaoteries di plomatiqnes,jeunesse chevaline, demi-mondc et grand monde,
miraculées el spirites, un pas de
plus, et la satire
nurail droit de !e
réveiller. Mais

ti
PAROLES ET Mus1ouE DE M. GusTAVE

•

UNE CHANSON PAR MOIS.

POUR CHANT ET PIANO.

Andantino.

J'I

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PIANO, { •

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A PARIS.

Un spiritueJ fo,.
nomiste disail : &lt;e J'ai souvent entendu mesurcr la
ci vilisation a la
quantité de fer
qu'un peuple consomme, ou bien
au nombre d'hectares de terraio
qu'il met en culture, ou bien enfio
au chiffre des affaires qu'il manipule. C'est faire le
tour de la statistiquc pour une
question bien &amp;imple it résoudre.
Pour moi, je me
contente de de•
mander a un pea·
ple s'il se lave les

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On veut les sume dans I'espace;
Lé souffle manque, l'mil se lasse;
On retombe tout haletant.
On rentre au logis habitable ,
Et l'on retrouve sur sa table
Le hm ami qui vous attend.

On

lílílrlílf 1

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On le hume comme un par. fum. - - - -

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'

Un ami qui vous fait visite
Kt qui, venant sans qu'on l'mvite,
Iamais ne· se montre importun.
On le déguste feuille aleuille;
Ains1 qu' un fruit mor on le cueille,
On le hume c9mme un parfum.

-

1

-

-

...
d'étude
Qo'on repasae par habitude
lt lea yeUI fermés a demi,
r.e101 qui aemble de lui-meme
le ronmr aux pages qu'on a1me,
r.e hne-la, c'est un ami,

t

1

1

1A line de choix ou

1

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le déguste fenille a feuil . Je; Ain - SI qu'un fruit mur on le cueil - le,
1

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- • t-r r -,.r-,.r-rr-r r-,.

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a • mi qui vous fait vi.

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Ja • mais ne se montre im.por • tun.

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EAUX DE LA DHUII

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3

4

5

ll n'exige pas qu'on !'admire;
JI vous instruit sans vous le dire,

ll charme bien plus qu'il n'étonne;

D'autres veulent un grand théatre;
11 leur faut la foule idolatre
Et les chaudes ovations.
lis cherchen! les routes nouvelles,
Et vous emportent sur leurs a1les
Vers les hautaines régions.

Son orgue1l n'offense personne;
11 vous maintient asa bauteur.
On finlt le vers qu•it commeoce;
S'il ne l'mit écrit d'avance,
On croirait en Mre l'auteur.

Professeur indulgent et doux.
On sent l'écrivain 9ans le livre;
ll semble tout e1pres revivre
Pour venir causer me vous
7

8

Nous ne vivons pas sur des clmes;
Cra1gnons les postes sublimes
Gonflés de leurs propres efforts.
Ceux qui r.onviennent a nos ages,
Ce aont les simplea et les sages,
Et non les puiuants et les forts.

Pour moi, si l'on veut le connaltre,
Celui que j'ai cho1si pour maltre,
C'est l'homme élégant et poli
Qui fuya1t les c1tés malsaines,
Et qui m'rnvlle avec llécenes
Dans sa villa de T1voli.

}!Ei;GEL ET COMP., t D!TECRS,

n

Ie conviendrai, pour etre juste,
Qu'1l ftattait un peu trop Augusta,
Et que trop large était son cmur;
lifais 11 est maltre en l'art de vivre,
Et sa bonne humeur vous enivre
AiDJi qu'une vie11le liqueur.

�174

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

mains, et je vois la civilisation la 'i:ru je trouve l'eau et le
savon. ii
11 y a du vrai dans ce piquant aphorisme. L'hygiene
et la propreté ne devaient pas étre, chez les Huns et les
Gotbs, les premieres vertus. Les bordes d'Att1la se préoccupaicnt plus de batailles que de toilette. Sans étre
enragées, les peuplades barbares sont hydrophobes,
• et la civiltsation seule fail de la cuvette un des premiers
besoins de la vie.
La ou la cité s'Éleve et oü la vie civilisée commence,
la aussi vous voyez intervenir le pouvoir vivifiant de
l'eau. L'homme divinise alors la source, les fleuveset les
rivieres qui le font vivre. Aussi un historien latin dit-il
sagement : « Ce sont les eaux qui fondent les cités : Urbes

les inconvénients de tous les 'systemes 'présentés. La renton pourvoira a cette deuxieme partie du se •
Seine, la Marne, la Loire et la Dhuis avaient de chauds
Mais ce grand réservoir de Ménilmoutañt étai~
défenseurs. Mais enfin, c'est la plus modeste des aspi- bas pour suffüe a toutes les exigences de la dist,¡1t;
rantes qui a été jugée la plus digne, et l'humble Dhuis tion des eaux dans les quartiers élevés. 11 a done falla
est appelée a l'honneur d'entretenir la santé et la en créer un autre sur les hauteurs de Belleville, Pllt
beauté de la capitale.
dominer tout París et pourvoir i! tous les besoins, r.
Nous disons la santé et la beauté de París, car il s'en bassin n'est éloigné de celui de Ménilmontant (Jlle'•
faut que sa population ait asa disposition l'eau sum- 500 metres; il sera alimenté par lui au moyen dllle
sante. D'apres les dounées établies par l'administration machine a vapeur.
municipale, la aistribution d'eau !impide ne s'éleve
Tous ces travaux s'exécutent en ce moment. Surtoai
qu'a 3,600 metres cubes par jour, ce qui donne, pour les points, la pioche, le marteau, le fer, le moellon 11et,.
l ,500,000 habitants, deux litres et dP.mi µar tele. C'est tent en mouvement toute une armée de ces travaiUeai.
la une quantité tout a fait insuffisante; il faut a París, que M. Drouyn de Lhuys appellc les artisans de la 'lltúílrt.
avec l'air et la luruiere, des eaux pures et abondantes.
Et voila Paris a la ve1\le de recevoir le large appro,¡.
aqure condunt. »
Une prise d'eau nouvelle était done indispensable.
sionnement d'eau que sa population attend depuis biea
TI ne faut done pas dire, comme certain prédicateur
L'aqueduc qui va nous apporter les eaux de la Dhuis longtemp~. París a maintenant besoin de tant d'ahlutiona!
candide : ce Admirez, mes freres, les profonds desseins n'est pas une mince entreprise. II n'a pas moins de Il en faut pour assainir les vieux .quartiers; il en faat
de la Providence, qúi fait couler les rivieres aux pieds des l 39 kilometres, qui présentent les travaux les plus variés, pour conserver la splendeur des palais que l'on coDSlroi
villes, i&gt; mais il faut reconnaltre le merveilleux génie de en fonte et en ma~onnerie; des ponts, des ponceaux, des chaque jour; il en faut pour répondre aux demandes,
l'homme, qui a toujours placé au bord des fleuves le· canaux a ciel ouvert et des conduits souterrains.
de jour en jour croissantes, des habitants. Nous voyons
berceau des grandes cités qu'il a baties.
La partie de l'aqueduc exécutée en fonte a une lon- poindre !'ere ou la mécanique fournira a tout holllUlt,
Et l'eau des fleuves ne suffit pas. JI faut en demander gueur de l 6 kilometres, et la partie exécutée en ma~on- comme a !'hotel Saint-Nicolas de New-York, un robintt
aux rivieres les plus voisines. Toutes les civilisations nerie a une longueur de l l 8 kilometres, dont l O kilo- d'eau chaude et un ro,binet d'eau froide. c·est _un beau
meres ont construit des aqueducs puissants, et la plus metres en conduits souterrains, et 108 a ciel ouvert, a programme, mais Paris peut le remplir. Comme no.
haute antiquité nous en montre en Orient, aMemphis, travers de~ tranchées de 3 a 7 metres de profondeur. La blesse, puissance oblige !
a 8abylone et dans le pays d'Israel.
ma~onnerie est faite en meuliere; son épaisseur est de
BÉNlU CoZJc.
Pour ne donner ici qu'un exemple des gigantesques 20 centimetres; l'intérieur des constructions estrecouverl
aqueducs auxquels les anciens consacraient leurs tré- d'un enduit au ciment de 2 centimetres, de fa~on a renAfROPOS DK L'l!UUGURATION DU CHEll!i DE FER D'KSPAGD.
sors 'et les bras de leurs esclaves, citons l'immense tra- dre la ma~onnerie complétement imperméable.
vail accompli par les Romarns. Procope nous rapporte
Le travail en fonte sert a franchir les cols et s'établit
Le premier article de notre correspondant X, Y, z, 1111
que Rome seule possédait quatorze aquedncs, qui rem- avec ~es tuyaux d'un metre de diametre intérieur. L'enl'inauguration du chemin de íer du nord de l'Espagoe,a
plissaient i 56 bains publics ou particuliers, l ,352 !aes semble de l'aqueduc, qui n'a, sur tout son parcours,
soulevé quelques clameurs au dela des monts.Nolre corou grands bassins, i6 thcrmes, 6 naumachies. Un de ces qu'une pente d'un dixieme de millimetre par metre,
respondant, au milieu du tohu-bohu qui est la conséaqueducs, l'Aquavirgo, n'avait pas moins de 14,105 pas présente une forme ovoide ayant im,40 dans le sens de
quence forcée de toute inauguration, a vu les ch06ea, il
romains. Et remarquez que Procope ne compte pas les la lar~eur, et l m,76 dans le sens de la hauteur:
faut bien le reconnaitre, sous un aspect qui n'était PII
nqmbreÜx canaux souterrains qui servaient aux opéLes conduits souterrains ont une longueur qui varíe l'aspect vrai. On vient de faire deux cents lieues en,..
rations de l'édilité romaine.
de deux mille metres a deux cents metres. lis ont été gon, on est fatigué, et l'on griffonne au pied levé, sor le
Ces conduhs souterrains étaient construits avec un art construits par des puits de 50 metres a iO metres de bout d'une table, quelques lignes que l'on croit saa,
qui fait le plus grand honneur aux ingéuieurs anciens. profondeur.
conséquence et qui ont une portée toute autre que celle
Les naumachies, par exemple, conteJ!aient deux especes
La prise d'eau a lieu dans un réservoir qui réunit les que l'on avait prévue. Encore une fois, cet article, écrit
de .canaux, qui servaient a remplir et a vider le cirque. eaux de la Dhuis au moulin de la Source, sur la comau crayon, au milieu du cliquetis des fourchettes, n'a
Sous les yeux de dix mille spectateurs, sur un signe mune de Pargny, dans le département de l'Aisne. L'a- aucune importance. c·est dans le second article, fait ¡
donné par la loge impériale, le cirque se remplissait queduc a done a traverser, pour arriver a ~Jénilmontant,
tete repo~ée, que l'écrivain distingué qui a bien voulose
d'eau pour le combat naval, et, le combat fini, l'eau dis- les départements d.: l'Aisne, de Seine-et--Marne, de charger du comP.te-rendu de l'inauguration du nou,ean
paraissait comme par enchantement, pour laisser la Seine-et-Oise etde la Seine. Pres de 140 kilometres!
cbemin de fer, a exprimé l'impression vraie et sincere
place au:x luttes sanglantes des gladiateurs.
On peut se faire une idée de l'importance du travail que luí avait causée la vue du heau pays qu'il voyail
Quelle idée ne devons-nous pas nous faire du volume par la masse des matériaux mis t!n reuvre. Pour cons- pour la premiere fois. Les Espaguols les plus méticulem
d'eau que recevait Rome, en considérant que trois de trpire la conduite en ma~onnerie, pour établir la conne sauraient se plaindre de ce second article, ou l'écrices aqueducs, restaurés et entretenus par les papes, duite en fonte et pour faire les travaux d'art, on em-- vain, ayaot mieux vu, a mieux jugé. Nous espérons que
produisent, en vingt-quatre heures, l 80,000 metres ploiera 38 millions de kilogrammes de ciment, ces explications satisferont tout le monde, et nous prencubes d'eau, ce qui équivaut a sept fois ce que Paris 160,000 metres cubes de pierre, 88,000 metres de sable, drons la liberté, en terminant, de rappeler a nos honoprend a la Seine dans le meme temps.
iO millions de kilogrammes de fonte, 140,000 kilogram- rables correspondants &lt;l'Espagne le titre d'une piece de
La France a re~u des Romains, comme une tradition n1es de plomb, et l'on aura remué 850,000 metres cubes Shakespeare : Beaucoup de bruit pour ,•ien.
précieuse, ce gout salutaire des grandes constructions de terre. Les premiers devis portent le cout du travail
P. PAGET.
hydraulu¡ues. París, Lyon, :Metz, Orange, Fréjus, Nimes, a 40 millions.
Toulon; Coutances, etc., conservent encore des ruines
Mais on sait ce que deviennent les devis pour un traimposantes, qui témoignent en faveur du génie de la vail de cette importance. L'histoire des chemins de fer
Gaule. Et nos principaux aqueducs modernes de Mont- ese la pour nous en donner une preuve convaíncante.
PU11LICATIONS NOUVELLES.
pellier, rle Bucq, de Maintenon, de Marly, de Roque- Sans aller si loin, la construction de l'Opéra nous prouve
PHILOSOPRIE DE L'Hl5TOI!IE. - Les lettres sur la philoft.
favour montrent également que! role important la d1s- que nous ne devons pas tenir cornpte des premieres
phie
de l'Histoire, par M. Odysse Barot, publiées par la
tribution des eaux joue pour nous dans l'économie so- éval uations. Puisse le chiffre de 40 millions ne pas étre
librairie
Germer-Bailliere, sont d'une lecture attachanle,
ciale.
dépassé !
instruc_tive.
Quatorze chapitres ornés d'épigraphes biea
Est-il besoin d'en faire sentir le prix? Marseille n'eut.
Le travail ·d'art le plus remarquable du parcours se
pas été victime de l'effroyable peste qui l'a dévorée en trouve placé a Dampmard, sur la Marne, et a 5 kilome-• cboisies exposent les idées souvent justes de l'auteur sor
n20, si, a cette époque, le magnifique aqueduc de Ro- tres de La!!ny. Il y a la un pont-aqueduc qui sert a re- la guerre et le droit des gens, la force et le droit, la di·
quéfavour lui avait porté, comme aujourd'hui, les eaux her le flauc de la cote de Chessy au flanc de la cote de plomatie, Je talent militaire, les nationalités, les luis de
l'histoire. M. Odysse Barot voit !'avenir du monde dans
de la Durance, en réunissant deux rochers séparés par Dampmarci.
la
fédération agricole, financiera, politique, principe
une vallée de 400 metres, et soudés maintenant par des
Ce pont-aqueduc n'a que trois arches; mais ces trois
malheureusement
idéal, si fortement établi naguere par
arcades qui orit, en certains endroits, 86 me tres de baut ! :,,rches, qui n'ont qu'uue largeur de 3 metres, ont une
M.
Proudbon,
daos
son livre le Principe fédéran/,
L'admirable travail de Roquefavour, en transporlant portée de 27 metres, et représentent une construction
M.
Odysse
Baro1
trouve
Frédéric le Grand supérieur l
une riviere d'une montagne a l'autre, a doté Marseille aussi élégante que hardie.
Napoléon
et
a
César;
et
peut-ctre,
apres l'avoir lu, serade fontaines, de verdure et de fleurs, et l'a arrachée
Ce travail n'est, a vrai dire, qu'un syphon, puisque le
t-on
de
son
avis.
Quant
a
ses
idées
sur le Pro~res, noos
pour toujours aux atteintes des épidémies terribles.
tube du pont esta 70 metres plus has que le poi"nt de déles
croyons
incompletes
et
injustes.
Po1Jr nous, le proParís n'a jamais, Dieu merci ! subí les périlleuses pri- part sur la hauteur de Chessy, et qu'il doit re_porter l'eau
gres
social
est
visible;
son
caractere
irréfragable ell
vations de la grande cité pbocéenne. Au fur et a me- au sornmet de la cote de Dampmard. 11 y aura done sur
sure que lá vieille Lutece a grandi, des pompes, des ca- ce pont-aqueduc une pression de sept atmospberes, et l'accroissement de la sécurité publique; mais noot
naux et des aqueducs sont venus accroitre sa provision la moindre rupture donnerait la un jet d'eau aussi Leau avouons que le progres personnel est nul et impossible,
11 est cerlain qu'Aristote, Phidias, Virgile, Lucrece,Ju,brl'eau. C'e'st ainsi que les eaux de la Seine, d'Arcueil, des que tous ceux de Versailles.
Prés-Saint-Gervais, de Belleville, de Ménilmontant, du · Le réservoir donnera a Paris 46,336,000 litres d'eau nal et tant d'imtres trouveront agrand'peine des égaox,
puits de Grenelle et de l'O1,1rcq, ont été successivement par vingt-quatre heures, soit 536 litres par seconde. et ne seront ja,nais dépassés en génie. Quoi qu'il en soi1
de ces divergences partie\les, nous recommandons vitemises a contribution pour satisfaire aux besoins de la c·est un supplément qui peut compter.
ment
l'ouvrage de M. O. Barot. L'esprit de son préam·
consommation.
Le point d'arrivée a Paris est a Ménilmontant, dont le
bule
est
excell(lnt, et la liste des lieux communs qu'il se
Mais depuis que Paris a élargi sa cemture et que la grand bassin sera alimenté par les eaux de la Dhuis
propose·
d'éviter
devrait étre apprise par creur dans lel
cité géante travaille a s'habiller de nenf, il lui faut un et par celles de la Marne. L€.s eaux de la Marne y vienjournaux
et
les
revues.
supplément d'eau pour sa toilette. On a cherché long- dront par un canal de l2 kilometres, allant de Méniltemps, on a discuté a perte de vue sur les avantages et monta.nt a Cbarenton. Une turbine placée a Cha-

......

L'lLLUSTRATION, JOURN AL UNIVERSEL.
t75
- - - ·-- ---·---- - - - - - - - - - -- - ~ ·- - - -- -- - --

__:...-- - - - - - - - - - - -- -C!ISSK GblRAU DKS AVANCKS SUR TITRKS.
avons exposé, dans un premier article, l'idéeNouqui a présidé a la création de la Caisse générale des
mere es sur titres, et nous avons demontre
'
· que
'11e e·ta·1t 1e
!:uncment des grandes institutions que le crétlit a
i0ndées en France.
ne suf6t pas, en effet, de vanter le principe tout11
·ssant de l'association, et de le présenter comme le
pm_ d'Archimcde,
Jev1er
. avec lequel on .pent sou!ever le
de industriel; 11 faut encore con~ohder la masse des
mon
., ,
. .
intérets crées, et la pr~pr1ete co1ossa1e const1tuee par
Compagnies, aura mcontestablement plus de con~~nce et moins d'embarras, plus de valeur et moins
:s crises, le jour oti la Caisse générale des Avances sur
ti~~ viendra présenter a ses intéressés une latge et
rm:inente ouverture de crédit.
peUn root suffit pour faire apprécier la portée d'une telle
inslitution : Mesurez ce que fera le crédit pour la proriété mobiliere, en mesurant ce que les Banques ont
rait pour le commerce, et ce que l'.hypotheque, dans de
rnauvaises conditions, a fait pour la propriété fonciere.
Un dernier mot pour compléter cet exposé somm:lire,
eo donnant ici l'organisation méme de la Caissegénér1o1le.
Deux príncipes excellents, honorables et dignes d'étre
pris comme re~les, par toutes les institutions de crédit,
oot 11uidé M. Hippolyte Destrem dans la constitution de
la so"ciété nouvelle, et ces deux príncipes se résument en
denx mots : controle, publicité.
Par le controle,M. Hippolyte Destrem s'efforce d'obteoir tout d'abord un résultat qui ne peut que profiter au
dévelop11ement comme a la bonne réputation de son
reuvre. JI veut, par un Conseil investí des pouvoirs les
plus étendus, donner a chaque demande de crédit une
mesure aussi exacte que possible, et cette appréciation,
base de la prospérité de l'entreprise, sera, suivant nous,
moins difficile a trouver q,J'on ne pense. 11 est toujours
aisé ile distinguer les Mouzaias des Vieille-Montagne,
et le Cooseil rle la Caisse générale pourra écarter les ti tres
dépréciés, tout aussi facilement que le Conseil d'escompte
écarte ala Banque les mauvais bordereaux. Ce controle,
le fon1lateur l'applique, d'ailleurs, avec le méme scrupule,
atous les acles de la Société, et loin d'imposer a ses actionnaires aucun nom pour ses couseils, la 'gérance se
propose, au contraire, de laisser sur ce point a la Société
une libe:rté entiere. C'est la, il faut le reconnaitre, une
pratique qui, bien comprise et bien appliquée, arriverait a
vivifier les princtes trop souvent faussés de l'a..;sociation.
Par la publicite, M. Hippolyte Destrem réalise, des le
premier jonr de sa fondation, toutes les réformes que
l'opinion et la presse réclament depuis iongtemps. Et, en
effet, daos le monrle des affaires, ce n'est pas le connu,
c'est toujours l'inconnn qui préoccupe et inquiete. Cela
est si vrai que c'est it ce besoin de publicité qu'aboutisseot, en matiere de finance et de crédit, toutes les polémiques. N'est-ce pas la ce qn'on demande aux compagniesdc chemins de fer, qui liscnt en dcux heures, dans
lenrs assemblées générales, un rapport dout !'examen ne
peut se faire el). un jour? N'est-ce pas la ce qu'on demande atout les établissement.s fondés sur l'a~sociation?
N'est-ce pas la ce que vient de reconnaltre la Banque de
FPance, en reprenant la publication hebdomadaire de ses
bilans? M. Hippolyte Destrem fera done bien d'agir en
pleine lumiere, et a notre avis, c'est avec raison qu'il dit
en e1cellents termes : e&lt; !fa ma·ison sera de verre. i&gt;
Ainsi done, si l'utilité de l'institution est man ifeste,
l'honnéteté des intentions et des actes est également évidente. Considérée au point de vue de la richesse du pays,
comme au point de vue d11 crédit, la Caisse générale des
f11Jances sui· titres constitue un progres réel et sérieux
dans l'histoire de nos institutions financieres. Nous
,_oyons pourtant surgir, ~a et la, quelques rares objectíon~. Que voulez-vous? En toutes choses, on peut s'attendre avoir des gens qui ne regardent jamais que par
le l!l'Os bout de la lorgnette. Mais ce n'est la qu'une erreur d'optique. On peut la redresser, et Dl\us la redresserons.
HENRI Coz1c.
,

5

~

DE L'EMPLOl DU VALÉRIANATE D'AMMONIAQUE
de Pierio\

C0NTJIE LES Ai'FECTIONS NERVEUSES.
L'histoire thérapeutique des 'névroses suffirait seule
JlOor attester les progres que l'art de guérir a réalisés
daos notre temps. En effet,. la médecine a livré, pendant

des siecles, contre les maladies nerveuses, de longues
et opiuiatres batailles que la victoire ne couronnait pas
t011 .

Jours.
Mais aujourd'hui, l'on peut dire heureusement que la
lutte soutenue par la médecine contre la névro~e, s'est
terminée a l'avantage de la science. A l'action du mal,
la thér1peutique a trouvé enfin le moyen de répondre
par uue action plus energique encC1re.
·
"' · s1· repan
, due, de b'1en
11 importe,
pour une auect1on
connaitre le secret des conquétes que nous signalons.
Nous dirons done qu'on s'était étudié a ne chercher,
pendant longlemps, qu'un apaisement an mal par une
médication extérieure, le plus so,ivent inefficace. C'était
faire fausse route, car la névrose, qui représente un
éhranlement de la constitution tout entiere, a besoin,
par cela méme, d'une médication interne qui puisse
attaquer jusqu'an rrincipe meme de la douleur.
Aussi la médication interne a-t-elle définitivement
prévalu, et la thérapeutique n'a plus aujonrd'hui qu'un
but: rechercher et ordonner le médicament le plus énergique pour agir le plus rapidement possible sur le malade.
A cet égard, la valér1ane a toujours été considérée
comme un rles anti~pasmodiqucs les plus puissants, et
nous trouvons, dans l'antiquité la rlus reculée, le témoignage que les preruiers maítres de la science médicale
savaient apprécier sa bienfaisante erficacité. Discoride,
Arésée, Galien, Oribase, font valoir les résultats excel.lents obtenus par la 'l'alérianc. Fabius Columna s'en
servit pour se délivrer de l'épilepsie doot il souffrait, et
pour guérir plusieurs personnes de la méme maladie.
A chacune de ses périodes, d'ailleurs, l'histoire de la
médecine ra utilisée largement. Panaroli, Cruger, Lentilius l'employerént avec succes, et, a une époque plus
rapprochée de nous, Marchand, Boerhaave, de Haen,
Sauvages, Haller, Chomel, Tissot, lui durent de nombreuses et solides guérisons.
Pourquoi done la valériane, depuis si longtemps appréciée, n'était-elle pas encore universellement reconnue et employée comme le premier des antispasmodiques? Parce que, pour etre efficace, l'ada¡inistration de
cette racine exige une préparation attentive, qui puisse
lui conserver toute l'énergie de ses propriétés naturelles.
La nécessité de cette préparation était si bien admise
par tous les hommes de l'art, que Cullen n'hésitait pasa
reconnaitre que la valériane, presque toujours détériorée
dans les officines, n'avait plus d'efficacité quand on l'ernployait.
C'est a cet inconvénient grave que M. Pierlot, pharmacien (i), a remédié par une babile combinaison
de l'acide valérianique normal, retiré directement de la
raci11e et combiné a l'ammoniaque. Le nouveau produit
pharmaceutique de M. Pierlot, ingénieusement préparé
sous la forme liquide, conserve ainsi la stabilité et l'énergie indispensable a tous les médicaments officinaux.
Aussi l'usage du Valérianate d'ammoniaque de Pierlot
n'a-t-il pas tardé ase répandre dans la pratique médicale.
MM. Moreau (de Tours), Lélut, Baillarger, Mitivié, Mois.
seult, a la Salpétriere; Dela8iauve, a Bicétre; Monorl et
Vigle, a la maison municipale de san té, ont ohtenu tour
a tour des rí•sultats remarquables et démontré l'efficacité du nouveau médicarnent dans toute.s les affections
nerveuses. C'esta la suite de cessucces, autbentiqnement
reconnus et e 1,1statés, que l'Académie de médecine a
reconnu l'utilité du Valérianate d'ammoniaque. On peut
done proclamer hautement aujourd'hui que les maladies nerveuses ont trouvé, daos la valériaoe, grace au
produit de M. Pierlot, l'antispasmodique le plus puissant que la médecine ait encore appliqué.

Steamer Washington. Mercredi Hi novembre.
La/ayette.... Mercredi l4 décembre.
DE NEW-YORK :
Steamer J.afayette. .. Mercredi 14 septembre.
Wnshinqton. Mercrerli 12 octobre.
J,afayette.... Mercredi 9 novembre.
Washington. Mercrerli 7 décemhre
La/w¡ette.... Mercredi 4 janvier 1865.

J&gt;rix des places:
. . . . .
sPremieres.
d
econ es . . . . . .

700 fr.
400

S'adresser, pour passage,, fret des marchandises, des
especes, et ponr tous autres renseignements :
A Paris, au bureau spéc(a.l de la Compagnie, 12, boulevard des Cap11cine~ (Grand-Hotel);
Au Havre, a MM. William lselin et C•, agent~;
A New-York, a M. Geo. Mackenzie, 7, Broadway.

LE MASCARET DE CAUDEBEC,

Le mascaret est un phénomene qui se produit sur
quelques-uns de nos fleuves, et principalement sur la
Seine; sa plus grande force se fait sr.ntir au.x époq•Jes de
nouvellc et de pleine !une, et surtout dans les mois d'équinoxe. C'est le moment oti lamer commence a monter.
Une énorme lame, une montagne d'eau qui quelquefois
a jusqu'a deux et trois metres d'élévation, se présente
dans toute la largeur de la r1viere, et roule son flot,
avec unP. vitesse de i2 a l5 milles a l'heure. Sa rapidité
augmente d'autant plus que le lit d11 fleuve se trouve
rétréci, et les travaux d'endiguement ont contrib1Jé a
a11gmenter la violence du mascaret. Si, quand le phénomene se produit, les vents soufflent avec force de la
partie de l'Ouest, la marée atteint une hauteur extraordinairé et les &lt;ligues soot submergées. Le mascaret, qui
a eu lieu dernierement aCaudebec, a été un des plus pronon~ qo'oa

:•=:::M:~-

M: ~

•; , ,

Au moment oti l'ernpereur Ma1:imilien prend possession de son nouvel empire, au moment ou la marine
franpise va étre appelée a dire adieu aux cotes inhospitalieres de Vera-Cruz, il n'est peut-étre pas hors de
propos de jeter, en guise d'adieu, un regard rétrospectif sur les lieux désolés que nous abandonnons. - Sacrificios! pauvre ilot de sable que nous avons foulé si
sou vent, témoin de nos tristesses et de nos aspirations
vers la France, c'est de toi que je veux parler! Tu es
le dépositaire de la dépouille mortelle de beaucoup de
nos camarades, et a ce titre on ne peut t'oublier.
Sacrificios est un ilot de sable de 700 metres de tour,
ayant a peu pres la forme d'un reuf, et presque entierement couvert de roseaux sauvages. Les navires de
guerre viennenl chercher un abrí derriere les récifs qui
prolongent cette ile dans le nord, et obtiennent ainsi
un mouillage plus sur que celui de Vera-Cruz, en meme
temps qu'ils s'éloignent du foyer épidémique de la ville.
Qu'était autrefois Sacrificios? 11 ne m'a pas été possible d'éclaircir ce point: néanmoins, le nom qui lui a été
donné par les Espagnols, a leur arrivée, est d'accord
avec la légende pour faire croire que les azteques
avaient cboisi cet endroit ponr y faire leurs sacrifices
humains. Le fait est qu'on y trouve les vestiges de constructions anciennes, et des scories de fer fnndu qui tendraient a prouver qn'il a du y exister aútrefois des établissements métallurgiques. - L'imagination, brodant
sur tout cela, n'a pas manqué de donner le nom de
couteaux de sacrificateurs a de petites lancettes a deux
trancbants,
d'une substance vitreuse, qui abondent dans
o• BER.
(!) Rue Mazar10e, 40, á París.
!'lle et proviennent de gisements d'obsidienne assez
commun3 au Mexique.
Daos ces dernieres années, les Auglais et les EspaCOMPAGNIE G-ÉNÉRALE TRANSATLANTlQUE
gnols se sont livrés avec acharuement a des fouilles
Servtce poatal h-anqall
ayant pour but de retrouver les t1·ésors enterr-és, d'apres
ENTRE LE B&amp;VRE ET NEW-'l'ORK
la tradition, par les indigenes, a l'époque de l'invasion
SJ.N"S 'BSC.lLI
espagnole. - Quant a nous, revenus de ces beaux
Par lu magnifique, paquebot, a rouu
réves dorés, nous nous contentions de cherl!her sur la
WAsmNGTON, capitaine A. Duchesne, de 5,600 ton- plage quelques coquillages rares, et nous avons été
neaux &lt;le déplacement et 950 chevaux de force.
quelquefois assez heureux pour rencontrer des débris de
LAFAYETIE, capitaiDP, A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
poteries anciennes, ou des pétri fications assez curie uses.
de déplacement et 950 chevanx de force.
Anres avoir passé par des phases bien bizane3 et que
Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit nous connaissons mal, l'ile de Sacrificios était devenue,
jours, tant du Havre que de New-York.
depuis l'expédition de l 837 de l'amiral Baudio, et celle
Les prochains départs auront lieu comme suit :
de i 8:1-7 des Américains, le cimetiere des navires de
DU BAVRE;
guerre. Les Frangais, qui plaisautent sur tout, l'ont,
Steamer Washingt-0n. Mercredi 21 septembre.
dans ces dernieres années, surnommé le jardín d'accliLafayette.... Mercredi i9 octobre.
matation du Mexique. Malgré cette triste destination&gt;

�t76

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

eu égard a la grande
distance a laquelle les
batiments se trouvent
de Vera- Cruz (trois
milles marins), les
élats-major3 descendent souvent al'ile,dominés par ce besoin
de fotfier la terre ferme qur existe chez tous
les marins, n'en cléplaise aces vieux loups
de mcr, qui prétendent avoir le mal de
terre daos les relaches.
Depuis un an, Sacrificios s'est beaucoup
transformée. Si la partie nord a conservé son
ancienne destination,
peu de sépultures nouTelles ont étéjcreusées,
et, le temps aidant, la
vue de cette partie de
l'ile, a11 lieu de regrets
cuisants, n'inspire plus
mainlenantqu'un religiell.I recueillemcnt.
La partie sud s'est
transformée en une
véritable fel'me avcc

LE MASCARET DE CAUDEBEC. -

dépenclance~; de uon..
breux besliau~,des ,o.
lati les de ton les S&lt;Jrte&amp;.
quclques-uns d'cspe.
ces asscz rarcs, a1D11sent agréablement le
paysage; et si ia natn,.
re du terrain ne s'cip.
posai t pas a la planta.
tion des cocoticrs, 00
pourr1lit avoir, aSacr¡.
ficios, une petite Oasis,
Malheureusement,
tous les essais de Cuit11re ont échoué. Dans
ces derniers tempa,
une vérita ble maison
vient de s'élever; son
but est de servir de
caserne pour les éqoipages des. navires qui
aurai~nt bcsoin d'étre
assainis.
Lcs-vents d11 non!,
les pluies, le soleil de¡.
eéchant, luttent Al'eovi pour détruire les
pau vres croix du cimetiere; pi usieurs OIII
déja disparu,des moouments plus durables,

D'aprc&amp; un croquis de M. Barbin.

TOI

""d'

Pi

11

•

ti,

P1

Pa

d'.

de

b,

Jk¡

Gra1
pr

gr
JLOT DE SACRIFICIOS, PRES DE VIIRA•t:RUZ. -

ÉCHECS.
PROBLJl.ME

N° l74,

PAR

~f. F.

HEALEY.

U'aprés un croquis de M. Galleran.

construits ala suite de l'expédition de'.1837, tombent aussi
en ruines; je crois que la marine verrait avec reconnaissance un monument commémoratií élevé a la mémoire
des marins fran~ais morts pendant la guerre du Mexique,
clahs l'accomplissement de leur devoir. Pour le matelot, pas de combats glorieux, pas d'assauts entrainanls
au bruit du canon et des fanfares guerricre~, pas de ces
victoires qui ont tant de retentissement et font tressail.
!ir d'ai~e tous les creurs fran~ais; rarement un marin
mourra au cbamp d'bonneur, mais souvent il succombera seul et ignoré au milieu d'une épidémie. Ne serait~
ce pas pour lui une douce satisfaction, de voir que ses
services obscurs et tout d'abnégation ont été appréciés a
leur juste valeur, et c¡u'un monument durable en perpétuera la mémoire?
Il y a quelque temps, au -Corps législatif, un orateur
émincnt a bien voulu !'aire ressortir et mettre en lnmiere le role obscur de la marine. - Ses paroles n'ont
pas été perdues, et plus d'un marin y a puisé de nouvelles forces pour l'avenir.
A.

Les blancs font mat en trois coups.

1i3.
'
MM Émile et Henry Frau. (Le Cilla 3• c. du R est bien un

s. GALLERAN.

TEXJER,

rédactcur en chef.

SOLUTIONS EXACTES DU l'ROBLÉME Nº

e noir.)

1 R joue a sa 7• T, et quoique rrpondcnt les noirs, ils sont
~t a1,1. .:oup s11ivant.
J. A. de f;.

OtJ

RÉBUS,

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EXl'L!CATJON DU DERNJER HÉBUS:

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PBl!IE8 DE lllLLUSTllA.TIO~.
CEUVRES

NOUVELLES

DE

10 , ... !O

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2:l, rue de Ver11euil,

Ir

GAVARNI.

t 20

rr.

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l'Étranl!cr dcvront le faire réclamcr par leurs corrct
pon,tunts.

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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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