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Les abono. parten! du ter n• de cbaque mois.

BUREAUX : RUE RICHELJEU·, GO•

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I

SOMMAIRE:
f'tzlt : Re,ue politique de la semaine.
Courrier de Pari!. - Expédition dans lu
pro,ioc•s du nord du llexique. - Chronique
mo1ic1le. - tes Lilas blancs (nouvelle). Joc,ndie de Loutlres. - Bénédiction de la
ebapelle de Notre-Dame d' Afrique. - La
elédeschamps. - Pete Mobarram aBombay.
- Les industries inconnues de Londres (lll),
- Le monument des freres Van Eyck. Pac-1imile des dessins et croqu,s d'Eugéne
Delacreix. - Bulletin b1bliogrnphique. Afaire de Blagnac, pres Toulouse.

r e!ret

11Se de
/RI,

'S dont

n seple re111ent,
:r au.eplion

Granru: S. Exc. le maréchal Baraine. -

J!x_

pédition dans les provinces du nord du
Mniqae (4 gravures), - la place SaintCharlei, i. Turin, dans la soirée du U sep•
tembre - lnceudie de G1·esbam-Street, j
Londres. - Bénédiction de la chapelle de
JIOlre-Deme d'Afrique, sur le plateau de la
Boudzaréah, pres d'Alger. - Pete musul•
mane Mobarram, célebrée á Bombay le
I" jour de la lune de juin; - Lea
Tahoull sur la plage; - Tabouts exposés
uas lei rues de Bombay. - llonument des
lrerta Van Eyck. - Affaire de Blegnac :
llllque de la maison Gu,mbaud. - Rébu1.

------·-~~·--REVUE POLITIQUE
DE LA SEMAINE,

•

e style

C'est s11rtout sur les affaires d'Italie q11e s'est concentrée l'attention
publique. C'est le f5 septemhre que
a con,ention franco-italienne a été
signée, il Paris, par M. Drouyn de
Lhuys, au nom de la France, et au
nom de l'Italie par M. Nigra et par
e marquis Pepoli. Le 20, ont été
~hangées les ratifications définilins.
. Cette convention contíent plumeurs clauses. L'Italie se serait en•
gagée arespecter le territoire pontifical et a empecber par la force
loute attaque qui serait dirigée
du dehors contre ce territoire. La
Frauce retirerait ses troupes de
llome gráduellement, au fur et a
lDesore de l'organisatíon de l'armée
da saint pere. L'évacuation sei:ait

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S. EXC. Lll MAI\ÉCBAL BAZA!Nll. -

D'apres uue photographie de Al, C. L. Leblanc.

accomplie dans le délai de deux ans•
L'arméc papa1e, recrutée, s'il convenait au gouvernement romain, de
volontaires catholiques étrangers,
scrait suffisante pour maintenir l'autorité du saint pere et la tranquillité
de l'intéricur et de la frontiere de
ses États, sans que le gouvernement
italien élevat aucune réclamation
contre la composition ou le chiffre
de cette armée, pourvu qu'elle ne
dégénérat pas en moyen d'attaque
contre l'Italie. Enfin, l'Italie pren' drait asa cbarge la part de la dette
romaine afférente aux anciennes
provinces de l'Église.
A Tarin, on se dispose a transporter a Florence le siége du gouvernement. Ce déplacement projeté
de la capitale a produit, chez les
Turinois, une vive animation, qui
s'est traduite par des actes sanglants. Des collisions mcurlrieres
ont éclaté entre le peuple et la
troupe; le chi[re des morts cst
consídérahlc, et le ministcre, surpris par l'émcute, a du donner sa
démission. C'est le général La Marmora qui, appclé par le roi, a été
chargé de composer le r.ouvcau cabinet. Ce changement de cabinet
doit ctre interprété dans le sens
d'une satisfaction plns apparcntc
que réelle donnéc a l'agitation publique. Il n'implique nullement
l'abandon du traité du i5 scptembre, ni des mesure(qui en rnnt le
corollaire.
Onpeut présumerque Ienouveau
président du conseil apportera dans
le cabinet qu'il vient de constituer
un élément précieux dans les circonstances actuelles : une grande
fermeté de vues et de caractere.
Done, le traité franco -i talien va
recevoir son exécution. Le Parlement est convoqué pour le i5 octobre precbain. N'est-íl pas regrettable seulement, que, pour aller a
Florence, le .roí Victor-Emmanuel
soit obligé de passer sur le corps

�210

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'I LLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

des gens tués dans la triste journée du 22 septem- leurs forteresses ceux d'entre les patriotes du Sleswig
bre, et ne peut-on pas faire retomher sur les mys- qu'ils acctL~ent de propager un mécontentement et des
teres diplomaliques les conséquences funestes de l'émo- déOances factices. Pour trouver insupportable la domition causée chez les Turinois, en appreoaot tout a nalion allemande, le Sle~wig nord n'a l,esoin de rececoup que leur vi lle cessait d'étre capital e? Si, par une in- voir l'impulsion de per$ouoe. On envoie des députatioos
telligente publicité, l'opinion publique, en France comme á Copenhague, et l'on proteste contre l'annexion a 1' Aleo Italie, avait rté préparée a la cnnvention du 15 sep- lemagne, rneme aupres des autorités germaníques. Une
temhre, on n'aurait pas eu tres-certainement a déplorer · adresse, couverte d'un grand nombre de signalures, a
les funebres événernents qui se sont passés a Turin.
été remise, en mains propres, aux commissaires austroLe gouveroement italien est décidé a indemoiser Tu- prussiens. Cette adresse contient, entre autres passages
rin, dans nne certaine mesure, du dommag-e que fna fort clairs, la déclaration suivante : &lt;&lt; Nous voulons reséprouver acette ville la translation de la capitale aFlo- ter unis au Danemark. Nous préférerions une division
rence. 11 transportera a la charge de l'État la dette muni- du Sleswig d'apres la nationalité, plutot que d'etre
cipale. Cette mesure est équitable. La dette turinoise pro- réunis au Holsteio pour appartenir al' Allemagne. '&gt; C'est
viP.nt, en grande partie, sinon en totalité, des sacrifice~ parler franchement, et nous verrons si la Diete, le roi
que Turin a du s'imposer depuis 1860, soit pour donner de Prusse et l'empereur d'Autriche, qui se sont armés,
son coneours a la cause nationale, soit pour se mettre a s'il faut ajouter foi a leurs déclarations, pour sauver le
la hauteur de son role de capitale provisoíre de l'ltalie. príncipe des oationalités dans le llolsteio, ponr briser
Quoi qu'il Pn soit, le traité fraoco-italien n'en reste les liens odieux qui unissaient les Duchés allemands aux
pas moins le fait le plus important de cette année.
iles danoises, enchaineront le Sleswig danois au HolsLes journaux semi-officicls ont annoncé que notre tein allemand. Apres l'ad.r:esse publique i:;ui leur a été
ambassadeur a Rome, M. de Sartiges, avait communiqaé adressée par le Sleswig nord, ils ne pourront pas arguer
au gouvcrnement da s:iint siége le texte de la conven- de leur ignorance.
tion italienne; mais ils n'ont pas soufllé mot des sen tiLe premier acte du ministere Narvaez, en Espagne, a
ments avec lesquels la population romaine, d'un coté, et été la dissolution des cortes. Les élections générales aula Cour romaine, de l'autre, ont pa accueillir ce docu- 1 root lieu le 22 novembre proehain, couformément a la
ment. Si nos renseignements parliculiers sont exacts, la · loi électorale en vigueur, et les cortes se réuniront un
convention du 15 septembre aurait été accueillie par le mois apres a Madrid, le 22 décembre.
monde officiel romain avec une excessive réserve, pour
Une correspoodanee espagnole aononce la rentrée de
ne pas dire une excessive froideur.
Marie-Christine a Madrid pour la fin de ce mois. On
Les jouroaux anglais, fort libres d'altures, comme on ajoute que plusieurs notabilités du parti progressiste se
sait, commentent le traité du i5 septemhre, et lears proposeraient d'aller au devant de la reine mere et de
commentaires se ressentent de l'ignorance des lerme~ faire, en son honoeur, une manifestation publique d'afmemes de ce traité. Le traosfert de la capitale de l'lta- fection, de respeet et de sympathie. On se rappelle que
lie, de Turin a Florence, est-il ,mposP par le traité ou ce fut la dictature d'Espartero qui, en 1840, détermina
par une disposition secrete annexée? Est--ce une mesure l'abdication de Marie-Christine, alors régente d'Espagoe,
de précaution pour uu état de guerre qui ne peut s·a- et que ce ful encore le retour du duc de la Victoire au
journer plns longtem¡,~, a moins de provoquer une explo- pouvoir qui amena son second bannissement en i 854.
sion? Rome reste-t-elle la capitale prédestioée de !'ItaUn revirement doot !'avenir nous indiquera le vérilie, ou sera-t-elle définitivemeot interdite au royaume table but, parait s'étre opéré dans la politique russe a
décapité? Toutes ces r¡uestions se prcsseot et restent na- l"égard cie la Pologne. Par un rescr~t du i 1 septembre,
turellement saos répoose. De plus, qu'adviendrait-il de Alexandre II déclare vouloir améliorer le systeme de
la conventio11 si, a un momeot, Rome et son peuple, l'instruction publique daos le royaume, de maniere il.
ainsi que le patrimoine de Saint-Pierre et ses popula- accorder a tous les habitants, sans distirrction de classe,
t1ons, se révoltaieot contre l'autorité temporelle da pape d"origine ou de religion, les moyens de donner a la géet son armée, composée de catholiques étrangers, armée nératioo nouvelle une bonoe et solido éducation.
perdue au milieu de ce débordement d'aspirations vers
En atlendant, on peut dire que la Russie est en flaml'ltalie unitaire? Victor-Emmanuel serait--il obligé de mes; elle brille; ies incendies partout. Ces incendies
rPster les hras croisé~ et de s'interdire une entrée triom- ont commencé a Viazniki; 54 maisons ont brulé daos la
phale daos Rorne, s'il y était appelé par la révolution provioce de Kalouya, 60 sur 204 étaieot détruites a
triompbante? Telles sont les q•1eslioos qu'on ~e pose de Okhansk. En meme temps, Sarapoul était la proie des
l'autre coté du détroit, questions que se sont, du reste flammes. A Serdohsk, il n'y avait plus trace de 561 haégalement posées, en se plagan! a un autre point dP.' bitations. La moitié de la ville de Mozyr, province de
vue, les jouroaux de la nuance du Monde e~ de l'Union. Miosk, a été inceodiée.
« Ce qui frappe ici les esprits, clit la Correspondance
Le 4 juin, c'était le tour de t,514 boutiques et de 148
générale de Londres, c'est moin~ le sens d'une conven- batiments diversa Nijni-Novgorod. Du 4 aÚ 23 juin, 6
tioo eoeore incomplétement connue qne le milieu daos sinislres ont eu lieu daos un seul district de la provioce
lequel elle s'est élaborée, etle momeot ou elle s'est pro- de Saratof. Le 16, la poudriere d"Okhta ~autait en l'air
duite. Elle a été sigoée par le ministre qui était veo u et le feu était mis a celle de Kazao. Le 30 juin et la
aux affaires étrangeres daos l'iotentioo officielle de ten- nuit suivaote, il se déclara a Riga en plusieurs endroits
ter le rapprochement des idées extremes de Turin et de a la fois. Le Ier juillet, Orenbo1Jrg était en cendres. Le
Rome. Des deux eótés, le non possumus iltail prononcé 4 et le 5, c'est la province de Kostronina qui est désolée.
alors. Est-il maintenu d'uo coté? Ce qu'il y a de eer- Le H a Arkhangel, le !3 et le 14 a Turnen et a Kourtaio pour le peupl~ aoglais, c'estque dans la plus grande gan, jusqu'en Sibérie, des milliers d'habitationssont départie de l'Italie on croit que la question de l'1mité ita- vorées. Le 26 juillet, quatre incendies éclatent a Péterslienne a fait uo grand pas vers sa solut~on. »
hourg, a la meme heure, daos quatre quartiers diITéA Vienne, le traité du 15 septembre a excité les in- rents. Le 18 aout, Serpoukhof est sur pied, puis Jaroslaf
quiétudes. La mesure de la translation de la capitale a a failli disparaitre, etSimbirsk, une des plus-importante5
Florence et les motifs stratégiques p:i.r lesquels le cahi- villes de l'empire, n'existe littéralement plus.
net de Turin la justifie, donoent d'autant plus de souci
A l'intérieur, nous n'avons a signaler que le r,hassé
aux hommes d'État de l'Autriehe. L'Autriche, disent les eroisé de M. Adolphe Vuitry, gouveroeur de la Banque
iournaux de Vienne, était si peu disposée a l'agression de France, qui passe a la présidence du Conseil d'État,
contre l'Italie, qn'elle s'apprétait a congédier une partie et de M. Rouland, président le Conseil d'État, qui dedes troupes stalionnées en Véoétie. La nouvelle de la vient gouverneur de la Banque de France.
convention franco-italienne a done éclaté a Vienoe
EDMoNo TEXIER.
comme un coup de foudre, et on croit communément,
~
en Autriche, que le t·oi Victor-Emmaonel, en transporCOURRIER DE P/lRl8.
taot la capitale du royaume derriere les Apennins, craint
moins d'et.e attaqué qu'il ne sooge a attaquer lui-meme Jadis et a11jourd'hui. - L'économie politique a l'école de
droit. - Chaire rl'Homceopathie. - École inter11ationale.
quand le moment sera venu.
- Les cours de Passy. - Vérité hier, erreur aujourd"hui.
- Le berce,rn sauvetPur. - L'lnventeu,.. - L'hótel des
Toutes les informations qui nous arrivent démontrent
postes et le dóme de l'Assomption. - Lettre d'une bonne
que les habitant, du Sleswíg nord ont pris leur parti.
dame a M. About.
lls aiment mieux se séparer du Sleswig méridional que
du Danemark, et, si oo les détache de la couronne daVive notre sicclfl! Que d'autres en médisent et louent
noise, ce sera par la violence et par la force. Les com - a.son détrimeot les siecles qui l'ont précédé; je ne me
mandants prussiens ont beau jeter daos les casemates de seos vraiment pas d'humeur, pour l'amour des cathé-

drales gothiques, des pourpoiots et des souliers ala
poulaioe, des feutres et des hauts- de-chausses, a exattep
le bon vieux temps, c'est-a-dire le ternps de !'ignoran
des baroos féodaux, des hastilles, des geoles, de la to~
ture, du carean, de la roue, de l'estrapadr, des Pl'Océdures secretes, des guerres de religion, de l'inquisition
du droit d'a1nesse, des corvées et autres menues ¡tentit~
lesses contemporaines de nos arriere-grands-perea.
Vivenl les chemins de fer, malgré les déraillements
les coups de tampon et les chauriieres qui sautent! Vi,;
la photographie, malgré les pbotograpbes ! Vi Ye le gaz
malgré les ophthalmies ! Vive le suffrage universel,
gré les gardes-champetres!
Oui, en dépit des.honnétes fakirs qui demeurent ab.
sorhés daos la contemplation du passé, le présent ne
manque pas de gloire et de grandeur.
11 m'est assez indifférent que chaque jour amene l'ioauguration d'un hirpodrome nouveau, et qu'aux der.
nieres courses de Chantilly Guillaume le Taciturne et
Vermout aient remporté la victoire; les vainqueurs s'ap.
pelleraient Fille-de-l'afr et la Toucques queje n'en seraig
ni plus ni moins fier; les femmes honoetes se donneraient un peu moins de peine pour ressembler aux da.
mes qui ne le sont pas, elles ne prendraient pas aox
Polonais leurs bottes, a Louis XIV sa canne et a mesdemoiselles telles et telles leur désinvoltore, leurs fa~ns
de parler et leur teint, que je n 'en aurais pas le moindre regret; DOUS aurions un peu rnoins de gout poor
Blondin, pour Léotard et pour M11 • Thérésa que je n',
verrais aucun mal, et si les Prussiens ont sifflé la dan~
de M11 e Rigolboche, ce n'est pas moi qui supr,lierai le
gouveroement de déclarer la guerre a la Prusse. 11 oe
me déplairait pas non plus que la fievre qui nous tieot
d'élever des statues se calmat un peu; nous allons eo
dresser une a Chateaubriand et une il. Franrois Arago,
mais ne risquons-nous pas de causer quelque embarras
a la mé'moire d11 modeste Hippolyte Flandrin, en lui décernant les honneurs du bronze ou du marbre? 11 ~- a
nne quinzaine d'années, c'était fort la mode des statuettes;
elle a tout a coup passé; j'aimerais a la voir rel"emr:
a chaque ta.lent u·ue récornpense a sa taille. Tous les
Franrais sont égaux devant la loi, voila un principe et•
celleot, mais déelarer tous les Franrais égaux dmn
la postérité, c'est aller bien loin.

mi

Ce qui me réjouit beaucoup, c'est le grand désirde
nous instrnire qui nous a pris depuis quelque temps.
On annonce déja \'ouverture prochaine des conférences de la rue de la Paix. Elles seraient, assure-t.on,
tranfportées daos un milieu plus populaire, et l'on parle
du quartier Poissonniere. Le quartier n'y fera rien; eUes
seront toujours pour le public les Conférences de la 1'111
dela Pai:.r,·
Un décret impérial vient de créer, a l'École de droi~
une chaire d'ér.onomie politiq11e. L'idée vient-elle de
M. Duruy, qui est, a coup sur~ un des ministresde
l'iostruction publique les plus actifs et les plus fécond.,
qu'aitjamals eus la France? Je ne sais; mais certainement \'idée est bonoe. L'imagination emporte quelqoefois M. Ouruy un peu loin, surtout quand il parle ala
distribution des prix du coocours général, mais on ne
pourrait que lui savoir gré d'avoir pensé a donner al'économie politique ses entrées a l'École de droit. 11 sem•
blait jusqu'ici que la science d'Adam Smith, de JeanBaptiste Say, de Frédéric Bastiat, ne fut, ehez noos,
qu'une science tolérée, bonne a étudier pour les geos
qui n'avaient rien de mieux a faire : désormais, on
pourra étre a vocal, magistral, auditeur au conseil
d'État, sous-préfet ou préfet, et avoir quelque connaissaoce des grandes lois d'ou dépend la prospérité ou la
ruine des sociétés moderoes.
Un autre bruit a couru : M. Duruy, disait-oDcesjours
derniers, avait congu le projet de créer une cbaire
d'homooopathie. Doutez encore, apres cela, que M. le
ministre soit un homme d'imagioation et d'initiative.PI
Peut-etre, au moment ou ces lignes paraitront, _ce
bruit sera-t-il démenti ou confirmé par un décret. Plaise
a Dieu qu'il soit confirmé! Les médecins allopathes sont
tout émus dit-on, a la pensée qu'on ouvrirait a Habne·
'
.
mann les portes du temple, et 1ls ne négligeront r1en
pour empecher la violatioo du sanctuaire.
Je supplie tres-respectueusement M. le ministre ~e
n"écouter ni leurs doléapces /ni meme leurs c~is d'indigoatioo. Sait-on jamais ou s'arretera le fanatisme do&amp;trinai? Que Son Etcellence persévere daos son idée, et
que nous ayons le plaisir d'entendre proclamer l'aiio~

- - - - - - - - - - - -- - - - - -

•,nilia ,imilibu.' curantur, et publiquement enseigner
• rooins forres sont les doses, plus puissant est le re~ed et qu'un grain de quinquina, dissous daos un
roe e,d'eau a beaucoup mOJns
. d'act1on
. sur I'organisme
.
,erre
,
d
. . d.
d
in qu'un gramme e qumqmna 1ssous ans une
buma
• · des clilq
·
quantité d'eau égale a ce11e des 11 euves reums
arties du monde.
.
p Eo attendant la création de la ehaire d'homooopathie,
Braodt prépare la réalisation d'une idée qui, plus
11
·e toute autre, porte le signe du temps.
qun va deux ans environ, la sous-commission frao~aise
d c~mité pour l'enseignement international, pré3idée
:r M. Dumas, et doot M. Eugene Rendu est le secré~ire-rapporteur, émettait le vrou que des étahlissemeots
~ sseot foodés dans les principaux pays de l'Europe, ou
;e métbode identique étant adoptée pour l'étude des
sciences et des lettres, un Frau~ais, un Anglais, un AlJemand, un Jtalien ptit séjourner succe~sivement et
arriver au terme de son éducation, apres avoir ajouté a
la connaissance et a la pratique de sa langue materoelle la conoaissance et la pratique de trois tangues
étrangeres vi van tes.
M. Brandt a ouvert, a Saiot-Germain-en-Laye, nne
école ou les éleves peuvent faire, soit en frangais, soit
en aoglais, soit en allemand, soit en italien, les études
qui leur permettront de subir les examens qui, daos
leur pays, ouvrent l'entrée de la carriere qu'ils se proposent de suivre. Cette anoée, un des éleves de M. Brandt
a été admis a l'école militaire de Londres, et un autre,
fils d'un pair d'Aoglcterre, a ohtenu le numéro f a
!'examen pour le mioistere des aílaires étrangeres.
Daos quelques mois, un établissement pareil s'ouvrira
en Angleterre, et un autre a Turio.
Et voila une idée lancée qui va marcber toute seule.
C'est en matiere d'idées, surtout, que le proverbe est
vrai : « JI n'y a que le premier pas qui coute. i&gt;
Quelques anoées encore, et quand, a la Sorbonne,
un aspirant bachelier auquel on adressera cette questioo : &lt;( Ou avez-vous fait vos études? » répoodra: « Au
collége de Pékin; » cette réponse n'étonnera personne.
Si oous nous apprr.tons a faire des bacheliers, des licenciés et des docteurs en toute langue, nous avons
aossi assez de galanlerie pour ne pas prétendre aujourd'hui que \'esprit d'une femme se hausse seulement
A connaitre un habit d'avec un paletot.

Il y aura des bereeaux a deux places pour les pcrsonnes qui aiment a se sauver en compagnie.

Le titre de la comédie que M. Émile Augier va donner
au Tbéatre-Franrais est l'Inventeur~ Ccrtes, le tiLre promet un sujet actuel. JI n'y a point de types nouvcaux de
ootre temµs, disait-on partont; il n'y en a point pour
ceux qui ne savent pas chercher et trouver.
L'invention, voila la grande passioo, et l'beureuse
passion de l'époque.
Je n'ai point !'él.ge d'uo patriarche, et que de choses
ont été inventées depuis que je suis au monde!. .. Que dP.
choses ont pafll'. Parfois il me semble que des sieeles
ont passé sur ma tete, ou que le moi d'aujourd"hui n'est
pas le moi qui a vu towtes les cboses qui ont cessé d'elre.
Est-ce bien lemoi de 18Gl-, qui, bien des fois, est demeuré houche béante devant le télégraphe perché sur
uo clocher, q11i faisait avec ses graods bras des gestes
faotastiques mystérieux? E$l-ce ce moi-la qui s'est ext¡¡.sié a la vue des plaques daguerriennes sur lesquelles le
soleil avait déposé un reflet si vague, si va~ue, qu·on
avait de la peine a \'apercevoir? Est-ce ce moi-la qui est
alié a Versailles en coucou et a Meaux par le coche, qui
a vu des po~tillons a bolles fortcs, qui a lu le journal
sous un reverbere en pleine place Louis XV, qui a porté
des pantalons a sous-pieds, qui a eu des picces de tren le
sous daos sa hourse, qui s·est serví d'un briquet phosphorique pour allumer sa ebandelle, et qui a cntendu précher l'abbé Chatel?
Et que de vérités de ce temps-la qui ne sont plus des
vérités aujourd'hui 1
En ce temps-la, il n'y avaitqu'une douzaine deplanetes;
Speke, qui vieot de mourir d'un acciuent a la cbasse aux
perdreaux, n'avait pas fait son grand voyage, et la
source du Ni\ était inconnue; on n'avait pas mesuré encore le Gaurisankar, le Deepsang et le' Kuochinjinga, et
les géographes les plus avances enseignaient bravement
que le Dawalajiri était la plus haute montagoe du globe.
En ce temps-la, il n'était pas question de faire déloger
J'admiuistration des postes de son vieil hotel de la rueJeanJacques Rousseau, et de lui en construire un plus vaste
et plus commode dans le voisinage des Champs-Élysées.
Les négocianls de la rue Saint-Denis, de la rue SaintMartin, de la rue du Sentier, de la rue Montmartre,
trouveront peut-élre que l'emplacement est mal cho1si.
On aura peut-ctre d'excellents arguments pour leur
prouver clair comme le jour qu'il ne saurait l'etre
mieux. Ce n'est pas mon affaire; mais le déménagement
des postes souleve une autre question.
L'église de l'Assomption occupe une partie du terrain
destiné au nouvel hotel, et sera supprimée; or, l'église
de l'Assomption a un dome. Que fera-t-oo de ce dóme?
La Ville voulait l'enclaver daos les constructions de
l'hótel; le clergé, assure-t-on, réclame cootre ce projet,
et l'oo suppose que l'on $e servira de ce dome consacré
pour en coiffer quelque église nouvelle.
I1 y a une autre autre faroo de sortir d'embarras, a
laquelle personne ne parait avoir soogé, et qui, a nos
yeux, ne serait pas saos avantage: ce serait tout simplement de démolir le dome de l'Assomption.
Nous avoos le dóme du Panthéon, le dome des Invalides, le dome de la Ralle au blé, le dome de l'Institut,
et le dome du nouveau Tribunal de commerce; nous en
faut-il absolument un sixierne? ou bien le dome de l'Assomption serait-il si joli, qu'il y aurait de la barbarie a le
supprimer du nombre des dómes existants?

Nous ne tenoos point a ce qu'uoe jeune filie sache le
Jatin et le gree, mais il ne nous fachera pas qu'elle
mette l'orthograpbe, qu'elle distmgue un ernpereur
d'Allemagne d'avec un roi de France, et qu'elle ne se
figure pas que le Soleil tourue autour de la Terre, et
que la Lune est grosse comme un fromage. Nous ne lui
en voulons pas non plus d'etre musicienne et de dessiner
un peu le paysage.
11 y a done des bommes qui daignent s'occuper de l'éducation des femmes.
La grande vogue est aux cours; j'en connais qnatre
oo cioq fort en réputatioo a París.
Admioistrativement, Passy est a Paris, cela est certain;
mai~, géograpbiquement, il y aurait bien des choses a
dire. Jusqu'a présent, il n'y avait, pas a Passy, de cours
poor les jeunes filies : c'était fort incommode pour les
mamans. M. Eugene Trouvé est venu a leur aide; la
maison de l'excellent peintre est devenue une académie
oit l'on enseigoe les lettres, les sciences, l'histoire, la
mosique, le dessin, la peinture et meme la danse.
Sur la liste des professeurs,je lis les noms de MM. SamAu temps dont je parlais tout a l'heure, le Petit jourson, de la Comédie-Frangaise, Ad. Le Carpentier, Renal n'existait pas, et c'était domrnage, - u'allez ¡,as croire
naud de Vilbac, Émile Duraod et Coralli, des noms anau moins que je ne parle pas sérieusement.
glais, italiens, polonais, pour les littératures étraogeres,
Chaque numéro du Petit journal est spirituel depuis
et ceh11 de M. Trouvé pour le dessin et la peinture.
la premiere jusqu'a derniere ligoe.
Bonne chance anx cours de la rue Vital ; ce ne sont
L'autre jour, une lettre de M. Edmond About apprenait
pas leR talents qui leur manqueront pour leur porter
au
\ecteur qu'une dame de province avait écrit a l'au-bonheur.
teur de Germaine, pour lui demander l'adresse du méUn esprit ingénieux vient d'inventerun appareil grace decin qui guérit l'béroine de ce romao, et qu'elle luí
aoque!, a \'avenir, on pourra faire naufrage sans aucun ª'"ait envoyé 1 franc en timbres-poste, /t titre d'honoinconvénient. Cet appareil est un berceau qui va sur raires, pour la peine qu'il prendrait de lui répondre.
M. About ajoute aux honoraires une offrande plus
l'eao, eomme le premier hateau ven u. Daos une traversée, le batiment que l'on monte menace-t-il de sombrer, ronde, et envoie le tout a la caisse du journal, qui l'apon se met daos son berceau, et l'on attend, le plus tran- plique a une bonne rouvre doot M. Timothée Trirn a
qui\lement du monde, les événemeuts. Le batiment pris l'initialive, puis il plaisaute agréablement la letlre
coole, on suroage tout naturellement, et J'on s'en va, de la bonne dame.
Si pourtant la bonne dame était un malin provincial,
nooveau Moise, aborder a quelque bord inconnu ou l'on
est reeueilli par une filie de roi ou par une borde d'an- rusant pour avoir quelques lignes de l'écriture d'un
hc,mme d'esprit?
X. F&amp;YRNET.
thropophages; e'est cbarmant.

KXP!DI?IOK DANS LIS PROVI!CXS DO KORD DO IEXIQUE
MONTE RE Y (iuite).
AU DlílECTEUJl..

Matcbual•, 8 aoüt 1864-.

Depuis ma derniere correspondance, datée de Matehuala, J'événement importaot, 1'événcme11t attendu
depuis si longtemps et depuis si longtemps en vain, est
enfin,arrivé ! Je ve11x parler du débarquernent &lt;le l'em-pereurMaximilien.Voscorresp·ondants de MexicQ vous auront bien eertainement eotretenu, rmeux que je ne pourrais le faire, de l'enthousiasme avec lequel l'ernpereur et
l'impératrice ont été regus ! Je me dispenserai done de
vous raconter les fetes et les bals donnés dans tout le
Mcxique, et j'entamerai, de uouveau, la question militaire, toujours et pendant loogiemps encore pendaote
au Mexique; car, si j'en erois la ténacité de Ju ares, il
faudra courrir pour pouvoir atlraper l'ex-président et
soo congres. Toutefois, a l'he1:re qu'il est, plusieurs expéditioos sont parties simultaoément dans les provioces
du nord du ~lexique, et déja le général Lbérillier a
fait son eotrée a Ourango; mais il n'est pas encore a
Chihuahua ni en Sonora, ou Juares pourrait bien nous
conduire. Quaot au général de Castagny, commandant
¡a. premiere division, il a quitté, le 7 juillet, Ron quartier
général de Queretaro, pour se diriger sur Monterey. La
route que le général a suivie, des Queretaro, estbien différente de celle de San-Luis de la Paz, doot j'ai entretenu dernicrement vos lecteurs; au5si je rn'empresse de
la faire connaitre, d'autant plus qu'elle offre deux points
tres-remarquables et peu conous : San--Miguel Allende
et Dolorés Ilidalgo !
San-Miguel Allende, appelée autrefois San-Miguel el
G-rande, fut fondée peu de temps apres la capitale de
l'État de Gtumojuato, État dont elle fait partie : son nom
nouveau luí a été donné en l'honnenr du vaillant compagoon du curé Hirlalao, l'illustre général Allende,
cornme lui, martyr de la liberté.
L'aspect de cette ville, vue de lavaste plaioe que l'on
traverse en venant de Queretaro, est an des plus beaux
qui puissent se produire aux yeux du touriste : en effet,
on domine, de la, toutes les ruaisons ornées de beaux
jar-dios dans lesquels croisseot de grandioses cypres, et
l'on est frap-pé d'admiration a la vue des superbes couvents dissémioés en grand nombre de toas les cotés, et
dominant de leur majestueuse hauteur toas les autres
édifices. On ne peut mieux comparer, du restP., la position de San-Miguel qu'a celle de la vil!e d'Alger, car,
ainsi que la ville africaine, elle est batie sur les flanes
d"uoe montagne, et les mai,;ons a terrasses, ainsi que les
cypres qui s'élevent a une hauteur prodigieuse, lui donnent tout a fait l'a~pect d'une ville d'Orient. Les rues
qui descendent presque a pie, pour aller aboutir sur la
place principale, ou se trouve le bel hotel d'Albmde, sont
droites, larges et ornées de belles maisons. Les édifices
les plus remarquables sont : la Parroquia, le couvent
des Franciscains, eelui de Saint-Philippe de Néri, ou
l'on voit un magnifique p'.)rlrait de ce saint, envoyé par
la cour de Rome; le couvent des nonnes de la Conception, avee un irnmense et beau jardín, et enfln, le collége de Santo-Domingo. On remarque aussi la belle maison du géoéral Allende, couverte, il y a quelques années encore, d'ioscriptions dédiées a la mémoire de ce
premier libérateur de l'Anahuac. C'est daos cette antique ville de San-Miguel, babitée par les desceodants
des Espagnols et des Tlaxcaliens qui conquirent ces régions, que se trouverent, apres le cri de liherté poussé
a Dolores, les premiers éléments de la révolution qui
devait renverser la tyraonie des vice-rois d"Espagne.
Non loin de San-Miguel est le grand et bean couvent ·
de Xochicalco, dans Jeque! trois a quatre milliers d'Jµdieiis viennent, tous les six mois, passer buit jours a
écóuter les instructions des prétres de l'endroit. Moyenoant 8 piastres, ils sont logés, hébergés et pa~sent tout
leur temps en pricres. On peut voir, a la fin de ces buit
jours d'instructions religieus_es, le sol maculé ~u sang
de ces pauvres ignorants, qui se tlagellent dPpms le matin jusqu'au soir, ce qui ne les empéche pas, lors de
leur retour dans leurs foyers, de vous dévaliser sans
aucnn serupule. Les femmes indiennes vieonent aussi,
apres les bommes, recevoir l'ins1.ruction religieuse; mais
elles ne paient que six piastres, et nul bomme ne peut
les voir dans leurs exercices pieux.
Apres San-Miguel, vient la charmante petite ville de

�.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSBL .

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- ·- .
-=---~--=--·-

DOLORES HIDALGO.

EXPÉDITION DANS LES PROVJNCES DU NORD DU MEXIQUE: SAN MIGUEL AllENDE,

Dolorés Hidalgo, perdue daos un amas de verdure : ses

rues sont droites, larges, bien pavées et bordées de
bailes maisons avec cours et jardins daos J'intérieur.

Cette petite ville, si fraiche et si proprette, possede une
belle place, dont l'un des cotés est formé par une église
fort remarquable, malgré son architec.ture massive. Le

,.... __:==--,

..

l luxe intérieur est meme, contre l'habitude, au Me1iqae,
d'un fort bon gout, si l'on en excepte pourtant dem
chapelles dans lesquelles on retrouve, a profusion, les

l

sculptures en bois doré. Un grand tableau assez curieux le peintre ingénieux a cu soin de placer, non loin d'un
décore l'un des grands murs de l'église : il représente roi, toute la hiérarchie du clergé, depuis un pape juste paradis, le purgatoire et l'enfer. Oans ce dernier lieu, qu'au simple maine. Les étrangers ont aussi a voir la

--==~~

~!!,,,¡.;:::;;;;:;~~~~~~-......

~=¿Í"-~ . j., ~ -~~
COTÉ OUEST DK SAN H.IGUEL ALLE~DE:: VUK PRISK DE LA TERRASSE DEL COLLEGJO.

VALLl!E DE SAN ~'RANCISCO. - D'apres les croquis de M. Cibot.

maison du curé Hidalgo, et íls ne se font pas faute d'enlever quelque parcelle du bois de la porte cochere ! C'est
une maison d'assez médiocre· apparence : un des vieux

�compagnon~ d'armes du héros "de l'indépendance en
fait les honneurs, et vous prie d'apposer sur un registre
ad !toe votrc nom et vos qualités.
Sans rien vouloir diminuer ici de la gloire d'Hidalgo,
je vous dirai, en passant, qu'il n'était pas précisément
le modele des prétres orthodoxes, aimant asscz le jeu et
sacrifiant heaucoup au veau d'or et aux aulres douces
idolcs du siccle. Toutefois, on ne pcut s"empécher d'admirer son énergie dans la lutte grandiose qu'il avait
entreprise, et qui s'est terminée p1r une mort violente,
puisqu'il fut fusillé, le iO mai t8l0, a Chihuahua, ains1
que ses amis et compagnons, Allende et Abasolo, laissant
a ses successcurs la tache presque achevée de conquérir la liberté de leor pays.
Apres Dolores Hidalgo, vient la ville plus grande de
San -Felipe, maü, bien moins attrayante; puis, peu apres
avoir descendu une grande et pierreuse montagne ap-·
pelée San-Bartholo, on trouve, au milieu d'un bosquet
de superbes mesquites (mimosas), la magnifique et
royale hacienda de El Jarar, propriété du marquis de
Moncade, rapportant a son heureux maitre de 40 a
50,000 piastres par an. Enfin, apres la petite ville de
San-Francisco, oi.t l'on remarque une belle place ornée
d'une statue de l'Amérique, une belle église et une promenade pilloresque longeant les bords d'un ruisseau,
on trouve la grande hacienda de Pila, et l'on arrive a

San-Luis Potosi.
La colonoe du général Castagny s'arréte pcu dans
cette ville de San--Luis, dont je vous ai déja parlé, et
prend le chemin de Monterey, en passant par Matehuala,
Vanegas et Saltillo.
Mon prochain courricr vous mettra done au fait des
événements qui vont surgir, car on assure que Juares, a
la tete de 4 a 5 mille hommes, commandés par Negrete,
veut tenter la fortune des armes, dans un endroit tresfortifié, pres de Alonterey (t).
Recevez, etc.
AcmLLE Cruor.
(t) A la date ou notre correspondan! écrinit cette 1ettrc, 11 igoo•ait
le depnrt de Ju.rez pour les Etats- U1ois, 11 et1t orobablc que les e•e11emeu1s auiquels nutre corrc1po11d,nt faot allusiun ne se re,liseront pu.
lln quittant le lle.tique. Ju•res seruble avoir egalement qulllé la partie.

Cet intrépide et imperturbable Roland, que l'on a si
longtemps attendu, et n,rii s'inqu1ete si pcu de se faire
attendre, s'est montré enfin sur !'affiche de l'Opéra.
Avant huitjours, s··¡ ne sunient aucun accident fachPux,
on verra étinceler sous les feux du lustre son armet
d'acier poli et sa formidable épée. Tout le monde sait
déja q•1'il en est de cet ouvrage comme des Troyens.
Est-ce M. Mermet, le musicien, qui a demandé un livrct a
M. Mermet, le poele? Est- ce au poiite qu'appartient l'ioitiative? Je !'ignore. Mais il esl certain qu'en cette affaire
le musicien et le poete ne font qu'un. La réuoion de ces
deu.x. talents, la musique et la poésie, est assez rare pour
qu'on la remarque et pour qu'on en tieone compte. La
représentation de Roland á Roncevattx, que! qu'en soit
d'ailleurs le succes, est done, par elle- méme, un fait
tres-digne d'attention. Toutes les personnes qui s'intéresseut encore au.x. choses de l'art accourront sans don te
avec un vif empressement au rendez-vous que l'Opéra
va leur donner.
Si je suis bien informé, M. Mermet a suivi d'assez pres
la Chanson de Roland, ce glorieux poeme du moyen age,
dont l'érudition contemporaine a su, apres tant de siecles d'oubli, pénétrer le sens et apprécier la valeur. On
verra done en scene le comte d'Angers, et la belle Audc,
sa mailresse, IJUi, en apprenant sa mort, me•Jrt ellememe de doulcur aux pieds de Charlemagne. On verra
avec eux tous les héros de la légende, le lidcle Olivier,
l'archevéque Turpin, le traltrc Gaoelon, l'émir Marsille,
le général Baligant, etc. Sujet épiqne, s'il en fut jamais !
M. Mermet aura-t-il réussi a le renclre dramatiqui?
Tliat is the question, question qui sera résolue dans q uelques jours.
On dit que M. E. Perrin n'a rien négligé, rien épargné
pour rendre la mise en scene digne de l'mu1re. On parle
surlout d'un décor représentant le théalrc du combat,
décor peint d'aprcs nature par un artiste envoyé tout
expres dans les Pyrénées. Si les détails du pJcmesont fabuleux, le paysc1ge, du moins, sera confqrme a la réalité.
Voici tout ce que l'histoire nous &lt;lit de cclte aventure
de Roncevaux et de Roland lui-méme, qui n'y est nommé
qu'une seu.le fois, et n'y apparalt que pour mourir. -

Je me sers de la traduction de F. Génin, que j'extrais
de l'lntroduction á la Chanson de Roland, ce chef-d'reuvre
de critique historique et littéraire auquel on n'a pas
encore, ce me semble, rendu justice.
&lt;&lt; Charles marche coolre l'Espagne avec toutes les
forces qu'il peut rassembler, franchil les gorges des
Pyrénées, re~oit la soumission de toutes les villes et de
tous les cbateaux devant lesquels il se présente, et ramcne son ar 1 ée sans avoir éprouvé aucune perle, si non
qu'au sommet des Pyrénées il eut ttn peu á souffrir de la
perfidie des Gascons. Car, tandis que l'armée fran~aise,
engagée daos un étroit défilé, était obligée, par la nature du terraiu, de marcher sur une ligne énorme et
resserrée, les Gascons, qui s'étaient embusqués sur la
crcte de la montagne (a quoi se prete admirablement
l'épaisseur et l'étendue de la forét), descendent et se
précipitent soudain sur la queue des bagages et s1Jr
l'arriere-garde, chargée de couvrir tout ce qui allait
devant, et les culbute au fond de la vallée. La s'en&lt;&gt;aº
gea un combat opiniatre oi.t, jusqu'au dernier Frangais,
tout périt.
« Les Gascons, ayaut pillé les bagages, profiterent de
la nuit qui était survenue pour se disperser rapidement.
lis durent, en cette reocon're, tout leur succes a la légcreté de leurs armes et a la d1sposition des lieux .. .
Dans ce combat périrent Eggihard, maitre d'hótel du
roi, Alselme, comte du palais, et Roland, préfet des
marches de Bretagnc. (Eginhard, Vie de Clia1·lemagne.)
Eginhard consigne également ce fait daos ses Annales, avec les memes détails et les memes réflexions, ou
peu s'en faut. 11 ajoute seulement : &lt;t Ce revers effaca
presque entierement dans le creur du roi la joie d~s
succés qu'il avaitoLtenus en 'Espagne. »
Cette derniere phrase n·est guere d'accord avec le cu-•
rieux euphémisme cité plus haut: « ll eut 110 peu a
souffrir. » Eginhard ne peut se décider a avouer que les
Frang:i.is, - il vaudrait mieux, vu l'époque, dire les
Francs, - ont él~ battus. Qui aurait imaginé que le
chau1inisme, ou, comme disait Stendhal, le patriotisrue
béte, remonlat Ei haut?
La trace profonde que cette défaite des Francs a imprimée dans la mémoire des hommes, et les grandes
proportions que la poésie lui a donnécs a travers les
a.ges, prouvcnl que ce ne fut pas un événeruentordinaire.
A la vérité, elle se renouvela vingt-huit ans apres. Une
autre armée franque, aprcs avoir pénétré jusqu'a Pampelune, fut de nouveau exterminée dans ce meme défllé de
Roncevaux. Usque all mtemecionem de/eta. c·est encore
Eginhard qui le raconte,el commc,celle fois,Charlemagne
n'y était pas, on voit que l'his!or1ographe se gene moins.
Ces snldats bartlés de fer, q11i faisaienl trembler l'Eurnpe, qui ava1ent détruit les Lombards en Italie, les
lluns en Pannonie, qui avaient snbjugué les Saxons, refoulé les Slaves au nord et les Arabes au midi, avaient
succombé deux fois sous l'effort d'une peuplade perchée au sommet des Pyrénées. Quelle gloire pour les
Escaldunac! lis ont conservé la mémoire de leur triomphe dans un chant national pleiu d'enthousiasme et
d'orgueil, qui nous a élé conservé, et dont M. Ilenri
Martin a mis la traduction littérale a la fin de son
deuxieme volume. On ne me saura peut-ctre pas mauvais gré d'cn ciler une strophe :
« Qu'avaient-ils a faire dans nos montagnes, ceshommes du Nord? Pourquoi sont-ils venus troubler notre ¡,aix? Quaod Dieu fait des montagnes, c'zst pour que
les hommes ne les franchissent pas. .Mais les rochers, en
roulant, tombent, ils écrasent les bataillons, le sang
r11isselle, les chairs palpitent... Oh! combien d'os broyés!
quelle mer de sarig ! fuycz ! fuyez, ceux a qui il reste de
la force et un cheval ! fuis, roi Carloman, avec tes plomes noires et ta cape rouge! Ton oeveu, ton plus
brave, ton chéri, Roland est étendu mort la bas. Son
courage ne lui a serví a ricn ... » etc., etc.
Ce sont les roetes et les romanciers fran~ais du moyen
age qui ont substilué aux montagnards basques de~ Sarrasios innombrables, pour épargner aux paladios de
Charlemagne l'humihation de périr sous les coups d'un
trop faible ennemi.
Des que Roland sera joué, on commencera les répétitions de l'Africaine, sous la direction de ~l. Fétis, qui a
quitté Bruxelles et son Conservatoire pour remplir cette
tache, et rendre a la mémoire de lleyerbeer ce suprcme
et pieux dcvoir. 11 n'aura, d'ailleurs, qu'a déterminer
les mouvements, a indiquer les intentions du compositeur, et a régler les détails de l'exécution. L'reuvre est
complete, il n'y manque pas une note.

215

L'ILLUSTH,, TION, JOURNAL U~IVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
L'Opéra-Comique a repris Lara, qui est chanté tro·
fois chaque se maine, par les artistes du mois d¡ maIS
dernier : M. Moutaubry, M. Crosti, M. Gourdin :
Mm• Galli-Marié, a qui l'on fait toujours répéttr la 'ballade arabe. 11 est certain que cet air a un caractere
étrange, une couleur aussi vive qu'originale. Que! do111mage qne pour les autres morceaux l'auteur n'ait pas
ét_é. aussi heureusement iospi ré ! Sa partition serait, en
venté, un chcf-d'muvre. 11 n y a eu qu'un changement
daos la distribution de Lara. Mil• Monrose a remplacé
Mil• Baretti. Mil• Monrose minaude a peu pres autant
que M11 • Baretti. Elle a la voix plus forte, mais moins
jeune, moins fraiche, et fatiguée avant l'age, comme il
arrive a presque toutes les roix: de ce temps-ci. Brer
l'Opéra-Comique ne paralt pas avoir beaucoup gagné ~
change. ll se prépare la des nouveautés que l'on verra
éclore avanl peu, et dont les journaux amis disent par
avance des merveilles.
Le Théatre-Lyrique, au lieu de s'endormir sur le sor,.
ces de Don Pas1uale, qui est tres-réel et parait devoir
durer longtemps, a repris Fa11st, oi.t M. Michot, qui a
quitté l'Opéra, remplit le principal role. 11 y est un peo
froid, ma1s correct, et sa voix est charmante. Puisse-t-il
la conserver longtemps ! Les téoors deviennent plus ra.
res de jour en jour. Mm• Carvalho chante le role de Mar.
guerite avec la simplicité, le calme, le bon gout et l'hab~
leté d'exécution qu'on l11i connait. MM. Petit et Lutz complctent !'ensemble, et sont tres-j1.1stement applaudis tous
deux. 11 semble que le talent de M. Petit grandisse a
chaque róle qu'iljoue.
Une nouvelle société s'est formée, je croís, pour l'e1¡,loitation des Bouffes-Parisiens, mais le dirccteur est
toujours le me1ne. Sculement M. Varney, désormais af.
franchi de certaines entraves qui génaient un peu trop
ses mouvements, et rentré dans la jonissance de son libre arbitre, promet un réperloire plus varié, et annooce
un ai,aissement de tarif qui pcut av.:&gt;ir pour son théatre
les plus heureuses conséquenccs. Vendrc a bon marché
est le meilleur moyen de vendre beaucoup.
C'est probablement un théatre a b.:&gt;n marché qui va
s'ou·,rir sur le boulevard Saint-Germain. On n'en a pa.1
encore vu le~ affiches, mais les pieces d'ouverture se rép&amp;tent avec activité, et l'on prépare déja celles qui doiveot
leisuivre. Ces piecessontdesopéras-comiques. C'est done
sur la rive gauche de la Seine, et a cóté des Thermes
de Julien, que la lil:ierté des théalres aura d'abord fructiflé ! Tous les a utres projets, - il y en avait beaucoup,
et de g-igantesque~, - paraissent abandonnés pour le
momcnt, ou furieusement compromis. C'est que, pour
faire un théatre,.et surtoui un théatre lyrique, la boone
volonté ne suffit pas. JI faut encore de !'argent. - llille
cinq cent., li vres ne se trouvent pas dans lepas d'un che•
val, disait le bonhomme Géronte. - Or, ce n'est plus ici
de mi lle cinq cents livres, c'est de deux ou trois millioos
qu'il s'agit.
·
G. lliouEr.
0

LES LILAS BLANCS.
A .11..

CAROLINll BERTON ( oée Samson ).

Ruiné par son trop de confiance et de bonté, mon pere
ne put survi vre a son désespoir, a ses regrets, surtout i
la pensée incessante et fatale que la misere él.pre et rarouche allait s'abattre sur une femme chérie et sur un
fils adoré, ses seules affections sur terre, habituées par sa
tendresse a toutes les recherches du luxe et de l'élé·
gance.
11 languit quelque temps, puis expira, en nous disant
comme Jésns, si cette comparaison ne semble pas impie:
« Mere, voila ton fils, enfant, voila ta mere. 1&gt;
Et joignant nos dcux mains dans ses mains défaillantes,
il leva les yeux au ciel comme pour appeler sur nous sa
bénédiction, et rendit l'ame.
A ce lle époque, fa vais vingt ans.
J'étais bien je une, hélas ! et bien peu préparé a cette
lutte cruelle et corps a corps avec les difficultés de la vie;
nourri dans l'idée qu'uue grande fortune devait étre un
jour mon partage, je n'avais pris souci que d'efOaurer
toutes les conna1ssances humaines, sans croire utile
d'eo approfoodir aucune. Une des conséqucnces les plus
funestes dn la fortuoe qui vous sourit au berceau, c·e~t
cet -oubli total de son inconstance; elle vous a souri
vingt ans, la cruelle ! puis, un matin, son sourire se glace,
et vous voyez s'effacer avec elle toules ces chaleureuses
affections qui la flattaient en vous faisant cortége, el qui

- abandonnent pour la 0atter encore. Des lors, vous
,ous
. I'1te,
' qm. de"da1gne
.
de
,ous trouvez face a face avec 1a rea
her plus longtemps, sous un masque, son austere et
cae• itable vi•age, et l'a ou' vous etlez
' . hab'1tue' 'd 1·1re ces
vert.~ ravonnants de JOJe
· · : msnuc1ance
·
·
et l'b
1 erlé, vous
mo
. elez en. trcmblant, et 1e creur ~erre,. ces deux a11tres
epots terribles : trava1·1 et m1s1;re.
.'
111
Cependant, dans mes jours de prospérité, désireux de
rouver que j'avais quelque valeur personnelle, j'avais
rait quelques pas nonchalants dans cette carriere de la
littérature, si belle et si douce a parcourir quand on ne
tui demande que des bravos légers, des sourires et des
0eurs, mais si pleine de ronces et d'épincs lorsqu'oo lui
demande du pain. Quelques vers applaudis dans des sociétés intimes, imprimés dans une revue amie; une nouvellr, parue daos un journal dont mon pcre était un des
principaux actionnaires, d'autres succes du meme genre,
mais que je croyais de bon aloi, m'avaient facilement
persuadé que je n'avais qu'a vo11loir pour poutoif. Hélas!
avingt ans, sait-on le profond abime qui sépare ces deux
mots.
Aussi: lorsqu'aprcs les prcmiers jours donnés au désespoir, ma mere, ses grands yeux pleins de larmes, sa
figure bouleversée par la douleur, vieillie de dix ans en
un jour, vinl un matin a moi, rue mit les deux mains
auwur du cou et s'oubliant, comme s'oublient les mere~, me dit d'une voix altérée et tremblante : « Mon
pauvre enfant, que vas-t•J devenir? n Je la sais1s avec
tran~port entre mes bras, et daos une exaltation risible
au fond, mais respectable en fait, comme tout ce qui est
convaincu, je lui déroulai mes plans d'avenir,je lui parlai du bonbeur que j'aurais a etre -on soutien et sa consolation, je lui dépeignis mes projets, mes espoirs, cbateaux en Espagne, sans doute, mais illusions saintes,
co111me toutes celles qui viennent d'une source pure. Mes paroles disaient : gloire et fortune, - idées folle5
et vaiues, - mais elles signifiaient encore : énergie et
travail, - idées saines et bonnes a !'ame.
Ccux qui me lisent comprendront-its· ce que renferment les quelques mots suivants :
Ma rr.cre crut en moi 1
J'avais une mere! mais qu'on se figure un instant la
situation morale d'un orphelin, saisi par ce brusque réveil de la misere, qui venait imµérieusement s'emparer
de moi; avoir été riche etseretrouver non passeulement
pauvre, mais dénué de tout; avoir été insouciant, heubeux et gai, deveuir, en un momenl, sérieux, grave et
trtste; avoir d1ssipé toutes ses premieres heures de jeunesse dans des plaisirs que dorait un éternel sourire, et
vivre désormais en économisant chaque minute de sa
vie pour des travaux souvent assombris par une !arme
amere de tr1stesse et de découragement; avo1r gouté une
aune toutes les splendeurs de l'existence, et ne mordre
désormais qu'au pain dur et sec du travail; pour le gagner, ce pain, ne sentir en soi que des forces douteuses,
une energie, réelle sans doute, mais qui peutctre vaincue
par l'impuissance, et pour résister aux heures nombre uses
des défa11lances et des découragements, se trouver seul,
entierement seul, sans un creur qui vous comprenne,
saos un regard qui vous crie : courage: sans un baiser
qui vous releve, sans un trésor de confiance· et d'amour,
oil l'on trouve des forces nouvelles pour remplacer les
forces épuisées, saos un étre enfin, qui croyant a vous,
aveuglément, naivement, avec exces peut-etre, mais
ITiee bonne foi, vous communique ce bien si précieux,
8lllS lequel il n'y a ni grand homme, ni héros, ni conquérant, ni poete : la croyance en vous-meme. N'est-ce
pas horrible?
Te! est pourtant le probleme qui, presque chaque
oor, est posé a tant de jeunes et rares intelligences !
Qoelques-unes trouvent moyen de le résoudre, beaucoup expirent a la peine. J' eusse été, je crois, de cel-

les-ci.
,
llais ma mere était la, et je me crus sauvé. Combien
de Cois, en relevant mon front alourdi par une pensée
rebeUe, n'ai-je pas rencontré, posé sur moi, son !impide et bien regard, tout empreint d'une naive et
douce confiance! Combien de fois n'ai-je pas sentí qu"il
était impossible que je fisse défaut a cette foi maternelle
et aainte qui rayonnait dans ses doux yeux:, et combien
de fois - miracle divin des :úfections vraies ! - n'ai-je
PIS éprouvé que sa chere iofluence écartait les nuages
!¡ obscurcissaient ma pensée, et dégageait nette et pure
1•dée vainement cherchée par moi, et sans doute introulable sans elle.
llaia je me laisae entrainer trop tót a ces doux souve-

nirs d'une tendrcsse qui devait étre le seul bonheur de
ma vie laborieuse et so)itaire. Ce furent la les joies
aOJstercs et les saints enthousiasmes de !'avenir; je
dois parler d'a\Jord des rudes obstacles des débuts et
des douloureux désenchantements des premiers jours.
Sans elle, sans roa mhe encore, je ne les eusse pas wrmontés, et j'ai besoin de tl)ut dire, pour qu'on comprenne bien a que! point nos deux pensées n'en faisaient
qu'une, et nos deux creu1s n'en faisaieni qu'un.
Dans un récit aussi simple que celui-ci, je désirerais
dire le moins de banalités possible; qu'il me soit done
permis de regarder comme démontré que, des le jour
de notre ruine, nous n'avions plus ni parents, ni famille,
ni amis. Nous fimes bien d'abord quelques-unes de ces
demarches q-u'on tente souvent, plus par suite d'un
reste de respect et de croyance en la nature humaine
que par suite d'une espérance réelle et positive; mais
hélas !... il nous fut Lientot évident, a roa mere et a
moi, q11'ici-ba.s nous devions etre désormais tout l'un
pour l'autre; qu'il me soit encore permís de n'en pas
parler davaotage.
Des débris presque nuls de notre immense fortune,
nous retira.mes pourtant de quoi nous loger, bien a
l'étroit, mais suffisamment encore, au cinquieme, rue
du Bac. Trois pieces : deux chambres a coucher et une
salle a manger, ou, faute de place, j'installai roa bibliotheque et mes manuscrits - Spes ultima Troj(E - composaient tout noti e petit do maine. Ce ful la que je commcncai mes jours et mes nnits de laheur, et ma sainte
mer: son existenre de sublime abnégation et de dévoucmenl absolu, qui ne devait finir ,qu'avec sa vie
elle-meme.
Daos le principe, 11 m'étail resté une illusion; croyant
avoir fail mes pre uves, je pensais que les portes qui
m'avaient. été ouvertes au temps de ma prospérité se
regarderaient corrme engagée, a ne pas se reíermer
devant moi; je m'adressai done, mon manuscrit a la
main, au journal doot mon pere avait élé actionnaire.
La politesse est une des choses les plus exquises qui
soient au monde, surtout parce qu'elle ne coute' rien.
J'obtins des compliments de condoléance sur mon infortune. Le directeur de cette feuille, importante a tant de
titres, daigna me parler de mon pcrc d'un ton attcndri
qui me lit bien au cmur, prit mon manuscrit de l'air le
plus g1·acieux, et mP promit d'cn faire la lccture avec
l'attention et l'interet les plus vifs. Je sortis heureux et
touché; en rentrant, j'embr.assai ma DLeré avec transport; des les premiers pas je touchais au but; on avait
gardé mon manuscrit. .. On ,e garda si bien, que je
restai huit mois saos pouvoir obtenir de ses nouvelles.
Chaque fois que j'insistais pour connaitre mon sort, ou
le directcur était absent, ou le lecteur chargé du rapport r,tait malade, ou les événements politiques absorbaient tellement la rédaction, qu'on ne trouvail pas le
temps de s'occuper de simples muvres d"imagination.
Enfin, apres huit mois, mon insistance porta ses fruits.
Le secrétaire général du journal m'écrivit qu'il était, a
son grand regret, obligé de m'annoncer que l'administration ne croyait pas pouvoir se charger de la publication de mon ouvrage, d'ailleurs trcs-remarquable.
A la revue célebre, qui m'avait jadis ouvert ses colonnes, la fa~on de procéder fut diífer~nte. Quand j'eus
expliqué le motif de ma venue, et quand mon 1 manuscrit fut entre les mains de !'arbitre de ma destinée, il le
feuilleta, tout en disant: Comment done, jeune homme !
ma1s vous etes un de nos rédacteurs, vous le savez bien;
je lirai avec soin et: manuscrit; mais, j'en suis sur d'avance, ce ne sera qu'une question de forme. 'si nous
vous demandions quelques changements, quelques coupures, vous n'hésiteriez pasa les faire, n'est-il pas vrai?
Vous savez, ici nous avons l'habitude de conseiller no8
rédacteurs, et je me suis laissé dire, ajouta-t-il en
riant, qu'ils ne s'en trouvaient pas plus mal.
Je protestai que nul moins que moi n'était réfractaire aux: bons conseils.
- A merveille ! reprit-il en me tendant la main avec
un bon sourire.
- Puisque vous me promettez de Jire, lui dis-je en
me levant, je vous demanderai comme faveur de lire
vite.
- Soyez tranquille; j'ai, dans cet instant, quelque
chose qui m'occupe, sans cela j'y mettrais plus de bate
encore, mais je suis obligé de vous demander .quinze
jvurs.
Un. signe de moi trabit ma joie d'un délai plus court
que je n'aurais osé l'espérer.

- Eh bien! c·est entendu, dit-il; a quinzaine, comme
d isent les magistrats.
Je sortis, sur au moins de ne pas languir.
Quinze jours plus tard, j'étais exact au rendez-vous;
nwn j uge était fidcle a sa promesse.
- J'ai lu, dit-il, c'est bien, tres-bien, trop bien,
mcme.
Je fis un geste surpris.
- Je m·e~plique, reprit-il en souriant d'un air de
hienveillance; iI y a dans votre ouvrage des pages jeunes et fraiches, des scenes dramatiques, un ensemble,
en fin, satisfaisant au premier conp d'reil; mais apres
mur examen, on sent que c'est cela et que ce n'est pas
cela; c·est trop délayé, trop abondant; disons le mot,
c'est trop bavard !
- Croyez-vous, fis-je en l'interrompant, qu'un tra- 1
vail de retouche puis~e remédicr a ces critiques?
- Non, reprit-il; tPnez, je vo1Js parle franchement
et en ami; eh bien! certes, je ne vous refuse pas cet
ouvrage, mais de vous a moi je vous dis : faites-nous
autre chose; n'essayez pas encore le grana roman; faites-nous une nouvelle út apportez-nous-la.
Je m'en allai un peu triste, et cependant avec quelque espoir; ce n'était pas précisément cela que j'étais
venn chercher, mais enfln c'était deJa quelque chose.
Je fis la nouvelle demandée; la nuuvelle faite, je l'envoyai au bureau de la revue.
Trois semaines s'écoulerent; je me crus un iostant
ouhlié; mais au moment ou j'allais me rendré moiméme aupres de mon juge pour me rappeler a son souvenir, je re~us mon manuscrit timbré du sceau de la
Revne; le petit billet suivant y était annexé :
t&lt; Cette nouvelle est jolie, mais trop légere; on sent
« que l'auteur s'est préoccupé de faire court, el ne s'est
« pas aper~u que sous l'influence de cette préoccupation,
« il étriquait son muue et rétrécissait sa pensée. Du
« reste, il y a la de !'avenir, br.aucoup d'avenir, et nous
« croyons, sous toutes réserves, que l'auteur fera bien
« d'abandonner le genre nouvelle, et de tenter le grand
« !"omon; c'est la sa véritable voie, selon nous. ii
Ce billet était d'une écriture a moi tout a fait inconnue, mais il était forme!.
- Bienheureux ceux: qui pleurent, dit l'Ecclésiaste,
parce qu'ils seront consolés; bienheureux ceux qui se
font facilemeut illusion, pourrait-on dire, parce qu'ils
se consolent vite. 11 y a des gens qui ont l'esrrit ainsi
fait, et je les en félicite, qu'un échec ne leur canse,
pour ainsi dire, que le coup du moment, et que l'instant
d'apres, ils ne s'en ressentent plus. Ceux-la, si le présent est sombre, croient en !'avenir et ne se laissent pas
abattre par les circonstances~ soutenus qu'ils sont par
l'eternel mirage d'une perspeclive lointaine; cela est
bien, cela est beau, sans doute; mais il n'est pas donaé
a tout le monde d'avoir cette légereté de sensatiou qui
monte chez eux au niveau de la persévérance et du génie. « Le génie est la patience, a dit B•Jffon; mot vrai,
je vem. le croire, mais pas pour tous peut-étre, et bien
ccrtainement pas pour moi.
Aus,i je compris; l'illusion que je m'étais faite se dissipa, sans qu'il en restat la moindre trace dans mon
esprit. Je compris qu'en littérature, comme en toutes
choses dans ce monde, la meilleure chance, pour réussir,
est de commencer par n'avoir pas besoin du succes:
l'eau va toujours a la riviere, dit la sagesse des nations
pour gagner de l'argeut, il faut d'abord en avoir, dit la
sagesse du commerce. Les deux sagesses se rencontrent
dans la méme pensée, et Je compris que cela revenait a
dire : Qui veut vivre de sa plume doit en premier lieu
ne pas attendre apres sa plume pour vivre. Attendre,
pouvoir attendre, voila le grand mot, et tant d'économistes qui écrivent des livres bons et sublimes, sans
doute, sur le droit au travail, ont peut-étre tort de ne
considérer la question qu'au point de vue de l'ouvrier
proprement dit; qu'ils y songent: il y a peut-etre des
miseres plus poignantes encore que celles de cette classe,
lntéressante d'a1lleurs, dont ils se font les infatigables
avocats; ils le savent assurémenl, mais me répondront
que cette these est moins ferlile en popularité, et que
pour tant faire que d'etre philantbrope, il faut que la
philanthropie rapporte quelque chose; c'est juste, et je
m'incline avec respect devant cette quatrieme maxime,
non moins évidente que les trois premieres.
JULES DE W.,1.JLLY.

(La suite prochatntmtnt.)
Reproduction inlerdite aux journ•u• qui n'oot pas lraité avec la Soeiété

dee gem de lettres.

�\

!t7

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

BtNED1CTI01'
UiJCENDlE

DI LA

DI

CHAPE LLE

LOIDR&amp;S.

!OTR&amp;-DAU D'ArRIQUE
A.U pIRl!CTEUR,

1,olldttl, io 1eptembre,

Lundi 18 septembre, éclatait a
Londres, dans une
des principales
rues de la Cité,
Gresham strect, oü
sont situées les premicres maisons de
banque, un incendie commc Londres
o'en a pas vu dcruis vingt ans.
Les maisons monumentales élevées dans cette
rue, il ]y a quelques annécs, ne
sooi plus que des
ruines. Le fcu a
commencé dans
une maison, occupecpar les hureaux
et magasins de
Mll. Tapling et Cie,
fabricaats de tapis,
et par ceux de mr.
Uellahy, fabricants
de aouveautés. Ce
batimeat, doni la
fa~ade était fort
belle, se trouvait
en Cace de la cor•
poration des orfe~
vres; il avait quatre étages et contenait d'immenses
quaptités de tapis,
de soicries, de toiles, de nouveantés,
etc.
Ce batiment était
allcnant a la corporation rles mereiers, Haberda~her's compa11y,dont
les richesses artisliqucs étaient bien
connues.
La salle de banqueta été délruite
daos !'incendie du
18. L'édifice des
merciers avait été
réparéaucommencement de cette
année. Les tableaux ont pu etre
sau,és, mais les
perles dépassent
de beaucoup, rlitoo, lcs250,00'.l fr.,
cbiffre de l'assurance.
11 est difficile de·
connaitre jusqu'ici
le chilfre total du
dés3slrc.
Un né"'o.
o
ciant pcrd a Iui
seul cinq millions.

Pour eJ:trait :
P.

PAGET.

~

INC~NUIE DE GRESHAM-STREKT, A LONDRES. -

É'l'ABLISSRMBN'f DE Mil. TAPLING ETC'•,

AU DIRECTl!UII,

Alger1 30 aoút,

Le 28 aout, le
pl:!.teau du premicr
contrefort de la
Boudzaréah, sur
lequel s'éleve, dominant de toutPs
parts la Médilerranée, la magnifique
chapelle élevée en
l'honneur de Notre-Dame d'Afrique, présenlaitl'afpect le plus animé.
C'cst que la plus
grande partie de
notre population
avait voulu assister
a la bénédiction de
la 11ouvelle basi.l1que qui, grace il
l'infdtigable acti,·ité, a la persévérante volonté de
Mgr Pavy, est es~enticllcment l'reuvre de la eolonic
algérienne.
A qnatre heures
précisef, la procession, dont le point
de départ avait été
fixé sur l'avenue
qui longe la partie
rnd de l'hcipital militairc, se mettait
en· marche, bannicrcs cléployécs,
et gravissait la
montagnc '
en
chantanldes hymnes et des canti •
ques que répétaienl des milliers
de voix.
Arrivée an carrcfour de~ Consuls oú
l'altendaicnt Mgr
Chalandon et Mgr
Pavy, elle traversa
la chapellc, oü
prircnt place le
nombrc1u clergé
qui l'avait accompagnée jusque-la,
les corporations
l'cligieuscs et une
partic de la fouk.
M. le Gouverneur général, vicomte do Martimprey, M. le Directeur général des
~ervices civil~, )f.
lo général comtc
de La Serre, M. le
?tlaire
d'Alger,
ainsi qu'un asscz
grand
nombre
d'uflicicrs supéricurs, de fonctionnaires et de
magistrats assista icn l aéctte cérémonie.

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVE RS EL.
A cinq heures et demie, la bénédiction extérieure du
monument fut faite par Mgr l'archeveque d'Aix et par
Mgr l'éveque d'Alger; puis, immédiatement apres, a
commencé la bénédictiou intérieure, a l'issue de laquelle Mgr Chalan don a remercié Mgr Pavy de sa louable
persévérance, et la population algérienne du concours
empressé qu'elle apreté jusqu'a ce jour a son vénérable
éveque. Mgr Chalandon a terminé sa trop coarte improvisation en faisant un nouvel appcl a 13. piété et a la générosité de la p')pulation, afin d'arriver promptement a
l'acbevement complet du monument que la religion venait de consacrer.
A sept heures, la cérémonie était terminé1:.
Pour extrait: P. PAGET.

LA

CLÉ

DES

CHAMPS.

Autrefois on croyait a la puissance des sorciers; aujourd'hui on croit a l'infaillibilité des reglements administratifs. On croyait que les alchimistes, avec leurs for. moles et lenrs alambics, pouvaient fabriquer de l'or; on
croit bien aujourd'hui que M. le maire, a l'aide rl'un
simple arret~, peut faire murir le raisiu; car si les magistrats municipaux n'avaient pas cette conviction, com. ment o~eraient-ils décréter que, dans telle commune,
tel jour, a tel heure, le raisin sera múr et que l'on
pourra le vendanger. ll y a des clos exposés au midi,
d'autres au couchaut; il y a des vignes sur les coteaux et
des vignes dans la plaine; il y a des cépages qui murissent vite, d'autres plns lentement, des variétés qui doivent etre vendangées avant la complete maturité, d'autres qui ont besoin d'etre tres-mures pour donner de
bon vio; peu importe : M. le maire a décrété que le rai ..
sin' serait mur te! jour, a telle heure; il faut que cela
. soit. Le bon Dieu s'arrangera comme il poúrra et le vigneron aussi.
On appelle cela le bao devendange, et comme on atrouvé
un mot pour l'exprimer, la chose devient respectable. 11
y a si longtemps, du reste, que le maire procl:i.me le ban
de vendange ! Autrefois, da.ns le bon vieux temps, c'était
le seigneur, quand il daignait, ou son suppléant; :iujourd'hui, c'est le maire on son adjoint. De quoi vous plaignez-vous? N'est-ce pas le repré,entant de la commune
qui dé~ide la chose; c'est comme si vous la décidiez vousmeme. 11 n'y a rien a répondre, en effet; du moment oü
on a démocratisé une absurdité, cette absurdité devient
inviolable.
Le maire qui décrete la maturité du raisin n'est ponrtant pas plus infaillible que le seigneur décidant le jour
de la vendange. Pourquoi ne pas laisser a chacun le soin
de fa:ire ses petites affaires comme il l'entend, et de couper son raisin quand il le croit mur? Ce serait probablement plus sage et certainement plus commode.
c·est ce qu'a pensé le maire d'une grande ville, située
au milieu d'un pays vignoble. M. le maire de Riom a décidé, par un arreté tout récent, que dorénavant, cbacun,
dans sa commune, vendangera quand bon lui semblera. Tous les maires ne se croient done pas omnicompétents et omnipotents. C'est la un bon exemple, et je
m'empresse de le citer. ll est vrai aussi que Riom est la
ville natale de M. Rouher, et l'ancien ministre du commerce est bien capable d'avoir développé la contagion
libérate daos ~on pays.
Et il faut d'autant plus le citer, ce salutaire exemple,
que, daos certaines communes, les magistrats, 'usant et
abusant de la faculté déplorable que la loi leur donne,
ont imaginé d'interdire aux vignerons d'entrer dans les
vignes, vous entendez, d'y mettre le pied, de s'y promener, d'y pratiquer les derniers travaux di) la saison. En
décrétant une I mesure aussi ahsurde, les maires outrepassent leurs droits. - D'accord. 11 y a quatre arr.3ts de
la Cour de cassation, en date de t 819, t84i, i855 et f 856,
qui dénienl au maire le droil de vous empecher d'en. trer chez vous. - Dire qu'il a fallu en ·appeler, pour
cela, a la Cour de cassation ! -· Néanmoins, daos beaucoup de communes, les arretés existent et persistent,
car les vignerons ne sont pas partout assez riches pour
faire réformer par la Cour supreme les sottises de Jeurs
magistrats.
Les partisans du ban de vendange n'ont qu'une seule
raison a donner; la voici, dans toute sa na'iveté : tous
les vignerons sont des voleurs qui, en vendangeant leur
vigne un jour plus tot, vendangeraient celles de leur
voisin; - meme si la vigne du voisin est située a une

demi-lieue. Mais si l'humanité agricole est si perverse,
pourquoi ne pas publier un ban de fauchaison, un han
de mo1sson, un bau pour la récolte du colza, un autre
pour celle rles pommes de terre, etc.? Les champs se
touchent tous par un bout, et en coupant son blé, qui
empeche mon voisin de couper le mien, - comme pour
le raisin?
A cet argument et a tous les autres, les maires fanatiques du réglement ne répondent pas un mot; ils décre-tent, et tout est &lt;lit. Heurcux magistrats, a qui la loi ne
demande pas compte de leurs iospirations ! Il y a pourtant l'-&gt;pimon publique, et il faudra bien, un jour 011
l'autre, compter avec elle.
En agriculture, comme en politique, l'opirtion publique est une puissance dont on reconnait tot ou tard les
arrcts. La fécondation artificielle des céréales, par la
métbode de M. Hoo1brenck, dont j'ai dP.ja entretenu nos
lecteurs, esl sur le point de comparaltre devant le tribunal supreme de l'opinion. Des commissions ont été nommées pour suivre les expériences officielles; de nomhreux agriculteurs out .expérimenté, proprio motu, les
franges de laine et le miel sur leurs récoltes;- les renseignements commencent a se produire.
· Je n'ai jamais eu le moindre engouement pour ce systeme, que la science me sembl:tit condamner, m.ais que
la pratique devait, disait-on, justifier. 11 faut s'incliner
devant les faits; c'est ,entendu. Seulement, jusqu'ici les
faits se montrent peu favorables aux fécondations artificielles. Est-ce que le compte-rendu de l'Empire en serait pour ses espérances un peu prématurément exprimées?
Je vous en fais juge. Un agronome habile, savant et
consciencieux, M. Adolphe Dailly, membre de la Société
impériale et centrale d'agriculture de Fl'ance, faisait
partie de la comrnission chargée d'examiner les expérieoces faites par M. Hoo1brenck chez M. Jaquesson, a
Epernay. On le sait, la commission ne voulut pas conclure; les deux champs d'expériences ne lui paraissaient
pas daos des conditions identiques. La partie fécondée
scmblait avoir re~u une part plus large de « charup et
ne soleil. ))
C'était a recommencer, et on a recommencé.
M. Oailly fait partie de la seconde cornmission. Non
content de suivre et de contróler les expériences d'autrui, il a voulu expé,rimenter par lui-meme, daos ses propr1étés. Afio tle soustraire ses expériences a tomes
chances d'erreur et de controler ses essais pa:r: lui-meme,
M. Dailly répete ses expériences dans deux charnps différents, consacrant, daos chaque champ, une part égale
de terrain a la fécondation artificielle, au rouleau de
M. Hoo'ibrenck et a la culture ordinaire.
Voici les résultats qu'il a obtenus. Je les reproduis
tels qu'ils ont été donnés, par !'honorable ~i. Dailly,dans
!'une des dernieres séances de la Société impériale et
centralé d'agriculture. Ces résultats frapperont surtout
ceux qui connaissent les soins minutieux, J'exactitude
et la précision que M. Dailly apporte daos les études
qu'il entreprend. Ríen n'y est laissé au hasard, tout est
prévu; les observat1ons sur le terrain empruntent, par
!'ensemble des précmtions, le caractere particulierernent rigoureux d'une expérience de laboratoire. La récolte, le pesage de la paille et dll grain, ont été exécutés
avec le meme soin et la meme impartialité que les travaux de préparation, d'ensemencement et d'entretien
du sol.
On remarquera que M. Dailly ne donne pas des appréciations, il apporte des chiffres. Ce n'est pas un agronome qui coQ1munique ses impressions; c'est une balance qui' parle.
Dans la piece nº f, désignée sous le nom de Clef de
saint Pierre, les parcelles fecondées 'a l'aide de la frange
emmiellée de M. Hoo'ibrenck, ont donné en moyenne
2,505 kilog. 50 de grain, ce qui représente a 80 kilog.
l'hectolitre, 31 hectolitres a l'hectare. Daos la meme
piece, la partie 110n fécondée a produit 2,807 kilog. 50,
ce qui représente a 80 kilog. l'hectolitre, environ 35 hectolitres a l'hectare.
On voit que l'avantage n'est pas demeuré ala fécondation artificielle.
Daos la piece n• 2, dite le Chemin des Charbonniers,
les parcelles fécondées accusent un produit moyen de
2,489 kil., tand1s que les parcelles non fécond.ées ont
donné un produit moyen de 2,~83 kil. 50.
L'avantage est encore ici aux blés non fécondés. On
annon~it, au nom du jardinier allemand, une augmentation de produit de 25 °lo, un gain de 20 a 25 millions

d'hectolitres pour la France, obtenu, pour ainsi?
sans bourse délier. Nous sommes assez loin de
M..Dailly a aussi expérimenté le rouleau cnnnelé ~
M. Hoolhrcnck. Les résultats ne sont guere plus h
,
. . d
1
en.
reux. 11s se resumeot ams1 : ans a premiere elp6.
rience, la récolte au rouleau cannelé a donné 2,662 kil
a l'hectare, tandis que le champ, suivant la culture O•
dinaire, produisait 2,651 kil., ce qui attribue un
tage de H kil. par hectare au rouleau cannelé. Dans~
déuxieme expérience, les roles sont renversés, et dans
des proportions autrement considériibles : la CUiture ordinaire fournit 2,670 kil., tandis que le rouleau
cannelé ne fournit ~ue 2,402 kil. C'est une perte de
268 kil., soit pres de trois hectolitres et demi par hec.
tare.
Je n'ai pas la prétent10n de dire que ces expériences
condamnent saos appel le systeme de M. Hooibrenck.
Suivant un axiome de droit : Teslis unus, testis n11U11,,
un seul témoignage ne prouve pas; il faut done atte~
dre avant de porter un arret définitif; mais je ne pllis
m'empecher de reconnaitre que la frange et le rouleao
cannelé sont bien malades, la frange au miel, surtoot!
J'aime mieux les expériences de mon vénérable ami
~J. Danicourt, un ancien confrere du Journal du Loir,/
qui a laissé la plume pC1ur la charrue. Daos son charmant'
dornaine des bords du Loiret, il a eu l'idée d'essayer
l'hybridation du fromerit, saos bruit, saos réclame, et
saos demander aucune espece d'encouragement ,HÉtal
Son mélange est composé de blé d'Australie, de ble de
Hongrie, de blé du Mesnil (sa propriété), de blé de Saomur et de blé de Noé. Toutes ces sortes ont des formes
bien accusées; cependant, aucun des épis obtenus par
cette hybridation ne ressemble aux sortes meres. 11 yl
huit ans que M. Danicourt poursuit patiemment ses précieuses recherches. En i 863, il obtint, en terre Corte, 36
hectolitres a l'hectare, malgré la rouille; cette annee, il a
obten u, en terre légere, 27 hectolitres. M. Danicourt a
envoyé des épis de sa derniere récolte a mC1n conírere
et ami, M. Jotgneaux, un maltre en ces matieres. « Le
développement extraordinaire des épis dont je vous eovoie un spé~imen, lui dit-il, me faisait espérer beaucoop
plus; mais l'échaudage, produit par des chaleurs trop
vives, a mis a néant cet espoir. Veuillez ex,aminer IJ\es
épis, vous y compterez 60 grains et plus; mais la moitié
sont mai¡;res, ternes, ridés, et la belle couleur jaoneclair, qui est propre a ce blé, a complétement disparo.
C'est une épreuve arecommencer, et je n'y manquerai
pas. Des épis géants, tels que ceux que vous voyn, doi,
vent donner 45 a 50 hectolitres a l'hectare. Uu tel résoltat mérite qu'on fasse quelques efforts pour l'atteindre. &gt;&gt;
En effet, les épis envoyés par M. Danicourt étaieot
magnifiques. lis mesuraienl om i i cent. de Jongueiir!
lis contenaient jnsqu'a 75 grains ! Comme le dit mon an•
cien rédacteur en chef, un te! résultat mérite les cfforl.l
qu'on fait pour l'atteindre, et j'ajouterai que de tcl~ eíforts méritent les encouragements, les sympatbies et les
applaudissements, non-Eeulement de ceux qui produiseot
le blé, mais aussi de ceux qui le conscmment.
Au reste, la France ne se montre pas toujonrs ingrate
envers ses Lieufaiteurs agricoles. Le -soeces rapide qu',
obtenu la souscription pour Je monument élevé ala mémoire de :&amp;1. Je comte de Gasparin, en est une pre!lff
que l'on aime a citer. En deux ans, la souscription a
été remplie, la statue a été modelée par un artiste de
grand mérite, M. Hébert, elle a été fondue et elle a été
inaugurée.
Je ne trouve pas mauvais que l'on éleve des moouments aux braves soldats qui tuent les hommes pourla
défense et la gloire de la patrie; mais il est bien templ
que l'on dresse, a coté d'eux, des statues en J'boonear
de ceux qui nous ont nourris.

com:•

a,;

VICTOft BoRIE,

FtTE MOHARRAM A BOMBAY.
AU DIRECTEUR,

Bombay, le t5 aoüt Id&amp;,

Ayant déja vu daos votre journal plusienrs des8ÍJIS
tres-intéressants sur différentes parties de l'lnde,jevoul'
envoie aujourd'hui deux croquis d'une de nos grandel
fetes annuelles musulmanes.

-;;e;,

L'lLLUSTltATION, JOURNAL UNIVERSEL.

!19

MM. Tiffin n'ont pas, a proprement parler, de conVicat et de Burnichon. Mais ils ne se contentent pas,
comme nos industriels parisiens, d'attirer l'attention des currents; il y a bien des gens qui vendent aussi dans les
passants en faisant promener des voitures-enseignes sur rues des paquets de poudre insecticide, en se les procules houlevards; ils ne clédaignent pas de prendre place rant de seconde main; mais c'est la un moyen peu réeux-memes daos leurs véhicules, et s·en vont déhiter par gulier d'existence, auxquels ils n'ont recours que tranles rues un boniment traditionnel qui ne le cede en rien sitoirement et quand ils ne peuvent rien faire autre
acelui de Iack Black.
chose.
II y a aussi les vendeurs de mort at/.3: rats; mais Jack
Les Timo sont daos les affaires insecticides depuis
Black
ne leur laisse guere a faire, et M. Mayhew, cet ini 695, époque a laquelle un de leurs ancetres, ouvrier
corsetier de son état, contrarié par une colonie de pu- fatigable investigateur ues industries misérables de
naises qui s'étaient introduite&amp; dans son babitation Londres, n'a pu recueillir que des renseignements tressaos sa permission, et qui s'obstinaient a ne pas vou- vagues a leur égard. Ces destructeurs de rats ont
loir déguerpir, fnt amené a étudier a fond la question. 11 cependant parfois des aubaines; c'est quand ils sont
engagea contre ces hotes importuns une lutte acharnée, chargés, a l'entrée d'un navire dans les docks, de le
jusqu'a ce que le hasard, ou ses recherches studieuses, débarrasser des rats qui l'infestent.
Puur en finir avec cette classe des destructeurs de verJui eussent fait découvrir une poudre qui causal leur
complete deslruction. Notre corsetier fit part de son spé- mine (the destroyers of vermin), nous wentionnerons encifiq ue a ses voisins pareillement in festés, et c' est ainsi core les enfants q1Ji vendent du papier a prendre les
qu'il en vint, par dévouement ponr l'humanité~ a se mouches (µy paper). Ils gagnent jusqu'a un shilling par
consacrer exclusivement a cetle utile profession, deve- jour et meme un peu davantage, mais seulement pennue héréditaire daos la famille, le pere transmettant au dant les trois mois de J'année que dure la saison des
fil.s ainé sa précieuse rccette. On peut oLserver, a ce mouches. La fabrication de ce papier est encore une hranpropos, que c'est apres l'inccndie de Lonclres, qui eut che d'industrie qui fait vivre, a Londres, un petit nombre
lieu vers le milieu du dix-septieme siccle, que furent de pauvres geus. Il s'obtient au moyen de vieux jourintroduites en Angleterre les premieres punaises, avec naux soumis a une préparation dont Je secret, comme
·celui de la poudre insecticide de M. Tiffin, se transmet
le bois importé pour reconstruire la Cité.
La maison Tifíln traite aussi par abormements an•• de pere en fils daos quelques familles, qui gardent ainsi
nuels, pour la destruction des punaises. lis ont ainsi des le monopole de cette mdustrie.lls n'ont pasacraindre la
clients pour lesquels ils travaillent, de pere en fils, de- concurrencll des fabricants de produits chimiques, parce
puis plus de cent cinqnante ans, et les noms les plus il- que leurs clients habituels sont les enfants qui vont enJustres de l'aristocratie anglaise sont inscrits sur leurs suite revendre ce papier uans les rues, et ces malhtluJivres. Une inspection reguliere est indispensable pour reux se soutiennent par une mutnelle solidarité.
tenir les lieux en état: les domestiques peuvent apporter
A. VERMOBEL.
des punaises daos leurs malles,etil suffit de deuxou trois
pour peupler un appartement. Les visites se font habituellement au·printem rs, avant que les punaises aient
pondu
leurs roufs, 011 au mois dejnin, avant que les roufs
LES INDUSTRIES INCONNUBS DE LONDRES.
soient éclos. Ces insectes ont surtout de la prédilection
LE MONUMENT DES FREI\ES VAN EYCK.
Li TL'EUR DES P~NAISES DE U REINE,
a s'installer daos les bois de lits. Si les lits sont en fer,
Maeseyck est une petite ville de 5,000 ames, situi\e
elles se nichent daos les boiseries, mais cela ne vaut
Nous avions promis a nos lectenrs de leur faire lier pas mieux, car, pendant la nuit, elles gagnent invaria- daos Je Limbourg beige, aux confins de la Hollande.
connaissance avec le tueur des puces de S. M. la reine blement le lit et harcelent les dormeurs.
C'est la, dans cette « petite ville du rude pays de Caro••
Victoria. Nous en sommes bien faché pour leur délicaNous allons laisser la parolc, si vous Je voulez bien, a pine, )&gt; comme dit Marc Van Vaernewyck, - l'auteur
tesse, mais les devoirs de notre véracité et les exigences M. Tiffin ainé lui-meme, dtmt M. Mayhew nous a trans- Je plus ancien qui nous fournisse ce renseignement, de la couleur locale nous obligent de modifier cetle dé- mis les confiden ces.
que sont nés les deux imruortels freres Hubert et Jea~
signation, suífisamment risquée déja, et de restituer a
« 1e pourrais citer le cas d'une punaise, qui, dans une Van Eyck.
nolre personnage le nom sous lequel il tient lui-meme tres-grande cbambre, faisait chaq11e nuit un parcours
On a essayé de contester a Maeseyck d'avoir été le
abonnéur de se présenler au public.
de 30 a 40 pieds, pour venir rendre visite a une vieille berceau de ces grands artistes, mais il existe en sa faLors de J'illumination pour la paix qui eut lie1J a Lon- dame. Il n'y avait qu'une seule bete, et elle contí- veur un ensemble de preuves suffisantes pour admettre,
dres, il y a dix ans bientot, apres la conclusion de la nuait depuis longtemps son manége. On me fit venir comme vérité historique, que c'est bien dans la cité oü
gnerre d'Orient, on pouvait lire, daos le Strand, a la fa- pour la prendre. Je cherchai Jongtemps. J'avais sondé ces hommes illustres ont vu le jour, qu'on leur a érigé
veur d'un énorme transparent, cette originale inscrip- vainement les boiseries de la chambre. La rusée s'était un monument, inauguré solennelle,nent Je 5 septembre
tion :
nichée dans l'erobrasure de la fenetre, et ce fut le der- dernier.
Mais, avant de parler du marbre destiné a éterniser les
nier endroit ou je songeai a la dépister, parce que ces inMAY TRE
sectes évitent avec soin la lumiere; mais j'appris que la traits des deux freres Ha.bert et Jean Van Eyck, qu'il
vieille dame ne se levait jamais avant onze heures, et nous soit permis de retracer ici succinctement Jeur his-DESTROYERS OF PEACE
que ses rideaux restaient toujours soigneusement toire, prenant pour guide l'éloquent discours, - si pleie
BE DESTROYED BY US.
clos, ce qui empechai( Je jour de pénétrer daos la de faits et de preuves, - prononcé par M. Schoolmeesters, bourgmestre de Maeseyck, a l'occasion de l'inauguchambre.
TIFFIN AND SON
ration du monument.
&lt;&lt; Oui, monsieur, on me fait souvent venir pour se déBUG-DESTROYERS TO HER MAIESTY
barrasser d'une seule punaise, et je fais souvent cent ou
Bubert, l'ainé, naquit vers l'année i366; Jean est venu
deux cents milles pour prendre au plus une demi-dou- au monde plusieurs années apres son frcre, et l'on peut
AND TIIE ROYAL FAMILY,
zaine de ces animanx.
placer sa naissance aux environs de J'année 1380. On ne
« Je visitai une fois le bois dn lit de la princcsse Char- sait rien de leur jeunesse. Cependaut leur maison pa-Traduction littérale : « Puissent les destructeurs de la
paiz étre détruits par nous, Tif{in et {ils, tueurs des punaises lC1tte. J'étais daos la chambre quand elle entra; elle me ternelle devait etre tout imprégnée de J'amour de l'art,
demanda si j'avais trouvé quelque chose. Je lui répon- dit Van Mander, car il y avait encore une sreur, nomde Sa Majesté et de la famille royale.
dis que non. Mais, au moment meme, je découvris une mée Marguerite, qui mania le pinceau avec beaucoup de
Nons lisions dernierement, daos le récit d'un voyage punaise; et la princesse pla~a sa main sur mon bras succes. Ce fut, a ée que l'on conjecture, Hubert qui fut
en Mantchourie, celte curieuse particularité sur les pour la regarder. - « Oh! la vilaine bete ! dit-elle; c'est le maitre de cette· sreur et de Jean. Mais, lui-méme, oiI
íemmes de ce pays, qne nous rappelle involontairement elle qui m'a tourmentée la nuit derniere. Ne la laissei avait-il appris les secrets de l'art? Selou les uns, ce fut a
l'enseigne de MM. Tiffin et fils : « Ces &lt;lames, petites pas éch3.pper. &gt;&gt; Néanmoins il me parut qu'elle la regar- Liege; selon les autres, a Cologne. Néanmoins, ce ne
maitresses, se peignaient religieusement au peigne fin, dait avec plus de complaisance, en songeant qu'elle sont la que de pures hypotheses.
Quoi qu'il en soit, le plus ancien document anthentique
eta chaque fois que le peigne sortait" de }'ondulante avait sucé du sang royal. C'était bien celle-la, du reste,
que l'on possede au sujet des Van Eyck nous montre
chevelure, elles regardaient, cherchaient, puis prenaient car je n'en trouvai pas d'autre.
« C'est daos le lit d'un homme de couleur que j'ai Jean, Je plus jeune, mais saos doute déjil. le plus céledijicatement, entre le pouce et l'index, ce petit animal
qui ne hante roint, chez nous, les tetes aristocratiques, trouvé les plus belles et les plus grasses que j'aie ja- bre, comme ayant été au service du souverain de son
Pnis se le posaient délicatement aussi sous la den t. J'en- mais vues. C'était le domestique favori d'un général in- pays, le fameux Jean de Baviere, prince-éveque de Liége.
11 portait Je titre officiel de peintre et varlet de chambre
tendais a chaque fois un petit: tac! et la Miinchoue me dien. »
M. Tiffin, d'ailleurs, ne se dérange que pour l'aristo- de Monseigneur le duc.
regardait en m'adressant un sourire, qui me causait un
Ce prince, apres avoir, en Hf7, résigné son éveché,
ébahissement qu'on n'aura pas de peine a coroprendre. l&gt; cratie. 11 est bien mis et a les aliares d'un véritable
Mais Londres est moins loin de Paris que la Mant- dandy. Jl a la prétention de traiter scienlifiquement ces pour aller conquérir la Hollande et la Zélande, s'était
cbourie, et si nos récits sont aussi réalistes qu'ils se,nt animaux pour opérer leur destruction, et il ne veut pas fixé a La Haye. Il est fort probable que Iean Van Eyck
réels, ils ne seront pourtant pas a ce point fantastiques. paraitre se borner a les massacrer. Sa profession l'o-- s'y établit également comme att:i.ché a la cour. Et c'est
llll. Tiífiu et fils sont de fort honnetes industriels, in- blige aussi a tuer les poux, quand l'occasion s'en pré- peut-etre a son séjour dans ce pays qu'il faut rattacher
venteurs et marchands de poudres insecticides, de la na- sente, mais c'est un travail dont, par gout, il se soucie les vieux maitres hollandais, dont la maniere a tant de
rapports avec celle de l'école des Van Eyc.k..
tnre de celles qui ont illustré, en France, les noms de peu.

appelée Moharram, est célébrée pompeuset par les sectaires d'Ali, en souvenir du martyre de
men n et Hossein, fils de Fatma et Ali, considérés par
uassa me Les succeseurs 1·eg1t1mes
..
du proph'cte ~,a•
elll eºOl
bOlllet.
1 i .
d 1 1
d . .
La rete commenc_e _e " JOUr e a une e JUID.
tabout.~, ou im1tat1ons du mausol~e de Hassan et
Des
· avec grand som,
· en
~ein a Kurbala, sont fb'
a r1ques
80
. ire ; 0 ébene, en santa!, et menie en argent, selon les
,vo '
.
. •
v,ins des religionna1res, et sont promenees a travers
rnoies les rues du quartier musulman, ou Bheudi-Bazar.
~ veille du Moharram, ces mausolées, qm. mesurent
L
:elqnefois dix pieds de haut, sont exposés daos les rues,
qt les fideles viennent devant eux réciter des prieres et
:ru!er des encens. Le lendemain, tous ces, tabouts, po~tés par des musulmans et accompagnés d une foule deguenillée, pouss.ant des_cris et brandissant de~ étendards
t des piques, s achenunent vers la plage, ou les attend
~ grand concours de peuple. Les plus fanatiques sont·
tout nus et pt:ints en tigre, et se li vrent a une série de
conto:r:;ions grotesques.
Sur la plage de la Back-Bay, les tabouts sont dépouillés des objets de grande valeur, et ensuite précipités
daos la mer au milieu des acclamations de la multitude.
Une centaine de tabouts sont ainsi sacrifiés chaq ue
année.
·
Cette fete, qui daos !'origine n'était qu'une cérémonie religieuse en l'honneur des .deux martyrs, a dégéoéré en un jour de mascarade fanatique, pendant lequel les Mabométans se livrwt a toute sorte d'exces, et
qui nécessite un grand déploiement de force de la part
de la police anglaise.
Loms Rouss&amp;LET.

�2!0
Car, a cette époque, ainsi que nous
l'avons dit, Jean
était déja célebre:
. il avait fait la grande innovation qui
est un de ses titres de gloire, celle de J'emploi de
la peinture a l'huile
dans les reuvres
d'art. · '
L'antiquité, pour
ce qui conccrne
la pcinture artistique, ne connaissait que les procédés de l'encanslique et de la fresque. Pcndant tout
le moycn agc, jusque -vera le commencement du xv•
sicele, le procédé
général était la
peinture a la détrempe, procédé
lent, difficile, dér~ctucux, et qui ne
pouvait donner
aux rouvres qu'uac
durée limitée. Par
ses opérations
uombrcuscs et
compassées, ses
manipulations délicates, il excluait,
pour ainsi dire,
la spontanéitr, ce
soutfle du génie
qui crée, et rendail difficile la retouche , cette action indispensable
a la raison qu'il
perfectionne. Anssi, daos les ceuvres, meme les
plus célebres, exécutées par cette
maniere imparfaitc, remarqnc-t-011
de la sécheresse,
de la dnrcté, de
la roidenr, un manque de rclicf et de
transparcnce, et,
pour le dirc en un
mol, l'abscncc de
la vic.
Tout a coup,
dans le prcmicr
quarl du xv• siectc, on vnit apparattre des tahleaux
d'une couleur vigourcusc et limpi-•
de, dans lcsqucls
les tons sont fondus et forment des
gammes d'une force et d'un éclat
inconnus jusqu'alors. La nature s'y
montrr, pour la
premicre fois, dans
toute sa splendeur,
les chairs prennent
de la vie, l'ombrc
et la lumicre s'y
jouent harmonieusement. Un procédé
nouveau, mis en
reune par un peintre de génie, opere
une
révolution

L' lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JO URN AL UNIVE RSEL.
da~s l'art. Apllall
dans un coin de
l'Europe, il se !é.
pand bientot de
peuple en peuple,
et l'école dont i
sortit fut la 11ft.
miere des grandes
écoles dont a'ho.
nore le monde IDoderne. Si les raita
n'étaient Pl! li
pour en témoigoer
.
'
on pourra1ttrou,er
peut-~tr~ quelque
exagerat1on daos
l'influence que
nous attribuons 1
uue simple décou.
verte toute malérielle. Mais n'ea
est-il ¡¡as ainsi de
toutes les décoo.
verles? Leur sim.
plicilé ne fait-elle
pas leur grandeor!
Qui oscrait affir.
111cr que l'art rut
j amais parveou ¡
la hauteur ou il
arriva un siccle
apres, si un homme inspiré, en essayant cette hanale
substitution de
l'huile a un ,ébicule de la coulcur, n'eut fail da
pinceau un instnJ.
ment mille fois
plus docile, plm
obéissant a l'impulsion du génie !
Les Raphael, les
Rubens, les Titien
auraicnt-ils puu&amp;cnler leurs pages
colossales, prodigiouses, au moyea
du procédé dont
se servaicnt les
Giotto, les FraAII•
gclico, ks Stepban
Lochcner?En 1-UO,
Jcan Van Eyckétail
dans la force de l1
jcunesse, et ce fut
peut-etrc la beaute
des reunes crééef
par le procédé nooveau, qui luí ,alut
la protection de
son sou veraio.
Jean de Baviert
mourut a La Haye,
le 6 j:rnvier U-25;
son peinlre quilla
la Hollande, Jivrée
aux déchircmenll
des factions, et entra au service de
Philippe le Bon,
duc de Bourgogne.
Par ordonuancedi
rn mai 1425, Jeau.
Van Eyck re~utsa
commission dt
peintre et varlet~
chambreduprince.
Son frcre Hu,
bert a cette épo-que'1 était établi •
Gan d, et y a,3il
commencé, a 1•
priere de JOIII"
Vydt, seigneur dr

- - -1; rameux rétable de Saint1e,
n.111e
ºd, bl ·¡
r...- Ce travail cons1 era e, 1
)lafOD,
b
t

t le terroiner. Hu ert mouru
. ne pu tembre H26, et fut enterré
le 18 seppas de son reuvre inache1 dent
daos un caveau de la cha,ée,
t t
lle fondée par son pro ec eur.
pe J'époque de la mort de son
A Jean résidait a Lille. Sa porrere,
.s1llúD
. a la cour, - , la· pr1ust bbri·11ante
de ce temps, - eta1t 1or onoraet son titre de varlet de cbamb1e,
.d, d
bre o'iropliquait pas• uneA I ee ••¡e
domesticité. 11 para1t m1;me ,qu 1
fut particulic_re~ent remarque par
1 duc qui a1ma1t les arts, car nous
1: ,oy~ns, peu apr~s ~a nomin_ation,
cbargé de deux m1ss10ns secretes ~t
importantes. Deux ans plus tard, _il
fil partie de l'ambassade que Pb1lippe le Bon envoya a Jean 1er, roí
de Portugal , pour demander la
main de sa filie lsabelle.
C'eEt apres ce voyage que Jean
s'établit a Brugcs, ou il exécuta di,ers chefs-d'reuvre qui nous restent
de Jui. 11 y achcva d'abord le grand
rétable de Gand. Pend:mt qu'il
s'occupait de ce magnifique travail,
Je duc Philippc, le bourgmestre et
le magistrat de Bruges se rendirent
ason atc11er pour admirer le chefd'reuvre, qui fut exposé au ¡.,ublic le
6 mai l432. L'inscription qui se
trouve au has de !'un des volets a
conservé cette date mémorable.
Selon les historiens, le soeces de
l'reuvre fut prodigieux, et elle fut
immédiatement entourée do plus
solennel respect. C'était la page la
plus éclatantc que la peinture eut
produite jusque-la. Ce saint respect
dura pres de quatre siecles. 11 était
réservé anolre époque d'ymettre fin.
En 18{7, le conseil des marguilliers de la
cathédrale, autorisé par un vicaire général, étranger au pays, vendit, sans honte
comme saos droit, a un hrocanteur beige,
et pour une somme ridicule, six des volets
de !'admirable composition. Aujourd'hui
ils forment un des principaux ornements
du musée de Berlín.
Apres avoir terminé cette page colossale, lean Van Eyck passa a Bruges les
dernieres années de sa vie, en y créant
des reuvres nou,elles, et en fondant, soit
par son exemple, soit par ses le~ons, cette
primitive école flamande qui brille d'un
si vif éclat dans l'bistoire de l'art, avec les
noms de Pierre Cristus, d'Hugo Van der
Goes,de Roger Van der Weyden, de Thierry
Bouts, de Memling.
En6n, le grand artiste mourut aBruges,
le 9 juillet 1440.
Voila, en résumé, ce que l'on connait de
l'bistoire de ces hommes illustres; et c'est
d'hier seulement que l'on a exhumé de la
poussicre des archives quelques extraits
de comptes, au moyen desquels il a été
permis de la reconstituer en partie. Ces
détails sont encore bien ngues, et satisfont
peu l'ardente curiosité des érudits.
Mais qu'importe, apres tout? Les reuvres
des Van Eyck sont la pour témoigner de
leur génie, et leur gloire est immortelle.
lis furent les premiers peintres de leur
siecle, les fondateurs de !'une des y,remieres écoles artistiques, les vulgarisateura d'un procédé de peinture qui a con-•
duit l'art daos la voie de la perfection.
Ces litres incontestables donoent a Mae-•
seyck, et ala Belgique en général, le droit
d'étre fleres de ces enfants.
Nons laisserons a la science le soin de
diseuter auquel des deux freres appartient
la Pl'éénunence. Si Jean a eu l'honneur

UN DBStTABOUTS llXPOSÉS DANS LES RUllS Dll BOMBA.Y.

MONUMENltOES FRERRS VAN JlYCK, SCULPTÉ PAR M. W!ENER.

2!1
d'obtenir de Giovanni Santi, le
pcre de Raphael, ce bel éloge :
1&lt;A Bruges, entre tous le plus digne
de louanges, c'est le grand Jobannes, ,i n'oublions point que c'est Hubert qui commen~a \'Agneau mystique de Gand. Pour exécuter ce sublime chef-d'reuvre, ils ont associé
leur génie, et pour les associer dans
son admiration, Maeseyck les a réunis sur le meme piédestal. Devant
la reconnaissance, leur talent et
leur gloire sont égaux et indissoJubles !
L'inauguration du monument
que 110us reproduisons, a eu lieu
solennellement le 5 septemhre. Le
roi Léopold, pour rendre un témoignage a la mémoire de ces deux
illustres citoyens, a voulu assister a
la cérémonie. Son passage daos
cette. partie du pays, qu'il visitait
pour la premiere fois, a été une
Jongue marche triomphale. Des milliers de drapeaux, d'orillammes,
llottaient le long d'une route de
plus de 28 kilometres, que S.M.
devait parcourir en voiture. A l'entréc, comme a la sortie de chaque
villagc, des ares de triomphe avaient
été dressés. Les habitants de ces
vastcs campagnes étaicnt accourus
de toutes parts pour saluer de leurs
acclamations enthousiastes leur
bien-aimé souverain.
Maeseyck a fait dignement les
choses. La ville avait organisé des
fetes Rplcndides en l'honneur des
deux freres Van Eyck et a l'occasion
de la visite du Roi. Quant a décrire
les décorations, c'est une ch ose a
laquelle nous devons renoncer. Jamais on ne vit ville en fete décorée
avec une telle prodigalité. Pas une
rue qui n'eut sa décoration particuliere,
pas une maison qui ne füt tapissée de ,erdure, de fleurs, d'écussons allégoriques.
Partout des drapeaux, dea oriOammes,
L'ensemble présentait un aspect charmant
et pittoresque. Mais c'est surtout dans l'ornementation de la grande place, ou s'éleve
Je monument, qu'on a fait preuve de véritable bon goul.
Le groupe des freres Van Eyck, du
au ciseau de M. Léopold Wiener, assure
a cet artiste, dont le nom brille depuis
longues années au premier rangde la gravure européenne, une place remarquable
parmi les statuaires modernes. C'cst la
une reuvre de vraie statuaire monumentale, et, en ce genre, l'une des rares
reuvres parfaitement réussies. Elle est en
marbre de Carrare, blanc clair, et composée de deux blocs iotimemeut soudés au
point de jonction des dcux persúnnages.
M. Wiener 3 pris pour sujet de sa
composition la révélation faite par Jean a
Hubert de la précieuse découverte de la
peinture a l'huile. Jean, appuyé d'un
bras sur l'épaule de son frere ainé, lui
montre le tableau qu'il vient d'achever, et
semble jouir de sa joie autant que de sa
surprise. llubert examine avec bicnveillance, avec bonheur, ce tablean, sur le
cadre duque! se trouve inscrite la devise
modesle et noble : Als ik Kan. Les portraits
sont conformes a la tradition, qui prétend
les reconnaitre dans les panneaux qui se
trouvent maintenant a Berlín. Les costumes rappelleni l'époque de Philippe le
Bon, et l'ampleur de ces costumes, leur
élégance et leur richesse ont admirablement serví le statuaire.
Rien de plus grand et de plus simple a
la fois. De tous les cótés, le groupe se
présente de la fa~on la plus favorable et

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
la plus harmonfeuse. 11 n'y a aucun aspect théatral

qui voit les r.boses de haut. n a fait plusieu;;;;
dans le maintien des personnages ; leur atlitude est
PRIMES DE L'ILLUSTRATION.
gnes ou stations, comme dit son titre, sur les cotes tan.
digne, sans exclure cette nuance de familiar1té que
En attendanl l'apparition de la 2e livrai,on de la orientales qu'occidentales de l'Amérique du Nord. ll 1
comportait, qu'exigeait le sujet. Tout daos ce gro upe est France nouvelle illustrée, qui paraitra vers le {.,dé- a visité les villes maritimes les plus i111portantes N en
naturel, noble et sympatbique a premiere vue.
cembre, nos abonnés recevront avec le numéro du York, Hllifax, San-Francisco. Son livre est le ~ ;
Le Roi, pour témoigner sa satisfaction a M. Léopold i5 octobre, la neuviéme livr:iison du Par-is nouveau des observations qu'il y a faites et des renseignementa
Wiener, l'a promu, prndant la cérémonie d'inaugura- illustré. ·cette livraison e;ontiendra des vues inté- qu'il y a recueillis.
tion meme, au grade d'officier de son ordre.
rieures du nonveau Tribunal de commerr.e, la fon11 es~ plein d'(ntéret, ce !ivre, et n'a guere qu'un déGusuvE LEMAIRE.
taine Saint-Michel, des vues extérieures et intérien- faut, e est de n etre pas plus gros. ll est écrit sans pfé.
res des Halles centrales, des morceaux de sculpture teution, - a partir de la troisieme page. - On,.011
' s' essaye, et ne sait paa
décoratifs de l'école des Mines, du Conservatoire et qu'en de'h utant, l' auteur se tate,
encore
quel
ton
il
va
prendre.
Mais son hésitation
du square des Arts et .l\létiers, etc., etc.
heureusement,
ne
dure
guere.
11
jette híentót de
FAC-SIMILE
' Ces livraisons sont, comme on sait, envoyées gra- le clinq uant descriptif et les oripeaux
aujourd'bui pas,
tuitement tout abonné ancien ou nouveau, ainsi
DI
sablement
faués
de
la
poésie
en
prose,
et se met adire
que les livraisons de la France nouvelle illustrée.
le fait tout rondement, comme le conseillait Voltaire
DESSINS ET CROQUIS ORIGINAUX n'EUGll.NE DELACROIX.
~
Aussitót il devient l'écrivain le plus agréable et le pi~
instructif tout a la fois que l'on puisse imaginer. Je ne
LE
PARTHÉNON
DE
L'HISTOIRE.
L'Illustration, dans son numéro de la semaine dersais ríen de plus piquant que le récit qu'il fait, page 10
Saos aucune interruption, LE PARTRÉNON DE
niere, a publié la reproduction de l'un des admirables
des incidents d'une lutte électorale a New-York. 11 8•ag¡;
fac-simile de M. Robaut, d'apres les dessins et croquis L'HlSTOlRE poursuit la publication de ses six volumes.
Les livraisons n•• 45 et 46, viennent de paraitre. de savoir qui sera maire de cette grande ville. M. Fer.
d'Eugene Delacroix, le peintre de génie, dont tant d'reuCet avis est donné a nos abonnés souscripteurs a cette nando Wood, dont le mandat est"pres d'expirer, a de111
vres, vendues apres sa mort, ont atteint des prix consic9ncurrents également redoutables : M. Gunther le dédérables. Cette reproduction, fort remarquée, nous en- publication.
mocrate, et M. Opdyke le républicain. Les électeurs se
~
gage, sur de nombreuses demandes d'artistes et d'adprononcent pour le maintien a tout prix de l'Union et
COLLECTION COMPLETE
mirateurs du grand peintre, a insérer daos nos colonpour l'aLolit100 de l'esclavage. En d'autres termes ils
DES
nes le prospectus de M. Alfred Robaut, l'auteur habite,
. a M. Opdyke. Mais le résultat'es¡
donnent la majorité
le courageux lithographe qui a entrepris la publication
OOUVRES SPRCIALES POUR PIANO A DEUX IAINS
longtemps inC'ertain, la bataille acbarnée, et M. du
DI
d'un volumineux al bum, divisé par séries de 25 a 30 desHailly, spectateur aussi curieux que désintéressé, en
BEETHOVEN, 1 OZlRT, WEBER, HATDI
sins de l'artisle si regretté,
décrit
les comiques périp~ties et les épisodes grotesques
1T
DI
A.M.
avec une vivacité charmante et une verve intarissable.
SEPT SONATES CHOISIES de CLEMENTI
L'Illustr11tion met en vente sous peu de jours la série. Ríen de plus pittoresque, rien de plus ani:ué que le
En vente, a París, chez M~t. A. CADART, éditeur d'escomplete dcGRonates d'Haydn, 7• et 8• vol. de la collec- tahleau qu'il trace de la rade de Ntw-York.
tampes, 79, rue de Ricbelieu; - DusAcQ et Cie, éditeurs tion des reuv1ts spéciales pour piano a deux mains des
Les usages, les mreurs de ce peuple, qui nous ressemble
d'estampes, t (), boulevard Poissonniere ;-MouREAU, mar- maitres classiqncs, annotées et doigtées par J. Moscheles. si peu, son organisation municipal e, ses pratiquesreligieuchand de curiosités, rue Fontaine, au coin de la rue DuCes volumes paraissent a des intervalles assez éloignés ses, ses institutions d'instruction publique etde charité,le
perré, et che1. l'auteur, Alfred RoBAuT, imprimeur-litho- les uns des autres; mais cette lenteur est indispensable mouvement prodigieux de son commerce et de son inpour la bonne exécution dn tirage. Néanmoins l'ouvrage dustrie sont pour M. du Hailly une source inépuisab~
graphe, a Douai.
complet sera terminé avant la fin de l'année.
de fines observations et de réflexiop.s judicieuses; ca,
Nous rappelons a nos abonnés que tous ceux qui
Premi~re aérie d83 Fac-Simile de Desaina et Croquia origina01
souscriroot d'avance a la collection complete n'auront a non-seulement il voit ce que d'autres ont déja vu annt
luí, mais il comprend parfaitemeot ce qu'il voiL On
payer que 50 fr. au lieu de 87 fr.
D'KUGENE DELACRO[X.
n'en pourrait pas dire autant de tous les voyageurs. D
Cette Collection allemande, annotée et dvigtée par le célébre professeur
n'a point cette faiblesse qui porte tant d'esprits élroiu
MOSCHI!LES, tormera H volumes de Ht pages chacUD, en moyenne.
(Toutu lu ¿preuvu ,om iur chínt.)
a censurer, a condamner daos les coutumes étrangeres
IEIITBOVJI■, le1 4 volumes, u fl'. au lieu de aa fl'.
IIOZART,
les 1 ,olDmes, 11 fl'. au liea de 17 fl'.
tout ce qui est contraire aux notres. 11 ne prend pas
WBIER
les 1 •olumes, 11, fl'. au licu de 11 fr,
TIRÉ
fRlX
BAYD■,
les 1 •olumes, 10 fl' au lieu de 14 fl'.
pour regle de ses jugements ses habitudes personnelles,
de la
du
ClLIIIUUITl,
1 •olume, $ fl'. au lieu de a fl'.
SUJETS.
mais les lois éternelles de la morale et de la justice. D
Prix de la CoLLECTHJII 111miu des H volumes :
ne repousse que ce qui les viole.
• c.
80 francs au lieu de 87, et 10 frane• SEIJI..EUNT
L'affreuse guerre qui couvre aujourd'bui de sang et
C:' Legentil.
1 •
Cnal,er •ube. - Fautasia.
P"ur ceiu de nos abonnés qui souscriront d'avance A la cellecB'" p. de I'A•ge. !
•
Lino reirardaot une tortue.
de
ruines ce qu'on appelait jadis les États-Unis luí~
tion compl~te. Cette derai~re faveur ne sera rigoureusemeni
Alf. Robaut,
t 50
Cavalier démonté.
pire
~a et la des réflexions fort j udicieuses, et quelqnes
Id.
!!
•
accordée que sur l'envoi de 50 írancs en ún mandat sur la
Jacob rec••it le manteau de loseph.
Id.
1 •
Li«nne déchiraot uoe proie,
poste,
ou
en
une
valeur
sur
Paris.
vues
dont la sagacité frappera tous les esprits sensés, Id.
t 50
t.:naher ar•be g"lnpant.
Pb. Burty.
i
•
Les prix indiqués ci•dess,, &lt; s'uppliquent aux volumes retirés Celle-ci, par exemple : l&lt; ••••• 11 serait puéril de se di&amp;
au repos.
B" de l'Aage.
! •
Lio11nes couchées.
dans nos bureaux; les frais de poste (90 cent. par volume en- muler que la lutte sera néces.,aireruent longue, si l'on
Alí. Rob11u1.
! •
l'ombat d'uD !ion et d'un tigre.
voyt i,oUment) n'y .sont pas compris.
'ieouer.
! •
Mo t de Lara.
veut obtenir un résultat sérieux, et je ne sais s'il n'est
B" de l'Aage.
!
•
f.avalier mameluck pas~ant UD gué.
Id.
!
•
C.valier marooluck au galnp.
pas mieux qu'il en soit ainsi, meme daos l'intérét des
Id.
!
•
Lion t•nant un liene aou1 se• p•ttes.
États-Unis. De ce rude enseignement de l'adversité, ill
Alí. Robaut.
t 50
Pyrrhus et Anoabal.
.
CEUVRES
NOUVELLES
PE
GAVARNI.
[rl.
1 50
Cornbat d un lion et d'un cavaher.
emporteront ce qui leur a manqué jusqu'ici, l'homogéPaul Tesse.
1 50
L1on emportsnt une femme.
Par-ci, par-la, et Physionomies parisiennes, splen- néité. De la guerre civile, par une de ces contradielions
f.'
Dutil•eut.
!
50
Panlhere attaqnant un cbenl renversé.
s•· de l'Aage. ! •
dide collection de !00 sujets, tirés sur chine par Le1 ion ass,s.
apparentes ou l'on reconnait le doigt de Dieu, ils feroot
Alí Rohaut.
!
•
Lioone atl&gt;Quant UD eavalier renversé.
mercier,
formant l magnifique volume grand in-4° colomB" de I'Aage.
! •
CM,bat d'un hoo et d'un bomme.
~ortir, vivace et profond, !'esprit de nationalité, dont ib
!
•
Id.
bier, relié en maroquin et doré sur traoches :
Rtud•s de tétes oc linos et de lionnes.
M.
! •
n'av:üent auparavant qu'une notion imparfaite et eonTigre bl•né ae désaltérant.
!
•
10 fr. AU LIIIU DI t 10 fr.
Id.
f,100 d•pouill&amp;Dl un oo.
fuse, et ils auront eu la gloire d'accomplir cette révoln41!.lloh•ut.
4 •
Lutte de Jacob et de l'An~e (St-Sulpice).
6 •
B.. de l'Aaee.
5 fr. en sus pour l'envoi franco daos une caisse, tion en assurant a tout jamais sur leur vaste coutinent
Eouc,tion d'Achille.
! •
r.,,mbat dan, la foste (sc•ne d'Hamlet . Alí. R,.b,ut.
pour la France continentale. Les souscripteurs de le triompbe de la dignité humaine. )&gt;
1 50
t:ba,se aux lions
( deux esQutJSes). Cb. Oesavary.
l'Étranger devront le faire réclamer par leurs corresLa Californie et San-Francisco ne sont pas pour M. da
pondaots.
Hailly une mine d'observations moins féconde.11 raconte
'
Une nouvelle série de 25 a 30 dessins est sous presse,
en une centaine de pages la formation de ce nou,el
L'ALMANACH DE L'ILLUSTRATION est sous presl\e et État, son rapide et prodigieux développement, malgri
pour paraitre prochainement.
paraitra dans la premicre quinzaine d'octobre.
Cette collection de fac-simile se continuera, grace a 84 pages, ornées de 78 gravures. - Prix : l fr. broché des obstacles sans nombre et des crises formidables, dont
l'énergie et l'indomptable tJnacité de l'Yankee pouvaient
la communication de nouveaux dessins du meme
et doré sur tranches.
seules triompher. Puis il retourne dans l'Atlantique, il
maitre, empruntés a MM. les artistes ou amateurs obliaborde a la Nouvclle-Ecosse, et fait de cette terre si pel
geants. - Des échanges auront lieu a cet égard.
connue, de cette terre jadis fran~aise, et ou végeteal
111 LIOelA, IU l.
Toute personne qui demande la collection entiere
encore tristeruent quelques milliers de Fran~ais, une
jouit d'un avantage de 25 ol°; elle paie 40 fr. toutes les Compagnes et stations sur les cótes de l'Amérique du Nord, peinture curieuse et touchante. Le croira-t-on, qn'íll
par L. du Hailly (1).
planchea ci-dessus, brochées, tandis que le prix par unité
tiennent encore a nous par les mreurs, par le langage,
produit 54 fr. - Les memes faveurs seront accordées
M. du Hailly est officier de marifie. C'est, de plus, un par le creur surtout, ces pauvres colons vendus par 111
par la suite.
homme tres-instruit, e~ je veux dire par la qu'il sait roi de France a l' Angleterre depuis un siecle et demiT
heaucoup de choses étrangeres a sa profession : littéraEnfin il double le cap Horn pour la deruiere fois, dil
Dans la bro&lt;'hure, les 0 08 l et 5 .sont réunis sur une ture, beaux-arts, histoire, philosophie, politique, fcono- adieu a l'Amérique, et va combaltre les Russes al'el•
mie politique, économie sociale; - il parle de tout, a trémité de l'Asie... Rien n'est moins connu ici que rex·
3 et 7
méme feuille.
(Cependant il a été fait pour chacun d'eux un tirage sé- l'occasion, en fort bons termes, et fort pertinemment. pédition anglo-fran~aise de 1854 au Kamtcbatka. Le íraparé, dont Je prix est celui porté ci-dessus, au tableau.) C'est de plus, chose remarquable, et assez rare dans nos cas des batteries de Sébastopol a couvert ce bruit lollarmées de terre ou de mer, - un esprit tres-libéral, et tain. Nations et gouvernements, victorieux sur la mer
(1) Puio1 Dento.
Noire, n'ont guere pri.s garde a un échec subi sur la

a

J

c¿J

-

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

(ükhotsk. 11 semble que l'on se soit donné le mot
IPer , n pas parler. Mais on a beau garder le silence
Pour nefait on n'empeche pas pour ce1a qu,.I 1 n, a1t.. eu
s~ un ~e le dérobe point a l'histoire. Et pourquoi

heU,. ººait--on'! A-t-on la prétention d'étre invincible?
re~aterérite aurait-on a· vamcre,
·
s1· 1'on ne coura1·11 a
1
Que md't\tre vaincu? Soyons de meilleure foi, et ne
chance
·
• ons pas d'avouer que la forteresse de Petropavroug1,s
d
h' .
été attaquée par une esca re com mee, que comJosk a
.
p .
.
daieotde concert 1es am1raux rice et 0 espo1ntes, que
man ·ttanue échoua, et que 1· am,ra
· 1 P rice,
· ehef supreme
•
cette" ·,
b
b·¡· ,
a I' xpédition, succom ant sou~ une responsa i 1te que
e ett·mentdº~ quelques fautes qu'il avait faites, - hésitaJe sen
.
. temps perdt1, fausses manreuvres, etc., - lm ren~~
.
d 1• ntpesaote, se donna la mort i.le sa propre mam, an
ª:ent meme ou l'action allait s'engager . Témoin de ces
roo
'
d
d
,eve•nements, acteur l&lt; ob~cur, » ace
qu,•·¡
1. d.1t,
. . e ce rame
·u oré M. du Hailly en raconte 1es per1pet1es avec une
1~ 0 '
. d d .
ticre sincérité et la rect,tu
e e Jugement qut. 1m. est
en
é.
.
.
1t '
babituelle, et ce c1t, succmct: ma1s _co~p ~ , n es: pas
la partie la moios mstructtve m la moms mteressaute de
son Jivre.
G. litQuET.

r

~

En vente, a la libraire Larousse et Boyer, rue SaintAndré-des-Arts, 49, a París, le 9• fasci~ule, d_u GRAND
Olc:nom!AJRE UNIVERSEL DU x1x• SLtCLE . S iJ eta1t perm1s
de bai1tiser chaque ra~cicule, celni-ci s'appellerait le
Fascic11/e des anecdotes: il n'en compte pas moins de 250,
ce qui n·usurpe aucunement la place des articles sérieux.
Les principautsont: Ane, Aned'or(d'Apulée), Ange, Angelo (de M. V. Hugo); Anyers, et surtont le mot Angleterre (!Ui a été l'ohjet d'nne étude approfondie et de développements qui sont de nature a satisfaire la curiosit,!
atous les points de vue. Aussi l'on pent dire que M. Larousse a réalisé, de la maniere la plus complete et la
plus heureu5e, le précepte du pocte latin : titile dttlci.
_ Prix de chaque fascicule, 1 fr. L'ouvraire en renfcrmera au moios 260. Souscription a l'reuvre complete,
100 fr. A partir du i º' octobre prochain. la souscription
sera élevr.e a 120 fr., et dans ces nouvelles conditions,
les souscripteu.rs bénéficieront encore d'une remise de
25 0/0.
- Le curieux journal de bord du capitaine Semmes :
Croisiei•e.~ de l' Alabama et du Sumter, est en vente chez
Dentu. Rien de plus émouvant et de plus instructif que
cette suite de récits de voyages et de combats livrés sur
tonles les mers par ces hard is corsaires. 1 vol. de 440
pages a,,ec portrait et vignetles, 3 fr. 50, franco.
LES ASSURANCES.

foods de garantie de 7l millions; pour les assurances
contre \'incendie, elles s'appuient sur un autre fonds de
garantie, entierement distinct du premier.
Aussi, les résultats obtenus par la 1'atinnale sont- ils
pleinemeot satisfaisaots.
Depuis trente-quatre ans qu'elle
1
existe, la com pagnie s'est constamment applir¡uée amettre la plus g-rande célérité et la plus scrupuleuse exactitude ·a remplir ses engagements. Elle a payé, ~ans réclamations, plus de soixante-douze millions d'arrérages
et plus de qnatre miflions de sioistres !
Mais ce sont les assurances sur· la vie qui prennent
mainteoant un prodigieux accroissement. L'exemple qui
nous a été donné par I'Angleterre commence a porter
chez nous ses fruits. On en arrive enfin a comptendre
en France que chaq1ie homme, par son travail, par son
acti vité personnelle, représente, en réalité, un capital
véritable, et que ce capital, comme le capital foncier,
cornme le capital industrie!, comir.e le capital maritime,
pe1Jt trouver daos l'Assurance deux forces nouvelles :
Une force résultant de l'exemption de tout risque et
de toute perte;
Une force résultant de la mise en valeur des plus minimes r ~ssources, que l'on regardait jusqu'a présent
comme perdues.
Les plus faihles capitaux peuvent, en effet, de nos
jours, produire des résullats profitables.
C'est daos le but d'étendre jusqu'aux limites extremes
de toute propriété cette heureuse application de l'Assurance, que la Nationale a répandu partout la connaissance des avantages qu'elle présente dans les opérations
multiples q11'elle embrasse.
Assurances sur la vie ;
Assurances en r.as de déces;
Assuraoces d'un capital fixé a l'avance, etc., etc.•
Toutes les combinaisons les plus variées et les plus
fécondes dont la pratique anglaise a démontré 1'11tilité,
oot été abordées dP. front et pratiquées avec les plus beureux succes par la Nutionale.
Les avantages de cette assuraoce sont aujourd'hui
compris de tout le monde. Ses formes sont si diflérentes,
que nous ne pouvons les reproduire toutes. Citons toute••
fois un ei emple :
En l 836, M. D... fait assurer sur sa tete, a l'age de
quarante-dem ans, un capital de 40,000 fr. payable a
son rléccs, et puur lequel il paye une prime annuelle de
l,400 fr. En i863, voici les résultats de l'opération :
t O M. D... conserve naturellement ses droits au capital
assuré de 40,000 fr.; 2° M. D... a re~u pour sa part de
bénéfice, aux différents inventaires de la Nationale, une
somme de 2fl, i 33 fr.; 3° si au lieu de recevoir ses bénéfices a chaque inventaire, M. D... les eut laissés a la
compagnie pour. uamenter le capital assurl!,ce capital se
serait accru de 48,350 fr. et Je capital assuré qui, dans
)'origine, n'élait que de 40,000 fr. se trouverait, en
!863, porté au chiílre de 88,350 fr., sans augmentation
de la prime aonuelle !
De pareils faits ont leur r.loquence. lis montrent tout
ce que peut produire la prévoyance unie au calcul des
íntérets. M. Dupin peut done attaryuer impunérnent ces
· eréations lécondes en hienfaits. L'exemple tle la Nationale nous prouve qu'elles enrichissent la société en la
moralisant. En frappant sur une telle institution, on obtient le meme résultat qu'en frappant sur un pie u; on
ne fait que l'enraciner plus profondément dans le sol.

Daos les récentes polémique~ que la question des assorances a soulevées, la presse a été unanime pour proclamer l'utilité de ces institutions, qui ne sont qu'une des
formes les plus ingénieuses et les plus profitables de l'assoeiation. Un des recueils les plus estimés, le Journal des
étonomistes, dita ce sujet, avec l'autorité qui lui appartieot: « La cais5e d'é¡,argne, la caisse des retraites, les
~ciétés de secours mutuels, les assurances sur la vie,
soot, en définitive, sous des noms et des formes diver.,es,
la mise en pratique d'une méme vertu, et de la vertu
HENRI VIGNE.
la plus uble aux sociétés humaines, la prévoyance. Rien
ne doit etre uégligé pour en Jouer les efforts, pour en
pnpulariser les bienfaits. On a vivement recommandé
HYGIBNE ET MÉDECINE.
le.~ caisses d'épargoe au moment ou elles se fondaient.
Les Anglais n'ont pas seuls le privilége de ces courtLes a.~R•1rances sur la vie méritent les memes éloges et
les mémes encouragernents. ,,
plaisters et de ces hasty-cordials, qu'on est si souvent
. Et les faits vienoeot heureusement légitimer les_prin- heureux d'avoir sous la main, en cas d'indi,position suc1pes. Prenons un exemple, et voyons, par les eomptes- bite. Nous avons aussi les notres, dont l'efficacité n'est
~:idus de la Nationale, a. quels puissants résultats ahou- pas contestable.
On sait que c'est a !'un des derniers moines de l'orüt l'application de l'idée de I' Assurance, sous toutes ses
formes.
dre des car mes, décédé en t83 I, que M. Boyer (14, rue
Ft1t-il jamais, dans une institution, garanties plus Taran ne), doit la·mystérieust! recette de ce cordial toutgl'andes que celles présentées par la _¡yationale? Au point puissant, que tout le monde conoait aujourd'hui SOU$ le
de vue moral, comme au point de vue financier, ces nom d'Ea•,1, de Mélisse des Carmes, et qui rend, dans une
multitude d'affections, des services doot la médecine
garanties défient le plus scrupuleux examen .
Au point de vue moral, la Nationale donne aux ioté- elle-meme a reconnu et consacré l'efficacité. L'usage
'7'1Sés, d'une maniere absolue, une double satisfaction. de cette bienfaisante liqueur préserve et guérit des vaDun coté, elle va au devant des désirs du public, par peurs, des vertiges, de l'apoplexie meme; elle facilite
nn~ publicilé si large et si claire, que l'assuré suit, en la digestion, soulage les maladies des voies respirapleme lumiere, et la marche de son capital et l'ensem- toires, en un mot, elle a des droits au titre de bienhle des opérations sociales. De l'autre, il sait que la faitrice de l'humanité.
Nationale opere avec un conseil d'administration formé
11 est un établissement de parfumerie de premier ordre,
des hautes nolab,lités financieres : MM. de Rothschild, dont nous croyons devoir de nouveau recomman&lt;ler les
Périer (Joseph), régent de la Banque de France; De- produits. - L'emploi de la Glycérine de Rirnmel, 47, hoú~ert (Benjamín), Davilier, de Germiny, Pillet-Will, levard des Italiens, est tres-efficace, surtout en cette saidallet, Hottinguer, etc... c'est-a-dire les premiers noms son qni voit le public abonder aux bains de mer. Les baius
nmonde financier.
de mer ont l'incoovénient de rendre les cheveux secs et
A,1 point de vue pécuniaire, aucune Compagnie n'of- cassants. Pour cornbattre cet effet nuisible, ríen n'est sufre de garanties aussi considérahles que la Nationale. périeur a l'E.ctrait de .ius de limons et a la Glycérine de
·~ . en effet, ce~ garanties de la Nationale sont doubles. Rimmel, qui neutralise le sel marin et laisse la chevelute
onr 11\S ,Assurances sur la vie, elles s'appwent sur un souple et brillante.

CRÉDIT FONCIER DE FRANCE .

47• Tirage trimestriel des obligations foncidres 3 et 4 0/0
.
(1853).

Le nº 638, sorti le premier, gagne. . • . !00,000 fr.
Le nº 83,344, sorti le deuxieme, gagne. • . 50,000
Le nº 97,142, sorti le troisieme, gagne. . . . 20,000
807 nurnéros, sortis ensuite, seront remboursés : les
4 0/0 au pair et les 3 0/0 avec une prime de 20 0/0.
4• Tirage trimestriel des Obligations fonciéres de500 fr. 4 0/0
(1863).
Numéro sorti : 5,879. Les obligations portant ce numéro
gagnent, suivant la série a laquelle elles appartiennent, les lots suivants :
24° série. . . . . . . . . . . . . . • . • . . f00,000 fr.
36• série. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30,000
Séries 4, - 34, - 2,-39, - 37, - 35, 25, - iO, - cbacune. . . . . . . . . . .
5,000
Et les séries 28, - 23, - 5, - 31, -8, 40, -32, -21 , -26,- 30,-19,13, - 17, - 9, - 38, - i8, - H, 20, - i5, - f, -7, - 27, - l2, - i6,
- 14, - 29, - 3, - 33, - ti, - 22, ch acune . . . . . . . . . . . . . . . . . .
f ,000
40 numéros sont en outre remboursés au pair.
8• Tirage semestriel des Obligations communales 3 0/0.
Lenº i 32,929, sorti le premier, gagne. . . hl0,000 fr.
Les nos 4i ,066, - i 94, - 4,62!, - 40,369
gagoent cbacun. . . . . . . . • . . . . . f0,000
Et les nos H ,996, -- 98,461, - !06,043, 122,045, - 74,696, - 75,446, - 139,039,
i29,536, - 81,536, - 28,865, chacun un
lot de ... , . . . . . . . • . . . . . . . .
t,000
397 numéros, sortis ensuite, seront remhoursés au paír.
La liste complete de~ numéros sortis achaque tirage
est adrPssée franco a toute persono e habitaut les département.~ qui en fait la demande par lettre affranchie.

COMPAGNIE &amp;ÉNÉRALE TRANSATLANTIQUE
semce poatal fran91la

ENTRE LE DA.l'RE ET NEW-YORK
U.NS BSC1.LB

Par lu 111agniflquu paqiubotl ll rouu

WASHINGTON, capitaine A. Ducbesne, de 5,600 tonneaux de déplacement et 950 chevaux de force.
LAFAYETTE, capitaio'l A. Bocandé, de 5,600 tonneaUJ
de déplacement et 950 chevaux de force.
Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit
jours, tant du Havre que d~ New-York.
Les prochains départs auront lieu comme suit :
DU BAVR.E :

Steamer J,afayette.... Mercredi i9 octobre.
Steamer Washington. Mercredi i6 novembre.
Lafayette.... Mercredi,l4 décembre.
DE NEW-YORK :
Steamer Washington. Mercredi 12 octobre.
Lafayette.... Mercredi 9 novembre.
Washington. Mercredi 7 décembre.
J,afayette.... Mercredi 4 janvier l 865.
Pria: des places :
Premieres. . . . . . 700 fr.
Secondes . . . . . . 400
S'adresser, pour passage, fret des marchandises, des
especes, et pour tous autre~ renseignements :
A Paris, au bureau spécJal de la Compagnie, l2, boulevard des Capucine~ (Grand-Hotel);
Au Havre, a MM. William Jselin et e•, agents;
A Ncw-York, a M. Geo. Mackenzie, 7, Broadway.

AFFAIRE

DE

BLAGNAC,

Pres Toulouse.
AU

DI RECTE U R.
Toulouse, U aeptembre. .

Mardi 20 septembre, le village de Blagnac, un des
plus pittoresques de nos envirous, était le théatre d'un
drame terrible q11i venaitjeter l'épouvante dans la populatioo de notre ville, encore toute émue des crimes de
Laba.~tide-Besplas.
Deux hommes, Guimbaud pere, agé de 60 ans, et son
fils, agé de 36, apres avoir attenté a la vie de plusieurs
personnes, se barricadaient dans leur maison,et la soutenaient un siége de quatre heures contre la force
armée. Permettez-moi de vous di.re en quelques mots
quelle a été !'origine de cette triste scene et quelles en
ont été les pbases.
Un sieur Meilhorat, qui a,aii épp!JM il y lit qllelque

�L'ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL •

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L

,H'FAIRK DE BLAGNAC: ATUQUB DB LA IIAISON GUlllBACD. -

temps une femme dont ia réputation n'était pas, dit-on,
reproche, avait été, d'apres un usage
assez commun dans nos contrées, l'objet d'un charivari.
A la suite d'une plainte portée a ce sujet par Meilhorat, plusieurs individus, parnji lesquels se trouvaient
Guimbaud et son fils, furent condamnés, le i7 septembre, par le Tribunal de simple police.
Ces derniers résolurent de se venger.
Mardi, a midi, le fils Meilhorat passait devant l'habitation de Guimbaud pere, quand tout a coup il re~oit
une baile dans l'épaule; l'auteur du meurtre s'écrie
alors en brandissant son fusil : «Je vais en faire autant a
ton pere et a ta mere. » Ceux-ci travaillaient dans un
champ voisin; ils sont assaillis par Guimbaud. La femme
:Meilhorat re~oit un coup de baionnette dans le coté, et
~leilhorat ne doil son salu.t qu'a l"intervention de quelques personnes qui désarment et garoltenl le crimine];
mais celui-ci est presque aussitót délivré par son fils, qui
est accouru armé. Les deux criminels s'enfermerent alors
dans leur habitation, en déclarant qu'ils étaient prets a
se faire tuer et a vendre cherement leur vie. Les autorités locales furent obligées de se retirer pour demander
main forte. Snr ces entrefaites, un chasseur passant devant l'habitation, était arrété par les dcux Guimbaud,
qui l'obligerent a leur donner sa poudre et son plomb de
chasse. lis rentrerent de nouvcau, fermerent toutes les
issues, les barricaderent et se préparerent a soutenir le
siége. Daos la maison, se trouvaicnt déja deux femmcs
et un enfant de douze ans.
L'habitation est une maison d'un seul étage, blanchie
·a la chaux et surmontée d'une petite tourelle. Ou n'eut
pas mieux disr,osé ce batiment rustique, si, lors de sa
construction, on eilt prévu le siége qu'elle a soutenu. Elle
est isolée, elle n'a des ouvertures qu'a la fa~ade principale et qu'aux murs latéraux. Les ouvertures de la fa ~ade principale sont murées et percées de meurtrieres;
la tour a de•n étroites ouvertures, dont !'une commande
la fa~ade de derriere etl'autre cellc de devant.-Guimbaud pere et fils étaient deux intrépidcs chasscurs;
ils avaient dans leur mais1Jn pluEieurs fusils de cbasse,
un fusil de guerre, une canardiere, des pistolets, des
moules a fondre des halles. Le commissaire de police
de l'arrondissement, s'avan~ant bravement devant la
maison, Jlt sommation a trois reprises aux criminels

a l'abri de tout

D'apres une photor,1phie de 11. Pro,ost.

de se rendre. A la troisieme, Guimbaud pere ajuste le
commissaire en s'écriant : « Cochon de commissaire, tu
vas y passer ! » ~t lache le coup, qui heureusement ne
porte pas. On comprit alors qu'on allait avoir une lutte
acharnée a soutenir, et des renforls furent appelés. Bientót arriverent deux nouvelles brigades de
gendarmerie , commandées par un capitaine , que
rejoignit bientOt un commandant et une compagnie

du i 7ª bataillon de chasseurs a pied. Par prudena,
on se borna a cerner la maison, et de nooftl.
les sommations furent faites aux meurtriers, qui ripondirent par de nombreux coups de fusil; des lorscommen~a l'attaque. Le capitaine de gendarmerie fit aswllir
la fa~ade principale et battre en breche la porte banicadée; pendant qu'assiégeants et assiégés échangeaiell
une vive fusillade, plusieurs assaillants sont blessés. l&amp;
feu s'étant déclaré dans la maison, les deux fe1111111
se halerent de sortir; mais les Guimbaud, suffoqués par
la chaleur et la fumée, leurs vetements en flammes, ui,
RÉBUS.
més d'une sorte de rage, continuerent a décharger lem
armes de tous cótés. 11 fallait cependant se reodre •
chercher le salut daos la fuite. Guimbaud fils, ayul
quitté ses vetements enflammés, se présenta, nu, l la
fenetre du rez-de-chaussée du mur latéral qui bordela
route; il leva son fusil en criant: Je me rends! Un gea,
darme sort de derriere une embuscade pour l'arréts;
au meme instant, il re~oit a bout portant un coop •
l l'Sil qui l'étend sans vie. Mais un chasseur Apied, ~
avait vu le mouvement de l'assassin, le mettait en jOII
et le frappai t mortellement.
Guimbaud pere élait encore au milieu des flammes.
Sentant que le plancher s"abimaitsous lui, il sautesorlt
petit toit d'une porcherie en se tirant un coup de pittolet. En meme temps, il est atteint de plusieurs ball&amp;
11 est auc;sitót saisi et garroté. «Ah! dit-il, je suis eolN
les mains de la jJJstice, ce n'est pas ma faute : je•
suis tiré deux coups de pistolet et donné un coup •
poignard, et je n'ai pas pu me tuer. »
Telle fut l'issue de cet horrible drame, daos leqaei
il y avait eu deux tués, le gendarme Montaigut et Goillbaud fils, et neuf blessés, le commandant et le capitailt
&amp;XFLICA.TION DU DERNIER RÉBUS:
de gendarmerie, trois chasseurs, deux sergents de 'filll,
Ce ful a la suite des harangues de Desmoulins, au jardin Meilhorat et sa femme, et enfin Guimbaud pere.
du Palais-Royal, que commenca la Révolution de 89.
Ce dernier, ainsi que les deux femmes Guimbaa4 ll
leur jeune fils sont sous les verroux. Les inteJTOII"
toires ont déja commencé.
GAVOY,
Auc... M.1Rc, directeur-gérant.
EoM. TEXIBR, rédactcur en chef.
~

Imp. de L'JLLUSTRATlON, A. Marc,
22,

TIIC

de Vm14ui1.

La réouverture des Coneerts populaires de llutif'
classique sous la direction de M. Pasdeloup, aura '
au Cirque Napoléon, le dimanche 23 octobre.

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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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