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                  <text>L'ILLUSTR
.
.
ATION~
.
IOUBRAL UKIVEBSBL.

-

Direetion , Rédaction , Administration :

,...,.1es
communications relatives au joumal, réclamations, demande•
de chan•ements d'adresse , doivent etre adressées franco a
... AUG.

0

Nº

1128.

Oetohre t 8tU.

L'adminislralion ne ripond pas des manuserils et ne s'en~age iamais ales insirer,

Les demandes d'abonnement doivent etre accompagnéea
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

Vu Jts traités, la lraduclion et la reproduclion i l'élrangcr sont ioterdite,.

SOMMAIRE.

Gravuru : Garde impériale me11ca10e : Régimen! beige Impiratrice
Gharlotle. - Bnlrée du maréchal Mac-Mahoo a AIJ:er, - Colonne sous

L'Ullée me1iuine. - Revue politique de la semaine. - Courrier de
TIIJ1ge. - Arritée du maréchal l\lac-!labon 11 !lger. - Correspond'Algérie. - Causerie dramatique. - Les lilas blancs ( nou•elle) 1uite. - Tableaux du Morvan: i propos de la pipée. - M. Perdioand de r.roze. - Les embellissemenls de Naples. - Mamrs et
lfpH d'au¡ourd'bui : Le gar~on de bureau. - Bulletin bibliograpbique.
- loau~uratioo de la stalue du général Pajol. - Établimmenl thermal
de la lrégate la Ville de Paris.

•uce

dellflt,
1outel•
ui ré-

JHARC, DIRECTEUR GÉRANT.

22e ANNÉE. VOL. XLIV.
¡samedi 8

BUREAUX : RUE RICHELIEU-, 60.

les ordres du colonel Pechot, opérant contre les Ouled.Sidi-Maosour. Torio. - Floreoce. - Fac•simile du porlrait de s. A. R. la jeune
princesse Marguerile de Parme. - Plan général d'un quartier nouveau
et d'un palais d'exposition sur la colline de Chiaja, a Naplea. - Palais
d'exposition a Naples. - Les vir.times de la mode, par Berlall (suite).
7 gravures. - Slatue du général éomle Pajo!, rnaugurée a Besan~on, le
!8 aoüt !86i - Échecs. - Rébus.

Ahonnements pour Paris et IMDépartemeots :
S moi• 9 fr.; - 6 mois, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - Je numéro, 7&amp; c.
Ía collection mensuelle, 3 fr. ; le volume semestriel, 1~ fr.
A.DONNE~IENT8 POUR VÉTRANGER 1
Mémes prix ; plus les droits de poste , suivant les tarifs.
Les abono. parrent du I er no de cbaque mois,

L' ARMÉE

MEXICAINE.

GARDE IMPtRIALE.
IIÉGIMENT BELGE IMPtRATRICE CHARLOTTE,

Le régiment beige lmpératrice Charlotte, de la garde
impériale mexicaine, s'organise·aAudenarde, petite ville
de la province de Flandre orientale, célebre par son

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GAROB WPÉRIALB Ml!llCAOO!: RÉGWBNT BELGB IMPÉRATRl{;B·GHARWTTE. - D'apres une pbotorraphie de 11111. Ghémar fr!res, p~otogrsphes du~Rol,

a Bruxellea.

�226

--

L'ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL.

Hótel-de-Ville. Ce régiment est composé de deux hataillons a six compa~nies, l'un de grenadiers, l'~utre de
volti~eurs. Le cadre de ces compagoies, d'un effectif de
150 hommes, est celui des corps d'inf~nlerie de l'armée
helge sur picd de guerre: i capitaine, i lieutenant,
2 sous-lieutenants, í sergent-major, 5 sergents, i sergent-fourrier, 8 caporaux, 2 cla1rons et 2 tambours.
Grenadiers et voltigeurs ont, indistioctement, des tambours et des clairons a la fois. Ces derniers servent aux
signaux des tirailleurs.
Les grands et petits états-majors de bataillon et de régiment comprennent: pour le bataillon, 1 major, í capitaine-adjudant-major, í lieutenant ou sous-lieutenant
officier payeur, í médecin de bataillon, í adjudant, 1 adjudant-sous-officier, í caporal tambour, í caporal-clairon. Pour le régiment, í lieutenant-colonel commandant,
í major commandant en second, í capitaine quartiermaitre, í capitai ne administrateur d'habillement, í médecin de régiment, un lieutenant porte-drapeau, 1 lieutenant chargé de l'armement, un chef de musique avec
grade d'adjudant sous-officier, le nombre de musiciens
gagistes nécessaire a la composition d'un corps d'harmonie; i tambour-major, 1 sergent clairon.
Le régiment Impératrice Charlotte est commaodé par
le baron Alfred van &lt;ler Smissen, major daos l'arn1ée
beige. Cet officier clislingué, fils d'un officier général
qui servit sous le premier Empire, était aide de camµ du
ministre de la guerre, quand l'empereur Maxim1lien
l'appela au poste d'honneur et de confiance qn'il occupe
aujourd'hui. Le lieutenant-colonel, baron van rler Smissen, homme du monde accoropli, n'est pas étranger a
l'armée fran~aise. En 185-1, il fit, en volontaire et en
vertu d'une autorisalion royale, la campagne de la Kabylie. Attaché a l'état-major dn général Saint-Arnau&lt;l,
il fut décoré de la Légion d'honneur et mis a l'ordre rlu
jour de l'armée pour sa belle conduite a l'attaque du
col de Menazel, ou, daos une charge brillante des
chasseurs rl'Afrique, il tua deux Arabes de sa main.
M. le baron van &lt;ler Smissen est aussi chevalier de
l'ordre de Léopold.
L'01·ganisation du corps a été confiée a un lieutenant
énéral
en retra1te, M. Chapelié, qui fut pendant trente
6
1nnées gouverneur cte l'école militaire de Ilruxelles.
C'est a lui que cet établissement doit la haute renommée
dont il jc,uit en Europe.
Le recrutement s'est opéré dans l'armée et dans la
popnlation civile. L'armée a fourni les cadres, saos exception aucune, et un grand nombre de soldats. Parmi
les ~ous-officiers de toutes les armes s'est manifesté le
vií dé5ir de faire partie de l'expédition. Un grand nomhre ont abanrlonné leurs galons pour étre admis a l'incorporation. Ceux qui ont été mainten•Js daos leur grade
unissent anx aptitudes mililaires et a une condnite
irrilprochabte, les qualités physiques les plus développées, l'énergie et l'aclivité. Instructeurs accomplis, ils
ont promptement formé au maniement des armes et aux
manreuvres, les enrólés qui n'appartiennent pas a
l'armée.
Complétement équipé, armé d'une carabine Enfield
du calibre rle treize millimetres et d'une ba'ionnelte-sabre, le régiment lmprratricP. CharlottP. se rendra au
Mexique par tes bateaux a vapeur de Saint-Nazaire, en
trois df\tachements, échelonnés de mois en mois. Le
premier détJchement, composé de l'état-major du régiment, d'un état-major de bataillon, de !a musique, de
deux compagnies de voltigeors et &lt;le deux compagnies
de grenadiers, au grand complet de guerre, s'embarquera le 1G octobre prochain. Les homnws seront transportés a Saiot-Nazaire par chemin de fer et saos séjour. Des ralions alimentaires leur seront délivrées
dans les gares désignées a !'avance par l'admimstratJon
fran~aise.
Notre dessin. represente les uniformes de la troupe
daos les difft1rentes tenues de service et &lt;le ville. Les officiers, en petit uniforme, ont le ceinturon en cuir noir
et la tunique a brandehourgs et a olivPs noires sans
liserés, sans rouleur distinctive aucollet, aux parements
et aux pans. En tenue de campagne, ils ont la giberne
en handouliere, un revolver a six coups et des bottes
au-dessus du pantalon.
La giberne est aussi la marque de service pour les officiers.
Le bonnet de poi ice des sous-officiers et soldats, dont
le galon et le glan&lt;l, rle meme que les galoos de la tunique et le liseré du pantalon, sont rouges pour les grenadiers, verts pour )es lvoltigeurs, blancs pour les mu-

siciens, les clairons et les tambours, est orné d'un galon
de soie noire et d'nn gland &lt;l'or pour les officiers.
Officiers et soldats portent un plumet de plomes de
coq noires. Les tarr:bours, les clairons et les musiciens
ont le plumet blanc.
•
Les uslensiles de campemeot, marmites, gamelles et
bidons, outils, tentes, abri5, etc., ele., sont du modele de
ceu.x en usage daos l'armée fran~aise.
'
GusTAVE L ~WRE.
~

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
L'Italie est calme, Tnrin est tranquille, et toutes les
correspondances s'accordent a dire que la convention
franco-italienne a été accueillie partout avec la plus
grande faveur. Le général La Marmora a mené a boniJC
fin la composition du nouveau cabioet, composé de gens
tres-honorables, et IJUÍ avaient déja pris part anx affaires : a peine iostallé, le cabinet a publié son programme, donl il est ioutile de faire ressortir l'importance daos les circonS\ances présentes.
« En assumant le gouvernemeot des affaires publiques
dans d'aussi graves circoastances, le oouveau ministere
se croit obligé de faire connaitre a la nation, de la maniere la plus claire et la plus explicite, ses intentions
sur la question prédominante qui préoccupe si vivement
les esprits et agite l'opinion publir¡ue.
&lt;&lt; Le cabinet accepte la convention récernment stipulée avec le gouvernement impérial de France, pour l'évacuation des troupes fran~aises du territoire pontifical,
ainsi que la eonditiori du Lraosfert de la capitale daos
un autre siége. Avec r,ette inleution et a cet effet, il soumettra, des la réouverture du Parlement, un projet de
loi aux Chambres.
« En meme temps, le cabinet a la conviction que des
motifs de haut~ coovenance politique et de stricte
équité imposent au gouvernement du roi le devoir de
proposer au Parlement' tous les tempéraments qui peuvent étre les plus propres a alléger les &lt;lornmages de la
ville qui cesserait d'etre capitale du royaume, sans
toutefois éloigner le délai fixé daos la couvention pour
l'évacuation des troupes fran~aises du territoire ponti0cal.
« Cette tres-nohle cité qui, au-dessus de toute pensée,
a toujours eu celle de l'avemr de la nation, saura donner a l'Europe, en cette circonstance, le splendide
exemple de ce calu,e digne qu'elle a toujours gardé
dans toutes les phases de la résurrect1on italienue, et
qui lui a valu les sympathies et l'approbation de toute
' la Péninsule et du monde civiltsé.
« Daos de teUes résolutions, qu'il se plait a croire
partagées par la tres-gr-ande majorité de la nation, le
ministere se presentera au Parlement avec la certitude
que les populations italiennes, péoétrées de la gravité
et des ,difficultés de la situatioo, attendront avec une
pleine confiance les votes de ce meme Parlement, et
sauront garder et cooserver cel accord de volootés,
cette foi inaltérable daos la couronne, qui ont été notre
force principale dans les événements glorieux accomplis
&lt;lepuis i 859 j us4u'a C'llte époque, et qui do1vant encore
étre le gage le plus sur de l'entiere réalisation des destinées de la oation. 1&gt;
On avait préten lu rue le Parlement, convoqué le
~4 octobre, se réuníra1t partout ailleurs qu'a Turin,
mais cela ne parait pas probalJle.
Le gouveroement italien est parfaitement en mesure
rl'assurer la liberte rles délibéralions du Parlement, a
Turin aussi bien qu'a11leurs. Le général de La Marmora
et ses collegues sout des hou111,es tres-fermes, qui ne
tolereraient pas des désordres daos la roe. De plus, il
n'y a pas a craindre que ta populat1on turiooise essaie
d'1mposer son opio ion au Parlement. D'ailleurs, les trouble·s du ~1 et du 22 septemhre n'ont éclaté que parce
qu'on ne les croyait pas poss1bles, et que la nouvelle du
changement de capitale, jetée com.me uue bombe, avait
troublé tous les espr1t.s.
Les termes de la discussion politique n'ont jamais étl\
mieux posés. Les ennemis de la convention déclarent
qu'elle est une renonciation formelle a R1me; mais la
masse du puhlic vo1t daos celte convention la chute,
daos un tem¡ls dooné, du pouvoir temporel.
Un document également tres-importaot a été publié
par le Moniteur. C'est la déreche de M. Drouyn de
Lhuys a M. le comte de Sartiges, ambassadeur de
France a Rome.

Le ministre croit que le moment est venu d'etaminet
lt. nouveau la position que nous occupons a Rome• U
r:ippelle les considérations qui ont conduit daos la
tale du monde chrétien le dr:ipeau de la France, ~
le gouvernement n'a jamais pensé que la situatioo que
la Fraoce ti,ent a-Rome depuis quinze ans dut étre permanente.
An commencement de í859, le saint-pere avait fait,
de sou cóté, la proposition de fixer a la fin de cette année l'évacuation du territoire gardé par nos troupes,
mais la guerre qui éclata alors en ltalie ne permit ~
de donner suite a cette proposilion. 11 fut conveou ce.
pendant IJUe les troupes se retireraient au mois d'aoot
1860, mais les troubles qui survinrent empéchereot encore une fois l'exécution de la mesure.
Cependaot le gouvernement fran~ais coní.inue a,oir
daos la présence de nos troupes a Rome un fait eicep.
tionnel. « Combien de raisons, en efTet, dit M. Drouya
de Lhuys, n'avons-nous pas de souhaiter que l'occupa.
tion ne se prolonge pas indéfi nimeut? Elle constitoe na
acte d'intervention contraire a l'un des príncipes food¡..
meotaux de uotre droit public, et d'autant plus difficile
a justifier pour nous que notre but, en prélant au Piémont l'appui de nos armes, a été d'affranchir l'ltalie de
l'interventioo étraugcre. »
Le ministre sigoale en3uite les inconvénients gra,es
qui résultent de notre positioo a Rome, inconvénie1111
que les agents fran~ais les plus sincerement dévonéR ao
saint-siége ne sont pas parvenus a écarter : conflits de
juridiction, différence des points de vue politiques, ete.
Les deux gouvernements n'obéissent pas aux mémes
inspirations et ne proccdent pas d'apres les mélllfS
principes. « Notre conscience nous ohlige trop souveoU
don ner des conseils, que trop souvent aussi celle de la
cour de Rome croit devoir décliner. &gt;&gt; Cependant, malgré ces ioconvénients, le gouvernement fran~ais n'a PIS
voulu se détouroer de la mission qu'il avait acceptée.
Tant IJUe le cabinet de Turin semblait vouloir tr.in~porler a Rome la capitale de l'Ital,ie, le go11vernemeot fra.
~ais pouvait craindre que le rappel de nos troupes ne
rut suivi de la chute du pou voir pontifical. Mais l'apaisement des esprits s'étant fait en ltalie, et le gouveroement italien ayant fait depuis deux aos Lous ses efl'olls
pour fa1re di,;paraitre les deroiers débris d'as5ociatiom
redoutables, en donnant a sa politique envers le ~aiotsiége une atlitude plus en harmonie avec les devnin
internationaux, et en choisissant Florence pour capitale
de l'ltalie, il n'y a plus de raison pour que l'occupalioa
de Rome par les troupes fran~aises se prolonge plm
longtemps.
)l. Drouyn de Lhuys ajoute qu'apres avoir obtenu de
l'ltalie les garanties en faveur do saint-siége contre les
attaques extérieures, le gouvernement fran~ais senil
heureox d'aider le gouvernemeut pontifical a former
une arrnée assez bien organisée et assez nom breuse J)'JW
faire respecter son aulorité il l'intérieur. Ses ressoul"lllil
actuelles ne luí permettant pas de subvenir a l'entreliea
d'un effectif considérable, des arrangements a premhe
déchargera1ent le saint-siége d'une partie de la delle
dont il a cru de sa dignité juaqu'ici de servir les intérets.
« Rentré ainsi en possession de sommes importaotes,dil
eu term111ant le ministre des afTaires étrangeres, défena
au dedans par une arrnée dévouée, protégé au deboll
par les engagements que nous áurions demandés a!'Ita•
lie, le gouvernement pontifical se retrouverait placé dus
des c,ooditions c¡ui, en assurant son indépendance el 11
sécurité, nous permettraient d'assigner un terme i la
préseoce de nos tróupes daos les États-Romains. »
pans celte dépeche du ministre des atfaires étrall·
geres, les convenances politiques sont observées anc
scrupule, les difficultPS et les écueils eludés avec adressei
les choses vives dites avec une paríaite modératioa;
~ais quelque grande que soit l'habileté de M. Drouya
de Lhnys, on ne peut se dissimG.ler que le documenl,
signé de luí, est ia condamnation la plus formelle d_l
pouvoir temporel. On se demande commeot, aprcs a,oir
dressé un pareil acte d'accusalion, M. Drouyn de LhllYI
peut croire encore qu'une armée, recrntée n'importe ~
et corn posée de mercenaires, sera assez forte pour maiDtenir l'autor1té rlu pouvoir temporel du souverain ~
tife? Daos te cas oú l'armée pontificale serait implllf'
sante, a qui reviendrait l'héritage de Rome, sinon l
l'unité italienne, et alors pourquoi le gouveroeinell
fran~ais signe-t-il avec le gouveroement italien une COI"
vention ou il est dit que Rome ne sera jamais la ~
tale de l'ltalie? ~ous ne prenÓns pas partí púlll' 81

dp¡

-

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

·--- - -- - -

227

cootre la traoslatioo future de la capitale a Rome,' mais nemeotation sobre, a l'architecture robuste : une église- Jesté qui me l'a prouvé clairement. 11 y a, en province,

voudrions voir, dans les docnmcnts officiels, un
peu plus de logiq ue, ~t peu~-étre de siocérité.
Le Moniteur a auss1 pubhé un rapport du maréchal
Randon sur l'état sanitaire de l'armée. Lr. fait saillant
qui s'y trouve consigné est celui-ci : en 1846, la mortalité était, pour les troupes de l'iotérieur, de dix-neuf
déces pour í ,000 hornmes, et en Algsrie de soixautequatre, En {862 et en 1864, les deux chiffres soot tornbés
¡ dix ¡iour l'intérieur, a douze pour l'Algérie. M. Je marécbal Randon fait remonter le mérite de cette amélioralion daos la santé des troupes, au nouveau mode de
recrutement, qui date de la loi sur la dotation de I' armée, et qui a pour effet d'augmenter, daos une forte
proportioo, le nombre des hommes servant plus de sept
ans. Or, les tables statistiques, dressées par le service
de santé militaire, établissenLqne, parmi les hommes
.qui coruptent de un an a cinq ans de service, la proportion de la mortalité varíe entre treize et neuf pour
cent, 'taodis qu'elle n'est que de cioq pour cent r,armi
les sous-officiers et les soldats qui coruptent de sept a
quatorze a.ns de service.
L'extension de l'enseignement supérieur vient d'étre
l'objet d'une circulaire de M. le ministre de l'instruction
publique, reproduite également par le Moniteur. M. le
ministre pense que dans chaque circonscription rectorale ou se trouvent de populeuses cités, rapprochées du
centre par les chemins de fer, les professeurs de la faculté pourraient faire, hors du chef-lieu académique,
des le~oos daos le geore de celles qui ont ea lieu, l'hiver
deroier, a la Sorbonne. Nous reviendrons sur cetle circalaire de M. Duruy.
Les journaux de Madrid rendent comr,tent de l'arrivée
de la reine-mere Marie-Christine, et constalent la grande
cordialité qui a présidé a l'entrevue des deux reines
apres une si longue séparation.
0005

EDMOND TE.IIER.

COIJRBIER DE '1O'1'.A.GE.

Béziers. - Saint-Nazaire. - Le paysage. - Les bourgeois
de Béziers en 18li4. - Le Béziers neuf. - Le théAtre. Deux médaillons-énigmes. - Les r.afés. - Pas de citron. - Charlem,,gue. - Salon biterrois. - Narbonne.Un jeune musée d'avenir. - A propos d'une copie de la
Tr1msfiguratin,,. - Du danger de préter un tableau de
milre. - La cathédrale - Le tour des remparts. - Les
JWa de Narbonne. - La maison des Nourrkes. - Rue
lhw. - Carcassonne i.mpossible

11 y a dP.s noms qui vous attirent: j'avais toujours eu
eo'fie de voir Narbonne : le miel n'était pour ríen daos
mon désir, mais le souvenir de Rome y était pour beaucoup : il semble toujours qu'une colooie de l'immortelle
,me doit avoir gardé quelque chose de la mere patrie,
et e'est ce quelque chose qui séduisait mon imagination
et piquait ma curiosité.
Béziers était sur mon chemin : Béziers, lacouraaeuse
c_1te qui pr1t part1 pour les Albigeois, et plutót que de
livrer ses alliés, préféra encourir la colere du légat
pontifical; or les légats avaient la main lourde, en ce
temps-la.
Un eothousiaste écrivait jadis un vers latín qui signi6ait: • Si Dieu reveoait sur la terre il voudrait habiter
Béziers. » Je n'étais pas faché de savoir a quoi m'en teoir sur les agréments de Béziers, et je me m'y suis ar..
•

•

•

•

•

l)

rité.
La ville est batie sur le sommet d'une haute colline,
et nn faubourg y conduit'par une pente assez raide:
~oand le soleil chauffe a trente degrés, la montée n'est
PIS précisément un plaisir.
Des quartiers populaires et marchands, on peut dire
qoe ee sont de vieux quartiers, mais voila tout · des rues
étroites et tortueuses, pour la plupart, beaucou~ de paul?es boutiques et quelques magasins élégants, ce qu'on
troo,e partout en province, mais point ce qu'on aime
1 "! trouver, c'est-a-dire une physionomie originale, un
Clractere apart.
Saint-Nazaire, ou se passerent au moyen age de si
~glantes tragédies, esta l'e1trémité rle ces vieux quartiera et du plateau qu'ils couvrent, et qui, de ce cóté-la,
to~be presque a pie daos la plaine. Vue d'en has, l'égl11e, coostruite sur une terrasse soutenue par de gigan11.8qnes murailles, a tres-grand air: de pres, l'effet d1minue; c•e~t encore pourtarit un tres-noble édifice, admil'lblement conservé, au.x lignes males et séveres, a. l'or-

forteresse nu les créneaux ne manquent pas, bon ne ponr mainte ville ou un coiffeur, pour attirer la pratique, -la priere et pour le combat, et comme on en vo1t plus pardon, messieurs les coiffeurs, c'est clieotele que je
d'une daos le Midi.
voulais dire, - aurait tenté de séduire le public par ces
JI s'eo faut que l'intérieur soit simple comme l'exté- mots : Salon parisitm. Charlemagne, luí, connait ses
rieur; il a sacrifié ¡a la pompe du dix-septieme et du dix- concitoyens; il sait a merveille que le prestige des éléhuitiemesiecle: le chreur s'est alourdi d'une de cesflam- gances étrangeres ne les éblouira pas, et il écrit brave-•
boyantes décorations de marbre, le maitre-autel d'une ment sur son enseigne : Salon biterrois.
de ces gloires d'or qui font dire anx badaud~: « Queo'est
Narbenne n'est qu'a une heure de Béziers.
riche ! » et au.x gens de gout : &lt;&lt; Que c'est laid ! n
Je suis alié tout d'abord au musée, somptueusement
Qe la terrasse de Saint-Nazaire, le regard plane surune logé daos l'ancien palais des Archevéques, un tres-bel
campagne d'une fécondité merveilleuse; des monta1mes édifice du moyen age. Un des archeveques fit magnifid'une belle couleur et d'une belle forme termioent l'ho- quement décorer ce palais en 1634. Le plafond d'une des
rizon lointain : le canal du Midi et la rivicre d'Orb bai- salles a élé peint par un maitre italien, et vaut, a lui
gnent le pied de la colline, et on les suit a travers la seul, la visite.
plaine, ou ils couleut entre des lignes de graods arbres
Le musée de Narbonne est un jeune musée qui n'a
aux ombrages magnifiques.
pas plus de vingt-neuf ans; mais, grace a la libéralité des
La riviere d'Orb coulait a pleins bords, ce jour-111; habitants, au zele, a l'intelligence et aux soins de
comment le soleil ne buvait-il pas d'un coup cette eau M. Touroal, le directeur, il est en bon chemin de faire
transparente? il devait avoir si chaud!
parler tres-honorablement de lui. 11 renferme des débris
En voyant une des principales places de la vieille ville romains, une mosa'ique admirablement conservée, des
couverte de gens discutant avec animation, j'ai soogé bas-reliefs des premiers a.ges du cbristianisme, tres-diaux tumultueuses délibérations dPs bourgeoisde B.éziers, gnes d'etre étudiés, et des sculptures de la Renaissance
au temps de Raymond de Toulouse, et je me suis ap- d'un travail exquis.
proché d'un groupe animé; on y faisait des affaircs de
Parmi les tablean~, j'ai vu un chef-d'reuvre de Rubens:
vio : j'étais tombé au milieu d'une bourse vinicole.
Jés11s chez Marthe et Marie. Les accessoires ont été peints
Ailleurs, dPs paysms vendaient et achetaient des par un peintre de nature morte hollandais. H y a quelveaux et des cochons; et un marcband forain, trcs-élo- ques charmautes petites toiles de Téniers ou de son école,
quent, offrait aux Biterrois un hahilltment complet : et le portrait d'une demoiselle Catellan, maitresse des
paletot, gilet et pantalon, pour trente-six francs.
jeux ílorau:x, qui était bien la plus jolie et la plus graPres dela se tenail une fo,re: c'étaient,comme partout cieuse pocte qu'ou puisse imaginer.
ailleurs, des boutiqJJes ambulantes de confiserie a bon
Daos la grande salle est placée une bonne copie de la
marché, de petite bimbeloterie, de porcelaines commu- Transfiguration, destioée a consoler Narbonne de ne
nes : il y avait quelqnes baraq ues de montreurs de cu- point posséder l'origioal.
rio5ités et de ¡.,hénomenes. Sur la toile d'une de ces baC'était, en eifet, pour Narbonoe que le pape, qui vouraques, on voya1t, dads l'un des cornpartiments, un pho- lait du bien a la ville, avait commandé le tableau a Raque jouant du tambour de basq ue, et daos l'autre le phael; mais, l'reuvre achevée, il la trouva si belle IJu'il
meme phoque jouant de la harpe. Mais l'entrepreneur la gard a. Plus tard pour dédommager ces pauvres Nardu spectacle, en homme habile qui connait la province hoonais, il leur envoya une Resurrection de Lazare de
de nom, s'était bien gardé d'appeler son musicien tout Sébastien del Piombo, pour le maitre-antel de la cathé'
simplement un phoque : ce homme de mer ,, avait bien drale. Mais, voyez le malheur: il &amp;e trouva que le tameilleure tournure, et Buffon s'y prétant, c'était une hleau de Sébastien élait un chef-d'reuvre aussi; on le
lionne de mer qu'il pr~sentait au public.
demanda d'Angleterre pour le faire copier; Narhonoe
Des Albigeois, pas un mot.
le préta. On le copia, en effet, seulement, ce ne fut pas
Je vous dénonce Béziers : Iléziers a formé le projet de la copie, ce fut l'origin;¡l qui resta en Angleterre •
devenir le plus possible un petit Paris.
et voila comment, au lieu d'avoir un original de Ra~
ll batit, batit, batit sans treve ni repos, et dans ses pbael, Narbonne n'a que la copie d'un Sébastien del
maisons nouvelles, pas une pierre qui ne soit taillée, Piombo.
sculptée, ciselée; en Dléme temps qu'il hatit, il plante;
Je souhaite achaque musée de Franre un gardien
il a déja un square a la derniere mode, dont la statue de comme celui du musée de Narbonne; outre que ce n'est
Riquet occupe le centre, et je suis sur qu'il ne s'en tien- poiot un cicerone importun et havard, c'est un homme
dra pas la.
qui a l'amour de son musée et le gout des belles choses:
A l'extrémité de la promenade s'éleve le théatre, qui a il a créé une collection de céramique qui n'est pas une
vingt ans, et en parait deux 011 trois tout au plus. Point des moindres curiosités du palais rles Archevéques, et ¡¡
de colonnes, de larges escaliers, de frontoo triaogulaire, esta l'affut de toutes les bonoes occasions qui se présenrien qui rappelle l'Odéon. Un petit style coquet, gentil, tent de l'enrichir.
avenaut, qui scandaliserait fort, j'imagi'ne, les surviLa cathédrale de Narboone n'est pas finie : elle avait
vants de l'école nob/P.
été con~ue sur un plan tres-grandiose. On se mit a l'reu11 y a, sur la fa~ade de ce théatre, deux bas-reliefs en vre; on batit le chreur et une partie de la nef, et puis le
terre cuite; a droite et a gauche de ces bas-reliefs, un zele se refroidit, ou bien !'argent manqua; peut-étre
médaillon ; les deux médailrons de droite sont les pro- aussi les guerres et les dissensions, si communes au
fils de Corneille et de Moliere : en face de Corneille, un moyen age, tournerent les esprits ailleurs, et les piliers
contemporain, en face de Moliere, un autre contempo- commencés s'arréterznt daos leur élan hardi, et les ares
rain. Chacun de ces deux messieurs regarde son vis-a- des ogives ne se rejoignirent pas,et les courbes des voti.vis en face, et ne parait pas embarrassé du tout de sa si- tes demeurerent suspenclues daos les airs; au premier
tuation. 11 m'a été impossible de mettre un nom sur la moment, on croirait a une ruiue, ce n'est qu'un comfigure de ces de ux hommes iotrépides.
mencement; l'achevemeot viendra-t-il jamais?
D'JJ.n cólé &lt;ie la promena&lt;le il n'y a que des cafés; on
Non, sans doute, et ce sera grand dommage, car ce
se croirait sur le boulevard des Italiens ou sur le boule- qui est complet est d'une grace, d'm1e él~gance, d'une
vard Montmartre. Senlement, dans un de ces calés, qui a,udace facile et heureuse, qu'on ne saurait trop louer.
porte un nom fort reteotissant, j'ai demandé de la limoCherchez daos la pénombre de la nef la chapelle du
nade, et le cafetier m'a répondu : &lt;&lt; Je n'ai pas di:: ci- Saiot-Sépulcre, vous aurez plaisir, j'en suis sur, a regartron. »
der les deu:x soldats auxquels a été confiée la garde du
Cela m'a fait plais1r; il n'y a pas un café a París ou tombeau. lis ont l'air si ingénu et si naif, en dépit de
l'on ne trouve du citron Béziers a done encore quel- leur barbe et de leurs moustaches, il- ont une si honque chose a envier a París.
nete iigure, rouge et luislrnte, avec des yeu.x noirs si
Entre deux marquises de café, j'a1 ,u ces mots écrits étonnl!s! Ah! voila dtl braves gens, que ce qu'ils vont
en grosses lettres : Chal'lemagne, coitfeur.
voir ne manquera pas de surprendre beaucoup.
Ah ! pour le coup, voici qui nous humilie : nous
Je vous disai&amp; que le musée de Narhonne avait été
avons Mojesté; c'est quelque chose, certainement, mais il commencé il y a vingt-neuf ans seulement, je rue tromy a majesté et majesté, et je connais des majestés qui pais, et de beaucoup; c'est le roi J&lt;'ran~ois 1er qui J'a
ne sont pas IJien grosses; tandis oue Charlernague ! Que fondé, il y a plus de trois siecles, mais, je crois bien,
n'ai-je eu le temps de me faire accommoder par Char- saos le vouloir et sans le savoir, tout ami des heauxlemagne!
arts qu'il etait.
A Béziers, l'on est fier, et l'on trouvc que le gout de
Sa Majesté avait jugé a propos d'entourer Narbonne
Béziers en vaut-bien un autre: c·e~t l'enseignc de Ma- d'une enceinte de murailles, pour le mettre a l'abri

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L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

pas ni ne faisais paitre, mais je passais, cela était hors \ souci d'etre écrasé. - De temps en temps, vous re;d'une attaque. On creusa des fossés, et en les creusant
de doute, done j'avais encouru un proces-verbal. O ¡me odeur de vio nouveau; ce sont de braves gens~
on mita découvert une quantité prodigieuse de débris
contravention ! contravention ! qu'il est qif6cile de J¡e font la pressée en pleine rue,
41li
antiqucs, des tombeaux, des autels volifs, des fragments
pas t~ ren~ogtrer sµ,r 1~ ~Ql d~ mHre bel le fr;nrne 1
11 parait que les touristes sont plus rares, a Narbonne
de frise et de corniche, des bas-reliefs, des inscriptions.
,
d
,
~
- Ah! l'heulée de l'Ober.
• reuse pensée, me
land : un petit
direz-vous, qu'agar~on, devant
vait eu.e le roilequel je Passais,
chevalier de form'interpella poUt
tifier Narbonne !
me demander si
Et l'on ne man..
je n'avais pas de
qua pas , sans
lettres. A ma sadoute, de rascoche de voyage
sembler toutes
il m'avait p~
ces précieuses
pour un facteur,
trouvailles, et de
A moins qoe ce
leur donner asile
gamin narboodans quelque panais ne ftit 00
lais magnifique
jeune fárceur
que vous allez
qui voulait se me:
nous décrire?
quer de moi.
- Vous n'y
Au bout de la
eles pas.
ville , daos une
Les pierres de
rue solitaire, je
construction coume suis troové
tent cher : i l faut
en face d'un véles aller cbercher
ritable bijou da
seizieme siecle,
dans la carriere,
C'était une fenéJes.amener sur le
chantier et les
tre dessinée uee
un gout irréprotailler; on avait
sous la main des
chable, et seolptée avec une ft.
pierres, voire des
nesse et une sonmarbres touttailplesse de cisean
lés, et il ne resmerveilleuses: le
tait que la peine
vieux Louvre n'a
de les mettre en
ríen de plus riplace; c'était auche et de pl111
tant de travail
délicat. Une autre
d'épargné; on ne
fenetre voisine,
manqua pas de
d'une ornemeoprofiter d'une si
tation différente,
bonne aubaine.
est aussi un chef.
Et voila comment
d'reuvre. Lamailes murailles de
son sur laquelle
Narbonne sont
s'ouvrent
ces
tout incrustées
deux
ravissanta
d'aigles, dü guirfenetres s'appelle
landes, de che1
a M.aison da
vaux, de chars
Noumces : cinq
et de guerriers!
caricatures, qui
C'est plaisir de
décorent l'uoe
faire le tour de
d'elles, expli·
ces murailles-la.
quent ce nom.
La belle et puis
N'allez pas ,oos
sante végétation
figurer de grosses
des fossés vous y
fillP.s, coiffées ala
invite. Je n'ai
mode du pays de
point résisté a la
Caux, et donnaol
tentation. Pas un
a téter aun mai~
canon sur les
lot
; non, ce sont
remparls, pasune
áes
c.réatures
sentinelle, pas
moins
femmes
une barriere,
que
chimeres,
el
rien qn'un mouqui ne sont nourlin a vent qui ne
rices que partt
se donnait meme
que l'artiste les
pas la peine de
a fort libéraletourner ses ailes
ment pourvues
pour effrayer les
de ce qu'il faul
esprit~ faibles !
pour l'etre.
Oh ! les bonnes
En regardanl
et hospitalieres
ces
reuvres el•
fortifications, me
quim
d'un géqie
disais-j e, qui ne
mconnu,
j'avail
songent pas a
oublié
l'heure.
empecher Bles
Je m'engageai,
gens de faire une
ENTRÉK DU MARÉCH!L lll!C•lll!HON A. A.LGl!R. - D'apréi; un croquii de M. Houet.
pour regagnerla
agréable proroenade !
1e rentrai dans la ville : une bonne petite ville bien gare, dans une rue dont les nombreux méandres
Au moment 011 je me réjouissais de cette humeur inm'inspirerent quelques inquiétudes : en levant la úte,
dulgente, je me heurtai presque a un poteau ea avant tranquille, 011 personne n'a l'air pressé, ni affairé, 011 par hasard, je lus ces deux mots a une encoignure:
de la porte de Béziers; je levai la tete, et sur une plan- les femmes travaillent et causent, assises devant la roe Droite. 11 n'y avait pas a en douter, c'était la pi~
che je lus ces mots: (&lt; Défense de passer, de laver et porte des maisons, 011 les marchands attendent pa- administrative; et (&lt; Rue Droi(e » était officiel, en dépil
de faire paitre sur le terrain du génie militaire, sous tiemment la pratiq•1e snr le seuil de leur boutique, 011 des apparences.
peine de proces-verbal. » Je ne lavais pas, je ne paissais les voitures et les chevaux ne vous donnent pas grand

. .

m~-

I

,/

,

229

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

230

Done la ligne &lt;\roite n'est point du tout, a Narbonne,
ce qu'elle est a Paris. Ah! la belle cbose que les voyages, et comme on s'in~truit en courant le monde!
Je n'élais qu·a douze lieues de Carc~s~onne, et Dieu
sait si j'avais !'envíe de voir la cité du moyen age, célebre entre toules, r¡ue couronnent cinquante tours:
une ville gotbique sur une vi lle romaine ! Mais hélas !
ces ilouze lieues, il m'était interdit de les faire; j'avais
promis d'etre ailleurs ce soir-la.
Et je n'ai pas m Carcassonne 1

X.

FEYRNET.

ARRIV&amp;K DU l!R8CHAL DX IAC-IAH0!f AAl GXR
Le i 9 septembre, arrivait a Alger le marécbal MacMahon, nouv~au gouverneur de l'Algérie; des drapeaux
flottaient a to utes les fenetres; la rue de la Marine était
pavoisée d'un bout a l'autre; sur la place du Gouvernement, des mats s'élevaient, chargés d'oriflammes et décorés d'écussous aux armPs de France.
Un vaste pavillon tendt1 de drapeaux fran~ais, italiens,
espagnols, et surmonté d'un aigle immense, avait été
élevé en avant de la porte de France. Des couronnes
rle lauriers encadraient des écussons qui porlaient les
inscriptions suivanles : France, Algérie, Magenta, Malakof(, So/ferino, Kabylie, Crimée, ltalie.
La foule se pressait daos les rues. On voulait recevoir
dignement l'illustre maréchal auquel est confié le gouvernement général de l'Algérie.
A huit heures moins cinq minutes du malin, le stationnaire tirait trois coups de canon; le navire qui
portait M. le duc de Magenta était en vue d'Alger. A ce
signal, la milice prenait les armes, les troupes de la
garnison venaient se masser a la Marine, sur la place
du Gouvernement et devant le palais du Gouverueur.
Les autorités civiles et militaires se rendaient au lie 11 du
débarquement pour recevoir M. le Gouverneur gé..
néral.
A neuf heuri:s, la frégate la Thémis entrait daos le
port, saluée par une salve de quinze coups de canon.
M. le sénateur général de Martimprey, gouverneur
général par intérim, M. le général Oesvaux, sous-gouverneur, et M. L11p1ine, secrélaire général du Gouvernement, se rendaient a bord pour prendre les ordres du
maréchal.
A neuf heures et demie, les batteries de la marine saluaient le moment oti. M. le d1Jc de .Magenta mettait le pied
sur le sol africain.
Le maréchal a été re~u sous le~ voutes de l'amirauté
par les autorités civile8 et militaires. Le maire d'Alger,
M. Sarlande, a la tete du Conseil municipal, ayant a ses
cotés le maire de Blidah, attendait le Gouverneur général a la porte de la cité et luí a adres~é un discours.
Son Exc. a répondu en quelqúes mots.
« Vous me connaissez toas, a dit le marécbal, vous
pouvez compter sur mon concours dévoué. Mon passé
vous répond de mon avenir. ,,
L'escorte du maréchal était composée d'un peloton de
la milice acheval, de cinq brigacles de gendarmerie,
de spahis et de chasseurs d'Afrique.
Le maréchal était a cbeval, accompagné d'un nombreux état-major.
Sa marche a été une ovation. 11 a été accueilli partout,
sur son passage, par de chaleureux vivats et de vives acclamations.
Arrivé au palais du Gouvernement, le maréchal a
re~u l'éveque d'Alger, la Cour rl'appel et le Tribunal, les
chefs de service des administrations, et les fonctionuaires
musulmans.
Le m:i.réchal a eu un mot bienveillant pour tous.

CORRESPONDANCE D'ALGÉRIE.
AU DffiECTEUR.

15 septemhre.

Les dernieres nouvelles annoncent que le mouvement
combiné du général Martineau et du colonel Pechot
dans le Nador a eu le résultat qu'on en attendait.
Les Ouled-Sidi-Mansour, les marahouts des OuledKhelif, qui avaient amené les contingents ennemis dans
le Tell, une fraction des Harrars et la majeure· partie

rles &lt;lissidents d11 cercle d'Ammi-Moussa ont été atteints. nulle que le sien. Il n'y a pas que les dracs pour Pl'lliLeurs troupeaux, leurs teotes, 400 de leurs femmes sont quer le dévouement.
restés entre les mains des·troupes. Pres de 500 combatEncore un acte, encore un succes au théatre de ro.
tants, refugiés dans les parties dif'ficiles de la montagne, déon, et cette fois, du moins, nous ne nous plaindrons
ont été entourés par nos colonnes et ont succombé.
pas que le développemenl de la piece excede la valeur
Nos perles ont été insignifiante~, graee aux mesures du sujet. 11 y en avait long a dire sur les meres terribles
prises po~r faire concourir a l'opération, malgré les dis- opposées aux enfants terribles, et pri~es dans le mé~
tances et les &lt;lifficultés de toute nature, des forces con- sens. Mais toul le monde n'a pas, en pareille matiere
sidérables.
l'heureuse et brillante facilité d'un Gavarni.
'
Les
auteurs
de
la
nouvelle
piece
de
l'Odéon
ne
son
Agréez, etc.
Pour extroit: P. PAGET.
pas de l'école de ce profond et cruel observateur; ils ap.
partiendraient plutot a celle du bonhomme Picard, dont
leur comédie rappelle l'ordonoonce, le style et les Principaux procédés. De plus, c'est, comme ce dernier, dans
C.tll.DH:RDII lll&gt;HIJ~TDQUI,
le plus petit monde, qu'ils ont placé leur centre d'observation
et choisi leurs personnages, dont la trivialité ellt
Le théatre du Vaudeville vientd'emprunter au dernier
mieux
convenu,
peut-etre, a la scene des Variétés qn'au
ouvrage de George Sand l'idylle la plus poétique de ce
second
Théatre
•
Fran~is.
mcme Thédtre de Noha11i, que j'annon~ais dans un de
MM.. Dergeret et lJucoudray sont deux meres qui aimes derniers articles; et je ne faisais pas que l'annoument
leurs filies, mais qui les aiment comme peu,ent
cer, j'osais prédire que ce Théátre de Nohant deviendrait
aimer
des natures saos élévation, sans culture et IIIJll
avant peu le thM.tre de tout Paris; et voila, - sera is-je
tradition,
c'est-a-d1re sottement, aveuglément, terribleprophete daos mon pays? - '{Oila que le Drac, comédie
ment. Quand ces fllles étaient en has a.ge elles s'en sont
fantaslique en trois actes et quatre tableaux, est repréfait des poupées; plus tard, au lieu de príncipes, elles
sentée au Vaudeville, oti. il a, comme de juste, réussi.
Entendons .. nous bien, cependant: il y a succes et suc- leur ont donné des le~ons de coquetterie; elles les ont
ce~. Nous avons le succes d'élite, le succes immense, le bourrées de ces talents superficiels qui feront plus tard
succes fou, le succes de vogue, le succes de !armes, le damner leurs maris. Enfin, l'heure de chercber ces masuces de rire, le succes de scandale, le soeces d'estime; ris étant venue, les voila qui se livrent a cette chas.,e
sans pC1ursuivre une énumération qui pourrait etre in- avec cette fougue, cette impudeur sauvage qui, dans le
terminable, avouons fraochement que le Eucces du Drac grand monde, se dissimulent sous des formes décentes,
est un soeces de déférence, et, a ce titre, un soeces et ailleurs s'étalent avec une naiveté qui serait repoussante sur un théatre, si le talent ne la rendait gro~
mérité.
Ce qui a réussi, en effet, au théatre du Vaudeville, que, ou du moins n'en écartait l'odieux jusqu'au dénoument.
c'est, avant tout, le nom de George Sand. Qnant a la
Chez nos deux meres, le sentiment le plus respectable
piece, t•impression qu'elle me semble avojr généralede
tous s'est exalté, on le sent, par une émulation de
ment produite, a la premiere représentation, c'est une
vieille
date. Contemporaines, voisines, nées et grandies
sorte de désappointement, que j'attribue au changedans
un
merne milieu, elles ont pu s'aimer dans leer
ment qu'elle a subi pour passer du livre a la scene.
jeunesse,
comme s'aiment aujourd'hui leurs fillP.s; naiOans le livre, l'auteur explique, en avant-propos, et
vement, sans arriere-pensée; mais bientot, mariées l
~a et la, comme quoi son Drac est une sorte rle lutin deux imbéciles, - on en voit un échantillon, - l'aaquatique, qni, par amour pour une jeune Provengale,
mour maternel en quoi s'est fondue toute leur ame, a revetu la forme hnmaine, et s'est soumis anotre compeu de chose, - l'amour maternel, le plus absorbant
mune destinée. - Dans la piece, un prologne en vers
des amours, en a fait peu a peu des rivales de tous les
semble ajouter aux simples motifs du lutin des mes
jours, de toas les instants. De la, entre elles, une guem
abstraites a la hauteur desquelles l'action a le défaut de
s'&gt;urde toujours, une guerre ouverte souvent; des mines,
ne pas s'élever.
des contre-mines, des stratagémes, des éclats, que les
Ce n'est pas tout. Ce arac, si gratuitement amourP.ux
auteurs ont dtl étudier sur le vif.
d'une petite filie, bien moins intéressante dans la nouPeut-etre y aurait-il eu plus d'art a donner am
velle piece que daos l'ancienne, 11 n'est franchement ni
deux meres, et meme a1Jx deux filies, des caraeteffll
follet ni homme; il a conservé de sa premiere nature des
opposés P.ntre eux, mais cela nous eut jetés en pleioe
pouvoirs étranges, surnaturels : il endort celle-ci d'un
grande comédie, et nous n'avions pas de si hautes prégeste; ií fait prendre a celui-la des coquillages pour des
tentions. De caractere, Camille et Hortense n'en ont pas
lonis rl'or; il soufne au crear des hommes le courage
ombre, c'était plus vite fait; et leurs meres, physiqae
ou la lacheté; mais alors, se dit-on, que n'inspire-t-il
a part, se ressemblent si bien, qu'elles n'ont jamais que
tout bonnement de l'amour a celle qu'il aime? C'est
les memes plans, les memes idées, les memes rubriques
que l'amour n'obéit qu'a lui-meme. A la bonne heure,
pour faire valoir leur marchandise. 11 en résulte des
mais du moins fallait-il que cela fút dit, et la piece
rencontres de front tres-amusantes.
ahonde en !acunes de meme sorte. Pourquoi? parce
Inutile de dire que le méme prétendant est visé par
q1Je deux esprits tres-divers y ont travaillé, ce qui, par
Piles; mais ce prétendant ne dit pas- :\ qui il prétend.
parenthese, est d'un assez facheux exemple. On attenUn meme confident s'était bien chargé de lui délier la
dait mieux de ~i haut.
langue dans uue soirée chez les Bergeret, mais il n·en a
En fln de compte, le mot de dévouemeut, prononcé
obtenu, pour toute confidence, qu'un billet a remeure
devant le drac, éveille en lui des sentiments sous le secretement a une jeune personne qui n'est ni Camille
charme desquels il n'hésite pas a sacrifier sa vie; il s'éni Hortense.
lance &lt;\ans un gouffre marin, et son rival, qui s·y jette
Les deux meres arrivent sur ces entrefaites. L'one
apres lui, le raméne noyé, brisé, mais tenant daos ses s'empare du billet, l'autre le lui arrache, et n'y trouvan~
petites mains roidies un collier de perles qui sera la dot
non plus que sa rivale, lenom de celle a qui un rendez.
de Francine. Pendant que les deux fiancés, réunis par vous est demandé, chacune veut prendre pour soi !'oí·
ce sacrifice, donnent une !arme au jeune pccheur, le fense, comptant bénéficier de la réparation dans la perdrac, rendu a 5a forme premiére, s'éleve lentement ausonne de sa filie.
dessus de l'abime, el appelle sur eux la bénédiction du
Jusque-la, nous sommes daos les termes d'une plaiciel.
santerie d'a~sez mauvais ton, mais divertissante, et qui
Encore une fois, tout cela est joli, touchant, éloquent, n'a ríen d'absolument invraisemblable; mais oti. ces camais rien ne s'y tient, ne s'y déduit, mais l'idée et le racteres changent, c'est quand, le billet décbiré ~ur
fait ne s'y épousent pas assez étroitement, - pas plus mettre un terme a la contestation,Hortense et Camille el
étroilement que le talent de M. Paul Meurice et le genie re~oivent ch acune· un tout semblable, qu'elles s'empres·
de George Sand :
sent de se montrer en s'en moquant, et bien décidéel,
comme il va saos dire, a ne point répondre a cette sotte
Ne dérangeons pas le monde,
et injurieuse demande d'un rendez-vous.
Laissons chacun Cllmme it est.
Ce qui va moins de soi, c'est que les billets sont l'rea·
Cette sentencei ne s'applique pas, bien entendu, a vre des deux meres terribles, aspirant, chacune de SOi
Mil• Jane E~sler, qui, dans son double role, conserve coté, a voirsa fillecompr,omise publiquement, et parsoilt
la gra~ieuse ambigu'ilé de sa personne et l'unité de son mariée au comprometteur. Ceei, a notre avis, passe la
rare t:tlent. Parade, Delannoy et Febvre sont excellents permission; mais avant que le public ait le temps des'et
chacun dans son role, et Mil• Celliez-Fra11cine est aussi apercnoir et la critique de protester, les choses toUJ'Dtlll

L'lLLUSTR .\TlON, JOURNAL U.NIVEHSí~L.
de ía~n asauver une sit~a~ion !si scabreuse, par la leapea pres morale qm sen dégage.
~~e 'triple confident des meres terribles et du prétendant supposé a fait verbalement la commission que tui
,ait donnée par écrit ce dernier, et lorsqu'il 011vre
~ute grande la porte du petit salon, ou chacune des
deux meres croit surprendre sa filie en flagra"t délit de
conversation imprudente, le prétendant se montre, donoant Ja main a une troisieme larronne, qu'au grand désappointement des deux meres, il leur présente comme
(emme. Chacuue d'elles alors se rejette sur le confi51
dent: c'est luí, malgré ses cinquante ans sonnés, qui
épousera l'une des deux jeunes filies.
_ Mon Dieu ! ait-il, je ne demanderais peut-etre pas
JDieux, mais je suis moi-meme marié depuis dix-neuf
ans... et séparé de¡mis dix-huit.
Qu'il y ait dans tout cela ombre de sens commun, ce
n'est pas moi qui me cbargerais de le démontrer, mais
Je sujet, les intentions Pt les détails sauvent l'inanité du
fond. L'impression de la piéce est gaie, d'autant mieux
que ce petit acle sans préterition est joué a ravir, surtout par Mm• Picard-Bergeret, par Romanville-ltiba/lier,
Clerh-Bergeret, et j'ajouterais l\tm• Lemaire-Ducoudray,
si cette pétulante duegue n'exagérait un role qui demanderait plutot a elre un peu atténué. Mm• Du.cou.dray
est une tres-petite bourgeoise, sans doute, elle a meme
venda des pommes, mais que diable ! elle n'en vend
plus.
En résumé, le succes a été tres-grand; les acteurs rappeles, et les noms de \IM. Chivot et Duru salués par
es plos vives et les plus sinceres acclamations.
Avec les Meres terribles et une Défaite avant la Victoire
escortant les Plumes du Paon, l'Odéon a maintenant un
spectacleauquelje souhaite les cent représentationsq11'il
mérite.
Ce théatre n·a ríen perdu, on le voit, de son activité
honorahlement proverbiale. On luí en saurait plus de
gré, si ses nombreuses tentatives littéraires étaient serv1es par une troupe dramatique plus complete. Célle
qu'il possede aujourd'hui compte des sujel~ tres-distingués, sans doute, mais elle peche par trop de !acunes.
En femmes, il lui manque ,me gr,mde coquette, une due-•
gnemarquée et une forte pnmiere amoureuse(vieux style);
en hommes, un pt!re noble et un fort premier role. Aucun
des artistes qu'il nous a montrés jusqu'ici dans ces diters emplois, n·est, par le talent ni par le phys1que, a la
bautenr d'une scene qui tienta justifler son titre de second Théatre-Fran~ais.
C'est surtout daos l'ancien répertoire que ces !acunes
sont sensibles. Je ne parle pas seulement de la tragédie,
qui, partout, faute de sujets, faute de public, faule de
tout, n'esl plus que l'ombre d'une ombre, mais de la
comédie classique, dont l'interprétation supporte mieux
une certaine médiocrité. Ainsi, par exemple, dans les
Femme~ savantes, que l'Odéon donnait récemment pour
les débuts du jeune Laroche, on regrette d'avoir a dire
que le seul personnage rendu d'nne fa~on supérieure
est celui de Martine, joué par Mm• Picard. - A part
11•" Lemaire, Oebay et Mosé, dont il n'y a ni bien n¡
mal a dire,etle dP.butant qui cst froid, mais convenable
toot le reste, Sainl-Léon en tete, est d'une faiblesse, et:
qui pis est, d'une tristesse vraiment navrantes.
Cette insuffisance de la tro1Jpe de l'Odéon, je sais que
l'administration de ce théatre y suppléera, dans lts
fl'Glld,s occasions, en louant au mois des artistes d'élite;
mais ce procédé a le facheux effet de ranger dans les·
JJetiles occasions toute nouvelle piece otl ne figure aueun de ces artistes nomades qm s'appellent Berton,
Taillade, ek.. etc. Or, la foule ne se méprend pas a ces
Préíérences, et elle réserve prudemment son concours
aox seols ouvrages pour lesquels la direction lui parait
s'étre mise en frais.
De la, tant de p,eces qui, apres un brillant soeces de
Premiere représentat1on et une ovalion dans la presse
ne laissent a cette meme direction que l'honneur et 1~
?egret de les avoir re~ues et jouées.
Ajoutez que le répertoire classique ne profite en au~ ~ de ces extra, et qu'on ne songe pas meme a
faire pour Corneille, Racme, Moliere, Regnard, Mari'IDI, ce qu'on fait pour Sbakespeare traduit, ou pour
Georges Sand adapté.
, Au reste, ce reproche que nous faisons, dans son in~ au théatre de l'Odéon, nous ne l'épargnons a bien
d_aatres que }lar une préférence qui n'a pour ces derDlers ríen de 11.atteur.
Ce l'est pas, d'ailleurs, notre seconde scene littéraire

qui a donné l'exempl~ de ces marcbés a terme, qui,
Dieu merci, luí deviendront avant peu impossibles,
l'accaparement des élotles tendant de plus en plus a
devenir le mooopole d'une maison IT'oins noble sans
doute , mais bien plus riche que l'Odéon.
~ Parmi les dernieres acquisitions qu'elle a faites, au
nom des trois tbéatres appartenant a l\lM. Hostein, Harmant, Fournier et C•, on cite W1• Rousseil, une ingrate,
car elle se devait a l'Odéon, ou du moins a l'art sérieux
qui l'a faite ce qu'elle ... fut; et M'1• Duverger, engagée
a des conditions brillantes, pour créer un des premiers
roles des Drames iu cabaret, grandissime piece en répétition au théatre de la Porte-Saint-Martín, et qui, diton, va passer trcs-prochainement.
Tres-prochainement aussi, le 20 ou le 25 de ce mois,
au plus tard, nous aurons la comédie en cinq acles de
M. Émile Augier. Le litre provisoire de la piece est:
Un inventeur, - l'inventeur de la poudre, sans doute,
- et on tui donne ponr interpretes Geffroy, Got, Delaunay, Mm• Plessy et Mil• Favart, pour ne citer que la
fleur du panier.
En attendanl cette grande occasion, le meme théatre a
repris le drame d'Alfred de Musset, On ne ba,iine pas
avec l'amour. La distribution des roles est toujours la
meme, a l'exception du Baron, oti. Provost est remplacé
par Mirecour, lequel, par parenthese, ne plo1e aucunem~nt sous le fardeau d'une si lourde succession. Mirecour, il faut bien le dire, est aujourd'hui, cotnme distinclion, comme tenue, un des premiers sujets de cette
Comédie-Fran~aise ou, a ce point de vue, la tradition
va s'effa~ant de jour en jour. Personne n'y rendrait
aussi bieu que luí l'Oronte du .Misanthrope, et il en serait
ainsi de bien des roles dans lesquels il ne sera jamais
· remplacé. Singuliere carriere que celle de cet utile el
estimable artiste, qui ne sera bien apprécié qu'apres
sa retraite; present, l'éclat tui aura toujours fait défaut;
il ne commencera de briller qne par son absence. On ~e
dira: Comment! Mirecour, cet excellent Mirecour n'était pas sociéta1re, tandis que M11 •• ... Mais n'anticipons
pas sur un avenir qui, Oieu merci, est encore bien éloigné.
A. DE BELLoY.

------r---....,.....~-,...,- - - - LES LILAS BLANCS.
(SUITI).

Pour en revenir a moi, je fas atterré et morne devant
cette conviction acquise, que ma plume laborieuse n'avait pas et ne pouvait avoir la valeur de la plume que
je µossédais jadís, et que doraient les cinr¡ uante mil le
livres de rentes de mon pére. Je craindrais de me naire
par trop dans !'esprit du lecteur, si je tui confiais en détail les !armes ameres et les jours d'abattement qui furent le fruit de cette tri~te vérité. Je comprenais dans
toute sa cruelle étendue la valeur de ce mot : impuissance. J'avais vingt ans; j'étais lancé sur cet ociian de la
vie, otl chacun, humble ou brillant, trace ~on sillon, et
j'étais impu,ssant a rlir1ger ma barque au milieu de toutes les autres. - J'ava,s soif de gloire et de renommée,
et j'étais impuissant a r1en faire qui püt m'apporter
mcme le refl.et afJaibli de ce trésor que j'ambitionnais;
- j'avais une lllére adorée a soutenir, a consoler, je
m'étais vanté d'etre son orgueil et son appui, et j'étais
impuissant meme a lá nourr,r, impuissant a tenir mes
promesses, impuissant a tC1ut ! 11 y a des instants oti. l'espril de l'homme vacille au bord de cet abime qu'on
nomme la folie, et l'on se demande plus tard avec
surpr1se quel est le miracle qui l'a préservé de sombrer?
Cependant, nos ressources s'épuisaient; la misere
montait, montait, entiere, evidente, implacable, comme
la vague qui se bate lentement, sure de dévorer bientót
sa proie.
Un matin, ma mere entra chez moi; depuis six semaines que durait mon abattement, rien n'avait pu réveiller mon énergie si cruellement éprouvée ; ma mere,
qui n'avait cessé de me consoler et de me plaindre,
et qui m'avait caché sous un sourire incessant et bon les
anxiétés qui la dévoraient elle-meme, s'approcba du lit
oti. j'étais étendu dans l'attitude de la victime qui attend
le coup mortel, saos ríen faire pour l'év1ter, puis, de sa
voix douce elle me dit :
- Mon enfant, ce qui tue les grandsjoueurs, m'a-t-on
dit, c'e11t l'impo~ibilité oti. ilssont souvent d'attendre la

veine heureu~e; quelques minutes de sécurité de plus,
et la chance tournait, et le bonheur venait leur sourire
a leur tour. Eh hien ! cette conqucte de la gloire dont le
désir te tourmente et dont tu es digne, mon crear de
mere me le dit, esl une sorte de jea de hasard. Bien
souvent, devant ce tapis vert, comme devant l'autre_. il
ne faut au joueur que la possibilité d'attendre; cette
po~sibilitr., je te l'apporte; reprends courage et recommence la lutte.
Puis, elle posa simplement devant mo~ douze cents
francs en or, qui tinterent en touchant la table, et 4ui
rendirent un son rloux et vibrant qui me fit un eITet
élrange.
Je pressentis un grand sacrifice fait par l'i.mour de ma
mere a l'avcnir d'un fils dont les défaillances l'afnigeaient,
sans tuer dans son crear la sublime et naive confiance;
elle vit mon regard plein. d'une surprise anxieuse, le r.omprit et me dit, en y répondant:
- Je tenais a mes bijoux, mais je tiens p!us encore a
ton bonbeur. Je les ai vendos.
- Oh! mere, mere! fis-je sans pouvoir parler et le
crear plein ele sanglots.
Je savais, en eflet, quelle superstitie•1se affection ma
mere attachait a quelques pierres précieusesqu'elleavait
j usque-la sauvées de notre naufrage, et qui toute~ étaient
les clons de quelque main chere, les souvemrs de quelqnes-unes de ces amitiés, souvent éteinl~s, mais dont
on garde précieusemenl la mémoire embaumée dans
quelque·profond repli de son creur.
- Je n'ai réservé que les diamants r¡ui entourent le.
portrait de ton pere. 11 cut peut..étfe été plus sage de
faire le sacrifice entier, mais je n'en ai pas eu la force;
d'ailleurs, je suis tombée sur un honnete bomme qni n'a
pas trop abuse de la nécessité oti. j'étais de vendre ce~
bijoux, et q1Ji m'en a donné plus que tout autre n'eü.t
fa1t sans doute asa place; cela m'a meme ins¡;iré une
idée, ajouta-t-elle llpres avoir hés1té un peu; je l'ai rapporté la montre qui te vient de ton pcre, et que tu avais
eté oloJ1gé d'cngager, il y a quelques jours, pour faire
vivre ta mere. Autant que possible, il faut éviter de profaner ces sonveuirs-la.
En effet, j'avais été obligé a cela pour vivre.
Pendant que ma mere parlait, j'étais a ses genoux et
je l'écoutais en silcnce, les yeux fixés stir l'or qui scintillait toujours sur la table. lllusion saos doute, mais il
me semblait que cet or pleurait.
Soudain, je me relevai, je serrai passionnément ma
mere dans mes bras, et l'embrassant avec ivresse, je lui
dis :
- Je sais maintenant ce qu'il est de mon devoir de
faire !
J'avais pris mon partí; le courage, le vrai courage
m'était reveno.
Quelque temps auparavant, un libraire m'avait offert
un traite qui engageait pour plusieurs années ma plume
a son service; a son service est le mot; il s'ag1ssait de
compilations, de traductions, que sais-je, de ces mille
travaux de librairie, utiles sans dout~, mais obscurs et
toujours assez mal rétribués. Poursuivi par mes idées de
glo1re personnelle, et par une cerlaine flerté qui me
faísait considérer l'acceptali&lt;;m de cetle oflre comme une
dechéance, j'avais ref'usé; il m'eut semblé que d'arbste
je passerais manreuvre; ma mere, elle-meme, m'avait
conseillé le refus; son orgueil pour mo1 n'était pas
moins i-usceptible quP. mon pauvre orgueil; c'était a t·epoque ou je conservais encore quelques-unes de mes premieres espérances; Je courus chez le libraire, un éclair
m'avait montré mon vra, devoir, éclair qui n'était qu'un
reflet du sacrifice meme de ma mere; je foulai aux
pieds l'ambition et la gloire, ces sirenes trompeases, et
je me préseDtai, en tremblant qu'il ne füt trop tard,
devanl l'homme de qui dépendait la réalisation de mes
nouveaux projel~.
ll était temps encore; tout fut conven u en quelques
mots, et je signai. Moyennant cent vingt francs par mois,
j'appartenais pour trois ans, intelligenee et plume, a cet
homme.
Cela fait, je rentrai cbez moi, un peu triste peut-etre
au fond du creur, mais calme et résolu.
Quand ma mere eut lu le traité, ce fut a son tour de
s'atlendrir et de s'écrier :
- Oh 1 mon pauvre enfant! mon pauvre enfant!
Puis, eomprenant le sentiment qui m'avait pous.~é,
elle ajouta :
- Tu n'a,q done ríen voulu me devoir, et nous voila
quitte~ !

�232

L' IIJLUSTRATION, JO URNAL UN l VERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

!33

�--

L'ILLUSTRATION, .IOllRi~ J\L UN IV'ERSEL.
- Mere, luí dis-je, la premiere des gloir~s et des ambitions pour un fils, c'est de faire vivre sa mere et de
vivte pour elle.
Et l'étreignant dans mes hras, je l'embrassai doucement au front; mon parti était bieu pris.
Non, nou8 n'étions pas quittes, et cependant qu'il me
soit permis ici de faire une rétlexion ; .certes, le suicide
physique est affreux, et le sang se glace a cette idée
qu'une créature humaine en soit arrivée a ce point de
découragement et de misere, qu'elle n'ait trouvé d'autre refuge que la tombe, et qu'elle ait étreint face afllce
ce pale fantóme de la mort, toujours si terrible, mais
qui doit etre bien plus terrible encore quand on l'évoque soi-meme, et quand on cherche entre ses bras l'acre
et supreme volupté de la délivrance; c'est le fait d'une
minnte, minute de poignant dlchirement et d'amer désespoir ~ans doute, mais enfin, minute vite
écoulée, et si cet acte fut un crime envers Dieu, on peut
espérer que ce Dieu de miséricorde, de justice et de
bonté, daignera faire entrer en ligne de cumpte la faiblesse humaine et les souffrances passées, et que, dans
sa droite paternelle, la somme des douleurs épro•1vées
compensera grandement celle du crime lihérateur.
Mais i\ est un suicide qui, pour etre moins sanglant,
et pour n'etre pas coupable, n'en a pas moins sa face
douloureuse et poignante, c'est le suicide moral, celui
qui consiste a dire a sa pensée: Tu n'iras pas pb.1,.~ loin;
c'est l'avortement d'u[le idée qu'on a crue grande et
qu'on est forcé par les circonstances d'enfermer daos les
bornes étroites d'une obscurité cruelle. Qui n'a frémi en
lisant daos l'histoire ce cri de Galilée, contraint par les
tortures de se mentir a lui-meme, et laissaot échapper
malgré lui, de sa poitrine, cette sublime protestation :
Et cependant elle tourne ! Qui n'a frémi en entendant
André Chénier crier au bourreau cct adieu : Et pourtaot il y avait quelque cbose la!
Et qu'on me comprenne, je ne compare pas; certes,
jamais l'idée ne m'est veoue que je pouvais avoir quelque cbose adémeler avec d'aussi grands noms, mais il
est une vérité, qui est bonne a dire, parce qu'elle n·est
pas assez présente a !'esprit de ceux qui croient raisonner juste en écrasant l'homme a ses débuts sous le
poids des grands noms arrivés; c'est que la foi gans
!'avenir, quand elle ne prend pas sa source dans une
sotte vanité, mais qu'elle nait de la noble ambition de
bien faire, est toujours respectable. Daos l'inconnu qui
meurt, il y a toujours du grand homme qui avorte; et si
cela n'est pas vrai, aux yeux de la multitude, c'est du
moins vrai et justement vrai a ses propres yeux; ce qui
fait sourire la foule qui passe, fait saigner le creur de
l'etre qui ne peul avancer. Je n'irais que jusque-la., sans
doute, se dit-il, loin, bien loin des maitres, mais je me
sens la force d'atteindre au moins ce but modeste, et je
meurs de n'y pas aller. Devant un tel cri, la raillerie
doit se ta1re.
Galilée, du moins, avait la consolation de se sentir
écrasé par tout un siecle, et l'orgueil intime d'avoir
lutté contre quelque chose de grand; André Chénier, du
moins, pouvait se dire, en mourant, qu'il mourait de
cette mort des martyrs qui mene a l'immortalité; mais
le poete qui, succombant sous les mesquines nécessités
de la vie, saos se croire l'égal de Cbénier, s'écrie pourtant: Et moi aussi, je pourra1s chanter a mon tour, moi
aussi, je suis jeune et j'espere; moi aussi, je voudrais
bien ne pas mourir encore; que peut-it se d1re comme
consolation de sa gloire avortée? Ce que je me disais
moi-meme, moi qui ne suis pas un roete, moi qui ne
serai jamais un grand homme, mais qui me sens au
creur les facultés nécessaires pour souffrir et pleurer
autant qu'eux :
« Certes, il est doux de chanter; certes, il e8t beau
« d'entendre résonner son nom sur les Ievres de la foule
'.
« certes, il est grand d'etre l'écho cher et bien-aimé de
« maints creurs inconnus qui soufirent et qu'on con&lt;( sole; mais le devoir ordonne, et le devoir accompli
« peut avoir sa do1Jceur; mais la vertu commande, et
« la seule vertu, quoique obscure, peut avoir aussi sa
« beauté; mais le travail te réclame, et l'humble travail
« peut avoir aussi sa grandeur; ta pensée t'entraina1t a
11 courir, tu rappelleras ta pensée et rnarcheras d'un
« ras lent et cal me; tu voudrais etre illustre et grand,
« tu te feras volontairement modeste et petit; tu revais
« l'admiration de la foule, tu te contenteras de l'a« mour de ta mere, et plus tard, qui sa1t? de quelque
« femme aimée, et tu sentiras peut-etre, un jour, que
« cette humble deatinée n'est pas sans porter quelques

« fruits doux au creur et bons a !'ame; si.le monde ne
« t'applaudit ras, tu t'arplaudiras toi-meme, et cette
&lt;( approbation vaut bien l'autre; si tu n'es ras célebre,
« tu pourras encore etre heureux; immole-toi, et tu re&lt;( connaitras enfin que de certaines immolations ren&lt;&lt; ferment de secretes et douces jouissances, qui laissent
« bien loin derriere elles la gloire et ses fanlómes vains;
&lt;&lt; abdique, meme avant d'avoir régné, et tu éprouveras
« qu'uoe telle abdication n'est pas saos cbarmes. »
Tout cela était vrai, mon crear me le criait; mais, je le
répete, c'était le suicide, avec toutes les amertumes du
présent et tous les effrois de !'avenir, et cependant ce
suicide, en un seul jour Je l'accomplis, non sans douleur
peut-etre, mais du moins sans hésitation; non saos souffrances, mais sans faiblesse, et, qu'il me soit permis de
le dire, j'aurai bien assez a ro'accuser plus tard, je puise
encore aujourd'hui daos cette idée des coosolations
réelles, et un certain orgueil, que je crois juste et qui
m'éleve a mes propres yeux.
Du reste, l'imagioation humaine est ainsi faite, qu'elle
s'exagere de loin les difficultés et les épreuves de !'avenir: tel un enfant dont la pensée grossit la peur, la voit
se dissiper en grande partie, ou meme s'évanouir tout a
fait, s'1I marche droit au fantome qui la causait; tel
l'homme, ce grand enfant, s'étonne, en abordant de
front les situations qui lui semblaient les plus redoutables, des adoucissements et des facilités imprévues
qu'il y rencontre.
Amsi pour moi la récompense ne se fil pas trop attendre; certes, pour qui comprend la tyrannie d'une
idée, il sera évident que plus d'uoe fois, au moment ou
j'essayais de fixer ma pensée sur le sens d'uo auteur
étraoger qu'il me fallait traduire, cette pensée s'envolait malgré moi, sur ses propres ailes, vers des régions
~leues, quand un mot, un souvenir, quelquefois meme
une pbrase de l'auten.r que je traduisais, la ramenait
daos les sentiers librement parcourus; certes, j'eus des
iostants de reverie, pendant lesquels, uubliant le travail
présent, je me laissais emporter dans des songes saos
but, qui me retra~aient l'image de mon avenir un moment entrevu; mais, je puis le dire, ces instants furent
rares, cefl oublis de moi-méme furent courts, et lorsque
le hasard ramenait mes yeux sur ma mere, assise a
quelque distance de moi, qui me regardait et qui me devinait, la bonne ame'. j'avais vite secoué cetle apathie
dangereuse, et je reprenais aver. courage la tache interrompue.
Dois-je le dire? je trouvais une sorte de bonheur
a ces victoires secretes, victoires d'abord cheremeot débattues, mais qui, peu a peu, devinreot plus faciles. 11
me semblait que je m'affirmais ainsi ma puissance sur
moi-mcme; je trouvais un bonheur étrange et tout nouveau daos cette iotiine et muelle affirmation.
Puis, tout n'était pas servitude daos la chaine quej'avais acceptée; j'a,ais souvent des bonheurs, que jusqu'alors je n'avais pas compris; un travail de compilation, si mécanique qu'il par;¡.isse :i.11 premier abord, entraiue forcément une série de rechercbes, dans le cours
desquelles on est tout étonné oouvent de rencontrer un
intéret q11e rien ne faisait pressentir; créer est une belle
chose, mais souvent que de créations antérieures, celui
qui aspire a son tour a etre créateur, ignore et ne soup~onne meme pas! Que de surprises charmantcs et nouvelles l'homme intelligent découvre daos ce c!Jamp du
passé si souvcnt parcouru, mais qui vous tient toujours
en réserve quelques perspectives inconnues ! Je devenais
conscient d'une vérité, qu'aucun jeune auteur ne devrait
perdre de vue, c'est qu'avant de produire, l'homme le
plus savant peut avoir beaucoup encore a apprendre
dans les productions des autres.
Et quand je faisais part a ma mere de ces félicités impersonnelles, si je puis ainsi parler, quand je lui dépeignais le vif iotéretque m'inspiraient quelques-unes de mes
eludes, elle me regardait bien en face, et lorsqu'elle était
sure que ce n'était pas la un role que je jouais, et qu'en
e[et, je trouvais daos mon travail une compensation
réelle a mes reves envolés, elle m'emhrassait en silence
et je voyais passer dans ses yeux un regard de joie secrete et de reconnaissance enve!'ll le ciel; regard qu'elle
croyait incompris, mais que je saisissais au passage et
que j'interprétais comme une douce récompense de ma
soumission a11 destin.

1

(La suite prochaintment.)
Reproduction iolerdite
de. gen de lelnl.

&amp;IIX

JULES DE WAILLY FILS.

j ounaux qui n'oot pu traité uec la Société

!TABLEAUX ~ DU~' MORVAN.'~
'A

PROFOS DE LA Piri!E.

11 était midi; le soleil ruisselait sur les ;sommeu de
la chétine morvandelle; jamais la fraicheur paríulllée
des longues terrasses de Valouze n'avait été plus tentante; mais les chevaux piaffaient a la porte, et tous la
engins de la pipée avaient été transportés sur la grande
voiture de chasse, moitié mail-coach, moitié cbar-¡.
bancs, qui nous sert ~'ordinaire pour les parties d~ cain.
pagne.
En une seconde, nous l'avions escaladée : il faut donner ce nom d'escalade au genre d'ascension pérille111e
dont je veux parler: on monte a l'assaut; les jupes s'accrocbeot, les blouses se déchirent, puis, arrivés aa
sommet, le vertige vous prend, car vous eles a quinze
pieds au-dessus de la route, appuyés' a une barre de
fer, seul dossier de la banquette.
Sur le siége de devant, un peu plus bas que les autre.
s'était assise une Parisienne peureuse et un peu ma~
sade; le char triom phal ne la rassurait pas, le soleil loi
brulait les yeux et la pipée ne la tentait guere; j'ajooterai que notre automédoo lui inspirait une médiocre co1fiance. Bien qu'il·s'entende en chevaux autant qu'homme
de France, le comte de Chiddes a, par tout le pays, une renommée de casse-cou; on renonce a énumérer les voitures versées qui l'accusent. Sa voisine l'exhortait a étre
sage; il riait aux éclats et ne l'écoutait pas. Heureusement
son attelage ne secondait que fort peu ses projets téméraires; j'ai dit, par pure habitude descriptive, que les cAt,
vaux piatfaient dans la cour; ces coursie1 s fouguem
se bornaient a un seul, toutes les autres beLP.s de l'éca.
rie étant pour le moment fourbues, ou a peu pres. Encore
ce swl, n'était-il qu'un cheval de lahour, de taille gigantesque, fort comme plusieurs taureaux, lent a proportion, espece de colosse, sur la peau duque! les coopt
de fouet n'ont pas plus de prise que les paroles ·1es plus
énergiques. n'ont d'écho daos se&amp; oreilles; superbe animal, d'ailleurs, d'aspect antédiluvien, créé saos aneo
doute pour porter des cavalier&amp; de soixante coudées.
La jeune Parisienne, habituée aux choses mievres el
mignonnes, aux cascades artificielles du bois de Boulo,
goe, aux minces pur-sang britanniques, aux petil~ messieurs qui les montent, considérait d'un air d'effroi et la
grande nature environnante et le monstre a l'aide daquel elle aUait l'explorer. Cette physionomic troublee
contrastait avec le calme de la belle comlesse de Cbiddes, qui, aguerrie depuis longtemps contre les prouesses
de son mari, les courses folles et les chevaux de toole
esµece, souriait des terreurs de sa creintive amie et les
raisonnait sans les comprendre. - Si je ne m'étais dé•
fendu de raconter autre cbose qu'une pipée et la promenade archéolog1que a laquelle cette pipée don na lieu, je
décrirais ici Mm• de Chiddes avec sa grace si naturelle,
son esprit péti llant et son profil grec, qui se dessinait si
noble sous l'ombre d'un parasol ouvert; m:i.is le sujel
m'entrainerait trop loin, et puis il me couterait trop d'avouer les distractions dont je n'ai pu me défendre peo•
daot la premiere partie de notre excursion; auprés de
la comtesse, il est impossible de ne rien admirer, méme
le Morvan. .
Touristes, qui voulez mériter ce nom, gardez-vous de
la compagme d'une jolie femme! Vous aurez beau parcourir l'univers, au retour vous n'aurez vu qu'elle.
Par bonbeur peut-etre (c'est; a coup sur, un bonbear
que daos le moment meme je o'ai pas su apprécier), OI
ne m'avait point placé aupres d'elle, et de mon poste, sur
la banquette supérieure, l'aérienne banquette que j'ai
déjil.nommée, je ne voyais que sa mante et son ombreile.
En revanche, je voyais son mari, et j'élais forcé de 111
dire en étudiant, non sans envíe, les lignes de cette télt
impériale, que mon róleseraitajamais celui d'unamoare11x transi. Je laisse a penser les tristes rét1exions qui
s'ensuivaient ! - A peine en étais-je détourné par le
voismage d'un fort aimable homme, nouvellement arri16
a Valouze, et dont la conversation, pleine d'intéret el
d'or1g10ahté, avait déja conqu1s tout ce cercle de cbat'
seurs et de chatelames. M. V..., philosophe et artiste, a
voyagé en Suisse et en ltalie, a la fa~on de Toppfer; i
aime a causer et cause a ravir.
C'est sa simplicité surtout qui gagne et qui séduit; i
n'~st jamais professeur, si par la on entend un pédanl,lt
son école en plein air est pourtant la plus instrudi1t
qu'on pui$C fréquenter.

L'ILLUSTRATION, .JOURNAL UNIVERSEL.
Un marmot jouffiu, accroché d'une main a son bras, rigation seule rendrait productive. Ca et la, dans une
d rautre au m1en, se tenait entre nous tleux, mourant gorge, quelques groupes de maisonnettes forment un
d: peur et 1vre de plaisir, pret a pleurer et riant aux hameau qu'on appelle Palézau, Vaulchézeuil, etc., etc.
Le dernier que nous apercevons est celui des Latois.
édalS.
•
Al'arriere de cette longue plate-forme, les enfants de 11 est célebre par son dévouement a la cause napoléo1(. v..., deux beaux gar~ons intelligents, de dix a douze nienne. Lors de l'invasion des alliés, les plus chaud:1
-partisans de l'Empereur, dans le Morvan, s'y étaient
antienoe de Cbiddes., affublé d'une blouse grise et d'un rassemblés et avaient formé un camp q'ui se lit redouter,
bspean de berger kabyle; sa sreur Odette, pimpante bien qu'on n'y comptat qu'uo tres-petit nombre
\mme un pastel de Latour, avec sa jupe r~troussée, ses d'hommes.
\ e,eni au vent et son minois espiegle, préparaient des
Lors de lenr passage a Alli 6ny, auquel ce camp aTait
1
~ 0101, plus occupés de la chasse que du paysage. Leur donné une réputation de bonapartisme, les alliés en
jge seo! les_ excusait de ne point l'admi_rer, mais je n'en traiterent rudement les habitants.
,eOI rien dire encore. 11 me reste a pemdre auparavant
On s'attendait au pillage; il n'en fut rien cependant,
la Hgure la plus originale de la caravane, le garde Doyeo, et les plus mauvais procédés s'exercerent contre le curé,
11 Doyen, comme oo le nomme, d'apres l'usage du pays, a qui la persécution au~richienne valut la croix de la
00 tous les hommes des champs s'appellent encore, le Légion d'honneur dans les Centjours.
Jeao-Jean, le Paturiaux, le Lazare, etc., et au féminin,
Du chateau de Valouze aux Latois, la campagne ne
la Jeao-Jeanne, la Paturiande, la Lazarette.
varie guere; ce sont toujours les memes nappes de verLe Doyen, un des gardes de notre Mte, a été élevé dure, entre deux rangées de montagnes, du tlanc desa,ec lui. Petits, ils se sont battus a coups de poing; plus quelles sort une infioité de petites sources qui se répantard, ils ont chassé ensemble, buvaot a la meme gourde. dent en ruisseaux d'argent, réunis bic11tót eux-mémes
AU&amp;'i daos cette province, si entichée de vieilles coutu- en riTiere ou plutót en torrent. L'imprévu, pour nous,
mes et oil la féodalité est encore en vigueur, le Ooyen se c'était un jeune lapin qui traversait la route tout efTaré;
croit l'egal de tous, ayant été traité en égal par son un coup de fusil du Doyen, un concert de grillons daos
maitre. - Il a quarante ans, est grand et robuste, halé les genets, une piece de sarrazin dont la neige se marde ,isage, velu comme une bete fauve, avec des yeux brait déja des teiotes rouges de l'automne; un parfum
gris doot le regard estnoir, une physionomie moqueuse, de résine qui tout a coup nous enivrait. Et puis, le plus
des bras toujours nus, sur lesquels soot tatoués en bleu beau spectacle, c'était encore cette gloire de rayons audes chasseurs d'Afrique.
tour des cimes arrondies, les gerbes de feu qui étinceSon maitre et compagnon a bien compris l'apre et sau- laient daos l'eau et derriere le feuillage, cette vapeur
T&amp;ge nature de ce Nemrod rustique, lorsqu'il lui a pro posé, !impide de l'atmosphere surchargée des senteurs du
aolie•1 de l'emploi que sa famille briguait pour lui dans bois : car nous étions en plein bois depuis dix minutes.
la domesticité du chateau, les fonctions de garde, qui le
Les montagnes se découraient a l'horizon, mais notre
pla~aient dans son élément : les bois. - Au contraire véhicule venait de s'arreter sur une des plus élevées, et
de tous les Morvandeaux, le Doyen ne se soucie gue11e de au bruit des roues, les gardes, qui depuis le matin préM&gt;D enaret, de son cliocher, de sa mafoun; il est libre
paraient la pipée aux Latois, venaient saluer notre
peoseur, ne va pas a l'église, couche volootiers en plein arrivée.
air, et o'a que des parents éloignés, qu'il ferait griller vifs
Déja les jeunes chasseurs avaient disparu sous la
pour épargner un cheveu de son patron. Si la destinée feuillée d'un vert intense; a grand'peioe on leur impoo·eo avait íait un gar...te, ses instincl~ l'anraient fait bra- sait silence, en leur représentant qu'un cri, un éclat de
coooier. - 11 nous regardait de haut, le brave Doyen, rire, une branche froissée suffit a mettre la gent emplu,on,aiocu que la pipée a laquelle assistaient des Mes- mée en fuite, et alors.... adieu, carniers! la chasse est
sieors et surtout des Dames de Paris, ne pouvait etre faite! - Moi, je m'obstinais a rester perché sur mon
qo'ooe pipée manquée, le silence étant la premiere con- baoc. Durant le trajet, mon voisin J'érudit m'avait
dition de ce genre de chasse. Quelle opmion un sylvain conté des merveilles, et entre autres l'existence de cera des femmes! Mm• de Chiddes aurait du cependant le taine Pierre-Écrite, a deux Lieues ie la. J'étais décidé a
convertir a elles, mais malgré son iovitation, il refusa la voir, et la. pipée des oiseaux ne devant commencer
de prendre place aupres de 001Js. Le fusil sur l'épaule, qu'au coucher du soleil, il me semblait que nous avions
il marcbait daos le fossé du chemin, guettant un lievre encore quelques heures a employer. Grands cris et oboo une perdrix, tandis que son colle~ue, le pere Jeannet, jections de M. de Chiddes, qui me soutient que son chel'entretenait avec la volubilité qui le caractérise; - car val est en nage, comme si rareille machinc pouvait se
c'est un vrai type morvandeau, le pere Jeannet, tres-poli, fatiguer!
tres-buard, sanguin, prompt a s'emporter, mais calmé
Elle me paraissait, a moi, aussi impassible que le pallapresqo'aussitót, et plus sensible encore que colere.
dium troyen, qui, jadis, logea l'armée des Grecs daos ses
Le Doyen a l'habitude de siftler quand on lui parle, flanes de bois. Hélas ! ce calme était celui du martyre. Le
troo,ant inutile, comme il dit, d'écouter des paro/es. Les Rouan se conduisait en héros a notre insu; il était déseuls jaseurs avec lesquel~ il cause volootiers sont les ferré et marchait toujours, malgré les aspérités du chemin.
merles, les geais et les jacques (corbeaux), qu'il imite
Le pere Jeannet s'en aperfut le premier; aussitot ora a'y méprendre.
dre fut donné de faire remettre le fer absent au prochain
Voila toute la bande; les chiens étant aussi inutiles village.
que les íusils a la pipée, on avait bourré le coffre qui
En cette circonstance, je témoignai d'une incroyable
lenr est réservé, de vetements et de provisions.
dureté de creur: l'accident qu'on déplorait me lit hattre
Nous allons traverser en une heure deux départe- des mains, car le maréchal-ferrant le moins éloigné
ments : Saóne-et-Loire et la Cote-d'Or.
était celui de Pierre-.Ecrite. Le Rouan y allait, j'y pouvais
Qne ~rala Cóte-d'Or? Je n'en sais encorerien; Saóne- aller aussi, ma cause était gagoée; le hasard me servait.
et-Loire est splendide. Notre route, celle d'Autun a SauComme la curiosité rend cruel! Le philosophe et moi,
lieu, ondule au pied d'une chaine de collines graniti- nous restames sur ce char déja lourd, imposant notre
ques d'un aspect sévere, un peu pelées, toutes les mois- double poids a la victime, qui, avec une résignation
sons étaot faites.
stoique, continuait atrainer son pied nu, sous les coups
De l'autre coté, au fond d'une ravine, ('Oule un petit de fouct répétés du pere 'Jeannet, auquel j'avais acgue limpide, qui laisse scintiller les cailloux sous l'é- cordé les honneurs du siége. Nous allions au pas, au
eume transparente de ses eaux. 11 borde d'immenses petit pas. - Quel plaisir, quand le chemin 4u'on suit
Prairies, oü iles troupeaux de breufs blancs ruminent, ressemble au chemin de Pierre-Ecrite ! - Que lle beauté
IIIOllement couchés, les veux clos, tant ils sont accablés ont ces bois, retranchés derriere leur rempart de rochers,
P~ la pesanteur d'une ~pres-midi d'été. La lamiere, en couvert de mousse et de bruyere, - de bruyere sur~~uant sur eux, leur donne des reflets de marbre, tout, - ce manteau de pourpre qui déguise si magnifiIIDsi doivent briller, sous le ciel d'Égypte, les sphinx gi- quement la nudité du sol pauvrc, résistant aux intempérntesque.~, dont leurs poses alanguies rappellent le so- ries des saisoos, gaie, rustique, d'une poé~ie naive,
eunel re pos.
saine et fraiche encore dans la mort, séchantsursa tige,
C'est la le fond de la -vallée, fermée, a notre gauche, sans qu'aucune brise parvienne a l'en détacher jamais.
une triple chaine mamelonnée, que les sapins et les J'aime la bruyere, si bumble, ~¡ forte et si fidele; j'aime
loes de rochers revetent de tristesse. Toutes ces monta- l'harmonie de sa 11eur violacée et de son feuillage som~es sont uniformes, défaut du granit, qui, devenu bre. Comme je le disais a mon compagoon :
friable sous l'intluence de la température, se désagrege
« L'harmonie, me répondit-il, n'est-elle pas partout
et C&lt;)Q)e en pentes douces, lil'l'ées aune culture que l'ir- dans la nature? C'est la plus frap¡,ante supérierité de

r

l'reuvre de Dieu sur les reuvres humaines; aussi, c'est
la qualité la plus haute qu'on puisse apporter daoa l'art.
Comme elle est rare ! tout chante faux daos le monde
des hommes. La seule voix vraimentjuste estce!le de ces
etres inférieurs qui vivent par lacouleur, par le parfum,
et que nous foulons · aux pieds, insensibles a la lefon
qu'ils nous donnent. »
L'harmonie... c'est le charme supreme des paysages
du Morvan; on n'y trouve pas les grands effel~ qui,
daos les Alpes et les Pyréoées, bouleversent I'Ame : ce~
courbes molles, ces lignes inclinées de la montagne, ces
vallons humides, ces tableaux qui s'enchainent les uns
aux autres saos se heurter jamai~, vous laissent sous
l'intluence d'une paix indicible. Au pied des pies abruptes, en présence du chaos, des sublimes horreurs, .on
s'étonne, on tléchit le genou et on adore, épouvanté, se
sentant si petit, si faible, si impuissant a mesurer l'immensité. - Ici on voudrait rever, paresseusement couché sur la mousse, un de ces reves doux et faciles que
bercent les chansons bocageres, et dont tout le theme
est qu'une muraille verte se découpe merveilleusement
sur une voute bleue, que les ébats du moucheron, dans
1m rayon égaré, ont une grace inimitable, que la vie
est bien douce et Dieu bien bon.
Les Alpes et les Pyrénées le faisaient entreToir s
grand, qu'on n'osait plus l'aimer.
TntoPHILE Buz.
(La fin prochainement).
~

FERDINAND DE CROZE.

Plus connu a l'étranger qu'en France, M. Ferdinand
de Croze commen~, avec son pere, un des prerniers
professeurs de Marseille, l'étude du piano. Sous la direction d'un tel maitre, les progres de l'élcve furent si
rapides, qu'au bout de peu de temps il put se présenter
au Conservatoire, ou il fut admis.
Ses études a peine terminées, notre jeune pianiste, il n'avait que dix-sept ans, - se mil aussitót a courir le
monde, et visita successivement la Savoie, la Suisse,
l'Italie, ou il donna de nombreux concerts. A Turin, il
eut l'bonneur de jouer a la cour.
Apres avoir joué daos tous les théatres d'Italie, a
Parme notamment, ou le duc Robert lui conféra le titre
de pianiste et maitre de chapelle de la cour, Ferdinand
de Croze reprend :1on vol, et cette fois, c·est vers les
cours du Nord qu'il se dirige. Il visite tour a tour la
Russie, l'Allemagne, la Prusse, la Baviere. A Vienne,
l'empereur d'Autriche le complimenta publiquement; a
Munich, le duc Maximilien lui donna la médaille de
mérite; en un mot, tous les souverarns qui l'entendaient
lui faisaient un excellent accueil, et il ne tint qu'a lui
d'avoir a la cour de Russie une belle position daos la
musique de la chambre impériale, avec des émoluments
magnifiques. Mais il fallait pour cela renoncer a la
f'rance.
Ferdinaml de Croze sentait le hesoin de demander a son pays la consécration des lauriers cueillis a
l'étranger. Du reste, dans ses voyages multipliés, il avait
composé nne série d'reuvres remarquables pour le piano;
de plus son talent avait graodi, et il arrivait en novateur avec des arpéges et un doigté nouveaux. C'était le
moment de soumettre a la seconde ville éternelle, suivant l'expression de Victor Hago, et sa réputation et
ses travaux. Paris, qui aime les chercheurs autant que
les hommes de taleut, Paris accue11lit avec faveur l'art1ste voyageur, et lui accorda la Jettre de naturalisation
qu'il était venu y chercher.
11 n'est pas un virtuose qui, asa place, ne se ftit empressé, en récompense de la bienve1llance qu'on lui
accordait, de se fixer a Paris et d'y faire ample moisseo d'argent et de célébrité. Notre artiste, lui, n·eut
qu'une idée, celle de repartir, et de poursuiv-re son systeme de locomotion musicale, qui lui avait procuré ses
premiers succes. C'est qu'en etfet, Ferdioand de Croze
est le seul artiste fran~ais qui ait fait du voyage a l'étranger une quasi-specialité, et qui ait réellement propagé son talent, avec autant de persévéraoce que de bon•
heur, dans les plus lointains pays. Il est allé a Moscou,
dans le Canease, et jusqu'aux frontieres de la Sibérie.
Cette existence et ce mouvement continuel ne l'empechaient pas d'apporter a son art l'étude et les soins nécessaires. Ainsi, apres ses premieres explorations en
ltalie et avant de se rendre en Autriche, il venait a
Paris pour y étudier avec Ckopin les me"eilleuses

�!36

L'ILLUSTRATION~ JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

Btudes de ce maitre éminent. Disons, a
ce propos, que Ferdinand de Croze est
un des rares adeptes de ces admirahles
productions, si improprement nommées
Études, et qu'il les exécute de mémoire;
il suffü pour cela de les lui indiqucr
par leur numéro d'ordre.
, Ferdinand de Croze n'est pas seulement un piaoiste de premier ordre,
c'est aussi un chercheur qui a doté l'art.
d'effets inconnus avant luí. 11 a trouvé
d'abord une maniere de harper toute
nouvelle; sous ses doigts on croirait
entendre sorlir du clavier des sons véritablement éoliena. 11 est également
auteur d'un doigté d'octaves, approuvé
par Thalberg. 11 s'est aussi approprié
un systeme de sonorité imprimant a la
note une vibration d'une douceur et
d'un velouté des plus délicats, tout en
lui conservant la plus grande énergie a
l'attaque de la note.
Enfin, lout dernieremcnt, il faisait
connaitre un nouveau clavier dont le
mécanisme est si peu en rapport avec
le jeu ordinaire que l'ut, par exemple, au lieu d'etre sur une touche
blanche, se pose sur une touche noire,
ce qui n'expliquerait pas grand'cbose,
si nous n'ajoutions que les touches de
ce nouvel instrumcnt sont disposées
chromatiquement, c'est-a-dire une touche blanche, une touchc noire et ainsi
de suite. Cepcndant, malgré cetlc iné-

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YArrSIMILE DU PORTRAlT DE S. A. R. LA JEUNI! PRINCF.SSE MAI\GUERITE OR PARllE.
Drisiué par sa mi-re, S. A, R. feu la ducbesse de Parmc.

galité entre les_deux pianos, Fel'diuaiid
del Croze parvenait a jouer allernali,
vement,~dans la meme séance, lllr
111
et l'autre clavier, et avec un talent hOII
ligne.
Un mol sur i le· compositeur, llllia.
tenant. Ses reuvres comprennent
11
Concerto pour piano, avec accomp1g1e.
ment d'orchestre et de chreurs
11
Crescendo, devenu classique para:¡ lea
pianistes; di verses fantaisies, entr'q.
tres celle de la Pavorite, devenue claa.
sigue comme le Crescendo. Cinq albua,,
compósés 'chacun de six morceaox, •
caracteres tres-variés, et quelquea q.
tres morceaux d'une grande ,atear.
Ferdinand de Croze venail dernieie,
ment a Paris, pour faire entendre le
O.. album qui, dans un petit comité,
a obtenu tous les suffrages. Cet albra
cst un hommage a fcu la duches.,e tle
Parme, qui, de meme que M. le co111e
de Chambord, portait le plus gl'lli
intérét a son maitre de chapelle. ta
six morceaux de ce nouveau recod,
dont les ti tres sont : le ·Dernier adift,
élégic; Chanson hongroise; Brisn •
Danube; Pleurs du Rhin; DifllGlltl,1
idylle; Souvenir de lJellini, sont orná
d'un dessin, fait et signé de la maia
de la duchesse de Parme, pour lllle
composition de Ferdinand de Crw,.
C'est ce dessin que nous reproduisom,
Ca. L1iuun.

EMBELLISSEMENI . ,
du

DE

Quadie-.
CHIAIA

(N.APLE S)

LES VICTIMES DE LA MODE, PAR BERTALL (smrEJ. -

1,11

DI

'..:..'.,

NA.PLES,

L'édilité napolita!ne
décidé la coostrucllon
:.un quartier nouve~u,
en utilisant la collllle
de Chiaja, la plus agréable, la plus salu~re de
tontes celles qm entourentlaville. Ce qu~rtier, qui n'a pas m01ns
de '6!í,OOO met_res carrés en superficie, part
de la roe de Chiaja, a
la bauteur du palais
Francavilla, et va abou,
iir au corso Victor-Emmanuel, pres de l'église de Piedigrotla. 11
estdi,isé par une artere
priocipale de plus de
t,000 metres de longueur, presque parallele a la riviere de
Ckiaja, a l'extrémité
de Jaquelle un palais
de cristal sera construit,
en dil-huit mois, par
une société partic11••
liere, qui doit en outre
b&amp;tir toot le quartier
en douze années au

plus.
Cette importante entreprise est accueillie
lrel-faYOrab)ement, car

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LI m,rquis• cl'Eu1our,n,1LL1, - CberJmon1ieur Huotell,jesuis in•itée
cbtteau de Trois-Étoiles. Vous concne• que je tiens l avoir 'quelque

IIION de cllaraiant, de nou,eau, qui n'ait jamaisité ,u.

SLR LA COLLINE CHl!JA Al'iAPLES. - D'apre&amp; les pbctogr&lt;1phies de 11. Bernoud.

1

elle aura pour premier
résultat de calmer l'avidité des propriétaires,
qui depuis quatre ans
ont presque doublé
les prix des loyers. De
plus, elle sera la source
de travaui et de profits dont la partie industrieuse du pays a
tres-grand besoin ; et
enfin, cette idée d'un
palais pour l'exposition
des produits de !'industrie et de l'agriculture est heureuse, car
elle complete bien le
quar1ier, lui donne une
grande valeur , et se
trouve d'accord avec
un décret du Parlcment
italien, qui a décidé
que la premiere Ex_position
universelle
d~vait avoir lieu a
Naples.
P. PAGET.

L'ALMANACil DE L'ILT.IJSTRATION est sous
presse et paraitra dans
la premiere quinzaine
d'octobre.
Si pages, ornées de
78 gravures. - Pri:x: :
i f1·. lwoché et doré sur
tranches, t fr. 25 par

-== , =
la poste.
- 11111, moraieur, c'est horrible ce que vous lui mettez sur le dos á cette malheureuse. - llonsieur Alce,te, tpprenez que maiutenant l'art d'ltabiller
lea femmea n'est autre que de leur faire dépeoser beaucoup d'argent. D'ailleurs, daus trois mois, ce ne sera plus la mode, je m'eo charge.
~
comrB ~A. SE JOUE (liberté des tbéatres). - Per1011nagu: M. Hu11T1LL, couturier pour dames; C.Omtesse de K1.1NoL1Ns1&lt;0•; 1111• d'Bsnournttv1LL1, femmes a la mo1e

M

A CONSTRi;IRE

1

.

La comte11e de KaiNou.-110,. - Cher mon1ieur Huotell, je désirerai1 vous
COIIIUlter eu particulier pour une aft'aire de la plu1 baule importance.

PALAIS D'EXPOSITIO~

Vozr les N°s 1118 et t 126.

MESSIBURS LES COUTURIBRS l'OUR DAijES,

JIIJLLISSUBMTS

237

Recueillement proíond de M. Huntell. - Je sui1 iovitée au chAteau de
Trois-Étoilea. Vous cooee•ez que je tieos á ¡uoir quelque choseld• char111ant. de nou,eau, qui o'ait jam&amp;Js été ,u.

- lladame, pour •ous je vaia étre lindiscret : Vous conoaissez la belle
comtesse de Krmolinskof. Voici un magoilique eostume de réoéral mexicaio que je lui fai1 en graqd secr~t. Vous _aurez le pareil, mais plus
riche, et.de111joun uant eUe. _ ~ ...u.1\3Jllll

- Madame, pour vous je vais etre iodiscret: Vousconnais..-z la hclte marqu1se d'Ksbrouífeoville.Voilá un ra•
vissant costume d'amiral mexicam que ie lui fais en
~rand secret. Vous aurez le pareil, mais p'u1 ricbe, et
deux jours avant elle.
·

Le tour e,it fait !! lleasi~urs, •0111 ne trou,ea pu 91
joli, c'est pouible. llais ~- se paye l,too fr. Toutet cea
dames en •oudroot, j'en ftral ceiit dalla mon moia, Je
trone 91 tre►joli.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

!38

I

L'I LLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

Sir Edward traversa deux couloirs beauco-;-s'il entendit; Tmais il ne daigna pas tourner la téte.
sombres
qne le premier. 11 entra de plain-pied - ~
Apres une nouvelle explosion de oous, qui n'obtinrent
chef
de
hureau.
•
M&lt;EURS ET TYPES D'AUJOURD'HUI.
pas un meilleur succes, le gar~on de bureau, enfiévré,
Sir Edwartljouait de malheur. Ce chef de b~
prit sir Edward par l'épaule.
11
LE GARCON DE BUREAU.
Celle fois, celui-ci considéra son adversaire. 11 n'y trouvait etre précisément le protecteur du gar~
l'avait insulté. lis étaient attachés par mille liens. Qt'
Il y a des autorités inconnues; 11 y a des puissances avait pai a se le dissimuler, c'était bien un gar~on de a savoir lequel des deux cirait les bottes de l'antre : '
occultes dont l'intluence s'exerce avec une facilité d'au-· bureau qui se permettait de toucher sir Edward.
, •
« Voulez-vous sortir, vous? 11 est défendu d'entrer ici. ce a quoi nous devons reooncer.
tant plus grande, que l'ombre recouvre les chemins qui
Olie
désirez-vous,
monsieur?
demanda
le
cbet
leur servent de passage. On trouve, de ci, de la, certaines Allez-vous-en, monsieur; monsieur, je vous prie de vous
Sir Edward conta son cas, nous ferons grAce ¡ 1111
administrations qui ont pris atache de réaliser la parole en aller.
lecteurs
de sa narration, bien que l'indignation r
Sir Edward ne répondit pas davantage. I1 est vrai
de Jésus-Christ : Les dernier~ seront les premiers; sous
remplie
d'intéret.
•
leur toit hospitalier, serre chaude de l'imbécillité, ger- qu'alors sir Edward rétléchissait. Se battre contre un
Le
chef
de
bureau,
ayant
écouté,
s'étendit
sur
son
faQ.
ment, croissent, grandissent et fructifient tout un monde gar~on de burean était une chose complétement impos- teuil noir; et, comme il n'avait pas songé un seul ~
d'etres purement végétatifs, chez qui la pensée est une sible. C'était scholting, c'~lait ridicule. 11 n'y fallait pas taot a toucher a sa calotte verte, vous ne serez ,.
songer. La discussion devenait presque Je l'égalité. 11
bypothese, la réO.exion un mythe, et qui emhra&amp;ent de
étonné d'apprendre qu'il l'avait encore sur la tete.
leurs replis nombreux la grande famille des employés, n'y aurait eu qu'un moyen a prendre; c'eut été de saisir
Il faut bien que les chefs de bureau aient queiq..
réussissant parfois a en étouffer jusqu'a l'apparence, le gar~on tres-proprement et de le jeter par la fenetre, méoagements pour leur calotte, devant les ioférieon,
a peu pres comme un lierre épais cache le tronc du qui, précisément, se trouvait ouverte. Par malheur, les étrangers; n'est-ce pas déja assez de la rouler daai
chene qui le prvtége. Cettc espece singuliere excite ra- considérant ses bras et ceux du valet, sir Edward devint la poussiére quaud un supérieur se préseote~
rement l'attention des jeunes gen~, bien qu'elle ait droit sombre; il ne pouvait jeter le gar~on par la fenetre,
Le chef de bureau réO.échit murement ; pais 1
a tous leurs respects; plus d'un a vu changer sa destinée grace a cette raison, qui veut qu'a une patere ne sau- dit:
et s'envoler loin de lui le plns ardent de ses réves, rien ra1t etre suspendo 110 mo~llon.
-- Sans doute, monsieur ... Peut-etre, monsieur, ...
Le hasard voulut qu'un employé eut affaire, et passa.
que pour avoir oégligé les indispensables courbettes
tiste
aurait-il pu agir... s'y prendre d'une autre ~
que, dans notre société progressive, le maitre doit au va- Nnus disons le hasard, car il était rare qu'un employé Cependant, monsieur, permettez-moi de vous \e dit,
eut affaire, soit par la, soit ailleurs.
let, l'intelligence a la brute, et le tout au néant.
Sir Edward n'avait jama is adressé la parole a cet em- vous enfreigniez les reglements.
La femme n'a tant de pouvoir que parce qu'elle est
En réalité, les administrations n'ont aucune espece•
sotte : malheureusement, la femme est gracieuse. Le va- ployé, sous-chef ou commis principal; mais il l'avait vu reglements, et \'on scandaliserait fort ceux qui en ,..
Jet étant beancoup plus sot que la femme, et n'élant pas souvent. Il se leva.
lent, si on leur demandait ou ils sont. Mais il eatl•
- Monsieur, dit-il...
gracieux, conserve done un double avaotage; sa puissage que, quoi que fasse un étranger, il enfreiot UI liL'employé s'arreta.
sance est double. La proportion est mathématique.
Ayez done !'extreme ohligeance de dire a ce ..... do- glement imaginaire.
Dans un ministere que je ne nommerai pas, éta,t un
Sir Edward réponditque lesreglements l'avaient •
petit salon vert, embclli par qnelques statuettes, consa- mestique qne je n'ai pas \'habitude d'étre dérangé.
fert,
lui, sir Edward, pendant vingt ans, et que, i'ill •
- Baptiste, flt l'employé, qu'est-ce que vous diles
cré, je crois, aux séauces de quelque conseil d'architecréveillaient d'aujourd'hui seulement, cela seul proaa
ture. Aujourd'hui, on ne fait pas de l'art avec des artis- done a monsieur?
La scene aurait du finir la. C'était bien ainsi que \'es- leur flagrante inutilité.
tes, mais avec des conseils, tout comme on vote un imLa-dessus, le chef de bureau commen~a un ditae
pérait
sir Edvard, qui se rassit. Mais les gargons de bupot. Ce petit salon vert était devenu la résidence quotiacadémique
en 11uatre points, tendanta montrerBaplilli
dienne d'un Anglais riche et bien posé, nommé sir Ed- reau se souc1ent bien des sons-chefs et des commis prin- sous quatre jours également élogieux:
ward. Comment sir Edward avait-il pu péoétrer dans ce cipaux ! Leur puissance est autre. Celui-ci avait mis
t O Baptiste était laborieUI ;
sancrnaire, lni qui jamais n'avait fait partie d'aucune dans sa tete que sir Edward sortirait, et il fallait que
2° Ba¡,tiste était obéissant;
administration? Comment s'y était-il plu, lui, homme sir Edward sortit.
3° Baptiste était complaisant;
- J'ai des ordres, monsieur, dit-il d'un ton sec, qui
d'esprit et de gout? Ce sont deux énigmes dont le mot
i• Bapliste était économe.
restera introuvable. On peut simplemcnt présumer que ne permettait pas la réplique.
Le tout, sanpoudré de détails, embelli de preu,■ l
Cela signifiait évidemment :
sir Edward avait eu préalablement un ou deux amis en
l'aopui,
dura trois grands quarts d'heure.
11 J'ai des ordres de qui a droit de m'en donner, et
ce lieu, qu'il s'était habitué a y vemr, que l'babitudf',
Le chef de bureau termina en con~tatant avec plli!i
entraioaot tout homme, continuait a entraioer sir Ed- ce n' est pas vous. 11
- Cependant,glissa \'employé d'un ton patelin, mon- que Baptiste était moral et marié.
ward, ou que peut-etre il était amoureux d'une des staCe fut seulement en ramenant ses jambes
sieur vient habituellement ici... Monsieur est de la
tuettes de la cheminée.
ble a écrire que le chef s'ape~t au'il parlan
Toujonrs est-il que, depuis vin~t ans, sir Edward ve- maison ...
- Je ne connais ríen a cela, dit l'irasc1ble autocrate. muraiUe. Depuir, une demi-heure, sir Edwd
nait la chaque jour, s'installait adeux heures fiUr nn casorti.
napé, regarda1l la statuette jusqu'a quatre, et sortait im- J'ai des ordres. Oans ce salon, il ne doit y avoir perSir Edward était chez le chef de la division. JS01 ,_
sonne,
il
est
défendu
d'y
laisser
entrer
qui
que
ce
soit.
médiatement, cetle derniere heure sonnée.
exaspéré,
mais a peu pres en délire,l'Anglais n'availfl
Personne n'avait jamais pensé a s'occuper de sir Ed·· Je suis responsable, monsieur.•. Monsieur, eocore une un de ses cheveux qui ne labourat son era.ne ceaa
ward. Sir Edward était peu genant. On le considérait fois, je vous prie de sortir... Sortez, monsieur, s'il vous une pointe d'aiguille. Apres avoir fait aotichambre.généralement comme un meuble du salon; chacun était plait...
La Corroe y était a peu pres; mais l'air était impé- qu0s minutes, il trouva un homme a l'air affairé, prill,
fait a le voir la, tout aussi bien que la penilule et les
cupé, parfaitement vetu, et portaot sur son front si pn,
fauteuils; ceux qui avaient a entrer ou a sortir, en- rieux, la voiI mena~nte, le commaodcment formel. fondément gravée la convictioo de son importa,
traient ou sortaient saos lui dire bonjour, saos le regar- Sir Edward, se fiant a l'employé, s'était repris a regar- qu'on eut été fort impertineot d'oser seulement lui •
ner, saos l'inquiéter; c'était tout ce que demandait sir der la statuette.
ser la parole. 11 semblait que cet homme n'osAt
11 Du moment 011 il en est ainsi, dit l'employé..., ce ne
Edward.
la téte trop vite, de peur de laisser choir l'univers, qaiA la porte de ce salon, daos une embrasure arrangéc sont pas mes affaires.
videmment il soutenait comme Atlas. Un autre que*
Et il s'en alla.
en forme de niche, tronait, depuis vingt ans aussi, ce
Edward eut admiré cetle naive vanité.
Sir Edward regardait tranquil,ement a statuette.
Pharaon immob1le, vetu de grosse laioe bleue, qu'on
Mais sir Edward n'hésita pas a se jeter a corps
Tout a coup 11 se sent1t saisi par le bras, et poussé
appelle uo gar~on de bureau. Tete blanche, front r1dé;
sur cet impénétrable rocher. Il avait fait serment
ce gar~on-la mourut. Sir Edward ne s'eo inquiéta pas. violemment vers la porte.
tenir le reovoi du gar~on, et il aurait ce renvoi,
- Moosieur, dit-il, je m'appelle .....
Par une coincidence qui ne lui parut nullement singu11 n'eut aucun loisir pour achever. Le salon fut fermé, nourrir apres la famille de sa victime.
\iere, attendu qu'il était impossible a sir Edward d'en
Le chef de division lui demanda toutd'abord po
deviner les résultats, le gentilbomme anglais s'absenta le gar~on disparut, et sir Edward se trouva seul dans le il ne s'était pas adressé au chef du bureau.
deux mois. Le second mois écoulé, au ter m~i, par coulo1r.
Sir Edward répondit qu'il avait eu cette idée, qu1
Les couloirs de miuisteres sont tres-sombres ; cela tient
un gentil soleil de printemps, il revint prendre sa place
souvenait
meme de \'avoir mise a exécution; mail
a ce qu'on éleve ces maisons pour en faire des m01111accoutn-mée.
l'éloge
de
Baptiste étant indubitablement l'un des
ments, et nullement pour les rencire habitables. La nuit
A peine était-il la depuis un moment, et il venait seuproposés
pour
les prix de l'Académie, lui, sir Ed
lement de tourner ses yeUI vers la statuette, quand un couvrit done les changements de couleur par lesquels avait laissé ledit chef de bureau tres-occupé a co
passa le visage de ,;ir Edward.
bomme entra.
Quand il reparuta la lumiere,sa face était vert-pomme en cette matiere. Tout portait a croire qu'a ce
C'était le nouveau gar~on de hurean; un jeune et fort
la péroraison était eotamée; ce qui permettait l1ll
gaillard, insolent comme la paresse, convaincu comme et ses yeux tres-blafards.
Il se croisa les hras; et, tandis que ses pensées se suc- . faires publiques de se continuer saos encombre.
l'idiofüme.
- Monsieur, dit le chef de division non saos UDt
Sir Edward ne se retouroa méme ¡,as pour le regar- cédaient, chacun de ses chevcux se heri~sa1t subitement. taine majesté, je ne saurais m'immiscer dans ces o
- Il est incontestable, se disait- il, que je viens de suder. Qu'avait-il a faire avec ces gens-la~
bir
une grave injure. On m'a jeté a la porte. Je sms dés_ déta1ls de \'administration. Notre temps est p
tt Monsieur, cria une voix a son oreille, par 011 etesune grave question m'est soumise; ces sortes de
vous entré, vous? Que faites-vous la, vous Y Que deman- honoré. De plus en ¡,lus 1mpossible de me battre. Sir mations ne nous concernent point. Si j'avais su ce
Edward ne peut avoir un duel avec un gar~on de budez-vous, vous?
il s'agissait, il m'aurait meme, je vous l'avoue, éd
Ce ~ous était prononcé avec un dédain superbe. I1 y reau. Les offenses qui partent de bas sont les plus diffi- possible de vous recevoir... jP ....
avait daos ce i:ow toute une pbrase ainsi coo~ue : tt Je ciles a punir; je m'aper~ois que ce sont les plus redou- Comment? s'écria sir Edward , il se peut, m
ne vous conoais pas; je ne vous ai jama.is vu; done vous tahles. 11 faut rourtant que la mienne soit vengee, saos que cette affaire n'a1t a vos yeUI aucune impo
quoi il ne me resterait plus qu'a me bruler la cervelle.
n'étes pas estimable. ll
ma1:, tout ce qm concnne mon bonneur en a
Je ne ws pas si l'An,tais comprit cela, je ne sais pas Ce gar~on do1t etre deat,tué.

re•

me pour moi; et, quelle que soit la gravité de \a

qaq stion qui vous est soumise, je la considere comme
félu, relativement a cette petite chose,
Le chef de division se leva. Un sourire digne (un chef
de Jivision ne rít jamais) effleurait sa levre mince et
tooi a fait impo~ante ; il. reconduisit galamment sir Ed.ard, et il devmt certa10 pour ce dernier qu'il Jtait
l'objet d'une profontle pitié.
ÜE.'IRY lliRET.
(La ftTI prochainement).

81

~

BULLETIN BIBLIOGRAPIDQUE.
Lt [Ac des Cygnts; - Danitllt, par Ét. Énault (1).

l)eux nouvelle,. La seconde, ponr le fond, est assez
fll(Pire. Une filie de seize ans, orpheline, pauvre, ne
sacbant rien du monile, abusée, trah1e, lél.chement abandoonée, encore plus lél.chement accusée, et fort ínsolemment, par celui qui devrait rougir devant elle; uu amant
de bonne mai,on qui voit outrager celle qu'il aime ou
qn'il dit a1mer, et ne sait ni la défendre, ni rem:ttre
cho¡;es et gens a leur place ... Oevant la question morale
qu'il a soulevée, - question importarúe et délicate, _
rautenr manque de fermeté d'esprit. 11 voit la vérité
maisil n'ose pas la dire, ou du moins il se borne a l'in~
sinuer timiilement, tant il a de respect pour les "cooveolllees ! » Était-ce la peine de prendre la plome pour si
peu?
Daos le Lac dP,s Cygnes, aucune question morale n'est
enjeu, mais bien deux questions médicales, dont la solutioo fournit a l'auteur son denoument. M. Hermano
a un anévrisme au creur, ou pres du creur, et Mlle Wil-belmine e,t atteinte de phthisie pulmonaire. Celle-ci a
on tuteur avide, celui-la une cousine coquette et ruinée.
Les deux intrigants, chacun de son coté, obtieooent tles
imprudents jouvenceaux une promesse de mariage, avec
tesUment en pe~pective, ce qui manque •m peu de variéte. Mais la nature déjoue ces profondes combinaisons.
Les denx malades se prennent d'amour. Quand ils se
savPnl condacnnés a u11e mort prochaiue, ils ne s'en aimenl que mieux, et ils Cúnfondent si bien leurs ames
dans une premicre élreinte et daos un premier hai~er
qu'elles brisent du coup leur fragile eoveloppe, et s'en~
,olent en,emhle daos le pays des amours éternelles.
Grand desappointement ?Our M. le major et pour
11•• Freysberg, mais grand tr1omphe pour la faculté!
Cette dnnnée esl moins rebattue que l'autre. Et
M. Etienne Éoault, d'ailleur~, éi:rit facilement, correctemeol. 11 a le style élégant, et parfois le tour ipgénieux.
11 eonte avec gr.lee; ses personnages vivent et ont sou,ent de !'esprit. Bref, on le lit avec plaisir.
Cela dit_, il 01e permettra, je !'espere, de lui reprocher
qoelques maJvertances, comme de meltre en sclme un
usuri~r j_u1f qui s'écrie . « Par Isaac, mon patron ! » et
de f~re Jouer, daos un concert, un &lt;¡uintette ele Haydn.
Cn hl~rateur_n'est pas obligé de savoir que Haydn n'a
pas_ f~1t de quintette~. Mais il ne devrait pas oublier que
l~Jmfs son_t c1rconc1s et non haptisé,, qu'ils n'invoqnent
pomt les sarnts, e~ que, par conséquent, ils n'ont pas ele
pati:ons, - ce qui ne les empeche pas de faire assez
agreablemeot leurs aflaires.
G. HÉQUET.
(1) lllclielle el C,e.

--~
Les_ nomhreux souscripteurs au premier volume des
Gal_~e.~ publiques de I' f'11rope (Rome) apprendroot avec
plaisir que M. J. ARMENGAUD vient de partir pour l'Italie
afio _de mettre la derniere main au deuxieme volume d;
cet 11r.portaot o~vrage, si impatiemment attendu, qui

r.omprendra T1mn, Génes, ,!ilan, Parme, Veni,e Man•
tooe, ~logne, Pise, Florence, Naplés Hercui'anum,
~~ria, etc., etc., c'est-a-dire le complémeut de toute
-.ue.
_.;~o li.-re charmaot, appelé aun véritahle succes, le~
ires du Géant, par Nadar, vien t de paraitre chez
~tu. Cette reuvre humoristique, pleine de verve et
dim~révu, est rubliée daos son entier avPc une intl'o3
M. Babrnet. - i vol. de 450 pages. - Prix:

n::_par

Lo"":' En vente, cbez Oubuisson et CI•, 5;rue Co11-Héron,

l~s ~om~gnes, la Lombardie, etc., lui ouvrent le cbamp
d op~i'allons le plus vaste, et lui permetlent de ne pas
nPghger les enlreprises qui, daos toute l'Italie, recherD'ENTREPRISES lNDUSTRIELLES EN ITALIE
ch~nt en ce moment un établissement financier Slll' l'apAulllnS"t par decrela d•s t7 mars 1817 •• 10 oelobre •85R. c•&gt;ns•ituee
pm duque! elles pui,sent compter.
par acte 1t0larie du t9 ,eotcmbre 18-19. et n,a,ntenue dans tou, se• dro,t.
Les mines de cui vre, de fer et autre~, si riches et si
ea vertu de la l01 d'&amp;W1u1ou du !! mars 1860.
considérables en ltalie, la canalisation, dont l'utilité esl
si vivement réclamée par les besoins de l'agriculture et
SIEGE A FLORENCE
du commerce, les approvisionnements d'eau daos les
Avec succursales dans les principales villes de J'Itahe.
villes, les usioes et fabriques a créer les travaux d'utilité publique, les emprunts publics en un mot toutes
COlllTI&gt; l"T SJ;CCUR::,ALE A PARIS,
.
'
'
destinées a augmentPr
la richesse
du
1es entreprises
45, rue de Provence.
pays, seront le hut des opérations de la Société, et assureront a ~a ~ompagnie des bénéfices importants.
CONSEIL D'ADllINJSTRATION.
La Soc1été possede dans ses archives un certain nomPrésident.
bre d'affaires complétement étudiées dont elle entreSon, . Exc. ~e ma~q_uis Cosn10 RmoLFI, ancien ministre prendra immédiatement l'exécution. '
d Etat, v1ce-pres1dent du Sénat italien, etc. etc. a
~
Floren ce.
'
'
Directeur général.
Ll•: S MA:-GASINS DU LOUVRE
M. Cn. BuRuu, administrateur de la Banque du Sud et
L'.établissement des Magasins du Louvre a produit a
des Péninsules, a Florence.
Pam, daos le commerce de la nouveauté une véritahle
Vice-présiden Is.
~ra?sformation Tout en ne vendant q~e des produits
S. ~xc. le prince CnA11LES PoNIATOWSKI, graod-croix, etc., ir~~prochah_les, de qualité supérienre, et sortant des prea Florence;
m1eres fabriques de Fraoce, les Mogasins du Louvre ont
M. le baron de VrncE:-T, ~ommandenr de la Lérrion inauguré péri_odiquement des ventes qu'on peut citer
d'.honoeur , ancien préfet, aocien conseiller d'itat, comme des m,racles de hon marché et qui.ont fait date
3enateur, a París.
daos l'histoire de la nouveauté a Pa'ris.
Membres.
MM. P. A. m BAGN"ANO' comte M
.• ~e~ ~ aga~ins du Louvre ont ainsi montré la puissance
. ..,
ASETII, gonfalonier 1rr~s1st1ble. d'u.n établisseme,n_ t q,ui ne fait que les plus
(ma,r..,,, a Florf'nce;
Marquis A~DREA GARkEGA, des dncs de GALLIERA ;~:l:~~-perat,ons, parce qu il s appuie sur un capital
soc1trli GKNÉRALI!

ANO:ffllR

administrateur des chemios fer L1vournais, a Fl;
rence ;
Chevaher Cn. CERIASA (freres Ceriana), r¿gent de
la Banque nationale il'ltalie, baoquier a Turin;
Baron A!iTo;-110 CmARAMoNTE BoRDONARO, banquier a
Palerme;
Che,alier FENZI (Emm. Feozi et O•), banquier a
Floren ce;
Baron ~nENco (French et Ci•), banquier a Florence;
Chevaher A. 01 Lo11E:--zo (!rilres di Lorenzo), régent
de 1~ Ban11ue de Na1lles;
Marqms LorrtRJ:-Go DELLA STUFFA, chef de l'lnttindance générale de la liste civile dn roí. a Florencc ·
Chevalier füzzo:,¡1 (de la maison A. Uboldi et (;it)'
banquier a Milan;
'
N. PAcm1, hanqu,er a Ancone;
Ce. QoARTARA (Quartara frcres), ban'luier a Genes·
P. ~oooc.uucm (Rodocanacbi fils et Ci•), banquier ~
L1vourne;
Che~a~ier Cu. SMITZ (Smitz et Cappezuoli), consul
general de Prusse, adminislrateur des chemins
de fer Livournais, ¡,résiilent des chemins de fer des
Ma remones, hanr¡uier a Floreoce;
EsrnoE TAGLJA_BuE, banquier a Milan;
8AYVET, offic1er de la Légion d'honneur ancien
maire a Paris, ancien vicc-président de Ía C:hambre de commerce de Paris membre du ConseH
municipal de la Ville de Paris, censeur de la Baoque de France, a Paris;
Vic~m_te NAPOLEO~ OucnATEL, commandeur de la
Leg1on d'bon~e~r, ancieo préfet, ancien pa1r de
Francc, adm101strateur des chemins de fer de
l'Ouest, a Paris ·,
A. FERoT, Chevalier de la Légion d'honneur :inci~n directeur général de l'exploitation des'chemrns de fer de l'Ouest, a Paris;
LEFEVRE-OURUFLt, commandeur de la Légion d'honne_nr, ancien ministre-des travaux puhlics, de l'aChgr1c;~tture et du commerce, sénateur, a Paris;
eva 1er LE MovNE, comma01teur de la Léofon
d'honnenr, ministre plénip'otentiaire &lt;le Fra~ce
admini,trateur de la Société financiere d'Egypte'
a París;
'
Comte d'HAUTERIVE, officier de la Légion d'honneur
ancien député, président de ia Société financier;
d'Egypte, a París;
J. Rus~u~, propriétaire a Paris;
F. \AN-Dt-:N BROECK, officier de la Lé"ioo
d'hon0
• ;:~{;. consul général des Pays-Bas, banquier a

Secrétaire géwral.
Cheva~ier F. Bm.1.uLT, ancieo banquier,

a Florence.

· bl'1ssement a de capilaUI, plus il peut of.PI 1'.s un eta
fr1r d avantages a sa clientele:
Parce q1ie l'étendue de ses affaires lui permet de traiter avec les premieres fabriques pour des stocks entiers
de m_ar_chandises, que le fabricant peut lui vendre a des
con d1t1_ons pus
1 avantageuses, puisqu'il économise tous
ses frats de vente par une seule opération ,·
par~e q~e 1e capital disponible qu'il a toujours sous
la mam lu, permet de profiter des occasions Jes plus
heure1Jses que pPut ofTrir le va-et-vient des atraires.
Parce qu'en coocentrant sur un seul point tout un
ensemble d'opérations diverses il économise Jui .. meme
tous les frais généraux qui pes;nt sur 110 etablissement
qui ne tient qu'un certain nombre d'articles.
Les ,,•tagasins
· du Louvre ont ainsi inauguré pour le
commerce de la nouveauté, un systeme de ~ente et
d'achat qui se traduit ¡,our le· puhlic en un bienfait incontes_table; car ilans un temps ou chacun gémit sur la
eherte de toutes ehoses,_ Jes Magasins du Louvre, en annon~aot les plus beaux t1ssus, les plus splendides étofles
les pl~s helles soieries, etc., ont affiché des prix qui ont
prorlmt,dans la société parisienne, le plos vifétonnement.
Les marchandises étalées et examinées étaient unanime~ent Jrouvées de prl'mier choix; les chiflres ann?_nre_s éta1ent le plus bas prix qu'on eut J. amais vu.
Cetait le bon et le bon marché; c'était l'utile et t'agréable . TTtil, dulci.
C'est ainsi que, daos les premiers jours d'octobre les
Magasins du Louvre viennent de mettre en vente pour
tous les artic~es qui conceroent l'ameublement, ;n immense assort1'llent de m_archandises dont les prix vont
c;iuser la m_ éme sensat1on que les grandes mises en
vent,e an tér1eurement annoncérs par cet établissemeot.
N est:ce p~s la une bonne fortune véritable pour le
retou~ a ~ar1s de la société élégante, et pour tout ce
trava1l d ame u blement que nécessitent les nouvelles
constructions de Paris?
Cette mise en vente comprend:
_Les choix les plus riches et les plus variés de TAPIS
fa1sant partie des marchés que les Maqasins du I,,mvre
ont pa•sés, en mars dernier, avec les PRE!iJERES FABRIQUE:5
DE FRANCE ET o'ANGLETERI\E (douze mil/e .,ieces a 'ab"•quer
"
" ter septembre
'' ••
s,1r des ,,e~sins
exclusi/s), et livrables du
au 1" octobre.
Cette immense opération, qui présente sur les cours
actuels une d1fiér~nce nE FLus DE JO POUR Ct'iT, va perme~tre aux Magas,ns_du Louvre d'ofirir ces magnifiques
tapis aux plus ~as pr11 que cet article ait jamais atteints.
. A cct asso~t1meot de tapis, les Magasins du Lour·re
aioutPnt la m_1se en vente d'éto(fes pour meubles, et TROis
ll
d d
b dé
p~%~::e ::~li~:~1 ro s, brochés, et de guipure de

.:;n Marpon, libraire, 4 a 7, galeries lle l'Odéon Pt
Banquiers de la Socitté e,¡ ltalie.
Cette mise en vente sera, comme im¡,ortance et comme
,.,,_tous les lihraires: BrnuorneouE N!TIONALE. - Col- M~. Em1. FE~z• et Ci•, a Florence, et leurs correspon- extreme bon marché, la plus remarquable qu'on ait eu
dants.
eocore a con_stater jnsqu'a ce jo•.ll'. C'est le ntc plus ullt·a
.
des meilleur~ wdeurs anciens et modenie~, format
des comb10a1sons economiques .
'25 c. l_~ vol. (35 c. franco pour toute la France). PROSPECTUS.
. L_e~ Magasins du Lom:re, en organisant ces grandes et
. : · oot deJa paru. - Cette jolie collection obtient un
La Société généralp d'entreprises industrielles en Ita- JUd~c1euses operat1ons, rendent réellement a la société
de vogue, qu'elle mérite a tous égards.
líe a été décrétée pour développer le commerce et !'in- par1S1enne le plus signale des services. Ces bas prix
dustrie de la Péninsule.
fabuleux pré~entent, en efTet, une agréable compensation
L~s s~ccursales, a_gences ou corrrspondances qu'Plle avec la h~ussr cro1ssante des autres produits. L'étahliset 1:S,~irées daosantes et musicales du jardin '1ahille
lllo' 11d¡ardm des Fleura seront continuées pendant le v~ etahhr dans les cmquante premiáres villes de la Pé- sement a 10aug~é cette voie heureuse, et le soeces l'y
18 octobre.
mnsule en S1c1le, daos les Marches, l'Émilie, l'Ombrie, pousse plus hard1ment que jamais.
H. v.

:-32,

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L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

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L'UOG!JRATIO~

de la

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~

STA'fUE DU GtNtRAL PAJOL.

Dimanche, 28 aout, se faisait a Besan~on
l'inauguration solennelle d'une statue du général Pajo!, l'un des membres les plus brillants de celte pléiade de généraux que la
Franche-Comté a fournis a la Révolution et
a l'Empire. Ce beau morceau de sculpture, en
dehors de son mérite incontestable, présentait
un intéret tout particulier : i1 est l'reuvre
d'un ténéral de l'armée fran~ise, et ce
général s'est fait statuaire pour bonorer la
mémoire de son pere, et offrir celte noble
image au berceau de sa famille.
A trois heures et demie, heure annoncée
par le programme, les membres du Conseil
général du Doubs, ayant a leur tete leur président, Son Excellence M. le marquis de
Moustier, ambassadeur de France a Constantinople, et leur vice-président, M. LatourDumoulin, député du Doubs, entraient daos
le rond-point de Chamars et venaient pren-•
dre place sur une estrade située a droite de
la statue.
Quelques instants apres, arrivait le cortége
officiel. La statue du général Pajo! est digne
en tous points de l'accueil enthousiaste dont
elle a été l'objet. Elle tiendra, comme reuvre d'art, un rang distingué parmi les monuments analogues que possede ,a France.
Le général Pajol, l'un des plus beau:x hommes
de son temps, avait l'attitude ma,tiale; il portait haut la tete, et sa figure, d'une régularité par.faite, respirait la soudaineté d'intelligenee, unie au calme et a l'énergie : ríen
qu'a le voir, on devinait qu'il était né pour le
commandement. Tout cela est fort bien rendu
par la statue; le mouvement en esl simple et
expressif, le modelé consciencieux et vrai, les
acceuoires étudiés avec soin et arrangés avec
art.
H. CASTELMANS.

......

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VoLONTAIRE

17!)2

CENERAL EN ÜHEF 1812

tTilLISSEMENT TlIERMAL DE LA FRÉGATE
la Vllle de Parls,
S11r la &amp;int, 411 ponl Royal, quai d'Or,au. ... •

Les guérisons merveilleuses, obtenues par
les bains de roer et les établissements thermaux, onl popularisé en France l'usage des

____

'.0,1!.
..
STATUE DO GÉNERAL COllTB PAJOL, INAUGURÉE A BESAN{:ON LE t8 AOOT 1864,

~,...,...

ÉCHECS.
PROBLÓIE

r,¡•

no,

ACTEOR A.'iCIEN.

Les blanca font mat en cinq coups.

leurs príncipes chimiques, réduits a l'état de poussiere,
pénetrent dans tous les tissus du corps humain.
RÉBUS,
On peut done proclamer hardiment que Paris possede
désormais un vaste établissement tbermal, daos le sens
le plus étendu du mot, puisqu'il offre a la fois et les bains
de roer et les caux les ¡,lus renommées de l'Europc.
Et remarquez avec quels avaotages ! - Plus de déplacement, plus de fatigue, plus de dépenses extraordinaires de villégiature, plus d'absence pour les affaires
el les travaux ! Le m_alade, le fonctionnaire, le négociant, etc., etc., saos quitter París, oot l'eau de mer
et toutes les eaux sous la main. 011 reqoit méme l'ea,, de
mera domicile; chacun sait que pour le~ enfants d'une
faillle constituLion c'est la uo stimulant efficace. Ces conditioos économiques mettent ces baios a la portée de toutes les rortunes. C'est la un bienfait immense pour les
ramilles, et l'adminisration supérieure l'a parfaitement
rcconnu, car une décision ministérielle et un arreté
préfectoral ont immédiatemeotautorisé cette exploitation
El.FLICATION DO DERNIER RtBUS:
comme répondanl a un besoin d'utilite publique.
Lepatronage du corps médica! et les excellents résulLa littéralure est-elle appelée i gagner avec la libri
tats constatés par les praticiens les plus distingués, dé- théatres?
_ __,..,....,....--uile.&gt;--•---montrent d'ailleurs, par des faits, et le succes éclatant
SOLUTJO!'iS EXACTES DU l'ROBIDIE Nº { 75.
de l'établissement, et les immeuses services qu'il est apMM.
Henry
Frau, Bacquet, G. Baudet, Lea Ricardo,
pelé a rendre a la population parisienne.
H. V.

SOLOTION DO PROBWE Nº i7:i.

Blancs,
D pr. F
T i• c. du R échec

!l'oirs.
T pr. D (a)

P 5- c. du R
C Se c. du F du R écbec. Mat.

(4) 81 l'uoe des Toun se place sur a diagona,e, commaudée par a
J1u1e, (;atalier a• we du Fou du Roi et Dame matlt.

eaux. Toutefois Paris,qui représente seul
sa banlieue, le viogtieme de la FranCC:
sa population, avait été jusqu'a. présent
des avantages d'un établissement therm
et la capitale, qui aspire a devenir un gr '
port, ne pouvait prendre des bains de mer.
On sait, en effet, que cette pbrase stéréo.
typée de h chronique parisienne, u Tout Parfa
est au:i: eau:i: ! » représente a peine, ch141e
année, le départ de quelques milliers de pe,.
sonnes. La masse de la population, retenae
par ses travaux, par ses intérets, par ses ai,
faires, par ses obligations de toutes sor1e1,
reste sédentaire a Paris. Et c'est P0111'1111
cette foule immeose qui a le plus besoin •
régime fortifiant des eaux; car c'est elle q11e
le travail fatigue et aflaiblit, et c'est ¡ ..
que les propriétés bieufaisantes de l'eau •
mer peuvent donner l'énergie qui lui esi 116,
cessaire.
Cette !acune regrettable de la vie par.,
sienne est aujourd'bui comblée par l'ÉtaWfl.
sement .thermal de la Frégate la Ville de P--,
sur la Seine, au pont Royal.
u Quoi ! transporter de l'eau de mer ¡ París ! &gt;l s'est-on écrié toul d'abord. Et l'on 11
réflécbissait pas que c'est la, en définitne,
une idée toute simple et vieille comme le
monde. Les caravanes transportent a tmen
le dé~ert d'énormes quantités d'ean, et q.
jourd'hui on transporte a Constantinople •
l'eau du Nil, pour les dames de Sa Haulelt
le ·sultan.
Avec nos voies ferrées, ríen n'étaiL .t.
plus f:i.cile que d'établir des bains de me,
il. l'aris, et le succes de vogue obtenu ,l'organisation bien facile de ces bains sur la
frégate la Vil/e de Paris, démontre qui
surfisait d'organiser ce service pour réussir.
Bien mieux, un nouveau systeme de 6all
hydroféres de M. Mathieu (de la Drome), im,
tallé sur la frégate avec tout le confortaWe
désirable, permet d'administrer, au centre•
Paris, des bains de Vichy, de Condillac,•
Plombieres, des eaux-meres de Salins, •
Kreutznach, enfin de toutes les eau1 mini• rales connuea en Europe.
Et qu'on ne ~•imagine pas que ce soit lla
systeme de balnéation inefficace et sana profit. Le rapport de M. Poggiale a l'AcacNa
de médeciue a surabondamment prou,é q11
l'l1ydrofére, daos lequel le liquide ne íait ..
passer rapidement au contact de l'air, •
décompose pas les eaux minérales, et ..

AuG. MARc, directeu7'1lérant.
Em,. TnIER, rédacteur en ch8f.
PARIS,-1.Ml', DB L'ILLUSTR.lTION, A, IIARC, t!, RUE DE VBMEUlL,

Brezin, a Paris, L. Bonnin, Ed. de Vaucelle, Melfre, aN
stiennon, de Meurs, Rombaut, Cercle littéraire d'
E. Poucin, J. Planche, E. Frau, Capitaine Chuouaet.E.
let, Briquet, A. Damotte, D• Revel. Café de l'Europe, l
riol, F. Tillelongue et J. Castinel, Jules Borchard, t.erdl
Lezignan, Café Moliere, i Nantes, L. Lefrancq, V. Th'
Eugene )(or¡¡sn.
J. A. de R.

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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1128, Octubre 8</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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