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                  <text>-

L'ILLUSTRATION,
l.OUBKAL URlfiBSBL.

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11. AUG. MARC, DIRECTEUR•GÉRANT.
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d'un manda\ sur Paris ou sur la poste,

SOMMAIRE.
politique de la Eemaine. - r.oncours internalional de musique
d'urmonie, de fu1fues et d'orphéons, a Arras. - Courrier de Paris. JMft du 15 aoilt, au camp de Ras-Oued-el-Anceur, - Chronique musí•
eate. - Le jeune Anglais
110U•dle). - Voyage
: -- ~ _
dul lts ré~l001 aepten•
triooale1 de la Pata¡:ooio.
- luugurati~n de la
1talae de M. de Gasparin.
- La llatue de Bernard
Paliuy, a Saiotes et il
Pari1. - F61es artisliques
d'Anen. - La fontaine
de Vaucluse. - Les entnmets et les épices. Bulletin bibliograpbiqqe.
- Les Bohémiens.

J,tae

22e ANNÉE. VOL. XLIV. r-;o 1125.
Samedi 11 Septen1 hre 1864,.
L'admioislralion ne répond pas dei manuseril! et ne s'engnge Jamai1 a les insírer,
Vu les traite.9, la lraduction el la reproduction i l'tfüanger sont inlerdites.

BUREAUX : RUE RICHELIEU·, 60.

pri1 au1 orpbéons du
grand coneours rl'Arras.
- Fétea du 15 aout, célébréel •• camp de RasOued-el-Aoceur (A lgérie),
par le si• de ligne. Bal donné daoa le Partbéoon, par 11. le vicoaite Ramelol, chargé
d'afaires de rraoce, a
S. l. le roi des Relléoes.
- Voyage dan, lea régio,,, septeotrionalea de
la Patagoo:e (9 gravurest.
- A.•E•• P. comte de
Cuparin : statue de
l. Pierre Hub•rt, inau111~ le ll "Pl•mbre, ¡
Orange. - Fétes artistiqoes d''°'º" (i ~ravul'ft). - la fontaine de
Vancluse (2 gravures), - Les llobémiens (i gra'lllres). - Rébus.
~

lmB

POLITIQUR

DE U SEMAINE.

splco-

1r Lt-

:olom-

La politique prend
Bes vacances. -

le
calme plat est par-toot. Lesconférences
de Vienne semblent
18 l'eSSentir de l'atonie générale : elles
marebent avec une

~

DISTRIBUTION DES PRJX AliX ORPHÉONS DU GRAND CONCOURS D'ARRAS, -

ABONl'\~IENTS POUR L'ÉTRANGER
Mémes prix; plus les droits de poste, suivant les tariís.
Les abono. parten! du I er no de chaque mois.

1

et d'Angleterre le traité élémentaire signé a Vienne, le
cabinet de Londres aurait répondu avec une amertume
que la feuille ministérielle de Berlin a relevée en la raillant. Le gouvernement fransais se serait borné a recommander aux cours alliées d'etre généreuses et de ne
pas écraser le Dnnemark sous des condi tions trop dures.
M. qe Goltz aurait
été avisé par son
gouvernement de
faire comprendrc
que les perles territoriales du Danemark étaient com•
pensées par l'exoné-ration des frais de
la guerre, mis a la
cbarge des Ducbés,
et par l'annexion au
Dancmark des districts de Ri be et de
l'ile d'Arroe, qui faisaiwt jadis partie
du Slesvig.
Maintenant, qui va
régner ·sur les Duchés? La Dicte est
actuellement saisie
des revendications
contradictoires du
duc d'Augusten1.Jourg et du duc
d'Oldenbourg. L'uu
et l'autre, ou le sait,
se &lt;lisputent le petit
tróne du Slesvigllolstein, et mettent
en avant une foule
de vieilles charles
qui établissent leur
droit it. l'empire. 11
nous cut paru plus
logique d'en appcler
tout simplement aux
suífrages des popu lations, qui ont quelquc intérct a choisir
lcur souveraiu, et
qui, seules, peuvent
prononcer en dernier ressort. Mais
D'apres un croquis de 11. Y, Boyennl,

remarquable lenleur. Les conditions imposées au Danemark sont terriblement dures, mais sa situation déses-•
pérée ne lui permet guere de disputer le terrain. En
réponse aux dépeches par lesquelles les deux grandes
puissances allemandes ont notifié aux cours de France

6rawre, : Distribution d•a

Abonnements pour París el 1~ Départcmonls :
3 mois, 9 fr.;- 6 mois, 18 fr.¡ - unan, 36 fr.; - le numéro, ,5 e,
la collection men.uelle, 3 fr.; le volume scmestricl, !~ fr.

�Go;;;

cette idée est trop • ralíonnelle pour etre íadoptée, sur- vue quiía eu lieu dernierement entre le président con•- Société·c~rale lyrique de Mons. et par la Société
tout en Allemagnc, 011 l'on aíme assez leg complíca- fédéré Davis et deux citoyens du Nord, M. Davis a posi- de Gossehes, et ceux des soetétés franQaises par !'U,_
tions.
tivement déclaré que le Sud ne voulait plus, a aucun chora/e de Cambrai, la Société chora/e de Boulogne-su,,.r.,
On a remarqué que le Constitutionnel a publié de longs prix, etre uní au Nord, et qu'il verserait tout son sang, et la Société chorale d' Aire-sur-la-Lys.
extraits des mémoires du cardinal Consalvi sur les évé- s'il le fallait, pour se constituer en dehors de l'ancíenne
Dans le concours de la divísion d'honneur, c'est l l
nements qui ont atfecté la papauté vers la fin dn derníer Uníon, comme État indépendant. Toute concessíon faite R~nion_ lyrique de Bruxelles qu'a été décerné Je
siecle. La coincidence de cette puhlication avec \'accueil au Sud par le Nord, pour rétablir l'Union, nous m1er pr1x.
sympathique et plein d'aménité que le fils de Victor- Remble inutile apres la déclaration de M. Davis. Ou
Pour le~ concours d'harmonie, la Garde cimqu, de
Emmanuel a rencontré a París, est considérée dans le il faut prendre son partí de la séparation, ou il faut, Tournay, laSociétéphilharmonique ele Quiévrain, l'Bani.
monde politique comme un symptome du resserrement si le Nord veut absolument poursuivre le rétablissement nie de Lens, les musiques d'Estaires et d'Avion ont re111des líens entre la France et l'Jtalie.
de l'Union, rester fidele a la politique du président porté les premiers prix; la Société ducale de Frameries et
Le prince Humbert a quitté París avec gon beau-frere Lincoln.
la Fanfare de Warquehai ont obtenu ccux des fanfa?es
le prínce Napoléon, et s'est embarqué pour l'Angleterre.
Cet échec que M. Lincoln a re~u de la convention de
Dans la division d'excellence, composée des mosi~
Le jeune prínce doít visiter l'Angleterre, l'Écosse et l'Ir- Chicago est un peu compensé par les succes que viennent d'harmonie et de fanfares ayant obtenu le premier Prix
lande, et revenir en France dans quelques semaines, en de remporter ses géoéraux. Aussi persévérantque Grant, des ?remieres divisions fran~aíses et étrangeres, Je P1'ix
passant par la Belgique et la Hollande. Le journal l'Ita- Sherman a pris en fin Atlanta, l'une des clefs de la Géor- cons1stant en une couronne d'or, offerte par les clames
lie donne une nouvelle tout a fait inattendue. La Cour gie, et l'amiral Ferragut, chargé du siége de Mobile, a de la ville d'Arras, a été décerné a l'Harmon¡,, de
d'Autricbe ne serait pas éloignée de reconnaitre le nou- occupé le fort Morgan qui le rend définitivement mattre Lens.
veau royaume italíen. Nous ne sommes pas dans le se- de la baie. Espérons que les succes de ce genre
Pour ea:trait : P. PAr.ET.
cret des dieux de l'Autriche, et nous n'accueillons ce se multiplieront assez rapidement pour rendre, avant
bruit qu'avec une extreme réserve. Et pourtant, bien les élections présidentielles, au nom de M. Lincoln
conseillée, l'Autriche reconnaitraitqu'elle a tout a gagner le lnstre qui assure la victoire dans les combats du
a mettre fin a une situation impossible. En reconnaíssant scrutin.
COIJBRIEB DE P.IBl!il .
le royaume d'Italie, l'Autriche, tournant le dos asa vieille
La mort de M. Vaisse, sénateur chargé de l'adminispolitique, entrerait dans le courant des idées et cesse- tration du département du Rhone, a amené un change- Courrier de Paris á Montpellier. -Le Peyrou. - Le Jardñ)
rait de résister au mouvement qui la pousse elle-meme; ment dans le personnel des préfeetures. La mutation la
des Plantes. -LePalais de .Tustice. -L'École de médecine.
elle supprimerait des défiances populaires et allégerait plus importante est celle de M. Chevreau, qui passe de
- La cathédrale. - Riches et Pauvres. - Les hótels. _
d'un grand poids se~ finances si embarrassées.
Les rues de Rivoli. - La sculpture d:ms les quartiers nen&amp;:
l'administration de la Loire-Inférieure a celle du dépar- Attaque de la citadelle de Montpellier. - Palmier, seorA Geneve, tout est en fin rentré dans le calme; l'instruc- tement du Rhone. La nomination de M. Chevreau, avec
pions et rqoustiques. - Les nouvea11x pensionnaires du. Jar.
tion se poursuit paisiblement. L'assemblée fédérale se le simple titre de préfet, permet d'espérer que l'aggloréunira extraordinairement, le 20 septembre, pour s'oc- mération lyonnaise rentre enfin dans le droit com- , din des Plantes de Paris. - Dames seules. - De Montpe1.
lier aPalavas. - Palavás. - Vieilles rues, nouveaux DODII
cuper du traité franco-suisse. Espérons qu'un des mun.
- Le Palavas de !'avenir.
membres du Conseil des États aura la politique pensée
Le général Bazaine, commandant en chef de l'expédid'élever la voix en faveur d'une amnistíe générale: dans tion du Mexique, vienfd'etre nommé maréchal de France.
Il n'y a rien de mieux, dit-on, que d'etre loill des
une Tille comme Geneve, dans une ville oú tout le C'est le deuxieme maréchal qu'aura fait cette guerre du
choses ponr en bien parler. J'en veux faire l'épren,e,
monde se connait, ce qu'il faut redouter le plus, ce sont Mexique. Du reste, le nouveau marécbal n'est pas seuet j'écris ce Courrier de Paris a Montpellier.
les conséquences 'd'un pror.es politique. Poursuívre le lement un militaíre de grand mérite, a qui ses talents
C'est une tres-belle ville que Montpellier; son nom Ioi
proees, e'est vouloír éterníser les haines et exciter les et l'éclat de ses services devaient naturellement faire
vient-il de mons pessulus ou pessulanus, de mom pv;u.
cítoyens les uns contre les autres. Les partís, il. Geneve obtenir la dignité qui vient de luí etre couférée, c'est '
ru.m ou de mo11s in pede Ledi? C'est ce que je me i,artte.
ne sont-ils pas déja trop excités? Une amnistíe serait aussi un homme dont tous ceux qui le connaissent airai bien d'examiner, m'en souciant d'ailleurs fort pea,
done une sage mesure, et nous espérons que le Conseil ment a louer le car'lctere loyal, le commerce sur, les
je l'avoue.
fédéral le comprendra.
manieres affables. La haute distinction a laquelle vient
Ce qui ne saurait ctre contredit par un seul antiquaire,
En présence du résultat peu satísfaisant des enrole- d'etre appelé M. Bazaine a été accueillie avec la plus
c'est que l\lontpellier tnbe royalement au milie1 des
ments etfP.ctués en Enrope pour le compte du gouverne- grande faveur par l'armée et par le public.
vignes et des oliviers, c'est que, du jardín du Peyroo,
ment mexicain, l'empereur Maximilien se serait adressé
L'lmpératríce des Fran~ais a quitté Paris et s'est diri- l'reil découvre les Cévennes et les Pyrénées, c'est que la
a la France pour luí demander d'autoriser les soldats gée vers Schwalbach, petite ville de bains, dans le du- ville porte tres-lisiblement la noble et quelque jieu. solibérés, ou sur le point d'etre líbérés, du corps expédi- ché de Nassau. L'lmpératrice, quoique voyageant incolennelle empreinte du siecle de Louis XIV, mais qa'elle
tíonnaire, prendre du service dans l'armée mexicaine. gnito, sous le nom de comtesse de l\lontereau, a été féfait de son mieux pour suivre les modes arohiteetnrales
On assure que le gouvernement fran~ais aurait accueilli tée par les habitants de Scbwalbach, rtlJi ont arboré aux
rlujour.
favorablement la demande de l'empereur du Mexi- fenetres les couleurs de France mélées aux couleurs de
Ce Peyrou a tres-grand air, je vous assure, avec ses
que.
Na.~sau. L'Impératrice a regu la visite du roi de Prusse balustres, ses escaliers a larges rampes, ses pal'temJ
Les correspondants de B11cbarest assurent que ta et du prince régnant de Nassau. La reine des Pays-Bas
dessinés daos le gout de Le Notre, et dont l'éclatante
fameuse loi rurale, promulguf\e par le prince Couza, n'a est également arrivée a Schwalbacb.
végétation du Midi réchauíle la froide symétrie; son ·chl,.
satísfait personne dans les Principautés-Unies, ni ceux
EnMoNn TEXTF.R.
teau d'eau, dont un magnifique figuier embrasse la bue
que dépouille cette loi territoriale, ni ceux qu'elle a la
tout entíere, et qui se relie a la ligne harmonieuse ·d'on
~
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&lt;
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a
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prétention de doter et d'enrichir brusquement. Le régigantesque aqueduc, sa fiere statue de bronze du grand
gime antérieur au prince Couza laissait toute faculté aux
roi en costume héroiq•Je, dans une attitude rle demi•
paysans de devenir propriétaires en augmentant la somCONCOURS INTERNATJONAL
&lt;lien,
le bras levé comme pour dire: « Mortels, inclínez
me rle leur travail 'et en déboursant de leur argent se-DI
vos
fronts.
&gt;&gt; Le cheval a l'air tres-fier de porfor un i
loo leurs besoins et leurs désirs du moment. Le saae
superbe
cavalíer,
et aussi de se tenir sur deux jambea,
príncipe de la subordination de la dépense au reve;u IUSIQUXS D'HARIONIX, DK l!Nr!RKS ET D'ORPHiONS, A ARRAS.
par
la
force
de
l'équilibre, saos support placé soos "1
n'était pas violé. Au lieu de laisser agir la nature des
ventre
ou
sous
la
queue,
ce quin 'arrive guere a ses coachoses, le prince Couza a cru faire merveille en fabriAU DIRECTEUR.
freres
de
marbre
ou
d'airain.
Arr•s, i seplembre.
quant des propriétaires par décret. Qu'arrive-t-il? JI
Tout pres du Peyrou, il y a le Jardín des Plantes, DI
ruine les propriétaires, et il greve les paysansde cbarges
Les 28 et 29 aout, a eu lieu, a Arras, une so!P.nuíté mu- contraste : ici rien qui rappelle l'étiquette et le prüice
si lourdes qu'ils ne pourront les acquitter. 11 force en
sicale comme n'en avait vu jusqu·a. ce jour aucune vil!e que chante Boileau; beaucoup d'ombre, point de balosetfet, les propriétaires a céder une quantité considé;ahle
de France. Jamais, en effet, on n'avait pu réunir un pareíl tres, de vases, ni de statues, des plantes que l'art do jll!'de leurs biens fonds aux colons, moyennant une indemnombre de sociétés musicales d'noe véritable valeur; on clinicr n'a pas sophistiquées, des arbres qui poussentleort
nité qui est bien au-dessous de la valeur des terres céen a compté ici plus de cent. Les concours ont eu lieu a branches suivant le caprice de la nature, et qui gran·
dées. Mais cette indemnité, qui est si au-dessous cte ce
la fois au manége couvert, a la salle de spectacle et a dissent en toute liberté, des parterres que la science et
que le propriétaire aurait re~u dans une transaction la salle des concerts.
non l'art a semés, et qui plaisent aux yeux d'autant plus
librement consentie, reste fort au-dessus de ce que peut
Ce concours d'orpbéons a tenu toutes ses promesses, qu'ils n'ont point été arrangés pour leur piaire.
payer le paysan dans un pays pauvre en numéraire.
et la féte offerte en cette circonstance o:ir la ville d'ArDans le voisinage, le Palais de Justice : un temple
A~ssi, c~tte opu)ence subite, imposée pardécretau pa_vsan, ras a été des plus brillantes.
·
grec
avec des ailes en retour, le tout élégant plutot qu'imbien lom de lu1 profiter, l'écrasera.
Les prix ont été proclamés sur une estrade élevée au posant; il semble que dans ce pays de la lumiere et do
Une dépeche nous apprend que la convention de Chimilieu de la Grande-Place, au fond de laquelle s'élevait soleil, lajustice elle-meme, moinsrébarbative qu'ailleurs,
~ago a choisi pour son caodidat a la présidence des
un portique illuminé d'une fagon éclatante. Toutes les aime a se loger gaiement; l'École de médecine, un édi•
Etats-Unis, le général Mac-Clellan. C'est la paix qui forme
rues environnantes, ainsi que l'Hotel-de-Ville, étaient fice d'uo style robuste, qui sent un peu la forteresse,
le ~oo~ du programme de la convention, la paix avec le également illuminés.
comme pour mieux protéger les antiques traditioos de
rnamllen de l'Unioo. Les citoyens américains réunis a
Parmi les assistants, on a remarqué MM. Ambroise la célebre Faculté contre l'invasion des doctrines enne•
Chicago, désespérant des moyens violents ponr rétablir
Thomas, Bazin, Gevaertet plusieurs autres compositeul'R mies : l'École de Montpellier est encore la rivale de
l'a~cienne fédération, veulent négocier, et semblent distingués.
celle de Paris; elle continue a former d'il\ustres et sa•
cro1re a la possibilité de convoquer et d'obtenir un con. _A pres deux discours prononcés par M. Lecesne, ad. vants médecins, fermes daos la foi de leurs prédécefo
gres du Sud et d_u Nord qui restaureraient sur de nouJOmt cl'Arras, ei par le préfet du département, les prit seurs, préts a la confesser eovers et contre tous. A,er•
velles_ bases les_ Eta_ts-Unis. ,Nous craignons bien que ce
ont été prochmés. Pour les orphéoos, les premier~ ger pour elle le plus pur de leur encre, a exhaler pour 81
TI!l so1t la une 1llqs1on des démocrates. Dans une entr!)frix des ~ociétés étra11qéres ont été remportés pl\r 11\ qéfepse leqr dernier argument et leur dernier syllogislllfl,

p:.

'ª

179

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- : ; ; la Faculté de médecine, la cathédrale : la
Aco ps ici )'ame. En ce moment, la catbédrale n'est
le ,core nef
' saos chreur, une mo1·t·1e· d'rg1·1se. Oo est en
qu .ººde tui donner ce qui lui manque. Le porche est
tra1n
.
. • al unique peut-etre. F1gurez-vous un auvent en
or1g10 ,
.
.
..
. re de style r,g1val, fa1sant sa1lhe surles faces du mop1er,
d.
' d
oument, aune hauteur e c1~~ua~te pie_ s, et r~p~sant
deux piliers énormes, co1fles d un to1t en po1vr1ere.
ªcºrrtes l'architecte était un fantaisiste qui se moquait
' des regles et des convent10ns.
.
Sa M'
. erment
aJesté
J~~is XIV aurait fait un bi~n mauvais P:U:ti a un homm_e
¡ se permettaít de pare1lles excentr1c1tés. Je ne sms
q~ bien sur que du haut de son piédestal du Peyrou, il
:'aper~oive pas ce terrible porche; cette vue doit le
reodre bien malheureux.
Aux alentours de la cathédrale, de l'Ecole de médecine du Palais de Justice, point de rues commer~antes:
des ;ues nobles et des rues populaires, la pauvreté et la
ricbesse, les plus grands et les plus petits voísinant d'une
ra~on touchante. Batis en picrre de taille, suivant une
simple et belle ordonnance, relevés par des ornerpents
sobres et d'un gout exquis, avec leur3 hautes fenetres,
leurs vestibules vastes et sombres, comme ceux des palais de Genes, les hoteis ont une grande mine. Comme
la fraicbeur et le calme sont d'agréables choses, et le
,ent et la poussiere de facheux désagréments, ces aristocratiques logis ont eu bien soin de choisir des rues
étroites, oti. ne pénetrent ni le soleil, ni l'autan, ni le
mistral, oil ne sauraient passer deux voitures de front;
~e temps en temps, atravers les arbres d'un jardín, glissent de joyeux rayons adoucis par le feuillage.
lfais le siecle est aux grandes rues, aux grandes arteres, comme on dit en style municipal, et dut-on etre
a,euglé, gelé, brulé, il faut en avoir : voila pourquei,
aux environs du débarcadere du chemin de fer et de
tr.splanade, - une admirable promenade ombragée de
platanes et bordée de jardins suspendus, - on batit, en
ce moment méme, deux ou trois arteres larges a faire
pleorer de joie M. Haussmann.
11 faut voir avec quel entrain mafons magonnent,
cbarpeotiers charpentent, couvreurs couvrent et sculpteurs sculptent dans le nouveau Montpellier: ah! quand
les lléridionaux s'y mettent, ils vont joliment bien, on
o'eotend que scies, marteaux et racloíres; on ne respire que platre, on ne flaire que bitume, on ne heurte
qo'arcbitectes : c'est a se croire en plein Paris : un
quart d'heure de promenade daos ces rues-la, et le Parisieo le plus nostalgique renaltra comme la fleur sous
la rosée du soir.
11 se pourrait bien, par exemple, que son amour-propre fut quelque peu blessé. Ah! que notre ornementation est avare et mesquine, aupres de celle ·qui frappera
ses regards : parlez-moi de cela, voila de l'abondance:
dn baut en bas ce ne sont que médaillons, mascarons,
astragales, arabesques, fleurs, fruits, légumes, génies,
amoors, cbimeres ... ; et les cariatídes ! Que! luxe humiliaot de cariatides, grands dieux ! Oil ! nous en mettrioos deux, ils en mettent sil:, et pourtant il faut nous
reodre cette justice que nous ne lésinons pas trop sur la
cariatide.
Que si vous me demandiez si toute cette sculpture est
correcte, délicate, élégante, je vous répondrais que les
• frises légeres, les balcons et les fenctres des hotels du
'fieox Montpellier sont travaillés a miracle.
11 y a une citadelle a Montpellier, et un régiment du
géoie y tient garnison. Dans ces derniers temps, des
trancbées avaient été ouvertes, des mines pratiquées,
des oovrages de campagne élevés dans le polygone.
Mardi, des détachements ont pris un des ouvrages et les
assiégés ont fait sauter des fougaces, en ayant soin d'attendre que les assistants fussent a distance respectueuse.
Une fougace est, r,omme qui dirait, un petit volean a
poodre qui lance une gréle de pierres au nez de l'ennemi : une ingénieuse invention, vous voyez. Hier au
soir, la citadelle a été attaquée avec des bombes d'artifice, des fusées et des serpenteaux; elle a répondu daos
les memes termes : cela n'a pas duré moins d'une
heure. Pendant ce temps-la., la musíque du régiment
jonait des airs de Guillaume Tell, des valses et des maznrkas: il y avait des fauteuils pour les &lt;lames. La place
a fait si' bonne contenance, quoiqu'elle n'etit qu'une
piece de canon asa dispositíon, qu'on ne s'est pas frotté
~ lui donner l'assaut. L'affaire a été chaude, cependant
11 n'y a eu ni tués, ni blessés.
Vous voyez qu'on passe agréablement son temps a
llontl)ellier,

Et le beau raisin, les figues savoureuses qu'on y
mange ! Tandis que j'écris, le vent agite les feuilles, qui
font, sur mes rideaux, des ombres mouvantes; ce sont
des feuilles de palmier, d'un vrai palmier, qui pousse
en pleioe terre daos mon jardin. I1 y a aussi, dans mon
jardin, des scorpions et des mo11stiques qui ne se genent
pas, les uns et les autres, pour entrer dans ma chambre. Les scorpions sont bons enfants, et il faut énormément abuser de le)ll' patience pour les décider a piquer;
quant aux mousti~ues, oh! oh! ils ont le caractere plus
vif, et n'attendent pas qu'on leur marche sur le pied pour
vous enfoncer leurs petites fleches barbelées dans la peau,
- et jamais fleches de sauvage ne furent pi us amoureusement empoisonnées. Je connais des gens qui n'hésitent
pas, le soir, a s'enfermer la tete dans des fourreaux de
mousseline raide, pour éviter ces infernales morsures.
Les moustiques voltigent autour de la mousselíne comme
les moineaux autour d'un sac enfermant une grappe de
précieux chasselas; ils sifflent, ils s'indignent, ils enragent, et, dans son fourreau, la tete se moque de leur
inutile colere : c'est bien fait !
Avouez que l\fontpellier est une ville passablement
méridionale, et que c'est charmant d'écrire un Courrier de Paris en face d'un palmier, sous les yeux d'un
scorpion et au frémissement des ailes d'un moustique.
Au fait, j'y pense, mon Courrier de Paris manque
peut-etre un peu de nouvelles de Paris, jnsqu'a présent:
vite, rattrapons le temps perdu.
J'ai tu, rlans les faits divers de la Patrie et du Petit
Journal, a l'ombre du grand micocoulier du Jardín des
Plantes de Montpellier, que le Jardín des Plantes de París allait recevoir des botes nouveaux, et entre autres
un tigre royal de la presqu'ile de,Malacca, qui, pendant
toute la traversée, a poussé des rugissements a faire venir la chair de poule aux passagers; un serpent d'eau,
dont la morsure produit une apoplexie foudroyante, et
un éléphant qui, en traversant Bourges, a tué un taureau, et enlevé avec sa trompe une charrette et une
porte co:here, dont il s'est fait un pont pour passer un
ruissean, de peur de se mouiller les pieds, je pense ..•
Eh b¡'en ! voila de gentils petits animaux que je ne m'aviserai pas de taquiner. Le Petit Journal m'assure, il est
vrai, que l'éléphant, si terrible aux taureaux, ne fait
pas de mal aux hommes; n'importe, je ne lui parlerai
qu'avec infiniment de politesse.
La Patrie me donne une autre nouvelle, c'est que
l'administration du chemin de fer de París a Lyon vient
de décíder qu'un compartimeut serait réservé pour les
femmes voyageant seules dans les voitures de troisíeme
classe. Voila done le bonnet admís aux mémes droits que
te chapeau, et la pudeur pauvre, comme la pudeur riche, va pouvoir se soustraire a un voisinage incommode
ou dangcreux; toutes les compagoies vont suivre l'exemple de la compagnie de Lyon avec le plus louable empressement.
Palavas est certainement un village qui ne ressemble
pas a tous les autres.
En sortant de Montpellier, on suit, pendant une lieue
environ, une avenue de platanes traversant des prairies plus vertes qu'on ne pourrait s'y attendre sous un
ciel qui est resté pendant quatre mois au bleu fue.
Bientot le cbemin cotoie le Liez, une jolie petite riviere
qui se permet d'avoir de l'eau comme une rivicre de
Bourgogne ou de Normandie. Tout a coup la route se
fait cbaussée, el court a travers des marais salés qui
sont comme la préface de la roer, dont !'azur foncé
ferme l'horizon. ~a et la s'élevent de grands monticules
de terre aux aretes régulieres. C'est un aspect étrange
que celui de ces marais entrecoupés d'llots d'ajoncs d'un
vert foncé, ou couverts de conferves d'un vert tendre. Le
soleil et le ciel colorent de tons superbes et de magiques
reflets ces eaux peu profoodes et cRs prairies marines,
sur lesquelles volent ou trottent des bandes de bécasseaux au ventre blanc. A droite, se dresse une ruine
noire colossale; c'est l'église de l\faguelonne, qui fut la
mere de Montpellier; a gauche, une ligne d'un blanc
éclatant semble sortir de la bleue Méditerranée; c'est
Aigues-Mortes. On traverse le canal du Midi, voici Palavas : un petit port étroit, terminé par deux jetées paralleles, et bordé de maísonnettes a un étage, dont le
rez-de-chaussée est ombragé par un large auvent en
paille a claire-voie, se continuant dans toute la longueur
du village. Beaucoup de ces maisonnettes sont peintes
en rose; sur la plage, a gauche, quelques constructions
plus élégantes et des cabanes de hains.
Palavas est le Trouville de Montpellier, un Trouville

naissant, tranquille, modeste, qui ne sait rien encore
des toilettes tapageuses, et ne connait d'autre mélodie
que cclle des flots déferlant sur son rivage au sable doux
et fin, tout semé de coquillages. Quel profane avait done
jeté l'autre jour, daos ces transparentes eaux, un ignoble tesson de bouteille, sans égard ~our les pieds hlancs
et roses dlls néréides?
Sur la plage de Palavas, qui n'a qu'une rue et pas
une place, j'ai lu, - toujours dans la Patrie, - le décret qui rebaptise cent quatre-vingt douze rues et places de Paris, qui avaient des bomonymes dans d'aulres
quartiers.
Bommes d'État, guerriers, savants, philosophes, poetes, peintres, musiciens, morts et vivants, n'ont qu'a se
louer de M. le préfet de la Seine, qui a saisi cette occasion de leur octroyer fort libéralement une faveur qui
ne coutera au budget de la Ville que le prix de cent
quatre-vingt-douze écritcaux nouveaux. Nous avons
maintenant, pour ne citer que les meilleures, une rue
Hérold, une roe Béranger, une rue Casimir Delavigne,
une rue Vernet, une rue Musset, une rue Boche, une
rue Talma, une rue Víctor Cousin, une ruc Paillet, une
rue Biot, une rue Delaroche, une avenue Ingres, une
rue Desbordes-Valmore, une rue et une avenne Cambronne : I'avenue pour la version noble du mot de Waterloo, la rue pour la version populaire.
Nous avons une rueDupin, sans prénom; M. le baron
et M. le procureur général s'arrangeront, c'est leur affaire. Les grands hommes étrangers n'ont point a se
plaindre non plus : Humboldt, Képler, Titien, Rubens,
Beccaria, Copernic, Beethoven, Cimarosa, Donizetti,
Bellini, Berzélius, Galvaní, Pétrarque, participent aux
générosités de M. le préfet.
Raphael a son avenne, ni plus ni moins que M. Ingres; enfin, il n'est pas jusqu'a. Vitruve qui a obtenu
l'honneur d'une rue, tout comme MM. Galleron, Rébeval, Brochant, Bayen, Lamande, Leblanc, Émeriau, Gozlin, Polonceau et Biscornet : il faut elre aimable pour
tout le monde, meme pour les Romains.
Palavas n'est pas encore a la veille d'épuiser la liste
des grands hommes pour baptiser ses rues; mais qu'oo
lui donne onze kilometres de chemin de fer pour le relier a Montpellier, oú les marchandises de Marseille arri veront saos passer par Cette, que les baigneurs, les
baigneuses et la mode y mettent un peu de bonne volonté, et vous verrez comme il grandira vite.
Palavas; d'ailleurs, a déja un café Voltaire; done Palavas a de !'esprit, et un village d'esprit a bicntot fait de
devenir ,ville.
X. FEYRNKT.

-----..--~---.~----Fíl:TF. DU 1.5 AOUT,

-' n camp de nas-oued-el-&amp;nceur.
AU DlRECTEUR.

Placé dans une situation magnifique, entouré de bois,
le camp de Ras-Oued-el-Anceur présentait, le i 5 aout,
l'aspect le plus pittoresque. Depuis huit jours, chac1m
mettaít a profit les heures laissées libres par le service,
pour contribuer a la célébration de la fete du souverain.
A cinq heures du matin, la féte était annoncée par •
la musique. Deux heures apres, les troupes, daos leur
plus belle tenue de campagne, étaient réunies en avant
de la face ouest du camp; la, dcvant une modeste chapelle de verdure, elles écoutaient un Te.Deum suivi du
Domine Salvum, chanté par les sous-officiers et les musiciens du 82•. Puis vint la revue, et le défil.é, qui se fit
dans le meilleur ordre.
A trois helll'es commenga la série des divertissements.
Quarante anes, fournis par les tribus voisine~ du camp,
et montés par des cavaliers en costumes originaux et
bizarres,se disputerent quatre prixaux applaudissements
de la foule. Puis, vint la course en sacs, le théatre, le
banquet, 011 se firent entendre de nombreux vivats, le
bal avec son enceinte ornée de lanternes véniliennes, et
enfin la retraite aux flambeaux, qui termina cette belle
journée, que n'oubliera pas de sitot le 82• de ligne.
Agréez, etc.

Pour ea:trait : P. PAGET.

~

��,,

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
182

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

Le Théatre-Lyrique a fait sa réouverture avec la

Reine Topaze, les Noces de Fígaro, Rigoletto, etc. 11 pelotait en attendaot partie. Puis, la partie s'est engagée. L' Aleade et Don Pasquale ont été donnés le meme jour. Glissons sur l'Alcade. Le héros de cet ouvrage remarquable
n'est rien moins que l'héritier présomptif du roí de Por••
tugal. Proscrit, - on ne sait pourquoi, - il s'eat fait
voleur pour passer le temps, et peut-etre aussi pour se
déguiser. 11 est capitaine d'une bande de vauriens qui
tantot infestent les grandes routes, dévalisent les voyageurs et les meltent a ran~on, tantot viennent a la ville,
ou ils pratiquent le vol a la tire, et font le plus agréablement du monde la bourse, la montre, la tabatiere, saos
dédaigner meme, a l'occasion, le mouchoir de poche.
Ces graves occupations n'empechent pas le duc de Bragance, - car c'est lui, - de courtiser la filie d'un vieux
coquin d'alcade qu'il a arreté dans la montagne, et
taxé a deux mille piastres, digne éleve de Fra-Diavolo,
qui prétend
Enlever a milord
Et sa femme et son or.
Seulement, Fra-Diavolo n'est pas prince héréditaire.
A la fin, le roi de Portugal trépasse, le brigand monte
sur le tróne sans la moindre difficulté, et la filie de l'alcade luí ayant montré les sentiments les plus tendres, il
!'en récompense en l'épousant.
JI y a un opéra-comique ou une reine de Portugal
cour, incognito la pretentaine, descend daos une caverne
de fanx monnayeurs, devient ce cheffe de bandits » pendant quelquesjours, et, au dénoument, épouse un gentilhomme que le hasard a jeté au milieu de ses aventures. Mais il faut avo ir prodigieusement de talent, d'esprit,
pour se moqner ainsi du public, et s'en tirer exempt d1étriv~eres. M. Émile Thierry, assez maigrement approvisionné, aurait échappé malaisément aux suites naturelles
de sa témérité, saos un ami qu'il avait au parterre, et
dont la présence d'esprit l'a sauvé.
Quand l'acteur Gabriel, chargé de déclarer les auteurs,
ou, si on le préfere, les coupables, apres la chute du rideau, quand M. Gabriel, dis-je, a prononcé son nom :
- Qu'il n'en fasse plus! a crié !'ami.
Et la-dessus, le rire d'éclater et la mauvaise bumeur
de disparaitre.
M. Uzépy, l'auteur de la partition, doit regretter de
n'avoir pas rencontré un meilleur compagnon d'aventure. U est mélodiste. 11 a jeté au travers de cette fable
insensée des chants faciles, gracieux, lestementtournés,
tres-bien accompagnés parfois. M. Uzépy manie habilementl'orchestre.JI sait l'art d'instrumenter légerement, et,
quand la cit'constance le demande, d'avoir de la vigueur
et de l'éclat sans dureté, saos vacarme. Les couplets qu'il
a fait ehanter a Fabien, le rival infortuné du bandit, et
que, par parenthese, M. Legrand débite fort agréablement, sont spirituels, et ont une coupe originale. Le
boléro de Juanna est absolument dépoUl'vu de nJuveauté:
n'en parlons pas. Le duo de Fabien et de l'Alcade, dont
les a pai·te de Lorenzo íont un trio, est adroitement arrangé, gracieusement mélodique a certains moments, et
l'orchestre y soutient le dialogue récité par de piquantes
ritournelles. L'ouverture est fort jolie. Enfin ce début
promet, - a condilion que M. Uzépy s'efforcera de rendre a !'avenir son harmonie plus intéressante. C'est par
la surtout qu'il peche.
Le début de M. Ambroselli promet beaucoup moins, et
moins encore celui de Mil• Estagel. Mauvaise voix, mauvaise méthode, mauvaise prononciation, et force intonations douteuses. - On dit douteuses par politesse. En
réalité, ríen n'est moins douteux que ces sons-la.
M. Gilland, qui a débuté dans la meme soirée par le role
d'Octave, de Don Pasquale, chante quelquefois un peu
trop bas, et se fatigue vite, parce qu'il a, comme M. Ambroselli, la funeste habitude de se servir constamment du
timbre sombre et de l'exagérer; mais sa voix, avec quelque travail, peut facilement s'améliorer. Elle est pleine,
sonore, pas trop mal posée. 11 ne chevrotte pas, ce qui
devient rare. On luí a fait répéter le second couplet de
la Sicilicnne, du troisieme acte : Come egenttl, etc., on ·me pardonnera de citer le vers italien, puisque.je
ne connáis pas le vers fran~ais, -malgré quelques notes
un peu faibles, lesquelles, par bonheur, ne sont pas revenues assez fréquemment pour gater cette charmante
cani.ilene. Comme acteur, M, Gilland est tres--insuffisant

eucore, mais on ne voit a11cune raison pOlll' que l'exercice ne le forme pas comme tant d'autres.
Je ne sais pour quel motif M. Troy a quitté l'OpéraComique. M. Carvalho s'en est vite emparé, et n'aµra
pas a s'en repentir. M. Troy chante fort bien le role du
Docteur. Sa vocalisat10n est brillante et tres· agile, peut-etre meme l'est-elle parfois un peu trop. 11 phrase
avec élégance, porte la voix, entle et diminue Je son
a la maniere italienne. Bref, il n'y a pas de cantabile dont
il ne sorte avec honneur. Le role du docteur Malatesta
demande, ce me semhle, plus de gaieté qu'il n'y en met, et
plus de malice. JI se s'amuse pas assez visiblement de
l'abominable tour qu'il joue a son malade. Mais 'it ne
faut pas etre trop exigeant aujourd'hui. M. Troy a pleinement réussi, et son succes me parait, tout compte fait,
tres-légitime.
M. Ismael n'a pas été moins applaudi et il ne le mé.
'
r1tait pas moins. 11 s'est montré, daos le role du bonhomme Pascal, excellent comédieri, et aussi franchement
Louffe que s'il fu.tné en Italic. Ala vérité) il est, jecrois,
Proven~al ou Languedocien. On reconnalt l'intluence
du soleil méridional a la verve de son exécution, a la
chaleur et a l'originalité de son jeu. On ne saurait etre
plus amusant que luí dans la scene ou Norine lui fait voir
par ün soufflet le cas qu'elle fait de son autorité maritale,
et dans celle ou il témoigne au docteur toute sa colere.
On a fait répéter la fin de ce dernier duo. Cette manie du
bis a outrance et atout propos commence a devenir passablement ridicule : mais les applaudissements étaient
bien gagnés.
M11 • de Maesen n'a pas cette rare ~exibihté de talent
qui pent se plier a tous les genres, a tous les styles, et
réussir daos les roles les plus différents. Au mois de mai
dernier, elle criait Bellini avec autai::.t de zele qu'elle
avait crié Verdi pendant tout l'hiver. Maintenant elle
críe Oonizetti; el 1e cha lle la musique bouffe avec énergie, et, pour peu que la phrase y prete, elle y met unll
solennité qui va parfois jusqu'a l'emphase. Elle la de
ces légeres cantilenes de traits de vocalisation ambitíeux,
lourds, et d'une correction suspecte. El)e a tres-médiocrement réussi dans ce role de maligne ve uve, ou
M11 • Patti est si espiegle, si mutine, si charmante. 11 ne
faut pas, pour cela, retirer a Mil• de Maesen un seul des
applaudissements qui lui ont fü juslaner~ prodigués
lorsqu'elle a joué Rigoletto. ll faut seulement se rappeler
le distique du bonhomme :
Ne fori,ons point notre talent,
Nous ne ferions rien avec grtlce.

Don Pasquale, écrit par Donizetti pour le Théatre-Italien de París, fut joué pour la premiere fois au commencement de janvier i343, par Mm• Grisi, alors daos tout
l'éclat de son talent et de sa royale beauté, et par Mario, Tamburini et Lablache. L'exécution en fut. me!'veil.leuse, et le succes proportionné au mé!'ite de l'reuvre,
dont pas une note ne manquait son effet. Ce n'est pas un
ouvrage du premier 0rdre. 11 ne faudrait pas le comparer au :Barbie1· de Séville, ni au MariageJecret. ~fais parmi
les ouvrages du second ordre, il n'y en a guere de plus
agréable. Les deux duos de Norine avec le Doctel!r et
avec don Pasquale ont une vivacité, une légereté,
une gaieté irrésistible, et celui du Docteur avec son malade mystifié ne leur cede en ríen. Le quatuor (andante)
du premier finale est un chef-d'reuvre de grace mélodique et d'harmonie vocale. La sérénade chantée par
Octave, au clair de la !une, est délicieuse. Elle est suivie, daos la partition italienne, d'un duo-nocturne qui ne
l'est pas moins. J'iguore pourquoi ce morceau charmant
a été exclu de la partition fran~aise. Le dernier air de
Norina est une merveille d'élégance, de finesse, et de
grace coquette. Ces qualités sont un peu amorlies,
daos la traduction fran~aise, par la pesanteur de
notre tangue, mais il en reste encore assez pour qu'on
en jouisse, et le public du Théatre-Lyrique y a pris un
vif plaisir. Le succes de Don Pasquale a été complet,
malgré les quelques criti1¡ues que je me suis permises
daos l'intérel de l'art, qu'il ne faut jamais sacrifier. Le
gros public n'y regarde pas de si pres. 11 est toujours
content quand il s'amuse, et il y a bien longtemps qu'on
n'avait donné au Théatre-Lyrique rien d'aussi amusant
que Don Pasquale.
Le Vaudeville a voulu faire, luí aussi, sa petite excursion dans le pays des doubles croches. JI a exhumé
le Devin du village, qui ent un si grand succes ala Cour
et a l'Opéra, il y a cent douze ans. L'reuvre de Jean-Jac-

ques a été exécutée, place de la Bourse, par trois élevesdQ
Conservatoire, engagés ad hoc: Mil• Laporte, M. Leroy, et
M. Troy. Celui-ci est le frere puiné du baryton qui chante
si bien, au Théatre-Lyrique, le role de Malatesta. u a,
comme son ainé, une voix de baryton qui parait belle, I!
est encore un peu emphatique, un peu lourd : c'est la
rouille de l'école.11 s'en dépouillera avec le temps. Desau,.
jourd'hui, il donne assurément beaucoup d'espérances.
M. Leroy, adolescent timide, na'if, fluet, délícat et rose
est parfaitement semblable aux Colins qui figurent ~
centaines sur le&amp; trumeaux et les dessus de porte des hri.
tels du siecle dernier. Mil• Laporte parait destinée •au
style tragique. Elle chante ces mélodies légeres et sans
prétention avec une voix sombre et le timhre qui con.
viendrait a l'air de Castor et Polltt:I! : Tristes aw,ei,,
páles flambeaux, etc. Ce n'est pas la, tant s'en faut!
ce qu'il faudrait dans la musiq ue du Devin du vlilage,
dont le principal mérite est une simplicité naive
pleine de charme pour qui sait oublier au besoin ses'
habitudes, et ~e reporter cent ans en arriere. Jean-.Jacques Rousseau n'avait pas la science harmonique de
Pergolese ni des autres compositenrs italicns qu'il avait
pris pour modeles, mais il avait de l'invention mélodique, du sentiment, l'instinct de l'expression, et une
grande intelligence qui pouvait s'appliquer a tout. S'il y
a dans le Devin des parties faibles, il y a aussi des traits
charmants; - que l'exécution actuelle, il faut l'avouer,
ne met pas suffisamment en saillie.
On parle, au Vaudeville, tout le dialogue que Rousseau avait mis en récitatif. Cela est a regretter. Ce récitatif est accompagné d'un violoncelle et du clavecio,
comme celui de tous les maitres italiens d'alors,
comrue celui de Cimarosa, de Mozart et de Rossini. C'est
un usage établi de tout temps sur nos théatres de ne laisser jamais la conception de l'auteur, et surtout du compositeur, arriver tout entiere au public. Chacun y veut
mettre un peu du sien, et Die u sait quelles reuvres batardes, saos unité, sans caractere, résultent, apres vingt
ou trente répétitions, de r;ette collaboration universelle!
L'Italie est peut-elre le seul pays du monde ou uae reuvre
musical e appartienne tout entiere au eompositeur qui la
signe, et qui en porte la responsabilité.
Le Théatre-Italien annonce sa réouverture pour le
t•r octobre prochain. Il y aura décidément de la danse,
des divertissements, des intermedes. Une amélioration
dont il faut, selon moi, se réjouir et remercier M. Bagier, c·est la suppression de deux rangs de fauteuils a
l'orchestre, suppression qui a permis d'écarter un peu
les autres. On y pourra désormais arriver a sa place
saos trop froisser les robes des dames, et sans marcher
snr les pieds de personne. Les premieres loges ont été
également élargies, et par le meme prócédé, qui est un .
sacrifice. La troupe engagée est tres-nombreuse. Noos
reverrons Mil• Patti, Mm• Charton-Oemeur, Mm• de
La Grange, Mil•• Marebisio. Mm• Penco reviendra, el
M. Fraschini, et MM. Naudin, Nicolini, Delle--Sedie, Zucchini, Scalese, etc., etc. le ne mentionue que les noms
les plus illustres. Nous aurons aussi un nouveau chef
d'orchestre, M. Bosoni. C'est un des points les plus
importants. Les bons chefs d'orcheslre sont tres-rares.
Espérons que celui-ci ne laissera ríen a désirer. Le programme que j'ai sous les yeux promet quantité d'ouvrages, tous les chefs-d'reuvre anciens, et quelques
picces nouvelles, ¡iarmi lesquelles figurent en premiere
ligue la Forza del Destino de Verdi, et Leonora de Mercadante. On ne nous donnerait que la moitié de tout
cela qu'il y aurait encore de quoi s'estimer tics• heureux, si l'éxécution était bonne.
G. filQUET,

LE

JEUNE

ANGLAIS.

La petite ville de Grünwiesel, ou je suis né, est située
dans la partie méridionale de l'Allemagne, et ressemble
a toutes les petites villes de ce pays. Au centre, se trouve
une place de marché, peu spacieuse, avec une fontaine;
d'un coté, le vieil et modeste hotel de villc; tout a l'entour du marché, les maisons du juge de paix et des principaux négociants; puis quelques mes étroites, habitée&amp;
par le reste de la populatiou.
Toutle mondes'y connait; chacun sait ce qui se passe
chez les autres. Qu'il. la table du premier pasteur, do
bougmestre ou du médecin, il y ait un plat en plus, toute
la ville en est instruite il. l'heUI'e du diner; c'est le grand
événement du jour; tout le long de l'apres-midi, les da·
mes ne parlent pas d'autre chose dans les réunions ou

183

L'oncle offrit, du reste, un écu par cachet, et le m.aitre
ne sait pas l'allemand, et vient de jurer dans sa langue,
de
danse s'empressa d'entreprendre l'instruction du neparce qu'il est contrarié d'etre forcé de s'arreter.
veu,
quelque rebelle qu'il put etre aux gr.ices frangaises.
-· Eh bien, si c'est le neveu de Votre Seigneurie, ré11 n'y avait, disait sous-main le vieux. professeur, rien
pondit le portier, il peut entrer saos passeport. Saos
d'iussi curieux que ces le~ons. Le nevi3u, jeune homme
doute, il descend chez vous?
- Certainement, répliqua l'étranger. 11 compte méme assez grand et élancé, mais dont les jambes étaient un
peu courtes, se présentait bien frisé, en habit rouge et
faire a Grünwiesel un séjour assez long.
en
pantalons verts bouifants.11 portait des gants glacés.11
roatades.
.
.
. .
e
Le gardien était a court d'objections, et le monsieur
vous pouvez vous 1magmer quel debo1re ce_ d~t _tre
parlait peu et son accent était celui d'un Anglais. Au déune ville organisée de la sorte, que de votr s y eta- étrauger et son neveu entrerent dans la ville.
La conduite du gardien fut loin d'etre apprduvée par but il était poli et docile, mais tout d'un coup il s'aban:~:un µersonnage mystérieux. D'ou il ven_ait, ce qu'il
do;nait aux. sauts les plus extravagants et dansait les
lait de quoi il vivait, personne ne le sava1t. Le bourg- le bourgmestre et ses administrés. JI auraittoutau moins figures les plus imprévues, avec des entrechats a stupévou ,
, .
l' .
é .
tre avait exammé son passeport et ava1t trouv re- du retenir quelques mots de la langue du neveu; ils eus- fier le vieux. Francais. Prié de se corriger, il ótait ses esmes
_ . IN'
.
lierement visé de Berlín pour Grunw1ese . eanmoms, sent serví d'indices pour découvrir quelle était sa patrie carpins, les lan~ait a la tete du professeur et se mettait
~vail insinué, en prenant le café chez le docteur, qu'il et celle de son oncle.
Le portier assura que ce qu'il avait entendu n'étaitni a quatre pattes. Le br°uit faisait alors accourir de son
~airait un secret et que l'étranger luí paraissait susdu fran~ais, ni de l'italien ; c'était, disait-il, pateux et cabinet le monsieur étranger, vetu d'une large robe de
chambre rouae,et coiflé d'un bonnet en papier doré etle
pecl.
· · 't .a Grunw1ese
- . l de 1a p1us guttural comme l'anglais. S'il ne faisait erreur, le jeune
Le bourgmestre JOU1ssa1
fouet tombaii° rudement sur le dos du neveu. Celui-ci
grande considération; il n't a done pas lieu de s'é~on~ homme avait lancé un Goddam.
poussait des hurlements effroyables, sautait sur les tables
Cette explieation tira le gardien de peine, et valut un
ner qu'a partir de ce jour I etranger passat po~r_suJet a
et les commo\les les plus élevées, s'élan~ait meme au
caution. Sa conduite n·était pas de nature a d1ss1per les nom au jeune homme, que depuis on n'appela que le haut des croisées et se lamentait dans Ulle tangue étranjeune Anglais.
doutes.
gere et bizarre. Mais le víeillard ne s'en émouvait pas.11
navait loué, an prix de quelques ducats, une maison Mais le jeune Angl:i.is, lui aussi, n'était pas visible. saisissait son neveu par une jambe, l'enlevait, le terrastout entiere, inoccupée jusqu'alors. On y avait déchargé 11 n'allait ni au jeu de qllilles, ni a la brasserie. 11 n'en sait et le rossait d'importance. Puis il luí serrait la erapas moins la population, dont il tenait l'attenune ,oiture ple ine d'objets singuliers: fourneaux, foyers intri(l'uait
ºen éveil pour d'autres raisons. Souvent, la ma1son
.
vate au moyen d'une bouele. Aussitot le jeune homme
tion
économiques et autres ustensiles de ce genre. 11 vivait
red:venait doux et maniable, etla le~on s'achevait sans
tout seul et ríen que pour luí. Il faisait lui-meme sa cui- de l'étranger, autrefois si silencieuse, retentissait d'un
nouvel incident.
sme, etil n1entrait dans sa maison ame qui vive, a l'ex- vacarme et de cris épouvantables, a te! point que la foule
Lorsque les progres du neveu furent assez avaneés
s'arretait
et
tachait
de
voir
ce
qui
se
passait.
ception d'un vieillard de Grünwiesel, chargé de ses achats
pour
que la musique dut accompagner la danse, un muOn entrevoyait le jeune Anglais, vetu d'un habit rouge
de pain, de viande et de légumes. Encore, celui-ci n'asicien de la ville fut pris a gage, et installé sur une table,
vait-il le droit de pénétrer que dans l'allée, ou l'étranger et d'un paotalon vert, les cheveux hérissés, et courant, daos le salon de la maison. Le ma1tre de danse faisait la
avec une rapidité incroyable, le long des fenetres, par
prenait réception des provisions.
dame. A cet effet, le vieux. monsieur l'affublait d'une
J'avais dix ans lorsque ce personnage mystérieux ar- toutes les chambres. Le vieil étranger le suivait de pres, robe de femme en soie et d'un chale des Indes. Le neveu
riva dans ma ville natale, et aujourd'hui encore je me un fouet a la main. Souvent il le manquait, mais parfois J'engageait et se mettait a valser avec luí. C'était un
¡¡ semblait au groupe que le jeune homme avait été atsouviens comme d.hier de l'ém.oi qu'il causa.
daoseur infatigable, enragé. 11 ne lachait pas le profesJI ne passait pas, comm,e les autres . messieurs, ses teiut, car on entendait des gémissements lamentables et seur · saos souci des cris et des gémissements du pauvre
ap~s-midi au jeu de quilles. 11 n'allait pas, le soir, dis- Je claquement des coups de laniere. Ce traitement bar- hom~e, il le tenait dans ses longs bras et le for:;ait de
cuter avec eüx, a l'auberge, les nouvelles apportées par bare excita si vivement la compassion des damos de la danser jusqu'a ce que ce dernier s'affaissat, ou que les
lejournal, et fumer sa pipe. Ce fut en vain que, tour a ville qu'elles déterminerent le bourgmestre a une bl'aS d11 joueur de violon tombassent de fatigue. Ces letour, le bourgmestre, le juge de paix et le pasteur prin- dém~rche. 11 écrivit au monsieur étranger un billet dans ~ons manquaicntfaire rendre l'ame au vieux. professeur.
cipal l'inviterent a diner ou a partager leur café. II avait lequel il lui reprochait, en termes fort durs, le régime Tous les jours il prenait la ferme résolution de ne pas
constamment des excuses a opposer. Aussi fut-il pris par inconvenant qu'il faisait subir as0n neveu,et mena~ait, remettre les pieds dans la maison de l'étranger; mais le
les o.ns pour un fou, par d'autres p0ur un juif. Un troi- en cas de récidive, de prendre le jeune homme sous sa vieillard lui payait si régulierement son écu et lui ve_rsait
sieme partí soutenait mordicus qu'il était magicien ou protection particuliere.
Juaez
de l'étonnement du bourgmestre, lorsque, pour de si bon vin, que toujours il revenait le lendemain.
o
sorcier.
Les habitants de Grünwiesel voyaient la chose avec
Un jour, il vint a Grünwiesel une troupe ambulante la premiere fois depuis des années, il vit entrer l'étran- d'autres yeux que le Fran~ais. lis trouvaient au je,me
d'animaux curieux : un chameau qui s'agenouillait, un 0crer dans sa maison. Le vieillard justifia sa condnite par bomme d'heureuses dispositions, et les dames de la ville
ours qui dansait, plus quelques chiens et quelques sin- les instructions formelles qu'il avait regues des parents se réjouissaient a l'idée de posséder pendant l'_hiver pr~ges, habillés en hommes, d'un effet assez comiquc sous du jeune homme confié a ses soins.
Garcon de sens et d'intelligence du reste, celui-ci, au chain un danseur dont l'intrépidité remédiera1t au petlt
leur accoutrement, et qui se livraient a différents exernombre des cavaliers.
cices. lis traversaient la ville en s'arretant aux: carre- dire d~ l'oncle, avait une peine extreme a apprendre les
Un matin, les servantes, au retour du marché, firent
lan11ues.
Il
fallait
cependant
qu'il
parlat
allemand,
pour
fours et aux places publiques. La, aux sons discordants
part a leurs maitres d'un événement qui tenait du rni-• •
d'un tambourin et d'un fifre, s'exécutaient les danses et queº l'oncle pu.t réaliser son désir bien vif de l'introduire racle. Devant la maison du jeune Anglais s'était arreté
les gambades. La quete formait la cloture. Le premier daos \a société de Grüuwiesel.
Malheureusement, le neveu opposait a l'enseignement une magnifique voiture a glaces, attelée de beaux cbesojet était un orang-outang énormé. Sa taille était presvaux et un domestique en riche livrée en avait tenu la
'
que celle d'un homme; il marchait sur deux jambes, et de cette langue tant de mauvais vouloir,qu'il fallait, faute portiere.
La porte de la maiEon s'était ouverte pour ¡·1de mieux, recourir au fouet. Cette communication satissavait faire les tours les plus amusants.
vrer passage a deux messieurs en grande toilette. L'un
Une représentation f'1t donnée devant la maison du lit pleinement le bourgmestre qui, pour la orme, recom- était le vieil étranger, et l'autre ne pouvait etre que le
monsieur étranger. Lorsque le tambourin et le fifre se manda un peu de modération. Le soir, il racontait a la neve u qui avait appris l'allemaod si péniblement et dan' tant de furie. Les deux messieurs avaiint pr1s.
firent entendre, on le vitd'abord, l'air mécontent, regar- brasserie que rarement il avait rencontré un homme sait avec
der derriere les vitres. ltlais bientót son humeur s'adou- aussi instruit et aussi aimable que l'étranger.
- C'est dommage, dit-11, qu'il voie si peu le monde! place daos la voiture, sur le derriere de laquelle le lac1t. A l'ébahissement général, il ouvrit la fenetre, et rit
quais s'était élancé, et qui s'était dirigée tout droit vers
de bon creur des jeux de l'orang-outang. II paya son Mais j'espcre qu'il sera l'un des assidus de nos réula maison du bourgmestre.
plaisir d'une si lourde piece blanche, que tout le monde nions, lorsque le neveu saura un peu s'exprimer en alleA cette nouvelle, les clames se haterent de remplacer,
mand.
en parla.
par
une toilette recherchée, leurs tabliers de cuisine et
Cet incident suffit pour modifierentierement l'opinion
Le lendemain, la bande d'animaux se rem.it en marleurs
bonnets dont la propreté était douteuse.
che pour d'autres localit.és. Le chameau eut a porter une de la petite ville. L'étranger fut regardé comme un
e&lt; U est sur, dirent-elles a leurs familles, pendant que
masse de paniers, dans lesquels les chiens et les singes homme aimable. On désirait lier avec luí dea relations tout le monde s'évertua1t aranger le salon de réception,
étaient installés commodément. Les conducteurs et plus intimes, et on trouvaitjustifiés les cris affreux. qui, qui n'était pas exclusivement affecté a cet usage, il est
l'homme des bois suivaient a pied. Quelques heures a de temps en temps, s'élevaient daos la maison dé- sur que l'étranger va introduire son neveu daos le
.
peine apres leur départ, le monsieur commanda une serte.
-•
Il
donne
une
le~on
d'allemand ason neveu, disaient monde. Pendant dix années, le vieux fou n'a pas eu l'atchaise de poste et des chevaux. ; il sortit par la meme
tention de mettre le pied daos notre maison, mais qu'il
porte que les betes, et prit le meme chemin. Toute la les passants, et ils ne s'arretaient plus.
Apres trois mois environ, ces le~ons parurent avoir soit pardonné pour l'amour du neve u, qu'on dit un jeune
Tille était contrariée de ne pouvoir ap¡,rendre le but de
abouti, car le vieillard fit un pas de plus. 11 y avait dans la homme charmant. »
son voyage.
Elles engagerent leurs fils et leurs demoiselles a se
ll ne revint qu'a la nuit close; mais il n'était plus seul ville un vieux maitre de danse fran~ais tout cassé. 11 fut présenter convenablement, lors de la visite des étrangers,
dans sa voiture. Une seconde perso11ne y était assise, le appelé par l'étranger,qui lui communiqua son intention ase tenir droits et ase servir d'un langage choisi. Leur
chapean enfoncé sur le visage, la bouche et les oreilles de faire apprendre a danser a son neveu. L'oncle donna sagacité ne fut pas en défaut, car le vieillard se fit cona entendre que l'éleve avait des dispositions, mais qu'il
enveloppées d'un foulard de soie.
duire avec son neveu, de maison en maison, en se reLe gardien ele la porte de la ville crut de son devoir était difficile a gouverner. U avait déja regules legons com~andant a la bien veillance des famille&amp;.
d'interpeller ce nouveau voyageur et de luí demander d'un autre professeur, qui malheureusement luí avait
Partout il n' était question 4:ue des deux étra.ngers, et
son passeport. 11 n'en regut pour toute réponse qu'un enseigné des tours si singuliers, qu'il ne pouvait se pro- J'on regrettait de n'avoir point fait depuis longtemps lcur
grognement brutil, proféré daos une langue inintelii- duire convenablement.
:MUNTZ.
Ce qu'il savait avait beau ne pas avoir laressemblance aimable connaissance.
gible.
(Traduit de l'allemand de Guillaume Haulf)
- C'est mon neveu, dit avec une amabilité parfaite le la plus éloignée avec la valse on le galop, danses du
monsieur étranger en se penchant vers le gardien et en pays, ni meme avec l'écossaise ou la frangaise, ilne s'en
(La suite prochtlinement.)
lui gliaaant un tlorin daos la main; c'est mon neveu; il estimait pas moins un danseur accompli.

nnent le café et mangent des gateaux. sucrés ;
elles pre ugurent que le premier pasteur a mis a la Jo ..
elles
. t'" un chre·1·1en,
. en a a gagné plus qu··¡I ne conv1en
1
teriele byougmestre s'est laissé graisser la patte, ou que
que e'd cin a re~u du pharmac1en
· que 1ques 1oms,
· en
:::~ des ordonnances conteuses qu'il prescrit a ses

�i84

niqués. S'il est dans l'ancien eontinent des contrées entiere.
r.1ent inconnues, corume, par exemple, l'intérienr de l'Ar,¡.
que, il s'en trouve daos le nouveau qui n'ont pas élé
explorées davantage. Daos l'Amérique du Nord, grace l
J'esprit cntreprenant des Yankees et des nombreux co10111
qui sont venus peupler les vastes déserts compris entre les
deux océans, tout est a peu pres counu. Mais il n'en est paa
de meme dans l'Amérique du Sud. - Dcpuis le 4te degré de
latilude S. jusqu'au cap Horn s'étend le pays appelé Pa14.
¡;onie, comprcnant &lt;les centames de licues carrées dont un

VOYAGE DANS LES RlGIONS SEPTENTRIONALES DE LA P!T!GONIK
AU DIRECTEl:íl.
Santiago (Chili), 18 janvier ! 86l,

Je vous envoie le compte-rendu de la relation d'un voyage
qui ,·icnt d'ctre exécuté, aux frai3 du gouvernemeut chilien,
daos les régions septentrionales de la Patagonie, et quelques
croquis que le chef de l'expédition, M. G. Cox, m'a commu•-

CAVALIEll PAHUEN Cllh.

seul point est occupé,
la colonic militaire de
Magellan. Or, maintenant qu'entre les questions a l'ordre d11 jour
dans le monde commercial et industrie!,
une de celles qui
préoccupent le plus
les esprits, en Europe
et en Amérique, cst
celle de la communication entre les deux
océans Atlantique et
Pacifique, la coonaissance la plus complete
de tout le continent
américain ne peut
qu'avancer la solution
du probleme. Le gouvernement des États• Unis a déja envoyé
de nombreuses expéditions, dans ce but,
daos l'Amérique du
Sud. Presque toutes
les nations hispanoaméricaines, tout entieres a leurs discordes civiles, ne peuvent
prendre intéret a la
question. Une seulc
entre toutes se fait remarquer par son
amour de I'ord re et du
::..- a::

M. COI, VOYAGEUR DINS LES PAllPAS DU CHILJ,.

A M P A

~ G

ÉTRIE!l DE PAHUKNCBE, GllA.NDEUll NATURELLR.

S

N I t

L

64

CARTK DE LA COMMUNICATION ENTRE LE PACIFIQUE ET L'ATLANTIQUR.

{85

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL · uNlVERSEL.

VI LtUSTRATlON, JOUll.NAL UNIVEI\SEL.

progres, et par les pas
lents, maisstirs, qu'elle
fait daos la ,•oie de la
civilisation; c'est le
Cbili. Son gouvernement a été frappé des
avantages qui résulteraient, pour le com•
rnerce et !'avenir do
pays, si la communication inter-océanique
tra,ersait son territoire. Un jeune Chilien, M. Cox, Chilien
&lt;le naissance , mais
fils d'un Anglai~, \'un
des rné&lt;lecins les plus
distingués de Valparaiso, avait toujours
été préoccupé de cette
question de communication, qui, si elle était
résol ue par son ¡,ays,
luí ferait le plus grand
honneur. Sí l'on jette
les yeux sur la cartc,
011 voit q11e Puerto.Moutt e5t situé par le
4i O 30' latitude S. au
fond du golfe de Reloncavi, tout · pres du
lac de Llanquihué. A
quatre lieues a l'E. et
baignant le pied du
volean d'Osorno, se

--; le Jac de tous
trOU Saints alimenté
les une riv1ere
'- "
qu1·
par se le píed du col
arro
.1.. A
d la Cord11ere.
e tir de cette ri viere,
par
.
et en s'avan~ant tro1s
.
l.1eucs al'E,, on. francbit le col, et imme-·
diatementon trouve le
rand lac de Nahuel~uapi, d'ou sort _une
grande riviere q~1 va
droit a I'Atlant1que.
Jusqu'ici, diverse3 expéditions (entre autres
l)oe que fit M. Cox, en
iS:íO) s'élaient avaneces jusqu'au bord du
lac, mais aucune n'avait exploré ce lac, et
encorc moins la ri viere qui cnsort; et pourtant si cette ri viere
étaitreconnue navigable on avaít ur.e
' . . mar1-.
commumcalton
time toute trouvée entre les deux océans,
parce qu'a vec tous les
lacs du versant ouest

'·
3

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'.'.I

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Jcdu,,v tro:n,n¡e,r.,,,/,u

w

..limay penda,n.t; 11, /,,i,aw,
tÚ,JlJfl,COW.f

,ju,Iar;

CARIE IJ'UNE PARTIR DE LA COMMUNICATION DU PACIFIQUE AU LAC NAHUEL-HUAPJ.

ap,uJ(l;J'Olff.e/

et la riviere de l'autre versan!, cette cornrnunicalion par eau
traverse réellement
l'Amérique, et n'est
interrompue que sur
trois ou quatre lieues
de long. M. Cox ol'frit
de tenter l'exploration
du lac de NahuelHuapi et du río. qui
en sort. - Le gou-•
vernement ar,cepta ses
offres, et le nomma
chef d'une expédition
qui devait, sous ses
ordres, partir de Puerto-Moutt, traverser les
différents !aes, reconnailre iJ. fond le passage de la cordiliere;
enfiu, aprcs avoir exploré le lac de Nahuel-Huapi, descendre
par le rio Negro, qui
en sort, jusqu'a l'Atlantique. L'entreprise •
offrait de grandes dif •
ficultés, parce que des
Puerto-Moutt elle dcvait etre livrée a ses

L

VOLCAN D'OSORNO

LR LAC DE TOUS LBS SAINTS: CillPEMKNT A LA SORTIB DU PETROHUll

proprcs ressources : tout le
pays qu'elle avait a traverser
n'étant qu'un désert. Un de
nos compatriotes, un Fran~is, M. H. Lenglier, ancien éle,e de l'École polytechniqne, oITrit a M. Cox de partigcr ses dangers.
Nos voyageurs partirent, le
7 déccmbre 1862, de Puertollontt, petite ville allemande
transplantée sur les bor&lt;ls
du Pacifique, et chef-lieu de
lacolonie; ils s'étaient munis
de tous les iostruments néCCssaires, soit aux opérations ~.
topographiques et géodési-

- \ l R DU DESAt;UÉ

DU LIMA.Y. -

D'apres les crvquis de •1. Cvx.

ques, soit aux obscrvations
météorologiques, et étaient
accompagnés &lt;le dix-huit
hommcs résolus. Partis le
¡ décembre, íls arrivcrent
seulement le ter janvier sur
les bords du lac de NahuclHuapi, apres avoir franchi
le col. Nos voyageurs contournent ensuite, sac au dos,
le volean d'Osorno et arrivc11t sur les bords du lac de
tous les Saints, ou lacdesÉmcrantle~, aimi nommé it (·ame
de la couleur verte de ses
caux. L~, peodant que ses
hommes transporlent les vi-

�I

f86

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

vres de l'autre coté du lac, sur le canot que M. Cox anit
laissé dans son expédition précédente, nos voyageurs, continuent leurs observations. Le 25, M. Cox arrive au
pied du Tronador, montagne gigantesque couverte de
ueiges a son sommct et ayant a sa base un glacier immense, et dépeche les hommes en avant pour frayer,
la hache a la main, un passage dans la foret vierge qui
couronne le sommet fa col. Le 27, les J:¡ommes reviennent épouvantés par les neiges de la cime, qui, disent-ils, leur ont barré le passage. Alors, pour les encourager, M. Cox se meta leur tete et escalade les hauteurs. Arrivé au sommet, il apercoit la nappe ble11e du
lac de Nahuel-Huapi et les vastes horizons jaunatres des
pampas. Arrivé sur ses bords, en quatre jours, M. Cox
renvoie a Puerto-Moutt neufhommes, n'engardant avec
lui que cinq et son compagnon, M. Lenglier. Malgré
les périls que leur fait encourir un coup de vent terrible,
nos voyageurs traverserent en deux jours les dix-sept
lieues de large11r du lac; suivant toutes les présomptiom,
ils devaient etre en face du desague (débouché de la riviere). Le lendemain, la muraille qu'ils avaient devant
les yeux semblait rendre improbable l'existence de toute
issue, mais. au lever du soleil, M. Cox vit un point,
situé au milie\l des terres, s'élever comme une légere
vapeur. On se dirigea vers ce point; l'issue était bien
la; la premiere partie du probleme était résolue; nos
voyageurs releverent e:xactement la position du desague
et le fixerent sur leur carte.
Jls passerent ce jour en préparatifs pour l'exploration
de la riviere, et le lendemain, a sept heures du matin, la
troupe se confia a la fortune. La riviere se présentait
bien, rapide, il est vrai, mais d'une largeur suffisanle
et avec 4 ou 5 metres de fond. M. Cox et son compagnon, a l'aide du chronometre et de la boussole, releverent les distances pam.&gt;urues et les directions. Daos
la premiere partie de son cours, le rio Limay ou Limayleulu, riviere des s_angsucs en indfen, présente une section transversale reniarquable. 11 coule a mi-cote, puis
se divise en plusieurs bras. Apres cinq jours de navigation, les voyageurs rencontrent deux ou trois rapides,
parce qu'en cetendroitla rivicre coule au fonddu vallon et
est bordée, des deux cotés, par des rochers a pie. On
passe avec bonheur quelques rapides; il y a toujours du
fond, mais de temps a autre, des pierres montrent
leur tete a fleut d'eau; écueils cachés dont !'un, sur
les cinq heures, brise la quille du canot. « En moins
d'une seconde, dit M. Cox daus la relation de voyage
qu'il a publiée, l'e:iu qui entre par le fond nous arrive jusqu'a la ceinture; j'ordonnai de continuer aramer pour essayer de nous diriger a la rive, mais déja
l'eau avait fait sortir les rames des tolets. En ce moment,
une grosse lame prend, au milieu du remous, l'embarcation en flanc et la renverse, la guille en l'air. M. Lenglier, le peon Vera et moi, qui étions du cote opposé,
nous fumes littéralement coiffés par le bateau et précipités au fond. Ma ceinture me fit remonter, mais ma tete
frappant contre les bancs, je coulai de 11ouveau. Je me
sentais étouffer quand, tournant deux ou trois fois sur
moi-meme, je revins a la surface. Je vis alors a mes cotés Lenglier, luttant au milieu des flots, et un peu plus
loin le canot, qui s'en allait tranquillement la quille en
l'air, avec mes quatre autres mariniers, montés dessus.
J'offris a M. Lenglier une ceinture de sauvetage
que j'avais a la main, mais il la refusa, aimant mieux
se confier a son habileté de nageur, et se dirigea vers
le canol, ou les peons lui tendirent une rame, et il parvinta montera cheval sur la guille. Vera eut la meme
chance. Pour moi, des remous me pousserent a la rive,
ou je fus assez heureux pour aborder. Au bout de quelque temps, le canot s'arreta, enchassé entre deux rochers,
pres de la rive. Les hommes alors se mirent a l'eau et
vinrent a terrc. La profondeur de la riviere était, en
cet endroit, de 3 ou 4 metrcs, la largeur de 80, et depuis le matin nous avions fait comme 75 milles. » Voila
done nos pauvres gens a terre, presque nus et sans vivres. Par bonheur, &lt;les sacs de farine et de charqui
(viande seche) vinrent a terre, ainsi que le portefeuille
qui contenait papiers, croquis, notes, journal de voyage.
Nos voyageurs passent une mauvaise nuit, et le lendemain arriverent des Indiens qui les conduisireut au cacique voisin; celui-ci voulut d'abord les tuer, mais
un Chilien qui commergait avec les Indiens, feignit de connaitre M. Cox, le fit passer pour riche,
et grace a l'avarice du cacique, M. Cox put aller
a Valdivia, en laissant quatre hommes en· otage, dont il
devait rapporter la rangon. De plus, il eut la possibi-

bilité de pousser jusqu'a Puerto-Carmen, but de son
voyage; mais sur la routc, deux caciques ve11lent l'empecher de passer et cherchent a l'intimider dans un parlement (assemblée d'lndiens armés). Cox échappe a ce
nouveau péril, pai.se la cordiliere au col de Ranco,
meten sureté ses papiers a Valdivia, et revient intrépidement, toujours suiVI de son compagnon, M. Lcnglier,
dégager sa parole et ses otages. JI passa alors deux mois
au milieu des Pahuenches, étudia leurs mreurs et adopta
meme leur costume. C'est celui que porte M. Cox sur le
portrait que je vous adresse. 11 revoitle lieu du naufrage
dans une partie de chasse a11 guanaco et a l'autruche,
s'enfonce a l'est, et attend toujours le départ pour Puerto-Carmen deslndiens, qui, tous les ans, a cette époque,
vont dans cette ;ille vendre leurs plumes d'autruches et
leurs cuirs de guanacos; mais h présence des deux
Huincas a excité la jalousie et la défiance des caciques
voisins, et ils menacent de venir donner malon (saccager et tuer) au cacique qui donne l'hospitalité a nos deux
voyageurs. M. Cox, voyant qu'il ne pourra passer, revient
a Valdivia, et de la a Santiago, ou le gouvernement a
fait imprimer la relation de son vÓyage. Ce livre a paru
tout dernierement. ll contient un grand nombre de faits
relatifs a la géographie, a la météorologie de ces contrées,
et ce qui est le plus important, tousles éléments du probleme de la communication inter-océanique, a cette latitude de l'Amérique. Car M. Cox n'est pas arrivé
jusqu'a l'Atlautique, il est vrai, mais, par un heureux hasard, il a fait précisément naufrage au point
011 était arrivé le pilote espagnol Villarino, qui depuis
l'Allantique aváit remonté le cours du río Negro, et qui
nous alaissé une relation détaillée de son voyage. Villarino ayant trouvé partout la riviere d'une profondeur
suffisante, et M. Cox ayant trouvé également le Limay
navigable, on peut condure, ·comme le fait M. Cox,
que littéralement depuis la crete des Andes on a,
par Nahuel-Huapi, le Limay, le río Negro, une communication par eau presque immédiatement navigable.
Y a-t-il des difficulté~ a l'ouest? M. Cox ue le pense pas
non ·pi us. 1l y a trois lieues, en ligne directe, du
point le plus ouest de Nahuel-Buapi au point le
plus rapprocbé du Peulla, qui vient se jeter dans le lac
de tous les Saints, d'o11 sort le Petrohue, qui lui-meme
débouche dans le Pacifique, en face de Puerto-Moutt.
Ainsi, sur pres de 800 milles qu'aurait cette communication par eau entre les dcux océans, 790 existent déja
naturellement, et sur les 10 milles qui restent, se trouvent les trois lacs des Guanacos,. Canquenes et Cantaro,réservoirs naturels pour l'alimentation d'un canal, au point
de partage qui unirait Nahuel-Huapi au bassin du
Peulla. Ainsi, a cette latitude, la nature a tout fait pour
une communication inter-océanique. La république Argentine, colonisant les deux ri ves du rio Negro, est déja
arrivée jusqu'a l'lle de Chrelechel. C'est le tiers de la
distance du Nahuel-Hu:ipi a l'Atlantique par le Limay
et le río Negro. Le Chili, de son coté, aura d:ins peu des
colons sur les bords de Nahuel-Huapi; que les deux réhliques voisines s'unissent pour cette entreprise, que
les capitaux étrangers auxquels ell&lt;ls feront appel viennent se joindre a leurs ressources insuffisantes, devastes
contrées seront livrées alors a la civilisation, au commerce et a !'industrie, et ce siecle aura vu s'établir
une ligne de communication maritime qui permettra
d'aller, presque en ligne droite, d'Europe en Australie.
Agréez, etc.
G. DE LA HA.YE.
L'élrier que nous avous reprodu,t a la page l 84 est de graudeur naturelte : les cavahers pabuenches ne se servent de lcurs étriers que pour
poser l'urteil.

Ill'AOGORATION DK LA STATOK DK l. DE GASPARIK,
A ORANGE.

Dimanche dernier, i i septembre, a eu lieu, a Orange,
l'inauguration de lastatue élevée a M. de Gasparin, l'illustre agronome fran~ais. Nous pensons qu'il ne sera
pas sans intéret de rappeler, a ce propos, quelle a été la
vie de ce savant, qui a fait faire a l'agriculture de si
grands progres. Adrien-Étienne-Pierre, comte de Gasparin, naquit a Orange le 29 juin i783. Orphelin des
l'age de dix ans, il se faisait, a quatorzc ans, le professeur de ses deux sreurs et de son rrere, en meme temps
qu'il continuait seul ses propres études, brusquement
interrompucs par la mort de sa mere. A dix-sept ans, il
entra au service, et fit, dans l'état-majpr de Murat, les

-

campagnes d' Allemagne et de Pologne. En i 808, oblig6
de quitter la carriere des armes, il se maria, et
mena, jusqu'en i830, une existence paisible. 11 publia,
pendant cette période de retraite, une partie des on.
vrages qui élablirent sa réputation d'agronome. Apreg
la révolution, nommé successivement maire d'Orange
préfet de l'Isere, puis de la Loire, il montra, comme ad~
ministrateur, autant de talent que commc agricultenr.
Devenu préfet du Rhóne,il parvint, a force de patience
de courage et d'énergie, a calmer l'émeute terrible quÍ
éclata en 1834. L'année suivante, M. de Gasparin
nommé pair de France, fut appelé aux fonctions d;
sous-secrétaire d'État, ¡mis de ministre de l'intérieur
qu'il quilla bientot. En l 839, il reprit le porcefeuille de'
l'intérieur, qu'il avait déposé en !836, en y joignant celui de l'agriculture et du commerce; il signala par d'u.
tiles réformes son court passage au ministere. A partu,
de ce moment, M. de Gasparin rentre complétement
dans la vie privée, reccmmence a s'occuper d'agriculture, et entreprend la publication de son principal ouvrage, le Com·s a'Agriculture, cet art ou plutot Ct:lle
science si difficile, si étendue, si complexe, et qui en
comprend tant d'autres.
Jci, M. de Gasparin fait preuve, une fois de plus, de l'érudition la plus profonde, et en meme temps d'un remarquable talent d'écrivain. Pour entreprendre et mener a bonne fin un ouvrage si considérable, et qui doit
comprendre tant de parties diffél'entes, il ne fallail
pas moins que la multiplicité des connaissances de M. de
Gasparin et la merveilleuse facilité avec laquelle son
esprit se pretait a tous les genres d'ouvrages. Pour donner une idée de la variété de son savoir, il suffit d'un
simple rapproohement des litres de ses reuvres. Ce
sont d'abord des mémoires traitant de l'art vétérinaire,
le croisement des races, la gourme des chevaux, son Manuel de l'art vétérinaire, publié en 1817, et qui a eu le
plus grand et le plus légitime succes; puis un Gttide da
propriétaires des biens atfermés, un Gttide des biens soumi,
au métayage, une foule de Mémoires sur les diverses
branches de l'agriculture, et enfin son cours d'agriculture, qui est une vaste encyclopédie.
Outre le coté pratique et économique des questions
agricoles, M. de Gasparin sa vait ~oir aussi le coté noble
et élevé. 11 avait vu dans l'agriculture un puissant moyen
de moralisation des masses, il avait compris qu'en en
inspirant le gotit aux jeunes générations, on pourrail
retenir chez lui l'enfant des campagnes, qui va souvent
se perdre dans les grandes villes; aussi ne négligeait-il
rien pour répandre ce gout et pour attacher le culti vateur a ses champs. C'est pour cela qu'il prit constamment la défense du métayage et de la 'f)etite propriété. ll voyait la, en eífet, autre chose qu'une source
de profits plus ou moins grands ; il y voyait, comme
nous l'avons dit, un moyen de moraliser la classe des
cultivateurs en l'attachant au sol.
Si, quittant la vie politique de M. de Gasparin, on penetre daos sa vie privée, on ne trouve pas moins de sujets d'admiration. Au milieu de ses incessants travanx, de
ses préoccupations si multiples, il savait dépouiller toute
préteution, toute affectation. Gai, ouvert, naturel, plein
de bonté et d'abandon, il se mettait a la portée de
quiconque était en rapport avec lui, de quelque rang,
de quelque age, de quelque condition qu'il fut.11 aimail
les jeunes gens, les accueillait avec bonté et captivail
leur confiance. Les habitants des campagnes l'adoraient, et avaient trouvé en lui un pere et un protecteur.
La ville d'Orange, toute la province, sont remp\ies de
son souvenir. La cérémonie de dimanche dernier en a
été le touchant témoignage. Tous les habitants des environs étaient accourus a Orange pour assister a la fete,
et la place principale de la ville, 011 est érigée la statue,
était couverte d'une foule immense. Cet amour, ce respect des habitants pour M. de Gasparin, se sont repor•
tés sur ses enfants, et a la fin de la cérémonie il étail
toucbant de voir cette foule compacte s'ouvrir spontanément pour donner passage a M. et a Mm• Gasparin,
retournant a leur hotel. A l'ouverture de cette 'cérémouie, deux discours ont été prononcés par M. de La·
vcrgne et M. Barral, directeur du Journal d'agriculture

pratique.
Le soir, au banquet offert aux invités, M. Agénor de
Gasparin a pris la parole et a adressé de vifs remerciments aux souscripteurs qui ont contribué al'érection de
la statue. Enfin, la féte s'est terminée par une soirée
donnée chez M. de Gasparin.

--

c;, 0 1.::EL.
L'lLLUSTRATlON,- JOURNA L UNlv C.Ol.J

t87

et obtint du roi Philippe IV d'Espagne de voir créer a
Anvers l'Académie des beaux-arts.
FETES ARTISTIQUES D'ANVERS. .
David Teniers dit lejeune, fils de Teniers, &lt;lit le viet.1:t,
LA STATUE DE BERNARD PALISSY
naquit a Anvers'en t 6i0 et ful éleve de son pere. C'estun
SiAnvers est la métropole commerciale de la Belgique,
des artistes qui ont manié le pinceau avec la plus proA SAINTE3 ET A PARIS,
elle est aussi la métropole de l' art beige, et elle a voulu
digieuse facilité· dans sa jeunesse, il imitait tous les
se montrer digne de saréputation artistique en cél_ébrant
ville de Saintes, patrie de Bernard Pali_ssy' se dis- avec éclat J'anniversaire biséculaire de la fondat1on de maitres de son 'temps avec tant d'habile~é qu'on ¡•~
La a 'lever une statue a l'humble pot1er que la son Académie royale des bea'IJ,3J-arts, établissement dont nommé le Protee de la peinture; mais, quo1que apte a
pose he ore comme une de ses gloires les plus pures. Anvers peut etre fiere a juste titre, qui a conservé d~ns tout rendre, et bien que vivant au milieu des gran_ds
France ;~ ne portait-il pas un creur héroique' ce
et des princes (il fut !'ami des princ~s Léopo!d~ GmlEt, en e e \1 ur qui usa pendant seize années, son ses murs le siége de l'art flamand et mainten_u la glo1r: laume et Don Juan d'Autricbe, et la reme Chr1st_me de
rude 1ravtas1ae pensée a ~oursuivre la découv,erte des de son antique école. N'est-ce pas de son s_e1~ que ,son. Suede tui fit l'honneur de lui envoyer son portra1t attaécule e
·
· ·t sortis tous ces maitres dont les reuvres ont Jete un eter~ ux et qui, apres d'inexprimables ango1sses, arr_1va1 nr.l éclat, non-seulement sur Anvers, mai~ encore ; ur ché a une chaine d'or), il affectionna surtout le g~nre
ema j . r 011 ¡¡ jetait dans son fourneau le bo1s de
de son pere et le porta jusqu'a la perfection. Il a fa1t un
, .
. •
e~, ~ J?e?crier commeArchimede: Euréka ! J'ai trouve! toute la Belgique?
nombre incroyable de tableaux. Le Theatrum pictorum,
M. Nicaise de Keyser, - le peintre emment, d1~~cteur
son, ht,. ª·1 s marqué
'
' · ce chereheur
Anvers, f658, t660, i684, 245 pi. (en France, le gra~d
du sceau du geme,
N'eta1t-1 pas
bl' é . t actuel de l'Acatlémie, - disait. avec be~u~o?p d ~ pro. ble qui ne sachant pas lire, fut o ig 'smvan pos dans un discours qu'il a prononce a l occas1on de cabinet de tableaux, f755, in-folio) n'offre qu'une part1e
0 ' '
iníat1"a
· avec ¡es dents,
de J'reuvre de David Teniers; il y a encore d'innom". e parole' d'a-1·endre
la science
i;0n éner01qu
-rrl ·
l'in~uguration de la statue de Teni~:s, l&lt; que la d~u.ble
brables estampes gravées d'apres lui par Lebas et au.
a laissé des ouvra"es que l'art et a science
el q111 nous
º
'
? N' t ·1 gloire dontjouitAnversde~uis ?es_ s1ecles rar,pelle al esJ
t ¡·ustement comme des chefs-d reuvre
es -1 prit le souvenir de deux v11les itahennes, dont le nom tres.
regaruen
l
d'et
t ,
Parmi ceux de ses ouvrages que possede le musée
d'
de monter sur un piédesta ' et
re mon re est impérissable daos l'histoire, et don~ la renommée arpas igne mple le lutteur endolori de travail et de
du
Louvre, on remarque l'Enfant pl'odigue, une Tentaconune exe
,
é tistique et commerciale n'était pas mo1~s grande autretion
de saint Antoine, la Chasse au héron, le Joueur de
.sere,
. qui. nous a léaué
cette
belle
parole
:
e&lt; - Povret
o
.
1111
fois que ne l'est celle de la cité anverso1se ;nous voulons
cornemuse,
la f-/oce de village.
n'empesche pas les bons esprits de parvenir 1_ »
,
dire Pise et Venise. l&gt;
Teniers
mourut
en 1694.
La ville de Saintes n'aura pas, la prem'.ere, él~vepun_e
Lorsque, au treizieme siecle, ces deux cél_ebres répuEn
célébrant
l'anniversaire
de la création de son aca'honneur
du
célebre
potier
de
1
Ageno1s.
ar1s
statue en l
, ,
.
bliques eurent étendu leur puissance en ?r~ent:. on _les
a déja rendu un éclatant hommagde a 1h?mm~ qm a vit s'éprendre du gout de l'art, et leu: gem~ s i~sµ~rer tlémie, a laquelle se ratta1:hent tant d'illu~tratio.ns, ~nréalisé !'un des plus grands progres e 1a ce:am1que en des marbres antiq ues dont leurs galeres depo_u1lla1en: vers a, en meme temps, voulu payer son t~1but d ad1~uraration et de reconnaissance a David Temers, au pemtre
rrance.
T
l'empire byzantin, o11 ils n'avaient pl~s que fa1re et ou
célebre: d'admiration pour son lalent aussi original et
Le 9 aout 1860, sur les bords de la Marne, au_m1 ieu
1eur beau té n'était meme plus compr1se. Ce .fut surtout
d l' t aussi spirituel que varié; de reconnaissance, pour l'inde villas qui portent le nom de ~ernard ~ahssy' a Pise
qui se distingua par lasplendide rénov~t10n e. ar
Joinville-le-Punt, une foule immense maugura1t, par une grec, dont elle fut le premier centre _en Itah~, et qui eut fati"able dévouement avec lequel il se consacra a l' Acarete artistique et industrielle, une gran_de et hel'.e statue pour premier interprete l'illustre Nicolas Pisano. Grac~ dé;ie dont il fut le créateur. Et l'administratioo commuqui rendait un pulilic hommage au poller de_ Samtes.
a cet artiste éminent, grace a son discipl_e Arnolfo ch nale se faisant !'interprete de ce noble et profond sentimen~ dont la population anversoise est animée pourtout
Deux parlicularités intéressantes donna1_ent e~core
Lapo, l'architecture prit ce style_ grandiose, majestue~x
lus de relief a cet ouvrage, devenu popula~e au!our- et éié"ant a la fois qui caractér1se les monuments rel~- ce qui touchc aux beaux-arts, a décrété qu'une statue se:'hui. El d'abord, ce n'était ni _le bronze' ,m 1~ p1erre, gieuxO dont la To;cane put s'enorgueillir des le tre1- rait élevée sur une des places publiques d'Anvers a cet
artiste illuatre. Elle fut confiée a l'habile ciseau de M. Duni le marbre qui avaient fourm, com~e d_ h~b1~ude, ~a
zieme siecle.
caju, mais on était trop pres de l'époque d_es fetes P?ur
111atiere de la statue. L'inventeur de I email eta1t_ gloriPresqu'en mcme temps' Giotto' a Fl~rence' ro,mfié par un travail digne de lui. Sa ~aute et pmssante pait avec cette froide et ignorante pratique de 1_a~t que l'artiste put exécuter son reuvre; auss1 les autor1tés
statue représentait un bloc de porcelame,- Le pro_moteur byzantin, qui se mourait déja depuis loug~emps,_ e~ revm- chargerent M. J. Van Arendonck, - pour p~rmett~e a
O,iet ~1. Gille, propriétaire des villas
. Pahssy,
. . , et fiait l'art du dessin par l'étude appro~on?1~ et s_e~ieuse, de la ville de rendre un hommage public a David Temers
duprJ,1,
lui-meme fabricant de porcelaine, mo~tra1~ ams1 ,"' son la nature. C'est a ce~ trois grandes mdLV1dual~tes ¡qu est en meme temps que se célébrait l'aniversaire de lacré~illt1Stre prédécesseur que l'art de la cera~tque na pas due la renaissanc~ de l'art en Italie, c'est-a-due la fon•: tion de \'académie, - de l'exécution d'une statue alle. é éré en France. La statue de M. Gil,e est un ou- dation de cette belle école toscane qui devait jete~ un st gorique représenlant la ville d'Anvers couronnant le
deg
' t' t
vragen remarquable, hardi, bien con~u, b'ien execu
e'. e ·vif éclat, .et dont Venise devait recueillir plus tard ~es buste de Tenier$.
•
qui fait honneur cheznous al'industrie de la porcel ame.
C'est cette reuvre que nous reproduisons, d'apres
splendides traditions pour les dé':elo~per et leur fa1re
La manufacture de Sevres n'eut pas fai~ mi~u~, et ce atteindre grace au Titien et a Veronese, leur expres- une photograpbie de irn. Janssens_ et Stalins. Elle
est on ne peut plus réussie et fa1t le plus grand
n'est pas UD mince mérite pour l'indu.&amp;tr1e privee q~e d~
sion la pl~s haute et la plus réelle.
s'élever a la hauteur d'un établissement subvent10nne
Ce que Pise fut pour l'Italie, Bruges le ful pour la honneur a M. J. Van Arendonck. Aussi la commission
des fetes s'est-elle empressée de décider que la statue,
par l'État.
,. . . .
Belgique.
.
El puis, chose remarquable, en France o11 1m1t1at1v~
De meme que l.a noble cité transalpme fut le ber- destinée d'abord a figurer seulement pendant la féte
individuelle est si rare, ce n'était ni le gouvernement, m ceau de l'art italien, la noble capitale de la Flandre inaugurale, serait consl9I'vée et placée a d~meure daos
l'administration des Beaux-Arts, ni le conseil municipal
une de ces magnifiques promenades qm entourent
fut celui de cette grande école, que les noms ~es Van
d'une commune qui avait mis a exécution c~ projet. Eyck des Roger V:inderwyden et des Hemel'.ng o~t Anvers.
L'espace nous manque pour raconter en détail le_s
Le projet du monument, son exécution, son maug~- rend~e si illustre. Et, comme si l'histoire elle-rueme eut
ration tout était la pensée d'un seul homme. M. Gtlle voulu compléter l'analogie que présente la marche s_m- cérémonies artistiques, les fetes véritablement spl~nd1avait ~ut congu et tout exécuté. C'est la assurément un vie par l'art italien avec celle de l'art fla~and au q~m- des orgahisées par la ville a l'occasion du deu~ cent'._em_e
noble usage de la fortune, et cet exemple ~st trop _r~re- zieme siecle, Anvers, cette Venise septentr1o~ale, dev1ent anniversaire de la fondation de 8on académie (comc1ment imité que nous nous ref11sions a hu payer 1c1 UD a la fois héritiere de la splendeur comme~c1ale et de la dant avec l'exposition triennale des beaux-arts, a lajuste tribut d'éloges.
gloire artistique de Bruges. Quinte Metsys maugure cette quelle nous consacrerons un, artic)e spéci~l), et p~r la
n est done équitable de reconnaitre et de proclamer ere nouvelle. Puis s'ouvre le grand siecle auquel Rubens société royale d'Harmonie, a I occas10n du cmquant1eme
que M. Gille est, en réalité, le promoteur du d?uble devait donner son nom, et o11 l'on vit l'école flamand~ anniversaire de son existence.
projet qui, a París et a Saintes, va consacrer la glo1re de
Malheureusement, la pluie cst venue contrarier les
répandre un éclat non molns resplendissant que cellll
l'inventeur des émaux en France.
cérémonies et les réjouissances publiques. Une cavalcade
dont brillait la ville des doges.
, . .
,
Chose étrange ! Les hommes qui font de la céramiq~e
sl' est historique la fete vénitieune, le feu d'artifice et l'inaudant, si, apres cette époque, l art Jtalten
C
epen
d
un des lustres de !'industrie fran~aise, sont tous part1s .
s1'blement endormi il n'en est pas de meme e art guration de la statue du pocte ~a~and, !héodore V~n
'
, · hé ·
de bien bas, pour s'élever bien haut. Bernard Pal_issy msen
Ryswyck, ont du etre etre rem1s a des JOurs plus cle-stter
d. A la vérité, ¡¡ a pu sommeiller par101s,
.
¡¡
accom¡,lit, pendant plus de seize ans, d~s prod1ge~ fl aman
ments.
ans .sa mar·he
t: , tenter de s'ouvrir des vo1es. nouve es,
d'héroisme. Charles Avisseau, de Tours, qm trouva, lm dlutter pour le maintien des traditions don t 11 est le dé:
Jean-Tbéodore Van Ryswyck, a qui Anvers vient
a11Mi, comme Bernard Palissy, de belles fi,gulin~s, en fu.t
d'élever
la statue que nous reproduisons ci-contre, na·t .
mai·s, dans chacune de ces c1rconstances
. s1
rédnit, pour trouver l'alliage de l'_or et des emaux, a pos1 aire,
quit
a
Amers
le 8 juillet I SH. Des son j~une age, son
diverses et souvcnt si critiques, c'est Anver~ qm eut
jeter daos son creuset l'anneau nupttal de sa courageuse
gout
pour
la
poésie
se fit jour dans plus1eurs producl'honneur de relever avec énergie et de temr haut et
íemme. · M. Gille, enfin, le digne continuatew· de ces
tions
oubliées
aujourd'hui,
mais qui lui valurent la coferme l'étendard de l'école flamande.
, .
grands artistes, a commencé par vendre dans_ les rues,
Les maitres formés sous l'influence du geme de R~- lere de ses p:irents. 11 est presque superflu de dire q~e
de maison en maison, les plus humbles poter1es, et ce bens continuaient encore, de la maniere la ~lus b~il- les aspirations littéraires de Van Ryswyck ne rencontre,endeur, perdu dans la foule, ce modeste trafiqu~ut de,!~ . 1 t ' marcher dans la route qu'il leur avalt tracee, rent dans sa famille aucune espece d'appui, ou, pour
an~"'
'
rue, a force de patience, de courage et de travall, a ete lorsqu'un
grand artiste, dont l' écol~ fla.~an~e s enor- roieux dire furent vivement contrariée!!. Tel fut le sort,
décoré, a l'UDe de nos expositions, comme ~n de_s pre- gueillit a juste titre, con~ut la pensee d etabhr dans sa _ pour n; parler que des poetes néerland~is, - de
miers fabricants de France. M. Gille appartient mcon- ville natale une institution semblable a ce~le don_t R~me Tollens, de Van Duyse, de Ledeganck, de plus1eurs ~uteslablement a cette glorieuse pléiade de travailleurs
et París possédaient déja des modeles, etqm co~st1~ua1ent tres encore. Il n'est pas étonnant, apres cela, qu on
qui a donné a notrc siecle les Jacquart, les Richard-Ledes centres o11 non-sculemeut l'art fut ens_e1gne da~s trouve Van Ryswyck tour a tour dans un atelier de
noir et les Joly d'Argenteuil. Le travail ne rend-il pas ses multiples manifestations, mais encore ?u les trad1~ sculpture ou chez un peintre de décors, ou enfin, en
au centuple ce qu'on lui donne?
tions de \'école pussent se maintenir en, enller. Ce grand l'an 1830 volontaire daos l'armée de l'indépendance.
RENJ\I Coz1c.
artiste fut David Teniers, le jeune. D accord. avec_ ~es Cettc der~iere période de lajeunesseagitée du chansoncollegues, les doyens de la gilde de Saint-Luc, il sol1Ic1ta nier flamand, il íaut la Jire dans une jolie nouvelle de

�f88
son compagnon d'armes, le célenre romancicr Henri Conscience.
11 faut plulot s'applaudir que se
montrer allristé des. vicissitudes
auxquellcs a été soumise l'insouciante j cunesse de notre poctc.
C'est dans cette vie d'aventures
mem_e que son espritsarcastique, et
porte tout naturellement a la satire,
a pu récolter cette riche moisson
d'obse'rvations que plus tard nous
rcncontrons d_ans ses gaies et pimpantes chansons, fixées par le burin
d'un maitre immortel.
Ubéré du service militaire il
trouva a s'occuper en qualité' de
commis du Mont-de-Piété, et, heureusement pour la poésie flamande,
cette espece de sinécurc lui laissa
le temps de s'appliqucr avec ferveur il des études qu'il n'avait jamais pu faire dans sa jcunessc, JI
débuta par un volume de poésie~,
et prit en meme temps une part
trcs-large a la renaissance de la
Chambre de rhéorique: l'Olivie,·(de
Olyftak). 11 ¡,ublia successivement
des recueils de chansons qui ont
fondé sa gloire d'une maniere durable, et dont l'énumération Dous
enlralnerait trop loin.
Toutes ses poésies se distinguent
par la clarté et l'énergie; jamais
pocte n'a mieux démontré la vérité
du mot de Béranger, que : « La
ehaoson est l'iospiration du moment. » Sans précéder jamais le ·
peuple dans ses vreux parfois téméraircs, il comprenait admirablcmeut ridée qui était d'actualité
s'en cmparait d'uoe autorité souvc-'
raine, et trouvait pour l'exprimer
des acccnts doDt l'empire est io1périssable.

--111ente
encore l orsq~' on

Théodore Van Ryswyck exp~
7 mai 1849. Il mourut comme e
80111
morts tant
. de .poetes fran~ais,ceui
du moms qm tr uvent un asile
dans les maisons du docteur BI
. I'
an.
c.he. Ses am 1s entourerent de SOins
p1eux, et 1e gouvernement fil un
. ~
e
pens10n "' . sa veuve et a ses en.
fants. Le Jugement de la poslé 'té
. attcndrc pour rt .
ne s' est pas fa1t
1
·1
auss1 ongtemps que !)Our beaucou~
d't:mres; c'est Ice que prouve
statue qu'on vient de Jui éle,/
daDs sa chere vi lle d'ADvers.
r

t

GusTAVE LEMAIRE,
~

LA FONTAINE DE VAUCLUSE.

A. E. P. COl.lTE DE GASP.lR!:i: STATUK llE .U. PlEI\I\E HÉULIIT, INAl:GURÉE LB II SEPTEMBRl!, A ORANGB.

STATUE lm TRÉIIOORE VAN ílYS\HLIL

affeclions du crem humain sont
des sujets toujonrs jeunes, et
offrent une mine inépuisable a
l'art comme ala philosophie. Et
nous dirons avec Schiller : La
source ou puisaieot les ancieus
coule pour les vivants avec la
meme fralcheur, et le solcil qui
éclairait Homere est celui qui
brille a nos ycux.
Des qu'on a pénétré daos le
vallon de Vaucluse, la verdure
des arhres, le cours si vif des
eaux de la Sorgue, la siogularité
de forme des rochcrs, répondent
bien aux imagcs que l'on s'est
faites de Vaucluse par la leclure
des poésies que ces lieux ont
inspirées; mais des que l'on
monte plus haut que le village,
en se dirigeant vcrs la source
l•aspect d11 site prend un carac-'
tere de grandeur et de sévéri té
qui impressioDne plutot de terreur que d'un autre sentiment.
Ces rochers, si siugulierement
déchirés, fendus, crcusés de ca.
vernes, allongés en pain de
sucre et en aiguilles, renvcrsés
pcle.. mele, forment un tableau
qui ne peut manquer de donncr
une sorte de frissonnement aux
visitenrs, a ceu.x surtout qui ne
vivent gucre qu'au milieu des
ville~, et qui ne contemplcnt
or&lt;linairemeot cl'autre spectacle
&lt;le la nature que celui des
jardins, si mesquincment disposés par la main des hommes.
Le sentiment de terreur éprouvé
dans ce cirque de rochers au"-

º

189

VI LLUSTR.ATlON, JOURNAL UN l VE RSEL.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

Les pluics abondantes du printemps occasioDneDt soment le débordemeDt de toutes DOS riviere~ et
font surgir d'une maniere exc;pti?n~elle toutes les sources d'eau.
Ams1, celle si célebre sous le oom
de Font.iine de Vaucli.ise, déverse
quelquefois ses eaux avcc une aboodance el une impétuosité toutes
particulicres. Cet état de la sourcc
attire alors un grand nombre de
visiteurs, qui viennent admirer un
eles plus beaux spectacles de la
nature piltoresque.
Tant de poetes, taDt de philosophes, tant d'csprits tendres et re"_eurs ont parlé de Vauclnse; oo a
s1 souvent décrit et re présenté ce
site grandiose et singulier; on a
rendu tant d'hommages au souvenir de Pétra:-que et. de Laure, qu'il
semhle au moins super0u de s'eo
occuper de nouveau; mais la
bcauté de la nature, la poésie, les

I.A \ILLF. ll'AHEHS COU IIONNANT TliNIERS, GIIOUPE DE 11. J. VAN ARENDONCK.

!

e:t par:
~lasource, au pomt mt:me ou
,enu ..
énorme rocher tout crevassé
UD
J
..
,
, ·¡•ve d'une seu e p1ece a une
se~
d
·
t · d
bauteur de plus e s1x cen s pie s,
pour surplomber sur votre tet~
. ne nianiere mena~ante, et ou
du
l'on a a ses pi_eds ou b'1en un antre horrible, s1 les eaux sont has- ·
u si elles sont hautes, une
es' º '
scascade
jetant sur des rochers
niassés, environ deux cents toises
ecubes par minute d' une eau qm.
se transforme en écume avec un
rracas épouvantable. Dans les
crues annuelles ordinaires, l'eau
sedivi,e, par chutes inégales, entre
des blocs de rochers entierement
recouverts d'une grande mousse
,ert-noiratre
(gymnostomum
aquaticum), et la cascade est d'un
aspect richement varié de forme
et de couleur; mais, aprcs de
grandes pluies, l'eau recouvre
toutes les formes inférieures d'un
¡0101ense manteau d'écume qui
semble se réduire en poussiere.
, Plusieurs paysagistes ont visité
Vaucluse et ont trouvé avec juste
raison que ce site était peu dans
les conditions de leur art. Un
des plus savants, notre ami, feli
W. Schirmer, qui fut directeur
et fondateur de l'école de Carls-rube, se trouvait une fois avec
nous a Vaucluse, et il fut désappoioté au point de n'avoir pas
la force de tracer un seul croquis;
mais pendant qu'il errait tristement au bord de la Sorgue, nous
ne re~tions ni oisifs ni découragés,
et nous rcjoignimes notre compagnon, muni de plusieurs études
de~inées. A la vue de nos croquis, le professeur Schirmer fut
désolé de n'avoir rien fait de son
coté. Le courage lui 'venait; mais
c'était trop tard, car il fallait reprendre laroute d'Avignon. Pour
se consoler, il nous demanda de
lui confier nos études, et, combinaot ces matériaux avee ses sou-•
noirs, son talent sut produire un
des plus heaux dessins qu'il ait
faits.
Quoi qb.'il en
soit, il est certain qu'a Vaucluse, l'horizon
est a peu pres
entiereme n t
borné par des
rocbers dont la
disposition générale n'est pas
de nature a
fournir de bonnes masses a13.
composition pittoresque d'un
tableau. On ne
saurait se tour.
ner d'aucun
coté saos qu.e
quelque maison
dépourvue de
tont style ou
quelque jardin
plantédechoux
de salade et d;
pelits arbres
alignés ne viennent détruire
ridiculemen t
l'unité des impressions Jiro-

1

ROCHER ET FONTAINB DE VAUCLUSE.

CROE DES EAUX DE U_FONTAINB 06 VAUCLUSE.

fondes qu'oD re~oit des belles parties du paysage; mais il n'est pas
moins certain que Vaucluse est
un lieu riche en détails de différents caracteres, On voit, au bord
de la Sorgue, des arbres, ormeaux, figuiers, micocouliers de
la forme la plus gracieuse. A chaque pas, ce sont des chutes d'eau
pétillantes par la variété et par la
richesse des couleurs; il y a des
parties de rochers d'1rne silhouette
rnperbe ; le vieux ehateau, qui
appartenait aux éveques de Cavaillon et qu'on veu:t, a to11te
force, appeler le chateau de Pétrarque, est une ruine trcs-pittoresque. Enfin, l'intérieur du village offre q11elques vieilles maisons
et quelquessingularités de terrain
que nous signalons comme tresdignes d'attirer l'attention d'un
dessinateur.
On trouvera, dans toutes les
biographies de Pétrarque, des appréciations plus ou moins étendues de ses reuvres, et dans tous
les livres publiés sur la fontaine
de Vaucluse, les passages de ses
écrits qui ont rapport a son long
séjour dans cette retraite.
« Cherchant, dit-il dans son
Epltre a la postérité, « une re11 traite qui me servlt d'asile, je
1c trouvai, a quinze milles d'Avic1 gnon, un vallon tres-étroit,
1c mais solitaire et délicieux, que
&lt;&lt; l'on nomme Vaucluse, et au
&lt;&lt; fond duquel nait la Sorgue, la
« plus célebre des foDtaines. Épris
« des charmes de ce lieu, je m'y
1&lt; retirai avec mes livres. Mon
&lt;&lt; récit serait trop long, si je rae&lt; contais tout ce que j'ai fait daos
« cette solitude, ou j'ai passé UD
« grand nombre d'années. J'en
« donnerai une idée en disant
&lt;&lt; que de tous les ouvrages qui
&lt;&lt; sont sortis de ma plume, il n'en
« est aucun qui n'y ait été écrit,
e&lt; commencéou con~u; et ces oi:&lt;&lt; vrages sont si nombreux qur
(( daos un age avancé ils m'occt &lt;&lt; pent et me fatiguent encore ...
&lt;&lt; Cette
re&lt;&lt; traite m'a ins« piré des rll'••
&lt;&lt; flexions sur la
« vie solitaire
&lt;&lt; et le repos
&lt;&lt; des cloitre~,
&lt;&lt; dont j'ai fait
« l'éloge dans
e( deux
traités
&lt;&lt; particuliers.
« C'est enfi n
&lt;&lt; sous les om&lt;&lt; brages
de
e&lt; cette solilude
&lt;&lt; que j'ai cher« ché aéteindre
1&lt; le feu dévo&lt;1 rant qui con&lt;&lt; sumait
ma
e&lt; jeunesse ; je
ce m'y
retirai
e( comme dans
(&lt; un asileinvio« Jable : impru« dent ! ce re&lt;&lt; mede aggra1&lt; vait mes souf1&lt; frances.
Ne
• &lt;&lt; trou vant pcr• 11 sonne, dans
(&lt; une si pro fon-

�rno

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

« de solitude, pour arréter les progres du mal, j'y souf« frais davantage. C'est alors que le feu de mon creur,
« s'échappant au dehors, je fis retentir ces vallées de
« mes tristes accents qui, d'apres quelques lecteurs, ont
« une douce mélodie. ,,
En 1805, l'Athénée du département de Vaucluse dé-

cida qu'une colonne serait placée au lieu meme de la
fameuse source, comme hommage a la mémoire de Pétrarque. Bien que cette colonne fut taillée sur le modele de la fameuse colonne Trajane de Rome, son effet
fut d'une mesquinerie tellement choquante, qu'il fallut
hrentot l'enlever du voisinage des rochers dont la hauteur la faisait paraitre trop petite, pour l'élever a l'entr.ée
du village, ou elle est encore debout. En votant l'érection
du monument, l'Athénée avait invité tous les gens de
lettres a proposer des inscriptions pour etre gravées sur
le piédestal de la colonne, et voici celle qui futre~ue un
beau matin par le président de l' Athénée, M. Blaze, correspondant de l'Institut, pere du spirituel conteur
connu sous le nom de Castil-Blaze:
Pétrarque considérant de Vaucluse le Jieu,
·De la félicité il se vit au milieu,
D'avoir mis sous ses yeux J'immense source d'eau
Tellement abondanle qu'elle porte bateau.
Cet Apollon profond aima sans cesse Laure
Celle qui en beauté fut l'émule de Flore.
Par d'étonnants sonnets, amoureux, magnifiques,
Tellement éloquents qu'ils sont d'un genre unique,
Comme prince des poetes italiens
Pétrarque fut mis »ar les historiens.
De ce département Vaueluse fut le nom
Et son digne préfet, Marc-Antoine Bourdon;
Avignon, en ce temps, eut pour ion maire Puy,
Thivelier, Collinet, les adjoints dºaujourd'hui.

C'est un peulong, dit un des membres de l'Athénée vauclusien ! C'est bien curieux, nous a dit une fois un
membre de l'Académie fran~aise, ancien ministre, aqui
nous a.vons récité ces vers; tellemeut curieux qu'il en
voulut avoir copie.
J.-B. LAURENS.

LES ENTREMETS ET LES ÉPICES (1).

Le plaisir de la table est incomplet, si le cerveau reste
inactif pendant que l'estomac fonctionne. La communication entre ces deux organes est constante; chacun a
son heure, le cerveau devant l'étude, l'estomac devant
le repas, doit prendre la prééminence, mais sans annihiler l'autre, sou~ peine de bestialité ou de folie. Dans notre temps de haute civi!isation, le complément de la
bonne chere est une conversation aimable sans fadeur,
intéressante sans pédanterie, animée, légere, eftleurant les sujets pour en indiquer le suc, passant de
!'un a l'autre sans fatigue pour !'esprit, remplissant
en un mot, -,is-a-vis de l'intelligence, le role des épices dans les mets. Cette application des vrais dogmes de l'épicuréisme n'était encor!!, il y a cent ans, que
le privilége de quelques esprits hors ligne. Rabelais,
Théophile de Viau, Saint-Amant, en avaient été les promoteurs un peu excentriques; Gassendi fut le premier
grand-maitre de la moderne école tl'Épieure.
Mais des les premieres lueurs de la ci,ilisation, les
hommes ont cherché A rendre leurs festins agréables
par des distractions conformes aux mreurs de leur épo-•
que.
Les repas des Grecs étaient égayés par des chants et le
jeu des instruments. A Rome, il y avait, en outre, entre
les services, des danses, des pantomimes et meme des
combats de gladiateurs. Néron, dans son habitation dite
Maison cl'or, a cause des plaques de ce métal qui couvraient les murs, avait une salle a manger dont le plafond mobile représentait les mouvemenl~ du ciel, et
duque! tombait A certains instants des piuies de parfums
et de fleurs.
Les divertissements, ayant lieu a Rome pendant qu'on
enlevait les mets d'un service pour les rempl3cer par
ceux du service suivant, prirent naturellement le nom
d'entre.ets. On employa méme longtemps ce mot dans
le sens que nous donnons a intermede, et on trouve dans
llaií (mort en i591) l'expression entremets de la tragéclie
Je Sophonisbe. Aujourd'bui, on nomme entremets les
plal~ qui se servent entre les lég1mes et le dessert.
Les rois de France, jusqu'au seiziéme siecle, déployerent un grand luxe pour les entremets de leurs festins.
(t) C•t article ell ntroit d'un ouvrage import·nt qui paraitr-3 prochain,meot sous ce tilre C11rioli/t1 de, rep111 ancieru et IIIOdernu.

Au mariage de Robert, fils de saint Louis, en i237, on
vit aux quatre coins de la table des musiciens montés
sur des breufs, et des singes a cheval aupres d'eux faisant mine de pincer de la harpe. Au son de la musique,
des chiens, couverts d'étofles tres-•riches, cabriolaient en
mesure autour des convives. En meme temps, un cavalier traversait la salle sur une corde tendu!l au-dessus
de la table. Un des plus célebres de ces entremets est
celui qui eut lieu au repas offert par Charles V a l'empereur d'Allemagne, qui était venu a Paris en i378.
Pendant le repas, apparut un immense vaisseau monté
par des chevaliers chrétiens, ayant a leur tete un personnage représentant Godefroy de Bouillon. Ce navire
attaqua uue ville fortifiée de tours simulant Jérusalem,
et défendue par une troupe de Sarrazins; aprcs de nombreuses et curieuses manreuvres, l'assaut fut donné a la
ville, qui fut prise apres une vigoureuse résistance.
En 1453, Philippe le Ben, duc de Bourgogn~, donna
un spectacle anatogue, a l'occa,ion d'nne croisade projetée contre Mahomet II. A la fin du repas, 11ne jeune
filie entra, portant un faisan doré sur le4uel les convives jurerent de reprendre Constantinople et de conquérir la Palestine. Mais l'expédition se borna A ce serment.
Le poete Chapelle fit au moins autant pour la délivrance des lieux ,aints. Nous pouvons meme dire qu'il
fit plus, car il expMa sa vie; voici comment:
Chapelle se trouvait un soir a souper avec un maréch:i.l de France. Le vin était excellent et abondant. Nos
convives en vinrent, a la fin du repas, a aborder la
grande question des douleurs humaines, puis celle de
l'inanité des biens périssables de ce monde, qui les
amena A envier le sort des martyrs.
- Eh bien! dit Cbapelle, allons en Turquie, je precherai la foi, on nous menera devant le hachar, je luí
parlerai de la bonne fa~on; vous direz comme moi, monsieur le Marécbal, on m'empalera, on vous empalera
ensuite, et nomi voila saints.
- Comment ! reprit le maréchal en colere, il vous
sied bien, petit compagnon, de tenir ce langage; c'est
moi qui parlerai, c'est moi qui serai empalé \~ premier,
011i, moi, moi, maréchal de France, duc et pair !
- Quand il s'agit de la foi, riposta Chapelle en bégayant, je me moq11e du maréchal, du duc et du pair.
Aussitót, le marécbal lui lance ~on assiette a la tete;
Chapelle se précipite sur tui; ils renverscnt table, buffet
et chaises. On accourt au bruit, on les sépare ; mais ils
expliquent leur diflérend et on a toutes les peines du
monde a les décider A se mettre au lit saos ctre empalés.
Les seigneurs avaient dans leurs chateaux des spectacles analogues a ceux des festins royaux. Un jour Charles IX étant a diner chez un gentilhomme, pres de Carcassonne, le plafond s'ouvrit a la fin du repas. On vit
descendre un gros nuage qui creva avec un bruit semblable A celui du tonnerre, en \aissant tom ber une grele
de dragées suivie d'une petite rosée d'eau de senteur.
Les entremets royaux a grand spcctacle se passaient
au palais de la Cité, dans la grande salle (aujourd'hui.
salle des Pas-Perdus). Mais quand ils n'exigeaient
point un développement aussi considérable de machines,
on faisait glisscr les décorations sur l'immense table de
marbre, ou ne s'asseyaient pour les repas que les princes souverains. Ces entremets représentaient généralement des villes, des pares, desjardins avec des fontaines,
et des jets de vin ou de liqueurs de toutes sortes. C'est
de la qu'était venue la coutume, dans les fetes solerinelles, de remplacer les distributions de vin par des
fontaines publiques, comme celles qu'on établit lors
de l'entrée de Charles V a Paris, sous Charles VI et sous
Louis XI. Ces fontaines versaient a grandes nappes du
vin, de l'hypocrac;, du lait et diverses liqueurs.
On voyait encore les restes des magnificences théatrales du palais de la Cité, au temps de Henri IV. Mais
apres le terrible incendie qui éclata daos la nuit du 5
au 6 mars !618, et qui détrui~it, avec les pieces du proces de Ravaillac, une grande partie du Palais ainsi que
la table de marbre, on ne songea pas a les rétablir.
Le Palais n'était plus, d"ailleurs, destiné a servir de
séjour aux rois; il était devenu exclusivement le temple
de la Justice.
Cette transformation du Palais, si splendide sous
saint Louis, nous conduit naturellement a parler des
épices (espices) auxquelles les basocbiens doivent au
moins autant de reconnaissance que les gourmets.
l,es Romains avaient eu 4'&lt;\bord pour épices et ll-SSai•

L'ILLUSTRATION, JOURN AL UNIVERSEL.

sonnements le poivre (différent de celui de Sumlll'II,
l'ail, l'ognon, le poireau, le vinaigre, la sauve (nio..
tarde), le miel et quelques plantes aromatiques. Soaa
l'Empire, ils connurent la menthe, le cunnin, le safran
roxymel, l'anet, le thym, le laurier, la pistache, et~
assaisonnement qu'ils nommcrent silphium, qu'on ClOit
étre l'opium.
Au quatorzieme siecle, on comprenait, en Franct,
sous le nom d'épices, ontre le poivre, le piment et les
aromates dont nous parlons ci-dessus, les dragées, le
sucre et les confitures.
La muscade et le giroOe furent découverts au moyen
age, par les Chinois, dan~ les iles Moluques; mais les Portugais ne commencerent a les exploiter, pour les rép¡¡.
dre en Europ~, qu'en l 5i 1.
Avant la découverte du cap de Bonne-Espétance, les
relations avecles Jndes étaient difficiles; le poivre valait
deux mares d'argent la livre, et les épices douces (&lt;Ira.
gées, confitures, sucre) étaient tellement rares qu'on ea
présentait seulement aux rois et aux grands seigneurs ala
fin eles repas. On les offrait en cadeaux, comme marque
de déférence ou de gratitude, et Mezerai attribue ¡
cette coutume \'origine des frais judiciaires.
Un riche bourgeois, qui avait un proces, envoya des
épices en cadeau au juge, et, comme il avait sans nnl
doute raison, il obtint gain de cause contre son advtrsaire. Les autres plaideurs envoyerent des ce momeot
des épices aux juges, aux rapporteurs et aux greffien.
Ces épices, ainsi prodiguées, perdirent de leur charme, et
on arriva bientot a les remplacer par des especes. Les
dons, de volontaires qu'ils étaient, devinrent implicitement obltgatoires, et, sous Louis XIII, un commis ayaot
emporté la caisse des fonds destinés aux dépenses de
justice et aux traitements des greffiers, on ne la rétablit
poin t. Les frais de j ustice furent des lors a la charge des
parties belligérantes.
Nous terminerons ce rapide aper~u de l'historiquedes
épices par un document assez curieux sur !'origine dela
célébrité de la sauve, ou sennevé de Dijon, eous le nora
de moutarde. Cette citation est d'ai\leurs tout a l'bonnenr des braves Dijonnais.
&lt;&lt; Le roy Charles VI, en l'an 1382, lorsque luy a,ee
&lt;&lt; Philippe le Hardy, son oncle, furent au secours de
&lt;&lt; Louys, comte de Flandres, les Dijonnais, qui, de
« tout tem ps, ont été trcs-fideles et tres-affectionnez en&lt;&lt; vers leurs princes, se monstrerent si zélez, que de
« leur propre mouvement ils envoyerent mille hommes
« condnits par un vieil chevalier jusques en Flandres.
&lt;t Ce que reconnaissant ce valeureux duc leur donna
« ptusieurs priviléges, et notamment voulut qu'ajamais
&lt;&lt; la ville portat les premiers chefs de ses armes; lni
« donna"sa devise qu'il fit peindre en son cnseigne q1li
&lt;&lt; estoit : ~fouLT ME TARDE. Mais comme cette de,iJe
« estoit en rouleau, de fa~on qu'encore aujourd'hui elle
« est eslevée en pierre a la porte de l'église des Cbar« treux de Dijon, plusieurs qui la voyaient, meme les
« Fran~ois, ne prenant pas garde au mot de me, ou dis« simulant le voir par envíe, allerent dire qu'il y avait
« mo,-'5tarde, que c'estoit la troupe des moustardiers de
&lt;&lt; Dijon. 1&gt; (Les Bigarrures, DEs AccoRos, page 62, Paris,
i662).
J. LrnGAY.
---ll®&gt;ó"-•- -

; ; Les municipalités penvent, sur celte base, lraiter
r le nombre de lampes qu'elles désirent, et les ap~ils établis par _M~f. Guillen:iont et H~u deviennent, A
rexpiration du tra1té, la propriété des v11les.
l)écidément, notre civilisation, pour créer des reuvres
105 durables, emprunte a tous les métaux leur puis:.Oce. Si la charpente ou la cons'truction utilisent le fer,
rarcbitecture et l'ornementation arrivent a ne plus emlover que le zinc, la tole, le cuivre et le plomb. Ces
pétaUX, estampes et repoussés, se pretent aujourd'hui
:ec docilité A toutes les capricieuses fantaisies de l'art.
n fant avoir visité les ateliers et les magasins de
ID(, Bonnet et Coutelier, boulevard Richard Lenoir, 74,
pour se rendre compte de l'i?1mense dév~loppe~ent que
remploi des métaux a donne aux arts mdustriels. LuCAJl'IE-,, CRtTES POUR FAITAGES, POIN¡;ONS, marquises, lambreqoins, rosaces, feuillages, frises de chaineaux, etc.,
tont se fait la a la vapeur, par qnantités énormes et
1,ec un fini d'exécution irrérrochable. Le travail a la
,apenr, un outillage spécial et l'exploitation de procédés brevetés, ont permis a MM. Bonnet et Coutelier de
cooduire a sa perfection eet art de l'ornementation, qui
est aujourd'hui une des gloires de !'industrie parisienne.
L'EmpP.reur vient d'accorder a M. Dagron l'autorisasation de prendre le litre de son pbotographe breveté.
Noos avons déja, a plusieurs rcprises, signalé a l'attention publique les charmantes nouveautés dont M. Dagron a doté l'art photographique. A leur début, ces
merveilleux bijoux ont fait révolution, et plusieurs applications variées de la photographie microscopique lui
ont donné en ce genre une vérit:ible célébrité. Le
monde entier est aujourdºhui tributaire de cette industrie, qui a pris un développement cons' !ér~le, et
noos sommes heureux d'avoir a annoncer le nouveau
soeces qui vient de couronner les efforts persévérants de
JI. ·Dagron.
HENRJ V1cNE.
e,,q,~

BAcCALAURtATS ts LrnREs &amp;T ts scm.'&lt;CES. - Dans les
trois sessions de novembre 1863, avril et aout i 864, qui
composént l'année classique 1863-t864, l'ancienne institution Oelavigne, dirigée par M. H. Chevaltier, agrégé
de runiversité, a eu 66 éleves re~us aux divers bacca\auréats. Ce sont :
DaM les lettres: MM. Baudry, Bertault, Barbier, BQauinetz, Bourgeois, de La Bully, de Béthune, Colombier,
Conrtois, Coxe, Cur... , Canonnc, Cordellier, Dessolier,
Dobost, Dernoncourt, Doens, Ferté, Fleury, Guillau·min, Raymonel, Hennessy, Humbert, Hocquet, Jsbert, Javal, Jullet, Kerst, Laporte, Lelievre, Laratc, Mages,Muyard, Naquet, Perriquet, Proust, Paillard du Cléré,
tiellonx, Pontagnier, Prévótel, Rolland, Sebert, Toutain,
Vaudey.
Dans les sciences : MM. Boiron, Baudry, Bcrthelier, Cadix (2• parlie), Courtois, Chatagnon, Delorme, Delassasseigoe, Dubois, Flamet, Frontier, Gastambide, Jardé,
Lerat, Lesguillette, de Mallet, de Maurepas, Murisier,
Oyon, Pauliat (2° partie), Pronier, Thévenot, Watelet.
Coors préparatoires (pendant les vacances) pour la session de novembre. - Ouverture, le 4 octobre, des cours
préparatoires pour la session d'aotit 1865. -· Paris, rue
de5 Fossé~-Saint-Victor, 33.
~

REVUE DES ARTS ET DE L'INDUSTRlE.

Le progres fait partout sa trouée. Le voila qui fournit

aux petites villes qui ne peuvent ambitionner l'éclairage
au gaz, les moyens de renoncer a l'antique et fumelll
réverbere. L'éclairage par le schiste, de MM. Guillemonl
et Heu, brevetés (s. g. d. g,), offre aux villes dépouuues
d'usines a gaz, des avantages si bien appréciés partout,
que leur systeme se généralise rapidement. Soixante
villes ont déja appliqué sur tous les points de la
France les appareils de MM. Guillemont et Heu, et plus
de trente départements ont aujourd'bui reconnu les
progres incontestables réalisés par l'éclairage au schiste.
Trois avantages principaux ont contribué a faire la
fortune rapide des procédés de MM. Guillemont et Hen:
t• La lumiere de lenrs appareils Aschiste se regle absolument comme celle du gaz, au moyen d'une perche;
2° l'éclairage se regle, a volonté, par l'extinction de la
lampe a une heure déterminée, bien que la lampe ne
soit pas vide; 3° l'économie du systeme le fait préférer
par les municipalités a toutes les autres combinaisons.
Dix réverberes allumés pendant cinq heures, peodant les cent vingt nuits de l'hiver, déduction faite
des dix jo\Jrs de \upe de chaque mois, ne couteut que

CAISSK GblRALK DKS AVAIICKS SUR TITRK8
RAISON SOCIALE H. DESTREll ET e•.
.~to,ui, du 26 aoíU {864, dépo,i1 chn 11. Armanll Gourot, notaire
a Parí.!.

tYISSION DES 38,600 ACTIONS
restant disponibles sur le capital social de 40,000 actions
de 500 fr. Premier ver~ement, i25 fr. par action.
But. - La Société est in~tituée pour faire des préts
sur rentes, fonds d'État, actions, obligations et autres litres qui lui seront déposés, comme le Crédit foncier prele
sur la propriété territorial e.
Garanties. - Gér;mce responsable souscrivant i,000
actions. Conseil de surveillance; con~eil des :i.vances;
deux divisions de reqseignements et d'études; anthenticité des opérations assurée par une publicité mensuelle.
Rtpartition de béne~es. - Premier prélevement au
profit des actionnaires, 7 0/0 du capital versé; 1O0/0 a
la réserve; 75 0/0 du surplus pour le dividende complé•
mentaire.
On souscrit a Paris, dans les bureaux, rue Saint-Georges, n• 23.
~ans les département!l et a l'étranger, chez les banqn1ers ou agents de ¡:hange, au choix des souscripteurs.
l.acl6ture aura lieu le dimanche 25 septcmbre,

1

JIYGJENE ET MÉDECINE.

Les Anglais n'ont pas seuls le privilége de ces court~
plaisters et de ces hasty-cordials, qu'on est si souvent
heureux d'avoir sous la main, en cas d"indisposition subite. Nous avons aussi les notres, dont l'efficacité n'est
pM contestable.
On sait que c'est a l'un des derniers moines de l'ordre
des carmes, décédé en l 83i, queM. lloyer( 14, rue Taran ne)
doit la mystérieuse recette de ce cordial tout-puissant,
que tout le monde connait aujourd'hui sous le nom
d'Eau de M~lisse des Carmes, et qni rend, daos une multitude d'atfections, des services dont la médecine ellememe a reconnu et consacré l'efficacité. L'usage de cette
bienfaisante liqueur préserve et guérit des vapeur~, des
vertiges, de \'apoplexie méme; elle facilite la digestion,
soulage les maladies des voies respiratoires, en un
mot, elle a des droits au titre de bienfaitrice de l'bumanité.
Voici une innovation qui a aus~i ~on mérite.
Le m1gnon corset qu'on nomme la Ceint11re régente
voit s'éterniser son soeces, grace a 11 nouvelle forme
des robes rle nos élégantes, qui ont fait revivre la taille
Empire. 11 parait que cette ingéniense ceinture seconde
admirablement la couturiere {1-PPE:lée a confectionner les
robes nouvelles, car de quelque fa~on que la mode se traduise, elle veut une taille mince et flexible, des proportions irréprochables, et tout cela existe pour les
femmes qoi se servent de l'beureuse création de
~lm•• de Vertus. Mais les contrefa~ons en sont nombreuses; et le moyen de les éviter est de ne s'adresser 4u'a Mmu de Vertus elles-memes, 3i, Chausséed'Antin.
La fontaine de Jouveuce n'est plus pour nous une
légende.Grace a l'Eau de la Floride deGuislain(l 12, rue
de Richelieu), on peut aujourd'hui conjurer les outrages
du temps; nous parlons pour ceux qui, jeunes encore,
redoutent de voir leur chevelnre sillonnée par les premiers fils d'argent.
L'Eau de la Ploride ne teint pas les cheveux, elle leur
rend leur séve, et, par suite leur couleur. On peutdonc
etre parfaitement fier de sa chevelure, redevenue brune
ou bloi:ide, grace a ce bienfaisant remede.
L'Eau de la Floride n'opere pas sa révolution en un
jour. Elle agit « sagement et lentement, comme la nature. 11 Son emploi est des plus simples aussi hien que
des plus efficaces.
Le charlatanisme se meurt, le charhtanisme estmort!
Pourquoi? Parce que le savoir et l'expérience appliquenl
des remedes spéciaux consciencieusement étudiés. C'est
ainsi que les cors aux pieds disparaissent aujourd'hui
de la maniere la plus simple et la plus eíficace. Plus
d'outils tranchants ! Plus d'eau-fortc ! Plus de corrosif!
Une simple petite lime sulfurique peut vous garantir radicalement contre cette gcnante et douloureuse infirmité. Le dépot des véritables limes sulf1.1riques se trouve
a Rouen, a la pbarmacie des deux Palmiers, rue de la
Gro~se-Horloge. On en trouve également un dépot,
Grande-Rue, 20, aDieppe, eta Paris, rue Neuve-SaintDenis, 5.
11 est un établissement de parfumerie de premier ordre,
dont nous croyons devoir de nouveau recommander
les produits.
L'emploi de la Glycerine de Rimmel, 4i, boulevard des
Italiens, est tres-efficace, surtout en cette saison qui v::iit
le public abonder aux bains .de mer. Les bain~ de roer
ont l'inconvénient de rendre les cheveux secs et cassant.~.
Pour combattre cet effet nuisible, rien n'est supérieur a
l'E:r:trait de jus de limons et a la Glycdrine de Rimmel,
qui ncutralise le sel marin et laisse la chevelure souple
P.t bril\avte.
BULLETIN BIHLIOGRilPHIQUE

Dictiom1aire des Communes de la Fra,1ct, par Adolphe

Joanne

(1).

Ce o·e~t pas un Dictionnaire de poche. 11 jau.ge 2,271
pages, divisées en deux colonnes d'un caractere assez
fin, mais d'une netteté remarquable. On y trouve, A
chaq11e nom de commune, petite ou grande, tous les
renseignements que l'on peut désirer ou imaginer : la
division administrative, la population d'apres le recensement le plus récent, la situation géographique de chaU) Peri~, Rachrlle et t:i•,

191

que lieu et son altitude ou r.lévation au-dessus du niveau
de la roer, la distance des chefs-lie•n de département,
d'arrondissement et de c¡mton, les bureaux de poste, les
stations de chemins de fer et les correspondances, les
bureaux de télégraphie électrique, les établissements
administratifs, judiciaires, religieux, militaires, maritimes, les produits agricoles ou industriels de chaque
localité, les objets de son commerce, les curiosités naturelles ou archéologiques, les monuments, canaux, phares, etc., etc. Jamais on n'avait fait sur la France un
travail aussi exact, aussi complet, et l'on est effrayé,
lorsqu'on y réfléchit, de tout ce qu'il a fallu, pour le
mener a bien, d'études, de soins consciencieux, de patience, d'obstinatiori.
Une longue introduction précede le dictionnaire. C'est
un tableau vaste et multiple, ou la France est étudiée et
décrite atous les points de vue. - D"abord au poipt de
vr.e géographique : configuration du territoire, orographie el géologie, ou description des montagnes et cons.{jtution du sol, hydrographie Ouviale et maritime, météorologie; - puis, aux points de vue social, poli tique,
économique, administratif, financier, etc. Cette seconde
partie commence par nne étude sur la population, extremement curieuse. L'agriculture, \'industrie, le commerce de terre et de mer, les institutions de crédit, leur
mécanisme et leurs opérations, l'organisation, le jeu de
la machine administrative, et ce qu'elle cotite, c'est-adire le budget, tout e~.t exposé avec une précision rigoureuse, une merveilleuse clarté et une exactitude incontestable, car tout y est fondé sur des faits et des chiffres
offlciels. On ne saurait imaginer un omTage plus substantiel, plus instructif, attestant des connaissances plus
étendues et plus variées. C'est a M. Élisée Reclus, le
collaborateur le plus actif de M. Ad. Joanne, que l'on
doit ce heau travail. Et M. Reclus n'est pas seulement un
des hommes de ce temps-ci qui ont l'instruction la plus
solide, la plus étendue, la plus variée, un de ces esprits
encyclopédiqaes qui peuvent s'appliquer a tout, c'est
aussi un écrivain d'un mérite rare. Son style ferme,
nerveux, rapide, et, daos l'occasion, tres-pittoresque,
rend l'attcntion facile au lecteur, et burine daos sa mémoire d'inefla~ables empreintes. Son Jivre est plein d'apergus ingénieux, d'observations dont la justesse et la
nouveauté vous frappent, vous illuminent cQmme un
éclair. En voici une, par exemple, d1mt personne que je
sache ne s'était encore avisé:
.•. « Depuis la Révolution fran~aise, le nombre des
divisions et des subdivisions adminislratives de toute espece est resté a peu pres invariable, tandis que la société s•e~t transformée. Graee aux moyens de communication rapide, la France s'est rétrécie, ponr ainsi dire;
chaque année, les frontieres se sont rapprochées du
centre. Au commencement du siccle, on n'aurait pu
traverser la Fr1nce, de Dunkerque a Bayonne et de
Cherbourg aAnti bes, en moins de ciuq jours d'un voyage
non interrompu ... Actuellement, on peutse rendre dans
un seul jour d'uoe extrémité a l'autre ... Au point dP. vue
'des distances, le territoire fran~ais e~t done cinq fois
moins large qu'il ne l'était il y a soi:cante ans... - En
meme temps, il faut tenir compte des rapprochements
opérés entre toutes les régions de la France, par l'é~
change incessant des livres, des journaux, des lettres,
des télégrammes; il faut évaluer l'importance des modifications subies par les moours et les coutumes locales,
sous l'influence de la civilisation moderne. Les distances
se sont effacées, les diversités se sont fondues, les langues distinctes ont disparu ou se sont changées en pa-•
tois; et cependant, on n'a supprimé aucune desdivisions
et des subdivisions du territoire. Tous ces faits ont eu
pour résultat ele fortifier le pouvoir central aux dépens
des lihertés publiques. L'État a gagné tout ce qu'a
perdu la province. Dans le moindre village, les rouages
administratifs obéissent au moteur qui se trouve aPari~.
Non-seulement la France est centralisée, mais on peut
dire, en se servant d'un barbarisme consacré par le
style administratif, qu'elle devient de plns en plus l'agglomération parisienne. C'est la un grand malheur : car,
si l'autonomie des communes est confisquée par l'État,
la valeur personnelle de chaque citoyen est amoindrie
dans la mcme proportion. Le probleme qu'il faut néces-•
sairement résoudre, sous peine de décadencr. nationale
r.'est de maintenir la centralisation politique, tou'
opérant la décentralisation administrative. i,
Cela est vrai, et M. Reclus parle d'or. Mais ne voit-il
pas que plus l"État devient fort, et moins il est facile de
lui faire lacher ce qu'il tient1

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNlVEnSEL.

f9!

C'est en 1815, c'est en 1830 qu'on aurait du penser a
cette rHorme. On po11vait encore l'essayer en 1848.
Maintenant, il est un peu tard.
G. füouET.
~

PU1lLICATIONS N0UVELLEll.
Philosophie du droil pefnat, par M. Ad. Franck, membre

de l'lnstitut. Germer-Bailliere, libraire-éditeur, rue de
l'École de Médecine, 17. Un vol. in-18.1864.
1

Nous aurions presque bonte de ne consacrer qu'une
simple note a l'excellent livre de M. Franck, si le nom
&lt;le l'anteur ne recommandait suffis1mmenl ses reuvres.
Jamais ríen de meilleur el de plus utile n'est sorti de sa
plume. Qui aura lu une l'ois ses déductions rigoureuses
et ses définitions parfaites, saura que « les lois pénales
ne sont justes, ne snnt légitimes, ne sont d'accord avcc
la raison, que si elles ont pour base, non le principc
d'ernmoN, la rétribution proportionncllc du mal par le
mal, ou l'équilibre du mal moral et de la souífraucc,
mais LE DROIT DE CONSERVATION DE SOl•MtME, qui appartient al1 société comme al'individu, el qui résulte pour
elle du memc príncipe. La société étant la condition hors
de laquelle L'ORDRE MORAL est irréalisuble pour l'homme, sa
conservation est pour elle le premier des droits et pour
l'individu le premier des devoirs. » Cctte deraiere proposition, claire et inébranlable, devrait etre inscrite
en tete du Code. (( Mais le
droit de la société contre
l'individu peut-il s'étendre
jusqu'a la vie elle-meme? 11
Y. Franck accorde que si
la société (( ne pouvait etre
défendue que par la peine
de mort, cette peine serait parfaitement légitime ; 11
mais il prouvc qne l'écbafaud cst inutile et bieu
pis, nuisible, soit qu'il fasse tomber des teles inuocentes, soit (( qu'il accoutumc
a11 meurlre par la loi d'imit-ation. J&gt;
Un passage nous a particuliercmenllouché daos l'reu v1 e
de M. Franck, ce sont les pages ou, sur le point d'altaquer les théories moralés de
l'auteur des Misémbles, il
mainlient au premier rang
de nos gloires nationales
l'illustre poete qui &lt;( du
fond de l'exil ou l'ont jeté les
e 1prices de la fortune, adresse
a la France tous les frnil~
de son génie, de sa vigour ~use et féconde vieillesse. »
Jamais la grandeur de notre
siecle, et en particulier le
mouvemeni liltéraire de !830, n'ont été appréciés en
termes plus élevés et plus chaleureux.
AN!lRÉ LEFÉVRE.
~

LES

daos les bois et les solitudes, se coÚchant sur la lel'l'e
l'été, autour d'un feu au-dessus duque! estsuspendollll
cbaud ron qui leur sert a la fois pour préparer le11r
nourriture et pour rassembler la troupe, en cas de be.
soin, en le frappant avec une tige de métal. l\are,.
ment, ils sont munis de lentes. L'hiver, ils chercbent
un refuge dans les grottes et dans les cavernes, 00
bien ils se construisent des huttes enfoncées de qoet.
ques pieds dans la terre et recouvertes de gazon sop.
porté par des chevrons.
lis sont naturellement paresseUI et ennemis de toote
contrainte. Toute occupation suivie et régulicre leur
fait horreur. Ccpendant, quelques-uns consentent l
exercer quelques métiers (peu fatigants. En Espagne,
en Hoogrie et en Transylvanie, daos leur jeunesse,
les llohémiennes sont danseuses, et l'on admire la ,6,
rilé des poses et des gestes de leurs danses nationales,
Des qu'elles deviennent vieilles, elles se fonl diseuses
de bonne aventure, talent qui leur est propre daos
toute \'Europe el qui constitue leur principale indQS..
trie. Elles jouent aussi volontiers le role d'entreJllel..
tcuses, et a l'occasion elles vJlent les enfants. On ,oit
qu'elles ne manquent pas de petits talents de société,
Les Bohémiens n'ont pas de religion particulicre; en
Turc¡uie,ils sont mahométans; en Espagne et en TransylBOHÉMIENNB DlSANT LA BONNE1AVENTURJ!.
vanie, ils suivent les riteR de l'Église chrétienne, mail
sans se préoccuper de se faire
instruire. Outre leur laogue
maternelle, ils parlent cou.
1 •'
ramment celleR des pays qu'ils
:¡-' -~
:N·,, :--.
habitent. Dans la Transyl,anie, il arrive qu'ils font baptiser plusieurs fois leurs enfants, afin de recevoir des
présents de bapteme plus
nombreux. Les mariages se
concluent parmi cux de la
fa~on la plus simple. Saos se
soucier du &lt;legré de pareoté,
le jeune Bohémien, arrivé
a l'age ·de quinze ans, prend
pour femme qui lui plai~
meme sa sreur. Le mari estil las de sa femme? il la
~hasse. On comprend que l'éducation n'ait rien a faire
avec un pareil µeuple. Un
amour presque brutal pour
leurs enfants empeche les
parents de les chatier jamais,
et ils les laissent s'habituer
a la paresse, au vol et ao
mensonge. On peut mcme
dire que les seuls talents eoseignés aux petits Bohémicos
sont la tromperie et le vol.
~
En Angleterre,j'ai souveot
---===---_ u, .DL/l?Al-iD
rencontré des troupes de
Bohémicos bivouaquant daos
UALTE DE BOIIÉMIBNS,
les bois et rodant autour
des ermes. Les Gypsies, en Angleterrc, sont tres-jolies;
RÉBUS.
elles ont une propensiou tres-grande a dire la bunne
aventure aux messieurs, et une propension non moios
grande a leur voler leur montre.
PIERRE P.10Et.

--

Gr

' 1

e1

m

C(

BOHÉMIENS,

Tout, daos ce peuple nomade,- constitution physique,
mrours et langage, - révele une origine asiatique. Les
Bohémiens paraissent pour la prcmicre fois daos l'histoire de la Hongrie,au c¡uinzicme siccle, sous le nom de
Zigari ou Zingani. Apres leur émigration, ils se sont répandus daus toute l'Europe. lis vivcnt presque toujours
en grandes hordes daos la Moldavie, la Bessar1bie, la
Crimée, les environs de Constantioople, la Hongric, la
Transylvanic; mais en France, en Angletcrrc et en Allemagnc, on ne les rencontre que disséminés en petites
famillcs.
Les llohémiens offrent tout a fait, dans leur extérieur,
les caracteres des peuples orientaux. Une taille moyenne,
grele, hicn prise; un teint olivatre, des dcnts d'une.
lilanchcur élilouissante, des cheveux et des yeux d'un
noir de jais. Les femmes ont cependant le teint un peu
moins foncé, et les filies, surtout en Espagne, sont quelquefois tres-bellee. Tous ces gens ont rarement des demeures fixes¡ ils errent ~a et la, vivant de préférence

=-

ÉRECTION D'ONE STATUB A CHATEAUBRIAND.

KXPUCATION JlU DERNIER RÉSOS.

Som·ent un IJeau désordre est un cfTet de l'art.
~.~

AuG. MAR e, directeur-gérant.
En.1,1. TEXIER rédacteur en clief.

-----.r--~__,,,______
Imp. de L'ILLUSTRATION, A. Marc,
fil, rue de Vernt11il.

M. Parent-Desbarres a con~u la généreuse pensée de
contribuer de tous ses efforts ~ élever un monument i
la gloire de Chateaubriand. 11 s'est adressé, a cet effet,
a la ville de Saint-Malo, et lui a proposé d'employer
une partie notable du prix de l'édition des reuvres de
Chaleaubriand, qu'il vient de publier, a l'éreetion de la
statue de l'immortel auteur du Génie du christianisme.
11 n'y a pas a douter que la combinaison dont M. Parent-Desbarres a eu l'initiativc ne soit féconde en heureux résultats.
Celte édition des reuvres completes de Chateaubriand
forme neuf beaux volumes grand in-8°, salinés, reofermant de jolies gravares snr acier. Le prix de la sous•
cription, qui est ouverte rue Cassette, 28, a Paris, est
de 60 francs.
Tout souscripteur a celle édition sera en milme
temps souscripteur a la stalne, et son nom sera inscril
parmi ceux des fondateurs du monument.

ta

�</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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