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L'ILLUSTRATION,
IOUBXAL UKIVEBSBL.

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miné-

Direetion , Rédaetion, Administration :

22 8

ANNÉE.

VOL. XLIV.

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t 84U.
L'admioistralion ne ripond pa1 des manuscrils et ne 1'engage ¡amais i les insérer,

SOMMAlRE.

Grav11re1·: Académie impériale de musique Roland a Roncevaux.
Grands Prix ,t eovois de Rome (5 gravures). - M•• L•~rang•, caola•
trice du Tbélitre-llalien. - A,cension du ballon le Géa11t, i,. Bruxelles.
- Les ruines d'Ani (3 gravares). - Le mar•cbal Narvaez, presiden!
du Conseil en Espagoe. - $tatue de brooze doré, récemment découverte a Rome. - Chemin de fer don Pedro JI (3 grRVures). Statue de Benoit Raclet, inau~urée le 3 octobre i,. Romaoécbe. - Machine a fahriquer les tui!es, carreaux, tuyaux et briques creases. Appareil de labourage vapcur . - Rébus.

lrnle politique de la semaine. - Courrier de voyoge. - Grand¡ Prix
ti ..,oi1 de Rome. - M•• Lagrange. - Ascénsion du Géant a
Bruullet, - Cbronique musieale. - Le maréchal Narvaez, duc de
V1leoce. - Corrupondaoc-. d'JIA!ie. - Les ruines d' Ani. - f.ourrier
de londm. - Cbemio de fer don Pedro II lBrésil) . - lnauguration du
buste de Beuoit Raclet. - Machine a fabriquer les tuiles, briques
ereuse', etc. - r.orrespnndance d'Algérie. - Le Palaméde fran~ais. Appareil de lahoursge a npeur.

8amedi t&amp; Oetobre

Vu les traite!, la. traduction et la rep,oduelion

a l'élranger !Ont Ullerdites.

BUREAUX : RUE RICHELJEU·, 60.

-1

a

S mois 9 fr.; - 6 mois, 18 ír.; - unan, 36 rr. ¡ - le numéro, 15 e,
la collection mensuelle, 3 ír.; le volume semestriel, lk ír.
A.BONNDIENT8 POUR L'ÉTRA.NGER 1
Mémes pnx; plus les droits de poste , suivant les tarifs,
Les abono. partent du I er n• de cbaque mois.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Toutes les pieces diplomatiques relatives a la convention franco•italienne ont passé sous les yeux du public.
Le Moniteur a reproduit l'acte, son protocole, sa déclatíon, et les dépeches du ministre des affaires étrangeres

t lioa

IS pro-

1.démie
vé que
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air, ne

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aNbleli

l'Aulnlf•

et,E,Val&gt;e, i JI'
:::ercle dr

hiondlt,

le R,
ACADIÍAUB llll'ÉRIALB DE MUSIQUE ROLAND A RONCEVAUX, ACTB 3', SCENE 4 (voir la Chr011ique muricale,rpage 11'6).

�L'ILLUSTR¿\TION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, .JOURN AL UNIVERSEL.

de France a ses ambassadeurs a Rome et a Turin. dans leurs foyers, et l'on assure qu'a la marine, l'ordre
CO(JBBIEB DE WO"IAGB.
On sait officiellement que le roi d'Italie s'est engagé a serait donné déja. de ralentir les armements.
Ces
mesures
seraient
évidemment
les
plus
propres
a
décréter la translation de la capitale de son royaume
ny a deux ans, je pa.~sai un mois aAix-les-Bains,
dans l'endroit qui sera ultérieurement cléterminé par ce rétablir rordre dans les fin anees et a faire renaitre le
crédit, que les dernieres agitations ont contribué a dé- Savoie. Je ne pouvais me mettre ama fenetre sans ª!letsouverain;
cevoir, de l'autre coté du lac de Bourget, - le lac. de
Qu'il ne Jaissera pas attaquer le territoire du saint-pere précier encore.
M. de Lamartine, - une cime apre et nue, qui te!'liA
Rome,
l'ordre
de
Malte
aurait
deman~é
a
e~e
et empechera, meme par la force, toute atteinte venant
chargé de l'organisation de la nouvelle armee pont1fi- nait désagréablement la plus maussade muraille de
de l'extérieur contre ledit territoire;
.
.
montagnes que j'aie vue de roa vie; oette cime s'appeUe
Que la France retirera ses troupes des Etats pont_1fi- cale. Bien des projets ont été retirés des cartons; ces
la
Dent-du-Chat. Si peu engageante qu'elle fut d'a.~!&gt;ed,
caux graduellement, et a mesure que \'armée du sa1~t- divers plans different des idées formulées, en t 860, par
je
me disais tous les jours en la regardant : demain,l)
pere sera organisée; que l'évacuation devr:i. néanmoms Je général Lamoriciere, en ce qu'ils proposen~ tous _un:
monterai.
,
sorte d'organisatiqn d'armée catholique, qm ~erVJra~t
etre accomplie dans le délai de deux :rn~;
,
Le
temps
se mit a la pluie, et je quittai Aix-lf.s_
Que le gouveroement italien s'int~rd1t toute recla.ma_- non-seulement aux États du pape, mais qui sera1t
Bains
saos
étre
monté a la Dent-du-Chat. Je l'ai toa.
tion contre l'organisation d'une armee papale, composée mise, au besoin, au service de la cause ireligieuse, par
jours
regretté,
surtout
d~pui:. qu~ des am!s, qui•en ont
meme de volontaires catholiques étrangers, suffi~a~te exemple, en Orient.
fait
l'ascension,
m'ont
d1t
qu 11 o y en ava1t pas de plus
Tous ces plans ont quelque chose de chevaleresque
pour maintenir l'autorité du saint-pere et la tranqmlhté,
ennuyeuse et de pli1s fatigante ... L'esprit de l'homme
qui
ne
va
guere
a
notre
temps,
et
sont,
par
coméquent,
tant a l'intérieur que sur la frontiere de ses États, pourvu
est vraiment quelque chose de bizarre.
que celte force ne puisse dégénérer en moyen d'attaque un peu chimériques.11 est probable qu'on s'en tiendr~ a
Je ne suis pas allé me promener une seule fois 11
ce
qui
s'est
fait
en
f
860.
On
ajo~tera
seuleme~t
une
lég1on
contre le gouvernementitalien;
Peyrou, - et quand on habite Mont?ellier pendant 111
polonaise,
qui
sans
doute
arr1vera
a
un
ch1ffre
respecQue l'Italie se déclare prete a entrer en arrangement
mois, c'est une promenade qu'on fatt souvent, - 11111
pour prendre asa cbarge une part proportionnelle de la table. u serait aussi question de former des ~orps par
Jangues, par nation : lé~ion frauco-belge, lég1on polo- que mes yeux s'arretassent longtemps sur une m1111e
dette des anciens État~ de l'Église;
sombre, qui semblait isolée au milieu de la me~, et qui
Que le délai de six mois pour la translation de la ca- naise, tégion irlandaise, légion espagnole, etc. Le pa~e
se détachait, imposante et gigantesque, sur le c1el bleu.
pitale de J'Jtalie commencera, .ªi?si que l_e délai_ de deux a toujours caressé l'idée d'avoir une larmée composee Et chaque fois je me disais, comme en fa.ce de la Dentans pour l'évacuation du terr1ton:e p?nti~cal, a ~a da!e de soldats de toutés les nations catbolique~.
,
D'apres les correspondances italienn.es, le _gouvern_e- du-Cbat: « J'irai voir cela de pres. n
du décret royal sanctionnant la 101 qui va etre presentee
C'était
l'église
en
ruines
de
Maguelone.
ment pontifical aurait résolu de para1tre, smon sattsau parlement italien.
.
nu temps que Montpellier était un petit village loll
Nous n'avons aucune observation nouvelle a fa1re sur fait du traité, du moins tranquille sur les conséquenc~s a fait inconnu dans l'bi~toire, Maguelone était lllle
~es nouveaux documents. Le texte officiel de la conven- de ce traité. n parait certain qu'il se dispose a orgam- grande ville tres-célebre. Elle eut, ~e ne sais trop poar
tion ne differe en ríen du texte télégraphiq•1e. La dépe- ser son armée, et qu'il agira et fera tous ses efiorts pour quene· raison, le malheur de déplaire a Ch_ar~es_ Mutel
che de M. Drouyn de Lhuys a M. de Malaret, m!n!s_tre de sauver sa périlleuse situation. «Ainsi, dit un correspon- Ce terrible homme ne badinait pas, quand 11 eta1t eaeoFrance a Turin, n'est guere qu'une seconde e~1t10n de dant, ni sortie des gonds, ni manche apres la cognt!e, tel est lere : il détruisit tout simplement Maguelone, et si biea,
la dépecbe adressée par le meme a M. de Sart1ges. La Je mot d'ordre qu'on semble avoir adopté .. 11 Le ?ºu:er- que les habitants, saos abri, vinrent se refugier a_llotllsituation reste done dans toute sa simplicité et sa clarté. nement romain, en •m mot, croit pouvo1r ~orl!r VJcto- pellier, qui devint une ville. Plus tard, cependant,_ 1I r~
L'armée frangaise sort de Rqme, l'armée italienne ?'Y rieux de la position qui lui a été faite par le traité du que Ma"uelone se soit relevée des coups que hu llll
entre pas, et le pape y reste. Le gouvernement pontifi- t5 septembre; et s'il réussit, tant miem: ! c'est qu'il aura
portés rude marteau des Francs, ~ar elle se batit ~
cal rentre dans la situation ordinaire de tous les_ gou- avec lui la population romaine.
tres-belle
église; celle qu'on aper~o1t du Peyrou, etq11
A l'intérieur, peu de cbose. La nomination .de nouvernements. U &amp;. une armée a tui, des fin anees a lm, une
tentait
ma
curiosité.
administration alui. S'il se·fait accepter des gouvernés, veaux sénateurs: M. le duc de Montebello, ancien amSi
je
n'ai
pas vu la Dent-du-Chat, j'ai vu l'église de
personne n'a rien a dire; si, au contraire, les gouvernés, bassadeur, M. l'arcbeveque de París, M~. Boinvilliers et
Maguelone.
,
.
.
mécontents, se soulevent et renversent le gouvernement, Godelle, vice-présidents du Conseil d'Etat, M. A~olphe
Le
voyage
est
plus
facile
que
l_ascens1on.
D_eux
lieaei
qu'y faire? Peut-on reprendre les arm~s pour _replac~r Barrot ancien ambassadeur, M. le comte de Sahgnac- en chemin de fer une lieue a p1ed ou en vo1t11re, 1111
les Romains sous l'autorité du souveram pont1fe? Ma1s Fénel;n, ancien mini~tre plénipotentiaire, M. Chabrier, traversée de dix ~in utes en bateau. Voila qui est l la
alors il aurait fall u les prendre pou'r faire rentrer les ancien conseiller-maitre a la cour des Comptes, et M. le
porlée de toutes les jambes.
Toscans et les Napolitains sous l'obéissance des Haps- comte de Nieuwerk.erke entrent au Sénat. Quelques
Le cbemin de fer traverse un paysage assez mo•
changements
aussi
dans
le
personnel
diplo~~tiq~e
:
M:
le
bourg-Lorraine et des Bourbons.
.
tone,
qu'accentuent seulement de temp8 en temps di
Voila ce qui ressort clairement de la convention du baron de Talleyrand, ministre plénipotentia1re a Berhn,
garrigues.
.
.
.
t5 septembre. Nous l'avons dit des le premier jour, et passe a Saint-Pétersbourg en qualité ~•ambassadeur, et
Les garrigues sont des mont1cules p1erreux, o~ poate
est
remplacé
a
Berlin
par
M.
lienedett1.
.
.
nous ne pouvons que le répéter aujourd'hui.
.
Nous avons dit un mot, la semaine dermere, de la c1r- une végétation sauvage, et qu'babitent volont1e~ d'6Autaut qu'on en peut juger par la lecture des_ f~uilles
normes araignées-mygales, qui sont bien les ¡,los msí:
autricbiennes, le pape, s'il 5'.adresse au cabm~t de culaire par laquelle M. le ministre de l'instruct!on pu- nieuses vilaines beles qu'on puisse imaginer. Elles 11•
Vienne, comme on \'avait donné a entendre, ne do1t pas blique étend le cercle de l'enseignement snpér1eur, en vent au fond d'un trou, fort proprement creusé: eecl
s'attendre a en recevoir une réponse bien satisfaisante; engageant les professeurs de Facult~s a f~i~e des le~?ns est l'enfani:e de l'art pour des araignées; mais ce INI
l'Autricbe se résigne a l'abstention dans la question daos le genre de celles qui ont eu lleu, 1h1ver de~mer, est entouré d'un fascinage de brins d'her~e~ 011 de rt
a la Sorbonne. L'État a le droit et le devoir d'enseigner,
romaine.
nous
ne saurions done trouver mauvais qu'il les exerce milies, travaillé a vec une adresse, une soltd1~, un 1011
LPs organes ministériels, daos un examen approfondi
tous
les
deux, mais nous ne pouvons l'approuver de merveilleux : les soldats du génie ne font r1en de plll
de la convention, déclarent qu'il est impossible de se
1A
faire
de
l'enseignement un monopole. Que les profes- achevé.
méprendre sur la signification réelle du traité. En déOn descend de wagon a la station de_ Villeneu,e.
seurs
dµ,s
Facultés,
les
membres
des
sociétés
savantes,
pit des circonstances, de~ ménagement~, ils_ ª:ouent
premiere maison du village est une ma1son toute !MIi
qu'une chose s'en dégage nettement : le prmc1pe du reconnues d'utilité publique, répandent la science dans et fort ornée. Sur la fagade est sculpté u~ persono~•
le pe1iple, rien de mieux; mais p?urquoi inter~ire l'!xerdroit national.
1
cice
des cours publics aux vocat1ons non offic1elles. Les costume d'alchimiste, tenant un alamb1c a la mam.O
On ne se fait done, a Vienne, aucune ill,usion s_ur la
personnage est Arnauld, un enfant de Villeneu,e,
convention franco-italienne. Dans les organes hah1tuels conférences de la ~alle Barthélemy auraient ouvert une
Je premier, distilla l'alcool.
.
.
du gouvernement autrichien, la portée et lei con~é- voie féconde dans laquelle toutes les villes de France
Au
moment
ou
nous
trave!'lHOns
V1llene11ve,
_des
quences de cet acte sont envisagées avec une cla1r- s'appretaient a entrer. N'est-il pas facbeux qu'on arrete
es
char"ées
de
vendange,
revenaient
des
v1gno~
voyance qui ne ce-le en rien a celle des fP.uilles ultra- cet élan, ou qu'on cherche a le confisquer au profit de tur '
. ·
les pressoirs" trava1lla1ent
a f~rce, ~t 1·¡ _Y av~_1·t dans
. 'od!'Ir
montaines, et la grande préoccupation des journaux de l'État? S'il est une concurrence que l'État devrait accep- une odeur de raisin foulé, qm aura1t bien reJolll l
,Vienne semble etre, pour le moment, d'écarter toute ter etsollicitermeme, c'est, a coup sur, celle du dévoue- du bon Arnauld, s'il avait pu la respirer.
idée que l'Autriche veuille prendre une attitude mena- ment individue! dans l'reuvre glorieuse de l'éducation
En vingt minutes, nous arrivames a l'étang de ._.
gante. A cet efiet, ils proclament a l'envi que la réduc- des ruasses.
lone. L'église se dressait devant nous_, et P~~ un
EoMOND TumR.
tion de l'armée autrichienne est imminente; que cette
lier pour nous faire passer l'eau; il fall~1t en
réduction projetée, d'aílleurs. bien avant la convention
chercher
un a Villeneuve, d'ou nous vemons, et
'
.
du 111 septembre,
s'étendra aux troupes de la Vénélle,
venir
a
l'étang,
et la journée était des plus c~audes.
PRIME DE L'ILLUSTRATION.
et que les arrangements pris a l'égard de Rome entre la
- Mais dira un géographe, ?tfaguelone n est pas
France et l'ltalie, n'en retarderont pas l'accomplisse' presqu'ile, et daos une presqu''lI e OD
&lt;EUVR.ES NOUVELLES DE GAVARNI.
ile c'est une
ment. ns ajoutent meme, - faut-il les croire? - que des
'
· saos doute, mais souvent
arriver a pied sec. - Om,
ordres ont été expédiés a ce sujet daos. le quadrilaPar-ci, par-la, et Physionomies parisi~nes, splen- un grand détour: il nous aurait fall11 deux beures
tere.
dide col\ection de too sujets, tirés snr cbme par Le- faire Je voyage par terre.
.
D'un autre coté, en dépit des bruits de g11erre qui mercier, formant t magnifique 1&gt;olume grand in-4º colomNous nous décidames a retonrner a V1lle?euTe,
commengaient a c\.rculer a Turin, le nouveau ministere bier relié en maroquin et doré sur tranches :
Le premier pecbeur que nous y rencontra~es se .
'
italien, qui semble ne pas croire a la guerre, est dégea de nous conduire par eau. Nous ne pouvio~ t
SO fr. J.U Lllm DI 110 fr.
cidé, assure-t-on, a réaliser immédiatement de fortes
tomber : c'était un brave homme, qui n'était polD t
5 fr. en sus pour l'envoi franco daos une cais.se,
économies. Or, les seules économies permises que l'on
qui lisait lorsque la pAcbe tui en laissait_ le temps, e
puisse opérer, consistent a réduire l'effectif de l'armée pour la France continentale. Les souscripteurs de tirait profit de ses lectures. 11 se nomma1t...
et aralentir les dépenses de la marine militaire. 11 se- l'Étranger devront le faire réclamer par leurs corresMais non, j'ai, pour ne pas vous apprendre son
rait ¡uestion du renvoi de cent cinquante mille hommes ponrlant~.

1:

~:t

raisons que je vous dirai plus tard. 11 prit pour maun marin de la marine impériale, qui avait fait
'expédition de Chine, ~~ q~i ne s'était _Pª~ assez enrichi
ies dépouilles du pala1s d Été pour deda,gner de gagner trente sois en ramant pour des Parisiens.
Noos nous emharquames, nous leva.mes l'ancre et
005 commen~ámes a voguer sur \'étang. Ie suis daos.
~e pays dn pr~térit défini, ma foi, j'en profi~e.
Cet étang de Maguelone est bien le plus malpropre
que je connaisse : cbaque fois que les avirons s'enfon~ent daos l'eau, une a_ffreuse_ vase noire montait a la
surface, qui •ous donna1t des 1dées de peste et de fie••
,re. S'il en hait ainsi du temps de Charles Marte!, ce
fot no service qu'il rendit aux Maguelonais, que de
leor ra.~er leur ville, et peut-étre l'histoire a-t-elle calomnié les intentions d'un bon prince.
Non~ abordames. La masse noire, que je voyais de
Montpellier, était, de pres, un édifice d'une teinte blonde
et dorée, qui s'harmonisait admirablement avec \'azur
roncé du ciel.
L'église de Maguelone est ruinée ; mais c'est mieux
q11•un débris. Le portail en marbre est entier, et les
scnlptures, dans le gout byzantin, semblent étre sorties
bier des maios de l'ouvrier. A l'intérieur, les voutes robostes, en plein cintre, et l'abside majestueuse, sont de
force encore a porter bien des siecles.
L'église était sombre; et c'était a grand'peine qu'on
pouvait distinguer les figures sculptées sur les pierres
ffépulcrales, enlevées de leurs tombeaux, et appuyées
contre les murs du transept.
La presqu'ile de Maguelone a été acbetée tout entiere
par un tres-ricbe négociant de Montpellier, qui est de,eou ainsi propriétaire de l'église : des réparations ont
été commencées par ses soins, et le bruit court que son
61s aurait dit : « Ie veux me marier daos l'église de
Maguelone restaurée. »
Ainsi soit-il.
Le toit de \'édifice, formé de larges et belles pierres,
est un tres-commode observatoire, d'ou le regard embra..c;se un admirable panorama, qui ne ressemble guere
ace qu'on voit ailleurs : d.'un cóté, la mer; de l'autre,
d'immenses étangs, la -plus riche campagne, Montpellier
daos le lointain, et a l'borizon, des montagnes aux belles
lignes et aux teintes superbes. •
En nous ramenant de l'autre coté de l'étang, notre
pécbeur nous donna quelques détails sur l'ancienne
Maguelone : (( C'était, nous dit-il, du temps que Montpellier et Villeneuve n'existaient pas. 11
dlontpellier et "illeneuve... 1&gt; Qu'en pense Montpel-

lier7
Cd ier enfant de Villeneuve nous raconta un bon tour
que joua jadis un éveque de Maguelone a un des grands
dignitaires de son clergé.
Ce pretre avait formé le projei de renverser le pouttir de l'évéque; il mit plusieurs personnes daos sa
conidence : un complot fut tramé.
Le prélat apprit ce 11ui se passait.
0n était a la veille d'un jour de féte.
Ce jour-la, le prélat donna la sainte communion a son
Le chef du complot était agenouillé avec les autres pretres au pied de l'autel. L'évéque s'approcha de
luí, tenant l'bostie entre ses doigts, il se pencha, et la
mil sur les levres de son ennemi.
D.se tronva qu'elle était empoisonnée : le pretre ambitieux mourut, la conspiration avorta, et l'adroit éve-•
que con~nua a gouverner paisiblement Maguelone.
Le second de notre pecheur est moins lettré que son
pa1ron, mais sa conversation, a lui aussi, est remplie
d"mtérét. 11 avait commencé a nous raconter la prise de
: « On trouva, nous disait-il, le diner de l'Empereur tout servi dans son palais, avec le fricot a /e,,r mallUre. » Je vous lai~ a penser si je souhaitai~ d'entendre la suite du re,t; malbeut!é1'ement nous étions
ll'l'ités ,a Villeneuve.
f
La chaleur nous avait donné
soif :
e Dn'y a guere, en ce moment,. que du vin doux a
Yilleneuve, nous dit notre pecbeur : il m'en reste ce)lelldant un peu de i'année darniere, si vous voulez bien
e&amp;lrerchezmoi ...
Jiella entrons, nous buvons d'un vin qui u'était pas
du tout, et nous noifs appretons a payer.
1 llessieurs, je vous ai in1&gt;ité1l... 11
Il n'y avait rien a dire, nous serrons la main de notre
Mte et nous partons.
:-Maispourquoi, medemanderez-vous, ne -..oulez-vous
PGmt nous dire le nom d'un si brave homme?

el•

gr4d

_,ais

Ah! voici:
J'avais pour compagnon de voyage un ami 1qui a un
faible pour la bouille-abaisse, et ne manque jamais l'occasion de faire sur ce mets de baut gout des études
comparées pratiques ... ou théoriques, a défaut de mieux.
Ayant un pecheur de Maguelone sous la main, il voulut naturellement connata-e la recette suivie pour la
bouille-abaisse sur une partie du littoral.
Quelles especes de poisson? Quels assaisonnements?
Que! mode de cuisson? Ses questions ríe souffraient pas
q~'aucun point restat dans l'ombre.
Le pécheur répondit sur toute cbose en docteur.
- Ainsi, demanda mon ami, voici les éléments et la
fa~on de faire votre bouille-abaisse:
Et il récapitula tout ce qu'avait dit le pecbeur avec une
fidélité de mémoire qui eut fait envie a to115 les gastronomes.
- C'est bien cela.
- Mais ce n'estpoint du tout la bouille-abaisse marseillaise.
- Oh! monsieur, aMarseille, ils ne savent pas faire la
bouille-abaisse.
«A Marseille, ils ne savenl pas faire la bouille-abaisse !ll
Vous comprenez maintenant r¡ue je n'aie pas voulu
vous nommer mon pecheur; c'e.ut été livrer ce pauvre
homme a la vengeance des Marseillais.
Et plaise au ciel que ce que j'ai dit n'attire pas un
orage sur Villeneuve !
Ie suis alié a Cette, la semaine derniere. Riquet, l'ingénienr du canal du Languedoc, a creusé le port de
Cette, et Vauban l'a corrigé. En dépit de Vauban et de
son génie, ce n'était qu'un port assez incommode; mais
la fortune le favorisait quand meme et lui amenait des
navires, malgré l'hospitalité pen sure qu'il leur donnait.
Aujourd'hui, les choses ont bien changé; le dix-buitieme siecle a donné une jetée a Cette, la Restauration
luí a donné un brise-lames, Louis-Philippe un second
bassin, et un canal qui joint un grand étang Ralé a la
roer.
Cette est devenu le septieme des ports de commerce
fran~ais, et personne n'a plus le droit de lui reprocher
d'etre au-dessous de sa position.
Entre la mer et un étang grand comme un lac, dont
les llols baignent pl1Jsieurs villages, Celte a de l'eau a
sa droite, de l'eau asa gaucbe; ce jour-la, une pluie effroyable le rendait plus aquatique encore.
Quelle pluie !... et quel vent! Ah! la Restauration a
vraiment été heureusement inspirée en faisant présent
a Cette d'un brise-lames. A en croire les peintres et les
poetes, la Méditerranée serait toujours bleue comme un
ciel sans nuages et nnie comme un miroir. Ne vous y
fiez pas; quand elle se mele de sortir de son calme, c'est
bien lamer la plus sombre et la plus violente qu'on
puisse se figurer. Comme elle écumait, comme elle se
tordait, comme elle rugissait, dans cette lugubre apresmidi, comme elle montait, furieuse, 11 l'assaut des rocbers,
et burlait de rage de ne les pouvoir ébranler !
Ce n'était guere un temps a courir la vi lle, aussi n'aije pu prendre, en la traversant a la bate, d'autres notes
que celles-ci : &lt;( Peu de monuments et beaucoup de
maisons peiotes en jaune; un tbéatre, si modcste en ses
dehors qu'on risquerait de le cbercber longtemps sans
Je trouver, si le café qui loge au rez-de-chaussée ne
s'était pompeusement intit1 lé: Café de l'Opéra; un autre café qui s'appelle le café Neptune; 1m boulanger
nommé Tbéodose. 11
Si j'avais eu a Cette le soleil au lieu de la pluie, je me
plais a croire que j'y aurais trouvé de superbes édifices
et toutes sortes de curiosités plus intéressantes les unes
que les autres.
Et Frontignan, la ville au vin parfumé et au nom
charmant, qui du cherr.in rle fer m'a paru si triste et si
maussade, Frontignan m'aurait semblé, a coup sur, la
plus jolie et la plus joyeuse ville du monde et du Languedoc_. C'est un voyage a refaire.
X. FEYRNEr.

GRANDS PRIX ET ENVOIS DE ROME

l'efiet produit par le décret du t3 novembre dernier. Ce
décret avait, on le sait, la prétention de tout changer et
d'obtenirdes résultats meille11rs, en retirant a la quatrieme classe de l'lnstitut la direction de l'École des
beaux-arts, ainsi que le jugement des concours pour
les granrls prix de Rome.
Des cbangements que ce décret avait d'abord opérés
daos les dispositions réglementaires de l'Ecole, il en est
peu resté, au grand· honneur des bommes ill11stre~ et
dévoué3 qui se sont succédé a la direction de l'École,
depuis sa fondation, et qui tous avaient constamment
cherché et trouvé les moyens émulatoires les plus propices a stimuler les jeunes éleves, en meme temps que
les plus conformes a !'esprit d'un établissement que
ces maitrcs considéraient, non comme une école primaire ou meme un lycée pour les arts, mais comme une
sorte d'arene olympique, ou de jeunes talents, acquis au
debors, chez des professeurs de prédilection, venaient
tous les ans lutter pour atteindre une récompense élevée, un brillant encouragement. De ces cbangement5,
disons-nous, il ne reste plus guere que des restrictions
pour l'age des concurrents, la durée de leur séjour a
Rome et le nombre des récompenses.
Nous n'avon~ done pas a nous occuper·maintenant de
l'influence de l'organisation nouvelle; nous ne ponvons,
comme les années précédentes, qu'analyser les différent~
concours, en appréciant la valeur de chacune des oouvres
récompen~ées.
Nous commencerons par reconnaitre que les concours
de cette année ont été généralement bien jugés, saos
en excepter celui de gravure, auquel le jury a refusé un
prix.
Le programme du concours de sculpture demandait
une figure ronde-bosse. Son sujet était ainsi 1mposé
aux jeunes artistes : Ulysse courbe sans peine l' are que les
prétendants n'ont pu ployer. L'interprétation de ce sujet
était facilitée aux éleves par la version fran~aise d'un
passage de l'Odys~ée que nous avons relu avec un plaisir
infini, plaisir qui nous entraine a reproduire ici cet admirable morceau.
11 Ainsi parlaient tous les prétendants; cependant
UlyssP., apres l'avoir considéré longtemps, se dispose a
courber l'arc immense. De meme qu'un cbanteur habite
monte facilement la corde de sa lyre, en adaptant une
clef d'airain au boyau préparé d',me jeune brebis, de
meme Ulysse, sans aucun efiort, tend l'arc magnifique.
Alors de sa main dro.te, faisant vibrer le nerf, il l'éprouve, et rend un son aigu, semblable au cri de l'hirondelle. Les prétendants sont saisis de crainte, tous
changent de couleur. 11
Les dix statuettes produite3 par les concurrent~ inspirés par ce théme, présentaient toutes quelques bonnes
qualités. Aussi }P jury a-t-il accordé deux prix égalll'.,
l'un aM. Delaplanche, éleve de MM. Jouffroy et Fabisch,
l'autre a M. Deschamps, éleve de M. Dúret.
L'Ulysse de ~[. Delaplanche, dégagé de son manteau,
qui forme draperie sur une stcle placée derriere lui, se
tient debout, maintenant de son pied gauche \'are piqué
en terre, tandis que la main gahche, avec une force
lente, mais irrésistible, il baisse l'extrPmité supérieure
vers le bout de la corde déja attachée par le has et raidie
par la main droite.
Le mouvementdecette figure est majestueux et calme;
il est bien celui qui convenait au héros dont la force et
l'ancienne habitude de manier cette arme devaient le
faire redouler des prétendants. Ce mouvcment vrai, en
rapport avec l'idée du sujct, pretait peu a l'aspect général de la statue, et il faut louer M. Delaplanche d'avoir
eu le courage d'y arreter sa pensée.
M. Deschamps, moins fin, moins judicicux dans l'idée
qu'il s'est faite du caractere a donner a Ulysse, a congu
!P. mouvement du héros plus développé, indiquant plus
d'efforts, mais plns avantageux pour l'agencemeot des
lignes; au point de vue de la composition sculpturale,
nous pré(érons sa statue; nous en donnons le dessin.

Un hospice sur une des hautes montagnes des A.lpes,
avec église, couvent pour les religieu:x, logements pour des
ou1Jfie,-s employr~ au déblayement des 1lelges pend1111t l'hi1&gt;er, salles et chambres pour les voyageurs, etc.; tel était le

programme donné aux ar.,hitectee; l'établissement pouvait etre, selon la fantaisie du concurrent, placé sur un
Le pnblic nombreux qui s'intéresse particulierement plateau ou sur un versant.
aux conctiurs de l'Ecole des beaux--arts pour les grands
Un prix a été obtenu par M. Guadet, éleve de M. Anprix de Rome, et par suite aux ouvrages envoyés dré, et un autre prix accordé a M. Dutert, éleve de
cha4ue année par les pensionnaires de l'école fran~aise a MM. Lebas et Ginain; ce dernier éte,e, entré dans la caRome, n'était pas encore appelé, cette année, ajul{er de tégorie de ceux qui sont soumi11 au nouveau reglement,
CONCOURS POUR LES GRANOS PRIX.

�244

plouer. - Pri1 ex-requo, M. Deschamps.

llNVOJ DE ROM!!. - Arg111 endormi par

PRIX DR ROME. - PEINTURE : Homere tlans t'íle de Scyro,. - Grand prix décerné

llercure, tableau de M. Micbel, élé,e de 3• anuée,

tiere est relégué
derriere et assez
loin du logis des
ouvriers. Une terrasse demi-circulaire, &lt;le chaque
coté et en dehors
des murs de soutenement qui servent &lt;l'enceinte,
sert a la fois de
lieu de repos et
d'observatoire. Le
style roman, adopté par M. Dutert,
ainsi que par M.
Guadet, est bien
en rapport avec la
destination d'un te!
édifice : ce style
est supérieurement
traité daos le projet
de M. Dutert; son
intérieur d'église
est un hijou d'une
grande simplicité.
Eu peinture, le
sujet dn conc-0urs,
pris daos l'antiquité, est resté
conforme a l'usige
adopté a l'école
des Beau1-arts depuis sa fondation,
usage que nous
sommes beureux
de voir respecté

a M.

Maillud.

Dieu dont rarc est d'argent, dieu de Claros,
[écóute,
oSminthée-Apollon, je périrai sans doute
Si tu ne sers de guide acet aveugle errant. »
C'estainsi qu'achevait J'aveugle en soupirant,
El prés du bois marchait, faible, et surune
[pierre
S'asseyait. Trois pasteurs, eníants de cette
(!erre,
Le suivaient, accourus aux abois turbulen•s
Des molo~•es gardiens de leurs troupeaux
[bélants.
Jls anient, retenant Jeur fureur indiscrcte,
rroté¡;é du vieillard la faiblesse inquiete.
Jlsl'écoutaient deloin, et s'approchantde luí:
e Qoel est ce vieillard blanc, aveugle et sans
[appui?
Serait-ce un habilant de l'empire céleste?
Ses traits sont grands et fiers; de sa ceinture
[agreste
Pend une lyre informe, et les sons de sa voix
Émeuvent l'air et !'onde etleciel elles bois.»
1

PRI.X DE ROME. - Sculpture : U/yi,e cawit
sans peine l'arc que lt1 prtlendant, n'0111,a

ENVOI DE ROME. - Céru rendant la vie
a Triptoleme. M. Cugnot, 5• aonée.

semble d'a peu pres qu'il a attiré l'attention du jury et conquis ses suffrageE.
En effet, le tableau de M. Maillard
(Diogene Vlysse-Napoléon), éleve de MM.
Cogniet, Cornu et Laemlein,semble etre
un vague rellet des différentes qualités
de ces professeurs. Nous croyons que le
degré d'avancement de cet éleve, qui n'a
que vingt-quatre ans, le rend propre a
l'expérimentation de la décision concernant I'age maximum des concurrentE,
age auquel il nous parait difficile d'avoir
acquis assez de science daos l'art pour
pouvoir profiter surement de quatre années de pension et d'uue large liberté.

. roposer, cette année, aux jeunes peinp
. an t'1q11e :
tres un suJet
• Homére dans l'ile de Scyl'os. - Trois
• unes bcrgers, apres avoir écarté lcurs _
Jebiensqui veulent se
''lancer sur 1u1,
. l' ac:ucillent avec respect et admiration. 1&gt;
Tel est le texte du programme. Nons
rappellerons _le~ beaux_vers d~ l'4v~ugle,
d'Aodré Chemer, qui le delerrrunent
el l'expliquent :

en· faveur de M. Dutert, luí rend son prix et place pour !'avenir la limite d'agc au
1er janvier précédant l'époquc des concours.
M. Guadet a étagé les vastes batiments de son hospicesur un plateaulégerementdéclive;
l'entrée, formée d'un pavillon a arcade basse, est flanquée de constr_uctions basses également, et servant de logements aux ouvriers. De cette entrée, on monte a une terrasse par
un escalier de face, et de coté par des ramp.es douces. Sur la terrasse, a droite et a gauche, se développen~ deux grandes ailes a deux étages, reliées par un porlique a jour qui
forme le centre de la facade. Ce portique donne acces dans une cour en forme de carré
long allant en profondeu~, les grands cotés forment les clollres, et au fond s'éleve l'église
avec sa tour quadrangulaire, puis derriere, un jardiu devant servir a la sépulture des
religieux.
Le plan de Al. Guadet nous a paru remplir parfaitemcnt les données du programme; il
est d'une exécution irréprochablc, fine, cbarmante meme, surtout daos la grande coupe
longitudinale,ou l'on remarque l'ornementation de l'église.
A ce plan, nous préférons cependant celui de M. Dutert; le partí de celui-ci est plus
franc, plus primesautier, Ees dispositions satisfont davantage les convenances; l'ageucement de ses batiments, destinés a des usages si divers, nous paraitde meilleur gout;
ainsi il aplacé daos une premiere et grande cour lés baliments destinés aux voyageurs;
ses logements d'ouvriers sont reculés au dela du j:i.rdin qui touche au cloitre, et son cin'te-

a vu un instant son prix retiré, pour
avoir compté douze heures ue plus
a ses vingt-cinq 1ns. Douze heures
de nuit, peut-etre ! et alors que la
limite d'age avait été fixée, saos réflexion, a l'éµoque de l'entrée en
loge, époque dont la fixité pouvait
varier chaque année pour des causes
relativement insignifiantes, comme
un jour de fete, par exemple. Une
récente décision , prise a la suite
d'une requete présentée au ministre,

245

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNlVERSEL.

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

par le conseil supérieur d'enseigoe,
ment de l'école. Du reste, ce conseil,
composé d'artistes éminents, la plapart élevés dans les saines lraditiom,
ne pouvail, nous n'en doutions pas,
cherche1· un sujet ailleurs que daos
un thcme consacré, familier a chacon
de nous. Les sujets de l'antiquité, de
quelqJie genre qu'ils soient, amenent
toujours l'élévation de la pensée. C'est
done avec satisfaction que noas
avonR v11 le programme suivan~

Les dix concurrents admis en logc
oot été médiocrcment inspirés par ce
beau sujet, et l'heureux lauréat de cette
année ne doit assurément pas son succes au charme de son interprétation;
c'est plutot, pensons-nous, avec un en-

Envois de Ro,r.e.

--

-: : _ ¡p'r·

A

1t ;°/
•

{,_1

t/

' ..¡"/

l\l"' A, DE LA GRANGE, du Théatre-ltalieD, -

D'apre&amp; uDe phot, de M. Trioquart (voir page '54 ).

Plusieurs pensionnaires de l'Académie
se ~ont abstenus ou ont été empechés
d'envoyer, cette année, leurs ouvrages a
l'exposition de l'École des beaux-arts;
quatre peintres et trois sculpteurs seulement y figurent par leurs reuvres.
Parmi ces reuvres, qu'il convient d'examiner suivant le rang d'ancienneté de
chaque pensionnaire, il en est de tresremarquablcs.
M. Henner, qui termine son séjo1Jr
ele cinq ans a Rome; a envoyé uue
Suzanne au bain d'un attrayant et solide
aspect. Di!Iérents motifs ne nous ont
pas permis ele donner une gravure de
ce tahleau; avant d'en apprécier les qualités, nous reproduirons la cbarmante
description qu'en a faite M. Tb. Gauticr
fil~, dans le Moniteur du 4 de ce mois :
&lt;&lt; Elle a .laisEé ses vetements sur un
banc de pierre auquel vient eftleurer

llNVOI 01! RO:IIE. - Forlt en Catabre, tableau de 11, Gimd, eleve de I' wée,

EXPOSITION DES PRIX DE CONCOURS ET DES ENVOIS DE ROME,

ASGhNSlON \lU BALLON LE Gi:AN1', A IJIILXLI.LL··. -

D'ap1cs uric I hotogra¡,bie de .llll. Ghc,, ar frims, phutograµhcs a Oruiellci.

�246

L' lLLUSTRATf ON, JOURNAL UN IVERSEL.

l'eau, et elle va plonger son corps svelte et jeune dans
la piscine. Un peu saisie par la fraicheur de l'élément
qui serre son pieil droit d'un bracelet transparent,
elle hé~ite et tient encore son genou gauche posé sur le
banc. Elle se croit seule, et cependant, par un charmant
mouvementde pudeur, instinctive, elle cache son visage
derriere son bras qui la soutient, et ne laisse voir que
des yeux de gazelle inquiete.
&lt;&lt; Derriere le petit mur qui clót la piscine, daos l'ombre du feuillage qui s'était fait touliu p'our abriler cette
pudeur, on voit se glis~er les vieillards líbidineux. »
A part la draperie abandonnée de Suzanne, d'un
jaune ora.nge ne convenant pas au plan occupé par cette
draperie; a part la tete, cachée en partie, il est vrai,
mais dont le type paralt manquer de distinction, on
peut louer les autres parties de celte reuvre, qui dénote
de précieuses quahtés de palette et meme de crayon.
A ceux qui ont suivi les études de M. Henner, depuis
son entree a l'atelier de Drolling, cette reuvre, d'ailleurs
si digne d'altention, laisse le regret de ne pas mesurer
suffisamment le talent de l'artiste sous le triple rapport
de l'idée, du senliment et de la composition. Espérons
qu'aux procbaines expositions ~1. Henner se montrera
artiste autant que peintre.
Notre gravure nous dispense de decrire le tableau de
M. Michel, éleve de troisieme année : Argus endormi par
Mercure. Cette ¡ieinture est d'un aspect trompeur, d'une
exécution trop fgale; elle ne captive pas les regards; les
chairs, les draperies, le lerrain, la végétation et le ciel
sont de la meme pate épaisse, épaisse dans les ombres,
épai~se dans les lumieres. Avec la pensée d'etre utile a
M. Michel, nous tui signalons franchement un défaut
grave, rnais nous avons la conviction qu'il pot1rra facilemenl s'en corriger, en se rendaut meilleur compte de
la nature de chaque objet qu'il voudra représenter :
qu'il se rappelle que, dans une tete seulement, on
doit approprier la régularité ou l'imprévu de la toucl!e, l'épaisseur de la pate ou la finesse des glacis,
suivant qu'on peint des parties osseuses, charnues, mobiles, lurnineuses ou ombrées.
Les ouvrages de M. Lefebvre, éleve de deuxieme année, non moins exempts de critique que les précédents,
se présentent avec plus d'altraits. Une femme endormie,
vue de dos, est une étude excellente; un dessin correct,
une couleur vraie eL lurnineuse et un modelé parfait,
font de ce1te toile modes·e une sorle d'augure qui révele
un talent éléganl.
La Nymphe et 1Jacchus enfant, du meme peintre, a des
qua!ités moins solides que la Femme endormie; elle parait avoir élé peinte a la bate, pour etre envoyée a temps
pour l'exposition, ce qui est d'autant plus regrettable
que les reglernents n'obligeaient pas M. Lefebvre a deux
ouvrages de cette importance, et qu'il a ainsi sacr1fié
une trcs-gracieuse composition.
M. Ulmann, peosioonaire de quatrieme année, s'est
conformé strictemeot au reglement de l'école; il envoie une copie d'un fragment de la Dispute du Saint-Sacrement, de Raphael; étant donné le sujet, cette copie,
un peu mesq1line, est néanmoins poussée aussi pres que
possib'e &lt;le !'original.
ll. Girard, paysagiste de deuxieme année, envoie deux
toiles, l'une représentant la Val/ée de laCremera, daos la
campagne &lt;le Rome, l'autre une Forét en Calabre. Daos
la premiere, le motif tres-beau, bien arrété &lt;lans son
cadre, parail peint devant la nature, et cette toile est
agréable. Daos la seconde, au contraire, le molif, pris
en croquis, peint de souvenir, n'est pas assez étudié.
Parmi les envois réglernentaires, mais peu importants, de lfll. Monchablon, Niciol, Dubouchet et Huot,
consistant en &lt;:squisses, dessins, aquarelles d'aprcs les
maitres, el en Hguresacadw,cniques rlessinées, nous nesignalerons que l'esquisse pleine d'idée de ll. Monchablon,
le Sommeil a'un tyran, l'aquarelle de M. Dubouchet, l'Ano11ciation, d'aprcs André del Sarte, et un fragment de
!'Incendie du Bourg, de Raphaill, par M. lluot.
La sculpture n'est pa5 tres-sati5faisante. En quatrieme
année, M. Cugnot nous envoie un groupe plein d'indécision : Cerés rencl la t:ie á Triptoleme. Pourquoi pas la
Cha, ité '? La figure de femme expliquerait mieux ce litre
que le nom de la dé&lt;1sse d'Eleusis, protectrice puissante
et généreuse de l'agriculture. On est loin de retrouver,
daos ce groupe, le style franc, l'exécution ferme et correcte du Corybante, envoyé l'année derniere par ~f. Cugnot.
Que dire de la reproduction en marbre de l'Enfant,
d'apres un antique du Vatican, si oe n'e@t que M. San-

son aurait pu mieux choisir son modele? ~L Hiolle
(premiere année) expose un bon bas..relief• en platre":
représentant Sata,1 tramporta11t le Christ sur la montagne.
Cetle reuvre dénote du savoir, ses lignes se composent
bien, ses saillies sont bien calC1tlées; seulement, daos
son agencement, elle nous rappelle un peu trop le Mercure enlerant Psyché, de Flaxman.
La médaille de M. Lagrange, éleve de troisieme année
(Anne:cion de la Savoie et du Comte de Nice á la France),
est bien naivement composée; ou ne s'arréte pas, on
passe devant elle, malgré heaucoup de finesse dans les
figures qtJ.i personnifient les provinces annexées.
Onze dessins d'arch1tecture de M. Boitte, pensionnaire
de quatricme année, nous montrent les Propylées etl'Acropole d'Atbenes daos leur élat actuel, et uo projet de
restauration; ceux de ces dessins qui représentent les
ruines sont des plus iutéressants par leur exactitude;
nous trouvons moins satisfaisants ceux qui représentent la forteresse sacrée reconstruite: le gout romain
vient y altérer le style grec, la grande fa~ade semble
ineomplete, et présente, dans certaines parties, un genre
de toiture plus moderne qu'antique, qui nuit a l'unité,
a la grandeur de l'ensemble.
Louons, eu terminant, l'exécution des dessins envoyés
par M. Moyaux, éleve de seconde année: entablement du
temple de la Concorde, a Rome, une table trouvée daos
la maison, de Cornélius Rufos a Pompe'i, et une vasque
du musée Lle Naples.
M. Chabrol, éleve de premiere année, a reproduit des
détails du théatre de Marcellus.
Le Moniteur de mardi, H, publie l'arrété qui nomme
pensionnaires du gouvernement : MM. Maillard, Delaplanche, Oeschamps, Guadet et Outert, chacun pour quatre années, a partir du ter janvier 1865. A ces noms il
ajoute ceux des concurrents qui ont obtenu des accessits. Ce son t :
Pour la peinture, M. Leloir, t•• accessit; M. Thirion,
2• accessit.
Pour la sculpture, M. Comb"arieu, accessit.
Pour l'arcbitecture, M. Pascal, accessit.
Tout le monde applaudira a ce re tour aux encouragements secondaires.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

On assure qu'elle a fait, a son profit, une petite recetto ·
de cent mille francs, dont Nadar, en vrai Nadar qu'ü
est, n'a eu que la fumée. Sic vos non vobis.
Mais il ne s'agit pas de cela. - Douze ou treize voya.
geurs ont pris place aupres de Nadar snr la plate-forme
de la nacelle, mais le l.Jallon ne peut s'enlever, et apr~
quelques infructueuses tentalives, trois des passager9
sont jetés, en guise de lest, par dessus bord. Alors le
Géant prenrl son élan et son vol, il s'élance et plane aa
milieu des bravos et des acclamations. - 011 va-t-il!
Vers la France, mais le vent, soufflant tout a coup de
l'est, le pous;e vers l'Océan. Apres quatre heures de
voyage, la vue dee phares apprend aux intrépides aéronautes qu'ils ne sont plüs qu'a quelques metres de la
mer. On se résout a atterrir, et l'on descend a Ypres,
cette jolie ville beige que le souvenir &lt;le Jansénius a
rendue célebre. La descente s'opere dans le~ conditions
les meilleures. Le Géant, enfin dompté, consent, pour la
premiere fois, a ne pas casser les Lras et les jambes des
mtrépides explorateurs.
Pl.ERRE PA.GET.

-----r----~-·------CGO!ll@RIQ~~IE li'.i!MIDCAO.IE.

JI est venu, - il a été entendu, - il a vaincu.
C'est du héros de Roncevaux que je parle. Lui, qui
&lt;l'un seul revers de Durandal ouvrit jadis les Pyréoéea,
combien lui a-t-il fallu d'années pour se faire ouvrir la
porte de l'Opéra? M. Mermet seul en sail le nombre. De
guerre lasse, il y a quelque dix-buit mois, il était alié
frapper au Théatre-Lyrique. Mais il avait eu beau aiticuler la formule sacramentelle : Sésame, ouvre-tol! rien
ne s'était ouvert, et il éta-it retourné a son poste, rne
Le Peletier. On s'est décidé en fin il. ten ter cetle aventUJe.
Était-elle done si périlleuse?
Voici, en peu de mots, la fable dramatique qoe
M. Mermet a extraite de ce heau poen1e de Theroulde,
la Clumson de Botana, avec les modifications commudées par les convenances théatrales.
La lielle Alde, jeune comtesse orpheline, gémit d&amp;111
un chatean perdu au fond des Pyrénóes, a l'approcbe du
jour marqué pour son mariage avec son tuteur, le comte
AUGUSTE lliRC.
Ganelon. Ganelon n'a pomt su lui plaire. Mais le pere
d'Alde a ordonné, en mourant, cette un ion mal assortie,
et lajeune filie se soumet. Elleameme obtenudeGanelon,
pour cadeau de noces, la liberté de Saida, fil le de rémir de
La 9• livraison du París Nouveau illustré est en Saragosse, que le comte avait prise dansje ne sais quelle
ce moment en cours d'exéculion, et nos souscrip- chevauchée. Pendant que Saida se réjouit et qu'Alde
teurs anciens et nouveaux la recevront gratuitemenl s'affli'ge, un cbevalter inconnu, poursuivi par la temdans le courant de la seconde quinzaine d'e,clobre. péte, s'arrete a la porte du manoir, et demande l'hospiLes soins apporlés aux gravures et au texte de cetle talité. Alde est frappée de la noblesse de son mainúen,
publication, nous ont occasionné cette fois un re- de la fiert~ de son regard, et a l'aspect de la belle cbi•
telaine, l'inconnu sent Lattre son sreur. ll lutle contre
lard que nous n'avions pu prévoir.
ce sentiment nouveau pour lui.

ASCENSION DU "GÉANT" A BRUI):LLES.

On allait féter, en Belgique, le trente-quatrieme anniversaire de l'indépendance, et la municipalité de Bruxelles proposa a Nadar de concourir a l'éclat de cette fete
par une ascension qui attirerait un grand concours de
populations daos la capilale Lelge. Nadar ac.cepla. Le
Géant, encore malade ele la terrible descente de Hanovre,
fut tiré du hangar sous lequel il reposait depuis dix
mois, et dirigé vers la Belgique, 011, a peine arrivé, il
fut immédiatement remis sur pied. Les déchirureg, les
échancrures, les parois brisées de la nacelle, tout fut
raccommodé dans l'espace de vingt-quatre heures. A
l'heure dile, la foule était immense, - elle était accourue de parlout, de Bruges, d'Anvers, de ?tfalines, de
Verviers, de Liége. Le nombre des spectateurs dépassait
le chiffre de deux cent mi lle; corps diplomatique, ministres, bourgmestres, écbevius, 1'3 ban et l'arriere-ban,
tout le monde était la, meme le roi Léopold et la famille
royale de Belgique. Au rnoment 011 Nadar allait s'enlever pour la troisieme fois a bord du terrible Géant, le
roi le fit ,demander, et apres l'avoir compliruenté, il le
présenta a son fils et a sa belle-fille, Je duc et la duchesse de Brabant. C'est daos le Jardin Botanique de
Bruxelles que l'ascension allait s'opé¡er. Nadar, qui avait
re~u vingt mille francs de la rnunicipalité (a peine les
frais du voyage, dn raccommodage du ballon et des mille
détails accessuires), ne fut pas peu surpris de voir qu'on
faisait payer aUI spectateurs un droit d'entrée. C'était la
direction du Jardín Botanique qui avait eu cette idée.

Mon crear, mon creur, point de faiblesse 1
J'entends un ange me crier :
Roland, tu m'as fait la promesse
D'avoir toujours un creur d'acier.

Mais il lutte en vain. Sous le regard de feu de la
chatelame, l'acier est déja. fondo. 11 y parait bien lorsque
Ganelon se présente, et veut procéder a la célf\braúon
du mariage, malgré les pleurs de sa fiancée. Roiand in·
tervient du droit de ses éperons d'oi et de ses vreUI de
chevalier. 11 défie Ganelon. L'archtiveque Turpin s'interpose, et défend aux deux guerriers ce duel, dont GaneIon, je crois, ne se soucie guere. La partie est remi..ce
a la fin de la campagne qui va s'ouvrir contre les Sarrasins. Mais si Roland consent a ce coropromis, il y mel
pour condition que le mariage odieux sera suspenda.
Voila le premier acte.
Le seconJ se passe a Saragosse, dans le palais de
l'émir. Alde s'y est réfugiée aupres de son amie Saida,
pour échapper aux entrepr1ses du peu scrupuleux Ganelon. Pendant l'entr'acte, Charlcmagne a envahi !'Es·
pagne, forcé ,illes et chateaUI, occis des milliers de mécréants, el Roli.nd vient en arobassade portera l'émir
les conditions de l'Empereur. Elles sont peu courtoises.
La Prusse n'est guere plus dure, a l'heure qu'il est, envers le Danemark. Mais tout est perm1s avec les infideles.
L'émir, trop faible pour résister, se soumetil. tout. RoJand
repart pour le camp, chargé de la ran~on du pays con•
quis par dela lesPyrénées, - cent mi lle hesans d'or,-et,
de plus, emmene u la belle chatelaine &gt;l a la barbe de
Ganelon furieux, qui jure de ~e venger a tout prix, restB
a Saragosse, et suggere au chef arabe J'idée de l'elllhGt'

cade oil I'arriere-garde des Francs doit périr. TI est sur
qae RoJand s'y trouvera, car
Qoand les Franr,s partent pour la guerre,
Roland est toujours le premier,
Mnis s'ils repassent la frontiére,
C'est 101 qui marche le dernier.

Superbes Pyrénées,
Qui dressez dans le ciel
Vos clmes couronnées
D'un hiver éternel,
Pour nous livrer passage
Oovrez vos larges llancs, etc.

Quand les Francs se voient cernés, ils pressent Roland,
par
trois fois, d'avertir Charlemagne du danger qn'il
gorge de Roncevaux. A droite et a gauche se dres1
l!Ourt,
d'emboucher le cor enchanté dont le son porte
ant les flanes abrupts de deux montagnes géantes, dont
jusqu'au
bout du monde.
~ ne voit point la cime. Au fond s'ouvre, entre deux
~urailles de granit d'une hauteur formidable, l'étroit
Roland, sonne ton cor d'ivoire,
défilé qu'on appelle la Bréclte de Roland. Le gros de l'arEt vers nous reviendra l'Empereur triomphant !
lllée rranque l'a déjil. francbi avec l'Empereur. Roland
s'y arrete ¡;our y passer la nuit avec l'arriere-garde, pour
Par trois fois Roland s'y l'clu,c : ,1 se croirait désbodes raisons stratégiques que je suppose excellentes, noré, s'il ne battait pas l'ennemi tout seul. Ses compamais queje n'ai pu deviner. L'ennemi n'y est pas encore, gnons, moins présomptueux, ne se font pas d'illusion
et s'ils poursuivaient leur marche, le complot du traitre sur le sort qui les attend, et quand il Jeur dit :
Ganelon avorterait. Jls sont fatigués, apparemmenl,
A travers ces paiens condamnés a périr
et, d'ailleurs,. ils ne se doutent de rie~. Cependant, RoJe vous ouvre un passage,
land est inqu1et. Un sombre pressent1ment pese sur son
lis lui répondent
111agination. Un remords secret le tourmente. ll confie
sa peine a l'archeveque, et lui raconte d'o11 il tient son
11 ne t'en manquera pas un seul pour mourir.
jrrésistible Ourandal. C'est un ange qui l'a mise en ses
mains, et lui, Roland, a promis a l'ange « d'avoir touTurpm s'avance, les exhorte a faire vaillamment leur
oul'l! un creur d'acier, » de n'aimer jamais personne. devoir, et a s'y préparer par la priere et la confession.
S'il manque a ce serment passablement téméraire, Du- Tous s'agenouillent devant le pretre qui leve la main, et
r.mdal perdra aussitót sa vertu.
le&amp; bénit:
Le décor du troisieme acte est superbe. Il représente

e Hélas j'ai trahi ma promesse 1
Pardonne-moi, prétre, je m'en confesse,
L'amour est le plus fort, il me tient enchalné,etc.

On devine la réponse de Turpin et sa conclusion.
- Que la voix de l'bonneur rappelle ta vertlll
Le devoir te prescrit d'oublier cette femme.

n faut t'en séparer a l'instant... ,

Alde, qui entend ce conseil, le trouve d'abord tres-mauvais; mais quand elle sait de quoi il s'agit, elle prouve,
en s'1mmolant, qu'elle était digne d'épouser un paladio.
Elle demande a partir. Roland cesse de s'y opposer,
quand i1 apprend que les Sarrasins s'approchent. JI ne
songe plus qu'a faire une belle défense. Tous les Francs
accourent et s'arment pour le supréme combat, comme
les Spartiates aux Thermopyles, mais avec moins d~
calme. L'esprit cbevaleresque e~t moins recueilli que le
dé,ouement antique; en revanche, il est plus fougueux,
plns bruyant, plus propre a faire éclater les trombones
al'orehestre et l'admiration au parterre.
· La toile tombe sur le chant de guerre des Francs, et
on n~¡voit point la bataille.
.•. Il · est des objets que l'art judicieux
Do1t olfrir a l'oreille, et reculer des -yeux.

Le quatrieme act~ est fort court. Ce n'est qu'un tablean final. Toas les Francs sont morts et gisent étendns sur le sol. Parmi eux est Ganelon, dont la trahison
a été chatiée par Roland et Durandal. Rolaud seul est
encore debout; il a été mortellement atteint. En digne
héros d'opéra qu'il est, il chante, avant de mourir, une
petite romance. Alde re-vient avec Charlemagne pour
recnoir son dernier soupir et transporter son corps sur
la terre de France.
Comme on a pu le voir, Rolancl á Roncevau:e est plutót
nne &lt;lluvre épique qu'une reuvre dramatique. C'est un
poeme, mais un poeme plein de vie, tout brulant
de l'enthousiasÍne religieUI et guerrier qui inspira les
Cl'Oisades, et, a un moment donné, précip1ta !'Europe
80r l'Asie. L'ardeur chevaleresque du moyen a.ge
éehauffe les sccnes qu'a tracées M. Mermet; le soufOe
poétique des Chansons de Geste anime ses vers. J'ai déja
cité la stance 011 Ganelon apprend aux Sarrasms les
habitudes du héros des Francs, le ¡iremier daos l'attaque, le dernier dans la retraite. Au premier acte, un
IIAlredit:
..... L'empereur Charlemagne
,bec ses douze pairs arrive d'Allemagne,
Et nous, de nos yeux nous verrons
C. grands soldats de fer, ces comles, ces barons,
Et ce rude enfant de la Gaule,
Qui, chez les Saxons insoumis,
De la lance percait jusqu'a trois ennemis
Ou'il emportait sur i;on épaule .....

....._,

Superbes Pyrenées! chante Roland avant d'entrer en

Je vous absous. Ayez pour pénitence

D'e:derminer les S!ll'rasins!

Tout cela est mil.le, fier, et a une grande allure.
II y avait au second acle une tres-jolie ballade tirée
du Coran, 011 était contée, selon la version arabe, !'aventure de la reine de Saba. C'est la filie de l'émir,
Saida, qui devait la chanter. Mais Saida pronon~ait si
mal qu'on n'en enteudait pas un seul mot, et qu'il a
fallu y renoncer. On l'a supprimée apres la derniere répétition. N'est-ce pas dommage?
M. Mermet s'était révélé une premiere fois, en 1846,
par un opéra en trois acles, David, qui avait assez médiocrement réussi. Au lieu de se décourager, il s'est remis bravement a l'ouvrage, et, tout en écrivant le livret
dontje viens de faire l'analyse, il a complété par l'étude,
l'observalion et la réllexion, son bagage de compositeur.
A ce point de -vue, il y a de David a Roland de notables
différences, et d'immenses progres accomplis. La pensée
est devenue plus précise, le ¡,lyle plus ferme, l'harmonie
plus riche et plus hardie, l'instrumentation plus vigoureuse. On peut adresser encore a M. Mermet quelques
reproches sur la maniere dont il emploie l'orchestre. 11
abuse un peu des instruments graves, qu'on enlend trop,
et qui rendent sa partition épaisse, pesante. Elle est
Corte, ~ans doute, mais de la force du breuf, dont le pied
ne s'éloigne jamais du sol. Elle manque d'élasticité, et le
coloris en est un peu monoto!Íe. Grétry disait, a la premiere représentahon d'Uthal, 011 Méhul avait imaginé de
remplacer les -violons par des altos : &lt;&lt; Je donnerais un
louis pour entendre une chanterelle.1&gt; On entend les chanterelles dans Roland, mais pas assez, et l'oreille la plus
attentive réussit rarement a y saisir le son de la llute.
Les cors, les trombones, les bassons, les violoncelles,
les contre-basses y dominent et couvrent tout. Ces réserves faites, on doit reconnaitre qu'il y a daos Rolana
des dispositions instrumentales fort heureuses, et de tresbeaux eífets. lis se ressemblent un peu trop : voila tout.
Les parties vocales sont fort bien écr1tes. Les notes vigoureuses et brillantes de chaque voix y sont toujours
en dehors. C'est ce qui donne tant d'éclat aux morceaux
d'ensemble, et notamment am. finales du premier et du
troisieme acle. Une chose dont il fautsavoirun gré infini a
M. llermet, c'est le respect qu'il a pour la prosodie,etlesoin
qu'il prend, daos ses cantilenes, de faire toujours coincider la note forte du chant avec la syllabe forte de chaque mol. La plupart &lt;les compositeurs contemporains ne
s'en soucient guere, et c'est pour cela qu'on entend si
incomplétement les paroles daos les opéras d'aujourd'hui.
Daos Roland, pour peu que le chanteur se donne la
peine d'articuler, on ne perd pas un seul mot. Grande
jouissance pour l'auditeur, et grand bénéfice pour le
musicien comme pour Je pocte!
Je ne saurais parler de tous les morceaúx de cetle vo-lumineuse partition, et je dois me borner a mentionner
ceUI qui produisent le plus d'eífet, et qui me paraissent
avoir le plus de valeur. C'est d'abord, au premier acte,
la romance de Saida : Solll z, 6- tiel • IIOtr, Bepagne,

247

dont la mélodie est élégante et noble; c'est !'ensemble a
cinq voix du finate: Obonheurimprévu! etc., 011 le chant
est expressif, l'harm◊-nie excellente, 011 les cinq parties
sont disposées avec art, et manreuvrenl de la fa~on la plus
intéressante. Le couplet de Roland : Supe1'bes Pyl'tmées,
est plein d'énergie et d'audace, et quand le chreur des
guerriers francs le répete a l'unisson, il produit un efiet
grandiose.
Le chreur des esclaves : Au:c sav.les verts, prés lks
fontaines, a beaucoup d'élégance et de grace, et daos le
ballet qui vient peu apres, le second morceau se fait remarquer par J'originalité du rhythme, la voluptueuse langueur de la mélodie, et le coloris oriental de l'instrumentalion. L'air de Roland : Rayonnan!es beauléi, dou:c
parfums qu'onrespire, etc., n'a qu'une pbrase, mais cette
phrase est charmante. Je glisse sur le duo du héros avec
sa maitresse, qui ne me semble pas trcs-heureusement
inspiré, pour arriver au finale du second acte, aux couplets de Ganelon, au refrain du chreur : RoncevaU.'.C, vallon
triste et sornare, etc. Cela est petit de proportions, je l'avoue, mais le chant a beaucoup de caractere, un accent
~aineux, mena~ant et lugubre qui saisit l'imagination.
Le troisieme acte est le meilleur de beaucoup. JI dé~
hute par un petit air pastoral mélodieux, élégant, plein
de grace, de fraicbeur, de mélancolie, orné d'une instrumentation charmante, et d'harmonies qui sont des trouvailles. La marche des Francs arrivant au défilé a de
l'élan, de l'ardeur, et pas une formule triviale, rare mérite pour une marche! La Farand-0le qui suit n'est pas
seulement une mélodie franche et originale, qu'anime
un rhythme entrainant. L'auteur y déploie 1:1-ne grande
richesse de développements et une verve peu ordinaire.
La confession de Roland, les exhortations de l'archevéque,
le petit trio qui suit, entre ces deux personnages et la
belle Alde, qui défend énergiquement les intérets de son
amour avant d'en faire le sacrifice, ~ont écrits d'un style
mil.Je, héroique, pleins d'accent~ passionnés, que
M. Gueymard rend a merveillc, et le chreur des Francs
résolm, au comba! a une fermeté de rhythme, un feu,
une vigueur qui électrisent la salle entiere. 11 n'y a pas
la pourtant de mélodie saillaote et originale. C'est tout
simplement un effet de sonorité. Mais il est puissant et
grandiose, et l'on n'arrive point a de tels résultats si
l'on n'est passé maitre daos l'art de grouper les voix
et les in&amp;truments.
Je ne terminerai pas saos signaler encore, au quatrieme acle, les stances de Roland, mélodie élégante et
tres--expressive. On peut trouver que le héros, pour un
héros hlessé a mort, et Qui -va rendre l'ame daos cinq
minutes, a encore la voix biPn retentissante. Mais on
n'est pas Roland pour rien, et d'ailleurs M. Mermet peut
alléguer d'illustres exemples, le fils de Lucrece Borgia,
a qui le poison des Borgia ronge les entrailles saos gener
sa resp1ration; le sire de Ravenswood, qui se perce le
poumon gauche d'un coup de poignard, et recommence
immédiatement sa cavatine, etc., cte. Puisqu'a l'Opéra
on fait tout en musique, il est clair qu'un béros lyrique
manquerait a son devoir et ferait preuve de pusillani.mité, si son dernier soupir n'élait pas musical, et parfaitement d'accord avec les violons et les flutes.
Le succes de Roland a Roncevau:e, tres-brillant a la
premicre représentation, a grand( aux représentations
suivantes. ?tf. Mermet est bien vengé des injustes défiances qui l'ont condamné au silence et a l'inaction pendant tant d'années. ?tfais qui le dédommagera du temps
qu'on lui a fait perdre, et des reuvres qu'il aurait pu
produire, s'il etit trouve les théatres lyriquer. plu&amp; accessibles, et les directeurs plus intelligents?
Roland a été monté avec beaucoup de soin. On ne
saurait voir aujourd'hui, al'Opéra, une partition mieux
exécutée. L'orchestre et les chreurs y font merveilles.
M. Gucymard y montre une cbaleur et une verve singulieres : énergic¡ue et fier quand il arrete les noces de
Ganelon, vivement passionné quand il confesse a l'archeveque Turpin l'amour qui l'obsede et le rend infidele a son vreu, magnifique d'élan et d'enthousiasme
quand il anime ses compagnons au combat supreme, et
qu'il leur críe, en branfüsant Durandal : .&amp;terminons
les Sarrasins! C'est la que, de sa voix puissante et vibrante comme une trompette, il pousse des la et des si
de poitrine a mettre en fuite cent mille ennemis et A
faire crouler la salle. Il a une qualité fort rare aujourd'hui : c'est une prononciation correcte, énergique, et
d'une surprenante netteté. On ne perd pas un seul mot
de tout son role.
Les décors sont superbes, surtout celui du troi-

�sicme acle, dont le dessin, je l'ai déja &lt;lit,
a été pris sur les lietu memes, et qui fait
le plus grand honµ~ur a MM. Cambon et
Thierry. 11 méritait d'etre reproduit, et rn.
lustration lui a rendu cctte justice.
Le Théatre-Jtalien a rouvert, le i er septembre, par Rigoletto, dont l'exécution a été désastre11sc. Laissons M. Sarti tranquille, puisqu'il s'est rendt1 justice et ,n'a point reparu.
Aux: représentations suivantes, M. Naudin a
chanté ,Lucréce Borgia et la Somnambule, et
M. Fraschini Lucie de Lammermoor. On sait
que M. ,Naudin va quitter le Théatre-Italien
pour chanter, a l'Opéra, le role de Vasco de
Gama, dans l'Africaino, dont les répétitions
vienncnt de commencer. La voix.de M. Fraschini est aussi belle que l'an passé. Celle de
M11 • Patti semble plus fraiche encor:e, plus sonore, plus métallique.
~tm• Gennetier a débuté avec succes, a l'Opéra-Comique, dans le Songe d'une nuit d'été.
G. 8ÉQUET.
~

LE MARÉCHAL NARVAEZ,
DUC lll!1 VALll\'CE.

Un nouveau cabinet vient de se former a
Madrid, sous la présidence du maréchal Narvaez. Au dela comme en de~a des Pyrénées,
Je nom de Narvaez est depuis longtemps considéré comme
un symbole de résistance aux idées progressistes, pnur
tont dire, comme un symbole de réaction. Pourtant, le
programme de l'administration nouvelle est assez libéral, et, comme don de joyeux avénement, cette administration a proclamé une amnistie générale, a relevé
les journaux des peines dont ils avaient été frappés
sous le cabinet précédent, et elle a meme poussé la

Ll! MA!IIÍCHAL NAll.VUZ, PIIKSWEN'f IIU ¡;Q.~SE!L liN liSPA .. :'iE.

D'apr~ une photographie de M. Disdéri.

libéralité jusqu'a resliluer a ces journaux les ameudes qui leur avaient été imposées et que le fisc avait
per~ues. Le général Prim était confiné a Oviedo; le
maréchal Narvacz a levé ses arrets et tui a permis de
résider en tél lieu qu'il lui phirait, sans se soucier
autrement des complots qu'on prétend qui se couvent a l'abri de son nom. Nous ne voulons pas nous
laisser éblouir par les fausses lueurs d'un programme ,

politique; nous savons malheureusemenqtrtp
~ue les acles viennent le plussouvent déme11•
ltr les p,us belles promesses, et si nous co
. d
.
n.
su1tons 1e passe u ma~echal Narvacz, DOUs
ne sommes pas t~.ut a fa1t ~ans ~ppréhension
sur la marche qu II se propose d 1mprimer 111
go'uveruement espagnol. Toutes les préTen.
tions qu'éveille et que doit légitimemenl é,eit.
ler le nom de Narvaez, fauteur de C')Ups d'Eta~
ne peuvent etre dissipées par l'apparition d'n
simple programme.
A l'époque ou Narvaez fut créé duc de
Valence ({844), son administration ful 1lDt
réaction déclarée contre le parti libéral. H
rappela · Marie-Christine , et fit réviscr la
constitution de f837. Le principe de la son.
veraineté du peuple fut effacé; un ccns éleetoral ful établi, et le droit de nommer les Sónateurs fut conféré a la royauté. Ajoutonsque
'.'-larvaez restreignit la liberté de la prcfse e.t
l'indépendance des corporatious municipales.
Nous le retrouvons encore a la tete de
l'administration espagnole, en l8!í4. 11 a ponr
collegues MM. de Pidal, Nocédal, les géoéraux Urbistondo et Lersundi. A ce moment,il
travaille résohiment a la restauration pleine
et entiere de l'autorité royalc, elface les der.
nieres traces de la révolution dans les Ioil,
épure l'administralion, rend la condilion de,
journaux plus dure, et remet en vigueur, sar
le conseil royal, sur l'adminislration communale et pro.
vinciale, les anciennes lois qui semblent le complément
de la constitution de i845. Tel est le passé polili1¡ue et
administratif du duc de Valence, et l'on comprendra
que ce passé nous donne a ré'fléchir, malgré le programme libéral qu'il a cru devoir puhlier en prenani
de nouveau possession du pouvoir. Cependant, si Narvaez reste fidele a ses dernieres promesses, nous seroos

" 249

L' J LLUSTRATION, JOlJRNAL UNlVERSEL.

L'lLLlJSTRATION, JOURNAL UNlVERSEL.

248

1

surpris, nous l'avouons, mais nous ne demandous pas
micux que d'ctre surpris. La rentrée de la reine mere
en Espagne, qui est un fait accompli au moment oü
nous écrivons ces lignes, n'est pas faite non plus
pour inspirer confiance aux amis de la liberté. Nous
nons souvenons que presque toutes les mesures rétro-grades ont été priscs en Espagne par Narvaez, avec
la collaboration de la reine llfarie-Christine.
PJERRE PAGET,

CORRZSPOIDANCE D1TALIE.
AU DJl!ECTEUR.

_

Rome,

io septembre

186,,

événcment? Scrait-cc au tcmps oü les chrúliens détruisaient sans pitié tout ce qui leur rappelait le paganisme?
scrait-ce plutot lors de l'in vasion des haru:.ires? Curieuse
question, que les savants &lt;le profession résoudront sans
doute, lorsque les fouilles scront tcrminécs.
Quoi qu'il en soit de ce nouvcau monument de la splen~
deur des anciens; que ce bronze soit l'image de Titus
ou de Domitien, qu'il ait été sauvé de la destruction par
la rriain d'un artisle amourcux d'un chef-d'reuvre, ou
par celle d'un sujet fidelc a la mémoire de son maitre,
ce n'en est pas moins un trésor de plus a ajouter a1u
richesses incalculables accumulées dans Rome : tous
ceux qui se réjouissent de voir les merveilles de l'art
disp•Jtées au passé et sauvées de l'oubli, doivenl applaudir a la boune fortune de M. Righetti, et l'encourager a
continuer des fouilles.dont la réussite est certaine.
Jules U enrichissait l'homme qui découvrait le Laocoon, en t506, et luí accordait des lettres de noblesse;
Pie IX, qui s'est toujours montré curieu1 et jaloux des
antiquités de sa capitale, saura récompenser royalement
celui qui vient de ressusciter un ouvrage unique pour la
grandeur et la beauté.
L'on ne sait point encorece que deviendra la nouvelle
slatue. Jusqu'auJ pontificat de Pie IX,! le t·'uvernement
avait le droit d'expropriation,
c'est-a-dire qu'il pouvait forccr
les particuliers alui vendre les
objets découverts. Aujourd'hui,
il n'en est plus ainsi; depuis
¾820, l'État n'a plus qu'une
seule prérogative, celle d'avoir la préférence, en cas de
vente, sur tous les autres concurrents.
Chacun doil aouhaiter de
voir ce bcau bronze rester il
Hnme; mais, dans le cas oti il
~i:raiL mis ~nv enchcres, la
France doit songer a le disprt ·r al'Angletcrre ou a la Rpi,ie. Ce serait pour le Louvre
nue magnifique acquisitior.
L•)rsqu'on paie un tableaudorkux de Morillo plus lle si1 cent
111ille francs, on peut bien, ce
me semble, jcter les yeux sur
1ne reuvre de cette importance.
Je vous envoie une prerniere
photographie qui reproduit la
statue au milicu des ruiner,,
¡¡ ·, elle a été trouvée; bient,it dégagée de ses entraveF,
elle s'élcvera plus bella ene &gt;re et plus imposante; eh
bien! je n'éprouverai point, .
;,, coup sur, en la re,·oyant
ainsi, l'émotion que j'"ai re~-·
sentie en apercevant pour la
p~emiere fois ce grand cor1 s
di bronzo allongé daos sun
to-obeau de marbre.
Ur.10.
Agrécz, etc.

Je ,o,1s écris a la hate pour vous annoncer la plus importante découverte peut-etre qui ait été faite a Rome
depuis la renaissance. C'est une statue en bronze doré,
nne et colossale (quatre metres au moins de hauteur), qui
semblejusqu'ici d'une conservation parfaite. Cette découverte est due ¡au hasard d'abord, et puis a l'intelligente
direclion du chevalier flighetti, ancien sous-secrétaire
d'état du ministcre Rossi et propriétaire du terrain oü
J ORTE DU PALA IS des rois d'A.rménie. - D'aprés un dessin de~!. Ja:nes.
s'cxécutent les fouilles.
Le 3t aotit, des ouvriers, en
cherchant dan5 la c~ur du palais des assises solides et profondes pour de nouvene·s constructions, découvrirentle pouce
d'une main colossale. Averti
sur le ch:i.mp, M. Righetti accourut, semita diriger les travauxavectoutcs les précautions
possible.s, et bicntut l'on put
apcrcc,oir le hoste enticrd'une
magnifique statue.
Ce brome, aussi précieux
rar ~on exécution que par sa
rareté, est une rouvre grecque,
el représcnte, dit-on, un des
Flaviu~, Titus ou Domitien,sous
la forme d'Herculc. On avait
cm d'abord a une statue de
Pompée, les fouillcs ayant liet1
m l'emplacement meme oti
s'élevait le théatre du glorieux
,aincu de Pharsale; mais l'ab&amp;ence complete de draperies
1,endroil précis oü la statue a'
été découverte (un petit temple de Vénus victri1 au centre
40 lhéatre), tout indique un
empereur de la décadence,
divinisé par son propre caprice,
ooceluiplusextravagantencore
du penple romain.
A voir la statue c.luchée et
tnse,elie '!:Mime daus une
tombe, Uesta supposer qu'elle
~élécacbée la et enfouiea une
~oque de troubles et de bou,d ~ n t . Mais a quelle
IIIJINIIS u·t,:;i,; Jl,.,LISK, Slill u: B01\U llU ll. 1Vl~ DK L'AIIPA-TCHAI. - U'apre¡ un des,iu de
ate do1t-.on faire remonterceC

\

ll, J,meao

�L'ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
conduisait, par un chemin taillé dans le roe, a tonde élégante et assez hardie. La quatrieme sery .
un pont jeté sur l'Arpa-Tchai. Ce pont, d'une seule ar- dit-on, de sépulture aux rois d'Arménie. La cinquie:
LES RUINES'.;.:tD'ANI.
che, élait d'une hardiesse remarquable, a en juger par est la plus remarquable de toutes par l'élégance de la
Le!symptóme le plus frappant de l'indolence et de la la courbure des ares de cercle, qui sont resté/; attachés construction et la délicatesse de l'ornementation. L..
tataliste indiflérence des Turcs, est l'incurie déplorable aux culées apres l'écroulement du eiotre. La teti; en murs en sont presque tous couverts, a l'intérieur de
avec laquelle ils laissent s'accumuler les ruines daos les était défendue par un chateau, dont on voit les ruines peintures 1·eligieuses que voile a peine une couch; de
blanc de chaux. Ces peintures, daos le genre byzantin,
contréts soumises a lelll' domination, et leur peu de sur l'escarpement de la rive gauche de la riviere.
ne
sont pas des chefs-d'reuvre sans doute, mais en8a
Tel était l'Ani militaire, dont les restes attestent des
soin a entretenir toutes celles que le temps a faites.
elles
out une exp:res3ion naive qui ne laisse pas de pro.
Parmi ces ruines, il en est auxquelles se rattaclient de connaissances spéciales approfondies de la part de ceux
duire
un certain effet. Les dessíns des sculptures m'ont
bríllantes traditions historiques, de nobles et poétiques qui construisirent cette forteresse, formidable pour le
paru,
en général, plus corrects que ceux des peintures,
temps
ou
elle
fut
édi::ée.
L'Ani
civil
et
relígieux
n'est
souvenirs. ll en est d'autres qui, quoique plus obscures
J'ai
meme
remarqué, parmi les ornements de la frise
pas
moins
digne
d'attention
sous
le
rapport
architectoet moins connues, n'en sont pas moins de terribles chefs
une
tete
de
femme dont le caractere vaporeux et aénea'
nique.
On
voit
d'abord
le
palais
des
rois,
a
main
droite
d'accusation, par le contraste qu'ell_es établissent entre le
m'a
rappelé
ces délicieuses danseuses, gravées dans le
en
entrant
par
la
porte
de
l'isthme
ou
du
plateau,
a
l'anpassé et le présent. Telles sont les ruines d'Ani, ancienne
marbre, que l'on admire au musée Bourbon a Naples,
gle
formé
par
la
berge
del'
Arpa-Tcha'i
et
la
grande
excapitale de l'Arménie chrétienne. Elles gisent sur la rive
En descendant d'Ani vers le pont de l'Arpa-Tchai, 00
droite de l'Arpa-Tchai, daos le pachalik de Kars, a !'ex- cav:i.tion dont j'ai parlé plus haut. Les murs, toas en
laisse
a gauche, sur un réssaut de rocher, les rninea
grandes
pierres
taillées,
en
sout
d'une
épaisseur
remartreme frontiere turque, du coté des possessions moscovid'un
couvent
de femmes, fondé par le roi Sumbat, don1
quáble,
qui
rappelle
ceux
&lt;le
I'ancien
palais
des
papes
a
tes du Canease, a quelaues lieues au-&lt;lessous de la ville
la
filie
fut
la
premiere ahbesse. J'ºespere, pour ce11e
Avignon.
11
a
trois
étages,
qu'il
faut
compter
en
commenrnsse d'Alexandropol, qui s'éleve, pendant qu'Ani contipauvre
princesse,
qu'elle aura été lqgée daos l'ao.tre
~ant par le plus haut, lequel est de plain-pied avec le
nue a crouler.
monde,
plus
gaiement
qu'elle ne le fut dans celui-ci,
Au cinquieme siec.le, Ani n'était encore qu'un petit sol de la ville. C'est la qu'est la porte d'entrée que reLes
inscr1ptions
que
l'on trouve a Ani, en langue archatean de peu d'importance. Les princes Bagratides, en produit notre gravare.
ménienne
et
en
tres-grand
nombre, indiquent les prinDe la on descend, ou plutót on descendait, car l'escaayant acquis la possession des prínces Camsar, en firent
ces
qui
en
éleverent
les
monuments
et les dates de ces
une forteresse considérable, ou, daos le huitieme siecle, Jier est obstrué maintenant, daos les étages inférieurs,
constructions.
Une
d'
elles
a
une
portée
originale et pbion enferma le trésor roy¡tl, pour le mettre a l'abri des dont le plus bas se trouve presque au niveau de la rilosophique.
En
effet,
elle
contient
des
menaces et des
Arabes qui, a cette ·époque, commencerent a inquiéter viere. On voit une disposition aualogue au palais de
reproches
adressés
a
celui
qui
la
mettra
au
jour; or, no.
l'Arménie. En 96t, Acbat IIl y transporta la résidence l'ambassade de France, a Péra. Mais a Ani, les étages
tez
qu'elle
est
batie
daos
l'intérieur
d'un
mur qn'il a
des rois. Les grands et nombreux travaux qu'il y fit exé- ínférieurs du palais des rois d'Arménie m'ont paru avoir
fallu
démolir
pour
arriver
jusqu'a
elle.
C'était
ainsi 111
cuter le rendirent digne de cette destination. En i045, été surtout des casemates qui donnaient des flanqueanatheme
contre
le
génie
de
la
destruction.
Une
antre
ments
utiles
a
la
défense
sur
le
ravin
de
la
riviere
et
les Grecs le prirent par trahison; mais ils en devinrcnt
inscription,
celle-ci
en
langue
persane,
recommande
l'excavatíon
dont
nous
avons
déja
parlé;
au
palais
de
bientót légitimes possesseurs par la cession volontaire
qu'en fit a l'empcreur de Constantinople le roi Kakig II, l'ambassade, la bizarrerie de la construction n'est &lt;lue aux musulmans de respecter les chrétiens, rappelle qoe
a la condition que celui-ci défendrait l'Arménie contre qu'a un caprice malheureux de l'architecte ou a une plusieurs avaient déja émigré, au grand détriment dela
prospérité du paJs, et promet protection a ceux qui re.
les attaques des Musulmans. Cela n'empecha pas le sal- appréciation erronée des exigencts du terrain.
terout
ou qui reviendront.
Un
écroulement
a
mis
a
découvert,
au
second
étage
tan turc-seljoukide, Alp-•Arslan, de s·emparer d'Ani en
Le
style
dominant darls l'architecture des monuments
du
palais
d'Ani,
une
série
d"appartements
voutés,
dont
1068. Alors commen~a pour celtP. ville chrétienne la péd'Ani
est
bien
moins celui de Sainte-Sophie, de Consriode de sa décadence, lá plus grande partie de la popu- le plus extérieur a sa volite en contre-sens des autres,
tantinople,
que
le style du Domo de.Palerme et de l'églist
lation l'ayant abandonnée pour ne pas vivre sous le joug de sorte que la poussée de celle-ci est saos action sur
de
Mont-Réal.
11
se rattache un peu a celui de la Saint&amp;celle-la. Mais comment cette poussée se décompose-tmusulman.
Cbapelle,
qui
a
tant
de lien de parenté avec les monnEn t t24, David, roi de Géorgie, l'enleva aux Seljouki- clle ptrnr n'agir que sur les pieds-droits, qui ~out infiments
religieux
de
la
Sicile, et surtout avec la chapeDe
des, qui la reprirent deux ans apres; mais les Géorgiens niment plus minces que les murs extérieurs?
palatine
de
Palerme.
On
retrouve quelque chose de toal
Les églises sont les monuments les plus nombreux et
la leur enleverent de nouveau en H61. Ani continua~
cela,
mais
affaibli
et
pervertí
par le mauvais gout, dw
passer aingi de la domination géorgienne a la domination les mieux conscrvés d'Ani. La tradition est qu'autrefois
le
palais
neuf
du
Sultan,
a
Galata,
dont l'architecte était
musulmane, et réciproquement, jusqu'en f239, année il y en avait rnille; ce qui veul dire tout simplement
un
Arménien.
·
ou les Mongols s'en rendirent maitres. En f3t 9, un trem- qu'il y en avaít beaucoup. Maintenant on en distingue
La píerre des monuments d'Ani est tres-bonne el
blement de terre en renversa toutes les maisons, ne cinq. La principale fut longtemps la métropole du patres
dure. Elle est naturellement fortement colorée en
triarcat
d'Arménie.
C'est
un
magnifique
vaisseau,
d'une
laissant debout que quelques édifices publics, plus ou
ja•me,
comme celle de la belle cathédrale et meme de
architect1:1ve
noble
et
simple.
Ce
temple
est
d'ailleum
si
moins endommagés.
toutes
les
constructions de Berne, si ce n'est qu'elle tire
peu
dégra&lt;lé,
que
je
suis
certain
qu'il
ne
faudrait
pas
Des lors, la ville fut complétement abandonnée; cependant, quelques pauvres familles s'étabhrent daas les plus de cent mille francs pour le restaurer compléte- sur le vert.
Quand on arrive a Ani, apres avoir traversé, en ae
carrieres d'ou avaieot été tirées les pierres de ces monu- ment. On assure qu'apres que les malheurs d'Ani eubouchant
le nez, les amas de décombres infects, d'imments, dontnous allons essayer de faire connaitre au lec- rent fait transporter ailleurs le siége du patriarcal d'Armondíces
et de charognes en putréfaction que les Tura
ménie, quelques moínes y resterent et continuerent a y
teur les restes vraiment remarquables.
décorent
du
nom de villes, coro me Erzeroum et Kars,oa
Lorsque les Turcs Osmanlisse furent emparés de l'Ar- célébrer le service divin jusque vers le milieu du derse
dit
avec
tristesse:
combien, de toute maniere, estdar
ménie, sous le regne de Sélim I, Ani tomba daos l'oubli nier siecle, ou une invasíon de Lesguis détruisit leur
et
déplorable,
pour
un
pays, le vre victis de certains vainle plus profond. C'est a peine si, de siecle en siecle, de couvent.
queurs.
p. DE fu:YN!UD.
Non loin de la grande église s'éleve un monument
bien rares voyageurs en out connu et visité les ruines.
Cette ville était batLe sur une pre~qu'ile rocheuse for- musulman; c'est un minarct isolé, simple et élancé.
mée par une sinuosité de l'Arpa-Tchai, qui coule la au L'escalier est encore en assez bon état pour qu'on puisse
COURRIER DE LONDRES.
fond d'un ravin profond, a bcrges abruptes et en plu- rnonter sur la plate-forme,d'ou l'on a sous les yeux tout
sieurs endroits inaccessible. Cette presqu'ile est rattachée le panorama &lt;l'Ani.
Apres une assez longue absence de France, - sop,
Sur le bord du ravin de l'Arpa-Tchai, au-dessus du
a un vaste platean de meme niveau qu'elle par un
posons
dix-huit mois, - quittez Londres pour Paria;
pont,
a
peu
pres,
est
une
autre
église,
la
seconde
par
la
isthme ou out été entassés tous les moyens de défense
ou
apres
une égale absence d'Angleterre, quittez Paril
grandeur,
mais
de
construction
lourde
et
massive.
Les
que fournissait, avant le systeme moderne, l'art de forpour
Londres,
que d'aspects nouveaux, que de cbangttifier les places, poussé a sa plus extreme perfection. musulroans l'avaient eonvertie en mosquée. Elle a une
ments
profonds
ne trouverez-vous pas dans les cbosel;
C'est une ligne brisée de courtines peu lo'ngues, flan- galerie qui domine la riviere, et d'ou l'on jouit d'une
et
meme
chez
les
gens de ces deux villes en pleine trant'
quées de robustes tours, le tout précédé d'un chemin de assez helle vue. Nous fimes la un excellent déjeuner, oú
formatíon
!
ronde couvert par une bonne faussc-braie, ce qui cons- les conserves préparées a Paris et a Londres se méleEn partant de París, vous aviez laissé des Fran~ais f.l
titue une double enceinte; inutile de parler des cré- rent aux: gigantesques rótis bomériques encore en usage
des
Fran~ises, des enseignes écrites en fran~ais, on.l
en Orient. C'était le mudir du districl de Cheraguel qui
neaux, machicoulis, meurtrieres et autres détails.
peu
pres, et des rues a la frau!:aíse.
A l' est, l'enceinte est précédée d'un fossé large et pro- avait fait préparer ceux-ci et qui en fit le~ honneurs.
En
partant de Londres, vous aviez laissé, &lt;le mema,
fond; a l'ouest, une excavation naturelle, encore plus Apres le repas, je fis remarquer a ce digne homme un
des
policemen,
strictement vetus a l'anglaise, des Altlarge et plus profonde, un véritable abime auquel je ne pilier qui mena~ait ruine, et qu'il aurait été facile de
glaíses
coiffées,
empanachées a l'anglaise, des édifid
trouve de comparable que le ravin de l'Oued-Rummel, a consolider en glissant en dessous une des grosses pierres
batís
du
haut
en
bas a l'anglaise.
Constantine, tient lieu de fossé. A l'extrémité de la pres- de taille qui jonchaient le sol; mais luí, en vrai OttoA votre retour dans la capitale de la France, v
man,
me
regarda
d'un
air
profondément
~tupéfaít,
ne
qu'ile, vers le sud, s'élevent deux émiuences ou sont entassés les débris d'une double citadelle. Enfin, on aper-• comprenant pas que! intérét on pouvait mettre a em- troutez des Fran~ais singeant, plus que jamais, les
~oit, sur !'arete de la berge du v~llon encaissé de l'Arpa- pécher quel~ue chose de tomber. Cette inintelligence glaís, et des Fran~aises, ennemies irréconciliables
Tcha'i, des pans de murs qui attestent que nulle part on de toute resta:uration est poussée sí loin, en Turquie, la perfide et blonde Albion, portant le filet, la ch~
ne s'était assez fié sur la force naturelle de la pos1tion c¡ue les masses, ne pouvant se mettre daos la tete que sette garibaldienne, et le pork-pie-hat des Anglaisd
pour en laisser un point quelconque complétement a les pui~sances occidentales aient, de gaieté de crear, quant aux choses : des enseignes bariolées de mots
glissé des pierres de soutcnement sous les piliers crou · glais a faire mourir les Anglais de rire, des rues 1
découvert.
et longues comme des rues anglaises, mais appttées.
Ani avait deux portes, commo nolre Constantine; !'une, lants de la Sulllime-Porte, airnent mieux croire qu'elles
Jennellement
boulevards, et des jardins publicsl bap
dans le rempart de l'isthme, répon&lt;lait exactement a n'ont fait en cela qu'accoroplir un devo1r de vasselage,
,guares.
/
celle de la victoire ou de Coudiat-Atti de la ville gal- comme l'Égypte, Tunis et les Merdites.
De
retonr
dans
la
capitale
britannique,
voua
ren
La troisieme .Sglise que nous visitames est une rolo-'arabe l'autre, répondant a celle du Cantaro,

)

-;;~olicemen, coiffés d'une salade, saletl, a la
Voila trois ans bien révolus, qu'un beau jour, votre
trez sienne, des Anglaises en chapeaux de matelot, vernis serviteur se trouva investí des fonctions de ministre de
:~~rnés d'ancres d'or, des toitures a pyramide tronqué~ l'Il/ustration a Londres. 11 n'entrera pas daos le détail
mme celles d11 Louvre, et des raes et des ports a de ses labeurs. Qu'il lui suflise de dire qu'il faut passer
~milricaine, c·est-a-dire des chemins de fer daos lesrues, par les soucis d'une ambassade pour les bien connaitre.
de~ chemins de fer sur_les ponts,.des trains roulant sous Rapporter fidelement les péchés véniels et capitaux des
Anglais et &lt;les Anglaises, éviter soígneusement la men,os pieds.
randis, done, que París se londonnise, Londres s'amé- tiou de tout ce qui pourrait portera l'absolution on faire
·canise, et cela par l'eflet des chcmins de fer, destinés compensation en leur faveur, n'est pas une tache aussi
n
.
facile qu'on le r,roit, surtout quand les gens ainsi mis en
acbanger la face de l' umvers.
Le rait est qu'en ce moment, le sol de Londres, l'in-- cause sont des gens chez qui l'on dine. Pourtant votre
térieur aussi bien que la surface, est sillonné, trans- serviteur n'a pas cessé un seul instant de mcttre le mal
percé, tuhulé daos ~outes les directions, de lignes_ de en lamiere et de tenir le bien sous le boisseau. Pour
cbemins de fer, de V1aducs et de tunnels. Ces ch~mms, bien se convaincre lui-meme qu'il s'était convcnableune fois terminés, auront, avec ceux qui existent, une ment acquitté de ses patriotiques devoirs, il a dressé la
longueur totale de deux cent quatre-vingts milles, soit nomenclature suivante de tous les faits rapportés par
luí, et qui peuvent se classer comme il suit:
environ cent lieues.
Tel Anglais qui a passé par Londres, il y a seulement
six mois, poar aller achever son éducation par une tour- Faits a la gloire des Anglais, y compris les gens
o
de la Manche, en face de Cherbourg .....•
née sur le• continent, et que la chute des feuilles fait
5
acherniner, le ha.ton ferré a la mai11, souvenir des gla- Faits al'honneur des Anglais, en trois ans . ...
94
ciers de la Suísse, vers le pafaíble et libre home, cet An- Faits d'une nature indifférente ou équivoque ..
glais peut tomber dans les plus grands étonnements en Faits franchement scandaleux, tels que1. divorces,
enlevements, conversations illégales, etc., etc. 307
,oyant tout ce qui s'est accompli pendant son absence;
ses étonnemeots seront des plus légitimes. Que dir:lit,
qu'éprvuverait le Parisien qui, apres une pointe sur
Ces chi ffres, qui représentent la quintessence des
Constantinople ou PéterEbourg, verrait les locomotives nouvelles courantes, dans la périodesusdite de troisancirculer du nord au sud, et de l'est a l'ouest de Pa- nées, ont une éloquence qui .dispeose de tout commen rís, passer souverainement sur le pont Neuf et le pont taire. Votre servíteur appelle particulierement votre atd'Austerlitz, et des gares établies des deux cótés de la tention sur le dernier nombre. Eh bien ! parmi ses amis
riviere ! C'est le spectacle que Londres présente actuel- de France, il s'est trouvé des gens qui tui ont reproché
lement. Les trains vont et viennent sur ce qui ~lait hier de dlner un peu trop souvent chez les Anglais, tandis
le magnifique pont suspendo d'Hungerford, reuvre de que la plupart de ses amis d'Angleterre accusaient son
Brunei, et, dan!\ quelques jours, ils rouleront sur le estomac de ·u·avoir pas de mémoire. Ménager la cbevre
nouveau et gigantesque pont des 131ackfriars. Tout n'est et le chou, telle est la constante alternatíve d'un cb.argé
pas beau daos ces transformations; ce sont de nouveaux d'aflaires; aussi eut-il été pris, plus souvent qu'on ne
traits de force, ajoutés a la physionomie de Londres, pense, de !'envio do joter le manche apres... la fourmaís non des traits de beauté ! Quant a leur caractcre chette. c·est tout ce qu'il voulait dire, et il poursuit,
de grandeur, il est si frappant que les transformations apres avoir fermé la parenthese.
de París, dans ce qu'elles ofirent de plus h:i.rdi,.sont surJe viens de d1re cambien Londres est, depuis quelpassées par l'audace et la nouveauté destransformations que temps, remué, agité, enflammé, ébranlé meme jusde Londres.
· que daos ses fondements. Ces transformations et ce~ seLe Londonnien, en voyant tous ces rails s'allonger cousses matérielles ne sont ríen, si on les compare aux
sournoisement sous terre, on: effrontément a ciel ouvert, transformations et aux secousses morales et sociales qui
en lignes droites et courbes, en voyant ses plus belles se préparent non-seulement a Londres, mais sur toute
rues crevées daos leur milieu, et les édifices, et les mo•- l'étendue des lles Britanniques, pour un temps non éloinuments marqués par les viaducs, le Londonnien a été gné, et qui vont jusqu'a faire penser aux désordres dont
saisi d'une profonde inquiélude; cette inquiétude est Belfast a été dernicrement le théatre.
loin d'etre dissipée. 11 s'est demandé si Londres doit s'éEn ce moment, les protestants et les catholiques sont,
tanouir pour faire place a un filet de fer et de feu, dans par toute l'Angleterre, a l'reuvre avec un redoublement
les mailles duque! il se trouvera condamné a une tré- inexprimable d'énergie et de fiel, et il est diflicile de
pidation et a un toonerre continuels. Que deviendra la dire qui, des catholiques ou des protestants, mérite le
paix du home? Jusqu'ou faudra-t-il aller, a !'avenir, plus de bénédictions. 11 ne se passe pas de semaine qui
pour trouver une douce et poétique retraite? Si le Par- ne voíe l'érect1on d'une église catbolique, tantót ici,
lement maintient fermement sa derniere décision, s'il tantót la. Le catholicisme semble avoir des charmes
refuse la concession des 400 milles de chemins ferrés, j usqu'ici inconnus, pour les plus hautes et pour les plus
qu'on lui a demandé, cette année-ci, de construire dans humbles classes de la société anglaise. Les classes
Londres, les mailles du filet seront assez grandes pour moyennes regardeut, et, pour le moruent, laissent faire.
ne pas troubler la paíx du foyer de la grande majorité Encouragés par le succes interrompu de cette propades habitants. Puisse le Parlement demelll'er ferme ! gande, voila que maintenant les catboliques ne marEn attendant, les signes fatals de la transformation s'ac:.. chent plus daos le sentier tracé par la loi, mais en
cwnuleut. Que le tunnel sous-marin de la Tamise, jus- debors. Ainsi, des capucins irlandais, dits freres Augusqu'ici objet de curiosité, doive etre utilisé daos les bou- tins, viennent d'ouvrir un couvent au centre de Londres,
le,ersements nouveaux, ríen de míeux; mais qu'apres et cela en violation formelle des lois anglaises. Comme
&amp;Toir abattu la maison de Goldsmith et celle de Mílton, il fallait s'y attcndre, la presse anglaise, représentante
on s'attaque au Monument, cette colonne commémora- d'une race peu contemplative, s'occupe · activenient des
ti,e du grand incendie, et la plus haute, je crois, de freres capucins, et, qui plus est, irlandais.
Pendant que les catholiques, qui se prétendent les dél'Europe, c'est autre chose. Pourtant, selon toute propositaires
uniques de la parole de Dieu, se livrem a ces
h~bilité, le Monumeut est destiné a disparaitre, pour
envahissements, les protcstants, qui, de leur coté, se
laisser place libre a un cbemin de fer.
Le moment est assez mal choisi, car depais longtemps disenl obstinément les porte-lanteroes de la vérité, traon n'avait eu plus besoin qu'a présent de l'enseignement vaillent a la confection d'110 éteignoir qui n'a rien a en-,
q~'il porte jusqu'aux nues. Depuis un mois, les incen- vier a ceux des ferblantíers ultramontains. lis font cirdies se répetent presque journellement, avec une fré- culer, parmi les bommes pensants &lt;le la Grande-Bretaqnence et une vigueur telles, que le feu semble s'es- gne, une piece ou ceux-ci sont invités a déclarer, par
~ye~ arecommencer sa razzia de 1666, et comme si ce l'appositwn de leur signature, que to utes les &lt;lécouver~ était pas assez des conflagrations dévorant des mil- tes scientifiques auxquelles les cherchenrs modernes
lions de propriétés, voila que la poudre a canon s'en peuvent arriver, sont fausses, qui seraient en contradic~le, et que les vingt lieues carrées de maisons et de tíon avec les saintes écritures.
Cette déclaration a été adressée a sir John Herschel,
lilles qui composent Londres, sont ébranlées un matin
qui a refusé de la signer. Mais la confrérie protestante
Par l'explosion des poudrieres d'Érith.
le crois que j' en ai dit assez pour faire comprendre se con,olera assez facilement de cetéchec, 11 esta croire,
le Londres actuel commence a etre bien dilférent en songeaot qu'elJe a embrigadé le colonel Rawlinson.
Ains1 va l'Angleterre religieuse, voguant comme les
; _Londres d'il y a seulement quelques années. Et
u.::~nant, je demande la faveur d'ouTI'ir une paren- yeux fermés entre deux écueils également fatals a la
raison : la bigoterie protestante et l'obscurantisme catho-

re

lique. Qui saisira le gouvernail et poussera l'équipage
a la manreuvre?
Pendant que ces faits se passent et se discutent daos
les journaux, faits qui viennent d'etre enveuimés, en ce
qui concerne le progres du calholicisme, par l'enlevement mystérieux et le transport, semble-t-il par force,
d'une jeuoe Anglaise daos un couvent de Belgiqne, facheux auspice pour les freres•Augustins, le Congres de
la science sociale tient ses séances. Le cbamp est vaste,
certes, mais ce qu'il y a de bon, c'est queJes plus éminents comme les plus obscurs penseurs peuvent s'y rencontrer et y travailler de concert. Lord Brougham, entré récemment daos sa quatre-vingt-septieme année, a
ouvert la huitieme session du congres, le 23 septembre,
a York.
L'opmion publique est moins alarmée, a Londres, des
chemins de fer qui menacent de tout percer, de tout
renverser, des inceudíes qui se succedent saos reta.che
en faisant de désastreux ravages, et des explosions
meme de poudrieres qui sementia mortetlesruinesautour
d'elles, que de la constr11ctíon journalier0:: d'églises catboliques et de couvents élevés par des transfuges de
l'Églige anglícane et des moines irlandais; et il faut
bien convenir qu'un peuple fait comme le peuple anglais, et pensant comme íl pense, pourrait bien etre
alarmé a moins.
JusT .AMÉRO.

IIUUGURATIOI DU CHKIIH DE rER DK DOH PEDRO Il (BRiBIL).
La Cbambre des députés du Brésil vient d'adopter un
projet de loi relatif a la construction de chemins de fer
et a l'établissement de certaines ccmmunications fluviales.
Cette loi permet au gouvernement brésilien d'avoir
recours désormais· a des compagnies étrangeres, qui se
chargeraient, moyennant garantie d'intéret, de la construction et de l'exploitation de ces voies, qui donneront
a l'exploitation des ressources locales une tres-grande
extension.
Parmi les chemins de fer brésiliens, le plus important,
par sa position, son étendue, son utilité, dans le présent
et surtout daos !'avenir, car il doit réunir la province de
Rio-Janeiro a celles de San-P¡1oln et de Minas, par les
difficultés de terrain a vaincre, etc., est celui de don
Pedro 11.
L'lllustration a publié, dansson numéro i059, un premier article sur cette ligne. Notre correspondant nous
adresse, en date du 8 juillet, avec les croquis que nous
reproduisons, les détails suivants :
« Le souvenir que j'avais gardé de ma premiere excursion sur la ligne de don Pedro 11, me détermina a
m'enquérir, aussitót mon retour a Rio, de la sítuation
des travaux. Malgré ma haute.opinion Slll' le mérite de
M. le conseiller Ottoni, président de la compagníe, et sur
l'habileté bien reconnue de MM. Ellisson freres, ingénieurs, je ne pus cependant me défendre d'une certaine
incrédulité en apprenant que la voie ferrée serait avant
peu livrée a la circulation jusqu'au Parahyba.
M. le capitaine commandant du génie, Vlemincx, inspecteur général de l'exploitation, me propasa alors de
vérifier par·moi-meme l'état des travaux, et nous partimes, le 3 juin, pour Rodeio.
Rodeío est établi sur un point ~out a fait sauvage,
saos habitatíon aucune avant la construction de la voie,
mais o[rant aujolll'd'hui l'aspect d'une station importante,
pres de laquelle se sont élevés, comme par enchantement, des hótels, des magasin~, des gares, tout, ~nfin,
ce qu'entrainent apres eux un concours incessant de population et d'intérets, en mcme temps que la réunion
sur un meme point de tous les produits de provinces aussi
ricbes que celles de Río et de Minas.
Rodeio est situé a 85 kilometres enviran de Rio, et a
t,500 pieds au-dessus du niveau de la mer. On traverse, pour y arriver, onze tunnels. JI faut encore s'élever de t50 pieds pour atteindre le sommet de la montagne, avant de pouvoir descendre dans la plaine qui con•
duit au fleuve. Un tunnel de 2,230 mctres a été
nécessaire pour amener la voie ferrée au versant,
vers le Parahyba ; il est entierement percé, et sera li vré
a la circulation dans un an. D'ici la, il y avaít nécessairement un temps d'arret dans l'exploitation. Mais ne
pouvant traverser la montagne, l'entrepreneur, M. Humbird, un de ces Américains que ríen n'arrete, songea
a l'escalader. Il a fait établir une voie provisoire q11i,

�L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

PUNT IJU CBR611:i PROVlSUIIIE.

RRESIL. - CHEMIN DR FER OR

franchissant des peotes de 55 millimetres par melre et
d'une courbe de 70 et meme de ·60 metres de rayon, travcrse des ravins profonds sur des ponts en bois, fixés
par de simples chevalets, présenté un développement de
6,600 metres, et vient se rclier, a l'autre extrémité du
tunnel, apres avoir passé de¡.¡x fois au-dessus de Jui.
De puissantes Jocomotives américaioes, a quatre roues
couplées et munies de freins vigourcux, circulent sur
cette section, et c'est par ce moyen qu'on a pu transporter les matériaux nécessaires pour continuer la voie jusqu'au Parahyba, que·tra,·erse ur1·pont en bois de 1go me-

ro~

SHTION DE RODEIO.

PEOI\O 11. - D'apres tu croquis de M. Vlemi1&gt;Cl,

tres de long et de 37 arches. Pendant que nous nous
préparions a parcourir cette voie presque aérienne, nous
avons pu voir partir dix-sept wagons .ehargés chacun de
40 arrobes de café, soit environ 60 tonneaux. Ces wagons,
laissés sur la voie, sans locomotive, sont descendus jusqu'a l'embrancbement de Macocos, ou ils ont été reliés
au train des marchandises partant de ce dernier point
pour Rio.
Je terminerai en vous disant que de l'avis de tous les
hommes compétents, Je chemin de fer de don Pedro ll,par sa conslruction, les soins apportés a son entretien,

son ~ysteme d'e&gt;.ploitalion, l'activité que l'on remarqw
daos tous les scrvices, l'intelligence et la persévéran«
de son conseil de direction , el la haute aptitude 4e
M. le capitaine Viriato de Medeiras, commissaire di
gouvernemcnt, - est une des preuves les plus évidcnlls
de ce que peut la fcrme volonté de l'homme. Administrateurs, ingénieurs, em¡íloyés, chacun ici rinlilt
de zele et apporte Je tribut de son activité a l'acbetement de cet important travail. »
L'inauguration de cctte ligne a cu licu le 7 aout dernier; l'Empereur a fait le trajet de Saint-Christophei

-

----barre
de Pirahy, et a été trCs-satisfait
la
.
son excurs1on.
.
.. . . .
de
demain, un tralD spec1al eta1t mis
I
Le en
.l
.
d
d'15po"ition du corp, d1p omat1que, es
l la rs ~ des députés et du contre-amiral
sén~tellea~ commandant la station franCha1gn ,
.
·se de Rio-1ane1ro.
11
~ A]'occasion de cette 1~augura
·
t·10_n, 1e
.
Fluminense
a
donnc
un
magmfique
0
castnauquel
.. Leurs Ma¡esles
' ·1
ont ass1ste
m-.
ba,1
periales.
Le 12 aout, a dix beures et demie du
•un
écrit un des officiers • du navire
111a ,
·ral l'Astrée, au moment ou nous nous
a1111
.
.
l'
. .
ttendions le mo1Ds, pu1sque on etait
y atrain de faire la propreté du batiment
enur se préparer a célébrer la fete natio~e no officier brésilien est venu nous
o
'
. . de l'Empereur ; et, en
anooncer
la v1s1te
lle~ une demi-beure apres, le yacbt de
:, )lajesté stopait derriere nous. ~algré
cette surprise, car c'en était une véritable,
savions mis la frégate en état de rece000
voir son auguste visiteur.
« Au moment 011 l'Empereur a laissé
son yacbt pour embarquer daos son canot,
le grand pavois, pavillon brésilien au
grand mát, a été hissé et salué de trois
salves de toulc notre artillerie et de sept
cris de : « Vive l'Empereur ! » par les
bommes sur les vergues.
« Puis l'Empereur a accosté, et a été
re~u au has de l'échelle avec tous les booneurs dus aux souverains.
«Sa Majesté, avec sa suite, a visité tresminutieusement notre belle frégate, interrorreant
saos cesse et voulant tout connai- •
0
tre. La machine surtout, construite aux
rorges et chantiers de la Méditerranée, a
beaucoup attiré son attention, et Sa Majesté
avoulu en voir jusqu'aux moindres détails.
, Aussitot apres cette inspection, on a
commandé le branle-has de combat, pendantlequel l'Empereura porté la plussérieuse attcntion a l'artillerie, dont il s'occupe

SEG CONCliOVEr&lt;S
ACCD,,NAJSS~ns

MONUMENT DE BKNOIT RACLET, INAUGURÉ LE! OCTOBRE A ROM4NECHK.

-----= ___ _

VISITE J&gt;E S M. L'E.IIPEllEUK DU BIIRSIL A LA FllÉGATE L'ASTll/íE. - U'apl'l!I un cruq1111 ~e M.
•

¡

.,..

h.,,••1.
MACIIINK A FABRIQUBR LES TUILliS, CARREAUX, TUYAUX ET BRIQUES CREUSES.

253
beaucoup, et a paru tres-satisfait de l'exercice, qui a été terminé par le défilé de
tout l'équipage armé comme pour le combat. Enfin,. la relraite a été battue, et,
apres un exercice de m:mre.uvre, Sa .&amp;lajesté a bien voulu accepter une légcre collation, que l'amiral avait fait préparer, et
s'est retirée a deux beures de l'apresmidi, avec les memes honneurs qu'a son
arrivée, en témoignant a plusieu'rs reprises sa vive satisfaction po.ur la bonne tenue et la précision des exercices de notre
équipage.
« Le yacht s'estensuite dirigé vers la
corvette brésilienne Imperial •Marinheiro,
a bord de laquelle l'Empereur est monté
pour faire saluer de vingt et un coups de
canon le pavillon frangais, arboré au
grand mat de ce batiment.
« La fete de l'Empereur des Fran~ais
se célebre ici avec la plus grande solennité. Ce jour-la, indépendamment des salves
et des pavois, la compagnie de débarquement en a,rmes descend aterre, a !'arsenal, ou l"amiral la passc en revue; puis on
se meten marche avec musique et tambours, l'amiral en tele avec tout son étatmajor fl.apqué de mousses armés, et l'on
se rend a J'église d'Ajuda, 011 se dit la
messe et ou le Te Deum est chanté par
des cbreurs choisis daos l'équipage meme
de la frégate. Cet apparat produit toujours
la meilleure imprcssion sur la populátion
frangaise, heureuse de voir si loin du pays
et de suivre daos les rues de Rio•Janeiro
le drapean de la France.
« Cette année, la fete ne l'a cédé a aucune des précédentes, et, daos l'aprcs:.
midi, la population frangaise a été admise
abord, ou des jeu1 de toutes sortcs avaicnt
été organisés; en fin, la journée s'est terminée par un grand diner olficiel, auquel
l'amiral avait invité tous les personnages
marquants de la rade et meme quelquesuns de la ".ille. Le soir, la frégate a été

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVRRSEL.
illuminée, et les danees, tant parmi l'équipage que dans
l'état-m~or, avec les familles fran~aises qui avaient été
invitées a diner par les officiers, se sont prolongées jusqu'a minuit. »
Pour extrait: P. PAGET.

apres le banquet. Le soir, course anx flambeaux et bal,
ou l'on a dansé jusqu'au matin.
Pour extrait : P. P.

---~~--l!CHIH AJABRIQUKR LKS Tll1US, BRIQUKS CRKUSKS, KTC.

INAUGURATI0N DU BUSTE DE BEN0IT RACLET,
LE DES'IÍlUCTEUR DR LA PYI\AT,E PAR t'JÍCHAUDAGE.

llomanéche-Thorins, 3 octobre t 864.

Les tuiles diles Boulet et Buissart sont celles dont l'usage est actuellemcnt le plus répandu. Ce succes est du
a leur prix peu élevé et a leur légereté, r¡ni dépas,e celle
de l'ardoise, ~ans nuire en ríen a leur solidité. Elles sont
en outre d'on aspect agréable, qui leur vient de leur
couleur rouge ou rosée, d'on ton tres-heureux.
Ces avantages incontestables eussent été inutiles, si
un inventeur ingénieux n'avait su tirer partí, a leur
profit, des ressources immenses qu'offre la mécanique.
Le probleme a résoorlre était de construire des instruments a bon marché, d'une grande précision, et cependant d'une solidité a toute éprcuve, de fa~on a ce qu'on
put travailler lea terres sans les délayer dans l'eau, et
cependant obteni:- des produits tres-minces et tres-résistants. c·est a l'aide d'une de ces machines, inventée
par MM. Boulet et euissart, et dont le dessin nous a été
remis ¡,ar M. Ernest Kreutzer, construcleur, 4, rue SaintQuentin, a Pari5, leur représeutant, que se fabriquent
a la foiq, sans addition d'eau, et mé01e abras d'homme,
carrea1n:, tuiles, tuyaux de drainage, briques creuses,
et tous les produits céramiques creux servant dan;; la
construction et l'agriculture, et cela en proportions énormes, puisque certaines de ces machines peuvent donner
jusqu'il. six mille de ces produits par jour, el que d'autres méme font en terre dure sept mille brignes pleines,
et ayee un modele plus grand, quinze mille briques en
dix heures. Des fonrs annulaires intermittents, dont
nous publierons plus tard le dessin, donnent une écono•
mie de 60 0/0 sur n'importe quel combustible, et une
cuisson tres-uniforme. La qualité de ces prodmts est saos
égale, tous les rapports en font foi; jamais ils ne sont
altérés par la dessiccation, ce grand écueil pour les fabrications d'autre systeme; ils sont, de plus, d'une
régularité parfaite, et toujours également consistants.
Les résultats produits par ces machines leur donnent
une supériorité incontestable sur les machines anglaises,
qui cependant, a leur apparilion, furent prónées par le
gouvernement fran~ais lui- méme. Un nombre cons1dérable de nos machines se trouvent actuellement daos
les nsines d'Anglet.erre.
Tant d'avantages sérieux ont valu a MM. Boulet et
Bmssart, dont l'usine est une des plus importantes de
France pour les produits céramiques, 35 médailles et
primes dans les di verses exposilions ou ils ont fait figurer
leurs produits. Jamais récompenses ne nous ont paru
mieux méritées.
H. C.

Nous aimons tout ce qui a pour but d'élever les sentiments du peuple, de dégager de son ame les nobles aspiration~. Elles y sont souvent a l'état latent; il ne s'agit r¡ue d'en favoriser t•e~sor. C'est la rétlexion que nous
faisions hier, au milieu de la foule qui était venue rendre un hommage de tardive reconnaissance a la mémoire de Benoit Raclet. Cet homme, otile autant que
modeste, a découvert, vous le savez, les moyens de détruire la pyrale. Qu'est-ce que la pyrale? demandcront beaueoup de nos lecteurs. La pyrale est une chenille de deux millimetres, qui ronge la vigne au printemps et la stérilise. Elle apparait dans nos vignobles a
des intervalles inégaux. De l828 a t840, elle a ravagé
le Beaujolais et le Maconnais de telle sorte, que le~ vignerons, réduits a la misere et désespérés, avaient fini
par se décider a arracher le cep. Le seigle eut poussé
daos ce sol, dont le produit vinieole vaut cinq ou six
fois au moins le produit des céréales.
Benoit Raclet eut heureusement la pensée de combattre le fléau de la pyrale. Apres quatorze ans de tatonnemenls, il découvrit un moyen simple etpratiqoe de
l'anéantir. Ce moyen, c'est l'échaudage du cep a l'eau
bouillante. Des qu'il fut appliqué, on triompha du mal,
et l'abondance vrnt remplacer la stérilité et la misere.
Le Maconnais et le Beaujolais doivent a Raclet, apres
Dieu, les belles récoltes des vingt dernieres années,
e· est-a-dirP. plus de cent miIlions.
Raclet, comme cela n'arrive que trop souvent aux
bienfaiteurs de l'humanité, tout en enrichissant sa
contrée, ne s'est pas enrichi lui-méme. De plus, il a été
méconnu peudant sa vie par ses concitoyens et par le
gouvernement de son pays.
Un homme de bien, M. Charles Rolland, sympathique
a tout ce qui prodoit pour le peuple une amélioration
morale ou matérielle, s'est ému de l'ingratitude de ses
concitoyens envers Benoit Raclet. Depuis trois a.ns, aidé
d'un comité qu'il préside, il a travaillé a la réparer. 11 a
réussi.
L'inauguration du buste de Raclet a eu lieu avanthier, 2 octobre, par un soleil splendide, en présence de
plus de trois mille spectateu~. Ce buste est du jeune
sculpteur Brunet, r¡ui s'est fait remarquer, par des reuvres d'un mérite réel, aut dernieres expositions. 11 est
~
bien coo~u et dºune belle exécotion. Le nom de M. BruCORRESPONDANGE D'ALGÉRIE.
neta été fort applaudi lorsque M. Rolland a dit ~u public que cet artiste n'avait voulu accepter aucune rémuAU DIRECTEUR.
nération.
Le discours que M. Rollanrl a prononcé en cette cir-•
Rass el ain, !i septembre 1864.
constance contient un enseignement élevé : c'est que la
Le 23 septemhre, des le matin, la population oranaise,
démocratie moderue doit sortoot se prémunir contre
l'ingratitude, ce vice des démocraties antiques ! 11 démon- toute en émoi, occupe avec empressement les places, les
tre, l'histoire a la main, qu'elles se sont perdues par ce promenades, les avenues 4ui ont vue rnr la mer, et qui
vice, qui décourage les dévouemenlq et les empéche de se trouvent entre le port et le Chateau-Neuf. Notre nounaitre. Puis abordant la hiographie de Raclet, il a fait res- veau gouverneur, le maréchal de M1c-~Iahon, est atsortir la fatalité de sa mort. qui, dans l'antiquité, aurait tendu; déja l'on aper~oit, s'élevant vers le ciel, la fumée
été considérée comme une vcngeance des dieux contre du na vire qui le porti:. Le ciel est splendide, la roer,
un mortel assez audacieux pour leur déroher les secrets d'un bleu brillant, n'a pas une ride, le soleil donne aux
de la nature. Raclet est mort des suites d'une commo- collines qm séparent les eaux d'Oran de celles d'.Arzew,
des tcintes et des aspects qui cbarmenl l'reil.
tion causée par la foudre, tombée pres de lui.
Le vapeur approche du port; c'est l'E11ménide, au
La parole de M. Rolland est élégante et 1magre. Elle
corps tout noir et dont le nom, - auquel les Grecs
a une vibration qui fail tressaillir la fibre populaire.
Atrois beures, banquet de neuf cenl~ couverts. Dans avaient attribué une signification terrible, contra1recette agape fraternelle, ou le vigncron coudoyait le ment a son étymologie, - rappelle la série des batiments
bourgeois, le vio capiteux du cru n'a fait oubliPr a per- de l'État qui font 011 ont fait le service, le long de la
sonne la plus parfaite convenance. Daos sa réponse a cote algérienne, 4epuis plus de vingt ans, sous les apun toast a la comm1ssion, M. Charles Rolland n'a pas été . pellations sinistres de Styx, Achéron, Ténare, Cocyte,
moins brillant, ni moins ápplaudi qu'il ne l'avait été le Tartare, Gorgone, etc.
L'ancre est jetée, le navire se pavoise de nombreux
matin. Il avait trouvé un émule digne de lui en M. Vernette, sous-préfet de Villefranche. Macon était représenté pavillons, le maréchal de~cend dans un canot. En méme
a cette féte par un conseiller de préfecture, rempla~ant temps, les matelots, perché, sur les ver~ues, poussent
M. de La Guéronniere, empéché pour cause d'indi~posi- les acclamations qui sont leur salut militaire, et les calion, )}ar son maire, par une députation de l'Académie et nons du bord lancent des nuages de fumée blanche,
par son orphéon. Les sociétés de musique de Ville- qui ondulent et se déroulent grarieusement le long des
franche et des communes envirormantes, étaient venues flanes sombres de rEuménide.
A peine arrivé au quai, le gouvernenr général monte
se joindre Acelle de Romaneche, et ont donné un concert

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

a cheval, et se dirige verR le CMteau-Neuf,~
d'une population avide de revoir le chef ~
qu'elle n'a pas vu depnis que la campagne d'I~
venue accroitre si glorieusement sa réputation. ~
avons parlé, il y a quelques années déja, et dans r
tratio12 méme, des brillantes qualités du vainque~
Magenta, nons n'avons pas a reproduire ici tout ce
depuis quelque temps, du reste, se trouve a peu :
réédité par tous les journaux.
Un nomhre~x cortége, _f~rmé. des re_p:ésentanta •
toas les serv1ces et ad mm 1strat1ons m1htaires S\lit ~
.naréchal. A voir ces habits brodés, ces chape¡ux-1"gates, ces fonctionnaires au frais visage, on se croirait
pleine France, et cependant on nous reproche ..:
cesse de ne pas nous assimiler assez vite. Au te11¡11
de la conq uéte, les escortes de nos généraux 0,
vaient pas, il s'e~ faut, cette_ physionomie. On y ~o~
d~ ~odestes tumques, des cemtures de laine, de simpi.
kepis, surmontant des figures seches et brunies. 1'&lt;,
prét'frons ces dernieres, méme sous le rapport do
resque.
Le maréchal a convoqué, quelques instants apres 111
arrivée, les divers services adminislratifs; il lear 1
adressé une allocution qui a eu pour but de développir
le~, p:nsées déja exp_rimées daos sa proclamation, pu.
bhee a Alger, quatre J0urs auparavant. Nous lisons daai
cette proclamation du gouverneur, &lt;1 qu'il a toujourslJi
bienveillant pour les hommes qui cherchent le bien...,
qu'il a toujours cherch~ a suivre les inspirations de r6quité et de la juslice. » La fermeté et l:i. persistance •
duc de Magenla sont connues, il n'est done pas donlell
qu'il saura reconuaitre les hommes qui chercbent~
bien, et qu'il ne se laissera pas tromper par de Cq¡
semblants d"équité et de justice.
Le 22, veille de l'arrivée du maréchal, la ville d'Ona
avait re~u son nouveau préfet, M. Brosselard, &amp;allM
tres-connu par ses découvertes archéologiques et■
trava1u: sur l'hiEtoire du pays. Les 24 et 25, nous
eu les courses de la province. Elles ont été peo bri,
!antes, cette année : l'élément arabe, qui donne •
d'animation a ces fétea, manquait a peu pres compléle,
ment, par suite eles opérations militaires qui se po11,
suivent ou se préparent. Cependant, a la fin de !aj•
née, un petit go11m, composé de cavaliers, qui qoittaii
leur tribu pour se rendre daos le Sud, a défilé sur llip,
podrome. Ces Arabes, couverts de vélements sales, mi,
et disposés de la fa,on qui est la ph1s commode ach&amp;111
d'eux, pour les journées de marche Pt de razzia,•
ont paru éveiller l'inlérét et la curiosité, plus vivemei
que lorsqu'ils viennent parmi nous, préparés pour a
ter seulement a des réjouissances. La plupart avaiell
la figure sérieuse, rétléchie; leurs regards chauds
fonds retlétaient des préoccupations, causées soit pr
l'espoir d'aventures prochaines, soit par le souveni!•
années de guerre passées. Les allures indépendaall
des chevaux et des cavaliers nous ont rappelé ladicussion que nous avo.ns soutenue, daos un recueil aól
que celui-ci, et que nous reprendrons incessammen~•
les caracteres d'une véritable cavalerie légere.
Ma1s nous sommes sur une terre ou s'agitent des•
ciét~s bien dilférentes. Si, d'une part, nous assislal
a des chevauchées du moyen age, d'un anlre coté,•
préparons, a Oran méme, l'e1posilion ann11elle de l'Alli!
rie, pour les produits agricoles et industriels. Les
vois commencent a se caser. Et puis nous espérons
la compagnie des chemins de fer prescrira bienta
premier coup d&lt;' pioche, que la popution oranaise
tend depuis plusieurs années, et qu'on lui promet
trois mois en trois mois.
Les agriculteurs sont dans la désolation, a caoae
tres-bas pri1 des céréales.
F. HL"c.o11m.

*

a•

et,..

~

11•• ANNA DE LA GRANGE.

Cette remarquable artiste, qui n'a presqÓe j
chanté que le répertoire italien, est née a Paris, el
positi1n que sa famille occupait dans le monde ne
mettait pas d'imaginer qu·elle dut un jour monterSlf
théatre. Quand elle apprit la musique, on ne pe
qu'a lui donner un talent d'amateur. Elle re~nt del
~ons de piano,successivement, de différents maitres,
le plus ha hile et le plus célebre fut Kalkbrenner.
devint tres-habile, en quelques années, sur cet i
ment.
Tout en étudiant le piano, elle entendait chanter,

;¡--déepar son instinct,répétait
tout ce• •qu'elle
é d
,. avait
. . endo.
son
pere,
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cette
facilité
d
1m1tation
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!abeaute
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Bordo
0 m pour ma1tre.
de
. • d b .ll
e d 1
.
Elle eut b1e~tot e ri ants succ s ans e m?nde. Pms,
des spéculations malbeureuses ayant anéanti, en f ~45,
la fortune. de M. de La Grange, elle prit la résolution
coorageuse de tirer partí de son talent, le perfectionna
d'abord en Jtalie, avec les conseils d'un des plus habiles
rofesseurs de Milan, et débuta comme prima donna a
~ ,~e. Son soeces fut éclatant, et sa réputation gran•0 .
EII h
.
dit rapidement. e e anta successivement a Varese, a
a
B¡
•v ·
C'
Torio, aR_orne, , o ogne, "- emse. est dans cette
dernie~ v1ll~ q~ elle r~ncontraM.le comte Stankowitcb,
qui devmt b1entotson epoux. En 184g, Meyerbeer songea
un moment a la fa.re engager a l'Opéra, pour jouer le
role de Fides, daos le Prophete. Elle le joua, en effet,
mais aVienne, quelques mois plus tard. Elle vint a Paris en f!l52 et sontint le ré¡,ertoire du Théatre-Italien
,ec un éci'at dont les dilettanti ont conservé Je souve3.
. .d .
•
nir. Elle a chante epms, avec le plus grand soeces, a
· · p th · s · t Pét b
,
Berhn, a es· , , aB arn - A ers ourg,
a New-York, a
,
Rio de _hne~ro, a ~enos~ yres, "- 1a Havane, et enfin
aMadnd, ou ll. Bag1er lm a passé au cou la cqaine d'or
d'un engagement de trois années.
PIERRE PA&lt;,ET.
r,-

LE PALAMEDE FRANCAIS.
REVOE DES

ÉCBECS ET DES AUTIIES raux DE COIDIITAIS0N.

Voici one revue qui ne s'adresse pas seulement aux
joueurs d'échecs, - pbalange a.ssez nombreuse, r.omme
on sait, - mais aussi a tous ceux qui aiment le jeu de
dames, le whist, le billard, etc. Cette revue est, en quelqoe sorte, une encyclopédie des jeux de combinaison,
une collection unique ou chacun peut pui~er, selon ses
gou~, les notions qui l'intéressent. Eufiu, le Palaméde
(ranrlli3 contient, en outre, une partie littéraire, et il se
propose de publier la galerie photographique des célébrités d'échecs contemporaines, accompagnée de notices
et de biographies. Avec de pareils éléments, il est
impossihle que cette revue des écbecs et des jeux de
combinaison ne se fasse pas, en peu de temps, une
place au soleil.
Ajoutons, pour ne ríen omettre, que l'exécution ty,.
pogra¡!hique répond complétement au titre et au car;c.
tere de cette revue, confiée aux presses d'une des meilleures imprimeries de París, l'irnprimerie Lahure.
P. P.
REVUB DES M0DES ET DE L'INDUSTRIE.

C'es~ daos le courant d'octobre, du l5 au 20, que les
mag~ms de l'OMBRF. DO VRAI, rue Vivienne, 5, pres le
Pala1s-Royal, ouvrent leurs salons du premier élaf.?e.
Cette inauguration aura lieu par une splendide exposition de bijout en imitation, réunissant toutes les comp~itio~s arlistiques les plus en vogue .. Le rayon de
p1errer1es sera assorti des plus merveilleuses parures ;
diademes, colliers, broches, boucles d'oreilles, etc.
Les v1trines des bijoux de fantaisie ne le cederont en
ríen acelles des premiers bijoutiers de la capitale. Nous
engageons nos lectrices a ne pas manquer d'assister a
cette eiposition, qui leur ofirira des ressources charmantes pour leurs toilettes de la saison d'hiver.
Cette année, on emploiera principalement, pour le décor et l'ornementation des robes et des confections d'hi,er, la passementerie et les chamarures.
~ Vil/e de Lyon, passementiere de l'impératrice Eugém~, 6, roe de la Chaussée-d'Antin, brode quelques
~"!1tnres artistiques en perles de corail et en perles
dac1er.
Comme primear pour la saison d'automne, la Vi/le de
~ orfre aux belles étrangeres qui visitent Paris : la
~mtnre almte, en trcs-larges rubans, n• 80, bordés
d~ eífilé neigeux, se drapant a l'orientale autour de la
tad.le, et 11e nouant derriere par un chou retombant en
lrois pans; de tres-larges ceintures en rubans d'or
rapdespelant les ceintures des aspirants de la marine; pui~
~ucles en écaille, en acier et en jais pour les hautes cemt~res en rubane gros grain; puis des gants RéCCl!der, s ~nfilant comme une mit11ine de peau, saos
~ntons DI manchettes, et le gant JosPphine, qui n'a pas
e coot~re le long du petit doigt et qui moule la main
et 1e po1gnet.
De toutes part,, !'industrie prouve qu'elle a travaillé
~~e la fourmi de la fable, pendant que les belles
-es étaient aux eaUI.

¡

Grace a l'attrait tout part·1cu11er
- qua
, su donner a J'étoffe dite 1"oulard
tin
ét
bl.
d
. ordre
1
'
•
a ssement e prem1er
(Te Comptoir des Jnrles
129 boufe"ard s,b t " 1•
. '
,
a.5 opo,,, usatie
de ce genre de soierie s'est rapirlement propagé depuis
quelques années. On pnrte maintenant le foulard de
l'Jnde en tout~ saison, car il ne le cede en rien au taffPt/.lS le plns riche, et .il coule un prix de beauconp inférieur. On pe~t ~dm1rer, au Comptoir des Inrles, une
c?armante variéte de rohe~ d'automne aux coulrurs
;;;~: ~t cdhabtloyant~s. N'.ouhlio~s nas non plus les fou· on
aJJC, a pet1fs rlessms de toutes nuances. Ce
g-enre de foulards est ,
•
.,
.
· · resnve a,n 11ames. Am: mes•1eurs
sont•destinrs les foulard.• corah~. 1P~ hanrlanos de~ 1 ~~
des et l~s riches cachP-nez &lt;le l'In rle et de la Chine. Le
Comptoii· rifs Inries expPdiP franco ses érhnntillons dr robes a_u,: clames qui lui en font la demande.
1tbis r¡uelq_ue soin ~u·on arinorte a la confection d'une
ro~e, i:nerv~ille _tl" ti••u et ~'élég-ance, pour que cette
~\ e aille 1en, 11 e5t e~sentiel rl'avoir un corset sans
l~nª:~-- La,st~e7: le ~0r:,et ~la~tiq~e, la palis~ade de ba1con ra1res a 111,vgiene, et portez la ceintltre régente qui vons dé,,arrera les lianches et 1
- • C
. .
.. ·
•
a poi 1rme. e1te
mrn1ature
du
co~Pt
ne
se
trouve
que
ruede
la C/
,
, wus•éed ~ntin, 31. chn Mm•s rie Vertus, qui J'ont inventée et
'lUI n'en ont étahli rle Mp&lt;it nulle part • ce qui pourtant
n'a poin_t empéché les contrefa~ons gro~sieres.
Par_mi les succes hi&lt;'n étahlis, il faut placer ans•i en
e~ qm con cerne l'hyg-iene, l'Ealf et la Pommade viv,dr¡ues
s1gnées des in.itial~s A. B, dont le dépót est chez M. BINET,
29, n1e de lt?chefiett. Ces denx prorluits donnent des rrsultats certains, inconnus jusqu'ici, des qu'il s'agit de
comhattrr. la chute des cheveux ou de faire renaitre
~e1!x qui auraient ahandonné la place. C'cst imrtout
1h1ver, pendant la saison des soirées, que t'on est le
plu~ exposé aux affections que combattent avec tant de
soeces l'Eai, et fo Pommade vi-vifiques.
En terminant, nous rappellerons quP l'Ea,1 rie la Fforirle renrl aux cheveux blancs lenr coulenr natnrelle. Ce
n'est point une trinture. c'est une eau bienfa.is,rnte composée des sucs de plantes exotiques. - (M. ft11i~lain,
rue de Richelieu, 112).
A. DE c.
•V

•

('.

?

les combinaisons les plus ingénieuses pour faire fructifier leurs économies.
~-UNio~. ·est arrivée a prouver a tout homme qui tra~adle qu 11 a, dans son activité méme, des ressources
mconnues dont il ne tirait JUsqu'a présent aucu.h profit.

PUBLICATIONS NOUVELLES.
Si la grandeur d'un sujet, l'étude sincere des éléments
qui le composenl, une foule d'idées justes avec cette
pointe d'exagératio11 qui marqoe chez un auteur la force
d'un sentiment personnel, si en fin l'opportunité l'utilité
d'un livre, étaient les rnules qualités exigées pa; la critique. nous n'aurions que des éloges a donner au nouvel
ouvrage de M. Daniel Ramée, Artion de Jésus sur le
monde, ou conseq,unce du christianisme. Mais ni la corre~~ion du langage, ni la viguenr du style ne répondent
a 11mportance de la donnt\e. La philosophie de l'histoire
est une science dont l'expression rrleve de l'art. RiPn
n'a plns besoin d'une forme nette et pure que les idées
générales. Au moins, a défaut d'ornemenl~, réclamentelles absolument la suite et l'enchainement logiqJJe. U
nons semble·que, dans l'reuvre de M. Daniel Ramée tout
ne se tient pas, que les idées dont l'auteur est assailli se
pressent aulour de sa plume dans l'encrier et finisscnt
souvent par s,y accrocher avant leur tour;' saos doute
elles ont leur raison d'etre, mais elles ne sont pas précisémPnt a leur place.
Malgré les impérfections que nous signalons, les personnes qu'intéresse l'histoire des religions, sauront faire
leur profit de tous les faits rassemblés par M. Ramée;
pour nous, une fois notre devoir de critique rempli,
nous devons remercier tout écrivain qui cherche a établir l'absence des causes surnaturelles dans la marche
des choses humaines, et qui renvoie aux tristessiecles du
moyen age l'anathcme que les fanatiques et les aveu,,les
lancent chaque jour contre la lumiere de la Ren;issance et de la libre pensée.
ÁNDI\E LEFtVM.

L 'UNJON,

APPAREIL DE LABOURAGE A VAPEUR.

COXPAG\]F. D'ASSURANCES SOR LA VIE.

Le systeme de lahourage a vapenr de M. Lotz fils
ainé est le fruit de longues études et de nombreuses
e~_périences._ Ne doutant pas de la possibilité d'apphquer prat1quement la vapeur a la culture, mais se
rendant compte de toutes les préventions et de toutes
les objections qui devaient accueillir cette idée et mettre
obstacle a son exécntion, c'est d'abord sur des terres
lui appartenant que l'inventeur a fait ses premieres
expériences; Lien certain alors des résultats il ne s'a. .
'
g1ssa1t plus que de combiner un appareil qui put ofirir
les garanties d'une application économique, d'une marche réguliere, d'une installation facile, et enfin d'un
prix relativement modéré.
Le premier appareil (ou du moins la mise a exécution
de l'idée, qui remonte ii i 859) laissait grandement a désir~r; le príncipe admis était celui de la fixité du motear et des treuils d'enroulernent, en faisant passer le
cahle sur des poulies fixées a l'aide d'ancres qu'il fallait rléplacer a chaque parcours de la charru~. L'installation était difficile, et la manreuvre nécessitait un personnel assez nombreux; il y avait une grande perte de
temps e? ~anreuvres accesrnires, et le résultat n'était que
tres-ordrna1re. Cependant cet appareil, présenté au concours régional de Vannes, en l860, obtenait une médaille d'or, et au concours universel, méme année, a París, apres des essais faits aVilliers, une mention luí était
accordée. Ces faits établissent une priorité qui, jusqu'a
ce jour, a été injustement contestée.
Un remaniement complet de tout le systeme eut pour
eflet de fixer M. Lotz sur l'avantage qui résulterait de la
mobilité des engins de traction, dont le premier et tressérieux avantage était de supprimer une installation
difficiie, et qui ne peut ctre bien faite que par des ouvners tres-exercés; de réduire le personnel des deux
tiers, et de n'employe.r que la quantité de cables nécessaire pour le parcours de la charrue entre les deux
points de rési~tance. Le motear était auto-mobile, et servait de moyen de traction pour les divers engius composant !'ensemble du systeme; seulement les treuils d'enroulement devaient étre reliés au motear, et, par leur
disposilion, donnaient un porte-a-faux. Le motear était
de la forc~ d~ _huit chevaux. La charrue a deux corps
do1ibles ag1ssa1t sur une largeur de 60 a 70 centimetres.
t;et appareil, apres des essais publics qui eurent

L'U1''lOX est une des plus anciennes rompaanies que
l'assnrance ait fonrlée en France. La date d; sa création re~onte a TRE\,E-QUATRF. A.'i's, et elle peut hautement
revend1quer le mérite d'avoir enraciné et popularisé
dans notre pa,vs une institution qui a révélé a l'homme
tout ce qu'il .V a de puissance daos 1'épargne, la prévoyance et le calcul des intéréts composés.
Apres avoir ér,argné au pays la perte de eapitaux
énormes par l'Assurance contre l'incendie, l'Union a répandJJ sur toute la France les bieufaits de )' Assurance
sur la. vie humaine, et sur ce point encore, l'Ul\'lON se
place rncontestablement au premier ran" des institutions de ce genre, par l'importance et 1~ variété des
avanta~es qu'elle a présrntés a ses assurés.
E~ effet, des le oremier jour, l'UN10:-; a pralir¡ué la
m~x_ime anglaise, qui consiste a ne rechercher qu'un
m1mme profit pour multiplier a l'infini les opérations.
. C'e~t ª!nsi que l'U:-.IO'I a été la premiere Compnanie qui
a1t prom1s a ses a~~uré, 110P parlicipation dans ses bPnéfices, et cette répartition vient de se faire pour la onziéme
fois, avec des avanta!;'es dont on peut se rendre compte
par les deux exemples suivants:
Un jeune hommf' a contrarti1, en iR29, une assurance
sur sa vie de 10,000 fr. Les arlditions failes asa poi ice
par suite de la réparlition des bénéfircs s'élevent ,
9,5112 fr., c'cst une augmentation de 96 O,'o.'
Un homme, 'agé de 37 an,, a fait, en i R30, une assurance de 30,000 fr., exigihle a son déces, moyennant
une prime de 900 fr., et il a pris part au,: 001.e réparti-tions faites par la Compagnie. Sa prime est complétement éteinte, et le capital assuré se trouve porté a
4l ,700 fr.
N~us ponrrions multiplier les exemples. C'est par la
praht'ue de ces fructueuses opérations que l'U:\,o:-; est
devenue une institution qui a sa place daos toutes les
familles. Le dernier exercice de l'U'l10:-; nous prouve que
la Compagnie a réahsé, en assurances sur la vie seulement, un chiffre d'opérations qui dépasse srx Yn,uoxs ET
DEMI DE CA PITA ox ASSURÉS en une se,iTe annre ! El le développement de ces opérations va chaque jour grandissant.
. Un éminent pnbliciste disait r¡u'il amorlirait le grandhvre de la dette publique avec les sous gaspillés et perdus par chacun en France. Eh hien ! ce sont ces mini mes
épargnes que l'U¡,,'Iox m_et tous les jours a profit, non
plus a l'avantage de l'Etat, mais a l'avantage des fa-·
milles qui trouvent ches elle, avec une sécurité absolue,

�2!i6
lieu a quelques kilometres
de Nantes, figura au concours régional de Cbar •
tres (mai t863), et au
concours régional de Rennes. 11 obtint, daos Ir. premier, une médaille d'or,
et, daos le second, la
grande médaille décernée
par le ministre de l'agriculture.
A la suite de ces concours, des expériences eurent licu a la Cerme impériale de Vincennes, au mois
J'aout. C'est apres ces nouvelles expériences que M.
Lotz Cut honoré de la
commande de l'appareil dont nous donnons les dessins, et
qui est acheté par
S. A. le vice-roí d'E-

L' 1LLUSTRATION, JOURN AL ONIVERSEL.

1 ABOUnAGE A U VA.PEOR. SYSTEME LOTZ¡ DB NANTES. - CHA RRUR A TRIPLE SOC

gypte.
Le nouvel appareil
compase : t 0 d'un
moteur locomobile, 2°
d'un chariot portant
la poulie de ren voi,
3°delacharrue.proprement dile, •• d'une
barrique a eau.
Le moteur, disposé
en locomotive, est de la
force de t 4 chevanx;
il peut marchersur une
¿-oute, ordiuaire aune
vitesse de O kilometres a l'heure.
Les treuils servant
a l'enroulement des
cables métalliquessont
montés sur le moteur
et entourent la chaudiere qui leur sert d'axe. Le moteur se place
sur le hord de la piece
a labourer; en Cace, a
l'autre extrémité, est
IIACBINB IIOTRICE.
le chariot portant la poulíe de renvoi; ce
chariot est auto-mobile.
La charrue,toute spéciale, esta deux ou trois
socs doubles, montés sur un méme axe, et formant deux corps équilibrés sur deux roues, a
l'aide desc;uelles on regle l'entrure des socs.
Elle est attirée alternativement vers le chariot
et vers le moteur ; achaque parcours, !'un de
ces appareils avance de 11 largeur du sillon
ouvcrt, Par ce moyen, le cable de traction se
trouve toujours dans la ligne droite du sillon
a ouvrir. Apres chaque sillon, les socs qui
viennent de travailler sont relevés, et l'axe bascule, en faisant une demi-révolution qui
dispose les socs opposés a repartir. Cette
manreuvre s'accomplit rapidement et saos
CBA RIOT DE RETOLR DE CA BLE.
peine.
Le personnelnécessaire pour le service de cet appaRÉBUS,
reilse composed'un mécanicien etd'un aide,d'un laboureur, d'un manreuvre pour le service du treuil.
Les avantages que présente le labourage a vapeur sont, entre autres :
La facilité de faire les opératious de culture en
toutes saisons; d'obtenir une culture bien plus proConde et bien plus efficace; d'ohtenir ainsi des récoltcs supéricures avec moins d'engrais; pour les
labours difficiles, d'avoir une force beaucoup plus
régulíere, et bien moins cbere que celle des chevaux et des breufs; de permettre aux fermicrs de
réduire le nombre des animaux de travail; d'agir
avec un personnel tres-restrei11t, qui ne retire aucun bra, a l'agriculture et qui ne force pas de
se procurer quand méme cenx qui manquent souvent
aux exploitations naissantes, et méme aux exploitaEXPIJCATION DO DERNIER RtBUS:
tions en pleine activité; de pou,oir employer l'appareil
C'est dans l'hi\•er que la charilé doit voler avec quelque
moteur a t1&gt;us les besoins d'une grande exploitation pour
raire marcber les instrumcnts d'intérieur, et l'utiliser zéle au secours des malheureux.

comme locomotive
.
cole i et moyen de :
tío~ sur les routes •
naires.
. Le prix de revicnt d'1111e
JOurnée de trav~l, a111or.
tissem_ent compris, est de
46 a 50 rr.
Cct appareil a été présq.
té au Concours internalio.
~al _de _labourage avapeur
1
mstitue par la Sociélé d'agricullure de Seine-et-llb,
ne, au mois de mai i86i •
• .
l
au concours regional de
Melun.
ET A DOUBLB EFFET.
La commission du q.
cours international 1
décerné a M. Lot&amp; 11.
né une médaille d'a,.
gent et une prime de
i ,ooo fr. Une médaiUe
d'or luí a été accordie
par le jury du COI·
cours régional de lle.
Jun.
L'appareil de labou.
rage a vapeur de 11.
Lotz est maintenaat
suffisamment perfec.
tionné pour etre employé avec succes. Des
essais récents, qui ont
cu lieu pendant bait
jours a Maisons-AICOll,
dans la belle forme de
M. Wallebled, ont cié
des plus concluants:
de l'avcu d'hommes
essenliellement coa,
pétents, le travail élail
irréprochable.
Cet appareil peal
soutenir hardimen~et
avec les chances d'ua
grand succes, la coaparaison que l'on ,011o
drai t établir uec les
machines anglailes
tant réputées; et nous souhaitons a M. Loll
de trouver daos le succes !ajuste récompena
des efforts et des sacrifices faits par luí poar
doter la France agricole du labournge o•
H. C.
peur.

Dimanche t6 octobre, il sera donné, •
PM.'C.ATELAN, une grande fete de bienfaisance
au profit de l'Association des Artistes mui•
ciens. - Pour la premiere fois, le puhlic d'élite de la capitale et les nombreux étraogen
qui se trouvent a Paris auront le privilége d'•
sister a ce spectacle unique, du a la bieave1llance de LL. Exc. les maréchaux Rsndal
et Magnan, et a la sollicitude toute pafer.
nelle du baron Taylor.
Organisé par les soins empressés d'une direclia
aussi active qu'intelligente, lepremier Festital di 'la
Cavalerie sera la solennité la plus imposante •
l'année i864c. M1LLE ARTISTES de toutes armes esécuteront les chefs-d'reuvre de la musique; et•
brillante Fantasía militaire avee les trompettead.
clairons couronnera, au bruit des salves d'a11illtric, cette Céte de I'Art et de la Charité.
Le cirque Napoléon a inauguré la saison d'IÍ'
,·er, le jeudi t3, par les débuts de deux élepbaiill,,
dont on dit merveilles.

Auc;. MAac, di~cteur-gérant.
Emit:. TEIIER ' rédacteur en wf.

-----,r-~

o

PABIS,-IIIP. DE L'ILLUSTR!TION, A, lfABC, U, RUB DE VBIN-

�</text>
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              <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1129, Octubre 15</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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