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                  <text>L'ILLUSTRATION,
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Direction, Rédartion, Administration :
1..1.. les communications relati,·es au journ,l, récla'!'at1ons, d~mande•
de changements d'adresse , do1vent ette adressees franco a
11. AUG. !IIARC, DIRECTEUR•GÉRANT.
l es dem~ndes d'abonnement doivent étre accompagoéeP
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

SOMMAIRE.
Reout politique de la semaine. -

Courrier de· Parí,. - Voya¡¡e en
Fl'lllce de Leurs Majeslés l'Empereur et l'lmpératrice de Russie. - Cau. ierie dramatique. - Les États de la Plata. - La Cbanson de Roland,
poeme de Tbéroulde lll). - Comba! de l'Oued-Derm•I. - Les A.llinges.
_ Le cbemin de fer dans les Pyrénées (i• article ). - Mª" Barbara
et Carlolla llarcbisio. - Nou•eau reliquaire de Saint-Lllurent.

22e ANNÉE. VOL. XLIV.
8amedi 5

Nº

f f 32.

No-ve111bre

L'admi11islralio11 ne ripond pas de1 manumits et

18&amp;.&amp;,
ne s'engage ¡amai1 ales iosirer.

Vu Jes trailC.~, la lraduction et la rcproduclion i. l'clrang-e.r ~ont interdites.

BUREAUX : RUE RICHELJEU·, 60.

Gravures : Voyage en France de Leurs Majeslés l'limpereur et l'lmpératrice de Russie (5 gravures). - Les Étals de la Plata (• gravures). Algérie : épisode de la défense du camp de l'Oued-Dermel, par le
3• tirailleurs. - Procession pour la féle de Saint-Fran~oi, de Sales, au
chaleau dea A(linges (Haul&amp;-Savoie). - Le cbem•n de fer daos les Pyrénées ( 8 gravures ). - Alª" Barbara et Carlotta Marchisio. - Nouveau reliquaire de .; Saiul-Laurent , exposé daos la l,a¡ilique de
Sainl•Laurent, a Rome. - Échecs. - Rébus.

Abonnrmenls pour París et les Départements :
lmois, 9fr. ; - 6 mois, 18 fr. ; - unan, 36fr. ; - le numéro, lSc.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel , 1~ fr.
ADONNEIIIENTS POUR L'ÉTRANGER 1
Memes pnx ; plus les droits de post&amp;, suivant les tarifs.
Les abonu. partent du l er no de chaque moi~.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Les documents diplomatiques déposés sur le bureau
du parlement !italien ne permettent plus de douter
du sens qu'il faut donner •a la convention du i5 septemhre. Tout le monde a Ju les deux dépéches de M. Vis-

~cy,aersailm
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AKRIVIÍE Ok LL. MM. 11. L'EMPERhlJR ET L'!MPÉRATI\ICE DE RUSSIE AU GRAND llUTHL DE LYON. - ll'aprPs un croquis.de M. Steyert.

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L'ILLUSTRAT10N, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
_____________________________
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b-.,-.-.-.---t-d'-lt_al___t_d-::-,A-:l~le_m_a~~La:--:To-mb-:-o:--la-d:-es-:--:art--::;-:is=:te:-:-s-:-,drama:=:=ti;:::qu=:es:-:-.-_-:Le-:46nol.,:--.._
conti-Vcno~ta il M. igra, remontant toutes deu! a 'o11 s i;ur ces ru11$, qui viennen
1e e
. l · d I' • 1
dn proces Müller.
rigine meme des nl\gocialions, et la dépeche dP. M. Ni- gne. Nous ne sommes pas opposés, b1eu om e 4 , "' a
gra au ministre des affaires étrangeres d'ltalie. Apres convocation d'une réunion pacifique, 011 les grands inté'Avant de rentrer dans le broubaba parisien,j'ai'fOalt
la lecture de ces documents, il n'est plus permis de se rets européens seraieol solennellement examinés. Que!
savourer une derniere fois, tout a mon aise, le cahnet1e1a
réfugier dans les équivoques. L'llalie a signé le traité, que ful le résultat d'un Congres, nous croyons que les
province, et je me suis arreté pendant trois jours a Dijoa.
mais en réservant ses aspirations unitaires. Elle s'inter- discussions qui s'engageraient éclaireraient d'une vive
J'ai parcouru, saos trop craindre les voitures, les rae.
dil tout moyen violent vis-a-vis (lü sonverain pootife, lumiere la situation si difficile et si compliquée des peutarges, bordées rl'hotels du xvn• siecle, auxq11els te1111
mais elle ne reoonce pas a l'emploi des forces morales. ples et des gouveroements.
grands toits d'ardoises, leurs hautes fenetres, leurs beU.
Elle n'entrera pasa Rome par la breche, mais s1 la porte
Napo\éon 111, en quittant Nice, s'est dirigé vers
portes cocheres ouvertes sur de vastes cours dollllenl
de la ville éternelle tui est ouverte par la volonté du T,mlon, 011 il a assisté aux grandes manreuvres de
un air noble, intime et hospitalier en meme tempg; i'li
peuple romain, elle n'hésitera pas a se rendre au vreu ta llotte cuirassée, puis de la il est partí pour Marétudié dans tous ses détails la belle fa~ade de Notre.
de la population. Tel est le seos qui res.~ort des docu- seille, ou il a visité le boulevard Dugommier, la nouve_lle
Dame, pleine de grandeur, de grace e~ ~·originalité; i'li
ments diplomatiques publiés crs jours deroiers, et apres rue de Noailles, la rue Impériale, les docks, le chantier
eu tout le loisir de m'étonner que la v1e11le tour du ~
ta ler.ture attentive de ces pieces, nous défions les ca- de la cathédrale et l'Hotel-Dieu.
teau des Ducs se dressél.l, apres tant de sier.les, si ferae
suistes les plus retors d'y Jire autre chose que ce qui
Le lendemain, l'Empereur était a Lyon, ou il passait
et
si droite encore daos le ciel ; j'ai admiré, saos ae
y est.
en revue l'armée de Lyou. 11 revenait mardi soir, a
presser, les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jeaa,
Le parlement italien a nommé ses bureaux, chargés dix heures, a Saint-Cloud.
sans-Peur; seul au musée, j'ai longuement et libi.
de !'examen et du rapport de la convention. Ces buLe Moniteur annonce que les nouvelles du Mexique
mentessayé de retrouver le Téméraire, ce sauvage broal,
reaux se sont prononcés a une graqde majorité en fa- continuent a etre satisfaisantes. Un combat aurait été
loo qui donna tant de tracas au hon roi Louis XI, daa
veur de cette convention, et pour la traoslation du siége livré, daos le&lt;.'uel Je colon el Martín, tué daos cette jourle portrait le plus étrange et le plus inquiétaut qui du gouvernement a Florence. L'opposilion se concen- née, aurait vaincu et dispersé, a la tete de cinq cents etre ait jamais été peint; j'ai vu, saos étre déraogé par
trerait sur deux points principaux : lº sur la nécessité Fran~ais et de.cent Mexicains, les dernieres troupes de personne, tomber, au souflle du vent d'octobre, i.
d'ajouter, a. l'article relatif a la translation de la capitale, Juarez, fortes de quatre müle hommes avec vingt pieces feuille~ jaunes dans le pare aux allées majestueuses, ff
le mot provisoire¡ 2º sur la nécessité pour le parlement d'artillerie.
Jes plantes frileuses frissonner daos lejardin de l'Arqae.
de renouveler le vote du 27 mars ill6l, en proclamant
La paix est signée entre le Danemark et 1'Autriche et buse; j'ai vainement cherché ces dames au balcon da
le maintien absolu des droits de \'ltalie sur Rome.
13. Prusse. Pour l'échange des ratifications un délai de
théatre.
Parler de Florence comme capitale provisoire, ne se- trois semaines a été fixé~ a l'expiration duque! commenLes longues heures de pluie, - elles m'ont paru hiea
rait-ce pas altérer !'esprit de la convention et préjnger en cera un nouveau délai semhlable pour l'év:i.cuation du courtes, - je les ai passées dans l'atel_ier d'un scnlp,
quelque sortc Je résultat d'une expérience loyalement Jutland. Le principal point de la nouvelle frontiere est teur, un des meilleurs éleves de notre Ecole des beaai,
conseotie par l'ltalie? Le véritable caractere de la con- Christianfeld, ville du duché de Slesvig, située a huit ki- arl~, petit-fils par alliance du maitre de Rudde, mallre
vention est, en effet, de laisser le pouvoir temporel libre lometres du petit Belt. Les sommes exigées du Danc- a présent loi-meme dans sa vil le natale; et j'ai eu alle
en face des Romains, afio que, si Rome doit un jour mark ont été &lt;liminuées d'un demi-million. Ces vain- bonne fortune de rencontrer en M. Dameron un artistu
échoir a l'Jtalie, l'lta1ie ne doive Rome 4u'au libre suf- queurs sont bons princes.
modeste, qu'il semble ignorer lui-méme que son W.
fragc de ta population. Quant au renouvellement du
Il reste a savoir ce que deviendront les Duchés, que peut supporter la pleine lamiere de la publicité, et qae
vote dn 27 mars l 86l, c'est-a.-dire la &lt;léclaration réité- les armées austro-prussiennes avaient la prétention d'af- le jour ou son nom sera connu, il sera bien pres pea,
rée de Rome, capitale de !'avenir, a. quoi bou? Cette dé- franchir et qui ont été si peu conqu)tés sur leurs propres etre d'etre célebre.
claration pouvait signifier quelque chose avant le destinées. Des mesures seront-elles prises en faveur de
Des rues qui n'ont pas changé depuis deux siecles, •
1:¡ septembre; mais, formulée aujourd'hui, elle ne ser- cette importante portion de la P?Pulation qui a constam- l'on ue risque ni d'étre heurté ni écrasé, de belles proa,
virail qu'ajeter des doutes st¡r !'esprit de la convention, ment protesté de ses sympathies pour le Danemark et nades solitaires 011 l'on poursuit commodément se.~ pea,
saos ríen y ajouter en réali{é. Les bureaux se sont pro- qui en est séparée malgré elle~ Comment r~glera-t-on le sées ou ses reverie~, un vieux donJ0D et de vieiBI
noncés pour une simple déclaration de príncipes, et conflit entre les compétiteurs qui aspirent a gouverner églises qu'on ne songe ni a gratter ni it. récrépir, •
la convention sera définitivement sanctionnée par un le Slesvig et le Holstein? Consentira-t-on enfin a. con- salle de spectacle qui u'est peuplée que d'honnetes reaordre du jour motivé, rédigé d·accord avec le gouver- su\ter les babitants, a leur demander sous quel régime mes de, arti~tcs trop modestes !
nement.
il leur convient de vivre et quel est le duc de l~urchoix?
E~t-ce 1.,ien vrai que Oijon n'est qu'a soixante-dix-1111
La retraite de M. le comte de Reichberg, annoocée
Que devient l'insurrection du Frioul? On sait qu_e licues et trois quarts, et a si.t heures trente-quatre •
déja depuis une dizaine de joul'l-, est un fait accompli. cinq cents hommes environ, revetus du costume gar'.- notes de París!
C'est M. te comte de Mensdorfl-Pouilly, gouverneurde la baldien se sont lancés dans les montagnes pour entraiOui, soixante-dix-huit licues et troi~ 11uart~, ou llá
Gallicie, qui succedea.M. de Reichberg, comme ministre ner l'll~lie dans une levée de boucliers contre l'Autri- cent quinze kilometres, pa.~ davantage; voyez plutlJt
uesalfaires étrangeres et de la m~ison impériale. Daos les che. A Turin, on croit que cette insurrection a des chan- Livret Chai:J;; six heures trente-quatie minutes lout ■
circonstanres présentes, il est ~sez uaturel de supposer ces, et que si elle peut durer quelques jours seulement, juste, puisque je pars h1er a ome heures _cinq~anlHI
que cet événement n'est pas étraoger aux affaires géné- Garihaldi n'hésilt'ra pas a. prendre le commandement minutes du soir, et que j'arrive aujourd'hu1 a. s1x ben
rales de \'Europe. La Gazette d'Augsbourg,dénonce ou- des volontaires. Mais, d'apres des nouvelles qui arrivPnt et demie du matin.
vertement l'inconsistance et la versatilité de la polilique d'Allemagne, on serait porté a croire qu'on se fait beauA peine débarqué, je jette bien vi~e les_ yeux ~
suivie par M. de Reichberg, daos toutes les grandes ques- coup d'illusions en Italie sur la portée de cette insurrec- de moi, et je prete l'ore1lle a1u brmts qui se croilla
tions de la politique européenne. « Daos l'espace d'uoe tion. La petite troupe qui s'est lancée dans le Frioul et se cboquent daos les airs.
année, dit la feuille allemande, nous avons vu la po- serait bloquée par les troupes autrichiennes, et toutes
París, qu'as-tu a apprendre a l'enfant prodigoeqaialitigue autricbrenne accomplir les sauts les plus s~r- les issues seraient gardées. Du reste, si la conquete de vient9 Que\ est ton nouveau vice? Quelle est ta•
prenanL~. A t'improvisation habile du congres_des pr1n- la Vénétie doit se faire un jour, elle n'est possible que velle vertu? Que! est too dernier deuil et ton denil
ces a succédé la renonciation a. la réforme fedérale; a par l'armée italienne, l'armée disciplinée. De~ _volont_~i- éclat de rire? Ois-moi le succes d'hier et la mode
\'ho~tilité envers la Prusse, l'abandon aux vues de la res peuvent donner le branle, mais a la cond1t1on qu 1\s 'lJain, ta plus fraiche snttise et ton prochain. chef-d
rivale &lt;lu Nord,. a. l'accord avec la France et l'Angleterre soient suivis par une grande force organisée.
vre ta belle action la plus récente et ton recent
daos ta question polonaise, la conversion vers la Russie
Le roi des Hellenes vient de signifier a l'a.qsemblée dal~. De quoi te van tes-tu, de quoi t'indignes-tu, de
et les a,qpirations a. la sainle alliance. Le dernier revire- nationale, siégeant a. Atbenes, d'avoir avoter, dans le te moques-tu?
ment de celle politique mobile semble consister en un délai de dix jours, un projet destiné acompléter la consTrois expositions ont ouvert leurs portes aux
retour vers les puissances occidentales et daos un nou- titutioo, dont la premiere partie a déJa été d1scut~e ~ar qui ne se contentent pas du Louvre, du Luxembo~!f,
vel éloignement de la Prusse. » C'est a la convention du les représentauts du peuple. Ces derniers auront ega e- \'hotel de Cluny, du Conservatoire des Art~_ ~t M~\í
l5 septembre, d'une part, et a l'avantage remporté par ruent a voter, daos le délai de dix jours, la loi électorale du Muséum d'histoire naturelle: c'est l'expos1t10010
la PruSlle dans \a question douaniere, que la Gazette qui lcur est soumise en projet par le gouver~ement. tionale el permanente des heaux-arts, de l':,gri_
&lt;f Augsbourg attribue ce nouveau changement de front Daos le cas 011 l'assemblée nationale refusera1t de se et de !'industrie, l'exposition des beaux-arts apph
daos la politique autrichienne. M. de Schmerling serait rendre a. l'invitation du roí, Sa Majesté lui laisse la res- 1'ind11strie et l'exposition des arts industriels.
favorable a un rapprochement entre l'Autricbe et la ponsabilité de ce qui peut arriver, et se réserve toute
Je suis bien impatient d'aller voir l'exposition des
France, et Je comte de Mensdorfl-Pouilly partagerait l'o- liberté d'action. La Constituante atbénienne s'est con- vres d'Eogene Delacroix.
pinion de M. de Schmerling.
.
.
formée aux injonctions contenues daos la missive royal e,
On commence a. vendre a. !'hotel Drouot. L'autrt
L'empereur Napoléon lll est rentré seul a Par1s. Le et tout danger de conllit entre les deux pouvoirs semble c'était une collection de faiences persanes.
czar est repartí pour la Russie, et, sur cette entrevue a écarté pour le moment.
EmtOND TEXIER,
~ous avions les faiences italiennes, les faied
Ro1Jen,
les faiences de Marseille, les faiences de
Nice entre les deux souverains, on a ha.ti, a l'étranger
ttJ""4
CJ
T CI &amp;,n
surtout, un vaste éd1fice de suppositions. Que laut-il
tier. Salut et bienvenue aux faiences per~anes! V
nouveau moyen offert !lUX honnetes gens riches
croire t Ríen, puisqu'on ne sait rien et qu'on ne peut
COIJRBIBB DB PABl8,
rien savoir. Cependant, s'il faut s'en rapporter a. certaipenser agréahlement leur argent.
Changement de décoration sur la place de l_a
nes feuilles étrangeres, une entente complete se serait Recueillement avant París. - Aimei-vous les expositions?...
établie entre Napoléon 111 et Alexan&lt;lre 11 sur la conven- Autres faiences. - Les transíormations de la place de leine : les trotto1rs rétrécis, la chaussée élarg1e,
la Madeleine. - Ruines. - Modes nouvelles. - Le Pal11- arhres plan tés de char¡ue ctilé de la rue Royale.
tion d'un Congres. Ces journaux affirment merne quP les
medt. - MIi• Dupont. - Mallrt t;uérin. - Les deux éléPuissent le gaz et le bitume étre cléments aux P
négociations tendantes a cette convocation seraient
phants du Cirque. - La demiere de M. Sardou. - ~ bal~ de (a place de la Madeleine !
tres-a vancées; que la Prusse et l'Italie y adhéreraient,
let aox ltaliena. - Tbéátre religieu1. - Le ténor qu 11 hu
Grauds embellissements derriere
que l'Angleterre, et l'Autriche elle-meme, ne feraient
faudrait. - M. tmile • Girardin, auteur dramatique. que de faibles objections. Nous ne saurions tarder Utre
0

de•

foul un quartier tombé sous la pioche en moins de rien !
Ce n'est plus que monceaux de phl.tres et de moellons,
ors bonteux tout étonnés de voir le jour, mysteres de
111
uvres'vieux logis brutalem.:nt mis a nu. De loin, au
~lie•J do désert, on aper~it la Chapelle Expiatoire,
111
:ec sa funelJre architecture et ses mélancoliques om:rages. Cn étranger la pourrait croire consacrée au die u
des ruines.
11 y a une nouvelle coiffure q11i s'appelle Zingarella. La
robe dumoment est la robe Récamier, et le moucboir en
,ogue est le mouchoir Tallien. Cela sent bien un peu son
Directoire ; et pourquoi pas? le Directoire avait du bon ;
les mreurs y étaient peu séveres, et les costomes
légers: un joli temps, qui ne nous effraie pas du tout. ·
ties-,ous prude, Madame? prenez le loup en chenille,
00 mieux encore, le masque en jais, et l'on ne vous
recoooaitra que si vous le voulez bien; n'est-ce pas la
l'importanl !
Le t• novembre, les plus illustres coureurs de la
saison ont montré leurs talents a Porchefontaine. Porc.hefootalDe est, vous le savez, un nouvel hippodrome.
lloi, je m'étais figuré que c'était assez de Longcbamps,
de la Mar1he, de Vincennes, de Chantilly : une erreur
impardonnable ; Porchefontaine était néccssaire, Porcbefootaioe était indispensable. Saos Porchefontaine,
point de salut pour la race chevaline.
Une nouvelle Revue nous est née.
Ni politique, ni économie politique, ni &amp;eiences naturelle11, ni romans, ni finances, ni poésie, ni histoire, ni
géograpbie, ni arcbéologie, ni ,critique, ,ni peinture, ni
sculpture, ni musique, ni théatre, ni sport, ni escrime.
La re,ue nouvelle s'appelle le Palaméde.
Elle s'est donné pvur mission l'avancement des échecs,
du wbist et du piquet: une noble idée !
Une des bonnes soubrettes de la Comédie-Francaise
'
uoe de ces fideles servantes de Moliere qui ont fait tant
d'booneur a leur maltre, w•e DupJnl, vient de mourir.
En reoon~ant a la scene, elle n'a,·ait pas renoncé a la
comédie, et son grand bonbeur était de dire une des
bellPs scenes du vieux répertoire, n'eut-elle pour lui donuer la réplique que le plus inexpérimenté des Frontins,
des Orgons ou des Tartufes.
Je la vois encore, cette pauvre Mil• Dupont, avec son
sonrire franc et spirituel; on lui aurait preté bien des
&amp;nnées encore sur sa belle mine; je crois qu'elle n'avait
jamais dti etre plus jeune qu'en sa vigoureuse vieillesse;
les cbeveux les plus blancs et les yeux les plus noirs, et
jaillissant de ces yeux des regards dont ríen ne saurait
reodrP. la finesse et la malice.
Samedi dernier, a la Comédie-Fran~aise, premiere représentation de Maitre Guérin, une comédie en cinq
' actes, de M. Augier. Quelques personnes ont critiqué le
litre de la piece: c'est un litre qui ne signifie ríen, disaient-elles. Que fait ce maitre Guérin et que! est-il?
no avocat, un peintre, uu musicien o.u un avoué, 1mposmble dele deviner, a coup ~tir. Moi, je trouve que celle
iocertitude 011 M. Augier laisse les curieux est tres-sage:
il y a des gens qui, sur un titre, batissent une piece, et
si la piece de l'auteur n'est pas celle qu'ils ont élevée
daos leur petite imagination, ils la trouvent détestable
et la aifflent. M. Augier, qui est un homme d'esprit, a
,oulo coojurer ce danger. Pour accroitre les chances
• IUCffl, il a semé a pleines mains, daos son reuvre,
l'esprit, l'éloquence, la verve et les audaces beureuses: wit mieux !
Tout Pariscourt a Maure Guérin; ceux qui ne trouvent
PIS de place au Théatre-Fran~ais se consolent en allant
'ºir, au Cirque, les deux éléphants dres.~s et présentés
JlU' l. Moffatt; il faut aveir de la pbilosophie, en ce
~nde, et nous en avons beaucoup, nous autres Parimeos, Certes, c'est plaisir d'entendre de la honne prose
ldmirabtement dite, mais les- éléphants ne sont pas non
plus t.dédaigner.
Le Théatre du Palais-Royal a dtnné une comédie
ooa,elle de M. Sardou, intit11lée les Pommes du voisin.
~ement, il s'en est suivi quelque bruit. Les cri~ - et les confrcres de l'auteur ont trouvé que les
Ptallllea de M. Sardou étaient un peu beaucoup les
IIOaaeade son voisin, et qu'il avail eu mauvaise grace a
ne PIS nommer son voisin, Charles de Bernard, mor-t
dePlia quinze ansa peine. A quoi M. Sardou a répondu
qne lotiere avait emprunté a bien des gens qu'il n'avait
PIIIOllmés, qu'il avait, lui, abandonne d'avance le tiers
~~é8ees que luí rendraient ses pommes a l'éditeur
~OlliD,qo'enfin si la critique et ses confreres se monlrlient i~ point puritains, c'est que sa piece avait réussi.

.

Elle a réussi, c'est vrai. Avez-vous remarqué que les
pieces de M. Sardou réussissent toujours? On dit qu'il a
des relations avec les esprits; je le croirais volonticrs. 11
y a cinq ans environ, il fit une petite piece qui s'appelait les Pattes de mouche et qui n'etait pas un vaudeville,
puisqu'il n'y avait pas mis de couplets. Deux ou trois
scenes de cette bluette étaient charmantes. Depuis lors,
M. Sardou a écrit Nos Intimes, les Ganaches, la Papillonne,
et pourtant la 011 on le joue, il y a foule: il faut bien
que le diable s'en mele.
M11 • Tbérésa, pour ménager sa voix #licate et suave,
chante maintenant a couvert, elle est retournée a !'Alcazar, qui fut, si je m'en souviens bien, son berceau.
A M11 e Tbérésa, l'Eldorado oppose M11• Risette.
Le Théatre-ltalien n'a ríen a y voir.
Ah! si Mil• Thérésa ou M'1• Risette dansait ! Le ballet,
voila ce qui, pour le moment, préoccupe M. Bagier.
La danse, aux Italiens, est-ce une idée vraiment heureuse? J'ai peur que ~l. Bagier n'ait pas autant sujet de
s'en féliciter qu'il le croit. II me semble que les Italiens
perdront beaucoup it. ce qu'on s'y amuse trop. On y allait
pour regarder la salle et non la scene, pour y lorgner
le prochain et en médire gentiment et poliment, avec
accompagnement de bonne musique; quand il se passcra dcrriere la rampe des choses trop intéressantes,
cela distraira : adieu le spectacle clans la salle; de ce
jour-la, le Théatre-Italien deviendra un théatre comme
un autre, et sa fin pourra bien élre proche, car il n'aura
plus pour tui que Rossini, Bellini, Donhetti, Verdi, les
meilleurs chanteurs et les plus belles voi:x du monde, et
cela, je le crains bien, ne suflira pas aux alJoonés.
11 est toujours question de la création d'un théatre
religieux. Les lilJres penseurs se sont fort égayés a ce
sujet; reste a savoir si les spectateurs trouveront plus
tard l'idée aussi joyeuse.
Le clergé ne s'est pas encore expliqué sur et projet.
L'homme d'imagination qui l'a con~u se croit sans
doute stir de l'appui de l'Eglise ; il voit d'avance les
cardinaux se disputant ses avant-scenes, les éveques et
les archeveques louant a l'envi ses loges a l'année, les
curés se jetant a l'assaut des stalles d'orchestre, et les
simples abbés s'étouffant a la porte du parterre.
Si pourtant l'Église allait qualifie1 d'impiété la pensée
d'un théatre re1ig1eux?
Fb ! eh! il y aurait bien a celle sentence quelques
petits prétextes assez spécieux.
Puissent mes craintes etre chimériques! Si le théatre
religieux se fonde, je prends la liberté de recommander
des a présent, a M. le directeur, un sujet qui asa place
naturellement marquée daos une troupe édifiante et
chrétienne.
C'est un téoor qui s'appelait..... Quand M. le direct~ur
en témoignera le désir, je lui dirai le noru de mon ténor.
N... avait obtenu des débuts a l'Opéra. La redoutable
soirée était arrivée : le pauvre gar~on, qui deva1t remplir le role du Daupbin daos Charles VI, tremblait a
faire pitié. Ses camarades essayaient de l'encourager
daos le foyer, et il n'en tremblait que plu~ fort. Le spectacle commence; le moment 011 N..• doit entrer en scene
approche; il est venu.
- Entrez, dit l'avertisseur.
- N... ne bouge pas.
- Entrez done.
- N... s'appuie c0ntre un portant et sent ses jambes
fléchir.
- L'avertisscur court a. lui pour le pous.~er, alors N...
jette un regard vers la frise a défaut du ciel, fait un
grand signe de croix, s'élance sur la scene et entonne
bravement son récitatif.
Le ciel lui accorda de cbanter juste.
Le bruit court que M. Émile de Girardin va Jire au
Thédtre-Fran~ais une piece intitulée : Le Supplice d'une
femm11.

Jusqu'a présent, l'auteur dramatique ne pe~ait pas
beaucoup sous le polémiste; mais M. de Girardin rst
l'bomme de l'imprévu et des sorprises. Apres des années
d'alinéas, ou de style politique reuilleté, M. de Girardin s'est soudain mis a la pate ferme de la longue tirade. Des lors ríen ne saurait nous étonner du rédacteur
en chef de la Presse.
Une grande tombola s'organi¡¡e par les soins de laSociété
des artistes dramatiques. La liste des lots a été publiée.
Le Vaudeville, les Variétés, le Tbéatre-Lyrique, le.~
Folies-Marigny octroient a certains numéros gagnant~
une entrée d'UD an dans leor salle.

11 y aura un mortel favorisé de la fortune qui gagnera
111i°e entrée de deux ans il. l'Ambigu !

Une entrée de deux ansa l'Ambign!
Je vois figurer parmi les lots un portrait de Grassot
par Lhérilier... C'est plu~ drMe.
Muller, reconnu coupable d'avoir as,assiné M. Briggs,
vient d'etre condamné a mort : cet arret sera certaiaement blamé par Jud. J'aime a croire que cet bonnéte
hommr, donnera quelques )armes au sorl d'un confrere
infortuné; malheureusement, il est probable qu'il s'eíforcera de dérober ce mo•JVement de aensibilité a la police. . . . . . . . . . . . .
Et voila, un peu au bas.ird, les nouveautés que m'offre París a mon retour... saos compter les Sept Chdteaux
du Diable et la Tour de Nesle.
X. F&amp;VR.'iET.

VOY.A.GE EN FRANGE
0

DE LL. M~. L'EMPEREUH ET L 1111l'tRATRICE DE RUSS11t

Nous publions trois dessins dus au crayon de notre
correspondant, et rappelant le séjour it. L)'On de Leurs
.Majestés l'Empereur et l'Impératrice de Rus,ie. Parties
de Mnlhouse le i9 octobre, a lO beures du matin, Leurs
Majestés sont arrivées .a Lyon le l9 au soir, a 8 heures,
et se sont immédiatement rcndues au Grand hotel de
Lyon, 011 tout avait éte faposé pour la réception des
illustres voyageurs.
Le Grand hotel de Lyon est, comme chacun le sait, la
station habituelle des cours et maisons souveraines; disposé pour les besoins d'une clientele aristocratique,
il offre toutes les ressources d'un confortable exceptionnel et de bon gout.
Un envoyé de Sa Majesté l'Empereur l'iapoléon rn s'était rendu a !'hotel de Lyon dtlja depuis quelques jours,
pour aviser a toutes les mesures nécessaires.
Nous empruntons aux journaux de Lyon les &lt;létails
qui suivent :
« L'Empereur et l'Jmpératrice de Russie sont arrivés
le l 9 octohre a. la gare de Perrache, a huit heures du
soir, accompagnes d'une nombreuse suite.
« Leurs Majestés amenent avec elles a Nice leurs trois
eofants, la princesse Marie, agée de onze ans, le prince
Paul et le comte Serge.
(( Son Excellence M. le maréchal r.anrobert et M. (;bevreau, conseiller d'État, prMet du Rh&lt;ine, s'étaient rendus
a la gare pour salucr Leur~ Majestés Impériales. Une
vingtaine de voitures stationoaient dan~ la cour de la
gare pour recevoir les illustres voya~curq et leur
suite.
« L'Empereur et l'lmpératrice ont pri, Jllt~r &lt;lans la
prcmiere, puis le cortége a gagné le Grall · hotel de
Lyon, en suivant le quai Tilsitt, le quai Samt-Antoine
et la rue Grenette.
« t.:n piquct de dragons précédait les voitures, mais il
n'y a pas ea de déploiement de troupes; seulement rle
distance en distance étaient postés des sergents de ville
et des gendarme~. pour faire observer l'ordre.
&lt;( Les apparlemcnts destinés au czar el a la czarine
sont s1tués au premier étage, en face le grand escalier.
(( Le directeur du Grand hotel de Lyon a fait subir
a son étahlissement tous IPs embellissemenl~ dont il est
susceptible¡ des fleurs garnissent toutes les embrasures,
des lustres, partout allumés, répandent des flots dt: lu
miere ; on remarque colui qui est ~uspendu au plafond
de la piect&gt; d'honneor, qui est en cristal de roche le plus
pur. L'administration a déployé, en cette circon~tance,
un luxe de tapis et de tentures, qui ne pour,a manquer
de donner aux augustes voyageurs la plus haute idée
de l'industrie lyonnaise.
« Sa Majeste l'lmpératrice a été transportée JU~qu'a
son appartement en cbaise a porteurs. L'Empereur suivait la chaise et précédait les jeunes princes. Sa Majesté
n'a pu, a cause de son etat de soufrance, as.~ister au
diner. L'Empereur a done seul, avec ses enfanl~, pris
plaee a la table dressée daos le grand !la.Ion d'honneur,
et il a graci('Usement in.vité son Excellence le maréchal
Canrobert a s·as..c;eoir a cette table.
« L'lmpératrice et les dames dela suite n'ont pa.~ couché dans les lits du Grand hotel ; des meables les
ar..eompagnent. Ce sonl des lits en palissandre, d'une
forme simple et sévere, et n'ayant d'autres ornements
qu'llD filet d'or garnissant les aretes.
« L'EmperellJ' et l'lmpératrice de Russie étaient vetos
comme de simples mortels. L'Empereur portait une re-

�292

L1 ILtu·s rRATlON, j()lJtlNAL UNlVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

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IILI.JiOEUVRES EXÉCUTÉES PAR LE BATAILLON DIS CBASSEURS A PIED DE LA GARDE DEVANT S. M. L'RMPEREUR DE RUSSIE, SUR LA l'LACE. D'ARMES, A NJCE. - D'apre&amp; un croqua de H. Lieto."

« Quant al'Impératrice, nous pouvons dire qu'elle était
dingote nc.ire, avec un pardessus de nuance gris foncé,
d'une
simplicité qu'une bourgeoise eutpeut-etre dédaignée.
et avait sur la tete un de ces chapeaux de feµtre rond,
«
Alexandre
II est de tres-haute stature. 11 domine de
aailes étroites, que la mode a adoptés. Sa Majesté ne
toute la tete les personnes de sa suite; ses traits énerportait, d'une f~on apparente, aucune décoration.

S • E U 'R!t'IO HOTEL D~ LYU'.'i - D'apr~s les cr,¡4u1, Je tll. Sleyerl.
SALLll A MANGER DES OIGNITAIRES ET &gt;Oflllf.ll!RS C:OllPOSANT LA 1,UITE DE LL. MM. 11. L'EMPHREUR ET L'OIP.EltATRICE DE RU :;l · A 1,; '
• '

giquement accentués rcspirent la force calme froidement
impo8ante. Cette belle tete blonde et cette fiere physionomie contrastent étrangement avec le visage doux et
poli de l'impératrice Matie Alexandrowna.

LS. 11. L'EldPEREUR NAPOLÉON PASSANT SUR LE QUAI DES PALMlBRS, A NJC!,

�294

L'ILLUSTHATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JO URN AL UN IVERSEL.

faisait la le~on a une bonnete femme (fourvoyée), et la ils éclaireraient la femme légitime, si aveugle qu'on\
mariait, si j'ai bonne mémoire, ou du moins la récon- suppose. La piece toute entiere repose sur cette équi,~
voiture et a visité toute la ville. Sa Majesté est entrée a
que, sans laquelle point de dénoument. Mais ce dél'église Saint-Jean, dont elle a attentivement examiné les cilia1t avec son mari.
MM. Meilbac et Delavigne ne sont pas si séveres pour noument, qui n'en 6St pas un, fut-il admis par le bon
détails archéologiques.
les charmantes filies d'Eve ,qu'ils nous font voir aux sens, que dénouerait-il, en réalité? La femme abandon.
&lt;&lt; Leurs Majestés ont déjeuné a l'hótel, et sont parties
née se tiendra a l'écart, je le veux bien, elle en a pris
prises avec une situation encore plus délicate : elles se
un peu avant dix heures.
l'engagement, un engagement comme celui de Ninon 1
« L'lmpératrice a deux fois 1émoigné sa vive satisfac- font seulement \'une a l'autre une peur affreuse, par La Chatre; mais l'enfant, devenue la cousine de son Yrai
suite d'une double méprise, qui ne tarde pas, du reste,
tion des bons soins qui lui ont été prodigués a \'hotel de
pere, recevra-t-elle impunément le&amp; caresses de celni-ci!
Lyon; Alexandre 11 a également remercié avec beaucoup a s'éclaircir. La comtesse Ismail a bien vite reconnu que Que! intérieur nous est offert en perspective par cette
la baronne de Lauwereins n'est qu'une fausse Bébé-Patade grace et d'etlusion les administrateurs et les dames
comédie, qui a pourtaut des intentions de moralité! La
pouf et la baronne s'est doutée tout de suite que la comfemme
de Marcel vivra-t elle tonjours dans l'ignorance
de !'hotel.
tesse IsmaU ne pouvait etre une vraie Nina Patapon !
« La population l,vonnai~e, fort empressée sur le pasde \'indigne supercherie a laquel\e on n'a recouru, 80¡_
Mais comment se trouvent-elles, et toutes deux en
sage de LeursMajestés, a été calme et respectueuse, exerdisant, que pou.r \'empéeher de mourir? Mourir! qnelle
meme
temps, dans une position si fausse, étant donné
~nt dignement celte hospitalité que les grands peuples
plaisanterie. Tont au plus pourrait-ony croire, si M••Froce qu'elles sont? Mon Dieu ! ríen de plus simple, vous
doivent aux représentants des grandes nations. ))
mentin, qui joue avec une passion si vraie le role de la
allez voir. La comtesse Ismail, qui arrive de Pétersbourg,
ma1trese abandonnée, jouait celui de \'épouse trahie.
avait cbargé son intendant de luí retenir pour quelques
On nous écrit de Nice :
Mais a qui M11• Dortet, avec sa voix qu'on prendrait ponr
LL. M)f. II. de Russie et leurs enfants (excepté jours un appartement meublé; or, ce maladroit, par er- celle de Madeleine Brohan, sa tante, a qui cette lloris11
le prince héritier, qui ne sera ici que le mois reur, lui a limé l'hótel de M • Nina, partie de la veille sante ingénue fera-t-elle croire qu'elle va mourir, qu'elle
prochain), ainsi qu'une suite de soixante personnes pour le camp de Chalons. La comtesse, avertie, n'en va se tuer? E3t-ce qu'on meurt comme cela dans
environ, sont arrivées le 2t octobre, a cinq heures trouve que plus amusant de profiter, pendant une heure cette immortelle famille?
du soir, a Nice. Malgré l'ordre qui avait été donné de ou deux, de cette méprise, en recevant ceux des amis de
Mais uous avons trop insisté sur le fond d'une piece
respecter l'incognito de Leurs Majestés, la ville avait fait la maison qui peuvent ignorer le départ de la demoiselle. que la forme seule a sauvée. Ne prenons pas le pué dn
Parmi ces personnages, qu'elle retrouvera plus tard
décorer l'avenue du Prince impérial, la rue Masséna et
bon sens pour écraser la mouche de la fantaisie. A•ec
la rue Saint-Étienne de trophées et de drapeaux fran- dans ses salons, - et elle s'en fait d'avance une fete, tous ses défauts, et elle en est rousue, la nouve\le cose trouve un jeune bomme du meilleur monde, dont la
~ais et russes.
médie de M. Barriere est une des plus gaies, des plus
Le lendemain matin, Leurs Majestés ont fait une pro- cousine, la baronne de Lauwereins, se meurt d'envie de vivantes que nous ait données cet esprit incomplet, invoir l'intérieur d'uue Aspasie ahsente. On comprend que
menade en caleche découverte.
culte, bizarre, mais d'un mordant et d'une verve irréA midi, l'Empereur a passé la revue du bataillon de le jeune comte, a¡ant reconnu la comtessc, profite de
sistibles.
chasseurs a pied de la gartle impériale, envoyé de Ver- l'occasion pour mettre en présence les deux curieuses.
Le Ménage en ville est en outre joué a ravir par Numa,
Le
dénoument,
vous
le
savez:
le
cousin
emmene
sa
sailles, par l'Empereur Napoléon, pour le service de
impayable
dans le personnage de l'oncle Vaubernier, et
Leurs Majestés. L'empereur Alexandre, en costume de cousine tout attrapée, et le comte Ismail, qni venait pour par Landrol, qui mene toute la piece, daos un role de
général des chasseurs russes, était accompagné du tout autre cbose, se trouve arrivé fort a point pour offri:- beau-frere et d'ami dévoué. Ce dernier role est e.cellent,
comte d'Adlerberg et du comte Orloff Donizoff, ses aides son bras a sa femme, et la ramener a un bótel plus sé- du reste, et il fait honneur a M. Barriere, tandis que cede camp. A son arrivée sur la place d' Armes, la íanfare rieux que celui ou il l'a trouvée.
lui de Numa vaut surtout par son interprete. En d'anTout cela cst bien simple, comme je le disais, a l'exdes chasseurs a joué \'hymne russe; puis ont commencé
ception du caprice de nos deux dames: mais, la encore, tres mains, au lieu de faire en grande partie le succesl
les manreuvres, qui ont été suivies du défilé.
de la piece, il l'eut pent-etre compromis.
L'empereur Alexandre 11, avant de quitter la place se montre le tact des auteurs, et l'excellent gout du
Mm• Fromentin rend vraiment trop intéressante la
d'Armes, a demandé a M. le comte de Geslin, comman- Gymnase.
femme
délaissée qu'elle ne nous fait qu'entrevoir. c·est
Observez bien que nos curieuses appartiennent a cette
dant du bataillon des chasseurs, de lui présenter le corps
le seul reproche que je trouve a lui faire, et elle me le
des officiers, pour leur témoigner sa satisfaction. 11 a haute société cosmopolite, que sa grandeur n'attacbe pa,rdonnera d'autant mieux, qu'il s'adresse a rauteor
serré la main a M. le comte de Geslin, un héros de pas invinciblement aux memes rivages que la bonne autant qu'a l'artiste . .Luuise Vernon est une figure qn'il
Crimée, ou il a été grievement blessé, ce qui ne l'a pas compagnie franpise. Cette nuance explique tout, et fallait ou ne pas montrer, ou montrer tout a fait en
M11• Delaporte la rend avec la plus remarquable finesse;
empeché de se disting11er en Italie.
pied : telle qu'on la voit un instant, elle fait hair
L'empereur Napoléon III, arrivé a Nice le 26 octobre, la pbys1onomie, l'accent, le geste, la démarche, la mise, l'homme qui l'a séduite et abandonnée, tandis qne la
a visité la ville le lendemain : la foule se pressait par- tout fait d'elle non pas seulement une comtesse lsmaU, femme légitime, avec sa beauté réguliere, sa jalousie létout sur son pa.~sage. Nous donnons un croquis fait au non pas meme une slave, roa.is la slave, le slavisme, le gale, ses pleurnicheries de petite filie, palit devant ceue
moment ou Sa ~ajesté a parcouru le quai des Palmiers. panslavisme !
Mil• Pierson ne s'est peut-etre pa.c; aussi complétement nouvelle Hermione, une Hermione que Pyrrhus aurait
Agréez, etc.
Pour extrait: P. PAGET.
assimilé le germanisme de baut vol; mais elle est jolie rendue mere, et qui épouserait Thersite, pour faire na
sort a son enfant ! Voila, traduite en grec, la Louise
-----r--.-.W"""-----elle est blonde, elle ne prononce pas tres-bien le franVernon de M. Barriere et de Mm• Fromentin. On com~ais, et tout cela fait d'elle une cbarmante baronne de
prend a que! point une telle note fait dissonance dans
Lauwereins.
une partition aussi gaie que celle d'Un ménage en viU,;
Berton est la distinction meme dans le personnage
Le théatre du Gymna,,e a comvlétement et beureusec'e$t l'ut de poitrine de Tamberlick daos les GendarM
du
cousin; il joue son role comme ce role est écrit, élémenl renouvelé son affiche, ou se prélassaient depuis
de Nadaud ; la romance du Saule dans une opérette
trop longtemps des ouvrages dont la valeur n'égalait pas gammeot, aisément, simplement, en homme dn monde. d'Oíl'enbach.
Derval est parfait dans 1~ personuage d'une illustratoujours les prétentions, ni surtout les dimensions colosUne autre dissonance, mais celle-la est un mi
tion
financierc, que tout le monde reconnait, a la fasales. La piece en cinq actes et en vingt tableaux débo~
couac, c'est l'apparition de M. Ludov1c d'Orilly, dont le
dait par trop cetélégant et modcste pa5se-partout, taillé ~on dont il aboie et fait le chien.
role, a peine pl'lS long que le nom, serait supprimé a,ec
a la mesure des pastels et aquarelles de M. Scrihe et de Enfin, M11 • Céline Chaumont donne a un personnage avantage pour tout le monde, bien qu'il soit joué Cort
son école. Ne pouvant élargir le cadre, et vraiment, il aecessoire de femme de chambre une mal ice, une convenablement, du reste.
serait facheux qu'on le put, on a réduit les images, on gentillesse, un relief, je dirais presque une imporConvenable aussi est Nertann dans le personnage •
leur a donné beaucoup de marge, et le to!lt n'a fait qu'y tance, qui completent !'ensemble de cette remarquable sacrifié du mari infidele; impossible d'etre volage a,ec
gagner. C'en est meme au point que la plus réduite, les interprétation.
_
M. Barriere aime les tours de force, et c·en est un moins de légereté.
Curieuses, en est de bcauconp la mieux venue. M~f. MeilQuant a M11u Dortet et Samary, ces deux jeunes dé
bac et Delavigne en sont les auteurs, et je leur en fais qu'il vient d'accomplir au Gymnase, en faisant réu,sir a butantes n'ont guere tenu qu'a moitié les prome~es raíce théatre si régulier, une piece en trois actes, con~ue
mon bien sincere compliment.
tes en leur nom par la presse. Leur jeu dénote une pré,Cela n'est qu'une esquisse, mais on y reconnait, avec en dehors de toutes les regles, une piece hasée sur la coce expérience, mais ríen de plus jusqu'a. présent, el
la touche de l'arliste, le gout, le tact de l'homme corume coníusion de tous les genres, une piece enfin dont la cependant on ne saurait dire que la timidité ait paralJl6
il faut, ce sentiment des convenances, de la mesure, ce donoée est grave, pénible meme, et qui fait rire pres- leurs moyens.
je ne sais (JUOi de fran~ais, qui manque a beaucoup de que d'un bout a l'autre, mais rire comme on n'avait pas
Avec le Ménage en mi/e et les Curieuses, le GylDJllll
nos écrivains, et des plus en vogue, meme en des sujets ri depuis bien longtemps au Gymnase.
don ne depuis huit jours, et il donnera longtemps encort,
Cctte donnée, elle est tout entiere dans le titre, un tibien moins ~cabreux.
un charmant lever de rideau de MM. Barriere et LoriD:
tre
elliptique pourtant, mais que l'usage aide trop a faire
Celui qu'rnt abordé ~rn. Meilhac et Delavigne est de
Quand on veut tuer son chien... est le titre de ce pro,erbe.
ceux ou il faut parfois savoir plus de gré a l'auteur de comprendre : qui ne sait, en effet, qu'Un ménage en ~ous n'en dirons pas davantage sur une reprise doll
ce qu'il a tu et caché, que de ce qu'il dit ou fait voir. vil/e, c'est un ménage irrégulier, rival secret du foyer Landrol et M11u Pierson et Chaumont ont fait presqlt
Que ne verr1ons-nous pas, en etlet, que ne serions-nous conjuga!, et destiné tot ou tard 1l. y faire éclater la fou- une nouveauté.
pas exposés a entendre, si MMmu lsmail et de Lauwereins, dre; car un mari libertin ne trouvera pas tous les jo•:irs,
Au théatre de la Gaité, le Marquis caporal, apresquelune fois introduiles chez une de nos cydalises, y trou- comme le Marcel de M. Barriere, un oncle assez dé"oué ques représentations peo fructueuses, a fait place kla
vaient la millieme partie de ce q•1e, sans trop s'en rendre pour prendre sur lui tous les torts, pour épouser la femme Tour de Nesle, rajeunie par une splendide mise en dDI
compte, elles y sont venues chercher ! - 011 si seulement en ville, et recounaitre pour sa filie la petite-niece que et une nouvel\e interprétation. Dumaine y tient, a,ec
lui a donnée son neven.
elles s'y rencontraient avec la déesse du licu !
une autorité suffisante, le role du fameux Buridan, et 11
Et encore faudrait-il qu~ cet oncle impossible eut
L'énormité d'une telle rencontre, et de bien d'autres,
non moins fameuse Marguerité de Bourgogne a tro11•
en l'a vue se produire au Palais-Royal, da.ns un vaude- donné a son neveu et filleul tous ses propres noms de dans Mil• Agar la meilleure interprete qu'aitjamais elll
vil\e intitulé, je crois, Vente cfu11 riche fMbilier. La cu- famille, car, autrement, ces noms inscrits sur un acte ce personnage si éminemment dramatique. - Ce ..
riosité ét,,it la cruellement punie par une drólesse qui de donation ou la petite filie est implicitement reconnue,
« A huit heures, le lendemain, l'Empereur est sorti en

Nommé d'al,ord consul pour trois ans, don Carlos Anprouve, par parenthese, que meme pour interpréter
t?nio_ Lo_pez se vit proclamer président de larépublique a
LES ÉTATS DE LA PLATA.
)(11. Gaillardet et Alexandre Dumas, il n'est pas mauvais
1exp1rat1on de son mandat. Imbu d'idées, si.non plus libéd'avoir commencé par traduire Corneil\e et Racine.
Les contrées baignées par le Rio de la Plata formaient rales, au moins plus intelligentes que son prédécesseur, le
Le Vaudeville, lui aussi, a renouvelé son affiche
grace a une reprise de l'éternel Jeune homme pauvre e~ sous la domination espagnole, la vice-royauté de Buenos~ nouveau président s'empressa d'ouvrir les ports du Parade rleux nouveaux actes, dont nous parlerons la pro- A,vres. En 1806, les Anglais ayant déclaré la guerre a guay au commerce étranger. 11 eut le talent de savoir se
cbaine fois. Ce spectacle, bien composé et hien accueilli l'Espague, s'emparerent par surprise de Buenos-Ayres, faire rééliie plusieurs fois et de gouvcrner Jusqu'a sa
permettra d'attendre, saos trop d'impatience, la Jeunes~; et essayerent de soulever toutes les provinces · mais leur mort, tout en ayant refusé le pouvoir a vie, qui lui était
de Jlirabeau, de M. Aylic Langlé, l'heureox: auteur d'Un libéralisme suspect tronva tres-peo de partis~~s et loin otlert par un congres complaisant. A défaut de libertés,
de l~ur vemr
· en aide, l'opinion publique applaudit
' ' aux que sa prudence croyait ne devoir acco,der qu'il ues
Mfllme rle ríen.
L'Odéon, auquel le présent, meme le plus brillant ne s~cces de~ Es~agnols qui, commandés par Liniers, par- doses infinitésimales a un peuple trop jcune pour
pouvoir les supporter, don C.-A. Lopez a bP.aucoup fait
fait pas négl!ger !'avenir, a re~u une piece en qu;tre vmrent b1entot a reconquérir le terrain perdu.
Néanmoins, a la faveur de cet intérim de liberté de pour la prospérité intérieure du Paraguay. L'lllustration
actes de M. Edouard Plouvier; mais le succes toujours
croissant du Marquis de Villemer ne laisse pas prévoir pa~ler et d'écrire, les idées libérales avaient pu se pro- ª. déja parlé de ce personnage et de son fils, clon Franmeme approximativement, quand sera ouverte la suc~ d~1re et ger·mer, dans l'attente d'une occasion plus pro- cisco S. Lopez, qui luí a succédé, il y a deux ans, dans
cession d'un gentilhomme (JUi songe si peu ii mourir. Le p1ce a leur complete éclosion. L'invasion de l'Espagne h prés1dence; nous nous contenterons de di1e que don
Napoléon détermina une crise 0"énérale ' dont les Francisco marche dignement sur les traces de son pete.
,oila pourtant centenaire, et sa vogue n'a point faibli. par
.
v1oleutes
secousses agiterent simultanément toutes les Sous son administration éclairée, le Paraguayest devenu
Cette belle création de George Sand est de celles qu'on
colonies
espagnoles.
La métropole perdit en un msta:1t un État parfaitement organisé, dont l'importance s'accroit
,eut voir ~lus d'une fois, ne fut-ce que pour s'expliquer
ces
beaux
pays
qu'elle
avait conqnis au prix de tant de tous les jours. 11 possede des voies ferrées, des lignes téléeomment Brindeau, avec un art et des moyens tout
sacrifices,
mais
que
son
insatiable avidité lui avait graphiques, des canaux, et un service régulier de bateaw:
autres que ceux de Berton, soutient et fait meme valoir
aliénés
pour
jaruais.
a vapeur, lesquels descendent le Parana pour vemr corl'fÍéritage d'un si habile artíst~.
Apres
bien
des
péripéties
et
des
luttes
sanglantes
dont
resµondr·e
avec les steamers anglais et les paquebots des
Nous voici maintenant arrivé au plus grand événela
narration
demanderait
plusieurs
volumes
la
viceMessageries
impériales, qui, tous les quinze jours, apment de la quinzaine, et, qui plus est, de toute l'année
.
'
dramatique, a la premiere représentation de Mattre Gué- royauté de Buenos-Ayres en est arrivée a ~e fractionner portent alternativement de Southampton et de Bordeaux
rin, comédie en cinq acles et en prose de M. Émile Au- en tro1s républiques reconnues par toutes les nations le~ nouvelles d'Europe.
Le Paraguay est, relativement a sa superficie, la plus
gier. Le peu d'espace qui nous reste dit assez qu'on civilisées, saufl'Espagne, qui ne peut se consolerencore
peuplée des républiques hispano-américaines · il compte
trouvera uniquement ici une sorte d'avant-propos a de leur perle.
. i ,500,0&lt;,o habitants. Cela tient surtout' a ce qut&gt;
Seul des trois républiques, le Paraguay n'eut pas a envnon
l'étude q~e dem~nde un pareil ouvrage, interprété par
subir
de
guerres
intestines,
ponr
arriver
a
fixer
les
limites
la population n'a pas été décimée par les guerre~ civile~,
les prem1ers arllstes du premier théatre du monde.
Disons avant tout que Mattre Guérin a obten u un succes de son ~err1toire et a posséder un gouvernement unique comme dans les république&amp; voi~ines. Elle se composc
eomplet, et ajoutons, si on veut bien nous le permetlre dans l'Etat. Le docteur Francia, qui avait pris l'initiative de trois races distinctes et du produit des mélanges de
qu'a nos yeux ce succea est complétement mérité. L'au~ du soulevement contre la domination espagnole, confis- celles-ci. Ces trois rdces sont, comme dans toos les pays
teur s'est monlré paríois plus bril\ant, mais il n'a encore qua a son profit le pays qu'il venait de déltvrer. Les de l"Amér1oue : les lndiens, d'origine américaine; les
rien donné au théatre de si achevé, de si mur, au point Paraguayens ne firent que secouer un joug ponr en blan~, d'origine européenne, et les noirs d'ori"ine
0
prendre un plus lourd. Pendant 26 ans, de i.8l i a t 840 africaine.
'
de vue surtout du style.
Les indigenes font partie de la nation yuarw,ie la
Iaitre Guérin est une comédie de caracteres; c'est la la main de fer du dictaleur s'appesantit sur ce malbeu:
un point qu'il ne faut jamais oublier, pour la juger et reux peuple. 11 le séquestra du monde e-ntier pour le plus vaste de l'Amérique du Sud, car, daus le príncipe,
mém~ pour la bi_en gouter. De"ses buit personnag-es, pas mieux subjuguer. 11 n'était permis a personne de sorlir elle s'étendait de la Guyane jusqu'a la province de
un n est accesso1re, tous ont une large part dans J'ac- du Paraguay, et ceux qui parvena1enl a s'y introduire Buenos-Ayres, apres avoir traversé tout le Brésil. La
étaient obligés d'y rester. Le célebre naturaliste A. Bon- seule tribu qui soit restée a l'état sauvage est celle des
tion, et chacun d'eux asa pbysionomie propre.
De tant de caracteres cependant, aucun n'est neuf pla~d dut,.Y pa.c;ser les meilleures années de sa vie, pour Caaguas; ils vivent tres-pacifiquement dans le nord-est
absolument parlant, mais ils doivent tous au milieu tou~ avo1r eu 11mprudence de frauchir la frontiere a la pour- du Paraguay. Il n'en est pas de méme des lfbayas, qui,
afait actuel d'ou ils sont pris (la scene est en l 864), cette suite dequelque plante qui manquaita son herbier. Fran- ayant changé leurs flechPs contre les armes de la civ!lisation européenne, se servent de celles-ci pour donner
nouveauté de nuance, la seule peut-étre qu'il soit désor- cia le chargea de construire une route de commerce.
La
position
géographique
du
Paraguay
se
preta1
t
a
de temps en temps de rudes le~ons a leurs maitres. lis vimais possible de mettre en scene, soit daos le roman
mervei!le
a
son
isolement;
il
représente
a
peu
pres
un
vent sur les confins du Brésil et du Paraguay.
soit au théatre, sans sacrifier a la fantaisie, une déesse ~
triangle
dont
la
hase,
tournée
au
Nord,
est
défendue
par
Oans la capitale du Paraguay, a l'Assomption, on relaquelle M. Augier ne prodigue pas son encens il
d'infranchissables
foréts
peuplées
d'Indiens
saun11es·
trouve
les derniers restes d'une population toute locale
s'eo pique du moins; et pourtant si \'on eherchait bieL.
les_
cótés
s~n_t
óordés
par
les
rivieres
Parana
tt
Parag~ay'.
les
Payaguas;
ils vivent la comme a l'époque de la con~
~a n?~velle piece, quoi qu'on en ait dit, et malgré ce
qui precede, ne manque 1pas d'unité, mais ce n'est ni qm, se reJotgnant au sommet, forment une presou'ile. quéte, mais ils ne sont nullement a redouter. Ces bradans l'action, qui commence par ~embler double, ni dans (&lt; Le Paraguay dut se suffire a. lui-méme; son agriculture ves sauvaites ne demandent qu'a échanger leurs carle temps, ni daos le lieu ou se déroule cette action· c'est et son industrie devaient satisfaire a tous les besoins de quois inoffensifs contre la monnaie du voyageur ama'
dans le caractere de Maftre Guérin qu'il faut la 'cher- ses habitants. Le dictateur permit seulement des relations teur de curiosités.
Le Paraguay comp~ i i Oéglises, la plupart construites
cher, comme du reste le titre !'indique assez clairement. de commerce tres-insignifiantes avec le Brésil, par Jtapua, et encore n'accordait-il ces autorisations qu'a un su~ le méme mode, le mode des jésuites; c'est tout ce
Réduit a sa plus simple expression, le sujet de la
nombre
limité de pcrsonnes, auxquelles il donnait un qm reste des fils de Loyola. On sait que, sous Ja domi.
m~die de M. Augier c'eat l'honneur et l'argent, un sujet
permis
spécial
signé de sa main.
nation espagnole, les missions avaient réussi a fonder
qui porte bonheur, un sujet vieux comme le monde et
«
Francia
prenait
les
précautions
les
plus
minuune théocratie assez puissante pÓur lutter victorieusetoujours aussi neuf, aussi actuel que la lutte éternelle
tieuses
pour
empecher
toute
réaction
contre
sa
dicment pendant un siecle et demi, contre les reveudicade l'esprit et de la matiere. Ces deux pui$sances ennetature.
II
remplit
les
cachots
des
citoyens
les
plus
tions
armées ou diplomatiques de la métropole.
mies, l'auteur les a personnifiées dans Mo.itre Guérin et
respcctables,
et
sacrifia
sans
pitié
heaucoup
d'enlre
eux
Les
principales ressources du Paraguay provicnnent
fils, u~ notaire et un soldat, au-dessous desquels
peut-etre
pour
inspirer
la
terreur.
Saus
amis,
sans
con~
d~
\'agriculture;
seule, la yerba mate ou tM du Parayuuy
sétagent d1vers représeotants ou alliés des deux forces
qu'ils symbolisent. Le choix des deu1 professions a été seillers, il remplissait lui-méme toutes les fonctions du fa1t entrer tous les ansiO millions de francs dans les cai;
critiqué, mais quelle antre désignation d'état n'etit preté gouvernement, qui n'avait d'autre regle que sa volonté. ses de \'Etat, qui a le monopole de l'e1ploitation et de
davantage encore a la critique? Une autre hardiesse Personne ne pouvait l'approcher, le voir, ni lui parler. la vente. Apres viennent le tabac, qui y est e.xcellent
qu'oo peut louer, du moins, sans blesser persono e, et que 11 mourut le 20 septembre 1840 d'une attaque d'apo- les cuirs, les bois, les matieres tmctoriales, etc... Pou;
le s~cces a hautement sanctionnée, c'est ce jugcment en plexie, ne laissant ni pap1ers ui correspondance • il s'é- résumer en trois mots la richesse du pays, ou tout au
faonlle, dans lequel une heureuse interversion des roles tait toujours refusé a recevoir celle qui venait de l'ex- moins faire l'éloge de la perception de \'impot : l'Etat
·
n'a pas de dettes; au contraire, il compte a l'act1f une
fai~ applaud1r a la condamnation du pere par le fils. térieun (1).
Une
particularité
de
sa
mort
prouve
bien
a
que!
pcint
forte réserve métallique. La chose est as.se¿ rare pour
Quon se rassure cependant, Maltre Guerin n'est point
il
était
redouté.
Quelques
instants
avant
de
rendre
le
étre remarquée.
battu par l'ordonnance du colonel Guérin, son fils, corome
dernier
souvir,
il
ordonna
a
son
médecin
de
le
soulever
La République argentine est le plus grand des Etats
Géronte par Scapm; on ne lui vole pas sa chere cassette
un
peo;
ce
mouvement,
quoique
exécuté
avec
toutes
les
formés
par le démembrement de la vice--royauté de
eomme a l'Avare, de Moliere. Tout au contraire et a
l'bonneur des mreurs modernes, on la refuse, sa ca:sette, prccautions desirables, lni occasionna sans doute une Buenos-Ayrcs. Sous le sage gouvernement du genéral
et on le laisse seu! avec elle, et c'est la sa punition. Le sensation douloureuse, car il jeta un cri de fureur et se D. B. ~htre, elle commence a se remettn de l'épuisement
saisit d'une arme qui était a sa portée. C'en était fait du prodmt par des luttes de partís, aussi inatiles que san~ •
pere garde son argent, et le fils garde son honneur.
~t ce qui prouve que ce dénotiment, qui ~ent son Cor- malheureux médecin, si cet effort n'eut épuisé les der- glantes. l'i'étaient les périodiques invasions des Jndiens
ne1lle, n'est pas si étranger aux mreurs ou du moins au nieres forces du dictateur; le bras levé retomba lour- cur~e.ux de rev~ir leurs anciens domaines, et quelque~
lentimentmoral de notre époque, c'est ~u'il est applaudi dement, entrainant le reste du corps, qui gfüsa a bas du s~d_1ttons sans 1mportance a l'époque des élections, sélit. Le médecin rcndit graces au ciel aµres avoir cons- d'.t1ons dénommées pal' les journau1 du pays, Ma11ifestutous les soirs avec transports.
.
, Et maintenant, par quclle succession d'événemenl~ par ~té que son bourreau était bien mort; puis il fit signe t~o?5 de ~a tJref~de vitalité politique du pays, la tranquillopJ)Os1tion
· · de quels caracteres l'auteur a-t-il rendo
' ce a un des gardes de venir \'aider a relever le cadavre : lite sera1t parfa1te.
dénoument si naturel et si patbétique a la fois, c'est ce « Je n'oserais jamais le faire, répondit cet bomme en . Le sol es_t ~res-fertile, et la culture devient de jour en
J0Ur plus ser1euse, grace aux bras robustes et intelligents
que nous tacherons d'exposer d:rns notre prochaine tremblant, sans qu'il l'ait lui,meme ordonné ! »
de nos Basques. On en compte au moins 251000, et pres.
lll U 1Rlpu&amp;ltque au Parag11at, par le colouel A. du Graly,
eauserie.
A. DE B&amp;LLoY.

co.

'?º

�296

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

que tous dans la province de Buenos-Ayres. Le préfet des
Basses:Pyrénées essaye vainement d'arreter l'éroigration toujours
croissante. Les Basques sont bien vus, bien traités, bien payés
dans la République; ceux qui y sont, y restent, et font signe a
Jeurs faroilles, aleurs compatriotes de venir les rejoindre.
Nuus devons dire, a l'honneur de notre département, que ses
fils gagnent la petite aisance qu'ils vont chercher au dela des
mers, au prix d'un travail assidu, d'une honneteté et d'une
bonne tenue qui ne se démentent jamais.
La Républi~ue argentine compte une armée réguliere de 6,000
hommes qui, a l'occasion, peut etre portée a plus dudo uble; cette
petite armée est organisée al' européenne et surtout a la fran~aise,
car les instructeurs sont presque tous d'anciens officiers fran~ais.
On trouve chez les Argentins qui la composent toutes les vertus

du soldat: la bravoure, le respect de la discipline, et surtout une
admirable patience pour sopporter les privations et les intempéries des saisons, terribles sous leur climat. La cavalerie de ligne
compte dans ses rangs les fils de ces fameux hussards de BuenosAyres q11e commandait le colonel Rauch (un Fran~ais), et qui furent la terreur des Indiens Pampas; les descendants des lanciers
d'Olavarria, descuirassiersde Lavalle, descarabiniers de Brandzen
(encore un Fran~ais), et des grenadiers montés formés par le général Iosé de San-Martín. Tous ces noms, illustrés a l'époque de
la guerre de l'indépendance, appartiennent maintenant a l'histoire. Ces vaillants cavaliers, montés sur des chevaux indomptés,
firent alors une campagne prodigieuse. Apres avoir battu les
Espagnols a San-Lorenzo, sur la cote du Parana, ils traverserent
les neiges de la Cordilliere des Andes et délivrerent le Chili par

------

--~~~~

~"'("0""--

ARMÉE DE LA RKPUBLIQUll ARGllNTINll : IN'FANTERIE.

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L'ILLUSTRATION, JOU RN AL UNIVERSEL.
les victoires de Chacabuco et de Naypu ; puis, ayant aidé les Péruviens a expulser l'ennemi commun de Lima et du Callao, ils
s'unirent a l'armée colombicnne, commandée par Bolivar et
Sucre, et contribuerent puissamment a,u soeces desjournées de
Rio-Bamba, de Pichincha et enfin d'Ayacucho, qui acheva l'émancipation de la Bolivie. Ils revinrent enfin daos leur patrie,
mais non pour jouir d'un repos bien mérité; un nouvel ennemi,
le Brésil, venait de s·emparer de !'Uruguay. La cavalerie argentine le for~a a reconnaitre, apres la bataille d'ltuzaingo, l'indépendance de la Banda Oriental.
Buenos-Ayres, la capitale de la République, est incontestablement une des villes les plus éclairées de l'Amérique espagnole;
la seule rivale qu'on puisse lui npposerest Santiago de Chili. Elle
püssecie une université avec toutes ses subdivisions en facu lté~,

une bibliotheque de 30,000 volumes et un observatoire. On y
remarque plusieurs beaux monuments, entre autres : !'Hotel de
Vi lle Cavildo; Recova, immense bazar avec arcades, la cathédrale et les églises de San-Francisco el de la Merced, l'Hótel
des Monnaies et le palais du gouvernement. Les ru~s, Lirées au
cordeau et se coopant toules a angle droit, la font ressembler, comme toutes les villes de l'Amérique, a un vaste échiquier. Comme luxe, Buenos-Ayres peut rivaliser avec Mexico et~la
Havaoe; les voitttres les plus élégantes s'y croisent en tous sens,
transportant de charmantes senoras vetues selon les dernieres
modes de París. Une des particularités de cette ville est que
tous ceux qui n'ont pas de voiture vont a cheval; meme les
mendianls.
Buenos-Ayrcs n'a p1s d'industrie spéciale; il luí suffit

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

!:~9~8~-----~--------~~~~~~--=-~==-;-::-:::::::::-::::=-::::::;;~;;-;-IH~~~~¡;;z-;~w~;;;i~~~~~;
•
e personne.
Hauts sont les pies, et ténébreuses les vallées, et noirs
1 . t'

erde leurs écus etde leurs épieux deValence. Ils laist tes mules et tous les palefrois pour m_onter sur le_urs
•~tre
l'entrepAt
g1néral
des
produits
de
la
République
'
Le
Paraguay
apprécie
a
situa
ion
m1eux
qu
'
d
'filé
f
d
L
F
.
de
u
e
et comme il a tout intéret a ce que !'Uruguay reste ré,. les rocbers, et les e s pro on s. es ran~a1s passent triers, et ils cbevauchent serrés. L~ _Jour est cla1r et
qui consis_tent en cuirs, viandes salées, laines, e~c., ~te.... publique inrlépendante, il s'occupe ae porter sournoise- ce jour-la dans une sombre tristesse. Le bruit de leurs ·nant le soleil. L'or de ces armures etrncelle et flamtout ce que l'on peut faire avec l'immense béta1l qm erre menl son effectif militaire a 40,000 hommes. 11 faudra pas s'ente~d ~e qui?ze lieues ! Mais ils appr~chent de la ,ie. Et, pour que ce soit encore_ plus beau, ils font
dans les vastes plaines, nommées Pampas.
mere patrie, 1ls voient la Gascogne, domame de leur
tir roille clairons.
n manque a Buenos-Ayres un bon port; .il n'a malcomp ravec lui.
,
seiimeur.
n
leur
souvient
de
leurs
fiefs,
de
leurs
tenbru·it
en est tel que les Franrais l'entendent. Olíd
Ent. _., le gouvernement (ran~ais vient de donner 1orv
beureusement qu'une rade fortdangereuse, ª cause es
'd
biens,
de
leurs
enfants,
de
leu.rs
nobles
_épouses.
d'it
·.··
&lt;
Srr'
e compa.,anon,.nous pourrons bien,J·e crois,
o
dre a son représentant de presser vivement 1a 11qu1 ar
,
sables, et aussi des Pamperos ou vents des Pampas. n a tion des vieilles dettes montévidéennes. Que va-t-il sortir II n'en est pas un qui ne pleure d'at~endr1sseu_ient.' voir bataille avec les Sarrazins. - Dieu nous la
parlé, dans le temps, de foads a v~ter pou_r 1~ cons:ruc- de tout cela?
A. :nE Losr~or.
Mais, sur tous les autres, Charles est plem d'ango1sse; donne! répond Roland. Nous devons ici bien nous
tion d'une immense digue. Co proJet se reahsera tot ou
il a laissé son neveu au p_ays ~'Espag~e, et les ~ouze oontrer pour notre roi. Il fa•1t pour son seigneur satard et doublera l'importance de la vílle.
~~
pairs, et vingt mille Fran~a1s qm ne cr~1gnent pornt la voir souffrir détresse, endurer le chaud et le froid,
La capitale de l'Uruguay, Montevideo, est tres-a;,m~mort. Daos sa douleür, il ne peut reten1r ses !armes. 11 isquer sa peau et sa tete! Que cb.acUD s'apprete a
geu~ement située sur une petite péninsule de ª rive
LA CHANSON DE ROLANn.
.s'acbemine vers la France, cacbant. sous so~ manteau rapper de grands coups. Qu'on ne puisse pas chanter
gauche du Rio de la Plata. Elle possede un ·port qui est,
son visage baigné de pleurs. Le duc Ne1mes, qui chevaucbe nous une vilaine chanson ! Le tort est aux paiens,
saos contredit le meilleur, sinon le seul de tous ceux
PotME DE THEROULDE
a son coté, lui demande:)&gt; Qu'est-ce qui vous afflige! » ~ cbrétiens Je bon droit. Jamais vous n'aurez de moi
de ces parag;s ; ceci lui constituerait une _supérior!té
Traduit par Alexandre de Saiot-Albin.
Charles répond : &lt;&lt; Daos un si grand deui_l, p~is-je ne auvais exemple ! &gt;) Aox.
considérable si jusqu'a présent les révolutions ne 1a« pas gémir? Par Ganelon la France se~~ detrmte. C'est livier monte sur un grand pin, regarde a droite daos
vaient empe~hée de tirer complétement parti_ de sa_ posi11.
&lt;&lt; lui qui m'a fait mettre_Roland a l'amere-~arde._ Il me allon touffu, et voitvenir la borde paienne. 11 appelle
tion. L'Uruguay est celle des provinces-UDies qm ª le
&lt;&lt; l'a fait laisser en unétrange pays! Mou D1eu! SIJe le and son compagnon: e&lt; Voici venir du coté de l'Esplus soutfert pendant la guerre de l'iu dépeo dance. S?n
LA BATAILLE.
&lt;&lt; perds, nul ne me le remplacera ! &gt;'. A~x.
e un grand tu multe. Que de blancs h1uberts ! que
territoire a été sillonné alternativement par les armees
Le grand Charles ne_ peut retemr_ ses !armes._ Cent beaumes flamboyants ! Nos Franc;ais vont faire ici une
· nes sans
Le ¡· our s'enfuit, la nuít arrive; Charles s'endort, \e
.
brésiliennes, espagnoles et b uénos-ayrien
', .
éfil , d mille Fram;ais s'attendr1ssent avec lm et sont P1ems de rencontre ! Ganelon le savªit bien, le félon, le traiId
ts
d
Art,
puissant
empereur.
11
se
voit
en
son
ge
aux_
d
es
e
.
_
compter les ravages qu'y firent les terri bl es so ª , . -,
d f~
frayeur pour Roland.
qui· devant l'empereur nous l'a. préparée ! - Paix,
Cisaire. 11 tiententre les main, sa lance de b01s e rene.
fas un libérateur comme l'on en a tant vu en Amerique ·
Marsille mande les barons d'Espagne, les comtes, vi- ·,er'. dit le preux Roland. C'est mon beau-pere : ne
'
1· ·
· ·
Le comte Ganelon la luí prend, la secoue et la hrandit
Aujourd'hui encore, l'Uruguay est 1_vre en proi~ ª, un
comtes et ducs et aumacours, les émirs et lesfils de séna- ri·en de luí. »
·
1
general
si fort r¡ue J·usqu'au ciel en volent les éclats. Charlesdort
libérateur · voila bientot dix-hmt mois que e
teurs. En trois jours il en rassemble trois ~ent mille. Il Olivier est monté sur un pin, d'ou il peut bien voir le
Flores a e~trepris de délivrer un pays qui ne se plai~t si bien qu'il ne s·éveille pas.
fait battre le tambour dans Saragosse. Il fait exposer ~ur ame d'Espaime et cette si grande troupe de SarraApres celle-la, il reve une autre vision. Il est en France,
l ,
v
nullement des exactions de son gouvernement · Le Préslla plus haute tour l'image de Mahomet : i n est paien .11 voit les heaumes reluisant d'or et de pierreries,
· b
· s ' asa chapel!P, a Aix.Un sanglier mécbant lui mord le bras
dent, M. Aguirre, est un fort honnete omme, qm ~ · u~ceque cette vue n'enllamme. Puis ils chevauchent.tous e11 les écus, et les hauberts ciselés, et les épieux, et les
·
t
tt t
droit. Du coté des Ardennes, il voit venir un léopard
dé a M. Berro d'apres les regles fi xees par ª cons I u iou.
grande bate; a travers la Cerdagne, et les vaux et les aoons au vent. Mais il ne peut compter les bataillons:
11 d
,. btenus par qui l'attaque tres-rudement. De l'intérieur du palais
Un paquebot apportela nouve e essucc.,so
monts. lis voient les gonfanons de France et l'arriere- ¡¡yen a qu'il n'en sait la mesure. 11 en demeure
¡
M t
s'élance un lévrier qui vient a Charles, sautant et bonle général Flores : il est maitre de tout e pay_s; 00 evid
¡·
earde des.douze compaenons.
bti au dedang de luí. 11 descend du pin et vient aux
t b
dissant. Il arrache d'abord l'oreille droite u sang 1er, v
v
deo inv&amp;sti de tous les cotés, ne peut tarder ª om er en
· d'
Le neveu de Maroille arrive sur un mu_let: &lt;&lt; Bea_u sire ~ais leur rendre compte de tout : « J'ai tant vu de
'
b
· t
d q e le puis se J. ette furieux sur le léopard. Lr.s Fran~a1s 1sent :
,
son pouvoir. Par le paque otsmvan , 00 appren u
roi, dit-il a son oncle d'un air joyeux, ¡e vous a1 tant ns que J. amais homme ici-bas n'en vit davantaa-e !
• ¡·
d
¡ t
e&lt; Quelle grande bataille ! )&gt; Mais ils ne savent qui la gav
général Flores s'est retiré a vmgt ieues a_ns. es . err,es;
, 11
serví! J·'ai eu pour vous tant de labeurs et de fatigues l j'ai en aceot mille a l'avant-garde, avec leurs écus, leurs
.
bl
d
fa
te
¡
n
y
a
gnera.
Charles
dort
si
bien
qu'il
ne
s'evei
e
pas.
Aox.
sa retraite n'est explica e par aucune 8 1 ' 1
livré tant de combats et remporté tant de victoires ! Ac- mes lacés, leurs blancs hauberts, leurs lancesdroites,
t
L'ombre a fui, et l'auhe blanche apparait. L'empereur
ul · ·
l
bruns épieux luisants. Vous aurez une bataille
Pas eu de combat. Le généra a rec e umquemen ~our monte a cheval et promlme un regard de fi erte· sur son cordez-moi pour ma récompense l'honneur d'abattre
avoír la faculté d'avancer de nouveau; saos dout e I11 ui
Roland. Je le tuerai de mon épieu tranchant, si Mabo- me il n'en fut J·amais! Seümeurs fran"ais, demanarmée : e&lt; Seigneurs barons, dit-il, voyez ces défilés et
v
x
•¡¡
de met veut m'assister. Je délivrerai toutes nos provinces aDieu le couraee
! Demeurez fermes et ne soyons pas
Plait de continuer la campagne.
,
1·
&lt;&lt;
ces
étroits
passages
.
a
qui
me
conse1
ez-vous
v
Fatigué de ce manége, le pays en a appe le au,x na ions
d'Espa"'ne depuis les défilés jusqu'a Durestant. Charles eus! » Et les Pranc;ais: &lt;&lt; Malheur a qui s'enfuit! Pas
· ,. ,. ¡ f ·
L
&lt;&lt; donner l'arriere-garde? )) Ganelon répond : &lt;&lt; A mon
o
•
voisines qui ont aussi tout interet " e aire cesser. es
d b
d · se tassera, ;es Fran"ais se rebuteront. Vous serez délivre de nous pour mourir ne vous fera défaut! » Aox.
'
1·
·
d
t&lt; beau-fils Roland. Vous n'avez point e aron e s1
•
ministres d'Angleterre, d,e la Répub ique argentme et u
de la guerre pour le reste de vos jours. » Le roi Marsillt Les pa1ens ont le grand nombre, dit Olivier, et il me
·
&lt;e rare vaillance. &gt;) A ce mot, le roi le regarde durement
Brésil ont otfert leurs bons offices pour essayer de reconlui en accorde le gant. Svn neven lui dit d'un ton fier, la le que nos Franrais sont bien peu. Compaimon
~t lui dit : e&lt; Vous etes un vrai diable ! Quelle mortelle
•
v
cilier les deux partís, les blancos et 1es colora.dos.
main wuverte du gant qu11 vient d'obtenir ; « Beau d, sonnez votre cor : si Charles l'.entend, il rame-•
..
Apres bien des pourpar1ers, 00 e·tat·t t 0mbe' d'accord &lt;&lt; rage vous est entrée au corps! l&gt;
sire roi, vous m'avez fait une grande faveur. Ch01s1ssezson armée. -J'a.,&lt;&gt;irais comme un fou! répond Ro'
d I f t
Le comte Roland,qui s'entend ainsi reléguer al'arrierel
sur les termes d'un traité tout a avantage u P us or ,
moi onze de vos ·barons: je combattrai les douze pairs de . Je serais perdu d'honneur en notre France. Je vais
·
·
d
d
garde, parle en chevalier : &lt;c.Sire beau-p_er,e, q_u_e ne vous
le général Flores. Amnistie, reconnaissan~e '.es gra,. es
France ! )) Fanseron, le frere du roi Marsille, répond to
t frapper de grands coups de Durandal; la lame
¡
,
dois-¡· e pas, d'avoir demande pour mo1 1arriere-garde !
militaires conférés par le généra1; 1es lffipots qu 1 ª
le premier : &lt;t Beau sir e neveu, vous et moi nous irons, iera sanglante J. usqu'a l'or de la garde ! Félons pa'iens
'd' '
e Mais le roi n'y perdra ríen, j'en réponds! 11 n'y perdra
levés pendant la campagne seront consi eres comm
, •nous la livrerons, cette hataille ! L'arriere-garde de la mal venus dans ces défilés: je vous les garantís tous
· l d ni
·t ni palefroi, ni destrier, ni mule, ni mulet chevauchab,e,
&lt;&lt; entrés dans le trésor nationa •n ; e ~us, on reconnai
!rrande armée du roi Charles, nous la détruirons ! &gt;1 AoL · amort ! )&gt; Aox.
·
t t a ni roussin, ni sommier, dont nos épées n'aient aupara- o
lui devoir une petite note de faux fra,s mon an
b
,.
Puis viennent tour a tour le roi Corsalis, rempli d'as- 'Yier reprend deux fois encore: (( Roland, mon coro·¡¡·
t d ·d
t
vant fait payer la valeur! » 11 drt encore a.son eau-pere:
500 000 piastres, soit deux mi tons e emt e no re
fi
·
tuce, Mauprimis de Rigaut, plus prompt a la course on, sonnez votre oliphant. Si le son en arrive a
'
·
·
&lt;&lt; Ah! misérable fils de race maudite ! Tu te gura1s que
monnaie. C'était lort convenable; neanmoms, toutes
qu'un cheval, l'émir de Balaguer, fier 6t de beau vis3.ge, es qui passe aux défilés, il viendra nous secourir
,
t
t le gant me tomberait des mains eomme a toi le ha.ton
.
b '"
réflexions faites, Flores n'y a pas trouve son comp e, e
fameux par sa bravoure, et qui serait assez no le su ses barons. &gt;J Et deux fóis encore Roland lui réil a demandé en plus que le ministere fut changé et devant CharleSl )) Aoi.
était chrétien. Chacun dita Marsille: t&lt; J'iraijouer m : «Dieu me garde de faire a la douce France cette
,.
· ¡¡
t&lt; Droit empereur, dit le baron Roland, donnez-moi
composé de telles et telles personnes ; " ce prix, con•
·
corps a Roncevaux : si je trouve Roland_, ce sera sa fi. ! Que nul homme vivant ne puisse dire que 1''aie
· bl'
l'arc que vous tenez au poing. Je suis bien sur au moms
sentait a laisser le président de 1a repu ique exercer
·¡ et celle d'Olivíen, et celle _des douze pa1rs ! Les F_ran pour des paiens ! Mes parents ¡· amais n'auront a
,
h ·
·¡ r10
que je n'aurai pas l'affront de le laisser choir comme 1
..
L'
y périront! »
· ce reproche. Q11and J·e serai daos l'ardente melée,
Paisiblement le pouvoir jusqu aux proc a_me_s e ec_ .ºs
t
advint
a Ganelon quand sa main re~ut 1e b'atoo.»
emM. Aguirre a refusé ce qu'il croyait contraire ª sa digm e,
b
d
L'aumacour de Maurienne, le plus félon du pays d'
pperai et mille et sept cents coups de Durandal, roa
·
d ·t h t
ti · e pereur rembrunit son visage, tou_ rmente sa bar e et_ tor
et il a eu le bonheur de voir sa con ui e au emen oue
Ar
¡
paene,
et
Turgis
de
Tourtelouse,
et
Ecremis
de
Vautern
épée que J''ai ceinte a mon soté. Vous en verrez
'd
sa moustache, et ne peut retemr ses 1armes. r1ve e
.,
dans uue réUDion populaire tenue a MonteVJ eo.
d ? L et Esturganz et son compagnon Estramariz, tous de
sanirlant ! Les Fran"ais sont braves, et ils frappe·
d duc r-ieimes qui dit au roi : &lt;&lt; L'avez-vous enten u e
v
•
D'autres médiateurs se sont présenté8 avec aussi peu e
'
,
félons et fourbes, et traitres, et Margariz de Sibille, ,aillamment! Et ríen ne sauvera ces pa'iens de la
· ·
t · &lt;&lt; comte Roland
est dans une grande colere. L arrieresucces: le ministre italien et Urquiza, qm eut autre ois
qui les dames sourient, et Chernubles de Mont-Ni
!, Aor.
· ,.¡·
A
t' d d' t
(&lt; "'arde lui est adjugée: vous n'avez baron pour Ia conla gloire de délivrer la repuu ique rgen me u ic a- e&lt; "'duire mieux. Trouvez-lui qui le seeonde t·1en. )&gt;
dont les eheveux balayent les talo ns, et qui porte P De que! reproche parlez-vous? dit Olivier. J'ai vu les
teur Ro3as.
L'empereur appelle son neveu Roland : &lt;&lt; Beau sire s'amuser un faix plus lourd que celui de quatre mnle
· s d'Espagne si nombreux que les montagnes et
De .,auerre lasse, le plénipotentiaire brésilien ª pré- ct neven J. e vais vous donner la moiti é de mon armee
· : 1·1s 1,'ont tous au roí Marsille promesses pareilles : «
lées, les landes et les plaines en sont toutes cousenté un ultimatum dont les terllles ne sont pas encore
'
f · · , l · con.dui·ra1· ma compagnie a Roncevaux. Si¡· e trouve R . Gr•nde est l'armée de cette race étranee ! Et nous
,
é
(( prenez-la, c'est votre salut. - ~e_n'en era1 r1en. m
,.
v
connus,· on sait néanmoins qu'il n'a pas éte accept, ¡et &lt;( dit Roland. Dieu me confonde s1· ¡e dé mens ma race., land, J·e Je garantís mort! Charles ne passera plus
squ'une bien faible compagnie! - Mon ardeur
que les relations diplomatiques sont rompues 1:ntre ª
·¡¡ ts F
· p
¡·our sans Je pleurer... Ne vous tourmentez point! M·
lecroit, répond Roland. A Dieu ne pla1se, ni 4 ses
., · ¡
d · ¡ · t &lt;&lt; Je garde avec moi vingt mi11e va1 an_ . ran~a1s. ~république et le Brésil. De l¡,. a a, guerre ec
aree
e
t
met
est
plus
fort
que
saintPierre
de
Rome
:
Fhonneur
niasesan.,"'es,queparmoi laFranceperde sa.,0-loire!
·
• (( sez tes défilés avec assurance; et, mo1 y¡van , ne cra1surtout commencée, il Y a loin; si ¡ on en cro,t ce qu ª
la bataille nous restera! Les douze pairs sont tous ju
mieux mourir que de supporter cette honte ! L'Em-

te

dit le président du conseil devant le sénat brésilien, le
l
t
gouvernement diamantin se bor_n_erait, pour .e ru_om_en~t,
a user de représailles. Le Bresll ª· de grandts rliltere
s
·t
dans l'Uruguay, surtout daos les departemen s imi ro· 1 d
d0 S
Phes de la province du Rio-Grande- • ur, oula Pus e
28,000 de ses nationaux sont établis; c'est de · surtout
.
que viennent les réclamat1ons.
D'un autre coté, il ne faut pas perdre de vue que la
·¡
·
· t· d
république Argentine et le Brési ont touJours_ Je e es
1
t
1
regards de convoitise sur la Banda Orienta ; 1. s saven.
·
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M
t
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l'importance d'un port tel que celm e
evi eo, qui
té
voit forcément passer tout ce qui entre dans 1es con r es
·
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de la Plata ou en sorl. L'Uruguay est la Belg,que u
·
· r t'•,.
nouveau monde· le Brésil peut Y voir aussi sa ron ii:re
'
d ¡• · l · ·
du Rhin, et l'on con~oit qu'il regretle e av01r a1sse
échapper en t828.

« gnez person~e ! ))

d · A1 · · · t
Le comte Roland monte silr son estrier. 111 se Jom
é.
t
Olivier son compagnon, et G rm, et 1e preux coro e
'
·1
,.
Gerer et Josse et Bérenger, et Jastor, et le vie1 Anse1s,
'
'
· b d G 'fi
et le fier Gérard de Roussillon, et 1e r1c e uc a1 er.
·
&lt;&lt; Par mon chef, dit l'arcbeveque Turpm, ¡·,·1ra1· auss1.· G ·
·
·
Et je vais avec vous, dit l_e ~omt~ . aut1er. : Je s_ms
l'homme de Roland, je ne lm do1s fa11lrr. » Et vmgt m1lle
chevaliers se désignent ainsi. Aox.
d
p
Le comte Roland appelle Gautier e Luz : &lt;&lt; renez
l
t
mille Franrais de France notre terre; occupez es mon s
•
,
d
et tes défilés si bien que l'empereur n y per e pas UD
d "
des siens. )) Avec mille Fran~ais de leur terre e r rance,
·
Gautier se J. elle sur les défilés et les monts. Si mauva1ses
d'
nouvelles qui arrivent, il n'en descendra pas avant avoirtiré aept centsépées.

Nous demeurerons inébranlables en la place. C'est de
nos bras que viendront et les coups et la mort! &gt;) Aor.
ALEX. DE SAINT-ALlllN.
(La suite prochainement.)

•

a· m"rt! Les Franr.ais mourront et la France seradése
nous aime davantage quand nous frappons
•
~
Nos e'pe'es sont bonnes et tranchantes, nous les fe
,
chaudes et vermeilles du sang de nos ennemis ! N
d est preux, et Olivier est sage : ils ont tous deux
vous ferons présent du royaume de France. Nous P
age étonnant! Des qu'ils sont a cheval et sous
dronsl'empereur Charles et vous le donnerons. LesF
s, ils n'esquiveront point la bataille ..:our
écb.ap"
"ais périront, et la Frauce sera honnie ! Le vi_eux Charl la mort. Les deux comtes sont braves, et leurs pa•
a la barbe fleurie, passera le reste de ses ¡ours dans &amp;~res!
deuil et daos la fureur. Avant un an, nous aurons P paiens chevauchent, animés ala vengeance: &lt;&lt; Ro.
la France et nous pourrons coucher au bourg de Sai dit Olivier, voyez : les pa'iens sont tout pres, et
Denis ! n
est bien loin de nous ! Vous n'avez pas daigné
Les douze pairs se sont réunis ·, ils menent avece Totre oliphant: si le roi était la, nous n'aurions
cent m1·ne Sarrazins qui s'entr'excitent et s'enflamme. mma.,ae. Regardez la haut, vers les défilés: vous
pour le combat. Ces pa'iens vont dans une sapiniere -Yétr oir dolente l'arriere-garde. - Paix! dit Roland,
leurs cottes de mailles sarrazines, Jacer leurs bons heau_ faire outrage! Maudit soit le creur qui faiblit!
mes de Sara¡osse, ceindre leurs épées d'acier vieDn018

C0MBAT DE L'0UED·DERMEL.

Camp de l'0ued-Dermel, 3 oetobre 1864,
La colonne commandée par le colonel de Lacroix,
du 3• tirailleurs algériens, a laquelle est venue se
joindre la. colonne du sud du colonel Séroka, apres
un assez long séjour a Bou-Saada, vint camper pres de
la fontaine, située vers la bouche de l'Oued-Dermel
(Foum-Oued Dermel), a quatre lieues du camp insurgé.
Le jour de son arrivée, elle eut une petite affaire avec
les insurgés, qui nous tuerent quelques chasseurs de
France; le 2, a midi enviroo, les cretes des I\1ontagnes et
les ravins qui entourent le camp, sur sa face occidentale, se couvrirent de fantassins arabes, qui ne tarderent
pas a venir nous attaquer de pres.
Quelques compagnies de tirailleurs et du 66• de ligne
habilement placées, et les grand'gardes ont eu raison
de cette agression. Malgré la vigueur avec laquelle elle
a été conduite par le ca'id Brahim, gentleman de BouSaada et membre du Cercle militaire avant sa défection,
- qui a été blessé daos cette affaire par un éclat d'obus, - le soir, quarante-quatre morts ont été recueillis
et transportés a Bou-Saada, ou les habitants de ce ksar
ont pu reconnaitre quelques-uns de leurs freres. Je ne
parle pas des morts et des blessés qu'ils ont emportés
en grand nombre.
Nous avons regretté de ne pouvoir faire razzia, a cette
occasion, sur quelques troupeaux oour améliorer l'ordinaire. Mais le 4 octohre, vers midi, nous nous sommes
amplement pourvus de viande de mouton. La colo1rne a
pris, daos cette journée, plusieurs milliers de moutons
ou de chevres, saos compter l'orge et le beurre enfouis
dans les silos.
L'ennerni est toujours retranché daos l'Oued-Medjedel, ou il est a l'étroit. Nous pensons en finir bientot
avec lui.
Pour ea;trait: P. PAG&amp;T.

LES

ALLINGES

(Haute-Savoie)
t

ET LE PÉLERINAGE DE SAINT-FRAN~0JS DE

SALES.

A peu de distance de la petite ville de Tbonon, - ancien chef-lieu de la province du Chablais, aujourd'b.ui
chef-lieu d'arrondissement, - surgissent, au falle de
deüx monticules escarpés, détachés de la chaine des
Alpes, d'immenses ruines féodales, reste du 'double chateau-fort des Allinges.
Ce site merveilleux, fréquemment visité par des touristes
profanes et par de pieux pelerins, jouit d'une célébrité
grande dans toute la contrée. Une tour de construction
moderne, haute et blanche, servant de clocher, s'élance
du milieu des décombres et annonce au loin la forteresse démantelée, enserrant l'oratoire d'un saint a qu¡
le catholicisme doit d'avoir reconquis sur le protestantisme le plus beau comme le plus fertile des cantons
lémaniques de la Savoie.
De Thonon, un chemin agreste, embelli par de fraiches prairies, des ruisseaux d'eau vive, les sources de la
Versoie - que la médecine songe a utiliser - et opulemment ombragé par des noyers et des chataigniers,
centenaires, conduit d'abord au village des Allinges,
commune et paroisse de la physionomie la plus rustique.
De la, apres avoir tourné le mont tout en le gravissant,
on pénetre, par une porte béante et croulante, daos
l'enceinte ravagée de l'antique fort. Les remparts se
présentent sous l'aspeét de rriurailles presque entier~ment éboulées, crevassées, pantelantes, couvertes de
ronces et de végétations sauvages.
Aucun batiment n'estdebout sur ces cimes ou sourflent
tous les vents,- surtout l'apre bise,-si ce n'est la chapelle et une maison, demeure des pretres desservants, ou
pour mieux dire, queteurs.
Au nord, on découvre Thonon et sa plaine, puis le lac
Léman, purs le canton de Vaud, et enfin la ligne bleuatre du Jura, formant fond de tableau..• d'un tableau Siliaissant.

Au midi, on embrasse du regard une partie du massif
des Alpes pénines avec leurs sapins, leurs roes, leurs
paturages d'un vert éclatant, et ce qui s'en détache le
mieux,c'est la croupe boisée du mont Hermone. Au pied,
sur le premier plan, des vallons aux luxuriants omhrages laissent entrevoir les villages de Fessy, de Périgny,
de Draillans et de la Rochette, semblables a des nids a
demi cachés dans d'épais buissons. Cette nature du
Chablais est essentiellement forestiere ... ou bocagere,
si vous aimez mieux. Elle fait penser aux toiles de Claude
Lorrain.
Je résume en quelques lignes une description qui,
pour etre complete, demanderait bien des pages, car,
ici, les sites exceptii:mnellement beaux et les lieux célebres ne se comptent pas.
Les deux sommets étagés du baut coteau des Allinges
portent chacUD une ruine. Il~ ne sont séparés que par
un tout pelit pli de terrain, ou un taillis s'est installé
saos fa~on, et qu'il n'est point facile de traverser.
Certains auteurs lo·caux peusent que les deux fiefs
jumeaux avaient des maitres différents qui, d'apres de
vagues traditions, étaient toujours en guerre, ou du
moins en état de rivalité; mais l'histoire n'en dit ríen.
Le nom des Allinges indique etfectivement la dualité.
Les chateaux rén.nis pouvaient contenir quime cents
hommes, garnison plus que suffisante pour ten ir en respect le Chablais. lis avaient titre de marquisat et ont été
l'apanage d'une illustre maison qui portait : de gueules

a la croia: d' or.
Le 14 septembre 1594,- c'est-a-dire soixante ans environ apres que les Bernois eurent introduit dans le
duché de Chablais le culte réformé, qui y régnait alors
saos partage, - a la chute du jour, deux étrangers,
simplement vetus et voyageant a pied saos aucun bagage, se présenterent devant la herse du chatean, qui
était plein de troupes et daos un formidable état de défense. Ayant décliné leurs noms, ils furent introduits
chez le baron d'Hermance, qui commandait les Allinges,
et pour lequel ils étaient porteurs de trois lettres de
recommandation. L'un de ces voyageurs, agé de vingtsept ans, avait une physionomie douce, reveuse, et l'allure bénigne : c'était Fran~ois, fils du comte de Sales,
gentilhomme savoyard de haut parage. L'autre était
Louis de Sales, son cousin. Tous deux avaient embrassé
par vocation l'état ecclésiastique, le premier, au grand
regret de ses parents.
Le baron re~ut avec joie ces visiteurs des qu'il eut pri~
connaissance des lettres dont j'ai parlé : l'une émanait
du souverain (le duc de Savoie), l'autre de l'éveque
d'Ann1Jcy, dit de Geneve, et la troisieme du comte de
Sales. Comme il s'agissait alors de la conversion du
Cb.ablais, définitivement abandonné a ses anciens maitres, ie duc ordonnait au gouverneur de la province de
preter aide et assistance aux missionnaires de bonne
volonté qu'il leur dépechait. L'évéque le priait de les
protéger; quant au eomte de Sales, il suppliait M. d'Hermance, son ancien ami, d'empecher que son fils et son
neveu ne s'exposassent, par exces de zele religiet.U:, a de
trop grands dangers.
Le gouverneur, catholique de creur et d'ame, n'avait
nul besoin de recommandation pour étre favorable a
une entreprise qu'il avait appelée de tous ses vreux. Il
félicita les deux pretres, les invita a souper et leur dom1a
UD appartement dans le redouté chatean. Le lendemain
matin, on célébra la messe,- ce qui n'avait pas eu lieu
depuis bien des années; - ensuite le baron fi t visiter a
ses botes la forteresse et ses moyens de défense. Les
ayant conduits sur la terrasse, bordée de cano11s qui
mena~aient le bas pays, il leur dit : - Nous n'aurons
pas besoin de tout cela si les calvinistes peuvent se résoudre a vous 011ir. Et cette parole peint on ne peut
mieux la brutale intolérance de ce convertisseur canonnier.
Pendant qu'il parlait, Frangois de Sales, accoudé sur
le parapet, restait abimé dans une coatemplation douloureuse; il découvrait de tous cotés, dans la campagne,
des croix renversées, des couvents et des églises en
ruines; enfin, n~us dit-on, il se prit a pleurer et s'écria :
- Seigneur ! les peuples ré-Yoltés contre vous et contre
tiotre Christ sont entrés daos votre héritage; ils ont profané vos temples, abolí votre culte, ruiné votre sanctuaire. Levez-vous, Seigneur'. Jugez vous-meme votre
cause, mais jugez-la dans votre misérieorde. La réfutation d'un pareil langage serait bien facile, mais nous
ne voulons ni ne devons faire ici de la controverse reli•
gieu.se.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

301

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

300

PLAZA VLEJA, A VITTORIA.

Al.GÉRIR. -

ÉPISODE DE

u

DÉFENSI&lt; llU

cu,r DR L·ouED-DliRMEL, PAR

LE 3• TIRAILLEURS. -

D'aprés

Ull croquis

de M. E. Caillot.

l

Une autre version prete ce
laogage a celui qui a été
décoré du titre d'Apótre du
CJ¡ablais: «Voila done comme
le Seigneur a arraché la baie
de cette vigne autrefois si
chérie; voila comme il a
détruit tous les murs qui la
déíendaient; elle est exposée
au pillage et foulée aux
pieds... O Chablais! O Geneve ! O Jérusalem ! convertissez-vous au Seigneur votre
Dieu. »
Nous préférons, quant a
nous, cette version a l'autre'.
Si c'est le Seigneur qui a tout
fait, pourquoi attaquer les
Cbablaisiens et les menacer
ducanon? N'est-ce pas agir·
oootre l'reuvre meme de Die u?
Les deux cousins commeneerent immédiatement, d'apres les conseils du baron
d'Hermance, par ouvrir une
mission a Thonon. lls s'y
reodaient a pied quelque
temps qu'il flt, cbaque ma1io, ne portant qu'un ha.ton
et un sac dans lequel étaient
no bréviaire,- bien étonné
de se trouver en compagnie.
d'uoe Bible. - Le soir, par
précaution, les convertisseurs
reotraient aux Allinges et y
coucbaient.
lis eurent a surmonter de
grands obstacles, a vaincre
de vives répugnances, et
,~yant bien qu'attaquer de
frontle culte établi, c'etit été
s'eiposer a un écbee com~e~ ils procéderent par les finesses, les feintes,
les roses, les équivoques, et le saperent a petit
bruit, daos l'ombre, jusqu'au moment ou le prince,
Tiolant ouverlement le traité de Nyon, qui garan ·
lissait la liberté de conscience dans le Chablais,
preta a ses envoyés l'appni d~ la force militaire.
0n a reproché au quiétiste Fran~ois de Sales, a

liGLISR !JE P.HiCOl\110.

VIA IJUC APHKS MII\ANllA.

V!LLAGE DK l'ANCORllO

VIADUC DE PANCORJIO.

TUNNEL IJE PANCUl\llU.

!'ami de Mm• de Chanta!,
au doucereux apótre, de
tricher au jeu. Oans !'affaire
de la conversion du Chablais et du pays de Gex, il
fut fidele a ses habitudes
de joueur. Pendant qu'en
France Henri IV accorclait a
ses coreligionnaircs l"édit de
Nantes, l&lt;'ran~ois de Sales,
jetant en fin le masque, obtenail de son souverain l'expulsion du clergé proteslant,
et luí faisait déchirer un
trailé qui l'avait mis en
pcssession d'une province.
L'apótre écrivait ceci au
duc, entre aulres cboses :
&lt;( . .... II importe beaucoup
qu'eq obscrvant les articles
du lraité de Nyon, et laissant
la liberté de conscience a
ces peuples, vous favorisiez
principalement et ahsolument les catholiques. » Ce
conseil blesse les plus vulgaires notions de l'équité.
A en croire les hagiograpbes,
nos missionnaires eurcnt a
affronter mille périls, aévitcr
mille embuches t::ndues par
les protestan Is. Nous n'avons
pas besoin de dire que ces
assertions sont empreintes
d'une exagération manifeste.
L'bistoire des cxpéditions
di urneset nocturnes des deux
de Sales nous entra,nerait
trop loin. Et nous ne vouluns pas memela résumer.
Pendant que !'Apdtre du
Chablais rompait des lances
contre l"hérésie;lson pcre lui écrivait pourjle dissuader
de poursuivre cette reuvre ardue, lui disant qu'il fallait, en désespoir de cause, &lt;&lt; contraindre ces peuples
a recevoir la foi par la seule bouche /tu canon; » mais
le jeune lévite ne voulut point déserter sa táche,
resta sur la breche, et bientót l'ancien culte fut
rétahli per fas et ne.fas.

I\UlN~S OU CliATEAU 1J'ISAl!b1LE JI,

�L'lLLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

303

L'ILLUSTRATION, JOUtlNAL UNI-VERSEL.
son chreur fermé par des grilles de fer, et au-dessus du- plus anciens romanciers ne nous le peig11ent paaLa chapell e, lieu de pelerinage tres-Créquenté, est
un jour plus favorable. Ecoutez-les :
80lls
d'ailleurs fort peu remarquable. Le chreur oflre quelques que! eslle dome, avec ses sculptures, ses colonnettes, ses
Ce fut malgré tui qu'il épousa Chimene; quand le .
traces de fresques, et on exhibe, sous un globe, le cou•• pendentifs; une vi~ion; elle a sa sacristie; un musée Alphonse exigea de lui ce mariage, il avait quar~
rempli des cbefs-d'reuvre de Murillo et du Greco, sa salle
vre-chef du bienbeureux.
de Juan Cuchille, qui ne contient qu'une chose : un quatre ans, et il était veuf, - j'en demande pardon l
Le petit et modesle temple, éclairé par des ouvertures
coffre retenu au mur par des crampons de er : lourd, la peésie, mais qu'elle s'en prenne, de tout ceci, al'Jii&amp;.
en forme de croix, porte sur sa fa~ade deux tablettes de
profond. Arretez-vous devant cette malle en bois ver- toire. « Seigneur, fait dire au Cid la Cronica rimada,
marbre ou sont deux longues inscriplioIJS latines dont je
vous m'avez fiancé contre ma volonté, mais je jure Plr
moulu, aux ais effondrés : c'est le Cofre del Cid. Vous en
vollS fais grace. L'un d~ ces échantillons d'épigraphie
le Christ, que je ne verrai pas cette femme avant d'~YOi
cléricale oflre le millésime de {836, date de son inau- savez l'histoíre, ou plutot la légende.
Le Campeador, manquant d'argent, fit venir en sa mai- remporté cinq victoires en bon combat. l&gt; 11 tint Parole.
Une autre fois, les vassaux du roi Alphonse t·accuae..
guration.
son, - la maison du Cid existe encore a Burgos, - l'usuCertain dévot personnage, qui s'est caché sous la dérent du meurtre de son pere : le roi fut humilié t ce
rier le plus honnete qui se pul trouver; c'est ce coflre qu'il
nomination de l'Ermite de Bange, a publié,a.Annecy, une
point que les chevaliel'1'1 castillans lui firent jurer, en1rt
oflrit aujuif pour nantissement, avec défense de l'ouvrir
petite brochure intitulée : Pelerinage aux Allinges ; en
leurs mains, qu'il était innocent de ce crime. Dans 80I
avant que lui, le Cid, n'eut remboursé la somme emprunvoici un extrait qui complétera cette trop courte notice :
indignation, il s'adressa a calui qui, plus audacieux que
tée. L'usurier y conseotit. - Remarquez que leschroni1&lt; Environ cent ans apres la mort de saint Fran~ois
les autres, avait exigé ce serment, a Rodrigue :
ques ne tiennent jamais compte des invraisemblances. &lt;t Tu as fait mal, ó Cid, de me faire jurer une telle
de Sales, c'est-a-dire au commencement du dix-huitieme
Quánd le Cid eut ten u ses engagements et payé lasomme,
siecle, le roi Victor-Amédée JI fit démolir la forteresse
chose, car, plus tard, tu devras me baiser la maiu.
on souleva le couvercle du coffre : il était plein de sable
des Allinges, et les matériaux furent vendus. La cba- Baiser la main du roi n'est pas pour moi un honneur.
et de cailloux. Le Campéador vit, dans un geste du juif,
- Éloigne-toi de mes terres, mauvais cheulier, a
pelle, on ne sait comment, demeura debout, environnée
comme un regret rétrospectif de son imprudente conet couverte de décombres, et exposée a toutes les inj ures
n'y
retourne pas d'aujourd'hui a un an.
fiance : - Que craignais-tuY dit froidement Bivar; ne
- Cela me plait, dit le Cid, que le premier ordre qae
du temps. Un siecle plus tard, a. l'époque de la Révolucontenait-il pas l'or de la paro/e du Cid?
tu me donnes soit celui de mon exil : tu m'ex1les pou
tion fran~aise, quelques vandales du philosophisme et de
Puisque nous voyageons avec toute la liberté, tout le
l'impiété l'aper~oivent et frémisst:nt de rage. L'ordre est caprice du touriste, faisant halte ou il nous plait de nous un an, je m'exile pour quatre. »
Lorsque le roi entendit cela, il dit : « Celui-ci n't11
donné de la raser entierement. Les hommes chargés de
arreter, permettez-nous de vous parler de ce fameux
cette inique mission arrivent sur la colline. A l'aspect Rodrigue Diaz de Bivar, de ce héroi- de l'Espagne; peut- pas un homme, mais il a la mine d'un démon.
C'était un terrible homme, en effet, que Rodrigue Dial
de ce monument religieux auquel se rattachent de si etre n'aurez-vous pas perdu votre temps a nous lire.
de Bivar, le premier de ces soldats indomptahles dn ODdou:c sm.wenirs, une foru surnaturelle semble enchafner
Le Cid était, au seizieme siecle, un des saints involeurs bras; ils s'en vont sans avoir osé toucher cet édi- qués du peuple. 11 faisait des miracles : la légende avait zieme siecle, toujours a la tete de leurs bandes terribles,
fice; mais effrayés par les menaces de ceux qui les sanctifié Rodrigue. Le Campeador, toujours en armes, ne reconnaissant ni la religion du Christ, ni la loi de laavaient envoyés, ils reviennent a la charge et se dispo- vei\lait, disait-on, couché au fond de son tombeau, dans homet, ou plutot les acceptant tour a tour, vivaiit de la
sent a renverser la cbapelle, guarid tout a coup un orage l'église de Saint-Pierre de Cardegne. 11 arriva un jour guerre et du pillagc, et ne relevant ni de Dico, ni a
roí, mais de leur épée. Voulez-vous encore un trait dece
des plus tet'ribles les disperse et les force a renoncer a
qu'un juif entra dans réglise, pour voir face a face ce
cette entreprise. Des lors ce projet odieux ful oublié et Campéador si redoutable. L'église était déserte. « Voila démon : je le prends daos un romancero du ldooziae
la chapelle demeura, comme auparavant, en hutte aux done, dit-il, ce Oiaz, dont personne, tant qu'il vivait, siecle.
Le Cid suit le roi Ferdinand a Rome, ou il "
iotempéries des saisons. La voute était ~urchargée, dans n'osa toucher la barbe. Si je la prenais a présent, que
toute son étend11e, d'un tas de décombres qui avait on1e me ferait-il, ce héros endormi depuis cinq siecles dans rendre hommage au pape. Daos l'église de Saint-Pierre,
pieds d'épaisseur. On a peine a coroprendre comment son cercueil?i&gt;Le mécréant s'approcba done du Campea- ou il entre avec son souverain, se dressaient les se,t
trónes des sept rois chrétiens. Le trone du roi 4e
elle n'a pas été écrasée sous ce fardeau. »
dor; mais au moment ou il étendit la main sur cette
Enfin l'oratoire fut déblayé, restauré et restitué au barbe vénérée, le Cid se saisit de son épée, et tira, comme Fra.nce était d'un degré au-dessus de celui du roí d'llculte en i836, comme il appert de !'une des inscriptions aux jours de combat, l'invicible Tizona hors du fourreau. pagne. « Le Cid alla a relui du roi de France et leraversa d'un coup de pied; puis il prit le trone de son ni
de la fa~ade, le l 4 septembre.
Le juif tomba a la renvel'!-e comme foudroyé d'une telle
et le posa sur le degré le plus élevé. Un duc Honoré,ct
C'est en mémoire de cette restauration que l'on céleapparition ; revenu a la vie, il raconta le míracle et
bre, chaque année, un triduum avec indulgence plénicre se convertit a la foi catholique. Apres un tel prodige, luí de Savoie, lui dit alors : u Soyez maudit, Rodri&amp;lt,
et excommunié par le pape, parce que vous avez déslleles i4, 15 et lGseptembre.
et bien d'autres encore, le roi Philippe II, répondant au
noré le meilleur et le plus noble des rois! .,, Quan,11
Les cérémonies religieuse~ et les processions autour
vreu du public, fit demander la canonisation du CamCid
cut entendu ces paroles, il répondit ainsi : • Lait
de la montagne, sous les chataigniers, attit'ent un grand
peador aupres du saint-siége, et quand on retira de son
sons
la les rois, duc ! Si vous vous sentez offen!lé, terlinombre de pelerios.
ALl'RED DE BouGY.
cercueil le héros chrétien, on le trouva enseveli dans ses
nons i'affaire entre nous deux. 11 s'approcha du dacfl
vetements arabes.
tui a.sséna un violent coup de poing. Informé de ce~
c·est qu'en effet le Cid, - notez qu'il porte un nom
s·était passé, le pape excommunia le Cid. Quand ~
arabe, - avait été, peodant sa vie, aussi musulman que
LE CHEMIN DE FER DANS LES PYRÉNÉES.
gue le sut, il se prosterna devant le pape: u DonneHli
chrétien, et avait passé les plus vaillantes .années de
l'absolutioo, pape, sinon, vous me le pai~rez cher. -u
sa jeunesse au service des rois mabométans de Sapape, en pere clément, tui répondit avec beaucoÍlp ■
Nous voila arrivés sur le platean de l'Espagne: A par- ragosse. Pendant que la chronique espagnole s'emparait modération : ti Je te don ne volontiers l'absoluúon, 11
tir de la, l'Alava et les Castilles vont dérouler devant trop tardiveroent de son personnage, pour bien juger j'espere qu'a ma cour tu seras courtois et tranqoille.J
nous leurs panoramas dfl cités pittoresques. C'est un sa personne et sa vie, des Arabes, ses contemporains,
Jly aloin dece CidauRodriguede GuillendeCastro.•01
immense musée de vieilles villes du moyeu age que écrivaient son histoire. Les premieres notes, les premiers homme, le fléau de son temps, a dit l'auteur arabe, tlll.
cette Espagne. Parcou.rez-la. dans toute son étendue, renseignements biograpbiques, viennent d'eux : on les par son amour pour la gloire, par la prudei\te Cel'911l
des Pyrénées a son Guadalquivir, de Valence a Ba- trouve dans lbn-Bassaro; elles sont curieuses a relever. de son caractere et par son courage héroique, oA ..
dajoz, plus que tout autrc pays du monde, elle montre, « Tel était, dit !'historien arahe, en réclamant son héros miracles du Seigneur. )1 C'est cette vaillance qui ••
orgueilleuse de son passé, ses cités pienses et guerrie- avec orgueil, tel étaitce chef terrible, dont la vigtoire sui- fait un béros populaire. Les jongleurs Pt les polll
res. Voici Vittoria, avec ses larges places, ses portes ma- vait toujours la banniere, qui triompha des barbares do moyen a.ge se sont emparés de éette gloire guerrilll
jestueuses, les vastes fa~ades de ses palais aux fenetres (des cbrétiens) a diflérentes reprises, qui combattit leurs La poésie a imposé silence a l'histoire. Suivant l'ialf
armées de grilles, et ses églises gotbiques. Miranda est chefs, tels que García, surnommé par dérision Bouche- changeante que chaque époque donne a ses héros,leal
plus loin, avec son chatean et ses murs qui l'enserrent Tortue, le comte de Barcelone et le fils de Ramire, s'est métamorphosé insensiblement. Soldat terribleaa•
dans leur triple enceinte. Le chemin de fer a jeté un qui mit en fuite leurs armées et tua, avec s'&gt;n petit nom- zieme siecle, gardantencore sa raideur ausiecle
immense viaduc de l'une a l'autre des rives de l'Elbe; il bre de guerriers, leurs uombreux soldats. »
s'épurant, s'ennoblissant avec les époques plus
Voila un puissant auxiliaire pour les Arabes: la nature
entre par un tunnel a Pancorho, que deux chateaux
plus nobles : type complet du temps ou on le chante
maintenant en ruines défendaient autrefois; il atteint de ses alliés séyait, du reste, a la nature du Campeador. des pocmes succes.~ifs; plus tard, loyal serviteur
Briviesia, entourée de ses murailles; la locomotive (role « On étudiait, ajoute lbn-Bassam, les livres en sa pré- son ro1, bon chrétien, rendant graces aDieu de ses
dans son •ol Quintanapalla, pauvre village qui vit, dans sence, on tui lisait les faits et gestes des anciens preux res; plus tard encore,génére1u, loyal, avec toute la
son humble église, le mariage d'un roi d'E~pa~e,-Char- de l'Arabie, et, quand on fut arrivé a l'histoire de Mo- rosité et la loyauté de l'Espagne du quatorzieme si
les 11,- et d'une niece de Loui~ XlV. Nous voici a Burgos. hallab, il fut ravi d'extase, et se montra rempli d'ad- au siecle qút suit, le modele de la galanterie castil1
Burgos, la capitale de la Castille, avant que Madrid miration pour ce héros. &gt;&gt;Quel étaitceMohallabY Un sol- beau diseur et amoureu~ comme les persono
n'eut éteint en elle la s1iprématie de toutes les villes es- dat rusé, qui ava1t pour surnom le Menteur. U agissait Cervantes. Le Cid n'est pas un homme, c'est un
pagnoles, n'a pas, i1 est nai, comme Saragosse, Tolede d'apres ces parole~ du prophete, qui disent : • Chaque Son hiRtoire est celle de l'Espagne, qui s'est peinW
ou Cordoue, cette physionomie du passé que le temps a men!\Onge sera compté pour tel, a l'exception de trois : son héros favori. Le peuple anglais s'est nommé loi
laissée a ses sreurs de l'Aragon, de l'Andalousie ou des le mensonge que l'on fait pour réconcilier deux per- John Bull, et le peuple fran~ais Jacques Bon
Castilles: mais elle a sa cathédrale aux fleches tailladées sonnes qui se querellent, celui de l'ilpoux envers son mais c'est la une simple dénomination; le
en scie, brodées et festonnées; avec sa tour, ciselée dans épouse, quand il lui promet quelque chose, et celui du sa vie écrite en un poeme tour a tour guerrier,
ses moindres détails, et son magnifique portail, fouillé, capitaine en temps de guerre. &gt;&gt;
valeresque et amoureux, en une légende dans 1
Voila le Cid des historiens arabes, celui que la Coi
décoopé comme une dentelle. Un peuple d'arehanges,
il se reflete a toutes les phases de la civilisation de rois, de moines suspPndus a. ses flanes, fourmille dans aucune religion, que le respect pour aucun pou- gloire de l'Espagne.
sur les bas-cotés et les pilastres, comme les légions di- voir n'arrete dans ses fureurs. Est-il done odieusement
Pardonnez-nous cette digression historique, et
vines dans la cité de Dieu ; elle asa porte en bois sculpté, transformé par les écrivains musulmans, ce héros de nant, en route pour Madrid.
H. wvOIJ.
qui clonne 1111' le doltre, un illcomparable chef-d'reuvre, l'&amp;,pagneY Non, il est vrai, soyez-en sur; du reste, les

soi•

4

COURRl&amp;R DX LA IODK KT DX L'IJDUSTRII.
1.,e5 rob~s que l'on portera le plus volontiers, désor191Í9, en biv~r comme e~ tou~e saison, sont celles diles en
~ de I Inde. Un etabhssement de premier ordre
le eo,,iptoir des _Indes (i29, boulevard de Sébastopol):
appetant a son a1de les plus charmantes dispositions de
•-~, a su donner un attrait inconnu jusqu'ici a cette
"'°reuse _étoffe, et l'usage de ce nouveau genre de
perie, qm ne le _cede en rien au tafletas le plus riche
et qui coüte un pr1x beaucoup moindre,
'
Ne trouve plus aujourd'hui de cruelles.
Ah! les belles variétés de robes dºautomne, les ravis•ts foulards a fond hlan.c, a petits dessins de toutes
Dllllces, que nous avons admirésau Comptoirdeslndes!
sans parler d~s corahs, des bandanos et des riches
eaehe-nez destmés a messieurs nos maris! On vous en
es¡,édiera, sur demande, les spécimens ou les écbanlilloDS le,s plus attrayants. (Nous parlons des foulards.)
Poor I ornementat,on des robes et des confections
d'biter, on emploiera princi~alement, cette annéc, les
dlalDll'ures et la passe_menter1e. Les garnitures artistiqaes e~ perles de corail et en perle~ d'acier, celles surtoot ~u1 sortent des !°agasins de la Ville de Lyon, passeaent1ere d? S._ M. l lmpératrice Eugénie (6, rue de la
(liaossée d Antm), ne peuvent manquer d'obtenír un
gr¡nd et légilime suc1-es.
Comme
primeur
pour la sailOlld'autom
oe, la Villt
•LiJon oflre aox belles étrangettS qui visittnt París,
eta nos Parisiennes elles-memes,
la ceioture
&amp;l■te, en
tres - large
rabaon°RO,
~é d'un
dlilé neigeuxse drapanl autour
• 1a taille,
!lit oouant
derriere par
un rbou relOmbanl en
1rois pans;
- pu1~ CI'.
IODI de lreslarges cemlatts en ruhn d'or, rappelaotde
loincellesde
•~pirants de_ 1~ marine;- puis des boucles en écaille,
• aaer _et en Jais, pour les hautes ceintures en roban
P'OI gram; - puis des gants Récamier s'enfilant
une mitaine de peau, sans bouto'ns ni man' - et enfin, le gant Joséphine, qui n'a pas de
~ le long du petit doigt, et qui moule a ravir le
'81gnet et la main tout entiere.
Yeilr:s', la Vi/le de Lyon, a qui l'on doit toutes ces mer. , n est pas pres de déchoir de sa haute réputation
1 llllle~ent acquise : elle sait la conserver, et y ajoute;
~eJour un nouveau lustre, par le bon gout qui dislllgae aes produits, et par l'activité qu'eUe déploie pour
• créer de nouveaux.
L'activ1t· é ! c'est la,, en effet, un des é!éments essen111a
• , : progres, ,. et ~ est surto?,t en m_at1e~e de toilette
Alllli ~ce qu 1I n est pas d mnovation msignifiante.
tlaee la Cemture-Régente de M11. . de Vertus a-t-elle sa
leQsetmat:'lºé~ dans touÚ: Rev1Je de la ~lode. _Bannissons
l1111re el~t1que, la pahssade de haleme, s1 contraires
ti.Me hygieoe, pour porter laCeinture-Régente qui a le
-.; a,antage de mettre en relief le talent de notre
et de n_o~s dégager les banches ainsi que la
6e&amp; • ~tte mmiature du corset ne se trouve que
~ames qui l'ont inventée (3i, ruede la Chaus~ti~); elles _n'en ont établi de dépót nulle part.
~ é Co,s, a la promenade, au bois ou au théatre, j'ai
quelque dame du monde, et le zéphir m'a re1161
ie a¡~~om d,e tel ou t~l_par_fu~enr en réputation. Celui
._. , el !11 ª poursume amsi pendant une soirée en11'11· c éta1t aux ltaliens, il est vrai, et c'est la surtout
lrouve rassemblée la haute clientele du fournis-

=

.,.:re,
._,lea

seur des reine~ et des princesses de l'Europe. Mai5 l'espace
11:1~ man~uerait pour énumérer seulement ici les compos1t10ns s1 nombreuses et si variées dont la. fée Beauté a
donné le secreta Rlmmel (17, boulevard des ltaliens¡.
U~e tell e no~enclature donnerait le vertige; il faudrait
avo,~ recours a quelque cordial pour le fa,re cesser. En
pare1I cas, quelq_uos gouttes d'eau de Mélisse produisent
un bon, effet,. et 11_~st prudent d'en avoir toujours un
flaco u a sa d1spos1tion. Mais il faut ici encore choisir
son fourniss~ur : 1I en est qui v~ndent des'produits
ayant la méhsse pour base, mais ne possédant auca.ne
des vertus de l'eau de Mélisse des t:armes de Boyer
(i4, rue Taran'ne). Celle-ci est d'assez vicille noblesse car
11 n'y a _µas moins de deux siecles que les Carmes la mi~ent
en lamiere sous le patronage de leurordre et de teurnom.
Elle _ren~, dans l'apoplexie, dans les maladies des vo1es
resp!rato1res, dans une multitude d'aflections enfin des
s~mces dont la médecine elle-rueme a recon~u l'efficac1t~ :_ elle guérira vos vapeurs et vos vertiges, elle les
prev1endra, pour mieux dire; que puis-je ajouter de
pIus apres cela?
~ous n'arrivons que trop tot a cette période tranchée
qui nous condamne a jouer le role de spectatrice dans
les fétes du monde, et il ne dépend que de nous de retard~r, cette h~ure fatal e. Oes qu'un pli accusateur
se _revele au v1sage, aussitot qu'un fil argenté s'introdmt dans une tresse blonde, et surtout urune, - comme

. Prim des p!aces :

Premieres. . . . . . 700 fr.
Secondes . . . . . . 400
S'adresser, pour passage, fret des marchandises des
especes,.et pour tous autres renseignemeots :
'
A Paris, au bureau spéollll de la Compagnie, t2 boulevard des C~rmcmes (G_rand-Hotel) ;
'
Au Havre,a. MM. Wilham lselin etc• agents ·
A New-York, a M. Geo. Mackenzie, Broad~ay.

1:

~--,,-_-

Nous donnons ci-contre la vue d'une des rues principa!es de Grasse (Al pes-Maritimes), ou est installée la fa~r.1que de_ri~rfums de M. L.-T. Piver. Nous n'avons pa.s
a ms,_ster ic1 sur cet éta,blissement, qui peut etre classé
parmi les gr~ndes usines de l'iudustrie fran~aise; il nous
suffira de d1re que la science du préparateur et les
moyens de _fabrication dont il dispose, ajoutent encore
a !ª réputat1on des produits qui sortent de son laboratoire ;_ réputation qui justifie le mouvement incessant
des cmq ~aisons de dét~il que possede, a Paris,
M.-L. T. P1ver, et de son importante maison de Londres, Regent-Street.
~

LES S&lt;EURS

MARCHISIO.

Nées a Turin, elles ont grandi ensemble, elles ont
fai t leurs
études musicales dans
lamémeécole, elles ont
débuté le
méme jour,
en t 857, sur
le meme
théatre et
dans le meme ouvrage. C'était
Matilde di
Shabran, ou

FABRIQUE 08 PARFU\1S n¡¡ L.-T. PJVER, A 1:IIASS~ (Alpes-.llarit,mes.

un juste ~hatime~t, sans doute, de nombreux péchés de
coquetter1e, - ,1 convient de s'adresser a M. Guislain
(H 2, rue de Richelieu), qui a le secret de l'Em, de /q_
Fl~rifL:,. et qui fera tout rentrer daos l'ordre. Ce n'est
pomt
t .
. 1c1, une emture ~our !es cheveux que je vous propose• e est ~e eau b1enfa1sante, cornposée des sucs de
plantes exot,ques: elle rend leur couleur naturelle
aux tresses qui l'ont en partie perdue, et leur donne, en
outre, une v1gneur de seconde jeunesse.
A. DE c.
~ --COMPAGNIE &amp;tNIRALE TRANSATLANTIQUE

••me• po1ta1 tren~
EN1'aE I..E RA.WRE ET NEW-YORK
l~I ISCALS

Pal' lu 111af11',4quu paqiubot, tl rouu

W&amp;sa.u;GroN, capitaine A. Duchesne, de 5,600 tonneaux de déplacement et 950 chevaux de force
LAFAYETIE, capitaine A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
de deplacement et 950 cbevaux de force.
. Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit
JOurs, tant du Havre que d!l 1'ew-York.
Les prochaim départs auront lieu comme mit :
DU DAVRE;

Steamer Wa.~hington. Mercredi i6 novembre.
Lafayette.... Mercredi i4 décembre.
DE NEW-YORK :

Steamer Lafayette.... Mercredi 9 novembre.
WaMington. Mercredi 7 décembre.
UJflJIJeUe.... Mercredi 4 janvier i865.

Carlotta
remplissait
le role de
Matbilde, et
Barhara celuí d'Odoardo. Leur
succ/os fut
hrillant, et
elles jouerent succcss i vt&gt; me n t ,
daos le cours
de cette saison, - toujours a Turin, - llfos~, Guglielmo Telt, Jl
Trovatore,
Semiramide,

'nfm t f t
II
ou l'union
, i e e r:i erne e de leurs voix donne un si grand
char~e au duo du second acte. Elles contracterent
ensuite, sans se. séparer jamais, des engagemeuts
avec les. entrepr1ses tbéatrales de Venise' Trieste '
Ale~andr1e, Rom~, Parme, Milan. Méry, voyageant en
Itah~, le~ en~end1t, et tes applaudit avec transport dans
Semtramtde; 11 parla d'elles avec enthousiasme a M. Alp~onse Royer, le directenr d'alors, qui envoya aux deux
v1_rt uoses deux. pté11ipotentiaires' i\lM. de Nuitter et
D1etsch. Le traite fut co:iclu a Alexandrie et c'est . .
. a pu en ten dre, en 1860, Sémiramis,
' élégamment
ams1
que Pa. r1s
t~aduit~, éleg~mment chantée, et mootée avec tout le lnxe
d un theatre impérial. Oepuis, les deux srelll'!, Marchisio
ont chanté ~n Italie, en E~pagne, en Angleter~e, en Allemague, et ~usques en L1vonie. M. Bagier nous les arendues au. prmtemp_s derni_er, et leur rentrée prochaine est
annoncee. Les dilettant, ne pouvaient recevoir une plus
heureuse nouvelle.
G. B.

NOUVEAU RELIQUAIRE DE SAINT LAURENT.

L~ reliquaíre oflert par M. 1~ comte de NédonchelChoiseul pour renfermer la tete de saint Laurent a été
ex~osé, par ordre du saint-pere, dans la basili~ue de
Samt-Laurent inDamaso.
La chromolitbograpbie pontificale a exécuté une l'th
1
"
h'ie co1or1'ée de ce beau monument; M. le chanoine
onrap.
8arh1er de Montault en a fait une de~cription détaill'
' M1
ee,
etde' d'é
I e .. . e comte Huyttens de Terbecq, qui la fit

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

304

publier en un splendide in-folio, imprimé a Rome par
Benri Sinnimberghi, et qu'il a généreusement oflert
a des personnes de
istinction et a ses
amis.
M. Je comte Georges de NédonchelChoiseul eut, il y a
deux ans, la pieuse
inspiration d'enfermer la téte de saint
Laurent daos un reliquaire vr:;.imentdigne du saint martyr
et de Rome. M. le
commandeur Poletti,
architecte de sainl
Paul, eut le talent
de combiner, dans
un harmonieux ensemble, les regsources di verses du bronzier, du statuaire,
du peintre el du mosaiste. Le dessin obtint la haute approbatio11 du saint-pere. ~...:::::
,--,
Le reliquaire, en
,,,
/¡.I
style ogival italien du
.'
/
treizicme sieclc, ap- 1
1/
partient a la catégo,11 /
rie des monslrances;
il est tout a jour et
laisse voir la relique
a tnvers le cristal.
/
'
11 esl en bronze coulé, ciselé et doré, el
'
"'-.,
pese 195 livres. Sa
hauteur est de 1 metre 25 cenlimetres,
et sa largeur, ala ba11ª" BARBARA ET f.ABLOTrA IIARCBISIO. se, de 55 centimctres.
11 se décompose en trois parlies : le souba.~sement, la
theque et le clocbeton. Le soubassement, baussé de trois
marches circujaires qui donnent acces au petil temple oil
sont conservées l_es reliques, dcssine un hexagone. Trois
écussons en mosaiques décorent trois des faces. La par•/

f

'/
j

---~,

__-.;::

tie supérienre eat
contournée par une
tahlette en saillie aa,
laquelle six statnet.
tes sont rangées.Une
se~nde tablette pina
é~a1sse, et ornée de
pterres précienaes,
forme, le socle des
si1 colonnettes de la
theque et le suPPGrt
du chef da saiot mu.
tyr. Si1 baies, 91
ogive treflée, COl'ftl.
•
pondent aux si1 pana
de la theque, etlOld
fermées par des lames de cristal. Aadessus de la téte de
saintLaurent,estune
volite divlsée par
pans et peintc sor
cuivre aux effigiesda
sauveur 1:t dessaints.
Le clochclon s'annoncc a l'intérieur
par une coupole, i
l'extéricur par une
fleche ; ses peotes
sontcouvertesdellOsair¡ues, et la &amp;tatue
du saint mart)l' e!l
aq sommet. Au pied
des pignons se tiennent debout, dus
l'attitude du recueilf
Jement,desanges~
chantent un bymne
ala louangedeaill
Laurent.
Les armoiries al
celles du saint-pen,
celles de Mgr le Sacrisle, qui comene
la reliq•Je danslalipsanotheque dupaD'apres une photograpbie de 11. Trinquart (Voir page 303),
lais apostoliqne, el
celles du donateur, M. Je comte de Nédoochel-Choisenl.
Le Pere Tongiorgi, de la compaguie de Jésus, a compá
les in~criptions du reliqu~ire, qni ferout parvenir ala pallé
rilé le nom du pieu1 donateur et ceu1 de tous les artisteslfÍ
ont concouru a son e1écution.
C. CAsrEUUIIS,

------=,,.., ~1-C&lt;&gt;,-.C=------

- - - - - - : = &gt; O - E l~ O

_,,i~~~p~t i
RÉBUS.

ÉCHECS.

PRoBLtM&amp; N• 178, PAR M.

ALBERT

ENsoR.

EULICATION

nu

111
(1
11r

DEI\NIER RÉBUS,

L'année se ferme, la chasse ouverle.
_ _ _ _ __,,_=. , . . , . ~ - - ~ - - -

nu PROBLDIE Nº t 77.
Cercle de l'Union a Saint-Georges-sur-Loire ..l. Laugé, de 11;
ziers; Café Moliere, a Nantes; Jose Librero, a Burgos;ME. f.,
Paris; flombaut, E. Vallet, Henry Frau, Sliennon de _.
Persoz, L. Ilonnin, Cercle de Pont-a-Mousson, cercle du .
ld. de Vaucclle. tmile Frau, Cercle de Duras, Café B~
Montrouge). Café des Écoles réunics (Paris); J. M. V._;a
Cercle douaisien, a Douai; P. Bartet, de Nantes; Moncel~•
Café de la Comédie, a Périgueux; Cercle du Commerr.e a.
t1éres; Cercle Jnduslriel de Douai; l.. Lefrancq, V. Th•
L_:ercle de Lezignan (Aude); Gazelle des étran¡:ers. G
Echecs, de Liége; (;ercle de la Sorgue, a l'lsle; Ded n
Sourvillé.
J. A. • p,
3OLUTIO:SS !.UCTES

Les bl:mcs font mat en quatre coups.

SOLUTION DU l'ROBWE

Blarm.

1.

c 6• c n

~- R ~• R
3. D 3• R rchec.

N°

~~~

AuG. MARc, directeur-gérm1t.
Eo11. TEXIER, rél}.actP.Ur en chef.

177.

1'ioirs.
1. R 5• R
i. R 5• D

3. mal.

NOUVKAU REf.lQt;.~lllf: DE SAJ!,T LAURENT,

l!xpolé dan1 la lluilique d mut Laurc, t, i Rome,

Imp. de L'ILLUSTRATION, A. Marc,
i.2, "'e de \'erntuil

t11

laa

._¡,
t.:....
11111:

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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1132, Noviembre 5</text>
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              <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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