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Direttion, RMaction, Administration :

.2.2e ANNÉE. VOL. lLIY.

y,.. les communications relati~es au joumal, réclamations , demandes
dr cbangements d'adresse, doivent etre adressées franco a ·
11. A.UG. MARC, DIRECTEUR GÉRANT.
J,es demandes d'abonncment doivent etre accompagnéeP
d'un mandat sur París ou sur la poste,

Nº

t 134.

Abonorments pour Paris et les Déparlemeuts :

8amedi 19 Novembre 18416.
L'adminislralion ne ripond pas dir manu1erih et ne 1'engage ¡amais a les insiru.

0

Vu Jes lraiti.•, 1a trad11ction et la reproduction 3 l'etranger 5c&gt;nl mlerdilea.

BUREAUX: RUE RJCHELTEU·, 60.

1111ois. 9fr. ; - 6 mois, 18 fr.; - un 'an, 36 fr.; - le numero, 1Sc.
la collection mensuelle, 3 fr.; le. volume semestriel, tk fr.
ADONNmlENT8 POUR L'ÉTR.ANGER ,
Memes pnx; plus les droits de poste, suivant les tariís,
Les abono. partent du I er n• de chaque mois,

COD·

ans,
oter-

1

is.
ssilol
cclui
1pro-

·~mi-

ialors

.a re-

1

Gravures: Pa~sage de S. 11. N•poléon

SOMMAIRE.
lletat polilique de la 1emaine. - r,Qurrier de Paris. New-York. - Ouragsn du 5 oclobre,

a Calcutta. -

m a Lyon:

Distribution d( ré-

compenscs sur la piare Louis•le-Granrl. - Éleclion présidenlielle aux
les élecli ns

~

,Le général Cha-

Élats-Unis: Maniíeslation daos Broadway tNew-York). du 5 octobre, i Calcutu. - Le général C:hapelié. -

REYUE POLITIQUE DE LA SEMAINE'.

Ouragan

Mise en liberté

pelié. - Le proc•s TrÜ!llpy, - Causerie dramatiquc. - Le retour du

du ·docteur Demme, Palais de Justice de BerILe. - Banquet dans Mirldle-

tlÍDC:u, - Revue littéraire. - La chan1on de Roland (fin l. - Le
géoéral baron Létang. - Ateliers de construction de machines de Bren!.

Temple. - Le général de division Létang. -

-Lea ~cheries de la maisnn Derocque, sur les cotes de Nor,ége .

tuées sur les cotes de Norvége. - Échecs. - Rébus.

Machi ne • vapeur por-

tative de Bre•al. - Les pecheries de la maison Derocque, de Paris, si-

On sait qu'au moment ou le Parlcment italien allait
délibércr sur la convention italienne, le j4mrnal l'Italie
publiait le texte d'une dépcche de M. le général La Marmora a M. le chevalier Nigra. Cette dépeche conticnt la
réponse directe et collective que le cabinet italien a cru

do

donbien
tour-

Lppelé
e par
1ttoral

.ppar•

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,GIT•

-

PASSA(;E DR S. M. NAPOLÉON lll, A LYON: DISTRIBUTION DE llECOMPllNS~S SUI\ LA PLACE LOUIS-LE-GRAND. - O'apres

un croquis

de M. Sleyert.

.I

�L' 1LLT.;STRATION. JOUR~AL U~IVERSEL.
devoir faire a la derniere dépeche de M. Dro•1yn de
Lhuys. Le cabin.it de Torio annonce la ferme résoh1tioo
d'exécuter loyalement la convention du i5 septembre,
parce qu'il est convaincu qu'elle est avantagcuse a
l'ltalie, eu ce sens surtout, qu'elle est fondée sur le
priocipe de noo-intervention, proclamé par les deux gouvernemeots comme la ba~e de leur politir¡ue respective.
En s'interdisant (l toute interprétation qui ne corrcspondrait pas ponctuellement au sens naturel du traiti\ pris
daos son texte, » le gouvernement italien (( ré,erve absolument toutes les questions aulres que celles qui
touchent ala fidele exécution des engagementsstipulés. »
Abordant les différents points sur lesquels ont porte\ les
commentaires de M. Drouyn de Lhuys, le général La
Marmor, croit pouvoir affirmer, sur le premier poiot,
qne l'ltalie ,1 a une foi entiere dans le5 forces de la civiJisation et du progres, doot la seule puissance suffira
pour amener le triomphe de ses aspirattons nationales. 1&gt;
Et quelles sont, en dehors du traité lui-meme, ces a~piratioos? Le ministre Cran~ais a voulu les définir dans sa
dépeche, mais le gourernement italien refuse de le
suivre sur ce terrain, et il déclare (( que les aspirations
d'un pays sout un fait qui a;ipartient a la conscience nationale, et qui ne peut, dans \'opinioo du callinet italien,
devenir, a aucun litre, le sujet d'un débat entre deux
gouvernements, quels que soient les li"ens qui les
nnissent. » Ainsi le gouvernement italicn dislingue
et sépare, avec autant de bou scns et de oetteté que de
d1gnité et de franchise, les qucsliou~ pratiques, celles qui
naissent du traité, et les queslions éventuellcs, cellcs qui
sont dans le domaine de !'avenir et des événements; il
s'eogage résoh)ment sur ie3 U1Jes et se ré;erve sur les

Ala 5uite d'une entrevue entre l'Empereur Napoléon
et le roí Victor-Emmanuel, a Valeggio, il fut constaté
que le rvi Victor-Emmanuel n'accepta les préliminaires
de p,iix, arrelés a Villafr&lt;!-11ca, qu'en ce qui le r.:gardait
per,onnel!ement.
1l Lors de la mort du comte de Cavour, l'f·n1crcnr
Napoléon reconnut généreu~ement l'llalie, ce qui rendit
pO$~~hle ~a re~onna1ssance par d'a~tres puissanrr•.
11 En 1862, 1 Emperenr des Frao~a1s envoya son r-c:idre
complimenter le roi Victor-Emmanuel a :'\ap1cs. L'Empcreur a peut-etre eu des doules jadis, comme plusieurs
d'enlre nous, sur la possibilité de ru11ité rlr l"ltalie, mais
aujourd hui, f en suis convaiocu, il peu•e qne l'unité cst
11

Daos un proces qui v:i. commencer (le proces des Tre~
le barreau fl'an~ais prouvera qu'il n':i. pas dégénére tze)
défendant avec fermeté les [raochises électorales. 'en
L'empereur d'Aulriche a ouvert la session du Reicb
rath par un JiscourR qui ne satisfera pas la curiosi:
publique. Il avait été question, on le sait, d'une entente·
de l'Aulriche avec la France au sujet de l'll:i.lie ma·
rempereur ~ran~ois-Joseph ne_ touc~e qu'incide~men~
, dans son d1scours, aux quest1ons rnternationales et
prend un soin scrupuleux d'écarter laquestion italie~ne
Le nom de l'llalie n'a pas meme pu trouver une tou~
petite place dans un des paragraphes du discoul'8 impérial.
EoMo:-.o TE~:tER.

¡

irrévocable.
------cc-i~:&gt;C&gt;•--« Nous ne ferons pas un pas en arricre, nous iron~ en
avant avec prudence et lenteur, mais saos reluche. La
counnma DE •~nis.
question de Rome n·est pas encore complétement éclairce
daos les esprits, en ce qui trrnche au mode de sasolulion; M. Persil. - Deux candidats érincés. - fieprésenta'ion de
il n'est done pas mauva1s d'avoir du temps ~cvant soi.
retraite de Ilouffé. - La staluc d" Oaubenton. - na..
llJ'a1 grao&lt;leconliance daos l'Empereur ~apoleon, qui
benton et Ilutfon. - Le berger Da•1benlo11. - Le serpeat
connait parfaitemtnl la question rumaine. Je crois aussi
de M. 1;rüsselba.:k. - L'homme vola•ll. - L'reil térnoin.
- L'abbé Caselli chez M. Ilertall. - La Revue de Pnril.
qu'il nous aidcra pour Venise. Je parle comme simple
- In vúio...
particulier et non comme ministre. Quelque solution peut
devenir possible a l'égard de Venise.
M. Persil vient d'etre nommé sénateur. On se ~onvient
«Je crois que !'esprit de l'enpereur d'Autriche pourrait
que
M. Persil ful un de ceux qui offrirent la lieutenan~
etre amené a des résolulions nouvelles sur cet ohjet.
générale
au d11c d'Orléans; les antécédents de M. Pem1
1tJe renouvellc l'expre$sion de mon désir que vous apferont done nécessairemrnt de lui, au Sénat, l'appui e1
prouvicz le lraité du 1:; SL•ptembre. 11
l'avocat de toutes les lois libérales.
Ce discours, dont nous ne donnoos que le résumé, a
En se rencontrant a•1 Luxembourg, M. Persil e1
fait tout l'intéret de la séance. Accueilii par les applauM. Oupin se rappelleront avec plaisir, sans doute, lenr
dissemenls de l'immen~e majorité, il aura pour résultat
démarche au chateau de Neuilly en !830.
d'abrégcr le •lébat, dont l'opinion publique atteod h conUn autre souvenir leur est commun et qui date de
clusion avec une si naturelle r,t si juste impatience.
plus
loin. En 1808, M. Dupio et M. Persil concoururent
autres.
Le banquct annuel du lord-maire a eu licu, le O notous dcux pour une chaire de droit a la Faculté de
Au Parlement, la discu~sinn a commencé et elle
vembre, a Guildhall. Lord P:i.lmerslon y a prononcé un
Paris. Toas deux furent évincés par les juges. Mais les
se poursuit avec beaucoup de calme; le discours prodiscours, dans lequel il Pxprime l"espoir que la guerre
noncé par M. le marquis Visr.vnli Veoosta, ministre des
éleves protestcreut, et une dép11tation alla leur porter
d'Amérique sera li1entot terminée par laconclusion d'un
affaires étrangeres daos le précMent cabinet, a produ1t
arrangement entre les partics belligérantes. Espérons l'expression des regrets de tous.
un g~and effet. Ce discours rélute viclorieusement les
qu'cllc cessera, dans tous les ca$, parla chute de llichmond.
Avant-hier a eu lieu, a l'Opéra, la représenlation de
arguties de ceux qui ont es,ayé d'exagérer ou de dimi ·
Les confédéres épuisent lenrs dernicres ressources; les
retraite de Boufié. C'est dans le role du pere Grandet, de
nuer la portée de la convention du t 5 septemllre. La resfedéraux en ont d'1mmenses. Nous ti~ons dans une pro11 Pille de l'Avare,que le Gérard Oow de l'artdramalique
pecter scrupuleusement et laisser les aspiralions nalioclamallon présidentielle, en date du 22 octobre, que la
nales s'affirmer, tel est le programme qui a été dévea fait ses adieux au public.
popul:ition libre des ElaL~ du Nord s'est augmentée par
Bouflé a soixante qualre ans : il débuta sur la sd:nt
Joppé par M. Visconti Vcnosla, d'accord avec ses anciens
l'émancipation et l'émigralion; que de nouvelle~ richesses
du
Panorama-Dramatique, ou on l'avait engagé am apcollegues. Les injures d,int les anciens ennemis de se sont ouverles; q11e les eflort~ de~ travailieurs ont trouvé
"Itahe les poursuivent nr, les détourneront pas de ce
pointements de ti:ois cents francs par an.
daos toutes les branches de !'industrie une aro ple récomLa prcmiere piece qu'il joua s'appelait Ismael d ..
programme; elles n'emr,echeront pas que le traité noupen~e. Ce sont des fai"ts que toule~ les corres¡iondances
ryan. Le liaron Taylor en était l'auteur. Bouffé ! reanau,qni sanctionM le~laitsaccomplis dcpuis Y1llafranca,
confirment, tandis qu'elles s'accordent a dépeintlre la
pl1ssa1t le role d'un Arabe qui venait raconter une ba·
ne soit la solennelle con~,·cration de l'unilé italienne.
des confédérés.
11 faut aussi signaler le discours du prési,lent du con- détresse
taine
perdue.
Ce qui vient de se pas~er en ºAngleterre est un beureux
Entre gens qui úiment, les adieux se prolongent, 11
seíl. Le général La Marmora a fait faire au débat un pas
symptome de concorde et d'alliance intellectuelle. Le
avant-bier tous les spectatcur~ oot dit a Bouilé: Al
tres-impartant, par sa p:irole empreinte d"une simplicilé
B:irreau d'Angletcrre a felé celui de France, daos la
et d'une franchise toutei- militaircs; il commeuce ¡iar déperc;onne de )f. Berryer et de M. Desmarest, hdtonnier revoir.
clarer qu'il était cootra1re a la convention avant qu'elle
de l'Ordre des avocats de Paris. Au hanquet qui leur a
Dimanche dernier, une statue élevée a Daubentoll&amp;
ne ful conclue; íl craignait qu'elle ne troublal l'union
été offert daos la grande salle de Middle-Temple, a•sisété inaugurée au Jardin d'Acclimatation.
déja cimentée des provinces italiennes, et n'occasionnal
taient lord Brl1ugham, lord Kingsdow, mt. Glad•tone,
Daubenton, qui eut le litre et les fonctioos de grid
le retour de conflit3 iulérieur~.
Hrebuck, Walpole, le lor/! chef de la just1ce du banc de
démonstrateur
du cabinet 1J.'h1stoire naturelle, un des bom« Étant en Francc,je l'ai dita l'Emperem· Napoléon et
la reine, et lcR plus haul~ dignitaires de l'ordrcjudiciaire
mes
les
plus
consciencieux
et les plu.~ modeste~ qui aiell
aM. Drouy11 de Lhtty~: de relour en Jlalie, je fus amené, tlans la Grande-Breta~ne. La réunion était présidee par
honoré, servi et accru la science, ful l'aide et le collabocontre mes inleolionc;, a accepter le ministcre daos une
l"attorney genéral, sir íl.oundell Palmer, qui a porté un
rateur de Bulfon et le compléta merveilleusemenl
situalion d1fflcile. Trouvant un traité 1mportant signé.
toast a l'al\iance des barreaux des deux peuples. Jl a préL'un éta1t la théorie, la synthese, le regard pui_.,
j'ai mis de coté loute appréhension et me suis prépare
une sorte d'a.ssociation fraternelle entre tous ceux
fix:mt orgueilleusement !'ensemble des etres, sou,en&amp;k
a le soutenir, d'accord avec mes collegues; je c0nstatai conisé
que leurs talents et leurs connaissances mettent a meme
divination, parfois !'aventure; l'autre, le bon sena, 1'1que, contre mes prévisions, il n'y avait pas de danger
de faire prévaloir la vérité, d'éclairer la justice, de souréel de discordes, pas de risque de renouvellement des tenir les faibles, de prendre la défense des libertés pu- nalyse, l'observation, l'exp~rience, la patieuce, le~
et la loupe, fouillant et iuterrogecmt minutieuselllellk
troubles.
bliques, toutes les fois qu'elles sout menacées.
«Je ns aussi que tous, en ltalie, prennent au sérieux
Les réponscs des deux botes de l'Angleterre ont été nature.
Différents au physique comme au moral, Co-rier 111
l'engagement rlu i5 st'ptembre, et que les sentiments
interrompues a plu.c;ieurs reprises par des applaudissemanifestés par le Parlement, a l'occasion du récent men~. ll. Berryer a parlé avee unP émotion profonde. peignait a10si :
11 Bufion, d'une taille Yigoureu~e, d'un a~pect _..
échange de dépeehcs avec la France, prouvent la loyauté
Naguere, ses confreres de París célébraient la cinquansant,
d'un naturel impérieux, avide en· tout d'one jolllqu'ils apportent a l'exécution de cet acte. No11c; avons
taine de sa profes.sion d'avocat, et il trouve sur la terre
sance
prompte, semblait vouloir deviner la vérité e&amp;II
done pu dire que le ministere aura la force de faire
étrangere un accueil presque fraternel. Quelle carriere
\'observer ... Daubenton, d'un te~pérament faible, '11
exécuter le traité, force qu'il a prise daos notre union
d'avocat pl11c; heureusement couroonée !
regard doux, d'une modération qu'il devait ala
et dans le concours moral du pay~.
~l. Oesmarest a eu aussi d'heureuses inspirations. «Je
autant qu'il. sa propre sagesse, portait daos toutdS
« La question de la translation de la capitale est délisigne avec vous, a-t-il rlit en terminaot, un traité d'alrecherches la circonspection la plu.q scrupuleose.., •
cate pour moi, qui sui.• Turinois.
liance qui servira a la conquete du progres. »
En fin, le superlle Buffon éta1t de nohle nais.~
« Turin, militair~ment, ne peut etre capitale, mais on
M. Gladstone a rappeli\ qu'il avait vu, aNaples, les loís
aurait du préparer les espr1ts a la nouvelle de sa dé- violées, le régirue parlementaire renversé, les municipa- l'humble Oaubenton était tout bonnement le ftll
notaire; sa mere s'appelait Marie Pichenot.
cbéance.
lítés détruites, la presse baillonnée, les cours de Justice
Jl était né a Montbard comme Buffon, il anit
« Je regrP.tte que J'on cherche a vous mettre en sus- envahies par des soldats, et qu'en face d11 despotisme,
avec
lui tout enfant. La destinée semblait d'avanct
picion cootre lll France. J'ai pu approcher plusieurs fois le barreau bravant l'arbitraíre et la violence, avait toul'Empereur Napoléon. Je l'ai trouvé disposé, des 1852, jours gardé son indépendance et sa dignité. 11 a passé mettre dans le meme chemin.
a s'occuper un jour de l'ltalie. 11 admit, rnalgré cer- en revue lesservices rendus par le barreau d'Angleterre, Tout faible de tempérament qu'il était, Daubentol
taines oppositions, qu'on s'occupat de l'Itahe dans le et il a payé au barrean de France un tribut d'éloges mé- vPcut de beaucoup au vigoureux et robuste suffon;
mourut que le 3t décembre i799, agé de qua
Congres de Paris.
rites. Nous avons vu, en effet, a toutes les époques, la
quatre ans. Nommé membre du Sénat conserT
,Vous vous rappelez la visite de M. deCa,onra.Plomliberté de la parole se réfugier sous la toge de l'avocat.
bieres et la gloríeuse guerre d'ltalie.

.

.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVER~EL.

(nt soudamement attemt d'une congestion cérébrale
daos
.. la, •3alle
- meme. du. Sénat' le J·our ou, pour 1a pre1111ere ,01~, 11 y venatl s1éger.
Promenant
· ·
,la main sur ses membres que la mort PD,ab1ssa1 1 peu .. peu, il indiqua avec uu sang-froid admira~le
· t les progres du mal aux personnes qui. 1,entoura1en .
Ses re~tes furent
. déposés daos un toro beau p1acé au
sommet du 1abyrmtbe
1
,. du Jardín dc.s Pla nes.
1
n
1703
,
a
ors
qu
11
avait
soixante
di
,
E
.
,d
..
x-sept ans, 11. séta1t vu 1orce e so 111c1ter un certi licat d . .
··11· bl' t I
e CIVlqme. Pour
qu. I o m p us
.
. facilement, ceux q01• s'éla1ent
e1 trem1s
. . dans celte c1rconstance avaient fa,·t de 1u1. un bern-er
\,11c1 en qucls termes et avec quelleorth
h
" :
fical lu1 rut délivré :
ograp e ce cerll-

« Appert que ,r~pres le rapport faite de la Société fra-

ternelle
..
, · de
d' la sect1on
. . des, sans culotle sur Ie bon C1v1sme
human1te
qua
touJ·ours
té
.
é
.
moign 1e berger
Oauben ton, l Asscmblée génerale arr'te
.
· 11 ·
d· · ,
'-' unanimement
qo i Ul •sera
ellvre
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cerlificat
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e 1 1sme, et le pré,1.e
rilus1eurs
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·.
deot, ~ume
1 e Assemblee
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·' de ladºt
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ce amallons ducs a un
'.™e modele d humanile, ce qui a été tém01·,, . .
mure reprise.
0°e par pluel 1a1L~

« R. G. 0ARDEL, président.
« Pour extrait conforme

'

~our se reposer de ses travaux sérieux' Dan benton li
~a1t
. les plus. des
l romans,
,
. des
. conles' et J·usqu'a
,
ux ¡·11res
fr"ºes; e est ams1 que, suivant son ex . . . .
.
son esprit a la diete.
preSSt0n, 11 metta1t
M•• Daullenton, qui vécut jusqu'&gt;

l'a

~:s

d
ruigt-~ix-sept ans, était une femme ~u
e quatreplus a1mable caractére et de la plns v1·vpe . t º1,~blc, du
·1 • ·
ID e 1aence ·
e11e a,a1 ecr1t un roman intitulé· Zél" d
º .'
litre naiment piquaot !
· te ans le désert. Ln
:";ous devions Lien une statue a Daub
•
que par ce molif qu'il a
. . e_nto~, ne ful- ce
1
·e
.
e prem1er rnd1que d'une roa
n1 re certame les diiférences qui d. r
,
de l'orang-outang.
is mguent I homme

321

Un malade eraint les hrouillards, le froid et la neiae si souvent ici. Mais, dessinalenr ou photo¡rraphc ne
- Bo~ docteur, je vo•Js en supplie, supprimcz l'hi;e; sacr1firz pas. tes fe mmc~ aux savants: contmuez
.
,
cette
pour
mo1' etrendez-mo·, le senl1meot aux premicrsra.vons ""ª1cric tle porlra·l
.
de
mai.
1s 81· &lt;1oux, s1• har1110111cul
s 1 J 'a
mrnt pos q
•
., ·
e r,,am.
. r ' q111 scmlilr un homma~1: rendo a la "eaut .
" • ~·cmm1oes.
· •
·
u , e
Un souverain se voit a la veille d'etre renversé par et a la' rirac~
L'alihe Caselli ne sºrn formalison peuple.
·
s?ra pas_; n _e,t-il pas lrop ahsorhé danq ses contempla- D?cleur, in?omparalile docteur, la léthargie je vous t1ons sc1~nt1fiques pour voir quoi que ce soil autour de
en conJure, la lelhargie jusqu·a. l'he•1rr ou ils m'
. lUI? Et
. ces portra1Ls
. ra,issants,
" d a1lleuro·, sºil 1es voya1t,
pellcront.
· e rapqnrl ,,rand mal, a pres toul? i'\e sont-ils pas du plus noble
uJ/ten~s -~~- _In~es qui demande amter endormi tant et du me1lleur monde?
q .ª po tente n aura pas lacéréll's toiles dºE •· O
lacro1x • M v·
Uc ene e. . ' - . iennct, lant que le l1011rre1u n'aura as . Je YOUS ~arlais, .ta semaine dPrnicre, des fcuilles nouhrule sur_ la pl,1ce puhlique les reuvres du romanti-~e ,e_1lem~nt ~clmes a la publicité et de cPlles r¡ui s'appreet
repris• Arboaas/P.
. J'I • Gralller
. ' 1a1ent ~ na1lrr. "''.ici aujourd"hui •11w rcnai~sance, pasd le
C Theatrt&gt;•·F'ran~ais
O'
•
' e 3:ssaºnac, tant que ses contemporaios n'auront
mo1 le barloan,mc; la lícwe de l'a, t\ r1•11trée rnr la
trouve en lu1 l'étolfe d'un homme ,l"Etat. _ ,111, X lpas . cene ti y ~ q uclquc temps, virnt dºcnr,iler lrs plum es
que dan sera MIi• z
. '
··· anL
M ll
.
. •. - M. Coquille tant que vhra le~ plus vadlanlc~, les plus je unes el les plus céli'llrl'S.
~1- avrn' - M. Duve;t, tant qu'on jouera des drames de elle_ se ~ent _si bien en f''.1nds d'csprit, de vcrl"e, d'imagi~
' . Denncry; - M. '"agner, taot qu'on mctlra rles air~ ~al1o_o el d /111mo11r, qu cllP pri-lcud n'cn pou,oir asscz
daos les operas; - M. Vacquerie, taot que le porc aux
cptnser,
rt, . non conlrnle de narailrP.
. par
.
t''
. druv
., 1·OIS
choux n'aura pas ses franch1ses au theatrc. - 1'I C . , mo1s, comme Jadi~, clic a la hardtes~e de se transformer
ta t
~111• d
, ' • ous1n,
n 4ue :
e Longue, illc ne répondra pas il sa flamme· en reme hcbdomadairc.
-dº M. M1chelrt, tant que le monde ne •se pª11111era pas'
\"oule1-rnus ~onnailre son programme nouveau? Lisez
cxta~e de1 ant les amour• des mollusquts et des caillou,; crs quelr¡ues ll¡tnes de son brillaut ré,Jacleur en cheí
-11. Reoan ..tant que cetle itlylle qui n·estpas saos« agre- !ti. Hcnr1 de la Madelcne .
'
ment, » et r¡u on appelle l'é, angile, aura des admiraleurs;
(( f&gt;oint dºarli~I• s ex cathcdró, dogmatiqucs, guindés,
- ·11
)l. tDupanloup, tant que )l. Rcnan érrira., - .,'I . Gr an,J- pretrnllcux e~ nles, cn!1emis de toulc vcrvc gauloise et
gUI o , tant r¡ue ~l. Paulin Lima~-rac chaulPra ses h, mnes de t_uut sounrc_ ralirla1sien. Au r,nntraire, aulant que
au Consl1tulio11ne1, ~t M. Paulin Limayrar, tallt que 1~ poss1I,le, de~ arllclPs courts nep·eu:-. ~crrc·s dº
1
t
fl
'
, . . ,unccclyre de M. Granrlgmllot retcntira au Puy•· - \I "•d
ure
ac1
e,
dºun
a!'pccl
allra)ant,
de
la
forme
la
plus
lant
1
'
•. nn ar,
que es peuples ne seront pac; converlis Hhélice ... ,•n·e. »
E~t-c~ dirc que la ncvue dr Paris ne ~era pas une
L'hélice, m
_ aisc'rstune
vieillerie, l'hél1ºce·nous.
.
,
verrons r~, ue ~eneu,e? En aucune fa~on; dcp111s trop longlemps
avant peo h1en m1cux vra1ment, nous YCrrons un I1o
~n _oullhe chez. nous ,¡ue ja111a1q, au\'. bonnes l'poques
volanl... grace
· a• .,l.
, Van Grour; j't'·corche peut-elremme
un hllera1rcs, le ~cr1cu1 n·a cié en France 1
' ·
' e synonyme
~eus?1: Illlm, ~ue le hardi novatcur me pardonne. Si du peda11t1sn1e.
1exp('r1ence qu on no11s promet reussit, c·est done de l.1
\'i~e 1~ Rewcde Paris, r¡ui entrc)lrend de nous rendre
Hollande_qu~ nousvieudront les ailes. En vo~·ant ces lioos la memo1re !
Hollanda1s s1 graves, s1 rdlrchis, si économc~ de leurq
mouvemenl~
et les accomplissaot avec une SI. maJCS·
?ooc, ne soyons ni guindés ni prudes, et prenons !'est
I
ueuse enteur, parfois un pru lourds et un peu e· :
prit
ou nous le tro_u vous, dans lrs saloos, a. l"Académie
ti
d'
pa1s,
:-- va saos ire que c'est au physique seulemrnt que. 00 dans la roe, su1vaot l'occasiuu.
Jeueparle_, d- vous
~·'.lutrc jour, un de mes amis passait deYant une des
· sericz-vousdoutejamaisnuc
.
., c·est:
. ,tcux
q no,IJS e1T1ons un JOur de &lt;lennir oiseaux?
g~11les du ~u,cmbourg: un homme se prrsente qui avait
, )f. _\an _Groof apparail; mai, M. i'íadar ne connait pas la1sse son c1¡u1hllre daos la boutique dºuu marchand .d
·
e
1en_v1e =. a1les ou ~élice; n·e~t-ce pas toujour, l'espace \IOS.
trave~se, et la Sor.1cté de la navigatioo aerienne com- On n'enlre pas, dil le factionnairc.
mand1le noblemenDJ. Van Groof.
- Comment, on n'enlrc pas? Et pourquoi o·entre-t-on

:cz-

.ª

a!tC::~sFque le der_ni~r feuilleton scientifique de la
too dan rance aura1t Jeté le sage t.l prudent Daulleus un profond étonnement t
méme malgré la b dº
, e que Buffon luí'
ar 1esse de son gé ·
. .
quelque peu ébah · L
.
. nie, en aura1t eté
lanées
.
t. .ª quesl1on des générations sponlifiqu ~as,,1on~e depms ~uelque terups le monde scicnvo1c1 une qui soudaio s'é,·eille, bien plus
Ne sortons pas du merveillcux.
pas?
Vo
·
·¡
- Parce que ...
mo· d
encore, et dont la solution n'est pas d
• •J 5 sou\'Jeut-1 qu'il y a un an eoviron, il nous arri,a
ID re cooséquence pour le .
. ,. e
l!IT&amp;nls.
s ignorants que pour les d Angleter~e ou d'Amérique la nou,elle dºune décou- 131_-Ah! oui, je comprend,: ,·ou~ ne voulez pas me
verte phys1olog1quc smgulicre :
~:,er e~tr~r parce que je sui~ ... gri~.
~n
sa,·aol
ava1t
constaté
que
l'cril
d'un
mourant
garm~~~s
ecmons g, i.~, mais i'iiomme pronon~ait autre~ ~ee:et1_-lelellee ~tre lindéfiniment suspeodue daos les
a
vo
onte?
11
•
d
.
0
que cela v
· e s agit e nen moins da1t fixé sur la rét1ne., a pres la mort l'image du d . .
.
objct sur lcqucl il s"ctait arr•te'
'
.
ci mcr 1 :-- Eh bien! alors,. dit-il, ou est l'cntrée des bommes
. ous voyez que la chose en vaut la peine
. .
'-' .
gr1•?
.. .
,
.
·
l.On
G -raconte qu'un pro,esseur
a 1,Unt\'ersité
d'Hpsal
O~
vo1c1
~e
que
nous
apprcnd
un
journal
américain
:
X.
fEYRNET.
est p
·• •
Y
,
leqaelrusselhack
il d '
. r~pr1eta1re d'un petit serpent chcz 1~ rcllne d une fcmmc a~,a~sinte a ele ¡ihotoora1•hiui .
L'lli en ?r~ et _revctlle la vie comme il lui plait.
l cp~euYe grandie, qu'a-t-on vu ~oudarn apparailre? Un~
a,_omd_me ~ l ore1lle cassée, de M. Edmond About nous porlton de mage qui presente une rc~semlilancc frapLES ÉLECTlONS A NEW-YORK.
nerlls., et cha
leaun
dilait.
. cun, en ¡·isant ce charmant vol' ume· paote avee le v1.sa~e d un individu soup~onné du crime,
AU DlRECI'EUR.
,i. ingt'~~ En ,érité, 0~ ~e saurait imaginer une rabi; et sur lequel la Just1ce avait mis la mam
Ntw-York., 5 oclobre.
'-" . use et plus spmtuelle. JI Grace a M Grüssel . Le journal américain nomme la fe~me a.ssa,sinée
- , nous allons p t-e
·
· fllale o'était , eu. t~e apprendre que la preteudue ti n~omme le pho~ograpbe ... Certes, voila del! raisons d;
Nous sommes a la veille dujour ou le sort de l'Union
l'ian .
qu une b1stoU'C vraie; que M. About n'a cro1re a la vérac1té du récit. Elles nous s'uffisent amplev_a
se d~cider. C'est daos deux Jours que nous sauroos
·r· éta1t un colonel ment, a nous, gens simples etde bonne foi. Pour les scep- mventé
d b du tout, que son colonel
s1 le_s democrates, c'est--a-dire les sudistes, J'emportent,
,_.
e
on
et
q •·1
•
,
·
,
C.dimin '
u 1 0 a aatt qu écrire sous sa dictée t1ques' dont elles n'entraineraient pas la conviction o~ s1 notre brave et ferme Lincoln est reélu. Je n'entre-.,,.,. . uera.fort la gloire de l'auteur de la Grece con~ pe~t• ctre auront-ils la sage,se de ne pas traiter tout d;
ra1 p_as !et daos l~s détails politiques a ce sujet; vous etes
ane, ma1S tant
.
de lasorte
. pis pour ¡w,· on n,en 1mpoi;e
pas smte _la oo~velle du jouroal américain de conte hleu, et au.,s, bt~n rense1gné que moi, et vous connaissez a fond
aupubltc.
se. d1ront-tls : &lt;' Apres tout, ríen ne démontre de les consequences qu'aura !'une ou l'autre de ces élections.
Qael heureux partiº- ne verrons-nous pa.c; tirer de la
~erte
pr1me-abord que le fait iioit physiquement impossible
ne vou~ parl~rai que ~~ la ~hysionomie de notre
lllt (ll'O,· ~e M. Grusselback, loraqu'il sera parvenu a atten don~. ,,
' i~le, ph~c;1onom1e fort agi.tee, amsi que peut vous le
,_ 4ea L'IOtrement et a ressusciter, a heure fixe, non
Ca1re. coruprendre, je !'espere, le croquis que je ,ous
d~;pents seulem_ent, mais des etres humains !
Allons, ph?togr~phes, a ,os objectif.~! et mettez vos ta- envo1e.
•
....
anee en esprtt aux pl11c; magnifiques appli- lenL~ au sernce de la science ...
?~puis plusieurs jours, toutes nos fenetres sont pa., ~a science est une llclle chose, assurémcnt; pourtant v?1sees de _hannieres, ornées des transparents les plus
~i_able ~eurt de faim, taodis qu'un oncle, J ~• presque envie d'engager MM. Bavard et BertaU 4~ qe li11.arre~, smvant l'usage, les uns, en l'honneu.r du « L1ttle
- Vite enter, fatt bon ne chere et vit joyeusement. reserv
L t'
·
•
. . , e_r pu
ot pour les savaol~. Le merveilleuxportrait
Mac '.&gt; les ~utre.s, tout ala louange de Lincoln. - Des
ildigeaa¡ , docte,ir, endormez-moi jusqu'a la suprcme que J a~ ,u rautre jour, dans leur salon de la. roe de la mamfestatJons comme je n'en ai J·arua'ts ,u
.
·•1 b'
, quo1que
00
Ua .
de mon oncle.
~adele~e, ~·un de~ plus illustres phys1c1ens de ce temps- J ,a tle le pays depuis bon nombre d'ann~es circulent
, . i:fllle homm~ est épris d'nne jeu.ne filie cbarmante, ~1, d~ 1abbe Caselh, qui a résolu le grand probleme de dans Broadway a tous momentc;, silloune~t la ville
- , P~nts hu refusent et marient a un vieillard
1~erit~e ~eproduite a dii-tanee par le télégraphe! c·cst en tous seos, ¡,réeédées de leurs gigantesques drapeaux
i....,~~ot' docteur
II qu,on sonne pour. la
--ewcti
. ' a m01·., voi·1~
~ten 1att1tude' le regard, l'hahitude du mage de et de bandes' ou muSiques,
·
dout la grosse ca1sse
.
fait
le llle on nu_pttale, faites-moi mourir en toute bate, et 1 homm~ de _pensée et de méditation. Le crayon vra1- l~s plus gros frais. De terops a autre, ces processions
lhaL ~itez que le jour de l'enterremeot de mon ment
n aura,t pas mieux fait , meme le v·tr
.
o e mon- s arretent, ou daos un carrefour ou dennt une maison
&amp;eur Bertall, dont I'esprit et la délicatesse nom charment quelconque, et la, haranguent la foule par la bouche

impo:t~:t~

:it

!~

,ra.

.:a':~

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
d'un orateur populaire, faisant partie
de la manifestation, ou sont haranguées, il. leur tour, par une voix sortant de la maison devant laquelle on
est arreté.
Tout se passe avec calme; dans le
quartier des Irlandais, il y a bien quelques gourmades d'échangées; mais il
n'y a pas plus de désordres qu'aux élections ordinaires, et malgré l'excitation
générale des partis, nous savons
qu'une fois l'élection terminée, bien
que ta guerre puisse durer quelque
temps encore, l'agilation cessera. Pendant les élections, on se promene en
procession, on s'e:xhibe, on crie, on se
111ontrc le poing; des que la voix de la
majorité s'est fait entendre, tout le
monde se soumet. En Amérique, il peut
y avoir du désordre le jour des élections, mais le lendemain, jamais.

Ji,;,-

OURAGA;'&lt; DU 5 OCTOHRE, A CALCU:J'TA. - D'aprés un croquis de M. L. RousselP.1,

315

rclracer toute la lugubre horrcur.
&lt;( On entendait de tous cótés
les
cris d'angoisse des malheureux qui s'étaient cramponnés aux débris qu'ils
avaient pu saisir, et qui disparaissaient
bientót dans l'abime en implorant ceux
qui ne pouvaient les secourir et qu'attendait peut-etre le meme sort.
« 11 faut renoncer a décrire l'effrayant spectacle que présentait le
fleuve, dont le flot montant entrainait
avec lui tout ce qu'il avait envahi sur
les bords, tandis que le ventrenversail
les arbres, qui s'enlevaient les racines
en l'air, abattait les maisons, dématJit
les batiments a l'ancre, cassait les
paratonnerres et ébranlait les édificcs
les plus solides.
« Al'embouchure du Gange, !'lle aux
Tigres, Sangor, a été subitemeo.t ceuverte par 22 pieds d'eau. La station de
la poste et du télégraphe, A l'entrée
Po1.i1· ea:tmit : P. PAGET.
meme du fleuve, a été presque enticrement détruite, et l'on a retrouvé des
cadavres dans les parties de l'établissement qui avaient résisté, mais ou l'eau
UURAGAN DU 5 OCTOBRK ! CALCOTTA
s'était engouffrée.
&lt;( Toutes les cases, tous les villages
Nous empruntons au !fessager du
riverains ont été rapidement emportés;
Jlidiles détails suivants, sur l'ouragan
rien n'a résisté. Archipoor, un beau
q•ii a ravagé une partie des Indes anvillage en aval de Calcutta, a été
glaises le 5 octobre dernier, et dont
complétement ruiné.
notre corresµondant nous a adressé 1111
« A Calcutta meme, le fleuve, enLB GÉNÉRAL CHAPELIÉ. - D'apr~ une photograpbie de MM. Gbémar fr~res.
croquis qui donne bien l'idée de cette
vahissant la partie basse de la ville, a
etfroyable catastrophe, plus terrible encore que celle ravagcs : i20 navires de commerce complétement surprís beaucoup de malheureux, et bien des maisons,
de l732 :
perdus, i2,000 persónnes tuées ou noyées (de nouvelles sapées par les eaux et ébranlées par le vent, ont ensc• f.alcutta, 10 octobre.
correspondances disent 50,000}, des villages eotiers veli lenrs habitants sous leurs décombres. 11 est peu
emportés par la 1ourmente, tel a été le résultat de cette d'habitations qui n'aient pas souffert.
« C'est le 5 octobre, le lendemain de la pleine !une, a épouvantable catastrophe, dont il est impossible de
«Chandernagor, cette petite ville fran~aisesi coquette et
l'époque des plus
si mélancolique a la
hautes marées, que
fois, a vusesjardin~
l'ouragan s'est déet ses arbres rencbainé. Depuis la
versés et noyés; un e
veille, le barometre,
partie de la ville a
baissant rapideété ravagée; mais
ment, annon~ait une
c'est sur le fleuve
tempéte prochaine.
meme que les elfels
Les navires avaient
de l'ouragan ont été
pris leurs précaueffrayants.
tions, et bien des
« Les na vires,
babitants renfortombant les uns snr
~ient leurs demeules autres, coulaient
res dans les villages
sur place, ou, s'enet les cantpagnes richevetrant par leurs
maines. l'llais on ne
matures et leurs
ponvait s'attendre iL
agres brifés, forl'effroyable tourmaient des masses
mente alaq uelle rien
que le mascaret souo'a résisté.
levait et poussait
« A ouze heures
dans toutes les dido matin, le vent,
rections;
rnasses
~éjil tres-violent au
dangcreuses qui s'éoord-est, est passé
cra:;aient entre elles
ao sud-s11d-est, et Ie
et dont l'abordage
cyclone s'est ahattu
élait fatal a tout ce
comme la foudre sur
qu'elles
renwnle Gange, depuis la
traient.
merjusqu'a i6milles
« Des navircs en
ao-dessus de Calfer, de tres-grandes
cutta.
dünensions, chargés
« En meme temps,
de 20,000 tonneaux
le mascaret atteignai l
de riz et plus, se
noe élévation de 22
crevaient les uns
Pieds au-dessus de
contre les autres et
la plus haute mer.
disparaissaient sous
C'e~t d'une heure a
les eaux. Plusieurs
trois que l'ouragan a
étaient jetés a terre,
étédanssa plus gransoit debout, soit
de violence; a troi~
couchés; d'an1r",,
heores et demie, le
dont la m,llü: e
Tent passait au suden tiere craqua!t :, u
00est etle barometre
raz du pont, étaie:it
remontait.
ouverts par la CilU le
1 Ces
quelques
mcmedr cette 1~::\t::heures ont sum pour
re, et lourno) a1u,t
eauser d'effroyables
au
gré du COL,r, 11t
MISE BN LlBERTÉ DU DOCTBUR DEM»B: PALA IS DE JUSTIGE OB BERNE. - ll'apré• un croquis oe M. Oidier.

�L'ILLUSTRATION, .IOURNAL UNIVERSE L.
- -- - - - - -- - jusqu'a ce qu'ils somhrassentou qu'ils fussent assez heu- Trümpy, négociant a Berne, mourait daos sa maison a velue. Voyez ses lettre~ a Sophie, voyez sa traduction de

326

Tibulle: c'est Polypheme voulantimiter Acis; ou le berWabern.
Le bruit d'un suicide s'étant répandu, l'autorité or- ger offre a sa belle des agueaux, le cyclope ollre des
oursons.
donna une expcrtise.
Ajoutez que tout en lui était m-:iins grand que colossal,
L'autopsie amena la découverte de plus de dix grains
de strychnine dans les intestins du cadavre. C'étaiL une meme ce qu'on appelle d'un nom trop doux et trop fai ble
quantité de poison plus que surfisante pour détcrminer son éloquence; il enlevait plulot qu'il ne persu:i.dait; ¡¡
ne parlait pa3, il tonnait.
la mort.
Ce Mirabeau a demi légendaire, mais dont l'histoire
Le médecin de M. Trümpy, M. Hermano Demme, dont
se
fait peu a peu tous les jours, M. Aylic Langlé, j'en
la famille est tres-considérée aBerne, avait passé la nuit
appelle
a tous ceux qui ont vu sa piece, ne nous en a
dans laquelle le malade avait rnccombé et celle qui l'adonné
qu'une
image matériellement incomplete et movait précédée aupres du lit du moribond.
ralement
apocrypbe.
Incomplete, elle devait l'etre pour
L'en~uéte judiciaire établit en outre que M. Demme
mille
raisons,
dont
la
meilleure n'est pas le titre de la
avait cnlretenu des rc1ationsadultcres avec Mm• Trümpy
picce;
mais
du
m.,ios
devait-on nous mon trer, dans
du vivanl de son mari~ et depuis la mort de M. Trümpy.
Ces deux circonstances inspirerent des soup~ons aux l'reuf, l'embryon de cet oiseau Rock qui en devait sorlir
un jour; or, nous n'avous vu qu'un moineau.
magistrats : )f. Oemme et ~1me Trümpy furent arrelés.
Et, Ju moins, si c'était un moineau franc ! .Mais un
lis
oot
comparu
devant
la
courd'assises,
d:rns
les
derLE GÉNÉRAL CHAPELIÉ.
nir.rs jours du mois d'octobre, sous l'accusation d'empoi- moine:i.u apprivoisé, un moineau fidele, un moinean
presque platoniqne !
La Bel&lt;&gt;ique
vient de perrlre un homme éminent, qui. sonncment.
o
Et encore G.ú&lt;l :Ois, notez bien qu'on ne blame pas ici
fut une des plus belles intelligences de l'armée, et qui
C'est le 5 nóvembre seulement que les jurés ont rend11
le poele d'avo1r tesumé la jeunesse amoureuse de Miraen sera nne des gloires les plus chcres.
leur verclict.
hcau daos sa passion pour Sophie de Monnier. lndbJean-Jacques-E l011arJ Ch1pelié, dont la mort inspire
M. Demme et Mm• Trümpy ont été acqnittés.
pendamment
des réserves qu'impose justement la scene,
des regrets universels, débuta rlans la carriere militaire
La loi suisse autorise la cour, en cas d'acquittement,
je
sais
qu'il
avait
affaire a ce p~éjugé _re~pectable, qui
en ~ervant gloriensement, pend:i.nt plu,ieurs années, la a accorder des dommages intérets aux accusés. Une in-·
de
tous
les
amoureux
illustres fa1t des eto1les, eussentFrance, son pays natal. Né a Marseille le 13 octobre demnité de t ,500 fr. a été allouée a Mm• Trümpy.
ils
été
réellement
des
constellations, des voies lactées.
i702 il entra le i er novembre l 812 a l'Ecole polytechniLe verdict du jury a élé accueilli avec une faveur
Au
Dante
on
donne
pour
unique amour Béatrice ; a
que,' dont il ful u.-; des éleves les plus di~tingués. Ad_- extreme; des applandissemetits ont éclaté da.ns la s:i.lle,
Pétrarque'.
Laure
de
Noves;
au Tasse, Éléonore d'Este;
et
M.
Demme,
mis
immédiatement
en
liberté,
a
été,
a
la
mis comme lieutPnant au corps d'état ma.1or en i8 IO, 11
fut employé da!1s ce grade a l'état-major général dn porte de l'Hótel-de-V1lle, ou les débats avaient eu lieu, aRaphael, la Fornarine; a Báranger, Lis~tte; a La~artine Elvire; enfin a Mirabeau, Sophie ; r1en de m1eu1,
4• corps de l'armée des Pyrénées, le 3 mars 1823, et l'objet de manifestations sympathiqnes tres-vives.
·
va done pour Sophie, mais que ce soit au moins la vraie
quelques mois plus tard au corps d'armée d"occupation
PIERRE PAGET.
Sophie, dut-on renoncer a lui donner pour interprete
en Espa"ne.
ll
se
fil
remarc¡uer
bientót
par
sa
tres0
MIi• Fargueil. •
grande activité, sa bravoure et une haute intelliLa vraie Sophie était blonde, potelée, le s1ng a lleur
gence. Il se distingua particulierement a la défense de
de
peau, swtimentale en paroles et par mode, mais
Vich .
charnel!e
par nature et par imagination; la volu¡1té inSes services en Espagne lui valurent la croix de la
caroée,
en
un mot, et, a ce titre, la seule fem me qu'ait
Légion d'honnenr,. le grade de capitaine au choix et
On savait depuis plusieurs mois que J'autcur d'Un
pu
vraiment
et longlemps aimer Mirabeau. ~lle n_'aima
les drcoralions ~e Saint-Ferdinand et &lt;le Charles III. 11 homme de rien un des plus légitimes succes de l'an derpas
d'ailleurs
que lui seul, comme le fera.1_t c~o1rc la
'
'
fit parlie de l'expédition cl'Afrique contre Alger. l\ trouva nier, travaillait a une Je,1,11esse de Mirabeau destinee au
nouvelle
piece,
et n'attendit meme pas. qu 11 fut ~ ort
l'occasion de s'y distinguer de nouveau. et dut a sa théatre du Vaudeville, et le sujet de la nouvelle picce
pour
lu:
donner
un successeur. On sa1_t ~nfin q11,elle
belle cond11ile rl"étre cité dans le rapport du général en n'in~uiétait pas sans de bons moti fs ceux qui avaienlle plus
courouna
une
vie
de
désordres par un sU1c1de qm n eul
chef, rn date du t•r avril 1830.
rrouté la premiere. J'avouerai qu'a. ce litre j'étais un des
.
.
Le 6 septemhre suivant, le capitaine Chapelié fut ~oins rassurés : l~ vraie jeunesse de .Mirnheau me parais- pas meme une grande passion p~ur ~xc~se.
Une telle femme, je l'avoue, n ava,t r1en de bien prenommé chef d'escadron d'état-m1jor, et ~uelques jours sant aussi peu digne ele la sccne que difficile a y prod11ire
plus tard il obtint le grade d'officier de la Légion avcc un succes de hon aloi. L'événement, si favorable sentable; rnais c'était la le vice d'un sujet que rien
d'hnnneur.
qu'il ail été, n'a pas donné torta mes c1·aiotes : la nou- n'imposait a M. Langlé, et contre le1;uel son ouvrage
Peu apres les événements poli tiques de i 830, Cha-- velle ¡iicce de ~1. Aylic Langlé a bien réussi en effet, et n'est, au fond, qu'une lutte perpétuelle et mal déguisée.
pelié fnt envoyé en mis,ion en Ilclgiqne, sr.ns les orrlres non sans un certain éclat, muis je crains qu'elle ne le Je doute fort, d'ailleur~, que le moraliste, meme le p~os
sévcre, n'eut pas. préféré la Sophie que je vie ns de pem•
du général Desprez. A son arrivée, il fut nommé lieute- ctoive a ses défaats bien plutot qu'a ses qualilés.
nant-colonel, et chargé des fonctions de sous-chef de
S'il en était réellement ainsi, le &lt;lrame aurait en, toute dre, - en buste, - a celle que l'auteur nous m_on~
l'état-major général, fonctions qu'il a rcmplies provisoi- proportion gardée, le meme sort que son héros, mais ce sur un piédestal, M11• Farguoil aidant. Quant a mo1, laremcnl pendant onze moi~, et r¡ui !ni furent officielle- serait le seul rapport qui existerait entre 1'110 et l'autre, voucrai-je? une franche loronne eut moins froissé mes
ment conílées par arreté royal du 12 octohre 1832. Ce car il n·y a. en somme, daos la Jeuntsse de Mirabeau ni sentiments conservateurs que celte élégiaque préside?te
qui plante liJ. son mari pour suivre son ~mant, ~t quon
grarle, il le conserva chns l'arméc fran~aise jusqu'en jeunesse, ni Mirabeau.
t8'tl, 1'poque a lar¡uelle il fut dérnissionnaire honorahleLe propre de la jeunesse, de la jeunesse amoureuse, veut nous faire non pas seulement plamdre, m méme
ment et promu au grade de commandeur de la Légion c'est qu'elle aime parce qu'elle aime, et saos chercher a excuser, ce scrait trop peu, mais admirer, mais r~spec·
d'honnenr.
ses erreurs d'autre excnse que la force meme de l'en- ter; qu'on nous présente enfi~ comme l'a_ng~ de l a~olChapelié avait su méritel' l'o.:slime dn roi Léopolrl, et la trainement qu'elle su bit. L'age mur est plus raisonne_ur: tere. J'en aimerais mieux le demon; celm-la, au moms,
.
Belf:l"ique était devenne sa p trie adoptive. C'est en il veut aimer tout autant et meme plus que la jeunesse, serait clans son role.
Ces anrres-la, d'ailleurs, ne sont pas une créat1on du
-1851-, qu'il accept:i. la mis,ion il'organi~er une école mili- mais :un aux dépens de sa propre estime, ni surtcut de
taire pour tontes le, armes. 11 se consacra tout entier celle d'autrui, et ~n vue de concilier la passion et le de- dix -huiti:me siecle; les ailes leur sont ven ues plus_tard~
asa tache. Grace a son 1ele infatigable, a son dévoue- voir chose trop souvent impossib1e, il plaide en casuiste et tandis qu'ils lis:i.ient en cachette, uon pas Volta1re DI
ment sans bornes , l'école militaire helge est élevée les dro1ts de la passion, sans prrj11d1ce des llroits de J.-J. Rou~sea:i, mais bien la plus éloq11ente éleve . de ce
maintenant, sous le ranport ,le l'organisation et des ré- l'homrne ... et &lt;le la femme . Or, le nouveau drame du dernier. La Sophie de ~1. Langlé procede bien morns de
sultatQ, a la hauteur des écoles les plu, cstimées &lt;le l'Eu- Vaudev1lle, et e'est ce que je lui reproche, n'est qu'une Mm• de Warens que d'Inrl.iana et de Vale11tine. . .
Quant a ce pauvre M. de Monnier, qu'il falla1t bien
rope. 11 a rendo il la Ilelgique, et en parliculier a l'ar- reprise en sous-ordre de cctte vieille plaidoirie. Voila
présenter
comme un monstre, pour faire de sa fe~me
mée beige, des services dont la grandcmr est inapprécia- en quoi surlout il manque a mes yeux de jcunesrn.
un
ange,
on
ne l'a pas swlement ravalé aux der~i~
ble, et dout le souvenir rend sa mémoire chere a tout
Quant a Mirabcau, le Mirabeau convenu a défaut du
derrrés
ele
l'échelle
humaine, on fa déporlé, en le ' 1~
jamais.
vrai il ne brille pas moins dans ce drame par son abLe lieutenant ~rnéral Ch:i.pelié était grand cordon de sen;e, bien que Febvre, a la voi1. pres, reproduise fort Jis;aot de plusi-:urs centaines d'années. Ce débonn~
l'ordre de Léopolrl, grand cordon de l'ordre de Saint- exactement 1'apparencc extérieu:-e du personnage. contemporain et collegue de l'auteur '1u Temple de
Stanislas de B.ussie, et commandeur de plusieurs autres Qu'est-ce, eu elle:, que \lirabeau,-je parle de l'et~e mo- est devenu daos la Jeunesse de Mirabeau, une sorte
orrlres.
ral et non de l'homme poli tique, elont il ne pouva1t etre podestat de tvranneau italien duquatorzieme siccle¡oa
Ses fnnérailles ont eu liru avec la pompc et les hon- ici 'questio11 scirieuscment, el clont le roete, son titre le se dema~de c~mment le Dante a pu l'oublier daos SOl1
neun réservés ala haute dignité dont il était revetu.
&lt;lit, n'a entendu donner que les prémices ou les pro- Enfer. Aus~i, lorsqu'a la fin de. la piece il ~ppo~ ~
grace de Mirabeau et de Soph1e, condamnes,_ l un
GusuvE Lrn.unE.
mes~es tout au plus'I
Mirabeau, c'est l'outlaw, le type meme du déclassé, mort l'autre a une détention perpétuelle, un fr1sso~18
l'homme extraordinaire, a la leLtro; quelque chose plutót répa~d daos toute la salle. - On est naif, au Vaude.ille,
que quelqu'un, mais quelque chose d"énorme; une force surtout les jours de premieres représentations ! -:-::
LE PROCES TRÜMPYanum1le et tout iod1viduelle, n'appartenant a aucun toutes ces dames comprennent et appr,&gt;U~ent l_e 1_su1C1 ll".
de Sophie: co'Tlme•-it réintégrera:t-elle un dom1c le co
Un granrl. proces crimine! vient de tenir, pendant ele genre, i1 e.ucun ordre, impossible a classer, un monslre,
jugal ou l'attendent, sans doute_, tous les ins!r~melonf:l"ues a11 licnce,, la ville,le neme en émoi, et les débats, enf:n ' comme l':i. dit Marie--Antoinelte.
.
des Borg1a •
de torture des Orsini' tous les. po,sons
En amour' M1rabeau n'est pas moins exorbitant, moms
publ1és par les journ:wx judiciaires, ont vivement excité
.
.
Pauvre
président
de
M
onrner!
11
ne
se douta1·1 gu~re
da
extravasé que daos to ut le reste. C'est tJlus et moms
Li curiosité en France.
que,
plus
de
cent
ans
apres
sa
mort,
sa
carogne
qu'uu tiomme1 c'est un dieu des jardins; il en a l'oreille
1 MUS la ouit llu 15 a.u iti févr1er 1804, M. Gaspard

reux pour s'arreter. Surun point moins agité, quelquesuns s'échouaient et se sauvaíent d'une destruction com-·
plete.
&lt;&lt; Le cyclone n'a pas plus épargné le golfe que le
fleuve. De tous les bricks-pilolcs qui étaient dehors, on
n'en a vu rentrer qu'uo seul, rasé comme un pon ton.
« Les sinistres du 5 octobre vienrlront augmenter la
crise qui pe~e en ce moment sur l'Inde. JI était impossible a la prudence humaine de prévoir une tourmente
aussi horrible, aussi ·suhite surtout, et qni semble avoir
choisi de préférence, pourthéatre de sesravages, la partie du district la plus riche et la plus•fréquentée. n
Pol),r extrait : H. C.

11

Gn:

L'!LLUSTRATION,

JOURNAL UNIVERSEL.

321

mettre sons les verrous un fils toujours prét a tomber sa douleur et pansé ses blessures, il se hasarde a sortirde
chez luí pour y faire de telles esclandres. Aujourd'hui sa retraite, il revient a pas lents et comme instinctivememe, en plein dix-neuvicme siccle, on ferait pour ment vers le sérail. Le célihat pese a.ce fils des solitudes,
moins enfermer les gens, quoiqu'il n'y ait plus de Jet- il a sentí pas1·er un air Liede qni lui apporte l'apre partres de cachet, dit-on. Mirabeau, d'ailleurs, lui qui pro- fum du tr011peau. 11 s'avancr., et il aper~oit le victorieux
clame si baut lesdroits du fils, méconnaissant ceux du pere, qni l'altend, fier, imposant, terrible. Cependant le vaincu
Miraheau devrait liien un peu se dire, qu'au demeurant, luttera encore sous le regard des belles, il luttera et
M01• du Pailly n'a fa1t que ce qu'il va faire faire lui-meme succombera une seconde fois.
toui a !'heme a Mm• Sopbie de Mon:.iier, aux bijoux pres,
Aprcs cette défaite supreme, il renoncera décidément
Nesle?
et encore ver rons-nous Sophie regretter, en Hollande, aux amours... jusqu'a la saison prochaine.
P. P.
Le début de la nouvelle piece promettait mieux que de n'avoir pas emporté ses diamant~.
de pareils anacbronismes. Le rideau se leve sur une
Mais, a défaut de ces diamants qui, dn reste, sont
L'lllustration a fait un tirage a 250 exemplaires, avant la
petite fetc champetre tout a fait dans Je ton des deroic- birn a Pile, elle a ses beaux cheveux qui ne lni apparletlre,
des eaux fortes déja publiées et inédites de Bodmer;
res ann,1es du dix-huitieme siecle. Le fameux marquis tiennent pas moins, et elle les vend pour fournir aux
elles rormeront une série d'albums numérolés, qui seront
de Yirabeau, le gentilhomme aux idées avancées, l'Ami besoins d'un petit ménage dont Gensonné fait parlie, on olTerls a la fin de l'année, dans des conditions de prix_ tres•
des hommes, une sorte de loup revetu rl'une peau de bre- ne sait trop pourquoi. Comment les deux amis, comment modiques, aux seuls abonnés du journal.
bis, re~oit les hommages de ses vassaux et prend le Mirabeau surtout, en sont-ils venus a n'avoir plus que
~
menton a ses vassales. Au nom de la nature et de la de tell es ressources dans le pa_ys des libraires par excel raison, dont les bannieres enrubannées s'inclinent de- lence? L'auteur nous l'apprend dans ce que.j'appellerais
REVUE LITTÉRA.IRE.
vant sa perruque, il couronne la Justice sur le front de la plusjolie scene de son ouvrage, sij'en pouvais eITacer
LES BEaUX llVRES.
M. de Monnier, et les graces daos la personne d'une ber- le nom de Mirabcau.
•
gerette tres-lestementaltifée en Vénus.
Da.ns cette sccne, un éditeur, dont Saint-Germain fait.
Un peu de temps a pa~sé déja sur les quatre grandes
Pour dater mieux encorc cette farce pastorale et hu- une crt\atiou excellente, demande a Mirabeau des 011- publications illustrées par Gustave Dor~: Le Dante, Permanitaire, on an nonce la mort &lt;l u Patriarclie de Ferne,1/: vrages dans le genre de ceux de Louvet; mais Mirabeau, ranlt, Atala et Don Quichotte; ma:is elles domineront
- Volt:i.ire, dit M. de Saint-Mauris, vient de rendre son le vertueux, le pudique Mirabeau, repousse avec hor- longtemps, comme des arbres puissants ou gracieu1,
Ame... - A qui? interrompt spirituellement &amp;1m• du reur une telle proposition, et met l'éditeur proxénete a toute cette végétation de vi.melles aimahles qui, par un
Pailly; et le mol est fort applaudi. Mais déja Mm• de la porte. Que &lt;lis-je? il fait bien pis que tout cela : avant contraste piquant, semble ileurir de préféren.ce au1 apMonnier se rlessine par un aparté mélancoliquem~nt vol- de chasser le libraire, il le raille, il l'insulte, tant il est ¡&gt;roches de l'hiver. Cette année, d'ailleurs, sera moins
tairien. Aurait-elle lula Pucelle? Quant a Mm• du Pailly, indigné : - Monsieur, lui dit-il, vous avez une filie; elle féconde que ses :i.inées; Doré lui-meme se repose, laissant
c'est tout simplement l'amie, comme on disait alors, du est jeune, elle est pure; eh bieu ! je vous fcrai le livre monter la séve jusqu'a. ce qu'elle dé borde et s'élance en
marquis de Mirabeau; elle tient ouvertemeot, dans le que vous rue demandez, a condition que M11• votre filie jets nouvea11x; on dit r¡u'il.•e prépare un cbamp immen~e,
creur et dans la maison de ce grand seigneur philan- cu corrigera les épreuves. - Avais-je tort de dire que qu'il défriche une terre antique pour la rajeunir, enfin
tbrope, la place de l'épouse qu'elle a ch:i.ssée, et du le Mirabeau de M. Langlé n'cst pas le Mirabeau des qu'il veut greffer son talent et 53. renommée sur des léfils qu'elle fait languir dans les prisons du chatean Lettres a Sophie, et de tant d'aulres pages non moin~ gendes saintes, et associer son nom aux plus impérissables
d'If.
galantes? Daos la scene que je viens de citer, il n'est souvenirs de l'humanité et du christianisme. Nous Je féAjoutons une chanoinesse rappelant les plus frais pas- méme plus le Mirabeau de M. Langlé, il est le Mirabeau licitons de sa noble ambition et du recueillement qu'il
tels de l'époque, et le sémillant avocat Gensonné, tour- des familles.
impose, devant une grande reuvre, a l'impétuosité de sa
nant le rouet de cette Omphale, etnous aurons indiqué les
Euíln, pour achever br;evement une analyse déjiJ. bien nature. Taodis que son inspiration murit daos le silence,
principales figures de ce tablcau, dont la vérité, encore lougue, et qui n'a plus gucre d'objet, diions que Mira- nous nous proposom de mesurer l'évolution déja connue
une fois, est saisissaote. Malh~ureusement, de tous ces beau arreté en Hollande, mais pouvant s·échapper, grace de son talent, le chemin qu'il a parcouru, les qoalités
personnages, les plus vrais, ou vont disparaitre, comme au dévonemcnt de Sophie, refuse encore une fois de qu'il possede et celles que nous souhaiterions lui voir
le marquis et sa maitresse, et nous ne les reverrons plus, partir sans elle. 1\ms deux, apres une détention de acquérir, et ce qu'il ajoute aux modeles qu'il interprete.
ou, tels que l'avocat Gensonné et la chanoinesse, ils tra- quatre ans, pendant laquelle furent écrites les fameuses
La conception de l'écrivain et celle de l"artiste obéissent
verseron~l'action pour l'orner, l'égayer, mais comme de Lettres a Sophie, ils se retrouvent au dernier acle &lt;levant a des conditions diflérentes, ou plutót, la premiere est
simples arabesques, etsans s'y rattacher par le moindre un tribunal militaire, présidé pal' l'odieux Saint-Mauris. ahoolumPnt libre daos le domaine du sentiment et de la
lien logique.
Les juges, malgré l'éloquence de Gensonné, et saos ég~rd pensée, dans l'espace comme dan~ le temps; la seconde
Mirabeau ne paraít qu'a la fin du premier acte, et, aux protcctions de sa chanoinesse, con damnent les deux est to11jours borné.e. Le raisonnement et la parole, tout
grAce a une entrée longuement et habilement préparée, il accusés. C'est alors que M. de Monnier oílre a Mirabeau ce qui est intérieur, tout ce qui est successif, échappent
yproduil l'effetdu lion tombantdans la bergerie. Mm• du une grace aux conditions de laquelle Sophie échappe en au peintre; il ne peut que faire supposer ce qui esl inPailly vient de le recommanrler a uu homma ele police qui se tuant d'un coup de poignard.
visible. II choisit un moment, une attilude, un sentiment,
doit le conduire du chateau d'lf au fort de Joux, et, au
Les dcux derniers acles du drame uu se relient les et laisse a deviner ce qui a précédé ou ce qui va suivre.
moment ou la scene se vide, un homme veto de noir y divers fils de celte intrigue peu histo;-ique, ne valent pas Celui qni v1mt peindre une pensée, une réllexion, une
pénetre furtivement par une porte latérale. Cet inconnu, les deux premiers comme détails; mais les situations maxime, tombe dans l'allégorie, qui est un procédé pardéja a mo1tié deviné, bien qu'on ne le voie que de dos, qu'ils présentent, bien que peu variées, font heaucoup tieulicrement lilléraire; il oublie que son art a pour but
va droit a un buste de la marquise, placé tout au fond d'effet. Le talent de l'auteur ne fait, du reste, pas ques- d'interpréter la réalité extérieure, et il échoue, comme
de la salle; mais, a peine s'est-il agenouillé devant cette tion, rnrtout au point de vue du style; b_izn pc11 de ses Ary SchefTer a échoué dans son tablean des Priéres de la
vénérable image, qu'un bruit de pas le tire de sa pieuse confrcrrs auraient mieux que lui élndé les dilílcultés terre s'r!le 1·ant vers l~ ciel. C'est a l'écrivain seul qu'il apreverie; il se releve, se retourne, et ron reconnait Mira- d'une tache que sa premicre faute est d'avo1r abordée. partient d'orner et d'animer eles abstractions..
beau.
Cette faute, il ne la rcconnaitra pas, sans doule, surtout
Mais si la plume cst un instrument plus complet que
On comprend la stupéfaction de M01• du Pailly a en présence de l'accueil fait a son ouvrage, non pas seu- le pinceau, si elle peut a la fois repréEenter le dessous et
l'aspect de son prisonnier se dressant ainsi devant elle, lrment par le pul1lic, mais par prcsque tout!! la presse, le dessus des choses, décrire la nature et les formes vilibre, menagant, terrible. L'attenle de la scene qui va et si ces lignes lui 1;assent sous les yeux, il pourra n'y vantes et peindre le fond des ames, il n'en faut pas moins
a'ensuivre est l'émution la plus vive de tout le drame; pas voir la sympathie cependant bien réelle que m'ins- reconnaitre son insuffisance relative dans la représenllais la scene n'y répond pas complétemeut, a mon avis. pire:1t a la fois son caractcre et son talen t. Ce sont la de tation du réel. ou triomphent la peinture et la statuaire.
faécepte difficilement Miraheau portant la main su r une ces choscs donton ne prencl qu'a regret son parti; il faut C'est ici que l'artiste va trouver sa place auprcs de l'éfemme, une femme indigne, sans doute, ruais qu'il sait cependant s'y résigner, et, dut-on ne pas etre écouté, crivain; il donnera un milie11 a l'action, il arretera les
,rotégée par la faih lesse de son pcre, et qu'íl rencon- s~voir au besoin crier gare a un galant hommc qm se contours des personnages, et les exigences du texte lais'lli sous le toit de ce méme pere. Si violent qu'il ful, je fourvoie littérairement et moralement.
seront encore a l'interprétation sa part d'origiualité,
De le reconnais pas arrachant du cou de cette femme un
La meille,:re preuve, au reste, que la piece de )J. Aylic puisqu'un s11jet rlonné peut se lraiter de cent fa~ons di'éllllier... qui, heureusemMt, ne tient guere. Un homme Langlé n'est pas a me~ yeux la prrmicre cliose venue, verses. L'expression des ílgures et des sites devra etre
ifihang et de l'éducation de Mirabeau, ne touche une c'est que pour elle j'ai noirci, ~ans m'en aperceToir, un rrt1et de l'écrivain; mais la composition, les attiturles,
lft!lnme que pour lui ba1ser la maio rn.. ou la tuer. Car tout l'espacc blanc qu'en comcience j'aurais du réserver le choix du momeat et du lieu, restel'ont la propriété
.11'onblions pas que Mirabeau, au plus fort de son répu- a d·autres, ne fut-ce qu'am excellenta artdes qui joucnt personnelle du dessinateur. Celle distinction est applillliean1sme, se rappela toujours et sut meme fort bien avec un si admirable ensemble la Jeunesse de ltfirabeau. calJle a toutes les estampes de Gustave Doré. Nul ne
?appeler aux au tres qui il était. N'est-ce pas du b,mt de
s'entend rnieux que lui a l'agencement d'un vroupe, a
A. DE BELLOY.
lllribnne révolutionnaire, que, parlant de je ne sais plus
l'exécution des paysages extraordinaires que Dante lui
'8!t grand personnage : - Le prince, ou le roi un te!,
a suggérés ¡ il cr~e une seconde fois, d'apres une vision
4-it-il, qui, par parenthese, était mon cousin...
intense,
les cercles de l'enfer, les contorsions des miséLE RETOUR DU VAlNCU.
Atec tout cela; la sce1:e est belle, mais qu'elle l'etit été
rahles, les escarpemenls hizarres de la région désolée.
Mtantage, si Mirabeau, par la seule magie de ~on éloNous les avons vus aux prises, ces dcux rivaux, nous Mais poJJr donner une tete a ses personnages, un sens
•uce, eut fait tomber du con de Mm• du Pailly cette les avons vus combattre, et l'on sait que] étail le prix de préci3 a lenrs acles et a leurs cris, il a besoin d'une ins•twicre de diamants, au lieu de la lui arracher ! Une la victoire. Le vainqueur s'est ficrement campé, - Salo- piration plus dirccle; encore ne réalise-t-il pas toujours
lelle violence, d'ailleurs, a l'inconvénien: de justifier les mon drs foréts, - au milieu de son troupeau de fem - la pensée du mailre ¡ en tout cas, il n'y ajoute ríen : le
"',lis,,"fiolentes mesures du marquis. Si coupable qn'ait mes. Quant au vaincu, brisé, écrasé. bonteux, il a fui modele est trop complet. Plus tard, nous le verrons cherélé celui--ci en donnant a sa maltresse les diamants de daos la profondeur des fourrés, pour cacher sa honte et chant a marquer ses figures de trails plus individucls,
11 femme, on pourrait comprendre, a la fin, qu'il fit sa défaite. Mais apres avo ir, pendant quelques jours, cuvé a les animer d'une vie plus particulieJe, au risque d'exafemme, comme dirait Moliere, le ferait honnir a ce poim
par·un fort honnete éerivain, devant les plus honnetes
gens du monde.
A l'endroit de M. de Saint--Mauris, la vérité historique
se trouvant c:tdrer un peu mieux avec la donnée du
poete, elle a été un peu moins travestie. Ce fut en e!Tet
un vilaio personnage que ce gouverneur du fort de
Joux, oú fut détenu Mirabeaa; mais était-ce une raison
pour faire de luí un pendant au G1tbetta de la Tour de

�VA.IN CU.

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.
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330

L' 1LLl'~T RA TION, JO (1 RN AL UNIVER8EL.

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- -·•--peu la téte et ne regardaot qu'autant qu'il faut pour mot descriptif, poétiqut1 en toutcas inutile, qui ralentigérer ou d'altérer l'intention de son auteur; partout tout mootrer a son compagoon; il porte en lui la paix rait 1'action; il se sent devant nn petit public curie11t
. .
··1 b i . .
1 1.
.
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nous le trouverons concevant mieux le groupe que la
es rcg1ons qu I autte au sein de a g 01re, pa1x que qui eman e es aventures et non es r1;veries. D'autre
d
Dante ne connaitra 1·amais, mcme daos le~v1sions exlati- I part, aucun de ses personna11es ne se ressemble. Dans
personne et la nature que l'bomme.
0
Peut-étre Dante (1) est-il le meilleur compagnon qu'il ques tlu Parad is; oui, meme au retour du foyer de la l'Enfer, bommes et femmes sont tous des maudils et des
ail pu choisir pour dis!imulerses défauts (qui n'en a pas?) théologie, Dante ne sera jamais que «. celui qui revient I desespérés. Dans la l'ie, dont les Contes im1tent la diveret mellre dans tout lcur relief ses vigoureuses qualités. de l'enfer. 1&gt;
silé, chacun a son c3.raclcre qui délermine sa de~tinee.
L:i variété n'est pas le caractcre de l'eofer dantesque;
Nous c1tions tout A l'heure trcs-franchement j usqu'a Le petit Chaperon rouge est tlél.neur et élourdi; le petit
livrés a la fiamme, aux glaces cuisantes, aux fourches et cinq compositions qui nous déplaisent; nous n'admirons Poucet futé comme un singe; le marquis de Carabas
aux fouets des démons, loQ.s ces troupcaux de damnés pas tootes les autces, m,;, H y en a plas de ,;ogt que homme • se laOSe, toujm, r.;,e Jo,sq,•;1 s'ag;t , ..;
courbeot le froot sous le méme joug de terreur et de nous tenons _pour accomplies. Dans &lt;( la forct obscure » bien immédiat; Ceodrillon, une résignée qui ne désesdésespoir; le mémc jour lugubre éclaire leurs supplices. qui obstrue « le rnilieu du chemin de notre vie, 1&gt; il faut pere pas, et qui a raison; Peau d'ane, une véritable
lis ne se distinguent les uns des autres que par leur nom, louer l'attitude naturelle du Dante, qui tourne la téte femme qui aime les belles robes et la vertu ,· la Belle ao
quand le poete !'indique.
avec précanlion et crainle (uº 1). Plus loin, on est péné- bois dorinaot, unejeuoe filie réveillée qui n'a plus guél'I:
Les groupes seuls et les tableaux ont un aspect et une tré par le froid de la peur en cette noire, a!lreuse besoin de sommeil. 11 y a a11ssi l'ogre Ala face luisante, a111
physionomie propre. Etc'est ce qu'il fallaita.Gustave Doré. ravinf, a peine. éclairée par un coiu de ciel pale, d)nt yeux ronds; la femme de l'ogre, grande et forte aussi
Toutes les foisqu'il a présenté une figure isolée ou prioci- la lueur argente faiblement les contours du grand et d'une beauté tranquille, comme H convieot a une'
personne qui voit manger sansdégoutde la_chair fralcbe ,
pale, l'inspiration l'a lrahi. Sa grosse tete de Dante, noire, lion a!Tamé (nº 3).
moroe et lourde, bien 'lu'elle reproduise des traits conLes deux pocles se rencontrent snus de grands arbres et puis les fées, tantót vieilles marraines rabougriea,
sacrés, accuse un ennm solennel plus qu'uoe amertume décharoés, tandis que les végétations plus humbles con- taotot belles reines, suivaot que la face du deslio se
vengeresse; le Mrnos, vu de dos, n'est qu'uo gros géant servent eocore leurs feuillages; A l'borizon, le soleil se masque de mal ice ou de solennité.
On a dit avec raison que Perrault est moins ,,roforrt
accroupi; le dragon ailé qui emporte les de1u poi!tes, cour.he avec une suave tristesse. La couleur mouraote
l'immense jouenr de cor et le vieillard aux longs bras, du jour prépare bien !'esprit a.u voyage sombre (oº 4); 'lUe Grethe, et moins réveur que Novalis ou Musreus: ..1
qui fait tant d'eflorts pour poser Alerre Virgile endolori c•e~t la nuit qu'il faut descendre aux enfers, ou du grande découverle ! et cependlnt il ne manque ni de
et Dlnte effaré, ne sont pas non plus de nos amis. Qu'oo moios a l'heure ou le crépuscule brunit l'air (nº 6), lors- porlée, ni dP. poésie. Est-ce que la Be/le au bois dorman,
nous permette encore de ne voir daos la Fran~oise de que les fantómes et les visions sorlent de la terre avec n'est pas une inventioo di,·ine? Est-ce que tous nous ne
Rimini (oº l5) qu'une forte fcmme nue, a la douleur les hrouillards des vallons. On n'aura plus qu'a. laisser \'Oudrions pas aimer des femmes qui eu•sent loujJurs
vulgaire; et nous en aurons fini avec la critique. 11 nous les etoiles aussi bien que l'espérance en franchissaot la dormí, en revant, s·entend? Et Riqnet a la Houpe, que
faudra méme cxcepter de notre jugement géoéral les porte ouverte dans une haute muraille de basalte (nº 8). son esprit emb,illit? Et la Olle polie qui re~oit pour don
tetes des deux poetes; suffisamment guidé par la tradi- JI -y a foule sur la rive de l'Achéron et l:t v1cieuse race de ne parler que par diamants et par rubís? Et la curiotion et les types qu'oot adoptés deja Raphael et Delacroix, d'Adam rn presse pour entrer dans la barque : ce ne silé, presqne mortelle, de la femme de 83.rbe-Bleue!
Doré a le plus souvent bien rendu la fierlé sereine de sont que bras jetes en l'air, cris aílreux, tetes cachées N'y a-t-il pas la des enscigoements et des consolatioos,
Virgile et la sombre tristesse de Dante. 11 possede a fond dans les maios qui se crispent, avant-gout de la douleur ponr parler en langage de prcche? Quant Ala poésie,
ces deu1 phy,ionomies et les maoie a son gré; qu'il les prochaine; l'aspect du groupe qui se développe en Ion- elle Mhorde; elle est hors du cadre; aussi, pour la senprésente de profil ou de face, tranquilles ou agitées, on gueur est ,;aisissant : hornmes et femmes sont drus tir et l'1maginer, faut-il laisser de cólé le te:\le et rever
les recoonall toujours. La réussile était ici absolument comme poissons daos un fllet, et lenrs gestes violeots, Ason propre comple. Chaque page nousouvre des échapnécessaire. Dante et Virgile sont, en somme, les seuls désolés, ne les arracheront pas au réseau d'ombre qui pées vers les boi~ et les champs; toujours la foret est l
personnages netlement caractérisés de celle partie de la les enserre (nº iO). Dante a relégué daos son en fer Ho- l'horizon; on comprend a chaque instaot que ces cootea
Divine Comédie; ils doivent etre le centre de toutes les mere, Horace, Ovide, Lucain; mais au moins ces grands si naifs sont un des plus antiques heritagesde l'humaoité,
scenes; c'est pour eux que s'est ouverte la porte fatale, hommP.s jouissent d'une paix relative sur la füiere qu'ils sont venus de bonne beure s'acclimater daos la
et le degré d'borreur des visioos funebres se mesure A d'une foréL profoode, sous des hétres au feuillage impé- terre cellique, et qu'ils se sont épaooui3, comme les
nétrable (n• 12). lis ne font point partie du tourbillon druidesses au1 faucilles d'or, sous les rameaux des graods
l'impression qu'ils en ressentent.
Le Dante a fait beaucoup pour Virgile; saos doute, il qui serpente au gré de l'ouragan infernal, environnant cheoes. Le pere de Pean d'ane, ce nouveau Cioyras, ne
a élé guidé par l'opinion du moyen a.ge, qni transfor- de SPS volules animées l&amp;. roche qtJ.i sert de piédestal va-t-il pas consulter un vieux druide qui mache rlu gui
mait le créateur de Didoo en bienveillant magicien; aux deux voyageurs (nº i4). Voici venir les victimes de de chéne, as.sis en tailleur sur un dolmen sacré? Depuis
mais il fut surtout sédmt par la descente d'Enée aux l'amour, consumées d'un feu intérieur, et les bea•1tés quaod n'y a t-il plus de poésie daos le clair de luoe,
enfers, ou se trouvait le germe de son triple poeme; il antiques et les couples modernes : « L'amour les a con- daos les robes couleur de temps, les tleurs de&amp; boia
se crut aussi obligé A une recoryiai,sance éclatante en- duits a. la mcme mort (nº i8) ! » Les étonnants rlccourcis cueillies peudaut que le l')up y est, l'amoureux inslinct
vers celui doot il voulait exploit€r et enrichir l'béritage. du nº 20 expriment autant de tortures que les visages qui guide l'une vers l'aulre les ames adolescentes, les
Il le prit done pi&gt;ur conducteur dans son voyage étrange, les plus défa1ts et les plus aoxieux. Un maudit veut moo- princesses deveoues bergeres et les clefs enchantées d'oü
et ce choix fut un trait de génie. Qui ne s'mtéresse da- ter dans la !,arque (nº 25), quelque assassin, quelque le sang ne peut s'cffacer? Relisez les Cantes de PerrauU
vaotage a Virgile, A un bomme divinisé, mais homme hypocrite. Un mépris souveraio assombrit la figure de avec le commentaire de Doré, et vous ne les accusere1 paa
encore, qu'a cette auslére Eihylle de Cumes, impassible V1rgile: &lt;( Va t'en d'ici, a-t-il dit, avec les aulres chie ns!» rl'une sécheresse et d'une vulgarité qui n'ela1ent qoe
compagne d'Énee? Béatrice, la vertu théologale, eut été lis vont, les ton!bes e111brasées s'ouvreot á leur aspect, dans votre imaa ination paresseuse.
0
Voyez le petit Poucet ramasser ses cailloux au bord
bien froide; d'ailleurs, il ne convenait pas d'imposer a et les éclairent de reflets blafards (oº 39); ils sont ínterson idéale clndeur l'affreux spectlcle de tous les vices rogés par de superbes ceulaures grassement dessinés, d'une source, aupres d'uo vieux saule éveolré; une fraiet des téoebres odieuses. Yirgile tempere et accrolt a la commc les ei.t revés Delacroix (nº 33) ·, f1tient les harpies, cheur vous viendra de ces bois ou respire la ro!tée. En•
{oís, par le conll·aste, l'épouvanie et l'amertume qui vautours a téles de vieilles, et les arbres humains; trl- trez a la queua leu- leu dans la foret, comme les buches'exhalent de ces régions inconnues. Quelle noblesse verseot la neige aux flocoos de feu; voient la grande rons et leurs eofants; le petit Poucet semant sa míe de
daos ¡,on maintien ! quelle mesure et quel cbarme daos Thaiset lly&lt;Tha 1•;m p;e, dootles nnmsetles e,; mes pé- p,;, ,u, ,;sem ,nos len pe; ne A,.;,. Que la na;~
ses paroles! quelle sécurité majestueuse au milieu de netrent Dante d'une chaste horreur (n•• H et G3); p10- au milieu des arbres, et la lamiere lointame, et le sentil'inlernal tourbilloo ! 11 n'a point de baine; les iofurtu- cession Je chapes de plomb, melée a deux étages de meot de 13. solitude, amenent de tristesse daos le crear
nes imméritées ne l'ont jamais aigri, et son ame peut misérables hvrés aux étrei11tes des serpents (53, 54-), af- des eofants ! lis risqueront plutót les denl5 de l'ogreque
garder b. toutes les miseres une pitié compatible avec le íreux mutiles sans tétes ou san~ jambes, mer ele glace celles des loups. Du haut d'un perron tombe sur les supsenliment de la juslice. Désintéressé par ll mort de ces ou suroageut des crancs qui se rongent (5!l, Gi), epuisent pliants le rayon d'une lanterne, et le pelit groupe re•
luttes de passi~ns sauvages qui ont a peine eflleuré sa enfin l'imaginat1on ferlile du pocte, et nous revoyons les commence a vivre : l'homme, surtout l'eofant, ne soot
pas faits pour la nuit.
vie, il voit de plus haut et plus grandemeot que l'ascé- éto1les qué nous avions perdues (75) !
Mais croyez-vous que l'ínfaligahle Doré va tlo?mir
O chateau moussu, discret, de la priocesse endormie,
tique exilé, qu~ le maiKfe gilJelio au menton dur et aux
narines pincées. 11 eovisageait autrement que lui l'exis- ongtemps apres cette cxcur~ion pénible de rocher, en ro- superbe allee de sycomore~ ou &amp;'avance le jeune chastence et la nature humaioe; cha~te jusqu'a étre appelé chers, de lac en tac, rt d'horreurs en horreurs? Que non. seur, fa~ade prestigieu~e ou la Renaissaoce succede l
la Vierge, il n'avait ,pas cepeodant réduit l'amour aux Aus~itót qu'1l f. r:ijour il r~taillera ses crayons, cette fois peine au gothique tlamboyant, éeuyers et pages im·
éllns mystiques et a l'adoration austcre. Un ioslant, a pour une r1ante fanlaisie qui le déla.,sera micux que le mobiles, enfio, chamhre envahie par les clématitese&amp;
son contact, s'attendrit le creur nlcéré Ju Dante. et Fran- srmmeil. 11 y a lom de Dante a Perrault, et c'est pour- les plantes qui grimpaient jadis autour des fenétres;
cesca trouve grace aux yeux de l'amant d'une morte. quoi Doré a deux fois réussi. S'1l avait tenté :a Bible somroeil riant qui appelle l'amour! Seulement la prin·
L'artiste a compr1s tout cela, et partout des nuances aprcs le Dante, il aurait risqué de se faliguer la main cesse a un bras hjen trop gros, a ce qu'il semhle; mais
tres-distinctes et tres-justes e1priment les sentiments aux figures sévi'res et aux sceoes solennc'lcs. ltais le ba~t! ru&gt;us l'aimons quand meme, puisque nous J'avoDI
tl11Térents des deux iMéparables devant les speclacles Chal botté, mais le pelit Poucet et Pean d'ane, esqu1sses réveillée.
~Peau d'ane descend l'escalier du pala1s; il fait clair uv
pareils qui se déroulent A leurs pieds. Le Romain est légeres et olives d'un contcor saos pretention, forcent
beau, ses tra1ts sont harmonie1u comme les plis de son son talenta serenouvcler. Au•si, touten produisantune !une; elle parl sur un petit chariot attelé J'un moutoa,
manteau; qnelquefois ses proportions prennent tJ.ne am- reuvre charmaole et bien digne de la délicie1?:e préface inquietr et belle, pre~que couronnée du croissant, pi"
pleur eicessive. L'autre, angulcux et ravagé, serr~ daos de Stah', il a.•souplit sa puis~ance, il prl'.lude au Don rei,le a. Dianc. Daus sa crainte d'un pere qui veut l'épcuser, elle se fait bergere, mais elle ne perd pas SI
une longue tunique étrcite, ~emble volootiers courhé Quicholt•.
Perrault (1) esta la lois tres.. simple et tres-varíe. Ses beauté. Avec un vague espoir, elle se regarde dansla
sous le poids de ses pensées. Quand celui-ci est terrifié
ou brisé par la douleur, celui-la est calme et mélanco- indicalions scéniques sont courles et ne donnent pas un ciaire fontaine, au pied des monlagnes. On est toojour'
filleule des fées, lorsqu'on a beauté, pat1ence et bon
lique, toujours droit daos sa riche stalure, retournant
courage.

I

11) .......... 11-Wio.

(1) lllbel, 11--folio.

33f

- - - - - - --

Quan d Fasaron,
l
f rere du roi Marsille voit- son -neve - I'- h- -t ·1
f .
'
u ene lnteur Siglorel, qui déja futf en enfer. (Iupiter l'y
mor ' J sort ur1eux de la presse, se met devant les
l'
1 .
mena par art magique}.
«
~~ JOur
~a perdre
l'honneur
de provoque
votre douce
France ! »
rang~,
pousse
e cri des
pniens et
les Franfais:
La melée cepeodant est devenue b orrible : Francais
01 11wr se Je lle sur Ie Sarrazin, lui brise l'écu, lui rompl 1et paiens se po_rtent d'affreux coups. Les uns frappe.nt,
1t' h au 1icrt, 1u1• plante atJ. corps son gonfanon et a pleine es autres
1 se defendent. Cornbien de lances rompues et
lance le desar~onne et l'abat mort.
ensang antées ! combien de gonfanons, combien1 d'eoseiLe roi· Cº. rsa bl.11 inlerpelle les autres Sarrasins: «Nous 1n_1es en_ lambeaux ! í'.ombien de t,ons Franra
J' ·s lai·•·ent
""
O
b
c leur Jeunesse ! lis ne reverront plus leurs meres •
pmoos ""
eombat, eu des F,aa¡,;s le leu" íemmes, ,; leu,s am• de Fmee, qo, les atten'.
t
nombr~
eS
misérable.
Nous
avoir en plS
mépris
ceux dent au pays. Aor.
q.u~ ~01la_. Le no__m de Charlesdevons
n'en sauvera
un seul.
I
,
1
1
La bataille est grande et terrible. Roland et Olivier
1
Turpm,
q u1 1~u
a. eotcndu,
et va frappent
. ;
rend les coups par
oici_ e JOU'.
leur faut éperonne
mourir ! &gt;son
MaischeVll
l'archevéque
rude ment . L'_are hev1;que
A
fra ppcr Ie Sarr3.s10
. avec tant de force .:¡u'il lui brise l'écu F
mill.ers. Les douze pa1rs ne sont point en retard. Les
et lu 1 fra_c3:~se Ie haubert. 11 lui plante au corps son
ran~a1s frappe_ nt tous_ensemble. Les paiens tombent par
g d é
cents et par m_ille ! Qui ne s'enfuit n'échappe pas a la
1
gl?n~on
la mort
poussiere,
il ne le Puis,
laissevoyant
pas sans
. o&lt;&gt;re ma Igré' ehacun y laisse ses aonées ! Les
ran g1sant
r•_eu etdaos
'abat
au chemin.
le mort. Don
01
h11 d1re: « Marau d paien, vous en avcz menti ! Charles, 01
Fr_an~a,s
CI 1 ne reverron_t plus leurs pcres teurs parents,
not
iar emagoe, qui le&amp; attend a l'issue des défilés.
, re SJre, e,t toujours notre rempart. Nos Franfais . Une tourmente effroyahle désole la France : l'orage
n ont pas le talent rle fuir. l'\ous clouerons sur place tous eclate, le tonnerre gronde, le vent mugit, la pluie, la
- - - - i\.',DRÉ LEft.vu.
v~s tcompagnoos !I, Je vous annonce cette nouv~lle, que grele tomhe Atorrents, partout la fo1Jdre et &amp;es ravae eS pour voiis heure de mourir! Frappez, Francais ! ~es, ~.t Ia terre qui tremble de Saiot-Michel de París
8
LA CHANSON DE ROLAN n.
nousnu:
: D,_
eu vo?s
so1t loJié
! » Et il! críe:
Mon/ioie!
• 11 . en.'
port de Wissanl! 11
que
de
ne s'ouhlie
Le premier
avantage ~st a JUSQU
s tle BesanfOD Jusqu'au
·
t.
"aupr1mes
de
Brigaut
est
occis
par
An&lt;&gt;elier
et
Salan
d
.
.
.
•r
'
n est abr1 dont les mnrs ne se crevent. .,L'o pte·m m1'd i,
vo YE DE rntRour.ot
emporte son ame. Et Gerer, le compa,,;on d:An&lt;&gt;elier
e n~ire~ tenebres; plus de lumiere au ciel que le feu
rraduJt :,ar Alexaudre de Sa..iut-Albiu.
frappe l'émir, lui brise l'écu, lni démaille le haub~rt e~ des eclairs. Pas un homme que ce spectacle n'épou1
lu1.. pou_ssant au creur son bon épieu, ('ajuste si droit
,
Et plusieurs de 11dire : « C'est la fin du monde ª
fivante.
1
&lt;Fio.J
qu_ 1~ lut traverse le corps. « Oh! la belle bataille ! 1, dit .n du siecle préser.t! lis ne le savent, et il n'y 0la
,
Ol1V1er.
rien de vra1 : c'est le grand deuil pour la mort de R _
1RolanJ,
fi
·
. e duc Sanche attaqne l'aumacour, et, apres lui avoir land
L!
quiI' voit. 1venir
le moment de la bataille, est
L
10
pu, erq~c 1011111 eoplrd.
· c1se
• 1é de fleurs et d'or, luí transperce le
_ es Fr_an~ais oot frappé avec courage et v ,,ueur. Les
. 11 inlerpclle Olivier: «L'Em- br isé son e_cu
ptre.ur
con fiie 1se_s1Fran(;ais, en a mis a part creur, Ie eo1e et le pou mon. Anséis 'ºº"e daos le corps de hpa,eos gisen_
t qui
11 nou~ ~ 1
d t morts par milliers, par troupeaux. u Nos
1
flO: mi e, _parmi esque s I ne connait pas un couard ! Turg1s de Tourtelouse la poiote de son bon c'p1·eu, et le
it Rolaod, soot de vrais preux. JI est e'cri·t au
Gommes,
Pour1sonh seigneur,
d I fon doit souffr1r graods mau1, endu- ,icr ressort par le dos. Angelier, le Gascon de Bordeaux . ts a Fra_ nconim_ .:¡ue notre empereur a les braves .' »
m e e ª11t et he . rnid extreme, on doit savoir perdre va rrapper Escrem1ze de Vauterne entre les deux ma-,
Le roi llars11le arrive sur eux, commiP.. sortaot de
0
11
tm ~ang e sa
e
a,r.
Frappe
de
ta
lance,
et
moi
de
Oo11
t
•
1
lerre_
en vi·n~t
b
me es, e
P cine lance le renverse de sa selle mort b , avec sa grande armée. 11 l'a parta&lt;&gt;e'e
"
1
faD d I ma_ . onne épéP, que le roi me don ua! Si J·e Apr1;s
, quo1,· 11· lui d1t: « Vous n'avez pas de chance!
'
taillons.
Oo
voit
luire
les
heaumes
éma
·11e·s
d'or
et dºe
~
1
lle~"'• qm 1aura pourra d1re : • C'était l'épée d'un Am.
P ~1r1reries, et les écus, et les cuinsses frangées. Sept
"' ' ant.h1 »A
Le pa1en
- Es torgant est occis par Gautier, et Astramar,·z mi
b _e trompettes sonnent la fanfare et remplissent de
Lare ev.,que 11 Turpin
1 F pique son cheval, gravit une p1r Dcren,,er.
« Olivi
• 11 Des douze pa1rs
. du roi Marsille en voila
ru,t
touter la contree.
tm,~ence, Appe e e~ ranfais et leur t1ent ce di&amp;cours : dix de tue~, ¡¡ n'en reste plus ue de Ch '
e ' moo compagnon, mon frere, &lt;lit Roland
S barons,l' rour nutre roi no11s devons
.
·e le ,félon, a juré notre
. mort: sa trah'ISOil est'
• Seigneors
bien comte l1'1·ar"0 ar1z.
·
q
ux, ernuble et le Ganelon,
I e,~te. L empereur en t1rera une vengeance terrimoonr.. outen~z h~nneu: du nom chret1en. Bataille
Uans cctte melée merveilleuse e
man,
M, 'º.~5 en eles liu:n ~ur~, c~r s0~1s vo~ yeul voila laod ne s'epouvante oiot. 11 fra t con fu~~
I (e preux Ro- ble N~u~ all~ns avoir une bataille et rude et cruelle.
1
b Confes•ez
.
coup
.
fOn ne v1t Jama1s un tel rassemblemeot rl'hommes. 11e vais
s. Sarra~rns.
vos peches ' cr1cz a Die u merci , l'cp1eu
· · 1u1• dure. Aup qumzicme
. .
ppe
de l'epieu taot
.
O. que
0
0
·
•
·
•
1re
uranua
sa
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épée
il
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f
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Je ,ous a soudrai pour le salut de vus ames Si vous p'-s JI
D
.1 1
b
' arme eIJSle rapper de mon épée Duraodal et vou- co
ourez,
vous
eronne
'
·1
1 srrez
h t tous 1qaiot~ martvr~·
. ' vos places soot che vaI et Ya frapper c'hernuble II lm 'br1•e son
h •a son ,ous
A rapperez
. de llauteclaire . »
es au P 1:s an parar is! ,, Les F!'a11~ais de3cendent oü luisent des escarbo ueles il. lui C d · 1 e ume . u ,,_remier raog des ennemis chevaucbe un Sarra. ~heval, s ageno~illent en terre, et l'archeveque les iert a fines mailles et tou; le
en . son .~ a,nc
1 hau- i:rn, ~bime, le plus scélérlt de la bande, le plus souillé
eo,~ au nom de Dieu. Pour pénitcnce, il l~ur commande chure sur la selle {ocrustée d'o~or¡t .JUS'lU ª enfour- d~ crimes et d'hombles félonies. 11 ne croit pas en
Le,
. 11' é
1·0· t 11le ~Dieu,
d le flls
I de la sainte Vier11e
o .I ll est no·ir comme po11
bienFrrapper.
ch eva'
1 1u1· tranche l'eprne
. . sans cherchcr
· epee lerencontre
.
ranfais, a eg s de leurs péchés, se retlres~ent et ahat morts sur le pré sur Í·h b d
I S iu ; e e on ue. I aime le meurtre ~t la trahison plus que tout
R sur. leurs deslriers agiles.
sa mon t ure.
m.
.ontent
'
er e rue, e arrlSID et l'or de Galice. Aucun homme ne l'a J·am a1s
· vu JOuer
•
5
olao&lt;l e~?age aux dcfllés d'Espagr'.e, sur Veillaot1f,
Le comte Roland chev3.uche A tr v
rire ! Br~~e
1 cepen~ant et follement téméraire, et c'est
bon cour~ier. 11 porte ses armes et !I leur préte taot randa! a la main O0 1
•t.
ª ers le camp, Du- par lit q•l 1 a su p\a1re au félon roí Marsille II porte¡
01·,v·ier non p1us ne
· se met
e voipasJeler
un mort
leur signe de ralliement.
·
e
t grace
. 1 '. 11 porte au poiog son épicu dont le fer rer·arde
o
en retard
d sur
f l'autre.
O0 dragon,
•
ae' _au so_mmet eSl lacé son go~faoou tout hlanc. Les n'a r,en a reprocher aux dollle a,r
e rap~er.
11archev~q~e ne peut_ pas nimer ce scélérat. Sitót
f,· es d or lu, baltent dtns la mam. II va majestueux pent d'cstoc et de taille le• -P s. .Les Franfais frap- Qll. le voit, ,1 son ge il. 1attaq11er. 11 se dit tranquille
'Qlmeet snuria?t.
lu, mmhesna eom pagoo,: uos ,·enoou;sseot. L';"h;~"::• ~e~""''
quelq~es- ~entálu;-~•me,.' Ce Sam,;n me pa,a;t "" fie, hé,.:
1
toos ces Frangais qui le proclameot leur prolecteur. notre nohlesse, » Et ¡¡ críe .
ti · 1«C~flet
b~en, tique. Le meilleur a faire estrl'aller l'occire. Je n'ai jamais
anee 0 ~ regar~ fier sur les Sarrasins, et lourne sur Charle~. Am.
·
JO e·
eS e cri de supporté couard ni couardise. » L'archevéque éperoone
Fran~ais un ~•I ~oux Pt modesle.
Ohvier chevauche a travers la mel .
b~avtlment son c~eval, frappe Abime sur son écu d'éLes deu~ armces 5 approchent et •e vont aborder. u Ce brbée, mais du tron .00 !I fra e le e~. Sa lance e~t11 ~ir, semé de diamanL&lt;, d'améthystes, de topazes et
pas I icure de parler! dit Olivicr. Vous n'avez pas Jui brise son écu cise~e d'or e/Je flen~a•~~ 1~:u;e.ro~,. 1 1 esc_arhoucles: Abime le re~ut de l'amiral Galafre, qui
~so~ocrvotre o_llf&gt;hant: vous n'aurcz aucun secours hr les deux yeui de la tete et la ce 1
bait
•
avait refu lm-méme d'un démon au Val Métas. Apres
f ar es. 11 ne ,ait mot de notre détresse: ce n'est pas pied,. JI le reuver,e mort a:ec scpt c;~~ ; tom e /~s le coup de Turpm, vaul-il encore un denier? ... Ce coup
ante,
brave! ...t \laintenant,
seigneurs barons, che- il occil Tur"is
. 1e tron~on
s arrasms.
ms travers~
hez dele toute
C
º et Estragns. pu1s
de ,a lance
Ce dAhime
t I deF l'uo a. l'autre llanc .
,
.
vo re orce e~ tenez ferme au champ. se brise et s'eclate jusqu'a la oirrnée . « Co '
p~n an es ran~a1, voient les paiens déborder de
00
ds ~o prie, au nom de D1eu, formez le fcrme pro- tui dit Rr,land '}ue faites-vous? ~oºtelle bat 1.1~pagooo'.
tous cotés. lis chrrchent Roland, Olivier, les douze pairs
11
e bien frapper, de bien recevoir et rendre. N'ou- 1 sert un ha.ton? Le fer et l'acie~ voila n ª e, 1 qu~, leur_ rempart. ~!ais l'~rchever¡ue leur dit: « Ne céde;
_pas le_ ~r• rle _Charle,!» A ces mot,, les Franfais est IJauleclaire, votre é ée au m~n·he d'os
_.~ ~u pls ª. un mauYm sent,ment! Ne fuyez pas! Mieux vaut
0 armes ..010
01. · MontJnie! Qui les eut alors eotendus, ne perdrait de diamaob? _ Je ne ~a p
.
d'
r
,
.
la
P
mourird en .combattaot.
c'est ici
1
s le souven d'
. bl
eux irer, it 0 1mer carnee
de nolre
.
•1 Nolre
. . compte est ré"lé:
º
nt .
ir une si no e arde_ur. Puis ils s'a- co1J;ner, j'ai trop a!la,re ! » Aor.
'
. ermer ¡our. ais, Je vous le gar:mt1s, le saint
' Du~u ·1 avec que lle audace I lis ¡nquent des deux
Et pourtant 1¡ la tire Sl b
é 11 f .
11 paradis1 e,l vou&lt;., ou vous siégerez parm1 les bienheu;~upe~ au plns court. Mais les Sarrasins ne reculen; Roland par un coup de vra¡°n~e e~. e, _1 1. 1ªf ait voir
reux ! &gt; Cette pensée rallume leur ardeur, et ils crient
I
an~ais
et
paiens,
les
voila
face
a
face
!
paien
Jwtin
de
v
F
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el
~va
_ier
·
rappe
un
tous
neveu de ~I ·11 h
' ,
a.• erre, • Ul parta0o-e la téte par le
U : Sllontjoie
. ! Ao1.c1·
.
arsi
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evauche
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avant
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troupes
milieu
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qui refut la foi de GaneI l imborm
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b .
úi .
rop~s _e nos •ran~a1s: 1&lt; 11 estfou, vo- sa IJonne selle, aussi émaillPe rl'or· il ourfend l'é .
'e_ par ami
e aisa sur la bouche, vient frapper
d 'qm vousª la,~,es llans ces defiles ! La France y du cheval il renversc morts
p• 1 S
c_hme Angeher de Gascogoe, le tr:iverse de son fer et le rerasa »renommée,
le bras droit de sa montur~· « Je vous'reconna1s
~urpour
e pre'
arrasm
et touroe
corps
Qu J • -etRCharlemagne
d .
mon efrcre,
tui &lt;lit
mo t A11 ba~,
J' mort.
° , dit Roland, vo·t•
111
1 &lt;&lt;.11Sire comparrnon
. •
an, 1ou,t OIan , Oieu ! quelle colerc il en íloland. C'Pst pour de tels cou 15 u l'
·
1
r nge ier, e mei eur chevaher de l'armée. - Dieu
11
soiique son cheval et le lance a br1dc ahattue sur aime. » Et de tous les c,ités on c~ie ~Ton~?'~e,r;ur nous me don ne de le venger ! » répood Olivier. Et presque
~nt. 11 lu_i rompt l'écu et lui ouvre le hau~ert, il lui
Gérin et son com¡,agnon Gerer ·brised/'i:~/~pieu :~ meme temps le Sarrasin tombe sous Hauteclaire. Les
ileu -:~ ~•, il lm délache l'echioe du dos, et de son daos le corps du paien T1mozel, et le reove;sent a:
:mportent son ame:
.
1 Ut arrache l'ame du corps.
beau mileu d'un guéret. L'arche,équeoccit aux pae tue le duc Alpha1en, décap1te Escababis, dé1ens sarme sept Arabes. Mais Valdabron, l'º"";en
--. gouverLe talentde paysagiste que Doré nous révélait dansle
t0le, ,'e,t accru et complété dan&lt;. Je Perrault. Mais ce
i c,t plus important, il 1 trés-sonvent réussi a donn('r
~ exprl•·•·on indi,iduclle a· ,es per,onna~e,. a~e d11re de cette uniform:té tlangereuse qui s'accordai·t avec
tri~tP.,se tmjonrs ég-ale clu peintre de l'Enfcr. l,a renilr~ dn loup et du Chaperon ·rouge, la rié,olation des
¡x bticherons ?iui n_e peuvent oourrir leurs e~fants, les
11 tetes de Cendr11loo et de sa marraine, du "iem
Jde, de Pe,u d'aoe, et de !'héroioe des Fi&lt;s, témo;· Sans doute il y a en•nt d"a
eJ d' ~n p~ogr_es certa1n.
-e un peu d exagerat,on daos l'énorme stature et les
11 sa1·nan t~ de l'og re ; trop,¡• au&lt;1acedan• le chat boll~
pas assez de r 11se; le ha!, dauc; Ccnrlrillon ' et la ciiur
1p~re de Peau d'ane sont de• char0rres un peu outre'es.
ais espérons que le don Quirholte aura sati•fait cetle
o1íd n burlcsr¡ue qu1· po~,ed e Dore'
· et qu'il acquerra le
!OÜI, scntiment e1quis, qui coomte a ne dépasser en
~ul la mesure 1111e juste assez pour donner am: clres et
,ull cbo,es le relief, le mouvement et la vie.

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�L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

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333

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.
r de Marsille, abat mort le duc San che. Mais Roland,
~:~andal au poing, fond sur Valdabron, et lui pourfend
~ ne cuirasse et corps.
J eT~rpin venge pareillement Anséis occis par Maucuidant. Un paien, Grandogne, fait sorlir l'áme du corps a
Gerin, a Gerer, ~ Bérenger, ~ G?y de S~int-Antoin~, au
duc Anstore. Ma1s Roland lm cr1e: 11 D1eu ,te maud1sse !
Je ,ais te vendre cher la vie de ceux que tu as tués ! »
Grandogne~ qui n'ajamais ,u Roland et qui le
,econnait d'abord .ª son
1 fier ,isage, est epou,aoté, ¡¡ veut fuir ... 11
est irop tard : Roland
lai apartagé le heaume
jusqu'au nez, et ensuite
le corps, malgré les
mailles du haubert.

Cependant il vaut mieux que le Roi vienne pour nons
venger. Les pafons ne doivent pas retourner daos leur
pays. Mais quand les Frangais descendront dans la vallée,
ils nous trouveront morts et mutiléE, ils nous emporleront
daos des cercueils, aux cimetieres de nos moustiers, a
l'abri des lou ps, des sangliers et des chiens! - Vous
avez bien parlé!» lui dit Roland. Ao1.
Roland embouche l'oliphant et son ne a pleins poumons.

~~

~~

III
LA MonT DES PREUX.
La bataille continue
terrible et fougueuse.
frao~is et paiens combattent pleins de fureur.
Que d'hommes morts et
blc~s! L'herbe verte
~t inondée de sang.
Toos Jeschevaliers fran¡ais sont tués, hormis
soi1ante, que Dieu a
épargnés et qui vaudront cherement leur
,ic!
Roland interpelle Olitier : &lt;l Cher compagoon,nouspouvons bien
laplaindre, notre douce
et belle Fran ce, qui reste
,eo,e de tels preux ! Hélas! notre bon Roi, que
n'etes-vous ici ! Olivier,
mon frere, qu'avonsooos afaire acette heure!- Mieux vaut mourir, dit Olivier, que de
troom son salut dans
la bonte! - Je vais, dit
Roland, sonner l'oliphant, et au fond des
déft!és, Charles l'entendra, et les Fran~ais reliendront. - Quand
j'en parlai, reprend Olitier, vous ne l'avez pas
1oolu faire. Et si vous
le faites a cette heure,
TOUS le ferez sans vigueur: vos bras sont
loot saignants ! - J'ai
llonné de si bons
!IOlps! dit Rolaud ...
Maiala partie est trop
lorté :jecornerai, je suis
lir qne Charles m'enlendra. - Ce ne serait
PIShrave! reprend Oli.Tier... Par rna barbe, si
Je rnois jarnais ma
lltor Aude, ma noble
seor, vous ne serez
iamaisson époux ! »Ao1.
•Pourquoi cette colert'ditRoland. - Camal'lde,c'estvolre faute. Si nos Franfaissont morts, c'e3tpar
~irnprudence; et nous sommes perdus pour Charles.
Si,0118 m'aviez cru, le Roi serait accouru, nous aurions
l_a bataille, et nous aurions pris Marsille morl ou.
""lais votre prouesse fait que nous n'aiderons plus
lravaux de Cbarlemagne, Je plus grand homme
OII ,erra jamais j11squ'au jugement dernier ! Vous
Jlérir ici, a la hontc de la France ! n Mais l'archese jette au milieu de leur débat : &lt;1 Sire Roland et
sire Olivicr, au nom de Die u, ne vous clisputez point !
er du corps ne peut plus nous sauver maintenant.

!Pé

Et le duc Neimes: &lt;l C'est un brave 'lUi son ne! 1l y a
bataille la-lias ! 11 l'a trahi, qui veut si bien vous donner
le change. Criez votre devise et volez au secours de votre
neveu. Vous entendez assez la détresse de Roland !i,
L'Empereur fait sonner ses hauthois. Tous les barons
de l'armée s'arretent, descendent, revetent leurs bauberts, se couvrent de leurs heaumcs, prennent leurs
épées, leurs écus, leurs lances longues et solides, puis
remontent sur leurs destriers et piquent des
~ :--.
:::----,,._
deux. Hcilas ! aquoi bon?
~~~~~
ils sont trop en retard.
Le Roí faitsaisirGanelon pat les garfons de
cuisine, et dit au maitre-quéux : &lt;.( Garde-le~
~~
moi comme un félon qui
"
a trahi roa Maison ! n Les
º::::S:.
1
gar~ons de cuisine arracbent au traitre la barbe
et la moustache, le frarpent a coups de poing, le
lientcommeun ours et le
jettent sur un sommier.
Le Roi Charles chevauche plein de fureur, et
avcc lui tous les barons
de France, qui déja voudraient etre avec Roland, qui a cette heure
se bat contre les Sarrasins d'Espagne.
Roland voit les landes
et les monts couverts
de cadavres fran~ais. 11
pleurc en nolile che,,a!icr : 1&lt; Seigneurs barons, Dicn VOUS ait en
sa grace ! Q1i'il ouvre a
toutes vos ámes son paradis ! que surles saintes fleurs il les fasse repo_ser ! Meilleurs guerriers que vo1Js, je n'en
vis ja!Dais. Terre de
Fr;¡,ncc, ó mon doux
pays, vous voila veuve
de tant de vaillants soldats ! Barons franfais
qui mop.rez par mafaute, je n'ai pas pu vous
sauver, que Dieu vous
aide, Dieu qui ne trompe jamais !... Olivier,
mon frere, je ne vous
faillirai pas. Je mourrai
de douleur, si le fer ne
me tue. Allons, sire compagnon, allons combattre encare! n
' 11 reparaitdans la melée, Durandal au poing.
Comme devant les chiens
fuit le cerf, ainsi fuient
les Sarrasms devant Rolan&lt;l. Voici cependanl
• Jllarsille qui arrive en
g1Jerricr. 11 tue Beuve,
sire de Beau ne et de Dijon, puis Yvc et Yvoirc
et Gérard de Roussillon.
Roland quin'cstpas loin,
cric au pa'icn : &lt;1 Dieu
te damne, toi qui viens
de m'occirc mes rompagnons ! Tu vas en recevoit· le prix avant que nous nous
séparions! tu sauras aujourd'hui lenom de mon épée ! &gt;&gt;
Et d'un revers de Durandal il lui tranche le poing droit.
Puis il prend la tete de Jurfalcule Blond, le fils de Marsille. c1 Au secours, Mahomet ! » crient les Sarrasins.
Puis ils se disent !'un a l'autre : &lt;&lt; Sauve qui peut ! ,,
Et cent mille hommes prenncnt la fuite. On peut bieu
les rappelcr : jamais ils ne rcvicndront.
Marsille en fuyant laisse sur le terrain son oncle Marganice, avcc ses Élhiopiens au noir visage, qui che-•
vauchent pleins de fureur en jelant le cri des pa'iens.

LE GÉNIÍR \L DE]lll\'iSlON LÉTANG.

A plus de trente licues, Charles l'entend avcc loule son
armée: «Nos gens livrent bataille ! » dit-iUfais Ganelon

vcut le détourner de cette pensée. Roland sonne encorc
avec un plus violcnt elfort, le sang jaillit de sa bouche,
et la tempe de son front e~t brisée. Charles dit: &lt;1 C'est
le cor de Roland ! Et jamais il ne le sonne qu'au milieu
de la bata1lle. - 11 ne s'agit point de bataille; réponcl
Ganelo11. Ne connaissez-vous ¡,as l'orgueil ele votre neve u?
Pour un seul lievre il va cornant toute une journée ! »
Mais Roland sonne toujours l'oliphant, avec des efforts
plus dollloureux: &lt;l Ce cor a longuc halcinc ! » dit le Roi.

�1

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSF.L.

L'ILLUSTRATION . .101 : n '.\.\ L U~lVERSEL.
«Voici notre fin, dit Roland1 mais félon qui ne vendra
cher sa vie ! Que le Roi, notre aire, trouve ici poar un
cadavre fran~ais quinze cadavres d'infideles, et il ne repartira pas saos nous bénir ! » Ao1.
Le Marganice vient frapper Olivier par derriere, il lui
traverse la poitrine de son épieu. Olivier, qui se sent
frappé a mort, abat l'acier bruni de Hauteclaire sur le
cimier d'or de Marganice et partage la tele jusqu'aux
dents : &lt;&lt; Maudit paien, ni ata femme, ni a aucune dame
au monde, tu n'iras te vanter de m'avoir frappé. ii Puis
il appelle Roland a son secours. Ao1.
Olivier profite de ses derniers iostants pour frapper
en brave, démembrer les Sarrasins, jeter un cadavre
sur l'autre. Il crie encore Montjoie ! de toutes ses forces.
Roland cependa~t le voit livide et pale et sans couleur,
et lui-meme se pame sur son cheval. Olivier, qui toujours 0-a¡,pe, ne reconnait plus personne. Le sang qui
coule de ses blessures lui obscurcit la vue. Il assene sur
le cimier de Roland un coup qui fend le heaume jusqu'au nasal, mais saos toucher la tete. Roland rouvre
les yeux et lui demande avec dciuceur : (\ Sire compagnon, l'avez-vous fait expres? C'est moi, Roland, votre
meilleur ami ! Vous ne m'avez pas défié, d'aucune fa~on.
- Je vous entends, mais je ne vous vois pas, répond
Olivier. Je vous ai frappé : pardonnez-le moi. EC que
Dieu vous protége ! - Je n'ai pas de mal, dit Roland, et
je vous pardonne ici et devant Dieu. ii - lis s'inclinent
l'un vers l'autre avant d'etre séparés.
Olivier, qui sent venir la mort, joint ses deux mains
qu'il leve au ciel. JI demande a Dieu de le recevoir dans
son pararlis, de bénir Charles et la douce France, et son
compa6non Roland et tous les hommes. Le creur lui
faut, son heaume se penche, le preux est mort! Roland
pleure et se lamente, et jamais vous n'entendrez sur
terre un homme plus désolé. &lt;&lt; Sire compagnon, dit-il a
son ami mort, nous avons pa~sé ensemble tánt d'années
et tant de jours, et cependant je n'ai jamais re~u de
chagrins de toi, ni toi de moi ! A présent que tu es
mort, ce m'est douleur de vivre. i&gt;
Cependant tous les Fran~ais .ont péri, hormis l'archeveque et Gautier de Luz, !{Ui parcourt la vallée, appelant Iloland a son secours : « Ou es-tu 1 Je n'eus jamais
peur aux lieux ou tu étais. l::'est moi, Gautier, qui vainquis Maiilgut et qui, pour ma valeur, étais ton favori.
&amp;la lance est brisée, mon écu percé, mon haubert tout
rompu. Un épieu m'a traversé le corps, je vais mourir,
mais avant je veux vendre cherement ma vie ! n Roland
accourt, frappant tout sur son passage. 11 renverse morts
vingt paiens, Gautier six et l'archeveque cinq.
Mais voici veDir mille Sarrasins a. pied et qnarante
mi lle a cheval. lis n'osent approcher des trois preur,
mais ils font pleuvoir sur eux, de loin, lances, épieux,
dards et ja.velots. Les premiers coups ont achevé Gautier. Turpin de Reims a une blessure a la tete et quatre
épieux daos le corps. Il tombe, mais il se releve, cherche
des yeux Rolan&lt;!. et va lui dire: &lt;&lt; Je ne s1-1is pas vaincu;
un bon soldat n'est jamais pris vivant. i&gt; 11 tire Al mace,
son épée, il Crappe les infi&lt;leles de mille coups et plus.
Charlemagne a raconté qu'il trouva autour de Turpin
quatre cents paiens, les uns blessés, d'autres coupés en
deux, d'aulres dé,;apités.
Roland, malgré ses blessures, sa1sit encore son olipbant et en tire un son plaintif. L'empereur s'arrete :
e Seigneurs, nos affaires vont bien mal! Roland se
meurt ! Qui Teut le revoir, se ha.te! 11 Les hautbois sonnent, les paiens qui l'eotendent se diseot : « Voici
Charles ! Que! désastre de nous ! Si Roland vit, la guerre
recommence, et notre Espagne est perdue pour nous ! &gt;l
Ils se jettent quatre cents sur Roland, ils font pleuvoir
sur lui dards et lances, épieux et matras empennés, puis
ils s'eníuient Ters l'Espagne.
Roland, qui ne peut plus les poursuivre, vient secourir l'archeveque Turpin. 11 lui délace son heaume, le
débarrasse de son ha11bert et lui bande ses plaies. 11 le
presse contre son cmur et le dépose mollement sur le
gazon. Puis il lui dit : &lt;&lt; Donnez-moi uJi peu congé, que
j"aille chercher les corps de nos compagnons, que nous
aTons aimés et qui sont morts. - Allez, répond l'archeTeq11e : le champ maintenant est a nous. » Roland rapporte un a un Gerer et Gerin et Berenger et Othon et
An~éis et le duc Sanche et Gérard de Roussillon. Lºarcheveque ne peut se défendre de pleurer. 11 leve lamain
et bénit les cadavres : « Que Die u re~oive vos ames!
qn'il les fasse reposer sur les saintes fleurs dans son paradis !... Si je regrette la Tie, c'est que je ne verrai plus
le puissant empel'!Jur! ll

Roland rapporte le corps d'Olivier, le serrant étroitement contre son creur. 11 le couche sur un écu aupres
des autres. L'archeveque les abs1ut et les bénit.
L'archeveque, qui voit pamer noland, saisit l'oliphant
et se traine vcrs une eau courante. Mais il a perdu tant
de sang, il est si faible, qu'il ne peut avanccr. Le creur
lui faut, et 11 tomhe la face contre terre. noland, qui reprend ses sens, voit l'archeveque gisaut. JI récite le Con~teor a mains joiutcs, et prie Dieu d'ouvrir aTurpin son
saint paradis. Puis il lui place ses belles mainsblanches
en croix sur la poitrine.
Mais ason tour Roland sent venir la mort. Sa cervelle s'en va par les oreilles. 11 prie Dieu pour ses pairs,
luí demanae de les appeler a lui, et invoque pour luiméme l'ange Gabriel. Puis il prend l'olipharit et Durandal, gravit une émínence en regal'd de l'Espagne, entre
daos un blé vert, et se laisse toniber sous un arbre, car
la mort est prochP.. Un Sarrasin l'épiait, couché par
tcrre, contrefaisant le mort; il se releve soudain et saisit Roland : « Vaincu le neveu de Charles! J'irai porter
son épée en Arabie! » Roland rouvre les ~·eux: « Tu
n'es pas des nótres? » &lt;lit-il au paien. Et d'un coup de
son oliphant, il lui fait jaillir les d~ux yeux de la tete et
l'abat mort.
Mais la vue de Roland s'obscurcit. 11 se dresse sur ses
pieds, il frappe dix coups de Durandal sur une roche
brune : il Youdraitla briser, sa L,onneépée, pourqu'clle
ne tombe point aux: mains des pa"ien~. Il frappe encore
sur une roche de sardoine : l'acier grince, mais saos la
moindre breche : « lla Durandal, si belle et si saintc !
quclles belles reliques as-tu dans ta garde dorée ! ·une
dent de saint Pierre, du sang de saint Basile, des cheveux de monseigneur saint Deni~, de la robe de la
vicrge Marie.! Un paico ue doit pas te po,séder, tu ne
peux etre que daos des mains cbrétie1rnes ! i&gt;
Le froid de la mort gagne le creur. Roland esl couché
la Cace tournée vers la gent paienne . il veut mourir en
guerrier! 11 demande a Dieu pardon de ses fautes. Et
tous les souvenirs du passé lui reviennent a l'esprit. Il
songP. a la douce France, a son lignage, a Charlemagne.
11 ne peut se défendre de pleurer. U tlit a Oieu: « Notre
Pere, qui n'avez jamais trompé, qui avez ressuscité Lazare d'entre les morts, et qu, avez $auvé Daniel de la
dent des lions, sauvcz mon ame, arrachez-la au péril
des péchés que j'ai commio, en ma vie ! » Sa tete s'incline sur son bra~, de la main droite il oílre il Dieu son
gant. Saint Gabriel le prend . .,Et l'ange chérubin etsaint
Michel du Péril se joignent asaint Gabriel pour em'porter l'aroe du preux en paradis.
ALE."I:. ,DE SAL'..-r-ALBIN.

LE GÉNÉRAL BAR0N LÉTANG.
~l. le général de division baron Létang,sénateur, grand~
croix de la Légion d'llonncur, dont nous reproduisons
le portrait, est mort a Ath, en 13elgique, l1: 10 SPptembre
dernier, a l'age de soixante-seize ans, apres avoir fourni
une carriere vaillammcnt remphe.
Geor~es Létang naquit a Mculan, le 2 mai 178~. Eleve
a l'Ecole milita,re de Fonlainebleau en tS0li, sous-lieutenant au fO• régiment de chasseurs a cheval en i807,
il arrive a temps a la Grande Armée pour entendre le
canon de Friedland.
De {8(18 a l 8t3, il combat en Espagne avec une rare
bravoure, s'empare de deux drapeaux ala bataille d'Ocaua
et a !'affaire de Baza, et sauve la vie a un sous-officier de
son régiment a la prise de Burgos; vingt ans plus tard,
quand il sera colonel du 2• de chasseurs d'Afrique, il
exposera plusieurs fois ses jours daos des circonstances
semblables.
Létang quitte l'Espagne avec le grade de capitaíne et
la croix d'honneur, payés par trois blessures, cinq chevaux tués sous lui, et une série d'actions d'éclat. JI fait
les campagnes de Saxe et de France dans les chasseurs a
cheval de la vieille garde impériale, se distingue a Dresde
et a Leipzig, re~oit une blessure grave a Breda; et a
l'heure ou Napoléon signe a Fontainebleau sa premiere
abdication, Utang, qui n'a pas encore vingt.six·ans, est
déja chef d'escadron et officier de la Légion d'Honneur.
Lieut«:nant-colonel en t82t, colon el en i829, il se
montre, en temps de paix comme en temps de guerre,
l'nn de~ ofSci~rs les plus brillants et les plus expérimentés de notre cavalerie légere.
En t 832, il organise le 2m• régiment de chasseurs
d'Afrique. Soldats et officiers se modelent sur leur éner-

•)'1 !!

-------- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~•10í)

gique colonel, et celui-ci ne tarde pas a le;;¡;ave~ or¡.rueíl romme une cohorte de béros.
ter
L'expédition de Mascara, daos laquelle il fut bl .
grievcment, valut au baron Létang le grade de maré:
dP cam~,. et I honneur de figurer dans une des beU
compos1t1ons &lt;!'llorace Vernet.
e!
11 ~e dist!ngua ensuíte. daos le commandement de~
provmcc d Oran et batht, dans plus1eurs rencontres
l'émir Abd-el-Kader; mais sa derniere bles,ure le íor~~
de renlrer en Franc!:, en l R3i, et, aprcs avoir command,
pen ,ant huit années le département du Pas-de-Calai
ou il a laissé le meilleur souvenir, íl obtint les étoiles:;
lieutcnant généra\.
Le général Létang exer~a successivement, de ms i
l 852, les fonctions d'inspcctcur général, de conimanda
1
des divisions territor!a!es de ~hal?~s, Toulou~e et Basti~
de membre du com11e de I Alger,e, et enfin celle~ d
présidcnt du comité de la cavalerie.
e
En 1853,_ il pril place dans la section de réserve do
cadre de l'EtaHJajor général, apres quarantMixa,isde
services et dix-sept campagnes de guerre; Dlais sa haoll!
expérience et son dévouement au pays furent encor, uti.
li~és pendant les guerres de Crimée et d'ltalie : il rem~¡
une mission uiploD1atique et militaire pres de l'empereu:
d'Autriche, en l854, et eut le commandement supérieor
de l'Ouest.en l8:rn.
JI avait été appelé asiéger au Sénat en {852, et élne
a la dignité de grand-croix de la Légion d'Honneor
en 185,.
Le général Létang n'tltait pas seulement un vaillant
milita1re : c'était un général habíle, d'une acti,ité et
d'une énergie peu comrutJnes, et plein de sollicitudepoor
¡e soldat. C'était aussi un cEprit eclairé, toujours ocrape
des choses qu'il aimait le plus, la cavaleric et l'Algérie·
il a traduit ses pensées dans des publications qui 00;
conservé toute autorité.
H. C.

C0URRIER DE LA M0DE ET DE L'INDUSTRJE.

Avant l'entrée de l'hivcr, nous engageons nos lectrices a faire, si elles ne l'ont déja faite, une vi~ite ala
Teinturerie Européenne {26, boulevard Poissonoiere,u
deuxicme étagE:), si rcnommée pour ses belles et brillantes teiotures de soieries, taffetas, velours et moires antiques, C'est la seule maison qui donble la force d!s
étoíles en les leignant.
On a dit souvent que París est la seule ville du mon4t
ou l'on sait s'ltaliller; il eut été plus juste de dire•
l'on sait habiller. Entre les premiers tailleurs de Paris,il
faut citer Kerchoff, 43, boulevard des Capucioes, el Ga·
lerie d"Orleans, Palais-Ro)al, qui s'cst fai t une repula·
tion sérieme, gr.ice a la fa~oo raisonnée avec laquelleil
habillc. Kerchoff n'imposr pas son gout a son clien~
ma,s il le guide súrement daos son choix, et on ~tqm
la premicre condition, pour etre bien babillé, esl de•
plairc;de se trouver a l"aise daos son vetement; ajoa·
tons qu'íl pos~cde l'assortiment d'étoffes le plus compld
et le plus choisi.
Les véritaliles élégants et les amateurs de belles 11
bonnes chaussures nous sauront gré de leur donoer•
naissance du changement de domicile d'une des pll
honorables maisons en ce genre. Nous voulons parter•
la maison Clercx, fondée en l 824, rue Vivienné,"
vient de transférer ses magasins et ateliers du bouietllll
des ltaliens au boulevard de la Madeleine, l 9. Troú •
dailles aux expositions universelles de Paris, LoDel
et New-York, ont consacré la réputation jllStementit
ritée de cette ancienne maison.
Mm• Saint-Hilaire, dentiste pour dames, 2, plau IMvois, a, pour la pose des dents, la plus rare babiieté.1111
premieres célébrités médicales ont constaté son tallS
daos de nombreux certificats. Nous la recomman-'
vivemen.t aux meres pour la seconde dentition de Jell
enfants.
Parmi les diverses substances tour a tour propoe,,
et employées depuis vingt ans pour la fabricati0• •
dents artificielles, il en est qui oflrent de nomb~
graves inconvénients. M. Déjardin fils, 57, bool
Sébastopol, l'un de nos praticiens les plus disti~ésiJ
sert depuis longtemp~, lui, d'une nouvelle ntatJere
a la fois légere et diaphane, et complétement ina~
a l'acidité des aliment.c, et des boissons; cette
peut etre surnommée la rivale de la nature, tant
imite la teinte et la transparence des den~ naturel'

-i:

•

La GRA.'IDE MAJSo~, cette vaste manufacture de veteroeots pour hommes et pour en,fauts, a , pris, cette
aonée une telle extens,on, qu elle a du s·annexer
les nº: 7 et 9 de la rue Croix-des-Petit~-Champs, pour
donoer ases magasins un développement en rapport
avec son chiffre d'affaires. - Cette vogue est d'autant
plu~ méritée, que la ~ra_nde Maison a adopté pour prmc,pe de vendre au deta,I au meme pr,x qu'en gros, et
cororne elle a ~o person_nel d'élite, on est sur de trouvcr
daos ses galer1es un chmx de vetements bie11 faits, d'un~
qoalilé supérieure et d'un bon marché tout a fa1t exceplioonel.

UN TlRAGE DÉFINITIF LE 28 N0VEMBRE
Bil/ets a25 centim1s dans toute fo. Prance

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603 lol~.-·Gros lot, t50,000 fr. ag:igner pour25 c.
LoTERIE MUNICJPALE VILLE DES ANDELVS ( UD m,llion)
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Poor recevoir a toute destin:i.tion, 20 billets assortis
(381,000 fr. il. gagner), - arlresser en mandat de poste.
ou en timbres-poste, cinq francs: au directeur du Bureau
EJactitade, rue Rivoli, 68, París.

!TILIKRS DX COHSTRUCTION DK IIACH!NfS DK L. BRKVAL,
Rue Vicq-d'Azyr, aoci•nne ru• C.hastillon, ~t. Paris.

C'e~ a M. Breval qu'appartient la priorité M l'invention de ce systéme de machines locomobiles, qui, rlepu1s
;epi anaér,, ont été im,tées par tant d'autres constructeurs avec ua ~ucces plus ou moins contestable.
Sa machine a vapcnr portat1ve, dont nous 1eprodnisons le dessin ci-coutre, est une de, plus rngérneuse~
combioaisons qui aient été applir¡uéesjusqu'ici · elle permel de concil:er l'emploi d'une force motrice ;missante
uec le.q exi~cnces, souvent impérieuscs, d'un local restreiol pour l'exploitation d'une grande rnda,trie. - Elle
íorme un ensemble d'une solidité atoule épreuve et d'une
~ande simplicilé : c'est la chaudiere elle-meme qui
sert de bali général ¡iour cette machine vertical e, et pour
tous ses accessoires sans exception. L,e foyer est disposé
de fafOD a pouvoir bruler toute espece de combustible,
~aos les meilleures conditions d'économie; car les deux
~ bouilleurs inlérieurs re~oivent le coup de feude la
méme maniere que les chaudieres fixes. En résumé,
cette machine n'exige aucuns frais d'inslallation, elle
tienl trcs-peu de place (une machine de la force de
i ehevaux n'exige que f m 30 cent. carrés, et elle peut
etre placée et autorisée parlout : daos une cave, daos
ooe arriere-boutique, dans un maga~in, et meme aux
étages supérieurs d'une maison); la manreuvre en est des
plus simples (le chatfffeur aya11t tout sous la main), et
luolidite de r appareil est extreme. De plus, elle ne laisse
rien adcsirer pour la régularité de la marche, ni pour la
facilité de l'entretien.
Pour donner une idée de sa régularité et de sa puissance de travail eflectif, nous dirons que c·est une macbioe a vapeur portative de M. Breval (de la !'orce de
qoatre chevaux), qui donne l'impulsion aux presses ser,aot aimprimer 1'11/u~tration.
Oo coostruit également daos les ateliers de M. Bre,a1 : des machines a úaprur {i.xes de toutcs forces,
uee ou sans condensatioo, nouveau condenseur a
double effet et détente varial,le, brevetés · - des mafiilla avapeur locomobiles avec ou sans train, a quatre
roaes et attelage de 2 a 20 chevaux de force; - des
~ ae mcuvements en tous genres; - des pom~ • ~ de toutes dimensions, pour épuisements et
IITígabons; - des pompes de compression et presses hy~ ; - enfin, des scieries circulaires pour le débit
bo1s.
Voici un aper~u des prix des machines a vapeur du
:ime de_ ce_ll~ ci-contre, co_mprenant : la chaudiere a
eurs rnter,eurs, la chemmée de 3 metre~, l'appar·eil
~ ~bauffer l'eau d'alimentation, une pelle, deux
lilenn1ers, deux tu bes en cristal de rechange pour le ni:/'eau, un paquet de clefs pour le semce de la ma. , ~atre boulons de fondation; en un mot, la ma'iae bien complete, entierement prete a fonctionner
IYee &amp;a poulie de commande.
·
'

PRIX

Ofte de t petit chev. saos régul. t,500 fr.

-

t cheval fort
i, 700
l
avec régul. t ,ROO
2
2,400
3

4
6

R

iO
l2
t5

~~º
3,400
4,600
5,800
7,000
8,000
9,000

POJD•.

700 kil.
l ,000
t,300
1,500
t,750
2,800
4,000
4,650
5,300
6,000

_;_ =. ,=~.., .-'. _; .~--d.""t~=c,ttt~~~~~~

~....;;:..::.::..--_-'-_-_.,[
___
,,..,,re----,,_~
__ ...,./~·-- ~==d:.~~=~g~~~§~~
lllACBINR A V!PBUR

l'ORTATIVB.DB_BREVAL.

11 reste en plu~ i\ la chargc de l'acquéreur, en dehors de ces prix, les frais de transport et d'embnllage.
Toutes les machines sont essayées au frein dans J'établissement avant d'etre livrées.
A. de C.

LES PECHERIES DE LA .MATS0N DER0CQUE,
DE

PARIS,

•

Situées sur les cMes de la Nnnége.

La peche de 13. morue est une de ces queslions qui
rappellcnt involootaíremenl l'aphorisme de Jacotot. 11 y
a en eflet un peu de tout daos la grande industrie organisée pour la peche de e~ précieux: poisson.
Calcnlez les intérels que cette peche importante met
en jeu ! La marine marchande, qui arme plus de quatre
cents batimcnts pour cette exploitation, la regarde avec
raison comme une des sources les plus certaines de sa
prospérité. - L'Etat, qui trouve dans ce grand mouvement maritimc de la marine marchande une ressource
importante pour son inscription maritime, n'hésile pasa
favoriser par des primes le développement de ses opérations. - Notre littoral du Nord, particulierement voué
acette peche, qui fait partir chaque année pour l'Jslande
et le Banc de Terre-~euve ses plus robustes marins, s'y
montre attaché comme au travail qui constitue l'un de
ses meilleurs revenm. - Les populations qui achetent
ces produiL~, s'en préoccupent sérieusement, car l'abondance ou la rareté de la morue est une des questions
avec lesquelles l'alimentation doit compter. - Les malades, enfin, sont peut-etre les plus intéressés de tous
a Toir prospérer la peche de la morue, car c'est elle qui
doit leur apporter en abondance cette hienfaisante Huile
ele foie de morue dont l'action énergique vivifie si puissamment le tempérament affaibli des générations présentes.
C'est a propos de ce dernier médicament que je tiens
a faire connaitre l'intéressante organisation que la maison Derocque, de Paris, vient de donner aux importantes pecheries dont elle a fait l'acquisition sur les cotes de
la Norvége, en vue d'améliorer toutes les opérations qui
servent a l'extraction de cette huile, aujourd'hui connue
et appréciée dan.~ le monde entier.
On sait comment, jusqu'a présent, s'obtient l'huile de
foie de morue. Dans les ateliers des pecheries de TerreNeuve et d'Islande, que les pecheurs appellent les chQ.,1f-

fauds, deux ouvriers spééiaux, appelés le trancheur et le
décolleur, préparent les morues qu'on leur apporte. L'un,
le décol/eur, leur coupe la tete, et l'autre, le trancheur,
les ouvre daos toute leur longueur pour les dépouiller
complétement. C'est pendant celle derniere opération
que le ·roie est arraché et donné a un aide qui va le jeter
avec des milliers d'aulres daos un tonneau a part, qu'on
appelle le cayeot.
Malheureusement, daos l'exploitation de cet(e industrie, l'huile n'est, comme on le voit, que le produit seconrlaire, et la mor11e reste, bien entendu, le produit
principal. Aussi qu'arrive-t-il? C'est que les foies, mal
prr.parés, mal conservés, sont parvenus a un degrf\ de
fermentation tres-avancée quand on commence a en
extraire l"hui!P. JI est clair qu·avec un systeme aussi primítif, aussi néglígé, cette huile ne s'obtient que dans les
conditions les plus détestables, et l'insupportable odeur
que les malades trouvent a ce médicament provient des
rr.atieres nauséabondes que l'on exploite. L'agent réparateur, c·est-it-dire J'iode que renferme le foie de la morue, reste bien ég-alement cont~nu dans l'huile, mais la
pratique médicale sait quelles répugnances invíncibles
elle provoqu,e; et c'est surtout pour cette médecine qu'il
faudrait songer a emmieller les bords du vase.
C'est la précisément la pensée qui a conduit la maíson
Derocque, de Paris, a faire l'acquisition des pecheries
dont nons donnons le dessin daos ce numéro. Cette maison, qui !'coule ce produit daos des proportions énormes
s'est dit avec raioon que si l'huile de monte était mau~
vaise, c'est qu'on n'avait rien fait jusqu'a présent pour
l'obtenir bonne, et que le progres avait, la comme partout, sa réforme a accomplir. Et le plus heureux succes
a couronné la teulative du réformateur. Un mot sur la
judicieuse organisation du service des pecheries, exploitées par l'acquéreur meme.
Et d'abord, J'ancien systeme est nalurellement renversé. La maison Derocque ne s'occupant pas de la morue, le foie seul de ce poisson et l'huile qu'on en ctoit·
extraire deviennent l'unique produit que l'on manipule
daos ses établissements d'cxtraction. L'huile de foie de
morue n'est plus des lors un produit de rebut, mais un
produit soigné, préparé comme une marchandise de
premier ordre. La situation exceptionnelle des établissements d'extraction, pres d11 lieu de peche, permet aux
opérateurs d'obtenir immédiatement de tous foies frais
et choisis, une huile dont la nuance n'est pas hl;nche
mais citrine, et la saveur de morue fraiche qu'elle con~
serve est une garantie de sa pureté.
De plus, la maison Derocque, avec son établissement
de pe~heu~-extracteur, vendant elle-meme son propre
produ,t, d1rectement et so11s sa responsabilité personnelle, préscnte une situation toute différente de celle de
la plupart des armateurs dont l'éqmpage, recevant pour
salaire, cha.cun suivaut son grade, une part proportionnelle par la~t (le last est de deux tonneaux), a tout intéret a ne s'occuper que de la quantité et non de la qualité d'huile a recucillir.
Enfin, la maison Derocque a inauguré dans ses pecheries un nouveau mode d'extraction par le vide, sur les
comhinaisons duquel il importe de donner quelques explications compara\ives, au sujet de la fabr,cation ordinaire des huiles de foie de morue.
Les huiles de morue du commerce, ¡:,réparées, autant
au point de vue industrie!, pour la préparation des cuírs
qu'au point de vue médical, sont de trois qualités : ]~
premiere, l'huile pale ou blonde, s'écoule spontanémeut
et sans l'aide de la chaleur, de la masse des foies déposés
daos le cayeot, avant leur putréfaction. Cette premiere
huile est un peucolorée, transparente, mais un commencement de fermentation lui a déja communiqué une
odeur de poisson désagréable. F.ientót la putréfaction
s'empare des foies, et il se sépare une nouvelle quantité
d'huile couleur de vin de Malaga. C'est la deuxieme qualité, l'huile brune du commerce et du pharmacieu. Son
aspect, son odeur forte de hareng salé, sa saveur
amere et a.pre a la gorge, en font un médicament tresdifficilement accepté des malades. Enfin la troi~ieme
qualité, l'h1úle noire ou rouge, est le produit des foies
complétement putréfiés et soumis a l'ébullition. Elle
est acide, d'une saveur acre, extremement rance et d'une
odeur nauséabonde.
M. Dubail avait déja perfectionné ce mode d'extraction
en s'appliquant a extraire son huile de toies frais qu'il
réduísait en pulpe, et qu'il faisait fondre au bain-marie
.
a' 65 ou 70° env1ron.
11 obtenait ainsi une huile blan-'
che, d'odeur et de saveur peu prononcées,

�336

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

PKCBllRIES DE U MAISON DllROCQUB. DE PARIS SITUÉES SUR LES COTFS DE NORVÉflE,

Le docteur Williams, en Aoglcterre, el en fin M. Mollrr par sa méthode d'extraction par le vide. Son appareil se
de Chrisliania, apporterent quelques modifications im- compose d'une chaudiere a vapeur, munie de dcux
portantes a ces divers procédés, qui, néanmoins, onl le tuyanx, portenrs chacun d'une certaine quantité d'autres doubles chaudieres en fer battu.
défaul de ne permellre d'exlraire qu'a l'air libre.
C'est a cet inconvénient qu'a remédié M. Oerocque
Daos les chaudic~s internes, on place, en les séparant
par des diaphragmcs, les foies parfaitement frais, bien
oettoyés, soigoeusemenl choisis; on lute l'ouverture par
-----C&gt;C&gt;~
un couvercle autoclave. L'un des deux tuyaux passe a
travers chacune des doubles cbaudicres, taodi!: que
ÉCHECS.
l'anlre décrit son parcours en spirale dans la partie rcsPilOBWJE N° ii9, PAR M. J.-A. MILES.
téc vi¿e, Le développemeot de chaleur produil par la
vapeur forme le vide,q ui, tout en produisant l'effet d'une
veotouse et en brisant conséquemment les utr:cules des
foies, provoque l'éconlement de l'huile. On laisse rcposer
1e produil pendant viogt-quatre hcures el on ol.Jtient
aiosi, sans le seconrs d'aucune combinaison chimique,
une huile de morue pure, citrioe, exclusivement médicinale, avec une odeur et une saveur trcs-pe11 prononcécs.
Aussi la réputalion des produits de la maison Derocque, bien vite établie daos toute la Norvége, n'a-t-elle
pas tardé a se répandre rapidemcnt en France et dans
tous les pays. Les aoalyses de la science justifient d'ailleurs celle bonne renommée. M. O. Henry, membre de
l'Académie de médecine et professeur agrégé al'école de
pharmacie, termine ainsi le rapport qu'il a fait sur les
huiles de la maison Oerocque: «Nous pouvons dire,d'apres
notre analyse dirigée dans un but thérapeutique, que
l'huile de foie de morue soumise a no:re examen est de
t1 es-bonne nature, et qu'eEe contient i 53 parties d'iode
sur l ,000.
Le docteur Homolle, ala suite de di verses expéricnces,
Les blancs fonl mal eu cinq coups.
s'exprime aiosi: «Ces essais, renouvelés comparativement
avec des échaotillons d'huiles de foie de morue médicinales prises dans les maisons les plus estimées, permetSOLUTIONS EXAC.TES DIJ l'ROBJ.tME Nº i 7R.
tent d'affirmer qu'elle est au moins égale aux meilleures
Les membres du caíé Moliere, a Nantes; M. llenri Fra11, huiles de nos bonnes pharmacies.
t;ercle de la Basse-Indre, Ed. do Vauccllc, de Générée-~our« J'ajouterai que, l'ayant expérimentée un certain
villé, Café mililaire, a Versailles; Émile Frau, JI. Bonnet,
nombre
de fois, j'ai pu constater: 1° qu'elle était prise
L. Bonniu, Cercle d'Ornaisons, L. Muthuon, L. Lefrancq,
saos
répugoance;
2° qu'elle étail I.Jicn su¡,portée par
G. N~udet, capilaine Gharousset, E. F., it P.uis; Ad. Darl'estomac;
3°
enfio,
qu'elle avait, apres un usage suffilouneuf, Baillif, G. ll., Cercle des Échecs de Liége, Ccrcle Laborie, de Perpignau; Cercle Mantoue, a Soissons; samment prolongé, produit une amélioralion évidenle
daos l'état des malades. 11 11 ne faut pas s'étonner des
Ccrclc du Creusot.

lors de voir l'huile de foie de morue de la maisoo llfrocque se répandre dans la pratique médicale. Elle ,iat
d'obtenir, en t 864, une médaille d'argent, et elle esl
aujourd'hui seule admise dans les hopitaux de Paris.
HENRI VIGNE.

RÉBUS ••

-

--::=.
- -

K.tÉLE6"l
PMILOSOPHE
'-LlEMAKO

..c.,, ll!2.l-\80A

Ki

ITA

EXPLICATION DU DEllNIEll RÉBUS,

Rien d'aussi raviss:ml que les bords de la Seine, de 1'11

a la roer.
AuG. M.u1c, directeur-gér1111t.
En11.

TBXIER,

rédacteur en chef,

Imp. de L'JLLUSTfiATION, A. Marc,
22, rue de Verneui!.

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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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