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..

.L'I.LLUSTRATIO·N,
~OUBRAL URIVEBSBL.

22 8 ANNÉE. VOL. XLIV.

Direction I Rédaclion, Administration :
Toutei les communications relatives au jou!"'al, réclai;nations, d~mandes
de ohangements d'adresse , do1vent etre adressees franco a

Nº

f 131.

Ahonnrmenls pour Paris el les Déparlemeuls :
3 mo;,. 9 fr.;- 6 mois, 18 fr.; -

unan, 36 fr.; - le numéro, 15 c.
la collection mensuelle , 3 fr.; le volume semestriel, 1~ fr.

· • AUG. JIIARC, DfflECTEUR GERANT.

t 864,.
L'adminislralion ne ripond pas des maouscrits et ne s'engage ¡amais a lea insircr,

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d'nn mandat sur París ou sur la poste.

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BUREAUX : RUE RICHELIEU', 60.

Les abonu. partent du ter no de chaque mois.

0

8amedt 19 Oetobre

Gravure, : Distribution de croix et de médailles faite par M. ie ,iceSOMYAIRE.

amiral de Cbabanne,, le 16 oclobre, sur la place d'Armes de Toulon.
- V11la Peillon,

Rem politique de la semaine. duce de Nice. -

(nou,clle) 1uite. -

Courrier de Voya¡e. - Correspon-

Correspondance d'Amérique. Riéges. -

Rossini. -

La cbanson de Roland, poeme de Tbéroulde. La ,tatue de Jasmin. -

Bibliographie,

Les lilas blancs

Théodosie de Crimée. Revue musicale. -

a Nice :

Résidence de LL. MM. 11. de Russie. -

Événements des États-Unis : Campagne du général Sberidan, batailie
de Fisher's-Rill (i~ sep'.embre}, ! gravures. - Riéges (3 gravures).
- Rouini. - Tbéodosie de Crimée. - Re,ue trimestrielle. p•r Cham

( 14 gravures). - Le mois d'o~tobre. - Rébus.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Nous sommes a. ce mtiment solennel qui est l'objet
d'une si vive préoccupation. Le 24, le parlement italien
s'est réuni a T11rin. La session qui commence n'étant
que la suite de celle qui a été prorogée il y a quelques
mois, ce n'est pas le roi qui l'a ouverte en personne, c'est

iuW!re,
1ta\11
dwa

1UET,

DISTRIBUTION UE CIIOIX Er UI! 111WAl1LES l'AITI:. PAII M. LE VlCti-AllllllAL DE CUAl!ANNl!S, LE 16 OCTOBIIE, SUR LA PLACE D'AJ\illES DI! TOULON. - llapré, un croquia de M. Letuaire.

�'t7 4

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

le général La Marmora, président du conscil et ministre voit souvent. Quoi qu'il en soit, l'Autriche déclare ne
vouloir pas de privilége pour elle, mais elle n'en veut
COIJBRIBR DB WO'TAGB.
des afiaires étrangeres.
pas
non
plus
pour
la
Prusse.
C'est
a
ce
propos
que
la
Toutes les mesures avaient été prises pour le maintien
De Nice a Dordighera : Eza, Roquebnme, Monaco. _ 1de l'ordre, et nous devons a,ussi constater le concours Presse de Vienne invoque énergiquement, mais un peu
palmiers de Dordigbera. - L'obélisque d~ la place •
preté au gouvernement italien par toutes les classes de tard, les droits de la Confédération germanique, les prínVatican : Sixte V et le pécheur de Dord1¡¡hera. -n..
lasociété, pour assurer le calme et la pacification _des es- cipes constitutionnels de l'Allemagne. (( On peut, dit ce
di¡¡bera int1·a-muros. - Douaniers modeles. - Vinlimiatia,
prits. Le maire et le commandant des gardes nat1onales journal, faire de Kiel un port fédéral, et de Rendsbo_urg
- San-Remo.- Le palais Borea.-Une :ue de San-~
Les jeux de Monaco. - Enfer et Parad1s. - Une Tille•
~aient publié, la veille de l'ouverture du parlement, des une forteresse fédérale; mais cela regarde exclus1verepos. - La ¡¡arnison de Monaco. - Pourrai&amp;-je ,o1r le
proclamations. Des manifestes, émanant des sociétés ou- nfent la Confédération germanique. i, La meme feuille
¡¡ouverneur? - Cannes.- Le club. - Un hótel de pl111.
vrieres recommandaient l'ordre et la tranqu.illité, et in- s'éleve contre la prétention que montre déja la Prusse
vitaient' les ouvriers a prouver par leurs acles que le d'accaparer le Lauenbourg a litre d'indemnilé de guerre.
Les jeunes misses pales et languissantes ne sont PII
En atlendant, les exigences du gouvernement pruspeuple turinois ne dément pas son ancienne renommée.
encore venues respirer l'air vivifiant et tiede des tillea
sien
redoublent
daos
les
Duchés.
Quelle
que
soit
la
résiLa plus grande partie de la presse s'est associée a ce
d'biver, les lords anglais et les majors russes ne ch&amp;oi.
mouvement public, et son langage est empreint de con- gnation du Danemark a accepter les plus_ lourds s~crifices,
il ne parait pas qu'1l ait encore réuss1 a convam~re fent pas encore leurs rhnmatismes au soleil dn llidi, la
ciliation.
catarrheux de tous les p1ys ne toussent pas encore IOII
Presque tous les députés et les sénateurs étaient :mi- lesalliés de son sincere dé~ir de voir la paixse conclure.
les orangers et sous les citronniers chargés de mi.
vés depuis quelques jours a. Turin. Lundi, a deux heures L'occupation a chaque jour des rigueurs nouvelles. Non
déja jaunissants; la belle saison de Menton, de Mo11111o,
de l'apres-midi, les deux chambres italiennes étaient contents d'avoir ruiné le Jutland par la prohibition de
de Bordighera, de San-Remo, ne commencera guere._
réunies au grand complet. La Chambre tles députés était l'exportation des eéréales et du bHail, les élrangers
viennent de prendre une mesure qui annulle compléte- dans un 11\0ÍS; n'importe, profitons de ces quelques loiprésidée par M. Cassinis.
sirs qui nous restent, résignons-nous a nous passer des
Le président du conseil, général de La Marmora, a pré- ment l'article 6 de \'armistice, en vertu duque\ les excé-• misses, des lords et des majors,a ne rencontrer daaa la
senté la convention du i 5 septembre et la correspondance dants trouvés dans les caisses publiques, apres payement des fournitures faites aux troupes alliées, et des paradis terrestres de la Méditerranée que des gensfni,
diplomatique échangée a ce sujet.
dispos et bien portants, et faisons une petite promeDMe
Le ministre de l'intérieur, M. Lanza, a présenté le pro- dépeoses de l'administration, doiveot etre restitués au
sur
la Corniche.
jet de loi pour le translerement de la capital e du royaume Danemark' lors de \'év11.cuation du pays. Le général-com.
.
Aimez-vous
les longues montées en diligenceY Laroate
d'ltalie de Turin a Florence; M. Lanza a demandé l'ur- mandantde Falkenstein vient, en eflet, de fa1re para1tre de Nice a Menton jusqu'a la Turbie sera bien ,oin
un
arrété
duque\
il
ressort
clairement
que
bien
loin
gence pour ce projet.
affaire : vous aurez le temps d'admirer tout a,otte lile
Beaucoup de députés ont déposé des propositions d'avoir a toucher un excédant quelconque apres la con- le golfe de Villefranche et d'y rever un port magni&amp;qa
clusion
de
la
p1ix,
le
Danemark
doit,
au
contraire,
~•attendant a ordonner une enquete sur les événements de
tendre a payer une somme considérable pour acqu1tter t:e beau gol fe est si bien abrité, la roer y est si tranquille,
Turin.
il s'arrondit avec tant de grace, que c'est vraimeot doa,
La Chambre a accepté l'tnquete. Le président Cassi- toutes les dépenseR de l'occupation.
Quoi qu'il en soit, le Danemarka été contraint de céder mage de n'y pas voir toute une tlotte a l'ancre, ao PÍN
nis a désigné une commission de neuf membres qui sera
a la force. La question de délimitation des nouvelles d'une grande et s•Jperbe ville couvrant, comme C.,
chargée de cette enquete.
un des plus harmonieux amphithéatres que la 1111111
M. lE. général de La Marmora a fait au sénat les me mes frontieres et la question financiere ont été réglées coro me se soit plu a dessiner; je serais bien étonné si •
il a plu aux grandes puissances de les régler. Mais voila
tommunications qu'a la Chambre des députés.
ne nous laissions pas prendre quelque jour a la teotalill,
En dépit des rumeurs qui avaient circulé a Paris lundi maintenant les conquéraots aux prises, et \'on se rapQuand on a dépassé la Turbie, on descend, et si tila,
soir, et qui présentaient Turin comme en proie A une pelle les prédiction• des journaux aoglais, qui disaieot qu'en vérité c'est dommage; on voudrait qu'uo 4Wlla
vive agitation et meme a des troubles, la ville était par- récemmeot : (( Le Danemark sera vengé t6t ou tard par indirect du chemin ne vous cachat pas si tot Eza,le
faitement tranquille. Aucun déploiement de forces n'a eu ses spoliateurs, loraq:u'ils se retrouveront face aface apres vieux nid de pirates; les pirates ont disparo, mais le li,
la spoliation. »
.
lieu.
perché snr son rocher, a conservé toute sa pittoresq11111
La
Suisse
présente,
en
ce
moment,
un
spectacle
qui
Le paquebot transatlant1que, en retard de plusieurs
sauvage
physionomie; on voudrait jeter un regard ._
jours, est arrivé dimanche a Saiut-.Nazaire, apportant prouve a la fois sa prévoy1nce et son humanité. Le sau · rapide sur RoqtJebrune et deviner un peu ce qu'apea
vage
écrasement
du
Danemark,
apres
celui
de
la
Pol~goe,
des nouvelles du Mexique.
le prince de Monaco en consenlant a vendre les _dnl
Ces nouvelles sont datées de la capitale, i Oseptembre. lui a fait comprendre que! danger menace les nallona- qu'il tenait de ses ancetres, et que son peuple anit f11
Les opérations milit1ires, apres l'anéantissement des lités faibles en nombre et en territoire, devant la force soin de rendre quelque peu illusoires; on soubaileni
guérillas qui infestaient les provinces centrales, ont été brutale érigée en loi supreme. La Suisse montre l'exemple que la montagne ne se hatat pas tant de vous ma..-r
dirigées contre Juarei. lui-méme. Ce dernier n'a P~ at~ a plus d'un grand État par l'énergique et active sympa- Monaco lui-meme, mollement étendu sur son cblllllll
tendu l'attaque. ll aurait licencié son armée et pr1s, }ui thie qu'elle témoigne aux débris de la Pologne. En meme
promontoire.
troisieme, la route de Chihuahua, saos troupes, presque temps qu'elle tachait d'arracher le général Langi~wicz
Nous voici a Menton.
saos escorte, en fugitif. On attendait d'un jour a l'autre des mains de l'Autriche, en lui conférant les dro,ts de
La France, en ajoutant Menton a son territoire~ irl.
la nouvelle de la prise de Matamoros. Le général Zu- citoyen suisse, elle donnait asile a un grand nombre enrichie de vergers d'oliviers, d'orangers et de ~
loa"a ancien président de. la république, le général La de proscrits et les aidait généreusement a se créer chei. niers d'une avenue de platanes, d'une petite plaee l
Ga;r;, le géaéral Uraga et le général Doblado, ont fait elle des moyens d'existence. Elle pousse actuellement
peu ~res carrée qui ne fera jamai~ beaucoup. de bnl
leur soumission et ont adhéré au nouvel ordre de la réalisation d'un projet con~u par des bommes ém1- daos le monde de boutiques a ense1gnes anglaises, 111
nents de l'émigration. Un comité siégeant a Zurich s'occhoses.
cupe
de fonder une maison d'invalides pour deux grand h6tel d'Angleterre, et de quelques centaines d'lt
Une seule cbose nous inquiete : au moment ou la corbitant.-. dont l'occupation la plus importante paral&amp;*
respondance du Mexique publiée par le Moniteur annonce cents blessés polonais. Le comité de Zurich fait un de se sentir vivre agréablement en évitant de troulll
que le général Doblado a fait sa soumission, nous li- appel spécial aux artistes fran~ais et ~tra ng_ers, en _fa- cette douce quiétude par un geste trop brusque OI
sons le discours que ce meme Doblado vient de prCl- veur d'une loterie d'olijets d'arl qui se tiendra1t a Zur1ch mouvement trop rapide. Et pourtant, ces bravee
noncer a New-York, a l'occasion de l'anniversaire de au profitde l'reuvredes invalides polonais. 11 prie les ~r- ont fait leur révolution en i848. Oh! la bonne,
l'indép~ndance du Mexique, discours dans lequel il fait tistes qui seraient disposés a concourir a cette. fondat1on douce, la tranquille petite révolution que cela
enteudre les plus énergiques appels a la résist1nce contre de vouloir bien envoyer leurs offrande~, a Zur1ch, au se- etre !
Maximilien. La correspondan ce officielle nous représente crétariae a•; comité de la maison des invalides polonais, a
Peut-etre, quand vous vous serez promené une
Juarez ayant licencié son armée et errant saos troupes l'agence polonaise. Espérons que les artistes fran~ais, heure daos Menton et que vous saurez la ville sar
au hasard. Le fait peut etre vrai, cependant le gouver- toujours si sympathiques aux bonnes reuvres et aux bout du doigt, vous aviserez-vous de trouver_que ,
nement des États-Unis ne parait pas croire que lapo- belles causes, prendront une part digne d'eux a ce no- curiosité est fort désappointée. Regret de tonr1ste,_ ~
sition de Juarez soit si désespérée. La preuve, c'est ble concours, et qu'une telle entreprise rencoutrera_par- a-dire d'égoiste; ne fallait-il pas que pour votre_plaillf
que ce gouvernement vient d'accorder l'exequatur a tout, et ~ous toutes les formes, l'appui dont elle est digne. bon~ Mentonais se fatiguassent a batir des éghses
On sait que l'empereur de Russie a traversé une
M. José Solero Nieto, nommé par Juarez consul ASanpartie
de la France, accompagoant a Nice l'impératrice dioses et des pa\ais somptUt~ux, alors qu'ils pon
Francisco. Le gouvernement des Etats-Unis pourrait-il
etre parfaitement heureux sans cela?
reconnaitre l'autorité de Juarez, si celui-ci était errant, sa femme, a qui les médecins ont recommandé le doux
En contemplant du i;euil de l'h6tel d'Angleteffl
climat méd.iterranéen. L'empereur et l'impératrice ont
fugitif et sans domicile connu?
bonheur
si calme, je me suis sentí pris d'un lége!'.
u parait que la Prusse n'a pas beaucoup a compter été accueillis a Nice avec tous les honneurs que les villes Pissement; au lieu d'y céder, comme un Mentona1U
· J·•a1· secoué la
sur la complaisance de l'Antriche, au sujet des petits ar- d'eaux ne manquent jamais de rendre aux augustes per- certainement pas manqué de le faire,
sonnages.
On
nous
dit
qu'il.
quelques
stations,
entre
rangements que M. de Bismark se tlattait de conclure
et je suis partí pour Bordighera : le démon du
a la faveur de la constitulion du nouveau duché de Macon et Marseille, leurs majestés moscovites ont pu est impitoyahle.
. •
Slesvig-Holstein. Le cabinet de Berlin voulait, il est entendre beaucoup de voix crier : Vive la Pologne !
On sort de Menton par une avenue de launers,
L'empereur Napoléon est parti le 26 pour faire une
vrai laisser au gouvernement autrichicn une part
visite
courtoise au czar et a la czarine, et presque nous, cette avenue est un peu ruaigre, et pe~t.-é~
d'inlluence. On parlait de Rastadt, ou l'Autriche tienrait-il a propos de remplacer l'arbre de la vi
drait seule garnison, tandis que la Prusse aurait son tous les journaux de l'Europe se préoccupent, a _des un ombrage moins glorieux_ et plus_ touflu.
contingent dans le Nord, a Rendsbourg. Mais ce n'est points de vue difiérents, de cetle entrevue; les fewlles
A une demi-lieue de la v11le env1ron, la mon
point ainsi que l'entendent les journaux de Vienne : ils anglaises, tout en déclarant qu'une tclle.démarche ne peut déchire de la facon la plus sauvage; en avant dt
ont peu de coníiance daos les concessions de la Pr~_se, avoir aucune signification politique, constatent cepen- ravine escarpée ·une borne se dresse, qui porte
et beaucotJp de méfiance a l'endroit de la pos1tion dant qu'elle a provoqué dans les cercles une assez vive aur une de ses faces le mol frtutt,t, et sur l'autre le
qu'elle voudrait prendre en Allemagne. Les alliés d'hier inquiétude.
Italia.
EDlfOND Tllllll,
sont bien pres d'itre ennemis aujourd'hui, et cela se

.ª

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
- - -- - - - : . : - - - - - - - - - -- -- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- -- - - - - - - -

Je ,ous engage beaucoup a passer la frontiere, ne
rut-ce que pour av~ir 1:oc~a..~ion de voir vos bagages
,isités par les douaniers 1tahens. Avec quel soin minutieus, quelle sage lenteur, ils font l'inventaire de ll
malle la plus innocente; certes, on n'aurait pas beau jeu
atenter la contrebandr; je félicite le gouvernement de
Sa Majesté Victor-Emmanuel d'etre si bien servi, et c'est
plaisir de rencontrer des gens qui remplissent si conscieocieusement leur devoir.
La route grimpe bientot sur la montagne, traverse,
au bout d'une heure, l1 citadelle de Vinlimiglia, puis
redescend pour s'engager daos la grande rne de la ville,
00 j'ai admiré la plus belle maison bleue que j'aie vue
de ma v:e.
Nous 50mmes arrivés a Dordighera, une pépiniere de
palmiers. \'ous savez qu'en Jlalie c'est avec des palmes
qu'on fete l'annivcrsaire de l'entrée du Sauveur a.Jcrusalem: ces palmes viennent de Bordighera, et voici l'anecdote qu'on raconte a ce propos.
Le pape Sixte V avait résolu d'éleYer un obélisque
sur la place du Vatican. Lejour fixé pour l'érection du
monolilhe était arrivé. La foule était immeose, et défense avait été faite, sous peine de mort, de pousser un
cri, de proooncer un mol j usqu'au moment ou l'obélisque serait debout sur son piédestal.
C,ependanl les ouvriers ~'épuisaient en vains efiorts;
la lourde masse demeurait immobile et les cables tendos allaient se rom pre.
- Mouillez les cordes, mouillez les corJes! s'écria
tout acoup une voix.
f.ette voix était celle d'un pécheur de Bordighcra.
• On suivit le conscil du pauvre pechcur, et bientot l'obélisquese dressait au milieu de la place.
Si1te,Quint, le terrible justicier, ne se souvint pas de
la déíeose qu'il avait faite, et meme il da.igna accorder
a Bordighera le monopole des palmes pour la fete des
Rameaux, en récompense de l'heureuse audace d'un de
ses enfants.
GrAce ases palmiers, qui étendent leurs parasols audessas des oli viers au pale feuillage, le paysage de Bor-digbera pent tres-bien passer pour un paysage africain :
le c1el sur legue\ ces beaux arbres découpent leur tronc,
élégamment élancé ou recourbé avec ~race, ne brille-t-il
pM d'ailleurs d'un éclat presqu'aussi radieux que le ciel
de l'Afrique, et n'est-ce pas la méme mer qui baigne
Bordíghera, Alger et Ceuta?
lléme aprés le paysagc, la petite ville assise sur sa
collioe a bien son mérite. Ne vous lai,sez pas décourager
par l'aspect banal de ces maisons peintes a la dctrempe
en bleu, en rose, en jaune ou en lilas; cherchez une
1'icille porte. ruinée et entrez dans la Bordighera du
temps pas~é. La petite cité républicaine Yaut bien une
mite: vous revieudrez amoureux de ses tours démanteléts, de son chemin de ronde, suivant le circuit dr. ses
f~rtes marailles, de ses roes étroites et pleines d'ombre,
ou passeot des femmes et des filies robustes portant sur
la tete un fardeau qui ne les fait pas plo)'er.
L'église vous gardera une surprise artistique dont vous
serez ra,i : imaginez-vous un autel en marbre blanc rcb~ d'or et de marbres de couleurs différentes, de
l'etfet le plus doux et le plus tranquille, et sur cet autcl
ooe statue de la Vierge, les hras ouverts, la face tournée
,en le cicl, d'un élan extraordinaire et d'une suavité infioie: cela ne dédomu.age-t-il pas de tant de fresques barbares,semées aYec une fécondité et une libéralité inépui~l~ daos les moindres eglises des villages de la cote
hgor1enoe,
.
~i ,ous couchez a Bordighera, soyez sur que le lendemam vous ire1 revoir tout cela.
Sao-Remo, apres Bordighera, c' est presque une
gra~de 1'ille. On y entre, ma foi, par une rue a peu pres
dro,~ et apeu pres alignée; et tout d'abord un 1mmense
Plbis Toos montre que San-Remo n'est point pour etre
lraité eavalierement. Ce palais est le palais Borea. JI
t1t loat l fait magnifique, mais le bon gout y a Rouffert
P1us d'une atteinte.
Lea de111 portes sont charmantes et ornées des sculpturea les plus Mlicates en marbre blanc; maís les feoh! il y aurait beaucoup a dirc contre les
¡nétres; franchcment, c•c~t du rococo, en avance de
eox 8iecles, mais du rococo éoormc, du rococo qui
lembl~ fait pour des géanl,. Le rez-de-chaussee, avec
DDe hien,eillance de grand seigneur, donne a..,ile aux
modeste~ industries. Aufond du vesliliule, qui raptes ,esubules des palais génois, se voit l'ecus_,. des Borea: un Borée souffiant a pleineR joues. CP

:étret;

::e

:estibule est bien le plus hospitalier qu'on p~isse voir¡:
1\ est ouvert a tout venant, et les San-Remo1s abusent
vraiment un peu trop de l'hospitalité ... dans les coins:
Borée sourtlerait au naturel, au licu de soumer en reinture, que les vis1teurs un peu délicats ne songeraieut
pasa s'en p aindre.
Otcz de San-Remo cette rue du palais Borea dont l'a..,pect est presque moderne, et vous aurez la vi lle la plus
encbevctrée, la plus étrange. la pl1Js bizarre, et aussi la
plus amusante qu'on se puisse figurer: c'est le dédale
le plu., incongru et le plus inextricable de ruellcs, qui
montent, descendent, se croisent, s'embrouillent et
grimpent les unes sur les autres en escaladant ou en
dégringolant une colline abrupte; achaque pas,"des arcades sombres, des escaliers, des ponts suspeodus, joignant deux maisons, et,jetés daos ce fouillis, deséglises,
des bouls de jardins, des débris de fortíficat1ons. Dans
les ruelles, des femmes assises sur les seuils, vons regardent avec curiosité, et une foule d'enfants Lruns
barbotJillés vous entourent familierement, vous interrogeant avec leurs grands yeux noirs, et parfois vous souriant d'un air en mcme temps ingéou et mutin.
Voila San-Remo.
Un brave homme a qnitlé son ouvrage pour nous engager a monter sur la terrasse de sa mai•on, d'oi.l l'on
découvrait la ville, la campagne et la mcr.
line vigue, la plus haute que j'aie vue, a coup sur,
tentée sans doute par la beaulé da spectacle, s'ét1mdaii,
d'un seul jet droit et vigourPux, a quara11te pieds du sol
en s'attachant au mur. Cette ,·igne avait donné trois récoites cette année . il fait bon étre vigneron a SanRemo.
Je suis entré dans une église de belle apparence ; par
malbeur, je ne puis guere YOIJS en parler: on l'habillail
pour la fete du soir ou du lendemain. Les Jtaliens croiraient faire une grosse impolites~e a Dieu, a la Vierge
ou aux saints, s'ils ne couvraient pas, daos les grandes
occasions, les plus beaux marbres de serge ou de percaline rouge.
J'avais vu, il y a trois ans, Mooaco; mais alors les jeux
étaient modcstemcnl logés dans un pav1llon donnant sur
un joli jardin : depuis lors, M. Blanc leur a hati une demeure digne d'eux, de l'autre coté du fort; Je suis retourné a Monaco pour voir le nouveau temple de la
déesse Roulette et du dieu Trente-et-Quarante.
La route de Menton a Monaco court au-dessus d'un
immense jardjn d'orangers, de citronniers, de fig11iers,
ele capriers, qui descend vers les eaux lileues de la liéditerraoée; il est impossible d'aller a la fortune ou a la
ruine par un plus joyeux chemin.
Le Casino s'é!eve au milieu d'un pare délicieux, planté
de beaux arbres, embaumé des plus doux parfums : il
domine lamer, au bord de laquelle on arrive par de
magmfiques escaliers en marbre blanc et des terrasses
ornées de supcrbes balustres.
L'édifice est d'une blancheur éblouissante, immaculée:
il vous vienten le contcmplant des pensers d'une pureté
virginale; oo se demande si l'on a l'ame assez chaste
pour y pénetrer, et l'on s'attend a trouver dans le vestibtJle une statue de l'Innocence.
Un pb1losophe, qui avait pcut-etre perd11 la ve1lle
quelques napoléons sur le tapis vert, me montra, d'un
geste tragique, la roer, dont le Oot chantait, et le contonr
harmooieux &lt;lu golfe, puis le Casino, que la Ju[¡e enveloppait de ses plus amoureuses caresses, et d'nne voix
sentimentalc pronon~a ces quatre mob : l'enfer dans le
paradis.
J'entrai l,ravement daos l'enfer, au bruit d'uue valse
de Strauss, que jouait l'orchestre.
Autour de la table il y avait trois croupiers, deux dames ou den, demoiselles, peut-étre l'uu et l'autre, OWJpéesa piquer gravement sur de petits cartons les numéros sortis, une autre dame qui jouottait sagement, prudemment, froidement; une demi-douzaine de messieurs,
pas tous tres-propres, qui risquaient bien quarante sous
a la fois, et une dizaine de curiem qui regardaient, ou
jouaient en esprit.
JI dut se pcrdre et se gagner, daos cette folle nuit, cinq
cenL, francs, au moins.
A d1x heurcs une cloche sonna; a la porté de l'enfer
quelques-uns des damnés montcrent en omnibus, et
s'en allerent preudre un joli petít batcau a vapeur qui
les ramena a Nice.
Je tenais a revoir Monaco, et je \'ai revu avec infiniment de plaisir. Enfin, j'ai rencontre une Yille qui, en
troisans, n'a pa..q percéunerue, creusé un égout, bAti une

¡ 1;1~ison : tellP elle ótait ~u l R6i, tell e elle est en i R64_
J a, retrouvé le méme chatc:iu, les memes fresques dans

¡1a cour, dignes de Rorrc ou de Flnrrnce, dont la restauration arnit étéwmmenc"e par ~lnrat, un peintre de talent que la mort nous a pris avant 11• temps; le meme escalier, daos le gout de celni de fontainehlean, et qui n'a
qu'un ioconvénient, celni d'ctre un pcu plus grand
qu'il ne serait nécessaire; les memes remparts, les
mcmes pieces d'artillerie : onzr canons d'un calibre formidable et deux ohusiers, les memes tas de bombes et
de bonletsrangés sur la place, et je crois, le meme factionnaire a la porte du palais.
L'importance eles forces militaires de la principa.,té
n'a point changé non plus; je me suis renseigné sur ce
point : toujours quatorze hommes de troupe, c'est bea,ucoup, car l'armée monégasque, si l'on tient compte de
la population, est aussi 110111hreuse que l'arm \e fran~aise.
Les soldats de Charles lil sont écrasés de bcsogne.
- Vous avez, disais-je a un habitant, des gendarmes,
des douaniers, des sergents de ville?
- Oui, monsieur.
- Partant, un nombre considérable d'employés et de
fonctionnaires?
- 'on, monsieur.
- Comment cela?
- Ce sont les quatorze hommes de troupe qui sont
douaniers.
- Et les gendarmes?
- Encore les quatorze hommes de troupe.
- Et les agents de police?
- Toujours les quatorze hommes de troupe.
- Et ils remplis5ent en méme temps tant de fonctions
diO'érentes?
- Oh! non, monsieur, successivement: celui qui
était gendarme avant-hier, douanier hier, est aujourd'hui sergent de ville, sera soldat demaiu, et redeviendra gendarme aprcs demaio.
- Et !'uniforme?
- L'unirorme, monsieur, change avec la fooction,
oaturellement.
Je désirais visiter l'rntérieur du palais, et j'avais songé
a solliciter une autorisation du gouvemeur.
- PourrJis-je voir le gouverneur? demandai-jc a
un scrgent de ville du jour, douanier de la veille.
- Voir le gouverneur!
Je n'oublierai jamais l'acccnt de stupeur avec lequel
ce lirave homme, bouleverse de mon audace, pronon~a
cctte phrase.
Un instan! je pensai que la Jangue m'avait peul-etre
tourné, et que j'avais demandé a contempler Dieu face
a face.
Quand l'honnete sergent dP ville fut un peu revenu
al11i, il ajouta :
- Monsíeur, le gouverneur a du monde.
J'exposai te motií de ma demande.
- Adrr.ssez-vous au commnndaot du pala1s.
Malheureusemcnt, le commandant du palais était sorli
et n'avait delegué ses pouvoirs a persvnne.
Je m'en retournai asscz dé~appointé. En passant devantles prisons, l'idée me vinl de dcmander la permission
de YOir les priso11niers; mais je craignis de commettre
une indiscrétion, et n'en lis ríen.
. . . . . . . . . . . .
Avant de dire adieu a la Corniche, je m'arrete deux
jours a Cannes, ou l'Angleterre m'offre la plus cordiale
hos¡,italité. I.'année derniere, j'annon~is la création, a
Cannes, du premicr cl1Jh méditerranéen. L'idée est de"enue, a l'beure qu'il cst, uu fait accompli, qui se manifeste á tous les yeux par un tres-gracieux édifice, élevé
en pleine vue de la mer.
M. Béchard, le vic~-présidcnt de la société, a bien
voulu me faire visiter, dan5 tous ses détails, les appartements du club, dont le conforLaLle ne le cede en ríen
a celui qu'on rencontre dans les étahlissements de ce
geme les mieux organi~és.
Autre nonveauté : un hotel immense et somptueux,
sorli de terre comme par enchantement, tout armé et
tout orné.
- Et Canncs aura, cet hiver, assez d'étrangers pour
peupler ce grand caraYansérail? demandai-je.
- Per.;onne ici n'en doute, m'a+on répondu.
11 en est, a ce qu'il parait, des hótels comme des journaux: ils multiplient les voyageun; comme les journaux
multiplient le., lecteurs.
X. fn¡¡r;1r.

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Gorges de la Sbenandoab.

BATAILLE DE FJSHER'S-BILL -

D'apres les croquis de W. S.

Lir;uc, rebelles.

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-l

�CORRESPONDANCE DE NICE.
AU DIRECTEUR.

Nice, U octobre t 864.

L'empereur et l'impératrice de Russie sout arrivés ici,
hier a cinq heures du soir, daos le traiu impéria\. Une
foule considérable a stationné toute r apres-midi le long
de l'avenue du Prince lmpérial (une magnificence), qui
aboutit a la gare, et le long de~ rues par lesquelles devait passer le cortége impér1al pour se rendre a la résidence de Leurs Majestés. Toutes ces rues avaient été,
comme la gare, pavoisées de drapeaux russes et fran~ais, d'oriflammes surmontant des écussous aux aigles
noires.
L'empereur et l'impératrice ont été re~us daos l'intérieur de la gare par la colonie russe, nombreuse aNice,
par des personnes de distinction, Frao~ais et étrangers,
qui avaient été invités. L'incognito, que l'on avait si
fort recommandé, a été rompu au clernier moment. En
effet, quelques heures avant l';;.rrivée de LL. ~rn ., le
grand maréchal du palais exprima au préfet le plaisir
que l'empereur éprouvrrait a étre re~11 par les autorités.
Done, le préfct, le géntral commandant le département
et le maire étaient présents, en grande tenue, a l'arrivée d11 train ímpér1al.
L'empereur, en costume de voyage, paletot et petit
chapeau gris, est desceodu le premier du wagon, ét il a
offert la main a l'impératrice pour lui aider a descendre
le marche-pied. Le grand chambellan a présenté a
Leurs Majestés d'abord les &lt;lames russes, puis les hommes, groupés il. gauche; enfin, les autorités frangaise~,
qui attemlaient a l'entrée du passage conduisant a la
sortie de la gare. L'empereur a adressé la parole individuellement au préfet, au général et au maire, pour
les remercier de l'accueil qui lui était fait, el leur exprimer le plaisir qu'il éprouvait de visiter un si beau pays.
Cet accueil a été tres-digne et tres-respectueux. En ce
seos, l'incognito que désiraient LL. M.1'1. a été rigoureu••
seruent observé.
•
L'empereur et l'impératrice ont été recus a leur villa
par les dames de la halle, 'l ui leur out oÓ:ert des masses
de fleurs. L'impératrice s'est montrée tres-sensible a
cette atlention. Ce déluge de fleurs l'a .étonnée, et elle
en demandait toujours que les corbeilles étaient épuisées.
Les résidences impériales se composent de deux propriétés, dont l'on a réuni, par une élégante passerclle,
les deux pares splendides plaotés d'orangers, qui seront
couverts de fruits jaunes daos un mois, et magnifiquement plantés d'arbres de tous les pays. Les arbres tro, picaux se trouvent la comme cbez eux.
La villa Peillon, habitée par LL. MM., est une des plus
belles de Nice. Elle cEt située sur un versant de colline
et exposée en pleio midi. L'aspect de la maison est gran-•
diose avec ses trois étages, et son rez-de-chaussée ento•1ré d'une galerie a colonnes grises. Elle est flanq uée de
·deux pavillons bas d'un rez-de-chaussée, surmontés
chacun d'un groupe de statues; dans les niches creusées dans ces pavillons, se trouveot égalemeot des statues. L'intérieur de la villa répond a l'extérieur. C'est
tres-vaste, tres-áéré, trés-riche. Le salon impérial est
d'un gout excellent, et meublé comme peu de villas le
sont ici. Il s'y trouve, chosc encore asscz rare a N1ce,
des objets d'art a~sez bien choisis. Les tentures sont en
soie bleue; les ornementations en or, pas trop surchargé,
les meubles du style Louis XV rocaille. De la grille qui
ferme l'eolrée de la villa a la maison, on arrivc par di:ux
allées en pente douce.
A droile de cette habitation, en regardant le midi, et
séparée d'elle par quelques bouqnets d'arbres, se trouve
la villa destinée aux dncs. Cela a un peu l'aspect forteresse, avec des votltes colossales et une grantle et belle
terrasse sur laquelle s' élcvent trois jeunes palmiers, ce
qui donne un certai1. caractere a cette maisoo.
La villa Bermond, voisine de la précédente, se com. pose de quatre pavillons ou palais, comme on dit.aussi.
Ces babitatiuns, qui oot été la demeure de la grandeduchesse Hélene, ainsi que l'atteste une inscription gravée sur les portails en pierre de la grille d'entrée,
sont moios priocieres que celles de la villa Peillon; elles
sont échelonoées sur une propriété qui ne compte pas
moios de huit ou dix hectares, et sont cacltées daos une
véritable forét d'orangers et de citronniers. On y arrive
par une splendide avenue d'oraogera. Les villas Ber-

sur sa figure chérie; nous nous serrions la main dana
une muelle étreinte, qui nous prouvait que nous n
..
d
.
oaa
et,_ons tous eu1 c~mp~.1s saos ~ou_s parler, et je n'ypen.
. sa,s plus, ou du moms J y tacha1s s1 fort que je parvellaii
souvent a réussir.
Que de bonheurs mystérieux et tendres deux C«l!ura
qui s'entendent peuveut trouver ainsi da:is un regard, dans un sourire, daos un serrement de mains
sympathique et doux ! Ne me plaignez ·pas trop, lectenr
car en vérité, je le sens maintenant, je n'étais pas alo~
a plaindre.
Un de ces gran,ds bonheurs qui paraitra puéril peut,
ctre, mais que je veux rapporter, parce qu'il fut le premier, disons meme le plus grand, c'est celui qui inonda
mon creur le jour ou je remis pour la premiere fois ama
mere l'or gagné par son fils .
~'était le prix d'une traduction interlinéaire des rabies
d'Esope, aá usum paroulorum; elle n'était meme pas signée. O ~loire !
Eh bien! j'ai dit plus haut que l'or de ma mere me pa.
CORRESPONDANCE D'AMÉRIQUE.
raissait pleurer; il me sembla que cette fois je voyais le
mien sourire !
AU OíRECTEUR.
Done, j'étais heureux apres tout; et comme la riviete
New-Yorl.., 5 octobre t 86i.
un instant soulevée par la ternpete, redevient hmpi~
et calme, ma vie avait repris son niveau, moins enthonJe vous envoie deux croquis faits pendant la deroiere siaste et moins passionnée peut--étre, mais pure et hondes deux grandes batailles que le général Sheridan a néte, et méme un peu enthonsiaste encore, mais de cel
livrées au général Early, a Vinchester, le rn septembre, entbousiasme qui prend sa source dans les régions les
et a Fi,her's-hill le 23. 11 a cvmplétement battu ce gé- plus intimes de l'ame et qui l'éleve sans la troubler.
néral et presqne anéanti cette armée qui, il y a peu de
Il est temps maintenant que je présente au lecteor
temps, mena~ait Washington.
Emmanuel de Terville. Quoique effacé en apparence, le
En quelques jours, Sheridan a balayé la vallée de la róle qu'il joue daos cette simple hisloire eut un proíond
Shenandoab, fait six mille prisonniers, pris toute l'ar- retentissement daos roa vie.
tillerie confédérée et les drapeaux de la brigade dile
Emmanuel était mon ami des le collége, et sans que
Stooewall-Brigade, en sou venir de son général Stonewall cette amitié eut jamais trouvé l'occasion de se prou,er
Jackson. Ces drapeaux, déchirés et noircis par le feude par un fait particulier, elle portait cependant ames yem
vingt batailles, sont maintenant a Washington.
ce cachet de franchise et de sincérité qui fait présumer
Toute tentative d'attaque contre le Potomac esta pré- que, l'occasion venue, le dévouemeut ne fera pas déíao~
seot mterdite au général Lee, et la route de Lynchb11rg j'en a vais ainsi jugé, et je dus croire, auxjours du mal,
sur Richmond est ouverte. 11 ne reste plus aux confé- heur, que j'en avais jugé sainement. Ce qu'Erumanoel
dérés qu'il. réunir les derniers débris de leurs armées était pour moi la veille de ma ruine, il le fut le lendemain,
sous Tes murs de Richmood, .pour résister an choc que rien de plus, mais rieu de moins, et c'était beaucoop.
vont lui porter sur ce point toules les forces combinées La main tonjours loyalement oflerte, le regard toujoun
du Nord. M. Seward, dans un récent discours, compa- nettement et amicalement fixé sur moi, l'abord toujoun
rant la sécession il. la coquille d'un reuf, disait : &lt;&lt; 11 y a fr:mc et cordial, tels étaient les indices sur la foi deamai ntenant une pointe écrasée, le reste doit bientót quels s'augmeotait l'attrait qui m'avait toujours entomber en moreeaux. 11 Nous sommes tous de cet avis et trainé vers .Emmanuel. Aux yeux d'un homme qui, tMs
ootre enthou, iasme est immense; la démoralisation la que la fortune l'avait trahi, avait pu voir taot de jellllll
plus complete regne, au confraire, dans le parti en- gens traverser le boulevard a son aspect, afio de gagner
nemi. La lm de cette funeste guerre approche, il n'y a le cóté opposé et n~ pas suhir la géne d'une renconlre
plus a en douter, et l'Uoion sera rétablie. Nous écrase- importune; pour celui qui avait vu tant d'ingral~, mille
rons, s'il le faut, jusqu'au dernier débris de la résis- fois les obligés de sa famille, détourner avec atrectatiol
tance; nous servons une cause qui nous permet la ri- la tete et ne pas le saluer, on m'avouera que cette OOII•
gueur et que nous devons faire triompher a tout prix. duite d'Emmannel avait quelque mérite; cela est triste
Une révolutioo s'est faite déja dans les esprits et daos a dire, mais il fut le seul exemple d'un semblable héles mreurs a l'égard des negres; il était facile de la pré- roisme, car, daos notre société, l'homme riche qui res
voir. Dils qu'on permeltait a ces braves ~ens de verser connalt en pnblic un ami pauvre peut passer pourDI
lcur sang daos nos rangs sur les chamris de bataille, on héros de courage ou de singularité. Une chose m'ank
les relevait a leurs' pro pres yeux et aux nótres, et ils de- encore touché, c'était l'attitude d'Emmanuel envers ma
venaient forcémentnos égaux. Aussi voit-on maintenant mere; il semblait la saluer avec une nuance de respei
saos étoonement un blanc causer en pleine rue avec un plus marq uée encore dans sa mansarde de la ruc du Bit,
negre et lui donner la main; un négre monte dans une qu'il ne l'av~it jamais fait daos les salons aristocrali·
voiture publique ou sur un s'teamer et y occupe s.a place ques dont elle avait été si longtemps la reine; et cepet'
tout i::omme un aulre, et nous comptons par centaines daot il joignait a ce respect quelque chose qui, sans étre
des negres portant les épaulettes de capitaine et les de la familiarité, avait le bon parfum d'une affecliol
portant tres-bravement. Les espérances d'un abolitioniste vraiment sentie, et tout cela prelait, pour moi, a ceUt
n'anraient jamais osé s'élever jusque-la, il y a quelques unique courtisan de l'infortune, un ch arme irrésistible el
tout-puissant. Rien n'était d'ailleurs plus charad
années.
Pour
extrait:
P.
PAGET.
qu'Emmanuel quand il le voulait.
·
Agréez, etc.
Juste assez beau pour n'etre pas remarqué, justeallli:
simple pour ne pas sembler négligé, tout, chez Emllll'
nuel, paraissait réglé par le bon goi.tt et par une sort
LES LILAS BLANCS.
de gr-a.ce molle, qui, saos e1Iacer en lui le caractere df
l'homme, lm donnait cette espece d'attrait qui vientil
1sum ,).
la doucem·, et qui est particulier aux femme's; spiritoflt.,
mais d'un esprit mordant et vif, il semblait ordioaiJ1!l&gt;,i
N'importe, parl'ois eocore le vieil homme se réveillait
ment dédaigneux de montrer son esprit, et 1'ab1itít
en moi; le bruit d'un triomphe étranger arrivait jusqu'a
sous un masque d'insouciaoce .trop naturelle pour ,.,
nons; un succes venait de faire apparaltre s1Jr l'horizon
raitre a1Iectée; puis, soudain, quand un mot oo
littéraire un nomjeune et jusqu'alors inconnu; un autre
pensée venait a heurter plusvivement cetteinsouci&amp;D
avait touché ce but, un instant et vaioement entrevo
comme l'étincelle qui, s011s le choc, jaillit de la pie
1 par moi. Je pnis le dire, je n'étais pas bassemeotjaloux,
il laissait échapper une réflexion qui frappait juste,~ce sentiment n'est jamais entré daos mon creur, mais,
qu'il exprimait par une parole presque toujows inc
malgré moi, il m'échappait un soupir. A son tour, ma
et sceptique. Cela peut-étre m'etlt fait mal augurer
mere l'interceptait au passage, et je voyais alors un reson creur, si maintes fois je n'avais YU perler une l
gard anxieux et comme voilé d'une \arme s'arreter sur
dans ses yeux au récit de quelque souffrance 011
moi ; bientót je la rassurais d'un sourire qui se reflétait

mond sont'. occupées par la maison de l'impératrice. Le
jardin d'Alphoose Karr, ce nid de roses, cst limitrophe
avec la villa Peilloo.
Voila, au couraot de la plume, ce que je puis vous
dire aujourd'hui des demeures impériales et de l'arrivée
de LL. MM. a Nice. Cependant, voici deux faits caractéristiques. Comme je vous l'ai dit plus haut, l'impératrice a été enchantée des montagnes de flcurs qu'on a
répandues a ses pieds; et l'empereur s'est haté, ce
matio, de passer, sur la place d'Armes, la revue dubataillon de chasscurs de la garde, chargé du service
d'honneur.
Je vous tiendrai au courant. Et avant de terminer, je
vous dirai qu'on attend ici deux frégates russes pour
compléter une escadrille. Une fr~;;ate et une corvette
sont déja mouillées a Villefrauche.
Loms DE SAINT-PIERRE.

¡

.279

L'lLL UST RATlON, JOURNAL lJN IVERSEL.

L' 1LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

etqoe belle action. 11 cachait cette !arme soit par res-

tu troubler notre bonne vie? Mes livres, ton amour et

qo bumain, soit par systeme, mais cela suffisait a me l'amitié d'Emmanuel, ne sont-ce pas les éléments d'une

~ croire

que l'attendri~se~ent, :ve~ait bien réelle- existence heureuse?
- Aussi ne s'agirait-il pas de l'interrompre dit-elle ·
:,
esprit paresseux qui se réveille a l'improviste et je suis désireuse de la conserver autant que !u peux e~
00
etre jaloux toi-méme; mais sans l'interrompre on peut
nijailüt san~ avoir eu le temps de mesurer son élan.
q Do reste, il m'eut été impossible d'expliquer alors le l'embellir; voila ce que m'a proposé Emmanuel et ce
.,
'
,éntable caractere d"Emmanuel ; il me serait encore que J approuve tres-fort. Assieds-toi pour mieux enimpossible de l'expliquer aujourd'hui que je le connais tendre.
arieDI, si l'on refusait d'admettre qu'il y ait des gens
- Voyons, dis-je, la séance est ouverte et je suis tout
tout ala fois sceptiques et croyants, bons et pervers, in- oreilles.
- Emmanuel a si souvent parlé de toi, de tóñ talent
capables de_ la m~indre indélicatesse, et fort capables de
ces petite, rnfam1es de creur, que le creur condamne, de votre amitié a sa cousine, la comtesse Blanche, qu;
mais que le monde absout. Ces apparentes contradic- cette dame désire te connaitre; présenté par Emmanuel
tions ne peuveot, je crois, se concilier qll.e par le mot tu_serais re~u par sa cousine comme un ami, et tu pour~
que j'ai déja prononcé plus haut, le mot : systeme ; on ra1s trouver dans son salon, sinoo des connaissances
est né boonete, mais il faut de la vertu, pas trop n'en qui plus tard te seraient utilés, au moios cet écbange
faut, dit le systeme, et l'on obéit au systeme. 11 y a tout de pensées et ce frnttement avec d'autres esprits qui te
un admirable code a l'usage des gens du monde, et dont sont, je erois, nécessaires. Il n ·y a pa.s de repos qui
oous nous taissons presque tons aller a respecter les dé- puisse valoir celui-la, et c'est, j'oserais le dire, le com.crets; la probité, dans certains cas, est chose inviolable; plément presque indi,pensable d'une existence de Jadans certains autres, elle passe pour duperie; une beurs et de fatigues intellectuelles.
Puis, voyant que je restais muet, elle ajouta :
mauvaise action qui tourne en élégante raillerie n'est
- Quelle objection peux-tu faire au projet d'Emmaqu'une plaisanterie spirituelle etgaie, et dont oo ne fait
plus que rire; c'est convenu, c'est entendu, et bien col- nuel?
- Mere, je ne sais, lui dis-je; je suis loin d'avoir de
Jet monté serait celui qui se gendarmerait pour si peu.
Tel était saos doute Emmanuel: une bonne nature, sots préjugés, et je ne crois pas que l'h.omme ruiné ait
gatée par un caractere incertain, et que n'avait jamais dtl perdre de sa valeur persnnoelle par le seul effet de
éprouvée l'infortune, cette grande maitresse. ~lais je sa ruine, mais j'bésite a la pensée de retourner dans ce
m'aper~o1s que je me laisse aller a juger Emmanuel avec monde ou j'ai vécu dans des circonstances meilleures ·
la lumiere que devait m'apporter !'avenir; au moment puis, je n'ai pas encore senti jusqu'ici le besoin de cette'
011 je le présente au lecteur, je ne le jngeais pa$ aiosi; diversion a mes pensées dont tu parles, et je craindrais
j'avais bien remarqué chez lui de nombreux disparates, que le travail ne me ftlt, au contraire, rendu plus pénimais je l'avais toujours vu linvariablement mon ami, et ble, si je m'exposais a gouter, ftlt-ce rarement, les plaicette ~délité, en ce qui me conceroait, compensait gran- sirs élégants d'un monde aimé jadis, mais qui ne doit
dement a mes yeux sa versatilité sur d'autres points. plus étre le mien.
- Tout ce que tu dis la serait sans doute fort juste
Bref, je l'aimais, et c'est tout dire; daos ma nouvelle
sitoatioo, les affections étaient rares ; je croyais a la interrompit Em~anuel, avec cette nonchalance grac1eus;
sienoe, et elle tenait une bien grande place daos le cer- dont j'ai parlé plus haut, s'il s'agissait de te laocer a
nouveau dans un tour~illon inconciliable, je le crois
cle restreint ou j'enfermais mes pensées.
comme1oi,
avec la vie sérieuse et digne que tu as adopAossi fus-je vivement peiné, et meme un peu froissé,
tée;
aussi
n'est-ce
pas la ce que je te propose; laisse-moi
lorsqu'un jour ma mere me dit, daos.une de ces causete
faire
un
court
historique
du salon de ma cousine et
ries coofidentielles qui composaient un de nos graods
'
tu
verras
les
choses
sous
un
tout autre aspect. Blanche
booheurs :
- C'est étrange, rien de ma part ne justifie ce senti- est mariée a un vieillard qui a qnarante-cinq aos de plus
qu'elle, qui ne sortjamais, et a de plus le ridicule d'étre
ment, mais je n'aime pas M. de Terville.
- Pourquoi? fis-je, avec un bond de surprise. N'est-íl d'une jalousie supérieure a celle d'Othello. Ces diverses
pas le seul de nos amis qui ne nous ait pas atandon- circonstances foot a roa pauvre cousioe une existen.ce
des plu!- décolorées, et son unique ressource contre l'ennés!
- Je sais tout cela, dit-ell~; je sens que je suis, que nui mortel qui la menace, est une société tout intime et
je dois elre injuste, mais c'est plus fort que moi, je ne composée de gens intel\igents et distingués, joignaot
aux recherches de l'esprit la simplicité de gout des
l'aime pas.
Ceue découverte me serra le creur, etje pensai que gens sages. Je recrute pour ce salon tout ce que je conma mere recoonaitrait elle-méme que cette répugnauce nais d'esprits jeuoes et brillants, capables d'animer ces
de sa part était saos cause, et, bonne et juste comme je réunions sans leur faire perdre leur cachet·de réserve et
la conoaissais, je ne doutai pas qu' elle ne fit tous ses de bon gotlt. A ces titres, tu m'as paru une recrue
a ambitiooBer, et j'ai plaidé cette cause, je te l'avoue,
eft'orts pour la vaincre.
Un jour vint ou je crus voir se réaliser cette espé- plus encore daos l'intérét de ma cousine que daos le
rance ; je rentrais d',me conrse, lorsque je trouvai tien propre, quoique je partage les idées de ta mere en
Emmaouel seul avec ma mere; ils semblaient occupés ce qui te concerne. Quant a Blanche, c'est le naturel et
d'une conversation qui les absorbait, car j'arrivai pres- la bonté mémes, et des que tu la connaltras, je suis etlr
que jusqu'au milieu de la chambre saos qu'ils eussent que tu l'apprécieras comme elle le mérite. Bref, en acl'air de s'apercevoir de ma présence. Enfin, ma mere se ceptant moo invitation, ajouta-t-il, ~u obligeras deux
personnes, Blanche et moi : Blanche, en lui donnant un
lourna vers moi et me dit :
ami;
moi, en ne me faisant pas subir l'affront de m'étre
- Je viens d'avoir avec notre ami Emmanuel une
targué
de plus d'influence sur toique tu ne m'en accordes
co~versation qui m'a charmée, car ses paroles réponréellement.
daient ades craintes secretes que je nourrissais depuis
- Et quel jour comptes-tn présenter a ta cousine le
quelque temps au fond de mon creur.
poete
que tu protéges? lui dis-je en souriant, a moitié
- Qu'est-ce done? fis-je, surpris et charmé de l'air
convaincu.
SOuriant de ma mere.
- Samedi, si t1J le veux bien, je lui présenterai l'ami
- Un complot infernal, dit Emmanuel avec cet air
ros:nenard, au moyen duque! il cachait quelquefois la que j'aime, répondit-il avec cette grace irrésistible, une
de ses séductioos les plus réelles.
vénté sous la raillerie.
- A samedi done, puisque vous le voulez tous deux,
. - Depuis longtemps, cher enfant, reprit roa mere,
J~ m~ demandais si ce bonheur si grand que je ressens a repris-je en me décidant.
Et Emmanuel sortit emportant ma promesse.
ta,01r tout a moi, n'était pas entaché d'égoisme, et .si,
- Tu es done un peu revenu sur le compte d'Emmaen conservant la bonne vie que tu me fais, il n·y aurait
nuel?
dis-je il. ma mere quand nous fumes seuls .
pas moyeo d'introduire dans ton existence quelquesOui
et non, dit-elle en souriant. Emmanuel a fait
unes de ces distractions, presque un besoin. pour qui
preuve
a
mes
yeux de deux déhcatesses dontje me plais
:llaille sans cesse; a force de se tendre la pensée se Cague, et peut demander d'autres ressources qu'un tele-a- a lui savoir gré; il o'a pas ignoré notre misere et n'a
~ avec une mere, bien tendre saos doute, mais qui jamais tenté de nous faire de ces offres de services tounest pas bien amusante, ajouta-t-elle en mettant une jours humiliantes, si franchcs qu'elles soient, et, je le
crois, cette abstention de sa part est le fruit d'une noble
IIU&amp;nce de coquetterie daos sa voix.
-.Oh! mere, luí dis-je avec élan, pourquoi crains-tu réserve ; car je le sais généreux et méme prodigue a
que Jepuisse m'ennuyer avec toi? Et pourquoi voudrais- l'occasion; de plus, il est fier de l'amitié de mon fils, et

ent du creur, et que la ra1llene n etall que le caprice

---------s'en pare hautement; voila une raison bien forte contre
l'espece de·froideur inexplicable et certainement injJ~te
que, malgré moi, je ressens po11r lui.
J'embrassai roa mere, doublement heureux, et de ce
qu'il y avait de caressant pour moi daos sa phrase, et de
ce qui s'y trouvait de flattenr pour un ami bien cher a
mes yeux.
Nous étions au lundi; c'était done dans cinq jours que
j'avais promis de retourner, pour la pre111iere fois depuis ma ruine, daos ce monde dont les portes jadis m'étaient ouvertes a deux hattants, et dont une crainte,
puérile saos doute, me faisait alors redouter iostinctivement le contact.
Ce ne fut pas sans quelqnes réflexions que je vis s'approcher ce jour, en lui-meme si peu solennel.
Un~ des ch oses dont se préoccupe le plus l'imagination
de l'bomme dans sa jeunesse, c'est la croyance de son
importan ce personnelle aux yeuxd'autrui; aucun horr.me,
Cut-ce le plus obscur et le plus iofime, ne veut se per-•
suader que ses pas, ses démarches, sa tenue, puissenl'
ne pas etre l'objet des commentaires et de la critique de
ceu.x sous les yeux de qui il passera; de la, une crainte
qui, parfois, lorsqu'on s'efforcc le plus de fuir le ridicule
Y0US le fait atteindre du premier conp et au grand com:
plet.
Si e'est la un sentiment naturel a tous, il faut avouer
que j'étais assez excusable de m'y abandonner· saos
. . ,
'
'
a,_01r J0Ue un role. br1llant avant ma ruine, puisque j'éta1s encore trop Jeune pour en avoir joué un qui me fút
personnel, cependant on n'avait pas ignoré daos le
monde élégant de París, et quelle avait été roa'situation
passée et quelle était celle dont les circonstances m'avaient fait une nécessité. Sans doute, depuis d.eux ans
déja, tout cela s·était accompli, et il aurait du etre évident pour moi que pas une ame au monde ne s'en souviendrait; mais l'bomme ne peut se juger avec les memes yeux que les indifférents; et lorsque ceux:-ci ont
oublié depuis longtemps son nom, son infortune et jusqu'a son souveoir, l'homme en est encore au lendemain
de ses malheurs et croit en trouver le reflet daos le regard ou daos la voix de chaqne personne qui !'aborde.
n,_en é_t~it ainsi de ~oi, et, pour bien expliquer le genre
~ rnqmetu~e ressent1e au fond de mon creur, je dirai que
Je ne sava,s trop si, dans le saloo de la comtesse Blanche, je devais prendre l'attitude d'un élégant ou celle
d'un homme pret a accepter le patronage des gens influent~ qu'~mmanuel_ avait nommés a n:a mere, et qui,
daos 1ave~1r, pouva1ent m'aider de leur suffrage ou de
leur appm. En un mot, que devais-je laisser prédominer en moi? L'homme du monde ou l'homme de \ettres !
Apres Y avoir beaucoup réflécbi, plus, je crains bien
q_ue cela n'.était nécessaire, je me décidai pour un troi~
s1eme part1, en eflet le meilleur: c'était de me mootrer
~urement et simplement comme un homme bien élevé
JU?eaoi, que c'était la le point de contact qui unit
m1eu1 l homme de lettres, l'homme véritablement digne
d~ e~ nom .d~ moins, a~ véritable homme du monde, je
d1ra1s au ver1table genttlbomme, si ce mot était de mise
de nos jours.
C'était la une délibération bien futile saos doute et
je n'en aurais certainement p11s rendu compte au J~cte~r, si je o'étais entré, en faisant ce récit, dans une
vo1e de franchise qui me fait désirer de relever un a un
jusqu'aux antécédents les moins 1mportants de mon iotroduction daos une société, sonrce des beures les plus
douces et les plus cruelles de roa vie.
Enfin, ce samedi, l'objet de tant de réflexions, arriva.
Emmanuel fut exact au rendez-vous, et vint me prendre
a huit heures.
, Ma ~ ere m,': ~br~sa'. qua~d ~ous partimes, aYec plus
d effus10n qu a I ordma1re; e éta1t, depuis la mort de mon
pere, la premiere soirée que j'allais passer loin d'elle .
puis, peut-étre, elle aussi, se préoccupait-elle de cett; •
nouvelle entrée de son fils daos le monde; puis, peutetre entore, qui sait? pressentait-elle, tremblait-elle
craignait-elle, comme craignent, ~omme tremblent:
co~me presseotent souvent les meres, saos, causes et sans
ra1sons appareutes.
Une fois dans la rue, Emmanuel congédia son coupé
et prit mon bras.
Juus DE WAILLY ms.
(La suite prochainement.)
,\

1:

Reproduction interdite aux j ournau1 qui n'oat pu traité uec la Société
le1 gens de lettm.

�280

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

,

1

RltGES.

Ce mot, qui
ne doit certainement exister sur aucun
dictionnaire
géograph ique, est le
nom d'un petit coin de
terre quin' est
pas saos intérét pour l'artiste, pour le
géologue,
pour le cbasseur, en un
mot, pourtout
ami de la nature, qui n'est
la ni mutilée,
nitransformée
par la main

des bommes¡
mais si les livres se taisent
a son égard,
les belles cartes dres.ws
pour la r..
margue, soil
celle de l.
Veran, d'Ar1es, soit celle
de M. Ílii·
líen Damll,
de Somllires,désigDellt
dans la parlie
méridionale
du vaste della
du Rhone,a
milieu des
étangs et del
0aques d'ea
qui sépared
l'étang de
Valcaresdela

,

armi ces bandes ·d'alluP
01er,
,r
Tions fluviatiles r écentes don t
vent de roer cbange ' les
un
t ..
dispasitions, tant ces e~rams
sont bas ., ces cartes, d1sonsdésignent une langue
S
ollU'
.
d'alluvions"ane1ennes, longue
de quatre kilometres et large
d'environ cio_q ~en~ metres.
Cette ile est md1quee comme
s'élevant de deux metres quatorze ceetimetres au-d.issus de
lamer : ce qui est une altitude énorme, daos un pays ou
la platitude est telle qu'elle
vous cause, a J'état de vertige,
la crainle, , sioon de tomher
daos un ¡1réci1)ice, ainsi que
cela arrivc lorsqu'on est a
la marge d'un haut rocber
taillé apie, du moins d'ctrc
envahi de tout coté par les
eaUI.
Qui connait ce pays, que
ces eau1 et la dislance placent
loin de toute hahitation et préscrvcnt ainsi de ton te dévastation? Des chasseurs passionnés et intrópidcs, des gardicns
de hreufs saurages parvicn- ·
ncnt sculs rlans cette solitude.
L~s arhrcs y poussent et y
rucurcnt san, y etre mutilés.
Les oiseaux aquatiques, des
troupes de 0ammants, des avoceles, rle~ goi\lands y vi venten·
pai1, el les pancl'atium épa-nouisscnt leur corolle odorante sans que les jardiniers
fleurisles vien nent arracher ala
terre qui- les nourrit • leurs
bulbcs recberchées. 1 Le bois
qui couvre toute la petite ile,
el qui s'appelle le bois de Rie- ·
ges, est done une vraie forét
,ierge. Les arbres qui la· composcnt. sont: le Juniperus phreaitea(legeucvriermurvan), qui
éleve son parasol, souvent élégant, sur dos toufles enchcvctréesdephyllil'ea.Au printemps,
les grands asphodeles éL'.llent
ROSSINI. - D'apres un médai!lon de M. H'• Chev•lier.
leur tige chargée de fleurs
blanches. Des cystes divers y
brilleut aussi err abondance. En été, les statices parcnt de d~lresse. Enfin, arrivé sur la terre forme, nous
le sable, et, au commenccmenl -de l'áutomne, l'aster avons tracé sur le papiér l'image de ces troncs morts,
11111ellus s'y montre, sinon plus fastueux, du moins renversés, desséchés, qui reslent debout au mi'ieu de
plus gracieux que
8'!S congéneres nombreux de l'Amérique du Nord, qui
sont, a la meme
époque de l'année,
la parure la plus
apparente de nos
parterres. Chasseur
de pittoresque aussi
passionné
qu'un
chasseur de gibier,
nous avons voulu •
connaitre le hois de
Rieges. Avec des
goides, nous avorrs
tra,ersé de grands
espaces d'eau; nous
a,ons troublé, pen- ·
dant nne matinée
de printemps, des
troupes de 0amlllants, craign an t
saos doute de voir
détruire lenrs ooufs
déposés-sur le sable;
des avocetes, planant sur nos tetes
.
'
IIOllllaieµl lle~ .9ri&amp;- - .

1 ••

la vigoureuse verdure des plus
jeunes, et nous reproduisons
ici deux de nos croquis exécutés d'apres nature.
Si le bois de Rieges et le
terrain qui le supporte sont
11ne antiquité, végétalement
et géologiquement parlant, il
n'en est pas de méme des autres parties de la basse Camargue. 11 n'y a guere que cent
cinquante ans que le cours liu
Hhóne a été grandement modifié, et il y en a deux mille
que l'étang deValcarcs h'avait
certainement pas la forme
qu'il présente aujourd'hui. On
trouve t.les prcuves 111atérielles
de ces changements incontestables clans le niveau de constructiun~ romaines, existant au
bord de l'eau et daos l'eau
meme de l'étang, a la bauteur
du grand dornaine appelé le
chatcau d'Avignon. Ainsi que
peut le faire comprendre notre
dcssin, une couche de deux a
trois metres d'alluvions fluviatilcs recouvre ces traces de
conslructions romaines. Est-ce
la trace de la ville de Natilia,
dont parle Strabon, comme
exislant aux emboucburcs du
Hhone? 11 serait bien difficile
cl'éclaircir ce point de géographie anciennc. Contentonsnous d'o~scrver, avec les ré0exions qu'ils doivent faire
naltre, ces spectacles imposants des pbénomenes de la
nature, a coté des témoignages de la fragilité des· choses
humaines.
J. B. LAUOENS.

ROSSINI.

Ce grand artiste est né a
Pesaro, pctile villc de la Romagne, le 20 février i 792.
Son pere, Giüseppe Rossini,
était tubatore, trompelte de
ville. C'était lui qui proclamait les arretés municipaux, qui annoncait les cérémonies publiques, les ven les aux encheres, ;te., etc. 11 était
en outre inspecteur dé la boucherie. :&amp;Iais les deux places
réunies ne produisaient qu'un assez
maigre revenu.
Sa femme, Anna
Guidarini, était filie
d'un boulanger de
Pesaro. Elle avait un
gotit tres-vif pour la
musique, et une jolíe voix, dont elle
tira partí un peu
plus tard, quand le
vent des révolutions
eut soufflé sur l' ltalie, et que Giuseppc,
victime de la réaction, fut hors d'état
de nou·rrir sa famille.
En i796, en effct,
le général Bona-•
parte, vainqueur de~
Autrichiens et maltre de la haute rta-lie, partil de Bologne, baltit J'armée
papale, et contraignit le saint-pere au

tr~ité qe Tol~M!!!ij,

�is3
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- - -- = - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - L'ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

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300,000 fr. Il n'a répondu que par un sourire, et l 1'11,
Il forma la république cisalpine,'puis la république ,fis.- filfreprésenter, dans le courant de l'année t8t2, six fermé son manuscrit avec cent autres ouvrages, gr._
padane, et une république anconitaine se forma bientót opéras, daos trois villes difiérentes: a Venise, l'Inganno ou petits, que ses amis seuls connaissent. Aprea llli
d'elle-méme. En t798, ce qui restait encore du domaine felice, Il. cambio della ualigia, la Seala di seta, l'Occasione
été toute sa vie au-dessus de ce qu'il produisai1, 11
de saint Pierre ful envahi, Rome prise, le pape exporté. fa il ladro, - a Ferrare, un opéra sérieux : Giro in Batrouvé moyen de se mettre au-dessus de sa gloire ea.;
Une république romaine fut organisée, et bientót apres bilonia, - a Milao, un opéra bouffe en deux acles, la
méme. Ce grand musicien est assurément un grand ,i.
une république ¡,artbénopéenne. 11 parait que ces grands Pietra del Paragone. JI y a daos l'Inganno un finale charlosopbe.
G. HtQun.
changements inspirerent a Giuseppe Rossini plus de maot, un trio qui est un chef-d'reuvre. La Pietra del Pasympathie que d'borreur, si bien que l'an d'apres, quand ragone mit en émoi toute la Lombardie. Oo accourait a
la chance tourna, il perdit ses deux emplois et fut mis Milan, pour l'entendre, de toutes les villes environTllÉ0D0SIE DE CRIMÉE.
en prison, ou il resta dix mois. Anna Guadarini se ré- nantes, et l'auteur ayant, sur ces entre!aites, atteint sa
fugia a Bologne, obtint de débuter au théatre Cit&gt;ico, vingtieme année, le prioee Eugene, vice-roí d'Italie,
Théodosie, CAFFA ou KtFt, port de laRussie d ~
réussit, et tint l'emploi de prima donna, pendant plu- l'exempta de la conscri¡,tion. Il justifia immédiatement
est
situé sur Je détroit de Caffa, qui unit la mer Noire ¡
cette
faveur
exceptionnelle
par
la
partition
de
Tancredi,
sieurs années, a Sinigaglia, Forli, Ferrare, Mantoue, etc.
celle
d'Azof. Cette ville ful batie en t266 par les~
executée
a
Venise
pendant
le
carnaval
de
t8l3.
Tancrede
Giuseppe, devenu libre, la suivait partout, et jouait
sur
les
ruines de l'antique Théodosia, qui devint alonle
est
plein
de
beautés
du
premier
ordre
et
d'inspirations
la partie de premier cor daos l'orchestre des théAtres
centre
du
commerce de leur république avec la
que
Rossini
lui-meme
n'ajamais
surpassées.
ou elle remplissait les premiers róles. Gioachino RoslaPerse
et
l'Inde. lis la conserverentjusqu'en ft75,é~
L'ltaliana
in
Algeri
~uivit
de
pres
Tancrede.
En
t8H-,
sini, leur fils unique, a done entendu chanter, répéalaquelle
Mahmoud
ll !es expulsa de la Crimée, etronia
Rossini
fil
jouer,
a
Milan,
A.ureliano
in
Palm!ra
et
le
ter, jouer du clavecín, etc., des sa plus tendre enfance.
de
cette
presqu'ile
un
Etat tartare dépendant de ta y.,
Turc
en
Italie,
puis
Sigismondo
a
Venise.
En
t8i5,
l'enll avait sept ans lorsqu'on pla~a tant bien que mal ses
quie.
Cet
État
passa
sous
la domioation russe en t7tt
trepreneur
des
théatres
de
Naples,
Barbaja,
s'allacha
le
petites mains sur un clavier et qu'on tui apprit le solfége.
sous Catherine JI. Mais avant d'abandonner Tbéodosie.;
jeune
et
triomphant
maestro
par
un
traitement
magni11 avait une voix charmante. A neuf ans, il commen~a
de chanter dans les églises de Bologne. A onze ans, il fique, t2,000 fr. par an. JI débuta, a Naples, par Eli- Russes, les Tur~ la détruiairent ~e fond en comble, 1
ne firent qu'un monceau de rumes de cette cité, 4(i
cbantait a merveille et exécutait a premiere vue, avec sabetta. Puis il y écrivit successivement la Gauetta et
était
panenue a un tel degré d'importance et de r i un aplomb imperturbable, tous les accompagnements Otello (t816), Armida (18f7), Mose in Egitto, Ricciardo e
qu'on
l'appelait la petite Consto.ntinople. L'étendne de•
qu'on tui présentait. Son pere luí avait appris a jouer Zoraide (t8t8), Ermione, la Donna del lago (t8iíl), et
ruines
et les vestiges de ses fortifications, attestent e-.
du cor. Un artiste de Bologne lui donna des le~ons de Maometto mondo (!820).
son ancienne grandeur et l'état llorissant daos leqael
Ces
grands
011vrages
ne
sont
encore
que
la
moitié
de
violon. Quand la mue vint lui enlever sa voix de soelle se trouvait, a cette époq11e, sous la domination g6,
prano, iJ tira partí de son talent d'accompagnateur, qui ce qu'il produisit daos l'espace de six années. ll
noise ou turque. Elle comptait alors une population d'•
trouva
encore
le
temps
d'écrire,
a
Rome,
Torwaldo
était fort remarquable. Des cette époque, il était déja
viroo t 5,000 ames, qui fut dispersée, et se comJIOIII
e
Dorliska
(1815),
Je
Barbier
de
Séville
(t8t6),
Cenerentola
d'uo grand secours a son pere, dont le métier ne valait
en grande partie de riches oégociants arménieos; cq¡.
(t8t7),
Adelaida
di
Borgogna
(t818).
11
partil
de
Rome
rien, et a sa mere, dont la voix s'était promptement faci, dirigés par leur esprit actif et industrieux, y avaleal
tiguée. 11 avait écrit déja quelques pieces de musique, apres y avoiT donné Cenerentola, pour aller écrire a
établi l'entrepot de leur commerce. On n'en sauraitdol,
Milan
la
Gazza
ladra.
11
retourna
a
Milan
le
lendemain
de
bien qu'il ne sut pas un mot de contrepoint. Son merla premiere représentation de la Donna del lago, pour y ter, si J'on songe que q~arante-deux églises arménie•
veilleux instinct lui révélait toutes les regles.
étaient élevées daos son enceinte.
Il y parut bien quand les Mombelli vinrent a Bolo- pire jouer Bianca P. Faliero. Cette accumulation de
Depuis une vingtaine d'années, Théodosie tend hegne, et que M"" Mombelli la mere, en lui donnaut chefs-d'reuvre improvisés coup sur couµ efiraie l'imagi- co11vrer son ancienne prospérité, depuis surtout qae 11
successivement les paroles d'un air, d'un duo, d'un nation.
Il revint a Rome en t82t et y donna !,(atilde di Sha- constructiou d'un chemin de fer, qui•la réunit l . .
quatuor etc., qu'on essayait des qu'ils étaient faits,
cou et a Saint-Pétersbourg, et qui relie, par suite, ta
Jui fit composer, de cette fa~ou, un opéra tout entier. l&gt;ran. Puis, Barbaja ayant soumissionné et obtenu l'en- mer Noire a la Baltique, est venue apporter nne vie•
C'est l'opéra intiulé Demetrio Polibio, ou l'on trouve des · treprise du théatre impérial de Vienne, il écrivit pour velle daos cette contrée, et donner au commerce •
inspirations du premier ordre, notamment un duo et un Vienne Zelmira (1822), ou il déploya des richesses d'har- impulsion extraordinaire. Plus de cinquante maia
quatuor qui sont des chefs-d'ceuvre. Depuis, Rossini a monie a éblouir les Allemands les plus exigeants sous ce nouvelles s'élevent tous les ans sur les ruines de l'•
été plus savant, mais il n'a jamais montré plus de rapport.
Semiramide, jouée a Venise en t823, fut sa derniere cienne cité, et la valeur territoriale s'est considérülagénie.
reuvre
italieone. Sa carriere de compositeur italien, com- ment accrue. Des que les communications entre Call&amp;II
C'est ce qui décida son pere a le mettre au lycée
mencée
a la fin de t810, emhrasse done douze années. l'ancienne et la nouvelle capitale de l'empire russe •
musical de Bologne, dans la classe du pere Mattei,
l&gt;endant
ces douze années, il avait mis au jour une qua- ront établies d'une fa~on réguliere et rapide par la 1li
professeur de contrepoint, alors en grande réputaferrée, eette ville deviendra le Dieppe de la Russie ella
tion. ll avait quioze ans. 11 y resta jusqu'a dix-buit ans. rantaine d'opéras. - Je n'ai pas mentionné tout ce qu'il rendez-vous de toute J'aristocratie. Déja, en effet, mllpl
- Trois ans consécutifs de contrepoint et de fugue! Se a produit.
On luí proposa un engagement pour Londres. Il l'ac- l'éloignement des autres points de l'empire, ses blil
figure-t-on bien tout ce qu'a pu faire, pendant une péde roer sont tres-fréquentés. Batie en ampbitbéatre •
riode aussi longue, et tout le chemin qu'a dü nécessaire- cepta, et passa par París, oti il revint apres quelques mois des collines chargées de vignes et surmontées de..,
ment parcourir un éleve aussi ¡,rodigieusement doné Y de séjour en Angleterre. Ces quelques mois, qu'il em- lins a vent, Théodosie présente un aspect des plus pilll
Les pédants, qui, pendant tout le cours de sa car- ploya moins a écrire qu'a se faire entendre et a se faire resques et jouit d'un air pur et sain. Du haut destf
riere, Jui ont reproché, on ne sait pourquoi, de ne pas voir, furent l'époque la plus lucrative de sa v1e d'ar- teaux qui l'entourent, on a devant soi une magmt,I
étre assez savant, ne soup~onnaient guere a quel tiste. C'est la qu'il amassa !e capital qui, tres-habile- perspective, et le plus riant tablean se déroule
ment administré et grossissant d'année en année, a propoint l'accusation était ridicule.
yeux. La vue peut se porter tour a tour sur de rielll
L'étude des procédés scholastiques ne lui faisait pour- duit la belle fortune dont il jouit aujourd'hui.
Le gouvernement fran~ais d'alors tenait a honneur campagnes ou sur la ville, ou bien elle s'étendra lit
tant pas négliger celle des maitres, sacrés ou profanes.
l'immensité de la surface de la mer Noire, de celle
Il dévorait toutes les partitions qui lui tombaient sous d'J\llacher nossini a la France. 11 s'y prit convenable-- zof, de la mer Putride ou Sivasch, le Putridum flMII
la main. 1l s'était pris de passion pour l'école allemande, ment, et il réussit. nossini, directeur du Théatre Italien
anciens.
dont les inveutions harmoniques ouvraient a son imagi- sans en avoir le titre, puis inspccteur général du chant
La population actueHe de Théodosie est d"en
'
titre
qui
n'était
qu'un
prétexte
a
appointements,
écrivit
nation des perspectives infinies. Il adorait Haydo et
t5,000
ames, parmi lesquelles on compte bon nomlllt
Mozart avec autant de ferveur que Paisiello et Cima- a París, de t825 a 1829, ll Viaggio a Reims, piece de Francais. Mais les Arméniens forment toujours une
rosa, et oo l'appelait, daos J'école, Il Tedeschino, circonstance pour le sacre de Charles X, le Siége de Co- grande partie de cette population. lis possedent, ootre
le petit Allemaod. C'est en se nourrissant de l'art alle- rinte, qui n'était que le Maometto s,condo, arrangé pour anciens temples ~nés, quatre nouvelle~ églisea
mand qu'il se préparait a transformer, a régénérer l'art la scene frau~ise et enrir.hi de morceaux nouveaux; ont fait édifler, et sont entrés daos une voie de p
Moise, autre arrangement oti la parlie purement franitalien.
~aise
avait encore plus d'importance; le Comte Ory, oti rilé qui rappelle l'époque ou ils faisaient de leurvilll
Il était d'usage, au lycée de Bologne, que Je meilleur
des plus riches entrepóts de l'Orient. Cette situatiOI
éleve fut désigné, chaque année, pour composer une les deux tiers du Viaggio trouverent leur place, et enfln fait que s'améliorer a la suite de la nominatioo de JI,
cantate, qui était exécutée en séance publique et en pré- Guillaume Tell, joué pour la premiere fois le 4 aout briel Aivazovski, un des directeurs du collége nation
sence des autorités municipales. Rossini, apres un an t 829. 11 avait alors trente-sept ans. Il était dans toute ménien de París, et frere du peintre qui fut
d'études, obtint celte récompense et cet bonneur. Sa sa force. ll pouvait faire encore, sans se fatiguer, vingt a notre expositioo universelle de t85!:(, au poste
cantate, intitulée: Pianto d'armonia perla morte d'Orfeo, chefs.-d'reuvre. Mais ces chefs-d'reuvre ne pouvaient cbeveque diocésain. Le R. P. Gabriel a toujOUJI
fut exécutée le R aout t808. 11 avait alors seize ans et guere ajouter a sa gloire, et leur enfantement aurait en effet, mériter la réputation qu'il s'est acq
certainement troublé le repos auquel il aspirait. - 11
quelques mois.
París, dans le monde savant, par ses qnalités n
Malgré le succes de sa cantate, i1 resta encore al'école est bien temps, dit-il, que je laisse la pl:ice aux au· et ses profondes connaissances linguistiques et th
pres de deux années. Ce ne fut qu'a la saiso~ d'au- tres.
C'est lui, en effet, qui a fait connaitre en France ques. O'apres ses conseils, un riche et patriote Arm
tomne de t8l0 qu'il débuta a Venise sur le petit lhéatre
M. Kbaliboff, a doté la ville de Théodosie d'un
San-Mose, par une partition boufie en un acle, intitulée Meyerbeer, Bellini, Dooizetti. Quant a lui, ríen n'a pu fique collége, dont la construction seule coute P
la Cambia/e di matrimonio. En t8t 1, il fil une cantate: tui faire rompre le silence. Son Stabat, composé Ala quatre cent mille francs, valeur représentant,
Didone abbandonata, et un opéra en deux acles: L'Equi- pricre d'nn chanoine espagnol, n'était pas destiné a conditions ordinaires, plus d'un mili ion en France,
,ioco strauagante. Ces trois premiers esssais ayant pleine- voir le jour, et n'est connu que parce que le manuscrit, ontété inaugurées une importante bibliotbeque et
ment réussi, tous les théatres de la haute Italie s'ouvri- mis en vente par les héritiers du chanoine, esl tombé primerie, qui sont en pleine prospérité, grAce aDI
rent devant lui. Or, il était assez Jaborieux, assez actif, entre les mains d'un spéculateur. L'an passé, pour amu- assidus et éclairés de l'archevéque.
et il avait l'imagination assez féconde pour faire face de ser ses loisir&amp;, il a écrit une messe qui est une merveille,
Pow adrlil: P. P.
ious,les wtés a la fois. Cbose incroyahle ! il écrivit et el l'a tait entendre une seule fois. On luí en a offert

-----r----~---·----

R-,

SOII•

perdre, nous, notre honneur et nos biens, et de nous
voir réduits a mendier. Le jour viendra de cette si
LA. CHANSON DE ROLANn .
grande fete de saint Michel, le terme passera, et Charles
PO.EllE DE rneROUI.DE.
n'entendra de nous paroles ni nouvelles. Il est fier et
son creur est cruel ; il fera trancher les tetes de nos ótaSi populaire que soit le nom de Roland, qui vient ges. Mais mieux vaut que nos fils y perdent leurs tetes
d'emprunter, pour ainsi dire, un iotéret d'actualité a la que de perdre, nous, notre belle Espagne, éclatante de
préstJotalion du bel opéra de M. Mermet, le poeme de lumiere, et d'avoir a supporter taot de maux et de souf;béroulde, qui cha11te ses gestes et sa mort, est a peu frances. »
res inconnu. Tout le monde ne peut pas lire un pocme F.l les paiens de dire : «11 a raison ! »
~u douzieme siecle, et tout le monde ne préfére pas a la
Le roi Marsille a leve son conseil. 11 appelle a lui dix
tangue d11 óix-neuvie~e siccle, qui ~~t pou~. nous la des rtus félons : « Seigoeurs barons, leur dit-il, allez
tangue vraimeot vulga1re, cclle du sememe s1ecle, que trouver Charlemagne. Portez daos vos mains des bran-·
• Génin a jugée mieux faite pour reproduire le~ gr.ices ches d'olivier, signe de paix et de soumi sion. Diles a
11
naives de la cbanson de geste. Ce n'est pas ici le lieu Charles que, pour son Dieu, il ait merci de moi. 11 ne
d·esposer tcutes les rai~ons ri me font préfér~r, pour verra point s'achever ce premier mois que je ne l'aie
la traductioo du poeme de Théroulde, la tangue que rejoint avec mille de mes fideles. Je recevrai la loi chréparlon~ a celle que parlaient nos peres il y a trois tienne, je serai son homme-lige par amour et par foi.
0005
cents ans. Une seule raison suffit : cette Chanson de Ro- S'il veut des otages, je luí en donnerai. Ayez assez d'a/atld, dont on ne sait presque plus rien que le nom, esl dresse pour nous mettre d'acord, et je vous comblerai
le ,ieux cbant oational de la France; tous ceux qui ont d'or et d'argent, je vous donnerai terres et fiefs autant
pu ta tire doivent vouloir qu'elle redevienne popu- que vous en voudrez. » El Blancardin de dire: « Vous
aurez a vous réjouir de notre message. » Am.
taire.
c·est la peosée qui me l'avait fail traduire il y a trois
Les messagers montent sur leurs mutes et vont a
aos. Mais le~ esprits étaient alors bien loin de notand, Charles, qui tient la France ~ous sa gouverne.
bien loio meme du roi Charles, notre grand empereur.
L'empereur est daos un granel verger. JI a aupres de
Une tentative bardie, couronnée par un brillant succcs, lui Roland et Olivier, le duc Sanche et le fier Anséis, et
a rajeuoi ces viei!les gloires de la France et de la che- bien d'autres encore. lis sont la quinze mille fils de la
valerie. Le jour de Théroulde est venu.
douce France. Ces cbe,ahers sont assis sur des tapis de
En offranl aux lecteurs de l'Illmtration la CuAxso;s- DE soie blancs, ils se divertissent au jeu de dames, les plus
RoLAND, j'ai du la débarras~cr de quelques rediles et de agés et les plus sérieux jouent aux échecs, et les jeuoes
quelqucs développements qui ne sont point saos grace bacheliers s'amusent a l'escrime. So11s un pin et a l'omdaos le poéme, mais qui ne pouva1ent pas entrer daos bre d'un églantier, brille un fauteuil tout fait d'or pur :
te cadre du journal. On ne trouvera saos doute pas la sied le roi qui gouvcrne la douce Fraoce; sa barbe
ici tout,le poeme de Théroulde, mai on ne trouvera ríen est blaoche et sa tete pleine de beauté, son corps est
que tui. En l'abrégeant, je ne me suis du moins jamais noble et bien pris, et sa contenance est fiere. A qui le
pennis de parler a sa place.
cherche, il n'est besoin de l'indiquer.
ALEX. DE SAINT-ALBIN.
Les messagers de Marsille descendent de leurs mutes
et vont saluer l'empereur avec empressemenl et respect.
Blancardin parle le premier, et dit au roi : « Soyez béni
de Dieu le glorieux que nous devons adorer! Voici ce
LA CILL'ISO:i DE ROLAND.
que vous mande le vaillant roi Marsille. Apres avoir bien
cherché des moyens d'arrangemcnt, il veut vous donner
une grande part de ses trésors. Vous avez été longtemps
La Trahison.
en notre pays, vous devez avoir bate de retourner en
Fr;mce. Mon maitre vous y suivra, il en prendl'engageLe roi Charles, notre grand empereur, est depuis sept gcment. »
ans en Espagne. 11 a conquis jusqu·a la mer ce nohle
L'empereur leve ses mains vers Oieu, puis, la tete
pays; il n'y a pas de chateau qui tienne cootre lui, pas pencbée, se met a réflécbir. 11 ne se presse point de réde mur ni de ville qui reste a forcer, hors Saragosse, pondre, accoutumé de prendre son temps pour parler.
mise sur la montagnc. La regne le roi Marsille, qui Enfin, il releve la tete, el montrant aux envoyés sarran'adore pas Oieu, qui sert Mahomet et invoque Apollon : zins un visage ple in de fierté, il leur dit : « Vous avez
~¡ son adresse ne pourra le soustrair~ au malheur. tres-bien parlé. Mais le roi Marsille est mon grand enAo1 (1).
nemi. f.,1mment pourrai-je m'assurer en ces promesses
Le roi Marsille est a Saragosse, dans un verger, coo- que vous venez de me faire? - Par des ótages, dit le
ché a l'ombre du feuillage, sur un perron de marbre Sarrazin, dont vous aurez, ou dix, o•J quinze, ou vingt.
bleo. Plus de vingt mi lle hommes J'entourcnt._11 s'adresse Au risque de sa vie, j'y mettrai un mien fils, et vous
a ses ducs, a ses comtes : u Eotendez, seigneurs, quel n'en aurez pas, je crois, de plus noble. Quand vous
mal nous encombre. L'empereur Charles est venu de serez en votre palais impérial, a la grande Cele de Saintson pays de France en celui-ci pour nous confondre. Je Michel-du -Péril, mon maitre vous rejoindra, il en prend
n'ai pas d'armee qui puisse donner bataille a la sien ne. l'eogagement. C'est la qu'il veut Jevenir cbrétien. »
f.onseillez-moi done et sauvez-moi de mort el d'afTront. » Charlemagne répond: «11 peut done se sauver encore !»
Pas un de ces paieos ne trouve un mol a lui répondre, Aor.
bo~ le subt1I Blancardin, qui lui dit : « Ne vous effrayez
Le soir est beau, et le soleil encore éclatant. Le roi
po1~L Feignez de vous soumettre a cet orgueilleux. Té- Charles fait conduire a l'etable les dix mulets. ll fait
mo1goez-lui une grande amitié. Eovoyez-lui quatre cents dresser daos le verger une tente ¡,our les dix ambassamnlets chargés d'or et d'argent, cinquante chars chargés deurs. Les Sarrazins y passent la nuit et resteot jus.de n:aéme,donnez-lui ours et lions, et chiens et chameaux, qu'au grand jour.
et antours déja grands. Mais c·est assez de guerre en
L'empereur se leve de grand matin. 11 entend messe
IIOlre pays: qu'il retourne en France. Promette1-lui que et matioes. JI va s'assec,ir a rombre d'un pin, et fait ap'º~ l'J rejoindrez ala fete de saint Michel, pour y rece- peler ses barons pour tenir conseil avec eux, car il veut
YOl? la loi des chrétiens et devenir son homme-lige. S'il en toutes choses marcher d'accord avec les Frau~ais.
,e~t des otages, vous tui en envoyez dix ou vingt. Pour Arrivent la le duc Oger et l'archeveque Turpin, le vieux
qnil prenne coofiance, nous lui envoyons les fils de nos Richard et son neve1.1 Henri, le preux comte Acclin de
femmes. Au ris~ue de sa vie, je luí envoie le míen. 11 Gascogne, Thibauld de Reitns et son cousin Milon, et
'1111 bien mieux qu'ils y perdent leurs tetes que de. Gerer et Gerin; avec elll arrivPnt le comte Roland et
le noble et preux Olivicr. JI y a la plus de mi lle Fran~ais
~I O. ••• PII PU bien 61,r le seos de ce mol, qui termine I• plupart de France. Arrive Ganelon, qui trahira. Le conseil s'ou~ - - •· Francisque Michel. le premier éd1teur de la Cha111on de
._ 4tJ l."'~ ••ee &amp;•M'z dA 1'1'111fmhhoce un cr, de guerre, une tnduc- vre, dont l'issue sera funeste. Aor.
191it en • elan 1ur l'ennemi, away. 11 •e dem•ude crpenda11t •• ce ne
L'empereur leur expose !'affaire, et lcur dit : « Le roi
. _ . : ane excl1mation du jon~leur pour urrur le n,eoelrier que la
Marsille
me rejomdra daos ma résidence d'Aix, il y recela do ft qa",l 111 a .-.r,éter. llllis ulle e1cl1m1tion de•ra1t se trou,er
111
_
, loa1ea lea llnd,a, et il en e.t, au contrlire. un graud nombre vra notre loi, meilleure que la siennP; devenu chré,- .. 1oot pu.
tien, il tiendra de moi ses domaines. Mais je ne sais
•.....,:Opcu
8::.iilllle no1e manuscr,te
que J'•i so111 le• y•uz, M, lilonmerqué relate
pas quel est le fond de son creur. » Et les Fran~ais de
l'op10100 de ll. Barrv,s, qui re~arde Ao1 co..,me une
liiiL Iba de ce qu, pr,cPde. uoe contracMu de Oui. 0111, c'elt bitn dire : 1( 11 nous faut prendre garde ! 11 Aor.
"""
combien de slaoces de la Challlllll ,u RD'4114 ,,,enoent conLe comte Roland, qui ne veut entendre a rien avee
._ iaterpnlatioJI !

.

le Sarrazin, se leve vivement et vient repousser les propositions : « Ne croyez pas aux promesses de .Marsille,
dit-il au roi. Voila sept ans que nous sommes en Es¡,agne, Marsille ne vous a fait que trahison. 11 envoya
quinze mille de ses paiens, chacun portant une branche
d'olivier et vous disant les me mes paroles qu'aujourd'hui.
Vous prites le conseil de vos Frao~ais, qui vous persuaderent d'accorder quelque treve. Vous envoyates au
paieo deux de vos comtes, Bazin et Bazile : il les fil décapiter... Poursuivez la guerre comme vous l'avez entreprise, conduisez votre armée a Saragosse, poursuivezen le siége, s'il faut, toute votre vie, mais vengez ceux
que le trailre fit périr ! 1i Aor.
L'empereur rembrunit son visage, il tourmente sa
barbe, il lord sa moustache, et ne réµond ni oui ni non
a son neven. Tous demeurent en silence, bormis GaneIon, qui s'avance et tient au roi ce discours : « N'écoutez ni moi ni d'autres, n'écoutez personne, n'écoutez que
votre avantage. Quand le roí Marsille veut se rendre a
mains jointes votre homme-lige, tenir toute l'Espagne
de vous et se soumeltre a notre sainte loi, celui qui vous
induit a rejeter ces offres ne se soucie guere, sire, de
quelle mort nous mourrons. Conseil d'org•1eil qui ne doit
pas prévaloir. Laissons les fous et tenons-nous aux
sages. 1i Aor.
Le duc Neimess'avancc pour parler au roi, qui n'a pas
de vassal plus fidele: 11Vous avez entendu !'avis du comte
Ganelon? 11 est plein de sages.~e. Le roi Marsille, vaincu
par vos armes, a vu tous ses chateaux rasés, ses remparts détruits par vos machines de guerre, &amp;es villes brulées et ses troupes défaites. Quand il se rend a merci et
vous offre des ótages, ce serait pécbé de vouloir faire
encore plus cootre luí. Cctte guerre terrible ne doit pas
etre poussée plus loin. Et les Fran~ais de dire : &lt;( Le
duc a bien parlé. » Ao1.
1&lt; Seigneurs barons, qui enverrons.-nous a Saragosse,
au roi lJarsille? » Le duc Neimes répond : 1( J'irai, si
vous daigoez m'en charger. Donnez-m'en le gant et le
baton. - Vous étes homme sage, lui dit le roi. Par ma
harbe et par ma moustache, vous n'irez pas si loin de
moi cette année. Allez vous asseoir... s~igueurs bar,ms,
qui pourrons-nous envoyer au SarrazioY » Roland répond : 1( J'y peux bien aller. - Non, ferez, certes ! dit
le comte Olivier. Votre courage est trop bouillant, vous
vous feriez qnelque affaire. Si le roi le veut, j'y peux
bien alter. - Ni vous ni luí n'y mettrez les pieds, répond
le roi. Par ma barbe blanche, les douze pairs y seront
malvenus! 1i
Tout le monde se tait... Turpin, l'archeveque de
Reims, se leve et dit : (( Laissez les reposer · depuis sept
ans que vous étes en ce pays, ils ont eu assez de peines
et de fatigues. Donnez-moi, sire, le baton et le gant, et
j'irai trouver ce Sarrazin d"Espagne, et connaitre un
peu l'air de son visage. » L'empereur lui répond d'un
ton faché : « Allez vous asseoir sur ce tapis blanc, et ne
parlez plus que je ne vous l'ordonne ... Fran~ chenliers
pouvez-vous m'indiquer un baron de mon domaine pour'
porter mon message a Marsille?
11 Celui qui vous convient, dit Roland, c'est Ganelon, mon beau-pere. 1i Et les Fran~ais : « JI s'en acquittera bien! Vous n'en pouvez trouver un plus habile. »
Mais le comte Ganelon tombe daos une grande angoisse. «Fou! dit-il a Roland, d'oti te vientcetterage? On
le sait bien, qne je suis too beau-pere ! Tu m'as proposé
pour aller chez Marsille! Si Dieu permet que j'en revienne, je t'en garderai un souveoir qui ne fin ira qu'avec ta vie. - Orgueil et démence ! répond Roland. On
le sait bien, si j'ai souc1 de vos menaces ! Mais il faut
pour cette mission un homme habite. Si le roi le veut,
j'irai a votre place. - Tu n'1ras point ama place. Si
Charles me commande pour son service, j'irai trouver
Marsillc a Saragosse. »
Ganelon lui dit encore : « Ne comptez plus sur mon
affect1on, apres avoir fait tomber sur moi ce sort
funeste ... Juste empereur, me voici devant vous, pret a
fa1re ce que vous me commanderez. Je vois bien qu'il me
faut alter a Saragosse. Et qui va la n'en peut revenir.
Apres tout, je sois le mari de votre sreur; j'ai d'elle un
fih1, le plns beau qui se puisse voir. C'est Beaudouin, qui
¡,romet d'etre plus tard un preux. Je lui laisse mes fiefs
et mes domaines. Veillez sur lui, mes yeu1 ne le verront
plus. » Charles répond : « Vous avez le ereur trop tendre. Puisque je vous l'ordonne, il faut partir. » Aor.
Quand il vint recevoir le baton et le gant, Ganelon
dit au roi : « Sire, c'est Roland qui a fait tout cela. Je ne
le luí pardonnerai de ma vie, ni a Olivier qui est son

�REVUE

TRIMESTRIELLE,

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L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL .

L'ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL.

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Furmation de la marine allemande. - Le capitaine : Prenez
uu riz. Le matelot : un riz ! ~loi connaitre que cl,oucroule.

Préléranl n'avoir affaire qu'aux petits joueurs.

- Yous m'avez tout ralisié et ,·ous vous appelez un troupier !
Allons done, vous n'etes qu'un croupier.

_ Sergeut, c·eit done necessa1rP les manreuvret

pour gagner les batailles !. - pui: z·a~ ca••p de Cbáloot! parce qu'1I m'esl inltrd,t d y fa,re usage de ma
fourchette.

M. llillaud trouvant mo¡en de faire marcber son jourual.

. Vuu.s avei visité la Fraoce au mois d'aoül ! Qu~y disa,too '? Rh ! Lambert ! M•Jesté. - Mais, on dit cela aussi cbez
mo1 depuis I• 15 amit.

V,EME A

tl!EMEA
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Ce négociant habite Turin et tu lui écris a Florence. • que je faia elt daos l'int~rét de l'ltalie.

Le capitaine confédé_ré Sen_&gt;mes ay~nt la gracicuseté d'altend t·e l'arrivée do train de pla1s1r parti de Paris pour commencer le branle-bas
de combat.

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- -~

Madame,' CP.

Les &lt;lames allemaudes rempla~anl lcurs bijoux par des saucissons de Strasbourg, afin de gagner l'Alsace a l'Allemagne.

l.

, Vous permelttz?, •

- Moosieur l'adminislration exige qu'on soit encbaioé daQs sa &amp;talle ponr
voir Roland? '.._ Oui monsicur, 1ou1 vous laisseriez entrainer par le chreur du
3• acle it. vouloir ta~r aussi sur les Sarrasins.

« Viens ici, ma filie, que je te mocche.

-=-11

.. THfATR.E D~fiAiELET j t

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Votre mari, - II est dans ma malle; l e douanier a perdu la clef,

L'Opéra el l'B/\lel• Dieu lout ~a le méme Jour. Les
malacJes qui ne trou,eronl pas de place A l'un,
iront se !aire soiguer a l'autt'e.

-

a B~de, cette année? Oh
pardon, ¡e ne pensais plus au nouveau reglement.

l{adam•i, aurai-Je le plaisir de vous voir

- Si ce n'est pas ■•• hurreur ! Le diab:e q111 a dea chateau1! Parbleu, c'est
M. Renan qui y aura fail u fortuue.

Do• Quichotte s'échappant du 1ivre de G. Doré pour
cnurir au G~mnase.

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4e s¡-per111a•11-1'4u11rrol•l - lrlPll1le11r1o'e1t poi~, !llOIPJ u11 qvart,

- Vuye•-vuu•, mauame Poch, 1, i\s cnaugeront les noms ~-e•

1'1111 ·puur des u,,rns d'hommes. JI o'y a pas de daoger qu lis

IIOtuient du now&amp; de cb1eos, lis n'aiwent pas asscz ces pauvres
béta pour ~-

- Allou:;, bon, voilt qu'il,

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chau..:e 1~ uum U~

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rue pendan! que ¡'étai• au ,pccl•cle; 1I t•I 1111ou11 el Je ne
sais plus ou je demeure.

Le tht:éltrt 1'd1~1cu1 (¡,rojct). - \'ous m'avcz vulllu cellc contnmarqu~ en ~e
d1saut qu'il y .vait eucore c1uq aelu, el 11 n'y en avait 4u'un. - Mons,eur, Je
voua ai dit &amp;al.lit acte.

�286

IL

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

éompagnon, ni aux douze pairs qui n'aiment que luí. Je
le~ défie tous, Sire, sous vos yeux. » Le Roi l11i dit .
« Vous avez trop de rancune. Mais partirez-vous, quand
je vous le commande ! »
Quand Ganelon veut prendre le gant que luí tend
l'Empereur, il le laisse tomber aterre. Les Frao~ais de
dire: e&lt; Oieu ! quel est ce présage ! II nous adviendra de
grands malheurs de cette ambassade. - Seigneurs, dit
Ganelon, vous en entendrez parler... Sire, donnez-moi
votre congé : puisqu'il me faut partir, je ne veux pas
attendre. » Le Roi lui dit: « Pour la gloire de JésusChrist et pour la mienne ! &gt;&gt; De sa main droite il l'absout
et lui donne le signe de la croix, puis il luí remet le ha.ton et la lettre.
Vous verriez tant de chevaliers plenrer, qui disent a
Ganelon : « Sire, emmcnez-nous ! - A Oieu ne plaise '.
répond-il. Mieux vaut périr seul que d'entrainer daos
ma perte tant de bons cbevaliers. Vous retournerez,
seigneurs, daos notre doux pays de France ; allez salner
de ma part roa femme et Pinabel, mon pair et mon ami,
et Baudouin, mon fils, que vous conuaisse1 bien. Aidez-le et le tenez pour votre seigneur. &gt;&gt; Il se met en
route et va ou le Roí l'envoie. Ao1.
II chevauche, il rejoint les ambassadeurs sarrazins
sous un grand olivier, car Illancardin a ralenti lepas pour
l'attendre. Ils s'abordent avecdes paro les pleinesd'artifice.
Blancardin dit a Ganelon : « Que! homme merveilleux
que ce Charles ! 11 a conquis la Pouille et toute la Calabre . '11 a passé la mer salée pour conquerir a SaintPierre le tribut de l'Angleterre. :Mais que vient-il chercher daos notre pays? - Telle est son humeur, répond
Ganelon; et jamais homme ne tiendra devant lui ! Les Fran9ais sont vraiment gentilshommes, repart Blancardin; mais ils font grand tort a leur seigneur, ces
ducs et ces comtes qui lui donnent de tels conseils : ils
tourmentent et ils désolent lui et les autres. - En vérité,
répond Ganelon,je n'ensais pas un qui mérite ce reproche,
si ce n'est Roland qui encore en aura honte. Hier matin
l'Empcreur était assis al'ombre daos une prairie, devant
Carcassoune; arrive son ncveu, vetu de sa cuirasse et tenant a la main une pomme vermeille: Tenez, beausire, dit
Roland a son oncle, je vous o[re les couronnes de tous
les rois de la terre. Mais son orgueille devrait bien confondre, car chaque jour il s'expose a la mort. Vienne le
coup qui le tuera, et nous jouirons d'une paix profonde.
- Roland est hien cruel, dit Blancardin, de vouloir réduire toutes les nations et mettre tous les pays en guerre.
Sur quelle nation compte-t-il pour faire de tels exploits?
- 11 compte sur les Fran~ais, qui l'aiment tant, quejamais ils ne luí feront faute. lis ont par lui tant d'or et
tant d'argent, et mulets, et destriers, et vetements de
soie et vetements de fer. L'Empereur meme doit tout a
sa valeur. Roland lui fera la conquete du monde d'ici
jusqu'en Orient ! » Aoi.
Tout en chevauchant, Blancardin et Ganelon s'engagent l'un a l'autre leur foi de travaiiler a la mort de
Roland. Et tant ils chevauchent par voies et par chemins, qu'enfin a Saragosse ils mettent pied aterre so•1s
un if. Blancardin, tenant Ganelou par la main, s'avance
aux pieds de l'Empereur et luí dit: ce Charles vous envoie un bomme a lui, un noble baron, !'un des plus
considérables de France. Vous allez savoir de lui si vous
aurez la paix ou la guerre. » Et Marsille de dire : &lt;e Qu'il
parle, nous l'écoutons. » Ganelon dit au Roí: « Voici ce
que vous mande le puissant Charlemagne: Vous recevrez la sainte loi de Jésus-Christ, et la moitié de l'Espagne vous sera donnée en fief. ·s¡ vous ne voulez pas
accepter cet JJ.ccord, vous serez pris de force et garrotté,
amené a•1 siége de l'empire, A Aix-la-Chapelle, et la un
jugement finira vos jours, et votre mort sera pleine de
honte et d'ignominie. &gt;&gt;
A ce discours, le roi Marsille, tremblant de colere et
d'eflroi, leve le javelot qu'il tient a la main et veut en
percer Ganelon. Ma1s ceux qui l'entoureut ar:etent son
bras. Cependant Ganelon a déja porté la main a son
épée, il en a tiré du fourreau la longueur de deuxdoigts,
et il lui dit : &lt;&lt; Ma belle et glorieuse épée, tant que je
vous porterai a mon coté en la cour de ce roi, jamais
l'Empereur de France ne pourra dire que j'ai péri seul
sur la terre étrangere: auparavant le sang des meilleurs
vous aura payée. » Et les paiens de dire : (( Empechonsles de se battre. &gt;&gt;
lis ont fait ra~seoir Marsille sur son fauteuil. Son oncle,
le calife, luí dit: « Vous avez mal conduit vos afiaires,
en voulant frapper le Fran~ais: vous devez l'écouter.
- Sire, dit Ganelon, cela ne m'a point otfensé. » Puis

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

s'approchant du roí: « A tort vous vous emportez quand
Un autre paien, Climorins, vient, d'un visa;:;Charles vous mande de recevoir la loi des chrétiens. 11 et riant, dire a Ganelon : e&lt; Prenez moa heaume ja ett
veut vous donner la moitié de l'Espagne a fief et donner je n'en vis un meilleur. Aidez-nous contre Rola;d 1111s
l'autre moitié a son neveu Roland: un arrogant compa- curez-nous le moyen de le couvrir d'opprobre. _: p~
gnon que vous aurez la! Si ne voulez accepttr cet accord, sera fait, répond Ganeloo. &gt;1 Puis ils se baisent a la::
vous serez assiégé dans Saragosse, pris de force et gar- che et a la j.:&gt;ue. Aor.
rotté, conduit en France et condamné par jugement a
Alors vie~t la _reine _Bramimonde : e&lt; Je vous airte
la décollation. Voila le bref de notre Empereor. » l\lar- beaucoup, sire, d1t-elle a Ganelon, car mon seigneoret
sille, rouge de colere, brise le sceau et en jette la cire. tous ses bommes vous ont en grande estime. A'Olre
Le fils du Roí dita son pere: (( Ganelon a parlé comme femme j'enverrai ces deux bracelets : voycz que d'4t
un fou. Livrez- le moi, j'en lerai justice. » A ces mots, d'améthystes et de jacinthes! Tous les trésors de
Ganelon brandit son épée, il va s'adosser a la tige d'uo ne valent pas autant. Votre empereur n'en eut ja11q
pin.
de si .ricbes. &gt;l Ganelon les prend et les met dallS
11
Le Roi est descendu dans le verger, emmenant avec botte. Aor.
lui ses meilleurs vassaux. Blancardin lui dit: ce Appelez
Marsille prend Ganclon par l'épaule et luí dit: 1 y11
le Fran~ais, il m'a engagé sa foi d'agir pour nous. &gt;, paroles sont belles et sages. lllai~, par cette loi que lOII
e&lt; Le noi luí dit : e&lt; Amenez-le vous-meme. 1&gt; Blancardin
tenez pour meilleure que la notre, gardez-vous de cb11prend Gane:on et le mene au Roi dans le verger. La, ils ger envers nous. Je veux vous faire de mes ricbtrament la trahison déloyale. Aor.
une large part. Jamais année ne se passera saos queje
,, ·neau sire Ganelon, &lt;lit lllarsille, j'ai été un peu trop vous donne dix mulets chargés de l'or le plus fin d'A.
vif. Je veux vous offrir, pour réparation, ces fourrures rable. Prenei les clefs de cette opulente cité, oll'rez-ea
de martre zibeline: c'est la valeur en or de plus de cinq tous les trésors au roi Charles. Mais faites-moi donner
cents livres. Tenez pour vrai que je suis disposé a vous l'arriere-garde a Roland. Si je peux le trouver dans 11
aimer beaucoup. Je veux vous entendre parler de Char- passage ou dans un défilé, je luí livrerai un comha
lemagne: il estsi vieux ! il a fini son temps. Si je ne me mortel! - M'est avis, répond Ganelon, que je tarde
trompP, il a deux ceuts ans et davantage. 11 a démené trop. » 11 monte a cheval et se rnet en route. Ao1.
L'empereur Charlemagne approche de son royanme.
son corps par tant de pays 1 11 a paré tant de coups sur
son écu bouclé ! ll a vaincu ou tué sur les champs de Déja il est arrivé a Gauna, la cité que le comte Rol._
bataille tant de rois superbes ! Quand done scra-t-il las a prise et démantelée. (11 y a cent ans de cela et elle
de faire la guerre? - Jamais, dit Gaoelon, tant que est restéc deserte.) C'est la que le roi attend des noa.
Roland vivra. 11 n'y a point de vassal pareil d'ici jus- velles de Ganelon et le tribut d'Espagne. Le matin, •
qu'en Orient. C'est encore un vaillant preux que son premiers feux du jour, le comte Ganelon arri,e •
compaguon Oli~ier. Les douze pairs si chers a Charle- camp. Ao1.
L'Empereur s'est levé de bon matin, il a enteadl
magne sont l'avant-garde de vingt mille Fran~ais. Bien
messe et matines. 11 est sur 'l'herbe verte, de,ant a
tranquille est Charles, qui ne craint homme vivant. Beau sire · Ganelon, j'ai mon armée: vous n'en verrez tente. Roland est avcc lui, et le-·brave Olivier, et ledac
pas de plus belle. Je peux avoir quatre cent mille the- Neimes, _et bien d'autres. Gauelon arrive, le fo urbe, Je
parjure ! Ses paroles sont pleines d'artifice. 11 dit •
valiers; je peux combattre Charles et les Fran~ais. N'ayez pas cette confiance ! vous perdriez grand nombre roi : « Que Oieu vous bénisse! je vous apporte ici 11
de vos pa'iens. Laissez la témérité folle, tenez-vous-en au clefs de Saragosse, je vous en fais amener de grana
savoir-fa1re. Donnez a l'Empereur tant de richesses, que richesses et vingt otages. C'est le roi Marsille qui•
tout Fran9ais en soit émerveillé. Sur la foi de vingt les envoie. Vous n'avez pas de reproches a luí Cairel
otages que vous lui enve_rrez, le Roí s'eu retournera ·daos propos du calife, car j'ai vu de mes yeux trois cent milt
le doux pays de France, laissant apres lui son arriere- hommes armés, vetus de le,urs hauberts, qnelques-a
garde, ou seront, je !'espere, son neveu Roland et Olivier. couverts de heaumes, ceints de leurs épées a la gut
lis sont morts, si l'on veut m'écouter ! Charles verra d'or niellé, qui se sont embarqués avec le calife. lis •
t.:&gt;mber son orgueil superbe, et il n'aura plus l'cnvie de voulaient plus vivre sous Marsille et venaient se réCu/1
vous faire jamais la guerre. - Beau sire Ganelon, que au milieu des chrétiens. lis n•étaient pas a quatre liew
Oieu vous bénisse ! par que! moyen pourrai-je tuer Ro- du bord, 4u'ils furent assaillis par une tempete furi
lis filrent engloutis, et jama!s vous ne les verrez. Si
land?
seul
avait survécu, je vous l'aurais amené. El q
- Le Roí sera daos les grands défilés de Fizaire, ayant
roi
pa'ien,
tenez pour assuré, sire, que vous ne
derriere luí son arriere-garde, ou seront Roland et Olipoint
passer
ce premier mois qu'il ne vous suift
vier. lis conduisent avec eux vingt mille Fran93is. Faites
marcher contre eux cent mille de vos paiens, qui d'abord royaumc de France, pour y recevoir notre loi chrétielllli
leur livrent une bataille ou ceux de France sont blessés 11 vous rendra hommage ses deux mainsdans lesv~
et tués. Je ne dis pas pour cela qu'il y ait un grand mas- et tiendra de vous le royaume d'Espagne. - Que Dií
sacre des votres. Vous livrerez de méme une autre ba- soit loué ! dit le roí. Vous vous en eles bien tiré,
taille. N'imporle daos laquelle, Roland y restera. Et de en aurez un grand proftt. »
Mille clairons sonnent parmi l'armée. Les Fr
toute votre vie vous n'aurez plus la guerre : car qui
pourra faire que Roland soit tué, fera perdre a Charles lcvent le camp. On cbarge les chevaux de somme.
le bras droit de son corps. Ce sera la fin de ses mer- tous s'acheminent vers le doux pays de France. Aoi.
Charles '1e Grand a dévasté l'Espagne; il en a pris
veilleux bataillons. Charles n'assemblera plus jamais de
chatea!lX
et forcé les villes. Le roí déclare la guerre
si puissantes forces. Et la France sera condamnée au
et
dirige
sa
grande armée vers le doux pays de Fr
repos. » Quand l\larsille entend cette promesse, il saute
Le
preux
Roland
plante au front d'une moutagoe
an cou de Ganelon et l'embrasse; puis il commence par
éteudard,
qui
llotte
sur le ciel. Les Fran~ais se cam
faire venir son trésoricr. Ao1.
par
toute
la
contrée.
Marsille dit a Ganelon (pourquoi tarderais-je plus a
Les pa'iens chcvauchent daos les profondeurs de
le redire?) e&lt; 11 n'est preux conseiller dout il ne faille
une assurance : Jurez-moi, s'il y est, que vous le trahi- vallées, vetus de leurs hauberts, couverts de leurs h
rez. &gt;1 Ganelon lui répond : « Qu'il en soit selon votre mes, l'épée au coté, l'écu au cou, les lances bien Ci
plaisir. 11 Sur les reliques de son épée Murglcis, il jure la bies, les étendards bien attachés. Quatre cent
hommes attendent le le ver du jour.
trahison. Et le forfait e&amp;t consommé ! Aor.
Dieu! quel malheur que les Fran~ais n'en •
Marsille fait apporter devant lui un livre ou est
écrite la loi de Mahomet et de Tervagant. Sur ce livre, rien ! Aoi.
(La .mite prochainerd-)
le Sarrazin d'Espagne fait le serment, s'il trouve Roland
a l'arriere-garde, de le combattre avec tous ses hommes,
et, s'il peut, jusqu'a la mort. Ganelon lui répond: &lt;&lt; Que
votre commandement soit béni ! » Aor.
CIXl:11.@flDQIWIE flll~IBCALI.
Un paien, Valdabron, qui éleva le roi Marsille, s'avance
d'un air riant et dit a Ganelon : ce Prencz mon épée,
Le succes de Roland a Roncevoua: a pris des pro
personne n'en a une meilleure. La garde en vaut plus I tions énormes. On le donne trois fois par semaioe,
de mille mangons. Par amitié, beau sire, je vous la qui, je crois, ne s'était jamais vu a l'Opéra. A ch_
denne, pour que vous nvus aidiez contre Roland, que représentation la salle est ple_ine, et les di~ett~ti
nous pmssions le trouver dans l'arriere-garde. - Bien ont leurs entrées, a quelque titre que ce s01t, J?
sera fait, tui répond Ganelon. » Puis ils sel baisent a la listes, auleurs, compositeurs, professeurs, abon_oes,
joue et au menton.
peuvent jouir que daos les couloirs. On court a

a-;

¡

d tons les coins de París et de tous les points de la
~ce, en attendant q_ue les théat~es d~ province
t1rent 8 leur tour ce festm de haut gout a l 1mpatience
~aJDée du dilettantisme départemental. Déja l'on répcte
Rolaod a Lyon, et c'est M. Dulaurens qui jouera le role
du Ci&gt;rmidable paladín. M. Dulaurens n'a pas tout a fait
la taille que notre imagination prele an propriétaire de
ooraodal. 11 faut, ce semble, un bras plus qu'ordinaire
pour manier une telle épée. Mais M. Dulaurens a un
laryDI d'airain, d'ou les la et les si de poitrine s'élanceot clairs et vibraotq comme ceUI d'une trompette, et
c'est la le point important. 11 renouvellera entre Rbone
et Saóoe toutes les prouesses de M. Gueymard. 11 ébran.
lera les combles du grand théatre. 11 fera frémir tous
les écbos de la rue lmpériale. Que faut-il de plus?
Le succes de M. Gueymard grandit de jour en jour,
00 de soir en soir, comme celui de Roland, et il est certaio que l'on concevrait difficilement l'un saos· l'autre.
11. Jlermet a écrit Roland pour M. Gueymard, cela est
é'fideot, et je ne serais pas étonné que M. Gueymard
elil été créé et mis au monde pour chanter Roland. Cette
prédestination est bien aussi vraisemblable qutl celle du
cauon chargé de toute éternité qui tua le maréchal de

rurenne.
La presse a été a peu pres unanime pour acclamer le
triomphe de M. Mermet. Oeux ou trois notes discordantes oot tenté vainement de troubler ce ooncert d'éloges:
on oe les a pas entendues. Que le poeme de Roland ne
soi1 pas une piece, qu'il manque de variété, que la note
béroique y sonne d'un bout a l'autre, et y couvre un
peu trop les accents de la tendresse, tout cela peut etre
vrai, mais il 11'en est pas moins certain que M. Mermet
a touché d'une main tres-vigoureuse la corde qui vibre
le mieux en France, et y réveille le plus d'échos. La est
le principe de ce succes si franc des le premier jour, et
qo'UDe ceuvre plus complexe n'aurait peut-etre pas
obteou.
1111' Patti a ramené la foule au Théatre-Italien. Son
meilleur role est, comme l'an passé, celui de Norina,
daos Don Pasquale. Pourquoi? C'est qu'il ne faut la que
de la ,erve, de l'audace, de la gaieté, de la mutinerie, et
l'éclat d'une vocalisation pour laquelle rien n'est diíficile. A cet égard, elle a gagné encore depuis ses débuts.
Sa ,oix est plus étendue, plus sonore, plus brillante
que jamais, et il n'y a pas d'exécution plus facile, plus
natorelle, plus spontanée, plus insouciante que la
sienne. c•~t un grand charme d'écouter une cantatrice
qui chante comme on parle, et qui ne fait jamais venir
a!'esprit l'idée de l'effort, ni meme celle du travail.
Elle est fort bien aussi d1ns la Traviata, surtout au
premier acte. 11 semble que le role de Rosine, daos Je
Bar6i,r, devrait lui convenir, et pourtant elle y a un
peu trompé l'attente du public. N'est-ce pas parce qu'elle
J 111et trop du sien? 11 esl dangereux de substituer aux
idées de Rossini ses propres idées.
M. Baragli n'a décidément pas assez de voix pour le
tbéatre. Personne n'en doute apres l'avoir entendu daos
le ~bier. M. Scalese veut trop bien faire. 11 charge le
couuque de ses roles. 11 Coree sa voix, et luí donne le
tim&amp;re ffatteur d'une crécelle. Souhaitons a M. Scalese
moins de zele et plus de gotit. M. Naudin a chanté la
2\&gt;aviata en homme qui va bientót passer a l'Opéra et
qui, d'avance, exhibe ses titres. Quels éclats de v;ix !
qnels Cormidables cris ! Et quelle lutte va s'engager, daos
qnelques mois, entre cet atblete et M. Gueymard !
~ai eu a peine, il y a quinze jours, la place nécesS&amp;ll'e pour annoncer l'heureux début de Mm• Gennelier,
i l'Opéra-Comique, dans le Songe d'une nuit d'été. Chaque représentation nouvelle a justifié les applaudisseme~ta du premier jour, et fait apprécier davantage l'inlelligence musicale de cette artiste distinguée, et l'élé81Dce de son exécution.
llon honorable confrere Seudo a succombé au mal
lerri~le qui avait brisé la plume daos sa main, et qui
l'n~t depuis deux mois éloigné du monde. 11 est mort a
Blo18, dans une maison de santé. Né a Venise et élevé
en Allemagne, Seudo écrivait notre langue avec une
srande correction et une remarquable énergie. 11 avait
na atyle tres-original, qui était l'expression firlele de
9:° caractere et de son tour d'esprit. Son gotit était sé' re~ et parCois un peu exclusif, et il e1primait ses antis~tout daos les derniers temps, avec úne vivallllguhere. Cette amertume, cette violence de lan~n'éhient que le symptome de sa maladie, et, s'il a
. quelques amours-propres, sa mort doit avoir
'Plilé leur ressentiment. Cet homme de talent était un

:es,

honnete homme daos la plus haute acception du mot. n
honorait la presse, et la presse doit honorer sa mémoire.
L'association
de!! artistes musiciens qui, chaque
,
annee, honore comme il convient sa patronne sainte
Cécile, prépare pour le 22 novembre prochain une solennilé religieuse et musicale digne de l'attention des
dilettanti. La messe de Beethoven sera exécutée a SaintEustache, avec tout le soin et tout Je respect dti a cette
reuvre sublime, par des chreurs uombreux et un orchestre immense. On a déja entendu cette messe l'année
derniere. Elle a produit un grand e[et. L'expérience
doit avoir porté ses fruits, et l'on ne peut douter que la
seconde exéculion ne soit encore plus satisfaisante que
la premiere.
M. Henry Warnots a une belle voix de ténor dont il
sait tirer un grand partí. On l'a en~ndu a l'Opéra-Comique, il y a trois ou quatre ans, si je ne me trompe;
daos Jean de Paris : mais ce role n'allait pas a la nature de son talent, et l'on se Terait de lui une tres-fausse
idée, si on le jugcait sur cet essai. M. Warnots n'est pas
seulement un chanteur de mérite : c'est un pianiste fort
habile, qui a un doigté brillant et délicat, beaucoup de
grAce et d'expression. C'est, de plus, un lecteur imperturbable, un musicien consommé. C'estcnfin un compositeur instruit, un contrepointiste exercé, un harmoniste
ingéuieux et hardi, dont les combinaisons surprennent
souvent, et charment toujours. L'éditeur S. Richault a
publié, il y a quelques mois, no échantillon tres--intéressant de son savoir-faire. Ce sont six morceaux de salon,
six mélodies pour voix de ténor ou de meuo-soprano,
dont le chant est gracieux et expressif, et dont l'accompagnement est d'une rare élégaoce. - Rappelle-toi, -

Nitella, - l'Écrin, - Sur terre on peut encore aimer, -

poétiques, U0,000 francs, qui furent consacrés au soulagement d'infortunes, a la réparation d'églises de village, a la dotation de pauvres orphelines. Le curé de
Vergt et ses paroissiens tui envoyerent un tableau représentant l'église de Vergt. Le curé de cette petite
commune avait eutrepris de batir une église a ses frais,
mais manquant d'argent pour élever le clocher, il s'étalt tout naturellement adressé a Jasmin. Celui-ci fit
une tournée, rapporta 20,000 francs, et l'église de Vergt
eut un clocher, qu'on appelle encore aujourd'hui le
clocher Jasmin.
Auch a donné au poete une coupe d'or, Toulouse un
rameau d'or, GaiUac une bague, Angouléme une tabatiere d'argent; Villeneuve-d'Agen lui a fait présent
d'un cachet, reuvre de Froment Meurice, et dont les
quatre faces, sculptées en relief, représentent des sujets
tirés des poemes de Jasmin. En me montrant toutes ces
belles choses, la femme du trouvere languedocien me
disait: e&lt; La muse a visité mon hom,n¿, il l'a re~ue
comme l'ange du ciel, et depuis ce jour tout a pr&lt;»!péré
dans notre maison. » Maison bénie, en etfet, ou l'on
respira1t les trois plus rares parfums de la terre : la
poésie, la bienfaisance et le bonheur.
On ditque le Midi, reconnaissant, vent élever une statue a Jasmin daos sa ville natale, et qu'une souscription
est ouverte a cet effet. Nous sourions parfois de la statuomanie qui s'est abattue sur la France, et qui improvise
des grands hommes meme ou il n'y en a pas. Mais Jasmin est une figure assez populaire, assez poétique,
assez inspirée pour se dresser, en marbre ou en bronze,
sur une place publique. Celui-la est vraiment passé
demi-dieu; il a droit a l'apothéose.
PI.ERRE PAGET.

~
la Neige, - la Fiiuvette. La Neige me semble mériter
une attention toute particuliere, pour le charme de la
M. H. Taine vient dP publier, a la librairie Hachette,
mélodie et pour la belle basse qui descend chromatile tome quatrieme et complémentaire de son Histoire
quement sous le rcfro.in. 11 n'arrive pas a tout le monde
de la littérature anglaise, contenant l'ét11de des auteurs
de faire d'aussi heureuses rencontres.
contemporains
: Dickens, Thackeray, Macaulay, CarG. Ü4QUET.
lyle, Stuart Mili, Tennyson. On sait que daos cet ouvrage, autour duque! il a été fait tant de bruit, M. Taine
appliquant a l'bisloire une nouvelle méthode, a cherché
LA STATUE DE JASIIIN.
les lois générales d'apres lesquelles s'accomplissent les
événements. Afin de donner de la précision a cette reNous avons déja dit, dans le dernier numéro, quel- cherche, il a pris une civilisation particuliere, et a suivi
ques mots de Jasmin; nous y revenons, et d'aulres apres daos les monuments littéraires la série comp,ete des
nous y reviendront encore, car Jasmin est du petit transformations par lesquelles le Saxon· barbare est denombre des poetes qui ne meurent pas. Le malheur de venu l'Anglais que nous voyons aujourd'hui. Le volume
Jasmin, aux yeux de nous autres, gens du Nord (est-ce que uous annou~ons contient done la dernicre phase
un malheur?}, est d'avoir été vraiment inspiré dans de cette transformalion, étudiée par l'écrivain avec tant
une languP. que nous ne parlons pas et que nous com- de vigueur et d'éclat. (t vol. in-8, broché, 7 fr. 50. L'ouprenons peu. Aussi, de ce coté de la Loire, ne connait- vrage complet, 4 vol. in-8, brochés, 30 fr.)
on guere de Jasmin que la gloire et le nom; son amvre
n'est vraiment appréciée que daos ce Midi aui le com-----=&gt;&lt;&gt;&lt;&gt;o&lt;:prend, qui l'aime et qui sait par creur tous ~es chants.
P RIME DE. L'ILLUSTRATION.
La, il regne et il est le roi acclamé de pres de dix millions
de sujets, car cette langue d'oc, que nous appelons dé&lt;EUVRES NOUVELLES DE GAVARNI.
daigneusement du pato is, est, sinon parlée, du moins
Par-ci, par-la, et Physionomies parisiennes, splencomprise par une population de dix millions d'indidide collection de tOO sujets, tirés sur chine par Levidus.
Cependant, Ja5min a fait sa tro11ée jusque chez nous. mercier, formant t magni~que volume grand in-4° colomce Vous etes l'Homere de notre temps, » lui écrivait bier, relié en maroquin et doré sur tranches;
M. de Lamartine. Les critiques les plus autorisés, Sainte•• r.. AU LIBU DI f aO fl',
Beuve en tete, se sont occupés de luí et l'ont traité avec
5 fr. en sus pour l'envoi franco daos une cais.se,
tous les honneurs dus a son génie. Ce qui distingue la
p~ur
la France continentale. Les souscripteurs de
poésie de Jasmin, c'est le tour gracieux, joint a la vil'Etranger devront le faire réclamer par leurs corresgueur de la pensée. 11 est original dans une langue
pondaots.
originale, mais on peut affirmer qu'il n'etit ríen perdu
de son originali té si, doué comme il était, il fut né a
París et s'il etit drapé sa pensée daos les plis majesMM. les souscripteurs dont l'abonnement expire le
tueux, mais un peu lourds, de la poésie fran~aise. 3l octobre, sont priés de le reuouveler immédiatement
Jamais pocte (j'excepte Béranger) n'a exercé sur le s'ils veulent n'éprouver aucun retard daos la réceptio~
peuple une inffuence plus directe. Tous les paysans du journal.
du Midi savent ses chants par creur, et lui demandaieut saos cesse des vers nouveaux. Un jour que
je causais avec Jasmin, daos sa boutique de coif.
a11L1oe1A PHI ••
four, entra un campagnard qui venait se faire couper
d'un Artiste dans le Liban, par M. Richard Corles cbe,-eux. 11 s'assit et dit aJasmin : - Moussu, dija Aventures
tambert. - París, Maillet, f86i, 1 vol. in-So.
nouss auna devise en me coupant lous piels (dites-nous des Peuples et voyngeurs contemporains, par le méme. - París
Gay, fSM.. in-1.2.
·
'
versen me coupantles cheveux). Jasmin était trop rbapsode par tempérament pour ne pas se rendre aussitot a Impressions d'tm Japonais en FranCI!, suil1its du imprt1tions
des Annamites en Europe. - Paris, Faure, 1.84», in-1.8.
la priere de la pratique. Sa conversation, d u reste, était
vive, colorée, pittoresque comme sa poésie.
Daos l'espace d'un mois, M. Richard Cortambert vient
11 avait chez lui un musée. La, il étalait glorieuse- de faire paraitre les trois ouvrages dont les titres sont
sement les prix que lui avaient décernés les villes ou il énoncés ci-dessus. Il y a des auteurs qui ne livrent leurs
avait promené sa muse populaire. Dans respace de dix productions que l'une apres l'autre, par a varice, parcoans, le rhapsode agenai$ avait récolté, dans se1 courses quetterie, et quelquefois aussi par d'autres motifs; il y

�288

L' 1LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

en a d'aulres qui ap¡,ortent
leur gerbe toute faite. Au
reste, celle fécondilé s'explique dans la circonstance
actuelle: il y a plusieurs années quedeux de ces ouvrages étaient a peu pres terminés, comme nous l'apprend l'auteur.
Les Aventures d'un A!'tisle
dans le Liban forment un
agréable récit, rempli d'anecdotes piquantes et de
sccnes aémotions. C'cst ala
fois un voyage et un roman,
ou plutót unesnite d'aventures, comme les aiment les
Orientaux, mis en gout par
les Mil/e et ttne nuits, et
comme les aimeront aussi
les Occidentaux, dans l'ouvrage que nous citons. Eo
elfet, il y a de la chalcur et
de l'enthousiasme, qualilés
de pluseo plus rarcsaujourd'hui, dans toutes les pages
de ce livre,coloré des chaudea nuauccs du ciel oriental. On sent que l'auteur est
artisle; il a du manicr le
pinceau en memc tcm ps que
la plume. Nous signalerons
le chapitre ou est racontée
J'histoire complete de la vie
d' Abd-el-Kader.
Vous plait-il maintenant
d'affronter sans dang,·r les
glaces du pote et les sables
de l'Afrique, ou de vous
élanceren Australie ctdans
les savanes du Nouveau
monde? Parcourez Je volume intitulé: Peuples etvoyageurs contemporains ; vous
ferez le tour du monde saos
aucuoe fatigue. Le jeune
auteur y présente un résumé de toutes les grandes
explorations contemporaines, et fait déíller devant
nos yeux la plupart. des
peuples qui, depuis une dizaine d'années, out atliré
sur eux l'attcntion publique : les Chinois, les Japonais, les Annamites, les
Touaregs, les Mexicains, les
populalions voisines du
lleuve Amour.
Ce livre, écrit d'un style
facile et élégant1 se recommande de lui-meme aux
amis des voyages et de
l'ethuographie. C'est un annuaire exempt de pédantisme,
qui va droit au but et n'égnre pas le lectcur en d'inutiles
et fastiuieuses digressions. Non-~eulement il fait connattre la géographic contcmporaine, mai~ il sait aussi la
faire apprécier et aimer.
Le troisieme ouvrage a un vif intéret d'actualité; c'cst
le récit des lmpressions d'un laponais en France. Tout en
restant !'interprete indiscret et malin d'un certain docteur Kouen-fou, M. Richard Cortamhert a su remuer,
daos ce livre, bon nombre d'idées qui lui appartiennent. C'est done un savant Japonais, avide de connaissanccs, qui vienten France; il a pour guido une espece de Figaro, voyageur du nom séduisant de Francrour. 11 voit tout, il étudie tout: les musées, les bibliotheques, la société, les théatres, etc., ele. Aussi en rapporte-t-il une moisson de remarques caustiques, d'amusantes anecdotes. L'auteur n'est pas un moins aimable
causeur, sachant nous altacher et nous intéresser, daos
la relation qui termine l'ouvrage et qui retrace les
aventures réelles d'un certain truchemcnt annamite qui
a dernierement visité l'Europe. M. Richard Cortamhert,
curieux, lui aussi, de tout ce qui est étranger et élrauge,
a beaucoup connu ce jeune el docte personnage de l'ex-

~reme_ Orie~t durautaoal6,.
JOur a Par,s; ¡¡ peat ._

en parler en cono.._
de cause, et il en Parle hiea.
GUILLAUIIE DEPPII&amp;.

Le Roman de deux jelllltf ~'-i
par M. Pascal Doré (t).

i•-..

Elles ne se sont
vues. Aucune des deu 11
connatt le nom de l'llllrl,
El pourtant ce sont dela
amies intimes. Elles
fient leurs pensées et lela
aventures les plus - .
tes, - par COITelflldancc, · bien entcnda.....
Et il arrive que, sans '"
doulcr, elles viveot SOll le
mcme toit, se voient 'les jours, se haissentle,r.
cordialemcnt du monde,a
le discnt avec une rra..
chise qui va parfois ¡ la
brutalité. El il se lroate
que !'une de ccsjeDDell,
les en cst a son ~econd1t,
ri, qu'elle est la belle-llla
de l'aulrc, qui la c1'Git •
rivale. Ce bizarre imbNJgla
amene en foulc les iocidall
étrangcs, les complicai..
les scenes passionnées,a
dres ou violentes. Cetldi,
toire n'a point pour IWI,
tre le pays lointain des a
et une Nuits, mais la F!ace, et, daos la France,•
élégante, paisible et•
cieuse ville de ~ancy,•
pres de laquelle Venala
meme n'est que bruit,11multe et confusion. Ne•
pas a l'innaisemblanee,111
du moins ne tirez pai
cette invraisemblanee.•
conclusion fachease. L'lill!ur a le talent de IW
gue. ll sail l'art de lii
contrastar les car.-,
de préparer les situllillldc les scrrer, de les. ilt
nouer. JI a le dialogue 4
rapidc, vigoureux, oo""
de saillies selon l'ocellla
11 a to utes les qualilél •
font réussir au thMII
C'esl la que sa n . pousse, et je luí ~
fort de ne pas manq...
sa vocation.
Une nouvelle qui fait suite a. son petit roman el
¡,lete le volume, !'Intrigue masquée, olfre la réunica
memes qualités et des memes défauts. Le style de
Doré a besoin d'elre réglé, aussi bien que son i
tion. On peut lui souhaiter un peu plus de correcti
pe11 plus de goul. Mais cela lui viendra tout naturell
s'il est jeune, comme je le crois, et s'il travaille,

se-.

LB MOIS OOCrOBI\E.

RÉBUS.

(t) Paris, llicbel Lé•y Creres.
~

Nous avons indiqué le Lion et la Tortue 4'Eug,
croix, publié daos notre dernier numéro, comine
nant de la collection de M. Alíred Robaut, de
Nous ajoutons que ce fac-simile remarquable re
un dessio faisant partic de la collection de M, le
P. de l'Aage.

~.-

MAile, directeur-gh'ant.
En11. T&amp;11.ER, rédacteur m chef,
AUG,

~ - ,,_,.._...,.__ _ _"""!

ElPUCATION DU DEI\NlEI\ RE.BUS,

Les fédéraux el le; confMérés continuanl encore leur

lulle homicide.

Imp. de L'JLLUSTRATION, A. )!are,
22, rue de Vmitutl.

1...

et

�</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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