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L'ILLUSTRATION,
lOUBRAL Ul'IVEBSBL.

22e ANNÉE. VOL. XLIV.

Direction, Rédaction, Administration :

r.- les communications relativos au journal, réclamations, demandet
de changements d'adresse , doivent etre adressees (r/1JU!o a
M. A.UG. MARC, DfflECl'EUR•GÉRA.NT.
Les demandes d'abonnement doiveot etre accompagoée,
d'uo mandat sur Paris ou sur la poste.

Nº

Allonuements pour París et les Déparlements :

ff 37.

8amedi :10 Déeembre :1 N,.
L'administration ne ripond pas des manamits et ne s'engage ¡amais ales insirot.
Vu ks traitd, la lraduction et la reproduction i l'élrange.r sont 1nlerdite&amp;.

BUREAUX: RUE lUCHELrEU·, 60.

Gravures: Uniformes de la brigade auslro-mexicaine. -

SOMMAIRE.
-.;pde austro-mexicaioe. - Revue polilique de la semaioe. - L'Avelir et la Bonaparte. - Courrier de Paris. - Correspoodaoce des
Dall-Unis. -

Chronique musicale. - Correspondance. - La nouGazette du Palais. - Les Lilas bienes
(lonelle) suite. - Le musée de Montpellier. - Kazan. - Le Tour
le lome. - Bistoire des plantes.

'lelle capitale de l'ltalie. -

¡

,

M. le comte
de llensdortf-Pomlly, ministre des atfoires étrangeres, en Autriche.
- Correspor..dance des Étali-Unis l 4 gravures). - Palais de l'Exposition interoalionale des arts et de l'iodustri•, a Dublio. - Cbapitte
anouel de l'ordre de Charles 111, tenu daos la thnpelle royalP., a Madrid, - La Bible populairt l 3 gran res). - Le musée de Montpellier (3 grnures). - Hifloire des plantes (l O gravures). Rébus.

S moi•, 9 fr. ; - 6 moi.s, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - le oumóre, ,..,
la collection meosuelle, 3 fr. ; le volume semestriel, 18 fr.
ABONNEMENT8 POUR L'ÉTRANGER t
Momea pnx ; plus les droits de poste, suivant les tarifa,

Les abono. parteot d11 t•r no de cbaque moia.

BRIGADE AUSTRO·MEXICAINE.

La brigade autrichienne au service du Mexique, teute
composée de volontaires et dont une partie s'est déja embarquée a Trieste, est placée sous les ordres du général
comte Franz Thum et du lieutenant--colonel Zach. Elle
est organisée d'apres le systeme autrichien.

ur poutli
l écbl!C al

1 problellf

-

--

UNIFORMES DE LA BRIGADE AUSTRO-MEXICAJl'IE.

re,

Olficiers d'artillerie,

Cbirur¡ien en chef.

Hulana.

Olficier de busiards.

Oíficier de cbaaieurs.

Huisard.

Clairon, Offic'er supérieur. €líficicr en 1en~e da eamp•f(De,

Chasscur.

�370

..

L'J LLUSTRATION, JOURNAL UNIVEHSEL.

L' lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIV~RSEL.

bourg, il re~ut le command~ment su~é:ieur de Banat.
Nous ne savons si la vie politique se réveille dans notre
Depuis i 862, il se tro11va1t en Galiic1e, dont il était
Pour l'équipement aes tru11pes, on a dü preo~re en pays; mais, dans tous les cas, ce ne sont _pa_s les cano-ouverneur
général.
considération la uature du climat et du pays o~ cette . didats qui _manquent daus la circonscr1ptt?n ?e la 0
11
fil
ré11ner
la tranquillité daos l~ province, en em.
brigade est appelée aservir. Les uniformes sont stmples Charentc-Infrrieure qui va bientót élire un depute. On
ployant
s~rtout
la douceur, de préférence a ~a violence.
et commodes a porter.
cite MM. Paul Belhmont, de Senneville, Renaud} _un
n est marié avec la comtesse Alexandrme de DieLes chasseurs ont le pantalon rouge, des guétres de vice-amiral; M. Lugeol; un contre-amiral, M. G~er,'n;
cuir, la blouse bieue, le sombrero gris avec plu~e de coq un général, M. Chardonneau; un insµectenr gcner~I tricbstein.
Nous donnons aussi une vue des batiments de l'expo.
noire· ilssontarmés d' une carabine avecsabre-\Ja1ono~tte. des prisons, M. Lothmeyer; trois membres du co?seil
Le; ofliciers portent a leur coi!Iure des plumes d au-- aénéral : MU. Gabiou, avocat; Omer Charlet, pemtre silion internationale de \'industrie et. des bealll-arts,
truche grises; ils ont une ceinture vert, rouge et ar~ent, d'histoire • Normand, ancien juge de paix; un introduc- qui doit s'ouvrir, en m:ü i8~5, a Dublm..
Ce vaste batiment, quin aura pas m01ns de 150,000
, avec plaque aux armes impériales, et soot tous armes de teur des ;mbassadeurs' M. Delajus; en tout, onze caupieds de superficie, est constmit_dans le ~!us beau quarre vol vers.
,
.
,
didats, saos compter M. Eruest Baroche, et M. Duf~ure,
Les chasseurs, la troupe de ligne, l état-~aJO~ n ont qui n'a pas encore déclaré nettement s'il se presen- tier de la ville, avec les fonds d une socteté par actlons
et d'apres les plans de M, Jo~~s, architecte _distingué.
pas le col militaire, mais une cravate de satm ~01r.
On recevra a cette expositwn les prodmts de tona les
terait.
blº
.
Daos la troupe de ligne, la plume de la co1ffure est
La Ga;.ette officielle de Turin contient la pu icat1on pa.ys. Les exposants jouiront gratis de l'espace qui leur
blanche · elle est rouge daos l'artillerie.
des listes des communes qui ont voté le pa~ement ~nLes h~ssards ont \'uniforme hongrois, culotte rouge, ticipé de l'impot foncier de l.865, des députatwos .~rovm- sera accordé.
Les objets destinés a la vente d_evront en porter l'indolmau bleu foncé, brandebourgs d'a.rgent, sa~re au- ciales qui s'eogagent pour les communes hors d etat _de
dication. Cinq pour cent sur le pr1x de vente seront retrichien et pistolets d'ar~on; leur coiffure est gr1se avec faire cette avance, et des syodics ou des simples propr1étenus par la société.
.
.
,
plumes d'aigle noire.
.
. taires qui o([rent de payer _perso~oell~men~ pour le
La troisieme gravure represente 16 chap1tre de l ordre
Les hullas ont le pantalon vert fooce avec passep01l compte des contribuables don\ la s1tuat1on n est_ pas en
de Charles III. Chaque année, le 7 décembre, dan~ la
rouge et la bolle de cavalerie. Leur coilfure {konfrederata)" rapport avec le patriotisme. Partout le m~me elan, ~e
chapelle royal e de Madrid, ce chapitre se réunit soos la
est blanche, avec plumes d'aigle comme les hussards.
meme dévouemeot a la cause national_e. Comme. le fa1- présidence de LL. MM. C'est pendant cetle cérémonie
PIERRE PAGET.
1. t remarquer deroierement les feu1lles aogla1ses, oo que se fait l'investiture des nouveaux membres de
sdª .:ºt t atteodre d'un peuple qui entend ainsi la solida01 ou
. .
' l'A t . h l'ordre .
·t , l'uoioo les devoirs du patr1ot1sme; auss1 u r1c e
Le secrétaire donne lecture des statuts aux nouvea111
r1 e,
'
d . ,
tac
commence-t-elle a compreodre que ?es estrnees son - membres, qui jurent de les ohserver, et qu! ~ont enREYTIE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
complics en ltalie. On assure que M. de Ba~h, ~?1bassa- suite présentés a la reine par le grand patriarche des
deur d' Autriche a.Ro me, insiste aupres du samt-s1e~e i·our
L'événement de la semaine a été le proces dit des amener une transaction avec le gouvernement ita ien._ lndes.
Le costume des mem)&gt;res de l'ordre de Charles lll se
Treize. bes avocats les plus célebres, ceux qu'oo. appelle Espérons que le cabíoet de Vienne ne tar_dera pas .auss1 compose d'uu grand manteau en soie bleue orné d'éles princes du barreau, ont pris la ~arole _dans cett~ af- a compreJidre la nécessité d'une transaction au suJet de
toiles d'argent.
.
· qui a vivement occupé I attent1on, publique.
raire,
p· d la Vénétie.
L'ordre de Charles m (u'abord duc de Parme, putJ
.
MM. Berryer, Dufaure, Crémieux, Hébert, Grev!,. icar '
On sait que le transport de la capitale a Florence do1t roi des Deux-Sicilcs' et en fin roí d'Espa?oe) fut e~
Jules Favre, etc. Le proooncé d~ jugement ava1t eté re~- étre précédé du vote d'u~e l~i ~-u~ification de ,toutes les
par lui, le t 9 septembre i771' en souv~mr de la ~aisvoyé aú mercredi suivant : ce Jugement, on le conna1t législations qui ont survecu a I umlé. ~fi? ~e ~ eot_eo~re sance de son fils Cha.rles-Clément. Aboh en 1808, il fnt
aujourd'hui. et il confirme la sentence rendue par les sur cette mesure, les députés de la maJor1t_e, e est-a-dire rétabli en l.814. C'est un ordre spécial a la-ooblesse espremiers ju~es, qui condamne les préven~s en_500 francs presque tous les députés qui ont voté la 101. su: 1~ tra~s- pagnole et étrangere. 1l se divise en deux ~lasses: les
d'amende. Nous nous abslenons de toute reflex10n.
.
port de la capitale a Florence, se sont reums a Turm. grand'croix, soixante, en plus du souv~ram et de la
Nous avons signalé, la semaíne derniere, l'excel~ente La premicre réunion de l'assemblée él~it coi_nposée d'une famille royale, et deux cents membres qui touchent une
mesure prise par le ministre de l'instructiou pubhq,ue, éentaine de membres environ. M. R'.casoh a _spoot~n~pension de 375 ducats.
qui vient de simplifier les éprcuves du bac~alaureat. ment déclaré que l'unification des 1_01&amp; orgao~q_ues eta1t
EDMOND T.EXIEII.
M. Duruy a également rendu obligat~ire l'et~de des une nécessité pour toute l'ltalie, ma1s plus speciale¡nen~
laogues vivantes dans les colléges' et e est .u~e rnno_va- encore pour la Toscane. M. Ricasoli a également ~x_horte
tion a laquelle nous applaudisso?_s. Un a_rrete _tl_u mem_e les députés présents a avoir confiance daos le mmisl~re
· · tre a décidé q11e le cours d econom1e poht1que
fa1t
mmts
,
. actuel. M. R.a.tazzi a parlé daos Je meme seos et a IIl ·
L'AVENIR ET LES IlONAPARTE.
·e
de
l'enseianement
de
la
troisieme
annee;
ma1s
. t' comme M. fücasoli sur la nécessité de donner au
part1
e
,.
l d d .
SIS e,
'
\
.
des scenes regrettables ayant eu lieu a l Eco e e. ro1t' ministcre la faculté de metlre en vigueur les o1s orgaUn volume in-8•, par Charles Duveyrier•
.1 ' té décidé qu'on ne sera provisoire:nent adm1s a ce
i a e
d' . d.
d niques.
..
•
t
cours que sur la pr-ésentation d_'une carte . _etu iant. ~
Cette union des pa.rtis, si désirable, s1 impatte,mmen
Un livre vient de paraitre, l'Avenir et les Bonapart~,qui•
troisieme ou de qualricme annee. Cet arrele est motive atteudue par les amis de l'Italie, puisera sa ~uree et sa
a
quelque point de vue qu'on le juge, est appele a_on
i º sur les dimensions de la salle ou se fa1t le cours fa- stabilité daos les conditions except1onoelles ou se trouve
rand retentissernent. L'auteur, M. Charl~s Du;~yner,
cultatif d'économie politiquc : cette salle ne peut conaujourd'hui le pays.
.
.
~e placant en dehors de la sphere des part_1s, et s elevan!
. que six cents auditeurs, et deux mi lle personoes
Les vacan ces du parlement angla.is ne sont pas les v_a- dans 1~ pur éther des idées générales, _e1amrne sous ton~
•
.se.
t ernr
sont présentées pour etre ad mises;:º s_ur 1a ue~~ss1te cances parlementaires; on pron~n.ce be~uc~up de d1sses faces la situation présente. 11 vo1t un nouvel emp~
d'assurer successivement a tous les etu~1ant.s de I Ecole
. se fon de et il se demande si les bases de ce~ empire
cours, en ce mo ment, de l'autre cote du
. detro1t. Lesban,
de droit le bénéfice régulier de cet ense1gnement' et de quets remplaceront Westminster. Au lieu de parler a se~
~:~oseut sur' un terrain solide; il croit a \'avemr et a~
pourvoir en meme temps au maintien de l'ordre., ,
• es le député s'adresse a ses commeltants. Parm1 Bonaparte, mais a la condition que les_Bonaparte m~es
11 egu
'
·1
elu·
Nous trouvons juste et naturel que ~e c~urs d econ~- co
les discours des députés britanniq~es, nous c1 ~ron~cr·~ i
'un pied sur vers \'avenir; tout le hvre de )l. Char.
mie pol1tique soit obligatoire pour les etud1auts de tro1- de M. Layard, sous-secrétaire d'Etat au Foreian- ,~ce. ebentd
. . . d
ttepensee
sieme et ue quatriéme année; mais l'empress~ment té- M. Layard, en son noru et au nom de _lord_ Russell, s est Ouveyrier est contenu, pour a10s1 d1re, ~o~ ce d ·ec1e
de Napoléon 1lI: &lt;&lt; Marchez en avant des i~ees nsi~
moigné par le public en faveur du ~ouvel_ ense1gnement appliqué a démontrer que pour avo;r fa1t des remonelles vous soutienneot; marchez a leur smte' elles nt.,
e1igeait plutót un changement de d1menswns de la salle trances et plaidé la cause du droit ~ontre la force' sans
entrainent; marchez contre elles, elles vous renverse ar
u·une modi fication daos la nature meme du cours. . les appuyer d'une intervention arrnee, la ~raude-B~eta~
Nous n'avons malheureusei:nent ~as ass~z _de pla~~•~
q Dans une "rande ville comme Pans'
· ou· l' economi
'
e
gne n'avait rien perdu de son prest1ge; e est un po1~t a analyser, comme il le méritera1t, ce hvre orig10al, pe~
pohtique pet~t etre utile a tant de gen~' et ou tant de
.
11 a en outre déclaré que le chefdu Fne1gn- d' dont l'applicatioo de quelques-unes est pe~eat
,
,
.
''t
uous nous exammer.
Office n'avaitricn entrepris, dans cette aílalfe, sa~s se re
~M, en ef""t
~, s'intéressent a celle sc1cnce,
.
ene~eslable mais ou l'on sent circuler le souffte . J.
félicitons de voir l'étudiant et le pubhc se parlager le préalablerneut concerté avec les ca\Jinets de Par1s et _de Co
. n,est po1n
·tunenneDlluo
. M' Charles DuYeyrier
,..,d
bénéfice de l'enseignement. C'eut éte une b?nne chose Saint-Pétersbourg. Heureuse l'Angleterr~, dan~ ces cir- de la ful · ·
·
t c'est r-··
la dynastie nouvelle, tout au contra1~e, e
le
l'ét•1diant pour le public et pour le ma1tre, que ce constaoces délicates, d'avoir eu a sa tete de~ ~om~es
pour
'
.
, el
,
qu'il voudrait qu'elle prit de fortes racmes da~:. :
partage. Le haut enseignement perd touJ~urs ~ ~e se- fermes inaccessihles aux mesquines cons_tderatJons
qtt'il a tracé, saos se lai~ser arréter p~r des cons;oera ae
paré .. on ne tartlera pas a s'en apercev01r. N.est-tl
, pas d"hoon'eur et d'humanité, incapables de_ ceder_ a un d'un ordre secondaire, les grandes h?nes du P,.
1
reo-rettable que l'un des rares établissemen~ ou on ~n- mouvement d'entraioement pour les Dano1_s et les Polou'il soumet au puhlic. Toute dynast1e, pour si•~ tonda·
e
~ Paris l'économie politíque, ne s01t access1ble
.
1 1 . bé' : deux o1s ª'
. o.• une eo-uerre ruineuse contre les pmssances alle- q
se1gne, &lt;1
,
•
•
l'E. ¡ d oa1s,
daos les esprits, do1t, se on ~1, .º ir a
. que sur la présentation d'une ioscr1pt1ou a •cu e e
mandes et la Russie !
mentales: elle doit avoir u_n ideal et un fr,ein, leteJ'l'8 el
Daos les gravures du présent numéro, ~ous donno~s le Gui\laume IJl prit possess1on du treme d Ang réSell'
droit?
.
l' d Il t
On fait valoir la nécessite de mallllernr or re. es porlrait du nouveau ministre des affa1res étrangeres
fonda la dyoastie de Hanovre, il se _trouva e~ ~l. el
bien vrai qu'il y a eu, ces jours deruiers' ~uelq~e ta- d'Autriche qui succede a M. de Reichberg. M. le comte
' ne aristocratie dont il fallait consohder les priVI ~..t
page : on a crié, on a ri, on a méme cha~te ! ma1s t??t de Mensdo~íl-Pouilly est le fils d'une duchesse de Saxe- d u
·¡ f ll .t donner une I'"""
d'une bourgeoisie a laquelle i a ~1 ,
e o'il j,
cela n'aurait pasten u' tout cela se sera1t vite ~~a1se.
Cobourg-SaaHeld.
.
plus large d'iofluen_ce et d~ pouvo1r; e e:t ~sit~nr.ill
L'importance et l'utililé du nouveau ·co_urs cree rr
Né le 4 aout i8i3, a l'age de seize aos il entra1t dans Rassurer l'aristocrat1e, en 1~1 conserv_~t s p I fnt l'id#
M. Duruy auraient bientot paru au grand J?ur. ºº,:; eSt
b ·11 t a Co et aider la bourgeoisie a faire sa pos1t1on, te ~
trop promptement efi'rayé de quelque_s ~r1s? et_ 1on a l'armée.
En i843, il accomplit un fait d'armes _r1 an
- dynastique de Guillaume d'?raoge et d~ s~\: &amp;8_,¡,j
pris une mesure qui témoigne d'une irr1tat1on muttle. morn; re~ut, en i850, 1~ gr~de de maj~r-genéra.1, et fu~
L'Angleterre, si bien compnse dans ses ~nter 'eu¡,W,
La jeunesse a l'ine~tim~hle av~_ntage_ d'etr~ laje~esse; chargé ensuite de misstons importantes _pour_ le S~hles- vivre daos la personne de son souveram. Un p
elle est pleine de v1vac1té et d impauence . ce n est pas v,ig .. Holstein. Nommé ambassadeur a Samt-Peters
dans ses défauts qu'il faut !'imitar.

8;:w

Q_.

,oit ses intérets pour ainsi dire identifiés daos son prince
n'a pas de peine a etre layaliste.
Que! est, selon M. Charles Duveyrier, l'idéal dynastíque des Bon aparte? La noblesse n'existe plus, les monopoles, les priviléges, tout cela a été emporté par le coup
de veot de i789. JI ne reste en face de l'Empereur
Napoléon Jll que la bourgeoisie dont la position est faite,
et le peuple dont la position esta faire. - La bourgcoisie
en France tient la place occupéci par l'aristocratie daos
l'établissemeot de la dyoastie de Hanovre, c'e~t le peuple qui est l'élément en progres, c'est luí qu'il faut, sans
porter alteinte aux intérets de la classe arrivée, appeler ala vie poli tique et sociale, par l'iostruction, par la
liberté, par l'association, par des mesures a preodre qni
le conduiraient au bien-étre. M. Duveyrier énumere
longuement ces mesures, sur lesquelles nousne pouvons
insister, parce que la place nous manque, mais elles
prouvent que l'auteur est un homme de creur qui a
longtemps interrogé le spbinx social. Le livre de M.'
Duveyrier a des entrailles, c'est le plus bel éloge qu'oo
poisse faire d'un ouvrage politique.
Apres avoir montré que! est l'idéal dyoastique, l'auteor propose comme frein le régime parlementaire, &lt;(élémeot le pi us actif du renversement ou de la coosolidation
destrones. » Selon que le souverain marche ou ne marche pas au pas des idées et des iotéréts de la nation. Le
(rein cst nécessaire a tou( pouYoir humaio, autrement
le pouvoir le plus légitime, animé des intentions les meilleures, s'exagerc et sort de la voie. Les exemples ne
manquent pas a l'appui ~e cette vérité : quand nous ne
citerions que les successeurs d'Auguste !
Telle est, non pas résumée, mais a peine indiquée, la
pensée-mere de ce livrevraiment intéressaot, et j'ajouterai passionnaot, pour tons ceux que préoccupe le grand
probleme politique et social. Nous ne savons comment
il sera accueilli par le monde officiel, mais il n'est pas
besoin d'elre prophete pour annoncer qu'il produira une
profonde sensation daos le public.
EDMOND TEXlER.

COIJBRIEB DE P&amp;B18.

Les bulles Chaumont de ra··1nii;. - Le dessus et le des&amp;0118 de Paris. - L'¡;gout a ·ruer et l'égout d'aujourd·hui. En wago11 et en bateau. - Ce qui manque aux égouts. Visile au général Tom• Pouce et a sa famille.- Les bouquels de M. Karr et l'herie oux tu,·quoises. - Mise a la
relraite d'Alexandre, d'Argine et d llector.

J'ai rencontré ce matin un de mes amis :
•Ah! mon cher, allez voir cela, m'a-t-il dit, j'en suis
emerveillé, ce sera quelque chosed'unique au monde. Que
les anciens viennent apres cela nous parler des jardins
de Sémiramis ! Les jardins de Sém1ramis, la bel le affaire!
Nos enfants riront de leurs professeurs d'hisloire, quand
ceu1-ci leur raconteront ces vieilleries ! Allez voir cela
aoplus tot, vous dis-je.
- Mais quoi done?
-Figurez-vous des terrasses gigaotesques, des tapis de
gazon, des parterres de tleurs, des cascades, un lac, des
falaise@ a píe de quatre-viogts píeds de haut! Tenez, votre.
Sémiramis me donne une prodigieuse envíe de rire. Et quel point de yue : Paris tout entier avec ses domes,
!el tours, ses fleches, et ses beatJX horizoos de collines
W'lllonieuses. Pour voir Paris a vol d'oiseau, il rapait
i-.U'a présent grimper la butte escarpée de Montmarlre et se mettre a l'ombre du dernier des muulins a
11'1t; celll faisait venir des pensées mélancoliques. ll y
l'lit bien encore la chapelle du Pere Lachaise, mais ce
a'élait guere plus gai; a \'avenir, ce sera dn plus gran'• et du plus riant observatoire que les Parisiens
PGllrront contempler le splendide panorama de leur

tille.
- llais pour l'amour de Dieu, ou est-il, votre observa-

loile' '
- .lu buttes Chaumont, ne vous !'avais-je pas dit?

6loardi queje suis!
-Oh! ohl les buttesChaumont, mais c'est aux antipo'-,eela; c'est beaucoup plus loin que le Japoo et que

la~.

lnan, pour vous plaire, j'entreprendrai quelque jour
le Toyage : seulement, vous me parlez de falaises de
...._"fingts pieds, c'est bien mesquin; j'ai envíe d'at-

lenc!te, pour me mettre en route, qu'on aittransporté le
llont Blanc dans la plaine Saint-Denis : je trouve qu'il

serait temps d'épargner am. Parisiens l'eonui de faire
cent cinquante lieues pour voír des forets de sapins, des
glaciers, des neíges éteroelles, et la plus haute cime de
l'Europe. Que nos édiles, comme d1t M. Prudhommc,
me permetteot aussí de leur dooner un conseil, c'est de
débaptiser les lrnttes Chaumont quaod elles seroot traosformées et de les rcbaptiser d'un autre noru : bulles
Chaumont, quoí qu'on fasse, rappellera toujours a !'esprit quelque chose d'iodigent, de pelé, de galeux qui
gaterait l'aspect nouveau si magnifique qo'il fut. Et maintcnant, mon ami, puisque vous aimez les choses merveilleuses, !aissez moi vous cooseiller a mon tour UD voyage
dont vous ne vous repentirez pas: Vous avez vu la Suissc,
l'Espagne, l'Italie et la butte Chaumont, aller voir les
égouts de París.
Je l'ai fait tout récemmeot, cet élrange voyage; au
retour, je n'avais _guere plus de coosidéralion pour les
égouts de Tarquín que mo11 ami n'en aYait pour les jardios de Sémiramis en reveriaot des buttes Chaumont.
« Tortueux, crevassé, dépavé, craquelé, cou¡,éde foodrieres, cahoté par des coudes bizarres, montant et descendant saos logique, fétide, sauvage, faronche, submergé d'obscarité, avec d&lt;.s cicatrices sur ses dalles et
des balafres sw· ses murs, épouvaotable, tel était, vu rétrospectivement, l'aotique égout de Paris. Ramificatioos
en tous seos, croi~ements de tranchées, branchements,
pattes d'oie, étoiles comme dans les sapes, crecums, culsde-sac, vodtes salpétrées, puísards infects, suiotemeotR
dartreux sur les parois, gouttes tombant des plafonds,
ténebres, rien u'égalait l'horreur de cette vieille crypte
exutoire, appareil digestir de Babylooe, antre, fosse,
gonfTre percé de rues, taupíniere titanique ou !'esprit
croit voir róder, atravers l'ombre, daos de l'ordure qui a
élé de la splendeur, cette -énorme taupe aveugle, le
passé '. &gt;&gt;
Ainsi parle M. Víctor Hugo dans ses Misérables, et ríen
n'égale cette description des égouts d'autrefois, sinon
celle qu'il doone de l'égout d'aujourd"hui.
11 « est propre, froid, droit, correct. Il réalise presque
l'idéal de ce qu'on enteod en Aogleterre par le mot
&lt;&lt; respectable. l&gt; 11 est convenable et grisatre, tiré au cordeau, on pourrait presque dire a quatre épingles ... On
y voit clair. La faoge s'y comporte décemment... L'égout
actuel est un bel égout, le style pur y regoe ... L'égout
a pris aujourd'hui un certain air officiel. Les rapports
méme de police dont il est quelquefois l'objet ne luí
manqueot plus de respecl. Les mot~ qui le caractériseot
dans le langage admiuistratíf sont relevés et dignes. Ce
qn'on appelait boya u, on l'appelle galerie; ce qu'on appelait trou, on l'appelle regard. )&gt;
L'homme qui a métamorphosé ainsi l'égout, qui l'a rendu « respectable, » dans le seos anglais, comme dit heureusemeot l'illustre écrívaín, c'est M. Belgrand, le plus
modeste et le plus courtois des ingénieurs en chef, et,
düt sa modestie en souffrir, il faudra bien qu'il me permette d'ajouter qu'il a accompli le plus iigaotesque travail que les Parisiens aient peut-étre vu mener a fin .
C'est par un élégant escalier affleurant au sol de la
place du Chatelel que nous sommcs descendus dans le
Paris souterrain. au grand ébahissement de la foule.
No11s al'ons tout d'abord visité la chambre Notre-Dame,
une salle voutée magnifique, dans laquelle on donnerait
UD bien beau ba.l.
A quelque distance de la_. nous sommes montés en
wagon, et nous sommes partís, poussés par les égoutiers¡
la vapeur n'est point employée daos les égouts, mais
cela viendra.
L'égoutier s'est civilisé avec l'égout; j'ai trouvé en lui
un bomme du meilleur monde.
Ce n'est pas Dusautoy qui l'habílle, mais il porte les
bottes les plus cheres qui se fabr1quent a Paris : quarante francs la paire, pas un sou de moins; il est vrai
que si elles sont cheres, elles soot grandes. L'entrepreneur qui dépeos~ tant d'argent en bottes, n'en dépense
guere en gants, cela fait compensation.
Le train roulait au-dessus des fl.ots. Chaque wagon est
muni d'une vanne ¡ cette vanoe s'abaisse jusqu'il. un
·demi- metre du lit de l'égout, et la force du courant,
s'accroissant en meme temps que l'espace se resserre,
pousse devant lui le sable et la vase, et c'est l'égout luiméme qui se nettoie.
u Aujourd'hui, nous dit UD des inspecteurs, nous n'avous pas baissé les vannes, parce que c'est UD voyage
d'agrément. »
De gros tuyaux couraient le long des mun; : c'étaient

37t

les:conduites d'eau qui alimentent les fontaines; de temps
en temps, un tuya.u d'un moindre díametre venait s'y
adapter : c'était une prise d'eau particulicre. Des fils
minces tapissaient la voute: c'étaient les fils télégraphiques. Au-dessns de cette eau qui emporte leoteroeut au
néant tout ce qm est usé, flétri, fini, la peosée vivante,
féconde, qui porte !'avenir sur ses ailes et passe plus
rapide que la foudrc.
De dístance en dístance s'ouvraient des bonches 11ombres : c'était le vieil égout qui venait se perdre dans l'égout moderne, comme on voit des ruelles sales, infectes,
misérables, aboutir sur nos boulevards et nos avenues
triomphales.
Figurez-vous maintenant les lumieres du train plongeant dans l'immense voie souterraine, jetant lcurs reflets pales sur les voyageurs, et dessioant sur les murs
la silhouette des égoutiers, et vous aurez le coté pittoresque du voyage.
Le ruisseau devient riviere. Nous descendons de wagon
et nous montons en barque.
La riviere devient fleuve. Nous quittons la barque
pour un navire ou quarante persoooes tieodraient a
l'ai~e. L'égout a cinq mctres de large : nous passons
sous la place de la Concorde, sous la rue RJyale, sous
le boulevard Maleshcrbes.
Arrivé aux environs de la nom,elle église de SaintAugustín, la nostalgie de la lumiére me prend, je saute
du bateau sur le quai, je sors par un regard, et me
trouve nez a oez avec une víeille dame épouvantée.
J'ai visité les égouts de París un peu comme la plupart des voyageurs visitent la Suisse : ils se contentent
de l'Oberland bernois, du lac de Geneve, et du lac des
Quatre-Cantons : je m'eo suís teou a la chambre NotreDame, au pelit collecteur et au grand collecteur. Mais
que de courses et de découvertes a faire pour un touriste qu'embraserait le feu sacré ! Mettez hout a bout les
rues de la ville-cry¡.,te, et vous aurez un souterrain de
cinquante lieues de long. Cínquante lieues de long,
voila de quoi se dégourdir les jambes!
Je prendrai la liberté d'engager respectueusement
l'admini~ll'ation a installer, dans l'intéret des voyageurs,
quelques buffets et quel'}ues caloriferes.
Ne pourrait-on pas aussi décorer les collecteurs grands
et petils de peiotures murales? Quel vaste champ ouvert a l'imagioation et au talent des jeunes artistes qui
rcvenl la gra11de composilion !
Apres le gigantesque dans l'reu-vre de l'bomme, l'infiniment petit dans l'reuvre de la nature :
J'ai eu l'honneur de présenter hier mes hommages a
M. et a Mm• Stralton, a miss Minoie Slratton et a sa
jeune tante. M. Stratton s'appelait, il y a vingt ans, le
géneral Tom-Pov.ce ¡ aujourd'hui qu'il est UD noin arrive
(¡e ne dis pas un nain-partenu, ne vous y trompez pas),
il a mis de coté son nom et son titre d'empruot et se
contente d'étre ce qu'il est: « Moi, dis-je, c'est assez; &gt;•
il a voulu présenter sa femme et sa tille aux. Parisien~,
pour les remercier sans doute du bon acceuil qu'il
re~ut d'eux jadis. C'est daos un des plus graods salons de
!'hotel du Louvre que quelques centaines de privilégiés
ont eu la faveur d'etrc admis aupres du couple lilliputicn.
La pbysionomie de M. Stratton est vive et intclligente,
ses mouvements sont prompts et décidés, et je ne serais
pas étooné qu'il eut autant d'hurnour que bon nombre
de ses compatriotes de taille beaucoup plus haute que
la sieone.
Mm• Stratton a les yeux. uoirs les plus brillaots du
!llonde, des traits agréabler, et sympatb1ques, de tresbelles épau.les, qui semblent dorées par le soleil d'Jtalie
ou d'Espagne, et ses manieres sont tuut aíait gracieuses. ·
Le mari et la femme ont toute l'aisance ue gens habitués a vivre dans le monde élégant, et je o'ai jamais vu
de maitres de maison faisant avec plus de uaturel les
honneurs de leur salon. 8erai-je indiscrct si j'ajoute qu'a
certains petits a parte confidentiels il est facile de comprendre que l'astre qui préside au1 uoions bien assorties répand ses plus doux rayons sur M. et Mm• Stratton?
La sreur de celle-cí, jeune filie de dix-huit ans, a toute.
Ja réserve qui convient a une demuiselte bien élevée,
mais sans la moindre gaucherie.
Quant a miss Minnie, c'est un cbarmant baby; mais
si elle ne s'arrete, elle sera plus grande que pere et mere; elle a dix-huit mois, et je connais des enfants de
cínq ou six mois qui ne sont guere plus petits. Misli Minnie est gaie, tres-souriante et tres-care1,sante, et je me

�372

373

plus d'un valet, surtcut s'il est valet de Moliere
facbera de son rang subalterne, et voila les e~
brouillées.
X. FEVRNET.

\romper:ús bien ou ce 1sera une excellente personne.
Vous saviez qu'Alphonse Karr était jardinier,
et que pour 20 fr:i.ncs une femme pouvait ajouter
un de ses bouquets a sa parure ; 20 francs de
fleurs de Nice cueillies dans lejardin d'un bomme
d'esprit;ce sont des fleurs données.
Voici que, pour 20 francs, M. Karr vous enverra
vingt-cinq pieds d'herbe, pour peu que le cceur
vous en di,e.
- Quoi, de l'herbe?
- Oui vraiment, mais de l'Herbe aum Turquoises,
e'est-a-dire une-berbe qui pousse a l'automne une
belle grappe de baies semblables a des turquoises.
Qui ne voudrait transformer ses pclouses en[écrins?
Et quelle ressource pour les maris, au prix ou
sont les bijoux aujourd'hui !
Une invention toute nouvelle pourra bien faire
hausser les j0ux. de cartes, a l'Hotel des ventes.
Un homme h1bile a eu l'idée de remplacer les figures classiqn~s des rois, des &lt;lames et des valets par
eles portrails de comédiens et de comédiennes en
vogue. Ingéniense idée. mais pleine de nérils :
plus d'une Jame voudra l'emporter sur le roi,

L' ILLUSTRATION' JOURNAL UNIVERSEL.

L' ILL USTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

~

CORRESPONDANCE DES ÉTATS·UNIS.
AU DIRECTEUR.

New-York, 15 110,embre,

M. LE CO~ITE DE MENSDORFF-POUILLY,

Ministre des a!Taires étraogeres en !utriche ( Voir la Révue poliliq1U ).

Le grand événement est accompli: Lincoln est
réélu. Cette beureuse réélection avance plus
l'issue de la guerre que toutes les batailles que
nous pourrions gagner. L'Américain est pratique
et les démocrates, découragés comme ils doiven;
l'etre et comme ils le sont réellemeat, comprendront qu'ils n'ont rien a gagner a. soutenir la
cause de la rébellion, qui perdra ainsi son phJSsérieux appui. Cet événement produit déja ses
effets : les affaires ont pris une rccrudescence loute
nouvellc, et la construction navale, c"est la un indice bon a signaler, semble revenue aux temps
passés: nos chantiers sont pleins de navires dn
plus fort tonnage qui s'achevent et qui bient6t
prendront lamer.

Cependant, les operations militaires ne se ralentissent pas: le
siége de Richmond avance, malgré toutes les difficultés qu'il
présente; ríen n'arrete nos généraux ;, s'ils rencontrent une
montague, ils la percent ; s'ils
ont un circuit trop grandafaire,
ils l'abrégent en creusant une
route_ou un canal, témoin le
Dutch-Gap Canal dont , les travau,x \se poursuiveut avec rapidité, et qui permettra bientót a
nos canonnieres de s'avancer
bien pres de Richmond et de
coopérer avec l'armée de terre
a l'attaque de cette place. Ce
canal est percé a travers un
isthme appelé Dutch-Gap et rattachant la pre,qu'ile Farrar a la
rive nord d~ la riviere James.
L'isthme de Dutch-Gap a 300
yards de large (presque 300
metres) et 8ú pieds de hauteur.
C'est assezvousdire quelle masse

- - ··----.--- - É'f,ATS-UNIS: ~IÉGE DE RICHMOND; TRAVAUX DU DUTCH-GAP CANAL• - D'apres
' 1-ea croquis
- . de M. W.

s.

. la Ret111e politique d8 la scmaine',.
PALAIS DE L'EXPOSITION1 ¡LNTERNA.TIONALE DES ARTS ET DR L'INDUSTRlE, A DUDLIN • - D,apres un eroqu,s
. de M• D• Robertson. [Vo,r
ETA'fS- UN tS: lltSTJ\Ut:TlúN llU ~A.VlllE C~lKASl&gt;E CuNFEIJEHE L' ALl:J&amp;MAIIL&amp;

�L'ILLOSTRATION

I

374

L'l LLUSTRATION, .IOURNAL UNIVERSEL

oous. En France, il signifie la charge, et en lblie la
g~i~té, ce ~ui e~t bien difiérent.-La musique de M. Fréde terre il faut boule..-erser. Le canal traversera \'isthme
der1c Barb1er n cst pas assez lt1gere, assez vive, as.~ez fa•
diagonalement; notre tlolte aura alors sept milles dP,
CDHl@ll!IOOJi!JJI! llillU~D~iL!,
cilement mélodique, assez gaie, eofin, pour le sujet et
moins a faire, et évitera les innombrables oh~tacles, les
le ~tyle de la piece. Ce qu'on y a le plus applaudi, et en
formidables batteries que les rebelles ont accumulés
Le théAtre Saint-Germain a fait son ouverture si longsur ce point. Les travaux ont été commencés en aout et temps attendue, et j'ai sous les yeux une circulaire de cela on a e11 raison, ce sout deux morceaux oroés de ,ocalises élégantes, gracienses, que Mil• Mézeray fait ..-,.
sont a peu pres terminés; c'est immense, ce que peut la.
l'administratioo portant que 11 Son Excellence M. le Mi- loir par une exécutioo habile el brillante. M'1• Mé~ray
volonté du Yankee; et le canal de Dutch-Gap sera. cer- nistre ele la Maison de \'Empereur et M. le Préfet de poest une toute jcune filie, svelte, élancée, jolie comme une
tainement daos les annales militaires no des faits les
lice ll l'ont autorisée « en vcrtu du décret impérial qui tete de Greuze; - elle s'était gAté le visage, le p1·emier
plus curieux.
a proclamé la liberté des théatres.
jour, par d'alfreuses plaques de noir et de blaor, de bleu
L'Albemarle, le redoutable bélier cuirassé de lamaSi le décret impérial est réellement exécuté, si \'indusrine confédérée, vient d'etre détruit; il était a l'ancre trie théatrale est libre, il est assez rlifficile de compren- et de rouge, qn'elle aura saos doute mieux placées et
daos la riviere Roanocke, lorsque le lieutenant Easting, dre que le théatre Saint-Germain ait besoin, pour ou- mieux fondues aux représeotations subséquente~ _ Sa
voix est bornée. Les notes graves lui manquent ahsolude la marine féelérale, con~ut le projet de In faire sauter
vrir, d'etre « a.utorisé. 11 Qu'il ait été soumis a l'inspecau moyen d'un torpedo, monté daos un canot, et misen tion de M. le Préfet ele police ou de ses délégués, cela ment. Mais le registre aigu a une sooorité charmante
mouvement par une petite machine a vapeur; il choisit est tout simple. Mais un proces-verbal constatant tan-t qu'elle ne fait pcint c\'elforts. La mu~ique de 11. F'.
des matelots de bonne volonté de l'escadre de l'amiral que l'édifice est solide et oe s'écroulera pas sur les Barbier lui en demande quelqnefois, et c·est un malhenr
Porter, avec lesquels il s'embarljua sur le canot, et s'a- spectateurs, qu'il est suffisamment aéré, qu'on en peut pour M. Barbier comme pour elle. 11 faut absolument, si
van~a le long de la cote, garnie de nombreux piquets. Rortir facilement en cas d'incendie, qu'il est isolé et ne elle veul réu sir et si elle veut durer, qu'elle reoonce ¡
11 passa, saos étre apen:u par une balterie llolta.nte, peut compromettre la sécurité des édifices qui l'eotou- la force, qu'elle s'en tienne a la grace. Quels bons confranchit les barrieres de chaines qui défendaient I' Albe- rent, uo te\ proces-verhal n'est pas, a proprement par- seils lui pourrait dooner Mm• Damoreau, si elle était
marle; il fut découvertjuste au momant ou il allait al or- ler, une autorisation. C'est un acte semblahle a ceux encore la!
A coté de Mil• Mézeray, on éco1'e avec intérét un
der; il ne répondit pas plus aux qui-vive qu'aux som- par \esquels le Sénat déclare &lt;&lt; ne point s'opposer. ,,
,
jeuue ténor, M. Laglaize, dont la voif est fraiche, bien
mations de se renelre.
Quaot-a M. le Ministre de la Maison de l'Empereur,
Aussitot on ouvrit sur la coquille et son équipage de on ne saurait imaginer en quoi cette affaire a. pu le con- timbrée, sympalhique; puis no baryton et une bas.,e
treize h')mmes, un feu roulant d'ariillerie et de mous- ceroer. Le décret impérial du 7 janvier t8G4 a eu pour chao tao te forl convenables, que je prie de me pardonqueterie. Le lieutenant avait déji\ attaché la torpille aux but de sou~trairc a son autorité tous les théatres non ncr d'avoir oublié \eurs noms. Je crois que la basseflanes dt1 géant des mers; il mit \11i-mcme le feu a la subventionnés, de mettre les entrepreneurs dramatiques taille s'appelle Falchicri. Bref, il y a la de tres-bonR él~ 1
meche électrique; une seconde apres, une épouvantable daos la meme situation que tous les autres industriels, ments, dont un compositeur adroit pourra. tirer partí, si ~
explosion se faisait enteodre et fai~ait sombrer la frete de les faire rentrer dans le droit commun. A-t-on besoin la musique est mie1u accucillie cette fois qu'elle oe J·a
été jusqo.'il présent au quartier Latín.
embarcation.
d'une autorisation de ~l. le Ministr'l de l'Agriculture et
Le Lion deSaint-'\farc est une hoooe houfionoerie.Les intrépides Joups de mer n'avaient aucun espoir d'é- du Commerce pour ouvrir boutique daos Paris, ou pour
Un
vieux bourgeois de Venise, qui tremble et de,ient
chapper, car, des deux cütés du lleuve, ils recevaient batir unP ferme? La circulaire de M. Gérault est done
pale
a la seule idée des inquisiteurs d'État et du cooseil
une gréle de projectiles; 11 lueur de l'explosion le~ dé- iointelligible, ou il en faudrait cor!clure que la liberté
,les
Oix,
trouve chez luí un billet doux adressé asa
signait aux coups de leurs adverr,airei,.
proclamée en droit n'existe pas eo fait, car, ú M. le Mi- filie. Mais le poulet est rédigé en termes mystériem.
Le lieutenant Easting, qui avait eu le te~ps d'üter son nistre a accordé l'autorisation, il pouvait la refuser.
11 le croit écrit par un conspirateur, el va le jeter dans
uniforme et ses bolles, gagna la rive a la nage ainsi
Quaot atLl précautioos nécessaires a la sécurité publi- la guenle du \ion de Saint-Marc. Voila la police sor
qu'un de ses matelots, resta caché pendant douze heures que, je ne puts me dispenser de faire observer qu'on ne
daos les roseaux, et finit par rejoindre \'escadre de l'a- saurait accuser M. le Préfel de police de ~•etre montré pied , et le gonvernement en alarmes. Desceotes de
lieux, interrogatoire~, surveillance organisée, eRpioo,
miral Porter aprcs cet exploit héroiquc.
a cet égard trop exil!eant. Le théatre Saint-Germain
On a des nouvelles préci~es i;ur les opératioris de o'a qu'uoe issue. On y afllue de tous les points de la apostés, souriciere, menaces de proces criminel, ele.
Sherman en Géorgie. Ce général, ayant réuoi une armée salle par des couloirs et des escaliers trcs-étroil~. Si done Les terrcurs du bonhomme étaot toujours comiques, oa
qu'on évalue a 50,000 hommes et une grao&lt;le quantité il arrivait,je ne dis pas une catastrophe, mais un de ces rit depuis l'exposition jusqu·au dénoument. La piece
d'approvisionnements, cootinue son mouvement olfensif. accidcnts légers, qui suffisent quelquefois pour jeter la est bien conduite, le dialogue amusaot, la musique ra11 menace la ville de ~acon et semble vouloir porter la panique daos une salle de spectacle, on aurait certaine- cile, fine, légere, élégante, pleine d'entrain etde gaieté.
C'est \'heureux début el'un tout jeune homme, M. Legucrre au cceur meme des États confédérés.
.
ment des malheurs a déplorer. Deux issues latérales me gouix, qui évidemment a de l'avenir, car son stylenr
Beaucoup d'obscurité plane sur les mouvements paraissent indispensables. Elles ne seraieot pl!.s, _ic crois,
des généraux Hood et Beauregard. Le géoéral Magruder tres-difficiles a ouvrir a travers l'immeulile qui envelop- et san3 apprlt n'empcche pas qu'i.l ne sache le métier
a essayé de franchir le lleuve Mississipi, pour se jeter pe ia salle nouvelle comme une r.arapace, et qui en est tout aussi bien, si ce o'esl micux, que les composite1111
les plus forts sur le contrepoiot, les plus emµesés et les
dans l'État de ce nom et se rallier ultérieurement a
évidemmeot une dépendaó&amp;e.
plus \ourds. Ce pet1t ouvrage esl assez convenahlemenl
Beauregard: cette maoce11vre n'a pas réussi, et les conféLe théatre Saint-Germain u'est pas Je premier fruit de chanté d'ailleurs, et joué avec beaucoup de verve.
dérés oot du se retirer, apres avoir subi des pertes con- la liberté dramati'lue, puisque nous avons déja vu s'ouOn a dooné depuis deux autres pieces eo un acte aa
sidérables, ainsi que du Missouri, ou le général Sterliog vrir le théatre del&gt; Folies-Marigny, le théatre Saint-Pierre,
thMtre
Saint-Germain. Mais la presse n'y a pas été ~
Price a..-ait pénétré, et du Ten!1essee ou ils ont du éva- et qu'en ce moment mcme la petite salle de l'École
voquée,
et je n'en puis ríen dire.
cuer Johnsooville qui a été imméd1atement réoccupé par lyrique sert aux exercices préparatoires d'une troupe
Au ThéAtre-llalien, on marche de reprise en reprise,
le général fédéral Shnfield.
pour laquelle on construit, rue Lafayette, un théatre
A la suite de tous ces succes, les corps d'armée de nouveau qui n'a pas encore de nom. Mais c'est celui Marta, Un Bailo in maschera, Norma, ont défilé coop'81'
roup. Mil• Patti est daos Marta ce qu'elle est par\Oll
Sherman et de Sheridan seront sous peu réonis a. l'armée de tous ou la musique a obtenu la plus large place.
Que deviendrait le Théatre-Italien sans cette jeuoe filie
de Grant, et l'on portera le dernier coup a la rébellion, Les acteurs engagés sont des acteurs d'opéra comiqui porte toul le poids du répertoirc en se jouaat, el
a moins qn'elle ne se décide aimplorer la paix.
r¡ue, et c'est \'opéra-comique, eo, elfet, que l'on y riant, en sautillant, et saos se douter r~:1t-etre d11 W
Le général Philip Sheridan, qui vieot d'etre appelé au joue. Le spectacle d'inauguration se composait de trois
grade de major génér1\ a la place de Mac-Clellan, qni pieces: - le Libre échange, la Bouquetiere de Trianon, le de force qu'elle accomplit? M. Brignoli a elébuté ••
succes a coté d'elle. On a le droit de supposer qu'il •
apres sa défaite ékctorale ?. donné sa démission, et le Lion de Saint-M,,rc. Glissoos sur le Libre échange, triste
descend pas en ligne directe d'Adonis ou d'Antioo69- D
géoéral Shermao, sont tous deux éleves de Westpoinl. et p\:;.t vaudevi\le chargé, - je ne saurais dire orné, Philippe Sheridan est né en l83t daos l'Etat de l'Ohio. de quelques airs nouveaux et d'uoe ouverture préten- chante un pe•1 du oez, ce qui a fait dire a de 11'8111
critiques qu'il imitait M. Mario. Je crois qu'il a'illile
Sorti de Westpoint en 1853, il servit d'abord comme tie•ise. 11 est déji\ ouhlié. Que la tombe lui soit légere !
personne. Le timbre ele sa voix résulte apparemmdt•
lieutcnaot daos les territoires voisios de la Califoroie et La Bouquetiere de Trianon, saos avoir rien de bien noula forme et de la disposition de ses organes. L&amp; falJII
exposés aux incnrsions ind1ennes, pu_is daos le Tcxa~. veau, - le' nouveau est aujourd'hui, au théatre, une
en
est a la nature. Apres tout , ressem bler a )larie •
Des le début de la guerre actuelle, il ful fa:t capitaioe, denrée fort rare et de tres-haut pri1-otlra1t, du moios,
un malheur dont on peut se cousoler. D'autres lai 1t'
et ses scrvices émineols l'ayant mis en évidence, il fut une intrigue et quelques situalions. Si le sujet manque
prochent de chanter de la gorye , - toojour~ eóllll
placé a la tete de la division de cavalerie de l'armée ilu un µcu de vraisemblance, - il s'agit d'un vieux geotilMario. Quoi qu'il en soit, il a de l'acceot, du go6t, i
Mississipi. Sa cooduite aux batailles de Corinthe, de hommP, jadis officier de cavalcrie, qui, se voyaot ruiné,
sait chantcr a demi-voix, et il crie tres-rarement: eelli
Buell, de Rone-River lui valut le grade de géné- s'est fait pAtissier pour reco11struire sa fortune, racheter
par le temps qui court, me semble tres-original, et,.•
ral, et c'est le corps d'armée placé sous ses ordres qui, le maooir de ses aocetres et doter sa fille,- ..ettc clonnée
j' ose dire tont ce que j' en pense, héroique. 11 Can\_.
on se le rappelle, remporla les victoires d'Ag-uepan et est beaucoup moins extravagante que celle des Diamants
que je n'ai pas été tout seul de moo avis, et qo'oo 111•
de Fisbfr-Hill et balaya l'armée d'Early de !a vallée de de la couronne et de vingt autres opéras-comiques acsu gré de son courage, pnisqu'on l'a applaudi et~
Shenandoah. William Sherman est aui,si de l'Oh10. ou il ceptés et applaudis. Je conviens que les auteurs n'en oot
11 n'y a pas de claquenrs patcotés au Théatre-ltaliel,
naquit en t823. Sorli de Wcslpoint en i84t, il fit la cam- pcut-etre pas tiré tout ce qui en pouvait sortir. Mai~ enfio,
les
bi~ signifient la quelque chose.
. .1
pagne du Me1ique. Colooel au Mbut de la guerre ae- leur ouvrage esl d'ap\omb sur ses pieds, leste, ,·if et ele
Le Dal masqué a été forl hien rendu. M. Frascbill
tuelle, il prit part au siége de Vickshurg avec le grade joyeuse humeur. La musique en cst « bien fait~,» commc
M. Delle Sedie y font merveille. Mm• Charton •
de général. Sa helle campagne de Géorgie et la oo dita l'école, sérieusement écri~e, laborieusement insy déploie beaucoup de talen t. Comme la troup~ i ~
prise d'Allanta ont fait de lui, ajuste titre, un des géné- trumentée, et, en général, peu récr~ative. C'esl de la
n\;~t ja.mais complete, c'est le róle du page, au¡o
raux les i&gt;lus distingués de l'armée du ~ord.
musique boufie qu'il aurait fallu la : ce n·cs~ pa~ de la qui est sacrifié. Je pense bien que Mil• Van der Bect
musique boufie que l'auteur a faite.-Je prends ce mot, pas de gros appointements. On aurait done m
Pour extrait : P. PAGET,
musique boufie, dans le seos que lui dooneot les llaliens grAce a se montrer exigeant envers elle. C'e!!t UDe,,..
qui out inventé le genre, et oon daos le seos qu'il a chez

~

iatrice écooomique. Mais que ces économies-la coütent
cher!
Quaot a Norma, jouée par les deux sreurs Marchisio
JI•• c,arl~tta'. cru~~lemeot indisposée, n'a pu aller qu';
grand peme Jusqu a la fin du prcmier acle. C'est partie
re111i~J.e premier
de la Sociét'e dn
. concert
. extraorlimaire
.
eonserv1to1re a eu 11eu d1manche dernier. Jl était consacré il. la mémoire de Meyerbeer. On y a done exécuté
uois morceaux de ce grand musicien, un chceur de Marpente rfAnjou, l'ouverture du Pardon de Ploérmel t 1
..,.,~· 1·ton,de~ poignar
·
ds, daos les IIuguenots. Ce dern
'e ierª
..,_..,e
chceur a éte d1t un peu plus lcntemcnt qu'on ne le d" _
sait a l'Opéra du temps de llabeneck. Je ne vois p~s
qo'il ait beaucoup gagné a ce changement de rhythme.
- Je ~e parle que du ~orceau a. trois temps. - Il en
est m01ns mena~ant, moms furieux, moins féroce, et ce
u'est pas le résultat qu'on devait chercher.
ll est facheux qu'on n'ait pas commencé par le commencement, ~•est-a-dire par la sccne ou Saint-Bris ré,~le a ses amis les projets sioistres t&lt; protégés par les
e1eox, et des longtemps con~us par Médicis. » Il v a d
&amp;i _beaux effets daos la harangue fauatique de ·saint~
Bns aux « chefs dévoués de la cité fidele, &gt;• et ce mer,e11leux
orchestre
.
t· , les .ai;rait si bien rendus ! Personne,
¡e 1e garan 1s, n aura1t trouvé cela trop long.
L'ouverture du Parwm de Ploermel a été exécutée avec
un ensemble p1rfait, une énergie, un éclat et une verv
iDcomparab!e~. Rieo de pluF 'pittoresque, de plus vive~
ment colore que cette symphonie un peu étrange, et
dont la coupe ne ressemble a celle d'aucun autre mor
ceau de ce genre. On n'y comprend guere l'iotervention
de la harpe, et eocore moios Ja faofare de trompettes .
. tal'"
.
QUI
nen
improv1ste
se jeter au travers du chant reliaicux
de l'~rc~estre et du cantique chora\ qui lui répond. Ce
cap~1ce tattendu, qui n'a point de rapport au sujet, l'Ui
ne~app ique a aucun des incidents de la piece, semble
altérer le ca.ractcre général de l'reuvre et en détruire le
plan. ~~yerbeer, a _coup sur, n'avail pas be3oin, pour
étre or1gmal, de se·hvrer a de semblables fantaisies.
Verum uhi plura nitent in carmine non ego paucis

oll'endar maculis,
etl'ouverture du Pardon n'en est pas moins un ouvrage
d'lln mr.rite immensc, que Meyerbeer seul a pu écrire.
Le cbreur de Margullfite d.'Anjo,, est un morceau charlWlt, _dont le _chaot est plein de grace, l'harmonie tout
i la ro_1s tres-simple et tres-distioguée. La encore cepen~t, 11 Y a _des fantaisies orch~Lrales dont l'aut~ur aumt P~. se d1spenser. Mais il faut prendre chaque artiste
tel qu II e8t. Ses bizarreries mcmes coocoureot a-coostituer s_o~ individualité, et il a.rrive souvent que, toul en
les cr1t1quant, on les aime.
~ concert avait commencé par la symphonie en ,~
ma¡eor de Beetboveo, dont le premier et le dcroier
~rceau ont é~é dits. évidemmeol beaucoup trop vite,
~u~ les tra1ts rap1des n'y ont jamais été oettement
~es. L'orchestre du Conservatoire, autrefois, n'a1111 pas ce défaut-la, qui est aujourd'hui celui de tous
IOI orchestres. Est-ce a l"invention des chemins de ter
doit s'en prendre, comme le prétendait Jlo-

:1:00

M.

ne°:· ~lrred et Henry Holmes, qui viennent de donner
mtéressante séance de musique de chambre daos la

:• B_erz, soot deux violonistes aoglais ou irlandais qui

dtJa parcouru, l'archet en

main, toute l'Europe, et

,e {on a -ª~plaudis partout. M. Henry Holmes, prioci-

,al~nt, J010l a un brillant mécanisme et a une belle
de son, beauco11p d'accent et de vigueur. ll a
.._eoteodre un q~intetto de sa fa~on pour deux violons,
líes, altos et un v1oloncelle. JI est divisé en qua.tre paral aelon le ~rogramme classique. Le plan des morceaux
._w.. pu touJours tre_s-~ettement dessiné. La forme en
.111 peo vague. Ma1s 11 y a bea11coup d'idées. Les mé~y sont élégantes et expressives, et l'harmonie n·est
.._ ~late. C'est incontestablemeot un artiste de m1L
~u• pe~t aller loin, s'il s'exerce et s'il rétléchit. La
ava~t commencé par un quatuor de M. Erost,
11
,_•bre_ virtuo3 e 1Ju'une maladie cruelle a depu;s qurl-.,lllnees contraiot au silence. On a Mja fait grand
'-té daos certain~ jouroaux, de ce quatuor. Je J'ai
llo ITec une extreme atteotion . mais j'avoue - a
11
-.C ~te, - que je n'y ai rien compris. Je ne s~urais
ni le louer, ni le critiquer. Je me récuse.
G. HtooET.

:ité

'

37&amp;

JOURJAL UNIVEílSEL.

CORRESPONDANCE.

A propos de l'article : la Pipée dan~ le Morvan un
correspollllant a~onyme nous adresse des rétlexion; qui
ne manquent m de sens ni d'opportunilé. Nous ferons
cependant remarquer a notre corresponda::it que l'auteu~ de la ~ipee_, en racootant la chasse dont il a été témom, a ~r1s som de prolPster lui-meme contre ce massarre des mnocents. Aussi nous in,érons bien volontiers
celle \c~tre, qui n'arretera pas, nous le craignons, l'ar~
deu~ devastatrice des chasscurs, mais qui répond a un
s~nt1me~t humaio que oous parlageons completement.
Nous lwsons maintenant Ja parole a oot
·.
re corresPoodant
.
Mons1eur,
Permettez-moi de vo•Js le dire je n'ai a
1 sl~ns _uln
frémissement d'inelignation voil; le mol p1• sh?
.
,
dC e, art1c e
sur 1a Pipée, que contenait votre numéro d '&gt;2 t b
Je ne fais partie d'aucune société pour ~a~ o~ o /e.
des animaux; je .sais que pour se nourr1·r l'h pro ecd10?
.
,
•
, omme 01t
tuer;
. JC ne
. me sens ni délicates,e puérile, ni p·t·
1 1e. ma1a1ve; ma1s lorsqu'on me vient conter sur O l b d"
d
les tortures de beles iooffensives, lo;s~u·o~ m:ndé~•it~
plai,ir le supplice de pauvres oi,caux contorsionnl~ dans
les 7Y.ms lamentables que Dante donne á ses da é
.
g11ant~, ci demi dépl11més piteux a voir lo
' mn s, _.~aide ce~ agonies lorsqJon s'en dive;tit rJ~qu on se JOUe
,
, e vous avoue
que mon creur se souleve et que je me dtmaode ,¡ cett
école de cruauté fera de nos fils des homm s . . . e
lanl,, bien généreux, de nos jeuoes filies ed b1~0 va1Ibonnes et douc,is?
es emmes
Libre a l'anteur de la Pipé€ doot je ré
1 .
tioos et dont j'admire •ince:emcnt le h::;~ ~s i:~encriptif, libre a lui de céiébrer cctte hcurcuse mª e~tn esamor..
phose q~i transforme les al'tistes ailés qu'on 11ommait h-

noltes, pmsons, merles, rossignols, (auvettes, en rót excellent.
Ah! certes, je recoonais la haute importance du rót
excellent daos to11te socié_té bien ordonnile. Cependaot,
ne pensez-vous pas, mons1eur, que si l'on nons Jaissait
quelques rossigools et quelques fauvetles, la sociélé
ne •'en portera~t pas..plus mal? Ne peusez-,·ous pas ,¡ue
des chansons prmtan1eres daos les bois valent peut-,,tre
une bouchée de rliti, pow· friande soit-elle?- Et quand
~ous auroos dépouillé nos campagnes de ces harmooies
J~yeuses _qui en font le charme, quand il n)- aura plus
m_ ga1.ou1~lem~nts sous la feuillée, ni hruit d'ailei;, ni
tr1_olel~, m fusees de notes ]impides, ni de ces h~mnes du
so,r et du m:i.tin qui élevcnt Oútre ame et ta peoetrent
de bonheur, en serons-nous plus avancés? L'homme
e_nt~c uo r~ti d~ fauvettes et un salmis de ro,signols, 0 ;
s av1sera:t-,1l po1~t de reg-retter quelquejour le g-rand silence QUI s e~t fa1t autour de lni?
Tucz et maogez, il le faut bien; mai~ ne vous amusez
pas _des douleurs que vous imposez; surtoul ne venez pas
les etaler sous no, veut.
Ce ~·~st pas une ~aison, parce qu'une créature d~ Dieu
cst c~el1ve, qu'clle _ne pent ni se défendre ni ~e vengrr,
ce n est pas une ra1soo pour la tourmeoter saos merci, et
pon: ~e moquer de ses hlessures. L'agonie d'un animal
mut1lr peut sembler fort plaisante; ses membres ensanf!lantés, sa chair déchirée peuvent présenter un spectacle hurle~que; des g-ens peuvent ~e trouver qui s'en divertissent; quant a moi, une tcllc vue me révolte. j'ai
honte d'etre hornme, et il me prend une sauvaac :nvie
d'exercer sur ces beaui rieurs notrc honne vieille loi du
talion.
Au risque de l'absurde, je suis ponr les tués contre les
tueurs. Si le ridicule c'cst d'avoir compassion des bétes
qu'on supplicie, je snis ridirule.
~ecevez, monsieur, l'a~surance de ma haute con~idérat,on.

LA NOUVELLE CAPITALE DE L'ITALlE.

Les Tosca.ns sont les descendaots des Étrosque~. Le
nom de Tusci, par lequel les Romains les dési¡rnaiPnt
e.~t une altération de Trusci ou EtnLSci, Etrusques. Le~
Tusci s'éteodaient jusqu'aux environs di! Rome, ou ils
fonderent la ville de Tusculum, célehre par le ~éjour de
Cicéron et par ses Lettre.~ t•,~n,lanes. Le pávs des T11,ci
s'appelait Tuscania, d'ou Toscane.
·
A la chute de l'Empire romaio, la Toscane passa sou11

la dominalion des Barbares. Les Goths s'en emparerent
en 't:08, et y r égnerent 60 ans. En 56~, les Longobards
c~a.,scre.nt les _Goths et s'établirent a leur place. lis confi_erent I autorité politique a un duc et le pouvoir judic1a re a un comtc; un marquis fut chargé de uéfendre
les marches de la Toscaoe, c'est-a-dire les frontieres.
Ch:"~emagne ayant rem·er,é la mouarchie longoharde,
en , ,~, la ,Toscaoe pa,,a sous le sccpll e impérial el y
resta JUsqu_en 1074 ou elle était gouvernée par la comt_esse Malh1lde. Celle-ci, en mourant, légua tous ses
Et~ts au saint-sicge ; ~ai• les empereurs d'Allemagne,
ro1s. des Romains, ne reconnurent pas cette donation.
De la, un~ lutte qni dura deux siecles et qui divisa Je
pavs
. en deux
. . 1ac
r t·100s, ce11e ele l'empereur et celle du
P~P~· Phihppe de Souabc, descendant de la rnaison
G1bhng, se mit a la. tete des partisaos de l'cmpereur.
Othon i,su de la ro 1·
d w¡
'
.
' ·.
ª
e e phe, prit fait et cause
pou_r le souveram pontife. C'est la l'origir-e des dénominallons de Guelfes et de Gibel · c
·
·
.
·
tns. e~ guerre~ mtcstmes
re55erc11t avec les ~lédic!s, qui ne fnrPnt d'ahord que les
protecleurs de la Republ1q1Je llorentine, mais qui fioirent
par en devenir les maitre L FI
·
,
·a· . . · " · . . s.Lees dorentms
chas,erent
les
1 ,,1e 1c1s ¡usqu a tro1s fo1s
..
·
r
·
· · ur ern1erc expuls111n eut
i:~ ;en l527. lis en appclereot a leur parent Clément VII,
~e Flo~r.~ro~ura ~ne armée. _lis firent, en i531' ~e s!ége
é . e ce' a v11le ~~t cap1tuler, apres une hero1~ue
r :~1s1_ance' et le!' Méd1c1s y rentrerent. Cette famille s'étc1géu1ht en ii37. Alors la Toscane ful cédée a l'Autriche
en c an¡rc de la Lorraioe
·f t
· A¡
Le ~
, qm u _annexee d a France.
. . eco~1~ grand-•duc de cette rna1son, Pierrc-Léopold,
•~trodu1,1t en :rosra~e toutes les réformcs qui signalerent
p us tard la revolullon fran~aise. JI abolit les priviléges,
les mooopoles, la peine de mort, et il allait oi:troyer a
son pcuple une charte constitutionnelle, lorsqu" son avénc~ent a.u trone impérial l'obligea de renoncer a ce
proJct en meme tem
'a 1
cale. '
ps qu a couronne grand-duC'est en To,;caoe que renaquirent les sciences, les
~rts _et les lettres, apres la grande cata~lrophe qui livra
1~Lalie au_x barbares du Nord. Aucun pays au monde
na produ1t, sur une au,•si petite porulation IJO pareil
nombre d'hommes supérieur:; dam toutes le; branches.
Qu.~n: ~n élr~nger amve a Florence, la premiere chose
qu il .~1t est d aller aux l.'ffi.zi. Les vastes portiques de
cet éd1fice sont ornés des i,tatues des Toscans illustres.
Ce soot a'abord des renommées univpr,.r•lles, comme
D~nte, Boccace, Pé~rarq•1e, Giotto, Léonard ele Vinci,
M1~hel-Ange, Andre elel Sarte, Bcnvenuto Cellini Mach1avel'. Americ \ espuce, Guichardin, Galilée; puis: une
fo~le d autrrs hommes moin~ connus, mais non moins
estimables, tels que Nicolas de Pise, le perc de la sculptur~, daos les tcmps moderoes; Donatcllo, l'un des
~c1lleurs srulpteurr florentins; Léon-Bapti~te Alberti
1un des cré~teurs du s_t~le de la Rcn1issance; André
Orcagoa., ~emtre' orfevre et architecte de premier
ordre;. Gm Arétin, l'_inventeur des notes de musique;
Fra_o~o1s Red1, médecm et pocte, fondateur de l'entomolog1e. et aute_ur de sonnets exquis; Antoi11e Césalpin, natu_ral,ste, qui soup~oona la circulation du sang; Antoine
~l1chel, botaniste, qui a découvert et décrit, a luí tout
seul, plus de plantes que tous ses préMcesseurs et ses
su~ce:s,eurs ensemble. Et que de grands noms on pourr~1~ aJouter a cettc liste, déjil. si gloriPuse ! C'est ~larsile
F1cm, le prcmier traducle1Jr et commrntate•ir de Platon.
Ange '.olilicn, ~ro:ond érudit, pocte excellent en grec:
en latm et en 1tahen, Torricelli, l'inventeur du barometr~ ; Jcan ~illani, le chroniqnenr élPgant; Angelico
da F1esole, pemtre aogélique comme son nom; Fra Bartol~mmeo, l'un eles précurseurs ele Raphael ; Ghirlaoda¡o et Benoz10 Gonoli, qui ont Mcoré de fresques ad~irables les ég\i•es de Florence et le Campo Santo de
Pise ; Arn~l~he di Lapo, l'architerte qui a hati la plupar~ des eel1fices d~ 1~ Républiqne, le Dome, SainteCro1x, le Pala1s ele la Sci¡meurie, la halle de Saint-Michel ; Brunellesco, le créateur de la coupole du dóm
le véritablc fondateur du 11ouv;au stvle d'arch~~
tecture; les musiciens Lulli, Chrruhi~i et mille
autrPs de ccttc force. Ajoutez que Mirabeau et Napolilon sont d'origine tlorentine : Mirabeau descend
des Richetti /Riquety\ étahlis a Mar~cille; et Napoléon
d~s Buonaparte, qui, expul~és de Florence, se réfug1erent a Sao-Miuiato, puis en Corse.
. . Floreoce (Floreotia) était une colonie romaine sans
1mportance.. Son nom est formé du participe floren.~,
com°:1e celu1 de Valentía (Yalence) du participe oo.lens.
11 fa1t sans doute al!usion a la fertilité du sol. Florence

:ºº

i

�376

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
a, dans ses ar!Des, pon pas un
lis' comme,on1le
croit génera e!Dent, mais une
iris, tleur trescommune dans la
vallée de l'Arno.
i.aracine de cette
plaote, réduite en f~~ine,
fournit un cosmet1que
tres-estimé, dont la poudre de riz est une imitation et une contrefa~on.
Les Toscans sont maigres et petits. Cela ne les
empeche pas d'étre de
tres-bonssoldat~. Eni848,
les volontaires toscans se
batlirent comme des lions
aCantatone et a Monta-oara.
Le trail saillant du caractere toscan est l'indi,idualisme. Trois des plus
grands hommes de la Toscane, Dante, Machiavel,
llichel-Ange, étaient misanthropes.
&lt;t. Chacun
pour soi, chacun chez
soi » cst la devise des
Florentins.
On p~rle souvent de la
,ivacitéméridionale. C'cst
une de ces vieilles erreurs
qu'ilserait temps derectifier. Les Espagnols, les
ltaliens, et en particulier
les Toscans, sont les peuples les plus graves de
l'Europe. « Chi va piano
"sano » (Qui va lente..
meot, va surement);
• Stavemo a vedere l&gt;
loous verrons bien) ; «
abbiate pazienza l&gt; (prenez
patience) sont des adages
qoireviennent saos cesse
dans la conversat1on italieone. Les Toscans, étonnes de notre vivacité,
l'ont appelée furia franeae, comme nous pourrions appeler leur lenteur
~ toscan.
Quoi qu'on ait pu dire,
les Florentins sont une
des populations les plus
dé,otes de l'Jtalie. Quand
il ne pleut pas, ou quand
il pleut trop, 0D décou"' la Madone de l'Annoociade, et une foule
énorme court adorer l'i11age miraculeuse et Iui
demander le retour de la
~Die ou du Lean temps.
Cela n'empéche pas ce
pet¡ple d'étre le plus blas!lbémateur de la terre.
Lea noms de Dieu et des
lliats reviennent sans
le8Se sur ses lcvres, acCGI&amp; au1 épithetes les
plus in¡ur1euses.
llorence est lavil, e de!
doehes. Elles sonnent d11
lllin au soir et du soir
1U 111atm.11 y a des mailOQs oti on les entend telleinent, que les malheureq¡ babitants en devienllent presque fous. D'aillears, 1':imour des cloches
l'a rien d'étonnant dans
lne ville dont le plus !¡el
RID
'ORDRE DE CIURLBS Hl TBNU DANS LA CHA.PELLE ROYAL!!, A. MAD . CHAPITRE ANNUEL DR L
'

D'apres un croquis de M. Levasseur.

EW!LEllES DES TRIBUS IUIVES.

SCENE DU DELUGE.

BAS·RELIEF PROVBNANT DU PALAIS DE SARDANAPALR: UN CO:lVOI DE PRISON~IERS.
Gravures ti.rées de la Bib~ popt1laire illu:trü, de l'abbé Driou1, rub:iee pir Ch. !.1hure ( Yoir le dernier N').

:377
édifice est un
clocher, ce mcrveilleux campanille de Giotto
que Charles V
aurait voulu mettre sous verre.
Florence, qui
a de si belles
églises et de si beau1
palais, n'a pas un aque,duc qui luí fournisse de
1'eau potable. Les modernes ont toujours agi au
rebours des anciens ;
ceux-ci pensaicnt toujours au nécessaire; ils
s'occupaient ensuite du
superflu. J,'eau de puits
que l'on Loit a Florencc
est impure et fétide. Florence n'a point de baius
publics et pas un marché
en rapport avec sasplendeur et sa grandeur. Les
rues sont généralemont
étroites et d'un parcours
diíficile, acause des marches d'escalier~, des perrons, des bornes, des entrées de caves, qui Lordent les maisons et qui,
pendant le juur, sont de
facheux obstacles a la
circulalion, et, pen fant la
nuit, de véritables cassecous.
Les Toscans ont été nos
maitres dans !'industrie
comme dans les arts. Ce
sont des Toscans qui ont
introduit en France la
culture du ver a soie, le
tissage de la laine, la céramique, le dessin, la musique, le chant, et a peu
pres tout ce qni constitue
cette civilisation dont
nous sommes si fiers. Aujourd'hui, !'industrie est
vivante chez nous et morte
chez eux. Mais elle pourra renaitre, si le gouvernement italien le veut
bien.
En revanche, les arts
sont assez florissants. Les
quartiers nouveaux sont
batís ¡avec gout, et plusieurs anciens édifices
ont été restaurés dans la
perfection, entre autres le
palais de la Seigneurie,
le palais du Podestat, ou
Bargello, le palais Guadagni, le palais Feroni, l'église de Sainte - Marie
Nouvelle.
Plusieurs sculpteurs
méritent une mention
particuliere. M. Pio Fedi
a renoué la tradition de
Phidias. La sculpture moderne n'a ríen produit
de plus nohle que son
groupe représentant Pyrrhus qui, apres avoir terrassé Polydore, le dernicr
fils d'Hécub~, arrache des
bras de cette mere infortunée Polyxette, sa der••
, niere filie, pour aller
l'immoler sur le tombeau
d'Acbille. Ce groupe a
été acheté par une souscription nationale. 11 sel'a

�378

L' ILLUSTRATION, J0URNAL ONIVERSEL.

L'!LLUSTRATION; J0URNAL UNIVERSEL.

on a cité a l'audir.nce quelques fragments de ces Animé par ce beau regard qui ne me quittait pas et Je ne sais, je crois que je re~us d'autres félicitations en_ Quoi ! nous avons fait partie du comité et noos ne
¡ ttres que i\t. Léon Lacordaire ne jugeait pas dignes que je sentais, pour ainsi dire, passer sur moi caressant core, mais j'ai honte d'avouer que je m'en apergu:i apeine.
sommes pas coupables, demandait spirituellement
G.1.ZBTTE DIJ P.1.L.'18.
Enfin, l'heure de ~e retirer était venue; je ne le fis
et cloux, désireux de plair_e, surtout a celle qui m'appa••
; sérieux et grand esprit de son frcre; cclui-ci, entre
M• Crémieux, daos une &lt;les plus éloquentes plailfoiriea
0
pas
saos avoir demandé la permission de venir remer-utres, d'une lettre adressée par le célebre dominicain raissait si belle dans cctte pose d'abandon et d'intimité,
Belles semaines pour l'éloquence et pour la liberté qu'il ait prononcées. Est-ce que par hasard vous nou.\
cier
la
comtesse du charmanl accueil qu'elle m'avait fait.
j'élevai
peu
a
pe11
la
voix
et
mis
prcsque
involonlaire: un religieux qui avait monté a cheval daos la foret de
auriez épargné parce que, daos votre pensée, nous a1J.
que ces deux rl.eruieres seroaines !
Tous
les sameclis soirs, et tous les jeunis, a partir
ment
dans
roa
diction
une
chaleur
plus
grande
que
je
eoropiegne :
Les Treize ont comparu devant la Cour; ce grand pro- rions agi sans discerneUient?
de
deux
heures,
je re~ois mes amis, mes vrais amis,
ne
me
scrais
cru
capable
de
le
faire;
a
bien
¡irendre,
•
Croyez-vous
que
Jésus-Christ
soit
bien
aise
de
vous
A cette question, quelque peu embarrassante, M. l'a.
ou était en"'a"é
suivant l'heureuse expression deM.
c"s
"
0 o ,
d . vocat général·ne répondit point; et vraixyent, pour mon
,oira cheval,lui qui est entré a Jérusalem sur unane? .. c'était pour elle que je parlais, et il me semblait ne ajouta-t-elle avec une douce inflexion de voix; je vous
Hébert un autre client plus intéressant encore, le ro1t
serai reconnaissante, monsieur, d'en vouloir bien augQuand M. de Rancé se convertit a Dieu, il vendit ses parler que pour elle.
électo:al a été plaidé une seconde fois, et, daos l'en- compte, je le regrette.
Mais
je
crois
le
moment
venu
de
dépeindre
au
lecteur
menter le nombre.
bevaux,
ses
voitures,
quilla
les
habils
magnifiques
qu'il
Quoi qu'il en soit, M• Crémieux, M' Senaru et ceux qui
ceinte d¡ la juridiction supérieurt, le débat, si éclatant
Je m'inclinai et nous sortimes; Emmanuel m'accomla
'
c
omtesse
Blanche,
telle
que
je
la
vis
daos
sa,
premiere
·
:,ait
coutume
de
porter,
et
il
enveloppa
de
deuil
un
déja devant les premien1 juges, 'l ºpris une importance et réclamaient avec eux, n'ont point oblenu la faveur mo,
corps qu'il avait longtemps consacré au péché. N'est-ce soirée, ou elle devait produire sur mon creur une im- pagnait.
deste qu'ils sollicitaient; la Cour a joint l'incident au
une "randeur nouvel\es.
- Eh bien! que dis-tu de roa pelite cousine? me dit-il,
pression
si
vive
et
presque
inefía~able;
c'est
aipsi
que
je
pas
la
le
mouvement
d'une
ame
reC11eillie
et
pénitente?
•
No~s avons assisté souvent a des proces politiques, fond.
fetes.
'
eroyez-vous qu'un jeune incréclule qui vous verrait a l'ai revue longtemps daos tous mes revcs, quand j'évo- une fois dehors.
En premi~re instance, i1 vous en souvient saos donte,
Pl usieurs artistes étrangers ont fait a Flo:~n~e 1eur re- souvent aussi nous avons vu s'asseoir sur les bancs de
- Je &lt;lis que tu es un Welche, lui répondis--je, en
rbeval ;;crait tenté, le soir, de se mcttre a genoux de- quais sa pensée, c'est aínsi que je la revois encore lors-·
Mº
Jules
Favre
avait
stnl
plaidé
:
il
avait
été
si
logique,
putation et leur fortune. Tels sont_ W'• Fehc1~ de Fau- la police correctionnelle des malheureux entrai~és, fasaffectant a des,ein la franchise pour dissimuler le trouque
parfois
je
me
laisse
entrainer
comme
aujourd'hui
vant
vou
•
et
de
vous
décou
vrir
les
mi
seres
de
son
creur?
si
éblouissant,
si
entrainant,
qu'aucun
de
ses
confrel't8
veau, la gracieuse sculptrice fran~a1se, et M. Hlram Po- cinés, dupés par des habites, prude_mment re.stes,_ daos
ble étrange qui me dominait encore; comment, tu m'as
~on, je ne le pense pas. Un homme a cheval est trop vers les choses passées.
n'avait voulu prendre la parole apres lui.
wer~, le sculpteur américain.
.
la coulisse : personne, avant Je J0ur de l aud1ence,
La
comtes~e
pouvait
avoir
vingt-ciuq
ans,
mais
en
paparlé pendant une heure de la comtesse, et tu ne m'as
baut pour qu'on se melle a genoux devant· lui. 11 (aut
Cette fois, tous ont plaidé, tous ont voulu affirmer
Les peintres distingués sont nombreux. Nous nomme- ne savait ces noms obscurs, et perrnnne ne s'en souvenait
pas
dit qu'elle était tout bonnement une des femmes
raissait
a
peine
vingt;
sa
tete
était
couronnée
d'une
de
s'abais~er pour pouvoir obtenir des abaissements. i&gt;
hautement leur conviction, et cette conviction intime et
rons M. Ussl., auteur de I'.Expulsion du. duc d' Athenes
.,, ..; le lendemain; quelques-uns posaient betement devant
les
plns charmantes, si ce n'est la plus charmante
ces
épaisses
chevelures
lilondes,
dont
le
ton
fin,
soyeux
Eh
bien
!
je
ne
trouve
pas
cette
lettre
si
indigne
de
M. Pollastrini, auteur de la Sortie de Sienne de~ re,ugi~s lajustice, d'autres, interdits et tremblants, avo~aienla':~c ri"oureuse a donné a leur parole une énergie, une
femme
de París!
et
doux,
parait
garder
le
refiet
des
pensées
ch
astes
et
celniqui
l'asignée,
n'en
déplaise
a
M.
Léon
Lacordaire.
f!orentins; M. Ciseri, ,qui t:aite _avec talent les suJets reh- humilité, rl'autres enfin se disputaient du m1eux qu 1ls ro:"ue une ampleur, une éléva.tion qui ont saos cesse
Peste,
ílt-il, et l'autre, qu'en dis-tu?
pures
qu'elles
abritent;
elle
laissait
généralement
re-A.
KArnPFEN.
ém~ e~ souvent enthousiasmé l'auditoire. M. Berryer,
gieux; MM. Gatli et :sanes1, pemtres de genre. .
pouvaient avec la prévention._
.
.
,
. 1,{. Hébert, M. Oufaure, n'ont jamais été plus ardents a
- Que! autre? dis-je saos comprendre?
tomber de cbaque colé de son front deux de ces longues
Le dialecte toscan est devenu la tangue offic1elle de
Rirn de pareil daos l'afía1re qm a pass1onne Par1s
- Le mari. Est-ce que tu as déja oublié qu'il y a un
bouclas qui ont l'air, achaque mouvement de la tete, de
l'Italie comme le dialecte d'oil est devenu la tangue of- pendant quinze jours et qui le ¡;assionnera longtemps la lutte, plus vaillauts, plus triomphants; en toucbant a
se tordre, de se rouler sur elles--memes et de vivre enfin mari? demanda-t-il d'un ton g6guenard.
ces
grandes
et
immortelles
vérités
qui
ont
enfanté
le
. 11e'de la France. Ces dialectes doivent leur
LES LILAS BL!NCS.
. dsucces,
, . encore : des accusés qui sont tous d'honnetes gens et du
fi c1e
Eu effet, je l'avais oublié; c'est absurde a dire, mais
d'une vie qui leur est propre et qui n'appartient qu'a
non pas a leur mérite intrinseque, mais a ce 1m . es ecri- meilleur monde,des hommes quiontdignement gouverné monde politique nouveau, qui \'animent et l'éclairent de
ce
ressouvenir me fit mal; aussi ne répondis-je pas et
elles;
je
ero
is
que
l'on
appelle
ces
houclcs
des
anglaises,
(SUITB).
. qm. s'en •ont
servís cians leurs ouvrages.
S1,Dante, Jeur pays daos les moroents diffü:iles, ~t sont nobleme~t leu~s chauds et purs rayons, ils se sont sentis jeunes
vams
,
.
nous
continuames a marcher en silence.
je
ne
sais
trop
pourquoi,
car
aucun
ornement
ne
.pouBoccace, Pétrarque, Machiavel, a~ heu d~. ~a1Lre e~ descendus du pouvoir; d'anciens reprcsentants, des de- comme autrefois, roais plus forts, car les années et les
Apres
cette
définhion
empruntée
au
whist,
sa
derNous
parvinmes bientot au logement d'Emmanuel,
vait
mieux
alter
a
la
figure
de
la
comtessr
Blanche,
événements avaientjustifié leur foi et le~r avaient prouvé
·
e e'tai·ent nés en Sicile, Je d1alecte
, . s1c1hen snra1t putés, des candidats aux dernieres élections, des avocats: que ce qu'ils croyaient était vraiment bon, juste et
Tosean ,
niere et désormais son unique passion, mais couser- figure éminemment fran~aise par la grace, !'esprit et la a égale distance a peu pres de la rue du Bac et de !'hoaujourd'hui la langue classique de ~ Itah?.
. tous avouant franchement et Eimplement leurs actes et
vanl comme uu reflet de souvenirs moins innocents, la vivacité. Elle avait adopté ce genre de coiffure,je pense, tel de la comtesse; Emmanuel me quitta, et j'en fus
Les lettres ont fleuri en Toscane Jusqu en i859. La li- en revendir¡uant hautement· la responsabilité, car ils vrai.
vieille dame se prépara apartir au milieu du sour,re gé- pour se vieillir un peu, car sa figure excessivement bien aise, car j'avais besoin d'elre seul.
La Cour a repoussé l'appelpar l'arret le plus convainco
berté de la presse les a tuées. La politique a absorbé croient n'avoir fait que ce qui était leur droit et leur deJ'arrivai rue du Bac daos cet état étrange, qui n'est ni
néral, avec J'airsatisfait cl'une vie11le femme aqui !'a.ge n'a jeune et presque enfantine, faisait ressortir encore
et le plus affirmatif qui se puisse voir.
to utes les intelligences et accaparé t~utes les plum es. Les voir et beaucoup le pensent avec eux.
le
calme ni l'agitation, ni la joie ni la tristesse, mais qui
pas
fail
perdre
la
vivacité
de
son
esprit,
et
q•Ii
o
'est
pas
d'une
maniere
plus
choquante
le
disparate
qui
existait
Belles semaines µour la liberté que ces dernieres sedeux. infatigables éditeurs Le Monmer et Bar~era _ont
Jl~ ont pour défenseurs ce qne le barreau fran~ais
est
fait de ce quelque chose de vague, précurseifr des
fachée
d'en
fournir
de
temps
en
temps
quelques
preuves.
entre
elle
et
le
comte.
Son
front,
d'une
blancheur
de
cessé Jeurs publicatlons. Tous le8 _iournau: hlté~a1res compte :le plus illustre, et la plupart des avocats ont, maines, ai-je dit, et, apres l'arret, je le dis encore.
troubles
du creur.
Les
deux
dames
sortirent;
les
mes,ieurs
q11'Emma
ncigc,
avait
cette
élévation
pleine
de
lumiere
ou
semble
Ces puissantes voix se ~ont tour a tour élev_~es, pour atdont Florence était inondée ont fa!l place a des JOUr- comme leurs clients, représentl\ ou gouverné la
Ala
bonne
mere m'avait attendu; ,-¡uand elle me vitennnel avait qualifils d'hommes graves s'étaientretirés un rayonner l'intelljgcnce; c'éta,t un front que la nat11re
naux exclusivement politiques. Les principaux sont: la France, ou la représentent encore : ce sont M" Marie ~t tester les príncipes chers a tout ce que ce siecle a vu de
trer,
elle
me
dit avec empressement :
a
un
et
nous
restames
seuls,
Emmanuel
et
moi,
avec
la
paraissait
avoir
formé
pour
qu'on
y
posat
une
couronne
Nazione, organe de M. Ricasoli; la Gazzetta del Popo_Io, M• Crémieux anciens membresdugouvernementprov1- grands esprits et de grandes Ames s'éprendre du progres
Eh
bien?
et
pour({u'on
y
déposat
un
baiser.
Ses
yeux,
d'un
bleu
comtesse et ses deux amies.
de la meme nuance; le Zenuro (le gingembre), fe,11lle soire· M• Se;ard, ancien ministre de la République, an- et Iutter po•Jr lui; ces males accents ont re mué les creurs,
- Ah! roa mere, elle est charmante ! m'écriai-je, ·
Une observation que je ne pus m'empccher de faire vague et indéterrniné, étaient cependant pleins de prol'écho
en
a
retenti
daos
toute
la
France,
et
celte
belle,
de \'extreme gauche; le Firenze et le Contemporaneo, cien ;résident de l'Assemblée Constituante; M• H_ébe~t,
8ans m'aperr,evoir que je répondai~ a ma pensée plus
fondeur
et
de
reverie,
et
je
ne
pus
m'empecher
de
trouel
que,
je
crois,
tout
le
monde
eut
faite
comme
moi,
pacifique et féconde émotion ne sera pas éphémere.
.
feuilles autrichiennes.
. , . . . ancien procureur général, ancien ministre de la Justice
c'était le changemcnt immédiat d'aspect s1&lt;1bi par le ver entierement fa•ix le portrait qu'Emmanuel m'avait qu'a sa quest1on.
L'arret n'est point encore irrevocable: ce que la Conr
Il y a deux ans, on a fonrlé une revue ht~era1_re mt1·- sous le regne du roi Louis-Philippe; Oidier, M• Gré~,
Elle
n'eut
pas
l'air
non
plus
de l'avoir remarqué, et
tracé
de
sa
cousine.
Certes,
quoi
qu'il
en
eut
dit,
il
y
salon
depuis
la
retraite
d11
vieux
comte.
A
notre
arrivée,
impériale a lié, la Cour de cassation peut le délier, et si
tulée: le Borghini, du nom d'un cél~~re ant1qua1re. ~lle anciens représentants du peuple, M• Jules Favre et M• P1me dit:
avait
daos
ces
yeux
!'indice
certain
de
la
passion,
lachacun
causait
a
voix
basse;
on
s'observait,
pour
ainsi
publie aurtout des articles de cnt1que et de philo- card, députés au corps législatif; M• Arago, ancien secré- cette supreme juridiction proclamait que l'arret a exaclc- Allon~, tant mieux! car j'ótais plus inquiete que je
dire, et on sentait régner daos le ton général des con- tente et contenue, sans doute, mais réelle et sérieuse.
ment interprété la loi, eh I bien, nous avons un gouvernetaire
général
du
minist/\re
de
la
justice.
Seul
de
tous
les
u'osais
l'avouer; mais puisque tout s'est bien passé, je
Son
nez,
finement
modelé,
s.
u
rrnontait
une
bouche
un
msations
cette
apparence
de
contrainte
ou
se
trahit
la
logie.
.
·
t ·
ment pour proposer des lois nouvelles, et des législate'on
L'immense majorité de la populat10n florentme es s1~- défenseurs )1e Desmarest, un des avocats qui est comme
presence d'uue personne en désaccord de pensées et peu mélancolique, mais pres.que toujours entr'ouverte crois queje puis dormir tranquille.
.
.
cerement ralliée au nouvel ordre de choses. Les p~tri- l'atticisme, la grace et l'urbanité de la _democrat1e, n a pour les voter.
Et elle me souhaita le lionsoir sans m'inte:-roger dad'esprit avec ceux qui l'entourent; mais, en se retirant, par un sourire doux et tendre, qui creusait deux imperTandis
que
se
plaidait
ce
grand
proces,
le
Tnbunalétail
.
-merñes
sauf
un
tres-petit
nombre,
sont
Itahens
vantage.
ceptibles
et
mignonnes
fossettes
dans
des
joues
légerepas
rempli
de
fonctions
politiques,
ma1s
M"
Desmarest
le vieillard avait enlevé avec lui le froid manteau de
c,ens eux
,
d' . .
.
appelé a se prononcer sur les dernieres volontés d'DD
de creur, quoiqu'ils soient pour la plupart origme ger- est le batonnier de l'ordre des avocats.
Un des effe1s les plus étranges des émotions vives et
~ace qui paralysait chacun, et peu it peu, comme les ment renflées, comme celles de toutes les jeunes filies.
homme dont l'ame fut une de celles qui vibrerentle plus
anique · car les nobles toscans descendent des Longo.
Vous le voyez, c'était, passez-moi la familia~ité de l'e~- éloquemment aux souffles qui ont agité et pénétré laderfteurs qui se montrent une a une q11and la neige lond, C'était la, je l'ai dit, le caractcre distiuctif du visage de profondes, est une espece d'obscurcissement de la pensée
:ards, c~mme les nobles anglais desce~dent des_ Nor- pression, un proces assez bien composé; et J~ ne cr~is
les rronts s'étaient relevés, les sourires avaient reparu, la comtesse; cette figure composait ainsi un mélangc qui ne vous permet pas de voir bien clair daos votre
génération.
_
mands. 11 suffit de lire leurs noms pour sen colnd:ªh'~cr~)· pas qu'il y aiteu, pendant huitjours un endro1t a Par1s, niere
el
bieotot, les paroles aidant, une gaieté douce et com- enchanteur de l'enfant qui se souvient et de la jeune propre creur, avant que l'impre:ision ressentie n'v ait
Le R. P. Lacordaire a écrit un codicile par lequel il
.,
·c1· quetnues-uns: Alighieri (proprement A ig ,eri ' ou se soit trouvée réunie compagnie plus honnete, plus
été, pour ainsi dire, gravée plus profondément p~r un
mnnicative
avait remplacé la sombre réserve des pre- fille qui espere.
"'º VOi. h"eri· •¡ Berti Uberti Albert1,• Robert1.. Ghºb
.
d,spose au profit de M. l'abbé Perreyve &lt;( des papiers per1
ert1,
Son
cou,
un
peu
long,
mais
blanc,
rond
et
flexible,
eminstant de calme et presquc d'oubli: de meme quP. daos
brillante,
plus
illustre,
que
celle
dont
ces
mémorables.
miers
instauts.
,
• , . •
•
· •
•
Ben lmg 1 ,
sonnels que l'usage des ordres relig_ieux permet ?.et~
Baldi' Ubaldi' Garibald1' Sm1bald1' Schalch1' ~am- débats remplirent la salle d'audience des appels de poDe cette gaieté, la comtesse était évidemment le foyer, pruntait acette longueur meme une grace encbanteresse; les chocs physiques, l'engourdissement du coup empeche
mettre par voie de legs ou de donallon, parcde,qu 1ls nonl
. s·,m,·calchi
Udolfi' Pandolfi,
Ganclolfi,
Ridolfi, lice correclionnelle.
le centre et le rayonnement, et le bonheur émanait il semhlait fait expres pour se replier avec les douces de sentir immédiatement la blessure, daos ces grands
sehaIch1,
·
,
.
.
.
d'autre valeur appréciable que celle accor ee aux son•
Le général Salomon, qui serv1t autrefois l'empereur
Fridolfi (Ricasoli), Sismo~di, G~1sm?nd1_, L~nd1,. G~a4'elle
comme le cbagrin émanait de son vieil époux. C'é- ondulations des cygnes, et pour se relever a•1 hesoin chocs moraux qui bouleversent et renouvellent une ame,
venirs par une amitié fidele. il Quelques jours a~an~ de
landi, Bardi, Algardi, Riccard1, B1anc1ard1, Gmcc1ar- Soulouque, a suivi assidument l'a!fai_re : je n'ai jamais
tait
elle
que chacun consultait du regard apres avoir avec la majeslé des reines. Dans la molle et nonchalante il y a presque toujours un intervalle entre le moment oú
mourir il remettait entre les mains de cet ecclés1astiqoe
vu visa"e
d'ébene plus intelligent, plus énergique et. plus
parlé, c'était sur son visage qu'on cherchait cette muelle attitude que j'ai décrite, il se courbait un. peu, et cette vous avez été frappé et celui ou vous vous sentez dominé.
0
dini, etc.
.
.
d
l'é"l" d
les pa~ers inniqués daos le codicile.
11 y a quelques jours, Je su1s entré ans e ,se e noble : les plus beaux discours du monde, prononces en
approbation, si flatteu,e quand elle vient d'une pcrsonne courbure servait encore a faire roieux remarquer lt, O'abord il nait en vous une espece d'émoi, d"une nature
Un des freres de J'illustre préd1cateur conteste Al_'abW
Sainte-Croix, et je me suis arreté devant le tombeau du faveur de l'émancipation de la race noire, ne vaudraient
~nnue pour un sur arbitre d'esprit et de bon gout. finesse d'attache qui le liait a des épaules et a une poi- si confuse que vous ne savez quel nom lui donner: bonPerreyve le droit de publier aucnn des man~!iCrttsda
heur ou tristesse; puis un tra vail caché s'opere, et Je
poete Filicaia. Ce poete est l'auteur du fameux sonnet pas un regard jeté sur cette belle tete.
- Voyons, monsieur, dit-elle en se tournant vers trine sculpturalement modelées.
R. P. Lacordaire, et sollicite du Tribunal un J,ugemeal
Qu'on
se
la
représente
tell
e
que
je
l'ai
dépeiotc,
attenmoment
arrive ou vous vous trouvez face a face avec le
Devant
la
cour,
le
proces
des
Treizt
a
eu
un
prologue
aoi
avec
un
doux
~ourirc,
maintenant
que
nous
sommes
qui a lté considéré pendant longtemp~ comm,_e l~ ªs
qui interdise a!'avenir la vente d'un livre intitule:,~
fnnebre de l'Italie, et que les étrangers a1ment " rep ter assez piquant. Onze personnes, parmi lesquelles MM. Se- du R. P. Lacordaire a desjeunes gens, dont quatre editiOIII
en petit comité, ne consentirez-vous pas a payer votre tive et souriante, son menton doucement posé sur une fait accompli et avec l'irrésistible réalité.
main fine et blanc!-le, qui semhlait le scul appui digne
Ce ful la ce qui se passa précisément daos mon ame.
dans. .leur esclavage, nard et Crémieux dont le jugement avait inscrit le nom
•envenue cbez moi?
aux Italiens, soit pour les confirmer
.
déja épuisées.
.
, lé.
de cette tete charmante; qu'on se la figure, les yeux une fois rentré ch,ez moi, je voulus repasser une a une'
Comment
te
pourrais-je,
madame?
demandai-je
soit po•1r les stimuler a en so:t,r. Le vo1c1:
. dans ses considé:ants, sont venus réclamer le droit de sont
Un des arguments de M. Léon_Lacordaire est qu eD
a,ec un regard ou elle dut tire que j'étais pret a tout fixés sur moi avec un air de bienveillance et de bonté les émotions éprouvées par roon creur et les observa(( Italie I Halie ! 0 toi a qui le sort acco~fª un ~lagn 1- s'asseoir a coté des prévenus.
guant
des manuscrits n;ayant d'autre ~aleur _q~e ~
et ne cherchant pasa cacher une émotion trabie a peine' tions faites par mon esprit, mais ce travail d'analyse me
fique douaire de beauté, qui n'a servi qu" acero, re 1es
&lt;( Le Tribunal a déclaré que nous avions fait partie du
,oor
lui complaire.
qu'y peut attacher l'amitié, le défunt a mterd1t impliácomité, disait M. Senar&lt;l, parlant pour lui-meme et les
- Emmanuel a commis l'indiscrétion de nous dire par les faiblesondulationsde son corsage, et l'on m'excnse- fut impossible; quelque chose de vague flottait devant
malheurs inílnis que ro portes écrits sur ton front;
tement
au
Jégataire
d'en
tirer
profit.
.
!
, que n'es-tM moiQ.s belle ou plus forte, afio dque. dix autres mécontents, il \'a déclaré saos que nous ayo~s
qae ,ous étiez poete; et quoique vous prétendiez ne pas ra si j'avoue que, des ce premier moment, je sentis qu'on mes yeux, irritait roa pensée saos parvenir a la fixer, et
« Oh .
Mais quel est, dira-t-on, l'intéret de M. Léon Laco~811t
-aitre l'amour, ajouta-t-elle avec une fine intention ne pouvait voir cette femme et res ter indifférent pour elle. finit par m'engourdir comme ce roulis des vaisseaux
celui qui t'admire tr. craignit davantage et ne te con m- été cités devant lui sans que nous ayons pu nous deLe soin d'une cbere roémoire, que des reuvr~s_1mpa,
O jeunesse du creur, que ta puissance est magique, qu'on sent n'etre jamais en place, saos pouvoir jamais
fendre • nous avons'le droit d'interjeter appel d'une déde raillerie, il n'est pas possible que vous ne l'ayez pas
slt pas a la mort tout en t'adorant !
faites diminueraient daos le respect de la pos_terité. ill
'
.
.
puisqu'aujourd'hui
meme, en retra~ant ces lignes, je me dire exactement ou ils sont. Aussi bientot mes yeux se
,elqoeíois un peu revé; faites-nous partd'un de vosreves.
lors J. e ne verrais pas s'élancer du baut des Alpes cision par laquelle nous sommes attemts et convamcus
_ Eh quoi '. les manuscrits du Pere Lacorda1re sont(( A
'
.
sens
troublé
par
une
émotion, écbo des émotions de- fermerent-ils et je tombai dans un de ces sommeils aniJe
m'inclinai
en
signe
d'obéissance
et
apres
avoir
un
des torrents d'étrangers armés pour ta perte, Je º? ver- d'avoir violé une Joi. Nous pensons, nous, n'avoir usé
indi"nes
de
voir
le
jour?
.
.
puis
si
longtemps
passées
!
més ou l'on vit d'une vie iudécise, mais plus séduisante
1
IIOment
reflúchi,
je
récitai
a
demi-voix
et
avec
un
léger
rais pas le~ coursiers gaulois boire les ond~s du Po. , , que de notre droit, et nous entendons le pro~ver aujour~Non, pas tous peut--etre; mais c' est a r~éntier qu
Tout
en
parlant,
tout
en
tenant
mes
yeux
fixés
dans
l'esque l'autre. Toute la nuit je vis une forme divine, mais
hattement
de
creur,
une
de
ces
folles
improvisation~
de
d'hui.
C'est
d'un
acle
politique
qu'il
s'agit,
d'un
acie
« Et je ne te verrais pas toi-meme mamant ºº.~ epee
appartient de décider ce point, car il conlmue la '-1'
pace,
je
ne
l'avais
pas
un
instant
perrlue
de
vue,
et
cefugitive, deux grands yeux profonds et reveurs, un soultjennesse
ou
le
talent
manque
peut-etre,
mais
ou
l'on
dont
nous
nous
honorons;
mais
les
príncipes
sont
abqui ne t'appartient pas, combattre a~ec 1~ bras de I etr~ndu défunt.
. 1t
~ du moins pal pi ter la chaleur et la foi, et qui, a ce pendant je ne l'avais pas une fois regardée; mais quand rire doux et presquc tendre, et deux boucles de cheveux
ger pour etre toujours esclave, v1ctor1euse ou vam- solus, et si desjuge3 ont pu dire qu'un homme était cou- sonne
_ Mais les bénéficeo de la publication , qui les
les derniers mots eurent expiré sur mes levres, je ne pus qui me faisaient l'effet de s'enrouler autour de mon cou
ijt,e, trouvent grace aux yeux des femmes.
pable d'un délit politique saos l'avoir i_nterrogé, sa~s
cue. &gt;)
cueillera?
ré
n4lf
Des que j' eus commencé, la comtesse, pour mieux m'empecher de la regarder enfin, pour lui faire com- et de l'enlacer daos leurs anneaux soyeux avec la grace
Que doit dire le poete patrio!e,_ s!, du roya~me des l'avoir entendu, d'a11tresjuges pourront d1re, sans I avo1r
__ L'héritier, tout naturellement, vous Po
l'écouter saos doute, attira vers elle la chaise que j'a- prendre que ¡e n'étais ambitieux que de son sufirage; et le despotisme d'une caresse aimée.
ombres, ¡¡ voit son noble vreu reahse et _son amere ~:o- interrogé, saos l'avoir entendu, qu'il est coupable de
M. Léon Lacordaire: la loi_le _com~ande. ,.
1W •ais quittée, la don na pour point d'appui a son pied elle le compril saos doute, car elle me dit:
JUI.ES DE W AILLY FILS.
phétie démentie ! Que ne pe~t-11 re~emr a la lum1ere 'luelque délit honteux, de quelque crim~ iní~me. »_
Heureuse loi ! qui met s1 bien d accord I mtéré\
(La $1,ite prochainement.)
- Vous eles un vrai poete, monsieur, merci.
dtoi~ placa son coude sur son genou, son menton fin et
- Le jugement a déclaré que vous av1ez fa1t part1e du
pour cbanter l'hymne de la resurrecllon?
,.
Et elle me tendit sa blanche main, sur laquelle je
~e daos la paume de sa main, et parut s'absorber
comité électora.l poursuivi; soit, mais vous n'avez p_as morts et celni des vivants.
Reproductiou iulerdile au jou!'lllu1 qui u'Ollt JNII traite • - la Soei6té
Lou1s DELATRE.
11 est facbeux pour M. Lacordaire que les juges 11
m'inclinai
avec une émotion profonde.
dea geu• de lettres.
daos une entiere et sym~athique attention.
été déclarés coupables, a répondu le ministere pubhc,
pas pensé qu'elle put étre appli~uée dans la cause,
vous n'avez pas le droit d'etre jugés.

placé, dit-on, ~ous la Loggia d'Orcagna, pres du Palais
de la Seigneurie.
.
M. Jean Dupré, dont le grand-pere, ~tait Fran~a1s,
excelle daos les sujets bibliques et chretiens. Son ~-bel
l11i a valu une médaille de premiere classe a l'expos1t1on
universelle de i855.
11 faut citer encore M. Pazzi, auteur de l~ statue ~e
Dante qui sera dressée sur ~a pla~e de Sa_1nte-C~~1x,
au mois de mai prochain, a I occas1on du ~~x-ce~lle~,e
.
·re de la naissance du grand poete g1behn.
anmversa1
Nous reoroduirous eette statue en rendant compte des

'

•

•

1

f

1

�380

_______.:._::_=-=-:::-=-=~~-:.________________________v~=an-~O:sta:d:;:e:--,-:s:es~s;-_:-s;;ses Terburg, ses Gérard
Dow, ses Metzu et ses
Miéris surtout, ses trois
Berghem, ses Wouver.
mans, Cuyp, Karel-Dujar.
din, Paul Potter et 11.uysdael émerveillent encore
le visiteur le plus passion
né des galeries de La •
Haye, de Rotterdam et
d' Amsterdam. Comme valeur pécuniaire, on peut
se demander, aujourd'bui
qu'un Murillo se vend
600,000 francs, si la
charge d'un agent d~
change pourrait se troquer contre les richesi,es
du petit , salon carré,
transforme par Valedeau
en véritable tribune de
l'art du Brabant et de la
Hollande.
Depuis le~ gotbiques de
l'italie et -des Flaodres,
Giotto et Memling, conti..
nués par Raphael, Jules
Romain, Caravage, le
Josepin, Ribera, le Par.
mesan, Audré del Sarto,
etc., etc., jusqu'aux peintres de geure et aux paysagistes fantaisistes etréalistes de nos jours, Knaus,
Loubon, Lambinet, Bodmer, i. Héreau , de
Tournemine, on trouve
daos ce salon une collection complete des divers
types de la peinture, et la
pluparl d'un choixparfait.
Un contraste heureux y
réunit S. Bourdon, qu'on
rencontre ici d~ssinaie11r
,· sincere et fin, de meme

LK lUSll DK 11.0NTPKLLIKR.
Le musée de Montpellier est un des plus importants de la province.
Vers les dernieres années de la Restauration,
la ville de Montpellier ne
possédait, en fail de mu~
sée, qu'une collection de
dessins et quelques portraits qu'un certain
M. Xavier Atger, amateur
émérite et écrivain philosophiste (sic), avait léaués a l'École de Médeºcine de son pays natal.
. Un des premiers éleves de !David, le baron
!•'abre, natit aussi de Montpellier, est le fondateur
du musée actuel. 11 rapporta d'un long séjour a
Florence, au milieu des
circonstances les plus favorables, un premier
groupe de tableaux et de
dessins appartenant en
grande partie aux écoles
italiennes, etqui fut estimé des lors a la somme
d'environ 400,000 francs.
Vinrept s'y adjoindre, en
i 837, les donations en
nature de M. Valedeau,
agent de change, et de
M. Collot, ancien directeur de la Monnaie de
París. Celle de M. Valedeau, plus particuliererement composée de tableaux de l'école hollandaise, était estimée apres
de 600,000 francs. Ses
douze Téniers, ses deux

MUS~E DE MONTPELLIER: RBPAS DANS UN APPARTEMf;NT, par Jean Steen.

qu'on y trouve Girodet ver,eox et coloriste! 11 ya des
oavid pleins d'effet et un
~,ascassat humide de fraicbeur. (En passant, signalons a M. Courbet un torse
de Christ mort, par Louis
earrache, l'idéal du réalislDe.) 1l y a des paysages de
Moucberon et de Boguet, et
onJeune Samuel del'Anglais
Reynolds; on parle aussi
d'une galerie déja célebre
depeinture contemporaine,
formée par un hardi amateur dé la ville , comme
pounnt venir, d'un jnur a
l'autre, enrichir encore le
masée Fabre. Au musée de
iontpellier figurent aussi
qoelques échantillons de sculpture
plus ou moins ancienne, et des
marbres modernes, dus aCanova, a
rradier et a Gumery. Oeux salles
cootiennent des dessins, des sépias
el aquarelles (genres trop absents
do musée du Luxcmbourg), signés
Boissieu, Prudhon, Géricault, Bonoiogtou, Devéria, Gudin, Cbarlet,
Eog. lsabey, etc., etc. Un superbe
croquis a la plnme, de Raphael,
avec buit vers autographes de la
méme main se trouve la aussi.
Nous ne saurions donner ici le
catalogue complet de ce musée;
meotionnons au moins le Po1'tmit
d'a jeune homme, d'abord altribué
a Raphael, ensuite au Francia; la
nm de sainte Cécile, inscrite au
limt sous le nom de Nicolas Poussin, et, sous celui de Chardin~ un
F'ortrait de Jllm• Geoffrin. Ces trois
cheís-d'reuvre sont d'une valeur et
d'un intéret hors ligne.
L'original du Repas dans un
,ippartement, par Jean Steen, est
une toile dite de chevalet, mais
que recommandent, daos une scene
de genre plus que familiere, les
plus sérieuses et les plus belles qualités. C'est, comme gout et meme
amme style, par la science de l'arraagement, la sévérité et le soin
il dessin et la solidité simple du
-1é, fort au-dessus du caractere
~ l de l'art hollanfíia. La principale figure,
loe maitresse femme qui
&amp;e renverse, le verre en
lllin, dans un éclat de
rire, est admirable. On
lronve rarement réunies
llllant d'ampleur et de
Mhriété, autant de verve
etde convenance. A coté
se voit un autre tableau
petit, du meme

VIJK GENERA.LE DE KAZA.N.

Mtellerie; tout aulre chose que le précé~t. C'est d'une vérité
etoordissante d'exécution,
lliis dépourvu de caraetere et d'espritpittores-

KAZAN.

EGLISB SA.IN'f-PIKRl\11. E I' SAINT-PA.UL.

,f1111e

,e.

LE Pl!TIT PA.llESSl!UX, par- Greuze.

L'auteur du Petitpares• , Greuze, le peintre
llélodr:Mnatiquc· si próué
Pat Didcrot, a, au musée
Fabre, une douzaine de
toiles, compositions et
llorceaux d'étude. Daos
~ dernieres, l'artiste se
"'éle a ,ec des fi ncsses
des transpareuces de ton'
et avec un brio de touche'

tout a fait exceptionnels.
La peinture du Pctit paresseux brille par un carac••
tere d'heureuse improvisation en pleine pate. On la
prend sur le fait, comme
le peintre a pris lui-meme
son sujet. Lejeune Samuel,
par sir Joshua Reynolds,
est 'un des rares échantillons, en France, de l'ceuvre du maitre anglais, dont
il n'y a ríen au Louvre.
Daos ce tablean, a l'attitude na1ve, se joignent,
dans un contraste non
moins naturel, une émotion profonde et une expression inspirée. La verve
aristocratique de la brosse,
la vigueur du clair-obscur, le caractere portrait de la tete, peuvent
parailre se rattacher a la maniere
de Van Dyck, dont l'influence a été
si grande sur l'école anglaise, notamment, apres Reynolds chez ses
plus brillants représentants, Gainsborough et Lawrence. Cette simple
figure, touchante par le sujet et d'un
effet pittoresque tres-saisissant, a
été souvent et toujours mal gravée, alors qu'il faudrait au moins,
dan~ ce cas, le crayon prestigieux
d'un Mouilleron pour l'interpréter
dignement.
JuLES LAURENS.

Steen : Scene a la porte

LE JEUNE SA.MU&amp;L, par S. Jo&amp;bua Reynold&amp;,

381

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L' lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

"

PALALS SERGREFFIU.

Le voyageur qui vient du sud, et
qui arrive au confluent du Volga et
de la Kama, voit se déployer devant luí les i¡nmenses plaines du
gouvernement de Kazan. Quelques
collines au borrl du Jleuve, et les
dernieres ramifications de la chaine
de l'Oural du coté de l'Orient, sont
les seuls accidents de terrain que
luí présente ce pays ondulé, coupé
en tous seos par des rivieres et des
lacs, qui se couvrent de glaces de
. novembre en mai. La clurée, plutót
que l'exces du froid, le retour fréquent des gelées matinales, la fraicbeur des printemps a11noncent le climat de la
Russie septentrionale. La
végétation a changé d'aspect : les píos, les bouleaux ont succédé aux
chaines des forets situées
au sud et a l'ouest du
Volga; le lin croit avec
peine, les vergers ne rapportentque despommes et
des cerises communes.
Pourtant cette contrée,
si pe u favorisée de la natu re, en apparence, est
!'une des provinces les
plus riches et les mieux
cultivées de la Russie
asiatique. Ces plainessont
fertiles en seigle, en orge,
en blé, en sarrasin, en
millet et en chanvre. Les
paturages nourrissent de
nombreux bestiaux ; les
!aes et les ri vieres abondent en poisson; les forets
offrent de beaux bois de
construction, et le sol
recele des mines de fer
et de cui vre et des carrieres d'albatrc. Au milieu

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

VI LLUSTRATION, .JOURNAL UN !VE RSEL.
les éleves. Il est accordé a cbaque enfant un espa;¡
de ces solitudes s'él~ve !'importante ville de Ka- ¡ vie, 66 fabriques de potasse,\i 8 savonneries et 39 tan ne
deux pas de long, ou il place son maletas, ses etlets ~
zan, séjour animé et brillant pendant l'hiver, et dont les ríe . La fabrication des cuirs de Russie, des peaux de
meme ses ustensiles de cuisine, qu'il doit porter a,
habitants rivalisent avec ceux de Moscou pour le luxe bouc maroquinées et des savons, a beaucoup perdu de
luí. Les jeunes Tatars sonl envoyés a l'école des l'Age;
de leur table et l'eclat de lcurs fetes.
son importance. Cependant les c,innaisseurs tirent en·
sept ans, el y restent cinq années. Ceux qui se destinen~
Kazan, c'est-a-dire le chaudron en langue tartare, se core dircclement de Kazan son fameux sav(ln d'reufs. Ce
a l'état ecclésiastique proloogeot leurs eludes au del'
présente en amphithéalre sur les bords de la Kazanka, produit, composé dejauncs d'ooufs frais, de beurre égalede cet intervalle. L'enseignement comprend les dogme~
qui, a une lieue et demie plus bas, se jette dans le Volga. ment frais et de drogues plus ou moins préc.ieuses, se
de la religion mahométane, la lecture et l'écriture
Elle est située par 55° 47' 51' de latitude nord, et par vend dans des boites en laque, ornées de peinture: il
a.rabes, et souvent le boukh:i.ro-persan et le russe, Les
47° O' 45' de longitude est, a t,519 verstes (275 licues) ,aut de 5 a 2:i rouhles la livre, tandis que le ~avon de
Tatars parlenl tres-puremeotle turc, leur laogue natal,
est-sud-est de Saint-Pélersbourg, et a 82i verstes (165 suif ne coute que 8 roubles le pain. Le1- Boukhares, les
quoiqu'ils ne la fassent point étudier a l'école, (( alteado'
lieues) est de Moscou. Ancienoe capitale d'un royaume Persans et autres Orientaux, en emportent annuellediscnt •ils, qu'il est superflu de paycr une instructio~
tatar, Kaz:m doit a plusieurs incendies considér:ibles meut une grande quantite. Ajoulons que le marché de
qu'on peut recevoir chez ses parents. » Le maitre n'est
d'etre aujourd'hui régulierement lialie et de posséder KazaH fournit aux ¡.,euplades qui l'entourent des poteJJOinl rétribué en argent~ mais en vetements et en denun grand nombre de beaux édifices publics. Son Krem- ríes, des toiles, des char1ots, des traineaux, etjusqu'a
rées que lui apportent les éleves sous forme de e&amp;·
!in, seul débris de son anti que splendeur, aux murs de des maisons en bois, que l'on peul monter et démooter
deaux.
briques üanqués de Cortes tours, semhle &lt;lomiuer encore a volonté.
Les négociants russes et tatars ont pour émules les
la ville moderne. 11 renferme les palais du goU\·erneur
La population qu'alimente ce grand mouvemeot
Boukhares, qui luttent avec eux de finesse el d'astuce.
et de l'archeveque, la cathédrale batie par Jvan IV et commercial el industrie! se compose d'éléments tres-diLa Chine, l'Jnde, la Perse et la Russie sont le terme des
surmontée d'une belle coupole dorée, la chancellerie, vers. En i827, le gou,ernement de Kazan comptait
voyages de ces marchands noma.des, dontles caravanes
les casernes, et de jolies maisons nouvellement cons- i ,028,150 babitanls, répandus sur une superficie de
de trois a quatre cenls chameaux, traversent pre!qoe'
truites. La partie de la ville qui s'élendsur la penle des i,123 m1lles carrés géograpbiques. Trois races compotoule I'Asie. lis apportent aKazan de la poudre d'or, d~
collioes est tout en pierres et en briques, et forme des sent cel ensemble : les Russes, les Tatars ou Turcs, et
monnaies d'or de Perse, du lapis-lazuli rarerueot por,
rues bien alignées. Les quartiers situés dans la plaine divers peuples 'finnois, tels que les Tchérémisses, les
des bérils, des rubis-balais, des turquoises et autre,
offrent des maisons de bois, des rues pavées en bois et Thouvaches, les Mordouins et autres. Les Russes s'y dipierreries de l'indc, du coton écru en fil ou travaillé, de
tous les défauts ordinaires des villes russes. Les üots dé- ,•isent, comme daos tout l'empire, en nobles, en bourmauvaises étoffes de soie, des peaux de brebis et d'abordés du Volga couvrent, a.u printemps, les prairies qui geois et en paysans ou artisans. Les Tchérémisses, que
gneaux a laine frisée, des peaux de tigre et de cbatbordent la ville et semblent l'entourer d'une mer. La nous prendroos comme type de la race finnoise, ont 3Utigre. Obligés de passer sur le territoite des Kirgbiz-e«r
circonfért:nce de Kazan est de trois licues. Cette vaste trefois invité les Russes a la conquete de Kazan. lis sonl
saques, ils payent a ceux-ci un tribut de deux ducals
euceinte renferme, d'apres les rapports olficiels, une cependant demeures fideles, pour la plupart, au culte
par cbameau, pour prix d'une escorie qui ne les protégt
population de 50,244 indh·idus, dont i5,000 n¡usulmaus mahométan, et exercent toujours leur p1 ivilége d'époupas toujours contre le pillag..:. Leur commerce est, d'ailbabitant les faubourgs. On ll.dmire daos les enviroos de ser qualre femmes a la fois. Quelques cércmonies pa'ienleurs moins actif a Kazan qu'/J. Orcmbourg, centre comla ville le joli palais de Sacqufka.
aes devant le féticbe de famille orécedent encore lemamun des caravanes russes qui se rendcnt en Boukharie,
Kazan possede, depuis i81\3, utte université qui, en riage, méme chez les Tchérémisses cbrétiens. Ceux qui
et des caravanes boukhares qui apportent en Russic :es
i 83!f, comptait 34 professeurs et 252 étudiants. A la sont restes ou,ertemeot paiens ont des pretres ou magimarchantlises d~ l'Orient.
H. CAm.LllA."i~.
meme époque, le gouvernement, dont cette ville est le ciens appelés moukehan. Le11rs temples sont des aires
chef-lieu, reofcrmait f98 écoleá, daos lesquelles 414 de terre ncttoyée, quelqueíois battue, au sein des foréts,
mai:res instruisaient 8,459 éleves. Destinée surtout a surtout au milieu des ¡.,ins hlancs. lis immolent un cherattacher a la ¡.,opuiation russe les tribus asiatiques qui val atezan a la (ele du primemps, et adorent la divinilé
LE TOUR DE MARNE
l'environnent, l'Université consacre des soins particuliers finooise Jouma et son epouse Ioumonava, auxquels ils
UN BE.A.U V0LU.IIE
a l'enseigoement des tangues arabe, persane, turque et offrent des pales frites dans la poele. lis ont pour toute
Par MM. Ero. de Labédolliere et lldefonse RousseL
mongole. L'académicien Schmidt a composé pour ce écriture quelgues entaillcs faites sur des batons, etpourdernier idiome la grammaire et le lexique qui lui man- tant ils asrnrent avoir possédé des livres écrits, (( que
Qu'est-ce c'est que le Tour de Marne? Est-ce seulequaient. Divers voyages scientifiques, entrepris daos personne ne comprenait, et qui ont été devorés par la
menl la descriptioo écrite et illustrée des rives de la
l'intérieur de la Russie, t~moignent d l l'excellent es- grande vacbe. » Resscrrés par les colons l'1Jsses daos des
Marne? Est-ce, en un mot, une succession de desaipprit de l'Uoiversité, qui dispose d'une biblotheque conle- limites plus étroites, les Tchérémisses, aulrefo1s chas- tions et de points de vue admirablement reproduits par
nant t,600 volumes el 3,000 manuscrits turcs et mon- seurs et pasteurs nomades, sont devenus d'eiellents l'appareil photograpbique1 C'est cela, el e L~l autrt
gols, d'un observatoire, d'un laboratoire de chimie, &lt;le agriculleurs. Les hommes se rasent la tele, tout en cho,e. Le Tour de Marne, grace a l'esprit d1,; :.;.E.~.
collect1ons d'instruments de pbysique, de méda1lles t:t de adoptant ¡.,our le reste le co,tume des paysans ru~cs. Lahédolliere, sera. tout ce que l'on voudra: uue his:u.rt,
mineralogie. Kazan est, en oulre, le siégc de l'unti des Les femmes tiennenl encore a leur enorme bonnet cylin- une rcverie, une symphonie, un aimable traité pbilOIUquatre académies ecclésiastiques de l'empire : cclle driquc, surchargé de pirres de moonaie, de Ycrrolcries
phique. Pourriez-vous me dire au juste ce qu'eft k
académie, fondée en t803, ~e compose de i6 profcsi:eurs. · et de frange~. !::lle, po1te11t, en eté, un ca.le~on el une l'oyage autour de ma chambre? 11 est des reuvres qo'aa
Dans le couvent de Silandovo, un séminaire forme des chcmise tres-rourtc, 01 ni'·e de lireloques qui annoncent
ne peut définir d'une fa~on absolue, et le Tour de Jlll'II
missionnaires parmi les enfants tatars, tchérérm~ses, de lum leur appri1che.
est une de ces reuvrei,.la.
rr,ordouins et aulres. On trouve aussi daos cette ville
Les mreurs des Tatars, vu, puur parler pl113 exacteMais ce qui est certain, ce qn'il est impossible de«un gymnase académique ou l'on enseigne toutes les ment, les Turcs de Kazao, se rapprochent iofioiment
tesler quand on a tu le Tour úe Marne, c'est la gr6ce •
tangues.de l'Europe, et qui a une bihliotheque de 5,000 plus de !a tivilisation européenne. Industrieux, riche,
récit, la belle humeur du conteur, le charme de cetes· volumes, 4 écoles normales, une école de clinique, un sobre et plein de vertus domestic:ues, ce peuple vaincu prit improvisateur qui voit les choses sous l'asped le
jardín botanique, une école militaire pour 350 fils de semble presque supc1 ieur aux Russes, ses vamqueurs.
plus favorable, et qui, - quelque atrabilaire que puilll
soldats, et une école navale. L'arsenalde la marine, l'un Malgré lcur taille, généralement peu élevee, u1.e phyetre le lecteur, - finit toujours par le dcrider, l'intedes principaux de la Rus~ie, contienl des maga~ios con- sionomie noble et intelligente, des yeux noirs et ¡.,erresser et lui prouver que le Tour de Marne est tout IIÍlsidérables el des chantiers pour la construction des ~nls et une longue barlie leur donnenl un air impoplerrent un livre ple in de délicatesse, de finesse et d'•
vaissseaux rle ha11t bord, des fregates et des bricks, saot. Leur costume est celui de l'Orient, avec les modique l'on fait descendre par le Volga daos la roer Cas- ficatioos que commande le climal; celui des femmes prit.
Le role de M. Ildefonse Rousset daos ce Ji,re n'd
pienne.
brille par le luxe des franges et des perles. Tout en conpas non plus saos importance. C'estlui qui, avec l'olljeOPlacée avantageusement pre's de deux grands üeuves, servant l'au,térité de leurs mreurs et leur exaclitude a
tif, a fixé sur le papier tous les points de vue, to111 III
dont les afüuents facilitent en toul temps !e transport remplir leurs de,oirs religieux, les Turcs de Kazan monsites, to utes les scenes mnettes ou vivantes de ce ~
des marchandises, Kazan était nalurellement appelée a lrent aux chrétiens une tolerance hosp1taliere, et
mant voyage au pays de la Marne et de la
devenir l'entrepót du commerce entre l'Europe et la M. Erdmann a pu relracer, comme témoin oculaire, le
Jamais encore nous o'avions vu quelque chose de pll
Sibérie. Elle communique a la fois avec Arkhangel, tableau de leurs cérémomes nuptiales. Quoique la polysuave, de plus gracieux, de plus réossi. MI. BIL •
Perm, Orembourg, Astrakban, Taganrog, Moscou et gamie leur soit permise, peu de Ta.tars épousent pluLabédolliere et lldefonse Rousset n'ont pas ee._.
Saint-Pétersbourg. En f 828, 1,851 marchands ont dé- sieul's femmes a la fois; seulement, si la premiere épouse
été babiles, ils ont été heureux. Il faut, en effet,
ciaré, cooformément a l'usage ru~se, un capital de a vieilli, une autre, plus Jeune, partage la couche du
du bonbeur pour réussir a ce point. Le Tour di_,,.
6,438,517 roubles. L'exportation cousisle surtout en fa- maitre, mais non pas les bonneurs domestiques de ,a
se présente comme un des livres les plus dignesderines, en bois, goudron et potasse, en bestiaux, cuir, maitresse. Le8 écoles frequentées, les mosquées bien tecourir au b'fand prix du jour de l'an.
cire, savon, etc. II rcgne daos le gouvernement de Kazan nues, et une grande activité daos les fabriques et daos
EDllOIID 'fd,
une industrie tres-remarquable, et les métiers y sont les ateliers domestiques, placenta un haut rang les Ta~
en activité dans les campagnes comme dans les villes. En tars du gouvernement de Kazan, qui ont dans cette ville
Ouverture des bals masqués de l'Opéra, sanredi lt
t830, i54 fabriques occupaient 3,522 0L1vriers. La roa- une typographie turqueetleurs principaux étahlissements
cembre 1864. Premier bal masqué, paré et travesli-t
nufacture de drap, fondée en l7i4 par Pierre le Grand, et industriels. II y a ordinairemeot pres de chaque moschestre, d1rigé par Strauss, exécutera le nouveao
qui est devenue une propriété particuliere, occupe a quée une école, dont le mollab, ou ministre, esten meme
toire pour le carnaval t864-65.
elle seule t,000 ouvriers. On tisse, daos tous les ména- temps profes:;eur. La maison, ordinairement donnée par
NoTA. - Les cavaliers ne seront re~us qu'en
ges, des toiles, des éto!Ies rle colon et de laine. Cilons, un riche Talar, tandis qu'un autre se charge de son enbal (habits et pantalons noirs ou costumés). Lea
parmi les autres établissements industriels, des fabriques tretien, se cornpose, en général, d'un pet1t vestibule et
costumées
ou dominos.
de passementerie, de fourrures, de colle-forte, de chan- d'une grande salle, dout le plancher est disposé en
On délivre des billets d'avance a la loeatiOD, I;
delles, des fonderies de cuivre, des verreries, des mou- pente. Cette salle sert en memo temps de logement pour
lins a. huile, 85 moulins a scier, 66 distilleries d'eau-de- le maitre, et de classe, de dortoir et de réfectoire pour Drouot.

I

r.--

Ji!.

COURRIER

DE

LA

UNE BIBLIOTHEQUE

MODE.

Ce courrier ser~ le point de départ de nolre voyage aux

1■0POSÚ

i,eaux pays des etrennes. Notre premiere stalion sera

Aux c,¡mmunes, aux ,ociélts, aux familles.

daos le musee G~nd11lol (15,. ~ue T?rgot), que la ~en~ée
d'une, bonne a,:llon_ ava1t fa1l naitre, que la grande
beaute de ses produits a. maintenu et fait prospérer.
p~es. de ces ª~~ira.bles guipure~ d'art, filet ou poinl
de ~eo1se, toute 1m1talloo est gross1ere; elless'emploient
90us toutes les formes que revél la mode actuellc : chapeaux1 voilet_les, robes d~ ~apierne. Aujourd'hui, j'indiquera1 ce qui est plus spec1alement pour étrenoes : sacs
¡ bonbons, boites a ouvrage, coiffures napolitaines ca
. pelotes, cbaocelieres, parures' 'file;
Pucbons catalaos,
tu po1nt de Vemse, mouchoirs a entre-deux de filet vé•
aitien, etc.
¡;pe autre station chez Guerlain. Je ne vous donne pas
ron adresse; il n'est pas une Parisienne pas une femme
de goüt qui l'ignore.
'
Demandez a voir ses sacbets velours ou soie rose
blanche, bleue, oroementés de üeurs, de perles ou
dentelles, si séduisants tous, qu'on ne sait auquel s'ar~r, si délicalement parfumés, soit a la violelte des
lloiil, au vétiver,
l'~éliotroye, a l'aubépioe, qu'il
semble que Guerlam a1t su derober au printemps ses
paríums et ses brises.
La clientele de Guerlain étant des plus sérieuses il
estimpossible de rien lrouver chez lui d'un gout dout:ux
ou d'une qualilé secondaire. Tout ce qui est compris
uos la parfumerie proprement dite : eaux de toilette
blao~ e! rouges p~ur le teint, dentifrices, est composé
lle prmc1pes saluta1res. Daos cette ruaison, il ne s'agit
p15 seulement de vendre, il s'agit surtout de s'attacher
ane clientele, de conserver la réputation attachee a ce
nom.
Les éventails, coffrets, miroirs de toilette, üacons, nécessaires de voyage, sont autant d'reuvres d'art · tous ces
aeneilleux accessoires de la toilette, si chers aux
femmes surtout, font vaguement rever d'Orient.
Pour cadeau d'étreones utiles, qui ne préferera donner quelqu'une des ravissantes robe.$ de foulards du
(',oaptoir des Indes (129, boulevard de Sebastopol) en
place de la bolle de bonbons la plus attrayaote? '
Tout ce que la fantaisie a creé de plus riche, de plus
aiquet, de ~lus nouveau en coiffures et résilles, ceintures,
tlt.,est touJours r,hez Mayer, 30, ruede la Paix; ses gants,
1e.1 era vates, sonl les seuls adoplés par la fashion.
Atoutes les meres, pour la secoode dent1t1on de leurs
enfaoL~, a toutes les femme~, pour les soins de la bouche
¡e. recommande Mm• Saint-Hilaire, dentiste pour dames'
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mnées de pratique, la place aujourd'hui au pre~ier
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L'atte~tioo p~blique s'est portée depuis quelq-ue temps
sur une _10s11tut1on dcJa anc1cnne, mais que des événemeots recents. et la polemique qui s'en est suivie ont
grandement mise en Jumiere.
C?mme pour toute chose ulile, la publicité a fait ressorhr les ~ombrem. avantages que presente cette institut1on, et 11 n'est pas aujourd'hui un pere de f'amille qui
ne sache que_, moyennant un prélevement anouel sur
ses ~evenus, il peut assurer apres lui la tranquillilé et
le ~1en•etre de ceux qui lui sont chers.
. Edifiés marntenant sur l'iQstitution en général, il reste
a c~u~ q~i _en rechercheot les applicalions a faire un
cho1x JUd1cieux de l'établissemeot auquel ils confieront
des rnt~rets aussi prec1eux, et nous croyons leur rendre
un serv1ce en leur indiquant une compagnie qui se recornmande par son anc1enneté et les garanties qu'elle
présente, tanl sous le rapport et l'importance de son
fonds social el de ses réserves, que par l'bonorabilité des
hommes qui l'admi11islrcot.
La compagnie l'U11ion, établie a París, rue &lt;le ta
13,anque, o• fa, compte aujourd'hui treote-cioq années
d em~ence, pendant lesguelles elle a fait ses preuvcs et
remph ses eog:i.gemenL~, noo-seulement avec l'exactitu~e que le pulilic est en droit d'allendre de tout étabhs5ement serieux, mais encore avec l'équilé et l'empressemeot qn'il désire trouver dans une administration
bien veillan le.
Cette compagoie revendique l'honneur d'avoir intro~uit la premiere en France le systeme de la participat'.on des ass11rés dans l~s ,béoéfices de la compagnie, et
c est la seule encore qui I applique en traitaot ses assurés comme s~s actionnaires, de te lle fa1,:on cependaot
que les prem1ers n'ont que les bénéfices de l'assotiation
sans jama.is pouvoir etre atteints par les perles auxquelle;
les seconds so~ exposés.
La P.articipati?n peut etre employée a l'augmentation
du capital assure ou a la réduction de la prime· et meme
les_ assurés ?ºt la faculté de recevoir en arge~t la part
qui leur rev1ent, de telle sorte que le contractaot retire
ainsi l'intcrét de ses versements et fait un placement en
meme temps qu'un acle de prévoyance.
La compagnie a, du reste, déja fait a ses associés
onze répartitions de benéfices dont les résultats onl été
des plus remarquables, comme on peul s'en convaincre
en consultant ses prospectus.

____

~ de

14 planches hrées en couleur et de 216 vignetlel msérées daus le texte. - Prix, broché, 20 fr.· relié
~ en chagrin, plats en toile, tranches dorées, 25 fr.)'.
Librairie Hachette.

----.---,.--~--,,__

RÉBUS.

.Décrire dans un style clair, noble saos emphase et
lllple sans trivialité, les merveilles du monde solaire
1 do monde sidéral, dérouler sous les yeux des perlllnes les plus étrangeres aux sciences, dans une série
•etableaux pittoresques, le panorama grandiose des phé-~oes que le télescope a révélés au sein de l'espace
illn1, le Soleil et ses taches, les tourbillons el les tem(liles qui sillonnent la surface de ce géant des astres ;
llllre Lune, ses montagnes, ses craleres volcaoiqnes ·
In et ~es póles ~lacés; Jupiler, ses bandes nuageuses;
~~lhtes; les smguliers anncaux qui cntonrent Sa•u_e de leurs zooes lumineuses; et les cometes, et les
•lliers d'étoiles, tantót dispersées, tantót groupées en
llaa prodigieux; raconter enfin, de maniere a intéresllt ~os les ages, tout ce qu'on sait de la constitutioo
~lque des corps célestes : telle a été la prétention de
Amt\dée
Gu'llemin
•• .'
.1
en écr1·vant Ie e·ie l .
Ell'UC..1.TI0N DU DER!l'lER RWUS
1
~
1llustratioos de ce beau volume, imprimé daos un
.
.
·
¡;;tde luxe et sur un papier magnifique, ajoutent a la
Samt Pierre est chargé de faire atout saint l'ouverture des
des descriplions du texte: 216 vignetles gravées portes céle5les.
llaiicb le~ ~ocuments les plus autbentiques, et onze 1 - - - - - . . - - ~ - - - - - ..._ ';8 t1rees en cou!eur, en font un spleodide caAuG. MARc, directeur-géra,ú.
~~-étrennes, en meme temps qu'un ouvrage de biEDK. Tllllll, rédacteur en ch,{.
--....que.

I

383

Pour ~a pr_emi_ere fois on va faire sur une grande
éc~elle l apphcation de la loi de 1863 sur les ventes publiques.
Par suite de la liquidation de l'ancieune maison
H~o~ARD et Com¡.,. aura lieu, daos la grande salle du
pala1s ~e la _Bourse, la vente d~ pres de 90,000 houleilles de vms v1eux authentique des premierscrus de Bourgogne et de Bordeaux.
Les vios de la haute Bourgogne provienneot des crus
de Clos-Vougeot, Romanée, Chambertin Musi"ny
C~ambolle, P~mard, Volnay et Beaune; tou~ soot de tl
recolte de t8a8, une des plus recherchées par les amateurs.
Les bordeaux rouges (récolte de i858) ont pour provenaoce : Chateau-Larfille, Chateau-Margaux, BranneMoutoo, Gruand-Larose, Pichon-Longueville
Cos
d'Étournelle, Margaux-Me&lt;loc, etc., etc.
'
Les bordeaux blancs, meme année appartiennent aux
crns du Haut-Preigoac, Haut-Batsa~~ llaut-Sauterne et
Bommes-Sauterne.
Parmi les vins vieux on remarque tout d'abord des
Rauzan et des Léoville (1848), pui» des Graves-Ludon
L~to~r, Pichon-Longueville, Cbateau-Laffitte Rauzan e~
Leov11le (1851 ).
'
Cette vente, la plus importante qui ait jamais eu lieu
sous le rapport de la qualité et de la quantité, commen~era. le t2 décembre et se continuera pendaot buit
J0Ul'S,
EII! aur~ lieu, d_e trois a cinq beures, par le ministere
de. M .~ube, courller de commerce, 53, rue Viv,eune,
qu! dehvrera ~es cartes pour etre admis a l'exposition
et a la dégustat10n d'un certain nombre de bouteil:es de
chaque sorte de vio, qui aura lieu le di manche t l courant, d~ deux a quatre, au palais de la Bourse.
Ces vms sont déposés daos les caves de MM. O. Degrand
el Comp.! 31_, port de Bercy; chargés des livraisons.
Les adJud1cataires n'auroot d'aulres frais a payer que
1 fr. tO c. 0/0 pour courtage et enregistrement.
Des catalogues sont distribués chez MM. Aubé courtier
de commerce, 53, rue Vivienne; O. Degrand Comp.,
négociants, 31, port de Bercy; et au secrétariat de la
13ourse.

¡t

Afl8.

Le_ renouvellement du t •r janvier élanl le plus
cons1dérable de l'année, occasionne daos nos
Lureaux un travail exceplionnel, qui serait treslong A accomplir avec une parfaite régularilé si
loules les demandes al'I'ivaient en méme temps
aux derniers jours.
L'extension loujours croissante que prend l'lllw.tration nous fait un devoir de rappeler ce fait a nos
souscripteurs, et de prier instammenl ceux d'entre
eux dont l'abonnement expire au 3t décembre, de
le renouveler au plus lót, afin de n'éprouvt!r aucune
inlerruplion daos l'envoi du journal.

HISTOIRE DES PLANTES,

PAR

M.

L0UJS

FIGUIER

(f).

&lt;( C'est en fait de scieoce surtout que nous étions autrefois peu savants; aujourd'hui encore, il y aurait bien
des choses a dire; mais, avant qu'il soit longtemps, oous
serons des chimistes, des physicieos, des naturalistes et
des astrooomes tres suffisants.... »
Ces ligncs, que j'empruote au dernier Courrier de Parí~ de l'lllustration, témoignent d'une espérance que je
n_e partage ~eut-etre pas au meme degré que notre spir1luel chromqueur. Assurément, on fait, anotre époque,
d_e_ louables ~!Iorts pour propager les connaissances posi~iv~s ~t deve~opper le gout de l'étude daos la jeune
generat100. Ma1s, de la a faire de chacun de nous des
sa_vaots, des physiciens, des cbimistes, etc., il y a
lom.
Ce qui, a mon seos, justifle la vogue des ouvrage@ qui
ont pour objet de populariser la science, c'est qu'ils répondent a un besoin de l'opmion, tres-ébranlée daos
ses _vieilles ~ro!ances et trop ignorante encore pour asseo1r ses prmc1pes nouveaux sur des convictioos 5olides.
Le surnaturalisme s'en ,a, il n'en faut pas douter; m:i.is
entre temps, le scepticisme qui regoe dégrade les carac~
teres et fausse les consciences. Le malaise qui résulte
d'une telle situation est le symptóme d'une régénération
(t) Un vol in-8• de !130 pages, illuotre de 415 •igoettes 1aaer. dua
le tute. Pana, L. Bacbette, 1865,

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

384
dont le caraclere sera tout a la fois intellectuel et moral.
L'intelligence de la nature, de ses pbénomenes, de ses lois, est une des bases nécessaires de la rénontion que nous croyons
en train de s'opérer, et c'est la ce qui
nous parail expliquer le besoin d'inslruction solide auquel les auleurs répondent,

.HISTOIRE DES PLANTES
PAR M.

L. FIGUIER.

« Bien que condensé en un seul volo-;dit M. Figuier dans sa préíace, l'ou~
que nous présenlons a la jeunesse em.
brasse le tablean complet de la botaniqu
Si nous º'.ª~~ns approfondi aucune d~
grandes dms1ons de cette science 11
moins figurent-elles toules daos no~ ca.
dre. De cette maniere, ceux de nos lee-

Tou

CBARBON DU MAIS.

PEUlLLES EN l!NTOIIIIOIR (Samceoia).

filite

Gmui
Camli
1

!PIN SYLVl!STRB.

saos avoir peutetre toujoursconscience du role
qu'ils jouent.
Ainsi, le mou-•
vementdontnous
UClll!ll D'ISLAIIDB.
parlons avorterait, s'il n'arrivait
qu'a ce résultat: créer des
capacilés spéciales, ingénieurs, naluralistes, etc.
11 aboutira, au contraire,
s'il parvient a faire des
bommes.
En attendant,nous nous
soromes mis pour notre
part a l'reuvre; et voila
pourquoi nous ne pouvons
qu'applaudir a ceux qui
se sont voués, soit depuis,
soit avant, a la meme
éroancipation intellectuelle.
Parroi eux, M. Louis
Figuier est un des premiers et des plus féconds.
Recommander ses reuvres
aux lecteurs de l'Illustration est peine superllue;
son style, sa maniere, sa
méthode d'exposition sont
BULBB 01! SAFRAN.
connus des longtemps du
public.
Celle année, il ·a publié une Hístoire des Plantes
dont le texte est accompagné de nombreux dessins cxplicatifs. L'lllu.stration reproduit quelques-uns des
plus remarquables.

luu

Ain-

leurs qui voudron t pousser
plus loin leurs
études, scront
préparés a abortler toutes les parINl'LORl!Sf.E~f.8 l!N GRAPPI! (grost1ller rl)IIJtl.
lies de la science
des végétaux .... 1&gt;
COROLLl! DU IIIUFLIEII •
L·Ilistoire des Plantes se
divi~e en quatre parlies:
t • l'Organograpliie et la
Physiologic des Plantes,
coroprenantla description
des organes essentiels qui
entrent daos la composilion des végétaux, et l'cxposé des fonctions qui
f.ALIC6 A AIGRETU Dl Us'exécutent par l'interméVALl!RIAIIE.
diaire de ces organes; 2° la
Classifi,cation des Plantes,
c'est-a-dire le développementdes principes sur lesquels repose la di~tribution des végétaux en gro upes parliculiers; 3° lesFamil/es naturclles; 4° la Géo!Jl'aphie botanique, c'est-adire la dislrilmtion des
plantes a la surface tlu
globe, selon les lieux oiI
CALICK IRRÉGLl.lil ..
on les rencontre.
L'ACOlllT•
Le public accueillera ce
nr.1! DI! CACTt:S. - Librairie L. H1cbelle et C'".
nouveau volume de rinfatig:i.ble vulgarisateur avec le meme empresseDleDI
ses publications antéricures, M. Louis Figuier n'eal
de ceux qui ont besoin des éloges de la critique.
Imp. de L'ILLUSTilATION, A. Marc,

.

-----r--~--,-.------

A.MÉDÉE Gi;tLI-

22, rue de Ver11euíl

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              <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1137, Diciembre 10</text>
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              <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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