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L'ILLUSTR,
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ATION,
IOUB:NAL URlVBBSEL.

Direction , Rédaction, Admioistration :
Toutes les communications relatives au journal, réclamations, demandes
de changements d'adresse, doivent etre adressées franco a
11. A.UG. IIIA.RC, DIBECTEUR-GERA!WT.

Les demandes d'abonoement doivent etre accompagoées
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

22 8

ANNÉE.

VOL. lLIV.

N•

tf 38.

lamedi 11 Déee1nbre IN,.
L'adminislralion ne ripouJ pas des manuscrill el ne Í'cn~age ¡amai1 á lcs inserer,
Vu lts trailCs, la lraduclion el la reproduclion

a l'élranger sont inlerdites.

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Les abono. partent du t er no de cbaque mois.

quais et se pressait autour de l'escorte qui cnlourait un coups de canon. Cette visite était un événement important pour la Cocbinchine, et rappeiait aux indigenes
la voiture du gouverneur.
stupéfaits
les antiques splendeurs de Saigon.
Un
silepce
solennel
régnait
quand
le
jeune
roi,
porVilile de S. M. le roi de Cambodge a Saigon. - Revue polilique de la se11
y
a
pres
de quarante ans que Je célebre vice-roi
tant
le
costmue
national,
a
débarqué,
au
bruit
de
vingtlll&amp;ine. - Courrier,de París. - Les 1 ilas blancs (nouvelle), suite. - Revue
lilléraire. - Les ministeres du royaume
Ta-Coun avait re~u la visite des
d1talie, a Florence. - Causerie dramadeux prétendants au trone du
:-.:
... -·· ~ . ..,_ ~ ::::,'~,,
bque. - Les comtes d' Egmont et de
Cambodge, qüi venaient se souBornes. - Arcbéologie comparée. mettre a son arbitrage. Depuis,
Dlllbenton. - Le Livre de la Ferme et
aucune démarche aussi imporu, Jfai8011s de campagne. - Incendie
de la manufacture royale des tabacs~ a
tante n'avait eu lieu.
-~~
lallrid.
Le roi a été re~u par M. le
,..,~~
chef
d'état-major général de
Gmures : Visite de S. M. le roi de
,_
Jonquieres, et est monté en voiCllnbodge a Saigon (3 gravures). i luurrection d'Algérte. - Arrivée a
ture découverte entre deux hai&lt; s
Ain-llladry de la colonne du général
de soldats et de curieu.x. Tout
lartioeau, aprés la soum1Ssion du
le
monde a remarqué l'élégance
Djtb-el-A.mour; - Passage du défilé
de ses manieres, son air satisde Reddadc, par la coloune du géoéral
lutineau. - Les ministéres du royaume
fait et souriant, la richesse de
d'llalie, a Floreuce (4 gravures). - A.rson costume.
cbéologie comparée (3 gravures). - AloAu Gouvernemcnt, tous les
llllJl)eot des comtes . d'Egmont et de
officiers de l'expédition ont été
Boroe1, a Bruxclle,, .- Statue de Dauprésentés par l'amiral de la
benton, ioaugurée au Jardín d'acclimalatioo. - Le Livre de la Ferme et des
Gran diere au roi, qui a demandé
lairon., de campagne (t 8 gravures¡.
ensuite a voir les portraits de
- Incendie de la manufacture des
l'Empereur et de l'Impératrice.
tabae1, a Madrid.
Écbecs. - Réhus.
Pendant trois jours, le jeune
prince a parcouru, avec une ardente curíosité, nos établissements principaux. 11 a visité les
YlfilTI DE S. l . LK ROI DK CUBODGK
écoles de nos missionnaires et le
bel établissement des sreurs de
A SAIGON,
Saint-Paul de Chartres; il a vu
S.M. Phra-NorÓdón, écrit-on
nos machines, notre hópítal,
de Saigon, vient de se rendre
nos magasins, questionnant sur
toutes les cboses nouvelles qu'il
dans cettc ville pour protester de
·voyait, et s'informant surtout de
son dévouement envi:rS la
tout ce qui pourrait etre. utilisé
France et de sa reconnaissance
rlaQs son pays. L'imprimerie
PGnr la nation, qui garan ti t ses
impériale et le télégrapbe ont
droits au trone. JI a pu se conparticulierement attiré son at'aincre, par ses propres yeux,
tention. 1
que ses protecteurs actuels
Le 26, dans la matinée, le roi,
étaient a meme de le soutenir
suivi d'une nombreuse escorte,
eo6tre tout empiétement de ses
s'est rendu a la ville chinoise,
Toisins, et il regrette amereou il a été re~u avec les bonlllent la convention sans valeur
neurs accoutumés. Une députaqu'on lui a imposée.
tion de notables est venue saLe 25 octobre, a neuf heures
luer Sa Majesté, et lni expridnmatin, la canonniere 32, pormer, au sujet de l'extension de
lant le pavillon royal du Camleur commer::e, des vreux qui
bodge, a mouillé dans le port,
ont
été écoutés alee bienveil:tlieu de l'escadre pavoisée.
lance.
S.
M,
Pllll!-NORODON,
ROi
DB
CAMBODGE.
D'apr~1
une
pbotograpbie
de
M.
Gillet,
pbotographe
•
8aigon.
foule immense counait lM
SOMMAIRE.

�•
L'ILLUSTRATIO~, JOURNAL IJNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNlVERSEL.

386

nombreux préparatifs de meetings pour répondre al'ap.
Le territoire de la France est divisé en six grandes
pel de l'a55ociation de la réforroe.
inspections postales. Cbaque inspecteur, résidant au
Au vote du sénat d'ltalie, sanctionoaot le lrao,fert de
chef-lieu de sa circonscriplion, aura pour mission de
la capitale a Florence, succede maintenant l'approbation
surveiller toutes les parties du-service et de prendre 1es
des diverses mesures proposées par le gouvernemeot
mesures propres a assurer de la maniere la prus prompte
potJr accorder des compensations a la ville de Turin. Cea
la transmission des correspondances tant sur les voies
compensationscoosistent: t O en une inscription d'uo milferrées que sur les voies de terre, et de régler la coini ion 67,000 fr. de rente au grand livre; 2° daos le transfert
cidence entre ces différents moyens de \ransport.
de la cour de cassatioo de Milan a Turio, et 3° daos !'auto.
Une note qui accompagoe ces décrets expose \'extenrisation accordée a diverses grandes sociétés industrielles
sion considérable, depuis la réforme postale, du mouve~t commer.ciales d'y conserver le siége de leurs opératiom.
ment des correspondances et des envois d'imprimés, de
D'apres les deroieres nouvelles de New-York, on ne
fa~on que, malgré la réduction des taxes, les recettes
s'occupait daos cette ville que des opératioos de Sber.
out suivi une progression sensible. En t847, elles s'éleman. Leur déhut a été des plus heureux. Ne rencontrant
va,ent a 53,287,190 fr. Leur total, en !863, a dépassé
qu'une résistance impuissaote, ainsi qu'il l'avail pré,o,
72 millions.
le général fédéral avait déja dépassé Macon et pris llilLe gouvernement, ajoute la note, s'est constamment
ledgeville, capitale de l'État et siége de la législatnre.
préoccupé de réunir les améliorations désirables; les
Celle-ci s'était dispersée a son approche. Gordoo, un de
services maritimes ont pris une grande extension; des ses lieutenants, était en route pour Savannah. Le~ conconventions postales ont été négociées avec les gouverfédérés réunissaient leurs etforts supremes cootre le
nements étrangers , et un traité a été conclu entre la
danger qui les mena~ait. La levée en masse a été décréFrance et l'Italie pour l'échange des mandats d'argent.
tée en Georgie; toutes les milices disponibles daos les
Pour satisfaire les vreux de quelques conseils génédeux Carolines ont été envoyées dans l'Etat voisio, poor
raux, des améliorations ont aussi été réalisées daos un arreter le mouvement si hardi de Sherman. Bood guergrand nombre de départements : la transformation des
roye conlre Thomas s•1r le Tennessee el l'a forcé a rebureaux de distribution en directions, l'augmentalion
culer; Early, daos la vallée de la Shenandoah, a défait
des facteurs de vi lle et des facteurs ruraux, etc. , etc. la cavalerie de Sheridan; mais ces succes partiels, remEolio, l'organisation des bureaux ambulaold vient d'ctre
portés loin du terrain ou se décideot les deslinées de la
récemment l'objet d'une réíorme importante, par la
Confédération, ne peuvent exercer aucune influeo~ dé~ubstitution des bureaux stationnaires aux wagons. Des
cisive sur la marche des évéoemeots.
le commencement de l'aonée prochaine, les communes
EDMOND TEXID.
annexées a Paris seront dotées de sept distributions par
.;;._--- --~C&gt;CI_.----jour. Cent nouveaux établissements de poste seronl égaH. CA.srEülANS.
lewent créés daos le courant de t865.
COllBBIEB DE P&amp;BIS.
L'.ordre du jour, adressé par le roi de Prusse a son
armée, commence par ces mots : &lt;&lt; La guerre glo1'ieuse
Plus de salon des reíusés. - La décentralisalion postale. contre le Oanemark est terroinée; elle a été mivie d'une
Vente des bijoux de yn, '". - Que nous sommes done
REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINK
paix gl,rieuse. » Qui se serait douté qu'il y e~t tant de
vertueuxl - L'Arl de la reliure e11 France. - Pri:t de cerGrande émotion causée daos PariS' par le discours de gloire dans un combat de dix contre un? Cette triste cotaines reliures, - Le comte de Caumont, relieur t Londres, et Delille. - Clause du testament d'un bibliomane.
M. le préfet de la Seioe, a la séance d'iosta\lation de la médie, sifllée par le public européen, ne prouve qu'une
- Le Supplice d'une (mime. - Venise a Paris - M. lloccommission municipale. M. le préfet de la Seioe ne voit chose, c'est qu'en fait de gloire la Pmsse n'est pas diffiquard, avocat. - Le poignard de M• Chaix d'~l-An¡¡e.
rien, ·dans la coroposition de la vi lle de Paris, qui puisse cile a satisfaire.
Les arroées austro-prussiennes sont rentrées daos les
justilier la préteotion qu'aurait cette cité d'etre une comLe Moniteur nous a donné, celte semaine, une trille
mune, au meme litre que les autres villes de l'empire. deux capitales, couvertes de lauriers. La force a triomphé nouve\le : il n'y aura pas de Salon des refu.scs en 1865.
Paris est le lieu de réuoioo, le centre de tous les étran- sur toule la ligne. Les ares de triorophe se dressent. Les Les amis de la gaieté en sont tout afOigés. Nous ne les
gers riches, le point de mire de tous les déclassés, de plus grandes journées de l'histoire ne sont rieo a cóté verrons done plus, ces tapleaux de haute fantai,ie qlli
tous les naufragés de la fortune, - population immense d'Alsen et de Duppel. La Prusse, qui avait, on ne l'a pas nous avaient si fort réjoui cette année et l'année der•
accourue de partout, el au mi\ieu de laquelle il serait oublié; déclaré, au début de la guerre, qu'elle n'élevait niere. Plus de paysages inouls, plus d'odalisques abra•
di[ficile de recoonaitre le vrai Parisien. A ce litre, Paris aucune prétentioo sur les Ouchés, a complétement chaogé cadabraotes, plus de chevaux bleus, verts ou lilas. Oh!
ne saurait etre administré comme Orléans, Blois, ou d'avis. L'appétit vienten mangeant, et le roi de Prusse les chevaux ! je les regrette surtout; nous en avioos ea
toute autre ville. París, en un mol, n'a pas le droit d'a- invoque aujourd'hui nous ne savons quels vieux par- de si cbarmaots, de si joyeux, de si exhilaranls ! 11 n'évoir un conseil municipal, c'est-a-dire de s'administrcr chemins, qui prouveraient ( les parchemins prouvent tait pas de mélancolie si profoode qm tinl devaolC!S
lui-meme : unci commission noromée par le chef de l'E- tout ce qu'on veul) qu'il a des droits incontestables sor chevaux-lA. Je supplie tres-humblement le jury de 1'11
tat et collaborant avec M. le préfet de la Seine, telle esl le Holslein et la partie annexée du Sleswig.
prochaio d'admettre quelques-uns de ces prodigiem
On pourrait se demander, maintetJant que les visées chevaux, daos l'intérel de la bonne humeur el de la
la seule administration qui lui convieone.
Nous ne nions pas qu'il n'y ail aParís beaucoup1\'étran- de la Prusse sont connues, si le roi Guillaume, avant saoté publiques.
gers riches et pauvres, beaucoup de déclassés, beaucoup d'entrer en campagne, n'aurait pas du faire connaitre
de gens tentés par l'ambitioo et accourus pour chercber les parcbemins qu'il juge a propos d'exhiber a¡ires coup,
pour appuyer ses droits a la succession des Duchés. Oo
II n'en faut pas trop vouloir au Moniteur; un jour a
fortune, mais a qui fera+ou accroire que le Parisieo
comprend, a Berlín, la loyauté de la méme fa~on que la nous plonge daos la douleur, le lendemain il nous cacse
n'existe pas? A qui appartieonent done les cent mille gloire.
les plus agréables surprises. Que de fois, nous •~
maisons qui cooslituent la cité colo se? N'y a-t-il pas de
Les litres en vertu desquels la Prusse revendiquerail libérau.t , n'avons-nous pas poussé ce cri : &lt;&lt; Déc~ntnli15
contribuables, daos París, et, s'il y a des cootrihuables,
la succession des Duchés, seraient les stipulations consi- sation ! décentralisation ! ll Or, un décret tout fra P""
n'ont-ils pas le droit, comme rous les cootrib.uables, de
goées daos l'actc de mar1age entre la princesse Élisabeth, mulgué divise la France en grandes inspections.15potveiller par délégatiou a la bon ne adroinistratioo de leurs
fille du roi Jean de Danemark, qui a épousé en t500, tales comme un aulre décret la divisa autreío •
deniers? La théorie de M. le préíet de la Seine. est nouJoachim 1u, électeur de Braodebourg, fondateur de la grands commaodemeots militaires. Le jouroal otftci~,
velle, et, de plus, elle est fausse de tous poiuts. Si Paris
dyoastie prussiennc aujourd'hui régnanle. Un journal de daos l'article qui accompagne l'acte émané du souie1111,
n'a pa.s le droit d'avoir des const!illers muoicipaux, il ne
Vienne trouve plaisaol d'opposcr a. cetle revendication déclare que la déceotraliEation est faite ... daos les poetet,
• doit pas non plus avoir le droil d'élire des députés.
Voyez ou nous conduirait cette théorie ! Le gouverne- celle de la maison d' Autriche, foodée, elle aussi, sur le Done, chaotons Alleluia !
mariage de la priocesse Cbristine, filie du roi Christian ll,
Le meme décret transforme les directcurs des~
ment proclamera1t le sutirage uoivcrsel, mais il supprisuccesseur de Jean 1er, laquelle ayanl épousé Fran~ois daos les départements en receveurs, el les iospectelll
merail l'élection.
de Lorraioc, est la mere et l'aicule de tous les princes départementaux qui les survei\lent en directeurs. Cea
0
Le Monit,eur a publié, daos sa partie officielle, des déde la dynastie impériale. Est-il possible de prendre au est puremeot et simplemeot une approprial ~ plll
cret.s qui apportent des 1 éformes importantes daos l'orsérieux de pareilles préteotions, qui remootent Aplus de exacte des mots aux choses. L'article auquel je vieDI •
ganisation des postes.
trois siecles?
fa,re allu.sion nous !'explique tres-bien. Ces métalllf'
Les chefs du service des postes, daos les départeroeots,
En Aogleterre, le mouveroeot de réforme électorale phoses ne flattent done ni ne blesseot nos opioioos; !Dd
qui porteot aujourd'hui le titre d'inspecteurs, preodront
preod des proportions de plus en plus importantes. Les ce grand amour de l'auturilé pour la logique nous d'
celui de directeurs. Tous les établissements de poste du
départeruent daos lequcl ils exercent leurs fonctíons feuilles liberales constatent le succes des meetings en chante.
faveur de cette réforme. Chacuoe des objections présen- 1
.sont placés sous leurs ordres.
tées contre cette grande mesure est réfutée d'arnnce, et
Quillons les hauteurs el laissons 1~ ~oniteur ",
La dénominalion actuelle de directeur des postes sera
la seule pla•1sible, la seule qui ait fait vivre peodanl les pour ces feuilles légeres que la poltt1que ne préd
remplacée par celle de rcJceveur des postes. Les di recdeux deroieres aonées le ministere actuel, l'apathie po- pas et qui semblent ne pas songer beaucoup aux teurs comptal,les preodront le titre de receveurs pri11ci . 1.
p1ux. Les receveurs des postes reroplisseot leurs fooc- pulaire, trouve sa réíutation daos les grandes assemblées \ nées des empires.
de Manchesler, de Rochdale et de Bradford. La guerre ne
Oans ces feuilles-la, qui parfois ne _sont 01 m~ ~
tions sous l'autorité des directeurs chefs de service.
fait encore que commencer, et les escarmouches sont vives rituelles ni moins amusaotes que _s, elles _traitat
Le service des postes, daos le département de la Seine, daos les journaux · mais elle ne s'arrctera pas IA, et on Cond, une fois par semaine, la quesllon dano1se, la
recevra une organisalion semblable a celle des autres ne doute pas que les fetes de Noel ne soient l'occasion de tion américaine et lar uestion romaine, j'ai lu que~
départements de l'empire.
La fin de cette journée a été employée par le roi a
faire exécuter sa photographie et a parcourir les priocipaux magasins de ootre ville. Sa Majesté a fait l'emplctte de plusi~urs produits de !'industrie européeooe,
au nombre desquels nous citeroos quelques articles de
modes, destioés saos doute a rehausser la beauté des dames de la cour deHoudon.
Le 27, il a visité le paquebot ~es messageries ~mpériales le Tigre, et a v1Vement 1dm1ré ses grandes d1mensions et son splendide améoageruent. Sa Majesté a également visité le Duperré.
Le soir, toute la société de Saigoo était réunie au
Gouvernement, et le roi Norodóo a eu le rare bonheur
d'assister au premier quadrille et a la premiere polka
qui aient été dansés en Cochiochioe.
.
Parmi les souveoirs qu'il emportera, le plus riant et
peut-etre le plus cruel, sera celui des charmantes invitées, qui représentaient si bien, rualgré leur petit nombre, nbs gracieuses compatriotes.
Le lendemain soir notre royal allié et notre plus
' Or1ent
' remonta,t. a bord du
fidele ami daos !'extreme
.
Gia-dinh, reconduit avec les honneurs souve¡ams.
Cette visite, qui resserre nos liens avec le Cambodge
el qui a une si grande importance pour la sécurité de la
colonie, a eu un grand retentissement parmi la population.
Aucun événement ne pouv:1it mieux attester l'a.~cendaot irrésistible d'une marche droite, ferme et honnete
sur ces cours corrompues, ru5ées et cauteleuses de
l'Orient, qui ne respectent d'autres engagements que
ceux qui sont maintenus par la force.

.

l

avail :eodu ses diamaots : il y a des demoiselles qui ont

des d1aro~ts. Au feudes cncheres, une ceinture avait
atleint le cbitfre de 3, iOO fr., un bracelet était monté a
4,625 fr., un pcigoe a 4,080 fr., une paire de boucles
d'oreilles a5,400 fr., une autre a ll,700.
Et les bons bourgeois de s'ébahir et de crier au
scandalc, en faisant l'addition des émeraudes des
saplurs, des i-ubie et des brillaots de cette d;moiselle !
Et l'on dit que nous ne soromes point naifs ! Point
oaifs, grands dieux ! Lisez un peu la chronique du siecle
dcrnier, et vous verrez que les écrins de M11 • ••• étaient
de ¡,au1rcs petits écrins modestes qui auraient bien fait
rire les jeuncs personncs auxquelles les gentilshommes
et les fioanciers de ce temps-la avaicnt coutume d'ofTrir
leurs horomages. Ah ! quels pleutres que nos financiers
d'a présent, et quels ladres que nos gentilshommes !...
El quelle époque que la nolre, ou une iofortuoée jeune
pers?noe, dont la beauté est célebre a. Paris dcpuis cinq
oo s11 aos, peut-etre plus, trouve a peine, en fouiHant
dans tous ses tiroirs, 40,000 francs de bijoux Avendre
lej?ur ou il tui plait de rcnouveler ses parures ! Ogéné~
rat1on vertueuse que nous sommes !
On assure, il est vrai, qu'il y avait fuuJe de femmes du
meilleur monde ~ l'expositi~n des diamauts de M\1• ~,
regardant, cxammant, adm,rant toutes choses avec l'attentioo la plus hienveillante, et croisaot, avec les éclairs
qui jaillissaient
des boucles et des bracelets, des reaards
.t
,,
as.scz express1ts. Beaucoup de jeuoes filies avaicnt été
~eoées la par leurs meres. Ah! tant micux ! Voila qui
ra,t un peu compensation et releve ce temps-ci daos mon
tsprit.
Xoas verrons bientot d'aulres ventes : les grands
juurs de la salle Sylvestre approchent : M. Edouard
Fourníer, qui nous en a dil fort long autrefois sur les
offrandes que les mortels du dix-huitieme siecle mettaieot aux ~ie~3 d~ leurs divioités, vient de publier, au
profit des b1bl1opb1les, sous ce litre: l'Art de la ,·eliure en
France, úo vol~me plein d'a propos, digne, par la beauté
dntexteeilasc1ence aimable autantque sure qui en rempht les pages, dt: la plus richc et de la plus éJéaante
0
reliare.
•
Et saos etr~ bil:liophile, ou bibliomane,on y trouve tant
dechoses qu II estagréable d'apprcndre et bon de savoirl
J'y ai luque des livres qui ne valent pas graod'chose par
enx-meu:ies, s~ v~ndent trois ou quatre mi lle francs pour
ltnr hab1t, quin esl cependant orné ni de perles ni de
dJamants, ni de rubís, roais qui sort autbentiq:ement
~ l'atelier d'un tailleur célebre.
J'y ai vu encore qu'en l 835, le prince Ogioski exilé de
Pvlogoe, se lit relieur a Paris, comme le comte'de Cauaont, émigré, s'était fait relieur aLondres.
_11. E~ouard Fournier raconte, en rappelanl. l'extrémité
ou ava,t été réduit un des plus grands seigneurs de la
tAlW' de Fra~ce, une jolie anecdote. L'abbé Delille, peodaot so~ séJour aLondres, lui avait donné arelier un
~empla1_re de ~on pocme des Jardins : le prix de la re~ore cta1t de nngt-qualre louis et sembla un peu cher a
labbe. Aquelque temps de la, il allalirc au comte quelqnP~ fragments de ~on poéme de la Pitié. Lorsque de
• ' 011 la plus émue, il déclaroa ces quatre vers: '

.M. de Girardin devait lire, la. sernaiuc dcrniere sa comédie au comité du Théatre-Fran~is; au derni~r mo11'.ent, le ~~le?'.c publ!ciste a demandé un sursis. Soyez
surs que s 11 s eta,t ag1 d'un voluroe sur 11 politique europ_écnne, M.•d~ Girardin aurait eu fini au jour dit;
ma1s une comedie est une reuvre autrement importante
et autrement diflicile !
Yous savez que la piece du rédacteur de laFresse s'appclle : le SupJ)lice d'une femme. Ce titre fait travailler
toutes les teles féminines : le supplice d'une femine,
qu'est-ce que cela peut étre?
C'est de ne point etre aimée de son mari.
C'est d'en étre trop aimée.
C'csl de ne le point aimer.
C'est de ne point ctre belle.
C'est d'ctre trop belle.
C'est de n'aller ni ABade, ni a Trouville, ni a Biarritz
quand son amie intime y va.
C'est de n'avoir qu'un coupé quaod l'amie intime a
une caleche.
C'esl de s'étre fait faire une délicieuse robe bleue
pour un bal, parce qu'on est blonde, et de s'apercevoir
4ue la délicicuse robe bleue cst verle aux lumieres.
C'est mille autres choses encore, dont pas une saos
dvute n'est celle que M. de Girardin a eu l'idée de mettre a la scene.

Rome et Venise, tel est le litre d'une plaquette qui
depuis une quinzaine, esl dislribuéc a des millie~
&lt;l'ex!lmplaires. Que Sa Sainteté et le sacré collége se rass1,1'.ent,, que les A_utrichiens ne s'eflraieot pas, il ne s'agit
pomt d une solullon nouvelle de la qucstion italicone·
. personne ne songe a metlre Rome .et Vcnise sur un trai~
de chemin de fer et a les diriger sur París. M. Ponti a
eu tout simplement l'idée de mootrer aux Parisieus les
, ues les plus intéressantes de ces deux admirables, ílles
photographiées el grossies a l'aide d'un instrument don;
il ~st l'inventeur. Vous voyez qu'il n'y a rien la dont
pu1ssent prendre ombrage les diplomates et les princes
de l'Eu'.ope abs~lutiste. Vous plait-il de voir le panorama
d~ Vemse, depms_ le Campanile, la place Saint-Marc, la
P1azzetta, le pala1s Ducal, l'escalier des Géants, SaintMarc, le quai des Esclavons, la Bibliotheque, le GraodCanal, le poot du Rialto, la Ca-Doro, le palais Cavalli
!'Arsenal, San-Zanipoli, I Frari, le palais Vendramin I;
Rio dei Santi-Apostoli, le pool des Soupirs, l'ile Sa~lGeorges-Majeur, eolio toutes les beautés de Venise
partez
. pour. le boulevard des Capucines, eotrez daos 1~
ma1soo qm porte le oº 39: places, palais, égli5es, ouvriroot a vos regards leurs perspectives barmonieuses
dres~eront et développeront devaot vous leurs ligoe~
grac1euses et cbarruaotes, vous réveleroot toutes Jeurs
ricbe~es, toutes leurs splendeurs, tout leur irrésistible
et poctique allrait : en un mol, la ville cnchanteresse se
montrera a vous, ruisselante de soleil ou baignée de la
douce lumiere de la !une, avec ses teintes cbaudes sa
spleo~ide luroiere ou ses ombres mystérieuses ... , et le Íen..
dema,?, :ous prendrcz votre passe-port et vous partirez
pour Vemse alin de la revoir.
M. Ponti nous a donné Venise, íl nous promet Rome:
grace a s~n alétoscope, nous aurons saos doute avant peu
les plus belles v11les du monde réunies a Paris.

Oue dis-je, ce poeme ouje peins vos miseres
Do't
· . a· des mams
· noblement mercenaires
'
1 1e JOW
·

~ son

vétement d'or un Caumont l'embellit,
'
Et de son luxe hew·eux mon art s'enorgueillit,

~~ jusqu'aux_!armes,_ le comte prit l'exemplaire de
~lí4 que le pocte tc11a1t a la main, le luí rendit ma~uement relié, et ne voulut jamaia recevoir Je prix
la reliure des Jardins.
_Voolez-vous, de plus, un traitadmirable de bibliomalle; c'~t encore M. Fournier qui nous le fournit:
"4M. Gaignat, receveur des consigoations des requctes
..:alai~, avail une magnifique bibliotheque. &lt;&lt; Tout,
. 1Grimm, y est d'un clioh. e1quis, et l'on n\ trouve
lleade me·d·wcre. » Gaignal en 6tait si fier qu'il
• voulut
JOGird'
.
'
. avauce de la glorrt' posthumc que lui vaudraie1 t
e&lt; L'espoir de ce bonbeur, raconte M. Fou1
_,; ut un des grands charmes de sa vie. Pour en ellll
11,;.. assuré, pour n'avoir pas a douter que sa biblio--,oeu scr~_it· mise
· en_ venl~ et illustr~rait
,e¡
nom par
lle q e grande bata1lle d encheres, 11 écnv1t a ce sujet
'llie claus_e spéciale daos son testament. )) Voila une
Paa1on, j'espere.

:rli7es.

~º-º

Tout le ruonde savait que M. Mocquard Je secrélaire
partic_ulier de l'Empercur, qui a succombé, il y a quelques JOurs, a une pleuro-pneumooie, avait écrit un ro..
man intitulé Jessie et des drames, et qu'il était un des
aut~urs de la Tireuse de cartes et des Massacres de Syrie;
ma1s beaucoup de gens ignoraient qu'il avait élé souspr~f~t a Bagneres-de-Bigorre sous le regne de Louis~~1hppe, qu'.11 avait donné sa démission pour aller reJomdre le prmce Louis a Londres, et qu'avocat au barrean de Paris pendant la Rcstauration, il siégeait au
banc de la défcnse daus les proce~ de l'Épit1gle noire
&lt;le la Souscription nationale et des Quatre sergents de ¡~
Jloche/le.

•

s_ans peur _et saos reproche ait eu recours a des suggeslions auss1 taches, aussi ctiminelles?
.- II cst alié jusqu'A se dire carbonaro, répood Pomn11er...
- Que diter,-,,ous la? reprend le président.
- Oui, cootioue Pommier, Despinois, pour m'arracher
&lt;lis aveux, m'a dit que lui-merne était carbonaro, qu'a, a~t un mois, il linerait Mantes, et que je n'avais ríen a
cramdre de lui .
- C'est une monstruense absurdité, dit le président.
11 cst lrop invraisemblabfe qu'un brave guerrier qui a
tuujours bien servi stm roi, soil descendu a de !elles basscsses, a de si monstrueuses perfidies.
A ces mots, M• Mocquard se leve et·s'écrie:
- 11 y a une d:stinction a faire e·ntre l'impossible et
1·1nvraiscmblable. Quelle nuc soil Mon~ieur le présidenl
•
·1
'
'
~ cten.~ue de votre pouvoir discrétionnair'e, il ne va pas
Jusqu a reculer les bornes de l'impossible. 11 est des généraux fideles il l'honneur, il en est aussi qui ont forfait
al'bonneur.
M. de Marchangy se leve el déclare qne de parcilles
ei pressions sonl un oubli de toutes les convenaoces.
- Ce ne sont que des géuéralités, répond M• Mocquard.
L'avocat général re,uiert contre l'avocat; tous ses
confreres se levent pour le défendre, et le président
charge M• Mérilhou, avocat de Dories, de présenter des
obscrvations pour luí. M• Mérilhou s'acquitte de cette
~nissioo, et la Cour se conteule d'engager M• Mocquard a
ctre plus circonspect a J'avenir.
·
On accusait le capitaine Massias d'etre carbonaro.
' 11 1ci en quels termes M• M
ocquard répondit a l'accuba•
tino:
&lt;&lt; Massias est carbonaro ! Voila le grand mot, celui
sur leq~el on fonde tant d'espérances I On n'allend pas
un méd1ocre effet de la terminaisun italienne : elle vient
a propos_ ra¡eunir ce qui vieillissait déja et rompre la
m~ootome de ce genre d'accusation. ll en est trop qu'on
vo1t échouer; le caractere frau~ais, 011 le sail trop n'est
pas celui du conspirateur; le sileuce profond la résolut1on solitaire ne tui convie11nent pas... »
'
Aiosi s·exprimail celui qui devait etre plus tard !'ami le
plus dévoué du prince Louis Bonaparle.
Un i,11cident assez piquant marqua la plaidoirie de
M• Cbaix d'Est-~ge, alors un enfant éloquent, cbargé
de la défense de Blcheron. II avait été question aux débats de serments pretés sur des poignards.
« S! Bicberon a preté des serments, disait-il, ils sont
a•surement moios terribles que ceux des fraocs-ma~ons.
s'il possédait u~ p~ignard, les ma~ons en ont aussi; j'e~
pu,sede un mo1-roeme, el le voici. »
Et M• Cbaix d'Est-Ange, - raconle le Recueil des causes
célebres,-:- brandissaitgentiment un joli petit poignard.
Quand 11 se fut assis:
- M• Chaix d'Est-Ange, tui dit le président la cour
vous a entendu avcc intéret, el je n'ai pasvoul~ vousint~rrompre. Mais a présent, je dois vous rappeler que
1art. 3t4 duCode pénal punil d'une amende de l6 fr. a
200 fr. tout porteur d'arroes prohibées, car vous venez
'.le vo~s avouer possesseur d'un poignard; je vous invite
a le deposer sur le bureau.
- _Je vai, v~~ donner une explication bien simple,
Mons1e°: le pres1dent, répond M• Chaix d'Est-Ange. Mou
pcre éta1t franc-ma~on, je le sui~ moi-meme ...
- Nous pcnsons I.Jien, interromptle présidenl en sour1ant, que vous ne faites pas un usage habituel de cette
arme.
- Oh! saos doutc, dit M. Chaix, je ,ne l'ai apportée
que pour le besoin de la cause.
Et M. de Monmerqué se borna a ioviter le jeune avocat a ne faire usage de son po1goard que daos l'intérieur
des oges.
X. FEYRNET.
------,---■...ll.&gt;-1~r.--.:::Jff!!tc~-&lt;ICI&gt;&lt;=------

LES LILAS BLANCS.
(1u1n).

D_ans celle derniere affaire, M• Mocquard défendait le
Je me ré,·~il(~i le lendemain tout re,eur, et le precap1tamc Massias, a i'égard duque! ll. ¼larchaogy aban- ~1cr mol q111 s echappa de mes levres avec un long soudonoa a pcu pres l'accusation et qui fut acquillé.
pu· de soula~cruent ful le doux n~m de Blanche, qite
~e ~eune avoca~ se uwotra lres-vif: Pommier, un &lt;les jC murmura1 presqu'a mon insu et comme s'il faisait
pr1_~c1~aux accuscs~ ~yaut _affirmé que le général Dcspi- partie dé~ormais du souflle de mou ame.
1101s I ava1t cugagc a des1gucr Massias comme carlioEu déjcunant, je parlai amamerc avec détails de ma
uaro:
~01rée de la ,eille, dcsvers que fav;is récités de'l'ama- Comrueut ercz-\om,cro1re, dit le prcsidenldc Mun. bilité_du IJarun, de l'el~gance &lt;le la broderie 'a Jaquelle
merqué a Po11lID1er, qu un general frao~ai~, qu·un oflicier trava11la1t Hortense, de l'air vraime11t digne et bon que

�•
388

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L' lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

------=--==-

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389

··--- -~

ARRCVÉE DB S.~. LE ROI DE CAMBODGE A S,UGO:I, LE 15 OCTOBRE.

. ux, de 1el ma mere respecta. mon. d'
silence.
l · une des dames Derv1e
••avaistrouvédans lapusJe
.
•
A..lafindurepas,¡elu1 1s:
..
htrange accueil que m'avait fait le comte, et Je ne d1s
- Ie crois q~e la politesse exige que j'aille lu1 fa1re
pas un mot de la comtesse. d' . tant parlé je me tus une visite jeud1.
Puis, fatigué, sans doute, avo1r
'

--.,-,~

- e-'
-~

- -:;_l'

,;a _¿_.

-

1

_
_
_

A qui? dit ma mere; au vieu1 corote ,
Non, a la comtesse.
T'y a-t-elle invité ?
Oui, sans doute.

l:i'SURRECTION D'ALGÉRIE .A.RRIVÉE A A!N-IIADBY DE LA~COLONNE OU GÉNÉR.A.L IIIARTINEAU, APRE.S LA SOUIIIJSSION DU llJBB-RL-A.MOUB:

- C'est done certainement ton devoir.
Je me remis a mon travail ' avec acharnement, mais
Le' temps vole ou rampe, selon ce qu'on' attend de I'aAlors, je ne remarquai ríen, mais il me semble au- l'auteur grec que je traduisais n'avait pas, j'en suis bien
venir;
aussi, les quatre jours qui me séparaient dujeudi
joord'hui, en retra~ant ces paroles, entendre un écbo sur, intercalé dans son texte les blondes spirales que je
me
parurent-ils
d'une longueur invraisemblable; lccmalicieux de la voix de ma sainte mere.
voyais a cbaque instant se dérouler devant mes yeu:r.
pendant, quoiqu'il nous semble ramper ou voler, comme

·~- - ~--r-

. •
::E A. L'ÉTABLISSKM¡NT DES SOEURS DE SAINT-PA.UL, DB CllA.RTRES.
VISITE DE S. M, LE ROI DE CAMBO
.
. és par le Ministere de la Marine,
D'apre• les cr~u11 commu111qu

PASSAGE DU DÉFILÉ DB REDDADE, PAR LA COLONN, DU GÉNÉRAL MARTINEAU. - D'apret les croquis de M. lefebvre,

�L'ILLUSTRATION, JOURLQAL UNIVERSEL.

390

L'ILLUSTRATION. J0URNAL ONlVERSEL.

gnant il me sembla, erreur sans do11le, que j'entendais
&lt;e Je ne \e permets pas, je le désire, ,, avait-e\le dit;
le temps I.Ilarcbe toujours de son pas réglé, mais sur, quP.\ texte inépuisablc de réflexions; cent fois je me r~- comme un soupir.
Je pressai le pas, comme si j'eusse ~té en retard, et
\'heure de ma visite arriva.
pétai ces mots sans parvenir a en ép~iser le charro~; Je pourtant il était a peine neuf heures. Etait-ce done qne
Pourtani, bizarre effet des incertitudes• du creur, a1~ ne sais qui a dit qu'un sonnet vala1t tout un poeme,
je me croyais attendu, ou seulement que toute mon Ame
moment d'entrer chez b. comtesse, je fus presque tente mais quel poeme peut lutter avec une _phrase de la
était depuis longtemps déjala oii je me rendais?
de m'enfuir.
.
femme aimée, \orsque dans cette phra~e et dans la rr.aLorsqu'on m'annon~a chez la comtesse, le salon olTrait
Quand on m'annon~a, la comtesse écoutait ª:tentive-: niere dont elle a élé prononcée, un tamant peut trouver
apeu pres le meme aspect que le premier jour, sauf que
ment, en brodant, lalp\us vieille des dames 'oerv1e~x, q~1 un secret encouragement a ses espérances? ll était im·· le vieux comte était assis a une table de whist, en train
Jui exp\iquait \es tracas éprouvés par elle dans !l aelm1- possib\e, il est vrai, de croire que \e creur de la com- de raire un mort avec les dames Oervieux. '
nistration d'une société de cbarité dont elle éta1t dam_e tesse put enrien etre le complice du mien,et cependant
Au moment ou je passais le seuil du salon, j'entendis
patronesse. Mon entrée n'arreta pas un instant le récit pourquoi ce long regard en dessous p~ur ép_ier le elépart
\a voix d'Emmanuel qui s'écriait :
du oomte comme fait l'enfant ~ourno1s qui trouvc un
de la viei\\e dame.
.
- Arrive done, mon ami; tu fais comme les poctes
La comtesse me fit un simple geste de bon accueil, mal in plaisir a tromper le tyran redouté? C:ainte_ gé~é- vainqneurs, tu te fais attenelre. Ces dames ont tant parlé
et le comte, assis a quelque distance sur ur¡. canapé, e_ut rale l me disais-je, habitude de réserve v1s-a-v1s d un de tes vers ce soir, que tout le monde iei brule du d~sir
u·n léger tressaillement nerveux et un acces de sa petite vieillard morose et ja\oux l Ooux ménagemept peut-etre de les entendre de nouveau.
d'une ame noble et bonne, qui veutépargner méme !'omJe m'inclinai vers la comtesse, et j' ali a.is demander a
toux seche et irritée.
Je m'assis et m'absorbai en aµparence dans \'atten- bre d'un chagrín a un etre qu'e\le plaint sans l'am~~r. Emmannel s'il élait réellement \'interprete du vreu gétion \a plus ~crupuleMse pour le récit de la vieille dam~; Oui, cela devait etre; cette précaution était tout entiere néral, Jorsque la voix secbe P.t irritée du vieux comte
elle 'daiana me prouver, en se retournant qnelquefo1s a l'adresse du vieillard, sans que j'y fusse -personne\les'éleva.
vers !11~, que cette preuve d'intéret n'était pas per~ue ment -pour rien; elle eut agi de meme pour _tout autre
- Pardon l hem l. .. hem l. .. monsieur de Trrville,
que pour moi ; mais alors, encore, pourquo1 ce ton de mais ii est impossible, hem l.. hem !. . de con ti :1uer a
pour elle.
. ..
.
Elle allait recommencP.r, ponr \a d1x1eme fo1s -peul- confidence et presque d'intimité en me · parlant? Po\'.r- jouer, hem l.. avec le bruit que vous faites, henr!...
etre l'histoire de ses effroyab\es µetites miseres, le tour- quoi snrtout ce regal'd obstinément baissé? Lorsqu'o~ in- hem !. .. Vous venez de me faite commettre 1:ne faute,
me;t de sa vie, quand le vieux comtc \'inte-i:rompit en vite quelqu'un, \'usaj!'e, la politesse, l'in1l!~érence memc hcm! .. . 'lUi me fera perdre la µartie, hem !. .. C'est tresvous forcent a le regarder ·en face pour JOmrlre la gr_;¡.- désa.rrréablel heml ... et mon excellente amic, )[m• Der•me lancant un regard.
_ H;m l hem !... je vous demande pardon, ma chere cieuseté du regard a \a gracieuseté de l'invitation. Com- vieu;, n'a pas manqué, hem l. .. d'en profüer, bem !...
amie,.mais, hem !. .. je me sen~ \a tete un peu \ourde, ment se faisajt-i\ que la comtesse, si au courant de tonentre parenthese, hem !. ..
hem 1 bem 1••• Je prie la comtesse de me permettre tes \es Jois du savoir-vivre, y eut manqué de la sorte a
Ici \'acces de toux devint si fort, qu'il fut obligé de
hem l ... de me retirer un instant chez moi,
mon égard? N'était-ce pas que la oii le creur co~m:nce s'arreter.
'
Et Je sonffreteux viei\larel se leva, et prit en cbancelant a parler, la aussi cesse la politesse banale? N etatt-ct
- Dam ! mon cher comte, au jeu, chacun pour soi,
le chemin des appartements intérieurs; mais ce ne fut pas un muet accord de nos pensées secretes? Et ~ans dit \a plns vieille des deux clames, évirlem!,Dent de \'espas sans se retourner µ\usieurs fois vers moi en poussant mcme croire que la comtesse eut conscienc~ de to~t ~e pece des mauvais joueurs qui se fachent lorsqu'i\s ~erqu.3 j'avais vu; en admettant que tous ces s1gnes_d mtl·· dent, et rail\ent \ors,:¡u'ils gagnent; nous_ a_vons le tri et
son éternel hem ! bem !. ••
.
,
Lajeunesse a des prud~nces_qui sont, ~ans_ qu'elle s'e~ mité, pin~ grande que ne 1:1.justifiait notre con~a1ssa~ce deux d'bonneurs, ajouta-t-elle avec ga1eté, cela n~os
doute de véritab\es ind1scrét10ns. Je n ava1s -¡ias bouge si nouvelle encore n'eussent pas étñ la mamfestat1on fait quatre, entendez-vous, ma. smnr; marquez bien
quand le comte avait -¡iarlé, mais ses fréquents re~ard~ volontaire d'une s~pathie naissante, n'avaient-ils v_as
quatre.
..
me donnerent apenser qu'i\ serait -¡ieut-etre sage de me été arrachés a .Ja comtesse, a son insu, par une -¡iuisCette réponse, faite d'un ton ,moqueur, av~1t donn_é
retirer aussi; je me levai done; i~ sembla le rem-arquer sance secrete plus forte qu'elle-meme? ~'éta~t-ce ~as au vieux comte le temps de reprendre haleme, ma1s
a-.ec plaisir au moment de dispara1tre, et \a comtesse ne cette puissance qui avait insliDGtivement fa1t ba1sser s~n n'avait fait qu·augmentrr sa fureur comme le chant dé
fit rien pour me retenir.
.
.
. regard et qui l'avait empeché de se relever sur ~01'. triomphe d'un ennemi; aussi ajouta-t-il avec un redouCela était bien dur, cependant, partir sans . lm ~vo'.r N'était-ce pas ceúe puissance qui avait rendu sa vo1x s1
d'aigreur:
.
avoir entendu \e son de sa v01x; \ mte- douce? Et ne ·m'était-il pas permis, sans vaine infatua- blement
- Quatre ! qnatre l hem l. .. sans doute, cela fa1t q~apar\é' Sans
.
.
. .
.fl l
ret seul de \'avenir pouvait me fa1re ams1 sacr1 er e tion, de penser que quelque chose de\~ préoccupation tre, hem !. .. je \e sais bien, je suis incapab\e de le mer,
déja si tendre de mon creur avait -pu s·e~parer d: ~a bem !. .. mais il m'est permis ele croire, hem l. .. que saos
-présent.
•
Quand je m'avan~ai vers la comtesse pour prendre comtesse et \a ,lominer secretement, par suite de ce d1vm M. de Terville vous n'eussiez pas fait l!! tri; c'est forl
, d'el\e J. e remarquai pourtant qn'elle rele".a lente- maanétisme de deux ames qui sont faites pour s'entencon ge
,
¡ · ·n d
désagréabfe !
.
.
ment les yeux dans la direction prise Pª: e _vie1 ar , dre0 un jour et se devinent avant m~me d'y songer?
_ Je vous demande -pardon, mon cousm, d1t Emma•
comme ponr s'assurer qu'i\ était bien parti, pms elle les
Sa douce voix ! Était-il possible qu'elle \'eut si douce nuel que semblait seu\ divertir cette scene, mais il faul
rebaissa sur sa broderie, et me dit, sans me regarder un en par\ant a d'autres? Hélasl la raiso1l me répondait: pard~nner quelque chose ii. \'enthousiasme et a l'amour
seul instant, mais d'un ton dont \e diapason me parut oui; mais que pcut la froide raison contre un creur qui
des vers.
·
baissé comme -¡iour une confidenee :
- Les vers ! \es vers ! hem !... bem !. .. sans doute, reespere?
_ Vous verrá-t--on samedi soir?
On comprendra que de semblab\es réflexions, sans prit !'obstiné vieillard qui semblait s'animer de plus~
_ Si madame la comtesse me le permet.
~esse reprises, sans cesse interrompues, sans cesse _exa- plus -¡iendant la donne. Monsieur est poete, heml... J1
_ Je ne vous le permets pas, je le désire, fit-e\le de minées sous toutes \eurs faces, aient rempli ma v1e. et le sais, bemk. mais je ne co~nais -pa_s de vers, hem! ...
fait bater la marche d'un temps que j'étais toujours d1s- bem 1... qui vaillent une -partte de wh1st.
meme.
.
Je m'inclinai et sortis un peu soulagé. J'emporta1s sa
JULES DE WAIT,LY FILS,
p0eé atronver trop long.
, .
. , ,
douce voix dans mon creur et dans mon orei\le~ c?m~e
Ma mere depuis qu'elle m ava1t conse1lle d aller le
(La suite pl'ochaineJ)lent.)
le souvenir d'une mélodie bien aimée. 1\ est vra1, Je n ~- samedi che; la corotesse, ne m'en avait plus aucuneme~t
Reproduction inlerdile aut jourrumt qui n'ont pas traité ..ec la Seeilll
-.ais pas une seule fois rencontré son beau_ regard, ma1s reparlé, et moi je n'ouvrais -¡ias _la boucb~ de ce conti,des gen&amp; de lellres.
ne peul avoir tous les bonheu~s en_ un JOur. . .
nuel objet de mes pensées; c'éta1t le prem~er secret que
00
Au moment ou je sortaia de l'botel,Je me heurta1 con- j'eusse pour ma mere; je me \e re'proc~~1s s_ans_ doute,
REVUE LITTÉRAIRE.
mais une certaine pudeur, a laque\le J obé1ssa1s sans
tre Emmanuel.'
_ Ah i c'est toi, dit-il; y a-t-il quelqu'un chez ma en bien comprendre \a cause, m'interdisait de -¡irononL'année 186\. Les revues; la philologie. - Les S011rct1 ~
Ni/ traduit de ~peke par Forgues; in-,.8, Har_hel~:_
cer tout baut le nom erra.nt sans cesse sur mes levres;
cousine?
De; Femmes par une femme, par Mm• Dora d'lstria;
,_ Les dames Dervieux.
j'étais encore trop jeune pour_savo~'. qu'on fa_it d'autant
in-8, Librairie internationale- - Le Monde de lamer,,.
Il fit une moue significative.
mieux de taire ces secrets-la, qu 1\s se trab1ssent touFrédol (grand in--8 illustré), Ha::hette. - Les Pf~n/eS'. ,.
_ Et 1e vieux comte y est-il encore?
Grimard (2 vol. in-18 i\lt1strés), Hetzel.-Récits_ hist~:
jours bien assez d'eux-memes. . .
.
.
_ Non, il est-rentré cbez \ui au moment ou je me repar Dauhan (in-18 grav.), Tandou. - ÚI pelile P ~
Le samedi soir vint, et je m'haln\\a1 pour partir; ma1s
Jlsée; le nouveau Rohinson suisse, par P.-J. Stahl (2 ,ol.
au moment oii j'allais embrasser roa mere, on sonna, ~t
tirais.
.
,
_ C'est ¡usley fit-il en consultant sa montre, c est son ma mere introduisit le commis du libraire pour Jeque! Je
Hetzel.
heure.
,
.
,
travaillais. Jl venait me faire une commission de 1~ pa~t
L'année qui s'acheve ne périra pas tout entiere;~llel
Je ne remarquai pas a\ors cette observat1on d Emma- de son ma1tre et m'a¡iportait une lettre a laquelle,J ét:us
produit
quelques reuvres qui annoncent ,~~e vé~1
•
'
ab3oJument ;bligé de faire une réponse im~édiate. La renaissance intellectue\le; les unes ont deJa passe .
n~L
,
1
_ Les viei\les da'mes Dervieux, hem l hem. comme sueur me vint au front, je rong~ai m~n fr,:m, et ~orce
· 1es yeux de nos lecteurs; ce sont: la Littérature GIIO
fait mon Musi~, c'est rude ;' enfln, puisque j'arrive just~ me fut híen d'obéir a la nécess1té qm m 1mposa1t ce ele Taine monuroent systématique dont les
pour te relever de faction~ íl f~ut se dévou~~ •
lignes ne'nuisent pas a la ~érité ~es _-peintures ~\.
retard.
Et il me quitta apres m avo1r serré \a marn.
vons connaissez, n'est-ce -pas? c~s taquineries du ha- statues qui le décorent; plus1eurs ltvra1sons du
Quand je rentrai, ma mere me dit:
sard qui viennent juste, a point nommé, pour enlraver naife de Littré; et tout récemment la_ Bible de l'
- Oéja revenn !
, .
vos désirs les plus cbers~ On dit que le hasard es~. aveu- de Michclet. En dehors do cadre bab1tuel de ceUe
_ Oui • la comtesse avait do. monde, et, d a1lleurs, gle. A défaut de clairvoyance, il fant avouer qu.~l posnous citerons l' Histoire élémentaire et cri1,ique di
·•ai cru ~e devoir faire q1,1'une apparitioii; d'autant, sede un instinct bien infaillible. Les ohstacles qu 1I vous
ar Peyrat livre définitif que \es intéresscs se sonlli
Jajoutai-je apres une pause, qu'elle m' a mv1
. ·t'e pour sa'
·
ce ••ont .
oppose sont aux passions ce que l~s digues sont aux P
rrardés d'allnqucr.
Philosopb.1e, h.1st01re,
m~.
. eaux • ils les arretent un instant, ma1s pollr rendre en- fetes de la liltérature, de cetle puissance qne p~
_ Tu as bien fait, dit ma mere, et tu feras bien auss1,
suite '1eur cours plus rapide et plus dé.; , ~on~.é.
. appelleraient Mgion, et dont le multip\e essor finitl
1
je crois, d'accepter ~a nouvi:Ue iuvitation.
Enfln, je terminal 1l. la bate et j :! pirt1s ;_ J embr~ss~ doute pílr décourager les ténebres' en quelque
Et en passant pres de moi, elle m'embrassa doucement rapid~ment ma mere, qui ne dit •:10t; ma1s en mélo1•
au front,
1

391

Chontaquiros, Conibos, dont les types hideux sont fide- nous semble µarfois que Mm• Dora d'Jstria va un peu loin
lement représentés par te Tour du monde de 1864.
1 dans ses vreux d'émancipation. Mais on aime a voir une
La femme est le fond et le pivot de nos sociétés mo- femme demander beaucoup pour les fcmmes. Pour nous,
I
dernes; sur elle tourne la vie privée, qui, bien mieux nousnous b.ornons encore a leur souhaiterune instruction
que la vie publique, indique a \'historien attentifles pro- 1 plus conforme a la notre. Qu'elles lisent un peu moins
gres de l'ame humaine et la m_arche de la civilisation. certaines productions ha.tardes et un peu plus des lívres
La négr~sse ou la squaw rouge est une bete· de somme, sains et vrais, comme leur en offren\ les étrennes de
l'Européenne est un~ reine mineure, protégée et domi- cette année, le Ciel, de M. Guillemin; le Monde de la
na trice. Elle a tort peut- etre de se plaindre d'une tutelle m.er, de M. Frédol.
~arfois genante, qui la préserve des affaires et des intéCes deux superbes cuvrages ont trouvé ou trouveront
rets desséchants de la vie, pour \ui laisser pleine liberté ici meme des appréciateurs plus compétents que nous.
da11s l'empire des sentiments tendres. Nous le croyons Toutefois, nous devons louer au moins leur belle
fermement, \orsque le divorce aura remplacé l'immonde exécution typographique, leurs 11elles planches en cou-•
séparation de corps, \orsqu'une instruction moins bornée, leur. La li\]Jochromie reproduit avec toute leur trans~oins fansse, luí permettra de comprendre les aspira- paren ce P.t leurs formes fantastiques ces etres de la roer;
Dans son sein, que n'épuise aucun enfantement,
twns modernes, quand certaines barrieres de routine gélatines vivantes offertes en pature aux poi~sons de
' Les futures moissons trembler confusément.
auront été enlevées de son chemin, la femme n'aura que proie et a la gourmandige humaine. Nous avons Ju avec
Il faut désormais que les esprits les plus frivoles, -¡iour peu de chose a demander aux lois : quelques réformes plaisir, dans le livre de M. Frédol, les pages consacrées
n'etre pas dépaysés, d'ici a dix ans, dans les conversa- et point de révolution ; elle obti~ndra tout du temps, a certain mollusque cher aux gourmets. On y reconnait
!'esprit fin et érudit d'un savant illustre, qui a voulu se
tions intelligerítes, se tiennent au courant des découvertes non par des cris démagogiques, mais par des sourires.
Nous
avons
entre
les
mains
l'intéressaut
ouvrage
de·
cacher
sous un pseudonyme : modestie posthume que
de la critique. Qu'ils en suivent la marche claris les
Mm•
Dora
d'Istria
:
Des
Femmes,
par
une
femme.
On
y
nous
devons
respecter. Ce cbapitre est enricbi d'aneclivres, les jouroaux, surtout dans les revues : soit sous
verra,
notamment
tome
l",
pages
67-78,
combien
les
dotea
et
de
citations
: en voici une empruntée a Monforme académique et par trop uniforme daos la Revue
utopies
de
Fourier,
de
Saint-Simon,
de
Cabet,
sous
prétaigne
:
«
Étre
sujet
a la colique ou se priver de mandes deua; mondes (ou l'ordre prévaut un peu sur la liberté),
texte
de
libérer
les
femmes,
les
rabaissent
en
réalité.
ger
des
buitres,
ce
sont
deux maux pour un; puisqu'il
soit daos le langage moins arrondi mais plus personnel
Certes,
la
loi
ne
peut
rien
sur
les
passions,
et
s'il
suffi•faut
choisir
entte
les
deux,
basardons que\que ehose a
de la Revue germanique. on· leur conseillera meme, s'ils
sait
de
reglements
pour
supprimer
les
amours
illicites,
la
suite
du
plaisir.
&gt;i
ne veulent suivre l'er¡seignement de la Grammaire comLa botanique asa part dans les publications illustrées.
parée, si brillamment inauguré, lundi dernier \5 dé- nous n'applaudirionsjamais, pour notre part, a ces cha in es
violemment
imposées
aux
élans
des
creurs;
mais
la
biM.
Figuier nous donne l'Histoire des plantes; et, bien
C'erobre), par notre ami Michel Bréal, de lire daos le
zar.re
théorie
de
Fourier
ne
nous
conviendrait
pas
daqu'i\
se préoccupe trop peut-etre d'étab\ir un accord
Journal asiatigue le rapport oii M. Mohl expose avec tant
vantage
Laissez
aller
toutes
les
chQses,
et
ne
nous
parinutile
entre la seience et les données bibliqu.es, l'ingéde lucidité les travaux des sociétés sav3ntes et des orien-.
lez
pas
~e
Favoris
et
Favorites
en
titre,
Géniteurs
et
Génieuse
distribution de son livre et l'abondance des gratalistes. Ils y verraient se découvrir tout un coin du cie\
nitrices,
Époux
et
Épouses,
encore
moins
de
simples
vures
qui
font passer sous nos yeuxlasériedenosgrands
que le moyen age avait chargé de brume, et paraltre au
Possesseurs
l
JI
ne
faut
ni
légitimer
ce
qui
peut
nuire
a
arbres
et
Ies portraits des botanistes fameux depuis
jour l'histoire de nos origines et les pensées de nos aieux.
la
société,
ni.
interdire
tout
ce
qui
est
irrégulier,
sous
Tournefort
jusqu'a Candolle, ne manquerout pas de lui
. Les yeux ouverts sur un plus vaste horizon, ils pourp'eine
de
paralyser
la
vie.
Bornons-nous
a
instrtiire
attirer
de
nombreux
lecteurs.
raient attrihuer a certaines doctrines, a certains faits,
les
femmes
et
a
leur
faciliter
le
cboix
raisonné
d'une
Nous
préférons
toutefois
l'reuvre, d'un format plus
une importance plus limitée, et s'apercevoir que les
carriere et d'un époux. Déjii. est levée, en grande par- modeste, mais d'une allure plus personnelle, que
croyances, résultat d'une science incomplete, changent
tie et pa_rtout, cette interdiction civile, physique et reli- M. Grimard vient de publier chez Betzel. L'auteur n'a
avec les ages. Mais quittons ces régions encore étrangieuse dont elles furent frappées par le christianisme du pas uniquement cboisi la Plante (tel est le titre de ~on
geres et qui bientot seront l'ordinaire terrain de l'histoire
moyen a.ge; d~ia leur vo\onté erpresse est requise pour livre) comme sujet de vulgariaation; elle s'est i.mposéea
et de la critique, voire de la causerie; mieux vaut mener
la célébration du mariage. En somme, la vie s'ouvre lui : on sent qu'il l'aime et qu'il lui a consacré les meilnos lecteurs par des chemins plus attrayants, bien
pour elles bien plus facile que pournous. Qu'ont-elles a leures heures de sa vie. JI lui éleve avec bonheur et taqu'aussi peu explorés, et qui les prépareront insensifaire? Elles ont a trouver un homme qui les nourrisse. lent un monument de reconnaissance. C'est, chose rare,
blement aux- études que je le11r recommand-e. Les voyages
ému.
forment la jeunesse, &lt;lit la sagesse poncive, et je- crois . C'est a nous, en général, de cbercher de quoi les un«savant
Les végétaux jouent dans notre existence un role
nourrir.
qu'elle a raison : au moins donnent-ils lieu a de perpéMm• Dora tl'Jstria n'a point fait un livre de discussion. tout autrement important qu'on ne le croit peut--efre au
tuels retours sur nous-memes, a des coroparaisons fépremier abord. Qui ne se souvient, avecune sorte de biencondes entre les races, les aptitudes et les destinées Elle veut nous présenter le tableau de la société fémi- veil\ance amicale, de tel vieil arbre, o,me, tilleul, acacia
nine, cbez les peuples latins, germaniques ou mixtes, et
humaines.
les
di verses tribus orientales, juives, indoues, hongroi- ou platanc, qui, a la campagne, devant la porte de la
11 est impossible de marcher avec le malheureux camaison paternelle, a ombragé ses premiers jeux! 1l est
pitaine Speke ii. la découverte des Snurces du Nil, sans ses, ql}.e les migrations ont implantées sur le sol de l'Eu- tels de ces arhres de famille qui résument des mondes
s'écrier a chaque page : Non, la nature du negre n'est rope. On se laisse aller au plaisir d'une lecture ou la
ele souvenirs. ,,
pas celle do blanc ! Non, Monsieur Quatrefages, vous curiosité est sans cesse éveillée par une foule d'anecdoEt tous les souvenirs antioues de l'humanité ne se rat•aurez beau dire et beau faire : i\ y a un abime entre les tes anciennes et contemporaines, ou les -¡irincesses cou- tachent-ils pas plus étroitement enrore a l'arbre, a la
doient
les
aventurieres,
oii
Lola
Montes
trouve
place
deux peaux, et aussi entre leurs doublures, les intellicomme la dnche~se de Berry, Rache! comme Mm• Bee- p!ante qui \'a précédée sur c~ globe, comme la vie végégeuces. Ce ne sont pas la les variétés d'un meme type.
tale a précédé la vie des animaux?
« On netµeut se demander sans étonnement comment cher-Stowe. Ici ce sont les Fran~aises, mystiques, philo« Ce dut etre :un étrange spectacle que celui de ce
la race negre est restée immobile depuis tant de siecles, sopbes, politiques, socialistes, souvent frivoles, toujours · monde primitif qu'évoquent nos talculs et nos reves.
lorsque le µrogres a pris une marche comparativement aimables, a moins qu'e\les ne soient dévotes; la, au con- Oes iles, géné:ralement plates, dormaient sur l'universel
si rapide dans tous les pays qui environnent \'Afrique; traire, les Germaines, froides, cbastes en dessus, molles océan, comme 'de gigantesques feuilles de nénuphar.
par la meme on est conduit a cette bypothese que, si les et dures a la fois; plus loin, l'ltalienne cnflammée, l'E~- De grands troncs de fougeres, couverts de mousses, se
races africaines ne sortent pas bientot des ténebres ou gnole ignorante et voluptueuse, la Gypsie bizarre, l'Israé- croisaient, s'enebevetraient, élevant vers la lumiere
elles sont plongées, leur sort inévitable est d'etre rem-- lite dévouée, la Beige raisonnable, la grasse Hollan- voilée du ciel leurs grands éventails de feuilles ailées,
placées par des etres d'un ordre supérieur. ,, Et Speke daise et l'Américaine insolente. Rien n'échappe au coup brodées et frémissautes comme d'énormes panaches de·
ajoute, avec une naiveté toute brita.nnique : «Lenr salut d'reil perspicace et pourlant indulgent de rauteur, asa · plumes ... Nul chant d'oiseaux, nul bruissement d'inserait assuré si on pouvait lear imposer un gouvcr- longue expérience du monde e! des cours. Elle sait beau- secte. Ríen d'autre que l'écoulement des vapeurs, qu.e le
nement pareil a celni que l'Inde a re~u de nous ! i&gt; coup du présent et du passé, surtout du présent, si bien chuchotement mystérieux d'mT monde nouveau-né qui
Triste avenir a leur souhaiter, mais enfin préférable a que son livre esta la fois bistorique et contemporain, et s'essayait a vivre l i&gt;
!'horrible état d'animalité ou ils végetent. « Ce que ses plait en meme temps qu'il instruit.
Mais déja, dans l'avidité de la racine, se révélait la
L'examen des législations qui rcglent la condition des
freres ont fait, le negre le faít a son tour. Comme eux,
loi
de la nutrition; dans l'élan des tiges, des feuillages et
il force sa femme ii. travai\ler, vend les enfants qu'elle femmes donnera Jieu a p!Ús d'une curieuse comparai- des ileurs, dans la féconditédes fruits, apparaissaientl'insluí a donnés, réduit en esclavage tous ceux sur lesquels son. Les Fran~aises, par exemple, sont plus -favorisées tinct du dévcloppement, le désir qui constitue la volonté
il peut mettre la main, et, hors du temps oii · il combat par le Code que leurs voisines d' Angleterre, de Suisse et et la vie. Déja la cellule végétale est la sreur de la celainsi pour s'asservir les autres, il se contente de boire, d'Ita\ie (la Lombardie et la Vénétie exceptées). Les lois lule vivante, et les granules qui s'agitent dans les sede chanter, de danser, pour tromper l'ennui qui le ronge, sur le divorce ne sont pas plus uniformes : ici, comme crets réservoir~ des fleurs sont les globules du sang. On
menant a peu dé chose pres la vie du singe, ,, mais plus comme en Russie, il sufflra du consentement mutue\; la, peut dire enfin que e&lt; les plantes sont le reve de la napernicieux a lui-meme et aux autres que les plus féroces comme en Angleterre, les causes les plua graves seront ture, dqnt l'homme est le réveil. ii
betes des jungles -et des pampas. DeS' idiots en liberté; nécessaires. Les questions financieres ne se pretent'pas
Que de bonnes cboses a citer dans le livre M. Grimard,
telle est l'impr'essíon qui reste des peuples que Speke · a des solutions moins différentes : en 'Hongrie, les fem- en se restreignant a ce qui intéresse les idées générales !
a rencontrés entre la cote de Zanguébar et les grands lacs mes administrent leurs biens; en Suisse, les veuves ne On les découvrjra sans peine dans les chapitres intitulés:
de l'Afrique centrale. l,e negre est l'ébauche du blanc. peuvent ríen décider sans le consentement de leur tu-• Coup d'reil général, le Poeine silencieux, l'(Eil et le mi•·
Entre la négresse et la blanche, il n'y a guere que deux teur. Est-on -¡ilus d'accord en matiere d'1mseignement? croscope, Géographie botanique. Un second volume conre!lSemblances, le sexe et la superstition; mais tout le L'Espagne craint que ses filies apprenoent a Jire; a Lau- tient des clefs analytiques résumées d'apres le systeme
reste, lout ce qui f~it le charme, de nos femmes, beauté, sanne, on punit séverement les parentsqui n'instruisent de Lamarck; c'était le complé!Ilent indispensable d'\rne
Propreté, pudeur, amour, dignité, ne se rencontre pas pas les leurs.
Que fauHl changer a tout cela? Beaucoup et peu. I1 Botanique s(mplifiée.
une fois sur dix mi\le chez ces Vouahoumas1 Vouagandas1
qu'elles se réfugient. Nous verrons, daos tpeu d'années,
le roman, la poésie, reprendre le baut rang t¡úi•leur appartient dans la série des \ettres et luire tl'un éclat noüveau. Le premier nous a donné déja des reuvres accomplies, telles que Madarne Therese et l' Ami Fritz, par
Erckmann-Cbatrian; l'autre, intimidée par l'indifférence,
reste un peu en arricre, mais elle est prete, nous le sa•ons, a peindre de couleurs fraiches le monde extérieur
et les sentiments de l'homme.
Ne prenez pas ces perspectives pour de simples vooux
de bon ne année; je n'annonce la que les conséquences
nécessaires du mouvement qui se 'déclare; un champ
oouveau est préparé, et ce siecle rajeuni sent déja

�392

L'f~LUSTRATION, JOURN AL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOUR0AL UN IV ERSE L.

393

blaEons. Ce sont les écussons des divers quartiers de ·1a de Vérone et de Camerino, les républiques de Pise et de
ville et des divers gouvernements auxquels larépublique Raguse, le grand-maitre de Saint-Jean-de-Jérusalem et
a été soumise. On y voit l'écussón des guelfes, lis blanc le grand kan de Tartarie.
sur fond rouge; celui des gibelins, lis rouge sur fond
Apres la chute de la république de Florence, Come J•r,
blanc; les armes du duc d'Anjou; d!i roí Robert de comme nou~ l'avons déja indiqué, fit rebatir l'intérieur
Naples; du Saint-Siége; du duc d'Athenes; les outils de du palais par Vasari et en 1540, il vint y habiter luicardeurs de laine qui furent maitres de la ville pendan t meme. 11 y resta jusqu'en i549 ou il acheta le palais
six jours; les six halles des Médicis, et enfln les abeillcs Pitti qui a toujours été, depuis lors, la résidence des soude Napoléon et les aigles des grands-ducs de la maison verains de la Toscane, et qui va devenir celle du roí
tle Lorraine.
d'Italie.
Ce palais a vu l'élévation et la chute rapide de GauLe palais Médicis, plus généralement connu sous le
thier de Brienne, duc d'Athenes. Le 8 septembre i342, nom de son dernier propriétaire, le marquis Riccardi
les prieurs et les magistrats placés en ordre sur la ba- est destiné au ministere de l'instruction publique; mai;
lustrade de ce palais, firent donner lecture de la con- comme ce ministere n'en occupera qu'une petite parlie
vention par laque!le Gaulbier était nommé sei~neur de la il abritera en outre, et il abrite déjll, l'Jnstitut de perfe;
république pour unan. Tous les cardeurs de lainerassem- tionnement, la Caisse d'épargne, un corps de gai·de, et l'Ablés devant la balustrade se mirent acrier: Pour lavie! Qu'il ·adémie de la Gresca. Voila un ~ingulier amalgame!
soit notre seigneur avie ! A peine cette excl amation a vait- Ce palais fut élevé par Come l'Ancien, en 14'64, sur les
elle retenti, que les nobles cnlcvercnt le duc daos lenrs &lt;lcssins lle Michelozzo.
uras, le p:&gt;rterent en
triomphe dans les aplais fut fundé.
partemcnts du palais,
Les magistrats de
et hisserent .;a banla république étaicnt
niere au sommet de la
si fréquemment expotour. Mais on ne tarsés aux violences poda pas a se repcntir
pulaires, qu'il parut
de c-i choix. Le duc
indispensable de les
écarta des affaires
mettre a l'abri d'un
tous ccux qui avaicnt
coup de main, et de
favorisé son élection;
leur fonrnir méme les
fft périr sur l'échafaud
moyens de se défenles principaux cidre en cas d'attaq1Je.
toyens, et augmenta
Voici les paroles du
consirlérablement les
chroniqneur :.
gahelles. Trois cons(( En l'an 1298, la
pirations s'ourdirent
commune deFlorence .
contre luí et éclatecommtn~a la consrent a la fóis. Le 26
1ruction du palais tles
juillet 1343, les conPrieurs. Les disscnsions
LES PALATS DE FWRENCE, - PALAIS 1ÍD1111IJISTKRE OE L'll"iSTRUCTION PUBLIQUE.
jurés parcourureut la
qui régna1ent entre les
vil\e en criant: « Aux
gens du p·eupleetJles
armes! &gt;&gt; Le peuple se souleva aux cris de Mort au duc et
par
Bandinelli,
le
David
de
liil•
.\nge
et
le
Marzocco,
ou
grands, 1es désordres qui troublaient la paix publique
aux siens! On l'assiégea dans le palais de la Seigneurie;
a l'époque &lt;le l'élection des magistrats, furent les motifs !ion de la république, car la.blique de Florence avait,
les combats durerent cinq jouis. Au bout de ce temps, le
comme
celle
de
Venise,
on
li11aas
ses
armes.
de cette fondation. Les prieurs ne se trouvaient pas en
duc demanda a capituler. On lui accorda la vie sau.,e,
Plus l~in, est une fontaioenie de Tritons et de nymsureté dans la maison des Cercbi oú ils avaient coutume
rnais on mit en pieces deux de ses ministres et leurs enphes
en
bronze,
et
d'nn
Nepttrolossal
en
marbre.
Cette
de s·assembler. On acheta diverses maisons particulieres,
fants.
Le duc se retira sur le territoire romain avec les
fontaine occupe la place oo, le ti mai 1408, le moine.
entre autres célle des Toraboschi, et sur elles on éleva le
trésors
qu'il avait amassés par ses exactions.
Jérome _Savonarole, de Ferm, apres avoir été le grand
palais en question. On conserva la tour des Toraboscbi,
Quand
de l'extérieur du palais on passe a l'intérieur
qui avait 50 brasses de bauteur. Mais le palais resta sans meneur de la républiqoe de lnce, fut, par ordre de cetle
et qu'on entre dans la cour si élégante et si légere, on
meme
république,
brulélifc,ae
hérétique
et
factieux.
symétrie, parce qu'on ne permit pas qu'il s'étendlt sur
se croil raj euni de lrois siecles. Les colonnes aui forment
Le troisieme étage do plirst couronné de machiles terrains, a gauche, oú avaient existé les maisons des
le portique furent ornées de stucs par les meilleurs arcoulis, sous les arceaux dc911isont peinls vingt-qualrc
gibelins Uberti, que le peuple avait démolies. l&gt;
tistes de la Renaissan ce
Ain_si s'explique pouren i565, a l'occasion du
quoi la tour n'est pas au
mariage du prince Franmilieu de l'édifice. D'un
~ois, fils de Come J•r,
coté, se trouvait un emavec
l'archiduchessc
placement sur lequel il
Jeanne d'Autriche.
était défendu de batir, de
Au milien de cette cour,
l'antre, µne église qu'on
s'éleve une fontaine déne voulait pas abattre; il
corée d'une charmante
s'ensuivit que la fa~ade
statue en bronze, reprédut demeurer irréguliere.
sentant un enfani qui tue
En outre, l'origiue difféun poisson, par Verrocrente et antérieure de la
COUI\ DU_PAUIS DE U SKIGNEURIK.
chio.
tour explique pourquoi
LE PALA.IS 08 LA SEIG!iEURlE : Miuistere des Affaire• élrangéres et de l'Agriculture et du Commerce.
C'ist la Salle des l;inqles créneaux sont échanCents, qui servira aux séances du Parlement italien. Cette La la~ade, a vec ses dix-sept fenctres et ses cinq portes
crés,
c'est-a-dire
gibelins,
tandis
que ceux du palais sont
salle fut batie en 1404, apres l'expulsion des Médicis et ·1a offre un coup d'ceil imposant, m1lgré tous les défauts qu:
¡ivré de ses allures pé1antesques. Le texle est de Müller
restauration du régime républicain sous l'influence du moine lui reprochent les hommes de l'art. L'attique est
et Stahl, les vignettes de Yan Oargent. Moins l11xueux, parallélipipedes, c'est-a-dire guelfes.
Ce vaste édifice présente une masse quadrangulaire,
Savonarole. La construction avan~aitsi rapidement, que Sa- ¡ourd; les portes ne sont pas d'aplomb avec les fenetres.
moins cboyé que sa pelite sceur Ilsée, pour qui on ne
vonarole prétendait que les anges y mettaient la main. Au seizieme siecle, quatre portes furent murées et Michelpeut inventer de vétcments trop délicats, le nouveau divisée extérieurement en trois étages. La fagade n'a
Des qu'elle fut acbevée, le frere Jérome y convoqua les re- Ange fut chargé d'y pratiquer des fenétres dont le style
Robinson réunit cependant, dans une agréable mesure, que de tres-rares croisées et qu'une seule porte. Auprésentants du pcuple au nombre de mille. lis y siége- j 11re avec celui du reste de l'édifice. C'est un de ces anautile dulci, le charme a l'utilité. C'est la premiere ency- dessus de cette porte, on 'voit un médaillon contenant le
monogramme du Christ, accompagné de l'inscription
rent jusqu'a la prise de la ville par les Impériaux en 1531. chronismes et de ces solécismes qu'on ne remarque plus
clopédie de l'enfance.
.
Cette salle est enrichie d'un grand nombre de statues tant ils sont communs dans les palais italiens. L'époque
Nous ne voyons p~us rien a l'horizon des étrennes, s1 suivante :
Iesus Chrislus rex Florentini
allégoriques ou historiqucs. La volite est couverte de pein- actuelle, comme pour rivaliser de barbarie avec les préce n'est les monuments anciens, immortels, le Dante, le
S. R. Decreto electus
tures dont une est singulierement flatteuse pour Florence. céde_ntes, a affublé les fenetres du second :étage de
Pcrrault, l'Atala et le Don Quichotte.
ANORÉ LEFÉVI\E.
Elle oílrc la réception des douze ambassadeurs, envoyés pers1ennes verles. Proh pudor/
En- 1527, la république florentine, menacée de toutes
par diverses puissances a Boniface VIII poür le célebre
Tout l'extérie_ur cst incrusté de pierres en bossage qu
~
parts et ne sachanl plus a que! saint se vouer, se mit sous
jubilé rle l'an i 300. Tous ces ambassadeurs se trouverent vont en se rapet1ssant a mesure qu'elles se rapprochent du
la proteclion de Jésus-Christ et l'élut pour son roí, sur la
c:re Florentins, ce qui'fit dire au pape que les Floren- couronnement. Ces pierres ont pris avec l'aO"e une belle
LES MINISTERES DU R0YAUME D'ITALIE
.
o
proposition du gonfalonier Capponi. Cette nomination, faite
tios étaien t le cinquieme élément. Voici la Iiste des puis- temte sombre qui les fail resse1rrbler a du bronze. 11 en
A FLORENCE,
par les mille membres du Gr:i.nd Conseil Al'unanimité des
sances qui avaient choisi des Florentins pour les repré- est de meme de tous les édifices florentins de la meme
votes moins vingt, n'empecha pas la république de succomsenter aupres du Saint-Siége : c'étaient le roí de France, période, qui sont batís avec des gres de Fiesole. JI est
Le Palais de la Seigneurie et le Pabis Médicis.
ber quatre ans apres, sous les armes de Charles V et de
le roi d'Anglelerre, le roi de Bohéwe, l'empereur d'Al- entouré a sa base d'énormes bancs de pierre ou des bouClément
VII.
lemagne, le roi de Sicile1 le roi .'.de Naples, les seigneurs quinistes étalent leur marchandise. Aulrefois, au bon
Les monuments sont des documents. Dans les villes ou
COUll DU P!LAIS MÉDICIS Devant
la
fa~ade,
on
voit
le
groupe
d'Hercule
et
Cacns
le présent n'a pas dévo_ré le passé; chaque édifice est

cette remarque s'applique. La reine del' Arno a conservé,
L'histoire nous fournit a son tour le Christophe Colomb
comme un livre d'histoire. C'est surtoul a Florence que
de M. de Belloy; le nom de l'auteur et du héros suffisent
presque intacts, tous les anciens témoins de sa gloire
au succes. Sous ll.\ titre de Récits historiques, M. Dauban a
et de ses vicissitudes. Son Palais de la Seigneurie, vieille
réuni, sur les événements principaux de l'histoire rofurteresse, féodale, est comme le représentant de la rémaine, une foule d'excellents passages tirés et traduits
publique ; le palais Médicis, morne comme une prison,
des auteurs les plus divers; l'idée esl bonne el parl'aitement réalisée. C'.est un livre ·c1assique, mais intéressanl, est le digne berceau du despotisme.
A présent que ces célebres édifices.vont recevoir une
qui peut parfaitement convenir iJ. des enfants sturlieux.
nouvelle vie en devenant !'asile des nouvelles institutions
Aux adolescents moins sérieux, le tres-judicieux édide l'Italie, il est intéressant de feuilleter leurs pages a
teur Hetzel, doublé du bon, de l'ingénieux P.-J. Stahl, préla clarté de l'histoire, et de signaler les principaux évédente un bijou de tlélicatesse dans une enveloppe qui est
un chef-d'ceavre de bon gout .. Puisse la Petite princesse nements dont ils on t été le théalre.
Le palais de la Scigneurie, qui doit contenir le ParllséP. la petite source lütiere d'abord, si amoureuse de
lement italien et les ministeres des affaires étrangeres
sa :ureté qu'elle' s'isole dans des creux inaccessibles,
et de l'agriculture et du commerce, fut ha.ti en i 298 sur
puis punie de son orgueil et heureuse de répandre qans
les dessins d'Arnolpbe, restauré par Michelozzo d'apres
les plaines la verdure et la vie, enseigner aux jeunes
les intentions de Come l' Ancien, et refait intérieurement
lecteurs surtout aux lectrices, que l'utilité est le plus
'
. a l'usage de Come J•r, par Verani.
diO'ne but de l'existence, but noble et beau par lm, Le chroniqncur Jcan Villani nous apprend les raisons
m~me. Un mot encore au Robinson suisse, embelli et dépour lesquelles ce pa-

1

,

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L'ILLUSTRAT10N, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATlON, .IOURNAL UNIVERSEL.

vieux temps, les maitres du logis se tenaient la, les rnirs
d'été, a faire la causette avec leurs amis. La voie publique était leur salon, et ces bancs étaient leurs sofas.
11 y a deux cours. La premiere, supportée par des colonnes d'ordre corinthien, date de la fondation du palais.
Le marquis Riccardi fit orner les parois internes d'encadrements qu'il rcmplit d'inscriptions grecques ou latines,
de cippes fun éraire~, de fragments de bas-reliefs an-tiques. Daos la frise qui regne entre les chapiteaux des
colonnes et les feoetres du premier étage, on voit douze
médaillons, rlont quatre contienncnt les armes de la famille Médicis, et les hYit autres des bas-reliefs par Donatel10.
La secoode cour n'a de remarquable qn'une fontaine
surmontée d'•me statue d'Alexandre de Mrdicis, premier
duc de Florence. 11 est représenté ou, un sceptre daos
ll\ main droite.
Loms DEurnE.
(La suite prochainement.)
_ _ __ _ _ , , , - - ~ - - - - - -- CIIUIIERIIE DIIIA■lTDQIUII,

Une petite scene, qui, apres de brillants déhuts, donnait
depuis quinze ans, pour tout spectacle, celui d'une lente
et triste agonie, le Thédtre Deaumarchais, passe en ce moment par une de ces crises, et su bit une de ces médications qui sarivent un malade ... ou l'achevent.
L'argent, cela va saos dire, est la base, l'excellente
base de ce traitement énergique, et tout va dépeodre de
la fa~on dont il sera administré, autrement dit, du talent
du nouvel administráteur.
Le premier soin de ce docte 11r, qu'on dit habile, a été,
naturellement, de faire faire pean neuve au malade, et,
grace a la susdite base, le traitement a parfaitement
réussi. La salle du Thédtre Beaumarchais, daos ses dimen-sions re&amp;treintes, est aujourd'hui une des plus confortables et' des plus éléganles de Paris.
D'abord, on y entre ais~ment, et, ce qui est beaucoup
plus rare, on en peut ~ortir. Entendons-nous bien, cependant, quand je dis qu'on en peut sortir, c'est en ce sens
qu'a la fin du spectacle, la sorlie s'effectue avec moins
de difficulté que daos la plupart des autres théatres.
1
Ainsi, par exemple, supposé le cas d incendie, tandis
qu'au Gymriase, a la Porte Saint-Martín ou i l'Ambigu, le
quart au moins des spectateurs aurait chance de se
sauver, c'est tout au plus si, au 1hedtre Deaumarchais, le
merne nombre périrait dans les flammes.
Hassuré, dans cette mesure, sur un point que j'ai la
faiblesse de regarder comme important, le spectateur a en juger par moi - a l'reil réjoui, en entrant, par la
décoration rouge et or de la salle. On sait tout ce que
les toilettes, et méme mieux que les toilettes, empruntent
de retlets doux et chauds a ces toas aimés des Rubens,
des Van--Dyck et autres peintres· de la chair. Toutes les
couleurs ont été essayées pour la décoration intérieure
des salles de spectacle; mais il a toujours fallu en revenir a ce rouge-groseille, a ce rouge ardent et calin
également favorable a toutes les carnations du beau sexe,
a toutes les ébenes, a tous les. jais, a tous les ors des
chevelures féminines et meme atout !'argent des notres.
Malheureu~ement,au Thédtre Beaumarchais, lestoilettes
et les épaules ne brillent encore que par leur absence.
Les fonds et les accessoires sont supérieurement et richement traités, mais les personnages manquent d'éclat et
de relicf; quelquefois meme, par places, ils font tache,
ou restent a l'état de pure abstraction.
Je sais bien que le c!irecteur est un peintre habile, et
je comprends aisément qu'a ce titre, il n'ait pas d'abord
laissé s'éclipser, sous une foule de portraits vivants, la
splendide fraicheur des susdits fonds et accessoircs; mais
il y a un terme a tout, la figure hu maine, etje diraismeme
le nu, réduita. de justes limites, sont le plusdigneobjetde
tous les arts imitatifs, et moins que tout autre un théAtre
doit étre un tableau de natore morte.
Mais n'insistons pas davanlage sur ces détails. Que le
public, et la salle 011 il est parqué, soient la chose essentielle daos un théatre, je serai toujours le premier a en
convenir. Mais que les ouvreuses, l'orchestre, les décors,
les actrices, les acteurs et meme les picces aient aus,i la
quelque importance, on ne refusera pas de me l'accorder,
je suppose, ne f1it-ce que par politesse. En tout cas,
te lle est évidemment une d€s convictions de la direction
Beaumarchais, a ea juger par le soin qu'elle a mis a organiser toutes ces parties du service.
,
Disons done que rarement il nous a été donné de voir

des ouvreuses aussi heureusement choisies que celles du
nouveau Thédtre Deaumarchais : jolies et meme prévenantes jusqu'au degré, exclusivement, ou commeneerait
l'importunité; - uniforme élégamruent simple; - age
moyen, l'age de la r!iscrétion, de la prudence, de l'indulgence; trop de maturité pours'intéresserpersonnellement
aux faiblesses humaiues, trop de jeunesse encore pour
n'y point compatir; - physique du meme genre, et a•n
memes fins a peu pres: rico qui blesse une vue sensible,
rien qui puis~e amener d'encombrement daos les couloirs. - En un mot, comme vous le voyez, la perfection,
le type, l'idéal de l'ouvreuse parisienne.
L'orchestrt, moins indispensable peut-etre, mais qui a
bien pourtant, luí aussi, sa petite importance, l'orcheslre,
composé en grande partie dejeunes gens, accuse chez le
directenr une ambition qui pourrait un jour, saos désavaetage, s'élever jusqu'a l'opérelte. Pour le moment, il
accompagne les entrées et sorties des comédiens; il don ne
la clédu sentiment daos lequel doivent etre interprétées
les situations de la piece; il revc, il tente d'impossibles
accords avec les décharges de mousqueterie et les coups
de canon qui tonnent et détonnent dans les plus beaux
endroits du drame. Il charme aussi la longueur des entr'actes, par des airs variés que le public semble assez
vivement gouter. En fin il a donné devant moi une
preuve de modestie et de bon gout, en se refosant a rejouer un sohi de grosse caisse que toute la salle avait
bissé.
Passons maintenant aux décors: il n'y en a pas moins
de six ou huit daos la piece d'inauguration, et la plupart
sont fort jolis. .Peut-etre, et c'est la seule critique a ·ea
faire, représentent-ils des espaces trop vastes pour les
proportions exigucs auxquelles les réduit foreément le
peu d'étendue, et surtout de profondeur de la scene. Mais
ce défaut a son bon coté; il inilie aux artifices de l'art
décoratif un public toujours, et plus que jamais, curieux
des petits mysteres scéniques. A voir ces décors qui, de
loin, feraient l'effet de la nature meme, et qui, de si pres,
laissent compter tous les coups de brosse et toutes les
tfainées de balai de l'artiste, bien des illusions vont s'évanouir sans doute, mais l'éducation du peuple en profitera.
Et le voila ainsi presque résolu, ce probleme dont l'inventenr de Mattre Guérin cherchait la solution par la
mécanique; la voila obtenue, san~machines et sans gendarmes, obtenue par la seule grace de l'art, cette fameuse
instruction obligatoire; oui, obligatoire: le théatre aprésent, n'est-il pas devenu une nécessité?
Certes, on me pardonnera de m'échauffer un peu devant
la perspective d'un résultat dont je n'aí fait entrevoir
encore qu'une moitié de la grandeur; car, désormais,
quiconq11e aura vu les décors de Robert Sttrcouf, se dira,
si enveloppé qu'il puisse etre encore daos les vieux tanges
de la snperstition: - décidément, ils ne sont pas rnrciers,
ces peintres.
Et ce n'est pas tout : cet utile désenchantement, grace
au splendide éclairage de la nouvelle salle Beaumarchais, il s'étendrajusqu'a la personne méme des acteurs
et actrices, et ce s~ra encore aulant de gagné pour la
morale. En les voyant plus distinctement que partout
ailleurs, ces beaux jeunes-premiers, ces ravissantes ingénues, ces divines grandes coquettes, véritables déeors
vivants, en reconnaissant au premier coup d'reil ce qu'ils
doivent a la peinture, et tout ce qu'il y a chez eux de
postiche, ou se dira qu'eux non plus ils ne sont pas sorciers, ou que leurs charmes, en tout cas, relevent toutau
plµs de la magie blanche.
Heureuses alors celles qui n'auront cu qne peu de
chose a emprunter a l'art, telles que Mm• Aguillon, par
exemple, ou qui devront tout ala nature, comme Mil• Gérard ! Ceci nous amene a parler de la nouvelle troupe
donl cette toute jet.ne débutante est, jusqu'ici, la meilleure recrue.
Ce n'était ¡,as une petite affaire que de composer toute
une troupe dramatique, ne fut-elle meme que passable,
sous les yeux per~ants et entre le~ griffes agites de la
fameuse compagnie, Nantaise hier, Parisienne aujoard'hui, Universelle ... apres demain. Eh bien! ce coup de
maitre, il a été fait en un tour de caries par un homme
nouveau dans la carricre, M. Dufour; et, sur ce nom, de
grace, pas de mauvaise plaisante;ie : rien de plus sol
que de jouer sur des ooms propres; c'est bien Dufour
que s'appelle cet habite homme, et non du Four, comme
l'ont dit et le voudraient certains prophetes de malheur.
Robert Surcouf, la piece d'ouverture du nouveau théatre Beaumarchais, ne compte pas moins de vingt et un

1

personnages, dont la plupart ont une assez grande importance, el qui tous sont rendus au moins fort convenablement. De Jouanni, l¡iur chef de file sur l'afAche,
et auquel est échu le principal role, je dirai seulement
qu'il a fait ses preuves, tell es quelles, sur plusieurs de
nos grands théatres. Talent moins hardi, moins passionné que correct, le róle d'un corsaire tel que Surcouf
n'était peut-etre pas ce qui convenait le mieux a la taille
de Jouanni, et la direction doit a présent s'en rendre
compte; l'honnete, le bourgeois; le sage Jou;¡.nni, servira
toujours mieux daos un corps régulier que dans une
arme aossi exceptionnelle, aussi fantaisiste, dirai-je, que
celle de messieurs les forbans. Meme avec des Iettres
de marque, ce n'est pas la mer, c'est quelque chose de
moins vaste et de plns nourrissant que sauront t.:injours
le mieux écumer ces douces natures.
Cette campagne hasardeuse aura pourtant serví a
Jouanni : elle lui aura permis de révéler un don et un
talent qu'on ne tui savait pas encore, ét que la direction
pourra utiliser, si elle réalise ses prC1jets d'opéretle et
meme d'opéra-comique. Jouanni, au moment d'attaquer un galion anglais, chante fort agréablemeut une
chanson de bord dont les paroles et la musique ne manquent ni d'entrain ni de couleur maritime. Ce petit morceau, dont le refrain est répété en chreur par l'équipage
de Surcouf, anime un excellent décor représentant le
pont d'un navire, avec larges hunes et cfüijeau de poupe,
comme on n'en voit et n'en verra plus qu'au musée de
marine. C'est la qu'a la ronde succ~dent une manreuvre
et un abordage exécutés avec beaucoup de vérité et d'ensemble, le tout acclamé et applaudi avec non moins
d'ensemble et de sincérité.
Ce n'est pas pour rien que Paris porte un navire daos
ses armes : en attendant que cette ville soit devenue un
poh de mer, ce qui ne peut tarder, ses habitants ont la
passion de la marine, et montrent au besoin une aptitude innée a cette noble prClfession. La frégate-restaurant, en sa qualité de vraie frégate, n'a qu'un médiocre succes, j'en conviens, mais, en revanche, au thratre, les scenes navales n'excitent pas seulement; chez le
public, une ardente curiosité: elles sont encore exécutées avec la plus rare perfection. Robert Surcouf en offre
une preuve nouvelle. Jouanni semble bien un peu embarrassé de son grand porte-voix, qu'il tient, par instants,
comme une seringue; mais tout son équipage, Dumas
en tete, n'est composé que de matelots fin is, etM11 • Brache grimpe dans les haubans, s'afTale par le trou du
chat, et r.hevauche une vergue en mousse qui n'ignorP.
aucun des secrets du métier.
C'est a des titres plus féminins que se recommande
et se fait applaudir Mm• AguilTon, dans le róle de femme
le plus important de la piece. Cette agréable comédienne, dont on avait déja remarqué les débuts a je ne
sais plus que! théatre des boulevards, a fait des progrcs
depu_is cette époque. Elle a une tenue parfaite, et, généralement, elle dit bien; mais elle réussit surtout daos les
traits et les tiradiS de passion.
Citons encore Mm• A. Rolland, pour sa gaieté; Aimé
Gibert, pour sa distinction; Léon Nitscb, ¡,our ses costumes; Lava!, pour sa férocité; d'Eng!em et Brunet, deux
comiques, qui, le premier surtout, font honneur au
choix de la direction. Quant a Karl, bien qu'il vienne
apres Jouanni ~ur l'affiche, c'est lui qui, dans un role a
travest.issement, aurait les honneurs de la piece, saos
Mil• Gérard, déja nommée.
M11• Gérard est la fleur du panier dont nous terminons
ici l'inventaire. On n'a ni plus d'ingénuité, ni plus d'ame,
ni de plus Leaux yeux, ni moins d'art, 011, pour n1ieux
dire, moins d'habi_tudc. Elle ne sait encore, cette enfant, ni entr_er ni sortir, ni se tenir en scene, ni marcber sur ces tristes planches, 011 l'on glisse si aisémenL
Et cependant, que M. Oufour y prenne garde: la Compagoie universelle et les sept péchés capitaux couvent
des yeux cette enfant-la. Mais M. Dufour est hal&gt;ile, je
l'ai déja dit, je le répete, et, pour finir, je le prouve par
un seul trait.
Généralement, les directeurs de nouveaux théAtres
cherchent a se concilier la presse; du moins se croientils obligés de la convier a leurs débuts; eh bien! sen!
pe11t-etre jnsqu'a ce jour, M. Oufour s'est refusé a payer
ce tribut, qui rapporle plus qu'il ne coute; du moins
a-t-il été assez avare de ses invitations púur que l'Ulustrtr
tion et d'autres encore n'en aient re~u que d'indirectes
et de verbales.
C'est la que git l'habileté.
Mieux que tous ses confrerPs, M. Durour connait les

ivains; il sait qu'a un déni de billet , pas un cl'eux
est bomme a répondre par des attaqnes et qn'au
traire, en pareil cas, tous se feront un point d'bon..
ur de publier tout le bien qt¡'ils penseront de son
'atre.
0r, je vous le demande, n'e,t-ce pas la un excellent
lcul, et, de mcme que tous mes confreres, ne viens-je
d'en justifier l'habileté par mes éloges? Tout ce que
avais a dire du nouveau théatre, je l'ai dit, et de mon
iieux. Quant a la picce d'ouverlure, si je n'en ouvre
¡as la bouche, c'est qu'ayant 'peut-etre quelques. criti-¡oes a en faire, je craindrais que l'anteur ne les attrihuat
1a dépit.
Quand je vous disais que M. Dufour est nn habile
•1mme!
n voulez-vous une dernicre preuve? Lisez la spirille réclame par laquelle M. Dufour annence aujour~ui, daos tous lesjourna111, l'inauguration dunouvean·
ll'átre BeaumarchJis, et vous verrez si l'appréciation
'il Y.fait de Robfft Surcouf n'est pas, de tout point,
íorme a la mienne. Voici textuellement ce morceau
fine critique :
• Au Théatrc Beaumarchais, tous les soirs, Robert
Surcouf, drame iL grand spectacle, en cinq acles et
huit tableaux. Tout Paris voudra voir la uoovelle
;alle. Ríen n'est plus coquet, rien n'est plus gracie11x
que ce charmant théalre, qui est, a juste litre, regardé
comme le mieux réussi de tout Paris. 1&gt;

• Pour copie conforme : A .

DE BELLOY.

LES C0MTES D'EGM0NT ET DE H0RNES.
Bruxell•s. 14 déccmbre t 864.

de ses anciens compagnons d'armes qu'íl rencontrait sur
son passage; il était coiffé d'un chapeau orné de plumes; il portait un pourpoint dont il avait lui-meme
coupé le collet avant de quitter la prison, et une robe de
dam:is cramoisi, au-dessus de laquelle il avait jeté son
manteau. - Ce manleau se détache des épaules du
comte, et ainsi l'artisle est parvenu a vaincre une
grande difílculté du vide occasionné par l'écartement
des jambes.
D'apres ces memes relations, on sait que le comte de
Bornes tenait a la main une toque milanaise qu'il serrait violemment. L'expression de sa physionomie et l'attitude tout entiere de celte majestueuse figure réveleut
la fnreur concentrée qui dominait le noble comte·eo se
voyant conduire a la mort pour prix des services qu'il
avait rendus a sa patrie. Dans l'attitude d'Egmont, il y a
peut-ctre plus de calme et de résignation, mais aussi
moins de fierté que daos celle de llornrs.
Représenter groupées les figures d'Egmont et de
Bornes, c'est une licence saos doute, car ce dernier a
été exécuté une heure apres d'Egmont, mais les liens de
famille, autant que tous les actes de leur existence, et
surtout leur mort, ont rendu ces deux grandes victimes
de Philippe II inséparablcs daos la pensée d'un monument consacré a leur mémoirc.
Les deux statues consacrées a servir d'ornementation
au piédestal et a remplacer les bas-reliefs descriptifs par
une seule figure, représentent, sous les traits de vainqueurs de leurs mémorables batailles, la personnificatio_n de la gloire mililaire de ce, hé~os, lllartyrs de la
tyrannie espagnole. Pour l'une de ces statues, il a done
paru rationnel d'emprunter le costume de la cavalerie
légere commandée par le comte d'Egmont, et pour l'autre, celui de la grosse cavalerie a la tete de laquelle
était placé le comte de Hornes.
On ne peut nier que, pour qui invoque la fidélité morale de l'bistoire, on ne pouvait mieux faire que d'élever
le monument a l'endroit meme oú d'Egmont et de
Hornes tombcrent victimes.
·L'reuvre de M. Fraikin a une vigucur, une sobriété,
une puissance, que l'on n'osait point attendre de ce
ciseau si charmaut, si délicat. Si l'on songe au peu de
parti que l'artiste pouvait tirer du costume, tres-ingrat,
si, d'aulre part, on rétléchit aux difficultés de l'emplacement, jugé longtemps impossible, chacnn se plaira a
reconnaitre que M. Fraikin, en surmontant victorieusement tous ces obstacles, mérite de vif., éloges pour avoir
doté son pays et toute l'Europe d'uue oonvre aussi complete, aussi sagement exécuté, que sagement con~ue.
GusTAVE LE:ll,\JRE.

Le 74• anniversaire de la naissance du roi Léopold,
e l'Europe admire pour son bon sens et sa fidélilé a
parole jurée, ne pouvait etre célébré plus dignement
e par l'inauguration des statues de deux béros dont la
lgique a appris depuis longtemps a vénérer la mé1re : je veux parler des cooites d'Egmont et de Bornes.
lamentable histoire des deux victimes du despotisme
1-pagnol, popularisée par les beaux tableaux de M. Galbt, est trop présente a la mémoire de tous pour que
j croie nécessaire d'insister sur leur bravoure et leur
tn misérable. Disons toutefois que c'est a la place mcme
t leurs nobles tetes tomberent sous la hache dn bourun, que s'éleve, en ce moment meme, le monument
ipiatoire. Le choix de cet emplacement a donné lieu a
~ longues discussions; ce n'est qu·aprcs plusieurs
,anees laborieuses et apres avoir pris !'avis de plusieurs
l'listes du pays, que le conseil communal s'est enfin
noncé pour l'emplacement actuel. Vous connaissez
GOLLECTION COMPLETE
ns cloute, ainsi que vos lecteurs, la belle place de l'Hón••
de-Ville. D'un coté, se dresse l'antique hótel de
ffiUVRES SPÉCIALES POUR PI.UO A DEUX MAI~S
le, surmonté du célehre saint Mir.bel terrassant le
gon. Vis-a-vis dn vieux monument communal, vous
de Beethoven, Mozart, Weber, Haydn
uvez la maison du Roi, d'une importance architectuET DE SEPT S0:'&lt;ATES CllOISIES DE CLEllE:STI.
e tres-grande, et c'est devant eette derniere que s'ée le groupe dont je vous envoie le dessin.
Nous venons de terminer la collection complete des
En raison meme de l'importauce historique et monu- reuvres spéciales ponr piano a deux maiñs de Bcethontale que cette place possede, la tache de l'artiste ven, Mozart, Haydn, Weber, et de sept sonates de Cleargé d'exécuter le groupe d'Egmont et de Bornes of- menti, collection aonotée et doigtée par le célebre
·1 de tres-sérieuses difficultés. Il fallait d'abord rester professeur Moscheles. L'reuvre matérielle était immense.
s le ton, dans la couleur locale, que eette place con• 11 a fallu, pour la mener a bonne fin, un soin, une pere dans toute leur intégrité : toas de bronze et de sévérance, dont on se fera une idée quand nous aurons
. Le piédestal devait avoir assez d'élévalion pour que dit que dix-huit cents planches out été tirées, et que,
motif de la porte, montant jusqu'au deuxieme étage, pour que le tirage fut parfait, il a fallu gue chaque note
' lui servir d'encadrement.
fut découpée séparément et appliquée sur des épreuves
D'autre part, il fallait donner au piédestal la largeur pour former une contre-planche en relief qui permlt de
essaire pour éviter la lourdeur. Pour le meme motif, surpasser l'impression ordinaire. C'est a ce travail, mépanneaux clevaient recevoir quelque ornement léger; ticuleux, microsco!lique, inusité jus,qu'a ce jour, q1ii
n, la couleur des écussons devait servir a lier plus exigeait une grande patience et un temps considérable,
·mement le bronze avec la pierre. Bref, tout l'en. que nous devons d'avoir atteint a la perfection.
ble du monument devait etre inspiré par l'aspect de
Cette collection complete est une des .primes les plus
cien perron, dont la disposition avec fontaine et es- importantes qui puissent etre ofTertes au-c abonnés d'un
ier datail de la plus belle époque de la grande place. journal. L'édition annotée et doigtée par Moscheles
tes ces diffi6ultés, M. Fraikin est parvenu a les sur- passe a bon &lt;lroit, en Allemagne, pour la plus parfaite
nter fort heureusement : le nom de M. Fraikin était 1 ~~ ~o~les celle_s. qui ont, été publiées; elle rest~ ~o?1me
gage certain de l'reuvre qu'on lui avait confiée.
1ed1t1on déílmt1ve, et c est parce que sa supér1or1tc c~l
L'artiste a ch0isi pour sujet de son groupe le moment unánimement reconnne, que l'lllttstration en a acquis la
les comtes d'Egmont et de llornes, les deux héros ele propriété exclusive pour la France et la Belgique.
'felines et de Saint-Queutin, marchent au supplice.
Elle forme l l vo'umr.s de 160 pages chacnn. Le prix
Les relations hisloriques de l'époque constatent qu'au pour le puhlic est de 87 fr., mais il sera réduit a 50 fr.
ment 011 le comte d'Egmont fnt conduit au supplice, jusqu'au iº' janvier 1865, pour tout abonné qui adreslenait a la rilain un mouchoir et saluait du geste ceux sera sa demande avant celle époque. (5 fr. en sus ponr

---~

I

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frais d'emballage et de mefsagerie.) A partir du 1er janvier, le prix de la collection complete, pour les souscripteurs de 1'1llustration, sera irrévocablement fixé a 60 fr.
A.M.

ARCHÉ0L0GIE C0MPARÉE.
Comparaison des monuments buddhistes de l'Asie avec le~
symboles drs anciennes pierres levées de l'Écosse.
Résumé d'un lllémoire de M. Thomas Wise, de la Société
Royale d'edimbourg, et de divers documents hindous.

Les anciens monuments de l'Hindostan, comparés a
ceux de l'Europe occidentale et méridionale, ont entre
eux de frappa-gtes analogies. Celles-ci suffisent a constaler un passage des raees asiatiques sur les littoraux
de la Méditerranée, de l'Atlantique et de la Baltique.
Les monument~ communs a la presqu'ile de l'Jnde et
a l'Europe celtique peuvent se diviser en quatre classes.
i O Les Cairns et les Barrows.
· Les cairns sont des monceaux de pierres. Les barrows,
des monceaux de terre. Pres d'Hiderabad, un de ces
cairns est environné d'un cercle de pierres, comme ceux
des pays européens.
2° Les Cromlechs et les Kist-Vaens.
Les cromlechs sont formés d'au moins de~x pii:rres
verticales recouvert~s d'une pierre tabulaire. - Les
kist-vaens se composent de plusieurs pierres verticales
surmontées d'une pierre horizontale. Les parois intérieures de ces constructions formentchambre ou coffre,
ainsi que !'indique le mot danois kist.
Une large dalle pave les kists et les cromlechs. Elle
est percée d'un orífice circulaire pour laisser aller et venir a volonté !'ame du mort, dont elle préservait la dépouille humaine. Sous cette dalle, on trouve des urnes,
Jes poteries rouges ou noires contenant les cendres purifiées par l'incinération, et des sarcopbages avec leurs
squelettes.
La forme des cromlechs et des kists varie : le eolonel Mackenzie en déc(luvrit pres de Rodroog, dans l'Jnde
centrale, ou l'on distingue les tentatives sculpturales
d'un art avancé. Comme les cairns, les cromlechs sont
quelquefois entourés de cercles de picrres.
3° Les Mens, les Obétisques et les Mut~.
Les mens sont des pyramides tron&lt;¡uées, en pierre
brute, debout et isolées. Elles sontconnues en France sous
le nom de pierres levées. En langue celtique, men signifie
pierre, el l'on trouve des meas partout ou cette langue a
régné. Les obélisques frustes de l'Inde centrale rappelleut les mens de l'Europe. Mais certaines parti~~ de
l'lnde ne fo~rnissant pas d'asse1 larges blocs ~e pierre,
on y a subst1tué des structures appelées Muts dans les
lndes. Elles sont comµosées d'Üne cbambre et d'une espece de clocher pyramidal. Ce ne sont que des modificatioos visibles de l'érection monolithique. •Les Hindous
construisent encore aujourd'hui des mnts.
Les mens celtiques ne sont, le plus souvent, que des
mémoriaux d'événements importants. Les obélisques, en
général, sont funétaires : tantot mausolées ils sont
•
1
'
halls sur les cendres d'uu mort regretté; tantot
cénotaphes, ils ne marquent qu'un souvenir. Ces muts
sont plus ou moins bien décorés ¡ ils consistent en une
o·u plusieurs pyramides en cloche. Les meas, ou pierres
lcvées, les ohélisqnes et les muts paraissent avoir été
quelquefois dédiés a la divinité.
4° Les Cercles de pie-tres.
Ces cercles semblent indiquer des lieux sacrés destinés
a. autre chose q·u•a signaler des tombes. Les cerclcs de
l'ln&lt;le centrale sont a peu pres de meme dimension que
ceux existant encore en Écosse. Ceux-la, formés de picrres arrondies p.1r le frottement des e4ux, mesurent de
7 mctres 80 a 9 metres environ. Un cercle ovale mesure
9 metres sur 7 metres 95.
En Europe, au fur et a mesure que le christianisme
et les arts firent des progres, on cessa de construire de~
monumenls de ce genre. Il n'en a pas été de mémedans
l'lnde. Les cercles de pierres s'agrandirent peu a peu
jusqu'a donner des temples aussi vastes que celui de
Depaldinna (la colline, la montagne de lumiere), dont on
admire les ruines magnifiques pres d'Amravatty. La gisent d'immenses excavalinns environnées de cercles concentrique$, formes d'innombrables pierres couvertes de
figures m,ythologiques et d'inscriptions en sanscrit des
trois idiomes. Les scul ptures-sout remarquables et les imcriptions supérieurement gr:1vées. Daos le voisinage, existent des restes nombreux de kists, de cercles et de barrows,

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par la distance et le temps. Les noms de rivieres d
montagnes et autres portions ,des . terres du sud e; de
l'ouest de l'Europe, portent temo1gnage 1de ce qu•i
ont appartenu a une race celtique antérieure aux pre.
mieres dates authentiques de l'histoire. Cette seule cir.
constance montre a l'archéologue une ligne de recher.
ches qui, suivie avec persévérance, renouerait le fil roD'. •
pu de la tradition entre les races antiques et les raccs
modernes.
Les races asiatiques envabirent l'Europe a des époqurs
différentes de civilisation. Il s'ensuit qu'il existe des di(.

Ces quatre classes de monuments s'élevent principalement dans les endroits retirés et d'un aspect sauvage
de l'Europe celtique et de l'Indostan.
Les traits essentiels des anciens cercles de pierres de
I'Inde centrale sont réunis a Culna, pres des rives de la
Bargaretla sacrée on riviEre Hoogly, dans deux structures
appartenanl au Maha Hajah de Burdwan. Dans le premier temple, il y a deux cercles concentriques de cent
buit blocs de marbre, portant chacun un temple. Le cercle extérieur a ses entrées nord et sud, etcelui
intérieur est et ouest, a peu pres comme Depaldinna.

39¡

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

GRAIN DE RA!SIN FENDU
PAR L'OIDIUM.

KIST-VAEN.

CROMLfiCll.

férences dans leurs idiomes, leurs monuments et leui;
usages. Quelques remarques sur les peuples asiatiques et leurs religions feront comprendre les expfo.
tions des biéroglyphes des anciens obélisques de l'/:cosse, dont ce résumé s'occupe plus spécialement.
Un réformatenr du saba"isme et de l'adoration br!h•
minique du feu des anciennes races asiatiqucs donna
naissance a la forme actuelle de la religion buddhistc.
Celle-ci s'établit dans le nord de l'Inde, au vr• siecle ami
J.-C. Le buddhisme, inculqua la croyance d'une triade 011
trinité de la perfectibilité de la nature bumaine, de In
transrnigration des ames, de la vénüation des serpcnli
et de certains arbres, etc. La sainteté des pretres étail

Dans le centre de celui-ci est un grand bassin d'ran.
Dans le temple de Bengale, ou le culteestrégulierement
cfübré, il y a un puits appelé le Yoni, ou symbole de
Parvati, le principe fémiain de la création.
Cette identilé générale des anciens monumcnt,s du suJ
et de l'ouest de l'Europe et de ccux de l'llindostan se
prouve encore par la conformation pbysic¡uc des races
qui babitent les conlrées éloignée,, par le rapprochement de leurs lois, de leurs coutunies et les
affiaités extensives et décidées du ccltique et des autres langages de l'Europe occidentale avcc le sanscril.
Ce sont la des évidences prononcées d'une coanexiou
reculée entre des r¡¡ces a présent si largement séparécs

CH1RllON DU MAIS.

RIZ CO~IMUN.

FlTUQUE ÉLEVÉE.
STATUE DE. DAUBENTON, INAUGlRÉE ·AU JARDIN D'ACCLlliATATION.

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AGARIC CHAMPih'RE.

ABEILLE MALE. ABEILL~ l!RRE

l!O~U.füNT DES COMTES D'EGil!O~T ET DE RORNES, A DRUXELLES. - D'apres une ph, togrdpb1e ae

grande, Jeur zele actif, la bénévolence des doctrines efficace; la nouvelle religion s'élendit done avec rapidité
sur tout l'Hiadostan. Quelque temps apres l'invasion de
l'Inde par Alexandre le Grand (247 ans avaat J.-C.),
Asoka, le grand monarque buddhiste, régnait sur ce
pays; il propag_ea probablement la religion en faisant
graver ses édits et ses préceptes sur les rocbcrs et les
piliers (ldts) de son empire. On n'avait pu,jusqu'ici, déchiffrer le dialecle vernaculaire de cette période; Je génie de James Prinsep a pu seul y arriver. Ces inscriptions, modifiécs, sans doute, selon !'esprit des peuples
:i.uxquels elles s'adressaient, sont tres-nombreuscs dans
l'Inde. Elles enseignent l'honneur aux parents et aux
membres de la tamille, le respect et la libéralité aux
bons, et a leurs guides spirituels, la tempérance et la
modération daos les parol~s et les actions; enfin,
l'humanité la plus touchante e'nvers l'homme et les créatures inférieures. On cssaya de convertir a cette doctrine les contrées soumises a Alcxandre (satrape de Perse ); a Antigunus (souverain de Phrygic et de Lycie), a

.». C.

_:·· .~

--

-rH1EB,WL'1'

CHOU-RAVE.

MOISSONNEUSE DE MM. BURGESS;¡ET KEY.

LA COURTILIBRE.

ABEILLE OUVRIERE.

N,yt.

Magas (beau-fils de Ptolémée), a Philatlelpbus-Ptolémée
(soit le premier ou les quatre premiers princes de l'É·
gypte), et a Antiochus Je Grand. Ces noms ont été pré·
servés de l'oubli a cause de leur notoriété dans l'lnde.
Les buddhistes devinrent bientót une congrégation
ricbe et puissante, et, dans le v• siecle, le voyageur
cbinois Fa-He:i.n trouva le tiuddbisme la religion domi•
nante de J'Inde. Au vu• siecle, un autre Chinois (HwanThsang) la trouva déja une religion dégénérée. La richesse, l'ég&lt;&gt;'isme et l'hypocrisie l'avaient corromp11e. JI
en résulta une guerre CJJtre les Hindous et les brahmi·
nes. Les buddbistes, vainc11s et persécutés, se réfugic·
renta Ceyfan. Ceux qui mtcrent daos l'Hindostan
toujours, depuis cette rl~l'aite, été peu nombreux; ill
vivent encore aujourd'bui dans les austérités les plussé-!
veres et les plus monotoncs de la vie monaslique. OD
en compte dans toute l'Asie envirón trois millions.

~SR DU SRIGLl! GROSSIE (b¡
iT GRANDEUR NATUHFLLE a)

CHENILLE DE LA PHALENR EFFEUILU,¡TE

ºº'

ARISTIDE ME!lll,LE,
illEN.

OBÉLJSQUE.

(La suite prochainement )

TAURUU DE ll RACI! WEST-HIGHLAND (Voir page 398).

COSSUS GATE-B01S.

�398

L' 1LLUS'l'RATION, JOUílNAL UNlVERSEL.

L' ILLUSTRATlON , JOURNAL UNIVERSEL.

blage de petits traités saos ordre et saos lien, tandis qu'il
nous offre un tout ou les choses sout bien a leur place
IL.i ~ lFIL.lUf~ IIDl1ILIL~~
DAUBENTON.
et se rattachent naturellement les unes aux autres, comEN
La statue récemment inaugurée au jardín que possede me si elles étaieut l'reuvre d' un seul. Ce résultat surprela Société d'acclimatation au bois de Boulogne, est un nant n'est pas un des moindres mérites de la publicajuste hotmeur rendu a un des hommes les plus utiles, tion qui nous occupe, et quand on son ge aux efforts et RÉSERVEES AUX AilONNÉS DU JOURNAL L'ILLUSTRATIOX
les plus savants et les plus modestes a la fois dont la aux sacrifiees qu'il implique, on loue saos réserve ceux
France puisse s'honorer. Le dessin que publie aujour- qui se les sont imposés, en meme temps qu'on félicite
d'hui l'Illustration, do. au ciseau magistral de M. Godin, M. Joigneaux de les avoir obtenus.
Ce n'est pas en quelques lignes que nous pouvons
témoigne que l'artiste était digne de son héros.
donner
une idée de ce grand travail, oii l'on n'a rien
Daubenton, né a Montbard, en Bourgogne, en i7f6,
PAR M. JULES JANIN
omis
de
ce oo.\l importe de savoir daos une ferme et
est mort a la fin de t799, a \'a.ge de 83 ans, professeur
t mngoiftque 'l'olume royal in-4°. Paple,
d'bistoire naturelle au collége de France, membre du daos une maison de campagne: qualités nécessaires au
cultivateur
~t
a
la
ménagere,
étude
des
terrains,
engrais
extra-fin de Jeund'hcurs
Sénat. Son pere le destinait a l'état ecclésiastique. 11
de
diverses'sortes,
théorie
et
pratique
des
labours,
assai.vint a Paris, et,. au lieu de suivre les cours de théoloE Nl\,ICilI DE 453 GRAVUH 11S
gie, il se livra avec pasEion a l'étude de la médecine et nissement et défricbemcnt, constructions: ~oila pour le
BXÉCOTÉBS
particuliertment de l'ai:atomie. Apres avoir été re~u début; puis vient la culture des céréales, ou figurent néPAR L'IÍLITE DES GIIAVEORS ET DES DESSINATBORS
docteur aReims, il retourna aMontbard exer&lt;;er la pro - cessairement le ma'is et le riz, ainsi qu'une belle machine
a
moissonner;
celle
des
plantes
tubcrculeuses
avec
fession de médecin. Buffon était aussi de Montbard et
Splendidement relié
dos en maroquin du Levant, plaques en or fin
Daubenton était son ami d'enfance. Nommé intendant des considératious nouvelles sur la maladie des pommes
trimches dorées, gardes en moire
du Jardin du Roi, Buffon con~ut le plan du magnifique de terrc; celle des plantes racines, ou, pour la premiere
· ouvrage qui a illustré son nom; il songea aussitót au fois, nous voyons établir une distinction fort nette entre
( IMPRlllBRlE GÉNERALE DE
LAllURE)
jeune docteur de Montbard, lui fil donner la place de le cbou-navet, racine véritable, et le chou -rave, dont on
Prix : 35 fr. pour Paris
gardien-démonstrateur du cabinet d'histoire naturelle, n'utilise que le renflement de la tige. Les fourragesartificiels,
etnaturels
cultivés
pour
leurs
feuilles
et
leurs
ti
ges,
,
et
312
francs
pour l e s D é partemE;nts
qui devint, sous la direction de Daubenton, le premier
et
quelquefois
aussi
pour
leurs
graines,
cómme
le
pois
musée de l'univers, et associa son ancien camarade
au lieu de 125, prix de la hbrairie
a ses travaux: Daubenton se cbargea des détails de des- gris, occupent un.i large place daos le Livre de la Ferme, Adresser un mandat de 37 francs au directeur du
cri ption et des études anatomiques nécessités par ce~te et nous remarquons que l'attention du cultivateur est
journal, pour recevoir le volume, franc de porl, renvaste conception. Daubenton possédait, nous dit•on, les app_elée par de bons dessins sur les diverses graminées
fermé dans une boite en bois.
les
plus
recommandahles
:
paturin,
vulpin,
fétuque
élequalités 'indispensables pour ce genre d'étude: une
grande justesse d'esprit, une exaclitude rigoureuse et vée, etc., etc.
Les plantes industrielles diverses, en tres-grand nomune pa.tience a toute épreuve.
bre,
et les plantes nu\sibles, ont été l'objet de descripEn effet, '.la collaboration de Daubenton se reconnalt
&lt;EUVRES NOUVELLES DE GAVARNI.
tioos
d'une enctitude rigoureuse. Ces maticres intéresaisément dans les éditions d'ou elle n'a pas été enlevée,
Par -ci, par-la, et Physionomies parisiennes, splensantes constituent la premiere partie de l'ouvrage sous
et complete ainsi l'ceuvre cornmune aux deux savants.
dide
collection de ti O sujets, tirés sur chine par Lele
tilre
d'Agriculture
proprement
dite.
La
seconde
partie
Mais le titre le plus connu de Dauhenton a la recouest
consacrée
a
la
zootechnie
et
a
la
zoologie
agricole;
mercier
~ formant i 11agniMue volume grand in-4° colomnaissance du public fran~ais, e'est l'introduction en
bier,
relié
en m2roquiñ et doré sur tranches :
tout
ce
qui
a
trait
au
bétail
mérite
les
plus
grands
éloFrance de la race ovine espagnole de mérinos, sous
ges;
c'est
a
la
fois
l'ceuvre
d'écri,·ains
en
ren()m
et
de
10 Ir, AU LIBO DI J 10 fr.
Louis XVI. Ce fllt grace a ses soins que le troupeau
prospéra, et grace a ses conseils que la race se propa- dessinateurs habites, ainsi qu'on ·peut s'eo convaincre
5 fr. en sus pour l'envoi franco daos une cai~,
gea. La France lui doit done ses laines fines, c'est-a-dire par la figure du taureau de la race West,-Highland. Les pour la France continentale. Les souscripteur. de
une partie importante de sa richesse agricole. L'instrv.c- chapitres qui traitent des abeilles et des vers a soie sont l'Étranger devront le faire réclamer par leurs correstion pour les bergers, écrite par Daubenton, en i782, est pleins d'inléret; on lira également avec plai~ir et profit
pondants.
en~ore un chef-d'reuvre ou cultivateurs et agronomes le travail ou un habile entoroo:ogiste passe en revue les
insectes
nuisibles
et.utiles
dans
un
slyle
simple,
facile,
vont cbercher de sages et précieux enseignements.
Daubenton est done une des gloires de notre pays et soigneusement dégagé des expressions barbares qui héCOLLECTION COMPLETE
un bienfaiteur de la patrie ; a ce double titre, nous lui rissent d'habitude le vocabulaire des savants. Ajoutons
DES
devions une marque publique de respect et de recon- que les figures viennent en aide au texte et qu'elles ont
été bien exécutées; on en jugera d'ailleurs par celles de
OOUVRE&amp; SPEUUE&amp; POUR PIANO A DBUX IUINS
naissance.
DI
11 faut remercier la Société d'acclimatatiorí d'avoir l'oscine du seigle, de la courtíliere, de la phalene
acquitté, "is-a-vis de l'illustre naturaliste, la dette de la effeuillante, du cossus gate-bois.
BEETHOVEN, 111 OZART, WEBER , HAYDR
La troisieme partie du Livre de la Firme comprend
France.
V1cTOR BoRIE,
IT DI
l'arboriculture et l'horticulture. On ne saurait rien imaSEPT SONATES CHOISIES de CLEMENTI
giner de plus complet, de plus varié, de mieux illustré.
La vigne et ses produits occupenl, ajuste titre, la. place Colleetion allemande, annotée el dóiglée par le célebre profad
d'honneur; non-seulement les cépages ont été bien dé- · IIOSCllELl!S, formant U volumes de 168 pages ehacun, en moyeuae.
LE LlVRE DE LA FERME
terminés, les modes de culture bien enseignés, mais
Cette colleetion, que nous mettons en vente au prix
l'o'idium a élé aussi étudié avec une attention particude s, fr., au lieu de ioo fr. au moins qu'elle emite·
ET DES MAI,SONS DE CAMPAGNE (t).
1iere.' Viennent apres cela tous les arbres fruitiers de nos
rait,s'il en existait une édition fran~aise aussi parfaite,esl
Ce litre est celui d'une des publications les plus re- climals~ parmi lesq11els les pommiers et les poiriers sont réservée en prime au prix de 60 fr., et 50 fr. seule•
marquables de notre temps, par les sujets qu'elle em- assuremcnt en premiere ligne. On a eu l'excellente idée ment po11r ceux de nos abonnés qui en feront la de·
brasse, par les belles et lres-nombreuse3 gravures qui de figurer en regard de la description les meillcurs fruits maude avant le t5 janvier prochain.
les illustrent, par une impression irréprochable, et sur- .de chaque genre, et, sous ce rapport, le chapitre du poiComme pour le Gavarni, ajouter 5 fr. en sus pour
tout par une rédaction claire et presque toujours atta-• rier devi~nt un véritable musée d'au nous sortons la frais de port et d'emballage.
chante, meme dans les questions ou le public ne soup- poire Duchesse d' Angouléme.
~onne aucun attrait. Tout ce qui intéresse l'économie
Les arbres a cid re n'out pas été plus oubliés que les
l'Urale a été traité, dans le Livre de la Fe1,me, par des arbres des forets, et pour donner une satisfaetion légihommes spéciaux, forts de ce que la pratique leur a rn- time a tous les amateurs, il a été parlé aussi des arhustcs La France ancienne et moderne, par Mary Lafon, 1 beao •
in-8•. - Jérusalem et la terre sainte, par l'abbé G. D, •
seigné, surs de ce qu'ils avancent, et aussi heureux d'ornement, des pares et des serres. Un long et intéresvol. in-8•, Morizot éditeur, rue Séguier, n• 3.- Corresptll'
qu'on peut l'etre pour les explications théoriques daos sant chapitre a été atrecté a la culture potagere, mise a
dance de Nupoléon ¡er, publiée par ordre de Napoléon llli
l'état actuel des connaissances humaines. 11 est permis la portée des intelligences les moins exercées; nous y
16• volume. Pion édileur, rue Garanciere, 8.
de n'etre pas en tout et partout de !'avis des auteurs, avons ludes considérations tout a fait neuves en ce qui
rnais il uous parait difficile de les prendre en défaut sur concerne l¡s champignons; enfin, les plantes médiciComroen~ons par le plus pressé, par les publicatiolll
les points essentiels. Le gros inconvénient des livres en nales et la culture des fleurs completent ce~te troisieme illustrées. La France ancienne et moden1e, par M, Mll1
Lafon, se présente en un seul volume. Un volume PI"
collaboratiun, c'est de rnanquer d'ensemble, d'unité de partie.
vues, e'est de ressembler plus ou moins a ces encycloLa quatrierne embrasse, som la dénomination de con- faire tenir pres de dix-hµit siecles ! On ne dira pll
pédies ou cbacun Illarche asa maniere, sans s'inquiéter uaissances diverses, l'hygiene de l'homme, traitée de que M. Lafon abuse de la patience de son lecteur. Ad
de ceux qui suivent ou de ceux qui vont en avant. L'in- main de maitre, l'hygiene du bétail, lacomptabilité agri- ce livre, qui, du reste, est énorme, est-il plutóL un 11'
convénient a été prévu, et pour l'éviter, nuus ne dirons cole, la chasse, la peche et les re_cettes di verses._
bleau qu'un récit. L'auteur procede par résumés et af(f,
pas absolument, mais autant qu'on pouvaitraisounableLe Livre de la Ferme,. on le v01t, est une Ma1son rus- tant d'hábileté, qu'on est tout étonné de voir que
ment le désirer, Ja direction a du se roultiplier, tordre tique dans la plus large acception du mot. 11 aura plus entre daos sa narration , - le fait et l'idée. Le style
quelques résistauces, froisser quelques susceptibilités. Si \ qu'.u~ succes de l_ibr~irie, il aura un succes d'estime, ce vif. Ou sent que l'auteur s'efforce de courir pollt
cettc direction a'1ait monfré de la faiblesse et de l'.rré- qm n est pas a deda1gner non plus.
pas s'oublier aux petits détails. En somme, ce li
M. Mary Lafon, illustré de belles vignettes sur acier .
solution, le Lim·e de la Ferme n'etit été qu'un assemnos premiers artistes, es~ WJ vrai tour de force, U
~
11) C:bez Viclor ldasson, place rle l'École de Médecinr.
1

i ,rm~~~i~

PRIMES EXCEPTIONNELLES

LA RÉVOLUTIONFRAN~Al~E

en.

téresse, et l'on est tout étonné d'avoir franchi tant d'éiapes bistoriques saos avoir éprouvé la moindre fatiaue.
M. J'abbé G. D. est l'auteur de Jérusalem et la Terre
,ainte, un vol~me ou sont décrils, avec beancoup de
goiit et de vér1té, ces paysages célebres, ces scenes qui
sont daos l'imagination d~ tout le monde. De b~lles
gravures accompagnent également ce livre Jérusalem et
/a ferre sai~te. L'auteur, M. G. D., garde l'~nonyme, ou
plutót ne lme que la premiere leltre de son prénom et
de son nom; mais cela suffit pour qu'on reconnaisse en
tui un des prélats les plus éminents du clergé fran~ais.
Q~ant a ~a C?rr~spondance de Napoléon Je•, il n'est pas
de hvre qui so1t d un plus haut intéret. C'est l'bisloire
do Consulat_ et ~e _l'Empire écrile jour par jour par celuila meme qm fa1sa1t cette histoire. On reste confondu devant la prodigieuse activité de ce génie universel qui
prévoit tout, qui combine tout, qui embrasse tout. Nous
regrettons que l'espace 'ne nous permette pas de citer
quclque fragment de cette correspondance de .Napoléon
avec ses freres, avec ses généraux, avec ses ambassadeurs. L'homme apparatt tel qu'il est, sans pompe officielle, mais revétu de toute la splendeur du génie.
PIERRE PAGET.

c?m~arés entre eux : la vulcanite (caoutchouc), la dent
d ivoire (osanore); - rle l'influence des dents cariées
moyens de les conscrver; - les deux dentitions· - le~
~scla,es .d~s préjugés, a propos des dents artificieÍies;etude crtt1qu~ sur q_uelques dentistes contemporains.
To~~e crea~IOn ~u! con~titue un progres 4ans une bran-che d mdustrte merite d etre sianalée
et surtout si elle
0
est d'•une 1mportance
·
·
'
reelle
pour la santé
on ne 'saurait
trop 1~ recommander a l'attention du iuultc. Un des
p~odmts de la parfumerie dont l'utilité est aujourd'hui
ge.néraleme?~ reconnue, c'est sans contredit le vinaigre de
toil~tte Superieur de la maison Botot; ce vinaigre compose de s_ucs de plantes exotiques, possede le parfum le
~lu~ exqm~, et ses propriétés précieuses le rendent bientót
md1spensable aux personnes qui en adoptent l'usaae.
Qua~t aux ,dentifric_es, Eau, et Poudre de Botot, approuve,s par I Académie de Medecine et la commission
norom~e p~r .so.n Excellence le Ministre de I'lntérieur, la
perfe~l\On 1~mrutable de ces produits leur a valu la réputat10n urnverselle dont ils jouissent aJ. uste titre depu1·s
" 1e.
·
AotLE LEBARBIEn.
Plus d' un s1ec

1,E

DE

LA

MODE.

_Donner, a son début, l'adresse de la Teinturerie Europeenne, 26, boulevard Poissonniere au deuxieme étao-e
0
' ·
' daines; mais au-'
~''ta'l
e 1. re~dre un serieux
service aux
¡ourd h~ que pre~que toutes ont été aroeme d'apprécier
ses ad_m1rables te1~tures de taffetas et de moires antiques,_Je rappellera1 seulement qu'elle teint aussi les cacbem1res, et que la gaze de ChambérJ, rendue par elle
rose, ma~ve, etc., garde toute la fra1cheur du neuf.
La ~a1s~n Susse freres, 3i, place de la Bourse, vient
de fa1re I ouverture de son exposition générale des
elrennes. ~out ce que l'art et !'industrie ont produit de
plus parfa1t_ ~t de plus élégant en bronzes d'art pendales, f~nta~s1es _de ~~ut~ ébénisterie, papeLerie d; luxe,
maroq~mer!e, hbrame 1lll¼5trée et jouets d'enfants, se
lrouve réun,1 d~ns ces galer1es a la mode, lorsque l'on a
un cadeau a fa1re.
. P~ur faciliter le cboix de l'acheteu;, tout est marqué
a11r1x fi.xe et en chiffres connus.
Tout~. acquisition au-dessus de iO fr. donne le droit
de, cho1s1r, une des trois primes suivantes : un almanachb1Jou dore' o~ une carte enfantillage aquarelle' ou un
bon de portr~1_t en photographie. .
Pour les v1s1tes du jour de l'an, je ne puis trop recommander_ les ?ea~x et e~cellents,?ants de !fayer, 30,
m.e de la Pa_1x. Parm1 ses art1cles de fantaisie, on trouve a
la1~e le,cho1x de~_plus charmants cadeaux d'étrennes.
. U~e ~Lrenne d a propos, un cadeau utile et cbarmant
afa1re a une filie' a une sreur, a une épouse, c'est une
parure de fourrures. P~ur cette occru;ion, la fabrique de
!-Ourrures, 06, rue de Rtchelieu, met en vente le choix le
plo.s_beau et le plus complet de ces articles' qui, pour
íac1hter le choix de l'acheteur' sont marqués en chiITres
ronuus. C'est ainsi que nous avons vu dans cette maison
de confiance une parure' comprenant le col, le mancb~n et les manchettes, en vison d'Amérique, taxée au
\lrtl de 35 fr., au lieu de 80 fr., sa valeur réelle. D'autres
parares en ast~a~an ~ont offertes depuis 38 fr., au lieu
ír. Un_e d1mrnut1on aussi sensible que celle que je
~ cite ex1stant sur tous les produits vendus dans cette
lla1S00,_ explique l'affluence d'acheteurs qui s'y presse
cbaque ¡our.
!ien_ da ~lus gracieux que les chapea•u et coiffures de
1 Mel~n1e Percheron, 30, rue Vivienne. Le rang que
~ _ma1~0? ~onquis est du ala grace, a la distinctiou,
simphc1te r1che de ses créations se renouv~lant s2.ns
i:esse avec une prodigieuse imagination.
don~ ce temps d~ pluie ~t d'humidité, nous recomrnanetCo a nos lectr1ces le ¡upon multiforme de E. Rattier
, mp. (37, rue du Bac); c'est le seul qui se rétrécisse
1
,
dél 1onté, de fagon "'., ne pas gener
la marche par son
e1oppement.
,._~ Dar~ovill~, l'un_ de nos praticiens dont le cabinei
ltllabh ~ Par1s.deputs de longues années (actuellement
3
Scr1be), v1ent de pubher une brocb11re qui reu1\ i' les conse1ls les plus utiles a tous ceux qu'intéresse
~ene dentaire, aux gens du monde comme aux
.5 _classes de la société.
.!º~c•~estitresdes principaux chapitres de cet écrit: ils
llllorraités par ~. Darbo_~ille avec _une scfence qui fait
laetd té.~º. p~re11le mat1ere, et (llll n'exclut enrien la
Lese Iecr1vam de bonne compagnie :,
L. _dents au double point de vue de la santé et de la
-.:tOlé•
· cont1enl
·
,ro , ce ehap1lre
de {spirituelles remarques a
~es dents ~rtificielles; - la perte des rlents,
'-m ree success1vement chez l'homrne et chez la
e; - les divers systemes de dents artificielles

:so

.ª

'º

"'1:

~;é

DE

L.&amp;

MEB

temps : c'est l'ceuvre humoristique de Henri Monnier
les Scénes populaires, personnifiées par le type si conn~
de Joseph Prudhomme, illustrées pnr l'auteur de
qua~re-~mgts jolies vignettes. Ces tableaux animés de
la v1e reelle, d'une gaieté entraina.nte et communicative
~ont u~ v~ritabl_e spectacle dans un fauteuil, spectacl;
a la fo1s recréat1f et des plus variés. Ce beau volume de
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Un. magnifique volume in-8 jésus, ill ustré de2 I pl:mehes
TlllAGE DE LA LOTERIE MUNIClPALE DE SAINT·CLOUD.
gravee~ s1:11' aci,er et tirées en couleur, et de 200 vignettes
su~ ,bo1s msérees d~ns le texte. - Prix, hroché, 30 fr.;
P~ur recevoir? par retour du courrier, Vingt billets asrehe, dos en chagrm, plats en toile tranches dorée· sortis des loter1es Saint-Cloud, _ Enfants Pauvres _
35 fr. - Liurairie de L. Hachette et é•.
,, A_ndelys, - adres_ser ( mandat de poste ou timhres-po~te)
~ la vue de cette immense masse d'eau qui couvre les Cm_q francs ~u dtrecteur du Bureau-Exactitude rur Ritro1_s quarts de la surface de la terre, on est tenté de vo~1, 68, Pans. - 0.n participe a toutes les ch~nces de
cro1~e que le globe a été créé . surtout pour les etres gam des t,068 lots. ~Gros lots to0,000, -50,000 fr.)
marms.
~
, P~rtout les mers sont peuplées, partout les rives de
1ocean ~t de ses pro~o?~eurs, se~ pJaines et ses montagnes,
INCKNDIK DE LA IIANUVACTURE ROYAL&amp; DES TABACS
ses vallees et ses prec1p1ces, meme ses ruines sont auimés
et embellis par des étres innombrables. '
A Madrid.
Ce sont d'abord des plantes solitaircs ou sociales
dre~sées ou penda_ntes, établies en prairies, groupées e~
AfJ Dif\ECTEUI\,
oasis ou rassemblees en immenses foréts.
.Madrid, 6 décerubre.
. Ces plan_tes protégent et nourrissent des millions d'arn~a.ux r¡m rampent, qui courent, qui nagent, qui volent,
Hie: matin, 5 décembre, le tocsin soirnait dans tous les
qui s enfoncent dans le sable, s'attachent a des rochers,
quartters
de Madrid: le feu venait d'éclater a la manuse !ogent daos des crevasses o.u se construisent des abrís,
fac~u~e
de~
tabacs., et, avant que les secours ne fussent
qm se recherchent ou se fwent, s·e poursuivent ou se
b~~t.ent, se caressent avec aroour ou se dévorent sans arn_ves, . e est-a-d1re en rnoins.d'un quart d'heure, ¡¡
pille.
a~a1t pns des proportions effrayantes. Les autorit~s ciL'eau, qui est l'éléroent de l'asphyxie et de la mort v~l~s e~ militaires, les directeurs de l'établissement,
est done, ponr des millions d'animaux un élément d; dm?eaient les efforts des tra.vailleurs. Les régiments
vie et de santé.
'
el~ hgne, deux bataillons de cbasseurs, les soldats du aéC'e~t ce mond.e merveilleux qui nous e~t décrit par
n.1e, la gar~e ~ivile, rivalisaient d'ardeur avec les po~A. Fredol avec sc1ence et poésie. L'auteur expose le développement et les métamorphoses des elres leurs ruses p1ers de_s d1str1cts et ceux des compagnies d'assurances,
e~ leur industrie, lenrs combats et leurs ai'nours. 11 in- et, tand1s que les uns cherchaient a sauver une partie
siste sur les produits de la mer, sur l'abondance de ses des tabacs en. magasin, a mettre a l'abri des flammes
une partie ~u mobilier des directeurs et employés habifruits, sur l'utilité de sa culture.
, Cette histoire naturelle de la mer, muvre posthume tant la_ fabrique, les autres, stimulés par leurs officiers,
d un savant dont 1.a trop courte carriere a été consacrée monta1ent sur les toits, pénétraient dans les salles enaux plu~ sé:ie~ses spéculations de la science, est splen-• flammées pour attaquer le dangereux élément dans son
d1dement ed1le. De nombreuses vignettes, intercalées f?yer meme. Malgré . tous les efforts, il a été imposda_ns le texte, et de magnifiques gravures coloriées s1ble de se rendre maitre de !'incendie, et a dix
pe1gnent aux yeux et daos tout leur éclat les plantes de
he~res du matin, moment ou j'ai pu arriver ·jusla mer, des buissons de corail, des touffes d'anémoues
qu
aux abord~ de la_ manufacture et prendre rapidedes vers marips aux couleurs de l'arc-en-ciel ou donnen~
dans toute leur vérité la chasse au poulpe géant pres de ment le eroqms que Je vous envoie, toutes les fenetres
aia_dere, la peche a' la tortue, le combat des morses au de la partie Est vomissaient de tels torrents de flammes
q~e leurs grilles étaient aussi rouges que si elles sorSp1tzberg, cte.
Le Monde de lamer, reuvre d'académicien fiaure dans la1en\d~s fom:n~aux d'une forge; la fa~ade nord, celle
les bibliotheques des savants et sur les tabl;s d°es salons que J a1 dessmee, présentait l'aspect terrifiant d'un
?,n ne saur~it ?onner tout ~ la ~ois un livre édité plu~ volean.
11chement, ecr!t avec plus d esprit et de variété, et préAu milieu de l'ardeur silencieuse déployée par chasentant un mterét plus attachant et plus instruclif.
cun, un sourd murmure annon~ait de loin un accident
GEORGES STENNE,
ou un ~ heur ; _bientót~ en etfet, du sei·n de la fu~ée,
appara1ss. 1t un tr1.ste cortége, soutenant un blessé, portant un 1;1for_tu_ne sans connaissance. Tout a coup, un
L'éditeur Deny1 a publié, cetle année, deux splendides craquemcnt sm1stre se fait entendre et des cris d'effroi
volumes pour etrennes que nous ne saurions trop re no_us remphssent de terreur: une longue colonne de fucommander. C'est d'abord le Panthéon des hommes utiles- mee, d_e ilammes et de cendres annonce que les plapar MM. Hippolyte Lucas et Gustave Chadeuil. Ce su: f~?ds _v,~nnent de s'écrouler, entrainant dans leur chute
pe~be volu~e, illustré de magnifiques gravures sur d m_trep1des soldats du génie que l'ardeur au travail
ac!e~, cont1ent plus de cinquante biographies des célé- ava1t trop longtemps retenus daos ce poste périlleux.
b~1tes .de tous les, pays qui se sont fait un nom comme
Par.un .bonbeur providentiel, le plancher sur lequel
b1enfa1t~urs de 1humanité et comme conquérants de
se
trouva1ent les militaires manquant sous Jeurs pieds
notre b1~n-etre. Ce s~perbe volume, qui ne coute que
12 fr., r1cbe~ent rehe en chagrín, est le plus beau assez lentement, leur avait donué le temps de fuir mais
et le pl 1Js ut1le cadeau qu'on puisse faire a des je1mes aveuglés par la fumée acre des tabacs en feu, trois d'entre
g~n~. - Le second volume est tout a fait un livre de eux tomberent évanouis, et de prompls secours purent
bibliotheque dont la réputation est faite depuis long- seuls les rappeler a la vie.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

400

lNC&amp;NDl.8 DB LA .MANUFACTURE UR TAHAC.S, A MADR1D, -

D'apres un croqui1 de 11. le ,icomte oe Uu. •
1

L'incendie s'était propagé avec une telle rapidité, qu'a
six henres et demie les quatre faces des deux cours du
Nord brtilaient a la fois, et les eiforls des travailleurs
durent tendre a préserver le reste de l'immense para!-

•

-----~"~~-o..c----ÉCHECS,
PROBWE

Nº {8{,

PAR

M. H.

LEDNER,

tristes réllexions sur les pauvres ouvrieres, au nombre
lélogramme qui compose \'ensemble de la manufacture.
de trois roille, qui étaient occupées aux travaux des taDaos l'ane des dépendances, du coté de l'ouest, un
bacs et trouvaient la un moyen assuré de gagner leor
garde civil nommé Francisco Roncéros Sanchcz, occupé
Vt• Loms DE O.u.
asauver une partie du mobilier, voit touta coap la por.te pain quotidien.
d'entrée envahie par les flammes, le plancher miné laisse
.,-----échapper des torrents de ·fumée; en vain il cherche a
R.ÉBUS.
s'ouvrir un passage, i1 ne lui reste d'autre issue que la
fenétre ; i1 s'y élance, mais une grille s'oppose a sonsalut ; il appelle au secours, ses cris sont entendus, mais
t-0us les efforts du dehors sont impuissants a arracher
les barreaux auxquels il se cramponne; a la famée
succedent les flammes; i1 va périr, lorsqu'un lieutenant de son régiment a l'benreuse idée de lui faire
passer le tuyau d'une pompe, a l'aide duque\ il combat
les progres trop rapides de l'élément envahisseur el
donne a ses compagnons le temps d&amp; pratiquer daos le
mur de briques une ouverture par laquelle on pcut enfin
le sauver.
.
Un moment on avait espéré que le feu ne se communiquerait pas aux caves votitées dans lesquelles étaieot
renfermées de grandes quantités de tabac en feuilles,
des caisses pleines de cigares et de paquets fabriqués,
mais 011 reconnut bien vite qu'il n'y avait aucuo moyen
ElllJCATION DU DERNJEll Rtl!US.
de les préserver, et, en moins d'une heure, cts immenses
cryptes dont les soupiraux donnaient auras des cours et
Aimer el luller, ,oila les deux grandes nécessilés dela•
des rues adjacentes, ne présentaient plus qu'une immen&amp;e
~
et rouge fournaise, qui brule encore au moment ouj'écris
SOLUTIONS EXACTES nu PROBLtME Nº i80.
ces lignes.
Café suisse, boulevard de Sébaslopol; D. Thionville,
Malgré tous les bruits qui coureut, on ne sait pasencore a quelle cause attribuer ce funeste accident, favo- Frau, Cercle des Échecs, de Liége ¡ capitaine Charou~
Generes-Sourvillé, Rombaut, Cercle Laborie, de Pe~
risé par la na~ure mcme des matériaux entassés dans la Stiennon,
de Meurs; Ed. de Vaucelle; Cercle de CháJnWlli
manufacture, et qui, saos les secours prompts et effi· J. Planche, A. Besset, de Nimes; G. Naudel, Fischer et
caces qui ont été apportés a l'envi, aurait pu prendre pond ; Cercle de Montreuil sur mer; L. Lefrancq; Cal
Grand-Balcon, a Vincennes; G. K., H. Frau, L.
des proportions incalculables.
Damolle, Café Obozinski. a Maubeuge; Cercle de
On assure que la plus grande part1e des tabacs brulés A.
ville-sur-Sa6ne; Cercle de l'Union, aSaint-Georges-sur-Lailll
appartenait a M. Campo, adjudicataire d'une portion Roustan, A. Melfre.
des fournitures a faire a l'État, et que ces tabacs étaient
assurés, tandis que l'étahlissement de la manufacture ne
AuG. M.ARc, airecteur-gérant.
J'était pas lui-meme, car, pour une raison que nous ne
EDK.
Tnml, rédacteur en chef.
pouvons comprendre, l'État n'a pas un seul monument
public d'assuré.
Ce matio, la manufacture était entourée d'une popuImp. de L' ILLUSTRATIO;--;, A. ~tare,
lation immense, a peine contenue par de nombreux piU, rue de Vel'fleuil.
quets de garde civile, et de tous les groupes sortaient de

----~..

Le

r..:

Les blancs font mat en trois coups,
SOLCTION DU PkOBL~YE Nº

{80,

Noir1.
t.D5cD
ad /ibitum.

B/ancs.
1, De C R

2. C3• 'e R

3. D donne mat,
VARI.U."IE.

2. C 3 R
3. Dame

i.F5cD
2. F pr C
a la case dufou du roi fait mat.
AUTRE VA.RJANTE,

Blancs.
t. De C R
2. D 5 F D

3. C e F O fail mal.

Noirs.
i. D 3 CD
2. U pr U

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De

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              <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1138, Diciembre 17</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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